Bucéphale et Alexandre, une amitié interdite de Marjolaine Pauchet

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Je remercie Marjolaine Pauchet de m’avoir permis de découvrir ce roman que j’ai dévoré et beaucoup aimé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le père d’Alexandre est éleveur de taureaux de corrida. Le garçon grandit dans le milieu de la tauromachie qu’il adore. Jusqu’au jour où né dans l’exploitation, un jeune taureau, Bucéphale. Entre le garçon et l’animal née une amitié extraordinaire qui va tout balayer, les anciens rêves, les certitudes et les doutes. Mais comme tous les taureaux de l’exploitation, Bucéphale est destiné à mourir dans une arène. Pour le sauver, Alexandre est prêt à tout. Aidé de sa fidèle chienne Vadrouille, il s’enfuira et devra affronter l’incompréhension, mais découvrira aussi des mains tendues. Cela suffira-t-il à sauver Bucéphale ?

Un formidable hymne à l’amitié, un cri contre la corrida

  • Broché: 220 pages
  • Éditeur : Goutte d Étoile (12 juin 2018)
  • Prix : 7,80€

AVIS

C’est d’abord la très jolie couverture du livre qui m’a attirée et intriguée. Je me suis, en effet, demandé ce que pouvaient bien faire un enfant, un chien et un taureau en pleine forêt ! Puis la lecture du résumé a fini de me convaincre qu’il fallait absolument que je lise cet ouvrage.

La couverture, en plus d’attirer l’attention, représente à merveille l’essence de ce roman : une magnifique histoire d’amitié entre un humain et deux animaux. Il y a d’abord, cette amitié entre Alexandre et sa chienne, Vadrouille, qui le suit partout et veille sur lui avec beaucoup d’attention et d’amour. Puis, il y a cette amitié surprenante et complètement hors norme entre ce jeune garçon et un taureau, Bucéphale !

Alexandre, dont les parents sont éleveurs de taureaux de corrida, a vu naître Bucéphale. Il a donc grandi à ses côtés et a su construire avec ce dernier une belle et solide amitié, faite de tendresse, de complicité et de jeux. Car oui, comme Vadrouille, Bucéphale aime à jouer avec son jeune maître qu’il adore et qu’il considère comme son ami. Quant à Alexandre, il aime ce jeune taureau malgré la désapprobation parentale. Ses parents considèrent, en effet, qu’il n’a pas à s’attacher à un animal par nature agressif et destiné à être vendu et sacrifié lors d’une corrida.

On suit ce trio improbable, mais attachant, couler des jours heureux jusqu’à ce que la réalité se cachant derrière le travail des parents d’Alexandre vienne mettre en péril cette jolie harmonie. Bucéphale a grandi et Bucéphale est maintenant prêt à être vendu pour mourir dans une arène… Mais c’était sans compter sur la volonté sans faille d’Alexandre prêt à tous les sacrifices pour sauver son ami !

Le jeune garçon, accompagné de Vadrouille et de Bucéphale, se lance dans un périple à destination des Alpes avec la ferme intention de mettre une grande distance entre son ami et ses parents. Sur la route, il affrontera de multiples dangers notamment ceux inhérents à un voyage en pleine nature, il subira la faim, la soif, la fatigue, et fera des rencontres, certaines plus sympathiques que d’autres. Durant ses aventures, jamais Alexandre ne doutera de sa décision de fuir, car il sait que renoncer signifierait la mort de son ami. Alors malgré la peur et ses blessures, il profite de chaque instant avec ses amis…

Derrière les craintes qu’on ne peut que ressentir pour Alexandre, un enfant de 12 ans n’ayant rien à faire sur les routes, on ne peut que saluer son courage et sa détermination à sauver son ami. J’ai tremblé pour lui, j’ai été admirative de sa pugnacité et de sa lutte incessante pour assurer la survie de son ami, j’ai été touchée par la manière dont il a su naturellement et en toute simplicité, créer des liens avec Bucéphale… En d’autres mots, Alexandre est un personnage qui m’a beaucoup émue et qui devrait séduire les enfants et les adultes.

J’ai également apprécié la manière dont l’autrice a réussi à faire passer un message clair et fort contre la corrida sans jamais tomber dans l’agressivité. Plutôt qu’égrener des arguments contre la corrida, elle nous fait comprendre toute l’injustice de cette pratique à travers une jolie histoire d’amitié mise en péril par une menace pesante envers un animal qu’on apprend à aimer et à vouloir protéger. Au fur et à mesure que l’on découvre Alexandre et Bucéphale et les liens forts qui les unissent, il devient juste impossible de légitimer une pratique venant condamner à la souffrance un animal aussi gentil, affectueux et capable d’émotions. De la même manière, on en vient à s’interroger sur la supposée agressivité des taureaux tant décriée par les parents d’Alexandre dans le roman, et par les aficionados dans la réalité.

Les parents du jeune homme se montrent odieux tout au long du roman défendant la corrida sans jamais prendre le temps d’écouter leur fils, et la douleur qu’il ressent à l’idée de voir souffrir et mourir son ami. Englués dans leurs certitudes et justifiant leurs actes par la « tradition », ils nient avec véhémence la triste réalité : derrière chaque animal mis à mort dans une arène, se cache un être sensible ressentant des émotions et la douleur. En tant qu’adulte, on comprend qu’ils ne veulent pas renoncer si facilement à leur gagne-pain, mais en tant que personne, on ne peut pas s’empêcher de penser que gagner de l’argent en faisant souffrir des animaux n’en est pas moins intolérable…

L’autrice a, en outre, mis en lumière une chose que je n’ai jamais supportée : cette manière de vendre la corrida comme quelque chose de noble et de glorieux quand il n’y a que barbarie, souffrance et sang ! Une distorsion de la réalité dont va progressivement se rendre compte Alexandre qui passera de grand amateur de corridas, comme ses parents, à son plus fervent opposant. Cette évolution, en plus de montrer la grande force de caractère du jeune homme, nous prouve que les mentalités peuvent toujours changer. Un message d’espoir relayé par la fin qui, je l’espère, deviendra un jour réalité.

Ce livre ne transformera pas tous les adeptes de la corrida en défenseurs de la cause animale, mais je suis certaine qu’il pourra sensibiliser les enfants à la souffrance animale, voire certains adultes. Le roman étant destiné aux enfants à partir de 11 ans, l’autrice explicite clairement ce qui se passe dans une arène, mais ne s’étend pas sur les détails, et ne donne pas des informations qui pourraient choquer des enfants impressionnables. Quant à son style d’écriture, il est très agréable à lire et plutôt soigné, ce qui n’est pas toujours le cas dans la littérature jeunesse. La plume étant accessible sans être enfantine, le livre pourra être lu par un public très large d’autant que la souffrance animale est un thème universel qui concerne chacun d’entre nous…

En conclusion, Marjolaine Pauchet nous offre ici bien plus qu’un livre jeunesse, elle nous propose un plaidoyer vibrant de justesse et de sensibilité contre la souffrance animale, et cette barbarie qu’est la corrida. À recommander à tous les enfants et aux adultes qui s’interrogent sur cette pratique, qui n’ont pas d’avis sur le sujet ou qui souhaitent simplement suivre une amitié hors norme qui les fera passer par mille émotions.

A noter que l’autrice a décidé de reverser 6% des bénéfices du livre à la lutte contre la corrida.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des Édition de la Goutte d’Étoile.

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Le Baron Miaou, Nico Bally

J’ai lu Le Baron Miaou de Nico Bally dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Imaginaire. Ayant eu la chance d’avoir gagné ce roman il y a plus d’un an, je l’ai dévoré dans sa version papier.

RÉSUMÉ

Rencontrez le fabuleux alchimiste à tête de chat. Suivez la timide adolescente aux mille masques. Admirez les lueurs du dresseur de feux follets. Sauvez l’enfant tombée dans un coma lunaire. Entre carnavals nocturnes et labyrinthes oubliés, tentez le plus impossible des voyages.

  • Broché: 254 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (17 janvier 2017)
  • Prix : 10.02€
  • Autre format : ebook (livre disponible en emprunt kindle)

AVIS

Avant de commencer la chronique, je tiens à souligner l’excellent travail d’édition : la couverture de Nicolas Trève est sublime, l’effet soft touch du roman très agréable et le travail de correction de qualité. C’est avec ce genre d’ouvrage que l’on se rend compte du potentiel de l’auto-édition.

Nhadda Cranne est une talentueuse, bien que pas forcément très pragmatique, créatrice de masques, dont la vie va être chamboulée par un personnage plutôt atypique, le Baron Miaou, un alchimiste à la tête de chat, ou un chalchimiste pour les initiés, dont la renommée n’est plus à faire. Détestée par son odieux père et peu reconnue dans son art, la jeune fille n’hésitera pas à le suivre dans ses aventures.

Dans leurs aventures qui les conduiront sur les routes de France et de Navarre ou plutôt de Grenoble et de Venise, voire bien plus loin, mais là, c’est un secret qu’il vous faudra découvrir par vous-mêmes, ils seront accompagnés de Maria. Fille d’un Comte qui la traite plus comme une servante que comme sa précieuse progéniture, cette enfant sera à l’origine de leur voyage. Atteinte d’un mystérieux mal, elle s’enfonce ainsi parfois dans un profond sommeil. Touchés par son cas, Le Baron et Nhadda feront tout leur possible pour trouver une solution à ce problème, ce qui les poussera à essayer de retrouver un dangereux et mystérieux personnage.

Comme vous l’avez certainement compris, Le Baron Miaou, c’est un roman fantastique, mais c’est aussi un roman d’aventure qui fera battre votre cœur au rythme des dangers et des rencontres que notre équipe va faire. Une équipe formée au gré du hasard et qui se distingue par son originalité : nous avons donc un célèbre alchimiste à la tête de chat des plus énigmatiques, une jeune fille qui profite de son savoir-faire pour cacher son visage sous des masques toujours adaptés aux situations qu’elle traverse, une jeune fille malade plus à l’aise avec les animaux qu’avec les gens et qui se révèle d’une naïveté touchante, et un homme maîtrisant les feux follets, Jacques Mains-Froides.

J’ai adoré la galerie de personnages proposée par l’auteur avec un petit coup de cœur pour Maria dans laquelle je me suis parfois retrouvée notamment dans son amour immodéré pour les animaux et pour le thé. Nhadda m’a, quant à elle, touchée par sa manière de se dévoiler aux autres à travers ses créations tout en les érigeant finalement comme un bouclier infranchissable. Un paradoxe que je comprends et qui la rend assez complexe et très attachante. Mais c’est certainement le Baron Miaou qui m’a le plus intriguée puisqu’il constitue une sorte d’énigme. Habitué à jouer un rôle depuis son enfance, il lui faudra du temps pour baisser ses barrières et apprendre à faire confiance et, surtout, à s’attacher aux autres…

Quel plaisir de voir évoluer ces différents personnages hauts en couleur au fil de l’aventure et de voir leurs liens se resserrer devant les épreuves qu’ils traversent ! J’avoue toutefois être beaucoup plus réservée pour un des personnages secondaires, Jacques Mains-Froides, dont le changement d’attitude m’a semblé bien trop rapide. J’imagine que son principal intérêt, en plus d’apporter un élément de surprise, est de montrer que l’avidité peut transformer un homme, mais je n’ai pas pu m’empêcher de trouver son rôle superflu ou, peut-être, pas assez poussé… À l’inverse, Le Crabe, une femme mutilée suite à une tentative un peu folle de faire un voyage très lointain, m’a touchée. Elle intervient peu dans le livre, mais son rôle est assez fort pour provoquer un vrai impact sur les lecteurs.

Au-delà des personnages, difficile de s’ennuyer dans cette aventure, menée d’une main de maître, qui vous fera voyager à bord d’une roulotte-laboratoire, traverser un bien sombre labyrinthe, affronter des loups sauvages, du moins en théorie, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, et vous fera même assister à un concours de… thé. Il fallait y penser ! Nico Bally a incontestablement de l’imagination et un véritable talent de la mise en scène au point que certaines scènes m’ont donné l’impression de me retrouver dans un Indiana Jones pour les enfants.

Mais ce que j’ai adoré, c’est qu’il a réussi à nous proposer une histoire avec du rythme tout en lui conférant une dimension onirique qui n’est pas sans rappeler celle que l’on peut trouver dans des séries de BD comme De Capes et de Crocs. L’approche assez visuelle de l’auteur m’a d’ailleurs fait regretter que le roman ne soit pas illustré. Il y a, en effet, matière à nous offrir une aventure très riche visuellement ! Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que les personnages du roman étaient destinés à un projet d’album, un projet qui, je l’espère, sera un jour d’actualité. En attendant, vous pourrez toujours trouver quelques illustrations de Nicolas Trève du Baron Miaou en fin d’ouvrage ou sur Internet.

La plume de Nico Bailly est délicieusement immersive, ce qui devrait séduire autant les adultes qu’un lectorat plus jeune. D’ailleurs, gros point fort pour moi, bien que le roman soit un roman jeunesse, on sent que l’auteur ne s’est pas bridé. Le vocable utilisé est recherché tout en demeurant accessible et les constructions de phrases devraient séduire les amateurs de belles plumes. Autre point à souligner, le double niveau de lecture du roman : les enfants pourront se contenter de suivre avec amusement et intérêt les aventures d’un fantasque homme à la tête de chat et de ses amis, quand les lecteurs plus âgés pourront déceler dans cette histoire, une certaine profondeur. Nous ne sommes pas dans un roman philosophique, mais le roman flirte toutefois avec le roman d’apprentissage et nous pousse naturellement et sans lourdeur à nous interroger sur des sujets variés : les a priori et les apparences, la confiance en soi et l’acceptation de soi, l’avidité et les chemins peu vertueux qu’elle peut nous faire prendre, la famille qui peut être parfois de cœur plus que de sang, le concept de foyer…

À noter que l’auteur a ajouté quelques bonus en fin d’ouvrage apportant quelques éléments d’explications sur son œuvre.

En conclusion, d’une plume fluide, mais accessible, l’auteur nous offre ici une aventure rythmée et immersive qui devrait séduire petits et grands lecteurs, et ceci, dès les premières pages. Je recommanderai donc cet ouvrage à tous ceux qui sont en quête d’un roman mêlant habilement magie, au sens propre comme au sens figuré, amitié, trahison, action, et personnages touchants et originaux. Et puis qui sait, à l’issue de cette épopée, vous aurez peut-être appris, comme nos protagonistes, qu’il est parfois nécessaire de faire tomber le masque pour se (re)trouver ?

Nico Bally 📚

Source : compte Twitter de l’auteur

TwitterSite de l’auteur

N’hésitez pas à lire les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus.

Prix des auteurs o

 

 

Une plume sur l’épaule, Viviane

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Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Une plume sur l’épaule de Viviane.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

De retour d’un voyage, Charles offre à sa fille un livre fabuleux. En le feuilletant au creux d’un chêne centenaire, Mylène s’évade dans un monde magique et se lie d’amitié avec des rapaces. Un voyage initiatique durant lequel elle va découvrir le secret du peuple Sioux, sa sagesse et son harmonie avec la nature.

  • Broché: 72 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 9 années
  • Editeur : Ex Aequo éditions (11 juin 2018)
  • Collection : Saute-mouton
  • Prix : 8€
  • Autre format : ebook
  • Illustrations : Léa Moulin

AVIS

Mylène, qui va bientôt fêter ses dix ans, reçoit de son père un très beau cadeau, un livre intitulé La légende de Paco. Mais loin d’être ordinaire, ce livre va lui permettre de voyager dans un monde fabuleux dans lequel elle se fera deux amis assez spéciaux, Tekoa et Salto.

Adorant les récits donnant la parole aux animaux, je ne pouvais qu’être séduite par cette histoire, Tekoa et Salto étant des rapaces ! Différents l’un de l’autre, ils n’en demeurent pas moins tous les deux très attachants. D’ailleurs, Mylène, appelée dans l’autre monde Pierre de Lune, se prendra très vite d’affection pour Tekoa qui lui servira de mentor. Celui-ci va, petit à petit, lui faire découvrir la sagesse du peuple Sioux et sa relation si particulière à la nature, une relation empreinte d’amour et de respect.

C’est un très beau message que l’auteure partage à travers son récit qui alterne entre réalité et imaginaire. On apprend ainsi aux côtés de Mylène à écouter cette nature qui sait partager ses richesses à ceux qui veulent bien prendre le temps de l’observer et de l’aimer. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié une scène dans laquelle Mylène apprend à découvrir le langage caché des arbres. L’instant est plein d’émotions et m’a rappelé une scène à laquelle j’avais assisté lors d’une randonnée.

Le livre nous offre également une jolie aventure qui devrait plaire aux enfants puisque je ne doute pas que beaucoup d’entre eux seront séduits par l’idée de voler sur le dos d’un rapace. Imaginer les sensations et les décors qui défilent sous nos yeux fait ainsi partie intégrante de la magie de cette lecture !

Mais pas besoin d’être un enfant pour apprécier ce roman puisqu’il ravira tous les lecteurs prêts à se laisser embarquer dans un voyage hors du commun où la magie de l’instant se passe de longues descriptions. L’autrice a, en effet, pris le parti de l’émotion plutôt que de l’analyse. L’histoire est donc plutôt courte, ce qui ne l’empêche pas de dégager un certain onirisme et une certaine poésie.

Une poésie qui provient autant du récit que de la plume de l’autrice. Une plume qui se révèle assez simple pour être accessible aux jeunes lecteurs et assez travaillée pour enchanter des lecteurs plus âgés. Ce point me semble particulièrement important pour que petits et grands lecteurs puissent partager avec plaisir cette lecture au message universel, le respect de la nature n’attendant pas l’âge.

Enfin, la relation entre Mylène et Tristan, son petit frère, m’a touchée, ce dernier se montrant parfois grognon, mais aussi très attachant. C’est donc avec plaisir que j’ai suivi l’évolution des liens fraternels et la naissance d’une belle complicité scellée autour d’un secret, celui de l’existence d’un monde où les animaux parlent et au sein duquel un peuple a appris à vivre en harmonie avec la nature.

Petit bonus, en fin d’ouvrage, sont présentes quelques photos qui vous permettront de prolonger agréablement votre lecture.

En conclusion, en plus des aventures extraordinaires d’une petite-fille détenant un fabuleux secret, l’autrice nous offre ici une très belle histoire qui vous apprendra à regarder de plus près toutes ces richesses que la nature vous offre à condition de la respecter et d’apprendre à vivre en harmonie avec celle-ci. Un livre que je conseillerais donc à tous les lecteurs, le récit étant immersif et les messages véhiculés importants.

Et vous, envie de craquer pour Une plume sur l’épaule ? Retrouvez le livre sur le site des éditions Ex Æquo ?

 

La véritable histoire de la petite sirène, Audrey Calviac

La véritable histoire de la petite sirène, Audrey Calviac

J’ai eu la chance de remporter cette petite lecture jeunesse lors d’un concours…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une terrible malédiction frappe le royaume des sirènes et des tritons : la dernière princesse naît humaine…
Quelle surprise générale !
Comment fera-t-elle pour survivre au fond des océans ?
Venez suivre les aventures de la petite Gaïa dans la véritable histoire de la petite sirène !

  • Illustrations : Sandra Garcia
  • Prix : 5€

TRAILER

AVIS

Les sirènes sont une créature fascinante que l’on retrouve finalement assez peu en littérature alors c’est avec plaisir que je me suis plongée dans ce petit conte nous narrant La véritable histoire de la petite sirène.

Nous découvrons ainsi le roi triton et sa femme, une sirène, et leurs cinq filles. Cette famille coulait des jours heureux jusqu’à ce que le frère aîné du roi découvre que son frère lui avait caché la naissance de ses filles. Vexé, il décide donc de lancer une terrible et cruelle malédiction condamnant la reine à avoir une sixième fille non pas sirène, mais humaine ! Devant cette situation inédite qui met en danger la vie de l’enfant, le couple royal finit par consentir à l’ultime sacrifice pour des parents aimants…

Je préfère ne pas trop entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher la lecture de ce joli conte, mais je peux vous dire que l’histoire de cette petite sirène, née humaine, est aussi mignonne que touchante. J’ai pris un grand plaisir à suivre Gaïa dans sa vie qui n’a pas été celle à laquelle elle était destinée. J’ai été également touchée par l’amour qu’elle porte à ses proches et à son meilleur ami avec lequel elle aime faire les 400 coups.

Cette jeune fille intrépide connaîtra des moments de bonheur et d’insouciance, mais elle devra aussi faire face à un choix cornélien… tout comme ses parents avant elle. À travers ce conte, l’auteure aborde donc des thèmes comme la famille et les sacrifices, parfois inimaginables, auxquels on peut consentir par amour et pour le bien des siens. Une fois que vous aurez terminé ce petit récit, vous aurez d’ailleurs un bel exemple de ce qu’est le véritable amour d’une mère et d’un père pour son enfant. Au-delà de la famille, sont également abordés des thèmes universels comme la jalousie, l’amitié, l’amour…

Tout en délicatesse et en finesse, la plume d’Audrey Calviac est un véritable enchantement pour les amateurs des contes d’antan. Mais rassurez-vous, professeure des écoles, l’auteure possède ce petit quelque chose qui lui permet de concilier élégance et simplicité, et donc de conquérir aussi bien les petits que les grands lecteurs.

Cerise sur le gâteau, ce conte est agrémenté des jolies illustrations de Sandra Garcia qui viennent parfaire une expérience de lecture déjà immersive. Je ne connaissais pas cette illustratrice, mais j’aime beaucoup son coup de crayon, la douceur de ses dessins, son jeu sur les ombres et les dégradés de gris qui apportent un certain relief aux illustrations.

A noter également la typographie particulière qui rend ce petit ouvrage accessible aux lecteurs dyslexiques. Une démarche que je ne peux que saluer…

En conclusion, La véritable histoire de la petite sirène confirme le talent de conteuse d’Audrey Calviac. D’une jolie plume et avec un style qui n’est pas sans rappeler les contes d’antan, elle arrive à plonger petits et grands lecteurs dans son récit. Alors si vous aimez les sirènes et les histoires avec de jolis messages, ce livre est fait pour vous.

NB : A noter que la maison d’édition Editions Boz’Dodor fermant ses portes, tous les livres vendus sur le site sont en promotion (-30%). N’hésitez donc pas à vous laisser tenter de manière à vous faire plaisir tout en aidant la ME à fermer dans les conditions les moins difficiles possibles.

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Site de l’auteurePage FB de l’auteure

La folie de la pastèque, Taghreed Najjar

Journal d’un ogre, Valeria Dávila and Mónica López

Je suis inscrite sur NetGalley, mais lisant peu en numérique, je n’ai encore jamais sollicité de titre. Adorant les contes et les créatures fantastiques, j’ai néanmoins sauté sur Journal d’un ogre publié aux éditions Crackboom ! et proposé en lecture libre. Je remercie donc le site et la maison d’édition pour ce sympathique moment de lecture et de détente.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le monde des ogres est en péril et leurs secrets pourraient disparaître avec eux. Ce journal d’un ogre lève le voile sur bien des mystères de leur vie monstrueuse : les fameux combats de massue, les cours de d’éructations et de crachats. Il est même question de la rumeur voulant que les ogres portent le même pantalon toute leur vie… Une lecture qui changera ta perception des ogres pour toujours!

«Mon cher journal,
C’est la fin.
Les ogres ont disparu
Le monde ne va pas bien.»

Parsemée de références aux contes de fées classiques, la collection Cher Journal offre un accès privilégié aux aspirations secrètes de personnages mythiques et souvent pas si sympathiques. De courts textes rythmiques révèlent les rêveries privées et très drôles d’un ogre, d’un monstre, d’une sorcière et d’une fée.

  • Relié
  • Editeur : Crackboom (20 septembre 2018)
  • Âge : 3 ans et plus
  • Prix : 5.95€

AVIS

Avec cette chaleur étouffante et écrasante, vous prendrez bien une petite glace à la vermine ?

Comment ça, non ? J’en déduis que vous êtes humain ou que vous faites partie de ces nouveaux ogres qui n’ont d’ogre que le nom ! Un problème que notre protagoniste, un ogre, un vrai, est bien décidé à résoudre. Et pour cela, il a LA solution : ouvrir une école pour apprendre à devenir un ogre à l’image de ceux que l’on a l’habitude de rencontrer dans les contes de fées. Vous savez, ceux qui sont bien moches, puants, idiots, mangeurs d’enfants…

A la lecture de ce petit album, on peut dire que notre ogre a l’étoffe d’un visionnaire. Avec lui, toute une nouvelle génération d’ogres faisant honneur à l’espèce devrait voir le jour ! Devant son enthousiasme, le lecteur ne peut que prendre plaisir à découvrir ce projet qui semble tellement tenir à cœur à cet ogre pur souche qui ne rêve que de saleté et de puanteur.

Aimant beaucoup les ogres, j’ai tout de suite été attirée par ce petit ouvrage jeunesse proposé par une maison d’édition que je ne connaissais pas. Assez court et rapide à lire, cet album devrait plaire aux enfants qui pourront le lire et le relire à l’envi d’autant que la narration simple et enjouée rend la lecture très agréable et, surtout, très drôle.

La mécanique est, en outre, bien rodée : une page avec quelques lignes où notre ogre, scandalisé par le comportement actuel des membres de son espèce, explique ce qu’il apprendrait à ses étudiants et une illustration mettant en scène ses propos. Un duo texte/image qui donne tout son charme à cette histoire toute mignonne, ou pardonnez-moi, bien crado. N’oublions pas que nous parlons ici d’ogres et qu’il ne faudrait pas leur donner de mauvaises idées sous peine d’affronter le courroux de notre directeur d’école autoproclamé.

Les dessins de Laura Aguerrebehere sont colorés, vivants, simples tout en étant assez détaillés pour avoir l’impression de participer aux cours dispensés dans cette école ogresque. Des cours qui sont d’ailleurs empreints d’un certain humour. Sourires garantis donc, et ceci, quel que soit son âge !

En bref, conseillé à partir de 3 ans, nul doute que ce petit album devrait trouver une place de choix dans votre bibliothèque familiale.

Et vous, envie de découvrir Journal d’un ogre ?

Léo et Maya détectives, Tome 1 : Mystère au cinéma, Martin WIDMARK et Helena WILLIS

Léo et Maya, détectives - tome 01 : Mystère au cinéma

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Plongez dans un univers proche d’Agatha Christie junior avec Léo et Maya !
Qui enlève des chiens à Valleby, la ville de Léo et Maya ?
Les propriétaires sont au désespoir : on leur réclame une rançon de cinq cents euros en échange de leurs petites bêtes adorées. Le temps presse. Léo et Maya décident de mener l’enquête, qui les conduira dans les recoins les plus secrets du cinéma Bio-Rio…

Léo et Maya sont deux jeunes détectives qui vont être confrontés à une sombre affaire de disparition de chiens !

  • Poche: 96 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Pocket Jeunesse (2 juin 2016)
  • Prix : 4,95€

AVIS

Ma chronique sera exceptionnellement très courte puisque j’ai eu la bonne idée de vous donner mon ressenti sur cette lecture plusieurs semaines après sa lecture. Ne me reste donc en tête que les grandes lignes…

Des chiens kidnappés dans leur ville ? Il n’en faut pas plus à Léo et Maya pour leur donner envie de démasquer la personne responsable de cet ignoble forfait. Quant à moi, aimant beaucoup les animaux, les enquêtes et la littérature jeunesse, je ne pouvais qu’être séduite par cette petite histoire mettant en scène deux enfants plutôt précoces et attachants.

L’auteur rentre assez vite dans le vif du sujet ce qui nous permet de nous plonger rapidement dans ce récit dont le charme réside dans cette impression de suivre étroitement les enfants dans leur enquête menée d’ailleurs assez méthodiquement. Léo et Maya possèdent, en effet, un certain sens de l’observation et une acuité intellectuelle qui laissent peu de chance au méchant de l’histoire de leur échapper. D’ailleurs, le policier en charge officiellement de l’enquête n’hésite pas à les solliciter convaincu par le sens de déduction de ces deux enfants.

Fort prometteurs, Sherlock Holmes aurait-il trouvé, en Léo et Maya, sa relève ? Peut-être bien même si, à la différence du célèbre détective, ceux-ci sont plutôt aimables et développent une vraie empathie pour les victimes poilus de ces terribles enlèvements.

En tant qu’adulte, j’ai assez vite compris qui était le coupable, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à voir Léo et Maya éliminer, petit à petit, et de manière fort logique, les suspects avant d’arriver enfin à piéger le kidnappeur demandeur de rançon. On est dans un roman jeunesse alors je n’avais pas trop de craintes quant à l’issue de l’histoire, mais en grande amoureuse des animaux, j’étais quand même impatiente que le duo d’enquêteurs en herbe retrouve les pauvres toutous kidnappés…

Le charme de cette petite enquête, menée d’une main de maître par deux enfants très spéciaux, réside également dans les illustrations qui viennent étayer l’action tout en nous permettant de nous représenter physiquement les suspects et certains lieux où se rendent Maya et Léo. Un apport visuel qui devrait plaire aux enfants et faciliter grandement leur immersion dans le récit. Cela leur donnera peut-être même envie, à leur tour, de jouer au détective.

En conclusion, Maya et Léo est un petit livre jeunesse fort sympathique qui devrait séduire les enfants appréciant les enquêtes. Le fait que le livre soit illustré facilitera également la lecture des plus jeunes.

Et vous, envie de découvrir Léo et Maya ? Retrouvez-les sur Lisez.com.