Aes Sidhe – tome 1 : la meute maudite, Alfreda Enwy

Aes Sidhe, tome 1 : La meute maudite par Enwy

 

Après le succès de sa saga Infinite Love, Alfreda Enwy revient à ses premières amours avec Aes Sidhe, une série d’urban-fantasy qui mêle loups, légendes, romance et dangers.

Niamh n’est pas une vétérinaire comme les autres. Fille de l’alpha de la meute la plus respectée de la région, sa beauté n’a d’égal que son tempérament de feu. Lorsque sa meute se retrouve en proie à une épidémie meurtrière, Niamh semble être la seule épargnée. Prête à tout pour les siens, la jeune femme se lance dans une quête aussi dangereuse que désespérée. Mais elle ne sera pas seule. Khael, puissant changeforme au charme redoutable, est bien décidé à accompagner la belle louve, qu’elle le veuille ou non.

Si ce premier tome n’est pas exempt de petits défauts, j’ai quand même passé un moment de lecture sympathique auprès d’une héroïne que j’ai adorée, notamment pour ses capacités magiques lui permettant de guérir les animaux. Très pratique pour une vétérinaire, même si la jeune femme fait attention à ce que son talent ne s’ébruite pas. D’ailleurs, à part sa meilleure amie, personne n’est au courant autour d’elle, même pas son ancien amant et meilleur ami Andrew ni son père dont elle est pourtant proche…

L’autrice prend le temps de nous familiariser avec son héroïne et ses proches, ce qui fait que si on ne s’ennuie pas, le premier quart du roman ne se révèle pas non plus palpitant. Heureusement, l’action finit par démarrer et Niamh se retrouve dans une situation qui la terrifie : à part les humains et les enfants, tous les membres de sa meute semblent frappés par une mystérieuse et inexplicable épidémie. Tous sauf elle ! Devant l’urgence de la situation, elle se lance tête baissée sur la seule piste qu’elle possède, quitte à devoir s’allier avec Khael, le plus puissant et redoutable des changeformes.

Un changeforme dont la plastique et la forte personnalité ne la laissent pas indifférente. Elle alterne donc entre l’envie de l’étriper et de le remettre à sa place, et celle de se rapprocher de lui. Les amateurs de romance devraient apprécier le jeu qui s’instaure entre les deux personnages, leur attirance l’un pour l’autre et leur complémentarité étant indéniables. Mais si j’ai aimé suivre la progression de leur relation et la manière dont ils vont devoir apprendre à travailler ensemble et à se faire confiance pour le bien de la meute, j’ai surtout apprécié de voir à quel point Khael va œuvrer pour aider Niamh à prendre confiance en elle et en ses capacités.

Alors que la jeune femme tente de cacher son talent unique afin de rentrer dans le rang, le changeforme va l’aider à s’accepter et à chérir sa différence. En outre, contrairement à Andrew et sa tendance à vouloir l’enfermer dans un cocon, il va la soutenir dans les moments difficiles, tout en la laissant mener ses propres combats. En d’autres termes, il va la considérer comme une égale et non comme une frêle jeune femme à protéger des dangers.

J’ai été touchée par Niamh, sa force de caractère, son courage et son côté très humain qui la pousse à mettre tout en œuvre pour aider les siens, parfois au mépris de sa propre vie. Son enquête pour remonter jusqu’aux origines de l’épidémie va, en effet, la conduire sur un chemin dangereux, mais elle va aussi la confronter à sa propre nature et une histoire maternelle auréolée d’un certain mystère ! J’espère que cet aspect sera approfondi dans le second tome puisqu’ici, on ne fait que l’ébaucher.

À l’inverse, j’ai regretté qu’on s’appesantisse un peu trop sur sa relation avec son ex compagnon Andrew, nous laissant craindre un potentiel triangle amoureux, alors que ce n’est pas le cas. Je comprends que l’autrice ait voulu, par ce biais, nous montrer la différence de comportement entre Andrew et Khael, mais j’aurais préféré qu’à la place, elle nous parle un peu plus des légendes et croyances amérindiennes de la meute. Il aurait également été intéressant d’apporter plus d’informations sur cet univers où se mêlent vampires, lycanthropes, créatures maritimes fort peu sympathiques et autres espèces magiques.

Malgré ces deux petits bémols, je me suis complètement laissée happer par ma lecture, d’autant qu’au fil des pages, le rythme s’intensifie jusqu’à nous conduire à une terrible révélation que je n’avais, pour ma part, pas du tout anticipée. La découverte m’a agréablement surprise, mais j’ai trouvé que les explications manquaient quelque peu de subtilité et avaient un côté un peu trop théâtral, qui nuisait clairement à la charge dramatique et émotionnelle de la scène. Là, on tombe sur quelque chose de caricatural alors que les raisons du malheur ayant frappé la meute étaient finalement très humaines…

Mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à suivre Niamh dans son enquête sur un mal pernicieux, dont la source ne devrait pas manquer de la surprendre, et dont les conséquences funestes vont la contraindre à faire un lourd et douloureux sacrifice. Sans tomber dans le pathos, l’autrice nous offre d’intenses et purs moments d’émotions où les sentiments de la jeune femme s’imposent à nous dans toute leur force : impuissance, tristesse, sentiment de trahison, incompréhension…. Fort heureusement, Niamh est une battante et si les épreuves traversées l’ont durement affectée, elles ne l’ont pas détruite !

Quant au style d’écriture, je l’ai trouvé agréable et assez fluide. L’autrice alterne avec efficacité entre découverte de l’univers et de la vie de son héroïne, mystère, phases d’action et de séduction, et moments intenses emplis de dangers et d’émotions. Un équilibre qui rend la lecture de ce premier tome agréable et qui donne envie de découvrir la suite des aventures d’une héroïne attachante à la forte personnalité et au don unique !

Mon chat, Séverine Assous

Mon chat par Assous

La petite citadine de cette histoire ne rêve que d’une chose : avoir un chaton. Comme ses parents s’y opposent formellement, elle se contente d’abord d’un escargot, qu’elle appelle Max n°1, puis d’une coccinelle, Max n°2, et enfin d’un chat orphelin, Max n°3… qu’elle est contrainte d’abandonner devant le refus de ses parents. Déterminée, elle va jusqu’à leur écrire des lettres de cajoleries et de menaces, mais rien n’y fait : les vacances arrivent, et toujours pas l’ombre d’un chat. C’est alors qu’un matin, au marché, un petit oiseau déplumé tombe à ses pieds. C’est décidé : ce sera Max n°4.

Albin Michel (17 juin 2020) – 40 pages -12€90

AVIS

Avec un titre comme Mon chat, je ne pouvais qu’avoir envie de lire cet album jeunesse dont je n’avais jamais entendu parler. Si je n’ai pas forcément été subjuguée par les illustrations que je préfère peut-être un peu plus féeriques, j’ai toutefois apprécié leur simplicité, la douceur de leurs couleurs et leur totale adéquation avec les différents lieux où se déroule l’histoire. On passe ainsi d’un décor très urbain avec son foisonnement caractéristique à des décors plus et chaleureux nous offrant l’évasion propre aux vacances, a fortiori à l’étranger.

J’ai, en outre, été très touchée par l’histoire de cette petite fille qui rêve d’avoir un chat. Malheureusement, malgré ses suppliques et ses lettres pour les amadouer, ses parents restent sur leur position : il n’en est pas question ! Pour expliquer ce refus ferme et définitif, ils opposent des raisons que certains qualifieraient de légitimes, mais qui ne convainquent guère leur fille. C’est que les parents semblent avoir l’art et la manière « d’inventer tout le temps des problèmes » !

Ayant passé toute mon enfance avec mon frère à tenter de convaincre mes parents d’avoir un chien, sans grand succès, j’ai tout de suite compati avec cette petite fille et son désir d’adopter un chat même si je n’ai, en revanche, pas vraiment approuvé sa manière de traiter les mouches. Mais de fil en aiguille et grâce à une rencontre inattendue, notre fillette va réaliser qu’on peut aimer les animaux sans forcément les posséder.

Une jolie leçon qui ne devrait pas manquer de toucher enfants et parents, voire de permettre d’établir un dialogue sur la question parfois délicate de l’adoption d’un animal. D’ailleurs, plus jeune, cet album m’aurait probablement aidée à accepter plus facilement la décision de mes parents…

En bref, Mon chat aborde, non sans une certaine originalité, la question des obsessions infantiles parfois délicates à gérer pour les parents, a fortiori quand elles impliquent le bien-être d’un animal. Doux et coloré, voici un album fort sympathique que je ne peux que vous conseiller autant pour l’histoire que sa jolie morale.

Mini-chroniques en pagaille #26

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Bloody Secret, Mutsumi Yoshida (Soleil manga) :

Couverture Bloody secret, tome 1

C’est en parcourant un livre que Anko développe l’idée saugrenue que le très mystérieux Yura est un vampire. Malheureusement pour elle, ce dernier apprend ses doutes et lui révèle la vérité, il a bien du sang de vampire en lui ! Puisque l’heure des confessions est venue, il lui révèle aussi son attirance très forte pour son sang qui semble si spécial. Et si la jeune fille acceptait de sortir avec cet étrange personnage que personne ne semble véritablement connaître puisqu’il passe son temps à dormir ? Pour sa défense, pas facile d’être un vampire en plein jour, a fortiori quand on n’a jamais encore laisse libre court à sa soif d’hémoglobine…

Anko est une jeune fille assez innocente et naïve qui oscille entre l’idée d’aider Yura et la peur d’être transformée à son tour en créature de la nuit si elle se laisse mordre. Elle lui propose donc d’apprendre à mieux le connaître avant d’éventuellement devenir plus qu’une amie. Mais une ombre plane sur cet arrangement des plus raisonnables : un personnage qui semble bien avoir envie de taquiner nos deux protagonistes.

Dans ce premier tome, l’autrice met en place les enjeux et nous présente les personnages. Gentillette, sans être transcendante, l’histoire plaira probablement aux adolescent(e)s et aux personnes appréciant les histoires de vampire ou plutôt d’un garçon humain avec du sang de vampire. Cela change-t-il quelque chose ? Peut-être si l’on se fie à la fin qui laisse entrevoir quelques complications quant à la relation entre nos deux protagonistes…

  • Bonjour facteur, Michaël Escoffier (École des loisirs)

Bonjour facteur

Illustrateur : Matthieu Maudet

Voici un petit album jeunesse cartonné découvert dans la bibliothèque de ma nièce qui apprécie cette histoire colorée. Pour ma part, je suis complètement tombée sous le charme de ce facteur d’un genre particulier : lui, ce n’est pas le courrier qu’il livre à bicyclette, mais des bébés ! Adieu donc la cigogne qui apporte des bébés aux humains, place au facteur humain qui délivre des bébés aux animaux. Une inversion des rôles assez truculente, vous en conviendrez !

Mais ce système de livraison de bébés est-il véritablement fiable ? Pour le savoir, je vous invite à découvrir l’album, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai adoré la chute. En plus de prêter à sourire, elle véhicule un joli message quant à la notion de famille. C’est également un vrai plaisir de suivre le facteur qui, malgré un moyen de locomotion non motorisé, parcourt à la vitesse de l’éclair de grandes distances, livrant les clients aussi bien en pleine jungle que sur la banquise… Les couleurs pleines de gaieté et la rondeur des traits apportent, quant à elles, beaucoup de peps et de douceur à cet album que je ne peux que vous conseiller pour passer un joli moment de lecture en famille.

  • La fugue, Yvan Pommaux (École des loisirs) :

Couverture La Fugue

Si vous me suivez régulièrement sur le blog, vous aurez probablement deviné que le chat sur la couverture a suffi à me donner envie de me plonger dans cet album au titre qui ne peut qu’intriguer, La fugue. Avant même de commencer la lecture, on se demande ainsi les raisons qui ont pu pousser ce jeune chat à fuguer, tout en tremblant à l’idée des dangers qu’il risque de devoir affronter, et dont il n’a guère conscience.

Page après page, l’auteur répond à notre question, non sans un certain humour d’ailleurs. Nous découvrons ainsi un chaton excédé par une famille humaine qu’il ne supporte plus ! Jules en a marre des odeurs de cigarillos du père, du bruit de l’aspirateur de la mère, des jeux brutaux du frère et de la sœur, et du prénom idiot dont on l’a affublé, Mitzy !

Son prénom, c’est Jules. Et s’il l’a choisi, ce n’est pas par hasard… Je n’en dirai pas plus sous peine de vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai trouvé l’histoire derrière le choix de ce prénom adorable tout comme la fin qui a ému l’amoureuse des animaux, et plus particulièrement des chats, en moi. 

Au-delà des griefs de Jules qui rappelleront aux enfants et aux parents, qu’un chat, ce n’est pas un jouet et qu’il lui faut un minimum de tranquillité pour s’épanouir, l’auteur nous narre également les péripéties de Jules dans la rue. Un endroit aux multiples dangers pour un chaton : les voitures, les chiens, les gens qui marchent sans se préoccuper de la petite boule de poils qui se faufilent entre leurs jambes, la faim qui tenaille… Mais heureusement, Jules saura trouver de l’aide auprès d’un matou au grand cœur, marqué par la vie dans la rue.

Porté par un adorable chaton à la personnalité affirmée et aux sentiments exacerbés, La fugue nous offre une aventure mouvementée et pleine d’émotions qui devrait séduire les enfants et les parents ainsi que tous les amoureux des chats et les personnes sensibles aux belles histoires d’amitié homme/animal.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ? Vous tentent-ils ?

 

Throwback Thursday Livresque #187 : une lecture qui vous fait sourire

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour le thème de la semaine, un livre qui vous fait sourire, j’ai tout de suite pensé à tous ces livres mettant en scène les petits travers et adorables manies des chats, mais j’ai décidé de vous parler d’un autre animal. Et mon choix s’est porté sur un renard qui, malgré ses efforts pour croquer de la poule, se révèle juste adorable.

Couverture Le grand méchant renard

Face à un lapin idiot, un cochon jardinier, un chien paresseux et une poule caractérielle, un renard chétif tente de trouver sa place en tant que grand prédateur. Devant l’absence d’efficacité de ses méthodes, il développe une nouvelle stratégie. Sa solution : voler des œufs, élever les poussins, les effrayer et les croquer. Mais le plan tourne au vinaigre lorsque le renard se découvre un instinct maternel…

Les péripéties de ce grand méchant renard, qui n’en porte que le nom, ne devraient pas manquer de vous faire sourire et de vous mettre du baume au cœur. En plus d’être amusant et de vous envelopper dans une douce ambiance, ce livre fait partie de ces ouvrages doudous et universels qui peuvent être partagés et savourés par tous. À lire et relire, indéniablement !

Une adaptation cinématographique existe, mais je ne l’ai pas encore vue…

Et vous, connaissez-vous ce grand méchant renard ?
Avez-vous apprécié ses aventures ?

Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline, Veronique Aïache

Chat totem – Suivez votre bonne étoile féline

Les Amérindiens considèrent l’animal Totem comme un guide spirituel, une sorte de bonne étoile bienveillante. Selon eux, la symbolique de l’animal qui emboîte le pas de l’individu est là pour l’aider à mieux se connaître, à identifier ses forces et ses faiblesses, à développer son potentiel, à s’ouvrir à de nouvelles perspectives sur sa relation avec la nature et mêmes, à gagner en confiance en soi pour mieux faire face aux défis du quotidien. Choisir le chat pour totem, c’est découvrir par ailleurs d’autres aspects de l’identité de ce petit animal pas comme les autres. C’est aller au-delà de ce que l’on connaît déjà de lui. Ici, il ne sera pas question de le considérer comme un exemple à suivre sur les chemins de la paix intérieur, mais plutôt de l’accueillir comme un maître à penser – et à agir dans la quête d’équilibre entre soi et le monde extérieur. L’animal totem du chat nous enseigne ces six sagesses : la liberté avant tout, agir calmement et au bon moment, l’art de la clairvoyance, se taire pour mieux entendre, la soif de l’aventure, l’art de retomber sur ses pieds.

Hugo Document (4 juin 2020) – 189 pages – Papier (11,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Si vous me suivez depuis un moment sur le blog, vous n’êtes pas sans connaître mon amour des chats. C’est donc avec un plaisir certain et beaucoup d’enthousiasme que je me suis lancée dans cet ouvrage dont le titre et le résumé m’ont tout de suite intriguée.

Cartésienne par nature, j’ai néanmoins eu un peu peur que le livre soit trop ésotérique pour moi parce que si je reste curieuse de découvrir les croyances d’autrui, j’ai parfois du mal à me laisser emporter par des textes trop mystiques. Si vous êtes dans mon cas, aucune inquiétude à avoir, le livre étant très accessible même pour les plus rationnels des lecteurs. Sa mise en page aérée et sa construction autour de quatre grandes parties le rendent également très facile et rapide à lire !

D’une plume fluide et agréable, l’autrice aborde différents sujets avec une grâce presque féline. Et le voyage commence par un retour dans le passé afin de comprendre la complicité qui s’est créée, au fil du temps, entre les chats et les êtres humains. Une relation qui remonte à très longtemps et qui n’a pas toujours été cordiale, le chat faisant partie de ces rares animaux ayant suscité autant de haine et de méfiance que de passion et de dévotion !

Tous les peuples ne se sont ainsi pas montrés aussi aimants avec les chats que les Égyptiens sous le règne des Pharaons qui les associaient volontiers à la déesse de la fertilité et des foyers, Bastet. Une vision divine et idéalisée des chats laissant sceptiques les Grecs et ses penseurs comme Hérodote qui avaient une vision bien plus négative de cet animal vu comme cruel, dépravé, calculateur… Aimant l’histoire, j’ai trouvé cette partie passionnante et très instructive d’autant qu’elle m’a permis de comprendre l’engouement des Japonais pour les Maneki-Neko ou encore la place du chat dans l’Islam qui loue sa légendaire propreté. 

J’ai également apprécié d’en apprendre un peu plus sur les Amérindiens qui vouent le plus profond respect à la nature, considérant que les hommes, les animaux, et même la végétation, forment une même famille. Une vision respectueuse de la vie, sous toutes ses formes, qui tranche avec la nôtre et qui ne manque pas de poésie surtout si l’on considère la croyance amérindienne selon laquelle chaque individu peut faire le choix de laisser son âme et son esprit renaître dans une autre forme…

Autre aspect intéressant de cette culture, la manière dont sont perçus les animaux : incapables d’être corrompus, contrairement aux hommes, ils deviennent pourvoyeurs d’enseignement ! Les Amérindiens associent ainsi à chaque animal, un comportement et une personnalité dont on peut tirer des leçons à condition d’avoir bien identifié son totem, sa représentation animalière. Celle-ci n’est pas forcément liée à votre animal préféré, mais plus à celui qui possède les qualités dont vous avez besoin pour avancer et tirer le meilleur de vous-mêmes… L’autrice détaille différentes manières pour trouver son animal totem, et si je n’ai pas encore pris le temps d’identifier le mien, je le ferai avec plaisir curieuse de le découvrir et d’apprendre à mieux le connaître avant de m’imprégner de ses enseignements.

Il aurait été difficile et indigeste de faire le portrait totémique de chaque animal dans cet ouvrage, mais l’autrice dresse celui de l’animal qui nous intéresse le plus ici, le chat ! Pas le chat que nous connaissons, et qui a conquis notre cœur en même temps que le web, mais plutôt celui qu’ont eu l’occasion de côtoyer les premiers Indiens d’Amérique, le grand chat sauvage. Un animal symbole d’indépendance, de patience, d’adresse, de courage, de curiosité et de clairvoyance… Un portrait finalement très proche du chat qui honore nos foyers et dont l’autrice nous rappelle les principales caractéristiques ainsi que ses bienfaits sur les êtres humains.

De son ouïe exceptionnelle qu’il arrive à modérer quand nos bruits du quotidien l’indisposent à son odorat surdéveloppé en passant par sa capacité à voir dans le noir, le chat nous apparaît définitivement comme un animal fascinant que l’on ne peut que prendre plaisir à accueillir tout en profitant, au passage, de ses doux et salutaires ronrons… Je suis d’ailleurs plus que convaincue des bienfaits et de l’intérêt de la ronronthérapie dont j’ai la grande chance de pouvoir bénéficier.

Les trois premières parties m’ont permis de découvrir certaines choses et de renforcer certaines connaissances, mais j’avoue que c’est la dernière partie qui m’a peut-être la plus surprise et conquise. J’ai, en effet, adoré la manière dont l’autrice reprend des concepts de développement personnel, somme toute assez classiques, en les illustrant à travers le comportement et la vie d’un chat. Voilà une démarche simple et évocatrice qui parle bien plus à l’amoureuse des chats en moi que de longs discours qui sonnent parfois creux ou prennent des chemins détournés pour énoncer de simples vérités.

J’ai donc découvert avec curiosité les trente commandements du chat, un animal qui s’érige naturellement en coach spirituel vous encourageant dans votre vie à condition, évidemment, de rester à l’écoute des signes qu’il vous envoie pour guider vos pas. Certains commandements ont plus résonné en moi que d’autres, mais tous m’ont semblé pleins de bon sens et de justesse à l’image d’un certain félin sur lequel, après la lecture de cet ouvrage, vous aurez très envie de prendre exemple. Cela signifie, entre autres, trouver un bon équilibre entre égoïsme et altruisme, apprendre à prendre ce que la vie offre pour en tirer le meilleur profit, profiter de l’instant présent, rester curieux et éveillé, transformer des contraintes en réflexes, fixer des limites (si vous connaissez les chats, vous savez certainement à quel point, ils sont doués pour faire comprendre quand on les importune)…

En conclusion, en ouvrant Chat Totem, je ne savais pas trop à quoi m’attendre, mais j’ai découvert un très bel et agréable ouvrage qui mêle, avec brio, Histoire, exercices simples à mettre en place, croyances et mythes amérindiens et sagesse féline dont chacun devrait s’inspirer et s’imprégner afin de vivre une vie de pacha ou, du moins, une vie en adéquation avec ses valeurs et ses envies ! Cet ouvrage s’adressera aussi bien aux amoureux de la nature et des chats qu’aux personnes désirant se lancer dans une démarche originale de développement personnel placée sous le signe du chat.

Je remercie Babelio et les éditions Hugo&Cie pour m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

 

Alya et les trois chats, Amina Hachimi Alaoui

Maryam et Sami ont trois chats : Pacha le chat angora noir – fier comme un pacha vraiment ! —, Minouche le tigré gris trouvé dans la rue et Amir le siamois déluré. Mais voilà qu’un jour le ventre de Maryam se met à grossir, et quelque chose commence à remuer dedans. Maryam disparaît quelques jours et revient avec quelque chose qui hurle et demande beaucoup d’attention. Nos trois minous sont bien désemparés.

32 pages – 3 ans et plus – Illustrations : Maya Fidawi

AVIS

Une couverture avec des chats, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cet album jeunesse qui m’a complètement charmée. L’autrice, à travers trois adorables chats, aborde avec douceur et délicatesse un sujet qui parlera à de nombreuses personnes : l’arrivée d’un nouvel enfant dans une famille. Un événement heureux qui peut néanmoins perturber l’équilibre d’un foyer et susciter un certain sentiment de jalousie parmi les éventuels frères et sœurs.

Ce ne sont pas Pacha, Minouche et Amir qui vous diront le contraire ! Ces trois minets, très différents les uns des autres autant physiquement qu’au niveau de leur personnalité, coulaient des jours heureux auprès de Maryam et de son mari, entre câlins, jeux endiablés et siestes. Il y avait bien ce ventre qui grandissait et qui les intriguait, mais ils n’auraient jamais imaginé ce qui allait en sortir. Les voilà dorénavant contraints de partager leur douce Maryam avec un petit être qui, comble de malchance, fait des bruits de souris, et monopolise l’attention de leur humaine adorée.

Mais heureusement, la jeune femme a un grand cœur et la place suffisante pour y accueillir tout le monde, bébé et chats compris ! En plus du joli message qui permet de rassurer les enfants quant au fait que l’arrivée d’un bébé ne change en rien l’amour que leur portent leurs parents, j’ai apprécié que la jeune mère ne sacrifie pas ses chats au nom de sa nouvelle maternité. Un phénomène qui arrive hélas fréquemment, parfois encouragé par le corps médical…

Quant aux belles illustrations pleines de couleurs et de douceur de Maya Fidawi, elles devraient, en plus d’illuminer le récit et lui apporter beaucoup de chaleur, capter le regard des jeunes lecteurs. J’ai, pour ma part, plus particulièrement apprécié les gros plans sur les chats dont on perçoit l’espièglerie, la curiosité et, surtout, l’amour pour leur « maman » humaine. Appréciable également, le dépaysement offert par les illustrations que ce soit en raison de leurs couleurs chaudes ou des détails aux notes orientales de certaines planches.

Alya et les trois chats

Lumineux et attendrissant, en plus d’être pédagogique, voici un ouvrage à lire et à relire aux enfants dont la famille va s’agrandir. Porté par un trio de chats attendrissants, Alya et les trois chats devrait également ravir les amoureux de cet animal dont, vous l’aurez compris, je fais partie.

Merci à NetGalley et aux éditions Chouette pour cette lecture.

Top Ten Tuesday #166 : 10 BD/mangas/albums de ma PAL avec un animal sur la couverture

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Après vous avoir présenté 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture, je passe maintenant aux ouvrages graphiques… J’espère que le thème de ce top vous donnera quelques idées de lecture, notamment si vous participez au Challenge Animaux du monde de Sharon.

Couverture Lulu et Nelson, tome 1 : Cap sur l'AfriqueCouverture Les enquêtes d'Enola Holmes (BD), tome 1 : La double disparitionCouverture Le Roi de la jungle

Couverture Généalogie d'une SorcièreCouverture Le Magicien d'Oz

Couverture Le renard et l'étoileCouverture Je suis un chat

Et vous, avez-vous lu certains de ces titres ?
Laquelle de ces couvertures vous plaît le plus ?

Top Ten Tuesday #165 : 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture que j’aimerais lire

566856438

« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


C’est le lancement du Challenge Animaux du monde de Sharon qui m’a donné envie de vous proposer 10 romans de ma PAL avec un animal sur la couverture que j’aimerais lire.

Couverture Dans un recoin de ce mondeCouverture Kaspar : Le chat du grand hôtel (Foreman)Couverture Coeur de loup

Couverture La veilleuse d'âmes, tome 1 : La voie des morts Couverture La fosse au loupCouverture Le sixième monde, tome 1 : La piste des éclairs

Couverture Sorcière des brumes, tome 1 : L'épreuve du feuCouverture Hôtel Heartwood, tome 1 : Une maison pour MonaCouverture Jefferson

Et vous, avez-vous déjà lu certains de ces romans ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Mamie Bonbon, Florent Lucéa

Avis Mamie Bonbon Florent Lucéa, Ex Aequo éditions

Je remercie les éditions Ex Aequo de m’avoir permis de découvrir Mamie Bonbon de Florent Lucéa.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mamie Bonbon est une grand-mère fragile en apparence qui mène une vie paisible dans son petit village. Pourtant elle possède un don inestimable qui va l’entraîner dans un monde fantastique et la confronter à des ennemis extrêmement dangereux.
Heureusement elle pourra compter sur des amis formidables aux multiples facettes pour l’aider dans cette aventure. Le courage n’a pas d’âge, l’amour est le plus précieux des cadeaux et le plus tendre des surnoms peut se révéler être votre plus grande force.

Ex Aequo (26 octobre 2019) – Broché (10€) – Ebook (2,99€)

AVIS

Je tenais à souligner le très beau travail d’édition avec une superbe couverture dont le ton bleuté, avec ses jolis dégradés, donne irrémédiablement envie de découvrir cette Mamie Bonbon dont on ne fait que percevoir la silhouette. S’agit-il d’une manière de souligner le danger qui la guette ?

Pour le savoir, je me suis empressée de me plonger dans la lecture de cet ouvrage qui m’a enchantée dès les premières pages. Je tends à regretter une simplification à outrance des textes pour enfants, un écueil dans lequel l’auteur n’est point tombé. Le roman destiné aux 9/12 ans se révèle très accessible, les phrases demeurant relativement courtes, mais l’on sent le soin avec lequel l’auteur a choisi ses mots.  Il se dégage ainsi beaucoup de charme et d’élégance de sa plume très visuelle et non dénuée de poésie, ce qui devrait permettre de réunir petits et grands lecteurs autour d’une histoire mettant en scène une mamie haute en couleur.

Mamie Bonbon, c’est une mamie extraordinaire, mais c’est, paradoxalement, une mamie comme les autres. Une mamie comme les autres dans la mesure où l’abandon affectif dans lequel elle se trouve fait écho à ce que vivent des millions de personnes âgées à travers le monde. À cet égard, sans être moralisateur, l’auteur pointe les défaillances de nos sociétés qui, lancées dans la course à l’argent et aux plaisirs, en oublient bien souvent les plus âgés. Ainsi notre Mamie Bonbon, après avoir vécu des moments heureux auprès de son défunt mari et de sa descendance, est laissée seule dans son petit village sans aucune visite malgré ses tentatives de rapprochement. Entre les cours, les amis, les amours, le travail, les vacances, les loisirs, les voyages, il y a toujours une bonne raison de ne pas passer un petit appel, rendre une visite même éclair, envoyer une carte postale ou une lettre…

Si Mamie Bonbon, Georgette de son prénom, ne peut compter sur ses enfants et ses petits-enfants, elle trouve du réconfort dans sa relation aux animaux que ce soit avec sa minette, Princesse, ou tous les animaux du voisinage. C’est que voyez-vous, notre mamie a un petit secret et un magnifique don que, pour ma part, je rêverais de posséder. Malheureusement, quand ce don commence à s’ébruiter, les choses s’enveniment et son propre village se retourne contre elle ! La différence fait peur et peut pousser à toutes les extrémités… Mais les réactions disproportionnées ne cachent-elles pas autre chose ?

Je vous laisserai bien sûr le soin de le découvrir par vous-mêmes, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur nous plonge dans une histoire riche en actions et en magie. La magie du cœur, bien sûr, Mamie Bonbon et ses amis à deux et à quatre pattes faisant preuve d’un louable altruisme, mais aussi la véritable magie, des forces occultes entrant en jeu. Notre mamie va devoir donc faire appel à tout son courage et à son don pour, aux côtés de sa famille de cœur, sauver sa famille de sang ainsi que faire toute la lumière sur d’étranges et inquiétantes disparitions d’enfants !

J’ai eu un coup de cœur pour Mamie Bonbon qui, malgré l’absence des siens, fait preuve de beaucoup de compréhension et d’abnégation. Aucune trace d’aigreur chez cette femme qui m’a touchée et émue. J’ai également pris beaucoup de plaisir à la voir collaborer avec des animaux atypiques, comme un cafard ou une souris, d’autant que l’auteur, à travers ces animaux qui possèdent tous un prénom amusant, ajoute une pointe d’humour qui devrait plaire aux enfants. Au cours de son aventure, notre mamie va également se lier d’amitié avec des personnes de son âge qui possèdent toutes un don unique et spécial, ce qui se révélera fort utile pour la mission de sauvetage dans lequel ce club de super-héros du troisième âge s’est lancé. La force surnaturelle et malfaisante qui sévit va ainsi découvrir, à ses dépens, que nos mamies et papis ont de la ressource !

En plus d’offrir un moment de lecture fort divertissant, l’auteur amène subtilement et avec délicatesse les enfants, voire leurs parents, à (re)considérer leurs liens avec leurs aïeux. La vie actuelle est trépidante, mais n’y a-t-il pas un peu de place pour les plus âgés, un petit geste pouvant changer bien des choses dans la vie de personnes qui ploient sous le poids de la solitude ? Bien sûr, chaque situation est différente et tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir une Mamie Bonbon dans sa vie,  mais le roman a le mérite de nous faire penser notre relation aux nôtres et aux anciens. Il est également ici question de seconde chance, et de rédemption puisqu’il n’est jamais trop tard pour rattraper ses erreurs ou, du moins, pour essayer de corriger le mal volontaire ou non que l’on a pu faire par le passé….

En conclusion, l’auteur bouscule ici les codes des romans jeunesse en nous prouvant qu’une mamie peut faire une super-héroïne qui fera fondre le cœur de ses jeunes lecteurs en même temps qu’elle affrontera avec courage les dangers qui se dressent devant elle. Empli d’actions, de magie et d’amitiés, Mamie Bonbon est un très bon roman jeunesse qui offre un joli moment de divertissement familial et une réflexion subtile sur les liens intergénérationnels. À lire, à relire et à partager tout autour de soi !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Ex Aequo.

Editions-exaequo.com