La lady au parapluie noir, Mary Balogh

La lady au parapluie noir

De passage dans une auberge malfamée, le vicomte Kincade est attaqué par des malandrins. Mais le drame vire au burlesque quand une espèce de furie en chemise de nuit met les voleurs en déroute à grands coups de parapluie. Le vicomte est mortifié. Quoi de plus humiliant pour un gentleman que d’être défendu par une faible femme ? Il va être la risée du Tout-Londres quand l’histoire se saura ! Et le pire reste à venir, car en guise de remerciement la pétulante Daisy lui demande de lui ouvrir les portes de la bonne société. Impossible de refuser sans passer pour un goujat. Voilà donc notre vicomte coincé avec cette femme exaspérante… horripilante… et adorable.

J’ai lu (01/09/2021) – 288 pages – Papier (6,50€)
Traduction : Maud Godoc

AVIS

Après avoir abandonné Une partie de campagne au bout d’une centaine de pages, j’ai eu envie de redonner sa chance à l’autrice. Et mon choix s’est porté sur une nouvelle parution des éditions J’ai lu : La lady au parapluie noir.

Si dans Une partie de campagne, le style de l’autrice m’a semblé froid, presque clinique, il m’a ici tout de suite séduite. Fluide, agréable et pleine d’humour, la plume de l’autrice rend la lecture particulièrement addictive et amusante. D’ailleurs, cela faisait longtemps que je n’avais pas autant ri devant un roman ! Complètement captivée par Daisy et sa personnalité des plus originales, je l’ai lu en une soirée, d’autant que l’autrice a réussi à se dégager des canons habituels pour nous embarquer dans une histoire hautement divertissante.

Il faut dire que notre héroïne, c’est un spectacle à elle toute seule. Mue par un sens inégalé de la justice et par son envie profonde et sincère d’aider son prochain, elle a une légère tendance à se mettre dans des situations indignes d’une lady, à enchaîner les catastrophes et à se mettre à dos les personnes qu’elle veut sauver. Et ce n’est pas vicomte Kincade qui vous dira le contraire ! Se faire voler sa bourse dans une auberge avant d’être traité avec suspicion puis agressé par des gros bras, ce n’est pas glorieux pour un noble. Mais alors se faire sauver par une harpie en chemise de nuit qui pousse le vice jusqu’à payer vos dettes de jeu, votre nuit à l’auberge et votre séance de sport en chambre avec la serveuse, c’est le comble de l’humiliation. Une humiliation d’autant plus grande que le tout Londres s’en délecte et s’en esclaffe !

Imaginez donc la surprise de notre vicomte quand l’objet de sa honte lui demande de l’aider à introduire sa, il est vrai, très jolie sœur dans la haute société, quand il ne rêve que de serrer très fort son cou fort gracile au demeurant. Mais n’a-t-elle donc aucun instinct de survie ni bon sens ? Une question que Kincade ne cessera de se poser à mesure qu’il côtoie la jeune femme qui trouve toujours le moyen de le mettre dans l’embarras, et de se donner en spectacle au mépris des convenances qu’elle ne semble pas connaître. Mais indépendante et libre d’esprit, il est fort à parier que même si elle les connaissait, elle ne perdrait pas son temps à les respecter.

Que j’ai adoré les interactions entre ces deux fortes têtes avec, d’un côté, un noble éberlué par cette femme menue qui a le don de le mettre dans tous ses états, et une jeune femme altruiste et courageuse qui vit clairement dans son propre monde. Elle m’a beaucoup fait rire par sa manière toute personnelle d’interpréter les événements et de s’imaginer la reconnaissance dans les yeux des gens, alors qu’elle devrait plutôt y voir de l’irritation ou de la gêne, voire les deux. Ce décalage entre sa vision et la réalité donne des situations hilarantes et cocasses, d’autant qu’on assiste aux états d’âme d’un vicomte complètement désemparé par cette femme imprévisible et horripilante, mais diablement attirante. Car si Daisy, du haut de ses 25 ans, se considère comme une vieille fille sans charme, la réalité est tout autre…

J’ai eu un coup de cœur pour cette héroïne idéaliste, courageuse et altruiste qui fait passer le bonheur des autres avant le sien, et qui est complètement dévouée à sa jeune sœur Rose. Quant à Kincade, il m’a beaucoup amusée par son désarroi devant une Daisy qui ne voit jamais les choses comme elles le sont. Il m’a également touchée par la manière dont, petit à petit, il va avoir autant envie de l’étrangler que de la protéger de sa propre inconscience. Car Londres n’est pas sa campagne natale, et les interventions intempestives de la jeune femme pourraient avoir de terribles conséquences… Les deux personnages vont nouer une relation intéressante et mouvementée : Daisy est bien décidée à continuer à régenter son monde, tout en espérant que le vicomte continue à lui résister, ce que personne n’avait jamais fait avant lui ; Kincade est bien décidé à lui mettre un peu de plomb dans la tête. Et ça, ce n’est pas gagné ! Heureusement, un mauvais coup du sort va lui donner un petit délai pour tenter de réaliser l’impossible…

Si les deux ensemble ne m’ont pas donné des papillons dans le ventre, j’ai adoré les suivre et les voir évoluer au contact l’un de l’autre. Les personnages secondaires se révèlent également intéressants, et la plupart bienveillants, ce qui n’est pas si courant. Mention spéciale au frère du vicomte, un religieux qui tente de tempérer le caractère de son frère et qui se prend d’emblée d’estime pour Daisy, son altruisme et son courage. Ils ont une manière très différente de le faire, mais le religieux et la jeune femme essaient de réparer, ne serait-ce qu’un peu, les inégalités du monde et de protéger les moins nantis. Quant à Rose, elle fait un peu pâle figure devant sa sœur imprévisible au caractère bien trempé, mais elle n’en demeure pas moins attachante. Bien que celle-ci tende à la mettre régulièrement dans l’embarras sans même le réaliser, Rose est sincèrement attachée à Daisy et lui est reconnaissante de ses tentatives, parfois maladroites, de l’aider et de la soutenir. La jeune sœur de Kincade m’a, dans une certaine mesure, et en beaucoup moins exaspérante, rappelé Lydia, la jeune sœur d’Elizabeth dans Orgueil et préjugés, et l’antagoniste m’a un peu fait penser à Wickham…

En conclusion, légère, drôle et pleine de piquant, cette romance est un petit bonbon qui vous donnera le sourire aux lèvres ! À travers un duo haut en couleur, composé d’une héroïne intrépide qui vit dans son propre monde aux mépris de la réalité et des convenances, et d’un vicomte luttant très fort pour conserver le peu de maîtrise qui lui reste, l’autrice nous régale de scènes cocasses et hilarantes, nous prouvant sa parfaite maîtrise du comique de situation. Une romance historique parfaite pour se détendre, pour s’initier en douceur au genre ou au contraire, pour continuer sa découverte en compagnie d’un vicomte qui illustre parfaitement l’idée qu’entre l’exaspération et l’amour, il n’y a parfois qu’un pas ou une femme imprévisible, exaspérante, mais ô combien attirante.

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure (tome 5), Goulesque et Widenlocher

 

Couverture Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure , tome 5

Plongez au cœur de l’Apeupréhistoire !
Pas tout à fait dinosaure ni vraiment homme, Nabuchodinosaure, Nab pour les intimes, est doué de parole, d’un solide sens de l’humour et, du moins en est-il persuadé, d’une intelligence exceptionnelle qui lui permet de supporter les désagréments de son époque située un peu avant ou un peu après J.?C. (on ne sait pas trop). Et des désagréments, il y en a dans l’Apeupréhistoire : dinosaures stupides, volcans terrifiants, plantes carnivores et autres catastrophes à poil et à plume.

Bamboo éditions – 48 pages – 10,95€
Couleurs : Anne Franjou-Gille

AVIS

Avant que la maison d’édition ne me propose de découvrir le tome 5 des Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, je ne connaissais pas la série ni même celle l’ayant précédée, Nabuchodinosaure. Mais cela ne gêne en rien la lecture de cette BD qui alterne, page après page, gags, humour, couleurs et bonne humeur !

Si je préfère, en général, les BD avec une intrigue par tome, ce format présentant un gag sur une ou deux planches maximum ne manque pas d’attrait pour une pause détente rapide et sans prise de tête ou pour lire quelques pages par-ci par-là. Ce format présente également l’avantage de pouvoir plaire aux enfants à condition de ne pas lire la BD d’une traite. 

J’ai ainsi lu en plusieurs séances une partie de la BD à ma nièce de 5 ans, Éva. Mon neveu de 3 ans, Émeric, n’a pas manqué, quant à lui, de venir écouter quelques planches que je lisais à sa sœur, avant de repartir vaquer à ses occupations. Il a particulièrement apprécié deux gags, ou du moins les illustrations de ceux-ci : le premier dans lequel il a pu s’identifier à l’un des personnages qui détruit sa maison en voulant l’améliorer, mon neveu ayant un petit côté bulldozer. J’ai d’ailleurs eu droit à un très lucide, « je casse tout moi ». Et le second lié à une plante carnivore végane pas si végane que cela. S’il n’a pas vraiment compris la chute (pas facile d’expliquer la notion de plante carnivore végane à un enfant de trois ans…), il a d’emblée saisi que sur un dessin, la plante semble gentille, et sur l’autre méchante. Un changement qui l’a beaucoup intéressé et interrogé, et qui s’est conclu de sa part, après explication sur la notion de duperie, par un « méchant toi » lancé à la plante d’un doigt accusateur.

Quant à ma nièce habituée aux BD du type Mickey, ma belle-sœur étant une grande passionnée du genre, elle a été sensible aux quelques gags, notamment ceux à l’humour simple et enfantin, et surtout aux couleurs vives. Moi-même, j’ai apprécié les illustrations très expressives et tout en rondeur de Widenlocher, et le travail de colorisation d’Anne Franjou-Gille apportant beaucoup de charme à l’histoire. Alors si Éva est clairement encore trop jeune pour saisir toutes les allusions et les chutes qui concluent chaque planche, cela ne l’a pas empêchée de me demander dès son réveil d’en poursuivre la lecture, et de prouver non sans fierté qu’elle savait, contrairement à nos personnages, distinguer un dromadaire d’un chameau.

Pour ma part, j’ai été ravie de me plonger dans une période indéterminée de l’histoire, dans laquelle on retrouve des décors et animaux de la préhistoire, mais aussi des objets qui nous apparaissent bien plus modernes. Ce décalage et les nombreux anachronismes rendent d’ailleurs la BD particulièrement savoureuse et amusante. Je n’ai jamais éclaté de rire, mais j’ai très régulièrement souri devant les (més)aventures de nos drôles de personnages, la version « préhistorisée » de certains objets, et des idées pas si bêtes que cela, mais qui en absence de réelles connaissances scientifiques, ne donnent jamais vraiment les résultats escomptés. Et ce n’est pas le pauvre Nab qui vous dira le contraire !

N’ayant lu qu’une BD le mettant en scène lui et ses acolytes, je ne me suis pas encore attachée au personnage, mais j’ai apprécié sa naïveté, son esprit d’initiative, et ses déboires qu’ils soient technologiques ou amoureux. Car le pauvre, si ses inventions tendent à se retourner contre lui, il ne semble pas non plus très doué pour faire la cour à l’élue de son cœur, Manon. Une femme, ou plutôt un dinosaure au féminin, au tempérament de feu ! Il faut dire qu’entre son fils et ses maladresses, il y a du travail…

Au-delà de l’humour bien présent, alliant humour léger et références religieuses, architecturales, sociétales ou encore technologiques, j’ai pris plaisir à découvrir des personnages à l’allure d’animaux, mais aux comportements et à la personnalité très humains. Un anthropomorphisme à une aire apeupréhistorique qui fait merveille et ajoute beaucoup de sel à une BD qui n’en manque déjà pas ! Alors si vous avez envie d’une petite pause détente sans prise de tête et diablement amusante, plongez-vous sans attendre dans cette série où vous découvrirez des animaux apeupréhistoriques et bien trop humains pour leur propre bien.

Je remercie Bamboo éditions de m’avoir envoyé cette BD en échange de mon avis.

 

Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, Gail Carriger

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Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Le Livre de Poche (18 avril 2012) – 432 pages – Poche (7,90€)

AVIS

Sans âme est pour moi une rerelecture puisque j’avais lu une première fois son adaptation graphique puis le roman originel. Et je dois dire que cette troisième lecture fut tout aussi appréciée que les précédentes. C’est simple, j’aime tout dans ce premier tome qui est, pour moi, le meilleur de la série et qui présente l’avantage de se suffire à lui-même. Vous pouvez, évidemment, poursuivre l’aventure, mais si vous préférez les one shot, vous aurez tout avec Sans âme : le rire, l’émotion, l’action, le mystère, le suspense, une romance au dénouement plus que satisfaisant…

Et parmi tous les atouts de ce roman, si je devais n’en retenir qu’un, ce serait incontestablement l’humour so british, quelque chose qui fonctionne toujours très bien avec moi. Dès la scène d’ouverture, Gail Carriger annonce la couleur : Alexia Tarabotti est une forte tête qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui possède une manière bien à elle de transgresser les conventions sociales de son époque, tout en y restant étrangement attachée. Alors quand un vampire isolé l’attaque, ce que notre « vieille fille » lui reproche, ce n’est pas tant de sortir les crocs, mais de le faire avant de lui avoir été présenté ! Cette scène, qui me fait toujours beaucoup rire, est un bon exemple du genre d’humour que vous retrouverez tout au long du roman.

Un humour qui fonctionne d’autant plus qu’il brille à travers une narration à la troisième personne diablement efficace pour accentuer les particularités de notre héroïne. Alors même si je préfère en général les narrations à la première personne, là, aucun autre choix n’aurait mieux convenu que celui opéré par l’autrice. Et puis, entre les très nobles Anglais, les effrontés Américains, les impétueux Italiens et les emportés Écossais, l’autrice joue à merveille sur les stéréotypes liés aux différentes culturelles. 

Autre aspect plutôt comique, la manière dont Alexia et sa meilleure amie se moquent gentiment de leurs défauts respectifs, et la relation chien chat entre Alexia et Lord Maccon. Cet impétueux loup-garou écossais, en plus d’être à la tête de sa meute, s’occupe du BUR, un bureau enquêtant sur les affaires paranormales. Les deux ne peuvent s’empêcher de se titiller et de se chamailler, mais très vite, il semblerait que cette relation houleuse cache des sentiments bien plus chaleureux et une certaine attirance. 

Disons-le tout de suite, j’ai craqué pour ce beau loup-garou qui a tendance à jurer comme un charretier dans les moments de tension et de passion, mais qui se révèle aussi attendrissant que maladroit quand il s’agit de courtiser une jeune femme indépendante et plutôt imprévisible. Ce n’est pas très charitable de ma part, mais que j’ai ri devant ses bévues et la manière dont Alexia le fait tourner en bourrique. Lord Maccon pourra heureusement compter sur l’aide de son second bien plus patient que lui et, surtout, bien plus à l’aise avec les règles en vigueur dans la bonne société anglaise, et chez les humains en général. Je me suis beaucoup attachée à ce second qui fait de son mieux pour contenir le caractère emporté et ombrageux de son Alpha.

Un caractère qui sera néanmoins très utile à Lord Maccon dans l’affaire qui le mobilise lui et Alexia : quand des loups-garous solitaires et des vampires isolés disparaissent, des vampires apparaissent de nulle part. Or la création d’un nouveau vampire étant strictement contrôlée, cette situation inquiète autant le BUR que les ruches de vampires. Je me souvenais plutôt bien de l’enquête et du dénouement, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à la suivre, l’autrice nous entraînant dans une histoire mêlant habilement science et monde surnaturel, un combo plutôt efficace. À cet égard, si les vampires et les loups-garous ne sont guère des créatures très dociles, je crois que je les préfère encore à l’entité développée dans ce roman par l’autrice. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que je l’ai trouvée effroyable et effrayante au possible !

Séduite par les joutes verbales entre Alexia et Lord Maccon, amusée par l’exubérance d’un vampire qui adore affubler Alexia de toutes sortes de noms, et dont la présence va mettre les nerfs de Lord Maccon à rude épreuve, et happée par l’enquête, je n’ai pas vu le temps passer, d’autant que l’action et les révélations sont au rendez-vous ! On s’amuse donc beaucoup, on tressaille devant les événements, et on se laisse emporter par cette société victorienne transposée dans un univers steampunk plein de charme, d’ombrelles et de vapeur. Un univers où les loups-garous, fantômes et vampires sont parfaitement intégrés à la société anglaise, du moins en théorie… Car le sont-ils vraiment autant que cela ? La peur de la différence s’efface-t-elle devant la connaissance de l’autre, ou certains préfèrent s’enfermer dans le cercle vicieux de la haine et de la méfiance ?

En conclusion, quand Alexia n’est pas occupée à titiller un loup-garou écossais au sang chaud, ou à scandaliser ses proches, elle se lance dans une quête de vérité qui va lui montrer que la monstruosité peut parfois prendre forme humaine… Rythmé, amusant, teinté de romance et auréolé de suspense, Sans âme est un roman savoureux que je ne peux que vous conseiller si vous aimez les univers steampunk, les fortes têtes, les relations chien chat et les enquêtes vous conduisant sur le chemin d’une terrible vérité bien dangereuse pour ceux qui souhaitent la dévoiler.

Throwback Thursday Livresque #207 : plage

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour le thème de la semaine (plage), j’ai hésité entre vous parler d’un thriller, d’une romance ou d’un livre qui se déroule à la plage/mer, avant d’opter pour une valeur sûre, un Sophie Kinsella : Les petites secrets d’Emma.

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Ce n’est pas qu’Emma soit menteuse, non, c’est plutôt qu’elle a ses petits secrets. Par exemple, elle fait un bon 40, pas du 36. Elle ne supporte pas les strings. Elle a très légèrement embelli son CV. Et avec Connor, son petit ami, au lit ce n’est pas franchement l’extase. Bref, rien de bien méchant, mais plutôt mourir que de l’avouer.
Mourir ? Justement… Lors d’un voyage en avion passablement mouvementé, Emma croit sa dernière heure arrivée. Prise de panique, elle déballe tout à son séduisant voisin…

L’avantage de ce roman, par rapport à la série L’accro du shopping bien plus connue, est qu’il s’agit d’un tome unique. Parfait donc pour les vacances et/ou une lecture de plage amusante et sans prise de tête comme savent l’être les romans de chick-lit.

Un film existe, mais la bande annonce ne m’ayant pas convaincue, je ne l’ai jamais regardé :


Je triche un peu en vous proposant d’autres romans, tous chroniqués sur le blog, qui me semblent également répondre à merveille au thème de la semaine :

Couverture L'anti-lune de mielCouverture Les Amants de Key WestCouverture Duel au soleilCouverture Valeria, tome 1 : Dans les pas de Valeria

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

Le chameau de la bibliothèque, Karine Guiton

Couverture Le Chameau de la bibliothèque

Monsieur Mache n’est pas un chameau comme les autres. Grand amateur de littérature, il passe son temps à emprunter des livres à la bibliothèque.
Oui, mais voilà, il ne rend jamais les ouvrages empruntés !

Le chameau est-il seulement tête ou l’air, ou cache-t-il un véritable secret ?

Didier Jeunesse (7 juillet 2021) – 96 pages – Papier (7,90€)
Illustrations : Laure Du Faÿ

AVIS

Adorant les livres, les bibliothèques et les animaux, le titre et la couverture ont tout de suite attiré mon attention.

Ce roman semble, d’une certaine manière et non sans facétie, interroger le rapport que l’on peut avoir aux livres. Êtes-vous plutôt du genre à les sacraliser et à regarder d’un très mauvais œil les personnes qui leur portent atteinte comme Floris la bibliothécaire, ou êtes-vous plutôt un Monsieur Mache en puissance qui adore lire, mais qui ne s’attache pas outre mesure à l’objet-livre, préférant se focaliser sur le contenu et toutes ces expériences et émotions que les livres offrent aux lecteurs ?

Deux visions des livres opposées qui finissent par s’affronter quand Floris, excédée par les nombreux livres que Monsieur Mache n’a pas rendus sous des prétextes tous plus farfelus les uns que les autres, finit par lui reprendre sa carte de lecteur. Un geste évidemment justifié, le comportement de Monsieur Mache méritant sanction, mais qui ne sera pas sans conséquence, que ce soit pour ce grand lecteur avide de se nourrir l’esprit, ou le club de lecture dont il fait partie, et qui a besoin de son talent d’orateur pour un concours…

Si je me sens une certaine affinité avec notre bibliothécaire girafe qui a du mal à se séparer de livres, j’ai apprécié que l’autrice rappelle que parfois, un tri s’avère indispensable, permettant ainsi de donner sa chance à d’autres ouvrages. Mais on verra qu’ici, le désherbage prend une tout autre dimension. Car en plus de faire du vide, il permettra à deux individus de satisfaire leur amour commun des livres, et de s’assurer qu’ils finissent comme ils ont « vécu » : entre les mains (mais pas que) d’un bibliovore qui en gardera et en portera le souvenir à tout jamais, et ceci grâce à une méthode quelque peu inattendue.

Plein d’humour, ce roman est porté par une galerie de personnages variés, hauts en couleur, et dont les échanges mouvementés ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Si comme moi, vous aimez les romans où les personnages sont des animaux aux caractéristiques propres, mais également très humaines, vous passerez un très bon moment de lecture. Pour ma part, j’ai apprécié les trois protagonistes principaux : notre bibliothécaire stricte et grande protectrice des livres, sa fille Kika pleine d’entrain, et le fameux Monsieur Mache qui a tendance à « oublier » de rendre certains livres…

Il faut dire qu’il a une manière très très originale d’assouvir son appétit littéraire ! Je n’en dirai pas plus puisque découvrir son petit secret fait partie intégrante de l’expérience de lecture, mais la raison de ses petits oublis m’a beaucoup amusée. Elle devrait également bien fonctionner auprès des enfants, tout en croisant les doigts pour qu’il ne leur vienne pas l’idée saugrenue d’imiter un Monsieur Mache qui porte à merveille son nom. La jeune Kika leur offrira, en outre, un personnage auquel s’identifier, sa curiosité, sa gentillesse et sa petite tendance à enfreindre le sacro-saint règlement de sa maman, ainsi que certaines règles, la rendant fort sympathique. Ce personnage permet également aux enfants de comprendre la différence entre les règles qu’il convient de respecter pour le confort des usagers, et celles qu’il est strictement interdit d’outrepasser, sous peine d’être sanctionné.

Quand on aime les livres, il est quasiment impossible de ne pas succomber à cette charmante et quelque peu loufoque histoire qui bénéficie de sympathiques illustrations en couleurs rendant les personnages encore plus dynamiques, réels, vivants et attachants.

En conclusion, ode aux livres et aux lecteurs, ce roman jeunesse amusant et savoureux à souhait offre un très bon moment de divertissement qui enchantera les enfants, et tous les amoureux des livres prêts à faire des rencontres surprenantes, dont l’une qui ne manque ni de mordant ni de panache !

Je remercie Didier jeunesse et Netgalley pour m’avoir permis de lire ce livre en échange de mon avis

Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse

Si quelqu’un peut comprendre ce que reposer en paix veut dire, c’est bien Ivy. Enfin, « se » reposer en paix, en tout cas.

Tout juste remise sur pied après son affrontement macabre avec un nécromancien, Ivy est de nouveau plongée dans un monde de mystère, d’aventure, et de désastre imminent. C’est pas de sa faute : apparemment, elle est désormais la seule personne au monde à pouvoir communiquer avec les morts. Et malheureusement pour elle, ils ont la langue bien pendue et une grosse liste de réclamations.

Quand, en échange de son aide, les fantômes lui apprennent qu’un tueur en série assassine discrètement des sorcières, Ivy ne peut pas rester sans rien faire. Elle risque cependant de s’attirer plus d’ennuis qu’elle ne l’imagine… et c’est sans parler du dîner en costard prévu chez les parents de Winter…

AVIS

Avis Tome 1 : Quand fainéantise rythme avec magie – Avis tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Je râle souvent contre les séries de bit-lit et d’urban fantasy à rallonge, mais je n’aurais pas été contre quelques tomes supplémentaires, adorant Ivy Wilde et sa fausse fainéantise. Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, je me suis plongée avec plaisir dans cet ultime tome, en me faisant la promesse de ne pas attendre trop longtemps pour lire la nouvelle bonus.

Si j’ai apprécié ce tome, j’ai peut-être été un peu déçue de son côté très classique et presque trop sage par rapport à un deuxième tome, dont la tension montait crescendo jusqu’à se faire suffocante. Ici, alors que l’autrice évoque un tueur en série de sorcières particulièrement calculateur et sans cœur, je n’ai jamais ressenti d’angoisse particulière ni cette peur viscérale qu’il arrive quelque malheurs aux personnages. J’ai néanmoins suivi avec intérêt l’enquête d’Ivy et de Raphaël sur les traces de ce meurtrier qui voue une haine féroce aux sorcières, des êtres qu’il accuse de tous les maux et qu’il traque méthodiquement et avec un certain machiavélisme, voire professionnalisme. Vous verrez, en effet, qu’il a pensé à tout et qu’il ne laisse aucune place au hasard !

Bien que l’enquête reste très classique dans son fond, elle a au moins le mérite de permettre à Ivy d’exploiter son nouveau talent : la communication avec les morts ! Un petit effet secondaire de sa rencontre avec un jeune nécromancien dans le tome précédent. Des fantômes, en veux-tu en voilà pourrait être le nouveau crédo de la pauvre Ivy qui doit entendre sans relâcher leurs jérémiades et se faire houspiller de manière plus ou moins véhémente. Mais vous connaissez Ivy maintenant, une fois le choc passé face à ses nouvelles capacités, elle reprend du poil de la bête et fait ce qu’elle sait faire de mieux, remettre à leur place les impudents. Cela ne l’empêchera pas de les aider quand elle le peut, notre sorcière ayant un bon cœur. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le fantôme d’une jeune fille qui a vu son cercle de sorciers décimé et celui de l’Ipsimus qui a permis à l’Ordre d’être l’organisation que nous connaissons. Autoritaire, méprisant et colérique, au fil des pages, on finit néanmoins par s’attacher à cette figure de l’Ordre que j’aurais adorée voir un peu plus…

Ce tome, mené tambour battant, ne manque pas d’action, mais il permet également de constater l’évolution de la relation entre Raphaël et Ivy qui sont plus proches, complices et complémentaires que jamais. Si l’efficacité du duo sur le plan professionnel ne fait aucun doute, on apprécie également de voir à quel point, ils forment un beau couple au quotidien. On s’amusera, en outre, de l’influence qu’ils ont l’un sur l’autre : grâce à Ivy, notre sorcier a appris la flexibilité, la diplomatie et la nécessité de savoir parfois transgresser les règles, et grâce à Raphaël, Ivy a gagné un certain sens des responsabilités et une relative tempérance. Mais ce qui fait le charme de nos amoureux, c’est aussi la manière dont ils continuent à se taquiner et à se moquer gentiment des défauts de l’autre qu’ils acceptent sans réserve. Helen Harper nous brosse donc le portrait d’un couple amoureux ayant su développer une relation touchante et saine, ce qui n’est pas si courant…

Bien que la série soit terminée, j’ai le sentiment qu’il y a encore matière à faire vivre d’autres (més)aventures à Ivy, d’autant qu’un grand changement s’annonce autour d’elle. Alors si je n’ai pas vu de communication autour d’une reprise de la série, j’en serais ravie même si je ne suis pas certaine que Brutus, notre félin au vocabulaire peu châtié, soit d’accord pour qu’on vienne de nouveau interrompre ces sacro-saintes siestes ! Après tout, s’il a choisi d’être le familier d’Ivy, c’est bien pour une raison : sa supposée fainéantise…

En conclusion, bien que cette conclusion manque peut-être un peu de flamboyance, elle n’en demeure pas moins fidèle à ce qui fait le charme de la série : de l’humour, des personnages attachants, de l’amour, beaucoup d’action, de la magie et des tas d’ennuis ! Si vous en quête d’un roman qui vous fera sourire et passer quelques heures de divertissement sans prise de tête, Ivy Wilde devrait vous plaire.

Throwback Thursday livresque #202 : été

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


J’ai conscience de vous avoir déjà parlé de L’anti-Lune de miel à plusieurs reprises, mais avec un thème comme été, le roman s’impose de lui-même.

Quand deux ennemis jurés partent en (faux) voyage de noces à Hawaï, tout peut arriver… même de trouver l’amour.

Olive Torres s’est habituée à être la jumelle malchanceuse : mésaventures inexplicables, licenciement récent.. elle semble comiquement poursuivie par la guigne. Sa sœur Ami, au contraire, incarne l’éternelle gagnante, au point même de parvenir à financer l’intégralité de son mariage en remportant des jeux concours. Malheureusement pour Olive, il y a pire que sa malchance chronique : elle se voit forcée de passer toutes les festivités de la noce en compagnie d’Ethan Thomas, le témoin du marié (et son ennemi juré)….

Olive se prépare à vivre un enfer, déterminée à faire bonne figure. Mais lorsque tous les invités sont victimes d’une intoxication alimentaire, la fête vire au cauchemar, et, seuls, Olive et Ethan s’en sortent indemnes. Soudain, une lune de miel tous frais payés se trouve à portée de main, et Olive préférerait mourir plutôt que de laisser Ethan profiter du paradis sans elle.

Convenant d’une trêve temporaire, ils s’envolent tous les deux pour Maui. Après tout, dix jours de bonheur valent bien la peine de jouer au couple de jeunes mariés amoureux, n’est ce pas ? Mais étrangement, faire semblant dérange de moins en moins Olive. En réalité,elle se sentirait presque assez… chanceuse, pour une fois !


Que ce soit en raison de sa couverture à dominante jaune, du lieu de l’action (Hawaï), des cocktails, du sable, du soleil… tout dans ce roman respire l’été et les vacances. Et puis, quoi de mieux qu’une romance pleine d’humour et d’électricité pour passer l’été en douceur ? Et à ce niveau, on peut dire que le duo Christina Lauren nous régale !

Pour en apprendre plus sur cette romance ennemies to lovers, je vous invite à lire mon avis dont voici la conclusion :

Les autrices nous épargnent les grands drames, préférant nous offrir une romance drôle et piquante à souhait qui, en plus de faire sourire, ne devrait pas manquer de faire battre votre cœur à l’unisson de deux personnages qui vont inexorablement se rapprocher. Beaucoup d’humour, du soleil, des cocktails, de l’amour et des personnages attachants à la langue acérée… Un programme parfait pour les vacances et/ou un moment d’évasion et de divertissement sans prise de tête !

 

Et vous, à quel titre auriez-vous pensé ?
Avez-vous déjà lu ce roman ? Vous tente-t-il ?

 

Mini-chroniques en pagaille #37 : piraterie, fée et kidnapping !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les aventures de Papagayo de Marie-Raymond Farré (Folio)

Couverture Les aventures de Papagayo

Découvert par hasard, ce roman jeunesse a tout de suite attiré mon attention, aimant beaucoup les récits de pirates ! Et je dois dire ne pas avoir été déçue par cette histoire d’amitié trahie, d’île mystérieuse, de carte à dénicher, de trésors fabuleux, de rhum qui coule à flots ou presque… Le tout amené à travers un personnage particulier, le perroquet du célèbre Tom Timothy, la terreur des sept mers.

Un perroquet qui va faire une entrée fracassante dans la taverne de deux jeunes sœurs, Madeleine, et Cathie Mini qui, du haut de ses dix ans, a déjà un caractère bien trempé ! Plus calme, sa sœur aînée possède néanmoins une poigne de fer, ce qui lui sera plus qu’utile pour gérer une taverne accueillant des pirates et autres brigands des mers. Des personnes de mauvaise réputation que Madeleine, en raison de sa grande myopie, prend pour des marins un peu bourrus… En tant que grande myope, j’avoue que la situation m’a amusée, parce que clairement, sans mes lunettes, mon appréhension du monde diffère quelque peu de celle des personnes ayant la chance d’avoir une bonne vue.

L’histoire contée par Papagayo, un perroquet qui, disons-le pudiquement, a de la personnalité, devrait ravir les enfants, mais aussi les adultes appréciant les histoires de pirates et de quêtes au trésor qui ne se terminent pas très bien pour les principaux belligérants. Pour ma part, j’ai apprécié le parallèle amusant entre le jeu de rôle qui conclut les journées éreintantes des deux sœurs, et l’histoire de Tom Timothy et de son meilleur ami. Si la conclusion est, dans les deux cas, la même, les conséquences sont bien différentes, car hélas, l’appât du gain peut venir à bout des plus belles amitiés … même de pirates !

Amusant, rythmé et illustré de manière très expressive et colorée, voici un petit livre jeunesse parfait pour se familiariser avec le monde de la piraterie; ou pour simplement se laisser bercer par les histoires du grand et truculent Papagayo. Un conteur à plumes et à bec haut en couleur !


  • Le gnome qui voulut être fée d’Audrey Alwett (ActuSF) :

Le gnome qui voulut être fée par [Audrey Alwett]

À la recherche d’une nouvelle à lire, j’ai jeté mon dévolu sur Le gnome qui voulut être fée qui se déroule dans l’univers de Poisons de Kartharz que je n’ai pas encore lu.

Sous fond de racisme primaire et de quête d’identité, l’autrice nous dépeint, d’une plume acérée et délicieusement caustique, la rencontre inattendue et plutôt (dés)agréable entre un gnome et une fée. Alors qu’une âme sensée et sensible se serait confondue en remerciements devant un gnome qui a fait fi de la haine ancestrale et viscérale des siens pour lui sauver la vie, notre fée se contente d’empêcher ses amis d’infliger à son sauveur une grosse correction. Après tout, comme un être aussi répugnant a-t-il osé la toucher, elle une fée ?

Notre ingrate est d’autant plus affligée qu’être touchée par le gnome ne lui a finalement peut-être pas tant déplu que cela, et que les autres fées ne peuvent s’empêcher de se gausser de sa mésaventure. Pire, le fils de la reine semble prendre ses distances avec elle, enfin, les prendre encore plus qu’auparavant. Quant à notre gnome, cette expérience n’a fait que renforcer le sentiment de décalage qu’il ressent envers les siens, celui-ci ne se sentant pas à sa place parmi des rustres qui le rejettent, et ont fait de lui, au fil des ans, leur souffre-douleur attitré.

Cette rencontre entre deux « ennemis naturels », est-elle le fruit du hasard et le début d’une nouvelle vie pour nos deux protagonistes, ou faut-il parfois se méfier des conséquences des bonnes actions que l’on peut faire sous le coup de l’émotion ? Parce que si le bien peut se trouver même dans le plus laid des êtres, la vilenie et la cruauté, quant à elles, peuvent très bien se cacher dans le beau et le délicat. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que j’ai apprécié la chute et son ton qui n’est pas sans rappeler celui des contes d’antan.

Caustique, cruelle et non dénuée d’intelligence, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous donner envie de vous plonger dans les autres écrits de l’autrice.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.


  • Le kidnapping de Stephen King de Romy Love :

Le Kidnapping de Stephen King par [Romy Love]

Si la couverture ne me plaît pas outre mesure, le titre de cette nouvelle a tout de suite éveillé ma curiosité. Et je dois dire que je ne regrette pas de m’être laissé tenter, l’histoire s’étant révélée truculente à souhait, voire délicieusement décalée.

Que fait un libraire au chômage, à cause du grand méchant internet, qui apprend que l’un des auteurs les plus vendus au monde prend sa retraite ? Vous séchez ? C’est pourtant simple, il s’envole pour les États-Unis et, avec l’aide de son beau-frère, il kidnappe ledit auteur ! C’est sa faute aussi au King des best-sellers, quelle idée de lâcher une bombe comme ça. Heureusement que Blaise n’est pas là, parce que je sens qu’il se serait fait une joie de détourner ma dernière phrase. Malgré son humour au ras des pâquerettes, on apprécie vite la vision très simple et légère de la vie de cet adulte piégé dans un esprit d’enfant.

Quant à notre libraire reconverti en kidnappeur, il va découvrir qu’il y a bien pire que kidnapper un auteur pour l’obliger à écrire un roman… Dans cette nouvelle, l’auteur ne se prend pas au sérieux, et vu le contexte actuel, ça fait un bien fou. Alors, l’humour ne vole pas haut, mais il a bien fonctionné sur moi. On s’amuse sans honte du pétrin dans lequel Romain s’est mis, chose d’autant plus aisée que ce dernier ne manque pas d’un certain esprit d’auto-dérision.

Au-delà de l’humour omniprésent et du côté complètement décalé de l’histoire, j’ai apprécié les multiples références que ce soit aux romans de Stephen King, à une série télé que je n’ai personnellement pas vue, ou à un célèbre conte détourné ici avec brio.

En bref, merci à l’auteur pour cette petite pause pleine d’humour qui m’a permis de me déconnecter du quotidien et qui ne devrait pas manquer de faire sourire les amoureux de Stephen King.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?