Le chapardeur des cœurs, Melinda Metz

Nouvelle mission pour MacGyver, le cupidon félin ! Après avoir aidé sa maîtresse à trouver l’amour, il repère un nouveau cœur en détresse, celui de Briony,  » cat-sitter  » venue s’occuper de lui.
La jeune femme est désemparée : la veille, elle s’est enfuie en abandonnant son fiancé au pied de l’autel. Et, désormais, il lui faut gérer les escapades de l’intrépide matou.
Toujours prompt à partir en cavale, Mac a en effet pris l’habitude d’aller se promener dans une résidence pour personnes âgées dirigée par Nathan, un célibataire qui doit faire face à un problème de taille…
Quelqu’un a décidé de couler son établissement. Et si MacGyver démasquait le coupable ? Et aidait ainsi Nathan à enfin regarder Briony

l’Archipel (février 2020) – 336 pages – Broché (20€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Catherine Duras

AVIS

Le chapardeur des cœurs fait suite à Un amour de chat dans lequel nous avions fait la connaissance de MacGyver, un chat très spécial qui a réussi, entre autres, à réunir Jane et David. Mais on dirait bien que notre minet n’a pas fini de jouer les cupidons ! Car c’est maintenant de la cousine de Jane, Briony, dont il doit s’occuper.

Après avoir quitté son fiancé au pied de l’autel, la jeune femme se réfugie chez Jane et David afin de faire le point sur sa vie tout en jouant la pet-sitter. Mais ce que Briony ne savait pas, c’est que si Dougy est un chien tout à fait ordinaire, MacGyver est loin d’être un chat comme les autres. C’est un chat-entremetteur, réparateur des cœurs et trouveur d’âme sœur. Accessoirement, c’est un petit filou fugueur et cleptomane qui use et abuse de sa ruse légendaire pour aider ces pauvres deux pattes bien incapables d’être heureux sans ses plans ingénieux.

Mais quel plaisir de retrouver MacGyver ! Un chat amusant, facétieux et haut en couleur auquel on ne peut que s’attacher et avoir envie d’assister dans sa lourde tâche de rompre la solitude sentimentale des humains qui l’entourent. Et le travail ne manque pas : sa nounou semble désemparée devant le tournant pris par sa vie, Nathan, directeur de maison de retraite, se noie dans son travail, un amateur de sardines voit le cœur de sa belle ravir par le nouveau bellâtre de la maison de retraite…

Comme dans Un amour de chat que l’on n’a pas besoin d’avoir lu pour comprendre cette histoire, l’autrice nous présente une galerie de personnage variée et terriblement attachante. Les résidents de la maison de retraite, en plus de ne pas avoir la langue dans la poche, se révèlent amusants et d’une énergie communicative. Entre les amitiés, les amours, les incompréhensions et les petites jalousies, le troisième âge ne semble pas de tout repos !

L’attachement des résidents à Nathan, directeur et co-propriétaire de la maison de retraite Les Jardins, met du baume au cœur d’autant que cet attachement est réciproque. Nathan traite, en effet, avec beaucoup de douceur, de respect et d’égard les nombreuses personnes sous sa responsabilité. Peut-être un peu trop si l’on considère que toute sa vie tourne autour de la maison de retraite et de sa famille sur laquelle il veille avec beaucoup d’abnégation. Mais l’arrivée de Briony va tout changer. Bien qu’elle ne lui ait pas fait une bonne première impression, il va vite tomber sous son charme et réaliser, petit à petit, qu’il est peut-être temps pour lui de laisser la place à une femme dans sa vie bien remplie.

Briony est une jeune femme gentille et attachante que l’on prend plaisir à voir évoluer tout au long du roman. D’abord incapable de prendre une seule décision sans les conseils d’au moins une personne, elle va prendre confiance en elle et apprendre à dompter ses crises d’angoisse. Au gré des péripéties, des rencontres et des conversations à cœur ouvert, Briony réalisera ainsi qu’elle est capable de prendre ses propres décisions et de choisir la vie qui lui convient et non pas celle tracée par ses parents aimants, mais surprotecteurs.

Cette prise de conscience sera d’ailleurs l’occasion pour l’autrice d’aborder des thèmes comme les relations familiales, le poids de l’éducation sur la construction de la personnalité de chacun et l’importance de laisser les enfants faire leurs propres erreurs… Côté famille, Nathan ne sera pas non plus épargné avec un père ayant fui ses responsabilités, une mère fragile psychologiquement et une sœur quelque peu culottée…

Le rapprochement entre Briony et Nathan est assez rapide, mais semble naturel tellement l’alchimie entre les deux personnages saute aux yeux. J’ai beaucoup aimé la manière dont l’autrice construit cette idylle pleine de tendresse, de douceur et d’humour même si, comme vous le verrez, les choses ne seront pas toujours si simples… Entre les mensonges par omission de Briony sur les circonstances l’ayant conduite à poser sa valise chez sa cousine et la menace qui plane sur la maison de retraite, le couple va devoir affronter quelques épreuves.

En plus des facéties de MavGyver, de l’amitié et de l’amour si présents dans le récit, l’histoire se pare, en effet, d’une petite dimension policière avec une enquête pour déterminer qui est derrière les actes de sabotage dont la maison de retraite est victime. Des odeurs pestilentielles, une machine de sport devenue folle… Quelque chose ne tourne pas rond ! Mais Nathan ainsi que ses employés et les résidents sont bien décidés à faire toute la lumière sur cette affaire avant qu’elle ne mette en danger la pérennité des Jardins que personne n’a envie de quitter.

Si l’on devine assez rapidement le fin mot de l’histoire, du moins en partie, puisque je n’avais pas anticipé l’une des révélations, cette enquête et les actes de sabotage apportent un peu de mystère, de tension et de suspense. Cela démontre également avec force la solidarité et l’entraide qui existent au sein des Jardins ; une institution qui devrait servir de modèle à toutes les maisons de retraite qui existent.

En conclusion, MacGyver nous revient toujours aussi drôle, ingénieux, impertinent et facétieux dans une histoire teintée de mystère, mais surtout pleine de douceur, de tendresse, d’amour et d’amitié. Le chapardeur des cœurs, c’est un petit rayon de soleil dans votre quotidien et la promesse de découvrir un récit porté par des personnages hauts en couleur et terriblement attachants que l’on aimerait beaucoup avoir comme amis dans la vraie vie.

Merci aux éditions de l’Archipel pour cette lecture.

Premières lignes #92 : Le chapardeur des cœurs, Melinda Metz

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes du deuxième roman mettant en scène un chat que j’adore, l’indétrônable MacGyver !

Nouvelle mission pour MacGyver, le cupidon félin ! Après avoir aidé sa maîtresse à trouver l’amour, il repère un nouveau cœur en détresse, celui de Briony,  » cat-sitter  » venue s’occuper de lui.
La jeune femme est désemparée : la veille, elle s’est enfuie en abandonnant son fiancé au pied de l’autel. Et, désormais, il lui faut gérer les escapades de l’intrépide matou.
Toujours prompt à partir en cavale, Mac a en effet pris l’habitude d’aller se promener dans une résidence pour personnes âgées dirigée par Nathan, un célibataire qui doit faire face à un problème de taille…
Quelqu’un a décidé de couler son établissement. Et si MacGyver démasquait le coupable ? Et aidait ainsi Nathan à enfin regarder Briony ?

PREMIÈRES LIGNES

Avec les dents, MacGyver attrapa la languette argentée de la fermeture éclair et la tira complètement. D’un coup de patte sûr, il ouvrit le couvercle de la valise, sauta à l’intérieur et s’allongea sur la pile de vêtements. Joli nid pour une sieste. Mais qui pouvait être amélioré. Il n’avait jamais compris cette manie qu’avaient les humains de tout aplatir. Avec un petit soupir d’exaspération, il se dressa sur ses pattes, se mit en devoir d’ébouriffer tout ça, puis se rallongea. Il sortit ses griffes et les plongea dans la douceur d’un pull moelleux. Divines sardinettes, que c’était bon !
— Mac, non ! cria Jane, son humaine.
Elle l’ôta prestement du nid qu’il s’était créé, parfait pour une petite sieste, et avec un horrible bruit de zip referma la valise. Comme s’il ne pouvait pas la rouvrir tout aussi aisément.
— Je pars pour ma lune de miel, lu-ne-de-miel. Je veux avoir l’air romantique, pas l’air d’une harpie pleine de poils de chat.
Il ignora son blabla. Il savait que les humains s’en servaient pour communiquer, pour la simple et bonne raison que leur nez n’était, somme toute, qu’une espèce de bouton inutile.

Et vous, Le chapardeur des cœurs vous tente-t-il ?

L’art du meurtre, Chrystel Duchamp

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir L’art du meurtre de Chrystel Duchamp. L’idée de découvrir une autrice locale a joué dans mon envie de me plonger dans ce thriller…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le corps de Franck Tardy, avocat à la retraite, est retrouvé dans son luxueux appartement du XVIe arrondissement. Il a été torturé, mutilé, puis assis à une table dressée pour un banquet. Un crime de toute beauté !
Dépêchée sur place, l’équipe de la PJ découvre que l’homme – un collectionneur – fréquentait les clubs sadomasochistes de la capitale. Et que, malgré sa fortune, il était à court de liquidités.
Quand le corps d’un autre amateur d’art – dont la mort a été soigneusement mise en scène – est retrouvé, le doute n’est pas permis : un tueur en série est à l’œuvre.
Pour le lieutenant Audrey Durand, cette enquête dans le monde de l’art contemporain sera-t-elle l’occasion de faire taire ses démons, ou se transformera-t-elle en une plongée hypnotique aux confins de la folie ?

L’Archipel (16 janvier 2020) – 272 pages – Broché (19€) – Ebook (13,99€)

AVIS

Si j’apprécie les thrillers, l’art est un domaine qui m’est relativement inconnu et, a fortiori, l’art contemporain. Or, c’est bien dans ce domaine que l’autrice nous transporte à travers des crimes particulièrement sordides mis en scène avec un certain talent et beaucoup de symbolisme ! Loin d’être l’œuvre d’un fou, ces scènes de meurtre témoignent ainsi de la volonté d’un artiste/meurtrier d’utiliser le corps de ses victimes pour s’exprimer, dénoncer et faire passer un message. Une démarche extrême soutenue par des techniques artistiques réelles, parfois borderlines, qui permettent de transcender les conventions, la morale et le temps.

Que l’on comprenne et/ou que l’on adhère ou non à cet art corporel extrême qui conduit à s’automutiler, et dans notre enquête, à mettre en scène des meurtres, le roman n’en demeure pas moins terriblement efficace pour vous pousser à vous interroger sur votre propre rapport à l’art et à la définition que l’on peut donner à ce mot. Chrystel Duchamp évoque ainsi l’art, mais aussi la nécessité de se couper de ses préjugés pour tenter d’aller à la rencontre d’un artiste, de sa vie, de sa démarche et des messages qu’il essaie de faire passer…

Ce qui fait la force et l’originalité de ce thriller est donc de réunir deux milieux en apparence très différents : celui du crime et celui plus feutré de l’art, des galeries et des salles d’enchère. Glamour et argent contre violence et quotidien… Deux mondes qui se télescopent, que ce soit en raison de la nature inédite des crimes commis ou du parcours atypique du lieutenant Audrey Durand, cette dernière ayant effectué des études d’art au Louvre avant de choisir d’intégrer les forces de l’ordre. Une passion pour l’art qui ne l’a jamais quittée et qui lui sera fort utile pour tenter d’élucider les crimes spectaculaires et particuliers qui lui tombent sur les bras. 

Son flair lui souffle d’enquêter dans le milieu de l’art contemporain quand sa supérieure l’oriente vers d’autres pistes autant par conviction que par aveuglement maternel. Mais Audrey a de la suite dans les idées et n’hésitera pas à mettre sa santé et sa carrière en jeu pour identifier la ou les personnes responsables de ces crimes habilement mis en scène. Elle pourra heureusement compter sur l’aide de ses collègues et d’un autre amateur d’art loin de la laisser indifférente… L’enquête est rythmée et plutôt immersive, l’autrice insufflant la dose de détails et de suspense nécessaire pour vous pousser à tourner les pages avec avidité, et une certaine angoisse à l’idée de découvrir d’autres crimes tout aussi effroyablement artistiques.

La personnalité haute en couleur d’Audrey, digne de celle d’une artiste, et ses relations avec autrui ajoutent pas mal de sel au récit. À fleur de peau, entière, torturée et fragile psychologiquement, Audrey fait partie de ces personnes qui émeuvent autant qu’elles agacent. Parfois excessive et déstabilisante dans ses réactions, elle n’en demeure pas moins passionnante par sa capacité à utiliser ses connaissances et sa passion de l’art pour tenter d’élucider son enquête, quitte à brusquer ses proches. J’ai, en outre, apprécié sa relation avec sa supérieure qui joue autant le rôle d’amie que de mère, et son rapprochement avec Joël, un homme dont on ne pourra que louer la patience… Alternant entre force et sensibilité, Audrey est un bulldozer que vous devriez prendre plaisir à suivre dans le chaos de sa vie privée et professionnelle. 

Quant à l’écriture, elle est percutante, vive et incisive à l’image d’un tueur implacable qui vous donnera des sueurs froides. Pas d’effets de style ou de manche inutiles, mais une efficacité dans la narration qui rend la lecture rapide et haletante. Aucune place à l’ennui donc d’autant que le mystère entourant ces meurtres semble s’épaissir jusqu’à ce que la vérité finisse par éclater. Une vérité que je n’avais pas anticipée, mais qui vient conclure, avec une certaine logique, une histoire dans laquelle mort, art et vie sont intrinsèquement liés. Quant à la révélation finale, elle a su autant me surprendre que me convaincre. La boucle est bouclée !

En conclusion, L’art du meurtre est un thriller efficace dont la particularité est d’avoir su lier avec brio monde de l’art et crimes, expressivité et horreur, tout en plongeant le lecteur dans une réelle introspection quant à sa vision de l’art. Qu’est-ce qui fait art, jusqu’où peut-on aller en son nom et le corps peut-il vraiment être un outil artistique comme les autres ? Quelques-unes des nombreuses questions qui devraient vous pousser dans vos retranchements à mesure qu’un monde de l’extrême s’ouvre à vous… L’art du meurtre ou quand le meurtre devient art !

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

Instinct, James Patterson et Howard Roughan

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Instinct de James Patterson et Howard Roughan. À noter que ce roman a déjà été publié par la maison d’édition sous le titre Jeu de massacres.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un meurtrier, deux enquêteurs. Et un jeu de 52 cartes…

Le professeur Dylan Reinhart est l’auteur d’un ouvrage de référence sur les « comportements déviants ». Lorsque Lizzie Needham, du NYPD, en reçoit un exemplaire accompagné d’une carte à jouer tachée de sang, tout porte à croire qu’un tueur s’intéresse à l’éminent docteur en psychologie…
Mais il apparaît vite que ce sang est celui d’un homme retrouvé poignardé à son domicile. Quant à la carte, un roi de trèfle, elle prend tout son sens lorsque Needham et Reinhart comprennent qu’elle désigne la deuxième victime du tueur.
Ces cartes ne sont donc pas une signature, mais les indices d’un jeu de piste jonché de cadavres, dont Manhattan est le décor…

Publié en 2019 sous le titre Jeu de massacres, ce roman a inspiré la série Instinct, diffusée en France par M6, avec Alan Cummings, dans le rôle de l’extravagant Dylan Reinhart.

L’Archipel (9 janvier 2020) – 352 pages – Broché (20€)
Traduction : Philippine Voltarino

AVIS

Dès le début du roman, les auteurs distribuent avec efficacité et un certain sens de la mise en scène les cartes ! Le terme de carte prend ici tout son sens si l’on considère que le serial killer qui sévit a une légère tendance à personnaliser ses scènes de crime en laissant derrière lui une carte à jouer.

Un détail plein de symbolisme à ne pas prendre à la légère comme vont vite le découvrir l’éminent professeur en psychologie, le Dr Dylan Reinhart, et l’inspectrice Elizabeth Needham du NYPD. Réuni indirectement par le tueur bien décidé à tester les compétences du professeur dont il semble avoir lu le livre sur les comportements déviants, le duo n’aura pas vraiment d’autre choix que de travailler main dans la main afin de mettre fin à un jeu de piste des plus macabres. 

L’enquête est captivante et suscite moult questions, les auteurs n’hésitant pas à relancer régulièrement l’intérêt des lecteurs par quelques phrases sibyllines et des scènes mouvementées. Le suspense est donc au rendez-vous sans pour autant occulter ce qui fait, du moins pour moi, la richesse de ce roman : les liens entre les deux héros. On assiste ainsi à leur rencontre, à la manière dont, bon an mal an, ils s’associent pour faire face à un défi de taille alors que la pression politique se fait de plus en plus forte. Au fil des épreuves et des questionnements, la complicité entre l’inspectrice et le psychologue se fait de plus en plus forte et palpable. Leurs échanges pleins de peps et empreints d’humour apportent beaucoup de dynamisme et de charme à l’intrigue.

Les auteurs ne développent pas outre mesure la psychologie des deux enquêteurs, mais ils donnent assez d’informations pour les rendre tous les deux attachants même si j’ai été un peu plus sensible à Reinhart dont j’ai apprécié l’intelligence, l’humour et la personnalité oscillant entre délicatesse et honnêteté. Des qualités parfaites pour un brillant psychologue qui, tout en étant conscient de ses capacités intellectuelles, n’en demeure pas moins agréable et abordable. Mais loin d’être lisse et convenu, notre professeur possède ses propres secrets que l’on prend plaisir à découvrir.

J’ai également été séduite par la fraîcheur et le sens de la taquinerie d’Elizabeth. Le personnage est courageux, ambitieux, intelligent, facétieux, mais il possède également une certaine ambivalence et une part de mystère qui nous poussent à nous poser quelques questions à son sujet. La policière est-elle totalement franche avec Reinhart et comment en est-elle arrivée à naviguer dans l’entourage proche du maire de New-York, l’un des hommes politiques les plus influents du pays ?

Un maire qui se révèle d’ailleurs autant un atout qu’une menace pour le duo ! Il semble, en effet, prêt à tout pour mettre la main sur le tueur en série et ainsi éviter que ce fâcheux problème ne vienne mettre un terme définitif à ses envies de réélection. Cet homme politique est un parfait exemple de ces politiciens plus intéressés par leur popularité et la pérennité de leur position que par le bien de la population… Les autres personnages secondaires sont également bien construits et participent, à leur manière, à cette enquête, que ce soit un journaliste d’investigation pugnace qu’Elizabeth a bien du mal à garder sous contrôle ou le mari de Reinhart. Ce dernier fera preuve, tout au long du roman, d’une sensibilité à fleur de peau qui le rend aussi touchant qu’attachant.

En incluant un pan entier de la vie personnelle de Reinhart dans l’intrigue, les auteurs l’humanisent vraiment et lui donnent une autre dimension, celle d’un homme comme les autres qui essaie avec son mari de construire une famille malgré les préjugés et les injustices… Le thème de l’homoparentalité est ici abordé avec empathie et sensibilité. Difficile ainsi de rester de marbre devant la détresse de ces hommes prêts à affronter toutes les épreuves afin que leur rêve de famille devienne une réalité.

En conclusion, porté par un duo attachant et complémentaire, voici un roman qui ravira les amateurs de suspense, de plumes addictives et d’intrigues menées tambour battant. Pris dans le tourbillon infernal des événements, vous n’aurez qu’une envie : celle de découvrir l’identité et les motifs d’un tueur en série qui a réussi à transformer un inoffensif jeu de cartes en une menace mortelle !

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

Éditions l'Archipel

Valeria, tome 4 : Passionnément Valeria, Elisabet Benavent

Couverture Valeria, tome 4 : Passionnément Valeria

Je remercie les éditions de l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Passionnément Valeria d’Elisabet Benavent.

Pour rappel, il s’agit d’un tome 4, je vous invite donc à lire les tomes précédents avant de poursuivre votre lecture de cet article.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Si Valeria est amoureuse de Bruno, pourquoi n’arrive-t-elle pas à oublier Victor ?
Carmen aurait-elle pris du poids pendant son voyage de noces ?
Lola s’interroge : est-elle vraiment faite pour la vie de couple ?
Nerea, elle, décide de se reprendre en main.
Toujours aussi passionnée, Valeria…
Comme toi !
Inséparables, Valeria, Carmen, Lola et Nerea ne se cachent rien. Ce qui aidera Valeria à pimenter son dernier roman, auquel elle s’apprête à apporter la touche finale.

Archipel (27 novembre 2019) – Broché (17€ ) – Ebook (11,99€)

AVIS

J’étais impatiente de lire ce quatrième et dernier tome tout en redoutant de quitter Valeria et ses amies. Mais toutes les bonnes choses ayant une fin, je me suis lancée dans la lecture du roman avec un certain enthousiasme…

Comme pour les trois tomes précédents, le roman se lit à vitesse grand V, la narration étant portée par une écriture simple, fluide et efficace qui vous fait rapidement oublier que vous n’êtes pas devant la télé ou n’assistez pas à un repas entre amis, mais que vous êtes bien en train de lire un roman. Une proximité autrice/lecteurs qui donne une saveur toute particulière à la saga et qui me pousse à la classer du côté des séries addictives comme L’accro du shopping. On prend le livre, on feuillette quelques pages et avant de s’en rendre compte, on en est déjà à la moitié du roman et l’on est en train de pester contre Valeria et ses choix toujours très discutables sur le plan moral.

Oui, parce que Valeria a tendance à ne pas vraiment apprendre de ses erreurs ni même à suivre les conseils avisés de ses meilleures amies qui tentent de faire de leur mieux pour la mettre face à ses contradictions et à cette vérité qu’elle semble bien décidée à ignorer : elle est accro à Victor et Bruno n’est qu’une manière de fuir ses sentiments. Pas très élégant comme comportement à moins que l’idée soit de se faire souffrir, et au passage, de blesser deux hommes qui n’attendent de Valeria qu’une chose, qu’elle prenne une décision, la bonne si possible, et qu’elle s’y tienne ! Vous aurez donc compris que notre héroïne m’a de nouveau fortement agacée par ses indécisions, mais surtout par son comportement puéril. On comprend qu’elle a peur de souffrir vu son passif avec Victor, mais la seule personne qui fait du mal à Valeria, c’est Valeria…

Quant à Victor, si je ne l’ai jamais considéré comme le prince charmant, force est de constater qu’il a parcouru du chemin depuis le premier tome, et qu’il nous apparaît ici comme un homme sûr de ses sentiments. Il fait de son mieux pour (re)conquérir le corps et le cœur de la femme dont il est éperdument amoureux. Il se dégage ainsi du personnage une certaine sensibilité, ce qui m’a bien plus attirée que son supposé physique d’Apollon. J’ai également apprécié d’en apprendre un peu plus sur son passé et notamment sur l’histoire très émouvante de ses grands-parents.

Aux côtés de Valeria, nous suivons toujours ses meilleures amies dont la vie est également bien mouvementée… Lola est, de nouveau pour moi, l’amie qui tire son épingle du jeu. Bien que vulgaire et trash, ce qu’en général je n’apprécie pas chez une personne, elle a un cœur énorme et n’hésite pas à dire ce qu’elle pense même quand cela ne fait pas plaisir à entendre. Je ne sais pas pour vous, mais c’est exactement que ce j’attends d’une amie ! En plus de jouer les entremetteuses entre Victor et Valeria, cette dernière doit également faire face à la tentation, la monogamie pouvant se révéler difficile pour une croqueuse d’hommes comme elle surtout quand son nouveau patron est un bel étalon au sang chaud…

Nerea découvre les affres de la passion, du sexe et de la difficulté de suivre ses envies et sentiments et non pas un plan mûrement et froidement réfléchi… Cela l’entraînera vers des terrains inconnus et la poussera à s’affranchir de ses dernières barrières. C’est un vrai plaisir de la voir faire ce qui lui plaît au niveau personnel et professionnel et non pas ce que son éducation lui impose… J’ai néanmoins eu l’impression que, durant toute la série, ce personnage a été sous-exploité, ce qui m’a quelque peu frustrée. 

Quant à Carmen et Barto, ils sont toujours aussi touchants et continuent à se soutenir quoiqu’il arrive. Le couple, étourdi de bonheur avec l’arrivée de leur fils, va vivre un événement inattendu qui m’a d’autant plus intéressée qu’une amie a vécu exactement la même chose… J’ai d’ailleurs trouvé que l’autrice évoquait le sujet avec pertinence et beaucoup de sensibilité. On sent également à la perfection les doutes et les émotions contradictoires de Carmen qui doit s’adapter à son nouveau rôle et statut de mère. Si elle adore son fils, la difficulté pour une femme de mener de front vie personnelle et vie professionnelle sans se perdre en chemin la frappe de plein fouet ! Une situation qui devrait parler à de nombreuses mères…

En conclusion, j’ai de nouveau pris plaisir à suivre la vie de ces quatre amies dont on n’approuve pas toujours les choix, mais dont on se sent inexorablement proche. Ce tome final m’a apporté ce que j’attendais de la série et offre une jolie réflexion sur le passage à l’âge adulte, cette délicate transition durant laquelle on sacrifie une certaine insouciance sur l’autel des responsabilités et de la maturité. Cela ne signifie pas que l’on doive se renier, mais qu’il faut parfois prendre des décisions difficiles pour assurer son avenir et se construire une vie avec ses hauts et ses bas, mais une vie qui nous correspond et dont on saura tirer le meilleur. Et en cela, l’épilogue est parfait, réaliste, mais résolument positif !

 Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

Premières lignes #91 : Instinct, James Patterson et Howard Roughan

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai décidé de vous présenter un roman qui me tente énormément bien que je ne connaisse pas encore la série télé : Instinct de James Patterson et Howard Roughan. À noter que ce roman a déjà été publié par la maison d’édition sous le titre Jeu de massacres.

Instinct de James Patterson et Howard Roughan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un meurtrier, deux enquêteurs. Et un jeu de 52 cartes…

Le professeur Dylan Reinhart est l’auteur d’un ouvrage de référence sur les « comportements déviants ». Lorsque Lizzie Needham, du NYPD, en reçoit un exemplaire accompagné d’une carte à jouer tachée de sang, tout porte à croire qu’un tueur s’intéresse à l’éminent docteur en psychologie…
Mais il apparaît vite que ce sang est celui d’un homme retrouvé poignardé à son domicile. Quant à la carte, un roi de trèfle, elle prend tout son sens lorsque Needham et Reinhart comprennent qu’elle désigne la deuxième victime du tueur.
Ces cartes ne sont donc pas une signature, mais les indices d’un jeu de piste jonché de cadavres, dont Manhattan est le décor…

Publié en 2019 sous le titre Jeu de massacres, ce roman a inspiré la série Instinct, diffusée en France par M6, avec Alan Cummings, dans le rôle de l’extravagant Dylan Reinhart.

DATE DE PARUTION : 9 janvier 2020

PREMIÈRES LIGNES

Alors comme ça, vous souhaitez devenir serial killer ?

Libre à vous, bien sûr, d’abattre des gens au petit bonheur dans la rue – bang, bang ! –, mais je me suis laissé dire que les flingues, quoique parfois utiles pour ce job, offrent le plus souvent un résultat décevant. Quand on n’a qu’à appuyer sur la détente, je trouve que ça manque d’intimité, d’une certaine proximité. On entend la détonation, on savoure le carnage, la peau de la victime s’ouvre et se déchire d’un coup, fort bien ; mais c’est sans commune mesure avec la décharge d’adrénaline que procurent des méthodes, disons, plus personnelles.

Moi, j’aime bien combiner. Il y a mille façons si belles, si créatives de tuer son prochain ! J’estime que je dois à ma cause – et à moi-même – de tout faire pour varier les plaisirs. Il faut que ça reste excitant. Même quand les circonstances exigent de sortir un pétard, j’essaie toujours d’ajouter un petit extra, une sorte de variante. Un peu comme la cerise sur le Sundae : c’est tout de suite plus appétissant.

Cela dit, les gens n’ont pas idée du degré de satisfaction procuré par certaines des méthodes les plus basiques. Poignarder quelqu’un à mort, par exemple. Je ne connais pas d’expérience plus intime, plus personnelle. Quoi de plus exaltant que le bruit du couteau qui perce une peau humaine ? Parfois, c’est plus fort que vous : il vous faut l’entendre encore, et encore, et encore…

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions l’Archipel.

Les hauts et les bas de Valeria, Elisabet Benavent

Couverture Valeria, tome 3 : Les hauts et les bas de Valeria

Je remercie les éditions l’Archipel de m’avoir permis de découvrir le troisième tome des aventures de Valeria d’Elisabet Benavent.

NB : je vous invite à découvrir les deux premiers tomes de la série avant de poursuivre votre lecture : Dans les pas de ValeriaDans le miroir de Valeria. 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans ce troisième volet de la saga, Valeria regrette de s’être emballée pour Victor. Certes, leurs ébats sont toujours aussi torrides. Mais à quoi tout cela rime-t-il ?
Empêtrée dans les préparatifs d’un mariage bien plus pompeux que ce qu’elle aurait voulu, Carmen ne sait plus où donner de la tête. Quant à Nerea, elle a tout envoyé valser : son job et son petit ami au profil de gendre idéal… Adieu la Nerea sainte-Nitouche dont ses amies se moquaient ! Il est temps de s’éclater.
Pourtant, c’est Lola qui surprend son monde. Elle a rencontré Rai. Elle en est raide dingue. Léger problème : il est tout juste post-pubère, il n’a que 20 ans !
Pas si facile d’être une jeune trentenaire. Heureusement que les amies sont là…

Archipel (13 novembre 2019) – 414 pages – Broché (17€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Catherine Delaruelle 

AVIS

Cette série d’Elisabet Benavent est ma série doudou du moment, celle que je lis toujours avec plaisir même quand je sais que son héroïne risque parfois de me faire lever les yeux au ciel. Ce côté attachiante fait d’ailleurs partie intégrante du charme de Valeria… Un charme auquel ne résiste pas Victor bien qu’il ne soit toujours pas décidé à entretenir avec elle une relation de couple classique.

Victor et sa manie de souffler le chaud et le froid, de faire un pas en avant et deux en arrière, puis de regretter amèrement ses décisions, m’a agacée n’arrivant pas à comprendre comment on peut tellement avoir peur d’officialiser une relation avec la personne que l’on aime. Mais Valeria n’est pas non plus parfaite, ce tome dévoilant une jeune femme incapable de communiquer autrement que par des invectives et des scènes frisant le ridicule… Vous aurez donc compris que la relation entre les deux amants connaît de nouveau des hauts et des bas d’autant que Valeria va laisser entrer un nouveau mâle dans sa vie.

Bruno, écrivain à succès de science-fiction et de romans plutôt gores, est un homme qui semble bien plus mature et posé que notre héroïne, ce qui s’explique probablement par sa vie familiale… Sexy, sans être un canon de beauté, drôle et inventif, surtout dans certains domaines, sera-t-il l’homme qui fera oublier à Valeria cette passion incontrôlable qu’elle ressent pour le beau et fougueux Victor ? Je vous laisserai le soin de le découvrir par vous-mêmes mais je dois admettre que ce nouveau personnage m’a plutôt séduite. C’est plus la manière dont Valeria fonce tête baissée vers d’autres horizons sans prendre temps de faire le point et/ou le deuil de ses sentiments et de son histoire avec Victor qui m’a chagrinée…

La vie de ses amies est également bien remplie entre les préparatifs du mariage qui met Carmen sur les nerfs, Lola qui vit sa première véritable relation amoureuse et Nerea qui prend une grande et inattendue décision professionnelle. Je suis vraiment ravie de voir à quel point Nerea a évolué depuis le premier tome. Le glaçon des débuts a bien fondu ! Bien décidée à ne plus faire les choses parce qu’elle le doit, mais parce qu’elle le souhaite, Nerea donne un grand coup  de pied dans la fourmilière et commence à se lâcher. J’ai hâte de voir ce que va devenir son beau projet professionnel pour lequel elle travaille d’arrache-pied, mais aussi jusqu’où ses changements vont la conduire sur le plan privé. Une ébauche d’histoire de ce côté semble ainsi se dessiner…

Carmen et Barto forment toujours un très beau couple qui ne pourra que vous attendrir et vous toucher. Plus discret et moins charismatique que Victor, Barto est pourtant un protagoniste intéressant et plein de charme. Il fait ainsi preuve de beaucoup de patience et d’une douceur extrême face à une Carmen en plein doute notamment sur son physique… Quant à Lola, elle est fidèle à elle-même, brute de décoffrage, drôle et légère bien que pour la première fois de sa vie, son cœur et son corps semblent battre à l’unisson ! Comment Lola, aussi allergique à l’engagement que Victor, va-t-elle affronter la situation ? Il vous faudra lire ce tome pour le découvrir, mais je dois dire que j’ai apprécié le couple qu’elle forme avec Ray, un jeune homme qui nous prouve que jeune ne veut pas dire immature…

Encore une fois, je me suis laissée emporter par les nouvelles aventures de Valeria et de ses copines. En compagnie de ces quatre amies dont on partage aussi bien les bons que les mauvais moments, on ne voit pas le temps passer, ce qui explique peut-être qu’en deux soirées, les 400 pages du roman avaient été avalées. L’écriture de l’autrice est donc toujours aussi addictive, fluide et entraînante avec un côté télévisuel qui fonctionne à merveille !

Bien que le sexe soit moins présent que dans les précédents tomes, attendez-vous de nouveau à des scènes érotiques plutôt détaillées et expressives. Comme vous le savez si vous me lisez régulièrement, ce n’est pas ce que je préfère dans un livre, mais avec Valeria, ça passe sans problème appréciant non pas les détails des ébats, mais le fait qu’ils soient complètement décomplexés. Pas de puritanisme ni cette idée que des femmes n’ont pas le droit d’avoir les mêmes désirs, voire la même voracité sexuelle, que des hommes…

En conclusion, dans ce troisième tome, Elisabet Benavent reprend ce qui fait le charme de sa série : des moments de complicité entre filles, des répliques qui font mouche, des confidences autant sur l’amour que le travail, des doutes, de l’amitié avec un grand A, de la romance, des crises, des rencontres, du sexe… La vie d’une bande de copines soudées et décomplexées tout simplement !

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Éditions l'Archipel