Spirou et Fantasio : Le triomphe de Zorglub ; Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentenac

Spirou et Fantasio : Le triomphe de Zorglub ; Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentenac

Je remercie Lecteurs.com et les éditions Dupuis pour m’avoir permis de découvrir cette BD dans le cadre de l’opération Les Explorateurs de la BD.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cool ! les aventures de Spirou et Fantasio vont être adaptées au cinéma ! Impatient de devenir une vedette du grand écran, Fantasio postule pour son propre rôle… et se fait recaler (« trop vieux pour le rôle ») ! Très vexé, il déprime. Spirou, pour lui remonter le moral, lui propose de se faire engager comme journaliste sur le tournage. Sur le plateau, Spirou est un peu surpris par l’acteur qui joue son rôle (« un type lisse et sans aucune personnalité ») alors que le comédien est son sosie parfait. Quant à Seccotine, elle est offusquée par le scénario quand elle découvre que l’actrice qui joue son rôle doit multiplier les scènes déshabillées totalement dispensables. Bref, les trois héros vont suivre le tournage en Afrique et en France en essayant de limiter les dégâts provoqués par un réalisateur dans un état second et un producteur qui est la copie conforme de Zoglub !

  • Album: 60 pages
  • Editeur : Dupuis (26 janvier 2018)
  • Prix : 12€

AVIS

Cette BD n’est pas l’adaptation à proprement parler du film Les aventures de Spirou et Fantasio sorti au cinéma en février 2018, mais elle en est néanmoins librement inspirée. N’ayant pas encore vu le film, je ne pourrai pas vous en dire plus sur le degré d’inspiration même si j’espère le voir bientôt, cette BD ayant plus qu’attisé ma curiosité…

Comme la plupart d’entre vous, je connais Spirou et Fantasio, mais je dois reconnaître que mis à part la lecture de quelques albums dans ma prime jeunesse, je connais finalement assez peu la BD. Je préfère le souligner, car je pense qu’un amateur de la série n’aura pas forcément le même avis que le mien ni les mêmes attentes… C’est donc sans a priori que je me suis plongée dans cette histoire loufoque et, somme toute, des plus originales.

J’ai adoré l’idée de donner vie à des personnages fictifs puisqu’ici, Fantasio et Spirou sont bien réels et sont confrontés à une situation inédite : le tournage d’un film mettant en scène leurs aventures. Cela aurait pu être plutôt sympathique, voire flatteur, pour les deux amis si la tentative de Fantasio de jouer son propre rôle n’avait pas été soldée par un cuisant et humiliant échec. Il a, en effet, été considéré trop vieux, trop gros et trop mauvais acteur par la directrice de casting. Les effets du temps n’épargnent personne que l’on soit un grand aventurier/journaliste ou non… Et l’humiliation ne s’arrête pas là : Fantasio et Spirou finissent par découvrir que le scénario ne les présente pas vraiment sous leur meilleur jour. Mais rien de vraiment étonnant si l’on considère que le producteur/acteur ressemble comme deux gouttes d’eau à un certain personnage que notre duo connaît trop bien à son goût : Zorglub. Trop, c’est trop, Spirou et Fantasio sont bien décidés à laver leur honneur, à rétablir la vérité et à faire sortir de sa tanière ce producteur trop louche pour être honnête !

Il me semble préférable d’avoir lu quelques aventures de Spirou et Fantasio pour mieux savourer les différentes références à cette série, notamment au niveau des personnages, qui sont parsemées dans l’album. Néanmoins, même les néophytes pourront se laisser entraîner dans cette aventure abracadabrantesque menée à une cadence folle. Les personnages et les lecteurs n’ont ainsi pas le temps de s’ennuyer entre la découverte des dessous de la réalisation d’un film, un voyage dans le désert, des retournements de situation, des scènes d’action qui déménagent, des gags à gogo, une actrice qui, aidée de Seccotine, se rebelle contre le sexisme dont elle est victime et qui réduit son rôle à celui d’un faire-valoir sexuel (toute ressemblance avec le « vrai » cinéma n’est pas fortuite…), des jeux de mots qui font mouche, des petites piques envers notre duo qui se fait malmener et dont l’ego est mis à rude épreuve…

On sent que le scénariste, Olivier Bocquet, s’est fait plaisir, et qu’il a eu à cœur de nous proposer une histoire qui se démarque des aventures plus classiques de Spirou et Fantasio, tout en ayant veillé à garder le charme de leur relation même si celle-ci est gentiment moquée. Le résultat est d’autant plus savoureux qu’on retrouve le côté déjanté et un peu foufou du script dans les dessins de Brice Cossu et d’Alexis Sentenac. Les expressions des visages, bien souvent exagérées, soulignent à merveille le caractère incongru, si ce n’est absurde, des situations dans lesquelles se retrouvent nos deux amis. Il y a même un petit côté manga dans les traits des dessinateurs au point qu’avec sa gigantesque crinière jaune flamboyante nouvellement acquise, et qui aurait pu être une aubaine pour un chauve précoce si elle ne poussait pas comme une herbe folle, Fantasio aurait toute sa place dans un épisode de Dragon Ball Z… Je soulignerai également l’excellent travail fait sur Fantasio qui, pour moi, est le personnage dont la personnalité a été la mieux mise en images par les dessinateurs. Quant au travail de colorisation de Johann Corgié, je l’ai trouvé parfait pour s’immerger facilement dans l’intrigue d’autant que les couleurs sont un parfait équilibre entre réalisme et exubérance, cette dernière étant criante quand le coloriste s’évertue à retranscrire, en couleurs, les émotions des personnages.

La seule chose qui m’a un peu perturbée dans cet album est le décalage physique entre Fantasio et Spirou. Si le premier a vraiment été marqué par le temps entre rides, calvitie importante et bidon bien rebondi qui donne l’impression que Fantasio a passé son temps libre à s’enfiler tous les litres de bières qui ont croisé son chemin, le second, quant à lui, conserve un aspect juvénile qui peut laisser faire croire que le temps n’a pas eu de prise sur lui. Cela m’a déstabilisée même si je reconnais que le scénariste a su utiliser ce décalage à bon escient puisque cela donne lieu à des quiproquos assez amusants.

En conclusion, empreint d’humour et d’action, Le triomphe de Zorglub est un album qui vous plongera dans une aventure loufoque menée tambour battant. Entre références aux albums « classiques » et version revue et corrigée du célèbre duo, le scénariste propose une histoire qui devrait plaire aux amateurs de Spirou et Fantasio à condition qu’ils gardent en tête le caractère unique et quelque peu déjanté de cet album.

Et vous, envie de découvrir Le triomphe de Zorglub ?

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Chouflette veut son papa, Virginie Oks

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Je remercie la maison d’édition Yakabooks pour la découverte de ce petit album tout choupinou.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chouflette remarque l’absence de son papa quand celui-ci est au travail et le veut près d’elle. Elle aime être avec sa maman, mais ce n’est pas pareil. Ce qu’elle veut, c’est ses deux parents avec elle.

  • Éditeur : Yakabooks (1 août 2017)
  • Prix : 2€

AVIS

Je n’ai pas d’enfant, mais à la lecture du résumé, j’avais très envie de lire ce petit album autant pour le sujet que l’idée d’une future lecture pour ma petite nièce de deux ans.

On rencontre ainsi une petite fille toute mignonne et souriante, Chouflette, qui aime beaucoup son papa. Elle est donc triste quand il est au travail et qu’il ne peut pas lui faire un gros câlin. Et quand elle est avec son papa, elle est triste de ne pas avoir sa maman à ses côtés, car ce que veut Chouflette, c’est avoir ses deux parents avec elle !

Comme le souligne l’auteure en fin d’ouvrage, vers 2 ans, l’enfant est dans une période œdipienne dans laquelle il ressent le besoin d’une relation exclusive avec l’un des deux parents. Or, ma petite nièce suit exactement ce même schéma de développement que je suppose classique. Elle ressent ainsi le besoin d’être en permanence avec mon frère quand il est dans la même pièce ou lieu qu’elle.

Je me suis donc dit que cet album pourrait lui parler. Si cela n’a pas été flagrant, elle m’a quand même demandé, lors de la lecture, où était son père, comme si elle arrivait un peu à s’identifier à Chouflette qui veut son papa. A noter que je lui ai lu moi-même l’ouvrage et qu’une lecture avec ses parents aurait peut-être eu plus d’impact. Ou elle est simplement encore trop jeune pour arriver à faire complètement le lien entre l’histoire de Chouflette et ce qu’elle peut ressentir notamment quand mon frère d’astreinte doit s’absenter ou que sa mère ne peut pas jouer avec elle, car elle est au travail.

Cela ne l’a néanmoins pas empêchée d’apprécier les illustrations de Marine Carron qui ont tout pour séduire les plus jeunes : des dessins simples, mais agréables, des couleurs vives qui happent le regard même des plus grands, la présence sur presque toutes les pages du doudou de Chouflette et je peux d’ailleurs vous dire que ma nièce l’a très vite repéré ce doudou… Pour l’anecdote, lors de la découverte de la première illustration dans laquelle on voit Chouflette dessiner avec ses deux amis, Élise et Abel, ma nièce m’a tout de suite parlé de son meilleur ami à la crèche, Arthur, en ajoutant que c’était lui qui avait fait le dessin.

Il faut dire que les illustrations mettent en scène des situations qui parleront à beaucoup d’enfants : école, moment du coucher, activité avec le papa (l’auteure casse les clichés puisque c’est un moment bricolage que Chouflette partage avec son père), moment de tendresse parents/enfant avec une illustration de fin pleine de douceur qui ne pourra que toucher les lecteurs.

J’avoue avoir été surprise par le format de l’ouvrage m’attendant à un livre un peu plus grand. Mais, c’est plutôt une bonne chose, car sa petite taille en rend la prise en main par des enfants très facile. Très léger et avec des pages assez épaisses, il devrait résister aux manipulations parfois un peu rudes des enfants qui devraient prendre plaisir à entendre encore et encore cette jolie petite histoire.

Enfin, cet album pourra peut-être aider les parents qui travaillent et ne peuvent pas toujours être ensemble pour s’occuper de leurs enfants, à trouver les mots pour leur expliquer pourquoi malgré tout l’amour qui leur porte, ils doivent parfois s’absenter pour le travail avant de mieux les retrouver pour un joli bisou sandwich. Le meilleur, cela va de soi !

Et vous, envie de découvrir Chouflette veut son papa ? Foncez sur le site de Yakabooks où vous trouverez d’autres petites merveilles au prix unique de 2€.

 

Ira Dei – Tome 1 : L’or des caïds, Vincent Brugeas et Ronan Toulhoat

Je remercie Babelio et les Éditions Dargaud pour l’envoi d’Ira Dei : L’or des caïds de Vincent Brugeas et illustré par Ronan Toulhoat. Je remercie également Delphine des éditions Dargaud pour son petit mot manuscrit ainsi que pour l’ajout, dans l’enveloppe, de Dargaud le mag dans lequel on retrouve une interview de l’illustrateur.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En 1040, les armées de Byzance tentent de reconquérir la Sicile, alors aux mains des Arabes. Alors que la ville de Taormine résiste à Harald, le terrible chef varègues à la tête des troupes byzantines, un Normand nommé Tancrède et un jeune moine, Étienne, légat du pape proposent les services de leur petite troupe de mercenaires. À la demande d’Étienne, Tancrède se rapproche d’Harald et lui propose un marché : il fera tomber Taormine en trois jours, en échange de quoi il recevra les richesses de la cité. Même s’il comprend que Tancrède est en mesure de réaliser ce prodige, Harald se méfie de cet homme dont les yeux révèlent qu’il a « traversé les Enfers » et dont le passé mystérieux ressurgit peu à peu… Pourquoi l’Église a-t-elle fait de lui une arme au service de Dieu ? Et quelle revanche veut-il prendre aujourd’hui ?…

  • Album: 64 pages
  • Éditeur : Dargaud (12 janvier 2018)
  • Public : à partir de 16 ans
  • Prix : 13.99€
  • Autre format : ebook

TRAILER OFFICIEL DE LA BD

AVIS

L’histoire et les personnages…

Si le Moyen Âge est une période que j’apprécie, j’avoue néanmoins que le contexte historique de cette BD, la Sicile du XI e siècle alors sous le joug des Arabes, m’était peu familier. Cela m’a parfois un peu gênée dans ma lecture d’autant que cette île, carrefour entre différentes civilisations, concentre un certain nombre d’enjeux politiques, économiques et culturels. Fort heureusement, cela ne m’a pas empêchée de me plonger avec plaisir dans l’histoire, celle d’un énigmatique Normand, Tancrède, qui débarque en l’an 1040 sur la côte est de la Sicile. Accompagné d’une vingtaine d’hommes et d’un diacre, Étienne, il proposera ses services au seigneur Harald, à la tête des troupes byzantines, pour faire tomber la ville de Taormine qui lui résiste. Une aide qui, évidemment, ne se fera pas sans une onéreuse contrepartie…

Que ce soit en profitant de la solidarité normande, en exploitant l’appât du gain, valeur commune à chaque peuple, ou en jouant sur la pression exercée sur Harald, Tancrède se révèle, dès le début de son arrivée sur l’île, être un fin stratège. Il sait pertinemment jouer sur les besoins et aspirations, plus ou moins avoués, des individus qu’il rencontre et arrive à tirer parti de leurs failles. Et c’est cette intelligence des situations et des personnes qui rend ce personnage aussi passionnant que dangereux ! Intelligent et patient, il devrait vous surprendre par sa faculté à mener à bien ses plans sans que personne ne se doute de ses véritables intentions. À commencer par Étienne…

Si une grande part de l’action et du suspense repose sur le Normand, l’auteur nous propose également une palette intéressante de personnages à l’instar de cet homme de foi qui accompagne Tancrède. Assez autoritaire, il se plaît à jouer de son autorité sur le guerrier qu’il pense, de manière assez naïve, avoir sous sa coupe. Il se rend néanmoins assez vite compte que les actions de celui-ci ne correspondent pas forcément à ce que l’église attend de lui. Mais d’ailleurs, que cherchent vraiment l’église et Étienne en s’associant au Normand ? Une question qui viendra titiller la curiosité des lecteurs d’autant que Tancrède semble loin de partager la foi, virant au fanatisme, du diacre. À cet égard, bien que la BD ne soit pas un plaidoyer anticlérical, on retrouve, contexte historique oblige, l’importance de l’Église et les moyens peu éthiques et moraux déployés pour faire respecter la « vraie foi ».

Deux personnages féminins se démarquent également de ce premier tome bien que leur rôle reste finalement assez peu développé. Nous découvrons ainsi une femme manipulatrice autant dans l’apparence, son visage étant criant de sournoiserie, que dans sa manière de se comporter. Il se dégage d’elle une certaine dangerosité qui contraste à merveille avec le caractère craintif de la sœur cachée d’Étienne. Deux femmes, deux personnalités diamétralement opposées, mais un destin lié… J’ai, pour ma part, hâte de découvrir quelle sera l’influence de ces deux femmes sur le cours de l’intrigue.

Une narration dynamique mêlant habilement présent et passé…

Dans cette vidéo, l’illustrateur revient plus particulièrement sur une double page de la BD et explique pourquoi et comment il a séquencé la scène. Mais il met également en avant un point qui m’a plu : la colorisation et la mise en scène des différents flash-back présents dans la BD.

Le scénariste ne s’est pas perdu en détails narratifs inutiles qui auraient alourdi une histoire dont le contexte historique peut déjà se révéler complexe, ce qui a permis au dessinateur de nous offrir un moyen simple et efficace pour repérer les allers-retours entre passé et présent : des bordures noires délimitant les scènes et l’abandon de la colorisation rouge au profit d’une teinte plus claire. Le procédé présente l’avantage de mettre en valeur ces retours dans le passé qui revêtent une certaine importante dans la narration puisqu’ils permettent d’assouvir notre curiosité. À travers ces flash-back, on découvre ainsi quelques pans du passé de Robert, sa réelle identité ainsi que ses véritables intentions. Son comportement parfois assez énigmatique, ses mimiques à la limite de la moquerie et empreintes d’une certaine défiance vis-à-vis de l’autorité du prêtre, cette impression tenace qu’il cache son jeu… Tout devient alors plus clair et conduit à la seule conclusion possible : Tancrède n’est définitivement pas une personne de laquelle il est bien prudent de se jouer !

L’auteur exploite jusqu’au bout le caractère assez mystérieux et spectaculaire de son protagoniste en nous proposant un final explosif dans lequel il abat ses cartes, ou du moins, une partie de son jeu. Une bonne fin de premier tome qui laisse espérer une suite pleine d’action, de complots et de révélations. Quant aux personnes qui ont osé ou qui oseront se dresser sur son chemin, ne leur reste plus qu’à affronter l’implacable vengeance de ce guerrier Normand passé maître dans l’art de la guerre.

Des scènes d’action parfaitement maîtrisées…

Sans être particulièrement amatrice de ce genre de scènes, force est de constater que l’illustrateur et l’auteur ont su travailler de concert pour nous offrir de très belles scènes de bataille. À travers moult détails, une colorisation à dominante rouge, un découpage dynamique des différentes scènes d’action, des gros plans sur les visages et notamment sur les yeux qui reflètent toute la violence des combats, ils nous offrent une plongée vivante et réaliste dans l’action. J’ai, en outre, fortement apprécié que l’auteur se soit abstenu d’alourdir les scènes de combat par du texte superflu, le travail visuel se suffisant à lui-même pour transmettre l’intensité de l’action et la violence qui se dégage des affrontements. À cet égard, il y a une scène qui m’a particulièrement marquée par sa cruauté, mais c’est probablement la lectrice amoureuse des animaux en moi qui s’exprime. Je ne sais pas si cette scène est tirée d’un fait réel, mais cela ne serait pas étonnant si l’on considère que les animaux ont depuis très longtemps été utilisés dans les guerres à l’instar des porcs de guerre ou cochons incendiaires utilisés durant l’Antiquité.

La couleur rouge, couleur du soleil, de la chaleur, du sang et de la vengeance, qui est omniprésente dans cet ouvrage, m’a parfois un peu gênée par l’atmosphère pesante dans laquelle elle nous plonge. Mais je dois reconnaître que son utilisation rend l’immersion dans l’intrigue encore plus probante et finit, d’une certaine manière, par symboliser Tancrède, un personnage au passé violent et à l’avenir probablement teinté de rouge. Fort heureusement, quelques planches, notamment celles mettant en lumière la nature à travers de jolis paysages, bénéficient d’une colorisation plus lumineuse qui apporte une certaine douceur et sérénité à une histoire plutôt violente. 

À noter le grand format de la BD qui rend sa prise en main et la découverte des scènes d’action des plus agréables. Cette édition est également accompagnée d’un cahier graphique.

En conclusion, une narration menée tambour battant et valorisée par un coup de crayon précis et un découpage dynamique des scènes, de l’action, du sang, des combats, des trahisons, des complots, du suspense, un héros charismatique, des personnages assez mystérieux dont il est bien difficile d’appréhender les véritables intentions, de beaux décors… Nul doute que le duo Brugeas/Toulhoat a toutes les clés en main pour séduire les amateurs de BD mêlant action et aventure dans un contexte historique riche et mouvementé !

Et vous, envie de découvrir ou de feuilleter Ira Dei ? Visiter le site des éditions Dargaud.

A cheval tome 1 : Hip Hippique, Hourra ! , L. Dufreney et Miss Prickly

J’avais déjà croisé la série A cheval en librairie et chez France Loisirs, mais c’est l’opération 48h BD qui m’a donné envie d’acheter et de me plonger dans ce premier tome.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est la rentrée au club ! Les jeunes cavaliers font connaissance avec Bijou le poney grincheux, Cookie le gourmand, Kamboui le crado, Xanax le trouillard ou encore Flash, le pur-sang électrique à la technique de saut d’obstacles très particulière ! Une joyeuse bande de chevaux et poneys hauts en couleur qui, entre deux cours d’équitation, blaguent, observent et mènent la vie dure aux cavaliers !

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Delcourt (2 septembre 2015)
  • Prix (hors 48h BD) : 10,95€

AVIS

J’aime les animaux, mais j’avouerai ne jamais avoir été particulièrement passionnée par les chevaux ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir adoré cette BD dans laquelle l’humour est omniprésent. Cela commence d’ailleurs avec le titre Hip Hippique, Hourra ! qui ne peut que prêter à sourire. Et ce n’est qu’un début puisque les lecteurs vont avoir la chance de découvrir une galerie de chevaux et de poneys hauts en couleur et surtout très drôles. Chacun d’entre eux a sa propre personnalité ce qui permettra aux lecteurs de vite se repérer parmi tous ces protagonistes d’autant que la maison d’édition a pensé à tout en insérant, en début d’ouvrage, une petite galerie des personnages…

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On a ainsi le peureux, le sportif, le gourmand, celui qui aime se rouler dans la boue, l’hyperactif, la grande timide, l’Américain qui a gardé son accent et son envie de parquer le bétail comme le découvriront, à leurs dépens, les enfants…

J’ai préféré certains personnages à d’autres, mais il n’y en a aucun qui ne m’a pas fait sourire voire franchement rire. Il faut dire que l’auteur, en donnant des traits de personnalité humains à des chevaux et des poneys, rend les différentes scènes constituant l’ouvrage très amusantes. Les rôles étant inversés, ce ne sont pas les deux pattes qui commentent la vie au centre d’équestre, mais bien les quatre pattes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos équidés ne manquent pas de mordant et d’humour ! Certaines scènes, comme l’arrivée des nouveaux membres humains du centre d’équestre, donnent d’ailleurs lieu à des commentaires plutôt amusants, voire cocasses, de leur part. Mais nos facétieux chevaux et poneys ne font pas qu’observer puisqu’ils n’hésitent pas à mener par le bout du nez ces petits humains qui veulent s’initier à l’équitation… Ceux-ci vont donc vite découvrir qu’apprendre à monter à cheval requiert de la patience et de la persévérance.

Si cela m’a un peu étonnée au début de la lecture, j’ai apprécié que le scénariste ne nous propose pas une histoire à proprement parler, mais une suite de scènes, certaines étant plus ou moins liées. La lecture n’en est que plus fluide et rythmée, ce qui devrait d’ailleurs permettre aux jeunes lecteurs de s’immerger assez facilement dans la BD. Quant aux illustrations, j’ai aimé leur aspect un peu cartoon qui donne l’impression d’être devant un dessin-animé. Les expressions des personnages volontairement exagérées soulignent et renforcent ainsi parfaitement le travail comique effectué par le scénariste. J’aimerais également souligner l’excellent travail de colorisation de Magali Paillat qui, à travers l’utilisation de couleurs vives mais réalistes, contribue fortement à rendre cette lecture immersive et agréable.

A noter en fin d’ouvrage une petite planche explicative qui, je dois bien le reconnaître, m’a été fort utile pour en apprendre un peu plus sur l’anatomie des chevaux et des poneys.

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Pour conclure, si vous aimez rire et les animaux, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce premier tome d’une série que je suivrai avec plaisir. Avec des personnages qui ne manquent pas de répartie et d’humour, et des illustrations aussi douces que colorées, le trio scénariste/illustratrice/coloriste vous propose une histoire que l’on peut déguster à tout âge et sans modération.

Et vous envie d’acheter ou de feuilleter ce premier tome de A cheval ?

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Vite, Cachez-vous, Frank et Devin ASCH

Couverture Vite, cachez-vous !

En grande amoureuse des chats, je ne pouvais que craquer pour cet album jeunesse d’autant que « Vite, cachez-vous ! » est la phrase que ma nièce de deux ans nous dit quand elle veut qu’on joue avec elle à cache-cache. J’espère d’ailleurs lui faire découvrir cette jolie histoire quand elle sera un peu plus grande.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Éléonore Merlot, jeune et charmante chatte, abrite sous son toit une famille de souris avec laquelle elle entretient d’excellentes relations.
Mais cette amitié, contraire à la loi féline, éveille les soupçons d’une vieille voisine.
La police vient enquêter au domicile de Mme Merlot et ne tarde pas à relever certains indices trahissant la présence de ses pensionnaires.
Heureusement, Éléonore a l’esprit vif et beaucoup d’aplomb et ne manque ni de sang-froid, ni de repartie !

  • Album: 30 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 5 années
  • Editeur : Albin Michel (29 août 2007)
  • Prix : 14€

AVIS

Les chats, ennemis naturels des souris ? C’est une question que l’on pourrait légitimement se poser après avoir lu ce joli récit dans lequel Mme Merlot, une chatte bibliothécaire (deux mots que l’on ne pensait pas possible d’accoler) adore ces petits rongeurs au point d’en héberger chez elle. Elle cohabite ainsi avec une grande famille de souris qui, en échange du gîte et du couvert, n’hésitent pas à participer aux tâches ménagères.

Cette joyeuse cohabitation doit néanmoins faire face aux suspicions des voisins qui, en bons chats, ne tolèrent pas que l’une des leurs fricotent avec la nourriture. Cela n’aurait pas été un problème en soi si un charmant voisin n’avait pas alerté la Sûreté Féline pour que Mme Merlot soit punie de son crime contre-nature. Une dénonciation abjecte qui ferait hérisser les poils de n’importe quel chat !

Fort heureusement, grâce à son sens de la répartie et ses talents d’improvisation, Mme Merlot va faire face avec aplomb au duo de policiers venus fouiller son appartement. Un duo composé d’un chat-inspecteur plutôt agressif prenant l’apparence d’un chat gris souris et d’un brigadier roux, beaucoup plus sympathique. Le premier va prendre un malin plaisir à fouiner de partout étant certain de la culpabilité de notre chatte, quand le second semble somme toute beaucoup plus naïf et conciliant. Les auteurs nous proposent donc un schéma classique, celui du méchant et du gentil flic sauf qu’à la place des êtres humains, nous avons ici des félins.

Et c’est d’ailleurs tout le charme de cet album qui remplace les hommes par des chats et des souris. Une personnification de ces animaux qui passe autant par l’enquête que les relations entre les protagonistes, les vêtements, les décors… Je retiendrai d’ailleurs une scène assez amusante dans laquelle Mme Merlot prend le thé avec sa voisine. Tous les détails sont là pour vous donner l’impression d’assister à un tea-time aristocratique. Je vous laisse le plaisir d’admirer la scène et notamment la manière dont Mme Merlot tient sa tasse. Difficile de ne pas sourire devant cette parodie ou imitation d’une scène que l’on aurait pu trouver dans un livre de Jane Austen.

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A travers cette jolie histoire destinée à la jeunesse, les auteurs n’hésitent pas à dénoncer certains travers humains : la jalousie, la délation, la méchanceté, le rejet de la différence… Mais se cache également derrière ce récit d’une minette qui défie les conventions sociales, un très joli message d’espoir, d’amitié et de tolérance. Faites de petites attentions et d’un respect mutuel, les relations entre Mme Merlot et ses protégés sont un vrai régal à découvrir. Quand la première fait les courses pour nourrir tout ce beau monde et tricote même des habits, les seconds font tout pour lui rendre la vie agréable… Des petits instants de bonheur qui feront fondre le cœur même des plus endurcis des lecteurs. A cet égard, je vous mets une illustration que je trouve magnifique dans sa composition et les différentes émotions qu’elle véhicule.

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Quant aux illustrations, j’ai été séduite par les couleurs, les costumes, les mimiques des personnages, l’effort particulier apporté aux décors qui sont extrêmement bien détaillés… J’ai également beaucoup aimé le fait que tout dans cet album, autant au niveau du fond que de la forme, donne l’impression de ne pas avoir affaire à de simples chats, mais à des chats extrêmement évolués. Ils ressemblent d’ailleurs comme deux gouttes d’eau à des humains que ce soit dans leurs bons ou leurs mauvais côtés.

Enfin, je dois admettre que le duo d’enquêteurs m’a fait sourire puisque j’ai moi-même un duo de chenapans gris et roux. Mais mes chats sont quand même beaucoup plus faciles à vivre, quoique j’avoue que le faciès de l’inspecteur quand il est agacé est assez fidèle à la tête de Gribouille quand on ose le déranger.

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Pour conclure, cet album jeunesse devrait ravir tous les amoureux des animaux et des chats en particulier. Les plus jeunes pourront savourer cette jolie histoire d’amitié inter-espèce, quand les adultes pourront avoir une lecture un peu plus symbolique de l’intrigue. Un album jeunesse que je conseillerai donc à toutes les personnes qui veulent avoir dans leur bibliothèque un livre à lire et à relire. Et puis, cerise sur le gâteau, vous pourrez vous lancer avec les plus jeunes dans des parties endiablées de « où sont les souris » ?

Et vous, envie de craquer pour Vite, Cachez-vous ! ?

 

Dessine-moi… Ton monde idéal, Victor de Coster

Dessine-moi... ton monde idéal par De Coster

Je remercie Les Éditions du rêve pour m’avoir permis de découvrir Dessine-moi… Ton monde idéal.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nous avons posé la question à des bouts de choux rencontrés dans toute la France, âgés de 5 à 9 ans. Les réponses fusent, sans détour, comme seuls des enfants savent le faire. Étonnantes, drôles, créatives, responsables, inattendues, matures… elles sont surtout très imagées. Grâce à ces mots ainsi recueillis, et uniquement grâce à ces mots, nous avons dessiné leur monde idéal. Le monde tel que le rêvent ceux qui le porteront demain. Ce livre garde toute la légèreté –et l’humour –d’une parfaite histoire du soir. Mais il est également, et bien évidemment, plein de sens.

  • Éditeur : Éditions du Rêve (8 mars 2018)
  • Prix : 7 euros

 

AVIS

J’ai tout de suite trouvé l’idée de demander à des enfants âgés de 5 à 9 ans de nous décrire leur monde idéal originale et surtout intéressante dans la mesure où il est rare de leur donner la parole sur ce genre de questions, que ce soit dans la vie courante ou en littérature. Je salue donc l’initiative de la maison d’édition et de l’auteur.

Le fond…

Alors que je m’étais attendue à des propos assez loufoques ou du moins, centrés sur leurs centres d’intérêt, les enfants abordent régulièrement des thèmes « sérieux » qui montrent une véritable prise en compte des enjeux de société : écologie et pollution (deux thèmes très présents), cause animale, solidarité, racisme, terrorisme… J’ai également été marquée par ce souci de la paix, et une volonté de vivre dans un monde où les relations entre les individus seraient pacifiées.

Derrière ces considérations sérieuses, les enfants évoquent également des thèmes plus légers comme le sport, les jeux, les voyages, l’amitié, la famille, l’alimentation qui semble être un domaine pour lequel les goûts sont très disparates entre amateurs de plats équilibrés et amoureux de junk-food…

Au fil de ma lecture, certains propos m’ont impressionnée par la maturité qu’ils dénotent, quand d’autres m’ont franchement fait sourire par leur côté très imaginatif, un peu naïf ou décalé :

  • « On mangerait des choses équilibrées comme des petits pois avec saucisses » (Jiméo, 9 ans) : comme quoi, la notion d’équilibre alimentaire est assez subjective…
  • « J’aimerais rester à l’âge de 10 ans, car après, à partir de 11 ans ce n’est pas trop rigolo, je ne pourrai plus faire de sport ni courir. » (Julia, 7 ans) : j’imagine que derrière cette phrase se cache le spectre de la puberté, mais si quelqu’un a une autre explication, je suis preneuse.
  • « J’aurais le pouvoir de glacer les arbres pour pouvoir grimper dessus et m’en servir comme toboggan » (Julie, 6 ans) : l’une des idées les plus cool que je n’ai jamais lues.
  • « J’aurais un vélo qui vole, il irait très vite » (Victor, 8 ans) : un moyen de transport pour lequel je signerais tout de suite ! Il est d’ailleurs amusant de voir que le vélo semble plaire à pas mal de nos rêveurs.
  • « Tous les pauvres auraient une maison et tout le monde aurait un cinéma dans sa douche » (Zoé, 9 ans) : une très jolie idée…
  • « On pense que le requin blanc est dangereux mais il ne l’est pas. » (Zakaria, 10 ans) : ce jeune homme fait preuve d’un discours empreint de bon sens que ce soit à travers ces quelques mots ou sa participation. En tant qu’amoureuse des animaux, c’est réconfortant de constater qu’il y a une véritable prise en considération de la cause animale chez certains enfants.

Les adultes devraient être séduits par la teneur de l’album qui leur permettra, je l’espère, de se rendre compte que finalement, il est possible de participer à la construction d’un monde dans lequel les enfants seraient heureux de vivre, certains de leurs rêves ne dépendant que de la bonne volonté de chacun. Quant aux jeunes lecteurs, nul doute qu’ils prendront plaisir à découvrir les textes des participants avant, peut-être, de partager avec leurs aînés, leur propre vision des choses.

La forme…

Léger, mais avec une couverture assez rigide pour ne pas qu’elle se plie à la moindre occasion, cet album est indéniablement agréable à prendre en main que l’on soit un enfant ou un adulte. Quant aux illustrations, elles retranscrivent à merveille les rêves de ces enfants qui nous content, sans détour ni cachotteries, le monde tel qu’ils aimeraient le voir. Cela se traduit par des dessins lumineux aux couleurs pimpantes et rafraîchissantes à l’image de ces jeunes personnes qui ont encore cette naïveté et cette joie de vivre que certains adultes ont, malheureusement, perdues. Les lecteurs découvrent donc, page après page, un festival de couleurs qui assure une lecture plaisante et pleine de peps. Difficile de ne pas avoir le sourire aux lèvres en tournant les pages !

Les dessins sont assez simples un peu comme si c’était les enfants eux-mêmes qui avaient sorti les crayons pour mettre en scène leur monde idéal. Le texte et les images forment donc un ensemble harmonieux qui permet aux lecteurs de se plonger pleinement dans l’album et de s’imaginer voyager d’un monde idéal à l’autre.

En conclusion, derrière des visions très différentes de ce que serait un monde idéal, même si plusieurs thèmes reviennent régulièrement, se cache toujours une certaine simplicité qui rend les propos de ces enfants touchants et pleins de bon sens. Entre l’envie d’un monde dénué de pollution et de guerres et celui où l’on aurait une mini-corne sur la tête, cet album devrait plaire aux enfants et à leurs parents, et marquer le début de jolies discussions intergénérationnelles.

Et vous, envie de craquer pour Dessine-moi… Ton monde idéal ?

La Princesse Élodie De Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi… de Pierre Thiry

Quand Pierre Thiry m’a proposé de découvrir son nouveau livre, un conte jeunesse, je n’ai pas hésité une seule seconde ayant dévoré son recueil de sonnets. Je le remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION AUTEUR

Élodie de Zèbrazur est une princesse. Augustin est un chien. Élodie de Zèbrazur aime beaucoup Augustin. Mais Augustin fait vraiment n’importe quoi. Et lorsqu’on fait n’importe quoi, il arrive des tas d’ennuis. Que va-t-il se passer ? Tu le sauras peut-être en ouvrant ce livre. En écoutant la musique des phrases, en écoutant le bruit des vagues, en écoutant le bruit du vent et le chant des coquillages tu découvriras une infinité de choses merveilleuses et inattendues…

  • Nb de pages : 68
  • Editeur : Books on Demand
  • Prix : 8€
  • Illustrations : Samar & Hani KHZAM

AVIS

Je vous avouerai que je n’avais pas prévu de lire ce livre tout de suite ayant une petite pile de livres plus ou moins urgente à lire et à chroniquer. J’étais donc partie pour ne lire que quelques pages de manière à satisfaire ma curiosité, mais le charme de l’histoire opérant, j’ai lu l’ouvrage d’une traite.

Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère qu’un peu à l’image d’un conteur d’antan, l’auteur sait happer l’attention des lecteurs dès les premières lignes. Nous découvrons ainsi la Princesse Élodie dont le nom à rallonge, De Zèbrazur, donne l’impression que nous sommes face à une personne importante. Puis, Augustin le chien entre en scène. Et là, le lecteur découvre qu’en effet, il fait vraiment n’importe quoi ! Mettre des miettes dans les robes de sa maîtresse, voler de la nourriture au boucher, prendre des livres dans des librairies (vous me direz, là, peut-on vraiment dire qu’il fait n’importe quoi ? Personnellement, je serais tentée de dire que c’est un chien dont tout lecteur rêve), aboyer sur tout ce qui bouge… Non, décidément, rien ne fait peur à ce toutou rigolo, mais plutôt agité.

Malgré toutes ses bêtises qui parfois l’agacent et la mettent en colère, la Princesse Élodie aime quand même beaucoup son fidèle compagnon d’autant qu’il lui arrive parfois d’être sage, principalement quand il dort d’ailleurs. Même son de cloche du côté de Mme Brichard, une femme qui peut être plus ou moins considérée comme l’intendante du château. Si Augustin aime mettre un joyeux bordel là où il passe, Mme Brichard, quant à elle, plébiscite l’ordre et la discipline, peut-être un peu trop… Mais malgré cela, elle ne peut s’empêcher de trouver le château vide sans ce sacré toutou. C’est qu’il est comme ça Augustin, aussi agaçant qu’attachant ! Enfin, agaçant pour Élodie et Mme Brichard, car je ne doute pas que les enfants, quant à eux, s’amuseront de ses petits tours, de son énergie et de son caractère facétieux. Et puis, peut-être qu’ils arriveront, dans une certaine mesure, à s’identifier à lui ? C’est quand même bien plus amusant de courir partout et faire tout ce que l’on veut comme Augustin que de passer son temps à ranger comme Mme Brichard.

Et nous touchons là d’ailleurs l’un des points forts de cette petite histoire qui, sous réserve de mignonnerie, montre à chacun que la vie est faite d’équilibre. Sans tomber dans les deux extrêmes, ranger tout tout le temps sans prendre le temps de vivre ou au contraire, passer son temps à s’amuser sans prendre le temps de se poser, il existe un juste milieu. La Princesse semble d’ailleurs symboliser ce juste milieu puisque prise entre ces deux personnages au comportement excessif, elle exprime son souhait de s’amuser tout en ne faisant pas n’importe quoi… contrairement à un certain toutou dont je ne citerai pas le nom.

Quant à la plume de l’auteur, elle se veut volontairement enfantine de manière à ce que l’histoire reste accessible aux enfants. Mais même en tant qu’adulte, cela ne dérange pas d’autant que cette simplicité dans la narration renforce le côté trublion d’Augustin. Quel que soit son âge, chaque lecteur sera donc ravi par cette histoire qui pourra se lire comme le récit rigolo des aventures d’un chien et d’une princesse ou comme un conte avec une morale. Tous les lecteurs partageront, en outre, le plaisir de découvrir les nombreuses illustrations qui parsèment le livre. Comme le style de l’auteur dans ce conte, elles dégagent un charme juvénile auquel il est bien difficile de rester insensible. Parfois en couleurs, mais le plus souvent réduites à leur simple crayonné, elles invitent à vous plonger dans l’histoire, à découvrir les bêtises d’Augustin et leurs conséquences, à voir Mme Brichard dans ses activités de nettoyage et de rangement, à suivre Élodie dans ses promenades, à partager ses moments de bonheur et de colère… En d’autres termes, les illustrations de Samar & Hani Khzam soutiennent à merveille le texte de Pierre Thiry qui lui-même renforce la force de ces dessins simples, mais efficaces.

En conclusion, Pierre Thiry est un auteur qui semble avoir plusieurs cordes à son arc. Il sait aussi bien nous émerveiller par sa poésie que nous enchanter grâce à son talent de conteur. L’auteur nous propose en effet un conte d’une grande douceur qui plaira autant aux enfants qu’à leurs parents. Les premiers seront séduits par une histoire toute mignonnette joliment mise en valeur par de nombreuses illustrations, et les seconds par le charme caractéristique des contes qui ont probablement bercé leur enfance. Une belle lecture familiale donc, à lire et à relire !

Site de l’auteurPage Facebook du livre

Et vous, envie de découvrir La princesse Élodie ?

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