Où est le dragon ?, Leo Timmers

Au beau milieu de la nuit, trois chevaliers prennent en chasse un dragon. Ils repèrent bien vite le dangereux monstre.
Mais dans le noir, il faut se méfier des apparences…

Cambourakis (4 mars 2020) – 32 pages -14€ À partir de 3 ans
Traduction : Laurent Bayer

AVIS

Où est le dragon ? This is the question ! Et une question de la plus haute importance, voyez-vous, parce que si on ne retrouve pas le dragon aperçu par le roi, ce dernier n’osera pas aller au lit ! Mais pas de panique, un dragon, ça doit bien se voir même dans le noir, non ?

C’est, du moins, ce qu’espéraient les trois chevaliers lancés à sa poursuite avant de finir par déchanter. Malgré tout ce qu’ils connaissent des caractéristiques physiques d’un dragon, à chaque fois qu’ils pensent l’avoir identifié, ils se retrouvent nez à nez avec tout, sauf un dragon ! Saperlipopette, c’est que la chasse au dragon, ça n’est pas facile et pas très rigolo !

Enfin si, c’est amusant à rire à pleines dents pour les enfants qui devraient être séduits par les (més)aventures de trois chevaliers qui font faire une importante découverte : les apparences sont bien souvent trompeuses. Mais après une telle leçon de vie, ne serait-il pas enfin temps d’aller au lit ?

On saluera le piquant avec lequel l’auteur casse les codes des histoires de chevalerie. Il se moque ainsi gentiment de ces trois chevaliers, peut-être preux, mais pas très dégourdis, et pousse les enfants à ressentir une certaine empathie pour un dragon qui, ma foi, n’a pas l’air bien méchant. Après tout, quel est son crime à part d’avoir été aperçu par le roi ?

En plus d’une histoire amusante non dénuée de mystère, j’ai apprécié les rimes simples, mais efficaces, qui apportent une dose supplémentaire de charme à l’album. La forme ne manque pas non plus d’atouts : un format agréable à prendre en main, de jolies illustrations, des traits ronds et simples très expressifs…

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Mais ce que j’ai probablement préféré, c’est la manière dont sont alternativement plongés les chevaliers dans l’ombre et la lumière avec, comme fil conducteur, une bougie qui éclaire et qui fait toute la lumière sur la vérité. Une vérité bien souvent éloignée de celle imaginée par les enfants dont l’imagination est ici stimulée avec originalité et mordant.

Où est le dragon ?, Leo Timmers illustrations

Plein d’humour et de charme, cet album jeunesse est une merveille de poésie et de beauté que je conseillerais à tous les petits et grands enfants. Pour ma part, nul doute que je le relirai avec grand plaisir.

La gitane aux yeux bleus, Mamen Sánchez

L’inspecteur Manchego approcha le smartphone dernière génération de son oreille, en retenant sa respiration. Il entendit une voix nasale, sur un bruit de fond rythmique, une sorte de lamentation ou de prière, et les accords d’une guitare. Il ne comprit pas un traître mot de ce que disait l’interlocuteur – c’était en anglais –, mais il devina qu’il ne s’agissait pas d’un appel au secours, on n’y sentait aucune peur.
– Qu’est-ce qu’il dit ? demanda-t-il.
– Textuellement : « Papa, laisse-moi faire. Je maîtrise la situation. »

En bon Espagnol, l’inspecteur Manchego a tout de suite identifié d’où provenait le message : d’une boîte de flamenco. Pas de quoi s’alarmer, donc, quand un riche éditeur londonien, flanqué d’un interprète, vient, très inquiet, lui annoncer que son fils, la trentaine, bien sous tous rapports, a disparu à Madrid depuis plusieurs semaines, après ce dernier fameux appel.
Enlevé ? Séquestré ? Blessé ? Tué ? Mais non, il y a forcément une femme là-dessous.
En fait, surtout une exquise gitane aux yeux bleus – ça c’est curieux – et face à une tribu de Grenade au grand complet, le jeune Atticus a-t-il la moindre chance ? Non, bien sûr…comme on va le voir au fil de ses irrésistibles aventures.

Mercure de France (4 juin 2020) – 304 pages – Broché (21,80 €) – Ebook ( 15,99 €)
Traduction : Judith Vernant

AVIS

Quand Babelio m’a proposé de découvrir ce roman, je n’ai pas hésité une minute, le résumé m’ayant tout de suite intriguée. Et très vite, j’ai compris que l’auteure allait me faire passer un bon, non, un excellent moment de lecture auprès de personnages hauts en couleur !

Atticus, fils prodigue d’un ponte de l’édition anglaise, est envoyé par son père en Espagne afin de fermer la revue Librarte, un gouffre financier. Mais avant de pouvoir tourner la page de ce retentissant et désagréable échec commercial, il doit licencier en bonne et due forme les cinq employées à temps plein. Une mission pas très agréable, mais en apparence assez simple, qui va toutefois prendre un tournant quelque peu inattendu ! Les cinq femmes travaillant pour la revue ne sont, en effet, pas décidées à partir sans tenter de sauver leur outil de travail dont elles ont toutes, pour des raisons différentes, besoin. Et pour ce faire, elles ont fomenté un plan aussi audacieux que loufoque.

Est-ce que ce plan a quelque chose à voir avec la disparition d’Atticus qui conduira son père à solliciter l’inspecteur Manchego ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que vous pouvez vous attendre à être embarqué dans une aventure complètement extravagante qui ne manquera pas de vous surprendre et de vous arracher de nombreux sourires et éclats de rire. Je me suis ainsi beaucoup amusée à remonter la trace d’Atticus, l’auteure ne ménageant pas ses effets de surprise et multipliant les situations rocambolesques durant lesquelles les différences culturelles entre Anglais et Espagnols sont mises en avant avec beaucoup de charme et d’humour. Quand le flegme britannique et le côté hautain et guindé de l’aristocratie anglaise rencontrent la flamboyance et la chaleur espagnole, cela fait quelques étincelles ! Certains dialogues et échanges valent ainsi leur pesant d’or et me resteront probablement longtemps en tête… Le trait est parfois forcé et flirte avec la caricature et les clichés, mais ça semble complètement assumé et fait sans excès, ce qui rend le tout savoureux à souhait.

Le rôle de l’inspecteur volontaire, mais avec un côté un peu boulet, apporte aussi pas mal de comique à l’histoire d’autant que Manchego ne fait rien pour qu’on ait envie de le considérer avec sérieux. Vous auriez l’idée vous en tant que policier d’engager un cambrioleur pour éviter de passer par une voie plus classique, mais plus longue, ou d’aller acheter des cotons-tiges pour faire un test ADN ? Beaucoup d’humour, de bonne humeur et de légèreté donc dans ce roman qui est loin d’être un banal roman policier, la disparition d’Atticus ne servant que de prétexte à une intrigue pleine de mordant dans laquelle l’amitié revêt une place primordiale. Je parle d’amitié au singulier, mais elles sont pourtant plurielles, Berta, Soleà, María, Asunción et Gaby étant très proches. Ces femmes ont des parcours professionnels et personnels très différents, mais elles ont pourtant réussi à aller au-delà de leurs différences pour développer une jolie complicité.

Cette galerie de femmes au tempérament varié est probablement l’atout charme de ce roman puisqu’il est impossible de ne pas se prendre d’affection pour ces dernières et de leur souhaiter le meilleur. J’ai toutefois eu un peu de mal avec María qui m’a semblé considérer avec une certaine nonchalance des actes discutables sur le plan moral et pénal même si on lui accordera des circonstances atténuantes. J’ai eu, à l’inverse, un coup de cœur pour Berta, la patronne de la revue qui veille avec beaucoup de bienveillance sur les autres femmes de son équipe. Le traitement que lui réserve l’auteur m’a vraiment séduite et m’a même donné quelques papillons dans le ventre ayant trouvé cette femme très touchante dans sa relation avec un autre protagoniste.

Tout au long du roman, on apprend donc à connaître ces femmes, ce qui est également l’occasion pour l’auteur d’aborder, sans pathos et avec une certaine douceur, une multitude de sujets : l’amitié, l’amour, l’adultère, la trahison, le mensonge, le pardon, le désir de maternité non assouvi, la maltraitance physique et psychologique, les secrets de famille, la famille… En ce qui concerne la famille, les lecteurs auront, tout comme Atticus, l’occasion de découvrir celle de Soleà. Une expérience plutôt inoubliable ! Exubérants, chaleureux et accueillants, les membres de la famille de la jeune femme ne manquent ni de présence ni de panache même si c’est probablement la grand-mère qui m’a le plus marquée et touchée. Difficile donc de ne pas succomber au charme de cette grande famille, et ce n’est pas Atticus qui vous dira le contraire.

Issu de l’aristocratie anglaise qui considère toute forme de démonstration affective comme un signe de vulgarité, notre jeune Anglais aurait pu être tenté de prendre la poudre d’escampette devant toutes ces embrassades et effusions tellement peu anglaises. Mais de fil en aiguille, on le découvre de plus en plus attaché à des us et des coutumes très éloignés de ses habitudes, mais qui le rapprocheront d’une certaine jeune femme au regard envoûtant. L’évolution d’Atticus se révèle spectaculaire bien que plus amusante que crédible, l’auteur jouant habilement avec cette idée de « l’amour qui transforme » pour la pousser à son paroxysme. Pour ma part, j’ai apprécié ce changement, mais je ne vous cacherai pas que l’Atticus version anglaise, qui ne se déplaçait jamais sans sa bouilloire et son Earl Grey (bon du Twinings, mais personne n’est parfait) me plaisait plutôt bien. N’envisageant pas une journée sans mes trois tasses de thé réglementaires, je ne suis peut-être pas très objective sur ce point…

En plus d’avoir proposé une intrigue complètement loufoque et une truculente galerie de personnages, l’auteure multiplie les références littéraires et fait même intervenir, sous une forme inattendue, un auteur classique de fantasy qui a ici quelques tendances au voyeurisme. Les amoureux des livres, a fortiori s’ils aiment le thé et rire, devraient donc trouver leur bonheur avec ce roman qui se lit tout seul ou presque.

Il faut dire que Mamen Sánchez réussit à attiser l’intérêt des lecteurs dès les premières pages que ce soit grâce à une plume fluide et légère pleine d’humour ou l’alternance entre présent et passé qui ne peut que donner envie de comprendre les tenants et les aboutissants de la disparition d’Atticus. Les pages défilent donc toutes seules avant de nous offrir une conclusion à la hauteur de personnages hauts en couleur et des péripéties pleines de surprises d’un Anglais qui n’est peut-être pas aussi froid et guindé qu’il le pensait. Et si le bonheur n’était finalement pas dans le thé ?

Tendre, rocambolesque et pétillant, plus qu’un roman, une bouffée d’oxygène et de légèreté pour un beau voyage plein de saveurs entre Madrid et Grenade !

Je remercie Babelio et les éditions Mercure de France pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige, Catherine Girard-Audet

Couverture L'envers des contes de fées, tome 3 : Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige / Journal intime de la belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige

La dernière fois que vous avez entendu parler de moi, j’essayais d’empoisonner ma belle-fille avec une pomme. Mon plan a échoué et j’ai tout perdu. J’ai dû faire une cure de gentillesse dans un centre de méditation où je ne pouvais porter ni maquillage ni belles robes et où je n’ai pas pu apporter mon miroir ! Cela m’a transformée. Je suis prête à réintégrer mon village pour prouver à Blanche-Neige et à tous les autres habitants de Livresdecontes que je suis une nouvelle femme. Lisez-vite mon journal !

Kennes (17 juin 2015) – 124 pages – 6/9 ans – Broché (9,95€) – Ebook (6,99€)

AVIS

J’aime beaucoup la collection L’envers des contes de fées qui nous permet de voir les méchants des contes autrement… Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige est le troisième roman de la série, mais chaque tome peut se lire indépendamment des autres.

Comme toujours avec les livres de cette série, le travail éditorial est soigné avec de multiples petites illustrations qui viennent égayer le texte et lui apporter une bonne dose de peps bien que le récit n’en manque déjà pas. La construction du livre autour d’entrées de journal intime est également très agréable et facilite grandement la lecture des jeunes lecteurs tout comme l’humour omniprésent qui ne manquera pas de faire également sourire les adultes.

Dans ce tome, l’autrice s’amuse gentiment de l’engouement pour le développement personnel en envoyant la méchante belle-mère de Blanche-Neige en cure dans un centre de méditation. On la retrouve donc quelques semaines après son arrivée et l’on découvre son programme : thérapie individuelle et thérapie de groupe, yoga, méditation, graines de lin et choux de Bruxelles, beaucoup de choux de Bruxelles… Mais loin de la rendre chèvre, cette ambiance zen fera beaucoup de bien à la méchante belle-mère qui a appris progressivement à se délester de ses possessions matérielles, et notamment de son fameux miroir, pour se recentrer autour de son moi intérieur. Cela n’est pas toujours aisé, surtout quand il est question de boutons sur le visage, mais elle essaie maintenant de faire passer l’être avant le paraître. Son évolution est d’ailleurs probante et stupéfiante.

Il faut dire que Reine a bien compris que le début de tous ses ennuis a pris racine dans son obsession de la beauté qui l’a inéluctablement conduite sur le chemin de la jalousie. Adieu donc le maquillage et les belles robes qui pourraient entretenir, du moins tant qu’elle n’est pas complètement guérie, sa vanité et bienvenue à une Reine dépourvue d’artifices, mais non dénuée d’une belle aura et d’une jolie personnalité. Mais si les autres membres du centre ont pu assister à sa métamorphose, reste à convaincre les habitants de Livresdecontes que le changement est réel et durable !

Le temps de quitter le centre de méditation étant venu, Reine déménage dans une cabane au fond des bois, loin de la tentation, afin de se réadapter à la vie en société et faire amende honorable de ses péchés. Elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de sa psychologue qui va venir lui tenir compagnie dans cette cabane rustique que n’apprécie pas particulièrement Reine qui aurait aimé un peu plus de confort et un environnement plus urbain. Et si cette nouvelle vie n’était déjà pas un défi en soi, notre ancienne méchante est persuadée d’être la proie d’un monstre marin… Réalité ou fantasme ? Je vous laisserai le plaisir de le découvrir.

L’autrice a un vrai talent pour rendre les méchants des contes terriblement humains et attachants. J’ai ainsi adoré Reine qui reconnaît ses errances passées et qui fait de son mieux pour offrir au monde une nouvelle et meilleure version d’elle-même. Loin d’être la marâtre sans cœur que l’on connaît tous, elle nous apparaît ici sympathique et même touchante, notamment avec sa meilleure amie qui ne lui a jamais tourné le dos, et un certain bûcheron qui ne semble pas la laisser indifférente ! Sa relation avec Henri est d’ailleurs toute mignonne et pleine de jolis sentiments au point de me donner le sourire aux lèvres, et pourtant, je ne suis pas du style fleur bleue.

Avec facétie et humour, l’autrice s’amuse également à ternir l’image des princesses de contes, et ça fonctionne à merveille. Oubliez donc la Blanche-Neige serviable et altruiste, et faites place à une nunuche (ça, ça ne change pas trop de la version Disney) obsédée par les apparats, le beau, le luxe, et surtout, par son physique et sa beauté au point de vouloir écraser les « concurrentes ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ou, plutôt, l’ancienne version d’une certaine personne ?

En plus d’une histoire fort sympathique et emplie d’humour, on appréciera le savant mélange entre l’ambiance si particulière des contes et notre réalité : ici, on parle autant de miroir magique que de test ADN ou de Gossip Girl. Un mélange truculent à l’instar de ce roman que je ne peux que vous recommander pour un joli et divertissant moment de lecture qui réunira, enfants et adultes, autour de l’amour des contes, un genre revisité et dépoussiéré avec brio par Catherine Girard-Audet.

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Mini-chroniques en pagaille #24

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • C’est grave docteur ? du docteur Michel Guilbert (Editions de l’Opportun) :

C’est grave docteur ? - Michel GUILBERT - Les Éditions de l'Opportun

Fort de 30 ans d’expérience, le docteur Guilbert a réuni dans ce sympathique ouvrage les perles de ses patients et de ceux de certains de ses collègues. J’aime beaucoup ce genre d’ouvrages qui offre un joli moment de détente que l’on déguste le sourire aux lèvres. Lu en 10/15 minutes, ce livre est un concentré de bonne humeur et la preuve que les patients ont parfois une manière bien à eux de s’approprier le vocabulaire médical. Entre quiproquos, bons mots spontanés et involontaires et interprétation très personnelle des questions du docteur, le lecteur n’a donc pas le temps de s’ennuyer… Certaines perles m’ont ainsi fait éclater de rire quand d’autres m’ont fait sourire par leur côté complètement décalé, voire loufoque.

On saluera également les remarques pleines de bon sens des enfants comme cette fillette qui s’étonne que le docteur lui demande son âge sans jamais prendre le temps de lui souhaiter son anniversaire. Et l’on souhaitera bonne chance à ce patient qui signale que son psychiatre est fou à lié et à cette femme qui vient de perdre les os tout en espérant que la prochaine fois, les patients n’oublieront pas leur carte virale. Quant à ceux qui font des comas idylliques, ils devraient peut-être partager leur recette…

En bref, voici un livre à la mise en page agréable et aérée à parcourir pour une pause détente pleine d’humour.

  • Bane Seed, tome 3.5 : Dans la tête de Dorian Murray, Fanny André (MxM Bookmark) :

Couverture Bane Seed, tome 3.5 : Dans la tête de Dorian Murray

Si le premier tome de Bane Seed ne m’avait pas emballée outre mesure, j’ai fini, au fil des tomes, par apprécier cette série qui repose sur un duo atypique, une banshee et un incube. Un mélange explosif qui donne lieu à de savoureuses répliques et à des piques bien cinglantes comme je les aime !

Bane et Dorian, forcés de collaborer, vont devoir apprendre à se faire confiance, ce qui ne sera pas de tout repos d’autant que Bane est pétrie de préjugés sur les incubes… Mais Dorian n’est pas du genre à se laisser faire et sait faire face aux piques de sa partenaire qui va, petit à petit, devenir plus que cela.

Dans ce court livre, l’autrice vous propose de redécouvrir certains passages des trois premiers tomes de la série du point de vue de Dorian. J’ai adoré m’immiscer dans sa tête et découvrir ses sentiments, notamment sur Bane et sa manière bien à elle de le rejeter en raison de son espèce. Si j’appréciais déjà le personnage, ce livre me l’a rendu encore plus sympathique, attachant et touchant…

Rapide à lire, Dans la tête de Dorian Murray est un complément agréable à la série à dévorer avant d’attaquer le quatrième tome que j’avais, pour ma part, beaucoup apprécié.

  • Meilleurs ennemis, Sally Thorne (chronique perdue dans les limbes de mes brouillons depuis 2017 ), éditions Harlequin : à noter que trois ans après ma lecture, je garde un assez bon souvenir du roman, ce qui est assez inattendu quand je relis ma mini-chronique. Je n’ai peut-être pas lu le roman au bon moment…

Couverture Meilleurs ennemis

Ayant lu un avis assez positif sur le livre et ayant besoin d’une lecture très légère, j’ai fini par me lancer.

Je dois avouer avoir pas mal apprécié les premiers chapitres qui nous offrent de belles joutent verbales entre Lucy et Joshua, deux collègues apparemment ennemis. Leur comportement est complètement puéril, mais c’est amusant et plutôt divertissant ! La tension est telle qu’on finit par se demander comment ils arrivent à travailler dans la même pièce, voire à travailler tout court, puisqu’ils passent leur temps à se lancer dans des jeux idiots destinés à écraser l’autre.

Alors, ce n’est pas crédible car les deux bourreaux de travail vont assez loin dans leurs propos et auraient sûrement été licenciés depuis un bon moment, mais on ne cherche pas forcément la crédibilité dans ce genre d’histoire. Toutefois, l’obsession de Lucy pour le corps de Joshua a fini par me fatiguer tout comme l’agressivité de ce dernier que j’ai trouvée parfois quand même limite.

La suite du roman, quant à elle, ne réserve aucune surprise et perd nettement de cette tension entre les deux personnages qui rendait la lecture si amusante. Cela n’en rend pas l’histoire déplaisante, mais bien moins palpitante.

En résumé, si j’ai apprécié le début du roman, le reste m’a un peu moins plu. Néanmoins, je pense que si vous aimez les romances avec une héroïne qui a de la répartie, Meilleurs ennemis possède les ingrédients pour vous plaire. À conseiller donc aux amateurs de romances mêlant humour et ambiance sexy.

Et vous, certains de ces titres vous tentent-ils ?
Les avez-vous lus ? Qu’en avez-vous pensé ?

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

Orgueil et préjugés, version manga ou le cas typique d’un livre difficile à noter

Orgueil et Préjugés

Lorsque Monsieur Bingley, jeune homme riche et célibataire vient s’installer à Netherfield accompagné de son ami Monsieur Darcy, c’est Madame Bennet et ses cinq filles à marier les premières averties ! Car chacun sait qu’un célibataire pourvu d’une belle fortune doit avoir envie de se marier ! Découvrez cette superbe adaptation en manga du mondialement connu chef-d’œuvre de Jane Austen. Tout l’humour et le romantisme de l’original y sont parfaitement éclairés par un dessin riche et somptueux

Soleil (23/11/2016 ) – Scénariste : King Stacy – Illustrateur : PoTse – 368 p.

AVIS

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous savez peut-être qu’Orgueil et préjugés de Jane Austen est l’un de mes livres préférés. Je lis donc toujours avec impatience, excitation et crainte les livres qui tournent autour de cette œuvre. Et cette adaptation en manga n’a pas échappé à la règle…

Pour une fois, je ne vais pas vous en faire une chronique détaillée parce que d’une part, Orgueil et préjugés est assez connu pour que beaucoup d’entre vous en connaissent au moins la trame, et d’autre part, j’aimerais me focaliser sur un autre aspect : la difficulté de noter certains livres.

Je ne note plus mes lectures sur le blog, le côté scolaire me gênant, mais je continue à le faire sur les réseaux car c’est un critère pour mieux organiser mes chroniques, du moins, c’est ainsi que je le perçois. Mais il arrive que noter un livre devienne un vrai casse-tête, le lecteur étant partagé entre son ressenti en fonction de ses attentes et les qualités intrinsèques du livre. Et c’est ce qui s’est passé pour moi avec cette adaptation en manga.

Ce manga est bon, voire très bon, mais il ne m’a pas, pour autant, transportée. Un paradoxe dont j’ai perçu, au fil de ma lecture, les raisons. J’adore Orgueil et préjugés parce qu’il forme un tout : une critique sociétale sous fond d’humour et d’amour, le tout relevé par la plume caustique de Jane Austen et son acuité pour percevoir l’âme humaine. Privée de l’un de ces aspects, l’histoire perd, du moins pour moi, de sa force et de sa portée.

Or, même si le contexte historique est conservé et que l’on a quelques critiques sociétales sous-jacentes, cette adaptation graphique se concentre principalement sur la romance. N’étant pas une inconditionnelle du genre même si je commence à l’apprécier, je n’ai donc pas réussi à me sentir totalement impliquée dans ma lecture… Ceci n’est pas un point négatif dans la mesure où l’éditeur précise clairement dans son résumé que c’est un choix voulu et assumé. En attaquant le manga, je savais donc à quoi m’attendre.

D’ailleurs, si on aime les romances historiques et les mangas, je pense sincèrement que cet ouvrage devrait vous ravir : les personnages sont attachants et hauts en couleur pour certains, les décors et les dessins sont sublimes et les détails permettent une réelle immersion dans l’histoire, les principaux freins à l’amour entre Elizabeth et Darcy bien restitués, la complicité entre l’héroïne et sa sœur Jane toujours aussi forte et belle, les émotions au rendez-vous…

La scénariste et l’illustratrice ont même réussi à rendre Lydia encore plus agaçante que dans le roman : son égocentrisme, son égoïsme, sa frivolité, son manque de bon sens transparaissant à chacune de ses apparitions… J’ai également aimé la manière dont a été scénarisée Mme Bennet qui garde son côté « obnubilée par le mariage de ses filles », mais dont la représentation graphique tout en rondeur adoucit ce trait de caractère.

Toutefois, si vous êtes un fan de l’œuvre originale, certains points pourraient, comme ce fut le cas pour moi, vous perturber. Il y a d’abord le rôle minoré de la sœur de Darcy ce que j’ai trouvé fort dommage même si je comprends sans problème que l’autrice a dû opérer des choix. Mais j’ai surtout regretté le lissage de la personnalité de Lizzie et de Darcy qui m’ont semblé bien ternes par rapport à la version originale. Lizzie perd son sens de la répartie qui est, pour moi, l’atout charme de l’histoire et Darcy se transforme bien vite en amoureux incompris et éconduit…

J’ai donc eu l’impression qu’on tombait tout simplement dans une banale histoire d’amour avec le beau gosse de service riche et taciturne qui se rend compte que la fille qu’il a jusqu’à maintenant dénigrée est un petit bijou qui ne demande qu’à être poli. Un schéma qui ne me convient guère quand il est brut comme ici, mais qui devrait ravir le cœur des amateurs de romance.

En conclusion, cette version graphique d’Orgueil et préjugés est très bonne si l’on souhaite (re)découvrir l’histoire originale uniquement d’un point de vue romantique. L’autrice a su restituer avec précision les étapes marquantes de la relation entre Elizabeth et Darcy et l’illustratrice les sublimer. En revanche, si vous aimez les romances se déroulant dans un contexte sociétal et historique bien exploité et/ou que vous espérez retrouver l’humour présent dans l’œuvre de Jane Austen, vous pourriez rester sur votre faim…

Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Paul Dewandre, Jif et Nathalie Jomard

Couverture Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (BD), tome 1

Vous vous demandez peut-être pourquoi la vie entre Homme et Femme ne coule pas toujours de source ? Tout simplement parce que nous venons de deux planètes différentes. Par conséquent, nous ne parlons pas le même langage et n’avons absolument pas le même fonctionnement. Mais, pas de panique, ne préparez pas tout de suite le formulaire de divorce, il est tout à fait possible de se comprendre et même, si si, de vivre en parfaite harmonie ! Alors n’hésitez pas à venir déchiffrer les codes de votre conjoint(e) avec humour.

Jungle (21 septembre 2011) – 64 pages – Nouvelle version disponible

AVIS

Tiré du livre de John Gray que je n’ai jamais lu, cette adaptation graphique me tentait bien plus, peut-être pour le côté coloré et plein de peps des illustrations qui sont, pour moi, le vrai atout charme de cet ouvrage. De la rondeur des traits, aux mimiques en passant par l’expressivité des visages, tout m’a séduite dans le travail de Nathalie Jomard.


J’ai entendu parler du livre de John Gray il y a quelques années quand une amie, dont le couple battait de l’aile, tentait d’y trouver des pistes pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pour les plus curieux et sans réelle surprise, cela n’a pas marché… Mais j’avais gardé en tête son enthousiasme devant les propos de l’auteur destiné à améliorer la communication au sein du couple en éclairant ses membres sur les spécificités supposées du sexe opposé.

Autant le dire tout de suite, le simple postulat de départ me déplaît fortement puisqu’il me semble réducteur et dangereux d’enfermer une personne dans les stéréotypes associés à son sexe. Si je reconnais volontiers les différences physiques entre les hommes et les femmes, les différences de comportement s’expliquent, pour moi, bien plus par le poids de l’éducation et des conventions que par le sexe en lui-même… Il m’apparaît alors plus judicieux de comprendre en quoi la société formate les individus, et comment y remédier, que d’essayer de faire perdurer les stéréotypes en associant tel ou tel comportement à un sexe.

J’ai donc choisi de parcourir cette BD en considérant qu’il s’agissait plus d’un ouvrage tournant en dérision les clichés liés au sexe qu’un réel guide pour améliorer la communication et assurer la pérennité d’un couple. Et avec cette perspective, je reconnais que certaines planches m’ont fait sourire sans pour autant me séduire outre mesure. Seule l’ambiance graphique qui insuffle beaucoup d’humour et de bonne humeur à l’ouvrage a suscité chez moi un réel enthousiasme.

Quant à une lecture plus littérale de la BD, elle aurait eu tendance à très vite m’agacer parce que non, être une femme ne signifie pas, par exemple, avoir besoin d’entendre tous les quatre matins « je t’aime » comme être un homme ne veut pas dire s’enfermer dans sa « caverne » à la moindre contrariété. Les humains sont, fort heureusement, bien plus complexes et nuancés que cela. Quant aux conseils non sollicités, je pense pouvoir dire qu’il n’y a nul besoin d’être un homme pour ne pas particulièrement les apprécier. Certaines planches et situations du quotidien devraient néanmoins vous parler bien que personnellement, en fonction des circonstances, je me sois autant reconnue dans les réactions de l’homme que de la femme.

Si certains lecteurs cherchent dans cet ouvrage un moyen d’améliorer leur relation avec leur moitié, j’aurais tendance à leur dire de passer leur chemin parce qu’ils n’obtiendront rien de concret ni même de pertinent. Pire, cette BD donne l’impression qu’être en couple est éreintant et demande des efforts de tous les instants comme s’il fallait toujours être sur ses gardes face à l’autre. Difficile dans ces conditions de créer une réelle complicité… Si la communication demeure le ciment d’un couple, les stratégies proposées dans cette BD pour communiquer et correspondre à ce que l’on pense que l’autre attend de nous me semblent, en revanche, le meilleur moyen de perdre tout élan de spontanéité. N’est-il pas préférable de comprendre sa compagne ou son compagnon dans toute sa singularité plutôt que d’essayer de le cerner et d’agir en fonction des supposées caractéristiques de son sexe ? 

En conclusion, on retiendra de cet ouvrage ses illustrations pleines de couleur, de peps et de mordant qui offrent une jolie bouffée d’air frais en ces temps de confinement. Quant au fond, il pourra vous faire sourire à condition de prendre les différentes planches au deuxième, voire au troisième degré. Dans le cas contraire, l’avalanche de stéréotypes et autres clichés ne devrait pas manquer de vous faire grincer des dents…

109 rue des soupirs,Tome 1 : Fantômes à domicile, Mr Tan

La nouvelle série gothique et désopilante de Mr Tan ! Lorsque Elliot et ses parents emménagent au 109 rue des Soupirs, à Belle-en-joie, ils ne peuvent se douter que cette maison sinistre est réellement hantée… Enfin, surtout Elliot, car ses parents, accaparés par leur travail, l’abandonnent vite à son sort. Il ne tarde pas à rencontrer ses colocataires plutôt spéciaux, tandis que débarque une baby-sitter pas très commode, qui semble chercher quelque chose… Des fantômes, peut-être ?

CASTERMAN (4 septembre 2019) – 128 pages – 10,90€
Illustrations : Yomgui Dumont 

AVIS

Bienvenue à Belle-en joie, avec ses belles rues, ses spécialités locales et ses fantômes ! Car si la ville semble être l’endroit idéal où poser ses valises, elle abrite au 109 rue des soupirs une bâtisse menaçante et hantée. Une découverte que va faire Elliot en y emménagement avec ses deux parents qu’il ne voit qu’en coup de vent.

Après le choc de cette rencontre inattendue avec le monde de l’au-delà, le jeune garçon va vite s’apercevoir qu’être ami avec des fantômes n’a pas que des inconvénients ! Bien qu’un peu envahissants, ceux-ci se révèlent ainsi adorables et toujours prompts à  veiller sur lui et à s’assurer de son bien-être. À défaut d’une famille de chair et de sang, le voilà maintenant doté d’une famille spectrale à laquelle il s’attache et qu’il est bien décidé à protéger d’un terrible danger…

En plus d’une ambiance gothique qui passe autant par l’intrigue que le ton bleuté des illustrations, cette BD offre de jolis moments de tendresse et de complicité entre des personnages hauts en couleur pour lesquels on se prend immédiatement et irrémédiablement d’amitié. La galerie de personnages est ainsi variée, amusante et plutôt atypique.

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Quel plaisir donc de suivre cette bande de fantômes qui a su créer une cellule familiale, peut-être un peu particulière, mais complètement fonctionnelle ! Un point qui ne pourra que faire du bien à Elliot complètement délaissé par des parents obnubilés par leur carrière professionnelle au point de ne pas savoir l’âge exact de leur enfant unique…

Quant à la menace qui pèse sur le 109 rue des soupirs, je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que féroce, dangereuse et machiavélique, elle a de quoi effrayer même le plus courageux des fantômes ! L’amitié, l’imagination, la débrouillardise et la solidarité peuvent heureusement soulever des montagnes…

Destiné aux enfants, ce livre joue sur l’humour pour atténuer le côté angoissant que peuvent avoir les fantômes pour de jeunes lecteurs d’autant que dans cette histoire, nos fantômes sont bien plus victimes que bourreaux. Une inversion des rôles qui ne manque pas de piquant et qui devrait permettre aux enfants de passer un moment de lecture divertissant et amusant. 

En conclusion, empreint d’humour et de réparties qui font mouche, de personnages terriblement attachants, de suspense et d’action, 109 rue des soupirs fut une lecture particulièrement agréable qui m’a donné le sourire aux lèvres. On a coutume de dire qu’on ne choisit pas sa famille, Elliot vous prouve ici le contraire !

Throwback Thursday Livresque #162 : humour

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


J’ai failli vous parler d’un livre avec un chat, mais j’ai fini par opter pour un livre mettant à l’honneur un médecin qui, dans un petit ouvrage plein de bonne humeur, nous propose une série de perles et d’anecdotes sur ses patients.

Le docteur Antoine Roberti exerce dans une petite commune de l’est de la France, à la limite entre la ville et la campagne. Médecin généraliste, il est le tout premier étage de notre cher système de santé et, comme tel, reçoit quotidiennement les demandes les plus farfelues de patients perdus, inquiets, esseulés, perturbés ou tout simplement mythomanes. Des maladies qui n’existent pas, des affabulations calculées, des exagérations camouflant de réelles détresses ou bien l’envie de faire marcher le portefeuille de la sécu : tout cela forme, au quotidien, une collection de perles, de dialogues involontairement comiques… et aussi un concentré sans filtre d’humanité.

Vous découvrirez, non sans une certaine incrédulité, les dessous parfois surréalistes de la vie de médecin. Entre les hypocondriaques, les amateurs de cachets en tout genre et les personnes voyant dans leur médecin un potentiel amant, vous ne devriez pas manquer de passer un moment divertissant.

Pour en apprendre plus sur Bonjour docteur !, voici la conclusion de ma chronique :

Même s’il peut porter à réflexion, Bonjour Docteur !, c’est avant tout un livre sans prise de tête qui devrait vous assurer quelques beaux moments de rire. D’ailleurs, je vous conseille de le lire chez vous ou à l’abri des regards extérieurs, les éclats de rire dans un transport en commun pouvant occasionner quelques regards suspicieux. Alors si vous aimez rire, foncez pour cette petite lecture parfaite pour accompagner vos vacances ou pour vous permettre de décompresser après une dure journée de labeur.

Si je n’évoque pas vraiment le confinement sur le blog, je profite néanmoins de ce TTL et du livre choisi pour remercier tout le personnel soignant qui travaille sans relâche, et parfois avec un manque de reconnaissance révoltant, pour que chaque victime de ce satané virus puisse se rétablir. Merci à leur dévouement et aux risques qu’ils prennent chaque jour…

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Vous tente-t-il ?

Top Ten Tuesday #167 : 10 livres drôles pour garder le moral

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


L’humour et le rire sont des armes efficaces contre l’adversité et les moments difficiles… Vu le contexte mondial actuel, j’ai donc eu envie de vous présenter 10 livres drôles pour rire et garder le moral.

  • Pour rire, on peut toujours compter sur les chats : les heureux possesseurs d’un chat devrait retrouver des situations familières dans Crapule. Quant à Journal intime d’un chat, c’est l’ouvrage parfait pour faire la rencontre d’un chat pas très commode, mais tellement drôle !

Couverture Crapule, tome 1Couverture Mon chat est un hypocriteCouverture Journal intime d'un chat acariâtre, tome 1 : 400 jours dans la peau d'un chat drôle et cynique

  • Fleur de Mamoot, c’est un peu la copine pétillante et pleine d’un humour parfois grinçant, mais tellement juste. Je garde un très bon souvenir des anecdotes partagées par un médecin dans Bonjour Docteur !

Couverture L'envers des contes de fée, tome 1 : Journal de la soeur pas si laide de Cendrillon / Révélations de la soeur (pas si) laide de CendrillonCouverture Fleur de Mamoot, tome 2 : Même pas peur...Couverture Bonjour Docteur !

  • Voici quelques « classiques » qui fonctionnent toujours pour passer un moment de lecture amusant et sans prise de tête :

https://img.livraddict.com/covers/189/189415/couv14205038.jpgCouverture Le Petit Nicolas (édition collector)Couverture L'accro du shopping, intégrale, tome 1

 

 

 

 

 

Et vous, des lectures chouchous pour rire et garder le moral ?