Les sorcières de Kinvar, tome 1 : La sorcière aux poupées, Marie-Laure Junier

Je remercie Anyway Editions et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les sorcières de Kinvar de Marie-Laure Junier.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

A neuf ans, Emily croit encore fermement aux contes de fées et s’imagine souvent dans des rôles de princesse aux pouvoirs incroyables. Alors, quand la réalité rattrape la fiction et que la fillette s’avère capable de parler avec quatre poupées de bois aux caractères si différents, elle découvre un monde bien plus surprenant que celui dont elle rêvait. Mais si les héros existent, il en est de même pour son flot de mauvaises sorcières, vampires ou loup-garous en tout genre. Et en grandissant, l’adolescente ne tarde pas à s’apercevoir qu’ils ne lui veulent pas que du bien, particulièrement quand elle cherche à explorer son passé.

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Anyway (9 décembre 2016)
  • Prix : 12,90€

AVIS

L’histoire et le style de narration… 

J’ai tout de suite été plongée dans l’histoire d’autant que l’auteure, avant de nous raconter les aventures d’Emily, nous embarque dans un passé fort lointain où cohabitaient différentes espèces jusqu’à ce que l’Homme ne détruise ce bel équilibre. L’auteure fera, par la suite, référence au compte-goutte à cette mythologie, nous permettant petit à petit d’avoir un nouvel éclairage sur le monde actuel et de mieux comprendre les interactions entre les différentes espèces (sorcières, vampires, loups-garous…).

Nous faisons ensuite la connaissance d’Emily, une petite fille de 9 ans qui coule des jours heureux avec ses parents plutôt protecteurs. Lors d’une visite familiale dans un vide-grenier, elle découvre quatre marionnettes qu’elle entend parler et avec lesquelles elle peut converser ! On comprend alors très vite que cette fillette n’est pas aussi banale qu’elle n’y paraît. Malheureusement, un accident de la route entraînant la mort de ses parents, viendra bouleverser la vie de la fillette qui devra dorénavant vivre chez sa grand-mère maternelle. Celle-ci se montrera très froide, mais Emily pourra compter sur l’amitié de sa cousine, Charlotte et, bien évidemment, sur celle de ses quatre marionnettes.

Ces soutiens lui seront d’une grande aide, car en plus du choc d’avoir perdu ses parents, la jeune fille va découvrir un tout nouveau monde où la magie, la sorcellerie et toutes les créatures des contes deviennent réalité. Le lecteur, quant à lui, fera plus ample connaissance avec ce monde de sorcières grâce à Emily, mais également grâce aux informations dispensées au début de chaque chapitre. En effet, au lieu de nous assommer de connaissances indigestes, l’auteure nous dévoile les principes fondamentaux régissant la vie des sorcières au début de chaque chapitre.

La fan d’histoires de sorcellerie et de magie qui sommeille en moi a adoré cette manière de procéder qui m’a donné l’impression de lire un grimoire de sorcières. Ce choix narratif donne en outre un certain rythme au livre, car on en vient à se demander comment les informations sont liées à l’histoire d’Emily. Et, c’est d’ailleurs comme ça que j’en suis venue à lire le livre d’une traite.

Les personnages…

Même si je la pense moins diabolique qu’il n’y paraît, enfin je l’espère sinon cela rendrait le roman un peu trop caricatural à mon goût, j’ai trouvé la grand-mère simplement odieuse. Rejeter sa petite-fille ainsi parce qu’elle n’a pas la bonne couleur de cheveux ou d’yeux qui ferait d’elle une sorcière puissante m’a fait me dresser les cheveux sur la tête.

La tante n’est pas forcément bien mieux, mais elle est peu présente dans le roman et puis, avec un tel manque de caractère la faisant vivre continuellement dans l’ombre de sa famille, difficile d’en espérer beaucoup. Quant à Charlotte, on la sent sincèrement proche d’Emily qui est la seule à ne pas voir en elle juste une sorcière promise à un grand avenir. Je pense qu’elle sera plus présente dans la suite de l’histoire pour mon plus grand plaisir ; elle a le potentiel pour devenir un personnage complexe et puissant.

En ce qui concerne Emily, je l’ai simplement adorée ! Fillette puis adolescente gentille et courageuse, elle a du caractère ce qui lui permet de continuer à avancer dans la vie malgré la mort de ses parents et un environnement familial peu avenant. Plus dans l’action que les tergiversations, elle n’hésite pas à se lancer, avec l’aide de ses amies marionnettes et d’un mystérieux vampire, à l’aventure afin de découvrir qui sont les personnes qui menacent sa vie. Et vous verrez que le danger est proche, très proche…

On pourrait reprocher à Emily une certaine naïveté dans sa facilité d’accorder sa confiance à un personnage qu’elle ne connaît que très peu et par écran interposé, ou encore, une certaine intrépidité qui la fait se mettre dans des situations périlleuses. Mais au final, ça fait partie de son charme et contribue fortement à s’attacher à cette héroïne qui n’est pas parfaite, mais fait de son mieux en toutes circonstances.

J’ai également beaucoup aimé les quatre marionnettes qui ont chacune leur caractère, mais qui ont en commun de vouloir à tout prix protéger leur jeune amie. Elles n’hésiteront d’ailleurs jamais à mettre leur pouvoir à son service. Plus on apprend à les connaître, plus on s’attache à elles d’autant qu’elles ont, comme Emily, connu par le passé un événement dramatique. C’est peut-être une des raisons qui les poussent à protéger autant la jeune fille.

Le seul point qui m’a légèrement déçue…

La seule chose qui m’a un peu déçue dans le roman, c’est l’épilogue. J’avais en effet très vite anticipé le retournement de situation et aurais préféré me tromper. Mais, je pense qu’en tant que grosse lectrice, il devient de plus en plus difficile de me surprendre ce qui ne sera pas forcément le cas avec un lecteur plus jeune.

En conclusion, si vous avez envie de lire une histoire de sorcières portée par un personnage très attachant, Les sorcières de Kinvar est fait pour vous. La faculté de l’auteure à vous plonger d’emblée dans l’intrigue et à captiver votre attention du début à la fin en rend la lecture très aisée et rapide. J’ai, pour ma part, hâte d’en apprendre plus sur les pouvoirs de marionnettiste d’Emily et la manière dont elle va aborder sa nouvelle vie puisque la fin du livre promet moult changements.

J’ai maintenant hâte de lire le tome 2…

Une mère, Alejandro Palomas

Je remercie Babelio et les Éditions du Cherche Midi pour m’avoir permis de découvrir Une mère d’Alejandro Palomas.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le roman qui a enflammé l’Espagne.

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (16 mars 2017)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook
  • Traduction : Vanessa Capieu

AVIS

Quand j’ai postulé à la masse critique spéciale de Babelio pour recevoir ce roman, c’était avant tout pour la couverture et le résumé qui m’avaient intriguée. Et puis, je ne pouvais pas résister au plaisir de découvrir le roman d’un auteur provenant d’un pays dont je ne connais que trop peu la littérature : l’Espagne. Cependant, je craignais une histoire de règlement de compte familial sous fond de repas de fête. Les assiettes qui volent et tutti quanti, très peu pour moi !

J’ai donc été ravie et très agréablement surprise de découvrir, dès le début de ma lecture, qu’Une mère, ce n’est pas des assiettes qui volent, mais c’est au contraire, beaucoup d’amour parfois exprimé maladroitement, de tendresse, de soutien, de secrets et de fardeaux à porter, d’humour… En d’autres mots, en lisant ce roman, c’est un imbroglio d’émotions qui s’offrira à vous, vous faisant passer du rire aux larmes au questionnement en un instant.

Il vous sera difficile, si ce n’est impossible, de ne pas vous attacher à cette famille et à ses membres qui partagent beaucoup d’amour les uns pour les autres tout en ayant une certaine retenue dans le partage de leurs émotions et de leurs secrets. Heureusement, leur proximité leur permet de s’épauler et de panser leurs blessures même dans le silence des non-dits.

On vit l’histoire du point de vue de Fer qui est un peu le confident de sa mère et de ses sœurs. Ce statut privilégié du narrateur permet aux lecteurs de découvrir, petit à petit, les peines qui ont jalonné la vie des femmes de sa vie. Je vous rassure, on en apprend également sur ce trentenaire au cœur brisé même si j’avoue qu’il ma fallu un peu de temps pour m’attacher à lui tout comme à ses sœurs ou à l’oncle Eduardo.

Pour ma défense, Amalia, la mère, tire la couverture pendant une bonne partie du roman de par sa fraîcheur, son grain de folie, sa naïveté et ses réparties très souvent hilarantes. Elle fait partie de ces personnes lumineuses qui apportent du rire et de la légèreté là où il y a de la tristesse et de la lourdeur. Je l’ai tout simplement adorée et j’ai beaucoup ri de ses plans douteux et de ses monologues à la logique plus que décousue.

Elle m’a néanmoins parfois agacée dans sa manière de fuir les conflits et/ou de ne pas assurer son rôle de mère puisqu’elle se comporte bien plus souvent en enfant qu’en adulte. Cependant, vous verrez que malgré son apparente insouciance, Amalia est un roc sur lequel ses enfants peuvent compter dans les moments les plus critiques.

Dans ce livre, l’amour familial est omniprésent et peut offrir une vraie bouffée d’oxygène aux personnes qui ont parfois l’impression d’avoir une famille à part voire carrément dysfonctionnelle. Ce livre est en effet la preuve qu’une famille n’a pas besoin d’être parfaite, d’ailleurs la famille parfaite n’est-elle pas une vue de l’esprit, pour être soudée et être un lieu de refuge quand ses membres ont besoin de réconfort.

J’ai en outre beaucoup aimé la manière dont Alejandro Palomas aborde certains thèmes comme l’homosexualité ou encore le deuil, que ce soit d’une personne ou d’une relation qui n’a jamais vraiment commencé. L’homosexualité ne nous est ainsi pas présentée à travers des personnages caricaturaux, mais comme une chose naturelle qui fait simplement partie de la vie. Tellement vrai, mais tellement important à rappeler… Quant au deuil, il le traite avec délicatesse nous montrant que malgré le mal qu’une absence peut faire, l’important est de continuer à avancer tout en laissant une place aux absents.

Enfin, je ne connaissais pas l’auteur, mais j’aurai plaisir à suivre son travail ayant été séduite par sa plume que j’aurais envie de qualifier de « vivante ». Alors que le sujet de la famille n’est pas l’un de mes préférés, j’ai dévoré chacun des mots de l’auteur qui semblaient presque prendre vie devant mes yeux. J’imagine d’ailleurs très bien le roman adapté au cinéma ou à la télé. Il faut dire que grâce à la plume d’Alejandro Palomas, on ne lit pas Une mère, on le vit.

En résumé, j’ai adoré ce roman qui s’est révélé drôle, touchant et infiniment émouvant.  Si vous aimez les histoires avec des personnages touchants qui vous font ressentir des émotions allant du rire aux larmes, le livre est fait pour vous. Alors qu’attendez-vous pour rencontrer Amalia et sa famille ?

Votez « Moi d’abord » !, Roger Price

Votez "Moi d'abord"!

Je remercie Babelio et les Nouvelles Éditions Wombat pour la découverte de Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price, reçu dans le cadre d’une opération masse critique Babelio.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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La politique vous ennuie ? Ce livre est fait pour vous !

Du premier politicien préhistorique, un certain Blab le Lourdaud, aux campagnes télévisées modernes, le professeur Price révèle la logique absurde du système électoraliste, qu’il pousse à l’extrême en fondant le parti « Moi d’abord ». Son credo : le pur intérêt égoïste.
Invitant tous les électeurs avides à le rejoindre, il livre son programme et expose ses techniques de trucage des urnes, l’art de gérer les conférences de presse d’un candidat débile, mais aussi les manières de se défendre face à la menace des petits hommes verts…
Déjà inventeur de la désopilante théorie « pro-fainéantise » de l’Évitisme (Le Cerveau à sornettes), l’humoriste loufoque Roger Price signe ici une parodie décapante de manifeste politique, sapant avec un humour absurde et acerbe les fondements de notre système.

  • Broché: 192 pages
  • Editeur : WOMBAT EDITIONS (5 janvier 2017)
  • Prix : 18€

AVIS

Ayant une vision plutôt pessimiste de la politique, j’ai tout de suite été intriguée par ce livre qui semblait l’aborder de manière humoristique. Sur ce point, je n’ai pas été déçue.

Tout est loufoque dans ce livre à commencer par la raison de la création de la politique selon l’auteur : avoir la possibilité d’avoir une femme pour un tailleur de silex ambitieux, Marvin Ouk, condamné au célibat dans un village où seul le chef avait ce privilège ! Vous me direz, il en faut bien une et celle-ci n’est pas forcément pire que les raisons qui poussent certains de nos élus à se lancer en politique…

J’ai également adoré la manière dont Roger Price met en avant le rôle de l’apparence en politique au détriment de l’intellectuel :

« Martin se serait bien présenté comme candidat, mais il savait que personne n’aurait envie de voter pour lui. Il n’était pas votogénique. D’abord, il était physiquement peu attrayant, même au regard des critères très peu exigeants de l’époque. Ensuite, depuis qu’il avait inventé la roue, on le considérait comme quelqu’un d’intelligent, autrement dit quelqu’un d’instable et de radical. « 

« Tu as du charisme et de l’aplomb, dit Marvin. Et puis, dans la tribu, tu es celui qui parle le plus fort. (Sans le savoir, Marvin venait de définir pour la première fois ce qu’on appelle aujourd’hui la « personnalité »). « 

Après une petite introduction sur l’origine de la politique, on découvre un directeur de campagne soutenant un candidat pour le parti Moi d’abord à la ligne politique claire et franche : se faire élire et s’en mettre plein les poches. Et c’est juste brillant ! Les amoureux de la politique s’en offusqueront peut-être, mais j’adore ce concept qui traduit clairement ce que les affaires de détournement de fonds récurrentes et de favoritisme peuvent finir par nous laisser penser.

Et les idées du parti sont plus cyniques les unes que les autres. Citons la proposition de faire cracher les pauvres par un impôt sur le revenu, certes progressif, mais dans l’autre sens. Imaginez, avec une faible imposition sur les revenus les plus élevés, les riches préféreront payer leurs impôts plutôt qu’engager des fiscalistes, question de rentabilité. Quant aux pauvres, en les imposant fortement, ils seront motivés pour travailler plus et participer à l’effort collectif au lieu d’user et d’abuser de l’aide sociale. Cynique, je vous dis…

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Pour nous prouver le bien-fondé du parti Moi d’abord, l’auteur utilise des concepts a priori sérieux comme les statistiques ou encore la psychologie pour mieux les tourner en dérision avec un raisonnement par l’absurde qu’il semble maîtriser à merveille. Il nous offre même une version très « Moi d’abord » de la célèbre fable Le Lièvre et la tortue avec une morale très loin de l’originale. Comme quoi, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » pour le meilleur ou pour le pireet avec notre directeur de campagne, ça semble bien souvent pour le pire. 

Grâce à ce dernier, nous apprenons même toutes les ficelles pour mener à bien une campagne électorale en passant de la meilleure manière de photographier son candidat à la propagation de rumeurs malveillantes sur ses concurrents ou encore la manière de trafiquer une machine à voter.

Alors oui, l’auteur se veut volontairement excessif et provocateur ; c’est d’ailleurs ce qui est savoureux. Les propositions du parti Moi d’abord parodient tellement les comportements des hommes politiques, qu’on en viendrait presque à les défendre, j’ai dit presque… Il faut donc prendre l’ouvrage pour ce qu’il est, un livre qui, sous couvert d’humour et de cynisme, met néanmoins en lumière les nombreuses dérives politiques.

Si les hommes politiques en prennent pour leur grade, les citoyens ne sont pas non plus épargnés, le parti Moi d’abord mettant en avant la propension humaine à faire passer ses propres besoins avant ceux de la collectivité. Il souligne également certains défauts bien humains comme la paresse intellectuelle. De là à dire qu’on a les politiciens qu’on mérite, il n’y a qu’un pas que l’on franchira ou non, en fonction de ses propres convictions.

Pour ceux qui craindraient que le livre soit peu adapté au système politique français bien différent de celui des USA, pas de panique, l’homo politicus est un animal universel. La plupart des dérives dénoncées par l’auteur s’appliquent donc parfaitement à nos politiciens français. A noter également que si le livre date d’une soixantaine d’années, il ne semble pas avoir pris une ride et aurait très bien pu, à quelques détails près, être rédigé par un auteur de notre époque.

Les petits plus…

Le livre est agrémenté d’illustrations plutôt sommaires, mais en totale adéquation avec son contenu permettant d’en renforcer le côté comique :

A noter également, des notes de bas de pages régulières qui sont bourrées d’humour et qui m’ont faite, à plusieurs reprises, bien sourire voire rire. Oui, vaut mieux ne pas lire le livre dans un endroit public sauf, éventuellement, à vouloir engager la conversation sur le parti Moi d’abord, qui bien qu’américain aurait sûrement de l’avenir en France.

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Le seul petit bémol…

La seule chose qui m’ait un peu dérangée, c’est que dès le préambule est fait mention d’un précédent livre de l’auteur : Cerveau à sornettes. Alors on peut comprendre Votez « Moi d’abord » ! sans l’avoir lu, mais je préfère, autant que faire se peut, lire les choses dans l’ordre.

Cela m’a donc un peu frustrée même si ce n’est pas à cause du livre, mais plutôt en raison d’une certaine rigidité de ma part sur ce point.

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Pour conclure, Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price est une excellente surprise que j’aurais certainement ratée sans la masse critique Babelio. Par son style d’écriture simple, mais percutant et son cynisme à toute épreuve, l’auteur arrive à rendre son livre complètement addictif. Les thèmes abordés sont plutôt sérieux mais traités, en apparence, de manière tellement légère que vous ne verrez pas défiler les pages. N’ayez donc pas peur d’un ouvrage pompeux !

Je conseillerais cette satire à toutes les personnes ayant envie d’une lecture légère, mais porteuse de réflexion, sur le monde politique (politiciens et citoyens inclus). Écrit il y a une soixantaine d’années, ce livre prouve, les dernières élections américaines en étant un exemple frappant, que les choses n’ont pas forcément beaucoup évolué… Mais après la lecture de ce livre, vous serez au moins capable d’en rire ou d’essayer de faire évoluer les choses à moins que vous ne préfériez tenter la création d’un parti « Moi d’abord » !

 

Sothik, Marie Desplechin, Sothik Hok

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J’ai reçu Sothik de Marie Desplechin et Sothik Hok dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio. Je remercie donc la maison d’édition l’École des loisirs et Babelio pour cette belle découverte.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sothik est né en 1967 dans un Cambodge en pleine tourmente. Il a trois ans quand la guerre civile fait rage, huit ans quand les Khmers rouges prennent le pouvoir. Du jour au lendemain, tout change. L’argent est aboli, les livres sont détruits, la religion interdite, la propriété privée n’existe plus. Sothik et sa famille doivent quitter leur maison en laissant tout derrière eux et prouver sans cesse leur obéissance au nouveau régime. Mais cela ne suffit pas ! Les Khmers rouges décident brutalement d’enlever les enfants à leurs parents afin de mieux les éduquer. Sothik rejoint un groupe d’enfants de son âge. La famille n’existe plus, la terreur et la famine s’installent…

Marie Desplechin est allée pour la première fois au Cambodge en 2014. Invitée à rejoindre Sipar par Suzanne Sevray, longtemps en charge de l’international à l’école des loisirs, elle a suivi sur place le travail des équipes et fait la connaissance de Sothik. C’est à la fin d’un séjour de trois semaines qu’ils ont décidé de travailler ensemble à ce livre, que Tian a accepté d’illustrer.

  • Broché: 96 pages
  • Editeur : ECOLE DES LOISIRS (14 septembre 2016)
  • Prix : 13€

MON AVIS

L’objet livre…

Je suis complètement sous le charme du livre en tant qu’objet. Sa couverture me plaît beaucoup et l’on y reconnaît facilement le travail de Tian qui a réalisé la série L’année du lièvre.

Ni trop petit ni trop grand, le format du livre est en outre parfait pour que sa prise en main soit autant agréable pour les enfants que leurs parents. La lecture en est d’autant plus plaisante que le texte est aéré et agrémenté de très belles illustrations. Même si j’aurais aimé qu’elles soient plus nombreuses, elles enrichissent indéniablement le récit :

L’histoire…

Sothik commence par nous raconter son enfance d’avant les Khmers rouges avec sa part d’insouciance et surtout ses liens avec sa famille que l’on perçoit emplis d’amour. Puis, avec l’arrivée des Khmers rouges au pouvoir, le récit se fait petit à petit plus sombre et l’on découvre alors toutes les horreurs commises par ceux-ci.

Ainsi les Khmers rouges, sous couvert de créer une société parfaitement égalitaire, « révolutionnent » la vie des Cambodgiens pour leur plus grand malheur. Comme dans les grandes dictatures communistes, la pauvreté, la faim, la dénutrition, la surveillance constante entre les habitants, les dénonciations, la rupture des liens familiaux et amicaux, le racisme et les meurtres, l’abolition de toute forme de culture et d’espoir… deviennent le quotidien du peuple.

A ma grande honte, je ne connaissais que les grandes lignes des exactions commises par les Khmers rouges au Cambodge. J’ai donc été frappée par toute l’atrocité de la situation qu’ont su décrire simplement mais de manière marquante Sothik Hok et Marie Desplechin.

J’ai été néanmoins perturbée par le sentiment qu’en nous racontant son histoire, Sothik prenait une certaine distance avec celle-ci comme pour se protéger d’un passé marqué par l’horreur ou simplement, pour se prouver qu’il a définitivement tourné la page de celui-ci.  Cela m’a parfois donné l’impression qu’il nous racontait son histoire mais que son récit aurait tout aussi bien pu être celui d’un autre enfant.

Mais au final, c’est peut-être volontaire puisque ces expériences traumatisantes ont été partagées par beaucoup d’autres enfants…

Un roman jeunesse qui mériterait d’être plus développé pour les adultes…

La seule chose que j’ai un peu regrettée, c’est que la narration m’a semblé rester un peu trop en surface. Si l’on découvre les atrocités commises par les Khmers rouges, le récit n’entre pas dans les détails. On finit par ressentir une certaine résignation comme si tous ces événements dramatiques n’étaient au final pas si terribles. Des détails plus importants les auraient sûrement ancrés plus fortement dans l’esprit des lecteurs.

Néanmoins, je pense que cela s’explique par le fait que le livre soit avant tout destiné à des jeunes de 9 à 12 ans. A cet égard, le roman me semble vraiment parfait pour des enfants car, sans être traumatisant, il leur permet de connaître cette période noire du Cambodge. Le fait que l’histoire soit celle de Sothik enfant ne peut en outre que les encourager à lire le roman puisqu’il est alors plus facile pour eux de s’identifier au personnage principal.

NOTE : 4,5/5

Pour conclure, Sothik est un livre que j’ai beaucoup apprécié et que je n’hésiterai pas à relire. A travers un récit simple mais très joliment illustré, les auteurs ont su partager un épisode noir et dramatique de l’Histoire cambodgienne.

Destiné à la jeunesse, je ne peux qu’inviter tout le monde à se pencher sur ce livre et à découvrir l’histoire de ce petit garçon qui a vécu sous les Khmers rouges. Son témoignage sert un peu d’hommage à tous les autres enfants et adultes qui, contrairement à lui, n’ont pas survécu à la barbarie.

Un travail de mémoire collectif en somme…

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Masse critique #3 : Alexandre ou la vie éclatée, Alexis Varlamov

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J’ai reçu Alexandre ou la vie éclatée d’Alexis Varlamov, des Éditions Motifs, dans le cadre d’une opération Masse critique de Babelio.

Je remercie Babelio et la maison d’édition pour m’avoir permis de lire cet ouvrage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Russie. 1963-1993, de Brejnev à Eltsine. Dans sa quête du sens de la vie et, aussi, de Cosette, le seul amour véritable de sa courte existence, le héros, Alexandre, le petit, le sans-grade, le « paumé », traverse, sans la comprendre, et animé de son seul instinct « d’amour et de mort », cette période charnière de la fin prochaine de l’Union soviétique et de l’éclatement de son empire, avec, pour tout avenir, la promesse improbable de l’arrivée d’une Russie dite « nouvelle ».

« Ça c’est un roman ! » s’exclame le lecteur en refermant ce livre. Car il y a tout ici, absolument tout : l’amour et la solitude, le passé et l’incertain présent, le plus improbable avenir, la religion et son absence, la ville et la nature, l’histoire et le particulier, la Russie et le sentiment de celle-ci, ce vieux mystère irréductible, que tous les géants de la littérature russe ont tenté en vain, semble-t-il, de sonder. Elle est là, demeure, noyau caché et incandescent, et pourtant plus menacée par la sourde modernité, son éclatement absurde, qu’elle ne l’avait été par les coups de boutoir du communisme.

L’auteur, un romancier qui sait lire les signes de son temps et un homme qui déchiffre les énigmes contradictoires de l’âme, bref un grand écrivain, nous fait vivre ici les bouleversements de la Russie post-Gorbatchev à travers la vie éclatée de son héros.

  • Nombre de pages  : 320 pages
  • Editeur : Motifs (13 octobre 2016)
  • Prix : 21€
  • Autre format : Ebook

AVIS

De notre héros et des autres personnages…

Pendant tout le roman, nous suivons Alexandre, de sa naissance à sa mort. Et assez vite, on comprend que le titre du roman Alexandre ou la vie éclatée n’est pas anecdotique mais a été choisi avec soin par l’auteur puisqu’il résume particulièrement bien la vie de notre personnage.

D’un esprit que l’on peut décemment qualifier de torturé, Alexandre donne l’impression de faire partie de ces personnes qui ne trouvent le sens du bonheur que dans le malheur. Plus prosaïquement, cela se traduit par une alternance entre des périodes où notre héros semble mener une vie classique avec un travail et une relation amoureuse et des périodes où tout dans sa vie va à vau-l’eau.

J’avoue avoir eu souvent du mal à comprendre notre personnage ; beaucoup de ses décisions m’ont paru dénuées de tout sens. Alors qu’il dit rechercher le bonheur, il tend souvent à agir dans le sens contraire, se faisant l’artisan de son propre malheur. Avouons qu’il est loin d’être le seul dans ce cas puisque son grand amour Cosette ou son meilleur ami, Goldovski, tendent à agir plus ou moins de la même manière.

Je ne connais pas suffisamment la culture russe pour savoir si ce genre de comportement est courant que ce soit dans la vie ou dans la littérature. Mais cette absence de logique nuit quelque peu à l’empathie que l’on peut développer pour les différents personnages ; il est en effet plutôt difficile de s’identifier à eux.

Cependant, grâce à la plume de l’auteur et l’ambiance du roman, j’ai quand même pris plaisir à côtoyer Alexandre et les quelques personnages qui font inlassablement partie de sa vie. Leur caractère qui m’a laissé perplexe les rend également et bizarrement intéressants. Difficile de deviner ce qui va se passer dans la vie de chacun et de manière générale, dans le roman.

La Russie et l’intrigue

Si la Russie est bien le lieu dans lequel se déroule la plupart de l’action, elle ne donne pas lieu à de longues descriptions. J’ai d’ailleurs un peu regretté de ne pas avoir plus de détails sur les paysages ou encore sur Moscou et ses monuments. L’immersion dans ce pays se fait plutôt grâce à la vie d’Alexandre, ses voyages mais surtout, ou du moins, c’est comme cela que je l’ai perçu, grâce à de très nombreuses allusions historiques.

Ces allusions nous permettent d’en apprendre plus sur le passé russe, le communisme et les conséquences de sa chute autant financières que morales ou sociétales, les différentes politiques gouvernementales destinées à sauver la Russie du déclin… En plus d’un intérêt culturel, j’ai apprécié la manière dont l’auteur a évoqué ce passé que ce soit de manière ironique ou plus philosophique à travers les différents questionnements d’Alexandre et de son meilleur ami. Il ne s’agit pas d’une autobiographie mais je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur s’est servi de son roman pour partager ses idées.

Tout au long de l’ouvrage, j’ai en outre eu l’impression d’un jeu de miroir entre la chute de l’URSS et les soubresauts de la Russie pour ne pas perdre sa splendeur passée avec la vie d’Alexandre alternant entre réussite et échec, calme et déchéance. La vie du héros m’a paru ainsi être inexorablement liée à celle de sa patrie.

De la littérature russe facile d’accès mais…

Quand j’ai été sélectionnée pour ce livre je craignais un peu, n’étant pas coutumière de la littérature russe, que l’ouvrage ne soit pas d’un accès facile. J’ai été heureusement rassurée dès le premier chapitre : la plume de l’auteur en plus d’être très agréable se lit très facilement. Alors si vous aimez les phrases très courtes, vous ne serez pas forcément séduit mais si vous privilégiez les jolies tournures de phrases alors ce livre devrait vous séduire.

J’ai en outre apprécié que tout soit mis en place pour faire de la lecture de cet ouvrage une expérience plaisante : un tableau fixant le cadre historique initié par le traducteur, de nombreuses notes de bas de page qui apportent un plus indéniable à la compréhension du contexte dans lequel se déroule l’histoire, un découpage intelligent du livre en parties et chapitres plutôt courts…

La seule chose que j’ai un peu regrettée mais qui m’est toute personnelle, c’est un manque de connaissances de la Russie et de la période du roman pour réellement saisir tout ce qu’a voulu transmettre l’auteur. Je me demande d’ailleurs si une meilleure connaissance de la Russie m’aurait permis de comprendre un peu mieux Alexandre et les autres.

A cet égard, j’ai beaucoup aimé les propos, en fin d’ouvrage, d’un personnage allemand tout aussi sceptique que j’ai pu l’être face aux choix d’Alexandre :

« Alexander, dit Volker, d’une voie brisée par l’émotion, il y a une chose que je voulais vous dire depuis longtemps. Je ne vous connais que depuis peu, mais c’est comme si je vous avais toujours connu. Et je ne vous comprends pas du tout. Pourquoi ne pouvez-vous pas utiliser tout le talent qui est en vous ? Pourquoi êtes-vous tellement indifférent à vous-même ? Je ne vous comprend pas, Alexander. »

NOTE : 3,75/5

En résumé, d’une plume agréable parfois incisive, l’auteur offre aux lecteurs une incursion en Russie que ce soit à travers la vie d’Alexandre ou grâce aux nombreuses allusions historiques.

Alexandre ou la vie éclatée est un roman que je conseille aux amoureux de la Russie mais également aux personnes en quête d’un livre dépaysant, autant en raison du lieu de l’action que des personnages. C’est le genre d’ouvrage qui ne devrait laisser personne indifférent.

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Masse critique #1 : Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences, Vincent Tholomé

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Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences de Vincent Tholomé est un livre que j’ai reçu gratuitement dans le cadre d’une opération Masse critique lancée sur le site Babelio. Je remercie Babelio et la Fédération Wallonie-Bruxelles qui possède la collection Espace Nord dont est issu ce livre.

A la lecture du titre, je n’ai pu m’empêcher de me féliciter de ne pas avoir de blog vidéo, ou vlog pour les intimes. L’énonciation du titre m’aurait sûrement valu un petit moment de solitude.

Ce titre plutôt original, si ce n’est extravagant, est plutôt un bon indicateur du contenu du livre.

POURQUOI CE LIVRE

Lors d’une opération Masse critique, vous avez le droit de sélectionner un ou plusieurs livres qui vous feraient envie. J’ai bien sûr sélectionné quelques titres que j’achèterais sans doute en librairie mais j’en ai également profité pour sélectionner des livres dont le résumé m’a interpellée mais que je n’aurais pas forcément osé me procurer. Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences fait incontestablement partie de cette dernière catégorie.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans une Islande intemporelle en pleine déliquescence, à Kirkjubaejarklaustur, Sven, touriste lambda, est abandonné par ses amis sur la lande désolée. Son errance furieuse et ridicule l’amènera à croiser sur sa route une nuée d’oiseaux philosophes, un bastion d’autochtones aussi hilares qu’hostiles ou encore un duo d’esprits frappeurs amnésiques – derniers vestiges vivants d’un monde à la dérive.

The John Cage Experiences est une tentative formelle inédite qui propose d’appliquer la méthode de composition par le hasard théorisée par John Cage à un objet littéraire dont le célèbre musicien est le référent fictionnel principal. Ce livre est une rupture à la fois formelle et thématique dans le travail de Vincent Tholomé. Laissant petit à petit derrière lui ses recherches sur l’oralité, il entre dans une région de l’écriture contemporaine où se confrontent avec comique une forte exigence en termes de construction et une parfaite dérision thématique.

  • Poche: 224 pages
  • Editeur : ESPACE NORD (19 mai 2016)
  • Collection : Espace Nord
  • Prix : 10€

 

EXTRAIT GRATUIT

Si ce livre vous intéresse et/ou vous intrigue, je vous invite à en découvrir un extrait sur le site de l’éditeur.

AVIS

On a coutume de dire qu’il ne faut pas juger un livre à sa couverture mais je dois reconnaître que la couverture de l’ouvrage m’a beaucoup plu. Sobre tout en flattant l’œil, elle présente en outre des caractères en relief très agréables au toucher. Bref, l’aspect du livre m’a donné envie de me plonger rapidement dans sa lecture.

L’éditeur classe ce livre dans la catégorie poésie ce qui m’a au début un peu déroutée car sa typologie diffère nettement des poésies classiques. A vrai dire, ce livre ne ressemble à aucun autre qu’il m’ait été donné de lire.

Dès les premières secondes de lecture, j’ai été très perturbée par la présentation du texte : des mots ponctués par des points s’alignent tels que le feraient les lignes d’un livre classique à la nuance près qu’ici, pas de constructions grammaticales recherchées, pas de belles envolées lyriques, juste la juxtaposition de mots pour donner vie au récit.

« Il y a. Plus tard. Encore ceci. C’est même jour. Même route. Dans ferme. Elle est après Kirkjubaejarklaustur. Baraquements et station-service sont tout en bas. Ferme est en haut. Sur un plateau surplombant plaine. On y installe. Nous. Sacs à dormir. On les installe dans chambre. Pas un ne parle depuis que. Nous. On a déposé Sven. Nigaud de mes deux. Sur bord de route. Le laissant seul. Perdu perdu. Dans lande. Je me demande tout de même où il est. Dit. Soudain. Sven. Petit bonnet enfoncé loin sur les yeux. À conducteur Sven. »

Est-ce que ce choix de l’auteur permet de classifier son ouvrage dans la catégorie « poésie » ? Je dois reconnaître ne pas vraiment avoir de réponse. La poésie est un genre littéraire que je connais très peu si ce n’est pas du tout si l’on met de côté les classiques poèmes comme « Mignonne, allons voir si la rose » (Pierre de Ronsard) que l’Éducation Nationale française s’est évertuée à nous imprimer dans la tête.

Privée de repères, j’ai donc eu du mal à aborder la lecture à tel point qu’au bout d’une vingtaine de pages, je me suis résolue à lire la postface dans l’espoir d’y recueillir quelques éléments d’informations afin de guider voire faciliter ma lecture. Ce fut en effet le cas, la postface permet vraiment de mieux comprendre la démarche de Vincent Tholomé mais également d’en apprendre plus sur, par exemple, les techniques d’écriture.

Si vous n’êtes pas totalement réfractaire à cette idée, je ne peux donc que vous conseiller de commencer le livre par la postface ou au moins, d’aller la consulter si la lecture de Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage Experiences vous déconcerte tellement que vous êtes prêts à déclarer forfait.

Parcourir le livre a été difficile dans le sens où il sort tellement des sentiers battus que cela m’a demandé un vrai « travail » de lecture. L’absence de phrase avec une construction grammaticale classique ne permet pas de mettre en place les mécanismes automatiques qui permettent de lire rapidement un texte en le « scannant ». Il faut prendre le temps de lire chaque mot ou groupe de mots avec attention ce qui demande un effort plus important et prend également plus de temps que pour une lecture classique.

Ce ralentissement de mon rythme de lecture habituel m’a au final plutôt plu car il m’a permis de me recentrer sur les mots, leur sens, leur musicalité, et la manière dont leur juxtaposition brute, sans interférence de mots parasites, peut tout autant avoir d’impact qu’une phrase bien tournée. Et rien que pour ça, je suis contente d’avoir lu ce livre.

Enfin, je ne peux pas dire que ce livre est un coup de cœur car sa plus grande force, son originalité dans sa composition, demeure pour moi son plus grand défaut. Peu coutumière de la poésie et encore moins d’une forme aussi originale, je suis restée trop attachée à la forme pour en apprécier pleinement le fond. Une fois la dernière page tournée, j’étais bel et bien incapable de pouvoir formuler un résumé clair du livre ce qui ne m’est encore jamais vraiment arrivé.

Si je répugne à lire plusieurs fois le même livre, sauf à de rares exceptions près et à plusieurs années d’intervalle, ce livre a tellement perturbé mes habitudes de lecture que je pense le relire d’ici quelques mois avec, sûrement, le secret espoir d’en capturer un peu mieux l’essence.

L’AUTEUR (propos recueillis sur le site de l’éditeur)

Né en 1965, Vincent Tholomé se présente souvent comme auteur performeur. En tant qu’auteur, on lui doit une quinzaine de livres mêlant poésie et fiction, langues orales et art ancien de la «racontouze». Depuis le milieu des années 90, il publie régulièrement en revue ainsi que sur le net. Comme performeur, on a pu le voir, en solo, duos, etc. un peu partout dans le monde (France, Belgique, Hongrie, Allemagne, Québec ou encore USA). En 2011, The John Cage Experiences a reçu le Prix triennal de poésie de la Fédération Wallonie-Bruxelles.

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Pour conclure, je suis sortie de ma lecture frustrée car je ne pense pas avoir su saisir tout le contenu du livre ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier la qualité du travail de Vincent Tholomé. Si vous désirez une lecture qui vous permet de vous libérer des carcans habituels de la littérature classique, ce livre devrait vous plaire, l’auteur vous offrant une expérience littéraire inédite.

En quelques mots, Kirkjubaejarklaustur  suivi de The John Cage Experiences est sans aucun doute un ovni littéraire à mettre entre les mains des plus curieux.

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Masse critique de Babelio : un livre contre une chronique

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Babelio, site qui fait le bonheur des amoureux des livres, vous permet de faire de belles découvertes livresques, d’échanger avec d’autres passionnés de littérature, de créer votre bibliothèque virtuelle, de partager vos chroniques…

Ce site propose également une opération intitulée Masse critique et dont le principe est de proposer gratuitement, en échange d’une critique, un livre. Pour cela, il vous suffit d’être inscrit sur Babelio et d’avoir déjà publié des critiques de livres sur le site.

Lors d’une opération Masse critique, il vous faut sélectionner un ou plusieurs livres qui vous font envie puis croiser les doigts pour être tiré au sort. Si vous avez la chance d’être tiré au sort, vous devez alors publier sous un mois, à partir de la réception de l’ouvrage, votre critique sur le site Babelio. C’est une contrainte peu importante mais qu’il faut bien prendre en compte avant de s’inscrire notamment si votre PAL déborde déjà et/ou que votre emploi du temps est déjà bien chargé.

A noter que bien évidemment, vous restez entièrement libre dans le ton de votre critique qui peut être positive ou négative à partir du moment où vous avez pris soin d’expliquer votre avis. A cet égard, je trouve que le fait que les personnes sélectionnées le soit par le fruit du hasard garantit très bien la neutralité des critiques.

Pour tous les détails ou vous inscrire, je vous invite à consulter directement le site Babelio.

Pour ma part, j’ai participé à l’opération Masse critique de mai et j’ai été tirée au sort pour recevoir et chroniquer Kirkjubaejarklaustur suivi de The John Cage experiences de Vincent Tholomé. Je remercie donc Babelio et la Fédération Wallonie-Bruxelles qui possède la collection Espace Nord dont est issu ce livre.

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