Premières lignes #70 : Blues pour Irontown, John Varley

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai chois de vous présenter les premières lignes de ma dernière lecture : Blues pour Irontown de John Varley. Ce roman me sort clairement de ma zone de confort, mais j’ai été intriguée par son résumé et la mention d’un chien de nom de Sherlock !

Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d’être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu’on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu’il adore. Lorsqu’une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l’aider à retrouver celui qui l’a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n’a réellement envie d’aller de son plein gré : à Irontown…

Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l’auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.

PREMIÈRES LIGNES

La frangine entra dans mon bureau comme une brise chaude exhalée par le Pacifique. En d’autres circonstances, je l’aurais invitée à danser le jitterbug toute la nuit sur la jetée de Santa Monica, au swing de la clarinette d’Artie Shaw et des Gramercy Five.
Mais une paralèpre, ça gâche.
Elle était habillée à la mode rétro-Noir. Son visage se limitait à une forme vague derrière une épaisse voilette accrochée à un chapeau chargé de ce qui ressemblait bien à un paon. Pas seulement les plumes : le paon au complet. Son corsage portait des fronces à la gorge et sa veste était suffisamment rembourrée aux épaules pour qu’on puisse y poser deux verres de martini. Ses escarpins, aux talons carrés de dix centimètres, étaient ouverts au bout et découvraient deux ongles vernis de carmin. J’étais tout disposé à parier que ses bas arboraient une couture à l’arrière.
Non que je sois le mieux placé pour me ficher d’elle. Elle pouvait très bien s’être habillée ainsi pour s’assortir au décor. Mon bureau lui-même aurait pu avoir été transporté en totalité d’une autre époque par une machine à voyager dans le temps.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

 

 

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Le Caveau de famille, Katarina Mazetti

Le Caveau de famille de Katarina Mazetti est la suite du roman Le Mec de la tombe d’à côté. Si vous ne l’avez pas encore lu, je vous recommande d’attendre de le faire avant de lire la présentation éditeur et/ou cette chronique.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle c’est Désirée, la bibliothécaire, et lui c’est Benny, le paysan. Elle dévore avec autant d’ardeur livres et produits bio, lui élève des vaches et n’imagine pas qu’on puisse lire « de son plein gré ». Pourtant, ils se sont promis trois essais pour avoir un enfant en-semble. Si cela ne donne rien, c’est terminé pour toujours. Et si ça marche… Comme le disait un critique littéraire suédois : « Le quotidien tue l’amour, la vie de famille l’enterre. » C’est gai. Bienvenue dans le caveau de famille ! Pétillant et jubilatoire..

ACTES SUD (6 octobre 2012) – 272 pages – Broché (8€)

AVIS

Je me suis lancée dans cette suite avec quelques craintes, plusieurs lecteurs m’ayant fait part de leur déception. En ce qui me concerne, c’est une lecture qui, sans avoir été passionnante, ne m’a pas non plus rebutée. Il faut dire que je n’en attendais rien de précis…

On retrouve donc Benny et Désirée dans leur projet enfant. Pour rappel, alors que Benny vivait avec une autre femme, nos deux ex-amants ont décidé de se donner trois essais pour avoir un enfant. Je dois dire que cette idée m’a extrêmement déplu la trouvant déplacée, malhonnête et irrespectueuse envers la pauvre femme qui se fait cocufier alors qu’elle espérait un mariage. Si on ajoute à cela que la fiancée de Benny est en plus sa cousine, on se retrouve avec une situation tordue qui m’a mise mal à l’aise.

Toutefois, une fois l’agacement passé, j’ai suivi sans déplaisir le récit de la nouvelle vie de Benny et Désirée en tant que parents puisqu’il est principalement question de cela dans ce deuxième tome. Je vous rassure, ce n’est pas un spoil puisqu’on découvre rapidement que l’essai a été concluant… Je n’ai moi-même pas d’enfant, mais j’ai retrouvé dans les nombreux déboires de notre couple atypique, certains de ceux rencontrés par mes amis ou même par mon frère et ma belle-sœur : les pleurs parfois difficiles à calmer, les balades pour tenter d’endormir sa tête blonde, les coliques, les grossesses rapprochées, le manque de sommeil et les nuits hachurées, l’absence de temps pour soi, la fatigue, la difficile conciliation entre vie personnelle et professionnelle…

Au-delà de la difficulté d’être parent, l’autrice aborde également le thème de la répartition des tâches au sein d’un couple et de l'(in)égalité homme/femme dans ce domaine. Bien sûr et fort heureusement, il y a des couples qui se partagent les tâches quotidiennes et l’éducation des enfants, mais je côtoie également beaucoup de Benny, des hommes qui s’attendent à ce que leur femme s’occupe, en plus de leur travail, des tâches ménagères et des enfants, et avec le sourire s’il vous plaît. Et je peux vous dire que cet aspect de la personnalité de notre protagoniste m’a horripilée et très fortement agacée.

Il a certes un travail éreintant, mais il néglige complètement le fait que Désirée travaille également à temps plein et que, contrairement à lui, elle s’occupe de la maison, des enfants et donne même un coup de main à la ferme… Pour  Benny, le travail effectué à la maison et l’éducation des enfants sont donc deux choses qui ne requièrent pas un grand investissement physique et mental… Alors que j’ai parfois trouvé Désirée agaçante dans le premier tome, elle m’a fait ici de la peine. Éreintée et peu soutenue, c’est à se demander comme elle arrive à tenir face à cette charge mentale qui l’asphyxie complètement. En tout cas, l’autrice détricote le mythe d’une Suède égalitaire…

Comme dans le premier tome, Benny continue, en outre, à ne pas prendre en compte l’amour de sa femme pour son travail. Il est tellement obsédé par sa ferme qu’il considère qu’il est normal de demander à Désirée de tout sacrifier pour l’aider à la tenir… Si Benny m’a régulièrement fait sortir de mes gonds, j’ai néanmoins apprécié la manière dont l’autrice a su utiliser ce personnage attaché à son métier pour questionner l’évolution de la condition paysanne. À travers son histoire, elle décrit avec réalisme celle de ces petites structures démunies face à la bureaucratie européenne et les mastodontes du secteur qui les écrasent. Le roman montre à quel point la course au profit a détruit les solidarités qui pouvaient exister entre les petits agriculteurs et a modifié profondément le visage de l’agriculture moderne. D’autres critiques sociétales, notamment sur les dépenses de santé, sont également abordées et sont finalement très similaires à celles formulées à l’encontre de nos institutions.

Quant à la narration, elle reste fidèle à celle mise en place dans le premier tome, l’autrice alternant les points de vue entre Désirée et Benny. Un moyen efficace pour insuffler un certain dynamisme au récit et insister sur la vision très différente que ces deux personnages ont de la vie. Le lecteur se fait ainsi le témoin privilégié de la vie d’un couple atypique qui finit  pas rencontrer les mêmes problèmes que M. et Mme tout le monde.

En conclusion, l’autrice, en nous proposant de suivre la vie de notre couple sur plusieurs années, en profite pour aborder des thèmes qui devraient parler à de nombreux lecteurs, et plus particulièrement aux femmes. Un peu moins humoristique que le premier tome, mais à mon sens, peut-être plus ancrée dans le réel, cette suite devrait plaire à ceux qui ont envie de suivre un couple dans sa vie quotidienne et ses aléas.

Retrouvez ce roman chez votre libraire ou en ligne.

10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse, Laurence Colin

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Même si elle fait des efforts pour le cacher, la maîtresse n’est pas celle qu’on croit. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime tant !

Évidence éditions (5/12/201/) -56 pages – Broché (8€) – ebook (3.99€)

AVIS

En recherche d’un livre pour le thème de janvier du Challenge Lire en thème (lire un livre avec un chiffre ou un nombre dans le titre), j’ai jeté mon dévolu sur ce petit album dont le titre et le résumé me plaisaient bien.

Un bon choix puisque j’ai passé un joli moment de lecture auprès de ces jeunes élèves qui, il n’y a pas à en douter, ont l’imagination fertile ! À partir de différentes situations, ils imaginent des raisons expliquant le comportement de leur maîtresse, une maîtresse qu’ils aiment beaucoup d’ailleurs. C’est toujours très amusant, voire cocasse, et parfois non dénué d’une certaine logique. Ainsi, si la maîtresse lit des histoires, c’est parce que, comme ses élèves, elle n’aime pas beaucoup travailler, et si elle fait semblant de ne pas entendre la cloche, c’est pour une raison quelque peu inattendue….

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La présentation de l’ouvrage, un dessin d’un côté et quelques lignes de texte de l’autre, le rend très accessible aux jeunes lecteurs qui devraient, en outre, facilement s’identifier aux différents élèves que l’on rencontre au fil des pages. Une petite lecture immersive qui me semble donc parfaite pour les enfants découvrant la lecture même si, bien sûr, la présence d’un adulte pour partager ces petits moments de rire est toujours un gros plus.

Le livre est à destination des enfants à partir de 6 ans, mais cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture. Il faut dire qu’à l’instar de ces ouvrages reprenant les « bons mots » des enfants, cet album apporte un peu de cette fantaisie enfantine qui égaie le quotidien. Quant aux maîtresses et aux maîtres, je ne doute pas qu’ils soient conquis par cet album imaginé par Laurence Colin, maîtresse de profession.

Pour ma part, j’ai été attendrie par ces enfants qui, en plus de nous faire sourire par leurs explications amusantes sur le comportement de leur maîtresse, sont d’une telle tendresse envers cette dernière qu’ils en deviennent touchants. J’espère d’ailleurs que les personnes travaillant avec des enfants ont ou auront la chance d’en rencontrer d’aussi adorables.

J’ai également été séduite par les illustrations lumineuses et tout en rondeurs qui représentent à merveille l’univers de l’enfance. Elles collent donc parfaitement à l’ambiance qui se dégage du livre et contribuent fortement au plaisir que l’on prend à faire défiler ses pages.

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En conclusion, 10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Envie de découvrir l’album ? Rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

Crapule – Tome 1, Jean-Luc Deglin

Crapule - tome 1 - Crapule, tome 1

Cadeau de Noël surprise de la part d’une amie, j’ai lu Crapule dès sa réception et je peux d’ores et déjà vous dire de foncer chez votre libraire si vous aimez les chats.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon.

Tous les propriétaires de chats reconnaîtront les facéties de leurs boules de poils et ne pourront qu’apprécier cette ribambelle d’anecdotes aux ambiances bleutées, pleines de drôlerie et de ronronnements.

Dupuis (3 novembre 2017) – 128 pages – 14,50€

AVIS

Crapule est un ouvrage graphique dont j’avais entendu beaucoup de bien et dont le sujet ne pouvait que me plaire : les chats. Enfin pas les chats, mais un chat en particulier, Crapule ! Une petite boule de poils dont une jeune femme obtient la garde sans qu’elle ne l’ait vraiment demandée. Elle n’était d’ailleurs pas très enthousiaste à l’idée de s’occuper de ce chaton. Mais ceux qui connaissent le pouvoir d’attraction des chats se doutent sans peine de la suite : elle va inexorablement tomber sous son charme.

Nous suivons donc dans cette BD, la nouvelle vie de cette femme et de Crapule, un chaton qui porte bien son nom. Encore jeune, il fait des tonnes de bêtises, mais rien qu’un petit câlin et de douces séances de ronrons ne sauraient faire pardonner. On est mignon ou on ne l’est pas !

Se construit, au fil des pages, des scènes de vie que tout heureux possesseur de chat, dont j’ai la chance de faire partie, connaît fort bien :  les réveils brutaux, les coups de griffe volontaires ou non, la disparition de l’intimité les chats semblant allergiques à la notion de porte fermée, les lieux d’abreuvement quelque peu originaux (Crapule adore la cuvette des WC), le fameux quart d’heure de folie qui transforme votre salon en champ de bataille, les odeurs de litière qui vous font vous poser des questions sur la santé intestinale de votre animal…

L’auteur met en scène avec beaucoup d’humour les petites bêtises du quotidien qui peuvent vous faire râler, mais qui sont tout de suite oubliées, et qui, d’une certaine manière, constituent autant de souvenirs que vous vous rappellerez, plus tard, avec tendresse. Ce fut, du moins, pour moi le cas ayant lu ce livre quelques semaines après la disparition de mon Gribouille. En parcourant les vignettes, j’ai revécu plein de situations qui sur le coup, m’avaient fait pousser un petit soupir, mais que maintenant, je chéris avec émotion.

On suit donc avec le sourire aux lèvres l’évolution de la relation entre Crapule et son adoptante qui s’apprivoisent mutuellement et progressivement, prennent leurs habitudes et développent une jolie relation de confiance, la condition sine qua non pour une relation harmonieuse avec un chat. La tendresse entre les deux personnages transparaît à travers certaines vignettes, notamment celles où la jeune femme savoure les câlins de Crapule et prend le temps de profiter de ses doux ronrons. C’est d’ailleurs le charme de ce livre, avoir su aborder avec drôlerie les bêtises de nos boules de poils, et avec justesse et délicatesse, tous ces beaux moments que l’on partage avec elles, les câlins, les doux regards, les ronrons, cette présence aimante et réconfortante qui, en un instant, vous fait oublier les tracas de la journée…

Facile d’accès et avec peu de texte, ce livre conviendra aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Seules les illustrations ne m’ont pas enthousiasmée même si j’ai trouvé que l’auteur avait parfaitement su harmoniser fond et forme. Le coup de crayon est simple, ce qui permet de visualiser et de se représenter les scènes facilement sans être submergé par une avalanche de détails. De la même manière, seul personnage en noir, Crapule est facilement repérable, ce qui donne le sentiment que le choix d’une colorisation épurée était destiné avant tout à le placer au centre de l’action. Si je ne l’ai pas trouvée magnifique, l’association illustrations/couleurs est donc d’une remarquable efficacité.

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En conclusion, Crapule est un livre plein d’humour et de tendresse que je recommande les yeux fermés aux amoureux des chats et à tous les heureux possesseurs de cet animal qui sait se faire aussi bien ange que démon. Notre héroïne est complètement tombée sous le charme de Crapule. Mais je vous rassure, elle n’est pas la seule puisqu’une fois la dernière page tournée, vous n’aurez qu’une envie, lire le deuxième tome ou recommencer votre lecture depuis le début !

Découvrez d’autres vidéos ou feuilleter le livre sur le site des éditions Dupuis.

Et vous, connaissez-vous Crapule ?
Ce livre vous tente-t-il ?

 

 

Throwback Thursday Livresque #106 : Hiver

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de la semaine : Hiver

Pour ce thème, j’avais envie de vous parler du premier tome de la série La passe-miroir, mais je pense avoir déjà joué cette carte. J’ai donc opté pour un titre bien moins connu et découvert par hasard : Jingle Belle.

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Jingle Belle est (sans jeu de mot, vraiment !) une enguirlandeuse. Elle a beau afficher trois-cents ans au compteur, elle est comme toutes les adolescentes : speed, sexy, piercée, capricieuse, drôle, gaffeuse… Petite précision, elle est la fille du Père Noël.

Pourquoi ce choix ?

Je n’attendais rien de ce titre si ce n’est de rire, c’est donc avec une certaine délectation que je me suis prise au jeu de cette histoire mettant en scène la très enquiquinante fille du Père Noël. L’adolescente a l’art et la manière de faire tourner en bourrique son père et d’enchaîner les catastrophes.

C’est déjanté, coloré et plein de peps ! Très loin d’une histoire de Noël classique, cet album a l’avantage d’instaurer une ambiance hivernale tout en vous assurant de franches rigolades.

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Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à consulter ma chronique dont voici la brève conclusion :

Jingle Belle est une très bonne surprise. J’ai passé un excellent moment au côté de cette héroïne attach(i)ante dont l’enthousiasme semble contagieux. Si vous désirez une histoire qui vous mettra de bonne humeur et vous plongera doucement dans les fêtes de fin d’année, ce comics est fait pour vous.

Et pour un autre livre qui, pour moi, représente à merveille l’hiver et, par association, la magie de Noël, je vous invite à lire mon TTL de l’année dernière consacré à Un chant de Noël de Charles Dickens. Si je ne devais vous conseiller qu’un livre pour vous plonger dans l’ambiance de Noël, ce serait sans aucun doute celui-ci.

Couverture du livre : Un chant de Noël

Et vous, quel livre auriez-vous choisi ?

Sale matou prend un bain, Nick Bruel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matou est sale. Son pauvre maître va devoir le laver. C’est une catastrophe ! Car, c’est bien connu, les chats DÉTESTENT l’eau!

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges : dès 8 ans
  • Editeur : Bayard Jeunesse (13 février 2013)
  • Collection : J’aime lire

AVIS

La collection J’aime lire ne s’adresse pas vraiment aux adultes, mais je reste une grande enfant dans l’âme incapable de résister à un livre jeunesse avec un chat en couverture.

Ce petit ouvrage est un bonbon que les lecteurs de tout âge prendront plaisir à déguster ! Concentré de bonne humeur et d’humour, il aborde une problématique que les heureux propriétaires de chats auront un jour ou l’autre à affronter : le bain. Comme le rappelle le livre en nous détaillant les étapes d’une toilette de chat (la vraie, pas celle que nous pauvres humains avons copiée), un chat est un animal propre qui sait fort bien entretenir sa douce fourrure grâce à sa langue râpeuse.

Mais il existe parfois des situations dans lesquelles un minet devra passer par l’étape désagréable, autant pour lui que pour les humains de son entourage, du bain. Et là, pas de panique, Nick Bruel a pensé à vous. Avec des illustrations en noir et blanc simples, mais amusantes, à l’image du ton employé tout au long du récit, il vous donne plein d’astuces pour que ce bain se passe dans les meilleures conditions : accessoires à préparer, bons gestes, les différentes tactiques à tester…

Un mélange de conseils pertinents et de mélanges loufoques qui devraient tantôt vous amuser tantôt vous apprendre quelques informations sur le chat si vous n’êtes pas encore familier de ses particularités. Les adultes amateurs de chats ne devraient pas faire de grandes découvertes sur ce fabuleux animal, mais ils devraient ressortir de cette lecture, le sourire aux lèvres. Et ça, dans un quotidien parfois morose, ça n’a pas de prix !

Quant aux enfants, je ne doute pas qu’ils s’amusent beaucoup à suivre les péripéties de ce matou pas forcément d’accord pour prendre un bain. Ils apprécieront également les illustrations et les différents jeux sur la police d’écriture. Ce travail de mise en page rend, en outre, l’expérience de lecture accessible même pour les lecteurs débutants.

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En conclusion, Sale matou prend son bain est un ouvrage jeunesse qui devrait faire le bonheur des enfants et des adultes aimant les chats et/ou des lecteurs ayant envie de passer un petit moment de lecture drôle et léger.

Pour le feuilleter, c’est par ici. Pour l’acheter, il vous faudra vous tourner vers l’occasion ou une bibliothèque…

La Mise à nu des époux Ransome, Alan Bennett

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un soir, en rentrant de l’opéra, Mr et Mme Ransome, incarnation d’une bourgeoisie britannique pétrie de convenances, retrouvent leur appartement cambriolé, ou plutôt vidé. Tout a disparu, jusqu’aux plinthes et au papier toilette. Monsieur cherche les coupables, Madame, d’abord effondrée, se rêve peu à peu une nouvelle vie. Le fragile voile des conventions se déchire. Il va falloir trouver du linge, des meubles et affronter le monde extérieur, ce grand inconnu peuplé d’individus aux manières extravagantes, épicier pakistanais, grossier inspecteur de police, ménagère abrutie de télévision…. Alan Bennet, l’auteur de La reine des lectrices, nous offre une satire réjouissante, égratignant sans vergogne le snobisme d’un couple anglais et ses petits compromis.

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Denoël (3 juin 2010)
  • Collection : Denoël & d’ailleurs

AVIS

Alan Bennett, c’est l’auteur de La Reine des lectrices, un roman que j’avais dévoré et adoré. Son nom sur la couverture a donc suffi pour me donner envie de lire La Mise à nu des époux Ransome. En parlant de couverture, je dois dire que si celle du roman ne flatte pas l’œil, son atmosphère et sa mise en scène reflètent, quant à elles, à la perfection l’histoire et l’image qui se dégage, au fil des pages, des époux Ransome.

À leur retour de l’opéra, les Ransome ont la très désagréable surprise de constater que leur appartement a été cambriolé. Le mot cambriolage est même ici trop faible puisque leur appartement a été entièrement vidé ! Tout a été pris jusqu’au papier toilette condamnant ainsi un gentleman à faire preuve d’audace dans l’exercice de ses fonctions naturelles.

Mais les époux font honneur au célèbre flegme britannique et accueillent la situation sans effusion… D’ailleurs, M. Ransome, en grand mélomane, se réjouit déjà à la pensée du nouvel équipement audio que les indemnisations de son assurance lui permettront d’acheter. Il laisse donc carte blanche à son épouse, femme au foyer, pour remeubler l’appartement. Et c’est comme ça qu’un événement désobligeant va offrir à Mme Ransome la possibilité de sortir du carcan étriqué de sa vie. Petits bourgeois, la vie de ce couple est faite de silence, de non-dits, de solitude, de conventions, de snobisme et d’hypocrisie.

Mme Ransome trouve donc un certain réconfort dans sa nouvelle vie qui sera émaillée de découvertes et de rencontres puisqu’elle n’hésite pas à transgresser ses habitudes pour aller dans des endroits où elle n’aurait jamais osé mettre les pieds avant le cambriolage. Son vocabulaire intègre même quelques mots « populaires », une petite hérésie pour une bourgeoise qui se doit bien sûr d’offrir une image irréprochable aux amis que les époux Ransome n’ont pas. M. Ransome lui ne change pas d’un iota. Intransigeant, tatillon et peu avenant, il demeure fidèle à lui-même. Petit à petit, le fossé entre les deux époux se creuse jusqu’à ce que se creuse quelque chose de bien plus dramatique…

Alors qu’il pensait le plus bizarre derrière eux, le couple va devoir faire face à une nouvelle révélation tout aussi déroutante ! Un mystère qui rend encore plus opaque les raisons qui ont poussé des individus à vider leur appartement. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que cette découverte apporte une bonne dose de suspense supplémentaire. Et il marquera le point de départ d’une prise de conscience aigüe de la part de Mme Ransome sur la vacuité de sa vie d’antan et sur celle qu’elle souhaiterait vivre dorénavant.

Cette histoire m’a fait sourire à de nombreuses reprises étant complètement sous le charme de la plume de l’auteur et de son humour grinçant et pince-sans-rire. Il arrive à dépeindre, avec la précision d’un chirurgien en salle d’opération, les travers d’une classe sociale qui est tellement engluée dans le paraître et des conventions absurdes qu’elle arrive à en oublier de simplement être. Se profile également une critique sociétale plus générale, l’auteur n’hésitant pas à se moquer plus ou moins gentiment de tous ces talk-shows qui pullulent, mais aussi de la course effrénée à la consommation. Si l’histoire demeure amusante, elle se pare parfois d’élans plus tristes, notamment si l’on considère les silences et les manques que M. Ransome, de par son caractère, à imposer à sa femme…

En conclusion, sous la houlette d’Alan Bennett, un événement aussi trivial qu’un cambriolage prend une tournure totalement inattendue et quelque peu loufoque.  Avec humour, parfois cynisme, et un flegme tout britannique, l’auteur arrive à offrir une caricature de la bourgeoisie anglaise truculente. C’est drôle, parfois plus triste, mais que c’est addictif !