In My Mailbox ou Book Haul, spécial Rakuten

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


La veille de l’annonce du confinement, j’ai passé une grosse commande sur Rakuten, motivée d’abord par l’achat de L’Estrange Malaventure de Mirella sur lequel je lorgne depuis sa sortie. J’en ai profité pour prendre d’autres livres qui étaient dans ma wish list depuis plus ou moins longtemps…

Si vous n’avez jamais commandé sur Rakuten, vous pouvez utiliser mon code parrainage (17734459) au moment du paiement afin d’obtenir un bon d’achat de 10€ (le parrain obtient la même somme). Dans tous les cas, n’hésitez pas à faire un tour sur le site qui, en matière de livre, possède une offre complète et intéressante. C’est d’ailleurs l’un de mes principaux fournisseurs livresques.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

La Chose au fond du sac – tome 1 : La découverte, Luce Basseterre #PLIB2021

Léna ne mène pas exactement une vie normale. Déjà, elle vit dans une famille décomposée et recomposée et ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on a quatre frères et sœur. En plus ils viennent tout juste d’emménager chez leur grand-père. Mais ce n’est pas que ça : Léna a aussi la particularité d’entendre les pensées des autres. Et lorsqu’une voix étrange qui semble venue de la vieille maison voisine commence à l’appeler, Léna et sa famille ne sont pas au bout de leurs surprises !

Au loup Éditions (1 avril 2020) – 128 pages – Ebook (3,99€) – Papier (12,50€)
À partir de 9 ans – Illustration de couverture : Artemisia #ISBN791093950884

AVIS

Suite au décès de son beau-père, Léna, ses trois frères, sa sœur et leur mère emménagent chez le père du défunt. La situation, déjà difficile en soi, prend une tournure inattendue quand Léna se met à attendre une voix qui ne cesse de l’appeler... Ne vous y trompez pas, ce qui est étrange pour Léna, ce n’est pas d’entendre une voix, ça, elle en a l’habitude, mais c’est plutôt d’entendre une voix dont elle n’arrive pas à identifier le propriétaire. Et si la voix venait de la Malvoisin, cette immense demeure voisine abandonnée ? Une hypothèse que la jeune fille est bien décidée à vérifier, mais pour cela, il va lui falloir s’aventurer dans cette maison inquiétante et quelque peu inhospitalière…

Les lecteurs devraient adorer suivre Léna dans ses péripéties qui l’amèneront à faire une étrange et surprenante découverte, dont je préfère taire la nature pour vous laisser le plaisir de la surprise. Je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié la référence de l’autrice à un célèbre auteur connu pour son imaginaire angoissant et horrifique. D’ailleurs, si le roman n’est pas effrayant, il pourrait néanmoins susciter quelques frissons chez les jeunes lecteurs, du moins, dans un premier temps. Car plus on progresse dans l’intrigue, plus on se prend d’affection pour la Chose découverte par Léna entre les murs de la Malvoisin, un lieu qui semble parfait pour les amateurs d’Urbex.

L’autrice a un talent certain pour éveiller la curiosité des lecteurs de tout âge : en plus du mystère planant autour des capacités particulières de Léna et de la présence de la Chose dans un lieu abandonné, nous comprenons assez rapidement que le grand-père n’est peut-être pas qu’un simple papy appréciant de s’occuper de son jardin. Policier des forces spéciales à la retraite, il semblerait qu’il ait encore quelques relations et que son âge ne l’empêche nullement de se jeter dans l’action, voire dans la gueule du loup. Mystérieux et badass, voici un grand-père qui ne devrait pas manquer de vous surprendre ! Si j’ai adoré le personnage, il m’a néanmoins décontenancée par son rejet primaire de la Chose. Mais j’imagine que devant l’inconnu, a fortiori de nature surnaturelle, il peut s’avérer délicat de rester stoïque d’autant que l’on sent ce grand-père très protecteur envers sa famille.

En jouant sur le mystère et une force surnaturelle dont on se languit de percer tous les secrets, l’autrice s’assure de l’attention de ses lecteurs qui, immergés dans le récit, seront bien incapables de le quitter avant d’en lire la dernière ligne. Mais il faudra attendre la suite pour obtenir des réponses à toutes ces questions que l’on prend plaisir à se poser tout au long de ce premier tome qui ne manque ni de suspense ni d’action ! Ce qui rend également la lecture aussi prenante et passionnante, c’est la place accordée à la famille et à la force des liens familiaux, notamment dans une famille recomposée comme celle de Léa. Ainsi, tous les enfants n’ont pas le même père ou la même mère, ce qui demande un petit temps d’adaptation aux lecteurs et complique parfois un peu l’organisation du foyer. Mais cela ne change en rien la vie de cette famille qui connaît, comme toutes les autres, des moments de douleur et de bonheur, de tension et de partage… En tant qu’adulte, j’ai trouvé intéressant que l’autrice évoque un schéma familial peut-être pas « traditionnel », mais de plus en plus courant. 

Si, en outre, je me suis beaucoup attachée à Léna qui s’est révélée plutôt amusante, intelligente, débrouillarde et téméraire, j’ai aussi apprécié d’apprendre à connaître ses frères et sa sœur, tous très différents les uns des autres. Entre une grande sœur responsable qui doit jouer le rôle de nounou bien malgré elle, un frère qui semble en colère contre la terre entière, mais qui ne manque pas de courage, un autre bien plus peureux, et un petit frère adorant manger et enquiquiner ses aînés par ses questions incessantes et sa faculté à se mettre dans leurs pattes… Léna peut se targuer d’avoir une famille variée et haute en couleur !

En ce qui concerne les adultes, on appréciera que, contrairement à d’autres romans jeunesse, ils ne soient pas complètement mis de côté même si l’on sent que la maman est débordée entre son deuil, son travail et ses turbulents enfants, et que son ex-mari est un gentil boulet déconnecté de la réalité. Ma seule petite frustration provient de Mamie Gé que l’on voit peu, mais qui m’a paru être une femme originale et plutôt ouverte d’esprit. C’est d’ailleurs la seule personne au courant de la capacité de Léna à entendre des voix. Un talent rare que la jeune fille doit encore apprendre à maîtriser afin de ne plus se laisser parasiter par les pensées de chacun et ne plus subir de bien douloureuses migraines. La révélation faite en fin d’ouvrage nous laisse espérer une réelle évolution de ce côté-là…

En conclusion, du mystère, un jeu subtil sur la peur de l’inconnu et de la différence, de l’action, une famille haute en couleur, une héroïne vaillante qui possède un don inhabituel, un imaginaire mêlant monde réel et surnaturel, une plume fluide et immersive… Voici tout autant d’éléments qui devraient permettre aux jeunes lecteurs et aux adolescents de se plonger avec délice dans ce premier tome rythmé dont la fin laisse entrevoir une suite riche en péripéties… Quant aux adultes, ils devraient également apprécier cette aventure menée d’une main de maître par une autrice qui nous propose son propre mythe, celui de la Chose ! Un mythe que, pour ma part, j’ai hâte d’approfondir, la Chose ne semblant pas encore nous avoir livré tous ses secrets.

Découvrez un extrait du roman sur le site d’Au loup Éditions.

Mini-chroniques en pagaille #26

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Bloody Secret, Mutsumi Yoshida (Soleil manga) :

Couverture Bloody secret, tome 1

C’est en parcourant un livre que Anko développe l’idée saugrenue que le très mystérieux Yura est un vampire. Malheureusement pour elle, ce dernier apprend ses doutes et lui révèle la vérité, il a bien du sang de vampire en lui ! Puisque l’heure des confessions est venue, il lui révèle aussi son attirance très forte pour son sang qui semble si spécial. Et si la jeune fille acceptait de sortir avec cet étrange personnage que personne ne semble véritablement connaître puisqu’il passe son temps à dormir ? Pour sa défense, pas facile d’être un vampire en plein jour, a fortiori quand on n’a jamais encore laisse libre court à sa soif d’hémoglobine…

Anko est une jeune fille assez innocente et naïve qui oscille entre l’idée d’aider Yura et la peur d’être transformée à son tour en créature de la nuit si elle se laisse mordre. Elle lui propose donc d’apprendre à mieux le connaître avant d’éventuellement devenir plus qu’une amie. Mais une ombre plane sur cet arrangement des plus raisonnables : un personnage qui semble bien avoir envie de taquiner nos deux protagonistes.

Dans ce premier tome, l’autrice met en place les enjeux et nous présente les personnages. Gentillette, sans être transcendante, l’histoire plaira probablement aux adolescent(e)s et aux personnes appréciant les histoires de vampire ou plutôt d’un garçon humain avec du sang de vampire. Cela change-t-il quelque chose ? Peut-être si l’on se fie à la fin qui laisse entrevoir quelques complications quant à la relation entre nos deux protagonistes…

  • Bonjour facteur, Michaël Escoffier (École des loisirs)
Bonjour facteur

Illustrateur : Matthieu Maudet

Voici un petit album jeunesse cartonné découvert dans la bibliothèque de ma nièce qui apprécie cette histoire colorée. Pour ma part, je suis complètement tombée sous le charme de ce facteur d’un genre particulier : lui, ce n’est pas le courrier qu’il livre à bicyclette, mais des bébés ! Adieu donc la cigogne qui apporte des bébés aux humains, place au facteur humain qui délivre des bébés aux animaux. Une inversion des rôles assez truculente, vous en conviendrez !

Mais ce système de livraison de bébés est-il véritablement fiable ? Pour le savoir, je vous invite à découvrir l’album, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai adoré la chute. En plus de prêter à sourire, elle véhicule un joli message quant à la notion de famille. C’est également un vrai plaisir de suivre le facteur qui, malgré un moyen de locomotion non motorisé, parcourt à la vitesse de l’éclair de grandes distances, livrant les clients aussi bien en pleine jungle que sur la banquise… Les couleurs pleines de gaieté et la rondeur des traits apportent, quant à elles, beaucoup de peps et de douceur à cet album que je ne peux que vous conseiller pour passer un joli moment de lecture en famille.

  • La fugue, Yvan Pommaux (École des loisirs) :

Couverture La Fugue

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous aurez probablement deviné que le chat sur la couverture a suffi à me donner envie de me plonger dans cet album au titre qui ne peut qu’intriguer, La fugue. Avant même de commencer la lecture, on se demande ainsi les raisons qui ont pu pousser ce jeune chat à fuguer, tout en tremblant à l’idée des dangers qu’il risque de devoir affronter, et dont il n’a guère conscience.

Page après page, l’auteur répond à notre question, non sans un certain humour d’ailleurs. Nous découvrons ainsi un chaton excédé par une famille humaine qu’il ne supporte plus ! Jules en a marre des odeurs de cigarillos du père, du bruit de l’aspirateur de la mère, des jeux brutaux du frère et de la sœur, et du prénom idiot dont on l’a affublé, Mitzy !

Son prénom, c’est Jules. Et s’il l’a choisi, ce n’est pas par hasard… Je n’en dirai pas plus sous peine de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai trouvé l’histoire derrière le choix de ce prénom adorable tout comme la fin qui a ému l’amoureuse des animaux, et plus particulièrement des chats, en moi. 

Au-delà des griefs de Jules qui rappelleront aux enfants et aux parents, qu’un chat, ce n’est pas un jouet et qu’il lui faut un minimum de tranquillité pour s’épanouir, l’auteur nous narre également les péripéties de Jules dans la rue. Un endroit aux multiples dangers pour un chaton : les voitures, les chiens, les gens qui marchent sans se préoccuper de la petite boule de poils qui se faufilent entre leurs jambes, la faim qui tenaille… Mais heureusement, Jules saura trouver de l’aide auprès d’un matou au grand cœur, marqué par la vie dans la rue.

Porté par un adorable chaton à la personnalité affirmée et aux sentiments exacerbés, La fugue nous offre une aventure mouvementée et pleine d’émotions qui devrait séduire les enfants et les parents ainsi que tous les amoureux des chats et les personnes sensibles aux belles histoires d’amitié homme/animal.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ? Vous tentent-ils ?

 

Throwback Thursday Livresque #183 : sur les bancs de l’école

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Cette semaine, difficile de ne pas penser à un célèbre sorcier à lunettes, mais j’ai préféré opter pour un album jeunesse tout mignon qui m’a semblé parfait pour ce thème : 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

Couverture 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse

Dans cet album, les enfants, tous très adorables, inventent des excuses amusantes et parfois farfelues pour expliquer le comportement de leur maîtresse qu’ils semblent beaucoup aimer.

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Pour en apprendre plus sur cet album, je vous invite à lire mon avis dont voici la conclusion :

10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Et vous, tentés par cet album ?
Quel titre auriez-vous choisi ?

In My Mailbox #178

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PAPIER

  • J’ai passé une petite commande sur France Loisirs pour valider mon achat obligatoire. J’ai également profité d’avoir atteint les 100 points et donc d’avoir droit à un livre gratuit pour prendre l’intégrale du Paris des merveilles. Je possède déjà les trois tomes dans la belle version Bragelonne (dont mon père a héritée), mais difficile de ne pas craquer devant la beauté de cet ouvrage !

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J’ai également pris un livre sur le dessin histoire de ne plus être prise au dépourvu quand ma petite nièce me demande de lui dessiner quelque chose à main levée.

  • Un petit passage à Noz et dans un magasin de déstockage de livres et c’est ma PAL jeunesse qui augmente. J’ai également reçu un SP déjà lu et chroniqué : L’enquête des minots.

L'enquête des minots, Tome 1 : Panique au Panier par [Camille Lacombe, Jacquemart]

Amazon.fr - Sofia, 3 Histoires fourreau - DISNEY - Livres

  • Orgueil et préjugés étant mon classique préféré, je n’ai pas résisté à cette magnifique édition proposée à moins de 4 euros :

  • Deux craquages 100% visuel :

EBOOKS

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Le voyage de Nathan : petit fossoyeur d’âmes, Frédéric Neveur

Couverture Le voyage de Nathan : Petit fossoyeur d'âmes

Dans les ruelles de son petit village de vacances, Nathan voit des choses étranges. Emprisonné dans un monde alternatif bien sombre, il fait la rencontre de Lenka, une jeune fille aux pouces coupés, et Grogoron, un fossoyeur d’âme bourru au cœur d’or. Dés lors, Nathan va tenter de comprendre pourquoi il est enfermé ici et pourquoi un Négociant, un être monstrueux qui calcule la valeur des âmes, cherche à l’emmener avec lui. En terminant son voyage, Nathan apprend ce qui lui est arrivé dans le monde réel.
Une émouvante histoire qui cache une vérité effroyable dont l’amour de ses nouveaux amis parviendra à guérir les blessures.

Évidence Édition – 320 pages – Papier (16,99€) – Ebook (7,99€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques – Illustrations : Hadley Seymore

AVIS

En ce moment, j’enchaîne les livres publiés par Évidence édition ! Et après la très bonne série Aria, c’est un autre roman jeunesse qui m’a captivée. Je dis jeunesse parce qu’il est accessible aux lecteurs à partir de 12 ans, mais je lui ai trouvé une sensibilité et une portée symbolique telles que je me demande si finalement, il ne serait pas plus sage de le conseiller à des lecteurs un peu plus âgés. Je ne suis, en effet, pas certaine que l’enfant de 12 ans que j’étais, pourtant grande lectrice, aurait su saisir toute la portée de ce livre…

L’auteur nous transporte dans la vie du jeune Nathan, un enfant très seul puisque personne ne semble lui accorder la moindre attention si ce n’est pour le brimer et, dans le cas de son père, lui reprocher la mort de sa mère. Mais si Nathan a du mal à se connecter avec les gens, il voue une passion sans borne aux oiseaux et, plus particulièrement, aux corbeaux. Original comme animal préféré, mais vous verrez qu’original et hors norme, Nathan l’est !

Lors de ses vacances dans un petit village, Nathan fait la rencontre d’un gardien de cimetière, Grogoron, avant de plonger dans un monde alternatif surprenant et auréolé de mystère. Aux côtés de Nathan, nous découvrons ainsi des concepts comme celui de fossoyeur d’âmes ou, comme aime à le dire notre jeune héros, faux soigneur d’armes. Et puis, il y a cette menace que représentent les Autres, ces êtres dont on ne connaît pas la nature et que Grogoron demande à Nathan de ne pas nommer. Fascinant de voir que la peur de l’Autre poursuit Nathan même dans un monde qui n’est pas le sien !

Ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est de découvrir, petit à petit, le monde alternatif dans lequel Nathan vogue, de comprendre les règles qui le régissent et les entités qui l’habitent. Raison pour laquelle je préfère rester très évasive sur ces points, ce qui, je l’avoue, tend quelque peu à me frustrer. Je me permettrai néanmoins de vous dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur a développé tout le commerce autour des âmes, chacune d’entre elles étant notée en fonction de différents critères, récoltée par les fossoyeurs d’âmes, donnée aux Négociants et revendue à prix d’or… Une loi de l’offre et de la demande assez cynique comme sait si bien l’être l’économie de marché. On appréciera d’ailleurs la petite critique sous-jacente vis-à-vis d’un système économique créateur d’inégalité, de souffrance et d’injustice. Mais comme dans la vraie vie, qui dit inégalité, dit révolte et rébellion !

L’auteur, à travers une histoire forte et non dénuée d’onirisme, évoque également des sujets parfois difficiles comme les préjugés et la peur de ce que l’on ne connaît pas, la perte, la mort, la résilience, les violences domestiques, la maltraitance infantile… Mais je vous rassure, tout reste assez suggéré, ce qui rend ces problématiques supportables même pour les jeunes lecteurs ou ceux particulièrement sensibles. Et puis derrière le drame et ce commerce d’âmes auquel sont soumis, contre leur volonté, nos héros, il y a aussi beaucoup de vie et d’optimisme ! Des élans de beaux sentiments et de tendres émotions apportés par les protagonistes et les magnifiques liens qu’ils ont su tisser.

En découvrant ce monde alternatif, Nathan a ainsi trouvé des amis, voire une famille avec des membres qui l’aiment, le respectent, l’écoutent et le voient ! Tout ce dont il a toujours été privé. Et ça, c’est tellement beau, fort et important pour lui qu’on ne peut que s’émouvoir devant ses émotions, ses pensées et la manière dont, jour après jour, il grandit, prend confiance en lui et en sa capacité d’être aimé. Nathan est un personnage attachant sur lequel on a envie de veiller très fort comme le font Grogoron dont le physique un peu bourru cache un grand cœur et Lenka, une jeune fille de caractère.

Ces deux personnages, tous les deux très touchants, feront de leur mieux pour protéger Nathan et l’aider à se fondre dans ce monde impitoyable des âmes qui n’est peut-être pas, au regard de certaines révélations, pire que le monde des vivants. J’aurais peut-être souhaité que Grogoron soit un peu plus présent, mais j’ai été ravie de la place donnée à Lenka. Haute en couleur, on sent chez elle une grande gentillesse ainsi qu’une certaine fragilité… Sa manière de taquiner ses acolytes, à grand renfort de surnoms plus tendres que méchants, m’a ainsi fait très régulièrement sourire. Cette jeune fille possède, en outre, une aura de mystère qu’on a très fortement envie de percer : pourquoi n’a-t-elle plus ses pouces ? Pourquoi, contrairement à ses amis, ne peut-elle pas aller dans le monde des vivants ? Des questions qui en appellent une autre bien plus importante : les lecteurs et la jeune fille sont-ils prêts à entendre la vérité et faire face à des révélations qui ne devraient pas manquer de les toucher ?

En plus des personnages pris dans leur individualité, j’ai adoré leur dynamique de groupe, leur complicité et leur très fort attachement. Cela leur sera d’ailleurs indispensable pour avoir la force d’affronter les épreuves qui se présenteront à eux, mais aussi d’accepter de faire ce saut dans l’inconnu qui leur faisait tellement peur. C’est peut-être là d’ailleurs que réside le plus grand rôle de Nathan, un enfant entre vie et mort, qui sera, sans le vouloir, le déclencheur d’une série d’événements à l’issue émouvante.

Quant au style de l’auteur, si on occulte un amour immodéré pour le mot venelle qui, je le concède, ne manque pas de charme, je l’ai trouvé très agréable avec un parfait équilibre entre rythme, mystère, action et émotion. C’est le genre de plume qui plaira, à juste titre, à un large public. Pour ma part, j’ai fortement apprécié la dose d’onirisme que l’auteur a su insuffler à ce roman plein d’intelligence qui ne manque ni de profondeur ni de sensibilité. Les quelques illustrations de Hadley Seymore, distillées par-ci, par-là contribuent également au sentiment d’immersion que l’on peut ressentir tout au long d’une lecture qu’on ne quitte qu’à regret et avec la forte envie d’y retourner en espérant… ne pas y perdre son âme.

En résumé, Le voyage de Nathan fut une très belle lecture qui, sous couvert d’une aventure auréolée de mystère, aborde des thématiques fortes et importantes allant de la famille à l’amitié en passant par la peur de l’Autre et les violences domestiques. Prenant, si ce n’est envoûtant, voici un roman que je conseillerais volontiers aux personnes en quête d’un roman différent, d’un roman qui divertit, qui attendrit et qui vous pousse à chérir chaque moment de vie.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

L’enquête des minots, panique au Panier de Camille Lacombe

C’est la panique au Panier ! Le Poète Maudit, un mystérieux tagueur, vandalise le quartier. Mais Cédric et son meilleur ami Idriss sont sur le coup ! Et ils ne reculeront devant rien pour démasquer le coupable. Mais qui est donc ce graffeur secret ? Est-ce Damien, l’ennemi juré de Cédric ? Ou bien Monsieur Morel, le professeur rebelle ? Et pourquoi pas Fatou, la grande sœur d’Idriss ?

Une enquête trépidante, une bonne dose d’amitié et une pointe d’humour, Cédric et Idriss se triturent les méninges dans ce roman policier. Découvrez le premier tome des aventures de ces deux apprentis détectives marseillais !

Auto-édition (15 juillet 2020) – 105 pages – Papier (5,95€) – Ebook (2,69€)
À partir de 9 ans – Couverture : Jacquemart

AVIS

Appréciant la littérature jeunesse et les enquêtes, je me suis lancée avec plaisir dans ce roman. Celui-ci a pour cadre enchanteur la ville de Marseille, et plus précisément, le quartier emblématique du Panier qui se trouve en pleine ébullition : un mystérieux tagueur, le Poète Maudit, laisse son empreinte sur les murs ! Quand certains voient dans ces mots jetés sur les murs une forme d’art, d’autres n’y voient qu’une dégradation qui vient souiller le quartier. Les esprits s’échauffent et les dissensions apparaissent, mais tout le monde s’accorde au moins sur un point, la nécessité de découvrir l’identité de ce poète des rues.

Et ce n’est pas le jeune et très curieux Cédric qui vous dira le contraire ni même son meilleur ami, Idriss. Très motivés, surtout Cédric, les deux collégiens sont bien décidés à faire toute la lumière sur cette affaire. Et pour ce faire, ils passent au crible les suspects qui semblent se multiplier.

Bien qu’il ait plus l’habitude de s’exprimer par les poings que par les mots, Le Poète Maudit ne pourrait-il pas être Damien, le caïd du quartier et ennemi juré de Cédric ? Après tout, il n’est pas à une infraction près… D’un autre côté, M. Morel, professeur de français plus rebelle qu’il n’y paraît, ne serait-il pas la personne la mieux placée pour partager la beauté de la langue tout en exprimant ses émotions ? Mais à bien y réfléchir, n’y a-t-il pas quelque chose de suspect et de troublant dans le changement de comportement de Fatou, la grande sœur d’Idriss, qui semble toujours courir par monts et par vaux ?

Pas facile de démêler le vrai du faux, mais pas d’inquiétude, Cédric est plutôt du genre volontaire et têtu ! S’il y a bien une personne pour lever le voile sur l’identité du Poète Maudit, c’est bien lui. En tant qu’adulte, j’ai bien vite découvert le fin mot de l’histoire, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier l’enquête qui s’est révélée aussi intéressante que palpitante. Le suspense devrait donc être bien au rendez-vous pour des lecteurs plus jeunes qui prendront un malin plaisir à éprouver les hypothèses de Cédric et de son meilleur ami.

En plus d’avoir trouvé le duo plein de peps et attachant, j’ai apprécié sa mixité, sa belle complicité et la manière dont les deux amis s’entraident dans leur enquête bien qu’Idriss soit peut-être moins enthousiaste à l’idée de jouer les jeunes Sherlock Holmes que Cédric. Il faut dire que ses soupçons sur les activités peu avouables de sa sœur le perturbent beaucoup. J’ai beaucoup apprécié le personnage de la grande sœur même si j’aurais adoré qu’il soit encore plus présent. Son sérieux et sa force de caractère font de Fatou un joli modèle à suivre pour son petit frère malgré les doutes que ce dernier puisse avoir à son encontre. J’ai d’ailleurs trouvé pleine de justesse la réaction de Cédric qui reste présent pour son ami sans s’imposer dans sa relation avec sa sœur.

Les autres personnages secondaires se révèlent également intéressants que ce soit le professeur de français qui ne manque pas d’humour ou un nouvel élève devenu bien vite le souffre-douleur de Damien. Car sous couvert d’une enquête sympathique, l’autrice évoque avec subtilité le thème du harcèlement scolaire et l’escalade de violence qu’il peut entraîner quand rien n’est fait pour enrayer la situation. Le traitement du sujet, tout en délicatesse, permettra aux enfants d’identifier les comportements problématiques tout en ne se sentant pas pétris d’angoisse, notamment pour ceux étant dans une situation similaire ou ayant été confrontés, par le passé, à des faits analogues… On appréciera également la petite note en fin d’ouvrage sur le sujet.

Le roman nous offre également une jolie plongée dans le quartier emblématique du Panier à Marseille et dans les rues ensoleillées de la ville où il semble toujours se passer quelque chose. C’est d’ailleurs une bonne nouvelle pour les lecteurs parce que mon petit doigt me dit que Cédric et Idriss vont probablement avoir d’autres enquêtes à résoudre !

Quant à la plume de Camille Lacombe, je l’ai trouvée aussi accessible qu’agréable d’autant que l’autrice insère quelques pointes d’humour qui ont bien fonctionné sur moi et qui apportent encore un peu plus de sel à un récit qui n’en manque déjà pas. Le roman ravira également les amateurs de poésie dont les sens devraient être mis en ébullition par ces grands noms de la poésie française cités au fil des pages.

En conclusion, agréable, rapide à lire et entraînant, L’enquête des minots m’a fait passer un très bon moment de lecture. Il faut dire que le livre a tout pour me plaire puisqu’on y parle poésie, mystère, amitié, enquête et harcèlement scolaire ! En plus d’une histoire divertissante à souhait, ce roman permettra également d’engager avec les enfants une conversation à cœur ouvert sur le thème du harcèlement scolaire, un thème plus que jamais d’actualité.

Je remercie Camille Lacombe de m’avoir proposé de recevoir L’enquête des minots en échange de mon avis.

 

Où est le dragon ?, Leo Timmers

Au beau milieu de la nuit, trois chevaliers prennent en chasse un dragon. Ils repèrent bien vite le dangereux monstre.
Mais dans le noir, il faut se méfier des apparences…

Cambourakis (4 mars 2020) – 32 pages -14€ À partir de 3 ans
Traduction : Laurent Bayer

AVIS

Où est le dragon ? This is the question ! Et une question de la plus haute importance, voyez-vous, parce que si on ne retrouve pas le dragon aperçu par le roi, ce dernier n’osera pas aller au lit ! Mais pas de panique, un dragon, ça doit bien se voir même dans le noir, non ?

C’est, du moins, ce qu’espéraient les trois chevaliers lancés à sa poursuite avant de finir par déchanter. Malgré tout ce qu’ils connaissent des caractéristiques physiques d’un dragon, à chaque fois qu’ils pensent l’avoir identifié, ils se retrouvent nez à nez avec tout, sauf un dragon ! Saperlipopette, c’est que la chasse au dragon, ça n’est pas facile et pas très rigolo !

Enfin si, c’est amusant à rire à pleines dents pour les enfants qui devraient être séduits par les (més)aventures de trois chevaliers qui font faire une importante découverte : les apparences sont bien souvent trompeuses. Mais après une telle leçon de vie, ne serait-il pas enfin temps d’aller au lit ?

On saluera le piquant avec lequel l’auteur casse les codes des histoires de chevalerie. Il se moque ainsi gentiment de ces trois chevaliers, peut-être preux, mais pas très dégourdis, et pousse les enfants à ressentir une certaine empathie pour un dragon qui, ma foi, n’a pas l’air bien méchant. Après tout, quel est son crime à part d’avoir été aperçu par le roi ?

En plus d’une histoire amusante non dénuée de mystère, j’ai apprécié les rimes simples, mais efficaces, qui apportent une dose supplémentaire de charme à l’album. La forme ne manque pas non plus d’atouts : un format agréable à prendre en main, de jolies illustrations, des traits ronds et simples très expressifs…

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Mais ce que j’ai probablement préféré, c’est la manière dont sont alternativement plongés les chevaliers dans l’ombre et la lumière avec, comme fil conducteur, une bougie qui éclaire et qui fait toute la lumière sur la vérité. Une vérité bien souvent éloignée de celle imaginée par les enfants dont l’imagination est ici stimulée avec originalité et mordant.

Où est le dragon ?, Leo Timmers illustrations

Plein d’humour et de charme, cet album jeunesse est une merveille de poésie et de beauté que je conseillerais à tous les petits et grands enfants. Pour ma part, nul doute que je le relirai avec grand plaisir.

L’Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

Un troupeau de bœufs vient d’être massacré : voilà une nouvelle mission de taille pour Sean, Joe et Célia, les super agents de M. Pendergast ! Les éleveurs suspectent un abominable homme des forêts, surnommé Big Foot.
Lorsque la créature jette son dévolu sur Célia et la kidnappe, l’enquête se corse… et une piste bien plus inquiétante voit le jour !

Didier Jeunesse (5 février 2020) – 160 pages – 9 ans et +
Broché (12,90€) – Ebook (9,99€) – Illustrateur : Florent Sacré

AVIS

Si j’ai passé un très bon moment avec le premier tome de cette série, Le Prince des ténèbres, je n’ai pas encore lu les deux suivants ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture de cette quatrième aventure, chaque tome pouvant se lire indépendamment.

Célia, la cartomancienne, Joe, l’Indien, et le jeune Sean sont envoyés par le patron de l’Agence Pendergast dans le Wyoming. Leur mission : faire toute la lumière sur les attaques sauvages de bétail dont sont victimes les paysans locaux et qui seraient imputables à un géant poilu aux longs bras. Ce qui s’annonçait comme une mission de routine pour ces professionnels du surnaturel va néanmoins prendre une tournure inattendue, les choses se révélant un peu plus compliquées que prévu…

Durant leur voyage, les trois New-Yorkais vont faire des rencontres plus ou moins agréables à commencer par celle d’un Prussien à l’accent prononcé, le baron von Luckner. Raciste, irrespectueux, fou de la gâchette et collectionneur de cadavres d’animaux exotiques, sa compagnie n’est pas des plus plaisantes d’autant qu’il a une légère tendance à faire comprendre de manière appuyée son intérêt pour Célia. Si le baron est détestable, il montrera parfois son utilité avant de dévoiler toute sa perfidie. Il m’a d’ailleurs fait penser, dans une certaine mesure, à Gaston  dans la Belle et la Bête, notamment quand il prendra la tête d’une expédition punitive…

Volontairement caricatural, le baron s’insère parfaitement dans l’ambiance Far West que l’auteur a su donner à cette aventure et qui m’a complètement séduite : voyage en « cheval de fer », saloon, mines d’or, cow-boys, rixes sous fond d’alcool, immigration européenne… Mais si l’histoire se passe à la fin du XIX e siècle, elle met également en lumière des thèmes qui restent toujours d’actualité : préjugés, tendance à chercher des boucs-émissaires chez les immigrés en cas de crise économique, racisme…

Nos trois protagonistes, en plus de devoir affronter différentes créatures surnaturelles, vont ainsi devoir faire face à bien plus dangereux, la bêtise humaine ! Les migrants sont traités avec défiance, bousculés, ostracisés et accusés de voler le pain de la bouche des « vrais Américains ». Une expression qui ne veut absolument rien dire, a fortiori dans un pays comme les États-Unis…

Au-delà de ces thèmes abordés sans lourdeur, l’auteur nous offre ici une aventure trépidante, rythmée et diablement immersive. Aucun temps mort dans ce roman qui se lit d’une traite et que l’on prend énormément de plaisir à parcourir. J’ai adoré la manière dont les événements s’enchaînent, les surprises étant au rendez-vous et l’auteur n’hésitant pas à prendre des risques. Je ne sais pas comment l’enfant que j’étais aurait réagi, mais l’adulte que je suis a complètement été déstabilisée par la fin. Je m’attendais à ce que l’auteur arrondisse les angles, mais non, il est allé jusqu’au bout de son idée. Je ne peux pas vous donner plus de détails sans vous spoiler, mais j’en reste encore coite !

Comme dans le premier tome, la fine équipe formée par Célia, Joe et Sean fonctionne à merveille. Tous très différents les uns des autres, ils se titillent et se chamaillent, mais l’on sent qu’ils s’apprécient et qu’ils ont su nouer une belle complicité. Mais c’est un tout autre personnage qui a attiré mon attention et fait vibrer ma corde sensible, l’homme-singe soupçonné, à tort ou à raison, d’attaquer le bétail. Je préfère vous laisser le plaisir de découvrir cette créature, mais je peux vous dire qu’en peu de pages, l’auteur a réussi à la rendre attachante. Il se dégage de cette dernière une certaine candeur et une touche d’humanité qui m’ont beaucoup touchée et ont su m’attendrir…

D’autres créatures, bien que plus classiques, se sont également révélées intéressantes en raison de leur nature, de leur mode de vie et des réflexions d’ordre éthique et moral qu’elles permettent de soulever sur, entre autres, le travail de l’Agence Pendergast et ses limites. J’ai ainsi apprécié que notre trio se pose des questions et ne se contente pas de suivre aveuglément les ordres…

Quant à la plume de Christophe Lambert, ni trop complexe pour ne pas rebuter les jeunes lecteurs ou ceux peu habitués à lire ni trop simple, je l’ai trouvée très agréable et immersive. Le roman peut donc être autant apprécié par des enfants que des adultes attirés par les récits teintés de mystère et de créatures fantastiques, à condition, évidemment, de ne pas en attendre la profondeur d’une œuvre destinée à un lectorat plus aguerri. Ce roman bénéficie, en outre, d’une mise en page fort plaisante et particulièrement bien adaptée aux enfants : des dialogues nombreux et percutants un texte aéré, des illustrations disséminées par-ci, par-là, de gros caractères, un marque-page à détacher en début d’ouvrage…

L'Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

En conclusion, avec Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert nous propose une aventure emplie de danger, de mystère et d’action qui devrait enchanter les petits et les grands lecteurs amateurs d’enquête et de fantastique. Mais faites attention avant de vous balader en forêt, vous n’êtes pas à l’abri de faire de surprenantes rencontres bien que, finalement, les plus dangereuses ne soient peut-être pas celles tapies dans l’ombre…

« L’homme est un loup pour l’homme ». Thomas Hobbes

Je remercie Babelio et les éditions Didier Jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Un crocodile ? Quel crocodile ? de Beatriz Osés

Couverture Un crocodile ? Quel crocodile ?

À la mort de sa mère, Laura est obligée de quitter sa maison pour habiter chez sa tante. Lors d’une promenade, elle découvre, caché dans un étang, un crocodile étrange qu’elle seule semble capable de voir. L’animal la suit partout et prend sa défense en toutes circonstances. Il mord les mollets de la tante Daniela, mange le parapluie d’une voisine acariâtre…
Mais les choses se compliquent lorsque le crocodile invisible dévore le directeur de la nouvelle école de Laura.
Car si personne ne comprend ce qui s’est passé, tout le monde a bien vu le directeur disparaître devant Laura. Comment va-t-elle pouvoir s’expliquer?

Bayard Jeunesse (16 janvier 2019) – 208 pages – 9/12 ans
Papier (9,90€) – Ebook (6,99€) – Traduction : Karine Suhard-Guié

AVIS

Dans cette histoire complètement loufoque, l’autrice nous plonge dans la vie de Laura. La jeune fille n’a pas le temps de faire le deuil de sa mère qu’elle doit quitter le village de son enfance en Toscane pour aller vivre chez sa citadine de tante Daniela. Femme très occupée qui, de surcroît, n’avait jamais ressenti l’envie d’avoir un enfant, Daniela va faire de son mieux pour aider sa nièce, mais la communication est parfois un peu difficile…

La vie de Laura va néanmoins prendre un tournant inattendu quand elle va découvrir, lors d’une promenade dans un parc, un crocodile ! Mais attention, pas n’importe quel crocodile, un crocodile facétieux qu’elle est la seule et unique à voir. S’imposant comme son protecteur, l’animal va l’accompagner partout et veiller sur elle avec beaucoup d’attention et de soin.

Avoir un crocodile comme fidèle animal de compagnie, ça, c’est original ! Mais pas forcément discret quand celui-ci a tendance à avaler les personnes qui contrarient la jeune fille. Et ce n’est pas le directeur de sa nouvelle école qui vous dira le contraire… Une enquête sur cette étrange disparition, qui sera accompagnée d’autres cas, va être alors lancée. Le pauvre inspecteur en charge de l’enquête n’y comprend rien : pas d’indice à se mettre sous les dents, une histoire abracadabrantesque de crocodile invisible, des disparitions soudaines et inexplicables… Le lecteur, s’il s’amuse de la situation, éprouve néanmoins un peu de peine pour cet adulte plongé dans un monde de perplexité.

À mesure que Laura s’attache à son crocodile, elle reprend un certain goût à la vie d’autant que, dans le même temps, elle se lie d’amitié avec un garçon japonais de son âge victime de harcèlement scolaire en raison de sa nationalité. Mais pas d’inquiétude, notre crocodile a bon cœur et n’a pas besoin de savoir parler pour expliquer sa manière de penser aux petits caïds qui se moquent du nouvel ami de Laura. De fil en aiguille, les deux ou plutôt les trois nouveaux amis en viennent à prendre une décision un peu folle : retourner dans la maison familiale de Laura. Commence alors pour eux un voyage mouvementé dans un train dont les membres d’équipage ne ressortiront pas indemnes.

L’histoire, non dénuée d’un certain humour, nous entraîne dans une course folle et décalée à l’aventure, entre rencontre avec un personnage atypique, confrontation avec la bêtise humaine qui n’attend pas les années, voyage mouvementé durant lequel vaillance et débrouillardise seront nécessaires… Il se passe donc toujours quelque chose dans ce petit livre rythmé qui devrait plaire aux jeunes lecteurs et aux adultes appréciant de se perdre dans le joli imaginaire de l’autrice. L’écriture, quant à elle, se révèle simple, percutante et dynamique.

En conclusion, Un Crocodile ? Quel crocodile ? offre une réflexion subtile et bien amenée sur le deuil, la difficulté d’accepter une perte et les différents stades par lesquels on passe face à une tragédie. De la colère à l’acceptation, les sentiments de Laura vont évoluer au gré de l’aventure jusqu’à ce qu’elle accepte de laisser partir son nouvel ami qui, d’une certaine manière, veillera toujours sur elle… Une jolie histoire qui, derrière un enchevêtrement d’actions irréalistes et plutôt amusantes, se révèle bien plus profonde qu’il n’y paraît.