Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline, Veronique Aïache

Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline

Les Amérindiens considèrent l’animal Totem comme un guide spirituel, une sorte de bonne étoile bienveillante. Selon eux, la symbolique de l’animal qui emboîte le pas de l’individu est là pour l’aider à mieux se connaître, à identifier ses forces et ses faiblesses, à développer son potentiel, à s’ouvrir à de nouvelles perspectives sur sa relation avec la nature et mêmes, à gagner en confiance en soi pour mieux faire face aux défis du quotidien. Choisir le chat pour totem, c’est découvrir par ailleurs d’autres aspects de l’identité de ce petit animal pas comme les autres. C’est aller au-delà de ce que l’on connaît déjà de lui. Ici, il ne sera pas question de le considérer comme un exemple à suivre sur les chemins de la paix intérieur, mais plutôt de l’accueillir comme un maître à penser – et à agir dans la quête d’équilibre entre soi et le monde extérieur. L’animal totem du chat nous enseigne ces six sagesses : la liberté avant tout, agir calmement et au bon moment, l’art de la clairvoyance, se taire pour mieux entendre, la soif de l’aventure, l’art de retomber sur ses pieds.

Hugo Document (4 juin 2020) – 189 pages – Papier (11,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Si vous me suivez depuis un moment sur le blog, vous n’êtes pas sans connaître mon amour des chats. C’est donc avec un plaisir certain et beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans cet ouvrage dont le titre et le résumé m’ont tout de suite intriguée.

Cartésienne par nature, j’ai néanmoins eu un peu peur que le livre soit trop ésotérique pour moi parce que si je reste curieuse de découvrir les croyances d’autrui, j’ai parfois du mal à me laisser emporter par des textes trop mystiques. Si vous êtes dans mon cas, aucune inquiétude à avoir, le livre étant très accessible même pour les plus rationnels des lecteurs. Sa mise en page aérée et sa construction autour de quatre grandes parties le rendent également très facile et rapide à lire !

D’une plume fluide et agréable, l’autrice aborde différents sujets avec une grâce presque féline. Et le voyage commence par un retour dans le passé afin de comprendre la complicité qui s’est créée, au fil du temps, entre les chats et les êtres humains. Une relation qui remonte à très longtemps et qui n’a pas toujours été cordiale, le chat faisant partie de ces rares animaux ayant suscité autant de haine et de méfiance que de passion et de dévotion !

Tous les peuples ne se sont ainsi pas montrés aussi aimants avec les chats que les Égyptiens sous le règne des Pharaons qui les associaient volontiers à la déesse de la fertilité et des foyers, Bastet. Une vision divine et idéalisée des chats laissant sceptiques les Grecs et ses penseurs comme Hérodote qui avaient une vision bien plus négative de cet animal vu comme cruel, dépravé, calculateur… Aimant l’histoire, j’ai trouvé cette partie passionnante et très instructive d’autant qu’elle m’a permis de comprendre l’engouement des Japonais pour les Maneki-Neko ou encore la place du chat dans l’Islam qui loue sa légendaire propreté. 

J’ai également apprécié d’en apprendre un peu plus sur les Amérindiens qui vouent le plus profond respect à la nature, considérant que les hommes, les animaux, et même la végétation, forment une même famille. Une vision respectueuse de la vie, sous toutes ses formes, qui tranche avec la nôtre et qui ne manque pas de poésie surtout si l’on considère la croyance amérindienne selon laquelle chaque individu peut faire le choix de laisser son âme et son esprit renaître dans une autre forme…

Autre aspect intéressant de cette culture, la manière dont sont perçus les animaux : incapables d’être corrompus, contrairement aux hommes, ils deviennent pourvoyeurs d’enseignement ! Les Amérindiens associent ainsi à chaque animal, un comportement et une personnalité dont on peut tirer des leçons à condition d’avoir bien identifié son totem, sa représentation animalière. Celle-ci n’est pas forcément liée à votre animal préféré, mais plus à celui qui possède les qualités dont vous avez besoin pour avancer et tirer le meilleur de vous-mêmes… L’autrice détaille différentes manières pour trouver son animal totem, et si je n’ai pas encore pris le temps d’identifier le mien, je le ferai avec plaisir curieuse de le découvrir et d’apprendre à mieux le connaître avant de m’imprégner de ses enseignements.

Il aurait été difficile et indigeste de faire le portrait totémique de chaque animal dans cet ouvrage, mais l’autrice dresse celui de l’animal qui nous intéresse le plus ici, le chat ! Pas le chat que nous connaissons, et qui a conquis notre cœur en même temps que le web, mais plutôt celui qu’ont eu l’occasion de côtoyer les premiers Indiens d’Amérique, le grand chat sauvage. Un animal symbole d’indépendance, de patience, d’adresse, de courage, de curiosité et de clairvoyance… Un portrait finalement très proche du chat qui honore nos foyers et dont l’autrice nous rappelle les principales caractéristiques ainsi que ses bienfaits sur les êtres humains.

De son ouïe exceptionnelle qu’il arrive à modérer quand nos bruits du quotidien l’indisposent à son odorat surdéveloppé en passant par sa capacité à voir dans le noir, le chat nous apparaît définitivement comme un animal fascinant que l’on ne peut que prendre plaisir à accueillir tout en profitant, au passage, de ses doux et salutaires ronrons… Je suis d’ailleurs plus que convaincue des bienfaits et de l’intérêt de la ronronthérapie dont j’ai la grande chance de pouvoir bénéficier.

Les trois premières parties m’ont permis de découvrir certaines choses et de renforcer certaines connaissances, mais j’avoue que c’est la dernière partie qui m’a peut-être la plus surprise et conquise. J’ai, en effet, adoré la manière dont l’autrice reprend des concepts de développement personnel, somme toute assez classiques, en les illustrant à travers le comportement et la vie d’un chat. Voilà une démarche simple et évocatrice qui parle bien plus à l’amoureuse des chats en moi que de longs discours qui sonnent parfois creux ou prennent des chemins détournés pour énoncer de simples vérités.

J’ai donc découvert avec curiosité les trente commandements du chat, un animal qui s’érige naturellement en coach spirituel vous encourageant dans votre vie à condition, évidemment, de rester à l’écoute des signes qu’il vous envoie pour guider vos pas. Certains commandements ont plus résonné en moi que d’autres, mais tous m’ont semblé pleins de bon sens et de justesse à l’image d’un certain félin sur lequel, après la lecture de cet ouvrage, vous aurez très envie de prendre exemple. Cela signifie, entre autres, trouver un bon équilibre entre égoïsme et altruisme, apprendre à prendre ce que la vie offre pour en tirer le meilleur profit, profiter de l’instant présent, rester curieux et éveillé, transformer des contraintes en réflexes, fixer des limites (si vous connaissez les chats, vous savez certainement à quel point, ils sont doués pour faire comprendre quand on les importune)…

En conclusion, en ouvrant Chat Totem, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai découvert un très bel et agréable ouvrage qui mêle, avec brio, Histoire, exercices simples à mettre en place, croyances et mythes amérindiens et sagesse féline dont chacun devrait s’inspirer et s’imprégner afin de vivre une vie de pacha ou, du moins, une vie en adéquation avec ses valeurs et ses envies ! Cet ouvrage s’adressera aussi bien aux amoureux de la nature et des chats qu’aux personnes désirant se lancer dans une démarche originale de développement personnel placée sous le signe du chat.

Je remercie Babelio et les éditions Hugo&Cie pour m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

 

Alya et les trois chats, Amina Hachimi Alaoui

Maryam et Sami ont trois chats : Pacha le chat angora noir – fier comme un pacha vraiment ! —, Minouche le tigré gris trouvé dans la rue et Amir le siamois déluré. Mais voilà qu’un jour le ventre de Maryam se met à grossir, et quelque chose commence à remuer dedans. Maryam disparaît quelques jours et revient avec quelque chose qui hurle et demande beaucoup d’attention. Nos trois minous sont bien désemparés.

32 pages – 3 ans et plus – Illustrations : Maya Fidawi

AVIS

Une couverture avec des chats, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cet album jeunesse qui m’a complètement charmée. L’autrice, à travers trois adorables chats, aborde avec douceur et délicatesse un sujet qui parlera à de nombreuses personnes : l’arrivée d’un nouvel enfant dans une famille. Un événement heureux qui peut néanmoins perturber l’équilibre d’un foyer et susciter un certain sentiment de jalousie parmi les éventuels frères et sœurs.

Ce ne sont pas Pacha, Minouche et Amir qui vous diront le contraire ! Ces trois minets, très différents les uns des autres autant physiquement qu’au niveau de leur personnalité, coulaient des jours heureux auprès de Maryam et de son mari, entre câlins, jeux endiablés et siestes. Il y avait bien ce ventre qui grandissait et qui les intriguait, mais ils n’auraient jamais imaginé ce qui allait en sortir. Les voilà dorénavant contraints de partager leur douce Maryam avec un petit être qui, comble de malchance, fait des bruits de souris, et monopolise l’attention de leur humaine adorée.

Mais heureusement, la jeune femme a un grand cœur et la place suffisante pour y accueillir tout le monde, bébé et chats compris ! En plus du joli message qui permet de rassurer les enfants quant au fait que l’arrivée d’un bébé ne change en rien l’amour que leur portent leurs parents, j’ai apprécié que la jeune mère ne sacrifie pas ses chats au nom de sa nouvelle maternité. Un phénomène qui arrive hélas fréquemment, parfois encouragé par le corps médical…

Quant aux belles illustrations pleines de couleurs et de douceur de Maya Fidawi, elles devraient, en plus d’illuminer le récit et lui apporter beaucoup de chaleur, capter le regard des jeunes lecteurs. J’ai, pour ma part, plus particulièrement apprécié les gros plans sur les chats dont on perçoit l’espièglerie, la curiosité et, surtout, l’amour pour leur « maman » humaine. Appréciable également, le dépaysement offert par les illustrations que ce soit en raison de leurs couleurs chaudes ou des détails aux notes orientales de certaines planches.

Alya et les trois chats

Lumineux et attendrissant, en plus d’être pédagogique, voici un ouvrage à lire et à relire aux enfants dont la famille va s’agrandir. Porté par un trio de chats attendrissants, Alya et les trois chats devrait également ravir les amoureux de cet animal dont, vous l’aurez compris, je fais partie.

Merci à NetGalley et aux éditions Chouette pour cette lecture.

Top Ten Tuesday #166 : 10 BD/mangas/albums de ma PAL avec un animal sur la couverture

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Après vous avoir présenté 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture, je passe maintenant aux ouvrages graphiques… J’espère que le thème de ce top vous donnera quelques idées de lecture, notamment si vous participez au Challenge Animaux du monde de Sharon.

Couverture Lulu et Nelson, tome 1 : Cap sur l'AfriqueCouverture Les enquêtes d'Enola Holmes (BD), tome 1 : La double disparitionCouverture Le Roi de la jungle

Couverture Généalogie d'une SorcièreCouverture Le Magicien d'Oz

Couverture Le renard et l'étoileCouverture Je suis un chat

Et vous, avez-vous lu certains de ces titres ?
Laquelle de ces couvertures vous plaît le plus ?

Top Ten Tuesday #165 : 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture que j’aimerais lire

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


C’est le lancement du Challenge Animaux du monde de Sharon qui m’a donné envie de vous proposer 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture que j’aimerais lire.

Couverture Dans un recoin de ce mondeCouverture Kaspar : Le chat du grand hôtel (Foreman)Couverture Coeur de loup

Couverture La veilleuse d'âmes, tome 1 : La voie des morts Couverture La fosse au loupCouverture Le sixième monde, tome 1 : La piste des éclairs

Couverture Sorcière des brumes, tome 1 : L'épreuve du feuCouverture Hôtel Heartwood, tome 1 : Une maison pour MonaCouverture Jefferson

Et vous, avez-vous déjà lu certains de ces romans ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mamie Bonbon, Florent Lucéa

Avis Mamie Bonbon Florent Lucéa, Ex Aequo éditions

Je remercie les éditions Ex Aequo de m’avoir permis de découvrir Mamie Bonbon de Florent Lucéa.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mamie Bonbon est une grand-mère fragile en apparence qui mène une vie paisible dans son petit village. Pourtant elle possède un don inestimable qui va l’entraîner dans un monde fantastique et la confronter à des ennemis extrêmement dangereux.
Heureusement elle pourra compter sur des amis formidables aux multiples facettes pour l’aider dans cette aventure. Le courage n’a pas d’âge, l’amour est le plus précieux des cadeaux et le plus tendre des surnoms peut se révéler être votre plus grande force.

Ex Aequo (26 octobre 2019) – Broché (10€) – Ebook (2,99€)

AVIS

Je tenais à souligner le très beau travail d’édition avec une superbe couverture dont le ton bleuté, avec ses jolis dégradés, donne irrémédiablement envie de découvrir cette Mamie Bonbon dont on ne fait que percevoir la silhouette. S’agit-il d’une manière de souligner le danger qui la guette ?

Pour le savoir, je me suis empressée de me plonger dans la lecture de cet ouvrage qui m’a enchantée dès les premières pages. Je tends à regretter une simplification à outrance des textes pour enfants, un écueil dans lequel l’auteur n’est point tombé. Le roman destiné aux 9/12 ans se révèle très accessible, les phrases demeurant relativement courtes, mais l’on sent le soin avec lequel l’auteur a choisi ses mots.  Il se dégage ainsi beaucoup de charme et d’élégance de sa plume très visuelle et non dénuée de poésie, ce qui devrait permettre de réunir petits et grands lecteurs autour d’une histoire mettant en scène une mamie haute en couleur.

Mamie Bonbon, c’est une mamie extraordinaire, mais c’est, paradoxalement, une mamie comme les autres. Une mamie comme les autres dans la mesure où l’abandon affectif dans lequel elle se trouve fait écho à ce que vivent des millions de personnes âgées à travers le monde. À cet égard, sans être moralisateur, l’auteur pointe les défaillances de nos sociétés qui, lancées dans la course à l’argent et aux plaisirs, en oublient bien souvent les plus âgés. Ainsi notre Mamie Bonbon, après avoir vécu des moments heureux auprès de son défunt mari et de sa descendance, est laissée seule dans son petit village sans aucune visite malgré ses tentatives de rapprochement. Entre les cours, les amis, les amours, le travail, les vacances, les loisirs, les voyages, il y a toujours une bonne raison de ne pas passer un petit appel, rendre une visite même éclair, envoyer une carte postale ou une lettre…

Si Mamie Bonbon, Georgette de son prénom, ne peut compter sur ses enfants et ses petits-enfants, elle trouve du réconfort dans sa relation aux animaux que ce soit avec sa minette, Princesse, ou tous les animaux du voisinage. C’est que voyez-vous, notre mamie a un petit secret et un magnifique don que, pour ma part, je rêverais de posséder. Malheureusement, quand ce don commence à s’ébruiter, les choses s’enveniment et son propre village se retourne contre elle ! La différence fait peur et peut pousser à toutes les extrémités… Mais les réactions disproportionnées ne cachent-elles pas autre chose ?

Je vous laisserai bien sûr le soin de le découvrir par vous-mêmes, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur nous plonge dans une histoire riche en actions et en magie. La magie du cœur, bien sûr, Mamie Bonbon et ses amis à deux et à quatre pattes faisant preuve d’un louable altruisme, mais aussi la véritable magie, des forces occultes entrant en jeu. Notre mamie va devoir donc faire appel à tout son courage et à son don pour, aux côtés de sa famille de cœur, sauver sa famille de sang ainsi que faire toute la lumière sur d’étranges et inquiétantes disparitions d’enfants !

J’ai eu un coup de cœur pour Mamie Bonbon qui, malgré l’absence des siens, fait preuve de beaucoup de compréhension et d’abnégation. Aucune trace d’aigreur chez cette femme qui m’a touchée et émue. J’ai également pris beaucoup de plaisir à la voir collaborer avec des animaux atypiques, comme un cafard ou une souris, d’autant que l’auteur, à travers ces animaux qui possèdent tous un prénom amusant, ajoute une pointe d’humour qui devrait plaire aux enfants. Au cours de son aventure, notre mamie va également se lier d’amitié avec des personnes de son âge qui possèdent toutes un don unique et spécial, ce qui se révélera fort utile pour la mission de sauvetage dans lequel ce club de super-héros du troisième âge s’est lancé. La force surnaturelle et malfaisante qui sévit va ainsi découvrir, à ses dépens, que nos mamies et papis ont de la ressource !

En plus d’offrir un moment de lecture fort divertissant, l’auteur amène subtilement et avec délicatesse les enfants, voire leurs parents, à (re)considérer leurs liens avec leurs aïeux. La vie actuelle est trépidante, mais n’y a-t-il pas un peu de place pour les plus âgés, un petit geste pouvant changer bien des choses dans la vie de personnes qui ploient sous le poids de la solitude ? Bien sûr, chaque situation est différente et tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir une Mamie Bonbon dans sa vie,  mais le roman a le mérite de nous faire penser notre relation aux nôtres et aux anciens. Il est également ici question de seconde chance, et de rédemption puisqu’il n’est jamais trop tard pour rattraper ses erreurs ou, du moins, pour essayer de corriger le mal volontaire ou non que l’on a pu faire par le passé….

En conclusion, l’auteur bouscule ici les codes des romans jeunesse en nous prouvant qu’une mamie peut faire une super-héroïne qui fera fondre le cœur de ses jeunes lecteurs en même temps qu’elle affrontera avec courage les dangers qui se dressent devant elle. Empli d’actions, de magie et d’amitiés, Mamie Bonbon est un très bon roman jeunesse qui offre un joli moment de divertissement familial et une réflexion subtile sur les liens intergénérationnels. À lire, à relire et à partager tout autour de soi !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Ex Aequo.

Editions-exaequo.com

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

Throwback Thursday Livresque #138 : Animaux

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Adorant les animaux, j’ai eu quelques difficultés à sélectionner un seul titre parmi tous ceux dont j’aurais aimé vous parler, mais mon choix s’est porté sur la série de BD : Enola et les animaux extraordinaires.

Pourquoi ce choix ?

Accompagnée de son fidèle chat, Maneki, Enola est une vétérinaire spécialisée dans les soins des animaux extraordinaires. De tome en tome, on la suit donc dans ses aventures et ses tentatives pour comprendre le problème des créatures qu’elle doit soigner et trouver le moyen de le résoudre. Pas facile de soigner une licorne, un yéti ou gérer un loup garou !

Heureusement, comme tout bon vétérinaire, Enola est une passionnée qui a de la ressource. Avec patience et bienveillance, elle va au-delà des apparences pour comprendre ces animaux extraordinaires et leur offrir apaisement et guérison.

Cerise sur le gâteau, les illustrations sont superbes !

Et vous, connaissez-vous cette série ?
Vous tente-t-elle ?

Sur la route de Nosy Komba, Delphine Gosset

Je remercie Lucca éditions de m’avoir permis de découvrir Sur la route de Nosy Komba de Delphine Gosset.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La vie d’Elizabeth et du zoo de sa ville est paisible… Enfin, jusqu’au jour où Odile Panier resurgit dans l’existence de la jeune fille et prend la direction dudit zoo. Ses directives mettant en danger le bien-être des animaux et surtout celui de Pierre, son lémur noir préféré, Elizabeth fera tout pour lui mettre des bâtons dans les roues. Oui, tout : même se rendre à Madagascar et tenter une expérience folle en enfreignant plein de lois !

Lucca éditions en codiffusion avec Hikari Éditions (9 novembre 2018)
Broché
– 288 pages (14€) – À partir de 10 ans
Illustratrice : Mélanie Rebolj

AVIS

Après Le Trésor de Sunthy que j’avais beaucoup apprécié, j’étais curieuse de découvrir une autre parution des éditions Lucca, une curiosité qui a été largement récompensée si l’on considère l’excellent moment de lecture passé auprès d’Elizabeth.

Elizabeth est une jeune fille de 15 ans qui a une passion originale pour une adolescente de son âge : les primates, et plus particulièrement, les lémuriens qu’elle aime observer durant son temps libre. Mais les choses se compliquent quand une femme odieuse, menteuse et opportuniste prend la tête du zoo qui, jusque-là, l’accueillait pour ses séances d’observation.

Faisant fi du bien-être et de la sécurité des pensionnaires, Odile Panier provoque un véritable chaos autour d’elle entreprenant des changements afin de rendre la structure rentable et attractive à la manière… d’un cirque ! Une logique purement mercantile qui ne peut s’appliquer à un zoo, les animaux n’étant pas une vulgaire marchandise comme les autres, mais des êtres dotés de besoins spécifiques et de sensibilité. Bien sûr, l’autrice n’idéalise pas les zoos, ce que j’ai apprécié, mais elle démontre néanmoins le rôle que ce genre d’établissements joue dans la protection et la préservation de certaines espèces animales.

Devant les actes odieux de la nouvelle directrice, Elizabeth ne peut rester indifférente a fortiori quand elle s’attaque à Pierre, un lémurien étant mis au ban de son groupe lors des périodes de reproduction. Bien décidée à le sauver du triste sort qui l’attend, elle prend alors une décision qui va la conduire sur les routes de Madagascar, mais aussi sur celles de son passé….

Ce roman est une pure merveille de sensibilité, d’intelligence et d’émotions. À travers l’histoire d’Elizabeth, l’autrice nous parle de la richesse du monde animal et plus particulièrement de celui des primates. Du haut de mes trente-quatre ans, j’ai été émerveillée devant la diversité des espèces existantes et fascinée par leur intelligence, leurs spécificités, leurs comportements, leurs utilisations plus ou moins conscientes d’outils, leurs interactions, leurs méthodes de communication, leurs modèles d’organisation sociale…

Ce roman est une petite mine d’informations qui devrait ravir tous les lecteurs, car l’autrice explique les choses de manière claire, simple, passionnante et avec un tel enthousiasme qu’on ne peut qu’entrer de plainpied dans ce monde animal qu’elle met à la portée de tous. Après avoir terminé ce roman, difficile de ne pas approuver le Great Ape Project destiné à offrir des droits fondamentaux aux grands singes tout en espérant qu’un jour, ces droits soient étendus à d’autres animaux. L’autrice évoque également des scientifiques, certains connus comme Jane Goodall et d’autres peut-être un peu plus confidentiels du grand public ainsi que des expériences comme le test du miroir de Gordon Gallup nous prouvant, si besoin en est, que les animaux n’ont pas fini de nous surprendre.

Voici donc un roman de vulgarisation scientifique efficace et réussi d’autant que loin de se cantonner à cet aspect, Delphine Gosset a réussi le tour de force de nous offrir une aventure riche en péripéties, en rebondissements et en émotions. Page après page, on apprend ainsi à découvrir Elizabeth, son passé marqué par la disparition de sa mère puis plus tard par celle de son père, son entourage que ce soit sa tante aussi touchante qu’exaspérante, son ami Arthuro, un animalier l’ayant prise en affection, un étudiant tout aussi passionné qu’elle, son compagnon d’enfance, Konrad, un « choucas des tours » plutôt attendrissant… Une galerie de personnages haute en couleur que j’ai adoré voir évoluer et interagir.

Elizabeth est un modèle de courage et de maturité, mais elle n’en demeure pas moins une adolescente de quinze ans avec ses incertitudes, ses premiers émois amoureux, ses décisions parfois impulsives… C’est donc un personnage réaliste et attachant dont on suit avec intérêt l’évolution et les péripéties. Il faut dire qu’en partant à l’aventure à Madagascar, elle ne s’attendait pas à traverser, entre deux paysages à vous couper le souffle, toutes ces zones de turbulences. Mais sur la route la menant à Nosy Komba, elle pourra heureusement compter sur le soutien d’Arthuro avant d’être soutenue par ses proches et ses deux nouveaux amis qui feront un joli pont entre présent et passé. Je préfère ne pas en dire plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais ces deux personnages m’ont beaucoup touchée…

Aux côtés de ces personnages, on découvre à travers quelques courts chapitres qui lui sont consacrés, le père d’Elizabeth, Léo. On perçoit, très vite, avec force et émotion l’amour qu’il vouait à sa fille bien que son métier le conduisant à observer les lémuriens dans leur milieu d’origine l’ait tenu bien trop souvent éloigné de sa fille. Même disparu prématurément dans de mystérieuses circonstances, cet homme intelligent, gentil, sensible et fascinant imprègne de sa forte présence tout le roman. Pas besoin de chercher très loin pour comprendre de qui Elizabeth a hérité son esprit passionné ! Cette incursion dans le passé de Léo met également en lumière un autre personnage bien différent de lui. D’aucuns pourraient regretter un certain manque de nuances dans l’expression de sa personnalité, mais ayant déjà pu côtoyer des arrivistes prêts à tout pour arriver à leurs fins, je trouve, hélas, le personnage crédible…

Destiné aux enfants à partir de dix ans, le roman se révèle accessible grâce, entre autres, à l’alternance de chapitres courts, une écriture immersive, simple mais travaillée, la présence de nombreux dialogues fluidifiant le récit… À cela s’ajoutent des illustrations de Mélanie Rebolj qui, en plus d’apporter beaucoup de cachet au roman, permettent aux lecteurs de complètement s’immerger dans le récit et de mieux se représenter les personnages et les animaux évoqués.

 

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À noter également que bien que ce ne soit pas le sujet central du récit, le thème du handicap physique et mental est également abordé. J’ai trouvé que cela était fait de manière plutôt positive dans la mesure où l’autrice ne joue pas sur le pathos, mais montre des personnages entourés qui avancent dans la vie avec entrain et une certaine joie.

En conclusion, Sur la route de Nosy Komba est un très bel ouvrage que je conseillerais à tous les curieux, amoureux des primates ou non, qui aiment apprendre en se divertissant. À travers une adolescente passionnée, d’une grande maturité et d’une force de caractère à toute épreuve, Delphine Gosset nous offre un ouvrage de vulgarisation scientifique accessible et immersif. De la France à Madagascar, attendez-vous à découvrir un monde animal fascinant et varié et à vibrer d’émotions à mesure que le passé et le présent d’Elizabeth se rejoignent dans une aventure riche et mouvementée.

À lire et à relire à tout âge !

Retrouvez le roman sur le site de Lucca éditions.