Films et séries en pagaille #1 (janvier 2021)

L’une de mes résolutions de cette année est de regarder au moins deux films par mois avec mon compagnon qui a accepté de m’accompagner dans ce défi, ma capacité de concentration devant un écran quand je suis seule étant quelque peu inexistante. En parallèle, nous essayons de regarder chaque soir un épisode d’une série en format court.

Sur le modèle des articles Mini-chroniques en pagaille, j’ai donc décidé de tenter un nouveau type d’article : Films et séries en pagaille. Chaque fin de mois, je reviendrai rapidement sur les séries et films visionnés. Une expérience qui, je l’espère, me motivera pour tenir ma résolution et qui me permettra de fixer un peu plus longtemps dans ma mémoire les œuvres vues…


Malgré une grosse déception, ce premier mois de l’année n’en demeure pas moins positif avec la découverte d’une série coup de cœur et le revisionnage (vous m’excuserez ce barbarisme) d’un film qui m’a offert un beau retour en enfance.

SÉRIES

  • Modern family : nous avons regardé la deuxième saison de Modern Family, une série mettant en scène les membres d’une famille plutôt haute en couleur. Sans être remarquable, la série se laisse regarder et présente l’avantage d’offrir une certaine diversité. L’humour est au rendez-vous même si au bout de deux saisons, je commence à trouver un peu lourd les blagues autour de l’origine colombienne de Gloria. En revanche, j’apprécie sa personnalité et le fait que contrairement à ce que je craignais, elle ne soit pas présentée comme une croqueuse de diamant. Bien que très belle et plus jeune que son mari, elle semble, en effet, sincèrement attachée à lui et non à sa fortune… J’adore aussi son fils, un garçon, très en avance sur son âge, à la sensibilité exacerbée.


    Néanmoins, si ce genre de série m’aurait énormément plu enfant/ado, adulte, elle me laisse indifférente d’autant que je la trouve assez répétitive… Mon copain n’étant pas plus attaché à la série, nous avons décidé de ne pas la poursuivre.

  • Abandon : La chronique des Bridgerton. C’est ma plus grosse déception de ces derniers mois. J’attendais beaucoup de cette série, mais je n’ai pas tenu plus de trois épisodes, m’ennuyant profondément et ne ressentant absolument aucune alchimie entre le couple principal. Je retiendrai néanmoins le travail artistique réalisé sur les costumes et l’accent mis en avant sur la condition féminine de l’époque et le poids écrasant des conventions sociales et sociétales.

La Chronique des Bridgerton - Série TV 2020 - AlloCiné

  • Miss Scarlet and The Duke : série coup de cœur ! Cela ne m’était pas arrivé depuis des lustres, mais j’ai regardé les 6 épisodes de la série en une soirée/nuit. Je remercie donc Les Blablas de Tachan pour cette excellente découverte.

Cette série policière historique contient tout ce que j’apprécie : une héroïne intelligente, indépendante et en avance sur son temps qui brave les conventions pour tracer son propre chemin, des thématiques fortes avec cette question de la condition féminine et du sexisme, un questionnement sur ce qui est tolérable ou non de faire pour acquérir et défendre ses droits, le déterminisme social, du suspense, des enquêtes extrêmement bien menées… Et j’ai ressenti entre Miss Scarlet et The Duke, cette alchimie qui m’a manqué dans La chronique des Bridgerton. Les échanges entre ces deux fortes têtes ne manquent ainsi ni de piquant ni de mordant. J’attends donc la deuxième saison avec impatience !

FILMS :

  • The Professor and the Madman

Basée sur une histoire vraie, ce drame historique m’a laissée une forte impression et ceci avant tout en raison de l’interprétation magistrale de Sean Penn et Mel Gibson. Le premier interprète un ancien médecin de l’armée américaine interné dans un hôpital psychiatrique, et le second, un philologue et lexicographe écossais engagé pour créer l’Oxford English Dictionary. Une tâche tellement colossale qu’il va lancer un appel général au bénévolat afin que chacun apporte sa pierre à l’édifice. C’est dans ce contexte que va commencer une correspondance puis une amitié entre ces deux hommes dont la route n’aurait jamais dû se croiser.

The professor and the madman - Ecran et toile

Si en commençant ce film, c’est la partie création du dictionnaire qui m’intéressait, il m’est vite apparu que son intérêt se situait ailleurs. Ce qui fait la force de cette histoire est le travail réalisé sur les émotions et la psyché d’un médecin qui n’est pas sorti indemne de la guerre. Le docteur Minor a des troubles mentaux, craignant des ennemis qu’il est le seul à voir, mais aucun diagnostic n’est vraiment posé, du moins pas avant le point final… Cela n’est pas dérangeant en soi, l’important étant de le suivre dans ses hauts et ses bas, de le voir reprendre espoir avant éventuellement de rechuter, car pour cet homme fortement affecté par la guerre, la moindre chose est susceptible de le replonger dans ses tourments.

Si j’aurais préféré que l’histoire avec la veuve de l’homme que Minor a tué lors d’une crise de démence soit gérée autrement, j’ai néanmoins apprécié les idées de pardon et de rédemption qu’elle soulève. J’ai également été touchée par l’amitié entre Minor et James Murray qui va tenter comme il le peut de soutenir cet homme avec lequel il a développé des liens sincères et profonds… La thématique des conditions d’internement est, en outre intéressante, bien que j’ai trouvé le changement de comportement du directeur un peu abrupt, ce qui m’a laissée un certain sentiment d’incompréhension…

En bref, voici un film émouvant à regarder, en gardant à l’esprit que s’il y a des pointes de lumière, l’esthétique globale du film peut se révéler un peu sombre.

  • Aladdin (revisionnage ) : Aladdin est l’un de mes Disney préférés et l’un de ceux que je regardais très régulièrement enfant. J’avais un peu peur que le charme n’opère plus, mais j’ai vite été rassurée sur ce point : presque trente ans après sa sortie, ce classique de Disney n’a pas pris une ride. J’ai donc adoré me replonger dans ce film et retrouver toutes ces chansons que j’aimais tant et que je connais encore par cœur. Ce film, c’est un petit concentré de bonne humeur qui, en ces temps incertains et anxiogènes, offre une bouffée d’air frais bienvenue et salutaire !

Le programme de février : la saison 2 d’Umbrella Academy, et deux films Prime Video : État d’esprit et L’histoire personnelle de David Copperfield.

Et vous, qu’avez-vous vu en janvier ?
Connaissez-vous ces œuvres et/ou vous tentent-elles ?

Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Le compte à rebours du Père Noël de Kim Thompson, illustré par Elodie Duhameau (Crackboom)

Le compte à rebours du père Noël : 24 histoires avant Noël par Thompson

Aimant beaucoup les calendriers de l’Avent, j’étais curieuse de découvrir cet album jeunesse qui en reprend le principe puisque l’autrice vous propose de découvrir une petite histoire chaque jour. Un joli moyen de faire patienter les enfants jusqu’à Noël et de passer de doux et chaleureux moments en leur compagnie.

Jour après jour, on suit le Père Noël, la Mère Noël et les lutins dans leurs préparatifs de Noël. C’est qu’entre la vérification du traîneau, la lecture des lettres des enfants, l’entraînement du Père Noël pour qu’il soit au meilleur de sa forme le jour J, la fabrication des cadeaux… tout le monde est bien occupé. Il ne faudrait pas décevoir les enfants qui attendent impatiemment leurs cadeaux. Et que les moins sages d’entre eux se rassurent, le Père Noël semble toujours arriver à trouver du bon chez chacun. On n’en attendait pas moins de lui.

Que l’on soit enfant ou adulte, difficile de résister au charme qui se dégage de ce doux album qui respire bon Noël, la bienveillance, la gentillesse et qui n’est pas dénué d’humour, le Père Noël nous régalant de ses expressions plus loufoques les unes que les autres : pastilles en papillotes, mille babouins nains, choucroutes de mammouth… Les illustrations tout en rondeur, pleines de peps et de couleurs ainsi que les larges sourires des personnages contribuent également au plaisir que l’on prend à parcourir ce joli album.

Le compte à rebours du Père Noël illustration

Avec Kim Thompson, Noël se part d’une certaine modernité puisqu’en plus du traditionnel traîneau et des emblématiques rennes, une large place est accordée à des inventions plutôt ingénieuses et parfois amusantes. À côté du GPS que tout le monde connaît, on découvre ainsi le super calculateur de cadeaux ou, encore plus pratique, le poulet robot emballeur !

En bref, voici un album coloré parfait pour faire de chaque jour avant Noël, un petit moment d’amusement et de douceur à partager avec les enfants. 

Je remercie Netgalley et les éditions Crackboom pour cette lecture.


  • Ana Ana – tome 1 : Douce nuit, Alexis Dormal et Dominique Roques (Dargaud)

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Si j’ai déjà lu quelques albums de la série, c’est n’est que récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier tome, Douce nuit. Un titre qui a tout de suite parlé à l’insomniaque en moi… Ana Ana ne veut pas dormir. Non, ce dont elle a très très envie, c’est de lire ! Une envie que nous sommes très nombreux à partager avec elle, je n’en doute pas.

Ses doudous ne partagent néanmoins pas la même passion des livres. Eux, ce qu’ils veulent plus que tout, c’est dormir. Dormir sur leurs deux oreilles, dormir les uns contre les autres, mais surtout, dormir dans le noir et silence ! Les peluches commencent donc à perdre patience, leurs petits stratagèmes pour pousser Ana Ana à dormir ne semblant pas fonctionner. Une situation qui ne devrait pas manquer de rappeler des souvenirs aux parents….

Heureusement, le sommeil finit par gagner la fillette. L’heure de dormir aurait-elle enfin sonné ? Rien n’est moins sûr… J’ai adoré cet album que j’aurais certainement pris plaisir à lire à l’envi quand j’étais enfant puisque comme Ana Ana, lire me semblait bien plus tentant que dormir. Les enfants devraient s’identifier facilement à cette petite fille qui ne manque pas de caractère, mais qui n’en demeure pas moins attachante tout comme ses amies, les peluches. Des peluches au profil varié qui n’hésitent pas à se rebeller, à leur manière…

Quant aux illustrations, elles possèdent une douceur certaine et un charme presque suranné parfait pour un instant de lecture plein de tendresse.

Ana Ana Douce nuit

En bref, Douce nuit est un très bel album plein de douceur qui devrait ravir les amoureux des livres de tout âge et leur donner envie de découvrir les autres aventures d’une fillette à laquelle on s’attache très vite.

Découvrez un extrait sur le site des éditions Dargaud.


  • La pension Moreau, la peur au ventre (tome 2) : Marc Lizano et Benoît Broyart (Éditions de la Gouttière)

La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre par Broyart

La pension Moreau n’est pas une pension comme les autres, car si son but affiché est de remettre les enfants de familles fortunées dans le droit chemin, la vérité est tout autre…

J’attendais avec impatience de retrouver Émile, Paul et les autres qui fomentent une rébellion devant les brimades et sévices que les pensionnaires subissent. Un disque rayé, un rôti assaisonné d’une bien dégoûtante manière… les enfants ont de l’imagination à revendre ! Mais au cours d’une promenade dans la forêt, Émile va faire une surprenante et effroyable découverte qui le poussera à sortir de son mutisme pour avertir ses amis, et plus particulièrement Paul, du danger…

On retrouve dans ce deuxième tome ce que j’avais apprécié dans le premier : une inversion des rôles avec des animaux qui mettent en cage des humains et les tourmentent, de l’humour qui devrait plaire aux enfants, une amitié du genre à la vie à la mort, de l’aventure, des découvertes et des dessins simples, mais très explicites. En tant qu’adulte, j’ai également été sensible à une critique d’un certain capitalisme qui pousse à faire de l’argent et du profit sur le malheur des autres avec un cynisme à toute épreuve.

La fin de l’aventure laissant entrevoir un changement notable dans la vie de nos protagonistes, je suis impatiente de lire la suite et de découvrir les nouvelles épreuves qui attendent notre bande d’amis qui nous apparaît toujours aussi pleine de ressources, débrouillarde et soudée…

AVIS DU PREMIER TOME : Les enfants terribles 

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Top Ten Tuesday #188 : les 10 séries les plus longues de votre bibliothèque

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Petite précision pour le thème de la semaine, les 10 séries les plus longues de votre bibliothèque : il est demandé de prendre en compte le nombre de tomes que l’on possède et non le nombre total de tomes que contient la série.

BD

21 TOMES

Couverture de Blake et Mortimer (Les Aventures de) -1- Le Secret de l'Espadon T1

19 TOMES

Page r Gaston édition collector - les 19 tomes

12 TOMES

Couverture Le petit Spirou, tome 01 : Dis bonjour à la dame

6 TOMES

5 TOMES

Couverture Higanjima : L'île des vampires, tome 01

ROMANS

Cette liste témoigne de ma période bit-lit, il y a une dizaine d’années. Si je me suis remise au genre depuis quelque temps, je n’ai plus cette frénésie de lecture par laquelle j’ai pu passer, notamment parce que je n’apprécie pas outre mesure l’évolution du genre qui flirte dorénavant bien plus souvent avec l’érotisme que le divertissement.

13 TOMES

Couverture La communauté du sud, tome 01 : Quand le danger rôde

10 TOMES

Couverture Mercy Thompson, tome 01 : L'appel de la lune

9 TOMES

7 TOMES .

Couverture Chasseuse de la nuit, tome 1 : Au bord de la tombe

Et vous, quelle est la série dont vous possédez le plus de tomes ?

 

La Petite Faiseuse de Livres – tome 1, Miya Kazuki, Suzuka

Petite faiseuse de livres (la) - Manga série - Manga news

Si les livres n’existaient pas, il faudrait les inventer ! Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres

Ototo – 160 pages – 6,99€ – Traduction : Guillaume Draelants

AVIS

Comment ne pas craquer devant cette couverture toute mignonne et un tel titre ? C’est donc avec beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce manga adapté d’une série de light novels qu’il faudra que je me procure parce que j’ai adoré ce premier tome qui démarre par la mort d’une jeune femme écrasée littéralement sous le poids de son amour des livres. Une ouverture atypique et plutôt marquante qui m’a fait sourire puisque quelques jours avant la lecture de ce manga, j’avais déplacé une grosse pile de livres qui menaçait de me tomber dessus durant la nuit…

Mais pas de panique, si sa vie en tant qu’Urano Motosu prend fin, la jeune femme se réincarne dans le corps d’une fillette de cinq ans à la santé fragile, Maïn. Une seconde chance qui a un petit goût d’enfer pour cette bibliovore qui se retrouve plonger dans un monde où la lecture est réservée à la noblesse et dans lequel le commun des mortels ne sait pas lire ! Cela ne sera pas sans vous rappeler notre propre passé avant l’avènement de l’imprimerie, une période que, vous vous en douterez, je suis bien heureuse de n’avoir jamais connue.

Bien qu’ayant le corps d’une fillette et ses souvenirs, Urano conserve sa personnalité et son amour inaliénable pour les livres, ce qui va la pousser à tout faire pour arriver à assouvir sa passion quitte à devoir elle-même fabriquer son propre livre. On la suit donc, page après page, dans cette mission qui se révèlera bien plus ardue que prévu. En effet, en plus de devoir se faire à sa nouvelle vie et aux limites de son nouveau corps ainsi qu’aux codes de cette société qu’elle découvre petit à petit, notre héroïne va devoir faire preuve d’inventivité pour mettre la main sur les ressources dont elle aura besoin pour se lancer dans son ambitieux projet. C’est qu’avant d’avoir un livre en main, il y a un certain nombre d’étapes à respecter ! Elle pourra heureusement compter sur l’aide de sa sœur, Tuuli.

Si j’ai beaucoup aimé le personnage d’Urano/Maïn qui m’a parfois amusée par son obsession pour les livres qui semble même lui faire occulter son ancienne vie, j’ai eu un petit coup de cœur pour Tuuli qui s’est révélée altruiste, gentille et très patiente devant les demandes inattendues de cette petite sœur devenue bien étrange. Prenant son rôle de grande sœur très au sérieux, elle ne peut qu’attirer la sympathie des lecteurs d’autant que de fil en aiguille, on se rend compte que l’état de santé assez fragile de Maïn ajoute une charge de travail supplémentaire sur les épaules de la jeune fille…

Au-delà de l’aspect amour des livres omniprésent dans le roman, les instants de vie apportent également beaucoup de charme à cette histoire puisque l’on découvre la vie au sein d’une famille assez pauvre, mais unie et aimante. Il est également intéressant de découvrir, aux côtés d’Urano, des conditions de vie et d’hygiène bien éloignées de celles que nous connaissons avec un confort somme toute assez sommaire, ce qui n’empêche pas la famille de Maïn de sembler heureuse. J’ai, en outre, été agréablement surprise par la personnalité du père, un soldat, qui tranche avec les stéréotypes liés à ce genre de personnage.

Le bonheur de savoir lire et la tristesse d’un monde dans lequel la lecture est un privilège nous sautent aux yeux dans ce manga, mais l’autrice évoque également le sujet de l’illettrisme et l’importance de ne pas regarder de haut les personnes qui, pour une raison ou une autre, ne savent pas lire. J’espère que dans la suite de la série, la passion pour la lecture de Maïn fera des émules même si le difficile accès aux livres demeure un problème…

Quant aux illustrations, elles sont à l’image de la couverture, sublimes ! J’ai adoré la rondeur des traits, la très grande expressivité des visages et le travail réalisé sur les yeux de Maïn qui expriment à eux seuls toute une palette d’émotions. Les décors, quant à eux, correspondent à merveille au récit : minimalistes pour les scènes d’intérieur de manière à refléter le niveau de vie de la famille, plus riches et détaillés quand l’on parcourt les rues du village à l’ambiance très médiévale.

En conclusion, La Petite Faiseuse de Livres est un manga que je conseillerais à tous les amoureux des livres curieux de découvrir la nouvelle vie d’une jeune femme se retrouvant coincée dans la peau d’une fillette et dans un monde où il lui est bien difficile de s’adonner à son unique et seule passion, la lecture. Tendre, teinté d’humour et magnifiquement illustré, voici un premier tome qui devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite afin de suivre Urano, devenue Maïn, dans son ambitieux projet…

Week-end à 1000 (18-20 septembre 2020) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


C’est, comme toujours, avec grand plaisir que j’accueille ce nouveau week-end à 1000 qui débutera ce vendredi 18 septembre à 19h et se terminera le dimanche 20 septembre à 23h59. Ayant emprunté pas mal d’ouvrages graphiques à la médiathèque, je pense consacrer cette session à leur lecture…

  • Blue, tome 1

Couverture lue au pays des songes, tome 1 : La forêt envahissante

Pour sauver les rêves, elle va devoir affronter ses pires cauchemars. Blue est une petite fille comme les autres : elle aime rêver, sa maman, les matinées au soleil et prendre son petit-déjeuner. Mais le jour où un avion en papier vient frapper la fenêtre de sa chambre et qu’elle reçoit un colis à son attention, sa vie bascule… La voilà propulsée dans un monde de ténèbres où le gardien d’une forêt malveillante a emprisonné les songes et leurs propriétaires. Afin de sauver sa mère et le reste de la population, Blue va devoir partir à l’aventure et, de sa rencontre avec une foule de créatures magiques et bigarrées, trouver un moyen d’affronter ses propres peurs pour rendre leurs rêves aux gens… Pour son premier livre, Davide Tosello nous embarque dans un périple digne d’Alice au pays des merveilles, mêlant la féérie baroque de Tim Burton à la modernité graphique des récentes productions Pixar. Une allégorie sur l’enfance et les rêves portée par une héroïne touchante et attachante.

  • La Lanterne de Nyx, tome 3

Couverture La Lanterne de Nyx, tome 3

1878, Nagasaki.
Après avoir importé des articles dernier cri d’Europe, Momotoshi veut maintenant se rendre à Paris pour y vendre des produits d’art et d’artisanat japonais. Au moment du départ, Miyo lui avoue enfin ses sentiments. Seulement, Momotoshi garde encore dans sa montre le portrait d’une belle femme aux yeux bleus…

  • La pluie du Paradis

Couverture La pluie du paradis

Vimoksa, mot de sanskrit ancien exprimant l’idéal de paix et de tranquillité vers lequel doivent tendre les êtres par-delà les événements de leur vie terrestre, réunit une série de courts récits de Yu Lu, dont c’est la première traduction en langue française. Histoires d’amour, d’apprentissage ou de don de soi, presque toutes ont pour cadre la ville de Suzhou, cité lacustre de Chine méridionale très célèbre pour la beauté de ses décors, parsemée de jardins, parcourue de nombreux canaux, et que l’on désigne parfois du qualificatif de « Venise chinoise ». Outre la dimension souvent émouvante de ces histoires, l’album est aussi l’occasion de découvrir la maîtrise graphique époustouflante de Yu Lu, qui revisite le registre réaliste avec une rare puissance. Un virtuose dont on reparlera, assurément.

  • Le garçon sorcière, tome 1

Couverture La sorcière, tome 1 : Le garçon sorcière

Dans la culture du jeune Aster, treize ans, toutes les filles sont élevées pour devenir des sorcières et les garçons, des métamorphes. Toute personne qui ose contrevenir à cette tradition est exclue. Malheureusement pour Aster, il demeure incapable de se métamorphoser… et il est toujours aussi fasciné par la sorcellerie, bien qu’elle lui soit formellement interdite.

Lorsqu’un danger mystérieux menace les autres garçons, Aster sait qu’il peut aider… avec la sorcellerie. Avec les encouragements d’une nouvelle amie excentrique, Charlie, Aster se laisse enfin convaincre d’exercer ses talents de sorcière. Mais il aura besoin d’encore plus de courage pour sauver sa famille… et en réalité, se sauver lui-même.

  • Wandering Souls, tome 1

Couverture Wandering souls, tome 1

Ayten est une jeune orpheline qui vit dans un village de chasseurs au cœur des montagnes. A cause de sa capacité à communiquer avec les dépouilles d’animaux, elle mène une vie isolée des autres membres de sa tribu. Mais alors qu’elle fait une chute mortelle du haut d’une falaise, Ayten se régénère sous les yeux des villageois qui, terrorisés, décident de la bannir.
Pour la jeune exilée, ce jour marquera le début d’un voyage extraordinaire à travers les terres des dieux oubliés, les Shagaï. Et c’est dans un temple abandonné qu’Ayten fera une rencontre inattendue qui bouleversera sa vie à jamais.

  • La petite faiseuse de livres, tomes 1 et 2

Couverture La petite faiseuse de livres, tome 1Couverture La petite faiseuse de livres, tome 2

Si les livres n’existaient pas, il faudrait les inventer ! Une étudiante bibliovore se réincarne en petite fille dans un monde caractérisé par l’illettrisme, et où l’imprimerie semble n’avoir pas encore été inventée… Mais pour celle qui est morte écrasée par sa bibliothèque, les livres sont vitaux !! Il n’y a qu’une seule solution s’il n’y en a pas, elle va les fabriquer. Une bibliofantaisie pour les amoureux des livres, par des amoureux des livres !

TOTAL : 7 livres, 1204 pages

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Avez-vous déjà fait votre PAL ?

Top Ten Tuesday #187 : les 10 mangas que j’aimerais avoir dans ma bibliothèque

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


J’achète peu de mangas principalement par manque de place mais aussi pour une question de budget. Je peux néanmoins en lire pas mal grâce aux offres numériques des éditeurs et au réseau de bibliothèques de ma ville, ce qui me permet de faire de fort sympathiques découvertes. J’ai terminé certaines de ces séries et n’ai lu que le premier tome d’autres, mais voici les 10 séries de mangas que j’aimerais avoir en priorité dans ma bibliothèque.

  • Le trio de tête :

Black Butler est incontestablement ma série préférée et celle qui m’a donné goût aux mangas. Je garde un très bon souvenir de Death Note dont j’attends les deux romans commandés il y a une dizaine de jours. Quant à L’Enfant et le Maudit, c’est l’une de mes plus belles découvertes. Je suis complètement tombée sous le charme de Nagabe et de son style inimitable mêlant noirceur et poésie.

Couverture Black Butler, tome 01Couverture Death Note, black edition, tome 1Couverture L'enfant et le maudit, tome 01

  • Voici les autres séries que j’aimerais posséder :

Couverture La Lanterne de Nyx, tome 1Couverture Reine d'Égypte, tome 1Couverture Chi, une vie de chat, tome 01

Couverture Aromantic (love) story, tome 1Couverture Le maître des livres, tome 01Couverture Kasane : La voleuse de visage, tome 01

Couverture Frau Faust, tome 1

Et vous, est-ce qu’il y a des séries que vous aimeriez beaucoup acquérir ?

Cœur de menhir – tome 3 : Le chaos d’Askaod, Adrien Hortemel

Cœur de menhir: 3 - Le chaos d'Askaod par [Adrien Hortemel]

Les nouveaux druides sont désormais investis d’une mission : reformer le cénacle des druides. Cependant, après avoir été dupé par les Broc’h, leur groupe est divisé et leurs quelques alliés sont défaits ou emprisonnés. Dans leur sillage, le sang a coulé, les pertes ont été importantes. Leurs détracteurs se sont emparés des faits et les utiliseront en leur faveur. Les espoirs reposeront sur Sigrid, si tant est qu’elle puisse agir. Mais le groupe survivra-t-il aux calomnies et aux révélations, alors que dans l’ombre, le Dalc’h continuera de rallier des nouvelles âmes.

Auto-édition – 525 pages – Broché (19€) – Ebook (6,99€)
Illustrations : Christophe le Galliot

AVIS

Avis du tome 1 – Avis du tome 2 : Les nouveaus druides

La série comportant un certain nombre de personnages et des intrigues multiples, j’ai eu peur, en me lançant dans ce troisième tome, de ne pas retrouver mes repères, mais mes craintes se sont envolées dès les premières pages avec un prologue captivant qui prouve la capacité de l’auteur à nous surprendre. Il a ainsi pris le parti de commencer son roman avec des personnages qui nous sont inconnus, mais pour lesquels on se prend tout de suite d’affection à nos risques et périls d’ailleurs. En effet, les choses débutent de manière plutôt dramatique et fracassante !

L’auteur ne tombe néanmoins jamais dans le gore ou la surenchère, ce qui explique probablement le plaisir que je prends à le lire, mais il a une manière bien à lui de nous plonger régulièrement dans des scènes d’action réalistes, immersives et palpitantes. Pour ma part, j’ai apprécié le savant dosage qu’il a su trouver entre scènes de combats classiques à l’arme blanche et confrontations durant lesquels la magie prend toute son importance. Une magie aussi puissante que dangereuse qu’essaie toujours de dompter et maîtriser Dairen que j’ai retrouvé ici avec plaisir même si dans ce tome, je lui ai préféré d’autres personnages…

Le jeune homme poursuit sa lutte contre le mal et va, de nouveau, être confronté à différentes épreuves. Pour l’épauler, il pourra heureusement compter sur des amis et connaissances, plus ou moins sympathiques, mais aussi sur des personnes nouvellement rencontrées dont une dryade débrouillarde et avenante. Son aide ne sera pas superflue au regard du périple entrepris et des multiples dangers rencontrés en cours de route, certains conduisant Dairen à prendre des décisions difficiles qui mettront à mal sa notion d’amitié et le feront parfois douter de la direction à prendre…

J’ai apprécié la manière dont l’auteur exploite la figure de la dryade que je connais peu et que je n’ai jamais vue prendre part à une aventure épique comme celle-ci. J’ai également trouvé ce personnage assez complémentaire avec Dairen et ai pris plaisir à suivre la dynamique qui se développe progressivement entre les deux. Une dynamique qui viendra, dans une certaine mesure, compenser une amitié qui s’est nettement détériorée dans ce tome et qui risque de fragiliser un équilibre précaire que la raison voudrait que nos héros essaient de sauvegarder à tout prix ! Mais les émotions, les secrets et les malentendus semblent ici trop forts pour que les choses s’apaisent, du moins, pour le moment…

En plus de Dairen, on retrouve d’autres personnages plus ou moins familiers comme Krah’m, Morwenna, Sigrid… Si Morwenna demeure cette calculatrice chevronnée prête à tout pour atteindre ses objectifs, on lui découvre toutefois une fragilité et une humanité qui m’ont agréablement surprise. Je dois d’ailleurs dire que j’ai été frustrée de ne pas savoir ce qu’elle devient alors qu’on la quitte en mauvaise posture, mais peut-être que son sort nous sera dévoilé dans la suite de la série… Quant à Sigrid, elle reste fidèle à elle-même : dure à cuire, battante, courageuse, mais parfois trop fonceuse et frondeuse pour son bien ! La jeune femme présente toujours en elle cette dualité qui menace de la faire sombrer à chaque instant et qui tend à rendre ses réactions parfois excessives. Arrivera-t-elle à dompter et à vivre en harmonie avec sa nature profonde pour prendre la place qui lui revient de droit ?

Sigrid est une femme que j’aime beaucoup malgré ses emportements, mais à ma grande surprise, c’est finalement le destin d’Eliaz qui m’a le plus captivée. J’attendais d’ailleurs les passages le concernant avec la plus grande impatience. Le nain, qui avait dû essuyer une terrible perte dans le tome précédent, n’est pas au bout de ses peines : entre l’emprisonnement, le travail forcé et les sévices, il lui faudra toute sa pugnacité et ses amis de fortune, ou plutôt d’infortune, pour survivre et faire face à la situation. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais attendez-vous à une révélation très surprenante sur ce personnage qui s’avère bien plus complexe qu’il n’y parait.

Eliaz est donc mon personnage préféré de ce tome que ce soit en raison de son passé, qui ne manquera pas de susciter en vous une certaine empathie, de son courage ou des liens qu’il a su nouer avec un mystérieux homme, qui ne l’est peut-être pas tant que cela, et une hermine blanche, toute mignonne. La relation entre notre héros et cet animal m’a beaucoup touchée et apporte une certaine douceur à une aventure mouvementée dans laquelle le sang est bien souvent versé et les revers de fortune nombreux.

En plus de l’action omniprésente, on appréciera la manière dont l’auteur n’hésite pas à multiplier les intrigues avant de les relier entre elles afin de former une trame complexe, complète et cohérente ! Tout au long du roman, on passe donc d’un personnage ou d’un groupe de personnages à l’autre sans jamais avoir l’impression d’être perdu puisque l’on sent que l’auteur sait où il va et qu’il sait comment nous y amener ! J’ai ainsi adoré me plonger dans le roman sans réserve, retrouver des têtes familières, en rencontrer d’autres, dont certaines hautes en couleur, et découvrir les différents enjeux politiques, guerriers, stratégiques et magiques qui rythment le récit.

Les choses sont parfois trompeuses et les intérêts des uns ne sont pas forcément ceux des autres. Attendez-vous donc à un roman auréolé d’une bonne dose de secrets, de complots et de jeux de pouvoir qui supposent de maîtriser, en plus de l’art de la guerre, celui de la machination. Prise par le récit, ses révélations et ses nombreux enjeux, je n’ai donc pas vu défiler les 525 pages du roman, ce qui s’explique également par la plume de l’auteur que j’ai trouvée accessible et assez travaillée pour nous offrir de belles émotions, des descriptions réalistes et des scènes très immersives.

Au-delà de cette aventure menée tambour barrant, l’auteur aborde également différentes thématiques intéressantes et universelles : le racisme et la peur de la différence, l’exploitation des plus faibles, le fanatisme religieux, la rédemption, le poids des secrets… Quant aux illustrations de Christophe le Galliot, elles contribuent au sentiment d’immersion que l’on peut ressentir tout au long des pages. La présence de cartes et d’un index des principaux personnages en début de roman permet, en outre, de se lancer avec toutes les données en main pour profiter au maximum de sa lecture.

En conclusion, dans Le chaos d’Askaod, l’auteur creuse le passé de ses protagonistes, nous permet de découvrir d’autres personnages, mais nous offre surtout une aventure épique et haletante qui ne devrait pas manquer de vous faire vivre mille émotions. Entre la découverte d’un bestiaire étoffé, des scènes d’action imagées et réalistes et une quête contre le mal semée d’embûches et d’ennemis retors, vous devriez passer un très bon moment de divertissement empreint de magie, d’amitié/rivalité et de sang.

Je remercie Adrien Hortemel de m’avoir proposé son roman en échange de mon avis.

Melena Sanders, tome 2 : Trompée par les ténèbres, Susan Illene

Couverture Melena Sanders, tome 2 : Trompée par les ténèbres

Melena Sanders s’est débrouillée pour éviter tout ce qui avait trait au paranormal pendant la grande majorité de sa vie, mais après s’être rendue à Fairbanks, en Alaska, pour sauver sa meilleure amie des mains d’êtres surnaturels, elle n’a plus été autorisée à repartir. Tout du moins, jusqu’à ce que son ennemi juré vienne récolter une faveur qu’elle lui devait. Lucas a beau être en partie ange, en ce qui la concerne, il est entièrement maléfique.

Lui rembourser sa dette lui permet, certes, de quitter la ville pendant un moment, mais sa nouvelle destination s’avère tout sauf agréable. Mel doit aider le nephilim à s’occuper d’une recrudescence de possessions démoniaques en plein Juneau. Bien que rien de ce genre ne soit arrivé depuis des milliers d’années, Lucas est certain que les rares capacités de Melena sont la clé du problème.

La violence dans la capitale ne faisant que s’accroître, notre sensible va devoir trouver une solution pour mettre rapidement un terme aux conflits avant qu’ils ne se propagent dans d’autres villes. Cependant, travailler si près de Lucas va changer la dynamique de leur relation pernicieuse, ce qui, finalement, l’inquiète plus que les démons. Elle n’aurait jamais cru que sa captivité à Fairbanks lui manquerait.

Collection Infinity –   – 408 pages – 20€

AVIS

Ayant beaucoup apprécié le premier tome, Hantée par les ténèbres, j’ai enchaîné avec celui-ci pleine d’enthousiasme, mais malheureusement, ma lecture fut assez mitigée.

J’ai regretté que l’autrice tombe dans tous les écueils qu’elle avait évités précédemment : une certaine vulgarité qui ne sert absolument à rien, des scènes de sexe qui tombent comme un cheveu sur la soupe même s’il n’y en a pas non plus à toutes les pages, une héroïne devenue inconstante et incohérente, passant de « je déteste Lucas mais il est trop sexy « à « je me sens liée à lui, mais c’est un connard, pas moyen que je retourne à ses côtés » avant de changer d’avis dès qu’il pointe le bout de son minois.

Bref, voir l’autrice faire passer son intrigue au second plan pour se concentrer sur une histoire d’amour tellement peu réaliste qu’elle n’a suscité chez moi aucune émotion m’a quelque peu frustrée. J’ai eu vraiment beaucoup de mal à supporter le fait que Melena change d’avis toutes les minutes quant à ses sentiments pour Lucas. Un comportement frôlant le ridicule et le pathétique à des années-lumières de son côté badass.

Autre point problématique, la personnalité de Lucas qui devient bien trop possessif et dominateur à mon goût. Il suffit d’un rapprochement avec Melena pour que M. ne supporte pas que quelqu’un s’approche de la jeune femme que ce soit un autre homme ou sa meilleure amie… J’imagine que le côté protecteur du nephilim pourra plaire à certaines lectrices et certains lecteurs, mais il est bien trop prononcé pour être mignon. Là, il est juste malsain.

J’ai, en outre, été horrifiée par une scène dans laquelle une amie de Melena lui explique sérieusement que maintenant qu’elle a accepté un certain rapprochement avec Lucas, elle n’a pas d’autre choix que de s’offrir à lui sous peine de faire preuve de cruauté. Alors non. Une femme n’est JAMAIS obligée de coucher avec un homme. Aucune exception !

J’avoue ne pas avoir compris le changement radical opéré entre le premier et le deuxième tome. Ici, j’ai eu l’impression que l’autrice sacrifiait l’âme de sa série pour rentrer dans le moule de ce qui se fait dans les romances paranormales. Ce qui est fort dommage d’autant qu’elle n’a pas vraiment utilisé les meilleures ficelles du genre…

Malgré ces gros bémols qui m’ont vraiment frustrée, j’ai néanmoins apprécié certaines choses comme d’en apprendre plus sur Melena, sa magie, sa condition de sensible et son histoire familiale plutôt difficile. Je vous laisserai le plaisir de la découverte, mais la jeune femme n’est pas au bout de ses surprises, et va devoir faire face à une révélation plutôt choquante sur son passé… L’héroïne m’a souvent agacée par son inconstance vis-à-vis de Lucas, mais force est de constater qu’elle conserve néanmoins sa témérité et ne recule jamais devant le danger.

On creuse également un peu le passé de Lucas bien que ce personnage conserve encore beaucoup de mystère puisqu’il ne semble pas particulièrement apprécier de se dévoiler. Il faudra donc compter sur un membre de son entourage proche, Micah, pour grappiller quelques informations à son sujet. Micah n’est pas un personnage dont la psychologie est développée outre mesure, mais j’ai néanmoins apprécié ses tentatives, plus ou moins heureuses, de concilier les besoins de réponse de Melena et le côté secret de Lucas.

Si les deux tiers du roman m’ont semblé tourner en rond puisqu’ils sont, entièrement ou presque, consacrés aux émois amoureux de Melena, l’action prend véritablement son envol dans le dernier tiers. Il y a alors pas mal d’action, de sang et de larmes. Je dois d’ailleurs dire qu’ayant la phobie des veines et des coupures à l’arme blanche, certaines scènes ont été difficilement supportables pour moi, la magie de Melena impliquant parfois qu’elle se coupe et utilise son propre sang… Attendez-vous donc à voir des têtes tomber et du sang versé !

L’autrice ne nous épargne pas non plus certains détails assez gores, ce qui assombrit l’histoire et lui apporte enfin cette aura de danger promise… En effet, en début de roman, l’autrice happe notre attention avec une histoire de possessions démoniaques et d’attaques sanglantes sur des membres de la communauté surnaturelle. Mais on comprend assez vite que c’était juste un moyen détourné pour rapprocher Melena et Lucas en les obligeant à cohabiter et à collaborer… J’ai donc apprécié que les possessions démoniaques reviennent sur le devant de la scène même si cela aurait mérité d’être un peu plus approfondi. On ne peut s’empêcher de se demander ce que cette activité démoniaque cache et quel est le dessein de la ou les personnes derrière celle-ci. Des questions dont les réponses ne risquent pas de plaire à Melena ni à ses alliés qui, plus que jamais, vont avoir besoin de toutes les forces disponibles pour affronter le danger.

Quant à la fin, elle ne devrait pas manquer de vous marquer et de vous donner envie de lire la suite, l’autrice laissant les personnages dans une situation compliquée... Peut-être que Melena aurait mieux fait d’écouter Lucas quand ce dernier lui a demandé de rester en sécurité, le désir légitime de la jeune femme de ne pas être écartée de la bataille ayant eu des conséquences qu’elle n’aurait pu imaginer. Mais d’un autre côté, la situation n’aurait-elle pas été différente si Lucas avait fait montre d’un peu plus de transparence ? Une question à laquelle il est bien difficile de répondre, mais qui en appelle une bien plus importante : comment régler le problème ?

En conclusion, ce deuxième tome a peiné à me convaincre, l’autrice ayant quelque peu sacrifié l’âme de sa série au profit d’une romance paranormale peu crédible, agaçante et peu émouvante. Toutefois, la manière dont elle a su renverser le ton de l’histoire dans le dernier tiers du roman m’a permis de terminer ma lecture sur une note positive. L’intrigue prend ainsi le pas sur la romance pour offrir un final sombre et haletant qui donne irrémédiablement envie de lire la suite et de découvrir comment Melena et Lucas vont arriver à surmonter une épreuve qui s’annonce difficile.

 

 

 

Throwback Thursday Livresque #177 : un roman adapté

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai tout de suite pensé à Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll que je possède en plusieurs éditions dont ma préférée, celle illustrée par Benjamin Lacombe.

Couverture Alice au pays des merveilles (Lacombe)

Cette exceptionnelle édition anniversaire immerge son lecteur au cœur d’un univers pétri de références satiriques, magiquement illustré par Benjamin Lacombe. Les Aventures d’Alice au pays des merveilles (titre original : Alice’s Adventures in Wonderland), fréquemment abrégé en Alice au pays des merveilles, est un roman écrit en 1865 par Lewis Carroll (nom de plume de Charles Lutwidge Dodgson).à l’heure de commémorer les 150 ans du roman, cette très belle édition inédite, traduite par Henri Parisot, propose une immersion singulière : au fil du récit, les images s’imprègnent d’une envoûtante fantaisie baroque. Grâce à différentes techniques (gouache, huile et aquarelle), Benjamin Lacombe auteur phare de la nouvelle illustration française offre une dimension graphique surréaliste et subversive à un grand classique de la littérature anglaise

Plus que l’histoire en elle-même, ce que j’adore avec ce roman, ce sont les personnages hauts en couleur et tout l’univers extravagant, fou et remarquable imaginé par l’auteur. Avec Alice au pays des merveilles, on baigne dans la folie et l’inattendu, et on en redemande !

Ceci pourrait peut-être expliquer que le roman a connu plusieurs adaptations dans des styles très différents… Enfant, j’aimais bien le Disney, mais c’est surtout la série animée qui avait ma préférence.

Plus récemment, j’ai apprécié les deux films réalisés par Tim Burton :

Et vous, aimez-vous Alice au pays des merveilles ?

Avez-vous lu le roman et/ou vu certaines de ses adaptations ?

L’Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

Un troupeau de bœufs vient d’être massacré : voilà une nouvelle mission de taille pour Sean, Joe et Célia, les super agents de M. Pendergast ! Les éleveurs suspectent un abominable homme des forêts, surnommé Big Foot.
Lorsque la créature jette son dévolu sur Célia et la kidnappe, l’enquête se corse… et une piste bien plus inquiétante voit le jour !

Didier Jeunesse (5 février 2020) – 160 pages – 9 ans et +
Broché (12,90€) – Ebook (9,99€) – Illustrateur : Florent Sacré

AVIS

Si j’ai passé un très bon moment avec le premier tome de cette série, Le Prince des ténèbres, je n’ai pas encore lu les deux suivants ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture de cette quatrième aventure, chaque tome pouvant se lire indépendamment.

Célia, la cartomancienne, Joe, l’Indien, et le jeune Sean sont envoyés par le patron de l’Agence Pendergast dans le Wyoming. Leur mission : faire toute la lumière sur les attaques sauvages de bétail dont sont victimes les paysans locaux et qui seraient imputables à un géant poilu aux longs bras. Ce qui s’annonçait comme une mission de routine pour ces professionnels du surnaturel va néanmoins prendre une tournure inattendue, les choses se révélant un peu plus compliquées que prévu…

Durant leur voyage, les trois New-Yorkais vont faire des rencontres plus ou moins agréables à commencer par celle d’un Prussien à l’accent prononcé, le baron von Luckner. Raciste, irrespectueux, fou de la gâchette et collectionneur de cadavres d’animaux exotiques, sa compagnie n’est pas des plus plaisantes d’autant qu’il a une légère tendance à faire comprendre de manière appuyée son intérêt pour Célia. Si le baron est détestable, il montrera parfois son utilité avant de dévoiler toute sa perfidie. Il m’a d’ailleurs fait penser, dans une certaine mesure, à Gaston  dans la Belle et la Bête, notamment quand il prendra la tête d’une expédition punitive…

Volontairement caricatural, le baron s’insère parfaitement dans l’ambiance Far West que l’auteur a su donner à cette aventure et qui m’a complètement séduite : voyage en « cheval de fer », saloon, mines d’or, cow-boys, rixes sous fond d’alcool, immigration européenne… Mais si l’histoire se passe à la fin du XIX e siècle, elle met également en lumière des thèmes qui restent toujours d’actualité : préjugés, tendance à chercher des boucs-émissaires chez les immigrés en cas de crise économique, racisme…

Nos trois protagonistes, en plus de devoir affronter différentes créatures surnaturelles, vont ainsi devoir faire face à bien plus dangereux, la bêtise humaine ! Les migrants sont traités avec défiance, bousculés, ostracisés et accusés de voler le pain de la bouche des « vrais Américains ». Une expression qui ne veut absolument rien dire, a fortiori dans un pays comme les États-Unis…

Au-delà de ces thèmes abordés sans lourdeur, l’auteur nous offre ici une aventure trépidante, rythmée et diablement immersive. Aucun temps mort dans ce roman qui se lit d’une traite et que l’on prend énormément de plaisir à parcourir. J’ai adoré la manière dont les événements s’enchaînent, les surprises étant au rendez-vous et l’auteur n’hésitant pas à prendre des risques. Je ne sais pas comment l’enfant que j’étais aurait réagi, mais l’adulte que je suis a complètement été déstabilisée par la fin. Je m’attendais à ce que l’auteur arrondisse les angles, mais non, il est allé jusqu’au bout de son idée. Je ne peux pas vous donner plus de détails sans vous spoiler, mais j’en reste encore coite !

Comme dans le premier tome, la fine équipe formée par Célia, Joe et Sean fonctionne à merveille. Tous très différents les uns des autres, ils se titillent et se chamaillent, mais l’on sent qu’ils s’apprécient et qu’ils ont su nouer une belle complicité. Mais c’est un tout autre personnage qui a attiré mon attention et fait vibrer ma corde sensible, l’homme-singe soupçonné, à tort ou à raison, d’attaquer le bétail. Je préfère vous laisser le plaisir de découvrir cette créature, mais je peux vous dire qu’en peu de pages, l’auteur a réussi à la rendre attachante. Il se dégage de cette dernière une certaine candeur et une touche d’humanité qui m’ont beaucoup touchée et ont su m’attendrir…

D’autres créatures, bien que plus classiques, se sont également révélées intéressantes en raison de leur nature, de leur mode de vie et des réflexions d’ordre éthique et moral qu’elles permettent de soulever sur, entre autres, le travail de l’Agence Pendergast et ses limites. J’ai ainsi apprécié que notre trio se pose des questions et ne se contente pas de suivre aveuglément les ordres…

Quant à la plume de Christophe Lambert, ni trop complexe pour ne pas rebuter les jeunes lecteurs ou ceux peu habitués à lire ni trop simple, je l’ai trouvée très agréable et immersive. Le roman peut donc être autant apprécié par des enfants que des adultes attirés par les récits teintés de mystère et de créatures fantastiques, à condition, évidemment, de ne pas en attendre la profondeur d’une œuvre destinée à un lectorat plus aguerri. Ce roman bénéficie, en outre, d’une mise en page fort plaisante et particulièrement bien adaptée aux enfants : des dialogues nombreux et percutants un texte aéré, des illustrations disséminées par-ci, par-là, de gros caractères, un marque-page à détacher en début d’ouvrage…

L'Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

En conclusion, avec Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert nous propose une aventure emplie de danger, de mystère et d’action qui devrait enchanter les petits et les grands lecteurs amateurs d’enquête et de fantastique. Mais faites attention avant de vous balader en forêt, vous n’êtes pas à l’abri de faire de surprenantes rencontres bien que, finalement, les plus dangereuses ne soient peut-être pas celles tapies dans l’ombre…

« L’homme est un loup pour l’homme ». Thomas Hobbes

Je remercie Babelio et les éditions Didier Jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.