Les caprices de lady Violet, Martha Waters

 

1817. Lady Violet ne décolère pas. Depuis quatre ans, elle est brouillée avec son mari. Passe encore qu’il se noie dans le travail et lui adresse à peine la parole en privé. Mais qu’il ne daigne même pas la prévenir quand il est victime d’un accident… Trop, c’est trop ! Elle décide de lui rendre la monnaie de sa pièce et, en matière de revanche, Violet est particulièrement inventive. Cependant, à son grand étonnement, James va se révéler tout aussi retors. Dans ce duel conjugal qui oppose les époux terribles, tous les coups sont permis, du plus cocasse au plus perfide. Un seul détail leur a échappé : ils sont toujours éperdument amoureux l’un de l’autre…

J’ai lu (5 mai 2021) – 320 pages – Papier (7€) – Ebook (5,49€)
Traduction : Anne Busnel

AVIS

Les caprices de lady Violet fait partie de la nouvelle collection Regency de J’ai lu. Une collection qui, je n’en doute pas, va vite s’imposer dans ma bibliothèque et le cœur des lectrices et lecteurs en quête de romances se déroulant durant une période historique qui ne manque ni de charme ni d’attrait.

Pour lady Violet et James, tout avait commencé comme un conte de fées ou presque : une rencontre inattendue sur un balcon, qui aurait pu être gênante quand elle se révèle providentielle, des regards qui ne trompent pas, une énergie qui électrice l’atmosphère, l’interruption d’une mère, une demande en mariage éclair pour sauvegarder les apparences, mais qui s’impose comme une évidence à deux jeunes gens ayant eu un coup de foudre l’un pour l’autre. Mais le conte de fées tourne au cauchemar. Après un an de connivence et de plaisirs charnels entrecoupés de disputes, c’est la dispute de trop, celle qui brisera les liens et la complicité de deux jeunes mariés qui ne se comprennent plus vraiment. Quand l’un n’aspire qu’à travailler pour asseoir sa réussite et prouver sa valeur, l’autre aimerait tout simplement passer du temps avec sa moitié.

L’autrice nous projette cinq ans après le mariage, dont quatre ans passés dans l’indifférence, le mari et la femme ne s’adressant quasiment plus la parole et veillant scrupuleusement à s’ignorer. Enfin jusqu’à ce que Violet reçoive une lettre de l’ami de son mari la mettant dans tous ses états. Sans réfléchir, mais sans oublier de râler, elle se précipite au chevet de son mari avant de découvrir que loin d’être comateux, il va en réalité très bien. Sa chute de cheval n’était finalement pas si grave que cela. Mais vexée par la réaction de James quand il l’aperçoit, Violet s’en va en guerre contre ce dernier et rien ne pourra l’arrêter !

Enfin, rien sauf peut-être un mari prêt à en découdre et à prouver que lui aussi au jeu des coups tordus, il peut se défendre. Les deux époux sont un peu ridicules et se comportent comme des enfants têtus et entêtés, mais qu’est-ce qu’ils m’ont amusée. Je me suis surprise plusieurs fois à rire devant l’imagination débordante de Violet qui va très loin pour gagner la bataille, et devant l’esprit retors de James qui louvoie pour retourner les machinations de sa femme contre elle. Lui-même se laisse parfois déborder par les événements et se place dans des situations délicates, que sa femme se fait à son tour un plaisir de retourner contre lui. Il y a quelque chose de très théâtral dans le jeu de dupes dans lequel se sont lancés le mari et la femme.

Un jeu de dupes qui aura le mérite de leur permettre de briser la glace et de recommencer à se parler, à interagir et à se redonner mutuellement une place dans leur vie.  Et comme on pouvait s’en douter en se rappelant leur première rencontre pleine d’une alchimie brûlante, les deux têtes de mule ont beau feindre l’indifférence, elles sont inexorablement attirées l’un vers l’autre ! J’ai adoré l’attraction physique entre James et Violet et la manière dont ils ne peuvent s’empêcher de se dévorer du regard, tout en prétendant, sans grand succès, le contraire. Je peux donc vous dire que j’attendais avec impatience la concrétisation de leur retour de flamme ! Quant à savoir si j’ai été exaucée sur ce point, il vous faudra bien sûr vous plonger dans cette truculente romance, qui change clairement de ce qu’on a l’habitude de voir.

Chose assez rare pour moi, j’ai autant aimé Violet que son mari. Les deux peuvent se révéler parfois agaçants, mais les deux sont diablement drôles, attachants et touchants dans leurs doutes et leurs insécurités, notamment James vis-à-vis de son père et de son envie de réussir pour Violet. On peut dire que destin ou pas, rancœur ou non, ils ont entre eux quelque chose de rare que tout romantique dans l’âme ne pourrait que leur envier. Moi-même qui ne suis pas vraiment fleur bleue, j’ai ressenti des papillons dans le ventre à chacune de leur rencontre, à chacun de leur regard et à chaque fois qu’ils pensaient l’un à l’autre.

Au-delà de l’humour omniprésent et des coups tordus, cette histoire, c’est aussi l’occasion pour l’autrice d’évoquer tout un panel de sujets intéressants : l’estime de soi, le manque de confiance en soi, les relations familiales difficiles et les attentes parentales écrasantes, le poids des mœurs sociétales de l’époque, mais aussi le manque de communication dans le couple et l’importance de la confiance entre deux partenaires. La plupart de ces points étant parfaitement illustrés dans le motif de la brouille entre les deux époux, un motif que l’on ne découvre qu’au bout d’un moment et qui, au regard du passé de James et de sa personnalité, ne semble pas aussi futile que cela. J’ai, en revanche, été surprise de la capacité des deux époux à rester quatre ans en froid sans tenter une réconciliation, alors que clairement, ils n’ont jamais cessé de s’aimer. Chose dont personne n’a jamais douté dans leur entourage.

On fait d’ailleurs la connaissance des amis de chacun et le moins que l’on puisse dire, c’est que les personnalités, bien que classiques, sont plutôt variées : une veuve de caractère qui parle sans tabou autant d’argent que d’amant, plutôt choquant pour l’époque, une belle jeune femme timide mais loyale, un homme de mauvaise réputation qui semble se prendre d’affection pour celle-ci, un play-boy refusant de se caser, mais qui aime se lancer dans des joutes verbales avec notre veuve, un frère touchant qui tente de raisonner son têtu de cadet et toujours amoureux de son premier amour, un ami qui a un secret à cacher…

Nul doute que nous avons ici le terreau prometteur de futures romances que je serais ravie de découvrir, ayant particulièrement accroché au style de l’autrice et à l’ambiance romantique qu’elle a su instaurer en s’appuyant sur un contexte historique précis et plein de charme. De la fluidité de sa plume à son humour simple, mais diablement efficace, en passant par la manière dont elle a su construire et développer des personnages têtus, drôles et attachants que l’on rêverait d’ajouter à notre cercle d’amis, tout m’a plu !

En conclusion, si vous avez envie d’une romance pétillante et amusante qui se passe durant la période de la Régence anglaise, Les caprices de lady Violet est fait pour vous. De la première à la dernière page, on s’esclaffe, parfois sottement, on rit devant des plans complètements abracadabrantesques, on partage des conversations entre ami(e)s qui ne manquent pas de piquant, mais surtout, on se réjouit de l’alchimie électrique et des interactions pleines de mordant entre deux époux en froid qui vont bien finir par devoir se rendre à l’évidence : ils sont faits l’un pour l’autre !

 

Les célibataires de Bow Street : Les mariés du secret, Kate Bateman

Les mariés du secret

Pour échapper à un mariage forcé, Georgiana croyait avoir trouvé la parade idéale : épouser un condamné à mort déniché à la prison de Newgate. Sitôt mariée, sitôt veuve… Enfin, elle sera libre !
Quelle n’est pas sa stupeur quand, lors d’un bal, elle se retrouve nez à nez avec son mari !
Le soi-disant bagnard était en réalité un agent gouvernemental en mission secrète. Désormais, ils sont légalement unis. Or, le fringant Benedict déborde de charme et n’est pas du genre à se laisser ignorer…

J’ai lu pour elle (06/01/2021) – 320 pages – 7,80€ – Traduction : Élisabeth Luc

AVIS

Ces derniers mois, j’ai enchaîné les romances historiques, mais je dois dire que celle-ci se démarque. Si elle ne suit pas le schéma ennemies to lovers que j’affectionne tant, elle possède beaucoup d’autres atouts.

À commencer par une romance dénuée d’une once de toxicité, ce qui est rarissime ! Bien que Benedict soit fortement attiré par la très indépendante Georgiana, à aucun moment, il ne se comporte comme un conquérant sûr de son bon droit. Non, il lui fait comprendre qu’elle l’attire beaucoup et qu’il serait disposé à lui faire découvrir le monde de la volupté et des sens si tel était son désir. Il n’insiste pas, ne se montre pas possessif, n’essaie pas de diriger sa vie ou de l’empêcher de prendre des risques malgré sa peur qu’il lui arrive malheur, il exprime sa sincère admiration devant son indépendance, son intelligence et ses compétences dans différents domaines… En un mot comme en cent, il la respecte et la traite bien comme un individu à part entière, et non comme une frêle personne à protéger d’elle-même et des autres ! Et cela fait de Benedict l’un de mes protagonistes masculins préférés…

Quant à Georgiana, je l’ai tout simplement adorée ! À la tête de sa famille depuis le décès de son père dont elle était proche, elle gère d’une main de maître, et avec une rare intelligence, les affaires familiales qu’elle a su faire fructifier. Richissime et belle à souhait, elle a tout pour plaire, ce qui, hélas, lui attirera l’attention d’hommes, plus ou moins honnêtes, qui aimeraient bien mettre la main et sur la belle et sur sa fortune. Et parmi ces hommes, il y a son très insistant cousin qu’elle est bien décidée à tenir à distance, quitte à employer des moyens radicaux comme épouser un condamné à mort juste avant son exécution. C’est que question liberté, une veuve est bien mieux lotie qu’une belle héritière !

Malheureusement pour elle, ou pas, le condamné ne l’était pas vraiment, et ce n’est pas à un malfrat auquel elle s’est liée, mais à Benedict, un noble sans fortune, en mission pour une unité de police un peu spéciale. De fil en aiguille, les deux époux décident de collaborer : Benedict va faire semblant de la courtiser avant de l’épouser publiquement afin de prévenir tout scandale lié aux circonstances de leur précédent mariage. La jeune femme va, quant à elle, mettre ses relations et ses compétences dans le domaine maritime au service de Benedict afin de l’aider à résoudre son enquête et à déjouer un complot visant à libérer Napoléon ! Une tâche qu’elle est ravie d’accomplir, elle qui rêve tant d’aventure. Après cette mission et ce mariage public, la route des deux intrigants devrait se séparer, une réelle relation maritale entre les deux semblants exclue… Mais l’est-elle vraiment ?

Bien qu’on reste très éloigné d’une enquête digne d’un roman policier, j’ai beaucoup apprécié cette petite touche policière qui apporte un certain suspense et une tension intéressante, les deux époux/associés se retrouvant parfois dans des situations non dénuées de danger. Un danger qui va les rapprocher et qui va les pousser, chacun de leur côté, à réfléchir à leurs sentiments et à leur attirance mutuelle. Je n’ai eu, pour ma part, aucun mal à croire aux sentiments qui se développent entre eux, leur complicité teintée de désir s’imposant aux lecteurs dans toute sa force et sa beauté !

J’ai, en outre, adoré la manière dont l’autrice a su gérer leur attraction mutuelle. C’est fait avec élégance, douceur, bienveillance et sensibilité tout en étant assez passionné pour que l’on ressente l’intensité du désir qui crépite entre Benedict et Georgiana. Cette dernière, partagée entre raison et sentiments, va devoir apprendre à lâcher-prise quand Benedict va apprendre, à ses côtés, à oublier ce que la société attend d’un homme dans un mariage… Il y a d’ailleurs quelque chose, du moins pour l’époque, d’avant-gardiste dans leur couple, encore une chose à porter au crédit de l’autrice !

En ce qui concerne les personnages secondaires, j’aurais peut-être aimé qu’ils soient un peu plus développés, mais cela ne m’a pas empêchée d’être très amusée par la sœur de Georgiana et son prétendant, un poète au talent très subjectif. Un couple qui se révèle, à sa manière, plutôt attendrissant d’autant qu’il va devoir affronter les réticences d’une mère qui aurait aimé que sa cadette fasse un très beau mariage, sous-entendu un mariage avec quelqu’un de riche et de titré… Ce premier tome nous permet également de faire la connaissance des amis de Benedict qui seront probablement au centre des tomes suivants de la série. Je croise d’ailleurs les doigts pour apprécier leurs aventures parce qu’avec Benedict, l’autrice a mis la barre assez haut. Mais vu les atouts de ce premier tome, j’aurais tendance à lui faire totalement confiance…

En conclusion, sans être un coup de cœur, cette romance historique m’a enchantée, l’autrice nous offrant une relation amoureuse saine et pleine de tendresse entre deux personnes attachantes, dont le désir va croître dans la complicité, la compréhension, la bienveillance et l’aventure. Une belle romance que je recommanderais aux romantiques dans l’âme, mais aussi aux personnes ayant envie d’une histoire qui les tiendra autant en haleine par le dénouement amoureux qu’une enquête les conduisant dans les bas-fonds de Londres.

Les Sœurs Charbrey, Tome 1 : Sans orgueil ni préjugé, Cassandra O’Donnell

Couverture Les soeurs Charbrey, tome 1 : Sans orgueil ni préjugé

Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Sa passion dévorante pour les sciences emplit suffisamment sa vie sans qu’elle ait besoin de s’encombrer d’un époux. Cette soif d’indépendance, elle la dissimule derrière une prétendue maladie qui la contraint à rester recluse chez elle, à l’abri des regards courroucés de la haute société. En accompagnant sa jeune sœur Rosalie faire ses débuts à Londres, Morgana était loin d’imaginer que sa beauté et son caractère emporté attireraient l’attention de l’insupportable et ô combien séduisant comte Greenwald…

J’ai lu (22 mars 2013) – 256 pages

AVIS

Ayant lu récemment le deuxième roman de la série, j’ai eu envie de relire le premier. Et si la lecture fut plaisante et divertissante, j’ai relevé deux ou trois scènes qui m’ont gênée, mais qui ne m’avaient pas sauté aux yeux lors de ma première lecture. Elles soulèvent la question du consentement dans la mesure où il semble nécessaire de rappeler qu’un non de la part d’une femme ne signifie rien d’autre que NON ! Cela ne sous-entend pas qu’elle attend d’un homme qu’il la cajole pour faire tomber ses barrières, qu’elles soient réelles ou n’existent que dans l’esprit d’un partenaire plus soucieux de son plaisir que du respect de sa partenaire.

Malgré ces quelques scènes, hélas très courantes dans les romances, j’ai apprécié la plume de l’autrice tout en légèreté et en piquant à l’image de son duo plein de mordant. Si le comte Greenwald, un chenapan qui n’a pas sa langue dans sa poche, ne manque pas de charme, c’est bien l’héroïne qui m’a donné envie de tourner les pages.

Comme dans beaucoup de romances historiques, la jeune femme possède un sens aigu de la répartie et une liberté d’esprit qu’elle n’a guère envie de sacrifier sur l’autel du mariage, une prison dont elle se passerait volontiers. Mais là où elle se distingue vraiment, c’est par son intelligence qui frise le génie. En plus de gérer d’une main de maître le domaine de son oncle, de faire de fructueux investissements et de veiller sur ses sœurs, elle se révèle être une brillante ingénieure et scientifique. Une femme accomplie qui ne pourra que vous impressionner par ses multiples talents, et sa volonté de les exercer en dépit de l’aura de scandale que ses activités pourraient amener sur sa famille si elles venaient à être découvertes.

Si Morgana ne souhaite pas se marier, elle désire laisser cette porte ouverte à ses sœurs, et notamment à Rosalie en âge de faire ses débuts dans le monde. Elle l’accompagne donc à Londres sans se douter un instant que ce n’est pas le cœur de sa sœur qui risque d’être ravi, mais bien le sien… Sa rencontre avec Greenwald nous permet d’emblée de comprendre que la relation entre les deux va faire des étincelles, le comte, homme de son temps, semblant avoir une vision des femmes bien différente de celle Morgana. Malgré les préjugés de cette dernière sur ce personnage aux multiples facettes, une certaine complicité va s’installer entre les deux, le comte n’étant peut-être pas cet être vil auquel elle s’était attendue.

Mais la jeune femme est-elle prête à céder au comte, qui ne cache pas son envie d’être à ses côtés, sous peine de renoncer à cette liberté tant appréciée ? Le roman étant relativement court, les choses entre les personnages avancent assez vite, ce qui ne m’a pas dérangée appréciant beaucoup leur complicité et leurs joutes verbales qui amusent autant les lecteurs que la noblesse londonienne. Mais si vous êtes en quête d’un roman développant le contexte historique et entrant en profondeur dans la psychologie des personnages, vous pourriez rester sur votre faim. Pour ma part, j’ai apprécié que l’autrice aille droit au but d’autant cela correspond parfaitement à la personnalité de Greenwald qui est un homme d’action bien plus que de raison.

La beauté de Morgana, mais surtout sa vivacité d’esprit, son humour et son extravagance le fascinent et le poussent inexorablement vers elle. Ce personnage, sans avoir été un coup de cœur, se révèle intéressant par son évolution et sa prise de conscience face à la personnalité complexe d’une femme qui l’a conquis au premier regard ou presque. Quant à Morgana, elle va s’ouvrir à la volupté aux côtés de cet attirant et agaçant comte. Mais elle va surtout réaliser que son cœur n’est peut-être pas aussi fermé qu’elle le pensait, et qu’il est parfois nécessaire de ne pas juger trop vite autrui sous peine de faire quelques erreurs d’interprétation.

Au-delà de la romance et de l’attraction presque animale entre nos deux fortes têtes, le roman accorde une belle place à la famille, Morgana étant très proche des siens. De l’oncle qui respecte la liberté d’esprit de sa nièce à la géniale tante fantasque et très ouverte d’esprit, en passant par les sœurs de Morgana sur lesquelles elle veille telle une maman poule, tous se révèlent attachants et nous donnent envie d’apprendre à les connaître. Chose en partie réalisée avec Rosalie dans le deuxième tome qui lui est consacré.

En conclusion, si vous avez envie d’une lecture légère mêlant personnages hauts en couleur, jeu de séduction, malentendus, humour et réparties qui fusent, vous devriez vous régaler avec cette romance historique pleine de piquant.

Le jardin des mensonges, Amanda Quick

Couverture Le jardin des mensonges

Ursula Kern fait face à la pire crise de sa carrière, et de son existence. Son employée et amie Anne est retrouvée morte et la police conclut à un suicide. Mais Ursula ne peut y croire : des indices probants lui font soupçonner un meurtre. Elle décide donc de mener l’enquête en remplaçant Anne sur son lieu de travail. « Une folie ! » la met en garde Slater Roxton, un riche archéologue qui lui impose sa présence troublante pour résoudre cette sombre affaire. Entre un assassin à débusquer et Slater, dont la personnalité énigmatique cache un tempérament ardent, Ursula comprend vite qu’elle court au-devant de grands dangers…

J’ai lu (31 octobre 2018) – 376 pages – Poche (7,40€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si j’apprécie la collection Aventures et passions des éditions J’ai lu, c’est le titre du roman qui m’a poussée à le lire puisqu’il contenait le mot jardin tiré au sort dans le cadre du Challenge 1 mot, des titres. Comme toujours avec cette collection, j’ai passé un bon moment de détente, mais je dois concéder, à regret, que je n’ai pas forcément ressenti les petits papillons que d’autres romances historiques m’ont procurés. La faute, probablement, à une histoire qui manque peut-être d’un peu de peps…

L’enquête au cœur du récit est intéressante, mais pas trépidante, surtout si comme moi, vous aimez les romans policier. Même chose du côté de la romance en trame de fond qui ne s’est pas révélée aussi piquante et mordante que je l’aurais souhaité. Or, ce sont les échanges passionnés et les réparties qui fusent qui déterminent l’attachement que je peux ressentir envers des personnages et leur histoire d’amour. Mais cela n’ôte rien à la maîtrise avec laquelle Amanda Quick tisse sa toile autour de ses personnages, les poussant progressivement et inexorablement à se rapprocher… 

Ursula est une femme admirable qui, après un scandale ayant entaché gravement sa réputation, a dû rebondir et se réinventer une vie à son image et à la hauteur de ses talents. Entrepreneuse dans l’âme, intelligente et travailleuse, elle a ainsi monté une agence de secrétariat qui connaît son petit succès et bénéficie d’une certaine reconnaissance. Rien donc ne la prédisposait à se lancer dans une enquête policière si ce n’est la mort de son amie et employée, Anne. La thèse officielle parle de suicide, mais Ursula en est persuadée, Anne a été assassinée !

Elle décide donc de se lancer sur la piste de son meurtrier et trouve un soutien inattendu en la personne d’un client et riche archéologue, Slater. Ce gentleman se refuse à la laisser prendre des risques inconsidérés et met donc ses ressources financières, son personnel de maison et son intelligence à son service. Surprise dans un premier temps, Ursula ne peut qu’accepter cette aide inespérée, son enquête la mettant dans des situations délicates, voire franchement dangereuses. Être une excellente patronne, secrétaire et sténographe ne vous prédispose pas, en effet, à affronter la mort de près, comme notre intrépide héroïne va le découvrir.

De fil en aiguille, on remonte la piste du meurtrier d’Anne avant de comprendre que la jeune femme, trop téméraire pour son propre bien, s’est probablement lancée dans une affaire bien trop importante pour elle, et qu’elle en a payé le prix fort. Et si derrière l’ambiance feutrée des salons, les jardins luxuriants et merveilleusement entretenus d’une lady et les apparences d’un monde aristocratique policé, la réalité était bien plus sordide ? Drogue, prostitution, manipulation, chantage… Il n’y a pas à dire, l’aristocratie anglaise n’a rien à envier aux petits voyous des bas-fonds de Londres. Mais à trop jouer avec le feu, ne risque-t-on pas de se brûler et de tomber sur plus fort et sournois que soi ?

J’ai apprécié de suivre nos personnages dans leurs investigations, mais je n’ai jamais ressenti les frissons d’une traque ou le suspense d’une bonne histoire policière. On est dans une enquête assez convenue qui bénéficie d’un bon rythme, mais qui n’a pas su me tenir en haleine d’autant qu’à mesure que l’on apprend à connaître la personnalité de la victime, l’envie de découvrir son assassin s’amenuise. Évidemment, un meurtre se doit d’être puni, mais Anne ne se révèle pas assez sympathique pour qu’on ait envie qu’Ursula prenne des risques pour lui rendre justice.

Car, à l’inverse d’Anne, on se prend rapidement d’affection pour Ursula qui se montre courageuse, peut-être un peu trop au goût de Slater qui préférerait la savoir à l’abri dans son bureau qu’en plein milieu d’une enquête pour meurtre. Mais malgré ses craintes, il veille à ne jamais se montrer directif ou autoritaire, ce qui ne l’en rend que plus sympathique. Ainsi, il respecte et admire la pugnacité et la force de caractère d’Ursula, ces qualités faisant vibrer le cœur de cet homme sur lequel plane un certain mystère savamment entretenu par l’autrice. Nous sommes dans une romance, vous vous doutez donc qu’il y aura un rapprochement entre les deux partenaires, mais c’est fait avec beaucoup de naturel et de tact. Complices et complémentaires, Ursula et Slater semblent faits pour s’entendre sans néanmoins que l’un soit une pâle copie de l’autre ou que leurs sentiments amoindrissent leur personnalité.

Leur entente ne fait donc aucun doute, mais n’empêchera pas certains petits malentendus et autres incompréhensions. Il faut dire qu’Ursula, échaudée par son premier mariage, et Slater, encore affecté par une épreuve traumatisante, ne sont pas les personnes les plus expressives et expansives qu’il soit. Heureusement, leur attirance physique et intellectuelle sera assez forte pour les pousser l’un vers l’autre, sans oublier le petit coup de pouce de la mère de Slater, certaine qu’Ursula est la femme qu’il faut à son fils.

En plus de ce joli duo plein de tendresse, j’ai apprécié les personnages secondaires qui ne prennent pas une place prépondérante dans l’intrigue, mais qui possèdent cette touche d’originalité qui intrigue et éveille la curiosité des lecteurs. Slater, malgré les ragots de la presse sur ses prétendues pratiques sexuelles déviantes, se révèle être un cœur tendre qui n’a pas hésité à embaucher, sur demande de sa mère, des comédiens ratés, ou en attente de représentations, pour leur éviter l’écueil de la rue. D’ailleurs, si ses employés sont amusants et hauts en couleur, ils ne correspondent pas vraiment à l’image que l’on peut se faire du personnel de maison d’un riche gentleman… Mais cette largesse de cœur, dont il se défend, ne doit pas faire oublier que Slater peut également se révéler être un redoutable ennemi pour ceux qui le menacent ou qui tentent de s’en prendre à l’élue de son cœur. Maniant aussi bien la diplomatie que la force brute, voici un personnage complexe, énigmatique, mais aussi terriblement attachant que ce soit dans sa prévenance envers Ursula ou son manque de confiance en lui quand il s’agit de son droit à être aimé.

En conclusion, Le jardin des mensonges est une romance historique, sous fond d’enquête policière, qui devrait ravir les amateurs de jolies histoires d’amour et de duos complices et complémentaires que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties et leurs échanges. Agréable et sympathique à lire, voici un roman qui offre un bon moment de divertissement alternant entre action et tendres sentiments.

Les Brumes de Cendrelune – Le jardin des âmes, Georgia Caldera #PLIB2020

J’ai lu Les Brumes de Cendrelune dans le cadre du PLIB2020. Un roman qui fait partie de mes 5 sélectionnés.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le royaume de Cendrelune, les dieux épient les pensées des hommes, et leur Exécuteur, l’Ombre, veille à condamner tous ceux qui nourriraient des envies de rébellion. Or, il semble que certaines failles existent. À l’âge de 17 ans, Céphise ne vit en effet que pour se venger. Depuis qu’on l’a amputée d’une partie d’elle-même et privée de sa famille, elle ne rêve plus que d’une chose : s’affranchir de la tyrannie du tout-puissant Orion, Dieu parmi les dieux. Et contre toute attente, il se pourrait qu’elle ne soit pas seule…

J’AI LU (2 octobre 2019) – 349 pages – 13,90€ – #9782290165614

AVIS

Je ne m’attendais pas à adhérer autant à la plume de l’autrice qui, dès les premières pages, a su m’embarquer dans son univers. Un univers sombre et violent dans lequel les habitants sont à la merci de l’Empereur-Dieu Orion. Un être au-dessus de tous, humains et autres déités compris, omniscient, omniprésent et sans cœur. Il n’hésite ainsi pas à asservir, à espionner les pensées de chacun et à faire tuer chaque semaine les personnes qui pourraient, dans le futur, se rebeller. Des meurtres préventifs qui ne peuvent que révolter…

C’est dans ce climat de peur que Céphise voit sa famille détruite, ses parents assassinés, et son frère enrôlé de force dans l’armée avant elle-même de subir les foudres de l’Ombre. Le Premier Exécuteur d’Orion punit ainsi la jeune fille pour les insultes émises par son père. Mutilée, Céphise devient alors une Rapiécée, une moins-que-rien dont une partie des membres est remplacée par des prothèses de métal. Comment alors ne pas comprendre son envie de vengeance ? Un sentiment qui l’a guidée durant les années qui ont suivi ce terrible traumatisme et qui l’ont endurcie jusqu’à ce qu’un événement, celui de trop, la fasse craquer et la pousse à s’attaquer à un être bien plus puissant qu’elle. Mais contre toute attente, en croisant le regard de l’Ombre, ce n’est pas la mort qu’elle rencontre, mais un tout autre monde qui s’offre à elle… et à lui. Un monde qui soulève de nombreuses questions, mais que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes.

Alors que l’autrice alterne les points de vue, on entre de plain-pied dans ce monde sombre et ultraviolent dans lequel aucune erreur ni mauvaise pensée envers les dieux ne sont permises. Mais petit à petit, les choses nous semblent bien plus complexes et moins binaires qu’il n’y paraît. Les méchants, le sont-ils tous vraiment ou leurs agissements, du moins en partie, ne sont-ils pas dictés par les circonstances et le poids d’une dictature qui a faussé leur sens moral ? Une question que l’on vient obligatoirement à se poser en suivant le parcours de l’Ombre, un être hybride abject qui n’hésite pas à tuer toutes les personnes que son père lui ordonne de faire passer de vie à trépas. De fil en aiguille, l’image du monstre finit néanmoins par se déliter au profit de celle d’un être isolé, perdu, victime de pouvoirs qui le dépassent et qui anéantissent tout sur leur passage quand ils ne sont pas maîtrisés.

Sous le joug de son père, maître et Dieu, ses émotions sont comme anesthésiées et remplacées par un sens aigu du devoir qui le pousse à tuer sans sourciller. Mais la situation va changer quand il découvrira sa connexion inattendue et inexplicable avec une simple humaine, Céphise. Comment expliquer que l’Ombre, qui déteste les humains, va tout faire pour la protéger alors qu’il vient à peine de la rencontrer ? Il n’en sait rien lui-même, mais est bien décidé à le découvrir même si Céphise ne semble pas prête à lui faciliter la tâche. Courageuse, têtue, et mue par une haine sans pareille à son égard, cette jeune femme ne peut qu’attirer le respect des lecteurs bien que ses agissements semblent parfois manquer de réflexion. Mais difficile de lui en tenir rigueur au regard de tout ce qu’elle a dû traverser et de la terreur que cette vie de captive auprès de l’Ombre lui inspire. La jeune femme, en plus d’avoir une grande force de caractère, vous réserve également quelques surprises… 

Si l’univers développé par l’autrice avec sa mythologie et cette idée d’un Dieu-Empereur impitoyable dominant le monde est fascinant et très bien construit, force est de constater que c’est bien la relation entre l’Ombre et Céphise qui rend le roman aussi addictif. De fil en aiguille, leur relation évolue, chacun découvrant les faiblesses de l’autre sans pour autant que nous ayons l’impression de tomber dans une relation niaise ou malsaine. À ce stade de l’histoire, la haine est encore bien présente, Céphise ne pouvant pardonner la mort des siens et de milliers de personnes innocentes à l’Ombre juste parce que derrière le masque de froideur, se cache un être avec ses propres douleurs.

Un aspect que j’ai apprécié et qui sonne résolument juste. C’est probablement la raison pour laquelle mon cœur de lectrice a souvent été partagé vis-à-vis de l’Ombre qui se révèle d’une prévenance et d’une grande gentillesse envers Céphise tout en étant la personne responsable de tous ses malheurs. Évidemment, le Premier Exécuteur n’est qu’un outil de mort au service d’Orion qui l’a éduqué et façonné pour le rendre froid et implacable, mais le poids de l’éducation excuse-t-il pour autant ses agissements ? Une question qui se pose d’autant qu’aux côtés de Céphise, l’Ombre s’adoucit et gagne en humanité. Une évolution particulièrement bien amenée qui rend le personnage très touchant, ce qui explique peut-être que la fin m’ait tellement marquée et donné envie de me jeter sur la suite.

Les personnages secondaires se révèlent également intéressants et plutôt nuancés à l’instar d’Héphaïstos, demi-frère de l’Ombre qu’il déteste. Ce dieu m’a touchée notamment pour sa totale dévotion envers une autre personne… Je n’en dirai pas plus sur ce personnage afin d’éviter de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous révéler que c’est peut-être celui qui m’a le plus surprise. On sent un réel potentiel autour de ce dernier, et je croise les doigts pour qu’il prenne encore plus d’importance dans la suite de la trilogie que je continuerai d’ailleurs avec plaisir.

En conclusion, je m’attendais à une lecture sympathique et distrayante, je me suis retrouvée avec un livre que j’ai dévoré et qu’il m’a été presque douloureux de lâcher chaque soir. D’une plume immersive, rythmée et non dénuée de poésie, Georgia Caldera nous plonge avec force dans un univers sombre et violent dominé par les dieux et leur implacable manque d’humanité. Mort, asservissement, doutes, peur, mais aussi espoir et révélations marqueront votre lecture en même temps que le métal froid et implacable de la vengeance… Les astres se sont rencontrés, la toile du destin est altérée et le vent de la révolte commence enfin à souffler !

Retrouvez un extrait/le roman sur le site des éditions J’ai lu pour elle.

 

Et mon cœur transparent, Véronique Ovaldé

J’ai lu Et mon cœur transparent de Véronique Ovaldé dans le cadre du Challenge Mystère. Il s’agit d’un roman que j’ai eu la chance de remporter sur Twitter grâce aux éditons J’ai lu et à Baz’art.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sait-on jamais avec qui on vit ? Lorsque Lancelot apprend la mort de sa femme, qu’il aimait à la folie, son univers s’écroule. Et il va vivre un a Très Grand Choc Supplémentaire a en découvrant qu’Irina n’était que mystères. Malgré la violence de son chagrin, l’homme décide d’enquêter sur celle dont il ignorait tout, qui posait des bombes, qui était orpheline d’un père bien vivant, celle qui est morte dans la voiture d’un inconnu.

  • Poche: 221 pages
  • Éditeur : J’ai lu (24 août 2009)
  • Prix : 6,80€

AVIS

Je vais avoir quelques difficultés à vous parler de cette lecture qui m’a, par bien des aspects, décontenancée à commencer par la plume de l’autrice. C’est le premier ouvrage que je lis de cette dernière et je dois bien admettre que son style est particulier et tout en contradiction. À commencer par cette manière assez étrange d’allier poésie des mots et des images et brutalité d’un style parfois à la limite du robotique. Le résultat met parfois mal à l’aise, séduit, dérange, mais il est surtout hypnotique. Alors que je n’ai pas apprécié cette impression de dépersonnalisation dans la narration, j’ai pourtant été happée par ma lecture désirant en apprendre plus sur Lancelot et sa mystérieuse défunte femme.

Lancelot apprend, en effet, que sa chère et tendre Irina est morte dans un accident de voiture. Ce premier choc passé, il lui faudra faire face à des révélations comme la présence d’un autre homme au moment de sa mort, la découverte de recettes plutôt explosives, l’apparition d’un prétendu père pourtant supposé mort... Des révélations qui vont le pousser dans ses retranchements, le perturber, mais surtout le confronter à une terrible et angoissante vérité : il ne connaissait pas sa propre femme ! À mesure qu’il essaie de reconstituer le puzzle de la vie de son épouse, l’image de celle-ci vacille entre réminiscences des moments heureux et moments de doute. Connaît-on vraiment la personne avec laquelle on vit ?

Une question qui va tarauder Lancelot et qui va le conduire sur une route dangereuse, celle de la vérité, mais aussi de la découverte de soi. Le lecteur est ainsi témoin muet des pensées et tergiversations d’un homme anéanti autant par la mort de sa femme que le constat que celle qu’il pensait connaître était en fait une parfaite inconnue. À travers ses souvenirs, on se rend néanmoins compte que plusieurs éléments auraient dû lui mettre la puce à l’oreille… Mais Lancelot, homme passif qui tend plus à passer à côté de sa vie qu’à la vivre pleinement, a préféré se laisser bercer par l’illusion d’une félicité conjugale qu’une princesse en détresse lui a fait miroiter.

C’est d’ailleurs bien là le problème : encore sous le joug des souvenirs de son enfance avec une mère défaillante et abandonnée par tous les hommes de sa vie, Lancelot s’est lancé dans sa relation avec Irina comme il se serait lancé dans une opération de sauvetage. Est-ce qu’en la rendant heureuse, il s’imaginait un peu sauver sa mère ? Peu importe finalement, car le résultat est là et implacable : à trop vouloir jouer les chevaliers servants au secours de la demoiselle en détresse, il s’est surtout retrouvé dans le rôle du bouffon du roi. Et pourtant, difficile d’incriminer totalement sa femme puisqu’on a l’impression qu’elle s’est simplement adaptée à ce qu’il attendait d’elle… Est-ce que s’il avait été plus à l’écoute des véritables attentes et besoins de son épouse, les choses auraient été différentes ? Difficile, voire impossible de savoir, mais c’est une question qu’on ne peut que se poser.

Lancelot est un personnage auquel il est fort difficile de s’attacher, et ceci, malgré la mort de sa femme. Ni sympathique, ni vraiment antipathique, il est juste d’une fadeur écœurante bien que certaines de ses réactions laissent entrevoir un homme capable de sentiments violents. Mais ce qui m’a vraiment perturbée, c’est que je n’ai pas réussi à ressentir sa peine pour la simple et bonne raison que je n’ai pas cru à son amour pour Irina. On a cette impression qu’il a été attiré par son côté femme au passé difficile et par sa beauté. Quand il parle d’elle, c’est bien souvent son physique et sa capacité de séduction qui sont mis en avant comme si plus que l’amour, c’était la joie de posséder un joli objet qui le poussait à chérir sa femme. D’ailleurs, M. ne faisait jamais l’amour à cette dernière, il la baisait…

Quant à Irina, j’ai regretté que son passé ne soit pas plus exploité, fouillé, décortiqué… On a quelques révélations sur ses activités militantes, mais rien qui ne soit vraiment développé alors qu’il y aurait eu tellement à dire. C’est probablement le point qui m’a le plus dérangée. C’est tellement dommage de nous avoir fait miroiter l’histoire d’une femme et de ses fascinants secrets pour finir par se focaliser sur les pensées d’un mari fade et mou. Il évolue certes un peu au cours du roman et de ses désillusions, mais il se laisse quand même bien porter par les événements… Cela m’a d’ailleurs parfois donné l’impression d’être face à un enfant en quête d’une figure d’autorité capable de remettre sa vie sur les rails et de prendre les grandes décisions pour lui.

Si j’ai été déçue par le fait que le personnage d’Irina ne nous ait pas dévoilé tous ses secrets, l’autrice ayant préféré se focaliser sur les pensées de son mari, j’ai beaucoup aimé la fin. Elle a un côté cynique qui n’est pas pour me déplaire et qui met parfaitement en exergue la complexité de cette femme qui va, d’une certaine manière, mourir de ses contradictions !

Face au caractère presque irréel d’Irina, on ne sera pas surprise que l’autrice fasse quelques incursions dans le fantastique, des objets ayant tendance à disparaître dans la vie de Lancelot. Ce point m’a laissée songeuse, car je n’ai pas réussi à déterminer s’il s’agissait d’une métaphore, d’une réelle volonté d’ajouter un peu de fantastique ou des divagations d’un homme qui passe tellement à côté de sa vie, qu’il ne voit pas le monde changer tout autour de lui, un peu comme s’il y avait un décalage entre la réalité et la sienne.

En conclusion, porté par une plume atypique pouvant se révéler aussi froide et robotique que poétique et chaleureuse, Et mon cœur transparent est un roman qui ne devrait pas vous laisser indifférents. À travers l’histoire d’un homme confronté à la mort de sa femme et aux secrets de son existence, l’autrice nous confronte à une obsédante pensée : connaît-on les personnes avec lesquelles on vit ? Mais à l’issue du roman, on en vient à s’en poser une bien plus terrifiante : se connaît-on soi-même avant d’avoir été confronté au pire ?

Et vous, envie de découvrir Et mon cœur transparent ?

 

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Throwback Tursday Livreque #68 : In the city

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : In the city

Pour ce thème, j’ai d’abord eu envie de vous parler d’un livre lu récemment, Séoul, visages d’une ville, mais j’ai finalement préféré vous présenter un livre lu au collège : Le prince de Central Park, E. H. Rhodes.

Au-delà de cette zone s’étendait un territoire dangereux. Jay-jay savait que des bandes d’adolescents rôdaient (…), prêts à se jeter sur le premier passant assez imprudent pour s’aventurer sur leur terrain de chasse. Lorsque le gibier se faisait rare, les jeunes loups se dévoraient entre eux (…)  »
Quand, à onze ans et en plein New York, Jay-jay s’échappe de l’appartement de sa mère adoptive pour fuir sa tyrannie, on pourrait craindre pour lui. Mais ce Gavroche des temps modernes a plus d’un tour dans sa besace et devient bien vite le Robinson Crusoé de Central Park. Trouvant refuge dans un chêne, il profite de la nuit pour découvrir son nouveau territoire magique… Il y survit au jour le jour, recueille un chien, fait la connaissance d’une vieille femme avec laquelle naît une curieuse amitié. Mais il doit aussi échapper à Elmo, un jeune drogué qui s’est juré de lui faire la peau…

Pour quoi ce choix ?

Je ne me souviens pas forcément de l’histoire en détail ayant lu ce livre au collège, soit il y a plus de 15 ans (ça ne me rajeunit pas d’ailleurs). Mais ce qui est certain, c’est que l’histoire de ce jeune garçon errant dans Central Park m’avait, à l’époque, fortement impressionnée…Et même actuellement, je reste très marquée par ce roman où la soif de liberté se confronte durement à la réalité et à ses dangers. Alors si ce n’est pas déjà fait, je ne peux que vous inviter à découvrir Jay-Jay, un jeune homme courageux et d’une grande débrouillardise. Cette qualité lui sera indispensable pour survivre à ses expéditions dans le poumon vert de la ville qui, une fois la nuit tombée, ne semble plus si accueillant que cela…

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

La malédiction des Montfort, Teresa Medeiros

9782290011645

La malédiction des Montfort est un roman que j’ai lu dans le cadre du challenge « objectif du mois ». L’objectif d’août était de lire un livre du genre que l’on apprécie le moins.

J’ai donc opté pour lire une romance bien que je pense détester encore plus les livres de type 50 nuances de gris. Mais je n’ai pas pu me résoudre à m’infliger pareille torture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

D’une extraordinaire beauté, lady Holly de Chastel ressent le désir qu’elle inspire aux hommes comme un véritable fardeau. Ses innombrables soupirants l’exaspèrent et elle écarte toute demande en mariage en prétendant être affligée de tares rédhibitoires. A bout de patience, son père se résout à organiser un tournoi, dont elle devra épouser le vainqueur. Holly ne peut que se plier à la volonté paternelle mais, le jour de la compétition, elle se présente sous un déguisement qui la rend hideuse. Pour sir Austyn de Montfort, qui défait tous ses rivaux, une femme trop belle est forcément fatale. Remporter la main d’un laideron ne le rebute pas. En outre, la dot énorme de son épouse va lui permettre de remédier au délabrement de son château du pays de Galles. Et puis, nul besoin d’une beauté pour assurer sa descendance ! Quoiqu’il serait plus agréable d’avoir dans son lit une beauté plutôt que cette horrible guenon.

  • Poche: 344 pages
  • Éditeur : J’ai lu (13 octobre 2008)
  • Prix : 6,80

AVIS

J’ai choisi cette romance en raison du titre et plus spécifiquement du terme « malédiction ». J’ai toujours aimé les histoires de magie, de sorcières et de malédiction. J’espérais donc que cet aspect du roman serait très important histoire de rendre la lecture pas trop pénible. Hélas, la malédiction est bien présente mais vous découvrirez qu’elle n’est pas forcément celle que l’on croit. Par conséquent, si comme moi vous espéreriez une bonne dose de magie et de fantastique, je vous conseille de passer votre tour.

En évoquant le Pays de Galles, le résumé m’avait laissé espérer de belles descriptions de paysages. J’avoue sur ce point une certaine naïveté de ma part, les romans d’amour n’étant pas forcément réputés pour leurs qualités littéraires. Pour ne pas être déçus, n’en espérez donc pas.

Les scènes de sexe ne sont heureusement pas trop présentes. C’est un bon point pour moi mais peut-être que pour les personnes intéressées par ce type d’ouvrage, ce n’en est pas un… J’ai par contre été agacée par la banalisation du viol et très sceptique face aux réactions de Lady Holly de Chastel vis-à-vis des maltraitances psychologiques et physiques de son époux.

J’ai toutefois été agréablement surprise par le style de l’auteur. La plume n’est pas magnifique mais l’écriture n’est pas lourde et le vocabulaire pas trop simpliste.

MA NOTE : 2,5/5

En résumé, je suis contente d’avoir su respecter l’objectif du mois. Il m’a permis d’une part, de confirmer mon manque d’appétence pour les romances pures tout en me permettant de venir à bout de certains de mes préjugés. Je m’étais en effet attendue à un style d’écriture épouvantable alors que, sans faire d’étincelles, la plume de l’auteure est tout à fait acceptable.