Je te vois, Clare Mackintosh

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le jour où Zoe Walker découvre son portrait dans les petites annonces d’un journal londonien, elle décide de mener sa propre enquête. L’image floue n’est accompagnée d’aucune explication, juste d’une adresse internet et d’un numéro de téléphone. Pour les proches de Zoe, c’est la photo d’une femme qui lui ressemble vaguement, rien de plus. Mais le lendemain et le surlendemain, d’autres visages féminins figurent dans l’encart publicitaire.

S’agit-il d’une erreur ? D’une coïncidence ? Ou quelqu’un surveille-t-il leurs moindres faits et gestes ?

Audiolib (14 mars 2018) – 12 heures et 2 minutes – Autres formats : broché, poche, ebook

AVIS

L’autrice prend le temps de poser son intrigue nous permettant ainsi de faire connaissance avec les personnages et d’entrer dans leur intimité. Nous découvrons ainsi Zoe Walker, une femme lambda, employée de bureau et mère de deux enfants, dont la vie va être bouleversée par une découverte étrange : sa photo a été publiée, sans son consentement, dans les pages d’un journal londonien. Va découler de cette découverte une période de doute puis d’angoisse à mesure que cette femme avance dans l’enquête qu’elle mène pour découvrir le fin mot de l’histoire. Loin de n’être qu’une banale usurpation d’identité, elle va, en effet, découvrir que se cache quelque chose de bien plus terrible derrière ce vol de photo. Elle pourra heureusement compter, dans une certaine mesure, sur le soutien de la police et plus particulièrement, d’une jeune policière qui porte crédit à sa mésaventure. L’alternance des points de vue entre ces deux femmes est complétée par l’intervention plus sporadique du mystérieux personnage responsable de toute cette mystérieuse et dérangeante histoire d’annonce.

Alors que l’on aurait pu craindre quelques longueurs destinées à nous faire entrer de plain-pied dans la vie des personnages, l’autrice a su donner la juste dose d’informations : assez pour développer une certaine empathie, mais pas trop pour ne pas finir par crouler sous l’ennui. Il en ressort un rythme de lecture rapide d’autant que le suspense va crescendo et se révèle très bien dosé. Petit à petit, l’angoisse de Zoe s’intensifie et devient contagieuse au point d’avoir, comme celle-ci, parfois l’impression que quelqu’un nous observe.

L’autrice n’hésite pas non plus à jouer avec nos nerfs et ceux de son héroïne en nous mettant sur de fausses pistes. On finit donc par suspecter tout le monde ou presque. Dans cette histoire, le bénéfice du doute n’est pas vraiment permis d’autant que Zoe est plutôt du genre à se forger une opinion sur les gens dès le premier regard. Un trait de caractère qui m’a parfois incommodée, mais qui d’une part, rend le personnage assez humain, et d’autre part, n’est pas une mauvaise chose quand des inconnus vous traquent.

Au-delà de Zoe et des personnages gravitant autour de cette dernière, Kate, en charge de son affaire, se révèle également intéressante. On apprend à découvrir ses propres blessures et on loue son entêtement à faire de l’enquête concernant Zoe une priorité. Par l’intermédiaire de cette jeune femme têtue, mais pas entêtée, l’autrice évoque un sujet difficile, le viol, et la manière dont chacun réagit face à cette atrocité. Si j’ai compris l’incompréhension de Zoe face à la réaction d’une victime proche d’elle, j’ai apprécié que l’autrice pointe l’importance de laisser à chaque victime la possibilité de faire face à la situation comme elle le peut et/ou le souhaite sans jamais porter de jugement.

En plus de nous plonger dans une enquête angoissante, ce roman soulève des questions intéressantes et pertinentes autour des nouvelles technologies et de la place qu’elles prennent dans nos vies. D’ailleurs, à l’issue de ma lecture, je suis plus que contente de n’avoir jamais été fan du concept de partager des photos de moi à qui mieux mieux sur FB et autres réseaux sociaux. Clare Macintosh nous montre, en effet, que cette source de données personnelles n’est pas forcément toujours utilisée à bon escient… Usurpation d’identité et autres dérives pouvant sans crier gare vous tomber dessus !

Mais l’autrice aborde également avec un talent certain un autre sujet d’actualité et sur lequel, nous avons au niveau individuel, bien peu de pouvoir : l’omniprésence des caméras dans nos vies qui vont jusqu’à s’immiscer dans la sphère professionnelle. Il est vrai que l’Angleterre est connue pour avoir un système de vidéosurveillance très développée, mais la France n’échappe pas à l’engouement pour ce moyen de surveiller la population. Je ne nie pas l’utilité d’un tel système, mais je me pose depuis un certain temps des questions sur ses dérives et cette impression de ne plus pouvoir faire un pas dans la rue sans être filmée… Or ici, nous sommes clairement confrontés à ce que la vidéosurveillance peut donner quand elle est détournée et utilisée, dirons-nous, à des fins beaucoup moins nobles que la protection des citoyens….

C’est peut-être ce qui rend cette histoire aussi glaçante, le fait que bien qu’elle soit pure fiction, elle n’en demeure pas moins réaliste et, je n’en doute pas, réalisable ! Quant au côté glaçant, vous le retrouvez avec la fin qui ne devrait pas vous laisser indifférents. J’avais anticipé l’un des retournements de situation, mais je n’avais pas vu venir la révélation finale. Cette fin risque de me rester un bon moment en mémoire tellement elle m’a choquée et saisie d’effroi. Machiavélique, révoltante, effroyable… il n’y a pas à dire, c’est du grand art !

Je ne suis pas toujours convaincue par les voix des narrateurs et narratrices dans les livres audio, mais j’ai trouvé celle de Marcha van Boven parfaite et en totale adéquation avec le ton du roman. Alternant entre intonations sûres et fragilité dans la voix, la narratrice s’est complètement approprié le personnage de Zoe. En l’humanisant, elle a largement contribué à l’empathie que l’on ressent pour cette femme menacée par une force mystérieuse et anonyme. Autre point non négligeable, la narratrice a su transmettre toute la tension et l’angoisse qui se dégagent du récit. Cette expérience auditive a donc été très satisfaisante en ce qui me concerne.

En conclusion, à travers une enquête dont on colle petit à petit les morceaux comme on essaierait de reconstituer les pièces d’un puzzle, l’autrice nous plonge dans une intrigue angoissante dont l’issue machiavélique devrait vous laisser sans voix. Avec Je te vois attendez-vous donc à une histoire intense qui, en plus de vous faire passer par de multiples moments de doute, devrait également vous pousser à réfléchir sur ces nouvelles technologies qui ont envahi nos vies… pour le meilleur et pour le pire.

 

All eyes on us, Kit Frick

All Eyes on Us

Pretty Little Liars meets People like Us in this taut, tense thriller about two teens who find their lives intertwined when an anonymous texter threatens to spill their secrets and uproot their lives.

PRIVATE NUMBER: Wouldn’t you look better without a cheater on your arm?

AMANDA: Who is this?

The daughter of small-town social climbers, Amanda Kelly is deeply invested in her boyfriend, real estate heir Carter Shaw. He’s kind, ambitious, the town golden boy – but he’s far from perfect. Because behind Amanda’s back, Carter is also dating Rosalie.

PRIVATE NUMBER: I’m watching you, sweetheart.

ROSALIE: Who IS this?

Rosalie Bell is fighting to remain true to herself and her girlfriend – while concealing her identity from her Christian fundamentalist parents. After years spent in and out of conversion « therapy », her own safety is her top priority. But maintaining a fake straight relationship is killing her from the inside.

When an anonymous texter ropes Amanda and Rosalie into a bid to take Carter down, the girls become collateral damage – and unlikely allies in a fight to unmask their stalker before Private uproots their lives.

PRIVATE NUMBER: You shouldn’t have ignored me. Now look what you made me do..

Blackstone Audio, Inc. – 04 juin 2019 – 10h26 minutes

AVIS

C’est en parcourant le catalogue Audible Stories que je suis tombée sur ce thriller young adult dont le résumé m’a tout de suite intriguée.

Et je dois dire que j’ai trouvé la lecture aussi entraînante que révoltante ! L’autrice, à travers cette histoire aborde, entre autres, le thème de l’homophobie et comment celle-ci peut contraindre une jeune fille à devoir mentir à sa famille afin de ne pas être rejetée. Rosalie aime les filles. Dans un monde idéal, cela n’aurait aucune importance, mais dans le monde de l’adolescente, cela change tout et fait de sa vie un véritable enfer.

Les parents de la jeune fille, membre d’une communauté chrétienne fondamentaliste, l’ont élevée dans l’idée qu’une jeune fille bien n’a pas le droit d’éprouver de l’amour pour une autre fille. Jamais. Obsédés par cette idée, ils n’ont ainsi pas hésité à inscrire Rosalie de force à une thérapie de conversion quand l’adolescente leur a avoué son homosexualité. Un comportement indigne de parents aimant et d’une violence psychologique indescriptible pour Rosalie. L’autrice n’entre pas dans les détails, mais l’on sent que cette expérience a profondément marqué l’adolescente qui, pour ne pas revivre cet enfer, préfère leur cacher sa relation avec sa petite amie, Paulina, en simulant une histoire d’amour avec le beau et riche Carter.

Comment ne pas être révolté devant des parents qui traitent leur fille comme une malade qui aurait besoin d’être guérie d’un mal insidieux la détournant du droit chemin et de la parole de Dieu ? Alors que des parents sont censés aimer leurs enfants inconditionnellement, ceux-ci n’aiment leur fille que sous condition d’hétérosexualité ! Rosalie pourrait partir, les parents de sa petite amie étant prêts à l’accueillir, mais ce n’est pas facile pour une adolescente de devoir rompre avec les siens, même intolérants, et surtout, d’abandonner sa petite soeur dont elle est très proche… Car elle ne se fait pas d’illusions, si elle vit son homosexualité au grand jour, ses parents l’enverront de nouveau en thérapie de conversion et la rayeront de leur vie si elle arrive à s’échapper de leur emprise. Pire, ils l’empêcheront de voir sa soeur…

Carter, cet héritier d’un empire de l’immobilier plutôt sympathique, représente alors un bon moyen pour Rosalie de pouvoir continuer à voir Paulina tout en faisant croire à ses parents qu’elle est « guérie ». Mais, le beau et riche Carter a déjà une petite amie, Amanda, qui est bien décidée à passer le reste de sa vie avec ce dernier quitte à fermer les yeux sur ses incartades. Après tout, Rosalie n’est pas la première et ne sera pas la dernière fille avec laquelle son petit ami passera quelques bons moments. La situation aurait donc pu rester ainsi si une personne ne s’amusait pas à menacer de dévoiler les petits secrets des deux adolescentes… 

De fil en aiguille, on en vient à se poser des questions sur la réelle motivation de ce harceleur fort peu courageux qui se cache derrière l’anonymat, et dont les menaces par sms se font de plus en plus pesantes. Devant l’ampleur de la situation, les deux adolescentes finissent par travailler main dans la main afin de l’identifier et de le faire tomber. En effet, si Rosalie ne peut pas le laisser dévoiler sa relation avec Paulina à ses parents sous peine de retourner en thérapie de conversion à laquelle elle ne résistera pas psychologiquement, Amanda, quant à elle, ne peut pas le laisser s’immiscer dans son couple.

Ses parents ne sont plus aussi fortunés que par le passé et de sa future union avec Carter dépend leur situation financière. J’ai été bien plus touchée par la vie de Rosalie, mais force est de constater qu’Amanda n’a pas non plus une existence des plus joyeuses. Derrière son apparente superficialité, son physique de rêve et sa popularité, elle subit une certaine pression familiale, notamment de la part de sa mère bien décidée à profiter des atouts physiques de sa fille pour garder son ancien train de vie et asseoir son statut social. Amanda m’a parfois agacée par son obsession pour Carter, mais on comprend que c’est plus celle de sa mère que la sienne…. Heureusement, au gré des épreuves et des coups durs, elle dévoile une vulnérabilité qui la rend attachante. Elle évolue, s’affirme et commence à entrevoir que sa vie n’est pas irrémédiablement liée à son goujat de petit ami et qu’elle n’a pas à porter l’avenir de ses parents sur ses épaules…

J’ai également apprécié l’évolution de la relation entre Amanda et Rosalie. Elles ne deviennent pas les meilleures amies au monde, mais elles développent une forme de respect et d’amitié. Il faut dire qu’elles devront apprendre à compter l’une sur l’autre, la traque du harceleur anonyme se révélant bien plus ardue et périlleuse que prévu d’autant qu’elles ne peuvent pas vraiment s’appuyer sur leurs parents… Comme souvent dans les thrillers young adult, j’ai rapidement deviné l’identité du coupable, mais je n’avais pas anticipé ses motivations. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que certains sont prêts à tout, même au pire, pour se libérer d’une cage qu’ils ont pourtant forgée eux-mêmes.

Tout au long du récit, l’autrice joue avec nos nerfs, nous met sur de fausses pistes, nous pousse à douter et fait monter la tension crescendo. Cela rend la lecture assez addictive tout comme le travail réalisé sur la psychologie des deux héroïnes qui est, pour moi, le point fort de ce roman. L’enquête est intéressante, mais elle permet surtout de mettre en lumière des thématiques fortes : l’affirmation de soi, l’extrémisme religieux, l’homophobie, le poids des injonctions familiales et sociétales, les parents défaillants, l’alcoolisme, l’amour, l’amitié…

Si les parents des deux adolescentes sont défaillants, il existe néanmoins quelques adultes responsables et plus ouverts même si leur rôle reste assez minime dans l’intrigue. On appréciera également la manière dont l’autrice souligne avec subtilité l’importance de se faire aider quand on appartient à la communauté LGBT+ et que l’on se sent menacé. J’ai également trouvé très touchante et inspirante Rosalie qui va réussir à se libérer de ses parents grâce, entre autres, à son courage, sa force de caractère et l’aide d’une association et de certaines personnes. Un joli message d’espoir qui, je l’espère, apportera un peu de réconfort aux personnes victimes d’homophobie.

Dans ce roman, il est question de fanatisme religieux, mais l’autrice montre également qu’il est possible de concilier foi et homosexualité comme l’ont très bien compris les parents de Paulina qui ont soutenu leur fille dès l’annonce de son homosexualité. De la même manière, si Rosalie rejette une foi qui la contraindrait à renier ce qu’elle est et ses sentiments, elle développe sa propre relation à Dieu, une relation empreinte d’amour et de tolérance. Je ne suis pas croyante, mais si je l’étais, c’est le genre de foi vers laquelle je me tournerais.

Quant à la partie audio, je l’ai trouvée plutôt convaincante : les narratrices trouvent le ton juste pour nous faire ressentir toutes les émotions de Rosalie et d’Amanda, mais également la pression quotidienne qu’elles subissent, chacune pour des raisons bien différentes. Le niveau d’anglais m’a, en outre, semblé plutôt abordable, le vocabulaire demeurant relativement simple et ancré dans le quotidien.

En bref, sous couvert d’une enquête pleine de tension et auréolée d’un certain mystère et suspense, l’autrice aborde ici des thèmes importants comme l’homophobie et la difficulté pour des jeunes filles de se libérer de leurs chaînes afin de se construire un avenir à l’image de leurs rêves et non des attentes de leurs parents et de leurs communautés. Haletant, révoltant et émouvant à la fois, All eyes on us est un roman avec un beau message de tolérance qui ouvre également une réflexion pleine de justesse sur la nécessité de laisser chacun vivre sa sexualité et choisir la vie qui lui convient sans préjugé ni a priori.

Ecouter All eyes on us gratuitement sur Audible Stories (le roman existe également en version papier).

 

 

Clair obscur, Lily Haime

« Il a le regard vairon, des yeux qui m’ont poursuivi pendant des années. Si je l’aime… » Gwenn a deux rêves, la danse et Sevan. Après avoir réussi ses auditions à la célèbre Julliard School, il prend sa voiture malgré les conseils de son meilleur ami et roule jusqu’à chez Sevan. Gwenn a l’arrogance de ses dix-sept ans, la prétention des sentiments. Sevan a vingt-quatre ans ; militaire de carrière, il est sur le point de quitter Portland pour se marier. Gwenn repart en cachant ses larmes, démarre trop vite, prend la fuite en faisant déraper les roues de sa Jeep. Une seconde d’inattention et un chauffard ivre… Un arbre au bas d’une pente… Sept ans plus tard, Gwenn est un jeune homme qui n’a plus rien à voir avec l’adolescent qu’il a été, ce rêveur aux grandes ambitions. Professeur de danse, propriétaire d’un bar en chantier, fils, frère, ami et tonton, il a appris à composer avec une vie différente de celle qu’il pensait mener. Si ses espoirs ont foutu le camp, s’il reste cabossé et rafistolé, il ne cache pas ses cicatrices. Quand Sevan revient à Portland, Gwenn a appris à le haïr pour ne plus l’aimer. « Une seconde chance, un souffle sur ses lèvres, une main au creux de son dos. Des riens qui changent tout… »

Hardigan – 31 mars 2017 – 9 heures et 13 minutes – 14,99€

J’ai reçu ce roman en format numérique et en version audio durant le confinement. Après quelques hésitations, j’ai privilégié le livre audio, ce que je ne regrette pas puisque je pense que je n’aurais pas terminé ma lecture si je n’avais pas pu faire une autre activité en même temps. Je n’ai, en effet, pas été particulièrement emballée par cette histoire.

Je reconnais néanmoins que ce roman devrait ravir les amateurs de romance. Lily Haime a mis en place tous les ingrédients pour les enchanter et leur faire passer un très beau moment de lecture, à commencer par des protagonistes à la personnalité diamétralement opposée, mais qui semblent inéluctablement attirés l’un par l’autre. Mais si Gwenn a accepté son attirance pour le meilleur ami de son grand frère dès son adolescence, le second, plus âgé, a préféré fuir en s’engageant dans un mariage sans amour avec une femme. Une décision lourde de conséquences pour les deux hommes qui, chacun de leur côté, vont faire face à des situations difficiles qui ne pourront que les marquer durablement.

Mais sept ans plus tard, la vie leur offre une nouvelle chance. Sauront-ils la saisir et laisser les griefs du passé pour aller de l’avant ? Gwenn, toujours très en colère, aura des difficultés à accepter le retour de Sevan dans sa vie d’autant que malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à détester ce premier amour qui fait toujours battre son cœur. J’ai trouvé ce personnage intéressant dans la mesure où malgré ce qu’il a vécu et ses rêves de danseur professionnel brisés, il demeure positif, du moins en ce qui concerne sa vie professionnelle. Alors qu’il aurait pu devenir aigri, il prend sa carrière de professeur de danse très à cœur faisant de son mieux pour aider ses élèves à se dépasser. Il possède néanmoins une bonne dose de colère en lui, ce qui le rend parfois assez agressif et m’a donné le sentiment de ne plus suivre un adulte, mais un adolescent capricieux et égocentrique dépassé par ses émotions.

Quant à Sevan, bien plus taiseux, il m’a souvent agacée par sa manière de vouloir être avec Gwenn sans dire les choses clairement. Mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, on comprend que ce dernier a également ses propres blessures et qu’il a besoin de temps pour accepter des événements qu’il repasse en boucle dans ses cauchemars. Je n’en dirai pas plus, mais j’ai apprécié que l’autrice évoque un sujet difficile sans pathos et avec une certaine sensibilité.

Les deux hommes se révèlent donc intéressants et leurs interactions plutôt mouvementées, peut-être un peu trop d’ailleurs puisqu’ils passent leur temps à se crier dessus ! C’est le gros problème du format audio, entendre des gens hurler à tout bout de champ ayant fini par légèrement me lasser, voire franchement m’indisposer. J’estime que deux adultes peuvent arriver à communiquer sans lever le ton à la moindre contrariété ou au premier désaccord.

Il y a heureusement de beaux moments de complicité, de tendresse, des déclarations émouvantes (bien que parfois un peu trop guimauves pour moi), et d’abandon charnel. Les deux hommes s’imposent vite aux lecteurs comme un tandem qui ne peut que finir ensemble, l’alchimie entre ces deux fortes têtes ne faisant aucun doute. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de souhaiter découvrir comment Gwenn et Sevan allaient arriver à affronter les obstacles qui se dressent ou qu’ils dressent eux-mêmes sur leur route.

En parallèle de ce couple tumultueux, on appréciera le travail effectué sur le cercle amical et familial de Gwenn. Sa famille et ses amis sont ainsi très présents dans sa vie, parfois un peu trop à son goût, l’homme étouffant sous les attentions de son père et de son frère. Il faut dire qu’ils ont failli le perdre et qu’ils ont du mal à tirer un trait sur ce tragique épisode… J’ai adoré la relation entre Gwenn et sa famille dont il est très proche. Son frère est parfois maladroit, mais on sent à quel point il aime son petit frère et qu’il ferait tout pour le protéger quitte à se montrer un peu trop intrusif. Quant à son père, c’est le genre de figure paternelle que l’on aimerait voir plus souvent dans la littérature et la vraie vie…

L’écriture de l’autrice est immersive, simple et dynamique, mais difficile d’en parler plus, le format audio me poussant en général à me concentrer sur le fond plutôt que la forme. À noter que Sevan, d’origine arménienne, parle parfois en arménien, ce qui apporte une certaine authenticité et beaucoup de charme au récit. Je regrette néanmoins qu’aucune traduction ne soit proposée même si je comprends que dans la version audio, les traductions auraient pu casser le rythme. Mais peut-être qu’un fichier texte aurait pu être proposé. Cette absence de traduction m’a un peu frustrée même si mon compagnon, d’origine arménienne, m’a traduit quelques mots. Mais je vous rassure, les mots en arménien ne nuisent nullement à la compréhension du récit puisqu’ils restent anecdotiques et qu’on peut parfois en deviner le sens en s’aidant du contexte.

En conclusion, Clair Obscur est une bonne romance pour ceux qui cherchent une histoire dans laquelle sont mis à nu les sentiments de deux hommes qui, au-delà de leurs différences, semblent faits l’un pour l’autre. Mais entre un passé que chacun va devoir surmonter et des blessures que seuls le temps et l’amour peuvent panser, ils vont devoir apprendre à s’apprivoiser avant de mieux s’aimer et se construire un avenir à la hauteur de leur amour et de leur relation passionnée. Il est juste dommage que les nombreuses disputes entre les deux personnages ont fini par me lasser et me faire perdre mon intérêt pour leur histoire. Je retiendrai toutefois les différents sujets évoqués durant le roman : la famille, les amis, la passion, la résilience, le suicide, la tolérance, l’acceptation de soi et de sa sexualité, les préjugés…

Interview with the robot, Lee Bacon

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Fugitive. Criminal. Robot.

A sci-fi adventure for young listeners, Interview with the Robot introduces a unique heroine who seeks the truth about herself.
Eve looks like an ordinary 12-year-old girl, but there’s nothing ordinary about her. She has no last name. No parents or guardian. She’s on the run from a dangerous and secretive organization that will stop at nothing to track her down.
And most astonishing of all: she’s a robot, a product of Eden Laboratories. When Eve discovers the truth, she realizes everything she thought she knew about herself is a lie. Eve manages to escape, fleeing the lab, the only home she’s ever known.
After being arrested for shoplifting, Eve is interviewed by Petra Amis from Child Welfare Services. Her incredible story unfolds during the interrogation, with flashbacks to her life inside Eden Laboratories, which has a dark secret. Listeners follow Eve from her first moment of consciousness to her evolution as a nearly-human companion to Emory, the son of the founder of Eden Laboratories.
Exploring a range of topics that drive our society and our lives—topics such as artificial intelligence and human nature – Interview with the Robot is a story told by a startlingly original protagonist, a story that explores the vast potential of technology and the deep complexities of humanity.

À partir de 10 ans – 3hrs 42mins

AVIS

J’ai profité du fait qu’Audible propose des livres audio à écouter gratuitement durant le confinement pour me lancer dans Interview with the robot de Lee Bacon. Si la science-fiction n’est pas mon genre de prédilection, les intelligences artificielles et la robotique m’intéressent beaucoup, ce qui explique peut-être le plaisir pris à découvrir ce roman jeunesse qui soulève des  questions intéressantes sur ces sujets notamment d’un point de vue éthique et moral.

Qu’est-ce qui différencie l’homme de la machine ? Une machine faite de métal, de circuits imprimés et ayant la conscience d’exister ne peut-elle pas être considérée comme une entité vivante ? Les émotions sont-elles l’apanage des hommes et des animaux ? Tout autant de questions que l’histoire d’Eve, robot ayant l’apparence d’une enfant de douze ans, ne manquera pas de susciter en vous. Une histoire qu’elle raconte à un membre des services sociaux, Petra Amis, après avoir réussi à s’échapper de l’organisation qui l’a conçue. À mesure que l’on découvre tout ce qu’elle a traversé et qu’on apprend à la connaître, on en vient à s’interroger sur sa véritable nature…

En plus de la conscience d’être, elle semble éprouver des sentiments, notamment envers le fils de son créateur qui est devenu, au fil du temps, son meilleur ami. À travers des flash-backs, on découvre d’ailleurs leur réelle et belle complicité et la manière dont, aux côtés d’Emory, Eve a gagné en humanité, apprenant, par exemple, à faire des plaisanteries ou à détecter les nuances parfois subtiles dans les échanges entre humains. Elle n’a pas de sang ou d’organes humains et se recharge comme un téléphone portable, mais la réduire au statut de simple machine au service de l’humanité semble donc terriblement injuste…

J’ai adoré découvrir le récit de cette héroïne atypique et hors du commun à laquelle je me suis beaucoup attachée à l’instar de Petra qui va traiter Eve comme n’importe quel autre enfant : avec empathie, patience et gentillesse. Les interactions et les dialogues entre les deux personnages sont truculents et m’ont fait régulièrement sourire, car si Eve semble humaine par bien des aspects, elle n’a pas encore toutes les clefs en main pour comprendre les comportements parfois irrationnels des humains… L’entretien entre Petra et Eve permet également de réaliser le fossé entre ce que son créateur veut d’elle et ce qu’Eve désire vraiment. Elle a, en effet, appris à exprimer ses propres envies et est capable de prendre des initiatives qui n’entrent pas forcément dans le cadre de ses prérogatives.

Au-delà de la question des intelligences artificielles et des réflexions sur la nature humaine, le roman aborde également des thèmes comme la famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Cela se réduit-il vraiment aux liens du sang ? Une interrogation soulevée tout au long du roman qui trouve son apogée dans une révélation qui m’a complètement prise de court. Je ne l’avais pas du tout anticipée, ce qui m’a donné envie d’écouter le roman depuis le début afin de voir si l’auteur avait laissé quelques indices. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai apprécié la manière dont ce retournement de situation parfaitement orchestré bouleverse l’ordre des choses et donne une certaine profondeur au roman. Il soulève, en outre, certaines questions, notamment sur le bien et le mal, et ce que l’on est en droit de faire au nom de ses idéaux et/ou de sa famille.

Destiné aux enfants à partir de 10 ans, le roman, bien qu’en anglais, se révèle tout à fait accessible. Le vocabulaire et les constructions grammaticales sont simples, et les nombreux flash-back, accompagnés d’une petite transition sonore, aident à s’immerger complètement dans l’intrigue. N’hésitez donc pas à vous lancer si vous avez envie de tester ou de vous remettre à la lecture de livres audio en anglais d’autant qu’en plus d’être rapide (moins de quatre heures), l’écoute se révèle rythmée, prenante et plutôt addictive.

En conclusion, à travers l’histoire mouvementée et surprenante d’une héroïne atypique et attachante, l’auteur soulève d’intéressantes et pertinentes réflexions sur la notion d’humanité, la technologie, mais également sur la famille, ce qui fait son socle et comment l’amour des siens peut pousser une personne à commettre l’indicible… Captivant, intelligent, teinté d’humour et empli de mystère, voici un roman jeunesse fort sympathique que je ne peux que vous conseiller pour une plongée fascinante dans le monde de la robotique.

Pour écouter gratuitement le roman durant le confinement, rendez-vous sur le site d’Audible Stories.

Jonathan Livingston le Goéland, Richard Bach

Couverture Jonathan Livingston le goéland

 

Décidément, Jonathan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Sa seule passion : voler toujours plus haut et plus vite, pour être libre. Mais cet original qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plaît guère à la communauté des goélands. Condamné à l’exil, seul, Jonathan poursuit ses découvertes, sans peur, sans colère. Il est seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu’au jour où il rencontre des amis… Jonathan apprend alors à briser les chaînes qui emprisonnent son corps et ses pensées. Ce livre drôle et poétique est un hymne à l’amour et à la liberté !

Audible – 58 minutes
Lu par Patrice Laffont, Dorothée Berryman, Cédric Noël, Vincent Davy

AVIS

Un mal de tête carabiné, mais aucune envie de rester allongée dans le noir sans rien faire, j’ai décidé d’écouter un livre audio, de préférence court. Mon choix s’est alors porté sur Jonathan Livingston le Goéland que j’avais téléchargé gratuitement sur mon application Audible.

Jonathan pour un goéland, cela a de quoi surprendre, mais Jonathan n’est pas un goéland comme les autres. Quand les autres membres de son clan ne pensent qu’à vivre pour manger lui, il ne pense qu’à voler, voler toujours plus haut, toujours plus vite, pour gagner en liberté. Mais ses progrès en techniques de vol seront loin de plaire à son clan qui finira par le chasser… Le goéland, exilé, mais bien déterminé à rester fidèle à ses envies, finira heureusement par trouver d’autres goélands partageant ses aspirations.

À travers cette histoire, qui s’apparente à un petit conte philosophie, l’auteur aborde différents sujets, et notamment la différence et le rejet qu’elle suscite. Comme l’en atteste la communauté de goélands qui chasse notre héros, un être, qui n’entre pas dans la norme et ne respecte pas les traditions, inquiète avant d’être simplement mis au ban de la société.

Ce constat ne suscitera pourtant aucune haine chez Jonathan. Peiné que ses comparses se contentent d’une vie sans but, sans volonté de se dépasser, il restera néanmoins fidèle à ses aspirations profondes, et à ce qu’il est. Il a bien tenté, durant un moment, de se fondre dans le moule, mais il a vite compris que l’acception de ses pairs ne valait pas le sacrifice de son être… Comment, en effet, être heureux si l’on renie ce que l’on est et ses propres rêves ?

En gagnant en âge, il gagnera également en maturité jusqu’à comprendre, grâce à sa rencontre avec d’autres goélands, plus ouverts d’esprit que ceux de son clan, que la liberté ne dépend que de soi et des barrières que l’on se met. Une fois les chaînes brisées, chacun est libre de s’approprier sa vie, et faire de ses rêves une réalité. Cette liberté tant désirée une fois devenue sienne, Jonathan deviendra alors à son tour porteur d’espoir, et partagera, avec ceux qui en ont besoin, la sagesse acquise au fil de ses rencontres et de ses expériences, heureuses comme malheureuses.

La plupart des idées soulevées ne sont pas innovantes, mais l’auteur a su les mettre en scène de manière assez imagée et subtile pour parler à chacun des lecteurs sans tomber dans un ton moralisateur ou dogmatique. L’ensemble offre donc un récit harmonieux et philosophique plaisant et accessible.

Quant à la partie audio du livre, je dois dire qu’elle m’a complètement conquise. Alors que je n’écoute jamais de musique en lisant, j’ai adoré les musiques diffusées tout au long du livre. Choisies avec soin et beaucoup de justesse, elles participent grandement et activement au plaisir que l’on prend à se laisser conter l’histoire de ce goéland en quête de liberté. Pourvoyeuses d’émotions, elles m’ont également permis de ressentir avec force tout ce qui se dégage de ce récit, simple en apparence, mais finalement assez profond et universel.

Autre point qui m’a plu et qui est assez rare, chaque personnage est interprété par une personne différente, ce qui permet de mieux se représenter chacun des protagonistes et de s’immerger plus facilement dans la lecture.

En conclusion, Jonathan Livingston le Goéland est un petit livre audio qui m’a très agréablement surprise. À travers l’histoire d’un goéland devenant le mouton noir de son clan, l’auteur aborde de nombreux sujets qui ne devraient pas manquer de vous faire réfléchir : la quête de soi, le besoin de réaliser ses rêves, l’indépendance, les envies d’évasion, la liberté, mais aussi la différence et le rejet qu’elle tend encore bien trop souvent à susciter. Sans être révolutionnaire, cette petite histoire devrait donc vous faire passer un joli moment d’évasion et de réflexion.

Qui ment ? Karen M. McManus

Profitant d’une offre promotionnelle dans le cadre de mon abonnement Amazon Prime, j’ai téléchargé gratuitement ce livre audio.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un lycée américain, cinq adolescents sont collés : Bronwyn (l’élève parfaite), Addy (la fille populaire), Nate (le délinquant), Cooper (la star du baseball) et Simon (le gossip boy du lycée). Mais Simon ne ressortira jamais vivant de cette heure de colle…

Et les enquêteurs en sont vite sûrs, sa mort n’est pas accidentelle. Dès lors qu’un article écrit par Simon contenant des révélations sur chacun d’eux est découvert, Bronwyn, Addy, Nate et Cooper deviennent les principaux suspects du meurtre.

Audible Studios (30 mars 2018) – 10 heures et 3 minutes – 19,95€
Narratrice : Leïlou Bellisa

AVIS

J’ai écouté ce roman il y a plusieurs mois, mais j’en garde un souvenir très positif. Il faut dire que téléchargé sur Audible sans grande conviction, j’ai été dès les premiers chapitres happée par l’histoire. Quelques élèves sont collés quand l’un d’entre eux s’écroule avant de définitivement quitter la scène. Qui a bien plus le tuer et comment s’y est-il pris ?

J’ai deviné dès le début de l’histoire le meurtrier parce que la mise en scène m’a rappelé un autre roman lu il y a deux ou trois ans. Mais sans cette précédente lecture, je n’aurais probablement pas vu venir la révélation finale ! Cela ne m’a nullement empêchée d’apprécier la manière dont l’autrice nous immerge dans cette vie lycéenne auprès de personnages peut-être stéréotypés, mais qui deviennent, au fil des pages, assez attachants ou du moins, intéressants.

Je n’ai pas adhéré à toutes les personnalités comme celle de la fille parfaite et bien lisse qui se laisse dicter sa vie entière par son petit ami supposé aussi parfait qu’elle. Je sais que ça arrive, mais je ne peux pas comprendre comment on peut en arriver là surtout à un âge aussi jeune. La popularité et l’envie d’être en couple justifient-elles vraiment qu’on annihile sa propre personnalité au point de ne même plus savoir ce que l’on aime ou n’aime pas ? Une question que l’autrice va subtilement soulever grâce à ce personnage agaçant en début de roman, mais qui va, petit à petit, se détacher de sa vie d’avant pour enfin apprendre à s’aimer et à avancer par elle-même.

D’ailleurs, l’évolution des personnages est le grand atout de ce roman puisque tous vont gagner en consistance au fil de l’intrigue, et se dévoiler à nous dans toute leur complexité, leurs doutes et leurs espoirs quant à un futur quelque peu assombri par cette affaire de meurtre. C’est qu’au cours de l’enquête, les secrets de chacun vont s’ébruiter avec des conséquences plus ou moins graves selon les cas et les situations : quid de l’entrée à une grande université, comment affronter le regard des autres sur sa sexualité, comment prouver son innocence quand on vient d’une famille pauvre et défaillante et qu’on est déjà engagé dans des activités illicites, comment passer de la popularité au rejet total…

Derrière cette histoire de meurtre, sont donc abordés des thèmes variés et forts : l’homosexualité et la peur du rejet, la délinquance, les familles défaillantes, l’alcoolisme, la quête d’identité et la difficulté de trouver sa place, le poids des secrets, la jalousie et l’envie, la pression scolaire, le harcèlement et les dégâts parfois conséquents que peuvent engendrer les rumeurs et dénonciations notamment quand elles sont propagées par les réseaux sociaux et les nouvelles technologies…

Au-delà de ces thématiques actuelles, mais pas forcément joyeuses, l’autrice offre également aux lecteurs quelques moments de douceur et de tendresse notamment entre une grand-mère et son petit-fils qu’elle encourage à s’accepter tel qu’il est sans craindre le jugement d’autrui. Et puis il y a cette histoire d’amour naissante entre deux personnages que tout oppose : personnalité, milieu social, culture, vision de la vie…

Malgré leurs différences, ils vont toutefois se rapprocher et nouer une certaine complicité qui va se transformer en quelque chose de bien plus fort. Je ne suis pas fan des histoires d’amour surtout quand elles suivent le schéma classique du bad boy et de l’intellectuelle, mais ici, j’ai trouvé la romance touchante et très réaliste. On sent que l’attirance entre les deux adolescents n’est pas récente et que malgré leurs différences, ils sont faits pour être ensemble. La complicité entre les deux est palpable au point de m’avoir donné envie d’un happy end ou du moins, d’un possible futur à deux.

En conclusion, si vous êtes à la recherche d’un thriller young adult prenant Qui ment est fait pour vous. Sous couvert d’une enquête intéressante sur le meurtre d’un jeune homme loin d’être un modèle de respectabilité, l’autrice aborde des thématiques variées et actuelles qui devraient parler aux adolescents mais aussi aux lecteurs plus âgés. Bien menée et terriblement addictive, voici une histoire que je ne peux que vous recommander.

La chambre des merveilles, Julien Sandrel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.

En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Audible – 5 heures et 13 minutes – 17,90€ – Autres formats : papier, ebook

AVIS

Voici un roman dont j’avais entendu beaucoup de bien même si parmi un océan de bons avis, certains étaient un peu plus mitigés. Pour ma part, j’ai passé un moment agréable auprès de Louis et de sa mère qui vont vivre des moments aussi difficiles qu’intenses et beaux.

Un moment de distraction et c’est le drame ! Dans le coma, les jours de Louis, 12 ans, sont comptés : il a un mois pour se réveiller ou le personnel hospitalier prendra les mesures qui s’imposent…

Loin de se laisser abattre, bien que la situation l’affecte terriblement, Thelma va profiter de la découverte du carnet des merveilles de son fils pour se lancer dans un projet fou : celui de vivre pour son fils, toutes ces expériences notées dans son carnet. De voyages en paris fous et rencontres plus ou moins surprenantes, cette mère prête à tout pour offrir à son enfant un peu d’espoir et de lumière va, petit à petit, faire le point sur sa vie et se (re)trouver. Alors qu’elle a, ces dernières années, fait passer sa carrière avant Louis, elle se rend désormais compte de tous ces moments qu’elle a ratés et de ces discussions auxquelles elle n’a prêté qu’une oreille distraite…

Une prise de conscience qui lui donnera plus que jamais la force de se battre pour retrouver son Louis, car quoi que puissent en penser les médecins, elle sait qu’il va se réveiller ! Et ce jour-là, il aura droit à une nouvelle version de sa mère. Une version qui ne passera pas sa vie au téléphone pour régler les deniers détails d’un projet, mais plutôt celle d’une mère disponible et prête à construire avec lui de beaux et tendres souvenirs. En attendant, Thelma vit pour deux : entraînements de football, duo avec un rappeur, séance de karaoké en terre inconnue… Ce que Louis rêvait de faire, Thelma le fait !

Si on peut être surpris qu’une mère entreprenne des voyages loin de son fils dans le coma, on comprend rapidement le bien-fondé de la démarche puisqu’en parallèle des expériences un peu folles de cette femme, on suit les pensées de Louis. Bien qu’il soit toujours dans le coma, il partage avec les lecteurs ses pensées, ses espoirs, mais aussi sa jalousie de voir sa mère nouer de nouvelles relations sans lui… Touchant et non dénué d’humour, Louis nous montre que malgré tous les regrets de sa mère, il l’aime de tout son cœur et l’a toujours considérée comme la meilleure mère du monde. Et quand l’on voit tout ce qu’elle fait pour lui et la manière dont elle vient à bout de toutes les barrières qui se dressent devant elle, on ne peut que lui donner raison.

L’histoire aurait pu être dure et terrible, elle se révèle belle et puissante. Il se dégage de la plume de l’auteur une telle sensibilité qu’on se prend à vivre aux côtés de cette famille chaque événement avec une rare intensité. Entre les doutes, les peurs, les rires et les larmes, notre cœur se brise, bat la chamade, mais garde toujours espoir en un avenir plein de bonheur pour ce jeune homme touchant et sa mère courage.

En conclusion, porteur d’un joli message d’espoir, La chambre des merveilles est un roman empli d’amour et de tendresse qui vous fera vivre d’intenses émotions. Entre rires et larmes, ne passez pas à côté de ce joli titre aux allures de feel good qui vous donnera irrémédiablement envie de croquer la vie à pleines dents, et de profiter au maximum de vos proches. Après tout, si la vie est incertaine, le bonheur est, quant à lui, à portée de main !

Découvrez le roman/écoutez un extrait sur Audible.

La soudaine apparition de Hope Arden, Claire North

Couverture La soudaine apparition de Hope Arden

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mon nom est Hope Arden. Je suis la fille que tout le monde oublie. Tout a commencé quand j’avais seize ans. Mon père qui omet de m’emmener au lycée. Ma mère qui met la table pour trois, pas quatre. Un ami qui me regarde et voit une étrangère. Qu’importe ce que je fais, ce que je dis, les crimes que je commets… vous ne vous souviendrez jamais de moi. Ça rend ma vie compliquée mais ça fait aussi de moi quelqu’un de dangereux.

Hardigan – 14 heures et 42 minutes – 9,99€

AVIS

Si j’ai apprécié les sujets abordés, j’ai regretté de nombreuses longueurs qui ont fini par rendre l’écoute du livre audio fastidieuse. J’ai d’ailleurs failli l’abandonner à plusieurs reprises avant de prendre mon courage à deux mains et de la terminer afin de pouvoir passer à autre chose.

Il est possible que je sois passée à côté de ce titre car mes attentes étaient bien différentes de ce que nous propose l’auteure. Je ne dirais pas qu’il ne se passe rien, mais nous sommes plutôt dans un roman qui fait passer la réflexion avant l’action.

Hope Arden est unique. Hope Arden n’existe pas ou, du moins, pas vraiment dans le regard des autres. Bénédiction ou malédiction selon les points de vue, son existence s’efface de la mémoire des gens dès qu’elle n’est plus sous leurs yeux. Il existe bien quelques exceptions à cette règle, mais elles sont bien trop rares pour que cette femme puisse mener une vie normale. Difficile dans ces conditions de garder des amis, un compagnon ou une compagne, un travail ou d’avoir une famille… En revanche, c’est parfait pour embrasser une carrière de voleuse professionnelle et internationale de haut vol.

La situation de Hope aurait pu forcer l’empathie, mais j’ai eu un mal fou à m’attacher à elle et donc à m’intéresser à sa vie qui, par la force des choses, se caractérise par sa vacuité. Voler, tromper sa solitude dans les bras d’un homme qui vous oubliera dès les yeux fermés, trouver des contrats, voler… C’est peut-être la raison pour laquelle Hope met autant de passion à mener une vendetta personnelle contre Perfection, une application qui ambitionne, ni plus ni moins, que de rendre ses utilisateurs parfaits.

Être parfait, un rêve que beaucoup vont poursuivre quitte à vendre leur âme au diable, la personne derrière l’application ayant des objectifs bien moins louables que ceux affichés. C’est que la perfection a un prix ! L’idée de cette application et de ses nombreuses dérives est certainement le point le plus intéressant du roman puisqu’à travers cette idée glaçante de perfection à portée de smartphone, l’autrice aborde de nombreux et très actuels sujets : la solitude, l’illusion de la perfection, le culte de l’apparence, l’obsession de l’argent et du statut social et des sacrifices que l’on est prêt à consentir pour cette vaine quête, la technologie et les réseaux sociaux, leur omniprésence dans nos vies, leurs dérives et leurs dangers…

Tout autant de thèmes qui forment une trame de fond intéressante, mais qui ne compensent pas un rythme trop lent et finalement assez répétitif. Il y a heureusement d’autres personnages qui viennent pimenter l’intrigue et la vie de Hope : une femme aussi responsable que victime de Perfection, une cyberconnaissance aux objectifs nébuleux, un homme qui la traque tout en nouant, à son insu, une relation assez particulière avec celle-ci… Et puis un événement vient bouleverser l’équilibre et apporte ce coup d’éclat tant attendu ! Trop tard pour me laisser une bonne impression de lecture, mais assez majestueux pour que je sois contente d’avoir persisté dans mon écoute.

Une écoute qui s’est d’ailleurs révélée agréable d’un point de vue technique, la voix de l’héroïne correspondant assez bien à l’image que l’on pourrait s’en faire. Seul petit bémol qui découle de la construction de l’intrigue autour de chapitres très courts : la musique qui accompagne le début de chaque chapitre. En plus de lasser par sa répétitivité, elle allonge inutilement un temps d’écoute qui nous apparaît déjà bien long.

En bref, La soudaine apparition de Hope Arden est un roman que je vous conseille si les thématiques de la perfection et des dangers de l’omniprésence de la technologie dans nos vies vous intéressent. Si vous êtes, en revanche, à la recherche d’un livre mené tambour battant, je ne suis pas certaine que vous trouverez votre bonheur avec ce titre.

 

Les loyautés, Delphine de Vigan

J’ai découvert par hasard le livre audio Les loyautés de Delphine De Vigan, et j’ai eu tout de suite envie de l’écouter, certaine de passer un moment fort et riche en émotion comme avec chaque livre de l’autrice…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Chacun de nous abrite-t-il quelque chose d’innommable susceptible de se révéler un jour, comme une encre sale, antipathique, se révélerait sous la chaleur de la flamme ? Chacun de nous dissimule-t-il en lui-même ce démon silencieux capable de mener, pendant des années, une existence de dupe ? »

Audible (14 mars 2018) – 4 heures et 7 minutes – CD (18,50€)

AVIS

Je ne pensais pas vous parler de ce roman ayant toujours beaucoup de mal à évoquer les livres de Delphine de Vigan que j’aime pourtant beaucoup. Trop bouleversants et puissants, ses ouvrages ont tendance à tellement résonner en moi que je n’arrive pas vraiment à prendre le recul nécessaire pour les analyser et dépasser le stade primaire de l’émotion.

Je tenais néanmoins à vous dire quelques mots sur cette histoire qui parle de ce sentiment de loyauté qui nous pousse à cautionner des comportements qu’on n’approuve pas toujours, mais qu’il est parfois difficile de remettre en question. Comment trahir la confiance d’un ami, quitter un être dont le secret puant vous rebute et vous pousse à mettre en perspective toute votre vie, que faire avec cette amie qui s’enlise dans ses obsessions, et comment ne pas se trahir soi-même en étant plus loyal aux idées d’autrui qu’aux siennes ?

Des questions, parmi tant d’autres, que l’on se pose en suivant le quotidien d’une galerie variée de personnages : une maîtresse d’école qui projette un passé douloureux sur l’un de ses élèves, deux jeunes amis qui sont confrontés bien trop tôt à une addiction d’adulte, des parents qui, englués dans leur propre peine, en deviennent maltraitants avec leur enfant, une femme qui se perd dans son mariage…

Certains personnages sont plus touchants et marquants que d’autres à l’instar d’Hélène qui, en croyant reconnaître des signes de maltraitance sur l’un de ses élèves, Théo, met le pied dans un engrenage infernal. Maltraitée elle-même dans son enfance, elle finit par confondre son propre passé avec le sort de cet élève au point d’avoir des comportements inappropriés qui mettront en péril sa carrière. Mais plus grave, en se décrédibilisant auprès de ses collègues et de sa direction, Hélène n’aura plus vraiment les moyens d’apporter cette attention et cette aide dont Théo semble avoir terriblement besoin.

Car oui, Théo va mal, mais pas forcément pour les raisons que cette femme, tellement humaine et touchante dans sa vulnérabilité, imagine. Non, il n’est pas roué de coups chaque soir, mais il est victime d’une violence plus ordinaire et destructrice : celle de parents dont la route s’est séparée de manière fracassante ! Pris en étau entre une mère incapable de pardonner le départ de son mari et qui en fait payer le prix à son fils,  et un père paumé devenu alcoolique, Théo a dû développer sa propre manière de survivre…

L’autrice aborde ici un thème très rare en littérature, l’alcoolisme infantile, et le fait avec beaucoup de sensibilité et de réalisme. Elle plonge le lecteur aux côtés de ce jeune garçon dont le comportement annonce un futur drame ou du moins, une descente aux enfers que sa jeunesse rend effroyable. Quel gâchis ! C’est le sentiment que l’on ressent à la vue de ce garçon livré à lui-même et dont personne, à part sa maîtresse et son meilleur ami, ne semble voir la détresse. Quand les garçons de son âge pensent à s’amuser avec leurs amis, Théo pense lui à sa prochaine beuverie et à cet alcool qui embrumera son esprit… Le besoin d’alcool devient impérieux, son équilibre de plus en plus instable, et son détachement au monde de plus en plus inquiétant. Jusqu’où devra aller Théo pour qu’un adulte réagisse ?

Bien que très dure, j’ai adoré cette histoire sublimement écrite, la plume de l’autrice mêlant avec brio froideur et réalisme tout en suscitant chez ses lecteurs une implication totale. On entre dans cette lecture sans retenue et on ne la quitte pas avant d’en avoir découvert le dernier mot.

Et c’est là que la frustration commence, l’autrice concluant son livre de manière brutale, un peu comme si elle nous éjectait sans préavis de son récit, et donnait le droit à ses personnages de reprendre le cours de leur vie sans témoin. Que cette fin ouverte m’a décontenancée ! Même actuellement, je ne saurais dire si je la trouve brillante ou simplement frustrante. Ce qui est certain, c’est qu’elle est marquante et frappante à l’image de ce drame qui se construit inexorablement sous nos yeux…

Terminons cette chronique par la partie audio qui ici m’a complètement convaincue, les acteurs donnant vie aux personnages avec beaucoup de force et de réalisme. En collant parfaitement au texte de Delphine de Vigan dont on ressent alors toute la puissance évocatrice de la plume, les acteurs offrent à ce récit déjà poignant une émouvante et très belle interprétation dont vous ne pourrez que ressortir troublés et touchés. À lire, mais surtout à écouter !

Dernière Terre. La série complète

Dernière Terre. La série complète par Rivière

Je remercie Babelio et Audible pour m’avoir permis de découvrir le livre audio Dernière Terre.  

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Au cœur d’une France envahie par les zombies, Dernière Terre raconte le voyage insolite de quatre jeunes prêts à tout pour rejoindre l’Angleterre.

Thomas, David, Laura et la petite Sophie vont côtoyer une série d’univers aussi bien mystique, surnaturel que médiéval. Pour traverser la Manche, notre quatuor de bras cassés va ainsi croiser une galerie de survivants aussi terrifiants qu’excentriques. Chaque étape de l’aventure permet de comprendre les origines de l’infection et le rôle primordial que les quatre personnages vont devoir tenir. Auront-ils assez de courage, de culot et d’inconscience pour parvenir à sauver l’Europe ? Disputes, kidnapping, menace de mort et fou rire embarquent l’auditeur dans un road movie burlesque et… particulièrement sanglant !

Avec, dans les rôles principaux : Donald Reignoux, Pierre Lacombe, Audrey Pirault & Mathilde Cerf.

Et dans les rôles secondaires (par ordre d’apparition) : Aurélien Portehaut, Jean-François Vlérick, Frédéric Courraud, Jacques Chambon, Amaury Jansens, Jean-Luc Couchard, Aliette Dussine, Renaud Rutten, Joëlle Sevilla, Clément Rivière, Kemar, Renaud Cathelineau, Diane Lacombe, Damien Minet, Laurent Blanpain, Ann Christin, Keith Farquhar, Benjamin Diebling & Charlie

Audible Studios – Livre audio ( 28/02/2019 ) – 4 h et 10 min – 17,95€

AVIS

Il m’a fallu du temps, mais j’ai fini par me mettre aux livres audio appréciant la flexibilité qu’offre ce format. Mais Dernière terre ne ressemble à rien de ce que j’ai pu écouter jusqu’à présent. Oubliez la monotonie que l’on peut retrouver dans certains textes audio ou encore cette impression de « faux » que l’on peut ressentir quand un narrateur prend plusieurs voix. Et pour cause, ici, chaque protagoniste a le droit à son propre comédien ce qui change radicalement l’expérience d’écoute. Ceci est d’autant plus important que cette histoire déjantée n’est construite que sur des dialogues, ce qui implique des échanges percutants et réalistes pour que la magie opère. Au-delà du jeu très convaincant des acteurs qui se sont complètement approprié leur rôle, le studio a veillé à soigner son ambiance sonore avec des effets et des bruitages plus que réalistes, et une bande-son rythmée et immersive. Résultat, on a le sentiment non pas d’écouter un livre audio, mais de prendre part à un film, les images se formant d’elles-mêmes dans notre esprit. Et ça, ça change tout dans le plaisir que l’on prend à assister à cette aventure complètement loufoque et décalée.

Les auteurs plongent directement les lecteurs dans une France zombifiée aux côtés de Thomas et David, deux amis qui aimeraient se rendre en Angleterre où le frère de Thomas les attend. Autre fléau, autre temps, mais même lieu de résistance… Mais avant d’atteindre la terre promise, ou plutôt l’île de toutes les convoitises, les deux amis d’enfance vont devoir affronter ces charmantes créatures que sont les zombies. Ils seront heureusement accompagnés par deux personnages rencontrés en cours de route : une fillette, Sophie, et une jeune femme, Laura.

Les personnages sont très différents les uns des autres et plutôt complémentaires même si j’ai regretté que David soit cantonné au rôle du boulet de service. Accro aux jeux vidéo qu’il a une légère tendance à confondre avec la réalité, il semble parfois complètement déconnecté de la réalité. Cet aspect de sa personnalité apporte un certain comique, mais a fini par me lasser d’autant qu’en plus de ne servir à rien, il adore se plaindre… En cas d’apocalypse zombie, je me sentirais donc bien plus en sécurité auprès de Thomas qui lui a les pieds sur terre et qui, sans être parfait, a quand même bien plus de bon sens et de sens pratique que son comparse. Mais c’est bien Laura et son esprit d’initiative qui suscitent le plus l’admiration. Brute de décoffrage, la jeune femme affronte toutes les situations, même les plus dangereuses, sans sourciller et avec un certain aplomb ! Avec elle, les zombies, mais pas que, n’ont qu’à bien se tenir ! Sophie, quant à elle, apporte une bonne dynamique au groupe qui veille sur elle bien qu’on soit en droit de se demander si ce n’est pas plutôt elle qui veille sur lui. Pleine d’entrain et d’impertinence, cette enfant, psychopathe sur les bords, vous réservera quelques surprises…

Le quatuor va traverser des situations extrêmes et variées dont le côté loufoque ne pourra que vous faire sourire. Car si les zombies sont au menu, nous sommes avant tout ici dans un road trip burlesque qui ne manque pas de charme. L’humour omniprésent est d’ailleurs ce qui m’a permis d’apprécier l’histoire n’étant pas une grande fan des histoires de zombie quand elles sont traitées de manière conventionnelle. En plus de se moquer gentiment des classiques et des poncifs du genre en les poussant à l’extrême, les auteurs nous offrent une jolie plongée dans la culture populaire avec, entre autres, de nombreuses références à des jeux vidéo que l’on connaît tous plus ou moins, même si ce n’est que de nom… Au passage, ils ne manquent pas d’évoquer l’actualité avec notamment l’apparition de gilets jaunes qui pourra faire grincer quelques dents, mais qui m’a beaucoup amusée, ou encore cette question des réfugiés dont le parallèle avec la situation dans laquelle se trouvent nos personnages est plutôt bien amené… En plus de quatre heures, bien d’autres sujets sont évoqués avec dérision et parfois un certain cynisme, mais pour les découvrir, reste à vous jeter sur ce livre audio d’un genre nouveau.

La construction du livre en dix chapitres de vingt à trente minutes m’a beaucoup plu puisqu’elle permet à chacun de caser facilement l’écoute d’un ou plusieurs chapitres dans son emploi du temps sans avoir la frustration de devoir s’arrêter en plein milieu d’une scène décisive. J’ai également apprécié le rythme de ce récit qui ne souffre d’aucun temps mort, les péripéties et les rencontres, plus ou moins sympathiques, s’enchaînant les unes à la suite des autres jusqu’à la révélation finale. J’ai d’ailleurs trouvé la fin peut-être un peu expéditive, mais elle reste dans la lignée de l’histoire, complètement barrée !

Seuls deux points ne m’ont pas permis d’avoir un coup de cœur pour ce livre audio que j’ai pourtant pris beaucoup de plaisir à découvrir : la voix criarde et aigüe de Sophie qui finit par devenir difficilement supportable même si elle correspond assez bien à l’idée que l’on pourrait se faire du personnage. Et l’humour qui, au bout d’un moment, m’a parfois semblé too much, certains gags étant répétitifs, et l’abus de clichés/caricatures lassant… Mais c’est un point très personnel, et je ne doute pas que d’autres apprécieront la manière dont les auteurs jouent cette carte à fond.

En conclusion, grâce à un sublime travail sur l’ambiance sonore et les voix des personnages, Dernière Terre fut une expérience d’écoute ébouriffante, originale et complètement immersive. Si vous aimez ou souhaitez découvrir les livres audio, je ne peux que vous encourager à vous laisser tenter, et ceci, que vous appréciiez ou non les zombies puisque pris dans le feu de l’action et charmé par l’humour corrosif des auteurs, vous ne devriez pas voir le temps passer. Amateurs d’horreur et d’humour, vous avez trouvé votre prochaine « lecture » !

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