Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

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Prêts à tout, Théo Lemattre

Prêts à tout par [Lemattre, Théo]

Je remercie les éditions Ramsay de m’avoir proposé de découvrir Prêts à tout de Théo Lemattre que j’ai lu en lecture commune avec Melle Cup of tea.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

On a beau courir après l’amour, il se trouve souvent plus près qu’on ne le pense…

Pria enchaîne les déceptions amoureuses, et ce, depuis toujours. À chaque fois qu’elle pense avoir trouvé le bon, le sort s’acharne sur elle… Pourquoi son nouveau patron, le multimillionnaire Wendall Winslow, intransigeant avec les autres, est-il aussi doux et affectueux avec elle ? Que cache Valentin, son ami d’enfance devenu avocat qu’elle n’a pas revu depuis des années ?

Une soirée pour fêter son nouvel emploi, quelques verres et tout peut basculer…

En quelques jours, Pria va laisser ressurgir en elle des passions enfouies, des flammes qu’elle croyait éteintes et se laisser dévorer par le passé.

Marivole (11 juin 2019) – 199 pages – Broché (18€)

AVIS

Quand la maison d’édition m’a proposé de m’envoyer ce roman, j’ai accepté me faisant une joie de découvrir une lecture légère parfaite pour l’arrivée de l’été et des beaux jours. Malheureusement, après un début prometteur, j’ai vite déchanté devant les interventions intempestives manquant de subtilité de l’auteur, les maladresses, les invraisemblances, l’immaturité des personnages et de l’histoire, et cette impression non pas de lire un roman, mais d’être entrée en catimini dans l’esprit d’un adolescent.

J’ai ainsi été fortement rebutée par ce côté « fantasme d’adolescent ». Il faut dire que même adolescente, j’ai toujours eu du mal à me faire à l’immaturité de mes camarades, ce n’est pas maintenant que les choses risquent de changer… C’est dommage car l’auteur avait de bonnes idées et l’on sent un vrai potentiel dans la plume, mais pour moi, cette histoire nécessite d’être retravaillée.

Je n’attends pas d’un récit qu’il soit réaliste, la réalité étant déjà bien assez présente dans nos vies, mais j’attends néanmoins d’un auteur qu’il prenne le temps de construire une intrigue et des personnages vraisemblables. Or ici, ce n’est pas le cas. L’héroïne, jeune adulte, se comporte comme une adolescente inconsciente et instable. Pour moi, quand on est au chômage et qu’on n’est pas l’héritière d’une grande famille, on ne passe pas sa matinée à jouer aux jeux vidéos alors même qu’un entretien inespéré au vu de votre manque de compétences vous attend dans l’après-midi, dans un groupe côté de surcroît… Oui, parce qu’en plus d’être bigrement inconsciente et écervelée, Pria est aussi très très chanceuse dans la vie ! Vous imaginez, un travail rêvé qui vous tombe tout cuit dans le bec…

Voici un exemple parmi tant d’autres qui m’a fait lever les yeux au ciel à maintes reprises. Il y a bien des tentatives d’explication quant aux réactions du personnage, mais ça m’a plutôt donné l’impression que l’auteur était conscient des lacunes de son récit et qu’il essayait de les justifier…

Si on ajoute à cela la ribambelle de clichés allant du patron mystérieux au meilleur ami gay tenant un bar, le triangle amoureux très peu subtil, et des personnages caricaturaux manquant de profondeur, on obtient un roman auquel je n’ai pas du tout accroché. Peut-être que l’auteur a voulu nous proposer une parodie de comédie romantique, mais dans ce cas, l’effet est raté, du moins pour moi…  Ce premier tome ne m’ayant pas convaincue et la fin se terminant sur une révélation manquant quelque peu d’originalité, je ne lirai évidemment pas la suite… Mais je pense néanmoins tenter un autre roman de l’auteur, car sa plume a du potentiel.

C’est peut-être ce qui m’a d’ailleurs le plus frustrée dans cette lecture. Je vous ai présenté tous les points qui ont rendu ma lecture agaçante, mais paradoxalement, j’ai trouvé que Théo Lemattre avait vraiment quelque chose dans le style d’accessible et d’entraînant. Je n’ai pas aimé l’histoire, mais je l’ai lue très rapidement d’autant que la présence de nombreux dialogues apporte un rythme indéniable. Avec un peu plus de maturité et de cohérence dans la construction de ses personnages et de ses péripéties, je ne doute pas que l’auteur arrive à proposer de véritables page-turners.

À cet égard, il y a un point qui m’a plu, le mystère et le suspense apportés par un certain personnage. J’avais très vite deviné son identité, mais j’ai aimé l’incertitude qu’il fait planer sur le récit. Manipulateur, victime, voire un peu des deux, le doute s’insinue dans l’esprit des lecteurs et de l’héroïne… Si l’auteur arrive à insuffler avec un tel naturel du suspense dans ses thrillers, c’est peut-être de ce côté-là que je piocherai dans sa bibliographie.

En conclusion, parfois maladroite et manquant de maturité et de vraisemblance, cette histoire ne m’a pas convaincue, mais elle dégage une certaine légèreté qui devrait plaire aux lecteurs en quête d’un roman facile et rapide à lire, et non dénué d’humour. Une bonne lecture de plage donc à condition de ne pas être réfractaire aux clichés utilisés allègrement sans jamais être dépassés et à une héroïne, certes abordable, mais quelque peu immature, agaçante et déconnectée de la « vraie vie ».

Comme toujours, mon avis est personnel et ce qui m’a déplu pourrait vous plaire. Je vous invite d’ailleurs à lire la chronique de Mlle Cup Of Tea qui a un avis bien plus enthousiaste que le mien puisqu’elle a adoré l’humour de l’auteur.

Feuilletez un extrait sur le site de Ramsay Éditions.

Throwback Thursday Livresque #127 : humour

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un ouvrage graphique qu’une amie, qui me connaît fort bien, m’avait offert : Crapule.

Crapule - tome 1 - Crapule, tome 1


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon.

Tous les propriétaires de chats reconnaîtront les facéties de leurs boules de poils et ne pourront qu’apprécier cette ribambelle d’anecdotes aux ambiances bleutées, pleines de drôlerie et de ronronnements.

POURQUOI CE CHOIX ? 

Ce livre est un concentré de bonne humeur et de mignonnerie. L’auteur met en scène avec beaucoup d’humour les petites bêtises de nos poilus qui, si elles peuvent nous faire râler sur le coup, constituent finalement tout autant de souvenirs à se raconter.

Les propriétaires de chats devraient retrouver certaines des facéties de leur propre animal dans celles de Crapule qui ne semble jamais à court d’idées ! Turbulent mais attachant, impossible de lui résister et ce n’est pas son adoptante malgré elle qui vous dira le contraire.

Si l’histoire de cet adorable minet vous intéresse, je vous invite à découvrir ma chronique dont voici la conclusion :

Crapule est un livre plein d’humour et de tendresse que je recommande les yeux fermés aux amoureux des chats et à tous les heureux possesseurs de cet animal qui sait se faire aussi bien ange que démon. Notre héroïne est complètement tombée sous le charme de Crapule. Mais je vous rassure, elle n’est pas la seule puisqu’une fois la dernière page tournée, vous n’aurez qu’une envie, lire le deuxième tome ou recommencer votre lecture depuis le début !

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Vous tente-t-il ?

Bounty, Kurtis Wiebe – Mindy Lee

Bounty par Wiebe

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye pour m’avoir permis de découvrir Bounty.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LES BASTONNER. TIRER D’ABORD. SE FAIRE PAYER.

Les Gadflies étaient les criminelles les plus recherchées de la galaxie. Durant des années, elles ont dépouillé des sociétés immorales et redistribué leurs biens mal acquis aux pauvres. Ça leur a valu la réputation de « plus dangereuses hors-la-loi de l’univers », et la mise à prix de leurs têtes ! Maintenant, avec la loi qui les rattrape, les Gadflies sont contraintes d’abandonner leurs habits d’escrocs pour ceux de chasseurs de prime…

Si vous ne pouvez pas battre vos adversaires, rejoignez-les et dépouillez-les en douce !

Éditions Kinaye (12 avril 2019) – 144 pages – Papier (14,50€) – Ebook (6,99€)
Illustrations : Mindy Lee – Traduction : Romain Galand

AVIS

Après le très punchy Space Battle Lunchtime, les éditions Kinaye nous proposent un autre titre tout aussi coloré, Bounty. Porté par deux sœurs au physique et à la personnalité diamétralement opposés, ce titre saura plaire aux lecteurs de tout âge en quête d’un comics bourré d’action et non dénué d’un certain humour.

L’auteur nous plonge, dès les premières pages, dans un univers futuriste intéressant mais pas forcément des plus accueillants, du moins, quand on est deux sœurs dont la tête est mise à prix… Le règne des Gadflies semble bel et bien terminé, Nina et Georgie ayant été contraintes d’abandonner leur fortune personnelle et une très lucrative carrière de criminelles pour celle bien moins rentable de chasseurs de prime. Exit donc la grande vie et place à une lutte acharnée pour faire rentrer de l’argent dans les caisses presque vides ! Et ce n’est pas une mince affaire vu la concurrence comme cet exaspérant chasseur de prime, Sovereign, dont la popularité ne cesse de croître et leur faire de l’ombre. Mais en acceptant une nouvelle mission bien rémunérée, Georgie devrait offrir un nouveau souffle à son équipe à moins qu’elle n’ait mis le pied dans un engrenage dont elle n’a pas mesuré toutes les conséquences…

Devenir chasseur de prime, ce n’était définitivement pas l’avenir dont les deux sœurs rêvaient, mais l’essentiel est qu’elles aient pu rester ensemble et former une famille avec leur amie Viv, une hackeuse hors pair, une adorable minette et Alan, le mari de Georgie… Une équipe pour laquelle on se prend d’emblée d’affection même si avouons que parmi ces femmes à la personnalité chatoyante, le personnage d’Alan nous apparaît fade et presque superflu. On appréciera néanmoins ses interactions avec Nina qui aime le chambrer lors de leurs missions, Alan n’étant pas vraiment ce que l’on pourrait qualifier un homme de terrain. Nina aurait d’ailleurs préféré continuer à faire équipe avec Georgie comme au bon vieux temps…. Mais depuis sa blessure survenue quelques années plus tôt, cette dernière se cantonne à un rôle en coulisse organisant et planifiant les différentes missions de l’équipe depuis son vaisseau.

Si Georgie est la tête du duo de sœurs, Nina en est la main armée. Grande et musclée, cette femme impressionne par sa force physique et sa capacité à se jeter dans la mêlée même si elle apprendra à ses dépens qu’il vaut mieux parfois savoir attendre avant d’agir. Au fil des pages, on se rendra compte que derrière son côté badass et femme à forte tête, se cache une personne comme les autres avec des failles, des blessures et un secret qui la hante depuis bien trop longtemps… J’ai d’ailleurs apprécié la révélation faite en cours d’aventure puisqu’elle permet de voir l’intrigue sous un nouveau jour et apporte un autre éclairage sur la personnalité de Nina, bien plus complexe qu’au premier abord.

Nina et Georgie sont des femmes fortes et indépendantes qui n’ont pas froid aux yeux, mais leur amie Viv n’est pas en reste. Petit génie de l’informatique, cette hackeuse de choc devrait vous éblouir par ses talents, son humour et sa personnalité hors norme ! Son domaine à elle, c’est le virtuel et je peux vous dire qu’elle ne laisse rien au hasard et aucune chance à ses ennemis. Et puis dans un monde futuriste dans lequel la technologie domine, avoir quelqu’un comme elle dans son équipe ne peut qu’être un gros atout. Autre personnage atypique qui apporte également une bonne dose d’humour au récit, le Doc, un robot qui ne maîtrise pas vraiment les codes sociaux, ce qui donne des réparties hilarantes et l’impression d’être face à un psychopathe en puissance.

Au-delà des personnages attachants et de l’humour bien présent, les lecteurs aimant les récits menés tambour battant devraient être séduits par le rythme effréné de cette aventure dont les péripéties s’enchaînent sans aucun temps mort ! Pas de place à l’ennui donc, les nombreux temps forts et scènes d’action étant entrecoupés de flash-back qui permettent de mieux appréhender les tenants et aboutissants d’une histoire bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut dire que bien que jeunesse, cet ouvrage n’est pas dénué d’une certaine profondeur.

L’action, qui est au cœur du récit, est parfaitement capturée par l’illustratrice dont la représentation très juste du mouvement apporte fluidité et dynamisme à la lecture. Les couleurs plutôt flashy et pleines de peps attirent, quant à elles, le regard des lecteurs qui n’auront alors pas d’autre choix que de vivre pleinement cette aventure dont on appréciera le degré de détails autant d’un point de vue visuel que narratif. J’ai, en outre, apprécié la complémentarité entre le travail de l’auteur et celui de l’illustratrice, le texte sachant se faire oublier durant les scènes d’action, et les illustrations arrivant à retranscrire à la perfection les émotions des personnages.

J’ai également apprécié les quelques discrètes, mais pertinentes allusions, à des travers de notre société comme l’impunité dont bénéficient les grands groupes ou cette médiatisation de tout et n’importe quoi. Mais l’atout charme de ce comics réside avant tout dans le superbe travail éditorial réalisé par la maison d’édition : illustration en grand format pour introduire chaque partie, papier glacé et épais et de très bonne qualité, couverture avec rabats, quelques bonus tels que le making-of du design des personnages… Tout autant de points qui font de cet ouvrage un très bel objet à posséder dans sa bibliothèque.

Bounty, Kurtis Wiebe

En conclusion, un univers futuriste immersif, une pincée de romance, une belle relation entre sœurs, du girl power, des personnages hauts en couleur, beaucoup d’action, du suspense, un art du flash-back maîtrisé, des illustrations pleines de peps et colorées, le tout saupoudré d’humour… Voilà la recette gagnante d’une aventure trépidante et immersive qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire et de vous faire passer un très agréable moment de lecture.

Découvrez/achetez le livre sur le site des Éditions Kinaye.

Dernière Terre. La série complète

Dernière Terre. La série complète par Rivière

Je remercie Babelio et Audible pour m’avoir permis de découvrir le livre audio Dernière Terre.  

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Au cœur d’une France envahie par les zombies, Dernière Terre raconte le voyage insolite de quatre jeunes prêts à tout pour rejoindre l’Angleterre.

Thomas, David, Laura et la petite Sophie vont côtoyer une série d’univers aussi bien mystique, surnaturel que médiéval. Pour traverser la Manche, notre quatuor de bras cassés va ainsi croiser une galerie de survivants aussi terrifiants qu’excentriques. Chaque étape de l’aventure permet de comprendre les origines de l’infection et le rôle primordial que les quatre personnages vont devoir tenir. Auront-ils assez de courage, de culot et d’inconscience pour parvenir à sauver l’Europe ? Disputes, kidnapping, menace de mort et fou rire embarquent l’auditeur dans un road movie burlesque et… particulièrement sanglant !

Avec, dans les rôles principaux : Donald Reignoux, Pierre Lacombe, Audrey Pirault & Mathilde Cerf.

Et dans les rôles secondaires (par ordre d’apparition) : Aurélien Portehaut, Jean-François Vlérick, Frédéric Courraud, Jacques Chambon, Amaury Jansens, Jean-Luc Couchard, Aliette Dussine, Renaud Rutten, Joëlle Sevilla, Clément Rivière, Kemar, Renaud Cathelineau, Diane Lacombe, Damien Minet, Laurent Blanpain, Ann Christin, Keith Farquhar, Benjamin Diebling & Charlie

Audible Studios – Livre audio ( 28/02/2019 ) – 4 h et 10 min – 17,95€

AVIS

Il m’a fallu du temps, mais j’ai fini par me mettre aux livres audio appréciant la flexibilité qu’offre ce format. Mais Dernière terre ne ressemble à rien de ce que j’ai pu écouter jusqu’à présent. Oubliez la monotonie que l’on peut retrouver dans certains textes audio ou encore cette impression de « faux » que l’on peut ressentir quand un narrateur prend plusieurs voix. Et pour cause, ici, chaque protagoniste a le droit à son propre comédien ce qui change radicalement l’expérience d’écoute. Ceci est d’autant plus important que cette histoire déjantée n’est construite que sur des dialogues, ce qui implique des échanges percutants et réalistes pour que la magie opère. Au-delà du jeu très convaincant des acteurs qui se sont complètement approprié leur rôle, le studio a veillé à soigner son ambiance sonore avec des effets et des bruitages plus que réalistes, et une bande-son rythmée et immersive. Résultat, on a le sentiment non pas d’écouter un livre audio, mais de prendre part à un film, les images se formant d’elles-mêmes dans notre esprit. Et ça, ça change tout dans le plaisir que l’on prend à assister à cette aventure complètement loufoque et décalée.

Les auteurs plongent directement les lecteurs dans une France zombifiée aux côtés de Thomas et David, deux amis qui aimeraient se rendre en Angleterre où le frère de Thomas les attend. Autre fléau, autre temps, mais même lieu de résistance… Mais avant d’atteindre la terre promise, ou plutôt l’île de toutes les convoitises, les deux amis d’enfance vont devoir affronter ces charmantes créatures que sont les zombies. Ils seront heureusement accompagnés par deux personnages rencontrés en cours de route : une fillette, Sophie, et une jeune femme, Laura.

Les personnages sont très différents les uns des autres et plutôt complémentaires même si j’ai regretté que David soit cantonné au rôle du boulet de service. Accro aux jeux vidéo qu’il a une légère tendance à confondre avec la réalité, il semble parfois complètement déconnecté de la réalité. Cet aspect de sa personnalité apporte un certain comique, mais a fini par me lasser d’autant qu’en plus de ne servir à rien, il adore se plaindre… En cas d’apocalypse zombie, je me sentirais donc bien plus en sécurité auprès de Thomas qui lui a les pieds sur terre et qui, sans être parfait, a quand même bien plus de bon sens et de sens pratique que son comparse. Mais c’est bien Laura et son esprit d’initiative qui suscitent le plus l’admiration. Brute de décoffrage, la jeune femme affronte toutes les situations, même les plus dangereuses, sans sourciller et avec un certain aplomb ! Avec elle, les zombies, mais pas que, n’ont qu’à bien se tenir ! Sophie, quant à elle, apporte une bonne dynamique au groupe qui veille sur elle bien qu’on soit en droit de se demander si ce n’est pas plutôt elle qui veille sur lui. Pleine d’entrain et d’impertinence, cette enfant, psychopathe sur les bords, vous réservera quelques surprises…

Le quatuor va traverser des situations extrêmes et variées dont le côté loufoque ne pourra que vous faire sourire. Car si les zombies sont au menu, nous sommes avant tout ici dans un road trip burlesque qui ne manque pas de charme. L’humour omniprésent est d’ailleurs ce qui m’a permis d’apprécier l’histoire n’étant pas une grande fan des histoires de zombie quand elles sont traitées de manière conventionnelle. En plus de se moquer gentiment des classiques et des poncifs du genre en les poussant à l’extrême, les auteurs nous offrent une jolie plongée dans la culture populaire avec, entre autres, de nombreuses références à des jeux vidéo que l’on connaît tous plus ou moins, même si ce n’est que de nom… Au passage, ils ne manquent pas d’évoquer l’actualité avec notamment l’apparition de gilets jaunes qui pourra faire grincer quelques dents, mais qui m’a beaucoup amusée, ou encore cette question des réfugiés dont le parallèle avec la situation dans laquelle se trouvent nos personnages est plutôt bien amené… En plus de quatre heures, bien d’autres sujets sont évoqués avec dérision et parfois un certain cynisme, mais pour les découvrir, reste à vous jeter sur ce livre audio d’un genre nouveau.

La construction du livre en dix chapitres de vingt à trente minutes m’a beaucoup plu puisqu’elle permet à chacun de caser facilement l’écoute d’un ou plusieurs chapitres dans son emploi du temps sans avoir la frustration de devoir s’arrêter en plein milieu d’une scène décisive. J’ai également apprécié le rythme de ce récit qui ne souffre d’aucun temps mort, les péripéties et les rencontres, plus ou moins sympathiques, s’enchaînant les unes à la suite des autres jusqu’à la révélation finale. J’ai d’ailleurs trouvé la fin peut-être un peu expéditive, mais elle reste dans la lignée de l’histoire, complètement barrée !

Seuls deux points ne m’ont pas permis d’avoir un coup de cœur pour ce livre audio que j’ai pourtant pris beaucoup de plaisir à découvrir : la voix criarde et aigüe de Sophie qui finit par devenir difficilement supportable même si elle correspond assez bien à l’idée que l’on pourrait se faire du personnage. Et l’humour qui, au bout d’un moment, m’a parfois semblé too much, certains gags étant répétitifs, et l’abus de clichés/caricatures lassant… Mais c’est un point très personnel, et je ne doute pas que d’autres apprécieront la manière dont les auteurs jouent cette carte à fond.

En conclusion, grâce à un sublime travail sur l’ambiance sonore et les voix des personnages, Dernière Terre fut une expérience d’écoute ébouriffante, originale et complètement immersive. Si vous aimez ou souhaitez découvrir les livres audio, je ne peux que vous encourager à vous laisser tenter, et ceci, que vous appréciiez ou non les zombies puisque pris dans le feu de l’action et charmé par l’humour corrosif des auteurs, vous ne devriez pas voir le temps passer. Amateurs d’horreur et d’humour, vous avez trouvé votre prochaine « lecture » !

Retrouvez Dernière Terre sur Audible et/ou téléchargez gratuitement le pilote

 

Un amour de chat, Melinda Metz

Melinda Metz - Un amour de chat.

Je vous avais déjà présenté les premières lignes d’Un amour de chat de Melinda Metz, un roman qui me tentait énormément et que j’ai eu le plaisir de recevoir dans le cadre de mon partenariat avec les éditions l’Archipel.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ils sont félins pour l’autre

Jane, 34 ans, a connu l’année de l’Homme égocentrique, l’année de l’Homme qui a oublié de dire qu’il était marié, l’année de l’Homme qui ne s’engage pas… Et combien d’autres déconvenues encore ?
Alors, c’est décidé : cette année sera la sienne ! Une parenthèse au cours de laquelle elle accomplira ses rêves – dès qu’elle les aura identifiés, bien sûr… Une année loin du lycée où elle enseignait l’histoire. Une année loin des hommes, surtout !
Mais MacGyver, son adorable chat, ne l’entend pas de cette oreille. Cupidon facétieux, il s’est fixé pour objectif de briser la solitude de Jane. Quitte à se muer en cha(t)pardeur


l’Archipel (mars 2019) – 336 pages – Broché (20€) – Epub (13,99€)
Traductrice : Catherine Duras

AVIS

Melinda Metz a été scénariste et cela se ressent dans la manière dont est orchestré ce récit qui ferait sans aucun doute des merveilles s’il était porté sur grand écran. Il faut dire qu’avec un personnage aussi truculent et haut en couleur que MacGyver, les spectateurs n’auraient pas d’autre choix que d’avaler leur pop-corn les yeux rivés à l’écran !

Dès les premières lignes, j’ai ainsi été séduite par le ton de l’histoire qui n’est pas dénuée d’humour et de légèreté. S’inspirant d’un fait réel qui m’avait d’ailleurs beaucoup amusée, l’autrice nous narre l’histoire d’un chat prénommé MacGyver qui est aussi débrouillard que son homonyme. Mac adore sa maîtresse Jane et s’est donné comme mission de la rendre heureuse en lui trouvant un compagnon de route afin de chasser ce sentiment de solitude qui l’anime. Et pour ce faire, vous verrez qu’il a plus d’un tour dans son sac ! Il n’hésitera pas, la nuit tombée, à quitter sa peau de chat d’appartement pour se muer en petit chapardeur, au plus grand désarroi de Jane…

Mais Mac a un grand cœur, et très vite, aider son humaine ne lui suffit plus. Il va se mettre en tête d’apporter du bonheur à tous ces humains qui sont bien incapables de deviner par eux-mêmes ce dont ils ont véritablement besoin. Usant et abusant de sa malice, de son flair hors pair, d’un certain culot, d’un sens aigu de la discrétion et de son intelligence à toute épreuve, il apportera ainsi, petit à petit, bonheur et lien social dans son quartier. Il met tellement de cœur et d’enthousiasme à rendre les gens heureux qu’on ne pourra que lui pardonner la méthode peu orthodoxe qu’il met en œuvre pour y arriver. Et puis comment résister à ce chat qui joue les gros durs, mais qui a un cœur en or ? Ne lui répétez pas, mais je le soupçonne même de ne pas autant détester ce « crétin » de chien qu’il s’amuse à provoquer et à embêter à la moindre occasion.

Aux côtés de ce chat qu’on ne peut qu’adorer et rêver d’adopter, l’autrice nous propose également une galerie de personnages attachants et tout aussi hauts en couleur. Parmi ceux-ci, il y a la voisine bohème que l’on apprécie pour la pointe d’excentricité et l’amitié qu’elle apporte à Jane, le couple de voisins âgés avec la femme autoritaire qui se révèle attentionnée bien que plutôt intrusive tout comme peut l’être son amie Helen, le voisin agaçant, mais pas méchant, qui sous prétexte d’avoir joué un détective à l’écran, se lance sur la piste du voleur qui sévit dans le voisinage…

Il n’y a pas à dire, Jane a bien fait de poser ses valises à Storybook Court, un lotissement plein de charme que ce soit grâce à ses habitants et à ses habitations atypiques ou l’atmosphère qui imprègne les rues. Et puis être domiciliée au 185 rue de la Pantoufle-de-Vair, ça en jette ! À l’inverse de Cendrillon, il n’y a pas de marâtre ni de sœurs détestables dans la vie de Jane, mais il se pourrait qu’un prince charmant, du nom de David, fasse son apparition… Touchant, sensible, gentil et drôle, cet homme plein de charme ne devrait pas laisser les lectrices et lecteurs indifférents d’autant qu’il y a une vraie alchimie entre lui et Jane. Mais la jeune femme est-elle prête à lui faire une place dans son « Année à moi » ? Cette année sabbatique durant laquelle elle est bien décidée à trouver sa voie, ce travail qui la rendrait heureuse et qui lui permettrait de s’épanouir. De la même manière, David, toujours affecté par le décès de sa femme, est-il prêt à laisser la place à une autre personne dans son cœur ?

Je vous laisserai bien sûr le plaisir de découvrir la réponse à ces questions par vous-mêmes, mais je peux vous dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice a construit et développé la relation entre les deux personnages. C’est fait avec réalisme, bienveillance, douceur, et humour. J’ai, en outre, apprécié que Jane et David ne soient pas obnubilés par la recherche de l’âme sœur, mais que ce soient les caprices du destin, et peut-être un peu ceux d’un certain chat, qui vont les pousser à s’interroger sur leurs sentiments… La seule chose qui m’a parfois légèrement exaspérée est l’insistance avec laquelle l’entourage plus ou moins proche de Jane et David va essayer de les caser. Ce n’est pas juste, mais quand c’est Mac qui joue les cupidons, on trouve tout de suite ça très mignon, mais quand ce sont deux voisines intrusives ou des amis qui semblent incapables de comprendre qu’il faille du temps pour surmonter un deuil, ça finit par exaspérer. Mais les personnages sont tellement attachants qu’on leur pardonne très vite…

L’histoire, construite avec intelligence et une certaine légèreté, a indéniablement des airs de feel-good, du genre à vous donner le sourire pour la journée, et l’envie de croire en la capacité de chacun à reprendre sa vie en main. Se dessine également une jolie réflexion sur la notion de bonheur, et de cette force qui vous pousse, matin après matin, à vous lever et à avancer dans la vie.

En conclusion, Un amour de chat est un joli roman qui met en scène des personnages attachants, réalistes et proches des lecteurs. Même MacGyver, ce super chat qu’on rêverait tous d’adopter, finit par sembler aussi réaliste que tous ces humains qu’il s’échine à rendre heureux malgré leur manque évident de bon sens et de flair. Romance ou feel-good, voire un peu des deux, voici un livre que je vais garder précautionneusement dans ma bibliothèque afin de le relire quand j’aurais besoin d’une bonne dose de soleil et de bonne humeur dans ma vie. Merci à toi MacGyver, chat du bonheur !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions l’Archipel.

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye de m’avoir permis de découvrir Space Battle Lunchtime de Natalie Riess.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Space Battle Lunchtime est un show culinaire ultra populaire diffusé jusqu’aux confins de l’univers et sa nouvelle saison est sur le point de commencer ! Quand l’un des chefs sélectionnés jette l’éponge à la dernière minute, une apprentie pâtissière terrienne, Peony, se voit offrir la chance de le remplacer et de concourir pour la notoriété, la gloire et un prix de 20 000 Solarbucks. Elle doit simplement impressionner les juges aliens et battre les cinq autres chefs sélectionnés (aussi des aliens !) : la mystérieuse Neptunia, le sournois Melonhead, l’intimidant Jacques, la féroce Owline, et le robuste Meatabax.

Coincée entre des concurrents déloyaux et des ingrédients inconnus, Peony va devoir tout donner. Est-elle prête à surmonter le monde impitoyable de la cuisine intergalactique, ou s’est-elle surestimée ?

Éditions Kinaye (15 février 2019) – 120 pages – 13,50€
Traduction : Romain Galand – Série en 2 tomes

AVIS

MasterChef n’a pas de secret pour vous et vous adorez les émissions culinaires mettant en compétition différents candidats sous l’œil plus ou moins bienveillant des caméras et des téléspectateurs ? Space Battle Lunchtime  va vous plaire !

Dans un décor de science-fiction qui s’impose de lui-même, Natalie Riess nous propose une parodie colorée et bien barrée de ces shows culinaires qui ont le vent en poupe. Sauf qu’ici, le studio de télévision ne se situe pas sur terre, mais dans l’espace ! Place aux aliens dont l’apparence, en plus d’être bigrement originale, varie énormément d’un individu à l’autre…

Il en faut heureusement bien plus pour perturber Peony, l’outsider du show. Cette jeune terrienne, qui ignorait il y a encore peu l’existence d’autres peuples dans l’univers, va se retrouver brutalement propulsée sur le devant de la scène. Choisie au pied levé par un (mal)heureux concours de circonstances pour remplacer une candidate qui a déclaré forfait, elle va devoir affronter, dans une compétition sans pitié, cinq autres chefs. Je vous laisserai le plaisir de les découvrir, mais je peux vous dire que l’autrice nous offre une galerie de personnages hauts en couleur. Très différents les uns des autres, chaque participant a pourtant sa petite spécificité qui le rend unique et plutôt mémorable. À cet égard, j’ai adoré le choix des noms qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire.

Certains protagonistes sortent évidemment du lot, mais je confesserai avoir été plus particulièrement touchée par l’un d’entre eux dont on devine une grande gentillesse derrière une apparente froideur. À l’inverse, l’un des chefs, qui ne va pas apprécier de trouver en Peony une concurrente sérieuse, se révèlera très vite antipathique et assez fourbe. Entre les coups bas, le manque de fair-play évident qui règne sur le plateau, la découverte des ingrédients et des appareils de cuisson extraterrestres, Peony devra faire preuve de combativité, de pugnacité, de débrouillardise et de créativité pour ne pas se faire évincer du show. La jeune fille ne devrait d’ailleurs pas manquer de vous épater par sa capacité à se dépasser et à ne jamais baisser les bras devant les difficultés qui se dressent sur son chemin.

Nous sommes dans une BD jeunesse et cela se ressent dans la mise en place de l’intrigue qui se fait très rapidement, l’autrice ne se perdant pas dans des détails inutiles ou laborieux. Un sens de la concision qui permet de s’immerger immédiatement, ou presque, dans l’histoire puisqu’on ne se pose pas de question. Comme Peony, on accepte sans sourciller l’existence des aliens qui semblent finalement plutôt humains, du moins au niveau des émotions (joie, peine, jalousie, méchanceté, envie…). Ne reste alors plus aux lecteurs/spectateurs qu’à savourer et découvrir avec amusement les différentes péripéties qui s’enchaînent à une vitesse folle.

Le rythme de ce comics plein d’humour et de légèreté devrait séduire les jeunes lecteurs d’autant que le texte concis, mais toujours percutant, apporte fluidité et dynamisme. Deux points renforcés par un découpage audacieux de l’intrigue qui souligne à merveille les événements forts du show et de ses coulisses. L’autrice inclue également, à chaque début de chapitre, un petit récapitulatif du précédent. Un joli clin d’œil à ce procédé utilisé à la télé et dans les séries qui présente aussi l’avantage de synthétiser l’action, ce qui en fonction de l’âge du lecteur, peut toujours être utile.

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Le lecteur ainsi guidé dans sa lecture pourra en admirer l’esthétique : couleurs vives, festives et pleines de peps, dessins tout en rondeur, expressivité des visages et des expressions corporelles… N’oublions pas non plus le très beau travail éditorial réalisé par la maison d’édition avec des couleurs lumineuses, un papier épais très agréable au toucher, des bonus (croquis, un making of…), une couverture souple facilitant la prise en main…

 

Quant à la fin, elle est à l’image de ce premier tome : explosive ! Attendez-vous donc à un retournement de situation qui ne pourra que vous donner envie de vous jeter sur la suite. Bonne nouvelle, elle devrait être disponible dès juin.

En conclusion, ancré d’un univers de science-fiction coloré et lumineux, Space Battle Lunchtime est une histoire savoureuse et pleine d’humour qui fait une large place à la cuisine, à l’amitié, aux rivalités, et qui n’est pas dénuée de tension ni de suspense. Si vous aimez les shows culinaires où l’esprit de compétition règne et/ou les héroïnes attachantes, passionnées, tenaces et courageuses qui vont jusqu’au bout de leurs rêves, ce comics est fait pour vous.

Retrouvez l’ouvrage sur le site des éditions Kinaye