Mini-chroniques en pagaille #44 : de la douceur et de l’humour pour bien commencer l’année

De beaux livres Benjamin Lacombe et Harry Potter et des Funko Pop

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. Lire la suite

Mini-chroniques en pagaille #43 : de l’aventure, de belles illustrations et la magie de Noël en action…

De beaux livres Benjamin Lacombe et Harry Potter et des Funko Pop

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Mini-chroniques en pagaille #42 : une déception, de la douceur et de la (grande) musique !

Mini-chroniques en pagaille

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Mini-chroniques en pagaille #41 : challenge coréen, sorcière, chat et douceur !

Mini-chroniques en pagaille

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Mini-chroniques en pagaille #40 : première fournée pour le #PumkinAutumnChallenge et Le mois de la BD

Mini-chroniques en pagaille

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Voici trois lectures réalisées dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (Un petit besoin urgent, Crictor et Black Butler) et du challenge Le mois de la BD (Black Butler)

  • Un petit besoin urgent, Quentin Gréban (Mijade)

J’avais eu l’occasion de voir passer cet album jeunesse sur Instagram, alors quand je l’ai croisé à la bibliothèque, je n’ai pas hésité à l’emprunter. Comment, en effet, résister à cette belle couverture et à ce regard espiègle ?

La petite Éva, son petit frère encore bébé et leur maman sont de sortie, mais à peine arrivés au marché, catastrophe, Eva a une petite envie ! Sa maman lui avait pourtant bien demandé si elle était allée aux toilettes avant de partir, mais cette précaution n’a, apparemment, pas été suffisante. Branle-bas de combat, il n’y a pas à tergiverser : il faut retourner à la maison ! Et devant l’urgence de la situation, la sympathique famille va recevoir de l’aide de nombreux autres animaux, donnant lieu à des scènes qui ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Qui a dit qu’un voyage en tram était de tout repos ?

Cette aide providentielle sera-t-elle suffisante ? Pour le savoir, foncez lire ce sympathique album qui vous réservera une chute de taille, et qui ne devrait pas manquer de parler à de nombreux parents et adultes ayant eu la chance de garder des bambins. Et puis, il serait dommage de passer à côté de ces belles et grandes illustrations pleines de charme, mettant en scène des animaux adorables dont la personnification est aussi amusante que savoureuse.


  • Crictor de Tomi Ungerer (L’école des loisirs)

Il y a des gens qui reçoivent des fleurs ou du chocolat pour leur anniversaire, mais pas Madame Bodot. Car si son fils, qui étudie les reptiles en Afrique, a bien pensé à elle en cette occasion spéciale, il a opté pour l’originalité : lui envoyer, dans un joli paquet formant un rond, un boa constrictor !

Un cadeau empoisonné, quoique pas vraiment Crictor n’étant pas venimeux, qui va étrangement illuminer la vie de Madame Bonot. Ainsi, quand certains baladent leur caniche, elle, c’est son serpent qu’elle emmène partout devant les yeux ébahis des passants, et ceux médusés des lecteurs. La tendresse de Madame Bodot pour son serpent transparaît dans chaque scène et leur complicité fait chaud au cœur, surtout si, comme moi, vous êtres très sensibles aux relations êtres humains/animaux…

J’ai souri devant des scènes de vie classiques et banales mais qui, sous la houlette de Tomi Ungerer, prennent une tout autre saveur. Il faut dire qu’en plus d’être des plus dociles, Crictor étonne par ses multiples talents qu’il exercera pour le plus grand plaisir de son adoptante et des enfants. Et puis, certains petits voyous vont apprendre qu’il faut se méfier du serpent qui dort ! Même du serpent qui dort dans un lit douillet parfaitement adapté à sa taille…

Quant aux illustrations, elles dégagent beaucoup de charme, avec un côté suranné qui renforce cette impression d’être dans un cocon de douceur. La présence récurrente du vert offre une sorte d’hommage bien mérité à un protagoniste qui ne parle pas, mais qui possède une présence certaine. J’ai, en outre, adoré la manière dont l’auteur joue sur le physique de Crictor, agençant ses illustrations à partir de celui-ci.

Loufoque, mignon et diablement amusant, voici un petit album au charmé suranné qui devrait ravir les enfants et les adultes par la dose de bonne humeur et de fantaisie qu’il insuffle à chaque page. On y découvre un quotidien devenu cocasse grâce à un protagoniste inattendu et un auteur de talent qui réussit à faire classique et original à la fois. À lire, relire et partager !


  • Black Butler, tome 30 de Yana Toboso (Kana)

Black Butler, tome 30 par Toboso

J’ai, comme d’habitude, lu d’une traite ce tome non dénué de sang et de violence, mais peut-être un peu moins sombre et complexe que d’habitude. Nous suivons un personnage qui voit très mal de près, mais qui a une vision parfaite de loin. Une particularité qu’il va mettre, avec ses comparses, au service d’une cause, pas vraiment noble mais très rémunératrice, le vol de bijoux.

Notre voleur des rues s’en prend malheureusement à la mauvaise personne et n’a plus qu’une solution pour éviter la mort : travailler pour quelqu’un d’encore moins recommandable et de plutôt violent. Notre personnage était coutumier du vol, il va devoir ajouter le meurtre à ses compétences, jusqu’à que sa dernière mission ne se passe vraiment comme prévue… Fin de partie ou nouveau départ ?

Tous les indices étaient là, et pourtant, je me suis laissée berner par la révélation sur ce personnage qui n’est peut-être pas celui qui paraît être. Je vais rester vague, mais j’ai aimé ce tome pour le saut dans le passé qu’il offre et la manière dont il nous permet de mieux appréhender certaines choses et relations entre nos personnages. Les enjeux ne sont pas aussi élevés que dans d’autres tomes, mais on passe assurément un excellent moment auprès de Sebastian, Ciel et les autres, et l’on se dit que décidément, cette série a encore de belles choses à nous offrir !


Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

Mini-chroniques en pagaille #38 : de l’émotion, des sensations fortes et un peu de bilinguisme !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Raison et mariage de Laura Lee Guhrke

Raison et mariage par Guhrke

Ayant apprécié le tome précédent, j’avais certaines attentes mais j’avoue avoir été quelque peu déçue, n’ayant pas ressenti le même côté addictif avec cette romance qui tarde franchement à démarrer. Je n’ai pas non plus eu beaucoup d’affinités avec une héroïne que j’ai trouvée entêtée, bien que j’aie compris son envie de garder le contrôler sur sa vie et sa dot ! Quant au héros, il se révèle plutôt attachant et son passé assez marquant pour nous pousser à ressentir une certaine empathie pour sa personne.

Quelques bons passages et une écriture toujours aussi efficace m’ont permis néanmoins de terminer ma lecture sur une note positive, d’autant que j’ai apprécié que l’on ait une certaine continuité avec le premier tome puisque l’on suit de l’intérieur l’affaire sordide évoquée précédemment. Et si l’on connaissait déjà la fin, assister à la chute d’un infâme personnage n’a pas été désagréable, bien que l’issue soit quelque peu dramatique…

À noter que pour une fois, la mère de l’héroïne fait montre d’une certaine lucidité quant à sa condition de femme et tentera d’offrir, bien que maladroitement, d’autres perspectives à sa fille. Une fille plus faite pour diriger que se laisser manœuvrer, quoi que son père puisse en penser !

  • Moriarty tome 10 de Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi (dessin)

Couverture Moriarty, tome 10

Moriarty est une série que j’affectionne, mais dont je regrette la très grande inégalité entre les tomes. Mais ce tome 10 ne m’a pas déçue un instant, j’y ai retrouvé le charme des débuts et cette noirceur qui caractérise une intrigue poussant les lecteurs à considérer leur propre notion du bien et du mal, et dans quelle mesure ils sont prêts à franchir une frontière parfois bien mince.

Plutôt justicier répondant à l’appel de la loi ou plutôt justicier impitoyable qui n’hésite pas à utiliser les méthodes des criminels pour construire une société plus égalitaire et juste ? Le prince du crime et ses acolytes ont depuis un moment fait leur choix, un choix qui s’impose parfois à d’autres à cause ou malgré leurs idéaux nobles.

Ici, on suivra ainsi un idéaliste face à un choix éthique et moral qui va le conduire à entrer dans une partie d’échecs avec un fin stratège qui œuvre dans l’ombre et contre lequel, il nous semble bien démuni. Dès le début, j’ai tremblé pour ce personnage qui m’a semblé agneau dans un monde de loups !

Tension, corruption, trahison, sang et vengeance… encore un tome intense ! On regrettera peut-être une fin qui n’apporte pas grand-chose, mais qui permet à l’auteur d’introduire une petite dose de Sherlock Holmes, une chose à laquelle il semble tenir. Quant à l’esthétique globale du manga, elle est, comme d’habitude, irréprochable.

  • My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres d’Amélie Julien et Gustyawan (illustrations) 

Avant d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’autrice pour cette chronique très en retard, puisque je dois avouer avec honte avoir oublié l’album dans l’une de mes bibliothèques.

Comme le titre le laisse supposer, My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres est un album jeunesse bilingue anglais-français parfait pour initier, dès leur plus jeune âge, les enfants à une langue étrangère et/ou leur proposer une lecture en duo quand ils sont en âge de lire.

À chaque page, nous découvrons une ou deux phrases en anglais tout de suite traduites en français, avec une traduction qui évite l’écueil du mot à mot. J’ai apprécié de parcourir ces quelques planches pleines d’humour qui m’ont fait sourire. À travers les différentes situations décrites avec une naïveté tout enfantine, on ressent pleinement l’affection de deux enfants pour leur mère, même quand celle-ci fait des choses étranges comme s’étirer les bras et les jambes devant la télé, ou cacher des choses dans des endroits inattendus… Non, mais quelle idée de mettre les bonbons en hauteur dans un placard ou de cacher des légumes dans les pâtes.

Malgré ses petites excentricités, les deux frères l’aiment leur maman qui est là pour eux et qui sait toujours comment leur apporter joie et bonheur. Un vrai arc-en-ciel leur maman, le sourire et les bisous en plus ! Quant aux illustrations, leur rondeur, leur côté très coloré et leur simplicité devraient permettre aux enfants de se plonger aisément dans ces quelques pages, avant de réfléchir à toutes ces choses bizarres que font leur maman.

En bref, voici un album illustré plein d’humour prouvant la force des liens mère/fils tout en offrant une belle initiation au bilinguisme.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

en Silence, Audrey Spiry

Quelque part dans le sud, en été, un petit groupe d’amis part en expédition pour une grande journée de canyoning. L’isolement, le dépaysement et le frisson du danger vont servir de révélateur. Chacun, au fil de cette longue journée pleine d’imprévus, va se retrouver seul, confronté en silence à ses interrogations les plus intimes. Comme Juliette, la narratrice, qui remet en question sa relation avec Luis. Comment dépasser le sentiment d’immobilisme et d’attente qui imprègne leur couple, et qui lui est devenu presque insupportable ? Cette belle journée d’été n’est-elle pas, finalement, l’épilogue de leur histoire d’amour ? Unité de temps, de lieu, d’action, ce récit tout simple en apparence surprend et séduit à la fois par son ton, intime et sensible, et par sa forme, très picturale et spectaculairement colorée. Le premier album plein d’originalité d’une jeune dessinatrice au talent très affirmé.

CASTERMAN (9 juin 2012) – 174 pages

AVIS

À la recherche d’un livre avec le mot silence dans le titre pour valider un challenge littéraire, j’ai jeté mon dévolu sur cet ouvrage dont je n’avais jamais entendu parler, et que j’ai trouvé intéressant autant sur le fond que la forme. En début de lecture, le style graphique m’a un peu décontenancée, mais très vite, je lui ai trouvé beaucoup de cachet, d’originalité et une certaine puissance.

Au fil des pages, le jeu sur les couleurs éblouit les lecteurs qui se sentent alors complètement immergés dans cette sortie de canyoning en compagnie d’un moniteur Yann, d’un couple, Luis et Juliette, et d’une famille. On suit donc la progression du groupe jusqu’au canyon, une petite aventure en soi, puis tout au long d’une aventure qui leur et nous en met plein la vue, mais qui, je dois l’avouer, m’a donné quelques sueurs froides.

https://www.bdgest.com/prepages/Planches/1106_P2.jpg?v=1340409478Source : https://www.bdgest.com

Cette BD me suffit déjà pour dire que le canyoning n’est pas pour moi, même si je suis charmée par cette idée d’évoluer dans un cours d’eau, d’en découvrir les aspérités, d’en explorer les richesses, de se laisser porter par le courant et de descendre des cascades de différentes manières… Une activité fascinante mais qui n’est pas sans danger et qui mérite de prendre quelques précautions. D’ailleurs, la sortie réservera quelques petites frayeurs à certains participants, et notamment à Juliette qui semble avoir le don pour perdre de vue le groupe. Peut-être en écho à cette vie qui est la sienne, mais dans laquelle elle semble s’être perdue et ne s’épanouit plus.

Je n’ai jamais fait de canyoning, mais j’ai été surprise de la désinvolture avec laquelle le guide traite les gens sous sa responsabilité une fois les consignes de sécurité données. Je me serais peut-être attendue à un suivi plus rigoureux parce que descendre des cascades, passer par des endroits étroits et escarpés, tout ça dans un environnement aquatique, n’est pas anodin. Cela n’est qu’un détail qui n’ôte rien à la qualité de la BD, mais j’avoue que le comportement de Yann m’a parfois perturbée et déconnectée d’une l’histoire qui dépasse pourtant le simple cadre du canyoning.

Bien sûr, on sent à travers les épreuves traversées par les personnages, un ode au sport et au dépassement de soi, à la volonté de triompher de ses peurs, de sortir de sa zone de confort pour se découvrir et se redécouvrir, mais cette sortie de canyoning, c’est aussi l’occasion pour Juliette d’opérer un véritable travail d’introspection sur elle-même et le couple qu’elle forme avec Luis. Petit à petit, on découvre des bribes du passé du couple et le mal-être de Juliette face à un compagnon dont la vie semble en décalage avec la sienne. Le cinéma est une passion dévorante qui pousse Luis à avancer dans la vie, mais qui menace, à l’inverse, d’engloutir Juliette bien plus que ne pourrait le faire toute cette eau qui l’entoure.

À cet égard, j’ai été émerveillée par les effets graphiques qui nous donnent parfois l’impression que s’opère une réelle et totale fusion des corps et de l’eau, avant que corps et matière ne reprennent leur place. C’est assez spectaculaire et profond à la fois ! L’eau devient ainsi un personnage à part entière, un personnage personnifié par un dessin vivant, coloré et très expressif, qui nous permet de vivre pleinement chaque situation et de ressentir toutes les émotions et les interrogations qui traversent Juliette. L’autrice opère également un véritable travail sur les changements de ton et de registre, en alternant entre les phases de calme et de sérénité, et des moments où chaos intérieur et démonstrations de force de la nature se font écho. 

Source : https://www.audreyspiry.com

En bref, bien que le canyoning ne soit pas un sport qui m’attire, j’ai passé un très bon moment en compagnie de différents personnages, dont une fillette rigolote et attachante, et une jeune femme qui va profiter de cette journée de canyoning pour se dépasser et faire le point sur l’état de son couple. Parfois oppressant, mais surtout libérateur, voici un ouvrage que je ne peux que vous conseiller, d’autant qu’il bénéficie d’un travail d’illustration laissant une large place aux couleurs et à des traits presque vaporeux d’une grande puissance.

 

Mini-chroniques en pagaille #37 : piraterie, fée et kidnapping !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les aventures de Papagayo de Marie-Raymond Farré (Folio)

Couverture Les aventures de Papagayo

Découvert par hasard, ce roman jeunesse a tout de suite attiré mon attention, aimant beaucoup les récits de pirates ! Et je dois dire ne pas avoir été déçue par cette histoire d’amitié trahie, d’île mystérieuse, de carte à dénicher, de trésors fabuleux, de rhum qui coule à flots ou presque… Le tout amené à travers un personnage particulier, le perroquet du célèbre Tom Timothy, la terreur des sept mers.

Un perroquet qui va faire une entrée fracassante dans la taverne de deux jeunes sœurs, Madeleine, et Cathie Mini qui, du haut de ses dix ans, a déjà un caractère bien trempé ! Plus calme, sa sœur aînée possède néanmoins une poigne de fer, ce qui lui sera plus qu’utile pour gérer une taverne accueillant des pirates et autres brigands des mers. Des personnes de mauvaise réputation que Madeleine, en raison de sa grande myopie, prend pour des marins un peu bourrus… En tant que grande myope, j’avoue que la situation m’a amusée, parce que clairement, sans mes lunettes, mon appréhension du monde diffère quelque peu de celle des personnes ayant la chance d’avoir une bonne vue.

L’histoire contée par Papagayo, un perroquet qui, disons-le pudiquement, a de la personnalité, devrait ravir les enfants, mais aussi les adultes appréciant les histoires de pirates et de quêtes au trésor qui ne se terminent pas très bien pour les principaux belligérants. Pour ma part, j’ai apprécié le parallèle amusant entre le jeu de rôle qui conclut les journées éreintantes des deux sœurs, et l’histoire de Tom Timothy et de son meilleur ami. Si la conclusion est, dans les deux cas, la même, les conséquences sont bien différentes, car hélas, l’appât du gain peut venir à bout des plus belles amitiés … même de pirates !

Amusant, rythmé et illustré de manière très expressive et colorée, voici un petit livre jeunesse parfait pour se familiariser avec le monde de la piraterie; ou pour simplement se laisser bercer par les histoires du grand et truculent Papagayo. Un conteur à plumes et à bec haut en couleur !


  • Le gnome qui voulut être fée d’Audrey Alwett (ActuSF) :

Le gnome qui voulut être fée par [Audrey Alwett]

À la recherche d’une nouvelle à lire, j’ai jeté mon dévolu sur Le gnome qui voulut être fée qui se déroule dans l’univers de Poisons de Kartharz que je n’ai pas encore lu.

Sous fond de racisme primaire et de quête d’identité, l’autrice nous dépeint, d’une plume acérée et délicieusement caustique, la rencontre inattendue et plutôt (dés)agréable entre un gnome et une fée. Alors qu’une âme sensée et sensible se serait confondue en remerciements devant un gnome qui a fait fi de la haine ancestrale et viscérale des siens pour lui sauver la vie, notre fée se contente d’empêcher ses amis d’infliger à son sauveur une grosse correction. Après tout, comme un être aussi répugnant a-t-il osé la toucher, elle une fée ?

Notre ingrate est d’autant plus affligée qu’être touchée par le gnome ne lui a finalement peut-être pas tant déplu que cela, et que les autres fées ne peuvent s’empêcher de se gausser de sa mésaventure. Pire, le fils de la reine semble prendre ses distances avec elle, enfin, les prendre encore plus qu’auparavant. Quant à notre gnome, cette expérience n’a fait que renforcer le sentiment de décalage qu’il ressent envers les siens, celui-ci ne se sentant pas à sa place parmi des rustres qui le rejettent, et ont fait de lui, au fil des ans, leur souffre-douleur attitré.

Cette rencontre entre deux « ennemis naturels », est-elle le fruit du hasard et le début d’une nouvelle vie pour nos deux protagonistes, ou faut-il parfois se méfier des conséquences des bonnes actions que l’on peut faire sous le coup de l’émotion ? Parce que si le bien peut se trouver même dans le plus laid des êtres, la vilenie et la cruauté, quant à elles, peuvent très bien se cacher dans le beau et le délicat. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que j’ai apprécié la chute et son ton qui n’est pas sans rappeler celui des contes d’antan.

Caustique, cruelle et non dénuée d’intelligence, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous donner envie de vous plonger dans les autres écrits de l’autrice.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.


  • Le kidnapping de Stephen King de Romy Love :

Le Kidnapping de Stephen King par [Romy Love]

Si la couverture ne me plaît pas outre mesure, le titre de cette nouvelle a tout de suite éveillé ma curiosité. Et je dois dire que je ne regrette pas de m’être laissé tenter, l’histoire s’étant révélée truculente à souhait, voire délicieusement décalée.

Que fait un libraire au chômage, à cause du grand méchant internet, qui apprend que l’un des auteurs les plus vendus au monde prend sa retraite ? Vous séchez ? C’est pourtant simple, il s’envole pour les États-Unis et, avec l’aide de son beau-frère, il kidnappe ledit auteur ! C’est sa faute aussi au King des best-sellers, quelle idée de lâcher une bombe comme ça. Heureusement que Blaise n’est pas là, parce que je sens qu’il se serait fait une joie de détourner ma dernière phrase. Malgré son humour au ras des pâquerettes, on apprécie vite la vision très simple et légère de la vie de cet adulte piégé dans un esprit d’enfant.

Quant à notre libraire reconverti en kidnappeur, il va découvrir qu’il y a bien pire que kidnapper un auteur pour l’obliger à écrire un roman… Dans cette nouvelle, l’auteur ne se prend pas au sérieux, et vu le contexte actuel, ça fait un bien fou. Alors, l’humour ne vole pas haut, mais il a bien fonctionné sur moi. On s’amuse sans honte du pétrin dans lequel Romain s’est mis, chose d’autant plus aisée que ce dernier ne manque pas d’un certain esprit d’auto-dérision.

Au-delà de l’humour omniprésent et du côté complètement décalé de l’histoire, j’ai apprécié les multiples références que ce soit aux romans de Stephen King, à une série télé que je n’ai personnellement pas vue, ou à un célèbre conte détourné ici avec brio.

En bref, merci à l’auteur pour cette petite pause pleine d’humour qui m’a permis de me déconnecter du quotidien et qui ne devrait pas manquer de faire sourire les amoureux de Stephen King.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

Mini-chroniques en pagaille #36

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, je vais vous présenter trois ouvrages graphiques lus dans le cadre du challenge Mai en BD : un album jeunesse qui ravira les fans de chat, un album jeunesse offrant une véritable ode à l’imagination, et un manga s’emparant d’un personnage historique auréolé de tout un folklore plutôt sanglant.

  • Mon amie Momo de Misun Hwang (Picquier éditions)

Attendrie par cette petite fille qui serre fort contre elle un chat qui semble faire la tête, je n’ai pu que me laisser tenter par Mon amie Momo. Un joli album jeunesse qui, en peu de mots, mais avec beaucoup d’éloquence et de justesse, dépeint la belle et tendre amitié entre une fillette et une chatte appelée Momo, soit poils en coréen. Pour la majorité des heureux propriétaires de chats, ce prénom original prend tout son sens, parce que des poils, vous en aurez un peu partout chez vous avec un chat.

Nos deux amies passent de très bons moments ensemble entre séances de câlins, jeux, ronronnements… De beaux instants qui ne pourront qu’émouvoir les lecteurs et a fortiori les amoureux de chats. Mais, il arrive à Momo de sortir les griffes, ce qui peine notre fillette qui se demande alors si son amie l’aime vraiment !

Une question à laquelle elle aura heureusement une belle et démonstrative réponse, car malgré les quelques incidents qui peuvent subvenir, Momo se révèle une joyeuse, tendre et affectueuse amie. Quant aux illustrations, elles sont indéniablement le grand atout de cet album. Elles se révèlent d’une telle expressivité qu’elles pourraient se passer de texte, les lecteurs ressentant sans peine les liens forts qui unissent notre fillette et sa gentille, mais parfois caractérielle amie à poils.

Pour ma part, j’ai été séduite par ces illustrations en grand format, leur douceur rehaussée par des teintes profondes, et par le véritable travail visuel fait sur les émotions. L’autrice se montre économe en mots et effets de style, mais elle arrive néanmoins à restituer tous les sentiments des deux héroïnes et leur joie de partager de beaux moments.

En bref, Mon amie Momo est un très bel album jeunesse qui devrait toucher et ravir les amoureux des chats de tout âge. Beau, tendre et poétique, un ouvrage à lire et à relire !

  • Adélidélo ne s’ennuie jamais ! (tome 2) de Marie-Agnès Gaudrat, illustrée par Frédéric Benaglia (min BD kids) :

Couverture de « Adélidélo ne s’ennuie jamais ! »Je ne connaissais pas cette série pleine d’humour et de peps mettant en scène une toute jeune héroïne, Adélidélo, qui déborde de bonne humeur et d’imagination.

Du découpage d’un pauvre livre qui n’avait rien demandé à l’invention de mots rigolos qui amusent son père, en passant par une théorie originale qui vous poussera à ne plus jamais regarder votre frigo de la même manière, Adélidélo ne s’ennuie jamais et trouve toujours un moyen de s’amuser. Un moyen plus ou moins sage et farfelu, mais un moyen quand même de transformer les situations du quotidien en une aventure qui amusera les enfants et les adultes ayant conservé leur âme d’enfant.

Les enfants devraient, en outre, apprécier que l’on s’adresse parfois directement à eux, un procédé qui a le mérite de favoriser leur implication dans la lecture. Quant à la mise en page simple et aérée et les illustrations colorées et vives, elles apportent un côté doux et enfantin qui sied à merveille à ces petites tranches de vie pleines d’humour et de punch.

En bref, tendre et amusant, voici un album jeunesse pour petits et grands lecteurs en quête d’une jeune héroïne haute en couleur et à l’imagination débordante !

  • Vlad Draculea (tome1) dAkiyo Ohkubo (Soleil Manga)

Couverture Vlad Draculea, tome 1

Intriguée par sa couverture et son titre, j’ai décidé de lire ce manga sans trop savoir à quoi m’attendre. Et je dois dire que j’ai été surprise par cette histoire qui nous offre une plongée mouvementée et fascinante dans les arcanes du pouvoir, et de ses jeux d’influence. Le jeune Vlad III est le prince de Valachie, mais dans les faits sa sphère d’influence est très réduite puisque ce sont les boyards qui prennent toutes les décisions, du moins celles qui comptent. Sans oublier que de par son positionnement stratégique et géographique, son royaume est pris entre deux grandes puissances, le royaume de Hongrie et l’Empire Ottoman… Cela ne lui laisse guère de marge de manœuvre.

C’est d’ailleurs une menace à peine voilée du Sultan qui va révéler aux lecteurs la position délicate dans laquelle se trouve le prince, qui doit faire bonne figure devant des ennemis extérieurs, mais aussi intérieurs. Mais loin d’être le pion que l’on attend de lui et qu’il semble, dans un premier temps, être, Vlad va nous prouver que son calme cache un sens de la stratégie politique impressionnant !

De fil en aiguille, il va déployer sa toile autour de personnes qui se pensaient au-dessus de tout, de la morale, du peuple, des marchands et lui-même. Grave erreur parce que loin d’être une faiblesse, sa tempérance n’était qu’un moyen pour entreprendre en sous-main une révolution qui menace bien de tout faire vaciller, et de redistribuer les cartes du pouvoir en Valachie, mais aussi dans la région entière.

Il y a peu d’action à proprement parler dans ce premier tome puisqu’on est plus sur le terrain de l’échiquier politique, mais la fin nous laisse entrevoir un tome 2 un peu plus mouvementé à ce niveau, voire carrément sanglant. En effet, il semblerait que Vlad commence à laisser tomber son image de prince soumis et plus ou moins conciliant pour, peut-être, se rapprocher un peu plus de cette version de lui-même, que l’on connaît sous le nom de Vlad l’Empaleur.

Du cadre historique, à l’intrigue politique, aux jeux de dupe et de faux-semblants entre les personnages, en passant par les illustrations qui accordent une large place aux expressions des visages, tout m’a plu dans ce premier tome que je vous recommande chaudement pour une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir et de la vie d’une figure historique à la réputation sanguinaire.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

 

Le Renard et le Petit Tanuki, Mi Kitagawa

Le Renard et le Petit Tanuki T01

Animaux magiques et folklore japonais : un conte touchant pour faire grandir les petits… et les grands !

Il était une fois Senzo, un renard surpuissant craint de tous les animaux, qui semait la terreur sur son passage… à tel point que les dieux, pris d’une vive colère, le plongèrent dans un profond sommeil… 300 ans plus tard, à notre époque, ils décident de l’en sortir… à une condition ! Privé de sa force destructrice, le voilà chargé d’une mission spéciale : élever le petit tanuki Manpachi pour faire de lui un digne serviteur de la déesse du Soleil.

Manpachi a été rejeté par sa famille car il possède des pouvoirs immenses, qu’il a encore du mal à contrôler. Allergique à toute autorité, Senzo refuse de s’embarrasser d’un disciple, aussi mignon soit-il… Sauf qu’au moindre signe de rébellion, il est parcouru d’une douleur insoutenable ! Le voilà bien obligé d’accepter le marché…

Impossible de rester de marbre face à cette fable animalière ultra-craquante ! Mi Tagawa est de retour dans un récit plein de tendresse, après nous avoir déjà fait fondre avec sa peinture poignante des liens familiaux dans Père & Fils. À la manière d’un film de Ghibli, Le Renard et le Petit Tanuki touchera le cœur des petits comme des grands !

Ki-oon (5 novembre 2020) -156 pages – 7,90
Traduction : Geraldine Oudin

AVIS

Ayant complètement craqué pour la douceur qui se dégage de la couverture, j’étais impatiente de découvrir ce manga qui a fait fondre l’amoureuse des animaux en moi.

Après un long repos, destiné à le punir d’avoir semé la terreur autour de lui, Senzo, un grand méchant renard, se réveille avec des pouvoirs affaiblis, l’impossibilité de se rebeller sans en subir les conséquences, et l’obligation de former et de s’occuper d’un petit tanuki qu’il nommera Manpachi. Des trois punitions, c’est certainement la dernière qui exaspère le plus notre renard, qui n’a guère envie de jouer les nounous auprès d’un petit tanuki extrêmement affectueux et démonstratif ! Il a d’ailleurs beau le repousser, ce dernier ne peut s’empêcher de le coller.

Et si cela ne suffisait pas, voilà que notre duo doit également effectuer des missions sous la surveillance d’une bande de loups que notre renard rêverait de réduire en charpie. Il faut dire qu’en plus d’être ses ennemis naturels, ils ne sont pas du genre docile, même s’il y a quelques exceptions comme Tachibana, qui se révèle aussi fou fou que sympathique. De fil en aiguille, on suit donc cette bande de plus ou moins joyeux métamorphes et l’on assiste aux liens qui se forment entre Senzo et Manpachi. Car sous ses airs durs et implacables, Senzo n’est peut-être pas ce méchant renard que tout le monde pense et dont il aime se donner l’image.

J’ai adoré la relation entre le renard et le tanuki, une relation intergénérationnelle version animale non dénuée de poésie et de tendresse. Et ceci malgré le côté bourru et gros dur de Senzo qui a bien du mal à admettre que le sort de son protégé ne le laisse pas indifférent. Il y a d’ailleurs une scène dans laquelle on les retrouve endormis et collés l’un à l’autre des plus attendrissantes. Mais ne le répétez pas à Senzo parce que vu son caractère, je ne suis pas certaine que cela lui plairait beaucoup qu’on lui fasse remarquer.

Quant à notre petit tanuki, j’ai eu un véritable coup de cœur pour lui. Joyeux, confiant, optimiste, et mignon à souhait, il est impossible de ne pas s’attacher et de ne pas vouloir prendre soin de lui, d’autant qu’il a une histoire familiale difficile. Rejeté par les siens en raison de ses pouvoirs, et donc de sa différence, il cherche désespérément une famille. Mais Senzo acceptera-t-il de baisser suffisamment ses barrières pour lui laisser une place dans son cœur, dans sa vie et lui servir d’ancrage émotionnel et affectif ?

Au-delà de la relation qui se noue entre deux animaux qui n’ont apparemment rien en commun, mais qui sont liés à plus d’un titre, ce premier tome nous immerge avec brio dans le folklore japonais, fait de légendes et de créatures fantastiques fascinantes. À cet égard, en plus des métamorphes présents tout au long du manga, j’ai apprécié l’intrigue liée à un esprit de la maison chassé par un autre esprit... Cet épisode, qui apporte une petite touche d’horreur sympathique, sera l’occasion de réaliser que Senzo n’est pas encore prêt à se soumettre, et qu’aussi mignon soit-il, notre petit tanuki est peut-être bien plus fort qu’il n’y paraît... Mais l’est-il assez pour résister à une menace dont notre renard n’avait pas saisi toute l’ampleur ? 

Ce premier tome se finit ainsi sur une scène qui nous donne envie de nous jeter sur la suite et de découvrir ce qui va arriver à un tanuki pour lequel on développe très vite une vive et franche affection. Quant aux illustrations, elles sont à la hauteur de la couverture : mignonnes, douces et splendides. Le trait très rond des dessins, avec un accent volontairement mis sur les yeux, apporte beaucoup de douceur à une histoire pleine de sensibilité, mais non dénuée de moments plus durs, bien que jamais vraiment effrayants. Nous restons, après tout, dans une œuvre qui pourra plaire, divertir, attendrir et émerveiller les lecteurs de tout âge. 

En résumé, tout en abordant des thèmes parfois difficiles comme l’abandon et la peur de la différence, Le Renard et le Petit Tanuki est un manga adorable qui met en scène avec sensibilité et une certaine pudeur deux personnages très différents, mais dont le destin se trouve inexorablement lié. Doux et tendre à la fois, voici un manga qui devrait enchanter et émouvoir les amoureux des animaux, et les lecteurs en quête d’une plongée mouvementée et pleine d’émotions dans le folklore japonais.

Manga lu dans le cadre du challenge Mai en BD