Les morts ne pleurent pas : L’assassin aux perles, Eve Ruby Lenn

Les morts ne pleurent pas: L’assassin aux perles par [Lenn, Eve Ruby]

Je remercie Eve Ruby Lenn de m’avoir permis de découvrir son roman, Les morts ne pleurent pas – L’assassin aux perles.

PRÉSENTATION AUTEURE

Londres, décembre 1843. Le corps d’une deuxième femme vient d’être découvert. Sans doute l’œuvre du tueur que la presse a surnommé « l’assassin aux perles ». Faute de résultats, le détective Harry Davis se voit contraint de céder sa place à Dorian Griffiths, un jeune inspecteur de la police métropolitaine. Ambitieux, il compte bien résoudre rapidement cette affaire. Mais c’est sans compter la perversité et le génie du meurtrier qui ne laisse aucune trace. Scotland Yard se retrouve dans l’impasse, alors que les crimes se poursuivent. Pour faire avancer cette enquête complexe, Griffiths en appelle au Dr Johnstone, un expert médico-légal confirmé qui dirige une entreprise de pompes funèbres.

Trinity Johnstone, sa fille, a en charge la toilette mortuaire, l’embaumement et l’organisation des cérémonies funéraires. Sa vie semble parfaitement réglée. Si ce n’est qu’elle est agoraphobe. Son quotidien, lugubre et pesant, est pourtant très confortable comparé à ce qu’elle a vécu, il y a plus de treize ans. Et en effet, derrière la façade d’une femme séduisante, intelligente et appliquée, se cache, en réalité, une âme complètement meurtrie.Depuis de longues années, elle embrasse le doux rêve d’affronter le monde extérieur. Mais, en vain. À chaque tentative, ses espoirs s’amenuisent, jusqu’au jour où… l’inspecteur Dorian Griffiths entre dans sa vie. Malgré des tempéraments a priori incompatibles, ils sont, au fil de leurs rencontres, irrésistiblement attirés l’un vers l’autre.

Librinova (12 avril 2019) – 239 pages – Broché (13,90€) – Ebook (2,99€)

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par la couverture et le résumé de ce roman que j’ai pris un grand plaisir à parcourir même s’il n’est pas exempt de petits défauts comme un certain manque de profondeur donnant l’impression que tout arrive un peu trop vite. L’autrice a néanmoins réussi, en moins de 250 pages, à construire une histoire policière et humaine qui tient la route et qui, surtout, happe l’attention des lecteurs de la première à la dernière page. 

Milieu du XIXe siècle, Londres est frappée par une série de crimes particulièrement abjects, un tueur massacrant ses victimes avant de déposer sur leur corps des perles. Un objet de toute beauté un peu incongru quand l’on considère l’état dans lequel ce déferlement de violence laisse les victimes… Surnommé l’assassin aux perles, ce tueur sanguinaire est la priorité de Scotland Yard bien décidé à le capturer avant qu’une vague de psychose ne s’empare de la ville.

Il faut dire que les corps s’accumulent au grand dam de l’inspecteur Griffiths, en charge de l’enquête, et du Docteur Johnstone obligé de reprendre du service alors qu’il pensait avoir mis sa carrière de légiste derrière lui pour pouvoir enfin se consacrer entièrement à son entreprise de pompes funèbres. Une entreprise dont la réputation n’est plus à faire et qui peut compter sur la fille du Docteur, Trinity, qui n’a pas froid aux yeux, les embaumements et autres pratiques mortuaires étant son lot quotidien. Un métier peu commun pour une personne qui est loin d’être banale ! Je ne vous en dirai pas plus sur ce sujet, mais les capacités de cette jeune fille pourraient vous surprendre…

Mystérieuse et discrète au premier abord, Trinity porte en elle des blessures liées à un événement traumatisant de son passé que l’on découvre en cours de lecture et qui m’a beaucoup remuée. J’aurais aimé croire que son expérience n’est que le fruit de l’imagination de l’autrice, mais il suffit de lire les faits divers pour se rendre compte que la perversion de l’homme est sans limites. Si les séquelles de ce passé qu’elle n’arrive pas à totalement surmonter l’empêchent de vivre la même vie qu’une personne de son âge, Trinity n’en demeure pas moins une battante tout à fait capable de tenir tête à son père qui se révèle plutôt du genre protecteur. Elle n’hésite pas non plus à s’imposer face à l’inspecteur Griffiths qui, en raison de son physique et probablement de son statut de femme, aurait eu tendance à la prendre pour une chose fragile.  Or il va vite découvrir, pour son plus grand plaisir, que la jeune femme a de la ressource et un certain sens de la répartie !

Le trouvant trop sûr de lui en début de roman, il m’a fallu un peu de temps avant d’apprendre à apprécier cet ambitieux policier qui, grâce à son intelligence et à sa pugnacité, fera de surprenantes découvertes, certaines l’entraînant vers une pente glissante… Bien moins imperturbable qu’il aimerait le faire croire, Griffiths cache une certaine fragilité, ce qui fait peut-être de lui la personne la mieux placée pour comprendre Trinity, et le poids que le passé peut avoir sur une vie…

Au gré de leurs rencontres dans l’entreprise de pompes funèbres où le Docteur fait ses autopsies pour Scotland Yard, les deux personnages vont inexorablement se rapprocher… Leurs sentiments m’ont semblé un peu trop soudains pour être réalistes, mais j’ai apprécié que l’auteure se focalise sur l’intrigue policière plutôt que sur un jeu du chat et de la souris interminable. Et puis je dois bien avouer que je les ai trouvés touchants, et que j’ai apprécié que ces deux âmes blessées par la vie aient également droit à un peu de douceur et de réconfort…

Le Docteur d’abord réticent à l’idée que sa fille s’amourache de ce policier qui lui a joué un mauvais tour finit par accepter une idylle qu’il espère bénéfique pour sa fille. Père aimant, mais loin d’être parfait, ce personnage est auréolé d’un certain mystère, un peu comme s’il ne se dévoilait jamais entièrement aux autres… Il y a chez cet homme une ambiguïté qui fascine autant qu’elle interroge, ce qui explique peut-être que c’est le personnage que j’ai trouvé le plus intéressant dans sa construction et les réflexions qu’il suscite.

Au-delà des personnages atypiques et hauts en couleur, j’ai été séduite par la manière dont l’autrice nous plonge dans l’enquête aux côtés de Griffiths et de son collaborateur. On s’interroge avec eux sur les raisons de ce déferlement de violence et sur la symbolique qui se cache derrière l’abandon de perles sur les cadavres. Quel message veut transmettre le tueur ? Comment choisit-il ses victimes ? Tout autant de questions qui vous feront tourner avidement les pages d’autant que l’intrigue se révèle bien plus complexe et originale qu’il n’y paraît.

Car ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas ici dans une histoire classique de serial killer au comportement pathogène. Les raisons de ces horribles meurtres et de leur mise en scène devraient ainsi vous surprendre et vous pousser à vous interroger sur cette question qui a tourmenté et tourmentera encore de nombreux hommes : la fin justifie-t-elle les moyens ? À vous de vous forger votre propre opinion, et d’éventuellement redéfinir les limites de votre morale. À travers cette série de meurtres particulièrement affreux, l’autrice a également lié avec brio son histoire à certains des enjeux de cette société victorienne dans laquelle la plus grande des richesses côtoie la plus grande des misères dans l’indifférence la plus totale…

Les morts ne pleurent pas est le premier roman que je découvre de l’autrice et je pense que ce ne sera pas le dernier ayant été séduite par sa faculté à nous plonger au cœur de l’action ainsi que par sa très jolie plume. On ressent son amour des mots, ses phrases étant bien souvent imagées tout en restant très accessibles. Un style tout en finesse qui rend la lecture fluide, agréable et très immersive même si j’ai parfois noté quelques maladresses dans la tournure de certaines phrases et l’utilisation de certains mots. À noter toutefois que le roman a bénéficié récemment d’une révision.

En conclusion, de fil en aiguille se dessinent les contours d’une enquête bien ficelée dont l’intérêt réside autant dans les investigations que la psychologie et la complexité des personnages dont on prend plaisir à suivre les interactions, les péripéties et les pensées… Originale, intense, horrifiante, mais à la fois terriblement humaine, voici une intrigue policière à ne pas manquer surtout si vous aimez l’ambiance si particulière de l’époque victorienne dans laquelle les agissements de l’assassin aux perles prennent tout leur sens.

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Save our souls – Tome 1 : Sans attache, Elle Guyon

J’ai lu Save our souls : Sans attache d’Elle Guyon dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

PRÉSENTATION

Sous une écharpe élimée et un blouson trop grand pour lui, Aldric s’obstine à cacher aux autres lycéens sa vie de marginal. Mais une succession de mauvais choix le précipite vers une issue fatale. Loin d’en avoir conscience, il agresse même la seule personne capable de modifier son avenir, la jeune Riane. Épaulée par son gardien, un immortel, celle-ci tente le tout pour le tout pour défier le destin et lui sauver la vie, car c’est la survie de sa propre âme qui est en jeu… Mais comment mener sa mission à bien quand celui que vous devez protéger se rebelle et quand votre allié vous cache des informations capitales ? Et si ce qui s’est passé il y a près de trois cents ans était la clé de la réussite ?

Auto-édition (1 décembre 2017) – 222 pages – Ebook (2,99€) – Broché (13€)

AVIS

En voyant la couverture et le titre, j’ai eu un peu peur de tomber sur l’une de ces romances malsaines à la vogue auxquelles j’ai beaucoup de mal à adhérer. Mais que nenni ! Il est bien ici question de sauver un jeune homme perdu, mais l’autrice nous épargne les clichés et les bons sentiments.

Riane désire ardemment sauver la vie d’Aldric, mais pas par bonté d’âme ou un amour inconditionnel pour un individu qu’elle vient de rencontrer. Non, Aldric est sa mission et sauver sa vie, c’est le seul moyen de sauver sa propre âme. La mission se révélera néanmoins assez périlleuse, le jeune homme étant un aimant à ennuis. Il faut dire que contraint de vivre dans rue, il est loin d’avoir la vie d’un lycéen lambda. Quand ses petits camarades peuvent se permettre une certaine futilité, Aldric doit lui s’assurer de trouver de quoi manger tout en veillant à ne pas se faire voler ses maigres possessions.

On ne tombe néanmoins jamais dans le pathos ce qui tient en partie au sale caractère de ce lycéen qui a érigé, autant par honte que nécessité, des barrières tout autour de lui. Si ces dernières suffisent à tenir éloigner ses anciens amis de sa vie de marginal, elles cèderont petit à petit face à la pugnacité de Riane qui est bien décidée à remplir sa mission. Elle n’a de toute manière pas le choix, aucune seconde chance ne lui sera accordée…

Dès le début du roman, l’autrice insuffle un certain mystère à son récit ne distillant qu’au compte-gouttes les informations sur Riane et sur les autres personnages gravitant autour d’elle à l’instar de son gardien, Gebrail, et du meilleur ami de ce dernier, Jeremy. Nous apprenons d’ailleurs à mieux connaître ces deux hommes, et plus particulièrement Jeremy, à travers des flashback qui nous transportent au XVIIIe siècle. S’il faut un peu de temps pour comprendre l’intérêt de ces retours dans le passé, on se rendra compte qu’ils nous permettent de mieux appréhender la situation présente et le comportement des deux gardiens. Deux hommes qui, bien que meilleurs amis, ont des personnalités diamétralement opposées, l’un étant plutôt du genre taciturne, et l’autre bien plus avenant et souriant. Mais malgré leurs différences, ils partagent tous les deux des blessures profondes, les années ne les ayant pas épargnés…

C’est peut-être parce que je suis adulte, mais j’ai été bien plus touchée par l’histoire de ces gardiens charismatiques sur lesquels plane une aura de mystère que par l’histoire entre Riane et Aldric. Celle-ci n’en demeure pas moins intéressante, la rencontre entre les deux lycéens ainsi que leurs échanges ne manquant pas de piquant. Méfiant, Aldric aura ainsi du mal à faire une place dans sa vie à cette fille qui fait montre à son égard d’une curiosité et d’une attention dont il n’a plus vraiment l’habitude. Quant à Riane, elle se méfie de ce jeune homme dont elle a vu les facettes les moins reluisantes. Au gré des épreuves et des coups durs, ils finiront néanmoins par nouer une certaine complicité. 

J’ai, pour ma part, apprécié que l’autrice prenne le temps de faire évoluer la relation entre les deux personnages. Riane perd ainsi peu à peu ses a priori sur « sa mission » qui devient bien plus que cela. Une situation qui ne plaira d’ailleurs guère à son gardien qui aimerait qu’elle veille sur Aldric avec un professionnalisme dénué de sentiments. Quant à Aldric, malgré ses réticences de départ et sa propension à se replier sur lui-même, il finit par considérer d’un autre œil cette enquiquinante camarade de classe qui apporte un peu de cette lumière et de cet espoir qui avaient déserté sa vie. Mais rien n’est simple, et la dure réalité va les rattraper…

Le roman étant relativement court, Elle Guyon ne s’embarrasse pas de détails et de descriptions superflus ce qui ne m’a pas empêchée d’être complètement embarquée dans son univers, et d’apprécier l’aura de mystère qu’elle fait planer sur son récit. Pas de place à l’ennui d’autant que les nombreux dialogues, la tension et l’alternance passé/présent apportent un certain dynamisme à ce roman dont on tourne les pages avec plaisir.

Au-delà de l’action et des personnages, j’ai également été séduite par la très jolie plume de l’autrice qui arrive à retranscrire avec force et authenticité les émotions des personnages. Ils nous touchent, nous agacent, nous font craindre le pire… mais ne nous laissent jamais indifférents. Ma seule petite frustration provient des seconds rôles qui n’ont pas encore dévoilé tout leur potentiel dans ce premier tome. Mais je croise les doigts pour que la suite des aventures nous permette de mieux les appréhender et de saisir leur rôle dans cette histoire dont on sent le soin porté aux détails.

En conclusion, ce premier tome d’une trilogie dont je lirai la suite avec plaisir a su me séduire autant pour la qualité de la plume de l’autrice que l’intrigue qui, bien qu’elle mériterait peut-être d’être un peu plus étoffée, n’est pas dénuée de charme. Si vous avez envie d’une histoire prenante et empreinte d’un certain mystère, ce roman fantastique alternant entre passé et présent devrait vous plaire.

Elle Guyon

Source : Amazon

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La Geste des Braves: La Guerre des Rois, Fox Miliveles

Je remercie Fox Miliveles de m’avoir fait parvenir, en service presse, son roman La Geste des Braves : La Guerre des Rois.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Après cinq ans de famine, de malheur et de guerre, le royaume d’Enselant est plongé dans le chaos. À bout de forces, son peuple se raccroche à une ancienne prophétie qui annonce la chute du roi Sicard et le retour à la lumière. Bientôt vont s’affronter les armées du souverain et celles d’un jeune chevalier qui a pris la tête de la révolte. Brave et fier, il incarne un espoir de renouveau, dont la force emporte comme une vague l’ancienne dynastie.
Mais tout juste arrivé au pouvoir, le jeune Lodève comprend que la partie n’est pas encore jouée, car à chaque nouveau pas sa couronne vacille, tandis que les envieux décomptent les jours jusqu’à sa chute. Les cinq braves qui l’entourent sauront-il l’aider à défendre son règne et à imposer sa lignée ?
Plongez dans l’ombre du pouvoir et découvrez le grand dessein qui bouleversera à jamais l’histoire des Cinq Royaumes.

Bookelis (29 juin 2018) – 286 pages – Broché (11,90€)

AVIS

Avant de commencer, je tiens à souligner la beauté de cette couverture signée Tiphs qui est encore plus belle en réalité que sur la photo ! J’ai aussi beaucoup apprécié le format du roman qui rend la prise en main du roman très agréable et confortable.

Le résumé du livre proposé par l’autrice est très fidèle à l’histoire, mais allez savoir pourquoi, j’avais imaginé un tout autre récit… Or la dernière phrase, « plongez dans l’ombre du pouvoir », est très juste, Fox Miliveles nous narrant l’arrivée au pouvoir, et surtout sa lutte pour le conserver, du jeune Lodève. Si je ne suis en général pas une grande fan des romans abordant ce thème, je n’ai ici pas vu défiler les pages. Il faut dire que l’autrice arrive à captiver son lectorat dès les premières pages avec un passage très visuel.

Le reste du roman est beaucoup plus calme au niveau de l’action pure, mais ne tombe jamais pour autant dans le rasoir, bien au contraire. Les enjeux se déplacent juste du terrain à la cour où une bataille politique âpre et pleine de tensions s’engage. Tout juste couronné, Lodève se rend très vite compte qu’il ne pourra pas se reposer sur ses lauriers pour conserver son trône et instaurer sa propre dynastie, des dissensions et autres menaces ne cessant d’émerger, et de menacer le nouvel ordre établi.

Dans son accession au pouvoir et dans sa nouvelle vie de souverain, Lodève est entouré de différents personnages, mais très vite, deux d’entre eux se distinguent vraiment pour des raisons bien différentes. Cela ne signifie pas que les autres ne servent à rien, mais plutôt que l’autrice les utilise pour insuffler une dynamique de groupe qui apporte un certain crédit et réalisme à son récit. Le fait de resserrer l’intrigue sur une poignée de personnages présente, en outre, un avantage non négligeable, faciliter la lecture. Il est ainsi aisé de se rappeler le rôle des personnages principaux et leurs traits de personnalité.

À cet égard, j’ai apprécié de découvrir des personnages souvent nuancés et plutôt complémentaires. Il y a ainsi les alliés de circonstance qui ne semblent pas toujours si amicaux que cela, un roi pris dans les arcanes du pouvoir et qui en vient à prendre des décisions d’une terrifiante froideur sans pour autant être un monstre, une reine qui ne se contente pas de jouer la potiche tout en reconnaissant les limites de son pouvoir et influence, l’ami-conseiller qui n’est pas aveugle face aux égarements de son souverain… Le roman étant relativement court, la personnalité de chacun n’est pas développée outre mesure, mais suffisamment pour poser chaque personnage sur le jeu de l’échiquier politique.

Au-delà d’un personnage dont j’ai adoré l’intelligence, la sagesse et la modération, c’est le traitement des personnages féminins qui a surtout éveillé mon intérêt. Il se dégage de cet ouvrage un certain féminisme, l’autrice ayant su réserver une place de choix à certaines femmes tout en le faisant de manière très réaliste. La reine Astia n’est pas dépeinte en super-héroïne, mais comme une femme intelligente qui ne se cantonne pas au rôle symbolique que sa lignée lui octroie. Bien au contraire, elle va essayer de s’impliquer dans les affaires du pays, et ne pas hésiter à changer de stratégie en comprenant que son influence ne se joue pas forcément sur le devant de la scène. J’ai adoré l’humanisme de cette femme et sa manière de se projeter avec intelligence dans le futur pour aider ses enfants à l’affronter. Je ne sais pas si ses rêves d’égalité deviendront un jour réalité au royaume d’Enselant, mais si tel est le cas, elle aura indubitablement participé à cette évolution sociétale. Un autre protagoniste féminin tire son épingle du jeu et a été un quasi-coup de cœur pour moi, mais difficile d’en parler sans vous gâcher le plaisir de la découverte… 

Le roman, en plus d’être très prenant, sonne également très vrai : ancré dans un univers imaginaire, il est tellement réaliste que le livre aurait pu, du moins pour ce premier tome, narrer les aventures d’un réel souverain et de sa lutte pour maintenir son pouvoir et son royaume à flot. On retrouve donc des thèmes ayant marqué notre propre histoire : la condition de la femme dans la noblesse et les mariages organisés, la quête d’une descendance royale, les jeux d’alliances, la guerre et le difficile maintien de la paix, la superstition et la religion… Le fait de nous dépeindre un univers imaginaire fortement inspiré de notre histoire facilite l’immersion dans le récit, et permet à l’auteure de faire l’impasse sur une avalanche de détails superflus. Elle a donc réussi à développer une histoire immersive sans pour autant la complexifier par de longues descriptions. Ce point devrait plaire aux lecteurs aimant les récits allant droit à l’essentiel.

Le livre est mené tambour battant, chaque événement ou plutôt, chaque intrigue de cour, chaque problème, chaque question quant au devenir du royaume, s’enchaînant les uns après les autres. Ne vous attendez donc pas à des batailles épiques à chaque page ou à des aventures trépidantes, mais plutôt à découvrir les coulisses de la vie de château d’un roi luttant pour conserver le trône, de sa famille, et de ses proches… Cela aurait pu être ennuyeux ou difficile à suivre, mais grâce à la plume percutante de l’autrice, la lecture est d’une grande fluidité. Avec un vocable précis et recherché, mais jamais pédant, une plume tout en finesse, des descriptions réalistes, mais concises, et de nombreux dialogues, elle vous plonge sans réserve dans son univers médiéval traditionnel sur lequel se lève un vent de renouveau… 

Petit bonus, une carte en fin d’ouvrage !

En conclusion, Fox Miliveles vous propose ici un roman entraînant qui vous plonge dans un univers médiéval très réaliste. Aux côtés des traditionnelles scènes de combat qui sont ici parfaitement orchestrées et maîtrisées, l’autrice vous offre également une plongée palpitante et sous tension dans les arcanes du pouvoir. Entre luttes sur le terrain et luttes dans les coulisses, laissez-vous séduire par cette épopée marquant l’avènement d’une nouvelle dynastie à moins que ce ne soit celle de sa chute…

Découvrez le roman sur Bookelis ou commandez-le chez votre libraire.

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Anima, tome 1 : Les enfants, Mary Sara (Prix des auteurs inconnus 2018)

Couverture Anima, tome 1 : Les enfants

J’ai lu Anima : Les enfants de Mary Sara dans le cadre du Prix des auteurs inconnus 2018, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Au pays de Ryatil vit Evahny, une jeune fille dont la curiosité ne connaît aucune limite. Elle ne cesse de questionner sa mère Sorhia, reine de cette contrée, sur le monde qui l’entoure mais plus encore sur la fameuse Quête de la Moitié. De jour en jour, la petite fille ressent un vide qu’elle ne peut décrire et comprend bien que sa vie risque d’être chamboulée… Elle et son frère Sajyel découvrent en réalité qu’ils font partie de l’ultime Quête de l’Anima. Une tradition qui trouve ses origines au sein du peuple des Thuatyls et qui lie chaque existence à un Anima, la moitié d’une âme, son souffle, son essence même. De son côté, la reine s’interroge sur l’imminence de la Quête, étonnamment précoce pour ses enfants. Avec l’aide de son mage de bataille Thanius, elle doit les préparer aux dangers de la Quête… Accompagnés de Lekhal, un Élu déchu, Evahny et Sajyel devront accomplir leur destin et rétablir l’équilibre d’un monde sous le joug d’une malédiction vieille de vingt ans…

Librinova (18 mai 2018) – 250 pages – Ebook (2.99€) – Broché (17.90€)
Emprunt abonnement kindle disponible 

TRAILER

AVIS

Mary Sara nous offre ici un très beau roman à l’univers riche et complexe que l’on imagine sans peine se dessiner sous nos yeux. Les descriptions sont lumineuses, le vocable précis et imagé, les phrases soignées… Il se dégage indéniablement une certaine poésie, voire un certain onirisme, de cette ambiance enchanteresse dans laquelle nous plonge l’autrice ! Ce sentiment de vivre un rêve éveillé est exacerbé par la découverte de la Quête de l’Anima, une quête que des Élus doivent entreprendre afin de trouver leur moitié qui peut être aussi bien un animal ordinaire qu’un animal légendaire comme un dragon.

Cette tradition ancestrale, qui n’est pas sans danger, effraie Sorhia, reine de Ryatil, qui aurait aimé épargner à sa fille Evahny, et à son fils adoptif Sajyel, cette épreuve qu’elle a déjà elle-même traversée. Mais face à l’inéluctable, cette mère aimante qui aura tout fait pour protéger ses enfants appelés bien trop tôt à trouver leur moitié, sera contrainte, avec l’aide d’autres personnages, de les préparer à affronter leur destin. Si la situation pousse la reine dans ses retranchements, parfois à la limite de la folie, elle aura le mérite de renforcer la complicité entre Evahny et Sajyel.

Ces deux enfants m’ont touchée, leur relation fraternelle étant très belle, mais c’est bien la personnalité extravertie d’Evahny qui m’a le plus marquée. La jeune fille possède tous les atouts que j’aime retrouver chez une héroïne de fantasy : de la curiosité, une grande soif d’apprendre, de l’intelligence, un caractère affirmé qui n’exclut pas une certaine capacité de raisonnement… Amusante, elle se distingue donc de son frère, plus posé et plus réfléchi bien qu’au fil des pages, on se rendra compte que les apparences sont parfois trompeuses.

Ce premier tome étant un tome introductif, l’autrice prend le temps de nous dévoiler les nombreux protagonistes que l’on découvre au fur et à mesure de l’intrigue, et les liens qui les unissent. On a donc parfois le sentiment de suivre des histoires en parallèle avant que le puzzle se reconstitue progressivement nous permettant de constater que chaque personnage a parfaitement sa place dans le récit. Ce roman à plusieurs voix offre une galerie de personnages variée et complexe que l’on prend plaisir à découvrir. Certains individus se montrent touchants par leur passé, leurs blessures et leurs attentes, d’autres inquiètent franchement par la noirceur qui semble les pervertir, quand d’autres, plus ambivalents, provoquent des réactions à mi-chemin entre la tendresse et l’agacement.

Chose rare pour un livre de fantasy et/ou de young adult, les adultes/parents se comportent en tant que tel et ont un vrai rôle à jouer ! Comme dans la vraie vie, ils ne sont pas parfaits et commettent des erreurs, mais j’ai apprécié de ne pas me retrouver avec une énième histoire où de jeunes enfants sont livrés à eux-mêmes. Cela confère un certain réalisme au roman.

Anima est donc un roman qui a su me séduire par la qualité de la plume de l’autrice, ses personnages complexes et profondément humains, par la mythologie autour de la Quête de l’Anima et de ses enjeux, mais aussi par l’aura de mystère qui plane sur l’histoire. On s’interroge notamment sur cette mystérieuse malédiction qui conduit des individus à ne plus se souvenir de leur enfance, ou encore sur la disparition des enfants sans que personne ne sache ou ne fasse rien… D’autres interrogations ne manqueront pas de vous assaillir durant votre lecture, cette nouvelle Quête de l’Anima, spéciale à bien des égards, semblant encore receler bien des mystères.

Ce suspense devrait, comme ce fut le cas pour moi, vous donner envie de tourner les pages les unes après les autres. Bien qu’il n’y ait pas d’action à proprement parler, je me suis donc surprise à lire chapitre après chapitre avec un intérêt croissant. Toutefois, il y a un point qui m’a gênée, ce sont les relations amoureuses entre les adultes ou plutôt leur passé amoureux et les conséquences sur le présent. Au-delà du côté révélation qui a son intérêt pour maintenir éveillée l’attention du lecteur, j’ai parfois eu l’impression qu’on tombait dans le mélodramatique. Je reconnais néanmoins que cela donne l’occasion à l’autrice de mettre en scène des femmes à la personnalité éclatante qui ne se laissent pas faire, et qui sont prêtes à tout pour protéger les leurs.

En conclusion, Anima est un roman qui nous plonge dans un univers passionnant et poétique empreint de magie, de mystère, et façonné autour d’une mythologie fascinante. À travers l’histoire d’enfants Élus et d’anciens Élus devenus adultes, Mary Sara déploie sous nos yeux une intrigue complexe dont on prend plaisir à dénouer les fils. De révélations en découvertes sur ce monde plein de promesses et de dangers, vous ne devriez pas voir le temps passer. Voici donc un roman de fantasy qui, bien que classé en young adult, devrait séduire un large public.

Découvrez le roman sur LibrinovaSite de l’autrice

Prix des Auteurs Inconnus logo

In My Mailbox #84

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


ACHAT NEUF

Je n’achète quasiment jamais de livres de cuisine à l’exception de ceux de Marie Chioca dont les recettes sont souvent à IG bas, un principe que j’applique dans mon alimentation suite à un petit problème endocrinologique. Ne prenant pas de goûters, ce livre me servira surtout pour mes neveux et nièces et M., un grand gourmand qui adore tout ce qui est sucré.

La pause sucrée à l’heure du goûter, c’est O-BLI-GA-TOI-RE ! C’est l’heure où le corps a besoin de sucre et l’utilise au mieux. Les enfants ne s’y trompent pas et sont les premiers à réclamer ce moment gourmand. Les adultes ont aussi tout intérêt à l’adopter pour ne pas succomber au fatal grignotage de la fin de journée, mauvais pour la silhouette et la santé. Attention toutefois, ce n’est pas de biscuits industriels trop sucrés et suremballés dont nous avons besoin, mais de goûters sains et équilibrés, élaborés à partir de farines et sucres non raffinés, de fruits frais ou secs, de chocolat noir… Vous trouverez dans cet ouvrage 50 recettes de goûters bio pour tous les jours, faciles et rapides à préparer, idéales à mettre en oeuvre dans une vie quotidienne bien remplie. L’auteure y dévoile en particulier ses secrets pour préparer des gâteaux « express » en tranches, en barres, en tuiles, en triangles, à l’avance ou au dernier moment. A vous les cookies coco-choco, les sablés aux noix, les madeleines à découper, mais aussi la tartinade provençale, le « crunchy » amandes-spéculoos, ou encore les classiques revisités comme les gaufres de Liège au chocolat, les tranches napolitaines ou les petits-beurres fourrés au chocolat… Quelques idées de boissons délicieuses accompagneront le tout, pour faire de cet instant le meilleur moment de la journée, pour les petits comme pour les grands !

Pour vous donner un ordre d’idée de ce que vous pourrez trouver comme type de recettes dans les livres de l’autrice, je vous invite à consulter son excellent site : Saines gourmandises.

ACHATS D’OCCASION

  • Zodiac Legacy tome 1 : ayant le tome 2 dans ma PAL, j’ai sauté sur le tome 1 quand je l’ai trouvé d’occasion.

Quand douze superpouvoirs sont lâchés sur le monde, un jeune américain du nom de Steven se trouve embarqué dans une épique course-poursuite. Il aura à maîtriser d’étranges pouvoirs, semer de dangereux mercenaires, et percer le mystère du Zodiac…

  • The person controller de David Baddel :

Fred and Ellie are twins. But not identical (because that’s impossible for a boy and a girl). They do like all the same things, though. Especially video games. Which they are very good at. They aren’t that good, however, at much else – like, for example, football, or dealing with the school bullies.

Then, they meet the Mystery Man, who sends them a video game controller, which doesn’t look like any other controller they’ve ever seen. And it doesn’t control any of their usual games. When the twins find out what it does control, though, it seems like the answer to all their problems. And the key to all their wildest dreams. At least it seems like that…

  • The Name of The Wind de Patrick Rothfuss dans sa version collector :

The Name of the Wind: 10th Anniversary Deluxe Edition (Kingkiller Chronicle, Band 1)

This deluxe, illustrated edition celebrates the New York Times-bestselling series, The Kingkiller Chronicle—a masterful epic fantasy saga that has inspired readers worldwide.

This anniversary hardcover includes more than 50 pages of extra content!
• Beautiful, iconic cover by artist Sam Weber and designer Paul Buckley
• Gorgeous, never-before-seen illustrations by artist Dan Dos Santos
• Detailed and updated world map by artist Nate Taylor
• Brand-new author’s note
• Appendix detailing calendar system and currencies
• Pronunciation guide of names and places

My name is Kvothe.

I have stolen princesses back from sleeping barrow kings. I burned down the town of Trebon. I have spent the night with Felurian and left with both my sanity and my life. I was expelled from the University at a younger age than most people are allowed in. I tread paths by moonlight that others fear to speak of during day. I have talked to Gods, loved women, and written songs that make the minstrels weep.

You may have heard of me.

So begins a tale unequaled in fantasy literature—the story of a hero told in his own voice. It is a tale of sorrow, a tale of survival, a tale of one man’s search for meaning in his universe, and how that search, and the indomitable will that drove it, gave birth to a legend.

EBOOKS

  • Le vol des âmes de Kim Richardson :

Le Vol des Âmes (Les Chroniques de l’Horizon t. 1) par [Richardson, Kim] Alexa a de gros ennuis. Elle est morte.

Le problème, c’est qu’au lieu de retourner auprès de son créateur, elle débarque dans la Légion des anges gardiens, un groupe secret destiné à protéger les âmes des mortels contre les démons.
La vie d’Alexa prend un tournant aussi palpitant que terrifiant quand, renvoyée dans le monde mortel pour enquêter sur une série de meurtres et de disparitions d’âmes, elle se fait attaquer par un démon. Mais les démons sont-ils vraiment responsables de ces crimes ? Ou s’agit-il de tout autre chose ?

Pour ne rien arranger, une ombre maléfique et immémoriale menace le monde, et avec elle une force plus terrible et destructrice que les mortels n’en ont jamais connu. Alexa trouvera-t-elle un moyen de l’arrêter ou le monde des humains sera-t-il à jamais condamné ?

Roman fantastique redoutablement haletant, rempli d’aventure, d’intrigues et d’amour, le monde foisonnant du Vol des Âmes est parfait pour les fans de The Mortal Instruments.

  • Ashes of the Fall de Nicholas Erik :

Ashes of the Fall (The Remnants Trilogy Book 1) (English Edition) par [Erik, Nicholas]

In the year 2048, the crumbling remnants of western North America are suddenly buried in ash, weakening the grip of the brutal dictatorship. A factional landscape springs from the ashes, con man Luke Stokes artfully navigating the clash.

But he can’t remain above the fray for long, as each faction seeks the truth from Luke regarding his murdered brother’s final project. A neural-interface technology that will forever shift the fragile balance of the ashen plains.

With the true believers, desert nomads, survivalists and existing regime closing in, Luke must delve deeper into his genius brother’s secrets. And the truth about his last project will dramatically alter the remnants of civilization.

Because the fall isn’t always the end – sometimes, it’s only the beginning.

  • Apprentice Quest de Jim Hodgson :

Apprentice Quest (Ozel the Wizard Book 1) (English Edition) par [Hodgson, Jim]

A hopeful orphan. An incredible wizard. One boy must do the impossible to change his life forever…

Ozel wonders if he’ll ever escape his angry, fat caretaker. As the orphan hopes for a better future, a mysterious wizard gives him the gift of an apprenticeship and some unbelievable magic. But when Ozel discovers he’s the lone heir to a massive fortune, he’ll need more than a few spells to claim it.

After learning his portly caretaker plans to steal the money first, Ozel races through a forest of blacksmiths, witches, and even the undead to protect his birthright. If he survives the treacherous Tangul forest, the orphan and his wizard may just have to stop a twisted mage to go from zero to wealthy hero.

Apprentice Quest is a young adult fantasy novel full of action and humor. If you like powerful wizards, twists and turns, and coming-of-age tales, then you’ll love Jim Hodgson’s worthy successor to the magical genre.

SERVICES DE PRESSE

  • Cœur de Menhir : Les nouveaux druides d’Adrien Hortemel : quand l’auteur m’a proposé ce tome 2, j’ai accepté tout de suite ayant bien aimé le tome 1. Et puis Adrien est un auteur qui montre un vrai respect pour les blogueurs, ce qui n’est pas toujours le cas. Je ne peux donc que vous inviter à suivre son travail que vous découvrirez, entre autres, sur son site dédié à sa série Cœur de Menhir.

couverture tome 2 du livre fantasy Cœur de menhir

  • Le rêve de Chat Taigne de Colline Hoarau (Évidence Éditions)

Le rêve de chat Teigne: (Adapté aux lecteurs dyslexiques) par [Hoarau, Colline]

Chat Taigne est le compagnon quotidien de Clémentine. Heureusement qu’il est là lorsque Colin, le marin, s’en va de par les océans. Il a un rêve secret, en voyant chaque jour, les enfants passer devant la fenêtre. Les accompagner vers l’école. Pourra-t-il réaliser son rêve ? Que vont devenir ses maîtres ? Restera-t-il seul ?

Chat Taigne n’a pas fini de nous étonner !

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Throwback Thursday Livresque : Sous l’océan

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Pour ce thème, j’ai hésité entre trois romans, mais comme il faut bien choisir, j’ai décidé de vous parler d’Abyss de Svetlana Mori, un auteur que j’apprécie beaucoup et que je suis toujours avec plaisir sur Twitter.

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

Pourquoi ce choix ?

Le titre et la couverture du roman nous plongent, sans mauvais jeu de mots, directement dans le thème de la semaine… J’aurais pu m’arrêter là pour expliquer mon choix, mais il aurait été dommage de ne pas dire à quel point Abyss, ce n’est pas qu’une simple histoire de pirates.

Abyss, c’est un récit aux multiples facettes : histoire d’amour impossible ou difficile entre deux êtres de nature différente, univers immersif dans lequel se côtoient des hommes-poissons et des humains, chacun pouvant se montrer aussi cruel que l’autre, vocable maritime maitrisé vous donnant l’impression de voguer aux côtés des protagonistes, rythme effréné…

Abysse, c’est donc une histoire qui vous conduira sur et sous l’eau, mais également dans les affres de la condition humaine avec ses bons comme ses mauvais aspects…

Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à lire mon avis dont voici la conclusion :

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Et vous, tenté par ce roman ?

 

Le Baron Miaou, Nico Bally

J’ai lu Le Baron Miaou de Nico Bally dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Imaginaire. Ayant eu la chance d’avoir gagné ce roman il y a plus d’un an, je l’ai dévoré dans sa version papier.

RÉSUMÉ

Rencontrez le fabuleux alchimiste à tête de chat. Suivez la timide adolescente aux mille masques. Admirez les lueurs du dresseur de feux follets. Sauvez l’enfant tombée dans un coma lunaire. Entre carnavals nocturnes et labyrinthes oubliés, tentez le plus impossible des voyages.

  • Broché: 254 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (17 janvier 2017)
  • Prix : 10.02€
  • Autre format : ebook (livre disponible en emprunt kindle)

AVIS

Avant de commencer la chronique, je tiens à souligner l’excellent travail d’édition : la couverture de Nicolas Trève est sublime, l’effet soft touch du roman très agréable et le travail de correction de qualité. C’est avec ce genre d’ouvrage que l’on se rend compte du potentiel de l’auto-édition.

Nhadda Cranne est une talentueuse, bien que pas forcément très pragmatique, créatrice de masques, dont la vie va être chamboulée par un personnage plutôt atypique, le Baron Miaou, un alchimiste à la tête de chat, ou un chalchimiste pour les initiés, dont la renommée n’est plus à faire. Détestée par son odieux père et peu reconnue dans son art, la jeune fille n’hésitera pas à le suivre dans ses aventures.

Dans leurs aventures qui les conduiront sur les routes de France et de Navarre ou plutôt de Grenoble et de Venise, voire bien plus loin, mais là, c’est un secret qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes, ils seront accompagnés de Maria. Fille d’un Comte qui la traite plus comme une servante que comme sa précieuse progéniture, cette enfant sera à l’origine de leur voyage. Atteinte d’un mystérieux mal, elle s’enfonce ainsi parfois dans un profond sommeil. Touchés par son cas, Le Baron et Nhadda feront tout leur possible pour trouver une solution à ce problème, ce qui les poussera à essayer de retrouver un dangereux et mystérieux personnage.

Comme vous l’avez certainement compris, Le Baron Miaou, c’est un roman fantastique, mais c’est aussi un roman d’aventure qui fera battre votre cœur au rythme des dangers et des rencontres que notre équipe va faire. Une équipe formée au gré du hasard et qui se distingue par son originalité : nous avons donc un célèbre alchimiste à la tête de chat des plus énigmatiques, une jeune fille qui profite de son savoir-faire pour cacher son visage sous des masques toujours adaptés aux situations qu’elle traverse, une jeune fille malade plus à l’aise avec les animaux qu’avec les gens et qui se révèle d’une naïveté touchante, et un homme maîtrisant les feux follets, Jacques Mains-Froides.

J’ai adoré la galerie de personnages proposée par l’auteur avec un petit coup de cœur pour Maria dans laquelle je me suis parfois retrouvée notamment dans son amour immodéré pour les animaux et pour le thé. Nhadda m’a, quant à elle, touchée par sa manière de se dévoiler aux autres à travers ses créations tout en les érigeant finalement comme un bouclier infranchissable. Un paradoxe que je comprends et qui la rend assez complexe et très attachante. Mais c’est certainement le Baron Miaou qui m’a le plus intriguée puisqu’il constitue une sorte d’énigme. Habitué à jouer un rôle depuis son enfance, il lui faudra du temps pour baisser ses barrières et apprendre à faire confiance et, surtout, à s’attacher aux autres…

Quel plaisir de voir évoluer ces différents personnages hauts en couleur au fil de l’aventure et de voir leurs liens se resserrer devant les épreuves qu’ils traversent ! J’avoue toutefois être beaucoup plus réservée pour un des personnages secondaires, Jacques Mains-Froides, dont le changement d’attitude m’a semblé bien trop rapide. J’imagine que son principal intérêt, en plus d’apporter un élément de surprise, est de montrer que l’avidité peut transformer un homme, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver son rôle superflu ou, peut-être, pas assez poussé… À l’inverse, Le Crabe, une femme mutilée suite à une tentative un peu folle de faire un voyage très lointain, m’a touchée. Elle intervient peu dans le livre, mais son rôle est assez fort pour provoquer un vrai impact sur les lecteurs.

Au-delà des personnages, difficile de s’ennuyer dans cette aventure, menée d’une main de maître, qui vous fera voyager à bord d’une roulotte-laboratoire, traverser un bien sombre labyrinthe, affronter des loups sauvages, du moins en théorie, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, et vous fera même assister à un concours de… thé. Il fallait y penser ! Nico Bally a incontestablement de l’imagination et un véritable talent de la mise en scène au point que certaines scènes m’ont donné l’impression de me retrouver dans un Indiana Jones pour les enfants.

Mais ce que j’ai adoré, c’est qu’il a réussi à nous proposer une histoire avec du rythme tout en lui conférant une dimension onirique qui n’est pas sans rappeler celle que l’on peut trouver dans des séries de BD comme De Capes et de Crocs. L’approche assez visuelle de l’auteur m’a d’ailleurs fait regretter que le roman ne soit pas illustré. Il y a, en effet, matière à nous offrir une aventure très riche visuellement ! Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les personnages du roman étaient destinés à un projet d’album, un projet qui, je l’espère, sera un jour d’actualité. En attendant, vous pourrez toujours trouver quelques illustrations de Nicolas Trève du Baron Miaou en fin d’ouvrage ou sur Internet.

La plume de Nico Bailly est délicieusement immersive, ce qui devrait séduire autant les adultes qu’un lectorat plus jeune. D’ailleurs, gros point fort pour moi, bien que le roman soit un roman jeunesse, on sent que l’auteur ne s’est pas bridé. Le vocable utilisé est recherché tout en demeurant accessible et les constructions de phrases devraient séduire les amateurs de belles plumes. Autre point à souligner, le double niveau de lecture du roman : les enfants pourront se contenter de suivre avec amusement et intérêt les aventures d’un fantasque homme à la tête de chat et de ses amis, quand les lecteurs plus âgés pourront déceler dans cette histoire, une certaine profondeur. Nous ne sommes pas dans un roman philosophique, mais le roman flirte toutefois avec le roman d’apprentissage et nous pousse naturellement et sans lourdeur à nous interroger sur des sujets variés : les a priori et les apparences, la confiance en soi et l’acceptation de soi, l’avidité et les chemins peu vertueux qu’elle peut nous faire prendre, la famille qui peut être parfois de cœur plus que de sang, le concept de foyer…

À noter que l’auteur a ajouté quelques bonus en fin d’ouvrage apportant quelques éléments d’explications sur son œuvre.

En conclusion, d’une plume fluide, mais accessible, l’auteur nous offre ici une aventure rythmée et immersive qui devrait séduire petits et grands lecteurs, et ceci, dès les premières pages. Je recommanderai donc cet ouvrage à tous ceux qui sont en quête d’un roman mêlant habilement magie, au sens propre comme au sens figuré, amitié, trahison, action, et personnages touchants et originaux. Et puis qui sait, à l’issue de cette épopée, vous aurez peut-être appris, comme nos protagonistes, qu’il est parfois nécessaire de faire tomber le masque pour se (re)trouver ?

Nico Bally 📚

Source : compte Twitter de l’auteur

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N’hésitez pas à lire les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus.

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