La Princesse Pirate, Svetlana Mori

La Princesse Pirate

RÉSUMÉ

Il était une fois une petite fille qui rêvait de devenir pirate. Mais comme il s’agissait d’une princesse, ce n’était pas gagné d’avance! Par chance, elle pouvait compter sur son papa pour l’aider. La voilà partie à l’aventure! Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que ses ennuis ne faisaient que commencer…

  • Broché: 48 pages
  • Éditeur : lulu.com (26 août 2018)
  • Prix : 5.01€

AVIS

Aimant beaucoup le travail de Svetlana Mori, je n’ai pas hésité à accepter sa proposition de découvrir son tout premier livre jeunesse : La Princesse Pirate. Avec un tel titre et une aussi belle couverture, il aurait été d’ailleurs difficile d’apporter une réponse différente à cette adorable proposition.

Les histoires de pirates m’ont toujours plu même si depuis que je suis adulte, j’ai plutôt tendance à privilégier les BD sur ce thème. Mais ce qui est certain, c’est que l’univers de la piraterie est somme toute plutôt masculin. J’ai donc apprécié cette bouffée d’air frais apportée par Svetlana Mori qui nous offre un récit ne mettant pas en avant un pirate sanguinaire, mais une princesse !

Et pas n’importe quelle princesse : la seule de tous les livres que j’aie pu lire qui se rêve en femme pirate. Ce que ses parents ont d’abord pris pour la lubie d’une fillette de six ans se transformera en un plan de carrière dont elle ne déviera jamais, même en grandissant. C’est donc tout naturellement qu’âgée de ses seize ans, elle décide de se lancer dans le grand bain…

Mais la princesse va vite découvrir qu’on ne devient pas pirate par ce qu’on le décide, mais que c’est une position qu’il faut obtenir en travaillant dur et en faisant ses preuves. Ni une ni deux, forte de cette leçon de vie, ou plutôt de piraterie, elle se lancera à corps perdu pour atteindre ce statut de pirate tant désiré. Et pour ce faire, elle pourra compter sur ce qui fait son charme : de la détermination à toute épreuve, une volonté de fer, de la débrouillardise, une capacité innée à l’action et à la prise de décision, du courage (beaucoup de courage)… Non, à n’en pas douter, notre héroïne a dans son sang bien plus d’ADN de pirate que de jolie princesse qui passe sa vie à se prélasser.

Le récit est mené tambour battant et ne manque pas d’action, il devrait donc ravir les enfants d’autant que les phrases sont joliment structurées tout en étant simples d’accès.  Mais Svetlana nous offre un récit dont l’intérêt ne se résume pas à son rythme et au charme de son héroïne. Il se révèle bien plus riche que cela et, d’une certaine manière, assez novateur pour ce genre d’histoires/contes :

  • Le monde des pirates est abordé par le prisme d’une enfant/jeune femme indépendante et déterminée. Malgré les obstacles qui se présentent à elle, beaucoup liés à son statut de princesse, elle fera tout pour atteindre son rêve si peu conventionnel. C’est une jolie leçon de courage qui devrait plaire autant aux enfants qu’aux adultes.
  • Pour une fois, ce n’est pas une personne ayant un statut social peu enviable qui rêve de gloire et de richesse, mais une personne au statut fort enviable qui décide de faire un métier à la réputation sulfureuse.
  • Les parents ne se positionnent pas en empêcheurs de tourner en rond, mais soutiennent de manière inconditionnelle leur enfant alors même qu’ils n’approuvent pas son choix de vie. Ils laissent leur fille unique voler de ses propres ailes tout en restant là pour elle en cas de besoin… Un comportement bienveillant que l’on aimerait retrouver plus souvent.

Au-delà de ces aspects qui sont, pour moi, la vraie force de ce livre, vous retrouvez des éléments bien plus classiques, mais qui fonctionnent toujours très bien : de l’amitié et de l’amour. Je vous rassure, l’amour n’arrive pas dès les premières pages et il est simplement évoqué. Du coup, même une fille aussi peu romantique que moi, a trouvé cela mignon.

En résumé, La Princesse Pirate est une lecture jeunesse qui m’a enchantée par la fraîcheur qu’elle dégage. En mêlant les ingrédients classiques d’un récit de pirates et en apportant sa propre pierre à l’édifice, Svetlana Mori nous propose ici une histoire qui devrait enchanter petits et grands lecteurs ! Alors si vous aimez les récits de pirates et les héroïnes prêtent à se battre pour faire de leurs rêves une réalité, vous allez vous régaler.

Pour feuilleter ou acheter le livre, ça se passe sur Lulu ou sur Amazon.

 

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Demain, Guillaume Musso

Je n’ai jamais lu Guillaume Musso, mais le résumé de Demain m’intriguant, je n’ai pas trop hésité avant d’emprunter l’audiobook. Je recherchais un livre facile à suivre pendant mes séances de Diamand Painting, et cette histoire a parfaitement fait le travail.

ALERTE…

Si j’ai apprécié ma lecture, c’est d’abord parce que je m’y suis attelée sans rien en savoir ou presque. Si vous voulez savourer pleinement l’intrigue, je vous conseille donc de faire de même, et de lire cette chronique plus tard.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle est son passé…
… il est son avenir.

Emma vit à New York. À trente-deux ans, elle continue à chercher l’homme de sa vie. Matthew habite Boston. Il a perdu sa femme dans un terrible accident et élève seul sa petite fille.
Ils font connaissance grâce à Internet et, désireux de se rencontrer, se donnent bientôt rendez-vous dans un restaurant de Manhattan. Le même jour à la même heure, ils poussent chacun à leur tour la porte de l’établissement, sont conduits à la même table et pourtant… ils ne se croiseront jamais.
Jeu de mensonges ? Fantasme de l’un ? Manipulation de l’autre ?
Victimes d’une réalité qui les dépasse, Matthew et Emma vont rapidement se rendre compte qu’il ne s’agit pas d’un simple rendez-vous manqué…

AVIS

L’auteur joue habilement sur deux tableaux, le fantastique avec un échange par mail entre deux personnages, Emma et Matthew, vivant à un an d’intervalle, et le thriller. Ce dernier point m’a d’ailleurs agréablement surprise ! Je ne m’attendais pas à ce que les événements prennent un tournant aussi sombre et tordu dans la deuxième partie du livre. Alors que l’on suit un homme luttant désespérément pour garder pied après la mort accidentelle de sa femme, on découvre que cette épouse idéalisée n’était pas la personne qu’il croyait connaître et aimer.

Kate, la parfaite chirurgienne, mère et épouse aimante, n’est en fait qu’une image que l’auteur va, petit à petit, mettre en pièces et ceci, de manière assez subtile. Les découvertes sur la défunte se font par petites touches et, mises bout à bout, forment le portrait d’une femme brillante, mais à la personnalité sombre et machiavélique. C’est une personne entière, capable d’un amour total confinant indéniablement à la folie. On en vient donc à trouver ses actes abjects et horribles tout en arrivant à comprendre, sans accepter, les raisons l’ayant conduite à agir de la sorte. L’auteur pose donc la question de savoir jusqu’où on peut aller par amour à travers une histoire qui se révèle plus complexe qu’au premier abord. 

Autre atout du roman, le suspense qui est bien dosé et présent du début à la fin du livre. Plus on avance dans l’intrigue, plus les choses se complexifient et s’intensifient au point de rendre la lecture ou, pour moi, l’écoute prenante. Il est juste dommage que l’auteur finisse par tomber parfois dans l’excès avec des scènes convenues qui vous rappelleront probablement des films américains.

J’ai, dans tous les cas, adoré suivre les échanges entre Emma et Matthew à travers leurs mails même si j’aurais aimé que l’auteur nous donne un peu plus d’explications sur la possibilité pour ces deux personnages de communiquer à travers le temps. Mais passer sous silence les explications techniques et scientifiques permet à l’auteur de se focaliser principalement sur les interactions humaines et sur ce point, c’est plutôt réussi.

Les personnages sont tous très différents les uns des autres et possèdent leurs propres faiblesses, toutes plus ou moins liées à ce besoin d’amour irrépressible. Je n’ai néanmoins réussi à m’attacher qu’à Emma qui se révèle fragile, mais aussi très forte, capable de soulever des montagnes quand cela s’avère nécessaire. Pour autant, ce n’est pas une super héroïne et elle va devoir s’appuyer sur l’aide d’un adolescent, un as de l’informatique. La seule chose qui m’a dérangée avec Emma, c’est sa manière horripilante d’appeler son ami par un surnom ridicule que je trouve, pour un adolescent mal dans sa peau, plutôt malvenue… En lisant le livre, cela m’aurait déplu, mais entendre ce surnom répété à de multiples reprises a fini par sérieusement m’agacer.

Quant à la plume de l’auteur, sans faire d’étincelles, elle est efficace et permet à chacun de se faire une image précise des personnages, de leur personnalité et de leurs espoirs. J’aurais peut-être apprécié qu’il prenne le temps de mieux poser le décor à travers des descriptions un peu plus précises et étoffées, mais c’est une question de goût. Je suis certaine que les personnes aimant les récits allant droit au but apprécieront le fait que l’auteur ne se perde pas en détails inutiles. Le récit est donc rythmé et prenant d’autant que l’alternance des points de vue et la découverte d’informations inattendues donnent envie de connaître le fin mot de l’histoire.

En bref, d’une plume vivante et vive, Guillaume Musso nous propose ici une histoire où l’amour et la folie sont au cœur de tout. Mais ce qui fait le charme du récit, c’est la manière dont il a su mélanger efficacement deux genres, le fantastique (voire la science-fiction) et le thriller, afin d’offrir un récit au suspense prenant et quelque peu addictif.

Et vous, avez-vous lu/écouté ce roman ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Sale matou prend un bain, Nick Bruel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matou est sale. Son pauvre maître va devoir le laver. C’est une catastrophe ! Car, c’est bien connu, les chats DÉTESTENT l’eau!

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges : dès 8 ans
  • Editeur : Bayard Jeunesse (13 février 2013)
  • Collection : J’aime lire

AVIS

La collection J’aime lire ne s’adresse pas vraiment aux adultes, mais je reste une grande enfant dans l’âme incapable de résister à un livre jeunesse avec un chat en couverture.

Ce petit ouvrage est un bonbon que les lecteurs de tout âge prendront plaisir à déguster ! Concentré de bonne humeur et d’humour, il aborde une problématique que les heureux propriétaires de chats auront un jour ou l’autre à affronter : le bain. Comme le rappelle le livre en nous détaillant les étapes d’une toilette de chat (la vraie, pas celle que nous pauvres humains avons copiée), un chat est un animal propre qui sait fort bien entretenir sa douce fourrure grâce à sa langue râpeuse.

Mais il existe parfois des situations dans lesquelles un minet devra passer par l’étape désagréable, autant pour lui que pour les humains de son entourage, du bain. Et là, pas de panique, Nick Bruel a pensé à vous. Avec des illustrations en noir et blanc simples, mais amusantes, à l’image du ton employé tout au long du récit, il vous donne plein d’astuces pour que ce bain se passe dans les meilleures conditions : accessoires à préparer, bons gestes, les différentes tactiques à tester…

Un mélange de conseils pertinents et de mélanges loufoques qui devraient tantôt vous amuser tantôt vous apprendre quelques informations sur le chat si vous n’êtes pas encore familier de ses particularités. Les adultes amateurs de chats ne devraient pas faire de grandes découvertes sur ce fabuleux animal, mais ils devraient ressortir de cette lecture, le sourire aux lèvres. Et ça, dans un quotidien parfois morose, ça n’a pas de prix !

Quant aux enfants, je ne doute pas qu’ils s’amusent beaucoup à suivre les péripéties de ce matou pas forcément d’accord pour prendre un bain. Ils apprécieront également les illustrations et les différents jeux sur la police d’écriture. Ce travail de mise en page rend, en outre, l’expérience de lecture accessible même pour les lecteurs débutants.

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En conclusion, Sale matou prend son bain est un ouvrage jeunesse qui devrait faire le bonheur des enfants et des adultes aimant les chats et/ou des lecteurs ayant envie de passer un petit moment de lecture drôle et léger.

Pour le feuilleter, c’est par ici. Pour l’acheter, il vous faudra vous tourner vers l’occasion ou une bibliothèque…

Au cœur de la folie, Luca D’Andrea

Couverture Au coeur de la folie

Je remercie les éditions Denoël pour m’avoir permis de découvrir Au cœur de la folie de Luca D’Andrea.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Italie, hiver 1974. À bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Entre huis clos des sommets et traque mafieuse en Italie, Au cœur de la folie nous entraîne dans une spirale de frayeur, à la suite de personnages d’une noirceur fascinante.

  • Broché: 448 pages
  • Editeur : Denoël (11 octobre 2018)
  • Collection : Sueurs froides
  • Traduction : Anaïs Bouteille-Bokobza
  • Prix : 21.90€

AVIS

Deuxième roman de la collection Sueurs froides qui me tombe entre les mains et deuxième lecture haletante ! Ne connaissant pas Luca D’Andrea, je ne savais pas à quoi m’attendre, mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai accroché à sa plume aussi nerveuse qu’immersive. L’auteur joue sur la longueur des phrases, sur celle des chapitres, sur l’intensité du suspense et de l’angoisse… Bref, il joue avec allégresse et talent avec nos nerfs !

On fait ici la connaissance de différents personnages dont Marlene qui, après avoir dérobé de précieux saphirs dans le coffre-fort de Herr Wegener, son richissime, puissant et criminel mari, s’enfuie au volant de sa voiture. Elle avait tout prévu pour commencer une nouvelle vie avec un mystérieux personnage nommé Klaus. Mais un grain de sable vient enrayer la machine, un accident de voiture qui la mettra sur la route et la protection d’un Bau’r, un homme des montagnes, nommé Simon Keller. L’homme attire d’emblée la sympathie notamment par la manière dont il s’occupe de Marlene sans poser de questions, mais avec beaucoup de gentillesse.

En parallèle, on suit Herr Wegener qui, fou de rage, est bien décidé à retrouver l’impudente et à lui faire payer son affront. Il est, bien sûr, blessé par la trahison de sa femme qu’il aimait, mais le vol des saphirs le met également dans une position fort délicate vis-à-vis d’une puissante organisation, le Consortium. Marlene, en volant les pierres précieuses, n’a pas pris toute la mesure de son geste, son vol lançant une machine inébranlable, une arme à visage humain pour lequel la notion d’irrémédiable est non négociable : l’Homme de Confiance. Et ça, Herr Wegener va l’apprendre de la pire des manières…

En plus de son mari et de l’Homme de Confiance qui sont à ses trousses, la fuyarde doit également faire face à un autre danger, celui-ci beaucoup plus sournois dans la mesure où il faudra un certain temps avant qu’il montre son vrai visage. Et c’est cet aspect du récit qui m’a poussée à tourner les pages les unes à la suite des autres. On sent assez vite qu’il y a quelque chose de louche, de malsain, des phrases sibyllines, des comportements teintés d’irrationnel, une obsession étrange… Mais l’auteur fait taire les doutes de Marlene et des lecteurs en montrant également l’autre face du danger, les moments de douceur, la complicité, la gentillesse, une certaine forme de sagesse… Au bout d’un certain temps néanmoins, l’angoisse monte progressivement et inexorablement jusqu’à devenir asphyxiante, à l’image de cette vie en huis clos dans le maso où Marlene a trouvé refuge. Je suis assez frustrée de ne pouvoir développer ce point sans vous gâcher le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que si vous aimez les situations non linéaires et les personnages ambivalents, vous allez vous régaler.

À travers des sauts dans le passé, l’auteur nous permet de mieux appréhender ses différents personnages qui, comme vous le verrez, ont tous eu une enfance assez difficile, soit teintée de pauvreté soit de violence, voire des deux. Même si cela n’excuse pas le comportement de chacun, cela permet toutefois de se rendre compte du poids de l’enfance dans la vie de ces adultes… Malgré la découverte de son passé qui nous éclaire sur ses choix de vie, je n’ai pas ressenti beaucoup d’affection pour Marlene. J’ai, par contre, été très touchée par Simon Keller, un homme qui a connu son lot de souffrances et de solitude. Son amour inconditionnel et intemporel pour sa sœur décédée ne pourra qu’émouvoir avant de finir par inquiéter…

Malgré ses plus de 400 pages, le roman se lit rapidement, l’alternance des points de vue, la présence d’allers-retours dans le passé, et les nombreux dialogues donnant un certain rythme au récit et une certaine puissance à la narration. À cela s’ajoute une écriture nerveuse, tout en relief, qui s’accorde parfaitement au décor dans lequel se déroule l’histoire, le Sud-Tyrol, une partie de l’Italie que je ne connaissais pas vraiment. L’auteur a su utiliser l’aura de mystère et de danger qui se dégage de l’endroit pour stimuler l’imagination des lecteurs. Il n’hésite pas ainsi à parsemer son récit d’allusions à des créatures fantastiques et aux fameux contes des frères Grimm qui, dans leur version première, ne sont pas forcément des plus rassurants… Le tout concourt à maintenir une pression constante sur le lecteur qui veut absolument savoir ce qui va tomber sur la tête de Marlene. On alterne, en effet, entre moments doux et moments plus tendus, mais on garde toujours cette sensation que tout peut s’emballer d’un moment à l’autre, comme si après le calme, ne pouvait s’abattre que la tempête. Et cette sensation diffuse de danger est aussi angoissante qu’addictive !

En conclusion, tempête intérieure et tempête extérieure se mêlent et s’entremêlent pour nous offrir un récit haletant et totalement immersif. À travers une plume nerveuse et redoutable, Luca D’Andrea nous parle du poids de l’enfance, de la vie et de la mort, d’espoir, mais aussi de folie, de cette folie qui semble être au cœur des hommes, des pires comme des meilleurs. Alors si vous avez envie d’une histoire qui vous tiendra en haleine du début à la fin, et qui vous fera naviguer en eaux troubles, vous avez trouvé le livre qu’il vous faut.

Et vous, envie de feuilleter ou d’acheter le roman ?

Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l’épée, Angie Sage

Couverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Ayant beaucoup aimé le tome 1 des aventures d’Araminta Spookie, je n’ai pas hésité à me procurer le tome 2.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Tante Tabby a abandonné le projet de vendre la maison et la famille a accueilli les anciens acheteurs potentiels : Wanda et ses parents, un peu sorciers sur les bords. Tout ce petit monde vit maintenant en parfaite harmonie. Cerise sur le gâteau : la maison est hantée par deux fantômes enfin débusqués par Araminta. Justement, bientôt c’est l’anniversaire de l’un d’entre eux, Messire Horace, une armure qui va avoir 500 ans ! Araminta et Wanda ont beaucoup d’idées pour fêter cet événement très spécial. Mais c’est sans compter sur le caca de chauves-souris à livrer, une grotte à explorer et les humeurs de tante Tabby à gérer ! Araminta ne sait plus où donner de la tête !

  • Relié : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Éditeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Quel plaisir de retrouver Araminta, une petite fille à la personnalité marquante, dans une nouvelle aventure dans laquelle elle va, aux côtés de sa meilleure amie Wanda, faire face à une situation périlleuse. Mais avant d’en arriver là, remontons le temps…

Araminta vit avec son oncle, sa tante, sa meilleure amie et ses parents, Messire Horace, une armure, et son fidèle page, même dans la mort, Edmond. Or, Messire Horace se montre d’humeur maussade… Est-ce que c’est son anniversaire, l’armure allant bientôt fêter ses 500 ans, qui le met dans cet état ? Peu importe, car Araminta et Wanda semblent bien décidées à fêter dignement cet événement, on n’a pas tous les jours 500 ans ! Et pour ce faire, elles ont trouvé le cadeau idéal. Mais avant de mettre la main dessus, il leur faudra exécuter le plan élaboré par Araminta…

Et voici le début des ennuis et d’une épreuve qui ne manquera pas de soulever quelques vagues d’inquiétude chez les lecteurs. J’ai, pour ma part, eu très peur pour les deux jeunes filles même si vu la cible du livre, je me doutais bien que l’issue ne serait pas dramatique. Il n’empêche, la tension est bien présente et les descriptions assez vivantes et réalistes pour nous faire ressentir tout le danger de la situation. Les amies vont donc se faire une belle frayeur en voulant faire plaisir à Horace, mais elles vont également découvrir indirectement une information importante sur leur ami et sur Edmond.

Le jeune page qu’Araminta ne tient pas spécifiquement en grande estime se révélera ici plein de noblesse que ce soit dans l’aide qu’il apportera aux deux jeunes filles dans le présent ou en raison d’un pan de son passé que l’on découvre. Une révélation riche en émotions qui me donne très envie d’en apprendre un peu plus sur lui et sur Messire Horace. Peut-être dans les prochains tomes ?

Comme dans le premier tome, j’ai adoré l’humour présent du début à la fin de l’aventure même si cet épisode m’a semblé un peu plus sombre que le précédent. Araminta, quant à elle, se montre toujours aussi drôle, téméraire et plein de verve. J’ai, en revanche, un peu moins accroché à la meilleure amie qui est un peu trop peureuse et geignarde à mon goût. Mais le duo fonctionne bien et les échanges entre les deux amies font mouche à chaque fois.

Avec son format en relié et ses illustrations en noir et blanc, l’objet-livre est superbe et très agréable à prendre en main. Le coup de crayon du dessinateur se veut simple, mais il y a un vrai travail réalisé sur les expressions, ce qui nous permet de parfaitement ressentir les émotions des personnages. Ces illustrations, en plus de flatter l’œil, devraient également faciliter la lecture des plus jeunes, et leur permettre de se plonger avec délectation dans ce récit qui ne manque pas de tension et de rebondissements.

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En conclusion, ce deuxième tome m’a un peu moins séduite que le premier, car il se révèle peut-être un peu plus sombre, mais il conserve néanmoins ce qui fait le charme de la série : de l’humour à profusion, de l’action, du suspense, de chouettes illustrations, des personnages hauts en couleur… Petits ou grands lecteurs, n’hésitez pas à vous laisser tenter par cette série que l’on pourrait qualifier de familiale.

Pour en apprendre plus sur cette série, rendez-vous sur le site des éditions Nathan.

La Vraie Vie, Adeline Dieudonné #MRL18 #Rakuten

Je remercie Rakuten et les éditions Iconoclaste pour m’avoir permis de découvrir La Vraie Vie d’Adeline Dieudonné. Ce livre a été lu dans le cadre des Matchs de la Rentrée Littéraire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un huis-clos familial noir. Un roman initiatique drôle et acide. 
Le manuel de survie d’une guerrière en milieu hostile. Une découverte.

Le Démo est un lotissement comme les autres. Ou presque. Les pavillons s’alignent comme des pierres tombales. Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère, est transparente, amibe, craintive, soumise à ses humeurs.
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l’arrivée du marchand de glace. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

  • Broché: 265 pages
  • Éditeur : L’Iconoclaste (29 août 2018)
  • Prix : 17€

AVIS

Quand j’ai participé au tirage au sort pour recevoir La Vraie Vie dans le cadre des matchs de la rentrée littéraire, je n’en avais pas encore beaucoup entendu parler, et n’avais donc pas anticipé l’engouement qu’il susciterait. Un engouement à double tranchant, car à force d’entendre dire que c’était une merveille, mes attentes étaient quelque peu élevées…

Or, si j’ai passé un moment de lecture intéressant et intense, mon avis, sans être négatif, sera plus nuancé. La faute au malaise ressenti face à l’héroïne de dix ans, en début de roman, qui s’exprime avec une telle éloquence qu’elle vous en donne des complexes. Ses propos sont à des années-lumière de ce que l’on peut attendre d’une enfant de cet âge même en considérant qu’elle soit très intelligente. J’ai, en outre, été gênée de la manière dont est amorcée sa découverte de la sexualité… Son attirance, voire son obsession, pour un père de famille peut s’expliquer par le décalage entre son âge physique et son âge mental, mais cela m’a paru bien trop malsain… Ces points ne m’ont pas empêchée de m’immerger dans l’histoire, mais le choix de l’autrice d’effacer la barrière de l’âge m’a décontenancée à plusieurs reprises.

J’ai, en revanche, apprécié que notre héroïne, que l’on suit pendant cinq ans, ne soit jamais nommée. Elle est bien trop atypique et hors du commun pour que cette absence de prénom ne permette d’en faire un personnage universel, mais ce procédé donne un air de conte, version non censurée par Disney, fort prenant et percutant. La fillette, par sa présence d’esprit, sa pugnacité et son intelligence, se positionne d’emblée bien au-dessus des autres personnages. Elle n’en est pas pour autant prétentieuse, mais elle dégage une aura qui donne l’impression d’avoir affaire à une personne extraordinaire qui est tombée, par le caprice du destin, dans une famille complètement déréglée. Alors comme une héroïne de conte, elle va prendre sa vie à bras-le-corps et affronter les obstacles qui se mettent entre elle et son objectif, sauver son frère, Gilles.

Témoin d’un accident qui aurait pu prêter à rire si ses conséquences n’avaient pas été aussi dramatiques, ce frère adoré a perdu son beau sourire et sa joie de vivre. Effacé le petit frère aimant et joyeux dont elle était si proche… Une situation intolérable pour notre héroïne qui va, malgré sa situation familiale difficile, entre un père violent et une mère plus intéressée par les animaux que par ses propres enfants, dédier sa vie à un seul objectif : redonner le sourire à Gilles. Avec une naïveté touchante, elle va alors se mettre en tête de remonter le temps pour le sauver de ce tragique épisode. Cet amour inconditionnel pour son frère, qui menace de suivre les traces de son père, est très beau à voir, d’autant qu’il va la pousser à se dépasser intellectuellement et la transformer en amoureuse des sciences. Mais au bout d’un moment, cette relation finit par mettre mal à l’aise, la fillette refusant de faire face à ce qu’est devenu cet être qu’elle essaie à tout prix d’aider : un bourreau... Peut-on vraiment tout accepter par amour ?

Au niveau du style de l’autrice, le point fort du roman en ce qui me concerne, rien à redire. C’est léché, poétique, métaphorique, beau et brutal à la fois comme peut l’être la vie. Certains passages sont d’une cruauté sans nom comme celui de la traque dans laquelle notre jeune héroïne, sous l’ordre de son père, se transforme en proie ! C’est frigorifiant d’autant plus que l’autrice arrive pleinement à retranscrire l’ambiance de cette scène digne d’un film d’horreur. Mais à côté de ces instants qui sont à la limite du supportable, il y a de très beaux passages dans lesquels l’autrice nous montre toute la détermination de cette fillette prête à tout pour sauver son frère de la hyène, ce symbole de mort et de noirceur qui menace de le dévorer de l’intérieur.

Porté par une plume diablement prenante, ce roman se lit tout seul, mais il n’en demeure pas moins éprouvant mentalement, une ambiance malsaine entourant l’histoire de cette famille dont le mot violence semble ancré dans les gènes. Si cela peut plaire aux lecteurs en quête d’émotions fortes, j’ai fini par être dérangée par ce sentiment de surenchère. À cet égard, la fin, abrupte et sauvage, m’a semblé « too much », un peu comme si ses fondations n’étaient pas assez solides pour offrir aux lecteurs une conclusion réaliste. Je comprends néanmoins que l’autrice ait pu considérer qu’elle était le point final parfait à un récit où l’amour se dispute à la violence…

Dans tous les cas, cette histoire ne pourra que toucher et perturber, car elle décortique avec précision les mécanismes de la violence domestique physique et morale à travers un père cruel, pervers et violent. Obnubilé par le sang et la mort, il instaurera au sein de son foyer le règne de la terreur et des coups ! Un barbare qui s’acharnera sur sa femme quand son besoin de sang ne sera pas satisfait… Une femme qui m’a d’ailleurs fait énormément de peine puisque chaque personne de sa famille semble la considérer comme quantité négligeable. Bien sûr, on se révolte devant son inertie face à son mari, mais pour ma part, j’ai surtout vu une femme en grande souffrance qui se réfugie dans l’amour des animaux, ces créatures qui recevront avec plaisir son amour sans jamais la juger… Fort heureusement, notre héroïne, qui aura parfois des paroles teintées d’indifférence envers sa mère, se rendra compte que finalement, derrière les silences et les absences, se cache bien un être de chair.

En conclusion, La Vraie Vie est une lecture qui remue et qui dérange, mais qui, à mon sens, tombe parfois dans la surenchère de situations malsaines. Le roman porte néanmoins bien son nom dans la mesure où comme dans la réalité, la noirceur la plus totale côtoie l’amour le plus pur. D’une intensité que tous les lecteurs ne seront pas forcément capables d’accueillir, ce roman prend également des allures de conte cruel dans lequel une fillette brillante, naïve et lucide à la fois, va jouer le premier rôle, celui de l’héroïne courageuse. À la place du monstre, le père et comme quête, le salut d’une âme abîmée en passe de définitivement s’égarer… Quant à la morale, y en a-t-il vraiment une ? Je vous laisserai le soin de vous faire votre propre opinion sur le sujet.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Retrouvez-le chez votre libraire ou en ligne.

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Souvent, même les phénomènes les plus troublants ont une explication simple. Et ce truc est juste derrière chez moi ! »

Adam est un adolescent solitaire. Ses parents viennent d’acheter une maison isolée en pleine campagne et, malgré la sinistre brume hivernale, il prend plaisir à explorer, après les cours, ce paysage à l’abandon. Un soir, il aperçoit une lueur qui vacille au-dessus du sol, comme un spectre. Adam n’a jamais eu peur des fantômes, il veut comprendre ce qu’il a vu. Seulement, la  » réalité  » est parfois plus étrange qu’on ne le croit…

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (7 mai 2015)
  • Collection : LE RAT NOIR
  • Prix : 14€

AVIS

Le principal intérêt de ce roman réside, pour moi, dans la manière dont l’auteur a réussi, à travers l’histoire d’un adolescent solitaire, à ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur des questions comme la réalité, la construction de légendes, de croyances et de superstitions, le jeu dangereux des apparences… Benjamin Guérif s’amuse donc, avec un certain talent, à conduire les lecteurs sur de fausses pistes. À cet égard, la fin est déroutante, mais particulièrement bien construite. Elle conclut à merveille une histoire qui nous prouve que les apparences sont souvent trompeuses, et que la réalité peut être travestie par des informations parfois mal interprétées…

D’autres réflexions tout aussi intéressantes, mais peut-être destinées à des lecteurs plus âgés, sont proposées notamment à travers l’histoire de Mme Rikhlo, une trentenaire qui a décidé de vivre en autarcie, ou presque, dans la campagne dordonnaise. Ce personnage permet de remettre en question le mode de fonctionnement des grandes entreprises qui broient tout sur leur passage, à commencer par leurs salariés. Une critique de la gestion financière actuelle des entreprises que je partage entièrement et qui a renforcé mon affection pour cette femme mystérieuse.

Mme Riklho est d’ailleurs le seul personnage pour lequel j’ai ressenti des émotions, n’ayant pas réussi à entrer en connexion avec Adam, le héros de l’histoire. Le récit est narré de son point de vue, mais j’ai trouvé que l’auteur gardait une certaine distance avec son protagoniste, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. Une sorte de froideur que seules les digressions du jeune homme viennent rompre… C’est le seul point qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais cela m’est personnel, et peut-être que ce jeune homme saura vous toucher.

Ceci est d’autant plus probable qu’il possède de nombreuses qualités, il est courageux, intelligent, curieux, capable de prendre du recul, et il n’a pas peur de s’affirmer faisant fi du qu’en-dira-t-on.  Adam est donc un personnage qui ne manque pas d’atouts et que l’on prend plaisir à suivre dans sa quête pour découvrir la vérité quant à un phénomène étrange dont il a été témoin. En tant qu’adulte et/ou grosse lectrice, j’ai tout de suite compris la raison de ce mystérieux phénomène, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre Adam qui, au fil de ses rencontres, va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit.

L’enquête d’Adam est intéressante d’autant que le jeune homme la suit de manière plutôt méthodique, et qu’il fait montre d’un certain culot. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le jeu constant entre réalité et fantastique. Il ne se passe pas de choses extraordinaires, mais l’auteur ajoute quelques petites touches de fantastique qui font douter le lecteur. L’Antre du diable, ce lieu dans lequel personne n’ose s’aventurer, est-il vraiment maléfique ou son nom n’est justifié que par la superstition et les légendes ? Mme Riklho n’est-elle vraiment qu’une simple femme ou comme les habitants le pensent, possède-t-elle des pouvoirs ?  Tout autant de questions qui rendent la lecture prenante…

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée assez immersive, mais j’ai regretté un certain manque de chaleur dans le traitement du personnage. J’ai donc réussi sans peine à m’immerger dans le récit sans pour autant arriver à vraiment me sentir proche du protagoniste. La différence d’âge entre lui, adolescent, et moi, trentenaire, peut également expliquer ce manque d’identification. En revanche, je ne doute pas que les adolescents se sentent proches de ce jeune homme qui rencontre des problématiques qui leur parleront. .

En conclusion, Là où se cache le diable est un roman efficace qui vous mènera sur la piste d’un étrange phénomène. Les adolescents et les jeunes lecteurs devraient dévorer ce récit teinté de fantastique, et peut-être, se retrouver parfois dans le comportement d’Adam, un jeune homme curieux et intelligent qui refuse de renter dans le moule. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les réflexions soulevées par l’histoire notamment sur la notion de réalité et d’apparence. Une histoire courte qui devrait donc réunir les amateurs de mystère et d’enquêtes de tout âge.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Syros.