Dans le miroir de Valeria, Elisabet Benavent

Je remercie les éditions l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Dans le miroir de Valeria d’Elisabet Benavent.

ATTENTION : TOME 2, risque de spoiler du tome 1 dont je vous invite à lire mon avis si vous n’avez pas encore lu le roman.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La suite trépidante des aventures de Valeria et de sa bande d’amies

Valeria, qui s’est séparée d’Adrian, est tombée dans les bras de Victor. Mais, après un début de relation enflammée, elle commence à s’interroger… A-t-elle fait le bon choix  ?
Heureusement, ses amies de toujours sont là, à qui elle peut se confier. Et réciproquement. Car Lola, elle aussi, se pose des questions. Est-elle encore amoureuse de Sergio, l’homme qui a plaqué sa fiancée pour elle, avant qu’elle le rejette ? Carmen, de son côté, semble heureuse d’avoir enfin franchi le pas avec Barto, même si elle pressent que la mère de ce dernier va se montrer envahissante… Seule Nerea semble garder le cap et la tête froide. Mais les apparences sont souvent trompeuses…
Valeria a aussi une autre source d’inquiétude. Elle vient enfin de terminer son deuxième roman. Elle en est satisfaite et son éditeur est enthousiaste. Mais comment ses amies réagiront-elles quand elles découvriront leurs histoires de cœur et leurs ébats intimes étalés au grand jour ? En attendant, les quatre amies sont de nouveau réunies et s’apprêtent à sortir faire la fête.
C’est drôle, c’est vif, ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre filles. On s’est à peine embrassées qu’il est déjà l’heure de se quitter.

Archipel (16 octobre 2019) – 414 pages – Broché (17€) – Ebook (11,99€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié Dans les pas de Valeria, j’attendais avec impatience de retrouver Valeria et ses trois meilleures amies ! Des retrouvailles qui se sont passées dans l’émotion entre rires, questionnements et ambiance brûlante. Parce qu’autant vous le dire tout de suite, l’autrice a décidé d’accorder à Valeria cet embrasement des sens que son ex-mari lui a refusé des mois durant…

Fraîchement séparée d’Adrian, elle s’en donne ainsi à cœur joie avec le beau Victor qui s’est donné comme mission de connaître chaque parcelle de son corps pour le plus grand plaisir de notre héroïne qui n’a jamais vraiment connu la passion amoureuse. Le roman contient donc un certain nombre de scènes de sexe, ce qui n’est pas forcément ma tasse de thé de manière générale, mais qui ne m’a pas dérangée ici outre mesure. Cela s’explique par la tendresse particulière que je ressens pour cette série, mais surtout par le fait que ces scènes se révèlent cohérentes avec l’intrigue et notre couple principal.

Valeria apprend à se laisser aller et à profiter de chaque instant de volupté, quand Victor s’échine à faire ce qu’il fait le mieux, donner du plaisir à sa partenaire sans penser au lendemain. Mais est-ce que les rendez-vous coquins et les folles nuits d’amour suffiront-ils à bâtir une relation qui peut durer ?  Une question qui reste en suspens et qui pousse Valeria dans ses retranchements et ses interrogations quant à un possible futur à deux. La jeune femme est ainsi perdue dans ses sentiments, entre peur de s’attacher à un homme qui semble fuir l’engagement, et celle de laisser partir le seul homme qui a réussi à faire battre son cœur et son corps à l’unisson. Si j’ai parfois trouvé que Valeria aimait se compliquer la vie en se posant bien trop de questions, j’ai aussi été touchée par sa sensibilité et sa bonne humeur malgré les épreuves de la vie.

Comme vous vous en doutez, il y aura donc des hauts et des bas entre Victor et notre héroïne ! Mais on a envie d’y croire parce qu’il y a indéniablement quelque chose entre les deux amants et que Valeria mérite de retrouver un peu de stabilité émotionnelle après sa séparation qui l’a plus affectée qu’il n’y paraît…  Quant à Victor, ce n’est clairement pas le genre d’homme qui m’attire, sa passion du sexe ressemblant à un beau moyen de fuir ses émotions, mais j’ai apprécié d’en apprendre plus sur son passé et sa famille qui est juste génialissime. On sent que Victor fait de son mieux pour faire face à cette avalanche d’émotions qui lui tombe dessus, mais comme Valeria, on en vient à se demander jusqu’où il est prêt à se mettre en danger pour elle…

Comme dans le premier tome, la plume est légère, fluide et terriblement addictive, l’humour bien présent et les dialogues entre les quatre amies percutants et d’un réalisme à toute épreuve. Autant d’éléments qui vous poussent à tourner les pages sans vous en rendre compte et à lire le roman comme vous vous enfileriez une saison entière de Desperate Housewives ! La série télé est bien différente de la saga Valeria, mais j’y ai retrouvé le même sentiment d’addiction et cette envie irrépressible de découvrir la suite sans attendre.

En plus du plaisir de retrouver Valeria et sa situation amoureuse digne d’une bonne comédie romantique, je n’ai pas boudé celui de revoir ses meilleures amies hautes en couleur et toujours aussi attachantes. Lola, Nerea et Carmen vont devoir faire face à leurs propres problématiques et prendre des décisions importantes. À cet égard, je dois dire que j’ai été ravie et impressionnée par le changement d’attitude de Nerea qui va arrêter de se conformer à ce que l’on attend d’elle pour enfin s’attarder sur ses propres désirs. J’ai hâte de voir ce que l’autrice réserve à cette femme qui semble cacher un beau brasier sous une grosse couche de glace.

Lola est toujours aussi drôle et attachante. Alors que son langage de charretier pourrait déplaire, j’adore cet aspect brut de décoffrage chez elle. Lola ne joue pas, elle dit ce qu’elle pense, pense ce qu’elle dit et fait ce dont elle a envie sans se laisser piéger par les conventions. Quant à Carmen, sa relation avec Barto devenant de plus en plus sérieuse, elle va être confrontée à une épreuve qui parlera à pas mal de femmes, la rencontre avec la belle-mère. Et la sienne est plutôt du genre dragon très très protecteur…

Nos quatre amies ne vont donc pas se reposer sur leurs lauriers dans cette suite ! Elles pourront fort heureusement compter l’une sur l’autre entre visites impromptues et soirées entre filles pour boire plus que de raison, s’épancher sans fausse pudeur, glaner quelques conseils et vider le trop-plein d’émotions. Et c’est d’ailleurs ce qui fait le charme de la série, la synergie que l’on ressent entre ces quatre femmes très différentes les unes des autres, mais à l’amitié indestructible !

En conclusion, j’ai retrouvé avec enthousiasme Valeria et ses amies, l’autrice nous plongeant sans tabou et avec beaucoup de peps et d’humour dans la vie de ces presque trentenaires en prise avec l’amour, la famille, le sexe, l’amitié, et des décisions parfois difficiles… Entre rires, émotions et questionnements quant à l’avenir, nul doute que ces quatre filles dans le vent devraient vous faire passer un très bon et addictif moment de lecture. Léger, facile et agréable à lire, voici une lecture doudou et sans prise de tête à lire pour se détendre et oublier son quotidien !

Découvrez un extrait sur le site des éditions l’Archipel ou retrouvez le roman chez votre libraire/en ligne.

 

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Top Ten Tuesday #147 : 10 livres que j’ai envie de lire mais qui dorment depuis au moins 3 ans dans ma PAL…

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je mets plus ou moins longtemps à lire les livres de ma PAL, et parfois plus que moins comme l’en atteste cette liste de 10 livres que j’ai envie de lire, mais qui traînent dans ma PAL depuis au moins trois ans… 

Couverture Trash cancan, tome 3 : Les grands méchantsCouverture Mémoires d'une reine de CoréeCouverture La couleur des sentiments

Couverture Les contes macabres, tome 1Couverture Little Alice in Wonderland, tome 1 : Run rabbit, run !Couverture Les délices de Tokyo

Couverture Le grand Shakespeare illustréCouverture Les voies d'AnubisCouverture Aristote et Dante découvrent les secrets de l'univers

Couverture Les Outrepasseurs, tome 1 : Les héritiers

Et vous, avez-vous aussi sur vos étagères des titres qui vous font très envie, mais qui prennent la poussière depuis un moment ?

La Société secrète, Manuel Ruiz

La Société Secrète - Manuel Ruiz

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir, dans le cadre du Crazy Books Day, La Société secrète de Manuel Ruiz.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Christian Dalleray, dit « le Bateleur », a réalisé son rêve : il a créé une société secrète, une vraie. Il la dirige avec deux amis : Michel Kowalski « le Pape », et Éric Schneider « l’Empereur ». Il devrait donc être heureux. Or, c’est le drame qui va bientôt l’entourer.

Les personnes de son entourage sont assassinées, une par une, quel que soit le pays où elles se trouvent. Il en est averti par une dame mystérieuse et séduisante, la duchesse. Naturellement, il comprend vite qu’il sera la dernière cible. Il entreprend donc une interminable enquête à l’échelle planétaire. Sur tous les continents, il poursuit ses ennemis. Mais les traces vont lui révéler ce qu’il craignait : les coupables sont tout près, ils font partie de ses amis. Il doit impérativement les démasquer, par crainte de devenir à son tour la victime d’un meurtre.

C’est ce qu’il fera, au cours d’un ultime et tragique huis clos à l’endroit même où l’histoire a débuté.

Évidence Éditions (7 août 2019) – 448 pages – Broché (19,99€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Les deux plus grandes religions au monde qui s’unissent laissant de côté leurs différences ! Une bonne chose, non ? Pas vraiment quand cela se fait dans le secret avec comme objectif d’éradiquer la liberté, la laïcité et toutes ces avancées que certains pays veulent défendre. Il ne manquerait plus que les femmes aspirent toutes à l’indépendance financière, que les préservatifs soient accessibles facilement dans chaque région du globe…

En parallèle à cette unique et inédite entente religieuse, nous suivons Christian Dalleray, un homme qui voue un culte aux organisations secrètes au point d’avoir créé la sienne, avec ses deux meilleurs amis, il y a de cela maintenant plusieurs années. Ce qui n’aurait pu être que le projet un peu foufou de trois amis a rencontré du succès, leur Société secrète comptant 10 000 membres ! Malheureusement pour Christian, sa vie va se compliquer et devenir bien plus dangereuse quand l’un de ses contacts lui révèlera l’existence de l’entente secrète entre chrétiens et musulmans... Personne ne devait l’apprendre, et certainement pas lui !

Cette lecture présentant des atouts indéniables m’a toutefois posé problème en raison du protagoniste dont certaines paroles envers les religions manquent parfois de nuances bien que je sois d’accord avec les problématiques soulevées comme cette manière dont certains individus privent les autres de leurs droits et de leur liberté au non de leurs croyances. Toutefois, j’ai eu le sentiment qu’était systématiquement opposé Occident et reste du monde et que chaque croyant était un intolérant en puissance…

Autre point problématique, du moins pour moi, le machisme et sexisme de Christian qui se définit pourtant comme un galant homme. Alors personnellement quand un homme ne parle des femmes que sous le prisme de leurs attributs physiques avec une bonne dose de condescendance, je ne parle pas de galanterie, mais de goujaterie. Certaines phrases ont bien failli me faire fermer le livre malgré l’intérêt ressenti pour l’intrigue. J’ai ainsi été ravie de découvrir, par exemple, qu’on pouvait deviner le métier d’une femme rien qu’à son tour de poitrine ou que si une femme attirait bien des regards et des gestes déplacés, c’était de sa faute, elle n’avait pas qu’à être aussi séduisante…

Un roman de plus de 400 pages ne se définit pas seulement par son protagoniste, mais quand celui-ci est détestable, cela ne met pas forcément le lecteur dans les meilleures dispositions, a fortiori quand on est une femme. L’auteur a peut-être souhaité par le biais de Christian dénoncer ce genre de comportements (je l’espère sincèrement), mais en absence de personnages féminins consistants qui ne pensent pas qu’à baisser leur culotte pour s’attirer ses faveurs, j’ai eu juste le sentiment de suivre un mec (à son stade, je refuse de le qualifier d’homme) qui se pense galant quand ce n’est que le gros beauf de service ! J’irai plus loin en disant que j’ai parfois eu l’impression que l’intrigue était surtout là pour servir un pseudo fantasme d’homme irrésistible et tout-puissant héros de ces dames, de la mère à la fille (avec ce qui ressemble de très près à un abus de faiblesse) et du monde.

C’est vraiment dommage et frustrant, car si on met de côté le héros, la plume n’en demeure pas moins plaisante et le roman intéressant, rythmé, bien construit et non dénué de tension et de mystère. J’ai ainsi apprécié d’en apprendre plus sur les rouages des sociétés secrètes, mais aussi de découvrir les tensions, mensonges et trahisons auxquels devra faire face Christian. Toute organisation humaine a ses failles comme il le découvrira par lui-même… On le suit donc de près dans ses péripéties destinées à faire la lumière sur les meurtres qui se multiplient dans son entourage plus ou moins proche. De pays en pays, de rencontre secrète en rencontre secrète, l’intrigue se complexifie et le danger s’amplifie. Christian et son organisation sortiront-ils indemnes de cette force qui œuvre dans l’ombre pour imposer sa loi et détruire la liberté des peuples ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que dans ce jeu de dupes et de faux-semblants, il faut rester sur ses gardes, les foudres de Dieu ou, du moins, de personnes s’octroyant le droit de parler et d’agir en son nom, quel qu’il soit, peuvent frapper à tout moment ! Danger, action et mystère sont donc au rendez-vous. Dommage que le tout repose sur un personnage manquant de subtilité et nous apparaissant bien plus comme un gros goujat ayant une notion très personnelle de la gent féminine qu’un héros que l’on a envie de voir triompher dans sa lutte pour la liberté.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

In My Mailbox #135

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


PAPIER

Du sang sur la neige (Roman) par [Camaille, Serge]

Escape Book - Hôtel MortelCouverture Wonderpark, tome 3 : Cyclos

Couverture Le musée des monstres, tome 2 : La statue hurlanteSnow White

EBOOKS

YumiOasis - Les Derniers Humains par [Zales, Dima, Zaires, Anna]

La fin d'Illa (Science-fiction française) par [Moselli, José]Ekhö Monde miroir T01 : New York par [Arleston, Christophe, Barbucci, Alessandro]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Premières lignes #88 : Cléopâtre, Alberto Angela

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Je lis très peu de livres d’histoire, mais quand j’ai vu que les éditions HarperCollins allait sortir un roman sur Cléopâtre, je ne pouvais qu’avoir envie de le découvrir !

« Revivre l’Histoire, sur les traces de Cléopâtre

Peu de femmes peuvent se vanter d’avoir autant marqué les esprits que Cléopâtre. La dernière reine d’Égypte antique a séduit les puissants mais a surtout fait de son nom un symbole de puissance. Alberto Angela, vulgarisateur de génie, nous entraîne sur les pas de cette femme d’exception. Dans un monde antique dominé par les hommes, elle a permis au royaume d’Égypte de connaître une expansion fulgurante. Femme de pouvoir, douée dans l’art de la négociation comme dans celui de la guerre, elle est une grande stratège et une figure incroyablement visionnaire. Si, après deux mille ans, elle continue de nous fasciner et de nous inspirer, c’est peut-être parce qu’au-delà des images et du fantasme, elle est le visage de la modernité. »

PREMIÈRES LIGNES

LE CRÉPUSCULE D’UNE RÉPUBLIQUE
15 mars 44 av. J.-C.

Elle a le regard tourné vers un horizon lointain, très lointain, comme si elle voulait se perdre dans des sensations et des souvenirs aussi doux qu’apaisants.

Un voile en soie gonflé par le souffle d’une brise légère encadre son visage. Il se serait déjà envolé si elle ne le tenait pas d’une main ferme. C’est le seul signe de force de ce corps nu, délicatement allongé dans le creux d’un coquillage gigantesque. La faible lumière de l’aube ne dessine pas encore ses contours. Au reste, ce serait impossible : sa beauté est constituée de milliers de carreaux de pierre qui composent ces formes arrondies. Celles de Vénus. La mosaïque est progressivement caressée par un bruissement. Une tunique vaporeuse approche du centre de la salle en frôlant le sol.

Et vous, ce livre vous tente-t-il ?
Retrouvez un extrait sur le site des éditions HarperCollins

Dust Bowl, Fabien Fernandez

Je remercie les éditions Lynks de m’avoir permis de découvrir Dust Bowl de Fabien Fernandez.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une quête haletante dans un décor d’apocalypse.
Une réflexion passionnante actuelle sur les ravages de l’homme sur l’écosystème.
Une plume originale au service de personnages profondément humains.

Oklahoma, avril 1935. Témoin impuissant du meurtre de son père, Kush fuit la demeure familiale en proie aux flammes. En quête de justice et de vérité, le jeune Forgeron découvre l’existence d’un complot qui pourrait bien changer l’histoire du pays. Déterminé à s’opposer aux plans des Alchimistes, l’ordre occulte responsable de sa mort et de celle de nombreux mages Forgerons à travers les siècles, L’adolescent traverse le pays ravagé par le Dust Bowl, tempêtes de poussières dévastatrices nées par la faute des hommes. Au cours de son périple, Kush croise Ruben, un étrange golem, un inquiétant groupe de forains et Alexandria, tireuse de cartes, dont il tombe éperdument amoureux…

Lynks (22 mars 2018) – 263 pages – Broché (15,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Témoin du meurtre de son père par des Alchimistes, Kush doit affronter le déchaînement de la nature après celui des hommes. Le Dust Bowl, une série de tempêtes de poussières, laisse ainsi les hommes bien démunis face aux conséquences de leur avidité… Une cupidité et une avidité que Kush va, tout au long de son périple, rencontrer chez bien des personnes !

Dans sa quête pour venger son père, il pourra heureusement compter sur le soutien de Ruben, un personnage complexe qui m’a fascinée. Je n’en dirai pas plus sur sa nature si ce n’est qu’elle devrait vous rappeler une célèbre créature de la littérature classique. Pour ma part, c’est certainement le protagoniste qui m’a le plus touchée et dont j’ai pris le plus grand plaisir à suivre l’évolution.

Mû par la curiosité et un instinct non vicié par la cruauté humaine, Ruben va observer cette humanité pleine de vices qui, tour à tour, le juge monstrueux, quand il n’est que le résultat bien visible de la folie des hommes, le trahit, l’exploite, tente de le tenir captif… Loin de se laisser détruire par les épreuves, il en ressortira plus fort s’accrochant aux bribes de ses multiples passés pour créer son propre présent aux côtés de Kush qui l’accepte dans toute sa différence. Page presque vierge de pensées construites, de sentiments, d’émotions et de souvenirs en début de roman, Ruben va ainsi progressivement gagner en consistance et s’humaniser devenant d’ailleurs bien plus humain que beaucoup de personnes qui n’en portent que le nom.

Cet être que l’on apprend à découvrir et à aimer s’imposera naturellement comme le protecteur de Kush qui, malgré ses capacités surnaturelles et son affinité avec le feu, est pris dans le tumulte d’émotions contradictoires. Il faut dire qu’après lui avoir arraché dès la naissance sa mère, la vie lui a pris sa douce nourrice pour laquelle il ressent encore un profond attachement avant de s’attaquer à son père. Le point commun entre ces deux tragiques et brutaux décès, la peur et le refus de la différence qu’elle concerne une couleur de peau ou des croyances. Une dénonciation tout en subtilité du racisme et de l’intolérance…

D’ailleurs, bien que le roman soit avant tout une fiction fermement ancrée dans les États-Unis des années 30, on ressent que l’auteur va plus loin en proposant des réflexions non dénuées d’intérêt sur la tolérance, la vengeance, l’asservissement par ou pour le travail, la liberté et le prix que l’on est prêt à payer pour l’obtenir, la notion d’humanité, l’acceptation de soi, l’avidité et la cupidité humaine, la production à outrance et l’exploitation de la nature, la nécessaire prise de conscience écologique, les dérives de la science et de la technologie utilisées à mauvais escient par les mauvaises personnes…

Des thèmes plutôt forts et sérieux qui sont abordés sans lourdeur, l’auteur ayant réussi  à les ancrer avec brio dans son récit, un récit prenant des allures de road-trip infernal et de course contre la montre. Ce qui s’annonçait comme une simple vendetta personnelle va ainsi se transformer en une quête de vérité et une mission pour sauver les États-Unis d’eux-mêmes ou plutôt des Alchimistes aux pratiques et aux idéaux douteux et d’un homme capable du pire pour assouvir sa soif d’argent !

Alors que se dessine l’ombre d’un effroyable complot, Kush et Ruben feront des rencontres, plus ou moins sympathiques, et s’ouvriront à des sentiments inconnus notamment durant leur séjour au sein d’une troupe de forains… L’amour s’invitera ainsi dans la vie de Kush sans que cela ne le fasse dévier de son destin, bien au contraire ! Au gré des péripéties, le jeune homme va apprendre à se reconnecter à lui-même et à développer ses capacités extraordinaires de Forgeron que l’on découvre à ses côtés. J’aurais apprécié que l’auteur nous parle un peu plus des Forgerons et de tout le potentiel de ces individus commandant aux éléments, mais il donne néanmoins assez de détails pour nous préfigurer l’immensité de leur pouvoir, et la convoitise/haine que celui-ci peut engendrer…

L’auteur nous propose ici une intrigue menée tambour battant qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout va très vite, les actions s’enchaînant avec une rapidité déconcertante mais aucunement frustrante. Cela s’explique peut-être par le talent de narrateur de Fabien Fernandez qui, en quelques mots parfaitement choisis et grâce à de courtes mais percutantes descriptions, arrive à planter son décor, à nous faire ressentir l’aridité des paysages, la tension, le mystère, la puissance des forces en jeu, les doutes et les espoirs des personnages qui se révèlent touchants d’humanité… L’immersion dans le roman est donc totale d’autant que tout est mis en place pour lui donner des élans de vérité : des citations et des extraits de différents documents introduisent chaque chapitre, des événements et personnages ayant réellement existé font leur apparition, quelques mots d’argot américain des années 30 sont disséminés par-ci par-là… Un effort de réalisme et un sens du détail qui, en plus de conférer une touche appréciable d’authenticité au récit, rendent les différentes problématiques soulevées encore plus intéressantes et pertinentes.

En conclusion, porté par des personnages attachants et d’une profonde humanité qui tirent leur force de leurs différences, Dust Bowl est un roman immersif qui vous plonge instantanément et avec réalisme dans les méandres d’une Amérique des années 30 en proie aux éléments et à la convoitise humaine. Entre magie, complot, technologie, science, action et mystère, difficile ne de pas se laisser embarquer par ce prenant et dangereux voyage !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Lynks.

Throwback Thursday Livresque #139 : métamorphes

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Quand je lis métamorphe, je pense tout de suite aux romans de bit-lit que je dévorais il y a une dizaine d’années… N’en lisant quasiment plus, je vous parlerai d’une des premières séries du genre que j’ai pris plaisir à lire : La communauté du Sud de Charlaine Harris. Mais j’aurais également pu vous parler d’un choix peut-être encore plus évident, Mercy Thompson

La communauté du Sud (Tome 1) - Quand le danger rôde par [Harris, Charlaine]

« Moi, Sookie Stackhouse, j’ai un faible pour les vampires. Et à La Nouvelle-Orléans, ce n’est pas ça qui manque ! D’ailleurs, un soir, un gentleman amateur d’hémoglobine, Bill Compton, a débarqué dans le bar où je travaille, le Merlotte. Comme j’ai la faculté de lire dans les pensées, j’ai vite compris qu’il avait de gros ennuis… »
Les vampires vivent désormais parmi les humains grâce à un substitut leur permettant de se nourrir sans tuer. Mais la méfiance règne toujours à Bon Temps, petite ville de l’Amérique profonde. L’arrivée de Bill, ténébreux vampire du XIXe siècle va bouleverser la vie de la jeune serveuse télépathe, Sookie, d’autant qu’une vague de crimes s’abat sur la ville.

POURQUOI CE CHOIX ?

Si les derniers tomes m’ont moins convaincue me donnant l’impression que l’autrice tournait en rond et n’arrivait plus à insuffler cette petite flamme qui me faisait lire un tome en un week-end, j’ai néanmoins passé de très bonnes heures en compagnie de Sookie, de ses amis et de ses ennemis.

En dehors des vampires, plus ou moins sympathiques et sanguinaires, qui hanteront la vie de notre jeune serveuse, il y a d’autres créatures surnaturelles dont, évidemment, des métamorphes…

À noter qu’une série télé existe, mais qu’elle prend de grandes libertés avec la série de romans.

Et vous, connaissez-vous cette série de romans et/ou la série télé ?