Mini-chroniques en pagaille #23

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Un certain intérêt pour les flammes de Violette Paquet : nouvelle écrite durant les 24h de la nouvelle avec la consigne d’intégrer un lieu abandonné dans l’histoire.

Un certain intérêt pour les flammes

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par la manière dont l’autrice arrive en quelques lignes à poser un décor et à saisir une ambiance. On découvre ainsi Edith, une jeune femme qui ne partage guère le goût des mondanités de sa famille, à commencer par son frère si parfait et si bien apprêté. Alors qu’elle aurait pu passer sa soirée à fumer et à regarder les invités guindés de ses parents « se distraire » et s’échanger des banalités, son attention est très vite attirée par l’une des invités, Alexandrine.

Si la jeune femme a tous les attraits d’une jeune ingénue, il faut parfois se méfier de l’eau qui dort. En faisant sa rencontre, Edith était loin de se douter qu’elle ferait une plongée brûlante et violente dans le passé de sa propre famille. Un passé que les flammes n’auront pas réussi à complètement effacer comme notre jeune héritière l’apprendra à ses dépens… En plus d’une tension qui monte crescendo avec cette impression d’étau qui se resserre et nous prend à la gorge, on appréciera la plume de l’autrice et sa manière bien à elle de brouiller les frontières entre les époques puisque si le récit se déroule de nos jours, il s’en dégage un charme suranné qui nous donne le sentiment d’avoir remonté les couloirs du temps.

Surprenante, immersive et pleine de tension, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous surprendre par la tournure cauchemardesque qu’elle prend. Claustrophobes s’abstenir !

Lire la nouvelle en ligne ou la télécharger sur le site de l’autrice

  • La pension Moreau – les enfants terribles de Marc Lizano et Benoît Broyart : (Éditions de la Gouttière) :

Emile est un jeune garçon souvent perdu dans son monde intérieur. Il adore dessiner, griffonner, croquer, au grand dam de ses parents. Désespérés, ces derniers décident de l’envoyer à la Pension Moreau, un lieu de vie accueillant des enfants  » difficiles « . Pour être accepté, il suffit simplement d’avoir le porte-monnaie bien garni… Emile fait la connaissance de Paul, Jeanne et Victor, des pensionnaires qui ont subi le joug des différents professeurs. Peu à peu, la pension prend des allures de pénitencier et révèle sa vraie nature à Emile. L’entraide est de mise entre les camarades afin de supporter les humiliations et les mauvais traitements, mais pendant combien de temps vont-ils accepter ce régime ? Qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

La pension Moreau est censée être un endroit pour éduquer et venir à bout des velléités de rébellion d’enfants difficiles appartenant à des familles fortunées. Il s’agit en fait d’un établissement lugubre tenu par un horrible directeur qui n’hésite pas à prôner l’humiliation et l’enfermement pour obtenir le respect et l’obéissance des enfants.

Sous fond de maltraitance infantile, on suit donc avec curiosité et un certain dégoût cette histoire mélangeant avec efficacité humains et animaux. Les humains étant les détenus et les animaux, les bourreaux de ces enfants que l’on ne peut que prendre en pitié. On se demande d’ailleurs ce qu’a bien pu faire le calme et gentil Emile pour finir dans cet horrible endroit. Certes, il a dû mal à communiquer autrement que par ses dessins, mais est-ce là un motif suffisant pour que des parents se séparent définitivement de leur enfant ?

Heureusement, le garçon va se faire des amis qui l’aideront à supporter un quotidien difficile autant physiquement que psychologiquement. Si Emile ne parle pas beaucoup, il n’en demeure pas moins touchant, notamment par sa gentillesse et sa manière très personnelle de se lier aux autres. Ses dessins sont pour lui son exutoire et l’on sent que derrière chacun d’entre eux, c’est une partie de lui-même qu’il pose sur le papier.

Entre brimades et jolis moments d’amitié et d’entraide, Emile va devoir faire face à sa nouvelle vie au sein d’une pension sur laquelle plane encore un certain mystère. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la situation risque d’exploser, certains élèves ne semblant pas prêts à baisser les bras devant la violence et les injustices qu’ils subissent au quotidien…

  • Mon grand frère et moi de Taghreed Najjar et Maya Fidawi

Aloush est le plus jeune de sa famille. Il est très proche de son grand frère, Ramez, qui est son idole.
Chaque jour, en se rendant à son travail, Ramez dépose Aloush à l’école. Il l’emmène jouer au basketball, le conduit au cinéma, et lui permet même de regarder le soccer avec ses amis. Mais soudainement, Ramez n’a plus de temps pour son petit frère : il est amoureux !
Aloush se sent délaissé et contrarié et essaie de se débarasser de cette « menace » en réalisant une série de farces. Aloush réussira-t-il à récupérer son frère
?

Crackboom (20 juin 2019) – 32 pages – 9,90€

Pas facile pour Aloush que son grand frère Ramez, dont il est très proche, se détourne de lui. Alors qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble et multipliaient les activités,  Ramez prend ainsi ses distances ! La raison de ce changement de comportement : l’amour.

Des sentiments, certes très humains, mais qui laissent Aloush, encore très jeune, bien indifférent. Lui, ce qu’il comprend, c’est qu’une intruse est en train de lui voler son grand frère adoré. Une seule solution, s’en débarrasser ! Et pour ce faire, le garçon a tout un arsenal d’idées qu’il n’hésite pas à mettre en œuvre. Mais cette jeune femme représente-t-elle vraiment une menace pour Aloush et sa relation avec son frère ?

À travers ce court et sympathique ouvrage, sont abordés avec justesse et beaucoup de sensibilité des thèmes comme la fraternité, mais également la jalousie et l’importance d’accueillir et d’accompagner ce sentiment. Chose qu’a su parfaitement faire l’intruse qui, de fil en aiguille, deviendra Dimas, la sympathique fiancée d’un grand frère peut-être moins disponible, mais qui aime toujours autant son petit frère.

En bref, voici un joli album jeunesse sur la fraternité, la jalousie et la nécessité de rassurer un enfant sur le fait que l’arrivée d’une nouvelle personne dans sa vie ne menace nullement l’importance des relations déjà existantes.

Merci à NetGalley et aux éditions Crackboom pour cette lecture.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #22

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je vous propose mon avis sur les quatre dernières nouvelles lues dans le cadre du Challenge The Maki Project.

  • Disparition programmée, Anthony Boulanger (Éditions du chat noir) : nouvelle extraite du recueil Géniteur et fils.

Il ressort de ce texte un puissant sentiment de solitude. Mais aurait-il pu en être autrement si l’on se réfère à la vie de notre protagoniste, l’homme invisible ou plutôt un homme invisible qui a choisi de le devenir entièrement à la face du monde. Étudié sous toutes les coutures durant son enfance, notamment par son scientifique de père, il a choisi de crier sa rage au monde et de s’isoler à la campagne. Peu de compagnies, pas de travail, mais le plaisir de peindre malgré sa condition qui tend à faire disparaître les objets tout autour de lui… Puis, vient la chute, brutale, un brin cynique, et plutôt bien amenée ! L’invisibilité vous fascine ? Tant mieux parce qu’elle pourrait bien finir par tout emporter.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo et Amazon.

  • Trois secondes, Kane Banway :

Jack est un père de famille aimant. Et en tant que mari modèle, il se doit de faire plaisir à sa femme qui ne veut pas passer 7 heures en voiture alors qu’en passant par une T-Porte, ils seraient tous arrivés en trois secondes, montre en main.
Sauf que Jack n’aime pas les T-Portes… Mais il aime sa femme, alors…
Qu’est-ce qu’on ne ferait pas, pour l’amour de sa vie ?

S’inspirant d’une nouvelle dont il a oublié la source, l’auteur nous propose un monde où la téléportation est devenue une réalité. Oubliez les longs trajets en voiture, en avion ou en train pour voyager et toutes ces précieuses minutes, voire heures, perdues dans les transports pour se rendre à son travail… À la place, on utilise des portes de téléportation.

Cela a de quoi faire rêver tout le monde ! Tout le monde ? Pas vraiment puisqu’il y a un irréductible réfractaire à cette technologie. Alors que sa femme et ses deux jumeaux empruntent chaque jour la T-Porte de la maison, Jack s’y refuse. Il a développé envers l’engin une réticence qui s’est muée en véritable phobie. Savoir qu’à chaque fois que sa famille passe cette porte, elle disparaît pendant trois secondes, compresse son cœur et le fait mourir d’inquiétude.

Paranoïa due à son métier d’écrivain et à une imagination trop fertile ? À première vue peut-être, mais force est de constater que derrière ce beau rêve de voyager n’importe où en un claquement de doigts, cette technologie semble cacher quelque chose de plus sombre. N’est-ce pas un peu trop beau pour être vrai ?

Non dénuée de suspense et de mystère, cette nouvelle vous fera passer un moment de lecture agréable tout en vous poussant à vous interroger sur l’ingérence des nouvelles technologies dans nos vies et les éventuels dangers qu’une confiance aveugle en ces dernières peut faire peser sur l’humanité.

En bref, grâce à une plume immersive et d’une grande fluidité, l’auteur réussit en peu de pages à créer un texte cohérent et rythmé dans lequel la tension monte crescendo jusqu’à un dénouement qui devrait vous marquer.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo et Amazon.

  • La Route vers L’étoile Antalys, Max Demaux :

Que feriez-vous si vous étiez responsable de la malédiction qui soudainement s’abat sur votre cité ? Relèveriez-vous le défi du roi des rois Piruk bravant seul la chaine de montagnes des Purgamilles ou vous lamenteriez-vous sur votre sort? Ceci est le difficile choix auquel est confronté Namok, jeune officier du roi de la cité d’Isaukur.

Nous partons à la rencontre d’un ancien peuple, les Oularkiens, appartenant à une civilisation dorénavant disparue… Dirigée par un roi arrogant ayant perdu sa sagesse d’antan, la citée ne convient guère au plus jeune officier du roi, Namok. Il adresse donc une prière au roi des Dieux, Piruk, pour que la situation change !

Naïf, le jeune homme n’avait néanmoins pas anticipé que sa louable intention se retourne contre le peuple sur lequel Piruk, très en colère, lance une terrible malédiction. Afin de réparer son erreur, Namok se lance alors dans un périple destiné à sauver les siens, mais le temps est compté…

Cette quête de rédemption, dans laquelle il se lance à corps perdu, sera semée d’embûches et le poussera dans ses retranchements. Au fil des épreuves, Namok en apprendra beaucoup sur lui-même et sur ce qui fait la valeur d’un homme. Il ressortira grandi de cette difficile épreuve même si j’ai peut-être trouvé que tout était un peu trop facile pour lui. Mais cela peut s’expliquer par le format court du récit.

L’histoire, bien que souffrant de quelques maladresses au niveau du style, se lit toute seule et bénéficie d’un bon rythme.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo.

  • Les enfants d’Avalon, Xavier Portebois :

Une nouvelle à propos de Gareth, un développeur de réalité virtuelle soudain en prise avec les avatars des intelligences artificielles qu’il est censé contrôler.
À moins que tout ça ne soit qu’un prétexte de la part de ce curieux narrateur un peu trop présent…

Nouvelle initialement parue dans le webzine Pénombres #6

Nous faisons connaissance de Gareth, un ingénieur informatique travaillant sur un projet d’intelligences artificielles plutôt avancé. Grâce à des lunettes spéciales, des êtres virtuels de formes diverses et variées peuvent prendre vie sous ses yeux et s’intégrer parfaitement à la réalité qui l’entoure ! Si l’idée est tentante, il semblerait que la création dépasse les attentes du créateur qui va devoir alors faire face à une situation inattendue et quelque peu angoissante… Mais est-ce la réalité ou les délires d’un homme surmené par son travail ?

Un peu de suspense, un jeu intéressant sur le rêve et la réalité, pas mal de tension et un rythme effréné pour un texte qui aborde la question des intelligences artificielles et de leur soulèvement. Quand un être virtuel a conscience de sa virtualité, cela ne lui confère-t-il pas une aura d’humanité aussi fascinante que dangereuse ? 

Si le sujet de cette nouvelle n’est pas original, j’ai apprécié le traitement qui en a été fait tout comme la fin et le choix de l’auteur de s’impliquer personnellement dans le récit en s’adressant régulièrement aux lecteurs. Il en ressort un sentiment de proximité, un peu comme si nous nous faisions les témoins et les confidents privilégiés d’une histoire extraordinaire…

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo ou Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces nouvelles ?
L’une d’entre elle vous tente-t-elle ?

Mini-chroniques en pagaille #21 : variation autour du petit (Challenge Un mot, des titres)

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Toutes ces lectures ont été réalisées dans le cadre du Challenge Un mot, des titres organisé par Les lectures d’Azilis. Le but est de partager son avis un jour donné en fonction d’un mot que l’on doit retrouver dans le titre d’un livre. Pour ma première participation, j’ai choisi plusieurs petites lectures autour du mot de la session : petit(e)(s).

  • Petit maboule de Charlotte Mondlic (Thierry Magnier Éditions) :

On découvre un jeune narrateur qui se prend d’une soudaine envie de faire des bêtises. Pas par méchanceté, mais parce qu’il en a envie tout simplement ! Il ne ressent aucune culpabilité malgré les éventuelles conséquences pour les autres. Cela commence par une tache d’encre sur le pull d’une camarade qui n’avait rien demandé puis un méfait qui, cette fois, ne restera pas impuni… Trop, c’est trop, notre petit fauteur de troubles est convoqué chez la directrice puis conduit, par son père, chez une personne habilitée à faire le point sur ce soudain changement de comportement.

L’autrice, à travers un court mais percutant roman, aborde une épreuve que beaucoup d’enfants ont dû ou devront traverser. Il n’est point question ici de condamner ni d’excuser, mais de comprendre ce qui se cache derrière des actes qui résonnent très fort comme un appel à l’aide. Un appel à l’aide maladroit, mais qu’il est nécessaire d’écouter et d’accompagner notamment par un professionnel quand la situation, comme ici, l’exige. La parole est libératrice et une fois les mots posés sur les maux, la vie peut reprendre son cours…

  • Mon p’tit vieux de Jo Hoestlandt (Mini Syros) :

Dans un langage très familier, le roman étant narré du point de vue d’un garçon allant fêter ses dix ans, l’auteur évoque la vie dans un immeuble de cité, avec les copains, les abrutis à savoir ceux qui ne sont pas des copains, la famille, les voisins parfois un peu craignos (vous auriez l’idée de balancer une télé depuis votre fenêtre vous ? ) et… le p’tit vieux !

Le vieux qui pue, qui est bizarre, qui est méchant, dont on se permet de gribouiller la boîte aux lettres et de se moquer au quotidien. Il faut dire que le bougre ne semble pas y mettre du sien pour s’attirer la sympathie des jeunes du quartier. À part râler, négocier pour ne pas payer la peau des bananes, se goinfrer de chocolat dans les rayons d’un magasin et acheter des boîtes pour son chat, que fait-il de ses journées le vieux de toute manière ?

Si j’ai eu du mal avec le langage, la fin du roman m’a touchée parce qu’elle met en exergue cette solitude souvent associée au troisième âge. On comprend que derrière des comportements étranges et peu avenants peut se cacher une dure réalité, et qu’avec un petit mot et un minimum d’attention, la situation aurait pu être autre. Mais comme dans la vraie vie, il est parfois trop tard, et quand le pire survient, ne restent que les regrets et la culpabilité.

Un texte brut pour un sujet de société difficile, la solitude des plus âgés, qui ne devrait pas manquer de faire réfléchir les lecteurs de tout âge.

  •  Les 7 sept petites mains de Lee Young-Kyung (les éditions du Pépin) :

Lee Young-Kyung - .

Je ne dirai que quelques mots sur ce joli album illustré par Lee Young-Kyung qui met en couleurs et en images une ancienne légende coréenne. C’est un véritable plaisir de se plonger dans ces illustrations traditionnelles pleines de charme et de se laisser envoûter par la richesse des détails, notamment au niveau des vêtements.

Alors qu’une jeune couturière se repose, ses sept fidèles amies (Dame mètre, Mademoiselle Ciseaux, Dame Aiguille, Dame fil, Grand-mère Dé, Mademoiselle Petit Fer et Mademoiselle Grand Fer) commencent à se chamailler, chacune étant persuadée d’être la plus importante dans un travail de couture… Mais la vérité va finir par les rattraper : le rôle de chacune est précieux et indispensable, et c’est dans l’harmonie que naissent les plus beaux habits !

Une jolie morale pour un petit album que l’on prendra plaisir à parcourir et à admirer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #18 :

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ekhö tome 6 : Deep South, Christophe Arleston et Alessandro Barbucci (éditions Soleil) :

Couverture Ekhö : Monde miroir, tome 6 : Deep south

Ekhö est une série que j’avais un peu délaissée, mais j’ai sauté sur ce sixième tome quand je l’ai trouvé à la bibliothèque. Et j’en ressors avec la même sensation que durant mes précédentes lectures : une bonne série emplie d’action et d’humour, mais dont le traitement des personnages et de certains événements me pose problème. J’ai ainsi été très mal à l’aise lors du rappel plutôt grivois d’un événement survenu dans le troisième tome et qui, pour moi, pose un problème moral.

En revanche, j’apprécie la manière dont est abordée la liberté sexuelle des femmes qui ici assument complètement et sans tabou leur vie sexuelle. Ce n’est pas si courant que cela… Autre point fort de ce tome dont les événements s’enchaînent rapidement, le fait que l’auteur mette en avant l’avortement, un sujet plus qu’important au regard de l’actualité américaine… Que ce soit dans ce monde imaginaire ou la réalité, on ne pourra qu’être révolté que ce droit soit remis en question par des fanatiques qui d’ailleurs font preuve, notamment ici, d’une hypocrisie qu’heureusement les personnages arriveront fort bien à dénoncer…

Quant à l’ambiance graphique, elle reste fidèle aux autres tomes de la série, c’est-à-dire sublime et emplie de couleurs : les décors sont splendides, les faciès des personnages très expressifs, les vêtements riches en détails… Depuis le premier tome, cette série est un pur régal visuel !

  • La Belle et La Bête de Patrick Sobral (Delcourt)  :

J’ai emprunté cette BD attirée par le titre et la promesse de la réécriture d’un conte que tout le monde connaît au moins de nom. Les amateurs de la version Disney de La Belle et la Bête pourraient être surpris, voire décontenancés, par cette réinterprétation bien plus sombre de l’histoire.

Avec l’auteur, les frontières entre méchants et gentils sautent : plus de gentils personnages secondaires qui font le tampon entre La Belle et La Bête, mais des monstres menaçants et mystérieux dont on essaie, tant bien que mal, de comprendre les objectifs et d’anticiper les actions. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est la personnalité complexe de Bellyana. Elle est altruiste certes, mais c’est avant tout une femme au fort caractère qui détient en elle une certaine noirceur, ce qui la rend aussi intéressante qu’imprévisible. Notre héroïne n’a pas froid aux yeux et est bien décidée à faire valoir ses atouts pour affronter la situation dans laquelle elle se trouve, aussi dangereuse soit-elle. D’ailleurs, est-elle vraiment une victime dans toute cette histoire ?

Quant à La Bête, malgré son physique de monstre et la dureté qu’elle essaie de se donner, je lui ai trouvé finalement un aspect assez humain… On sent que chacune de ses paroles et chacun de ses gestes sont réfléchis et pesés comme si derrière le monstre se cachait un fin stratège. Dans quel but détient-il vraiment Bellyana ? Je n’en dirai pas plus sur ce sujet si ce n’est, qu’à cet égard, j’ai apprécié la fin plutôt surprenante et originale. Un petit geste, une fin funeste !

Je ne suis pas certaine que tous les lecteurs apprécieront l’audace de l’auteur, mais pour ma part, j’ai été agréablement surprise par la tournure prise par les événements qui, dans la dernière partie de l’ouvrage, s’accélèrent et gagnent en intensité. Il m’a juste manqué quelques pages supplémentaires pour avoir l’impression de vraiment pouvoir tourner la page…

Si l’histoire m’a plu par son originalité et cette impression de danger et de mystère omniprésente, les dessins m’ont un peu moins séduite même si je reconnais qu’ils retranscrivent à merveille l’atmosphère du livre. Je les ai parfois trouvés un peu trop brouillons bien que j’aie apprécié le travail effectué au niveau du physique des créatures impressionnantes de détails. Les nombreuses scènes d’action sont également très bien gérées grâce au coup de crayon dynamique qui restitue à la perfection l’impression de mouvement.

En bref, je conseillerais cette BD aux personnes souhaitant découvrir une version sombre, sanglante et funeste de La Belle et La Bête. Si, en revanche, c’est plus l’aspect romantique du récit qui vous intéresse, je ne pense pas que cette version soit pour vous.

Et vous, ces ouvrages vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #17

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les tweets sont des chats de Bernard Pivot (Albin Michel) :

Les Tweets sont des chats (A.M. HORS COLL) par [Pivot, Bernard]

Découvert par hasard, je n’ai pas hésité à emprunter cet ouvrage d’autant qu’abonnée au compte Twitter de Bernard Pivot, je savais que les tweets présents dans ce recueil me plairaient.

Soit comme moi en lisant d’une traite le recueil soit en piochant au gré de vos envies, vous devriez prendre plaisir à découvrir cette sélection de tweets dans laquelle Bernard Pivot partage, en fonction de différents hashtags, des citations, ses pensées, des observations, des jeux de mots… tout ceci avec humour, poésie, justesse et un certain sens de l’à-propos.

Plusieurs thèmes sont ainsi survolés : la littérature, bien sûr, l’amour, les émotions, la musique, les femmes, les chats… Chacun devrait donc pouvoir trouver un ou plusieurs sujets qui l’intéresse plus particulièrement. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée un instant, il faut dire que le livre se lit vraiment très vite et a un petit côté hypnotique qui m’a poussée à tourner les pages les unes après les autres… L’effet Bernad Pivot, peut-être !

Certains tweets appellent seulement à la contemplation, l’auteur envoûtant ses lecteurs par sa maîtrise de la langue française dont il arrive, en quelques caractères, à retranscrire toute la beauté et la richesse. Quand d’autres ne pourront que vous faire réfléchir et/ou réagir voire, parfois, vous laisser dubitatifs… Je confesserai ainsi ne pas avoir saisi l’essence de certains messages, peut-être par manque de culture ou leur aspect un peu trop abstrait pour moi.

Si tous les tweets ne m’ont pas touchée de la même manière, aucun ne m’a laissée indifférente, ce qui est plutôt une bonne chose si l’on considère, comme Bernard Pivot, qu’une journée sans émotion est une journée perdue !

  • Entendez-vous sur Twitter les plaintes et gémissements des mots mutilés, compressés, torturés ? « 
  • Les écrivains ouvrent de moins en moins de parenthèses. De crainte probablement que leurs lecteurs n’y restent enfermés.
  • Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. – Illettrisme, répondit l’élève.
  • Un dictionnaire, c’est un roman écrit par un général fou d’ordre et de discipline.
  • Pour bien scruter le ciel, il faut éteindre toutes les lumières. L’obscurité donne à voir.
  • Chats – Tout ce qu’ils essaient de nous dire du Dr Laeticia Barlerin (Albin Michel):

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Voici un petit ouvrage très bien conçu qui en fonction de différents thèmes allant de l’alimentation aux préjugés en passant par les problèmes comportementaux donne des conseils et des moyens pour nouer une relation équilibrée avec son chat.

Très accessible, j’ai lu le livre d’une traite envoûtée par la manière dont l’autrice arrive à créer une connivence avec les lecteurs tout en leur donnant très envie de faire ce qu’il y a de mieux pour leur(s) poilu(s). Les conseils sont simples, faciles à mettre en place et surtout sans aucun jugement de valeur ni ton moralisateur.

Je tire d’ailleurs mon chapeau à l’autrice parce qu’après avoir répété une bonne dizaine de fois, par exemple, de ne pas donner de lait à mon chat sans que l’on m’écoute, ma patience a tendance à s’envoler. Raison d’ailleurs pour laquelle j’éprouve une certaine hantise à laisser mon chat sous la surveillance de personnes même proches. C’est que les préjugés ont la vie dure et qu’il est parfois difficile de faire entendre raison à des personnes certaines de bien connaître les chats.

Or cet ouvrage a le mérite de montrer que le chat est un animal dont il est important de savoir décrypter le comportement tout comme les besoins notamment en termes d’attention (non, le chat d’appartement ne fait pas sa vie tout seul), d’aménagement de l’espace et du territoire, de soins…

Aimant beaucoup les chats et ayant pris soin de me documenter sur cet animal avant d’adopter mon premier compagnon à quatre pattes, je n’ai rien appris de particulier, mais une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Ce livre me semble en outre parfait à lire si vous avez un projet d’adoption. Les infos synthétiques et données avec humour couvrent un large éventail de sujets ce qui vous permettra d’accueillir et de vous occuper de votre nouveau compagnon dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, je vais pour ma part, voir si M. Hardy est prêt à m’offrir une séance de ronronthérapie.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?