Jessica Jones, Tome 1 : Sans cage, Brian Michael Bendis et Michael Gaydos

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jessica Jones est libérée de la prison où elle était détenue pour des motifs mystérieux. Elle se penche alors sur une affaire qu’elle seule semble capable de résoudre. Au cours de son enquête, elle découvrira alors une vérité pour le moins bouleversante et risquera de compromette ses relations familiales.

  • Album: 112 pages
  • Editeur : Panini (23 août 2017)
  • Prix : 15€

AVIS

J’ai découvert le personnage de Jessica Jones grâce à la série diffusée sur Netflix et j’ai tout de suite accroché à sa personnalité assez particulière. J’ai donc été ravie de constater que malgré les nombreuses différences entre la série télé et ce comics, Jessica conserve quand même, en grande partie, sa personnalité. Sombre, voire auto-destructrice, et d’un cynisme à toute épreuve, elle tient plus de l’anti-héros que de la super-héroïne, ce qui lui convient très bien puisqu’elle est loin de considérer ses capacités hors du commun comme une chance…

Dans ce premier tome, elle est en proie à des difficultés conjugales : son mari, Luke Cage, ne tolère pas la manière dont elle a fait éclater la cellule familiale. En effet, en plus d’un séjour en prison dont on ne connaît pas tout de suite le motif, elle lui cache leur fille tout en refusant de lui en expliquer les raisons. Comme Cage, le lecteur ne peut s’empêcher de se demander ce qui a bien pu conduire Jessica en prison et ce qui se passe dans sa tête pour qu’elle en vienne à priver une petite fille de son père.

En parallèle de ses déboires personnels, on assiste également à ses déboires professionnels, Jessica acceptant une enquête qui se révélera plus complexe qu’elle n’y paraît. Cette dernière sera d’ailleurs la source de multiples interrogations et laisse entrevoir quelques rebondissements dans la suite des aventures. Les amateurs de science-fiction, qui se retrouveront en terrain connu, devraient être ravis de la tournure que prend l’enquête de la plus badass des détectives privés.

Le gros atout de ce premier tome, en plus de son ambiance assez sombre, réside dans la grosse dose d’action et de suspense que l’auteur a veillé à introduire. En effet, le rythme soutenu du récit donne l’impression d’être pris dans une spirale d’événements ce qui ne laisse aucune place à l’ennui. Pris dans le feu de l’action, on ne peut alors que suivre Jessica dans ses aventures tout en se posant mille et une questions sur ses motivations, mais aussi sur cette étrange femme qui la sollicite de manière plutôt brutale.

Si j’ai aimé retrouver Jessica dans ce comics, j’ai également apprécié les multiples références à des super-héros Marvel même si certains m’étaient inconnus. Une héroïne prendra néanmoins plus de place que les autres et montrera à tous que, malgré son côté borderline et hors des clous, Jessica Jones est une femme qui ne manque pas de courage et qui est prête à de lourds sacrifices pour le bien commun. A cet égard, la dernière scène du livre m’a presque brisé le cœur tellement je l’ai trouvée criante d’injustice. Croisons les doigts pour que Jessica recolle les morceaux de sa vie privée dans les tomes suivants !

Enfin, j’avoue ne pas avoir particulièrement adhéré à l’esthétique du comics, les dessins ne possédant pas le raffinement que je recherche dans une œuvre graphique. Je reconnais cependant un véritable travail sur les expressions des personnages qui sont plutôt réalistes et « vivantes ». Le soin apporté aux expressions faciales de Jessica nous permet d’ailleurs presque de nous immiscer dans sa tête et de partager les émotions qui l’assaillent : fatigue, lassitude, colère, désespoir, joie, culpabilité…Quant à l’ambiance très sombre du comics, elle est parfaitement retranscrite par le choix des couleurs et les jeux de lumière. Le scénariste et l’illustrateur ont donc su travailler main dans la main pour nous offrir une histoire aussi prenante qu’immersive.

En conclusion, si vous avez envie de suivre une femme forte, plus proche de l’anti-héros que de l’héroïne proprette, dans une histoire complexe et sombre où se mêlent action et suspense, ce comics est fait pour vous.

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Locke and Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft

Couverture Locke & Key, tome 1 : Bienvenue à Lovecraft

Quand j’ai vu le nom de Joe Hill sur la couverture, je n’ai pas hésité à emprunter le comics Locke & Key ayant été agréablement surprise par The Cape du même auteur.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le romancier à succès Joe Hill et le dessinateur prodige Gabriel Rodriguez vous invitent dans un monde de terreurs et de merveilles : Locke & Key.

Keyhouse : un étrange manoir de la Nouvelle-Angleterre. Un manoir hanté, dont les portes peuvent transformer ceux qui osent les franchir…
Après le meurtre brutal de leur père, Tyler, Bode et Kinsey découvrent leur nouvelle demeure, croyant y trouver le refuge dont ils ont besoin pour panser leurs plaies. Mais une ténébreuse créature les y attend pour ouvrir la plus terrifiante de toutes les portes…

  • Broché: 227 pages
  • Editeur : Milady Graphics (21 mars 2013)
  • Prix : 19€

AVIS

L’auteur nous plonge dès le début du comics dans l’horreur avec le meurtre du père de Tyler, Kinsey et Bode, leur mère ayant, quant à elle, survécu. La famille décide alors de prendre un nouveau départ en élisant domicile à Keyhouse, un manoir de famille situé en Nouvelle-Angleterre. Très vite, grâce notamment à Bode et à une étrange découverte, on constate que ce manoir recèle des mystères plutôt sombres et que la famille, déjà bien éprouvée, est loin d’être au bout de ses peines. Difficile pour le lecteur de ne pas comprendre que Keyhouse n’était pas forcément le meilleur endroit pour entamer un processus de deuil déjà bien difficile…

J’ai adoré la manière dont l’auteur fait monter le suspense : plus on avance dans la lecture, plus elle devient intense voire addictive. On a ainsi très envie d’en apprendre plus sur le passé de cet étrange manoir, la créature qui est au fond du puits, l’importance des clés, les raisons qui ont poussé un élève, en apparence prometteur, à commettre un crime d’une telle atrocité… Beaucoup de questions dont on attend avec impatience, mais aussi avec une certaine crainte, les réponses.

Les personnages, quant à eux, ne sont pas dénués d’intérêt. Si au départ, ils semblent un peu stéréotypés, ils se révèlent finalement complexes voire, pour certains, des plus torturés. On devine, en outre, que l’auteur réserve encore bien des épreuves à nos protagonistes. Ceux-ci ayant déjà bien souffert par le passé, on ne peut qu’espérer qu’ils auront les ressources pour faire face à tous les dangers qui les attendent.

En ce qui concerne les illustrations, j’avoue ne pas être particulièrement sensible au style de l’illustrateur, mais force est de constater qu’elles retranscrivent à merveille l’ambiance angoissante et fantastique du comics. Le duo texte et images fonctionne donc très bien et offre une expérience de lecture des plus immersives. Ainsi, on ressent parfaitement cette sensation de danger ce qui nous permet, d’une certaine manière, de nous rapprocher des personnages et du cauchemar qu’ils traversent.

Pour conclure, j’ai retrouvé dans Locke&Key, l’ambiance angoissante de The Cape. Les décors, les personnages, les couleurs… Tout est mis en place pour vous immerger efficacement dans l’histoire et vous faire ressentir la noirceur du mal qui rôde. Angoisse et frissons seront donc au programme de ce comics qui comblera les amateurs du genre.

Jingle Belle, Paul Dini

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J’ai découvert  Jingle Belle de Paul Dini lors d’une visite chez Noz. La couverture laissant présager un comics plutôt humoristique, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jingle Belle est (sans jeu de mot, vraiment !) une enguirlandeuse. Elle a beau afficher trois-cents ans au compteur, elle est comme toutes les adolescentes : speed, sexy, piercée, capricieuse, drôle, gaffeuse… Petite précision, elle est la fille du Père Noël.

AVIS

Le Père Noël a une fille ! Je me sens un peu comme un paparazzi qui sort le scoop du siècle sur la dernière starlette en vogue. Avouons quand même que c’est l’information la mieux gardée de tous les temps. C’est d’ailleurs un peu, beaucoup, ce qui agace magistralement Jingle Belle. La jeune elfe en a assez de vivre dans l’ombre de son père et vit donc son anonymat comme une grande injustice.

Notre adolescente en quête de reconnaissance va ainsi se lancer dans des entreprises hasardeuses comme avoir son propre show de Noël afin de ringardiser celui de son illustre père. Oui, vous savez, le bonhomme qui descend, une fois par an, par la cheminée de tous les enfants du monde (même s’ils n’en ont pas) afin de leurs offrir des cadeaux.

Néanmoins, l’enthousiasme et l’imagination de Jingle Belle ne donnent pas toujours les résultats escomptés pour le plus grand bonheur des lecteurs qui ne peuvent que se délecter de ses péripéties et déboires. Oui, ce n’est pas très charitable de se moquer, mais ça fait du bien d’autant qu’elle est un peu le porte-étendard de la loi de Murphy :

« S’il existe au moins deux façons de faire quelque chose et qu’au moins l’une de ces façons peut entraîner une catastrophe, il se trouvera forcément quelqu’un quelque part pour emprunter cette voie. »

Notre héroïne sait se montrer agaçante, enfin surtout pour sa famille et les malchanceux qu’elle essaie d’aider, mais elle est surtout très attachante. J’ai beaucoup aimé sa bonne humeur et ses tentatives désespérées, comme pour beaucoup d’adolescents, de sortir du giron de son père.

Quant aux illustrations, elles sont, à l’image de Jingle Belle, vives, dynamiques et pleines de peps. Les couleurs toutes festives collent parfaitement au thème des fêtes de fin d’année et mettent tout de suite de bonne humeur.

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Le comics contient en outre deux bonus : l’histoire de Polly Green et celle de « Mutant, Texas ». Si la deuxième ne m’a pas séduite, j’ai beaucoup aimé la première histoire mettant en scène une jeune sorcière lasse des desiderata incessants de sa famille. Mais Polly ayant de la ressource,  sa famille apprendra à ses dépens qu’il n’est pas très judicieux de vouloir exploiter sans vergogne les talents d’une sorcière.

En conclusion, Jingle Belle est une très bonne surprise. J’ai passé un excellent moment au côté de cette héroïne attach(i)ante dont l’enthousiasme semble contagieux. Si vous désirez une histoire qui vous mettra de bonne humeur et vous plongera doucement dans les fêtes de fin d’année, ce comics est fait pour vous.

NOTE : 4/5

Challenge littérature de l’imaginaire: 4/12, Challenge Cold Winter, Challenge de Noël