Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

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En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Lily 2.0 – Tome 2. Solstice d’été, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir proposé de découvrir le tome 2 de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline. N’hésitez pas à lire ma chronique du tome 1 : Lily 2.0 : équinoxe de printemps.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Au cours d’un voyage scolaire à Florence, entre la contemplation des chefs-d œuvre de la Renaissance et les délires propres à une bande d’ados en vacances, affleurent chez Lily de nouvelles capacités extrasensorielles : distinction des auras, perception auditive et visuelle de fantôme, clairsensibilité… S’agit-il du syndrome de Stendhal qui provoque souvent troubles et hallucinations chez les touristes exposés à tant de beauté ou de l’éclosion soudaine de facultés de clairvoyance et de médiumnité ? Tout en se familiarisant, le jour, avec la pensée humaniste, l’alchimie et l’hermétisme, Lily replonge, la nuit, dans l’univers fascinant des énergies subtiles.

Caouanne (21 novembre 2019) – 232 pages – Ebook (4,88€) – Broché (16€)
À partir de 12 ans

AVIS

Florence ! Voilà une destination de rêve pour conclure une année scolaire. C’est donc en compagnie de quelques-uns de ses professeurs et de 15 autres collégiens de 4ème que Lily visite la ville.

Florence nous apparaît ici comme une ville riche d’un passé faste et mouvementé, mais la ville semble surtout être une ode à la culture que ce soit à travers ses monuments, ses mécènes historiques à l’instar des fameux Médicis, sa gastronomie, ou ses courants artistiques et ses artistes emblématiques qui ont su vivre à travers le temps dans la mémoire collective…. Les amateurs de la Renaissance, d’art et d’histoire devraient donc être enchantés par cette immersion totale et somptueuse dans une ville qui semble rayonner !

Cerise sur le gâteau, en plus de vous promener dans ses rues et visiter ses monuments, vous devriez découvrir certains faits surprenants sur cette cité qui regorge de mystères et de légendes. J’ai, par exemple, appris que Florence serait le berceau des glaces et des sorbets, une information toujours intéressante pour une gourmande… Et si je connaissais le syndrome de Paris, j’ai découvert avec étonnement le syndrome de Stendhal appelé également syndrome de Florence

Vous aurez donc compris que ce second tome laisse une large place à la culture et à l’histoire de l’art, une démarche pédagogique qui devrait plaire aux adultes, mais aussi aux lecteurs plus jeunes, l’autrice rendant les informations présentées tout au long du roman passionnantes et très accessibles. Un excellent moyen de se cultiver tout en se divertissant !

Nous restons néanmoins dans une fiction et à cet égard, nous retrouvons ce qui fait le charme de la série : une incursion dans le monde de l’invisible, de l’ésotérisme, des sciences parallèles et de ces capacités extrasensorielles sur lesquelles chacun se fera sa propre opinion, l’autrice ne tombant jamais dans le prosélytisme. C’est donc avec mon esprit résolument cartésien, mais avec une certaine ouverture d’esprit, que je me suis laissée entraîner dans le monde des auras, des énergies, de la philosophie hindouiste, de l’alchimie, science dont je ne pensais pas le symbolisme aussi présent dans nos vies…

J’ai tendance à ne croire que ce qui a été démontré scientifiquement, mais je reconnais que l’autrice rend toutes ces notions et disciplines fascinantes d’autant qu’elle n’hésite pas à inclure des illustrations pour étayer ses propos. J’ai, en outre, adoré suivre Lily dans l’exploration de ses capacités hors du commun, notamment celles la conduisant à dépasser ses craintes (légitimes) afin d’aller à la rencontre d’un personnage qui m’a touchée. Ce dernier offre également une petite incursion dans un tragique épisode de l’histoire mondiale, côté italien, ce qui est plutôt rare dans la littérature française.

La version numérique est de qualité, mais j’aurais néanmoins tendance à vous conseiller de vous diriger vers la version papier afin de profiter pleinement de l’agréable mise en page de ce roman puisque de nouveau, il bénéficie de jolies illustrations dont une splendide carte de Florence en couleurs. Sont également présents des petits plus qui rendent la lecture très attractive quel que soit l’âge des lecteurs : des recettes accessibles (glace à la vanille, biscuits du Piémont…), des suggestions de morceaux de musique distillées par-ci par-là, des exercices pour développer certaines facultés, un tuto de coiffure et même une recette de dentifrice maison… Une manière subtile et efficace de donner l’impression de lire le journal intime de notre héroïne et donc de faciliter le processus d’identification des préadolescent(e)s et des adolescent(e)s.

Grâce à ce voyage scolaire mené tambour battant, le personnel éducatif ayant veillé à planifier avec minutie l’emploi du temps de leurs élèves, les adultes devraient, quant à eux, s’attendrir devant la personnalité haute en couleur de Lily, et retrouver certaines sensations, voire revivre certains souvenirs comme les petites chamailleries et mauvais tours entre filles et garçons… Je vous rassure, tout reste bon enfant puisqu’il se dégage de cet ouvrage beaucoup de positivité ! Un point qui rend la lecture particulièrement agréable et enrichissante.

Comme dans tout groupe, il y a des amitiés et des inimitiés qui se créent, mais l’autrice veille à mettre en avant une forme de bienveillance. Ainsi, Lily ne juge pas, elle reconnaît juste que sa conception de la vie diffère de celle de certaines de ses camarades et que leur appétence pour le superficiel ne lui sied guère. Je ne suis pas certaine qu’à son âge, j’aurais eu cette force d’esprit ayant toujours eu un peu de mal avec les personnes centrées sur le paraître. Je devrais peut-être partir quelques jours en vacances avec notre jeune héroïne ! Et puis qui dit voyage, dit proximité et rencontres, notamment amoureuses… 

En conclusion, immersif et intéressant, ce deuxième tome nous offre un savant mélange entre culture, art, tourisme, et monde extrasensoriel, le tout mis en valeur par une plume fluide et agréable, et une mise en page chaleureuse et attractive ! Un livre aussi plaisant sur le fond que la forme qui plaira à un large public, préadolescents, adolescents et adultes compris.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Caouanne.

Il pleut des en fait, des du coup et des voilà, Susie Morgenstern

Couverture Il pleut des EN FAIT, des DU COUP et des VOILA

PRÉSENTATION ÉDITEUR

S’il y a bien une chose que Célia déteste autant que les parapluies, ce sont les tics de langage de sa prof de français. Avec Martin, la jeune fille se met en tête de développer une machine qui supprime tous ces « en fait », ces « du coup », ces « voilà » qui polluent son quotidien. Son idée ? Une boîte à bruitage un peu améliorée… Pas sûr que ça fasse rire tout le monde, mais Célia en est certaine, son invention révolutionnera les discussions !

Rageot Editeur (10 avril 2019) – 160 pages – 10/12 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Vous ayant déjà parlé de tous les avantages de la collection Flash fiction pour les jeunes lecteurs ou ceux qui lisent peu, je ne reviendrai pas dessus préférant me concentrer sur l’intrigue proposée dans ce court roman qui ne manque pas de panache et d’humour !

Célia, jeune inventrice ayant connu son petit succès avec le chapluie, un immense bonnet permettant de se balader sous la pluie les mains libres, est en quête d’une nouvelle invention. Coup de chance, quoi que cela dépendra des points de vue, sa nouvelle professeure de français, Mademoiselle Laurent, va lui donner une idée : inventer un dispositif traquant et corrigeant ces vilains tics de langage qui finissent par rendre fou ! Pour ce faire, elle pourra compter sur le soutien de son petit ami.

J’ai adoré l’idée de Célia, personne n’étant à l’abri d’un tic de langage conscient ou non. Un tel dispositif m’aurait d’ailleurs rendu grand service pendant mes études. Si je n’ai pas connu, comme nos deux jeunes héros, une « Madame En Fait », j’ai côtoyé un « Monsieur Au jour d’aujourd’hui ». Ce barbarisme, certainement le pire de la langue française, a sérieusement mis ma patience à rude épreuve…

J’ai donc compris sans peine la volonté de Célia de tester rapidement une version sommaire, et peut-être un peu vulgaire, de son correctic sur son enseignante. Une initiative qui sera fort mal accueillie ! Il faut dire qu’entendre des rots et des pets pendant que l’on donne ses cours, ce n’est pas forcément des plus agréables surtout quand l’on ne connaît pas les raisons d’une telle grossièreté. Mais Célia ne se laissera pas abattre par ce premier échec et saura solliciter les bonnes personnes pour l’aider à mener à bien son projet.

On suit donc avec intérêt l’adolescente dans ses recherches tout en admirant sa pugnacité et sa débrouillardise. Imaginative et intelligente, elle apprend de ses erreurs et se donne les moyens pour atteindre ses objectifs ! Un joli message sur la force des rêves et la nécessité de ne pas baisser les bras devant les problèmes est ainsi subtilement adressé aux jeunes lecteurs qui ne pourront qu’être inspirés par Célia et son petit ami. Ils devraient être également touchés par la romance toute mignonne entre les deux adolescents. Complémentaires, amusants, inventifs et drôles, les deux amoureux possèdent de sacrés atouts pour plaire à un large public…

En conclusion, Il pleut des en fait et des du coup et des voilà est un livre jeunesse plein de peps et d’humour qui devrait offrir un très bon moment de divertissement aux jeunes lecteurs, mais aussi à tous ceux qui ont déjà eu affaire à d’exaspérants tics de langage…

Autres titres de la collection : Les fantômes du manoirMiss Samouraï et le Ninja Bleu

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

Les fantômes du manoir, Fabrice Colin

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Travailler dans une fête foraine  ? En apparence, rien de mieux pour passer son été…

L’oncle d’Hugo possède un train fantôme. Problème  : l’attraction ne fait peur à personne  ! Alors que les visiteurs se font de plus en plus rares, Hugo passe à l’action. Et tant pis s’il doit faire un peu l’espion et prendre quelques risques…

Rageot Editeur (25 octobre 2017) – 128 pages – 7,10 € – Ebook (5,49€)
Illustratrice : Noëmie Chevalier

AVIS

Bonne nouvelle pour Hugo, au lieu de passer son été à s’ennuyer, il va pouvoir travailler aux côtés de son oncle dans l’attraction de train fantôme que ce dernier gère ! Une bonne nouvelle qui vient vite se confronter à la réalité : l’attraction n’attire plus personne, les clients préférant celle d’un concurrent aux effets spéciaux redoutables et plus vrais que nature.

Mais parce qu’Hugo n’est pas du genre à baisser les bras, il va mener une petite enquête afin de découvrir les ficelles de ce concurrent qui semble attirer les foules. Une bonne intention qui se retourne contre lui quand il fait une étrange et quelque peu inattendue découverte…

Amateurs de frissons (très) légers, n’oublions pas que nous sommes dans un livre pour enfants, vous devriez apprécier ce roman dans lequel vous ne vous ennuierez pas un instant, Hugo allant de surprise en surprise. Certaines se révèlent d’ailleurs plus agréables que d’autres puisque jouer l’espion en herbe va le conduire à rencontrer des personnages hauts en couleur et très différents les uns des autres.

Je ne vous en dirai pas beaucoup plus sur ces derniers vous laissant le plaisir de la découverte, mais ils apportent pas mal de piquant à l’histoire ! Ils ne devraient donc laisser aucun lecteur indifférent. Ils m’ont, en outre, rappelé, dans une certaine mesure, un film que j’adorais enfant et que je prenais beaucoup de plaisir à regarder.

L’auteur a également réussi à retranscrire l’ambiance des fêtes foraines et ce plaisir que beaucoup de personnes prennent à se faire peur. Néanmoins, même si j’apprécie quelques frissons, je ne suis toutefois pas certaine que j’aimerais tester la nouvelle version de l’attraction de l’oncle d’Hugo qui semble quelque peu remuer les clients… pour le meilleur et pour le pire !

Le jeune garçon voulait donner une seconde vie au manège de son oncle, c’est maintenant chose faite… Mais la situation ne commence-t-elle pas à lui échapper ? Vous le découvrirez en lisant ce roman, mais ce qui est certain, c’est qu’Hugo a de la réserve et son courage va lui permettre de réaliser bien des miracles. Attachant, volontaire et plein de fougue, c’est un personnage que j’ai apprécié et qui devrait beaucoup plaire aux enfants. Il n’est pas parfait et fait parfois des erreurs comme chacun d’entre nous, mais c’est aussi un jeune homme responsable qui fait de son mieux pour les réparer. En cours d’aventure, il découvrira également la frontière entre le bien et le mal, entre les bonnes intentions et les mauvaises actions…

Roman entrant dans la collection Flash fiction des éditons Rageot, Les fantômes du manoir présente des atouts certains pour permettre aux jeunes lecteurs, même peu habitués à la lecture, de s’immerger dans le récit : présentation succincte des personnages en début de roman, de belles et grandes illustrations, une mise en page très aérée, des pages teintées pour limiter la fatigue oculaire, des chapitres courts, du rythme, de l’action, du mystère, une plume simple mais imagée..

En conclusion, Les fantômes du manoir est une lecture fort sympathique, portée par un personnage courageux, qui devrait ravir les jeunes lecteurs en quête d’une histoire teintée de fantastique, de frissons et de mystère. Quant aux adultes, mon petit doigt me dit qu’ils pourraient également se laisser embarquer avec plaisir pour un tour dans l’imaginaire de Fabrice Colin.

Autre titre de la collection Flash Fiction ( Miss Samouraï et le Ninja bleu)
Autre titre de l’auteur (Wonderpark)

Comment devenir une vraie sorcière ? Anne-Marie Desplat-Duc

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire drôle et ensorcelante qui prend le mythe de la sorcière maléfique à contrepied !

Sibelle n’est pas une petite sorcière ordinaire.
Elle est belle, gentille et n’a aucun pouvoir maléfique.
Alors comment faire pour devenir une vraie sorcière et faire plaisir à sa mère, la célèbre Fleurkipic ?
Avec de bons amis et un peu d’astuce rien n’est impossible !


Scrineo (4 octobre 2018) – 96 pages – 6,90€ –  À partir de 8 ans
Illustrations : Églantine Ceulemans

AVIS

Fleurkipic, sorcière de son état et mocheté ambulante, et Gabriel, humain lambda, ont une fille. Comment s’appelle-t-elle ? Sibelle ! Ce n’est pas la réponse que vous escomptiez, ça tombe bien, ce n’est pas non plus celle attendue par ses parents.

Fleurkipic espérait un bébé bien laid avec des furoncles gros comme une maison, des verrues à vous faire loucher, un teint jaunâtre… à un « beau » bébé version sorcière en somme. À la place et pour son plus grand malheur, elle a bébé qui pourrait gagner un concours de beauté chez ces satanés humains.

Enfer et damnation ! Fleurkipic va être la risée du monde des sorciers et risque, en plus, de perdre ses pouvoirs, son mariage avec un mortel ayant engendré une malédiction… Heureusement que le papa lui est ravi de voir son enfant tout mignon même si on sent très bien qu’il aurait été tout aussi content d’accueillir une petite sorcière bien moche.

C’est donc tiraillée entre le monde des humains et celui des sorciers que Sibelle évolue et grandit, changeant de casquette et d’accoutrement en fonction des besoins. Mais petit à petit, elle est lasse de jouer la comédie et aspire à n’être qu’elle, une petite fille pleine d’entrain qui aimerait faire plaisir à sa maman tout en restant elle-même. Fleurkipic pourra-t-elle l’accepter ?

Les enfants devraient se plonger avec délectation dans la vie de Sibelle, une petite fille qui, au fil des pages, apprend à se connaître et à savoir ce qu’elle désire vraiment. Elle va d’ailleurs trouver, avec l’aide de ses nouveaux amis, sa voie, pas celle choisie par sa mère ou son père, mais celle qui lui plaît, et pour laquelle elle se révèlera d’ailleurs très douée. Qui a dit que pour avoir de la magie, il fallait être une vraie sorcière ? Mais avant de trouver ce qui l’anime, Sibelle va vivre quelques péripéties notamment dans la célèbre école anglaise de sorciers Harry ! Je pense que tout le monde aura reconnu la très drôle allusion à un célèbre sorcier à lunettes…

Le livre étant destiné aux enfants, il n’y a aucune longueur, tout s’enchaînant très vite, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de lire l’histoire sans trop d’efforts d’autant que le découpage en chapitres très courts s’assure de leur attention. À cela s’ajoute une très jolie mise en page avec quelques ornements et illustrations.

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Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide et accessible sans être simpliste, le vocabulaire n’étant pas simplifié à l’extrême. Le résultat est d’ailleurs assez probant pour convaincre la lectrice trentenaire que je suis. Il faut dire que l’autrice, sous couvert de fiction et d’humour, aborde des thèmes importants comme l’amitié, la recherche et l’acceptation de soi,  la tolérance, la difficulté de faire concilier des cultures et des milieux différents…

Voici donc une histoire toute mignonne que je ne peux que conseiller aux enfants, mais aussi aux adultes qui devraient être séduits par les thèmes abordés, l’humour et la plume de l’autrice.

Découvrez le roman sur le site des éditions Scrinéo.

Sur la route de Nosy Komba, Delphine Gosset

Je remercie Lucca éditions de m’avoir permis de découvrir Sur la route de Nosy Komba de Delphine Gosset.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La vie d’Elizabeth et du zoo de sa ville est paisible… Enfin, jusqu’au jour où Odile Panier resurgit dans l’existence de la jeune fille et prend la direction dudit zoo. Ses directives mettant en danger le bien-être des animaux et surtout celui de Pierre, son lémur noir préféré, Elizabeth fera tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. Oui, tout : même se rendre à Madagascar et tenter une expérience folle en enfreignant plein de lois !

Lucca éditions en codiffusion avec Hikari Éditions (9 novembre 2018)
Broché
– 288 pages (14€) – À partir de 10 ans
Illustratrice : Mélanie Rebolj

AVIS

Après Le Trésor de Sunthy que j’avais beaucoup apprécié, j’étais curieuse de découvrir une autre parution des éditions Lucca, une curiosité qui a été largement récompensée si l’on considère l’excellent moment de lecture passé auprès d’Elizabeth.

Elizabeth est une jeune fille de 15 ans qui a une passion originale pour une adolescente de son âge : les primates, et plus particulièrement, les lémuriens qu’elle aime observer durant son temps libre. Mais les choses se compliquent quand une femme odieuse, menteuse et opportuniste prend la tête du zoo qui, jusque-là, l’accueillait pour ses séances d’observation.

Faisant fi du bien-être et de la sécurité des pensionnaires, Odile Panier provoque un véritable chaos autour d’elle entreprenant des changements afin de rendre la structure rentable et attractive à la manière… d’un cirque ! Une logique purement mercantile qui ne peut s’appliquer à un zoo, les animaux n’étant pas une vulgaire marchandise comme les autres, mais des êtres dotés de besoins spécifiques et de sensibilité. Bien sûr, l’autrice n’idéalise pas les zoos, ce que j’ai apprécié, mais elle démontre néanmoins le rôle que ce genre d’établissements joue dans la protection et la préservation de certaines espèces animales.

Devant les actes odieux de la nouvelle directrice, Elizabeth ne peut rester indifférente a fortiori quand elle s’attaque à Pierre, un lémurien étant mis au ban de son groupe lors des périodes de reproduction. Bien décidée à le sauver du triste sort qui l’attend, elle prend alors une décision qui va la conduire sur les routes de Madagascar, mais aussi sur celles de son passé….

Ce roman est une pure merveille de sensibilité, d’intelligence et d’émotions. À travers l’histoire d’Elizabeth, l’autrice nous parle de la richesse du monde animal et plus particulièrement de celui des primates. Du haut de mes trente-quatre ans, j’ai été émerveillée devant la diversité des espèces existantes et fascinée par leur intelligence, leurs spécificités, leurs comportements, leurs utilisations plus ou moins conscientes d’outils, leurs interactions, leurs méthodes de communication, leurs modèles d’organisation sociale…

Ce roman est une petite mine d’informations qui devrait ravir tous les lecteurs, car l’autrice explique les choses de manière claire, simple, passionnante et avec un tel enthousiasme qu’on ne peut qu’entrer de plainpied dans ce monde animal qu’elle met à la portée de tous. Après avoir terminé ce roman, difficile de ne pas approuver le Great Ape Project destiné à offrir des droits fondamentaux aux grands singes tout en espérant qu’un jour, ces droits soient étendus à d’autres animaux. L’autrice évoque également des scientifiques, certains connus comme Jane Goodall et d’autres peut-être un peu plus confidentiels du grand public ainsi que des expériences comme le test du miroir de Gordon Gallup nous prouvant, si besoin en est, que les animaux n’ont pas fini de nous surprendre.

Voici donc un roman de vulgarisation scientifique efficace et réussi d’autant que loin de se cantonner à cet aspect, Delphine Gosset a réussi le tour de force de nous offrir une aventure riche en péripéties, en rebondissements et en émotions. Page après page, on apprend ainsi à découvrir Elizabeth, son passé marqué par la disparition de sa mère puis plus tard par celle de son père, son entourage que ce soit sa tante aussi touchante qu’exaspérante, son ami Arthuro, un animalier l’ayant prise en affection, un étudiant tout aussi passionné qu’elle, son compagnon d’enfance, Konrad, un « choucas des tours » plutôt attendrissant… Une galerie de personnages haute en couleur que j’ai adoré voir évoluer et interagir.

Elizabeth est un modèle de courage et de maturité, mais elle n’en demeure pas moins une adolescente de quinze ans avec ses incertitudes, ses premiers émois amoureux, ses décisions parfois impulsives… C’est donc un personnage réaliste et attachant dont on suit avec intérêt l’évolution et les péripéties. Il faut dire qu’en partant à l’aventure à Madagascar, elle ne s’attendait pas à traverser, entre deux paysages à vous couper le souffle, toutes ces zones de turbulences. Mais sur la route la menant à Nosy Komba, elle pourra heureusement compter sur le soutien d’Arthuro avant d’être soutenue par ses proches et ses deux nouveaux amis qui feront un joli pont entre présent et passé. Je préfère ne pas en dire plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ces deux personnages m’ont beaucoup touchée…

Aux côtés de ces personnages, on découvre à travers quelques courts chapitres qui lui sont consacrés, le père d’Elizabeth, Léo. On perçoit, très vite, avec force et émotion l’amour qu’il vouait à sa fille bien que son métier le conduisant à observer les lémuriens dans leur milieu d’origine l’ait tenu bien trop souvent éloigné de sa fille. Même disparu prématurément dans de mystérieuses circonstances, cet homme intelligent, gentil, sensible et fascinant imprègne de sa forte présence tout le roman. Pas besoin de chercher très loin pour comprendre de qui Elizabeth a hérité son esprit passionné ! Cette incursion dans le passé de Léo met également en lumière un autre personnage bien différent de lui. D’aucuns pourraient regretter un certain manque de nuances dans l’expression de sa personnalité, mais ayant déjà pu côtoyer des arrivistes prêts à tout pour arriver à leurs fins, je trouve, hélas, le personnage crédible…

Destiné aux enfants à partir de dix ans, le roman se révèle accessible grâce, entre autres, à l’alternance de chapitres courts, une écriture immersive, simple mais travaillée, la présence de nombreux dialogues fluidifiant le récit… À cela s’ajoutent des illustrations de Mélanie Rebolj qui, en plus d’apporter beaucoup de cachet au roman, permettent aux lecteurs de complètement s’immerger dans le récit et de mieux se représenter les personnages et les animaux évoqués.

 

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À noter également que bien que ce ne soit pas le sujet central du récit, le thème du handicap physique et mental est également abordé. J’ai trouvé que cela était fait de manière plutôt positive dans la mesure où l’autrice ne joue pas sur le pathos, mais montre des personnages entourés qui avancent dans la vie avec entrain et une certaine joie.

En conclusion, Sur la route de Nosy Komba est un très bel ouvrage que je conseillerais à tous les curieux, amoureux des primates ou non, qui aiment apprendre en se divertissant. À travers une adolescente passionnée, d’une grande maturité et d’une force de caractère à toute épreuve, Delphine Gosset nous offre un ouvrage de vulgarisation scientifique accessible et immersif. De la France à Madagascar, attendez-vous à découvrir un monde animal fascinant et varié et à vibrer d’émotions à mesure que le passé et le présent d’Elizabeth se rejoignent dans une aventure riche et mouvementée.

À lire et à relire à tout âge !

Retrouvez le roman sur le site de Lucca éditions.

Conte d’Ocitarina, Zélie Jumel

Conte d'Ocitarina

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir Conte d’Ocitarina de Zélie Jumel qui, en plus d’être autrice, tient le blog Les livres de Zélie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant.
L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière. Une grande charge repose sur ses épaules. Néanmoins, une menace approche.
Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ?
Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,…
Les apparences sont parfois trompeuses.
La princesse doit faire très attention…

Évidence Éditions – 232 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)
Illustrations : Corentin Lecorsier 

AVIS

Dans ce joli conte qui, grâce à sa sublime couverture, avait attiré mon attention depuis un moment, nous faisons la connaissance d’une princesse de dix-sept ans, Jeanne, et de son père, un roi apprécié de son peuple sur lequel il veille avec justesse et bonté. Le père et la fille, très proches, ont développé une relation de confiance et de respect. Contrairement à nos souverains européens et à leur tradition des mariages arrangés, le père est donc bien décidé à laisser sa fille choisir son futur époux, le moment venu.

Mais plus préoccupée par les jolies toilettes que le mariage, Jeanne n’en est pas encore à prendre une telle décision bien que l’arrivée d’un nouveau maître tailleur au château, maître Paul, ne la laisse pas indifférente… La princesse apprécie ainsi grandement ce nouveau venu doté d’un physique agréable et d’une conversation intéressante. À défaut de ces voyages dont elle rêve, mais que son protecteur de père lui refuse, Maître Paul lui offre quelques moments d’évasion bienvenus.

Une vie joyeuse et insouciante, bien que parfois un peu frustrante, qui sera menacée par une tentative d’empoisonnement. Devant le danger, le roi va placer sa fille unique sous la surveillance et la protection d’un jeune et courageux soldat, Hector, pour lequel on développe d’emblée une réelle sympathie. En plus d’assurer sa sécurité le plus discrètement et efficacement possible, il développe pour la princesse une grande admiration et une totale dévotion. Sa présence rassurante ne suffira néanmoins pas à éviter un nouvel incident… En attendant que les choses rentrent dans l’ordre, la princesse doit alors assurer un rôle pour lequel elle n’est pas encore prête, celui de reine.

Inquiète à l’idée d’être sur le devant de la scène et de devoir prendre des décisions qui impacteront l’avenir de son royaume, Jeanne sera heureusement épaulée par des personnes, pour la plupart, bienveillantes… Un soutien d’autant plus précieux qu’une question demeure : qui sont ces deux personnes mystérieuses qui complotent contre la princesse et qui essaient, par tous les moyens, de la déstabiliser que ce soit par des attaques directes ou indirectes ? Quel est leur véritable objectif ? Le royaume prospère d’Ocitarina est-il en danger ?

Une série de questions qui apporte un certain suspense même si les adultes ne devraient pas être très surpris par le retournement de situation final. Ce n’est pas gênant en soi, l’autrice arrivant à nous immerger totalement dans son histoire. On prend donc grand plaisir à suivre les différentes péripéties qui s’enchaînent rapidement et à suivre l’évolution de la princesse. Peut-être un peu frivole en tout début de livre, Jeanne prend très vite la mesure de la tâche qui lui incombe, et s’attèle du mieux qu’elle le peut pour être à la hauteur des attentes de son peuple et de son père qu’elle aime beaucoup.

Forte, intelligente et capable de prendre du recul, cette jeune femme offre un joli modèle qui devrait inspirer les enfants, et leur montrer que même quand les obstacles semblent trop grands, il est toujours possible de prendre son destin en main. Les jeunes lecteurs devraient également se sentir proches d’elle, car si elle a du caractère et sait prendre des décisions quand la situation le requiert, elle n’en demeure pas moins très humaine. Comme tout le monde, elle commet des erreurs et peut être aveuglée par les apparences, mais c’est aussi ce qui la fait grandir… 

L’autrice nous offre ici une jolie histoire dans laquelle l’amitié a toute son importance tout comme l’amour, un sentiment auquel la princesse s’éveille doucement. Vous savez probablement que la romance et moi, ce n’est pas le grand amour, mais ici, cela ne m’a pas dérangée. D’une part, nous sommes dans un conte, et le genre se prête à merveille à la naissance des premiers amours, et d’autre part, il n’y a rien de mièvre ou de trop appuyé. Au contraire, j’ai trouvé les personnages très touchants dans la découverte de leurs sentiments, et devant ces émotions, parfois confuses, qui peu à peu les gagnent.

En tant qu’adulte, la fin m’a peut-être semblé un peu rapide et facile sans que cela ne soit dérangeant. J’ai d’ailleurs eu l’impression de replonger dans ces contes qui ont bercé mon enfance et dont je ressortais le sourire aux lèvres et le cœur empli de belles émotions. Je ne doute pas que les enfants prennent beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire qui, cerise sur le gâteau, bénéficie de jolies illustrations signées Corentin Lecorsier. En plus du côté esthétique, elles facilitent indéniablement l’immersion dans le récit.

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Quant à la plume de l’autrice, elle devrait plaire à un large public : des enfants, enchantés par son accessibilité, aux adultes qui savoureront sa poésie et sa fluidité. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié les descriptions qui, tout en restant synthétiques, sont pleines de poésie. Elles permettent d’ailleurs, au même titre que les illustrations, de se plonger pleinement dans l’histoire et l’univers qui prend vie sous nos yeux.

Mention spéciale pour un personnage à quatre pattes que j’ai adoré et qui, enfant, m’aurait fait fondre au point de me donner envie de lire et relire le livre. En plus de nous attendrir, ce personnage permet à l’autrice de subtilement inculquer l’amour et le respect des animaux de compagnie, sa maîtresse le traitant avec beaucoup de délicatesse.

En conclusion, grâce à un style tout en finesse qui n’en demeure pas moins très accessible, Zélie Jumel réunit petits et grands lecteurs autour de l’amour des contes, des princesses et des belles histoires d’amour et d’amitié ! Bénéficiant de jolies illustrations et auréolé d’un certain mystère, Conte d’Ocitarina vous réserve un très beau moment de lecture dans la lignée des contes de notre enfance, une pointe de modernité en plus. À lire et à relire seul ou en famille !

À noter que dans une volonté affichée de la maison d’édition de rendre la lecture accessible à tous, la police d’écriture est adaptée aux personnes dyslexiques.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Site de l’autricePage FB de l’autricePage FB de l’illustrateur

Miss Samouraï et le Ninja Bleu, Arnaud Alméras

Je n’avais jamais entendu parler de ce petit livre jeunesse, mais le titre et la superbe couverture m’ont fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En pleine lecture d’un nouveau manga, Sidonie et Arthur sont transportés dans leur livre… Ils atterrissent dans la chaumière d’une terrible sorcière. Ils ne pourront revenir dans notre monde que s’ils lui rapportent son amulette magique. Pour les aider à affronter les démons qui ne manqueront pas de se dresser en travers de leur chemin, la sorcière dote les deux enfants d’armes magiques. Sidonie devient Miss Samouraï et Arthur le Ninja Bleu. L’aventure ne fait que commencer.

Rageot Éditeur (17 octobre 2018) – 6/9 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Sidonie et Arthur sont transportés dans un manga fraîchement emprunté : Le Cristal de Sorcellerie ! Le titre a son importance puisque les deux amis vont justement devoir retrouver ce cristal volé à la sorcière Uma-Yaba par un homme-crapaud devenu le Maître des Démons grâce au  pouvoir de cet artefact. La mission est dangereuse, mais ils n’ont pas le choix s’ils veulent rentrer chez eux, la sorcière n’acceptant de les aider qu’en échange de son précieux cristal. Uma-Yaba va alors doter chacun d’entre eux d’un équipement : ce sera une armure de samouraï et un sabre pour Sidonie, et un costume de ninja et les armes qui lui sont associés pour Arthur.

Nous suivons donc nos jeunes protagonistes dans leur aventure qui sera ponctuée de rencontres plus ou moins sympathiques. Nous sommes dans un livre jeunesse, les méchants sont donc assez caricaturaux, mais cela n’est pas gênant d’autant que j’ai adoré le personnage de la sorcière, un peu plus nuancé, qui n’est pas sans rappeler le mythe russe de la Baba-Yaga que j’aime beaucoup.

Sidonie et Arthur, au cours de leurs péripéties, se feront un allié inattendu et quelque peu mystérieux. Ont-ils d’ailleurs eu raison de lui faire confiance ? Ce sera à vous de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que ce personnage apporte un peu de mystère à l’intrigue.

Le livre est très rythmé et les événements s’enchaînent les uns après les autres sans aucun temps mort. Ce point devrait permettre de conserver l’attention des jeunes lecteurs durant toute la lecture d’autant que les illustrations en grand format facilitent vraiment l’immersion dans le récit. Elles possèdent, en outre, un côté manga qui apporte du crédit à l’idée que nos deux protagonistes ont été transportés dans l’un de ces ouvrages. Quant aux style tout doux et tout en rondeur de l’illustratrice, Myrtille Tournefeuille, il dégage beaucoup de charme.

Miss Samouraï et le Ninja Bleu fait partie de la collection Flash Fiction des éditions Rageot destinée à susciter chez les enfants récalcitrants à la lecture, ou peu habitués à pratiquer ce loisir, l’envie de lire. Tout est donc mis en place pour rendre l’ouvrage plaisant à  lire : texte aéré, livre rythmé, présentation en début d’ouvrage des principaux personnages et de leurs caractéristiques, quelques illustrations, un vocable simple, des phrases courtes, et un peu d’humour. Un cocktail qui devrait plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi à certains adultes qui aiment à retomber en enfance !

Pour conclure, Miss Samouraï et le Ninja Bleu est un roman plein de peps porté par deux personnages attachants qui forment un beau duo. Rempli d’action, de magie et agrémenté de belles illustrations, il devrait séduire les jeunes lecteurs aimant l’aventure.

Retrouver ce livre chez votre libraire ou en ligne.

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Le voyage d’un chat écrit par Christophe Bladé et illustré par JustineF.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Motus, un jeune chat né dans une vieille remise, quitte son abri tranquille et son ami le chêne pour vivre son rêve : voyager jusqu’à la lune pour en rapporter un peu de sa lumière!
Motus découvrira le courage au fil d’une aventure semée de risques et d’embûches.
Le voyage initiatique d’un chat… Celui de chaque enfant qui grandit… Un voyage au cœur d’une Nature avec ses beautés et ses dangers qui invite les enfants à suivre ce petit personnage qui leur ressemble un peu.
Les belles illustrations de JustineF répondent au texte de Christophe Bladé, et contribuent à créer l’ambiance poétique du livre.

Éditions Ex Æquo (23 janvier 2019) – Collection Saute-mouton
64 pages – Poche (8€) – Ebook disponible

AVIS

Je ressors de cette lecture des étoiles plein les yeux, émue autant par le fond que la forme ! Enchanteresse et délicate, la plume de Christophe Bladé vous transporte dans un magnifique univers empreint de tendresse et de poésie, chaque mot semblant avoir été choisi avec soin. Le vocable se pare ainsi de ses plus beaux atours, un peu comme si l’auteur s’évertuait à prendre chaque lecteur par la main pour lui faire vivre un très beau voyage dont il ne pourra que sortir attendri et émerveillé.

Et de voyage, il en sera question ici puisque l’on suit un petit chat dans une jolie aventure. Motus, nommé ainsi par son ami le Chêne, rêve de liberté, de voyage et de lune. Bien décidé à atteindre cet astre et à capturer un peu de sa lumière pour illuminer le regard d’une petite fille, il part courageusement en vadrouille. Mais il va très vite se rendre compte qu’en dehors de sa maison et de son arbre-refuge, le monde n’est pas si sûr que cela et que le danger peut s’abattre sur lui aux moments les plus inattendus. Il pourra heureusement compter sur de nouvelles amitiés pour l’aider à affronter les difficiles épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Gentil, rêveur et téméraire, Motus est un chat pour lequel on se prend d’affection dès les premières pages surtout quand, comme moi, vous adorez ces petites boules de poils. On le suit donc avec plaisir dans ses péripéties, mais également avec un petit pincement au cœur de peur que quelque chose de grave lui arrive. Il faut dire que bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’auteur ne tombe pas dans la niaiserie et offre à ses jeunes lecteurs, comme aux plus âgés, des aventures palpitantes qui devraient leur faire vivre quelques petites frayeurs. On s’émerveille donc, mais on frémit également devant les difficultés plus ou moins importantes que Motus va devoir affronter. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que c’est très émouvant de voir cette petite boule de poils faire face avec courage aux situations qu’elle traverse. Rien ne saurait lui faire renoncer à son très joli rêve ! Motus offre un joli message d’espoir à toutes les personnes qui elles aussi rêvent d’accomplir l’impossible…

J’ai beaucoup aimé la plume poétique de l’auteur tout comme sa manière de s’amuser avec la langue française. Les chats deviennent ainsi des « Poileux », les canards des « Plumeux », les hommes et leurs fusils des « Remuants » qui ont des « Bâtons-de-feu »… Un vocabulaire teinté d’humour et assez imagé pour être compris de tous,  ce qui ne manquera pas de faire sourire, de marquer les esprits et de créer une certaine connivence entre les lecteurs et l’auteur/Motus.

Christophe Bladé nous offre ici une histoire menée tambour battant qui, en plus de divertir les lecteurs de 7 à 99 ans, les fera voyager et vivre mille émotions. À travers les péripéties captivantes de Motus, il évoque aussi des sujets importants et universels comme l’amitié, l’entraide et la nature. Au fil des pages, on découvre ainsi des animaux qui sauront faire preuve d’une humanité qui fait défaut à certains hommes, et on parcourt un écosystème qui devrait ravir les enfants et, avec un peu de chance, devrait les inciter à explorer leur propre petit coin de nature. Mais au-delà de ces aspects, Le voyage d’un chat, c’est avant tout une ode à l’espoir et aux rêves, aux rêves un peu fous qui poussent à se dépasser et qui font grandir… Car derrière le voyage de Motus, il y a aussi la quête d’un jeune héros qui, de péripétie en péripétie, grandit, évolue et trouve enfin le vrai sens du bonheur.

La beauté de cette quête de soi et de cette recherche de bonheur est soulignée par les illustrations en grand format de JustineF. La rondeur des traits et le côté enfantin des dessins collent à merveille au récit et permettent de s’y plonger totalement. Une immersion qui, sans aucun doute, facilitera la lecture des plus jeunes. Quant à la dernière page, elle se teinte de couleurs comme si l’illustratrice soulignait que rêve atteint ou non, le plus important c’est qu’à l’issue de son aventure, Motus ait découvert sa propre lumière.

Le voyage d'un chat, Christophe Bladé et JustineF

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

En conclusion, Le voyage d’un chat a été un coup de cœur ! Touché par l’histoire de ce petit chat qui rêve de décrocher la lune ou, du moins, d’en capturer un peu de lumière, mon cœur s’est mis au diapason du sien. Entre sourires, petites frayeurs et émotions, Christophe Bladé a su me faire vivre pleinement le voyage/rêve de Motus et me transporter dans son univers poétique sublimé par les illustrations de JustineF.

Feuilletez/découvrez le roman sur le site des Éditions Ex Æquo.