109 rue des soupirs : Fantômes sur le grill (tome 2) , Mr Tan et Yomgui Dumont (illustrations)

Couverture 109, rue des Soupirs, tome 2 : Fantômes sur le grill

À défaut de pouvoir profiter de ses parents toujours absents, Elliot passe du temps avec sa nouvelle famille, les fantômes Eva, Angus, Amédée et Walter.
Cette fois, un redoutable inspecteur du CRI (Commission des Revenants Inadaptés) débarque au 109 pour contrôler que la maison est correctement hantée… Ce qui n’est pas tout à fait le cas, étant donné la bienveillance des fantômes envers Elliot. Ceux-ci vont devoir redoubler d’imagination pour faire croire à l’inspecteur qu’ils sont terrifiants : pièges, tortures et hurlements à tous les étages.
C’est sans compter le retour de la chasseuse Ulrika Von Paprika… Comment faire peur et être discrets à la fois ?!

Une nouvelle histoire à mourir… de rire !

Casterman (3 juin 2020) – 128 pages – 10,90€

AVIS

Fantômes sur le grill s’inscrit exactement dans la même lignée que le premier tome, Fantômes à domicile, que j’avais adoré : des fantômes, de l’humour à la pelle, de la bonne humeur à gogo, de l’action, des péripéties, le tout dans une belle ambiance gothique qui passe, entre autres, par les dessins de Yomgui Dumont. Des dessins toujours aussi dynamiques et d’une rondeur bon enfant qui souligne le côté amusant de l’histoire et de ses personnages hauts en couleur.

Quel plaisir de retrouver Elliot et sa bande de joyeux lurons fantomatiques : Walter, le cowboy rentre-dedans, Angus, le poète avec un talent tout relatif, Eva, la cantatrice mère poule et Amédée, l’adolescente du groupe. Des personnalités très variées pour des échanges pleins de piquant et quelques chamailleries qui ne remettent néanmoins jamais en question la force des liens qui unissent ces fantômes terriblement amusants et attachants. Des fantômes au bon cœur qui servent un peu de famille à Elliot, un petit garçon complètement délaissé par ses parents qui se montrent plus intéressés par le travail que par leur fils…

On peut donc comprendre que nos personnages sont sur le pied de guerre quand une menace, si ce n’est une double menace, vient mettre en péril leur cohabitation. Ils doivent ainsi faire face au retour d’une célèbre chasseuse de fantômes bien décidée à prouver que la maison d’Elliot est hantée, et l’arrivée impromptue d’un inspecteur de la Commission des Revenants Inadaptés, qui a le pouvoir de chasser nos fantômes de la maison. Une situation complexe à gérer pour nos héros qui vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’inventivité. C’est que, voyez-vous, il est hors de question que quelqu’un, qu’il soit vivant ou mort, vienne troubler la vie au 109 rue des soupirs ! Du moins, pas plus qu’elle ne l’est déjà…

Avec beaucoup d’humour et une joie toute communicative, l’auteur nous offre une histoire truculente à souhait, alternant entre les dangers, les péripéties, les moments de tendresse, les bons jeux de mots et les allusions détournées au monde des vivants. Il en résulte une aventure diablement savoureuse qu’on lit d’une traite, le sourire aux lèvres. Cette série jeunesse à l’ambiance délicieusement gothique est d’ailleurs l’une de mes préférées. On s’amuse, on houspille les méchants, on s’enthousiasme auprès de nos personnages de leurs plans, on croise les doigts pour que tout finisse bien et on referme l’ouvrage avec, en tête, un tonitruant : vivement la suite !

Pour ma part, en plus des gags et de l’ingéniosité avec laquelle nos héros gèrent la situation, j’ai adoré la révélation faite en fin de livre sur notre groupe de fantômes, car elle laisse entrevoir encore de beaux moments d’émotions et de complicité. La fin offre également une jolie morale sur la notion de famille, qui ne se limite pas aux liens du sang, et sur l’importance de laisser chacun choisir la vie dont il souhaite/rêve. Attendez-vous, en outre, à une petite surprise qui aura des conséquences sur la suite de la série. J’ai hâte de découvrir la manière dont cela va faire évoluer la dynamique entre les personnages.

Mon seul petit regret est, peut-être, le côté caricatural de notre chasseuse de fantômes même si, au regard de la cible de la BD, cela ne s’avère pas gênant. Et puis, pas besoin de connaître sa personnalité en détail pour comprendre qu’elle n’est guère sympathique. D’ailleurs, on notera l’excellent travail de l’illustrateur qui arrive à faire transparaître toute sa vilenie sur son visage.

En conclusion, que vous rêviez ou non d’habiter une maison hantée, n’hésitez pas à pousser les portes du 109 rue des soupirs. Rires, doux frissons et bonne ambiance garantis ! Mais n’escomptez pas vous arrêter trop longtemps, la maison est dorénavant au complet !

Nico Bravo et le chien d’Hadès (tome 1), Mike Cavallaro

Nico Bravo, Tome 1 : Et le chien d'Hadès par Cavallaro

Un problème ? A la boutique céleste de Vulcain, vous pourrez trouver toutes sortes de produits magiques pour redresser la situation. Le personnel expérimenté ― un enfant qui s’appelle Nico, Lula le sphinx et Buck la licorne ― met tout en oeuvre pour offrir « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux ». Mais le monde de Nico va être complètement chamboulé par l’arrivée d’une nouvelle cliente : Eowulf, la descendante haute comme trois pommes de Beowulf, le chasseur de monstres. Déterminée à reprendre l’entreprise familiale, cette aspirante guerrière a l’intention de tuer Cerbère, l’effroyable chien à trois têtes d’Hadès. Mais il y a juste un petit problème : seul Cerbère peut retenir les hordes de l’Enfer d’envahir le monde des vivants. Nico pourra-t-il empêcher Eowulf de déclencher une apocalypse zombie?

Editions Kinaye (15 mai 2020) – 192 pages – Broché (17,50)
Traduction : Romain Galand

AVIS

Appréciant beaucoup le mythe d’Hadès et de Perséphone, j’ai tout de suite été attirée par le titre de cette BD publiée par les éditions Kinaye qui ne m’ont encore jamais déçue. Mais il n’est pas question ici du dieu des Enfers, plutôt d’un héros en devenir qui va tout faire pour protéger Cerbère, le chien à trois têtes d’Hadès qui garde la porte des Enfers, et empêche les morts d’envahir le monde des vivants. Or, ce rôle primordial dans l’équilibre du monde est sérieusement menacé par l’arrivée d’Eowulf, la descendante du très célèbre chasseur de monstres, Beowulf.

Eowulf est une jeune fille obsédée par une idée fixe : massacrer des démons, en commençant par Cerbère, afin de prouver sa valeur à sa célèbre et héroïque famille ! Pour ce faire, elle est prête à toutes les extrémités, quitte à franchir la frontière entre le bien et le mal. Mais conscient du danger qu’elle représente pour le monde, Nico va faire de son mieux pour lui faire entendre raison et lui faire comprendre que tous les démons ne sont pas mauvais. Une leçon que notre tête de mule ne semble pas prête à entendre au plus grand désespoir de notre employé de magasin qui va devoir, sans mauvais jeu de mots, sortir de sa réserve. Le duo entre ces deux êtres à la personnalité diamétralement opposée se révèle assez amusant, Eowulf étant du genre fonceuse et bourrine quand Nico se montre bien plus raisonnable et sensée.

D’ailleurs, les personnages sont le point fort de cette BD, l’auteur nous en proposant une galerie, certes restreinte, mais complètement loufoque et haute en couleur. J’ai été touchée par Eowulf, sa pugnacité, sa quête identitaire, son besoin obsessionnel de se complaire à la tradition familiale, et la manière dont elle va réaliser qu’il est parfois nécessaire de suivre sa propre voie. Les réparties de son épée au sang chaud, et au nom quelque peu surprenant m’ont, en outre, beaucoup amusée d’autant qu’elles correspondent assez bien à l’état d’esprit de notre guerrière. On peut dire qu’Eowulf a trouvé épée à son fourreau.

Nico se révèle peut-être un peu moins flamboyant, mais on sent chez lui une certaine sensibilité et capacité à prendre du recul sans oublier un courage indéniable. Un certain mystère plane également sur les origines de cet orphelin trouvé par le très sibyllin dieu Vulcain devant la porte de sa célèbre boutique, qui offre « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux« . J’ai hâte d’en apprendre plus les origines de ce personnage et ses réelles capacités, mais hélas pour Nico, je ne semble pas être la seule…  La fin, qui nous réserve un coup de théâtre que je n’avais pas anticipé, nous laisse supposer que notre héros n’est pas au bout de ses peines.

C’est cependant pour un personnage secondaire que j’ai eu un gros coup de cœur : Buck. Licorne à la corne tordue, Buck m’a beaucoup amusée par son côté râleur et décalé, et sa manière de voir des choses là où il n’y en a pas ou, plus justement, de nous rappeler que ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas qu’elles n’existent pas. Une nuance de taille, la suite de l’aventure nous prouvant que toutes ses hallucinations et étranges obsessions ne sont pas forcément des fadaises. Voici un personnage que j’ai pris plaisir à suivre et à voir mener ses propres combats, au sens propre comme figuré.

Au-delà des personnages, j’ai adoré les multiples références à la pop culture amenées avec beaucoup d’humour et de dérision, mais aussi la belle incursion de l’auteur dans le monde de la mythologie qu’elle soit gréco-romaine, égyptienne, nordique, mésopotamienne, hittite… Une belle diversité de mythes et de légendes rarement observée ! Et pour ceux peu à l’aise avec ce domaine, aucune crainte, les allusions sont légères et un petit lexique est proposé en fin d’ouvrage.

Quant à l’histoire en elle-même, elle se veut résolument entraînante, rythmée et parfois complètement dingue. L’auteur, avec un art de la mise en scène indéniable, mélange les genres et nous offre des rebondissements à la pelle, des péripéties endiablées, des réparties qui font mouche et amusent, des situations burlesques… Je me suis ainsi délectée des presque deux cents pages de cette BD que je n’ai pas vu défiler, complètement happée par le tourbillon des événements qui s’enchaînent sans jamais se ressembler. Car loin de n’être qu’une histoire d’aventure classique, on est ici dans une épopée épique, humaine, amicale et familiale, la notion de famille au sens large n’étant jamais très loin. On notera également une incursion dans le monde de la science-fiction qui s’intègre parfaitement à l’intrigue, et la fait basculer vers une autre dimension…

Colorées et pleines de peps, les illustrations correspondent parfaitement à la ligne éditoriale de la maison d’édition et sont, à elles seules, un motif de bonne humeur. Pour ma part, j’ai apprécié les mimiques marquées des personnages, l’esprit très cartoonesque qui se dégage de l’ensemble, et la très dynamique gestion des vignettes qui fait partie intégrante de l’expérience de lecture. L’auteur alterne entre les illustrations pleine page, les pages sans texte, mais avec un gros plan sur l’action et/ou les visages qui permet de se passer de mots, des pages plus denses sans jamais être linaires ni surchargées… Aucune monotonie donc à craindre que ce soit au niveau de l’histoire ou des dessins !

En conclusion, avec Nico Bravo et le chien d’Hadès, attendez-vous à une lecture divertissante, colorée et pleine de peps qui vous fera passer du quotidien d’une boutique de légende et de son personnel atypique et haut en couleur au monde des enfers. Un petit tour de force que l’on doit à une descendante d’un célèbre tueur de monstres qui, en voulant se montrer héroïque à sa très sanguinaire manière, se révélera probablement être le plus grand danger que le monde ait connu ! Rythmée, amusante et parfois franchement décalée, voici une aventure que vous n’êtes pas prêts d’oublier et dont vous allez vous délecter !

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye pour m’avoir envoyé Nico Bravo en échange de mon avis.

A.S.T. L’Apprenti Seigneur des Ténèbres, Ced et Jean-Philippe Morin

Couverture A.S.T., tome 1 : L'Apprenti Seigneur des Ténébres

Dans un monde d’Héroïc Fantasy anachronique, un minuscule anti-héros veut devenir le plus terrible et redouté Seigneur des Ténèbres de tous les temps… pas évident d’y parvenir avec pour seule garde rapprochée, Gonzague gobelin bossu et stupide (quoique) et Slurp monstre aussi sympathique que doux. Ainsi accompagné, la tache s’avère quasi insurmontable pour notre héros masqué… « AST», série BD née de l’imaginaire de Cédric Asna et de Jean-Philippe Morin devrait séduire par son ton facétieux, drôle et malin, petits et grands !

Éditions Sarbacane (5 mars 2014) – 44 pages -12,50€

AVIS

Après des heures bien sombres, les terres d’Alkyll connurent une paix bien méritée, mais les choses pourraient bien changer avec l’arrivée d’un apprenti Seigneur des Ténèbres qui rêve de conquérir le monde. Mais avant de se lancer dans cet ambitieux et vaste projet, il va déjà falloir arriver à se faire enregistrer par l’administration et là, ce n’est pas gagné. En effet, si les dompteurs de chèvres sont déjà référencés dans les registres, le poste de Seigneur des Ténèbres est, quant à lui, inconnu au bataillon… Le début d’une longue liste de déconvenues pour un apprenti qui aurait peut-être dû choisir une carrière un peu plus classique. Quoique cela aurait été diablement moins drôle pour les lecteurs !

D’un ton plein d’humour et non dénué de piquant, l’auteur nous narre donc les mésaventures d’un apprenti Seigneur des Ténèbres qui va très vite réaliser que conquérir le monde et le plonger dans les ténèbres, ce n’est pas, mais alors pas une mince affaire du tout. Il faut dire que le pauvre, il n’est pas aidé ! En embauchant deux créatures pas des plus futées, mais qui avaient le mérite de travailler gratuitement, il pensait obtenir un soutien efficace quand il récolte surtout des gourdes à répétition ! Et puis, difficile d’être crédible dans votre rôle d’apprenti dominateur du monde quand vos collaborateurs préfèrent passer le balai et jouer à cache-cache avec votre captive que terrifier la population…

L’enchaînement des gags, très bien amené, ne manquera pas de faire sourire les jeunes lecteurs, mais également les lecteurs plus âgés, l’auteur multipliant les références au monde des adultes : lourdeurs administratives, joie des rendez-vous avec une conseillère Pôle emploi plus vraiment en phase avec le marché, exploitation des salariés, recherche de maison ou, plutôt, d’un repère secret et lugubre…

Tout au long de la lecture, on s’amuse, en savourant les différents degrés d’humour de cette BD qui m’a permis de passer un très bon moment de divertissement léger et sans prise de tête. Une légèreté qui passe également par les illustrations et les couleurs colorées et vives qui tranchent avec les desseins bien sombres d’un être qui tend bien plus à nous faire rire que trembler. De le voir si malchanceux dans ses plans, on en viendrait presque à le plaindre et à lui souhaiter bonne chance dans ses velléités de conquête du monde.

AST : L'apprenti Seigneur des Ténèbres (1) – Éditions Sarbacane

Après un premier tome aussi drôle que savoureux, je compte bien poursuivre la lecture de cette série qui devrait ravir les lecteurs en quête d’une aventure colorée, vive et amusante qui détourne avec dérision, et non sans une certaine pertinence, aussi bien les travers de la société humaine que les codes d’un genre que je lis peu, mais que j’apprécie, l’heroïc fantasy. Une BD à lire seul ou en famille, les malheurs de notre Apprenti Seigneur des Ténèbres pouvant plaire à un large public.

BD lue dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Le compte à rebours du Père Noël de Kim Thompson, illustré par Elodie Duhameau (Crackboom)

Le compte à rebours du père Noël : 24 histoires avant Noël par Thompson

Aimant beaucoup les calendriers de l’Avent, j’étais curieuse de découvrir cet album jeunesse qui en reprend le principe puisque l’autrice vous propose de découvrir une petite histoire chaque jour. Un joli moyen de faire patienter les enfants jusqu’à Noël et de passer de doux et chaleureux moments en leur compagnie.

Jour après jour, on suit le Père Noël, la Mère Noël et les lutins dans leurs préparatifs de Noël. C’est qu’entre la vérification du traîneau, la lecture des lettres des enfants, l’entraînement du Père Noël pour qu’il soit au meilleur de sa forme le jour J, la fabrication des cadeaux… tout le monde est bien occupé. Il ne faudrait pas décevoir les enfants qui attendent impatiemment leurs cadeaux. Et que les moins sages d’entre eux se rassurent, le Père Noël semble toujours arriver à trouver du bon chez chacun. On n’en attendait pas moins de lui.

Que l’on soit enfant ou adulte, difficile de résister au charme qui se dégage de ce doux album qui respire bon Noël, la bienveillance, la gentillesse et qui n’est pas dénué d’humour, le Père Noël nous régalant de ses expressions plus loufoques les unes que les autres : pastilles en papillotes, mille babouins nains, choucroutes de mammouth… Les illustrations tout en rondeur, pleines de peps et de couleurs ainsi que les larges sourires des personnages contribuent également au plaisir que l’on prend à parcourir ce joli album.

Le compte à rebours du Père Noël illustration

Avec Kim Thompson, Noël se part d’une certaine modernité puisqu’en plus du traditionnel traîneau et des emblématiques rennes, une large place est accordée à des inventions plutôt ingénieuses et parfois amusantes. À côté du GPS que tout le monde connaît, on découvre ainsi le super calculateur de cadeaux ou, encore plus pratique, le poulet robot emballeur !

En bref, voici un album coloré parfait pour faire de chaque jour avant Noël, un petit moment d’amusement et de douceur à partager avec les enfants. 

Je remercie Netgalley et les éditions Crackboom pour cette lecture.


  • Ana Ana – tome 1 : Douce nuit, Alexis Dormal et Dominique Roques (Dargaud)

ana-ana-tome-1-douce-nuit

Si j’ai déjà lu quelques albums de la série, c’est n’est que récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier tome, Douce nuit. Un titre qui a tout de suite parlé à l’insomniaque en moi… Ana Ana ne veut pas dormir. Non, ce dont elle a très très envie, c’est de lire ! Une envie que nous sommes très nombreux à partager avec elle, je n’en doute pas.

Ses doudous ne partagent néanmoins pas la même passion des livres. Eux, ce qu’ils veulent plus que tout, c’est dormir. Dormir sur leurs deux oreilles, dormir les uns contre les autres, mais surtout, dormir dans le noir et silence ! Les peluches commencent donc à perdre patience, leurs petits stratagèmes pour pousser Ana Ana à dormir ne semblant pas fonctionner. Une situation qui ne devrait pas manquer de rappeler des souvenirs aux parents….

Heureusement, le sommeil finit par gagner la fillette. L’heure de dormir aurait-elle enfin sonné ? Rien n’est moins sûr… J’ai adoré cet album que j’aurais certainement pris plaisir à lire à l’envi quand j’étais enfant puisque comme Ana Ana, lire me semblait bien plus tentant que dormir. Les enfants devraient s’identifier facilement à cette petite fille qui ne manque pas de caractère, mais qui n’en demeure pas moins attachante tout comme ses amies, les peluches. Des peluches au profil varié qui n’hésitent pas à se rebeller, à leur manière…

Quant aux illustrations, elles possèdent une douceur certaine et un charme presque suranné parfait pour un instant de lecture plein de tendresse.

Ana Ana Douce nuit

En bref, Douce nuit est un très bel album plein de douceur qui devrait ravir les amoureux des livres de tout âge et leur donner envie de découvrir les autres aventures d’une fillette à laquelle on s’attache très vite.

Découvrez un extrait sur le site des éditions Dargaud.


  • La pension Moreau, la peur au ventre (tome 2) : Marc Lizano et Benoît Broyart (Éditions de la Gouttière)

La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre par Broyart

La pension Moreau n’est pas une pension comme les autres, car si son but affiché est de remettre les enfants de familles fortunées dans le droit chemin, la vérité est tout autre…

J’attendais avec impatience de retrouver Émile, Paul et les autres qui fomentent une rébellion devant les brimades et sévices que les pensionnaires subissent. Un disque rayé, un rôti assaisonné d’une bien dégoûtante manière… les enfants ont de l’imagination à revendre ! Mais au cours d’une promenade dans la forêt, Émile va faire une surprenante et effroyable découverte qui le poussera à sortir de son mutisme pour avertir ses amis, et plus particulièrement Paul, du danger…

On retrouve dans ce deuxième tome ce que j’avais apprécié dans le premier : une inversion des rôles avec des animaux qui mettent en cage des humains et les tourmentent, de l’humour qui devrait plaire aux enfants, une amitié du genre à la vie à la mort, de l’aventure, des découvertes et des dessins simples, mais très explicites. En tant qu’adulte, j’ai également été sensible à une critique d’un certain capitalisme qui pousse à faire de l’argent et du profit sur le malheur des autres avec un cynisme à toute épreuve.

La fin de l’aventure laissant entrevoir un changement notable dans la vie de nos protagonistes, je suis impatiente de lire la suite et de découvrir les nouvelles épreuves qui attendent notre bande d’amis qui nous apparaît toujours aussi pleine de ressources, débrouillarde et soudée…

AVIS DU PREMIER TOME : Les enfants terribles 

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #26

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Bloody Secret, Mutsumi Yoshida (Soleil manga) :

Couverture Bloody secret, tome 1

C’est en parcourant un livre que Anko développe l’idée saugrenue que le très mystérieux Yura est un vampire. Malheureusement pour elle, ce dernier apprend ses doutes et lui révèle la vérité, il a bien du sang de vampire en lui ! Puisque l’heure des confessions est venue, il lui révèle aussi son attirance très forte pour son sang qui semble si spécial. Et si la jeune fille acceptait de sortir avec cet étrange personnage que personne ne semble véritablement connaître puisqu’il passe son temps à dormir ? Pour sa défense, pas facile d’être un vampire en plein jour, a fortiori quand on n’a jamais encore laisse libre court à sa soif d’hémoglobine…

Anko est une jeune fille assez innocente et naïve qui oscille entre l’idée d’aider Yura et la peur d’être transformée à son tour en créature de la nuit si elle se laisse mordre. Elle lui propose donc d’apprendre à mieux le connaître avant d’éventuellement devenir plus qu’une amie. Mais une ombre plane sur cet arrangement des plus raisonnables : un personnage qui semble bien avoir envie de taquiner nos deux protagonistes.

Dans ce premier tome, l’autrice met en place les enjeux et nous présente les personnages. Gentillette, sans être transcendante, l’histoire plaira probablement aux adolescent(e)s et aux personnes appréciant les histoires de vampire ou plutôt d’un garçon humain avec du sang de vampire. Cela change-t-il quelque chose ? Peut-être si l’on se fie à la fin qui laisse entrevoir quelques complications quant à la relation entre nos deux protagonistes…

  • Bonjour facteur, Michaël Escoffier (École des loisirs)
Bonjour facteur

Illustrateur : Matthieu Maudet

Voici un petit album jeunesse cartonné découvert dans la bibliothèque de ma nièce qui apprécie cette histoire colorée. Pour ma part, je suis complètement tombée sous le charme de ce facteur d’un genre particulier : lui, ce n’est pas le courrier qu’il livre à bicyclette, mais des bébés ! Adieu donc la cigogne qui apporte des bébés aux humains, place au facteur humain qui délivre des bébés aux animaux. Une inversion des rôles assez truculente, vous en conviendrez !

Mais ce système de livraison de bébés est-il véritablement fiable ? Pour le savoir, je vous invite à découvrir l’album, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai adoré la chute. En plus de prêter à sourire, elle véhicule un joli message quant à la notion de famille. C’est également un vrai plaisir de suivre le facteur qui, malgré un moyen de locomotion non motorisé, parcourt à la vitesse de l’éclair de grandes distances, livrant les clients aussi bien en pleine jungle que sur la banquise… Les couleurs pleines de gaieté et la rondeur des traits apportent, quant à elles, beaucoup de peps et de douceur à cet album que je ne peux que vous conseiller pour passer un joli moment de lecture en famille.

  • La fugue, Yvan Pommaux (École des loisirs) :

Couverture La Fugue

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous aurez probablement deviné que le chat sur la couverture a suffi à me donner envie de me plonger dans cet album au titre qui ne peut qu’intriguer, La fugue. Avant même de commencer la lecture, on se demande ainsi les raisons qui ont pu pousser ce jeune chat à fuguer, tout en tremblant à l’idée des dangers qu’il risque de devoir affronter, et dont il n’a guère conscience.

Page après page, l’auteur répond à notre question, non sans un certain humour d’ailleurs. Nous découvrons ainsi un chaton excédé par une famille humaine qu’il ne supporte plus ! Jules en a marre des odeurs de cigarillos du père, du bruit de l’aspirateur de la mère, des jeux brutaux du frère et de la sœur, et du prénom idiot dont on l’a affublé, Mitzy !

Son prénom, c’est Jules. Et s’il l’a choisi, ce n’est pas par hasard… Je n’en dirai pas plus sous peine de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai trouvé l’histoire derrière le choix de ce prénom adorable tout comme la fin qui a ému l’amoureuse des animaux, et plus particulièrement des chats, en moi. 

Au-delà des griefs de Jules qui rappelleront aux enfants et aux parents, qu’un chat, ce n’est pas un jouet et qu’il lui faut un minimum de tranquillité pour s’épanouir, l’auteur nous narre également les péripéties de Jules dans la rue. Un endroit aux multiples dangers pour un chaton : les voitures, les chiens, les gens qui marchent sans se préoccuper de la petite boule de poils qui se faufilent entre leurs jambes, la faim qui tenaille… Mais heureusement, Jules saura trouver de l’aide auprès d’un matou au grand cœur, marqué par la vie dans la rue.

Porté par un adorable chaton à la personnalité affirmée et aux sentiments exacerbés, La fugue nous offre une aventure mouvementée et pleine d’émotions qui devrait séduire les enfants et les parents ainsi que tous les amoureux des chats et les personnes sensibles aux belles histoires d’amitié homme/animal.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ? Vous tentent-ils ?

 

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Paul Dewandre, Jif et Nathalie Jomard

Couverture Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (BD), tome 1

Vous vous demandez peut-être pourquoi la vie entre Homme et Femme ne coule pas toujours de source ? Tout simplement parce que nous venons de deux planètes différentes. Par conséquent, nous ne parlons pas le même langage et n’avons absolument pas le même fonctionnement. Mais, pas de panique, ne préparez pas tout de suite le formulaire de divorce, il est tout à fait possible de se comprendre et même, si si, de vivre en parfaite harmonie ! Alors n’hésitez pas à venir déchiffrer les codes de votre conjoint(e) avec humour.

Jungle (21 septembre 2011) – 64 pages – Nouvelle version disponible

AVIS

Tiré du livre de John Gray que je n’ai jamais lu, cette adaptation graphique me tentait bien plus, peut-être pour le côté coloré et plein de peps des illustrations qui sont, pour moi, le vrai atout charme de cet ouvrage. De la rondeur des traits, aux mimiques en passant par l’expressivité des visages, tout m’a séduite dans le travail de Nathalie Jomard.


J’ai entendu parler du livre de John Gray il y a quelques années quand une amie, dont le couple battait de l’aile, tentait d’y trouver des pistes pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pour les plus curieux et sans réelle surprise, cela n’a pas marché… Mais j’avais gardé en tête son enthousiasme devant les propos de l’auteur destiné à améliorer la communication au sein du couple en éclairant ses membres sur les spécificités supposées du sexe opposé.

Autant le dire tout de suite, le simple postulat de départ me déplaît fortement puisqu’il me semble réducteur et dangereux d’enfermer une personne dans les stéréotypes associés à son sexe. Si je reconnais volontiers les différences physiques entre les hommes et les femmes, les différences de comportement s’expliquent, pour moi, bien plus par le poids de l’éducation et des conventions que par le sexe en lui-même… Il m’apparaît alors plus judicieux de comprendre en quoi la société formate les individus, et comment y remédier, que d’essayer de faire perdurer les stéréotypes en associant tel ou tel comportement à un sexe.

J’ai donc choisi de parcourir cette BD en considérant qu’il s’agissait plus d’un ouvrage tournant en dérision les clichés liés au sexe qu’un réel guide pour améliorer la communication et assurer la pérennité d’un couple. Et avec cette perspective, je reconnais que certaines planches m’ont fait sourire sans pour autant me séduire outre mesure. Seule l’ambiance graphique qui insuffle beaucoup d’humour et de bonne humeur à l’ouvrage a suscité chez moi un réel enthousiasme.

Quant à une lecture plus littérale de la BD, elle aurait eu tendance à très vite m’agacer parce que non, être une femme ne signifie pas, par exemple, avoir besoin d’entendre tous les quatre matins « je t’aime » comme être un homme ne veut pas dire s’enfermer dans sa « caverne » à la moindre contrariété. Les humains sont, fort heureusement, bien plus complexes et nuancés que cela. Quant aux conseils non sollicités, je pense pouvoir dire qu’il n’y a nul besoin d’être un homme pour ne pas particulièrement les apprécier. Certaines planches et situations du quotidien devraient néanmoins vous parler bien que personnellement, en fonction des circonstances, je me sois autant reconnue dans les réactions de l’homme que de la femme.

Si certains lecteurs cherchent dans cet ouvrage un moyen d’améliorer leur relation avec leur moitié, j’aurais tendance à leur dire de passer leur chemin parce qu’ils n’obtiendront rien de concret ni même de pertinent. Pire, cette BD donne l’impression qu’être en couple est éreintant et demande des efforts de tous les instants comme s’il fallait toujours être sur ses gardes face à l’autre. Difficile dans ces conditions de créer une réelle complicité… Si la communication demeure le ciment d’un couple, les stratégies proposées dans cette BD pour communiquer et correspondre à ce que l’on pense que l’autre attend de nous me semblent, en revanche, le meilleur moyen de perdre tout élan de spontanéité. N’est-il pas préférable de comprendre sa compagne ou son compagnon dans toute sa singularité plutôt que d’essayer de le cerner et d’agir en fonction des supposées caractéristiques de son sexe ? 

En conclusion, on retiendra de cet ouvrage ses illustrations pleines de couleur, de peps et de mordant qui offrent une jolie bouffée d’air frais en ces temps de confinement. Quant au fond, il pourra vous faire sourire à condition de prendre les différentes planches au deuxième, voire au troisième degré. Dans le cas contraire, l’avalanche de stéréotypes et autres clichés ne devrait pas manquer de vous faire grincer des dents…

Fleur de Mamoot : Même pas peur… Emmanuelle Martinez

Je remercie les éditions HarperCollins de m’avoir permis de découvrir Fleur de Mamoot, même pas peur... d’Emmanuelle Martinez.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Faire un selfie au milieu des fumigènes ?
Dire ce qu’elle pense vraiment des enfants des autres ?
Passer Noël en famille sans pouvoir boire une goutte d’alcool ?
MÊME PAS PEUR…

Qu’elle soit au milieu d’une manif, à un rencard Tinder ou chez son psy, Fleur de Mamoot s’efforce d’être toujours elle-même : sans complexe et sans gêne. Grande gueule (de bois), elle offre un regard impertinent sur le monde d’aujourd’hui, ses grandes problématiques et ses petites déviances. Même pas peur d’ouvrir ce livre ? On vous aura prévenus…

HarperCollins (13 novembre 2019) – 128 pages – Album (14,50€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Fleur de Mamoot, mais la couverture pleine de piquant et le résumé de Même pas peur m’ont donné envie de le découvrir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rencontre fut détonante !

Fleur de Mamoot est le genre de personnages sans fard ni paillettes qui ne laisse personne indifférent. Soit on l’adore et on s’amuse à ses côtés de toutes ces petites absurdités de la vie et de ces situations qui agacent soit elle nous gêne par son côté brut de décoffrage, son impertinence et sa manière acérée et sans concession de mettre en lumière les petits défauts de chacun et de nos sociétés hyperconnectées.

Pour ma part, j’ai adoré ce personnage haut en couleur et plus vrai que nature ! Fleur de Mamoot nous prouve qu’une femme, ce n’est pas forcément une princesse Disney (même s’il n’y a aucun mal à en être une). Une femme peut faire des blagues graveleuses, avoir un langage fleuri, ne pas être particulièrement attirée par les enfants, être pétrie de contradictions tout en demeurant attachante… Fleur de Mamoot, ce n’est pas vous, ce n’est pas moi, mais c’est une femme dans laquelle chacune d’entre nous peut se retrouver, ne serait-ce qu’un peu. 

Le livre fait 124 pages, et c’est plus ou moins 124 occasions de sourire, de rire ou de se dire que cette Fleur de Mamoot exagère tout en ne pouvant s’empêcher de trouver, dans ses propos, un fond de vérité. En fonction de votre situation personnelle, professionnelle et amoureuse, de votre humour et de votre vécu, toutes les planches ne vous parleront pas de la même manière, mais vous devriez néanmoins passer un bon moment de détente, et retrouver des situations qui ne manqueront pas de vous rappeler des expériences plus ou moins agréables.

Il faut dire que l’autrice aborde avec beaucoup d’humour et de panache de nombreux thèmes : Instagram et ses dérives avec notamment cette course à la popularité et aux partenariats qui donne des situations parfois absurdes, le sexe, l’alcool, l’amitié vache, nos propres contradictions, le rapport à son corps, le végétarisme, l’actualité…

Quant aux illustrations pleines de peps et de dynamisme, elles correspondent à merveille au ton de cet album et contribuent sans aucun doute à l’effet comique des différentes planches. L’illustratrice a préféré la rondeur, la simplicité et l’expressivité des traits au réalisme ce qui fonctionne ici parfaitement. Les dessins ne vous éblouiront donc pas par leurs détails, mais vous permettront d’avoir rapidement une vue d’ensemble et de vous concentrer sur l’essentiel, la truculente Fleur de Mamoot ! Un personnage pour lequel on développe assez vite de l’affection, un peu comme celle que l’on ressent parfois pour un trublion dont les facéties et la vivacité d’esprit amusent.

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Et pour ceux qui aimeraient plus de Fleur de Mamoot dans leur vie, vous pouvez la retrouver sur le blog qui lui est consacré.

En conclusion, je me suis beaucoup amusée et j’ai passé un très bon moment de détente auprès de Fleur de Mamoot, la copine impertinente et brute de décoffrage que l’on rêverait tous d’avoir (ou pas) dans sa vie. Piquant et décalé, voici un ouvrage à lire et à relire pour faire le plein d’énergie et de bonne humeur !

Retrouvez un extrait du livre ainsi que des fonds d’écran gratuits sur le site des éditions HarperCollins.

Mini-chroniques en pagaille #17

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les tweets sont des chats de Bernard Pivot (Albin Michel) :

Les Tweets sont des chats (A.M. HORS COLL) par [Pivot, Bernard]

Découvert par hasard, je n’ai pas hésité à emprunter cet ouvrage d’autant qu’abonnée au compte Twitter de Bernard Pivot, je savais que les tweets présents dans ce recueil me plairaient.

Soit comme moi en lisant d’une traite le recueil soit en piochant au gré de vos envies, vous devriez prendre plaisir à découvrir cette sélection de tweets dans laquelle Bernard Pivot partage, en fonction de différents hashtags, des citations, ses pensées, des observations, des jeux de mots… tout ceci avec humour, poésie, justesse et un certain sens de l’à-propos.

Plusieurs thèmes sont ainsi survolés : la littérature, bien sûr, l’amour, les émotions, la musique, les femmes, les chats… Chacun devrait donc pouvoir trouver un ou plusieurs sujets qui l’intéresse plus particulièrement. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée un instant, il faut dire que le livre se lit vraiment très vite et a un petit côté hypnotique qui m’a poussée à tourner les pages les unes après les autres… L’effet Bernad Pivot, peut-être !

Certains tweets appellent seulement à la contemplation, l’auteur envoûtant ses lecteurs par sa maîtrise de la langue française dont il arrive, en quelques caractères, à retranscrire toute la beauté et la richesse. Quand d’autres ne pourront que vous faire réfléchir et/ou réagir voire, parfois, vous laisser dubitatifs… Je confesserai ainsi ne pas avoir saisi l’essence de certains messages, peut-être par manque de culture ou leur aspect un peu trop abstrait pour moi.

Si tous les tweets ne m’ont pas touchée de la même manière, aucun ne m’a laissée indifférente, ce qui est plutôt une bonne chose si l’on considère, comme Bernard Pivot, qu’une journée sans émotion est une journée perdue !

  • Entendez-vous sur Twitter les plaintes et gémissements des mots mutilés, compressés, torturés ? « 
  • Les écrivains ouvrent de moins en moins de parenthèses. De crainte probablement que leurs lecteurs n’y restent enfermés.
  • Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. – Illettrisme, répondit l’élève.
  • Un dictionnaire, c’est un roman écrit par un général fou d’ordre et de discipline.
  • Pour bien scruter le ciel, il faut éteindre toutes les lumières. L’obscurité donne à voir.
  • Chats – Tout ce qu’ils essaient de nous dire du Dr Laeticia Barlerin (Albin Michel):

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Voici un petit ouvrage très bien conçu qui en fonction de différents thèmes allant de l’alimentation aux préjugés en passant par les problèmes comportementaux donne des conseils et des moyens pour nouer une relation équilibrée avec son chat.

Très accessible, j’ai lu le livre d’une traite envoûtée par la manière dont l’autrice arrive à créer une connivence avec les lecteurs tout en leur donnant très envie de faire ce qu’il y a de mieux pour leur(s) poilu(s). Les conseils sont simples, faciles à mettre en place et surtout sans aucun jugement de valeur ni ton moralisateur.

Je tire d’ailleurs mon chapeau à l’autrice parce qu’après avoir répété une bonne dizaine de fois, par exemple, de ne pas donner de lait à mon chat sans que l’on m’écoute, ma patience a tendance à s’envoler. Raison d’ailleurs pour laquelle j’éprouve une certaine hantise à laisser mon chat sous la surveillance de personnes même proches. C’est que les préjugés ont la vie dure et qu’il est parfois difficile de faire entendre raison à des personnes certaines de bien connaître les chats.

Or cet ouvrage a le mérite de montrer que le chat est un animal dont il est important de savoir décrypter le comportement tout comme les besoins notamment en termes d’attention (non, le chat d’appartement ne fait pas sa vie tout seul), d’aménagement de l’espace et du territoire, de soins…

Aimant beaucoup les chats et ayant pris soin de me documenter sur cet animal avant d’adopter mon premier compagnon à quatre pattes, je n’ai rien appris de particulier, mais une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Ce livre me semble en outre parfait à lire si vous avez un projet d’adoption. Les infos synthétiques et données avec humour couvrent un large éventail de sujets ce qui vous permettra d’accueillir et de vous occuper de votre nouveau compagnon dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, je vais pour ma part, voir si M. Hardy est prêt à m’offrir une séance de ronronthérapie.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

 

 

Tu sais pas quoi ?! – Volume 2, Chris Pavone

Tu sais pas quoi ?! - Chris PAVONE - Les Éditions de l'Opportun

Je remercie Babelio et les Éditions de l’Opportun pour m’avoir permis de découvrir Tu sais pas quoi de Chris Pavone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chris Pavone, auteur et animateur du fil Twitter Tu sais pas quoi ?!, suivi par plus de 200 000 personnes, revient avec 500 nouvelles anecdotes 100 % inédites ! Sciences, animaux, énigmes historiques, mystères biologiques surprenants… vous y trouverez de quoi assouvir votre curiosité dans tous les domaines !

Saviez-vous que certaines personnes peuvent être ivres sans avoir bu une seule goutte d’alcool ? Que les alligators peuvent survivre complètement gelés dans la glace ? Qu’aucun arbre ne pourra jamais dépasser les 130 mètres de hauteur ? Que la première invention à passer le mur du son était une arme utilisée dans l’Égypte antique ?

Tu sais pas quoi ?! Ce sont 500 anecdotes historiques, infos scientifiques et savoirs en tous genres qui vont vous faire pétiller l’esprit !

Les Éditions de l’Opportun (mai 2019) – 416 pages – Broché (11,90€) – Ebook (7,99€)


AVIS

J’ai découvert Chris Pavone, déjà bien installé sur Twitter, à travers cette encyclopédie illustrée et riche en anecdotes et informations en tous genres. Une petite caverne d’Ali Baba pour les personnes curieuses qui aiment s’instruire et découvrir des choses en s’amusant.

On est donc loin de l’ambiance cahier d’école ou, pour les plus de trente ans, de l’encyclopédie touffue et avouons-le indigeste de notre enfance. Ici, tout est fait pour rendre l’information simple, variée, divertissante, amusante et intéressante. Cela passe autant par le fond que la forme. À cet égard, j’ai apprécié la mise en forme pleine de peps avec des pages aérées, de nombreuses illustrations en noir et blanc, des tailles et des polices d’écriture variées…

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Un visuel attractif et ludique qui invite à l’évasion d’autant que pris au jeu, on tend à enchaîner les anecdotes les unes après les autres… Entre une après-midi trempette et un aller-retour dans une grande ville voisine, j’ai lu les 400 pages en deux fois sans vraiment m’en rendre compte. Une chance que son petit format rende le livre facilement transportable et très agréable à prendre en main !

Ludique et plein d’humour, ce recueil n’en demeure pas moins une petite mine d’informations et d’anecdotes sur des thèmes très variés : les animaux, l’écologie, le corps humain, l’histoire, la psychologie et les interactions sociales, l’astronomie, les mathématiques, l’art…

Vous apprendrez ainsi :

  • que les rats connaissent l’empathie, que les orangs-outans savent utiliser leur mémoire à long terme pour faire face efficacement à un danger et que les fourmis sont, à bien des égards, des animaux fascinants tout comme les corbeaux et les corneilles capables de reconnaître un visage humain et de remercier quelqu’un qui leur aurait donné à manger,
  • que l’ADN humain est à 50% identique à celui de la banane et que plusieurs milliers de Suédois se sont volontairement équipés d’une micropuce sous la peau,
  • pourquoi il vaut mieux consommer les œufs à la coque et au plat et par quel miracle, un repas préparé par quelqu’un d’autre est toujours meilleur à condition de ne pas abuser des bonnes choses sous peine de terminer dans un linceul comme un roi suédois du XVIIIe siècle,
  • qu’en y passant 8 heures par jour, à raison d’une minute par œuvre, il vous faudrait 2 mois et demi pour voir les 35000 œuvres exposées au Louvre,
  • qu’une relecture permettait de se recentrer sur ses émotions et qu’entrer dans la peau d’un personnage provoquerait un réel changement biologique,
  • que les baobabs ont, en Australie-Occidentale, pu servir de prison par le passé,
  • comment une erreur scientifique a provoqué au Turkménistan un phénomène impressionnant, La porte de l’enfer, que l’on peut, plus de 40 ans après, toujours observer…
Résultat de recherche d'images pour "la porte des enfers au Turkménistan"

Porte de l’Enfer – Source Wikipédia

Une petite série d’exemples parmi bien d’autres faits qui devraient vous étonner, voire vous estomaquer, vous amuser, vous impressionner, vous laisser songeur, vous pousser à faire de plus amples recherches… Bref, vous faire réagir !

Je n’ai évidemment pas retenu les 500 anecdotes proposées par l’auteur, toutes inédites, mais peu importe puisque après avoir tourné la dernière page, j’ai eu le sentiment d’avoir fait un pas de plus dans le monde fascinant de la connaissance. Cette lecture m’a également apporté des réponses à des questions que je me posais ou des explications sur des choses et des comportements que j’avais pu constater sans me les expliquer. À titre d’exemple, j’ai enfin compris pourquoi mon frère et moi tendions à tirer la langue enfants quand nous étions concentrés poussant notre maître de CP à nous couper virtuellement la langue.

À noter qu’en fin d’ouvrage, un index est proposé, ce qui devrait plaire aux lecteurs cherchant des informations sur un thème précis. Pour ma part, j’ai préféré lire les pages dans l’ordre appréciant la manière dont l’auteur jongle entre les différentes thématiques nous évitant ainsi tout sentiment de lassitude.

En conclusion, par une mise en pages ludique, des illustrations ne manquant pas de mordant, de nombreuses thématiques permettant à chacun de trouver son bonheur, et un ton humoristique rendant la lecture fluide et agréable, cette petite encyclopédie assouvit notre curiosité tout en aiguisant notre soif d’appendre. C’est indéniablement le genre d’ouvrages que l’on prend plaisir à lire, à relire et à partager tout autour de soi. Alors si vous êtes curieux, aimez lire et apprendre en vous divertissant, Tu sais pas quoi ?! est fait pour vous.

Compte Twitter de l’auteur 

Retrouvez le livre sur le site des Éditions de l’Opportun.