In My Mailbox #172

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

Couverture Darryl Ouvremonde

Journal intime d'un emmerdeur par [Laurent GAULET]Love séduction: Ronde et sexy, T1 par [Jenna Ric'S]Abracadabri, abracalphabet ! La formule magique des lettres et des mots

Le Code de la déroute

EBOOKS

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Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

 

Bilan Challenge Le mois de la bit-lit

En juin, j’ai participé au Mois de la bit-lit dont je vous présente aujourd’hui un petit bilan.

BONNES LECTURES

  • La série d’urban fantasy Dynasties est pour moi une valeur sûre bien que je préfère Kate Daniels du même duo d’auteur. J’ai pris plaisir à retrouver les personnages dans ce deuxième tome et ai, de nouveau, passé un bon moment de lecture. Pour en apprendre plus, je vous invite à lire mon avis sur L’étincelle sous la glace.

Dynasties (Tome 2) - L’étincelle sous la glace par [Ilona Andrews, Guillaume Le Pennec]

  • Bane Seed tome 5 : l’autrice nous ayant laissé sur une fin ne pouvant que susciter une certaine tension et pas mal de questions, j’ai été ravie de découvrir ce cinquième tome dans lequel Bane se met véritablement à nu… Si vous aimez l’humour, les héroïnes grandes gueules multipliant les références à la pop culture et les duos où fusent les piques, cette série est faite pour vous.

Pour qui sonne le crépuscule: Bane Seed, T5 par [Fanny André]

LECTURE MOYENNE

  • Le baiser du dragon : l’histoire se lit toute seule et, ravissement, elle n’est pas centrée sur le sexe… L’univers aurait mérité d’être plus développé et les pouvoirs des héros mieux exploités, mais si vous avez envie d’une romance fantastique avec un protagoniste masculin protecteur et possessif qui ne tombe néanmoins jamais dans l’abus, ce titre pourrait vous plaire. Et cerise sur le gâteau, l’héroïne a une forme métamorphe non dénuée de charme que je n’avais jamais rencontrée dans un roman. Toutefois, ce titre n’ayant rien d’exceptionnel, il reste à classer du côté des livres « aussitôt lus, aussitôt oubliés ».

MAUVAISES LECTURES

  • Le côté girouette de l’héroïne et l’horripilant triangle amoureux du Souffle de la Lune m’ont fait grincer des dents… Cette lecture m’a frustrée parce qu’il y avait du potentiel avec notamment le côté mythologie égyptienne qui est le point fort du roman et qui apporte une pointe de mystère. Mais l’autrice se perd dans des longueurs incessantes et semble ne jamais oser prendre son envol préférant se cantonner aux grands stéréotypes du genre. Cela a rendu, du moins pour moi, la lecture vraiment poussive. Couverture Les sentinelles de l'ombre, tome 1 : Le souffle de la lune

 

  • Quant à La meute du Phénix, l’absence totale d’intrigue au profit de scènes de sexe répétées sans intérêt m’a plus que gênée d’autant que le tout est baigné d’une bonne dose de culture du viol.

Couverture La meute du phénix, tome 1 : Trey Coleman

L’autrice joue ainsi sur la nature des protagonistes pour entériner le principe bien connu que quand une fille dit non, elle pense oui… C’est juste qu’elle veut que le beau mâle lui prouve sa virilité. Dans une société saine où les femmes ne seraient pas violées tous les jours en raison de ce principe, cela aurait pu éventuellement passer (avec un message rappelant la nécessité de respecter le corps d’autrui), mais à l’heure actuelle, c’est juste insupportable… Cette pseudo justification du viol vole d’ailleurs en éclats quand l’héroïne se fait réveiller par un cunnilingus quand elle avait expressément demandé  à son compagnon de ne pas s’aventurer sur ce terrain. Il faudra m’expliquer comment cette scène peut prouver la virilité d’un homme. J’y vois plutôt l’arrogance de disposer du corps d’une femme comme il en a envie nonobstant ses demandes…

FLOP 

Dans le cadre du Mois de la bit-lit, j’ai eu quelques déconvenues qui m’ont rappelé pourquoi j’avais pris mes distances avec ce genre, le  summum des flops revenant à RedwoodJe vous invite à lire mon avis pour en apprendre plus sur ce roman qui est l’une des pires lectures de ma vie, et de loin.

Couverture Redwood, tome 1 : Jasper

ABANDON

J’ai également eu un abandon, pas que le livre soit pire que Redwood (là, ça aurait presque mérité une médaille), mais je n’avais pas le cœur de m’infliger une nouvelle torture. À la première scène de droit de cuissage, j’ai jeté l’éponge sans regret d’autant que le style d’écriture était plutôt pauvre et les dialogues d’une vacuité désespérante. C’est vraiment dommage parce que j’aimais l’idée de suivre une héroïne métamorphe, mais également DJ et présentatrice radio. Le profil était assez original et aurait pu offrir une sorte de renouveau du genre…

Couverture Kitty Norville, tome 01 : Kitty et les ondes de minuit

Si mon bilan est plus que mitigé, je suis néanmoins ravie d’avoir réussi à atteindre mon objectif soit la lecture de 6 romans de bit-lit bien que comme toujours, je n’ai absolument pas respecté ma PAL de départ. Je compte maintenant me cantonner à ce que j’aime, l’urban fantasy à la Kate Daniels.

Et vous, lisez-vous de l’urban fantasy et/ou de la romance paranormale ?

Pièces détachées, Phoebe Morgan

Pièces détachées par [Phoebe Morgan, Daniele Momont]

Corinne, Londonienne de 34 ans, a déjà eu recours à trois FIV. Mais cette fois, elle en est sûre, c’est la bonne. Elle va tomber enceinte. Cette cheminée miniature en terre cuite, qu’elle découvre un matin sur le pas de sa porte, n’est-elle pas un signe du destin ?
Cette cheminée coiffait le toit de la maison de poupée que son père adoré – célèbre architecte décédé il y a bientôt un an – avait construite pour elle et sa sœur Ashley quand elles étaient enfants.
Bientôt, d’autres éléments de cette maison de poupée font leur apparition : une petite porte bleue sur le clavier de son ordinateur, un minuscule cheval à bascule sur son oreiller…
Corinne prend peur. Qui s’introduit chez elle ? Qui l’espionne ? La même personne qui passe des coups de téléphone anonymes à Ashley ? Y a-t-il encore quelqu’un en qui la jeune femme puisse avoir confiance

L’Archipel (18 juin 2020) -384 pages – Broché (21€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Daniele Momont

AVIS

Encore très affectée par le décès de son père dont elle était très proche, Corinne doit également faire face à des difficultés pour devenir mère. Mais après une nouvelle FIV, elle en est persuadée, son plus grand rêve est sur le point de se réaliser. C’est donc avec le sourire et beaucoup de joie qu’elle accueille cette cheminée miniature trouvée sur le pas de sa porte et qui ressemble à celle de la maison de poupée de son enfance. Une maison fabriquée avec amour et un sens du détail impressionnant par son défunt père, un architecte de renom. L’enthousiasme des débuts devant ce signe du destin laisse toutefois place à l’angoisse quand la jeune femme commence à se sentir menacée par l’apparition soudaine et inexpliquée de nouvelles pièces de maison de poupée dans son appartement. 

Qui envoie ces pièces et pourquoi ? Appartiennent-elles vraiment à la maison de poupée d’enfance de Corinne et de sa sœur Ashley ou Corinne est-elle victime d’une imagination un peu trop riche ? Pourquoi sa mère fuit-elle les questions sur la maison de poupée et son époux décédé ? Et que cachent les absences et le comportement de plus en plus distant du mari d’Ashley ? Cela est-il lié aux appels anonymes et muets qu’Ashley reçoit et qui lui mettent les nerfs à vif ou cette dernière est également victime d’une personne aux intentions obscures ?

Quelques questions, parmi beaucoup d’autres, qui viendront hanter votre lecture en même temps que l’esprit de Corinne partagée entre l’envie de faire toute la lumière sur cette étrange et inquiétante histoire de pièces de maison de poupée et celle de devenir mère à tout prix.

Cette thématique de la maternité revêt d’ailleurs une certaine importance dans le roman que ce soit à travers le désir d’être mère et la difficulté de procréer ou la charge mentale écrasante qui repose sur les femmes. Ashley adore ses trois enfants, mais entre une adolescente qui semble en pleine crise, un bébé sujet aux terreurs nocturnes et un mari passant son temps à travailler, elle se sent dépassée par la situation. Sa seule bulle d’oxygène, un travail dans un café, seul endroit où elle n’est plus soumise aux impératifs domestiques…

J’ai apprécié ce parallèle entre les deux sœurs qui, d’une certaine manière, se coupent toutes les deux du monde : l’une en raison du désir viscéral d’être mère qui supplante tout et l’autre en raison d’une vie de famille dont le poids écrasant l’empêche de souffler. Elles pourront heureusement compter l’une sur l’autre, leur complicité ne faisant aucun doute. Mais cela sera-t-il suffisant devant l’aura de danger qui semble planer sur leur vie et qui, à mesure que l’on tourne les pages, nous prend à la gorge ? L’autrice a, en effet, un talent certain pour faire monter la tension crescendo et nous pousser à suspecter toutes les personnes qui gravitent autour des protagonistes.

Elle s’amuse également à jouer avec les nerfs de Corinne et d’Ashley qu’elle pousse dans leurs retranchements suscitant par là même une vive empathie de la part des lecteurs. Quand Ashley est pétrifiée à l’idée que son couple vole en éclats devant les sirènes de l’adultère, Corinne a, quant à elle, l’impression de devenir folle… Il faut dire que si son compagnon se montre d’un total soutien en ce qui concerne son désir d’enfant, partageant ses espoirs et ses peines, il se révèle bien plus sceptique en ce qui concerne son impression d’être épiée et menacée. Ce dernier m’a d’ailleurs passablement agacée par son refus obtus d’étudier avec impartialité les propos de sa compagne, considérant d’emblée que c’est son désir d’enfant et la mort de son père qui la poussent à voir des choses là où il n’y a que des hasards. Pour un journaliste, je ne l’ai pas trouvé très curieux… On ne pourra pas lui reprocher d’être victime de déformation professionnelle.

Ashley et Corinne adoraient leur père, mais pour Corinne, cela m’a semblé parfois être assez malsain, un peu comme si la jeune femme voyait en lui non pas seulement un père, mais une idole, un modèle de perfection. Il faut dire que l’homme semble avoir toujours veillé à briller et à être au centre de l’attention que ce soit dans sa vie personnelle et/ou professionnelle. Mais ce père adoré et adulé était-il vraiment aussi parfait que cela ? Une question que je laisserai volontairement en suspens… Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on perçoit parfaitement l’aura de toute-puissance de ce personnage qui continue à avoir une certaine emprise sur la vie de sa famille, un peu comme si son ombre n’était jamais loin.

En parallèle de la vie des deux sœurs, on découvre, grâce à des flash-back, l’enfance difficile d’un personnage mystère aux côtés d’une mère maltraitante psychologiquement qui ne lui a jamais apporté ni amour ni stabilité émotionnelle. Une enfance passée à épier, à jalouser et à inventer une autre vie, une vie bien plus heureuse. De fil en aiguille, on en vient à faire le lien avec le reste du roman et à entrevoir les conséquences funestes que l’obsession malsaine d’une mère aura sur la vie de sa fille, une fille autant victime que bourreau. À cet égard, la fin m’a donné quelques frissons, l’autrice lui insufflant une bonne dose d’horreur (mais pas de gore) qui ne devrait pas manquer de comprimer votre poitrine si, comme moi, vous êtes entrés en empathie avec les personnages.

Bien que la narration m’ait semblé parfois manquer de liant, j’ai passé un très bon moment avec ce thriller qui alterne les phases de doute et d’angoisse avec des moments plus chaleureux, ce qui le rend aussi réaliste qu’effroyable. On se plonge sans réserve dans la vie d’Ashley et de Corinne, deux sœurs qui n’auraient jamais imaginé devoir faire face à l’indicible… Sortiront-elles indemnes de cette épreuve ?  Il vous faudra vous plonger dans cette lecture pour le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que les amateurs de suspense, de secrets de famille et de thrillers psychologiques prenant le temps de faire monter la tension devraient trouver ici leur bonheur !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions de l’Archipel que je remercie pour ce partenariat.

Throwback Thursday Livresque #175 : artiste

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Je n’y connais pas grand-chose en art et j’avoue rarement prendre le temps d’approfondir le sujet bien que j’apprécie toujours d’aller au musée et notamment, au Musée d’Art moderne et contemporain de ma ville dont le concept architectural a le mérite de toujours susciter de nombreux débats autour de moi.

C’est d’ailleurs lors d’une visite à la boutique de ce musée que j’ai découvert un livre qui a tout de suite attiré mon attention : Rembrandt de Typex.

Couverture Rembrandt

« Rembrandt van Rijn (1606-1669) est un personnage complexe, à l’existence très riche et passionnante. Typex dépeint un Rembrandt bien à lui : fantasque, capricieux, vaniteux, arrogant, obtus, susceptible en même temps que touchant et attachant, voire digne de compassion. Un Rembrandt dépassé par son propre génie : qu’y peut-il s’il est plus brillant que les autres artistes ?

En se jouant des codes habituels de la biographie, Typex donne un point de vue sans concession, mais non dénué de tendresse, sur l’homme, le mari, le père… et l’artiste. Ainsi que sur l’époque qu’il a traversé et si grandement influencée. »

Lu il y a plusieurs années, je ne me souviens pas vraiment de la vie de Rembrandt, mais je garde une impression très positive de cet ouvrage que j’avais trouvé aussi magnifique qu’instructif. Il faudrait d’ailleurs que je pense à l’emprunter de nouveau…

Et vous, qu’auriez-vous proposé ?
Appréciez-vous l’art et/ou un artiste en particulier ?

Un crocodile ? Quel crocodile ? de Beatriz Osés

Couverture Un crocodile ? Quel crocodile ?

À la mort de sa mère, Laura est obligée de quitter sa maison pour habiter chez sa tante. Lors d’une promenade, elle découvre, caché dans un étang, un crocodile étrange qu’elle seule semble capable de voir. L’animal la suit partout et prend sa défense en toutes circonstances. Il mord les mollets de la tante Daniela, mange le parapluie d’une voisine acariâtre…
Mais les choses se compliquent lorsque le crocodile invisible dévore le directeur de la nouvelle école de Laura.
Car si personne ne comprend ce qui s’est passé, tout le monde a bien vu le directeur disparaître devant Laura. Comment va-t-elle pouvoir s’expliquer?

Bayard Jeunesse (16 janvier 2019) – 208 pages – 9/12 ans
Papier (9,90€) – Ebook (6,99€) – Traduction : Karine Suhard-Guié

AVIS

Dans cette histoire complètement loufoque, l’autrice nous plonge dans la vie de Laura. La jeune fille n’a pas le temps de faire le deuil de sa mère qu’elle doit quitter le village de son enfance en Toscane pour aller vivre chez sa citadine de tante Daniela. Femme très occupée qui, de surcroît, n’avait jamais ressenti l’envie d’avoir un enfant, Daniela va faire de son mieux pour aider sa nièce, mais la communication est parfois un peu difficile…

La vie de Laura va néanmoins prendre un tournant inattendu quand elle va découvrir, lors d’une promenade dans un parc, un crocodile ! Mais attention, pas n’importe quel crocodile, un crocodile facétieux qu’elle est la seule et unique à voir. S’imposant comme son protecteur, l’animal va l’accompagner partout et veiller sur elle avec beaucoup d’attention et de soin.

Avoir un crocodile comme fidèle animal de compagnie, ça, c’est original ! Mais pas forcément discret quand celui-ci a tendance à avaler les personnes qui contrarient la jeune fille. Et ce n’est pas le directeur de sa nouvelle école qui vous dira le contraire… Une enquête sur cette étrange disparition, qui sera accompagnée d’autres cas, va être alors lancée. Le pauvre inspecteur en charge de l’enquête n’y comprend rien : pas d’indice à se mettre sous les dents, une histoire abracadabrantesque de crocodile invisible, des disparitions soudaines et inexplicables… Le lecteur, s’il s’amuse de la situation, éprouve néanmoins un peu de peine pour cet adulte plongé dans un monde de perplexité.

À mesure que Laura s’attache à son crocodile, elle reprend un certain goût à la vie d’autant que, dans le même temps, elle se lie d’amitié avec un garçon japonais de son âge victime de harcèlement scolaire en raison de sa nationalité. Mais pas d’inquiétude, notre crocodile a bon cœur et n’a pas besoin de savoir parler pour expliquer sa manière de penser aux petits caïds qui se moquent du nouvel ami de Laura. De fil en aiguille, les deux ou plutôt les trois nouveaux amis en viennent à prendre une décision un peu folle : retourner dans la maison familiale de Laura. Commence alors pour eux un voyage mouvementé dans un train dont les membres d’équipage ne ressortiront pas indemnes.

L’histoire, non dénuée d’un certain humour, nous entraîne dans une course folle et décalée à l’aventure, entre rencontre avec un personnage atypique, confrontation avec la bêtise humaine qui n’attend pas les années, voyage mouvementé durant lequel vaillance et débrouillardise seront nécessaires… Il se passe donc toujours quelque chose dans ce petit livre rythmé qui devrait plaire aux jeunes lecteurs et aux adultes appréciant de se perdre dans le joli imaginaire de l’autrice. L’écriture, quant à elle, se révèle simple, percutante et dynamique.

En conclusion, Un Crocodile ? Quel crocodile ? offre une réflexion subtile et bien amenée sur le deuil, la difficulté d’accepter une perte et les différents stades par lesquels on passe face à une tragédie. De la colère à l’acceptation, les sentiments de Laura vont évoluer au gré de l’aventure jusqu’à ce qu’elle accepte de laisser partir son nouvel ami qui, d’une certaine manière, veillera toujours sur elle… Une jolie histoire qui, derrière un enchevêtrement d’actions irréalistes et plutôt amusantes, se révèle bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Top Ten Tuesday #180 : 10 idées de cadeaux à offrir à un(e) livraddict pour son anniversaire

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Mon anniversaire arrivant à grand pas, mon entourage m’a demandé avec une certaine insistance ce qui me ferait plaisir. Et force est de constater que la plupart de mes envies sont plus ou moins liées aux livres… J’ai donc eu l’idée de partager avec vous 10 idées de cadeaux à offrir à un(e) livraddict pour son anniversaire.

  • Un abonnement à une box littéraire ou une box littéraire à l’unité : ces deux dernières années, c’est principalement le cadeau que j’ai demandé à mon frère. En matière de box littéraires, il y en a pour tous les goûts et tous les budgets. Pour les amateurs de livres young adult lisant en anglais, je ne peux que conseiller la Fairyloot et la Owlcrate. Les goodies manquent de variété si vous êtes abonnés depuis longtemps, mais ils sont, en général, splendides tout comme les livres reçus.

En alternative française, vous avez la Kube, L’Exploratology, la Once upon a book, Le Ptit Colli

Autre solution : une box littéraire maison. Imaginez le plaisir de recevoir une box réalisée par les soins de l’un de vos proches. Pas besoin qu’elle soit superbe, qu’elle contienne le dernier livre à la mode ou des goodies onéreux, juste une bonne dose d’amour et d’affection vous montrant qu’on vous connaît et à quel point on tient à vous…

  • Une liseuse : je préfère nettement le papier, mais la liseuse a son utilité : gain de place, pléthore de livres à petit prix, voire gratuits (les auteurs et les maisons d’édition offrent régulièrement des ebooks), rétroéclairage (le graal quand vous êtes insomniaque), transportabilité…

 

  • Une lampe livre : je n’ai aucune idée de son efficacité en termes d’éclairage, mais le design a de quoi faire bondir le coeur de n’importe quel amoureux des livres !

  • Une ou des visites de bibliothèques : je ne sais pas vous, mais j’adore découvrir de nouvelles bibliothèques quand je visite d’autres villes et/ou régions. Alors pourquoi ne pas sélectionner un ou quelques établissements, plus ou moins loin de chez vous, à visiter avec un livraddict de votre entourage ? Un cadeau d’anniversaire, certes peu conventionnel, mais qui me ferait personnellement très plaisir…

  • Une tournée de boîtes à livres : même idée que pour les bibliothèques en essayant d’en profiter pour déposer quelques livres qui vous encombrent et/ou que la personne qui fête son anniversaire aimerait donner…
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Photo prise à Andrézieux-Bouthéon (Loire,42)

  • Des marque-pages : il existe des artistes qui proposent, notamment sur Etsy, des marque-pages magnifiques à des prix très raisonnables. À cet égard, j’aime beaucoup la boutique de Maryline Weyl dont je vous avais parlé dans un précédent article.

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Vous pouvez également offrir des marque-pages à gratter et à colorier. Cela permet de se détendre sans devoir programmer de longues sessions de coloriage ou de grattage et il existe pas mal de modèles différents.

  • Un coffret de livres, un beau livre, une édition collector…

 

  • Des bougies livresques ou du thé s’inspirant de livres et/ou d’auteur(e)s comme ceux proposés sur le site de Jane Austen Teas :
  • Une pochette à livre, un coussin de lecture… : en plus de protéger nos précieux, les pochettes à livres les habillent divinement bien. De nouveau, vous devriez trouver votre bonheur chez des petits créateurs au talent certain : La boutique d’Audrey (soldes de 50% en ce moment), My Books créations

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  • Un fauteuil de lecture, une bibliothèque, des étagères…

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Et vous, quel cadeau livresque aimeriez-vous recevoir pour votre anniversaire ?

 

 

All eyes on us, Kit Frick

All Eyes on Us

Pretty Little Liars meets People like Us in this taut, tense thriller about two teens who find their lives intertwined when an anonymous texter threatens to spill their secrets and uproot their lives.

PRIVATE NUMBER: Wouldn’t you look better without a cheater on your arm?

AMANDA: Who is this?

The daughter of small-town social climbers, Amanda Kelly is deeply invested in her boyfriend, real estate heir Carter Shaw. He’s kind, ambitious, the town golden boy – but he’s far from perfect. Because behind Amanda’s back, Carter is also dating Rosalie.

PRIVATE NUMBER: I’m watching you, sweetheart.

ROSALIE: Who IS this?

Rosalie Bell is fighting to remain true to herself and her girlfriend – while concealing her identity from her Christian fundamentalist parents. After years spent in and out of conversion « therapy », her own safety is her top priority. But maintaining a fake straight relationship is killing her from the inside.

When an anonymous texter ropes Amanda and Rosalie into a bid to take Carter down, the girls become collateral damage – and unlikely allies in a fight to unmask their stalker before Private uproots their lives.

PRIVATE NUMBER: You shouldn’t have ignored me. Now look what you made me do..

Blackstone Audio, Inc. – 04 juin 2019 – 10h26 minutes

AVIS

C’est en parcourant le catalogue Audible Stories que je suis tombée sur ce thriller young adult dont le résumé m’a tout de suite intriguée.

Et je dois dire que j’ai trouvé la lecture aussi entraînante que révoltante ! L’autrice, à travers cette histoire aborde, entre autres, le thème de l’homophobie et comment celle-ci peut contraindre une jeune fille à devoir mentir à sa famille afin de ne pas être rejetée. Rosalie aime les filles. Dans un monde idéal, cela n’aurait aucune importance, mais dans le monde de l’adolescente, cela change tout et fait de sa vie un véritable enfer.

Les parents de la jeune fille, membre d’une communauté chrétienne fondamentaliste, l’ont élevée dans l’idée qu’une jeune fille bien n’a pas le droit d’éprouver de l’amour pour une autre fille. Jamais. Obsédés par cette idée, ils n’ont ainsi pas hésité à inscrire Rosalie de force à une thérapie de conversion quand l’adolescente leur a avoué son homosexualité. Un comportement indigne de parents aimant et d’une violence psychologique indescriptible pour Rosalie. L’autrice n’entre pas dans les détails, mais l’on sent que cette expérience a profondément marqué l’adolescente qui, pour ne pas revivre cet enfer, préfère leur cacher sa relation avec sa petite amie, Paulina, en simulant une histoire d’amour avec le beau et riche Carter.

Comment ne pas être révolté devant des parents qui traitent leur fille comme une malade qui aurait besoin d’être guérie d’un mal insidieux la détournant du droit chemin et de la parole de Dieu ? Alors que des parents sont censés aimer leurs enfants inconditionnellement, ceux-ci n’aiment leur fille que sous condition d’hétérosexualité ! Rosalie pourrait partir, les parents de sa petite amie étant prêts à l’accueillir, mais ce n’est pas facile pour une adolescente de devoir rompre avec les siens, même intolérants, et surtout, d’abandonner sa petite soeur dont elle est très proche… Car elle ne se fait pas d’illusions, si elle vit son homosexualité au grand jour, ses parents l’enverront de nouveau en thérapie de conversion et la rayeront de leur vie si elle arrive à s’échapper de leur emprise. Pire, ils l’empêcheront de voir sa soeur…

Carter, cet héritier d’un empire de l’immobilier plutôt sympathique, représente alors un bon moyen pour Rosalie de pouvoir continuer à voir Paulina tout en faisant croire à ses parents qu’elle est « guérie ». Mais, le beau et riche Carter a déjà une petite amie, Amanda, qui est bien décidée à passer le reste de sa vie avec ce dernier quitte à fermer les yeux sur ses incartades. Après tout, Rosalie n’est pas la première et ne sera pas la dernière fille avec laquelle son petit ami passera quelques bons moments. La situation aurait donc pu rester ainsi si une personne ne s’amusait pas à menacer de dévoiler les petits secrets des deux adolescentes… 

De fil en aiguille, on en vient à se poser des questions sur la réelle motivation de ce harceleur fort peu courageux qui se cache derrière l’anonymat, et dont les menaces par sms se font de plus en plus pesantes. Devant l’ampleur de la situation, les deux adolescentes finissent par travailler main dans la main afin de l’identifier et de le faire tomber. En effet, si Rosalie ne peut pas le laisser dévoiler sa relation avec Paulina à ses parents sous peine de retourner en thérapie de conversion à laquelle elle ne résistera pas psychologiquement, Amanda, quant à elle, ne peut pas le laisser s’immiscer dans son couple.

Ses parents ne sont plus aussi fortunés que par le passé et de sa future union avec Carter dépend leur situation financière. J’ai été bien plus touchée par la vie de Rosalie, mais force est de constater qu’Amanda n’a pas non plus une existence des plus joyeuses. Derrière son apparente superficialité, son physique de rêve et sa popularité, elle subit une certaine pression familiale, notamment de la part de sa mère bien décidée à profiter des atouts physiques de sa fille pour garder son ancien train de vie et asseoir son statut social. Amanda m’a parfois agacée par son obsession pour Carter, mais on comprend que c’est plus celle de sa mère que la sienne…. Heureusement, au gré des épreuves et des coups durs, elle dévoile une vulnérabilité qui la rend attachante. Elle évolue, s’affirme et commence à entrevoir que sa vie n’est pas irrémédiablement liée à son goujat de petit ami et qu’elle n’a pas à porter l’avenir de ses parents sur ses épaules…

J’ai également apprécié l’évolution de la relation entre Amanda et Rosalie. Elles ne deviennent pas les meilleures amies au monde, mais elles développent une forme de respect et d’amitié. Il faut dire qu’elles devront apprendre à compter l’une sur l’autre, la traque du harceleur anonyme se révélant bien plus ardue et périlleuse que prévu d’autant qu’elles ne peuvent pas vraiment s’appuyer sur leurs parents… Comme souvent dans les thrillers young adult, j’ai rapidement deviné l’identité du coupable, mais je n’avais pas anticipé ses motivations. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que certains sont prêts à tout, même au pire, pour se libérer d’une cage qu’ils ont pourtant forgée eux-mêmes.

Tout au long du récit, l’autrice joue avec nos nerfs, nous met sur de fausses pistes, nous pousse à douter et fait monter la tension crescendo. Cela rend la lecture assez addictive tout comme le travail réalisé sur la psychologie des deux héroïnes qui est, pour moi, le point fort de ce roman. L’enquête est intéressante, mais elle permet surtout de mettre en lumière des thématiques fortes : l’affirmation de soi, l’extrémisme religieux, l’homophobie, le poids des injonctions familiales et sociétales, les parents défaillants, l’alcoolisme, l’amour, l’amitié…

Si les parents des deux adolescentes sont défaillants, il existe néanmoins quelques adultes responsables et plus ouverts même si leur rôle reste assez minime dans l’intrigue. On appréciera également la manière dont l’autrice souligne avec subtilité l’importance de se faire aider quand on appartient à la communauté LGBT+ et que l’on se sent menacé. J’ai également trouvé très touchante et inspirante Rosalie qui va réussir à se libérer de ses parents grâce, entre autres, à son courage, sa force de caractère et l’aide d’une association et de certaines personnes. Un joli message d’espoir qui, je l’espère, apportera un peu de réconfort aux personnes victimes d’homophobie.

Dans ce roman, il est question de fanatisme religieux, mais l’autrice montre également qu’il est possible de concilier foi et homosexualité comme l’ont très bien compris les parents de Paulina qui ont soutenu leur fille dès l’annonce de son homosexualité. De la même manière, si Rosalie rejette une foi qui la contraindrait à renier ce qu’elle est et ses sentiments, elle développe sa propre relation à Dieu, une relation empreinte d’amour et de tolérance. Je ne suis pas croyante, mais si je l’étais, c’est le genre de foi vers laquelle je me tournerais.

Quant à la partie audio, je l’ai trouvée plutôt convaincante : les narratrices trouvent le ton juste pour nous faire ressentir toutes les émotions de Rosalie et d’Amanda, mais également la pression quotidienne qu’elles subissent, chacune pour des raisons bien différentes. Le niveau d’anglais m’a, en outre, semblé plutôt abordable, le vocabulaire demeurant relativement simple et ancré dans le quotidien.

En bref, sous couvert d’une enquête pleine de tension et auréolée d’un certain mystère et suspense, l’autrice aborde ici des thèmes importants comme l’homophobie et la difficulté pour des jeunes filles de se libérer de leurs chaînes afin de se construire un avenir à l’image de leurs rêves et non des attentes de leurs parents et de leurs communautés. Haletant, révoltant et émouvant à la fois, All eyes on us est un roman avec un beau message de tolérance qui ouvre également une réflexion pleine de justesse sur la nécessité de laisser chacun vivre sa sexualité et choisir la vie qui lui convient sans préjugé ni a priori.

Ecouter All eyes on us gratuitement sur Audible Stories (le roman existe également en version papier).

 

 

In My Mailbox #171

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PAPIER

  • 48h de la BD : cette opération permet à un large public de découvrir une sélection de BD et de mangas à 2€. Je possède déjà certains de ces titres, mais je les ai rachetés de manière à pouvoir les partager autour de moi.

  • Backup : ayant apprécié Outsphere du même auteur, je suis curieuse de découvrir ce roman…

Couverture Backup

LOISIRS CRÉATIFS

EBOOKS

Origin T01 par [Boichi]

Born to be on air! T01 par [Hiroaki Samura]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

Challenge Lecture de l’été – Juillet 2020

Le blog Lire ses rêves vous propose un petit challenge pour juillet. Aucune pression pour ce challenge qui s’organise autour de 12 catégories. Libre à vous de tenter de valider une, plusieurs ou toutes les catégories.

Pour ma part, je vais essayer de valider 5 catégories en piochant dans ces idées de lecture :

  • Lire un livre en format poche.

Bienvenue à Nevermore (Tome 1) - La sorcière maudite par [Michele Bardsley, Tiphaine Scheuer]

  • Lire un livre en autoédition : livre déjà lu et chroniqué ici.

J.: Nouvelle policière par [Laurent Moulin]

  • Lire un livre avec de l’eau (mer, océan, piscine…) sur la couverture.

Couverture 30 minutes pour survivre : Piège en haute mer

  • Lire un livre de votre auteur préféré / votre ME préférée. 

Couverture Si proche de lui

  • Lire un livre avec du vert sur la couverture (tranche comprise)

Mers mortes par [Aurélie Wellenstein]

  • Lire en livre écrit à 4 mains

Couverture Kate Daniels, tome 5 : Meurtre magique

  • Terminer ou commencer une saga

Hantée par les Ténèbres: Melena Sanders, T1 par [Susan Illene, Mylène Régnier]

  • Lire un livre « drôle » (feelgood, chicklit, bd…du moment qu’il vous fait rire)

Journal d'une pétasse au volant par [Anne-Charlotte Laugier]

  • Lire un livre que vous voulez lire depuis longtemps sans jamais avoir eu le temps de le faire ou oser le faire.

Couverture L'Assassin royal, tome 01 : L'Apprenti assassin

  • Lire un livre avec un animal sur la couverture

  • Lire un livre avec un titre en anglais mais écrit par un auteur français (ou francophone).

Couverture Brexit Romance

  • Lire un livre de moins de 200 pages (mais plus de 50 pages tout de même)

L'Agence Pendergast - Les Griffes de la forêt (Mon marque-page +) par [Christophe Lambert, Florent Sacré]

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
Comptez-vous participer à ce challenge ?

 

J. de Laurent Moulin

Nouvelle policière – collection Rouge – finaliste du prix Zadig 2019 – de Laurent Moulin

Trois cadavres découverts à quelques heures d’intervalle. Trois meurtres signés de la même main. Voilà qui va donner des sueurs froides au Commandant Lavrieux surtout lorsqu’il s’aperçoit que les preuves semblent désigner un coupable inattendu : le Maire de la ville !

Trois cadavres sont découverts par la Gendarmerie à divers endroits de la ville : un entrepreneur très en vue, une retraitée fouineuse et un agent municipal au passé trouble. Trois morts sur lesquels est retrouvée une signature identique : une plume d’oie et une carte de visite marquée d’un J. en lettres de sang.

Quel point commun y a-t-il entre ces trois personnes ? En existe-t-il seulement un ?

Ex Aequo éditions (26 février 2020) – 6€ – Ebook (1,99€)

AVIS

Trois personnes assassinées le même jour suivant le même mode opératoire ! La gendarmerie a-t-elle affaire à un tueur en série ? Qu’est-ce qui peut bien relier les victimes entre elles alors qu’a priori, elles n’ont rien en commun ? De fil en aiguille, un fil conducteur émerge et conduit les enquêteurs tout droit dans le bureau du maire, un personnage peu amène et pas vraiment décidé à collaborer…

À travers cet élu, l’auteur évoque quelques-unes des dérives du pouvoir politique : conflit d’intérêts, corruption, volonté farouche de rester au pouvoir au détriment d’un vrai engagement et d’actions concrètes… Sont également dénoncés les médias et leur légère tendance à tomber dans le sensationnalisme, rendant leur travail parfois plus proche de celui de charognard que de journaliste. Mais je vous rassure, on est loin de la diatribe virulente, ces critiques étant amenées avec une certaine finesse, et surtout, justesse…

J’ai néanmoins peut-être regretté que cette subtilité fasse quelque peu défaut dans la résolution de l’enquête. Tout va très vite, ce qui n’est pas gênant en soi puisque l’on est dans un format court, mais l’auteur a utilisé un procédé que je ne goûte guère dans les livres policiers… Il donne, en effet, la parole au tueur pour qu’il explique son plan de A à Z ainsi que ses motivations. Je trouve cela un peu lourd préférant nettement découvrir et comprendre ces points au fil de l’intrigue. Lire un compte rendu précis les détaillant rend le tout bien moins percutant et m’a presque donné l’impression d’être dans un de ces comics où le grand méchant expose, non sans fierté, son plan au grand jour… Cela reste toutefois très personnel et certains lecteurs accueilleront favorablement le fait que tout leur soit expliqué en détail par le coupable. 

La révélation frappant l’un de nos protagonistes à la fin de la nouvelle m’a, en revanche, convaincue. Un petit coup de théâtre efficace à l’instar de la plume de l’auteur qui, en plus de se révéler agréable, est plutôt fluide. On prend donc un plaisir certain à suivre le déroulement de l’enquête et à découvrir les différents personnages, certains se montrant plus agréables que d’autres. J’ai ainsi trouvé le maire vers lequel se portent les soupçons particulièrement antipathique au point d’espérer que l’auteur, Directeur de cabinet, n’a jamais eu, dans le cadre de ses fonctions, à côtoyer ce genre d’olibrius. Un grossier personnage qui va néanmoins apprendre que sa position sociale et politique ne lui donne pas tous les droits, et que l’on récolte ce que l’on sème…

À l’inverse de cet homme, j’ai beaucoup apprécié l’un des gendarmes, Kévin Guercin. Tout jeune diplômé, on sent à quel point il est motivé par son travail et possède déjà une belle conscience professionnelle. Très impliqué dans l’enquête, il compensera son manque d’expérience par une volonté à toute épreuve et un certain sens de la déduction. Kévin est donc un jeune gendarme plein de potentiel, ce dont semble être conscient son supérieur, le Commandant Antoine Lavrieux, qui n’hésitera pas à lui faire confiance et à l’écouter sans a priori ni un ostentatoire mépris pour sa jeunesse, ce qui n’est finalement pas si courant.

Quant à l’enquête en elle-même, je préfère rester vague, le livre étant court, mais l’auteur introduit un certain suspense, notamment avec la présence sur les lieux des meurtres, d’une plume d’oie et d’une carte de visite signée d’un J. ensanglanté. On essaie de comprendre la signification ou la symbolique de ces indices tout en suivant avec intérêt les révélations concernant les victimes et leurs relations avec le maire. La grossièreté et le manque d’empathie de l’élu font de lui le coupable idéal, mais les choses sont-elles vraiment aussi simples ?

Teintée d’un certain cynisme (réalisme ?), notamment sur le monde politique, J. est une sympathique nouvelle policière qui devrait plaire aux lecteurs souhaitant lire une enquête rondement menée.

Je remercie Laurent Moulin pour m’avoir envoyé, via le site Simplement pro, sa nouvelle en échange de mon avis.

Retrouvez l’ouvrage sur le site des éditions Ex-AEquo.