L’enfant silence de Cécile Roumiguière, illustré par Benjamin Lacombe


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un texte sombre et intense qui évoque avec justesse les souffrances d’une enfant maltraitée partagée entre amour et peur. Les illustrations magnifiques et sensibles en font un album d’exception.

Seuil jeunesse (mars 2008) – 32 pages – Relié (13,90€)

AVIS

J’ai emprunté L’enfant silence sans rien en savoir si ce n’était le nom de son illustrateur, Benjamin Lacombe, dont j’apprécie beaucoup le travail. À la vue de la couverture et du titre, je m’attendais bien sûr à un récit assez sombre, mais je ne m’attendais certainement pas à être aussi remuée par cette histoire. Nous découvrons ainsi une petite fille murée dans son silence, une petite fille coincée entre deux mondes, celui de la peur et celui de l’espoir…

Au fil des pages, on devine derrière le langage presque feutré de l’autrice, l’enfer vécu par cette enfant dont Benjamin Lacombe a su capturer toute la tristesse. Tout passe par le regard, un regard triste et tourmenté qui tranche terriblement avec le jeune âge du personnage. Ce que l’enfant silence ne veut ou ne peut dire, on le devine pourtant : la maltraitance, l’isolement, la violence, le désespoir… Des thématiques difficiles d’autant plus quand elles sont, comme ici, abordées dans un album pour enfants.

L'enfant silence, Benjamin Lacombe

À la place de descriptions brutes dans laquelle la violence pure se serait exprimée, l’autrice joue sur les mots et opte pour un langage métaphorique. Sous sa plume, les monstres bien humains et réels se transforment ainsi en loups, ces animaux qui hantent les contes et les cauchemars des plus jeunes. Une distanciation qui permet de rendre l’histoire plus supportable…

Car difficile pour le lecteur de ne pas être remué par toutes ces émotions transmises autant par le texte que les illustrations. Intenses et douloureuses, ces émotions frappent par leur justesse et leur ambivalence. Comme dans toutes les histoires de maltraitance infantile, il y a la peur de ces adultes bourreaux, mais aussi cet amour malgré tout, celui qui empêche de détester, de condamner et de se séparer. Comment un enfant peut-il accepter d’être séparé de ses piliers même quand ceux-ci sont dysfonctionnels ?

Une question traitée ici avec beaucoup de sensibilité, l’autrice nous faisant ressentir pleinement le décalage entre les jours rouges où la violence se déchaîne et durant lesquels la bave dégouline de la gueule béante des loups, et ces jours bleus où leur fourrure forme un écrin doux et protecteur… Un cercle vicieux et destructeur de peur et de chaleur qu’on hâte de voir se briser afin que l’enfant silence puisse se libérer de ses attaches et prendre son envol.

Poignant, douloureux et porteur d’espoir à la fois, L’enfant silence est un sublime texte sur la maltraitance infantile qui devrait être lu par tous pour que plus jamais un enfant ne reste dans le silence et la souffrance.

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L’Agence Pendergast – Le Prince des ténèbres, Christophe Lambert

J’avais déjà repéré L’Agence Pendergast de Christophe Lambert autant pour la couverture que le résumé. J’ai donc été ravie de voir qu’il faisait partie des vingt livres disponibles dans le cadre du Challenge NetGalley. Merci aux éditions Didier jeunesse et à NetGalley pour ce très bon moment de lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’Agence Pendergast est une organisation très secrète cachée sous Ellis Island. Sa spécialité est de repérer et d’intercepter grâce à ses supers agents chaque créature paranormale qui arrive dans le flot des immigrants. Sean Donovan, un jeune voleur de rue, filou et intrépide, pourrait bien être la nouvelle recrue de l’Agence et faire équipe avec Joe l’Indien cogneur et Célia la liseuse de cartes.

Didier Jeunesse (3 avril 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

New-York, fin du XIX e siècle, Sean, 15 ans, pickpocket plutôt doué, détrousse un homme sans se rendre compte que celui-ci était sous bonne surveillance ! Le voilà donc avec un Indien à ses trousses qui semble bien décidé à reprendre l’objet subtilisé à son ami. Mais ce qui aurait pu n’être qu’une situation bien fâcheuse pour l’adolescent va se transformer en une étrange et fabuleuse opportunité.

L’homme détroussé, M. Pendergast, se révèle être à la tête d’une agence spéciale qui traque et gère de manière, plus ou moins définitive, les êtres surnaturels qui n’ont pas vraiment envie de côtoyer pacifiquement les humains. Et coup de chance pour Sean, il aurait bien besoin de ses talents dans sa lutte acharnée contre le mal !

Bien que voleur et opportuniste, Sean est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée. Il faut dire qu’élevé depuis son plus jeune âge par un mafieux pas vraiment du type conciliant et chaleureux, il ne peut que toucher le lectorat. J’ai, en outre, apprécié que malgré son activité de pickpocket, il ne soit pas sans foi ni loi et suive son propre code moral : pas de veuves, pas de démunis… parmi les personnes qu’il vole. Une déontologie qui ne va pas plaire, mais alors pas du tout, à son « protecteur ». Dans ces conditions, sa rencontre avec l’Agence se révèle quelque peu providentielle, qu’il accepte de le reconnaître ou non.

Sean évolue au fil de l’intrigue et de ses rencontres avec les autres membres de l’Agence Pendergast qui se révèlent tous, chacun à leur manière, attachants. Le directeur qui a donné son nom à l’organisation semble avoir bon cœur au grand dam de Célia, une jeune femme au fort caractère, qui aimerait bien que son patron soit un peu plus méfiant…  Mais l’agence ne serait pas l’agence sans ce vieil excentrique, accompagné de son fidèle chien, qui veille à proposer des armes et autres gadgets originaux, et plus ou moins fiables, pour aider les agents à traquer et maîtriser les créatures qui hantent les rues de New York.

Quant à Joe l’Indien, bien qu’il ait une présence indéniable, ce n’est pas le plus accueillant des membres. Il faut dire que sa relation avec Sean étant partie sur de mauvaises bases, les interactions entre les deux personnages vont donner lieu à quelques étincelles et de nombreux échanges de piques. Ils ne s’aiment pas, et ils ne s’en cachent pas ! Au-delà de cette relation qui ne manque pas de piquant, l’auteur aborde avec subtilité et efficacité un sujet plus sérieux : les préjugés. Ses parents ayant été tués par des Indiens, Sean se méfie de ceux-ci et plus particulièrement de Joe qu’il n’hésite d’ailleurs pas à affubler de surnoms ridicules. Mais au fil des péripéties, et grâce à Célia, il va finir par comprendre que ses idées ne sont que des préjugés qui ne reflètent en rien la réalité.

En plus des personnages, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir le bestiaire mis en place dans le roman, l’auteur n’hésitant pas à mélanger des êtres issus de différentes époques. Les centaures côtoient ainsi les sorcières, vampires et autres charmantes créatures ! Un mélange explosif pour une ville qui n’est pas consciente d’abriter une faune diverse et variée, et pas forcément des plus conciliantes. Heureusement que l’Agence veille au grain et s’assure de garder la situation sous contrôle.

Le livre étant à destination des enfants, les chapitres sont relativement courts, et le récit mené tambour battant. Pris dans l’action, on suit donc sans ennui et avec beaucoup de plaisir les (més)aventures de Sean qui va devoir affronter, en plus de son terrible père adoptif, une créature aussi fascinante que dangereuse. Les adultes regretteront peut-être que l’histoire aille un peu trop vite, mais cela ne m’a pas dérangée appréciant la manière dont l’auteur a su concilier concision et immersion. Les descriptions sont ainsi relativement succinctes, mais assez parlantes pour nous immerger complètement dans l’histoire. Les quelques illustrations distillées par-ci par-là tout au long du roman rendent, quant à elles, l’expérience de lecture encore plus immersive.

En conclusion, riche d’un bestiaire étoffé qui mêle allègrement des créatures venant de différentes périodes et cultures, ce roman plante le décor d’une série qui s’annonce pleine d’action, de magie, d’humour et de rencontres palpitantes. Alors n’hésitez pas à pousser les portes de l’Agence Pendergast, et venir à la rencontre de ses truculents agents !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Didier Jeunesse.

Top Ten Tuesday #138 : Les 10 plus beaux albums et romans jeunesse que j’ai lus

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Lisant beaucoup de littérature jeunesse, il m’a été difficile de ne choisir que 10 livres parmi la ribambelle de belles découvertes que j’ai pu faire… Mais voici 10 albums/romans jeunesse que j’ai trouvés très beaux que ce soit au niveau du fond, de la forme voire des deux.

Pour ce TOP, j’ai décidé de ne pas citer les classiques de la littérature jeunesse qui ont bercé mon enfance (Charlie et la chocolaterie, Le fantôme de Canterville, Le magicien d’Oz…) préférant me focaliser sur des livres moins connus…

ALBUMS JEUNESSE

Coup de cœur, L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul est un album que je vous recommande chaudement. L’autrice aborde avec sensibilité, à travers les yeux d’un chat, la question des réfugiés. Le chat bonheur, dont la chronique dort dans mes brouillons depuis des mois, est un très beau conte sur la force de l’amour porté par un chat à son maître, un humain qui n’en comprendra toute la beauté et la puissance que trop tard…

Couverture L'extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-mêmeCouverture Le chat bonheur

Méphisto est un très bel album dont vous trouverez une très bonne chronique sur le blog Les pages qui tournent. Envie d’une belle amitié interespèces ?  Vite, cachez-vous ! devrait vous plaire.

Couverture MéphistoCouverture Vite, cachez-vous !

Je ne pouvais pas faire ce top sans évoquer Benjamin Lacombe. Avec cette illustrateur, vous pouvez piocher dans ses ouvrages les yeux fermés. J’avais, par exemple, beaucoup aimé Ondine ou Blanche Neige et ses sublimes illustrations.

ROMANS JEUNESSE

Le Trésor de Sunthy est un joli roman jeunesse sur la quête d’identité et la recherche de racines. Avec La Princesse Pirate, vous partirez à la rencontre d’une jeune fille qui rêve de faire un métier plutôt original… Gros point fort du livre, la relation de confiance et de respect entre une enfant et ses parents, ce qui est assez rare en littérature jeunesse.

Couverture Le Trésor de SunthyCouverture La Princesse Pirate

Contrairement à ce que laisse supposer la couverture, Le Baron Miaou est bien un roman et un roman prenant qui renferme des personnages hauts en couleur ! D’une mauvaise fois à toute épreuve, Poséidon le Terrible est un personnage que j’ai pris grand plaisir à découvrir.

Couverture Le Baron MiaouCouverture Poséidon le Terrible

42 jours aborde avec intelligence une période sombre de notre histoire… Bien écrit et bénéficiant de quelques illustrations, ce roman jeunesse devrait plaire à un large public.

Couverture 42 jours

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Laquelle de vos lectures jeunesse me conseilleriez-vous en particulier ?

 

Throwback Thursday Livresque #132 : Quête

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Avec un tel thème, difficile de ne pas penser directement à La Quête d’Ewilan, mais j’ai préféré vous parler d’un roman un peu moins connu, mais qui m’avait beaucoup plu : Le Royaume de Messidor d’Eunice D.M.

« Un voyage en Écosse qui tourne au cauchemar. Un étrange livre. Un majestueux aigle noir. Et deux adolescents à la vie tout à fait normale. D’un côté, Thomas qui vit en France et, de l’autre, Anaël qui réside au royaume de Messidor. Leur rencontre était improbable, mais le destin en a décidé autrement ! »

Pourquoi ce choix ?

Alors qu’il se rendait en Écosse auprès d’un oncle dont il vient à peine de découvrir l’existence, Thomas va être transporté dans un autre monde où, en plus de subir une transformation des plus originales, il va lui être confié une mission importante… Pas très enthousiaste à l’idée de se lancer dans une quête énigmatique auprès d’un jeune homme peu avenant, il vivra néanmoins à ses côtés une aventure épique et pleine d’actions.

Pour en apprendre plus sur ce roman, n’hésitez pas à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Le Royaume de Messidor devrait plaire à tous les lecteurs, petits ou grands, qui ont envie de découvrir une histoire faisant la part belle à l’amitié et à l’aventure. Mais Le Royaume de Messidor c’est aussi de belles batailles, des créatures peu amicales, un complot, de la magie, du mystère… Alors qui est prêt à rejoindre Thomas et Anaël dans une aventure qui ne laisse pas de place à l’ennui ?

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Conte d’Ocitarina, Zélie Jumel

Conte d'Ocitarina

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir Conte d’Ocitarina de Zélie Jumel qui, en plus d’être autrice, tient le blog Les livres de Zélie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant.
L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière. Une grande charge repose sur ses épaules. Néanmoins, une menace approche.
Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ?
Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,…
Les apparences sont parfois trompeuses.
La princesse doit faire très attention…

Évidence Éditions – 232 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)
Illustrations : Corentin Lecorsier 

AVIS

Dans ce joli conte qui, grâce à sa sublime couverture, avait attiré mon attention depuis un moment, nous faisons la connaissance d’une princesse de dix-sept ans, Jeanne, et de son père, un roi apprécié de son peuple sur lequel il veille avec justesse et bonté. Le père et la fille, très proches, ont développé une relation de confiance et de respect. Contrairement à nos souverains européens et à leur tradition des mariages arrangés, le père est donc bien décidé à laisser sa fille choisir son futur époux, le moment venu.

Mais plus préoccupée par les jolies toilettes que le mariage, Jeanne n’en est pas encore à prendre une telle décision bien que l’arrivée d’un nouveau maître tailleur au château, maître Paul, ne la laisse pas indifférente… La princesse apprécie ainsi grandement ce nouveau venu doté d’un physique agréable et d’une conversation intéressante. À défaut de ces voyages dont elle rêve, mais que son protecteur de père lui refuse, Maître Paul lui offre quelques moments d’évasion bienvenus.

Une vie joyeuse et insouciante, bien que parfois un peu frustrante, qui sera menacée par une tentative d’empoisonnement. Devant le danger, le roi va placer sa fille unique sous la surveillance et la protection d’un jeune et courageux soldat, Hector, pour lequel on développe d’emblée une réelle sympathie. En plus d’assurer sa sécurité le plus discrètement et efficacement possible, il développe pour la princesse une grande admiration et une totale dévotion. Sa présence rassurante ne suffira néanmoins pas à éviter un nouvel incident… En attendant que les choses rentrent dans l’ordre, la princesse doit alors assurer un rôle pour lequel elle n’est pas encore prête, celui de reine.

Inquiète à l’idée d’être sur le devant de la scène et de devoir prendre des décisions qui impacteront l’avenir de son royaume, Jeanne sera heureusement épaulée par des personnes, pour la plupart, bienveillantes… Un soutien d’autant plus précieux qu’une question demeure : qui sont ces deux personnes mystérieuses qui complotent contre la princesse et qui essaient, par tous les moyens, de la déstabiliser que ce soit par des attaques directes ou indirectes ? Quel est leur véritable objectif ? Le royaume prospère d’Ocitarina est-il en danger ?

Une série de questions qui apporte un certain suspense même si les adultes ne devraient pas être très surpris par le retournement de situation final. Ce n’est pas gênant en soi, l’autrice arrivant à nous immerger totalement dans son histoire. On prend donc grand plaisir à suivre les différentes péripéties qui s’enchaînent rapidement et à suivre l’évolution de la princesse. Peut-être un peu frivole en tout début de livre, Jeanne prend très vite la mesure de la tâche qui lui incombe, et s’attèle du mieux qu’elle le peut pour être à la hauteur des attentes de son peuple et de son père qu’elle aime beaucoup.

Forte, intelligente et capable de prendre du recul, cette jeune femme offre un joli modèle qui devrait inspirer les enfants, et leur montrer que même quand les obstacles semblent trop grands, il est toujours possible de prendre son destin en main. Les jeunes lecteurs devraient également se sentir proches d’elle, car si elle a du caractère et sait prendre des décisions quand la situation le requiert, elle n’en demeure pas moins très humaine. Comme tout le monde, elle commet des erreurs et peut être aveuglée par les apparences, mais c’est aussi ce qui la fait grandir… 

L’autrice nous offre ici une jolie histoire dans laquelle l’amitié a toute son importance tout comme l’amour, un sentiment auquel la princesse s’éveille doucement. Vous savez probablement que la romance et moi, ce n’est pas le grand amour, mais ici, cela ne m’a pas dérangée. D’une part, nous sommes dans un conte, et le genre se prête à merveille à la naissance des premiers amours, et d’autre part, il n’y a rien de mièvre ou de trop appuyé. Au contraire, j’ai trouvé les personnages très touchants dans la découverte de leurs sentiments, et devant ces émotions, parfois confuses, qui peu à peu les gagnent.

En tant qu’adulte, la fin m’a peut-être semblé un peu rapide et facile sans que cela ne soit dérangeant. J’ai d’ailleurs eu l’impression de replonger dans ces contes qui ont bercé mon enfance et dont je ressortais le sourire aux lèvres et le cœur empli de belles émotions. Je ne doute pas que les enfants prennent beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire qui, cerise sur le gâteau, bénéficie de jolies illustrations signées Corentin Lecorsier. En plus du côté esthétique, elles facilitent indéniablement l’immersion dans le récit.

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Quant à la plume de l’autrice, elle devrait plaire à un large public : des enfants, enchantés par son accessibilité, aux adultes qui savoureront sa poésie et sa fluidité. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié les descriptions qui, tout en restant synthétiques, sont pleines de poésie. Elles permettent d’ailleurs, au même titre que les illustrations, de se plonger pleinement dans l’histoire et l’univers qui prend vie sous nos yeux.

Mention spéciale pour un personnage à quatre pattes que j’ai adoré et qui, enfant, m’aurait fait fondre au point de me donner envie de lire et relire le livre. En plus de nous attendrir, ce personnage permet à l’autrice de subtilement inculquer l’amour et le respect des animaux de compagnie, sa maîtresse le traitant avec beaucoup de délicatesse.

En conclusion, grâce à un style tout en finesse qui n’en demeure pas moins très accessible, Zélie Jumel réunit petits et grands lecteurs autour de l’amour des contes, des princesses et des belles histoires d’amour et d’amitié ! Bénéficiant de jolies illustrations et auréolé d’un certain mystère, Conte d’Ocitarina vous réserve un très beau moment de lecture dans la lignée des contes de notre enfance, une pointe de modernité en plus. À lire et à relire seul ou en famille !

À noter que dans une volonté affichée de la maison d’édition de rendre la lecture accessible à tous, la police d’écriture est adaptée aux personnes dyslexiques.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Site de l’autricePage FB de l’autricePage FB de l’illustrateur

Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Challenge Albums 2019

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Je lis beaucoup de romans jeunesse mais finalement peu d’albums jeunesse. J’ai donc décidé d’y remédier en m’inscrivant au Challenge Albums 2019 qui a commencé le 1er mai 2019 et qui se terminera le 1er mai 2020. .

Parmi les 6 proposées, je me suis inscrite à la catégorie « bleu » qui consiste à lire et partager son avis sur 10 albums. À noter que chaque mois, est également proposé un thème de lecture.

Pour vous inscrire, je vous invite à vous rendre sur le blog Délivrer des livres. Vous pouvez également, si vous avez Facebook, adhérer au groupe qui est consacré à ce challenge.

Voici quelques ouvrages de ma PAL qui conviendraient pour le challenge :

Couverture Gus, petit oiseau, grand voyage : Le petit albumCouverture OneuliCouverture Le renard et l'étoile

Couverture Généalogie d'une SorcièreGrosse colère

Si vous avez des conseils de lecture pour ce challenge, n’hésitez pas à les indiquer en commentaire ou à me les envoyer par mail.

Et vous, participez-vous à ce challenge ?