Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Le compte à rebours du Père Noël de Kim Thompson, illustré par Elodie Duhameau (Crackboom)

Le compte à rebours du père Noël : 24 histoires avant Noël par Thompson

Aimant beaucoup les calendriers de l’Avent, j’étais curieuse de découvrir cet album jeunesse qui en reprend le principe puisque l’autrice vous propose de découvrir une petite histoire chaque jour. Un joli moyen de faire patienter les enfants jusqu’à Noël et de passer de doux et chaleureux moments en leur compagnie.

Jour après jour, on suit le Père Noël, la Mère Noël et les lutins dans leurs préparatifs de Noël. C’est qu’entre la vérification du traîneau, la lecture des lettres des enfants, l’entraînement du Père Noël pour qu’il soit au meilleur de sa forme le jour J, la fabrication des cadeaux… tout le monde est bien occupé. Il ne faudrait pas décevoir les enfants qui attendent impatiemment leurs cadeaux. Et que les moins sages d’entre eux se rassurent, le Père Noël semble toujours arriver à trouver du bon chez chacun. On n’en attendait pas moins de lui.

Que l’on soit enfant ou adulte, difficile de résister au charme qui se dégage de ce doux album qui respire bon Noël, la bienveillance, la gentillesse et qui n’est pas dénué d’humour, le Père Noël nous régalant de ses expressions plus loufoques les unes que les autres : pastilles en papillotes, mille babouins nains, choucroutes de mammouth… Les illustrations tout en rondeur, pleines de peps et de couleurs ainsi que les larges sourires des personnages contribuent également au plaisir que l’on prend à parcourir ce joli album.

Le compte à rebours du Père Noël illustration

Avec Kim Thompson, Noël se part d’une certaine modernité puisqu’en plus du traditionnel traîneau et des emblématiques rennes, une large place est accordée à des inventions plutôt ingénieuses et parfois amusantes. À côté du GPS que tout le monde connaît, on découvre ainsi le super calculateur de cadeaux ou, encore plus pratique, le poulet robot emballeur !

En bref, voici un album coloré parfait pour faire de chaque jour avant Noël, un petit moment d’amusement et de douceur à partager avec les enfants. 

Je remercie Netgalley et les éditions Crackboom pour cette lecture.


  • Ana Ana – tome 1 : Douce nuit, Alexis Dormal et Dominique Roques (Dargaud)

ana-ana-tome-1-douce-nuit

Si j’ai déjà lu quelques albums de la série, c’est n’est que récemment que j’ai eu l’occasion de lire le premier tome, Douce nuit. Un titre qui a tout de suite parlé à l’insomniaque en moi… Ana Ana ne veut pas dormir. Non, ce dont elle a très très envie, c’est de lire ! Une envie que nous sommes très nombreux à partager avec elle, je n’en doute pas.

Ses doudous ne partagent néanmoins pas la même passion des livres. Eux, ce qu’ils veulent plus que tout, c’est dormir. Dormir sur leurs deux oreilles, dormir les uns contre les autres, mais surtout, dormir dans le noir et silence ! Les peluches commencent donc à perdre patience, leurs petits stratagèmes pour pousser Ana Ana à dormir ne semblant pas fonctionner. Une situation qui ne devrait pas manquer de rappeler des souvenirs aux parents….

Heureusement, le sommeil finit par gagner la fillette. L’heure de dormir aurait-elle enfin sonné ? Rien n’est moins sûr… J’ai adoré cet album que j’aurais certainement pris plaisir à lire à l’envi quand j’étais enfant puisque comme Ana Ana, lire me semblait bien plus tentant que dormir. Les enfants devraient s’identifier facilement à cette petite fille qui ne manque pas de caractère, mais qui n’en demeure pas moins attachante tout comme ses amies, les peluches. Des peluches au profil varié qui n’hésitent pas à se rebeller, à leur manière…

Quant aux illustrations, elles possèdent une douceur certaine et un charme presque suranné parfait pour un instant de lecture plein de tendresse.

Ana Ana Douce nuit

En bref, Douce nuit est un très bel album plein de douceur qui devrait ravir les amoureux des livres de tout âge et leur donner envie de découvrir les autres aventures d’une fillette à laquelle on s’attache très vite.

Découvrez un extrait sur le site des éditions Dargaud.


  • La pension Moreau, la peur au ventre (tome 2) : Marc Lizano et Benoît Broyart (Éditions de la Gouttière)

La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre par Broyart

La pension Moreau n’est pas une pension comme les autres, car si son but affiché est de remettre les enfants de familles fortunées dans le droit chemin, la vérité est tout autre…

J’attendais avec impatience de retrouver Émile, Paul et les autres qui fomentent une rébellion devant les brimades et sévices que les pensionnaires subissent. Un disque rayé, un rôti assaisonné d’une bien dégoûtante manière… les enfants ont de l’imagination à revendre ! Mais au cours d’une promenade dans la forêt, Émile va faire une surprenante et effroyable découverte qui le poussera à sortir de son mutisme pour avertir ses amis, et plus particulièrement Paul, du danger…

On retrouve dans ce deuxième tome ce que j’avais apprécié dans le premier : une inversion des rôles avec des animaux qui mettent en cage des humains et les tourmentent, de l’humour qui devrait plaire aux enfants, une amitié du genre à la vie à la mort, de l’aventure, des découvertes et des dessins simples, mais très explicites. En tant qu’adulte, j’ai également été sensible à une critique d’un certain capitalisme qui pousse à faire de l’argent et du profit sur le malheur des autres avec un cynisme à toute épreuve.

La fin de l’aventure laissant entrevoir un changement notable dans la vie de nos protagonistes, je suis impatiente de lire la suite et de découvrir les nouvelles épreuves qui attendent notre bande d’amis qui nous apparaît toujours aussi pleine de ressources, débrouillarde et soudée…

AVIS DU PREMIER TOME : Les enfants terribles 

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #26

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Bloody Secret, Mutsumi Yoshida (Soleil manga) :

Couverture Bloody secret, tome 1

C’est en parcourant un livre que Anko développe l’idée saugrenue que le très mystérieux Yura est un vampire. Malheureusement pour elle, ce dernier apprend ses doutes et lui révèle la vérité, il a bien du sang de vampire en lui ! Puisque l’heure des confessions est venue, il lui révèle aussi son attirance très forte pour son sang qui semble si spécial. Et si la jeune fille acceptait de sortir avec cet étrange personnage que personne ne semble véritablement connaître puisqu’il passe son temps à dormir ? Pour sa défense, pas facile d’être un vampire en plein jour, a fortiori quand on n’a jamais encore laisse libre court à sa soif d’hémoglobine…

Anko est une jeune fille assez innocente et naïve qui oscille entre l’idée d’aider Yura et la peur d’être transformée à son tour en créature de la nuit si elle se laisse mordre. Elle lui propose donc d’apprendre à mieux le connaître avant d’éventuellement devenir plus qu’une amie. Mais une ombre plane sur cet arrangement des plus raisonnables : un personnage qui semble bien avoir envie de taquiner nos deux protagonistes.

Dans ce premier tome, l’autrice met en place les enjeux et nous présente les personnages. Gentillette, sans être transcendante, l’histoire plaira probablement aux adolescent(e)s et aux personnes appréciant les histoires de vampire ou plutôt d’un garçon humain avec du sang de vampire. Cela change-t-il quelque chose ? Peut-être si l’on se fie à la fin qui laisse entrevoir quelques complications quant à la relation entre nos deux protagonistes…

  • Bonjour facteur, Michaël Escoffier (École des loisirs)
Bonjour facteur

Illustrateur : Matthieu Maudet

Voici un petit album jeunesse cartonné découvert dans la bibliothèque de ma nièce qui apprécie cette histoire colorée. Pour ma part, je suis complètement tombée sous le charme de ce facteur d’un genre particulier : lui, ce n’est pas le courrier qu’il livre à bicyclette, mais des bébés ! Adieu donc la cigogne qui apporte des bébés aux humains, place au facteur humain qui délivre des bébés aux animaux. Une inversion des rôles assez truculente, vous en conviendrez !

Mais ce système de livraison de bébés est-il véritablement fiable ? Pour le savoir, je vous invite à découvrir l’album, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai adoré la chute. En plus de prêter à sourire, elle véhicule un joli message quant à la notion de famille. C’est également un vrai plaisir de suivre le facteur qui, malgré un moyen de locomotion non motorisé, parcourt à la vitesse de l’éclair de grandes distances, livrant les clients aussi bien en pleine jungle que sur la banquise… Les couleurs pleines de gaieté et la rondeur des traits apportent, quant à elles, beaucoup de peps et de douceur à cet album que je ne peux que vous conseiller pour passer un joli moment de lecture en famille.

  • La fugue, Yvan Pommaux (École des loisirs) :

Couverture La Fugue

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous aurez probablement deviné que le chat sur la couverture a suffi à me donner envie de me plonger dans cet album au titre qui ne peut qu’intriguer, La fugue. Avant même de commencer la lecture, on se demande ainsi les raisons qui ont pu pousser ce jeune chat à fuguer, tout en tremblant à l’idée des dangers qu’il risque de devoir affronter, et dont il n’a guère conscience.

Page après page, l’auteur répond à notre question, non sans un certain humour d’ailleurs. Nous découvrons ainsi un chaton excédé par une famille humaine qu’il ne supporte plus ! Jules en a marre des odeurs de cigarillos du père, du bruit de l’aspirateur de la mère, des jeux brutaux du frère et de la sœur, et du prénom idiot dont on l’a affublé, Mitzy !

Son prénom, c’est Jules. Et s’il l’a choisi, ce n’est pas par hasard… Je n’en dirai pas plus sous peine de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai trouvé l’histoire derrière le choix de ce prénom adorable tout comme la fin qui a ému l’amoureuse des animaux, et plus particulièrement des chats, en moi. 

Au-delà des griefs de Jules qui rappelleront aux enfants et aux parents, qu’un chat, ce n’est pas un jouet et qu’il lui faut un minimum de tranquillité pour s’épanouir, l’auteur nous narre également les péripéties de Jules dans la rue. Un endroit aux multiples dangers pour un chaton : les voitures, les chiens, les gens qui marchent sans se préoccuper de la petite boule de poils qui se faufilent entre leurs jambes, la faim qui tenaille… Mais heureusement, Jules saura trouver de l’aide auprès d’un matou au grand cœur, marqué par la vie dans la rue.

Porté par un adorable chaton à la personnalité affirmée et aux sentiments exacerbés, La fugue nous offre une aventure mouvementée et pleine d’émotions qui devrait séduire les enfants et les parents ainsi que tous les amoureux des chats et les personnes sensibles aux belles histoires d’amitié homme/animal.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ? Vous tentent-ils ?

 

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus, Paul Dewandre, Jif et Nathalie Jomard

Couverture Les hommes viennent de Mars, les femmes viennent de Vénus (BD), tome 1

Vous vous demandez peut-être pourquoi la vie entre Homme et Femme ne coule pas toujours de source ? Tout simplement parce que nous venons de deux planètes différentes. Par conséquent, nous ne parlons pas le même langage et n’avons absolument pas le même fonctionnement. Mais, pas de panique, ne préparez pas tout de suite le formulaire de divorce, il est tout à fait possible de se comprendre et même, si si, de vivre en parfaite harmonie ! Alors n’hésitez pas à venir déchiffrer les codes de votre conjoint(e) avec humour.

Jungle (21 septembre 2011) – 64 pages – Nouvelle version disponible

AVIS

Tiré du livre de John Gray que je n’ai jamais lu, cette adaptation graphique me tentait bien plus, peut-être pour le côté coloré et plein de peps des illustrations qui sont, pour moi, le vrai atout charme de cet ouvrage. De la rondeur des traits, aux mimiques en passant par l’expressivité des visages, tout m’a séduite dans le travail de Nathalie Jomard.


J’ai entendu parler du livre de John Gray il y a quelques années quand une amie, dont le couple battait de l’aile, tentait d’y trouver des pistes pour sauver ce qui pouvait encore l’être. Pour les plus curieux et sans réelle surprise, cela n’a pas marché… Mais j’avais gardé en tête son enthousiasme devant les propos de l’auteur destiné à améliorer la communication au sein du couple en éclairant ses membres sur les spécificités supposées du sexe opposé.

Autant le dire tout de suite, le simple postulat de départ me déplaît fortement puisqu’il me semble réducteur et dangereux d’enfermer une personne dans les stéréotypes associés à son sexe. Si je reconnais volontiers les différences physiques entre les hommes et les femmes, les différences de comportement s’expliquent, pour moi, bien plus par le poids de l’éducation et des conventions que par le sexe en lui-même… Il m’apparaît alors plus judicieux de comprendre en quoi la société formate les individus, et comment y remédier, que d’essayer de faire perdurer les stéréotypes en associant tel ou tel comportement à un sexe.

J’ai donc choisi de parcourir cette BD en considérant qu’il s’agissait plus d’un ouvrage tournant en dérision les clichés liés au sexe qu’un réel guide pour améliorer la communication et assurer la pérennité d’un couple. Et avec cette perspective, je reconnais que certaines planches m’ont fait sourire sans pour autant me séduire outre mesure. Seule l’ambiance graphique qui insuffle beaucoup d’humour et de bonne humeur à l’ouvrage a suscité chez moi un réel enthousiasme.

Quant à une lecture plus littérale de la BD, elle aurait eu tendance à très vite m’agacer parce que non, être une femme ne signifie pas, par exemple, avoir besoin d’entendre tous les quatre matins « je t’aime » comme être un homme ne veut pas dire s’enfermer dans sa « caverne » à la moindre contrariété. Les humains sont, fort heureusement, bien plus complexes et nuancés que cela. Quant aux conseils non sollicités, je pense pouvoir dire qu’il n’y a nul besoin d’être un homme pour ne pas particulièrement les apprécier. Certaines planches et situations du quotidien devraient néanmoins vous parler bien que personnellement, en fonction des circonstances, je me sois autant reconnue dans les réactions de l’homme que de la femme.

Si certains lecteurs cherchent dans cet ouvrage un moyen d’améliorer leur relation avec leur moitié, j’aurais tendance à leur dire de passer leur chemin parce qu’ils n’obtiendront rien de concret ni même de pertinent. Pire, cette BD donne l’impression qu’être en couple est éreintant et demande des efforts de tous les instants comme s’il fallait toujours être sur ses gardes face à l’autre. Difficile dans ces conditions de créer une réelle complicité… Si la communication demeure le ciment d’un couple, les stratégies proposées dans cette BD pour communiquer et correspondre à ce que l’on pense que l’autre attend de nous me semblent, en revanche, le meilleur moyen de perdre tout élan de spontanéité. N’est-il pas préférable de comprendre sa compagne ou son compagnon dans toute sa singularité plutôt que d’essayer de le cerner et d’agir en fonction des supposées caractéristiques de son sexe ? 

En conclusion, on retiendra de cet ouvrage ses illustrations pleines de couleur, de peps et de mordant qui offrent une jolie bouffée d’air frais en ces temps de confinement. Quant au fond, il pourra vous faire sourire à condition de prendre les différentes planches au deuxième, voire au troisième degré. Dans le cas contraire, l’avalanche de stéréotypes et autres clichés ne devrait pas manquer de vous faire grincer des dents…

Fleur de Mamoot : Même pas peur… Emmanuelle Martinez

Je remercie les éditions HarperCollins de m’avoir permis de découvrir Fleur de Mamoot, même pas peur... d’Emmanuelle Martinez.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Faire un selfie au milieu des fumigènes ?
Dire ce qu’elle pense vraiment des enfants des autres ?
Passer Noël en famille sans pouvoir boire une goutte d’alcool ?
MÊME PAS PEUR…

Qu’elle soit au milieu d’une manif, à un rencard Tinder ou chez son psy, Fleur de Mamoot s’efforce d’être toujours elle-même : sans complexe et sans gêne. Grande gueule (de bois), elle offre un regard impertinent sur le monde d’aujourd’hui, ses grandes problématiques et ses petites déviances. Même pas peur d’ouvrir ce livre ? On vous aura prévenus…

HarperCollins (13 novembre 2019) – 128 pages – Album (14,50€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Je ne connaissais pas vraiment le personnage de Fleur de Mamoot, mais la couverture pleine de piquant et le résumé de Même pas peur m’ont donné envie de le découvrir. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la rencontre fut détonante !

Fleur de Mamoot est le genre de personnages sans fard ni paillettes qui ne laisse personne indifférent. Soit on l’adore et on s’amuse à ses côtés de toutes ces petites absurdités de la vie et de ces situations qui agacent soit elle nous gêne par son côté brut de décoffrage, son impertinence et sa manière acérée et sans concession de mettre en lumière les petits défauts de chacun et de nos sociétés hyperconnectées.

Pour ma part, j’ai adoré ce personnage haut en couleur et plus vrai que nature ! Fleur de Mamoot nous prouve qu’une femme, ce n’est pas forcément une princesse Disney (même s’il n’y a aucun mal à en être une). Une femme peut faire des blagues graveleuses, avoir un langage fleuri, ne pas être particulièrement attirée par les enfants, être pétrie de contradictions tout en demeurant attachante… Fleur de Mamoot, ce n’est pas vous, ce n’est pas moi, mais c’est une femme dans laquelle chacune d’entre nous peut se retrouver, ne serait-ce qu’un peu. 

Le livre fait 124 pages, et c’est plus ou moins 124 occasions de sourire, de rire ou de se dire que cette Fleur de Mamoot exagère tout en ne pouvant s’empêcher de trouver, dans ses propos, un fond de vérité. En fonction de votre situation personnelle, professionnelle et amoureuse, de votre humour et de votre vécu, toutes les planches ne vous parleront pas de la même manière, mais vous devriez néanmoins passer un bon moment de détente, et retrouver des situations qui ne manqueront pas de vous rappeler des expériences plus ou moins agréables.

Il faut dire que l’autrice aborde avec beaucoup d’humour et de panache de nombreux thèmes : Instagram et ses dérives avec notamment cette course à la popularité et aux partenariats qui donne des situations parfois absurdes, le sexe, l’alcool, l’amitié vache, nos propres contradictions, le rapport à son corps, le végétarisme, l’actualité…

Quant aux illustrations pleines de peps et de dynamisme, elles correspondent à merveille au ton de cet album et contribuent sans aucun doute à l’effet comique des différentes planches. L’illustratrice a préféré la rondeur, la simplicité et l’expressivité des traits au réalisme ce qui fonctionne ici parfaitement. Les dessins ne vous éblouiront donc pas par leurs détails, mais vous permettront d’avoir rapidement une vue d’ensemble et de vous concentrer sur l’essentiel, la truculente Fleur de Mamoot ! Un personnage pour lequel on développe assez vite de l’affection, un peu comme celle que l’on ressent parfois pour un trublion dont les facéties et la vivacité d’esprit amusent.

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Et pour ceux qui aimeraient plus de Fleur de Mamoot dans leur vie, vous pouvez la retrouver sur le blog qui lui est consacré.

En conclusion, je me suis beaucoup amusée et j’ai passé un très bon moment de détente auprès de Fleur de Mamoot, la copine impertinente et brute de décoffrage que l’on rêverait tous d’avoir (ou pas) dans sa vie. Piquant et décalé, voici un ouvrage à lire et à relire pour faire le plein d’énergie et de bonne humeur !

Retrouvez un extrait du livre ainsi que des fonds d’écran gratuits sur le site des éditions HarperCollins.

Mini-chroniques en pagaille #17

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les tweets sont des chats de Bernard Pivot (Albin Michel) :

Les Tweets sont des chats (A.M. HORS COLL) par [Pivot, Bernard]

Découvert par hasard, je n’ai pas hésité à emprunter cet ouvrage d’autant qu’abonnée au compte Twitter de Bernard Pivot, je savais que les tweets présents dans ce recueil me plairaient.

Soit comme moi en lisant d’une traite le recueil soit en piochant au gré de vos envies, vous devriez prendre plaisir à découvrir cette sélection de tweets dans laquelle Bernard Pivot partage, en fonction de différents hashtags, des citations, ses pensées, des observations, des jeux de mots… tout ceci avec humour, poésie, justesse et un certain sens de l’à-propos.

Plusieurs thèmes sont ainsi survolés : la littérature, bien sûr, l’amour, les émotions, la musique, les femmes, les chats… Chacun devrait donc pouvoir trouver un ou plusieurs sujets qui l’intéresse plus particulièrement. Pour ma part, je ne me suis pas ennuyée un instant, il faut dire que le livre se lit vraiment très vite et a un petit côté hypnotique qui m’a poussée à tourner les pages les unes après les autres… L’effet Bernad Pivot, peut-être !

Certains tweets appellent seulement à la contemplation, l’auteur envoûtant ses lecteurs par sa maîtrise de la langue française dont il arrive, en quelques caractères, à retranscrire toute la beauté et la richesse. Quand d’autres ne pourront que vous faire réfléchir et/ou réagir voire, parfois, vous laisser dubitatifs… Je confesserai ainsi ne pas avoir saisi l’essence de certains messages, peut-être par manque de culture ou leur aspect un peu trop abstrait pour moi.

Si tous les tweets ne m’ont pas touchée de la même manière, aucun ne m’a laissée indifférente, ce qui est plutôt une bonne chose si l’on considère, comme Bernard Pivot, qu’une journée sans émotion est une journée perdue !

  • Entendez-vous sur Twitter les plaintes et gémissements des mots mutilés, compressés, torturés ? « 
  • Les écrivains ouvrent de moins en moins de parenthèses. De crainte probablement que leurs lecteurs n’y restent enfermés.
  • Donnez-moi un mot qui pour vous est un mot savant, demanda le professeur. – Illettrisme, répondit l’élève.
  • Un dictionnaire, c’est un roman écrit par un général fou d’ordre et de discipline.
  • Pour bien scruter le ciel, il faut éteindre toutes les lumières. L’obscurité donne à voir.
  • Chats – Tout ce qu’ils essaient de nous dire du Dr Laeticia Barlerin (Albin Michel):

Couverture Chats : Tout ce qu'ils essaient de  nous dire

Voici un petit ouvrage très bien conçu qui en fonction de différents thèmes allant de l’alimentation aux préjugés en passant par les problèmes comportementaux donne des conseils et des moyens pour nouer une relation équilibrée avec son chat.

Très accessible, j’ai lu le livre d’une traite envoûtée par la manière dont l’autrice arrive à créer une connivence avec les lecteurs tout en leur donnant très envie de faire ce qu’il y a de mieux pour leur(s) poilu(s). Les conseils sont simples, faciles à mettre en place et surtout sans aucun jugement de valeur ni ton moralisateur.

Je tire d’ailleurs mon chapeau à l’autrice parce qu’après avoir répété une bonne dizaine de fois, par exemple, de ne pas donner de lait à mon chat sans que l’on m’écoute, ma patience a tendance à s’envoler. Raison d’ailleurs pour laquelle j’éprouve une certaine hantise à laisser mon chat sous la surveillance de personnes même proches. C’est que les préjugés ont la vie dure et qu’il est parfois difficile de faire entendre raison à des personnes certaines de bien connaître les chats.

Or cet ouvrage a le mérite de montrer que le chat est un animal dont il est important de savoir décrypter le comportement tout comme les besoins notamment en termes d’attention (non, le chat d’appartement ne fait pas sa vie tout seul), d’aménagement de l’espace et du territoire, de soins…

Aimant beaucoup les chats et ayant pris soin de me documenter sur cet animal avant d’adopter mon premier compagnon à quatre pattes, je n’ai rien appris de particulier, mais une piqûre de rappel ne peut pas faire de mal. Ce livre me semble en outre parfait à lire si vous avez un projet d’adoption. Les infos synthétiques et données avec humour couvrent un large éventail de sujets ce qui vous permettra d’accueillir et de vous occuper de votre nouveau compagnon dans les meilleures conditions possibles.

Maintenant, je vais pour ma part, voir si M. Hardy est prêt à m’offrir une séance de ronronthérapie.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

 

 

Tu sais pas quoi ?! – Volume 2, Chris Pavone

Tu sais pas quoi ?! - Chris PAVONE - Les Éditions de l'Opportun

Je remercie Babelio et les Éditions de l’Opportun pour m’avoir permis de découvrir Tu sais pas quoi de Chris Pavone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chris Pavone, auteur et animateur du fil Twitter Tu sais pas quoi ?!, suivi par plus de 200 000 personnes, revient avec 500 nouvelles anecdotes 100 % inédites ! Sciences, animaux, énigmes historiques, mystères biologiques surprenants… vous y trouverez de quoi assouvir votre curiosité dans tous les domaines !

Saviez-vous que certaines personnes peuvent être ivres sans avoir bu une seule goutte d’alcool ? Que les alligators peuvent survivre complètement gelés dans la glace ? Qu’aucun arbre ne pourra jamais dépasser les 130 mètres de hauteur ? Que la première invention à passer le mur du son était une arme utilisée dans l’Égypte antique ?

Tu sais pas quoi ?! Ce sont 500 anecdotes historiques, infos scientifiques et savoirs en tous genres qui vont vous faire pétiller l’esprit !

Les Éditions de l’Opportun (mai 2019) – 416 pages – Broché (11,90€) – Ebook (7,99€)


AVIS

J’ai découvert Chris Pavone, déjà bien installé sur Twitter, à travers cette encyclopédie illustrée et riche en anecdotes et informations en tous genres. Une petite caverne d’Ali Baba pour les personnes curieuses qui aiment s’instruire et découvrir des choses en s’amusant.

On est donc loin de l’ambiance cahier d’école ou, pour les plus de trente ans, de l’encyclopédie touffue et avouons-le indigeste de notre enfance. Ici, tout est fait pour rendre l’information simple, variée, divertissante, amusante et intéressante. Cela passe autant par le fond que la forme. À cet égard, j’ai apprécié la mise en forme pleine de peps avec des pages aérées, de nombreuses illustrations en noir et blanc, des tailles et des polices d’écriture variées…

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Un visuel attractif et ludique qui invite à l’évasion d’autant que pris au jeu, on tend à enchaîner les anecdotes les unes après les autres… Entre une après-midi trempette et un aller-retour dans une grande ville voisine, j’ai lu les 400 pages en deux fois sans vraiment m’en rendre compte. Une chance que son petit format rende le livre facilement transportable et très agréable à prendre en main !

Ludique et plein d’humour, ce recueil n’en demeure pas moins une petite mine d’informations et d’anecdotes sur des thèmes très variés : les animaux, l’écologie, le corps humain, l’histoire, la psychologie et les interactions sociales, l’astronomie, les mathématiques, l’art…

Vous apprendrez ainsi :

  • que les rats connaissent l’empathie, que les orangs-outans savent utiliser leur mémoire à long terme pour faire face efficacement à un danger et que les fourmis sont, à bien des égards, des animaux fascinants tout comme les corbeaux et les corneilles capables de reconnaître un visage humain et de remercier quelqu’un qui leur aurait donné à manger,
  • que l’ADN humain est à 50% identique à celui de la banane et que plusieurs milliers de Suédois se sont volontairement équipés d’une micropuce sous la peau,
  • pourquoi il vaut mieux consommer les œufs à la coque et au plat et par quel miracle, un repas préparé par quelqu’un d’autre est toujours meilleur à condition de ne pas abuser des bonnes choses sous peine de terminer dans un linceul comme un roi suédois du XVIIIe siècle,
  • qu’en y passant 8 heures par jour, à raison d’une minute par œuvre, il vous faudrait 2 mois et demi pour voir les 35000 œuvres exposées au Louvre,
  • qu’une relecture permettait de se recentrer sur ses émotions et qu’entrer dans la peau d’un personnage provoquerait un réel changement biologique,
  • que les baobabs ont, en Australie-Occidentale, pu servir de prison par le passé,
  • comment une erreur scientifique a provoqué au Turkménistan un phénomène impressionnant, La porte de l’enfer, que l’on peut, plus de 40 ans après, toujours observer…
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Porte de l’Enfer – Source Wikipédia

Une petite série d’exemples parmi bien d’autres faits qui devraient vous étonner, voire vous estomaquer, vous amuser, vous impressionner, vous laisser songeur, vous pousser à faire de plus amples recherches… Bref, vous faire réagir !

Je n’ai évidemment pas retenu les 500 anecdotes proposées par l’auteur, toutes inédites, mais peu importe puisque après avoir tourné la dernière page, j’ai eu le sentiment d’avoir fait un pas de plus dans le monde fascinant de la connaissance. Cette lecture m’a également apporté des réponses à des questions que je me posais ou des explications sur des choses et des comportements que j’avais pu constater sans me les expliquer. À titre d’exemple, j’ai enfin compris pourquoi mon frère et moi tendions à tirer la langue enfants quand nous étions concentrés poussant notre maître de CP à nous couper virtuellement la langue.

À noter qu’en fin d’ouvrage, un index est proposé, ce qui devrait plaire aux lecteurs cherchant des informations sur un thème précis. Pour ma part, j’ai préféré lire les pages dans l’ordre appréciant la manière dont l’auteur jongle entre les différentes thématiques nous évitant ainsi tout sentiment de lassitude.

En conclusion, par une mise en pages ludique, des illustrations ne manquant pas de mordant, de nombreuses thématiques permettant à chacun de trouver son bonheur, et un ton humoristique rendant la lecture fluide et agréable, cette petite encyclopédie assouvit notre curiosité tout en aiguisant notre soif d’appendre. C’est indéniablement le genre d’ouvrages que l’on prend plaisir à lire, à relire et à partager tout autour de soi. Alors si vous êtes curieux, aimez lire et apprendre en vous divertissant, Tu sais pas quoi ?! est fait pour vous.

Compte Twitter de l’auteur 

Retrouvez le livre sur le site des Éditions de l’Opportun.

 

 

Laissez-moi faire, Gélou Morel

Laissez-moi faire ! (Roman) par [Morel, Gélou]

Merci aux éditions Ramsay pour l’envoi surprise de Laissez-moi faire ! de Gélou Morel.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À 17 ans, Gélou a gagné la célébrité et la fortune en interprétant le rôle principal d’une série télévisée pour adolescents. Oui, mais aujourd’hui, elle a 30 ans. La série s’est arrêtée, Gélou a dépensé tout son argent (avec l’aide des impôts) et ceux qui se souviennent d’elle trouvent qu’elle a beaucoup vieilli… depuis ses 17 ans ! Devrait-elle se résigner à être démodée prématurément ? Ce n’est pas son style ! Pour reconquérir le succès, elle est prête à tout ! Vraiment tout ! Y compris reprendre au cinéma le rôle qui l’avait rendue célèbre 13 ans plus tôt ! Et même, partager l’affiche avec Sophie Sagnet, la garce qui lui a pris l’homme qu’elle aimait, juste parce qu’il était un journaliste influent ! La confrontation des deux femmes s’annonce difficile, certes ! Mais il en faudrait davantage pour effrayer Gélou… Qui ne s’aperçoit même pas qu’elle se précipite et nous entraîne à sa suite dans une cascade d’aventures improbables, entre suspense et fous rires !

Marivole Éditions (29 mai 2019) – 250 pages – Broché (18€) – Ebook (6,99€)

AVIS

En librairie, je ne me serais probablement pas tournée vers ce roman, le titre et la couverture ne m’inspirant pas outre mesure. Et cela aurait été fort dommage puisque j’ai passé un très bon moment de lecture auprès de Gélou, une héroïne qui, malgré son côté un peu pimbêche, se révèle finalement assez attachante.

J’ai ainsi été très sensible à son humour et à la manière dont elle s’adresse régulièrement et directement aux lecteurs. Ce procédé, quand il est très bien amené comme ici, crée une grande connivence entre narrateur et lecteurs, ou plutôt spectateurs, qui se sentent complètement impliqués dans le récit. Si je dis spectateurs, c’est que l’intrigue tourne autour du monde du cinéma et que, de fil en aiguille, on a presque l’impression d’assister à un film !

Il faut dire que l’autrice maîtrise l’art des rebondissements et fait preuve d’un imaginaire plutôt cocasse. Alors que Gélou retrouve les plateaux d’un studio après des années de vache maigre à doubler des films pornographiques (il n’y a point de sot métier, me direz-vous), elle doit se coltiner une star de la télé-réalité comme collègue. En plus de n’avoir aucun talent d’actrice, cette garce est la femme qui a osé, par pur opportunisme, voler le cœur et le corps de son grand amour. Mais Gélou est bien décidée à retrouver son statut de star afin de reconquérir Frédéric très sensible aux apparats et au statut social. La situation va néanmoins déraper quand un événement inattendu et plutôt radical frappe le plateau de tournage !

Je n’en dirai pas plus afin de vous laisser profiter de l’effet de surprise, mais le moins que l’on puisse dire, c’est que ce retournement de situation, en plus de créer une coupure intéressante, ajoute un côté burlesque que j’ai adoré. L’autrice mêle ainsi deux genres assez différents pour créer un tout cohérent et amusant. Je retiendrai plus particulièrement une scène cocasse avec des somnifères et un homme dans une drôle de position qui démontre que Gélou Morel a su s’approprier certains codes pour mieux les détourner. Effet garanti surtout si vous aimez les comédies décalées qui ne se prennent pas au sérieux.

C’est d’ailleurs ce qui ressort de ce roman, une histoire/comédie sans prise de tête que l’on dévore bien installé au bord d’une piscine ou à la plage pour les plus chanceux. Cela ne veut pas dire que sous couvert d’humour et de légèreté, l’autrice ne place pas quelques critiques bien senties notamment sur le monde du cinéma et l’hypocrisie généralisée qui caractérise le milieu, la montée de la télé-réalité avec ses stars kleenex très vite adulées tout de suite oubliées, le jeunisme et ce refus de vieillir, le culte de l’argent et de la rentabilité au détriment de la qualité, l’amour aveugle qui rend servile et quelque peu idiot… Elle évoque également l’homosexualité et la difficulté d’assumer son orientation sexuelle même quand en apparence, on semble très bien le vivre. Le tout forme un bonbon acidulé qu’on dévore avec gourmandise !

Il est indiqué sur la quatrième de couverture que derrière le pseudo de l’autrice se cache une personnalité du petit et grand écran qui règle plus ou moins ses comptes. Que ce soit vraiment le cas ou un moyen plutôt intelligent de la maison d’édition pour attiser la curiosité des lecteurs et renforcer le sentiment de proximité avec l’héroïne/autrice, j’aimerais beaucoup retrouver Gélou dans d’autres aventures.

C’est que malgré son obsession pour son ex, un homme volage, menteur, égoïste, imbu de sa personne, j’ai, durant ma lecture, eu le sentiment de partager la vie d’une amie. Une amie mauvaise langue qui a le chic pour se mettre dans des situations abracadabrantesques et qui, comme tout le monde dans le milieu du cinéma, n’hésite pas à utiliser les autres pour arriver à ses fins, mais une amie attachante quand même.

Alors si vous avez envie d’une lecture légère, prenante et drôle, pensez à Gélou et laissez-la faire, elle se charge de tout !

Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

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Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne

 

 

Crapule – Tome 1, Jean-Luc Deglin

Crapule - tome 1 - Crapule, tome 1

Cadeau de Noël surprise de la part d’une amie, j’ai lu Crapule dès sa réception et je peux d’ores et déjà vous dire de foncer chez votre libraire si vous aimez les chats.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon.

Tous les propriétaires de chats reconnaîtront les facéties de leurs boules de poils et ne pourront qu’apprécier cette ribambelle d’anecdotes aux ambiances bleutées, pleines de drôlerie et de ronronnements.

Dupuis (3 novembre 2017) – 128 pages – 14,50€

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Crapule est un ouvrage graphique dont j’avais entendu beaucoup de bien et dont le sujet ne pouvait que me plaire : les chats. Enfin pas les chats, mais un chat en particulier, Crapule ! Une petite boule de poils dont une jeune femme obtient la garde sans qu’elle ne l’ait vraiment demandée. Elle n’était d’ailleurs pas très enthousiaste à l’idée de s’occuper de ce chaton. Mais ceux qui connaissent le pouvoir d’attraction des chats se doutent sans peine de la suite : elle va inexorablement tomber sous son charme.

Nous suivons donc dans cette BD, la nouvelle vie de cette femme et de Crapule, un chaton qui porte bien son nom. Encore jeune, il fait des tonnes de bêtises, mais rien qu’un petit câlin et de douces séances de ronrons ne sauraient faire pardonner. On est mignon ou on ne l’est pas !

Se construit, au fil des pages, des scènes de vie que tout heureux possesseur de chat, dont j’ai la chance de faire partie, connaît fort bien :  les réveils brutaux, les coups de griffe volontaires ou non, la disparition de l’intimité les chats semblant allergiques à la notion de porte fermée, les lieux d’abreuvement quelque peu originaux (Crapule adore la cuvette des WC), le fameux quart d’heure de folie qui transforme votre salon en champ de bataille, les odeurs de litière qui vous font vous poser des questions sur la santé intestinale de votre animal…

L’auteur met en scène avec beaucoup d’humour les petites bêtises du quotidien qui peuvent vous faire râler, mais qui sont tout de suite oubliées, et qui, d’une certaine manière, constituent autant de souvenirs que vous vous rappellerez, plus tard, avec tendresse. Ce fut, du moins, pour moi le cas ayant lu ce livre quelques semaines après la disparition de mon Gribouille. En parcourant les vignettes, j’ai revécu plein de situations qui sur le coup, m’avaient fait pousser un petit soupir, mais que maintenant, je chéris avec émotion.

On suit donc avec le sourire aux lèvres l’évolution de la relation entre Crapule et son adoptante qui s’apprivoisent mutuellement et progressivement, prennent leurs habitudes et développent une jolie relation de confiance, la condition sine qua non pour une relation harmonieuse avec un chat. La tendresse entre les deux personnages transparaît à travers certaines vignettes, notamment celles où la jeune femme savoure les câlins de Crapule et prend le temps de profiter de ses doux ronrons. C’est d’ailleurs le charme de ce livre, avoir su aborder avec drôlerie les bêtises de nos boules de poils, et avec justesse et délicatesse, tous ces beaux moments que l’on partage avec elles, les câlins, les doux regards, les ronrons, cette présence aimante et réconfortante qui, en un instant, vous fait oublier les tracas de la journée…

Facile d’accès et avec peu de texte, ce livre conviendra aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Seules les illustrations ne m’ont pas enthousiasmée même si j’ai trouvé que l’auteur avait parfaitement su harmoniser fond et forme. Le coup de crayon est simple, ce qui permet de visualiser et de se représenter les scènes facilement sans être submergé par une avalanche de détails. De la même manière, seul personnage en noir, Crapule est facilement repérable, ce qui donne le sentiment que le choix d’une colorisation épurée était destiné avant tout à le placer au centre de l’action. Si je ne l’ai pas trouvée magnifique, l’association illustrations/couleurs est donc d’une remarquable efficacité.

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En conclusion, Crapule est un livre plein d’humour et de tendresse que je recommande les yeux fermés aux amoureux des chats et à tous les heureux possesseurs de cet animal qui sait se faire aussi bien ange que démon. Notre héroïne est complètement tombée sous le charme de Crapule. Mais je vous rassure, elle n’est pas la seule puisqu’une fois la dernière page tournée, vous n’aurez qu’une envie, lire le deuxième tome ou recommencer votre lecture depuis le début !

Découvrez d’autres vidéos ou feuilleter le livre sur le site des éditions Dupuis.

Et vous, connaissez-vous Crapule ?
Ce livre vous tente-t-il ?