À ma vie, À ta mort, Sandra Triname

Je remercie les Éditions Plume Blanche de m’avoir fait parvenir, sous format numérique, le roman A ma vie, A ta mort de Sandra Triname. J’ai reçu ce service presse dans le cadre de l’Opération Spéciale Summer Time.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Recouvert de symboles grecs faisant référence à Hadès, un corps mutilé et désormais inidentifiable, est retrouvé dans une cave à New York. Jeune flic fraichement sorti de l’école de police, Mike Sullivan se retrouve chargé de cette affaire qui le mènera jusqu’au pied du World Trade Center, ce terrible jour du 11 septembre 2001. Une fois son bras vengeur lancé et bien que la faucheuse soit belle à couper le souffle, rien ne peut la stopper. Instrument du Destin ou de la Mort elle-même, il devra résoudre cette affaire en empruntant des sentiers dont personne ne revient jamais.

  • Broché: 371 pages
  • Editeur : Editions Plume Blanche; Édition : 1 (7 mars 2017)
  • Prix : 21,90€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Je vais commencer par le seul défaut de cet ouvrage à savoir les quelques coquilles présentes, conséquence d’un problème rencontré lors de la phase de correction… J’ajouterai, avant d’entrer dans le vif du sujet, que je suis particulièrement fan de la couverture qui m’a tout de suite donné envie de découvrir le roman. Il en va de même pour le titre qui contient cette part de mystère et d’horreur prompte à susciter l’imagination.

Imaginez-vous mener votre vie comme des milliards d’autres personnes quand soudain, le destin semble vous prendre pour cible et vous plonge, sans aucun avertissement, dans un monde d’horreur et de douleurs. Sans savoir pourquoi ni comment vous avez pu vous retrouver dans une telle situation, vous vivez alors de longues et abominables séances de torture jusqu’à ce qu’il ne reste de votre corps qu’un amas ensanglanté de tissus. Injuste, révoltant, cruel ? C’est exactement ce qu’a ressenti Ambre dont la vie a été soudainement fauchée par un monstre de la pire espèce. Difficile alors de ne pas comprendre sa colère et son désir aveugle de vengeance ; sentiments qui la conduiront à signer un pacte : en échange de la promesse de s’occuper elle-même de son bourreau le moment venu, elle accepte de devenir une Faucheuse. Mais si, finalement, ce pacte n’était que la partie émergée d’un complot qui dépasse largement tout ce qu’Ambre aurait pu imaginer ? Les voies des dieux sont impénétrables…

Dès le début de l’histoire, l’autrice nous plonge dans l’horreur avec une scène de torture particulièrement écœurante dont elle n’épargne aucun détail. Celle-ci nous donne paradoxalement envie d’en apprendre plus sur la victime, son passé, les circonstances qui l’ont amenée à vivre un tel calvaire, mais également les raisons qui peuvent pousser un autre humain à infliger de tels sévices à une autre personne. De prime abord, on serait tenté de penser que le tortionnaire n’est qu’un malade mental, mais la maîtrise dont il fait preuve tout comme la froideur avec laquelle il s’attelle à la tâche nous détrompe très vite sur ce point. Plus qu’un malade, nous sommes bien face à un monstre que rien ne pourrait détourner de son « art ».

Cet « artiste » macabre va nous donner des sueurs froides tout au long du livre d’autant que l’autrice joue avec les nerfs de ses lecteurs faisant durer le suspense et le mystère autour de celui-ci. En absence de réponses à nos interrogations, nous nous retrouvons donc dans la même situation d’incrédulité et d’écœurement que les deux policiers en charge de l’enquête, Harvey et Sullivan. J’ai d’ailleurs apprécié de suivre de très près leur avancement, leur raisonnement, leurs questionnements, leurs doutes, leur frustration… Le lecteur a le sentiment de faire partie intégrante de l’équipe au point de presque s’imaginer partager un verre avec Harvey pour décharger la tension accumulée durant la journée ou vomir son repas avec Sullivan lors des excursions à la morgue.

Cette capacité à immerger le lecteur dans l’histoire n’est pas le seul atout du roman, le duo Harvey/Sullivan participant également au plaisir de la lecture. En effet, ces deux policiers, bien que très différents autant en termes d’âge que de personnalité, sont totalement complémentaires. C’est donc un véritable plaisir de voir leur relation évoluer au fil de l’intrigue et des coups durs, car l’autrice n’est pas du genre maman poule avec ses personnages ; l’un d’entre eux va en faire cruellement les frais. Heureusement, il pourra compter sur les liens profonds et indéfectibles qui l’unissent à son camarade. Je dis camarade, mais vous découvrirez que la relation entre les deux policiers va bien au-delà de la simple camaraderie ou même de l’amitié… D’aucuns reprocheront peut-être à l’autrice d’avoir utilisé le schéma classique du vieux flic bourru au gros cœur et du jeune bleu plein d’enthousiasme et d’idéaux, mais pour ma part, cela ne m’a pas dérangée. L’émotion que l’on ressent à les voir évoluer côte à côte dans les coups durs comme dans les moments plus heureux balayant toute réserve que l’on pourrait ressentir vis-à-vis d’eux. J’ai d’ailleurs tellement apprécié les deux personnages que je serais ravie de les retrouver dans une nouvelle enquête.

Quant à Ambre, j’ai un peu regretté de n’apprendre à la connaître que relativement tard dans le livre. Si l’enquête tourne bien autour de son meurtre, l’autrice prend le temps, avant de s’attarder sur la jeune femme, de mettre en place les différentes pièces du puzzle et de développer la psyché de ses autres personnages. Si je comprends aisément le procédé qui se révèle très efficace pour vous faire garder le nez sur votre livre, il m’a parfois frustrée. Les détours que prend l’autrice pourront d’ailleurs créer un sentiment de longueur chez les personnes amatrices d’histoires menées tambour battant. En d’autres mots, nous sommes clairement ici plus dans une course de fond que dans un sprint.

Mais comme « tout vient à point à qui sait attendre », nous finissons néanmoins par découvrir Ambre, son passé, sa colère, sa haine autant de son bourreau que de sa nouvelle profession, sa nouvelle vie de Faucheuse, ses amis, son désir de vengeance, sa pugnacité, son courage, son sens de la répartie et son humour... Il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher à elle, les épreuves qu’elle a endurées l’ayant rendue peu chaleureuse. A mesure que l’on découvre son histoire et la manière dont elle a été éhontément trompée que ce soit sur terre ou dans l’Entre-deux, on ne peut cependant que finir par la soutenir de manière inconditionnelle.

Le lecteur n’est pas le seul à éprouver le besoin de l’aider. Elle sera ainsi secondée par deux alliés afin de faire la lumière sur la nature du complot dont elle est victime. Elle se découvrira également un allié des plus inattendus en la personne d’Hadès qui n’apprécie guère qu’un fou, de surcroît humain, se fasse passer pour lui. Et puis, avouons que l’intelligence et la personnalité plutôt vive de notre jeune faucheuse ne pourront qu’attiser sa curiosité et éveiller son intérêt. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point, mais j’ai regretté que l’autrice tombe dans une certaine facilité quant à l’évolution de la relation entre Ambre et Hadès… Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier grandement de retrouver ce fascinant personnage de la mythologie grecque que l’autrice a su parfaitement s’approprier. J’ai aimé le voir tirer les ficelles dans l’ombre avant de le voir se dévoiler aux yeux de ses alliés. Cela crée un petit effet dramatique qui sied à merveille à la personnalité hors norme du personnage…

De la même manière, ce fut un plaisir de découvrir les différentes allusions à la mythologie grecque et à ses différentes figures emblématiques. L’histoire fait d’ailleurs, dans une certaine mesure, écho aux mythes grecs avec son lot de trahisons, de complots, de rebondissements… On retrouve également cette vision de dieux tout-puissants qui n’ont que peu de considération pour les êtres humains. Dans cette histoire, le libre arbitre n’existe donc pas pour le plus grand malheur des hommes dont les divinités n’hésitent pas à jouer avec la vie comme des marionnettistes tireraient les ficelles de leurs pantins. Une prise de conscience douloureuse qui sera un motif supplémentaire de révolte de la part d’Ambre.

En conclusion, l’autrice prend le temps de poser les bases afin de nous offrir une intrigue complexe dont la lecture se révèle aussi angoissante que prenante. Amateurs d’enquêtes policières, de sensations fortes ou tout simplement d’histoires où se mêlent émotions, suspense et personnages à la psychologie développée, vous devriez être conquis par A ma vie A ta mort. Les références à la mythologie grecque devraient, quant à elles, ravir les personnes intéressées par ce domaine.

Pour acheter le livre, vous pouvez vous rendre sur le site des Éditons Plume Blanche.

Locke and Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft

Quand j’ai vu le nom de Joe Hill sur la couverture, je n’ai pas hésité à emprunter le comics Locke & Key ayant été agréablement surprise par The Cape du même auteur.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le romancier à succès Joe Hill et le dessinateur prodige Gabriel Rodriguez vous invitent dans un monde de terreurs et de merveilles : Locke & Key.

Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir…
Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes…

  • Broché: 227 pages
  • Editeur : Milady Graphics (21 mars 2013)
  • Prix : 19€

AVIS

L’auteur nous plonge dès le début du comics dans l’horreur avec le meurtre du père de Tyler, Kinsey et Bode, leur mère ayant, quant à elle, survécu. La famille décide alors de prendre un nouveau départ en élisant domicile à Keyhouse, un manoir de famille situé en Nouvelle-Angleterre. Très vite, grâce notamment à Bode et à une étrange découverte, on constate que ce manoir recèle des mystères plutôt sombres et que la famille, déjà bien éprouvée, est loin d’être au bout de ses peines. Difficile pour le lecteur de ne pas comprendre que Keyhouse n’était pas forcément le meilleur endroit pour entamer un processus de deuil déjà bien difficile…

J’ai adoré la manière dont l’auteur fait monter le suspense : plus on avance dans la lecture, plus elle devient intense voire addictive. On a ainsi très envie d’en apprendre plus sur le passé de cet étrange manoir, la créature qui est au fond du puits, l’importance des clés, les raisons qui ont poussé un élève, en apparence prometteur, à commettre un crime d’une telle atrocité… Beaucoup de questions dont on attend avec impatience, mais aussi avec une certaine crainte, les réponses.

Les personnages, quant à eux, ne sont pas dénués d’intérêt. Si au départ, ils semblent un peu stéréotypés, ils se révèlent finalement complexes voire, pour certains, des plus torturés. On devine, en outre, que l’auteur réserve encore bien des épreuves à nos protagonistes. Ceux-ci ayant déjà bien souffert par le passé, on ne peut qu’espérer qu’ils auront les ressources pour faire face à tous les dangers qui les attendent.

En ce qui concerne les illustrations, j’avoue ne pas être particulièrement sensible au style de l’illustrateur, mais force est de constater qu’elles retranscrivent à merveille l’ambiance angoissante et fantastique du comics. Le duo texte et images fonctionne donc très bien et offre une expérience de lecture des plus immersives. Ainsi, on ressent parfaitement cette sensation de danger ce qui nous permet, d’une certaine manière, de nous rapprocher des personnages et du cauchemar qu’ils traversent.

Pour conclure, j’ai retrouvé dans Locke&Key, l’ambiance angoissante de The Cape. Les décors, les personnages, les couleurs… Tout est mis en place pour vous immerger efficacement dans l’histoire et vous faire ressentir la noirceur du mal qui rôde. Angoisse et frissons seront donc au programme de ce comics qui comblera les amateurs du genre.

Book haul soldes juillet 2017 #2 : Gibert Joseph, la récidive

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J’avais déjà profité des soldes de Gibert Joseph sur PriceMinister pour faire quelques emplettes, mais j’ai récidivé devant les merveilles en soldes que la boutique continuait à proposer.

Ma commande a d’abord été motivée par le roman du film Alice au pays des merveilles que je désirais acquérir depuis un petit moment :

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Puis, j’en ai profité pour prendre des livres de ma wish list :

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J’ai également craqué pour une version illustrée de La Belle et la Bête que je ne connaissais pas. Le livre est arrivé abîmé, mais ne l’ayant payé qu’un euro, difficile de râler :

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Depuis mes achats, j’ai lu le manga Le destin Belle et ai parcouru quelques pages du livre l’Amour des vampires, un ouvrage qui me semble prometteur…

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ? Qu’en avez-vous pensé ?

 

Codex Memoriae 2 : Le sacrifice des âmes du Purgatoire, Christophe Michaud

Je remercie Christophe Michaud de m’avoir fait parvenir son roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire via le site Simplement et d’avoir pris le temps de me le dédicacer. Je le répète souvent, mais c’est toujours le genre de petite attention qui me fait plaisir.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un vagabond amnésique est conduit au sanitarium local spécialisé dans les troubles post-traumatiques de la Première Guerre mondiale. Il n’a aucune mémoire, ni présente ni passée.

Pour ne pas sombrer, il essaye de se raccrocher comme il peut à tout ce qui l’entoure dans l’espoir de se construire une identité, mais c’est sans compter sur la rivalité de deux médecins qui se cristallise à son sujet.

Il poursuit ainsi son cheminement mental dans une errance onirique teintée de mythologie grecque avant de se trouver confrontée à une réalité brutale qui prend corps au travers de l’étrange docteur Bonne.

 

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Christophe Michaud (17 novembre 2015)
  • Prix : 10,17€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Tout d’abord, je tiens à dire que je trouve le livre très réussi autant au niveau de la couverture que des illustrations intérieures qui nous permettent de nous plonger de manière réaliste dans l’histoire. Cet apport visuel est un atout indéniable pour l’histoire et devrait ravir les amateurs de livres illustrés. L’auteur a même poussé le sens du détail jusqu’à insérer des bonus comme des rapports journaliers concernant le patient amnésique ou encore un rapport confidentiel. La police d’écriture qui donne l’impression que le livre a été tapé à la machine vient, quant à elle, parfaire une expérience de lecture déjà agréable.

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Je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai adoré ce livre et que je le considère comme l’un des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers mois. C’est simple, tous les ingrédients sont mis en place pour que vous ouvriez la première page avec la ferme intention de ne pas décoller de votre canapé/lit/siège avant d’avoir lu le dernier mot de l’auteur.

L’histoire…

Le docteur Olivier Quine, psychiatre de profession, a assouvi son rêve, celui de créer un endroit où les patients atteints de troubles psychiatriques seraient accueillis et traités de manière humaniste. Un projet avant-gardiste pour une époque où les « malades mentaux » étaient loin d’être traités avec humanité. De ce rêve devenu réalité, va naître la rencontre puis une association avec le docteur Bonne, médecin militaire qui a exercé durant La Première Guerre mondiale. Mais cette alliance qui, sur le papier, semblait prometteuse est-elle finalement une réelle aubaine pour le docteur Quine ? L’arrivée d’un patient amnésique qui va intéresser de près nos deux associés va pousser le psychiatre à se poser sérieusement la question.

Le livre pourrait se scinder en deux parties. Dans la première partie, nous découvrons le docteur Quine et ses séances de thérapie avec le patient amnésique. Sous hypnose, celui-ci va raconter différentes histoires inspirées de la mythologie grecque comme si elles étaient siennes. Ces incursions dans le monde de la mythologie, à travers différentes figures emblématiques et mythes comme celui de Perséphone, est pour moi le gros point fort de ce roman. J’ai adoré la manière dont l’auteur a su se les approprier et les exploiter nous donnant autant envie de connaître la suite des événements que de réviser nos connaissances en matière de mythologie.

Dans la deuxième partie, on conserve cette part de voyage entre réalité et rêve, mais l’histoire prend une tournure plus angoissante voire étouffante. Au fil de l’intrigue, on en vient à se poser des questions sur le docteur Bonne et à se demander si le psychiatre, par ambition professionnelle, n’a pas plus ou moins passé un pacte avec le diable. Déjà mystérieux, le médecin devient ainsi de plus en plus inquiétant et nous pousse à nous interroger, avec angoisse, sur la nature de ses activités qu’il veille à tenir secrètes. Quine finit bien par ouvrir les yeux sur ce collaborateur gênant, mais il est trop tard, le médecin ayant déjà tissé sa toile tout autour de lui. L’étau se resserre alors inexorablement autour du psychiatre dont le lecteur ressent parfaitement l’effroi à cette prise de conscience : le Mal est en la demeure.

Au-delà de l’intrigue principale, l’auteur évoque également différents points comme la dichotomie entre la médecine du corps et celle de l’esprit parfaitement symbolisée par l’antagonisme entre Quine et Bonne. Nous retrouvons également une critique de la médecine psychiatrique de l’époque dont heureusement les méthodes ont depuis fortement évolué. Des questions presque métaphysiques sont également soulevées… Au cours de l’histoire, on ne peut d’ailleurs qu’en venir à s’interroger sur la nature humaine et sur ce qui distingue l’homme du monstre.

Des personnages complexes…

Bonne peut être vu comme l’un des méchants de l’histoire, mais il n’en reste pas moins assez complexe. Si ses méthodes sont radicales, comme vous le découvrirez, son objectif final renvoie néanmoins à la fameuse question : la fin justifie-t-elle les moyens ? Pour sauver l’humanité, quels sacrifices jugeons-nous acceptables ? L’auteur utilise, en outre, ce personnage aussi fascinant que repoussant, pour évoquer les traumatismes engendrés par La Première Guerre mondiale. Ce point m’a particulièrement semblé intéressant puisque pour des soldats, une guerre, quelle qu’elle soit, ne prend pas forcément fin une fois la paix signée. Il en va de même pour les personnes comme ce médecin qui ont dû faire face quotidiennement aux conséquences de la barbarie humaine. Pour sauver des vies, a-t-il fini par y laisser son âme ? Je vous laisserai le soin d’en juger par vous-mêmes.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais)

Quine, bien que mû par un objectif louable, n’est pas non plus exempt de défauts. L’auteur ne nous offre par sur un plateau une blanche colombe, mais un personnage avec ses zones de lumière et d’ombre. Ainsi, je l’ai parfois trouvé très limite dans sa manière de traiter son entourage et notamment son assistante ainsi que son patient qu’il considère plus comme un sujet d’étude que comme un être humain. Il n’hésitera d’ailleurs pas à le livrer aux mains de Bonne en vue d’une future publication. Son ambition professionnelle et son égo viennent donc se heurter à ses idéaux ce qui ne le rend finalement que plus humain. Les zones d’ombre du personnage ne m’ont pas permis de compatir pleinement à la situation dans laquelle il finit par se trouver. N’étant pas un monstre, j’ai bien sûr trouvé son sort horrible, mais n’ai pu m’empêcher de penser qu’à trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler. Il s’est fait le propre artisan de son malheur et aurait pu limiter l’emprise que le docteur Bonne finira par exercer sur lui et sa clinique s’il avait été au bout de ses idéaux, et avait traité avec respect toutes les personnes de son entourage.

Quant au patient amnésique, il évolue au fil de l’intrigue passant de « légume » incapable de mémoriser des informations et d’agir de sa propre volonté à une personne capable de prendre des décisions et de se souvenir d’événements récents. Il m’a fait de la peine notamment quand sa conscience s’est éveillée lors de séances de travail plutôt douloureuses. Mais j’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher à cet individu sans passé ni identité... Il faut dire que si en deuxième partie de livre son existence ne s’efface plus au profit de ses errances oniriques, il n’en demeure pas moins très énigmatique. Cela m’a d’ailleurs beaucoup frustrée ; j’aurais aimé en apprendre plus sur celui-ci, sur son passé et la raison pour laquelle il a perdu la mémoire. Est-ce la manière que son psychisme a trouvée pour faire face à des événements difficiles à supporter, est-ce le résultat d’un accident ou celui d’une punition divine ? L’incertitude autour du personnage ne m’a néanmoins pas empêchée d’admirer son courage et sa ténacité devant l’adversité.

Une plume envoûtante et des allers-retours entre rêve et réalité captivants, mais qui ne plairont pas à tous…

Grâce à une plume fluide et efficace, pas de digressions ou de temps morts ici, l’auteur a cette capacité de vous immerger totalement dans son monde ou, plutôt, ses mondes. Alors que l’on évoque quand même des personnages issus de la mythologie grecque, le récit finit par sembler naturel voire plausible. Au début, comme Quine, on peut être tenté d’analyser les rêves du patient sous le prisme du symbolisme et de diverses interprétations psychiatriques, mais la véracité des rêves s’impose presque d’elle-même. Et ça n’en rend le suspense que plus intense et le patient que plus mystérieux.

Complètement séduite par ce livre, j’aurais envie de le mettre entre les mains de tous les lecteurs croisant mon chemin, mais je pense que les allers-retours entre la réalité et le rêve pourront déstabiliser certaines personnes. En effet, il faut parfois quelques secondes de lecture avant de saisir de qui nous sommes en train de découvrir l’histoire. Mais cette alternance entre réalité et rêve apporte un dynamisme certain au récit et rend la lecture prenante au point qu’il vous sera difficile de la poser. Et puis, le lecteur, pris entre ces deux mondes, se retrouve presque subjugué et n’a qu’une hâte : connaître la suite des événements tout en se demandant comment l’auteur va réussir à lier réalité terrestre et errances oniriques.

Un récit qui se lit tout seul, mais dont la richesse nécessite une lecture attentive…

Portée par les talents de narrateur de l’auteur, l’histoire est très facile à suivre, mais sa richesse nécessite néanmoins un minimum d’implication de la part du lecteur et, j’aurais envie d’ajouter, une certaine continuité dans la lecture pour en savourer les tenants et aboutissants. D’ailleurs, malgré une lecture attentive, j’ai parfois eu l’impression de ne pas avoir saisi toute la subtilité de l’histoire ou d’être passée à côté de certains enjeux. Réalité ou fausse impression, peu importe puisque j’ai dévoré le livre et n’ai qu’une hâte, le faire découvrir à mon entourage.

En effet, j’ai frôlé le coup de cœur ! La seule raison pour laquelle je n’ai pas mis 20/20, c’est la fin qui m’a un peu déconcertée et laissée, sans mauvais jeu de mots, sur ma faim. Mais je dois reconnaître qu’elle est complètement cohérente avec cette aura de mystère qui plane sur notre amnésique. Un happy end avec toutes les réponses à nos questions aurait quelque peu dénaturé l’essence même du roman. Et puis, la fin demeure assez ouverte pour nous laisser l’espoir de retrouver notre personnage dans un futur que je n’espère pas trop éloigné.

En conclusion, Le sacrifice des âmes du Purgatoire est un livre que je conseillerais à toutes les personnes en quête d’une histoire addictive bien écrite où se côtoient mystère, personnages complexes et parfois inquiétants, références à la mythologie grecque et ambiance angoissante. Si vous acceptez de ne pas avoir toutes les réponses à vos questions et aimez vous questionner sur la nature humaine, vous devriez passer un très bon moment de lecture.

Lien d’achat du roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire

 

 

A case of identity, Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).


 

RÉSUMÉ

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The story revolves around the case of Miss Mary Sutherland, a woman with a substantial income from the interest on a fund set up for her. She is engaged to a quiet Londoner who has recently disappeared. Sherlock Holmes’s detective powers are barely challenged as this turns out to be quite an elementary case for him, much as it puzzles Watson.

The fiancé, Mr. Hosmer Angel, is a peculiar character, rather quiet, and rather secretive about his life. Miss Sutherland only knows that he works in an office in Leadenhall Street, but nothing more specific than that. All his letters to her are typewritten, even the signature, and he insists that she write back to him through the local Post Office. The climax of the sad liaison comes when Mr. Angel abandons Miss Sutherland at the altar on their wedding day

 

AVIS

Dans cette petite nouvelle, nous retrouvons avec plaisir Sherlock Holmes et Watson qui vont faire face au cas de Mary Sutherland. Cette femme est venue consulter le célèbre détective pour une affaire de cœur dont l’issue étrange l’a laissée dans un profond désarroi. En effet, son fiancé, un homme de nature très discrète si ce n’est secrète, a disparu le jour de son mariage ! Contre l’avis de sa famille, elle est donc bien décidée à faire la lumière sur cette histoire et à retrouver son bien-aimé.

Sherlock Holmes va résoudre le mystère autour de cette histoire sans quitter son domicile. Le témoignage de sa cliente et quelques lettres, dont une qu’il va obtenir à l’aide d’un petit stratagème, vont en effet lui suffire pour dénouer le fil d’une histoire qui, même pour le lecteur, n’est pas d’un abord très complexe.

Seul Watson, fidèle à lui-même, ne semble pas capable de saisir les tenants et aboutissants du cas par lui-même. Mais tant mieux puisque cela offre l’opportunité à Sherlock Holmes de détailler son raisonnement et de nous impressionner par son sens de l’observation et de la déduction toujours aussi affûté. Si j’ai assez vite saisi une bonne partie de l’intrigue, j’ai été de nouveau bluffée par la multitude de détails observés par Sherlock. Pressée de connaître le dénouement et de confirmer ou infirmer mon hypothèse, je suis passée à côté de certains détails qui donnent pourtant tout le piquant à l’histoire.

Quant à Mary, on pourrait s’étonner de sa naïveté voire s’en agacer un peu, mais ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ? Et puis, au fil de la conversation, on sent parfaitement son besoin de s’échapper d’un cocon familial plus qu’étouffant et de se créer ses propres relations. On ne peut qu’espérer que la prochaine fois, elle s’y prendra un peu mieux en n’accordant pas sa confiance et son amour à un individu rencontré deux fois et dont elle n’ignore presque tout…

Malgré cette naïveté amoureuse qui m’a quand même parfois agacée, je l’ai trouvée très touchante. J’ai, en outre, apprécié sa volonté d’indépendance qui passe notamment par son travail et une tentative de défier l’autorité de ses « parents » ; tentative qui sera utilisée de manière complètement abjecte contre elle. Son aveuglement face à la disparition de son fiancé m’a donc fait de la peine.

D’ailleurs, même Sherlock, qui n’est pourtant pas le plus sensible des hommes, semble réticent à la mettre devant la cruelle vérité. J’avoue que sur ce point, je suis assez mitigée, je comprends l’idée de « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire », mais j’ai la désagréable impression que l’idée dans cette nouvelle serait plutôt « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire aux femmes qui ne sont pas capables d’y faire face ». J’avoue néanmoins que la personnalité de Mary et son aveuglement face à la situation peuvent expliquer le choix de Sherlock. Mais quoiqu’il en soit, il ne semble pas y avoir de happy end possible pour Mary. Mise au courant de la vérité, le sentiment de trahison risque d’être très dur à encaisser et laissée dans le mensonge, sa vie amoureuse s’en verra bouleversée pendant de très longues années.

Ceci ajouté au fait que le justice ne soit pas rendue m’ont quelque peu frustrée en me laissant un goût d’inachevé. C’est peut-être mon côté idéaliste qui parle.

En conclusion, en nous plongeant dans un huis clos assez intimiste, Arthur Conan Doyle nous offre une histoire agréable à lire bien que les fils de son intrigue soit assez faciles à dénouer. Nous prenons de nouveau plaisir à nous émerveiller devant les talents d’observation et de déduction de Sherlock Holmes. Et nous le découvrons, pour la première fois, dans une situation où il est prêt à ne pas donner satisfaction à sa cliente afin de la préserver. Que l’on soit d’accord ou non avec ce choix, c’est une facette du personnage que l’on ne connaissait pas.

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

Fairyloot #3 juillet 2017 : Tricksters

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Pour mon anniversaire, j’ai reçu en cadeau la Fairyloot de juillet dont le thème était Tricksters. Comme à chaque fois, la box était bien garnie :

  • Une carte détaillant le contenu de la box et un marque-page à son effigie :
  • Une tasse Sherlock Holmes fort sympathique :

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  • Une lotion pour le corps créée exclusivement pour la box par Geeky Clean :

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  • Un sublime jeu de cartes Harry Potter (licence officielle) qui trône fièrement dans ma bibliothèque :
  • Une manique Diseuse de bonne aventure créée exclusivement pour la box : j’avoue que c’est le goodies qui m’emballe le moins d’autant que je ne suis pas fan du design. Par contre, mon copain a été ravi de voir quelque chose « d’utile » dans la box.

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  • Une carte exclusive Harley Quinn : le design est bien trop girly pour moi, mais bon, quand il s’agit de Harley…

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  • Un très beau marque-pages reprenant une citation de Six of Crows, livre que je n’ai toujours pas lu d’ailleurs. J’aime autant la citation que la plume à l’envers du MP :
  • Un code de réduction pour la boutique Behind the pages que je n’utiliserai pas. Si ça peut intéresser quelqu’un, n’hésitez pas à me le dire.

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  • Le livre : Daughter of the Burning City par Amanda Foody. A la découverte du livre, je n’ai pu m’empêcher de ressentir une pointe de déception. La couverture m’a tout de suite déplu même si je dois admettre que finalement, le dégradé de couleurs est plutôt sympathique à admirer. Maintenant, j’espère que la romance ne va pas trop prendre de place ou qu’elle ne sera pas trop ado pour moi.

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Pour conclure, si j’ai été contente de déballer ma box et de découvrir des goodies que j’aime beaucoup comme la tasse et le jeu de cartes, mon bilan reste mitigé. La raison est simplement que le livre ne m’emballe pas et que je ne l’aurais certainement jamais acheté. Mais c’est le concept des box, on ne peut pas être conquis à tous les coups…

Bilan lecture juillet 2017

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Août a déjà pointé le bout de son nez, il est donc temps de faire un petit bilan du mois de juillet qui s’est encore écoulé à vitesse grand V.

ROMANS

J’ai lu et chroniqué :

 

J’ai lu sans publier de chronique (les chroniques de Wonderpark et Passeuse d’âmes sont en attente de relecture) :

En rédigeant l’article, je me suis aperçue que pour la première fois depuis que je tiens le blog ou que je lis d’ailleurs, j’ai lu pas mal de romance ou du moins, des livres que j’assimile au genre… Cela est dû à ma lecture d’Orgueil et préjugés et zombies qui m’a ensuite poussée à lire Le journal de M. Darcy puis Sans orgueil ni préjugé. Si j’ai apprécié le premier livre, les deux autres ne m’ont pas convaincue. Je ne les ai pas détestés, mais j’aurais autant préféré lire des livres plus qualitatifs.

NOUVELLES/THÉÂTRE/SCRIPT

J’ai chroniqué :

LECTURE VO (anglais)

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J’ai aussi chroniqué une nouvelle lue en lecture commune avec Satoru et June : The red-Headed League.

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ŒUVRES GRAPHIQUES

 

CINÉMA/SÉRIE

Au mois de juillet, des séances de cinéma en plein air étaient organisés au Château de Montrond-Les-bains (Loire, 42).

Nous en avons donc profité avec mon compagnon pour aller voir Marie-Francine et la Momie version 2017. Sans être de grands chefs-d’œuvre, nous avons passé un bon moment avec ces deux films. J’ai juste regretté le jeu de Patrick Tismsit dans Marie-Francine. Ses mimiques à la Patrick Bruel ont fini par me fatiguer d’autant qu’elles manquaient clairement de naturel et lui donnaient un regard niais à la limite du bovin.

Ce mois, je n’ai regardé aucune série, mais je prévois de regarder en août les deux saisons de l’animé Spice and Wolf dont j’ai reçu le coffret collector.

BILAN : 18 ouvrages lus dont 6 œuvres graphiques, 1 bêta-lecture

Et vous, certains de ces livres vous tentent ? Si vous avez en lus certains, n’hésitez pas à me donner votre avis sur ceux-ci.