L’ombre de la menace, Rachel Caine

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir L’ombre de la menace de Rachel Caine.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains

La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial.
Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie.
Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…

Archipel (11 septembre 2019) – 336 pages – Broché (20,99€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Sebastian Danchin

AVIS

Après en avoir entendu bien des louanges, j’attendais énormément de ce thriller, et je dois admettre ne pas avoir été déçue par la manière dont Rachel Caine a su construire un récit prenant et haletant qui pousse les personnages dans leurs retranchements ! Et cela commence dès le début de l’histoire où l’on assiste, impuissant, à la pulvérisation de la vie de Gina.

Mère de famille heureuse, elle était loin de se douter que son quotidien n’était que pur mensonge, un mensonge fabriqué de toutes pièces par l’esprit complètement dérangé de son mari. Un psychopathe froid, manipulateur et démoniaque dont le passe-temps favori était de kidnapper et de torturer minutieusement et méticuleusement des jeunes femmes avant de les tuer…

Accusée de complicité, quand son seul crime fut la naïveté, elle sera acquittée, mais à quel prix ? Conspuée, menacée et poursuive par des personnes déchaînées prêtes, du moins verbalement, à toutes les horreurs, Gina sera contrainte de fuir avec ses deux enfants. Mais comment se (re)construire quand vous passez votre vie à fuir, à craindre tout le monde, à vous réinventer une identité à chaque déménagement, à refuser de créer des liens avec de nouvelles personnes… ?

La force de ce roman est de plonger les lecteurs dans la vie de cette famille qui lutte, jour après jour, pour survivre malgré le passé et cette instabilité qui ne lui permettent pas de vivre une vie normale. Gwen est une véritable lionne qui fait de son mieux pour tenir éloigner ses enfants de toute la haine que sa famille suscite. Car si son mari est condamné à mort, la vindicte populaire n’en est pas pour autant apaisée… Entre le cyberharcèlement, les menaces de mort, de viol et de torture, Gwen ne peut relâcher son attention un seul instant sous peine de mettre en danger les siens.

Une situation d’autant plus intenable qu’elle affecte ses enfants de plus en plus perturbés par les règles de sécurité draconiennes imposées par leur mère, l’absence de repères, de racines et de liens sociaux. En protégeant leur vie coûte que coûte, Gwen les fait donc également souffrir… Alors peut-être que cette maison achetée à Stillhouse Lake pourrait être enfin leur foyer, un endroit calme où repartir de zéro. C’est en tout cas ce qu’elle espérait jusqu’à ce qu’un cadavre soit retrouvé près de chez elle !

À partir de là, le suspense monte crescendo, l’ombre de l’ex-mari psychopathe planant plus que jamais sur la vie de cette famille qui a tout fait pour briser ses chaînes. Ce meurtre est-il un pur hasard ou la preuve que Mel Royal n’en a pas fini avec les « siens ». Si tel est le cas, que veut-il, et surtout, comment s’y prend-il pour, depuis les murs de sa prison, continuer à propager le mal ?

Une question qui nous pousse, comme Gwen, à devenir parano au point de nous méfier de chacun des personnages qui évolue autour d’elle et de ses enfants. Qu’en est-il de ce sympathique gérant de l’école de tir où elle s’entraîne, de ce charmant voisin qui l’aide pour les réparations de sa maison et semble avoir noué de bonnes relations avec ses enfants… L’autrice sème, avec un certain talent, le doute dans l’esprit de ses lecteurs même si mes soupçons se sont révélés fondés. Cela ne m’a toutefois pas dérangée d’autant que je n’ai pas eu de certitude avant la fin du roman et que je n’avais pas anticipé certaines révélations dont l’une que j’ai trouvée particulièrement effroyable.

L’autrice prend le temps de poser son intrigue, ce qui nous permet d’entrer de plain-pied dans la psychologie de Gwen pour laquelle on développe rapidement une totale et sincère admiration. Malgré l’adversité, les dangers, les doutes, les tensions et parfois les reproches de ses enfants, elle ne baisse jamais les bras, et se refuse à s’enfermer dans le rôle de la victime. En découvrant, il y a quatre ans, la vérité sur son mari, elle a enterré sa vie d’avant, mais aussi cette passivité qui la caractérisait. Adieu Gina, la femme naïve et soumise, et bienvenue Gwen la battante !

Un changement d’autant plus remarquable que l’ombre de Mel est tenace et difficile à effacer. J’aurais apprécié que les passages et les confrontations avec ce diable à visage humain soient plus nombreux, mais bien qu’il soit en prison, sa présence se fait lourde et palpable. Si Gwen ne ressent que de l’horreur pour cet homme, la situation est plus ambivalente pour ses enfants, et notamment pour son fils. Celui-ci n’a pas eu la possibilité de faire le deuil de ce père aimant et doux que Mel s’évertuait à jouer… J’ai trouvé cette ambivalence des sentiments intéressante d’autant qu’elle soulève une autre question : est-il réellement souhaitable de cacher à l’enfant toutes les atrocités commises par son père ? Cela ne risque-t-il pas de le conforter dans une image faussée de son père avec, à terme, des conséquences difficiles à gérer ?

Une question parmi tant d’autres, car en plus de nous divertir, ce thriller des plus efficaces a le mérite de nous faire réfléchir à différentes notions comme la responsabilité, le sentiment de culpabilité, la vengeance, le cyberharcèlement… Le déferlement de haine virtuelle contre Gwen et ses enfants est effrayant d’autant qu’il semble possible et plausible. On arrive à comprendre que les familles des victimes doutent de l’innocence de Gwen, après tout, contrairement aux lecteurs, ils ne la connaissent pas. Difficile alors pour eux d’imaginer qu’une femme ait pu vivre auprès d’un monstre durant des années sans le percer à jour, ou pire, l’aider. Même Gwen n’en revient toujours pas et ne se pardonne pas son aveuglement. Mais comment accepter toutes ces personnes qui, sous prétexte de venger des victimes dont elles se moquent éperdument, laissent parler leur violence, leur méchanceté, leur perversion, leur haine des femmes… Il n’y a définitivement pas qu’un monstre dans cette histoire !

À noter que ce roman se suffit à lui-même, mais la fin laisse entrevoir une suite que je lirai avec plaisir.

En conclusion, L’ombre de la menace porte particulièrement bien son nom puisque durant toute la lecture, on perçoit avec une grande acuité la présence de Mel Royal, un tueur en série qui, même derrière les barreaux, continue à phagocyter sa famille. Entre la présence vaporeuse de ce monstre et les menaces immondes émises par des personnes tout aussi malfaisantes que ce dernier, la vie de Gwen et de ses enfants est sur le fil du rasoir… Riche en rebondissements, en tension et en suspense, voici un thriller haletant dont votre cœur ne devrait pas sortir indemne !

Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

AVIS

Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne

 

 

Sous les apparences, Sullian Loussouarn

Sous les apparences (Graines d'écrivains) par [Loussouarn, Sullian]

Je remercie Babelio et IS éditions de m’avoir fait parvenir, dans le cadre d’une Masse critique Babelio, Sous les apparences de Sullian Loussouarn.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jonathan, la quinzaine, fait sa rentrée à Ardenne, une petite ville dominée par quelques dynasties bourgeoises. Le garçon, du genre surdoué, le nez toujours plongé dans ses livres, n’a pas le caractère frivole des adolescents de son âge et a toujours été moqué et rejeté. C’est pourquoi ses parents aisés, vivant en Italie, lui ont accordé un éloignement et une indépendance relative puisqu’il est surveillé de près par Ella, une amie de sa mère.

Dès le premier jour, Jonathan est fasciné par la beauté de Selenna, une jeune fille aveugle de sa classe. Celle-ci est mise à l’écart par tout le lycée et même toute la ville, pour un événement datant de deux ans ayant entraîné sa cécité. Lui, va à sa rencontre, l’aide, la défend et tombe vite amoureux. La famille de Selenna est méfiante, puis cède devant la sincérité du garçon.

Au fil du trimestre, commence à se dévoiler la chape de secrets qui entoure Selenna et plombe la ville. Pire, quelqu’un cherche à la tuer. Que s’est-il donc passé deux ans auparavant ? Pourquoi toute la ville lui en veut-elle ?

Dans « Sous les apparences » du jeune et prometteur Sullian Loussouarn, plongez-vous dans une atmosphère mystérieuse et étouffante, savourez les révélations au compte-goutte distillées par l’auteur et découvrez des personnages aux personnalités sensibles et complexes.

 

IS Édition (30 novembre 2018) – 330 pages – Broché (20€) – Ebook (4.99€)

AVIS

Je dois avouer qu’en plus du résumé, c’est la très belle couverture et son jeu de miroir qui ont attiré mon attention. Malheureusement, ma lecture fut en demi-teinte : si j’ai apprécié la forme, le fond m’a laissé un sentiment bien plus mitigé… 

À la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire rythmée par l’amour bien sûr, mais surtout par le suspense, le danger et la tension. Or ce ne fut point le cas, l’auteur étant tombé, du moins pour moi, dans le piège du tome d’introduction. C’est simple, il ne se passe rien ou presque !

J’ai espéré durant de nombreux chapitres que l’intrigue décolle, mais ce n’est jamais arrivé. Pendant plus de trois cents pages, on suit juste un adolescent, Jonathan, qui tombe amoureux d’une fille rejetée par ses camarades, la belle et aveugle Selenna. Le jeune homme se pose des questions autant sur la raison de la haine que la jeune femme suscite que sur ses propres sentiments à son égard. D’ailleurs, il lui faudra plus de 150 pages pour comprendre qu’il l’aime quand le lecteur le comprend dès la première rencontre ou presque…

Le récit est donc plutôt plat même si je reconnais qu’il se dégage un certain mystère autour du personnage de Selenna. On essaie donc, comme Jonathan, de cerner la personnalité de cette dernière et de démêler le vrai du faux. A-t-elle été, par le passé, aussi mauvaise que toute la ville semble le penser et qu’a-t-elle bien pu faire pour que tout le monde la haïsse autant ? Mais le suspense apporté par la jeune femme et son passé est bien trop dilué dans une avalanche d’informations peu intéressantes sur le quotidien de Jonathan et ses questionnements amoureux pour qu’il attise réellement la curiosité des lecteurs.

Selenna n’est pas un personnage assez consistant pour que l’on s’attache à elle malgré ses malheurs, mais elle a le mérite de permettre à l’auteur d’aborder des notions intéressantes comme la rédemption et la capacité de changer. Peut-on vraiment changer et surtout, ce changement peut-il suffire à faire oublier les erreurs et les méchancetés du passé ? Chacun aura, comme dans le roman, sa propre opinion sur le sujet… De la même manière, à travers l’agression de la jeune femme qui lui a coûté la vue, est évoqué un phénomène révoltant qui est malheureusement toujours d’actualité. J’aurais apprécié un peu plus de subtilité dans le traitement du sujet (je pense notamment à une phrase qui m’a paru très maladroite), mais l’auteur a le mérite d’avoir osé en parler.

Sullian Loussouarn a commencé l’écriture de son roman à l’âge de 13 ans et a été « inspiré du garçon qu’il aurait toujours voulu être, et des mystères et secrets issus de ses séries préférées ». Et cela se ressent dans le texte. L’histoire se déroule en France, mais on a clairement le sentiment d’être aux États-Unis, un peu comme si l’auteur n’avait pas réussi à choisir un lieu pour son intrigue. Ce décalage m’a parfois agacée, mais le plus gênant, c’est qu’on a l’impression que l’auteur, à travers Jonathan, nous narre ses propres fantasmes : élève studieux et d’une intelligence rare (on se demande d’ailleurs pourquoi il continue ses études), doué en langue, beau gosse, mature, ayant des parents richissimes qui le laissent habiter tout seul à l’autre bout du pays malgré ses quinze ans (oui, il a vaguement une chaperonne, mais ça paraît léger comme mesure de sauvegarde)…

Ce manque de réalisme m’a empêchée de m’attacher au personnage bien que, paradoxalement, je me sois parfois retrouvée en lui : élève sérieuse adorant les livres et ne recherchant pas particulièrement le contact avec les autres pas toujours très sympathiques avec les « intellos », adolescente peu intéressée par les sujets qui passionnaient les autres personnes de mon âge… J’ai, en outre, apprécié que l’auteur fasse transparaître dans ses dialogues la personnalité de Jonathan : il s’exprime parfois de manière soutenue, du moins bien moins familièrement que ses camarades, mais ça semble totalement naturel. D’ailleurs, certaines de ses formulations auraient pu être les miennes à son âge. Cet aspect permet de renforcer le décalage que ressent Jonathan par rapport à ses camarades. Pas d’attachement donc, car ce personnage était bien trop irréel pour moi, mais une vraie empathie et un plaisir certain à le voir, petit à petit, sortir de sa coquille et se faire quelques amis.

Vous aurez compris que je n’ai pas été très emballée par l’histoire même si j’en ai apprécié la fin et la manière dont l’intrigue est relancée dans les dernières pages. En revanche, il y a un point qui m’a complètement séduite et qui m’a poussée à terminer jusqu’au bout ma lecture : la plume de l’auteur ! Je n’aime pas parler de l’âge trouvant qu’on frôle rapidement la condescendance, mais force est de constater que je suis impressionnée par la beauté et l’élégance qui se dégagent du style de l’auteur qui est pourtant très jeune. C’est très bien écrit, les tournures de phrases sont fluides et agréables à lire, le vocabulaire riche et précis ! Je n’ai pas retrouvé cette lourdeur caractéristique des personnes qui tentent en vain de coller à un style qui n’est pas le leur. Au contraire, on sent ici que Sullian Loussouarn a su développer et affûter, au fil des années, ses talents d’écrivain pour nous offrir un style tout en finesse et plein de charme !

En conclusion, avec Sous les apparences, l’auteur prend le temps de poser le décor de son intrigue, peut-être d’ailleurs un peu trop puisque se dégage une impression désagréable de faire du surplace à mesure que les pages défilent. Ce manque d’action couplé à un héros bien trop parfait pour être réaliste ne permettent pas vraiment de s’impliquer dans le récit. Ce roman possède néanmoins un atout charme de taille, la plume de l’auteur d’une élégance et d’une fluidité qui rendent les événements, à défaut d’être passionnants, très agréables à parcourir. Si le fond est à mon sens bien trop plat pour offrir un réel intérêt, c’est, au niveau de la forme, un sans-faute.

Retrouvez le roman sur le site d’IS édition.

 

10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse, Laurence Colin

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Même si elle fait des efforts pour le cacher, la maîtresse n’est pas celle qu’on croit. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime tant !

Évidence éditions (5/12/201/) -56 pages – Broché (8€) – ebook (3.99€)

AVIS

En recherche d’un livre pour le thème de janvier du Challenge Lire en thème (lire un livre avec un chiffre ou un nombre dans le titre), j’ai jeté mon dévolu sur ce petit album dont le titre et le résumé me plaisaient bien.

Un bon choix puisque j’ai passé un joli moment de lecture auprès de ces jeunes élèves qui, il n’y a pas à en douter, ont l’imagination fertile ! À partir de différentes situations, ils imaginent des raisons expliquant le comportement de leur maîtresse, une maîtresse qu’ils aiment beaucoup d’ailleurs. C’est toujours très amusant, voire cocasse, et parfois non dénué d’une certaine logique. Ainsi, si la maîtresse lit des histoires, c’est parce que, comme ses élèves, elle n’aime pas beaucoup travailler, et si elle fait semblant de ne pas entendre la cloche, c’est pour une raison quelque peu inattendue….

capture d_écran (45)

La présentation de l’ouvrage, un dessin d’un côté et quelques lignes de texte de l’autre, le rend très accessible aux jeunes lecteurs qui devraient, en outre, facilement s’identifier aux différents élèves que l’on rencontre au fil des pages. Une petite lecture immersive qui me semble donc parfaite pour les enfants découvrant la lecture même si, bien sûr, la présence d’un adulte pour partager ces petits moments de rire est toujours un gros plus.

Le livre est à destination des enfants à partir de 6 ans, mais cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture. Il faut dire qu’à l’instar de ces ouvrages reprenant les « bons mots » des enfants, cet album apporte un peu de cette fantaisie enfantine qui égaie le quotidien. Quant aux maîtresses et aux maîtres, je ne doute pas qu’ils soient conquis par cet album imaginé par Laurence Colin, maîtresse de profession.

Pour ma part, j’ai été attendrie par ces enfants qui, en plus de nous faire sourire par leurs explications amusantes sur le comportement de leur maîtresse, sont d’une telle tendresse envers cette dernière qu’ils en deviennent touchants. J’espère d’ailleurs que les personnes travaillant avec des enfants ont ou auront la chance d’en rencontrer d’aussi adorables.

J’ai également été séduite par les illustrations lumineuses et tout en rondeurs qui représentent à merveille l’univers de l’enfance. Elles collent donc parfaitement à l’ambiance qui se dégage du livre et contribuent fortement au plaisir que l’on prend à faire défiler ses pages.

capture d_écran (50)

En conclusion, 10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Envie de découvrir l’album ? Rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

Challenge Lire en thème 2019

Je renouvelle avec plaisir ma participation au Challenge Lire en thème imaginé par Lire sous la lune.

L’objectif est de lire un livre en fonction d’un thème donné, thème issu d’un vote entre plusieurs propositions.

Pour plus d’informations, n’hésitez pas à aller sur Lire sous la une ou sur sa page FB.

Si vous aimez les défis littéraires participatifs et sans aucune pression, ce challenge est fait pour vous ! Vous pouvez participer quand le thème vous inspire, quand vous en avez le temps…

Et cerise sur le gâteau, Cath vous propose chaque mois une large sélection d’ouvrages de manière à vous donner quelques idées de lecture pour le challenge.

Et vous, avez-vous envie de nous rejoindre dans ce challenge ?

Reine d’Égypte, Chie Inudoh

J’ai lu ce manga dans le cadre du Challenge Lire en thème dont le thème du mois d’octobre est de lire un livre dont la couverture comporte un visage en gros plan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hatchepsout, ou le combat d’une reine au temps des Pharaons !

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmôsis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ?
Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée, à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux.

  • Broché: 190 pages
  • Editeur : Ki-oon (9 mars 2017)
  • Traduction : Fedoua Lamodiere
  • Prix : 7.90€

TRAILER

 

AVIS

Sur le papier, ce manga avait tout pour me plaire : une héroïne forte qui lutte pour se faire sa place dans l’Égypte ancienne. Et dans les faits, le plaisir pris à découvrir cette histoire fut total !

Le gros point fort de ce manga est Hatchepsout, jeune femme destinée à devenir reine d’Égypte quand elle aurait souhaité être pharaon. Cette héroïne porte à bout de bras l’intrigue tellement l’autrice a travaillé et façonné son personnage pour le rendre fascinant, pétillant, attachant et émouvant.

Hatchepsout n’a qu’un objectif dans la vie : s’affranchir des conventions et devenir pharaon afin de faire honneur à ce titre que son sexe ne lui permet hélas pas de revendiquer. Pour cela, elle n’hésitera pas à rompre avec l’image féminine que sa famille souhaiterait qu’elle donne, se comportant, selon le dire de ses servantes et de son demi-frère, en garçonne. Mais peu importe pour la future reine qui mise plutôt sur sa force que sur sa beauté. Et c’est ce qui fait son charme ! Que c’est plaisant de voir une jeune femme qui tente d’imposer sa propre personnalité à un entourage qui attend d’elle un total dévouement à son futur époux, son demi-frère Séthi.

Au fil du temps, on la voit néanmoins se conformer à l’image que l’on attend d’une future reine. Sous ses sourires, se dessine alors ce voile de tristesse qui viendra ternir et assombrir son regard. Mais Hatchepsout n’a pas renoncé à sa liberté !  Une fois devenue reine, elle continuera son combat pour lutter contre l’ordre social et les conventions d’autant que son demi-frère, devenu pharaon grâce à elle, ne semble aucunement mériter ce titre. Une injustice qui renforce l’envie de la reine de prendre la place de son demi-frère/mari.

Dès ma rencontre avec cette héroïne, j’ai admiré son audace et sa force de caractère qui m’ont émue et inspirée. La personnalité hors norme de cette femme qui lutte contre la société et ses préjugés m’a donné envie de me jeter sur la suite de la série. J’espère sincèrement que l’auteure continuera dans sa lignée en nous proposant des intrigues et des épreuves à la hauteur d’une grande reine qui mérite bien plus que ce titre.

Quant à Séthi, qui deviendra l’héritier légitime du trône sous le nom de Thoutmôsis II, il semble bien pâle au regard de la personnalité pleine d’exubérance de son épouse. Les illustrations le présentent d’ailleurs sous un jour peu flatteur : avec un regard niais à la limite du bovin, il n’inspire pas vraiment le respect. Facile donc de comprendre que Hatchepsout n’a pas envie de laisser son royaume aux mains d’un être manquant tellement de grandeur et d’une vision éclairée pour assurer la souveraineté de l’Égypte…

J’ai quelque peu regretté que Thoutmôsis n’ait pas plus de consistance dans ce tome puisqu’il ne m’a pas paru être un antagoniste à la hauteur de Hatchepsout . La jeune femme semble donc plus en prise contre ses doutes et les conventions sociales que contre son frère qui lui laisse une relative autonomie. Mais je ne doute pas que les rapports entre les deux personnages se complexifient par la suite…

J’ai décidé de centrer ma chronique sur son héroïne, car pour moi, c’est elle qui porte le manga et c’est la raison principale qui va me pousser à dévorer tous les tomes. Mais le manga ne manque pas d’autres atouts : le lieu de l’action avec cette Égypte qui fascine, des informations historiques qui sont distillées avec parcimonie et subtilité, de somptueux décors et bijoux/vêtements, des dessins d’une grande précision et de toute beauté, un récit rythmé, l’introduction d’un personnage assez mystérieux mais qui semble aussi avoir son caractère… Tous ces éléments contribuent à rendre ce manga immersif et envoûtant.

En résumé, Reine d’Égypte est un manga que je conseillerais à tout le monde tellement le travail réalisé par l’autrice sur son héroïne est remarquable. Si vous aimez les personnages forts avec leurs moments de doute, mais surtout une volonté de fer, vous allez adorer vous plonger dans cette aventure. Et puis, sans être une spécialiste de l’époque, l’autrice semble avoir fait un réel travail de recherche retranscrivant à merveille l’ambiance si particulière de l’Égypte ancienne. Un sens du réalisme qui donne une autre dimension à cette série !

Et vous, le manga vous intéresse ?
Retrouvez-le chez votre libraire ou sur Chapitre.com.

 

À la rescousse de Nathan et de son papa, Viviane

À la rescousse de Nathan et de son papa - (adapté aux lecteurs dyslexiques) ebook by Viviane

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir À la rescousse de Nathan et de son papa de Viviane, livre publié dans la collection Farfadet.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Lire en thème dont le thème du mois est Lire un livre avec un chat sur la couverture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nathan et son papa vivent paisiblement dans une maison à la campagne. Jusqu’au jour où le nouveau propriétaire et sa méchante fille viennent prendre possession des lieux. Alors que Nathan et son papa se préparent à déménager, les amis du petit garçon mettent sur pied un plan pour faire fuir les nouveaux locataires.

  • Date de sortie :  19 septembre 2018
  • NB page en version numérique : 32
  • Prix : 2.99€
  • Version papier : 8€

AVIS

Quand j’ai découvert ce livre et sa jolie couverture, j’ai tout de suite eu envie de le lire d’autant que destiné aux enfants à partir de 5 ans, j’étais certaine de le lire rapidement. Et puis ayant bien apprécié Une plume sur l’épaule, j’étais curieuse de découvrir un autre roman de l’autrice.

Nous faisons ici la connaissance d’un trio de joyeuses souris qui s’est mis en tête de raconter les (més)aventures de Nathan et de son papa dans le cadre d’un concours lancé par une maison d’édition. Un sacré défi pour ces souris qui le relèvent haut la main, je vous rassure.

Petit flash-back donc, avec comme toile de fond, un bouleversement dans la vie de Nathan et de son papa condamnés à quitter leur maison en Normandie au profit du fils de l’ancienne propriétaire, M. Richard. Un coup dur pour ces deux hommes, mais aussi pour toute la maisonnée constituée de trois souris et d’un chat nommé Picasso.

Laissant de côté le supposé antagonisme entre chats et souris, les quatre animaux décident de collaborer et de mettre en place un plan pour chasser les « importuns ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils ont de l’imagination et les relations nécessaires pour concrétiser leurs idées !

C’est donc avec amusement que l’on découvre M. Richard et sa fille se faire « malmener » par les petits êtres de la maison. On ne peut que trouver savoureux les tours que Picasso et ses amis jouent à ces méprisables personnages qui se révèlent particulièrement odieux, impolis et sans-gêne. Mais je vous rassure, cela reste finalement bon enfant et terriblement amusant, du moins, pour les lecteurs.

En plus de la solidarité entre les animaux plaisante à découvrir, j’ai trouvé très touchante la relation entre Nathan et son père. J’ai donc été ravie de voir que les animaux de la maison prenaient les choses en main afin que le père et le fils puissent continuer à vivre heureux dans leur maison. Pas de doute, ici, ce sont bien les animaux les héros !

Petit bonus fort appréciable, surtout pour un livre à destination des enfants, quelques illustrations de Béatrice Manis viennent égayer le livre et le rendre encore plus plaisant à lire. Le trait est simple, mais il dégage une douceur qui devrait séduire aussi bien les enfants que les adultes.

sans-titre

 

A noter que le livre est adapté aux lecteurs dyslexiques ce qui se traduit par une police d’écriture spéciale. Une démarche que j’apprécie toujours beaucoup.

Capture ddddd_écran (32)

En conclusion, si vous avez envie d’une petite histoire mignonne à souhait qui ne manque ni d’humour ni de mordant, À la rescousse de Nathan et de son papa devrait vous plaire. Destiné à un jeune public, ce livre pourra se lire seul ou en famille pour le plus grand plaisir des petits et des grands.

Et vous, avez-vous envie de découvrir À la rescousse de Nathan et de son papa ? Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

logo-challenge

Araminta Spookie – Tome 1 : Ma maison hantée, Angie Sage

Quand j’ai découvert le thème du Challenge Lire en thème de mai, lire un livre dont le nom de l’auteur commence par S, j’ai tout de suite pensé à ce roman dont la couverture m’a complètement fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une dose de famille Adams, une pincée de Petit Nicolas, et une cuillerée de Fifi Brindacier: un mélange détonant nommé Araminta Spookie !

Araminta Spookie habite une maison biscornue avec sa tante Tabby, une femme très sèche et aimante, et son Oncle Drac, éleveur de chauves-souris. Araminta voudrait que sa maison soit hantée et elle passe son temps à rechercher d’éventuels fantômes, des loups-garous et autres vampires. Elle possède des panoplies en tout genre pour mener ces chasses incongrues, mais pour l’instant, en vain. Tante Tabby, fatiguée de réparer inlassablement la chaudière, décide de vendre la maison. De plans complètement loufoques en embuscades colossales et drôles, nous suivons la lutte d’Araminta, prête à tout pour garder sa drôle de maison.

  • Relié: 160 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Editeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Araminta coulait des jours heureux avec sa tante Tabby qui aime à se battre avec la chaudière et son oncle, amateur de chauve-souris dans l’âme, jusqu’à ce que sa tante lui annonce son intention de vendre la maison. Hors de question pour la jeune fille qui aime sa maison hantée, bien qu’elle n’y ait encore jamais vu de fantômes, de partir de chez elle ! Elle va donc tout mettre en œuvre pour faire fuir les agents immobiliers et les potentiels acheteurs.

Et le moins que l’on puisse dire, c’est que la jeune fille a beaucoup d’imagination et de la suite dans les idées. C’est donc avec plaisir qu’on la suit dans ses aventures consistant notamment à se déguiser en fantôme ou à réunir le maximum d’ingrédients bien dégoûtants et gluants, et à les envoyer depuis un endroit stratégique sur les visiteurs. Deux stratégies efficaces puisque la plupart d’entre eux fuient la maison « hantée » sans se retourner, mais ça c’était avant de tomber sur des acheteurs plutôt étranges…

Bien que polissonne, il est difficile de ne pas s’attacher à Araminta même si elle se montre assez pénible avec sa tante, déjouant tous ses plans pour rendre la maison la plus attractive possible. En plus d’avoir des idées farfelues et une imagination débordante, elle est plutôt amusante, voire impertinente, puisqu’elle n’a pas vraiment la langue dans sa poche. Alors même qu’on devrait être du côté de la tante, la seule adulte responsable du livre, on ne peut donc pas s’empêcher de souhaiter bonne chance à la jeune fille dans ses tentatives de faire capoter le projet de vente.

Elle va d’ailleurs trouver un soutien quelque peu inattendu dans cette entreprise, mais je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que la maison hantée qui n’est pas hantée est peut-être finalement bien soumise à des forces surnaturelles… Pour en apprendre plus, il vous faudra vous plonger dans cette petite lecture jeunesse qui devrait faire sourire les enfants et les adultes qui ont gardé leur âme d’enfant. L’histoire est toute mignonne et plutôt enfantine, mais en gardant cela en tête, un adulte pourra, en effet, savourer les péripéties d’une jeune fille têtue, mais amusante. Certains enfants pourront également se retrouver dans cette héroïne qui ne veut pas déménager, un déménagement pouvant être une étape assez difficile dans la vie d’un enfant.

À noter que le roman est agrémenté d’illustrations en noir et blanc ce qui en facilitera la lecture pour les enfants tout en leur permettant de s’immerger encore un peu plus dans ce récit mené tambour battant. Les idées, ou plutôt bêtises d’Araminta, s’enchaînent, en effet, à une vitesse folle, ce qui assure un rythme de lecture rapide que l’on soit petit ou grand. Quant à la plume de l’auteure, elle est efficace avec ce qu’il faut de rythme, d’humour et de concision pour happer l’attention des jeunes lecteurs dès les premières pages.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

La fin, avec ses deux petits retournements de situation, m’a bien plu. Elle a le mérite de montrer qu’il faut parfois apprendre à lire entre les lignes, les apparences pouvant être trompeuses, et que l’amitié peut frapper quand on s’y attend le moins. Le final promet également de nouvelles péripéties riches en actions et, probablement, en bêtises !

En conclusion, Araminta Spookie est une jeune héroïne que j’ai pris grand plaisir à découvrir. Amusante et attachante, nul doute que sa personnalité hors norme et son amour des fantômes sauront séduire les jeunes lecteurs et, peut-être, leurs parents à condition que le côté enfantin de la narration et de l’histoire ne les gêne pas. Pour ma part, c’est exactement le genre de petits romans que j’aime lire entre deux lectures plus sérieuses. Je continuerai donc la série avec plaisir d’autant que Nathan a fait un très joli travail d’édition.

Et vous, envie de feuilleter ou de découvrir Araminta Spookie ? Visitez le site des éditions Nathan.

logo-challenge

 

A cheval tome 1 : Hip Hippique, Hourra ! , L. Dufreney et Miss Prickly

J’avais déjà croisé la série A cheval en librairie et chez France Loisirs, mais c’est l’opération 48h BD qui m’a donné envie d’acheter et de me plonger dans ce premier tome.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est la rentrée au club ! Les jeunes cavaliers font connaissance avec Bijou le poney grincheux, Cookie le gourmand, Kamboui le crado, Xanax le trouillard ou encore Flash, le pur-sang électrique à la technique de saut d’obstacles très particulière ! Une joyeuse bande de chevaux et poneys hauts en couleur qui, entre deux cours d’équitation, blaguent, observent et mènent la vie dure aux cavaliers !

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Delcourt (2 septembre 2015)
  • Prix (hors 48h BD) : 10,95€

AVIS

J’aime les animaux, mais j’avouerai ne jamais avoir été particulièrement passionnée par les chevaux ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir adoré cette BD dans laquelle l’humour est omniprésent. Cela commence d’ailleurs avec le titre Hip Hippique, Hourra ! qui ne peut que prêter à sourire. Et ce n’est qu’un début puisque les lecteurs vont avoir la chance de découvrir une galerie de chevaux et de poneys hauts en couleur et surtout très drôles. Chacun d’entre eux a sa propre personnalité ce qui permettra aux lecteurs de vite se repérer parmi tous ces protagonistes d’autant que la maison d’édition a pensé à tout en insérant, en début d’ouvrage, une petite galerie des personnages…

wp-image-571252470

On a ainsi le peureux, le sportif, le gourmand, celui qui aime se rouler dans la boue, l’hyperactif, la grande timide, l’Américain qui a gardé son accent et son envie de parquer le bétail comme le découvriront, à leurs dépens, les enfants…

J’ai préféré certains personnages à d’autres, mais il n’y en a aucun qui ne m’a pas fait sourire voire franchement rire. Il faut dire que l’auteur, en donnant des traits de personnalité humains à des chevaux et des poneys, rend les différentes scènes constituant l’ouvrage très amusantes. Les rôles étant inversés, ce ne sont pas les deux pattes qui commentent la vie au centre d’équestre, mais bien les quatre pattes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos équidés ne manquent pas de mordant et d’humour ! Certaines scènes, comme l’arrivée des nouveaux membres humains du centre d’équestre, donnent d’ailleurs lieu à des commentaires plutôt amusants, voire cocasses, de leur part. Mais nos facétieux chevaux et poneys ne font pas qu’observer puisqu’ils n’hésitent pas à mener par le bout du nez ces petits humains qui veulent s’initier à l’équitation… Ceux-ci vont donc vite découvrir qu’apprendre à monter à cheval requiert de la patience et de la persévérance.

Si cela m’a un peu étonnée au début de la lecture, j’ai apprécié que le scénariste ne nous propose pas une histoire à proprement parler, mais une suite de scènes, certaines étant plus ou moins liées. La lecture n’en est que plus fluide et rythmée, ce qui devrait d’ailleurs permettre aux jeunes lecteurs de s’immerger assez facilement dans la BD. Quant aux illustrations, j’ai aimé leur aspect un peu cartoon qui donne l’impression d’être devant un dessin-animé. Les expressions des personnages volontairement exagérées soulignent et renforcent ainsi parfaitement le travail comique effectué par le scénariste. J’aimerais également souligner l’excellent travail de colorisation de Magali Paillat qui, à travers l’utilisation de couleurs vives mais réalistes, contribue fortement à rendre cette lecture immersive et agréable.

A noter en fin d’ouvrage une petite planche explicative qui, je dois bien le reconnaître, m’a été fort utile pour en apprendre un peu plus sur l’anatomie des chevaux et des poneys.

wp-image--92048383

Pour conclure, si vous aimez rire et les animaux, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce premier tome d’une série que je suivrai avec plaisir. Avec des personnages qui ne manquent pas de répartie et d’humour, et des illustrations aussi douces que colorées, le trio scénariste/illustratrice/coloriste vous propose une histoire que l’on peut déguster à tout âge et sans modération.

Et vous envie d’acheter ou de feuilleter ce premier tome de A cheval ?

logo-challengePhoto

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepúlveda

Couverture Le vieux qui lisait des romans d'amour

J’ai eu la chance de trouver ce roman, qui me tentait depuis longtemps, dans une boîte à livres. Je l’ai lu dans le cadre du Challenge Lire en thème et du Challenge Mystère.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

  • Poche: 128 pages
  • Éditeur : Points
  • Prix : 5.90€

AVIS

Le vieux qui lisait des romans d’amour est un roman qui me tentait autant qu’il me faisait peur. J’en avais entendu tellement de bien que mes attentes étaient forcément élevées. Et je dois dire que sans être un coup de cœur, j’ai apprécié cette histoire qui nous fait voyager au cœur de la forêt amazonienne, un décor que l’on a peu coutume de découvrir dans les romans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage se révèle aussi dépaysant qu’immersif. En effet, l’auteur arrive en quelques phrases toujours concises, mais pleines de réalisme, à nous plonger au cœur de cette forêt tant convoitée par les hommes. La faune et la flore nous sont si bien décrites qu’on s’imagine aisément la voir prendre vie sous nos yeux, et le spectacle est grandiose à l’image de cette immense forêt.

Néanmoins, l’auteur n’idéalise pas non plus l’Amazonie ni la vie des Shuars ou des quelques habitants du village El Idilio puisque la vie sur place est rude et pleine de dangers. Pour vivre ou survivre, il vous faudra apprendre à respecter et à connaître cette foisonnante nature, une vérité que les Shuars ont depuis longtemps intégrée. Ce n’est pas forcément le cas des colons ou des chercheurs d’or qui, non contents d’envahir un territoire qui n’est pas le leur, font preuve d’un irrespect total envers leur nouveau lieu d’habitation…

Un comportement qui reste rarement impuni, l’Amazonie n’étant pas un lieu où l’on peut vivre sans respecter ses règles. Et cela, certains colons, chercheurs d’or et autres individus supposés civilisés en feront régulièrement les frais à l’instar de ce chasseur retrouvé mort par des Shuars. Accusés injustement par un maire plus intéressé par son enrichissement personnel que la justice, ces hommes ne seront innocentés que grâce à la perspicacité du « vieux » alias Antonio José Bolivar. Et celui-ci va vite comprendre que le mort a réveillé les instincts meurtriers d’un fauve en s’attaquant à ses petits… Plus ou moins forcé par le maire, le vieux accompagné d’autres hommes se lancera alors dans la traque d’un animal rendu fou par la folie et la bestialité des hommes.

Alors que le fauve tue implacablement des humains, le lecteur ne peut s’empêcher de comprendre son comportement et son raisonnement. On lui a pris les siens alors pourquoi ne pourrait-il pas prendre la vie de ces hommes sanguinaires qui, pour lui, se ressemblent tous ?  Ceci est d’autant plus vrai que dans ce roman, ce ne sont pas forcément les animaux qui sont sauvages, mais plutôt ces « gringo » qui débarquent comme s’ils étaient chez eux et ne respectent rien. A l’exception d’Antonio et d’un dentiste aux méthodes de travail originales, aucun des personnages de l’histoire n’attire donc la sympathie. Certains, comme le maire, attireraient plutôt du mépris. Seule figure d’autorité présente au sein du village, il symbolise ce qu’il y a de pire dans l’exercice d’un pouvoir détourné et dévoyé : lâcheté, corruption, malhonnêteté, obstination sourde face aux événements…

Devant une humanité peu attrayante, on comprend qu’Antonio préfère vivre éloigner des siens et se plonger dans ses romans d’amour où la passion et la découverte des sentiments amoureux des personnages lui permettent d’oublier, pendant un petit moment, la bêtise et la méchanceté humaines. C’est, en outre, intéressant de voir que l’auteur a su mettre en parallèle cet homme bourru et son appétence pour les histoires d’amour avec l’Amazonie, un endroit parfois difficile et dangereux, mais dont la beauté peut charmer. Une dualité qui lie donc notre homme à cette nature qu’il a appris à aimer et à respecter malgré les épreuves qu’elle a pu lui faire subir par le passé.

Avec un titre comme Le vieux qui lisait des romans d’amour, j’espérais que la lecture prenne une place importante dans l’histoire, qu’elle soit sur le devant de la scène plutôt qu’en toile de fond comme c’est le cas ici.  On pourrait estimer que ce qui compte ici, ce sont tous les sujets abordés par l’auteur et la sagesse qui se dégage de son histoire, mais cela ne changerait en rien ma légère déception sur ce point…

J’ai, en revanche, été séduite par le style très vivant de l’auteur ! Empreint d’un certain humour, il a un côté immersif qui vous pousse à vous plonger totalement dans le récit et à vivre les différents événements comme si vous y étiez. Les plongées dans les souvenirs d’Antonio apportent, en outre, un éclairage sur ce que fut sa vie et permettent, dans une certaine mesure, de mieux comprendre ses réactions et son envie de rester à l’écart des autres habitants du village. Cette alternance entre passé et présent dynamisme le récit et lui insuffle un certain rythme d’autant que les événements s’enchaînent rapidement et s’imbriquent parfaitement.

Au-delà de l’action bien présente, il y a également, tout au long du roman, cette idée d’introspection et de réflexion sur la nature, sur les hommes et leur capacité à ruiner ce que le monde leur offre, sur la colonisation, sur la déforestation… Une portée quasi philosophique qui fait toute la richesse et la profondeur du roman, mais qui peut parfois donner le sentiment étrange que malgré l’action, il y a une sorte d’inertie, un rythme différent de celui que nous connaissons dans nos sociétés. Tout se passe à la fois rapidement et presque lentement comme si l’auteur désirait que ses lecteurs s’imprègnent totalement de l’atmosphère si particulière de l’Amazonie.

En conclusion, Le vieux qui lisait des romans d’amour est une très belle histoire qui nous offre une plongée immersive au cœur de l’Amazonie que l’auteur semble prendre à cœur de défendre. Entre des descriptions concises mais percutantes, un humour teinté de cynisme, et un personnage haut en couleur, il signe ici un roman que l’on prend plaisir à lire autant pour l’intrigue que la sagesse qui se dégage du récit.

Photo

logo-challenge