Et mon cœur transparent, Véronique Ovaldé

J’ai lu Et mon cœur transparent de Véronique Ovaldé dans le cadre du Challenge Mystère. Il s’agit d’un roman que j’ai eu la chance de remporter sur Twitter grâce aux éditons J’ai lu et à Baz’art.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sait-on jamais avec qui on vit ? Lorsque Lancelot apprend la mort de sa femme, qu’il aimait à la folie, son univers s’écroule. Et il va vivre un a Très Grand Choc Supplémentaire a en découvrant qu’Irina n’était que mystères. Malgré la violence de son chagrin, l’homme décide d’enquêter sur celle dont il ignorait tout, qui posait des bombes, qui était orpheline d’un père bien vivant, celle qui est morte dans la voiture d’un inconnu.

  • Poche: 221 pages
  • Éditeur : J’ai lu (24 août 2009)
  • Prix : 6,80€

AVIS

Je vais avoir quelques difficultés à vous parler de cette lecture qui m’a, par bien des aspects, décontenancée à commencer par la plume de l’autrice. C’est le premier ouvrage que je lis de cette dernière et je dois bien admettre que son style est particulier et tout en contradiction. À commencer par cette manière assez étrange d’allier poésie des mots et des images et brutalité d’un style parfois à la limite du robotique. Le résultat met parfois mal à l’aise, séduit, dérange, mais il est surtout hypnotique. Alors que je n’ai pas apprécié cette impression de dépersonnalisation dans la narration, j’ai pourtant été happée par ma lecture désirant en apprendre plus sur Lancelot et sa mystérieuse défunte femme.

Lancelot apprend, en effet, que sa chère et tendre Irina est morte dans un accident de voiture. Ce premier choc passé, il lui faudra faire face à des révélations comme la présence d’un autre homme au moment de sa mort, la découverte de recettes plutôt explosives, l’apparition d’un prétendu père pourtant supposé mort... Des révélations qui vont le pousser dans ses retranchements, le perturber, mais surtout le confronter à une terrible et angoissante vérité : il ne connaissait pas sa propre femme ! À mesure qu’il essaie de reconstituer le puzzle de la vie de son épouse, l’image de celle-ci vacille entre réminiscences des moments heureux et moments de doute. Connaît-on vraiment la personne avec laquelle on vit ?

Une question qui va tarauder Lancelot et qui va le conduire sur une route dangereuse, celle de la vérité, mais aussi de la découverte de soi. Le lecteur est ainsi témoin muet des pensées et tergiversations d’un homme anéanti autant par la mort de sa femme que le constat que celle qu’il pensait connaître était en fait une parfaite inconnue. À travers ses souvenirs, on se rend néanmoins compte que plusieurs éléments auraient dû lui mettre la puce à l’oreille… Mais Lancelot, homme passif qui tend plus à passer à côté de sa vie qu’à la vivre pleinement, a préféré se laisser bercer par l’illusion d’une félicité conjugale qu’une princesse en détresse lui a fait miroiter.

C’est d’ailleurs bien là le problème : encore sous le joug des souvenirs de son enfance avec une mère défaillante et abandonnée par tous les hommes de sa vie, Lancelot s’est lancé dans sa relation avec Irina comme il se serait lancé dans une opération de sauvetage. Est-ce qu’en la rendant heureuse, il s’imaginait un peu sauver sa mère ? Peu importe finalement, car le résultat est là et implacable : à trop vouloir jouer les chevaliers servants au secours de la demoiselle en détresse, il s’est surtout retrouvé dans le rôle du bouffon du roi. Et pourtant, difficile d’incriminer totalement sa femme puisqu’on a l’impression qu’elle s’est simplement adaptée à ce qu’il attendait d’elle… Est-ce que s’il avait été plus à l’écoute des véritables attentes et besoins de son épouse, les choses auraient été différentes ? Difficile, voire impossible de savoir, mais c’est une question qu’on ne peut que se poser.

Lancelot est un personnage auquel il est fort difficile de s’attacher, et ceci, malgré la mort de sa femme. Ni sympathique, ni vraiment antipathique, il est juste d’une fadeur écœurante bien que certaines de ses réactions laissent entrevoir un homme capable de sentiments violents. Mais ce qui m’a vraiment perturbée, c’est que je n’ai pas réussi à ressentir sa peine pour la simple et bonne raison que je n’ai pas cru à son amour pour Irina. On a cette impression qu’il a été attiré par son côté femme au passé difficile et par sa beauté. Quand il parle d’elle, c’est bien souvent son physique et sa capacité de séduction qui sont mis en avant comme si plus que l’amour, c’était la joie de posséder un joli objet qui le poussait à chérir sa femme. D’ailleurs, M. ne faisait jamais l’amour à cette dernière, il la baisait…

Quant à Irina, j’ai regretté que son passé ne soit pas plus exploité, fouillé, décortiqué… On a quelques révélations sur ses activités militantes, mais rien qui ne soit vraiment développé alors qu’il y aurait eu tellement à dire. C’est probablement le point qui m’a le plus dérangée. C’est tellement dommage de nous avoir fait miroiter l’histoire d’une femme et de ses fascinants secrets pour finir par se focaliser sur les pensées d’un mari fade et mou. Il évolue certes un peu au cours du roman et de ses désillusions, mais il se laisse quand même bien porter par les événements… Cela m’a d’ailleurs parfois donné l’impression d’être face à un enfant en quête d’une figure d’autorité capable de remettre sa vie sur les rails et de prendre les grandes décisions pour lui.

Si j’ai été déçue par le fait que le personnage d’Irina ne nous ait pas dévoilé tous ses secrets, l’autrice ayant préféré se focaliser sur les pensées de son mari, j’ai beaucoup aimé la fin. Elle a un côté cynique qui n’est pas pour me déplaire et qui met parfaitement en exergue la complexité de cette femme qui va, d’une certaine manière, mourir de ses contradictions !

Face au caractère presque irréel d’Irina, on ne sera pas surprise que l’autrice fasse quelques incursions dans le fantastique, des objets ayant tendance à disparaître dans la vie de Lancelot. Ce point m’a laissée songeuse, car je n’ai pas réussi à déterminer s’il s’agissait d’une métaphore, d’une réelle volonté d’ajouter un peu de fantastique ou des divagations d’un homme qui passe tellement à côté de sa vie, qu’il ne voit pas le monde changer tout autour de lui, un peu comme s’il y avait un décalage entre la réalité et la sienne.

En conclusion, porté par une plume atypique pouvant se révéler aussi froide et robotique que poétique et chaleureuse, Et mon cœur transparent est un roman qui ne devrait pas vous laisser indifférents. À travers l’histoire d’un homme confronté à la mort de sa femme et aux secrets de son existence, l’autrice nous confronte à une obsédante pensée : connaît-on les personnes avec lesquelles on vit ? Mais à l’issue du roman, on en vient à s’en poser une bien plus terrifiante : se connaît-on soi-même avant d’avoir été confronté au pire ?

Et vous, envie de découvrir Et mon cœur transparent ?

 

Photo

Publicités

Throwback Tursday Livreque #68 : In the city

Print

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : In the city

Pour ce thème, j’ai d’abord eu envie de vous parler d’un livre lu récemment, Séoul, visages d’une ville, mais j’ai finalement préféré vous présenter un livre lu au collège : Le prince de Central Park, E. H. Rhodes.

Au-delà de cette zone s’étendait un territoire dangereux. Jay-jay savait que des bandes d’adolescents rôdaient (…), prêts à se jeter sur le premier passant assez imprudent pour s’aventurer sur leur terrain de chasse. Lorsque le gibier se faisait rare, les jeunes loups se dévoraient entre eux (…)  »
Quand, à onze ans et en plein New York, Jay-jay s’échappe de l’appartement de sa mère adoptive pour fuir sa tyrannie, on pourrait craindre pour lui. Mais ce Gavroche des temps modernes a plus d’un tour dans sa besace et devient bien vite le Robinson Crusoé de Central Park. Trouvant refuge dans un chêne, il profite de la nuit pour découvrir son nouveau territoire magique… Il y survit au jour le jour, recueille un chien, fait la connaissance d’une vieille femme avec laquelle naît une curieuse amitié. Mais il doit aussi échapper à Elmo, un jeune drogué qui s’est juré de lui faire la peau…

Pour quoi ce choix ?

Je ne me souviens pas forcément de l’histoire en détail ayant lu ce livre au collège, soit il y a plus de 15 ans (ça ne me rajeunit pas d’ailleurs). Mais ce qui est certain, c’est que l’histoire de ce jeune garçon errant dans Central Park m’avait, à l’époque, fortement impressionnée…Et même actuellement, je reste très marquée par ce roman où la soif de liberté se confronte durement à la réalité et à ses dangers. Alors si ce n’est pas déjà fait, je ne peux que vous inviter à découvrir Jay-Jay, un jeune homme courageux et d’une grande débrouillardise. Cette qualité lui sera indispensable pour survivre à ses expéditions dans le poumon vert de la ville qui, une fois la nuit tombée, ne semble plus si accueillant que cela…

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?

La malédiction des Montfort, Teresa Medeiros

9782290011645

La malédiction des Montfort est un roman que j’ai lu dans le cadre du challenge « objectif du mois ». L’objectif d’août était de lire un livre du genre que l’on apprécie le moins.

J’ai donc opté pour lire une romance bien que je pense détester encore plus les livres de type 50 nuances de gris. Mais je n’ai pas pu me résoudre à m’infliger pareille torture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

D’une extraordinaire beauté, lady Holly de Chastel ressent le désir qu’elle inspire aux hommes comme un véritable fardeau. Ses innombrables soupirants l’exaspèrent et elle écarte toute demande en mariage en prétendant être affligée de tares rédhibitoires. A bout de patience, son père se résout à organiser un tournoi, dont elle devra épouser le vainqueur. Holly ne peut que se plier à la volonté paternelle mais, le jour de la compétition, elle se présente sous un déguisement qui la rend hideuse. Pour sir Austyn de Montfort, qui défait tous ses rivaux, une femme trop belle est forcément fatale. Remporter la main d’un laideron ne le rebute pas. En outre, la dot énorme de son épouse va lui permettre de remédier au délabrement de son château du pays de Galles. Et puis, nul besoin d’une beauté pour assurer sa descendance ! Quoiqu’il serait plus agréable d’avoir dans son lit une beauté plutôt que cette horrible guenon.

  • Poche: 344 pages
  • Éditeur : J’ai lu (13 octobre 2008)
  • Prix : 6,80

AVIS

J’ai choisi cette romance en raison du titre et plus spécifiquement du terme « malédiction ». J’ai toujours aimé les histoires de magie, de sorcières et de malédiction. J’espérais donc que cet aspect du roman serait très important histoire de rendre la lecture pas trop pénible. Hélas, la malédiction est bien présente mais vous découvrirez qu’elle n’est pas forcément celle que l’on croit. Par conséquent, si comme moi vous espéreriez une bonne dose de magie et de fantastique, je vous conseille de passer votre tour.

En évoquant le Pays de Galles, le résumé m’avait laissé espérer de belles descriptions de paysages. J’avoue sur ce point une certaine naïveté de ma part, les romans d’amour n’étant pas forcément réputés pour leurs qualités littéraires. Pour ne pas être déçus, n’en espérez donc pas.

Les scènes de sexe ne sont heureusement pas trop présentes. C’est un bon point pour moi mais peut-être que pour les personnes intéressées par ce type d’ouvrage, ce n’en est pas un… J’ai par contre été agacée par la banalisation du viol et très sceptique face aux réactions de Lady Holly de Chastel vis-à-vis des maltraitances psychologiques et physiques de son époux.

J’ai toutefois été agréablement surprise par le style de l’auteur. La plume n’est pas magnifique mais l’écriture n’est pas lourde et le vocabulaire pas trop simpliste.

MA NOTE : 2,5/5

En résumé, je suis contente d’avoir su respecter l’objectif du mois. Il m’a permis d’une part, de confirmer mon manque d’appétence pour les romances pures tout en me permettant de venir à bout de certains de mes préjugés. Je m’étais en effet attendue à un style d’écriture épouvantable alors que, sans faire d’étincelles, la plume de l’auteure est tout à fait acceptable.