Jonathan Livingston le Goéland, Richard Bach

Couverture Jonathan Livingston le goéland

 

Décidément, Jonathan Livingston n’est pas un goéland comme les autres. Sa seule passion : voler toujours plus haut et plus vite, pour être libre. Mais cet original qui ne se contente pas de voler pour se nourrir ne plaît guère à la communauté des goélands. Condamné à l’exil, seul, Jonathan poursuit ses découvertes, sans peur, sans colère. Il est seulement triste de ne pouvoir les partager, jusqu’au jour où il rencontre des amis… Jonathan apprend alors à briser les chaînes qui emprisonnent son corps et ses pensées. Ce livre drôle et poétique est un hymne à l’amour et à la liberté !

Audible – 58 minutes
Lu par Patrice Laffont, Dorothée Berryman, Cédric Noël, Vincent Davy

AVIS

Un mal de tête carabiné, mais aucune envie de rester allongée dans le noir sans rien faire, j’ai décidé d’écouter un livre audio, de préférence court. Mon choix s’est alors porté sur Jonathan Livingston le Goéland que j’avais téléchargé gratuitement sur mon application Audible.

Jonathan pour un goéland, cela a de quoi surprendre, mais Jonathan n’est pas un goéland comme les autres. Quand les autres membres de son clan ne pensent qu’à vivre pour manger lui, il ne pense qu’à voler, voler toujours plus haut, toujours plus vite, pour gagner en liberté. Mais ses progrès en techniques de vol seront loin de plaire à son clan qui finira par le chasser… Le goéland, exilé, mais bien déterminé à rester fidèle à ses envies, finira heureusement par trouver d’autres goélands partageant ses aspirations.

À travers cette histoire, qui s’apparente à un petit conte philosophie, l’auteur aborde différents sujets, et notamment la différence et le rejet qu’elle suscite. Comme l’en atteste la communauté de goélands qui chasse notre héros, un être, qui n’entre pas dans la norme et ne respecte pas les traditions, inquiète avant d’être simplement mis au ban de la société.

Ce constat ne suscitera pourtant aucune haine chez Jonathan. Peiné que ses comparses se contentent d’une vie sans but, sans volonté de se dépasser, il restera néanmoins fidèle à ses aspirations profondes, et à ce qu’il est. Il a bien tenté, durant un moment, de se fondre dans le moule, mais il a vite compris que l’acception de ses pairs ne valait pas le sacrifice de son être… Comment, en effet, être heureux si l’on renie ce que l’on est et ses propres rêves ?

En gagnant en âge, il gagnera également en maturité jusqu’à comprendre, grâce à sa rencontre avec d’autres goélands, plus ouverts d’esprit que ceux de son clan, que la liberté ne dépend que de soi et des barrières que l’on se met. Une fois les chaînes brisées, chacun est libre de s’approprier sa vie, et faire de ses rêves une réalité. Cette liberté tant désirée une fois devenue sienne, Jonathan deviendra alors à son tour porteur d’espoir, et partagera, avec ceux qui en ont besoin, la sagesse acquise au fil de ses rencontres et de ses expériences, heureuses comme malheureuses.

La plupart des idées soulevées ne sont pas innovantes, mais l’auteur a su les mettre en scène de manière assez imagée et subtile pour parler à chacun des lecteurs sans tomber dans un ton moralisateur ou dogmatique. L’ensemble offre donc un récit harmonieux et philosophique plaisant et accessible.

Quant à la partie audio du livre, je dois dire qu’elle m’a complètement conquise. Alors que je n’écoute jamais de musique en lisant, j’ai adoré les musiques diffusées tout au long du livre. Choisies avec soin et beaucoup de justesse, elles participent grandement et activement au plaisir que l’on prend à se laisser conter l’histoire de ce goéland en quête de liberté. Pourvoyeuses d’émotions, elles m’ont également permis de ressentir avec force tout ce qui se dégage de ce récit, simple en apparence, mais finalement assez profond et universel.

Autre point qui m’a plu et qui est assez rare, chaque personnage est interprété par une personne différente, ce qui permet de mieux se représenter chacun des protagonistes et de s’immerger plus facilement dans la lecture.

En conclusion, Jonathan Livingston le Goéland est un petit livre audio qui m’a très agréablement surprise. À travers l’histoire d’un goéland devenant le mouton noir de son clan, l’auteur aborde de nombreux sujets qui ne devraient pas manquer de vous faire réfléchir : la quête de soi, le besoin de réaliser ses rêves, l’indépendance, les envies d’évasion, la liberté, mais aussi la différence et le rejet qu’elle tend encore bien trop souvent à susciter. Sans être révolutionnaire, cette petite histoire devrait donc vous faire passer un joli moment d’évasion et de réflexion.

Top Ten Tuesday #140 : 10 livres dont la couverture évoque la musique

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je sors rarement de chez moi sans un livre dans mon sac et mes écouteurs appréciant de m’isoler des bruits de la rue avec de la musique. J’ai donc eu envie de vous présenter, cette semaine, 10 livres dont la couverture évoque la musique

Couverture Le Cahier à fleurs, tome 1 : Mauvaise orchestrationCouverture Deux secondes en moinsCouverture L'âme du violon

Couverture Le MusicienCouverture 1,2,3... on est tous des catsCouverture Conductor, tome 1

Couverture Et si on dansait ?Couverture Le piano orientalCouverture ToxinZ, tome 1 : Beyond all hopes

La vie est plus belle en musique

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Throwback Thursday Livresque #129 : musique

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


J’ai été un peu frustrée par ce thème parce qu’il m’a immédiatement donné envie de vous parler de Deux secondes en moins, l’histoire de deux adolescents qui se reconstruisent grâce à la musique. Mais ayant déjà opté pour ce roman dans un précédent TTL, j’ai choisi de vous parler d’une BD que j’ai beaucoup aimée : La boîte à musique.

« Pour son huitième anniversaire, Nola, petite fille espiègle, reçoit de la part de son père Martin la boîte à musique de sa mère, Annah, récemment décédée. Cette boîte est un symbole pour la petite fille, mais très vite, la fillette croit voir des signes de vie à l’intérieur. Oui, elle ne rêve pas : quelqu’un lui fait signe et lui demande de l’aide. Dès lors, en suivant les instructions d’Andréa, la fille de la boîte à musique, Nola rapetisse, entre dans la boîte et découvre le monde de Pandorient, un monde incroyable… Le temps presse cependant, car Mathilda, la mère d’Andréa et de son frère Igor, est gravement malade… Que lui arrive-t-il ? Aurait-elle été empoisonnée ? L’eau serait-elle contaminée ? Rapidement, les soupçons se confirment. En urgence, les enfants vont s’occuper de Mathilda puis remonter la piste du pollueur sans vergogne… avant que Nola ne regagne sa vie dans son monde, aux côtés de¶ son père. À moins que tout cela ne fût qu’un rêve… ou pas ! « 

La musique n’est pas omniprésente dans cette BD, mais elle est présente par l’intermédiaire d’une mystérieuse boîte à musique qu’une enfant a hérité de sa mère. Cet objet, d’apparence anodine, va mettre à sa portée un monde magique et merveilleux bien que non dénué de certains dangers. Entre aventures, rencontres et découvertes, cette BD aux allures de BD d’apprentissage offre des péripéties prenantes magnifiées par de superbes illustrations. L’ambiance graphique justifie d’ailleurs à elle seule la lecture de cette très belle histoire qui devrait ravir enfants et adultes.

Et bonne nouvelle, le tome 2 est déjà sorti. Je l’ai trouvé un peu moins entraînant que le premier, mais il n’en demeure pas moins très agréable à parcourir.

« Sitôt rentrée de sa première visite à Pandorient, le monde merveilleux de la boîte à musique, Nola ne pense qu’à y retourner. Lorsqu’elle repart en cachette, elle tombe en pleine fête nationale ! Tous les habitants sont en liesse, impatients d’assister à la parade du roi Hectorian Ier. Mais une affaire plus urgente appelle Nola et ses amis : Cyprien, le fils du sorcier Anton, est devenu la cible de fréquents rackets. Qui est derrière ces chantages ? Et dans quel but ? Il n’y a pas une minute à perdre, car le danger est bien réel… On en veut au roi ! »

Et vous, connaissez-vous cette BD ?
Vous tente-t-elle ?

Throwback Thursday Livresque #81 : Examens et diplôme

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : Examens et diplôme (un roman où un personnage passe des examens ou son diplôme de fin d’études etc… Ok pour les auditions et concours aussi).

Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un roman que j’ai juste adoré : Deux secondes en moins.

Deux lycéens racontent l’impensable, le drame, la révolte, dans un roman puissant et rempli d’espoir.
Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude. Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager. Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer… Et pourtant, Igor et Rhéa reprennent jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Un roman bouleversant, où un perroquet, le « thé des Sages », l’amitié et les mots apportent une douceur salutaire.

 

Pourquoi ce choix ?

Dans ce roman, point d’examen de fin d’études, mais une audition de musique pour laquelle deux adolescents, malmenés par la vie, vont apprendre à travailler main dans la main. Cette audition n’est pas du tout le sujet du livre, mais le thème de ce TTL m’a donné l’occasion de vous parler de ce roman qui est une petite merveille pleine de sensibilité et d’émotions. Sont abordés des thèmes difficiles comme la mort, la douleur, la reconstruction et l’acceptation de soi… Et tout ceci avec, en trame de fond, la musique des cœurs qui aide à guérir et à se reconstruire.

Si vous voulez en apprendre plus sur ce roman, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Je pourrais vous parler pendant des heures de ce livre qui m’a touchée et émue, qui m’a fait traverser différentes émotions et qui a réveillé en moi certaines choses bien enfouies. C’est d’ailleurs un peu la force de ce livre qui, bien qu’il soit destiné d’abord aux adolescents, pourra plaire et parler à tout le monde ; la mort, les drames, la vie et l’espoir n’attendant pas l’âge. Je m’arrêterai donc en vous conseillant simplement de vous laisser tenter par ce roman qui a été pour moi un véritable coup de cœur que ce soit pour son histoire, ses personnages ou le message d’espoir qu’il véhicule. Car oui, la vie et la douleur sont intrinsèquement liées, mais cela vaut la peine de se diriger vers la lumière quand la noirceur semble vous aspirer. Et si cela vous semble trop dur, mettez un CD qui vous fera ressentir des émotions, qui vous fera vibrer, faites-vous un thé… Ou plongez-vous dans cette histoire qui met du baume au cœur et qui vous apporte la dose d’optimisme nécessaire pour vous prouver que oui, après la douleur, le bonheur est possible.

Et vous, ce roman vous tente ?

Deux secondes en moins, Marie Colot et Nancy Guilbert

Je remercie Babelio et les éditions Magnard Jeunesse pour m’avoir permis de découvrir Deux secondes en moins de Marie Colot et Nancy Guilbert.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Deux lycéens racontent l’impensable, le drame, la révolte, dans un roman puissant et rempli d’espoir.
Depuis qu’un accident de voiture l’a complètement défiguré, Igor se mure dans le silence. Sa rancune envers son père, responsable de l’accident, est immense, comme sa solitude. Rhéa sombre dans le chagrin après le suicide de son petit ami. Encore sous le choc, elle ne sait plus à qui ni à quoi se raccrocher dans la ville où elle vient d’emménager. Pour l’un et l’autre, tout s’est joué à deux secondes. Deux secondes qui auraient pu tout changer… Et pourtant, Igor et Rhéa reprennent jour après jour goût à la vie en se raccrochant à la musique. Une fantaisie de Schubert et un professeur de piano pas comme les autres vont les réunir et les mener sur un chemin inespéré.

Un roman bouleversant, où un perroquet, le « thé des Sages », l’amitié et les mots apportent une douceur salutaire.

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : MAGNARD (13 février 2018)
  • Age :à partir de 13 ans
  • Prix : 14.90€
  • Autre format : epub

AVIS

Deux secondes en moins, c’est l’histoire de deux adolescents meurtris, l’un dans sa chair, l’autre dans son esprit. Igor s’est ainsi vu défiguré suite à un accident de voiture, quand le cœur de Rhéa a explosé en mille morceaux à l’annonce du suicide de son petit ami, Alex.

Deux drames auxquels les lecteurs ne peuvent rester insensibles d’autant qu’au gré des pages, on apprend à connaître ces deux jeunes gens très différents l’un de l’autre, mais pourtant unis par le même amour de la musique. Cette passion pour la musique, c’est ce qui va d’ailleurs leur permettre de sortir la tête de l’eau, de reprendre goût à la vie et de se rendre compte que tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir. Une phrase qui peut sembler ô combien éculée, mais que Marie Colot et Nancy Guilbert ont su rendre réelle et tellement pleine de sens.

Mais avant la reconstruction, les deux adolescents ont traversé des zones de turbulences et ont été assaillis par une multitude d’émotions comme la colère, la haine pour Igor, et la culpabilité ou le désespoir pour Rhéa. Et si le père d’Igor n’avait pas regardé son portable au volant ? Et si l’entourage d’Alex avait su saisir son désarroi et son mal-être avant qu’il ne commette l’irréparable ? Des questions que les deux jeunes ne peuvent que se poser et qui, bien que naturelles, finissent par leur faire plus de mal que de bien. Le passé demeurant figé quoi que l’on puisse faire ou penser, le titre prend alors tout son sens : deux secondes en moins, c’est ainsi ce qu’il aurait fallu à Igor et Rhéa pour continuer à vivre normalement, mais deux secondes en moins, c’est aussi ce qu’ils n’auront jamais…

Englués dans ce passé qu’ils ne pourront jamais réécrire, ce n’est que l’intervention d’un professeur de musique, Fred, qui va leur permettre de progressivement réapprendre à vivre, puis à savourer les petites choses de la vie. Cela ne se fera évidemment pas sans heurts, sans moments de doute ou de peine, mais les deux adolescents pourront compter sur le soutien inconditionnel de leur professeur de musique. Ce dernier fait preuve, tout au long du livre, d’une telle sensibilité et d’une telle douceur qu’il force l’admiration et le respect. Mais en découvrant son passé, on ne peut que comprendre la justesse avec laquelle il intervient dans la vie des deux jeunes gens. Il arrive à leur insuffler l’énergie pour avancer dans la vie tout en leur laissant toujours la distance nécessaire pour ne pas les brusquer. Il n’impose jamais rien, mais se contente de suggérer et de guider Rhéa et Igor tout en leur rappelant régulièrement à quel point il croit en eux, en leur force et en leur capacité à avancer malgré l’adversité. Fred est définitivement un personnage auquel on s’attache et qu’on aimerait avoir à ses côtés notamment dans les moments difficiles quand la douleur physique et/ou mentale ne permet plus d’avancer…

Pour reprendre les rênes de leur vie, Rhéa et Igor pourront évidemment compter sur Fred, mais aussi sur un perroquet nommé Obama. Presque aussi bon orateur que l’original, ce perroquet est un concentré de bonne humeur et d’ondes positives. En plus d’être très drôles, ses interventions tombent souvent à pic et apportent un peu de légèreté, ce qui permet parfois aux personnages de dédramatiser la situation. Je peux vous dire qu’Obama m’a fait rire à plus d’une occasion et que je rêve maintenant de l’adopter.

Et puis, personnage à part entière, il y a bien sûr la musique, la musique qui offre à ces deux adolescents meurtris l’occasion de s’exprimer, d’exprimer des émotions que les adultes de leur entourage, mus dans leurs propres douleurs et problèmes, ne sont pas forcément capables d’accueillir et d’accompagner. Le roman est en cela un peu une ode à la musique, à celle du cœur, à celle qui apporte du réconfort, à celle qui vous pousse dans vos retranchements, à celle qui vous prouve que oui, vous êtes toujours vivant, et qu’il va vous falloir travailler dur, très dur pour dompter les mélodies qui bercent vos vies. La musique, c’est également ce qui va lier la vie d’Igor à celle de Rhéa, deux adolescents que les lecteurs vont voir évoluer chacun de leur côté, mais aussi ensemble. La musique transcende alors la douleur pour nous offrir une belle histoire d’amitié, une lueur d’espoir dans le brouillard. Comme c’est très justement souligné dans le livre, à deux, Rhéa et Igor n’auront pas moins mal, mais ils seront plus forts, plus forts pour faire la paix avec le passé et pour réapprendre à vivre, différemment, mais à vivre quand même jusqu’à, de nouveau, trouver le chemin du bonheur.

Alors que ce roman aborde des sujets difficiles, il a indéniablement des airs de feel-good, car une fois la dernière page tournée, c’est bien l’espoir qui nous imprègne, de la tête aux pieds, du corps à l’âme. Les deux autrices ont ainsi réussi à parler du mal-être chez les adolescents, du suicide, du deuil sans jamais tomber dans le pathos. Elles ne minimisent pas la douleur des personnages, mais montrent qu’elle ne les définit pas et qu’il est toujours possible, même si c’est difficile, de faire face aux drames qui peuvent survenir à tout moment…

Je tiens également à souligner la parfaite symbiose entre les plumes de Marie Colot qui a donné voix au personnage d’Igor et Nancy Guilbert qui s’est consacrée à celui de Rhéa. Bien qu’écrit à quatre mains, il n’y a aucune dissonance, ce roman semblant être l’œuvre d’une seule et même personne ! Seule l’alternance des points de vue, chapitre après chapitre, permet de distinguer l’apport de chacune dans cette histoire qui sonne tellement juste, tellement vraie. Les deux autrices ont su, en effet, trouver les mots pour rendre la douleur et les émotions de leurs personnages réalistes et palpables. Cela s’explique, peut-être et en partie, par le fait qu’elles ont elles-mêmes traversé un drame dans leur vie. Que ce livre ait une fonction cathartique ou non, ce qui est certain, c’est que Marie Colot et Nancy Guilbert ont su nous offrir une histoire sans fausses notes qui touche directement le cœur des lecteurs.

Je pourrais vous parler pendant des heures de ce livre qui m’a touchée et émue, qui m’a fait traverser différentes émotions et qui a réveillé en moi certaines choses bien enfouies. C’est d’ailleurs un peu la force de ce livre qui, bien qu’il soit destiné d’abord aux adolescents, pourra plaire et parler à tout le monde ; la mort, les drames, la vie et l’espoir n’attendant pas l’âge. Je m’arrêterai donc en vous conseillant simplement de vous laisser tenter par ce roman qui a été pour moi un véritable coup de cœur que ce soit pour son histoire, ses personnages ou le message d’espoir qu’il véhicule. Car oui, la vie et la douleur sont intrinsèquement liées, mais cela vaut la peine de se diriger vers la lumière quand la noirceur semble vous aspirer. Et si cela vous semble trop dur, mettez un CD qui vous fera ressentir des émotions, qui vous fera vibrer, faites-vous un thé… Ou plongez-vous dans cette histoire qui met du baume au cœur et qui vous apporte la dose d’optimisme nécessaire pour vous prouver que oui, après la douleur, le bonheur est possible.

Et vous, envie de découvrir Deux secondes en moins ?

Beyond all hopes, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori pour m’avoir permis de découvrir Beyond all hopes.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Voir ses idoles se produire dans sa ville, aussi paumée soit-elle? Possible lorsque, comme Cecilia, on est employée municipale, qu’on se trouve présente à LA bonne réunion, et qu’on a l’occasion de faire LA suggestion… La jeune fille n’y croyait pas une seconde, mais ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux? Enfin ça, c’était avant qu’elle se retrouve chargée d’empêcher que les DJs de ToxinZ ne traînent trop longtemps dehors après le show, conformément aux coutumes de la petite bourgade. La tâche l’enchante d’autant moins qu’elle-même a de sérieux doutes sur la nécessité d’une telle mesure… Une insouciance qui pourrait bien leur coûter cher ! Et comme si ça ne suffisait pas, Cecilia s’aperçoit qu’un des deux garçons est loin de la laisser indifférente… alors qu’elle le sait, il est vain pour une simple fan d’espérer quoi que ce soit!

  • Broché: 202 pages
  • Editeur : lulu.com (9 janvier 2018)
  • Prix : 11,55€

AVIS

Comme avec Abyss, l’auteure a porté un soin particulier à la mise en page de son livre :

L’ensemble est du plus bel effet et donne déjà envie de se plonger dans cette romance se déroulant dans un univers musical particulier : la musique hardstyle. Un genre que, je dois le reconnaître, je ne connaissais pas avant d’entreprendre la lecture de Beyond All Hopes. J’ai donc fortement apprécié que Svetlana Mori pense aux néophytes en la matière en incluant une playlist permettant de découvrir différents morceaux et artistes comme Sub Zero Project, Zatox, Gunz for Hire…

Je n’ai d’ailleurs pas hésité à écouter quelques titres avant de commencer ma lecture ce qui m’a permis de mieux comprendre la passion de Cecilia et de l’auteure pour ce style de musique qui me semble plutôt absent de la littérature. J’ai d’ailleurs aimé que sans se perdre dans des termes techniques ou une avalanche de détails qui n’intéresseraient que les musiciens, l’auteure nous donne l’impression que nous aussi nous vibrons au son de la musique. Je me suis ainsi imaginée assister à ces concerts à la mise en scène soignée que Cecilia apprécie tant. Vous aurez donc compris que j’ai été complètement saisie par l’ambiance musicale de ce roman, celle-ci en justifiant à elle seule la lecture.

Mais rassurez-vous, pas besoin d’aimer la musique pour apprécier cette histoire. En effet, même si elle est en toile de fond et est d’ailleurs l’élément qui a permis aux deux DJ de ToxinZ et à Cecilia de se rencontrer, Beyond all hopes est avant tout une romance. C’est un genre avec lequel je suis assez pénible, mais excepté un ou deux points qui m’ont peut-être un peu moins convaincue, j’ai été séduite par l’histoire d’amour entre Cecilia et un des deux DJ. La jeune femme a rencontré le duo lors d’un concert organisé, sur son impulsion, par son village. Unis par une même passion pour la musique, ces trois jeunes gens ont ainsi très vite sympathisé n’hésitant pas à faire une petite visite du village malgré le traditionnel couvre-feu imposé à tous. Une transgression qui, ils le découvriront très vite, ne restera pas sans conséquences et qui marquera la naissance de profonds sentiments amicaux et amoureux.

J’ai fortement apprécié que l’auteure ne tombe pas dans la mièvrerie avec des dialogues ou des déclarations d’amour me donnant l’impression d’assister à un Feux de l’amour version jeunes adultes. Au contraire, les dialogues permettent de comprendre l’attirance réciproque de Cecilia et de son DJ tout en restant dans la retenue. Les deux jeunes gens éprouvent, en effet, des difficultés à s’avouer directement leurs sentiments, chacun pour une raison qui lui est propre. Cecilia doute qu’une célébrité puisse s’intéresser à une fille banale comme elle sans oublier la difficulté qu’une relation à distance engendrerait. Et le DJ, quant à lui, craint que son secret ne pousse l’élue de son cœur à le rejeter. Et là, je dois féliciter l’auteure qui a su me surprendre en dévoilant les raisons conduisant le jeune homme à garder ses distances. Malgré les indices disséminés par-ci par-là, je n’avais rien vu venir. Au-delà de l’effet de surprise bienvenu, j’ai aimé que l’auteure aborde, même si c’est de manière sommaire, un sujet encore tabou d’autant qu’elle le fait de manière très naturelle. Aucun pathos, juste l’acceptation de l’autre dans son intégralité, sans réserve, un amour inconditionnel qui ne peut qu’émouvoir.

Si la romance m’a séduite, j’ai néanmoins regretté que l’auteure ne prenne pas plus le temps de développer les sentiments de Cecilia pour son DJ. Très grande amatrice de sa musique, j’ai plus eu l’impression d’un amour d’une fan pour un artiste qu’elle trouve physiquement à son goût que d’une femme pour un homme. D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que si l’autre DJ lui avait plu physiquement, elle aurait très bien pu tomber amoureuse de lui… Je n’ai donc pas ressenti tout de suite celle alchimie qui aurait pu expliquer son coup de cœur pour l’homme derrière l’artiste. Mais le cœur ayant ses raisons que la raison ne connaît point, je lui laisserai le bénéfice du doute d’autant que ne croyant pas au coup de foudre, je ne suis pas forcément très objective sur ce point. Les grands romantiques dans l’âme croiront probablement plus facilement que moi que la jeune femme ait pu tomber amoureuse d’un certain DJ en 24h notamment si l’on rappelle que durant ce laps de temps, ils ont vécu des émotions fortes qui les ont rapprochés.

L’histoire d’amour est au centre de l’intrigue, mais les protagonistes ont également d’autres choses à gérer comme une passion dévorante pour la musique, une carrière ennuyeuse ou au contraire, exigeante et éreintante et des phénomènes paranormaux auxquels ils étaient loin d’être préparés. Et c’est là un autre point fort du roman : le surnaturel. Le résumé parle d’une romance avec une pointe de fantastique, mais je trouve que cette phrase minore la place du surnaturel dans le récit qui, pour mon plus grand plaisir, est bien présent. Et les amateurs du genre seront ravis de voir que l’auteure n’attend pas très longtemps avant de faire intervenir une présence qui fait quelque peu froid dans le dos. Pour ma part, j’ai adoré le mythe développé autour de cette dernière et ai presque regretté de ne pas en apprendre plus. J’adorerais un autre tome qui lui soit intégralement consacré, car je pense vraiment que Svetlana Mori a toute la matière nécessaire pour faire vibrer des lecteurs amateurs de surnaturel. Le surnaturel prend d’ailleurs une place importante dans la vie des trois personnages et finira même par mettre en danger les liens qui les unissent à moins qu’il ne les renforce ?

Parce que l’auteure a réussi à ancrer une histoire irréaliste dans la réalité, elle a veillé à introduire une chose qui est indispensable à l’épanouissement de chacun : l’amitié. Cette valeur est fortement présente dans le livre et offre de magnifiques moments de complicité et d’émotions. J’ai ainsi adoré la relation entre les deux jeunes musiciens qui, loin de leurs proches, ont besoin de pouvoir compter l’un sur l’autre afin de faire face à l’isolement et à la pression inhérents à leur succès. Ils ont, en effet, la chance de vivre de leur passion, mais cela ne se fait pas sans quelques sacrifices que l’amitié permet de rendre plus tolérables… Et puis, il y a l’amitié entre Cecilia et l’un des musiciens. Un coup de foudre amical auquel je n’ai pas eu de mal à croire, tellement les échanges entre les deux jeunes adultes semblent d’emblée naturels et aller de soi. Ce fut donc un véritable plaisir de suivre leurs conversations qu’elles soient dans la vie réelle ou par l’intermédiaire des réseaux sociaux, l’auteure faisant quelques clins d’œil à Twitter, réseau sur lequel elle est active. Je dois même confesser avoir eu un coup de cœur amical pour ce jeune homme dont j’ai adoré la personnalité pleine de gentillesse, de chaleur et de positivité. Si je n’ai jamais vraiment eu de book boyfriend, comprenez un personnage masculin de livre que je souhaiterais avoir comme petit ami, j’ai définitivement trouvé mon book friend !

Enfin, ce livre présente une originalité qui, pour ma part, a tout de suite titillé ma curiosité : la présence de dialogues en anglais. Avant que les amateurs et défenseurs de la langue française ne crient au scandale, je tiens à préciser que ce procédé n’est pas une lubie de l’auteure, mais qu’il s’insère parfaitement dans la narration. En effet, les deux musiciens étant étrangers, ils semblent naturels qu’ils s’expriment en anglais avec leur nouvelle amie. Des dialogues en français auraient laissé supposer que les deux parlent notre langue ce qui est objectivement moins probable… Et puis, le vocable utilisé étant très simple, le niveau d’anglais se révèle des plus accessibles d’autant que pris dans votre lecture, vous finirez par oublier que tout le livre n’est pas en français. Néanmoins, je conçois que la présence de l’anglais puisse gêner certains lecteurs.

En conclusion, le livre est assez court, mais cela n’empêche pas de complètement s’immerger dans cette histoire où se mêlent romance et amitié et où des choses naturelles comme l’amour côtoient des choses qui le sont beaucoup moins. Quant aux amateurs de musique hardstyle ou de musique en général, ils devraient être séduits par la large place qui lui est faite. Amitiés, amour, musique et mystères, voilà un cocktail efficace et savamment dosé pour vous faire passer un très agréable moment de lecture ! Je suis maintenant impatiente de découvrir les deux autres tomes, chacun étant consacré à un duo différent.

Svetlana Mori ✒

Site de l’auteureCompte Twitter

Et vous, envie de craquer pour Beyond all hopes ?

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