Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

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En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

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  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #18 :

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ekhö tome 6 : Deep South, Christophe Arleston et Alessandro Barbucci (éditions Soleil) :

Couverture Ekhö : Monde miroir, tome 6 : Deep south

Ekhö est une série que j’avais un peu délaissée, mais j’ai sauté sur ce sixième tome quand je l’ai trouvé à la bibliothèque. Et j’en ressors avec la même sensation que durant mes précédentes lectures : une bonne série emplie d’action et d’humour, mais dont le traitement des personnages et de certains événements me pose problème. J’ai ainsi été très mal à l’aise lors du rappel plutôt grivois d’un événement survenu dans le troisième tome et qui, pour moi, pose un problème moral.

En revanche, j’apprécie la manière dont est abordée la liberté sexuelle des femmes qui ici assument complètement et sans tabou leur vie sexuelle. Ce n’est pas si courant que cela… Autre point fort de ce tome dont les événements s’enchaînent rapidement, le fait que l’auteur mette en avant l’avortement, un sujet plus qu’important au regard de l’actualité américaine… Que ce soit dans ce monde imaginaire ou la réalité, on ne pourra qu’être révolté que ce droit soit remis en question par des fanatiques qui d’ailleurs font preuve, notamment ici, d’une hypocrisie qu’heureusement les personnages arriveront fort bien à dénoncer…

Quant à l’ambiance graphique, elle reste fidèle aux autres tomes de la série, c’est-à-dire sublime et emplie de couleurs : les décors sont splendides, les faciès des personnages très expressifs, les vêtements riches en détails… Depuis le premier tome, cette série est un pur régal visuel !

  • La Belle et La Bête de Patrick Sobral (Delcourt)  :

J’ai emprunté cette BD attirée par le titre et la promesse de la réécriture d’un conte que tout le monde connaît au moins de nom. Les amateurs de la version Disney de La Belle et la Bête pourraient être surpris, voire décontenancés, par cette réinterprétation bien plus sombre de l’histoire.

Avec l’auteur, les frontières entre méchants et gentils sautent : plus de gentils personnages secondaires qui font le tampon entre La Belle et La Bête, mais des monstres menaçants et mystérieux dont on essaie, tant bien que mal, de comprendre les objectifs et d’anticiper les actions. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est la personnalité complexe de Bellyana. Elle est altruiste certes, mais c’est avant tout une femme au fort caractère qui détient en elle une certaine noirceur, ce qui la rend aussi intéressante qu’imprévisible. Notre héroïne n’a pas froid aux yeux et est bien décidée à faire valoir ses atouts pour affronter la situation dans laquelle elle se trouve, aussi dangereuse soit-elle. D’ailleurs, est-elle vraiment une victime dans toute cette histoire ?

Quant à La Bête, malgré son physique de monstre et la dureté qu’elle essaie de se donner, je lui ai trouvé finalement un aspect assez humain… On sent que chacune de ses paroles et chacun de ses gestes sont réfléchis et pesés comme si derrière le monstre se cachait un fin stratège. Dans quel but détient-il vraiment Bellyana ? Je n’en dirai pas plus sur ce sujet si ce n’est, qu’à cet égard, j’ai apprécié la fin plutôt surprenante et originale. Un petit geste, une fin funeste !

Je ne suis pas certaine que tous les lecteurs apprécieront l’audace de l’auteur, mais pour ma part, j’ai été agréablement surprise par la tournure prise par les événements qui, dans la dernière partie de l’ouvrage, s’accélèrent et gagnent en intensité. Il m’a juste manqué quelques pages supplémentaires pour avoir l’impression de vraiment pouvoir tourner la page…

Si l’histoire m’a plu par son originalité et cette impression de danger et de mystère omniprésente, les dessins m’ont un peu moins séduite même si je reconnais qu’ils retranscrivent à merveille l’atmosphère du livre. Je les ai parfois trouvés un peu trop brouillons bien que j’aie apprécié le travail effectué au niveau du physique des créatures impressionnantes de détails. Les nombreuses scènes d’action sont également très bien gérées grâce au coup de crayon dynamique qui restitue à la perfection l’impression de mouvement.

En bref, je conseillerais cette BD aux personnes souhaitant découvrir une version sombre, sanglante et funeste de La Belle et La Bête. Si, en revanche, c’est plus l’aspect romantique du récit qui vous intéresse, je ne pense pas que cette version soit pour vous.

Et vous, ces ouvrages vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #17

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les tweets sont des chats de Bernard Pivot (Albin Michel) :

Les Tweets sont des chats (A.M. HORS COLL) par [Pivot, Bernard]

Découvert par hasard, je n’ai pas hésité à emprunter cet ouvrage d’autant qu’abonnée au compte Twitter de Bernard Pivot, je savais que les tweets présents dans ce recueil me plairaient.

Soit comme moi en lisant d’une traite le recueil soit en piochant au gré de vos envies, vous devriez prendre plaisir à découvrir cette sélection de tweets dans laquelle Bernard Pivot partage, en fonction de différents hashtags, des citations, ses pensées, des observations, des jeux de mots… tout ceci avec humour, poésie, justesse et un certain sens de l’à-propos.

Plusieurs thèmes sont ainsi survolés : la littérature, bien sûr, l’amour, les émotions, la musique, les femmes, les chats… Chacun devrait donc pouvoir trouver un ou plusieurs sujets qui l’intéresse plus particulièrement. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée un instant, il faut dire que le livre se lit vraiment très vite et a un petit côté hypnotique qui m’a poussée à tourner les pages les unes après les autres… L’effet Bernad Pivot, peut-être !

Certains tweets appellent seulement à la contemplation, l’auteur envoûtant ses lecteurs par sa maîtrise de la langue française dont il arrive, en quelques caractères, à retranscrire toute la beauté et la richesse. Quand d’autres ne pourront que vous faire réfléchir et/ou réagir voire, parfois, vous laisser dubitatifs… Je confesserai ainsi ne pas avoir saisi l’essence de certains messages, peut-être par manque de culture ou leur aspect un peu trop abstrait pour moi.

Si tous les tweets ne m’ont pas touchée de la même manière, aucun ne m’a laissée indifférente, ce qui est plutôt une bonne chose si l’on considère, comme Bernard Pivot, qu’une journée sans émotion est une journée perdue !

  • Entendez-vous sur Twitter les plaintes et gémissements des mots mutilés, compressés, torturés ? « 
  • Les écrivains ouvrent de moins en moins de parenthèses. De crainte probablement que leurs lecteurs n’y restent enfermés.
  • Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. – Illettrisme, répondit l’élève.
  • Un dictionnaire, c’est un roman écrit par un général fou d’ordre et de discipline.
  • Pour bien scruter le ciel, il faut éteindre toutes les lumières. L’obscurité donne à voir.
  • Chats – Tout ce qu’ils essaient de nous dire du Dr Laeticia Barlerin (Albin Michel):

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Voici un petit ouvrage très bien conçu qui en fonction de différents thèmes allant de l’alimentation aux préjugés en passant par les problèmes comportementaux donne des conseils et des moyens pour nouer une relation équilibrée avec son chat.

Très accessible, j’ai lu le livre d’une traite envoûtée par la manière dont l’autrice arrive à créer une connivence avec les lecteurs tout en leur donnant très envie de faire ce qu’il y a de mieux pour leur(s) poilu(s). Les conseils sont simples, faciles à mettre en place et surtout sans aucun jugement de valeur ni ton moralisateur.

Je tire d’ailleurs mon chapeau à l’autrice parce qu’après avoir répété une bonne dizaine de fois, par exemple, de ne pas donner de lait à mon chat sans que l’on m’écoute, ma patience a tendance à s’envoler. Raison d’ailleurs pour laquelle j’éprouve une certaine hantise à laisser mon chat sous la surveillance de personnes même proches. C’est que les préjugés ont la vie dure et qu’il est parfois difficile de faire entendre raison à des personnes certaines de bien connaître les chats.

Or cet ouvrage a le mérite de montrer que le chat est un animal dont il est important de savoir décrypter le comportement tout comme les besoins notamment en termes d’attention (non, le chat d’appartement ne fait pas sa vie tout seul), d’aménagement de l’espace et du territoire, de soins…

Aimant beaucoup les chats et ayant pris soin de me documenter sur cet animal avant d’adopter mon premier compagnon à quatre pattes, je n’ai rien appris de particulier, mais une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Ce livre me semble en outre parfait à lire si vous avez un projet d’adoption. Les infos synthétiques et données avec humour couvrent un large éventail de sujets ce qui vous permettra d’accueillir et de vous occuper de votre nouveau compagnon dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, je vais pour ma part, voir si M. Hardy est prêt à m’offrir une séance de ronronthérapie.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

 

 

Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

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  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #14

Mini-chroniques en pagaille

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  • Le voleur de souhaits de Loïc Clément et Bertrand Gatignol, Delcourt éditions :

Couverture Le voleur de souhaits« Chaque éternuement d’autrui est pour Félix une occasion de prouver son originalité. Alors que toute personne bien élevée est censée accompagner l’éternuement de quelqu’un d’un « à vos souhaits » bien à propos, Félix, lui, modifie la formule à son profit par un subtil « à MES souhaits ». Et pour peu qu’il en soit remercié, il s’approprie le souhait en le capturant dans un de ses innombrables bocaux. »

Voici une très jolie histoire qui nous lance sur les pas d’un garçon ayant une capacité assez spéciale et qui fait quelque peu rêver : il peut, sous certaines conditions, capturer les souhaits des gens qui éternuent devant lui ! Quand certains garnissent leur bibliothèque de livres, il préfère donc garnir ses étagères de tous ces souhaits capturés et mis précautionneusement en bocaux.

Mais est-ce que son immense collection lui apporte vraiment le bonheur ? À trop se focaliser sur les souhaits des autres, sait-il vraiment quels sont les siens ? Des questions qui sont abordées ici avec beaucoup de poésie, de douceur, de tendresse et de sensibilité. Grâce à une rencontre et à un voyage autant physique qu’intérieur, notre jeune homme va évoluer jusqu’à découvrir sa vérité…. Je n’en dirai pas plus sur le récit que je vous invite plutôt à découvrir par vous-mêmes, mais ce qui est certain, c’est qu’il devrait vous mettre des étoiles plein les yeux et vous pousser à réfléchir à votre propre notion du bonheur.

Quant à la forme, je n’ai pas été séduite outre mesure. Si j’ai apprécié la rondeur des traits et l’expressivité des regards, il m’a néanmoins manqué un peu de finesse… La mise en couleur est également assez terne ce qui crée un décalage déstabilisant avec la narration qui, à l’inverse, se veut puissante. J’ai toutefois trouvé que cette colorisation sans extravagance facilitait pleinement l’immersion dans la vie de ce jeune homme qui vit, durant une partie du récit, à travers les souhaits des autres.

Image associée

  • La confrérie des Lions Blancs tome 1 et 2 de Natsuko Takahashi, Komikku éditions :

Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 1Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 2

« Il ne peut y avoir qu’un seul chevalier blanc…
Un dyptique au tracé impeccable dans un univers original, fantasy et contemporain, d’une école de chevaliers.
Quatre jeunes adolescents avec une personnalité bien différente se rencontrent dans une école de chevaliers. Fun, aventures, rêves, accomplissements et échecs régissent leur vie. »

L’auteur nous plonge d’emblée dans une école de chevaliers avec son lot d’entraînements, de duels, de joutes, mais aussi de rivalités et d’amitié. Parmi tous les élèves, nous en suivons plus particulièrement certains dont Thomas Abel, un jeune homme qui force le respect par sa pugnacité et son envie de devenir un grand chevalier. Plutôt faible par rapport à ses camarades à son arrivée à l’école, il ne va jamais renoncer à son rêve et se démener pour l’atteindre. Quand ses amis se reposent et chahutent, il s’entraîne encore et encore quitte à susciter les moqueries…

Les personnages sont intéressants et diversifiés : aux côtés de Thomas et de son sérieux à toute épreuve, il y a l’élève brillant mais nonchalant, celui qui est également très doué, mais qui cache un secret, l’ami pas vraiment fait pour la chevalerie, mais qui apporte son charme au récit… J’ai juste un peu regretté que tous ces protagonistes ne soient pas exploités outre mesure, leur intérêt résidant avant tout dans leurs interactions avec Thomas.

Si le premier tome introduit les personnages et l’école au sein de laquelle ils évoluent, le second tome se veut un peu plus dur, les choses sérieuses commençant pour les personnages. Thomas va devoir faire ses preuves et, fidèle à lui-même, y mettra de tout son cœur malgré certains événements qui ne manqueront pas de le perturber… Les lecteurs devraient apprécier de voir l’évolution spectaculaire, mais réaliste, de ce jeune homme qui offre une jolie leçon sur l’espoir, la force des rêves et la nécessité de se donner les moyens de les atteindre.

Quant à l’univers, il se limite en grande partie à l’école, mais on ne ressent aucun ennui, l’immersion étant efficace et les entraînements/duels passionnants à découvrir. Si vous aimez les histoires de chevalerie, vous apprécierez probablement de découvrir « ses coulisses » et comment les heureux élus ont dû batailler contre leurs camarades, mais avant tout contre eux-mêmes, avant de devenir des chevaliers émérites !

  • Elma, une vie d’ours – tome 1 : Léa Mazé et Ingrid Chabbert, Dargaud :

Couverture Elma : Une vie d'ours, tome 1 : Le Grand Voyage

« Elma est une gamine joyeuse et insouciante élevée par un ours qu’elle considère comme son papa. Mais l’ours cache un secret : Elma est en fait la fille de Frigga, la mage du royaume. La légende raconte que seule la fille de Frigga pourra sauver le monde des eaux. Pour cela, sa mère doit la confier à la forêt et l’enfant devra y survivre 7 années. Si elle y parvient, leur monde sera sauvé et Elma pourra rejoindre sa mère et les siens de l’autre côté de la montagne… Comment l’annoncer à Elma qui aura bientôt 7 ans ? Comment se résigner à quitter cette gamine espiègle que l’ours considère comme sa fille ? »

 

C’est la couverture toute douce qui m’a donné envie de lire ce très bel ouvrage empli de poésie et de sensibilité. Nous faisons la connaissance d’un ours et d’Elma, une fillette qu’il a élevée comme si c’était la sienne. Se dégage dès les premières pages une très grande douceur, l’amour entre ces deux êtres étant flagrant ! Mais très vite, l’autrice introduit un certain suspense : Papa Ours décide de se lancer dans un voyage sans en dévoiler la raison à sa fille adoptive. Un secret qui attise bien évidemment la curiosité de la fillette tout comme celle du lecteur ! Durant le voyage, notre petite famille va rencontrer des obstacles qui n’ont rien de fortuit, et qui vont les mettre dans des situations périlleuses.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dont je lirai la suite avec plaisir. En plus du suspense et de la tension qui tiennent le lecteur en haleine, difficile de rester insensible face à la relation entre Elma et son Papa Ours. Malgré la différence d’espèce qui ici disparaît naturellement, on a vraiment l’impression d’être face à un papa poule et sa fille... Tous les deux se révèlent très attachants, l’ours dans sa volonté de protéger son enfant, et Elma dans sa personnalité tout en exubérance et bonne humeur.

À lire si vous aimez les jolies histoires et les récits d’aventures non dénués d’une certaine poésie.

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
En avez-vous lu certains ?

 

Mini-chroniques en pagaille #13

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ayati :  La légende des cinq pétales de Fabien Fernandez et Sandra Violeau :

Couverture Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, tome 1

« Dans une Inde ancienne et fantastique, Ayati une adolescente de 14 ans ayant perdu ses parents très jeune vit une enfance difficile. Élevée par son oncle et sa tante, elle subit les corvées familiales, son rêve le plus cher est de s’extirper de cette vie qui ne la rend pas heureuse…
Un jour alors qu’Ayati est partie chercher de l’eau pour le foyer familial, elle découvre sur le chemin du retour son village assaillit par des pirates, la doyenne sur le point de se faire tuer. Ayati tente de la défendre, coûte que coûte, se manifeste alors un don inné qui lui permettra de sauver la vieille femme… »

Je dois confesser une petite déception au niveau de cette BD que j’attendais de découvrir avec impatience. L’ambiance graphique est somptueuse avec des décors qui vous font voyager depuis votre canapé, chaise ou lit. Les couleurs sont profondes et lumineuses et vous immergent complètement dans cette atmosphère mêlant imaginaire, rêve et magie.

Malheureusement, si la forme est impeccable et justifie à elle seule la lecture de cette BD, il n’en va pas de même pour le scénario qui peine à convaincre et à offrir une aventure prenante et étoffée. Alors que l’on aurait pu être séduit par l’idée d’une jeune fille exploitée par sa famille qui finit par découvrir, lors d’un malheureux événement, qu’elle possède des pouvoirs, on se sent désœuvré face à un récit mené sans grande conviction et avec bien trop de précipitation.

Tout se déroule trop vite, ce qui donne presque le sentiment que l’histoire a été bâclée ou, du moins, qu’elle ne bénéficie pas du développement qu’elle aurait mérité… Le lecteur n’a pas le temps de se poser de questions sur les pouvoirs de l’héroïne, leurs origines ou leur étendue. De la même manière, devant l’enchaînement ininterrompu des événements, il semble bien difficile de s’inquiéter pour elle et de s’intéresser aux épreuves qu’elle ne manquera pas d’affronter.

Autre point problématique, bien que ce soit personnel, je n’ai pas accroché à la personnalité d’Ayati, qui en absence de développement, ressemble plus à une adolescente rétive qu’à une combattante mue par de nobles desseins. Ses réparties m’ont parfois fait lever les yeux au ciel par leur puérilité et ne m’ont donc pas particulièrement inspiré de sympathie… À 14 ans, j’estime qu’on a assez de maturité pour ne pas se comporter comme une enfant surtout quand les enjeux sont importants et des vies en danger. Point positif, le compagnon plutôt original qui viendra aider notre héroïne dans son aventure et qui m’a complètement fait craquer.

Ayati est donc une superbe BD qui vous époustouflera par les illustrations et l’ambiance qu’a su insuffler la dessinatrice au récit, mais qui est desservie par une scénario semblant dépourvu d’âme et de consistance…. Dommage, tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir un très beau divertissement. Je lirai quand même la suite par curiosité, mais je me tournerai probablement vers un emprunt plutôt qu’un achat.

Comme toujours, je vous invite à vous forger votre propre opinion puisque cet ouvrage saura peut-être vous séduire.

  • Les enfants du Bayou d‘Isabelle Bottier et Eva Roussel :

Couverture Les enfants du Bayou, tome 1 : Le rougarou

« Après avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens. »

Cela fait un petit moment que je voulais lire cette BD trouvée lors d’une petite visite en bibliothèque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai eu le nez creux en l’empruntant puisque cette BD a été un coup de cœur ! Je l’ai d’ailleurs relue deux fois d’affilée, ce qui ne m’arrive quasiment jamais. Dans ce récit qui se déroule dans la fascinante Louisiane, on découvre un père et son fils nouvellement installés suite à la destruction de leur maison par un ouragan. Très vite, ils feront connaissance d’une dynamique petite fille, Liloye, et de son adoptante.

Liloye est un petit bout de femme plein d’entrain et à l’humour déjà bien affirmé. Elle apporte de la légèreté dans ce récit qui aborde des thèmes comme la reconstruction et  la quête de soi, les nouveaux départs, l’espoir… Des sujets qui sont ici traités avec humour, tendresse et poésie. Tous les personnages sont, en outre, attachants et vous feront vivre de multiples émotions.

En d’autres termes, cette BD, c’est un petit concentré de douceur autant au niveau du fond que de la forme, les illustrations et leurs chaudes couleurs vous enveloppant dans un cocon réconfortant. Ancrée dans une atmosphère empreinte de magie, d’humour, d’amitié et de solidarité, Les enfants du Bayou saura séduire toute la famille !

  • Ananke de Noirgaley et Edwin Madrid :


 » Je ne vais quand même pas chercher cette petite toute la journée ! Voilà où ça mène de se laisser embobiner par une gamine !  »  » On m’avait bien dit de ne pas suivre les inconnus ! Je dois être tombée sur une vieille sorcière !  »

Découvert complètement par hasard, c’est la couverture qui m’a poussée à emprunter cet album mettant en scène une très belle amitié entre une vieille femme et une jeune fille. Celles-ci très différentes autant en termes d’âge que de personnalité ont pourtant un point commun : la solitude. La première connaît la solitude en raison de son âge et de l’isolement qui lui est bien souvent associé, quand l’autre se retrouve bien seule en raison d’une situation familiale complexe…

Deux personnes désœuvrées qui ne se connaissaient pas, mais que le destin va faire se rencontrer de manière plutôt incongrue d’ailleurs. La vieille dame et la jeune fille vont ainsi vivre ensemble une aventure extraordinaire qui n’est pas sans rappeler un peu le côté absurde d’Alice au pays des merveilles. Dans cette étrange contrée à la frontière du rêve et du cauchemar dans laquelle elles seront transportées à leur corps défendant, elles apprendront à se faire confiance, et petit à petit, à laisser fendre leur carapace. Cette expédition sera donc l’occasion pour chacune d’entre elles de trouver enfin une personne avec laquelle partager ses peines, mais elle sera également l’occasion d’une certaine introspection sur leur vie et leur avenir…

Bien que l’intrigue soit trop courte à mon goût, l’ouvrage bénéficie de tous les ingrédients pour offrir un moment de lecture aussi beau qu’intense : une ambiance onirique, de l’évasion, de l’action, du mystère, des réflexions sur des sujets sérieux et universels, de l’émotion, des personnages attachants, et le point qui m’a le plus émue, une très belle amitié intergénérationnelle. Quant aux illustrations, elles reflètent à merveille l’ambiance presque fantasmagorique qui ressort du récit.

Voici donc un ouvrage que je vous recommande les yeux fermés si vous aimez les amitiés fortes qui sortent des sentiers battus, et les ouvrages offrant un joli message d’espoir.

Et vous, connaissez-vous ces BD ?
Avez-vous envie de les lire ?