Je suis super Nino ! d’Andrew Katz et Tony Luzano

Un beau matin, Nino trouve un masque qui lui donne de formidables pouvoirs. Il a très hâte de se lancer dans l’action ! Mais personne ne le laisse mettre en pratique toutes les super idées qu’il a en tête. À la place, tout le monde lui dit des choses comme range ta vaisselle. Habille-toi. Fais ATTENTION.

Est-ce que Nino aura enfin la chance de montrer à quel point il peut être super ?

20 mai 2020 – 32 pages – Relié (9,90€)

AVIS

Jaguar, le chat de Nino, a trouvé un masque qui, à première vue, n’a rien d’exceptionnel. Mais une fois enfilé, ce masque va se révéler quelque peu spécial. En le portant, Nino se découvre ainsi de super pouvoirs qu’il est bien décidé à explorer par lui-même et, surtout, à utiliser de tout son soûl. Mais pas super facile d’être un super-héros quand vos parents ne vous laissent pas mettre en place toutes vos super idées !

Cela n’empêchera néanmoins pas le jeune garçon de partir à l’aventure, de faire des rencontres et de nouvelles expériences. D’une course contre une fusée jusqu’à la planète Mars au sauvetage de Jaguar, capturé par un terrible monstre, rien n’arrête Nino qui se révèle courageux et plutôt imaginatif.

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Si le récit est rythmé, le gros point fort de cet ouvrage, ce sont ses superbes illustrations en grand format qui prennent le pas sur le texte, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de s’immerger complètement dans l’aventure et de se l’approprier. Quant aux couleurs pleines de peps, elles ne manqueront pas de participer au plaisir que l’on prend à parcourir cet album.

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Les enfants devraient, en outre, être sensibles au message subtilement diffusé à travers cette histoire : la nécessité d’accepter certaines règles et de faire attention à ce que l’on fait pour ne pas que ses propres envies et capacités ne viennent provoquer du désagrément à autrui.

Amusant, coloré et plein de dynamisme, cet album jeunesse devrait ravir les enfants qui vont vivre, aux côtés d’un jeune personnage volontaire et attachant, de très originales aventures tout en apprenant, avec pédagogie et humour, une importante leçon.

Je remercie NetGalley et les Éditions Chouette pour cette lecture.

Ocean City, tome 1 : Chaque seconde compte, R. T. Acron

Hachette Romans (5 février 2020) – 320 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Véronique Minder

AVIS

Nous voici transportés dans une ville futuriste, Ocean City, mégalopole flottante qui dérive sur les mers et les océans, une manière ingénieuse de faire face à la montée des eaux qui a rendu la vie sur les continents très difficile. Cette ville présente une autre particularité : un système économique basé entièrement sur le temps ! Plus d’argent liquide ou virtuel, mais du temps que l’on obtient en travaillant et que l’on échange contre des biens et des services. Un système qui n’a rien d’anodin puisque le temps est devenu tellement précieux qu’il est dorénavant très mal vu et très difficile de le perdre en loisirs et autres distractions futiles, ou du moins, non productives.

Malgré une injonction permanente à l’efficience et l’efficacité, trois adolescents ont néanmoins trouvé le moyen de se distraire, notamment en bidouillant quelques anciennes consoles et surtout, en développant le transpondeur. Cet appareil miracle permet de pirater la Banque centrale et de voler du temps, mais en l’utilisant, Crockie va mettre les pieds dans un engrenage infernal et entraîner Henk et Jackson dans sa chute… Les forces de l’ordre, une branche des services secrets et une autorité importante de la ville vont ainsi traquer l’adolescent avant de s’attaquer à ses deux meilleurs amis.

Crockie, que l’on apprend principalement à connaître à travers les souvenirs et les pensées de Jackson, s’impose très vite à nous comme un électron libre, brillant et haut en couleur, mais peu en phase avec une cité où seuls le temps et le respect des règles comptent et sont valorisés… J’ai eu, en revanche, beaucoup de mal avec le personnage de Henk qui se montre antipathique, égoïste, froid et manipulateur. Je n’ai d’ailleurs pas compris comment il pouvait être ami avec les deux autres lycéens. Quant à Jackson, courageux, intelligent et gentil, il se révèle attachant que ce soit en raison de sa personnalité ou de la manière dont il veille sur sa petite sœur à la veille d’une cérémonie très importante qui la met dans tous ses états.

Dépassé par les événements, Jackson va devoir pourtant puiser au fond de lui-même pour trouver le moyen d’affronter les menaces et les dangers qui se dressent devant lui et qui prennent des formes diverses et variées. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que les auteurs ne ménagent pas notre héros ni ses amis qu’ils mettent dans des situations très difficiles, parfois dignes d’un James Bond version adolescente : complot, espionnage, action, technologie, retournements de situation, trahison, suspense, mystère… Rien ne manque  !

J’ai donc lu le roman rapidement tenue en haleine par cette aura de mystère et de danger qui plane sur le récit et la ville, Ocean City cachant de bien sombres secrets sur lesquels certains veillent jalousement. Cette impression de mystère est accentuée par l’intervention d’un personnage énigmatique qui semble bénéficier d’un certain pouvoir. Reste à découvrir ses véritables desseins et son rôle au sein d’événements qui s’accélèrent jusqu’à prendre une tournure quelque peu inattendue. À cet égard, la fin devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite dont on a un bref aperçu dans ce premier tome.

Au-delà des personnages et de l’action omniprésente, j’ai apprécié la critique sociétale sous-jacente à travers une ville qui prône le travail et le dépassement de soi pour grimper l’échelle sociale alors que la réalité est tout autre, Ocean City se révélant aussi inégalitaire que notre société. Les auteurs évoquent également l’environnement, la notion de liberté, de résistance civile et du sens de la vie. Une vie passée à travailler sans jamais pouvoir être libre, se divertir et s’évader du quotidien, est-elle vraiment une vie qui vaut la peine d’être vécue ? Une question qui nous permet de comprendre aisément la décision de certains habitants de lutter contre cette valeur temps devenue oppressante, contrôlante et liberticide. Mais cette lutte contre le temps et pour la liberté a un prix…

En conclusion, Ocean City est un roman jeunesse haletant et prenant qui nous transporte dans une ville futuriste et avant-gardiste dans laquelle le temps, à la fois monnaie et outil de contrôle, revêt une importance inédite et capitale. Décidés à leur manière de détourner le système, des adolescents, un peu trop ingénieux pour leur bien, vont apprendre à leurs dépens qu’on ne joue pas avec le temps en toute impunité ! Empli de tension, de mystère et d’action, voici un roman que je vous conseille si vous aimez les histoires dans lesquelles les apparences sont trompeuses et les révélations nombreuses.

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Le château du temps perdu, Paul Bruard

Couverture Le château du temps perdu

Maxime, Lucien et toute leur bande de bons copains du CM2 ne se doutaient pas que leur voyage de fin d’année allait les entraîner dans de fantastiques aventures.
Un château médiéval, une chasse au trésor, jusque-là rien de plus banal ! Mais lorsque leur curiosité les conduit dans une autre dimension pour y faire la connaissance de deux enfants du treizième siècle, tout bascule.
Trouveront-ils le moyen de délivrer le château et ses habitants d’une malédiction qui les poursuit depuis neuf siècles ?

Ex Aequo éditions (7 février 2020) – 9/12 ans – 116 pages –
Papier (11€)- Ebook (3,99€)

AVIS

De la superbe couverture au résumé, tout me tentait dans ce roman jeunesse que j’ai lu d’une traite et qui m’a offert ce moment d’évasion et de distraction dont j’avais tant besoin. Maxime, Lucien et leurs amis de CM2 sont excités à l’idée de leur dernier voyage scolaire avant l’entrée en sixième, une étape tellement importante dans la vie d’un écolier. Au programme, la visite d’un château médiéval avec, en prime, une chasse au trésor ! Mais une surprise de taille va attendre les six amis : la rencontre avec deux enfants du treizième siècle qui vont leur demander de les aider à lever une terrible malédiction…

Le début d’une aventure menée tambour battant durant laquelle nos protagonistes vont devoir faire preuve de débrouillardise, d’intelligence, de réflexion, mais surtout de bravoure, les dangers étant nombreux et les défis de taille. Fort heureusement, notre groupe pourra compter sur les différentes personnalités qui le composent. Il y a ainsi le passionné d’histoire, l’amateur de gastronomie capable de détendre l’atmosphère avec son humour à toute épreuve, la très cartésienne, les aventuriers… Les enfants devraient vite s’attacher aux personnages et se retrouver, ainsi que certains de leurs camarades, dans ce sympathique et éclectique groupe. Et chose assez rare pour être noté, l’auteur a veillé à inclure des filles et des garçons dans son aventure.

Enfant, j’aurais adoré ce roman qui nous plonge avec réalisme dans un château médiéval dont on découvre, même si ce n’est que succinctement, la manière dont la vie y était organisée. Le mélange Histoire/fantastique fonctionne ici à merveille et apporte beaucoup de charme à ce roman dont on tourne les pages avec plaisir, curieux de découvrir comment les six amis vont faire face à un enchantement que personne n’a réussi, malgré les années, à lever. Je n’en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est qu’ils ont de la ressource et que, malgré les moments de doute, les difficultés et les dangers, rien n’arrivera à ébranler la confiance qu’ils se portent mutuellement.

J’ai, en outre, fortement apprécié la relation entre les personnages, une relation faite de respect et de tolérance, les défauts des uns n’étant jamais méchamment moqués par les autres. À une époque où le harcèlement scolaire est plus que jamais d’actualité, ce genre de relations positives ne peut qu’être salué. Même la « rapporteuse » de service, qui va mettre en danger notre groupe, va réaliser que dénoncer à tour de bras ses camarades n’est peut-être pas la meilleure manière de se comporter. Une prise de conscience réaliste et très bien amenée tout comme l’est cette histoire de malédiction qui devrait attiser votre curiosité et satisfaire les amateurs de chasses au trésor, d’énigmes et de passages secrets !

Quant à la plume de l’auteur, elle m’a complètement charmée, Paul Bruard ayant trouvé un juste équilibre entre beauté du texte, accessibilité, réalisme et fluidité. En plus de descriptions courtes et percutantes, l’auteur veille à introduire, avec parcimonie et en toute intelligence, un peu de vocable moyenâgeux qu’il prend le temps d’expliquer en notes de bas de page. Cela facilite grandement l’immersion dans le récit et nous donne l’impression d’avoir fait, aux côtés de nos jeunes héros, un voyage dans le temps.

En conclusion, présent et passé se mêlent pour nous faire vivre une aventure fantastique dans laquelle des élèves de CM2 vont devoir, plus que jamais, compter sur leur amitié pour faire face à une succession de péripéties empreintes de danger et de mystère. Aventure, chasse au trésor, amitié, action et passages secrets vous attendent dans ce roman qui devrait ravir le cœur des enfants et leur prouver que l’Histoire, c’est loin d’être barbant !

Merci aux éditions Ex Æquo pour cette lecture.

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Prenez un chaudron, mettez-y trois bulles de savon, un soupçon de chlore, une plume de corbeau, un morceau d’étoffe et deux lucioles scintillantes, remuez le tout avec passion, vous obtiendrez ce recueil de nouvelles fantasques et gourmandes.

« Prix de la Nouvelle » reçu au Salon du Livre Gourmand de Périgueux en 2006.

Stellamaris (25 septembre 2015) – Broché (15€)
Illustrations : Martin Trystram

AVIS

Je sais que vous êtes nombreux à ne pas apprécier le format nouvelle, mais j’ai bon espoir qu’avec un recueil de cet acabit, votre opinion évolue quelque peu à ce sujet. C’est simple, il s’agit ici de l’un des meilleurs recueils de nouvelles que j’aie pu lire. Plein de fantaisie, de gourmandise, de douceur et de tendresse, ce recueil se savoure le sourire aux lèvres avec cette impression d’être complètement immergé dans une lecture évasion. Vous savez, du genre de celle qui vous enferme dans une bulle protectrice et chaleureuse dans laquelle vous vous oubliez avec volupté.

J’ai donc dévoré ce livre découvrant avec plaisir chacune des nouvelles qui, bien que très différentes les unes des autres, ont en commun de célébrer l’amour, la gourmandise et la passion sous toutes ses formes. En plus de récits mignons à souhait, qui ont fait fondre mon cœur, j’ai adoré retrouver la plume poétique et élégante de Pascale Leconte. Une plume joliment mise au service de personnages hauts en couleur et attachants et d’un univers gourmand et fantasque, auréolé d’une douce et joyeuse exubérance. Ce fut, en outre, une agréable surprise de retrouver des personnages découverts dans le roman Narcisse versus Lollaloca. Mais je vous rassure, pas besoin de l’avoir lu pour savourer ce pétillant recueil.

Qui dit nouvelle, dit chute, et à ce niveau, vous serez gâtés, l’autrice s’étant évertuée à terminer ses histoires de manière à vous émerveiller, à vous surprendre et à vous donner le sentiment que l’amour est définitivement une bien belle chose à partager et à ressentir. Cerise sur le gâteau, quelques illustrations sont disséminées par-ci, par-là. Un bonus fort appréciable qui ajoute beaucoup de cachet et de charme à ce recueil qui en est déjà bien pourvu.

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Pétillant, fantaisiste, délicat et non dénué d’humour, voici un recueil que je vous invite à lire et à relire. Gourmandise et bonne humeur garanties !

Pour plus de détails, voici mes impressions succinctes pour chacune des nouvelles du recueil. 

  • Framboise et volupté : digne d’un véritable conte de fées, Pascale Leconte nous propose ici une très jolie histoire qui aurait pu s’intituler « le pouvoir créateur de l’amour ». Vladimir Sauvage travaille dans une boulangerie où il vend, jour après jour, pâtisseries et autres gourmandises. Un métier qui ne le passionne guère, mais qui lui offre le plus beau des cadeaux : la possibilité de voir, chaque semaine, une jolie cliente aux cheveux roses. Timide au possible, mais bien décidé à déclarer sa flamme à cette femme qui hante ses pensées, le voilà lancé dans l’expérience de la gourmandise et de la créativité !

Cupcake Bac, Gâteaux, Plat, Gâteau

Je n’en dirai pas beaucoup plus, mais j’ai été touchée par la sensibilité et la générosité de ce personnage et ai apprécié la manière dont ses sentiments vont le pousser à se dépasser et à trouver sa voie. Quant à la chute, elle ne devrait pas manquer de vous faire sourire, et de vous attendrir. Entre amour, secret et gourmandise, voici un joli moment sucré à déguster et, si possible, à partager.

  • Twïnna Azur : Twïnna Azur est une personne fantasque qui aime le changement et qui n’hésite pas à faire preuve d’originalité, notamment dans son style vestimentaire et/ou capillaire. Cela la rend intrigante et attachante, mais son apparence est tellement changeante que les gens ont parfois bien du mal à la reconnaître ! Un problème qui n’empêchera néanmoins pas un mystérieux homme de tomber sous son charme et de lui déclarer sa flamme par missive. Dans ses poétiques et anonymes courriers , le jeune homme la convie à des rendez-vous sans jamais, hélas, les honorer…

Vieilles Lettres, Courrier

Qui est-il et pourquoi ne suit-il pas les élans de son cœur en rencontrant l’élue de son âme ? Une question qui vous poussera à tourner les pages avec entrain même si l’on devine rapidement les tenants et les aboutissants d’une histoire qui ne manquera pas d’éveiller en vous de jolies émotions et, peut-être, de provoquer quelques doux papillons. Mignonne à souhait, cette nouvelle m’a fait fondre alors que je suis loin d’être une grande romantique dans l’âme.

    • Luciole et Blandine : Luciole et Blandine, en plus de se ressembler comme deux gouttes d’eau, ont les mêmes avis et partagent le même projet professionnel : ouvrir un magasin de friandises. Mais contre toute attente, des divergences naissent entre les jumelles qui choisissent alors de se lancer chacune de leur côté dans l’aventure de l’entreprenariat. Le succès est heureusement au rendez-vous pour les deux sœurs qui vont rapidement tomber sous le charme d’un galant client qui côtoie les deux boutiques. Mais laquelle des deux jumelles intéresse vraiment cet homme, son comportement nous laissant perplexes ? Difficile de le deviner à moins qu’il ne se moque en toute impunité des belles demoiselles. Mystère et boule de gomme !Boutique, Bonbons, Friandises
      L’autrice a su me surprendre avec une chute que je n’avais pas vue venir, mais qui m’a bien fait sourire et que j’ai trouvée à la hauteur de deux jeunes femmes pétillantes et de caractère.
  • Le pouvoir de la lune noire : Moon Pervenche est la reine des potions supposées magiques, mais que la magie intervienne ou non dans ses préparations, ce qui est certain, c’est que la réputation de la jeune femme n’est plus à faire. Accompagnée de son fidèle corbeau, elle reçoit donc avec plaisir ses différents clients, certains ayant des demandes plus ou moins surprenantes et légitimes. Il existe néanmoins une requête que Moon refuse avec véhémence, éthique de « sorcière » oblige, l’élaboration de philtres d’amour. Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! Et si un événement venait remettre en question cette sage politique ?

 

Purple, Magie, Potion, À Base De Plantes
J’ai très vite deviné le retournement de situation final, mais j’ai adoré suivre cette jeune femme en proie à des émotions qui ne l’avaient, jusqu’à présent, jamais traversée. Elle apprendra ainsi qu’il ne faut jamais juger autrui trop durement puisque face à nos propres élans du coeur, la sagesse s’offre parfois des vacances forcées… Quant à son compagnon à plumes et à bec, son petit caractère ne devrait pas vous laisser indifférent. Mélange de sorcellerie et de pommes sucrées, encore une belle nouvelle à croquer !

  • Enquête en maillot de bain : l’inspecteur Valgatt est envoyé dans une station thermale, le Paradis Bleu, afin de mener une enquête sur la disparition d’Eléa Novak. Malgré ses cheveux bleus qui la rendent facilement repérable, la jeune femme semble s’être tout simplement volatilisée ! Bien décidé à la retrouver, notre policier va alors avoir besoin de tout son savoir-faire et de toute sa patience pour faire parler des suspects forts peu sympathiques et pas vraiment très coopératifs. Et si toutes les personnes interrogées lui cachaient quelque chose ?

Femme, Maillot De Bain, Piscine, Détente
Plus que l’enquête en elle-même, ce qui fait le charme de ce récit, c’est la chute ainsi que l’ambiance particulière de cette station thermale d’un genre nouveau qui propose des installations et des services plutôt originaux ! J’irais bien y faire un petit tour. Quelqu’un se dévoue pour m’accompagner ? Mais je vous préviens, je décline toute responsabilité en cas de disparition inopinée…

Je remercie Pascale Leconte pour cette sympathique lecture.

 

Les mondes inversés, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Une première édition de ce livre est parue sous le titre Homer Pym – Le garçon du film.

AVIS

C’est d’abord la sublime couverture qui m’a donné envie de découvrir ce roman jeunesse dont le résumé ne manque pas de piquant. Homer Pym, douze ans, est un garçon comme les autres qui aime passer du temps avec ses deux meilleurs amis : Lylou et Sacha. Un trio composé de trois personnalités très différentes, mais parfaitement complémentaires.

Si Homer peut compter sur le soutien de ses amis et de sa tante Ninon dont il est très proche, sa vie est quelque peu assombrie par le détachement de sa mère qui n’a plus jamais été la même depuis la disparition inexpliquée de son mari quelques années plus tôt. Adieu la maman aimante et attentionnée, place à un spectre de chair qui semble presque indifférent à la vie de son fils unique. Mais les choses vont prendre un tournant inattendu quand Homer fera une découverte renversante sur son père : ce dernier ne s’est pas enfui comme certaines mauvaises langues aiment à le penser, mais victime de sa propre créativité, il est prisonnier du film qu’il était en train de tourner ! Fort de cette révélation, Homer est bien décidé à libérer son père et à réunir sa famille.

J’ai déjà mentionné les amis du jeune garçon, mais je n’ai pas encore évoqué mon personnage coup de cœur : Bibi Two, une gerbille qui parle. Et comme l’univers créé par les deux autrices est une ode à l’imagination, elle ne se contente pas de parler, elle s’exprime en vers. Mais quelle est attachante cette gerbille qui, en plus d’avoir l’âme d’une poétesse et d’une philosophe, n’est pas dénuée d’humour ! Alors que je ne fais pas partie du public visé par ce roman, je me suis surprise à rire plusieurs fois et à m’amuser comme une petite folle devant cette histoire quelque peu loufoque dans laquelle l’amitié tient une place importante.

Les deux autrices ont ainsi développé à merveille les liens amicaux entre les personnages en n’hésitant pas, au passage et de manière plutôt subtile, à évoquer des sujets importants : la nécessité de prendre en considération les différentes formes d’intelligence qui peuvent exister, le déterminisme social, les stéréotypes, les injustices qui condamnent certains individus sur le seul fait de leur naissance, les cellules familiales défaillantes….

Mais je vous rassure, nous sommes bien avant tout dans un roman d’aventures, nos jeunes héros étant entraînés dans des péripéties qui mettront leurs nerfs à rude épreuve. Débrouillards, soudés, intelligents et audacieux, ils émerveilleront les lecteurs par leur capacité à aller de l’avant même si quelques moments de doute ne manqueront pas de les submerger. Au fil des épreuves, nos protagonistes feront des découvertes, parfois surprenantes, et seront amenés à côtoyer un personnage dont la vie est inextricablement liée à celle d’Homer et de sa famille. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que ce personnage m’a amusée, notamment par sa manière de tout prendre au pied de la lettre. Amusant sans le vouloir, il m’a également beaucoup touchée et émue puisque comme le père d’Homer, il se retrouve dans une situation très difficile…

En plus d’une galerie de personnages attachante, d’une aventure palpitante qui vous réservera des sueurs froides et d’une écriture à deux mains dynamique et agréable, le roman bénéficie d’un atout de charme : de nombreux clins d’œil et de multiples références à la mythologie grecque que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes, mais que pour ma part, j’ai adorés. Ma seule petite déception provient de ce monde parallèle qui n’est pas vraiment exploité, toute l’aventure, ou presque, se déroulant dans notre réalité. Mais peut-être que le tome suivant m’apportera le dépaysement tant désiré…

En conclusion, les lecteurs appréciant les clins d’œil à la mythologie grecque et/ou les belles histoires d’amitié et d’entraide seront ravis de se plonger dans cette aventure menée tambour battant, et de suivre les péripéties de personnages hauts en couleur auxquels on ne peut que s’attacher. Avec Les mondes inversés, vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! Alors prêts à vous plonger dans l’aventure ?

Merci à NetGalley et à Hachette roman pour cette lecture.

 

 

Mini-chroniques en pagaille #23

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Un certain intérêt pour les flammes de Violette Paquet : nouvelle écrite durant les 24h de la nouvelle avec la consigne d’intégrer un lieu abandonné dans l’histoire.

Un certain intérêt pour les flammes

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par la manière dont l’autrice arrive en quelques lignes à poser un décor et à saisir une ambiance. On découvre ainsi Edith, une jeune femme qui ne partage guère le goût des mondanités de sa famille, à commencer par son frère si parfait et si bien apprêté. Alors qu’elle aurait pu passer sa soirée à fumer et à regarder les invités guindés de ses parents « se distraire » et s’échanger des banalités, son attention est très vite attirée par l’une des invités, Alexandrine.

Si la jeune femme a tous les attraits d’une jeune ingénue, il faut parfois se méfier de l’eau qui dort. En faisant sa rencontre, Edith était loin de se douter qu’elle ferait une plongée brûlante et violente dans le passé de sa propre famille. Un passé que les flammes n’auront pas réussi à complètement effacer comme notre jeune héritière l’apprendra à ses dépens… En plus d’une tension qui monte crescendo avec cette impression d’étau qui se resserre et nous prend à la gorge, on appréciera la plume de l’autrice et sa manière bien à elle de brouiller les frontières entre les époques puisque si le récit se déroule de nos jours, il s’en dégage un charme suranné qui nous donne le sentiment d’avoir remonté les couloirs du temps.

Surprenante, immersive et pleine de tension, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous surprendre par la tournure cauchemardesque qu’elle prend. Claustrophobes s’abstenir !

Lire la nouvelle en ligne ou la télécharger sur le site de l’autrice

  • La pension Moreau – les enfants terribles de Marc Lizano et Benoît Broyart : (Éditions de la Gouttière) :

Emile est un jeune garçon souvent perdu dans son monde intérieur. Il adore dessiner, griffonner, croquer, au grand dam de ses parents. Désespérés, ces derniers décident de l’envoyer à la Pension Moreau, un lieu de vie accueillant des enfants  » difficiles « . Pour être accepté, il suffit simplement d’avoir le porte-monnaie bien garni… Emile fait la connaissance de Paul, Jeanne et Victor, des pensionnaires qui ont subi le joug des différents professeurs. Peu à peu, la pension prend des allures de pénitencier et révèle sa vraie nature à Emile. L’entraide est de mise entre les camarades afin de supporter les humiliations et les mauvais traitements, mais pendant combien de temps vont-ils accepter ce régime ? Qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

La pension Moreau est censée être un endroit pour éduquer et venir à bout des velléités de rébellion d’enfants difficiles appartenant à des familles fortunées. Il s’agit en fait d’un établissement lugubre tenu par un horrible directeur qui n’hésite pas à prôner l’humiliation et l’enfermement pour obtenir le respect et l’obéissance des enfants.

Sous fond de maltraitance infantile, on suit donc avec curiosité et un certain dégoût cette histoire mélangeant avec efficacité humains et animaux. Les humains étant les détenus et les animaux, les bourreaux de ces enfants que l’on ne peut que prendre en pitié. On se demande d’ailleurs ce qu’a bien pu faire le calme et gentil Emile pour finir dans cet horrible endroit. Certes, il a dû mal à communiquer autrement que par ses dessins, mais est-ce là un motif suffisant pour que des parents se séparent définitivement de leur enfant ?

Heureusement, le garçon va se faire des amis qui l’aideront à supporter un quotidien difficile autant physiquement que psychologiquement. Si Emile ne parle pas beaucoup, il n’en demeure pas moins touchant, notamment par sa gentillesse et sa manière très personnelle de se lier aux autres. Ses dessins sont pour lui son exutoire et l’on sent que derrière chacun d’entre eux, c’est une partie de lui-même qu’il pose sur le papier.

Entre brimades et jolis moments d’amitié et d’entraide, Emile va devoir faire face à sa nouvelle vie au sein d’une pension sur laquelle plane encore un certain mystère. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la situation risque d’exploser, certains élèves ne semblant pas prêts à baisser les bras devant la violence et les injustices qu’ils subissent au quotidien…

  • Mon grand frère et moi de Taghreed Najjar et Maya Fidawi

Aloush est le plus jeune de sa famille. Il est très proche de son grand frère, Ramez, qui est son idole.
Chaque jour, en se rendant à son travail, Ramez dépose Aloush à l’école. Il l’emmène jouer au basketball, le conduit au cinéma, et lui permet même de regarder le soccer avec ses amis. Mais soudainement, Ramez n’a plus de temps pour son petit frère : il est amoureux !
Aloush se sent délaissé et contrarié et essaie de se débarasser de cette « menace » en réalisant une série de farces. Aloush réussira-t-il à récupérer son frère
?

Crackboom (20 juin 2019) – 32 pages – 9,90€

Pas facile pour Aloush que son grand frère Ramez, dont il est très proche, se détourne de lui. Alors qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble et multipliaient les activités,  Ramez prend ainsi ses distances ! La raison de ce changement de comportement : l’amour.

Des sentiments, certes très humains, mais qui laissent Aloush, encore très jeune, bien indifférent. Lui, ce qu’il comprend, c’est qu’une intruse est en train de lui voler son grand frère adoré. Une seule solution, s’en débarrasser ! Et pour ce faire, le garçon a tout un arsenal d’idées qu’il n’hésite pas à mettre en œuvre. Mais cette jeune femme représente-t-elle vraiment une menace pour Aloush et sa relation avec son frère ?

À travers ce court et sympathique ouvrage, sont abordés avec justesse et beaucoup de sensibilité des thèmes comme la fraternité, mais également la jalousie et l’importance d’accueillir et d’accompagner ce sentiment. Chose qu’a su parfaitement faire l’intruse qui, de fil en aiguille, deviendra Dimas, la sympathique fiancée d’un grand frère peut-être moins disponible, mais qui aime toujours autant son petit frère.

En bref, voici un joli album jeunesse sur la fraternité, la jalousie et la nécessité de rassurer un enfant sur le fait que l’arrivée d’une nouvelle personne dans sa vie ne menace nullement l’importance des relations déjà existantes.

Merci à NetGalley et aux éditions Crackboom pour cette lecture.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
Certains vous tentent-ils ?

La fille fantôme, Bérengère Berte

Couverture de La fille fantôme par Bérengère Berte

Je remercie Bérengère Berte de m’avoir permis de découvrir La ville de l’étrange – La fille fantôme.

Zoé, douze ans, vient tout juste de déménager dans une ville au bord de la mer. Elle est impatiente de tout découvrir et de se faire de nouvelles copines. Mais voilà qu’elle entend des bruits inquiétants la nuit et qu’on la met en garde contre une fille étrange. Et si leur nouvelle maison était hantée?

Auto-édition (4 août 2018) – 72 pages – Pour les 9-12 ans

AVIS

C’est avant tout le titre qui a attiré mon attention appréciant les histoires de fantôme, notamment dans la littérature jeunesse. Ici, nous découvrons Zoé, une enfant de 12 ans qui vient d’emménager avec son grand frère, Mathis, et sa mère dans une nouvelle ville. Qui dit emménagement, dit nouvelle demeure, nouveau collège, et nouvelles amies !

De grands changements plutôt ordinaires, à l’inverse des phénomènes étranges qui semblent se dérouler entre les murs de la nouvelle maison de Zoé : des formes évanescentes, des coups portés à la porte de sa chambre durant la nuit et toujours à la même heure, des messages d’appel à l’aide… Même Mathis semble avoir remarqué quelque chose même s’il préfère faire la politique de l’autruche plutôt que d’affronter ces effrayants et inhabituels phénomènes.

La maison serait-elle hantée ? La jeune fille, d’un naturel curieux, se lance dans une enquête afin de comprendre le fin mot de l’histoire et, si possible, filmer l’éventuel fantôme. En effet, passionnée de vidéos, elle filme tout ce qu’elle peut… Et il faut bien admettre que des phénomènes paranormaux font un superbe sujet de reportage !

En plus de l’aspect fantastique que j’ai beaucoup apprécié et que j’ai trouvé très bien dosé, une large place est accordée à l’amitié, à l’acceptation de soi, aux non-dits, aux disputes et aux premiers pas vers la réconciliation. Les relations entre les personnages sont touchantes et l’on prend plaisir à suivre Zoé dans sa volonté de se faire de nouvelles amies dans son nouveau collège et de briser la carapace de sa très discrète et fuyante voisine.

Férue de littérature et introvertie, Seph est un personnage qui m’a particulièrement émue et dont j’ai apprécié de découvrir le passé, et notamment l’épreuve qui l’a poussée à rompre les liens avec ses anciennes camarades. Je ne vous en dirai pas plus sous peine de vous spoiler l’intrigue, mais je me suis sentie très proche d’elle, de sa personnalité et de son histoire. À cet égard, un gros bravo à l’autrice d’avoir su aborder, avec beaucoup de justesse, l’introversion trop souvent confondue avec la timidité, bien que les deux ne soient pas incompatibles. Introvertie moi-même, je pense qu’enfant, j’aurais apprécié d’avoir enfin un personnage auquel m’identifier, du moins en partie.

L’évolution de la jeune fille est frappante et bien amenée. D’abord fuyante, Seph va apprendre, avec l’aide de Zoé, à enterrer le passé pour aller de l’avant et s’ouvrir aux autres. Quant à Zoé, c’est une enfant dynamique, courageuse et intelligente à laquelle il est bien difficile de ne pas s’attacher. D’ailleurs, elle réussira très vite à nouer de nouvelles amitiés et à réunir des amies restées bien trop longtemps séparées… Seph et Zoé forment un duo complémentaire que je serais ravie de retrouver un jour ou l’autre dans de nouvelles aventures !

L’écriture de l’autrice est plaisante, fluide et travaillée tout en demeurant très accessible. La présence de nombreux dialogues apporte, en outre, pas mal de rythme à une histoire dans laquelle on s’immerge avec plaisir d’autant que sous couvert de fiction, des thèmes importants sont abordés…

En conclusion, La fille fantôme est un très sympathique roman jeunesse qui devrait plaire aux lecteurs, jeunes et moins jeunes, autant pour les personnages auxquels ils pourront s’attacher que l’ambiance fantastique teintée de mystère. Bien écrit et plutôt rythmé, voici un roman parfait pour ressentir de doux et légers frissons et faire le plein de belles émotions.

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