L’Événement, Marc Brucker

Je remercie Livr’s éditions et Babelio pour m’avoir permis de découvrir L’événement de Marc Brucker.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

De nos jours, en France…

Les disparitions mystérieuses se multiplient depuis peu dans la région Midi-Pyrénées. Le commissaire Bouvier et sa lieutenante, Domenga Etxeberri, de la SRPJ de Toulouse, ne savent pas où donner de la tête. Qui est donc cet étrange Dr Dittman qui rôde dans les parages ? Les ennemis invisibles cachés dans les bois proviennent-ils de son laboratoire secret ? Une seule certitude : le début des disparitions coïncide avec « l’événement » et, si les craintes des enquêteurs se confirment, cela pourrait signifier rien de moins que la fin… de l’Humanité !

  • Prix : 18€
  • Pages : 242

AVIS

J’ai postulé pour ce titre attirée par le résumé et le côté très apocalyptique de la superbe couverture de Geoffrey Claustriaux. Je ne regrette pas mon choix, le roman étant à la hauteur du très beau travail d’édition.

L’histoire et les personnages…

Nous découvrons le commissaire Bouvier et la lieutenante Domenga Etxeberri, un duo qui doit faire face à de multiples disparitions probablement liées à l’Événement. L’auteur laisse planer un certain mystère sur cet événement même si, je vous rassure, il finit par nous en dévoiler la nature. Je n’en dirai donc pas plus vous laissant le plaisir de découvrir ce qui s’est passé le jour de ce fameux événement, et de quelle manière celui-ci est lié aux multiples meurtres qui ont touché la région Midi-Pyrénées.

Déterminé à faire la lumière sur les multiples disparitions, notre duo croisera régulièrement la route, durant son enquête, du docteur Dittman, un énergumène dont l’étrange comportement attisera ses soupçons. Simple fou, dangereux criminel ou un peu des deux, vous le découvrirez très vite, mais je peux d’ores et déjà vous dire que son peu d’amour pour l’espèce humaine, et son appétence pour les expériences scientifiques peu déontologiques, le rendent fort peu sympathique.

Aimant beaucoup les enquêtes policières, j’ai pris plaisir à suivre les investigations de notre duo rejoint par Alain Gassiolle, un entomologiste dont l’expertise leur sera indispensable. A force de travailler côte à côte et de mettre en commun leurs compétences, une certaine complicité s’établira entre les trois personnages, ce qui leur donnera cette pointe d’humanité qui leur faisait quelque peu défaut. Je les ai trouvés en effet parfois un peu froids face aux scènes sanguinolentes et au sort des victimes. Je comprends évidemment la nécessité pour des policiers de laisser leur émotivité chez eux, mais leur indifférence rend difficile tout processus d’identification. Fort heureusement, ils deviennent plus attachants à mesure que l’on apprend à les connaître et que l’on découvre leurs faiblesses ou leur sens de l’humour.

Le roman étant relativement court, mais plutôt intense, la psychologie des personnages n’est pas forcément très développée. Cela ne m’a néanmoins pas dérangée, car ce qui est intéressant dans ce livre, c’est de suivre l’enchaînement et l’enchevêtrement des événements, et la manière dont nos policiers y font face. Et au niveau des événements, on peut dire que l’auteur n’a pas ménagé ses personnages. Ils devront ainsi faire face à des créatures tout droit sorties de vos pires cauchemars, ou du moins, de ceux de la lieutenante… Voraces et déterminées à survivre, elles n’en auront pas fini de vous faire perdre la tête !

Une enquête de police, a fortiori quand une menace d’un genre nouveau met en péril l’humanité, ne se faisant pas en autarcie, nos protagonistes devront gérer, en plus de ces monstres, des personnalités officielles cachant des informations, mais attendant des résultats, et tout ceci sous l’œil attentif des médias que le côté extraordinaire et sensationnel de la situation attire comme des mouches autour d’un pot de miel. Ces considérations assez terre à terre rendent l’histoire très crédible et l’ancrent dans la réalité ce qui ajoute une dose d’horreur à une histoire qui en contient déjà pas mal.

Un petit bémol, vraiment ?

A noter un point pour lequel je ne peux que remercier l’auteur : pas de triangle amoureux ni de romance. Je ne supporte plus ce schéma que je retrouve à toutes les sauces et ne pas devoir le subir n’en a rendu ma lecture que plus agréable. La seule chose qui m’a un peu fait lever les yeux au ciel est le comportement de la lieutenante à l’arrivée d’un agent du FBI…

De la même manière, l’intervention des forces américaines pour soutenir la police française m’a perturbée. Je me suis demandée si c’était une manière pour l’auteur de rester dans le schéma classique des films catastrophe, où les Américains se considèrent toujours comme les seuls capables de sauver le monde, ou si c’était juste un élément comme un autre de l’intrigue. L’auteur a gentiment répondu à mon interrogation en confirmant que ma première supposition était la bonne réduisant ainsi à néant mon seul potentiel point négatif.

Des films d’horreur au roman, de la tension à l’addiction…

Le point fort de ce roman, du moins en ce qui me concerne, est la faculté de l’auteur à utiliser, avec un grand naturel, certaines ficelles des films d’horreur. D’ailleurs, à la lecture du roman, j’ai parfois eu le sentiment de visionner un de ces films mettant en scène d’horribles bestioles dont je ne suis pas très friande.

Si en général je n’aime pas ce genre de films, c’est que certains réalisateurs transforment de bonnes idées en un ramassis de stéréotypes, de scènes invraisemblables, le tout ponctué de dialogues absurdes… en un pur navet en somme. Or avec son roman, Marc Brucker évite cette surenchère tout en conservant le côté très visuel des films d’horreur avec leur dose d’hémoglobine, de membres arrachés, de morts, d’action… Même la fin se révèle très hollywoodienne ! J’avoue l’avoir vue venir à cent lieues à la ronde, mais ça ne m’a pas gênée, car il ne pouvait simplement pas y en avoir d’autres.

En commençant le roman, j’ai eu un peu peur de ne pas réussir à m’immerger totalement dans le récit ne lisant quasiment jamais de science-fiction. Mais mes craintes se sont envolées presque aussi spontanément qu’elles sont apparues. En effet, comme dans un bon film, l’auteur est arrivé à capter mon attention dès les premières pages en instaurant un redoutable élément : la tension. Celle-ci est omniprésente et va crescendo créant un climat tout aussi anxiogène qu’addictif qui vous tient en alerte et en haleine. L’auteur offre bien quelques moments de répit au lecteur, mais ce n’est que pour mieux le tirer brusquement de sa langueur, et lui rappeler que le danger est là, tapi dans l’ombre. L’impression de danger se traduit également par ce mauvais pressentiment qui prend le lecteur aux tripes et dont il ne peut se départir. On sent ainsi à chaque page que quelque chose d’horrible se prépare et/ou va se passer, et ce sentiment tenace vous pousse à tourner les pages les unes après les autres sans vraiment vous en rendre compte.

La lecture se révèle d’autant plus captivante que le récit est porté par la plume diablement efficace de Marc Brucker. Sans chercher à vous impressionner par des phrases alambiquées ni une profusion de détails inutiles, il va à l’essentiel s’assurant ainsi de votre totale attention de la première à la dernière ligne de son roman. La concision du livre a cet autre avantage de stimuler votre imagination et de rendre encore plus prenante et marquante chaque atrocité.

En conclusion, L’Événement est un roman de science-fiction qui devrait plaire à toutes les personnes aimant les films d’horreur avec des grosses bestioles peu sympathiques. Reprenant certaines ficelles de ce genre de films, l’auteur nous offre ici un roman très visuel où la tension omniprésente vous poussera à tourner les pages avec avidité et, pour les plus peureux des lecteurs, avec une certaine appréhension. Amateurs ou non de science-fiction, je ne peux que vous inviter à vous laisser prendre dans les filets de l’auteur qui s’est évertué à faire de son roman une œuvre accessible à tous. Pour ma part, j’ai passé un moment de lecture tellement agréable que j’ai très envie de découvrir le précédent roman de l’auteur Le secret d’Amy-Lee auquel il fait d’ailleurs allusion.

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Site de l’auteurPage FB de l’auteur

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In My Mailbox #38

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


Cet In My Mailbox est un peu plus important que d’habitude, car il regroupe les réceptions des deux dernières semaines.

SERVICES PRESSE

  • Les numériques : merci à Arnaud Delporte-Fontaine de m’avoir contactée pour me proposer Les contes culinaires de la fée Myrtille. J’accepte rarement les SP numériques, mais le côté atypique de ce livre, qui mêle recettes et contes, a su me séduire. J’ai ensuite téléchargé le livre de Noël sur Netgalley afin de le lire et de l’offrir en version papier s’il me plaît.

Quant à la dernière nouvelle d’Amélia du blog Les histoires d’Amélia Culture Geek, Le fanatique des crachats, je ne pouvais qu’avoir envie de la lire. A noter qu’Amélia a réalisé elle-même la superbe couverture du livre !


Judith vit seule avec sa mère, dans une maison éloignée de la ville, à l’orée de la forêt.
Entre les amants de sa génitrice et son amie Cléo, elle mène une vie tout ce qu’il y a de plus morne. Alors que rien ne le laissait présager, Judith est assassinée et est condamnée à hanter les lieux du meurtre, où elle a tant de souvenirs.
Ah, et en parlant de souvenirs, elle aimerait bien se rappeler qui l’a fait passer de vie à trépas.
C’est vrai quoi, c’est quand même important ce genre de choses !

Ni tout fiel, ni tout miel Le fanatique des crachats triture de ses doigts sales la conscience de braves-gens-pas-si-braves-que-ça. Sombre et cynique.

DATE DE SORTIE : 31 OCTOBRE

ACHATS NOZ

Mon compagnon étant d’origine arménienne, j’ai pris Les Arméniens, 100 ans après ! pour en apprendre un peu plus sur ce peuple avec le petit espoir que M. le lise également. Quant aux livres sur les lutins, je n’ai pas réfléchi longtemps quand j’ai vu le nom de Pierre Dubois.

EBOOKS GRATUITS

GAIN CONCOURS

Merci à Amélia du blog Les histoires d’Amélia Culture Geek  pour ce petit recueil de nouvelles :

REVUES

J’ai reçu trois numéros de Spirou dans le cadre d’une offre découverte et le dernier numéro du Magazine littéraire :

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

MAGREVUREnregistrer

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Comme un poisson hors de l’eau (recueil de nouvelles), Rooibos éditons

Je remercie Babelio et Rooibos éditons pour m’avoir offert, dans le cadre d’une opération masse critique, la possibilité de lire ce recueil de nouvelles. En grande consommatrice de thés et de rooibos, je suis complètement fan du nom de cette maison d’édition toute jeune, puisque créée en 2016. Comme un poisson dans l’eau est d’ailleurs le premier ouvrage qu’elle propose au public.

A noter qu’un petit mot manuscrit et un carnet accompagnaient le livre ; petites attentions toujours appréciables.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Six auteurs ont relevé le défi d’écrire une histoire courte dans laquelle les personnages essaient de trouver une issue dans un lieu, un temps ou un monde complètement différent.
Ce recueil de six nouvelles en est le résultat. Six histoires de personnages touchants, étrangers à leur monde ou à leur propre corps. Six histoires originales aux univers variés : réalistes et fantastiques, contemporains et futuristes. Six histoires émouvantes qui nous donnent l’occasion d’être, pour un court instant, comme un poisson hors de l’eau

  • Broché: 96 pages
  • Éditeur : Rooibos Éditions (19 mai 2017)
  • Prix : 10€
  • Autre format disponible : ebook

AVIS

Ce recueil contient six nouvelles toutes très différentes, mais avec le point commun de tourner autour d’un thème très original : Comme un poisson dans l’eau.

  • Le cheveu blancMickaël Auffray

Théo découvre, un matin comme les autres, une chose pas comme les autres : son premier cheveu blanc. Branle-bas de combat dans sa tête, il est bien déterminé à terrasser l’ennemi !

Découvrir un cheveu blanc quand on a la trentaine n’a rien de surprenant ni de très dramatique. Alors le lecteur assiste médusé et, avouons-le, amusé à la recherche désespérée de Théo pour trouver une pince à épiler avant que sa compagne ne découvre le pot aux roses. Nous le suivons dans son périple le conduisant dans un magasin où il devra affronter son propre Goliath, mais aussi dans les transports où son obsession du cheveu blanc ne passera pas inaperçue, et dans un bar au sein duquel il rencontrera un drôle de type, pour ne pas dire un fou. Seront alors question de temps qui passe et surtout d’apocalypse !

Certains passages m’ont amusée et fait sourire, car Théo est clairement dans l’exagération comme si le temps qui passe lui faisait horriblement peur. Néanmoins, la chute nous permet de nous rendre compte que la situation ne prêtait pas vraiment à sourire… J’ai d’ailleurs apprécié la fin que je n’avais pas anticipée ne sachant pas quelle direction allait prendre l’auteur. J’ai, enfin, aimé la métaphore de l’apocalypse touchant le monde pour représenter celle qui a lieu dans la tête de notre protagoniste à la découverte de son premier cheveu blanc.

  • Altéa, Régis Goddyn

Altéa est en détresse perdue dans l’espace avec, comme seule compagnie, un robot du nom de Bob…

Je dois reconnaître n’être pas très fan de science-fiction pure et d’histoires se déroulant dans l’espace. Heureusement, le format très court de ce récit m’a quand même permis de le lire sans déplaisir d’autant qu’il ne m’a pas fallu très longtemps pour suivre avec anxiété l’aventure d’Altéa. On ne peut s’empêcher de souhaiter qu’elle survive à cette expédition qui a mal tourné. Altéa, quant à elle, semble plus lucide sur son sort estimant que ses chances de survie sont proches du néant. Cela ne l’empêche pas cependant de prendre les choses en main n’attendant pas les bras ballants sa mort. Elle a définitivement les traits d’une battante !  Mais cela sera-t-il suffisant pour faire pencher la balance du destin ?

A la fin de l’histoire, l’auteur introduit brièvement une nouvelle personne avec sa propre problématique, mais je ne peux pas vous en dire plus sans vous spoiler. J’ajouterai donc seulement que cela introduit un certain questionnement et laisse, à mon sens, deux interprétations possibles à la nouvelle. Ou c’est possible que ce soit juste moi qui ai trop d’imagination et qui aime me poser des questions. Mais peu importe que ce soit une volonté de l’auteur ou de mon esprit puisque c’est un aspect que j’ai apprécié.

  • Olga, Roger Grange

Olga et Tang n’étaient pas vraiment destinés à se rencontrer ! La première est guide sur un bateau de croisière, « l’Anton Tchekhov », en Russie quand le second est un étudiant chinois fasciné par les créatures marines des plus terrestres aux plus mythiques comme les Selkies et les sirènes. Ils partagent néanmoins tous les deux l’amour de l’eau et des animaux.

J’ai tout de suite été happée par le récit en raison de la plume de l’auteur que j’ai beaucoup aimée. Raffinée avec un petit côté poétique, elle sied à merveille à cette histoire teintée d’onirisme. Ce fut également un plaisir de voyager, même un bref instant dans deux immenses pays que je connais très peu : la Russie et la Chine. La brièveté de l’histoire ne permet pas les épanchements ni les longs développements, mais il n’empêche, je me suis aisément imaginé dans les différents lieux de l’intrigue. Le fait, en outre, que l’auteur aborde le mythe des sirènes à travers l’attraction qu’elles exercent sur Tang n’était pas pour me déplaire adorant ces créatures. L’auteur arrive d’ailleurs à tenir en haleine le lecteur en le promenant entre rêve et réalité à travers le personnage d’Olga. Cette femme dont on entrevoit la beauté semble envoûter Tang tout comme le lecteur qui se l’imagine presque sous les traits d’une naïade…

Enfin, si vous aimez la lecture (ce que je suppose être le cas si vous lisez cette chronique), vous apprécierez peut-être, comme moi, la référence à l’un des auteurs russes les plus connus en France et l’un des plus prolixes, Anton Tchekhov.

  • Le goût de l’orange, Laurence Marino

Nejma, de sa tour parisienne, nous offre un petit voyage dans ses souvenirs d’enfance au Maroc :  les odeurs d’oranger qui lui manquent, le hammam, sa famille et ses premiers émois amoureux avec d’autres femmes, chose inacceptable dans son pays d’origine.

J’ai apprécié que l’auteure aborde le thème de l’homosexualité féminine ce qui n’est pas courant, a fortiori quand l’intrigue se déroule dans un pays du Maghreb. J’ai cependant regretté un traitement du sujet assez maladroit et qui m’a semblé presque artificiel. Je n’ai d’ailleurs pas réussi à croire à l’homosexualité de la protagoniste ni à celle des deux autres personnes. Tout arrive trop vite et de manière bien trop pratique. Je n’ai, en outre, pas compris cette femme qui fait des études pour rentrer simplement dans sa campagne et ne pas les mettre en application…

Enfin, et c’est évidemment très subjectif, la plume de l’auteure n’a pas su me convaincre ni me séduire. La juxtaposition de phrases courtes sans aucun effort de liaison entre elles donne, pour moi, un air bien trop enfantin au récit. Le texte mériterait à mon sens d’être retravaillé pour coller à l’ambiance de la nouvelle. En effet, alors qu’on ressent une certaine langueur qui émane de l’histoire, on se retrouve avec des phrases saccadées et une écriture presque nerveuse. Que cette dichotomie du fond et de la forme soit recherchée ou non par l’auteure, elle m’a simplement rebutée.

En bref, si la nouvelle a le mérite d’aborder un sujet qui est toujours considéré comme tabou dans de nombreux pays, je n’ai pas été séduite par la manière dont il a été traité. Chaque avis restant subjectif, je vous invite à lire la chronique d’Alex qui, contrairement à moi, a beaucoup apprécié ce texte.

  • Claudius, Fabien Rey

Sasha se réveille à l’hôpital relié à des tuyaux. La tête embrouillée et les souvenirs confus, il ne sait pas ce qu’il fait là et ce qui lui est arrivé. Pourtant, on attend de lui qu’il réponde à une énigmatique question : Claudius a-t-il eu tort de tuer son frère ?

Autant les histoires se déroulant dans l’espace ne me parlent pas beaucoup, autant les récits de science-fiction futuriste comme celui-ci me plaisent énormément. Claudius n’a pas échappé à la règle ! J’ai adoré la manière dont l’auteur introduit dès le début du suspense : pas d’autre choix que de vouloir en apprendre plus sur Sasha et ce fameux Claudius. Certains devineront d’emblée à qui fait référence le personnel médical qui semble obsédé par la fameuse question, mais à ma grande honte, ce ne fut pas mon cas.

J’ai adoré cette nouvelle, mais je préfère rester brève, car le plaisir de la lecture provient vraiment du fait que comme Sasha, le lecteur est dans le brouillard. En peu de pages, on arrive complètement à s’identifier à lui, à ressentir son impatience, ce sentiment désagréable d’être perdu et dépossédé de sa vie. On partage aussi son agacement puis sa colère devant ces personnes qui s’entêtent avec leur stupide question quand ils refusent de répondre aux nôtres. En d’autres termes, le personnage étant presque vierge de souvenirs cohérents, le lecteur arrive sans peine à se l’approprier et à se projeter dans son histoire.

L’écriture est ici nerveuse et parfois saccadée comme pour la nouvelle précédente, mais cela correspond parfaitement à l’ambiance, et permet d’accentuer les émotions de Sasha. En bref, Claudius est certainement le récit du recueil que j’ai préféré.

  • L’Indéfectible mélancolie du chou, Lucie Troisbé-Baumann

Jill se réveille d’une sieste avant d’entamer son service dans le restaurant où elle travaille. Réveil difficile dans la mesure où il est marqué par l’absence de Nathan, l’amour de sa vie. Son absence se révèlera d’ailleurs de plus en plus oppressante et douloureuse au cours de la journée…

Le gros point fort de cette nouvelle est sans aucun doute la très belle plume de Lucie Troisbé-Baumann. D’une grande poésie, elle vous fait voyager entre rêve et réalité, entre le quotidien de la vie et les errances de la pensée. Il se dégage en outre du texte une grande mélancolie, mais également une certaine douceur à l’image des oiseaux au duvet cotonneux dont la présence en filigrane dans le texte relie subtilement et joliment l’existence de Jill et de Nathanaël.

L’indéfectible mélancolie du chou fait partie de ces récits qui n’ont de valeur que s’ils sont lus. L’histoire ne vous offre ainsi pas de suspense ou une tension qui vous poussent à tourner les pages, mais une expérience de lecture, qu’en fonction de votre vécu et de votre personnalité, vous vivrez différemment. Ce qui est certain c’est que l’auteure vous propose ici un très joli texte qui ravira les amateurs de poésie et de récit teinté d’onirisme. A cet égard, j’ai particulièrement apprécié la fin.


En conclusion, Comme un poisson hors de l’eau est un recueil de nouvelles fort sympathique qui nous permet de voir qu’à partir d’un même thème, des auteurs peuvent nous offrir des histoires très différentes. Excepté un récit qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais qui plaira certainement à d’autres, j’ai trouvé chaque récit intéressant et très plaisant à lire. La seule chose qui m’a un peu décontenancée est la brièveté de l’ouvrage, celui-ci mériterait ainsi d’être un peu plus étoffé pour satisfaire mon appétit de lectrice. Pour ma part, je suis contente d’avoir découvert six auteurs que je ne connaissais pas, et d’avoir rencontré, à travers ces petits textes, des plumes que je prendrai plaisir à suivre. Alors si vous avez envie d’une lecture rapide vous permettant de faire de nouvelles découvertes en matière d’auteurs, ce petit recueil devrait vous ravir.

Envie de vous procurer le recueil ? Visitez le site de Rooibos éditions ou d’Amazon.

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Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde, Didier Willot

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Je remercie Le Papillon Rouge Editeur et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde de Didier Willot.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Pour la toute première fois, une vaste consultation internationale (près d’une dizaine de milliers d’individus sur quasiment 40 pays !) a récemment élu les dix plus grands héros de l’histoire. Les sondés ont ainsi plébiscité Einstein, Mère Teresa, Gandhi, Martin Luther King, Newton, Jésus, Mandela, Edison, Lincoln et Bouddha.

Ce livre passionnant s’aventure dans les pas de ces géants au destin éblouissant. Dans un style clair et captivant, on y découvre leur jeunesse, leur combat, leur souffrance, leur courage, leur travail acharné, leur amour du prochain… Une véritable vie de roman à dévorer sans plus tarder !

 

  • Broché: 264 pages
  • Editeur : PAPILLON ROUGE EDITEUR (22 avril 2017)
  • Prix : 19,90€

AVIS

Je vais commencer par le seul petit point qui serait perfectible : le manque de mise en valeur visuelle du livre. Si une photo est bien présente pour introduire chaque personnage, l’ensemble donne néanmoins le sentiment d’un ouvrage visuellement austère. Mais il s’agit là d’un petit détail qui ne nuit en rien au plaisir que vous ressentirez à le parcourir.

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Je regrette également la faible place accordée aux femmes même s’il est vrai que l’auteur n’est en aucun cas responsable de la situation.

En effet, le choix des 10 plus grands héros de l’histoire du monde s’est opéré à la suite d’une enquête réalisée auprès de presque 7000 étudiants-chercheurs issus des plus grandes universités du monde entier. L’idée est sympathique même si je ne suis pas vraiment d’accord avec le caractère représentatif dont se targue le livre. Je ne pense pas qu’en ciblant l’élite des étudiants, l’enquête permette d’avoir un échantillon représentatif de la jeunesse du monde entier, loin s’en faut…

Mais peu importe, car ce qui compte c’est que cette enquête sert de prétexte pour présenter la vie de 10 personnages scientifiques, religieux ou encore politiques que l’on connaît tous au moins de nom : Bouddha, Jésus-Christ, Edison, Einstein, Gandhi, Martin Luther King, Abraham Lincoln, Mandela, Newton, Mère Teresa.

A cet égard, le livre est particulièrement intéressant pour les personnes qui n’ont pas forcément l’envie, le temps ou la patience de lire des biographies, mais qui aimeraient néanmoins connaître les accomplissements et les points importants de la vie d’individus qui ont laissé une trace dans la mémoire collective.

Elles ne pourront ainsi qu’être sensibles au travail de recherche et de synthèse effectué par l’auteur afin de mettre une partie, même infime de l’Histoire, à la portée de tous. Quand l’on connaît la pléthore d’informations à laquelle chaque citoyen lambda a accès par le biais, notamment, d’Internet, ce point me semble particulièrement important. A noter que vous trouverez, en fin d’ouvrage, une bibliographie ce qui vous permettra de vérifier le sérieux des sources si c’est une donnée à laquelle vous êtes sensible ou simplement approfondir votre connaissance des sujets abordés.

Pour ma part, même si je connaissais les grandes lignes de la vie de toutes ces figures historiques, j’ai fait, grâce à Didier Willot, quelques découvertes d’autant que l’auteur aborde des aspects parfois moins connus de leur personnalité ou de leur vie. Par exemple, si les qualités scientifiques d’Einstein sont connues de tous, qu’en est-il de son engagement contre la ségrégation raciale aux États-Unis, pays dans lequel il a vécu, le poussant à refuser d’intervenir dans les universités où elle était pratiquée ? Ou encore, combien d’entre nous connaissons non pas Newton le physicien, mais Newton le philosophe, profondément croyant et passionné d’alchimie ?

L’auteur, en plus de nous livrer des anecdotes rendant la lecture entraînante, prend également soin de ne pas tomber dans un excès d’idéalisation avec une image lissée de ces héros de l’histoire. Ainsi, si toutes les personnes évoquées dans le livre ont accompli de grandes choses, elles n’en demeurent pas moins humaines et ne sont pas parfaites. Nous retiendrons, par exemple, de Mère Teresa, une femme vouée à la cause des plus démunis sans pour autant oublier ses idées réactionnaires sur l’avortement.

Enfin, la grande force de ce livre est, à mon sens, le style de l’auteur. A aucun moment, je n’ai eu le sentiment qu’il se perdait dans des détails superflus ou employait un ton dogmatique. Bien au contraire, il présente les informations de manière simple et assez concise pour qu’elles soient lues rapidement tout en les rendant assez pertinentes et percutantes pour donner envie d’en apprendre plus. D’ailleurs, tout au long de ma lecture, je n’ai pu m’empêcher de noter, pour chacune des personnalités, des points ou éléments de leurs vies afin d’effectuer des recherches un peu plus approfondies sur le sujet.

Néanmoins, je vous rassure, si votre objectif est de seulement connaître les grandes lignes de la vie de 10 grandes figures historiques que ce soit par simple curiosité intellectuelle ou envie de posséder un minimum de culture générale à leur sujet, ce livre se suffit à lui-même. Vous pouvez donc le considérer comme un aboutissement ou une clef d’entrée pour orienter vos recherches.

En conclusion, Didier Willot propose ici un ouvrage qui vous permettra de découvrir ou redécouvrir  la vie d’individus ayant indéniablement marqué l’histoire du monde que ce soit par leurs apports scientifiques, moraux ou la dévotion et l’abnégation dont ils ont su faire preuve durant leur vie. Synthétique, facile et très agréable à lire, cet ouvrage est accessible à tous, des simples curieux aux étudiants en passant par des personnes désirant rafraîchir ou fixer leurs connaissances.

Vous pouvez acheter Les 10 plus grands héros de l’histoire du monde de Didier Willot sur le site de l’éditeur.

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Les sorcières de Kinvar, tome 1 : La sorcière aux poupées, Marie-Laure Junier

Je remercie Anyway Editions et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les sorcières de Kinvar de Marie-Laure Junier.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

A neuf ans, Emily croit encore fermement aux contes de fées et s’imagine souvent dans des rôles de princesse aux pouvoirs incroyables. Alors, quand la réalité rattrape la fiction et que la fillette s’avère capable de parler avec quatre poupées de bois aux caractères si différents, elle découvre un monde bien plus surprenant que celui dont elle rêvait. Mais si les héros existent, il en est de même pour son flot de mauvaises sorcières, vampires ou loup-garous en tout genre. Et en grandissant, l’adolescente ne tarde pas à s’apercevoir qu’ils ne lui veulent pas que du bien, particulièrement quand elle cherche à explorer son passé.

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Anyway (9 décembre 2016)
  • Prix : 12,90€

AVIS

L’histoire et le style de narration… 

J’ai tout de suite été plongée dans l’histoire d’autant que l’auteure, avant de nous raconter les aventures d’Emily, nous embarque dans un passé fort lointain où cohabitaient différentes espèces jusqu’à ce que l’Homme ne détruise ce bel équilibre. L’auteure fera, par la suite, référence au compte-goutte à cette mythologie, nous permettant petit à petit d’avoir un nouvel éclairage sur le monde actuel et de mieux comprendre les interactions entre les différentes espèces (sorcières, vampires, loups-garous…).

Nous faisons ensuite la connaissance d’Emily, une petite fille de 9 ans qui coule des jours heureux avec ses parents plutôt protecteurs. Lors d’une visite familiale dans un vide-grenier, elle découvre quatre marionnettes qu’elle entend parler et avec lesquelles elle peut converser ! On comprend alors très vite que cette fillette n’est pas aussi banale qu’elle n’y paraît. Malheureusement, un accident de la route entraînant la mort de ses parents, viendra bouleverser la vie de la fillette qui devra dorénavant vivre chez sa grand-mère maternelle. Celle-ci se montrera très froide, mais Emily pourra compter sur l’amitié de sa cousine, Charlotte et, bien évidemment, sur celle de ses quatre marionnettes.

Ces soutiens lui seront d’une grande aide, car en plus du choc d’avoir perdu ses parents, la jeune fille va découvrir un tout nouveau monde où la magie, la sorcellerie et toutes les créatures des contes deviennent réalité. Le lecteur, quant à lui, fera plus ample connaissance avec ce monde de sorcières grâce à Emily, mais également grâce aux informations dispensées au début de chaque chapitre. En effet, au lieu de nous assommer de connaissances indigestes, l’auteure nous dévoile les principes fondamentaux régissant la vie des sorcières au début de chaque chapitre.

La fan d’histoires de sorcellerie et de magie qui sommeille en moi a adoré cette manière de procéder qui m’a donné l’impression de lire un grimoire de sorcières. Ce choix narratif donne en outre un certain rythme au livre, car on en vient à se demander comment les informations sont liées à l’histoire d’Emily. Et, c’est d’ailleurs comme ça que j’en suis venue à lire le livre d’une traite.

Les personnages…

Même si je la pense moins diabolique qu’il n’y paraît, enfin je l’espère sinon cela rendrait le roman un peu trop caricatural à mon goût, j’ai trouvé la grand-mère simplement odieuse. Rejeter sa petite-fille ainsi parce qu’elle n’a pas la bonne couleur de cheveux ou d’yeux qui ferait d’elle une sorcière puissante m’a fait me dresser les cheveux sur la tête.

La tante n’est pas forcément bien mieux, mais elle est peu présente dans le roman et puis, avec un tel manque de caractère la faisant vivre continuellement dans l’ombre de sa famille, difficile d’en espérer beaucoup. Quant à Charlotte, on la sent sincèrement proche d’Emily qui est la seule à ne pas voir en elle juste une sorcière promise à un grand avenir. Je pense qu’elle sera plus présente dans la suite de l’histoire pour mon plus grand plaisir ; elle a le potentiel pour devenir un personnage complexe et puissant.

En ce qui concerne Emily, je l’ai simplement adorée ! Fillette puis adolescente gentille et courageuse, elle a du caractère ce qui lui permet de continuer à avancer dans la vie malgré la mort de ses parents et un environnement familial peu avenant. Plus dans l’action que les tergiversations, elle n’hésite pas à se lancer, avec l’aide de ses amies marionnettes et d’un mystérieux vampire, à l’aventure afin de découvrir qui sont les personnes qui menacent sa vie. Et vous verrez que le danger est proche, très proche…

On pourrait reprocher à Emily une certaine naïveté dans sa facilité d’accorder sa confiance à un personnage qu’elle ne connaît que très peu et par écran interposé, ou encore, une certaine intrépidité qui la fait se mettre dans des situations périlleuses. Mais au final, ça fait partie de son charme et contribue fortement à s’attacher à cette héroïne qui n’est pas parfaite, mais fait de son mieux en toutes circonstances.

J’ai également beaucoup aimé les quatre marionnettes qui ont chacune leur caractère, mais qui ont en commun de vouloir à tout prix protéger leur jeune amie. Elles n’hésiteront d’ailleurs jamais à mettre leur pouvoir à son service. Plus on apprend à les connaître, plus on s’attache à elles d’autant qu’elles ont, comme Emily, connu par le passé un événement dramatique. C’est peut-être une des raisons qui les poussent à protéger autant la jeune fille.

Le seul point qui m’a légèrement déçue…

La seule chose qui m’a un peu déçue dans le roman, c’est l’épilogue. J’avais en effet très vite anticipé le retournement de situation et aurais préféré me tromper. Mais, je pense qu’en tant que grosse lectrice, il devient de plus en plus difficile de me surprendre ce qui ne sera pas forcément le cas avec un lecteur plus jeune.

En conclusion, si vous avez envie de lire une histoire de sorcières portée par un personnage très attachant, Les sorcières de Kinvar est fait pour vous. La faculté de l’auteure à vous plonger d’emblée dans l’intrigue et à captiver votre attention du début à la fin en rend la lecture très aisée et rapide. J’ai, pour ma part, hâte d’en apprendre plus sur les pouvoirs de marionnettiste d’Emily et la manière dont elle va aborder sa nouvelle vie puisque la fin du livre promet moult changements.

J’ai maintenant hâte de lire le tome 2…

Une mère, Alejandro Palomas

Je remercie Babelio et les Éditions du Cherche Midi pour m’avoir permis de découvrir Une mère d’Alejandro Palomas.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le roman qui a enflammé l’Espagne.

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (16 mars 2017)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook
  • Traduction : Vanessa Capieu

AVIS

Quand j’ai postulé à la masse critique spéciale de Babelio pour recevoir ce roman, c’était avant tout pour la couverture et le résumé qui m’avaient intriguée. Et puis, je ne pouvais pas résister au plaisir de découvrir le roman d’un auteur provenant d’un pays dont je ne connais que trop peu la littérature : l’Espagne. Cependant, je craignais une histoire de règlement de compte familial sous fond de repas de fête. Les assiettes qui volent et tutti quanti, très peu pour moi !

J’ai donc été ravie et très agréablement surprise de découvrir, dès le début de ma lecture, qu’Une mère, ce n’est pas des assiettes qui volent, mais c’est au contraire, beaucoup d’amour parfois exprimé maladroitement, de tendresse, de soutien, de secrets et de fardeaux à porter, d’humour… En d’autres mots, en lisant ce roman, c’est un imbroglio d’émotions qui s’offrira à vous, vous faisant passer du rire aux larmes au questionnement en un instant.

Il vous sera difficile, si ce n’est impossible, de ne pas vous attacher à cette famille et à ses membres qui partagent beaucoup d’amour les uns pour les autres tout en ayant une certaine retenue dans le partage de leurs émotions et de leurs secrets. Heureusement, leur proximité leur permet de s’épauler et de panser leurs blessures même dans le silence des non-dits.

On vit l’histoire du point de vue de Fer qui est un peu le confident de sa mère et de ses sœurs. Ce statut privilégié du narrateur permet aux lecteurs de découvrir, petit à petit, les peines qui ont jalonné la vie des femmes de sa vie. Je vous rassure, on en apprend également sur ce trentenaire au cœur brisé même si j’avoue qu’il ma fallu un peu de temps pour m’attacher à lui tout comme à ses sœurs ou à l’oncle Eduardo.

Pour ma défense, Amalia, la mère, tire la couverture pendant une bonne partie du roman de par sa fraîcheur, son grain de folie, sa naïveté et ses réparties très souvent hilarantes. Elle fait partie de ces personnes lumineuses qui apportent du rire et de la légèreté là où il y a de la tristesse et de la lourdeur. Je l’ai tout simplement adorée et j’ai beaucoup ri de ses plans douteux et de ses monologues à la logique plus que décousue.

Elle m’a néanmoins parfois agacée dans sa manière de fuir les conflits et/ou de ne pas assurer son rôle de mère puisqu’elle se comporte bien plus souvent en enfant qu’en adulte. Cependant, vous verrez que malgré son apparente insouciance, Amalia est un roc sur lequel ses enfants peuvent compter dans les moments les plus critiques.

Dans ce livre, l’amour familial est omniprésent et peut offrir une vraie bouffée d’oxygène aux personnes qui ont parfois l’impression d’avoir une famille à part voire carrément dysfonctionnelle. Ce livre est en effet la preuve qu’une famille n’a pas besoin d’être parfaite, d’ailleurs la famille parfaite n’est-elle pas une vue de l’esprit, pour être soudée et être un lieu de refuge quand ses membres ont besoin de réconfort.

J’ai en outre beaucoup aimé la manière dont Alejandro Palomas aborde certains thèmes comme l’homosexualité ou encore le deuil, que ce soit d’une personne ou d’une relation qui n’a jamais vraiment commencé. L’homosexualité ne nous est ainsi pas présentée à travers des personnages caricaturaux, mais comme une chose naturelle qui fait simplement partie de la vie. Tellement vrai, mais tellement important à rappeler… Quant au deuil, il le traite avec délicatesse nous montrant que malgré le mal qu’une absence peut faire, l’important est de continuer à avancer tout en laissant une place aux absents.

Enfin, je ne connaissais pas l’auteur, mais j’aurai plaisir à suivre son travail ayant été séduite par sa plume que j’aurais envie de qualifier de « vivante ». Alors que le sujet de la famille n’est pas l’un de mes préférés, j’ai dévoré chacun des mots de l’auteur qui semblaient presque prendre vie devant mes yeux. J’imagine d’ailleurs très bien le roman adapté au cinéma ou à la télé. Il faut dire que grâce à la plume d’Alejandro Palomas, on ne lit pas Une mère, on le vit.

En résumé, j’ai adoré ce roman qui s’est révélé drôle, touchant et infiniment émouvant.  Si vous aimez les histoires avec des personnages touchants qui vous font ressentir des émotions allant du rire aux larmes, le livre est fait pour vous. Alors qu’attendez-vous pour rencontrer Amalia et sa famille ?

Votez « Moi d’abord » !, Roger Price

Votez "Moi d'abord"!

Je remercie Babelio et les Nouvelles Éditions Wombat pour la découverte de Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price, reçu dans le cadre d’une opération masse critique Babelio.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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La politique vous ennuie ? Ce livre est fait pour vous !

Du premier politicien préhistorique, un certain Blab le Lourdaud, aux campagnes télévisées modernes, le professeur Price révèle la logique absurde du système électoraliste, qu’il pousse à l’extrême en fondant le parti « Moi d’abord ». Son credo : le pur intérêt égoïste.
Invitant tous les électeurs avides à le rejoindre, il livre son programme et expose ses techniques de trucage des urnes, l’art de gérer les conférences de presse d’un candidat débile, mais aussi les manières de se défendre face à la menace des petits hommes verts…
Déjà inventeur de la désopilante théorie « pro-fainéantise » de l’Évitisme (Le Cerveau à sornettes), l’humoriste loufoque Roger Price signe ici une parodie décapante de manifeste politique, sapant avec un humour absurde et acerbe les fondements de notre système.

  • Broché: 192 pages
  • Editeur : WOMBAT EDITIONS (5 janvier 2017)
  • Prix : 18€

AVIS

Ayant une vision plutôt pessimiste de la politique, j’ai tout de suite été intriguée par ce livre qui semblait l’aborder de manière humoristique. Sur ce point, je n’ai pas été déçue.

Tout est loufoque dans ce livre à commencer par la raison de la création de la politique selon l’auteur : avoir la possibilité d’avoir une femme pour un tailleur de silex ambitieux, Marvin Ouk, condamné au célibat dans un village où seul le chef avait ce privilège ! Vous me direz, il en faut bien une et celle-ci n’est pas forcément pire que les raisons qui poussent certains de nos élus à se lancer en politique…

J’ai également adoré la manière dont Roger Price met en avant le rôle de l’apparence en politique au détriment de l’intellectuel :

« Martin se serait bien présenté comme candidat, mais il savait que personne n’aurait envie de voter pour lui. Il n’était pas votogénique. D’abord, il était physiquement peu attrayant, même au regard des critères très peu exigeants de l’époque. Ensuite, depuis qu’il avait inventé la roue, on le considérait comme quelqu’un d’intelligent, autrement dit quelqu’un d’instable et de radical. « 

« Tu as du charisme et de l’aplomb, dit Marvin. Et puis, dans la tribu, tu es celui qui parle le plus fort. (Sans le savoir, Marvin venait de définir pour la première fois ce qu’on appelle aujourd’hui la « personnalité »). « 

Après une petite introduction sur l’origine de la politique, on découvre un directeur de campagne soutenant un candidat pour le parti Moi d’abord à la ligne politique claire et franche : se faire élire et s’en mettre plein les poches. Et c’est juste brillant ! Les amoureux de la politique s’en offusqueront peut-être, mais j’adore ce concept qui traduit clairement ce que les affaires de détournement de fonds récurrentes et de favoritisme peuvent finir par nous laisser penser.

Et les idées du parti sont plus cyniques les unes que les autres. Citons la proposition de faire cracher les pauvres par un impôt sur le revenu, certes progressif, mais dans l’autre sens. Imaginez, avec une faible imposition sur les revenus les plus élevés, les riches préféreront payer leurs impôts plutôt qu’engager des fiscalistes, question de rentabilité. Quant aux pauvres, en les imposant fortement, ils seront motivés pour travailler plus et participer à l’effort collectif au lieu d’user et d’abuser de l’aide sociale. Cynique, je vous dis…

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Pour nous prouver le bien-fondé du parti Moi d’abord, l’auteur utilise des concepts a priori sérieux comme les statistiques ou encore la psychologie pour mieux les tourner en dérision avec un raisonnement par l’absurde qu’il semble maîtriser à merveille. Il nous offre même une version très « Moi d’abord » de la célèbre fable Le Lièvre et la tortue avec une morale très loin de l’originale. Comme quoi, « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme » pour le meilleur ou pour le pireet avec notre directeur de campagne, ça semble bien souvent pour le pire. 

Grâce à ce dernier, nous apprenons même toutes les ficelles pour mener à bien une campagne électorale en passant de la meilleure manière de photographier son candidat à la propagation de rumeurs malveillantes sur ses concurrents ou encore la manière de trafiquer une machine à voter.

Alors oui, l’auteur se veut volontairement excessif et provocateur ; c’est d’ailleurs ce qui est savoureux. Les propositions du parti Moi d’abord parodient tellement les comportements des hommes politiques, qu’on en viendrait presque à les défendre, j’ai dit presque… Il faut donc prendre l’ouvrage pour ce qu’il est, un livre qui, sous couvert d’humour et de cynisme, met néanmoins en lumière les nombreuses dérives politiques.

Si les hommes politiques en prennent pour leur grade, les citoyens ne sont pas non plus épargnés, le parti Moi d’abord mettant en avant la propension humaine à faire passer ses propres besoins avant ceux de la collectivité. Il souligne également certains défauts bien humains comme la paresse intellectuelle. De là à dire qu’on a les politiciens qu’on mérite, il n’y a qu’un pas que l’on franchira ou non, en fonction de ses propres convictions.

Pour ceux qui craindraient que le livre soit peu adapté au système politique français bien différent de celui des USA, pas de panique, l’homo politicus est un animal universel. La plupart des dérives dénoncées par l’auteur s’appliquent donc parfaitement à nos politiciens français. A noter également que si le livre date d’une soixantaine d’années, il ne semble pas avoir pris une ride et aurait très bien pu, à quelques détails près, être rédigé par un auteur de notre époque.

Les petits plus…

Le livre est agrémenté d’illustrations plutôt sommaires, mais en totale adéquation avec son contenu permettant d’en renforcer le côté comique :

A noter également, des notes de bas de pages régulières qui sont bourrées d’humour et qui m’ont faite, à plusieurs reprises, bien sourire voire rire. Oui, vaut mieux ne pas lire le livre dans un endroit public sauf, éventuellement, à vouloir engager la conversation sur le parti Moi d’abord, qui bien qu’américain aurait sûrement de l’avenir en France.

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Le seul petit bémol…

La seule chose qui m’ait un peu dérangée, c’est que dès le préambule est fait mention d’un précédent livre de l’auteur : Cerveau à sornettes. Alors on peut comprendre Votez « Moi d’abord » ! sans l’avoir lu, mais je préfère, autant que faire se peut, lire les choses dans l’ordre.

Cela m’a donc un peu frustrée même si ce n’est pas à cause du livre, mais plutôt en raison d’une certaine rigidité de ma part sur ce point.

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Pour conclure, Votez « Moi d’abord » ! de Roger Price est une excellente surprise que j’aurais certainement ratée sans la masse critique Babelio. Par son style d’écriture simple, mais percutant et son cynisme à toute épreuve, l’auteur arrive à rendre son livre complètement addictif. Les thèmes abordés sont plutôt sérieux mais traités, en apparence, de manière tellement légère que vous ne verrez pas défiler les pages. N’ayez donc pas peur d’un ouvrage pompeux !

Je conseillerais cette satire à toutes les personnes ayant envie d’une lecture légère, mais porteuse de réflexion, sur le monde politique (politiciens et citoyens inclus). Écrit il y a une soixantaine d’années, ce livre prouve, les dernières élections américaines en étant un exemple frappant, que les choses n’ont pas forcément beaucoup évolué… Mais après la lecture de ce livre, vous serez au moins capable d’en rire ou d’essayer de faire évoluer les choses à moins que vous ne préfériez tenter la création d’un parti « Moi d’abord » !