La Princesse Élodie De Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi… de Pierre Thiry

Quand Pierre Thiry m’a proposé de découvrir son nouveau livre, un conte jeunesse, je n’ai pas hésité une seule seconde ayant dévoré son recueil de sonnets. Je le remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION AUTEUR

Élodie de Zèbrazur est une princesse. Augustin est un chien. Élodie de Zèbrazur aime beaucoup Augustin. Mais Augustin fait vraiment n’importe quoi. Et lorsqu’on fait n’importe quoi, il arrive des tas d’ennuis. Que va-t-il se passer ? Tu le sauras peut-être en ouvrant ce livre. En écoutant la musique des phrases, en écoutant le bruit des vagues, en écoutant le bruit du vent et le chant des coquillages tu découvriras une infinité de choses merveilleuses et inattendues…

  • Nb de pages : 68
  • Editeur : Books on Demand
  • Prix : 8€
  • Illustrations : Samar & Hani KHZAM

AVIS

Je vous avouerai que je n’avais pas prévu de lire ce livre tout de suite ayant une petite pile de livres plus ou moins urgente à lire et à chroniquer. J’étais donc partie pour ne lire que quelques pages de manière à satisfaire ma curiosité, mais le charme de l’histoire opérant, j’ai lu l’ouvrage d’une traite.

Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère qu’un peu à l’image d’un conteur d’antan, l’auteur sait happer l’attention des lecteurs dès les premières lignes. Nous découvrons ainsi la Princesse Élodie dont le nom à rallonge, De Zèbrazur, donne l’impression que nous sommes face à une personne importante. Puis, Augustin le chien entre en scène. Et là, le lecteur découvre qu’en effet, il fait vraiment n’importe quoi ! Mettre des miettes dans les robes de sa maîtresse, voler de la nourriture au boucher, prendre des livres dans des librairies (vous me direz, là, peut-on vraiment dire qu’il fait n’importe quoi ? Personnellement, je serais tentée de dire que c’est un chien dont tout lecteur rêve), aboyer sur tout ce qui bouge… Non, décidément, rien ne fait peur à ce toutou rigolo, mais plutôt agité.

Malgré toutes ses bêtises qui parfois l’agacent et la mettent en colère, la Princesse Élodie aime quand même beaucoup son fidèle compagnon d’autant qu’il lui arrive parfois d’être sage, principalement quand il dort d’ailleurs. Même son de cloche du côté de Mme Brichard, une femme qui peut être plus ou moins considérée comme l’intendante du château. Si Augustin aime mettre un joyeux bordel là où il passe, Mme Brichard, quant à elle, plébiscite l’ordre et la discipline, peut-être un peu trop… Mais malgré cela, elle ne peut s’empêcher de trouver le château vide sans ce sacré toutou. C’est qu’il est comme ça Augustin, aussi agaçant qu’attachant ! Enfin, agaçant pour Élodie et Mme Brichard, car je ne doute pas que les enfants, quant à eux, s’amuseront de ses petits tours, de son énergie et de son caractère facétieux. Et puis, peut-être qu’ils arriveront, dans une certaine mesure, à s’identifier à lui ? C’est quand même bien plus amusant de courir partout et faire tout ce que l’on veut comme Augustin que de passer son temps à ranger comme Mme Brichard.

Et nous touchons là d’ailleurs l’un des points forts de cette petite histoire qui, sous réserve de mignonnerie, montre à chacun que la vie est faite d’équilibre. Sans tomber dans les deux extrêmes, ranger tout tout le temps sans prendre le temps de vivre ou au contraire, passer son temps à s’amuser sans prendre le temps de se poser, il existe un juste milieu. La Princesse semble d’ailleurs symboliser ce juste milieu puisque prise entre ces deux personnages au comportement excessif, elle exprime son souhait de s’amuser tout en ne faisant pas n’importe quoi… contrairement à un certain toutou dont je ne citerai pas le nom.

Quant à la plume de l’auteur, elle se veut volontairement enfantine de manière à ce que l’histoire reste accessible aux enfants. Mais même en tant qu’adulte, cela ne dérange pas d’autant que cette simplicité dans la narration renforce le côté trublion d’Augustin. Quel que soit son âge, chaque lecteur sera donc ravi par cette histoire qui pourra se lire comme le récit rigolo des aventures d’un chien et d’une princesse ou comme un conte avec une morale. Tous les lecteurs partageront, en outre, le plaisir de découvrir les nombreuses illustrations qui parsèment le livre. Comme le style de l’auteur dans ce conte, elles dégagent un charme juvénile auquel il est bien difficile de rester insensible. Parfois en couleurs, mais le plus souvent réduites à leur simple crayonné, elles invitent à vous plonger dans l’histoire, à découvrir les bêtises d’Augustin et leurs conséquences, à voir Mme Brichard dans ses activités de nettoyage et de rangement, à suivre Élodie dans ses promenades, à partager ses moments de bonheur et de colère… En d’autres termes, les illustrations de Samar & Hani Khzam soutiennent à merveille le texte de Pierre Thiry qui lui-même renforce la force de ces dessins simples, mais efficaces.

En conclusion, Pierre Thiry est un auteur qui semble avoir plusieurs cordes à son arc. Il sait aussi bien nous émerveiller par sa poésie que nous enchanter grâce à son talent de conteur. L’auteur nous propose en effet un conte d’une grande douceur qui plaira autant aux enfants qu’à leurs parents. Les premiers seront séduits par une histoire toute mignonnette joliment mise en valeur par de nombreuses illustrations, et les seconds par le charme caractéristique des contes qui ont probablement bercé leur enfance. Une belle lecture familiale donc, à lire et à relire !

Site de l’auteurPage Facebook du livre

Et vous, envie de découvrir La princesse Élodie ?

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Uderzo L’intégrale 1953-1955, Philippe Cauvin et Alain Duchêne

Je suis toujours excitée quand je reçois un mail me confirmant ma sélection à une opération Masse critique de Babelio, mais je dois dire que mon excitation s’est muée en émerveillement quand j’ai découvert le titre de l’ouvrage que j’allais recevoir. Je tiens donc à remercier chaleureusement Babelio et Hors Collection de m’avoir offert l’occasion de découvrir ce superbe livre de collection.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le tome 3 de l’Intégrale Uderzo consacré aux années clés 1953 à 1955 : le tandem Goscinny-Uderzo est lancé ! Premières planches jamais vues de séries peu connues du grand public, épisodes complets, nombreux dessins inédits.

En 1953, pour le tout jeune couple que forment Albert et Ada Uderzo, c’est le temps des vaches maigres… mais heureuses ! Albert travaille de cinq heures du matin à minuit : la passion dévorante pour le dessin l’habite depuis toujours. Entre 1953 et 1955, avec, entre autres, Jean-Michel Charlier et René Goscinny, Uderzo produit des planches humoristiques (ou non) par dizaines, et des illustrations époustouflantes de réalisme par centaines.

Au fil de ces 424 pages fabuleuses de planches soigneusement restaurées, de dessins inédits, de documents d’archives, de commentaires du maître, le talent d’Uderzo explose, le trait s’affirme et s’affine, les blagues fusent. Bien plus qu’une compilation de séries BD présentées ici dans leur intégralité, cette intégrale est une merveilleuse malle aux trésors à ouvrir d’urgence !

Ce très bel ouvrage, relié, dos toilé, est le troisième volume d’une série comportant deux autres volumes : L’Intégrale Uderzo 1941-1951 et L’Intégrale Uderzo 1951-1953.

  AVIS

Cette intégrale Uderzo est la troisième d’une série qui comprend deux autres volumes, le premier consacré aux travaux de l’illustrateur durant la période 1941-1951 et le deuxième, durant la période 1951-1953. Quant à ce troisième tome, il se consacre à la période 1953-1955.
Deux ans dans la vie d’un illustrateur, ça semble finalement peu, mais c’est beaucoup quand on parle d’un illustrateur comme Uderzo à la capacité de travail époustouflante. Par nécessité souvent, mais aussi, j’aime à croire, par passion, il n’hésitait pas à se consacrer corps et âme à son travail avec, fort heureusement, la présence bienveillante de sa femme, Ada, dont on sent, à travers ce livre, le profond attachement. C’est d’ailleurs l’un des points que j’ai le plus aimé dans cette intégrale. Sans nous donner en long et en large les détails de sa vie privée, on y découvre quelques informations, grâce notamment à des photos personnelles ou à des interventions d’Uderzo, qui nous permettent de voir l’homme derrière l’illustrateur.

 

 

 

L’intérêt, pour le lecteur, est de se sentir plus proche de lui et de son travail et de prêter, peut-être, plus attention à des détails sur lesquels il ne se serait pas spécifiquement attardé. Uderzo aime les voitures et les chevaux ? Ne reste plus qu’au fil des planches qui se dévoilent à nous de chercher cette appétence pour cet objet et cet animal dont le point commun est d’offrir vitesse et liberté. Est-ce deux valeurs appréciées par l’illustrateur ? Peu importe puisque ce qui compte ici est le plaisir qu’on prend à scruter plus attentivement, par exemple, les dessins des chevaux que vous ne manquerez pas de croiser tout au long de votre lecture.

Je dois avouer que pour moi, Uderzo, c’est Astérix et Obélix et éventuellement, Oumpah-Pah. Et à la lecture de cette intégrale, j’ai quelque peu honte d’avoir réduit et cantonné l’illustrateur à ces deux BD, certes de qualité, mais qui ne représentent qu’une très infime part de son impressionnante production. Rappelons-nous que nous parlons ici d’un bourreau de travail qui pouvait travailler de 5h du matin à minuit pour assurer ses nombreuses commandes. Alors, je suis reconnaissante aux auteurs de cet ouvrage d’avoir pris le temps de collecter les différents travaux du dessinateur durant cette période 1953-1955. Il aurait été, en effet, difficile et fastidieux pour un lecteur lambda d’effectuer ce travail de longue haleine d’autant que loin de nous proposer seulement la reproduction de documents déjà publiés, nous avons ici droit à des documents d’archives, des dessins inédits, des planches originales, des croquis, des tapuscrits…

Au-delà du panel de documents dont la richesse et la diversité devraient conquérir chaque lecteur, cette intégrale contient les illustrations d’Uderzo publiées quotidiennement dans La Libre Belgique, celles réalisées pour des scenarii de Goscinny (Jehan Pistolet, Luc Junior et Bill Blanchart) et de Jean-Michel Charlier (Belloy, Valérie André et Le fils du tonnelier, une histoire de l’Oncle Paul). Si le duo Goscinny-Uderzo m’est évidemment familier, j’ai aimé la synergie dégagée par celui formé par Jean-Michel Charlier et Uderzo, un duo qui fonctionne, à l’instar du premier, à merveille.

A noter que chacune des histoires bénéficie de quelques pages d’explications afin de permettre, entre autres, aux lecteurs d’en connaître le contexte de publication et les techniques artistiques utilisées par Uderzo qui lui sont d’ailleurs parfois imposées…

Cette démarche apporte une réelle valeur ajoutée aux planches que l’on prend ensuite plaisir à découvrir, à ausculter sous toutes les coutures afin de s’imprégner des illustrations qui subliment, à chaque fois, le scénario qu’elles servent. Puis, vient le temps de la dégustation pendant lequel on se laisse simplement emporter par les dessins qui nous conduisent aussi bien sur les traces de l’Histoire, que sur celles d’un jeune reporter affublé d’un chien fougueux et d’un collègue qui n’aspire qu’à la tranquillité ou même sur celles d’un chasseur de fauves…

Si certaines histoires m’ont plus intéressée que d’autres, en raison notamment de leur scénario, elles permettent toutes de s’apercevoir qu’Uderzo est un artiste aux multiples facettes, capable aussi bien de souligner l’absurdité d’une situation en quelques coups de crayon que de suggérer les émotions d’une scène par un trait saisissant de réalisme. Et je dois d’ailleurs faire mon second mea-culpa de cette chronique. Jusqu’à présent, j’avais tendance à associer Uderzo à Asterix avec ses personnages typés et aux traits quelque peu caricaturaux. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant si l’on considère que l’auteur avoue, à plusieurs reprises, son goût pour le dessin humoristique où il s’illustre avec brio. Néanmoins, grâce à Jean-Michel Charlier et à son histoire mettant en scène la vie de cette femme d’exception qu’est Valérie André, j’ai découvert que le talent de dessinateur d’Uderzo dépassait de loin ce que j’imaginais. Ses dessins sont d’un tel réalisme que l’on s’approche presque plus de la photo que de l’illustration. On s’attend ainsi à voir Valérie André sortir du livre pour se lancer dans une nouvelle aventure. Des dessins d’exception pour une femme d’exception en somme ! A noter qu’Uderzo avait reçu comme consigne de faire des dessins au lavis afin d’avoir un rendu proche du roman-photo. Et je pense que l’on peut dire qu’il a relevé le défi haut la main au point que je regrette qu’il n’ait pas plus souvent utilisé cette technique qui lui réussit plutôt bien.


L’artiste a également participé pour La Libre Belgique à une série qui, de nouveau, prouvera sa capacité à faire des dessins réalistes même si ce n’est pas un genre qu’il affectionne beaucoup. J’ai trouvé cette idée de développer un sujet, sur plusieurs semaines, à travers quatre vignettes fort intéressante d’autant que les thèmes abordés sont nombreux : la prise de la Bastille, l’Indochine, les faits marquants de l’année 1953, la guerre des Boers…

Les illustrations sont assez réalistes pour que, plusieurs années après leur publication, on les comprenne aisément et qu’on en ressente toujours l’importance. Certaines illustrations sont également agrandies permettant aux lecteurs d’en analyser un peu plus les détails.

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Toujours avec cette idée de réalisme, bien qu’ici ce soit plus subtil, j’ai été subjuguée par l’attention portée aux faciès des personnages. Une mimique, un sourire en coin, un regard… Il n’en faut pas beaucoup plus pour que le lecteur perçoive les émotions des personnages mises à nu par les dessins : couardise, bravoure, férocité, méchanceté, peur, détermination… J’ai également été saisie par la capacité d’Uderzo à suggérer le mouvement : multiplication des points de vue, découpage de l’action, fluidité dans les coups de crayon.. Ce sens du mouvement explique, entre autres, la complémentarité entre l’illustrateur et les deux scénaristes dont les histoires pleines d’action avaient définitivement besoin de dessins dynamiques tels que les siens.

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Et puis, il y a ce sens du détail qui fait qu’en regardant de plus près certains dessins, vous verrez que rien n’y est laissé au hasard comme avec ce bol qui semble épouser la forme du crâne ajoutant un comique de situation auquel il est bien difficile de ne pas succomber. Ceci est d’autant plus remarquable que l’artiste, pris par une cadence de production intensive, n’avait pas forcément le temps et la possibilité de fignoler les détails…

Enfin, je ne peux pas terminer cet article sans souligner le magnifique travail éditorial dont les quelques photos ci-dessus vous donnent un petit aperçu. Si le livre est beau visuellement, on ne peut qu’en outre apprécier son large format qui offre un vrai confort de lecture.


D’aucuns pourraient reprocher un ouvrage peut-être un peu lourd, mais son poids ne gêne en rien la lecture puisque je l’ai moi-même dévoré en position semi-allongée avec un chat allongé sur mes genoux. Et puis, nous sommes ici face à un article de collection dont le poids est à la hauteur de la qualité ! Quant au papier, j’ai aimé son aspect glacé, mais je sais que certains amateurs de BD sont attachés au papier traditionnel. Pour ma part, je n’ai pas cet attachement appréciant fortement que le papier glisse entre mes mains lorsque je tourne les pages.

BD format classique – L’intégrale – BD grand format

En conclusion, offrant une petite incursion dans la vie de l’homme derrière l’illustrateur, cette intégrale est un petit bijou que tout amateur d’Uderzo se doit de posséder dans sa bibliothèque. Cet article de collection devrait vous convaincre, une fois de plus, du talent de ce dessinateur qui manie aussi bien le dessin humoristique avec ces gros nez qu’il aime tant que le dessin réaliste avec des faciès au réalisme remarquable. Un artiste aux multiples talents et à la productivité hors norme qui a marqué toute une génération et qui, nul doute, en marquera encore bien d’autres. Uderzo ou le nom d’un artiste que l’on peut définitivement qualifier d’intemporel.

Je terminerai cette chronique par une photo de l’illustrateur qui représente à merveille ce que vous ressentirez une fois la dernière page du livre tournée.

Et vous, envie de craquer pour cette sublime intégrale ou d’en feuilleter quelques pages ?

Riverboat, Diana Kennedy

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Je remercie Diana Kennedy pour l’envoi, via le site Simplement, de l’album Riverboat regroupant les tomes 1 à 3 de sa série ainsi que pour l’envoi des tomes 4 et 5 sous forme de fascicule.

RÉSUMÉ

John F. Kennedy et Aldo Moro, deux anciens hommes d’État, s’embarquent sur un bateau à aubes, en route vers la cité mythique de Lysastra. Ils espèrent y retrouver la trace d’un ancien poème et pouvoir ainsi le déchiffrer. C’est le début d’une grande aventure avec mille rebondissements.

À quelle époque et où sommes-nous ? S’agit-il d’un autre univers uchronique ? Sommes-nous dans l’au-delà ? Quelle importance ? L’univers de Riverboat est aussi immense et mystérieux que le garage hermétique du major Gruber.

Les aquarelles éthérées donnent à cette BD classique une nouvelle forme d’expression adaptée au monde onirique et sans limites qui s’ouvre au lecteur.

AVIS

À la recherche d’un objet mythique, John, dont le nom et le visage devraient vous rappeler un certain politicien, et son ami Aldo, embarquent à bord d’un bateau à destination de Lysastra.

On s’attache très rapidement à ces deux protagonistes en raison, notamment, de la complicité qui les unit et qui les pousse à veiller l’un sur l’autre. Ils se révèlent également très complémentaires, John, du genre fonceur, étant assez enclin à foncer tête baissée dans l’action, quand Aldo est plus posé prenant le temps de la réflexion sans pour autant rechigner à agir quand cela s’avère nécessaire. Un duo qui fonctionne donc très bien et que l’on prend plaisir à suivre dans leurs péripéties, car n’en doutez pas, leur voyage en bateau ne sera pas de tout repos ! Ils devront ainsi faire face à des dangers prenant, entre autres, la forme d’une créature maritime avec laquelle vous n’avez pas particulièrement envie de barboter sans oublier leur face-à-face avec des soldats et une femme au mauvais caractère qui semble plutôt bien manier la gâchette.

Au-delà des scènes d’action qui s’enchaînent et donnent du rythme au récit, l’histoire bénéficie d’une certaine aura de mystère, ce qui contribue fortement au plaisir que l’on prend à se laisser embarquer dans ce « huis-clos ». Je mets des guillemets, car les deux héros quitteront pendant un petit laps de temps leur embarcation. Au fil de la lecture, de nombreuses questions finissent par assaillir les lecteurs : qui sont exactement ces deux personnages qui montent sur le bateau en cours de voyage ? Que veulent-ils à John ? Qui est réellement Aldo et pourquoi a-t-il réussi là où d’autres ont échoué ? Que fait un soldat allemand aux côtés d’un officier romain ? A quelle époque sommes-nous vraiment ?… Tout autant de questions qui vous tiennent en haleine et vous donnent envie de lire la suite de cet album.

En plus de l’action, du mystère, de l’humour distillé par petites touches, mais bien présent et du duo qui fonctionne à merveille, l’auteure a veillé à introduire plusieurs personnages assez marquants, car au caractère prononcé à l’instar d’un homme dont la méchanceté et l’avarice sont à la hauteur de sa fortune. Ce stéréotype du radin très riche, obnubilé par l’argent et rechignant à la moindre dépense même pour secourir son épouse, m’a beaucoup amusée. De sa petite taille (eh oui, l’argent ne peut pas tout acheter) à son comportement, tout concorde pour faire de lui le bouffon de l’histoire. Autre personnage intéressant, le Capitaine qui, pris entre le marteau et l’enclume, fait de son mieux pour maintenir son bateau à flot et assurer une bonne ambiance ou, du moins, apaiser les tensions entre les différents voyageurs. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce n’est pas une mince affaire…

Mais le personnage que j’ai le plus aimé et qui m’a complètement fait craquer est, sans aucun doute, Mallie, un parachat c’est-à-dire un chat paranormal avec quelques facultés utiles comme celles de pouvoir parler et sentir quand ses nouveaux amis sont en danger. En plus d’être trop mignonne et courageuse, Mallie se révèle également intéressante dans la mesure où elle permet à l’auteure d’aborder, même brièvement, la question des persécutions en raison de son origine. Un sujet qui, je le crains, demeure intemporel.

Enfin, j’aimerais parler du plus gros atout de cet ouvrage, son esthétique. Cartonné et bénéficiant d’une belle couverture, l’objet-livre est déjà très plaisant à admirer et à prendre en main.  Mais c’est bien en le parcourant et en découvrant les illustrations de Diana Kennedy que toute la magie opère ! N’ayant pas la fibre artistique, je suis toujours admirative des personnes qui, comme l’auteure, arrivent à vous transporter dans leur univers grâce à leurs coups de crayon. Presque vaporeuses, les illustrations possèdent, en outre, ce charme du travail fait à la main dont sont dépossédées la plupart des BD modernes. Si vous aimez les aquarelles teintées de douceur, mais d’une certaine profondeur, le travail de l’auteure/artiste devrait donc vous ravir.

J’ai également été séduite par l’expressivité des personnages dont on peut lire les différentes émotions sur le visage. Mais c’est le sens du détail de Diana Kennedy que je retiendrai. Il se perçoit, entre autres, au niveau des vêtements et des décors dessinés avec une précision leur conférant un grand réalisme. Les jeux et les dégradés de couleurs sont également un régal pour les pupilles sans oublier la manière dont l’artiste a su retranscrire le mouvement que ce soit au niveau des déplacements des personnages, de leurs mimiques, de l’eau…

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En conclusion, à travers une histoire teintée de mystère et au rythme plutôt soutenu, Diana Kennedy vous invite à faire la connaissance de deux personnages aussi différents que complémentaires et dont on ne peut que suivre les prochaines aventures avec plaisir. Riverboat devrait donc plaire aux personnes en quête d’un récit d’aventures sublimé par de magnifiques aquarelles. Alors, prêts à embarquer et à vous laisser porter par les flots et l’imagination de l’auteure ?

Envie d’acheter Riverboat ? Rendez-vous sur le site de l’auteure.

 

Mini-chroniques en pagaille #8

Je n’ai pas publié d’article « Mini-chroniques en pagaille » depuis longtemps alors que plusieurs brouillons n’attendent qu’à sortir de mes tiroirs. Voici donc l’un d’entre eux :

  • Astrid Bromure : Comment dézinguer la Petite Souris de Fabrice Parme

astridbromurePetite Souris – Surprise – Humour

J’avais lu le tome 2 de la série avant le tome 1 par inadvertance… Astrid Bromure se révèle plutôt impertinente dans ce premier tome où elle trompe son ennui en enquiquinant les domestiques de la maison. Heureusement, ou pas d’ailleurs, elle va se trouver une nouvelle mission : prouver à tous que le mythe de la Petite Souris n’est que pure invention. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu ; notre jeune héroïne n’est pas au bout de ses surprises !

Le sens de la répartie de la jeune fille, ses idées farfelues, les différents gags et surprises ainsi que les jolies illustrations m’ont fait passer un agréable moment de lecture.

BD jeunesse, Astrid Bromure se lit très rapidement, n’hésitez pas à lui donner sa chance quand vous avez envie d’une lecture légère.

  • Enola et les animaux extraordinaires, tome 2 : La licorne qui dépassait les bornes ; Joris Chamblin et Lucile Thibaudier

elonaetlesanimauxextraordinairesForêt – Licorne – Émerveillement

Enola est une vétérinaire qui a la particularité de soigner les animaux des contes et légendes. Dans ce deuxième tome, elle vole à la rescousse d’une licorne accusée d’avoir attaqué, sans raison, deux enfants d’un village. Mais les apparences sont trompeuses comme le prouvera Enola aux villageois, prompts à condamner les licornes.

L’histoire de cette BD jeunesse est adorable surtout quand on a une tendresse particulière pour ce mythique animal. Je ne doute pas de son succès auprès des plus jeunes, mais également auprès des plus âgés. Il faut dire qu’en plus de l’intrigue simple mais touchante, les dessins de Lucile Thibaudier sont de toute beauté.

En résumé, si vous avez envie d’un moment d’émerveillement, ce tome 2 d’Enola est fait pour vous.

  • Numéro 11, Jonathan Coe

Critiques – Contes – Rêve/cauchemar

Dans ce livre, l’auteur nous narre l’histoire de différents personnages avec comme toile de fond cette présence mystérieuse voire quasi mystique du numéro 11. Je vous laisse découvrir le roman, mais je peux d’ores et déjà vous dire que je ne l’ai pas  lâché, enchaînant les chapitres avidement. Il faut dire que j’ai été happée par le talent de narration de Jonathan Coe.

En plus d’un style d’une grande fluidité, il a cette capacité à mêler réalité et fantasme, à vous faire miroiter du fantastique quand il n’y a que la plus primaire des réalités, avant de faire volte-face et vous transporter aux confins de votre imagination.

J’ai en outre été séduite par les différentes critiques de notre société qui nous mettent implacablement face à nos actions les plus stupides : omniprésence des réseaux sociaux entraînant des malentendus d’une monstrueuse idiotie, l’envers de la télé-réalité et cette quête désespérée de la célébrité, la prompt aptitude des partis politiques à stigmatiser certaines personnes… Le livre se déroule à Londres, mais vous pouvez le transporter dans le monde occidental sans craindre de dépareiller.

En résumé, si vous avez envie d’un conte des temps modernes cyniques mais d’une criante vérité, Numéro 11 devrait vous plaire.

Et vous, ces ouvrages vous tentent ?

Dans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss

Je remercie Lecteurs.com et Gallimard de m’avoir permis de découvrir, dans le cadre des explorateurs de la BD, Dans la forêt sombre et mystérieuse de Winshluss

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui ! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait…

Sa rencontre avec de fascinantes créatures – de la luciole obèse à l’ogre terrifiant – vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

  • Album: 160 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (20 octobre 2016)
  • Prix : 18€

AVIS

J’avais repéré cet ouvrage à la FNAC notamment attirée par sa luxuriante couverture et la beauté du livre-objet, mais je n’avais pas craqué en raison des illustrations qui ne correspondent pas forcément à ce que j’attends quand j’achète un album. Je recherche en général les beaux coups de crayons et les dessins soignés. Avec Dans la forêt sombre et mystérieuse, ce n’est pas ce genre d’illustrations que vous retrouverez, mais plutôt des dessins simples qui vont à l’essentiel et qui sont mis en valeur par un très beau travail de colorisation.

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A noter également que l’album est coupé en plusieurs parties et que chacune d’entre elles est annoncée par une illustration.

Si les dessins ne m’ont pas éblouie, je me suis néanmoins plongée dans l’histoire dès les premières pages de l’album. J’ai ainsi fait, avec plaisir et curiosité, la connaissance d’Angelo et de sa famille composée de ses parents, d’un frère « idiot » et d’une petite sœur coincée dans sa condition de bébé. Toute cette famille des plus banales est en route pour rendre visite à la grand-mère gravement malade quand un oubli sur une aire d’autoroute va contraindre Angelo à partir à l’aventure.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Angelo va être gâté de ce côté-là ! Il va en effet enchaîner les situations périlleuses et les rencontres improbables, certaines amicales comme Fabien un « oiseau » particulier et d’autres parfois franchement désagréables comme un ogre décidé à ne pas laisser filer son repas. Heureusement, le jeune garçon saura se montrer débrouillard surmontant les unes après les autres les situations pleines de danger qui se présentent à lui d’autant qu’il pourra compter sur sa chance et ses amis de fortune.

Ces différentes péripéties fantastiques font incontestablement penser aux contes de notre enfance d’autant que l’auteur glisse, dans son album, quelques franches allusions que je vous laisserai le plaisir de découvrir. Néanmoins, à la différence des contes que nous connaissons tous plus ou moins, Dans la forêt sombre et mystérieuse possède une grosse touche humoristique qui rend la lecture très plaisante et très rapide. Vous vous surprendrez donc à sourire à de multiples reprises devant cette histoire presque effrayante, souvent amusante.

Quant à Angelo, c’est un jeune héros plutôt attachant qui porte bien son nom puisqu’il ne va pas hésiter à porter secours aux personnes ayant besoin de son aide tout en gardant à l’esprit son objectif final : se rendre au chevet de sa grand-mère qu’il semble adorer. Il faut dire que cette dernière a l’air franchement sympa et « cool ». Proche de ma grand-mère, j’ai, pour ma part, beaucoup aimé cette relation grand-mère/petit-fils même si elle n’est pas au centre de l’histoire, mais plutôt en filigrane. Seul petit défaut de notre mini héros, sa légère tendance à geindre dans les situations critiques, mais pour un enfant qui se retrouve seul perdu dans une forêt mystérieuse face à des créatures franchement bizarres voire inquiétantes, il s’en sort quand même très bien. Et puis, ses pleurs et ses craintes ne le rendent que plus crédible.

Si j’ai beaucoup apprécié Angelo, je dois reconnaître que mon coup de cœur va à un personnage secondaire que j’ai trouvé adorable autant dans l’apparence que dans la personnalité. Il s’agit de l’inimitable Fabien que j’aimerais beaucoup voir prendre son envol dans sa propre aventure.

En conclusion, si vous aimez les histoires avec du rythme, de l’humour et des rebondissements, Dans la forêt sombre et mystérieuse devrait vous plaire. Vous ne verrez pas les 160 pages défiler, pris dans le tournant des aventures d’Angelo menées tambour battant. Je vous invite donc à vous laisser tenter par cet univers particulier dans lequel l’auteur arrive à nous plonger rapidement et totalement grâce à un magnifique travail sur les couleurs et à la « simplicité » de son coup de crayon. Je mets des guillemets car je ne doute pas que sous cette apparente simplicité se cache beaucoup de travail.

Le Magicien d’Oz en BD (tome 1 à 3), D. Chauvel et E. Fernandez.

Avec la diffusion de la série américaine The Emerald City, j’ai eu très envie de me replonger dans le roman de L. Franck Baum, Le Magicien d’Oz. Une relecture du roman est d’ailleurs prévue, mais en attendant, j’ai décidé de lire l’adaptation en BD de D. Chauvel et E. Fernandez.

J’ai eu la chance de trouver les trois tomes de la série à la médiathèque, mais Delcourt Jeunesse vous en propose également une version intégrale que je n’hésiterai pas à  me procurer.

Les illustrations…

Avant de vous parler plus précisément de chacun des tomes, je voulais souligner la beauté des illustrations de E. Fernandez qui vous plongent directement dans l’histoire. Elles pourraient presque se passer de texte. La seule chose qui m’a un peu perturbée est la représentation de Dorothée qui tranche vivement avec l’image que je peux en avoir. Je lui trouve même un air de singe…

Images du site des Éditions Delcourt

Lu enfant, je dois admettre ne pas me souvenir d’autre chose que des grandes lignes du roman. Je ne pourrai donc pas me prononcer sur la fidélité de cette adaptation graphique même si de prime abord, elle correspond plutôt bien à mes souvenirs.

Tome 1

Dorothée a été emportée par une tornade au pays d’Oz où elle fera la rencontre de différents personnages qui deviendront ses compagnons de route. Ils partagent tous, mais pour des raisons différentes, le même objectif : trouver le fameux Magicien d’Oz.

Difficile en quelques planches de s’attacher à des personnages et pourtant, je les ai tous trouvés touchants. J’ai adoré leur volonté de venir à bout de leurs « problèmes » même si on comprend très vite, qu’ils font mauvaise route et qu’ils ont déjà, en leur for intérieur, la solution.

On est dans une BD et a fortiori jeunesse, on ne peut donc pas s’attendre au niveau de détails d’un roman, mais il n’empêche que l’histoire est intéressante et laisse entrevoir de jolies péripéties.

Tome 2

Après une petite mésaventure, Dorothée et ses compagnons atteignent enfin la Cité d’Émeraude où ils rencontrent, chacun à leur tour, le fameux et grand Magicien d’Oz. Ce dernier accepte d’accéder à leurs souhaits à une et seule condition : qu’ils tuent la méchante sorcière de l’Ouest.

La BD n’est pas exempte de situations cossasses comme la crainte inspirée par le lion qui terrorise, malgré lui, les personnes qui l’aperçoivent. Pour comprendre le comique de situation, rappelons que notre lion est un lion poltron… Dans ce second volume, on retrouve de nouveau la solidarité et l’amitié qui m’ont tellement charmée dans le premier tome. Les liens entre Dorothée et ses amis sont de plus en plus forts à tel point qu’on en vient presque à être triste à l’idée de leur future séparation.

Côté illustration, l’arrivée de nos aventuriers dans la cité d’Émeraude montre que cette adaptation graphique est un parfait complément au roman. En effet, l’illustrateur a su parfaitement retransmettre l’ambiance de la Cité d’Émeraude grâce à son travail de colorisation. Ce que M.Baum suggère dans son livre, M. Fernandez nous l’offre en images.

Tome 3

Ayant accompli leur mission, Dorothée et ses compagnons ont bien l’intention de demander leurs récompenses au Magicien d’Oz avant de découvrir que celui-ci n’est pas ce qu’il prétend être. Si les choses s’arrangent néanmoins assez rapidement pour le lion, l’épouvantail et le bûcheron, il n’en est pas de même pour Dorothée qui va devoir partir, une dernière fois, à l’aventure. Elle pourra fort heureusement compter sur ses amis.

J’ai un peu moins apprécié ce dernier tome, peut-être parce que la fin m’a semblé un peu abrupte. C’est un avis quelque peu injuste de ma part dans la mesure où nous sommes face à une BD jeunesse limitée en termes de pages et qu’il s’avèrerait difficile de donner plus de détails. Néanmoins, j’ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de nos aventuriers. Et puis, j’ai apprécié le fait que chacun obtienne ce qu’il désire et trouve sa place.

On pourrait être tenté, en tant qu’adulte, de penser qu’il aurait suffi aux personnages d’apprendre à mieux se connaître pour régler dès le départ leurs problèmes, mais je préfère garder ma vision d’enfant qui avait adoré suivre toutes ces péripéties qui ont permis aux personnages de grandir et de se trouver. A cet égard, cette BD et par extension le roman permettent de se poser des questions notamment sur la propension de chacun à désirer des choses qu’il possède déjà. Le fameux « Connais-toi toi-même  » prend ici tout son sens.

Maintenant que j’ai terminé cette adaptation en BD, je suis également très tentée par la version manga :

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En conclusion, si vous avez envie de découvrir ou redécouvrir Le magicien d’Oz, je ne peux que vous conseiller cette adaptation graphique de D. Chauvel et E. Fernandez.

Ekhö 5 : Le Secret des Preshauns d’Arleston, Lebreton et Barbucci

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Aimant beaucoup la série Ekhö publiée par les éditions Soleil, je me suis jetée sur le tome 5 quand je l’ai vu à la bibliothèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Fourmille, Yuri et Sigisbert sont en route pour Rome, la ville éternelle où règne le pontife qui dirige ces créatures souvent aimables et parfois monstrueuses que sont les Préshauns. Fourmille espère y trouver la réponse à la question : que fait-elle sur Ekhö ? Elle va rapidement comprendre que les Préshauns cachent un grand secret, et quelle-même est une pièce dans un jeu politique complexe…

  • Editeur : Soleil (22 juin 2016)
  • Pages : 50
  • Prix : 14,50

AVIS

Nous retrouvons Fourmille, Yuri et Sigisbert sur un navire de croisière en direction de Rome où Fourmille espère avoir des réponses notamment sur sa présence sur Ekhö. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’elle ne s’attendait pas à une telle révélation, ni le lecteur d’ailleurs.

Heureusement, sa destinée pouvant encore attendre, notre héroïne est bien décidée à continuer, pour le moment, à vivre sa vie comme elle le souhaite. Elle comporte évidemment son lot de tracas quotidiens, mais ceux-ci semblent maintenant  dérisoires par rapport aux responsabilités qui incomberont à Fourmille dans le futur.

Dans ce tome, on en apprend également plus sur Sigisbert et les  Préshauns en général. C’est ainsi qu’on découvre que si une grande partie de ces créatures sont pacifistes, quelques-uns au contraire aspirent à laisser leur véritable nature de monstre prendre le dessus. Pire, ces derniers souhaiteraient même éradiquer l’espèce humaine de la surface d’Ekhö. L’extrémisme ne semble donc pas épargner notre monde miroir…

Sur un ton plus léger, ce tome 5 va également nous permettre de comprendre d’où vient la tradition des Préshauns de boire du thé pour conserver leur aspect de peluche et ne pas céder à leurs bas instincts.

J’ai juste un peu regretté que Yuri soit un peu en retrait dans ce tome ou du moins, que son rôle ait surtout constitué en celui de « l’ami » jaloux de l’arrivée d’un prétendant dans la vie de Fourmille. Heureusement, il finira par se révéler utile en fin de tome.

En conclusion, si vous aimez Ekhö, je vous conseille ce tome 5 les yeux fermés. L’action, le suspense, des rebondissements et des révélations sont au rendez-vous. Vivement la suite !