Sothik, Marie Desplechin, Sothik Hok

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J’ai reçu Sothik de Marie Desplechin et Sothik Hok dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc la maison d’édition l’École des loisirs et Babelio pour cette belle découverte.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sothik est né en 1967 dans un Cambodge en pleine tourmente. Il a trois ans quand la guerre civile fait rage, huit ans quand les Khmers rouges prennent le pouvoir. Du jour au lendemain, tout change. L’argent est aboli, les livres sont détruits, la religion interdite, la propriété privée n’existe plus. Sothik et sa famille doivent quitter leur maison en laissant tout derrière eux et prouver sans cesse leur obéissance au nouveau régime. Mais cela ne suffit pas ! Les Khmers rouges décident brutalement d’enlever les enfants à leurs parents afin de mieux les éduquer. Sothik rejoint un groupe d’enfants de son âge. La famille n’existe plus, la terreur et la famine s’installent…

Marie Desplechin est allée pour la première fois au Cambodge en 2014. Invitée à rejoindre Sipar par Suzanne Sevray, longtemps en charge de l’international à l’école des loisirs, elle a suivi sur place le travail des équipes et fait la connaissance de Sothik. C’est à la fin d’un séjour de trois semaines qu’ils ont décidé de travailler ensemble à ce livre, que Tian a accepté d’illustrer.

  • Broché: 96 pages
  • Editeur : ECOLE DES LOISIRS (14 septembre 2016)
  • Prix : 13€

MON AVIS

L’objet livre…

Je suis complètement sous le charme du livre en tant qu’objet. Sa couverture me plaît beaucoup et l’on y reconnaît facilement le travail de Tian qui a réalisé la série L’année du lièvre.

Ni trop petit ni trop grand, le format du livre est en outre parfait pour que sa prise en main soit autant agréable pour les enfants que leurs parents. La lecture en est d’autant plus plaisante que le texte est aéré et agrémenté de très belles illustrations. Même si j’aurais aimé qu’elles soient plus nombreuses, elles enrichissent indéniablement le récit :

L’histoire…

Sothik commence par nous raconter son enfance d’avant les Khmers rouges avec sa part d’insouciance et surtout ses liens avec sa famille que l’on perçoit emplis d’amour. Puis, avec l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir, le récit se fait petit à petit plus sombre et l’on découvre alors toutes les horreurs commises par ceux-ci.

Ainsi les Khmers rouges, sous couvert de créer une société parfaitement égalitaire, « révolutionnent » la vie des Cambodgiens pour leur plus grand malheur. Comme dans les grandes dictatures communistes, la pauvreté, la faim, la dénutrition, la surveillance constante entre les habitants, les dénonciations, la rupture des liens familiaux et amicaux, le racisme et les meurtres, l’abolition de toute forme de culture et d’espoir… deviennent le quotidien du peuple.

A ma grande honte, je ne connaissais que les grandes lignes des exactions commises par les Khmers rouges au Cambodge. J’ai donc été frappée par toute l’atrocité de la situation qu’ont su décrire simplement mais de manière marquante Sothik Hok et Marie Desplechin.

J’ai été néanmoins perturbée par le sentiment qu’en nous racontant son histoire, Sothik prenait une certaine distance avec celle-ci comme pour se protéger d’un passé marqué par l’horreur ou simplement, pour se prouver qu’il a définitivement tourné la page de celui-ci.  Cela m’a parfois donné l’impression qu’il nous racontait son histoire mais que son récit aurait tout aussi bien pu être celui d’un autre enfant.

Mais au final, c’est peut-être volontaire puisque ces expériences traumatisantes ont été partagées par beaucoup d’autres enfants…

Un roman jeunesse qui mériterait d’être plus développé pour les adultes…

La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est que la narration m’a semblé rester un peu trop en surface. Si l’on découvre les atrocités commises par les Khmers rouges, le récit n’entre pas dans les détails. On finit par ressentir une certaine résignation comme si tous ces événements dramatiques n’étaient au final pas si terribles. Des détails plus importants les auraient sûrement ancrés plus fortement dans l’esprit des lecteurs.

Néanmoins, je pense que cela s’explique par le fait que le livre soit avant tout destiné à des jeunes de 9 à 12 ans. A cet égard, le roman me semble vraiment parfait pour des enfants car, sans être traumatisant, il leur permet de connaître cette période noire du Cambodge. Le fait que l’histoire soit celle de Sothik enfant ne peut en outre que les encourager à lire le roman puisqu’il est alors plus facile pour eux de s’identifier au personnage principal.

NOTE : 4,5/5

Pour conclure, Sothik est un livre que j’ai beaucoup apprécié et que je n’hésiterai pas à relire. A travers un récit simple mais très joliment illustré, les auteurs ont su partager un épisode noir et dramatique de l’Histoire cambodgienne.

Destiné à la jeunesse, je ne peux qu’inviter tout le monde à se pencher sur ce livre et à découvrir l’histoire de ce petit garçon qui a vécu sous les Khmers rouges. Son témoignage sert un peu d’hommage à tous les autres enfants et adultes qui, contrairement à lui, n’ont pas survécu à la barbarie.

Un travail de mémoire collectif en somme…

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Masse critique #3 : Alexandre ou la vie éclatée, Alexis Varlamov

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J’ai reçu Alexandre ou la vie éclatée d’Alexis Varlamov, des Éditions Motifs, dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio.

Je remercie Babelio et la maison d’édition pour m’avoir permis de lire cet ouvrage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Russie. 1963-1993, de Brejnev à Eltsine. Dans sa quête du sens de la vie et, aussi, de Cosette, le seul amour véritable de sa courte existence, le héros, Alexandre, le petit, le sans-grade, le « paumé », traverse, sans la comprendre, et animé de son seul instinct « d’amour et de mort », cette période charnière de la fin prochaine de l’Union soviétique et de l’éclatement de son empire, avec, pour tout avenir, la promesse improbable de l’arrivée d’une Russie dite « nouvelle ».

« Ça c’est un roman ! » s’exclame le lecteur en refermant ce livre. Car il y a tout ici, absolument tout : l’amour et la solitude, le passé et l’incertain présent, le plus improbable avenir, la religion et son absence, la ville et la nature, l’histoire et le particulier, la Russie et le sentiment de celle-ci, ce vieux mystère irréductible, que tous les géants de la littérature russe ont tenté en vain, semble-t-il, de sonder. Elle est là, demeure, noyau caché et incandescent, et pourtant plus menacée par la sourde modernité, son éclatement absurde, qu’elle ne l’avait été par les coups de boutoir du communisme.

L’auteur, un romancier qui sait lire les signes de son temps et un homme qui déchiffre les énigmes contradictoires de l’âme, bref un grand écrivain, nous fait vivre ici les bouleversements de la Russie post-Gorbatchev à travers la vie éclatée de son héros.

  • Nombre de pages  : 320 pages
  • Editeur : Motifs (13 octobre 2016)
  • Prix : 21€
  • Autre format : Ebook

AVIS

De notre héros et des autres personnages…

Pendant tout le roman, nous suivons Alexandre, de sa naissance à sa mort. Et assez vite, on comprend que le titre du roman Alexandre ou la vie éclatée n’est pas anecdotique mais a été choisi avec soin par l’auteur puisqu’il résume particulièrement bien la vie de notre personnage.

D’un esprit que l’on peut décemment qualifier de torturé, Alexandre donne l’impression de faire partie de ces personnes qui ne trouvent le sens du bonheur que dans le malheur. Plus prosaïquement, cela se traduit par une alternance entre des périodes où notre héros semble mener une vie classique avec un travail et une relation amoureuse et des périodes où tout dans sa vie va à vau-l’eau.

J’avoue avoir eu souvent du mal à comprendre notre personnage ; beaucoup de ses décisions m’ont paru dénuées de tout sens. Alors qu’il dit rechercher le bonheur, il tend souvent à agir dans le sens contraire, se faisant l’artisan de son propre malheur. Avouons qu’il est loin d’être le seul dans ce cas puisque son grand amour Cosette ou son meilleur ami, Goldovski, tendent à agir plus ou moins de la même manière.

Je ne connais pas suffisamment la culture russe pour savoir si ce genre de comportement est courant que ce soit dans la vie ou dans la littérature. Mais cette absence de logique nuit quelque peu à l’empathie que l’on peut développer pour les différents personnages ; il est en effet plutôt difficile de s’identifier à eux.

Cependant, grâce à la plume de l’auteur et l’ambiance du roman, j’ai quand même pris plaisir à côtoyer Alexandre et les quelques personnages qui font inlassablement partie de sa vie. Leur caractère qui m’a laissé perplexe les rend également et bizarrement intéressants. Difficile de deviner ce qui va se passer dans la vie de chacun et de manière générale, dans le roman.

La Russie et l’intrigue

Si la Russie est bien le lieu dans lequel se déroule la plupart de l’action, elle ne donne pas lieu à de longues descriptions. J’ai d’ailleurs un peu regretté de ne pas avoir plus de détails sur les paysages ou encore sur Moscou et ses monuments. L’immersion dans ce pays se fait plutôt grâce à la vie d’Alexandre, ses voyages mais surtout, ou du moins, c’est comme cela que je l’ai perçu, grâce à de très nombreuses allusions historiques.

Ces allusions nous permettent d’en apprendre plus sur le passé russe, le communisme et les conséquences de sa chute autant financières que morales ou sociétales, les différentes politiques gouvernementales destinées à sauver la Russie du déclin… En plus d’un intérêt culturel, j’ai apprécié la manière dont l’auteur a évoqué ce passé que ce soit de manière ironique ou plus philosophique à travers les différents questionnements d’Alexandre et de son meilleur ami. Il ne s’agit pas d’une autobiographie mais je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur s’est servi de son roman pour partager ses idées.

Tout au long de l’ouvrage, j’ai en outre eu l’impression d’un jeu de miroir entre la chute de l’URSS et les soubresauts de la Russie pour ne pas perdre sa splendeur passée avec la vie d’Alexandre alternant entre réussite et échec, calme et déchéance. La vie du héros m’a paru ainsi être inexorablement liée à celle de sa patrie.

De la littérature russe facile d’accès mais…

Quand j’ai été sélectionnée pour ce livre je craignais un peu, n’étant pas coutumière de la littérature russe, que l’ouvrage ne soit pas d’un accès facile. J’ai été heureusement rassurée dès le premier chapitre : la plume de l’auteur en plus d’être très agréable se lit très facilement. Alors si vous aimez les phrases très courtes, vous ne serez pas forcément séduit mais si vous privilégiez les jolies tournures de phrases alors ce livre devrait vous séduire.

J’ai en outre apprécié que tout soit mis en place pour faire de la lecture de cet ouvrage une expérience plaisante : un tableau fixant le cadre historique initié par le traducteur, de nombreuses notes de bas de page qui apportent un plus indéniable à la compréhension du contexte dans lequel se déroule l’histoire, un découpage intelligent du livre en parties et chapitres plutôt courts…

La seule chose que j’ai un peu regrettée mais qui m’est toute personnelle, c’est un manque de connaissances de la Russie et de la période du roman pour réellement saisir tout ce qu’a voulu transmettre l’auteur. Je me demande d’ailleurs si une meilleure connaissance de la Russie m’aurait permis de comprendre un peu mieux Alexandre et les autres.

A cet égard, j’ai beaucoup aimé les propos, en fin d’ouvrage, d’un personnage allemand tout aussi sceptique que j’ai pu l’être face aux choix d’Alexandre :

« Alexander, dit Volker, d’une voie brisée par l’émotion, il y a une chose que je voulais vous dire depuis longtemps. Je ne vous connais que depuis peu, mais c’est comme si je vous avais toujours connu. Et je ne vous comprends pas du tout. Pourquoi ne pouvez-vous pas utiliser tout le talent qui est en vous ? Pourquoi êtes-vous tellement indifférent à vous-même ? Je ne vous comprend pas, Alexander. »

NOTE : 3,75/5

En résumé, d’une plume agréable parfois incisive, l’auteur offre aux lecteurs une incursion en Russie que ce soit à travers la vie d’Alexandre ou grâce aux nombreuses allusions historiques.

Alexandre ou la vie éclatée est un roman que je conseille aux amoureux de la Russie mais également aux personnes en quête d’un livre dépaysant, autant en raison du lieu de l’action que des personnages. C’est le genre d’ouvrage qui ne devrait laisser personne indifférent.

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Les yeux d’Astrid, Jean-Marie Kassab

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J’ai été sélectionnée pour recevoir Les yeux d’Astrid de Jean-Marie Kassab dans le cadre d’une opération spéciale Masse critique. Je remercie donc les Éditions Persée et Babelio pour cette réception.

La maison d’édition vous propose de lire un extrait gratuit d’une quinzaine de pages.


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Victime d’un père autoritaire, Francis, travailleur acharné devenu millionnaire fait récemment faillite. En instance de divorce de surcroît, le cumul des problèmes le mène au désespoir. Envisageant pour un moment le suicide, il se retrouve au hasard des routes face à face sur une plage déserte avec une inconnue prénommée Astrid.

À travers quelques questions judicieuses, Astrid ouvre les yeux de Francis, l’aide à identifier ses problèmes réels et à poursuivre sa quête du bonheur pour retrouver la joie de vivre qui était en fait à portée de main. Leur débat prend la forme d’une vraie leçon de vie.

Les dernières pages du récit réservent au lecteur des développements inattendus.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Persée (23 novembre 2015)
  • Prix : 13,20€
  • Autre format : ebook

AVIS

La découverte de Francis…

Le livre est scindé en plusieurs petits chapitres ce que je trouve plutôt pratique pour ce genre d’ouvrage qui peut nous amener à nous poser des questions. Cela m’a permis de ne pas enchaîner les chapitres comme avec une histoire classique. J’ai ainsi pris le temps, que ce soit quelques secondes ou quelques minutes, de réfléchir et de revenir sur les pages lues.

A travers les premiers chapitres, on découvre Francis et toute sa souffrance, celle d’un père, celle d’un mari qui a laissé le diktat de l’argent prendre toute la place dans sa vie au détriment de sa famille. L’auteur a su, sans long discours, partager les regrets de Francis avec le lecteur. On ressent parfaitement sa peine. A cet égard, j’ai trouvé assez dur le chapitre intitulé « Photos » où notre personnage constate, à travers la consultation des albums photos, son absence dans la vie de ses proches.

Francis est sans complaisance vis-à-vis de ses manquements ce que j’ai apprécié. J’aurais été assez agacée par quelqu’un, à la manière d’un Jean-Jacques Rousseau, qui aurait passé son temps à se justifier et à se trouver des excuses.

Au fil des pages, l’ombre du père du personnage commence à planer et l’on devine son rôle dans la vie de Francis. Sans être un bourreau, on comprend qu’il lui a offert la sécurité matérielle à défaut d’une sécurité émotionnelle et affective ou du moins, c’est ainsi que le perçoit Francis. On se rendra néanmoins compte au cours de la lecture que les apparences sont parfois trompeuses et que les non-dits peuvent être lourds de conséquence…

« Cet homme m’avait gravé comme un sculpteur taille dans la pierre suivant l’image qu’il se faisait de lui-même, mais omit au dernier instant d’y souffler une âme. Oubli ou préméditation, je ne le saurai jamais. »

L’arrivée d’Astrid…

J’ai été surprise de ne voir arriver Astrid qu’à la moitié de l’ouvrage. Le quatrième de couverture m’avait plutôt donné l’impression qu’elle serait partie prenante du livre dès les premières pages… Ce n’est au final pas un problème, puisque nous avons pris le temps de connaître Francis, mais cela n’en demeure pas moins une source d’étonnement.

J’avoue avoir eu du mal à apprécier les premiers propos échangés entre notre protagoniste et la nouvelle venue. Ces échanges m’ont semblé peu naturels voire surjoués surtout en comparaison des premiers chapitres marquant, en quelque sorte, une période d’introspection pour Francis.

J’ai toutefois réussi à passer outre cet inconvénient pour apprécier la conversation qui s’est nouée spontanément entre les deux protagonistes. Le fait que notre personnage s’épanche aussi facilement et rapidement auprès d’une inconnue ne m’a pas paru incongru surtout dans le contexte du livre.

« Conscient de mon incapacité à soulager cet être poignardé dans son cœur, mes seules interventions se résumaient à un tapotement amical sur l’épaule ou bien à lui offrir une boîte de mouchoirs  pour sécher ses larmes. Il ne voulait pas plus.  Je ne pouvais lui offrir mieux. « 

Un texte qui permet de se poser des questions

Les yeux d’Astrid peut sembler, de prime abord, très simple voire trop simpliste. Ce serait cependant négliger le fait que derrière l’histoire de Francis, l’auteur soulève différentes questions qui ne peuvent qu’inciter le lecteur à prendre le temps de réfléchir, chose parfois difficile dans une vie au rythme effréné.

A travers le livre se pose notamment la question du bonheur. Jean-Marie Kassab ne vous en donne pas une définition clef en main qui, de toute manière, serait dépourvue de sens tant cette notion est propre à chacun. Il a préféré vous amener, petit à petit et en délicatesse, à vous interroger sur votre propre conception du bonheur grâce à l’histoire de Francis et de sa rencontre avec Astrid. Cette dernière va lui faire entrevoir (et à la fin de votre lecture vous apercevrez tout le paradoxe de la situation), des vérités face auxquelles il est resté bien trop longtemps aveugle.

NOTE : 4/5

AUTEUR (informations du site de l’éditeur)

Jean-Marie Kassab est né en 1960 au Liban. Diplômé en sciences de l’Université Américaine de Beyrouth, et après une longue carrière dans différents domaines, il décide de se consacrer à son premier amour, la littérature, sous ses diverses formes. Ses écrits allient à l’unisson science et philosophie, politique et histoire. Curieux de tout, son expérience de vie donne à ses récits de la profondeur, du recul et beaucoup de chaleur.

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En résumé, Les yeux d’Astrid est un livre rapide à lire que je vous conseille autant pour le fond que la forme. Vous pouvez simplement vous laisser bercer par l’histoire de Francis et apprécier le style de l’auteur aussi élégant qu’agréable à lire. Ou vous pouvez profiter de votre lecture pour réfléchir aux questions, notamment sur le bonheur, que la vie de Francis et sa rencontre avec Astrid soulèvent.

Pas tout à fait un roman, pas tout à fait un livre de développement personnel ou un « feel good book », Les yeux d’Astrid est le genre de livre que l’on peut relire à différents moments de sa vie afin d’y trouver, si ce n’est des réponses, des pistes de réflexion, des éléments nouveaux ou tout simplement, un peu de réconfort.

 

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Masse critique #1 : Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences, Vincent Tholomé

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Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences de Vincent Tholomé est un livre que j’ai reçu gratuitement dans le cadre d’une opération Masse critique lancée sur le site Babelio. Je remercie Babelio et la Fédération Wallonie-Bruxelles qui possède la collection Espace Nord dont est issu ce livre.

A la lecture du titre, je n’ai pu m’empêcher de me féliciter de ne pas avoir de blog vidéo, ou vlog pour les intimes. L’énonciation du titre m’aurait sûrement valu un petit moment de solitude.

Ce titre plutôt original, si ce n’est extravagant, est plutôt un bon indicateur du contenu du livre.

POURQUOI CE LIVRE

Lors d’une opération Masse critique, vous avez le droit de sélectionner un ou plusieurs livres qui vous feraient envie. J’ai bien sûr sélectionné quelques titres que j’achèterais sans doute en librairie mais j’en ai également profité pour sélectionner des livres dont le résumé m’a interpellée mais que je n’aurais pas forcément osé me procurer. Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences fait incontestablement partie de cette dernière catégorie.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans une Islande intemporelle en pleine déliquescence, à Kirkjubaejarklaustur, Sven, touriste lambda, est abandonné par ses amis sur la lande désolée. Son errance furieuse et ridicule l’amènera à croiser sur sa route une nuée d’oiseaux philosophes, un bastion d’autochtones aussi hilares qu’hostiles ou encore un duo d’esprits frappeurs amnésiques – derniers vestiges vivants d’un monde à la dérive.

The John Cage Experiences est une tentative formelle inédite qui propose d’appliquer la méthode de composition par le hasard théorisée par John Cage à un objet littéraire dont le célèbre musicien est le référent fictionnel principal. Ce livre est une rupture à la fois formelle et thématique dans le travail de Vincent Tholomé. Laissant petit à petit derrière lui ses recherches sur l’oralité, il entre dans une région de l’écriture contemporaine où se confrontent avec comique une forte exigence en termes de construction et une parfaite dérision thématique.

  • Poche: 224 pages
  • Editeur : ESPACE NORD (19 mai 2016)
  • Collection : Espace Nord
  • Prix : 10€

 

EXTRAIT GRATUIT

Si ce livre vous intéresse et/ou vous intrigue, je vous invite à en découvrir un extrait sur le site de l’éditeur.

AVIS

On a coutume de dire qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture mais je dois reconnaître que la couverture de l’ouvrage m’a beaucoup plu. Sobre tout en flattant l’œil, elle présente en outre des caractères en relief très agréables au toucher. Bref, l’aspect du livre m’a donné envie de me plonger rapidement dans sa lecture.

L’éditeur classe ce livre dans la catégorie poésie ce qui m’a au début un peu déroutée car sa typologie diffère nettement des poésies classiques. A vrai dire, ce livre ne ressemble à aucun autre qu’il m’ait été donné de lire.

Dès les premières secondes de lecture, j’ai été très perturbée par la présentation du texte : des mots ponctués par des points s’alignent tels que le feraient les lignes d’un livre classique à la nuance près qu’ici, pas de constructions grammaticales recherchées, pas de belles envolées lyriques, juste la juxtaposition de mots pour donner vie au récit.

« Il y a. Plus tard. Encore ceci. C’est même jour. Même route. Dans ferme. Elle est après Kirkjubaejarklaustur. Baraquements et station-service sont tout en bas. Ferme est en haut. Sur un plateau surplombant plaine. On y installe. Nous. Sacs à dormir. On les installe dans chambre. Pas un ne parle depuis que. Nous. On a déposé Sven. Nigaud de mes deux. Sur bord de route. Le laissant seul. Perdu perdu. Dans lande. Je me demande tout de même où il est. Dit. Soudain. Sven. Petit bonnet enfoncé loin sur les yeux. À conducteur Sven. »

Est-ce que ce choix de l’auteur permet de classifier son ouvrage dans la catégorie « poésie » ? Je dois reconnaître ne pas vraiment avoir de réponse. La poésie est un genre littéraire que je connais très peu si ce n’est pas du tout si l’on met de côté les classiques poèmes comme « Mignonne, allons voir si la rose » (Pierre de Ronsard) que l’Éducation Nationale française s’est évertuée à nous imprimer dans la tête.

Privée de repères, j’ai donc eu du mal à aborder la lecture à tel point qu’au bout d’une vingtaine de pages, je me suis résolue à lire la postface dans l’espoir d’y recueillir quelques éléments d’informations afin de guider voire faciliter ma lecture. Ce fut en effet le cas, la postface permet vraiment de mieux comprendre la démarche de Vincent Tholomé mais également d’en apprendre plus sur, par exemple, les techniques d’écriture.

Si vous n’êtes pas totalement réfractaire à cette idée, je ne peux donc que vous conseiller de commencer le livre par la postface ou au moins, d’aller la consulter si la lecture de Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences vous déconcerte tellement que vous êtes prêts à déclarer forfait.

Parcourir le livre a été difficile dans le sens où il sort tellement des sentiers battus que cela m’a demandé un vrai « travail » de lecture. L’absence de phrase avec une construction grammaticale classique ne permet pas de mettre en place les mécanismes automatiques qui permettent de lire rapidement un texte en le « scannant ». Il faut prendre le temps de lire chaque mot ou groupe de mots avec attention ce qui demande un effort plus important et prend également plus de temps que pour une lecture classique.

Ce ralentissement de mon rythme de lecture habituel m’a au final plutôt plu car il m’a permis de me recentrer sur les mots, leur sens, leur musicalité, et la manière dont leur juxtaposition brute, sans interférence de mots parasites, peut tout autant avoir d’impact qu’une phrase bien tournée. Et rien que pour ça, je suis contente d’avoir lu ce livre.

Enfin, je ne peux pas dire que ce livre est un coup de cœur car sa plus grande force, son originalité dans sa composition, demeure pour moi son plus grand défaut. Peu coutumière de la poésie et encore moins d’une forme aussi originale, je suis restée trop attachée à la forme pour en apprécier pleinement le fond. Une fois la dernière page tournée, j’étais bel et bien incapable de pouvoir formuler un résumé clair du livre ce qui ne m’est encore jamais vraiment arrivé.

Si je répugne à lire plusieurs fois le même livre, sauf à de rares exceptions près et à plusieurs années d’intervalle, ce livre a tellement perturbé mes habitudes de lecture que je pense le relire d’ici quelques mois avec, sûrement, le secret espoir d’en capturer un peu mieux l’essence.

L’AUTEUR (propos recueillis sur le site de l’éditeur)

Né en 1965, Vincent Tholomé se présente souvent comme auteur performeur. En tant qu’auteur, on lui doit une quinzaine de livres mêlant poésie et fiction, langues orales et art ancien de la «racontouze». Depuis le milieu des années 90, il publie régulièrement en revue ainsi que sur le net. Comme performeur, on a pu le voir, en solo, duos, etc. un peu partout dans le monde (France, Belgique, Hongrie, Allemagne, Québec ou encore USA). En 2011, The John Cage Experiences a reçu le Prix triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Pour conclure, je suis sortie de ma lecture frustrée car je ne pense pas avoir su saisir tout le contenu du livre ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier la qualité du travail de Vincent Tholomé. Si vous désirez une lecture qui vous permet de vous libérer des carcans habituels de la littérature classique, ce livre devrait vous plaire, l’auteur vous offrant une expérience littéraire inédite.

En quelques mots, Kirkjubaejarklaustur  suivi de The John Cage Experiences est sans aucun doute un ovni littéraire à mettre entre les mains des plus curieux.

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Masse critique de Babelio : un livre contre une chronique

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Babelio, site qui fait le bonheur des amoureux des livres, vous permet de faire de belles découvertes livresques, d’échanger avec d’autres passionnés de littérature, de créer votre bibliothèque virtuelle, de partager vos chroniques…

Ce site propose également une opération intitulée Masse critique et dont le principe est de proposer gratuitement, en échange d’une critique, un livre. Pour cela, il vous suffit d’être inscrit sur Babelio et d’avoir déjà publié des critiques de livres sur le site.

Lors d’une opération Masse critique, il vous faut sélectionner un ou plusieurs livres qui vous font envie puis croiser les doigts pour être tiré au sort. Si vous avez la chance d’être tiré au sort, vous devez alors publier sous un mois, à partir de la réception de l’ouvrage, votre critique sur le site Babelio. C’est une contrainte peu importante mais qu’il faut bien prendre en compte avant de s’inscrire notamment si votre PAL déborde déjà et/ou que votre emploi du temps est déjà bien chargé.

A noter que bien évidemment, vous restez entièrement libre dans le ton de votre critique qui peut être positive ou négative à partir du moment où vous avez pris soin d’expliquer votre avis. A cet égard, je trouve que le fait que les personnes sélectionnées le soit par le fruit du hasard garantit très bien la neutralité des critiques.

Pour tous les détails ou vous inscrire, je vous invite à consulter directement le site Babelio.

Pour ma part, j’ai participé à l’opération Masse critique de mai et j’ai été tirée au sort pour recevoir et chroniquer Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage experiences de Vincent Tholomé. Je remercie donc Babelio et la Fédération Wallonie-Bruxelles qui possède la collection Espace Nord dont est issu ce livre.

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