Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain

Je remercie Babelio et Fleuve éditions pour m’avoir permis de découvrir Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain.

À noter que Tu tairas tous les secrets est le cinquième tome de la saga 36, quai des Orfèvres. L’auteur fait heureusement de réguliers rappels sur les liens entre les personnages et leurs péripéties passées, ce qui permet de lire ce tome indépendamment des autres.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris.
Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au sil
ence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

Fleuve éditions (11 octobre 2018) – 416 pages – 19,90€ (broché) – ebook diponible

AVIS

Hervé Jourdain nous offre non pas une, mais deux enquêtes, l’une qui se déroule à Paris, l’autre dans un parc naturel des Ardennes. Si la première se révèle intéressante dans la mesure où elle nous conduit dans le monde de l’édition et ses dessous, pas forcément très glorieux, c’est bien la seconde qui a éveillé tout mon intérêt.

L’auteur déroule sous les yeux des lecteurs une affaire assez sombre et complexe dans laquelle le présent vient titiller le passé. Et qui dit passé, dit secret qu’il vaut parfois mieux taire ou ignorer. C’est, dans tous les cas, l’opinion de Guillaume Desgranges qui ne veut pas découvrir comment l’ADN de sa femme disparue depuis une dizaine d’années s’est retrouvé sur le corps de la victime des Ardennes. S’il a beaucoup souffert de sa disparition, il a depuis tourné la page et ne souhaite pas entendre parler de cette étrange histoire. Mais c’était sans compter sur le brigadier Zoé Dechaume et le lieutenant Lola Rivière bien déterminés à lever le voile sur la disparition de la femme de leur chef de groupe, que celui-ci le veuille ou non. Et pour cela, il leur faudra enquêter sur le meurtre des Ardennes quitte à prendre quelques libertés avec la justice française et belge…

À mesure que les deux coéquipières progressent dans leur enquête et que l’auteur abat ses cartes, la tension monte, la situation s’opacifie et les questions se multiplient… On se rend alors compte que l’enquête est bien plus complexe qu’il n’y paraît et que les deux femmes se sont lancées dans une entreprise dont elles n’avaient nullement soupçonné la dangerosité et les multiples ramifications.

Comme les deux femmes, on se pose pas mal de questions sur les liens qui peuvent exister entre les différentes révélations faites au fil des pages. Il se dégage ainsi du récit un certain suspense d’autant que le roman n’est pas exempt de personnages ambivalents qui semblent cacher quelques secrets. Certains comportements laissent donc une drôle de sensation… À cet égard, mes soupçons sur l’un des personnages se sont révélés fondés même si je n’avais pas pris la mesure de toute l’horreur de ses agissements !

L’auteur, à travers son récit, aborde différents sujets comme la question des réfugiés même si c’est de manière assez succincte. Mais il est avant tout question ici de manipulation, de celle qui déconstruit et détruit des vies et dont on ne ressort presque jamais indemne. Je ne pourrai pas vous détailler cet aspect sans vous gâcher une bonne partie de l’intrigue, mais je peux néanmoins vous dire qu’il n’est pas nécessaire de tuer directement pour se comporter comme un monstre… Là où certains auteurs nous glacent le sang avec des détails sordides, Hervé Jourdain préfère, quant à lui, jouer sur la noirceur de l’âme humaine et cette faculté qu’ont certaines personnes à exploiter les failles des autres pour en tirer profit. C’est révoltant, mais tristement réaliste ! Mais plus déstabilisant encore, l’auteur nous prouve à quel point l’humain est complexe et que la frontière entre victime et bourreau est ténue, voire perméable…

Au-delà de l’aspect enquête, ce qui fait la richesse de ce roman, c’est la galerie de personnages complexes et hauts en couleur qui nous est proposée. Par leur manière d’interagir et de se comporter, les personnages sonnent « vrais ». Un point intéressant si l’on considère, comme l’actualité le montre, qu’on aurait tendance à oublier que derrière les forces de l’ordre se cachent des êtres de chair et de sang avec leurs forces, leurs faiblesses et leur propre personnalité que les procédures et la paperasse ont tendance à asphyxier, mais aucunement effacer… Alors comme dans la vraie vie, certaines attitudes plaisent, d’autres agacent, mais elles n’en demeurent pas moins toujours très humaines.

J’ai, pour ma part, eu un peu de mal au début du roman avec Zoé et Lola qui, sous couvert d’aider leur ami, font montre d’une certaine indélicatesse, mais ce sont paradoxalement les deux personnages qui m’ont le plus intéressée. Loin de jouer les faire-valoir de leurs homologues masculins, elles tiennent ici le haut de l’affiche ! Très différentes l’une de l’autre, elles ont pourtant en commun de savoir s’affranchir de leur hiérarchie et des règles quand cela s’avère nécessaire. L’auteur nous offre donc un duo de choc qui plonge la tête la première dans l’action, parfois avec une certaine témérité qui frise l’imprudence, mais toujours avec panache. Cela leur attirera bien sûr des ennuis, mais leur détermination à toute épreuve les mènera sur les chemins tortueux de la vérité… De fortes têtes que j’aurai plaisir à suivre dans d’autres aventures d’autant que la fin laisse envisager un changement de cap pour notre équipe d’enquêteurs qui devrait ressortir plus soudée que jamais de leurs dernières péripéties.

En conclusion, avec Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain a su construire un récit prenant et immersif dans lequel des éléments apparemment disparates finissent par s’emboîter pour dévoiler une réalité que personne n’aurait pu soupçonner… Toute vérité est-elle bonne à dire ? À vous de vous faire votre propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que toute vérité se mérite, une découverte qui se fera dans la douleur pour nos protagonistes. Bien écrit, sombre, mais avec quelques notes d’espoir, complexe et pourtant prenant, voici un roman aux multiples facettes qui saura plaire aux lecteurs recherchant une enquête exigeante et sans concession !

Et vous, envie de découvrir Tu tairas tous les secrets ?

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À même la peau, Lisa Gardner

A même la peau (A.M.THRIL.POLAR) par [Gardner, Lisa]

Je remercie Babelio et les éditions Albin Michel pour m’avoir permis de découvrir en avant-première À même la peau de Lisa Gardner, une autrice que j’avais très envie de découvrir.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Deux meurtres spectaculaires sont perpétrés à Boston à six semaines d’intervalle. Dans les deux cas, les victimes sont des femmes seules, atrocement mutilées, à côté desquelles l’assassin a déposé une rose.

L’inspectrice D.D. Warren, chargée de l’enquête, décèle vite une similitude entre ces mises en scène macabres et une longue série de meurtres ayant défrayé la chronique à Boston quarante ans plus tôt et dont l’auteur, Harry Day, s’est suicidé depuis.

Seul recours pour D.D. Warren : se rapprocher des deux filles de Harry Day. Se pourrait-il qu’il y ait un lien entre les récents crimes et Shana et Adeline ? Pour le savoir, D.D. Warren va devoir se confronter à cette interrogation : peut-on échapper à son destin lorsqu’il est marqué du sceau de la mort ?

Une plongée stupéfiante au cœur d’un enfer familial : Lisa Gardner s’impose définitivement comme une virtuose du thriller psychologique.

Albin Michel (2 janvier 2019) – 512 pages – Broché (22,90€) – Ebook disponible

 

AVIS

Le prologue met tout de suite dans l’ambiance de ce que l’on va trouver dans ce roman : du sang, de la tension et de l’angoisse ! L’autrice attaque, en effet, très fort avec une scène qui a ce quelque chose d’angoissant qui vous fait rendre compte de la chance que vous avez de ne pas la vivre. Et ce n’est pas l’inspectrice D.D. Warren qui vous dira le contraire…

Blessée et officiellement en arrêt suite à un incident sur une scène de crime dont elle garde les douloureux stigmates, mais dont elle n’a aucun souvenir, la policière refuse de se mettre au vert. Elle continue donc d’enquêter officieusement, grâce au soutien de son mari et de ses collègues, sur les meurtres perpétrés par un tueur qui écorche ses victimes et prélève de longues et fines bandes de peau. Ce charmant personnage se plaît également à mettre en scène ses crimes.

La route de D.D. croisera celle d’une psychiatre, Adeline, et ceci à double titre. D’abord dans le cadre de sa thérapie pour gérer cette douleur qui la handicape fortement et qui ne la quitte plus depuis son accident. Puis dans le cadre de son enquête sur le tueur à la rose… En plus d’être spécialisée dans le traitement de la douleur malgré une particularité génétique la rendant incapable de la ressentir, Adeline possède dans son patrimoine génétique une autre anomalie : elle est la fille d’un tueur en série, Harry Day, et la sœur d’une meurtrière aguerrie, Shana. Un héritage familial pesant surtout si l’on considère que les meurtres auxquels est confrontée la police s’inspirent fortement de ceux perpétrés par son père !

La mise en place de l’intrigue est efficace, l’autrice arrivant avec une facilité déconcertante à vous immerger dans son récit et à susciter en vous un certain nombre de questions, et ceci, dès les premières pages. À cela s’ajoute une narration alternée maîtrisée qui vous fera naviguer entre les pensées de D.D., d’Adeline, et de manière plus sporadique, de celles du tueur. 

Les deux femmes, dont les personnalités et les tempéraments sont diamétralement opposés, exercent pourtant le même intérêt sur le lecteur qui jubile autant à la découverte de la vie de l’une que de l’autre. C’est d’ailleurs l’un des atouts de ce roman, avoir su ménager un espace suffisant à chacune d’entre elles. Mais je dois bien avouer avoir développé, au fil de l’intrigue, une préférence pour les passages consacrés à Adeline.

La psychologie de ce personnage est, en effet, particulièrement bien travaillée. On assiste aux tourments et aux émotions très contradictoires qui l’assaillent notamment en ce qui concerne sa sœur. Il y a un vrai combat entre la psychiatre en elle qui sait pertinemment que Shana n’est pas capable d’émotions, et l’être humain qui espère quand même nouer avec cette tueuse des relations familiales. Autre aspect fascinant chez cette femme presque parfaite, sa relation à la douleur ou plus précisément, son absence de relation à la douleur. Alors qu’une vie sans souffrance physique aurait de quoi faire rêver, l’autrice nous prouve à quel point, la douleur fait partie de la vie et que sans cette dernière, on survit plutôt qu’on ne vit… Un constat amer qui poussera Adeline dans ses derniers retranchements.

On prend donc plaisir à suivre la vie et les pensées de cette femme complexe, et pas sans reproches, d’autant que Lisa Gardner, en bonne autrice de thrillers, sait jouer sur l’ambiguïté de son personnage. Liée par le sang à des meurtriers sanguinaires, peut-elle vraiment sortir indemne de cette famille qu’elle n’a pas vraiment connue, mais qui a pourtant fait tellement de dégâts dans sa vie et celle d’innocents ? Une manière pertinente et plutôt bien menée d’aborder le fameux débat entre inné et acquis. Apprend-on le goût du sang ou naît-on avec cette soif de sang, à moins que la réponse ne se situe au milieu ? À vous de vous faire votre propre opinion, mais vous verrez que sous la houlette de Lisa Gardner, rien n’est ni tout noir ni tout blanc.

L’enquête, sans être menée tambour battant, se révèle intéressante, voire palpitante, à mesure que l’étau se resserre autour de l’insaisissable tueur à la rose. Passé maître dans l’art de brouiller les pistes, ce tueur dégage une aura de mystère qui, en plus de laisser perplexe la police quant à ses motifs, le rend aussi dangereux qu’effrayant. Ce côté insaisissable joue en grande partie dans la tension et le suspense qui se dégagent du roman. On en vient, aux côtés de l’inspectrice D.D Warren, à se triturer les méninges pour essayer de déterminer qui est le tueur à la rose, et comprendre les raisons de ses agissements. Un simple psychopathe, un fan de Harry Day qui veut lui rendre hommage, le complice de Shana qui, depuis sa prison, serait responsable de ces horribles meurtres, ou la réalité est-elle bien plus tordue ? Je n’en dirai pas plus si ce n’est que l’autrice a su me mener en bateau…

Mue par la volonté/le besoin de lever le voile sur le tueur à la rose, j’ai lu le livre en trois soirées. Néanmoins, et là, c’est lié à ma propre personnalité et non à la qualité du roman, certaines scènes m’ont été difficilement supportables. Souffrant d’une phobie liée aux veines (oui, ça existe), et ne supportant pas les descriptions détaillées de blessures par arme blanche sur ces dernières, j’ai dû survoler certains passages. Cela ne m’a pas empêchée de passer un moment de lecture très addictif d’autant que ces scènes restent anecdotiques par rapport au reste de l’intrigue. Mais si vous êtes plutôt du genre sensible, mieux vaut être prévenu, l’autrice ne fait pas dans la dentelle quand il s’agit de sang.

En conclusion, une plume efficace, des personnages à la psychologie développée et complexe, un tueur insaisissable aux motifs flous, une enquête aux multiples ramifications, du suspense, de la tension, des scènes vous faisant passer par de nombreuses et intenses émotions… Tout autant de raisons qui vous pousseront à vous plonger avec angoisse et délectation dans ce roman qui devrait vous tenir en haleine jusqu’à la fin. Si vous avez envie d’un thriller puissant et intense qui se lit rapidement, À même la peau est fait pour vous.

Premières lignes #60 : Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes de ma lecture en cours, Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain.

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris.
Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

PREMIÈRES LIGNES

Les cigales avaient cessé de chanter, le vent avait fui vers d’autres contrées. Ne lui restait que le silence du crépuscule pour compagnon. Et sa respiration, lourde, chaude comme un jour de canicule, haletante après des heures de marche, des kilomètres de fuite au travers d’une forêt dense, cahoteuse, couverte de ronces et d’épines qui avaient fini de lui cisailler les jambes. Elle n’osait bouger la tête, guettait tout bruit impromptu, frissonnait au moindre courant d’air. Elle essuya sueur et poussière accumulées sur son front à l’aide de la frange de sa robe fleurie, rare bout de tissu encore immaculé.

Adossée à un arbre, elle s’était affaissée sous le poids de la fatigue et de son ventre. Son visage fixa un soleil rougeoyant qui se mirait sur la surface du fleuve. Au-delà, elle distingua la silhouette d’un village percé d’un clocher d’ardoises et d’un moulin sans ailes.

Ses sandales n’avaient pas résisté. La lanière de cuir de l’une d’elles s’était brisée au détour d’un sentier abrupt. Elle s’était résolue à jeter la seconde, à force de claudiquer. Malgré ses pieds douloureux et ensanglantés, elle lui avait échappé. Combien de semaines, combien de jours pourrait-elle encore tenir ? La maladie avait eu raison d’elle. La naïveté, aussi. Elle n’espérait plus qu’une chose : donner la vie avant que la mort ne s’empare d’elle.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

 

Throwback Thursday Livresque #106 : Hiver

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Le thème de la semaine : Hiver

Pour ce thème, j’avais envie de vous parler du premier tome de la série La passe-miroir, mais je pense avoir déjà joué cette carte. J’ai donc opté pour un titre bien moins connu et découvert par hasard : Jingle Belle.

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Jingle Belle est (sans jeu de mot, vraiment !) une enguirlandeuse. Elle a beau afficher trois-cents ans au compteur, elle est comme toutes les adolescentes : speed, sexy, piercée, capricieuse, drôle, gaffeuse… Petite précision, elle est la fille du Père Noël.

Pourquoi ce choix ?

Je n’attendais rien de ce titre si ce n’est de rire, c’est donc avec une certaine délectation que je me suis prise au jeu de cette histoire mettant en scène la très enquiquinante fille du Père Noël. L’adolescente a l’art et la manière de faire tourner en bourrique son père et d’enchaîner les catastrophes.

C’est déjanté, coloré et plein de peps ! Très loin d’une histoire de Noël classique, cet album a l’avantage d’instaurer une ambiance hivernale tout en vous assurant de franches rigolades.

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Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à consulter ma chronique dont voici la brève conclusion :

Jingle Belle est une très bonne surprise. J’ai passé un excellent moment au côté de cette héroïne attach(i)ante dont l’enthousiasme semble contagieux. Si vous désirez une histoire qui vous mettra de bonne humeur et vous plongera doucement dans les fêtes de fin d’année, ce comics est fait pour vous.

Et pour un autre livre qui, pour moi, représente à merveille l’hiver et, par association, la magie de Noël, je vous invite à lire mon TTL de l’année dernière consacré à Un chant de Noël de Charles Dickens. Si je ne devais vous conseiller qu’un livre pour vous plonger dans l’ambiance de Noël, ce serait sans aucun doute celui-ci.

Couverture du livre : Un chant de Noël

Et vous, quel livre auriez-vous choisi ?

Un bain de nature, The Mindfulness Project

Je remercie la maison d’édition De Boeck Supérieur et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Un bain de nature ainsi que pour le petit cadeau surprise, un joli calendrier comprenant, chaque mois, une belle photo accompagnée d’une citation inspirante.

Un bain de nature, The Mindfulness Project

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ralentissez. Débranchez. Ressourcez-vous.

Rien de tel qu’un bol de nature pour recharger ses batteries ! Et pas besoin d’aller bien loin pour le trouver : que vous ayez deux minutes ou trois jours devant vous, sur votre balcon, au bureau ou dans un jardin public, ce guide essentiel vous aidera à faire une pause, dénicher ou créer facilement votre lieu-ressource et profiter au maximum des émotions positives, du calme et de l’énergie que la nature procure. Un must-have pour booster votre bien-être !

  • Découvrez comment entrer en contact avec la nature au quotidien, où que vous soyez
  • Plus de 70 exercices faciles et inspirants
  • Suivez le guide pour retirer le maximum de vos explorations
  • Utilisez le journal pour recenser vos trouvailles et capturer vos découvertes

Explorez, enregistrez, observez et laissez libre cours à votre créativité !

Fondé par Autumn Totton et Alexandra Frey, The Mindfulness Project est une communauté scientifique combinant vie durable et développement personnel.

De Boeck Supérieur (oct 2018) – Collection Au fil de soi – 192 pages – 14.95€

AVIS

Avec une couverture à dominante verte, difficile de ne pas tout de suite penser à la nature quand l’on regarde cet ouvrage d’ailleurs intitulé, à juste titre, Un bain de nature. À travers ce livre pratique, ludique et bien pensé, les autrices nous invitent à nous reconnecter à nous-mêmes, et à cette nature présente tout autour de nous bien que nous ne lui prêtions pas forcément toute l’attention qu’elle mérite. C’est que la vie quotidienne et la prépondérance des écrans et de la technologie dans nos vies ont vite fait de nous (pré)occuper l’esprit…

Citadine dans l’âme, j’ai pourtant l’habitude avec mon compagnon de me promener régulièrement dans l’un des parcs de ma ville ou en forêt ayant la chance d’habiter une agglomération qui ne manque pas d’espaces naturels. En revanche, j’ai beaucoup de mal à faire le vide dans mon esprit, la pleine conscience étant encore loin d’être un acquis pour moi. C’est donc avec curiosité et un vif intérêt que je me suis plongée dans ce guide pratique rempli de conseils, de citations, d’informations sur la nature et d’activités/exercices.

Sans passer des heures à nous expliquer différentes théories ou les bienfaits de la pleine conscience, les auteurs nous guident et nous donnent quelques conseils pour s’approprier pleinement l’ouvrage et l’utiliser avec efficacité.

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On prend alors plaisir à découvrir, au fil des pages, des citations inspirantes et des informations intéressantes, parfois inattendues, sur la nature, le langage de la forêt, la vie d’un arbre, des animaux marins extraordinaires…

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Quant aux exercices, en plus d’être variés, ils se révèlent ludiques, entraînants et très accessibles :

  • leur diversité permettra à chacun de trouver son bonheur et ceci sans pression puisqu’il n’est pas nécessaire de faire les exercices dans l’ordre ou de s’obliger à les réaliser un par un pour profiter des bienfaits et des richesses de la nature. Bien que je les aie trouvés tous intéressants et souvent originaux, certains m’ont plus inspirée que d’autres. Je me suis, en outre, aperçue que je faisais déjà spontanément certaines des activités proposées comme celle consistant à observer les nuages, leurs formes, leurs mouvements…
  • amusants à faire, les exercices permettent de se déconnecter de manière très naturelle du quotidien et des pensées parasites qui peuvent encombrer notre esprit. On prend du temps pour soi, on observe, on écoute, on regarde, on touche, on ressent, on gribouille, on dessine, on colorie… En d’autres termes, on vit ce livre plus qu’on ne le lit.

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  • en plus de nous encourager à écouter nos sens et notre créativité, les différents exercices proposés présentent l’avantage d’être, pour la plupart, faciles à faire.

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Que vous soyez coutumier du développement personnel/de la pleine conscience ou non, un sportif dans l’âme qui passe des heures à gambader dans la nature ou un casanier aguerri, que vous ayez des heures devant vous ou seulement quelques minutes, avec ce livre, vous n’aurez aucune excuse pour ne pas faire un bain de nature. Les autrices démontrent avec simplicité et efficacité que la nature est à la portée de tous. Un point important pour les nombreux citadins qui pensent ne pas pouvoir bénéficier de ses bienfaits.

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Sur les 70 activités du livre, j’en ai bien sûr laissé quelques-unes de côté, car elles ne m’inspiraient pas à l’instant T et/ou les conditions pour les réaliser n’étaient pas réunies, mais cela ne m’empêchera pas de les faire plus tard. À cet égard, j’ai apprécié la présence d’une page récapitulative permettant en un coup d’œil d’assurer leur suivi.

Petits bonus en fin d’ouvrage, un journal d’exploration, et un ruban que l’on peut détacher pour le porter en bracelet ou l’utiliser comme marque-page.

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En conclusion, en nous invitant à utiliser tous nos sens pour nous reconnecter à nous-mêmes et à la nature, ce petit guide ludique offre un véritable espace de liberté, de relaxation et de créativité.  Une bulle d’oxygène dans un quotidien parfois éreintant qui permet, durant de précieux moments, de voir la vie non pas en gris, mais en vert !

Et vous, envie de découvrir Un bain de nature ?

Mes pas dans les tiens, Fioly Bocca

Couverture Mes pas dans les tiens

Je remercie les éditions Denoël pour m’avoir permis de découvrir Mes pas dans les tiens de Fioly Bocca.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Alma a trente-cinq ans et tient une petite librairie à Bologne. Alors qu’elle est en vacances avec une amie dans une ferme du Piémont, elle fait la connaissance de Bruno, un moniteur d’équitation. Transportés par la magie du paysage, ils tombent amoureux. Mais au bout de quelques mois Bruno décide de mettre fin à leur relation, au désespoir d’Alma.
Frida est une psychiatre de cinquante-cinq ans. Après la mort de son mari dans un bombardement en Syrie, elle abandonne son cabinet et part sur les traces de ceux qui l’ont connu.
Alma et Frida vont se rencontrer sur le chemin de Compostelle. Malgré la froideur de Frida, elles apprécient la compagnie l’une de l’autre et décident de marcher ensemble, Alma racontant son amour perdu, Frida se taisant, murée dans sa douleur. Les deux femmes sont très différentes et elles ne savent pas encore que partager la souffrance et l’épuisement peut parfois engendrer des miracles.

  • Traduction : Anaïs Bouteille-Bokobza

Éditions Denoël (8 nov 2018) – 192 pages – 21€ (broché) – Ebook disponible

AVIS

Après Au cœur de la folie, nouvelle incursion dans la littérature italienne, mais cette fois-ci dans un registre bien différent…

Mes pas dans les tiens est un roman qui touche et qui frappe le cœur. Malgré les sujets abordés, bien souvent difficiles, ce qui marque, c’est toute cette poésie qui se dégage des pages et de la rencontre fortuite, mais presque évidente, de deux âmes en peine.

Nous faisons ainsi la connaissance d’Alma et de Frida, deux femmes très différentes qui vont se rencontrer par hasard sur le chemin de Compostelle. L’une, jeune et expansive, est une spécialiste des mots, quand l’autre, plus âgée et réservée, s’occupe des maux de l’esprit. Un duo que rien ne disposait à se rencontrer, mais qui va finir par marcher ensemble…

Très vite, en plus de partager ses pensées dans son carnet, Alma se met à nue devant Frida, ancienne psychiatre. Elle lui narre sa rupture avec Bruno, cet homme qu’elle a tant aimé, qu’elle aime toujours tellement, mais que la distance et les peurs lui ont pris. Quant à Frida, elle écoute patiemment et avec bienveillance cette femme qui partage la même douleur qu’elle, celle d’un amour perdu. Sauf que pour Frida, la séparation est irrémédiable…

Ces deux femmes m’ont touchée, voire bouleversée, surtout Frida dont la mort brutale de ce mari qu’elle aimait de manière inconditionnelle marque presque la fin de sa propre vie. L’autrice a réussi le tour de force de nous faire ressentir toute sa peine et son besoin de retourner sur les lieux de vie de son mari sans tomber dans le pathos. Même une hypersensible comme moi qui pleure systématiquement quand il est question de deuil n’a pas versé de larmes. Frida a perdu l’amour de sa vie, mais elle a également eu la chance rare de vivre l’amour avec un grand A, celui qui vous pousse à aimer l’autre entièrement, avec ses qualités et ses défauts. Elle a toujours respecté les valeurs de son mari et son besoin d’aider les autres quitte à le laisser partir loin d’elle. Une très belle preuve d’amour si ce n’est la plus belle…

L’empathie que l’on développe pour Frida, mais aussi pour Alma, est exacerbée par la manière dont l’autrice nous fait naviguer entre le présent et leur passé, quelques mois avant le début du pèlerinage. À mesure que l’on découvre leur vie et les circonstances qui les ont poussées à marcher (marcher pour oublier, marcher pour se rappeler, marcher pour se retrouver…), on ne peut que se sentir proche d’elles et espérer qu’elles arrivent à surmonter cette douleur qui leur broie le cœur.

À cet égard, les rencontres, bien souvent fugaces mais toujours pleines de sens, leurs échanges et confidences, mais aussi tous ces kilomètres qu’elles avalent les uns après les autres, leur seront d’une grande aide. Un peu comme si en marchant, elles reprenaient progressivement goût à la vie et se rendaient compte que se perdre dans les méandres du passé n’était pas un moyen pour survivre au présent. Cela ne signifie pas oublier ce qui fut, mais plutôt gagner assez en sérénité pour envisager ce qui sera… Une chose qui aurait semblé impossible aux deux femmes avant de se lancer sur le chemin de Compostelle, un voyage ou plutôt une quête autant physique que mentale.

À travers l’histoire d’Alma et de Frida, Fioly Boca nous parle de la vie et de la mort, de l’amour, du deuil, mais aussi de la reconstruction de soi, de la renaissance, de cette impression qu’un point est parfois le début d’une nouvelle histoire. D’une plume lumineuse et poétique, l’autrice dépeint avec force et précision, des couleurs, des sensations, des émotions, des moments fugaces de bonheur, d’autres plus longs de malheur. C’est parfois sublime, parfois nostalgique et triste, mais c’est toujours poignant et plein de vérité !

Quant à la fin, sans entrer dans les détails, elle m’a semblé parfaite. Elle comporte cette touche d’espoir et d’optimisme qui prouve que la vie peut toujours apporter des surprises à condition de lui en laisser la chance… A noter également, les multiples références littéraires qui, en plus de ravir les lecteurs, enrichissent à merveille le récit.

En conclusion, Mes pas dans les tiens nous offre un récit poignant mettant en scène deux femmes aux histoires aussi uniques que banales, la séparation et la mort ayant en commun une certaine universalité. Avec délicatesse et poésie, Fioly Boca nous invite aux côtés de ses personnages à faire un voyage dont la richesse et la profondeur se dévoilent au fil des pages. Belle, forte et touchante, laissez-vous emporter par cette rencontre riche en émotions !

Et vous, envie de feuilleter ou de craquer pour Mes pas dans les tiens ?

Bilan Challenge Une semaine à 1000 pages Chez Le Petit Pingouin Vert #12 : décembre 2018

Une Semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert

Pour rappel, Le Petit Pingouin Vert propose une fois par mois le challenge Une semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert, le but étant évidemment de lire au moins 1000 pages sur une semaine donnée. Pour participer et échanger avec les autres membres, n’hésitez pas à rejoindre le groupe FB.


S’est tenue du lundi 3 décembre au dimanche 9 décembre la dernière session de l’année du Challenge Une semaine à 1000 pages chez le Petit Pingouin Vert.

Pendant ces quelques jours, j’ai dévoré un thriller qui m’a tenue en haleine tout en me mettant parfois mal à l’aise, j’ai passé des moments pleins d’émotions en compagnie de deux femmes très différentes mais unies par la perte d’un amour, j’ai ri devant les péripéties d’un groupe de rock composé de volailles ou devant les bêtises d’une jeune sorcière…

Voici un petit aperçu en images de ce voyage littéraire qui m’a fait du bien au moral en ces temps quelque peu troublés :

ROMANS

Couverture A même la peauCouverture Mes pas dans les tiens

ROMANS ILLUSTRES

Couverture Esther et Mandragore, tome 3 : Sortilèges botaniquesCouverture Oskar et Malena Détectives privés : Le mystère du Grand Hôtel

Couverture Sale temps pour les Pattes noires !

OUVRAGES GRAPHIQUES

Couverture Tizombi, tome 1 : Toujours affamé

TOTAL DE PAGES LUES : 1060 pages

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