Tambaqui, tome 1 : Naissance d’une nation, Sébastien Habel Blais

Couverture Tambaqui, tome 1 : Naissance d'une nation

Chaque royaume possède son histoire. Sa chronologie. Ses héros. Mais surtout, ses fondateurs. Comment naît une nation, en fait? Voilà ce que découvriront des exilées de la Grande-Britonie. Elles trouveront refuge dans la jungle, où triomphent les règnes animal et végétal. Sur ce territoire hostile, elles tenteront d’établir une communauté amazone, Tambaqui. Survivront-elles sans l’aide des hommes? Sauront-elles protéger leurs futures héritières des mains de la civilisation quand cette dernière aura vent de leur existence?D’un tome à l’autre, vous vivrez les épreuves sanglantes de Tambaqui à travers ses ères. Mais d’abord, débutons par sa création, la période la plus vulnérable d’une nation.

Sébastien Habel Blais (20 mars 2021) – 576 pages – Broché (17,94€) – Ebook (5,04€)
Couverture : Samir Guessab

AVIS

Attirée par la couverture et intriguée par le résumé, j’ai accepté avec plaisir la proposition de l’auteur de découvrir son roman de presque 600 pages. Et je dois dire que je ne le regrette nullement, ayant été captivée de la première à la dernière ligne par l’histoire de ces quelques femmes qui, lasses d’être sous le joug des hommes et révoltées par leurs conditions, décident de prendre leur destin en main. Et pour ce faire, elles ne reculent devant rien, ni le vol, ni le meurtre ! Après une situation délicate de laquelle la plupart réchappent, elles finissent par s’enfoncer dans la jungle et bâtir le fondement d’une nation créée par et pour les femmes : Tambaqui. Un nom dont l’origine peut prêter à sourire, mais qui marque le début d’une longue aventure riche en péripéties et en dangers.

L’idée d’une société de femmes vivant en autarcie n’est pas nouvelle en soi, mais j’ai apprécié la manière dont l’auteur nous narre l’exil de ces femmes qui décident qu’elles seront dorénavant les seules maîtresses de leur vie et de leur destin. Exit le père autoritaire, le mari violent, et tous ces hommes qui dominent, brutalisent et briment les femmes comme si elles n’avaient pas de volonté propre, ou n’étaient pas capables d’ambition. Or, Helvetia, Hasda, Mahdie, Aïcha et Xaverine vont nous prouver, au fil des pages, qu’elles savent parfaitement planifier, construire, se défendre, apprendre de leur environnement et en tirer parti… Très différentes les unes des autres, chacune va développer ses propres forces et travailler à la construction d’une société matriarcale basée sur l’entraide, la transmission entre générations, la solidarité, le travail, le respect et l’écoute.

Helvetia, devenue la reine de cette jeune nation, va découvrir la difficulté de concilier au mieux les souhaits et les attentes de chacune, tout en assurant la protection d’une communauté qui a grandi au fil des mois et des ans, au gré des rares rencontres avec des hommes des tribus locales. Mission ardue, voire impossible à mesure que les difficultés se multiplient et que les dangers mettent en péril l’avenir de Tambaqui. Entre les tensions internes, les mensonges des unes et des autres, les rivalités, l’égoïsme de certaines bien loin de l’idéal de solidarité défendu par la reine, le besoin d’indépendance et l’esprit de découverte des plus jeunes, et la menace des hommes de la ville, la vie à Tambaqui va prendre une tournure inattendue, si ce n’est dramatique. 

Devant ce groupe qui va connaître bien des déboires, j’ai souvent retenu mon souffle, l’auteur n’épargnant ni ses personnages ni ses lecteurs. Attendez-vous donc à des scènes assez difficiles d’autant que très immersives ! Pour ma part, je n’ai pas réussi à détacher mes yeux du roman, désirant tout connaître du sort de ces femmes que l’on finit par apprendre à connaître, mais pas toujours à apprécier. Ainsi, si l’on ne peut qu’approuver les idéaux de liberté derrière la naissance de Tambaqui, certaines décisions du groupe m’ont saisie d’effroi, comme la manière dont les matriarches veillent à ce que le groupe reste 100% féminin. Je dois également avouer avoir été choquée par cette mère qui oblige sa fille à s’accoupler pour engendrer une fille, après avoir tué le bébé mâle qu’elle venait de mettre au monde. Un exemple de la cruauté et de la brutalité que vous trouverez dans ce roman, qui nous prouve que la ligne entre le bien et le mal peut-être aisément franchi, a fortiori quand l’on est dans une optique de survie.

Ainsi, un peu à la manière des séries comme Les 100, dont on retrouve ici le côté très addictif, la survie est au centre des préoccupations des Tambaquiennes qui, après une relative paix, doivent sortir les armes, et apprendre la douleur du deuil. Une blessure que les matriarches du groupe connaissaient déjà, mais que les plus jeunes vont découvrir. Les réactions des enfants devant la mort m’a d’ailleurs assez déstabilisée, et laissent craindre de nouvelles difficultés pour le groupe dans le futur. Elles soulèvent également quelques questions quant à l’éducation en vase clos dispensée par les matriarches et les conséquences de leur intransigeance. Entre ne plus se laisser dominer, à juste titre, par les hommes et ne voir en eux que des géniteurs qu’il faut détruire s’ils osent entrer dans leur sanctuaire, n’y aurait-il pas un juste milieu ? Un juste milieu qu’une des enfants du groupe semble découvrir par un concours de circonstances et la lâcheté de l’une des femmes du groupe…

Je ne vais pas évoquer les personnages dans le détail, mais en plus de la reine qui marque par sa sincère dévotion envers les siennes et sa capacité à avoir une vision sur le long terme, et d’une femme ayant des dons de médium que j’aurais adoré voir un peu plus exploités, une femme se démarque du lot. En apparence lâche, égoïste et menteuse, on réalise que sa personnalité est bien plus complexe qu’il n’y paraît. Il serait aisé de la considérer comme simplement mauvaise, mais l’auteur a réalisé un très bon travail sur sa psychologie qui montre jusqu’où quelqu’un peut aller pour survivre. Je n’excuse aucun de ses gestes, je l’ai trouvée méprisable, abjecte, et elle m’a bien souvent dégoûtée, mais elle n’en demeure pas moins capable d’émotions et de remords. Jamais toutefois au point de se mettre en danger.

Une « méchante », tout en subtilité, qui cristallise un peu les limites d’une société bâtie sur des idéaux se confrontant à une dure réalité : homme ou femme, chaque être humain est capable de duperie et de violence. Elle ne sera d’ailleurs pas la seule à faire passer ses propres intérêts avant celle des autres, bien qu’elle n’ait elle pas l’excuse de l’âge contrairement à d’autres. À cet égard, l’auteur se montre assez audacieux dans la mesure où contrairement à l’image de naïveté que l’on associe volontiers aux enfants, les fillettes de ce roman sont assez particulières. Certaines m’ont franchement agacée par leur égoïsme et les risques inconsidérés qu’elles prennent, quand d’autres m’ont inquiétée par leur goût prononcé pour le sang et la violence. J’aurais envie de dire que vu le contexte et leur jeune âge, ça peut se comprendre, mais je n’en suis pas si certaine que cela…

En résumé, avec ce roman, l’auteur nous propose de suivre des personnages féminins forts qui ne nous semblent jamais lisses ou consensuels. Ces femmes sont éprises de liberté et leur reine souhaite inscrire leur jeune nation dans l’Histoire, mais pour ce faire, elles sont prêtes à agir avec la même brutalité et le manque d’humanité de ces hommes dont elles ont voulu s’émanciper. La fin justifie-t-elle les moyens ? Chacun répondra à cette question selon ses propres convictions. Pour ma part, je n’ai pas approuvé toutes les actions de notre groupe, mais j’ai été fascinée par ses péripéties, cette société matriarcale développée dans le sang et la sueur par des femmes de conviction prêtes à tout pour la défendre, et cette aura de danger omnisciente qui nous laisse toujours sur le qui-vive quant au devenir de Tambanqui. Entre les dangers, les luttes contre des ennemis de l’extérieur et de l’intérieur, vous ne devriez pas voir le temps passer, d’autant que la plume de l’auteur, tout en finesse et en fluidité, vous assurera une lecture aussi intense qu’immersive ! Âmes sensibles s’abstenir, mais que les autres n’hésitent pas à assister à la fascinante naissance d’une nation pas comme les autres…

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé son roman, disponible sur Amazon, en échange de mon avis.

L’adieu à Camille, Guy-Roger Duvert

Couverture L'Adieu à Camille

Installé depuis deux ans à la PJ de La Rochelle après avoir fui la capitale, le capitaine Gabriel Podilsky gère son deuil aussi bien que possible, ayant préféré s’aider de récentes technologies révolutionnaires là où d’autres se laissent tomber dans la dépression ou dans l’alcoolisme. Enclin aux relations conflictuelles, à la mauvaise foi et à un certain cynisme, ses rapports avec ses collègues se sont vite montrés compliqués, mais ne l’ont pas empêché de gagner une légitimité certaine sur place.

Lorsqu’on l’envoie enquêter sur la mort d’une actrice hollywoodienne venue tourner un long métrage international sur l’Île d’Aix, il n’est pas surpris d’y trouver des histoires de sexe, de drogue, de pouvoir et d’argent. Il l’est déjà beaucoup plus en découvrant que la même technologie dont il profite s’avère possiblement liée au meurtre. Il lui faut vite dénouer l’affaire, car pendant ce temps, les morts s’accumulent.

Auto-édité – (3 juin 2021) – 278 pages – 19,99€

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C’est toujours avec plaisir que je me lance dans un livre de Guy-Roger Duvert à la plume particulièrement visuelle et cinématographique, ce qui n’est guère étonnant, l’auteur étant également réalisateur. Un amour pour le septième art que l’on retrouve ici, car s’il situe son intrigue sur l’Île d’Aix, c’est au cœur du tournage d’une production hollywoodienne qu’il nous plonge avec un sens du réalisme plus que convaincant. Une production quelque peu mise à mal par le décès de son actrice principale qui, à défaut d’avoir été appréciée de son vivant par les membres du tournage, était douée devant une caméra.

Bête accident comme chacun semble le penser ou meurtre ? C’est pour le déterminer que le capitaine Gabriel Podilsky de la PJ de La Rochelle, et le lieutenant de gendarmerie Beltiers sont envoyés sur place. J’ai apprécié de découvrir aux côtés des deux enquêteurs les dessous d’un plateau de tournage, la hiérarchie nette et franche qui sépare les gros poissons du menu fretin, les différents corps de métier, le rôle de chacun, certains termes techniques, les tensions, les solidarités, les cancans… Mais ce qui fait tout le sel de cette enquête, en apparence classique, c’est la manière dont l’auteur nous place aux côtés du capitaine et de son coéquipier de circonstance qu’il aime à charrier. Mais rassurez-vous, ce dernier semble tout à fait capable de lui rendre la pareille.

En plus d’une relation assez sympathique et amusante à suivre, j’ai donc apprécié cette impression de suivre chaque étape de l’enquête, un peu comme si j’étais dans la tête de notre capitaine ! Une tête qu’il partage d’ailleurs avec Camille, son alter et ancienne collègue décédée en mission. Les alters sont des intelligences artificielles créées à partir du scan d’une personne vivante ou de souvenirs, avant d’être implantés. Certaines personnes peuvent également préférer se faire implanter une création originale répondant à ses attentes et à ses besoins, dans le respect de la loi et de certaines règles de déontologie. Un implanté communique via la pensée ou à voix haute avec son alter, qu’il peut faire taire et apparaître sur demande. Une possibilité que n’hésitera d’ailleurs pas à utiliser notre capitaine bien qu’en théorie, il ne soit pas autorisé à communiquer avec Camille durant son temps de travail.  Évidemment, ces intelligences artificielles ne sont pas figées dans le temps et évoluent au gré de leurs expériences, de leurs interactions, de leurs observations…

Ainsi si L’adieu à Camille est un roman policier classique au premier abord, il intègre quelques touches de science-fiction qui m’ont personnellement plu. Il faut dire que la science-fiction, c’est un genre dans lequel l’auteur excelle ! Il prouve ici qu’il est capable d’écrire des œuvres de science-fiction pure, mais aussi de mélanger habilement les genres pour proposer une histoire captivante et, comme toujours, porteuse de réflexion. Car, si l’entreprise Alter propose une technologie qui a de quoi faire rêver, bien qu’on regrettera une certaine inégalité d’accès en fonction de ses moyens, des questions quant aux limites et aux dangers de celle-ci ne manqueront pas d’être soulevées au cours de l’enquête.

Malgré les règles de sécurité instaurées, les alters ne peuvent-ils pas induire des pensées dangereuses chez leur hôte, voire des comportements immoraux et illégaux ? Moyen de lutte contre la dépression et les vices qui semble avoir fait ses preuves chez certains, ou outil qui tend à couper l’utilisateur d’autrui et à l’enfermer auprès d’une personne qui n’existe pas vraiment, mais dont la sphère d’influence est bien réelle ? Que l’on approuve ou non la conclusion du roman, force est de constater qu’elle soulève une réflexion pertinente, et dans une certaine mesure, vertigineuse quant aux implications pour l’humanité. Alors, si j’ai au début du roman souhaité qu’une telle technologie nous soit un jour proposée, j’avoue que ses potentiels dangers et détournements ont quelque peu freiné mon enthousiasme. Après tout, la manipulation est déjà bien assez présente dans les modèles économiques actuels sans qu’on ait besoin qu’elle soit directement implantée dans notre tête !

En ce qui concerne l’enquête, sorte de huis clos insulaire, je préfère rester vague, mais je peux néanmoins vous dire qu’elle se complexifie à mesure que l’on tourne les pages. La mort de l’actrice principale n’est pas le seul drame qui va venir entacher la production hollywoodienne et une île devenue bien menaçante… Entre les constatations d’usage, les interrogatoires, la plongée dans un monde à part avec ses codes, les vices de certains, les révélations et autres joyeuses découvertes… le capitaine et son coéquipier ne vont pas avoir le temps de s’ennuyer. Ni le lecteur d’ailleurs, car à peine une question survient qu’une autre se pose, le tout dans un climat étrange où le glamour est estompé par la mort, l’argent en trame de fond puisque drame ou pas « the show must go on », les petits arrangements avec la morale que l’on pense à la drogue ou à la présence d’un réalisateur connu pour ses comportements de prédateur sexuel… Mais que voulez-vous, il est « bankable » alors la santé physique et mentale des femmes avec lesquelles il travaille ne semble pas une priorité. Difficile de ne pas faire le lien avec une célèbre affaire impliquant un producteur américain. 

Si j’ai deviné l’une des révélations, mais pas le motif, cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à suivre le cheminement de pensées du capitaine, ses hypothèses, ses doutes, les ponts qu’il fait entre la situation sur place et sa vie personnelle… Un plaisir d’autant plus grand que le personnage est finalement bien plus sympathique que la description des débuts ne le laisse présager. Certes, il a tendance à mettre les gens à distance en se montrant cassant, mais son humour m’a fait sourire et sa relation avec Camille le rend assez touchant. On sent que derrière le côté bourru, se cache un homme qui a du mal à se pardonner la mort de sa coéquipière, mais qui ne cherche pas à explorer plus que cela ses sentiments et sa douleur. Quant à savoir si faire son deuil à l’aide d’un double virtuel de la personne que Camille fut est sain, chacun se fera sa propre opinion. Pour ma part, j’ai apprécié la lucidité du capitaine sur son alter et l’efficacité avec laquelle il utilise cette technologie.

Un point m’a semblé au départ peut-être un peu gros, mais après réflexion, je ne peux que reconnaître qu’en l’état actuel du monde, il est finalement assez réaliste ! C’est peut-être ce qui rend le dénouement aussi marquant avec cette impression qu’il y a au-dessus de la toile une araignée intouchable prête à étendre son influence. En ce qui concerne la plume de l’auteur, elle se révèle, comme toujours, très agréable et facile d’accès, ce qui rend la lecture aussi rapide que facile, d’autant que le roman ne souffre d’aucun temps mort ni de détails inutiles.

En conclusion, fidèle à son habitude, l’auteur nous propose un véritable page-turner, qualification qui tient autant à l’intrigue en elle-même, une enquête policière sur une île qui se complexifie au fil des pages, qu’à une plume fluide, immersive et agréable. Mais ce qui fait l’originalité de ce roman policier est sa touche de science-fiction qui, en plus de s’intégrer avec beaucoup de réalisme à l’intrigue, soulève des questions intéressantes quant aux intelligences artificielles, leurs bienfaits, leurs dangers et leurs limites, tout en nous poussant à nous demander si le véritable danger provient de la technologie en elle-même ou de l’utilisation que certains en font ou aimeraient en faire…

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

La Princesse au visage de nuit, David Bry #PLIB2021

Couverture La Princesse au visage de nuit

Dans les bois vit la princesse au visage de nuit ; ses yeux sont des étoiles et ses cheveux l’obscur.

Hugo, enfant violenté par ses parents, s’est enfui avec ses amis dans la forêt, à la recherche de la princesse au visage de nuit, qui exaucerait les vœux des enfants malheureux… Il est ressorti du bois seul et sans souvenirs, et a été placé dans une famille d’accueil.

Vingt ans plus tard, alors qu’il a tout fait pour oublier son enfance, Hugo apprend la mort de ses parents. Mais, de retour dans le village de son enfance, il découvre que ses parents auraient été assassinés, et d’étranges événements se produisent. La petite voiture de son enfance réapparaît comme par magie. De mystérieuses lueurs brillent dans les bois. Les orages soufflent des prénoms dans le vent.

L’Homme Sans Nom (8 octobre 2020) – 278 pages – 19,90€
#ISBN9782918541721

AVIS

Ayant apprécié Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un autre genre. Voilà chose faite avec La princesse au visage de nuit que j’ai tout simplement adoré.

Dès le début, l’auteur pose une ambiance inquiétante qui m’a semblé jouer avec certains codes des films et des romans d’horreur : une très bonne maîtrise des éléments avec, entre autres, des orages qui grondent et deviennent figure menaçante, un village qui semble vivre en vase clos, une femme en noire, une ombre qui surgit dans la nuit, un inquiétant et mystérieux château autour duquel courent d’étranges rumeurs, une apparition à la fenêtre, des yeux dans la nuit, des lucioles, un fantôme qui rôderait, des noms murmurés dans le vent, une histoire de malédiction, une vieille légende évoquant une princesse au visage de nuit…

C’est d’ailleurs cette dernière légende qui m’a passionnée, l’auteur jouant habilement entre le réel et le fantastique pour stimuler notre imagination et pousser ses personnages dans leurs retranchements. Et si le mythe de cette princesse au visage de nuit, figure salvatrice en même temps que mortifère, n’était pas qu’une invention d’enfants ou un vieux conte à effrayer les esprits les plus impressionnables ? Que se cache vraiment derrière cette légende qui remonterait au Moyen Âge ?

Et surtout, est-elle liée à la mort des parents d’Hugo qui, après vingt ans d’absence, est contraint de revenir dans son village natal pour enterrer des personnes qui mériteraient plus l’enfer que le repos éternel ? Car sous couvert d’une histoire empreinte de mystère et de secrets, et d’une enquête plutôt bien amenée et menée, l’auteur évoque, entre autres, la maltraitance infantile sous différentes formes. Rassurez-vous, il n’entre pas vraiment dans les détails, nous épargnant le plus sordide. Difficile néanmoins de rester de marbre devant la souffrance d’Hugo, mais aussi de ses amis disparus il y a deux décennies lors d’une nuit de la Saint-Jean. Une nuit maudite dont Hugo ne garde quasiment aucun souvenir, mais qui semble liée à tout ce qui se passe actuellement dans ce village devenu, dès son plus jeune âge, synonyme de malheur.

Grâce à de courts chapitres glissés entre les pages, l’auteur nous permet de remonter le temps pour faire brièvement connaissance avec l’enfant qu’Hugo a été, mais aussi avec Pierre, son ancien ami à la tristesse déchirante, et la petite Sophie dont on découvrira petit à petit les terribles souffrances. À mesure que se dessine leur vie passée, on comprend leur besoin impérieux de trouver cette princesse au visage de nuit réputée exaucer les souhaits des enfants, malgré le danger d’une telle rencontre… J’ai trouvé remarquable le travail effectué par l’auteur sur les espoirs de ces enfants perdus, pour des raisons différentes, mais toujours par la faute d’adultes maltraitants soit volontairement soit par négligence. Leur sort révolte, mais peut-être encore plus la pensée que des êtres aussi jeunes en soient venus à se tourner vers la mort, ou du moins une figure légendaire potentiellement mortelle, pour supporter la vie. Comment expliquer que dans un village où tout le monde se connaît et sait tout, personne ne fait rien ? L’histoire de lâchetés individuelles entraînant un déni collectif et le drame d’enfants qui auront perdu trop tôt leur innocence, à considérer qu’ils en aient jamais eu une.

Si le passé impacte encore fortement la vie d’Hugo, c’est bien le présent qui le met face à un nouveau défi : faire la lumière sur le meurtre de ses immondes parents afin d’éviter d’être accusé de leur mort. Il pourra heureusement compter sur le soutien moral de ses amis parisiens, mais surtout sur Anne, la sœur de son ancienne amie disparue, devenue gendarme. Les deux ont en commun de n’avoir jamais vraiment pu tourner la page de leur passé. Mais comment le pouvoir quand, comme Hugo, une partie de votre passé vous échappe et vous emprisonne, et que comme Anne, vous n’avez jamais su ce qui était arrivé à votre sœur. Sans vraiment m’attacher à ces deux personnages, j’ai apprécié leur travail d’équipe et le soutien mutuel qu’ils s’apportent l’un l’autre, les poussant parfois à prendre des risques et à tenter le diable… Mais tous les deux sont bien décidés à aller jusqu’au bout de leur enquête, quitte à déterrer des secrets difficiles à supporter, mais indispensables pour avancer.

Il y a un côté enquête en huis clos étouffant que j’ai apprécié, car dès qu’Hugo est dans son village, c’est un peu comme si un étau se resserrait progressivement autour de lui et que l’oxygène venait à lui/à nous manquer. Le délabrement de la maison familiale, certaines manifestations inquiétantes ainsi que certaines figures du village comme la « sorcière » qui semble se délecter de la peine des autres et en savoir plus qu’elle ne veut bien l’admettre, concourent à ce sentiment d’être pris au piège dans un village où rien de bon ne peut arriver, mais tout est à craindre. Seul un homme, ancien protecteur de notre protagoniste, apporte une touche de lumière bienvenue, alors que lui-même peut être compté au rang des âmes en souffrance. Je dois d’ailleurs dire que c’est le personnage adulte qui m’a le plus touchée. Il aurait pu/dû faire plus pour Hugo quand il était enfant, mais il n’en demeure pas moins un homme très humain, habité par ses propres douleurs et fantômes.

Les amis parisiens d’Hugo, s’ils ne sont pas d’un intérêt capital pour l’intrigue principale, permettent à l’auteur de nous montrer la place qu’ils ont et jouent dans la vie de ce dernier. Hugo et ses amis, tous avec leurs propres failles à surmonter, ont tendance à éviter les sujets difficiles et de fond, mais ils trouvent du réconfort et un peu de chaleur dans leurs soirées endiablées, leurs taquineries, leur complicité et leur solide amitié. J’aurais peut-être apprécié que ces personnages secondaires soient un peu plus développés, mais la dynamique du groupe m’a néanmoins convaincue, tout comme cette manière qu’ils ont de se soutenir et de s’aider à se (re)construire. 

Quant à la plume de l’auteur, alternance de poésie et force brute, elle m’a de nouveau enchantée et conquise. J’ai apprécié la construction presque nerveuse du récit avec un compte à rebours qui engendre un certain sentiment d’urgence et d’angoisse, et des phrases courtes qui claquent et frappent. Un peu à l’image d’une histoire sombre et difficile aux teintes poétiquement mélancoliques, mais une histoire également porteuse d’amitié et d’espoir, la résilience étant en trame de fond. J’ai également apprécié les petites touches d’humour qui permettent de se distancier du drame, voire des drames. Parce que nos personnages, vivants comme morts, ont connu leur lot de malheurs…

Mais ce qui fait vraiment la force de ce thriller est son ambiance mystérieuse, entre réel et fantastique, entre secrets et suspicion, qui devient de plus en plus suffocante et angoissante à mesure qu’Hugo et Anne se rapprochent de la vérité. Leur enquête va les pousser à déterrer certains secrets, raviver des douleurs plus ou moins grandes, réveiller des peurs d’enfant, des traumatismes jamais vraiment guéris, et une légende que l’on pensait oubliée. Mais quand trouver les morts devient nécessaire pour réparer les vivants, une seule solution, déterrer le passé pour espérer un jour enfin avancer !

Autre lecture pour le PLIB 2021 : La Ville sans Vent

 

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

L’épouse du guerrier, Jenni Fletcher

Couverture L'épouse du guerrier

À la disparition de ses parents Constance n’a eu d’autres choix que de devenir l’épouse du glacial Matthew Wintour. Un inconnu qui l’a abandonné pour guerroyer, sans même lui accorder un baiser d’adieux. Encore moins une nuit de noces. Cinq ans plus tard, Matthew – devenu un colosse armé–, est de retour et entend partager sa couche. Mais Constance elle aussi a changé et compte bien affirmer son caractère coûte que coûte…

AVIS

Après un mariage éclair, le mari de Constance s’en est allé, probablement guerroyer, sans se retourner ni même chercher à échanger quelques phrases avec cette épouse qu’il ne connaît pas. Une situation qui convenait parfaitement à la jeune femme même si elle aurait préféré qu’il lui demande son avis avant de l’envoyer dans sa famille, la coupant ainsi du lieu où elle a passé son enfance. Un lieu chargé d’émotions et de souvenirs liés à ses parents décédés d’une fièvre.

Bien qu’en colère de n’avoir pu rester chez elle, Constance a été baignée d’amour et a passé de belles années auprès de son oncle, de sa tante et de ses deux cousines dont elle est très proche. Elle n’accueille donc pas vraiment de gaieté de cœur l’annonce du retour de Matthew qui a, apparemment, décidé de venir la chercher. Mais que peut-elle bien partager avec cet homme qu’elle n’a pas vu depuis 5 ans et dont elle ne connaît absolument rien ?

Si la romance a peut-être manqué de mordant, elle n’en demeure pas moins agréable, l’autrice prenant le temps de faire émerger les sentiments des personnages, malgré une attirance physique qui apparaît assez rapidement. Contrairement à d’autres romans du genre, les scènes de sexe ne sont pas omniprésentes et ne sont jamais détaillées dans leurs moindres détails, ce qui m’a parfaitement convenu. À noter également, et je tiens à le souligner, qu’il n’y a aucun problème de consentement entre ces pages. Matthew apprécie l’apparence de sa femme et lui dit parce qu’elle complexe à ce sujet, mais il ne se montre pas malaisant, pas lourd et attend qu’elle fasse le premier pas.

Alternant entre incompréhensions, doutes, rapprochements aussi bien physiques qu’émotionnels et espoirs, la relation entre Constance et Matthew est donc saine et touchante. On prend un certain plaisir à voir Constance prendre confiance en elle, et Matthew à ouvrir son cœur. Quelque chose de difficile pour cet homme élevé dans la cruauté d’un père obsédé par ses terres et l’argent. Ce père méchant et maltraitant fait froid dans le dos, notamment dans sa manière de traiter ses épouses qui finissent toutes par mourir, et ses fils qu’il s’acharne à rabaisser encore et encore… Heureusement que Matthew et Allan, son jeune demi-frère, ont pu compter l’un sur l’autre durant leurs jeunes années bien qu’actuellement, la situation entre les deux soit quelque peu tendue.

Au-delà des relations et des interactions entre les personnages qui sont plutôt bien pensées et développées, l’autrice introduit une dimension politique qui ne manque pas d’intérêt, mais que j’aurais adoré voir encore plus présente. Ainsi, Matthew est engagé dans un complot politique afin de brimer l’autorité d’un roi profondément injuste, lâche et dangereux pour la souveraineté de l’Angleterre. Mais un tel engagement n’est pas sans danger pour lui, mais aussi pour Constance dont la vie est maintenant étroitement liée à la sienne…

En bref, L’épouse du guerrier est une romance historique sympathique mêlant avec habilité secrets, complot politique et relations entre deux époux qui, après cinq ans de séparation, doivent apprendre à se connaître, avant peut-être de s’aimer.

 

Frères de sang, tome 1 : L’éveil, Delphine Maeder

Couverture Frères de sang, tome 1 : L'éveil

Après un accident qui l’a plongée dans le coma, Aurore est hantée par d’affreux cauchemars de jour comme de nuit. Suite à une séance d’hypnose régressive, elle découvre avec stupeur qu’elle serait la réincarnation de Lyse-Anne, jeune femme issue d’une famille de riches vignerons du Lavaux ayant vécu deux cents ans plus tôt. Au travers de ses séances d’hypnose, Aurore partage la vie de celle-ci avec passion, jusqu’au jour où tout bascule lors de la découverte macabre d’un corps exsangue, recouvert d’étranges morsures. Aurore décide alors d’étudier de près le passé de la jeune femme afin de trouver des réponses à ses questions. Parallèlement, elle se sent troublée par Alex, jeune homme mystérieux qui travaille à la bibliothèque où elle passe la plupart de ses soirées. Elle devra surmonter sa timidité maladive et sa maladresse pour pouvoir aborder ce garçon qui éveille sa curiosité…

AVIS

Écrire un avis négatif est souvent délicat, a fortiori quand on sollicite soi-même le roman sur Simplement. Néanmoins, il arrive qu’il y ait des rendez-vous manqués malgré des attentes élevées, et c’est exactement ce qui s’est passé ici. En lisant le résumé et en voyant les notes absolument phénoménales sur la plateforme, je partais confiante, voire franchement enthousiaste.

Mais au bout de trente pages, j’ai compris qu’entre ce roman et moi, ça allait être compliqué. D’ailleurs, s’il ne s’était pas agi d’un service de presse, je n’aurais pas été plus loin que ces quelques pages. On sent un réel et consciencieux effort de la part de l’autrice pour proposer un texte bien écrit, ce que j’ai fortement apprécié, les belles plumes me ravissant toujours. Toutefois, j’ai regretté quelques maladresses et un certain manque de spontanéité et de naturel, qui m’ont donné le sentiment que l’autrice cherchait à atteindre un style, qui n’est peut-être pas naturellement le sien. Cela m’a d’autant plus freinée dans ma lecture que le côté très adolescent, voire parfois naïf et enfantin de l’intrigue et des personnages, semble complètement en décalage avec sa plume. Une plume qui souffre, en outre, de quelques lourdeurs en raison d’une tendance à tomber dans la tautologie, et à expliciter des évidences que l’on déduit aisément du contexte.

Mais ce qui m’a vraiment gênée et agacée, en plus des personnages somme toute assez clichés et à la psychologie peu développée, c’est la surenchère dans le drame avec des événements qui en perdent alors toute crédibilité et profondeur. Il y a un passage où une psychiatre parle de soap pour évoquer la vie antérieure d’Aurore, le terme est fort à propos pour évoquer le roman qui m’a semblé tomber dans le soap adolescent : une pimbêche garce à souhait qui ne s’en cache pas mais dont le comportement échappe comme par magie à son promis, une héroïne qui pardonne en trois secondes chrono sa rivale/harceleuse quand celle-ci évoque ses états d’âme, un fiancé qui n’aime pas sa promise mais qui veut quand même tout sacrifier en l’épousant pour honorer les volontés d’un père décédé et maltraitant, tout en étant follement amoureux d’une fille qu’il n’avait pas revue depuis des lustres et avec laquelle il a échangé trois mots – une jeune fille d’ailleurs qui attise la convoitise de deux frères semant la zizanie malgré elle (et dont la relation ne sera pas sans rappeler celle entre deux frères dans une célèbre série), un être surnaturel perturbé par un phénomène féminin naturel donnant lieu à un sujet « tabou » entre lui et sa bien-aimée (ça m’a au moins fait rire)… 

Tout cela a créé pour moi un effet d’accumulation qui aurait pu être évité si les événements importants avaient été un minimum développés. Or on s’attarde sur des détails qui ne font pas avancer l’histoire, mais des choses importantes sont balayées en quelques lignes, nous donnant le sentiment de ne jamais entrer dans le cœur du récit. Et j’ai trouvé cela extrêmement frustrant car l’autrice avait de bonnes idées que j’aurais adoré voir développées. À commencer par l’idée de séances d’hypnose qui permettent à Aurore, jeune vendeuse ayant abandonné la fac de psychologie, de renouer avec une vie antérieure.

Une vie que l’on découvre au cours des séances et qui va progressivement avoir un réel impact sur sa vie actuelle. Car si Aurore sait bel et bien qu’elle n’est pas vraiment cette Lyse-Anne ayant vécu deux cents ans avant elle, il y a des choses qu’elle ne peut guère ignorer, et qui vont la conduire jusqu’aux portes d’un nouveau monde. Je n’en dirai pas beaucoup plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai apprécié la manière dont l’autrice s’est approprié un mythe bien connu, et sa vision de l’organisation de créatures surnaturelles que j’ai toujours plaisir à retrouver, notamment en littérature.

Je n’ai pas été convaincue un seul moment par la romance à travers les siècles qui nous est proposée ici, la trouvant niaise et clichée, mais j’ai apprécié que grâce à cette dernière, l’autrice aborde la question de la réincarnation et de l’identité. Ainsi même en accédant à ses souvenirs grâce à l’hypnose, et en partageant une partie de son âme avec cette dernière, Aurore n’est pas Lynne-Anne. Elle n’a pas eu les mêmes parents, n’a pas été élevée à la même époque, n’a pas vécu les mêmes joies et les mêmes peines… Mais malgré cela, on ne peut que s’interroger sur les liens entre les deux jeunes femmes. 

Il y a définitivement quelque chose de métaphysique dans cette question, d’autant que le passé semble vouloir se répéter. À cet égard, la fin ne manque pas d’intérêt puisque si certains pourront y voir du romantisme et la preuve que notre histoire d’amour maudite n’est pas prête de s’arrêter, pour ma part, cela m’a donné une autre vision de Tristan. Il semble reconnaître sans problème qu’Aurore n’est pas son amour perdu, mais ce qu’il dit à la fin tendrait à me prouver le contraire… Point que j’ai apprécié et qui prouve toute la complexité du principe de vie antérieure.

Au-delà de l’alternance entre les époques qui se révèle, pour moi, la force du roman, on appréciera la présence du surnaturel qui s’invite dans la vie d’Aurore, quelques mystères qui donnent envie d’aller plus loin (même quand la tentation d’arrêter la lecture est bien présente), des moments de tension qui laissent craindre le pire, et une très belle amitié entre notre héroïne et sa colocataire et confidente. Et vu tout ce qu’Aurore vit en peu de temps, et ce monde nouveau et empli de dangers qui s’ouvre à elle, cette amitié lui sera fort précieuse ! Bien qu’on tombe dans le cliché de la copine rigolote qui saute d’un homme à un autre comme si une journée de célibat était la plus grande des épreuves, j’ai largement préféré ce personnage secondaire. Sabrina m’a semblé bien moins molle que notre héroïne à la maturité toute relative, et pour laquelle je n’ai rien ressenti d’autre que de l’agacement devenu indifférence. Ceci explique peut-être que son sort n’a suscité en moi absolument aucune émotion ! Or difficile de s’intéresser à un roman quand le sort de ses personnages nous importe peu…

En conclusion, je pense que vous aurez compris que je n’ai pas réussi à accrocher à cette histoire qui évoque pourtant des sujets intéressants comme l’hypnose et les vies antérieures. Mais j’ai regretté un manque de maturité dans la construction des personnages, tous très stéréotypés, et dans le développement d’une intrigue qui n’arrive jamais vraiment à se départir des clichés. Dommage parce qu’il y avait de bonnes idées et qu’avec un travail pour les développer, et non juste les effleurer, le roman aurait pu être captivant. Il semble néanmoins avoir su trouver son public alors si vous êtes intrigués, n’hésitez pas à vous lancer dans cette romance maudite qui semble s’acharner à vouloir défier le temps et les circonstances. Pour ma part, l’aventure s’arrêtera là…

Jamais, Duhamel

Couverture Jamais

Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Bamboo (10 janvier 2018) –  64 pages

AVIS

Devant lire un ouvrage contenant le mot jamais dans le titre, j’ai jeté mon dévolu sur cette BD dont la couverture m’a tout de suite intriguée. Et puis, j’ai une appétence particulière pour les ouvrages mettant en scène des personnages d’un certain âge, comme c’est le cas ici. Nous faisons ainsi la connaissance de Madeleine qui, depuis la disparition de son époux en mer il y a des années de cela, vit seule avec son chat dans une maison au bord d’une falaise ! Une falaise, grignotée par les éléments, qui menace dangereusement de s’effondrer et d’embarquer avec elle maison, mamie, chat et meubles. Mais têtue comme une mule et bien décidée à faire de la résistance, Madeleine refuse de donner satisfaction au maire de son village en quittant sa maison.

Ici, point de Gaulois résistant à l’envahisseur romain, mais une nonagénaire résistant à un maire affolé à l’idée de ce qui pourrait lui arriver sur le plan pénal en cas de drame. La référence à une célèbre BD n’est pas fortuite, comme vous le verrez si vous vous penchez sur cet ouvrage qui a été un quasi coup de cœur. Un quasi coup de cœur pour la personnalité de Madeleine qui ne s’en laisse pas compter et dont l’ironie se révèle plus tranchante qu’une serpe. Si elle peut parfois se montrer difficile et impolie avec le maire qui essaie très maladroitement de la protéger d’un réel danger, elle n’en demeure pas moins terriblement attachante. Et ce n’est pas un pompier, seule oreille attentive du village qui vous dira le contraire.

Au fil des pages, le lecteur comprend que les apparences sont trompeuses et que Madeleine n’est pas cette aveugle complètement déraisonnable que le maire aime à décrier… Bien au contraire, tout ce qu’elle fait ou qu’elle refuse de faire, c’est pour une raison qui ne regarde qu’elle et son histoire personnelle. Ainsi à mesure que l’on progresse dans la lecture, deux sentiments distincts nous assaillent : la peur qu’il arrive quelque chose à Madeleine, sa maison semblant de plus en plus menacée par l’effondrement de la falaise, et la compréhension, puis l’attendrissement devant les raisons expliquant son refus de partir de chez elle. Et si cette femme, qui fait comme si son mari était toujours vivant, et qui refuse de voir en face le danger, n’était pas dénuée de bon sens, mais simplement prête à faire un grand voyage, ses souvenirs et son amour pour son mari pour compagnons de voyage ?

Je n’aurais jamais fait le choix de Madeleine, mais qu’est-ce que cette femme m’a touchée, émue, fait rire et impressionnée. Elle est aveugle, certes, mais elle n’est pas ignorante du regard des autres ; elle est têtue incontestablement et plutôt piquante et radicale, mais elle est aussi attendrissante, et capable de complicité avec ceux qui sont prêts à l’écouter. Et puis, comment ne pas être frappé au cœur par ses sentiments intacts pour son grand amour disparu en mer. L’auteur nous offre d’ailleurs quelques flashbacks sobres, mais d’une éloquence incroyable au point de me faire frissonner et verser quelques larmes. En me lançant dans cet ouvrage, je ne m’attendais pas à découvrir en filigrane une histoire d’amour d’une pudeur, mais d’une beauté extrême qui a forgé le caractère d’une femme forte et digne, et dessiné son avenir au sein d’un village soumis aux aléas de la nature et de l’érosion.

Au-delà de Madeleine qui est l’atout charme de cette BD, j’ai apprécié la présence d’un chat qui profite des largesses involontaires de sa maîtresse, un peu bougonne et sarcastique avec ceux qui la titillent. La beauté des illustrations, avec leur esthétique alliant douceur et réalisme, participe également au plaisir que l’on prend à s’immerger dans ce petit village de Normandie, dont certains habitants sont prêts à tromper une mamie pour obtenir la paix. J’admets toutefois que notre Madeleine a parfois des réactions excessives qui dans une BD fait sourire, mais qui dans la réalité ne me donneraient pas trop envie de la contrarier. Une mention spéciale au pompier nouvellement arrivé dans le village qui se révèlera bien plus fin psychologue que les autres, et pourvu d’un réel sens de l’écoute ainsi que d’une bonne dose d’humanité. Il servira d’ailleurs d’intermédiaire entre un élu déconnecté du besoin de son administrée, et une administrée têtue et peu encline à se laisser manipuler…

En bref, Jamais est une magnifique BD riche en émotions dont le titre souligne à merveille la détermination d’une nonagénaire à revendiquer le droit de rester dans sa maison, nonobstant les dangers. Car loin de n’être qu’une maison en haut d’une falaise qui petit à petit s’effondre, c’est avant tout le lieu ayant abrité ses amours avec son mari disparu en mer, mais gravé à jamais dans son cœur. Empreinte d’une belle humanité, illuminée par des illustrations aussi belles qu’immersives, et égayée par des pointes d’un humour plutôt piquant, cette BD ne devrait pas manquer de vous faire passer par de multiples émotions, et vous prouver la force d’un amour qui défie la mort, le temps, les éléments et les forces de la nature. Grandiose à l’image d’une femme de caractère qui ne laissera personne indifférent !

BD lue dans le cadre du Challenge Un mot, des titres du blog Les lectures d’Azilis.

 

Tag révélations

Cahier, Noter, Écrire, Livre, Notes

Si j’ai des chroniques qui dorment dans mes brouillons depuis très très longtemps, j’ai également des TAG qui se sont perdus dans les méandres de ma mémoire et de mes trop nombreux brouillons WordPress. Le TAG Révélations en fait partie… Je ne me souviens plus sur quel blog je l’ai vu pour la première fois, alors n’hésitez à me le signaler si c’est sur le vôtre.

1/ As-tu déjà endommagé un livre ?

Oui, il n’y a pas longtemps en faisant tomber une pile de livres en équilibre précaire…

Livre, Pile De Livre, Empilés, Livres

2/ As-tu déjà endommagé un livre emprunté ?

Oui, avec l’aimable participation de mon regretté Gribouille qui avait renversé ma tasse de café sur un livre emprunté à la bibliothèque. De mémoire, il s’agissait d’un livre traitant des différents usages du masking tape en décoration. Depuis, je ne bois plus en lisant… Je n’ai, en revanche, jamais endommagé un livre emprunté à une personne.

3/ Combien de temps prends-tu pour lire un livre ?

Cela va dépendre du type d’ouvrage que je lis : un essai ou un texte au style travaillé me prendra bien plus de temps qu’un roman jeunesse, une BD ou un thriller. Mais de manière générale, je n’aime pas faire traîner mes lectures, une fois commencé, j’essaie de lire un livre rapidement pour ne pas perdre le fil de l’histoire. Et le week-end, ce n’est pas rare que je lise un roman en une nuit/soirée, mon moment préféré pour lire, comme pour la plupart des insomniaques, je suppose.

Deux exceptions, les ouvrages pratiques (se soigner par les plantes, le zéro déchet…) que je lis petit à petit et les ebooks que je lis souvent dans les transports en commun ou durant mes séances de vélo elliptique, en croisant les doigts pour ne pas faire tomber ma liseuse. Pour le moment, aucun incident à déplorer.

4/ Des livres que tu n’as pas finis ?

J’ai tenté Midnight Sun, mais j’ai abandonné ma lecture, l’intrigue étant d’une platitude sans fin et les pensées Edward d’un ennui incommensurable. J’ai donc fait ce que notre célèbre vampire n’arrêtait pas de conseiller dans sa tête à Bella, j’ai fui !

Ces deux derniers mois, j’ai également abandonné beaucoup de romances historiques, parce que mes goûts en la matière se sont affirmés, et je sais très vite quand l’histoire ne va pas me plaire. Vu la taille de ma PAL, je n’ai plus de temps à perdre avec des livres qui ne me plaisent pas outre mesure.

Couple, Danse, Danse De Couple, Géorgien

5/ Des livres très populaires que tu n’as pas aimés ?

Je pense au Souffle de Midas d’Allyson Germain qui m’a donné l’impression de lire un roman non-corrigé et dont je n’arrive pas à comprendre les bonnes notes : des clichés à la pelle, des répétitions, des tics de langage, des incohérences dans la construction des personnages…

Couverture Chroniques homérides, tome 1 : Le souffle de Midas

Et plus récemment, Frères de sang dont je dois retravailler ma chronique, le ton étant trop cassant. Il y a de bonnes idées, mais comme Le souffle de Midas, je reste très dubitative quant aux excellents notes et aux avis dithyrambiques.

Couverture Frères de sang, tome 1 : L'éveil

6/ Y a-t-il un livre que tu as honte d’avoir lu ?

Non, je lis ce dont j’ai envie sans vraiment me préoccuper de l’opinion d’autrui.

7/ Combien de livres possèdes-tu ?

J’ai arrêté de compter et ma bibliothèque n’est plus à jour sur Livraddict, mais au dernier recensement, beaucoup trop !

8/ Lis-tu rapidement ou lentement ?

Si on parle vitesse de lecture, je pense lire relativement rapidement bien que tout soit relatif…

9/ Aimes-tu faire des lectures communes ?

Oui, même si j’en fais peu… À cet égard, je remercie particulièrement Les Blablas de Tachan qui me motive à sortir des livres de ma PAL qui y trainent depuis trop longtemps. Je remercie également Lire à la folie avec laquelle j’ai toujours plaisir à échanger, notamment sur les livres de Sébastien Morgan, un auteur qu’on lit souvent en duo.

Couverture Chroniques merveilleuses, tome 1 : La flèche du scythe

10/ Est-ce que tu lis mieux dans ta tête ou à voix haute ?

Étant bien plus visuelle qu’auditive, je ne lis jamais à haute voix sauf quand je fais la lecture à ma nièce ou à mon neveu.

11/ Si tu ne pouvais posséder qu’un seul livre, ce serait lequel et pourquoi ?

Sans hésiter un recueil des fables de La Fontaine parce que c’est l’auteur qui m’a donné goût à la lecture et parce qu’avec la variété des histoires, aucune lassitude à craindre.

Couverture Le petit livre des fables de La Fontaine

Et vous, qu’auriez-vous répondu à ces questions ?
N’hésitez pas à laisser vos réponses en commentaire ou le lien de votre article si vous avez déjà répondu à ce TAG ou comptez le faire.

Mes 5 chansons Disney préférées ou ces 5 classiques dont je ne me lasse pas

L'Architecture, Château

Il ne se passe pas une journée sans que j’écoute de la musique, ne serait-ce qu’en marchant. Et si comme avec la lecture, j’ai des goûts très éclectiques et aime faire des découvertes diverses et variées, il y a néanmoins des chansons que j’aime écouter de temps en temps depuis que je suis enfant/ado.

Et parmi celles-ci, les chansons Disney sont en bonne position. Ce sont souvent des musiques « doudou » pour moi, qui me permettent de renouer avec certaines émotions, de revivre certains souvenirs, ou tout simplement de me donner le moral.

Comme beaucoup d’adultes, je continue à regarder des Disney avec plaisir, mais je ne retrouve pas dans les nouveaux films, ces chansons pleines d’émotions avec des paroles qui entrent dans votre tête pour ne plus jamais en sortir, même plus de 20 ans après. Il y a bien sûr quelques exceptions, et puis l’âge peut également jouer sur cette impression.

Mais trêve de bavardage, voici mes 5 chansons Disney préférées, celles que je peux écouter sans jamais me lasser et que je chante terriblement faux, mais toujours avec plaisir. En ce qui concerne le Roi Lion, je n’en ai cité que deux, mais toutes les chansons de ce film pourraient faire partir de ce top, ce Disney étant un petit chef d’oeuvre à tous les niveaux. C’est d’ailleurs mon Disney préféré, suivi d’Aladdin.

Et vous, quelles sont vos chansons Disney préférées ?
En avons-nous en commun ?

 

 

Spirite (tome1) : Tunguska, Mara

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Drakoo – 30 septembre 2020) – 64 pages – 15,90€

AVIS

 
 
Page 7 Spirite tome 1
 
J’ai apprécié le duo formé par Ian et Nell, une femme de caractère qui aimerait faire ses preuves et se montrer à la hauteur de sa célèbre mère, quand Ian préfèrerait faire oublier la mauvaise réputation de ses parents, celle-ci entachant sérieusement son nom et sa crédibilité. Les deux personnages pourront compter sur la présence et le soutien logistique d’une personne d’un certain âge plutôt espiègle, toujours prête à motiver les troupes et à donner de bons conseils.
 
Bien qu’on soit dans un premier tome et que l’auteure prenne le temps de nous donner les informations sur le monde des fantômes, l’action est bien au rendez-vous. Les personnages vont ainsi devoir affronter des situations périlleuses et faire preuve d’un certain courage devant un ennemi qui allie détermination humaine et capacités surnaturelles.
 
Quant à connaître ses motivations, il nous faudra attendre la suite de la série, mais on comprend déjà qu’il s’agit ici de trahison et de vengeance. Pour ma part, je suis très curieuse de savoir ce qui s’est vraiment passé à Tunguska et quel enchevêtrement d’actions explique que plus de vingt ans après, les personnes liées à l’incident sont méthodiquement éliminées.

 

Ian et ses alliées vont-ils réussi à se dépêtrer d’une situation complexe, ou leur faudra-t-il l’aide d’une personne dont le potentiel semble sur le point d’éclater ? Dans tous les cas, je lirai avec plaisir la suite de cette série dont l’intérêt réside aussi bien dans le fond que la forme, les illustrations et leur colorisation ne manquant ni de charme ni d’attrait. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et les ouvrages alliant action, enquête, et mystère, ce titre devrait vous plaire