Top Ten Tuesday #195 : 10 livres contenant le mot Noël dans le titre

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Joe Jacs vous propose, sur son compte Instagram, un petit challenge livresque fort sympathique auquel je participe avec plaisir : Noël féériquement livresque.

Le principe : lire des livres ayant le mot Noël dans le titre ou se passant durant les fêtes ou en hiver. Si le challenge a commencé le 1er novembre et se terminera le 31 janvier, j’attends le début du Cold WInter Challenge pour vraiment y participer.

En attendant, je vous propose 10 livres contenant le mot Noël dans le titre. J’espère en lire quelques-uns durant le challenge…

Couverture Le chat qui ne voulait pas fêter NoëlCouverture J'ai tué le père noëlCouverture Le grimoire du Père Noël

Couverture Tu fais quoi pour Noël ? Je t'évite !Lovely Christmas par Halba

Couverture 13 Martin à Noël

Belles histoires du temps de Noël

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ou certains vous tentent-ils ?

Box de Noël France Loisirs (2020)

Quand Aurélie, de chez France Loisirs, m’a proposé de m’envoyer une box de Noël, j’ai été ravie, appréciant toujours les surprises !

J’ai ainsi eu le plaisir de recevoir, dans une très belle boîte, une carte, un catalogue, un photophore en forme d’étoile et deux livres dont un qui était dans ma wish list, l’intégrale de Grisha. Je possède déjà les deux premiers tomes que j’ai d’ailleurs chroniqué sur le blog (Grisha, Le dragon de glace), mais je résiste rarement à une jolie couverture…

L’intégrale. 1 livre, 3 romans

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.
Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.
Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.
Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

PRIX : 21,50€

Quant à L’épouse et la veuve, le résumé et la couverture me tentent aussi beaucoup.

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…
Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux.
Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur.
Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ?
Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

PRIX : 16,50€

Pour retrouver ces livres et beaucoup d’autres, ça se passe sur le site de France Loisirs.

Des cadeaux pour toutes les envies !

Et vous, ces romans vous tentent-ils ?
Connaissez-vous le Grishaverse ?

Cold Winter Challenge 2020 : ma PAL #palducwc

L’annonce de la nouvelle session du Cold Winter Challenge, qui se tiendra du 1/12/2020 au 28/02/2021, m’a emplie de joie. Et cette année, il faut remercier L’Enluminée pour le travail accompli, Margaud lui ayant passé le flambeau.

Au programme, le plaisir de lire, le partage, de beaux moments d’évasion, du rêve… Bref, tout ce dont vous avez envie et que vous aurez la chance de vivre à travers vos lectures et les échanges avec les autres participants. Pour tous les détails, je vous invite à regarder la vidéo de présentation de L’Enluminée.

Parmi les différentes options proposées, j’ai choisi Challenge Mordue de l’hiver consistant à lire au moins un livre dans toutes les sous-catégories de chaque menu.

Place maintenant à ma PAL, en rappelant que, comme toujours, mes lectures sont susceptibles de s’éloigner de mes prévisions de lecture…

MAGIE DE NOËL

  • Under the mistletoe : romance de Noël ou feel good qui se passe durant les fêtes de fin d’année. Je ne suis pas très romance de Noël, mais je pense lire un livre dont j’ai entendu énormément de bien et qui semble très drôle.

  • Raclette : famille, amis, secret.

Couverture OrdoCouverture La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre

  • Danse de la fée Dragée : rêve, univers onirique, fantasy, fantastique.

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamaisCouverture Le Royaume AssassinéCouverture Le grand voyage de RameauCouverture Clochette au pays des merveilles

HIVER MYSTÉRIEUX

  • Yule : mythologie, légendes, divinités.

Couverture Rulantica, tome 1 : L'île secrèteCouverture Déesses de légendeCouverture Le bestiaire de l'Olympe

  • Reine des neiges : femme de pouvoir, féminisme, sorcière.

Couverture Ma vie de monstre9791090627079

  • New year, new me : métamorphose, transformation, évolution.

Couverture RéflexionCouverture Peau d'Homme

MARCHER ENSEMBLE DANS LA NEIGE

  • Rennes du Père Noël : animaux, nature, écologie. Je ne suis pas très nature writing alors je me suis plutôt focalisée sur ce que j’adore, les animaux !

Couverture Les lapins de la couronne d'Angleterre, tome 1 : Le complotCouverture La cordonnerie des ours polaires

  • Aurore Boréale : aventure, périple, voyage.

Couverture Coeur de loupCouverture L'enfant et l'Oiseau blanc

  • Carol of the bell : roman choral, plusieurs points de vue… 

Couverture Amelia

HIVER OBSCURE

  • Fantômes des Noël passés : fantômes, revenants, voyage temporel

Couverture Histoires de fantômes du JaponL'effroyable Encyclopédie Des Revenants de pierre dubois Format Beau livre Couverture La machine à explorer le temps

  • Frissonner sous un plaid : horreur, épouvante, thriller, suspense.

Couverture Même pas mortsCouverture DuckensteinCouverture Sacrificial vote, tome 1

  • Nuit du solstice : lire un livre de moins de 300 pages.

Couverture Pauvre âme en perditionCouverture Le Patron est une copine

AU CHAUD DEVANT LA CHEMINÉE (MENU BONUS)

  • Grands enfants : livre jeunesse.

Histoire de Dickens illustré - LuxeCouverture Le chat qui ne voulait pas fêter NoëlCouverture J'ai tué le père noël

  • Vitrine de Noël : lecture graphique/avec des illustrations sur le thème de Noël ou de l’hiver.

How Winston Delivered ChristmasCouverture Le Noël de Mickey et Minnie

  • Chocolat chaud : livre qui apporte du bien-être. Lisant peu de feel good même si c’est un genre que j’apprécie, j’ai opté pour des lectures qui me font, en général, du bien : des livres tout mimi avec, en vedette, des animaux…

Couverture Jasmine, l'apprentie vétérinaire, tome 3 : Un chaton nommé MinuitCouverture Hôtel Heartwood, tome 2 : Un hiver si doux

Et vous, participez-vous au challenge ?
Certains de ces livres vous tentent-ils ?

Les derniers romantiques, Tara Conklin

Couverture Les derniers romantiques

Dans un monde en proie au dérèglement climatique, Fiona Skinner, 102 ans, poétesse de renom, vient de donner sa première lecture publique depuis vingt-cinq ans quand une jeune femme se lève dans l’auditorium. Elle lui dit s’appeler Luna.
Luna. Une apparition fantomatique… Un prénom surgi du passé… Alors Fiona se souvient.
Au cours de l’été 1981, Reine, Caroline, Joe et Fiona Skinner perdent leur père. Puis assistent, impuissants, à la dérive de leur mère. Âgés de 12 à 4 ans et livrés à eux-mêmes, ils ne sortiront pas indemnes, mais soudés à jamais, de cet été là – qu’ils appelleront par la suite La Grande Parenthèse.
Vingt ans plus tard, surviendra une nouvelle tragédie familiale…
Émouvant et ambitieux, Les Derniers Romantiques interroge nos choix de vie, les conséquences qu’ils ont sur notre avenir, et les liens qui nous unissent à ceux que nous aimons.

L’Archipel (22 octobre 2020) -352 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Daniele Momont

AVIS

Si les fresques familiales ne m’attirent pas outre mesure, j’ai tout de suite été intriguée par ce roman que j’ai dévoré, complètement transportée par la plume de l’autrice qui s’est révélée aussi fluide qu’agréable.

Dès le début, je me suis donc prise d’intérêt pour cette histoire alternant entre l’année 2079, qui semble en proie à un profond bouleversement climatique, et le passé durant lequel on voit évoluer la famille Skinner. Une famille meurtrie par le décès soudain et brutal du père qui changera à jamais les enfants Skinner : Reine, Caroline, Joe et Fiona. Leur mère tombée en dépression sans que les enfants ne saisissent vraiment la portée de sa léthargie, la vie familiale se réorganise afin de pallier l’absence du père et la défaillance de la mère.

Reine, la très responsable Reine qui porte à merveille son prénom, veille sur le bien-être de chacun, s’assurant aussi bien du brossage de dents que de la réalisation des devoirs. L’aimante et souriante Caroline apporte cette étincelle de vie dont la famille a tellement besoin, Joe brille par son aura de puissance et d’assurance quand la petite dernière, Fiona s’enferme dans sa passion des livres, des listes et son admiration pour ce grand frère dont elle est si proche. Une fratrie, des personnalités bien marquées, des petites peines et de gros chagrins, des rires, des jeux d’enfant, la volonté farouche de protéger une mère qui se noie, et une foi inébranlable en la force des liens fraternels…

Si l’on découvre la vie de chacun, c’est plus particulièrement celle de Fiona que l’on suit. Devenue spécialiste de l’environnement, mais surtout poétesse reconnue et adulée, nous la retrouvons centenaire devant un auditorium venu l’écouter. Et là, au beau milieu de ces visages anonymes, mais bienveillants, sort de l’obscurité, Luna. Luna qui pose une question en apparence anodine, mais pas pour Fiona ! Devant les souvenirs qui affluent et les émotions qui menacent de la submerger, elle propose alors à son public de raconter, raconter les échecs amoureux, mais surtout l’histoire de sa famille. Un voyage éprouvant seulement entrecoupé du bruit des sirènes comme pour rappeler la nécessité et l’urgence de partager avant que tout ne finisse par s’effacer.

Dans ce roman, il est question de dépression, de deuil, de féminisme un peu, d’amour et de sa recherche parfois maladroite, mais il est surtout question des liens spéciaux développés entre des enfants qui ont dû apprendre à veiller les uns sur les autres avant que leur mère reprenne les rênes de sa vie et retrouve sa place dans leur vie. Si cette période d’abandon maternel, nommé sobrement Grande Parenthèse, a laissé quelques meurtrissures, elle nous apparaît ici comme le commencement de tout… C’est à grâce à ces moments étranges, mélange de félicité naïve et de chaos organisé, que chacun des enfants est devenu l’adulte qu’il est.

Page après page, on s’attache de manière viscérale à cette famille et l’on se trouve happé par le devenir de chacun, par les accomplissements, les échecs, les périodes de doute, les réussites, les malentendus, les secrets… Reine devient un médecin reconnu qui travaille d’arrache-pied quitte à annihiler ses émotions, Joe se perd dans son travail et ses illusions d’une bien dangereuse manière, Caroline gère d’une main de maître son foyer au point de s’épuiser et d’oublier la personne qu’elle est en dehors de ses lourdes responsabilités. Et Fiona se cherche avant de se lancer dans un projet audacieux qui ne suscitera pas l’approbation de sa famille, mais qui lui offrira l’opportunité de mettre ses talents d’écrivaine et de poétesse en œuvre. Un choix de carrière différent que j’ai, pour ma part, trouvé courageux, car si son initiative aurait valu à un homme des regards de connivence de la part de ses pairs, elle vaut à Fiona un certain mépris.

Des chemins de vie tellement différents qu’on ne peut que se demander si les liens entre les Skinner résisteront au poids des ans, et de toutes ces décisions, petites et grandes, aux conséquences parfois bien lourdes. Une interrogation légitime traitée avec beaucoup de sensibilité et d’humanité par l’autrice qui nous montre comment malgré tous les souvenirs partagés, et l’amour que l’on peut éprouver pour une personne, on peut finir par s’éloigner d’elle et avoir cette impression déstabilisante de ne plus vraiment la connaître. Cela est d’autant plus palpable avec l’un des personnages qui emprunte une voie sans issue, une voie si différente de celle qu’on aurait volontiers associée à l’enfant qu’il était…

Pendant une partie du roman, l’autrice fait planer un certain mystère sur un drame ayant frappé la famille Skinner, de nombreuses années après la mort du père. J’ai plus ou moins anticipé sa teneur, mais j’ai néanmoins apprécie la manière dont elle l’utilise pour nous montrer que tous les signes avant-coureurs étaient là. Fallait-il encore les saisir et en mesurer toute la portée. Mais de toute manière, aurait-on pu vraiment éviter la catastrophe ?

Chaque membre de la famille développe sa propre manière de faire face à la douleur, mais on ne doute pas de la force de leur amour, parfois invasif, mais tellement salvateur. À leur manière, les Skinner se complètent et c’est ensemble qu’ils se révèlent les plus forts face à l’adversité et aux épreuves dont ils finissent toujours par se relever. Pour ma part, j’ai été très émue par la vie de ces personnages que j’ai appris à apprécier dans leur individualité et à adorer dans leur globalité. En tournant la dernière page, j’ai ressenti un vide immense comme si ce n’était pas des êtres de fiction que je quittais, mais un frère et des sœurs, des individus qui ont eu une place importante dans ma vie et dans mon cœur. Mais n’est-ce pas la plus grande force de l’autrice : réussir à nous faire vivre pleinement l’histoire de la famille Skinner, à la faire devenir nôtre au point de plus avoir envie de la quitter ?

Touchante et tellement humaine, voici une fresque familiale vibrante d’émotion qui met à nu le cœur de personnages attachants et imparfaits en même temps que celui des lecteurs, complètement subjugués par ces destins qui s’emmêlent et se démêlent au fil des années. Des lecteurs qui éprouveront d’ailleurs de vives difficultés à tourner définitivement la page d’une histoire marquée par les drames, mais sublimée par les moments de félicité familiale et la force des liens fraternels.

Feuilletez un extrait  sur le site des éditions de l’Archipel que je remercie pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Femmes sans merci, Camilla Läckberg

Couverture Femmes sans merci

Ingrid Steen a renoncé à sa carrière de journaliste le jour où son mari infidèle a été promu éditeur en chef. Depuis, elle s’occupe de leur fille et s’efforce de maintenir l’image d’un mariage parfait.
Viktoria Brunberg est misérable, enchaînée aux fourneaux dans sa maison de Sillbo. Quand elle a découvert la véritable nature de son mari Malte, il était déjà trop tard.
Birgitta Nilsson, bientôt à la retraite, n’arrive pas à se libérer de son mari abusif. Depuis des années, elle fait tout pour cacher ses bleus.
Extrêmement différentes, ces trois femmes ont une chose en commun : elles sont toutes coincées dans des mariages destructeurs et toxiques. Via un forum sur le Net elles concluent un pacte : chacune va commettre le meurtre parfait en assassinant le mari de l’une des autres.

Actes Sud (3 juin 2020) – 144 pages – Broché (14,90€) -Ebook (10,99€)
Traduction : Rémi Cassaigne

AVIS

En voilà, une lecture courte et intense, l’autrice nous transportant dans la vie de trois femmes très différentes, mais toutes les trois victimes de violence de la part de leur époux.

Ingrid a renoncé à sa carrière de journaliste pour s’occuper de sa fille pendant que son mari se couvre de gloire au travail tout en la trompant allègrement. Viktoria, d’origine russe, pensait trouver un mari doux et gentil en Suède quand elle n’y rencontrera que violence et abus de la part d’un mari abusif, grossier et méchant. Quant à Birgitta, elle subit l’indifférence de ses deux fils et les coups de plus en plus violents d’un mari dont le passe-temps préféré, pour se détendre, est de la frapper comme un boxeur le ferait avec un punching-ball !

Suivre les violences subies par ces trois femmes est difficile parce que si le livre se passe en Suède, il pourrait très bien se dérouler dans n’importe quel endroit du globe. L’histoire Viktoria ou de Birgitta pourrait être l’histoire d’une voisine, d’une amie, d’une sœur, d’une femme rencontrée dans la rue, et dont le pas précipité cacherait la peur de rentrer en retard, de susciter un déchaînement de violence, peut-être le dernier…

Violence physique, violence psychologique, mais aussi hypocrisie d’un mari qui défend le mouvement #MeToo devant les caméras tout en refusant, en coulisse, de sanctionner les débordements de ses collaborateurs masculins parce que vous comprenez, ils ne sont pas méchants au fond. On ne va quand même pas les licencier et détruire leur carrière pour des mots déplacés et grivois ou des mains baladeuses ? Non, bien sûr, enfin sauf quand on a un minimum de dignité humaine et de conscience… Minimiser la portée de ces actes dégradants, par couardise ou sentiment de solidarité masculine bien malvenu, c’est participer aux violences faites aux femmes, qu’on le veuille ou non.

À travers sa novella, l’autrice dénonce ces violences, petites et grandes, inacceptables et déshumanisantes que l’on est toutes susceptibles de rencontrer dans notre vie professionnelle et/ou personnelle avec une telle acuité que cela en est saisissant et effroyable ! Mais alors que l’on découvre les maltraitances subies par les protagonistes, on se demande la raison d’un titre tel que « Femmes sans merci » ? Cela n’aurait pas plutôt dû être « Maris sans merci » ou, peut-être encore plus parlant, « Femmes à l’agonie » ? Puis de fil un aiguille, un glissement se produit dans le récit et l’on saisit les raisons d’un tel titre : si ces femmes ont subi sans rien dire des années durant, elles finissent par décider de prendre leur revanche !

À partir de là, la novella engagée s’oriente bien plus vers le thriller, car, le moins que l’on puisse dire, c’est que nos trois femmes bafouées ne font pas dans la dentelle… Je préfère rester vague sur leurs actions, mais j’ai apprécié le revirement de situation, et la manière dont les bourreaux deviennent victimes. N’étant pas une grande amatrice de la loi du talion, je n’ai pas approuvé la manière dont elles choisissent de régler leurs problèmes, mais j’ai réussi à comprendre les sentiments qui les ont motivées, du moins pour Viktoria et Birgitta. Un peu comme si à prendre trop de coups, la frontière entre mal et bien s’était étiolée jusqu’à complètement disparaître.

En revanche, j’ai trouvé la décision d’Ingrid assez disproportionnée par rapport à sa situation. J’en suis venue à me demander ce qu’elle souhaitait vraiment punir : l’infidélité de son mari et l’humiliation qu’il n’a pas hésité à lui infliger, le sacrifice de sa carrière qu’il lui a plus ou moins imposé sans montrer une once de reconnaissance, son hypocrisie face au harcèlement sexuel des femmes qu’il dénonce à la télé et tolère dans la réalité… À moins que ce ne soit un peu de tout cela.

Question de survie ou recherche d’une justice presque divine en même temps qu’un sentiment de sécurité matérielle… Des motivations différentes, mais la même décision et détermination ! Les représailles de ces femmes envers des maris violents et/ou défaillants ne devraient donc pas vous laisser indifférents. Pour ma part, j’ai été complètement transportée par cette novella qui m’a fait vivre d’intenses émotions, pas agréables, mais nécessaires, les violences domestiques étant une réalité qu’il faut dénoncer, encore et encore.

Toutefois, le format novella pourrait déranger certains lecteurs, dont je ne fais pas partie, car il ne permet pas de traiter l’histoire en profondeur. Certains points sont ainsi occultés comme les détails du plan mis en place par les trois femmes pour quitter une vie loin d’être heureuse. J’aurais d’ailleurs moi-même apprécié un peu plus de détails à ce niveau, mais je pense qu’en lisant ce livre, il faut garder à l’esprit que la question essentielle est ici bien plus le « pourquoi » que le « comment »…

En conclusion, à travers ce livre, l’autrice suscite une certaine réflexion et prise de conscience quant aux violences faites aux femmes dans la sphère privée et professionnelle tout en offrant une histoire assez sombre dans laquelle les victimes finissent par se libérer de leur bourreau de manière plutôt expéditive. Pour le meilleur et pour le pire… un serment sacré respecté à la lettre !

C’est le 1er, je balance tout ! octobre 2020

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

J’ai beaucoup lu ce mois-ci et encore plus depuis l’annonce du confinement, les livres me servant de refuge pour oublier la situation actuelle et l’insouciance des gens. J’habite la Loire, département particulièrement touché par le Covid, mais je continue à croiser des gens sans masque alors qu’ils sont obligatoires depuis un moment ou des gens avec le masque sous le menton sans oublier ceux qui vous collent aux caisses… J’arrêterai ici de me plaindre mais je suis plus que jamais contente d’avoir trouvé dans ma passion des livres, un bon moyen de me ressourcer. J’espère qu’il en est de même pour vous.

  • Mon top 3 en ce qui concerne les romans : Jamais tu ne me quitteras est un thriller que je ne peux que chaudement vous recommander, notamment pour la thématique de la maltraitance domestique qu’il met en lumière. Alana et l’enfant vampire, lu en lecture commune dans le cadre du PLIB, offre une diversité bienvenue et Virtual Revolution 2046 nous plonge dans un monde où la virtualité domine pour le meilleur… et pour le pire !

Couverture Virtual Revolution 2046Couverture Jamais tu ne me quitteras Couverture Alana et l'enfant vampire

  • Mon top en ce qui concerne les œuvres graphiques : Jardin secret est un concentré de douceur qui fait du bien en ces temps étranges quand l’album Rosa Parks permet aux enfants de se familiariser avec cette figure de la lutte contre l’apartheid. J’ai adoré La vie hantée d’Anya dont je vous reparlerai très prochainement, mais je peux déjà vous dire qu’on va parler fantôme et difficulté de concilier deux cultures.

Couverture Jardin Secret, tome 1Couverture De petite à grande : Rosa ParksCouverture Le fantôme d'Anya / La vie hantée d'Anya

  • Ayant ressenti le besoin de me plonger dans des livres faciles à lire, j’ai enchaîné les romances historiques qui, certes ne me resteront pas longtemps en tête, mais qui m’ont offert des moments de divertissement bienvenus et sans prise de tête. C’est tout ce que j’espérais. Si le genre vous intéresse, n’hésitez pas à lire mon avis sur Le jardin des mensonges qui a la particularité de mélanger romance et enquête policière.

Couverture Le jardin des mensonges

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Les rêveries d’Isis vous propose un excellent avis sur un livre que j’avais beaucoup apprécié, mais dont je me serais bien sentie incapable de vous parler : L’étrange bibliothèque.

  • Hylyirio nous parle d’un livre sur les tueries scolaires, un sujet délicat sur lequel je n’ai jamais rien lu ou, du moins, rien à part la nouvelle de Maxime Chattam, Carnages.

Couverture Passage à l acte, Comprendre les tueries en milieu scolaire

  • Grâce à Bennybooks, j’ai découvert le roman World War Web qui semble offrir une expérience de lecture complète, l’autrice ayant réalisé un clip musical et travaillant sur une adaptation en ciné-concert !

  • Pour les fan de Jane Austen et d’Orgueil et préjugés, l’article d’À livre ouvert devrait vous plaire. Pour ma part, le livre est d’ores et déjà dans ma wish list de Noël.

Couverture Orgueil et Préjugés en Énigmes

 

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Demoiselle Suzy propose un tuto pour créer des sachets de thé réutilisables. Un tuto qui tombe un point nommé avec le confinement…

  • Saviez-vous qu’en plus de nous offrir des articles de qualité, Loetitia, du blog Albédo, est également apicultrice ? J’ai ainsi eu l’occasion de commander pour des lots pour Halloween. Si vous avez raté l’occasion de vous régaler, pas de panique, vous pouvez toujours lui passer une commande de miel en la contactant par mail (lutin82@orange.fr).

Miel artisannal

  • Le Petit Pingouin Vert nous propose un petit challenge littéraire pendant le confinement… Ai-je besoin de vous dire que je participe ?

4) PAL prévisionnelle 

  • Lectures que je suis certaine de faire :

Couverture La guilde des aventuriers, tome 1Couverture L'inconnu de la forêt

Couverture de La petite danseuse au visage figé par Marielle Piccolo

  • Liste de livres dans laquelle je compte piocher : ma lecture personnelle prioritaire est Nevernight parce que le roman me tente terriblement et parce que pour une fois que je fais une précommande, j’espère bien ne pas la laisser trainer dans ma PAL pendant des lustres. J’aimerais également lire un ou deux romans des présélectionnés pour le PLIB ainsi que deux ou trois ouvrages graphiques de ma PAL.

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamaisCouverture Le Drakkar éternel

Couverture Le détective du bizarre, tome 1 : Billy Brouillard et la chasse aux fantômesCouverture Le grand voyage de RameauCouverture Poupelle et la ville sans ciel

Et vous, que retenez-vous du mois d’octobre ?
Un film, une série, un livre, un article… en particulier ?

L’ombre de l’assassin (Stillhouse Lake#2), Rachel Cain

L'ombre de l'assassin par Caine

Gwen était parvenue à sauver ses enfants des griffes de son ex- mari, le tueur en série Melvin Royal. Mais celui-ci vient de s’évader de prison. Et elle prend peur.
Alors que seule une poignée de personnes connaissent son nouveau numéro de portable, elle reçoit ce texto glaçant :  » Vous n’êtes plus en sécurité nulle part  » ! Fuir ou se terrer de nouveau ne servirait à rien. L’heure a sonné d’inverser les rôles…
De proie, Gwen veut devenir prédateur. Et, avec l’aide du frère de l’une des victimes de Melvin, éliminer ce dernier. Mais à mesure que leur traque avance, le doute envahit ceux qui croient en Gwen. Est-elle aussi étrangère aux crimes de son mari qu’elle le prétend ? Pour preuve cette photo compromettante qui circule sur les réseaux sociaux..

L’Archipel (15 octobre 2020) – 400 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Sebastian Danchin

AVIS

L’ombre de l’assassin est la suite de L’ombre de la menace.

Ayant adoré L’ombre de la menace, j’attendais avec impatience cette suite qui s’est révélée assez différente, mais tout aussi palpitante et prenante ! Melvin, évadé de prison, Gwen est de nouveau sur le qui-vive, allant d’hôtel en hôtel miteux pour protéger ses enfants, Lanny et Connor, de leur psychopathe et tueur en série de père. Mais un déclic s’est produit en elle : fini de jouer les proies, l’heure d’inverser les rôles a sonné. Et si, maintenant, c’était au tour de Melvin d’être traqué et acculé ?

Cette décision courageuse, mais pas sans risque, contraint Gwen à faire une chose qui lui brise le cœur, confier ses deux enfants au soin de deux personnes de confiance, capables de veiller sur eux et de faire face à toutes les situations. Gwen pourra également compter sur le soutien de Sam, le frère d’une victime de Melvin, bien décidé à régler son compte à ce tueur pervers, mais d’une intelligence rare. Mais notre duo est-il réellement conscient de ce qu’une telle traque implique et de toutes les forces en jeu ? Peu probable si l’on se fie à ce que l’on découvre au fil des pages. Car si Melvin est un homme extrêmement dangereux, il ne représente peut-être pas la pire des menaces…

Je préfère rester vague sur le fond du roman pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux toutefois vous dire que j’ai été complètement captivée par les événements qui rythment cette sorte de road trip visant à débusquer l’un des pires tueurs en série que j’aie pu rencontrer dans un roman. Melvin est un homme froid, pervers et d’une noirceur extrême, n’hésitant pas à manipuler même un enfant qui ne désirait que trouver ce qui lui a toujours manqué, une figure paternelle aimante et bienveillante. Plus on apprend à le connaître, plus on tremble donc à l’idée de toutes ces années qu’il a pu passer auprès d’une famille bien inconsciente de sa véritable nature.

Si les lecteurs ne doutent pas de la bonne foi de Gwen et de ses enfants quant aux abominations perpétrées par Melvin, une partie de l’opinion publique et de nombreux trolls sur le web continuent à accabler et à harceler Gwen, quand ce n’est pas une organisation aux contours bien plus flous qui la traque sans répit. Que cette situation m’a révoltée, cette femme ayant déjà bien assez souffert sans que des personnes viennent déverser toute leur haine ! Mais le pire, du moins pour moi, a été de voir que malgré tout ce qu’elle a fait pour les siens, il a suffi d’un élément pour que les doutes les assaillent… Si j’ai pu excuser Connor en raison de son âge et de son besoin de reconnaissance paternelle, j’ai eu bien plus de mal à comprendre les autres personnages. J’ai d’ailleurs ressenti un tel sentiment d’injustice et d’indignation devant certains comportements et certaines paroles que j’ai eu envie de jeter mon livre par la fenêtre. Preuve de l’attachement que j’ai développé pour Gwen…

Il faut dire qu’elle m’a profondément touchée, émue, bluffée et époustouflée ! Oubliez la femme effacée et soumise que Melvin a épousée. Accueillez plutôt la personne qu’elle est devenue : une femme courageuse bien décidée à se battre comme une lionne pour mettre définitivement hors circuit le prédateur qui menace sa vie, mais surtout, celle de ses deux enfants. L’autrice nous brosse ici le portrait d’une mère courage que l’on a qu’une envie : voir sortir vainqueur de son combat à mort avec un être abject qui prend plaisir à détruire et à massacrer des femmes, mais aussi sa propre « famille ». Je mets des guillemets, car avec un tel monstre, il est peu probable que ce mot ait une quelconque signification…

En plus de celui de Gwen, on suit également les points de vue de ses deux enfants et de Sam, ce qui apporte beaucoup de dynamisme au roman même si je dois avouer que ce sont les passages consacrés à Gwen qui m’ont le plus tenue en haleine. Pour autant, il reste intéressant de découvrir la perception des choses de chacun, et notamment de Connor qui semble assez renfermé sur lui-même, une faille que son père n’hésitera pas à exploiter de la plus abjecte des manières. Lanny, quant à elle, m’a parfois fait penser à Gwen dans sa manière de protéger Connor. Elle se montre parfois maladroite, mais difficile de ne pas ressentir les liens forts qui l’unissent à son frère. Si l’adolescente a vécu des choses inimaginables, elle est également confrontée à des problématiques bien plus communes comme l’amour. Il sera ainsi question d’homosexualité, un sujet traité ici avec beaucoup de simplicité et de naturel.

Le souvenir de Sam s’était un peu estompé depuis ma lecture du premier tome, mais j’ai apprécié de retrouver cet homme dont la vie a également été brisée par Melvin, l’assassin et le tortionnaire de sa sœur. Aussi déterminé que Gwen à lui régler son compte, il se révélera un précieux allié que ce soit grâce à ses différents talents ou son réseau. En plus de sa personnalité et de son envie manifeste de protéger Lanny et Connor, j’ai apprécié la relation assez complexe et ambivalente qu’il a développée et nouée avec Gwen. Une relation qui sera mise à mal par des événements qui semblent gagner en intensité et en noirceur à mesure que les pages défilent…

Comme dans L’ombre de la menace, l’autrice a ainsi réussi à créer un climat d’angoisse qui monte crescendo jusqu’au dénouement final tant attendu et redouté à la fois. Melvin, simple homme que l’on peut arrêter, ou figure démoniaque dont l’aura funeste planera toujours au-dessus des siens ? Une question qui nous pousse, comme les personnages, à être tout le temps sur nos gardes, comme si le serpent pouvait nous frapper à chaque instant. Au-delà de ce tueur en série effrayant et dénué de sentiments, nous découvrons également la perversion humaine sous sa forme la plus brute, celle qui exploite la violence et les vices les plus immondes des hommes pour se faire de l’argent. C’est peut-être d’ailleurs le plus effrayant dans cette histoire, parce que si les tueurs en série ne sont pas légion, le phénomène dénoncé par l’autrice semble bien plus conséquent et d’une telle horreur qu’on en vient à questionner le fondement de notre humanité…. Et si après tout, Melvin n’était pas le plus effrayant des monstres ?

En conclusion, machination, mensonges, révélations, tension qui monte crescendo jusqu’à vous enserrer le cœur, lutte à mort pour la survie, personnages à la psychologie parfaitement travaillée… Tout autant d’éléments qui rendent la lecture de L’ombre de l’assassin hypnotique et glaçante à la fois. Si vous avez envie d’un roman dans lequel un combat sans merci s’engage entre une mère courage et un monstre sans cœur, ce thriller psychologique addictif est fait pour vous. Mais prenez garde aux monstres tapis dans l’ombre… de l’assassin.

Découvrez un extrait de L’ombre de l’assassin sur le site des éditions de l’Archipel.

In My Mailbox #188

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

J’ai pu récupérer la veille du confinement ma précommande de Nevernight que j’ai hâte de commencer. Pour plus de photos, vous pouvez consulter mon post Instagram.

Nevernight, Collector De Saxus

Dans un pays où trois soleils ne se couchent presque jamais, une tueuse débutante rejoint une école d’assassins, cherchant à se venger des forces qui ont détruit sa famille.
Fille d’un traître dont la rébellion a échoué, Mia Corvere parvient de justesse à échapper à l’anéantissement des siens. Livrée à elle-même et sans amis, elle erre dans une ville construite sur les ossements d’un dieu mort, recherchée par le Sénat et les anciens camarades de son père.
Elle possède un don pour parler avec les ténèbres et celui-ci va la mener tout droit vers un tueur à la retraite et un futur qu’elle n’a jamais imaginé.
À 16 ans, elle va devenir l’une des apprentis du groupe d’assassins le plus dangereux de toute la République : L’Église rouge. La trahison et des épreuves l’attendent dans les murs de cet établissement où l’échec est puni par la mort. Mais si elle survit à cette initiation, Elle fera partie des élus de Notre-Dame du Saint-Meurtre, et elle se rapprochera un peu plus de la seule chose qu’elle désire : la vengeance

Durant la semaine, j’ai également fait quelques petites emplettes : Le détective du bizarre, tome 1 : Billy Brouillard et la chasse aux fantômes, La nef des fous et Le grand voyage de Rameau.

Couverture Le détective du bizarre, tome 1 : Billy Brouillard et la chasse aux fantômesCouverture La nef des fous : Le petit RoyCouverture Le grand voyage de Rameau

Et j’ai eu la chance de gagner La fille sans passé sur le blog Le temps des mots.

La fille sans passé

EBOOKS

Entre la box spéciale confinement et les ebooks disponibles dans le cadre du PLIB, j’ai encore plus de mal que d’habitude à garder à jour ma PAL numérique. J’ai donc décidé de ne vous présenter que les derniers ouvrages téléchargés.

Cindy Van Wilder a sorti une novella sombre, Captive, qu’elle propose gratuitement en version numérique.

Cage of Eden T01 par [Yoshinobu Yamada]Chauves par [Benoît Desprez]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Holly Ann, tome 1 : la chèvre sans cornes (éditions Casterman ), Kid Toussaint et Servain (chronique oubliée dans mes brouillons depuis un bon moment)

Couverture Holly Ann, tome 1 : La chèvre sans cornes

Je n’ai pas accroché outre mesure aux illustrations, mais j’ai apprécié la subtilité des détails qui permettent à l’auteur de suggérer efficacement certains éléments de l’enquête. Les suggestions étaient d’ailleurs peut-être trop flagrantes, car j’ai deviné assez rapidement deux éléments importants, ce qui ne m’a pas permis d’être surprise du dénouement de l’histoire. J’ai, en outre, un peu regretté qu’une petite présentation de Holly Ann ne soit pas proposée, notamment sur son rôle exact au sein de la ville. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier ses qualités d’enquêtrice et d’avoir hâte d’en apprendre plus sur ce personnage qui semble posséder un talent peu commun.

Malgré quelques petits défauts, j’ai parcouru avec plaisir cette BD appréciant d’être immergée dans l’ambiance si spéciale de la Nouvelle-Orléans avec son architecture reconnaissable, sa spécificité géographique, ses rites vaudou, son brassage ethnique, mais aussi, la méfiance vis-à-vis des croyances populaires, le racisme ambiant, la différence de traitement entre les noirs et les blancs… Quant à l’enquête, sans être d’un suspense haletant, elle reste intéressante et permet de voir à l’œuvre le sens de la déduction et les talents d’enquêtrice d’Holly Ann.

  • Un, deux, trois, sorcière ! un livre à compter de Magdalena, illustré par Gwen Kéraval (Flammarion jeunesse, Père Castor)

Un, deux, trois, sorcière!

En grande fan de sorcière, j’ai tout de suite été attirée par cet album jeunesse dont la couverture ne manque pas d’humour. Un humour que l’on découvre tout au long des pages où l’on suit une sorcière qui, en raison du vent qui se déchaîne, perd ses habits et ses accessoires. Adieu chapeau et balai !

L’intérêt de cet album, en plus de faire rire et sourire les lecteurs, est d’apprendre aux enfants à compter jusqu’à dix de manière simple et amusante. Pour ce faire, l’autrice joue sur les répétitions avec un début de phrase qui revient à chaque page et qui permet d’introduire les chiffres les uns après les autres. Humour et répétition, deux outils pédagogiques dont il n’est nul besoin de prouver l’efficacité.

On appréciera également la manière dont les enfants sont sollicités directement en fin d’ouvrage tout comme la chute, autant au sens propre que figuré, qui ne manquera pas de faire son petit effet. Quant aux illustrations pleines de peps, elles font incontestablement partie du charme de ce livre que les enfants devraient prendre plaisir à lire et à relire. Apprendre à compter n’aura jamais été aussi amusant ! 

  • Le mangeur d’écorce, Matth Flagg (Mots & Légendes),

Le Mangeur d’écorce par [Matth Flagg]

À la recherche d’une lecture rapide à lire entre deux romans, j’ai jeté mon dévolu sur cette nouvelle qui m’aura permis d’inaugurer ma Kindle achetée pour lire les trop nombreux livres qui m’attendent sur le cloud d’Amazon. Si j’ai beaucoup apprécié l’ambiance parfaite pour Halloween et la plume de l’auteur aussi fluide qu’immersive, la fin m’a paru quelque peu abrupte. Mais ce sera là mon seul bémol, cette nouvelle m’ayant fait passer un moment de lecture délicieusement frissonnant.

J’ai ainsi pris plaisir à parcourir, aux côtés de Damien, les couloirs de cette maison abandonnée dans laquelle il se réveille après avoir été poursuivi par des élèves de CM2. Abri momentané et bienvenu ou piège qui risque de se refermer inexorablement autour d’un enfant dont le seul tort est d’avoir été traqué par des brutes épaisses ? Très vite, la réponse s’impose à nous. Après tout, peut-on espérer le salut d’une bâtisse dont les propriétaires ont été retrouvés morts, plusieurs années auparavant ?

S’armant de tout son courage et de sa lucidité, qui menace de vaciller à mesure que gagne l’obscurité, Damien va devoir avancer quitte à faire des rencontres plus ou moins sympathiques… L’auteur réussit à faire monter la tension crescendo avec, notamment, un personnage qui se révélera aussi menaçant qu’effrayant ! J’ai ainsi presque eu l’impression d’être moi-même poursuivie par une ombre prise de folie meurtrière. Glaçant !

Je m’arrêterai là, l’histoire étant très courte, mais si le noir ne vous fait pas peur, que les vieilles bâtisses abandonnées mystérieuses vous attirent et que vous appréciez les ambiances délicieusement frissonnantes, cette nouvelle devrait vous plaire.

Téléchargez gratuitement Le mangeur d’écorce sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ou vous tentent-ils ?

La Chose au fond du sac – tome 1 : La découverte, Luce Basseterre #PLIB2021

Léna ne mène pas exactement une vie normale. Déjà, elle vit dans une famille décomposée et recomposée et ce n’est pas toujours facile de s’y retrouver quand on a quatre frères et sœur. En plus ils viennent tout juste d’emménager chez leur grand-père. Mais ce n’est pas que ça : Léna a aussi la particularité d’entendre les pensées des autres. Et lorsqu’une voix étrange qui semble venue de la vieille maison voisine commence à l’appeler, Léna et sa famille ne sont pas au bout de leurs surprises !

Au loup Éditions (1 avril 2020) – 128 pages – Ebook (3,99€) – Papier (12,50€)
À partir de 9 ans – Illustration de couverture : Artemisia #ISBN791093950884

AVIS

Suite au décès de son beau-père, Léna, ses trois frères, sa sœur et leur mère emménagent chez le père du défunt. La situation, déjà difficile en soi, prend une tournure inattendue quand Léna se met à attendre une voix qui ne cesse de l’appeler... Ne vous y trompez pas, ce qui est étrange pour Léna, ce n’est pas d’entendre une voix, ça, elle en a l’habitude, mais c’est plutôt d’entendre une voix dont elle n’arrive pas à identifier le propriétaire. Et si la voix venait de la Malvoisin, cette immense demeure voisine abandonnée ? Une hypothèse que la jeune fille est bien décidée à vérifier, mais pour cela, il va lui falloir s’aventurer dans cette maison inquiétante et quelque peu inhospitalière…

Les lecteurs devraient adorer suivre Léna dans ses péripéties qui l’amèneront à faire une étrange et surprenante découverte, dont je préfère taire la nature pour vous laisser le plaisir de la surprise. Je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié la référence de l’autrice à un célèbre auteur connu pour son imaginaire angoissant et horrifique. D’ailleurs, si le roman n’est pas effrayant, il pourrait néanmoins susciter quelques frissons chez les jeunes lecteurs, du moins, dans un premier temps. Car plus on progresse dans l’intrigue, plus on se prend d’affection pour la Chose découverte par Léna entre les murs de la Malvoisin, un lieu qui semble parfait pour les amateurs d’Urbex.

L’autrice a un talent certain pour éveiller la curiosité des lecteurs de tout âge : en plus du mystère planant autour des capacités particulières de Léna et de la présence de la Chose dans un lieu abandonné, nous comprenons assez rapidement que le grand-père n’est peut-être pas qu’un simple papy appréciant de s’occuper de son jardin. Policier des forces spéciales à la retraite, il semblerait qu’il ait encore quelques relations et que son âge ne l’empêche nullement de se jeter dans l’action, voire dans la gueule du loup. Mystérieux et badass, voici un grand-père qui ne devrait pas manquer de vous surprendre ! Si j’ai adoré le personnage, il m’a néanmoins décontenancée par son rejet primaire de la Chose. Mais j’imagine que devant l’inconnu, a fortiori de nature surnaturelle, il peut s’avérer délicat de rester stoïque d’autant que l’on sent ce grand-père très protecteur envers sa famille.

En jouant sur le mystère et une force surnaturelle dont on se languit de percer tous les secrets, l’autrice s’assure de l’attention de ses lecteurs qui, immergés dans le récit, seront bien incapables de le quitter avant d’en lire la dernière ligne. Mais il faudra attendre la suite pour obtenir des réponses à toutes ces questions que l’on prend plaisir à se poser tout au long de ce premier tome qui ne manque ni de suspense ni d’action ! Ce qui rend également la lecture aussi prenante et passionnante, c’est la place accordée à la famille et à la force des liens familiaux, notamment dans une famille recomposée comme celle de Léa. Ainsi, tous les enfants n’ont pas le même père ou la même mère, ce qui demande un petit temps d’adaptation aux lecteurs et complique parfois un peu l’organisation du foyer. Mais cela ne change en rien la vie de cette famille qui connaît, comme toutes les autres, des moments de douleur et de bonheur, de tension et de partage… En tant qu’adulte, j’ai trouvé intéressant que l’autrice évoque un schéma familial peut-être pas « traditionnel », mais de plus en plus courant. 

Si, en outre, je me suis beaucoup attachée à Léna qui s’est révélée plutôt amusante, intelligente, débrouillarde et téméraire, j’ai aussi apprécié d’apprendre à connaître ses frères et sa sœur, tous très différents les uns des autres. Entre une grande sœur responsable qui doit jouer le rôle de nounou bien malgré elle, un frère qui semble en colère contre la terre entière, mais qui ne manque pas de courage, un autre bien plus peureux, et un petit frère adorant manger et enquiquiner ses aînés par ses questions incessantes et sa faculté à se mettre dans leurs pattes… Léna peut se targuer d’avoir une famille variée et haute en couleur !

En ce qui concerne les adultes, on appréciera que, contrairement à d’autres romans jeunesse, ils ne soient pas complètement mis de côté même si l’on sent que la maman est débordée entre son deuil, son travail et ses turbulents enfants, et que son ex-mari est un gentil boulet déconnecté de la réalité. Ma seule petite frustration provient de Mamie Gé que l’on voit peu, mais qui m’a paru être une femme originale et plutôt ouverte d’esprit. C’est d’ailleurs la seule personne au courant de la capacité de Léna à entendre des voix. Un talent rare que la jeune fille doit encore apprendre à maîtriser afin de ne plus se laisser parasiter par les pensées de chacun et ne plus subir de bien douloureuses migraines. La révélation faite en fin d’ouvrage nous laisse espérer une réelle évolution de ce côté-là…

En conclusion, du mystère, un jeu subtil sur la peur de l’inconnu et de la différence, de l’action, une famille haute en couleur, une héroïne vaillante qui possède un don inhabituel, un imaginaire mêlant monde réel et surnaturel, une plume fluide et immersive… Voici tout autant d’éléments qui devraient permettre aux jeunes lecteurs et aux adolescents de se plonger avec délice dans ce premier tome rythmé dont la fin laisse entrevoir une suite riche en péripéties… Quant aux adultes, ils devraient également apprécier cette aventure menée d’une main de maître par une autrice qui nous propose son propre mythe, celui de la Chose ! Un mythe que, pour ma part, j’ai hâte d’approfondir, la Chose ne semblant pas encore nous avoir livré tous ses secrets.

Découvrez un extrait du roman sur le site d’Au loup Éditions.