Votez « Moi d’abord » !, Roger Price

Votez "Moi d'abord"!

Je remercie Babelio et les Nouvelles Éditions Wombat pour la découverte de Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price, reçu dans le cadre d’une opération masse critique Babelio.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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La politique vous ennuie ? Ce livre est fait pour vous !

Du premier politicien préhistorique, un certain Blab le Lourdaud, aux campagnes télévisées modernes, le professeur Price révèle la logique absurde du système électoraliste, qu’il pousse à l’extrême en fondant le parti « Moi d’abord ». Son credo : le pur intérêt égoïste.
Invitant tous les électeurs avides à le rejoindre, il livre son programme et expose ses techniques de trucage des urnes, l’art de gérer les conférences de presse d’un candidat débile, mais aussi les manières de se défendre face à la menace des petits hommes verts…
Déjà inventeur de la désopilante théorie « pro-fainéantise » de l’Évitisme (Le Cerveau à sornettes), l’humoriste loufoque Roger Price signe ici une parodie décapante de manifeste politique, sapant avec un humour absurde et acerbe les fondements de notre système.

  • Broché: 192 pages
  • Editeur : WOMBAT EDITIONS (5 janvier 2017)
  • Prix : 18€

AVIS

Ayant une vision plutôt pessimiste de la politique, j’ai tout de suite été intriguée par ce livre qui semblait l’aborder de manière humoristique. Sur ce point, je n’ai pas été déçue.

Tout est loufoque dans ce livre à commencer par la raison de la création de la politique selon l’auteur : avoir la possibilité d’avoir une femme pour un tailleur de silex ambitieux, Marvin Ouk, condamné au célibat dans un village où seul le chef avait ce privilège ! Vous me direz, il en faut bien une et celle-ci n’est pas forcément pire que les raisons qui poussent certains de nos élus à se lancer en politique…

J’ai également adoré la manière dont Roger Price met en avant le rôle de l’apparence en politique au détriment de l’intellectuel :

« Martin se serait bien présenté comme candidat, mais il savait que personne n’aurait envie de voter pour lui. Il n’était pas votogénique. D’abord, il était physiquement peu attrayant, même au regard des critères très peu exigeants de l’époque. Ensuite, depuis qu’il avait inventé la roue, on le considérait comme quelqu’un d’intelligent, autrement dit quelqu’un d’instable et de radical. « 

« Tu as du charisme et de l’aplomb, dit Marvin. Et puis, dans la tribu, tu es celui qui parle le plus fort. (Sans le savoir, Marvin venait de définir pour la première fois ce qu’on appelle aujourd’hui la « personnalité »). « 

Après une petite introduction sur l’origine de la politique, on découvre un directeur de campagne soutenant un candidat pour le parti Moi d’abord à la ligne politique claire et franche : se faire élire et s’en mettre plein les poches. Et c’est juste brillant ! Les amoureux de la politique s’en offusqueront peut-être, mais j’adore ce concept qui traduit clairement ce que les affaires de détournement de fonds récurrentes et de favoritisme peuvent finir par nous laisser penser.

Et les idées du parti sont plus cyniques les unes que les autres. Citons la proposition de faire cracher les pauvres par un impôt sur le revenu, certes progressif, mais dans l’autre sens. Imaginez, avec une faible imposition sur les revenus les plus élevés, les riches préféreront payer leurs impôts plutôt qu’engager des fiscalistes, question de rentabilité. Quant aux pauvres, en les imposant fortement, ils seront motivés pour travailler plus et participer à l’effort collectif au lieu d’user et d’abuser de l’aide sociale. Cynique, je vous dis…

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Pour nous prouver le bien-fondé du parti Moi d’abord, l’auteur utilise des concepts a priori sérieux comme les statistiques ou encore la psychologie pour mieux les tourner en dérision avec un raisonnement par l’absurde qu’il semble maîtriser à merveille. Il nous offre même une version très « Moi d’abord » de la célèbre fable Le Lièvre et la tortue avec une morale très loin de l’originale. Comme quoi, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » pour le meilleur ou pour le pireet avec notre directeur de campagne, ça semble bien souvent pour le pire. 

Grâce à ce dernier, nous apprenons même toutes les ficelles pour mener à bien une campagne électorale en passant de la meilleure manière de photographier son candidat à la propagation de rumeurs malveillantes sur ses concurrents ou encore la manière de trafiquer une machine à voter.

Alors oui, l’auteur se veut volontairement excessif et provocateur ; c’est d’ailleurs ce qui est savoureux. Les propositions du parti Moi d’abord parodient tellement les comportements des hommes politiques, qu’on en viendrait presque à les défendre, j’ai dit presque… Il faut donc prendre l’ouvrage pour ce qu’il est, un livre qui, sous couvert d’humour et de cynisme, met néanmoins en lumière les nombreuses dérives politiques.

Si les hommes politiques en prennent pour leur grade, les citoyens ne sont pas non plus épargnés, le parti Moi d’abord mettant en avant la propension humaine à faire passer ses propres besoins avant ceux de la collectivité. Il souligne également certains défauts bien humains comme la paresse intellectuelle. De là à dire qu’on a les politiciens qu’on mérite, il n’y a qu’un pas que l’on franchira ou non, en fonction de ses propres convictions.

Pour ceux qui craindraient que le livre soit peu adapté au système politique français bien différent de celui des USA, pas de panique, l’homo politicus est un animal universel. La plupart des dérives dénoncées par l’auteur s’appliquent donc parfaitement à nos politiciens français. A noter également que si le livre date d’une soixantaine d’années, il ne semble pas avoir pris une ride et aurait très bien pu, à quelques détails près, être rédigé par un auteur de notre époque.

Les petits plus…

Le livre est agrémenté d’illustrations plutôt sommaires, mais en totale adéquation avec son contenu permettant d’en renforcer le côté comique :

A noter également, des notes de bas de pages régulières qui sont bourrées d’humour et qui m’ont faite, à plusieurs reprises, bien sourire voire rire. Oui, vaut mieux ne pas lire le livre dans un endroit public sauf, éventuellement, à vouloir engager la conversation sur le parti Moi d’abord, qui bien qu’américain aurait sûrement de l’avenir en France.

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Le seul petit bémol…

La seule chose qui m’ait un peu dérangée, c’est que dès le préambule est fait mention d’un précédent livre de l’auteur : Cerveau à sornettes. Alors on peut comprendre Votez « Moi d’abord » ! sans l’avoir lu, mais je préfère, autant que faire se peut, lire les choses dans l’ordre.

Cela m’a donc un peu frustrée même si ce n’est pas à cause du livre, mais plutôt en raison d’une certaine rigidité de ma part sur ce point.

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Pour conclure, Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price est une excellente surprise que j’aurais certainement ratée sans la masse critique Babelio. Par son style d’écriture simple, mais percutant et son cynisme à toute épreuve, l’auteur arrive à rendre son livre complètement addictif. Les thèmes abordés sont plutôt sérieux mais traités, en apparence, de manière tellement légère que vous ne verrez pas défiler les pages. N’ayez donc pas peur d’un ouvrage pompeux !

Je conseillerais cette satire à toutes les personnes ayant envie d’une lecture légère, mais porteuse de réflexion, sur le monde politique (politiciens et citoyens inclus). Écrit il y a une soixantaine d’années, ce livre prouve, les dernières élections américaines en étant un exemple frappant, que les choses n’ont pas forcément beaucoup évolué… Mais après la lecture de ce livre, vous serez au moins capable d’en rire ou d’essayer de faire évoluer les choses à moins que vous ne préfériez tenter la création d’un parti « Moi d’abord » !

 

Journal intime d’un chat acariâtre, Susie JOUFFA, Frédéric POUHIER

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J’adore les chats, certaines mauvaises langues vont même jusqu’à dire que j’en suis complètement gaga. Je ne pouvais donc que craquer pour le Journal intime d’un chat acariâtre de Susie Jouffa et Frédéric Pouhier publié par les Éditions First.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Journal intime d'un chat acariâtreDans ce livre à mourir de rire, découvrez le quotidien d’un chat hors du commun… et pourtant si réaliste ! Vous allez adorer le détester !

« Je me présente, je suis un petit chat de 6 mois, vif, intelligent, beau, facile à vivre et modeste. Après avoir bourlingué de foyer en foyer, je viens d’être recueilli par une famille tout à fait détestable. Je ne connais pas leur nom, appelons-les la famille Crétin, ça leur va à merveille. Je vais vous raconter mon quotidien. »

« Quand je m’ennuie, je mange. Quand je suis heureux, je mange. Quand je suis triste, je mange.
Mais qu’on ne vienne pas me dire que je suis gourmand, ça va m’énerver, et quand je suis énervé, je mange. »
« Si je devais résumer ma philosophie de vie en une phrase, ce serait :« Un esprit sain dans un coussin. » »

  • Poche: 160 pages
  • Editeur : First (20 février 2014)
  • Prix : 9,95 €

AVIS

Edgar est un peu un condensé de l’image que l’on peut avoir des chats, un animal qui érige la sieste en art, fait ce qu’il veut quand il veut, considère que son lieu d’habitation est le sien et non celui de ses maîtres (d’ailleurs, il n’a pas de maître mais des serviteurs), est obsédé par la nourriture…

Je rassure les gens qui n’ont pas encore de chats, les auteurs exagèrent volontairement le trait afin de rendre la lecture du journal intime de ce chat acariâtre très drôle et addictive. Mais je ne vous cache pas que j’ai retrouvé quelques comportements de mes deux félins adorés dans celui d’Edgar notamment en ce qui concerne Hardy et son amour obsessionnel pour la nourriture.

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La lecture du livre se révèle tellement prenante que ma résolution de n’en lire que quelques pages le soir s’est vite envolée. Je l’ai lu d’une seule traite confortablement installée dans mon canapé avec, cela va presque sans dire, M. Gribouille lové sur mes genoux. Mais rassurez-vous, pour ne pas qu’il prenne le titre du livre comme une attaque personnelle ou un message caché, j’ai veillé à le cacher.

On peut seulement regretter une certaine redondance dans les propos de notre cher Edgar, mais cela sied à merveille à l’anima « chat », être d’habitude dont la vie est organisée autour de ses repas et de ses siestes. De là à dire qu’un chat est un animal paresseux, il n’y a qu’un pas que, pour ne pas réveiller les susceptibilités félines, nous ne franchirons certainement pas.

En conclusion, je conseille Journal intime d’un chat acariâtre à tous ceux qui ont envie d’une lecture très légère et surtout pleine d’humour. Malgré son côté caractériel et son incroyable « modestie », Edgar est un chat attachant que vous prendrez plaisir à mieux connaître.

Pour ma part, j’ai déjà le tome 2 qui m’attend dans ma bibliothèque.

NOTE : 4,5/5

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