Texte personnel et concours : Silynx

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Crédit photo Regards sur le monde

La très sympathique et dynamique Magali du blog Lectures familiales a organisé, pour fêter les 2 ans de son blog, un concours très original. Il fallait ainsi, pour remporter le ou les livres désirés, rédiger un texte plus ou moins long répondant à une consigne de son auteur avant que celui-ci ne désigne le ou la gagnante.

J’ai eu la chance de gagner le livre pour lequel j’avais participé, Eve aux sables dormant de Cécile Ama Courtois que je remercie. Voici sa consigne :

Voici le début d’une histoire, à vous de la poursuivre avec pour seule « obligation » la présence d’une créature imaginaire : « Par un joli matin de printemps, Nicolas creusait un trou dans son jardin pour y planter un arbre… ». (50 lignes maximum)

Je n’avais pas réfléchi au titre de ce texte, mais Magali m’a suggéré de le nommer comme l’un de mes personnages dont elle avait apprécié le prénom : Silynx. Merci à elle de cette très bonne suggestion.

Voici donc mon texte :

SILYNX

Par un joli matin de printemps, Nicolas creusait un trou dans son jardin pour y planter un arbre. Il avait attendu ce moment toute la journée, guettant chaque mouvement de ses parents avec une impatience mal contenue. Puis était enfin arrivée l’heure de leur départ. Nicolas adorait ses parents et même cette petite sœur qui éprouvait l’envie inexplicable et quelque peu incongrue de lui prendre ses jouets. Mais il ressentait le besoin vital, quasi viscéral, de planter cet arbre d’apparence banale, d’apparence seulement, tout seul.

Il arrêta soudainement son ouvrage et tira, de sa poche, avec une douceur infinie la photo de son grand-père, cet homme qu’il avait tant aimé, qu’il aimait d’ailleurs toujours malgré… Une larme s’échappa des yeux vairons du jeune homme, caractéristique physique qu’il partageait avec son papi chéri. Ce signe spontané de tristesse disparut aussi vite qu’il était apparu pour laisser la place à un large sourire.

« Ton papi ne disait-il pas toujours qu’un jour sans sourire était un jour de perdu ? Pour une fois qu’un homme grand dit quelque chose de sensé, tu ferais bien de l’écouter. »

Nicolas regarda avec amusement l’étrange créature, à mi-chemin entre un chat et une chouette, assise nonchalamment sur ses épaules. Vêtu d’un accoutrement qui ne dépareillerait pas dans un Carnaval, Silynx était sorti de sa torpeur, résultante d’un petit-déjeuner bien trop copieux pour un si petit être. Et comme à l’accoutumée, il avait suffi de quelques mots de sa part pour que le jeune homme se sente mieux.

Pris d’un nouvel entrain, Nicolas jeta un coup d’œil au trou qu’il avait, dans sa rêverie emplie de mélancolie, fait bien trop profond. Quelques ajustements plus tard et avec l’aval de son maître de chantier toujours juché sur son épaule, il retourna dans la cuisine chercher le petit arbre qui l’attendait. De retour dans le jardin, c’est presque avec cérémonie qu’il planta l’arbre dans le trou fraîchement creusé. Un regard à Silynx suffit pour que celui-ci comprenne que c’était maintenant à lui de jouer. C’est alors d’un battement d’aile que l’étrange créature s’envola de l’épaule de Nicolas pour atterrir majestueusement sur le sol. Pendant quelques secondes, rien ne se passa puis, petit à petit, le corps de Silynx s’étira jusqu’à prendre la taille d’un Lynx ; de magnifiques ailes de chouette venant parfaire cette majestueuse silhouette.

D’un souffle puissant mais étrangement délicat, il égrena des paroles les plus incompréhensibles les unes que les autres. Mais peu importait à Nicolas car de ce chaos verbal, il retirait un certain apaisement comme si, derrière chaque parole, c’était un peu la voix enjouée de son grand-père qui lui parvenait. Perdu dans ses pensées, c’est non sans émerveillement, qu’il observa quelques instants plus tard le magnifique arbre qui avait pris racine dans le jardin familial.

Une alarme de réveil retentit…

Une main d’abord tendre puis de plus en plus pressée caressa les cheveux tout ébouriffés de Nicolas. « Chéri, il est l’heure de se lever. Ton petit-déjeuner est prêt. Je vais préparer ta sœur puis quand tu auras fini ton bol de céréales, va voir papa. Il a quelque chose à te donner… »

Le jeune homme appréhendait cette journée au point d’envier Speedy, son hamster nain plus rapide que Speedy Gonzales, mais plus agressif qu’un tigre. Lui au moins pouvait se cacher parmi son amoncellement de mouchoirs quand il ne voulait pas de compagnie. Et ça arrivait souvent d’ailleurs ! D’un bond, Nicolas se leva, jeta un œil à la fenêtre d’où il put apercevoir le petit arbre que son père avait planté la veille. Ah comme il aurait aimé que son rêve de la nuit passée soit réel et que l’arbre préféré de son papi soit déjà gigantesque…

« Papa, maman a dit que tu avais quelque chose pour moi.
– Oui, enfin c’est plutôt ton grand-père qui avait quelque chose à t’offrir. »

Marc regarda son aîné dont il pouvait lire tout le chagrin dans les yeux et d’un geste presque tremblant, lui remit une lettre et une boîte noire rectangulaire où était gravée une inscription : Rêve ta vie et Vis tes rêves. Nicolas lut deux fois la lettre oubliant jusqu’à la présence même de son père puis ouvrit la boîte d’où il sortit un magnifique stylo-plume qu’il reconnut aussitôt comme celui de son papi.

Comme une évidence, il prit alors une décision sur laquelle il ne revint jamais : celle de prendre, à son tour, la plume pour raconter des histoires à commencer par celle de son grand-père, en continuant l’arbre généalogique que celui-ci avait débuté. Ne manquerait plus qu’à convaincre ses parents de l’aider, mais ça, c’est une autre histoire…

Nicolas regarde émerveillé ses six petits-enfants réunis cérémonieusement autour de lui attendant impatiemment une des histoires dont ce grand-père gâteau avait le secret :
« Les enfants, aujourd’hui, je vais vous raconter une histoire. Celle d’un petit garçon qui avait un ami spécial qui se nommait Silynx… »

J’espère que cette petite histoire vous a plu. N’hésitez pas à m’en donner vote avis.

 

Haïkus et notes de voyage, Bashô

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Je remercie Synchronique Éditions de m’avoir permis de découvrir Haïkus et notes de voyage de Bashô, via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Bashô (1644-1694), moine errant, poète parmi les plus célèbres du Japon, est considéré comme le père du Haïku et l´un de ses plus grands maîtres.

Imprégné de sa pratique méditative zen, il lui donne sa structure et surtout son esprit : un tercet très court qui saisit l´essence de l´instant présent.

Ce carnet de voyage, qui associe prose allusive et haïkus d´une saisissante vitalité, marque un tournant dans la vie et l´œuvre du poète. Suite au décès de sa mère, quittant sa vie sédentaire de Maître de poésie reconnu, il se lance dans une quête d´absolu, de total dépouillement, pour revenir à la pureté de l´expérience immédiate.

Les superbes haïga de Manda nous accompagnent dans ce voyage au cœur du Japon éternel et de l´intime aventure humaine.

  • Broché: 184 pages
  • Editeur : Éditions Synchronique
  • Prix : 12,90€

AVIS

En parcourant ce petit ouvrage, on ne peut qu’être marqué par le soin apporté au travail éditorial : texte bilingue français/japonais avec, il me semble, une romanisation des écrits, mise en page soignée et artistique, couverture cartonnée, élastique pour fermer le livre, papier glacé, jolies illustrations… Tout est mis en œuvre pour que l’expérience de lecture soit agréable et pour que chaque lecteur puisse s’imprégner des émotions et images que nous transmet Bashô à travers ses haïkus.

J’ai en outre été ravie de la manière dont la maison d’édition a su accompagner le lecteur dans sa découverte du livre en proposant une introduction nous permettant d’en apprendre plus sur Bashô, une préface nous présentant l’illustratrice et l’art des haïga, et des notes régulières afin de mieux saisir les textes et leur contexte.

Pour ma part, j’ai lu tous ces éléments avant de m’attaquer à l’œuvre du poète et je ne le regrette pas, car cette démarche en a facilité sa compréhension. Si comme moi, vous êtes peu familiers des haïkus/haïga et complètement ignorants de la vie du poète, je ne peux que vous conseiller de faire la même chose.

Cela ne m’a, néanmoins, pas empêchée d’être intimidée par le recueil, ne me sentant pas capable d’analyser de manière approfondie les textes ou les images. Mais au fil de ma lecture, je me suis simplement laissée porter par mes émotions savourant le voyage proposé par le poète et l’illustratrice.

Je suis d’ailleurs tombée immédiatement sous le charme des illustrations que ce soit celles en filigrane accompagnant la prose ou celles illustrant les haïkus.

Certaines se révèlent très représentatives du texte qu’elles accompagnent quand d’autres m’ont semblé plus sibyllines, nous invitant presque à la rêverie. Ne pas avoir compris les allusions derrière chaque image ne m’a pas gênée puisqu’à défaut d’en avoir toujours saisi la démarche intellectuelle, j’en ai ressenti la charge émotionnelle.

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Manda a ainsi réalisé un superbe travail ! Chacune de ses illustrations, en nous offrant une approche visuelle du travail de Bashô, vient parfaire l’expérience sensorielle que le lecteur vit tout au long de sa lecture. Les mots du poète mis ainsi en images n’en deviennent que plus forts et s’ancrent plus profondément en nous.

Mais même sans ces haïga, les haïkus sont porteurs d’images et d’émotions. Le poète réussit, en peu de mots, à nous faire voyager à ses côtés et à nous ouvrir, ne serait-ce qu’un peu, les portes de son esprit, si ce n’est de son cœur.

Nous accompagnons donc avec plaisir cet homme qui, à 40 ans, décide de tout quitter pour un long voyage à pied destiné à recueillir les cendres de sa mère dont, par manque de moyens, il n’ a pas pu assister à l’enterrement. Durant les quelques 1592 kilomètres parcourus en 9 mois, le poète a pris des notes figeant par écrit et de manière poétique son expérience de voyageur et de marcheur.

Le lecteur découvre donc avec ravissement, par le truchement de ses haïkus et de ses textes en prose, l’état d’esprit du poète, sa nostalgie et sa solitude, les lieux visités, les paysages traversés et admirés tel ce mont Fuji que l’on devine aisément impérieux, les amis et personnes rencontrés, les instants forts comme les retrouvailles avec son frère après le décès de leur mère…

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Enfin, petit détail pratique, le format du livre est parfait pour le transporter partout que ce soit dans son sac à main pour se détendre avec un haïku lors d’un déplacement ou en voyage pour ajouter à l’évasion physique, celle de la pensée. C’est un point qui revêt toute son importance quand on rappelle que ce livre retranscrit des notes de voyages… Et puis, vous verrez, vous serez tellement happés par ce livre que vous n’aurez plus envie de vous en séparer.

En résumé, Haïkus et notes de voyage est un petit bijou que je conseille à toutes les personnes qui ont envie de voyager, qui aiment les haïkus, la poésie, les jolies illustrations, le Japon ou qui sont simplement curieuses de découvrir une autre culture à travers un livre mêlant habilement art littéraire et art pictural.

Un joli cadeau à faire ou à se faire !

Vous pouvez acheter Haïkus et notes de voyage sur le site de Synchronique Éditions.

Le moine et le singe-roi, Olivier Barde-Cabuçon

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Je remercie Lecteurs.com et Actes Sud pour m’avoir permis de découvrir Le moine et le singe-roi d’Olivier Barde-Cabuçon.

Découvrez sur le site de l’éditeur un extrait gratuit du livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans les jardins si carrés de Versailles, tout va de travers. Au milieu de l’enchevêtrement d’allées et de statues moralisatrices du labyrinthe qui orne le plus beau jardin du monde, un horrible meurtre est commis. Un précurseur de Jack l’Eventreur sévit-il sous les fenêtres de Louis XV, le Singe-roi ? Stupéfaite, la cour semble attendre la prochaine victime comme un poulet son égorgeur. Parmi les suspects, rien de moins que le premier chirurgien du roi, un peintre de la cour et la tenancière d’une maison d’un genre très particulier où les relations habituelles entre hommes et femmes sont inversées. Gangréné, Versailles semble devenu le royaume de la transgression des interdits. Dans cette nouvelle enquête du commissaire aux morts étranges, jamais encore les rapports de force n’avaient été aussi exacerbés et l’autorité autant remise en question. Faut-il se soumettre, se démettre ou se révolter ? Le chevalier de Volnay sait qu’il n’a pas le droit à l’erreur, tandis que, tout excité, le moine semble considérer les jardins de Versailles comme un nouveau terrain de jeu. La tension est extrême, les deux enquêteurs abordent la plus périlleuse et la plus fascinante de leurs missions alors que, dans les jardins, le danger rôde partout et surgit souvent de là où on l’attend le moins.

  • Broché: 330 pages
  • Editeur : Actes Sud Editions (1 mars 2017)
  • Prix : 22,50€

AVIS

Le moine et le roi-singe est le sixième tome de la série Le commissaire aux morts étranges. Je n’ai pas lu les tomes précédents, mais les subtils rappels de l’auteur sur les liens unissant les deux protagonistes ainsi que sur leurs principaux traits de caractère m’ont suffi pour me plonger directement dans l’histoire.

J’ai ainsi été tout de suite intriguée par ce duo atypique constitué du chevalier de Volnay et de son père, le moine hérétique. Bien que très proches, ils sont somme toute très différents l’un de l’autre, le premier étant d’un grand sérieux quand le second se révèle plus prompt au cabotinage qu’au respect strict des règles d’une société qu’il abhorre. Cette différence de caractère rend les échanges, voire les confrontations père/fils, intéressants et permet une approche complémentaire de l’enquête.

Si les deux enquêteurs sont intéressants, j’avoue cependant avoir préféré le moine qui, derrière sa gaieté et une certaine légèreté, cache une grande érudition et une part d’ombre que l’on découvre au fil de l’enquête. Quelque chose me dit que nous avons encore beaucoup de choses à découvrir de cet hérétique.

Avec ce roman, on a un peu l’impression d’un voyage à Versailles sous le règne de Louis XV. L’auteur nous transcrit ainsi à merveille le faste de la cour qui, sous les dorures et la richesse, n’est que puanteur que ce soit au sens propre ou figuré du terme. On ressent également le poids de l’étiquette qui régit la vie de la noblesse et du roi qui n’en a de fonction que le nom. J’ai, pour ma part, beaucoup aimé le contexte historique de l’enquête et la faculté de l’auteur de complètement nous y immerger.

J’ai été néanmoins assez déroutée par la tournure qu’a pris l’enquête, car le résumé m’avait laissé entrevoir tout autre chose. Mais cela ne m’a pas déplu, bien au contraire. J’ai adoré la manière dont l’auteur a su nous mettre sur une fausse piste nous laissant plus qu’interdit devant la révélation du meurtrier. Il a même réussi l’exploit de nous offrir un coupable aussi banal et idiot qu’original ! Si ça peut vous rassurer, notre duo préféré s’est également laissé berner, chacun des enquêteurs ayant laissé ses propres préjugés fausser son jugement.

La seule chose que je n’ai pas appréciée dans ce roman, ce sont les tergiversations amoureuses de Volnay vis-à-vis de l’Écureuil. Si elles permettent d’humaniser un personnage d’apparence assez froide, elles m’ont surtout agacée…

Enfin, j’ai été conquise par la plume de l’auteur qui nous offre une enquête à l’esthétique parfaite.  Avec Olivier Barde-Cabuçon, vous êtes ainsi transportés dans le roman autant grâce à la qualité de l’intrigue policière qu’à celle de l’écriture.

En conclusion, du duo atypique et haut en couleur, à l’ambiance parfaitement décrite de Versailles et de sa cour en passant par l’enquête pour confondre le meurtrier, tout m’a plu dans ce livre. Si on ajoute à cela la sublime plume d’Olivier Barde-Cabuçon, vous comprendrez aisément que je ne peux que vous conseiller vivement de découvrir Le moine et le singe-roi. Pour ma part, c’est avec un plaisir certain que je rattraperai mon retard en parcourant avec avidité les tomes précédents de la série.

De cendres et d’écarlate (Nouvelles fantastiques), Hélène Duc

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Je remercie Hélène Duc de m’avoir proposé son recueil de nouvelles De cendres et d’écarlate que j’ai beaucoup aimé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Regroupées autour d’une thématique commune, les figures de la femme dans la littérature fantastique, ces six longues nouvelles, nourries par les univers de Théophile Gautier, Edgar Allan Poe et Stephen King, vous proposent de partir à la rencontre de personnages féminins issus du folklore fantasmagorique européen, entre romantisme gothique et érotisme contemporain. Tour à tour, troublantes victimes ou bourreaux voluptueux, les six femmes que vous allez découvrir sous la plume élégante et sensuelle de l’auteure, qu’elles soient sorcière, démone, vampire, ou bien encore métamorphe, vous fascinerons autant qu’elles vous inquiéteront.

  • Broché: 178 pages
  • Editeur : Unicite (19 juillet 2016)
  • Prix : 16€

 

AVIS GÉNÉRAL

Les six nouvelles sont très différentes les unes des autres tant au niveau de l’histoire que de l’atmosphère, mais elles partagent néanmoins un point commun, celui d’être portées par une présence féminine. J’ai ainsi apprécié que chacune des femmes ou, plutôt, créatures féminines imaginées par l’autrice possède du caractère et une certaine présence. Quelques-unes se dévoilent prédatrices quand d’autres sont victimes, mais toutes ont de la ressource et de la détermination.

Un point m’a, en outre, beaucoup plu dans ce recueil : les fins. En général, je suis une adepte des happy end, mais j’ai pourtant été complètement conquise par chacune des fins proposées par Hélène. Elles sont loin d’être très joyeuses, mais elles sont à chaque fois parfaites prolongeant l’angoisse et parfois, l’horreur de chaque histoire.

Si vous me suivez sur le blog depuis un petit moment, vous devez connaître mon amour des belles plumes. Et avec ce recueil, j’ai été plus que satisfaite. Il ne m’a fallu ainsi que quelques lignes pour comprendre qu’Hélène Duc faisait incontestablement partie de ces auteurs qui ont l’art de manier et sublimer les mots, mettant en valeur toute la beauté de la langue française. L’écriture élégante de l’autrice est, pour moi, une raison plus que suffisante de découvrir ce recueil.

S’il vous en faut d’autres, je vous propose de partager mon avis sur chacune des nouvelles. Dans la mesure du possible, j’ai essayé de vous en dévoiler le moins possible, mais si vous voulez garder la surprise que chaque titre promet, je vous invite à lire la suite de l’article après votre propre lecture.

AVIS SUR CHACUNE DES NOUVELLES

L’Âtre

Dans cette première nouvelle, un jeune homme de dix-neuf ans nous raconte un événement qui lui est arrivé dans la nouvelle maison, réputée hantée, achetée par le patriarche de la famille. A l’issue de cet événement, il va faire une promesse qui, si elle offrira la liberté à l’un, enfermera l’autre dans une autre forme de prison, la tristesse.

Difficile de vous donner plus de détails, mais je peux dire que j’ai apprécié la manière dont l’auteure s’est réappropriée une créature connue de tous. J’ai également aimé l’atmosphère de cette nouvelle qui se fait délicieusement de plus en plus angoissante au fil de la lecture.

Jouer avec le feu

Changement total de décor avec cette nouvelle autour de Léa qui se rend en boîte avec sa meilleure amie, un an après avoir été violée. Elle y fera une rencontre décisive qui va la conduire à troquer sa place de victime pour celle de bourreau.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle ne m’a pas laissée indifférente. Il faut dire qu’en mélangeant drame, érotisme et fantastique, l’auteure ne pouvait que susciter des émotions qui, en ce qui me concerne, sont passées de la colère à l’ennui pour finir par de l’étonnement.

De la colère contre la meilleure amie que j’ai trouvée révoltante dans sa banalisation du viol qu’elle transforme presque en petit incident qu’avec un peu de bonne volonté, on peut occulter… Ensuite, de l’ennui, car je n’aime pas les scènes érotiques même si je reconnais que l’élégance de la plume d’Hélène Duc m’a permis de ne pas sauter le passage concerné. Enfin, de l’étonnement, car la tournure fantastique que prennent les événements m’a prise de court ce que j’ai bien apprécié.

Bref, dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire assez dérangeante sans pour autant qu’elle en soit déplaisante.

Miss Saphira

A travers différentes missives qu’il a rédigées à bord de l’Orient-Express, un écrivain narre sa rencontre avec une passagère, Miss Saphira qui est loin de l’avoir laissé indifférent. Comme nous sommes dans un recueil de nouvelles fantastiques, vous avez probablement deviné que cette demoiselle n’est pas comme les autres ce que va découvrir, à ses dépens, l’écrivain.

Le gros point fort pour moi de cette nouvelle est l’ambiance que le huis clos dans le train permet d’instaurer. A mesure que l’on découvre les lettres de l’écrivain, on sent son changement d’humeur : il passe ainsi d’homme transporté par l’émoi amoureux à un individu en proie au doute avant de finir par être rongé par l’angoisse.

Appréciant les lettres, j’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire de cet écrivain et celle de Miss Saphira par ce biais. En plus d’apporter un charme presque désuet à l’histoire, cela induit un certain suspense puisque l’on attend avec impatience chaque lettre, chacune d’entre elles nous rapprochant de la révélation sur qui est réellement Miss Saphira.

Sa langue au chat

Dans cette nouvelle, l’autrice nous narre les retrouvailles charnelles entre un homme, de retour à Londres, et son amante qui, comme vous le découvrirez, a une singulière particularité et, accessoirement, un sacré caractère. D’ailleurs, le protagoniste de notre histoire va en faire les frais…

L’expression « donner sa langue au chat » prend une toute autre dimension sous la plume d’Hélène Duc ! Bien que je n’aie aucune appétence pour les histoires érotiques, j’avoue avoir lu sans ennui cette nouvelle, fortement intriguée par son aspect fantastique.  Sa langue au chat fut donc une expérience de lecture originale et intéressante.

Diligence vers l’Ailleurs

Bienvenue dans le Far West avec ses diligences, ses braquages de banque, ses Indiens, ses chasseurs de primes, ses figures emblématiques sans oublier ses extraterrestres. Oui, oui, j’ai bien écrit « ses extraterrestres » même s’il faut bien admettre que ces personnages venus d’ailleurs ne sont pas forcément associés au Far West, du moins, pas en ce qui me concerne.

J’ai donc été agréablement surprise quand j’ai découvert cette nouvelle où la science-fiction fait une entrée très réussie au pays des cow-boys. Alors que je ne lis quasiment jamais de science-fiction, le mélange des genres m’a conquise d’autant que j’ai apprécié le retournement de situation à la fin.

Renaissance

Nous découvrons une jeune femme dépressive qui va commettre un geste désespéré dont elle n’aurait jamais pu anticiper les conséquences…

J’ai eu un problème assez personnel avec cette nouvelle puisque ma phobie relative au sang en a rendu, au début, la lecture assez difficile. Heureusement, l’ambiance des premiers paragraphes évolue nous offrant une atmosphère moins sanguinolente et plus fantastique.

J’ai, en outre, apprécié la manière dont l’autrice aborde la dépression même si c’est de manière sommaire. Elle montre bien que malgré une vie en apparence parfaite, une personne peut néanmoins être victime de cette maladie. Cela me semble important à rappeler, car bien souvent, la dépression chez les personnes qui ont tout ce qui leur faut est très mal acceptée dans la société. L’angoisse de l’abandon est aussi évoquée puisque la rupture avec son petit ami va raviver, chez notre héroïne, des souvenirs assez difficiles.

J’ai trouvé que cette nouvelle se démarquait assez des autres que ce soit par les sujets abordés ou la fin réservée à l’héroïne. A noter également que le titre de l’histoire est, en ce qui me concerne, celui qui est le plus parlant du recueil. Il retranscrit parfaitement l’expérience ultime que va vivre cette femme qui n’appréciait plus sa vie.

CONCLUSION

Pour conclure, jai beaucoup aimé parcourir les six nouvelles qui composent le recueil et découvrir des figures féminines intéressantes, parfois fascinantes. De cendres et d’écarlate fut donc une lecture très plaisante autant pour les instants de détente que le livre offre que pour le bonheur de savourer la finesse de la plume d’Hélène Duc. En quelques mots parfaitement choisis, elle arrive ainsi à nous immerger complètement dans ses histoires où se mêlent fiction et réalité.

N’hésitez pas à cliquer sur les liens pour acheter De cendres et d’écarlate ou consulter la page FB de l’auteure.

Manifeste des larmes, Plume

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Je remercie l’auteure de m’avoir contactée pour me proposer Manifeste des larmes en version numérique.

PRÉSENTATION

Ce texte n’a pas la prétention d’expliquer la dépression, ni même d’en détailler les mécanismes… Ce n’est pas, non plus, un mode d’emploi qui aiderait le lecteur à aborder son état pour en sortir définitivement. Il n’y a pas de recette miracle et chaque dépression est unique et individuelle ; elle est la résultante d’une personnalité et d’un destin qui se défient, se provoquent. Cet ouvrage retrace sobrement le cheminement intérieur d’une personne singulière prise aux mains d’un déclin terrible. Il nous dévoile ses luttes intérieures tout en nous renvoyant inlassablement les nôtres en pleine figure. L’auteure y met son âme à nue avec une franchise qui résonne et fait écho dans tous les cœurs, que l’on soit concerné ou non par ce mal…

  • Nombre de pages : 34
  • Date de publication : 31 mars 2017
  • Ebook : 1,99€
  • Autre format : livre papier

AVIS

Beaucoup d’entre nous ont certainement une personne dans leur entourage, proche ou éloigné, qui semble dépressive quand, bien souvent, elle est en réalité « simplement » déprimée. C’est que le terme de dépression à force d’être utilisé à tout bout de champ a vu sa signification quelque peu galvaudée…

Or, dans son Manifeste des larmes, c’est bien de dépression dont Plume parle. Elle partage, sans retenue, avec le lecteur, les tourments qui l’assaillent et qui la poussent à se faire du mal. L’auteure ne nous épargne d’ailleurs pas les scarifications, le sang qui coule, les coups de cutter dans un corps qui n’obtient pas grâce à ses yeux… C’est brutal, violent et poignant !

Vous aurez compris que le livre, bien qu’il soit petit, est assez difficile à lire en raison de la violence physique que l’auteure s’inflige, mais aussi des propos violents et pensées parasites qu’elle a envers elle-même.

A travers son partage d’expérience, on ne peut que ressentir la douleur de l’auteure et la solitude qui semble l’accabler. Peut-être que c’est cette dernière qui la pousse finalement à faire de la dépression, cette ennemie qualifiée très symboliquement de boule noire, un élément à part entière de sa vie…

Ce livre ne vous permettra pas de comprendre spontanément les rouages complexes de la dépression ni ses terribles conséquences d’autant que chacun vivra la maladie différemment. Il vous offrira cependant un aperçu de l’enfer que subit une personne dépressive, une parmi un océan d’autres aurais-je tristement envie d’ajouter.

A noter que le livre est un recueil de mini-nouvelles ce qui donne l’impression de lire le journal intime de l’auteure et donc de se sentir plus proche d’elle et de son vécu. J’ai en outre apprécié que Plume donne un titre à chacune des nouvelles nous permettant, par là même, d’entrer plus facilement dans son récit et de suivre le cheminement de ses pensées.

Quant à la couverture du livre, elle reste très sobre ce que je trouve parfaitement adapté au contenu. Cela renforce le sentiment que la dépression finit par faire d’une personne une sorte de coquille vide…

Enfin, malgré la dureté du sujet, le livre se lit très rapidement d’autant qu’il est porté par une très belle plume.

En résumé, Le manifeste des larmes est une lecture intense qu’il est difficile d’aimer ou de ne pas aimer puisqu’il s’agit avant tout d’un témoignage. Je dois néanmoins avouer que j’ai été touchée par le témoignage de Plume et espère sincèrement qu’elle trouvera un certain apaisement dans sa vie. Je ne conseillerais pas forcément cet ouvrage aux plus jeunes, mais à toutes les personnes qui sont touchées directement ou indirectement par cette maladie qu’est la dépression.

Pour commander le livre, vous pouvez vous rendre sur le site de la FNAC ou sur celui d’Edilivre.

Book Haul Gibert Joseph sur PriceMinister (1/2)

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Profitant de soldes importantes de Gibert Jospeh dans sa boutique sur PriceMinister, j’ai plus ou moins laissé cours à ma folie dépensière… au point de devoir scinder ce book haul en deux parties.

Dans cette première partie, je vais vous présenter tous mes achats hors œuvres graphiques.

NB : n’hésitez pas à me contacter si vous désirez être parrainé sur PriceMinister.

ROMANS/ANTHOLOGIES

POÉSIE

J’avais déjà repéré ce recueil de poèmes et ai donc sauté sur l’occasion quand je l’ai vu à un prix attractif.

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COFFRET

BEAUX LIVRES

Quelques minutes après minuit est le livre que j’attendais avec le plus d’impatience dans ma commande.

INSTANT BOULET

Je n’ai pas vu que Le Livre des âmes était en version audio. Quant à Loups-Garous, je me suis aperçue que je l’avais déjà dans ma bibliothèque… Je pense donc donner ou vendre ces deux articles.

Voilà pour cette première partie de book haul. J’ai hâte de découvrir ces ouvrages prometteurs même si comme souvent, il m’est difficile de savoir par lequel commencer.

Et vous, avez-vous déjà lu certains de ces livres ? Si c’est le cas, je serais ravie d’en avoir votre avis.

Les Chevaliers de la Chouette, Ben Fiquet

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J’ai découvert Les Chevaliers de la Chouette de Ben Fiquet à la médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le royaume de Dampierre, Manille est un petit garçon qui rêve de devenir chevalier. Mais ce n est pas donné à tout le monde d entrer dans l une des prestigieuses confréries auxquelles appartiennent ces guerriers de légende. Un jour au château, il rencontre Valence, un drôle de personnage avec une tête d oiseau, membre d une étrange confrérie que l on prétend maudite : les Chevaliers de la Chouette. Une aubaine pour Manille qui va tout faire pour les rejoindre et déjouer les complots de l infâme baron de Dampierre !

  • Album: 88 pages
  • Editeur : GLENAT (9 avril 2014)
  • Prix : 14,95€

 

AVIS

Manille, jeune orphelin élevé dans un couvent, a un souhait : devenir chevalier notamment pour protéger les Soeurs qui l’ont recueilli et élevé. Par un concours de circonstances, il va rencontrer un chevalier de la Chouette puis, finir par faire partie de cette confrérie après avoir déjoué, aux côtés des chevaliers, un complot de l’infâme Baron de Dampierre.

Manille n’est pas forcément tombé sur la meilleure confrérie pour réaliser son rêve puisque l’heure de gloire des Chevaliers de la Chouette semble bel et bien appartenir au passé. Néanmoins, ses membres, dans l’ensemble, sont plutôt sympathiques et les deux personnages féminins offrent même aux lecteurs des échanges mère/fille amusants.

J’ai trouvé Manille très attachant dans son désir farouche d’être chevalier et sa propension à défendre la veuve et l’orphelin malgré son âge qui ne lui permet pas vraiment d’impressionner ses adversaires. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas froid aux yeux ce qui peut le conduire à se mettre dans des situations quelque peu dangereuses… pour lui et les autres.

Valence, un chevalier avec une tête d’oiseau, se montre également touchant. Un peu rustre aux premiers abords, il va refuser de prendre sous son aile, sans mauvais jeu de mots, le jeune garçon avant de capituler. Il faut dire que Manille a de la suite dans les idées ! Valence est le personnage qui m’a le plus intriguée. J’ai hâte d’en apprendre plus sur les raisons de son apparence physique qu’il désespère d’abandonner au profit de sa forme humaine.

Si la BD nous immerge dans un monde de chevaliers avec ses classiques châteaux, une place est accordée à la technologie à travers la présence de robots. Manille est d’ailleurs très attaché à Tilt, un robot qu’il a trouvé et réparé.  J’ai adoré cette association entre technologie et chevalerie.

Enfin, l’aspect cartoon des illustrations m’a beaucoup plu et correspond très bien à cet univers chevaleresque teinté d’humour et de fantasy.

Pour conclure, si vous avez envie d’une lecture avec des chevaliers, des personnages attachants, de l’humour et de la magie, Les chevaliers de la Chouette est une BD qui devrait vous plaire.