Comment devenir une vraie sorcière ? Anne-Marie Desplat-Duc

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire drôle et ensorcelante qui prend le mythe de la sorcière maléfique à contrepied !

Sibelle n’est pas une petite sorcière ordinaire.
Elle est belle, gentille et n’a aucun pouvoir maléfique.
Alors comment faire pour devenir une vraie sorcière et faire plaisir à sa mère, la célèbre Fleurkipic ?
Avec de bons amis et un peu d’astuce rien n’est impossible !


Scrineo (4 octobre 2018) – 96 pages – 6,90€ –  À partir de 8 ans
Illustrations : Églantine Ceulemans

AVIS

Fleurkipic, sorcière de son état et mocheté ambulante, et Gabriel, humain lambda, ont une fille. Comment s’appelle-t-elle ? Sibelle ! Ce n’est pas la réponse que vous escomptiez, ça tombe bien, ce n’est pas non plus celle attendue par ses parents.

Fleurkipic espérait un bébé bien laid avec des furoncles gros comme une maison, des verrues à vous faire loucher, un teint jaunâtre… à un « beau » bébé version sorcière en somme. À la place et pour son plus grand malheur, elle a bébé qui pourrait gagner un concours de beauté chez ces satanés humains.

Enfer et damnation ! Fleurkipic va être la risée du monde des sorciers et risque, en plus, de perdre ses pouvoirs, son mariage avec un mortel ayant engendré une malédiction… Heureusement que le papa lui est ravi de voir son enfant tout mignon même si on sent très bien qu’il aurait été tout aussi content d’accueillir une petite sorcière bien moche.

C’est donc tiraillée entre le monde des humains et celui des sorciers que Sibelle évolue et grandit, changeant de casquette et d’accoutrement en fonction des besoins. Mais petit à petit, elle est lasse de jouer la comédie et aspire à n’être qu’elle, une petite fille pleine d’entrain qui aimerait faire plaisir à sa maman tout en restant elle-même. Fleurkipic pourra-t-elle l’accepter ?

Les enfants devraient se plonger avec délectation dans la vie de Sibelle, une petite fille qui, au fil des pages, apprend à se connaître et à savoir ce qu’elle désire vraiment. Elle va d’ailleurs trouver, avec l’aide de ses nouveaux amis, sa voie, pas celle choisie par sa mère ou son père, mais celle qui lui plaît, et pour laquelle elle se révèlera d’ailleurs très douée. Qui a dit que pour avoir de la magie, il fallait être une vraie sorcière ? Mais avant de trouver ce qui l’anime, Sibelle va vivre quelques péripéties notamment dans la célèbre école anglaise de sorciers Harry ! Je pense que tout le monde aura reconnu la très drôle allusion à un célèbre sorcier à lunettes…

Le livre étant destiné aux enfants, il n’y a aucune longueur, tout s’enchaînant très vite, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de lire l’histoire sans trop d’efforts d’autant que le découpage en chapitres très courts s’assure de leur attention. À cela s’ajoute une très jolie mise en page avec quelques ornements et illustrations.

Capture d’écran (71)

Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée fluide et accessible sans être simpliste, le vocabulaire n’étant pas simplifié à l’extrême. Le résultat est d’ailleurs assez probant pour convaincre la lectrice trentenaire que je suis. Il faut dire que l’autrice, sous couvert de fiction et d’humour, aborde des thèmes importants comme l’amitié, la recherche et l’acceptation de soi,  la tolérance, la difficulté de faire concilier des cultures et des milieux différents…

Voici donc une histoire toute mignonne que je ne peux que conseiller aux enfants, mais aussi aux adultes qui devraient être séduits par les thèmes abordés, l’humour et la plume de l’autrice.

Découvrez le roman sur le site des éditions Scrinéo.

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Sur la route de Nosy Komba, Delphine Gosset

Je remercie Lucca éditions de m’avoir permis de découvrir Sur la route de Nosy Komba de Delphine Gosset.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La vie d’Elizabeth et du zoo de sa ville est paisible… Enfin, jusqu’au jour où Odile Panier resurgit dans l’existence de la jeune fille et prend la direction dudit zoo. Ses directives mettant en danger le bien-être des animaux et surtout celui de Pierre, son lémur noir préféré, Elizabeth fera tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. Oui, tout : même se rendre à Madagascar et tenter une expérience folle en enfreignant plein de lois !

Lucca éditions en codiffusion avec Hikari Éditions (9 novembre 2018)
Broché
– 288 pages (14€) – À partir de 10 ans
Illustratrice : Mélanie Rebolj

AVIS

Après Le Trésor de Sunthy que j’avais beaucoup apprécié, j’étais curieuse de découvrir une autre parution des éditions Lucca, une curiosité qui a été largement récompensée si l’on considère l’excellent moment de lecture passé auprès d’Elizabeth.

Elizabeth est une jeune fille de 15 ans qui a une passion originale pour une adolescente de son âge : les primates, et plus particulièrement, les lémuriens qu’elle aime observer durant son temps libre. Mais les choses se compliquent quand une femme odieuse, menteuse et opportuniste prend la tête du zoo qui, jusque-là, l’accueillait pour ses séances d’observation.

Faisant fi du bien-être et de la sécurité des pensionnaires, Odile Panier provoque un véritable chaos autour d’elle entreprenant des changements afin de rendre la structure rentable et attractive à la manière… d’un cirque ! Une logique purement mercantile qui ne peut s’appliquer à un zoo, les animaux n’étant pas une vulgaire marchandise comme les autres, mais des êtres dotés de besoins spécifiques et de sensibilité. Bien sûr, l’autrice n’idéalise pas les zoos, ce que j’ai apprécié, mais elle démontre néanmoins le rôle que ce genre d’établissements joue dans la protection et la préservation de certaines espèces animales.

Devant les actes odieux de la nouvelle directrice, Elizabeth ne peut rester indifférente a fortiori quand elle s’attaque à Pierre, un lémurien étant mis au ban de son groupe lors des périodes de reproduction. Bien décidée à le sauver du triste sort qui l’attend, elle prend alors une décision qui va la conduire sur les routes de Madagascar, mais aussi sur celles de son passé….

Ce roman est une pure merveille de sensibilité, d’intelligence et d’émotions. À travers l’histoire d’Elizabeth, l’autrice nous parle de la richesse du monde animal et plus particulièrement de celui des primates. Du haut de mes trente-quatre ans, j’ai été émerveillée devant la diversité des espèces existantes et fascinée par leur intelligence, leurs spécificités, leurs comportements, leurs utilisations plus ou moins conscientes d’outils, leurs interactions, leurs méthodes de communication, leurs modèles d’organisation sociale…

Ce roman est une petite mine d’informations qui devrait ravir tous les lecteurs, car l’autrice explique les choses de manière claire, simple, passionnante et avec un tel enthousiasme qu’on ne peut qu’entrer de plainpied dans ce monde animal qu’elle met à la portée de tous. Après avoir terminé ce roman, difficile de ne pas approuver le Great Ape Project destiné à offrir des droits fondamentaux aux grands singes tout en espérant qu’un jour, ces droits soient étendus à d’autres animaux. L’autrice évoque également des scientifiques, certains connus comme Jane Goodall et d’autres peut-être un peu plus confidentiels du grand public ainsi que des expériences comme le test du miroir de Gordon Gallup nous prouvant, si besoin en est, que les animaux n’ont pas fini de nous surprendre.

Voici donc un roman de vulgarisation scientifique efficace et réussi d’autant que loin de se cantonner à cet aspect, Delphine Gosset a réussi le tour de force de nous offrir une aventure riche en péripéties, en rebondissements et en émotions. Page après page, on apprend ainsi à découvrir Elizabeth, son passé marqué par la disparition de sa mère puis plus tard par celle de son père, son entourage que ce soit sa tante aussi touchante qu’exaspérante, son ami Arthuro, un animalier l’ayant prise en affection, un étudiant tout aussi passionné qu’elle, son compagnon d’enfance, Konrad, un « choucas des tours » plutôt attendrissant… Une galerie de personnages haute en couleur que j’ai adoré voir évoluer et interagir.

Elizabeth est un modèle de courage et de maturité, mais elle n’en demeure pas moins une adolescente de quinze ans avec ses incertitudes, ses premiers émois amoureux, ses décisions parfois impulsives… C’est donc un personnage réaliste et attachant dont on suit avec intérêt l’évolution et les péripéties. Il faut dire qu’en partant à l’aventure à Madagascar, elle ne s’attendait pas à traverser, entre deux paysages à vous couper le souffle, toutes ces zones de turbulences. Mais sur la route la menant à Nosy Komba, elle pourra heureusement compter sur le soutien d’Arthuro avant d’être soutenue par ses proches et ses deux nouveaux amis qui feront un joli pont entre présent et passé. Je préfère ne pas en dire plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ces deux personnages m’ont beaucoup touchée…

Aux côtés de ces personnages, on découvre à travers quelques courts chapitres qui lui sont consacrés, le père d’Elizabeth, Léo. On perçoit, très vite, avec force et émotion l’amour qu’il vouait à sa fille bien que son métier le conduisant à observer les lémuriens dans leur milieu d’origine l’ait tenu bien trop souvent éloigné de sa fille. Même disparu prématurément dans de mystérieuses circonstances, cet homme intelligent, gentil, sensible et fascinant imprègne de sa forte présence tout le roman. Pas besoin de chercher très loin pour comprendre de qui Elizabeth a hérité son esprit passionné ! Cette incursion dans le passé de Léo met également en lumière un autre personnage bien différent de lui. D’aucuns pourraient regretter un certain manque de nuances dans l’expression de sa personnalité, mais ayant déjà pu côtoyer des arrivistes prêts à tout pour arriver à leurs fins, je trouve, hélas, le personnage crédible…

Destiné aux enfants à partir de dix ans, le roman se révèle accessible grâce, entre autres, à l’alternance de chapitres courts, une écriture immersive, simple mais travaillée, la présence de nombreux dialogues fluidifiant le récit… À cela s’ajoutent des illustrations de Mélanie Rebolj qui, en plus d’apporter beaucoup de cachet au roman, permettent aux lecteurs de complètement s’immerger dans le récit et de mieux se représenter les personnages et les animaux évoqués.

 

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À noter également que bien que ce ne soit pas le sujet central du récit, le thème du handicap physique et mental est également abordé. J’ai trouvé que cela était fait de manière plutôt positive dans la mesure où l’autrice ne joue pas sur le pathos, mais montre des personnages entourés qui avancent dans la vie avec entrain et une certaine joie.

En conclusion, Sur la route de Nosy Komba est un très bel ouvrage que je conseillerais à tous les curieux, amoureux des primates ou non, qui aiment apprendre en se divertissant. À travers une adolescente passionnée, d’une grande maturité et d’une force de caractère à toute épreuve, Delphine Gosset nous offre un ouvrage de vulgarisation scientifique accessible et immersif. De la France à Madagascar, attendez-vous à découvrir un monde animal fascinant et varié et à vibrer d’émotions à mesure que le passé et le présent d’Elizabeth se rejoignent dans une aventure riche et mouvementée.

À lire et à relire à tout âge !

Retrouvez le roman sur le site de Lucca éditions.

Conte d’Ocitarina, Zélie Jumel

Conte d'Ocitarina

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir Conte d’Ocitarina de Zélie Jumel qui, en plus d’être autrice, tient le blog Les livres de Zélie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Jeanne est une coquette princesse de 17 ans, d’Ocitarina, un royaume autosuffisant.
L’Ocitarine, fruit miraculeux est très convoité.
Jeanne est l’Héritière. Une grande charge repose sur ses épaules. Néanmoins, une menace approche.
Trouvera-t-elle qui lui veut du mal avant qu’il ne soit trop tard ?
Trouvera-t-elle autre chose ? L’amitié, l’amour,…
Les apparences sont parfois trompeuses.
La princesse doit faire très attention…

Évidence Éditions – 232 pages – Broché (20€) – Ebook (4,99€)
Illustrations : Corentin Lecorsier 

AVIS

Dans ce joli conte qui, grâce à sa sublime couverture, avait attiré mon attention depuis un moment, nous faisons la connaissance d’une princesse de dix-sept ans, Jeanne, et de son père, un roi apprécié de son peuple sur lequel il veille avec justesse et bonté. Le père et la fille, très proches, ont développé une relation de confiance et de respect. Contrairement à nos souverains européens et à leur tradition des mariages arrangés, le père est donc bien décidé à laisser sa fille choisir son futur époux, le moment venu.

Mais plus préoccupée par les jolies toilettes que le mariage, Jeanne n’en est pas encore à prendre une telle décision bien que l’arrivée d’un nouveau maître tailleur au château, maître Paul, ne la laisse pas indifférente… La princesse apprécie ainsi grandement ce nouveau venu doté d’un physique agréable et d’une conversation intéressante. À défaut de ces voyages dont elle rêve, mais que son protecteur de père lui refuse, Maître Paul lui offre quelques moments d’évasion bienvenus.

Une vie joyeuse et insouciante, bien que parfois un peu frustrante, qui sera menacée par une tentative d’empoisonnement. Devant le danger, le roi va placer sa fille unique sous la surveillance et la protection d’un jeune et courageux soldat, Hector, pour lequel on développe d’emblée une réelle sympathie. En plus d’assurer sa sécurité le plus discrètement et efficacement possible, il développe pour la princesse une grande admiration et une totale dévotion. Sa présence rassurante ne suffira néanmoins pas à éviter un nouvel incident… En attendant que les choses rentrent dans l’ordre, la princesse doit alors assurer un rôle pour lequel elle n’est pas encore prête, celui de reine.

Inquiète à l’idée d’être sur le devant de la scène et de devoir prendre des décisions qui impacteront l’avenir de son royaume, Jeanne sera heureusement épaulée par des personnes, pour la plupart, bienveillantes… Un soutien d’autant plus précieux qu’une question demeure : qui sont ces deux personnes mystérieuses qui complotent contre la princesse et qui essaient, par tous les moyens, de la déstabiliser que ce soit par des attaques directes ou indirectes ? Quel est leur véritable objectif ? Le royaume prospère d’Ocitarina est-il en danger ?

Une série de questions qui apporte un certain suspense même si les adultes ne devraient pas être très surpris par le retournement de situation final. Ce n’est pas gênant en soi, l’autrice arrivant à nous immerger totalement dans son histoire. On prend donc grand plaisir à suivre les différentes péripéties qui s’enchaînent rapidement et à suivre l’évolution de la princesse. Peut-être un peu frivole en tout début de livre, Jeanne prend très vite la mesure de la tâche qui lui incombe, et s’attèle du mieux qu’elle le peut pour être à la hauteur des attentes de son peuple et de son père qu’elle aime beaucoup.

Forte, intelligente et capable de prendre du recul, cette jeune femme offre un joli modèle qui devrait inspirer les enfants, et leur montrer que même quand les obstacles semblent trop grands, il est toujours possible de prendre son destin en main. Les jeunes lecteurs devraient également se sentir proches d’elle, car si elle a du caractère et sait prendre des décisions quand la situation le requiert, elle n’en demeure pas moins très humaine. Comme tout le monde, elle commet des erreurs et peut être aveuglée par les apparences, mais c’est aussi ce qui la fait grandir… 

L’autrice nous offre ici une jolie histoire dans laquelle l’amitié a toute son importance tout comme l’amour, un sentiment auquel la princesse s’éveille doucement. Vous savez probablement que la romance et moi, ce n’est pas le grand amour, mais ici, cela ne m’a pas dérangée. D’une part, nous sommes dans un conte, et le genre se prête à merveille à la naissance des premiers amours, et d’autre part, il n’y a rien de mièvre ou de trop appuyé. Au contraire, j’ai trouvé les personnages très touchants dans la découverte de leurs sentiments, et devant ces émotions, parfois confuses, qui peu à peu les gagnent.

En tant qu’adulte, la fin m’a peut-être semblé un peu rapide et facile sans que cela ne soit dérangeant. J’ai d’ailleurs eu l’impression de replonger dans ces contes qui ont bercé mon enfance et dont je ressortais le sourire aux lèvres et le cœur empli de belles émotions. Je ne doute pas que les enfants prennent beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire qui, cerise sur le gâteau, bénéficie de jolies illustrations signées Corentin Lecorsier. En plus du côté esthétique, elles facilitent indéniablement l’immersion dans le récit.

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Quant à la plume de l’autrice, elle devrait plaire à un large public : des enfants, enchantés par son accessibilité, aux adultes qui savoureront sa poésie et sa fluidité. À cet égard, j’ai particulièrement apprécié les descriptions qui, tout en restant synthétiques, sont pleines de poésie. Elles permettent d’ailleurs, au même titre que les illustrations, de se plonger pleinement dans l’histoire et l’univers qui prend vie sous nos yeux.

Mention spéciale pour un personnage à quatre pattes que j’ai adoré et qui, enfant, m’aurait fait fondre au point de me donner envie de lire et relire le livre. En plus de nous attendrir, ce personnage permet à l’autrice de subtilement inculquer l’amour et le respect des animaux de compagnie, sa maîtresse le traitant avec beaucoup de délicatesse.

En conclusion, grâce à un style tout en finesse qui n’en demeure pas moins très accessible, Zélie Jumel réunit petits et grands lecteurs autour de l’amour des contes, des princesses et des belles histoires d’amour et d’amitié ! Bénéficiant de jolies illustrations et auréolé d’un certain mystère, Conte d’Ocitarina vous réserve un très beau moment de lecture dans la lignée des contes de notre enfance, une pointe de modernité en plus. À lire et à relire seul ou en famille !

À noter que dans une volonté affichée de la maison d’édition de rendre la lecture accessible à tous, la police d’écriture est adaptée aux personnes dyslexiques.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Site de l’autricePage FB de l’autricePage FB de l’illustrateur

Miss Samouraï et le Ninja Bleu, Arnaud Alméras

Je n’avais jamais entendu parler de ce petit livre jeunesse, mais le titre et la superbe couverture m’ont fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En pleine lecture d’un nouveau manga, Sidonie et Arthur sont transportés dans leur livre… Ils atterrissent dans la chaumière d’une terrible sorcière. Ils ne pourront revenir dans notre monde que s’ils lui rapportent son amulette magique. Pour les aider à affronter les démons qui ne manqueront pas de se dresser en travers de leur chemin, la sorcière dote les deux enfants d’armes magiques. Sidonie devient Miss Samouraï et Arthur le Ninja Bleu. L’aventure ne fait que commencer.

Rageot Éditeur (17 octobre 2018) – 6/9 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Sidonie et Arthur sont transportés dans un manga fraîchement emprunté : Le Cristal de Sorcellerie ! Le titre a son importance puisque les deux amis vont justement devoir retrouver ce cristal volé à la sorcière Uma-Yaba par un homme-crapaud devenu le Maître des Démons grâce au  pouvoir de cet artefact. La mission est dangereuse, mais ils n’ont pas le choix s’ils veulent rentrer chez eux, la sorcière n’acceptant de les aider qu’en échange de son précieux cristal. Uma-Yaba va alors doter chacun d’entre eux d’un équipement : ce sera une armure de samouraï et un sabre pour Sidonie, et un costume de ninja et les armes qui lui sont associés pour Arthur.

Nous suivons donc nos jeunes protagonistes dans leur aventure qui sera ponctuée de rencontres plus ou moins sympathiques. Nous sommes dans un livre jeunesse, les méchants sont donc assez caricaturaux, mais cela n’est pas gênant d’autant que j’ai adoré le personnage de la sorcière, un peu plus nuancé, qui n’est pas sans rappeler le mythe russe de la Baba-Yaga que j’aime beaucoup.

Sidonie et Arthur, au cours de leurs péripéties, se feront un allié inattendu et quelque peu mystérieux. Ont-ils d’ailleurs eu raison de lui faire confiance ? Ce sera à vous de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que ce personnage apporte un peu de mystère à l’intrigue.

Le livre est très rythmé et les événements s’enchaînent les uns après les autres sans aucun temps mort. Ce point devrait permettre de conserver l’attention des jeunes lecteurs durant toute la lecture d’autant que les illustrations en grand format facilitent vraiment l’immersion dans le récit. Elles possèdent, en outre, un côté manga qui apporte du crédit à l’idée que nos deux protagonistes ont été transportés dans l’un de ces ouvrages. Quant aux style tout doux et tout en rondeur de l’illustratrice, Myrtille Tournefeuille, il dégage beaucoup de charme.

Miss Samouraï et le Ninja Bleu fait partie de la collection Flash Fiction des éditions Rageot destinée à susciter chez les enfants récalcitrants à la lecture, ou peu habitués à pratiquer ce loisir, l’envie de lire. Tout est donc mis en place pour rendre l’ouvrage plaisant à  lire : texte aéré, livre rythmé, présentation en début d’ouvrage des principaux personnages et de leurs caractéristiques, quelques illustrations, un vocable simple, des phrases courtes, et un peu d’humour. Un cocktail qui devrait plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi à certains adultes qui aiment à retomber en enfance !

Pour conclure, Miss Samouraï et le Ninja Bleu est un roman plein de peps porté par deux personnages attachants qui forment un beau duo. Rempli d’action, de magie et agrémenté de belles illustrations, il devrait séduire les jeunes lecteurs aimant l’aventure.

Retrouver ce livre chez votre libraire ou en ligne.

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Le voyage d’un chat écrit par Christophe Bladé et illustré par JustineF.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Motus, un jeune chat né dans une vieille remise, quitte son abri tranquille et son ami le chêne pour vivre son rêve : voyager jusqu’à la lune pour en rapporter un peu de sa lumière!
Motus découvrira le courage au fil d’une aventure semée de risques et d’embûches.
Le voyage initiatique d’un chat… Celui de chaque enfant qui grandit… Un voyage au cœur d’une Nature avec ses beautés et ses dangers qui invite les enfants à suivre ce petit personnage qui leur ressemble un peu.
Les belles illustrations de JustineF répondent au texte de Christophe Bladé, et contribuent à créer l’ambiance poétique du livre.

Éditions Ex Æquo (23 janvier 2019) – Collection Saute-mouton
64 pages – Poche (8€) – Ebook disponible

AVIS

Je ressors de cette lecture des étoiles plein les yeux, émue autant par le fond que la forme ! Enchanteresse et délicate, la plume de Christophe Bladé vous transporte dans un magnifique univers empreint de tendresse et de poésie, chaque mot semblant avoir été choisi avec soin. Le vocable se pare ainsi de ses plus beaux atours, un peu comme si l’auteur s’évertuait à prendre chaque lecteur par la main pour lui faire vivre un très beau voyage dont il ne pourra que sortir attendri et émerveillé.

Et de voyage, il en sera question ici puisque l’on suit un petit chat dans une jolie aventure. Motus, nommé ainsi par son ami le Chêne, rêve de liberté, de voyage et de lune. Bien décidé à atteindre cet astre et à capturer un peu de sa lumière pour illuminer le regard d’une petite fille, il part courageusement en vadrouille. Mais il va très vite se rendre compte qu’en dehors de sa maison et de son arbre-refuge, le monde n’est pas si sûr que cela et que le danger peut s’abattre sur lui aux moments les plus inattendus. Il pourra heureusement compter sur de nouvelles amitiés pour l’aider à affronter les difficiles épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Gentil, rêveur et téméraire, Motus est un chat pour lequel on se prend d’affection dès les premières pages surtout quand, comme moi, vous adorez ces petites boules de poils. On le suit donc avec plaisir dans ses péripéties, mais également avec un petit pincement au cœur de peur que quelque chose de grave lui arrive. Il faut dire que bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’auteur ne tombe pas dans la niaiserie et offre à ses jeunes lecteurs, comme aux plus âgés, des aventures palpitantes qui devraient leur faire vivre quelques petites frayeurs. On s’émerveille donc, mais on frémit également devant les difficultés plus ou moins importantes que Motus va devoir affronter. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que c’est très émouvant de voir cette petite boule de poils faire face avec courage aux situations qu’elle traverse. Rien ne saurait lui faire renoncer à son très joli rêve ! Motus offre un joli message d’espoir à toutes les personnes qui elles aussi rêvent d’accomplir l’impossible…

J’ai beaucoup aimé la plume poétique de l’auteur tout comme sa manière de s’amuser avec la langue française. Les chats deviennent ainsi des « Poileux », les canards des « Plumeux », les hommes et leurs fusils des « Remuants » qui ont des « Bâtons-de-feu »… Un vocabulaire teinté d’humour et assez imagé pour être compris de tous,  ce qui ne manquera pas de faire sourire, de marquer les esprits et de créer une certaine connivence entre les lecteurs et l’auteur/Motus.

Christophe Bladé nous offre ici une histoire menée tambour battant qui, en plus de divertir les lecteurs de 7 à 99 ans, les fera voyager et vivre mille émotions. À travers les péripéties captivantes de Motus, il évoque aussi des sujets importants et universels comme l’amitié, l’entraide et la nature. Au fil des pages, on découvre ainsi des animaux qui sauront faire preuve d’une humanité qui fait défaut à certains hommes, et on parcourt un écosystème qui devrait ravir les enfants et, avec un peu de chance, devrait les inciter à explorer leur propre petit coin de nature. Mais au-delà de ces aspects, Le voyage d’un chat, c’est avant tout une ode à l’espoir et aux rêves, aux rêves un peu fous qui poussent à se dépasser et qui font grandir… Car derrière le voyage de Motus, il y a aussi la quête d’un jeune héros qui, de péripétie en péripétie, grandit, évolue et trouve enfin le vrai sens du bonheur.

La beauté de cette quête de soi et de cette recherche de bonheur est soulignée par les illustrations en grand format de JustineF. La rondeur des traits et le côté enfantin des dessins collent à merveille au récit et permettent de s’y plonger totalement. Une immersion qui, sans aucun doute, facilitera la lecture des plus jeunes. Quant à la dernière page, elle se teinte de couleurs comme si l’illustratrice soulignait que rêve atteint ou non, le plus important c’est qu’à l’issue de son aventure, Motus ait découvert sa propre lumière.

Le voyage d'un chat, Christophe Bladé et JustineF

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

En conclusion, Le voyage d’un chat a été un coup de cœur ! Touché par l’histoire de ce petit chat qui rêve de décrocher la lune ou, du moins, d’en capturer un peu de lumière, mon cœur s’est mis au diapason du sien. Entre sourires, petites frayeurs et émotions, Christophe Bladé a su me faire vivre pleinement le voyage/rêve de Motus et me transporter dans son univers poétique sublimé par les illustrations de JustineF.

Feuilletez/découvrez le roman sur le site des Éditions Ex Æquo.

Madame Pamplemousse and Her Incredible Edibles, Rupert Kingfisher

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Madame Pamplemousse is the story of Madeleine, forced to work in her unpleasant uncle’s horrible restaurant, The Squealing Pig. By chance she comes across the most marvellous shop, run by Madame Pamplemousse, which is quiet, discreet, yet full of delicious and otherworldly ‘edibles’ – Pterodactyl Bacon, Scorpion Tails in Smoked Garlic Oil, and Great Squid Tentacle in Jasmine-Scented Jelly. A quiet comradeship develops between Madeleine, Madame Pamplemousse, and Madame’s cat, Camembert. And together they create some wonderful culinary magic. Exquisite, beautifully formed prose that has echoes of Angela Carter belies a narrative that is full of pace. A wonderful fairy tale that will appeal to both adults and children.

Bloomsbury Publishing (1 septembre 2008) – Relié – 144 pages – 8,47€

RÉSUMÉ EN FRANÇAIS

Tous les étés, la pauvre Madeleine doit travailler au Cochon Hurleur, l’immonde restaurant de son détestable oncle, Monsieur Lard. Elle s’y ennuie d’autant plus qu’il la laisse seulement faire la plonge, alors qu’elle est pourtant une excellente cuisinière. Mais un jour, elle découvre par hasard le plus merveilleux des magasins : l’épicerie de Madame Pamplemousse, un lieu magique où s’amoncèlent des mets extraordinaires venus d’un autre monde, comme le salami de Minotaure ou le bacon de ptérodactyle. Lorsque Monsieur Lard repère la boutique à son tour, il oblige Madeleine à espionner Madame Pamplemousse pour lui voler ses secrets et faire du Cochon Hurleur le restaurant le plus prisé de Paris. Mais l’amitié qui naît entre Madeleine, Madame Pamplemousse et son drôle de chat Camembert, pourrait bien contrecarrer ses projets…

AVIS

Chaque été, Madeleine est condamnée à travailler dans le restaurant de son oncle. L’expérience aurait pu être agréable pour cette jeune fille qui aime cuisiner, mais c’était sans compter sur la personnalité peu avenante de son oncle. Méchant, dénué de scrupules, obsédé par l’argent et la gloire, difficile d’apprécier cet être antipathique qui, de surcroît, manque cruellement d’élégance et de finesse, ce qui se retrouve d’ailleurs dans sa cuisine.

L’été s’annonçait donc laborieux jusqu’à ce que Madeleine découvre par hasard une boutique très spéciale où l’on peut trouver des mets incroyables comme de la langue de Tyrannosaurus Rex ou du salami de Minotaure ! Avec Madame Pamplemousse, gérante de la boutique, nos escargots et cuisses de grenouilles si décriés à l’étranger passeraient presque pour de banales préparations.

En plus de vendre des mets incroyables, cette femme dégage une aura de mystère particulièrement intrigante qui donne tout de suite envie aux lecteurs d’en apprendre plus sur cette dernière. Est-ce une sorcière ? D’où proviennent tous ces ingrédients extraordinaires que personne d’autre ne sait où trouver ? Pourquoi les plats de Madame Pamplemousse provoquent-ils des réactions aussi extrêmes chez les gens qui les goûtent ? Tout autant de questions qui vous pousseront à tourner les pages les unes après les autres.

Le compagnon de cette femme, un chat un peu bagarreur du nom de Camembert, attire également l’attention. C’est qu’il n’est pas banal de voir un chat cuisiner ! Pas très commode en apparence, on se rend compte, au fil des pages, que ce n’est pas un mauvais matou. Œil en moins ou pas, il sait parfaitement voir à travers les gens… Le duo se révèle donc aussi original que plein de mystère.

Quant à Madeleine, délaissée par ses parents et condamnée à travailler pour un être infâme qui l’exploite tout en l’empêchant d’exercer ses talents de cuisinière par jalousie, on ne peut que se prendre d’affection pour elle. Elle saura, heureusement, trouver des appuis que ce soit au sein de l’horrible restaurant de son oncle ou dans la boutique de Madame Pamplemousse dans laquelle elle finira par travailler.  C’est donc un vrai plaisir de suivre cette fillette courageuse dans ses péripéties et de la voir, petit à petit, prendre confiance en elle et en ses talents culinaires.

Nous sommes dans un roman jeunesse et cela se ressent au niveau de la personnalité des personnages qui n’est pas développée outre mesure. On reste également dans un schéma très manichéen avec un horrible méchant d’un côté, et une jeune fille brimée, mais pleine de talent de l’autre. Mais personnellement, prise dans l’atmosphère de ce Paris alternatif et séduite par la plume non dénuée d’humour de l’auteur, cela ne m’a pas du tout dérangée. Je pense d’ailleurs que cette absence de détails superflus sera un atout pour les lecteurs les plus jeunes qui se laisseront plus volontiers prendre par le côté enchanteur du livre. Et puis même si le roman est court, il n’est pas creux et possède une très jolie morale que je vous laisserai bien sûr découvrir par vous-mêmes.

J’ai lu le roman en anglais, le niveau de langue étant très accessible, et en tant que francophone, j’ai juste adoré les noms français des personnages qui, en plus d’être ancrés dans l’univers de la cuisine, ne peuvent que prêter à sourire. Le méchant oncle qui se comporte comme un « porc » tient un restaurant du nom de Squealing Pig et s’appelle Monsieur Lard, le critique gastronomique cassant se nomme Monsieur Langoustine, le chat avec du caractère s’appelle Camembert… Il est juste dommage pour les anglophones que les noms n’aient pas été traduits en bas de page, car ils apportent vraiment un côté humoristique à l’intrigue.

Dernier atout de ce roman jeunesse plein de charme, les très nombreuses illustrations de Sue Hellard qui rendent la lecture encore plus immersive et qui viennent appuyer avec naturel et efficacité le texte.

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En conclusion, ce premier tome de la série Madame Pamplemousse est un très bon tome introductif qui nous permet d’entrer facilement et rapidement dans l’univers mis en place par l’auteur. Ce roman, dans lequel la gastronomie tient une place importante, saura plaire aux petits et aux grands gourmands aimant les lectures simples, mais non dénuées de saveur.

NB : Le roman a été traduit en français. Il existe même une version reliée et en couleurs aux éditions Albin Michel. Si je l’avais croisée avant de craquer pour la version anglaise, je l’aurais prise sans hésiter. Elle a l’air sublime !

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A Boy Called Christmas, Matt Haig

J’ai lu A Boy Called Christmas en anglais, le niveau étant très accessible, mais le roman a été traduit en français par les éditions Hélium.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La véritable histoire (de Noël) d’un garçon hors du commun pour croire à l’impossible…

Nicolas, onze ans, surnommé Noël depuis sa naissance, vit en Finlande avec son père, Joël le bûcheron. Mais le travail se fait rare, la vie est difficile, et quand Joël se voit confier une mission pour le roi, il accepte de laisser son garçon à l’épouvantable tante Carlotta. Nicolas n’a plus qu’une petite souris obsédée par le fromage pour lui redonner le sourire. Mais les mois passent, Joël ne revient pas, et notre courageux héros décide de partir à sa recherche. Se liant d’amitié avec un renne, il affrontera bien des obstacles avant de parvenir jusqu’au village enchanté des lutins… Des lutins qui ont perdu la joie de Noël. Nicolas parviendra-t-il à leur redonner goût à la vie ?

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Eleven-year-old Nikolas—nicknamed “Christmas”—has received only one toy in his life: a doll carved out of a turnip. But he’s happy with his turnip doll, because it came from his parents, who love him. Then one day his father goes missing, and Nikolas must travel to the North Pole to save him.

Along the way, Nikolas befriends a surly reindeer, bests a troublesome troll, and discovers a hidden world of enchantment in the frozen village of Elfhelm. But the elves of Elfhelm have troubles of their own: Christmas spirit and goodwill are at an all-time low, and Nikolas may be the only person who can fix things—if only he can reach his father before it’s too late. . . .

Sparkling with wit and warmth, A Boy Called Christmas is a cheeky new Christmas classic-in-the-making from acclaimed author Matt Haig and illustrator Chris Mould.

AVIS

J’avais acheté ce roman dans l’optique de le lire pour le Cold Winter Challenge, ce que j’ai fait avec grand plaisir ayant été complètement séduite par la beauté de ce livre autant au niveau du fond que de la forme.

Le choix est assez conséquent en matière de lectures de Noël, mais A Boy Called Christmas sort quelque peu du lot grâce à sa magnifique couverture qui attire tout de suite le regard surtout si l’on aime les paillettes. À cela s’ajoutent de belles illustrations signées Chris Mould.

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Elles apportent un plus indéniable à l’histoire en nous permettant de nous immerger complètement dans cette histoire mignonne qui n’est, néanmoins, pas exempte de passages plus sombres. Il y en a d’ailleurs un qui m’a particulièrement touchée même si l’auteur ne s’appesantit pas dessus.

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Mais rassurez-vous, nous sommes bien ici dans une lecture jeunesse qui donne le sourire aux lèvres et qui touche le cœur des lecteurs. Grâce à l’histoire de Nikolas, on ressent tout un panel d’émotions, mais surtout, on se rappelle ce que sont les vraies valeurs de Noël…

Nikolas vit seul avec son père depuis la mort brutale de sa mère. Les conditions de vie sont difficiles, le métier de bûcheron ne payant pas beaucoup en Finlande, un pays où les arbres sont légion. Mais la situation s’empire quand le père du jeune homme s’engage dans une expédition destinée à prouver l’existence des elfes et de leur village. Laissé seul aux mains de son affreuse tante, Nikolas finit par prendre une décision courageuse et un peu folle pour un enfant de son âge : retrouver son père ! Il sera accompagné, dans son expédition, par son seul ami, Miika, une souris plutôt attachante.

Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël dans lequel son héros va vivre des péripéties qui le mettront à l’épreuve, qui le pousseront à se dépasser, à croire en lui et aux autres, et qui le feront indéniablement grandir. L’univers est enchanteur avec ses elfes, ses fées un peu étranges qui aiment voir les têtes de trolls exploser, ses rennes volants que l’on connait tous et, bien sûr, cette magie qui fait des miracles quand on accepte de croire en elle. C’est quelque chose que Nikolas découvrira progressivement et qui changera à jamais le destin de ce petit garçon qui deviendra, ni plus ni moins, que le Père Noël. Une destinée qui s’imposera à lui, au fil de ses rencontres, de ses joies, mais aussi de ses peines.

La plume de l’auteur est immersive et non dénuée d’humour, je me suis ainsi surprise à sourire à de nombreuses reprises. Le roman étant destiné à des enfants, le style reste très accessible, ce qui convient d’ailleurs très bien au caractère de Nikolas. Même s’il fait preuve d’une grande témérité, il reste un enfant avec parfois des réflexions un peu naïves ou, du moins, empreintes de l’optimisme d’une personne n’étant pas encore durablement impactée par la vie et ses vicissitudes.

C’est d’ailleurs l’atout de ce personnage ! Il va, tout au long du livre, découvrir que les gens ne sont pas tous gentils, et que même les elfes connus pour leur jovialité et leur générosité peuvent se révéler méchants, haineux, racistes et enfermés sur eux-mêmes. Malgré cette brutale prise de conscience, il va continuer à essayer de voir le meilleur en chaque être… Cela ne signifie pas qu’il va garder les yeux fermés devant les problèmes, mais qu’il va tenter de les résoudre avec sa légendaire gentillesse, sa joie, sa bonne humeur, son don naturel pour offrir à chacun ce qu’il désire…

A Boy Called Christmas est une aventure divertissante et prenante, mais l’auteur en profite également pour aborder avec simplicité, mais efficacité, de nombreux thèmes : l’amitié, bien sûr, la nécessite de croire en l’impossible et de toujours rêver, la complexité de l’être humain qui n’est jamais tout noir ou tout blanc, la quête de soi et d’identité, la peur et la haine de l’étranger, les vraies valeurs de Noël comme le partage, la solidarité, la joie…

En conclusion, Matt Haig nous offre ici un joli conte de Noël qui contient tous les ingrédients d’une bonne aventure, mais qui, sous couvert de divertissement, aborde des thèmes importants. C’est donc le sourire aux lèvres, le cœur empli de magie et avec l’envie de vous réunir autour des vraies valeurs de Noël que vous tournerez la dernière page. Une belle histoire que je vous recommande en cette période de fin d’année ou quand vous avez besoin d’une lecture qui vous redonne le moral et vous incite, à votre tour, à partager un peu de bonheur autour de vous. La magie est en chacun de nous, il suffit de savoir regarder…

 » An impossibility is just a possibility you don’t understand »