Mini-chroniques en pagaille #17

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les tweets sont des chats de Bernard Pivot (Albin Michel) :

Les Tweets sont des chats (A.M. HORS COLL) par [Pivot, Bernard]

Découvert par hasard, je n’ai pas hésité à emprunter cet ouvrage d’autant qu’abonnée au compte Twitter de Bernard Pivot, je savais que les tweets présents dans ce recueil me plairaient.

Soit comme moi en lisant d’une traite le recueil soit en piochant au gré de vos envies, vous devriez prendre plaisir à découvrir cette sélection de tweets dans laquelle Bernard Pivot partage, en fonction de différents hashtags, des citations, ses pensées, des observations, des jeux de mots… tout ceci avec humour, poésie, justesse et un certain sens de l’à-propos.

Plusieurs thèmes sont ainsi survolés : la littérature, bien sûr, l’amour, les émotions, la musique, les femmes, les chats… Chacun devrait donc pouvoir trouver un ou plusieurs sujets qui l’intéresse plus particulièrement. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée un instant, il faut dire que le livre se lit vraiment très vite et a un petit côté hypnotique qui m’a poussée à tourner les pages les unes après les autres… L’effet Bernad Pivot, peut-être !

Certains tweets appellent seulement à la contemplation, l’auteur envoûtant ses lecteurs par sa maîtrise de la langue française dont il arrive, en quelques caractères, à retranscrire toute la beauté et la richesse. Quand d’autres ne pourront que vous faire réfléchir et/ou réagir voire, parfois, vous laisser dubitatifs… Je confesserai ainsi ne pas avoir saisi l’essence de certains messages, peut-être par manque de culture ou leur aspect un peu trop abstrait pour moi.

Si tous les tweets ne m’ont pas touchée de la même manière, aucun ne m’a laissée indifférente, ce qui est plutôt une bonne chose si l’on considère, comme Bernard Pivot, qu’une journée sans émotion est une journée perdue !

  • Entendez-vous sur Twitter les plaintes et gémissements des mots mutilés, compressés, torturés ? « 
  • Les écrivains ouvrent de moins en moins de parenthèses. De crainte probablement que leurs lecteurs n’y restent enfermés.
  • Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. – Illettrisme, répondit l’élève.
  • Un dictionnaire, c’est un roman écrit par un général fou d’ordre et de discipline.
  • Pour bien scruter le ciel, il faut éteindre toutes les lumières. L’obscurité donne à voir.
  • Chats – Tout ce qu’ils essaient de nous dire du Dr Laeticia Barlerin (Albin Michel):

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Voici un petit ouvrage très bien conçu qui en fonction de différents thèmes allant de l’alimentation aux préjugés en passant par les problèmes comportementaux donne des conseils et des moyens pour nouer une relation équilibrée avec son chat.

Très accessible, j’ai lu le livre d’une traite envoûtée par la manière dont l’autrice arrive à créer une connivence avec les lecteurs tout en leur donnant très envie de faire ce qu’il y a de mieux pour leur(s) poilu(s). Les conseils sont simples, faciles à mettre en place et surtout sans aucun jugement de valeur ni ton moralisateur.

Je tire d’ailleurs mon chapeau à l’autrice parce qu’après avoir répété une bonne dizaine de fois, par exemple, de ne pas donner de lait à mon chat sans que l’on m’écoute, ma patience a tendance à s’envoler. Raison d’ailleurs pour laquelle j’éprouve une certaine hantise à laisser mon chat sous la surveillance de personnes même proches. C’est que les préjugés ont la vie dure et qu’il est parfois difficile de faire entendre raison à des personnes certaines de bien connaître les chats.

Or cet ouvrage a le mérite de montrer que le chat est un animal dont il est important de savoir décrypter le comportement tout comme les besoins notamment en termes d’attention (non, le chat d’appartement ne fait pas sa vie tout seul), d’aménagement de l’espace et du territoire, de soins…

Aimant beaucoup les chats et ayant pris soin de me documenter sur cet animal avant d’adopter mon premier compagnon à quatre pattes, je n’ai rien appris de particulier, mais une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Ce livre me semble en outre parfait à lire si vous avez un projet d’adoption. Les infos synthétiques et données avec humour couvrent un large éventail de sujets ce qui vous permettra d’accueillir et de vous occuper de votre nouveau compagnon dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, je vais pour ma part, voir si M. Hardy est prêt à m’offrir une séance de ronronthérapie.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

 

 

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Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #14

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Le voleur de souhaits de Loïc Clément et Bertrand Gatignol, Delcourt éditions :

Couverture Le voleur de souhaits« Chaque éternuement d’autrui est pour Félix une occasion de prouver son originalité. Alors que toute personne bien élevée est censée accompagner l’éternuement de quelqu’un d’un « à vos souhaits » bien à propos, Félix, lui, modifie la formule à son profit par un subtil « à MES souhaits ». Et pour peu qu’il en soit remercié, il s’approprie le souhait en le capturant dans un de ses innombrables bocaux. »

Voici une très jolie histoire qui nous lance sur les pas d’un garçon ayant une capacité assez spéciale et qui fait quelque peu rêver : il peut, sous certaines conditions, capturer les souhaits des gens qui éternuent devant lui ! Quand certains garnissent leur bibliothèque de livres, il préfère donc garnir ses étagères de tous ces souhaits capturés et mis précautionneusement en bocaux.

Mais est-ce que son immense collection lui apporte vraiment le bonheur ? À trop se focaliser sur les souhaits des autres, sait-il vraiment quels sont les siens ? Des questions qui sont abordées ici avec beaucoup de poésie, de douceur, de tendresse et de sensibilité. Grâce à une rencontre et à un voyage autant physique qu’intérieur, notre jeune homme va évoluer jusqu’à découvrir sa vérité…. Je n’en dirai pas plus sur le récit que je vous invite plutôt à découvrir par vous-mêmes, mais ce qui est certain, c’est qu’il devrait vous mettre des étoiles plein les yeux et vous pousser à réfléchir à votre propre notion du bonheur.

Quant à la forme, je n’ai pas été séduite outre mesure. Si j’ai apprécié la rondeur des traits et l’expressivité des regards, il m’a néanmoins manqué un peu de finesse… La mise en couleur est également assez terne ce qui crée un décalage déstabilisant avec la narration qui, à l’inverse, se veut puissante. J’ai toutefois trouvé que cette colorisation sans extravagance facilitait pleinement l’immersion dans la vie de ce jeune homme qui vit, durant une partie du récit, à travers les souhaits des autres.

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  • La confrérie des Lions Blancs tome 1 et 2 de Natsuko Takahashi, Komikku éditions :

Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 1Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 2

« Il ne peut y avoir qu’un seul chevalier blanc…
Un dyptique au tracé impeccable dans un univers original, fantasy et contemporain, d’une école de chevaliers.
Quatre jeunes adolescents avec une personnalité bien différente se rencontrent dans une école de chevaliers. Fun, aventures, rêves, accomplissements et échecs régissent leur vie. »

L’auteur nous plonge d’emblée dans une école de chevaliers avec son lot d’entraînements, de duels, de joutes, mais aussi de rivalités et d’amitié. Parmi tous les élèves, nous en suivons plus particulièrement certains dont Thomas Abel, un jeune homme qui force le respect par sa pugnacité et son envie de devenir un grand chevalier. Plutôt faible par rapport à ses camarades à son arrivée à l’école, il ne va jamais renoncer à son rêve et se démener pour l’atteindre. Quand ses amis se reposent et chahutent, il s’entraîne encore et encore quitte à susciter les moqueries…

Les personnages sont intéressants et diversifiés : aux côtés de Thomas et de son sérieux à toute épreuve, il y a l’élève brillant mais nonchalant, celui qui est également très doué, mais qui cache un secret, l’ami pas vraiment fait pour la chevalerie, mais qui apporte son charme au récit… J’ai juste un peu regretté que tous ces protagonistes ne soient pas exploités outre mesure, leur intérêt résidant avant tout dans leurs interactions avec Thomas.

Si le premier tome introduit les personnages et l’école au sein de laquelle ils évoluent, le second tome se veut un peu plus dur, les choses sérieuses commençant pour les personnages. Thomas va devoir faire ses preuves et, fidèle à lui-même, y mettra de tout son cœur malgré certains événements qui ne manqueront pas de le perturber… Les lecteurs devraient apprécier de voir l’évolution spectaculaire, mais réaliste, de ce jeune homme qui offre une jolie leçon sur l’espoir, la force des rêves et la nécessité de se donner les moyens de les atteindre.

Quant à l’univers, il se limite en grande partie à l’école, mais on ne ressent aucun ennui, l’immersion étant efficace et les entraînements/duels passionnants à découvrir. Si vous aimez les histoires de chevalerie, vous apprécierez probablement de découvrir « ses coulisses » et comment les heureux élus ont dû batailler contre leurs camarades, mais avant tout contre eux-mêmes, avant de devenir des chevaliers émérites !

  • Elma, une vie d’ours – tome 1 : Léa Mazé et Ingrid Chabbert, Dargaud :

Couverture Elma : Une vie d'ours, tome 1 : Le Grand Voyage

« Elma est une gamine joyeuse et insouciante élevée par un ours qu’elle considère comme son papa. Mais l’ours cache un secret : Elma est en fait la fille de Frigga, la mage du royaume. La légende raconte que seule la fille de Frigga pourra sauver le monde des eaux. Pour cela, sa mère doit la confier à la forêt et l’enfant devra y survivre 7 années. Si elle y parvient, leur monde sera sauvé et Elma pourra rejoindre sa mère et les siens de l’autre côté de la montagne… Comment l’annoncer à Elma qui aura bientôt 7 ans ? Comment se résigner à quitter cette gamine espiègle que l’ours considère comme sa fille ? »

 

C’est la couverture toute douce qui m’a donné envie de lire ce très bel ouvrage empli de poésie et de sensibilité. Nous faisons la connaissance d’un ours et d’Elma, une fillette qu’il a élevée comme si c’était la sienne. Se dégage dès les premières pages une très grande douceur, l’amour entre ces deux êtres étant flagrant ! Mais très vite, l’autrice introduit un certain suspense : Papa Ours décide de se lancer dans un voyage sans en dévoiler la raison à sa fille adoptive. Un secret qui attise bien évidemment la curiosité de la fillette tout comme celle du lecteur ! Durant le voyage, notre petite famille va rencontrer des obstacles qui n’ont rien de fortuit, et qui vont les mettre dans des situations périlleuses.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dont je lirai la suite avec plaisir. En plus du suspense et de la tension qui tiennent le lecteur en haleine, difficile de rester insensible face à la relation entre Elma et son Papa Ours. Malgré la différence d’espèce qui ici disparaît naturellement, on a vraiment l’impression d’être face à un papa poule et sa fille... Tous les deux se révèlent très attachants, l’ours dans sa volonté de protéger son enfant, et Elma dans sa personnalité tout en exubérance et bonne humeur.

À lire si vous aimez les jolies histoires et les récits d’aventures non dénués d’une certaine poésie.

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
En avez-vous lu certains ?

 

Mini-chroniques en pagaille #13

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ayati :  La légende des cinq pétales de Fabien Fernandez et Sandra Violeau :

Couverture Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, tome 1

« Dans une Inde ancienne et fantastique, Ayati une adolescente de 14 ans ayant perdu ses parents très jeune vit une enfance difficile. Élevée par son oncle et sa tante, elle subit les corvées familiales, son rêve le plus cher est de s’extirper de cette vie qui ne la rend pas heureuse…
Un jour alors qu’Ayati est partie chercher de l’eau pour le foyer familial, elle découvre sur le chemin du retour son village assaillit par des pirates, la doyenne sur le point de se faire tuer. Ayati tente de la défendre, coûte que coûte, se manifeste alors un don inné qui lui permettra de sauver la vieille femme… »

Je dois confesser une petite déception au niveau de cette BD que j’attendais de découvrir avec impatience. L’ambiance graphique est somptueuse avec des décors qui vous font voyager depuis votre canapé, chaise ou lit. Les couleurs sont profondes et lumineuses et vous immergent complètement dans cette atmosphère mêlant imaginaire, rêve et magie.

Malheureusement, si la forme est impeccable et justifie à elle seule la lecture de cette BD, il n’en va pas de même pour le scénario qui peine à convaincre et à offrir une aventure prenante et étoffée. Alors que l’on aurait pu être séduit par l’idée d’une jeune fille exploitée par sa famille qui finit par découvrir, lors d’un malheureux événement, qu’elle possède des pouvoirs, on se sent désœuvré face à un récit mené sans grande conviction et avec bien trop de précipitation.

Tout se déroule trop vite, ce qui donne presque le sentiment que l’histoire a été bâclée ou, du moins, qu’elle ne bénéficie pas du développement qu’elle aurait mérité… Le lecteur n’a pas le temps de se poser de questions sur les pouvoirs de l’héroïne, leurs origines ou leur étendue. De la même manière, devant l’enchaînement ininterrompu des événements, il semble bien difficile de s’inquiéter pour elle et de s’intéresser aux épreuves qu’elle ne manquera pas d’affronter.

Autre point problématique, bien que ce soit personnel, je n’ai pas accroché à la personnalité d’Ayati, qui en absence de développement, ressemble plus à une adolescente rétive qu’à une combattante mue par de nobles desseins. Ses réparties m’ont parfois fait lever les yeux au ciel par leur puérilité et ne m’ont donc pas particulièrement inspiré de sympathie… À 14 ans, j’estime qu’on a assez de maturité pour ne pas se comporter comme une enfant surtout quand les enjeux sont importants et des vies en danger. Point positif, le compagnon plutôt original qui viendra aider notre héroïne dans son aventure et qui m’a complètement fait craquer.

Ayati est donc une superbe BD qui vous époustouflera par les illustrations et l’ambiance qu’a su insuffler la dessinatrice au récit, mais qui est desservie par une scénario semblant dépourvu d’âme et de consistance…. Dommage, tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir un très beau divertissement. Je lirai quand même la suite par curiosité, mais je me tournerai probablement vers un emprunt plutôt qu’un achat.

Comme toujours, je vous invite à vous forger votre propre opinion puisque cet ouvrage saura peut-être vous séduire.

  • Les enfants du Bayou d‘Isabelle Bottier et Eva Roussel :

Couverture Les enfants du Bayou, tome 1 : Le rougarou

« Après avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens. »

Cela fait un petit moment que je voulais lire cette BD trouvée lors d’une petite visite en bibliothèque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai eu le nez creux en l’empruntant puisque cette BD a été un coup de cœur ! Je l’ai d’ailleurs relue deux fois d’affilée, ce qui ne m’arrive quasiment jamais. Dans ce récit qui se déroule dans la fascinante Louisiane, on découvre un père et son fils nouvellement installés suite à la destruction de leur maison par un ouragan. Très vite, ils feront connaissance d’une dynamique petite fille, Liloye, et de son adoptante.

Liloye est un petit bout de femme plein d’entrain et à l’humour déjà bien affirmé. Elle apporte de la légèreté dans ce récit qui aborde des thèmes comme la reconstruction et  la quête de soi, les nouveaux départs, l’espoir… Des sujets qui sont ici traités avec humour, tendresse et poésie. Tous les personnages sont, en outre, attachants et vous feront vivre de multiples émotions.

En d’autres termes, cette BD, c’est un petit concentré de douceur autant au niveau du fond que de la forme, les illustrations et leurs chaudes couleurs vous enveloppant dans un cocon réconfortant. Ancrée dans une atmosphère empreinte de magie, d’humour, d’amitié et de solidarité, Les enfants du Bayou saura séduire toute la famille !

  • Ananke de Noirgaley et Edwin Madrid :


 » Je ne vais quand même pas chercher cette petite toute la journée ! Voilà où ça mène de se laisser embobiner par une gamine !  »  » On m’avait bien dit de ne pas suivre les inconnus ! Je dois être tombée sur une vieille sorcière !  »

Découvert complètement par hasard, c’est la couverture qui m’a poussée à emprunter cet album mettant en scène une très belle amitié entre une vieille femme et une jeune fille. Celles-ci très différentes autant en termes d’âge que de personnalité ont pourtant un point commun : la solitude. La première connaît la solitude en raison de son âge et de l’isolement qui lui est bien souvent associé, quand l’autre se retrouve bien seule en raison d’une situation familiale complexe…

Deux personnes désœuvrées qui ne se connaissaient pas, mais que le destin va faire se rencontrer de manière plutôt incongrue d’ailleurs. La vieille dame et la jeune fille vont ainsi vivre ensemble une aventure extraordinaire qui n’est pas sans rappeler un peu le côté absurde d’Alice au pays des merveilles. Dans cette étrange contrée à la frontière du rêve et du cauchemar dans laquelle elles seront transportées à leur corps défendant, elles apprendront à se faire confiance, et petit à petit, à laisser fendre leur carapace. Cette expédition sera donc l’occasion pour chacune d’entre elles de trouver enfin une personne avec laquelle partager ses peines, mais elle sera également l’occasion d’une certaine introspection sur leur vie et leur avenir…

Bien que l’intrigue soit trop courte à mon goût, l’ouvrage bénéficie de tous les ingrédients pour offrir un moment de lecture aussi beau qu’intense : une ambiance onirique, de l’évasion, de l’action, du mystère, des réflexions sur des sujets sérieux et universels, de l’émotion, des personnages attachants, et le point qui m’a le plus émue, une très belle amitié intergénérationnelle. Quant aux illustrations, elles reflètent à merveille l’ambiance presque fantasmagorique qui ressort du récit.

Voici donc un ouvrage que je vous recommande les yeux fermés si vous aimez les amitiés fortes qui sortent des sentiers battus, et les ouvrages offrant un joli message d’espoir.

Et vous, connaissez-vous ces BD ?
Avez-vous envie de les lire ?

Mini-chroniques en pagaille #12

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Pepper et Carrot, David Revoy :

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La BD se présente sous la forme de scènes qui prêtent bien souvent à sourire. Cette BD est, en effet, emplie d’humour d’autant que l’adorable duo qu’elle met en scène est plutôt du genre gaffeur. Entre une apprentie sorcière qui invite les monstres à prendre le thé au lieu de les enjoindre à attaquer, par exemple, son horripilante rivale et un chat aussi gaffeur que sa maîtresse, le lecteur n’a pas fini d’avoir le sourire aux lèvres. Les situations dans lesquelles se retrouve notre jeune sorcière sont, en outre, variées et bénéficient bien souvent d’une chute inattendue ou, du moins, décalée. Rires, sourires et bonne humeur garantis !

Et puis que dire de ces magnifiques illustrations qui sont d’une douceur à vous donner envie de vous plonger complètement et irrémédiablement dans cet univers plein de magie. C’est beau, drôle et mignon ! Il ne m’en faut pas plus pour vous conseiller de foncer chez votre libraire pour découvrir ce duo gaffeur, mais tellement attachant. Je suis maintenant impatiente de découvrir la suite des aventures de Pepper et Carrot… À noter qu’en fin d’ouvrage, est présente une petite interview de l’auteur qui vous en apprendra plus sur la genèse de ce projet et sa volonté de proposer son travail en open source. Un pari à première vue risqué qui semble pourtant lui avoir réussi.

  • Le Pass’Temps : Les Joyaux de la couronne, Ariane Delrieu et Carbone :

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Ce sont d’abord les superbes illustrations qui m’ont donné envie de découvrir cette BD. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue par la qualité graphique de cet ouvrage. Les couleurs sont lumineuses et les dessins d’une douceur très enfantine. C’est donc un pur bonheur visuel de parcourir les différentes planches qui s’offrent à nous, et de voyager aux côtés de Marie et de son frère dans le temps.

Ces deux enfants ont été transportés au temps de la Renaissance grâce à un miroir posé dans le grenier de leur costumière de grand-mère. C’est ainsi qu’ils vont se retrouver, pour leur plus grand étonnement, dans un château face à la future reine de France, Claude de Bretagne. Celle-ci, s’étant fait voler un précieux bijou, sera plus que ravie de pouvoir compter sur l’aide de ces deux enfants débrouillards qui se lanceront, avec l’aide d’un soldat, sur la piste du voleur.

L’intrigue devrait plaire autant aux amateurs de voyages dans le temps qu’aux amateurs d’histoire, et plus particulièrement à ceux appréciant la Renaissance. En plus de situer son récit à cette époque, l’auteure a veillé à faire intervenir des personnages historiques. Elle offre même à ses lecteurs, en fin d’ouvrage, un petit rappel sur ceux-ci et sur les principaux faits marquants de l’époque. Je ne suis pas une spécialiste de cette période, mais j’ai apprécié la fidélité avec laquelle elle est abordée.

Fidélité qui se retrouve également dans les très beaux costumes des personnages ou encore, dans le vocabulaire quelque peu châtié de ceux-ci. D’ailleurs, l’auteure joue avec brio sur le décalage entre le vocabulaire de la reine, de sa gouvernante et du soldat, et celui de Marie et Léo. Nous aurons donc droit à de beaux anachronismes qui feront indubitablement sourire les lecteurs. Avouons qu’entendre parler de voiture ou d’ordinateur en ce début de XVIᵉ siècle a de quoi amuser !

  • Diary of a responsible fairy and her pet unicorn, Victoria Summers

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Pour son anniversaire, Lily veut, comme beaucoup d’enfants de 11 ans, un animal de compagnie, mais pas n’importe lequel : une licorne ! Ce n’est pas si surprenant pour une petite fée… Mais elle va apprendre qu’adopter un animal, aussi magique soit-il, demande une attention de tous les instants.

Cette histoire se déroule dans un monde magique, mais elle permet néanmoins aux enfants de comprendre, de manière ludique et légère, la responsabilité que représente un animal de compagnie. Je conseillerais donc aux parents, dont les enfants se montrent intéressées par l’adoption d’un animal, de parcourir avec eux cette jolie histoire. Cette dernière pourrait également plaire aux adultes qui, comme moi, ont gardé leur âme d’enfant et qui aiment s’imaginer un monde où les licornes existent !

S’agissant d’un livre destiné à un très jeune public, le niveau d’anglais est très accessible, et représente donc une bonne initiation à la lecture en anglais pour les enfants, et une manière douce de s’y (re)mettre pour les adultes.

Et vous, connaissez-vous ces ouvrages ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #11 : Darkham Vale de Jack Lawrence (tome 1 à 5)

Mini-chroniques en pagaille

Mini-chroniques en pagaille

Découverte par hasard à la bibliothèque, je vous parle aujourd’hui des cinq tomes de la série Darkham Vale aux éditions Bamboo. A noter que cet article avait été rédigé il y a déjà plus d’un an et qu’il s’était perdu dans mes brouillons…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une ville peuplée de monstres, de fantômes, de revenants, de vampires. Une ville avec une réputation inquiétante. Vous entrez dans Darkham Vale, un endroit brumeux et froid, pour la plus grande joie de ceux qui aiment se faire peur.

Ryan et son père viennent d’hériter d’une vieille bicoque isolée, après le décès d’un oncle. « Et si elle était hantée ? » se met à imaginer cet adolescent rêveur Et pourtant, son sourire s’efface lentement quand il découvre que certains habitants de Darkham Vale l’observent d’un drôle d’air Les rues du village sont peuplées de gens étranges, qui revêtent une silhouette monstrueuse en s’éloignant dans l’ombre. Ryan s’en inquiète mais son père met cela sur le compte des événements familiaux récents : le divorce, le déménagement, l’héritage…

Et pourtant, Ryan n’est pas un enfant perturbé. Il se passe bel et bien des choses étranges dans les brumes qui enveloppent leur nouvelle maison…

Tome 1 : Le village hanté

Ryan et son père viennent d’emménager dans une vieille maison héritée à la mort d’un oncle. Le jeune homme se rend compte très vite que des choses étranges se passent dans leur nouvelle ville de résidence, Darkham Vale. Quand il tombe nez à nez avec un loup-garou, ses doutes sont levés : ce n’est pas son imagination fertile qui lui joue des tours, mais bien la ville qui abrite d’étranges créatures.

J’ai trouvé le point de départ de l’histoire plutôt commun, mais n’ayant pas d’attentes particulières pour cette série, cela ne m’a dérangée outre mesure. Le village hanté est un tome introductif qui permet à l’auteur de nous présenter les personnages principaux. L’histoire n’est donc pas forcément passionnante, mais se révèle suffisamment intéressante pour m’avoir donné envie de lire la suite. Je suis ainsi curieuse d’en apprendre plus sur Ryan et les raisons qui font de lui un être aussi important pour les différentes créatures qui peuplent cette histoire.

Tome 2 : la caverne au dragon

Nous retrouvons Ryan qui se fait à l’idée de vivre parmi les monstres, on peut même dire qu’il vit très bien le fait de savoir que des créatures de l’imaginaire comme des vampires existent bel et bien. Il ressort d’ailleurs du jeune homme une certaine naïveté, mais la réalité va néanmoins vite le rattraper : les monstres en ont après lui et n’hésitent pas à l’attaquer.

Dans ce tome, Ryan paraît encore un peu inconscient des menaces qui pèsent sur lui, mais on devine que la suite des événements va lui remettre un peu les pieds sur terre. Le duo Ryan et Troy fonctionne bien ; j’espère donc voir l’amitié des deux amis évoluer au fil des tomes et leurs liens de resserrer. Avec La caverne au dragon, on se rend compte que les monstres ne sont pas tous mauvais et que certains sont prêts à tous pour protéger notre jeune héros. J’ai également trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur la mythologie de la ville qui n’a pas toujours été le repère de créatures sanguinaires, mais plutôt un havre de paix ouvert à tous. Un changement radical donc !

Tome 3 : Vampires et corbeaux

À mesure que l’on avance dans la série, l’histoire devient beaucoup plus sombre, chose que j’ai fortement appréciée. Les actions s’enchaînent également très vite donnant ainsi un rythme soutenu à la BD. Certaines questions obtiennent enfin des réponses, notamment sur la raison qui pousse autant de personnes à fonder de grands espoirs sur Ryan. La question est de savoir si le jeune homme, déjà affecté par un deuil, sera en mesure d’affronter le destin que Corvus, Monarque des corbeaux a prévu pour lui avant même sa naissance. Comme pour le tome précédent, la BD se termine de manière à donner envie aux lecteurs de lire très vite la suite. Une guerre se prépare et j’ai, pour ma part, très envie de la suivre.

Tome 4 : La prophétie

Les choses s’accélèrent et la bataille entre les « forces du bien » et « les forces du mal » est maintenant bien engagée. Le mystérieux Tarnas Kerith est bien déterminé à tuer Ryan qui ne lui est plus d’aucune utilité. Mais son principal objectif reste de délivrer son ignoble et très puissant maître Karlack. J’ai beaucoup aimé la révélation inattendue en fin de tome qui nous pousse à revoir l’histoire sous un angle nouveau. Elle apporte également un peu de profondeur à une histoire qui reste, somme toute, plutôt basique. Nous sommes dans une série jeunesse et on le ressent dans le manque de développement des protagonistes. À cet égard, j’avoue avoir été déçue de la faible participation de Ryan qui, pour le moment, se contente de subir les événements et de se faire constamment protégé. Mais il est vrai qu’il n’a jamais accepté la prophétie le concernant et ne s’est donc jamais considéré comme un héros.

Tome 5 : La lutte finale

Ce tome final fut très riche en rebondissements notamment en ce qui concerne cette histoire de prophétie. Je ne peux pas vous en parler sans prendre le risque de dévoiler une chose importante de l’intrigue, mais attendez-vous à quelques surprises ! J’ai, dans tous les cas, beaucoup apprécié les différentes révélations d’autant que je ne les attendais pas du tout. Ryan, quant à lui, se décide enfin à participer au combat contre Karlack en dépit des nouvelles informations apprises. Vous verrez que cela lui donne un côté héroïque qui lui avait, jusqu’à maintenant, fait défaut. En bref, la conclusion de cette série me convient tout à fait puisque l’auteur n’est pas tombé dans la facilité et a veillé à offrir une fin nuancée : pas de grand happy end, mais pas de tragédie non plus.


Pour conclure, si vous aimez les BD, les histoires de monstre, les prophéties, les héros malgré eux, et que le côté jeunesse ne vous gêne pas, je ne peux que vous inviter à donner sa chance à la série Darkham Vale. L’histoire et les illustrations devraient vous faire passer un moment de lecture agréable. N’hésitez donc pas à donner une chance à cette série d’autant qu’elle se lit très vite, un tome pouvant être parcouru en moins de vingt minutes.

Mini-chroniques en pagaille #10

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Mini-chroniques en pagaille

 

  • Les Chats de Siné

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  • Album: 62 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (26 novembre 1996)
  • Collection : Bibliothèque du dessinateur

L’auteur a utilisé le terme « chat » pour nous offrir une ribambelle de jeux de mots. Je dois d’ailleurs avouer que j’ai été très agréablement surprise par la richesse que ces quelques lettres offrent aux amateurs de la langue française. J’ai peut-être trouvé certains jeux de mots un peu tirés par les cheveux, mais cela ne m’a pas empêchée de les trouver tous très savoureux.

Mais ce qui fait le charme de cet album, ce sont les illustrations qui mettent en scène des matous à partir des différents jeux de mots. Cela donne des représentations décalées, parfois loufoques, mais toujours amusantes. Les dessins sont très simples, mais Siné a réussi à travers son coup de crayon a capturé toute la fantaisie de ces petites boules de poils.

Le seul défaut de ce livre est sa vitesse de lecture, mais comme c’est le genre d’ouvrage que l’on peut feuilleter régulièrement, cela ne m’a pas dérangée. Maintenant que j’ai rendu l’album, je pense me l’acheter et en offrir un exemplaire à ma grand-mère qui, malgré son alzheimer, adore toujours feuilleter des livres. La simplicité des dessins et le travail de l’esprit que permettent les jeux de mots me font d’ailleurs penser qu’il pourrait représenter un outil de travail pour l’équipe de soignants de la maison de retraite.

En bref, cet album offre une bouffée d’air frais et de bonne humeur. C’est un indispensable pour les amoureux des chats et/ou de la langue française. C’est en tout cas pour moi un gros coup de cœur !

  • La nuit des korrigans, Yvon Mauffret

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  • Poche: 52 pages
  • Editeur : Liv’éditions (31 mai 2000)
  • Collection : JEUNESSE

Étant en vacances en Bretagne, il me semblait amusant de lire un petit roman évoquant des êtres du folklore, les korrigans. Nous suivons ici l’histoire d’un paysan très travailleur qui a une particularité physique dont il a fini par s’accommoder : une disgracieuse bosse. Sa rencontre avec des korrigans va néanmoins lui permettre de la faire disparaître. Mais devenir normal va-t-il vraiment le rendre plus heureux ? Question d’autant plus pertinente que ce petit miracle va éveiller la jalousie d’un personnage odieux et plein d’avarice.

Petite histoire qui se lit très rapidement, La nuit des Korrigans permet de réfléchir à différents choses : la notion de bonheur, l’argent, la jalousie, l’envie... A travers deux personnages au tempérament diamétralement opposé, l’auteur nous prouve qu’il est parfois suffisant de se contenter de ce que l’on possède pour être heureux. J’ai, en outre, apprécié l’apparition des facétieux korrigans qui se jouent des hommes quand ceux-ci se montrent sous leur plus mauvais jour.

Quant aux illustrations qui parsèment le livre
, elles permettent de se plonger de manière encore plus importante dans le récit même si j’ai un peu regretté qu’elles ne soient pas en couleurs.

En résumé, la nuit des korrigans est une jolie petite fable qui devrait plaire aux petits et aux grands, les premiers seront transportés par l’histoire quand les seconds devraient en apprécier la morale.

  • Neska du clan du lierre, Le Marché des coccinelles

  • Album: 56 pages
  • Editeur : Delcourt (27 janvier 2016)
  • Collection : DELC.TER.LEGEND

Séduite par l’univers graphique de la BD et du superbe travail de colorisation, je l’ai empruntée sans vraiment m’attarder sur son résumé. Après lecture, je ne peux que vous conseiller de prendre le temps de le lire afin de mieux appréhender la mythologie se cachant derrière cette histoire.

J’ai, pour ma part, apprécié de découvrir le clan du Lierre et la relation qui l’unit aux escargots, animal dont le clan est dépendant. On comprend très vite la nécessité pour ce peuple de trouver une solution à la mort de la femme du chef, une Appeleuse qui permettait de maintenir le contact avec les escargots. L’avenir du clan étant en péril, le chef décide de se rendre avec ses filles, Neska et Siloë, au Marché des coccinelles où il espère trouver une solution.

Tout au long de l’aventure, on suit plus particulièrement Neska qui, contrairement à son père et sa sœur, n’est pas prête à croire la mort de sa mère. Elle espère donc trouver au marché des réponses sur l’enlèvement de sa mère, dont elle a été le témoin, par un Immense, créature dont personne ne semble vouloir croire l’existence. Ses espoirs ne seront pas vraiment satisfaits, mais elle fera, par contre, une découverte capitale pour elle et son peuple. Et si la survie du clan des Lierres n’était pas seulement liée à la formation d’une nouvelle Appeleuse ?

En plus d’une histoire riche qui laisse deviner de nombreuses révélations à venir, j’ai été séduite par l’univers graphique et les illustrations. je lirai donc la suite avec plaisir.

Et vous, ces livres vous tentent ?

 

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