Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, Lylian et Audrey Molinatti (illustrations)

Couverture Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets

Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle. Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes !
Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs. Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment.

Dargaud (20 août 2021) – 49 pages – Papier (9,99€) – Ebook (6,99€)

AVIS

Le destin tient parfois a peu de chose. Ici, en l’occurrence, à des cheveux violets qui pousseront un homme a abandonné son bébé au plus grand désespoir de sa femme…

Si le début peut paraître un peu sombre, bien que l’ambiance graphique sublime avec ses tons chaleureux tende à réchauffer l’atmosphère, l’humour est bien au rendez-vous. Car le bébé des débuts est devenu une enfant de sept ans plutôt turbulente. Et ce ne sont pas les nonnes qui l’ont recueillie et élevée qui vous diront le contraire ! Rebelle et quelque peu impertinente, Evelÿne n’est clairement pas la petite fille la plus facile à éduquer, d’autant qu’en plus de ses dons magiques, des événements surnaturels se multiplient autour d’elle. Son caractère plein de fougue ferait presque regretter à Bénédict, son chat un peu spécial, de lui avoir appris quelques tours de magie, et de l’avoir éveillée au monde de la sorcellerie… Il faut dire qu’Evelÿne ne fait pas montre de la plus grande des discrétions quant à ses pouvoirs et n’hésite pas à les utiliser pour des choses aussi futiles qu’éviter un bain.

Magic - couvent

Bien que parfois un peu agaçante par sa propension à n’en faire qu’à sa tête, Evelÿne se révèle très touchante et semble finalement bien plus attachée à ses protectrices qu’elle ne le montre. Néanmoins, dépassées par la situation, les nonnes décident de la confier aux bons soins d’un maître artisan chapelier, Neil Farfadet. Avec un tel nom, on ne peut que se poser des questions sur sa réelle identité, d’autant que le personnage dégage une certaine aura de mystère… Son comportement éveille, en outre, la suspicion de Bénédict et la nôtre, à défaut de celle d’Evelÿne.

Magic - Farfadet

Nous sommes ici dans un tome introductif qui nous laisse encore dans le flou quant au devenir de notre jeune sorcière auprès de son nouveau mentor et, de manière plus générale, quant à son destin que l’on pressent hors du commun. Quelle est vraiment l’étendue des pouvoirs et des capacités dEvelÿne ? Pour ma part, j’ai hâte de le découvrir bien que l’on devine que la fillette n’est qu’au début d’un long parcours…

J’ai apprécié la relation maître/apprentie naissante, mais c’est celle entre notre jeune sorcière et Bénédict qui m’a fait fondre et attendrie. La fillette et ce chat qui parle forment un duo aussi adorable que complémentaire, dont j’ai adoré suivre les échanges non dénués d’humour et de mordant, les deux ayant la langue bien pendue ! Notre minet va faire de son mieux pour veiller sur une Evelÿne inconsciente des dangers guettant les personnes ayant les cheveux violets. Dans ce monde comme dans le nôtre, la différence fait peur, ce que notre fillette va découvrir dans les rues de Londres ! Une ville dont la splendeur l’éblouira, avant de lui révéler une facette bien plus sombre. Il faut dire que sa vie auprès des nonnes ne l’avait pas vraiment préparée à affronter la malveillance et la haine.

Ainsi, derrière la magie, l’humour, les secrets, une certaine tendresse unissant un chat et une petite fille dont la fougue promet moult péripéties, il est également ici question d’intolérance et de la peur de la différence, poussant des individus à haïr ceux qui ne leur ressemblent pas. Un aspect traité tout en subtilité rendant le message pertinent sans être écrasant, l’auteur n’oubliant pas avant tout de nous offrir une sympathique aventure qui devrait plaire aux enfants. Ceux-ci n’auront d’ailleurs aucun mal à s’identifier à une jeune héroïne prompte aux bêtises, mais sympathique, amusante et pleine d’enthousiasme.

Quant aux sublimes illustrations tout en rondeur, vibrantes de vie, de couleurs et de bonne humeur, elles contribuent indéniablement au plaisir que l’on prend à se plonger au cœur des péripéties, à parcourir les différents lieux, avant de mieux s’arrêter sur les détails et les traits des visages particulièrement expressifs.

En conclusion, avec cette BD jeunesse de toute beauté, l’auteur nous offre une sympathique aventure qui n’en est qu’à ses débuts, mais dont on ne peut qu’attendre la suite avec impatience. En alliant esthétique, mystère, magie, aventure, personnages attachants et humour, La fillette aux cheveux violets devrait ravir les enfants, mais aussi tous les adultes ouverts à la littérature jeunesse, ou qui aimeraient partager une divertissante lecture avec les plus jeunes. Et puis, argument suprême, il y a un chat trop mignon qui parle !

Je remercie les éditions Dargaud et Netgalley de m’avoir permis de lire cette BD en échange de mon avis.

 

Mercy, tome 3 : La mine, nos souvenirs et la mortalité, Mirka Andolfo

Alors que la communauté de Woodsburgh livre ses derniers secrets, Lady Hellaine parvient enfin à ses fins. Ce plan machiavélique qu’elle a préparé soigneusement depuis toutes ces années arrive à son dénouement et nous découvrons enfin ses véritables intentions. Mais un grain de sable vient semer le trouble dans l’esprit de la mystérieuse jeune femme : quels sont donc ces sentiments nouveaux qu’elle ressent ? Serait-elle véritablement capable d’aimer ? Il y a fort à parier que le final explosif de la trilogie Mercy saura en surprendre plus d’un…

Glénat BD (24 février 2021) – 64 pages – 14,95€

AVIS

Ayant beaucoup aimé les deux premiers tomes (La dame, le gel et le diable et Des chasseurs, des fleurs et du sang), j’avais hâte de lire ce troisième et dernier tome qui s’est révélé à la hauteur de mes attentes.

On retrouve le charme incroyable des illustrations de Mirka qui allient beauté et horreur, et qui rendent la lecture aussi forte que marquante. Pour ma part, je suis satisfaite des réponses apportées aux nombreuses questions soulevées tout au long de la série. Mais ce qui m’a frappée dans ce tome, c’est qu’à mesure que l’on progresse dans l’intrigue, l’horreur monte d’un cran, tout en laissant de plus en plus de place à l’humanité. Car monstre ou pas, esprit d’un parasite détraqué par des souvenirs qui ne sont pas les siens, mais qui imprègnent sa psyché ou non, dans cette conclusion, lady Hellaine nous révèle sa superbe dualité. Derrière son aura de dangerosité et sa monstruosité, se dessine en filigrane quelque chose d’autre, des émotions, de la tendresse, de l’amour même, et des remords que bien trop humains… Ce personnage m’a touchée et attendrie malgré ses crimes, malgré sa nature, ou peut-être à cause d’une nature qui n’est plus vraiment celle d’un monstre, mais qu’on ne peut raisonnablement pas qualifier d’humaine.

Surprenante, lady Hellaine l’est ! Tout comme l’est un retournement de situation que je n’avais pas anticipé, mais qui s’intègre à merveille à une trame où l’horreur n’est jamais très loin, et dans laquelle l’humanité déploie ses vices même à des endroits et en des personnes inattendues. Néanmoins, dans cette ambiance sombre autant sur le fond que la forme, la lumière n’est jamais absente, faisant des percées marquées et appréciées. Cette luminosité passe notamment par Rory, cette fillette à laquelle lady Hellaine s’est attachée bien malgré elle, et qui sera autant un objet de rédemption que de perte. Il se joue indéniablement quelque chose de fort et de puissant autour de cette fillette qui touche et fait vibrer la corde sensible chez le lecteur, mais pas que, sans que l’autrice ait besoin de sortir les violons.

Cette BD fait, d’une certaine et déroutante manière, écho à l’amour maternel, qu’il soit traditionnel ou entouré d’une dose de surnaturel rendant les choses plus compliquées, mais pas moins puissantes. À cet égard, lady Hellaine devrait vous surprendre et Gloria vous toucher. Cette femme forte et intelligente est prête à tout pour protéger ses enfants, et notamment un aîné pris dans le piège de l’amour, et dans les filets d’une femme dont il n’imagine pas la vraie nature ni les réels desseins. Mais le danger ne vient pas forcément de là où on pense ! Et l’inimitié peut parfois laisser place à de déroutantes ententes, apportant un vent d’espoir et une certaine sensibilité à une histoire qui peut à tout moment sombrer dans l’horreur. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que la fin est à l’image de la série, spectaculaire, horrifique et belle à la fois.

En conclusion, si vous souhaitez vous plonger dans une histoire fascinante mêlant habilement horreur, fantastique, suspense, mystère, manipulation, secrets, et personnages sombres et dangereux, cette série est faite pour vous. À fortiori si vous cherchez une identité graphique forte, qui réussit à mettre de la beauté dans la monstruosité, et de la monstruosité derrière la grâce d’une lady qui n’est peut-être pas aussi belle que son physique le laisse penser. Voici une série courte mais riche en promesses et en sensations fortes que je ne peux que vous recommander, d’autant que le final ne devrait pas manquer de vous surprendre, et de vous rappeler la dualité d’une œuvre qui prend le temps de dévoiler toute sa noirceur et ses (sombres) secrets.

Jamais, Duhamel

Couverture Jamais

Troumesnil, Côte d’Albâtre, Normandie. La falaise, grignotée par la mer et le vent, recule inexorablement de plus d’un mètre chaque année, emportant avec elle les habitations côtières. Le maire du village parvient pourtant, tant bien que mal, à en protéger les habitants les plus menacés. Tous sauf une, qui résiste encore et toujours à l’autorité municipale. Madeleine, 95 ans, refuse de voir le danger. Et pour cause. Madeleine est aveugle de naissance.

Bamboo (10 janvier 2018) –  64 pages

AVIS

Devant lire un ouvrage contenant le mot jamais dans le titre, j’ai jeté mon dévolu sur cette BD dont la couverture m’a tout de suite intriguée. Et puis, j’ai une appétence particulière pour les ouvrages mettant en scène des personnages d’un certain âge, comme c’est le cas ici. Nous faisons ainsi la connaissance de Madeleine qui, depuis la disparition de son époux en mer il y a des années de cela, vit seule avec son chat dans une maison au bord d’une falaise ! Une falaise, grignotée par les éléments, qui menace dangereusement de s’effondrer et d’embarquer avec elle maison, mamie, chat et meubles. Mais têtue comme une mule et bien décidée à faire de la résistance, Madeleine refuse de donner satisfaction au maire de son village en quittant sa maison.

Ici, point de Gaulois résistant à l’envahisseur romain, mais une nonagénaire résistant à un maire affolé à l’idée de ce qui pourrait lui arriver sur le plan pénal en cas de drame. La référence à une célèbre BD n’est pas fortuite, comme vous le verrez si vous vous penchez sur cet ouvrage qui a été un quasi coup de cœur. Un quasi coup de cœur pour la personnalité de Madeleine qui ne s’en laisse pas compter et dont l’ironie se révèle plus tranchante qu’une serpe. Si elle peut parfois se montrer difficile et impolie avec le maire qui essaie très maladroitement de la protéger d’un réel danger, elle n’en demeure pas moins terriblement attachante. Et ce n’est pas un pompier, seule oreille attentive du village qui vous dira le contraire.

Au fil des pages, le lecteur comprend que les apparences sont trompeuses et que Madeleine n’est pas cette aveugle complètement déraisonnable que le maire aime à décrier… Bien au contraire, tout ce qu’elle fait ou qu’elle refuse de faire, c’est pour une raison qui ne regarde qu’elle et son histoire personnelle. Ainsi à mesure que l’on progresse dans la lecture, deux sentiments distincts nous assaillent : la peur qu’il arrive quelque chose à Madeleine, sa maison semblant de plus en plus menacée par l’effondrement de la falaise, et la compréhension, puis l’attendrissement devant les raisons expliquant son refus de partir de chez elle. Et si cette femme, qui fait comme si son mari était toujours vivant, et qui refuse de voir en face le danger, n’était pas dénuée de bon sens, mais simplement prête à faire un grand voyage, ses souvenirs et son amour pour son mari pour compagnons de voyage ?

Je n’aurais jamais fait le choix de Madeleine, mais qu’est-ce que cette femme m’a touchée, émue, fait rire et impressionnée. Elle est aveugle, certes, mais elle n’est pas ignorante du regard des autres ; elle est têtue incontestablement et plutôt piquante et radicale, mais elle est aussi attendrissante, et capable de complicité avec ceux qui sont prêts à l’écouter. Et puis, comment ne pas être frappé au cœur par ses sentiments intacts pour son grand amour disparu en mer. L’auteur nous offre d’ailleurs quelques flashbacks sobres, mais d’une éloquence incroyable au point de me faire frissonner et verser quelques larmes. En me lançant dans cet ouvrage, je ne m’attendais pas à découvrir en filigrane une histoire d’amour d’une pudeur, mais d’une beauté extrême qui a forgé le caractère d’une femme forte et digne, et dessiné son avenir au sein d’un village soumis aux aléas de la nature et de l’érosion.

Au-delà de Madeleine qui est l’atout charme de cette BD, j’ai apprécié la présence d’un chat qui profite des largesses involontaires de sa maîtresse, un peu bougonne et sarcastique avec ceux qui la titillent. La beauté des illustrations, avec leur esthétique alliant douceur et réalisme, participe également au plaisir que l’on prend à s’immerger dans ce petit village de Normandie, dont certains habitants sont prêts à tromper une mamie pour obtenir la paix. J’admets toutefois que notre Madeleine a parfois des réactions excessives qui dans une BD fait sourire, mais qui dans la réalité ne me donneraient pas trop envie de la contrarier. Une mention spéciale au pompier nouvellement arrivé dans le village qui se révèlera bien plus fin psychologue que les autres, et pourvu d’un réel sens de l’écoute ainsi que d’une bonne dose d’humanité. Il servira d’ailleurs d’intermédiaire entre un élu déconnecté du besoin de son administrée, et une administrée têtue et peu encline à se laisser manipuler…

En bref, Jamais est une magnifique BD riche en émotions dont le titre souligne à merveille la détermination d’une nonagénaire à revendiquer le droit de rester dans sa maison, nonobstant les dangers. Car loin de n’être qu’une maison en haut d’une falaise qui petit à petit s’effondre, c’est avant tout le lieu ayant abrité ses amours avec son mari disparu en mer, mais gravé à jamais dans son cœur. Empreinte d’une belle humanité, illuminée par des illustrations aussi belles qu’immersives, et égayée par des pointes d’un humour plutôt piquant, cette BD ne devrait pas manquer de vous faire passer par de multiples émotions, et vous prouver la force d’un amour qui défie la mort, le temps, les éléments et les forces de la nature. Grandiose à l’image d’une femme de caractère qui ne laissera personne indifférent !

BD lue dans le cadre du Challenge Un mot, des titres du blog Les lectures d’Azilis.

 

Mes 5 chansons Disney préférées ou ces 5 classiques dont je ne me lasse pas

L'Architecture, Château

Il ne se passe pas une journée sans que j’écoute de la musique, ne serait-ce qu’en marchant. Et si comme avec la lecture, j’ai des goûts très éclectiques et aime faire des découvertes diverses et variées, il y a néanmoins des chansons que j’aime écouter de temps en temps depuis que je suis enfant/ado.

Et parmi celles-ci, les chansons Disney sont en bonne position. Ce sont souvent des musiques « doudou » pour moi, qui me permettent de renouer avec certaines émotions, de revivre certains souvenirs, ou tout simplement de me donner le moral.

Comme beaucoup d’adultes, je continue à regarder des Disney avec plaisir, mais je ne retrouve pas dans les nouveaux films, ces chansons pleines d’émotions avec des paroles qui entrent dans votre tête pour ne plus jamais en sortir, même plus de 20 ans après. Il y a bien sûr quelques exceptions, et puis l’âge peut également jouer sur cette impression.

Mais trêve de bavardage, voici mes 5 chansons Disney préférées, celles que je peux écouter sans jamais me lasser et que je chante terriblement faux, mais toujours avec plaisir. En ce qui concerne le Roi Lion, je n’en ai cité que deux, mais toutes les chansons de ce film pourraient faire partir de ce top, ce Disney étant un petit chef d’oeuvre à tous les niveaux. C’est d’ailleurs mon Disney préféré, suivi d’Aladdin.

Et vous, quelles sont vos chansons Disney préférées ?
En avons-nous en commun ?

 

 

Spirite (tome1) : Tunguska, Mara

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Drakoo – 30 septembre 2020) – 64 pages – 15,90€

AVIS

 
 
Page 7 Spirite tome 1
 
J’ai apprécié le duo formé par Ian et Nell, une femme de caractère qui aimerait faire ses preuves et se montrer à la hauteur de sa célèbre mère, quand Ian préfèrerait faire oublier la mauvaise réputation de ses parents, celle-ci entachant sérieusement son nom et sa crédibilité. Les deux personnages pourront compter sur la présence et le soutien logistique d’une personne d’un certain âge plutôt espiègle, toujours prête à motiver les troupes et à donner de bons conseils.
 
Bien qu’on soit dans un premier tome et que l’auteure prenne le temps de nous donner les informations sur le monde des fantômes, l’action est bien au rendez-vous. Les personnages vont ainsi devoir affronter des situations périlleuses et faire preuve d’un certain courage devant un ennemi qui allie détermination humaine et capacités surnaturelles.
 
Quant à connaître ses motivations, il nous faudra attendre la suite de la série, mais on comprend déjà qu’il s’agit ici de trahison et de vengeance. Pour ma part, je suis très curieuse de savoir ce qui s’est vraiment passé à Tunguska et quel enchevêtrement d’actions explique que plus de vingt ans après, les personnes liées à l’incident sont méthodiquement éliminées.

 

Ian et ses alliées vont-ils réussi à se dépêtrer d’une situation complexe, ou leur faudra-t-il l’aide d’une personne dont le potentiel semble sur le point d’éclater ? Dans tous les cas, je lirai avec plaisir la suite de cette série dont l’intérêt réside aussi bien dans le fond que la forme, les illustrations et leur colorisation ne manquant ni de charme ni d’attrait. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et les ouvrages alliant action, enquête, et mystère, ce titre devrait vous plaire

 

Le Cinérêve – Le mystère Hortensia, Anne Didier, Catherine Duval et Roland Garrigue (illustrations)

Couverture Le Cinérêve, tome 1 : Le Mystère Hortensia

En espionnant son étrange voisine Melle Hortensia, Augustin Poussin, 9 ans, découvre l’existence d’un lieu intriguant : « Le Cinérêve » … Là sont proposés des rêves à vivre comme on choisit une séance de film au cinéma. Chaque séance est personnalisable et Augustin opte pour un rêve de chevalerie. Transporté au Moyen Age dans la peau d’un chevalier, il doit sauver le château d’un terrible brigand… qui se révèle être son instituteur qui ne cesse de le harceler, M. Poincaré ! Le rêve s’achève sur sa victoire et le lendemain, son maître le laisse tranquille pour la première fois… Coïncidence ? Augustin se languit de retourner au Cinérêve. Sauf que celui-ci est réservé aux « enchanteurs » , des humains dotés de mystérieux pouvoirs…

Casterman (21 octobre 2020) – 64 pages -11,95€
Couleurs : Anne-Sophie Dumeige

AVIS

Lors d’une de ses séances d’espionnage, pourtant interdites par sa mère, Augustin, 9 ans, surprend une conversation téléphonique de sa voisine qui ne manquera pas d’éveiller son intérêt. N’a-t-elle pas parlé de magie et de Cinérêve ? Il ne lui en faut pas plus pour décider de suivre cette fleuriste dont les plantes se révèlent aussi surprenantes que déroutantes. Et ce n’est pas M. Le Maire, première victime de ces plantes incontrôlables qui vous dira le contraire !

Sa filature va conduire notre jeune héros, accompagné de sa fidèle chienne, Croquette, dans un endroit magique où les rêves deviennent réalité, à moins qu’ils ne se transforment en cauchemar pour les petits curieux ! Si comme moi, vous fondez devant les duos êtres humains/animaux, vous devriez apprécier de suivre celui-ci dans son aventure, d’autant que Croquette devrait vous surprendre.

Bien que je ne sois pas le public ciblé et que j’aurais adoré un ouvrage un peu plus long, j’ai beaucoup aimé cette BD et ce principe de Cinérêve qui permet d’entrer de plain-pied dans des rêves, mais pas dans tous les rêves. Chaque rêve est accessible selon certains critères plus ou moins farfelus et spécifiques. Même les chiens ont des rêves qui leur sont réservés ! Malheureusement pour Croquette, celui sélectionné par Augustin est plus en rapport avec la chevalerie que les saucisses qui lui faisaient d’avance se pourlécher les babines… Et comme les rêves sont personnalisables, Augustin va pouvoir se confronter aux personnes qui, dans la vraie vie, le tourmentent à l’instar d’un certain professeur ou d’un autre élève de sa classe, bien plus harceleur qu’ami.

Cela m’a un peu fait penser à ces casques de réalité virtuelle utilisés pour lutter contre certaines phobies comme la peur des avions ou des araignées. Mais si ici; on aborde avec intelligence le thème du harcèlement scolaire et la nécessité d’affronter ses peurs, Le Cinérêve, c’est avant tout une aventure fort sympathique qui mêle réalité et rêve, à travers une invention génialissime. Mais une invention qui peut se révéler dangereuse comme va très vite l’apprendre Augustin dont la curiosité et l’imprudence ne vont pas être sans conséquence…

À cet égard, la fin donne très envie de se précipiter sur la suite et de découvrir ce qui va se passer pour un personnage en mauvaise position, mais aussi d’en apprendre plus sur une nouvelle élève qui semble en savoir bien plus qu’elle ne veut bien le dire. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler ses mises en garde qu’Augustin aurait peut-être bien fait d’écouter. Mais que voulez-vous, difficile de résister à l’attrait de ces rêves offerts sur un plateau…

Quant aux illustrations, douces et colorées, je les ai trouvées fort sympathiques et parfaites pour plonger les lecteurs dans une ambiance enfantine et joyeuse, mais non dénuée de dangers.

En résumé, voici une BD divertissante et rythmée qui plonge les lecteurs dans le monde des rêves, un monde peut-être pas aussi paisible qu’on pourrait le penser, a fortiori quand un petit curieux vient mettre son nez dans une invention pour laquelle il n’était pas préparé !

Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure (tome 5), Goulesque et Widenlocher

 

Couverture Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure , tome 5

Plongez au cœur de l’Apeupréhistoire !
Pas tout à fait dinosaure ni vraiment homme, Nabuchodinosaure, Nab pour les intimes, est doué de parole, d’un solide sens de l’humour et, du moins en est-il persuadé, d’une intelligence exceptionnelle qui lui permet de supporter les désagréments de son époque située un peu avant ou un peu après J.?C. (on ne sait pas trop). Et des désagréments, il y en a dans l’Apeupréhistoire : dinosaures stupides, volcans terrifiants, plantes carnivores et autres catastrophes à poil et à plume.

Bamboo éditions – 48 pages – 10,95€
Couleurs : Anne Franjou-Gille

AVIS

Avant que la maison d’édition ne me propose de découvrir le tome 5 des Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, je ne connaissais pas la série ni même celle l’ayant précédée, Nabuchodinosaure. Mais cela ne gêne en rien la lecture de cette BD qui alterne, page après page, gags, humour, couleurs et bonne humeur !

Si je préfère, en général, les BD avec une intrigue par tome, ce format présentant un gag sur une ou deux planches maximum ne manque pas d’attrait pour une pause détente rapide et sans prise de tête ou pour lire quelques pages par-ci par-là. Ce format présente également l’avantage de pouvoir plaire aux enfants à condition de ne pas lire la BD d’une traite. 

J’ai ainsi lu en plusieurs séances une partie de la BD à ma nièce de 5 ans, Éva. Mon neveu de 3 ans, Émeric, n’a pas manqué, quant à lui, de venir écouter quelques planches que je lisais à sa sœur, avant de repartir vaquer à ses occupations. Il a particulièrement apprécié deux gags, ou du moins les illustrations de ceux-ci : le premier dans lequel il a pu s’identifier à l’un des personnages qui détruit sa maison en voulant l’améliorer, mon neveu ayant un petit côté bulldozer. J’ai d’ailleurs eu droit à un très lucide, « je casse tout moi ». Et le second lié à une plante carnivore végane pas si végane que cela. S’il n’a pas vraiment compris la chute (pas facile d’expliquer la notion de plante carnivore végane à un enfant de trois ans…), il a d’emblée saisi que sur un dessin, la plante semble gentille, et sur l’autre méchante. Un changement qui l’a beaucoup intéressé et interrogé, et qui s’est conclu de sa part, après explication sur la notion de duperie, par un « méchant toi » lancé à la plante d’un doigt accusateur.

Quant à ma nièce habituée aux BD du type Mickey, ma belle-sœur étant une grande passionnée du genre, elle a été sensible aux quelques gags, notamment ceux à l’humour simple et enfantin, et surtout aux couleurs vives. Moi-même, j’ai apprécié les illustrations très expressives et tout en rondeur de Widenlocher, et le travail de colorisation d’Anne Franjou-Gille apportant beaucoup de charme à l’histoire. Alors si Éva est clairement encore trop jeune pour saisir toutes les allusions et les chutes qui concluent chaque planche, cela ne l’a pas empêchée de me demander dès son réveil d’en poursuivre la lecture, et de prouver non sans fierté qu’elle savait, contrairement à nos personnages, distinguer un dromadaire d’un chameau.

Pour ma part, j’ai été ravie de me plonger dans une période indéterminée de l’histoire, dans laquelle on retrouve des décors et animaux de la préhistoire, mais aussi des objets qui nous apparaissent bien plus modernes. Ce décalage et les nombreux anachronismes rendent d’ailleurs la BD particulièrement savoureuse et amusante. Je n’ai jamais éclaté de rire, mais j’ai très régulièrement souri devant les (més)aventures de nos drôles de personnages, la version « préhistorisée » de certains objets, et des idées pas si bêtes que cela, mais qui en absence de réelles connaissances scientifiques, ne donnent jamais vraiment les résultats escomptés. Et ce n’est pas le pauvre Nab qui vous dira le contraire !

N’ayant lu qu’une BD le mettant en scène lui et ses acolytes, je ne me suis pas encore attachée au personnage, mais j’ai apprécié sa naïveté, son esprit d’initiative, et ses déboires qu’ils soient technologiques ou amoureux. Car le pauvre, si ses inventions tendent à se retourner contre lui, il ne semble pas non plus très doué pour faire la cour à l’élue de son cœur, Manon. Une femme, ou plutôt un dinosaure au féminin, au tempérament de feu ! Il faut dire qu’entre son fils et ses maladresses, il y a du travail…

Au-delà de l’humour bien présent, alliant humour léger et références religieuses, architecturales, sociétales ou encore technologiques, j’ai pris plaisir à découvrir des personnages à l’allure d’animaux, mais aux comportements et à la personnalité très humains. Un anthropomorphisme à une aire apeupréhistorique qui fait merveille et ajoute beaucoup de sel à une BD qui n’en manque déjà pas ! Alors si vous avez envie d’une petite pause détente sans prise de tête et diablement amusante, plongez-vous sans attendre dans cette série où vous découvrirez des animaux apeupréhistoriques et bien trop humains pour leur propre bien.

Je remercie Bamboo éditions de m’avoir envoyé cette BD en échange de mon avis.

 

Mini-chroniques en pagaille #38 : de l’émotion, des sensations fortes et un peu de bilinguisme !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Raison et mariage de Laura Lee Guhrke

Raison et mariage par Guhrke

Ayant apprécié le tome précédent, j’avais certaines attentes mais j’avoue avoir été quelque peu déçue, n’ayant pas ressenti le même côté addictif avec cette romance qui tarde franchement à démarrer. Je n’ai pas non plus eu beaucoup d’affinités avec une héroïne que j’ai trouvée entêtée, bien que j’aie compris son envie de garder le contrôler sur sa vie et sa dot ! Quant au héros, il se révèle plutôt attachant et son passé assez marquant pour nous pousser à ressentir une certaine empathie pour sa personne.

Quelques bons passages et une écriture toujours aussi efficace m’ont permis néanmoins de terminer ma lecture sur une note positive, d’autant que j’ai apprécié que l’on ait une certaine continuité avec le premier tome puisque l’on suit de l’intérieur l’affaire sordide évoquée précédemment. Et si l’on connaissait déjà la fin, assister à la chute d’un infâme personnage n’a pas été désagréable, bien que l’issue soit quelque peu dramatique…

À noter que pour une fois, la mère de l’héroïne fait montre d’une certaine lucidité quant à sa condition de femme et tentera d’offrir, bien que maladroitement, d’autres perspectives à sa fille. Une fille plus faite pour diriger que se laisser manœuvrer, quoi que son père puisse en penser !

  • Moriarty tome 10 de Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi (dessin)

Couverture Moriarty, tome 10

Moriarty est une série que j’affectionne, mais dont je regrette la très grande inégalité entre les tomes. Mais ce tome 10 ne m’a pas déçue un instant, j’y ai retrouvé le charme des débuts et cette noirceur qui caractérise une intrigue poussant les lecteurs à considérer leur propre notion du bien et du mal, et dans quelle mesure ils sont prêts à franchir une frontière parfois bien mince.

Plutôt justicier répondant à l’appel de la loi ou plutôt justicier impitoyable qui n’hésite pas à utiliser les méthodes des criminels pour construire une société plus égalitaire et juste ? Le prince du crime et ses acolytes ont depuis un moment fait leur choix, un choix qui s’impose parfois à d’autres à cause ou malgré leurs idéaux nobles.

Ici, on suivra ainsi un idéaliste face à un choix éthique et moral qui va le conduire à entrer dans une partie d’échecs avec un fin stratège qui œuvre dans l’ombre et contre lequel, il nous semble bien démuni. Dès le début, j’ai tremblé pour ce personnage qui m’a semblé agneau dans un monde de loups !

Tension, corruption, trahison, sang et vengeance… encore un tome intense ! On regrettera peut-être une fin qui n’apporte pas grand-chose, mais qui permet à l’auteur d’introduire une petite dose de Sherlock Holmes, une chose à laquelle il semble tenir. Quant à l’esthétique globale du manga, elle est, comme d’habitude, irréprochable.

  • My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres d’Amélie Julien et Gustyawan (illustrations) 

Avant d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’autrice pour cette chronique très en retard, puisque je dois avouer avec honte avoir oublié l’album dans l’une de mes bibliothèques.

Comme le titre le laisse supposer, My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres est un album jeunesse bilingue anglais-français parfait pour initier, dès leur plus jeune âge, les enfants à une langue étrangère et/ou leur proposer une lecture en duo quand ils sont en âge de lire.

À chaque page, nous découvrons une ou deux phrases en anglais tout de suite traduites en français, avec une traduction qui évite l’écueil du mot à mot. J’ai apprécié de parcourir ces quelques planches pleines d’humour qui m’ont fait sourire. À travers les différentes situations décrites avec une naïveté tout enfantine, on ressent pleinement l’affection de deux enfants pour leur mère, même quand celle-ci fait des choses étranges comme s’étirer les bras et les jambes devant la télé, ou cacher des choses dans des endroits inattendus… Non, mais quelle idée de mettre les bonbons en hauteur dans un placard ou de cacher des légumes dans les pâtes.

Malgré ses petites excentricités, les deux frères l’aiment leur maman qui est là pour eux et qui sait toujours comment leur apporter joie et bonheur. Un vrai arc-en-ciel leur maman, le sourire et les bisous en plus ! Quant aux illustrations, leur rondeur, leur côté très coloré et leur simplicité devraient permettre aux enfants de se plonger aisément dans ces quelques pages, avant de réfléchir à toutes ces choses bizarres que font leur maman.

En bref, voici un album illustré plein d’humour prouvant la force des liens mère/fils tout en offrant une belle initiation au bilinguisme.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

Lucien et les mystérieux phénomènes : L’Empreinte de H. Price, Delphine Le Lay et Alexis Horellou (illustrations)

Lucien et les mystérieux phénomènes - Tome 1 - L’Empreinte de H. Price

En croyant chasser les fantômes, c’est une nouvelle vision de la vie que va découvrir Lucien ! Lucien et sa petite sœur Violette s’installent avec leurs parents dans un village breton pour mener une vie plus simple, loin de la ville et au contact de la nature. Passionné par les histoires de fantômes du célèbre chercheur Harry Price, Lucien n’hésite pas à relever le défi quand les enfants du coin l’invitent à pénétrer dans un manoir hanté ; son propriétaire se serait fait enterrer debout face à la mer. Après une grosse frayeur, Lucien se rend compte que le fantôme est en fait bien vivant ! Un secret qui lui permettra de découvrir la vie cachée que mène le vieil Honoré, en totale autonomie et en harmonie avec la nature. Mais les secrets finissent toujours par être découverts… La confrontation d’Honoré avec les villageois sera lourde de conséquences. Lucien constatera toutefois que les fantômes ne sont pas une légende et ça, c’est un secret qu’il fera en sorte de préserver.

CASTERMAN (3 avril 2019) – 96 pages – 16€

La couverture, avec cet enfant portant un attirail de chasseur de fantômes, m’a tout de suite intriguée. Et je dois dire que l’histoire, qui m’a beaucoup plu, a pris une tournure quelque peu inattendue. D’ailleurs, je préfère vous prévenir tout de suite, si c’est une histoire de fantômes que vous cherchez, vous risquez d’être quelque peu déçus, le fantastique n’étant présent que par petites touches…

L’autrice nous propose ici un récit plein d’émotions et d’intelligence qui aborde des thèmes divers et variés : le harcèlement scolaire ou du moins, le mal-être infantile qui entraîne des comportements problématiques, le chômage pouvant fragiliser une famille, la difficulté de s’intégrer, notamment pour deux enfants qui arrivent dans une école où tout le monde se connaît… À cet égard, la réaction du directeur face à un accident m’a semblé complètement à côté de la plaque. Non, ce n’est pas au petit nouveau de faire des efforts pour ne pas se faire embêter. Si ce passage m’a quelque peu agacée, c’est qu’il traduit une réalité qui porte vraiment préjudice aux victimes de violence scolaire et qui conforte les brutes dans leur bon droit.

Ceci mis à part, les différentes thématiques devraient parler à la plupart des enfants, mais le grand intérêt de ce récit réside dans la réflexion écologique qu’il soulève par l’intermédiaire d’un homme d’un certain âge à la vie peu conventionnelle. En effet, ce dernier a choisi de vivre caché, en totale autosuffisance, afin de pouvoir vivre sa vie selon ses convictions, et sans devoir subir la méfiance ou le jugement d’autrui. Et pour ce faire, il a trouvé un moyen plutôt radical…

Mais si son plan a fonctionné de très nombreuses années, il ne résistera pas à l’arrivée du jeune Lucien et de sa famille, installée récemment dans le village. Attiré par l’histoire de fantôme entourant la maison d’Honoré, Lucien va ainsi se rendre chez lui et découvrir que s’il y a bien quelqu’un qui hante les murs, ce n’est pas une forme évanescente, mais bien un être de chair et de sang. De fil en aiguille, une belle connivence va s’établir entre les deux, Honoré étant finalement ravi d’avoir un peu de gaieté et d’animation dans sa vie… Une connivence qui va très vite englober la petite sœur de Lucien, Violette, qui va se révéler très intéressée par tout ce savoir qu’Honoré ne demande qu’à dispenser.

À travers cette BD, on réalise que si c’est important de vivre selon ses convictions, il est également stimulant de pouvoir les partager avec d’autres personnes, et de conserver des liens sociaux. Une jolie leçon qu’Honoré va apprendre au contact de ces deux enfants qui vont faire une entrée tonitruante dans sa vie, le coupant de sa solitude, peut-être choisie, mais quand même pesante. J’ai été très touchée par ce vieil homme aux convictions fortes, qui voue un véritable respect à la nature dont il est capable de saisir toute la richesse, complexité et beauté. J’ai également apprécié cette transmission du savoir intergénérationnelle mise subtilement en avant dans cette belle BD.

En outre, fabriquant déjà pas mal de produits moi-même, notamment d’hygiène, et rêvant de posséder un espace vert pour pouvoir y faire pousser des fruits et des légumes, j’ai été sensible à la démarche d’autosuffisance d’Honoré, même si j’avoue que, contrairement à lui, il y a certains produits sur lesquels j’aurais des difficultés à faire l’impasse.

Quant aux illustrations, elles m’ont charmée que ce soit par leur douceur, l’atmosphère presque intimiste qu’elles instaurent grâce à leurs teintes alternant entre l’orange et le vert, ou la manière dont elles transmettent toutes les émotions des personnages. J’ai également adoré les cadrages sur les bâtiments et les éléments de la nature, un peu moins sur les visages, dont les traits m’ont paru parfois un peu grossiers.

En bref, voici une BD qui, par ses problématiques, devrait autant plaire aux enfants qu’aux parents et susciter de beaux échanges intergénérationnels, notamment sur le thème important de l’écologie. Petit bonus, des pages en fin d’ouvrage avec « quelques idées créatives pour s’amuser et se passer d’acheter ».