Pierre-de-vie, Jo Walton

Je remercie les éditions Denoël pour m’avoir permis de découvrir Pierre-de-vie de Jo Walton.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Applekirk est un village rural situé dans les Marches, la région centrale d’un monde où le temps ne s’écoule pas à la même vitesse selon que l’on se trouve à l’est – où la magie est très puissante et où vivent les dieux – ou à l’ouest – où la magie est totalement absente.
C’est la fin de l’été, et la vie s’écoule paisiblement pour les villageois. Mais le manoir va être mis sens dessus dessous par le retour de Hanethe, qui fut autrefois la maîtresse des lieux. Partie en Orient, elle y est restée quelques dizaines d’années. Mais, plus à l’ouest, à Applekirk, plusieurs générations se sont succédé. Ayant provoqué la colère d’Agdisdis, la déesse du mariage, Hanethe la fuit. Mais Agdisdis est bien décidée à se venger.

Subtil roman de fantasy – prix Mythopoeic en 2010 –, Pierre-de-vie dresse le portrait de femmes simples et merveilleuses, d’une famille sans histoires mais singulière, confrontées à des changements qui les dépassent, dans un monde hors du commun.

Denoël (23 mai 2019) – Collection Lunes d’encre – 336 pages – Broché (21,90€) –
Ebook (15,99€) – Traduction : Florence Dolisi

AVIS

Je dois avouer que c’est d’abord la superbe couverture du roman qui a attitré mon attention. Un travail d’illustration à la hauteur d’un roman simple et complexe à la fois. Simple par la facilité avec laquelle l’autrice nous immerge dans la vie d’une famille dont on va apprendre à apprécier les membres, et complexe en raison d’un univers dont il faut prendre le temps d’appréhender les spécificités. La notion de temps est ainsi bien différente de la nôtre puisqu’en fonction de l’endroit où l’on se situe, il s’écoule différemment : lentement à l’est où la magie est bien ancrée, et plus rapidement à l’ouest où la magie est inexistante. Cette double temporalité au sein d’un même monde est très bien exploitée par l’autrice qui a réussi à l’intégrer au récit sans jamais se perdre dans des détails superflus.

En se focalisant sur les conséquences d’un tel décalage temporel, notamment à travers un personnage, plutôt que sur les causes, Jo Walton permet aux lecteurs de s’immerger rapidement dans la vie de la famille du seigneur du village d’Applekirk dont on ne quitte jamais, du moins physiquement, les frontières. Alors que la vie dans ce village s’écoulait paisiblement au rythme des saisons, l’arrivée de deux voyageurs, un savant à la curiosité insatiable, et l’ancienne maîtresse d’Applekirk, va entraîner de profonds changements, et mettre en péril l’équilibre de la famille, voire du village entier. C’est que le premier est un bourreau des cœurs à la désinvolture fâcheuse quand la seconde, Hanethe, s’est attiré les foudres d’une divinité bien décidée à se venger…

Au fil des pages, nous découvrons les différents membres de la famille et les liens qui les unissent, les pouvoirs magiques de chacun, certains étant bien plus faciles que d’autres à gérer, mais aussi les différentes formes de dangers que cette famille unie va devoir affronter, la déesse bafouée ayant bien plus d’un tour dans son sac pour obtenir sa vengeance. Si tous les personnages apportent quelque chose à l’intrigue, j’ai trouvé qu’Hanethe se distinguait par sa complexité et la touche de suspense qu’elle apporte indéniablement à l’histoire. Il faudra ainsi attendre un long moment avant de découvrir le crime qu’elle a commis pour susciter le courroux de la déesse du mariage… Une découverte qui ajoutera à l’aura de mystère qui plane autour de cette femme égoïste mais prête à tout sacrifier pour ses idéaux et le bien commun, une femme froide et hautaine envers les « ploucs », mais capable d’un dévouement le plus total et sincère pour une enfant qu’elle connaît à peine… Que l’on apprécie ou non ses choix, Hanethe fascine donc par sa force de caractère et sa faculté à se battre pour obtenir ce qu’elle souhaite, et ne pas se laisser enfermer dans une vie qui ne lui sied guère.

Cette force de caractère est un trait commun à toutes les femmes du livre, l’autrice nous offrant une galerie de protagonistes féminins forts et déterminés. Les femmes du roman consentent à faire certains sacrifices pour le bien de la famille, mais elles n’en demeurent pas moins des personnes à part entière avec leurs propres besoins et aspirations qui se concrétisent dans cette pierre-de-vie, plus ou moins facile à trouver. Il se dégage ainsi du roman un bel hommage aux femmes qui sont ici complètes : ni juste mères, ni juste épouses, elles sont avant tout elles-mêmes !

J’ai également apprécié que l’autrice valorise un métier courant mais bien trop souvent déconsidéré, celui de maîtresse de maison. Gérer la vie du foyer est la pierre-de-vie de Taveth qui s’acquitte avec beaucoup de patience, de bienveillance et d’abnégation de toutes ces tâches du quotidien indispensables au bon fonctionnement de la vie d’une famille. Si certains événements vont la pousser à se sentir parfois peu reconnue dans sa fonction, le lecteur ne pourra que s’apercevoir du rôle central qu’elle tient dans le roman et dans la vie de chacun. C’est par la force et la constance de son travail que chaque membre pourra se consacrer à sa propre destinée…

Le traitement respectueux des personnages féminins est pour moi le point fort de ce roman qui a également le mérite de questionner notre modèle familial traditionnel. Dans ce monde atypique, la monogamie est chose rare, et le polyamour, la normalité. Cette vision de la famille qui n’est pas courante dans notre société est amenée avec délicatesse et justesse. Pas de jugement, mais la découverte d’une famille organisée selon un schéma familial dans lequel l’exclusivité des relations amoureuses et de l’autorité parentale n’existe pas. Cela peut rendre les liens entre les différents personnages un peu confus en début de lecture, mais on s’y fait rapidement d’autant qu’on se rend compte que finalement, peu importe les liens de sang, ceux du cœur pouvant se révéler tout aussi puissants.

Malgré un rythme assez posé, le récit n’étant pas truffé de scènes d’action ni de retournements de situation époustouflants, Pierre-de-vie est un roman immersif et prenant que j’ai lu très rapidement, séduite par la fluidité de la plume de l’autrice, et la manière dont elle arrive à retranscrire avec force et beauté aussi bien les petites choses du quotidien que les grands changements. Tout est intense et calme à la fois dans ce livre, un paradoxe souligné par une narration audacieuse et épurée qui alterne entre ce présent paisible où la vie de tous les jours a repris ses droits, et cette période mouvementée du passé qui a redéfini l’équilibre d’une famille et de ses membres.

En conclusion, roman de fantasy mais aussi roman de vie, Jo Walton nous propose ici une jolie fresque familiale dans laquelle la magie du coeur a tout autant d’importance, si ce n’est plus, que celle des Dieux. Entre les bouleversements liés à deux personnages qui font le pont entre présent et passé, le quotidien d’une famille ordinaire aux liens extraordinaires, et un monde original qui remet en question notre conception du temps, de l’amour et de la famille, ce roman vous promet un très beau et intense moment de lecture.

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Denoël.

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In My Mailbox #120

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


ACHATS NOZ

Couverture La princesse éveillée, tome 1Couverture  La princesse éveillée, tome 2 : Adieu sortilège !

Couverture La princesse éveillée, tome 3 : La princesse la plus brave

SERVICES PRESSE

Merci aux éditions De Borée et Évidence pour ces nouvelles lectures.

  • Chaos de Robert de Rosa (De Borée éditions) :

« 1999 : année de l’éclipse totale de soleil. Une catastrophe s’abat sur Clermont-Ferrand et sa région. Une épidémie surgie du passé, la peste, affole la population. À la peur s’ajoutent le désordre et les comportements irrationnels encouragés par la crainte de l’an 2000. Mais quand la contamination est maîtrisée, on constate que les morts de quatre victimes sont des meurtres. Le commissaire Marcel Broust et ses adjoints Des Cartes et Spinoza, assistés de la jeune stagiaire Framboise Sagan, passent du rôle d’assistants sanitaires à ceux d’enquêteurs criminels. Leur les amènera à découvrir les agissements d’un parti politique extrémiste, d’une secte promouvant un Ordre Nouveau, de francsmaçons transfuges et de pseudo-chevaliers du Temple. »

  • Les Rats de Hamelin de Jean-Christophe Chaumette (Évidence édition) :

Les rats de Hamelin (Imaginaire) par [Chaumette, Jean-Christophe]

« Chargé de fournir aux États-Unis une arme révolutionnaire, John Dougherty se heurte à deux difficultés majeures : Eli Weisman, le seul scientifique capable de doter des robots de combat d’un cerveau efficace, est un pacifiste cocaïnomane réticent à aider les militaires ; et Paul Teofinua, favori des élections présidentielles à venir, rêve de désarmement mondial.
Tandis que Dougherty et Weisman, tous deux convaincus d’œuvrer pour le bien commun, s’opposent sans relâche, Paul Teofinua se rapproche de la victoire finale.
Mais la menace qui plane réellement sur l’humanité n’est ni celle imaginée par John Dougherty le nationaliste ni celle redoutée par Eli Weisman l’antimilitariste. Personne n’est capable de la prévoir. »

  • Conte d’Ocitarina de Zélie Jumel (Évidence édition) :

« (Adapté aux lecteurs dyslexiques)
Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant.
L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière.
Une grande charge repose sur ses épaules.
Néanmoins, une menace approche.
Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ?
Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,…
Les apparences sont parfois trompeuses.
La princesse doit faire très attention… »

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Premières lignes #79 : La nostalgie du sang, Dario Correnti

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Après une interruption de quelques semaines, voici un nouvel article Premières lignes autour du prochain thriller que je compte lire : La nostalgie du sang de Dario Correnti.

« Une série de crimes sauvages bouleverse Bottanuco, une petite ville du nord de l’Italie. Des cadavres de femmes mutilées, des signes de cannibalisme, des aiguilles disposées comme dans un rituel magique… Alors que la police se perd en fausses pistes et que l’insaisissable meurtrier continue de frapper, deux journalistes s’emparent de l’affaire : Marco Besana, un grand reporter menacé de retraite anticipée, et Ilaria Piatti, une stagiaire méprisée de la rédaction mais incroyablement douée pour traquer les coupables.
C’est Ilaria qui réalise qu’il pourrait s’agir d’un imitateur de Vincenzo Verzeni, le tout premier tueur en série italien de la fin du XIXe siècle. Mais qu’est-ce qui peut bien relier les victimes à ce tueur mort il y a plus d’un siècle ?
Best-seller en Italie, cette enquête à couper le souffle est portée par un duo de journalistes sensationnel et déjà légendaire. »

PREMIÈRES LIGNES

9 décembre

« Je veux au moins cinq mille signes », martèle Besana tout en actionnant les essuie-glaces.
Il remarque que ce n’est pas de la pluie qui tombe sur son pare-brise, car une couche blanche s’est déjà formée sur les bords. Manquait plus que la neige. Il met son clignotant et serre à droite. Son article, il l’écrira sur une aire d’autoroute. Il ne peut pas risquer de rester bloqué sur la rocade de Milan ce soir.
« Fais-moi confiance, putain », ajoute-t-il, toujours au téléphone.
Sans trop savoir si ce « putain » s’adresse au camion qui vient de lui couper la route ou à ce rédacteur en chef qui fait toujours des histoires, comme si c’était lui qui payait le papier.
Puis ça coupe. Plus de batterie. Il a encore oublié son chargeur de voiture.
Il se gare, bondit de son siège, claque la portière. Un peu voûté, il se précipite vers l’entrée du bar, se protégeant la tête sous son sac à dos.
« Sale temps, hein ? » lui lance une fille assise derrière la caisse.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Que pensez-vous de ces premières lignes ?

Il n’est jamais trop tard, Anne Youngson

Couverture Il n'est jamais trop tard

Je remercie les éditions Denoël de m’avoir permis de découvrir Il n’est jamais trop tard d’Anne Youngson.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Rien de tel qu’un parfait inconnu pour se révéler à soi-même. Lorsque Tina Hopgood écrit une lettre depuis sa ferme anglaise à un homme qu’elle n’a jamais rencontré, elle ne s’attend pas à recevoir de réponse. Et quand Anders Larsen, conservateur solitaire d’un musée de Copenhague, lui renvoie une missive, il n’ose pas espérer poursuivre les échanges. Ils ne le savent pas encore, mais ils sont tous deux en quête de quelque chose.
Anders a perdu sa femme, ses espoirs et ses rêves d’avenir. Tina se sent coincée dans son mariage. Leur correspondance s’épanouit au fur et à mesure qu’ils s’apprivoisent au travers de leurs histoires personnelles : des joies, des angoisses, toutes sortes de découvertes. Quand les lettres de Tina cessent soudainement, Anders est plongé dans le désespoir. Leur amitié inattendue peut-elle survivre ? Un premier roman plein de grâce et de fantaisie.

Denoël (23 mai 2019) – 256 pages – Broché (19,90€) – Ebook (13,99€)
Traduction : Perrine Chambon

AVIS

Tina, de sa campagne anglaise où elle tient une ferme avec son mari et ses enfants, n’aurait jamais imaginé qu’en envoyant une simple lettre au professeur Glob, elle ferait une rencontre spéciale qui changerait à jamais le cours de sa vie. Décédé depuis des années, ce n’est, en effet, pas le professeur qui lui répond, mais Anders, conservateur dans un musée de Copenhague. Si leur correspondance débute autour de l’Homme de Tollund, cadavre naturellement momifié d’un homme découvert dans les années 1950 au Danemark, le ton devient très vite plus familier et intime. De lettre en lettre, les deux personnages finissent ainsi par nouer une belle et émouvante amitié…

Peut-être parce qu’ils sont loin l’un de l’autre ou que leur vie est tellement différente qu’ils ne craignent aucun jugement, Tina et Anders partagent, avec une totale transparence, les moments forts de leur existence, leurs doutes, leurs espoirs, les absences qui font mal, leurs blessures, les bons souvenirs… Des confidences touchantes qui sont étayées de réflexions intéressantes sur le sens de la vie, le deuil, le bonheur, la famille et la maternité, le poids du passé, cet Homme de Tollund qui les fascine…

Ces sujets forts et, pour la plupart, universels sont ici abordés avec beaucoup de sensibilité et d’humanité. Certaines lettres sont ainsi empreintes d’espoir et de joie quand d’autres dégagent une certaine tristesse et nostalgie. Mais l’autrice ne tombe jamais dans le larmoyant ou le pathos. Tout est dit avec beaucoup de retenue dans le cas d’Anders, et avec une certaine neutralité bienveillante dans le cas de Tina qui essaie toujours de prendre en compte tous les points de vue dans ses jugements, quitte parfois à s’oublier…

En évitant les conflits et les jugements lapidaires, Tina donne ainsi l’impression de s’estomper derrière les besoins des autres, et notamment de ce mari qu’elle assiste dans une vie qui ne lui convient guère. Si son mari est attaché à sa ferme familiale, à l’isolement et à ses habitudes, Tina n’a jamais voulu de cette existence rythmée par les saisons et les obligations. Choisi par défaut, pour faire plaisir et suivre les conventions, ce rôle de fermière qui s’est imposé à elle a fini par se muer en une prison que seule la correspondance avec Anders rend plus supportable. Au gré de ses échanges avec le conservateur, cette femme, pour laquelle on éprouve très vite de l’attachement, évolue et reprend peu à peu les rênes d’une vie trop longtemps subie… Cela ne se fera pas sans heurts ni remises en question, mais au fil des pages, on acquiert la conviction que malgré les turbulences, Tina possède les atouts nécessaires pour faire face à toutes les situations.

Quant à Anders, on ne peut que ressentir beaucoup d’empathie pour ce solitaire que la mort de sa femme a profondément affecté. D’un abord un peu austère, il finit par nous apparaître comme un homme plein de sensibilité qui a trop longtemps caché sa nature dans la solitude. Fort heureusement, à mesure qu’il s’entretient par courrier avec son amie anglaise, il s’ouvre aux autres, et notamment à ses deux enfants que l’obsession pour une femme fragile psychologiquement avait poussé à négliger. Sa relation avec sa fille se révèle d’ailleurs très touchante tout comme sa manière d’être présent pour cette dernière malgré des choix de vie qu’il ne comprend pas toujours. Aimant sans être collant, prévenant sans être intrusif, Anders est définitivement un père prévenant et bienveillant !

Cette relation amicale nouée grâce à une simple lettre va donc bouleverser la vie de ces deux êtres très différents que rien ne prédisposait à devenir amis si ce n’est ce sentiment de solitude qui leur permet de se comprendre même dans le poids des silences et des non-dits. Car ne vous y trompez pas, si Tina est entourée physiquement de sa famille, on la découvre bien seule face à ses sentiments.. Un événement m’a d’ailleurs fait beaucoup de peine pour elle et m’a révoltée devant le manque d’empathie des siens, voire une certaine forme de complicité.

C’est donc avec émotion que l’on voit Anders prendre une place de plus en plus importante dans sa vie même si les choses ne sont pas forcément si simples, l’amitié nécessitant parfois de laisser l’autre s’éloigner pour lui permettre de mieux se retrouver… Comme dans toutes les histoires centrées sur les relations humaines, l’avenir n’est donc pas figé dans le marbre, mais il y a une chose dont on peut être certain, c’est que Tina a trouvé en la personne d’Anders un ami sincère qui sera toujours là pour l’écouter et la soutenir dans les bons comme les mauvais moments. Quant à Anders, il a enfin trouvé cette source de lumière qui vient éclairer une vie norme et sans saveur.

En conclusion, porté par deux êtres que tout oppose mais qui vont nouer, grâce à un concours de circonstances, de profonds et solides liens, ce roman aborde avec sensibilité et justesse des thèmes forts et universels : l’amitié, la famille, le deuil, le bonheur, le sens de la vie, et cette question du temps qui passe… Ayant été séduite autant par le fond que la forme, je ne peux que vous conseiller de vous laisser séduire par cette histoire qui nous offre un très beau message d’espoir quant à l’avenir, Tina et Anders nous prouvant qu‘il n’est jamais trop tard pour arrêter la course du temps et construire une vie qui nous ressemble !

Découvrez/feuilletez le roman sur le site des éditions Denoël.

 

 

Throwback Thursday Livresque #127 : humour

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un ouvrage graphique qu’une amie, qui me connaît fort bien, m’avait offert : Crapule.

Crapule - tome 1 - Crapule, tome 1


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon.

Tous les propriétaires de chats reconnaîtront les facéties de leurs boules de poils et ne pourront qu’apprécier cette ribambelle d’anecdotes aux ambiances bleutées, pleines de drôlerie et de ronronnements.

POURQUOI CE CHOIX ? 

Ce livre est un concentré de bonne humeur et de mignonnerie. L’auteur met en scène avec beaucoup d’humour les petites bêtises de nos poilus qui, si elles peuvent nous faire râler sur le coup, constituent finalement tout autant de souvenirs à se raconter.

Les propriétaires de chats devraient retrouver certaines des facéties de leur propre animal dans celles de Crapule qui ne semble jamais à court d’idées ! Turbulent mais attachant, impossible de lui résister et ce n’est pas son adoptante malgré elle qui vous dira le contraire.

Si l’histoire de cet adorable minet vous intéresse, je vous invite à découvrir ma chronique dont voici la conclusion :

Crapule est un livre plein d’humour et de tendresse que je recommande les yeux fermés aux amoureux des chats et à tous les heureux possesseurs de cet animal qui sait se faire aussi bien ange que démon. Notre héroïne est complètement tombée sous le charme de Crapule. Mais je vous rassure, elle n’est pas la seule puisqu’une fois la dernière page tournée, vous n’aurez qu’une envie, lire le deuxième tome ou recommencer votre lecture depuis le début !

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Vous tente-t-il ?

Lys Striker – Tome 1 : Piégée par le passé, Stéphane Soutoul

Un grand merci à Stéphane Soutoul, dont j’aime beaucoup le travail, de m’avoir proposé de découvrir le premier tome de Lys Striker publié aux éditions Rebelle. Je le remercie également pour sa très chouette dédicace.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Elle tuait les monstres. À présent, elle protège leurs secrets.
Il fut une époque où Lys Striker assassinait des créatures surnaturelles. Un job lucratif dans lequel elle excellait aux côtés de Camélia, son mentor. Lorsque celle qui lui a tout appris est abattue, la jeune fille alors âgée de douze ans se retrouve seule sur le banc des accusés.
Libérée quelques années plus tard, la fleuriste de dix-neuf ans n’aspire plus qu’à un seul désir : se racheter une conduite et profiter d’une vie nouvelle. Mais la disparition d’un de ses proches ne laisse comme autre alternative à Lys que de renouer avec son passé. Elle accepte le chantage de Rosarius, un vampire aussi vénéneux que manipulateur. Ce dernier se propose de libérer l’otage qu’il détient à condition que l’ancienne tueuse exécute une mission pour lui.
Toute la question est de savoir si cet organisateur de paris clandestins pour le moins spéciaux tiendra parole et quelles seront ses règles du jeu.

Rebelle éditions (9 octobre 2018) – 282 pages – Broché (18,90€) – Ebook (4,90€)

AVIS

Bien que Lys ait plus l’habitude de manier les poignards que les pieux, il se dégage de la couverture une ambiance Buffy contre les vampires que j’aime beaucoup. Mais si Buffy pouvait compter sur le Scooby-Gang pour l’aider à affronter les dangers, la jeune fille n’aura pas cette chance…

Un tueur en série sévit à Montpellier. Un problème déjà grave en soi mais qui prend une tournure encore plus inquiétante quand ses agissements laissent craindre sa nature vampirique. Alors que Lys pensait avoir laissé sa carrière de tueuse de Surnaturels derrière elle, Rosarius, un vampire aussi charmant qu’agaçant, va la contraindre à reprendre du service. Il détient, en effet, sa demi-sœur en otage et ne la libérera que si Lys traque et tue le vampire serial killer qui attire un peu trop l’attention sur la communauté de la Nuit. C’est que les Blafards tiennent à leur anonymat diantre !

Ravie de retrouver la plume de Stéphane Soutoul et la finesse qui la caractérise, il m’a fallu quelques pages pour m’immerger dans le récit ayant été un peu déstabilisée par la manière assez analytique, et peut-être un peu redondante, avec laquelle Lys se décrit aux lecteurs. Cela ne m’a toutefois pas empêchée d’être très touchée par cette jeune femme dont l’histoire et les fragilités ne pourront que vous émouvoir.

Élevée par une tueuse de Surnaturels qui l’a conditionnée à tuer dès son plus jeune âge, Lys est loin d’avoir eu une enfance conventionnelle et équilibrée. Oubliez l’amour maternel et les jeux d’enfants, faites place aux entraînements intensifs et à une vie entièrement tournée vers le crime ! On comprend alors sans peine qu’après avoir passé des années enfermée suite au meurtre de sa protectrice, Lys n’aspire plus qu’à une vie simple et calme au sein de sa famille de cœur…

Une vie bien rangée de fleuriste amatrice de thé, et de romancière à ses heures perdues, que n’a aucune honte à faire voler en éclats Rosarius. Archétype du vampire beau gosse manipulateur, on ne peut cependant pas s’empêcher d’éprouver, à l’instar de Lys, une certaine fascination pour l’aura de puissance et de danger qu’il dégage. Ses échanges avec la jeune tueuse ne manqueront pas de vous faire sourire puisque son charme s’accompagne d’une certaine propension à la taquinerie, ce qui ne sera pas du goût de Lys. Difficile en effet de s’amuser quand l’un de vos proches est en danger, et qu’un énergumène aux dents longues, au sens propre comme au sens figuré, met votre vie en danger !

Enrôlée contre son gré dans une chasse au vampire qui prend des allures de pari sur la mort, Lys va devoir affronter un être dangereux que personne ne semble pouvoir arrêter dans sa course folle à la vengeance. Perclus de chagrin suite à la mise à mort de sa bien-aimée, il est prêt à tout pour mettre à exécution son diabolique plan quitte, au passage, à tuer quelques milliers d’innocents. Malgré son manque d’entraînement, Lys ne manque heureusement pas d’atouts pour combattre ce puissant ennemi. Elle pourra s’appuyer sur son intelligence, sa débrouillardise, sa rapidité, ses vieux réflexes qui remontent très vite à la surface, son courage, mais également sur un soutien inattendu dont je ne vous dévoilerai rien si ce n’est qu’il promet de pimenter le duo Lys/Rosarius…

Les personnages ne sont pas fondamentalement originaux, mais ils possèdent cette ambivalence qui les rend intéressants. Ni tout noirs ni tout blancs, ils oscillent entre ombre et lumière ce qui apporte une certaine tension au récit ainsi que quelques sympathiques rebondissements. L’une des révélations m’a d’ailleurs prise de court et donné très envie de lire le deuxième tome pour découvrir comment Lys va faire face à cette redistribution des cartes qui a fait vaciller son monde. De la même manière, je suis impatiente de voir dans quelle direction la relation entre la jeune tueuse et certains personnages comme Rosarius va évoluer. Quelque chose me dit que le vampire n’est pas prêt de la laisser tranquille, mais pour sa défense, comment refuser un peu d’animation dans une vie d’immortel bien remplie mais dénuée de surprises ?

Et question animation, l’auteur nous gâte puisqu’au-delà d’une héroïne dont il a pris grand soin de développer la psychologie, le récit ne souffre d’aucun temps mort. Il n’y a pas de l’hémoglobine à chaque page, mais il se passe toujours quelque chose dans la vie de Lys qui essaie, tant bien que mal, de protéger sa famille adoptive du monde surnaturel. Entre les négociations avec un vampire maître dans l’art des paris et du bluff, la traque d’un tueur rendu fou par le chagrin, les combats avec des créatures assoiffées de sang et la (re)découverte de ses capacités de guerrière, la jeune femme n’a pas une minute à elle.

Le roman se lit donc très vite. Quelques chapitres de plus ne m’auraient d’ailleurs pas dérangée, mais j’ai apprécié que l’auteur, fidèle à ses habitudes, ne se perde pas en détails inutiles. Les amateurs de livres menés tambour battant devraient donc apprécier la concision de ce premier tome qui réunit, en moins de 300 pages, tous les ingrédients d’un bon livre de bit-lit, le sexe et la vulgarité en moins : des créatures surnaturelles dangereuses au regard hypnotique, de l’action, de l’humour, une héroïne attachante au passé trouble, un certain mystère, de la magie, des rebondissements… Un cocktail efficace et détonant pour une lecture plutôt addictive !

L’auteur a également su apporter une touche d’originalité bienvenue à un genre dorénavant bien installé en choisissant Montpellier comme théâtre des événements. Je n’ai pas d’attaches particulières pour cette ville dont je n’ai jamais foulé les portes, mais j’ai apprécié que pour une fois, une histoire de vampires ne se déroule pas aux États-Unis, mais bien en France. Merci donc à l’auteur de nous avoir prouvé que les rues de nos villes pouvaient abriter une faune surnaturelle variée sans que cela ne nuise à l’intrigue, bien au contraire. La facilité avec laquelle on s’imagine les déplacements de Lys et les endroits qu’elle visite rend ainsi le récit particulièrement immersif et réaliste, que l’on ait la chance de connaître Montpellier ou non.

En conclusion, porté par une héroïne attachante dont on apprend à découvrir et à apprécier les forces et les faiblesses, ce premier tome réunit tous les ingrédients d’un bon roman de bit-lit.  Stéphane Soutoul a ainsi réussi à s’approprier avec naturel et brio les codes du genre tout en veillant à insuffler son propre style à un roman qui se révèle aussi prenant que percutant. Si vous êtes en quête d’un livre de bit-lit de qualité qui allie beauté du style et intrigue rondement menée, ce roman devrait vous plaire. Et bonne nouvelle, le tome 2 est prévu pour octobre.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Rebelle.

Top Ten Tuesday #131 : 10 livres hors roman que j’aimerais lire

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je lis principalement des romans et des ouvrages graphiques mais j’aime parfois me tourner vers d’autres genres comme les documentaires, les livres « pratique »…

Je vous propose donc une liste de 10 livres de ma PAL qui ne sont pas des romans et que j’aimerais découvrir :

Couverture Le zapping de la culture généraleCouverture Agatha Christie de A à Z

Couverture Dictionnaire amoureux de Tintin

Il en faut peu pour philosopher par [Giraud, Caroline]

Saint-Etienne à travers la carte postale ancienne

Et vous, aimez-vous alterner la lecture de romans avec d’autres genres (documentaires, livres pratique…) ?