Madame Pamplemousse and Her Incredible Edibles, Rupert Kingfisher

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Madame Pamplemousse is the story of Madeleine, forced to work in her unpleasant uncle’s horrible restaurant, The Squealing Pig. By chance she comes across the most marvellous shop, run by Madame Pamplemousse, which is quiet, discreet, yet full of delicious and otherworldly ‘edibles’ – Pterodactyl Bacon, Scorpion Tails in Smoked Garlic Oil, and Great Squid Tentacle in Jasmine-Scented Jelly. A quiet comradeship develops between Madeleine, Madame Pamplemousse, and Madame’s cat, Camembert. And together they create some wonderful culinary magic. Exquisite, beautifully formed prose that has echoes of Angela Carter belies a narrative that is full of pace. A wonderful fairy tale that will appeal to both adults and children.

Bloomsbury Publishing (1 septembre 2008) – Relié – 144 pages – 8,47€

RÉSUMÉ EN FRANÇAIS

Tous les étés, la pauvre Madeleine doit travailler au Cochon Hurleur, l’immonde restaurant de son détestable oncle, Monsieur Lard. Elle s’y ennuie d’autant plus qu’il la laisse seulement faire la plonge, alors qu’elle est pourtant une excellente cuisinière. Mais un jour, elle découvre par hasard le plus merveilleux des magasins : l’épicerie de Madame Pamplemousse, un lieu magique où s’amoncèlent des mets extraordinaires venus d’un autre monde, comme le salami de Minotaure ou le bacon de ptérodactyle. Lorsque Monsieur Lard repère la boutique à son tour, il oblige Madeleine à espionner Madame Pamplemousse pour lui voler ses secrets et faire du Cochon Hurleur le restaurant le plus prisé de Paris. Mais l’amitié qui naît entre Madeleine, Madame Pamplemousse et son drôle de chat Camembert, pourrait bien contrecarrer ses projets…

AVIS

Chaque été, Madeleine est condamnée à travailler dans le restaurant de son oncle. L’expérience aurait pu être agréable pour cette jeune fille qui aime cuisiner, mais c’était sans compter sur la personnalité peu avenante de son oncle. Méchant, dénué de scrupules, obsédé par l’argent et la gloire, difficile d’apprécier cet être antipathique qui, de surcroît, manque cruellement d’élégance et de finesse, ce qui se retrouve d’ailleurs dans sa cuisine.

L’été s’annonçait donc laborieux jusqu’à ce que Madeleine découvre par hasard une boutique très spéciale où l’on peut trouver des mets incroyables comme de la langue de Tyrannosaurus Rex ou du salami de Minotaure ! Avec Madame Pamplemousse, gérante de la boutique, nos escargots et cuisses de grenouilles si décriés à l’étranger passeraient presque pour de banales préparations.

En plus de vendre des mets incroyables, cette femme dégage une aura de mystère particulièrement intrigante qui donne tout de suite envie aux lecteurs d’en apprendre plus sur cette dernière. Est-ce une sorcière ? D’où proviennent tous ces ingrédients extraordinaires que personne d’autre ne sait où trouver ? Pourquoi les plats de Madame Pamplemousse provoquent-ils des réactions aussi extrêmes chez les gens qui les goûtent ? Tout autant de questions qui vous pousseront à tourner les pages les unes après les autres.

Le compagnon de cette femme, un chat un peu bagarreur du nom de Camembert, attire également l’attention. C’est qu’il n’est pas banal de voir un chat cuisiner ! Pas très commode en apparence, on se rend compte, au fil des pages, que ce n’est pas un mauvais matou. Œil en moins ou pas, il sait parfaitement voir à travers les gens… Le duo se révèle donc aussi original que plein de mystère.

Quant à Madeleine, délaissée par ses parents et condamnée à travailler pour un être infâme qui l’exploite tout en l’empêchant d’exercer ses talents de cuisinière par jalousie, on ne peut que se prendre d’affection pour elle. Elle saura, heureusement, trouver des appuis que ce soit au sein de l’horrible restaurant de son oncle ou dans la boutique de Madame Pamplemousse dans laquelle elle finira par travailler.  C’est donc un vrai plaisir de suivre cette fillette courageuse dans ses péripéties et de la voir, petit à petit, prendre confiance en elle et en ses talents culinaires.

Nous sommes dans un roman jeunesse et cela se ressent au niveau de la personnalité des personnages qui n’est pas développée outre mesure. On reste également dans un schéma très manichéen avec un horrible méchant d’un côté, et une jeune fille brimée, mais pleine de talent de l’autre. Mais personnellement, prise dans l’atmosphère de ce Paris alternatif et séduite par la plume non dénuée d’humour de l’auteur, cela ne m’a pas du tout dérangée. Je pense d’ailleurs que cette absence de détails superflus sera un atout pour les lecteurs les plus jeunes qui se laisseront plus volontiers prendre par le côté enchanteur du livre. Et puis même si le roman est court, il n’est pas creux et possède une très jolie morale que je vous laisserai bien sûr découvrir par vous-mêmes.

J’ai lu le roman en anglais, le niveau de langue étant très accessible, et en tant que francophone, j’ai juste adoré les noms français des personnages qui, en plus d’être ancrés dans l’univers de la cuisine, ne peuvent que prêter à sourire. Le méchant oncle qui se comporte comme un « porc » tient un restaurant du nom de Squealing Pig et s’appelle Monsieur Lard, le critique gastronomique cassant se nomme Monsieur Langoustine, le chat avec du caractère s’appelle Camembert… Il est juste dommage pour les anglophones que les noms n’aient pas été traduits en bas de page, car ils apportent vraiment un côté humoristique à l’intrigue.

Dernier atout de ce roman jeunesse plein de charme, les très nombreuses illustrations de Sue Hellard qui rendent la lecture encore plus immersive et qui viennent appuyer avec naturel et efficacité le texte.

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En conclusion, ce premier tome de la série Madame Pamplemousse est un très bon tome introductif qui nous permet d’entrer facilement et rapidement dans l’univers mis en place par l’auteur. Ce roman, dans lequel la gastronomie tient une place importante, saura plaire aux petits et aux grands gourmands aimant les lectures simples, mais non dénuées de saveur.

NB : Le roman a été traduit en français. Il existe même une version reliée et en couleurs aux éditions Albin Michel. Si je l’avais croisée avant de craquer pour la version anglaise, je l’aurais prise sans hésiter. Elle a l’air sublime !

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A Boy Called Christmas, Matt Haig

J’ai lu A Boy Called Christmas en anglais, le niveau étant très accessible, mais le roman a été traduit en français par les éditions Hélium.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La véritable histoire (de Noël) d’un garçon hors du commun pour croire à l’impossible…

Nicolas, onze ans, surnommé Noël depuis sa naissance, vit en Finlande avec son père, Joël le bûcheron. Mais le travail se fait rare, la vie est difficile, et quand Joël se voit confier une mission pour le roi, il accepte de laisser son garçon à l’épouvantable tante Carlotta. Nicolas n’a plus qu’une petite souris obsédée par le fromage pour lui redonner le sourire. Mais les mois passent, Joël ne revient pas, et notre courageux héros décide de partir à sa recherche. Se liant d’amitié avec un renne, il affrontera bien des obstacles avant de parvenir jusqu’au village enchanté des lutins… Des lutins qui ont perdu la joie de Noël. Nicolas parviendra-t-il à leur redonner goût à la vie ?

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Eleven-year-old Nikolas—nicknamed “Christmas”—has received only one toy in his life: a doll carved out of a turnip. But he’s happy with his turnip doll, because it came from his parents, who love him. Then one day his father goes missing, and Nikolas must travel to the North Pole to save him.

Along the way, Nikolas befriends a surly reindeer, bests a troublesome troll, and discovers a hidden world of enchantment in the frozen village of Elfhelm. But the elves of Elfhelm have troubles of their own: Christmas spirit and goodwill are at an all-time low, and Nikolas may be the only person who can fix things—if only he can reach his father before it’s too late. . . .

Sparkling with wit and warmth, A Boy Called Christmas is a cheeky new Christmas classic-in-the-making from acclaimed author Matt Haig and illustrator Chris Mould.

AVIS

J’avais acheté ce roman dans l’optique de le lire pour le Cold Winter Challenge, ce que j’ai fait avec grand plaisir ayant été complètement séduite par la beauté de ce livre autant au niveau du fond que de la forme.

Le choix est assez conséquent en matière de lectures de Noël, mais A Boy Called Christmas sort quelque peu du lot grâce à sa magnifique couverture qui attire tout de suite le regard surtout si l’on aime les paillettes. À cela s’ajoutent de belles illustrations signées Chris Mould.

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Elles apportent un plus indéniable à l’histoire en nous permettant de nous immerger complètement dans cette histoire mignonne qui n’est, néanmoins, pas exempte de passages plus sombres. Il y en a d’ailleurs un qui m’a particulièrement touchée même si l’auteur ne s’appesantit pas dessus.

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Mais rassurez-vous, nous sommes bien ici dans une lecture jeunesse qui donne le sourire aux lèvres et qui touche le cœur des lecteurs. Grâce à l’histoire de Nikolas, on ressent tout un panel d’émotions, mais surtout, on se rappelle ce que sont les vraies valeurs de Noël…

Nikolas vit seul avec son père depuis la mort brutale de sa mère. Les conditions de vie sont difficiles, le métier de bûcheron ne payant pas beaucoup en Finlande, un pays où les arbres sont légion. Mais la situation s’empire quand le père du jeune homme s’engage dans une expédition destinée à prouver l’existence des elfes et de leur village. Laissé seul aux mains de son affreuse tante, Nikolas finit par prendre une décision courageuse et un peu folle pour un enfant de son âge : retrouver son père ! Il sera accompagné, dans son expédition, par son seul ami, Miika, une souris plutôt attachante.

Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël dans lequel son héros va vivre des péripéties qui le mettront à l’épreuve, qui le pousseront à se dépasser, à croire en lui et aux autres, et qui le feront indéniablement grandir. L’univers est enchanteur avec ses elfes, ses fées un peu étranges qui aiment voir les têtes de trolls exploser, ses rennes volants que l’on connait tous et, bien sûr, cette magie qui fait des miracles quand on accepte de croire en elle. C’est quelque chose que Nikolas découvrira progressivement et qui changera à jamais le destin de ce petit garçon qui deviendra, ni plus ni moins, que le Père Noël. Une destinée qui s’imposera à lui, au fil de ses rencontres, de ses joies, mais aussi de ses peines.

La plume de l’auteur est immersive et non dénuée d’humour, je me suis ainsi surprise à sourire à de nombreuses reprises. Le roman étant destiné à des enfants, le style reste très accessible, ce qui convient d’ailleurs très bien au caractère de Nikolas. Même s’il fait preuve d’une grande témérité, il reste un enfant avec parfois des réflexions un peu naïves ou, du moins, empreintes de l’optimisme d’une personne n’étant pas encore durablement impactée par la vie et ses vicissitudes.

C’est d’ailleurs l’atout de ce personnage ! Il va, tout au long du livre, découvrir que les gens ne sont pas tous gentils, et que même les elfes connus pour leur jovialité et leur générosité peuvent se révéler méchants, haineux, racistes et enfermés sur eux-mêmes. Malgré cette brutale prise de conscience, il va continuer à essayer de voir le meilleur en chaque être… Cela ne signifie pas qu’il va garder les yeux fermés devant les problèmes, mais qu’il va tenter de les résoudre avec sa légendaire gentillesse, sa joie, sa bonne humeur, son don naturel pour offrir à chacun ce qu’il désire…

A Boy Called Christmas est une aventure divertissante et prenante, mais l’auteur en profite également pour aborder avec simplicité, mais efficacité, de nombreux thèmes : l’amitié, bien sûr, la nécessite de croire en l’impossible et de toujours rêver, la complexité de l’être humain qui n’est jamais tout noir ou tout blanc, la quête de soi et d’identité, la peur et la haine de l’étranger, les vraies valeurs de Noël comme le partage, la solidarité, la joie…

En conclusion, Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël qui contient tous les ingrédients d’une bonne aventure, mais qui, sous couvert de divertissement, aborde des thèmes importants. C’est donc le sourire aux lèvres, le cœur empli de magie et avec l’envie de vous réunir autour des vraies valeurs de Noël que vous tournerez la dernière page. Une belle histoire que je vous recommande en cette période de fin d’année ou quand vous avez besoin d’une lecture qui vous redonne le moral et vous incite, à votre tour, à partager un peu de bonheur autour de vous. La magie est en chacun de nous, il suffit de savoir regarder…

 » An impossibility is just a possibility you don’t understand »

Sale temps pour les Pattes noires ! Claudine Aubrun

Couverture Sale temps pour les Pattes noires !

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Pour le groupe de rock Les Pattes noires, l’hiver est là. Fini les concerts ! Plus une graine à se mettre sous le bec, pas une grange où se poser les pattes au sec. Heureusement, Gwladys la musaraigne les invite dans sa cabane de chasseur tout confort. Programme de rêve à l’horizon. Sauf qu’il y a un loup ! Et celui-là est de taille !

Éditions du Rouergue (9 mars 2016) – 64 pages – 6,90€

AVIS

C’est en me promenant dans les allées jeunesse de ma bibliothèque que j’ai découvert ce petit livre dont la couverture plutôt amusante m’a attirée. Le résumé mentionnant l’hiver, j’ai décidé de l’emprunter afin de le lire dans le cadre du Cold Winter Challenge.

Nous faisons la connaissance de volailles pas banales pour un sou ! Elles ont ainsi monté un groupe de rock, Les Pattes noires. Au micro, il y a Betty la pintade, à la batterie Nina et à la basse, Étienne le canard. Mais le trio de choc qui, s’est bien amusé tout l’été, se trouva fort dépourvu quand l’hiver fut venu. Sol gelé, rien à becter !

Fort heureusement, les trois amis vont rencontrer Gwladys, une musaraigne, qui va les inviter à rester bien au chaud avec elle dans sa douillette cabane de chasseur. Se rêvant reine du spectacle, cette nouvelle amie va toutefois mettre à mal leurs oreilles, car si son accueil est digne d’un grand hôtel, la partie divertissement est à revoir.  Une situation qui prend une tournure encore plus délicate quand un loup s’invite à leur porte ! Qui a peur du grand méchant loup ? Pas forcément tout le monde comme vous le verrez…

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire sous peine de vous en gâcher une lecture déjà fort rapide, mais j’ai adoré la tournure que prennent les événements. L’autrice bouleverse avec brio une situation de conte assez traditionnelle pour en faire un récit drôle et touchant qui questionne la notion d’amitié, les préjugés et autres idées préconçues, mais aussi la jalousie, cette émotion forte et destructrice qui peut se mettre en travers des liens que l’on forge avec autrui. C’est beau et touchant à la fois à l’image de cette fin qui m’a beaucoup émue et qui, enfant, m’aurait donné envie de relire tout de suite le livre.

Quant au style de l’autrice, simple, imagé et immersif, il est facile à suivre pour les jeunes lecteurs tout en restant agréable pour des lecteurs plus âgés. Les phrases sont rythmées permettant de capter et conserver l’attention des enfants, et les chapitres assez courts pour leur donner envie de les lire les uns après les autres.

Si j’ai été conquise par le fond, la forme, quant à elle, est également pleine de charme grâce aux nombreuses illustrations d’Anne-Lise Combeau. Sous son coup de crayon, les personnages, pleins de panache et de fougue, ont un côté très humain dans leur expression corporelle. Le décalage entre leur espèce et leurs gestes est assez amusant, mais il accentue également l’attachement aux personnages que l’on ressent dès le début du livre. Il faut dire que Claudine Aubrun nous offre une galerie de protagonistes hauts en couleur qui fait rire, émeut et, parfois, inquiète. Tout n’est pas rose dans ce petit livre, mais il se dégage une certaine douceur et un joli message sur l’amitié. Et puis j’avouerai un gros coup de cœur pour l’un des personnages...

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En conclusion, vous aimez les personnages loufoques et les belles histoires d’amitié ? Venez à la rencontre des Pattes noires, un groupe de rock pas comme les autres, qui fera chavirer votre cœur, et qui vous prouvera que l’amitié n’a pas de frontière. Un petit huis clos alternant entre tension et tendresse qui devrait séduire les enfants et les adultes qui aiment ces histoires dans lesquelles les animaux tiennent le premier rôle.

La Soupe aux cailloux du Père Noël, Lucie Brasseur

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Je remercie les éditions Yakabooks et plus particulièrement Lucie Brasseur, co-fondatrice de la maison d’édition et autrice, pour la découverte de La Soupe aux cailloux du Père Noël, et pour la dédicace.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un vieil homme affamé et épuisé passe le pont-levis de l’entrée du village des contes. Les habitants lui claquent la porte aux nez. Sur la place centrale, il rencontre le Loup qui se lamente. Compère Renard a décidé de lui tendre un piège. Ensemble, aidés par les habitants du village, ils vont concocter la plus délicieuse soupe qu’on n’ait jamais goûtée.

La Soupe aux cailloux est un conte traditionnel qui montre comment la débrouillardise, l’initiative et la coopération permettent de sortir de l’embarras. Il illustre le proverbe « Aide-toi et le ciel t’aidera. »Il est aussi connu sous les titres de La Soupe au clou, La Soupe de pierres… La première version connue de ce conte est collectée par Madame Dunoyer dans ses Lettres Historiques et Galantes (1720).

AVIS

Cela fait un petit moment que j’ai ce livre entre les mains, mais j’avais pris soin de le réserver pour le lire durant le Cold Winter Challenge. Une attente quelque peu frustrante, mais fort heureusement compensée par le plaisir que j’ai pris à découvrir ce conte qui véhicule de très belles valeurs.

Un vieil homme entre dans le village des contes. Affamé, il frappe aux portes, mais l’accueil des habitants est loin d’être chaleureux. Un Loup finit tout de même par lui adresser la parole et de fil en aiguille, le vieil homme en vient à faire mijoter une soupe. Mais pas n’importe quelle soupe, une soupe aux cailloux !

Cette soupe que les habitants du village lui avaient refusée, le vieil homme en fait un moyen de rassembler des créatures très différentes les unes des autres. Petit à petit, des êtres de conte qui, dans d’autres circonstances, ne se seraient jamais adressé la parole échangent et coopèrent afin de réaliser la plus délicieuse, crémeuse et savoureuse des soupes.

Adultes et enfants ne pourront qu’être émus devant l’esprit de coopération qui se crée progressivement entre les habitants, et ceci grâce à la débrouillardise d’un vieil homme d’abord rejeté avant d’être parfaitement accepté par la communauté. Il nous prouve avec brio qu’il ne faut pas baisser les bras devant l’adversité et qu’avec une touche d’audace et pas mal d’imagination, la soupe peut prendre ! Un message plein d’espoir relayé par un vieil homme qui a fait, fait et fera encore rêver de nombreux enfants…

La soupe aux cailloux du Père Noël est un conte classique avec son lot de créatures fantastiques et légendaires, mais Lucie Brasseur n’hésite pas à faire quelques clins d’œil à des pratiques qui sont, quant à elles, résolument modernes. Vous croiserez donc des Fées et des Farfadets adeptes de l’agriculture bio et locale qui se fournissent dans une Coop’. Une incursion du réel dans l’imaginaire assez amusante surtout pour les adultes.

Quant à la plume de l’autrice, fluide tout en demeurant accessible, elle se révèle plaisante même pour des adultes. Quelques mots nécessiteront probablement l’explication d’un adulte ou l’usage d’un dictionnaire pour les lecteurs les plus jeunes, mais j’apprécie que Lucie Brasseur ne simplifie pas son texte à outrance sous couvert de s’adresser à des enfants. À noter également que le récit n’est pas dénué d’humour à commencer par des personnages dont les noms prêtent à sourire : La Vieille-Sorcière-qui-Pue, Princesses enrhumées…

En plus d’un récit touchant et d’un protagoniste haut en couleur, le roman bénéficie d’un atout de taille et de charme : de nombreuses illustrations qui viennent enjoliver le récit et le rendre encore plus immersif. La simplicité et la douceur qui se dégagent des dessins d’Emmanuelle ne peuvent qu’enchanter petits et grands lecteurs. On a ainsi un peu l’impression de retrouver son âme d’enfant quand on est un adulte et de vivre un conté éveillé quand on est un enfant.

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Au-delà des illustrations, un véritable travail d’édition a été effectué afin de rendre l’ouvrage accessible aux jeunes lecteurs : mise en gras des dialogues pour les distinguer de la narration, explications sur certains éléments du conte, et quiz afin de s’assurer que les enfants se soient pleinement appropriés leur lecture. Des petits bonus qui devraient plaire aux enfants et leur permettre d’échanger que ce soit avec un adulte ou des amis/camarades.

En conclusion, La Soupe aux cailloux du Père Noël est un conte tout doux qui véhicule de belles valeurs. Agrémenté de nombreuses illustrations, il fait incontestablement partie de ces récits qui rassemblent petits et grands lecteurs pour un instant de lecture simple, mais empli d’émotions. A déguster au coin du feu avec une tasse de chocolat ou de thé bien chaude pour réchauffer le corps en plus de l’esprit.

Lecture que je recommande sans hésiter pour Noël surtout si l’on considère son prix tout doux de 2 euros sans oublier la gratuité des frais de port jusqu’à la fin de l’année.

Retrouvez le livre sur le site des éditions Yakabooks.

Le rêve de Chat Taigne, Colline Hoarau

Le rêve de Chat Taigne

Je remercie Évidence éditions et Colline Hoarau pour la découverte de ce joli livre jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chat Taigne est le compagnon quotidien de Clémentine. Heureusement qu’il est là lorsque Colin, le marin, s’en va de par les océans. Il a un rêve secret, en voyant chaque jour, les enfants passer devant la fenêtre. Les accompagner vers l’école…

48 pages – Format papier (13€) – Epub (2.99€) – Collection Farfadet

Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

Ceux qui me suivent régulièrement sur le blog savent à quel point j’aime les chats. Ils ne seront donc pas étonnés si je leur dis avoir complètement craqué devant la couverture, le titre, le résumé et le contenu de ce livre qui devrait plaire à un large public…

Si vous faites partie de ceux qui estiment qu’un chat ne pense qu’à dormir et à manger, Chat Taigne va vous prouver le contraire. Très attachant, rêveur et ayant de la suite dans les idées, ce petit chat que l’on a immédiatement envie d’assaillir de caresses a un rêve ! Non, il ne s’agit pas d’avoir une gamelle qui se remplit automatiquement de ses mets favoris, son rêve est bien plus inattendu si ce n’est cocasse : il rêve d’aller à l’école. Y arrivera-t-il ? C’est une chose que je vous laisserai bien entendu découvrir par vous-même.

Mais ce que je peux d’ores et déjà vous dire, c’est que l’on prend grand plaisir à découvrir Chat Taigne, l’origine de son prénom inhabituel, ses habitudes, sa grande curiosité, son intelligence, sa gentillesse et sa relation touchante avec son adoptante, Clémentine. Cette dernière a vécu quelque chose de difficile, mais elle a su garder le sourire et aller de l’avant grâce, entre autres, à son adorable compagnon à quatre pattes.

Entouré de la présence aimante de Clémentine, Chat Taigne va également découvrir un sentiment nouveau : l’amour avec un grand A. C’est ainsi que rentrera dans sa vie, une gentille et belle minette du nom amusant de Chatte Touille. Difficile de ne pas craquer devant la relation naissante entre ces deux poilus qui se révèlent tous les deux très attachants.

En plus de divertir les enfants, Le rêve de Chat Taigne présente également l’avantage de questionner leur relation à l’école. Les enfants devraient être surpris puis inspirés par ce petit minet qui leur montre toutes les joies que l’école peut leur apporter et toutes les choses qu’ils peuvent y apprendre. Ce n’est bien sûr pas la solution miracle pour faire apprécier l’école aux plus récalcitrants des enfants, mais l’histoire de ce chat curieux qui rêve d’école leur donne une image valorisante de cet endroit au sein duquel ils passent finalement beaucoup de temps…

Quant au style de l’autrice, je l’ai trouvé très agréable même pour les adultes. Tout en restant simple pour être accessible aux jeunes lecteurs Colline Hoarau joue avec les mots, le rythme des phrases et n’hésite pas à faire preuve d’humour. Il en résulte une histoire amusante et toute douce que l’on prend plaisir à lire et ceci, quel que soit son âge.

Enfin, on ne peut pas parler du rêve de Chat Taigne sans évoquer ses illustrations qui viennent enjoliver une histoire déjà très belle. Je ne sais pas vous, mais pour ma part, je craque complètement devant ces beaux personnages à quatre pattes. Grâce à des couleurs pastel d’une grande douceur et un coup de crayon simple auquel les enfants pourront facilement s’identifier, l’illustrateur facilite sans aucun doute leur immersion dans le récit.

 

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En bref, Colline Hoarau nous offre une jolie histoire qui devrait enchanter les jeunes lecteurs et les lecteurs plus âgés ayant gardé une âme d’enfant. Colorées et mignonnes à souhait, les illustrations de Ben Renaut, qui soulignent à merveille la douceur de l’histoire de Chat Taigne, devraient, quant à elles, rendre l’expérience de lecture encore plus immersive et agréable. À lire et à relire avec toujours autant de plaisir…

Et vous, envie de découvrir Le rêve de Chat Taigne ?

Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l’épée, Angie Sage

Couverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Ayant beaucoup aimé le tome 1 des aventures d’Araminta Spookie, je n’ai pas hésité à me procurer le tome 2.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Tante Tabby a abandonné le projet de vendre la maison et la famille a accueilli les anciens acheteurs potentiels : Wanda et ses parents, un peu sorciers sur les bords. Tout ce petit monde vit maintenant en parfaite harmonie. Cerise sur le gâteau : la maison est hantée par deux fantômes enfin débusqués par Araminta. Justement, bientôt c’est l’anniversaire de l’un d’entre eux, Messire Horace, une armure qui va avoir 500 ans ! Araminta et Wanda ont beaucoup d’idées pour fêter cet événement très spécial. Mais c’est sans compter sur le caca de chauves-souris à livrer, une grotte à explorer et les humeurs de tante Tabby à gérer ! Araminta ne sait plus où donner de la tête !

  • Relié : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Éditeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Quel plaisir de retrouver Araminta, une petite fille à la personnalité marquante, dans une nouvelle aventure dans laquelle elle va, aux côtés de sa meilleure amie Wanda, faire face à une situation périlleuse. Mais avant d’en arriver là, remontons le temps…

Araminta vit avec son oncle, sa tante, sa meilleure amie et ses parents, Messire Horace, une armure, et son fidèle page, même dans la mort, Edmond. Or, Messire Horace se montre d’humeur maussade… Est-ce que c’est son anniversaire, l’armure allant bientôt fêter ses 500 ans, qui le met dans cet état ? Peu importe, car Araminta et Wanda semblent bien décidées à fêter dignement cet événement, on n’a pas tous les jours 500 ans ! Et pour ce faire, elles ont trouvé le cadeau idéal. Mais avant de mettre la main dessus, il leur faudra exécuter le plan élaboré par Araminta…

Et voici le début des ennuis et d’une épreuve qui ne manquera pas de soulever quelques vagues d’inquiétude chez les lecteurs. J’ai, pour ma part, eu très peur pour les deux jeunes filles même si vu la cible du livre, je me doutais bien que l’issue ne serait pas dramatique. Il n’empêche, la tension est bien présente et les descriptions assez vivantes et réalistes pour nous faire ressentir tout le danger de la situation. Les amies vont donc se faire une belle frayeur en voulant faire plaisir à Horace, mais elles vont également découvrir indirectement une information importante sur leur ami et sur Edmond.

Le jeune page qu’Araminta ne tient pas spécifiquement en grande estime se révélera ici plein de noblesse que ce soit dans l’aide qu’il apportera aux deux jeunes filles dans le présent ou en raison d’un pan de son passé que l’on découvre. Une révélation riche en émotions qui me donne très envie d’en apprendre un peu plus sur lui et sur Messire Horace. Peut-être dans les prochains tomes ?

Comme dans le premier tome, j’ai adoré l’humour présent du début à la fin de l’aventure même si cet épisode m’a semblé un peu plus sombre que le précédent. Araminta, quant à elle, se montre toujours aussi drôle, téméraire et plein de verve. J’ai, en revanche, un peu moins accroché à la meilleure amie qui est un peu trop peureuse et geignarde à mon goût. Mais le duo fonctionne bien et les échanges entre les deux amies font mouche à chaque fois.

Avec son format en relié et ses illustrations en noir et blanc, l’objet-livre est superbe et très agréable à prendre en main. Le coup de crayon du dessinateur se veut simple, mais il y a un vrai travail réalisé sur les expressions, ce qui nous permet de parfaitement ressentir les émotions des personnages. Ces illustrations, en plus de flatter l’œil, devraient également faciliter la lecture des plus jeunes, et leur permettre de se plonger avec délectation dans ce récit qui ne manque pas de tension et de rebondissements.

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En conclusion, ce deuxième tome m’a un peu moins séduite que le premier, car il se révèle peut-être un peu plus sombre, mais il conserve néanmoins ce qui fait le charme de la série : de l’humour à profusion, de l’action, du suspense, de chouettes illustrations, des personnages hauts en couleur… Petits ou grands lecteurs, n’hésitez pas à vous laisser tenter par cette série que l’on pourrait qualifier de familiale.

Pour en apprendre plus sur cette série, rendez-vous sur le site des éditions Nathan.

Nini Zombie (tome 1) : Celle qui n’existait plus, Lisette Morival et Fabrizio Borrini

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nini est morte. Ce pourrait être la fin mais c’est le début d’une nouvelle aventure pour la jeune fille devenue un zombie. Mais rien n’est simple dans sa nouvelle vie. En renaissant, Nini a perdu la mémoire et ne se souvient que d’une chose: elle est dessinatrice. Mais qui est-elle vraiment? Pourquoi le professeur Spirit l’a-t-il ramenée à la vie? Et qui est Zékiel, ce feu follet qui se prétend éperdument amoureux d’elle? En partant à la recherche de son passé, Nini va prendre de gros risques. En effet, un lourd secret plane sur sa famille et de nombreuses personnes souhaiteraient qu’elle reste amnésique. Et puis surtout, la mort rôde et elle est prête à tout pour récupérer l’âme perdue de « celle qui n’existe plus ».

  • Broché: 222 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (4 mai 2016)
  • Prix : 12.80 €

AVIS

Appréciant de plus en plus les éditions Kennes, je n’ai pas hésité très longtemps avant de craquer pour Nini Zombie même si les zombies et moi ne sommes, en général, pas très amis. Mais heureusement ici, nous sommes loin de l’ambiance de The Walking Dead ce qui, vous l’aurez compris, est plutôt un bon point pour moi.

Nous découvrons Nini, une adolescente très proche de ses parents et de sa sœur, Eloïse, avec lesquels elle coulait des jours heureux. Puis tout est parti à vau-l’eau : ses parents disparaissent mystérieusement, sa sœur et elle sont confiées à une institution tenue par un étrange et très laid directeur, et puis, il y a ces sombres et étranges dessins, le terrible choc, la transformation…

L’autrice a su dès les premières pages me plonger dans son récit riche en tension, en mystère, en humour et en personnages hauts en couleur. J’ai ainsi d’emblée apprécié Nini qui a un caractère que l’on pourrait qualifier d’entier. L’adolescente au look mi-gothique mi-manga, comme elle aime à le dire, sait ce qu’elle veut et n’hésite pas à faire entendre son avis. Mais en plus d’une personnalité affirmée, elle possède un don pour le dessin, celui-ci revêtant un caractère très spécial puisque ses dessins sont prémonitoires ! C’est certainement l’aspect du roman qui m’a le plus intéressée appréciant l’idée d’une personne qui peut voir le futur à travers ses talents artistiques…

Malheureusement, connaître son avenir ne permet pas forcément de le changer et Nini devra affronter sa mort comme elle l’avait prédit. Mais ce qu’elle n’avait pas anticipé, c’est d’être sauvé par un excentrique savant ni même de rencontrer des individus plutôt atypiques. À cet égard, j’ai été touchée par Blaise, un grand gaillard un peu simplet mais au très grand cœur. À sa manière, il va tout faire pour aider Nini à accepter sa nouvelle condition de zombie et à retrouver la mémoire, car oui, en devenant un zombie, les souvenirs s’effacent…

Autre personnage qui m’a bien plu, un petit chat qui va se révéler d’un grand soutien pour la jeune zombie, celle-ci ayant quelque peu tendance à se montrer imprudente. Il faut dire que rebelle dans l’âme, zombie ou pas, elle n’a pas vraiment l’intention de se laisser dicter sa nouvelle vie que ce soit pour son propre bien ou non. Si cela va parfois lui faire prendre de mauvaises décisions, cette indépendance d’esprit va également lui permettre de ne pas se laisser conter fleurette aveuglément par un personnage pressé de la voir quitter définitivement le monde des vivants.

Bien que peu présente dans ce premier tome, la sœur de Nini se montre plutôt attachante. Très différentes l’une de l’autre, les deux jeunes filles s’entendent à merveille et essaient de se protéger mutuellement. C’est donc avec tristesse qu’on voit Eloïse apprendre la disparition de sa sœur après celle de ses parents. Et on ne peut s’empêcher d’espérer que les deux sœurs arrivent à vaincre les obstacles pour enfin se retrouver.

En plus de la galerie de personnages variée et originale, j’ai beaucoup aimé le style de roman qui, tout en étant fluide et agréable, reste très accessible pour les enfants. Les dialogues réalistes et non dénués d’humour rendent, quant à eux, la lecture rythmée et prenante. Vous ne devriez donc pas voir les pages défiler sous vos yeux que vous soyez un petit ou un grand lecteur.

J’ai, en outre, trouvé très judicieuse la manière dont les auteurs ont utilisé le fil principal de l’intrigue pour mettre en exergue le poids des apparences et des préjugés dans la société. Obnubilées par la notion de beauté ou, du moins, repoussées par la laideur, Nini et sa sœur vont commettre la même erreur : juger l’autre sur son apparence plutôt que sur ses actes. Une erreur qui ne sera hélas pas sans conséquence, et qui sera exploitée par un personnage fourbe et malicieux… Le roman aborde également le thème de l’immortalité et du prix à payer pour l’obtenir.

À noter que le roman contient quelques illustrations. Un bonus que j’apprécie toujours beaucoup et qui permet de se plonger totalement dans le récit. Toutefois, je reste très dubitative sur le placement de ces dessins qui sont en décalage avec le fil de l’intrigue. Ce point a fini par réellement me perturber…

En conclusion, Nini Zombie est une lecture jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et/ ou aux adultes qui ont envie de lire une histoire de zombies sans les massacres qui y sont souvent associés. Je ne peux donc que vous encourager à vous plonger dans l’atmosphère très particulière de ce récit qui mêle mystère, action, enquête et quête de soi.