A Scandal in Bohemia : The adventures of Sherlock Holmes

Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).

Après A study in scarlet et The sign of four, c’est à la première nouvelle du recueil des aventures de Sherlock Holmes que nous nous attaquons : A Scandal in Bohemia.

PRÉSENTATION

To Sherlock Holmes she is always the woman. I have seldom heard him mention her under any other name. In his eyes she eclipses and predominates the whole of her sex.

In Sherlock Holmes’ first short story, he must face his most wily adversary yet—Irene Adler, “The Woman”.  Contracted by a Bohemian king to retrieve a series of compromising photographs ahead of the royal wedding, Holmes is caught up in disguises, bluffs, marriages, double bluffs, smoke alarms and heartbreak.  To this supposedly heartless detective, Irene Adler is in many ways the first and only love of Holmes’ we see in the whole canon, and for this reason the story is unmissable.

AVIS

Dans cette nouvelle, on retrouve le Docteur Watson qui, après son mariage avec Mary, semble s’être éloigné de notre célèbre détective. Heureusement, Sherlock va profiter d’une visite improvisée de celui-ci pour l’impliquer dans sa nouvelle enquête.

Un personnage important de la noblesse européenne est ainsi venu requérir l’aide du détective afin de récupérer une série de photos compromettantes qu’une certaine Irène Adler a en sa possession et menace de divulguer.

Mon intérêt a tout de suite été éveillé à l’évocation d’Irène Adler, un personnage plutôt marquant que j’ai découvert dans la série télé. Sa personnalité hors norme et son intelligence ne laissent pas de marbre Sherlock Holmes qui finira d’ailleurs par la surnommer La femme. Le fait que ce soit l’une des rares personnes à être capable de rivaliser avec ce dernier ne doit pas être étranger à l’intérêt qu’il lui porte et au pouvoir d’attraction qu’elle semble exercer sur lui.

J’ai admiré la capacité de cette femme à toujours avoir une longueur d’avance sur tout le monde, y compris Sherlock, et à se sortir des situations les plus inextricables. C’est assurément l’un des personnages les plus complexes et intrigants qu’il m’ait été donné de rencontrer. J’aimerais la voir apparaître régulièrement, sa présence étant synonyme de retournements de situation palpitants et surprenants.

Avec cette nouvelle, j’ai retrouvé l’humour qui m’avait manqué dans The Sign of Four. Plusieurs semaines après ma lecture, je me souviens d’ailleurs d’une scène mémorable où notre génie de la déduction s’est transformé en génie du déguisement. J’ai adoré l’aspect comique de la situation tout comme la détermination de Sherlock qui ne recule devant rien, même pas le ridicule, pour résoudre une affaire.

La seule chose qui m’a un peu agacée, c’est une remarque que j’ai trouvée des plus sexistes puisque notre détective estime que seule une femme se ruerait vers ce qu’elle a de plus précieux en cas d’incendie. Du coup, je me demande ce que ferait un homme dans la même situation, il sauverait ses bières ? Le contexte de l’époque explique ce genre de propos, mais cela ne m’empêche pas de bondir. Après tout, je ne suis qu’une femme…

En conclusion, j’ai apprécié cette première nouvelle qui permet aux lecteurs de faire connaissance avec une femme des plus intéressantes, Irène Adler. Si elle fait perdre la tête aux hommes par sa beauté, c’est grâce à son intelligence qu’elle semble atteindre Sherlock Holmes. C’est une adversaire qui semble tailler pour notre détective, mais pouvait-on en attendre moins de la part de La femme ?

« To Sherlock Holmes she is always the woman »

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde, Didier Willot

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Je remercie Le Papillon Rouge Editeur et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde de Didier Willot.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Pour la toute première fois, une vaste consultation internationale (près d’une dizaine de milliers d’individus sur quasiment 40 pays !) a récemment élu les dix plus grands héros de l’histoire. Les sondés ont ainsi plébiscité Einstein, Mère Teresa, Gandhi, Martin Luther King, Newton, Jésus, Mandela, Edison, Lincoln et Bouddha.

Ce livre passionnant s’aventure dans les pas de ces géants au destin éblouissant. Dans un style clair et captivant, on y découvre leur jeunesse, leur combat, leur souffrance, leur courage, leur travail acharné, leur amour du prochain… Une véritable vie de roman à dévorer sans plus tarder !

 

  • Broché: 264 pages
  • Editeur : PAPILLON ROUGE EDITEUR (22 avril 2017)
  • Prix : 19,90€

AVIS

Je vais commencer par le seul petit point qui serait perfectible : le manque de mise en valeur visuelle du livre. Si une photo est bien présente pour introduire chaque personnage, l’ensemble donne néanmoins le sentiment d’un ouvrage visuellement austère. Mais il s’agit là d’un petit détail qui ne nuit en rien au plaisir que vous ressentirez à le parcourir.

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Je regrette également la faible place accordée aux femmes même s’il est vrai que l’auteur n’est en aucun cas responsable de la situation.

En effet, le choix des 10 plus grands héros de l’histoire du monde s’est opéré à la suite d’une enquête réalisée auprès de presque 7000 étudiants-chercheurs issus des plus grandes universités du monde entier. L’idée est sympathique même si je ne suis pas vraiment d’accord avec le caractère représentatif dont se targue le livre. Je ne pense pas qu’en ciblant l’élite des étudiants, l’enquête permette d’avoir un échantillon représentatif de la jeunesse du monde entier, loin s’en faut…

Mais peu importe, car ce qui compte c’est que cette enquête sert de prétexte pour présenter la vie de 10 personnages scientifiques, religieux ou encore politiques que l’on connaît tous au moins de nom : Bouddha, Jésus-Christ, Edison, Einstein, Gandhi, Martin Luther King, Abraham Lincoln, Mandela, Newton, Mère Teresa.

A cet égard, le livre est particulièrement intéressant pour les personnes qui n’ont pas forcément l’envie, le temps ou la patience de lire des biographies, mais qui aimeraient néanmoins connaître les accomplissements et les points importants de la vie d’individus qui ont laissé une trace dans la mémoire collective.

Elles ne pourront ainsi qu’être sensibles au travail de recherche et de synthèse effectué par l’auteur afin de mettre une partie, même infime de l’Histoire, à la portée de tous. Quand l’on connaît la pléthore d’informations à laquelle chaque citoyen lambda a accès par le biais, notamment, d’Internet, ce point me semble particulièrement important. A noter que vous trouverez, en fin d’ouvrage, une bibliographie ce qui vous permettra de vérifier le sérieux des sources si c’est une donnée à laquelle vous êtes sensible ou simplement approfondir votre connaissance des sujets abordés.

Pour ma part, même si je connaissais les grandes lignes de la vie de toutes ces figures historiques, j’ai fait, grâce à Didier Willot, quelques découvertes d’autant que l’auteur aborde des aspects parfois moins connus de leur personnalité ou de leur vie. Par exemple, si les qualités scientifiques d’Einstein sont connues de tous, qu’en est-il de son engagement contre la ségrégation raciale aux États-Unis, pays dans lequel il a vécu, le poussant à refuser d’intervenir dans les universités où elle était pratiquée ? Ou encore, combien d’entre nous connaissons non pas Newton le physicien, mais Newton le philosophe, profondément croyant et passionné d’alchimie ?

L’auteur, en plus de nous livrer des anecdotes rendant la lecture entraînante, prend également soin de ne pas tomber dans un excès d’idéalisation avec une image lissée de ces héros de l’histoire. Ainsi, si toutes les personnes évoquées dans le livre ont accompli de grandes choses, elles n’en demeurent pas moins humaines et ne sont pas parfaites. Nous retiendrons, par exemple, de Mère Teresa, une femme vouée à la cause des plus démunis sans pour autant oublier ses idées réactionnaires sur l’avortement.

Enfin, la grande force de ce livre est, à mon sens, le style de l’auteur. A aucun moment, je n’ai eu le sentiment qu’il se perdait dans des détails superflus ou employait un ton dogmatique. Bien au contraire, il présente les informations de manière simple et assez concise pour qu’elles soient lues rapidement tout en les rendant assez pertinentes et percutantes pour donner envie d’en apprendre plus. D’ailleurs, tout au long de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de noter, pour chacune des personnalités, des points ou éléments de leurs vies afin d’effectuer des recherches un peu plus approfondies sur le sujet.

Néanmoins, je vous rassure, si votre objectif est de seulement connaître les grandes lignes de la vie de 10 grandes figures historiques que ce soit par simple curiosité intellectuelle ou envie de posséder un minimum de culture générale à leur sujet, ce livre se suffit à lui-même. Vous pouvez donc le considérer comme un aboutissement ou une clef d’entrée pour orienter vos recherches.

En conclusion, Didier Willot propose ici un ouvrage qui vous permettra de découvrir ou redécouvrir  la vie d’individus ayant indéniablement marqué l’histoire du monde que ce soit par leurs apports scientifiques, moraux ou la dévotion et l’abnégation dont ils ont su faire preuve durant leur vie. Synthétique, facile et très agréable à lire, cet ouvrage est accessible à tous, des simples curieux aux étudiants en passant par des personnes désirant rafraîchir ou fixer leurs connaissances.

Vous pouvez acheter Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde de Didier Willot sur le site de l’éditeur.

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Abyss, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori d’avoir accepté de m’envoyer son roman, Abyss, via le site Simplement d’autant que j’ai eu le droit à une très chouette dédicace. Ce roman a la particularité d’avoir été écrit pendant un challenge d’écriture international qui fait souvent grand bruit sur Twitter, le NaNoWriMo.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Saiwhisper du blog Les pages qui tournent. J’ai pris grand plaisir à échanger avec elle sur cette belle lecture et espère renouveler l’expérience, peut-être, pourquoi pas, sur un autre texte de Svetlana Mori.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Lulu.com (22 décembre 2016)
  • Prix : 11,08€

AVIS

Avant de commencer, je tiens à dire que je trouve la couverture magnifique et que j’aime beaucoup les signes tribaux qui illustrent chaque partie et tête de chapitre. Je vous invite à consulter ma dernière participation au RDV livresque Premières Lignes pour plus de détails.

L’histoire et les personnages…

Seule femme et dorénavant médecin à bord d’un navire, Emily pleure toujours la mort accidentelle de son père quand sa vie va être de nouveau chamboulée par l’arrivée d’un prisonnier. Mais pas de n’importe quel prisonnier, d’un homme-poisson, une créature maritime crainte de tous en raison de sa légendaire cruauté et barbarie.

Chargée de soigner les plaies du monstre avant sa prochaine séance de torture, elle va néanmoins faire abstraction de sa peur et se laisser guider par ses sentiments. Cela la conduira à prendre une décision qui aura de lourdes conséquences non seulement pour sa vie, mais aussi pour celle des autres habitants du navire.

J’ai beaucoup aimé le fait que dès le début de l’histoire, on comprend que la situation est plus complexe qu’un simple schéma gentils/méchants. En effet, si les hommes-poisson sont effrayants, n’hésitant pas à massacrer les humains qui croisent leur route ou à enlever des enfants pour leurs besoins, les humains ne sont pas non plus tout blanc. Que ce soit à travers la séance de torture à l’encontre de leur captif ou les horreurs que les hommes ont perpétré par le passé, ils se montrent tout aussi barbares. Pas besoin d’avoir des attributs de poisson pour pouvoir être qualifié de monstre…

Difficile dans ces conditions de se positionner nettement pour un camp, chacun ayant des griefs légitimes pour détester l’autre. Cet aspect rend donc complètement plausible et compréhensible, bien que discutable, la décision d’Emily que je vous laisse, bien sûr, découvrir.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette femme qui sait voir au-delà des apparences et des préjugés n’hésitant pas à tout remettre en cause pour ce qu’elle estime juste. Pour une personne n’imaginant pas sa vie loin de l’eau, elle a étrangement les pieds sur terre ! J’ai également aimé son sens de la répartie et sa capacité à avancer dans la vie malgré les drames qui la ponctuent.

Quant à Syhl, le jeune homme-poisson, sa personnalité m’a un peu moins convaincue même si l’autrice a veillé à nous offrir un personnage nuancé, autant capable d’une violence implacable que d’altruisme. Je lui ai préféré sa sœur Velkis qui intervient en dernière partie et qui apporte une touche de folie, d’insouciance et de légèreté fort appréciable. Il n’a pas fallu d’ailleurs bien longtemps pour m’attacher à celle-ci.

De l’eau, des pirates, de l’action et du sang…

Quand j’ai lu le résumé du livre, j’ai su qu’il me fallait le lire. En effet, j’aime beaucoup les histoires de pirates.

Et de ce côté, je dois dire que l’autrice a répondu à mes attentes. J’ai beaucoup aimé m’imaginer la vie à bord du navire, les descriptions percutantes et l’utilisation d’un vocabulaire maritime précis nous permettant de nous immerger complètement dans l’ambiance. On a presque l’impression de voguer sur la mer à bord du Blue River pris dans les flots d’un élément naturel aussi beau qu’imprévisible.

Je vous rassure, même s’il y a des descriptions, le livre reste définitivement tourné vers l’action et ceci, dès les premières pages du roman. Il y a évidemment des phases moins rythmées que d’autres, mais aucun temps mort ou longueurs ne sont à déplorer. Svetlana Mori a incontestablement su exploiter chaque page, ne se perdant pas dans les détails. Ce point me semble particulièrement important si l’on rappelle que le livre fait moins de deux cents pages et que l’autrice n’est pas forcément coutumière de ce format assez court.

Si je n’aime pas trop quand le sang coule à flots, j’attends pourtant de l’hémoglobine quand il y a des pirates dans une histoire, les deux étant quelque peu indissociables dans mon esprit. Et Abyss, pour mon plus grand plaisir, n’échappe pas à la règle. L’autrice ne nous épargne pas des scènes quelque peu violentes nous les décrivant d’ailleurs de manière assez précise pour que le lecteur se les représente parfaitement. Et j’ai d’ailleurs adoré ce décalage entre le calme apparent des flots et la violence qui se déchaîne à bord du navire.

Quant aux pirates, ils sont tels que je les imagine et les veux : sans morale, sanguinaires ne faisant pas grand cas de la vie humaine, violents, pervers… Bref, antipathiques et horribles à souhait !

Une histoire d’amour qui ne m’a pas convaincue, mais qui sert l’histoire

Que vous l’ayez deviné ou non en lisant le résumé, Abyss, c’est également une histoire d’amour. C’est l’aspect que j’ai le moins apprécié, mais mon avis n’est pas très objectif n’étant pas fan du genre. Seuls quelques auteurs arrivent à me faire passer outre mon manque d’appétence pour ce genre.

Certaines scènes et dialogues, un peu trop naïfs pour moi, m’ont fait lever les yeux au ciel. Je pense notamment à un passage où Syhl demande, le plus sérieusement du monde, à sa toute nouvelle dulcinée de ne pas dépérir en son absence et de continuer à vivre. Même si la connexion entre ces deux nouveaux amoureux est forte, il manque quand même quelques péripéties avant de rendre ce genre de phrase crédible. Et encore, n’étant pas très fleur bleue, je crois que ce genre de déclaration aurait plutôt tendance à me faire rire qu’à m’émouvoir.

Je pense néanmoins que cette romance contient les éléments pour plaire à beaucoup d’amatrices et d’amateurs du genre : une histoire d’amour impossible avec des amoureux à la Roméo et Juliette séparés par la haine que se vouent leurs espèces respectives (les humains d’un côté et les hommes-poisson de l’autre), des dialogues qui peuvent plaire aux plus romantiques des lecteurs, une attirance quasi immédiate entre nos deux héros et une alchimie très forte…

Si cette histoire d’amour ne m’a pas convaincue notamment par sa trop grande rapidité qui s’explique par la taille du livre, force est de constater que Svetlana Mori a su la rendre indispensable à l’histoire. Loin de n’être là que pour ravir le cœur des amoureux de romance, elle est la pierre angulaire du livre qui va permettre un rapprochement entre deux ennemis. Alors la morale est un peu gentillette, mais elle est amenée avec assez de talent pour ne pas paraître trop naïve.

Une histoire qu’on a du mal à quitter…

Enfin, j’avoue avoir été quelque peu frustrée par la taille du livre. L’autrice nous propose une histoire avec tellement de potentiel qu’il est difficile de se contenter de si peu de pages. J’aurais tellement aimé en apprendre plus sur les hommes-poisson, leurs us et coutumes qui n’impliquent pas l’arrachage de cœur d’humain, leur vie dans leur cité aquatique…

J’aurais également souhaité apprendre à connaître plus longuement la famille royale dont les membres ne manquent pas de personnalité que ce soit le frère aîné qui, sous un air froid et dur, semble plutôt du genre tendre et juste, le père qui n’est pas le monstre cruel que l’on pourrait s’imaginer ou, à l’inverse, cette sœur aînée qui est loin de s’avouer attendrie par l’amour de son frère pour une humaine…

Tous ces éléments font que lorsque l’on tourne la dernière page, on est autant ravi de notre lecture que frustré de ne pas en avoir plus. Fort heureusement, l’autrice a entendu le désespoir de ses lecteurs et a, en prévision, un recueil construit autour de textes courts. Mais pour les détails, il vous faudra encore patienter, le projet étant toujours en cours de réflexion.

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Pour ma part, je lirai avec plaisir d’autres titres de Svetlana Mori dont les deux autres tomes de la trilogie dont Abyss est issu.

Vous pouvez acquérir Abyss sur, entre autres, Amazon et découvrir les autres livres de l’auteure sur son site Internet.

Je vous invite à consulter la chronique de Saiwhisper.

 

 

 

 

Shiro et les flammes d’arc-en-ciel, Abe Yukio

C’est avec un nouveau titre, Shiro et les flammes d’arc-en-ciel de Abe Yukio, que je poursuis ma découverte de la maison d’édition Nobi Nobi dont les titres me séduisent de plus en plus.

Je peux d’ores et déjà vous dire que je suis ravie d’être tombée sur ce titre lors d’une visite dans ma médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une légende raconte que tous les cent ans, la pleine lune descend sur la forêt de Miaô. A cette occasion, les villageois doivent l’accueillir avec des feux de joie multicolores, sinon la lune se retirera et la forêt sera plongée dans les ténèbres. Seul un chat peut aller chercher les flammes d’arc-en-ciel qui permettront d’allumer ces feux. Mais l’unique chat des environs est Shiro, considéré comme un étranger car il est né en bordure de la forêt. Pojo, l’Ancien du village, décide malgré tout de lui confier cette tâche. Shiro part donc en quête des flammes d’arc-en-ciel à bord de sa montgolfière, accompagné de son ami Carot le lapin câlin. Il ignore encore que ce voyage intrépide le mènera bien au-delà des limites de la forêt et de son propre courage…

  • Album: 45 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Nobi Nobi ! (27 septembre 2011)
  • Prix : 15€

AVIS

Seul chat aux environs de la forêt de Miaô, Shiro se voit confier une mission de la plus haute importance pour les habitants : trouver les légendaires flammes d’arc-en-ciel afin de fêter l’arrivée de la lune. Durant son périple qu’il fera en partie accompagné de son ami, Carot le lapin câlin, il va rencontrer différentes créatures et affronter le danger.

Cette expérience le fera évoluer progressivement : de chaton paresseux, il passe à un félin prêt à prendre des risques pour sauver la forêt de l’obscurité éternelle. De la même manière, les habitants de la forêt qui, pour la plupart, se méfiaient de cet « étranger » finiront par l’acclamer lors de son retour. Ce sont deux évolutions que l’on prend plaisir à suivre et qui nous permettent de tourner la dernière page le sourire aux lèvres, avec un tonitruant « tout est bien qui finit bien » en tête.

J’ai adoré cet album, du protagoniste principal à l’histoire en passant par le sublime univers graphique imaginé par Yukio Abe. L’auteur nous offre un festival de couleurs chatoyantes et vivantes ! Le rendu est tellement magnifique, si ce n’est majestueux, que l’on peut passer des minutes sur une seule page, bercé par la douceur des illustrations. Au fil des pages, on finit d’ailleurs par avoir le sentiment de ne pas seulement lire un album, mais de  vivre un rêve éveillé.

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Le seul défaut de cet ouvrage est qu’il se lit trop vite, bien trop vite. Mais rien ne vous empêche de le lire et le relire vous délectant, à chaque instant, de la beauté de ses illustrations.

En d’autres mots, je conseille cet album à tout le monde, des plus petits aux plus grands. Il n’y a pas d’âge pour rêver…

 

Overlord 1 : Le Roi Mort-Vivant, Kugane Maruyama (illustrations de So-Bin)

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict pour la découverte d’Overlord Le Roi Mort-Vivant de Kugane Maruyama. Cet ouvrage contient les deux premiers tomes de la série.

Je remercie également les éditions Ofelbe pour le superbe poster accompagnant le livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » La vie est un jeu imprévisible  »
Momonga est prévenu… Notre seigneur maléfique va devoir faire attention à ne pas se laisser dépasser par cette réalité.

Nous sommes en l’an 2138. Yggdrasil, le célèbre MMORPG à succès est sur le point de fermer. Momonga, nécromancien mort vivant de niveau 100, chef de la puissante guilde
 » Ainz Ooal Gown « , attend seul l’arrêt du jeu. Cependant, l’heure de la fermeture passée, Momonga ne se déconnecte pas et les personnages non jouables se retrouvent dotés d’une conscience…
Prisonnier d’un monde inconnu, notre seigneur maléfique va partir à la recherche d’un nouveau but à son existence et prendre la décision de conquérir ce nouvel univers tout en y laissant son empreinte.

  • Broché: 514 pages
  • Editeur : Ofelbe (11 mai 2017)
  • Prix : 21,90€

AVIS

Un magnifique travail éditorial…

La couverture très soignée et détaillée, le dépliant en début et fin de livre et les illustrations en couleurs en début de chapitre témoignent du soin apporté à la confection de l’ouvrage. La beauté du livre ne peut d’ailleurs que vous donner envie de vous plonger dans l’histoire.

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J’ai en outre apprécié qu’en fin de livre soit proposé un récapitulatif en couleurs des principales caractéristiques des personnages principaux. Je m’y suis référé, notamment en début de lecture, afin de mieux appréhender le physique de chacun et ainsi me plonger plus facilement dans l’univers de l’auteur. Ces illustrations m’ont d’ailleurs permis de tomber sous le charme d’un personnage avant même d’avoir commencé le livre. Mais pour ma défense, vous arrivez à résister à un hamster tout mignon vous ?

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L’histoire et l’Overlord…

Momonga, maître de la guilde maléfique Ainz Ooal Gown, protectrice du Grand Tombeau de Nazarick, attend seul l’arrêt du célèbre MMORPG Yggdrasil. Cependant, les choses ne vont pas se passer comme prévu puisqu’il va être transporté, sous la forme de son avatar, dans un monde inconnu proche et en même temps éloigné de celui du jeu.

Dans le premier tome, Momonga découvre ce nouveau monde prenant le temps de comprendre les différences avec le jeu, l’étendue de ses pouvoirs, la liberté d’action des personnages non jouables qui semblent avoir pris vie, les compétences disponibles, les règles qui s’appliquent à sa nouvelle vie… Le second tome, plus rythmé, nous permet de suivre notre protagoniste dans ses premières quêtes et de découvrir, de plus près, ce monde devenu le sien.

Momonga est un personnage que j’ai trouvé, dès le départ, assez intrigant et paradoxal. Transporté dans un monde inconnu sous l’apparence de son avatar, un squelette, il est resté dès le début étrangement stoïque face à la situation, ne paniquant jamais à l’idée de ne plus retourner chez lui. Il est vrai que l’on comprend très vite les raisons de ce détachement : sa vraie vie se résumant à un travail peu épanouissant et un quotidien englué dans une déprimante routine, Momanga alias Satoru Suzuki n’a simplement aucune raison de vouloir rentrer chez lui. Cela est d’autant plus vrai que l’arrêt du jeu a signé la perte de ce qui était le plus important pour lui : son amitié avec les autres membres de la guilde, ceux-ci constituant plus ou moins sa seule famille.

Ce sens de l’amitié va l’aider à avancer dans ce nouveau monde, toutes ses actions étant destinées à faire connaître son nom et, par ce biais, peut-être, à retrouver d’autres membres de la guilde. Je trouve ce point plutôt intéressant, car si sa condition de Mort-Vivant commence à impacter sa personnalité, il n’en demeure pas moins très humain. Il conserve ainsi un besoin fort de retrouver ses amis (l’homme n’est-il pas un animal social ?) et des faiblesses assez humaines comme un manque de confiance en lui, de nombreux doutes et interrogations, une certaine maladresse dans les interactions sociales surtout avec les femmes….  Je ne l’ai pas trouvé attachant pour autant, mais j’ai apprécié qu’il ne soit pas seulement un puissant personnage voué à tout détruire sur son passage pour le plaisir de conquérir un nouveau monde.

Je dois néanmoins avouer avoir été perturbée par un point : sa propension à s’excuser tout le temps même auprès de ses serviteurs. Pour le chef d’une guilde maléfique, cela me semble somme toute étrange et peu crédible ! Une ou deux excuses auraient pu faire de Momanga un chef magnanime exigeant, mais sachant reconnaître ses erreurs alors que cette profusion  d’excuses le place plutôt dans une position de faiblesse. A plusieurs reprises, je me suis dit qu’à trop vouloir s’assurer de la fidélité de ses serviteurs en donnant une bonne opinion de lui-même, c’est d’une révolte qu’il allait hériter.

Un univers bien développé et accessible…

J’ai  beaucoup apprécié l’univers dans lequel l’auteur arrive parfaitement à nous immerger. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, aux côtés de Momonga, ce nouveau monde, les règles le régissant et les créatures plus ou moins hostiles qui le peuplent. Je dois d’ailleurs saluer le travail de l’auteur qui a su très justement doser les phases de description et les phases d’action. Les premières nous permettent aisément de nous imaginer avec précision les décors, les paysages et les personnages, quand les secondes tiennent en éveil les sens du lecteur. Le rythme intense de l’intrigue associé à des descriptions complètement immersives rendent donc la lecture de ce livre de plus de 500 pages très rapide.

Et j’avoue que j’en ai été rassurée. En effet, en sollicitant ce partenariat sur Livraddict, j’avais une crainte, celle de ne pas arriver à me plonger dans le livre par manque de connaissance des MMORPG et des codes de la high fantasy. J’ai donc été ravie de découvrir une histoire que l’auteur a veillé à rendre accessible à tous. Les novices en la matière ne seront pas débordés par une avalanche de termes incompréhensibles, l’auteur abordant les choses de manière progressive. Quant aux habitués des MMORPG, ils ne seront pas gênés par des explications lourdes et trop nombreuses.

Deux points qui m’interrogent… 

Il y a néanmoins un point qui m’a gênée, c’est le crêpage de chignon systématique entre deux personnages féminins pour s’attirer les faveurs de Momonga. Si on met de côté l’attirance physique pour un squelette qui me laisse sceptique, je trouve que cela donne une image de la femme servile et superficielle plutôt déplaisante. A part flatter l’égo des mâles peut-être prompts à se réjouir que des femmes se battent pour s’attirer les faveurs sexuelles d’un représentant de leur sexe, fusse-t-il un squelette, je n’en vois pas l’intérêt. D’ailleurs, les dialogues ponctuant les disputes entre les deux femmes sont d’un inintérêt assez désarmant.

J’ai également regretté le manque d’équilibre dans les scènes de combat. Les nombreux doutes de Momanga sur ses capacités à vaincre ses ennemis, dont il ne connaît pas avec certitude la puissance, sont parfaitement inutiles puisqu’il arrive à les vaincre d’une pichenette ou presque. C’est dommage que l’auteur n’ait pas prévu des adversaires un peu plus à sa taille même si je dois admettre que la bataille finale avait une certaine envergure.

Je suis cependant confiante sur la capacité de l’auteur à offrir, par la suite, des adversaires qui malmèneront Momanga ; une victoire trop facilement acquise n’ayant guère d’intérêt pour le lecteur.

En conclusion, si vous avez envie de vous immerger dans une aventure palpitante menée par un personnage à la personnalité intéressante, Overlord est un light novel qui devrait vous séduire. L’univers imaginé et décrit par l’auteur devrait plaire autant aux amateurs de jeux vidéo qu’aux lecteurs en quête d’une histoire accordant une large place à l’action. Quant au superbe travail éditorial, il vient parfaire une expérience de lecture déjà plaisante.

En ce qui me concerne, je lirai la suite des aventures avec plaisir en croisant les doigts pour que les éditions Ofelbe proposent un ouvrage à la hauteur de celui-ci.

 

Mini-chroniques en pagaille #7

Cela fait un petit moment que je n’ai pas publié un type d’article que vous semblez bien apprécier : Les mini-chroniques en pagaille :

ŒUVRES GRAPHIQUES

  • L’épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur, Gauthier et Lefèvre

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J’aime beaucoup le travail de Séverine Gauthier ; c’est ce qui m’a d’ailleurs poussée à emprunter cet ouvrage. La sublime couverture et les superbes graphismes ne sont pas non plus étrangers à mon envie de découvrir l’histoire d’Épiphanie Frayeur.

Cette fillette de 8 ans et demi porte très bien son nom, Frayeur, puisqu’elle a peur de tout, tout le temps, et même de sa propre ombre, symbole de sa peur, qui grandit plus vite qu’elle. Bien décidée à se libérer de sa peur, elle part en quête d’un remède et croise, en chemin, différentes personnes qui tenteront de l’aider. Mais finalement, c’est en puisant dans ses propres ressources que la fillette trouvera le moyen de dompter sa peur et de redonner une taille acceptable à son ombre.

J’ai beaucoup aimé cet album qui traite des peurs enfantines voire, plus généralement, des phobies avec humour. La personnification de la PEUR par une ombre qui se veut effrayante, mais qui finalement a un petit quelque chose de mignon et d’attachant, est excellente. Cela permet aux enfants d’aborder l’histoire de manière un peu plus sereine. J’ai également trouvé que cette dualité de la peur était assez représentative de la réalité puisqu’à force de vivre dans la peur, on finit parfois par s’y attacher ou, du moins, s’y habituer.

En bref, L’épouvantable peur d’Épiphanie Frayeur est un très bel ouvrage graphique qui vous offrira un joli voyage au pays de la peur et de l’émotion.

  • Tome 23, Black Butler, Yana Toboso

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J’ai retrouvé avec plaisir Ciel et surtout, Sebastian, son diable de majordome. Dans ce 23ème tome, Ciel est diligenté par la reine pour mener une enquête sur un étrange music-hall où sont organisées des fêtes gratuites à destination de tous, sans aucune distinction de classe sociale. Dans l’Angleterre victorienne, cela ne peut que susciter de l’étonnement voire de l’inquiétude surtout quand l’on constate que les participants à ces fêtes sont de plus en plus nombreux et de plus en plus accro à ces moments d’euphorie collective.

Et si derrière les chants et la danse, quelque chose de plus sombre se tramait ? C’est ce que nos deux protagonistes vont tenter de déterminer d’autant qu’ils ont une source de motivation importante pour faire le point sur ce mystérieux et inquiétant music-hall.

Sans surprise, j’ai dévoré ce nouveau tome où l’auteur arrive à happer l’attention du lecteur dès les premières pages. Le suspense et le mystère sont, comme à chaque fois, au rendez-vous pour vous faire passer un agréable moment de lecture. J’ai maintenant hâte de découvrir le tome 24 puisque l’auteur nous laisse de manière totalement sadique avec nos interrogations.

NOUVELLES

  • Mon chat est immortel, Mancini Anna

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Écrivaine qui voyage beaucoup, l’héroïne accepte quand même d’aller chez sa voisine pour découvrir la portée de chatons de sa minette. Comme hypnotisée par un chaton, elle finit par l’adopter malgré sa résolution de ne pas craquer. Mais elle découvre vite que cette boule de poils d’apparence banale est spéciale, très très spéciale. Et c’est de cette découverte et des conséquences sur sa vie que l’héroïne souhaite faire part aux lecteurs.

Racontée comme une histoire vraie, cette petite nouvelle se lit rapidement et avec plaisir. Complètement irréaliste, on se laisse néanmoins séduire par cette histoire de chat, d’Égypte et de magie. N’hésitez pas à vous laisser tenter même si, je vous préviens, vous ne regarderez plus votre chat de la même manière.

  • Carousel, un parc trop mortel, Bogdan Kostenetsky

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Une visite familiale dans un parc d’attraction ? La journée ne pouvait donc que s’annoncer très bonne pour cette famille à moins, bien sûr, que le parc ne réserve quelques funestes surprises…

A l’image du ça de Stephen King, l’auteur reprend le faciès aussi rigolo qu’inquiétant des clowns pour plonger le lecteur dans un récit horrifique où l’hémoglobine est de la partie.

Cette nouvelle se lit facilement et plaira aux amoureux du genre. Je regrette néanmoins les fautes d’orthographe et de ponctuation qui ont quelque peu perturbé ma lecture.

 

Et vous, certaines de ces lectures vous tentent ?

Texte personnel et concours : Silynx

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Crédit photo Regards sur le monde

La très sympathique et dynamique Magali du blog Lectures familiales a organisé, pour fêter les 2 ans de son blog, un concours très original. Il fallait ainsi, pour remporter le ou les livres désirés, rédiger un texte plus ou moins long répondant à une consigne de son auteur avant que celui-ci ne désigne le ou la gagnante.

J’ai eu la chance de gagner le livre pour lequel j’avais participé, Eve aux sables dormant de Cécile Ama Courtois que je remercie. Voici sa consigne :

Voici le début d’une histoire, à vous de la poursuivre avec pour seule « obligation » la présence d’une créature imaginaire : « Par un joli matin de printemps, Nicolas creusait un trou dans son jardin pour y planter un arbre… ». (50 lignes maximum)

Je n’avais pas réfléchi au titre de ce texte, mais Magali m’a suggéré de le nommer comme l’un de mes personnages dont elle avait apprécié le prénom : Silynx. Merci à elle de cette très bonne suggestion.

Voici donc mon texte :

SILYNX

Par un joli matin de printemps, Nicolas creusait un trou dans son jardin pour y planter un arbre. Il avait attendu ce moment toute la journée, guettant chaque mouvement de ses parents avec une impatience mal contenue. Puis était enfin arrivée l’heure de leur départ. Nicolas adorait ses parents et même cette petite sœur qui éprouvait l’envie inexplicable et quelque peu incongrue de lui prendre ses jouets. Mais il ressentait le besoin vital, quasi viscéral, de planter cet arbre d’apparence banale, d’apparence seulement, tout seul.

Il arrêta soudainement son ouvrage et tira, de sa poche, avec une douceur infinie la photo de son grand-père, cet homme qu’il avait tant aimé, qu’il aimait d’ailleurs toujours malgré… Une larme s’échappa des yeux vairons du jeune homme, caractéristique physique qu’il partageait avec son papi chéri. Ce signe spontané de tristesse disparut aussi vite qu’il était apparu pour laisser la place à un large sourire.

« Ton papi ne disait-il pas toujours qu’un jour sans sourire était un jour de perdu ? Pour une fois qu’un homme grand dit quelque chose de sensé, tu ferais bien de l’écouter. »

Nicolas regarda avec amusement l’étrange créature, à mi-chemin entre un chat et une chouette, assise nonchalamment sur ses épaules. Vêtu d’un accoutrement qui ne dépareillerait pas dans un Carnaval, Silynx était sorti de sa torpeur, résultante d’un petit-déjeuner bien trop copieux pour un si petit être. Et comme à l’accoutumée, il avait suffi de quelques mots de sa part pour que le jeune homme se sente mieux.

Pris d’un nouvel entrain, Nicolas jeta un coup d’œil au trou qu’il avait, dans sa rêverie emplie de mélancolie, fait bien trop profond. Quelques ajustements plus tard et avec l’aval de son maître de chantier toujours juché sur son épaule, il retourna dans la cuisine chercher le petit arbre qui l’attendait. De retour dans le jardin, c’est presque avec cérémonie qu’il planta l’arbre dans le trou fraîchement creusé. Un regard à Silynx suffit pour que celui-ci comprenne que c’était maintenant à lui de jouer. C’est alors d’un battement d’aile que l’étrange créature s’envola de l’épaule de Nicolas pour atterrir majestueusement sur le sol. Pendant quelques secondes, rien ne se passa puis, petit à petit, le corps de Silynx s’étira jusqu’à prendre la taille d’un Lynx ; de magnifiques ailes de chouette venant parfaire cette majestueuse silhouette.

D’un souffle puissant mais étrangement délicat, il égrena des paroles les plus incompréhensibles les unes que les autres. Mais peu importait à Nicolas car de ce chaos verbal, il retirait un certain apaisement comme si, derrière chaque parole, c’était un peu la voix enjouée de son grand-père qui lui parvenait. Perdu dans ses pensées, c’est non sans émerveillement, qu’il observa quelques instants plus tard le magnifique arbre qui avait pris racine dans le jardin familial.

Une alarme de réveil retentit…

Une main d’abord tendre puis de plus en plus pressée caressa les cheveux tout ébouriffés de Nicolas. « Chéri, il est l’heure de se lever. Ton petit-déjeuner est prêt. Je vais préparer ta sœur puis quand tu auras fini ton bol de céréales, va voir papa. Il a quelque chose à te donner… »

Le jeune homme appréhendait cette journée au point d’envier Speedy, son hamster nain plus rapide que Speedy Gonzales, mais plus agressif qu’un tigre. Lui au moins pouvait se cacher parmi son amoncellement de mouchoirs quand il ne voulait pas de compagnie. Et ça arrivait souvent d’ailleurs ! D’un bond, Nicolas se leva, jeta un œil à la fenêtre d’où il put apercevoir le petit arbre que son père avait planté la veille. Ah comme il aurait aimé que son rêve de la nuit passée soit réel et que l’arbre préféré de son papi soit déjà gigantesque…

« Papa, maman a dit que tu avais quelque chose pour moi.
– Oui, enfin c’est plutôt ton grand-père qui avait quelque chose à t’offrir. »

Marc regarda son aîné dont il pouvait lire tout le chagrin dans les yeux et d’un geste presque tremblant, lui remit une lettre et une boîte noire rectangulaire où était gravée une inscription : Rêve ta vie et Vis tes rêves. Nicolas lut deux fois la lettre oubliant jusqu’à la présence même de son père puis ouvrit la boîte d’où il sortit un magnifique stylo-plume qu’il reconnut aussitôt comme celui de son papi.

Comme une évidence, il prit alors une décision sur laquelle il ne revint jamais : celle de prendre, à son tour, la plume pour raconter des histoires à commencer par celle de son grand-père, en continuant l’arbre généalogique que celui-ci avait débuté. Ne manquerait plus qu’à convaincre ses parents de l’aider, mais ça, c’est une autre histoire…

Nicolas regarde émerveillé ses six petits-enfants réunis cérémonieusement autour de lui attendant impatiemment une des histoires dont ce grand-père gâteau avait le secret :
« Les enfants, aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire. Celle d’un petit garçon qui avait un ami spécial qui se nommait Silynx… »

J’espère que cette petite histoire vous a plu. N’hésitez pas à m’en donner vote avis.