Premières lignes #57 : Une autre vie, S. J. Watson

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai décidé de vous parler d’Une autre viede S. J. Watson.

Julia mène une vie bien rangée à Londres avec son mari et son fils. Lorsqu’elle apprend la mort de sa jeune sœur, Kate, victime d’une agression à Paris, elle est sous le choc. Les deux sœurs, dont les relations n’ont jamais été faciles, s’étaient perdues de vue. Ne parvenant pas à faire son deuil, Julia décide d’aller sur place afin d’en savoir plus sur la vie que menait Kate. Elle apprend que cette dernière fréquentait assidûment les sites de rencontre. Le doute s’insinue alors dans son esprit : et si la mort de sa sœur n’était pas due à une simple agression mais à une mauvaise rencontre ? Ne pouvant se débarrasser de cette idée obsédante, Julia décide de se faire passer pour Kate sur le site que celle-ci utilisait.
Mais, à l’âge des bilans, des remises en question, des ambitions laissées derrière elle, Julia ne réalise pas qu’elle est en train de jouer un jeu dangereux. Si elle a en effet raison sur les circonstances de la mort de sa sœur, elle prend tous les risques. Et en goûtant à une autre vie, plus excitante, que va-t-il rester de la sienne ?

PREMIÈRES LIGNES

Je monte les escaliers mais la porte est fermée. Je reste devant, j’hésite. Maintenant que je suis là, je ne veux pas entrer. J’ai envie de faire demi-tour, de retourner à la maison. Je réessaierai plus tard.

Mais c’est ma dernière chance. L’exposition est en place depuis des semaines et elle se termine demain. C’est maintenant ou jamais.

Je ferme les yeux et j’inspire aussi profondément que possible. Je me concentre sur l’air qui doit remplir mes poumons, je redresse les épaules, je sens la tension dans tout mon corps, elle disparaît lorsque j’expire. Je me dis qu’il n’y aucune raison de s’affoler : je viens régulièrement ici pour retrouver des amis et déjeuner, voir les dernières expositions, assister à des conférences. Cette visite n’est en rien différente. Rien ici qui puisse me faire du mal. Ce n’est pas un piège.

Finalement, je me sens prête. Je pousse la porte et j’entre.

Ayant adoré Avant d’aller dormir, j’espère être également transportée avec ce roman…

Et vous, envie de découvrir Une autre vie ? 

Voici les premières lignes des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
La couleur des mots
Au détour d’un livre
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Premières lignes #56 : Au cœur de la folie, Luca D’Andrea

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour ce thème, j’ai eu envie de présenter un roman qui me tente beaucoup : Au cœur de la folie de Luca D’Andrea. Un thriller qui va me permettre de faire une petite incursion dans la littérature italienne que je connais si peu.

Italie, hiver 1974. À bord d’une Mercedes crème, Marlene fuit à travers le Sud-Tyrol. Elle laisse derrière elle son mari, Herr Wegener, et emporte les saphirs qui lui avaient été confiés par la puissante mafia locale. Alors que, devenu fou, il retourne la région pour la retrouver, Marlene prend un mauvais virage et perd connaissance dans l’accident. Simon Keller, un Bau’r, un homme des montagnes, la recueille et la soigne. Marlene se remet petit à petit dans un chalet isolé, hors de portée de poursuivants pourtant infatigables, et fait un jour la connaissance de Lissy, le grand amour de Simon Keller.

Entre huis clos des sommets et traque mafieuse en Italie, Au cœur de la folie nous entraîne dans une spirale de frayeur, à la suite de personnages d’une noirceur fascinante.

PREMIÈRES LIGNES

Deux coups légers et ces quelques mots : Langue, langue lèche ! Qui donc ma maison lèche ?
Marlene, vingt-deux ans, à peine plus d’un mètre soixante, yeux bleus mélancoliques, un grain de beauté au coin de la bouche, indéniablement belle et indubitablement effrayée, regarda son reflet dans la porte du coffre-fort et se sentit stupide. Il était en métal, pas en massepain, comme dans le conte. Et il n’y avait aucune sorcière dans les parages.
C’est la peur, se dit-elle. Juste la peur.
Elle détendit ses épaules et bloqua sa respiration, comme son père avant d’appuyer sur la détente de son fusil. Puis elle vida ses poumons et se concentra. Les sorcières n’existaient pas. Les contes mentaient. Seule la vie comptait, et Marlene était sur le point de changer la sienne pour toujours.
La combinaison était facile. Un. Trois. Deux. Puis quatre. Un coup de poignet, encore un quatre, et voilà. Tellement simple que les mains de Marlene agirent d’elles-mêmes.
Elle saisit la poignée en acier, la baissa et serra les dents.
Un trésor.
Des liasses de billets de banque, empilées comme du bois pour le poêle, le Stub. Un pistolet, une boîte de munitions et une petite bourse en velours. Sous la boîte pointait un cahier qui valait tout cet argent et cent fois plus encore. Ses pages froissées contenaient du sang et peut-être deux ou trois condamnations à perpétuité : une interminable liste de créditeurs et de débiteurs, d’amis et amis d’amis, immortalisés par l’écriture fine et penchée de Herr Wegener. Marlene ne lui accorda pas un regard. Le pistolet, les munitions et les liasses de billets ne l’intéressaient pas. La bourse en velours, en revanche, lui rendit les mains moites. Elle en connaissait le contenu, elle avait conscience de son pouvoir et cela la terrorisait.

Et vous, ce roman vous fait-il envie ?

Les autres participants :

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Premières lignes #55 : Simetierre, Stephen King

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour ce rendez-vous, je vais vous présenter les premières lignes d’un roman qui dort dans ma PAL depuis un moment : Simetierre de Stephen King.

Louis Creed, un jeune médecin de Chicago, vient s’installer avec sa famille à Ludlow, petite bourgade du Maine. Leur voisin, le vieux Jud Crandall, les emmène visiter le pittoresque  » simetierre  » où des générations d’enfants ont enterré leurs animaux familiers. Mais, au-delà de ce  » simetierre « , tout au fond de la forêt, se trouvent les terres sacrées des Indiens, lieu interdit qui séduit pourtant par ses monstrueuses promesses. Un drame atroce va bientôt déchirer l’existence des Creed, et l’on se trouve happé dans un suspense cauchemardesque… Simetierre, classé au premier rang des best-sellers mondiaux, avant Ça ou Misery, a été adapté au cinéma par Stephen King lui-même et réalisé par Mary Lambert

PREMIERES LIGNES

Louis Creed, qui avait perdu son père à l’âge de trois ans et n’avait jamais connu aucun de ses deux grands-pères, ne se serait jamais attendu à se trouver un père aux approches de l’âge mûr, et pourtant c’est exactement ce qui lui arriva – quoiqu’il préférât donner à cet homme le nom d’ami, comme on est bien forcé de le faire lorsqu’on est adulte et qu’on découvre le père qu’on aurait voulu avoir dans une phase relativement tardive de l’existence. Louis fit la connaissance de cet homme le soir où, en compagnie de sa femme et de ses deux enfants, il vint s’installer à Ludlow dans la grande maison en bois blanche où Winston Churchill (Church, le chat de sa fille Eileen) élit résidence avec eux.

Le bureau de recherches de l’université avait fait traîner les choses en longueur, ça n’avait pas été une mince affaire de dénicher une maison à distance raisonnable du campus, et quand les Creed arrivèrent enfin à proximité de l’endroit où Louis pensait que se trouvait leur nouveau logis (« Tous les signes concordent, se disait-il macabrement, comme à la veille de l’assassinat de César. »), ils étaient las, tendus et irritables.

Gage, dont les dents étaient en train de percer, n’arrêtait pas de pleurnicher et il refusait de s’endormir obstinément en dépit de toutes les berceuses que Rachel s’évertuait à lui chanter. Ce n’était pas l’heure de la tétée, et Gage connaissait son horaire aussi bien (sinon mieux) que sa mère ; elle lui offrit tout de même le sein, et il s’empressa de la mordre avec ses dents toutes neuves. Rachel qui n’était pas encore vraiment acquise à l’idée de venir s’installer dans le Maine (elle avait vécu à Chicago toute sa vie), fondit en larmes, et Eileen eut tôt fait de l’imiter.

Et vous, avez-vous déjà lu ce roman ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Liens des autres participants :

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Songes d’une Walkyrie
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Premières lignes #54 : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes d’un classique que j’ai récemment écouté : Vingt-quatre heures de la vie d’une femme de Stefan Zweig. Comme à son habitude, j’ai été enchantée par la plume de l’auteur qui sait raconter avec aisance la vie sans pour autant se perdre dans les méandres de la psyché humaine.

Scandale dans une pension de famille « comme il faut », sur la Côte d’Azur du début du siècle : Mme Henriette, la femme d’un des clients, s’est enfuie avec un jeune homme qui pourtant n’avait passé là qu’une journée. Seul le narrateur tente de comprendre cette « créature sans moralité », avec l’aide inattendue d’une vieille dame anglaise très distinguée, qui lui expliquera quels feux mal éteints cette aventure a ranimés chez elle. Ce récit d’une passion foudroyante, bref et aigu comme les affectionnait l’auteur d’Amok et du Joueur d’échecs, est une de ses plus incontestables réussites.

PREMIÈRES LIGNES

Dans la petite pension de la Riviera où je me trouvais alors (dix ans avant la guerre), avait éclaté à notre table une violente discussion qui brusquement menaça de tourner en altercation furieuse et fut même accompagnée de paroles haineuses et injurieuses. La plupart des gens n’ont qu’une imagination émoussée. Ce qui ne les touche pas directement, en leur enfonçant comme un coin aigu en plein cerveau, n’arrive guère à les émouvoir ; mais si devant leurs yeux, à portée immédiate de leur sensibilité, se produit quelque chose, même de peu d’importance, aussitôt bouillonne en eux une passion démesurée. Alors ils compensent, dans une certaine mesure, leur indifférence coutumière par une véhémence déplacée et exagérée.

Ainsi en fut-il cette fois-là dans notre société de commensaux tout à fait bourgeois, qui d’habitude se livraient paisiblement à de small talks, et à de petites plaisanteries sans profondeur, et qui le plus souvent, aussitôt après le repas, se dispersaient : le couple conjugal des Allemands pour excursionner et faire de la photo, le Danois rondelet pour pratiquer l’art monotone de la pêche, la dame anglaise distinguée pour retourner à ses livres, les époux italiens pour faire des escapades à Monte-Carlo, et moi pour paresser sur une chaise du jardin ou pour travailler. Mais cette fois-ci, nous restâmes tous accrochés les uns aux autres dans cette discussion acharnée ; et si l’un de nous se levait brusquement, ce n’était pas comme d’habitude pour prendre poliment congé, mais dans un accès de brûlante irritation qui, comme je l’ai déjà indiqué, revêtait des formes presque furieuses.

Et vous, connaissez-vous ce livre ? Qu’en avez-vous pensé ?
Quel livre de l’auteur avez-vous préféré ?

Premières lignes #53 : Hellraiser de Clive Barker

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai décidé de vous parler du dernier roman que j’ai lu : Hellraiser de Clive Barker. Un roman que j’ai eu la chance de lire dans sa version collector et dont vous pouvez lire ma chronique sur eMaginarock.
Hellraiser - Collector
Le grand classique de Clive Barker en édition collector
« J’ai vu le futur de l’horreur et son nom est Clive Barker. » Stephen King
« Frank avait commis, en ouvrant la boîte de Lemarchand, une funeste erreur.
— Ah, vous avez donc fini de rêver, dit la Cénobite qui l’observait tandis qu’il reposait, haletant, sur le plancher nu. Parfait. Maintenant, nous pouvons commencer. »
Ainsi s’ouvre Hellraiser. Ce roman culte réussit l’exploit de créer pour la postérité de nouvelles figures mythiques dans le bestiaire de l’horreur littéraire et cinématographique : les Cénobites, Pinhead et le cube de Lemarchand, portail vers des plaisirs ultimes et des douleurs sans pareilles.
Également, dans cette édition collector :
• une préface de Benoît Domis, qui retrace la carrière de Clive Barker ;
• Dans les collines, un entretien fleuve entre Clive Barker et Peter Atkins, coscénariste de plusieurs films de la saga Hellraiser.
PREMIÈRES LIGNES
PREMIÈRES LIGNES
Acharné à percer l’énigme de la boîte de Lemarchand, Frank n’entendit pas sonner la grande cloche. Conçu par un maître artisan, le mécanisme offrait une véritable devinette : bien que la boîte, assurait-on, renfermât des merveilles, il semblait n’exister aucun moyen d’y accéder. Rien, sur ses six faces noires laquées, ne permettait de deviner où se situaient les points de pression grâce auxquels dissocier les pièces de ce puzzle en trois dimensions.
Frank en avait déjà vu de semblables – à Hong Kong, surtout, fruits du goût oriental pour la métaphysique taillée dans le bois dur – mais à l’acuité, au génie technique des Chinois, le Français avait ajouté une logique perverse, toute personnelle. Si cette énigme obéissait à une méthode, Frank échouait à la discerner. Après des heures de tâtonnements, ce fut par hasard qu’il juxtaposa enfin pouces, majeurs et auriculaires dans la position adéquate. Déclic imperceptible, puis – victoire ! – un segment de la boîte s’écarta de ses voisins en coulissant.
Il y eut deux révélations.
D’une part, les surfaces internes, soigneusement polies, brillaient d’un vif éclat. Le reflet de Frank – déformé, fragmenté – glissait sur la laque. D’autre part, la boîte était conçue de sorte que son ouverture déclenchât un mécanisme jouant un court rondo d’une banalité sublime. Lemarchand n’avait-il été, à son époque, fabricant d’oiseaux chantants ?
Encouragé par ce succès, Frank se concentra sur la boîte avec une fébrilité accrue, et découvrit bientôt de nouvelles façons d’emboîter languettes huilées et rainures crénelées, révélant ainsi de nouvelles subtilités. Chaque solution – chaque quart de tour, chaque traction – donnait naissance à un élément mélodique. L’air se développait par contrepoints jusqu’à noyer sous les fioritures le caprice initial.
Pendant que Frank s’acharnait, la cloche s’était mise à sonner, sombre note régulière. Il ne l’avait pas entendue, pas consciemment, du moins. Mais une fois le dénouement tout proche, une fois dissociées les entrailles miroitantes de la boîte, il remarqua ce bruit qui lui fouaillait aussi violemment les tripes que s’il le subissait depuis la moitié de sa vie.

Connaissez-vous ce roman ? Vous tente-t-il ?

Les liens des autres participants :

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Premières lignes #52 : L’Assassin de ma soeur de Flynn BERRY

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Pour cette édition, je vous présente un livre que je compte lire très prochainement : L’assassin de ma sœur de Flynn Berry. Le résumé laisse entrevoir une histoire à la fois sombre et prenante quand les premières lignes me donnent très envie de me jeter sur le roman. Je me propose donc de les partager avec vous pour, peut-être, vous donner également envie de lire ce prometteur récit.

Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d’un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d’avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l’assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie, isolée – surtout – avec les démons de leur jeunesse sacrifiée, Nora devra souvent se battre avec elle-même pour retrouver la vérité sous la surface brumeuse des souvenirs.

PREMIÈRES LIGNES

Une femme a disparu dans l’East Riding. Elle s’est volatilisée à Hedon, non loin du quartier de notre enfance. Si Rachel en entend parler, elle croira que c’est lui.
L’enseigne du Surprise, une goélette voguant sur une mer verte, grince avec le vent. Ce pub se trouve dans une rue tranquille du quartier de Chelsea. Après avoir fini mon boulot dans Phene Street, je suis venue y déjeuner et prendre un verre de chablis. Mon job : assistante d’une paysagiste. Ma patronne est une spécialiste des prairies paysagères. On ne croirait jamais qu’elles ont été « paysagées ».
À l’écran, un reporter traverse le parc où la femme a été vue pour la dernière fois. Policiers et chiens renifleurs se déploient dans les collines derrière la ville. Je pourrais en parler à Rachel tout à l’heure, mais ce serait gâcher notre soirée. Il n’y a pas forcément de rapport avec ce qui lui est arrivé. D’ailleurs, il n’est peut-être rien arrivé à cette femme.
Les ouvriers en face ont fini leurs casse-croûte. Adossés aux marches de la maison, ils prennent un bain de soleil hivernal, leurs papiers gras en boule à leurs pieds. Je devrais avoir attrapé le train pour Oxford, mais je traîne au comptoir avec mon manteau et mon écharpe, tandis qu’un inspecteur du commissariat de Hull lance un appel à témoins.

Les autres participants :
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Premières lignes #51 : La vraie vie d’Adeline Dieudonné

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Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes d’un livre de la rentrée littéraire qui m’intrigue énormément : La vraie vie d‘Adeline Dieudonné. 

Un huis-clos familial noir. Un roman initiatique drôle et acide. 
Le manuel de survie d une guerrière en milieu hostile. Une découverte.

Le Démo est un lotissement comme les autres. Ou presque. Les pavillons s alignent comme  des pierres tombales. Chez eux, il y a quatre chambres. Celle du frère, la sienne, celle des parents. Et  celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. Un prédateur en puissance. La mère, est transparente,  amibecraintive, soumise à ses humeurs.
Avec son frère, Gilles, elle tente de déjouer ce quotidien saumâtre. Ils jouent dans les carcasses des voitures de la casse en attendant la petite musique qui annoncera l arrivée du marchand de glace. Mais un jour, un violent accident vient faire bégayer le présent. Et rien ne sera plus jamais comme avant.

PREMIÈRES LIGNES

À la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle des cadavres.

Des daguets, des sangliers, des cerfs. Et puis des têtes d’antilopes, de toutes les sortes et de toutes les tailles, springboks, impalas, gnous, oryx, kobus… Quelques zèbres amputés du corps. Sur une estrade, un lion entier, les crocs serrés autour du cou d’une petite gazelle.

Et dans un coin, il y avait la hyène.

Tout empaillée qu’elle était, elle vivait, j’en étais certaine, et elle se délectait de l’effroi qu’elle provoquait dans chaque regard qui rencontrait le sien. Aux murs, dans des cadres, mon père posait, fier, son fusil à la main, sur des animaux morts. Il avait toujours la même pose, un pied sur la bête, un poing sur la hanche et l’autre main qui brandissait l’arme en signe de victoire, ce qui le faisait davantage ressembler à un milicien rebelle shooté à l’adrénaline du génocide qu’à un père de famille.

La pièce maîtresse de sa collection, sa plus grande fierté, c’était une défense d’éléphant. Un soir, je l’avais entendu raconter à ma mère que ce qui avait été le plus difficile, ça n’avait pas été de tuer l’éléphant. Non. Tuer la bête était aussi simple que d’abattre une vache dans un couloir de métro. La vraie difficulté avait consisté à entrer en contact avec les braconniers et à échapper à la surveillance des gardes-chasse. Et puis prélever les défenses sur la carcasse encore chaude. C’était une sacrée boucherie. Tout ça lui avait coûté une petite fortune. Je crois que c’est pour ça qu’il était si fier de son trophée. C’était tellement cher de tuer un éléphant qu’il avait dû partager les frais avec un autre type. Ils étaient repartis chacun avec une défense.

Et vous, connaissez-vous ce roman ? Si vous l’avez lu, qu’en avez-vous pensé ?