Réalités invisibles, Eric Costa

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Je remercie Eric Costa de m’avoir fait confiance en me faisant parvenir son livre via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Par l’auteur d’Aztèques : Harem, roman lauréat du Salon du Livre Paris 2017 par le jury Amazon KDP.
Laissez-vous happer par l’étrange, l’occulte et l’insolite le temps de six nouvelles : Suivez Marion lorsqu’elle découvre une mystérieuse chenille bleue.
Explorez un manoir dont les murs semblent changer de place.
Accompagnez Alzius dans une forêt peuplée de voix étranges.
Voyagez toute une nuit dans les souvenirs d’Alex…

    • Broché: 141 pages
    • Editeur : Independently published (16 février 2017)
    • Prix : 9,99€
    • Autre format : ebook

AVIS

J’ai été très longtemps réfractaire aux nouvelles, ce format me donnant le sentiment de devoir me contenter de hors-d’œuvres sans jamais pouvoir déguster le plat principal ni le dessert. Mais à l’instar de celui de Hélène Duc, le recueil de nouvelles d’Eric Costa me prouve de nouveau qu’écrites avec talent, les nouvelles peuvent constituer un excellent repas.

Je n’ai ainsi ressenti aucune frustration au terme de chaque histoire malgré leur brièveté. Cela ne s’explique que par la faculté de l’auteur à stimuler notre imagination et à nous offrir un condensé d’émotions en peu de pages. J’ai d’ailleurs été impressionnée du nombre d’images qui me sont venues en tête à la lecture de chaque nouvelle. De la même manière, mon imagination n’a pas pu s’empêcher d’associer régulièrement certains récits avec des séries ou des films d’horreur vus enfant ou adolescente.

Autre élément qui rend la lecture de l’ouvrage très agréable et prenante, la plume fluide de l’auteur et son style tout en rondeur. A travers un langage recherché, mais jamais pédant, Eric Costa vous transporte avec aisance dans ses histoires et leurs différentes atmosphères.

D’ailleurs, que préfèrerez-vous ? L’ambiance désuète d’un hôtel perdu au milieu de la brume, celle de la maison d’une adolescente aux prises avec une dangereuse créature ou encore l’ambiance feutrée d’une maison complètement isolée où la musique n’apporte pas le réconfort qu’elle devrait ?

Pour ma part, j’ai apprécié les six nouvelles du recueil même si certaines m’ont plus angoissée que d’autres. Je vous invite donc à les découvrir à mes côtés.

Hôtel Wolff 

Fatigué, Théophile décide de passer la nuit dans un hôtel qu’il découvre presque providentiellement sur la route.

L’auteur nous plonge dès les premières lignes dans une ambiance mystérieuse qui devient, au fil de l’histoire, délicatement angoissante. Le lecteur sent le danger qui rôde dans cet hôtel à l’atmosphère surannée tout en se laissant, comme le narrateur, engourdir par les charmes qu’il semble offrir. Cependant, l’expression « trop beau pour être vrai » finit par se rappeler à nous. Dans la vie, rien n’est gratuit, tout se paie ! Une douloureuse leçon de vie dont Théophile Lazius aurait préféré faire l’économie.

J’ai apprécié cette nouvelle et le côté très vieillot de l’hôtel. J’ai également beaucoup aimé l’impression de me retrouver dans un épisode d’une série que j’adorais, Code Quantum, même si je ne saurais pas forcément vous en donner la raison. Tout au long de la nouvelle, je n’ai pu qu’imaginer Al dans le rôle du maître d’hôtel…

Quant à la fin, elle devrait surprendre plus d’un lecteur même si, pour ma part, je l’avais devinée.

Solitaire 

Un bar, de la musique et une profonde détresse… Alex, un homme qui éprouve des difficultés à faire le deuil de sa femme, décédée il y a une dizaine d’années, noie son chagrin dans l’alcool. La boisson, à défaut de panser les plaies du cœur et de l’âme, finit par lui offrir un voyage éprouvant dans le passé.

Cette nouvelle est assez particulière faisant voyager le lecteur entre fiction et réalité. Ce voyage dans le temps est-il réel ou n’est-il que le fruit de l’ivresse ? Alex est-il finalement acteur ou simple spectateur du drame qui s’est joué il y maintenant des années ?

Le doute est permis, mais ce qui reste certain, c’est que l’auteur a su, en seulement quelques pages, nous faire ressentir toute la tristesse, la culpabilité et les doutes de son protagoniste.

Éclosion

Marion découvre, un matin, une chenille bleue semblable à celle qu’un mauvais songe lui a gravé dans la mémoire et la peau.

J’ai adoré les différentes références à Alice au pays des merveilles, roman que j’avais lu plus jeune et qu’il me tarde de redécouvrir avec des yeux d’adulte. On retrouve, comme dans l’histoire originale, ce côté absurde et, parfois, inquiétant.

Eric Costa va néanmoins bien plus loin que Lewis Carroll en nous proposant carrément une histoire des plus angoissantes. Le lecteur découvre ainsi avec effarement l’évolution terrifiante de la chenille tout en ne pouvant, au passage, que saluer la témérité (ou la sottise ?) de Marion qui ne cède pas à la panique. L’affrontement entre l’adolescente et la chenille est sans merci et aucune des deux n’en ressortira indemne.

Allégorie de l’adolescence avec ses angoisses et cette bataille que l’on mène pour devenir soi-même ou réelle lutte contre une abomination de la nature, à vous de choisir…

Le refuge

Un voyageur pris dans le tumulte de la neige et du froid a la chance de trouver un refuge avant que le pire n’arrive. 

En instaurant son récit en Transylvanie et en nommant l’un des personnages Vlad, l’auteur ne pouvait qu’éveiller l’imagination des lecteurs. Mais je vous rassure, il ne tombe pas dans la facilité en nous proposant sa propre version du célèbre personnage aux dents longues. L’histoire se révèle ainsi bien plus complexe que cela.

Pour ma part, j’ai adoré l’ambiance glaciale qui se dégage du récit, et l’aura de mystère et de danger qui ne cesse de planer sur notre voyageur. L’angoisse monte tandis que les événements s’accélèrent jusqu’à ce que la conclusion, aussi inattendue qu’effroyable, ne soit dévoilée.

J’ai, en outre, trouvé très intéressant le contraste frappant entre la chaleur trompeuse du refuge et la froideur dangereuse de l’extérieur. Un jeu de faux-semblant qui semble presque refléter le sentiment de confusion de notre protagoniste. En bref, cette nouvelle nous tient en haleine du début à la fin que ce soit par son suspense haletant ou son rythme endiablé.

Le manoir

Un voleur pénètre dans un manoir en vue d’amasser un joli butin avant d’être aux prises avec des forces qui le dépassent. 

On commence par découvrir, aux côtés du voleur, ce manoir et les trésors qu’il recèle. Puis, on s’interroge sur ce lieu inquiétant avant de s’affoler avec lui quand il apparaît évident que la sortie se dérobe à notre volonté. Petit à petit, on se laisse submerger par un sentiment d’étouffement. Enfin, on panique franchement quand un ennemi invisible qui se matérialise par la forme de deux armures, nous frappe. En d’autres mots, on vit complètement cette histoire et on ressent ce besoin urgent de quitter, sans se retourner, ce manoir hanté.

Cette histoire m’a fait frissonner et m’a donné l’impression d’être devant un film d’horreur.  Il faut dire que la plume de l’auteur particulièrement immersive offre un véritable bain d’angoisse au lecteur. Claustrophobes et âmes sensibles s’abstenir !

Fréquence 24

Emma, abandonnée pour la soirée par son mari médecin, se retrouve chez elle avec son chat et la radio pour seule compagnie.

Cette nouvelle est, sans aucun doute, ma préférée, peut-être parce que j’ai pu m’identifier assez facilement à son héroïne. C’est également celle qui m’a procuré le plus de frissons d’autant que je l’ai lue seule dans la soirée avec M. Gribouille allongé contre moi.

Je peux donc vous dire, sans trop de honte, que j’ai tremblé à mesure que la voix de l’animateur de l’émission de radio se faisait de plus en plus menaçante, imaginant sans peine son rire sardonique emplir mon appartement. Au fil du récit, mon imagination s’est pas mal emballée au point de m’imaginer que derrière la voix de la radio se tenait le fameux clown de Stephen King ou Chucky la poupée qui tue. Oui, j’ai certainement regardé trop de films d’horreur plus jeune, mais ces deux abominations conviennent plutôt bien au climat instauré par l’auteur.

Mais ce que j’ai préféré, c’est la manière dont Eric Costa a su utiliser la musique pour cadencer, donner le tempo à notre angoisse et à notre peur. Le rythme va ainsi crescendo jusqu’au final magistral !

Bref, Fréquence 24 est définitivement la radio des frissons !

En conclusion, tour à tour intrigantes, inquiétantes, ou effrayantes, toutes ces nouvelles, bien que très différentes les unes des autres, ont en commun de vous offrir un voyage au pays du frisson. Si vous aimez les belles plumes et vous faire peur, je ne peux que vous encourager à vous laisser tenter par ce recueil et à dévorer, seul ou au coin du feu avec des amis, ces différents récits.

Pour ma part, je vous laisse entre les mains d’un autre maître du frisson qui devrait bien s’entendre avec notre auteur.

Site de l’auteur Pour acheter le livre

The Red-Headed League (La Ligue des rouquins), Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).

The Red-Headed League est la deuxième nouvelle du recueil des aventures de SHerlock Holmes

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Jabez Wilson, a London pawnbroker, consults with Sherlock Holmes. While studying his client, both Holmes and Watson notice his red hair. Wilson tells them an intriguing but odd story – just what Holmes had been looking for! All the client seems to be concerned with is his loss of £4 a week; but Holmes sees an intriguing diversion for himself! Holmes enlists the services of his companion Dr. Watson, when things look like they might get dangerous, as Holmes finds himself on the trail of one of the most insidious criminals in all of London!

AVIS

Il semblerait que notre chez Watson ait le chic pour tomber au bon moment puisque, de nouveau, il rend visite à Sherlock Holmes alors que ce dernier reçoit un client, Jabez Wilson. D’apparence banale, ce prêteur sur gages se distingue néanmoins par sa crinière de feu qui, en plus d’attirer le regard, l’a conduit à vivre une bien étrange expérience.

En effet, encouragé par son assistant Vincent Spaulding, M. Wilson a postulé et obtenu un poste en or au sein de la très mystérieuse Ligue des rouquins. Payé grassement, son seul travail était de recopier, pendant quatre heures par jour et sans jamais quitter son poste, l’Encyclopaedia Britannica. Très satisfait de la situation, notre client se retrouva donc fort dépourvu quand la fin brutale et inexpliquée de cette expérience fut venue.

Malgré le sérieux du client qui est désemparé face à la perte de ce gagne-pain providentiel, il est difficile de ne pas hurler de rire, à l’instar du duo, devant le burlesque de la situation d’autant qu’Arthur Conan Doyle ne ménage pas les effets comiques. Je me suis ainsi beaucoup amusée durant ma lecture.

Mais on comprend très vite qu’au-delà l’aspect désopilant du cas, il y a anguille sous roche : une ligue au nom des plus étranges, un travail trop beau pour être vrai, un assistant trop parfait dont le seul défaut est une passion illimitée pour la photo…  Ce sont tout autant d’éléments qui ne peuvent que mettre en éveil les sens du célèbre détective.

Néanmoins, je n’ai pas partagé l’avis de Sherlock sur le côté extraordinairement bizarre de cette affaire. Elle est certes très intrigante, mais les ficelles sont assez grosses pour qu’une partie soit rapidement compréhensible par le commun des lecteurs. Il se peut néanmoins que pour l’époque, l’histoire sorte réellement des sentiers battus.

Cela ne m’a pas empêchée de passer un excellent moment. J‘ai ainsi adoré voir l’enthousiasme très enfantin de Sherlock pour ce cas qui ne ressemble à aucune des affaires qu’il a traitées ou étudiées. Et, j’ai pris plaisir à suivre les pensées de Watson, ses questions légitimes et ses doutes.

Comme à l’accoutumée, notre docteur est en effet à la traîne n’ayant pas réussi à démêler les fils de l’intrigue. Il faudra donc attendre que Sherlock lui en explique les tenants et aboutissants pour qu’il saisisse l’ingéniosité du plan sans oublier, évidemment, d’en profiter pour s’extasier sur les capacités de déduction de son ami.

Je dois avouer que j’ai également bénéficié des lumières de Sherlock n’ayant pas non plus réussi à faire toute la lumière sur l’affaire. Et c’est frustrant, car une fois expliqué, tout semble si simple. Mais n’est pas Sherlock qui veut !

Enfin, j’ai beaucoup aimé  la complicité grandissante entre Sherlock et Watson. Sherlock semble quelque peu s’humaniser aux côtés de son ami ce qui le rend de plus en plus attachant.

En conclusion, The Red-Headed League offre un moment de divertissement agréable faisant passer les lecteurs du rire au questionnement. Sans être originale pour notre époque, cette nouvelle comprend néanmoins quelques zones d’ombre qui rendront la lecture, si ce n’est palpitante, divertissante.

Découvrez les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie

Itinéraire d’un diamantaire, Faissoil Mdahoma

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Je remercie Faissoil Mdahoma de m’avoir fait confiance en me proposant son livre, Itinéraire d’un diamantaire, en échange de mon avis.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du jour au lendemain, un jeune homme décide de tout quitter, sa femme et son fils, pour partir à l’aventure. Il est irrésistiblement attiré par Londres et se lance avec euphorie dans l’inconnu. Malgré de belles rencontres, il est rapidement confronté aux difficultés que lui réserve le statut d’étranger sans travail. L’insistance de sa femme le décide finalement à retourner en France. De retour chez lui, il réalise que le trésor qu’il recherchait éperdument n’était autre que sa propre famille. Réconcilié avec lui-même, il comprend la cause de son insatisfaction et envisage avec sérénité des projets d’avenir. De ce court roman aux airs d’apologue se dégage une morale au bon sens imparable.

  • Broché: 36 pages
  • Editeur : Edilivre (23 février 2017)
  • Prix : 1,49€
  • Autre format : papier

AVIS

L’histoire

Avez-vous déjà rêvé de tout quitter pour tenter votre chance dans un autre pays ?

Notre héros l’a rêvé et l’a fait, quittant femme et enfant sans autre plan que celui de trouver du travail à Londres, ville qui fait rêver de nombreuses personnes. Mais il découvrira très vite que derrière les belles images de réussite qu’offrent les golden boy anglais, se cache une tout autre réalité. Comme à Paris, ici le travail ne court pas les rues notamment pour une personne ne maîtrisant pas totalement la langue.

Malgré les galères, notre protagoniste va trouver la force d’aller de l’avant notamment grâce à des personnes prêtes à lui venir en aide que ce soit en lui offrant un repas, en lui donnant un peu d’argent ou en lui trouvant une solution, même temporaire, d’hébergement.

Le protagoniste

Je dois dire que j’ai eu au début un peu de mal avec le personnage, car le fait qu’il quitte précipitamment sa famille sans plan d’avenir ne l’a pas rendu spécifiquement sympathique à mes yeux…

Puis, j’ai été assez agacée par la critique facile de « tout est meilleur que la France ». C’est le genre d’idée toute faite que je n’ai jamais supporté, qu’il s’agisse de la France d’ailleurs ou d’un tout autre pays.

Cependant, force est de constater que ses propos sont complètement cohérents avec sa personnalité puisque notre protagoniste est obnubilé par l’idée que le pré est plus vert ailleurs et qu’il n’y a point de salut en dehors de l’étranger. Ce n’est que grâce à son aventure londonienne et aux péripéties qu’il traversera sur place, qu’il prendra conscience que le bonheur est bien souvent à portée de main et qu’il suffit de baisser les yeux pour le découvrir.

Une écriture franche…

Le style de l’auteur est très simple au point qu’on a le sentiment qu’il n’y a aucune velléité de romancer l’histoire. Si, en général, je préfère les jolies plumes, cette écriture très franche et directe correspond parfaitement au contenu du livre. L’auteur s’adresse ainsi aux lecteurs comme il le ferait à des amis créant, de fait, une certaine connivence. Cela n’en rend en outre la lecture que plus fluide.

Le seul petit point…

Le seul petit point qui m’a dérangée est la morale dont j’ai regretté le manque de subtilité. L’histoire se suffit pour comprendre le message que l’auteur cherchait à partager, or il tend en fin de livre à bien trop insister sur ce point. Un peu plus de subtilité aurait rendu le message certainement plus percutant.

Pour conclure, à travers l’histoire, peut-être un peu naïve, d’un homme qui quitte tout pour tenter sa chance à l’étranger, l’auteur pose la question du bonheur et permet de comprendre qu’avant de chercher son « diamant », il est déjà nécessaire d’identifier, puis de prendre le temps de contempler ce que la vie nous offre. Qui sait, peut-être que, sans le savoir, vous avez un diamant à portée de main ?

Vous pouvez acheter le livre sur Edilivre (Amazon, FNAC…).

De cendres et d’écarlate (Nouvelles fantastiques), Hélène Duc

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Je remercie Hélène Duc de m’avoir proposé son recueil de nouvelles De cendres et d’écarlate que j’ai beaucoup aimé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Regroupées autour d’une thématique commune, les figures de la femme dans la littérature fantastique, ces six longues nouvelles, nourries par les univers de Théophile Gautier, Edgar Allan Poe et Stephen King, vous proposent de partir à la rencontre de personnages féminins issus du folklore fantasmagorique européen, entre romantisme gothique et érotisme contemporain. Tour à tour, troublantes victimes ou bourreaux voluptueux, les six femmes que vous allez découvrir sous la plume élégante et sensuelle de l’auteure, qu’elles soient sorcière, démone, vampire, ou bien encore métamorphe, vous fascinerons autant qu’elles vous inquiéteront.

  • Broché: 178 pages
  • Editeur : Unicite (19 juillet 2016)
  • Prix : 16€

 

AVIS GÉNÉRAL

Les six nouvelles sont très différentes les unes des autres tant au niveau de l’histoire que de l’atmosphère, mais elles partagent néanmoins un point commun, celui d’être portées par une présence féminine. J’ai ainsi apprécié que chacune des femmes ou, plutôt, créatures féminines imaginées par l’autrice possède du caractère et une certaine présence. Quelques-unes se dévoilent prédatrices quand d’autres sont victimes, mais toutes ont de la ressource et de la détermination.

Un point m’a, en outre, beaucoup plu dans ce recueil : les fins. En général, je suis une adepte des happy end, mais j’ai pourtant été complètement conquise par chacune des fins proposées par Hélène. Elles sont loin d’être très joyeuses, mais elles sont à chaque fois parfaites prolongeant l’angoisse et parfois, l’horreur de chaque histoire.

Si vous me suivez sur le blog depuis un petit moment, vous devez connaître mon amour des belles plumes. Et avec ce recueil, j’ai été plus que satisfaite. Il ne m’a fallu ainsi que quelques lignes pour comprendre qu’Hélène Duc faisait incontestablement partie de ces auteurs qui ont l’art de manier et sublimer les mots, mettant en valeur toute la beauté de la langue française. L’écriture élégante de l’autrice est, pour moi, une raison plus que suffisante de découvrir ce recueil.

S’il vous en faut d’autres, je vous propose de partager mon avis sur chacune des nouvelles. Dans la mesure du possible, j’ai essayé de vous en dévoiler le moins possible, mais si vous voulez garder la surprise que chaque titre promet, je vous invite à lire la suite de l’article après votre propre lecture.

AVIS SUR CHACUNE DES NOUVELLES

L’Âtre

Dans cette première nouvelle, un jeune homme de dix-neuf ans nous raconte un événement qui lui est arrivé dans la nouvelle maison, réputée hantée, achetée par le patriarche de la famille. A l’issue de cet événement, il va faire une promesse qui, si elle offrira la liberté à l’un, enfermera l’autre dans une autre forme de prison, la tristesse.

Difficile de vous donner plus de détails, mais je peux dire que j’ai apprécié la manière dont l’auteure s’est réappropriée une créature connue de tous. J’ai également aimé l’atmosphère de cette nouvelle qui se fait délicieusement de plus en plus angoissante au fil de la lecture.

Jouer avec le feu

Changement total de décor avec cette nouvelle autour de Léa qui se rend en boîte avec sa meilleure amie, un an après avoir été violée. Elle y fera une rencontre décisive qui va la conduire à troquer sa place de victime pour celle de bourreau.

Le moins que l’on puisse dire, c’est que cette nouvelle ne m’a pas laissée indifférente. Il faut dire qu’en mélangeant drame, érotisme et fantastique, l’auteure ne pouvait que susciter des émotions qui, en ce qui me concerne, sont passées de la colère à l’ennui pour finir par de l’étonnement.

De la colère contre la meilleure amie que j’ai trouvée révoltante dans sa banalisation du viol qu’elle transforme presque en petit incident qu’avec un peu de bonne volonté, on peut occulter… Ensuite, de l’ennui, car je n’aime pas les scènes érotiques même si je reconnais que l’élégance de la plume d’Hélène Duc m’a permis de ne pas sauter le passage concerné. Enfin, de l’étonnement, car la tournure fantastique que prennent les événements m’a prise de court ce que j’ai bien apprécié.

Bref, dans l’ensemble, j’ai trouvé l’histoire assez dérangeante sans pour autant qu’elle en soit déplaisante.

Miss Saphira

A travers différentes missives qu’il a rédigées à bord de l’Orient-Express, un écrivain narre sa rencontre avec une passagère, Miss Saphira qui est loin de l’avoir laissé indifférent. Comme nous sommes dans un recueil de nouvelles fantastiques, vous avez probablement deviné que cette demoiselle n’est pas comme les autres ce que va découvrir, à ses dépens, l’écrivain.

Le gros point fort pour moi de cette nouvelle est l’ambiance que le huis clos dans le train permet d’instaurer. A mesure que l’on découvre les lettres de l’écrivain, on sent son changement d’humeur : il passe ainsi d’homme transporté par l’émoi amoureux à un individu en proie au doute avant de finir par être rongé par l’angoisse.

Appréciant les lettres, j’ai beaucoup aimé découvrir l’histoire de cet écrivain et celle de Miss Saphira par ce biais. En plus d’apporter un charme presque désuet à l’histoire, cela induit un certain suspense puisque l’on attend avec impatience chaque lettre, chacune d’entre elles nous rapprochant de la révélation sur qui est réellement Miss Saphira.

Sa langue au chat

Dans cette nouvelle, l’autrice nous narre les retrouvailles charnelles entre un homme, de retour à Londres, et son amante qui, comme vous le découvrirez, a une singulière particularité et, accessoirement, un sacré caractère. D’ailleurs, le protagoniste de notre histoire va en faire les frais…

L’expression « donner sa langue au chat » prend une toute autre dimension sous la plume d’Hélène Duc ! Bien que je n’aie aucune appétence pour les histoires érotiques, j’avoue avoir lu sans ennui cette nouvelle, fortement intriguée par son aspect fantastique.  Sa langue au chat fut donc une expérience de lecture originale et intéressante.

Diligence vers l’Ailleurs

Bienvenue dans le Far West avec ses diligences, ses braquages de banque, ses Indiens, ses chasseurs de primes, ses figures emblématiques sans oublier ses extraterrestres. Oui, oui, j’ai bien écrit « ses extraterrestres » même s’il faut bien admettre que ces personnages venus d’ailleurs ne sont pas forcément associés au Far West, du moins, pas en ce qui me concerne.

J’ai donc été agréablement surprise quand j’ai découvert cette nouvelle où la science-fiction fait une entrée très réussie au pays des cow-boys. Alors que je ne lis quasiment jamais de science-fiction, le mélange des genres m’a conquise d’autant que j’ai apprécié le retournement de situation à la fin.

Renaissance

Nous découvrons une jeune femme dépressive qui va commettre un geste désespéré dont elle n’aurait jamais pu anticiper les conséquences…

J’ai eu un problème assez personnel avec cette nouvelle puisque ma phobie relative au sang en a rendu, au début, la lecture assez difficile. Heureusement, l’ambiance des premiers paragraphes évolue nous offrant une atmosphère moins sanguinolente et plus fantastique.

J’ai, en outre, apprécié la manière dont l’autrice aborde la dépression même si c’est de manière sommaire. Elle montre bien que malgré une vie en apparence parfaite, une personne peut néanmoins être victime de cette maladie. Cela me semble important à rappeler, car bien souvent, la dépression chez les personnes qui ont tout ce qui leur faut est très mal acceptée dans la société. L’angoisse de l’abandon est aussi évoquée puisque la rupture avec son petit ami va raviver, chez notre héroïne, des souvenirs assez difficiles.

J’ai trouvé que cette nouvelle se démarquait assez des autres que ce soit par les sujets abordés ou la fin réservée à l’héroïne. A noter également que le titre de l’histoire est, en ce qui me concerne, celui qui est le plus parlant du recueil. Il retranscrit parfaitement l’expérience ultime que va vivre cette femme qui n’appréciait plus sa vie.

CONCLUSION

Pour conclure, jai beaucoup aimé parcourir les six nouvelles qui composent le recueil et découvrir des figures féminines intéressantes, parfois fascinantes. De cendres et d’écarlate fut donc une lecture très plaisante autant pour les instants de détente que le livre offre que pour le bonheur de savourer la finesse de la plume d’Hélène Duc. En quelques mots parfaitement choisis, elle arrive ainsi à nous immerger complètement dans ses histoires où se mêlent fiction et réalité.

N’hésitez pas à cliquer sur les liens pour acheter De cendres et d’écarlate ou consulter la page FB de l’auteure.

L’été d’un chien, Cassandra Bouclé

J’ai découvert L’été d’un chien de Cassandra Bouclé sur le site SimPlement. Séduite par le résumé, j’ai contacté l’auteure qui a accepté de m’envoyer son livre en échange de mon avis. Je la remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION

Filou, un berger allemand de deux ans, est abandonné au pied d’un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu’une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher. Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l’aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d’un animal de compagnie, bien déçu par l’attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil… Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

  • Editeur : Bookless-editions (3 janvier 2016)
  • Prix ebook : 3,99€

AVIS

Une triste histoire d’abandon…

L’été, les vacances, le soleil… des événements joyeux que l’on attend tous plus ou moins avec impatience. Tous ? Pas vraiment ! Les personnes travaillant dans la protection animale tendent plutôt à redouter l’arrivée de cette saison qui marque tristement celle des abandons. Qui n’a pas en tête l’image cruelle, mais pourtant réaliste, d’un chien que l’on attache à un arbre loin de ses repères afin qu’il ne perturbe pas les sacro-saintes vacances de son ou de ses maîtres ?

C’est d’ailleurs avec cet acte barbare que commence l’histoire du pauvre Filou, berger allemand de deux ans attaché comme un vulgaire objet à un arbre. Découvert par une femme qui fera preuve d’humanité en lui donnant à boire et à manger, il sera néanmoins conduit dans un endroit peu plaisant pour un animal : la fourrière.

Filou quitte ainsi de la manière la plus brutale qu’il soit sa vie de famille pour découvrir un monde complètement différent, où les câlins, l’amour et le confort d’un foyer ne sont plus que de l’histoire ancienne. Heureusement, s’il a perdu confiance en l’espèce humaine, il trouvera du réconfort et de l’espoir au contact d’autres animaux de la fourrière. Ainsi, Alban, un vieux colley, abandonné à l’arrivée d’un bébé, lui apprendra le fonctionnement de la fourrière et Lou, un jeune chaton que Filou prendra sous son aile à la manière d’un grand frère, lui redonnera une certaine joie de vivre.

Si ces amitiés donnent le sourire aux lecteurs, elles ne permettent pas d’effacer la menace bien réelle qui plane sur tous les animaux de la fourrière qui ne trouvent pas d’adoptant : l’euthanasie. Un horrible mot dont Filou comprendra très vite la signification. A cette menace s’ajoute la présence d’un ennemi, un humain qui prend plaisir à faire souffrir les animaux sans autre raison que celle de faire mal.

Filou raconte son histoire et vous fait réfléchir à la cause animale…

L’histoire, racontée par Filou, est très touchante car l’on partage complètement avec lui son incompréhension face à son abandon. On comprend ses doutes, sa désaffection de l’espèce humaine qui l’a trahi, son incrédulité face aux préjugés et à la crainte qu’il suscite en raison de sa race, ses angoisses, ses espoirs et, dans un même temps, sa peur d’espérer… On n’a qu’une envie, celle de courir le serrer dans ses bras et de l’adopter séance tenante.

L’auteure arrive, à travers l’histoire de Filou, à décrire de manière poignante les conséquences des abandons sur des êtres vivants dotés d’émotions et de pensées même si, évidemment, elles ne sont pas aussi développées que dans le livre. Je suis personnellement déjà sensibilisée à la cause animale, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander et si ? Et si les animaux étaient capables de penser bien au-delà de ce que la science estime ? Que penseraient-ils de nous, humains capables de les traiter avec aussi peu de considération. J’aime à croire que leurs pensées seraient proches de celles de Filou.

Si, dans la réalité, les animaux ne sont pas forcément capables d’avoir un raisonnement aussi poussé que le nôtre, ils ressentent néanmoins des émotions comme vous et moi. Et c’est en insistant sur ce point, à travers les pensées de Filou et les paroles de ses amis, que l’auteure arrive à mettre en exergue toute la cruauté qui se cache derrière un abandon….

De l’animal à l’objet ou de l’objet à l’animal..

Au-delà de l’abandon, j’ai apprécié que l’auteure évoque le statut des animaux qui, bien que reconnus comme des êtres dotés de sensibilité depuis peu, demeurent aux yeux de beaucoup, un objet comme un autre. N’oublions pas qu’il y a encore quelque temps, un chien ou un chat n’avaient pas plus de droit qu’une bibliothèque.

Alors comme lorsque l’on choisit son nouveau téléphone portable entre plusieurs modèles, on s’attarde sur des critères comme l’originalité ou la beauté d’un animal avant de l’adopter. A cet égard, je trouve le passage suivant criant de vérité :

« Inquiet, je me tournai vers Alban, lui demandant comment, je pourrais être adopté.
Il me répondit dans un ton neutre « qu’il fallait avoir quelque chose que les autres n’ont pas ».
Bref, il fallait se différencier des autres, être unique, comme avoir un air doux, ou être intelligent. Ou pire encore avoir un pelage au motif rare et peu répandu.
Ainsi, les critères pour survivre n’étaient pas d’être une créature vivante comme un chat ou chien. Ni être gentil, délicat ou fidèle. Non! Il fallait être un objet rare, comme on pouvait en trouver dans une brocante ».

De la tristesse à l’espoir…

Le portrait des humains que dépeint Filou suite à son abandon devient de plus en plus noir au fil des jours, mais une lumière finit par apparaître dans sa vie et celle de ses amis. Ainsi le jeune chien et ses compagnons d’infortune découvriront que certaines personnes savent faire preuve d’humanité en offrant à des animaux, que la vie n’a pas épargnés, ce qu’ils attendent le plus : une seconde chance et un foyer aimant. Je dois d’ailleurs avouer que j’ai trouvé particulièrement émouvante la fin de l’ouvrage et que je n’en aurais pas rêver de meilleure.

J’ai, pour ma part, l’espoir que ce livre, en sensibilisant les lecteurs notamment les enfants aux abandons, sauvera certains animaux de compagnie de cette triste et effroyable expérience. Et rien que pour cela, je n’ai qu’une chose à dire : bravo ! Bravo à l’auteure d’avoir pris sa plume pour raconter une histoire particulière et banale à la fois, celle que vivent tous ces animaux abandonnés à travers le monde. Ils ne peuvent peut-être pas partager leurs maux en mots, mais ils peuvent compter sur des auteurs comme Cassandra Bouclé pour les exprimer à leur place.

En résumé, L’été d’un chien est un livre plein de sensibilité que j’ai beaucoup apprécié et que j’aimerais voir distribuer aux personnes ayant en tête un projet d’adoption. A travers l’histoire émouvante d’un jeune chien, l’auteure arrive en effet à sensibiliser, de manière simple et divertissante, les lecteurs de tout âge à l’abandon. Conseillé aux enfants à partir de 9 ans, je recommande ce livre à tous ! Les enfants et les amoureux des animaux ne pourront qu’être touchés par l’histoire de Filou et de ses nouveaux amis. Quant aux autres, ils ne pourront que porter un regard nouveau sur ces êtres dotés d’émotions que sont les animaux.

Page FB de l’auteure – Acheter le livre

Carnages, Maxime Chattam

9782266201711

Je vois régulièrement des posts sur Facebook pour le Challenge Ligue de l’imaginaire (un challenge qui met en avant chaque mois un auteur). Ayant terminé mon challenge Vide ta PAL en été, j’ai décidé de participer à l’ édition d’août consacrée à Maxime Chattam.

Je connaissais l’écrivain de nom mais je n’avais encore jamais lu l’un de ses ouvrages. C’est maintenant chose faite avec Carnages publiée aux Editions Pocket.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ils sont tous là, dans le hall de l’entrée du lycée. Plus que quelques minutes avant le début des cours. Parmi les élèves, un adolescent prépare son arme. Le carnage peut commencer…

Quand l’inspecteur Lamar Gallineo arrive sur les lieux, c’est pour découvrir le cadavre du tueur qui a retourné son arme contre lui. L’affaire dépasse rapidement le fait divers : de nouvelles tueries ont lieu dans d’autres établissements.

Lamar doit à tout prix enrayer cette macabre épidémie. Mais les apparences sont trompeuses. Toujours.

  • Poche: 96 pages
  • Editeur : Pocket (12 mai 2010)
  • Prix : 4,30€
  • Autre format : ebook

AVIS

J’ai choisi Carnages non pas pour son thème, bien qu’il m’intéressait, mais d’abord pour sa brièveté ayant envie d’un livre court entre deux lectures plus imposantes. Mais plus important, je m’étais dit que si Maxime Chattam arrivait à nous offrir une histoire convaincante en moins de 100 pages alors ce serait indéniablement un auteur que je prendrais plaisir à suivre.

Ne désirant pas m’improviser maîtresse du suspense, je préfère vous livrer d’emblée mon avis à savoir que j’ai beaucoup aimé ma lecture. Elle m’a d’abord déconcertée car je m’étais imaginée que l’écrivain allait sonder les états d’âme des lycéens pour nous permettre de comprendre comment certains pouvaient en venir à tuer leurs camarades. Alors oui, nous allons découvrir le pourquoi du comment mais pas sous l’aspect « enquête psychologique » auquel je m’attendais.

Carnages aborde ces tueries en milieu scolaire à la manière d’une enquête policière des plus classiques menée, en partie, par un policier nommé Lamar Gallineo. Le livre est trop court pour que nous puissions réellement nous attacher à lui, du moins je n’y suis pas arrivée, mais ce personnage permet d’aborder le racisme anti-noir toujours d’actualité aux États-Unis.

Si j’ai deviné assez rapidement une partie du mystère qui entourait la multiplication des fusillades dans des lycées, je n’avais pas anticipé leur motif. Avec du recul, cela était pourtant assez évident ! J’aurais sûrement préféré que l’auteur se creuse un peu plus la tête pour nous offrir une raison originale. Mais il est vrai que cela aurait au final pu dénaturer le reste du livre.

Une fois la dernière page tournée, je n’ai pu que reconnaître que ma crainte d’un livre tellement court qu’il en serait bâclé était complètement infondée. Avec Carnages, l’auteur nous a au contraire offert une enquête intéressante avec sa dose de suspense et de fausses pistes.

NOTE : 4/5

En résumé, Carnages fut un très bon choix pour commencer ma découverte de Maxime Chattam. En moins de 100 pages, l’auteur nous a livré une enquête qui tient la route et qui m’a surtout donné envie de découvrir ses autres romans.

J’adorerais que l’auteur décide maintenant de reprendre le livre mais cette fois-ci en abordant plus particulièrement la psychologie des personnages.

 

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La librairie Tanabe, MIYABE Miyuki

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C’est avant tout le titre de l’ouvrage qui m’a interpellée étant dans une période où j’ai envie de lire des ouvrages liés, de près ou de loin, au monde des livres.

J’ai acheté La librairie Tanabe de Miyabe Miyuki, publié aux Editions Philippe Picquier, d’occasion car je souhaitais l’avoir en grand format qui ne me semble plus édité.

J’ai lu ce livre dans le cadre du challenge Vide ta PAL en été et du challenge Objectif du mois

PRESENTATION EDITEUR

Monsieur Iwa est libraire à Tôkyô. Dans la librairie Tanabe, avec l’aide de son petit-fils, féru de littérature, il vend des livres d’occasion. Mais, par l’intermédiaire de leurs clients, tous deux vont se trouver impliqués dans des histoires de meurtres ou de morts étranges. Une grande perspicacité et une clairvoyance certaine alliées à une solide culture leur permettront de jouer les détectives amateurs.

  • Broché: 187 pages
  • Editeur : Picquier (juin 1995)
  • Prix poche : 7,50€

AVIS

Le livre se compose de cinq nouvelles avec en toile de fond les livres et la librairie Tanabe. Les histoires sont bien sûr indépendantes les unes des autres mais elles ont en commun l’intervention, plus ou moins prononcée, de notre libraire et de son petit-fils des plus impertinents, ou comme M. Iwa l’appelle son « bon à rien de petit-fils unique« .

C’est d’ailleurs la relation entre ces deux personnages que j’ai préférée dans ce livre. Leurs échanges, emplis d’humour, témoignent de la grande complicité et de l’amour qui les unit. J’ai lu ce livre tranquillement assise sur un banc dans un jardin public et j’ai eu beaucoup de difficultés à cacher mes sourires en les lisant.

Les intrigues ne sont pas d’un suspens haletant et certains dénouements m’ont semblé un peu tiré par les cheveux ou trop simplistes. Mais j’ai quand même apprécié ces nouvelles qui abordent différents thèmes comme les traditions japonaises, les cérémonies funéraires, les conséquences de la Seconde Guerre Mondiale, les premiers émois amoureux…

J’ai en outre particulièrement apprécié la troisième nouvelle intitulée Le Clairon menteur dont le sujet central est la maltraitance infantile. J’avais anticipé très tôt le dénouement de l’histoire mais le personnage de l’enfant maltraité m’a beaucoup touchée tout comme son appel au secours à travers le vol d’un livre. Le traitement de l’histoire par l’auteure est assez japonais dans son fond et sa forme avec une certaine pudeur qui n’ôte rien à l’abomination de la situation.

Enfin, ma seule déception est le caractère au final assez secondaire des enquêtes surtout dans les deux premières nouvelles. Je m’étais attendue à un roman un peu plus typé policier. Ayant déjà eu le même genre de déception avec La vie contrariée de Louise, je crois que je vais un peu moins lire les quatrièmes de couverture qui ont tendance à trop guider mes attentes.

« Qu’est-ce que tu as, grand-père ? »

Ce dernier laisse échapper un grognement en guise de réponse.

« Un point te paraît douteux ? insista Minoru.

_ Tu parles comme un détective de roman policier ! dit son grand-père.

_Oui, peut-être. « 

NOTE : 3,5/5

En conclusion, La librairie Tanabe est un recueil de cinq nouvelles que je conseille à tous d’autant que le livre se lit très vite, soit d’une seule traite, soit nouvelle par nouvelle. Il devrait plaire aux personnes aimant les histoires ayant un lien avec les livres et/ou à ceux souhaitant une immersion dans la culture japonaise même si le livre commence à dater…

Je pense déjà découvrir d’autres livres de l’auteure dont Une carte pour l’enfer.

Photo du site Babelio

Photo du site Babelio

 

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