Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Holly Ann, tome 1 : la chèvre sans cornes (éditions Casterman ), Kid Toussaint et Servain (chronique oubliée dans mes brouillons depuis un bon moment)

Couverture Holly Ann, tome 1 : La chèvre sans cornes

Je n’ai pas accroché outre mesure aux illustrations, mais j’ai apprécié la subtilité des détails qui permettent à l’auteur de suggérer efficacement certains éléments de l’enquête. Les suggestions étaient d’ailleurs peut-être trop flagrantes, car j’ai deviné assez rapidement deux éléments importants, ce qui ne m’a pas permis d’être surprise du dénouement de l’histoire. J’ai, en outre, un peu regretté qu’une petite présentation de Holly Ann ne soit pas proposée, notamment sur son rôle exact au sein de la ville. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier ses qualités d’enquêtrice et d’avoir hâte d’en apprendre plus sur ce personnage qui semble posséder un talent peu commun.

Malgré quelques petits défauts, j’ai parcouru avec plaisir cette BD appréciant d’être immergée dans l’ambiance si spéciale de la Nouvelle-Orléans avec son architecture reconnaissable, sa spécificité géographique, ses rites vaudou, son brassage ethnique, mais aussi, la méfiance vis-à-vis des croyances populaires, le racisme ambiant, la différence de traitement entre les noirs et les blancs… Quant à l’enquête, sans être d’un suspense haletant, elle reste intéressante et permet de voir à l’œuvre le sens de la déduction et les talents d’enquêtrice d’Holly Ann.

  • Un, deux, trois, sorcière ! un livre à compter de Magdalena, illustré par Gwen Kéraval (Flammarion jeunesse, Père Castor)

Un, deux, trois, sorcière!

En grande fan de sorcière, j’ai tout de suite été attirée par cet album jeunesse dont la couverture ne manque pas d’humour. Un humour que l’on découvre tout au long des pages où l’on suit une sorcière qui, en raison du vent qui se déchaîne, perd ses habits et ses accessoires. Adieu chapeau et balai !

L’intérêt de cet album, en plus de faire rire et sourire les lecteurs, est d’apprendre aux enfants à compter jusqu’à dix de manière simple et amusante. Pour ce faire, l’autrice joue sur les répétitions avec un début de phrase qui revient à chaque page et qui permet d’introduire les chiffres les uns après les autres. Humour et répétition, deux outils pédagogiques dont il n’est nul besoin de prouver l’efficacité.

On appréciera également la manière dont les enfants sont sollicités directement en fin d’ouvrage tout comme la chute, autant au sens propre que figuré, qui ne manquera pas de faire son petit effet. Quant aux illustrations pleines de peps, elles font incontestablement partie du charme de ce livre que les enfants devraient prendre plaisir à lire et à relire. Apprendre à compter n’aura jamais été aussi amusant ! 

  • Le mangeur d’écorce, Matth Flagg (Mots & Légendes),

Le Mangeur d’écorce par [Matth Flagg]

À la recherche d’une lecture rapide à lire entre deux romans, j’ai jeté mon dévolu sur cette nouvelle qui m’aura permis d’inaugurer ma Kindle achetée pour lire les trop nombreux livres qui m’attendent sur le cloud d’Amazon. Si j’ai beaucoup apprécié l’ambiance parfaite pour Halloween et la plume de l’auteur aussi fluide qu’immersive, la fin m’a paru quelque peu abrupte. Mais ce sera là mon seul bémol, cette nouvelle m’ayant fait passer un moment de lecture délicieusement frissonnant.

J’ai ainsi pris plaisir à parcourir, aux côtés de Damien, les couloirs de cette maison abandonnée dans laquelle il se réveille après avoir été poursuivi par des élèves de CM2. Abri momentané et bienvenu ou piège qui risque de se refermer inexorablement autour d’un enfant dont le seul tort est d’avoir été traqué par des brutes épaisses ? Très vite, la réponse s’impose à nous. Après tout, peut-on espérer le salut d’une bâtisse dont les propriétaires ont été retrouvés morts, plusieurs années auparavant ?

S’armant de tout son courage et de sa lucidité, qui menace de vaciller à mesure que gagne l’obscurité, Damien va devoir avancer quitte à faire des rencontres plus ou moins sympathiques… L’auteur réussit à faire monter la tension crescendo avec, notamment, un personnage qui se révélera aussi menaçant qu’effrayant ! J’ai ainsi presque eu l’impression d’être moi-même poursuivie par une ombre prise de folie meurtrière. Glaçant !

Je m’arrêterai là, l’histoire étant très courte, mais si le noir ne vous fait pas peur, que les vieilles bâtisses abandonnées mystérieuses vous attirent et que vous appréciez les ambiances délicieusement frissonnantes, cette nouvelle devrait vous plaire.

Téléchargez gratuitement Le mangeur d’écorce sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ou vous tentent-ils ?

L’univers rêvé, Armand Konan

Eliam a peur d’assumer pleinement sa vocation d’artiste. Il se retrouve alors subitement plongé dans une réalité parallèle façonnée par ses pensées les plus intimes, qui prennent forme sous ses yeux. Pour survivre dans cet « Univers Rêvé », il devra vaincre un ennemi qui n’est autre que la personnification de ses peurs.

Delambe (29 septembre 2019) – 71 pages – Papier (4,50€) – Ebook (2,99€)
Illustration de couverture : Régis Konan

AVIS

La couverture avec cet homme qui semble contempler avec stupéfaction son environnement ainsi que l’imposant gratte-ciel qui se dresse devant lui et le résumé m’ont tout de suite intriguée ! J’ai donc été ravie de me plonger dans cette novella atypique qui explore avec une certaine intelligence les thématiques du rêve, du subconscient, de la confiance en soi, mais aussi de ces peurs qui tendent à nous enchaîner et à nous empêcher d’exploiter tout notre potentiel.

Eliam est un artiste, et plutôt un bon artiste, si l’on en croit une rencontre de fortune et son entourage. Mais comme beaucoup d’artistes, il doute et a du mal à passer cette étape qui lui permettrait d’exposer son travail devant un large public et, peut-être, de briller. Une peur de l’échec qui s’apparente à une peur du succès et de ces changements que la réussite ne manquerait pas d’entraîner dans sa vie et, peut-être, au sein de son entourage pourtant prompt à le soutenir.

D’ailleurs, si j’ai trouvé la dynamique intéressante entre Eliam et ses proches, j’avoue que Quentin m’a paru peut-être manquer d’empathie et de subtilité avec une manière bien à lui de tenter de convaincre Eliam d’exposer ses créations. Or, comme Sacha l’a bien compris, cette grande décision ne peut être forcée, mais doit venir de notre héros lui-même.

Les interrogations d’Eliam, quant à son avenir d’artiste, le conduiront à vivre un véritable cheminement intérieur qui passera par l’exploration d’un monde façonné par ses pensées, ses peurs et ses rêves les plus profonds. J’ai beaucoup aimé le jeu entre rêve et réalité instauré par l’auteur, mais ce que j’ai préféré est son idée de personnifier les peurs d’Eliam qui prennent vies sous nos yeux avec force et réalisme. À titre d’exemple, la peur légitime d’être descendu en flèche par la critique se formalise dans le monde rêvé de notre protagoniste par de véritables flèches lancées par des fantassins bien décidés à imposer leur tyrannie.

Si le texte est plein d’intelligence avec une certaine portée philosophique et métaphorique, l’auteur n’en oublie pas de nous proposer une véritable aventure qui m’a d’ailleurs agréablement surprise par son rythme et la bonne dose d’action qu’elle nous offre. Attendez-vous donc à de véritables combats qu’ils soient physiques ou émotionnels et à beaucoup de mouvements ! Ces scènes d’action, en plus de satisfaire notre appétit pour le divertissement, se révèlent intéressantes dans la mesure où elles nous permettent de mieux comprendre comment fonctionne cette réalité rêvée et de quelle manière Eliam influe sur ses contours…

En résistant et en luttant avec acharnement contre les fantassins, notre héros va évoluer, gagner en confiance et, surtout, commencer à comprendre que le combat nécessite parfois de lâcher les armes… Une évolution particulièrement bien amenée qui ne devrait pas manquer de faire réfléchir les lecteurs à leurs propres peurs et à toutes ces petites phrases d’auto-sabotage dont on peut parfois se marteler l’esprit.

Quant à la plume de l’auteur que je découvre ici, elle m’a beaucoup plu. Élégante, immersive et non dénuée de poésie, elle contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser emporter par les rêveries d’Eliam.

En résumé, si vous avez envie d’un livre subtil dans lequel « se perdre dans ses pensées et ses rêves » prend tout son sens, L’univers rêvé est fait pour vous. À travers les doutes d’un artiste qui a une grande décision à prendre pour sa carrière, l’auteur aborde avec une certaine intelligence des thématiques comme la confiance en soi et nous prouve qu’affronter ses peurs, c’est aussi parfois faire preuve de lâcher-prise. Atypique, rythmé et plein d’intelligence, voici un petit ouvrage à découvrir.

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé son livre en échange de mon avis. N’hésitez pas à consulter son site pour de plus amples informations.

 

J. de Laurent Moulin

Nouvelle policière – collection Rouge – finaliste du prix Zadig 2019 – de Laurent Moulin

Trois cadavres découverts à quelques heures d’intervalle. Trois meurtres signés de la même main. Voilà qui va donner des sueurs froides au Commandant Lavrieux surtout lorsqu’il s’aperçoit que les preuves semblent désigner un coupable inattendu : le Maire de la ville !

Trois cadavres sont découverts par la Gendarmerie à divers endroits de la ville : un entrepreneur très en vue, une retraitée fouineuse et un agent municipal au passé trouble. Trois morts sur lesquels est retrouvée une signature identique : une plume d’oie et une carte de visite marquée d’un J. en lettres de sang.

Quel point commun y a-t-il entre ces trois personnes ? En existe-t-il seulement un ?

Ex Aequo éditions (26 février 2020) – 6€ – Ebook (1,99€)

AVIS

Trois personnes assassinées le même jour suivant le même mode opératoire ! La gendarmerie a-t-elle affaire à un tueur en série ? Qu’est-ce qui peut bien relier les victimes entre elles alors qu’a priori, elles n’ont rien en commun ? De fil en aiguille, un fil conducteur émerge et conduit les enquêteurs tout droit dans le bureau du maire, un personnage peu amène et pas vraiment décidé à collaborer…

À travers cet élu, l’auteur évoque quelques-unes des dérives du pouvoir politique : conflit d’intérêts, corruption, volonté farouche de rester au pouvoir au détriment d’un vrai engagement et d’actions concrètes… Sont également dénoncés les médias et leur légère tendance à tomber dans le sensationnalisme, rendant leur travail parfois plus proche de celui de charognard que de journaliste. Mais je vous rassure, on est loin de la diatribe virulente, ces critiques étant amenées avec une certaine finesse, et surtout, justesse…

J’ai néanmoins peut-être regretté que cette subtilité fasse quelque peu défaut dans la résolution de l’enquête. Tout va très vite, ce qui n’est pas gênant en soi puisque l’on est dans un format court, mais l’auteur a utilisé un procédé que je ne goûte guère dans les livres policiers… Il donne, en effet, la parole au tueur pour qu’il explique son plan de A à Z ainsi que ses motivations. Je trouve cela un peu lourd préférant nettement découvrir et comprendre ces points au fil de l’intrigue. Lire un compte rendu précis les détaillant rend le tout bien moins percutant et m’a presque donné l’impression d’être dans un de ces comics où le grand méchant expose, non sans fierté, son plan au grand jour… Cela reste toutefois très personnel et certains lecteurs accueilleront favorablement le fait que tout leur soit expliqué en détail par le coupable. 

La révélation frappant l’un de nos protagonistes à la fin de la nouvelle m’a, en revanche, convaincue. Un petit coup de théâtre efficace à l’instar de la plume de l’auteur qui, en plus de se révéler agréable, est plutôt fluide. On prend donc un plaisir certain à suivre le déroulement de l’enquête et à découvrir les différents personnages, certains se montrant plus agréables que d’autres. J’ai ainsi trouvé le maire vers lequel se portent les soupçons particulièrement antipathique au point d’espérer que l’auteur, Directeur de cabinet, n’a jamais eu, dans le cadre de ses fonctions, à côtoyer ce genre d’olibrius. Un grossier personnage qui va néanmoins apprendre que sa position sociale et politique ne lui donne pas tous les droits, et que l’on récolte ce que l’on sème…

À l’inverse de cet homme, j’ai beaucoup apprécié l’un des gendarmes, Kévin Guercin. Tout jeune diplômé, on sent à quel point il est motivé par son travail et possède déjà une belle conscience professionnelle. Très impliqué dans l’enquête, il compensera son manque d’expérience par une volonté à toute épreuve et un certain sens de la déduction. Kévin est donc un jeune gendarme plein de potentiel, ce dont semble être conscient son supérieur, le Commandant Antoine Lavrieux, qui n’hésitera pas à lui faire confiance et à l’écouter sans a priori ni un ostentatoire mépris pour sa jeunesse, ce qui n’est finalement pas si courant.

Quant à l’enquête en elle-même, je préfère rester vague, le livre étant court, mais l’auteur introduit un certain suspense, notamment avec la présence sur les lieux des meurtres, d’une plume d’oie et d’une carte de visite signée d’un J. ensanglanté. On essaie de comprendre la signification ou la symbolique de ces indices tout en suivant avec intérêt les révélations concernant les victimes et leurs relations avec le maire. La grossièreté et le manque d’empathie de l’élu font de lui le coupable idéal, mais les choses sont-elles vraiment aussi simples ?

Teintée d’un certain cynisme (réalisme ?), notamment sur le monde politique, J. est une sympathique nouvelle policière qui devrait plaire aux lecteurs souhaitant lire une enquête rondement menée.

Je remercie Laurent Moulin pour m’avoir envoyé, via le site Simplement pro, sa nouvelle en échange de mon avis.

Retrouvez l’ouvrage sur le site des éditions Ex-AEquo.

Mini-chroniques en pagaille #24

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Rêves captifs de Lisa Tuttle, extrait du recueil Ainsi naissent les fantômes :

Ainsi naissent les fantômes

Une jeune fille a vécu une expérience traumatisante durant son enfance. Un enlèvement, de longs mois de séquestration, des abus, de la violence, un placard… Si la police a essayé de retrouver le coupable l’interrogeant sans cesse sur la manière dont elle a réussi à échapper à son bourreau, cela n’a jamais rien donné. Il faut dire que son récit, qui semble tout droit sorti d’un conte de fées, a de quoi laisser perplexe…

N’est-ce pas la preuve qu’elle a fini par occulter la réalité au profit d’une version fantasmée plus simple à supporter ? L’autrice nous offre ici une nouvelle particulièrement angoissante qui  nous met face à l’indicible tout en jouant avec subtilité sur la mince frontière entre rêve/cauchemar et réalité. La narration à la première personne se révèle efficace pour nous imaginer à la place de la victime dont on découvre, au fil des pages, le calvaire face à un kidnappeur à la perversion sans faille. Mais à l’orée de ses dix-sept ans et malgré la récurrence d’un cauchemar, elle est passée à autre chose à moins que…

Retrouvez la nouvelle dans le recueil Anthologie éternelle disponible gratuitement sur le site Dystopia.

Les deux autres mini-chroniques dormaient dans mes brouillons depuis de très longs mois :

  • Le Sang du Dragon tome 11 : Tu es ma chair : Istin et Créty (éditions Soleil) :

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J’ai lu le tome 10 il y a quelques mois, il m’a donc fallu un petit effort de mémoire pour me souvenir de la fin de celui-ci. Heureusement, je me suis très vite plongée avec plaisir dans ce tome.

Je n’aime pas les livres où l’hémoglobine coule à flots, mais je fais pourtant une exception avec les histoires de pirates comme dans Le Sang du dragon. Cette série mettant en scène le Capitaine Hannibal Meriadec et son équipage est riche en combats, en sang, en ennemis surnaturels et plutôt inquiétants, mais aussi en suspense, en retournements de situation, en personnages complexes et torturés... Vous y trouverez même des elfes dont une elfe qui n’a pas froid aux yeux et qui a choisi de se battre aux côtés de notre capitaine.

Ce tome 11 va nous permettre d’en apprendre plus sur un personnage qui a fait récemment son apparition dans la série : Lilith, la fille d’Hannibal. Et fidèle à son habitude, le scénariste a de nouveau su manier à merveille l’art des révélations et happer l’attention des lecteurs de la première à la dernière page…

  • Les Chevaliers de la Chouette tome 2, Ben Fiquet (Glénat BD) :

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N’hésitez pas à lire ma chronique du tome 1 dans laquelle je vous parle plus en détail de cette série jeunesse à laquelle j’accroche bien.

Le premier tome s’est terminé sur l’enlèvement de Vassili, un des Chevaliers de la Chouette. Bien décidés à le retrouver et à le libérer, sa femme et d’autres membres de la bande s’inscrivent au tournoi de Rochedur qui devrait, en cas de victoire, leur ouvrir les portes du château de Tourennes où est retenu Vassili. De son côté, Sibylle, fille du captif, essaie avec l’aide, plus ou moins volontaire du mage Lucius, de trouver l’endroit où pourrait être enfermée une arme particulière…

J’ai légèrement moins apprécié ce deuxième tome car j’ai un peu eu l’impression que l’histoire tendait à s’éparpiller. Néanmoins, j’ai retrouvé avec plaisir les Chevaliers de la Chouette qui sont tous attachants à leur manière même si Manille et Valence restent mes personnages préférés. Je ne peux pas trop vous parler de la BD sans risquer de vous spoiler, mais je peux vous dire que Manille va découvrir quelque chose de surprenant et d’inattendu le concernant. Cette révélation laisse entrevoir de belles aventures qui, je l’espère, seront nombreuses.

Et vous, connaissez-vous ces ouvrages ?

InqEnqIncEnc : La bête de Tourrettes-sur-Loup (S.01 – épisode 2), S. de Sheratan

InqEnqIncEnc – Les Inquiétantes Enquêtes d’Incoming Encounters - S.01 – ép.02: La bête de Tourrettes-sur-Loup par [Sherdan de Sheratan]

Les présentations sont de courte de durée pour Denis Hurvoas, fraîchement accueilli par d’autres héritiers à l’agence paranormale Incoming Encounters. Rapidement, c’est une voix bien familière qu’il reconnaît au bout du fil du standard de l’agence. Le danger est palpable et la coïncidence troublante pour le nouvel enquêteur qui n’a peut-être pas signé un pacte si tutélaire

La Compagnie Littéraire (25 octobre 2019) – 70 pages
Ebook (1,99€) – Papier (5€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié l’épisode pilote qui nous permettait de faire la connaissance de Denis Hurvoas, je me suis attaquée à cette suite avec beaucoup de curiosité.

Correspondant de guerre devenu détective du surnaturel afin d’avoir une chance d’accéder à un héritage inattendu et colossal, Denis a à peine le temps de découvrir l’étrange agence de Philadelphie pour laquelle il va travailler qu’il doit retourner, accompagné de ses cousins,  en France pour mener une enquête. Et pas n’importe où, chez sa propre belle-mère partie en vacances avec sa femme et ses enfants ! La raison de ce départ précipité : la présence d’un rôdeur signalé par la très sympathique voisine.

L’enquête pour remonter les traces de ce rôdeur se révèle intéressante et empreinte d’un certain mystère. Quelle est la nature du danger ? Y a-t-il d’ailleurs un véritable danger ? Et le cas échéant, comment l’arrêter ? Des questions qui ne seront pas sans conséquence sur les relations entre Denis et ses cousins dont on commence, petit à petit, à découvrir les principaux traits de caractère. Le livre étant court, la personnalité de chacun n’est pas développée outre mesure, mais cela ne m’a pas dérangée d’autant que l’auteur propose des personnages très différents les uns des autres et donc facilement identifiables.

J’ai de nouveau beaucoup apprécié cet épisode qui tranche quelque peu avec le ton du précédent. On y retrouve la même atmosphère fantastique teintée de mystère, mais le récit se pare d’une aura bien plus dramatique et personnelle. Alors que Denis s’interroge sur ce drôle de hasard qui l’a conduit chez sa belle-mère, il fait de surprenantes et dévastatrices découvertes sur sa famille ! Et si toutes ces dernières années avaient été bâties sur un tissu de mensonges ou, du moins, sur un château de cartes qui s’effondre sans qu’il ne puisse rien y faire ?

Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur malmène sans vergogne son protagoniste n’hésitant pas à mettre sa vie sens dessus dessous. Notre héros arrivera-t-il à remonter la pente et faire face à cette révélation qu’il n’aurait jamais pu anticiper ou imaginer ? Une question qui ne manquera pas de vous titiller et de vous donner envie de vous jeter sur la suite !

Pour ma part, je commence vraiment à m’attacher à Denis, ce qui explique peut-être la raison pour laquelle l’épreuve qu’il doit affronter m’a tellement peinée et révoltée. J’oscille donc entre l’espoir que les choses s’arrangent vite pour lui et l’envie que l’auteur continue à lui faire vivre moult péripéties et à malmener son petit cœur de la plus atroce des façons. Oui, je suis parfois une lectrice un peu sadique…

Quant à la plume de l’auteur, elle se révèle de nouveau fluide, dynamique et très immersive. On appréciera également l’ambiance particulière du livre, alternant entre la douceur d’une ville ensoleillée du sud de la France et la froideur d’une créature qui sèmera désordre et chaos à Tourrettes-sur-Loup et, surtout, dans la vie de Denis ! Mais les apparences sont parfois trompeuses, et le vrai monstre n’est pas forcément celui que l’on pense…

En conclusion, si l’épisode pilote posait les bases de l’univers, cette première enquête entre dans le vif du sujet en nous plongeant dans une intrigue sans temps mort qui marquera les premiers pas officiels de Denis en tant que détective de l’étrange et du surnaturel. Mais cet épisode, c’est aussi celui d’une révélation fracassante qui apporte une dimension dramatique parfaitement maîtrisée au récit et une dynamique familiale intéressante dont on hâte de découvrir les implications pour notre héros.

Merci à La Compagnie Littéraire pour cette lecture.

InqEnqIncEnc : Les Inquiétantes Enquêtes d’Incoming Encounters S.01 – ép.01 : épisode pilote, S. de Sheratan

Délicatement glissé dans son enveloppe en Velin d’Arches, calligraphié et scellé à la cire, le message porté à l’attention de Denis Hurvoas, ne pouvait promettre qu’un évènement exceptionnel. Jeune journaliste de terrain, il est en réalité légitime héritier de la fortune démesurée de son aïeule Eleanor Thruttle. Mais pour prétendre à cette richesse, il va devoir se plier à la demande du sinistre notaire Everett McGill : résoudre 666 enquêtes paranormales.

La Compagnie Littéraire (1 septembre 2019) – 70 pages
Papier (5€) – Ebook (1,99€)

AVIS

En 70 pages, l’auteur pose les jalons d’une série qui s’annonce fort prometteuse si, comme moi, vous appréciez les intrigues mêlant habilement enquêtes et fantastique. Ce premier épisode est une sorte de grosse introduction nous permettant de comprendre comment un correspondant de guerre se trouve mêlé, bien malgré, lui à une agence de détectives spécialisée dans le surnaturel et le paranormal.

Mais rembobinons le film. De retour d’une mission, Denis trouve sa maison vide, sa femme et ses deux enfants étant partis en vacances. Une mauvaise surprise pour lui qui se faisait une joie de les retrouver, mais il n’a pas le temps de s’appesantir sur sa déception qu’il découvre, dans son courrier, une lettre des plus inattendues !

Déjà aisé financièrement, le voilà maintenant sur la liste des héritiers d’une ancienne pilote et aventurière américaine passionnée par le monde de l’invisible et des légendes ! Mais pour en apprendre plus sur cet éventuel héritage, pas le choix, direction Philadelphie afin de rencontrer le notaire chargé du dossier. Au terme de leur entrevue, une décision s’impose, de celle du genre à changer votre vie à jamais… Après réflexion, Denis va accepter de mettre les pieds dans un engrenage dont on a très hâte de découvrir tous les rouages, l’auteur se contentant, pour le moment, de nous offrir une très efficace et intrigante mise en bouche qui ne pourra qu’éveiller votre curiosité et susciter en vous un certain nombre de questions.

J’ai adoré la manière dont l’auteur, grâce à de courtes, mais immersives descriptions, instaure une ambiance angoissante. Cela se fait par petites touches avec un vocable qui emprunte au domaine de l’horreur et qui nous permet de nous représenter à la perfection les différents décors qui défilent sous nos yeux. Une plume fluide et parfaitement maîtrisée qui se révèle visuelle à souhait et qui devrait enchanter les amateurs de films d’horreur dans lesquels le frisson passe plus par l’atmosphère que par l’hémoglobine.

Bien que ce premier tome soit introductif, il n’en demeure pas moins fort intéressant d’autant qu’il soulève un certain nombre de questions quant à la personnalité extraordinaire et fantasque de notre mystérieuse disparue. En accord avec sa passion pour le surnaturel, elle ne s’est ainsi pas contentée de rédiger un testament, elle l’a soumis à une clause obligeant les héritiers intéressés par sa fortune à mener 666 enquêtes paranormales. Une clause inhabituelle qui ne sera pas sans risque pour ceux qui l’acceptent…

Mais heureusement, en tant que correspondant de guerre, Denis est plutôt du genre à apprécier les dangers et à relever les défis même si celui-ci semble de taille ! Espérons qu’il pourra compter sur l’aide et le soutien des autres héritiers ayant accepté de travailler pour l’agence de détectives Incoming Encounters. Personnage à part entière, cette agence d’un genre particulier semble nous réserver encore bien des surprises.

Complètement immergée dans l’ambiance de ce livre et curieuse de découvrir comment Denis, avec l’aide de ses cousins/collègues, va se lancer dans sa nouvelle vocation de détective du surnaturel, je lirai la suite avec plaisir. Rythmé, très bien écrit et plein de mystère, voici un tome introductif qui ne manquera pas de vous faire passer un bon moment de divertissement et de vous donner envie de vous lancer, vous aussi, dans le monde de l’étrange, du surnaturel et de l’occulte.

Merci à La Compagnie Littéraire pour cette lecture.

 

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Prenez un chaudron, mettez-y trois bulles de savon, un soupçon de chlore, une plume de corbeau, un morceau d’étoffe et deux lucioles scintillantes, remuez le tout avec passion, vous obtiendrez ce recueil de nouvelles fantasques et gourmandes.

« Prix de la Nouvelle » reçu au Salon du Livre Gourmand de Périgueux en 2006.

Stellamaris (25 septembre 2015) – Broché (15€)
Illustrations : Martin Trystram

AVIS

Je sais que vous êtes nombreux à ne pas apprécier le format nouvelle, mais j’ai bon espoir qu’avec un recueil de cet acabit, votre opinion évolue quelque peu à ce sujet. C’est simple, il s’agit ici de l’un des meilleurs recueils de nouvelles que j’aie pu lire. Plein de fantaisie, de gourmandise, de douceur et de tendresse, ce recueil se savoure le sourire aux lèvres avec cette impression d’être complètement immergé dans une lecture évasion. Vous savez, du genre de celle qui vous enferme dans une bulle protectrice et chaleureuse dans laquelle vous vous oubliez avec volupté.

J’ai donc dévoré ce livre découvrant avec plaisir chacune des nouvelles qui, bien que très différentes les unes des autres, ont en commun de célébrer l’amour, la gourmandise et la passion sous toutes ses formes. En plus de récits mignons à souhait, qui ont fait fondre mon cœur, j’ai adoré retrouver la plume poétique et élégante de Pascale Leconte. Une plume joliment mise au service de personnages hauts en couleur et attachants et d’un univers gourmand et fantasque, auréolé d’une douce et joyeuse exubérance. Ce fut, en outre, une agréable surprise de retrouver des personnages découverts dans le roman Narcisse versus Lollaloca. Mais je vous rassure, pas besoin de l’avoir lu pour savourer ce pétillant recueil.

Qui dit nouvelle, dit chute, et à ce niveau, vous serez gâtés, l’autrice s’étant évertuée à terminer ses histoires de manière à vous émerveiller, à vous surprendre et à vous donner le sentiment que l’amour est définitivement une bien belle chose à partager et à ressentir. Cerise sur le gâteau, quelques illustrations sont disséminées par-ci, par-là. Un bonus fort appréciable qui ajoute beaucoup de cachet et de charme à ce recueil qui en est déjà bien pourvu.

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Pétillant, fantaisiste, délicat et non dénué d’humour, voici un recueil que je vous invite à lire et à relire. Gourmandise et bonne humeur garanties !

Pour plus de détails, voici mes impressions succinctes pour chacune des nouvelles du recueil. 

  • Framboise et volupté : digne d’un véritable conte de fées, Pascale Leconte nous propose ici une très jolie histoire qui aurait pu s’intituler « le pouvoir créateur de l’amour ». Vladimir Sauvage travaille dans une boulangerie où il vend, jour après jour, pâtisseries et autres gourmandises. Un métier qui ne le passionne guère, mais qui lui offre le plus beau des cadeaux : la possibilité de voir, chaque semaine, une jolie cliente aux cheveux roses. Timide au possible, mais bien décidé à déclarer sa flamme à cette femme qui hante ses pensées, le voilà lancé dans l’expérience de la gourmandise et de la créativité !

Cupcake Bac, Gâteaux, Plat, Gâteau

Je n’en dirai pas beaucoup plus, mais j’ai été touchée par la sensibilité et la générosité de ce personnage et ai apprécié la manière dont ses sentiments vont le pousser à se dépasser et à trouver sa voie. Quant à la chute, elle ne devrait pas manquer de vous faire sourire, et de vous attendrir. Entre amour, secret et gourmandise, voici un joli moment sucré à déguster et, si possible, à partager.

  • Twïnna Azur : Twïnna Azur est une personne fantasque qui aime le changement et qui n’hésite pas à faire preuve d’originalité, notamment dans son style vestimentaire et/ou capillaire. Cela la rend intrigante et attachante, mais son apparence est tellement changeante que les gens ont parfois bien du mal à la reconnaître ! Un problème qui n’empêchera néanmoins pas un mystérieux homme de tomber sous son charme et de lui déclarer sa flamme par missive. Dans ses poétiques et anonymes courriers , le jeune homme la convie à des rendez-vous sans jamais, hélas, les honorer…

Vieilles Lettres, Courrier

Qui est-il et pourquoi ne suit-il pas les élans de son cœur en rencontrant l’élue de son âme ? Une question qui vous poussera à tourner les pages avec entrain même si l’on devine rapidement les tenants et les aboutissants d’une histoire qui ne manquera pas d’éveiller en vous de jolies émotions et, peut-être, de provoquer quelques doux papillons. Mignonne à souhait, cette nouvelle m’a fait fondre alors que je suis loin d’être une grande romantique dans l’âme.

    • Luciole et Blandine : Luciole et Blandine, en plus de se ressembler comme deux gouttes d’eau, ont les mêmes avis et partagent le même projet professionnel : ouvrir un magasin de friandises. Mais contre toute attente, des divergences naissent entre les jumelles qui choisissent alors de se lancer chacune de leur côté dans l’aventure de l’entreprenariat. Le succès est heureusement au rendez-vous pour les deux sœurs qui vont rapidement tomber sous le charme d’un galant client qui côtoie les deux boutiques. Mais laquelle des deux jumelles intéresse vraiment cet homme, son comportement nous laissant perplexes ? Difficile de le deviner à moins qu’il ne se moque en toute impunité des belles demoiselles. Mystère et boule de gomme !Boutique, Bonbons, Friandises
      L’autrice a su me surprendre avec une chute que je n’avais pas vue venir, mais qui m’a bien fait sourire et que j’ai trouvée à la hauteur de deux jeunes femmes pétillantes et de caractère.
  • Le pouvoir de la lune noire : Moon Pervenche est la reine des potions supposées magiques, mais que la magie intervienne ou non dans ses préparations, ce qui est certain, c’est que la réputation de la jeune femme n’est plus à faire. Accompagnée de son fidèle corbeau, elle reçoit donc avec plaisir ses différents clients, certains ayant des demandes plus ou moins surprenantes et légitimes. Il existe néanmoins une requête que Moon refuse avec véhémence, éthique de « sorcière » oblige, l’élaboration de philtres d’amour. Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! Et si un événement venait remettre en question cette sage politique ?

 

Purple, Magie, Potion, À Base De Plantes
J’ai très vite deviné le retournement de situation final, mais j’ai adoré suivre cette jeune femme en proie à des émotions qui ne l’avaient, jusqu’à présent, jamais traversée. Elle apprendra ainsi qu’il ne faut jamais juger autrui trop durement puisque face à nos propres élans du coeur, la sagesse s’offre parfois des vacances forcées… Quant à son compagnon à plumes et à bec, son petit caractère ne devrait pas vous laisser indifférent. Mélange de sorcellerie et de pommes sucrées, encore une belle nouvelle à croquer !

  • Enquête en maillot de bain : l’inspecteur Valgatt est envoyé dans une station thermale, le Paradis Bleu, afin de mener une enquête sur la disparition d’Eléa Novak. Malgré ses cheveux bleus qui la rendent facilement repérable, la jeune femme semble s’être tout simplement volatilisée ! Bien décidé à la retrouver, notre policier va alors avoir besoin de tout son savoir-faire et de toute sa patience pour faire parler des suspects forts peu sympathiques et pas vraiment très coopératifs. Et si toutes les personnes interrogées lui cachaient quelque chose ?

Femme, Maillot De Bain, Piscine, Détente
Plus que l’enquête en elle-même, ce qui fait le charme de ce récit, c’est la chute ainsi que l’ambiance particulière de cette station thermale d’un genre nouveau qui propose des installations et des services plutôt originaux ! J’irais bien y faire un petit tour. Quelqu’un se dévoue pour m’accompagner ? Mais je vous préviens, je décline toute responsabilité en cas de disparition inopinée…

Je remercie Pascale Leconte pour cette sympathique lecture.

 

Mini-chroniques en pagaille #23

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Un certain intérêt pour les flammes de Violette Paquet : nouvelle écrite durant les 24h de la nouvelle avec la consigne d’intégrer un lieu abandonné dans l’histoire.

Un certain intérêt pour les flammes

Je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais je dois dire que j’ai été très agréablement surprise par la manière dont l’autrice arrive en quelques lignes à poser un décor et à saisir une ambiance. On découvre ainsi Edith, une jeune femme qui ne partage guère le goût des mondanités de sa famille, à commencer par son frère si parfait et si bien apprêté. Alors qu’elle aurait pu passer sa soirée à fumer et à regarder les invités guindés de ses parents « se distraire » et s’échanger des banalités, son attention est très vite attirée par l’une des invités, Alexandrine.

Si la jeune femme a tous les attraits d’une jeune ingénue, il faut parfois se méfier de l’eau qui dort. En faisant sa rencontre, Edith était loin de se douter qu’elle ferait une plongée brûlante et violente dans le passé de sa propre famille. Un passé que les flammes n’auront pas réussi à complètement effacer comme notre jeune héritière l’apprendra à ses dépens… En plus d’une tension qui monte crescendo avec cette impression d’étau qui se resserre et nous prend à la gorge, on appréciera la plume de l’autrice et sa manière bien à elle de brouiller les frontières entre les époques puisque si le récit se déroule de nos jours, il s’en dégage un charme suranné qui nous donne le sentiment d’avoir remonté les couloirs du temps.

Surprenante, immersive et pleine de tension, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous surprendre par la tournure cauchemardesque qu’elle prend. Claustrophobes s’abstenir !

Lire la nouvelle en ligne ou la télécharger sur le site de l’autrice

  • La pension Moreau – les enfants terribles de Marc Lizano et Benoît Broyart : (Éditions de la Gouttière) :

Emile est un jeune garçon souvent perdu dans son monde intérieur. Il adore dessiner, griffonner, croquer, au grand dam de ses parents. Désespérés, ces derniers décident de l’envoyer à la Pension Moreau, un lieu de vie accueillant des enfants  » difficiles « . Pour être accepté, il suffit simplement d’avoir le porte-monnaie bien garni… Emile fait la connaissance de Paul, Jeanne et Victor, des pensionnaires qui ont subi le joug des différents professeurs. Peu à peu, la pension prend des allures de pénitencier et révèle sa vraie nature à Emile. L’entraide est de mise entre les camarades afin de supporter les humiliations et les mauvais traitements, mais pendant combien de temps vont-ils accepter ce régime ? Qu’ont-ils fait pour mériter cela ?

La pension Moreau est censée être un endroit pour éduquer et venir à bout des velléités de rébellion d’enfants difficiles appartenant à des familles fortunées. Il s’agit en fait d’un établissement lugubre tenu par un horrible directeur qui n’hésite pas à prôner l’humiliation et l’enfermement pour obtenir le respect et l’obéissance des enfants.

Sous fond de maltraitance infantile, on suit donc avec curiosité et un certain dégoût cette histoire mélangeant avec efficacité humains et animaux. Les humains étant les détenus et les animaux, les bourreaux de ces enfants que l’on ne peut que prendre en pitié. On se demande d’ailleurs ce qu’a bien pu faire le calme et gentil Emile pour finir dans cet horrible endroit. Certes, il a dû mal à communiquer autrement que par ses dessins, mais est-ce là un motif suffisant pour que des parents se séparent définitivement de leur enfant ?

Heureusement, le garçon va se faire des amis qui l’aideront à supporter un quotidien difficile autant physiquement que psychologiquement. Si Emile ne parle pas beaucoup, il n’en demeure pas moins touchant, notamment par sa gentillesse et sa manière très personnelle de se lier aux autres. Ses dessins sont pour lui son exutoire et l’on sent que derrière chacun d’entre eux, c’est une partie de lui-même qu’il pose sur le papier.

Entre brimades et jolis moments d’amitié et d’entraide, Emile va devoir faire face à sa nouvelle vie au sein d’une pension sur laquelle plane encore un certain mystère. Ce qui est certain, en revanche, c’est que la situation risque d’exploser, certains élèves ne semblant pas prêts à baisser les bras devant la violence et les injustices qu’ils subissent au quotidien…

  • Mon grand frère et moi de Taghreed Najjar et Maya Fidawi

Aloush est le plus jeune de sa famille. Il est très proche de son grand frère, Ramez, qui est son idole.
Chaque jour, en se rendant à son travail, Ramez dépose Aloush à l’école. Il l’emmène jouer au basketball, le conduit au cinéma, et lui permet même de regarder le soccer avec ses amis. Mais soudainement, Ramez n’a plus de temps pour son petit frère : il est amoureux !
Aloush se sent délaissé et contrarié et essaie de se débarasser de cette « menace » en réalisant une série de farces. Aloush réussira-t-il à récupérer son frère
?

Crackboom (20 juin 2019) – 32 pages – 9,90€

Pas facile pour Aloush que son grand frère Ramez, dont il est très proche, se détourne de lui. Alors qu’ils passaient beaucoup de temps ensemble et multipliaient les activités,  Ramez prend ainsi ses distances ! La raison de ce changement de comportement : l’amour.

Des sentiments, certes très humains, mais qui laissent Aloush, encore très jeune, bien indifférent. Lui, ce qu’il comprend, c’est qu’une intruse est en train de lui voler son grand frère adoré. Une seule solution, s’en débarrasser ! Et pour ce faire, le garçon a tout un arsenal d’idées qu’il n’hésite pas à mettre en œuvre. Mais cette jeune femme représente-t-elle vraiment une menace pour Aloush et sa relation avec son frère ?

À travers ce court et sympathique ouvrage, sont abordés avec justesse et beaucoup de sensibilité des thèmes comme la fraternité, mais également la jalousie et l’importance d’accueillir et d’accompagner ce sentiment. Chose qu’a su parfaitement faire l’intruse qui, de fil en aiguille, deviendra Dimas, la sympathique fiancée d’un grand frère peut-être moins disponible, mais qui aime toujours autant son petit frère.

En bref, voici un joli album jeunesse sur la fraternité, la jalousie et la nécessité de rassurer un enfant sur le fait que l’arrivée d’une nouvelle personne dans sa vie ne menace nullement l’importance des relations déjà existantes.

Merci à NetGalley et aux éditions Crackboom pour cette lecture.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #22

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je vous propose mon avis sur les quatre dernières nouvelles lues dans le cadre du Challenge The Maki Project.

  • Disparition programmée, Anthony Boulanger (Éditions du chat noir) : nouvelle extraite du recueil Géniteur et fils.

Il ressort de ce texte un puissant sentiment de solitude. Mais aurait-il pu en être autrement si l’on se réfère à la vie de notre protagoniste, l’homme invisible ou plutôt un homme invisible qui a choisi de le devenir entièrement à la face du monde. Étudié sous toutes les coutures durant son enfance, notamment par son scientifique de père, il a choisi de crier sa rage au monde et de s’isoler à la campagne. Peu de compagnies, pas de travail, mais le plaisir de peindre malgré sa condition qui tend à faire disparaître les objets tout autour de lui… Puis, vient la chute, brutale, un brin cynique, et plutôt bien amenée ! L’invisibilité vous fascine ? Tant mieux parce qu’elle pourrait bien finir par tout emporter.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo et Amazon.

  • Trois secondes, Kane Banway :

Jack est un père de famille aimant. Et en tant que mari modèle, il se doit de faire plaisir à sa femme qui ne veut pas passer 7 heures en voiture alors qu’en passant par une T-Porte, ils seraient tous arrivés en trois secondes, montre en main.
Sauf que Jack n’aime pas les T-Portes… Mais il aime sa femme, alors…
Qu’est-ce qu’on ne ferait pas, pour l’amour de sa vie ?

S’inspirant d’une nouvelle dont il a oublié la source, l’auteur nous propose un monde où la téléportation est devenue une réalité. Oubliez les longs trajets en voiture, en avion ou en train pour voyager et toutes ces précieuses minutes, voire heures, perdues dans les transports pour se rendre à son travail… À la place, on utilise des portes de téléportation.

Cela a de quoi faire rêver tout le monde ! Tout le monde ? Pas vraiment puisqu’il y a un irréductible réfractaire à cette technologie. Alors que sa femme et ses deux jumeaux empruntent chaque jour la T-Porte de la maison, Jack s’y refuse. Il a développé envers l’engin une réticence qui s’est muée en véritable phobie. Savoir qu’à chaque fois que sa famille passe cette porte, elle disparaît pendant trois secondes, compresse son cœur et le fait mourir d’inquiétude.

Paranoïa due à son métier d’écrivain et à une imagination trop fertile ? À première vue peut-être, mais force est de constater que derrière ce beau rêve de voyager n’importe où en un claquement de doigts, cette technologie semble cacher quelque chose de plus sombre. N’est-ce pas un peu trop beau pour être vrai ?

Non dénuée de suspense et de mystère, cette nouvelle vous fera passer un moment de lecture agréable tout en vous poussant à vous interroger sur l’ingérence des nouvelles technologies dans nos vies et les éventuels dangers qu’une confiance aveugle en ces dernières peut faire peser sur l’humanité.

En bref, grâce à une plume immersive et d’une grande fluidité, l’auteur réussit en peu de pages à créer un texte cohérent et rythmé dans lequel la tension monte crescendo jusqu’à un dénouement qui devrait vous marquer.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo et Amazon.

  • La Route vers L’étoile Antalys, Max Demaux :

Que feriez-vous si vous étiez responsable de la malédiction qui soudainement s’abat sur votre cité ? Relèveriez-vous le défi du roi des rois Piruk bravant seul la chaine de montagnes des Purgamilles ou vous lamenteriez-vous sur votre sort? Ceci est le difficile choix auquel est confronté Namok, jeune officier du roi de la cité d’Isaukur.

Nous partons à la rencontre d’un ancien peuple, les Oularkiens, appartenant à une civilisation dorénavant disparue… Dirigée par un roi arrogant ayant perdu sa sagesse d’antan, la citée ne convient guère au plus jeune officier du roi, Namok. Il adresse donc une prière au roi des Dieux, Piruk, pour que la situation change !

Naïf, le jeune homme n’avait néanmoins pas anticipé que sa louable intention se retourne contre le peuple sur lequel Piruk, très en colère, lance une terrible malédiction. Afin de réparer son erreur, Namok se lance alors dans un périple destiné à sauver les siens, mais le temps est compté…

Cette quête de rédemption, dans laquelle il se lance à corps perdu, sera semée d’embûches et le poussera dans ses retranchements. Au fil des épreuves, Namok en apprendra beaucoup sur lui-même et sur ce qui fait la valeur d’un homme. Il ressortira grandi de cette difficile épreuve même si j’ai peut-être trouvé que tout était un peu trop facile pour lui. Mais cela peut s’expliquer par le format court du récit.

L’histoire, bien que souffrant de quelques maladresses au niveau du style, se lit toute seule et bénéficie d’un bon rythme.

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo.

  • Les enfants d’Avalon, Xavier Portebois :

Une nouvelle à propos de Gareth, un développeur de réalité virtuelle soudain en prise avec les avatars des intelligences artificielles qu’il est censé contrôler.
À moins que tout ça ne soit qu’un prétexte de la part de ce curieux narrateur un peu trop présent…

Nouvelle initialement parue dans le webzine Pénombres #6

Nous faisons connaissance de Gareth, un ingénieur informatique travaillant sur un projet d’intelligences artificielles plutôt avancé. Grâce à des lunettes spéciales, des êtres virtuels de formes diverses et variées peuvent prendre vie sous ses yeux et s’intégrer parfaitement à la réalité qui l’entoure ! Si l’idée est tentante, il semblerait que la création dépasse les attentes du créateur qui va devoir alors faire face à une situation inattendue et quelque peu angoissante… Mais est-ce la réalité ou les délires d’un homme surmené par son travail ?

Un peu de suspense, un jeu intéressant sur le rêve et la réalité, pas mal de tension et un rythme effréné pour un texte qui aborde la question des intelligences artificielles et de leur soulèvement. Quand un être virtuel a conscience de sa virtualité, cela ne lui confère-t-il pas une aura d’humanité aussi fascinante que dangereuse ? 

Si le sujet de cette nouvelle n’est pas original, j’ai apprécié le traitement qui en a été fait tout comme la fin et le choix de l’auteur de s’impliquer personnellement dans le récit en s’adressant régulièrement aux lecteurs. Il en ressort un sentiment de proximité, un peu comme si nous nous faisions les témoins et les confidents privilégiés d’une histoire extraordinaire…

Nouvelle disponible gratuitement sur Kobo ou Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces nouvelles ?
L’une d’entre elle vous tente-t-elle ?

Les nouvelles aventures de Carnacki, Frédéric Livyns

Les nouvelles aventures de Carnacki par [Livyns, Frédéric]

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Carnacki de Frédéric Livyns.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Carnacki, le légendaire détective du surnaturel créé par William Hope Hodgson revient dans de nouvelles aventures.
À travers les six épisodes de cette première saison, vous vous mesurerez, avec lui, à de démoniaques entités qui vous feront passer des nuits blanches.
Repris par l’auteur belge Frédéric Livyns, lauréat à trois reprises du Prix Masterton, ce Sherlock Holmes du surnaturel vous emmènera aux portes de la peur ; à vous de décider si vous souhaitez les franchir ou non.

22 novembre 2019 – Ebook (7,99€) – Broché (14,99€)

AVIS

Dès les premières lignes, j’ai été séduite par la plume de l’auteur qui dégage un charme suranné avec cette impression de faire un plongeon dans le passé, ce qui n’est guère étonnant si l’on considère que Frédéric Livyns a choisi de redonner vie à un personnage créé au début du XXe siècle par William Hope Hodgson. Je ne connais pas la version originale, mais je peux vous dire que j’ai été plus que séduite par la manière dont Frédéric Livyns s’est approprié ce détective de l’étrange qui n’hésite pas à se confronter à des forces qui le dépassent.

Si vous connaissez mon appétence pour les enquêtes à la Sherlock Holmes et le fantastique, vous ne serez pas étonnés qu’un livre regroupant ces deux genres m’ait fait passer un très bon moment de lecture empli de frissons. Il faut dire que les fantômes et autres créatures de cauchemar que l’on rencontre au détour des pages ne peuvent laisser de marbre. À travers six nouvelles à l’ambiance particulièrement soignée, l’auteur nous entraîne ainsi dans le monde de l’occulte, de l’étrange, du surnaturel, du frisson, des secrets, de la vengeance, de la monstruosité qu’elle soit surnaturelle ou tristement humaine… 

Et pour ce faire, il suit toujours le même schéma : Carnacki convie son groupe d’amis à venir l’écouter narrer ses aventures. Un procédé plutôt astucieux qui nous donne l’impression de faire partie des quelques privilégiés qui ont l’honneur de ces instants intimes et feutrés durant lesquels l’incroyable prend vie. Cela nous procure également la satisfaction de nous sentir directement concernés lorsque détective s’adresse à ses amis…

Carnacki nous apparaît comme un personnage téméraire, mais réfléchi, qui prend un véritable plaisir à exercer son savoir-faire des plus particulier ! Sans se révéler très attachant, c’est un homme dont on ne peut qu’admirer la force de caractère et la pugnacité. En plus d’avoir un véritable talent pour faire face avec aplomb à des situations effrayantes pour le commun des mortels, Carnacki possède un certain sens de la déduction et une bonne capacité à percer les secrets de l’âme humaine. Des traits de caractère qui lui seront fort utiles dans ses investigations…

Je regrette seulement les allusions, trop nombreuses à mon goût, aux précédentes enquêtes du détective. Je n’ai pas eu le sentiment que cela présentait un réel intérêt pour la compréhension du recueil même si ces allusions permettent de sentir tout le poids de l’expérience du détective, et de créer une certaine connivence entre ce dernier et ses amis/les lecteurs.

En conclusion, si vous appréciez les plumes au charme suranné, les enquêtes et le surnaturel, ce recueil devrait vous plaire. À travers six nouvelles entraînantes, l’auteur vous offre la dose parfaite de frissons pour un délicieux moment de lecture où l’angoisse se dispute à la curiosité d’explorer le monde de l’occulte aux côtés d’un personnage qui n’a pas froid aux yeux.


Si vous souhaitez en apprendre plus sur les différentes nouvelles, je vous en donne brièvement mon avis ci-dessous.

Encre, Red, Éclaboussures, Résumé

  • Chambre rouge : quand l’un de ses amis fait appel à lui, Carnacki sait tout de suite que la situation est grave. Tom, endeuillé par le suicide de sa femme, n’est pas du genre à crier au loup sans raison. Il lui aura d’ailleurs fallu attendre que deux personnes se tuent dans sa propre maison, transformée en maison d’hôte, avant de tirer la sonnette d’alarme ! Heureusement que le flair de Carnacki va lui permettre de percer le mystère de ces suicides et de faire le lien entre ces drames et le drame personnel vécu par Tom.

Quand la douleur, la mort, le deuil et une entité malfaisante à vous faire dresser les cheveux sur la tête se mêlent, cela donne une histoire pleine de sang, de tension et de frissons ! L’auteur a su, en une trentaine de pages, créer une atmosphère angoissante qui rendra chaque petit bruit qui vous entoure suspect. Cette nouvelle m’a fait forte impression peut-être parce que l’horreur de celle-ci passe autant par les événements obscurs de la Chambre rouge que les faits qui en sont à l’origine…

Armoire, De Stockage, Meubles, Intérieur

  • Le placard qui chuchote : c’est un Carnacki fatigué par sa dernière affaire que ses amis découvrent… Appelé à l’aide par le fils d’un homme récemment décédé, il a vécu une situation difficile autant physiquement qu’émotionnellement. Si les monstres revêtent parfois le voile de la mort, d’autres sont, quant à eux, bien humains. Une vérité qui frappera le détective et les lecteurs de plein fouet !

Je ne développerai pas outre mesure mon avis sur cette nouvelle sous peine de vous gâcher la lecture, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur aborde des thèmes forts tout en arrivant à instaurer une ambiance gothique avec une demeure ancienne dont la partie délabrée ne sera pas sans rappeler la nature de certaines personnes qui n’ont d’humaines que le nom. Apparence, secret, vengeance et famille au cœur d’un récit glaçant !

Ancre, Chaîne, Nautiques, Océan, Mer

  • Ce qui murmure : instant nostalgie avec un Carnacki qui se remémore et raconte l’une de ses premières interventions… Alors que le monde de l’occulte venait de s’ouvrir à lui, il accepte d’aider un de ses anciens amis dans une situation délicate, ses nuits étant hantées de manière assez surprenante. Mais de fil en aiguille, nous comprenons que les choses sont bien plus complexes  qu’au premier abord et qu’il existe une zone d’ombre autour de cette histoire. Mais comment régler le problème quand votre ami vous ment par omission ? Une question qui taraudera Carnacki loin, à l’époque, de posséder tout le savoir et le savoir-faire qui font aujourd’hui sa force.

J’ai trouvé cette nouvelle différente des précédentes, pas dans le style ni le frisson que l’on ressent à l’évocation d’une entité qui réclame le prix du sang, mais plutôt dans l’identité de la vraie victime, la fin réservant un retournement de situation qui pose la question de la justice et de la vengeance. Il est intéressant de voir que Carnacki ne semble pas avoir fait un trait sur ce souvenir que l’on sent encore empli d’émotions ! C’est d’ailleurs la première fois que l’on perçoit réellement l’humanité du personnage avec ses moments de doute et ses regrets. J’aurais néanmoins apprécié qu’il condamne plus fermement un acte qui ne pourra que vous révolter surtout quand l’on considère les chiffres actuels…

Union, Alliance, Mariés

  • L’écho de son ombre : c’est, cette fois, auprès d’un père et de ses deux filles que le détective intervient. Une entité vient, nuit après nuit, hanter le repos de la maisonnée au point de faire fuir tous les domestiques ! Le père est éreinté et apeuré à  l’éventualité que ses filles soient blessées… Malheureusement, une fois n’est pas coutume, la victime ne se montre pas totalement honnête avec le détective sur l’entité qui a pris possession de sa demeure. Il faudra alors à Carnacki toute sa patience et son sens de la déduction pour faire la lumière sur le problème et trouver une solution à une situation qui n’a que trop duré.

De nouveau, l’intérêt de la nouvelle repose sur l’ambiance instaurée par l’auteur, une ambiance mêlant surnaturel, amour tourmenté, injustice et vengeance. Si je n’ai pas trouvé le récit fondamentalement original par rapport aux précédents, j’en ai, en revanche, apprécié la fin émouvante et la morale sans oublier la satisfaction de voir que rien n’est jamais perdu, et que des personnes dans l’erreur peuvent finir par trouver le chemin de la rédemption…

Halloween, Horreur, Gruselhaus

  • La plaintivel’auteur signe ici une nouvelle diablement effrayante reprenant avec efficacité ce qui fait le succès du genre : spiritualisme, fantômes, maison hantée…  Dès les départ, l’ambiance se veut angoissante avec cette maison dont chaque mur semble nous crier de fuir. Même le très courageux Carnacki sent que quelque chose ne va pas et que la prudence lui recommanderait de prendre ses clics et ses malles et de partir sans se retourner. Mais le détective ne peut décemment pas abandonner à son sort le maçon qui l’a appelé pour purifier cette maison que, sur demande de son riche employeur, il doit retaper. Prenant son courage à deux mains et en affichant une confiance de façade, Carnacki entreprend alors de cerner le problème et de sonder cette demeure de malheur dont l’aura funeste le prend à la gorge…

Pour la première fois, on tremble vraiment pour Carnacki qui va être confronté à des forces d’une puissance incroyable qui semblent bien décidées à ne pas le laisser franchir le seuil de la porte vivant. Quant à la fin, elle m’a rappelé certains films, mais elle n’en demeure pas moins terriblement efficace pour vous faire dresser les cheveux sur la tête. Vous avez ici ma nouvelle préférée du recueil et celle qui m’a le plus angoissée !

Portes, Choix, Choisir, Décision

  • L’envers : pas de vacances pour les braves ! Alors que Carnacki profitait d’une accalmie dans son activité pour prendre quelques jours de vacances, le voilà de nouveau en prise avec des forces occultes. Question de karma peut-être… En passant la nuit dans son hôtel, il ne s’attendait certainement pas à être réveillé par des bruits et des coups étranges ! Libre de ses mouvements, le détective aurait pu prendre la poudre d’escampette, mais après une conversation avec un bavard du coin, il décide de retourner à son hôtel afin de se confronter à ces forces occultes qui ont eu l’audace de perturber un repos bien mérité.

L’auteur ménage ses effets en introduisant un mystère bienvenu autour des tragédies qui ont frappé l’établissement. On suit donc avec plaisir le détective dans son enquête puis dans ses préparatifs pour sauver les gérants d’une situation dont ils ont bien du mal à se dépêtrer. Sa volonté de les aider est d’autant plus généreuse que leur accueil fut loin d’être chaleureux, mais vu la terreur dans laquelle ils vivent depuis plusieurs années, on leur pardonnera aisément. Voici encore une enquête rondement menée par un personnage débrouillard qui, même dépourvu de tout son matériel, réussit à s’imposer comme la référence en matière de lutte contre les forces du mal !

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.