Au bois dormant, Christine Féret-Fleury

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Je dois avouer que c’est d’abord la couverture qui m’a poussée à lire ce roman de Christine Féret-Fleury que j’ai dévoré en une soirée.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

On l’appelle le Rouet. En référence au « rouet » sur la pointe duquel la Belle au Bois Dormant se pique le doigt dans le conte de Perrault. Car le Rouet est un tueur en série, un criminel qui traque ses victimes dès leur naissance, promettant à leurs parents qu’il leur dérobera la vie le jour de leur seizième anniversaire. Ariane aura seize ans dans quelques mois. Elle décide de s’enfuir plutôt que d’attendre cette mort annoncée. En chemin, elle rencontre Lara, une jeune fille qui lui ressemble comme une sœur. Mais un terrible accident emporte Lara. Elle aurait eu ses seize ans quelques jours plus tard. Dans la précipitation des évènements, on confond Ariane et Lara. Et si changer d’identité était la solution pour échapper au tueur ? Ariane décide de se faire passer pour la défunte et continue sa fuite. Mais le tueur est bien plus proche qu’elle ne le croit…

 

  • Broché: 352 pages
  • Editeur : Hachette Romans (11 juin 2014)
  • Prix : 16€

AVIS

Commençons par rappeler, pour éviter toute déconvenue, que ce roman n’est pas vraiment une réécriture du conte de la Belle au bois dormant ou, du moins, qu’il s’en éloigne beaucoup. L’autrice fait bien quelques références au conte original avec, entre autres, l’excellent surnom donné au tueur, le couperet fatidique des seize ans ou encore le petit clin d’œil final, mais ça s’arrête là.

Nous découvrons ainsi l’histoire d’Ariane, une jeune fille qui va bientôt fêter ses seize ans. Surprotégée par ses parents, elle ne supporte plus cette cage dorée dans laquelle ils l’ont si minutieusement enfermée à double tour ni tous ces déménagements successifs et le culte du secret dans lequel semble vivre sa famille. Elle va néanmoins découvrir que le comportement de ses parents est motivé par leur envie de la protéger d’un mystérieux tueur en série surnommé le Rouet qui est bien décidé à la tuer le jour de son seizième anniversaire. Elle préfère donc fuir tentant ainsi de sauver sa vie et celle de ses parents. Sage décision ou terrible erreur ?

Les événements s’enchaînent les uns après les autres ce qui donne un rythme plutôt soutenu à cette histoire sans temps morts ni longueurs inutiles. Ce point devrait ravir les lecteurs qui aiment l’action, mais pourrait gêner ceux qui aiment les récits très détaillés. En effet, certains passages auraient nécessité de plus amples développements et la psychologie de certains personnages aurait certainement mérité d’être plus approfondie. Mais rappelons que le livre reste un roman jeunesse et que sa relative brièveté permet d’aller droit au but sans tomber dans des épanchements inutiles.  Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée étant en recherche d’un récit qui se lit rapidement et avec avidité comme ce fut le cas ici.

J’ai juste un peu regretté que le rôle de l’enquêteur Jude ne soit pas plus déterminant dans la résolution du mystère entourant ce tueur insaisissable. Il se peut qu’étant en lecture commune avec Satoru et June de l’intégrale de Sherlock Holmes, je sois trop habituée au sens de l’observation affûté et aux déductions brillantes du célèbre détective. Si je n’ai pas été estomaquée par les talents d’enquêteur de Jude, j’ai en revanche apprécié d’apprendre à connaître cet homme qui s’est constitué une telle carapace que ses collègues ont fini par le surnommer « le glaçon ». Mais en découvrant le rôle qu’a joué le tueur dans son passé, on ne peut que comprendre les raisons de son comportement. Le fait, en outre, que son intérêt pour la disparition d’Ariane n’est pas seulement d’ordre professionnel apporte une tension supplémentaire à un récit qui n’en manque déjà pas. J’en suis même venue à espérer que le tueur soit attrapé pour Ariane bien sûr, mais aussi pour que ce détective puisse définitivement tourner la page d’un passé dans lequel il semble empêtré.

Quant à Ariane, persécutée par un tueur en série duquel elle ignorait tout jusqu’à l’orée de son seizième anniversaire, j’ai admiré son envie de se battre pour survivre, et de ne pas se morfondre dans le rôle de la victime. Ses actions et ses décisions ne seront pas forcément les plus pertinentes, mais en raison de son âge, difficile d’attendre de sa part la capacité de recul d’un adulte. Et puis, qu’on approuve ou non ses décisions, on ne peut qu’admirer sa capacité à agir sans tergiverser pendant des heures. On est dans l’urgence et la jeune fille mesure parfaitement la situation ! On est donc définitivement face à une adolescente ayant la tête sur les épaules ce que j’ai adoré.

Au cours de sa fuite, elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille d’un groupe de femmes toutes très attachantes bien que différentes les unes des autres. Je dois d’ailleurs avouer m’être plus attachée à ces femmes qu’à Ariane. La situation dans laquelle elle se trouve m’a bien sûr touchée, mais il m’a manqué un petit quelque chose pour m’attacher à elle. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’admirer son courage et sa volonté de préserver de ce tueur machiavélique les gens qu’elle aime, celui-ci n’hésitant pas à massacrer l’entourage de ses proies.

Ce tueur fait d’ailleurs quelque peu froid dans le dos notamment avec cette impression qu’il donne d’être omniscient et omnipotent. C’est comme s’il gardait constamment l’œil sur ses proies malgré tous leurs efforts pour échapper à sa vigilance. A cet égard, j’ai beaucoup aimé le fait que le tueur retourne contre elles les mille et une précautions mises en place par la police et les familles. C’est assez logique, mais diablement tordu à l’image du motif de ses agissements que je vous laisserai évidemment découvrir par vous-mêmes. Je n’avais pas réussi à identifier l’identité du tueur ce qui est un point positif surtout dans un roman jeunesse, genre où les fins semblent parfois téléphonées. Toutefois, j’ai trouvé qu’il y avait un petit décalage entre le tueur tel qu’on le découvre à la fin et celui que l’on suit tout au long du livre, comme si nous étions face à deux personnes différentes.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la plume de l’autrice qui vous plonge avec grand réalisme dans son récit au point que durant ma lecture, j’ai parfois eu l’impression de sentir le regard du tueur s’appesantir sur moi. Je ne cherche pas forcément une belle plume dans un thriller, mais quand comme ici, la beauté de la plume se met au service du suspense et de l’angoisse, je ne peux qu’être comblée.

Pour conclure, l’autrice nous propose, grâce à une plume aussi immersive qu’agréable, un récit bien rythmé qui, s’il emprunte des références à un célèbre conte, n’a rien de féerique. Les personnes aimant les histoires à l’ambiance angoissante et à la tension permanente devraient être comblées. Proposé comme thriller jeunesse, je pense qu‘Au bois dormant contient la part suffisante de suspense et d’angoisse pour plaire aux adultes à condition qu’ils acceptent que le récit ne soit pas aussi fouillé que dans un thriller classique. Pour ma part, c’est avec un plaisir certain que je vais me plonger dans la bibliographie de l’autrice dont la plume m’a conquise.

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Le rêve de Vanessa, Cécile Soler

Je remercie Cécile Soler de m’avoir fait parvenir Le rêve de Vanessa via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Vanessa n’a qu’une idée en tête: devenir une championne de patinage artistique. Son entraîneur, Madame Letourneur, lui a proposé de passer le concours d’entrée à Arcadia, l’académie dont elle rêve. Mais ses parents voient sa passion d’un très mauvais œil. Réussira-t-elle à les convaincre que la glace est toute sa vie? (à partir de 9 ans)

  • Broché: 118 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (21 mars 2015)
  • Prix : 6,99€
  • Autre format : ebook

AVIS

Je trouve la couverture plutôt plaisante à regarder sans oublier que son aspect soft touch rend la prise en main du livre très agréable.

L’histoire et les personnages…

Mais au-delà de l’aspect esthétique, ce sont bien les qualités littéraires du livre qui m’ont plu. J’ai aimé la manière dont Cécile Soler nous plonge directement dans la vie de Vanessa, une jeune fille de onze ans qui ne vit et ne respire que pour une chose : le patinage artistique. Cette passion n’emporte hélas pas le suffrage de ses parents qui n’y voient, au mieux, qu’une chimère venant entraver la réussite scolaire de leur enfant unique. Une vision plutôt étriquée et injuste des choses si l’on considère que Vanessa arrive à jongler avec brio entre école et sport !

Les parents de la jeune fille m’ont semblé injustement sévères avec leur fille qui a pourtant tout de l’enfant modèle. Le contexte socioculturel de cette famille n’est pas expressément donné, mais l’on devine que Vanessa provient d’une famille plutôt à l’aise financièrement qui valorise la réussite sociale (pour une enfant, à travers ses notes) au détriment de l’épanouissement personnel. Le patinage artistique ne semble donc pas être une activité à la hauteur des attentes de ses parents. Alors que ses autres camarades de patinage sont soutenues par leurs parents, Vanessa doit par conséquent se battre pour imposer sa passion à des parents qui ne la soutiennent absolument pas et iront même jusqu’à lui mettre des bâtons dans les roues.

Laissez-moi vous dire que j’ai été plus que révoltée par l’attitude de ces deux adultes. Même si je n’ai pas d’enfant, je n’arrive pas à concevoir que l’on ne puisse pas le soutenir inconditionnellement surtout quand il fait preuve d’une telle maturité et pugnacité. En effet, bien qu’elle étudie plus pour faire plaisir à ses parents que par réel intérêt, Vanessa prouve tout au long du livre sa capacité de travail autant sur la glace que sur les bancs de l’école. C’est définitivement une jeune fille avec la tête sur les épaules.

L’histoire est assez courte et se lit très vite, mais on en vient très vite à s’attacher à notre jeune héroïne qui, malgré son côté enfant très sage, ne va pas hésiter à braver l’autorité parentale quand celle-ci entrave de trop près un premier pas vers son rêve. En tant qu’adulte, je l’ai trouvée très touchante, et j’imagine aisément que des filles de son âge puissent s’identifier à elle, qu’elles aient une passion dévorante ou non.

En effet, au-delà du patinage, l’autrice aborde des questions qui touchent chaque enfant à un moment ou à un autre de sa vie : l’amitié parfois fusionnelle et exclusive, les petits mots que l’on se lance en classe, la peste qui nous enquiquine l’existence depuis des années, l’autorité parentale, l’intérêt pour l’autre sexe qui commence petit à petit à s’éveiller… Mais les adultes ne seront finalement pas en reste, car ces différents points devraient leur rappeler quelques souvenirs. Et puis, la poursuite d’une passion et de ses rêves peut concerner chacun d’entre nous, quel que soit son âge.

L’autrice effleure également la rigueur et les restrictions notamment alimentaires que le sport peut engendrer quand il est pratiqué dans l’optique d’en faire son futur métier. J’ai trouvé cet aspect intéressant et espère qu’il sera développé de manière un peu plus approfondie dans les tomes suivants…

A noter en fin d’ouvrage un glossaire reprenant les termes techniques utilisés dans le récit. Je trouve que c’est une très bonne idée même si je vous rassure, le livre n’est pas truffé de termes incompréhensibles pour le commun des mortels. L’autrice a ainsi veillé à offrir un récit qui parlera certainement aux personnes pratiquant le patin à glace ou un sport à haut niveau tout en veillant à le rendre assez immersif et accessible pour plaire aux personnes ne connaissant pas le monde du patinage ou du sport.

Deux points qui m’ont un peu moins convaincue…

Si j’ai aimé l’histoire, j’ai néanmoins regretté son côté trop manichéen et la présence de personnages assez caricaturaux. Toutefois, la fluidité de la plume de l’autrice aide à oublier ce point d’autant qu’il convient de rappeler que nous restons dans un roman jeunesse.

De la même manière, je n’ai pas été convaincue par l’apparition soudaine et miraculeuse de la tante et encore moins par son intervention. Vu le caractère borné et autoritaire du père, la mère restant dans le rôle de l’épouse soumise, il m’apparaît quand même peu probable qu’elle puisse avoir une telle influence sur les choix éducatifs de son frère… Mais de nouveau, le public visé par le livre peut expliquer le dénouement un peu trop rapide et aisé de l’histoire.

En conclusion, tout au long du livre, le lecteur ne peut que s’attacher à Vanessa et espérer ardemment qu’elle accède à son rêve malgré son environnement familial plutôt hostile à sa passion du patinage artistique. A travers une histoire simple, mais touchante, Cécile Soler nous offre ainsi un très bon moment de divertissement qui devrait séduire autant les enfants que leurs parents.

Pour ma part, c’est avec plaisir que je lirai la suite des aventures de Vanessa puisque les tomes 2 et 3 sont déjà parus.


Site de l’autricePour acheter le livrePage FB

Pour ma part, je vous laisse avec le trailer du tome 3 de cette série jeunesse fort sympathique.

 

 

Basil, détective privé

AVIS

Je ne sais pas si c’est à cause de ma lecture commune de Sherlock Holmes, mais je suis dans une période où j’ai envie de dévorer des histoires liées de près ou de loin au célèbre détective.  C’est donc avec un plaisir enfantin que je me suis plongée dans le roman Basil, détective privé. Si je me souviens d’avoir vu le dessin animé enfant, je n’ai pas en mémoire d’avoir déjà lu le roman du film avant ce jour. Maintenant que cette erreur est réparée, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce petit livre qui se lit très rapidement.

On y retrouve une super souris détective du nom de Basil qui n’a, à mon avis, rien à envier à notre Sherlock Holmes : même caractère, même sens de la déduction, même froideur analytique (du moins, au début), même absence de modestie… A noter également la présence d’un partenaire, le docteur Dawson, qui vous fera penser à notre cher Watson. En effet, ceux-ci partagent, en plus du même passé, de la même profession et d’un nom plutôt semblable, le même ébahissement béat devant les capacités de leur détective respectif. Toute ressemblance entre les deux duos n’est dont pas fortuite.

La seule différence avec l’œuvre originale, c’est que j’ai ressenti de la peine pour l’un des méchants, la chauve-souris Fidget qui fait son maximum pour plaire à son maître, le terrible Ratigan, sans grand succès. Dans sa manière d’être en admiration devant son maître, Fidget m’a donné parfois le sentiment d’être un peu le pendant maléfique de Dawson.

Je vous rassure, je n’ai néanmoins eu aucun mal à détester le grand méchant de l’histoire qui n’a pas hésité à kidnapper un inventeur puis sa fille pour assouvir son plan maléfique : remplacer la Reine par un automate et gouverner à sa place. Pas bête comme idée, vous me direz…

Enfin, le livre contient quelques illustrations en couleurs et en noir et blanc. Si vous me suivez régulièrement, vous devez comprendre que ce genre de petits détails me fait systématiquement craquer.

En conclusion, j’ai adoré cette histoire qui nous offre une enquête intéressante et divertissante qui devrait captiver enfants et parents. Quant aux amateurs de Sherlock Holmes, ils ne pourront qu’apprécier les  nombreuses allusions et clins d’œil à l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle.

Maintenant que je me suis délectée de ce roman, il me reste à redécouvrir la version animée de Disney en espérant l’apprécier autant que durant ma prime enfance. Je garde aussi un petit œil sur la sortie d’une intégrale en anglais des romans d’Eve Titus.

cof

Le petit Chaperon-Loup, Audrey Calviac

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J’avais repéré Le petit Chaperon-Loup d‘Audrey Calviac grâce à sa sublime couverture réalisée par la sœur de l’auteure, Anaïs.

Je n’ai donc pas hésité à demander l’ebook en échange d’une chronique comme le proposait les Éditions Boz’Dodor sur leur page FB. Et puis, ayant plaisir à échanger sur FB avec l’autrice, je ne pouvais que me laisser tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Oubliez les nobles princes, les belles princesses et les dragons défaits. Les fins heureuses ne font pas forcément partie des pays des contes. Leurs habitants l’ont bien compris et rêvent à une vie paisible et ennuyeuse, ce que cherchent à fuir les petits humains. Cette nouvelle histoire ne se déroule pas chez le terrible patapaf, mais chez nous, au royaume des hommes. Une jeune fille du nom de Kahina s’y réfugie après s’être échappée des pays des contes. Elle va faire la connaissance d’Azad, un petit humain. Ils vont apprendre à se découvrir tout en dissimulant à l’autre leur plus terrible secret.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages
  • Editeur : Editions Boz’Dodor (18 septembre 2016)
  • Prix ebook : 1,49€

AVIS

Le monde des humains et celui des contes se côtoient sans jamais se rencontrer, du moins jusqu’à ce que Kahina, contrainte de fuir son foyer en raison de la vindicte populaire, quitte les pays des contes pour le royaume des humains. C’est de cette manière qu’elle rencontrera Azad, un jeune garçon qui acceptera de l’aider à se cacher dans la grange familiale.

Kahina et Azad sont très différents l’un de l’autre, mais ils ont en commun d’avoir un secret qu’ils gardent précieusement caché.  J’ai bien aimé la manière dont l’auteure a construit la relation entre les deux protagonistes principaux. Ils se sont tout de suite acceptés sans pour autant se dévoiler entièrement. Comme dans la vraie vie, ce sont les épreuves qu’ils traversent et la confiance qu’ils construisent qui vont les pousser à se dévoiler tels qu’ils sont… Ces deux jeunes protagonistes nous offrent ainsi une très belle leçon d’amitié.

Le petit Chaperon-Loup est une réécriture du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge, mais l’auteure s’est quand même bien éloignée de l’œuvre originale.  Cela devrait donc rassurer les lecteurs ayant peur de retrouver une histoire vue et revue. Vous devriez même être surpris de découvrir comment le loup a changé durablement la vie de notre jeune héroïne dans la version d’Audrey Calviac. Je me demande d’ailleurs quel tournant prendra l’auteure par la suite pour Kahina : celui de l’acceptation de sa différence ou la quête d’un retour à la normale. Mystère que j’ai hâte de découvrir  même si j’ai déjà ma petite préférence.

Point de conte sans morale ! L’autrice ne déroge donc pas à cette règle en nous offrant une morale mignonne à souhait que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Mais au-delà de la morale de la fin, j’ai trouvé que l’histoire permettait aussi, à une époque où la différence continue à faire peur, de mener une vraie réflexion sur le sujet. Comment la différence physique d’une enfant peut-elle susciter autant de peur et de rejet de la part d’adultes ? Si on ôte la partie merveilleuse de l’histoire, il n’est pas certain que les réactions extrêmes soulevées par la différence soient si fantasques que cela…

Enfin, mon compagnon, d’origine arménienne, m’a fait remarquer que Azad est un  prénom arménien qui signifie « libre ». J’ai trouvé ce petit clin d’œil de l’auteure fort à propos pour un personnage qui, grâce à l’amitié, va gagner, d’une certaine manière, la liberté.

En conclusion, de la couverture à la plume de l’auteure en passant par la manière dont elle a su réinventer un des contes les plus connus au monde, j’ai été complètement séduite par cette réécriture du Petit Chaperon Rouge. Que vous ayez 9 ans ou 99 ans, je ne peux donc que vous recommander de vous laisser entraîner dans cette très belle histoire !

 

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Les Royaumes de feu, tome 1 : La Prophétie, Tui T. Sutherland

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C’est par hasard que j’ai découvert Les Royaumes de feu de Tui T. Sutherland, série publiée par Gallimard jeunesse. Cette histoire de dragons et de prophétie m’a tout de suite intriguée. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture du premier tome, La Prophétie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une terrible guerre divise les royaumes du monde de Pyrrhia. Selon une mystérieuse prophétie, seuls cinq jeunes dragons nés lors de la Nuit-la-plus-Claire pourront mettre fin aux combats et apporter la paix. Mais les élus, Argil, Tsunami, Gloria, Comète et Sunny, rêvent de voler de leurs propres ailes plutôt que d’accomplir leur destin…

  • Broché: 400 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 14 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (8 janvier 2015)
  • Prix : 16€

AVIS

L’objet livre

Tout d’abord, je trouve l’objet-livre magnifique, la couverture donnant envie de se plonger directement dans le récit. J’ai en outre apprécié la carte en début de livre ainsi que le petit Guide des dragons de Pyrrhia qui répertorie les différents types de dragons avec leurs caractéristiques. Vous verrez que c’est utile, surtout en début de lecture, afin de visualiser correctement les dragonnets que nous suivons et comprendre les enjeux de la guerre qui frappe Pyrrhia.

Cependant, oui je suis râleuse, j’aurais préféré pour des raisons de praticité que ce récapitulatif soit placé dans un petit carnet, dans l’idéal en couleurs, que l’on aurait pu consulter facilement et à loisir pendant la lecture du roman…

L’histoire…

Dans le roman, nous faisons la connaissance de cinq dragonnets de différents types (Ailes de sable, Ailes de boue…) qui ont été élevés secrètement et totalement coupés du monde dans le but d’accomplir une certaine prophétie. Las de cette vie et prêts à tout pour protéger l’une des leurs, ils décident de s’enfuir. Ils découvriront néanmoins, à leurs dépens, que la vie à l’extérieur n’est finalement pas synonyme de liberté, mais plutôt de dangers…

Le livre est destiné à la jeunesse, mais cela ne veut pas dire qu’il est plat et tout gentillet. Aux côtés de l’amitié, du courage et de l’espoir, vous trouverez également beaucoup d’actions, de la jalousie, de la violence, des combats parfois impressionnants, de la cruauté physique et morale, la mort, la trahison… Cela rend l’histoire intéressante et permet de passer un très bon moment de lecture que l’on soit enfant ou adulte.

Les personnages…

Les personnages principaux sont tous des dragons, mais on oublie très vite leur nature et on finit par avoir l’impression de suivre les aventures d’êtres humains. Il faut dire que leurs comportements, leurs peurs, leurs espoirs et leurs valeurs les rendent très humains.

J’ai adoré découvrir ces cinq dragonnets qui sont aussi différents physiquement que psychologiquement même si je me suis surtout attachée à Argil. C’est assez normal puisque chaque tome de la série met en avant un des dragons et que dans La Prophétie, nous suivons surtout Argil.

Ce jeune Ailes de boue n’est pas le plus courageux de la bande, loin de là, mais il est généreux, profondément gentil, altruiste et ferait tout pour protéger ses amis. C’est typiquement le genre de « héros malgré lui » auquel il est facile de s’attacher et peut-être même de s’identifier surtout quand on est un enfant. Je l’ai tellement apprécié que j’ai été un peu déçue de savoir que je ne le retrouverai pas en tant que personnage principal dans les autres tomes. Mais je suis certaine que je m’attacherai aux autres dragonnets de la même manière ou, du moins, je l’espère.

Plusieurs scènes de ce tome m’ont marquée que ce soit par leur intensité, les valeurs véhiculées ou l’attitude des dragonnets qui se révèlent toujours prompts à s’aider les uns les autres. A cet égard, je ne citerai qu’une scène que j’ai trouvée particulièrement mignonne et triste à la fois : celle où Argil, Ailes de Boue, se retrouve pour la première fois en contact avec des éléments inhérents à sa nature : la terre et l’eau. J’ai trouvé adorable de le voir se délecter de la boue qui lui a tant manqué durant sa captivité. Mais au-delà de cela, on se rend compte à quel point être coupés du monde et de leurs racines a dû être difficile pour les dragonnets

A noter que tous les adultes, ou presque, du livre sont absents, cruels ou décevants alors que les dragonnets sont, à l’inverse, gentils et solidaires. Dans un livre pour adule, ce manichéisme aurait eu tendance à me faire lever les yeux au ciel, mais pour un livre jeunesse, je ne l’ai pas trouvé dérangeant. Et puis, j’imagine que cela rend la lecture plus facile pour les enfants et leur permet, dans une certaine mesure, de mieux s’identifier aux gentils.

En résumé, La Prophétie est un livre jeunesse, mais si vous êtes un adulte et que vous aimez l’action, le suspense, les retournements de situation, les dragons, l’amitié avec un grand A… vous serez certainement plus que séduits par l’histoire. Les Royaumes de feu font ainsi partie de ces séries qui devraient enchanter toute la famille, des enfants ( à partir de neuf ans selon Gallimard) aux adultes.

 

Je ne sais pas, Marie Colot

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Je remercie Alice Éditions et Chagaz’… et vous pour m’avoir permis de découvrir Je ne sais pas de Marie Colot.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Il y a du sang trois étages plus bas. Il paraît que c’est de ma faute. Enfin, en partie. »
Un fait divers horrible vient d’avoir lieu. Il est minuit trente-deux et l’agent de police essaie désespérément de faire parler Clara. « Je ne sais pas ». Quatre mots tout simples qu’elle voudrait prononcer. Mais, même ça, elle n’y arrive pas.

  • Broché: 70 pages
  • Editeur : Alice (3 octobre 2016)
  • Collection : Le chapelier fou
  • Prix : 10€

AVIS

A la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire policière alors que l’agression d’une prostituée est avant tout un moyen pour l’auteure de laisser s’exprimer Clara même si ce n’est que dans sa tête. Ce point ne m’a pas du tout dérangée d’autant que Clara s’est révélée être une adolescente torturée, mais également intéressante.

L’auteure alterne les chapitres entre l’instant présent où Clara est interrogée inlassablement par sa mère et un policier avec d’autres périodes de son passé. L’alternance entre présent et passé est très bien amenée et pousse les lecteurs à essayer de comprendre, ou du moins entrevoir, comment la jeune fille est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

Clara semble d’ailleurs avoir elle-même beaucoup réfléchi à la question comme ses pensées le laissent deviner. Elle arrive à analyser, presque froidement parfois avec cynisme, sa personnalité, ce qu’elle considère comme ses faiblesses, les différents événements marquants de sa vie… Il se dégage de la jeune fille une impression de maturité, mais aussi un sentiment de grande solitude et une profonde tristesse. Personne n’est aussi dure avec Clara que Clara !

Alors évidemment, l’adolescence est une période parfois difficile, mais on comprend très vite que le mal-être de Clara dépasse un cadre normal et qu’elle a besoin d’aide. Enfin, le lecteur et même une prostituée, qui ne connaît de la jeune fille qu’un visage, le perçoivent rapidement. La situation ne semble pas aussi limpide pour la mère de l’adolescente qui est elle-même déjà bien trop engluée dans le chagrin pour voir celui de sa fille…

Je dois avouer que la mère de Clara m’a fortement agacée, même si en fin d’ouvrage on comprend qu’elle fait simplement ce qu’elle peut. Alors que sa fille s’enferme dans un profond mutisme, elle n’essaie pas de l’aider et de l’apaiser. A l’inverse, elle se lance dans une véritable inquisition comme si le silence de son enfant était un reproche sourd qu’elle lui adressait. Heureusement, un élan de lucidité, ou du cœur, finit par lui faire faire un premier pas vers sa fille… le premier pas libérateur pour la jeune fille.

Je vais m’arrêter là pour ne pas trop vous en dévoiler d’autant que le livre est assez court et se lit rapidement. C’est une lecture intense et particulière dans le sens où on entre vraiment dans la tête du personnage principal et que son introspection peut parfois nous mettre mal à l’aise ou nous faire réagir. L’histoire, dans une certaine mesure, pourra également faire écho aux adolescents qui se sentent mal dans leur peau.

En conclusion, Je ne sais pas est un livre qui ne vous laissera pas indifférent et ne pourra que susciter en vous différentes émotions. Destiné d’abord aux adolescents, je conseille sans hésiter ce roman aux adultes qui aiment les personnages un peu torturés et dont la psychologie est au centre de l’intrigue.

NOTE : 4/5

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Photo de l’éditeur

Site WEB de l’auteure – Page Facebook

The Ice Dragon, George R. R. Martin

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Je connais George R.R. Martin de nom comme beaucoup d’entre vous, mais je n’avais jamais rien lu de l’auteur. C’est donc assez curieuse que je me suis plongée dans la lecture de The Ice Dragon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

The ice dragon was a creature of legend and fear, for no man had ever tamed one. When it flew overhead, it left in its wake desolate cold and frozen land. But Adara was not afraid. For Adara was a winter child, born during the worst freeze that anyone, even the Old Ones, could remember.

  • Relié: 128 pages
  • Editeur : Tor Teen (21 octobre 2014)
  • Langue : Anglais

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AVIS

L’histoire…

Adara est une enfant de l’hiver qui ne semble vivre que pour la survenue, chaque année, de cette saison. Elle l’attend avec impatience d’autant qu’elle est synonyme du retour du dragon de glace, une créature de légende craint par tous, avec laquelle la jeune fille possède une connexion particulière.

Aussi froide que l’hiver, il est difficile au départ de s’attacher à Adara qui semble dépourvue d’émotions pour sa famille puisque son amour et son attachement ne sont réservés qu’au dragon de glace. Sans trop dévoiler l’intrigue, je dois néanmoins dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait évoluer notre jeune héroïne qui finit par se « réchauffer ».

Si nous sommes face à un livre jeunesse, l’histoire n’est pas particulièrement douce et quelques scènes de combats entre dragons sont, par exemple, à prévoir. Rien de bien traumatisant, je vous rassure, mais c’est peut-être à prendre en compte avant de mettre le livre entre les mains des plus jeunes. Pour ma part, je ne suis pas férue de ce genre de scènes, mais j’ai tout de même apprécier ces passages très bien décrits par l’auteur.

Quant à la conclusion du livre, je l’ai trouvée parfaite avec ce petit côté poétique voire enchanteur qui sied à merveille aux contes pour enfants.

L’objet-livre

Le livre est juste magnifique ! De la sublime couverture au toucher soyeux en passant par les illustrations, tout est mis en œuvre pour enchanter les pupilles des lecteurs.

Les nombreuses illustrations nous immergent complètement dans l’histoire et nous permettent presque de ressentir la glace et le froid si présents dans le livre.

En conclusion, que l’on soit fan ou non de George R.R. Martin, The Ice Dragon est un roman que je ne peux que vous conseiller. Vous serez enchantés autant par l’histoire que par les magnifiques illustrations de Luis Royo.

Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à lire la version originale qui reste très accessible, mais si certains mots de vocabulaire ne sont pas usuels.

NOTE : 4,5/5

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cof