Premières lignes #64 : Jiazoku, Maëlle Lefèvre

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette session, j’ai eu envie de vous présenter les premières lignes d’un livre qui me tente depuis que j’en ai entendu parler et que j’espère bientôt prendre le temps de découvrir :

Jiazoku (A.M. ROM.FRANC) par [Lefèvre, Maëlle]

Kabuchiko, le quartier le plus dangereux de Tokyo, territoire des yakusas. Daisuke, membre du redoutable clan Kobayashi, dirige un vaste réseau de mères porteuses vouées à approvisionner de riches chinois en mal d’enfants.

Kei, qui a été conçu pour un couple de Shanghaiens, n’a pas connu ses parents, morts accidentellement avant sa naissance. Il a grandi entre l’affection de sa mère porteuse et la défiance de Daisuke, qu’il considère comme son père. Jusqu’au jour où ce dernier lui révèle le secret de sa naissance et l’existence de sa soeur, restée en Chine. Kei entreprend dès lors de partir pour Shanghai, décidé à relier le fil de ses origines. Jiazoku : de « jia » en chinois et « kazoku » en japonais, deux mots qui signifient « famille ».

Sur fond de trafics et d’exploitation humaine, Maëlle Lefevre, dix-neuf ans, explore dans ce premier roman émouvant l’amour idéal qui unit parents et enfants.

PREMIÈRES LIGNES (hors prologue)

— Tu n’en as plus pour longtemps, n’est-ce pas ?
Bo redressa la tête, décolla un instant ses lèvres de sa paille orange fluo et cessa de siroter son lait de soja. Elle plongea ses yeux vides de toute expression dans le regard navré de Guan Yin et baissa de nouveau la tête, sa frange noire et proprement taillée cachant une partie de ses sourcils froncés.
Guan Yin ne voulut pas l’importuner davantage et soupira en fermant les yeux quelques secondes. Elle tendit une nouvelle fois la main vers son verre de hoppy et en but une longue gorgée avant de se tourner vers le visage triste de son amie. Ne sachant pas trop quoi dire, elle se perdit dans la contemplation muette du bar en acajou aux allures vintage, noyé dans une lueur rougeâtre.
Il n’y avait plus beaucoup de monde à cette heure-ci et le serveur aux traits fins que Guan Yin trouvait plutôt à son goût était désormais seul pour s’occuper des différentes tables.
— Arrête de le fixer comme ça, grogna soudain Bo, il va finir par te remarquer…
Guan Yin éclata de rire, manquant recracher sa gorgée de hoppy.
— Si seulement c’était le cas… Je ne suis plus capable d’attirer l’attention de qui que ce soit… Regarde-moi ! s’écria-t-elle, en tirant sur son T-shirt délavé et trois fois trop grand pour elle. Je ne ressemble plus à rien, Bo… Depuis la naissance de ma fille…

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

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Le livre surprise du mois : janvier 2019

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LE PRINCIPE

Afin de sortir de ma zone de confort ou, du moins, de faire de nouvelles découvertes littéraires, j’ai décidé d’instaurer le principe d’un livre surprise par mois. Le principe est simple, une fois par mois, quelqu’un (mon compagnon, un(e) ami(e), un parent, vous si ça vous tente…) me choisit un livre, en priorité un ouvrage graphique, à lire. L’idée étant de découvrir des livres sans forcément alourdir mes étagères, les emprunts à la bibliothèque seront privilégiés.

LE CHOIX DE MONSIEUR

Pour cette première session, mon compagnon s’est prêté au jeu. Il connaît mes goûts sans pour autant suivre précisément les titres que je lis. C’est donc avec amusement que j’ai découvert mon premier livre surprise, le premier tome d’une série que j’adore et que je vous recommande fortement :

Il a donc emprunté un autre titre qui, cette fois, m’est complètement inconnu : Memphis. La BD lui a tapé dans l’œil d’abord à cause de son titre puisqu’il avait eu l’occasion de visiter la ville et ensuite à cause du résumé qui lui a semblé comporter assez de mystère et de bizarrerie pour me plaire.

Louis Rockwell est maquettiste pour le quotidien de la ville de Memphis, Tennessee. Alors qu il retrouve par hasard son ex-fiancée, celle-ci ne le reconnaît pas. Il découvre qu elle vit en fait dans une vaste résidence où les habitants mènent une existence végétative. Roosevelt, un collègue de Louis très adepte de la théorie du complot, a lui aussi remarqué d’étranges phénomènes en ville. Les deux hommes se rendent progressivement compte que la ville semble être coupée du monde depuis les années 60…

Rodolphe et Bertrand Marchal signent avec Memphis un thriller mystérieux et haletant – dans la lignée de Dark City d’Alex Proyas – qui nous fait revivre l’ambiance si particulière des villes américaines dans les années 60.

EXTRAIT

SUIS-JE TENTÉE ?

À première vue, la couverture ne me plaît pas beaucoup, ce qui fait que je n’aurais probablement jamais eu la curiosité de lire la quatrième de couverture. Et cela aurait été dommage, car M. avait raison, le résumé dégage assez de mystère pour me donner envie d’en apprendre plus sur cette étrange ville coupée du monde.

Et vous, connaissez-vous cette BD ?

Le garçon et la ville qui ne souriait plus, David Bry

 Le garçon et la ville qui ne souriait plus , David Bry

Je remercie les éditions Lynks pour m’avoir permis de découvrir Le garçon et la ville qui ne souriait plus de David Bry. Je les remercie également pour les jolis goodies qui accompagnaient le livre : une clef qui prendra tout sens une fois que vous aurez lu le roman, deux posters dont un qui est sublime, et un extrait.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Paris. XIXème siècle. L’Église de la Norme a parqué tous ceux qui ne sont pas conformes à la Cour des Miracles. Romain, 15 ans, est fasciné par ceux que l’on nomme les anormaux. Quand il apprend l’existence d’un complot visant à les éliminer, il décide de tout faire pour les aider.

Romain fuit chaque nuit sa demeure bourgeoise et confortable, pour rejoindre la Cour des Miracles où vivent les anormaux – fous, difformes, obèses, et autres parias parqués là par les Lois de l’Église. Le soir de ses quinze ans, il découvre qu’un terrible complot vise les habitants de la Cour.
Des coupe-gorges de Mouffetard aux ruines de Notre-Dame, il devra compter sur son ami Ambroise, sur Joséphine, Lion et Akou, pour lever le voile sur la conjuration et échapper aux terribles Lames Noires, à la solde de l’archevêque de Paris.
Dans un monde assombri par la peur et l’intolérance, le salut peut-il venir de quelques adolescents en quête d’amour et de liberté ?

Lynks (10 janvier 2019) – 362 pages – 16,90€ – ebook disponible

AVIS

Comme toujours avec les éditions Lynks, la couverture du roman attire le regard,  mais le superbe travail d’édition ne s’arrête pas là puisque vous découvrirez, à la fin de chaque chapitre, une illustration… Un petit détail qui rend cette expérience de lecture, déjà fort plaisante, encore plus agréable.

Le garçon et la ville qui ne souriait plus est, en effet, un roman que j’ai dévoré complètement happée par l’histoire, et la manière dont David Bry introduit ses personnages et son intrigue. Il nous plonge dès les premières lignes, ou presque, dans un Paris du 19e siècle hostile à toute forme de différence ! Les personnes ne respectant pas les Lois de la Norme édictées par la puissante Église sont considérées comme une menace pour la société. Et à ce titre, elles sont tout simplement parquées sur une île au sein de laquelle s’est constituée, par la force des choses, la Cour des Miracles.

Alors que cette assemblée d’anormaux rebute et suscite l’hostilité d’une grande partie des Parisiens, Romain, quant à lui, est fasciné par cet espace de liberté qu’il se complaît à épier la nuit tombée, quitte à prendre de gros risques. En tant que fils du Chef de la Police, sa place n’est pas parmi ces fous, infirmes et autres laissés-pour-compte, mais dans une maison bourgeoise à se forger un reluisant avenir… Mais si Romain ne manquerait pour rien au monde ses virées nocturnes, ce n’est pas que pour fuir une vie qui ne lui sied pas, c’est avant tout pour une autre raison, une de celles qui le poussent à se sentir bien plus proche de tous ces parias que des siens, nobles et autres bourgeois.

Bien que ce soit extrêmement frustrant pour moi, je n’en dirai pas plus sur ce sujet si ce n’est que j’ai adoré la manière dont l’auteur aborde un sujet encore tabou dans certaines cultures et certains milieux. C’est fait avec beaucoup de délicatesse et de sensibilité au point d’en faire, du moins à mes yeux, un des atouts de ce livre. Mais c’est loin d’être le seul…

À travers ce Paris qui chasse et qui pourchasse tous ceux qui n’ont pas la chance d’entrer dans les carcans de la norme, l’auteur nous offre une très belle dénonciation de l’intolérance, et par ricochet, un très bel hymne à la tolérance. Comme Romain, vous ne pourrez qu’être offusqués, si ce n’est révoltés, par la manière dont un groupe de personnes s’arrogent le droit de vie et de mort sur d’autres humains jugés inférieurs pour des motifs abscons et ridicules. Cela n’est pas d’ailleurs sans rappeler, dans une certaine mesure, une certaine idéologie et ses monstrueuses conséquences…

Au fil des pages, on se prend d’affection pour Romain qui va tout tenter pour sauver les anormaux d’un horrible complot qu’il découvre par hasard. Il n’a alors pas d’autre choix que de se lancer, aux côtés de ses amis, dans une course effrénée contre la montre, quitte à devoir trahir les siens et à renoncer à une vie de nanti. Le chemin pour démanteler le complot sera semé d’embûches et de dangers, mais il sera aussi ponctué de belles rencontres, d’amour et d’amitié.

Courageux et réactif, Romain se révèle la pierre angulaire du roman. De par sa force de caractère et la manière dont il essaie de rester fidèle à ses idéaux, malgré les difficultés, il réussit à fédérer des personnes très différentes de lui, même si la peur poussera certaines d’entre elles à préférer la violence à la raison. Idéaliste, sans être rêveur, et motivé par des valeurs fortes, Romain est donc un personnage dont j’ai aimé la construction et l’évolution.

Les autres personnages sont également intéressants, chacun ayant une personnalité forte, mais ils auraient peut-être mérité un peu plus de consistance. Mais je comprends le choix de l’auteur de centrer son intrigue sur Romain et ses relations avec les autres protagonistes plutôt que d’approfondir la psychologie de chacun. Cela ne m’a d’ailleurs pas empêchée de me prendre d’affection pour certains personnages comme Ambroise, le meilleur ami de Romain. On sent chez lui cette même soif de liberté et cette même gentillesse qui le pousse à prendre des risques par amitié et par conviction. Un autre personnage, en retrait pendant une partie du livre, m’a également beaucoup touchée. Il prouve que les apparences peuvent être trompeuses et que par amour, certaines personnes sont prêtes à faire de grands sacrifices…

Le livre fait 350 pages, mais je l’ai presque lu d’une traite, la fluidité de la plume de l’auteur, le rythme du récit, la présence de nombreux dialogues et l’enchevêtrement rapide des événements rendant la lecture aussi prenante qu’immersive. De la même manière, en introduisant chacun des chapitres par des extraits de documents officiels ou plus personnels, l’auteur facilite l’immersion dans ce Paris sombre et intolérant dont on découvre, petit à petit, les règles et les principes. Difficile donc de s’ennuyer avec cette aventure menée tambour battant d’autant que se dégage de l’intrigue une certaine tension : à mesure que les heures et les jours passent, on ressent une véritable angoisse à l’idée que la foudre s’abatte sur la Cour des Miracles. Ce sentiment d’urgence vous poussera à tourner les pages les unes après les autres avec l’espoir que Romain et ses amis arrivent à déjouer l’infâme complot.

En conclusion, grâce à une plume fluide et élégante, et un protagoniste qui se bat pour ses idéaux, la liberté et le droit d’être soi, l’auteur nous offre ici une très belle aventure et un joli hymne à la tolérance. Si vous recherchez une lecture rythmée qui vous fera vivre mille péripéties et mille émotions, Le garçon et la ville qui ne souriait plus est fait pour vous.

Et vous, envie de découvrir Le garçon et la ville qui ne souriait plus ?

 

 

Top Ten Tuesday #113 : les 10 raisons pour lesquelles j’aime la littérature jeunesse

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Alors que jeune, j’ai très vite abandonné la littérature jeunesse au profit des lectures pour « grands », depuis quelques années, je redécouvre avec grand plaisir ce genre qui, à mon grand regret, souffre parfois de certains préjugés…

Je vous propose donc 10 raisons pour lesquelles j’aime la littérature jeunesse :

  • pour les belles couvertures : les éditeurs mettent tout en œuvre pour attirer l’attention des jeunes lecteurs, ce qui se traduit par de somptueuses couvertures. Et ce qui marche sur les enfants, marche également sur certains adultes qui, comme moi, adorent les beaux ouvrages.

  • parce que les romans jeunesse sont souvent illustrés et/ou proposés en édition collector :

Malenfer - Edition Collector (Tome 1) - La forêt des ténèbres par [O'Donnell, Cassandra]

  • parce qu’il existe une offre pléthorique : en prenant le temps de faire un tour en librairie, difficile de ne pas trouver son bonheur…

Livres, Librairie, Livre, Lecture

  • parce que les romans jeunesse ont souvent plusieurs niveaux de lecture… Ils véhiculent ainsi parfois des messages importants, et peuvent, dans une certaine mesure, aider les enfants à faire face aux épreuves qu’ils traversent et/ou aux changements qu’ils ne manqueront pas de connaître…

  • pour rêver, retrouver son âme d’enfant et oublier, même si ce n’est que quelques heures, le quotidien…
  • parce que certains livres jeunesse permettent de se remémorer de beaux souvenirs : j’aime parfois relire certains livres de mon enfance, ce qui ne manque jamais de faire remonter à la surface de beaux souvenirs et d’intenses émotions…

  • parce que la littérature jeunesse favorise l’échange intergénérationnel et la lecture en famille : c’est certainement l’une des choses que je préfère avec ce genre.

  • parce que la littérature jeunesse est un excellent moyen de sortir d’une panne de lecture ou de caser un livre dans un emploi du temps chargé : avec une narration souvent plus facile à suivre que dans un roman pour adulte, les livres jeunesse me permettent de lire même pendant les périodes chargées ou quand mon niveau d’attention n’est pas au beau fixe…

  • parce que la littérature jeunesse offre des séries parfois longues, mais souvent rapides à lire et addictives ! Et quand on a de la chance, elles sont même portées au cinéma.

  • parce que lire un livre jeunesse, c’est bien souvent ouvrir le débat et la discussion : cela vous surprendra, ou pas, mais je peux rarement lire un livre jeunesse dans un espace public sans recevoir des regards interrogatifs, voire plus rarement, une remarque. Même son de cloche de la part de mes proches et de mes amis qui sont toujours étonnés que je lise des « livres pour enfants ». Si la répétition rend la chose parfois lassante, je trouve également que la littérature jeunesse est un formidable vecteur de discussion. C’est d’ailleurs toujours un plaisir quand une personne réfractaire à l’idée de lire des livres aussi « peu sérieux » finit par se laisser tenter…

Et vous, pour quelle(s) raison(s), lisez-vous ou ne lisez-vous pas de littérature jeunesse ?

Les improbables, Carrie Firestone

Les improbables par Firestone

Je remercie Babelio et les éditions Fleurus pour m’avoir permis de découvrir Les improbables de Carrie Firestone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est l’été. Sadie s’apprête à passer des vacances ennuyeuses. Elle restera avec ses parents et travaillera au marché. Ses amies lui manqueront.
Mais les choses ne vont pas se dérouler ainsi : un jour, une voiture déboule à toute vitesse et un homme complètement soûl en sort pour faire ses courses. Sadie découvre un bébé sur la banquette arrière. Lorsque l’homme revient de ses courses, elle décide de l’empêcher coûte que coûte de repartir et de sauver ce bébé. Elle finit à l’hôpital. Son exploit fait le tour de la ville. Lors d’une soirée pour recevoir le prix du jeune héros de la ville, elle rencontre quatre autres jeunes tous impliqués dans différentes actions humanitaires. Ils décident de consacrer leur été à lutter contre le harcèlement sur les réseaux sociaux. À la fin de l’été, ce groupe d’« Unlikelies » a réussi à se faire connaître comme groupe actif dans la lutte contre les injustices, le harcèlement, et Sadie démarre son année de lycée avec de nouveaux amis.

FLEURUS (14 septembre 2018) – 428 pages – 16,90€ (broché) – Ebook disponible

AVIS

Les improbables, c’est le genre de lecture qui vous donne le peps pour la journée, le sourire aux lèvres et l’envie d’aider votre prochain à l’instar de ces cinq adolescents qui vont se rencontrer lors d’un repas destiné à récompenser leur bravoure et leur engagement pour la société. Ce repas, qui n’aurait pu être qu’un banal événement, va être le point de départ d’une très belle amitié !

L’autrice nous offre ici une galerie de personnages variée autant en termes de personnalité que d’origine ethnique ou socioculturelle. Une mixité sociale qui rend l’histoire prenante et qui explique, en partie, l’alchimie qui s’opère entre les protagonistes. Chacun se démarque de l’autre et apporte quelque chose au groupe même si certains protagonistes prennent, de par leur personnalité et les problématiques qu’ils rencontrent, un peu plus de place que les autres.

Si nos cinq héros sont bien présents tout au long du récit, l’histoire se concentre néanmoins autour de Sadie, une fille aussi gentille qu’altruiste à laquelle il est difficile de ne pas s’attacher. On comprend donc aisément que M. Upton, un homme âgé et malade, n’hésite pas à lui confier une mission qui lui tient particulièrement à cœur : réparer les errances de son « lézard » de père, un être abject ayant construit sa fortune sur le malheur et l’exploitation d’autrui. Pour ce faire, il confiera à la jeune fille une valise au contenu, de prime abord, bien énigmatique… Sadie, en plus de cette délicate mission, doit également faire face aux séquelles physiques, et surtout mentales, de l’agression dont elle a été victime quand elle a voulu sauver la vie d’un bébé.

Elle pourra heureusement compter sur le soutien de ses nouveaux amis qu’elle apprendra, petit à petit, à mieux connaître. Il y a donc Alice, une passionnée de chiens, qu’elle avait déjà eu le loisir de côtoyer durant son enfance, Val, amoureuse d’un goujat, Jean, un artiste qui a vécu des choses éprouvantes qu’il extériorise grâce à son art, et Gordie, un garçon avec lequel Sadie va au lycée et dont elle s’était amourachée plus jeune. Loin de passer l’été à rêvasser, ces cinq amis vont essayer de satisfaire le dernier souhait de M. Upton, et entreprendre de lutter contre le harcèlement scolaire et les trolls qui pullulent sur internet. C’est ainsi que naissent Les improbables, sorte de justiciers anonymes qui apportent un peu de bonté parmi un océan de méchanceté.

Le harcèlement scolaire est un sujet de plus en plus évoqué dans la littérature ce que, en tant qu’ancienne harcelée, je trouve salutaire. Mais ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que l’autrice le fait avec intelligence. Au lieu de développer de grands principes, jolis sur le papier, mais difficilement applicables en réalité, elle ouvre une nouvelle voie. Elle montre à chacun, enfant comme adulte, que lutter contre ce fléau peut se faire par petites touches, que chaque bonne action, aussi simple soit-elle, peut faire boule de neige et contribuer à faire changer les choses. Dit comme ça, l’idée peut sembler simpliste, voire utopiste, mais Sadie et ses amis nous prouvent que ce n’est pas le cas. Que la méchanceté existe, mais que rien ne nous oblige à faire partie des haineux et autres trolls. Que la bonté ne se mesure pas en termes de valeurs monétaires, mais de ces petits actes qui offrent un peu de lumière à ceux qui sont dans le noir.

Les Improbables, c’est donc une belle histoire d’amitié, de celle qui fait grandir et permet d’en apprendre plus sur soi-même. Bien qu’elle ne soit pas au centre de l’intrigue, c’est aussi une histoire d’amour qui a su me faire sourire et m’attendrir alors que je ne suis pas une très grande amatrice du genre. J’ai apprécié que les personnages prennent leur temps pour s’avouer leurs sentiments même s’il ne faut pas très longtemps aux lecteurs pour deviner qu’il y a de l’amour dans l’air…

Mais au-delà de l’amour et de l’amitié omniprésente, le roman aborde des thèmes difficiles comme le harcèlement qu’il soit scolaire ou sur Internet, le handicap, les relations toxiques, la difficulté de trouver sa voie, les traumatismes, l’addiction notamment à la drogue… Le volet drogue prend d’ailleurs une certaine importance dans l’histoire, ce qui n’est pas forcément mis en avant dans le résumé. Je n’en dirai pas trop sur ce point, mais comme avec le harcèlement, Carrie Firestone nous offre un traitement pertinent du sujet. Sans tomber dans la moralisation à outrance, elle permet aux lecteurs de se rendre compte des conséquences néfastes de cette addiction sur la vie d’une personne, mais aussi sur son entourage. La seule chose qui m’a un peu dérangée, mais qui, d’une certaine manière, me semble réaliste dans certaines familles, c’est le déni des parents. Un déni qui contraint une jeune fille à prendre des responsabilités bien trop lourdes pour son âge…

L’autrice, tout en nous offrant un roman résolument optimiste, ne tombe donc pas dans la niaiserie. Malgré toute leur bonne volonté, Les improbables ne pourront rien faire contre l’égoïsme et la cupidité de certains individus. Ils ne pourront pas non plus sauver, contre leur volonté, les personnes qui refusent de l’être, mais peu importe, car ils ont réussi à lancer une dynamique d’entraide et de bienveillance qui porte, petit à petit, ses fruits…

Quant à la plume de l’autrice, elle est efficace !  Pas de fioritures, ni d’effets de manche qui auraient, de toute manière, alourdi le récit. On est dans du pragmatique avec des phrases relativement courtes, mais travaillées, de nombreux dialogues, des réparties percutantes… Un style accessible qui devrait plaire aux adolescents et aux adultes aimant les textes qui se lisent facilement. Petit détail qui devrait également séduire les jeunes lecteurs, la transcription de certains des SMS de la petite bande qui aime beaucoup ce mode de communication.

En conclusion, l’autrice, d’une plume simple mais entraînante, nous parle d’amitié, d’amour, mais aussi de harcèlement, de drogue et de méchanceté. Malgré des problématiques parfois difficiles, il ressort de ce roman une telle positivité que j’aurais envie de le qualifier de feel-good. À la fin de votre lecture, vous devriez avoir le sourire aux lèvres et l’envie, comme Les improbables, de faire le bien autour de vous. Cela tombe bien puisque Carrie Firestone nous prouve que cela est à la portée de chacun d’entre nous.

Alors qui a envie de rejoindre Les improbables ?

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In My Mailbox #98 : spécial emprunts

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


Depuis quelques semaines, j’ai beaucoup de mal à me concentrer sur mes lectures. J’ai donc décidé de faire un petit passage à la bibliothèque pour faire le plein d’ouvrages graphiques puisque c’est un genre qui ne demande pas une attention de tous les instants ni un investissement trop important en termes de temps.

ROMANS

Le chant du troll (Grand Format) par [Bottero, Pierre, Francescano, Gilles]

OUVRAGES GRAPHIQUES

LIVRES AUDIO

Et vous, avez-vous lu certains de ces titres ?

Tag sur les livres

Machine À Écrire, Livre, Notes, Papier

Les Univers parallèles de Millina propose un TAG littéraire sympathique qui m’a bien donné envie, à mon tour, d’y répondre.

QUESTIONS SUR LES LIVRES

  • Un secret, une habitude de lecteur inavouable

J’ai longtemps lu la fin avant de décider d’acheter ou non un livre. Je boycottais les fins qui me dérangeaient, typiquement celles qui vous arrachent toutes les larmes de votre corps. Puis, petit à petit, j’ai perdu cette habitude.

Cri, Dame, Beauté, Femme, Triste

Je ne pense pas avoir d’autre habitude inavouable si ce n’est de choisir systématiquement le livre en meilleur état dans les étalages d’une libraire, ce qui me pousse à sortir les livres un par un pour vérifier leur état. Ce n’est pas inavouable, mais j’ai parfois un peu honte d’être aussi tatillonne sur ce point.

  • Une manie de lecture

Je ne peux pas m’empêcher d’arrêter de temps en temps ma lecture pour admirer l’ouvrage que je tiens entre les mains (peut-être l’une des raisons pour lesquelles je n’adhère pas totalement à la lecture numérique). J’en profite généralement pour relire la quatrième de couverture.

Lecture, Femme, Jardin, L'Extérieur

  • Un critère important pour toi dans les livres

Je suis très sensible à la plume de l’auteur adorant les belles plumes. Mais je le suis encore plus vis-à-vis du travail de correction. Et je regrette que, sous couvert de divertissement, on en vient à juger ce critère secondaire ou dépassé. Cela tend à m’inquiéter : si dans un livre, on ne peut pas trouver un français impeccable, dans quelle(s) autre(s) circonstance(s) peut-on l’espérer ? Cela est d’autant plus dommage et préjudiciable que lire des fautes est le meilleur moyen pour les faire à notre tour du moins, si comme moi, vous avez une mémoire visuelle.

Assistant, Magie, Défilement, Mage

  • Livres, genres contre les coups de mou

Quand vraiment j’ai un coup de mou ou une panne de lecture, j’aime me tourner vers des livres légers de chick-lit comme ceux de Sophie Kinsella. Sinon, je plébiscite les ouvrages graphiques qui me permettent de passer un bon moment sans devoir m’impliquer dans une lecture trop longue.

  • Les adaptations cinématographiques

Je préfère lire le livre avant de voir son adaptation cinématographique. J’essaie de me dire que les deux sont deux œuvres distinctes sinon je suis systématiquement déçue…

Agfa, Vintage, Appareil Photo, Film

QUESTIONS SUR LE BLOGGING

  • As-tu essayé plusieurs plateformes ? Laquelle préfères-tu ? 

Pour mon ancien blog consacré au thé, j’utilisais blogger que je trouve bien moins intuitif que WordPress. Cette dernière plateforme me semble donner de plus jolis résultats même quand on n’est pas très à l’aise avec la technique. Mais son grand atout est de favoriser et simplifier les échanges avec les autres utilisateurs. Il est ainsi bien plus facile de liker un article et de laisser un commentaire sur WordPress que sur blogger.

Afrique, Américaine, Asie, Blanc

  • Quels sont, pour toi, les critères pour qu’un blog soit de qualité ?

J’aime les blogs avec un design assez aéré, mais assez joli, pour donner envie de parcourir les différentes rubriques. Cela ne m’empêche pas de suivre un blog si son design ne me plaît pas beaucoup, mais je le ferai peut-être avec un peu moins d’étoiles dans les yeux.

La seule chose que je n’aime vraiment pas, c’est quand il y a un encart qui s’ouvre pour liker une page FB à chaque fois que vous entrez sur un blog ou que vous consultez un article. Je vous rassure, si le contenu est de qualité, je suis quand même le blog, mais pas sans râler au passage.

  • Quels sont les avantages de tenir un blog ?

Il faudrait un article entier pour répondre à cette question, mais je citerai les deux raisons principales qui me viennent à l’esprit :

  • l’échange : depuis que j’ai un blog, j’ai découvert des personnes passionnantes et passionnées avec lesquelles je prends beaucoup de plaisir à partager cette passion de la littérature. Ces échanges m’ont également permis de faire plein de belles découvertes livresques et de sortir de ma zone de confort.
  • le suivi de mes lectures : tenir un blog me permet de faire régulièrement différents bilans, et me pousse à écrire des chroniques. Ce sont tout autant de traces de mes lectures que je n’aurais pas sans le blog.

Écrire, Fille, Fillette, Enfant, Écolier

Si le TAG vous a plu, n’hésitez pas à consulter le blog Les Univers parallèles de Millina et à partager vos réponses sur celui-ci.