Premières lignes #86 : L’ombre de la menace, Rachel Caine

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous parler d’un thriller qui vient de sortir et que je compte lire dès mon retour de vacances : L’ombre de la menace de Rachel Caine.

 

L'ombre de la menace par [Caine, Rachel]

« L’un des thrillers les plus commentés sur les réseaux sociaux américains. La vie sans histoire de Gina Royal et de ses deux enfants vole en éclats lorsque la police découvre un corps sans vie pendu dans le garage familial – qui a servi pendant des années de boucherie humaine au mari de Gina, Melvin. Ce dernier est emprisonné, Gina est acquittée. Mais l’opinion publique reste persuadée qu’elle était au courant et qu’elle participait elle-même à ces meurtres.Gina est alors victime de harcèlements, d’insultes et de menaces, si bien qu’elle et ses deux enfants sont sans cesse obligés de fuir et de changer d’identité.En arrivant à Stillhouse Lake, la vie semble enfin leur sourire pour la première fois depuis longtemps. Personne ne les reconnaît. Mais deux nouveaux meurtres ont lieu, qui rappellent étrangement le modus operandi de Melvin…« 

PREMIÈRES LIGNES

Prologue

GINA ROYAL

Wichita, Kansas

Gina ne posait jamais de questions au sujet du garage.

Cette pensée la tiendrait éveillée des années durant en lui brûlant les paupières. J’aurais dû l’interroger. J’aurais dû savoir. Sauf qu’elle n’avait pas posé la question et qu’elle ne savait rien, ce qui avait fini par la détruire.

En temps ordinaire, elle aurait été à la maison puisqu’il était 15 heures, mais son mari lui avait passé un coup de fil pour lui expliquer qu’il avait une urgence au bureau et qu’elle devrait aller chercher Brady et Lily à la sortie de l’école. Pas de souci, cela lui laissait le temps de tout terminer à la maison avant de préparer le dîner. Il s’était excusé mille fois de bousculer son emploi du temps. Mel savait se montrer charmant, elle avait décidé de lui exprimer sa reconnaissance en lui préparant son plat préféré : du foie aux oignons, servi avec un pinot noir. Une soirée en famille, qui se terminerait sur le canapé à regarder le nouveau film de super-héros que les enfants réclamaient à cor et à cri, si Mel estimait que c’était adapté pour eux. Lily se pelotonnerait contre Gina, et Brady allongerait les jambes sur les genoux de son père, sa tête sur le bras du canapé. Ces moments en famille étaient ce que préférait Mel. Après ses travaux de menuiserie, tout du moins. Gina espérait qu’il ne passerait pas la soirée dans son atelier.

Retrouvez un extrait du roman sur le site des éditions de l’Archipel.

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Premières lignes #85 : Mon territoire,Tess Sharpe

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Pour cette édition, je vais vous parler d’un roman que j’ai envie de lire : Mon territoire de Tess Sharpe.

« À 8 ans, Harley McKenna a assisté à la mort violente de sa mère. Au même âge, elle a vu son père, Duke, tuer un homme. Rien de très étonnant de la part de ce baron de la drogue, connu dans tout le nord de la Californie pour sa brutalité, qui élève sa fille pour qu’elle lui succède. Mais le jour où Harley est en passe de reprendre les rênes de l’empire familial, elle décide de faire les choses à sa manière, même si cela signifie quitter le chemin tracé par son père. « 

PREMIÈRES LIGNES

J’ai huit ans la première fois que je vois papa tuer un homme.
Je ne suis pas censée voir ça. Mais ces dernières semaines, depuis que maman est morte, chaque fois que tonton Jake s’absente, je suis complètement livrée à moi-même.
Je passe beaucoup de temps dans les bois ; je me perche dans les abris de chasse au cerf pour jouer ou je grimpe aux arbres pour voir jusqu’à quelle hauteur je peux arriver sans l’aide de personne. Parfois je pleure, parce que maman me manque. Parfois je ne peux pas m’en empêcher.
Mais je m’efforce de ne pas le faire en présence de papa.
J’aime les bois. Ils sont à la fois très bruyants et très silencieux, la bande-son et la berceuse de ma vie, d’aussi loin que je me souvienne. Lorsque j’escalade les grands chênes, me hissant de toutes mes forces, lorsque je me cramponne, saute et me balance le long des branches et de l’écorce tel un écureuil, je suis forcée de faire attention, sans quoi je risquerais de glisser et de tomber. Quand je grimpe, je n’ai pas à penser à l’absence de maman. Ni à papa, qui ne sait plus que tempêter dans un nuage de whisky, nettoyant ses fusils en marmonnant des imprécations contre les Springfield, en réclamant du sang.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

Premières lignes #84 : Soif, Amélie Nothomb

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Pour cette édition, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman dont j’attendais la sortie avec impatience : Soif d’Amélie Nothomb. Il s’agit de la seule autrice connue dont j’essaie de lire toutes les nouvelles parutions, pas par effet de mode, mais tout simplement parce que je suis une grande admiratrice de sa plume.

PREMIÈRES LIGNES

J’ai toujours su que l’on me condamnerait à mort. L’avantage de cette certitude, c’est que je peux accorder mon attention à ce qui le mérite : les détails.
Je pensais que mon procès serait une parodie de justice. Il l’a été en effet, mais pas comme je l’avais cru. À la place de la formalité vite expédiée que j’avais imaginée, j’ai eu droit au grand jeu. Le procureur n’a rien laissé au hasard.
Les témoins à charge ont défilé les uns après les autres. Je n’en ai pas cru mes yeux quand j’ai vu arriver les mariés de Cana, mes premiers miraculés.
– Cet homme a le pouvoir de changer l’eau en vin, a déclaré l’époux avec sérieux. Néanmoins, il a attendu la fin des noces pour exercer son don. Il a pris plaisir à notre angoisse et à notre humiliation, alors qu’il aurait pu si facilement nous éviter l’une et l’autre. À cause de lui, on a servi le meilleur vin après le moyen. Nous avons été la risée du village.

Et vous, appréciez-vous l’autrice ?
Pensez-vous lire son nouveau roman ?

Premières Lignes #83 : Dans les pas de Valeria, Elisabet Benavent

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Pour cette édition, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman que j’attends avec une certaine impatience étant intriguée par le résumé  : Dans les pas de Valeria d’Eisabeth Benavent :

Dans les pas de Valeria par [Benavent, Elisabet]

Quand Bridget Jones s’invite dans Sex and the City

Valeria aime les belles histoires d’amour.
*
Valeria est romancière.
*
Valeria a trois amies  :
Lola, Carmen et Nera
*
Valeria et ses amies partagent tout.
*
Valeria est mariée à Adrian,
Mais elle rencontre Victor…
*
Valeria aime la sincérité.
*
Valeria est unique.
*
Comme toi  !

Complices et inséparables, Valeria et ses amies se racontent tout. Vraiment tout. Surtout leurs histoires de cœur…

Valeria commence à s’ennuyer dans les bras d’Adrian.
Lola s’éclate avec ses amants, qu’elle collectionne.
Carmen et son collègue de bureau se tournent autour.
Nerea, elle, vient enfin de rencontrer quelqu’un !
Valeria, c’est drôle, c’est vif. Ça pétille et ça passe aussi vite qu’une soirée entre fille.

PREMIÈRES LIGNES

Il était une fois

Je cessai de pianoter sur mon clavier et relus mon texte : « Leurs regards se croisèrent. Peu importaient les mètres qui les séparaient, leurs pensées se télescopèrent, plongèrent, rebondirent vers l’infini. Et, l’espace d’une seconde, tout se figea, même la brise qui agitait les arbres devant la fenêtre. Puis elle battit des paupières et ils détournèrent les yeux, à la fois honteux, affolés et excités à l’idée de tomber amoureux alors qu’ils ne se connaissaient pas. »

— Quelle daube ! m’écriai-je, même si j’étais seule à la maison et que personne ne pouvait m’entendre.

On aurait dit le générique d’intro de La Guerre des étoiles, mais dans une version écrite par un Jedi lobotomisé. La vérité, c’est que je séchais lamentablement. Les cinquante-sept pages que j’avais pondues jusqu’ici n’étaient qu’un tas de niaiseries pas même dignes d’un concours d’écriture pour collégiens. Je m’étais fixé un quota de deux feuillets par jour, mais au train où allaient les choses je me serais contentée de deux ou trois paragraphes potables. Si seulement !

Si le roman vous intrigue, vous pouvez en lire un extrait sur le site de la maison d’édition et/ou découvrir la bande-annonce :

Premières lignes #82 : Sans mon ombre, Edmonde Permingeat

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Pour cette édition, j’ai décidé de vous parler d’un roman qui m’intrigue depuis sa sortie et que j’espère bientôt lire : Sans mon ombre d’Edmonde Permingeat.

Alice a tué Célia, sa jumelle.
Son reflet, un alter ego inversé dont elle enviait la vie de rêve. Alors que, célibataire, elle doit gagner sa vie en enseignant la philosophie, sa jumelle, épouse et mère comblée, mène l’existence oisive des riches, dans le luxe et un magnifique cadre de vie au bord de la mer. Mais la mort de Célia va permettre à Alice de prendre sa place.
Du moins le croit-elle. Car au « pays des merveilles », ce n’est pas le bonheur mais le désenchantement qui l’attend.
La vie d’Alice de l’autre côté du miroir va tourner au cauchemar… jusqu’à lui faire réaliser, mais un peu tard, que le beau miroir était celui des alouettes…


PREMIÈRES LIGNES

— Espèce de salope ! Déjà dans le ventre de maman, tu prenais toute la place !
La gifle claqua dans l’air avec un bruit sec. Incrédule, Célia porta la main à sa joue, considérant sa sœur qui la fixait, le visage empourpré, déformé par la haine. Mue par la rage, Alice leva le bras. Une deuxième gifle partit, puis une troisième… Les claques s’abattaient, retentissantes. Célia recula, haletante, la bouche ouverte, les bras tendus, tentant de parer les coups, mais Alice frappait, frappait… Animée par la furie de détruire, d’anéantir l’autre. De briser son miroir vivant.
Célia perdit l’équilibre et tomba en arrière. Dans sa chute, sa tête heurta une pierre acérée. Arrêté dans son élan, le bras d’Alice retomba. Sa colère avait disparu. Elle se pencha vers sa jumelle qui gisait sur le sol, immobile, les yeux ouverts, la marque rouge des mains imprimée sur son visage tuméfié.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Premières lignes #81 : Arrowood, Mick Finlay

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Après plus d’un mois sans avoir partagé de premières lignes, j’ai eu envie de vous présenter celles de l’une de mes prochaines lectures : Arrowood de Mick Finlay

« 1895 : Londres a peur. Un tueur terrorise la ville. La police, débordée, arrive à un point de rupture. Tandis que les bourgeois désemparés se tournent vers Sherlock Holmes, dans les quartiers surpeuplés du sud de Londres, les gens s’en remettent à un homme qui méprise Holmes, sa clientèle fortunée et ses méthodes de travail voyeuristes. Cet homme, c’est Arrowood – psychologue autodidacte, ivrogne occasionnel, et détective privé. Quand un homme disparaît mystérieusement, Arrowood et son comparse Barnett se lancent dans une mission de taille : capturer Mr Cream, le malfrat le plus redouté de la ville. »

PREMIÈRES LIGNES

Sud de Londres, 1895

Ce matin-là, je notai dès mon arrivée que le patron était d’humeur orageuse. Son visage était livide, ses yeux gonflés, et ses cheveux, ou ce qu’il en restait sur son crâne couturé de cicatrices, se hérissaient au-dessus d’une oreille alors qu’ils étaient plaqués par le gras sur l’autre. Ce n’était pas beau à voir, croyez-moi. Je me suis attardé sur le seuil au cas où l’envie lui prendrait encore de me lancer la bouilloire à la figure. Même à cette distance, je pouvais sentir les relents du gin de la veille dans son haleine fétide.
— Ce satané Sherlock Holmes ! cria-t-il en tapant du poing sur la console. On ne peut faire un pas dans cette ville sans entendre parler de lui.
— Je vois, monsieur, dis-je de mon ton le plus complaisant. Je surveillais ses mains qui s’agitaient dans tous les sens, ayant appris à mes dépens qu’une tasse, un crayon, un bout de charbon pouvaient à tout moment et sans crier gare devenir un projectile dont je serais la cible.
— Si l’on nous confiait ses affaires, nous vivrions aussi à Belgravia, Barnett, s’insurgea-t-il, le visage cramoisi. Nous aurions une suite permanente au Savoy !
Il s’effondra dans le fauteuil comme si toutes ses forces l’avaient abandonné d’un coup. Sur la table, je découvris ce qui avait provoqué sa colère : l’illustré The Strand, ouvert sur la dernière aventure du Dr Watson. Craignant qu’il ne suive mon regard, je portai mon attention sur le feu.

Découvrez un extrait du roman sur le site de HarperCollins.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Le connaissiez-vous ?

Premières lignes #80 : À ce point de folie, Franzobel

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Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes d’un livre qu’on m’avait recommandé, mais dont le caractère cru et dur me fait peur : À ce point de folie, Franzobel.

« Le 17 juin 1816, La Méduse quitte Rochefort à destination de Saint-Louis, au Sénégal. À son bord, quelque 400 passagers et un équipage nombreux. Au commandement, un capitaine dont l’incompétence avérée est à l’origine du naufrage de la frégate après quelques jours de mer. Comme les chaloupes sont en trop petit nombre, 147 voyageurs sont abandonnés sur un radeau. Seuls quinze d’entre eux en réchapperont au terme de treize journées d’enfer, jalonnées de meurtres, de corps dépecés et d’ultimes stratégies de survie. L’un des rescapés, le médecin de bord Jean-Baptiste Henri Savigny, fera le récit de ce périple tragique, que le monde entier voudra connaître jusque dans ses détails les plus atroces… Mais qu’aurions-nous fait à leur place ? Dans ce roman historique et anthropologique mené tambour battant, Franzobel entraîne le lecteur aux frontières du supportable : son style précis, poétique, cru sert la tension dramatique et fraie sans cesse avec l’ignoble pour nous plonger au cœur du carnage. Magnétique et inquiétant, dérangeant et fascinant, l’ouvrage brise bien des tabous aux confins d’appétits inavouables… »

PREMIÈRES LIGNES

Une matinée grasse

Trois fois neuf font un jeudi, et le 18 juillet de l’an 1816 était un jeudi magnifique. Pas un nuage ne troublait le ciel d’azur, le soleil était aveuglant, et même l’air d’ordinaire brumeux avait la limpidité du cristal. À environ trente nautiques de la côte d’Afrique occidentale, le brick L’Argus fendait les flots lisses de l’océan. Marsouins et dauphins bondissaient sur ses flancs, des mouettes tournoyaient dans son sillage, décrivant des arcs de cercle, montant et descendant, frôlant l’eau de la pointe de leurs ailes. À bord, les mouvements s’engrenaient avec autant d’harmonie que les pièces d’un rouage complexe. On ne ressentait pas le moindre effort.

Puis un grain de sable se glissa dans le mécanisme. Il était onze heures du matin, L’Argus voguait quelques nautiques au-dessus de Nouakchott, aujourd’hui capitale de la Mauritanie, à peu près à hauteur de Portendick, lorsque le matelot de vigie signala un objet deux degrés sur tribord. Personne ne soupçonna quoi que ce soit. Surtout pas nous. Mais nous le saurons bien assez tôt.

Et vous, connaissez-vous ce livre ?
Vous tente-t-il ?