Nini Zombie (tome 1) : Celle qui n’existait plus, Lisette Morival et Fabrizio Borrini

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose: elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

  • Broché: 222 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (4 mai 2016)
  • Prix : 12.80 €

AVIS

Appréciant de plus en plus les éditions Kennes, je n’ai pas hésité très longtemps avant de craquer pour Nini Zombie même si les zombies et moi ne sommes, en général, pas très amis. Mais heureusement ici, nous sommes loin de l’ambiance de The Walking Dead ce qui, vous l’aurez compris, est plutôt un bon point pour moi.

Nous découvrons Nini, une adolescente très proche de ses parents et de sa sœur, Eloïse, avec lesquels elle coulait des jours heureux. Puis tout est parti à vau-l’eau : ses parents disparaissent mystérieusement, sa sœur et elle sont confiées à une institution tenue par un étrange et très laid directeur, et puis, il y a ces sombres et étranges dessins, le terrible choc, la transformation…

L’autrice a su dès les premières pages me plonger dans son récit riche en tension, en mystère, en humour et en personnages hauts en couleur. J’ai ainsi d’emblée apprécié Nini qui a un caractère que l’on pourrait qualifier d’entier. L’adolescente au look mi-gothique mi-manga, comme elle aime à le dire, sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à faire entendre son avis. Mais en plus d’une personnalité affirmée, elle possède un don pour le dessin, celui-ci revêtant un caractère très spécial puisque ses dessins sont prémonitoires ! C’est certainement l’aspect du roman qui m’a le plus intéressée appréciant l’idée d’une personne qui peut voir le futur à travers ses talents artistiques…

Malheureusement, connaître son avenir ne permet pas forcément de le changer et Nini devra affronter sa mort comme elle l’avait prédit. Mais ce qu’elle n’avait pas anticipé, c’est d’être sauvé par un excentrique savant ni même de rencontrer des individus plutôt atypiques. À cet égard, j’ai été touchée par Blaise, un grand gaillard un peu simplet mais au très grand cœur. À sa manière, il va tout faire pour aider Nini à accepter sa nouvelle condition de zombie et à retrouver la mémoire, car oui, en devenant un zombie, les souvenirs s’effacent…

Autre personnage qui m’a bien plu, un petit chat qui va se révéler d’un grand soutien pour la jeune zombie, celle-ci ayant quelque peu tendance à se montrer imprudente. Il faut dire que rebelle dans l’âme, zombie ou pas, elle n’a pas vraiment l’intention de se laisser dicter sa nouvelle vie que ce soit pour son propre bien ou non. Si cela va parfois lui faire prendre de mauvaises décisions, cette indépendance d’esprit va également lui permettre de ne pas se laisser conter fleurette aveuglément par un personnage pressé de la voir quitter définitivement le monde des vivants.

Bien que peu présente dans ce premier tome, la sœur de Nini se montre plutôt attachante. Très différentes l’une de l’autre, les deux jeunes filles s’entendent à merveille et essaient de se protéger mutuellement. C’est donc avec tristesse qu’on voit Eloïse apprendre la disparition de sa sœur après celle de ses parents. Et on ne peut s’empêcher d’espérer que les deux sœurs arrivent à vaincre les obstacles pour enfin se retrouver.

En plus de la galerie de personnages variée et originale, j’ai beaucoup aimé le style de roman qui, tout en étant fluide et agréable, reste très accessible pour les enfants. Les dialogues réalistes et non dénués d’humour rendent, quant à eux, la lecture rythmée et prenante. Vous ne devriez donc pas voir les pages défiler sous vos yeux que vous soyez un petit ou un grand lecteur.

J’ai, en outre, trouvé très judicieuse la manière dont les auteurs ont utilisé le fil principal de l’intrigue pour mettre en exergue le poids des apparences et des préjugés dans la société. Obnubilées par la notion de beauté ou, du moins, repoussées par la laideur, Nini et sa sœur vont commettre la même erreur : juger l’autre sur son apparence plutôt que sur ses actes. Une erreur qui ne sera hélas pas sans conséquence, et qui sera exploitée par un personnage fourbe et malicieux… Le roman aborde également le thème de l’immortalité et du prix à payer pour l’obtenir.

À noter que le roman contient quelques illustrations. Un bonus que j’apprécie toujours beaucoup et qui permet de se plonger totalement dans le récit. Toutefois, je reste très dubitative sur le placement de ces dessins qui sont en décalage avec le fil de l’intrigue. Ce point a fini par réellement me perturber…

En conclusion, Nini Zombie est une lecture jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et/ ou aux adultes qui ont envie de lire une histoire de zombies sans les massacres qui y sont souvent associés. Je ne peux donc que vous encourager à vous plonger dans l’atmosphère très particulière de ce récit qui mêle mystère, action, enquête et quête de soi.

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La Tour, Cécile Duquenne

La Tour par [Duquenne, Cécile]

RÉSUMÉ

Jessica, 16 ans, se réveille dans un marécage artificiel aux dangers bien réels. Très vite, elle comprend qu’elle se trouve au sous-sol d’une étrange tour sans fenêtres, et que le seul moyen d’en sortir est de monter jusqu’au toit. Accompagnée de quelques autres jeunes, elle se lance dans l’ascension de sa vie, explorant chaque niveau, affrontant les dangers embusqués…
Et les révélations.
Car Jessica n’a plus aucun souvenir d’avant son arrivée ici. Ils lui reviennent par bribes, étage après étage, et plus elle en apprend, moins elle désire sortir – surtout que son pire ennemi se trouve à l’intérieur avec elle. Bientôt, l’envie de se venger prend le pas sur l’envie de s’échapper…
Et si en exhumant les secrets de son passé, Jessica levait aussi le voile sur la véritable fonction de La Tour ?

  • Prix : 2.99€ (ebook)

AVIS

C’est la sublime couverture de ce roman qui a d’abord attiré mon attention, mais c’est bien la plume acérée de l’auteure et sa capacité à plonger le lecteur dans son récit dès les premières pages qui m’ont tenue en haleine.

J’ai attaqué ce roman sans rien en savoir si ce n’est que le lieu de l’action se déroulerait dans une tour. Maigre indice pour arriver à saisir l’essence de ce récit à la fois haletant, angoissant et perturbant.

Dès le début, on se retrouve face à une situation anxiogène qui soulève beaucoup de questions et qui affole nos sens ainsi que notre imagination. Que fait cette jeune fille dans un marécage peu accueillant ? Et qui sont ces personnes qu’elle va rencontrer en cours de route ? Pourquoi ont-ils tous perdu, en partie, la mémoire ? Ces quelques questions ne sont qu’une infirme partie de toutes celles que vous vous poserez à mesure que Cécile Duquenne déploie les fils de son intrigue devant vos yeux.

Grâce à son sens de la mise en scène, l’autrice nous fait passer par différents stades et émotions : effroi, questionnement, angoisse, méfiance, peur, curiosité, espoir… J’ai ainsi tressailli à maintes reprises devant les dangers qui habitent cette Tour que notre héroïne et ses compagnons d’infortune vont devoir gravir étage après étage. Une progression que l’on souhaite ardemment puisqu’elle les conduit sur le chemin de la liberté, mais qu’on ne peut qu’envisager avec angoisse puisqu’à chaque étage, son ou ses dangers….

Huis clos vertical, cette Tour, à la fois grandiose et étroite, ne manquera pas de provoquer chez les lecteurs un sentiment d’oppression. On suffoque et on finit par avoir l’impression d’étouffer, ce qui nous permet de compatir pleinement avec les personnages et surtout avec Jessica.

Forte et déterminée malgré ses seize ans, elle se positionne vite en meneuse de groupe d’autant que de manière instinctive, elle semble comprendre ce que la Tour attend d’elle ou du moins, des mouvements qu’elle doit faire pour assurer sa survie. Personnage complexe, Jessica vit intensément cette expérience qu’elle rend, pour le lecteur, complètement addictive. Il y a d’ailleurs presque un petit côté malsain à apprécier de la voir lutter pour sortir de la Tour et enfin retrouver la liberté et sa vie.

L’auteure a su me surprendre en orientant son histoire vers une direction à laquelle je ne m’étais pas attendue et qui m’a paru plutôt tordue ou, du moins, assez extrême. On va dire que l’expression la fin justifie les moyens prend ici tout son sens… Bien que pure fiction, ce récit soulève différents thèmes intéressants, mais plutôt durs. Je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher d’être révoltée par certains passages. Mais je ne vous en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte.

Ce changement de direction dans la narration pourra perturber certains lecteurs, car il en ressort une espèce de cassure dans le rythme. D’abord menée tambour battant, l’histoire prend ainsi une tournure un peu plus contemplative. La tension que l’on perçoit tout au long de l’intrigue change également de nature puisque de physique et mentale, elle devient purement psychologique. Chacun des personnages se réapproprie, petit à petit, des pans entiers de sa vie, ce qui ne se fera pas forcément sans heurt…

En conclusion, l’auteure propose ici une histoire intense et déstabilisante de survie, de rédemption et de quête de soi, qui ne pourra que susciter chez le lecteur un certain nombre de sentiments et de questionnements. Une fois la dernière page tournée, on ne peut pas s’empêcher d’ailleurs de se demander si finalement, une tour a besoin d’être de béton pour nous enfermer ?

Antagonisme, Emy Lie

Antagonisme

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Antagonisme d’Emy Lie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La fin du monde a sonné.
Les phases de la prophétie se sont enclenchées, alors que cela ne devait pas arriver.
Le monde s’est paralysé, seuls les enchanteurs sont éveillés. Pourquoi ? C’est ce que se demandent Elsa et Tylian.
Qu’ont-ils de si particulier pour qu’eux soient toujours animés ?
Enfin ils découvrirent leur Destinée.
Celle où les sorciers de deux clans accompagnent leur Élue pour mener leur combat et survivre.
Où tous les coups sont permis pour atteindre leur objectif afin de déstabiliser l’ennemie, même se servir de cobaye pour ressortir un virus vampirique.
Deux clans, une Reine, un Roi, deux Élues.
Chacun a son objectif pour survivre, mais tout ne se passe pas comme prévu.
Comment se finira cette bataille, c’est ce que tous veulent savoir !

  • Nombre de pages : 400
  • Prix : 10.80€
  • Autre format : ebook

AVIS

Il a suffi que je regarde la couverture pour avoir envie de lire Antagonisme d’autant que le résumé dégageait un certain mystère. Malheureusement, cette lecture ne m’a pas convaincue, car il y a eu un gros décalage entre mes attentes et ce que j’ai trouvé dans ce roman.

Je pensais lire une histoire fantastique quand j’ai eu l’impression de découvrir une romance adolescente se déroulant dans un univers fantastique. Une nuance de taille pour une personne qui, comme moi, n’apprécie pas la romance ou qui, plutôt, a un certain niveau d’exigence en la matière… J’ai donc été très vite agacée par les « je t’aime » et « ma belle » à profusion d’autant que comme dans beaucoup de livres du genre, les protagonistes tombent amoureux au premier regard. Les relations amoureuses sont donc une part importante de l’intrigue alors que ce n’est pas un aspect que j’apprécie. Je les ai en outre trouvées assez peu crédibles…

Il se dégage également du récit une certaine naïveté qui n’a pas su séduire la trentenaire en moi, mais qui devrait par contre parler à certain(es) adolescent(e)s. C’est d’ailleurs le problème, je ne pense pas être la cible de l’ouvrage qui semble s’adresser aux adolescent(e) voire jeunes adultes aimant la romance. D’ailleurs, si c’est un genre que vous affectionnez, je pense que le roman pourra vous plaire puisque l’autrice a essayé de faire partager à ses lecteurs les émois de la passion amoureuse. On se rend donc à quel point les deux couples principaux du livre sont soudés et s’aiment malgré les obstacles qu’ils rencontrent.

Si la partie romance ne m’a pas passionnée, j’ai apprécié l’évolution des personnages qui, au fur et à mesure de l’intrigue, gagnent en pouvoir et en force. Aux côtés de ces derniers, les lecteurs découvrent leur potentiel ainsi que les transformations psychiques et parfois physiques qui s’opèrent en eux. Il est donc intéressant de découvrir les capacités d’Elsa qui arrive aussi bien à lire dans les pensées qu’à prédire des événements futurs… Je vous laisserai bien sûr le soin de découvrir ce que cette jeune fille vous réserve puisqu’elle ne devrait pas manquer de vous étonner.

Je n’ai pas particulièrement accroché à sa personnalité, mais je reconnais qu’elle a du caractère et ne se laisse pas dicter sa conduite, un bon point pour moi, les héroïnes attentistes ayant le don de m’exaspérer. Et du caractère, elle va en avoir besoin pour affronter les différentes épreuves que l’autrice place sur sa route puisqu’elle ne l’épargne pas ! Elsa va devoir ainsi faire face à des révélations inattendues et dévastatrices sur son passé, des trahisons et surtout, une épreuve effroyable dont elle ne sortira pas indemne. Elle pourra heureusement compter sur son petit ami et protecteur, Tylian, qui essaiera, tout au long du roman, de l’épauler face à l’adversité tout en lui laissant quand même une certaine marge de manœuvre. Il se révèlera donc très protecteur sans pour autant lui imposer ses volontés…

Elsa pourra également compter sur le soutien de ses amis et notamment de sa meilleure amie, une simple humaine qui, par sa seule présence, sait se montrer indispensable. L’amitié prend donc une place importante dans le livre, un bon point pour moi qui depuis Buffy et le Scooby Gang apprécie le genre de dynamique qui s’est instauré entre Elsa et ses amis Ils s’aident, se chamaillent, se chambrent plus ou moins gentiment… Leurs échanges sonnent parfois très adolescents et immatures, mais cela ne m’a pas dérangée puisqu’ils n’en paraissent que plus naturels, les protagonistes étant relativement jeunes.

Le style de l’autrice m’a semblé parfois assez maladroit avec des formulations plutôt hasardeuses, voire malheureuses. On sent néanmoins un effort pour essayer d’offrir un texte agréable à lire… La présence de nombreux dialogues et de nombreuses péripéties rend, quant à elle, la lecture plutôt rapide bien que, pour ma part, pas vraiment passionnante. J’ai, enfin, apprécié de ne pas lire une énième histoire de magie ou de vampires : l’univers mis en place, bien qu’il mériterait à mon sens d’être développé, a le mérite de l’originalité. Vous retrouverez ainsi des histoires et secrets de famille, un affreux virus qui va avoir un impact sur Elsa et ses amis, des voyages dans le temps par la pensée et le toucher, deux clans qui s’affrontent par Élue interposée… Je n’ai pas eu le sentiment de tomber dans du vu et du revu !

En conclusion, Antagonisme fut une erreur de casting n’étant vraisemblablement pas la cible du roman. Je n’ai pas réussi à accrocher au style de l’autrice qui m’a bien souvent paru maladroit ni à l’aspect romance bien trop présent pour moi. Je retiens néanmoins un vrai effort au niveau du récit qui joue la carte de l’originalité plutôt que des clichés… Alors si vous aimez la romance et n’attendez pas forcément d’un livre des phrases parfaitement léchées et un univers très développé, le roman pourrait vous plaire. N’hésitez pas à lire d’autres avis que le mien sur la toile ou à en feuilleter un extrait.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le en promotion sur le site d’Évidence Éditions.

 

Les filles de l’Olympe, tome 1 : Les larmes de cristal, Elena Kedros

J’ai découvert la série des Filles de l’Olympe d’Elena Kedros publié chez PKJ par hasard, et aimant bien la mythologie et les romans jeunesse, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La jolie Lucy, la farouche Liz et l’excentrique Kim entrent en seconde au lycée de Rainbow Hill. Ces trois adolescentes si différentes n’ont qu’une chose en commun : leur date de naissance. Et, pourtant, elles provoquent sur leur passage des phénomènes bien étranges. Leurs destins semblent inextricablement liés à ceux des déesses Athéna, Artémis et Aphrodite. Les voici appelées à se battre pour sauver le monde dans lequel elles ont toujours vécu, et celui d’où elles viennent : l’Olympe.

  • Poche: 238 pages
  • Édition : Pocket Jeunesse (3 juin 2010)

AVIS

Nous sommes dans un roman jeunesse alors, n’espérez pas une exploitation approfondie et documentée des grandes figures de la mythologie grecque… Mais cela n’empêche pas l’auteure d’avoir su proposer une histoire intéressante dans laquelle trois adolescentes vont apprendre que loin d’être de simples mortelles, elles sont étroitement liées à Aphrodite, Artémis et Athéna.

Nous faisons donc la connaissance de Liz, Lucy et Kim, trois jeunes filles très différentes les unes des autres, mais finalement assez complémentaires. Si Lucy et Kim se sont très vite bien entendues, il aura fallu leur apprendre à mieux découvrir Liz avant de l’apprécier. Il faut dire qu’assez farouche, cette dernière amatrice d’escrime, sport dans lequel elle excelle malgré sa difficulté à gérer sa force, n’est pas d’un abord facile… Un trait de caractère que la pétillante Lucy aura un peu de mal à accepter au début de leur rencontre. Mais gentille malgré une tendance à vivre ses émotions à 100%, Lucy comprendra vite que derrière sa carapace, Liz cache également un bon fond. Quant à Kim, un peu l’intellectuel du groupe d’amies, elle sert de tampon. Sa faculté à prendre du recul lui permet de désamorcer les conflits qui peuvent survenir entre ses deux amies.

Si l’histoire d’amitié est sympathique à suivre notamment pour les enfants, les adultes pouvant la trouver un peu enfantine, ce qui fait le charme de ce livre, c’est son incursion dans le domaine du surnaturel avec, notamment : la découverte des pouvoirs des trois lycéennes, d’étranges larmes, un énigmatique garçon qui « apparaît » quand on s’y attend le moins, les quelques scènes où Arès fait son apparition (trop peu nombreuses à mon goût d’ailleurs), l’arrivée d’une méchante qui a la capacité de lancer des boules de feu… Après tout ça, on peut comprendre que Lucy a beaucoup de mal à accepter de quitter sa vie de lycéenne lambda pour une vie bien plus dangereuse. Malheureusement pour elle, Kim et Liz sont, quant à elle, bien décidées à ne pas ignorer tous ces étranges événements.

Ce premier tome est un tome introductif qui ne manque pas d’action et de révélations, mais j’aurais peut-être aimé que l’Olympe soit plus au cœur de l’aventure. Mais si je me fie à la fin de cette première aventure, je ne doute pas que ce  soit le cas dans la suite de la série. Et puis l’auteure a veillé à laisser quelques questions en suspens afin d’attiser la curiosité des lecteurs et de s’assurer de leur fidélité. Alors en tant qu’adulte, j’ai vite deviné là où elle voulait en venir notamment en ce qui concerne Liz et sa relation avec une personne de son passé, mais cela ne nuit en rien à l’intrigue qui reste plutôt prenante. J’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur l’ancienne vie des déesses et la manière dont les trois lycéennes vont apprendre à gérer leurs pouvoirs et les dangers qui ne manqueront pas de survenir dans leur vie.

J’espère toutefois que Lucy prendra un peu plus d’envergure dans les autres tomes, car sa tendance à se lamenter et à faire la politique de l’autruche la rend parfois quelque peu agaçante. Même chose pour ses réactions excessives même s’il est vrai que ces dernières sont cohérentes avec sa nature profonde… Malgré ses défauts, je vous rassure, la jeune fille reste attachante, mais un peu moins au cœur de l’action que ses amies. Espérons que son rôle s’étoffe par la suite.

Enfin, j’ai bien accroché à la plume de l’autrice. Son style reste simple et accessible tout en étant un minimum travaillé. Le livre devrait donc être lu avec plaisir autant par des enfants que des lecteurs plus âgés.

En conclusion, Elena Kedros nous propose ici une histoire prenante qui mêle monde moderne et mythologie. Nul doute que les enfants et jeunes adolescents devraient apprécier les personnages auxquels certains pourront peut-être s’identifier tout en se laissant emporter par un premier tome plutôt riche en action. Je conseillerais également ce livre aux adultes amateurs de romans jeunesse, ce roman possédant tous les atouts pour leur faire passer un bon moment de lecture.

Et vous, envie de découvrir Les filles de l’Olympe

Sale quart d’heure pour la mort, Karine Gournay

Sale quart d'heure pour la mort

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Sale quart d’heure pour la mort de Karine Gournay.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La journée n’avait pas si bien commencé que ça pour l’inspecteur Johnny Belle Gueule et c’était loin de s’arranger.

Car les deux enquêtes successives qu’il doit mener au cœur d’un bayou de Louisiane, chez la famille Broussart, propriétaires d’une ferme aux alligators, le conduiront sur des pistes plus qu’hantées par les Ombres du passé.

Mais c’est sans compter sur sa ténacité et son humour noir qui l’aideront entre autre à braver la Mort elle-même, en chair et en os…

Livre en promotion sur le site (8.40€ à la place de 14€)

AVIS

C’est la couverture quelque peu glaçante qui m’a donné envie de découvrir ce roman dont je n’avais jamais entendu parler, ce qui est fort dommage, car ce roman à la croisée de plusieurs genres est plutôt sympathique.

Nous découvrons ainsi Johnny Belle Gueule, un policier, qui est en route pour une enquête : un bébé a disparu ! Mais attention, cette disparition ne s’est pas faite n’importe où, mais à la ferme aux alligators de la famille Broussart. Un lieu inattendu qui place d’emblée le décor puisque l’autrice nous entraîne en Louisiane, dans un bayou.

Je dois d’ailleurs dire que c’est bien ce lieu inhabituel pour un roman français qui m’a plu, et qui m’a permis de me plonger immédiatement dans le récit. Je n’ai jamais mis un pied en Louisiane, mais mon compagnon y a fait des études, et j’ai pris plaisir à retrouver certains plats ou certains endroits dont il m’avait parlé. Et puis Karine Gournay arrive à merveille à retranscrire l’atmosphère si particulière qui se dégage de cet état américain. Une atmosphère parfois étouffante, parfois inquiétante, mais qui ne laisse jamais indifférent !

Et de l’inquiétant, l’autrice vous en propose ici, car ne vous y trompez pas, nous ne sommes pas face à une enquête classique comme va, petit à petit, le découvrir Johnny Belle Gueule. Le policier connaît bien la famille Broussart dont il appréciait le paternel maintenant décédé, mais il sait aussi que cette famille cache quelque chose. Cela le titille d’autant que le mystère semble s’épaissir à mesure qu’il progresse dans son enquête. Il y a cette femme au comportement versatile, ces secrets murmurés, une nouvelle disparition, une étrange apparition… Le surnaturel qui se fait d’abord discret prend de plus en plus d’importance apportant à l’ambiance du livre un côté mystérieux et dangereux. Surnaturel et réel finissent même par se fondre au point de déstabiliser notre policier qui ne sait plus à quel sens se fier.

Il faut dire que le pauvre, en plus d’avoir une enquête qui prend un tournant inattendu et qui semble se complexifier, il doit également faire face à une rencontre inhabituelle : la faucheuse en personne ! Personnifiée sous les traits d’une rousse flamboyante, celle-ci ne correspond pas vraiment à l’image que l’on pourrait s’en faire… L’autrice a ainsi joué la carte de l’originalité avec une faucheuse qui serait plus intéressée par des RTT qu’une promotion. Caustique, libérée et déterminée à obtenir ce qu’elle veut de notre enquêteur, la faucheuse est un personnage haut en couleur que j’ai beaucoup aimé. Heureusement que face à elle, Johnny Belle Gueule ne manque pas de répondant et de mordant.

Il prend au sérieux l’enquête d’autant qu’il connaît bien les personnes impliquées, mais cela ne l’empêche pas de faire preuve d’un certain sens de l’humour et  d’une bonne capacité d’auto-dérision. En plus de rendre l’ambiance un peu moins oppressante pour lui et les personnes avec lesquelles il échange, cela lui permet de prendre un peu de distance notamment envers des situations dont il a parfois du mal à saisir tous les enjeux. Amusant et habile enquêteur, Johnny Belle Gueule est un personnage qui ne laisse pas indifférent. Le roman est trop court pour que je me sois attachée à ce dernier, mais j’ai pris plaisir à le suivre dans ses cheminements de pensée et dans ses tentatives pour faire le jour sur une enquête plutôt opaque.

La plume de l’autrice est agréable, fluide et les dialogues plutôt naturels, un bon point si comme moi, vous abhorrez les échanges surjoués. Mais ce qui devrait vraiment rendre votre lecture immersive et prenante est sans aucun doute la narration mise en place par l’autrice qui alterne entre différents personnages et différentes époques. Cette alternance de points de vue apporte un certain dynamisme à l’intrigue tout en permettant de découvrir une galerie de personnage intéressante. Si j’ai apprécié de découvrir des personnages très différents les uns des autres et, en général, plutôt hauts en couleur, j’aurais peut-être préféré qu’ils soient moins nombreux, mais que leur psychologie soit un peu plus développée… Quant à l’alternance entre le présent et le passé, elle vous permettra progressivement d’assembler les pièces du puzzle, et de comprendre les raisons pour lesquelles le sort semble s’acharner sur la famille Broussard. Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que les bassesses humaines ne restant jamais impunies, les ombres du passé peuvent ternir le présent de la manière la plus surprenante qu’il soit.

À cet égard, l’autrice aborde en filigrane dans son roman un thème qui ne pourra que vous révolter : l’esclavagisme. À travers un personnage malmené par la vie, elle nous rappelle à quel point des hommes ont pu se montrer cruels avec d’autres hommes en raison de leur couleur de peau, et de leur supposée infériorité. Alors, on se révolte devant la violence physique et morale, et cette manière abjecte de nier à l’autre le droit de vivre simplement parce qu’il n’est pas né blanc. Certains passages m’ont beaucoup émue et retournée, car je ne doute pas que dans le passé, des femmes ont vraiment vécu ce que nous narre l’autrice. On crie à l’injustice, on frémit et on finit nous aussi par crier vengeance ou, du moins, justice !

En conclusion, dans Sale quart d’heure pour la mort, il est question d’enquêtes et de révélations, de secrets de famille, de crimes impunis, mais aussi de justice et de vengeance. Un livre à la croisée du fantastique et du roman policier qui se révèle, grâce à une narration alternée et des sauts dans le temps, diablement envoûtant. Un peu à l’image de la Louisiane, ce roman dégage une atmosphère aussi fascinante qu’étouffante que je ne peux que vous inviter à découvrir.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site d’Évidence Éditions.

Witchcraft, Raphaël Payet

Witchcraft, Raphaël Payet

Je remercie les éditions Bergame de m’avoir permis de découvrir Witchcraft de Raphaël Payet.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La prophétie autrefois annoncée par les sorciers est en marche. Elle est dorénavant synonyme d’espoir pour des hommes implorant un meilleur avenir pour leur descendance dans ce royaume prohibant la magie et devenu chaotique.

Longtemps tenue en captivité par les Rages Noirs, Tasha Lunar, l’une des dernières sorcières, se retrouve dans l’obligation de fuir afin de survivre. Espérant retrouver son ancienne vie, elle se met à la recherche de son père, et, dans sa quête, sera aidée par Vaco Tomas, un vagabond solitaire au passé trouble.

Beaucoup d’épreuves les attendent, testant leur courage et leur caractère… La prophétie des sorciers est en marche, portée par la dernière des sorcières.

  • Broché: 116 pages
  • Editeur : Bergame (6 juin 2018)
  • Prix : 12,80€

AVIS

Je dois avouer que c’est d’abord la couverture qui a attiré mon attention puisqu’en plus de la trouver attractive, je l’ai trouvée plutôt intrigante. Et puis adorant les sorcières, un roman qui s’intitule Witchcraft ne pouvait que me tenter. Malheureusement, mon avis sera mitigé ayant eu le sentiment d’être restée sur ma faim. L’auteur nous propose ici une très bonne ébauche de roman, mais pas, à mon sens, une intrigue assez poussée et développée pour offrir aux lecteurs, une expérience de lecture entièrement satisfaisante.

Tasha, une sorcière, et Vaco, un vagabond plutôt torturé, se rencontrent par hasard, l’homme aidant la jeune fille, plus ou moins malgré lui, à se sortir d’une situation tendue. Ils finissent donc pas voyager ensemble, Tasha une sorcière étant à la recherche de son père, et Vaco poursuivant un objectif mystérieux que l’on découvre tardivement. Mais comme vous pouvez vous en douter, leur voyage ne sera pas de tout repos, la sorcière étant recherchée, et Vaco semblant cacher un bien sombre passé…

Le roman est court, bien trop court pour laisser le temps à l’auteur de poser son décor, de nous présenter ses personnages et d’affiner leur psychologie. C’est ainsi qu’on se retrouve avec deux protagonistes aux réactions peu naturelles et aux changements d’attitudes tellement rapides et soudain qu’ils en perdent beaucoup en crédibilité. Par exemple, après seulement quelques brefs échanges, Tasha estime pouvoir faire confiance à Vaco dont pourtant elle ne sait rien, l’homme étant d’un naturel plutôt taciturne. Pour une sorcière traquée et sur ses gardes, cela me semble quand même précipité… De la même manière, chacun d’entre eux alterne entre haine et amour tellement rapidement qu’il est bien difficile de comprendre et de ressentir leurs émotions.

Je regrette donc que l’auteur n’ait pas pris le temps de faire évoluer posément ses personnages et donc de rendre leurs interactions plausibles. A cela s’ajoute une intrigue principale qui m’a semblé survolée au point que la prophétie énoncée dans le résumé de l’ouvrage ne prend finalement que peu de place. L’économie de détails ne permet donc pas aux lecteurs de réellement saisir et comprendre tous les tenants et aboutissants du récit. J’ai néanmoins apprécié le retournement de situation de la fin qui m’a prise de court même s’il est bien trop soudain pour être crédible.

Malgré ces points qui, pour moi, mériteraient d’être retravaillés, je reconnais certaines qualités à ce roman comme la plume de l’auteur. En dépit de quelques maladresses par-ci par-là, elle témoigne d’une réelle volonté d’offrir un texte fluide et donc agréable à parcourir. C’est d’ailleurs pour moi le point fort de ce livre puisque même quand les réactions des personnages m’ont agacée par leur invraisemblance, mon intérêt pour le livre n’a pas décru. Il faut dire que l’auteur a su tirer avantage du fait que son roman soit assez court pour offrir aux lecteurs un récit qui ne souffre d’aucun temps mort. Les choses vont vite, l’action est omniprésente et les scènes de combat parfaitement immersives. Je ne suis pas une grande amatrice de bagarres, mais force est de constater que le vocable imagé et précis rend les scènes d’action prenantes.

J’ai également apprécié de découvrir les capacités de Vaco, ancien membre des forces spéciales, mais j’ai surtout pris plaisir à découvrir les pouvoirs de sorcière de Tasha. Être capable d’invoquer un tigre de feu a de quoi faire rêver plus d’un lecteur ! Cet aspect du livre est d’autant plus intéressant que cette jeune sorcière n’a pas encore pris la mesure de toutes ses capacités qui se dévoileront face aux nombreux dangers que ne manquera pas de rencontrer notre duo. J’aurais juste adoré que cet aspect du livre soit un peu plus poussé puisque c’est celui qui m’intéressait le plus. Cela ne m’a pas empêchée, comme Vaco, d’être fascinée par le potentiel de Tasha qu’il vaut mieux avoir comme amie que comme ennemie a fortiori quand l’on découvre, la force de la magie qui coule dans son sang…

En conclusion, si je reconnais de bonnes idées, un rythme soutenu, des scènes d’action imagées et immersives, j’ai regretté une intrigue survolée et une psychologie des personnages trop peu développée pour être crédible… Un bilan mitigé donc pour ce petit roman qui aurait gagné à être un peu plus étoffé afin de rendre les personnages plus consistants et l’univers plus riche. C’est dommage, car derrière les quelques défauts mentionnés, on devine un vrai potentiel, l’auteur ayant la plume et l’imagination nécessaires pour faire de son roman, une histoire palpitante mêlant magie, quête d’identité, trahisons et action. Néanmoins, si vous aimez les belles plumes et les récits courts et menés tambour battant, Witchcraft pourrait vous plaire.

Et vous, envie de découvrir le roman ?

L’honneur des ombres, Nicolas Cluzeau

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Je remercie les éditions Lynks de m’avoir permis de découvrir L’honneur des ombres de Nicolas Cluzeau.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans l’ombre de la politique turque règne une congrégation bien plus ancestrale. Un roman young adult haletant au beau milieu du coup d’état au pouvoir turc.

– Le rêve commence toujours ainsi : je suis sur un navire à rames, une galère grecque, armée pour la guerre. Elle est magnifique : sa carène est toute de bois d’un noir d’encre. Des plaques dorées recouvrent sa figure de proue. C’est Poséidon, armé de son trident.
– Le dieu grec des mers et des océans ?
Dolunay acquiesce. Elle se lève, puis écarte les bras du corps. La jeune fille sent le vent chaud qui souffle, gonflant la voile carrée de la galère, elle entend le battement régulier des rames de la chiourme sur l’eau. Habillée d’une robe flottante et d’une tunique de cuir sombre, serre-tête en forme de dragon dans ses cheveux, elle tient un arc à double courbure dans ses mains. Dans son dos, deux épées courbes dans des fourreaux de buis noir peints de dragons d’or allongés…

  • Broché: 287 pages
  • Éditeur : Lynks (1 février 2018)
  • Prix : 15.90€

BANDE-ANNONCE DU LIVRE

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par l’énigmatique couverture du livre avec cette tête de statue qui m’a fait penser au mythe grec de Méduse. Mais l’auteur sort des sentiers battus en ne parlant pas de mythologie grecque, mais de croyances venues de Turquie et de pays proches. Et c’est d’ailleurs l’un des grands points forts de l’auteur : avoir su offrir aux lecteurs un dépaysement total autant au niveau du lieu de l’action, la Turquie, que des forces surnaturelles entrant en jeu dans ce roman.

J’ai ainsi adoré me balader en Turquie et dans les rues d’Istanbul que Nicolas Cluzeau semble très bien connaître si l’on se réfère aux nombreux détails et à sa capacité à nous immerger simplement dans ce pays et cette grande ville. Mais ce que j’ai préféré, c’est découvrir toute une mythologie que je ne connaissais pas et qui s’est révélée fascinante bien que parfois complexe à appréhender. Néophyte en la matière, il m’a fallu un petit moment avant de bien faire les relations entre les différentes divinités que l’on découvre, entre autres, à travers les rêves de Dolunay.

Cette jeune fille issue d’une famille plutôt aisée et progressiste fait des rêves étranges, ce qui apporte, dès le début du roman, un certain mystère. Comme elle, les lecteurs désirent alors ardemment découvrir leur signification et ce qu’ils impliquent. De fil en aiguille et aidée par son frère et son petit ami, Azad, la jeune fille fait des découvertes sur elle-même, ses pouvoirs plus qu’impressionnants, son passé, sa famille et sur ses rêves aussi effrayants qu’intrigants.

Ces découvertes ne se feront pas sans heurt ! En approchant de la vérité et en déchirant le voile obscur de ses songes, Dolunay réveillera des forces surnaturelles ancestrales et déterrera de sombres secrets de famille... À cet égard, j’ai trouvé que l’auteur arrivait à ménager un certain mystère puisqu’il faudra avancer dans l’histoire pour réellement comprendre les ramifications entre les différents membres de sa famille. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elles sont aussi complexes que tordues. L’auteur ne ménage donc pas son héroïne ni, de manière générale, ses personnages. Un point que j’ai apprécié même si mon cœur s’est quelque peu brisé pour une raison que je vous laisserai le soin de découvrir.

Fluide, travaillée et immersive, sans pour autant être difficile à suivre, la plume de l’auteur est à l’image de son roman : agréable à découvrir et plutôt entraînante. Le livre étant relativement court, l’auteur a fait l’économie de longues descriptions et/ou phases d’introspection, ce qui devrait plaire aux amateurs de récits menés tambour battant. Dès les premières pages, on entre donc dans le feu de l’action et on se laisse emporter par la succession d’événements qui prennent vie sous nos yeux. Loin de ralentir, le rythme de l’intrigue s’intensifie au point de nous donner l’impression d’être devant un film d’aventure ou d’action qui devient, au fil des pages, de plus en plus intense et sombre. Je ne me suis donc jamais ennuyée, l’auteur ne laissant pas vraiment de répit à ses lecteurs. J’aurais néanmoins apprécié que la psychologie des personnages soit un peu plus développée notamment en ce qui concerne Dolunay qui semble, à mon sens, prendre les choses avec un peu trop de sérénité. Mais il est vrai que sa vie se trouve tellement chamboulée qu’elle n’a pas le temps de se morfondre ni de se laisser distraire par ses états d’âme.

J’ai d’ailleurs adoré suivre les péripéties de Dolunay qui est ce que l’on peut appeler une battante. Elle gravit chaque obstacle avec témérité, prend chaque problème à bras-le-corps et n’hésite pas à se lancer dans la mêlée sans tenter à tout prix d’avoir l’aval de sa famille ou de son petit ami. Si vous aimez les héroïnes badass avec du mordant et qui n’attendent pas d’être sauvées par le prince charmant, vous allez l’adorer. Son indépendance de caractère ne l’empêche pas de vivre une belle histoire d’amour avec Azad, un Arménien. La nationalité de celui-ci n’est pas forcément anecdotique si l’on se souvient du génocide arménien et de la réserve qui existe encore entre ce peuple et le peuple turc… Moi qui n’aime pas trop les histoires d’amour dans les romans, j’ai été agréablement surprise par la manière dont l’auteur arrive à nous faire ressentir l’amour et le profond respect qui unit Dolunay et Azad, et ceci sans tomber dans de la romance dégoulinante de bons sentiments. Un point qui est tellement rare que je tenais à le souligner.

Quant aux autres personnages, je vous laisserai le soin de les découvrir, mais ce qui est certain, c’est que si vous aimez les protagonistes complexes et torturés, vous allez être servis ! Aucun manichéisme dans ce roman où la frontière entre gentils et méchants est bien mince voire plutôt mouvante. Il faut dire que les forces qui sont en jeu sont d’une telle puissance que les règles qui régissent les rapports humains semblent finalement dépassées. L’auteur n’hésite d’ailleurs pas à aller loin dans le côté obscur des choses…

Au-delà des personnages plutôt atypiques, des sombres secrets de famille et du rythme de l’histoire, j’ai été conquise par le mélange réalité/imaginaire. L’auteur positionne, en effet, son intrigue en Turquie tout en prenant appui sur le contexte politique du pays. Un pari audacieux qui apporte un réalisme fou à l’histoire au point de la rendre presque crédible ! On découvre ainsi de l’intérieur la tentative de coup d’État de juillet 2016 et on assiste aux conséquences directes sur la population, les intellectuels du pays, et sur la famille de Dolunay soupçonnée d’être impliquée dans cette tentative insurrectionnelle. La jeune fille devra donc faire face à des forces d’une puissance inimaginable dans un contexte politique lui-même difficile ! La combinaison de ces deux dangers, l’un issu du monde réel et l’autre du monde imaginaire, rend l’histoire palpitante et prenante.

À noter qu’un petit lexique est présent en fin d’ouvrage. Un petit bonus fort appréciable pour les lecteurs qui auraient peut-être du mal à s’approprier les noms des personnages ou des sigles rencontrés dans le roman. De la même manière, des notes de bas de page viendront vous éclairer sur des notions ou points peu connus en France.

En conclusion, L’honneur des ombres est un roman dépaysant qui vous conduira en Turquie et qui vous fera découvrir, à travers l’histoire d’une jeune fille pas comme les autres, une mythologie passionnante. Alors si vous avez envie de découvrir une histoire qui sort des sentiers battus et qui mêle magie ancestrale, sombres secrets, histoires de famille et de vengeance, action et personnages complexes, ce roman devrait vous plaire. Pour ma part, j’espère que Nicolas Cluzeau continuera dans sa lancée en nous proposant une suite à ce roman original et prenant.

Et vous, envie de découvrir L’honneur des ombres ?

Retrouvez le roman sur le site des Éditions Lynks.