Nico Bravo et le chien d’Hadès (tome 1), Mike Cavallaro

Nico Bravo, Tome 1 : Et le chien d'Hadès par Cavallaro

Un problème ? A la boutique céleste de Vulcain, vous pourrez trouver toutes sortes de produits magiques pour redresser la situation. Le personnel expérimenté ― un enfant qui s’appelle Nico, Lula le sphinx et Buck la licorne ― met tout en oeuvre pour offrir « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux ». Mais le monde de Nico va être complètement chamboulé par l’arrivée d’une nouvelle cliente : Eowulf, la descendante haute comme trois pommes de Beowulf, le chasseur de monstres. Déterminée à reprendre l’entreprise familiale, cette aspirante guerrière a l’intention de tuer Cerbère, l’effroyable chien à trois têtes d’Hadès. Mais il y a juste un petit problème : seul Cerbère peut retenir les hordes de l’Enfer d’envahir le monde des vivants. Nico pourra-t-il empêcher Eowulf de déclencher une apocalypse zombie?

Editions Kinaye (15 mai 2020) – 192 pages – Broché (17,50)
Traduction : Romain Galand

AVIS

Appréciant beaucoup le mythe d’Hadès et de Perséphone, j’ai tout de suite été attirée par le titre de cette BD publiée par les éditions Kinaye qui ne m’ont encore jamais déçue. Mais il n’est pas question ici du dieu des Enfers, plutôt d’un héros en devenir qui va tout faire pour protéger Cerbère, le chien à trois têtes d’Hadès qui garde la porte des Enfers, et empêche les morts d’envahir le monde des vivants. Or, ce rôle primordial dans l’équilibre du monde est sérieusement menacé par l’arrivée d’Eowulf, la descendante du très célèbre chasseur de monstres, Beowulf.

Eowulf est une jeune fille obsédée par une idée fixe : massacrer des démons, en commençant par Cerbère, afin de prouver sa valeur à sa célèbre et héroïque famille ! Pour ce faire, elle est prête à toutes les extrémités, quitte à franchir la frontière entre le bien et le mal. Mais conscient du danger qu’elle représente pour le monde, Nico va faire de son mieux pour lui faire entendre raison et lui faire comprendre que tous les démons ne sont pas mauvais. Une leçon que notre tête de mule ne semble pas prête à entendre au plus grand désespoir de notre employé de magasin qui va devoir, sans mauvais jeu de mots, sortir de sa réserve. Le duo entre ces deux êtres à la personnalité diamétralement opposée se révèle assez amusant, Eowulf étant du genre fonceuse et bourrine quand Nico se montre bien plus raisonnable et sensée.

D’ailleurs, les personnages sont le point fort de cette BD, l’auteur nous en proposant une galerie, certes restreinte, mais complètement loufoque et haute en couleur. J’ai été touchée par Eowulf, sa pugnacité, sa quête identitaire, son besoin obsessionnel de se complaire à la tradition familiale, et la manière dont elle va réaliser qu’il est parfois nécessaire de suivre sa propre voie. Les réparties de son épée au sang chaud, et au nom quelque peu surprenant m’ont, en outre, beaucoup amusée d’autant qu’elles correspondent assez bien à l’état d’esprit de notre guerrière. On peut dire qu’Eowulf a trouvé épée à son fourreau.

Nico se révèle peut-être un peu moins flamboyant, mais on sent chez lui une certaine sensibilité et capacité à prendre du recul sans oublier un courage indéniable. Un certain mystère plane également sur les origines de cet orphelin trouvé par le très sibyllin dieu Vulcain devant la porte de sa célèbre boutique, qui offre « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux« . J’ai hâte d’en apprendre plus les origines de ce personnage et ses réelles capacités, mais hélas pour Nico, je ne semble pas être la seule…  La fin, qui nous réserve un coup de théâtre que je n’avais pas anticipé, nous laisse supposer que notre héros n’est pas au bout de ses peines.

C’est cependant pour un personnage secondaire que j’ai eu un gros coup de cœur : Buck. Licorne à la corne tordue, Buck m’a beaucoup amusée par son côté râleur et décalé, et sa manière de voir des choses là où il n’y en a pas ou, plus justement, de nous rappeler que ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas qu’elles n’existent pas. Une nuance de taille, la suite de l’aventure nous prouvant que toutes ses hallucinations et étranges obsessions ne sont pas forcément des fadaises. Voici un personnage que j’ai pris plaisir à suivre et à voir mener ses propres combats, au sens propre comme figuré.

Au-delà des personnages, j’ai adoré les multiples références à la pop culture amenées avec beaucoup d’humour et de dérision, mais aussi la belle incursion de l’auteur dans le monde de la mythologie qu’elle soit gréco-romaine, égyptienne, nordique, mésopotamienne, hittite… Une belle diversité de mythes et de légendes rarement observée ! Et pour ceux peu à l’aise avec ce domaine, aucune crainte, les allusions sont légères et un petit lexique est proposé en fin d’ouvrage.

Quant à l’histoire en elle-même, elle se veut résolument entraînante, rythmée et parfois complètement dingue. L’auteur, avec un art de la mise en scène indéniable, mélange les genres et nous offre des rebondissements à la pelle, des péripéties endiablées, des réparties qui font mouche et amusent, des situations burlesques… Je me suis ainsi délectée des presque deux cents pages de cette BD que je n’ai pas vu défiler, complètement happée par le tourbillon des événements qui s’enchaînent sans jamais se ressembler. Car loin de n’être qu’une histoire d’aventure classique, on est ici dans une épopée épique, humaine, amicale et familiale, la notion de famille au sens large n’étant jamais très loin. On notera également une incursion dans le monde de la science-fiction qui s’intègre parfaitement à l’intrigue, et la fait basculer vers une autre dimension…

Colorées et pleines de peps, les illustrations correspondent parfaitement à la ligne éditoriale de la maison d’édition et sont, à elles seules, un motif de bonne humeur. Pour ma part, j’ai apprécié les mimiques marquées des personnages, l’esprit très cartoonesque qui se dégage de l’ensemble, et la très dynamique gestion des vignettes qui fait partie intégrante de l’expérience de lecture. L’auteur alterne entre les illustrations pleine page, les pages sans texte, mais avec un gros plan sur l’action et/ou les visages qui permet de se passer de mots, des pages plus denses sans jamais être linaires ni surchargées… Aucune monotonie donc à craindre que ce soit au niveau de l’histoire ou des dessins !

En conclusion, avec Nico Bravo et le chien d’Hadès, attendez-vous à une lecture divertissante, colorée et pleine de peps qui vous fera passer du quotidien d’une boutique de légende et de son personnel atypique et haut en couleur au monde des enfers. Un petit tour de force que l’on doit à une descendante d’un célèbre tueur de monstres qui, en voulant se montrer héroïque à sa très sanguinaire manière, se révélera probablement être le plus grand danger que le monde ait connu ! Rythmée, amusante et parfois franchement décalée, voici une aventure que vous n’êtes pas prêts d’oublier et dont vous allez vous délecter !

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye pour m’avoir envoyé Nico Bravo en échange de mon avis.

Bounty, Kurtis Wiebe – Mindy Lee

Bounty par Wiebe

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye pour m’avoir permis de découvrir Bounty.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LES BASTONNER. TIRER D’ABORD. SE FAIRE PAYER.

Les Gadflies étaient les criminelles les plus recherchées de la galaxie. Durant des années, elles ont dépouillé des sociétés immorales et redistribué leurs biens mal acquis aux pauvres. Ça leur a valu la réputation de « plus dangereuses hors-la-loi de l’univers », et la mise à prix de leurs têtes ! Maintenant, avec la loi qui les rattrape, les Gadflies sont contraintes d’abandonner leurs habits d’escrocs pour ceux de chasseurs de prime…

Si vous ne pouvez pas battre vos adversaires, rejoignez-les et dépouillez-les en douce !

Éditions Kinaye (12 avril 2019) – 144 pages – Papier (14,50€) – Ebook (6,99€)
Illustrations : Mindy Lee – Traduction : Romain Galand

AVIS

Après le très punchy Space Battle Lunchtime, les éditions Kinaye nous proposent un autre titre tout aussi coloré, Bounty. Porté par deux sœurs au physique et à la personnalité diamétralement opposés, ce titre saura plaire aux lecteurs de tout âge en quête d’un comics bourré d’action et non dénué d’un certain humour.

L’auteur nous plonge, dès les premières pages, dans un univers futuriste intéressant mais pas forcément des plus accueillants, du moins, quand on est deux sœurs dont la tête est mise à prix… Le règne des Gadflies semble bel et bien terminé, Nina et Georgie ayant été contraintes d’abandonner leur fortune personnelle et une très lucrative carrière de criminelles pour celle bien moins rentable de chasseurs de prime. Exit donc la grande vie et place à une lutte acharnée pour faire rentrer de l’argent dans les caisses presque vides ! Et ce n’est pas une mince affaire vu la concurrence comme cet exaspérant chasseur de prime, Sovereign, dont la popularité ne cesse de croître et leur faire de l’ombre. Mais en acceptant une nouvelle mission bien rémunérée, Georgie devrait offrir un nouveau souffle à son équipe à moins qu’elle n’ait mis le pied dans un engrenage dont elle n’a pas mesuré toutes les conséquences…

Devenir chasseur de prime, ce n’était définitivement pas l’avenir dont les deux sœurs rêvaient, mais l’essentiel est qu’elles aient pu rester ensemble et former une famille avec leur amie Viv, une hackeuse hors pair, une adorable minette et Alan, le mari de Georgie… Une équipe pour laquelle on se prend d’emblée d’affection même si avouons que parmi ces femmes à la personnalité chatoyante, le personnage d’Alan nous apparaît fade et presque superflu. On appréciera néanmoins ses interactions avec Nina qui aime le chambrer lors de leurs missions, Alan n’étant pas vraiment ce que l’on pourrait qualifier un homme de terrain. Nina aurait d’ailleurs préféré continuer à faire équipe avec Georgie comme au bon vieux temps…. Mais depuis sa blessure survenue quelques années plus tôt, cette dernière se cantonne à un rôle en coulisse organisant et planifiant les différentes missions de l’équipe depuis son vaisseau.

Si Georgie est la tête du duo de sœurs, Nina en est la main armée. Grande et musclée, cette femme impressionne par sa force physique et sa capacité à se jeter dans la mêlée même si elle apprendra à ses dépens qu’il vaut mieux parfois savoir attendre avant d’agir. Au fil des pages, on se rendra compte que derrière son côté badass et femme à forte tête, se cache une personne comme les autres avec des failles, des blessures et un secret qui la hante depuis bien trop longtemps… J’ai d’ailleurs apprécié la révélation faite en cours d’aventure puisqu’elle permet de voir l’intrigue sous un nouveau jour et apporte un autre éclairage sur la personnalité de Nina, bien plus complexe qu’au premier abord.

Nina et Georgie sont des femmes fortes et indépendantes qui n’ont pas froid aux yeux, mais leur amie Viv n’est pas en reste. Petit génie de l’informatique, cette hackeuse de choc devrait vous éblouir par ses talents, son humour et sa personnalité hors norme ! Son domaine à elle, c’est le virtuel et je peux vous dire qu’elle ne laisse rien au hasard et aucune chance à ses ennemis. Et puis dans un monde futuriste dans lequel la technologie domine, avoir quelqu’un comme elle dans son équipe ne peut qu’être un gros atout. Autre personnage atypique qui apporte également une bonne dose d’humour au récit, le Doc, un robot qui ne maîtrise pas vraiment les codes sociaux, ce qui donne des réparties hilarantes et l’impression d’être face à un psychopathe en puissance.

Au-delà des personnages attachants et de l’humour bien présent, les lecteurs aimant les récits menés tambour battant devraient être séduits par le rythme effréné de cette aventure dont les péripéties s’enchaînent sans aucun temps mort ! Pas de place à l’ennui donc, les nombreux temps forts et scènes d’action étant entrecoupés de flash-back qui permettent de mieux appréhender les tenants et aboutissants d’une histoire bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il faut dire que bien que jeunesse, cet ouvrage n’est pas dénué d’une certaine profondeur.

L’action, qui est au cœur du récit, est parfaitement capturée par l’illustratrice dont la représentation très juste du mouvement apporte fluidité et dynamisme à la lecture. Les couleurs plutôt flashy et pleines de peps attirent, quant à elles, le regard des lecteurs qui n’auront alors pas d’autre choix que de vivre pleinement cette aventure dont on appréciera le degré de détails autant d’un point de vue visuel que narratif. J’ai, en outre, apprécié la complémentarité entre le travail de l’auteur et celui de l’illustratrice, le texte sachant se faire oublier durant les scènes d’action, et les illustrations arrivant à retranscrire à la perfection les émotions des personnages.

J’ai également apprécié les quelques discrètes, mais pertinentes allusions, à des travers de notre société comme l’impunité dont bénéficient les grands groupes ou cette médiatisation de tout et n’importe quoi. Mais l’atout charme de ce comics réside avant tout dans le superbe travail éditorial réalisé par la maison d’édition : illustration en grand format pour introduire chaque partie, papier glacé et épais et de très bonne qualité, couverture avec rabats, quelques bonus tels que le making-of du design des personnages… Tout autant de points qui font de cet ouvrage un très bel objet à posséder dans sa bibliothèque.

Bounty, Kurtis Wiebe

En conclusion, un univers futuriste immersif, une pincée de romance, une belle relation entre sœurs, du girl power, des personnages hauts en couleur, beaucoup d’action, du suspense, un art du flash-back maîtrisé, des illustrations pleines de peps et colorées, le tout saupoudré d’humour… Voilà la recette gagnante d’une aventure trépidante et immersive qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire et de vous faire passer un très agréable moment de lecture.

Découvrez/achetez le livre sur le site des Éditions Kinaye.

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Space Battle Lunchtime, tome 1 : Lumières, caméra, miamction ! , Natalie Riess

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye de m’avoir permis de découvrir Space Battle Lunchtime de Natalie Riess.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Space Battle Lunchtime est un show culinaire ultra populaire diffusé jusqu’aux confins de l’univers et sa nouvelle saison est sur le point de commencer ! Quand l’un des chefs sélectionnés jette l’éponge à la dernière minute, une apprentie pâtissière terrienne, Peony, se voit offrir la chance de le remplacer et de concourir pour la notoriété, la gloire et un prix de 20 000 Solarbucks. Elle doit simplement impressionner les juges aliens et battre les cinq autres chefs sélectionnés (aussi des aliens !) : la mystérieuse Neptunia, le sournois Melonhead, l’intimidant Jacques, la féroce Owline, et le robuste Meatabax.

Coincée entre des concurrents déloyaux et des ingrédients inconnus, Peony va devoir tout donner. Est-elle prête à surmonter le monde impitoyable de la cuisine intergalactique, ou s’est-elle surestimée ?

Éditions Kinaye (15 février 2019) – 120 pages – 13,50€
Traduction : Romain Galand – Série en 2 tomes

AVIS

MasterChef n’a pas de secret pour vous et vous adorez les émissions culinaires mettant en compétition différents candidats sous l’œil plus ou moins bienveillant des caméras et des téléspectateurs ? Space Battle Lunchtime  va vous plaire !

Dans un décor de science-fiction qui s’impose de lui-même, Natalie Riess nous propose une parodie colorée et bien barrée de ces shows culinaires qui ont le vent en poupe. Sauf qu’ici, le studio de télévision ne se situe pas sur terre, mais dans l’espace ! Place aux aliens dont l’apparence, en plus d’être bigrement originale, varie énormément d’un individu à l’autre…

Il en faut heureusement bien plus pour perturber Peony, l’outsider du show. Cette jeune terrienne, qui ignorait il y a encore peu l’existence d’autres peuples dans l’univers, va se retrouver brutalement propulsée sur le devant de la scène. Choisie au pied levé par un (mal)heureux concours de circonstances pour remplacer une candidate qui a déclaré forfait, elle va devoir affronter, dans une compétition sans pitié, cinq autres chefs. Je vous laisserai le plaisir de les découvrir, mais je peux vous dire que l’autrice nous offre une galerie de personnages hauts en couleur. Très différents les uns des autres, chaque participant a pourtant sa petite spécificité qui le rend unique et plutôt mémorable. À cet égard, j’ai adoré le choix des noms qui ne devrait pas manquer de vous faire sourire.

Certains protagonistes sortent évidemment du lot, mais je confesserai avoir été plus particulièrement touchée par l’un d’entre eux dont on devine une grande gentillesse derrière une apparente froideur. À l’inverse, l’un des chefs, qui ne va pas apprécier de trouver en Peony une concurrente sérieuse, se révèlera très vite antipathique et assez fourbe. Entre les coups bas, le manque de fair-play évident qui règne sur le plateau, la découverte des ingrédients et des appareils de cuisson extraterrestres, Peony devra faire preuve de combativité, de pugnacité, de débrouillardise et de créativité pour ne pas se faire évincer du show. La jeune fille ne devrait d’ailleurs pas manquer de vous épater par sa capacité à se dépasser et à ne jamais baisser les bras devant les difficultés qui se dressent sur son chemin.

Nous sommes dans une BD jeunesse et cela se ressent dans la mise en place de l’intrigue qui se fait très rapidement, l’autrice ne se perdant pas dans des détails inutiles ou laborieux. Un sens de la concision qui permet de s’immerger immédiatement, ou presque, dans l’histoire puisqu’on ne se pose pas de question. Comme Peony, on accepte sans sourciller l’existence des aliens qui semblent finalement plutôt humains, du moins au niveau des émotions (joie, peine, jalousie, méchanceté, envie…). Ne reste alors plus aux lecteurs/spectateurs qu’à savourer et découvrir avec amusement les différentes péripéties qui s’enchaînent à une vitesse folle.

Le rythme de ce comics plein d’humour et de légèreté devrait séduire les jeunes lecteurs d’autant que le texte concis, mais toujours percutant, apporte fluidité et dynamisme. Deux points renforcés par un découpage audacieux de l’intrigue qui souligne à merveille les événements forts du show et de ses coulisses. L’autrice inclue également, à chaque début de chapitre, un petit récapitulatif du précédent. Un joli clin d’œil à ce procédé utilisé à la télé et dans les séries qui présente aussi l’avantage de synthétiser l’action, ce qui en fonction de l’âge du lecteur, peut toujours être utile.

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Le lecteur ainsi guidé dans sa lecture pourra en admirer l’esthétique : couleurs vives, festives et pleines de peps, dessins tout en rondeur, expressivité des visages et des expressions corporelles… N’oublions pas non plus le très beau travail éditorial réalisé par la maison d’édition avec des couleurs lumineuses, un papier épais très agréable au toucher, des bonus (croquis, un making of…), une couverture souple facilitant la prise en main…

 

Quant à la fin, elle est à l’image de ce premier tome : explosive ! Attendez-vous donc à un retournement de situation qui ne pourra que vous donner envie de vous jeter sur la suite. Bonne nouvelle, elle devrait être disponible dès juin.

En conclusion, ancré d’un univers de science-fiction coloré et lumineux, Space Battle Lunchtime est une histoire savoureuse et pleine d’humour qui fait une large place à la cuisine, à l’amitié, aux rivalités, et qui n’est pas dénuée de tension ni de suspense. Si vous aimez les shows culinaires où l’esprit de compétition règne et/ou les héroïnes attachantes, passionnées, tenaces et courageuses qui vont jusqu’au bout de leurs rêves, ce comics est fait pour vous.

Retrouvez l’ouvrage sur le site des éditions Kinaye

Jessica Jones, Tome 1 : Sans cage, Brian Michael Bendis et Michael Gaydos

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jessica Jones est libérée de la prison où elle était détenue pour des motifs mystérieux. Elle se penche alors sur une affaire qu’elle seule semble capable de résoudre. Au cours de son enquête, elle découvrira alors une vérité pour le moins bouleversante et risquera de compromette ses relations familiales.

  • Album: 112 pages
  • Editeur : Panini (23 août 2017)
  • Prix : 15€

AVIS

J’ai découvert le personnage de Jessica Jones grâce à la série diffusée sur Netflix et j’ai tout de suite accroché à sa personnalité assez particulière. J’ai donc été ravie de constater que malgré les nombreuses différences entre la série télé et ce comics, Jessica conserve quand même, en grande partie, sa personnalité. Sombre, voire auto-destructrice, et d’un cynisme à toute épreuve, elle tient plus de l’anti-héros que de la super-héroïne, ce qui lui convient très bien puisqu’elle est loin de considérer ses capacités hors du commun comme une chance…

Dans ce premier tome, elle est en proie à des difficultés conjugales : son mari, Luke Cage, ne tolère pas la manière dont elle a fait éclater la cellule familiale. En effet, en plus d’un séjour en prison dont on ne connaît pas tout de suite le motif, elle lui cache leur fille tout en refusant de lui en expliquer les raisons. Comme Cage, le lecteur ne peut s’empêcher de se demander ce qui a bien pu conduire Jessica en prison et ce qui se passe dans sa tête pour qu’elle en vienne à priver une petite fille de son père.

En parallèle de ses déboires personnels, on assiste également à ses déboires professionnels, Jessica acceptant une enquête qui se révélera plus complexe qu’elle n’y paraît. Cette dernière sera d’ailleurs la source de multiples interrogations et laisse entrevoir quelques rebondissements dans la suite des aventures. Les amateurs de science-fiction, qui se retrouveront en terrain connu, devraient être ravis de la tournure que prend l’enquête de la plus badass des détectives privés.

Le gros atout de ce premier tome, en plus de son ambiance assez sombre, réside dans la grosse dose d’action et de suspense que l’auteur a veillé à introduire. En effet, le rythme soutenu du récit donne l’impression d’être pris dans une spirale d’événements ce qui ne laisse aucune place à l’ennui. Pris dans le feu de l’action, on ne peut alors que suivre Jessica dans ses aventures tout en se posant mille et une questions sur ses motivations, mais aussi sur cette étrange femme qui la sollicite de manière plutôt brutale.

Si j’ai aimé retrouver Jessica dans ce comics, j’ai également apprécié les multiples références à des super-héros Marvel même si certains m’étaient inconnus. Une héroïne prendra néanmoins plus de place que les autres et montrera à tous que, malgré son côté borderline et hors des clous, Jessica Jones est une femme qui ne manque pas de courage et qui est prête à de lourds sacrifices pour le bien commun. A cet égard, la dernière scène du livre m’a presque brisé le cœur tellement je l’ai trouvée criante d’injustice. Croisons les doigts pour que Jessica recolle les morceaux de sa vie privée dans les tomes suivants !

Enfin, j’avoue ne pas avoir particulièrement adhéré à l’esthétique du comics, les dessins ne possédant pas le raffinement que je recherche dans une œuvre graphique. Je reconnais cependant un véritable travail sur les expressions des personnages qui sont plutôt réalistes et « vivantes ». Le soin apporté aux expressions faciales de Jessica nous permet d’ailleurs presque de nous immiscer dans sa tête et de partager les émotions qui l’assaillent : fatigue, lassitude, colère, désespoir, joie, culpabilité…Quant à l’ambiance très sombre du comics, elle est parfaitement retranscrite par le choix des couleurs et les jeux de lumière. Le scénariste et l’illustrateur ont donc su travailler main dans la main pour nous offrir une histoire aussi prenante qu’immersive.

En conclusion, si vous avez envie de suivre une femme forte, plus proche de l’anti-héros que de l’héroïne proprette, dans une histoire complexe et sombre où se mêlent action et suspense, ce comics est fait pour vous.

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Locke and Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft

Couverture Locke & Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft

Quand j’ai vu le nom de Joe Hill sur la couverture, je n’ai pas hésité à emprunter le comics Locke & Key ayant été agréablement surprise par The Cape du même auteur.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le romancier à succès Joe Hill et le dessinateur prodige Gabriel Rodriguez vous invitent dans un monde de terreurs et de merveilles : Locke & Key.

Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir…
Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes…

  • Broché: 227 pages
  • Editeur : Milady Graphics (21 mars 2013)
  • Prix : 19€

AVIS

L’auteur nous plonge dès le début du comics dans l’horreur avec le meurtre du père de Tyler, Kinsey et Bode, leur mère ayant, quant à elle, survécu. La famille décide alors de prendre un nouveau départ en élisant domicile à Keyhouse, un manoir de famille situé en Nouvelle-Angleterre. Très vite, grâce notamment à Bode et à une étrange découverte, on constate que ce manoir recèle des mystères plutôt sombres et que la famille, déjà bien éprouvée, est loin d’être au bout de ses peines. Difficile pour le lecteur de ne pas comprendre que Keyhouse n’était pas forcément le meilleur endroit pour entamer un processus de deuil déjà bien difficile…

J’ai adoré la manière dont l’auteur fait monter le suspense : plus on avance dans la lecture, plus elle devient intense voire addictive. On a ainsi très envie d’en apprendre plus sur le passé de cet étrange manoir, la créature qui est au fond du puits, l’importance des clés, les raisons qui ont poussé un élève, en apparence prometteur, à commettre un crime d’une telle atrocité… Beaucoup de questions dont on attend avec impatience, mais aussi avec une certaine crainte, les réponses.

Les personnages, quant à eux, ne sont pas dénués d’intérêt. Si au départ, ils semblent un peu stéréotypés, ils se révèlent finalement complexes voire, pour certains, des plus torturés. On devine, en outre, que l’auteur réserve encore bien des épreuves à nos protagonistes. Ceux-ci ayant déjà bien souffert par le passé, on ne peut qu’espérer qu’ils auront les ressources pour faire face à tous les dangers qui les attendent.

En ce qui concerne les illustrations, j’avoue ne pas être particulièrement sensible au style de l’illustrateur, mais force est de constater qu’elles retranscrivent à merveille l’ambiance angoissante et fantastique du comics. Le duo texte et images fonctionne donc très bien et offre une expérience de lecture des plus immersives. Ainsi, on ressent parfaitement cette sensation de danger ce qui nous permet, d’une certaine manière, de nous rapprocher des personnages et du cauchemar qu’ils traversent.

Pour conclure, j’ai retrouvé dans Locke&Key, l’ambiance angoissante de The Cape. Les décors, les personnages, les couleurs… Tout est mis en place pour vous immerger efficacement dans l’histoire et vous faire ressentir la noirceur du mal qui rôde. Angoisse et frissons seront donc au programme de ce comics qui comblera les amateurs du genre.

Jingle Belle, Paul Dini

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J’ai découvert  Jingle Belle de Paul Dini lors d’une visite chez Noz. La couverture laissant présager un comics plutôt humoristique, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jingle Belle est (sans jeu de mot, vraiment !) une enguirlandeuse. Elle a beau afficher trois-cents ans au compteur, elle est comme toutes les adolescentes : speed, sexy, piercée, capricieuse, drôle, gaffeuse… Petite précision, elle est la fille du Père Noël.

AVIS

Le Père Noël a une fille ! Je me sens un peu comme un paparazzi qui sort le scoop du siècle sur la dernière starlette en vogue. Avouons quand même que c’est l’information la mieux gardée de tous les temps. C’est d’ailleurs un peu, beaucoup, ce qui agace magistralement Jingle Belle. La jeune elfe en a assez de vivre dans l’ombre de son père et vit donc son anonymat comme une grande injustice.

Notre adolescente en quête de reconnaissance va ainsi se lancer dans des entreprises hasardeuses comme avoir son propre show de Noël afin de ringardiser celui de son illustre père. Oui, vous savez, le bonhomme qui descend, une fois par an, par la cheminée de tous les enfants du monde (même s’ils n’en ont pas) afin de leurs offrir des cadeaux.

Néanmoins, l’enthousiasme et l’imagination de Jingle Belle ne donnent pas toujours les résultats escomptés pour le plus grand bonheur des lecteurs qui ne peuvent que se délecter de ses péripéties et déboires. Oui, ce n’est pas très charitable de se moquer, mais ça fait du bien d’autant qu’elle est un peu le porte-étendard de la loi de Murphy :

« S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »

Notre héroïne sait se montrer agaçante, enfin surtout pour sa famille et les malchanceux qu’elle essaie d’aider, mais elle est surtout très attachante. J’ai beaucoup aimé sa bonne humeur et ses tentatives désespérées, comme pour beaucoup d’adolescents, de sortir du giron de son père.

Quant aux illustrations, elles sont, à l’image de Jingle Belle, vives, dynamiques et pleines de peps. Les couleurs toutes festives collent parfaitement au thème des fêtes de fin d’année et mettent tout de suite de bonne humeur.

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Le comics contient en outre deux bonus : l’histoire de Polly Green et celle de « Mutant, Texas ». Si la deuxième ne m’a pas séduite, j’ai beaucoup aimé la première histoire mettant en scène une jeune sorcière lasse des desiderata incessants de sa famille. Mais Polly ayant de la ressource,  sa famille apprendra à ses dépens qu’il n’est pas très judicieux de vouloir exploiter sans vergogne les talents d’une sorcière.

En conclusion, Jingle Belle est une très bonne surprise. J’ai passé un excellent moment au côté de cette héroïne attach(i)ante dont l’enthousiasme semble contagieux. Si vous désirez une histoire qui vous mettra de bonne humeur et vous plongera doucement dans les fêtes de fin d’année, ce comics est fait pour vous.

NOTE : 4/5

Challenge littérature de l’imaginaire: 4/12, Challenge Cold Winter, Challenge de Noël