Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps de chroniquer de manière plus classique.


Les trois petits ouvrages présentés dans cet article sont proposés gratuitement (cliquez sur les titres pour les télécharger).

Couverture Teddy The Squirrel Becomes a Pilot
Teddy est un écureuil qui ne s’intéresse pas vraiment aux noisettes ni à l’idée de faire des provisions pour l’hiver. Lui, c’est plutôt un doux rêveur qui s’imagine volontiers en pilote d’avion. Un rêve inattendu pour un écureuil qui ne manque pas de personnalité !

Mais ce qui aurait pu rester une douce lubie va devenir une réalité quand l’avion télécommandé d’enfants jouant dans le parc s’écrase entre les branches d’un arbre….

Voici un mignon petit livre sur le courage et la force des rêves qu’il ne faut jamais abandonner ! Très courte et très accessible au niveau de la langue, l’histoire de cet écureuil et de son frère est parfaite pour une première lecture en anglais. Elle pourrait également séduire les adultes avec une âme d’enfant souhaitant se replonger en douceur dans la langue de Shakespeare.

Le très insolent Harry Watson est surpris à l’annonce du challenge organisé par sa professeure d’économie ménagère : choisir une boîte mystère et utiliser une partie de ses ingrédients dans une recette ! Les fans de MasterChef et autres émissions du genre de sa classe sont ravis, lui beaucoup moins. Mais comme il nous semble un peu râleur cet élève, rien d’étonnant à sa réaction.

La suite des événements, quant à elle, est beaucoup plus inattendue, Harry n’étant pas au bout de ses surprises. Je n’en dirai pas plus sur ce point puisque tout le charme du roman réside dans l’imagination fertile de l’autrice. Il se dégage d’ailleurs un petit air d’Alice au pays des merveilles dans ce récit qui tend quelque peu vers l’absurde, les élèves se comportant de manière plutôt étrange face à une situation qui n’a rien de normale ! Mais je vous rassure, le livre, très accessible, n’est pas aussi déroutant que peut l’être l’œuvre de Carroll Lewis.

Voici une petite histoire sympathique qui devrait vous surprendre et à l’issue de laquelle, vous ne devriez plus cuisiner de la même manière.

Adorant les histoires de sorcières depuis que je suis enfant, le titre et l’image de ce chaudron en pleine ébullition m’ont tout de suite attirée. En aidant sa mère à débarrasser et nettoyer un placard, Tania trouve des livres qu’elle met à disposition de tous dans son club de lecture sauf un qu’elle s’empresse de dévorer. Elle y découvre alors le récit d’une jeune fille ayant décidé de lancer un mauvais sort à un autre enfant qui se montre méchant avec elle…

Pour rigoler et se venger, pour de faux, d’un garçon qui n’est pas sympathique avec elle, elle décide avec son amie Tanisha de lancer ce sort dont elles suivent scrupuleusement la recette. Si les poils de chat sont faciles à obtenir, d’autres ingrédients comme les cheveux de la future victime demandent un peu plus de travail et d’imagination… Mais les filles s’en sortent très bien ! Le sort lancé, elles passent à autre chose. Après tout, ce n’était qu’un jeu. Mais l’était-ce vraiment ? Certaines coïncidences commencent sérieusement à les faire douter…

Je ne vous dirai pas si le sort a véritablement fonctionné ou non, mais je peux néanmoins vous assurer que cette petite histoire très divertissante se lit toute seule d’autant qu’elle est agrémentée de quelques petits illustrations ce qui facilite l’immersion même pour les jeunes lecteurs. Ils devraient prendre beaucoup de plaisir à assister les deux fillettes dans la recherche des ingrédients, plus ou moins ragoûtants, et sourire devant certaines situations.

Quant à la fin, j’ai apprécié la manière dont l’autrice aborde la question des superstitions et de certains biais cognitifs. Cela manque peut-être un peu de subtilité pour des adultes, mais ses explications par l’exemple permettront aux enfants de s’approprier facilement des concepts pas toujours évidents à appréhender.

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Légendes urbaines, Sébastien Gallois

Légendes Urbaines

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir envoyé Légendes urbaines de Sébastien Gallois dans le cadre du Crazy Books Day qui a lieu le premier jeudi de chaque mois.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il y a des personnes que vous pouvez croiser dans une rue sans leur accorder la moindre attention. Des gens dont l’histoire ne fera jamais les gros titres, dont les drames ne seront connus que de quelques personnes pour être vite oubliés. Après tout, qui s’intéresse aux souffrances que peut causer une femme éprise d’amour et de liberté, aux enquêtes menées par un flic retraité…

Évidence éditions – Collection Clair-Obscur – 198 pages
Broché (12,99€) – Ebook (5.99€)

AVIS

Visages et silhouettes anonymes dans une rue à l’atmosphère violacée… cette magnifique couverture a tout de suite attiré mon attention et donné envie de m’intéresser à ces Légendes urbaines.

Sébastien Gallois nous propose ici trois nouvelles très différentes les unes des autres, mais toutes très marquantes. Avant de vous parler plus en détail de chacune d’entre elles, je tenais à mettre en avant l’atout charme de ce livre : la plume de l’auteur. Poétique, fine et élégante, elle permet de ressentir pleinement l’intensité qui se dégage des différents récits qui, comme vous le verrez, devraient vous faire vivre de multiples émotions.

  • La symphonie de la tempête

Une jeune musicienne qui doit étudier et travailler en attendant de pouvoir vivre pleinement son rêve, un jeune homme qui lui aussi a un projet artistique, une rencontre, une union… et la désillusion.

J’avoue que cette nouvelle m’a quelque peu déroutée ne sachant pas exactement où voulait en venir l’auteur. S’agissait-il simplement du récit d’une relation amoureuse commencée sur un rêve et terminée par un cauchemar, celui d’une vengeance, une histoire destinée à prôner la poursuite de ses rêves et aspirations profondes quelles qu’en soient les conséquences ? La fin grandiose et très théâtrale, qui m’a d’ailleurs complètement surprise, pourrait faire pencher la balance pour l’une de ces hypothèses… Mais peu importe, le plus important étant, à mon sens, que l’auteur a réussi à offrir une histoire courte et intense dans laquelle on se plonge sans réserve et avec curiosité.

Au fil des pages, on suit le schéma classique d’une relation qui part en déliquescence sans pouvoir s’empêcher de ressentir agacement, peine et indulgence. Et de l’agacement, j’en ai eu face à une femme égocentrique qui tend à rejeter tout son malheur sur la société et son mari sans se questionner sur ses propres choix et actions. Quelle femme horripilante ! Elle dégage pourtant de la beauté par son amour pour la liberté, la musique et l’art. Il est juste dommage que sa passion annihile, paradoxalement, toute trace d’humanité et d’empathie chez elle… Brillante musicienne et compositrice, elle est donc le parfait exemple de ces personnes dont on admire le travail, mais dont on ne supporte pas la personnalité.

Cette nouvelle m’a fait ressentir des émotions plutôt intenses, et m’a conquise par les différentes réflexions qu’elle induit sur le processus créatif, l’importance de vivre l’instant présent, la portée de ses rêves et de ses ambitions, l’amour et la haine, et la tempête intérieure que de tels sentiments peuvent provoquer en chacun d’entre nous pour le meilleur et pour le pire…

Music, Heart, Love Of Music, Clef

  • Sa dernière enquête

Cette nouvelle a été un coup de cœur ! Je vais d’ailleurs avoir du mal à vous dire pourquoi je l’ai tant appréciée sans partir dans tous les sens…

Il y a d’abord ce titre dont le côté dramatique a titillé ma curiosité dès le début de ma lecture introduisant d’emblée un certain suspense. Mais ce que j’ai le plus apprécié est sans aucun doute le protagoniste, un sexagénaire appartenant à un groupe de « super-héros », que j’ai trouvé particulièrement bien construit, attachant et touchant. Lasse de ces coéquipiers masqués plus intéressés par les réunions et les vues sur YouTube que par l’action, il va se lancer en solitaire dans des opérations dont on peut questionner la pertinence d’autant qu’elles le mettront dans une situation délicate… On suit avec plaisir et une certaine angoisse cet homme qui, depuis son départ à la retraite, cherche à continuer à aider la justice et à retrouver un rôle actif dans la société.

Au-delà de cette histoire captivante, l’auteur aborde avec beaucoup de justesse et sans lourdeur différents thèmes : la course à la notoriété sur des réseaux tels que YouTube, le thème du terrorisme et de la place des réseaux sociaux dans son expansion, la morale et la justice… et la notion de super-héros.

Un super-héros doit-il porter une cape et avoir des super-pouvoirs pour changer le monde ? Ou chacun peut-il devenir un super-héros du quotidien contribuant, par des actions individuelles et petits gestes, à améliorer la société ? Une question que je trouve intéressante d’autant qu’elle traduit une tendance que l’on constate parfois sur les réseaux sociaux : des gens qui se mobilisent derrière leur écran, mais qui ne traduisent pas forcément leurs revendications par une action concrète…

Quant à la fin, elle m’a, comme pour la nouvelle précédente, prise de court, mais je l’ai  trouvée très belle et pleine de sensibilité.

Superhero, Shirt, Tearing, Superman, Everyday Life

  • Ils sont jugés. Ils sont châtiés.

Sébastien Gallois termine son recueil avec une histoire sombre et dérangeante à souhait ! Anne, étudiante en prépa à Lyon, vit un événement traumatisant qui ne la laissera pas indemne. Blessée et déboussolée, elle rencontrera un énigmatique personnage qui lui montrera la possibilité d’une nouvelle vie, une vie guidée par un sens particulier de la justice. La jeune femme prendra alors une décision qui ne souffre d’aucun retour en arrière…

Je préfère rester vague quant à ce récit bouleversant qui ne pourra que susciter en vous une avalanche d’émotions plutôt fortes et parfois contradictoires. Il faut dire que l’auteur, à travers un drame réaliste, soulève un certain nombre de questions quasi philosophiques sur des notions complexes telles que la morale, la loi, la justice… Jusqu’où peut-on aller pour punir un criminel sans perdre soi-même son humanité ? La loi du talion est-elle vraiment le seul moyen pour « venger » une victime ou du moins, lui rendre justice ?

Restant parfois interloquée voire dégoûtée face à certaines décisions de justice, j’ai réussi, sans l’accepter, à comprendre la logique développée par ce personnage aux allures d’ange vengeur qui fascine autant qu’il horrifie. Une antithèse de super-héros à moins que ce soit une version de super-héros dépouillée de toute humanité…

L’ambiance noire et étouffante qui se dégage de ce récit ne plaira pas à tout le monde, mais l’auteur nous prouve ici qu’il arrive avec brio à pousser les lecteurs dans leurs retranchements. J’ai d’ailleurs retrouvé, dans une certaine mesure, la même impression de noirceur qui colle à la peau que dans certains thrillers très sombres.

Lawyer, Scales Of Justice, Judge, Justice, Court


En conclusion, sans jamais tomber dans la facilité, Sébastien Gallois arrive à surprendre par des récits forts qui suscitent émotions et réflexions, et des fins inattendues. Qu’il explore les tourments d’une artiste, ceux d’un retraité ou d’une étudiante victime d’un acte barbare, il le fait avec beaucoup d’intensité, de finesse et une certaine poésie.  Amour, haine, rêve, vengeance… sont au programme d’un ouvrage qui ne devrait laisser aucun lecteur indifférent.

Découvrez le livre sur la boutique en ligne d’Évidence éditions.

Dans un battement d’ailes, Amélia Varin

PRÉSENTATION AUTEURE

« Le vent souffle, emportant les feuilles mortes. Posé sur le rebord de la fenêtre, l’oiseau prend son envol. J’aimerais tellement le suivre. Planer vers la liberté. »

Même lorsqu’on souffre, qu’on pense qu’il n’existe qu’une seule échappatoire, une petite lueur apparaît. Inattendue. Et doucement, le sourire revient. Tellement beau, tellement vrai. Et c’est en déployant ses ailes, que l’on s’envole vers de nouveaux horizons…

  • Prix : 0.99€

AVIS

Amélia, c’est la super chroniqueuse du blog Les histoires d’Amélia Culture Geek et accessoirement la co-organisatrice du Prix des auteurs inconnus, mais c’est aussi une autrice à la plume poétique qui m’étonnera toujours par sa capacité à mettre des mots sur ses maux. C’est donc avec plaisir que j’ai accepté de lire sa dernière nouvelle, Dans un battement d’ailes.

Dans cette histoire, il est question de violence morale et physique, mais aussi d’espoir. Et à ce titre, le récit de cette lycéenne harcelée moralement par ses « camarades » et maltraitée physiquement par un ancien ami ne pourra que provoquer en vous de multiples émotions : peine, colère, révolte, inconfort… et enfin, apaisement et espoir. En d’autres termes, cette histoire remue, dérange, nous pousse à essayer de comprendre ce jeune homme qui reproduit un schéma familial délétère, et à tenter d’imaginer ce qui peut pousser des lycéens lambdas à se faire complices de ce déferlement de haine voire à l’entretenir.

Et puis, il y a Élaé, victime silencieuse, qui ne partage sa douleur avec personne et qui affronte son calvaire quotidien dans une résignation qui donne envie autant de pleurer à ses côtés que de la prendre par les bras et de lui dire, STOP. Cela ne peut plus durer, il te faut réagir, arrêter de protéger ta mère et lui en parler, alerter le corps enseignant… Chaque coup rapproche la jeune fille d’un point de non-retour, d’une implosion interne qui nous fait trembler pour elle d’autant qu’Amélia instaure le doute, la peur, par la présence d’un compte à rebours à l’allure menaçante. Élaé est un personnage de fiction, mais j’ai eu mal et j’ai tremblé pour elle, peut-être parce que d’une certaine manière, elle symbole toutes ces victimes silencieuses de harcèlement…

Le texte est dur, mais j’ai aimé la fin qui, à mon sens, apporte une vraie leçon de vie sur le fait qu’il suffit souvent d’une main tendue pour que la vie prenne une nouvelle direction… Et cette main tendue sera tout ce dont avait besoin Élaé pour enfin retrouver une vie dénuée des brimades de ses « camarades » et de la violence physique d’un ancien ami. Cette main tendue ce n’est pas la solution à tous les problèmes de la lycéenne, mais c’est la preuve qu’elle mérite que quelqu’un lui vienne en aide sans rien attendre en retour.

Cette prise en considération de sa personne, qui ne passe pas par des coups au corps et à l’âme, marquera alors le premier pas d’une nouvelle vie qui ne sera plus synonyme de peur et de souffrance. Une jolie conclusion qui devrait donner espoir aux personnes qui sont victimes de harcèlement scolaire et qui devrait faire réfléchir les personnes qui en sont témoins…

Il y a néanmoins un point qui m’a dérangée, mais c’est peut-être dû à ma manie de toujours tout analyser. Élaé est une victime de harcèlement certes, mais elle en retire quelque chose même si c’est de manière inconsciente : l’impression de venir en aide à son ancien ami en lui servant de défouloir et en lui permettant d’extérioriser physiquement la colère et la violence qui le rongent. L’abandon de son corps à son bourreau ressemble à un moyen pour Élaé d’avoir une utilité et de donner un sens à tout ce qu’elle vit. Or, se laisser frapper, ce n’est pas et ce ne sera jamais un moyen d’aider une personne même si celle-ci est également victime de violence…

À travers sa nouvelle, que ce soit volontaire ou non, Amélia aborde donc le harcèlement scolaire, mais aussi la permutation des rôles entre victime et bourreau, et la tendance naturelle des humains à entrer dans un triangle dramatique schématisé par Karpman.

Résultat de recherche d'images pour "analyse transactionnel et triangle de karpman"Je ne suis pas psychologue ni psychiatre, je ne développerai donc pas ce point, mais à mon sens, Élaé s’est positionnée inconsciemment dans le rôle de la sauveuse avant d’endosser celui de victime. Quant à son ancien ami, il est passé de victime à bourreau/persécuteur. Un schéma dramatique qui sera fort heureusement cassé en fin d’ouvrage par une main tendue, car si une main tendue est toujours salutaire, jouer le rôle de sauveur ne fera que relancer une machine infernale dont personne ne peut ressortir gagnant.

En conclusion, je ne peux que vous conseiller de lire cette nouvelle dans laquelle Amélia Varin a réussi à aborder un thème difficile, le harcèlement scolaire, de manière très belle et poétique. C’est dur, c’est poignant, mais c’est aussi plein d’espoir comme peut l’être la vie !

Et vous, envie de découvrir Dans un battement d’ailes ?

Le vieux qui lisait des romans d’amour, Luis Sepúlveda

Couverture Le vieux qui lisait des romans d'amour

J’ai eu la chance de trouver ce roman, qui me tentait depuis longtemps, dans une boîte à livres. Je l’ai lu dans le cadre du Challenge Lire en thème et du Challenge Mystère.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lorsque les habitants d’El Idilio découvrent dans une pirogue le cadavre d’un homme blond assassiné, ils n’hésitent pas à accuser les Indiens de meurtre. Seul Antonio José Bolivar déchiffre dans l’étrange blessure la marque d’un félin. Il a longuement vécu avec les Shuars, connaît, respecte la forêt amazonienne et a une passion pour les romans d’amour. En se lançant à la poursuite du fauve, Antonio José Bolivar nous entraîne dans un conte magique, un hymne aux hommes d’Amazonie dont la survie même est aujourd’hui menacée.

  • Poche: 128 pages
  • Éditeur : Points
  • Prix : 5.90€

AVIS

Le vieux qui lisait des romans d’amour est un roman qui me tentait autant qu’il me faisait peur. J’en avais entendu tellement de bien que mes attentes étaient forcément élevées. Et je dois dire que sans être un coup de cœur, j’ai apprécié cette histoire qui nous fait voyager au cœur de la forêt amazonienne, un décor que l’on a peu coutume de découvrir dans les romans. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le voyage se révèle aussi dépaysant qu’immersif. En effet, l’auteur arrive en quelques phrases toujours concises, mais pleines de réalisme, à nous plonger au cœur de cette forêt tant convoitée par les hommes. La faune et la flore nous sont si bien décrites qu’on s’imagine aisément la voir prendre vie sous nos yeux, et le spectacle est grandiose à l’image de cette immense forêt.

Néanmoins, l’auteur n’idéalise pas non plus l’Amazonie ni la vie des Shuars ou des quelques habitants du village El Idilio puisque la vie sur place est rude et pleine de dangers. Pour vivre ou survivre, il vous faudra apprendre à respecter et à connaître cette foisonnante nature, une vérité que les Shuars ont depuis longtemps intégrée. Ce n’est pas forcément le cas des colons ou des chercheurs d’or qui, non contents d’envahir un territoire qui n’est pas le leur, font preuve d’un irrespect total envers leur nouveau lieu d’habitation…

Un comportement qui reste rarement impuni, l’Amazonie n’étant pas un lieu où l’on peut vivre sans respecter ses règles. Et cela, certains colons, chercheurs d’or et autres individus supposés civilisés en feront régulièrement les frais à l’instar de ce chasseur retrouvé mort par des Shuars. Accusés injustement par un maire plus intéressé par son enrichissement personnel que la justice, ces hommes ne seront innocentés que grâce à la perspicacité du « vieux » alias Antonio José Bolivar. Et celui-ci va vite comprendre que le mort a réveillé les instincts meurtriers d’un fauve en s’attaquant à ses petits… Plus ou moins forcé par le maire, le vieux accompagné d’autres hommes se lancera alors dans la traque d’un animal rendu fou par la folie et la bestialité des hommes.

Alors que le fauve tue implacablement des humains, le lecteur ne peut s’empêcher de comprendre son comportement et son raisonnement. On lui a pris les siens alors pourquoi ne pourrait-il pas prendre la vie de ces hommes sanguinaires qui, pour lui, se ressemblent tous ?  Ceci est d’autant plus vrai que dans ce roman, ce ne sont pas forcément les animaux qui sont sauvages, mais plutôt ces « gringo » qui débarquent comme s’ils étaient chez eux et ne respectent rien. A l’exception d’Antonio et d’un dentiste aux méthodes de travail originales, aucun des personnages de l’histoire n’attire donc la sympathie. Certains, comme le maire, attireraient plutôt du mépris. Seule figure d’autorité présente au sein du village, il symbolise ce qu’il y a de pire dans l’exercice d’un pouvoir détourné et dévoyé : lâcheté, corruption, malhonnêteté, obstination sourde face aux événements…

Devant une humanité peu attrayante, on comprend qu’Antonio préfère vivre éloigner des siens et se plonger dans ses romans d’amour où la passion et la découverte des sentiments amoureux des personnages lui permettent d’oublier, pendant un petit moment, la bêtise et la méchanceté humaines. C’est, en outre, intéressant de voir que l’auteur a su mettre en parallèle cet homme bourru et son appétence pour les histoires d’amour avec l’Amazonie, un endroit parfois difficile et dangereux, mais dont la beauté peut charmer. Une dualité qui lie donc notre homme à cette nature qu’il a appris à aimer et à respecter malgré les épreuves qu’elle a pu lui faire subir par le passé.

Avec un titre comme Le vieux qui lisait des romans d’amour, j’espérais que la lecture prenne une place importante dans l’histoire, qu’elle soit sur le devant de la scène plutôt qu’en toile de fond comme c’est le cas ici.  On pourrait estimer que ce qui compte ici, ce sont tous les sujets abordés par l’auteur et la sagesse qui se dégage de son histoire, mais cela ne changerait en rien ma légère déception sur ce point…

J’ai, en revanche, été séduite par le style très vivant de l’auteur ! Empreint d’un certain humour, il a un côté immersif qui vous pousse à vous plonger totalement dans le récit et à vivre les différents événements comme si vous y étiez. Les plongées dans les souvenirs d’Antonio apportent, en outre, un éclairage sur ce que fut sa vie et permettent, dans une certaine mesure, de mieux comprendre ses réactions et son envie de rester à l’écart des autres habitants du village. Cette alternance entre passé et présent dynamisme le récit et lui insuffle un certain rythme d’autant que les événements s’enchaînent rapidement et s’imbriquent parfaitement.

Au-delà de l’action bien présente, il y a également, tout au long du roman, cette idée d’introspection et de réflexion sur la nature, sur les hommes et leur capacité à ruiner ce que le monde leur offre, sur la colonisation, sur la déforestation… Une portée quasi philosophique qui fait toute la richesse et la profondeur du roman, mais qui peut parfois donner le sentiment étrange que malgré l’action, il y a une sorte d’inertie, un rythme différent de celui que nous connaissons dans nos sociétés. Tout se passe à la fois rapidement et presque lentement comme si l’auteur désirait que ses lecteurs s’imprègnent totalement de l’atmosphère si particulière de l’Amazonie.

En conclusion, Le vieux qui lisait des romans d’amour est une très belle histoire qui nous offre une plongée immersive au cœur de l’Amazonie que l’auteur semble prendre à cœur de défendre. Entre des descriptions concises mais percutantes, un humour teinté de cynisme, et un personnage haut en couleur, il signe ici un roman que l’on prend plaisir à lire autant pour l’intrigue que la sagesse qui se dégage du récit.

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Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow, Léna Lucily

Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow: Saison 1 : Décadence par [Lucily, Léna]

J’ai lu le premier tome de la web-série littéraire Sorceraid de Léna Lucily dans le cadre du Prix des auteurs inconnus pour la catégorie imaginaire.

RÉSUMÉ ÉDITEUR

Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail ! Lorsqu’elle découvre cette alléchante offre d’emploi sur Internet, elle ne se pose pas de question : elle fonce… Droit dans un bus ! Accident dont elle ressort sans une égratignure.

Cet exploit lui vaut d’être embauchée chez Sorceraid, société de conseil en solutions magiques. Nora passe donc ses journées à fournir à des sorciers décadents (ayant utilisé l’intégralité de leurs ressources en magie) les solutions aux problèmes existentiels de leur quotidien, tels que la résurrection d’Elvis Presley pour un anniversaire ou la traque d’un fantôme inopportun.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 148 pages
  • Format numérique : 2.99€
  • Autre format : broché

AVIS

Sorceraid faisait partie des 10 livres que j’avais repérés lors de la présélection du Prix des auteurs inconnus. Je l’ai donc attaqué avec plaisir, plus ou moins certaine de passer un moment de lecture plaisant et amusant. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que je ne m’étais pas trompée.

Dès les premières pages, le style de Léna Lucily fait mouche ! D’une plume amusante et légère, elle vous entraîne dans un monde de magie et de sorcellerie que la pauvre Nora, alias Nova dans le cadre de son nouveau travail, découvre de manière plutôt brutale et, dirons-nous, percutante… D’abord sceptique sur l’existence de la magie et les conséquences que cela implique, elle finit très vite par accepter de quitter sa vie ordinaire de jeune diplômée, blogueuse à ses heures perdues, en recherche de son premier emploi pour se lancer dans la vie active au sein d’un cabinet de consultants très spécial : Sorceraid. Si l’obsession des ventes et de l’augmentation du chiffre d’affaires, parfois au détriment de la morale, ne le différencie pas des cabinets qui sévissent dans le monde réel, sa clientèle oui. Sorceraid s’adresse ainsi à la communauté de sorciers qui voit, en cette organisation, le moyen de satisfaire des besoins en tout genre : potions, nécromancie, exorcisme... Quand la magie vous fait défaut, Sorceraid a ce qu’il vous faut !

Nora, plongée abruptement dans ce nouveau monde, devra très vite faire ses preuves d’autant que son recrutement est loin de convaincre sa supérieure directe, une femme loup-garou tyrannique et antipathique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une première mission, l’auteure n’hésite pas à l’envoyer sur un cas difficile où le méchant n’est pas forcément celui que l’on croit. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher l’intrigue si ce n’est que j’ai adoré cette histoire de fantôme et de vengeance qui se révèle aussi glaçante que prenante. Je dois d’ailleurs avouer un petit coup de cœur pour le fantôme que Nora doit éloigner de sa cliente dont elle se serait d’ailleurs bien passée de faire la connaissance. Chapeau d’ailleurs à l’auteure pour ce personnage qui fait vraiment froid dans le dos et qui donne des frissons rien qu’à son évocation. Je peux vous dire que j’étais plus que ravie, durant ma lecture, de n’être que spectatrice de cette histoire et ai donc fortement compati avec Nora qui essaie, tant bien que mal, de faire face à la situation.

Une grande partie du charme de ce récit, qui se lit tout seul ou presque, provient de son héroïne que Léna Lucily a su rendre aussi attachante que crédible. Loin d’être une superwoman sans la cape, cette jeune femme, bien que courageuse, a parfois des moments de doute notamment sur cette nouvelle vie qui s’offre à elle, et qui la pousse à mentir à ses amis. Difficile, en effet, d’annoncer à son entourage, sans passer pour une folle du moins, que son nouveau travail implique de côtoyer des magiciens, des fantômes… J’ai également apprécié de découvrir, aux côtés de Nora, les pouvoirs qu’elle n’avait jusqu’alors pas conscience de posséder et qui lui seront aussi utiles que préjudiciables. Quelque chose me dit que Nora devrait avoir encore pas mal de ressources à nous dévoiler au cours des prochaines aventures que je lirai avec grand plaisir.

Le roman est court, mais ne donne pas le sentiment que l’auteure a bâclé son histoire. Bien au contraire, elle a réussi en peu de pages à donner les informations nécessaires pour que l’on se préfigure parfaitement l’environnement dans lequel évolue Nora. N’attendez donc pas de longues descriptions ou des passages contemplatifs, mais plutôt un récit mené tambour battant. Le livre se lit donc très vite d’autant qu’il possède le même côté entraînant et addictif que des séries comme L’accro du shopping de Sophie Kinsella. C’est donc le genre de récit parfait pour passer un petit moment de lecture agréable sans prise de tête, et pour décompresser, par exemple, d’une journée difficile ou chargée. À la manière d’un roman feel good, l’humour distillé tout au long du récit vous apportera, en outre, un certain réconfort, et l’envie irrépressible de suivre les péripéties de Nora, une fille ordinaire aux capacités extraordinaires. Il faut dire que cette héroïne est un peu la bonne copine que l’on aimerait tous avoir dans son entourage pour sa gentillesse et la dose de « dinguerie » qui rend sa vie si palpitante.

Enfin, j’ai apprécié le cadre professionnel dans lequel évolue Nora et que l’auteure, de par son parcours, a su si bien exploiter. Monde surnaturel ou non, elle apprendra que business is business et que la morale ou l’éthique n’entre pas toujours en jeu dans le monde du travail. Une désillusion à laquelle seront confrontés de nombreux jeunes diplômés et qui apporte une petite pointe de cynisme/réalisme fort délectable.

En conclusion, avec un récit cadencé et non dénué d’humour, une héroïne attachante à laquelle on peut s’identifier et un monde surnaturel apportant son lot de dangers et de péripéties, Léna Lucily vous présente une série littéraire qui se dévore plus qu’elle ne se lit.

Site de l’auteurePage FB de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour Sorceraid ?

 

The Tiniest Elf, Laurentiu M. Badea

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J’ai découvert cette nouvelle sur Amazon lors de mes recherches pour des lectures pour le Cold Winter Challenge. Par chance, sa couverture correspondait parfaitement au thème de janvier du Challenge Lire en thème : Lire un livre avec de la neige sur la couverture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Lilly sat with her eyes fixed on the window, watching snowflakes crowding on the alley in front of the house, and slowly, slowly everything was covered with a fluffy coat of snow. She thought about the letter that she wrote for Santa Claus, about the gifts he would place under the Christmas tree tonight. And then she realized she should ask Santa for something else. »

AVIS

Comme beaucoup d’enfants de son âge, Lilly a rédigé sa liste de Noël qu’elle a envoyée au Père Noël. Mais, l’impossibilité pour sa mère de passer cette fête avec elle et son père va la faire reconsidérer ses envies de cadeaux. Elle va donc s’empresser de rédiger une nouvelle lettre puis réfléchir à la manière de la donner au Père Noël avant qu’il ne soit trop tard.

Lilly est une enfant de cinq ans qui dès les premières pages se révèle attachante. Quand d’autres enfants espèrent recevoir de beaux cadeaux sous le sapin, elle souhaite simplement passer le repas de Noël avec ses deux parents. Un souhait que l’on ne peut que comprendre quand l’on sait que sa maman est souvent éloignée de la maison en raison de son travail. J’ai, pour ma part, croisé très fort les doigts pour que la fillette obtienne ce qu’elle désire même si j’avoue que vu le public visé par la nouvelle, je n’avais pas de doute quant au dénouement de l’histoire.

Cela ne m’a pas empêchée de suivre les péripéties de Lilly avec plaisir d’autant que, sans le vouloir, elle va entraîner un elfe dans son aventure. Le lecteur va donc avoir la chance de découvrir le récit du point de vue de Lilly et de celui d’un elfe excité à l’idée de participer, pour la première fois, à la tournée du Père Noël. Comme avec la fillette, l’attachement à ce jeune elfe plein de bonne volonté est immédiat. C’est, en outre, un réel plaisir de découvrir, par son intermédiaire, l’atelier du Père Noël et son effervescence…

Si l’histoire est mignonne à souhait, j’ai surtout apprécié la manière dont l’auteur nous plonge dans la magie de Noël. Il délaisse ainsi son côté mercantile pour s’attarder sur tout ce qui fait la beauté et le charme de cette fête : l’espoir, l’entraide, l’amour, la famille…

En résumé, que ce soit pour passer un joli moment parents/enfants ou réveiller votre âme d’enfant, je ne peux que vous conseiller cette nouvelle qui vous plongera dans l’ambiance de Noël et qui, comme une bonne tasse de chocolat chaud, vous réchauffera le cœur.

Et vous, envie d’acheter The Tiniest Elf ?

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L’homme à la lèvre tordue, Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).


C’est aujourd’hui de la nouvelle L’homme à la lèvre tordue que je souhaiterais vous parler. Étant quelque peu en retard dans mes lectures, j’ai lu la nouvelle en français, mais la relirai ce week-end en anglais afin d’être au plus près du texte de l’auteur.

Et comme d’habitude, vous pouvez télécharger gratuitement la nouvelle sur Internet (Amazon, Ebooks libres et gratuits…).

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Sherlock Holmes enquête sur la disparition de M. Saint Clair, un honorable employé de la City, dont les vêtements ont été retrouvés dans la Tamise. Or sa femme l’a entrevu, criant à la fenêtre d’un hôtel dans un quartier populaire de la ville. Quel est donc le mystère de cette disparition ?

AVIS

Si vous êtes un amateur d’enquêtes policières, vous connaissez le fameux adage « pas de cadavre, pas de meurtre ». Un problème auquel doit faire face Sherlock Holmes qui s’est lancé dans une affaire dont la simplicité n’a d’égale que la complexité. En effet, il a été mandaté par Madame Saint-Clair pour retrouver son mari qui a disparu, dans d’étranges circonstances, sous ses yeux effarés. Si on a bien retrouvé les vêtements de cet homme respectable, il n’en est pas de même pour son corps, ce qui laisse sa femme dans l’expectative de son retour et Sherlock Holmes dans le doute quant au dénouement de son enquête. Son instinct le poussera néanmoins à soupçonner un hideux mendiant, une piste que, vous le découvrirez, se révélera paradoxalement aussi juste qu’erronée.

Je ne m’attarderai pas trop sur cette nouvelle sous peine de vous en gâcher complètement la lecture. Je peux cependant vous dire que l’enquête ne m’a pas particulièrement enthousiasmée. Il se peut que l’absence de cadavre et donc de vrai crime m’ait manqué… Je n’ai pas non plus vraiment ressenti de mystère au sujet de cette intrigue qui, à l’époque de sa parution, était probablement plus surprenante qu’à l’heure actuelle. Elle a au moins le mérite de montrer que les apparences sont trompeuses et que l’appât du gain peut parfois pousser des gens supposément respectables à des comportements peu avouables et peu acceptables.

Le dénouement de l’enquête m’a un peu gênée, car j’ai eu l’impression qu’il reposait sur des préjugés envers une partie de la population peu aisée. Une sorte de stigmatisation peu agréable d’autant qu’elle tend à perdurer. Mais c’est peut-être là un moyen pour l’auteur de justement dénoncer certaines croyances à moins que, comme souvent, je ne me pose bien trop de questions. J’ai, en outre, trouvé le comportement d’un des personnages particulièrement odieux. J’ai donc été déçue qu’il s’en sorte si bien d’autant que c’est en grande partie grâce à Sherlock. Je me réconforterai en me disant que la disgrâce a au moins été épargnée à des personnes innocentes…

L’histoire, si elle ne m’a pas tenue en haleine, n’en demeure pas moins intéressante dans la mesure où elle permet aux lecteurs de se faire une image différente de Watson et de Sherlock. Le docteur nous apparaît, en effet, beaucoup plus proactif et téméraire que dans les autres nouvelles. En quête d’aventure et d’action, il n’hésitera d’ailleurs pas à se rendre dans un endroit malfamé pour ramener un homme chez lui afin de rassurer sa femme morte d’inquiétude. De la même manière, il sautera sur l’occasion offerte par Sherlock pour participer à son enquête après s’être débarrassé prestement de sa mission initiale. J’avouerai avoir particulièrement apprécié cette nouvelle version de Watson qui, pour une fois, est mis sur le devant de la scène pendant quelques pages.

Quant à Sherlock, il semble bien moins sûr de lui que d’habitude. C’est d’ailleurs étrange de ne pas le voir fanfaronner et se moquer de l’incapacité de Watson à comprendre les tenants et aboutissants de l’enquête. Au contraire, il n’hésitera pas à confesser être dans le brouillard et à requérir l’aide de son ami pour y voir plus clair. Pour la première fois depuis que je lis les aventures de Sherlock, j’ai eu l’impression de voir quelqu’un qui accepte ses limites et qui les reconnaît malgré le déplaisir que cela lui procure. Une autre image du célèbre détective que j’ai eu plaisir à découvrir, car cela le rend plus humain et plus proche de nous. Je confesserai néanmoins préférer le Sherlock tout-puissant que l’on connaît. L’honneur est heureusement sauf puisqu’il finira bien par dénouer le fil de cette étrange affaire.

En conclusion, cette nouvelle nous conduira sur les traces d’un homme qui, derrière son vernis de respectabilité, a quelques secrets à cacher. Mais cette histoire a surtout le mérite de nous offrir une autre image du détective et du docteur et, le temps d’une aventure, d’atténuer la distance intellectuelle et les différences de tempérament qui peuvent exister entre nos deux compères. Bien que différentes des autres, L’homme à la lèvre tordue est donc une enquête qui ne manque pas de charme.

Découvrez les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.