Mini-chroniques en pagaille #41 : challenge coréen, sorcière, chat et douceur !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici un nouvel article mini-chroniques en pagaille centré sur la jeunesse, ayant lu pas mal d’album et de BD jeunesse ces derniers jours. Je crois que j’avais besoin de lecteurs douces et mignonnes… Cet article me permet également d’ajouter une entrée au Challenge coréen !

  • L’île de Grand-Père de Joung-Mi Yoon (Les éditions de L’Élan vert)

Couverture L'île de grand-père

Incapable de résister à une si belle couverture, je n’ai pas hésité à emprunter ce magnifique album jeunesse qui nous offre une jolie histoire pleine de douceur et de poésie. Contrairement à ses parents qui l’ont envoyé là-bas, Joon-so n’est guère enthousiaste à l’idée de passer ses deux mois de vacances à la mer chez son grand-père. Il faut dire que l’île est bien trop paisible à son goût ! Une quiétude et un silence que l’on perçoit d’ailleurs à travers les illustrations de l’autrice…

Un jour son grand-père lui propose une balade en bateau, une idée qui ne plaît guère à Joon-so qui n’aime pas le bateau et préfère jouer à son jeu vidéo. Mais son grand-père a du flair en évoquant une grotte marine… Cette sortie en mer, loin d’être banale, marquera pour Joon-so le début d’une fantastique aventure où la frontière entre les rêves et la réalité s’estompe au profit de belles rencontres et de somptueux paysages. Qui a dit qu’on s’ennuyait sur l’île de son grand-père ?

Beau, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album jeunesse à ne pas manquer pour vivre un rêve éveillé et assister à la naissance d’une belle complicité intergénérationnelle.

Album lu dans le cadre du Challenge Coréen de Depuis le cadre de ma fenêtre

Challenge coréen logo 2021-2022



  • Tout seul ? de Rosemary Shojaie (Didier jeunesse)

Tout seul ? par Shojaie

Voici un petit album qui m’a d’abord séduite par sa couverture et ses magnifiques illustrations d’une tendre et douce poésie. J’ai tourné les pages des étoiles plein les yeux et me suis surprise à m’attarder sur chaque détail, à me laisser imprégner par les différentes atmosphères que l’on croise au fil de l’histoire. Printemps, été, automne… à chaque saison, Nico, un joli renard roux, et ses amis trouvent quelque chose à faire ensemble, tous ensemble.

Puis vient l’hiver ! Mais au lieu de profiter des frimas de la saison, Ava la loutre, Olive le raton laveur et Linus le blaireau dorment d’un lourd et profond sommeil. Déçu de ne pas avoir ses amis à ses côtés, Nico part dans la forêt afin de trouver un nouveau compagnon de jeu. 

Malheureusement, la forêt semble bien vide… Mais Nico en est-il bien certain, n’y a-t-il vraiment personne d’autre prêt à jouer avec lui ?  Pour le savoir, ne reste plus qu’à vous plonger dans cette magnifique et poétique histoire dont les illustrations ne devraient pas manquer de subjuguer grands et petits lecteurs, tout en leur offrant un final tendre à souhait !



  • Le costume secret d’Halloween de Karina Dupuis (illustrations) et Sophie Vaillancourt :

Appréciant beaucoup la ligne éditoriale des éditions CrackBoom, je ne pouvais qu’avoir envie de lire ce très joli album de saison !

La petite Charlotte adore le mois d’octobre, car c’est le mois où l’on fête Halloween, une fête durant laquelle il est de coutume, surtout quand on est une sorcière comme elle, de porter un déguisement qui fait peur. Mais Charlotte en assez de cette tradition, elle aimerait porter le déguisement de son choix !  Elle ne sait pas encore lequel, mais elle est certaine d’une chose : elle ne veut pas d’un déguisement qui fasse peur.

Si sa mère n’accueille pas d’un très bon œil l’envie de sa fille, la tradition étant la tradition, Charlotte pourra heureusement compter sur le soutien de ses deux amies, Amalia et Coraline, et de sa grand-mère. Une sorcière qui n’hésite pas à affirmer ses goûts quitte à être considérée comme bizarre et à être regardée d’un œil étrange par les membres de sa communauté… Un joli modèle pour Charlotte qui trouvera le courage de s’émanciper d’une tradition qui ne lui convient guère pour affirmer ses propres goûts ! Car finalement, l’important n’est-il pas d’être soi et d’écouter la voix de son cœur que ce soit à Halloween ou le reste de l’année ?

Porté par de jolies illustrations tout en rondeur et aux couleurs éclatantes, ce petit album offre un très joli message quant au droit pour les enfants de faire leurs propres choix et d’affirmer leurs envies et leurs goûts, tradition ou pas. On appréciera également la jolie complicité et la tendresse unissant une petite-fille et sa grand-mère, deux sorcières qui n’hésitent pas à revendiquer leurs préférences…

Merci aux éditions CrackBoom! et à Netgalley pour cette lecture.



  • Pauvre Petit Chat de Michel Van Zeveren (l’école des loisirs)

J’ai tout de suite fondu devant la couverture avec ce chaton blanc, petite boule de poils esseulée dans la nuit étoilée. Et je dois dire que mon cœur s’est fendu devant ce chat perdu mais qui trouvera dans la lune, une inattendue et discrète alliée.

Nous suivons l’avancée du chaton sur le trottoir où il croisera un sac poubelle, un lampadaire, une porte qui violemment se ferme…Tout autant de rencontres qu’il percevra comme des dangers, notre chat étant seul et apeuré. Mais il n’est pas vraiment seul, la lune gardant l’oeil sur lui et compatissant à ses malheurs jusqu’à ce que…. Je n’en dirai pas plus, mais le final est beau et tendre et offre une conclusion qui réchauffera le cœur des lecteurs, tout en ne manquant pas de faire naître un beau sourire sur le visage des enfants.

J’ai également apprécié le travail sur la composition des illustrations avec des doubles pages construites sur le même modèle, offrant un cadre restreint et balisé qui permettra aux enfants de rapidement s’approprier l’histoire. Le fait que la progression suive à chaque fois un schéma similaire avec un texte qui se répète et s’agrandit apporte, en outre, une certaine dimension dramatique dans la mesure où l’on attend avec inquiétude, mais aussi beaucoup d’espoir le dénouement… Il y a donc beaucoup d’émotions entre ces pages à l’ambiance minimaliste mais aux dessins très expressifs. 

En bref, voici un album touchant et adorable qui plaira aux amoureux des chats de tous âges.

Et vous, l’un de ces albums vous tente-t-il ?
Lisez-vous des albums jeunesse ?

La dernière Prédiction, Cédric Ménand

Couverture La dernière prédiction

Il aurait pu s’agir d’une simple mission de plus pour la pilote de nef Aurora Meris, et son copilote Modifié Nano. Mais leur dangereuse vie de contrebandiers au sein de la galaxie d’Arknas semble finalement avoir eu raison d’eux.
Arrêtés puis séparés par la toute-puissante Corporation, Aurora va alors tout faire pour s’échapper et retrouver son ami de galère. Au cours de sa fuite en avant, elle sera rejointe par d’autres marginaux traqués, dont une dangereuse mercenaire-pirate et son équipage hétéroclite, un couple étrange, ainsi qu’une princesse détentrice d’un pouvoir en mesure de modifier son propre destin… et celui de la galaxie tout entière.

Faralonn éditions (22 avril 2019) – 347 pages – 18,50€

AVIS

Quand l’auteur m’a contactée pour me proposer de lire un de ces romans, mon choix s’est très vite porté sur La dernière Prédiction. Un choix que je ne regrette pas ayant dévoré ce roman de science-fiction qui laisse une large place aux rencontres, à l’amitié et aux échanges entre les personnages. L’univers et le contexte ne sont pas pour autant occultés, mais ce ne sont pas, du moins pour moi, les pierres angulaires de ce roman. Les amoureux d’univers détaillés et pointus ne trouveront donc probablement pas leur bonheur avec ce roman, mais les personnes en quête d’une aventure mouvementée dans l’espace devraient apprécier leur lecture.

Un auteur au sens du dialogue certain et à la plume vive et dynamique

Dès les premières pages, de sa plume vive et dynamique, l’auteur a su tisser sa toile autour de moi grâce, entre autres, à une galerie de personnages hétéroclites dont on suit avec plaisir la rencontre et les péripéties. Je reste un peu sur ma faim avec Nano, un humain modifié considéré comme défectueux, qui aurait mérité un temps de présence plus conséquent, son rôle demeurant assez subsidiaire. Néanmoins, tous les personnages, principaux comme secondaires, m’ont plu autant dans leur individualité que dans leurs interactions les uns avec les autres.

L’auteur possède d’ailleurs un vrai sens du dialogue, une qualité qui n’est pas si courante ! Je ne compte plus les romans qui, par leurs dialogues téléphonés, creux ou irréalistes, m’ont coupée de ma lecture. Ici, aucune crainte, les échanges sont naturels, fluides et permettent très rapidement de repérer les principaux traits de personnalité de chaque personnage. Les dialogues ne sont pas non plus dénués d’humour, ce qui est toujours appréciable, a fortiori pour dédramatiser des situations parfois un peu compliquées. Des situations qui, en plus de dynamiser le récit, renforceront les liens entre les personnages qui vont apprendre à se faire confiance et à travailler main dans la main pour survivre.

Des personnages attachants dont on découvre progressivement l’histoire, la personnalité, les forces et les faiblesses… 

Mais il n’est pas que question de survie dans ce roman : Aurora souhaite retrouver son ami Nano dont elle a été séparée, en espérant qu’en lui ôtant sa puce, les autorités n’aient pas annihilé sa personnalité, Angus aide la princesse Marylène à fuir un mariage arrangé par son père avec son frère afin de garder la mainmise sur la couronne, et Andrea et Flynn se montrent discrets sur les raisons les poussant à fuir, laissant planer une petite aura de mystère sur leur relation… Kaitlyn, une pirate de l’air badass réputée pour manquer d’empathie, semble, quant à elle, s’être étrangement prise d’amitié pour Aurora et le reste du groupe. À cela s’ajoute un certain sens de l’honneur l’empêchant de laisser ses compagnons d’infortune à leur triste sort, ses qualités de combattante la désignant tout naturellement comme la gardienne de ce groupe constitué au gré des rencontres et des hasards.

Rôle d’autant plus important qu’à part Angus, personne ne semble réellement capable de se défendre. Mais cela n’empêche pas chaque membre du groupe de posséder des qualités, qu’elles soient humaines ou techniques, qui se révèleront utiles pour leur progression ! Je pense notamment aux talents de pilote d’Aurora qui vibre de passion lorsqu’elle se trouve derrière les commandes d’un navire. Elle pense navire, respire navire et  se montre étonnamment douée pour réaliser des prouesses de haute volée, mais rien d’étonnant si l’on considère que sa passion pour le pilotage est ce qui l’a sauvée d’une vie d’asservissement…

J’ai apprécié le fait d’apprendre à connaître et comprendre les personnages progressivement, au gré de leurs (més)aventures, des dangers rencontrés et des moments d’entraide où l’on voit se former une solide et sincère amitié. Si Aurora m’a touchée, j’avoue avoir développé une préférence pour Kaitlyn et son côté brut de décoffrage, qui ne l’empêche pas d’être plus intuitive et humaine que les apparences ne le laissent présager. Sa relation mouvementée avec son frère adoptif, entre haine, attachement et rancune, ne devrait pas non plus vous laisser indifférent ! Son frère possède ce petit côté pirate opportuniste qui me plaît beaucoup, d’autant que derrière son intransigeance, on sent un personnage complexe avec ses propres failles, un peu comme une certaine personne avec laquelle il passe son temps à se disputer… En grande amoureuse de l’ambiance piraterie, j’ai, en outre, savouré les passages et les scènes à bord d’un navire pirate qui fera l’admiration d’Aurora.

Des thématiques intéressantes et une émancipation convaincante… 

Bien que tous les personnages ne revêtent pas la même importance, ils apportent tous quelque chose à l’histoire et permettent à l’auteur d’aborder différentes thématiques : l’esclavage et la soumission aveugle au pouvoir et à l’autorité, la quête de soi, l’émancipation, les parents toxiques, la notion d’humanité à travers la question des augmentations génétiques et des intelligences artificielles qui redéfinissent le concept d’humain… Je ne préfère pas entrer dans les détails afin de vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai trouvé ces thématiques intéressantes et amenées avec une certaine sensibilité et délicatesse, bien que peut-être un peu trop survolées. Cela n’a nullement gêné ma lecture qui s’est révélée d’une fluidité exemplaire, ayant enchaîné les pages sans voir le temps passer, ce qui est, du moins pour moi, toujours le signe d’une bonne lecture.

Un autre point du roman m’a particulièrement plu, le fait que la signification du titre se dévoile à nous au cours de l’intrigue, d’autant que l’auteur aborde cette idée de prédiction de sorte à laisser planer le doute quant au fait que ce soit les hommes, en l’occurrence ici les femmes, qui font les prédictions ou les prédictions qui font les femmes. Quoi qu’il en soit, cette dernière Prédiction tant attendue sera l’occasion pour une jeune femme, aidée par une bande de bras cassés pas si cassés que ça, de s’émanciper de ce que l’on attend d’elle pour être la personne qu’elle souhaite être. Cela ne se fera pas sans heurt, mais en revendiquant la place qui lui revient de droit, notre héroïne nous prouvera qu’elle n’est pas cette jeune femme au physique délicat qu’il est nécessaire de protéger, mais une jeune femme prête à prendre ses responsabilités et à faire évoluer les choses... À cet égard, optimiste mais résolument réaliste, l’épilogue rappelle avec pertinence les limites et les possibilités d’un(e) dirigeant(e).

En conclusion, La dernière Prédiction nous offre une palpitante aventure où une pilote émérite, à la recherche de son seul ami, découvrira que si l’espace est source de danger, il peut également réserver de belles surprises, à l’instar de ces personnes avec lesquelles elle va nouer une solide et belle amitié, et vivre des moments intenses où le danger n’est jamais très loin. Entre un jeu du chat et de la souris avec une organisation fort peu sympathique et un souverain, des scènes de combat dans l’espace particulièrement immersives, un voyage sur une planète pas vraiment connue par son sens de l’égalité, et les tensions inhérentes à tout groupe humain… nos personnages vont être poussés dans leurs retranchements, avant de se révéler à eux-mêmes et de nous prouver la force de leur volonté. Un roman de science-fiction parfait pour se lancer dans le genre ou pour passer un instant de lecture divertissant aux côtés d’un groupe hétéroclite dont la synergie fonctionne à merveille !

Si le roman se suffit à lui-même, je serais ravie de retrouver les personnages et/ou l’univers dans d’autres aventures, l’auteur ayant en main toutes les clés pour nous offrir une œuvre riche et complète…

Je remercie Cédric Ménand de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

Le Requiem du Roi des Roses (tome 1), Aya Kanno

Le Requiem du Roi des roses, tome  1 par Kanno

La réinterprétation du Richard III de Shakespeare par Aya Kanno, l’auteur d’ Otomen !

Dès sa naissance, Richard, héritier de la prestigieuse famille d’York, est un enfant maudit. Né hermaphrodite, il est rejeté et haï par une mère qui considère sa venue au monde comme une
punition du ciel. Seule lueur d’espoir dans cette enfance tourmentée, la présence d’un père qui lui voue un amour inconditionnel.
Mais la vie du jeune Richard bascule quand son père s’engage dans un conflit avec les Lancaster pour faire valoir son droit au trône. De cette guerre des Deux-Roses va émerger un monstre politique, un tyran sanguinaire qui marquera de son empreinte l’histoire de l’Angleterre…
York et Lancaster : deux familles, une haine ancestrale et un seul destin possible pour l’Angleterre déchirée !
Après le succès d’Otomen, Aya Kanno signe son grand retour en France avec Le Requiem du Roi des roses, une réinterprétation brillante de la pièce de Shakespeare, Richard III !

Ki-oon (26 mars 2015) – 170 pages – Traduction : Jean-benoit Silvestre

AVIS

N’ayant jamais lu Richard III, la pièce de Shakespeare dont le manga est inspiré, je ne pourrais me prononcer sur le degré de liberté pris par Aya Kanno. Je peux simplement vous dire que j’ai apprécié cette histoire de lutte acharnée et sans merci pour le trône d’Angleterre.

On a ainsi d’un côté, un souverain en place qui ne semble pas y tenir tant que cela à son trône, au grand dam d’une reine prête à se battre pour la couronne. Machiavélique et plutôt efficace, je n’aurais pas aimé me trouver sur son chemin ! De l’autre côté, on trouve Richard qui, poussé par son conseiller et son benjamin du même nom, semble, quant à lui, déterminé à récupérer une couronne dont il s’estime le légitime héritier.

S’engage alors entre les York et les Lancaster, un conflit sanglant où ceux qui tirent les ficelles ne sont pas forcément ceux qui sont sur le devant de la scène ! Mes souvenirs sur la Guerre des Deux-Roses sont très vagues, mais j’ai apprécié de trouver dans ce manga une référence à un conflit historique sur lequel je n’ai jamais rien lu, un conflit qui nous plonge dans une guerre civile quelque peu sanglante ! Mais c’est probablement le travail réalisé sur la psychologie des personnages qui rend ce manga aussi captivant, sans oublier cette pointe de surnaturel distillée avec parcimonie et un réel sens de la mise en scène.

J’ai, pour ma part, été touchée par la sensibilité d’Henri, un roi qui semble agneau dans un monde de loups, et par les blessures psychiques du jeune Richard rejeté et haï par sa propre mère en raison de son physique. Si sa mère voit en lui le rejeton du diable, Richard pourra heureusement compter sur l’amour inconditionnel de son père que l’autrice sublime et rend palpable. Le lien entre le père et le fils est très fort, presque mystique, et semble les porter tous les deux. Quant à savoir si c’est une bonne chose, chacun se fera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que le jeune Richard aura une réelle influence sur le destin de son père.

Cette relation forte et indestructible attisera la haine de la mère qui ne supporte pas de voir son mari si proche d’un enfant qu’elle se refuse à reconnaître comme le sien. Apparemment pour cette mère, le physique de son enfant est plus important que l’enfant lui-même, bien que l’on puisse se poser la question du rôle de la superstition dans ce rejet franc et définitif… La relation entre le jeune Richard et le roi Henri ne manque pas non plus d’attiser notre curiosité, d’autant que les deux se rencontrent de manière fortuite, sans connaître leur identité respective. Ils se révèlent très différents l’un de l’autre que ce soit physiquement ou mentalement : l’un beau, doux, gentil et pieux ; l’autre sombre et taciturne avec une particularité physique qu’il se complaît à cacher, ce qui, vu le rejet de sa mère, se comprend plutôt bien. Les deux personnages sont ennemis par la naissance et les circonstances, mais j’ai apprécié les quelques scènes les réunissant et nous dévoilant une certaine vulnérabilité chez l’un et l’autre.

Entre l’action bien présente et les références historiques, les personnages qui tirent les ficelles dans l’ombre, la montée en puissance d’un jeune homme rejeté par sa mère, mais prêt à tout pour offrir à son père une couronne, le destin tragique d’un souverain qui semble plus intéressé par la religion et une vie simple que son rôle de roi, la découverte de personnages secondaires qui, chacun à leur manière, jouent un rôle dans une guerre intestine… je n’ai pas vu le temps passer ! Je lirai d’ailleurs la suite avec plaisir, notamment pour suivre l’évolution d’un personnage ambigu qui suscite une certaine empathie, mais qui semble néanmoins cacher en lui une violence qui ne demande qu’à s’exprimer.

Alternant entre noirceur et lumière, les illustrations sont à la hauteur d’une histoire de haine, de quête de pouvoir, de manipulation, de rejet de la différence, mais aussi d’amour familial et de destins hors norme que l’on apprécie de voir évoluer en parallèle avant de les voir entrer en collision. Si vous aimez les mangas mêlant politique, Histoire avec un grand H et histoires de personnages conditionnés par leur naissance, Le requiem du Roi des Roses devrait vous plaire.

 

Sous le regard de Laria (tome 1), Chloé Garcia

Couverture Sous le regard de Laria

Le royaume de Linaria a toujours vécu en paix, sous la bienveillance de la déesse Laria. Le couronnement d’Ystar, fils du Tiane, représentant divin de la déesse, approche. Tous se préparent et entament le long chemin pour célébrer cet événement.
De son côté, sa sœur Via a d’autres soucis en tête. De terribles cauchemars l’assaillent et de puissants pouvoirs se développent en elle. Serait-elle une anomalie ? Ou pire, un monstre ?
À l’est, l’Elfe Lildrille, au sang maudit à la naissance, est interdit d’assister à la cérémonie. Il ne pourra passer du temps avec Via, qu’il aime secrètement. Alors qu’il fuit pour la rejoindre, une guerre familiale intestine fait échouer tous ses plans et le transforme en criminel.
Plus au sud, indisposée par une jambe cassée, la reine Cassiopée se terre dans son antre. Une terrible tragédie remet en cause son amour pour la déesse, alors qu’un attentat meurtrier avorte la cérémonie de couronnement.
La paix en Linaria survivra-t-elle ?

AVIS

Ayant beaucoup apprécié son recueil de nouvelles Un grain de magie, j’étais curieuse de retrouver la plume de Chloé Garcia, cette fois-ci dans un roman, Sous le regard de Laria. Ici, la plume de l’autrice se veut plus incisive et âpre à l’image du royaume de Linaria, qui traverse une période trouble au grand dam du Tiane, le représentant de la déesse Laria et la personne régnant sur les huit régences du royaume. Il semblerait que le futur couronnement d’Ystar, son fils, ne fasse pas l’unanimité, le jeune homme n’étant pas reconnu pour ses qualités de politicien, son intelligence ou son sens de la mesure. Quant au Tiane, il craint un fils dont les pouvoirs sont nombreux et puissants…

Au fil des pages, on réalise néanmoins que le couronnement d’Ystar n’est que l’élément qui permet de mettre en lumière des tensions sous-jacentes entre les différents peuples constituant le royaume. Officiellement, humains, Elfes, Grèdes, Nains… vivent tous en paix, unis par le même amour pour la déesse Laria. Officieusement, la situation est bien différente, les rivalités, le racisme, l’esprit belliqueux et/ou l’envie de pouvoir de certains venant fragiliser et menacer l’harmonie du royaume. Difficile dans ces conditions d’assurer la paix comme va le découvrir le Tiane, qui doit gérer les dissensions entre les régents, la remise en question de son pouvoir, des fanatiques, un attentat meurtrier et même un enlèvement….

Malgré ses responsabilités, le Tiane n’est pas au centre de ce roman polyphonique qui nous offre une galerie de personnages variés et absolument fascinants ! Je ne suis pas certaine d’avoir déjà suivi des personnages aussi ambivalents qui exercent une telle emprise sur les lecteurs. Entre révulsion, attraction, mépris, sympathie, empathie, incompréhension… nos émotions et notre cœur sont mis à rude épreuve. Les personnages pour lesquels on développe un certain attachement sont parfois capables de nous décevoir ou de commettre des choses contestables, alors que des personnages antipathiques de prime abord révèlent parfois une sensibilité à fleur de peau qui émeut plus qu’elle ne le devrait au regard de leurs actes. Bien que certains personnages soient du bon côté, du moins par rapport aux valeurs morales de notre société, impossible, dans ce roman, de définir une ligne nette et claire entre le bien et le mal, entre les méchants et les gentils. Une absence de manichéisme qui m’a beaucoup plu et parfois déstabilisée, dans le bon sens du terme.

Je me suis ainsi surprise à être fascinée et révulsée à la fois par une relation étrange et malsaine, empreinte d’amour, de haine, d’attraction et de répulsion. Une relation qui met à nu des personnes complexes : l’une en quête de pouvoir et de reconnaissance, quitte à y perdre toute chance d’être aimée pour ce qu’elle est ; l’autre en quête d’un amour total et symbiotique, quitte à se diluer dans une relation asymétrique et un jeu de domination, dont malgré toute sa puissance, elle ne pourra jamais sortir indemne…

Des liens beaucoup plus doux m’ont également plu, ceux entre la fille cadette du Tiane, Via, et sa suivante Nandra, qui joue tour à tour le rôle de garde du corps, de confidente, d’amie, voire de mère, la mère de Via ayant été assassinée en raison de sa supposée trahison. De par sa discrétion, son ouverture d’esprit, sa soif d’apprendre, son amour des livres, sa curiosité et sa gentillesse, Via est un personnage intéressant et touchant que l’on prend plaisir à suivre, d’autant qu’elle se démarque nettement de son frère, être arrogant par nature, et de sa sœur, une pimbêche superficielle. Mais j’avoue avoir développé un attachement particulier envers Nandra qui fera de son mieux pour prendre soin de sa protégée et l’aider à surmonter les cauchemars qui hantent ses nuits et l’épuisent. La suivante n’est pas parfaite et commettra des erreurs, certaines guidées par une foi aveugle et non dénuée de superstition, mais elle est sincère et agit toujours en son âme et conscience, ce qui est loin d’être le cas de tout le monde. 

En plus d’avoir su proposer et développer des personnages complexes et nuancés, l’autrice dote certains d’entre eux d’une aura de mystère que ce soit Via et ses étranges cauchemars dont on aimerait découvrir la provenance et la signification, un mage apparu presque comme par magie, un elf habité par des voix goguenardes dont l’influence n’est pas anodine, une reine manipulatrice à l’ambition bien affirmée, une reine morte dont on aimerait percer les secrets, une autre qui se réveille d’un coma prête à se lancer dans la bataille, du moins en coulisse… Ainsi, le mystère est bien présent tout comme l’influence des femmes qui semblent ici puissantes, que ce soit au niveau de la transmission ou de l’exercice du pouvoir. Mon seul regret serait que les reines de ce royaume semblent avoir toutes sacrifié, du moins en partie, leur vie de famille et leurs liens avec leurs enfants au profit de leurs responsabilités. Mais cela serait hypocrite de leur reprocher alors que cette défaillance parentale est largement admise quand il s’agit de dirigeants masculins. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié de trouver dans ce roman des figures de femmes fortes, intelligentes et déterminées, dotées d’un sens politique aiguisé.

Au-delà des personnages, le roman peut s’appuyer sur un univers riche, précis et complexe travaillé avec soin et méticulosité, ce qui facilite le sentiment d’immersion et le plaisir que l’on prend à s’approprier un environnement unique et fascinant, qui ne semble pas dénué d’aspérités. La découverte de l’univers passe aussi par celle d’un système de magie, peut-être un peu flou au début du roman, mais qui se dévoile progressivement à nous, dans ses bons comme ses mauvais côtés. Pour ma part, j’ai apprécié, entre autres, cette idée de flux magiques et de magie liée directement à la planète, poussant certains à rechercher un équilibre et une utilisation modérée et réfléchie de la magie. Une préoccupation qui ne sera pas sans rappeler le souci d’écologie de notre propre réalité. Le modèle magique développé par l’autrice se révèle également intéressant par la manière dont il reproduit les inégalités sociales de tout système humain et favorise les classes sociales les plus aisées. Ainsi, quand Nandra doit se cantonner aux sortilèges de base, Ystar a bien plus de liberté et de pouvoir. Pratique pour aider les plus puissants et les plus riches à garder la mainmise sur les moins nantis…

La dimension religieuse est également présente sans être écrasante, le royaume étant organisé selon la doctrine de la déesse Laria, supposée déesse de l’amour et de la paix. Néanmoins, entre les fanatiques et ceux se défiant de son culte, il semblerait que la déesse ait plus tendance à diviser qu’à unir. J’ai trouvé cette déesse, qui semble étrangement silencieuse en cette période troublée, bien ambigüe et pas forcément très en accord avec la vision de bienveillance qu’on lui associe… À moins qu’imposer sa propre vision du monde puisse être considéré comme bienveillant ! Dans tous les cas, cette figure religieuse soulève des questions intéressantes quant à la foi, ses dérives et ce que certain(e)s sont prêt(e)s à faire pour défendre leurs croyances.

En conclusion, entre un univers riche et varié que l’on prend plaisir à s’approprier, une situation politique désastreuse, des luttes entre des peuples supposés en paix, des complots, les manipulations des uns et les mensonges des autres, des personnages à la psychologie aussi tortueuse que finement travaillée, sans oublier un système de magie fascinant et hautement contrôlé, les lecteurs ne devraient pas voir le temps passer ni les pages défiler. Un roman à conseiller aux amateurs de fantasy ou aux personnes souhaitant s’initier au genre à travers une histoire riche et complexe, mais facile d’accès.

Je remercie Chloé Garcia de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

 

Extraordinaires enfants de l’écume des vents, Karin Serres et Katy Sannier (illustrations)

Couverture Extraordinaires enfants de l'écume des vents

Ranimer une légende du fond des âges ? Facile : à la pointe du Raz, là où la terre finit dans l’océan, là où les vents sucrés et salés soufflent sur la lande, c’est le rôle des enfants et des poissons volants !

Locus Solus (18 juin 2021) – 48 pages – 14€

AVIS

Avec cet album relié aussi doux au toucher que beau à regarder, j’ai fait un voyage extraordinaire aux côtés de personnages qui ne le sont pas moins…

En des temps reculés, à moins qu’ils ne soient immémoriaux, existait une cérémonie étrange et belle à la fois, une cérémonie où les bruits multiples du vent entraient en harmonie avec les sons et les rires des enfants. Mais parce que le monde est protéiforme et la nature généreuse, les enfants n’avaient pas forcément deux jambes, deux bras et une tête, ils étaient de différentes espèces et de formes variées. Les enfants humains côtoyaient ainsi, durant la célèbre cérémonie de L’écume des vents, des enfants animaux, qu’ils soient poissons, oiseaux ou autres, des enfants végétaux…

Légendaire et féérique, L’écume des vents rythmait la vie des enfants, depuis son annonce aux différentes étapes avant son avènement, appelé le Grand Jour Dit. Si vous vous plongez dans ce petit ovni littéraire poétique mélangeant onirisme, légende, douceur, collages pleins de fantaisie et ambiance colorée, vous aurez d’ailleurs la chance d’assister à une cérémonie de L’écume des vents, et ressentir la joie de tous ces enfants qui l’ont attendue et préparée dans la joie, le bonheur et la bonne humeur.

Extraordinaires enfants de l’Écume des vents

Ode poétique et subtile à la nature et aux éléments, au partage et au vivre-ensemble, cet album transporte les lecteurs de tous les âges dans un conte fabuleux où les rêves sont à portée de main, de nageoire ou de nuage, où des sardines peuvent devenir poissonnes volantes, où les membres d’une forêt d’enfants peuvent s’enraciner et se déraciner au gré de leurs envies, où l’on rencontre des korrifées joyeuses et conductrices de bus, et même une créature géante qui vit dans une grotte remplie de livres et qui se nourrit exclusivement de desserts, de miel et de fruits. Laissez-moi vous dire que le vent m’aurait vite portée vers une telle créature !

La dimension onirique est d’une telle importance qu’en parcourant les pages colorées de ce bel album, votre esprit ne pourra que se laisser porter vers ce monde de légende et de fantaisie. Un monde magique, protecteur et lumineux que l’on parcourt les yeux et le cœur grands ouverts, prêts à faire bon accueil à des enfants-jardiniers, des enfants-musiciens, des loups magiques, et même à un scaphandrier fantôme qui pourrait vous surprendre si vous osez l’approcher. Les plus téméraires pourront même partir à la rencontre d’un requin à trois têtes, prêt à vous aider à surmonter vos cauchemars.

Et toujours, en trame de fond, cette fête et cérémonie de L’écume des vents, source de tous les rêves et des plus belles réalités. Doux, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album, aux accents très marins, à offrir à des enfants pour leur transmettre l’art du rêve, leur montrer la force de l’imagination et le pouvoir de l’évasion. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les thématiques sous-jacentes abordées avec autant de subtilité que de délicatesse et cette impression de vivre un rêve éveillé où tout peut arriver.

Je remercie Babelio et les éditions Locus Solus pour m’avoir envoyé ce bel ouvrage en échange de mon avis.

La mémoire envolée, Dorothée Piatek et Marie Desbons

Couverture La mémoire envolée

Aujourd’hui, dans la vie de Mamie, les mots se promènent à l’envers, à l’endroit, ils n’en font qu’à leur tête. … Je me souviens pour elle…

Bilboquet édition (25 février 2009) – 38 pages

AVIS

Plus j’en lis, plus je suis persuadée que les albums jeunesse regorgent de pépites qui permettent d’aborder des thématiques difficiles avec douceur, bienveillance, poésie et tendresse. La mémoire envolée se classe indéniablement parmi cette catégorie !

Alors que les mots semblent jouer à saute-mouton dans l’esprit de sa grand-mère, faire de grands écarts, se placer là où ils ne devraient pas être et se vider de leur sens, une petite fille observe avec tendresse sa grand-mère, la cajole et lui dit de belles et réconfortantes paroles, tout en se souvenant avec une nostalgie dénuée de tristesse, tous ces moments de complicité passés ensemble. Les mercredis à jouer à la marchande, les dimanches consacrés à visiter des personnes âgées…

À voir défiler le flot des souvenirs de cette petite fille, on réalise les tendres sentiments qui l’unissaient et l’unissent toujours à une mamie qui semblait joyeuse, gentille, généreuse, pleine d’imagination et d’énergie, avant qu’une méchante maladie ne vienne lui grignoter l’esprit. Alors quoi de plus naturel pour cette petite-fille que de prendre soin, à son tour, de sa mamie adorée qui, plus que jamais, a besoin de sa présence rassurante et réconfortante. Finalement, peu importe que les conversations n’aient plus ni queue ni tête ou qu’elles se tarissent en raison de la fatigue, l’important étant la force du lien qu’une petite-fille s’évertue à maintenir avec sa grand-mère.

Si parler d’Alzheimer n’est jamais aisé en soi, j’ai été touchée par la sensibilité et la poésie avec lesquelles l’autrice et l’illustratrice le font. Cela passe, entre autres, par des illustrations d’une grande douceur flirtant avec l’onirisme, afin de représenter la manière décalée dont les idées peuvent s’agencer dans la tête d’une personne ayant Alzheimer, et des scènes tendres et touchantes à la fois. En tant qu’adulte, la maladie de ma grand-mère, dont j’ai toujours été très proche, a été l’une des plus dures épreuves que j’aie dû affronter, parce qu’il est difficile de lâcher-prise et d’accepter que la personne que vous aimez ne sera plus jamais la même. Que ses souvenirs s’emmêlent, se cognent et se désordonnent, avant de petit à petit, vous effacer ou du moins de vous éloigner très loin dans les limbes de sa mémoire et de vous fondre dans le souvenir d’autres personnes.

Alors si je ne suis pas le public premier visé par cet album, je dois avouer qu’il m’a fait du bien et m’a beaucoup touchée et émue, d’autant que j’ai pu vraiment m’identifier à la narratrice. C’est assez difficile à expliquer mais en tournant la dernière page, j’ai eu le sentiment d’un poids qui s’envolait… J’ai également trouvé la conclusion très belle avec cette idée que si la personne que vous aimez ne peut plus se souvenir, vous pouvez vous faire le gardien ou la gardienne de sa mémoire.

En bref, voici un album tendre, touchant et poétique qui aborde avec beaucoup de sensibilité, et non sans une jolie touche d’humour, le thème délicat de la maladie d’Alzheimer. Que ce soit pour un enfant afin de l’aider à appréhender le changement de comportement d’un proche touché par cette maladie, ou pour un adulte qui a besoin d’une histoire réconfortante lui permettant de se souvenir du plus important, cet album est à lire et à relire. Pour ma part, j’ai été étonnée du réconfort qu’en peu de pages, il a su m’apporter.

Album lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres des Lectures d’Azilis.

Lalie – Le monde caché de Naturia (tome 1) , Myriam Lorenz

Couverture Lalie, tome 1 : Le monde caché de Naturia

Suite à un accident, Lalie, douze ans, perd connaissance et se retrouve dans une forêt qui ne ressemble en rien à celle de sa région.

Comment a-t-elle atterri là ? Comment repartir ? Pourquoi ne croise-t-elle aucun animal ? Aucun cri d’oiseau ou d’écureuil, pas même un petit insecte ou une araignée à l’horizon !

Heureusement que Lucas est là pour lui expliquer le fonctionnement de ce monde merveilleux, mais aussi très dangereux, qu’est celui de Naturia.

Vous êtes prêts à suivre les aventures de Lalie avec ce premier tome ? C’est parti !

Books on demand (21 avril 2021) – 172 pages – Papier (9,99€) – Ebook (2,99€)
Couverture : Élodie Perez

AVIS

Voici un roman jeunesse que j’ai lu d’une traite, ayant apprécié l’imagination et la plume immersive de l’autrice, qui raviront aussi bien les enfants à partir de 9/10 ans que les lecteurs plus âgés. Les premiers pourront d’ailleurs aisément s’identifier à une jeune héroïne attachante et non dénuée de caractère, qui va vivre une aventure merveilleuse et dangereuse à la fois !

Lalie, une adolescente de douze ans comme les autres, du moins en apparence, ne supporte pas sa belle-mère, une horrible sorcière ! Et ce n’est pas une expression : l’adolescente en est persuadée, Ophélia est une véritable sorcière qui a envoûté son père. Mais Lalie a d’autres priorités que démasquer sa marâtre quand, suite à un accident de voiture, elle découvre un autre monde !

Un monde différent du nôtre où même en pleine forêt, on ne croise aucun animal et où aucun bruit ne vient rompre le silence. Heureusement pour elle, Lucas, qui semble avoir son âge, la découvre et la prend sous son aile, lui dévoilant un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé croiser ailleurs que dans ses rêves. Un lieu féérique et dangereux où il n’est pas conseillé de sortir la nuit, mais où on trouve des youpamis, une créature entre le porc-épic et le caméléon, et même des dragons, du moins le fils d’une dragonne. La mythologie autour des dragons m’a particulièrement intéressée, notamment avec cette idée de sacrifice maternel qui, avec les dragons, prend une tout autre dimension.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, les déambulations dans un monde magique y compris, Lalie finit par se réveiller dans une chambre d’hôpital… Aurait-elle rêvé ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question, puisque j’ai pris plaisir à découvrir la manière dont l’autrice joue sur le doute de l’héroïne, avant de nous dévoiler, sans trop nous faire attendre, la réponse. Pour ma part, j’ai adoré suivre Lalie qui se montre attachante, courageuse, mais également mature, déterminée et réfléchie.

Si elle est décontenancée par tout ce qui lui arrive, sa curiosité prend vite le pas sur ses doutes ou la menace d’une belle-mère manipulatrice, pour laquelle elle n’éprouve que méfiance. La jeune fille se fait-elle des idées sur Ophélia qu’elle soupçonne de cacher sa véritable nature ? Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié le mystère entourant cette belle-mère, digne d’un bon conte. La propre mère de l’adolescente semble également cacher des choses et devient étrangement nerveuse dès que Lalie évoque la magie ou le surnaturel…

Bien que leur présence ne soit pas centrale, les adultes ne sont donc pas absents de ce roman, ce que j’ai apprécié. Quant aux amis de Lalie, ils se révèlent tous les deux sympathiques, mais très différents l’un de l’autre. En plus d’être adorable, prévenant et bienveillant, Lucas m’a touchée en raison de son histoire familiale, une histoire qui ne semble néanmoins pas l’affecter outre mesure. Il faut dire qu’il n’a pas forcément les mêmes critères de bonheur qu’un humain lambda. Quant à Éléonore, la meilleure amie de Lalie dans notre monde, elle se révèle plutôt sympathique. En amie fidèle, elle est prête à épauler Lalie dans ses recherches, malgré l’incongruité de la situation.

L’amitié tient une place importante dans ce roman, ce qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Mais l’autrice évoque également, sans lourdeur et avec une intelligence certaine, une problématique à laquelle beaucoup d’enfants et adolescents ont été ou seront un jour confrontés : le harcèlement scolaire, et plus particulièrement, le cyberharcèlement et ses conséquences. Plus que la thématique en elle-même, c’est la manière dont l’autrice l’aborde qui m’a convaincue et le message qu’elle fait passer quant au caractère néfaste de la vengeance. À cet égard, Éléonore fait preuve d’une maturité qui semble faire défaut à bien des adultes, refusant de répondre à la méchanceté par la méchanceté. J’ai, en outre, été impressionnée par la faculté de l’autrice à nous faire ressentir de la compassion pour un adolescent passé de bourreau à victime en un instant…

Les chapitres se déroulant dans notre monde ne manquent pas d’attrait, l’autrice les nimbant d’une bonne aura de mystère, mais c’est le monde caché de Naturia qui a exercé sur moi la plus forte attraction, au point de ne pas vouloir le quitter. J’ai ainsi pris plaisir à découvrir et à évoluer dans cet univers magique où l’émerveillement n’est jamais loin, malgré les dangers !

En conclusion, enfants, adolescents et adultes devraient apprécier de se laisser prendre par la main par une jeune héroïne courageuse, mais pas intrépide, qui, sans le vouloir, vient peut-être de réveiller des secrets bien enfouis… pour le meilleur et pour le pire. Rythmé, auréolé de mystère, non dénué de suspense, et abordant sous couvert de fiction des thématiques importantes, ce premier tome nous offre une aventure palpitante, entre magie, émerveillement et dangers. Vivement la suite !

Je remercie Myriam Lorenz de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr, Denis Labbé

Couverture Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr

Aux portes de Llyr, en paix depuis quatre siècles, une sombre menace gronde. Les forces de l’Autre Royaume s’amassent pour récupérer leurs territoires. Elles vont trouver sur leur route, Wolveric, un jeune soldat dont la mort ne veut pas. Flanqué d’un gigantesque Phooka qui l’a pris sous son aile, il deviendra l’instrument du destin.
Dans cette quête initiatique, il découvrira un monde d’une incroyable richesse, des êtres terrifiants chantés par les légendes et il se rendra compte que l’univers est bien plus complexe qu’il ne le pensait.

AVIS

Vous dire que je n’ai pas été d’emblée attirée par la couverture ne serait pas très crédible, mais c’est quand même bien le résumé qui m’a donné envie de me plonger dans ce roman de fantasy qui m’a permis de passer un bon et mouvementé moment de lecture.

Après une période de relative paix où les créatures de l’Autre Royaume se contentaient de hanter les légendes, contes et cauchemars, il semblerait qu’elles soient bien décidées à entrer en guerre contre l’Empire ! C’est dans ce contexte difficile qu’une mission de la plus haute importance pour l’avenir de l’Empire va être confiée à un duo inattendu : Wolveric, un jeune guerrier qui rêve de mourir, et le Tors, un Phooka qui a rejoint les rangs des humains. Si d’autres personnages vont intervenir durant cette aventure plutôt épique, j’avoue avoir été plus particulièrement intéressée par les péripéties traversées par ces deux personnages très différents l’un de l’autre, mais parfaitement complémentaires. Ils dégagent, en outre, chacun à leur manière, une certaine aura de mystère.

Wolveric parce qu’il est conscient de choses qu’un humain lambda ne remarquerait pas, et parce qu’il a noué bien malgré lui une relation particulière, entre défiance et respect, avec la Mort elle-même ! Une Mort personnifiée sous les traits d’un scribe, qui refuse d’accorder cette mort à laquelle le jeune guerrier aspire de toute son âme depuis la mort des siens. Mais rien d’étonnant à ce refus : plus on tourne les pages, plus on a le sentiment que ce jeune homme au destin contrarié possède quelque chose de spécial en lui, une différence qui semble attirer les problèmes et différentes créatures plus ou moins sympathiques. Quant à le Tors, il se plaît à entretenir un certain mystère sur sa personne et son passé, jusqu’à cacher son vrai nom. Au fil des péripéties et des révélations, les raisons d’un tel comportement quelque peu énigmatique se dévoilent heureusement à nous…

En plus du duo, j’ai beaucoup apprécié un Gobelin, un trublion qui apporte un peu de légèreté à une intrigue marquée par les attaques, les trahisons, les mensonges et les complots. Moi qui apprécie les complots, je me suis d’ailleurs régalée, rien n’étant ce qu’il paraît être dans ce roman où le danger se fait de plus en plus pesant et pernicieux, la politique se pare de ses plus noirs atouts, et la cupidité noircit les âmes. Ainsi, quand certains travaillent en secret pour accroître leurs richesses, quitte à trahir les leurs et à souscrire à de terribles alliances, un être malfaisant œuvre dans l’ombre pour asseoir son pouvoir et redessiner les frontières de l’Empire, mais également de l’Autre Royaume.

Les enjeux de ce premier tome se révèlent donc bien plus importants que ce que le début du roman laisse présager, un point qui rend d’ailleurs la lecture passionnante. Les scènes d’action, toujours savamment orchestrées sans jamais s’éterniser, insufflent également un certain dynamisme au récit. Et puis, même quand il n’y a pas d’action à proprement parler, les lecteurs, comme les personnages, n’ont d’autre choix que de rester sur le qui-vive afin d’anticiper la prochaine menace et sa nature. Si les dangers sont multiples et variés, l’auteur évite pourtant l’écueil du manichéisme.

Ainsi, contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, il ne s’agit pas ici des victimes contre les attaquants, de l’Empire contre l’Autre Royaume, mais d’humains et de Sidhes manipulés pour mener une guerre. Les « gentils » et les « méchants » appartiennent aussi bien à un camp qu’à un autre, d’autant que les frontières entre les deux sont bien plus perméables qu’il n’y paraît. Alors on ne s’étonnera pas de voir travailler main dans la main un humain avec un Phooka et un Gobelin, afin non pas de faire triompher un camp sur un autre, mais tenter d’éloigner une guerre dont les tenants et les aboutissants nous semblent bien opaques. Il faut dire que les trahisons sont légion et qu’un être particulièrement retors semble à lui tout seul représenter le plus grand des dangers. D’ailleurs, son ombre planera sur une bonne partie du roman, s’insinuant dans l’esprit de chaque lecteur.

Au-delà des multiples complots et mensonges qui brouillent les cartes et apportent une dynamique intéressante, le roman peut s’appuyer sur un bestiaire divers et varié. Nous rencontrons ainsi tout un tas de créatures, certaines effrayantes, d’autres accueillantes, voire adorables comme les Verdiers, des créatures volantes de petite taille. Pour ma part, j’ai apprécié que l’auteur nous transporte dans un Autre Royaume pluriel qui tranche avec l’image réduite que les habitants de l’Empire en ont. Un Autre Royaume qui réservera également quelques surprises à Wolveric qui en découvrira les différentes strates… Sans entrer dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte, celle de Songerêve m’a fascinée tout comme cette idée que des Sidhe puissent naître de songes !

En conclusion, d’une plume fluide et immersive, l’auteur nous immerge dans un univers au bord d’une guerre qui risque fort bien de redessiner les frontières entre l’Empire et l’Autre Royaume. Mais comme un jeune homme, qui se rêvait barde mais qui deviendra un féroce guerrier, le découvrira, la vraie guerre ne se joue pas forcément sur les champs de bataille… Entre une ombre menaçante et écrasante dont la présence se cache derrière bien des événements, une aura puissante de mystère, des mensonges, des trahisons, des complots, et une bonne dose de manipulation, Le dit de Wolveric nous offre une aventure de fantasy épique et rythmée qui poussera les héros et les lecteurs dans leurs retranchements !

Je remercie les éditions Rebelle de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Invisible, Tom Percival

Couverture Invisible

Quand un jour l’argent vient à manquer pour payer les factures et le loyer, Isabelle et sa famille doivent déménager à l’autre bout de la ville.
Isabelle commence à se sentir… invisible.
Et elle s’aperçoit que dans la rue, elle n’est pas seule à se sentir invisible.
Elle décide alors de se rendre utile et d’aider les autres invisibles autour d’elle. Petit à petit, les choses changent… Une histoire émouvante, qui rappelle que riche ou pauvre, tout le monde a sa place dans le monde.

KIMANE (4 février 2021) – 32 pages – 13,50€

AVIS

J’ai eu un coup de cœur pour ce magnifique album, autant sur le fond que la forme, qui évoque la pauvreté, et plus particulièrement la pauvreté infantile, et la manière dont la société tant à invisibiliser un certain nombre de personnes, qu’elles soient pauvres, isolées, réfugiées…

Des thématiques rarement évoquées dans la littérature jeunesse et encore moins avec une telle justesse, l’auteur ayant lui-même connu la pauvreté durant son enfance. Si certains passages sont teintés de gris et auréolés de tristesse, l’histoire se révèle également belle et poétique, la force de la solidarité apportant une magnifique bouffée d’espoir et de réconfort. L’ambiance graphique, quant à elle, évolue au gré de l’histoire, oscillant entre des teintes glaciales et froides, et des couleurs plus enveloppantes à mesure que la couleur et la chaleur humaine réapparaissent dans la vie d’Isabelle.

J’ai été saisie par la manière délicate avec laquelle l’auteur nous montre qu’à force de n’être vu de personne, on devient invisible. Une métaphore qui révèle toute sa puissance à travers l’histoire touchante d’Isabelle. Cette fillette, qui a dû quitter sa maison et ses souvenirs pour un quartier froid et sombre où personne ne la remarque, devient littéralement invisible ! Du moins, jusqu’à ce qu’elle décide d’aider les autres personnes dans son cas, car les invisibles sont nombreux, il suffit de ralentir le pas et lever les yeux pour les voir et leur donner cette place à laquelle ils ont droit…

J’ai eu le cœur brisé en voyant Isabelle ne pas avoir accès à des choses qui, pour beaucoup, semblent anodines comme aller au cinéma. Mais j’ai aussi été touchée par sa personnalité, le fait qu’elle se concentre sur ce qu’elle a, et la manière dont elle va spontanément décider d’aider autrui quand elle-même ne possède rien, si ce n’est sa gentillesse. Cette petite fille nous donne une jolie leçon d’humanisme et d’humanité et nous prouve que les petites actions peuvent changer le monde…

Beau et poignant, Invisible est un album à partager pour évoquer le thème de la précarité, de la pauvreté infantile, de la force de la solidarité, et redonner une place à tous ces invisibles, oubliés et ignorés de la société, chacun ayant sa place et un rôle à jouer.

 

Wolf girl (tome 1), Leia Stone

Couverture Wolf Girl, tome 1

Quand mes parents ont été bannis de Wolf City avant ma naissance, j’ai pensé qu’il n’y avait aucune chance que je revive un jour dans une meute. Menottée, avec ma magie de métamorphe contenu, on m’a forcée à intégrer une école avec des sorcières et des vampires afin d’empêcher ma vraie nature de sortir.
Puis je l’ai rencontré. Sawyer Hudson.
Le fils de l’Alpha visitait le Delphi College et m’a repérée. Il m’a jeté un coup d’œil, et une heure plus tard, j’étais retirée de l’école, emmenée à Wolf City, laissant derrière moi mes parents et tout ce que je connaissais.
Cette année Sawyer, le futur alpha, sélectionne sa compagne, et chaque femme âgée de 18 à 22 ans doit être présente. Me voilà maintenant à l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, en plein milieu d’un Bachelor pour loups-garous !
Et juste au moment où je pensais maîtriser les choses, Sawyer libère mes menottes et ma magie et voit ce que je suis vraiment.
Le problème, c’est que je ne sais pas en quelle créature je me transforme. Mais ce n’est pas un loup-garou ordinaire, c’est sûr.

Hachette Lab (15 septembre 2021) – 7,99€

AVIS

Bien que classique dans le fond, Wolf girl réussit à introduire une certaine originalité par la nature particulière de l’héroïne que je n’avais encore jamais croisée. Je vous laisserai évidemment le plaisir de la découverte, mais l’idée de l’autrice m’a plu, d’autant qu’elle permet d’aborder, sous couvert de fiction, un sujet difficile. Demi est ainsi marquée profondément dans sa chair, mais pas seulement, par un événement traumatisant. Seule fille-loup de sa fac, elle doit également faire face au harcèlement de ses camarades, alors que des bracelets magiques l’empêchent de riposter sous peine de ressentir de terribles souffrances.

Si Demi est la seule représentante de son espèce à la fac, c’est que les autres loups-garous vivent à Wolf City, une ville de laquelle ses parents ont été bannis avant sa naissance. La jeune femme ne connaît pas la raison de ce bannissement, mais elle en subit tous les jours les conséquences. Ceci explique qu’elle n’hésite pas à quitter sa ville et sa fac pour rejoindre l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, quand une opportunité se présente à elle. Séparée de ses parents et de sa meilleure amie, l’étudiante va devoir s’adapter à sa nouvelle vie, en comprendre les codes, tout en participant à un Bachelor pour loups-garous. Une compétition organisée pour permettre à Sawyer, la personne grâce à laquelle elle a pu quitter sa fac, de choisir sa future épouse, condition sine qua non pour qu’il puisse devenir le nouvel alpha. 

J’ai eu peur de tomber dans un roman ressemblant à La Sélection de Kiera Cass, mais le côté Bachelor n’est finalement qu’un prétexte pour permettre à Sawyer de briser l’exil de Demi qui, comme on s’en doute, ne le laisse pas indifférent. N’aimant pas le principe d’un homme qui met en concurrence des femmes avant d’en choisir une, j’ai apprécié que Demi partage mon indignation. Et puis, fort heureusement, Sawyer n’est pas non plus fan du concept : il participe parce qu’il y est obligé, mais on ne doute guère de quel côté son cœur balance. Pour ma part, j’ai regretté une attraction trop rapide entre les personnages, car cela ôte tout suspense quant à l’évolution de leurs sentiments. L’autrice joue néanmoins très bien la carte des sentiments avec des réparties et des déclarations qui devraient ravir le cœur des personnes qui, contrairement à moi, n’ont pas besoin de voir une relation se construire pour y croire. 

La romance est un peu trop consensuelle et rapide pour m’avoir conquise, mais j’ai apprécié tout le mystère autour de l’exil des parents de Demi, et celui entourant la nature particulière de la jeune femme. Une nature qu’elle va devoir apprendre à apprivoiser et à mieux connaître pour son propre bien. Se pose également la question des raisons de l’obsession des vampires pour la jeune femme, des dents longues qui n’hésitent pas à attaquer des loups-garous pourtant capables de se défendre ! Mais ce ne seront pas les seuls dangers que Demi, le garçon de ses rêves et ses amis devront affronter, l’autrice nous réservant des ennemis plutôt retors. À cet égard, la mythologie autour de ces derniers m’a fortement intéressée, d’autant qu’on réalise que la situation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît…

Les scènes d’action sont parfaitement maîtrisées avec une fluidité dans les descriptions qui apporte un réalisme et un dynamisme certain ! Les sentiments de Demi sont également bien développés bien que l’on reste sur une narration rythmée, fluide mais manquant de caractère, et, peut-être, de maturité. Mais j’imagine que cela s’explique, en partie, par le public visé. Néanmoins, l’aura de mystère bien présente compense ce point d’autant que contrairement à ce que je craignais, Sawyer évite le cliché du bad boy. Et là, je dis un grand merci à l’autrice n’en pouvant plus de ces protagonistes masculins magnifiques, ténébreux mais toxiques.

Protecteur, mais prévenant et respectueux, Sawyer m’a agréablement surprise et quelque peu peinée par sa position de futur alpha qui l’oblige à participer à cette mascarade de sélection. Mais il n’a pas le choix pour une raison que l’on découvre en cours de lecture et qui apporte une dynamique intéressante à sa relation avec Demi. Quant à cette dernière, elle a su me toucher par son courage, sa résilience, et la manière dont elle tente de comprendre sa nature profonde et de faire face à un monde qui n’est pas le sien. J’ai également beaucoup apprécié la cousine de Sawyer avec laquelle Demi s’est liée d’amitié. Rigolote et bienveillante, tout en étant capable d’être incisive, Sage est une petite bouffée d’oxygène à elle toute seule ! Je regrette juste que l’autrice ait choisi de conclure son premier tome sur un événement qui relance certes l’intrigue, mais qui m’a semblé un peu trop dramatique, que ce soit dans son exécution ou les réactions qu’il suscite chez un personnage.

En conclusion, Wolf City est un roman YA qui se révèle assez classique dans son déroulé, mais original quant à la nature de son héroïne et le secret entourant un protagoniste masculin qui s’éloigne du cliché éculé du bad boy ! Loin du harem que j’avais redouté, on découvre ici une romance entre deux êtres inexorablement attirés l’un par l’autre, des êtres qui vont devoir faire face à des dangers de différentes natures et des ennemis, entre vampires et espèces hybrides… Rythmé et auréolé d’une bonne dose de mystère, Wolf City devrait plaira aux amateurs de romances paranormales ou à ceux souhaitant s’initier au genre à travers un roman rapide et facile à lire, qui nous laisse entrevoir une suite dans laquelle les cartes sont redistribuées !

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.