In My Mailbox #208

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Mangas/BD :

Couverture Deep sea aquarium Magmell, tome 1Couverture Deep sea aquarium Magmell, tome 2Couverture Deep sea aquarium Magmell, tome 3

Couverture Coup de foudreCouverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 3 : Pretty GuardianCouverture Pirates (BD), tome 3

  • Roman : découvert par hasard en librairie, j’ai craqué pour Les Chroniques des Sagiciens qui est en hardback. C’est tellement rare pour les livres en français que c’est à signaler… Les deux autres livres étaient dans ma wish list depuis leur sortie…

Couverture Les chroniques des Sagiciens, tome 1 : Camp d'entraînementCouverture Chatapouf, espion du Maharadjah Couverture Young Donald grosses galères

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Avez-vous lu ou connaissez-vous certains de ces livres ?

Lululand, tome 1 : Lululand Ultraviolet, Federico Saggio

Couverture Lululand, tome 1 : Lululand Ultraviolet

Dans un futur proche où l’humanité a été contrainte de masquer un soleil devenu trop agressif derrière une épaisse masse nuageuse artificielle…

Un amnésique s’éveille dans une ruelle, pourchassé par des humains revenus au stade animal – et qui en veulent à sa viande.

Bien vite, il réalise que ses souvenirs lui ont été volés, dans un monde où la mémoire est désormais le moyen de contrôle premier.

Independently published (10 mai 2020) – Papier (12,99€) – Ebook (4,99€)

AVIS

J’ai retrouvé avec plaisir la plume de Federico Saggio toujours aussi imagée, immersive et parfois non dénuée de brutalité, un peu comme pour faire écho à ce futur apocalyptique dans lequel il nous plonge. Un futur que l’on apprend à découvrir à travers les yeux d’un protagoniste qui se réveille privé de mémoire, mais le corps meurtri par les séances de torture, et l’esprit alangui par de puissants psychotropes. Une fois libéré de sa chambre d’hôpital aux allures de cellule de prison, il se lance sur les traces de son passé afin de se retrouver et d’accomplir cette mission de Cerbère qu’on attend de lui…

Cerbère, un concept qu’il va progressivement s’approprier, et qui sera l’un des nombreux éléments qui vont lui faire comprendre que la vie de l’ancien Benedict n’est peut-être pas celle que le Benedict du présent aurait vraiment envie de vivre. Mais a-t-il vraiment le choix ? Peut-il s’émanciper d’un système répressif et violent suivant un dogme dans lequel le Soleil a été déclaré ennemi d’État, et au sein duquel aucune liberté n’est accordée en dehors de celle de produire en fonction du rôle qui vous a été assigné. Et pour s’en assurer, les moyens mis en place sont plutôt radicaux !

Retrouver sa place de Cerbère et s’assurer de la pérennité du système ou lutter contre cette vie pour laquelle Benedict ressent de plus en plus de dégoût ? Il lui faudra choisir, d’autant que la résurgence d’anciens souvenirs commence à lui faire prendre conscience de certaines vérités, sur lui, mais aussi sur son ancienne fonction… Entre doutes sur la véracité de ses souvenirs et découverte d’un monde d’horreur où l’humanité est réduite à l’état de charognard et de corps sans vitalité, notre protagoniste va être poussé dans ses retranchements, jusqu’à enfin se révéler à lui-même et aux lecteurs.

J’ai adoré cette idée de progresser en même temps que Benedict dans ce monde dévasté où quand les cannibales ne menacent pas de vous manger, c’est le système tout entier qui menace de vous engloutir. On découvre les choses en même temps que lui, ce qui ne manque pas d’attiser fortement la curiosité. Bien que l’on ne puisse qu’être horrifié par l’état du monde, on n’en reste pas moins curieux de découvrir la réalité derrière les écrans, non pas de fumée, mais de scènes enregistrées apportant un semblant de vie au-delà des rues sales, des silhouettes décharnées, de l’absence de lumière naturelle…

Je ne me suis pas attachée à Benedict, parce que ce n’est pas forcément un homme de sentiments, mais j’ai compati à son sort, à la manière dont sa vie lui a été doublement volée, et à cette impression d’avoir été plongé en enfer sans autre forme de procès. Comme lui, j’ai également été révulsée par la surveillance constante à laquelle il est soumis : chacune de ses paroles et chacun de ses faits et gestes sont enregistrés et rapportés par l’intelligence artificielle de son domicile à laquelle il est constamment lié par un implant… Dans ces conditions, difficile de ne pas comprendre ses désidératas de rébellion !

Au-delà du mystère entourant l’histoire de Benedict et la brutalité de ce monde, l’intérêt du roman réside également dans toutes ces questions qu’il soulève autour de la mémoire, qu’elle soit musculaire ou neuronale, de la personnalité et de ce qui fait de nous ce que nous sommes. Est-on encore soi-même quand on est privé de mémoire et de tous ces souvenirs qui forgent une personnalité ? Quel crédit peut-on accorder à ses propres souvenirs dans un monde où il est possible de les changer, de vous en implanter de nouveau, en somme de vous façonner à votre insu ? Vaut-il la peine de vivre une vie dans laquelle on vous fait endosser un rôle au détriment de votre propre personnalité, allant jusqu’à la déliter complètement ?

D’ailleurs, ce système dans lequel on joue impunément avec la vie et la personnalité des gens révèle ses limites, certains esprits n’étant pas faits pour être formatés et vivre une vie dénuée de spontanéité. Une réalité qui va s’imposer autant à Benedict qu’à un jeune homme qu’il va plus ou moins prendre sous son aile. Un duo formé sur le tard que l’on a hâte de retrouver dans la suite de la série, ce premier tome se terminant sur une grosse révélation et une scène laissant présager de nouvelles péripéties mouvementées.

En conclusion, avec Lululand Ultraviolet, l’auteur nous transporte dans un futur apocalyptique où le soleil est masqué et l’humanité déchue et contrôlée soit par ses bas instincts soit par un système oppressif et dictatorial. Un système que l’on apprend à découvrir à travers les yeux d’un amnésique, qui va progressivement renouer avec son passé avant de se forger son propre avenir. Entre mystère, action et un jeu maîtrisé entre souvenirs et réalité, voici un premier tome que vous aurez bien du mal à lâcher.

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé ce livre, que vous pourrez trouver sur Amazon, en échange de mon avis.

 

Films et séries en pagaille #3 (mars 2021)

Sur le modèle des articles Mini-chroniques en pagaille, j’ai décidé de tenter un nouveau type d’article : Films et séries en pagaille. Chaque fin de mois, je reviendrai rapidement sur les séries et films visionnés. Une expérience qui, je l’espère, me permettra de fixer un peu plus longtemps dans ma mémoire les œuvres vues…


Au niveau des séries, il y a du très bon comme du très mauvais. Quant aux deux films visionnés, sans être transcendants, ils se sont révélés tous les deux divertissants, et parfois, je n’en demande pas plus.

SÉRIES

  • WandaVision (Disney +)

WandaVision - Notre avis sur les deux premiers épisodes ! - LesComics.fr

Je remercie toutes les personnes qui ont pris le temps de partager leur avis sur cette série parce que sans elles, j’aurais peut-être abandonné au bout d’un ou deux épisodes, et cela aurait clairement été une grosse erreur. En effet, si les premiers épisodes sont étranges et quelque peu déstabilisants, on finit par retomber sur quelque chose de plus classique, qui nous fait alors prendre conscience de toute l’audace dont ont su faire montre les scénaristes.

Les épisodes en noir et blanc du début prenant tout leur sens, on réalise que loin de n’être qu’un hommage en même temps qu’une gentille satire des séries cultes qui ont marqué le paysage télévisuel occidental, ils ont une raison d’être et s’insèrent avec brio dans la trame narrative. Je préfère rester vague, mais dans cette série audacieuse, on évoque notamment le deuil et la manière dont chacun y fait face ou refuse d’y faire face. La thématique est bien traitée et offre tout un panel d’émotions allant du rire aux larmes du moins si, comme moi, vous avez la larme facile.

Mais loin de n’être qu’un soap jouant sur la corde sensible, WandaVision, c’est avant tout de l’audace, de l’action, des clins d’œil savoureux à d’autres séries, et beaucoup de mystère. À chaque épisode, on ne peut s’empêcher de se demander où veulent nous emmener les scénaristes et quelle sera l’issue d’une histoire dans laquelle le rêve semble se transformer progressivement en cauchemar. Pour ma part, j’ai adoré suivre la vie de Wanda, de sa famille et de ses voisins, une vie aux contours étranges qui pourrait cacher quelque chose de particulièrement tordu et des vérités surprenantes. Qu’est-on prêt à faire par amour ? Je ne sais pas pour vous, mais pour Wanda, j’aurais envie de répondre, beaucoup !

  • Deutsch Les Landes (Prime Video) : abandon

https://images-na.ssl-images-amazon.com/images/S/pv-target-images/f95b63a1e43c0b7a05346097badbf83e796f6591c14b78f97cf6eca5e21be14d._RI_V_TTW_.jpg

Deutsch Les Landes ou comment transformer une bonne idée en une bouillie infâme ! L’idée de cette maire qui vend une partie de son village à une entreprise allemande pour le sauver était pourtant bonne. En plus d’évoquer la précarisation de certains villages, avec notamment le désengagement de l’État, les scénaristes avaient toutes les clés en main pour nous offrir une comédie jouant sur les stéréotypes entourant les Allemands et les Français.

Quelque chose me dire d’ailleurs que c’était l’idée de départ. Dommage qu’on finisse par se retrouver avec un truc indigeste et lourd, et non avec une série travaillée en vue d’une diffusion. Des situations grotesques n’arrachant même pas un demi-sourire, et pourtant je suis bon public, des scénaristes qui n’ont pas compris que ce qui est drôle avec les stéréotypes, c’est de les utiliser pour les dénoncer et non les mettre en scène sans une once de second degré, des acteurs qui pour certains semblent clairement se demander ce qu’ils sont venus faire dans cette galère, un rôle de potiche mis en avant avec une pseudo intrigue amoureuse et un conflit mère/fille dont on se soucie comme d’une guigne…

Mais le pire reste probablement de voir que la production elle-même n’a jamais cru en ce projet : doublage complètement bâclé, des personnages allemands qui parlent français même en Allemagne sans aucune raison… avant au bout de quelques épisodes à se mettre à parler en allemand à des personnages français qui ne parlent pas cette langue, mais qui semblent comme par magie la comprendre subitement (Assimil n’a qu’à se rhabiller) ! Mais comme la magie a ses limites, nos villageois leur répondent bien sûr en français. Quitte à être dans le travail bâclé autant l’être jusqu’au bout, en se disant que de toute manière, au bout de quelques épisodes, il ne devrait plus y avoir beaucoup de téléspectateurs pour assister à la débâcle.

Bref, j’ai fait comme les producteurs : j’ai quitté le navire avant le naufrage !

FILMS

  • Mulan 2 (Disney +)

Mulan 2 : la mission de l'empereur. | Critique | Disney-Planet

Je n’avais jamais vu cette suite qui, disons-le clairement, si elle est sympathique n’est clairement pas indispensable. D’ailleurs, trois semaines après l’avoir vue, je n’en garde guère de souvenirs, si ce n’est que notre Mushu adoré se révèle ici bien égoïste.

De peur de perdre son statut, il n’hésite ainsi pas à mettre des bâtons dans les roues de Mulan et de son fiancé, mettant en péril leur future union. Mais rassurez-vous, comme on est dans un Disney, il sera bien sûr rattrapé par sa mauvaise conscience et son attachement à Mulan, qui nous semble bien moins flamboyante que dans le premier opus. Il faut dire qu’ici, il est quand même bien plus question d’amour et de sentiments que de guerre et de place à se faire parmi les hommes.

En d’autres mots, ce film se regarde très bien mais ne vous attendez pas à la force du premier ni à ses messages, notamment féministes. Je reconnais toutefois avoir apprécié de retrouver Mulan et de suivre le voyage de trois princesses qui se révèlent plutôt attachantes et dont on assiste à l’émancipation amoureuse. C’est mignon à souhait à défaut très inspirant !

  • Artemis Fowl (Disney +)

Artemis Fowl - film 2020 - AlloCiné

J’avais choisi sciemment de lire la BD avant de m’attaquer au film. Une erreur stratégique qui ne m’a pas permis de savourer le film autant que je l’aurais souhaité, n’ayant pas pu m’empêcher de faire des comparaisons tout au long du visionnage. Et je dois avouer avoir été particulièrement déstabilisée par le changement de ton de l’histoire. Si dans la BD, Artemis Fowl assume complètement son côté malfrat, dans le film, c’est loin d’être les cas puisqu’on retombe dans la figure classique du jeune héros qui combat un mystérieux ennemi. Les scénaristes ont, en outre, construit toute une légende autour de sa famille et de son père qui les transforme en gardiens de reliques et autres objets magiques plutôt qu’en voleurs.

Sans avoir lu la BD, cela ne m’aurait pas dérangée outre mesure, mais j’avoue ne pas avoir compris cette orientation. Pourquoi avoir occulté le côté anti-héros d’Artémis et ce faisant, annihilé ce qui faisait le sel et l’originalité de l’histoire ?

Je dois toutefois reconnaître que le tout est efficace et plaira aux enfants, adolescents et adultes en quête d’un film fantastique et divertissant, bourré d’action, et non dénué de personnages attachants, bien que classiques dans leur construction. Les effets spéciaux sont sympas, il y a quelques pointes d’humour et pas vraiment de temps mort, même si de rares scènes m’ont paru inutilement larmoyantes. Mais là, je ne sais pas si ça provient du scénario ou des jeunes acteurs pas forcément très à l’aise pour exprimer des émotions intenses, ce qui se traduit par une légère tendance à les surjouer. À l’inverse, j’ai adoré le jeu de Josh Gad qui incarne avec brio un nain géant plutôt facétieux et haut en couleur ! À lui seul, il incarne cette touche décalée qui permet d’atténuer un peu le ton trop sérieux que se donne le film, et qui me semble trancher avec la BD, et probablement, les romans.

En bref, j’aurais tendance à vous conseiller de regarder ce film en considérant qu’il a seulement été inspiré des romans Artemis Fowl, et non qu’il en est une fidèle adaptation, sous peine de ressentir une certaine déception.

Et vous, qu’avez-vous vu en mars ?
Connaissez-vous ces œuvres et/ou vous tentent-elles ?

Aes Sidhe – tome 1 : la meute maudite, Alfreda Enwy

Aes Sidhe, tome 1 : La meute maudite par Enwy

 

Après le succès de sa saga Infinite Love, Alfreda Enwy revient à ses premières amours avec Aes Sidhe, une série d’urban-fantasy qui mêle loups, légendes, romance et dangers.

Niamh n’est pas une vétérinaire comme les autres. Fille de l’alpha de la meute la plus respectée de la région, sa beauté n’a d’égal que son tempérament de feu. Lorsque sa meute se retrouve en proie à une épidémie meurtrière, Niamh semble être la seule épargnée. Prête à tout pour les siens, la jeune femme se lance dans une quête aussi dangereuse que désespérée. Mais elle ne sera pas seule. Khael, puissant changeforme au charme redoutable, est bien décidé à accompagner la belle louve, qu’elle le veuille ou non.

Si ce premier tome n’est pas exempt de petits défauts, j’ai quand même passé un moment de lecture sympathique auprès d’une héroïne que j’ai adorée, notamment pour ses capacités magiques lui permettant de guérir les animaux. Très pratique pour une vétérinaire, même si la jeune femme fait attention à ce que son talent ne s’ébruite pas. D’ailleurs, à part sa meilleure amie, personne n’est au courant autour d’elle, même pas son ancien amant et meilleur ami Andrew ni son père dont elle est pourtant proche…

L’autrice prend le temps de nous familiariser avec son héroïne et ses proches, ce qui fait que si on ne s’ennuie pas, le premier quart du roman ne se révèle pas non plus palpitant. Heureusement, l’action finit par démarrer et Niamh se retrouve dans une situation qui la terrifie : à part les humains et les enfants, tous les membres de sa meute semblent frappés par une mystérieuse et inexplicable épidémie. Tous sauf elle ! Devant l’urgence de la situation, elle se lance tête baissée sur la seule piste qu’elle possède, quitte à devoir s’allier avec Khael, le plus puissant et redoutable des changeformes.

Un changeforme dont la plastique et la forte personnalité ne la laissent pas indifférente. Elle alterne donc entre l’envie de l’étriper et de le remettre à sa place, et celle de se rapprocher de lui. Les amateurs de romance devraient apprécier le jeu qui s’instaure entre les deux personnages, leur attirance l’un pour l’autre et leur complémentarité étant indéniables. Mais si j’ai aimé suivre la progression de leur relation et la manière dont ils vont devoir apprendre à travailler ensemble et à se faire confiance pour le bien de la meute, j’ai surtout apprécié de voir à quel point Khael va œuvrer pour aider Niamh à prendre confiance en elle et en ses capacités.

Alors que la jeune femme tente de cacher son talent unique afin de rentrer dans le rang, le changeforme va l’aider à s’accepter et à chérir sa différence. En outre, contrairement à Andrew et sa tendance à vouloir l’enfermer dans un cocon, il va la soutenir dans les moments difficiles, tout en la laissant mener ses propres combats. En d’autres termes, il va la considérer comme une égale et non comme une frêle jeune femme à protéger des dangers.

J’ai été touchée par Niamh, sa force de caractère, son courage et son côté très humain qui la pousse à mettre tout en œuvre pour aider les siens, parfois au mépris de sa propre vie. Son enquête pour remonter jusqu’aux origines de l’épidémie va, en effet, la conduire sur un chemin dangereux, mais elle va aussi la confronter à sa propre nature et une histoire maternelle auréolée d’un certain mystère ! J’espère que cet aspect sera approfondi dans le second tome puisqu’ici, on ne fait que l’ébaucher.

À l’inverse, j’ai regretté qu’on s’appesantisse un peu trop sur sa relation avec son ex compagnon Andrew, nous laissant craindre un potentiel triangle amoureux, alors que ce n’est pas le cas. Je comprends que l’autrice ait voulu, par ce biais, nous montrer la différence de comportement entre Andrew et Khael, mais j’aurais préféré qu’à la place, elle nous parle un peu plus des légendes et croyances amérindiennes de la meute. Il aurait également été intéressant d’apporter plus d’informations sur cet univers où se mêlent vampires, lycanthropes, créatures maritimes fort peu sympathiques et autres espèces magiques.

Malgré ces deux petits bémols, je me suis complètement laissée happer par ma lecture, d’autant qu’au fil des pages, le rythme s’intensifie jusqu’à nous conduire à une terrible révélation que je n’avais, pour ma part, pas du tout anticipée. La découverte m’a agréablement surprise, mais j’ai trouvé que les explications manquaient quelque peu de subtilité et avaient un côté un peu trop théâtral, qui nuisait clairement à la charge dramatique et émotionnelle de la scène. Là, on tombe sur quelque chose de caricatural alors que les raisons du malheur ayant frappé la meute étaient finalement très humaines…

Mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à suivre Niamh dans son enquête sur un mal pernicieux, dont la source ne devrait pas manquer de la surprendre, et dont les conséquences funestes vont la contraindre à faire un lourd et douloureux sacrifice. Sans tomber dans le pathos, l’autrice nous offre d’intenses et purs moments d’émotions où les sentiments de la jeune femme s’imposent à nous dans toute leur force : impuissance, tristesse, sentiment de trahison, incompréhension…. Fort heureusement, Niamh est une battante et si les épreuves traversées l’ont durement affectée, elles ne l’ont pas détruite !

Quant au style d’écriture, je l’ai trouvé agréable et assez fluide. L’autrice alterne avec efficacité entre découverte de l’univers et de la vie de son héroïne, mystère, phases d’action et de séduction, et moments intenses emplis de dangers et d’émotions. Un équilibre qui rend la lecture de ce premier tome agréable et qui donne envie de découvrir la suite des aventures d’une héroïne attachante à la forte personnalité et au don unique !

The Ex Talk, Rachel Lynn Solomon

The Ex Talk

Public radio co-hosts navigate mixed signals in Rachel Lynn Solomon’s sparkling romantic comedy debut.

Shay Goldstein has been a producer at her Seattle public radio station for nearly a decade, and she can’t imagine working anywhere else. But lately it’s been a constant clash between her and her newest colleague, Dominic Yun, who’s fresh off a journalism master’s program and convinced he knows everything about public radio.

When the struggling station needs a new concept, Shay proposes a show that her boss green-lights with excitement. On The Ex Talk, two exes will deliver relationship advice live, on air. Their boss decides Shay and Dominic are the perfect co-hosts, given how much they already despise each other. Neither loves the idea of lying to listeners, but it’s this or unemployment. Their audience gets invested fast, and it’s not long before The Ex Talk becomes a must-listen in Seattle and climbs podcast charts.

As the show gets bigger, so does their deception, especially when Shay and Dominic start to fall for each other. In an industry that values truth, getting caught could mean the end of more than just their careers.

AVIS

Je n’attendais pas grand-chose de ce roman, alors quelle surprise de constater à quel point j’ai eu du mal à le lâcher et à dire au revoir à un couple que j’ai trouvé adorable, complémentaire et attachant. Et pourtant, cela commençait mal pour Shay Goldstein et Dominic Yun, l’une très humaine, l’autre bien plus factuel. L’une attachée viscéralement à la radio publique et à l’idée d’offrir aux auditeurs des moments forts, qu’ils soient drôles, divertissants ou émouvants. L’autre attaché au journalisme d’investigation et à sa carrière qu’il souhaite à la hauteur de ses grandes ambitions et de son diplôme qu’il aime mettre en avant…

Alors qu’ils ont tendance à se regarder en chien de faïence, un projet un peu fou basé sur une idée de Shay les réunit : une émission de radio entre deux ex qui évoquent leur rencontre, les raisons de l’échec de leur relation, le tout accompagné d’intervention d’experts et, bien sûr, de la participation des auditeurs. Bien que Shay et Dominic n’aient jamais entretenu le moindre lien affectif, ce sont bien eux qui sont choisis pour animer le show, ce qui ne sera pas pour plaire à Dominic, tenu par une certaine éthique de travail. Quant à Shay, si mentir aux auditeurs ne l’enchante guère, elle voit là l’occasion de réaliser son rêve : animer une émission ! Et pour cette productrice qui œuvre dans l’ombre depuis dix ans, et qui a un petit complexe quant à sa voix, c’est un sacré pas en avant. C’est également une belle manière de rendre hommage à son père duquel elle était très proche. Décédé depuis de longues années, il était comme sa fille un amoureux éclairé de la radio publique…

L’autrice met en scène deux protagonistes adorables qui flirtent, badinent et se taquinent sous les yeux enamourés des lecteurs et l’oreille attentive des auditeurs. Ces derniers tombent d’ailleurs sous le charme de ces ex qu’ils aimeraient bien voir renouer… J’ai adoré suivre l’évolution de leur relation, la manière dont Shay réalise que Dominic ne la laisse pas indifférente, et la manière dont Dominic tombe le masque pour se révéler bien plus tendre et humain que son air pincé le laisse présager. Et puis, comment résister à ces petits compliments qu’il laisse échapper et qui le rende tellement attendrissant ? 

Si j’ai aimé les incertitudes et failles de Shay, sa personnalité et sa gentillesse, j’ai adoré Dominic qui rompt clairement avec les stéréotypes que l’on peut trouver dans les romances. Un peu plus jeune que notre héroïne, il semble très sûr de lui en matière professionnelle, un peu moins en ce qui concerne les histoires de cœur. Ainsi, pour une fois, on ne nous présente pas un play-boy, mais un jeune homme pour qui les affaires de cœur sont importantes et ne se limitent pas à des coups d’un soir… On notera également son respect total de la notion de consentement, et ça fait du bien !

Amusant, tendre et taquin, le couple m’a donné des papillons dans le ventre, d’autant que l’autrice prend vraiment le temps de laisser monter la tension, et de faire ressentir aux lecteurs la puissance du lien qui unit ces deux personnes qui ne se ressemblent guère, mais qui s’assemblent pourtant très bien. Mais Dominic et Shay arriveront-ils à dépasser leurs différences pour être véritablement ensemble ? Et, surtout, n’est-il pas dangereux d’entreprendre un tel rapprochement quand tout leur succès professionnel est basé sur un mensonge ?

Je m’attendais à ce que la tension autour de leur mensonge soit un peu plus présente, mais j’ai apprécié la manière dont elle est gérée en dernière partie de roman. Cela tend à nous prouver que le public peut se révéler fort versatile et que le monde de la radio n’est pas un monde de Bisounours… À cet égard, j’ai été révoltée par le paternalisme et sexisme d’un personnage qui n’hésite pas à privilégier Dominic en raison de son sexe. Pour lui, les femmes sont douées pour les détails et font de parfaites productrices, mais pour le travail d’investigation, rien ne vaut un bon mâle. Mais comme souvent avec ce genre de personnages, tout est implicite et jamais directement dit, ce qui ne nous empêche pas de ressentir pleinement l’injustice de la situation. Et de faire de l’indignation de Shay, la nôtre !

Au-delà du couple principal et de cette plongée immersive dans les coulisses du monde de la radio, on appréciera l’effort de diversité : des couples interculturels, des couples LGBT, des personnages de différentes origines… J’aurais néanmoins apprécié que les personnages secondaires soient un peu plus présents, d’autant que j’ai eu un coup de cœur pour la mère de Shay et son compagnon, Phil. Un couple judéo-nigérien juste adorable qui permet d’aborder avec beaucoup de douceur et d’espoir le thème du deuil et des secondes chances. Et j’ai adoré ce qu’apporte la famille soudée et présente de Phil dans la vie bien solitaire de Shay.

En conclusion, The Ex Talk est une romance adorable entre deux personnalités qui ont une vision très différente de ce que fait une bonne émission de radio, mais qui vont réaliser, petit à petit, que c’est peut-être dans leurs différences et propension naturelle à se taquiner que se trouve leur plus grande force. Mignonne, amusante et non dénuée de quelques moments de sensualité retranscrits sans vulgarité, voici une très sympathique romance que je vous conseillerais pour un doux et tendre moment de lecture.

Top Ten Tuesday #208 : les 10 livres de ma wish list qui me tentent le plus

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Je vous propose aujourd’hui de vous présenter les 10 livres de ma wish list qui me tentent le plus en ce moment.

  • Prochaines sorties : j’attends avec impatience la conclusion de la série Bane Seed qui s’améliore nettement au fil des tomes jusqu’à devenir plutôt addictive !

Couverture Bane Seed, tome 6 : Autant en emportent les CertitudesCouverture Solo Leveling, Season 1

The Crown of Gilded Bones (Blood And Ash Series Book 3) (English Edition) par [Jennifer L. Armentrout]

  • Les sorties un peu plus lointaines :

Qu’est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim n’est prévu que pour début juin, mais ayant beaucoup apprécié le drama, je l’attends avec impatience ! Je prends également un peu d’avance avec La carte des confins qui ne sort qu’en mai.

Qu'est-ce qui cloche avec la secrétaire KimQu'est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim

  • Déjà publiés : 

Couverture Un joyeux non-anniversaireCouverture Les Saisons de la tempête

Et vous, certains de ces titres vous tentent-ils ?
Avez-vous prévu de craquer pour l’un ou plusieurs d’entre eux ?

Moi, Ligia, Sirène de Sylvie Baussier

Couverture Moi, Ligia sirène

Je m’appelle Ligia, et je donnerais tout pour redevenir celle que j’étais avant que la déesse Démeter me transforme en sirène : une jeune fille insouciante. Mais je vis désormais sur un rocher perdu en pleine mer et je guette les bateaux qui s’en approchent.
Comment cela a-t-il pu arriver ? Voici mon histoire…

Scrineo (20 août 2020) – 10,90€

AVIS

J’étais très curieuse de découvrir ce roman jeunesse qui prend le parti original d’aborder la mythologie grecque à travers le point de vue d’un méchant, une sirène. Une sirène qui ne colle pas à la version imaginée par Hans Christian Anderson, mais qui s’inscrit plutôt dans la pure tradition grecque, celle d’une femme-oiseau qui se repaît de la chair des marins.

De fil en aiguille, on découvre donc l’histoire de Ligia et de Leucosia, deux jeunes filles transformées en femmes-oiseaux par Déméter. Leur crime : n’avoir pas su empêcher la disparition de Coré, la fille de la déesse, et de ne pas avoir su la retrouver. Les voilà ainsi condamnées à attendre que des marins imprudents s’approchent de leur rocher afin de leur servir de repas. Les lecteurs ne pourront s’empêcher de s’offusquer devant l’injustice de la situation, les deux sœurs n’ayant rien fait de mal !

Devenues monstres malgré elles, elles survivent, alternant entre sensations tenaces de faim et culpabilité, une fois leur ventre tendu et repu. Parce qu’elles n’ont pas choisi d’être des monstres et qu’elles ne le sont pas vraiment, ces deux sœurs m’ont beaucoup touchée, et plus particulièrement Ligia, dont on sent le poids des regrets, de la nostalgie et du dégout de soi. Attirer, envoûter, tuer et mâcher… tout autant d’activités qui lui répugnent, mais qu’elle est condamnée à effectuer encore et encore pour survivre.

Malgré la situation et la manière dont Leucosia peut parfois provoquer Ligia, les deux sœurs peuvent heureusement compter l’une sur l’autre, une condition sine qua non pour ne pas sombrer. Et puis, ce n’est qu’en combinant leur chant qu’elles arrivent à harponner et transporter leurs proies…. Du moins, jusqu’à ce qu’une rencontre ne scelle leur destin à jamais !

Le gros point fort de ce roman est la manière dont l’autrice arrive à faire ressentir une profonde empathie pour des « méchantes » qui nous apparaissent ici bien plus victimes que bourreaux. Alors bien sûr, elles tuent des humains, mais ce n’est pas par plaisir ni cruauté, juste par nécessité, sans oublier que ces meurtres ne sont pas sans conséquence sur leur équilibre psychique. Doucement, on sent d’ailleurs Ligia glisser vers un état qui n’appelle pas de retour…

Au-delà du point de vue original de cette histoire et du sort de ces deux sœurs condamnées à une vie de solitude, d’attente et de souffrance, j’ai apprécié l’accessibilité de ce roman qui met la mythologie grecque à la portée des enfants : rappels succincts et illustrés des personnages mythologiques apparaissant au cours de l’histoire, plume fluide, chapitres courts, texte aéré, un point sur le mythe des sirènes intéressant, un cahier de jeux… Tout est mis en place pour faciliter l’expérience de lecture des jeunes lecteurs, et leur permettre de son plonger sans réserve dans l’histoire de Ligia et de sa sœur.

En conclusion, avec Moi, Ligia, Sirène, l’autrice offre aux enfants une porte d’entrée intéressante sur la mythologie grecque à travers non pas le point de vue d’un héros de légende, mais celui d’un monstre qui n’en est peut-être pas vraiment un. Touchant, accessible et captivant, voici un court roman jeunesse qui devrait plaire aux enfants, mais aussi aux adultes appréciant la mythologie et les textes emplis de sensibilité.

Owlcrate (mars 2021) : Of witches and wonder #unboxing

March 2021 'OF WITCHES AND WONDER' Box

Pour rappel, la Owcrate est une box littéraire américaine spécialisée dans la littérature young adult.


Parce que j’ai la mémoire très capricieuse, j’ai encore oublié d’annuler mon abonnement à la Owlcrate et me suis donc retrouvée avec la box de mars sur un thème qui, heureusement, me plaît assez : Of witches and wonder.

La box contenait :

  • un parfum sous forme de roll-on
  • un pin’s
  • un carnet à spirale avec une magnifique couverture
  • un repose-sachet
  • un mug : si je ne suis fan de la couleur, j’aime beaucoup son design et le fait qu’il soit accompagné d’un couvercle pour pouvoir le transporter facilement.
  • un étui à marque-pages : j’avoue avoir bien souri devant l’imagination des équipes marketing, parce que leur étui à marque-pages est tout bonnement un joli, mais classique étui à lunettes.
  • un marque-page avec différentes consignes de lecture à remplir pour arriver à former le mot Owlcrate. J’aime beaucoup l’idée de ce challenge littéraire !
  • une belle carte avec le contenu de la box et un livret
  • le roman du mois : Sweet & Bitter Magic, sa couverture me plaît pas mal et le résumé m’a l’air prometteur. À noter qu’il s’agit d’une version spéciale signée.

RÉSUMÉ DU ROMAN

In this charming debut fantasy perfect for fans of Sorcery of Thorns and Girls of Paper and Fire, a witch cursed to never love meets a girl hiding her own dangerous magic, and the two strike a dangerous bargain to save their queendom.

Tamsin is the most powerful witch of her generation. But after committing the worst magical sin, she’s exiled by the ruling Coven and cursed with the inability to love. The only way she can get those feelings back—even for just a little while—is to steal love from others.

Wren is a source—a rare kind of person who is made of magic, despite being unable to use it herself. Sources are required to train with the Coven as soon as they discover their abilities, but Wren—the only caretaker to her ailing father—has spent her life hiding her secret.

When a magical plague ravages the queendom, Wren’s father falls victim. To save him, Wren proposes a bargain: if Tamsin will help her catch the dark witch responsible for creating the plague, then Wren will give Tamsin her love for her father.

Of course, love bargains are a tricky thing, and these two have a long, perilous journey ahead of them—that is, if they don’t kill each other first..

Et vous, que pensez-vous du contenu de cette box ?
Le roman vous tente-t-il ?

Mini-chroniques en pagaille #33

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les Souffrances du jeune Werther de Goethe (écouté en livre audio)

Couverture Les souffrances du jeune WertherLes Souffrances du jeune Werther est un roman dont j’avais eu l’occasion de lire un extrait dans le cadre de mon bac blanc de français qui commence sérieusement à dater. Et j’en garde la même impression : un livre dont l’intérêt réside bien plus dans la manière dont sont exprimés et exacerbés les sentiments que dans l’intrigue en elle-même.

On suit les sentiments profonds et les réflexions d’un jeune homme tellement ancré dans ses émotions et son moi intérieur qu’il en vient à s’enfermer dans une bulle qui nous apparaît parfois bien différente de la réalité… S’il part de faits concrets, il a une légère tendance à les extrapoler et en tirer ses propres conclusions, toujours très passionnées au demeurant !

Le retournement de situation, bien qu’inéluctable, m’a beaucoup touchée. Car si on a parfois envie de dire au jeune Werther de vivre au lieu de penser et décortiquer chaque bribe de sa vie et de celle de Charlotte, la femme objet de ses passions, il n’en demeure pas moins un homme d’une sensibilité à fleur de peau qui émeut. Le roman ne plaira pas à tout le monde, surtout si les atermoiements et les tourments de l’âme humaine vous rebutent, mais c’est un parfait exemple du romantisme que j’aurais envie de qualifier de triste et de beau à la fois. Au-delà de l’amour courtois magnifié et parfois idéalisé, le roman présente également quelques réflexions intéressantes sur l’éducation et l’humanité.

  • Martin et la Divine Chipie de François Vincent (Didier jeunesse)

Couverture Martin et la divine chipie

Le jeune Martin décide un jour de quitter Gondenans-les-Moulins pour Paris avec l’espoir de faire fortune, de mener la grande vie et de goûter aux joies et futilités de la vie parisienne, nonobstant les dangers et les mises en garde de ses parents. Sa décision est prise et rien ne l’en dissuadera ! D’ailleurs, la chance semble lui sourire : après une rencontre sympathique, le voilà doté de trois objets magiques qui vont vite lui révéler leur utilité, et conférer au roman, un joli air de conte d’antan.

Mais une fois arrivé à Paris, le jeune Martin va découvrir les joies, non pas des cafés parisiens, du moins pas que. Il va faire face à la duplicité, à la méchanceté, à la convoitise et à la manipulation. Des choses d’autant plus déroutantes qu’elles arrivent par l’entremise de la Divine Demoiselle, jeune femme riche à la beauté reconnue. Une femme qui n’hésite pas à jouer de ses atouts pour obtenir ce qu’elle veut.

En début d’ouvrage, Martin n’attire guère la sympathie puisqu’il nous apparaît assez ingrat, peu reconnaissant et comme notre Demoiselle, quelque peu cupide. Et puis, il se révèle parfois exaspérant par sa manie de se laisser duper encore et encore. Mais de fil en aiguille, le naïf des débuts laisse place à un jeune homme un peu plus réfléchi et moins obnubilé par la réussite. On appréciera, en plus du jeu sur les apparences, la belle leçon de vie que notre protagoniste va apprendre. Et si finalement, le véritable bonheur ne passait pas par la gloire et la richesse ?

Les amateurs de contes et de romans de chevalerie devraient également apprécier les références disséminées tout au long du roman. Les illustrations en couleurs apportent, quant à elles, beaucoup de charme à l’aventure, tout en facilitant l’immersion des jeunes lecteurs.

En bref, Martin et la Divine Chipie est un conte plein d’humour et d’intelligence qui séduira petits et grands lecteurs.

  • Ève d’Anne Langlois (application Rocambole)

Ayant souscrit il y a quelques semaines à l’application Rocambole, j’ai enfin pris le temps de lire ma première série : Ève. Je ne suis pas croyante, mais j’avoue que le résumé m’a bien intriguée et que j’étais curieuse de découvrir l’une des histoires les plus connues au monde à travers le point de vue d’Ève. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que l’expérience fut concluante et des plus amusantes !

En 11 chapitres et moins d’une heure de lecture, l’autrice nous offre une petite pépite féministe qui, sous couvert d’humour, aborde des thématiques importantes allant de la charge mentale des femmes aux stéréotypes liés au sexe. C’est drôle, grinçant, voire parfois mordant, mais c’est surtout plein d’intelligence, de bons sens et de pertinence.

Dans cette histoire, Adam en prend clairement pour son grade : niais au possible, peureux, complètement à côté de la plaque, incapable de se débrouiller sans Eve qui joue le rôle de nounou, de maman et d’épouse… L’image pourrait paraître caricaturale, elle l’est d’ailleurs parfois. Mais derrière les comportements d’Adam et ses arguments à la mords-moi le nœud, on retrouve tout un pan de notre culture. Un pan qui porte aux nues la « masculinité des hommes  » tout en n’oubliant pas de louer la dextérité des femmes pour les travaux ménagers et la capacité à tout mener de front (sans se plaindre, c’est encore mieux). Après tout, c’est bien connu, on naît toutes avec des aiguilles dans les mains pour repriser plus vite que notre ombre les chaussettes ou, dans le cas d’Adam, les slips.

Heureusement que notre Ève, en plus d’avoir du caractère, peut compter sur le soutien de ses copines auxquelles on s’attache d’ailleurs fort vite. Chacune issue d’une espèce différente, elles lui apportent un peu de cette solidarité féminine indispensable dans un monde créé par et pour les hommes… Si Adam m’a donné des envies de meurtre, j’ai également beaucoup ri, notamment grâce aux remarques sarcastiques d’Ève et sa capacité à prendre du recul face à un compagnon imposé pour le meilleur, et surtout pour le pire.

La fin m’a paru un peu abrupte, mais elle laisse la porte ouverte à d’éventuelles nouvelles aventures… Dans tous les cas, Ève est une série pleine d’humour que je ne peux que vous recommander, a fortiori si la condition de la femme est une thématique qui vous intéresse.

Et vous, certains de ces textes vous tentent-ils ?
En avez-vous déjà entendu parler ?

Robilar ou le Maistre Chat – tome 1 : Miaou ! ! de Chauvel, Guinebaud (illustrations) et Lou

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Robilar est un chat domestique qui coule des jours heureux auprès d’une comtesse dont l’obsession est de marier son fils à la fille du roi. Un jour qu’ils cheminent tous ensemble vers le royal château, un ogre vient malencontreusement pulvériser le carrosse, ne laissant parmi les débris qu’un seul survivant : Robilar. Anéanti, perdu, chassé, passé à tabac, il ne doit son salut qu’à la gentillesse d’un fils de meunier et décide de le remercier… à sa façon.

Delcourt (30 septembre 2020) – 64 pages – 15,50€

AVIS

Ayant entendu beaucoup de bien de cette BD, j’étais impatiente de la commencer. Et je dois dire que j’ai adoré la manière dont l’auteur s’inspire d’un conte très connu pour nous proposer une histoire pleine de saveur et de mordant !

En plus des références au vieux français, aux contes et à diverses chansons enfantines et populaires, l’auteur a créé un personnage absolument fascinant qui mêle caractéristiques félines et humaines. Si l’apparence de Robilar est indéniablement celle d’un chat, et qu’il possède les qualités et défauts que l’on associe volontiers à cet animal, c’est aussi un personnage très humain, notamment dans son désir de vengeance. Rappelons, en effet, pour les gens peu coutumiers des chats, que ces derniers ne se vengent jamais : leurs bêtises traduisent toujours un mal-être, un besoin de se dépenser ou un problème physique, pas de fourbes intentions…

Ce qui est loin d’être le cas de Robilar qui n’aspire qu’à une chose, se venger. Se venger d’un ogre qui a détruit jusqu’à la moindre parcelle de sa vie de pacha et qui a tué sa maîtresse, se venger de paysans grossiers et violents, se venger d’autres chats qui l’ont rossé sans raison, se venger d’à peu près tout le monde… Et pour ce faire, il peut compter sur sa roublardise, son bagoût, son intelligence et sur la stupidité des êtres humains qui sont prêts à tout pour accéder à leurs désirs, quitte à faire confiance à un chat ! Et ce n’est pas lui qui va s’en plaindre.

Au fil des pages, on assiste à la transformation physique et mentale de Robilar : là où il perd en formes généreuses, il gagne en dureté et malignité. Grâce à un cerveau affûté qui trouve en chaque situation une opportunité, il fait ce que sont supposés faire tous les chats,  rebondir sur ses pattes. Et si ce dernier n’hésite pas à manipuler, même la seule personne qui l’a vraiment aidé, à ourdir des complots, à promettre avant de mieux trahir, on se surprend à très vite le soutenir dans ses desiderata de vengeance, bien qu’il aille peut-être quand même très loin pour les assouvir. Mais quand on voit à quel point l’humanité qui nous est présentée ici ne l’est qu’à travers ses vices (violence, méchanceté, avidité, lâcheté…), on peut le comprendre.

Les pages s’enchaînent rapidement, notre protagoniste étant fort affairé. Mais on ne ressent aucune précipitation, chaque acte semblant s’insérer parfaitement dans une trame qui se durcit à mesure des épreuves traversées par un chat qui a l’instinct de survie chevillé au corps, et le désir de vengeance ancré dans l’ADN. Parce que si on le cherche, on le trouve, la fin laisse entrevoir de nouveaux plans machiavéliques pour ce personnage à la forte personnalité, qu’il serait fort dangereux de sous-estimer, d’autant qu’il semble avoir trouvé un nouvel allié de poids ! Et c’est ça aussi qui fait sa force, sa capacité à forger des alliances providentielles pour les tourner à son avantage.

Au-delà d’une histoire captivante et de son protagoniste charismatique, les lecteurs devraient apprécier le ton de cette BD qui joue sur le charme des contes d’antan qu’elle détourne, conférant ainsi parfois un côté satirique aux situations. À cet égard, j’ai adoré les premières planches dans lesquelles maîtresse et chat sont fardés plus ou moins de la même manière. Elles accentuent le côté gros pépère à sa maman qui tranche tellement avec l’image que l’on se fait de Robilar au cours de cette aventure riche en actions et en retournements de situation. Preuve que derrière un minet qui aimait se la couler douce, se cachait un tempérament de feu qui ne demandait qu’à se révéler. Et maintenant que c’est fait, j’ai envie de dire sauve qui peu, parce que notre Maistre chat semble bien déterminé à semer la zizanie avant de tout chapeauter.

Quant à l’ambiance graphique, elle correspond à merveille à l’histoire. En plus du choix des couleurs que j’ai particulièrement apprécié, j’ai aimé la manière dont les caractéristiques principales des personnages se lisent sur leurs traits, mimiques et expressions. Il y a ici un sens de l’esthétique particulièrement expressif.

En conclusion, Robilar fut une excellente lecture que j’ai autant aimée pour cette plongée dans la quête de vengeance d’un chat retors, et particulièrement machiavélique, que la manière dont l’auteur détourne un conte emblématique pour nous offrir une aventure trépidante à l’humour grinçant !