Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Holly Ann, tome 1 : la chèvre sans cornes (éditions Casterman ), Kid Toussaint et Servain (chronique oubliée dans mes brouillons depuis un bon moment)

Couverture Holly Ann, tome 1 : La chèvre sans cornes

Je n’ai pas accroché outre mesure aux illustrations, mais j’ai apprécié la subtilité des détails qui permettent à l’auteur de suggérer efficacement certains éléments de l’enquête. Les suggestions étaient d’ailleurs peut-être trop flagrantes, car j’ai deviné assez rapidement deux éléments importants, ce qui ne m’a pas permis d’être surprise du dénouement de l’histoire. J’ai, en outre, un peu regretté qu’une petite présentation de Holly Ann ne soit pas proposée, notamment sur son rôle exact au sein de la ville. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier ses qualités d’enquêtrice et d’avoir hâte d’en apprendre plus sur ce personnage qui semble posséder un talent peu commun.

Malgré quelques petits défauts, j’ai parcouru avec plaisir cette BD appréciant d’être immergée dans l’ambiance si spéciale de la Nouvelle-Orléans avec son architecture reconnaissable, sa spécificité géographique, ses rites vaudou, son brassage ethnique, mais aussi, la méfiance vis-à-vis des croyances populaires, le racisme ambiant, la différence de traitement entre les noirs et les blancs… Quant à l’enquête, sans être d’un suspense haletant, elle reste intéressante et permet de voir à l’œuvre le sens de la déduction et les talents d’enquêtrice d’Holly Ann.

  • Un, deux, trois, sorcière ! un livre à compter de Magdalena, illustré par Gwen Kéraval (Flammarion jeunesse, Père Castor)

Un, deux, trois, sorcière!

En grande fan de sorcière, j’ai tout de suite été attirée par cet album jeunesse dont la couverture ne manque pas d’humour. Un humour que l’on découvre tout au long des pages où l’on suit une sorcière qui, en raison du vent qui se déchaîne, perd ses habits et ses accessoires. Adieu chapeau et balai !

L’intérêt de cet album, en plus de faire rire et sourire les lecteurs, est d’apprendre aux enfants à compter jusqu’à dix de manière simple et amusante. Pour ce faire, l’autrice joue sur les répétitions avec un début de phrase qui revient à chaque page et qui permet d’introduire les chiffres les uns après les autres. Humour et répétition, deux outils pédagogiques dont il n’est nul besoin de prouver l’efficacité.

On appréciera également la manière dont les enfants sont sollicités directement en fin d’ouvrage tout comme la chute, autant au sens propre que figuré, qui ne manquera pas de faire son petit effet. Quant aux illustrations pleines de peps, elles font incontestablement partie du charme de ce livre que les enfants devraient prendre plaisir à lire et à relire. Apprendre à compter n’aura jamais été aussi amusant ! 

  • Le mangeur d’écorce, Matth Flagg (Mots & Légendes),

Le Mangeur d’écorce par [Matth Flagg]

À la recherche d’une lecture rapide à lire entre deux romans, j’ai jeté mon dévolu sur cette nouvelle qui m’aura permis d’inaugurer ma Kindle achetée pour lire les trop nombreux livres qui m’attendent sur le cloud d’Amazon. Si j’ai beaucoup apprécié l’ambiance parfaite pour Halloween et la plume de l’auteur aussi fluide qu’immersive, la fin m’a paru quelque peu abrupte. Mais ce sera là mon seul bémol, cette nouvelle m’ayant fait passer un moment de lecture délicieusement frissonnant.

J’ai ainsi pris plaisir à parcourir, aux côtés de Damien, les couloirs de cette maison abandonnée dans laquelle il se réveille après avoir été poursuivi par des élèves de CM2. Abri momentané et bienvenu ou piège qui risque de se refermer inexorablement autour d’un enfant dont le seul tort est d’avoir été traqué par des brutes épaisses ? Très vite, la réponse s’impose à nous. Après tout, peut-on espérer le salut d’une bâtisse dont les propriétaires ont été retrouvés morts, plusieurs années auparavant ?

S’armant de tout son courage et de sa lucidité, qui menace de vaciller à mesure que gagne l’obscurité, Damien va devoir avancer quitte à faire des rencontres plus ou moins sympathiques… L’auteur réussit à faire monter la tension crescendo avec, notamment, un personnage qui se révélera aussi menaçant qu’effrayant ! J’ai ainsi presque eu l’impression d’être moi-même poursuivie par une ombre prise de folie meurtrière. Glaçant !

Je m’arrêterai là, l’histoire étant très courte, mais si le noir ne vous fait pas peur, que les vieilles bâtisses abandonnées mystérieuses vous attirent et que vous appréciez les ambiances délicieusement frissonnantes, cette nouvelle devrait vous plaire.

Téléchargez gratuitement Le mangeur d’écorce sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ou vous tentent-ils ?

Les 9 vies d’Aristote, Dick King-Smith (illustré par Bob Graham)

Aristote est un joli chaton blanc. Mais il est bien trop casse-cou et risque sa vie à tout moment ! Chez sa nouvelle maîtresse, la sorcière Bella Donna, il accumule bêtises et catastrophes. Heureusement qu’elle veille sur lui et que, comme tous les chats, Aristote possède neuf vies !

Gallimard Jeunesse (14 novembre 2019) – Premiers romans – Dès 7 ans – 6,90€
Traduction :
Laurence Nectoux

AVIS

J’ai tout de suite craqué sur la couverture avec ce chat plein de vie qui semble faire le foufou. Et ce n’est pas qu’une impression parce que le moins que l’on puisse dire, c’est qu’Aristote est plein de fougue et d’entrain. Curieux, vif et toujours prompt à partir à l’aventure, que ce soit dans la maison de sorcière de son adoptante ou à l’extérieur, il ne manque jamais l’occasion de se mettre dans des situations périlleuses… Heureusement que, comme tous les chats, il a neuf vies !

J’ai adoré l’idée de l’auteur de donner le nom d’un grand philosophe à un chat qui se révèle plus polisson que sage. Mais c’est peut-être sa propension à faire des bêtises sans le vouloir qui m’a séduite, bien que j’avoue être ravie que mon Hardy ne soit pas aussi casse-cou. Je ne suis pas certaine que mon pauvre cœur s’en remettrait aussi bien que celui de Bella Donna, la sorcière qui a adopté Aristote. Plutôt original d’ailleurs pour une sorcière de préférer un chat blanc au traditionnel chat noir. Mais Belle Donna n’est pas une sorcière comme les autres : si elle a l’accoutrement et le physique typiques des sorcières, elle se révèle bien plus gentille, bienveillante et attentionnée. C’est d’ailleurs grâce à elle qu’Aristote retombe toujours sur ses pattes.

La relation entre les deux personnages est adorable et m’a beaucoup touchée. La tendresse qui les unit est d’ailleurs magnifiquement restituée par Bob Graham dont j’ai beaucoup les illustrations pleines de douceur et de poésié. Un style artistique qui permettra à l’auteur d’aborder avec beaucoup de subtilité le thème du deuil animal et de nous montrer que même derrière ses grosses babines, un gros chien de ferme est tout à fait capable de la plus grande des tendresses.

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Si en tant qu’adulte, j’ai apprécié ce roman et le jeu de l’auteur sur la superstition entourant les neuf vies supposées des chats, je ne doute pas que les enfants prennent également beaucoup de plaisir à suivre les (més)aventures et les exploits d’Aristote. Un chaton auquel ils ne devraient pas manquer de s’attacher et d’apprécier de voir grandir et évoluer comme eux-mêmes le font, jour après jour, année après année. Notre Artistote va ainsi s’assagir pour le plus grand bonheur de Belle Donna qui pourra alors compter sur son beau minet pour l’accompagner et l’aider dans ses différentes missions.

En plus de la douce présence d’Aristote, la sorcière gagnera une certaine tranquillité d’esprit, n’ayant dorénavant plus besoin de passer son temps à le surveiller de peur qu’il ne tombe de la cheminée, qu’il se fasse croquer par un gros chien ou écrasé par un train. Sa patience et son amour auront été efficaces et permis à un chaton casse-cou de devenir un chat raisonnable et aimant.

En résumé, de l’humour, de la tendresse et de l’aventure, en voici une histoire parfaite pour les jeunes lecteurs en quête d’un divertissement simple d’accès, mais riche en péripéties !

Le voyage de Nathan : petit fossoyeur d’âmes, Frédéric Neveur

Couverture Le voyage de Nathan : Petit fossoyeur d'âmes

Dans les ruelles de son petit village de vacances, Nathan voit des choses étranges. Emprisonné dans un monde alternatif bien sombre, il fait la rencontre de Lenka, une jeune fille aux pouces coupés, et Grogoron, un fossoyeur d’âme bourru au cœur d’or. Dés lors, Nathan va tenter de comprendre pourquoi il est enfermé ici et pourquoi un Négociant, un être monstrueux qui calcule la valeur des âmes, cherche à l’emmener avec lui. En terminant son voyage, Nathan apprend ce qui lui est arrivé dans le monde réel.
Une émouvante histoire qui cache une vérité effroyable dont l’amour de ses nouveaux amis parviendra à guérir les blessures.

Évidence Édition – 320 pages – Papier (16,99€) – Ebook (7,99€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques – Illustrations : Hadley Seymore

AVIS

En ce moment, j’enchaîne les livres publiés par Évidence édition ! Et après la très bonne série Aria, c’est un autre roman jeunesse qui m’a captivée. Je dis jeunesse parce qu’il est accessible aux lecteurs à partir de 12 ans, mais je lui ai trouvé une sensibilité et une portée symbolique telles que je me demande si finalement, il ne serait pas plus sage de le conseiller à des lecteurs un peu plus âgés. Je ne suis, en effet, pas certaine que l’enfant de 12 ans que j’étais, pourtant grande lectrice, aurait su saisir toute la portée de ce livre…

L’auteur nous transporte dans la vie du jeune Nathan, un enfant très seul puisque personne ne semble lui accorder la moindre attention si ce n’est pour le brimer et, dans le cas de son père, lui reprocher la mort de sa mère. Mais si Nathan a du mal à se connecter avec les gens, il voue une passion sans borne aux oiseaux et, plus particulièrement, aux corbeaux. Original comme animal préféré, mais vous verrez qu’original et hors norme, Nathan l’est !

Lors de ses vacances dans un petit village, Nathan fait la rencontre d’un gardien de cimetière, Grogoron, avant de plonger dans un monde alternatif surprenant et auréolé de mystère. Aux côtés de Nathan, nous découvrons ainsi des concepts comme celui de fossoyeur d’âmes ou, comme aime à le dire notre jeune héros, faux soigneur d’armes. Et puis, il y a cette menace que représentent les Autres, ces êtres dont on ne connaît pas la nature et que Grogoron demande à Nathan de ne pas nommer. Fascinant de voir que la peur de l’Autre poursuit Nathan même dans un monde qui n’est pas le sien !

Ce que j’ai préféré dans ce roman, c’est de découvrir, petit à petit, le monde alternatif dans lequel Nathan vogue, de comprendre les règles qui le régissent et les entités qui l’habitent. Raison pour laquelle je préfère rester très évasive sur ces points, ce qui, je l’avoue, tend quelque peu à me frustrer. Je me permettrai néanmoins de vous dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur a développé tout le commerce autour des âmes, chacune d’entre elles étant notée en fonction de différents critères, récoltée par les fossoyeurs d’âmes, donnée aux Négociants et revendue à prix d’or… Une loi de l’offre et de la demande assez cynique comme sait si bien l’être l’économie de marché. On appréciera d’ailleurs la petite critique sous-jacente vis-à-vis d’un système économique créateur d’inégalité, de souffrance et d’injustice. Mais comme dans la vraie vie, qui dit inégalité, dit révolte et rébellion !

L’auteur, à travers une histoire forte et non dénuée d’onirisme, évoque également des sujets parfois difficiles comme les préjugés et la peur de ce que l’on ne connaît pas, la perte, la mort, la résilience, les violences domestiques, la maltraitance infantile… Mais je vous rassure, tout reste assez suggéré, ce qui rend ces problématiques supportables même pour les jeunes lecteurs ou ceux particulièrement sensibles. Et puis derrière le drame et ce commerce d’âmes auquel sont soumis, contre leur volonté, nos héros, il y a aussi beaucoup de vie et d’optimisme ! Des élans de beaux sentiments et de tendres émotions apportés par les protagonistes et les magnifiques liens qu’ils ont su tisser.

En découvrant ce monde alternatif, Nathan a ainsi trouvé des amis, voire une famille avec des membres qui l’aiment, le respectent, l’écoutent et le voient ! Tout ce dont il a toujours été privé. Et ça, c’est tellement beau, fort et important pour lui qu’on ne peut que s’émouvoir devant ses émotions, ses pensées et la manière dont, jour après jour, il grandit, prend confiance en lui et en sa capacité d’être aimé. Nathan est un personnage attachant sur lequel on a envie de veiller très fort comme le font Grogoron dont le physique un peu bourru cache un grand cœur et Lenka, une jeune fille de caractère.

Ces deux personnages, tous les deux très touchants, feront de leur mieux pour protéger Nathan et l’aider à se fondre dans ce monde impitoyable des âmes qui n’est peut-être pas, au regard de certaines révélations, pire que le monde des vivants. J’aurais peut-être souhaité que Grogoron soit un peu plus présent, mais j’ai été ravie de la place donnée à Lenka. Haute en couleur, on sent chez elle une grande gentillesse ainsi qu’une certaine fragilité… Sa manière de taquiner ses acolytes, à grand renfort de surnoms plus tendres que méchants, m’a ainsi fait très régulièrement sourire. Cette jeune fille possède, en outre, une aura de mystère qu’on a très fortement envie de percer : pourquoi n’a-t-elle plus ses pouces ? Pourquoi, contrairement à ses amis, ne peut-elle pas aller dans le monde des vivants ? Des questions qui en appellent une autre bien plus importante : les lecteurs et la jeune fille sont-ils prêts à entendre la vérité et faire face à des révélations qui ne devraient pas manquer de les toucher ?

En plus des personnages pris dans leur individualité, j’ai adoré leur dynamique de groupe, leur complicité et leur très fort attachement. Cela leur sera d’ailleurs indispensable pour avoir la force d’affronter les épreuves qui se présenteront à eux, mais aussi d’accepter de faire ce saut dans l’inconnu qui leur faisait tellement peur. C’est peut-être là d’ailleurs que réside le plus grand rôle de Nathan, un enfant entre vie et mort, qui sera, sans le vouloir, le déclencheur d’une série d’événements à l’issue émouvante.

Quant au style de l’auteur, si on occulte un amour immodéré pour le mot venelle qui, je le concède, ne manque pas de charme, je l’ai trouvé très agréable avec un parfait équilibre entre rythme, mystère, action et émotion. C’est le genre de plume qui plaira, à juste titre, à un large public. Pour ma part, j’ai fortement apprécié la dose d’onirisme que l’auteur a su insuffler à ce roman plein d’intelligence qui ne manque ni de profondeur ni de sensibilité. Les quelques illustrations de Hadley Seymore, distillées par-ci, par-là contribuent également au sentiment d’immersion que l’on peut ressentir tout au long d’une lecture qu’on ne quitte qu’à regret et avec la forte envie d’y retourner en espérant… ne pas y perdre son âme.

En résumé, Le voyage de Nathan fut une très belle lecture qui, sous couvert d’une aventure auréolée de mystère, aborde des thématiques fortes et importantes allant de la famille à l’amitié en passant par la peur de l’Autre et les violences domestiques. Prenant, si ce n’est envoûtant, voici un roman que je conseillerais volontiers aux personnes en quête d’un roman différent, d’un roman qui divertit, qui attendrit et qui vous pousse à chérir chaque moment de vie.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

Aria L’intégrale, Pathilia Aprahamian

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Aria reçoit un recueil de contes mythologiques arméniens et, à cet instant, la magie entre dans sa vie, changeant à tout jamais son destin. À travers quatre histoires aux univers mystérieux, vous découvrirez des aventures extraordinaires dans lesquelles Aria chassera le mal, parcourra des contrées merveilleuses et se fera de nouveaux amis.

Évidence Éditions – Collection Farfadet – Papier (12€) – Ebook (5,99€)
7/10 ans – Adapté lecteurs dyslexique

AVIS GLOBAL

Si vous me suivez depuis un petit moment sur le blog, vous aurez peut-être noté mon affection particulière pour la collection Farfadet qui ne m’a jamais déçue. Et cette magnifique intégrale de la série Aria n’échappe pas à la règle ! Bien que destinée à un jeune public, elle m’a ainsi offert un bon moment d’évasion et de divertissement.

Alternance de phrases courtes, rythmées et imagées, la plume de l’autrice devrait, sans aucun doute, plaire à de nombreux enfants qui prendront plaisir à se laisser bercer par son imaginaire. Un imaginaire qui nous transporte dans quatre aventures trépidantes, dont trois portées par Aria, une héroïne à laquelle on ne peut que s’attacher.

En filigrane de ces histoires, il y a un livre de contes arméniens qui est un peu une porte d’entrée sur le monde des songes et de la magie, un monde somptueux que l’on découvre aux côtés de notre héroïne. Pour cela, il suffit d’attendre que le sommeil la guette… Mais la jeune fille découvrira que la magie s’invite également parfois dans la réalité… pour le meilleur et pour le pire.

Au fil des aventures, nous voyons Aria grandir, faire des rencontres, certaines plus agréables que d’autres, affronter des dangers, se poser des questions et s’approprier pleinement sa vie. Une vie plutôt mouvementée qui devrait vous donner quelques sueurs froides. J’ai d’ailleurs été surprise par certains événements, l’autrice n’hésitant pas à ajouter un peu de noirceur à des histoires pleines d’onirisme et de magie. Le mélange parfaitement maîtrisé entre ombre et lumière apporte un certain cachet au livre et en rend la lecture addictive et passionnante.

Si j’aurais peut-être préféré, en tant qu’adulte, des phrases un peu plus longues, j’ai néanmoins été complètement conquise par le fond, mais aussi par l’esthétique de cette intégrale : une couverture magnifique, un format très agréable à prendre en main (a fortiori pour de jeunes lecteurs), un texte aéré et adapté aux lecteurs dyslexiques, des chapitres courts et rythmés… Tout est mis en place pour rendre l’expérience de lecture agréable et donner envie aux enfants de tourner les pages les unes après les autres.

À noter également que la maison d’édition a pensé à inclure les couvertures originales des différents tomes, une attention que j’ai particulièrement appréciée, les couvertures étant l’un de mes principaux critères d’achat. Cela permettra également aux enfants de naviguer facilement entre les différentes histoires.

Quant aux adultes, ils pourront être séduits par les aventures d’Aria, une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, à condition de bien prendre en compte le public visé puisque les personnages et les péripéties ne sont pas aussi développés que dans un roman pour des lecteurs plus âgés. Pour ma part, complètement séduite par l’imaginaire de l’autrice et sa manière d’alterner les ambiances, cela ne m’a pas dérangée.

En bref, l’autrice, d’une plume dynamique, concise et très imagée, propose ici des histoires qui devraient ravir les jeunes lecteurs en quête d’aventure, d’amitié, de mystère et de magie. Entre onirisme et réalité, voici un ouvrage à ne pas manquer.


AVIS POUR CHAQUE TOME 

Aria et la forêt de Vishap

Aria et la forêt de Vishap par Aprahamian

Dans cette première aventure, nous découvrons Aria, une jeune fille de onze ans qui a la capacité de parcourir, nuit après nuit, un monde onirique peuplé de créatures fabuleuses. C’est un vrai plaisir de la voir déambuler dans une forêt magique pleine de beauté et de mystère, mais pas exempte de danger, comme la jeune fille va très rapidement le découvrir.

Ses pérégrinations nocturnes, aussi enchanteresses que surprenantes, la conduiront sur la route d’êtres magiques qui vont lui demander de l’aide afin de délivrer un des leurs, Vishap, un dragon, du sort lancé par un méchant sorcier, Vat. Épaulée par Aralez, un chien ailé, et un insecte-fée, Aria arrivera-t-elle à remplir sa mission ?

Il vous faudra lire cette aventure pour le découvrir, mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai aimé suivre cette bande d’amis très disparate, mais particulièrement attachante. Il faut dire que courageuse, curieuse et gentille, Aria se révèle être une fillette plutôt attendrissante. J’ai également apprécié de constater que sa bravoure ne l’empêche pas d’être réfléchie et de se poser des questions pleines de bon sens. Elle ne fonce donc pas tête baissée dans le danger, ce qui n’est pas si courant dans la littérature jeunesse.

Quant à l’insecte-fée, bien qu’il ne parle pas la langue des hommes, il sait néanmoins se faire comprendre et sera un allié précieux dans la quête du remède pour délivrer Vishap de son triste sort… Aralez, peut-être un petit peu plus bourru, n’en demeure pas moins un autre membre important de la fine équipe. Tous les personnages ont donc un rôle à jouer et apportent une jolie dynamique à cette intrigue dans laquelle le pouvoir de l’amitié et du courage revêt toute son importance.

Aria et les œufs du dragon 

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Dans cette deuxième aventure, ce n’est pas Aria qui va dans le monde magique, mais c’est ce denier qui vient à elle ! Deux années se sont écoulées depuis sa première rencontre avec ses amis, mais le sorcier Vat fait de nouveau des siennes. Cette fois, c’est aux futurs enfants de Vishap, devenu roi, qu’il semble bien décidé à s’attaquer. Une seule solution, les cacher dans le monde d’Aria et lui demander son aide. Si la jeune fille a tout oublié de ses amis et des épreuves qu’ils ont traversées ensemble, elle accepte néanmoins de les écouter et de les soutenir…

Plus courte, cette seconde histoire se veut un peu plus sombre puisque Vat va apprendre, à ses dépens, que s’attaquer à la progéniture d’un roi dragon n’est pas forcément une très bonne idée ! L’autrice nous offre également une jolie plongée dans les rues de la capitale dont le charme ne semble pas avoir échappé à des fées facétieuses et curieuses.

Bien que j’aie préféré l’univers enchanteur de la première histoire, j’ai quand même apprécié de retrouver les personnages et de les voir s’unir pour affronter Vat qui, d’une certaine manière, m’a un peu fait penser à Gargamel dans les Schtroumpfs. Même pugnacité dans la méchanceté !

Aria et le scarabée bleu 

L’image contient peut-être : 1 personne, texte qui dit ’Ariaetle Aria et scarabée bleu O’

À quinze ans, Aria a connu un gros bouleversement dans sa vie. Je dois d’ailleurs dire que ça m’a assez choquée, je ne m’y attendais pas du tout. Mais avec cette troisième histoire, j’ai compris que l’autrice aimait bien nous amener là où on ne l’attendait pas, ce qui n’est pas pour me déplaire !

Une nuit, alarmée par le vacarme, Aria se décide enfin à ouvrir une boîte contenant un cordon avec une amulette très spéciale en forme de scarabée bleu. Sans le savoir, ni le vouloir, l’adolescente a ouvert la boîte de Pandore ! De bonne action en bonne action, la voilà transformée, grâce au pouvoir de l’amulette, en héroïne. Mais à trop prendre soin des autres, ne risque-t-elle pas de s’oublier et de s’éloigner de ses amies, voire de se mettre en danger ?

L’autrice, en plus de nous offrir un récit non dénué de mystère et d’action, nous plonge en pleine mythologie égyptienne, un sujet qui me fascine et que j’aurais, enfant, adoré trouver dans un roman.

Bienvenue à Amasya

Piptarquie, petit village magique isolé du monde des humains, a été créé par les descendants des rescapés de la chasse aux sorcières de Salem. Un village vivant en autarcie qui a su prospérer et au sein duquel la magie est omniprésente. Dans ce petit havre de paix, il y a néanmoins une règle d’or à respecter afin d’assurer de la sécurité de tous : ne pas emprunter le portail donnant accès au monde des humains sans posséder l’expertise pour.

Une règle que trois adolescentes, motivées par la prémonition de l’une d’entre elles, sont bien décidées à enfreindre. Et pour ce faire, elles n’ont pas d’autre choix que de convaincre l’institutrice du village de les accompagner ! Y arriveront-elles et, surtout, est-ce bien raisonnable ?

Nous ne pouvons qu’admirer la volonté de fer de ces jeunes sorcières qui nous prouvent qu’il faut parfois savoir prendre des risques et ne pas rester enfermé dans le passé même si cela n’empêche pas de mettre en place quelques garde-fous. Après tout, s’il y a des dangers à partir à l’aventure, n’est-ce pas également un excellent moyen pour faire de belles découvertes et, éventuellement, faire bouger les choses ?

J’ai apprécié la manière dont l’autrice a su lier cette aventure aux trois précédentes nous offrant ainsi une très jolie conclusion et une fin non dénuée de sagesse. Et pour ceux qui se demanderaient où est passée Aria, je n’aurai qu’une réponse : plongez-vous dans cette aventure pour le découvrir !

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

 

Églantine sèche, Viviane

Églantine sèche

Églantine cherche désespérément un sujet pour sa rédaction. Réussira-t-elle à écrire le texte qui sera publié dans la gazette de l’école ?
L’histoire d’Églantine vous permettra d’aborder deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie.

Adapté aux lecteurs dyslexiques
Évidence Éditions (20 février 2019) – 48 pages – 7/10 ans
Papier (8€) – Ebook (2,99€) – Illustrations : Béka Line

AVIS

Passant toujours un très bon moment avec les livres de la collection Farfadet d’Évidence Éditions, je n’ai pas hésité très longtemps avant d’accepter de recevoir Églantine sèche, un titre qui a bien plus d’importance que ce que l’on pourrait penser.

En effet, à travers une histoire qui ne manque pas d’inventivité et de charme, l’autrice dispense une agréable et subtile leçon sur deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie. J’avoue que je ne me souvenais guère de la notion de polysémie, mais cela n’a pas d’importance puisque l’on prend un plaisir fou à suivre Églantine dans sa recherche d’un sujet pour la rédaction libre qu’elle doit rendre. Et l’enjeu est de taille : une publication dans la gazette de l’école pour les meilleures copies !

Si j’adorais l’exercice de la rédaction, la mention d’un thème libre aurait suscité en moi les plus vives angoisses. J’ai donc aisément ressenti, malgré la différence d’âge, le désespoir de la jeune fille qui ne sait pas vers quel sujet se tourner. Ah, cette fameuse angoisse de la page blanche qui devrait parler à beaucoup, et à tous les écrivains aguerris ou en herbe…

Mais si finalement, il suffisait à Églantine de puiser son inspiration dans son quotidien et ses péripéties ? Entre une mère qui ne sait pas dire non à une conversation avec une voisine envahissante, deux adorables oiseaux à chouchouter, un frère taquin qui essaie de lui remonter le moral ou, encore, un père et ses ennuis mécaniques, les occasions de trouver un sujet ne devrait pas manquer.

De fil en aiguille, on réalise ainsi, en même temps que la jeune fille, qu’il y a un mot qui est de toutes les conversations sans qu’on ne lui prête vraiment attention. Du moins jusqu’à ce que l’inspiration soit au rendez-vous… J’ai adoré la fin et, surtout, la manière dont l’autrice joue avec son imagination pour illustrer, avec un certain humour et beaucoup de naturel, des concepts courants, mais auxquels on ne prête guère attention.

Nous avons dans cette histoire un mot presque tout-terrain qui donne envie de puiser dans notre propre vocabulaire pour, à notre tour, réaliser le même genre d’exercice de style que l’autrice. C’est d’ailleurs, pour moi, un autre des atouts de ce livre, inspirer les enfants, voire leurs parents, pour qu’ils s’adonnent à l’amour des mots et du langage et qu’ils en saisissent toute sa richesse.

Si le fond et la démarche de Viviane m’ont complètement conquise, je l’ai été tout autant par les merveilleuses, douces et chaleureuses illustrations de Béka Line. Il se dégage de son style une rondeur et une douceur qui m’a parfois fait penser à l’univers Disney bien que l’illustratrice sache également nous régaler d’illustrations un peu plus réalistes.

Le duo Viviane/ Béka Line nous offre donc une très jolie collaboration, l’humour et l’intelligence des mots de la première étant parfaitement mis en valeur par l’imaginaire coloré, doux et expressif de la seconde. Le texte et les dessins se révèlent donc parfaitement complémentaires et nous permettent de ressentir à merveille les émotions des personnages et d’Églantine, de son stress à son exaltation !

En conclusion, en plus d’être divertissant, plein d’humour et non dénué d’une certaine intelligence, Églantine sèche bénéficie d’un très bel univers graphique qui devrait faciliter l’immersion des enfants dans cette aventure à laquelle ils participeront probablement avec plaisir, heureux de suivre une jeune héroïne qui leur ressemble.

Adapté aux lecteurs dyslexiques

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

L’Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

Un troupeau de bœufs vient d’être massacré : voilà une nouvelle mission de taille pour Sean, Joe et Célia, les super agents de M. Pendergast ! Les éleveurs suspectent un abominable homme des forêts, surnommé Big Foot.
Lorsque la créature jette son dévolu sur Célia et la kidnappe, l’enquête se corse… et une piste bien plus inquiétante voit le jour !

Didier Jeunesse (5 février 2020) – 160 pages – 9 ans et +
Broché (12,90€) – Ebook (9,99€) – Illustrateur : Florent Sacré

AVIS

Si j’ai passé un très bon moment avec le premier tome de cette série, Le Prince des ténèbres, je n’ai pas encore lu les deux suivants ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier ma lecture de cette quatrième aventure, chaque tome pouvant se lire indépendamment.

Célia, la cartomancienne, Joe, l’Indien, et le jeune Sean sont envoyés par le patron de l’Agence Pendergast dans le Wyoming. Leur mission : faire toute la lumière sur les attaques sauvages de bétail dont sont victimes les paysans locaux et qui seraient imputables à un géant poilu aux longs bras. Ce qui s’annonçait comme une mission de routine pour ces professionnels du surnaturel va néanmoins prendre une tournure inattendue, les choses se révélant un peu plus compliquées que prévu…

Durant leur voyage, les trois New-Yorkais vont faire des rencontres plus ou moins agréables à commencer par celle d’un Prussien à l’accent prononcé, le baron von Luckner. Raciste, irrespectueux, fou de la gâchette et collectionneur de cadavres d’animaux exotiques, sa compagnie n’est pas des plus plaisantes d’autant qu’il a une légère tendance à faire comprendre de manière appuyée son intérêt pour Célia. Si le baron est détestable, il montrera parfois son utilité avant de dévoiler toute sa perfidie. Il m’a d’ailleurs fait penser, dans une certaine mesure, à Gaston  dans la Belle et la Bête, notamment quand il prendra la tête d’une expédition punitive…

Volontairement caricatural, le baron s’insère parfaitement dans l’ambiance Far West que l’auteur a su donner à cette aventure et qui m’a complètement séduite : voyage en « cheval de fer », saloon, mines d’or, cow-boys, rixes sous fond d’alcool, immigration européenne… Mais si l’histoire se passe à la fin du XIX e siècle, elle met également en lumière des thèmes qui restent toujours d’actualité : préjugés, tendance à chercher des boucs-émissaires chez les immigrés en cas de crise économique, racisme…

Nos trois protagonistes, en plus de devoir affronter différentes créatures surnaturelles, vont ainsi devoir faire face à bien plus dangereux, la bêtise humaine ! Les migrants sont traités avec défiance, bousculés, ostracisés et accusés de voler le pain de la bouche des « vrais Américains ». Une expression qui ne veut absolument rien dire, a fortiori dans un pays comme les États-Unis…

Au-delà de ces thèmes abordés sans lourdeur, l’auteur nous offre ici une aventure trépidante, rythmée et diablement immersive. Aucun temps mort dans ce roman qui se lit d’une traite et que l’on prend énormément de plaisir à parcourir. J’ai adoré la manière dont les événements s’enchaînent, les surprises étant au rendez-vous et l’auteur n’hésitant pas à prendre des risques. Je ne sais pas comment l’enfant que j’étais aurait réagi, mais l’adulte que je suis a complètement été déstabilisée par la fin. Je m’attendais à ce que l’auteur arrondisse les angles, mais non, il est allé jusqu’au bout de son idée. Je ne peux pas vous donner plus de détails sans vous spoiler, mais j’en reste encore coite !

Comme dans le premier tome, la fine équipe formée par Célia, Joe et Sean fonctionne à merveille. Tous très différents les uns des autres, ils se titillent et se chamaillent, mais l’on sent qu’ils s’apprécient et qu’ils ont su nouer une belle complicité. Mais c’est un tout autre personnage qui a attiré mon attention et fait vibrer ma corde sensible, l’homme-singe soupçonné, à tort ou à raison, d’attaquer le bétail. Je préfère vous laisser le plaisir de découvrir cette créature, mais je peux vous dire qu’en peu de pages, l’auteur a réussi à la rendre attachante. Il se dégage de cette dernière une certaine candeur et une touche d’humanité qui m’ont beaucoup touchée et ont su m’attendrir…

D’autres créatures, bien que plus classiques, se sont également révélées intéressantes en raison de leur nature, de leur mode de vie et des réflexions d’ordre éthique et moral qu’elles permettent de soulever sur, entre autres, le travail de l’Agence Pendergast et ses limites. J’ai ainsi apprécié que notre trio se pose des questions et ne se contente pas de suivre aveuglément les ordres…

Quant à la plume de Christophe Lambert, ni trop complexe pour ne pas rebuter les jeunes lecteurs ou ceux peu habitués à lire ni trop simple, je l’ai trouvée très agréable et immersive. Le roman peut donc être autant apprécié par des enfants que des adultes attirés par les récits teintés de mystère et de créatures fantastiques, à condition, évidemment, de ne pas en attendre la profondeur d’une œuvre destinée à un lectorat plus aguerri. Ce roman bénéficie, en outre, d’une mise en page fort plaisante et particulièrement bien adaptée aux enfants : des dialogues nombreux et percutants un texte aéré, des illustrations disséminées par-ci, par-là, de gros caractères, un marque-page à détacher en début d’ouvrage…

L'Agence Pendergast, tome 4 : Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert

En conclusion, avec Les Griffes de la forêt, Christophe Lambert nous propose une aventure emplie de danger, de mystère et d’action qui devrait enchanter les petits et les grands lecteurs amateurs d’enquête et de fantastique. Mais faites attention avant de vous balader en forêt, vous n’êtes pas à l’abri de faire de surprenantes rencontres bien que, finalement, les plus dangereuses ne soient peut-être pas celles tapies dans l’ombre…

« L’homme est un loup pour l’homme ». Thomas Hobbes

Je remercie Babelio et les éditions Didier Jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Lily 2.0 – Tome 2. Solstice d’été, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir proposé de découvrir le tome 2 de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline. N’hésitez pas à lire ma chronique du tome 1 : Lily 2.0 : équinoxe de printemps.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Au cours d’un voyage scolaire à Florence, entre la contemplation des chefs-d œuvre de la Renaissance et les délires propres à une bande d’ados en vacances, affleurent chez Lily de nouvelles capacités extrasensorielles : distinction des auras, perception auditive et visuelle de fantôme, clairsensibilité… S’agit-il du syndrome de Stendhal qui provoque souvent troubles et hallucinations chez les touristes exposés à tant de beauté ou de l’éclosion soudaine de facultés de clairvoyance et de médiumnité ? Tout en se familiarisant, le jour, avec la pensée humaniste, l’alchimie et l’hermétisme, Lily replonge, la nuit, dans l’univers fascinant des énergies subtiles.

Caouanne (21 novembre 2019) – 232 pages – Ebook (4,88€) – Broché (16€)
À partir de 12 ans

AVIS

Florence ! Voilà une destination de rêve pour conclure une année scolaire. C’est donc en compagnie de quelques-uns de ses professeurs et de 15 autres collégiens de 4ème que Lily visite la ville.

Florence nous apparaît ici comme une ville riche d’un passé faste et mouvementé, mais la ville semble surtout être une ode à la culture que ce soit à travers ses monuments, ses mécènes historiques à l’instar des fameux Médicis, sa gastronomie, ou ses courants artistiques et ses artistes emblématiques qui ont su vivre à travers le temps dans la mémoire collective…. Les amateurs de la Renaissance, d’art et d’histoire devraient donc être enchantés par cette immersion totale et somptueuse dans une ville qui semble rayonner !

Cerise sur le gâteau, en plus de vous promener dans ses rues et visiter ses monuments, vous devriez découvrir certains faits surprenants sur cette cité qui regorge de mystères et de légendes. J’ai, par exemple, appris que Florence serait le berceau des glaces et des sorbets, une information toujours intéressante pour une gourmande… Et si je connaissais le syndrome de Paris, j’ai découvert avec étonnement le syndrome de Stendhal appelé également syndrome de Florence

Vous aurez donc compris que ce second tome laisse une large place à la culture et à l’histoire de l’art, une démarche pédagogique qui devrait plaire aux adultes, mais aussi aux lecteurs plus jeunes, l’autrice rendant les informations présentées tout au long du roman passionnantes et très accessibles. Un excellent moyen de se cultiver tout en se divertissant !

Nous restons néanmoins dans une fiction et à cet égard, nous retrouvons ce qui fait le charme de la série : une incursion dans le monde de l’invisible, de l’ésotérisme, des sciences parallèles et de ces capacités extrasensorielles sur lesquelles chacun se fera sa propre opinion, l’autrice ne tombant jamais dans le prosélytisme. C’est donc avec mon esprit résolument cartésien, mais avec une certaine ouverture d’esprit, que je me suis laissée entraîner dans le monde des auras, des énergies, de la philosophie hindouiste, de l’alchimie, science dont je ne pensais pas le symbolisme aussi présent dans nos vies…

J’ai tendance à ne croire que ce qui a été démontré scientifiquement, mais je reconnais que l’autrice rend toutes ces notions et disciplines fascinantes d’autant qu’elle n’hésite pas à inclure des illustrations pour étayer ses propos. J’ai, en outre, adoré suivre Lily dans l’exploration de ses capacités hors du commun, notamment celles la conduisant à dépasser ses craintes (légitimes) afin d’aller à la rencontre d’un personnage qui m’a touchée. Ce dernier offre également une petite incursion dans un tragique épisode de l’histoire mondiale, côté italien, ce qui est plutôt rare dans la littérature française.

La version numérique est de qualité, mais j’aurais néanmoins tendance à vous conseiller de vous diriger vers la version papier afin de profiter pleinement de l’agréable mise en page de ce roman puisque de nouveau, il bénéficie de jolies illustrations dont une splendide carte de Florence en couleurs. Sont également présents des petits plus qui rendent la lecture très attractive quel que soit l’âge des lecteurs : des recettes accessibles (glace à la vanille, biscuits du Piémont…), des suggestions de morceaux de musique distillées par-ci par-là, des exercices pour développer certaines facultés, un tuto de coiffure et même une recette de dentifrice maison… Une manière subtile et efficace de donner l’impression de lire le journal intime de notre héroïne et donc de faciliter le processus d’identification des préadolescent(e)s et des adolescent(e)s.

Grâce à ce voyage scolaire mené tambour battant, le personnel éducatif ayant veillé à planifier avec minutie l’emploi du temps de leurs élèves, les adultes devraient, quant à eux, s’attendrir devant la personnalité haute en couleur de Lily, et retrouver certaines sensations, voire revivre certains souvenirs comme les petites chamailleries et mauvais tours entre filles et garçons… Je vous rassure, tout reste bon enfant puisqu’il se dégage de cet ouvrage beaucoup de positivité ! Un point qui rend la lecture particulièrement agréable et enrichissante.

Comme dans tout groupe, il y a des amitiés et des inimitiés qui se créent, mais l’autrice veille à mettre en avant une forme de bienveillance. Ainsi, Lily ne juge pas, elle reconnaît juste que sa conception de la vie diffère de celle de certaines de ses camarades et que leur appétence pour le superficiel ne lui sied guère. Je ne suis pas certaine qu’à son âge, j’aurais eu cette force d’esprit ayant toujours eu un peu de mal avec les personnes centrées sur le paraître. Je devrais peut-être partir quelques jours en vacances avec notre jeune héroïne ! Et puis qui dit voyage, dit proximité et rencontres, notamment amoureuses… 

En conclusion, immersif et intéressant, ce deuxième tome nous offre un savant mélange entre culture, art, tourisme, et monde extrasensoriel, le tout mis en valeur par une plume fluide et agréable, et une mise en page chaleureuse et attractive ! Un livre aussi plaisant sur le fond que la forme qui plaira à un large public, préadolescents, adolescents et adultes compris.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Caouanne.

Il pleut des en fait, des du coup et des voilà, Susie Morgenstern

Couverture Il pleut des EN FAIT, des DU COUP et des VOILA

PRÉSENTATION ÉDITEUR

S’il y a bien une chose que Célia déteste autant que les parapluies, ce sont les tics de langage de sa prof de français. Avec Martin, la jeune fille se met en tête de développer une machine qui supprime tous ces « en fait », ces « du coup », ces « voilà » qui polluent son quotidien. Son idée ? Une boîte à bruitage un peu améliorée… Pas sûr que ça fasse rire tout le monde, mais Célia en est certaine, son invention révolutionnera les discussions !

Rageot Editeur (10 avril 2019) – 160 pages – 10/12 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Vous ayant déjà parlé de tous les avantages de la collection Flash fiction pour les jeunes lecteurs ou ceux qui lisent peu, je ne reviendrai pas dessus préférant me concentrer sur l’intrigue proposée dans ce court roman qui ne manque pas de panache et d’humour !

Célia, jeune inventrice ayant connu son petit succès avec le chapluie, un immense bonnet permettant de se balader sous la pluie les mains libres, est en quête d’une nouvelle invention. Coup de chance, quoi que cela dépendra des points de vue, sa nouvelle professeure de français, Mademoiselle Laurent, va lui donner une idée : inventer un dispositif traquant et corrigeant ces vilains tics de langage qui finissent par rendre fou ! Pour ce faire, elle pourra compter sur le soutien de son petit ami.

J’ai adoré l’idée de Célia, personne n’étant à l’abri d’un tic de langage conscient ou non. Un tel dispositif m’aurait d’ailleurs rendu grand service pendant mes études. Si je n’ai pas connu, comme nos deux jeunes héros, une « Madame En Fait », j’ai côtoyé un « Monsieur Au jour d’aujourd’hui ». Ce barbarisme, certainement le pire de la langue française, a sérieusement mis ma patience à rude épreuve…

J’ai donc compris sans peine la volonté de Célia de tester rapidement une version sommaire, et peut-être un peu vulgaire, de son correctic sur son enseignante. Une initiative qui sera fort mal accueillie ! Il faut dire qu’entendre des rots et des pets pendant que l’on donne ses cours, ce n’est pas forcément des plus agréables surtout quand l’on ne connaît pas les raisons d’une telle grossièreté. Mais Célia ne se laissera pas abattre par ce premier échec et saura solliciter les bonnes personnes pour l’aider à mener à bien son projet.

On suit donc avec intérêt l’adolescente dans ses recherches tout en admirant sa pugnacité et sa débrouillardise. Imaginative et intelligente, elle apprend de ses erreurs et se donne les moyens pour atteindre ses objectifs ! Un joli message sur la force des rêves et la nécessité de ne pas baisser les bras devant les problèmes est ainsi subtilement adressé aux jeunes lecteurs qui ne pourront qu’être inspirés par Célia et son petit ami. Ils devraient être également touchés par la romance toute mignonne entre les deux adolescents. Complémentaires, amusants, inventifs et drôles, les deux amoureux possèdent de sacrés atouts pour plaire à un large public…

En conclusion, Il pleut des en fait et des du coup et des voilà est un livre jeunesse plein de peps et d’humour qui devrait offrir un très bon moment de divertissement aux jeunes lecteurs, mais aussi à tous ceux qui ont déjà eu affaire à d’exaspérants tics de langage…

Autres titres de la collection : Les fantômes du manoirMiss Samouraï et le Ninja Bleu

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.