Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure (tome 5), Goulesque et Widenlocher

 

Couverture Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure , tome 5

Plongez au cœur de l’Apeupréhistoire !
Pas tout à fait dinosaure ni vraiment homme, Nabuchodinosaure, Nab pour les intimes, est doué de parole, d’un solide sens de l’humour et, du moins en est-il persuadé, d’une intelligence exceptionnelle qui lui permet de supporter les désagréments de son époque située un peu avant ou un peu après J.?C. (on ne sait pas trop). Et des désagréments, il y en a dans l’Apeupréhistoire : dinosaures stupides, volcans terrifiants, plantes carnivores et autres catastrophes à poil et à plume.

Bamboo éditions – 48 pages – 10,95€
Couleurs : Anne Franjou-Gille

AVIS

Avant que la maison d’édition ne me propose de découvrir le tome 5 des Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, je ne connaissais pas la série ni même celle l’ayant précédée, Nabuchodinosaure. Mais cela ne gêne en rien la lecture de cette BD qui alterne, page après page, gags, humour, couleurs et bonne humeur !

Si je préfère, en général, les BD avec une intrigue par tome, ce format présentant un gag sur une ou deux planches maximum ne manque pas d’attrait pour une pause détente rapide et sans prise de tête ou pour lire quelques pages par-ci par-là. Ce format présente également l’avantage de pouvoir plaire aux enfants à condition de ne pas lire la BD d’une traite. 

J’ai ainsi lu en plusieurs séances une partie de la BD à ma nièce de 5 ans, Éva. Mon neveu de 3 ans, Émeric, n’a pas manqué, quant à lui, de venir écouter quelques planches que je lisais à sa sœur, avant de repartir vaquer à ses occupations. Il a particulièrement apprécié deux gags, ou du moins les illustrations de ceux-ci : le premier dans lequel il a pu s’identifier à l’un des personnages qui détruit sa maison en voulant l’améliorer, mon neveu ayant un petit côté bulldozer. J’ai d’ailleurs eu droit à un très lucide, « je casse tout moi ». Et le second lié à une plante carnivore végane pas si végane que cela. S’il n’a pas vraiment compris la chute (pas facile d’expliquer la notion de plante carnivore végane à un enfant de trois ans…), il a d’emblée saisi que sur un dessin, la plante semble gentille, et sur l’autre méchante. Un changement qui l’a beaucoup intéressé et interrogé, et qui s’est conclu de sa part, après explication sur la notion de duperie, par un « méchant toi » lancé à la plante d’un doigt accusateur.

Quant à ma nièce habituée aux BD du type Mickey, ma belle-sœur étant une grande passionnée du genre, elle a été sensible aux quelques gags, notamment ceux à l’humour simple et enfantin, et surtout aux couleurs vives. Moi-même, j’ai apprécié les illustrations très expressives et tout en rondeur de Widenlocher, et le travail de colorisation d’Anne Franjou-Gille apportant beaucoup de charme à l’histoire. Alors si Éva est clairement encore trop jeune pour saisir toutes les allusions et les chutes qui concluent chaque planche, cela ne l’a pas empêchée de me demander dès son réveil d’en poursuivre la lecture, et de prouver non sans fierté qu’elle savait, contrairement à nos personnages, distinguer un dromadaire d’un chameau.

Pour ma part, j’ai été ravie de me plonger dans une période indéterminée de l’histoire, dans laquelle on retrouve des décors et animaux de la préhistoire, mais aussi des objets qui nous apparaissent bien plus modernes. Ce décalage et les nombreux anachronismes rendent d’ailleurs la BD particulièrement savoureuse et amusante. Je n’ai jamais éclaté de rire, mais j’ai très régulièrement souri devant les (més)aventures de nos drôles de personnages, la version « préhistorisée » de certains objets, et des idées pas si bêtes que cela, mais qui en absence de réelles connaissances scientifiques, ne donnent jamais vraiment les résultats escomptés. Et ce n’est pas le pauvre Nab qui vous dira le contraire !

N’ayant lu qu’une BD le mettant en scène lui et ses acolytes, je ne me suis pas encore attachée au personnage, mais j’ai apprécié sa naïveté, son esprit d’initiative, et ses déboires qu’ils soient technologiques ou amoureux. Car le pauvre, si ses inventions tendent à se retourner contre lui, il ne semble pas non plus très doué pour faire la cour à l’élue de son cœur, Manon. Une femme, ou plutôt un dinosaure au féminin, au tempérament de feu ! Il faut dire qu’entre son fils et ses maladresses, il y a du travail…

Au-delà de l’humour bien présent, alliant humour léger et références religieuses, architecturales, sociétales ou encore technologiques, j’ai pris plaisir à découvrir des personnages à l’allure d’animaux, mais aux comportements et à la personnalité très humains. Un anthropomorphisme à une aire apeupréhistorique qui fait merveille et ajoute beaucoup de sel à une BD qui n’en manque déjà pas ! Alors si vous avez envie d’une petite pause détente sans prise de tête et diablement amusante, plongez-vous sans attendre dans cette série où vous découvrirez des animaux apeupréhistoriques et bien trop humains pour leur propre bien.

Je remercie Bamboo éditions de m’avoir envoyé cette BD en échange de mon avis.

 

Le Protectorat de l’ombrelle, tome 1 : Sans âme, Gail Carriger

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Alexia Tarabotti doit composer avec quelques contraintes sociales. Primo, elle n’a pas d’âme. Deuxio, elle est toujours célibataire et fille d’un père italien, mort. Tertio, elle vient de se faire grossièrement attaquer par un vampire qui, défiant la plus élémentaire des politesses, ne lui avait pas été présenté. Que faire ? Rien de bien, apparemment, car Alexia tue accidentellement le vampire. Lord Maccon – beau et compliqué, Écossais et loup-garou à ses heures – est envoyé par la reine Victoria pour enquêter sur l’affaire. Des vampires indésirables s’en mêlent, d’autres disparaissent, et tout le monde pense qu’Alexia est responsable. Découvrira-t-elle ce qui se trame réellement dans la bonne société londonienne ? Qui sont vraiment ses ennemis, et aiment-ils la tarte à la mélasse ?

Le Livre de Poche (18 avril 2012) – 432 pages – Poche (7,90€)

AVIS

Sans âme est pour moi une rerelecture puisque j’avais lu une première fois son adaptation graphique puis le roman originel. Et je dois dire que cette troisième lecture fut tout aussi appréciée que les précédentes. C’est simple, j’aime tout dans ce premier tome qui est, pour moi, le meilleur de la série et qui présente l’avantage de se suffire à lui-même. Vous pouvez, évidemment, poursuivre l’aventure, mais si vous préférez les one shot, vous aurez tout avec Sans âme : le rire, l’émotion, l’action, le mystère, le suspense, une romance au dénouement plus que satisfaisant…

Et parmi tous les atouts de ce roman, si je devais n’en retenir qu’un, ce serait incontestablement l’humour so british, quelque chose qui fonctionne toujours très bien avec moi. Dès la scène d’ouverture, Gail Carriger annonce la couleur : Alexia Tarabotti est une forte tête qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui possède une manière bien à elle de transgresser les conventions sociales de son époque, tout en y restant étrangement attachée. Alors quand un vampire isolé l’attaque, ce que notre « vieille fille » lui reproche, ce n’est pas tant de sortir les crocs, mais de le faire avant de lui avoir été présenté ! Cette scène, qui me fait toujours beaucoup rire, est un bon exemple du genre d’humour que vous retrouverez tout au long du roman.

Un humour qui fonctionne d’autant plus qu’il brille à travers une narration à la troisième personne diablement efficace pour accentuer les particularités de notre héroïne. Alors même si je préfère en général les narrations à la première personne, là, aucun autre choix n’aurait mieux convenu que celui opéré par l’autrice. Et puis, entre les très nobles Anglais, les effrontés Américains, les impétueux Italiens et les emportés Écossais, l’autrice joue à merveille sur les stéréotypes liés aux différentes culturelles. 

Autre aspect plutôt comique, la manière dont Alexia et sa meilleure amie se moquent gentiment de leurs défauts respectifs, et la relation chien chat entre Alexia et Lord Maccon. Cet impétueux loup-garou écossais, en plus d’être à la tête de sa meute, s’occupe du BUR, un bureau enquêtant sur les affaires paranormales. Les deux ne peuvent s’empêcher de se titiller et de se chamailler, mais très vite, il semblerait que cette relation houleuse cache des sentiments bien plus chaleureux et une certaine attirance. 

Disons-le tout de suite, j’ai craqué pour ce beau loup-garou qui a tendance à jurer comme un charretier dans les moments de tension et de passion, mais qui se révèle aussi attendrissant que maladroit quand il s’agit de courtiser une jeune femme indépendante et plutôt imprévisible. Ce n’est pas très charitable de ma part, mais que j’ai ri devant ses bévues et la manière dont Alexia le fait tourner en bourrique. Lord Maccon pourra heureusement compter sur l’aide de son second bien plus patient que lui et, surtout, bien plus à l’aise avec les règles en vigueur dans la bonne société anglaise, et chez les humains en général. Je me suis beaucoup attachée à ce second qui fait de son mieux pour contenir le caractère emporté et ombrageux de son Alpha.

Un caractère qui sera néanmoins très utile à Lord Maccon dans l’affaire qui le mobilise lui et Alexia : quand des loups-garous solitaires et des vampires isolés disparaissent, des vampires apparaissent de nulle part. Or la création d’un nouveau vampire étant strictement contrôlée, cette situation inquiète autant le BUR que les ruches de vampires. Je me souvenais plutôt bien de l’enquête et du dénouement, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à la suivre, l’autrice nous entraînant dans une histoire mêlant habilement science et monde surnaturel, un combo plutôt efficace. À cet égard, si les vampires et les loups-garous ne sont guère des créatures très dociles, je crois que je les préfère encore à l’entité développée dans ce roman par l’autrice. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que je l’ai trouvée effroyable et effrayante au possible !

Séduite par les joutes verbales entre Alexia et Lord Maccon, amusée par l’exubérance d’un vampire qui adore affubler Alexia de toutes sortes de noms, et dont la présence va mettre les nerfs de Lord Maccon à rude épreuve, et happée par l’enquête, je n’ai pas vu le temps passer, d’autant que l’action et les révélations sont au rendez-vous ! On s’amuse donc beaucoup, on tressaille devant les événements, et on se laisse emporter par cette société victorienne transposée dans un univers steampunk plein de charme, d’ombrelles et de vapeur. Un univers où les loups-garous, fantômes et vampires sont parfaitement intégrés à la société anglaise, du moins en théorie… Car le sont-ils vraiment autant que cela ? La peur de la différence s’efface-t-elle devant la connaissance de l’autre, ou certains préfèrent s’enfermer dans le cercle vicieux de la haine et de la méfiance ?

En conclusion, quand Alexia n’est pas occupée à titiller un loup-garou écossais au sang chaud, ou à scandaliser ses proches, elle se lance dans une quête de vérité qui va lui montrer que la monstruosité peut parfois prendre forme humaine… Rythmé, amusant, teinté de romance et auréolé de suspense, Sans âme est un roman savoureux que je ne peux que vous conseiller si vous aimez les univers steampunk, les fortes têtes, les relations chien chat et les enquêtes vous conduisant sur le chemin d’une terrible vérité bien dangereuse pour ceux qui souhaitent la dévoiler.

In My Mailbox #224

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Chloé Garcia m’a gentiment proposé de découvrir ses livres : le premier est un roman et le second un recueil de nouvelles.

Couverture Sous le regard de LariaCouverture Un grain de magie

  • Ouvrages graphiques : la maison d’édition ayant fermé ses portes, Cœur empoisonné n’est plus disponible à la vente, alors j’ai sauté dessus quand je l’ai trouvé sur Momox. Mais le site et moi avons de moins en moins la même notion de très bon état. Le livre est donc en convalescence sous deux gros dictionnaires, ravis de pouvoir de nouveau rendre service.

Couverture Noblesse, tome 1Couverture Mickey à travers les sièclesCouverture Coeur empoisonné

  • Boîte à livres : cela fait longtemps que je n’avais pas trouvé deux ouvrages aussi intéressants et en aussi bon état.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

PAL du mois #8 : août 2021

PAL DU MOIS

En début de chaque mois, j’établis une liste d’ouvrages que j’aimerais lire : dans le cadre de challenges littéraires et/ou de lectures communes, reçus en SP, pour diminuer ma PAL, suite à des découvertes en bibliothèque ou sur des blogs… Cette PAL me sert donc de guide de lecture sans pour autant être figée dans le marbre.


Comme toujours, il est fort probable que je ne lise pas tout, mais j’aime beaucoup prévoir des PAL gargantuesques…

  • Lectures pour le PLIB : il me reste trois romans à lire et à chroniquer.

  • Lectures que je suis certaine de faire (SP) : les deux premiers romans devraient se lire très vite, quand au livre audio, j’ai programmé quelques séances de diamond painting pour l’écouter tranquillement.

Couverture L'Adieu à Camille Couverture Les enquêtes de Lady Rose, tome 1 : Meurtre et séduction

  • Livres de ma PAL personnelle que j’aimerais lire :

Couverture Mystic city, tome 1Couverture Les échos du temps, tome 1 : Automne

  • Les emprunts que je dois lire : la liste change peu par rapport à celle de juillet puisque je n’ai rien lu de ce que j’avais prévu et qu’il va me falloir rendre ces livres à la fin du mois…

Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 1Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 2Couverture Disney Chills, tome 1 : Le Pacte de la Sorcière

Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 3Couverture Les Chroniques d'Azfaréo, tome 4Couverture Elles, tome 1 : La nouvelle(s)

Couverture Mercy (BD), tome 3 : La mine, nos souvenirs et la mortalitéCouverture L’Assistante de la Baba YagaCouverture La mille et unième nuit

Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?
Que comptez-vous lire en août ?

Mini-chroniques en pagaille #38 : de l’émotion, des sensations fortes et un peu de bilinguisme !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Raison et mariage de Laura Lee Guhrke

Raison et mariage par Guhrke

Ayant apprécié le tome précédent, j’avais certaines attentes mais j’avoue avoir été quelque peu déçue, n’ayant pas ressenti le même côté addictif avec cette romance qui tarde franchement à démarrer. Je n’ai pas non plus eu beaucoup d’affinités avec une héroïne que j’ai trouvée entêtée, bien que j’aie compris son envie de garder le contrôler sur sa vie et sa dot ! Quant au héros, il se révèle plutôt attachant et son passé assez marquant pour nous pousser à ressentir une certaine empathie pour sa personne.

Quelques bons passages et une écriture toujours aussi efficace m’ont permis néanmoins de terminer ma lecture sur une note positive, d’autant que j’ai apprécié que l’on ait une certaine continuité avec le premier tome puisque l’on suit de l’intérieur l’affaire sordide évoquée précédemment. Et si l’on connaissait déjà la fin, assister à la chute d’un infâme personnage n’a pas été désagréable, bien que l’issue soit quelque peu dramatique…

À noter que pour une fois, la mère de l’héroïne fait montre d’une certaine lucidité quant à sa condition de femme et tentera d’offrir, bien que maladroitement, d’autres perspectives à sa fille. Une fille plus faite pour diriger que se laisser manœuvrer, quoi que son père puisse en penser !

  • Moriarty tome 10 de Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi (dessin)

Couverture Moriarty, tome 10

Moriarty est une série que j’affectionne, mais dont je regrette la très grande inégalité entre les tomes. Mais ce tome 10 ne m’a pas déçue un instant, j’y ai retrouvé le charme des débuts et cette noirceur qui caractérise une intrigue poussant les lecteurs à considérer leur propre notion du bien et du mal, et dans quelle mesure ils sont prêts à franchir une frontière parfois bien mince.

Plutôt justicier répondant à l’appel de la loi ou plutôt justicier impitoyable qui n’hésite pas à utiliser les méthodes des criminels pour construire une société plus égalitaire et juste ? Le prince du crime et ses acolytes ont depuis un moment fait leur choix, un choix qui s’impose parfois à d’autres à cause ou malgré leurs idéaux nobles.

Ici, on suivra ainsi un idéaliste face à un choix éthique et moral qui va le conduire à entrer dans une partie d’échecs avec un fin stratège qui œuvre dans l’ombre et contre lequel, il nous semble bien démuni. Dès le début, j’ai tremblé pour ce personnage qui m’a semblé agneau dans un monde de loups !

Tension, corruption, trahison, sang et vengeance… encore un tome intense ! On regrettera peut-être une fin qui n’apporte pas grand-chose, mais qui permet à l’auteur d’introduire une petite dose de Sherlock Holmes, une chose à laquelle il semble tenir. Quant à l’esthétique globale du manga, elle est, comme d’habitude, irréprochable.

  • My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres d’Amélie Julien et Gustyawan (illustrations) 

Avant d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’autrice pour cette chronique très en retard, puisque je dois avouer avec honte avoir oublié l’album dans l’une de mes bibliothèques.

Comme le titre le laisse supposer, My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres est un album jeunesse bilingue anglais-français parfait pour initier, dès leur plus jeune âge, les enfants à une langue étrangère et/ou leur proposer une lecture en duo quand ils sont en âge de lire.

À chaque page, nous découvrons une ou deux phrases en anglais tout de suite traduites en français, avec une traduction qui évite l’écueil du mot à mot. J’ai apprécié de parcourir ces quelques planches pleines d’humour qui m’ont fait sourire. À travers les différentes situations décrites avec une naïveté tout enfantine, on ressent pleinement l’affection de deux enfants pour leur mère, même quand celle-ci fait des choses étranges comme s’étirer les bras et les jambes devant la télé, ou cacher des choses dans des endroits inattendus… Non, mais quelle idée de mettre les bonbons en hauteur dans un placard ou de cacher des légumes dans les pâtes.

Malgré ses petites excentricités, les deux frères l’aiment leur maman qui est là pour eux et qui sait toujours comment leur apporter joie et bonheur. Un vrai arc-en-ciel leur maman, le sourire et les bisous en plus ! Quant aux illustrations, leur rondeur, leur côté très coloré et leur simplicité devraient permettre aux enfants de se plonger aisément dans ces quelques pages, avant de réfléchir à toutes ces choses bizarres que font leur maman.

En bref, voici un album illustré plein d’humour prouvant la force des liens mère/fils tout en offrant une belle initiation au bilinguisme.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

La Ville sans Vent (tome 1), Eleonore Devillepoix #PLIB2021

Couverture La Ville sans Vent, tome 1

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Hachette Romans (3 juin 2020) – 448 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782017108443

AVIS

Je remercie Les Blablas de Tachan pour cette lecture commune et nos échanges autour d’un roman que nous avons toutes les deux apprécié. 

Une cité-État fascinante mais non dénuée de dangers… témoin de la naissance d’un duo inattendu ! 

En plus d’être absolument splendide, la couverture vous laisse déjà entrevoir l’architecture d’un univers foisonnant construit avec un soin du détail impressionnant. J’ai ainsi été subjuguée, si ce n’est émerveillée par l’imagination et la minutie de l’autrice qui nous plonge dans les rues et les décors si particuliers d’Hyperborée. Une cité-État construite à la verticale, chaque niveau témoignant du niveau de richesse de ses habitants. Si l’idée n’a rien d’original en soi, on ne peut que saluer la manière dont l’autrice se l’est appropriée et l’a développée pour nous en proposer quelque chose d’absolument fascinant et enchanteur.

Une fascination qui pousse les lecteurs à rêver de parcourir, à dos de tortue si possible, cette ville mais pas vraiment à y poser ses valises. Car si Hyperborée est indéniablement majestueuse, la ville est également le symbole d’une politique inégalitaire et profondément injuste : quand le premier niveau se débat dans la fange et est phagocyté par la pègre, le septième niveau, celui des mages, se caractérise par l’aisance et la complaisance devant l’insalubrité et la misère des moins lotis et nantis.

Une situation intolérable, bien que largement tolérée, mais qui pourrait évoluer suite à la nomination du jeune mage Lastyanax au poste de ministre du Nivellement, suite à la mort de son mentor qui occupait jusqu’alors ce poste. Néanmoins, les espoirs du jeune mage vont vite être revus à la baisse, son avis étant loin d’être entendu et écouté et ne suscitant guère l’enthousiasme de ses pairs. Mais c’est surtout une découverte surprenante qui va le déstabiliser et le pousser à mettre les pieds dans un engrenage qui risque fort bien de lui coûter plus que sa carrière. En effet, contrairement à ce qu’il pensait, son mentor n’est pas mort naturellement, mais a été assassiné. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans une enquête afin de faire toute la lumière sur ce meurtre !

Les débuts des ennuis et de la preuve que son mentor n’était peut-être pas aussi insouciant et indolent qu’il le pensait. En parallèle, il doit assurer le tutorat de son apprentie, Arka, une jeune fille de treize ans dont l’orthographe tend quelque peu à le froisser, mais qui possède bien d’autres talents, du genre de ceux qui vous permettent de rester en vie ! Et quand on habite à Hyperborée, ce n’est clairement pas à négliger. Si j’ai été déçue, dans un premier temps, de la froideur avec laquelle Lastyanax considère son apprentie, je dois avouer que j’ai été convaincue de l’évolution de leur relation que l’autrice a su gérer d’une main de maître.

J’ai, en effet, adoré ce lien quasi fraternel, empreint de pudeur, de défiance et d’affection, qui se développe au fil des pages avec beaucoup de naturel et de réalisme. N’étant pas les personnes les plus expansives et sentimentales qui existent, les deux personnages prendront un certain temps à s’apprivoiser, mais ils finiront par se trouver plus de points communs qu’ils ne le pensaient, dont l’un que je n’avais pas anticipé… Voici donc une relation maître/apprentie qui ne manque pas de saveur et qui prouvera qu’associer un esprit vif et intelligent à la débrouillardise et à un bon instinct de survie, ce n’est jamais une mauvaise idée !

Une histoire complexe et immersive, plus sombre qu’il n’y paraît, qui suscite émotions et interrogations ! 

L’attention portée à l’univers est indéniable, et le rythme qui monte crescendo ne manquera pas de maintenir votre esprit éveillé et en ébullition. Il faut dire que l’intrigue est tout simplement foisonnante que ce soit au niveau des différents personnages que l’on rencontre, des péripéties, des scènes d’action, des secrets, des différents mystères qui apportent tension et suspense... Pour ma part, j’ai adoré les nombreuses questions qui me sont venues à l’esprit tout au long de ma lecture, notamment sur les capacités hors norme d’Arka, la personne qui semble veiller sur elle en secret et ses motivations, les jeux de pouvoir pour s’emparer d’Hyperborée (dirigée par un souverain obsédé par d’anciennes ennemies et pas vraiment conscient du véritable danger), l’identité du meurtrier du mentor de Lastyanax et celle du père d’Arka… Intuitivement, des connexions s’établissent, des hypothèses se dégagent, mais il reste tellement de zones d’ombre que l’on finit par se laisser porter par les événements, en espérant simplement que notre cœur et les personnages n’y laissent pas (trop) de plumes.

Car loin d’être une gentillette histoire, La ville sans Vent, c’est avant tout un roman dans lequel différents fils s’entremêlent pour tisser une toile complexe dont il est bien difficile d’appréhender tous les enjeux. Si vous aimez les histoires de famille compliquées, de complot, de politique, de campagne de haine pour détourner l’attention des habitants des vrais enjeux et ennemis, et vous perdre dans les faux-semblants et les secrets, vous allez adorer votre lecture. En ce qui me concerne, j’ai vécu à 100% chaque chapitre, chaque révélation, chaque doute, chaque blessure, l’autrice ayant un talent certain pour nous embarquer émotionnellement dans son récit.

Je me suis laissé parfois surprendre, j’ai souvent été bluffée par l’imaginaire de l’autrice, j’ai eu quelques bouffées d’angoisse devant des scènes où nos héros sont clairement en mauvaise position, j’ai été révoltée par certaines actions et complètement soufflée, même si dégoûtée serait plus juste, par le plan machiavélique d’un être qui se révèle fin stratège. Ses actions sont glauques à souhait, mais force est de reconnaître leur implacabilité et la manière dont elles permettent de se jouer du destin tout en se basant sur ce dernier. Il y a du génie, assurément. Dommage pour nos protagonistes qu’il soit utilisé contre eux !

Un duo parfaitement complémentaire, mais des personnages secondaires manquant de profondeur…

Mais rassurez-vous, Lastyanax et Arka ont de la ressource et nous prouveront leur complémentarité. J’ai fini par m’attacher au jeune mage qui se révèle plus nuancé qu’au premier abord, peut-être en raison du décalage entre son milieu d’origine très modeste, et celui bien plus huppé auquel il a accédé grâce à sa formation de mage et son poste de ministre. On sent qu’il veut bien faire, mais il emploie des moyens parfois contestables, et se laisse trop facilement détourner. Imparfait, mais intelligent, travailleur et doté d’une certaine fragilité, il a touché une corde sensible en moi.

Étrangement, alors que j’ai trouvé Arka très courageuse et ai adoré son impertinence et sa tendance à foncer tête baissée, je n’ai pas réussi à m’attacher à cette dernière, l’autrice ne partageant pas vraiment ses émotions. La jeune fille n’en demeure pas moins touchante dans la naïveté avec laquelle elle se lance à la recherche de son père, seul et unique vestige d’une famille idéalisée qui n’a jamais vraiment existé. Ce personnage est pour moi celui qui soulève le plus de questions que ce soit directement ou indirectement, et par conséquent, celui qui apporte le plus de tension, de mystère et de suspense à l’intrigue. On sent qu’il y tout un enjeu autour de sa personne, mais il faudra attendre la dernière partie du roman pour en saisir la teneur. Attendez-vous d’ailleurs à être surpris et à plus d’un titre ! L’autrice a frappé fort avec ce personnage qui va devoir affronter des vérités inattendues et plutôt perturbantes. Heureusement pour elle, elle a l’esprit combatif et peut compter sur ses nombreux talents.

Nous suivons plus particulièrement le mage et son apprentie forte tête et aimant à problèmes, mais le panel de personnages est assez varié. Toutefois, j’ai trouvé qu’on restait très en surface de la psychologie des personnages secondaires. Cela ne m’a pas dérangée outre mesure, l’univers étant d’une telle richesse et complexité qu’il contrebalance ce point, mais j’ai été frustrée par la manière dont est gâché le potentiel d’une mage, Pyrrha. Ce personnage permet à l’autrice d’aborder l’inégalité entre les sexes dans une cité où celles-ci sont cantonnées à un rôle traditionnel et subalterne. Mais là où Pyrrha aurait pu aider à faire avancer les choses, elle se contente d’être désagréable, geignarde, égoïste et versatile… Dommage donc que la cause féminine doucement ébauchée soit sacrifiée en cours d’intrigue sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. On notera également des tentatives avortées et peu convaincantes de sentiments amoureux…

En résumé, ce premier tome déploie sous nos yeux un univers incroyable, complexe et d’une grande richesse, mis en valeur par la plume immersive, fluide et rythmée d’une autrice dont je salue l’imaginaire foisonnant. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, au fil des pages et des rebondissements, les dessous et les dangers pernicieux qui menacent une cité peut-être pas aussi bien protégée qu’elle ne le pensait. Entre mensonges d’État, faux-semblants, manipulation, magie, malédiction, secrets de famille, amitié et enquête, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Lire l’avis des Blablas de Tachan

JE – Connais-toi toi-même : comment fait-on cela ? de Serge Marquis

Sous les conseils ludiques et précis du médecin québécois, Serge Marquis, initiez-vous au fonctionnement de votre JE intérieur. Inspiré par le célèbre précepte antique de Socrate « Connais-toi toi-même », cet ouvrage contemporain fera office de guide personnalisé parsemé d’humour et de sensibilité pour entamer votre introspection. Pas à pas, apprenez à tourner vos angoisses en dérision et devenez maître de vous-même ! Entre switch on et switch off, vous vous imaginerez presque dans une bataille effrénée de jeux vidéo mais cette fois-ci vous serez le vainqueur à coup sûr. Décidez à présent quand votre commutateur off viendra chasser votre commutateur on et cela sans aucune limite

FLAMMARION (28 avril 2021) – 272 pages – Papier (16,90€) – Ebook (11,99€)

AVIS

Malgré le côté didactique et la touche d’humour propre à l’auteur et toujours fort appréciable, je n’ai pas réussi à me passionner pour cette lecture, d’autant que j’ai trouvé certains passages assez répétitifs. Avec du recul, je pense que pour véritablement l’apprécier, j’aurais dû en avoir une lecture plus espacée, et me contenter de lire quelques pages chaque jour.

Si j’ai apprécié l’idée de séquence développée par l’auteur, je suis restée assez hermétique à cette histoire de gâteau chinois lui permettant d’illustrer une partie de ses propos. C’est un détail, qui ne gênera probablement pas la plupart des lecteurs, mais ça a suffi à me faire décrocher et a provoqué en moi les prémices de l’ennui. Or, s’il y a bien une chose à laquelle mon JE, pauvre de lui, est réfractaire, voire très hostile, c’est à l’ennui et encore plus durant mon loisir préféré. Ce sentiment a d’ailleurs lancé en moi une séquence assez désagréable…

À cet égard, je reconnais toute l’utilité du livre qui m’a permis de prendre un peu de temps pour observer ce qui s’est joué en moi, de la perception de la menace à mon confort au jugement qu’elle a entraîné en passant par le déclenchement d’une tempête intérieure. J’ai fini par retrouver une certaine sérénité, ne restant jamais agacée bien longtemps, mais je n’ai pas réussi à atteindre la petite « seconde révolutionnaire » qui change tout. Mais j’ai bon espoir d’y arriver prochainement et de réussir à opérer ce basculement permettant de passer du switch on au switch off.

Je reconnais néanmoins un vrai sens de la formule à Serge Marquis qui arrive à mettre des mots simples et percutants sur des concepts qui ne le sont pas toujours et/ou qui nous entravent dans notre vie. Cela rend ses explications claires, pédagogiques et assez marquantes, ce qui pour une grande lectrice est toujours fort appréciable ! Il y a, en outre, certains propos qui m’ont personnellement parlé et grâce auxquels j’ai pu remettre des situations et paroles en perspective, puisqu’il y a parfois un décalage entre ce qui est dit et ce qu’on entend réellement. Je retiendrai plus particulièrement une maladresse de l’auteur dans un restaurant qui a provoqué un malentendu avec une femme ronde, celle-ci ayant vécu sa blague comme un jugement sur sa personne, quand l’auteur cherchait seulement à briser la glace. Ayant été obèse et en ayant beaucoup souffert, je me suis complètement identifiée à la dame et ai apprécié la séquence d’observation de cette dernière imaginée par l’auteur, et plus particulièrement la dernière phase qui m’a apaisée. Cela reste très personnel, mais j’aurais aimé à l’époque être capable de penser ainsi :

Il y a un vieux JE qui refait surface ici. Le JE de l’apparence. Celui qui croit être un poids, une taille, des rondeurs ou n’importe quoi qui définit une apparence. Tout doux, le JE, tout doux, nous ne sommes pas une apparence. Nous ne sommes pas notre passé. Nous ne sommes pas toutes les insultes qu’on a subies pendant notre enfance et notre adolescence. Nous ne sommes pas l’exclusion qu’on a connue. Nous ne sommes pas toutes ces tristes histoires ! La pire chose à faire serait de continuer à se les raconter dans l’espoir qu’elles s’effacent. Les histoires ne peuvent que s’imprimer davantage si on se les raconte encore après toutes ces années. Et puis on se les raconte, plus les tempêtes hormonales s’intensifient. Nous ne sommes pas notre apparence. Il n’y a que présence qui compte.

J’ai également apprécié la manière dont Serge Marquis rappelle, entre autres, qu’on tend trop souvent à mélanger confort et survie, entrainant des réactions disproportionnées, que certains défendent leur avis comme si leur vie était en jeu quand c’est plutôt leur JE qui se sent menacé, ou comment, notamment sur les réseaux sociaux  » Le JE prétends souvent défendre le bien commun alors qu’il défend une image qu’il a de lui-même : celle du sauveur ou du héros.  » Un point qui m’a fait prendre une certaine distance, notamment avec Twitter dont le format est le terrain favorable à l’expression d’un JE délétère.

Au-delà des propos de l’auteur qui ne manquent pas d’intérêt, bien qu’ils n’aient pas réussi à capter mon attention sur la durée, je tenais à saluer le travail de mise en page qui rend la lecture aussi fluide qu’agréable : des citations inspirantes sous fond bleu pour introduire la trentaine d’entrées, des chapitres courts avec des titres qui attirent l’attention et des sous-titres permettant d’avoir une perception globale de l’idée développée, un texte aéré, des dialogues… Oubliez donc les pavés indigestes écrits en pattes de mouche.

De par son humour, son naturel, sa bienveillance et la manière dont il se base sur sa propre vie et des situations fictives, mais réalistes, l’auteur réussit à créer un réel et important sentiment de proximité avec ses lecteurs. Une condition qui me semble indispensable pour avoir envie d’entreprendre un travail d’observation et d’introspection sur soi et d’accéder à un bonheur bien mérité.

En résumé, grâce à différentes situations permettant de mettre en lumière nos schémas de pensée et la manière de les dépasser pour nous ramener dans l’instant présent, l’auteur offre une simple, mais efficace porte d’entrée à la connaissance de soi, une connaissance dépouillée de la présence envahissante et étouffante du JE. Un JE multiple et prêt à tout pour obtenir de l’attention et un faux sentiment de sécurité, quitte à développer des mécanismes l’éloignant du réel bonheur. Preuve s’il en est que le fameux Connais-toi toi-même de Socrate est toujours d’actualité, a fortiori dans une modernité plus prompte à tweeter son inconfort afin de le légitimer qu’à l’observer pour le dépasser.

Je remercie les éditions Flammarion et Babelio pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

In My Mailbox #223

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Romans : ayant apprécié le premier tome de la nouvelle saga de Sébastien Morgan, j’ai hâte de lire la suite : Le temple oublié.  Je suis également curieuse de découvrir le dernier roman de Guy-Roger Duvert, un auteur que j’apprécie beaucoup, L’adieu à Camille.

Couverture Maverick, ville magique : Mystères & boules d'ampouleCouverture L'Adieu à Camille

  • Mangas/comics :  je vous avais déjà dit que j’ai une petite obsession pour les coffrets ? Si ce n’est pas le cas, vous voilà maintenant au courant. Quant à Harley Quinn Rebirth, c’est un achat impulsif, ayant craqué quand je l’ai découvert par hasard dans les rayons de mon hypermarché.

Couverture Raison et sentiments (manga)Couverture Harley Quinn Rebirth

Les mémoires de VanitasPack Les Mémoires de Vanitas T01 &Let's get married !Let's Get Married! - Lovely Pack T01 à

  • Livre audio : depuis que je suis inscrite sur Netgalley je n’ai sollicité directement que trois livres, Meurtre et séduction étant le troisième. Je l’ai fait sans trop y croire, alors j’ai sauté de joie quand les éditions Albin Michel ont accepté ma demande. J’ai pas mal d’attentes pour cette série qui semble avoir tout pour me plaire.

Couverture Les enquêtes de Lady Rose, tome 1 : Meurtre et séduction

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

La librairie des rêves suspendus, Emily Blaine

Couverture La librairie des rêves suspendus

Sarah, libraire dans un petit village de Charente, peine à joindre les deux bouts. Entre la plomberie capricieuse de l’immeuble, les murs décrépis et son incapacité notoire à résister à l’envie d’acheter tous les livres d’occasion qui lui tombent sous la main, ses finances sont au plus mal. Alors, quand un ami lui propose un arrangement pour le moins surprenant mais très rémunérateur, elle hésite à peine avant d’accepter. C’est entendu : elle hébergera Maxime Maréchal, acteur aussi célèbre pour ses rôles de bad boy que pour ses incartades avec la justice, afin qu’il effectue en toute discrétion ses travaux d’intérêt général dans la librairie. Si l’acteur peut survivre à un exil en province et des missions de bricolage, elle devrait être capable d’accueillir un être vivant dans son monde d’encre et de papier… Une rencontre émouvante entre deux êtres que tout oppose mais unis par un même désir : celui de vivre leurs rêves.

Éditions Harlequin (5 juin 2019) – 324 pages – Broché (15,90€) – Poche (7,20€)

AVIS

Attirée par le résumé et la couverture, j’étais très curieuse de découvrir ce roman, et je dois dire que la lecture fut à la hauteur de mes attentes puisque je l’ai lu d’une traite, en lecture commune avec Les Blablas de Tachan que je remercie pour nos échanges.

Alternant entre leur point de vue, l’autrice nous fait découvrir deux personnages qui n’auraient pu être plus différents l’un de l’autre. Sarah, libraire timide, réservée, casanière et relativement solitaire, n’aime rien d’autre que se plonger et s’oublier dans la lecture, ce qui tombe bien puisqu’elle est libraire dans un village de Charente. À l’inverse, Maxime, star des écrans, est un feu d’artifice à lui tout seul, toujours prompt à exploser et à faire parler ses poings pour se défouler. Mais acteur reconnu ou non, il y a des limites à la tolérance de la presse et surtout de la justice. Grâce à son ami d’enfance et son avocat, il évite donc de justesse la prison après un incident de trop. Ce ne seront donc pas les murs d’une prison pour lui, mais ceux de la librairie de Sarah qu’il n’aura guère le droit de quitter, bracelet électronique oblige.

Sarah n’est guère enthousiaste à l’idée d’accueillir l’acteur dans son havre de paix, mais elle a terriblement besoin de l’argent qu’il lui verse en échange de son « hospitalité » afin de faire les travaux dont sa librairie, héritage de sa grand-mère, a grand besoin. Commence alors une cohabitation forcée entre une accro aux livres timide, calme et routinière, et un bad boy qui a tout sauf envie de revenir dans sa région d’enfance, de rester enfermé dans une librairie poussiéreuse, et encore moins de faire montre de courtoisie. N’appréciant pas les hommes colériques qui parlent avec leurs poings, j’ai eu un peu de mal au début avec ce personnage grognon et ingrat à souhait, qui n’hésite pas à se montrer impoli avec Sarah, et à envoyer balader les quelques personnes qui essaient de l’aider à ne pas se laisser engloutir par sa rage.

Heureusement, de fil en aiguille, on découvre ses failles, ses blessures et la manière dont il tend à fuir et à mettre de la distance entre lui et les autres pour ne pas être blessé. Cela n’excuse pas ses emportements ni son comportement d’enfant gâté, mais cela permet de mieux appréhender sa complexité et d’aller au-delà des apparences. Chose dont se montrera capable Sarah, fidèle à sa bienveillance et sa gentillesse naturelles. D’emblée, j’ai eu un coup de cœur pour cette libraire dans laquelle je me suis bien souvent reconnue, reconnue dans sa réserve, sa timidité, sa maladresse, ses rougissements, sa manière de fuir les choses difficiles à travers les livres, et son amour obsessionnel pour ceux-ci… J’ai trouvé cela tellement troublant que j’ai presque eu le sentiment d’avoir rencontré ma jumelle !

Touchante et souriante, notre libraire saura faire tomber les barrières de Maxime, ce qui ne se fera pas sans heurts et remises en question. Je n’entrerai pas dans les détails puisque tout l’intérêt de ce roman réside dans l’évolution de la relation entre ces deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, mais qui, étrangement, semblent se compléter et s’apaiser. J’ai ainsi adoré les voir évoluer côte à côte et suivre leurs échanges d’abord tendus et distants, puis de plus en plus intimes, personnels et chaleureux. En d’autres mots, ces colocataires improbables m’ont donné de jolis papillons dans le ventre, tout en offrant des moments non dénués de sensualité. Mais je vous rassure, si comme moi, les scènes de sexe à toutes les pages vous gênent, l’autrice reste relativement sage à ce niveau, nous en donnant juste assez pour nous émoustiller sans jamais nous saturer.

Je ne suis pas très fleur bleue, mais il y a deux ou trois scènes qui sont d’un romantisme fou, du moins pour la livraddict que je suis. Je dois d’ailleurs reconnaître que Maxime a réussi à surmonter toutes mes réserves du début pour devenir, si ce n’est le parfait petit ami, un homme auquel on a envie de donner sa chance. Si Sarah, de sa présence douce et bienveillante, saura l’apaiser et le pousser à reprendre sa vie en main sans jamais le juger, Maxime aura également un effet positif sur la jeune femme. À ses côtés, elle osera enfin prendre des risques, sortir de sa zone de confort, réfléchir à ce qu’elle veut vraiment et réaliser que si les livres sont importants, la vie mérite également d’être vécue !  Elle m’a d’ailleurs surprise à quelques reprises, en se montrant bien plus entreprenante qu’on aurait pu le penser, mais il faut reconnaître que le tatouage de Maxime a quelque chose de très hypnotique, voire érotique…

Le roman tourne beaucoup autour de la relation entre ces deux personnages, ce qui n’a pas été pour me déplaire même si j’aurais apprécié que les personnages secondaires, la plupart fort sympathiques, soient plus développés. J’ai ainsi adoré les amis de Sarah, du restaurateur qui se comporte comme un père pour elle à la truculente et exubérante Annie qui la pousse à vivre sa vie au lieu de la lire. Ils sont parfois intrusifs, surtout avec leur obsession pour sa vie amoureuse, mais je leur ai trouvé un quelque chose de très touchant et attendrissant. J’ai aussi apprécié Damien, l’ami commun qui aura permis à Sarah et à Maxence, bien qu’il m’ait à un moment un peu fait peur pour une raison que je vous laisserai le soin de découvrir…

Au-delà des personnages et de la romance que j’ai appréciée et qui m’a procuré de belles émotions, l‘autrice aborde sans lourdeur ni pathos des thématiques intéressantes et importantes : les familles défaillantes, les passés difficiles qui peuvent marquer les individus et les empêcher d’avancer, les peurs qui enferment, l’amitié, l’amour malgré les différences, le pardon, la culpabilité… J’ai, en outre, été surprise par deux révélations : l’une permettant d’avoir un nouvel éclairage sur l’un des personnages et de mieux comprendre certaines de ses réactions, et l’une qui m’a beaucoup touchée et peinée, alors même qu’elle concerne un personnage dont on sait fort peu de chose. L’autrice aborde avec beaucoup de justesse et de force une thématique qui peut toucher n’importe qui… et nous offre, à travers l’un de ses personnages, un très beau discours empli d’émotions.

En conclusion, Emily Blaine nous propose ici une très belle romance entre deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer et encore moins cohabiter mais qui, malgré leurs nombreuses différences, vont réaliser que les opposés s’attirent, voire qu’ils se complètent à la perfection. Entre tension, provocation et rapprochement, attendez-vous à sentir quelques papillons fourmiller au creux de votre ventre, en plus de prendre une belle bouffée de passion livresque, notre héroïne pensant et respirant livres, un peu comme vous et moi, non ?

Je remercie Netgalley et les éditions Harlequin pour la version numérique et France Loisirs pour la version papier dédicacée que j’avais eu la chance de gagner lors d’un tirage au sort.

Lire l’avis des Blablas de Tachan.