Throwback Thursday Livresque #212 : H comme…

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


À la lecture du thème de la semaine, H comme…, j’ai tout de suite pensé à L’Héliotrope, premier tome de la série Steam Sailors. Mais venant tout juste de publier ma chronique, j’ai préféré vous parler d’un livre lu il y a un petit moment et que j’avais adoré : Histoires du soir pour filles rebelles : 100 destins de femmes extraordinaires.

Couverture Histoires du soir pour filles rebelles, tome 1 : 100 destins de femmes extraordinaires

Les succès et accomplissements féminins ayant une légère tendance, dans le meilleur des cas, à être minimisés ou associés à celui d’un homme, dans le pire à être occultés des livres d’histoire, j’ai apprécié de découvrir le portrait de femmes que je ne connaissais pas ou très peu. Le livre est à destination d’un jeune public et reste donc concis quant aux informations données, mais il n’en demeure pas moins intéressant même pour un public plus âgé. Pour ma part, cela m’avait donné envie d’approfondir l’histoire de ces femmes extraordinaires. Bonus non négligeable, les portraits illustrés qui permettent de mettre un visage derrière des noms et donc de donner encore un peu plus vie aux femmes mentionnées…


Le thème du jour m’a également fait penser à une autrice qui fait partie de mes valeurs sûres : Helen Harper. 

Si je n’ai pas encore publié mon brouillon sur l’excellente série d’uban fantasy Les liens du sang, dont j’avais enchaîné les tomes en VO, vous pouvez retrouver sur le blog mes chroniques des tomes de la trilogie Ivy Wilde : Quand fainéantise rime avec magie, Meurtre, magie et télé-réalité et S.O.S Fantômes en détresse. Une série que j’ai également appréciée, mais qui ne m’a pas provoqué les mêmes sensations que la première. Mais si vous aimez les chats qui parlent, et pas très poliment, les sorcières rigolotes et les duos qui se révèlent parfaitement complémentaires, Ivy Wilde devrait vous plaire. 

Couverture Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magie

Et vous, quel livre ou auteur(e) auriez-vous cité(e) ?
Ces ouvrages vous tentent-ils ?

 

Steam Sailors, tome 1 : L’Héliotrope, E.S. Green #PLIB2021

Couverture Steam Sailors, tome 1 : L'Héliotrope

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Un temps de machines extraordinaires, de prodiges électriques et d’individus aux pouvoirs fantastiques. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…

Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et des pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettait de retrouver la cité des Alchimistes…

Gulf stream éditeur (11 juin 2020) – 384 pages – Papier (17€) – Ebook (10,99€)
#ISBN9782354887759

 

AVIS

Steam Sailors était le roman des 5 finalistes du PLIB 2021 qui me tentait le plus, et sans grande surprise, je l’ai adoré, de la première à la dernière ligne. Quel plaisir de vivre cette aventure trépidante aux côtés d’une bande de pirates et de leur jeune captive qui se révèlera pleine de ressources !

Prudence, 15 ans, n’a pas une vie facile dans le Bas-Monde qui, depuis la Grande-Fracture ayant conduit à la disparition des Alchimistes, vit sous le joug de l’obscurantisme, tout en rêvant en secret à ce Haut-Monde inaccessible et fantasmé. Alors, si elle ne goûte guère d’être enlevée par des pirates du ciel, elle réalisera très vite que ce malencontreux évènement n’est peut-être pas aussi dramatique que cela. Certes, ses nouveaux compagnons n’auraient pas hésité à la jeter par-dessus bord si elle ne s’était pas montrée utile, mais ils ne la méprisent pas et ne craignent pas sa différence… Or, pour cette jeune fille, possédante des dons surnaturels, cela signifie beaucoup.

J’ai adoré suivre l’évolution de la relation entre Prudence et les pirates, bien loin de la relation captive/geôliers que l’on aurait pu attendre. Nos pirates sont bruyants, coupent des gorges sans sourciller, pillent avec entrain, arrosent leurs soirées de rhum, ont un langage fleuri, mais loin d’être des brutes assoiffées de sang et d’or, ils se révèlent prévenants à leur manière, savants, amusants, fidèles, respectueux de leur code d’honneur, taquins… Je me suis donc beaucoup attachée à cette bande de joyeux drilles : au capitaine plutôt mystérieux, implacable, mais courtois, à Petrus et son côté secret, bougon et la manière dont il sort souvent de ses gonds pour exprimer une inquiétude qu’il se refuse à nommer, à Ezekiel et son exubérance teintée d’espièglerie, à Gareth et sa gentillesse, à Sergeï et sa bonhomie… Chaque pirate possède sa propre personnalité, permettant aux lecteurs de très vite les différencier les uns des autres, et de se sentir bien parmi eux, malgré leur vie emplie de dangers et de pillages.

D’ailleurs, Prudence elle-même prendra ses habitudes et trouvera sa place à bord de l’Héliotrope, personnage à part entière du roman. J’ai adoré me promener à ses côtés dans les couloirs du navire, en parcourir les coins et recoins, tomber sur des trappes et des passages secrets, découvrir les instruments et différentes machines… Le roman se pare ainsi de sympathiques et convaincantes touches de steampunk, qui se retrouveront même dans des endroits inattendus ! En plus de ce navire qui a la particularité d’évoluer dans les airs, j’ai apprécié d’assister à l’évolution et à l’émancipation de Prudence qui trouvera auprès des pirates quelque chose qu’elle n’avait jusqu’alors fait qu’effleurer…

Loin d’être une petite chose frêle et fragile, malgré son apparence physique, Prudence surprend par sa force de caractère, sa tendance à foncer dans la mêlée pour soigner ses camarades, sa détermination et son courage à toute épreuve, dignes des plus grands pirates. Pas étonnant donc qu’elle se forge avec naturel et simplicité une place dans le cœur des pirates, qui lui témoigneront leur confiance et, peut-être encore plus important, leur respect. Au gré des péripéties, la jeune fille prendra de plus en plus confiance en elle et en ses dons surnaturels que je vous laisserai le plaisir de découvrir. L’autrice fait, en outre, planer une certaine aura de mystère sur ce personnage dont on ne connaît pas encore toute l’étendue des pouvoirs, mais qui semble promis à un grand destin.

Qui dit pirates, dit chasse au trésor et à ce niveau, les lecteurs sont particulièrement gâtés ! Je vous laisserai le plaisir de la découverte, mais il est question ici d’un peuple disparu, d’une citée cachée, d’un trésor oublié, d’une langue qui n’est plus parlée, d’indices à trouver et à décrypter… Le tout dans un univers original que l’on découvre avec plaisir au fil des escales sur différentes îles suspendues. Pour ma part, j’ai été captivée par l’univers développé par l’autrice, par cette dichotomie entre terre et ciel, par les multiples dangers qui attendront les membres de l’équipage dont fait maintenant partie notre héroïne, et par ce sens de l’amitié et de l’honneur si présent à bord du navire.

Quant à la plume de l’autrice, fluide, immersive et rythmée, elle sied à merveille à cette aventure menée tambour battant et non dénuée de mystère ! L’action est également bien présente avec des scènes de bataille réalistes, des opérations d’infiltration, des abordages, des parties endiablées d’un jeu que je n’aimerais personnellement pas tester, tenant à mes membres et à mon nez… Des scènes plus douces permettent néanmoins de souffler un peu et de vivre de beaux instants de complicité et de franche camaraderie, tout en nous offrant des informations utiles pour mieux comprendre les personnages, leur passé et les liens les unissant. En plus d’offrir une dynamique intéressante, cette alternance entre action et scènes plus calmes, mais jamais ennuyeuses, présente également l’avantage de nous rappeler la complexité de nos pirates du ciel, capables de massacrer des gens, mais aussi d’offrir à une jeune orpheline la chance d’être enfin elle-même.

En conclusion, roman d’aventure et de piraterie, avec des touches parfaitement maîtrisées de steampunk, Steam Sailors se révèle particulièrement percutant, divertissant et immersif. En plus d’un univers fascinant, qui se dévoile à nous progressivement, l’autrice nous propose une passionnante quête de trésor, empreinte d’une belle aura de légende et de magie, qui liera étroitement une jeune fille rejetée par tout le monde à une bande de pirates recherchés par beaucoup. Des pirates hauts en couleur auxquels on s’attache et dont on partage avec un plaisir non dissimulé la vie trépidante à bord de Héliotrope, personnage à part entière dont l’essence imprègne indéniablement les pages du roman. Membres de la flotte royale, tremblez, quant aux autres, sautez à bord de ce navire de légende pour suivre au plus près les dangereuses et périlleuses aventures d’une bande de pirates, qui a fait du ciel son élément, et de leur nouvelle recrue aux dons surnaturels.

Top Ten Tuesday #228 : les 10 sorties d’octobre qui me tentent le plus

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Comme nous sommes au milieu du mois, j’ai eu envie de me pencher sur les sorties d’octobre avant de vous présenter ma sélection des 10 sorties qui me tentent le plus. De nouveau, il a été difficile de se cantonner à dix livres, mais c’est le jeu.  Je compte précommander le Harry Potter, peut-être demander Jane was here à Noël et me jeter sur le nouveau Ilona Andrews

sorties octobre 2021

Devant recevoir prochainement une édition spéciale Fairyloot des trois premiers tome de la série, je ne pense pas craquer pour la version française, mais je ne peux que vous recommander de vous pencher sur cette série parfaite pour les amateurs de fantasy avec une grosse part de romance.

Et vous, certains de ces titres vous tentent-ils ?
Avez-vous déjà fait vos repérages pour octobre ?

Black Blade, tome 1 : Froid brûlant, Jennifer Estep

Couverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

« Visitez Cloudburst Falls, la ville la plus magique d’Amérique ! »

Cloudburst Falls est le seul endroit au monde où les magicks – des gens dotés de pouvoirs –, et les êtres surnaturels peuvent vivre au grand jour. Des Familles rivales, véritables mafias aux facultés redoutables, dirigent la cité, assurant la protection des quartiers qu’ils se sont octroyés.

Et moi dans tout ça ? J’essaie d’éviter les ennuis. Après tout, squatter le sous-sol de la bibliothèque municipale et ne jamais sortir sans l’épée en sang-fer qui a appartenu à ma mère sont des risques suffisants. Mon CV parle pour moi : voleuse hors pair, rien ne me résiste. Pas le choix, je dois me faire discrète. Et s’il n’y avait que ça… J’ai un autre don, très convoité, qui pourrait me mettre en danger.

Un jour, j’assiste à un règlement de comptes. Le sexy Devon de la Famille Sinclair est sur le point de se faire tuer, et je n’ai que deux options : rester dans l’ombre et le laisser mourir, ou m’exposer pour lui sauver la vie. Bon, ben, j’ai dû me planter. Les Familles ont assassiné ma mère, et on dirait bien que je vais finir comme elle…

Éditions Alter Real (3 septembre 2021) – Ebook (5,99€) – Papier (19,90€)
Traduction : Annabelle Blangier

AVIS

J’ai lu le premier tome de la série Black Blade dans le cadre d’un blog tour organisé par Between dreams and reality en partenariat avec les éditions Alter Real qui, par son intermédiaire, m’ont permis de lire la version numérique du roman. Je les en remercie même si, contrairement aux autres participantes, je n’ai guère été enthousiasmée par ma lecture, malgré quelques bonnes idées… 


Attirée par la couverture et le résumé, j’ai eu envie de découvrir Black Blade avant de très vite déchanter. Le roman n’est pas mauvais en soi, mais je me suis ennuyée presque durant toute ma lecture, et ça, c’est rédhibitoire. Parce qu’ouvrir sa liseuse en soupirant d’avance n’est jamais très agréable, la lecture fut laborieuse et source d’une certaine exaspération devant une intrigue pleine de potentiel, mais qui manque de caractère en raison de personnages caricaturaux, et un certain manque de profondeur. J’ai ainsi eu l’impression de toujours rester à la surface des choses... Il est possible que mon ressenti provienne en partie de l’âge des personnages, mais appréciant beaucoup la littérature YA, cette explication ne me convainc guère, d’autant que même la mère de la Famille, pourtant plus âgée, ne brille pas par sa complexité ni, en dernière partie de roman, par sa cohérence.

Dommage parce que l’héroïne avait du potentiel. Encore affectée par le meurtre de sa mère, elle vit une vie assez isolée entre ses vols, que nous appellerons sobrement missions pour Mo, et le lycée qu’il l’oblige à fréquenter. Une vie routinière, mais dangereuse, qui va prendre un tout autre tournant quand Lila va intervenir dans une tentative d’assassinat, sauvant le fils de la dirigeante de l’une des deux Familles qui contrôlent la ville. Le début des ennuis parce que s’il y a une chose que toute personne sensée sait, c’est qu’il vaut mieux rester éloigné des conflits entre les Familles sous peine d’y laisser sa peau. Et Lila le sait mieux que personne…

Contrainte de servir de garde du corps à Devon, Lila va découvrir que sa vie de voleuse de choc était finalement bien plus sûre que celle de protectrice d’un jeune homme qui, en plus de la tenter terriblement, semble avoir une cible sur le dos. La relation entre les deux personnages ne m’a pas intéressée le moins du monde, mais je reconnais avoir apprécié la manière dont Lila va découvrir la vie au sein d’un manoir quand elle s’était habituée à la solitude. Si la plupart des personnages m’ont laissée de marbre, même cette héroïne qui possède pourtant un bagage émotionnel intéressant, je me suis beaucoup attachée à un pixel. Oscar se montre d’emblée très agressif et irascible avec Lila, mais il va progressivement abaisser ses barrières pour nous dévoiler ses blessures et les raisons de son comportement. Il a su toucher une corde sensible en moi qui m’a poussée à guetter ses trop rares apparitions.

L’intrigue ne m’a pas convaincue, les personnages mériteraient, du moins pour moi, d’être retravaillés, et le côté Roméo et Juliette d’une histoire liant deux personnages secondaires est tellement peu exploité qu’il m’a juste fait lever les yeux au ciel, mais le roman n’est pas dénué de certains atouts. À commencer par un univers divisé entre mortels, au doux surnom de péquenauds, monstres et magicks, à savoir des personnes avec des pouvoirs magiques. J’ai apprécié de découvrir la mythologie liée à cet univers et les formes de pouvoir qui existent. Lila possède ainsi deux pouvoirs, l’un de vision et l’autre de transfert, une capacité rare et donc à cacher aux yeux des autres. Mais ce n’est pas la seule à posséder un pouvoir unique qu’il est préférable de ne pas ébruiter sous peine de faire l’objet de bien dérangeantes attentions…

En plus de la magie, j’ai aimé tout le folklore lié aux monstres et aux droits de passage, une tradition que Lila veille à respecter scrupuleusement, ce qui n’est pas le cas de tous. L’ambiance presque mafieuse avec deux Familles qui règnent et s’affrontent sans relâche pour le pouvoir, l’argent et la magie ajoute, en outre, une dimension dramatique intéressante. Ainsi, si les Sinclair font de leur mieux pour contrer la tyrannie des Draconi, ceux-ci semblent néanmoins avoir une petite longueur d’avance, d’autant qu’ils sont prêts à tout pour s’imposer, et que leur dirigeant est un homme impitoyable et vicieux à l’extrême.

À cet égard, on peut dire que les capacités de Lila, sa force et son intelligence seront un atout indispensable pour le salut des Sinclair, une Famille dans laquelle elle est entrée à son corps défendant, mais qui pourrait lui offrir quelque chose qu’elle n’osait pas vraiment espérer. Et puis, au fil des péripéties, Lila va découvrir qu’elle ressemble peut-être bien plus à sa mère qu’elle ne le pensait. Une mère dont elle n’a pas encore fait le deuil, mais qui lui a appris tout ce qu’elle sait, et qui lui a transmis une certaine force de caractère. Car si Lila est une voleuse émérite, elle est également une combattante de talent ! 

Quant à la plume de l’autrice, elle est fluide et plutôt agréable. Ce qui ne m’a pas convaincue, c’est une certaine tendance à la superficialité et aux facilités, et un manque de subtilité dans la manière de donner les informations sur l’univers et l’héroïne, comme si l’autrice avait eu du mal à les rattacher naturellement à l’intrigue principale. Ce sentiment s’estompe néanmoins à mesure que défilent les pages.

En conclusion, Black Blade ne m’a pas apporté ce que je recherchais en raison d’une certaine superficialité dans le traitement des personnages, des facilités, des longueurs et des clichés rendant l’histoire peu concluante, du moins pour moi. Néanmoins, force est de reconnaître que l’univers est intéressant avec une cohabitation entre humains, monstres et magicks, et une guerre impitoyable entre deux grandes Familles, Une guerre dans laquelle va être plongée bien malgré elle notre héroïne et qui va la contraindre à sortir de sa solitude et d’une certaine manière, l’aider à se révéler à elle-même. Pour ma part, je ne poursuivrai pas la série, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, d’autant que malgré quelques maladresses dans la narration, la plume de l’autrice n’en demeure pas moins assez fluide, et que le roman semble bien noté sur Livraddict.

In My Mailbox #228 : de la VO, de belles réceptions et le retour de l’audio…

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Romans en anglais : je continue de préparer le Cold Winter Challenge avec l’achat de The Snow Angel

Couverture Alice in Brexitland

  • Romans en français : j’ai été gâtée par Myriam Lorenz qui, en plus de son roman dédicacé, m’a envoyé de jolis marques pages. J’ai, en outre, eu la surprise de recevoir un très beau kit presse de la part des éditions Bayard avec Amari, un roman que j’ai hâte de lire.

Lalie, le monde caché de Naturia par [Myriam Lorenz]Amari, tome 1 : Amari et le Bureau des affaires surnaturelles par ALSTONLe dit de Wolveric, Tome 1 : Les portes de Llyr par [Denis Labbé]

  • Livres audio (abonnement Audible) : en ce moment, j’ai du mal à ouvrir un livre, mais je me suis remise aux puzzles. Et qui dit puzzle dit livre audio, du moins pour moi. Ayant adoré le premier tome, j’ai pris la suite de The Bargainer et j’ai décidé de donner sa chance à un livre dont j’ai entendu du bons avis sur le booktube anglophone : A touch od darkness.

A Strange Hymn: The Bargainer, Book 2Couverture Hades & Persephone, book 1: A touch of Darkness

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #40 : première fournée pour le #PumkinAutumnChallenge et Le mois de la BD

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici trois lectures réalisées dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (Un petit besoin urgent, Crictor et Black Butler) et du challenge Le mois de la BD (Black Butler)

  • Un petit besoin urgent, Quentin Gréban (Mijade)

J’avais eu l’occasion de voir passer cet album jeunesse sur Instagram, alors quand je l’ai croisé à la bibliothèque, je n’ai pas hésité à l’emprunter. Comment, en effet, résister à cette belle couverture et à ce regard espiègle ?

La petite Éva, son petit frère encore bébé et leur maman sont de sortie, mais à peine arrivés au marché, catastrophe, Eva a une petite envie ! Sa maman lui avait pourtant bien demandé si elle était allée aux toilettes avant de partir, mais cette précaution n’a, apparemment, pas été suffisante. Branle-bas de combat, il n’y a pas à tergiverser : il faut retourner à la maison ! Et devant l’urgence de la situation, la sympathique famille va recevoir de l’aide de nombreux autres animaux, donnant lieu à des scènes qui ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Qui a dit qu’un voyage en tram était de tout repos ?

Cette aide providentielle sera-t-elle suffisante ? Pour le savoir, foncez lire ce sympathique album qui vous réservera une chute de taille, et qui ne devrait pas manquer de parler à de nombreux parents et adultes ayant eu la chance de garder des bambins. Et puis, il serait dommage de passer à côté de ces belles et grandes illustrations pleines de charme, mettant en scène des animaux adorables dont la personnification est aussi amusante que savoureuse.


  • Crictor de Tomi Ungerer (L’école des loisirs)

Il y a des gens qui reçoivent des fleurs ou du chocolat pour leur anniversaire, mais pas Madame Bodot. Car si son fils, qui étudie les reptiles en Afrique, a bien pensé à elle en cette occasion spéciale, il a opté pour l’originalité : lui envoyer, dans un joli paquet formant un rond, un boa constrictor !

Un cadeau empoisonné, quoique pas vraiment Crictor n’étant pas venimeux, qui va étrangement illuminer la vie de Madame Bonot. Ainsi, quand certains baladent leur caniche, elle, c’est son serpent qu’elle emmène partout devant les yeux ébahis des passants, et ceux médusés des lecteurs. La tendresse de Madame Bodot pour son serpent transparaît dans chaque scène et leur complicité fait chaud au cœur, surtout si, comme moi, vous êtres très sensibles aux relations êtres humains/animaux…

J’ai souri devant des scènes de vie classiques et banales mais qui, sous la houlette de Tomi Ungerer, prennent une tout autre saveur. Il faut dire qu’en plus d’être des plus dociles, Crictor étonne par ses multiples talents qu’il exercera pour le plus grand plaisir de son adoptante et des enfants. Et puis, certains petits voyous vont apprendre qu’il faut se méfier du serpent qui dort ! Même du serpent qui dort dans un lit douillet parfaitement adapté à sa taille…

Quant aux illustrations, elles dégagent beaucoup de charme, avec un côté suranné qui renforce cette impression d’être dans un cocon de douceur. La présence récurrente du vert offre une sorte d’hommage bien mérité à un protagoniste qui ne parle pas, mais qui possède une présence certaine. J’ai, en outre, adoré la manière dont l’auteur joue sur le physique de Crictor, agençant ses illustrations à partir de celui-ci.

Loufoque, mignon et diablement amusant, voici un petit album au charmé suranné qui devrait ravir les enfants et les adultes par la dose de bonne humeur et de fantaisie qu’il insuffle à chaque page. On y découvre un quotidien devenu cocasse grâce à un protagoniste inattendu et un auteur de talent qui réussit à faire classique et original à la fois. À lire, relire et partager !


  • Black Butler, tome 30 de Yana Toboso (Kana)

Black Butler, tome 30 par Toboso

J’ai, comme d’habitude, lu d’une traite ce tome non dénué de sang et de violence, mais peut-être un peu moins sombre et complexe que d’habitude. Nous suivons un personnage qui voit très mal de près, mais qui a une vision parfaite de loin. Une particularité qu’il va mettre, avec ses comparses, au service d’une cause, pas vraiment noble mais très rémunératrice, le vol de bijoux.

Notre voleur des rues s’en prend malheureusement à la mauvaise personne et n’a plus qu’une solution pour éviter la mort : travailler pour quelqu’un d’encore moins recommandable et de plutôt violent. Notre personnage était coutumier du vol, il va devoir ajouter le meurtre à ses compétences, jusqu’à que sa dernière mission ne se passe vraiment comme prévue… Fin de partie ou nouveau départ ?

Tous les indices étaient là, et pourtant, je me suis laissée berner par la révélation sur ce personnage qui n’est peut-être pas celui qui paraît être. Je vais rester vague, mais j’ai aimé ce tome pour le saut dans le passé qu’il offre et la manière dont il nous permet de mieux appréhender certaines choses et relations entre nos personnages. Les enjeux ne sont pas aussi élevés que dans d’autres tomes, mais on passe assurément un excellent moment auprès de Sebastian, Ciel et les autres, et l’on se dit que décidément, cette série a encore de belles choses à nous offrir !


Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

Les Indécis, Alex Daunel

UNE DÉCLARATION D’AMOUR AUX LIVRES QUI NOUS ONT FAIT GRANDIR ET RÊVER

 » Je ne vous ai pas demandé qui vous étiez. Mais quoi. Quel genre littéraire ? « 

Voilà comment Max, 33 ans, est accueilli dans un bâtiment froid et austère avant de comprendre qu’il vient de mourir dans un accident de voiture. Il n’est ni au Paradis, ni au Purgatoire, mais à l’Inspiratoire où les morts doivent choisir un genre littéraire afin d’inspirer un auteur sur terre. Ils sont ainsi réincarnés en personnages de roman.

Sous le choc de sa mort brutale, Max a plus de questions que de réponses. Il est, ce que l’on appelle, un  » Indécis « . Pour le guider, il peut compter sur Mme Schmidt, sa défunte professeure de français.

Mais Max doit faire vite : il n’a que vingt-quatre heures pour prendre la plus importante décision… de sa seconde vie !

L’Archipel (26 août 2021) – 304 pages – Broché (18€) – Ebook (12,99€)

AVIS

Évoquer la question délicate de la mort tout en plongeant les lecteurs dans une bulle confortable hors du temps que l’on a bien du mal à quitter ! Un petit exploit qu’a réussi à réaliser Alex Daunel avec son excellent roman Les Indécis, que j’ai eu la chance de lire en lecture commune avec Karine du blog Valmyvoyou lit. Si je parle de chance, c’est que ce roman a suscité en moi tellement d’émotions et de réflexions quant à ma propre vie que j’ai ressenti le besoin quasi viscéral d’en parler avec quelqu’un au fur et à mesure que je tournais les pages. Je remercie donc chaleureusement Karine pour nos nombreux échanges qui ont donné une tournure très personnelle à cette lecture, et probablement contribué au plaisir pris à me plonger dans ce savoureux roman.  

Un concept de départ aussi audacieux qu’original ou quand la littérature vous offre l’immortalité…

Intelligent et audacieux, avec une belle touche de cocasserie, Les Indécis est une petite ode à la littérature avec des références littéraires à foison, des auteurs dont on capture le nom au détour d’un dialogue, et des personnages qui se trouvent irrémédiablement et éternellement liés au pouvoir des mots et des livres. Une réalité à laquelle va être confrontée, plutôt abruptement, notre protagoniste : Max, la trentaine, découvre qu’il est décédé, et encore plus déroutant, que la mort n’est pas la fin de tout, mais le début d’autre chose… Mais pour cela, faut-il encore qu’il choisisse LE genre littéraire qui lui convient afin d’inspirer un auteur et ainsi pouvoir se réincarner dans un de ses personnages ! Quand on dit que la littérature conduit à la postérité… Il y a d’ailleurs quelque chose d’extrêmement libératoire dans cette idée d’une vie après la mort qui se démarque des religions, tout en offrant cette immortalité que nous sommes nombreux à espérer plus ou moins consciemment.

Lisant de très nombreux genres, j’avoue avoir tout de suite été saisie par l’ampleur de la tâche qui attend Max d’autant qu’il n’a que 24h pour se décider. Malheureusement, les livres et lui, ce n’est pas une grande histoire d’amour, alors choisir un genre dans lequel passer l’éternité, ça lui semble mission impossible. Et puis, il a quand même du mal à réaliser le caractère incongru de sa situation. On le serait à moins… Il pourra toutefois compter sur l’aide de son ancienne professeure de lettres, et béguin d’adolescent, qui lui servira de guide et l’aidera à remonter le fil de ses expériences littéraires. Parce que s’il ne peut se souvenir du dernier livre lu, avec un petit effort et de l’aide, Max commence à se souvenir des livres qui ont jalonné les différentes étapes de sa vie.

Un roman léger qui aborde néanmoins des thématiques fortes… 

Au gré de ses souvenirs, des personnages qu’il rencontre et de ses projections mentales qui nous font traverser les époques et les lieux, Max se dévoile à nous dans toute son humanité. Se dessine, au fil des pages, une personne attachante avec ses failles, ses douleurs d’enfant, d’adolescent puis d’adulte, ses qualités, ses amours, ses joies, mais aussi ses renoncements, ses peurs, et cette indécision qui le caractérise et qui l’accompagne même dans l’au-delà. À travers ce personnage touchant, sensible et empathique, qui a tenté à sa manière de veiller sur les autres en oubliant de s’occuper de lui-même, l’autrice évoque tout un panel de thématiques intéressantes : la famille, les relations parents/enfants parfois compliquées, la rivalité fraternelle, l’amour, la maladie, la mort, le deuil d’une personne, mais aussi d’une relation, le besoin de sécurité matérielle que nos sociétés modernes tendent à faire passer avant celui de l’épanouissement personnel, le capitalisme et ses dérives… Il est également question d’épanouissement professionnel, de perte de sens au travail, de burn out, et des petites décisions professionnelles que l’on reporte à plus tard, avant d’être entraîné dans une spirale infernale qui nous dépasse, nous broie et nous annihile lentement.

Si le premier tiers du roman marque par sa légèreté, la suite est un peu plus sérieuse mais jamais pesante, car l’autrice trouve un fabuleux équilibre entre grave et léger, entre sérieux et cocasserie, entre mort et vie. Cela passe autant par une plume tout en légèreté et en arrondie que des personnages savoureux, et un humour omniprésent et d’une grande sensibilité. On ne s’amuse pas de la mort à proprement parler, on la dédramatise et on remet en perspective les défauts des individus qui, une fois leur vie envolée, n’ont plus d’importance. D’ailleurs, ici à l’Inspiratoire, ce qui compte c’est ce qu’on est et non ce qu’on a été. Il n’y a aucun jugement de valeur de la part des guides dont le seul rôle est d’aider les personnes décédées à choisir le genre dans lequel elles pourront s’épanouir.

À cet égard, Mme Schmidt a tout de suite attiré ma sympathie, bien qu’elle m’ait parfois déroutée par une impatience mal contenue et un manque d’empathie lors de certaines scènes. Néanmoins, elle reste un personnage intéressant et bienveillant qui arrive à guider sans imposer, à expliquer sans rationaliser ce qui ne peut l’être, et à recadrer Max quand ses propos frisent la condescendance, même si c’est plus par maladresse que par malveillance. Je salue d’ailleurs l’autrice qui rappelle avec brio que chacun peut lire ce qu’il souhaite sans devoir subir les moqueries d’autrui. J’ai également beaucoup apprécié Théo, un guide qui, malgré le drame de la guerre, garde une vision tellement positive de la vie qu’il ne pourra que vous donner le sourire, et susciter en vous une profonde admiration. Il définit à lui seul la notion de résilience. Mention spéciale également à Odile, une mamie attachante et aux goûts littéraires inattendus.

Un voyage littéraire qui invite à la réflexion et à l’introspection… 

Au fil des découvertes sur le passé et la mort des différents personnages, j’ai réfléchi à cette thématique de la mort et à la manière si délicate dont l’autrice l’aborde. Alors que c’est un sujet qui me met d’habitude mal à l’aise, j’ai pris beaucoup de plaisir à lire le roman, et ai même trouvé une certaine poésie à l’idée de me réincarner dans un personnage que j’aurais inspiré à un(e) auteure. Une relation artiste/muse aussi originale qu’inspirante et belle ! Il est également amusant de voir comme aux côtés de Max, on en vient spontanément à éliminer les différents genres pour tenter de trouver celui qui nous conviendrait le mieux. Pour ma part, je crois que j’aurais opté pour le rôle de guide si on me l’avait proposé, puisque ce n’est pas quelque chose que l’on peut décider par soi-même, ou pour un genre désuet, mais qui m’a donné le virus de la lecture, les fables. Mais ce que je retiendrai avant tout de ce roman, c’est la manière dont l’autrice arrive à mettre de la vie, de la lumière et de l’espoir dans la mort : parce que si une personne qui se réincarne oublie tout de sa vie d’avant, elle en commence également une nouvelle avec toutes les promesses que cela comporte.

Le roman, de par son ton joyeux mais profond, se lit vite, trop vite parce qu’une fois la dernière page tournée, j’ai eu du mal à quitter cette bulle hors du temps dans laquelle Alex Daunel nous plonge. J’aurais aimé avoir le point de vue des vivants, découvrir les réactions de l’entourage de Max suite à son décès, et notamment d’un père avec lequel il n’a jamais vraiment réussi à communiquer, et d’une petite amie dont il ne comprendra la force de l’amour qu’après avoir terminé son voyage littéraire. Car à mesure que les livres de sa vie défilent devant ses yeux, Max mène un véritable travail d’introspection, lui permettant de lever des blocages, et de se reconnecter à des émotions et des sentiments depuis trop longtemps ignorés. En d’autres termes, de se réconcilier avec lui-même !  Et c’est probablement la raison pour laquelle suivre les vivants quand on tente de (re)donner vie à un mort, qui l’était peut-être émotionnellement depuis longtemps, aurait amoindri la portée de cette sublime et émouvante histoire de seconde chance.

En résumé, en cassant les codes, en mélangeant contemporain, imaginaire, voire même feel good, l’autrice nous propose ici un roman original, drôle, sensible et émouvant, bien plus profond qu’il n’y paraît. Un roman qui, à travers le voyage littéraire de son héros, invite avec douceur les lecteurs à réaliser un véritable travail d’introspection sur leur vie, leur rapport à la mort, au deuil et à la lecture. Ode aux livres, tous les livres, en même temps qu’aux secondes chances, Les Indécis est un concentré d’émotions dans lequel on se sent bien, que l’on soit un amoureux des livres, un lecteur occasionnel ou un simple curieux prêt à donner sa chance au pouvoir des mots, de l’imagination et de l’inspiration !

Retrouvez l’avis de Valmyvoyou lit.

Je remercie les éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Throwback Thursday Livresque #211 : enfance (La journée du nounours)

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour le thème de la semaine (enfance), j’ai tout de suite pensé à Anna et le Père Noël de Jacques Mazeau, un joli conte de Noël, plein de bons sentiments, qui vous plongera dans la magie de cette fête où tout semble possible. Et puis, il y a un nounours sur la couverture !

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Anna est une adorable petite fille, pleine de charme et de malice. Elle aime les histoires, les écouter et aussi les inventer. Elle vit heureuse avec ses parents dans un joli chalet. Jusqu’au soir de Noël où son papa quitte la maison. Maman parle de dispute, mais Anna au fond de son lit interroge son meilleur ami, l’ours Câlinou, et ils sont d’accord : papa est allé retrouver le Père Noël pour offrir des cadeaux à Anna. La petite fille décide de partir à leur rencontre avec Câlinou


J’ai également eu envie de vous parler d’une BD jeunesse que j’aime beaucoup : Astrid Bromure de Fabrice Parme. Au programme, pas mal d’humour et une jeune héroïne avec de la personnalité !

Couverture Astrid Bromure, tome 1 : Comment dézinguer la petite souris

Astrid vient de perdre une dent, et découvre à cette occasion la légende de la petite souris… les versions proposées par son entourage différent tellement qu’elle n’en croit pas un mot. Pour le prouver, elle décide de mettre en place de savants pièges pour la capturer, échoue mais… Stupéfaction : la petite souris lui a déposé un tube de dentifrice sous son oreiller. Elle existe donc ! Astrid extrêmement motivée va tout faire faire pour résoudre le mystère du dentifrice et capturer sa première amie.

 

Et vous, quel livre auriez-vous cité ?

 

Rocaille, Pauline Sidre #PLIB2021

Couverture Rocaille

Gésill est mort, et il le serait resté si les Funestrelles, des bandits de la pire espèce, ne l’avaient pas ramené à la vie pour l’inciter à reprendre le trône. En quête de son assassin et d’un sens à sa non-vie, il devra partir à la recherche du dernier représentant des Magistres, des êtres mythiques autrefois persécutés et exterminés par son aïeul. C’est le début d’un périple qui changera à jamais la Rocaille.

#ISBN9782490700035

AVIS

Rocaille était le roman des cinq sélectionnés du PLIB 2021 qui me tentait le moins malgré une très belle, quoique plutôt effrayante couverture. Si j’ai adoré les premières pages et la plume des plus évocatrices de l’autrice, j’ai fini par ressentir un certain ennui en cours de lecture. La faute principalement à un rythme inégal et à des personnages qui, à l’exception de l’un d’entre eux, m’ont semblé manquer de profondeur, voire parfois de cohérence. J’ai ainsi eu le sentiment de ne pas avoir les informations nécessaires pour m’attacher à eux et comprendre leurs réactions, ce qu’ils ressentent et traversent…

Cela ne m’a néanmoins pas dérangée pour Gésill, un roi ramené d’entre les morts pour reprendre son trône et trouver l’identité de son assassin. On ne peut, en effet, guère attendre d’un homme en décomposition, qui perd ses sens à mesure que l’on tourne les pages, et dont la mémoire est défaillante, d’être cohérent du début à la fin. Certaines de ses réactions sont plutôt déstabilisantes, mais elles ont le mérité de nous prouver que sous sa carcasse qui pue la mort, reste un brin d’humanité. Notre zombie ou mort-vivant, qui n’a plus besoin de dormir ni de se sustenter, reste d’ailleurs capable de ressentir cette violence des sentiments, qui conduit certaines personnes à avoir des réactions disproportionnées et irrationnelles. J’ai toutefois regretté qu’il reste assez en retrait de l’action. Car même s’il a des élans propres à un souverain, même déchu, il est bien souvent traité comme un pantin par les mercenaires qui l’ont ressuscité en échange d’une petite fortune et de la promesse de privilèges.

La plongée dans l’antre de ce repère de brigands et de mercenaires complètement dégénérés fut une expérience intéressante, bien que parfois éprouvante. Si on ne s’appesantit pas dessus, et que seul un personnage semble s’en émouvoir, et encore parce que ça contrarie ses histoires de cœur, attendez-vous d’ailleurs à de l’inceste et à une culture du viol conjugal banalisé. Parmi nos brigands, un homme se révèle néanmoins attachant, bien que son rôle reste minime : un être simple et un peu lent maltraité par les siens, mais doté d’une grande gentillesse et d’une touchante naïveté et spontanéité. Seule sa sœur, Iliane, veille sur lui et tente de le protéger, autant qu’il est possible de le faire dans un monde où la loi du plus fort domine.

Avec Iliane, l’autrice nous propose au départ un personnage fort, une sorte de criminelle badass avec du répondant, qui sait se faire respecter et qui n’hésite pas à sortir le couteau pour se faire comprendre. Malheureusement, au fil du roman, tout ce qui faisait le charme du personnage est abandonné au profit de ses sentiments pour l’un des personnages. Je n’ai pas compris cette évolution peu subtile, avec à la clé des passages qui m’ont fait lever les yeux au ciel, et des scènes décalées par rapport à l’intrigue et à sa dureté. Toutefois, Iliane, de par ce qu’elle vit au sein de son propre groupe, permet d’évoquer les relations toxiques et la difficulté pour les victimes de s’en sortir.

Le développement de la sœur et du frère du roi m’a également laissée sur ma faim, me donnant le sentiment que le roman aurait gagné à être étoffé pour laisser de la place à chacun. C’est assez frustrant de voir à quel point des personnages avec du potentiel sont laissés sur le côté, même si je comprends bien que l’autrice ait dû opérer des choix. Un personnage m’a heureusement semblé bien plus convaincant dans sa construction, son développement et sa complexité : Luèlde. Ce caméléon humain qui a eu autant de prénoms que de vies est supposé être le dernier magistre vivant, un sorcier aux pouvoirs immenses et particulièrement puissants. Des pouvoirs dont il ne connaît pas vraiment l’étendue, et qui ont été pour lui, jusqu’à présent, une source constante de rejet, de convoitise, de violence… Ainsi, on le déteste pour ce qu’il est, mais on l’exploite pour ce qu’il peut faire ! C’est toutefois grâce à sa nature si particulière, dont il doute constamment à la plus grande irritation des lecteurs, ou du moins de la mienne, qu’il croisera la route de notre roi.

Un roi en décomposition puant la charogne associé à un sorcier qui refuse de croire en ses capacités qu’il ne maitrise pas au demeurant, soutenus par une bande de criminels et de coupe-gorge en campagne pour le trône… Que peut-il bien arriver de fâcheux ? Pour le découvrir, il vous faudra lire ce roman, mais je peux néanmoins vous dire que vous pouvez vous attendre à des complots, du sang et à un voyage sur les traces des magistres décimés par un roi qui, en voulant nourrir son peuple, a fini par l’affamer. Pour ma part, j’ai apprécié de découvrir toute la mythologie autour des magistres, leur organisation, leurs pouvoirs, mais également leur terrible chute. Des découvertes qui ne seront pas sans conséquence sur Luèlde et son avenir, le jeune magistre ne pouvant ignorer l’horreur vécue par ses ancêtres ! La présence de fantômes, la manière dont on est parfois plongés dans les souvenirs de personnages décédés, et les voyages entre le monde des vivants et des morts apportent, en outre, un plus indéniable à l’intrigue, et offrent une sorte de parenthèse dans laquelle tout semble pouvoir vaciller…

Mais ce qui fait toute l’originalité et la force de ce roman est son univers stérile, soumis aux caprices d’un climat épouvantable et changeant, faisant porter sur la lignée des Rois verts, seule capable de faire pousser plantes, légumes et fruits, une lourde tâche : nourrir le peuple. Mais trois individus, deux maintenant que le roi Grésill a perdu son pouvoir de floraison, semblent bien insuffisants pour pallier une nature quasi inexistante… J’ai apprécié cette idée d’individus possédant, de par les exactions de leur illustre ancêtre, un lien aussi étroit avec la nature, même si j’aurais peut-être apprécié que ce côté soit un peu plus développé. À l’inverse, l‘autrice fait preuve d’une maîtrise absolue de l’atmosphère rude, aride et brutale de son roman, nous faisant ressentir jusque dans nos os les variations du climat, et ce sentiment de désolation omniprésent. Seul Luèlde arrivera à détecter le potentiel derrière la Rocaille et à se concentrer sur ce qu’il y a et pourrait y avoir, plutôt que sur ce qui fait cruellement défaut…

En conclusion, roman de fantasy à l’univers original et particulièrement soigné, Rocaille fut néanmoins pour moi une lecture en demi-teinte, bien que je lui reconnaisse des qualités indéniables. Ainsi, si les personnages m’ont semblé manquer de profondeur, à l’exception d’un mage dont on prend plaisir à découvrir les capacités, et que l’intrigue n’a pas su me captiver sur la longueur, je ne peux nier avoir été saisie par la plume de l’autrice. Une plume fluide, imagée et immersive qui vous plonge avec brutalité et sans concession au cœur d’une aventure mouvementée, dont il est bien difficile de deviner tous les tenants et aboutissants avant d’en avoir tourné la dernière page.

Je remercie les éditions Projets Sillex d’avoir mis l’ebook du roman à disposition des membres du jury.

 

Top Ten Tuesday #227 : mes 10 meilleures lectures depuis le début de l’année

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Il a été difficile de ne choisir que 10 titres, mais voici mes 10 meilleures lectures depuis de l’année ou du moins, les 10 qui, de mémoire, m’ont le plus marquée, émue, touchée, remuée, fait réfléchir, divertie…

Les romans sont majoritaires (La princesse au visage de nuit, Rouge, Valkyrie, Masques & Monstres, Les indécis et From Blood and Ash), mais cela semble assez logique puisque c’est ce que je lis le plus. On notera, en outre, que parmi cette sélection, il y a deux auteurs auto-édités : R. Oncedor et Federico Saggio. J’en profite d’ailleurs pour rappeler qu’il y a de véritables pépites dans l’auto-édition.

Aux côtés des romans, vous trouverez un ouvrage hors fiction, Une histoire de genres, et des BD toutes les trois très émouvantes : chaque jour Dracula, Jamais et Ceux qui restent.

10 meilleures lectures depuis de l'année

Et vous, avez-vous lu/apprécié certains de ces livres ou certains vous tentent-ils ?
Quelles sont vos meilleures lectures depuis le début de l’année ?