Tuer l’ami, LH Chéreau

Tuer l'ami

Je remercie l’auteur de m’avoir confié son roman, Tuer l’ami, ainsi que pour son extrême patience, ayant mis très longtemps à le faire sortir de ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pierre Pesson vient d’être enlevé. C’est ce qu’il comprend à son réveil dans une grotte obscure. Pourquoi lui ? Il ne le sait pas. Mais avec l’arrivée de ses amis du lycée, prisonniers eux aussi, il comprend que cela a un rapport avec la disparition de leur ami commun, Louis Tarain. Leur ravisseur, persuadé que l’un d’entre eux est responsable de la mort de Louis, va les entraîner dans un jeu pervers de tirage au sort mortel. À plusieurs centaines de kilomètres de là, un policier recherche un membre de la Sécurité nationale tandis qu’une voiture en fourrière éveille l’intuition d’un journaliste. Les deux hommes ne savent pas encore que leurs enquêtes respectives vont les mener sur les traces de cette bande de copains. Mais pour Pierre et les autres, la course contre la montre pour leur survie est engagée…

AMALTHÉE (7 novembre 2016) – 326 pages – Broché

AVIS

L’auteur nous plonge dès les premières pages dans l’action aux côtés d’un personnage qui ne comprend pas ce qui lui arrive. Alors qu’il raccompagnait Sophie, une amie voire un peu plus, Pierre est victime d’un enlèvement plutôt musclé. C’est donc enfermé dans un endroit inconnu et peu avenant qu’il se réveille… Mais la surprise ne s’arrête pas là quand il se rend compte que l’un après l’autre, ses meilleurs amis le rejoignent dans cette triste aventure.

De fil en aiguille, Pierre commence à comprendre que leur enlèvement pourrait être lié à la disparition, il y a 3 ans, de Louis, l’âme de la bande d’amis. Mais quel est le lien entre Louis et ce fou qui les retient contre leur gré et qui semble se complaire dans une mise en scène digne d’un film d’horreur ? Un doigt en moins pour l’un, un marquage au fer rouge pour l’autre… jusqu’où la folie de leur tortionnaire va-t-elle aller ? La violence physique n’est finalement peut-être rien au regard de la situation de stress intense et d’angoisse à laquelle doivent faire face Pierre et ses amis. Car loin de se contenter de les malmener physiquement, le kidnappeur s’amuse à les terroriser menaçant de les tuer à chaque instant à moins que le responsable de la mort de Louis ne se dénonce…

L’homme en est, en effet, convaincu, l’un des amis de Louis a commandité son meurtre. Une affirmation dont on doute au début tout comme Sophie qui, enlevée en même temps que Louis, assiste impuissante aux malheurs de ses amis. Mais petit à petit, en nous parlant du passé, l’auteur arrive à nous faire douter de tout et de tout le monde. Et si finalement, les amis de Louis n’étaient pas aussi blancs que cela… Après tout, dans toute amitié, il peut y avoir des points de friction et des rancunes !

Est-ce que l’un de ces hommes a-t-il vraiment commis l’impensable balayant d’un coup des années d’amitié, de moments de complicité et d’entraide ? Inimaginable quand on apprend à connaître Louis, un adolescent puis un homme d’une grande droiture, fidèle en amitié et toujours prêt à secourir les autres parfois au péril de sa vie. Un être tellement remarquable que même mort, sa présence plane tout au long de l’histoire au point de nous donner envie, à notre tour, de faire toute la lumière sur sa mort qui reste auréolée d’un certain mystère : accident malheureux, meurtre ou mensonge ?

Je vous laisserai le soin de le découvrir par vous-mêmes, mais je peux vous dire que j’ai adoré la tension et le suspense qui se dégagent tout au long du roman. On a tellement hâte d’avoir des réponses à toutes ces questions qui nous traversent l’esprit qu’on avale avec une certaine avidité les pages les unes après les autres d’autant que la narration alternée apporte beaucoup de dynamisme au récit. En plus de Pierre et de ses amis, on suit ainsi également leur tortionnaire, un ermite, un journaliste un peu trop curieux pour son propre bien, un policier consciencieux bien décidé à faire son travail quitte à se mettre à dos un agent des services secrets français au comportement douteux…

Une galerie de personnages complémentaire et intéressante bien que j’aie regretté que l’auteur reste un peu trop en surface des choses pour le journaliste. À mon sens, ce personnage aurait mérité d’être étoffé pour présenter un réel intérêt pour l’intrigue. Il sert seulement de déclencheur à une série d’événements nous conduisant au dénouement final. Un dénouement spectaculaire que j’avais anticipé en partie, mais que j’ai néanmoins trouvé très réussi et parfait pour mettre en lumière certains vices humains. Il y a des choses qui font et feront toujours tourner la tête des hommes.

Cela n’excuse aucunement le comportement du kidnappeur/tortionnaire, mais en découvrant une partie de son passé et sa relation avec Louis auquel il voue une grande admiration et une totale dévotion, on arrive à comprendre les raisons qui l’ont conduit à prendre des mesures aussi extrêmes. L’auteur, par le biais de ce personnage et de son histoire, pose certaines questions morales notamment sur l’amitié, la vengeance et la justice. J’ai d’ailleurs apprécié la manière dont il arrive à pousser les lecteurs dans leurs retranchements en jouant sur l’émotion, les doutes et ce sentiment de trahison qui peut pousser à toutes les exactions.

Autre point fort du roman : sa très bonne gestion de la violence. S’il y a quelques scènes un peu dures, elles ne sont ni longues ni détaillées et ne tombent jamais dans le sensationnalisme. Même une lectrice assez sensible à l’hémoglobine comme moi n’a donc eu aucun problème à lire ce roman qui joue avant tout sur la tension, les jeux psychologiques entre les personnages et le suspense. Le roman devrait donc plaire aux amateurs de thrillers psychologiques comme aux lecteurs désirant découvrir le genre.

Justice, amitié et vengeance se confondent dans ce thriller haletant qui ne laisse aucune place à l’ennui. Entre empathie et pitié devant l’angoisse des personnages et questionnements sur le rôle des victimes dans la mort de leur ami, vous devriez passer par tout un tas d’émotions avant de découvrir la vérité, la terrible vérité…

Découvrez le roman sur Amazon.

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Le compte à rebours – Tome 1: À la poursuite du passé, Olivier Barbotin

Le compte à rebours - Tome 1: À la poursuite du passé par [Barbotin, Olivier]

Je remercie Olivier Barbotin pour m’avoir invitée à découvrir Le compte à rebours : à la poursuite du passé.

PRÉSENTATION AUTEUR

Deux frères veulent à tout prix faire la lumière sur leurs origines, dans un futur dominé par les avancées scientifiques.

Dans un futur proche, où les avancées scientifiques ont fait faire un bond à l’humanité, et où le regard est tourné vers l’avenir, deux frères luttent au contraire pour retrouver leur passé. Fils du brillant professeur Darmon, Nathan et Mickaël n’arrivent pas à oublier le brouillard qui dissimule leurs origines, et les mystères laissés sur leur route par un père absent. À la disparition de la petite amie de Nathan, les deux frères se jettent dans une enquête bien plus vaste qu’ils ne l’auraient imaginée, défiant une force infiltrée à tous les niveaux du pouvoir. Et si le passé des deux hommes était lié à leur affaire, et si d’eux dépendait l’avenir ?
Du passé au futur, en passant par le présent, Nathan et Mickaël ne sont pas au bout de leurs surprises.

Le Lys Bleu Éditions (22 juillet 2019) – 324 pages – Broché (20,50€ ) – Ebook (5,99€)

AVIS

Le résumé était prometteur, mais je dois avouer ne pas avoir particulièrement accroché à ce premier tome. Après un prologue court mais efficace, mon intérêt pour le récit a vite décru, ce qui s’explique par cette impression de lire un compte-rendu d’expédition et non un roman. Pendant quelques dizaines de pages, l’auteur nous abreuve ainsi de détails factuels qui n’apportent, du moins pour moi, rien au récit.

Savoir qu’il est 22h, qu’à 23h15 les personnages s’endorment, qu’à 12h15 ils sortent leur saucisson, qu’à 14h20 ils reprennent la route, qu’à 16h45 ils admirent la vue et ainsi de suite ne m’a pas semblé d’un grand d’intérêt puisqu’à aucun moment, ces données ne sont réellement exploitées dans l’intrigue. L’auteur a peut-être voulu renforcer le sentiment d’immersion, mais cela n’a pas vraiment fonctionné avec moi. Mais si cet aspect factuel assez froid ne vous dérange pas et que vous appréciez l’alpinisme, ces passages en haute montagne pourraient vous séduire.

Autre point problématique pour moi, la présence d’une histoire d’amour assez clichée avec le traditionnel coup de foudre et quelques scènes érotiques qui m’ont paru étranges dans leur soudaineté au regard de la personnalité plutôt timorée des deux protagonistes concernés… Ce point qui ne m’a pas convaincue, voire chagrinée par sa facilité, pourra néanmoins plaire aux amateurs de romance et aux romantiques dans l’âme, ce que, vous l’aurez compris, je ne suis guère.

Cette histoire d’amour des plus rapides, et donc peu réaliste en ce qui me concerne, sera heureusement utilisée avec perspicacité par l’auteur puisqu’elle marquera un tournant dans le récit. La disparition mystérieuse de Sophie, le coup de foudre de Nathan, le poussera  à réaliser ce projet de reconversion qui le titillait. On le retrouve ainsi 6 ans après le tragique événement non plus derrière des fourneaux, mais au service régional de la police judiciaire de Toulouse.

Si on passe le fait que je trouve quelque peu étrange qu’un homme remette toute sa vie en question pour une personne qu’il connaît à peine, et que son frère Mickaël suive le même chemin (ça, c’est de la dévotion familiale…), j’ai apprécié la direction prise par l’histoire. Les deux frères se lancent ainsi sur les traces de Sophie, ce qui ne sera pas une sinécure ! Ils vont, en effet, se heurter à une force puissante bien décidée à leur mettre des bâtons dans les roues. Je ne vous en dirai pas beaucoup plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais c’est le point qui m’a certainement le plus intéressée dans le roman.

À mesure que l’on progresse dans l’intrigue, on ne peut s’empêcher de se demander quels sont les véritables desseins de cette organisation et jusqu’où elle est prête à aller pour les accomplir. Mais c’est surtout la personne qui se cache derrière cette force sournoise qui tisse sa toile d’araignée parmi les plus hautes sphères de l’état qui impressionne et suscite le plus de curiosité. Très puissant, inquiétant et mystérieux, ce personnage apporte suspense et tension au récit bien qu’il aurait gagné à être un peu plus nuancé ! Je ne pense pas lire la suite de la série, mais j’aimerais beaucoup connaître l’identité de ce bourreau qui n’hésite pas à mettre à feu et à sang la vie de personnes qui se transforment, entre ses mains, en de simples marionnettes.

Au regard de la puissance de ce très charismatique et énigmatique personnage, les deux frères nous apparaissent alors en bien mauvaise posture. Ils pourront heureusement compter sur le soutien et l’aide de différentes personnes, voire d’une organisation que l’on n’aurait pas pensé voir intervenir, pour démêler le vrai du faux et affronter les différents dangers qui se dressent devant eux. Très complices, courageux et d’une volonté de fer, ces deux frères se révèlent assez vite attachants. Nous les suivons donc avec une certaine appréhension dans leur enquête qui va se révéler bien plus complexe, voire tortueuse, qu’il n’y paraît.

À cela s’ajoute un certain mystère autour de leur enfance dont ils ont étrangement oublié une partie sans oublier leur étrange père, un éminent scientifique qu’ils ont bien dû mal à cerner bien que cela ne les empêche pas de profiter de sa fortune. Ce Professeur a de nombreuses choses à cacher même si aux yeux de l’opinion publique, il ferait presque figure de héros, ses recherches dans le domaine médical ayant été couronnées de succès. Mais pas assez apparemment puisqu’il s’est lancé dans un projet d’une tout autre envergure… Ses recherches poseront un certain nombre de questions éthiques et morales qui, dans une certaine mesure, font écho à notre propre monde.

Roman d’anticipation ou simple fiction, Le compte à rebours nous rappelle donc que si la science peut se révéler un magnifique moteur de progrès, elle peut aussi être au cœur de pratiques discutables menaçant, à terme, l’intégrité humaine, et le fondement de nos sociétés. Ce roman pousse également les lecteurs à s’interroger sur ce qu’ils feraient pour le bien des leurs, car vous verrez que si dans cette histoire, il y a bien des hommes de la pire espèce mus par l’ambition et le pouvoir, il y a aussi des personnes victimes des circonstances…

Quant à la plume de l’auteur, elle s’est révélée plutôt fluide tout en demeurant très accessible. L’auteur a réussi, en outre, à introduire pas mal de suspense et de tension dans son récit notamment grâce à de nombreux allers-retours entre passé, présent et futur. Un jeu sur la temporalité qui, en plus d’apporter un certain dynamisme et de maintenir l’attention des lecteurs, permet de mieux appréhender les personnages et les événements.

En conclusion, ce premier tome n’a pas su me convaincre ayant regretté des débuts trop factuels, des petits détails qui accumulés pèsent lourd sur la lecture, l’utilisation de grosses ficelles manquant parfois de subtilité, voire donnant une impression de surenchère dans le drame, et des personnages pouvant se révéler caricaturaux bien que charismatiques. Je reconnais toutefois des atouts à ce roman : la présence d’une technologie évoluée par rapport à la nôtre qui soulève quelques questions éthiques et morales, une ambiance très complotiste qui nous pousse à nous interroger sans cesse, un certain mystère soulevé, entre autres, par la disparition de Sophie, un étrange personnage que l’on voit sporadiquement intervenir et des événements dont on essaie de dénouer les fils avec curiosité… Pas assez pour réellement m’intéresser et me donner envie de lire la suite, mais suffisamment pour ne pas abandonner le roman en cours de route malgré la tentation des débuts et un certain sentiment d’ennui. Alors si le titre vous intrigue, une seule solution : vous faire votre propre opinion.

 

Retrouvez le roman sur le site des éditions Le Lys Bleu.

La chambre des merveilles, Julien Sandrel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.

En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Audible – 5 heures et 13 minutes – 17,90€ – Autres formats : papier, ebook

AVIS

Voici un roman dont j’avais entendu beaucoup de bien même si parmi un océan de bons avis, certains étaient un peu plus mitigés. Pour ma part, j’ai passé un moment agréable auprès de Louis et de sa mère qui vont vivre des moments aussi difficiles qu’intenses et beaux.

Un moment de distraction et c’est le drame ! Dans le coma, les jours de Louis, 12 ans, sont comptés : il a un mois pour se réveiller ou le personnel hospitalier prendra les mesures qui s’imposent…

Loin de se laisser abattre, bien que la situation l’affecte terriblement, Thelma va profiter de la découverte du carnet des merveilles de son fils pour se lancer dans un projet fou : celui de vivre pour son fils, toutes ces expériences notées dans son carnet. De voyages en paris fous et rencontres plus ou moins surprenantes, cette mère prête à tout pour offrir à son enfant un peu d’espoir et de lumière va, petit à petit, faire le point sur sa vie et se (re)trouver. Alors qu’elle a, ces dernières années, fait passer sa carrière avant Louis, elle se rend désormais compte de tous ces moments qu’elle a ratés et de ces discussions auxquelles elle n’a prêté qu’une oreille distraite…

Une prise de conscience qui lui donnera plus que jamais la force de se battre pour retrouver son Louis, car quoi que puissent en penser les médecins, elle sait qu’il va se réveiller ! Et ce jour-là, il aura droit à une nouvelle version de sa mère. Une version qui ne passera pas sa vie au téléphone pour régler les deniers détails d’un projet, mais plutôt celle d’une mère disponible et prête à construire avec lui de beaux et tendres souvenirs. En attendant, Thelma vit pour deux : entraînements de football, duo avec un rappeur, séance de karaoké en terre inconnue… Ce que Louis rêvait de faire, Thelma le fait !

Si on peut être surpris qu’une mère entreprenne des voyages loin de son fils dans le coma, on comprend rapidement le bien-fondé de la démarche puisqu’en parallèle des expériences un peu folles de cette femme, on suit les pensées de Louis. Bien qu’il soit toujours dans le coma, il partage avec les lecteurs ses pensées, ses espoirs, mais aussi sa jalousie de voir sa mère nouer de nouvelles relations sans lui… Touchant et non dénué d’humour, Louis nous montre que malgré tous les regrets de sa mère, il l’aime de tout son cœur et l’a toujours considérée comme la meilleure mère du monde. Et quand l’on voit tout ce qu’elle fait pour lui et la manière dont elle vient à bout de toutes les barrières qui se dressent devant elle, on ne peut que lui donner raison.

L’histoire aurait pu être dure et terrible, elle se révèle belle et puissante. Il se dégage de la plume de l’auteur une telle sensibilité qu’on se prend à vivre aux côtés de cette famille chaque événement avec une rare intensité. Entre les doutes, les peurs, les rires et les larmes, notre cœur se brise, bat la chamade, mais garde toujours espoir en un avenir plein de bonheur pour ce jeune homme touchant et sa mère courage.

En conclusion, porteur d’un joli message d’espoir, La chambre des merveilles est un roman empli d’amour et de tendresse qui vous fera vivre d’intenses émotions. Entre rires et larmes, ne passez pas à côté de ce joli titre aux allures de feel good qui vous donnera irrémédiablement envie de croquer la vie à pleines dents, et de profiter au maximum de vos proches. Après tout, si la vie est incertaine, le bonheur est, quant à lui, à portée de main !

Découvrez le roman/écoutez un extrait sur Audible.

Aurore, Jérémie Kisling

Je remercie Babelio et les éditions Slalom pour m’avoir permis de découvrir Aurore de Jérémie Kisling.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans cet ouvrage singulier, entre fable, roman et journal intime, Jérémie Kisling nous fait entendre la voix d’Aurore, une adolescente sur le fil, pleine de contradictions, entre rires et déceptions. Elle partage avec le lecteur ses émotions, ses peurs, ses joies aussi… et la découverte qui va bouleverser sa vie.

Slalom (29 août 2019) – 160 pages – Broché (10,90€) – Ebook (7,99€)
Couverture : Zep

AVIS

Aurore surprend une conversation entre ses parents qui va faire voler en éclats son monde et ses certitudes sur son identité !

L’auteur aborde ici, à travers un personnage atypique et plein de verve, un sujet délicat et complexe que chaque personne concernée vivra différemment en fonction de son vécu, de sa personnalité, de son entourage… Mais ce qui est certain, c’est que ce sujet mérite une réelle conversation a fortiori quand, comme Aurore, on est encore une adolescente en pleine construction. Il est alors aisé pour le lecteur de comprendre le choc, voire le sentiment de trahison, ressenti par Aurore qui aurait mérité d’apprendre la vérité d’une autre manière.

Cette découverte, difficile à accepter et à digérer, la poussera à se réfugier chez une amie chinoise nostalgique de son pays et de sa vie d’avant puis chez son grand-père. Un papy sympathique chez lequel elle fera, de manière plutôt incongrue d’ailleurs, une rencontre, celle de Sliman, un réfugié orphelin. Encouragée par son aïeul, elle va alors, à ses côtés, déambuler dans les rues de la ville avec un objectif en tête…

En tant qu’adulte, on ne peut s’empêcher de penser que sa démarche semble naïve et dangereuse, mais peu importe puisque l’auteur ne nous propose pas un roman miroir de la réalité, mais plutôt une fable pleine de poésie dans laquelle les personnages évoluent et se (re)trouvent. Ses pérégrinations urbaines seront ainsi l’occasion, pour Aurore, de se libérer d’un poids, et de se rapprocher de Sliman qui se révèle d’une jovialité contagieuse.

À son contact, l’adolescente va prendre du recul sur ses malheurs et ses peines se rendant compte que cette révélation qui l’a tant chagrinée ne peut effacer tous les beaux moments de vie, de complicité et de tendresse partagés avec ses parents et sa petite sœur. Une prise de conscience la poussant à vouloir retrouver les siens qui attendent probablement son retour avec angoisse et impatience, une chance que son nouvel ami n’a pas…

Orphelin, Sliman n’a plus personne à retrouver, mais malgré les épreuves qu’il a traversées et qui ne seront ici qu’effleurées, il garde toujours le sourire aux lèvres. C’est incontestablement l’atout bonne humeur du roman, et la personne qu’il fallait pour permettre à Aurore d’ouvrir les yeux sur le trésor qu’elle possède, une famille aimante et soudée. J’aurais aimé en apprendre plus sur cet adolescent qui conserve une belle part de mystère, mais j’ai été très touchée par son histoire, sa pudeur quant à ses sentiments, sa simplicité, sa gentillesse et le naturel avec lequel il entre dans la vie d’Aurore. Sans jamais la juger, lui qui a connu des épreuves que l’on devine difficiles, il la soutient et, d’une certaine manière, veille sur elle. Après tout, la rue, c’est son monde, pas celui de l’adolescente… L’auteur nous propose donc une jolie amitié pleine de douceur et de rires.

Les thèmes abordés sont intéressants, pertinents par rapport au public visé par l’ouvrage et apportent une certaine profondeur au récit : la famille, la construction de son identité, l’amitié, le déracinement, cette notion de l’étranger et de l’Autre… Mais je dois avouer que c’est bien la personnalité haute en couleur d’Aurore qui m’a réellement séduite. Cette adolescente est plutôt du genre attachante ! Intelligente, pleine d’humour et doté d’un esprit affûté, elle aime jouer avec les mots qu’elle manie avec une facilité déconcertante. Les adolescents, mais aussi les adultes, devraient être séduits par ce truculent personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Il faut dire qu’amusante, elle possède également une certaine capacité de recul sur ses semblables et les adultes, et une tendance à la dérision et à l’auto-dérision. J’ai d’ailleurs souvent souri face à ses réparties que d’aucuns pourraient qualifier d’impertinentes quand j’aurais tendance à les trouver rafraîchissantes. Vous aurez donc compris que j’ai été particulièrement sensible à l’humour de l’auteur et de son personnage !

Cerise sur le gâteau, l’auteur, également compositeur/chanteur, a créé une chanson pour accompagner le roman. Une chanson que vous retrouverez ici ou en scannant le QR code en fin d’ouvrage.

En conclusion, porté par deux personnages aussi amusants qu’attachants, Aurore est un joli roman jeunesse plein de poésie et d’humour qui aborde en douceur et avec philosophie des thèmes comme la famille, l’amitié, le déracinement… Tour à tour drôle et touchante, voici une charmante histoire à déguster que l’on soit adolescent ou adulte, mais en gardant en tête que plus qu’un récit qui collerait à la réalité, l’auteur nous propose avant tout une fable entre rires et chagrin qui ne manquera pas de vous toucher.

Feuilletez le roman/retrouvez-le chez votre libraire ou sur Place des libraires.

L’ombre de la menace, Rachel Caine

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir L’ombre de la menace de Rachel Caine.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains

La vie sans histoire de Gina vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial.
Le mari de Gina est condamné à mort. Elle est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était complice de son mari, du moins qu’elle couvrait sa folie meurtrière.
Victime de harcèlement, elle décide de fuir avec ses enfants. Mais, où qu’elle aille, quelqu’un dans l’ombre l’épie, l’obligeant sans cesse à changer d’identité et de vie.
Quatre ans ont passé. Gina vit à Stillhouse Lake, où elle commence enfin à baisser la garde. Jusqu’à ce qu’un cadavre de femme soit repêché du lac…

Archipel (11 septembre 2019) – 336 pages – Broché (20,99€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Sebastian Danchin

AVIS

Après en avoir entendu bien des louanges, j’attendais énormément de ce thriller, et je dois admettre ne pas avoir été déçue par la manière dont Rachel Caine a su construire un récit prenant et haletant qui pousse les personnages dans leurs retranchements ! Et cela commence dès le début de l’histoire où l’on assiste, impuissant, à la pulvérisation de la vie de Gina.

Mère de famille heureuse, elle était loin de se douter que son quotidien n’était que pur mensonge, un mensonge fabriqué de toutes pièces par l’esprit complètement dérangé de son mari. Un psychopathe froid, manipulateur et démoniaque dont le passe-temps favori était de kidnapper et de torturer minutieusement et méticuleusement des jeunes femmes avant de les tuer…

Accusée de complicité, quand son seul crime fut la naïveté, elle sera acquittée, mais à quel prix ? Conspuée, menacée et poursuive par des personnes déchaînées prêtes, du moins verbalement, à toutes les horreurs, Gina sera contrainte de fuir avec ses deux enfants. Mais comment se (re)construire quand vous passez votre vie à fuir, à craindre tout le monde, à vous réinventer une identité à chaque déménagement, à refuser de créer des liens avec de nouvelles personnes… ?

La force de ce roman est de plonger les lecteurs dans la vie de cette famille qui lutte, jour après jour, pour survivre malgré le passé et cette instabilité qui ne lui permettent pas de vivre une vie normale. Gwen est une véritable lionne qui fait de son mieux pour tenir éloigner ses enfants de toute la haine que sa famille suscite. Car si son mari est condamné à mort, la vindicte populaire n’en est pas pour autant apaisée… Entre le cyberharcèlement, les menaces de mort, de viol et de torture, Gwen ne peut relâcher son attention un seul instant sous peine de mettre en danger les siens.

Une situation d’autant plus intenable qu’elle affecte ses enfants de plus en plus perturbés par les règles de sécurité draconiennes imposées par leur mère, l’absence de repères, de racines et de liens sociaux. En protégeant leur vie coûte que coûte, Gwen les fait donc également souffrir… Alors peut-être que cette maison achetée à Stillhouse Lake pourrait être enfin leur foyer, un endroit calme où repartir de zéro. C’est en tout cas ce qu’elle espérait jusqu’à ce qu’un cadavre soit retrouvé près de chez elle !

À partir de là, le suspense monte crescendo, l’ombre de l’ex-mari psychopathe planant plus que jamais sur la vie de cette famille qui a tout fait pour briser ses chaînes. Ce meurtre est-il un pur hasard ou la preuve que Mel Royal n’en a pas fini avec les « siens ». Si tel est le cas, que veut-il, et surtout, comment s’y prend-il pour, depuis les murs de sa prison, continuer à propager le mal ?

Une question qui nous pousse, comme Gwen, à devenir parano au point de nous méfier de chacun des personnages qui évolue autour d’elle et de ses enfants. Qu’en est-il de ce sympathique gérant de l’école de tir où elle s’entraîne, de ce charmant voisin qui l’aide pour les réparations de sa maison et semble avoir noué de bonnes relations avec ses enfants… L’autrice sème, avec un certain talent, le doute dans l’esprit de ses lecteurs même si mes soupçons se sont révélés fondés. Cela ne m’a toutefois pas dérangée d’autant que je n’ai pas eu de certitude avant la fin du roman et que je n’avais pas anticipé certaines révélations dont l’une que j’ai trouvée particulièrement effroyable.

L’autrice prend le temps de poser son intrigue, ce qui nous permet d’entrer de plain-pied dans la psychologie de Gwen pour laquelle on développe rapidement une totale et sincère admiration. Malgré l’adversité, les dangers, les doutes, les tensions et parfois les reproches de ses enfants, elle ne baisse jamais les bras, et se refuse à s’enfermer dans le rôle de la victime. En découvrant, il y a quatre ans, la vérité sur son mari, elle a enterré sa vie d’avant, mais aussi cette passivité qui la caractérisait. Adieu Gina, la femme naïve et soumise, et bienvenue Gwen la battante !

Un changement d’autant plus remarquable que l’ombre de Mel est tenace et difficile à effacer. J’aurais apprécié que les passages et les confrontations avec ce diable à visage humain soient plus nombreux, mais bien qu’il soit en prison, sa présence se fait lourde et palpable. Si Gwen ne ressent que de l’horreur pour cet homme, la situation est plus ambivalente pour ses enfants, et notamment pour son fils. Celui-ci n’a pas eu la possibilité de faire le deuil de ce père aimant et doux que Mel s’évertuait à jouer… J’ai trouvé cette ambivalence des sentiments intéressante d’autant qu’elle soulève une autre question : est-il réellement souhaitable de cacher à l’enfant toutes les atrocités commises par son père ? Cela ne risque-t-il pas de le conforter dans une image faussée de son père avec, à terme, des conséquences difficiles à gérer ?

Une question parmi tant d’autres, car en plus de nous divertir, ce thriller des plus efficaces a le mérite de nous faire réfléchir à différentes notions comme la responsabilité, le sentiment de culpabilité, la vengeance, le cyberharcèlement… Le déferlement de haine virtuelle contre Gwen et ses enfants est effrayant d’autant qu’il semble possible et plausible. On arrive à comprendre que les familles des victimes doutent de l’innocence de Gwen, après tout, contrairement aux lecteurs, ils ne la connaissent pas. Difficile alors pour eux d’imaginer qu’une femme ait pu vivre auprès d’un monstre durant des années sans le percer à jour, ou pire, l’aider. Même Gwen n’en revient toujours pas et ne se pardonne pas son aveuglement. Mais comment accepter toutes ces personnes qui, sous prétexte de venger des victimes dont elles se moquent éperdument, laissent parler leur violence, leur méchanceté, leur perversion, leur haine des femmes… Il n’y a définitivement pas qu’un monstre dans cette histoire !

À noter que ce roman se suffit à lui-même, mais la fin laisse entrevoir une suite que je lirai avec plaisir.

En conclusion, L’ombre de la menace porte particulièrement bien son nom puisque durant toute la lecture, on perçoit avec une grande acuité la présence de Mel Royal, un tueur en série qui, même derrière les barreaux, continue à phagocyter sa famille. Entre la présence vaporeuse de ce monstre et les menaces immondes émises par des personnes tout aussi malfaisantes que ce dernier, la vie de Gwen et de ses enfants est sur le fil du rasoir… Riche en rebondissements, en tension et en suspense, voici un thriller haletant dont votre cœur ne devrait pas sortir indemne !

Les fantômes du manoir, Fabrice Colin

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Travailler dans une fête foraine  ? En apparence, rien de mieux pour passer son été…

L’oncle d’Hugo possède un train fantôme. Problème  : l’attraction ne fait peur à personne  ! Alors que les visiteurs se font de plus en plus rares, Hugo passe à l’action. Et tant pis s’il doit faire un peu l’espion et prendre quelques risques…

Rageot Editeur (25 octobre 2017) – 128 pages – 7,10 € – Ebook (5,49€)
Illustratrice : Noëmie Chevalier

AVIS

Bonne nouvelle pour Hugo, au lieu de passer son été à s’ennuyer, il va pouvoir travailler aux côtés de son oncle dans l’attraction de train fantôme que ce dernier gère ! Une bonne nouvelle qui vient vite se confronter à la réalité : l’attraction n’attire plus personne, les clients préférant celle d’un concurrent aux effets spéciaux redoutables et plus vrais que nature.

Mais parce qu’Hugo n’est pas du genre à baisser les bras, il va mener une petite enquête afin de découvrir les ficelles de ce concurrent qui semble attirer les foules. Une bonne intention qui se retourne contre lui quand il fait une étrange et quelque peu inattendue découverte…

Amateurs de frissons (très) légers, n’oublions pas que nous sommes dans un livre pour enfants, vous devriez apprécier ce roman dans lequel vous ne vous ennuierez pas un instant, Hugo allant de surprise en surprise. Certaines se révèlent d’ailleurs plus agréables que d’autres puisque jouer l’espion en herbe va le conduire à rencontrer des personnages hauts en couleur et très différents les uns des autres.

Je ne vous en dirai pas beaucoup plus sur ces derniers vous laissant le plaisir de la découverte, mais ils apportent pas mal de piquant à l’histoire ! Ils ne devraient donc laisser aucun lecteur indifférent. Ils m’ont, en outre, rappelé, dans une certaine mesure, un film que j’adorais enfant et que je prenais beaucoup de plaisir à regarder.

L’auteur a également réussi à retranscrire l’ambiance des fêtes foraines et ce plaisir que beaucoup de personnes prennent à se faire peur. Néanmoins, même si j’apprécie quelques frissons, je ne suis toutefois pas certaine que j’aimerais tester la nouvelle version de l’attraction de l’oncle d’Hugo qui semble quelque peu remuer les clients… pour le meilleur et pour le pire !

Le jeune garçon voulait donner une seconde vie au manège de son oncle, c’est maintenant chose faite… Mais la situation ne commence-t-elle pas à lui échapper ? Vous le découvrirez en lisant ce roman, mais ce qui est certain, c’est qu’Hugo a de la réserve et son courage va lui permettre de réaliser bien des miracles. Attachant, volontaire et plein de fougue, c’est un personnage que j’ai apprécié et qui devrait beaucoup plaire aux enfants. Il n’est pas parfait et fait parfois des erreurs comme chacun d’entre nous, mais c’est aussi un jeune homme responsable qui fait de son mieux pour les réparer. En cours d’aventure, il découvrira également la frontière entre le bien et le mal, entre les bonnes intentions et les mauvaises actions…

Roman entrant dans la collection Flash fiction des éditons Rageot, Les fantômes du manoir présente des atouts certains pour permettre aux jeunes lecteurs, même peu habitués à la lecture, de s’immerger dans le récit : présentation succincte des personnages en début de roman, de belles et grandes illustrations, une mise en page très aérée, des pages teintées pour limiter la fatigue oculaire, des chapitres courts, du rythme, de l’action, du mystère, une plume simple mais imagée..

En conclusion, Les fantômes du manoir est une lecture fort sympathique, portée par un personnage courageux, qui devrait ravir les jeunes lecteurs en quête d’une histoire teintée de fantastique, de frissons et de mystère. Quant aux adultes, mon petit doigt me dit qu’ils pourraient également se laisser embarquer avec plaisir pour un tour dans l’imaginaire de Fabrice Colin.

Autre titre de la collection Flash Fiction ( Miss Samouraï et le Ninja bleu)
Autre titre de l’auteur (Wonderpark)

Dans les pas de Valeria, Elisabet Benavent

Dans les pas de Valeria

Je remercie les éditions l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Dans les pas de Valeria d’Elisabet Benavent.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans les pas de Valeria par [Benavent, Elisabet]

Quand Bridget Jones s’invite dans Sex and the City

Valeria aime les belles histoires d’amour.
*
Valeria est romancière.
*
Valeria a trois amies  :
Lola, Carmen et Nerea
*
Valeria et ses amies partagent tout.
*
Valeria est mariée à Adrian,
Mais elle rencontre Victor…
*
Valeria aime la sincérité.
*
Valeria est unique.
*
Comme toi  !
Complices et inséparables, Valeria et ses amies se racontent tout. Vraiment tout. Surtout leurs histoires de cœur…
Valeria commence à s’ennuyer dans les bras d’Adrian.
Lola s’éclate avec ses amants, qu’elle collectionne.
Carmen et son collègue de bureau se tournent autour.
Nerea, elle, vient enfin de rencontrer quelqu’un !
 
l’Archipel (18 septembre 2019) – 432 pages – Broché (17€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Martine Desoille


AVIS

Dans les pas de Valeria est dans la lignée des romans chick-lit avec cette impression de découvrir, au fil des pages, des personnages qui pourraient être, dans la vraie vie, des amis. Rien d’étonnant à cela si l’on considère la grande place que prend l’amitié dans le récit.

Nous découvrons ainsi quatre filles dans le vent qui, bien que très différentes, partagent une grande complicité faite à base de confidences, de soirées à parler de leurs expériences personnelles, sexuelles et professionnelles, de verres descendus plus vite que leur ombre, de textos et d’appels qui soulagent, de visites surprises pour épancher les cœurs, voire les consciences…

En bref, c’est l’histoire d’une amitié qui dure et qui perdure, et qui donne l’envie pressante de prendre son téléphone et de s’organiser une petite soirée entre filles même si, personnellement, ma vie serait nettement moins intéressante que la leur à partager. Entre un boss exécrable qui vous mène la vie dure et qui trouve, le saligaud, le moyen de faire une entrée fracassante et inattendue dans votre vie privée alors qu’un collègue que vous croqueriez bien semble quelque peu difficile à cerner, une relation naissante malgré votre surnom de glaçon, un amour épanouissant sur l’oreiller, mais qui vous laisse un grand vide au fond du cœur… la vie n’est pas de tout repos.

Et ce n’est pas Valeria, dont on suit tout au long du roman le point de vue, qui vous dira le contraire. Après avoir lâché un boulot peu épanouissant, mais sécurisant, suite au succès de son premier roman, la voilà en manque d’inspiration pour ce deuxième ouvrage que son mari semble attendre avec impatience. C’est qu’Adrian, prompt à la pousser à vivre de sa créativité, l’est beaucoup moins quand il s’agit de l’encourager à persister malgré les doutes et les baisses de moral. Mais est-ce vraiment étonnant si l’on considère que de mari, il s’est progressivement mué en colocataire que Valeria voit en coup de vent ?

Adrian lui manque tout comme leur vie sexuelle qui, pour son plus grand désarroi, est aux abonnés absents… Après dix ans de relation, la petite étincelle n’est plus, et la situation devient insupportable pour la jeune femme qui aimerait que son mari lui parle de nouveau, et surtout la regarde. Petit à petit, on sent donc les tensions et les doutes grandir d’autant qu’un individu charmeur et charmant fait son entrée dans la vie de Valeria alors que la présence d’une jeune et jolie jeune femme aux côtés de son mari se fait dangereuse… Le couple arrivera-t-il à surmonter cette mauvaise passe pour aller de l’avant ou est-il temps pour lui d’aller voguer vers d’autres horizons ?

Pour le découvrir, je vous invite à lire le livre vous-mêmes, mais je peux néanmoins vous dire que l’autrice a fait preuve d’une certaine audace… Que l’on approuve ou non les attitudes de chacun, elles ont le mérite de sonner vrai nous montrant que la vraie vie, c’est aussi des coups durs même dans un mariage apparemment équilibré. Le poids des années se fait sentir dans n’importe quel couple, a fortiori quand la communication est rompue…

Si certains passages m’ont perturbée, parce qu’ils vont à l’encontre de mes convictions personnelles, j’ai apprécié que l’on ne nous serve pas une comédie à l’eau de rose, mais plutôt un roman porté par des héroïnes imparfaites pour lesquelles on développe un véritable attachement. On ne les comprend pas toujours, on n’approuve pas toujours leurs choix, mais comme avec des amies, on a envie d’être là pour elles, et de les épauler sans les juger.

On prend donc beaucoup de plaisir à suivre leurs aventures et mésaventures, leurs doutes, leurs espoirs, leurs échanges toujours très vifs et entraînants… De page en page, on se laisse entraîner par la vie de Valeria et de ses amies, et on se retrouve à lire la dernière ligne sans avoir vu le temps passer. Il faut dire que l’autrice a su créer une véritable proximité entre ses personnages et ses lecteurs. Cela passe autant par leur personnalité qu’une narration simple, légère et dynamique entrecoupée de nombreux dialogues pleins de peps, d’humour et de mordant.

Repéré par Netflix, Dans les pas de Valeria fera incontestablement une bonne série à la Sex and the City, car presque trentenaires, ces femmes assument sans fausse pruderie leurs envies et désirs sexuels, ce qui se traduit par quelques scènes de sexe qui stimulent autant l’esprit que le corps. De manière générale, ce ne sont pas mes passages préférés, mais ici, je les ai lus, car ils apportent un certain éclairage sur les personnages, et ne tombent jamais dans la vulgarité. Ils ont également le grand mérite de ne pas dépeindre des relations toxiques, mais seulement le désir d’adultes consentants. Et ça, ça fait drôlement du bien !

En conclusion, Dans les pas de Valeria questionne la notion de couple et de sa pérennité dans le temps, mais c’est surtout un cocktail explosif composé de beaucoup d’amitié, d’une bonne dose d’amour, de désir, de tension sexuelle et de fantasme… Léger, drôle et terriblement addictif, voici un roman que je vous invite à découvrir pour décompresser d’une dure journée de travail, passer un bon moment sans prise de tête, ou tout simplement vous détendre auprès de femmes attachantes dont on partage, le temps d’un roman, la vie sans aucun tabou.

À noter que les tomes 2, 3 et 4 seront publiés courant octobre et novembre, ce qui limitera le temps d’attente pour les plus impatients !

En attendant, découvrez un extrait du deuxième tome publié en fin d’ouvrage et retrouvez la saga sur Instagram.