Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

AVIS

Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne

 

 

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Mini-chroniques en pagaille #13

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ayati :  La légende des cinq pétales de Fabien Fernandez et Sandra Violeau :

Couverture Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, tome 1

« Dans une Inde ancienne et fantastique, Ayati une adolescente de 14 ans ayant perdu ses parents très jeune vit une enfance difficile. Élevée par son oncle et sa tante, elle subit les corvées familiales, son rêve le plus cher est de s’extirper de cette vie qui ne la rend pas heureuse…
Un jour alors qu’Ayati est partie chercher de l’eau pour le foyer familial, elle découvre sur le chemin du retour son village assaillit par des pirates, la doyenne sur le point de se faire tuer. Ayati tente de la défendre, coûte que coûte, se manifeste alors un don inné qui lui permettra de sauver la vieille femme… »

Je dois confesser une petite déception au niveau de cette BD que j’attendais de découvrir avec impatience. L’ambiance graphique est somptueuse avec des décors qui vous font voyager depuis votre canapé, chaise ou lit. Les couleurs sont profondes et lumineuses et vous immergent complètement dans cette atmosphère mêlant imaginaire, rêve et magie.

Malheureusement, si la forme est impeccable et justifie à elle seule la lecture de cette BD, il n’en va pas de même pour le scénario qui peine à convaincre et à offrir une aventure prenante et étoffée. Alors que l’on aurait pu être séduit par l’idée d’une jeune fille exploitée par sa famille qui finit par découvrir, lors d’un malheureux événement, qu’elle possède des pouvoirs, on se sent désœuvré face à un récit mené sans grande conviction et avec bien trop de précipitation.

Tout se déroule trop vite, ce qui donne presque le sentiment que l’histoire a été bâclée ou, du moins, qu’elle ne bénéficie pas du développement qu’elle aurait mérité… Le lecteur n’a pas le temps de se poser de questions sur les pouvoirs de l’héroïne, leurs origines ou leur étendue. De la même manière, devant l’enchaînement ininterrompu des événements, il semble bien difficile de s’inquiéter pour elle et de s’intéresser aux épreuves qu’elle ne manquera pas d’affronter.

Autre point problématique, bien que ce soit personnel, je n’ai pas accroché à la personnalité d’Ayati, qui en absence de développement, ressemble plus à une adolescente rétive qu’à une combattante mue par de nobles desseins. Ses réparties m’ont parfois fait lever les yeux au ciel par leur puérilité et ne m’ont donc pas particulièrement inspiré de sympathie… À 14 ans, j’estime qu’on a assez de maturité pour ne pas se comporter comme une enfant surtout quand les enjeux sont importants et des vies en danger. Point positif, le compagnon plutôt original qui viendra aider notre héroïne dans son aventure et qui m’a complètement fait craquer.

Ayati est donc une superbe BD qui vous époustouflera par les illustrations et l’ambiance qu’a su insuffler la dessinatrice au récit, mais qui est desservie par une scénario semblant dépourvu d’âme et de consistance…. Dommage, tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir un très beau divertissement. Je lirai quand même la suite par curiosité, mais je me tournerai probablement vers un emprunt plutôt qu’un achat.

Comme toujours, je vous invite à vous forger votre propre opinion puisque cet ouvrage saura peut-être vous séduire.

  • Les enfants du Bayou d‘Isabelle Bottier et Eva Roussel :

Couverture Les enfants du Bayou, tome 1 : Le rougarou

« Après avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens. »

Cela fait un petit moment que je voulais lire cette BD trouvée lors d’une petite visite en bibliothèque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai eu le nez creux en l’empruntant puisque cette BD a été un coup de cœur ! Je l’ai d’ailleurs relue deux fois d’affilée, ce qui ne m’arrive quasiment jamais. Dans ce récit qui se déroule dans la fascinante Louisiane, on découvre un père et son fils nouvellement installés suite à la destruction de leur maison par un ouragan. Très vite, ils feront connaissance d’une dynamique petite fille, Liloye, et de son adoptante.

Liloye est un petit bout de femme plein d’entrain et à l’humour déjà bien affirmé. Elle apporte de la légèreté dans ce récit qui aborde des thèmes comme la reconstruction et  la quête de soi, les nouveaux départs, l’espoir… Des sujets qui sont ici traités avec humour, tendresse et poésie. Tous les personnages sont, en outre, attachants et vous feront vivre de multiples émotions.

En d’autres termes, cette BD, c’est un petit concentré de douceur autant au niveau du fond que de la forme, les illustrations et leurs chaudes couleurs vous enveloppant dans un cocon réconfortant. Ancrée dans une atmosphère empreinte de magie, d’humour, d’amitié et de solidarité, Les enfants du Bayou saura séduire toute la famille !

  • Ananke de Noirgaley et Edwin Madrid :


 » Je ne vais quand même pas chercher cette petite toute la journée ! Voilà où ça mène de se laisser embobiner par une gamine !  »  » On m’avait bien dit de ne pas suivre les inconnus ! Je dois être tombée sur une vieille sorcière !  »

Découvert complètement par hasard, c’est la couverture qui m’a poussée à emprunter cet album mettant en scène une très belle amitié entre une vieille femme et une jeune fille. Celles-ci très différentes autant en termes d’âge que de personnalité ont pourtant un point commun : la solitude. La première connaît la solitude en raison de son âge et de l’isolement qui lui est bien souvent associé, quand l’autre se retrouve bien seule en raison d’une situation familiale complexe…

Deux personnes désœuvrées qui ne se connaissaient pas, mais que le destin va faire se rencontrer de manière plutôt incongrue d’ailleurs. La vieille dame et la jeune fille vont ainsi vivre ensemble une aventure extraordinaire qui n’est pas sans rappeler un peu le côté absurde d’Alice au pays des merveilles. Dans cette étrange contrée à la frontière du rêve et du cauchemar dans laquelle elles seront transportées à leur corps défendant, elles apprendront à se faire confiance, et petit à petit, à laisser fendre leur carapace. Cette expédition sera donc l’occasion pour chacune d’entre elles de trouver enfin une personne avec laquelle partager ses peines, mais elle sera également l’occasion d’une certaine introspection sur leur vie et leur avenir…

Bien que l’intrigue soit trop courte à mon goût, l’ouvrage bénéficie de tous les ingrédients pour offrir un moment de lecture aussi beau qu’intense : une ambiance onirique, de l’évasion, de l’action, du mystère, des réflexions sur des sujets sérieux et universels, de l’émotion, des personnages attachants, et le point qui m’a le plus émue, une très belle amitié intergénérationnelle. Quant aux illustrations, elles reflètent à merveille l’ambiance presque fantasmagorique qui ressort du récit.

Voici donc un ouvrage que je vous recommande les yeux fermés si vous aimez les amitiés fortes qui sortent des sentiers battus, et les ouvrages offrant un joli message d’espoir.

Et vous, connaissez-vous ces BD ?
Avez-vous envie de les lire ?

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même, Élise Fontenaille

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi !Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde ! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu ! Et bien croyez-moi ou pas : c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé ! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde !

Gallimard jeunesse (4 octobre 2018) – à partir de 6 ans – 28 pages – 13€
Illustratrice : Sandrine Thommen

AVIS

Attirée par le titre et la couverture, j’ai tout de suite eu envie de découvrir L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même. Et je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai eu un coup de cœur pour cet album jeunesse qui aborde le sujet des migrants, un sujet qui est hélas toujours d’actualité. 

Le jeune public auquel est destiné cet ouvrage explique le parti pris de l’auteure de parler de ce sujet difficile et complexe de manière simple, accessible et assez « légère ». Cela est rendu possible par la narration effectuée par un chat auquel on s’attache immédiatement. Il faut dire qu’il n’est pas dénué d’humour et qu’il se révèle terriblement touchant par l’amour qu’il porte à sa maîtresse et à ses quatre filles. Celles-ci, obligées de fuir en raison de l’arrivée de Daech à Mossoul, vont entreprendre un périple afin de gagner l’Europe.

Sans entrer dans les détails, l’auteure nous fait ressentir la tristesse de ces femmes devant tout quitter, patrie, amis, famille et biens, pour fuir la barbarie et l’oppression. Elles auront néanmoins la chance de ne pas rencontrer trop d’obstacles sur leur route et de pouvoir arriver en sécurité en Europe, et plus particulièrement en Norvège, pays où elles pourront reconstruire une vie joyeuse et sereine.

Le texte est poignant alors même qu’il n’y a aucun pathos. Toutes les émotions sont suggérées que ce soit par le texte tout en subtilité ou les illustrations dont les couleurs reflètent les joies et les tourments des personnages. Les dessins se veulent joyeux et colorés à l’évocation de la vie à Mossoul avant l’arrivée des fanatiques, un peu plus sombres et mouvementés pour suggérer les peurs et les dangers comme cette traversée en bateau à laquelle beaucoup ne survivent pas…

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Alors que le récit, tiré d’une histoire vraie, évoque un sujet triste et grave, il en ressort beaucoup d’optimisme, de joie et d’amour ! Amour d’abord de cette mère envers ses filles pour lesquelles elle abandonne sa vie d’antan sans se retourner, mais aussi amour entre un chat et ses « humains ». Séparé des siens lors de la fuite pour l’Europe, notre matou va vivre une aventure hors du commun…

De Mossoul à la Norvège, le périple sera long et semé de rencontres, mais il sera surtout la preuve que rien ne peut venir à bout de l’amour infaillible et total d’un chat pour ses adoptants. Si vous appréciez les chats, vous ne pourrez qu’être ému par ce matou aimant, drôle et adorable qui saura d’ailleurs séduire les personnes qui croiseront sa route.

Quant à la fin, en plus d’être émouvante et de m’avoir donné quelques frissons, je l’ai trouvée pleine de beauté, de tendresse et de sagesse. L’auteure nous offre ainsi une jolie réflexion sur la notion de bonheur, et nous prouve qu’avec un peu d’humanité, on peut offrir à des personnes qui ont tout perdu une nouvelle chance de reconstruire leur vie.

En conclusion, L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même est un magnifique album jeunesse abordant de manière légère, drôle et touchante le sujet difficile des migrants. L’écriture tout en finesse et empreinte d’amour et d’optimisme rend la lecture riche en émotions. À mettre en toutes les mains !

Feuilletez l’ouvrage sur le site des éditions Gallimard
Retrouvez le livre chez votre libraire ou en ligne

10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse, Laurence Colin

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Même si elle fait des efforts pour le cacher, la maîtresse n’est pas celle qu’on croit. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime tant !

Évidence éditions (5/12/201/) -56 pages – Broché (8€) – ebook (3.99€)

AVIS

En recherche d’un livre pour le thème de janvier du Challenge Lire en thème (lire un livre avec un chiffre ou un nombre dans le titre), j’ai jeté mon dévolu sur ce petit album dont le titre et le résumé me plaisaient bien.

Un bon choix puisque j’ai passé un joli moment de lecture auprès de ces jeunes élèves qui, il n’y a pas à en douter, ont l’imagination fertile ! À partir de différentes situations, ils imaginent des raisons expliquant le comportement de leur maîtresse, une maîtresse qu’ils aiment beaucoup d’ailleurs. C’est toujours très amusant, voire cocasse, et parfois non dénué d’une certaine logique. Ainsi, si la maîtresse lit des histoires, c’est parce que, comme ses élèves, elle n’aime pas beaucoup travailler, et si elle fait semblant de ne pas entendre la cloche, c’est pour une raison quelque peu inattendue….

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La présentation de l’ouvrage, un dessin d’un côté et quelques lignes de texte de l’autre, le rend très accessible aux jeunes lecteurs qui devraient, en outre, facilement s’identifier aux différents élèves que l’on rencontre au fil des pages. Une petite lecture immersive qui me semble donc parfaite pour les enfants découvrant la lecture même si, bien sûr, la présence d’un adulte pour partager ces petits moments de rire est toujours un gros plus.

Le livre est à destination des enfants à partir de 6 ans, mais cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture. Il faut dire qu’à l’instar de ces ouvrages reprenant les « bons mots » des enfants, cet album apporte un peu de cette fantaisie enfantine qui égaie le quotidien. Quant aux maîtresses et aux maîtres, je ne doute pas qu’ils soient conquis par cet album imaginé par Laurence Colin, maîtresse de profession.

Pour ma part, j’ai été attendrie par ces enfants qui, en plus de nous faire sourire par leurs explications amusantes sur le comportement de leur maîtresse, sont d’une telle tendresse envers cette dernière qu’ils en deviennent touchants. J’espère d’ailleurs que les personnes travaillant avec des enfants ont ou auront la chance d’en rencontrer d’aussi adorables.

J’ai également été séduite par les illustrations lumineuses et tout en rondeurs qui représentent à merveille l’univers de l’enfance. Elles collent donc parfaitement à l’ambiance qui se dégage du livre et contribuent fortement au plaisir que l’on prend à faire défiler ses pages.

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En conclusion, 10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Envie de découvrir l’album ? Rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

Mini-chroniques en pagaille #12

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Pepper et Carrot, David Revoy :

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La BD se présente sous la forme de scènes qui prêtent bien souvent à sourire. Cette BD est, en effet, emplie d’humour d’autant que l’adorable duo qu’elle met en scène est plutôt du genre gaffeur. Entre une apprentie sorcière qui invite les monstres à prendre le thé au lieu de les enjoindre à attaquer, par exemple, son horripilante rivale et un chat aussi gaffeur que sa maîtresse, le lecteur n’a pas fini d’avoir le sourire aux lèvres. Les situations dans lesquelles se retrouve notre jeune sorcière sont, en outre, variées et bénéficient bien souvent d’une chute inattendue ou, du moins, décalée. Rires, sourires et bonne humeur garantis !

Et puis que dire de ces magnifiques illustrations qui sont d’une douceur à vous donner envie de vous plonger complètement et irrémédiablement dans cet univers plein de magie. C’est beau, drôle et mignon ! Il ne m’en faut pas plus pour vous conseiller de foncer chez votre libraire pour découvrir ce duo gaffeur, mais tellement attachant. Je suis maintenant impatiente de découvrir la suite des aventures de Pepper et Carrot… À noter qu’en fin d’ouvrage, est présente une petite interview de l’auteur qui vous en apprendra plus sur la genèse de ce projet et sa volonté de proposer son travail en open source. Un pari à première vue risqué qui semble pourtant lui avoir réussi.

  • Le Pass’Temps : Les Joyaux de la couronne, Ariane Delrieu et Carbone :

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Ce sont d’abord les superbes illustrations qui m’ont donné envie de découvrir cette BD. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue par la qualité graphique de cet ouvrage. Les couleurs sont lumineuses et les dessins d’une douceur très enfantine. C’est donc un pur bonheur visuel de parcourir les différentes planches qui s’offrent à nous, et de voyager aux côtés de Marie et de son frère dans le temps.

Ces deux enfants ont été transportés au temps de la Renaissance grâce à un miroir posé dans le grenier de leur costumière de grand-mère. C’est ainsi qu’ils vont se retrouver, pour leur plus grand étonnement, dans un château face à la future reine de France, Claude de Bretagne. Celle-ci, s’étant fait voler un précieux bijou, sera plus que ravie de pouvoir compter sur l’aide de ces deux enfants débrouillards qui se lanceront, avec l’aide d’un soldat, sur la piste du voleur.

L’intrigue devrait plaire autant aux amateurs de voyages dans le temps qu’aux amateurs d’histoire, et plus particulièrement à ceux appréciant la Renaissance. En plus de situer son récit à cette époque, l’auteure a veillé à faire intervenir des personnages historiques. Elle offre même à ses lecteurs, en fin d’ouvrage, un petit rappel sur ceux-ci et sur les principaux faits marquants de l’époque. Je ne suis pas une spécialiste de cette période, mais j’ai apprécié la fidélité avec laquelle elle est abordée.

Fidélité qui se retrouve également dans les très beaux costumes des personnages ou encore, dans le vocabulaire quelque peu châtié de ceux-ci. D’ailleurs, l’auteure joue avec brio sur le décalage entre le vocabulaire de la reine, de sa gouvernante et du soldat, et celui de Marie et Léo. Nous aurons donc droit à de beaux anachronismes qui feront indubitablement sourire les lecteurs. Avouons qu’entendre parler de voiture ou d’ordinateur en ce début de XVIᵉ siècle a de quoi amuser !

  • Diary of a responsible fairy and her pet unicorn, Victoria Summers

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Pour son anniversaire, Lily veut, comme beaucoup d’enfants de 11 ans, un animal de compagnie, mais pas n’importe lequel : une licorne ! Ce n’est pas si surprenant pour une petite fée… Mais elle va apprendre qu’adopter un animal, aussi magique soit-il, demande une attention de tous les instants.

Cette histoire se déroule dans un monde magique, mais elle permet néanmoins aux enfants de comprendre, de manière ludique et légère, la responsabilité que représente un animal de compagnie. Je conseillerais donc aux parents, dont les enfants se montrent intéressées par l’adoption d’un animal, de parcourir avec eux cette jolie histoire. Cette dernière pourrait également plaire aux adultes qui, comme moi, ont gardé leur âme d’enfant et qui aiment s’imaginer un monde où les licornes existent !

S’agissant d’un livre destiné à un très jeune public, le niveau d’anglais est très accessible, et représente donc une bonne initiation à la lecture en anglais pour les enfants, et une manière douce de s’y (re)mettre pour les adultes.

Et vous, connaissez-vous ces ouvrages ?
Certains vous tentent-ils ?

Crapule – Tome 1, Jean-Luc Deglin

Crapule - tome 1 - Crapule, tome 1

Cadeau de Noël surprise de la part d’une amie, j’ai lu Crapule dès sa réception et je peux d’ores et déjà vous dire de foncer chez votre libraire si vous aimez les chats.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Crapule est un chat, un vrai. Le genre qui porte bien son nom. Dans son appartement au cœur de la ville, qu’il partage avec sa maîtresse, chaque jour comporte son lot d’aventures et de bêtises : missions d’exploration dans les placards, amour fou avec les rideaux et séances de câlins incongrues… Parfois au grand dam de sa propriétaire qui doit réparer les dégâts. Mais on pardonne toujours à Crapule, tant il est mignon.

Tous les propriétaires de chats reconnaîtront les facéties de leurs boules de poils et ne pourront qu’apprécier cette ribambelle d’anecdotes aux ambiances bleutées, pleines de drôlerie et de ronronnements.

Dupuis (3 novembre 2017) – 128 pages – 14,50€

AVIS

Crapule est un ouvrage graphique dont j’avais entendu beaucoup de bien et dont le sujet ne pouvait que me plaire : les chats. Enfin pas les chats, mais un chat en particulier, Crapule ! Une petite boule de poils dont une jeune femme obtient la garde sans qu’elle ne l’ait vraiment demandée. Elle n’était d’ailleurs pas très enthousiaste à l’idée de s’occuper de ce chaton. Mais ceux qui connaissent le pouvoir d’attraction des chats se doutent sans peine de la suite : elle va inexorablement tomber sous son charme.

Nous suivons donc dans cette BD, la nouvelle vie de cette femme et de Crapule, un chaton qui porte bien son nom. Encore jeune, il fait des tonnes de bêtises, mais rien qu’un petit câlin et de douces séances de ronrons ne sauraient faire pardonner. On est mignon ou on ne l’est pas !

Se construit, au fil des pages, des scènes de vie que tout heureux possesseur de chat, dont j’ai la chance de faire partie, connaît fort bien :  les réveils brutaux, les coups de griffe volontaires ou non, la disparition de l’intimité les chats semblant allergiques à la notion de porte fermée, les lieux d’abreuvement quelque peu originaux (Crapule adore la cuvette des WC), le fameux quart d’heure de folie qui transforme votre salon en champ de bataille, les odeurs de litière qui vous font vous poser des questions sur la santé intestinale de votre animal…

L’auteur met en scène avec beaucoup d’humour les petites bêtises du quotidien qui peuvent vous faire râler, mais qui sont tout de suite oubliées, et qui, d’une certaine manière, constituent autant de souvenirs que vous vous rappellerez, plus tard, avec tendresse. Ce fut, du moins, pour moi le cas ayant lu ce livre quelques semaines après la disparition de mon Gribouille. En parcourant les vignettes, j’ai revécu plein de situations qui sur le coup, m’avaient fait pousser un petit soupir, mais que maintenant, je chéris avec émotion.

On suit donc avec le sourire aux lèvres l’évolution de la relation entre Crapule et son adoptante qui s’apprivoisent mutuellement et progressivement, prennent leurs habitudes et développent une jolie relation de confiance, la condition sine qua non pour une relation harmonieuse avec un chat. La tendresse entre les deux personnages transparaît à travers certaines vignettes, notamment celles où la jeune femme savoure les câlins de Crapule et prend le temps de profiter de ses doux ronrons. C’est d’ailleurs le charme de ce livre, avoir su aborder avec drôlerie les bêtises de nos boules de poils, et avec justesse et délicatesse, tous ces beaux moments que l’on partage avec elles, les câlins, les doux regards, les ronrons, cette présence aimante et réconfortante qui, en un instant, vous fait oublier les tracas de la journée…

Facile d’accès et avec peu de texte, ce livre conviendra aussi bien aux adultes qu’aux enfants. Seules les illustrations ne m’ont pas enthousiasmée même si j’ai trouvé que l’auteur avait parfaitement su harmoniser fond et forme. Le coup de crayon est simple, ce qui permet de visualiser et de se représenter les scènes facilement sans être submergé par une avalanche de détails. De la même manière, seul personnage en noir, Crapule est facilement repérable, ce qui donne le sentiment que le choix d’une colorisation épurée était destiné avant tout à le placer au centre de l’action. Si je ne l’ai pas trouvée magnifique, l’association illustrations/couleurs est donc d’une remarquable efficacité.

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En conclusion, Crapule est un livre plein d’humour et de tendresse que je recommande les yeux fermés aux amoureux des chats et à tous les heureux possesseurs de cet animal qui sait se faire aussi bien ange que démon. Notre héroïne est complètement tombée sous le charme de Crapule. Mais je vous rassure, elle n’est pas la seule puisqu’une fois la dernière page tournée, vous n’aurez qu’une envie, lire le deuxième tome ou recommencer votre lecture depuis le début !

Découvrez d’autres vidéos ou feuilleter le livre sur le site des éditions Dupuis.

Et vous, connaissez-vous Crapule ?
Ce livre vous tente-t-il ?

 

 

Rencontre avec Vercingétorix, Julien Moca (auteur), Julien Bringer-Deik (illustrateur)

Rencontre avec Vercingétorix, De Borée

Je remercie les éditions De borée pour m’avoir permis de découvrir Rencontre avec Vercingétorix.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cerise et Robin, au fil de leurs aventures, découvrent l’histoire de Vercingétorix, grand chef de guerre gaulois qui affronta Jules César et ses puissantes armées.

  • Album: 30 pages
  • Tranche d’âges: 6 années et plus
  • Éditeur : De Borée jeunesse (31 mai 2018)
  • Collection : Les petits détectives de l’histoire
  • Prix : 12.90 €

AVIS

Quand j’ai vu Rencontre avec Vercingétorix sur le catalogue des éditions De Borée, j’ai tout de suite eu envie de lire le livre adorant les ouvrages qui affichent, comme ici, l’objectif ambitieux de mettre l’Histoire à la portée des enfants. Et c’est exactement ce qu’offre ici ce magnifique album qui prouve qu’on peut raconter le passé en le rendant accessible, intéressant et attrayant.

Cerise et Robin découvrent avec enthousiasme la vie de Vercingétorix d’abord grâce à leur père puis par l’intermédiaire d’un rêve intense qui les conduira vingt-deux siècles en arrière. Sur place, ils feront la rencontre de Diatorix, le neveu de Vercingétorix. Le jeune garçon, en fervent supporter de son oncle, sera alors ravi de leur conter l’histoire de ce grand guerrier et fin stratège…

L’histoire est intéressante, Vercingétorix étant un personnage fascinant, mais ce qui fait la force de cet album, c’est la manière très ludique et attrayante avec laquelle l’Histoire est mise à la portée des enfants. Quand on ouvre l’album, on ne peut qu’être frappé par la place donnée à l’aspect visuel avec de grandes illustrations qui attirent tout de suite le regard.

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On découvre donc d’abord ces magnifiques images qui enchanteront petits et grands, puis on lit avec avidité le texte. Cette importance de l’image me semble primordiale dans un album destiné à des enfants même si en tant qu’adulte, je suis loin d’être insensible à la démarche. Julien Bringer-Deik est un habitué des albums jeunesse et ça se sent dans sa volonté d’offrir des dessins aux couleurs vives et éclatantes, des traits doux et expressifs permettant de saisir les émotions des personnages en un regard, une gestuelle précise qui guide la lecture…

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Ces illustrations facilitent grandement l’immersion dans le récit de Julien Moca qui, par sa manière de conter l’histoire de Vercingétorix à travers un vocable simple, mais précis, la rend accessible à tous les lecteurs. Les informations données sont, en outre, claires tout en restant très synthétiques, ce qui facile la compréhension des plus jeunes et permet de garder leur attention. Je suis admirative du travail de l’auteur qui a su en peu de pages et peu de lignes restituer les grandes étapes de la vie d’un personnage historique complexe. En tant qu’adulte, vous ne devriez pas faire de grandes découvertes, bien que le rappel de certains faits est toujours appréciable, mais vous ne devriez pas non plus vous ennuyer. À noter également que l’auteur a eu la très bonne idée d’aborder l’histoire à travers trois enfants, Cerise, Robin et Diatorix, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de s’identifier et donc de se projeter plus facilement dans le récit. 

Les nouvelles connaissances se fixant bien plus facilement si l’on fait participer l’apprenant, l’album contient un quizz. Les enfants pourront donc se tester d’autant que l’aspect ludique des questions devrait les séduire. Quant aux adultes, c’est un moyen ludique de vérifier que l’histoire a bien été comprise par les enfants ou s’il est nécessaire de reprendre certains passage. À la suite de ce premier quizz, sont proposés un point sur Les batailles de Gergovie et d’Alésia, la capture de Vercingétorix par les Romains ainsi qu’une carte pour s’aider à se repérer dans l’espace et le temps. De nouvelles connaissances qui donneront lieu à un second petit quizz. En d’autres mots, les enfants pourront découvrir l’histoire de Vercingétorix en s’amusant et en participant activement.

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En conclusion, parler aux enfants d’un personnage aussi emblématique que Vercingétorix par le biais d’un album jeunesse me semble être un choix des plus judicieux. À travers un texte accessible, de jeunes personnages auxquels les enfants pourront s’identifier sans peine et des illustrations colorées et tout en rondeur, le duo auteur/illustrateur devrait séduire les jeunes lecteurs tout comme les adultes d’ailleurs. Un joli album donc à lire seul ou en famille pour concilier plaisir de lire et plaisir d’apprendre.

Si vous avez envie de découvrir d’autres illustrations de Julien Bringer-Deik, n’hésitez pas à consulter son site Internet, cet illustrateur ayant déjà quelques ouvrages à son actif.

Et vous, envie de découvrir Rencontre avec Vercingétorix ?