42 jours, Silène Edgar

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Je remercie Livraddict et les Éditions Castlemore pour m’avoir permis de découvrir 42 jours de Silène Edgar. J’ai reçu l’édition adaptée aux lecteurs dyslexiques. Ce n’est pas mon cas, mais je trouve très bien qu’une maison d’édition décide d’adapter ses romans afin de les rendre accessibles aux personnes souffrant de dyslexie. Une démarche qui, je l’espère, sera suivie par beaucoup.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…

  • Parution : 18/10/2017
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Prix : 15,90€

AVIS

L’histoire et les personnages…

Un départ avant le début des vacances d’été dans le manoir breton au bord de mer où travaille oncle Jean ? Quand leurs parents leur annoncent cette nouvelle inattendue, Sasha, 12 ans, ne peut s’empêcher de trouver cela suspicieux quand, au contraire, son petite frère Jacob se montre ravi. Une fois arrivés au manoir, les deux jeunes garçons vont faire la connaissance du couple d’intendants, de leurs deux enfants et des pensionnaires du manoir que d’aucuns pourraient qualifier de gentils fous. Entre les tâches quotidiennes, les jeux et les bons repas, Sasha et son frère ne voient pas le temps passer d’autant que les différents mystères que semble receler ce manoir éveillent l’instinct d’enquêteur de Sasha et stimule son imagination déjà bien fertile…

Durant toute l’histoire, nous suivons plus particulièrement Sasha, son petit frère étant présent, mais plus dans le rôle classique du petit frère qui suit son aîné comme son ombre. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la complicité entre ces deux frères et la manière dont Sasha essaie au mieux de s’occuper de son cadet. Une grande responsabilité pour un enfant de 12 ans d’autant que lui et son frère n’ont jamais été séparés aussi longtemps de leurs parents. Même s’ils se sentent bien au sein de ce manoir, se sont fait des amis et apprécient de manger de bons petits plats, l’absence de leurs parents leur pèse, ce qui entraîne quelques crises de larmes.

Et puis Sasha, du haut de ses 12 ans, sent bien qu’on lui cache des choses ce qui n’est pas fait pour le rassurer. Pourquoi ses parents n’ont pas attendu le début des vacances ? Où travaillent-ils vraiment ? Quand les reverront-ils ? Toutes ces questions et ce sentiment d’être mis de côté le pousseront, tout au long du roman, à ne pas toujours respecter les demandes des adultes avec des conséquences plus ou moins importantes pour lui, sa famille et ses amis. On comprend parfois sa curiosité quand on frissonne d’autres fois anticipant les risques qu’il fait prendre à tous. Sasha se révèle cependant attachant malgré ses bêtises, car l’auteure a su le rendre très réaliste. Durant ces 42 jours, il évolue, il grandit, il apprend à s’adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux amis, mais surtout à une nouvelle vie. Alors s’il fait preuve de maturité et d’un certain sens des responsabilités, il n’en demeure pas moins ce garçon de 12 ans qui n’est pas parfait et qui a encore besoin de ses parents malgré ses velléités d’autonomie bien naturelles à son âge. Un personnage réaliste auquel, je n’en doute pas, les jeunes lecteurs pourront s’identifier et comprendre.

wp-image-1555672617En plus de Sasha et de Jacob, Silène Edgar nous offre une galerie de personnages très attachants et, pour certains, très très originaux. Vous ferez ainsi la connaissance d’adultes qui se prennent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. Dites ainsi bonjour à Néfertiti, Louis XIV, Victor Hugo, Napoléon Ier et Napoléon Ier, Shere Khan et Earl Grey, une personne se prenant pour une théière. L’idée de l’auteure, en plus d’être complètement loufoque et d’apporter un peu de légèreté, permet aux lecteurs de se remémorer de grandes figures historiques. Cerise sur le gâteau, leurs portraits sont disséminés dans le livre.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir chacun d’entre eux avec une petite préférence pour Victor Hugo qui m’a bien amusée notamment quand il avoue ne pas comprendre totalement « ses propres écrits ». Je confesserai néanmoins une certaine frustration. A part Louis XIV qui joue les trouble-fêtes, les autres personnages ne sont pas assez présents à mon goût. J’adorerais que l’auteure nous propose par la suite un autre roman basé sur la vie de ces fantasques personnages et sur les circonstances qui les ont poussés à s’engager dans un jeu de rôle permanent. Étaient-ils déjà « fous » ou est-ce la folie humaine qui les a rendus ainsi ? Et si finalement, Sasha et Jacob découvraient que les fous ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Une histoire qui en cache une autre et qui se fait poser de nombreuses questions…

Le lecteur est laissé, comme Sasha, dans l’ignorance quant aux raisons du brusque départ de Paris ou sur les mystères du manoir comme ces bruits qui proviennent du grenier. Du moins, les jeunes lecteurs, car les lecteurs plus âgés liront assez rapidement entre les lignes pour entrevoir les raisons qui ont poussé un couple à faire partir leurs enfants de Paris, sans eux, pour un manoir en Bretagne. L’étrange comportement de Jean qui se montre parfois distant ou encore la présence mystérieuse d’un individu au grenier seront d’autres indices qui devraient rapidement vous faire comprendre le contexte de l’histoire. Je n’en dirai pas plus pour ne pas prendre le risque de vous spoiler. Je me contenterai de louer la capacité de l’auteure à aborder une période sombre de notre histoire et donc des thèmes durs, voire très durs, avec délicatesse les rendant ainsi accessibles à de jeunes lecteurs. J’ai trouvé, par exemple, l’utilisation d’un grand méchant des contes comme métaphore pour désigner un méchant bien plus réel juste parfaite.

Ce roman est destiné à la jeunesse, mais je pense qu’il pourra plaire à tous d’autant qu’il suscite même chez les adultes de nombreuses questions : est-ce que préserver des enfants des atrocités qui se déroulent à leur porte est vraiment les protéger ou, au contraire, les mettre en danger ? Auriez-vous été capables de vous rebeller contre des règles injustes et inhumaines malgré la peur ? Pourquoi certaines personnes qui sont supposées être vos semblables se transforment en monstres ? Pourquoi la différence fait-elle autant peur ? …  Des questions qui, pour certaines d’entre elles, demeurent hélas d’actualité.

Une histoire qui offre un voyage riche en émotions…

42 jours est un roman que j’ai beaucoup aimé autant pour les personnages que l’histoire mais ce que j’ai préféré, c’est le voyage émotionnel qu’il m’a fait traverser. J’ai été intriguée, j’ai souri, j’ai eu peur, j’ai été émue, j’ai été révoltée, j’ai frissonné devant certains événements, j’ai eu envie de crier à l’injustice, j’ai eu envie de gronder un certain garçon, j’ai eu quelques bouffées de violence envers des figures d’autorité… Je lis pour plusieurs raisons, l’une d’entre elles étant cette envie de ressentir différentes émotions. Et à cet égard, je peux dire que j’ai été comblée. Je n’ai pas aimé toutes les émotions traversées, mais j’ai apprécié que l’auteure arrive à les susciter avec une telle facilité. Il faut dire qu’elle propose ici une histoire d’une grande sensibilité qui ne tombe jamais dans la sensiblerie.

A noter la présence de notes de bas de page et de quelques dates en fin d’ouvrage qui faciliteront la lecture des plus jeunes et rafraîchiront la mémoire des lecteurs plus âgés.

Pour conclure, Silène Edgar, à travers une plume simple, fluide et agréable, raconte une histoire dans l’Histoire. Un procédé qu’elle manie d’une main de maître et qui rend la lecture de son roman aussi passionnante qu’addictive. Si vous avez envie de découvrir des personnages attachants et originaux, des moments de joie et des moments plus durs, 42 jours est fait pour vous. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteure aborde des thèmes durs mais de manière assez imagée et sensible pour les rendre accessibles aux jeunes lecteurs. A lire et à relire pour que le passé ne se reproduise jamais.

Envie d’acheter 42 jours de Silène Edgar ?

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Gary Cook, Antoine Jaunin et Romain Quirot

Je remercie Lecteurs.com et les éditions Nathan de m’avoir permis de découvrir Gary Cook d’Antoine Jaunin et Romain Quirot.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde recouvert par les flots, une seule chance de survie : embarquer à bord de gigantesques navettes spatiales.

Gary Cook a grandi sous le pont des Oubliés, l’un des derniers refuges sur cette Terre condamnée. À quinze ans, il passe le plus clair de son temps avec Max et Elliott à bord du Neptune, leur modeste bateau de pêche. Les trois amis rêvent de prises fabuleuses et d’aventure. Autour d’eux, pourtant, le monde touche à sa fin.

Chaque année, d’immenses navettes surgissent de la mer pour fuir dans l’espace. Des navettes auxquelles les Oubliés n’ont pas accès – jusqu’au jour où Gary apprend que, pour la première fois, l’équipage vainqueur de la terrible course fantôme gagnera sa place à bord de la navette Deucalion III.

S’ils veulent faire partie du voyage, Gary, Elliott et Max vont devoir prendre tous les risques…

  • Broché: 396 pages
  • Editeur : Nathan (31 août 2017)
  • Prix : 17,95€

AVIS

Comme beaucoup de lecteurs, j’ai entendu parler de ce roman grâce à sa bande-annonce qui s’apparente plus à celle d’un film que d’un livre. Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que Romain Quirot est réalisateur. Ce n’est pas cependant la bande-annonce du roman qui m’a donné envie de le lire, mais l’intervention d’Antoine Jaunin lors d’une conférence à la Fête du livre de Saint-Étienne.

L’histoire et les personnages…

Gary est un adolescent de 15 ans qui, comme les autres jeunes de son âge, aime passer du temps avec ses meilleurs amis. Sauf que le monde dans lequel évolue Gary n’a rien de normal : dévasté et submergé en grande partie par les flots, il est devenu dangereux et hostile. Le jeune homme vit donc avec d’autres sous Le Pont des Oubliés, un endroit qui est loin d’être parfait, mais qui a le mérite d’offrir un abri, du moins pour le moment. Alors quand l’ultime opportunité de quitter ce monde, qui n’a plus rien à offrir, à bord d’une navette spatiale se présente, Gary et ses amis doivent prendre une décision… Rester ou partir ? Survivre ou vivre ? Vivre ou Mourir ?

Je ne lis quasiment pas de dystopie, pas que je n’aime pas le genre, mais je n’ai pas un attrait particulier pour celui-ci. J’ai toutefois été complètement happée par l’univers mis en place par les auteurs qui ont réussi à le rendre réaliste et immersif tout en le baignant d’une aura de mystère aussi plaisante que frustrante. Les descriptions nous permettent aisément de nous imaginer ces décors apocalyptiques érodés par le temps et les conséquences plus ou moins lointaines de l’action de l’homme. Et c’est là qu’arrive la frustration, car les auteurs nous laissent délibérément dans le flou quant à ce qui s’est exactement passé pour qu’on en arrive là. Espérons que le deuxième tome nous apporte des éléments de réponse. Quoi qu’il en soit, difficile de ne pas voir dans ce roman une critique du monde actuel, de la destruction de l’écosystème par la main de l’homme et une réflexion sur le genre de monde qu’on souhaite léguer aux générations futures.

Si cette critique présente en toile de fond dans le livre est intéressante, le gros point fort de ce roman pour moi est la galerie de personnages, et l’omniprésence de l’amitié, l’une des seules sources de lumière et d’espoir dans un monde où l’on survit plus que l’on ne vit. Je n’ai pas trouvé tout de suite Gary très attachant, peut-être car trop détaché de sa propre vie. C’est vraiment en le découvrant avec ses deux meilleurs amis puis avec une mystérieuse jeune fille du nom de Lou, que j’ai appris à l’apprécier. Plutôt gauche, peureux et peu sûr de lui-même, il n’en demeure pas moins un peu le pilier du groupe, la présence réconfortante et rassurante d’un être simple, mais gentil. Au gré des événements qui mettront ses relations avec ses amis à rude épreuve et qui pousseront le lecteur au bord de la crise d’angoisse, voire de larmes, il prend toutefois de l’assurance. Passant du gentil garçon enrobé de la bande à un personnage plus complexe, il gagne ainsi en consistance. Mais ce n’est vraiment que lorsqu’il comprend qu’aucun avenir sous le Pont des Oubliés n’est possible qu’il devient vraiment intéressant. Cette prise de conscience tardive va en effet le pousser à reprendre sa vie en main, à agir plutôt que subir, et à plonger dans son passé en vue d’écrire son avenir.

Autre personnage complexe qui a tout de suite suscité ma curiosité, Dean qui est en quelque sorte l’ennemi de Gary et de ses amis. Si l’on est tenté de le détester dès son entrée en scène, pour ma part, il m’a tout de suite intriguée. En apprenant à mieux le connaître et à découvrir sa vie familiale, on ne peut que modérer notre opinion à son sujet sans pour autant pardonner ses excès de colère et son comportement exécrable. L’image du gros dur s’étiole progressivement pour laisser place à un adolescent perdu tentant coûte que coûte de protéger sa famille dans un environnement dur et mortifère. On ne peut alors que se mettre à sa place et se demander jusqu’où nous serions prêts à aller pour protéger les nôtres ? Je ne parlerai pas de tous les autres personnages, mais j’ai aimé leur diversité, parfois leur complémentarité et surtout leur complexité, chacun d’entre eux étant relativement nuancé. Il y a une petite exception avec un personnage dont la bêtise, le physique et son amour du poisson apportent un peu de comique. Il m’a un peu fait penser à Kubiac dans Parker Lewis ne perd jamais.

Une écriture fluide et immersive pour une histoire où rythme et dangers sont omniprésents…

L’écriture à quatre mains ne semble pas un exercice particulièrement facile, mais Antoine et Romain s’en sortent très bien. Le duo nous offre en effet une histoire à la narration parfaitement fluide et rythmée. L’écriture, en plus d’être très visuelle, coule de source et se révèle efficace pour vous immerger, et c’est le cas de le dire, dans un monde submergé par les flots. Il en résulte un roman qui se lit très vite, et qui ne demande pas une attention de tous les instants. Une accessibilité qui devrait séduire les adolescents ou les lecteurs ayant envie d’une lecture qui se lit d’une traite ou presque. En effet, l’enchaînement rapide d’événements dramatiques vous pousse à lire page après page afin de découvrir le devenir de Gary, de ses amis et même de ses ennemis. Difficile alors de s’ennuyer devant le rythme soutenu de cette histoire où le calme semble systématiquement cacher la tempête.

Et des tempêtes dans la vie de Gary, il va y en avoir que ce soit au sens propre ou figuré du terme. La vie sous le Pont des Oubliés est en effet loin d’être un long fleuve tranquille : maladie étrange qui, petit à petit, décime la population, désespoir, deuil, dangers en mer avec des phénomènes météorologiques dévastateurs ou des animaux marins peu avenants…  Si l’amitié permet d’apporter quelques moments de réconfort, les difficultés ne s’estompent donc jamais du paysage. Gary est également pris dans le tumulte de problèmes plus classiques pour un adolescent : amitié mise à mal par des secrets et de la jalousie, inimitié qui vire au harcèlement et à la méchanceté, découverte des sentiments amoureux, relations familiales, difficulté à s’accepter… Contexte post-apocalyptique ou non, l’adolescence reste l’adolescence.

Un petit point qui m’a moins convaincue, mais un autre qui m’a séduite…

Si je devais formuler une réserve sur ce roman, ce serait l’impression que les choses sont parfois trop faciles ou arrivent trop vite. Le monde de Gary Cook est horrible et il faut avoir une certaine dose d’optimisme pour capter chaque lueur d’espoir qu’il offre. Mais paradoxalement, j’ai eu ce sentiment diffus que Gary arrivait bien trop facilement à surmonter chaque difficulté qui se place sur sa route. Il est supposé être trouillard alors qu’il se lance dans des choses plus que téméraires, montre une capacité de survie déconcertante, arrive sans difficulté à pousser un vieillard retors à l’aider même si l’on peut comprendre que l’épreuve subie par ce dernier l’ait quelque peu adouci… L’aspect « lutte contre soi-même » n’est à mon sens pas assez développé alors qu’il n’en aurait donné que plus de crédibilité et de consistance au jeune homme. Les auteurs semblent avoir préféré mettre en avant la lutte contre les éléments sans pour autant aller au bout des choses. J’aurais ainsi préféré, et là c’est très personnel, que Gary traverse peut-être moins d’épreuves, mais que chacune soit mieux exploitée. J’aurais souhaité qu’il ait vraiment à chercher la force au fond de lui-même pour s’affranchir de ses barrières alors qu’elles paraissent presque sauter d’elles-mêmes quand la situation le requiert. Cette apparente facilité (je dis apparente car je rappelle que l’univers n’a quant à lui rien de facile) s’explique peut-être par le public visé.

Enfin, j’ai été agréablement surprise par les multiples références à la littérature qui raviront les amateurs de livres que ce soit à travers la citation de célèbres auteurs comme Montesquieu, l’amour de Gary pour les livres ou un ouvrage que chacun connaît au moins de nom, Le Petit Prince. Lu trop jeune, je n’avais pas spécifiquement apprécié ce livre considéré par beaucoup comme un chef-d’œuvre, mais je vais prendre exemple sur Gary, et le (re)lire. Vous verrez d’ailleurs que la présence du Petit Prince dans le roman n’a rien de hasardeux et que cet ouvrage, petit par la taille mais pas par les messages qu’il véhicule, aura un vrai impact sur la vie du jeune homme. Je vous laisserai le plaisir de découvrir de quelle manière Le Petit Prince est lié au passé de Gary.

En conclusion, ce roman fut une excellente surprise, je m’attendais à l’apprécier, mais pas à l’aimer autant. Rapide à lire, rythmé et empli de cette tension prompte à happer l’attention du lecteur, Gary Cook est un roman qui devrait ravir les personnes souhaitant une histoire mettant en scène un adolescent comme les autres dans un univers pas comme les autres. D’une plume fluide et immersive, les auteurs vous plongent dans un monde post-apocalyptique captivant où la question de la survie se mêle étroitement à celle de l’amitié. J’espère pour ma part retrouver très bientôt Gary que les auteurs ont laissé dans une situation peu confortable.

Et vous, vous avez envie de découvrir Gary Cook ?

Mer en silence, Oussama Bentaleb

Je remercie les Éditions du Panthéon de m’avoir proposé l’essai d‘Oussama Bentaleb : Mer en silence. Je les remercie de leur confiance d’autant plus que ce n’est pas un genre que j’ai beaucoup chroniqué sur le blog, mais que je prends toutefois toujours plaisir à lire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Le bonheur est une notion variable, de la variation de la couleur d’un caméléon ; elle diffère d’une personne à l’autre et dépend de nos ambitions et de nos espérances, de l’idée primitive qu’on se fait de notre avenir, des principes qu’on se forge à l’issue de notre éducation et de notre expérience et principalement de la façon selon laquelle nous concevons le bon déroulement des choses. »

Aussi brute qu’alambiquée, à la fois bouillonnante et paisible, tour à tour fougueuse et sereine. Contrasté dans tout ce qui fait la beauté d’une plume nouvelle, le style d’Oussama Bentaleb frémit de l’effervescence du jeune homme et répond déjà de la sagesse du plus ancien. Riche d’idées et de partage, il nous offre un foisonnement de pensées, de réflexions et de sentiments qui témoignent de son âme déjà bien érodée.

Sous couvert d’une fausse naïveté, son propos n’en est que plus sincère. Appel universel à l’espoir, au contentement et à la satisfaction, il met en relief certains sujets qui lui tiennent à cœur et lui apparaissent d’une nécessité décisive. Prônant la méditation, l’auteur se fait médiateur : de manière poétique, imagée et bien vivante, il joint la douceur stylistique à la réflexion.

  • Date publication :
  • Nombre de pages : 104
  • Prix : 11.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Je suis tombée d’emblée sous le charme de la plume de l’auteur dont la maitrise de la langue française est indéniable et très agréable.  En découvrant son jeune âge (17 ans), je dois d’ailleurs dire que j’ai été fortement impressionnée par la maturité de son écriture et sa manière de tirer le meilleur parti des mots pour soutenir sa réflexion et étayer ses pensées.

De manière parfois éthérée, parfois plus ancrée dans la réalité, il nous invite ainsi à le suivre dans le cheminement de ses réflexions et de ses raisonnements. Pour ce faire, il use d’un procédé simple, mais original et surtout très efficace pour rendre la lecture rapide et fluide : dans chaque chapitre, il part d’une citation d’un écrivain ou d’un penseur pour se livrer ensuite en quelques pages. Je connaissais certaines des citations quand j’en ai découvert d’autres, mais elles partagent toutes un point commun, celui d’être particulièrement inspirantes. A cet égard, j’ai retrouvé avec plaisir les propos maintenant bien connus de Rabelais (Science sans conscience n’est que ruine de l’âme) ou encore de Montesquieu (Une chose n’est pas juste parce qu’elle est loi, mais elle doit être loi parce qu’elle est juste). Bien que datant d’une autre époque, elles gardent une sorte d’intemporalité et d’universalisme qui leur permettent toujours de faire écho en nous et de questionner nos sociétés.

Les différentes citations du livre semblent avoir été choisies avec soin et permettent à l’auteur d’introduire naturellement sa réflexion sur des sujets divers et variés : la question de la vie et de la mort, la notion de bonheur, la relation au travail et le culte de la performance, le sens de la vie, la question de la femme au sein de la société, la liberté, le concept de démocratie, la relation ou plutôt la non-relation entre sagesse et âge… La pluralité des thèmes abordés, de manière souvent philosophique, permettra à chacun de se sentir concerné à un moment donné. Pour ma part, j’ai lu avec intérêt les propos de l’auteur, en essayant de me débarrasser du carcan de mon éducation et de ma personnalité, pour me recentrer sur sa pensée. Une « objectivité » dans ma lecture qui ne m’a pas empêchée par la suite d’analyser les propos de l’auteur sous le prisme de mes convictions. C’est ainsi que si je me suis retrouvée dans certaines de ses idées, d’autres m’ont moins convaincue. Mais ce qui est certain c’est qu’Oussama Bentaleb réussit, à travers le fruit de sa réflexion, à nous faire réfléchir et à nous pousser à suivre le chemin parfois sinueux de nos pensées. Il en résulte de ce travail d’introspection et de réflexion, un débat intérieur intéressant qui vous confortera dans vos idées ou au contraire, vous poussera à les bousculer ou, du moins, à les remettre en perspective.

J’ai apprécié ce recueil de pensées à l’écriture riche, mais je pense qu’il ne conviendra pas forcément à tous les lecteurs. Ses qualités que j’ai, en partie, exposées plus haut pourront être autant de défauts pour certains. L’auteur ne cache pas son attrait pour les « intellectuels » et cela se ressent automatiquement dans sa manière d’aborder les différentes problématiques qu’il expose. Cela peut plaire comme déplaire voire horripiler si vous êtes un adepte des textes concrets. Je le conseillerais donc plus volontiers à des personnes aimant les auteurs au style complexe qui aiment à manier les mots de manière à les rendre source d’inspiration, de réflexion, mais aussi d’interrogation. Le lecteur se retrouve ainsi parfois dans la position de s’interroger sur ce qu’il lit, l’agencement très imagé des mots lui demandant de prendre le temps de bien en saisir le sens et la profondeur. En cela, je trouve le titre très bien choisi, le texte appelant au silence et à prendre un certain recul pour se l’approprier. Le livre dégage en outre une aura de sérénité qui offre au lecteur un moment hors du temps qui n’est pas sans rappeler ce que l’on peut ressentir devant le bleu apaisant de grandes étendues d’eau.

Enfin, la seule chose qui m’a un peu moins convaincue dans ce livre est qu’en privilégiant le « nous » au détriment du « je », qui me semble préférable dans le cadre d’un essai, l’auteur prend le risque de tomber parfois dans la généralisation faisant de son cadre de réflexion un cadre universel.

Pour conclure, je garderai de ma lecture de Mer en silence le sentiment d’être allée à la rencontre d’un auteur à l’esprit affûté dont la maturité n’a pas attendu l’âge, mais surtout d’un amoureux des livres, de l’écriture et de la pensée. Si vous aimez les textes bien écrits, riches et empreints de philosophie qui vous poussent à réfléchir, ce livre devrait vous plaire.

Envie de découvrir Mer en Silence ?

Un malade dangereux : Nick Carter 9

Je remercie la maison d’édition De Varly pour m’avoir permis de découvrir Un malade dangereux et accessoirement, le détective Nick Carter, personnage créé par John R. Coryell puis repris par d’autres auteurs.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Les aventures du grand détective Nick Carter ont été édités il y a un siècle aux États-Unis puis traduites plus tard en français. C’est plus d’un millier d’histoires de Nick Carter qui ont été ainsi écrites. Les éditions De Varly vous présentent la réédition à l’identique des versions françaises parues à partir de 1907.

  • Broché: 62 pages
  • Editeur : De Varly (1 novembre 2017)
  • Prix : 12€

AVIS

Nick Carter reçoit une mystérieuse enveloppe non oblitérée, mais contenant la copie d’une annonce qu’il avait déjà eu l’occasion de lire dans le journal. Cette dernière, une offre d’emploi pour un poste d’infirmier à domicile, avait attiré son attention par son incongruité, les termes employés étant plus prompts à faire fuir les candidats qu’à les attirer comme des mouches sur un pot de miel. Convaincu qu’il ne peut s’agir d’un hasard, il décide de mener l’enquête…

Aimant beaucoup Sherlock Holmes, j’ai tout de suite été attirée par l’idée de découvrir un autre détective privé même si je vous le dis d’emblée celui-ci n’a rien à voir avec notre Sherlock. Et c’est un point qui m’a quelque peu freinée pendant les premières pages de ma lecture. Je n’ai pas pu m’empêcher de faire le parallèle avec le détective de Sir Arthur Conan Doyle. Et au regard de ce dernier, Nick Carter fait clairement pâle figure ou, devrais-je plutôt dire, ne joue pas dans le même registre.

A la place de la froideur apparente de Sherlock, nous découvrons ici un détective assez sympathique qui a un certain humour et qui paraît très accessible. S’il a un certain flair dû notamment à son expérience de détective, il est loin d’être un prodige de l’analyse et de la déduction. Conséquence directe et plutôt positive, une certaine connivence s’établit entre celui-ci et les lecteurs. J’ai, en outre, apprécié ses relations avec les membres de son équipe dont son cousin, Chick, et sa cousine, Ida. Il n’hésite pas à s’appuyer sur ces derniers pour mettre en œuvre son plan. On n’a aucunement le sentiment qu’ils servent de faire-valoir au détective, mais qu’ils sont bien partie prenante de l’aventure. Le livre fait une soixantaine de pages, l’auteur n’a donc pas eu le temps d’approfondir la personnalité de chaque personnage, mais dans ce genre d’histoire où l’action prévaut, ce n’est en aucun cas gênant. Et puis, cela ne m’a pas empêchée de quand même les apprécier avec une petite préférence pour Ida et sa capacité d’adaptation.

En ce qui concerne l’enquête, je dois avouer que j’ai eu du mal à tout de suite m’y intéresser. Cette histoire d’enveloppe avec la copie d’une annonce n’a pas suscité en moi beaucoup d’intérêt au point que je n’ai absolument pas partagé l’engouement du détective pour ce « mystère ». Une indifférence qui ne m’a pas permis de m’enthousiasmer à la décision de Nick Carter de se rendre à l’adresse de l’annonce pour se faire embaucher en qualité d’infirmier peu payé et exploité. Néanmoins, au fil de l’intrigue, j’ai commencé à me prendre d’intérêt pour les événements peu orthodoxes qui se déroulent dans cette maison : un malade fou qui ne semble pas vraiment l’être,  un médecin alcoolique qui aime manier la bouteille de whisky pour son propre plaisir et la seringue pour le déplaisir de son « patient », deux domestiques peu avenants et peu loquaces, un avocat que connaît le détective et qui semble plus avoir sa place derrière les barreaux qu’au barreau, une femme dont la présence furtive lui donne plus l’air d’un fantôme que d’une maîtresse de maison…

Cet enchevêtrement de faits suspicieux finit indubitablement par réveiller l’intérêt du lecteur. On se surprend à vouloir en savoir plus et à suivre avec plaisir notre détective dans son jeu de péquenot un peu niais et serviable à l’excès, censé le faire passer pour un être sans intérêt et peu dangereux. Si nous saluerons son jeu d’acteur presque digne d’une récompense hollywoodienne, il n’aura hélas pas suffi à convaincre l’avocat véreux à l’œil aiguisé. Celui-ci n’aura alors qu’une envie, se débarrasser du détective ad vitam æternam.

En danger de mort, il sera cependant quasi impossible de mourir d’angoisse pour Nick qui, à aucun moment, ne m’a paru vraiment être dans une situation inextricable. Il faut dire que le docteur supposé le tuer ferait plus pitié que peur. Réduit à l’état de marionnette alcoolique, il semble aussi dangereux qu’une gazelle sur le terrain de chasse d’une lionne, ou d’un détective, c’est selon. Est-ce dérangeant ? Oui, si vous êtes en quête d’une histoire haletante et palpitante. Non, si comme moi, vous profitez du manque de tension pour savourer cette nouvelle qui porte plus à sourire qu’à frémir. En effet, je ne sais pas si c’est une constante dans les aventures du détective ou non, mais j’ai trouvé Un malade dangereux non dénué d’humour voire de grotesque. Une certaine scène impliquant une personne taquine (je vous laisse deviner qui), un docteur au teint rougeaud (on se demande pourquoi) et des clous (placés au bon endroit au bon moment) en est un parfait exemple.

Il y a également un côté théâtral auquel je ne m’étais nullement préparée et qui m’a agréablement surprise. Que cet effet comique et théâtral soit recherché ou non par l’auteur, je n’ai pas boudé mon plaisir. Je vous citerai pour illustrer mes propos ceux de la fille du malade. Ils sont tellement exagérés, même dans le contexte, qu’ils auraient toute leur place au théâtre : « Parti ! Il est reparti ! dit-elle en gémissant. Si seulement il était resté assez longtemps pour me permettre de lui parler ! Il peut ne pas être l’homme supérieur que j’attendais, mais il me semblait si courageux et bon. Il me serait sûrement venu en aide ; et le voilà déjà disparu ! Avec lui je perds mon dernier espoir. » Sur cet interlude, vous avez le droit de sortir vos mouchoirs ! Et d’accompagner la sortie de scène : « Avec des sanglots mal dissimulés la malheureuse se hâta de regagner sa chambre le plus silencieusement que cela lui fut possible…« .

Un autre passage m’a paru particulièrement savoureux : il s’agit d’une scène où le « bon docteur » explique avec sérieux qu’il ne boit pas d’alcool, car c’est un vice, mais que par contre, il est tout à fait légitime de se servir un whisky de qualité, boisson qui aurait, c’est bien connu, des vertus médicinales. Cette dénonciation d’un comportement hypocrite m’a fait un peu penser à la fameuse scène dans le Tartuffe de Molière que nous résumerons par « Couvrez ce sein, que je ne saurais voir ».

Enfin, j’ai commencé par cette neuvième aventure puisque c’était celle proposée par la maison d’édition, et j’ai pu suivre l’histoire sans aucun problème d’autant que des rappels sur les liens entre le détective et les membres de son équipe sont effectués. Cependant, je ne peux m’empêcher de penser que j’aurais encore plus apprécié cette nouvelle si j’avais suivi l’aventure depuis le début. Si vous en avez l’occasion, je vous conseillerais donc plutôt de vous tourner vers la première aventure de Nick Carter.

Pour conclure, Un malade dangereux est une histoire dans laquelle j’ai eu du mal à m’impliquer, mais qui a su, au fil des pages, susciter mon intérêt. Si l’intrigue n’a pas cette part de mystère et de suspense que j’attends en général d’une enquête, elle possède d’autres atouts qui la rendent plaisante à lire. Je retrouverai donc avec plaisir Nick Carter dans ses très nombreuses aventures. Mon petit doigt me dit en effet que ce détective, qui semble apprécier l’action, doit se mettre dans des situations peu confortables pour lui, mais intéressantes pour nous.

Envie de craquer pour Un malade dangereux ?

In My Mailbox : spécial France Loisirs

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


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Dans le cadre de mon abonnement à France Loisirs, j’ai dû effectuer mon achat trimestriel. J’ai ainsi jeté mon dévolu sur un roman jeunesse qui me tentait beaucoup : Malenfer.

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Profitant d’une promotion sur plusieurs livres, j’ai également pris deux ouvrages « pratique » :

J’ai beaucoup entendu parler Des Étoiles de Noss Head, mais il m’a fallu tomber sur cette très belle édition illustrée pour me laisser tenter :

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Enfin, j’ai profité d’avoir 100 points et donc un livre offert pour commander ce sublime ouvrage qui contient quelques illustrations :

En écrivant cet article, je me rends compte que j’ai un retard monstre en ce qui concerne mes acquisitions France Loisirs. D’autres articles consacrés au club sont donc à prévoir, et notamment un article bilan sur les avantages et inconvénients d’adhérer. En attendant, si vous avez des questions ou souhaitez être parrainés, n’hésitez pas à me contacter.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Cœur de menhir, Adrien Hortemel

Je remercie Adrien Hortemel pour m’avoir fait parvenir Cœur de menhir via le site Simplement. Je le remercie également pour sa dédicace ainsi que le marque-pages.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une paix fragile règne entre les différents peuples de la forêt de Déremkas. Les habitants sont menacés par une prophétie oubliée qui annonce le retour des ténèbres. Parmi eux, Dairen, un jeune homme ordinaire, va se retrouver au milieu d’une lutte de pouvoir. Les rencontres seront nombreuses, mais ces personnes vont-elles l’aider à se frayer un chemin dans un monde cruel où les légendes sont devenues réalité ?

  • Éditeur : Donjon Editions
  • Prix : 20€

AVIS

J’ai découvert ce roman sur Simplement et j’avoue avoir été d’emblée séduite par la couverture, la présence d’illustrations et, évidemment le résumé. Ce roman m’intriguait d’autant plus que j’avais passé mes dernières vacances en Bretagne et ainsi eu l’occasion de visiter Carnac et son impressionnant alignement de menhirs. Je me suis donc lancée avec enthousiasme dans ma lecture, un entrain qui a été hélas légèrement freiné par quelques points qui m’ont gênée.

Un style qui ne m’a pas particulièrement convaincue…

Et je vais là entrer directement dans le vif du sujet en avouant que si j’ai apprécié l’action et l’intrigue, je n’ai pas vraiment accroché à la plume de l’auteur même si j’ai noté une certaine évolution au fil du récit. Je venais de terminer un autre livre de fantasy dont le style d’écriture poétique et, disons-le très travaillé, m’avait juste enchantée. J’ai eu donc un peu de mal à passer sans transition à ce roman dont le style d’écriture est beaucoup plus terre à terre voire parfois maladroit. A cela s’ajoute mon peu d’appétence pour les phrases courtes juxtaposées sans aucun mot de liaison comme semble les affectionner l’auteur. Des phrases courtes auraient pu apporter du dynamisme au récit et retranscrire la nervosité des personnages, mais leur trop grande occurrence tend à plutôt hacher la lecture et à lui donner un air presque enfantin. Ce point m’est néanmoins très personnel et il se peut tout à fait que cela ne vous dérange pas. De la même manière, si je loue la volonté de l’auteur de vouloir nous offrir un vocabulaire riche et varié, j’ai regretté une certaine maladresse, certains mots étant utilisés de manière incongrue. La présence de coquilles a, quant à elle, fini de perturber ma lecture même si je vous rassure, il n’y a pas non plus une faute à chaque ligne.

Mais une histoire intéressante riche en actions…

A ce stade, vous allez peut-être penser que j’ai détesté ma lecture, ce qui serait une supposition des plus erronées. En effet, malgré ces différents éléments, j’ai dévoré le roman, l’auteur ayant su très rapidement capter mon attention pour ne jamais la laisser s’échapper. Il faut dire qu’il commence fort avec une scène très cinématographique au sujet d’une prophétie oubliée. Puis, nous faisons la connaissance du protagoniste du roman, Dairen, un jeune homme habitant dans l’arbre cité de Kêrstrud. J’ai adoré l’idée d’un village médiéval installé dans un arbre et évoluant suivant une organisation très bien pensée. Chaque habitant joue ainsi un rôle précis pour servir la communauté : les fondateurs, indispensables pour les constructions et les réparations, côtoient les moissonneurs dédiés aux cultures et à l’élevage de bétail ou encore les éducateurs ou les guérisseurs. Tout ce beau monde est quant à lui chapeauté par un conseil.

Une société idéale ? En théorie du moins, car dans les faits, elle est gangrénée par des luttes de pouvoir entraînant mensonges et complots, et par une culture conduisant les habitants à dénigrer les « étrangers ». D’ailleurs, Dairen, qui a le malheur de ne pas être né dans le village, se trouve mis à l’écart des autres en raison de ses origines. Le rejet est d’autant plus fort qu’assez timide et réservé, le jeune homme éprouve des difficultés à nouer des liens avec les autres habitants du village de son âge ou non. Même si nous sommes dans une histoire imaginaire, j’ai apprécié que l’auteur aborde de manière simple, mais efficace, des thèmes toujours d’actualité : le racisme et le rejet de la différence…

L’auteur prend le soin de nous expliquer en détail la vie dans l’arbre cité, ce qui est intéressant, mais pas forcément très palpitant. Il faudra attendre un événement dramatique impliquant Dairen et Raudan, la personne en charge de le former dans son poste au sein de la garde, pour que l’action prenne son envol. Condamnés à fuir le village afin de sauver leur vie, ils seront rejoints dans leur fuite par Alyssa et Tosla, un prétendant de la jeune femme. Et à partir de là, le lecteur est entraîné dans un récit palpitant où les actions s’enchaînent les unes après les autres donnant le sentiment d’être pris au cœur d’une tempête.

L’enchaînement rapide des événements ne permet pas vraiment à l’auteur de les développer en profondeur, certaines scènes méritant d’être plus développées. Cela ne m’a pourtant pas dérangée, car j’ai aimé le parti pris de l’auteur de faire prévaloir l’action sur une avalanche de détails. Il donne assez d’informations pour que l’on saisisse les différentes intrigues et que l’on se figure l’univers dans lequel il nous plonge, et c’est là l’essentiel. On est donc facilement et complètement plongé dans le feu de l’action prêt à découvrir toutes les mésaventures que l’auteur réserve à ses personnages. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne leur laisse aucun répit, ceux-ci étant soumis autant à la haine humaine qu’à la haine surnaturelle. À cet égard, j’ai adoré la multitude de créatures, la plupart du temps peu sympathiques, que l’auteur met sur leur route : morts-vivants, loup terrifiant et acharné dont la détermination forcerait presque le respect, loup-garou, lézard géant, Kobolds… Rien n’est épargné aux personnages qui verront le sang couler à flot durant leur périple. J’ai d’ailleurs adoré les scènes de bataille qui sont parfaitement maîtrisées par l’auteur. Elles sont certes rapides, ce qui me convient tout à fait, mais assez détaillées, percutantes et sanglantes pour vous donner le sentiment d’être sur place. Elles apportent également du dynamisme à un récit qui était déjà rythmé que ce soit grâce à tous les événements qui s’enchaînent ou la présence importante de dialogues.

En amitié et en découverte de soi… 

Toutes les épreuves traversées par les personnages auront au moins le mérite de les rapprocher et d’offrir ainsi à Dairen ce dont il a toujours été privé : des amis. La vie du jeune homme étant loin d’être un long fleuve tranquille, il se pourrait bien que ses nouvelles amitiés ne soient pas que source de bonheur, l’honnêteté et la transparence ne semblant pas de mise au sein du groupe. Je ne vous en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est de vous préparer à quelques surprises. Cette aventure aura également un impact positif sur Dairen : il s’ouvre ainsi progressivement aux autres, fait parfois entendre sa voix alors qu’il est d’un abord plutôt réservé, exprime ses émotions, prend des initiatives… Bref, il grandit !

En parallèle, nous suivons la découverte de ses pouvoirs qu’il a encore bien du mal à maîtriser et qui semblent le terrifier, à juste titre il faut bien le reconnaître. J’espère que dans le deuxième tome, il fera quelques progrès en la matière, car j’aurais adoré qu’il en ait une utilisation plus intensive. Je vous rassure, il nous fera parfois la démonstration hasardeuse de ses talents, mais c’est un aspect finalement encore assez peu exploité. Quoi qu’il en soit, j’ai fortement apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son héros et de manière très réaliste ne le transformant pas en boute-en-train ou en magicien aguerri du jour au lendemain.

Un texte valorisé par de belles illustrations…

Enfin, soulignons l’excellent travail d’illustration de Christophe le Galliot dont le coup de crayon assuré rend l’expérience de lecture encore plus immersive. En effet ses illustrations, en plus d’être très belles, nous permettent de nous plonger totalement dans le récit et de nous figurer les personnages et des créatures qui ne sont pas forcément connues de tous. Le duo auteur/illustrateur fonctionne donc à merveille.

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En conclusion, malgré un style d’écriture auquel je ne suis pas particulièrement sensible et la présence de coquilles, Cœur de menhir contient un certain nombre d’éléments qui en rendent la lecture rapide et captivante : de nombreuses péripéties, un rythme soutenu, des créatures fantastiques, du danger, de la magie, de l’amitié, des trahisons, des complots et autres joyeusetés. Très accessible, ce roman de fantasy me semble d’ailleurs une bonne clef d’entrée dans un genre dont la profusion de détails et de personnages peut effrayer. Je le conseillerais donc aux personnes qui sont en quête d’un roman mené tambour battant dans un univers imaginaire bretonnisant très riche.

Envie de commander Cœur de menhir ?

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Nutsi veut attraper la lune, Emma Paidge

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J’ai découvert Nutsi veut attraper la lune grâce à son auteure Emma Paidge qui m’avait avertie, par mail, d’une opération promotionnelle offrant la gratuité du format numérique. Je l’ai donc téléchargé trouvant le résumé et l’image de couverture des plus sympathiques.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nutsi a un terrible secret.
Il demande à son amie Lili de lui venir en aide.

Retrouvez nos deux petits écureuils dans une jolie aventure et faites connaissance avec le rigolo doudou Noisette

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages
  • Pour les 3-6 ans

AVIS

Nutsi est un petit écureuil qui a un secret : il a peur du noir. Fort heureusement, il a trouvé une solution à son épineux problème : décrocher la lune pour la mettre dans sa chambre ! Il pourra compter sur l’aide de son amie Lili pour mener à bien son ambitieux projet.

L’idée, à défaut d’être très réaliste, est mignonne à souhait et symbolise à merveille la naïveté enfantine dans tout ce qu’elle a de plus attendrissante. Alors que les parents seront attendris, il y a fort à parier que les plus petits seront quant à eux séduits par la solution du jeune écureuil au problème qui perturbe ses nuits. Ils pourront également se retrouver dans l’amitié entre Nusti et Lili à un moment de la vie où l’amitié revêt une importance majeure.

Cette petite histoire offrira un joli moment de lecture autant aux enfants qu’à leurs parents. Elle présente également l’avantage d’évoquer une peur que beaucoup d’enfants, voire certains adultes, connaissent à un moment ou à un autre de leur développement. Suivre l’aventure de ce petit écureuil leur permettra peut-être de relativiser leur peur et pourra les aider, dans une certaine mesure, à l’affronter.

Comme vous vous en doutez certainement, décrocher la lune ne va pas être si facile que cela. Nutsi sera donc ravi de recevoir l’aide de sa grand-mère. Si je doute de la pertinence de la solution trouvée par celle-ci dans la vie réelle (sauf à vouloir mettre le feu à la chambre), elle a toute sa place dans cette histoire où la douceur est omniprésente. Une bougie se révèle, en effet plus, chaleureuse qu’une solution plus moderne comme une veilleuse électrique… Pour ma part, ayant toujours été très proche de ma grand-mère, j‘ai aimé que l’auteure fasse intervenir l’aïeule de Nutsi dans son aventure.

Enfin, je suis d’emblée tombée sous le charme des illustrations de l’auteure qui dégagent beaucoup de douceur et de chaleur. Les deux écureuils sont d’ailleurs adorables au point de m’avoir donné envie de les serrer dans les bras comme je le ferais avec des peluches.

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J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette petite histoire, mais je ne peux que vous conseiller de craquer pour la version papier à côté ou à la place de la version numérique. Pouvoir feuilleter régulièrement les belles images de ce petit ouvrage procurera probablement plus de plaisir à votre enfant que consulter l’écran d’une tablette ou d’un téléphone. Ceci est d’autant plus vrai que je ne doute pas que Nutsi veut décrocher la lune fasse partie de ces histoires que les enfants auront envie de lire et de relire.

En résumé, si vous cherchez une histoire toute mignonne à partager avec votre enfant notamment au moment du coucher, Nusti veut décrocher la lune devrait vous séduire. En plus de passer un joli moment de divertissement, je ne doute pas que les enfants pourront s’identifier à ce petit écureuil, et essayer, comme lui, d’affronter leur éventuelle peur du noir.

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Et vous, envie de craquer pour Nutsi veut décrocher la lune ?