Le matin des larmes, Bruno Sanna

J’ai lu Le matin des larmes de Bruno Sanna dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant pour la catégorie imaginaire.

Prix des auteurs o

RÉSUMÉ

À son réveil, avec un mal de tête et des courbatures partout, Sophie crut apercevoir son mari sortir de la chambre. L’émotion qui l’avait submergée la veille en regardant les photos devait probablement lui jouer des tours. Cependant, elle trouva qu’il régnait une étrange atmosphère dans la pièce. Pour s’assurer que ce n’était pas le fait de son imagination, elle se leva et ouvrit les volets roulants pour laisser entrer la lumière du jour. Elle fut stupéfaite en découvrant que cette chambre ne correspondait en rien à la sienne. De la décoration au mobilier, tout était différent. Elle resta immobile, seul son regard balayait cette pièce qui lui semblait étrangère. Après une brève réflexion, elle se précipita dans la chambre de sa fille et fut surprise de découvrir une pièce complètement vide. Abasourdie, elle se rendit dans celle de son fils et s’aperçut qu’il s’agissait cette fois d’un bureau…

  • Epub : 142 pages
  • Editeur : Agence Francophone pour la Numérotation du Livre (10 avril 2017)
  • Prix : 2.99€
  • Autre format : broché

AVIS

Ce livre me faisait un peu peur, mais j’ai finalement passé un bon moment de lecture. Le roman n’est pas exempt de petits défauts, mais dans l’ensemble, le récit se lit tout seul.

Nous découvrons ainsi Sophie, médecin, mariée et mère de deux enfants, Betty et Sam, dont le quotidien va être chamboulé par un phénomène étrange… Elle se retrouve ainsi dans une réalité différente de la sienne, une réalité où tout le monde est à sa place, mais où tout le monde semble différent. Une prise de conscience très perturbante pour Sophie qui va, en plus, découvrir qu’elle a quitté son monde pour un monde beaucoup plus sombre et violent, un monde où l’effroyable est arrivé…

Difficile de vous parler de ce roman sans vous spoiler, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur a imaginé une uchronie dans laquelle le continent européen est devenu une seule et même nation. Gouvernée par une dictature aux idées nauséabondes que l’auteur a piochées dans notre Histoire, cette « grande » nation m’a donné des sueurs froides puisque je n’ai pas pu m’empêcher de me dire « et si ». Et si le postulat de départ de l’auteur était vrai ?

Le roman est relativement court, ce qui explique que l’auteur va droit au but et ne se perd pas dans des détails inutiles ou dans de longues descriptions pour expliquer la vie dans cette France rêvée ou plutôt cauchemardée. Les amateurs d’univers détaillés en long et en large risquent donc une certaine déception de ce côté-là, mais pour ma  part, cela ne m’a point dérangée. L’auteur se basant sur des idées et des pratiques qui ont bel et bien existé par le passé, il n’a pas besoin de s’appesantir sur les détails. Notre mémoire nous permet ainsi de nous imaginer sans peine la violence d’une nation construite sur la haine de l’autre…

Et si on ne fait que deviner la violence quotidienne, on assiste par contre très bien à celle qui émane du pouvoir politique notamment en la personne du vice-président. Autoritaire, violent, raciste, sexiste… ce charmant personnage a tout du bon psychopathe des familles que l’on n’a pas envie d’avoir en face de soi. Détestable et effroyable, j’ai néanmoins regretté que l’auteur tombe assez vite dans la caricature. Un personnage plus nuancé l’aurait rendu, somme toute, plus plausible et donc plus intéressant.

Son rôle dans l’histoire n’en demeure pas moins utile puisque c’est de sa présence et de son obsession pour la présidente et la présidence que la tension du récit émane. À travers ce personnage, l’auteur a déployé toute une intrigue dans laquelle Sophie va jouer un rôle primordial et ceci bien malgré elle… On ne peut donc que ressentir un minimum d’empathie pour cette femme : être parachuté dans une réalité différente de la sienne est déjà déroutant en soi, mais si en plus, on tombe dans une réalité qui donne envie de se planquer sous sa couette… J’ai toutefois été déstabilisée par la place que lui a accordée l’auteur dans le roman. Sophie est essentielle à l’intrigue, mais elle n’y pend pas vraiment part, ou du moins, pas activement… C’est assez personnel, mais j’aurais souhaité qu’elle ne se contente pas de raconter son histoire, sa réalité, mais qu’elle se batte un peu plus pour retrouver sa vie et les siens.

Quant aux autres personnages, ils sont, pour la plupart, antipathiques ! Même les plus gentils ont des idées qui donnent envie de vomir, ce qui est plutôt normal si l’on considère dans quelle nation et quelles valeurs ils ont été élevés… Cette ambivalence engendre un certain malaise, car difficile d’apprécier une personne qui, par exemple, fait tout pour sauver sa femme, mais qui est également capable de sacrifier un autre humain sans une once de culpabilité… Ces personnages ont le mérite de nous pousser à nous interroger sur toutes ces personnes qui ont vécu sous le joug de la pire dictature que le monde a connu sans se rebeller. Est-on vraiment le fruit de notre éducation ou peut-on arriver à se délivrer des carcans dans lesquels celle-ci a pu nous enfermer ? Et les liens familiaux et l’amour que l’on porte aux siens peuvent-ils venir à bout d’un endoctrinement constant et menaçant ?

En ce qui concerne le style de l’auteur, j’ai trouvé sa plume dynamique, bien qu’un peu trop simple pour satisfaire l’amatrice des belles plumes en moi. N’attendez donc pas de belles figures de style, mais plutôt des phrases relativement courtes et percutantes. La présence de nombreux dialogues rend, en outre, la lecture rapide et plutôt prenante. J’ai d’ailleurs lu le livre d’une traite. Il y a néanmoins quelques petits points qui, à mon sens, mériteraient d’être retravaillés : une couverture qui ne permet pas aux lecteurs de se projeter dans le récit, quelques incohérences notamment sur la notion de continent/pays, un retournement de situation gâché par une phrase qui aurait mérité la mention de « spoiler alerte », un grand méchant trop caricatural pour être crédible, une gentille infirmière qui se transforme d’un coup en tigresse bien qu’on pourrait arguer une volonté de rébellion trop longtemps contenue…

En conclusion, entre découvertes d’une réalité bien différente de la nôtre, des complots qui gangrènent un pouvoir déjà bien glauque en-soi et une certaine tension, Le matin des larmes est un roman qui se lit très vite, et qui devrait plaire aux amateurs d’histoires courtes menées tambour battant. Et puis en oscillant entre plusieurs genres, l’auteur fait preuve d’une audace que je ne peux que saluer d’autant qu’il s’agit ici de son premier roman.

Bruno Sanna

Photo du site Babelio

Page FB du roman

Je vous invite à lire les avis des autres membres du jury sur le site du Prix des auteurs inconnus

 

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L’héritage, Adeline Neetesonne

Aucun texte alternatif disponible.

Découvert par hasard, j’ai craqué pour la superbe couverture de L’héritage d’Adeline Neetesonne.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Difficile de résister à un fabuleux héritage offert sur un plateau d’argent.

Quand Alexandra apprend qu’une tante éloignée vient de décéder et lui lègue tous ses biens, elle a l’impression de vivre un rêve. Hélas, son existence va virer au cauchemar lorsqu’elle découvre que ce prétendu cadeau n’est rien d’autre qu’un piège machiavélique orchestré par d’étranges et dangereuses créatures…

  • Broché: 130 pages
  • Editeur : Sharon Kena (28 août 2014)
  • Prix : 9.50€
  • Autre format : ebook

AVIS

Hériter d’une maison et d’une jolie somme d’une tante inconnue ? Voilà une nouvelle qui va, dans un premier temps, surprendre Alexandra avant de franchement la ravir. À l’étroit dans un petit appartement aux côtés d’un compagnon avec lequel il n’y a plus cette petite étincelle qui fait chavirer le cœur, la jeune femme est ravie du tournant inattendu que prend sa vie. Elle va donc s’investir corps et âme dans cette maison délabrée que sa tante lui a léguée d’autant qu’elle devine sans peine son énorme potentiel une fois les travaux terminés.

Installée dans sa nouvelle demeure en travaux, Alexandra, au-delà de l’excitation d’une nouvelle vie débarrassée de la peur du lendemain, commence à ressentir des choses étranges et à faire des cauchemars… La situation prend une tournure franchement inquiétante quand elle tombe sur un journal intime, ou cahier de bord, dans lequel sa tante raconte sa vie. Une vie dans laquelle des entités, des esprits et des créatures se disputent son attention. Et le plus troublant, c’est qu’Alexandra commence elle aussi à voir ces esprits et cette créature qui inquiétait tant sa tante : Demnius. Il y a aussi François, un être mi-humain mi-fantôme qui, comme il l’avait fait avec sa défunte tante, requiert sa protection…

Gros point fort de ce roman, l’atmosphère qu’a su créer l’auteure, une ambiance à la fois mystérieuse et inquiétante. On se pose très vite des questions sur ces esprits qui errent dans la maison et qui semblent vouloir obtenir quelque chose d’Alexandra. Et puis, il y a Demnius qui, sous des airs affables, commence de plus en plus à faire peur à la jeune femme. Une peur qui monte crescendo et qui rend l’ambiance presque étouffante. On comprend alors l’envie de fuite d’Alexandra qui ne désire qu’une chose, retourner dans son ancien appartement afin de retrouver un semblant de paix et de sécurité. Mais elle va rapidement découvrir qu’il est trop tard, son sort est dorénavant irrémédiablement lié à cette maison, un cadeau empoisonné, qui prend de plus en plus des allures de cage… 

Aimant bien les histoires de fantômes et d’esprits, j’ai apprécié de découvrir les créatures imaginées par l’auteure ainsi que son utilisation d’un classique des films d’horreur, qui m’a d’ailleurs souvent donné des sueurs froides, les miroirs. Ici, aucune tête n’apparaît dans les miroirs afin de provoquer des sursauts chez les lecteurs, mais des messages menaçants qui somment Alexandra de rentrer. Qui les envoie ? Aucune certitude bien que la jeune femme ait une petite idée sur la question…

Mais a-t-elle vraiment su cerner le danger et pris la mesure des menaces qui pèsent sur elle et sur la personne qui compte le plus pour elle ? Je vous laisserai le soin de le découvrir, mais je peux d’ores et déjà vous dire de ne pas vous fier aux apparences. L’auteure nous offre, en effet, une histoire où tout n’est que faux-semblant et où faire confiance à quelqu’un devient le meilleur moyen de perdre la tête. D’ailleurs, si j’avais anticipé l’un des retournements de situation, la grande révélation du roman m’a complètement surprise. C’est assez tordu et ça prouve que les voies des créatures maléfiques sont impénétrables !

La fin m’a également prise de court et ne pourra que marquer les esprits, l’auteure ne ménageant vraiment pas son héroïne ! Seul l’épilogue m’a un peu déstabilisée : il laisse entrevoir une suite au roman à moins que ce soit là un moyen pour l’auteure de stimuler l’imagination de ses lecteurs. J’espère, pour ma part, qu’une suite est prévue, Adeline Neetesonne ayant tous les ingrédients en main pour nous offrir une série addictive avec de l’action, de l’horreur, un duo atypique…

Quant à la plume de l’auteure, elle est fluide et plutôt immersive, ce qui rend la lecture fort agréable. Il n’y a pas de longues descriptions, mais les informations données sont assez développées pour nous permettre de nous immerger dans l’histoire et de ressentir toute l’angoisse d’Alexandra. On finit même par partager ce sentiment de panique à l’idée d’être pris au piège par des créatures surnaturelles aux desseins plutôt flous…

La seule chose qui m’a un peu moins convaincue est la relation entre Alexandra et son compagnon. Elle souffre, à mon sens, de quelques incohérences, ce qui est dommage, car cela nuit à l’empathie que l’on devrait ressentir devant les événements qui frappent de plein fouet le couple. Mais rien de bien gênant d’autant que l’aspect romance n’est que très peu développé, le compagnon étant surtout utilisé pour apporter un côté encore plus dramatique à la nouvelle vie d’Alexandra. Si vous pensiez que l’argent fait le bonheur, vous devriez, avec ce roman, reconsidérer votre avis…

Pour conclure, L’héritage donne tout son sens à la notion de cadeau empoisonné ! D’une plume fluide et immersive, l’autrice nous transporte, en effet, dans une histoire à l’ambiance angoissante où les apparences sont trompeuses. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et autres créatures machiavéliques, et si vous aimez être menés par le bout du nez, ce roman est fait pour vous.

Photo issue du site de l’auteure

Site de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour L’héritage d’Adeline Neetesonne ?

Photo

 

Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow, Léna Lucily

Sorceraid, Episode 1 : Le Fantôme de Waterlow: Saison 1 : Décadence par [Lucily, Léna]

J’ai lu le premier tome de la web-série littéraire Sorceraid de Léna Lucily dans le cadre du Prix des auteurs inconnus pour la catégorie imaginaire.

RÉSUMÉ ÉDITEUR

Nora est une jeune diplômée, blogueuse mode à ses heures, qui vit à Londres et cherche du travail ! Lorsqu’elle découvre cette alléchante offre d’emploi sur Internet, elle ne se pose pas de question : elle fonce… Droit dans un bus ! Accident dont elle ressort sans une égratignure.

Cet exploit lui vaut d’être embauchée chez Sorceraid, société de conseil en solutions magiques. Nora passe donc ses journées à fournir à des sorciers décadents (ayant utilisé l’intégralité de leurs ressources en magie) les solutions aux problèmes existentiels de leur quotidien, tels que la résurrection d’Elvis Presley pour un anniversaire ou la traque d’un fantôme inopportun.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 148 pages
  • Format numérique : 2.99€
  • Autre format : broché

AVIS

Sorceraid faisait partie des 10 livres que j’avais repérés lors de la présélection du Prix des auteurs inconnus. Je l’ai donc attaqué avec plaisir, plus ou moins certaine de passer un moment de lecture plaisant et amusant. Et j’ai le plaisir de vous annoncer que je ne m’étais pas trompée.

Dès les premières pages, le style de Léna Lucily fait mouche ! D’une plume amusante et légère, elle vous entraîne dans un monde de magie et de sorcellerie que la pauvre Nora, alias Nova dans le cadre de son nouveau travail, découvre de manière plutôt brutale et, dirons-nous, percutante… D’abord sceptique sur l’existence de la magie et les conséquences que cela implique, elle finit très vite par accepter de quitter sa vie ordinaire de jeune diplômée, blogueuse à ses heures perdues, en recherche de son premier emploi pour se lancer dans la vie active au sein d’un cabinet de consultants très spécial : Sorceraid. Si l’obsession des ventes et de l’augmentation du chiffre d’affaires, parfois au détriment de la morale, ne le différencie pas des cabinets qui sévissent dans le monde réel, sa clientèle oui. Sorceraid s’adresse ainsi à la communauté de sorciers qui voit, en cette organisation, le moyen de satisfaire des besoins en tout genre : potions, nécromancie, exorcisme... Quand la magie vous fait défaut, Sorceraid a ce qu’il vous faut !

Nora, plongée abruptement dans ce nouveau monde, devra très vite faire ses preuves d’autant que son recrutement est loin de convaincre sa supérieure directe, une femme loup-garou tyrannique et antipathique. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que pour une première mission, l’auteure n’hésite pas à l’envoyer sur un cas difficile où le méchant n’est pas forcément celui que l’on croit. Je ne vous en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher l’intrigue si ce n’est que j’ai adoré cette histoire de fantôme et de vengeance qui se révèle aussi glaçante que prenante. Je dois d’ailleurs avouer un petit coup de cœur pour le fantôme que Nora doit éloigner de sa cliente dont elle se serait d’ailleurs bien passée de faire la connaissance. Chapeau d’ailleurs à l’auteure pour ce personnage qui fait vraiment froid dans le dos et qui donne des frissons rien qu’à son évocation. Je peux vous dire que j’étais plus que ravie, durant ma lecture, de n’être que spectatrice de cette histoire et ai donc fortement compati avec Nora qui essaie, tant bien que mal, de faire face à la situation.

Une grande partie du charme de ce récit, qui se lit tout seul ou presque, provient de son héroïne que Léna Lucily a su rendre aussi attachante que crédible. Loin d’être une superwoman sans la cape, cette jeune femme, bien que courageuse, a parfois des moments de doute notamment sur cette nouvelle vie qui s’offre à elle, et qui la pousse à mentir à ses amis. Difficile, en effet, d’annoncer à son entourage, sans passer pour une folle du moins, que son nouveau travail implique de côtoyer des magiciens, des fantômes… J’ai également apprécié de découvrir, aux côtés de Nora, les pouvoirs qu’elle n’avait jusqu’alors pas conscience de posséder et qui lui seront aussi utiles que préjudiciables. Quelque chose me dit que Nora devrait avoir encore pas mal de ressources à nous dévoiler au cours des prochaines aventures que je lirai avec grand plaisir.

Le roman est court, mais ne donne pas le sentiment que l’auteure a bâclé son histoire. Bien au contraire, elle a réussi en peu de pages à donner les informations nécessaires pour que l’on se préfigure parfaitement l’environnement dans lequel évolue Nora. N’attendez donc pas de longues descriptions ou des passages contemplatifs, mais plutôt un récit mené tambour battant. Le livre se lit donc très vite d’autant qu’il possède le même côté entraînant et addictif que des séries comme L’accro du shopping de Sophie Kinsella. C’est donc le genre de récit parfait pour passer un petit moment de lecture agréable sans prise de tête, et pour décompresser, par exemple, d’une journée difficile ou chargée. À la manière d’un roman feel good, l’humour distillé tout au long du récit vous apportera, en outre, un certain réconfort, et l’envie irrépressible de suivre les péripéties de Nora, une fille ordinaire aux capacités extraordinaires. Il faut dire que cette héroïne est un peu la bonne copine que l’on aimerait tous avoir dans son entourage pour sa gentillesse et la dose de « dinguerie » qui rend sa vie si palpitante.

Enfin, j’ai apprécié le cadre professionnel dans lequel évolue Nora et que l’auteure, de par son parcours, a su si bien exploiter. Monde surnaturel ou non, elle apprendra que business is business et que la morale ou l’éthique n’entre pas toujours en jeu dans le monde du travail. Une désillusion à laquelle seront confrontés de nombreux jeunes diplômés et qui apporte une petite pointe de cynisme/réalisme fort délectable.

En conclusion, avec un récit cadencé et non dénué d’humour, une héroïne attachante à laquelle on peut s’identifier et un monde surnaturel apportant son lot de dangers et de péripéties, Léna Lucily vous présente une série littéraire qui se dévore plus qu’elle ne se lit.

Site de l’auteurePage FB de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour Sorceraid ?

 

Les ombres de Canyon Arms, Megan Abbott (Challenge lire en thème)

J’ai découvert Les Ombres de Canyon Arms de Megan Abbott par hasard à la bibliothèque. Le résumé m’ayant intriguée et ne connaissant pas du tout l’auteure, je n’ai pu que l’emprunter.

J’ai lu cette novella dans le cadre du challenge Lire en thème dont le thème du mois est : lire un livre dont le nom de l’auteur commence par la première lettre de votre prénom.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

1953. Penny Smith débarque à Hollywood, des rêves de gloire plein la tête. Entre promesses de contrats et premiers rôles bidons, elle déchante rapidement et devient maquilleuse pour un studio. À Canyon Arms elle découvre le bungalow de ses rêves, s’y installe malgré les étranges rumeurs dont lui parlent ses voisins. Mais la mémoire du lieu refait surface lorsqu’elle découvre un étrange message laissé sur le mur de la cuisine par l’ancien locataire.

  • Nombre de pages :  128
  • Éditeur : Ombres noires (06/04/2016)
  • Broché : 8€
  • Autre format : ebook

AVIS

La lecture du résumé m’avait donné l’impression que le livre serait fortement ancré dans le surnaturel. Or, c’est un peu plus compliqué que cela. L’auteure joue continuellement entre rêve, ou plutôt cauchemar, et réalité ; la frontière entre ce qui est vrai et ce qui provient de l’imagination de Penny se révèle plutôt ténue. Cette ambiguïté fait la force du récit et happe totalement l’attention du lecteur.

Tout dans ce livre est étouffant, de la vie de Penny au Bungalow où elle habite. Ce lieu d’habitation, où des choses étranges se produisent, est  extrêmement bien choisi puisque, même sans être claustrophobe, on se sent très vite à l’étroit.

L’auteure laisse volontairement une fin plus ou moins ouverte dans le sens où, si elle apporte un embryon de réponse à nos questions, elle n’explique pas tout. C’est donc au lecteur à se forger sa propre hypothèse sur les événements du récit.

J’avoue que je trouve cela assez frustrant ; j’aime pouvoir tourner la dernière page d’un livre la curiosité complètement assouvie. Mais le procédé a le mérite de me pousser, plus ou moins consciemment, à repenser à ma lecture plusieurs jours après l’avoir terminée.

Petit bonus, vous retrouverez une interview de l’auteure en fin d’ouvrage. Je l’ai lue après avoir rédigé ma chronique de manière à ne pas être influencée. Et je dois dire que ses propos ont totalement confirmé ce que j’ai ressenti tout au long de ma lecture.

En conclusion, Les Ombres de Canyon Arms est un ouvrage qui mêle habilement surnaturel et imagination. Alors que l’ouvrage est très court, Megan Abbott a su parfaitement créer une atmosphère anxiogène qui vous donne autant envie de poursuivre votre lecture que de refermer le livre.

Lu en moins d’une heure, c’est plutôt un livre que je vous conseillerais d’emprunter. Dans tous les cas, n’hésitez pas lui donner sa chance à moins que les atmosphères étouffantes ne vous déplaisent…

NOTE : 3,75/5

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