Le rêve de Vanessa, Cécile Soler

Je remercie Cécile Soler de m’avoir fait parvenir Le rêve de Vanessa via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Vanessa n’a qu’une idée en tête: devenir une championne de patinage artistique. Son entraîneur, Madame Letourneur, lui a proposé de passer le concours d’entrée à Arcadia, l’académie dont elle rêve. Mais ses parents voient sa passion d’un très mauvais œil. Réussira-t-elle à les convaincre que la glace est toute sa vie? (à partir de 9 ans)

  • Broché: 118 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform (21 mars 2015)
  • Prix : 6,99€
  • Autre format : ebook

AVIS

Je trouve la couverture plutôt plaisante à regarder sans oublier que son aspect soft touch rend la prise en main du livre très agréable.

L’histoire et les personnages…

Mais au-delà de l’aspect esthétique, ce sont bien les qualités littéraires du livre qui m’ont plu. J’ai aimé la manière dont Cécile Soler nous plonge directement dans la vie de Vanessa, une jeune fille de onze ans qui ne vit et ne respire que pour une chose : le patinage artistique. Cette passion n’emporte hélas pas le suffrage de ses parents qui n’y voient, au mieux, qu’une chimère venant entraver la réussite scolaire de leur enfant unique. Une vision plutôt étriquée et injuste des choses si l’on considère que Vanessa arrive à jongler avec brio entre école et sport !

Les parents de la jeune fille m’ont semblé injustement sévères avec leur fille qui a pourtant tout de l’enfant modèle. Le contexte socioculturel de cette famille n’est pas expressément donné, mais l’on devine que Vanessa provient d’une famille plutôt à l’aise financièrement qui valorise la réussite sociale (pour une enfant, à travers ses notes) au détriment de l’épanouissement personnel. Le patinage artistique ne semble donc pas être une activité à la hauteur des attentes de ses parents. Alors que ses autres camarades de patinage sont soutenues par leurs parents, Vanessa doit par conséquent se battre pour imposer sa passion à des parents qui ne la soutiennent absolument pas et iront même jusqu’à lui mettre des bâtons dans les roues.

Laissez-moi vous dire que j’ai été plus que révoltée par l’attitude de ces deux adultes. Même si je n’ai pas d’enfant, je n’arrive pas à concevoir que l’on ne puisse pas le soutenir inconditionnellement surtout quand il fait preuve d’une telle maturité et pugnacité. En effet, bien qu’elle étudie plus pour faire plaisir à ses parents que par réel intérêt, Vanessa prouve tout au long du livre sa capacité de travail autant sur la glace que sur les bancs de l’école. C’est définitivement une jeune fille avec la tête sur les épaules.

L’histoire est assez courte et se lit très vite, mais on en vient très vite à s’attacher à notre jeune héroïne qui, malgré son côté enfant très sage, ne va pas hésiter à braver l’autorité parentale quand celle-ci entrave de trop près un premier pas vers son rêve. En tant qu’adulte, je l’ai trouvée très touchante, et j’imagine aisément que des filles de son âge puissent s’identifier à elle, qu’elles aient une passion dévorante ou non.

En effet, au-delà du patinage, l’autrice aborde des questions qui touchent chaque enfant à un moment ou à un autre de sa vie : l’amitié parfois fusionnelle et exclusive, les petits mots que l’on se lance en classe, la peste qui nous enquiquine l’existence depuis des années, l’autorité parentale, l’intérêt pour l’autre sexe qui commence petit à petit à s’éveiller… Mais les adultes ne seront finalement pas en reste, car ces différents points devraient leur rappeler quelques souvenirs. Et puis, la poursuite d’une passion et de ses rêves peut concerner chacun d’entre nous, quel que soit son âge.

L’autrice effleure également la rigueur et les restrictions notamment alimentaires que le sport peut engendrer quand il est pratiqué dans l’optique d’en faire son futur métier. J’ai trouvé cet aspect intéressant et espère qu’il sera développé de manière un peu plus approfondie dans les tomes suivants…

A noter en fin d’ouvrage un glossaire reprenant les termes techniques utilisés dans le récit. Je trouve que c’est une très bonne idée même si je vous rassure, le livre n’est pas truffé de termes incompréhensibles pour le commun des mortels. L’autrice a ainsi veillé à offrir un récit qui parlera certainement aux personnes pratiquant le patin à glace ou un sport à haut niveau tout en veillant à le rendre assez immersif et accessible pour plaire aux personnes ne connaissant pas le monde du patinage ou du sport.

Deux points qui m’ont un peu moins convaincue…

Si j’ai aimé l’histoire, j’ai néanmoins regretté son côté trop manichéen et la présence de personnages assez caricaturaux. Toutefois, la fluidité de la plume de l’autrice aide à oublier ce point d’autant qu’il convient de rappeler que nous restons dans un roman jeunesse.

De la même manière, je n’ai pas été convaincue par l’apparition soudaine et miraculeuse de la tante et encore moins par son intervention. Vu le caractère borné et autoritaire du père, la mère restant dans le rôle de l’épouse soumise, il m’apparaît quand même peu probable qu’elle puisse avoir une telle influence sur les choix éducatifs de son frère… Mais de nouveau, le public visé par le livre peut expliquer le dénouement un peu trop rapide et aisé de l’histoire.

En conclusion, tout au long du livre, le lecteur ne peut que s’attacher à Vanessa et espérer ardemment qu’elle accède à son rêve malgré son environnement familial plutôt hostile à sa passion du patinage artistique. A travers une histoire simple, mais touchante, Cécile Soler nous offre ainsi un très bon moment de divertissement qui devrait séduire autant les enfants que leurs parents.

Pour ma part, c’est avec plaisir que je lirai la suite des aventures de Vanessa puisque les tomes 2 et 3 sont déjà parus.


Site de l’autricePour acheter le livrePage FB

Pour ma part, je vous laisse avec le trailer du tome 3 de cette série jeunesse fort sympathique.

 

 

Mini-chroniques en pagaille #8

Je n’ai pas publié d’article « Mini-chroniques en pagaille » depuis longtemps alors que plusieurs brouillons n’attendent qu’à sortir de mes tiroirs. Voici donc l’un d’entre eux :

  • Astrid Bromure : Comment dézinguer la Petite Souris de Fabrice Parme

astridbromurePetite Souris – Surprise – Humour

J’avais lu le tome 2 de la série avant le tome 1 par inadvertance… Astrid Bromure se révèle plutôt impertinente dans ce premier tome où elle trompe son ennui en enquiquinant les domestiques de la maison. Heureusement, ou pas d’ailleurs, elle va se trouver une nouvelle mission : prouver à tous que le mythe de la Petite Souris n’est que pure invention. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu ; notre jeune héroïne n’est pas au bout de ses surprises !

Le sens de la répartie de la jeune fille, ses idées farfelues, les différents gags et surprises ainsi que les jolies illustrations m’ont fait passer un agréable moment de lecture.

BD jeunesse, Astrid Bromure se lit très rapidement, n’hésitez pas à lui donner sa chance quand vous avez envie d’une lecture légère.

  • Enola et les animaux extraordinaires, tome 2 : La licorne qui dépassait les bornes ; Joris Chamblin et Lucile Thibaudier

elonaetlesanimauxextraordinairesForêt – Licorne – Émerveillement

Enola est une vétérinaire qui a la particularité de soigner les animaux des contes et légendes. Dans ce deuxième tome, elle vole à la rescousse d’une licorne accusée d’avoir attaqué, sans raison, deux enfants d’un village. Mais les apparences sont trompeuses comme le prouvera Enola aux villageois, prompts à condamner les licornes.

L’histoire de cette BD jeunesse est adorable surtout quand on a une tendresse particulière pour ce mythique animal. Je ne doute pas de son succès auprès des plus jeunes, mais également auprès des plus âgés. Il faut dire qu’en plus de l’intrigue simple mais touchante, les dessins de Lucile Thibaudier sont de toute beauté.

En résumé, si vous avez envie d’un moment d’émerveillement, ce tome 2 d’Enola est fait pour vous.

  • Numéro 11, Jonathan Coe

Critiques – Contes – Rêve/cauchemar

Dans ce livre, l’auteur nous narre l’histoire de différents personnages avec comme toile de fond cette présence mystérieuse voire quasi mystique du numéro 11. Je vous laisse découvrir le roman, mais je peux d’ores et déjà vous dire que je ne l’ai pas  lâché, enchaînant les chapitres avidement. Il faut dire que j’ai été happée par le talent de narration de Jonathan Coe.

En plus d’un style d’une grande fluidité, il a cette capacité à mêler réalité et fantasme, à vous faire miroiter du fantastique quand il n’y a que la plus primaire des réalités, avant de faire volte-face et vous transporter aux confins de votre imagination.

J’ai en outre été séduite par les différentes critiques de notre société qui nous mettent implacablement face à nos actions les plus stupides : omniprésence des réseaux sociaux entraînant des malentendus d’une monstrueuse idiotie, l’envers de la télé-réalité et cette quête désespérée de la célébrité, la prompt aptitude des partis politiques à stigmatiser certaines personnes… Le livre se déroule à Londres, mais vous pouvez le transporter dans le monde occidental sans craindre de dépareiller.

En résumé, si vous avez envie d’un conte des temps modernes cyniques mais d’une criante vérité, Numéro 11 devrait vous plaire.

Et vous, ces ouvrages vous tentent ?

11 serpents, Philippe Saimbert

index

Je remercie Philippe Saimbert de m’avoir envoyé 11 serpents via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La terrible cousine Abeline, aussi riche qu’originale, convie amis et famille dans son domaine pour leur faire une étrange proposition. Elle leur propose un jeu où les participants devront se montrer drôles et machiavéliques.
Elle cédera la moitié de sa fortune à celui ou celle qui remportera le défi.
11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort.
Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l’incon­tour­nable twist final.

AVIS

L’histoire et les personnages…

Les réunions familiales peuvent parfois être un calvaire, mais quand vous avez la famille de Philippe, on peut carrément parler d’enfer. Quoiqu’un petit tour au purgatoire serait une sinécure à côté…

Il faut dire que notre protagoniste est gâté avec, entre autres, une cousine complètement exubérante, Abeline, qui a fait fortune dans l’industrie de la tourte. Sa dernière excentricité ? Léguer une partie de son immense fortune au gagnant d’un jeu cruel et pervers où tous les coups sont permis. Seule interdiction pour que le « jeu » ne tourne pas au pugilat : la violence. J’aurais envie d’ajouter la violence physique, car la violence psychologique est, quant à elle, bien de la partie.

C’est simple, on dirait que la méchanceté est enracinée profondément dans la famille de Philippe qui semble être le seul à ne pas avoir hérité de cette tare familiale. L’outsider, un trader qui est le stéréotype même du golden boy aux dents longues, n’est pas en reste non plus. Sa devise pouvant se résumer à « Money, what else ?! », il n’est pas vraiment étonnant qu’il se montre prêt à tout pour relever le défi.

Avec de tels personnages, le jeu ne pouvait donc que satisfaire l’appétit de la cousine pour le divertissement extrême et de mauvais goût. Ainsi, les phrases qui blessent, les mesquineries et les coups bas pleuvent, chacun abattant ses cartes et dévoilant, petit à petit, toute l’étendue de sa perfidie. On finit même par se demander jusqu’où des esprits aussi dérangés sont prêts à aller par appât du gain voire pour le simple plaisir malsain d’écraser les autres. Bref, il ne fait définitivement pas bon faire partie de cette famille.

Si les plans de certains participants donnent des résultats qui ne pourront que faire rire les lecteurs et leur faire reconnaître une certaine ingéniosité, d’autres ne pourront que les laisser sans voix par leur cruauté. Les lecteurs sont donc pris dans un ascenseur émotionnel entre amusement et écœurement.

Je dois dire que je n’ai pas su déterminer ce qui a éveillé en moi le plus de dégoût : les participants ou la cousine qui s’amuse comme une folle faisant fi des dégâts provoqués dans la vie de chacun. J’avoue que cette mamie possède quelques traits de caractère amusants, mais sa tendance à rire aux dépens des autres ne m’a pas permis d’éprouver une once de sympathie pour elle. J’ai d’ailleurs trouvé Philippe, notre narrateur, bien indulgent avec cette dernière.

Mais cela n’est pas si étonnant au regard de ce protagoniste qui serait plus fadasse que badass. C’est un peu le portrait type du raté dont la vie n’a été qu’une succession de désillusions. Écrivain en recherche de lecteurs et d’argent pour maintenir le niveau de vie de sa charmante ex-femme et de ses dévoués rejetons, il aurait plus que besoin d’empocher le pactole. Malheureusement pour lui, il semble assez mal placé dans la course étant plus prompt à encaisser les coups et les moqueries qu’à fomenter les plus vils complots.

Si au début, il me faisait beaucoup de peine, il a fini par quelque peu m’agacer à se laisser marcher sur les pieds sans réagir. J’avais vraiment envie de le secouer en lui disant « Non, mais réagis ! Arrête de te faire marcher sur les pieds ! Et surtout arrête de faire tout ce qu’on te dit sans broncher ! ». Oui, beaucoup de points d’exclamation, mais ça vous montre à quel point ce personnage m’a fait réagir derrière mon écran. Et ça, c’est un excellent point. J’adore m’enthousiasmer pour un personnage, m’énerver contre lui ou le prendre en pitié… En d’autres mots, j’aime ressentir des émotions comme si j’avais non pas un héros d’une fiction quelconque devant les yeux, mais un être de chair et d’os comme ce fut le cas ici.

Malgré son apparente mollesse, Philippe n’en demeure pas moins le plus raisonnable de cette maison de fous et se révèle, par son auto-dérision et son humour, certainement le plus attachant de toute l’histoire. Et puis, vous verrez qu’il a finalement de la ressource notre perdant assumé. D’ailleurs, sa manière de raconter ses échecs et ses faiblesses de caractère est tellement amusante que nous ne pouvons que rire non pas de lui, mais avec lui. Et puis, méfiez-vous de l’eau qui dort, les plus machiavéliques n’étant pas forcément ceux qui aboient le plus fort.

Quant aux autres personnages, d’aucuns pourraient leur reprocher un côté très stéréotypé, mais j’avoue que ce point ne m’a pas dérangée puisqu’il contribue de manière assez naturelle au côté somme toute assez burlesque de l’histoire. Tout est exagéré et grandiloquent ce qui ne fait que rendre le comique de situation encore plus probant.

Un roman théâtral qui abord différents thèmes…

Le roman a un côté très théâtral que ce soit à travers ses personnages, les situations, la mise en scène ou la révélation finale que l’on peut même qualifier de coup de théâtre ! J’ai été ainsi complètement bluffée par la fin ce qui est plutôt rare. Tout au long du roman, j’avais formulé plusieurs hypothèses quant au twist final mentionné dans la quatrième de couverture, mais je peux vous dire que j’étais très loin d’avoir trouvé le fin mot de l’histoire. Une fois la dernière page tournée, on a envie de relire le roman avec, cette fois, toutes les cartes en main de manière à détecter différents indices qui auraient pu nous mettre sur la piste.

Au-delà de l’histoire et de cette course à l’héritage, j’ai aimé les différents points soulevés par l’auteur avec humour : les difficultés des écrivains et le monde de l’édition, la spéculation à outrance et ses conséquences pour les petits poissons, l’intégrisme religieux, la télé-réalité avec ses émissions de télé-crochet, la puissance du marketing…

J’ai également beaucoup ri du gagatisme de Zoé et de son amie devant leurs chats. Faisant partie d’une association œuvrant pour la protection des chats errants, je n’ai pu m’empêcher de reconnaître certains comportements des bénévoles. On va dire que lorsque l’on commence à aimer et s’occuper de ces boules de poils ronronnantes, il devient difficile de ne pas leur être taillable et corvéable à merci. En parlant de chat, je tiens à dire officiellement à l’auteur qu’il m’a complètement et durablement traumatisée. Je n’en dis pas plus, vous découvrirez de quoi je parle en lisant le roman.

Quelques points qui ne m’ont pas convaincue…

La perfection n’étant pas de ce monde, et encore moins dans celui de Philippe (le narrateur, pas l’auteur), le roman n’est pas exempt de deux ou trois petits défauts, à commencer par quelques longueurs et digressions (oui, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité). Les digressions ne me gênent pas en général d’autant qu’ici, elles créent une certaine connivence entre le lecteur et l’auteur. Cependant, je leur ai trouvé un côté trop factuel comme si l’on se retrouvait devant un manuel scolaire.

J’ai aussi regretté un certain déséquilibre entre la première partie du livre où l’auteur pose le décor et nous présente les personnages, et le reste du roman. Les cinquante premières pages m’ont semblé ainsi beaucoup plus drôles et rythmées même si cela reste évidemment fort subjectif.

Mais le point qui m’a véritablement gênée, ce sont les répétitions destinées à nous faire comprendre que nous allions être estomaqués par la cousine, les différents candidats et leurs coups bas. Cela fait, il est vrai, terriblement monter la pression, mais cela en devient surtout très lourd. Insister autant sur ce point m’a donné l’impression que l’auteur n’était pas certain d’avoir réussi à faire passer son message.  Et puis, en induisant chez le lecteur des attentes aussi fortes, il prend le risque de créer une certaine déception comme ce fut le cas pour moi. J’avais fini par m’attendre à du grandiose et ai donc été déçue de n’en trouver que lors de la révélation finale.

J’aimerais néanmoins terminer ma chronique sur le gros point fort de ce livre : la plume de l’auteur. Elle est fluide et plaisante à lire, mais c’est surtout le sens de la formule de Philippe Saimbert qui fait mouche ! On ressent parfaitement le plaisir qu’il prend à manier les mots et à jouer avec ceux-ci. Et, en tant que lectrice, c’est un point auquel je ne peux qu’être sensible.

Pour conclure, 11 serpents remplit à merveille l’ambition de son auteur, vous offrir un agréable moment de lecture durant lequel vous oublierez vos petits et grands soucis pour vous concentrer sur ceux de ce pauvre Philippe. Le côté burlesque de ce huis clos devrait combler les personnes en quête d’un ouvrage facile à lire qui mêle humour, jeux de mots et sens de l’à-propos, personnages hauts en couleur, stratégie et révélation finale bluffante.

Enfin, si vous avez envie de rire, aux côtés d’Abeline, de la méchanceté humaine et de ce que l’homme est prêt à faire au nom de l’argent, ce roman devrait vous plaire. Si au contraire, vous êtes plutôt un humaniste convaincu, je ne suis pas certaine que l’humour « méchant » et diabolique du livre ne vous convienne.

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui »

Site de l’auteurPour acheter le livre

Un autre avis sur le roman avant de vous laisser tenter ? Filez lire celui de Saiwhisper.

Demain, quand j’étais mort ! , Eddard Mingwe

Je n’aime pas les zombies, mais j’aime rire.  Alors quand j’ai découvert Demain, quand j’étais mort ! de Eddard Mingwe, j’ai su qu’il me fallait découvrir cet ouvrage. Et puis je dois avouer que la couverture m’a fait penser à iZombie, la seule série avec des zombies que j’apprécie.

Je remercie l’auteur de m’avoir fait confiance, malgré mon absence de culture zombiesque, en m’envoyant son livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Connecticut-Sur-Maine. Pandémick Rivers. Notre époque.
Alors que la tant attendue saison de la chasse aux touristes est enfin ouverte et que la traditionnelle fête de la tartine humaine bat son plein, une météorite s’écrase près d’un insolite village peuplé de fermiers consanguins et anthropophages, libérant de mystérieuses spores visqueuses et particulièrement voraces.
Après la contamination de la plus grosse unité locale de production et d’exportation de cuisses de grenouilles surgelées, d’étranges cas de mutation vont être simultanément répertoriés à différents endroits du globe.
Le chaos s’installe, la menace se répand.
Bientôt des événements aussi cocasses qu’atroces vont s’enchaîner et nous mener droit à l’apocalypse la plus horrible et stupide jamais imaginée…Au menu de cette zombédie tragique : une pandémie, des morts-vivants, des retraités fous furieux, quelques politiciens véreux, des recettes culinaires cannibales de fin du monde, et bien entendu, un soupçon de romantisme et de magnifiques histoires d’amour…

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 240 pages
  • Prix : 2,99€
  • Autre format : broché

AVIS

Du sang, des doigts coupés et des pieds bouffés !

L’histoire de départ semble déjà bien loufoque et préfigure d’ailleurs parfaitement le contenu du livre. On part ainsi d’un village paumé où vivent une bande de dégénérés idiots, consanguins, cannibales et zoophiles pour finir par l’apocalypse marquant l’avènement des zombies.

Entre temps, il se passe des choses plus absurdes les unes que les autres ! Heureusement pour nous, notre protagoniste est là pour nous raconter les principales étapes de la catastrophe la plus idiote de tous les temps. On ne peut pas dire qu’on s’attache à lui, mais on prend plaisir à rire à ses côtés même si finalement, il n’est pas autant présent que cela dans l’histoire. Ce point m’a un peu étonnée m’étant imaginée qu’il aurait un rôle plus important dans les événements.

Mais peu importe, car l’auteur tient toutes ses promesses en nous livrant une histoire gore à souhait et tellement déjantée qu’elle en devient délicieusement absurde. C’est dingue, c’est dégueulasse et parfois malsain, mais on en redemande ! Il faut dire que l’auteur a l’art et la manière de manier la plume pour accrocher le lecteur et lui vendre du sensationnel. On est dans la surenchère de sang, de macabre, d’horreur, de cynisme… mais que c’est bon.

J’ai aimé cet étalage de personnages aussi déviants que débiles, d’événements improbables, cette profusion d’hémoglobine, ces doigts coupés, ces jambes sectionnées, ces pieds bouffés, ces yeux arrachés, ces scènes horribles qui marquent l’imagination… Je peux vous dire que ce qu’Eddard Mingwe décrit vous vous l’imaginez parfaitement ce qui devrait ravir les amateurs d’histoires bien gore.

Ces derniers reconnaîtront certainement les multiples références et clins d’œil de l’auteur aux films d’horreur puisqu’il en reprend avec brio les grosses ficelles. En parcourant le livre, je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser aux nanars que ma mère adore et qui sont tellement ridicules qu’ils en deviennent bons à condition de les prendre au deuxième voire troisième degré.

Des zombies, mais pas que…

Demain, quand j’étais mort ! , ce n’est pas seulement une parodie d’histoire de zombies. C’est également une critique acerbe et très juste de notre société et de ses travers.

L’auteur parsème ainsi son texte de références à l’actualité ou à des phénomènes de société : consumérisme, redistribution inégale des richesses, scandales alimentaires faisant régulièrement la une de nos journaux, élevage intensif (les humains finissant par être victimes de leurs propres pratiques)…

Les hommes politiques ou autres figures publiques en prennent aussi pour leur grade. Et je dois dire que les chapitres qui leur sont consacrés ont été de loin mes préférés. J’ai vraiment trouvé que c’est là que le côté caustique de la plume d’Eddard Mingwé ressortait le mieux.

La caricature de Donald Trump est ainsi plutôt savoureuse : homme au physique ingrat complètement ridicule et imbu de sa personne, idiot qui prend ses électeurs pour des demeurés (vous me direz, la boucle est bouclée), libidineux et éjaculateur précoce… C’est évidemment très caricatural, mais vu le potentiel comique du modèle original, il aurait été dommage pour l’auteur de ne pas l’exploiter.

Mais je dois dire que c’est Pol Narev, victime innocente de l’imposteur Michel Polnareff, et son besoin désespéré de revivre sa gloire passée, et de connaître de nouveau la joie d’être adulé par ses fans, qui m’a le plus amusée. Vous n’écouterez d’ailleurs plus Goodbye Marylou (si l’idée inexplicable de le faire vous prenait) sans penser à la version très personnelle de Pol Narev.

J’ai, en outre, beaucoup aimé l’humour noir, voire très noir, et le cynisme dont l’auteur sait faire preuve. On ressent qu’il s’est fait plaisir en ne censurant aucun de ses délires ! Dans une société de plus en plus bien-pensante où, à vouloir préserver tout le monde de tout, on ne rit plus de rien, c’est rafraîchissant et divertissant.

Je garde ainsi en tête une scène mémorable se déroulant dans une maison de retraite et impliquant une mamie, Parkinson et des œufs. C’est cynique à souhait, mais c’est infiniment drôle. Et je suis quasi certaine que ma grand-mère, maintenant perdue dans les limbes d’Alzheimer, aurait également ri volontiers à ce trait d’esprit si elle avait toujours le sien.

Demain, quand j’étais mort ! , c’est pour quels vivants ? 

Alors, est-ce que ce livre plaira aux amateurs fous furieux de zombies ? Là, est la question !

Je pense que oui, à deux conditions. La première est qu’ils se mettent bien en tête, avant de se lancer dans le livre, que ce n’est en aucun cas une histoire classique de zombies même si le gore est bien au rendez-vous. La seconde est que lesdits amateurs de zombies aient un minimum d’humour. Si ces deux conditions sont réunies, je dis banco ou bingo, c’est au choix.

Si comme moi, à l’inverse, vous regardez avec scepticisme cet engouement pour les zombies, je vous conseille aussi de vous lancer sans attendre dans la lecture du livre. Je vous assure, ça fait vraiment plaisir de voir un auteur qui traite le sujet avec légèreté se moquant allègrement des codes du genre comme de ceux des nanars de tous bords en prenant le temps, au passage, de formuler une critique acerbe de notre société.

En d’autres termes, Eddard Mingwe réunit les amoureux de zombies et les gens normaux hermétiques au phénomène sous une même bannière, celle de l’humour et du rire. Alors moi je lui dis bravo et merci pour ce moment.

Site de l’auteurAmazon

 

Abyss, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori d’avoir accepté de m’envoyer son roman, Abyss, via le site Simplement d’autant que j’ai eu le droit à une très chouette dédicace. Ce roman a la particularité d’avoir été écrit pendant un challenge d’écriture international qui fait souvent grand bruit sur Twitter, le NaNoWriMo.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Saiwhisper du blog Les pages qui tournent. J’ai pris grand plaisir à échanger avec elle sur cette belle lecture et espère renouveler l’expérience, peut-être, pourquoi pas, sur un autre texte de Svetlana Mori.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Lulu.com (22 décembre 2016)
  • Prix : 11,08€

AVIS

Avant de commencer, je tiens à dire que je trouve la couverture magnifique et que j’aime beaucoup les signes tribaux qui illustrent chaque partie et tête de chapitre. Je vous invite à consulter ma dernière participation au RDV livresque Premières Lignes pour plus de détails.

L’histoire et les personnages…

Seule femme et dorénavant médecin à bord d’un navire, Emily pleure toujours la mort accidentelle de son père quand sa vie va être de nouveau chamboulée par l’arrivée d’un prisonnier. Mais pas de n’importe quel prisonnier, d’un homme-poisson, une créature maritime crainte de tous en raison de sa légendaire cruauté et barbarie.

Chargée de soigner les plaies du monstre avant sa prochaine séance de torture, elle va néanmoins faire abstraction de sa peur et se laisser guider par ses sentiments. Cela la conduira à prendre une décision qui aura de lourdes conséquences non seulement pour sa vie, mais aussi pour celle des autres habitants du navire.

J’ai beaucoup aimé le fait que dès le début de l’histoire, on comprend que la situation est plus complexe qu’un simple schéma gentils/méchants. En effet, si les hommes-poisson sont effrayants, n’hésitant pas à massacrer les humains qui croisent leur route ou à enlever des enfants pour leurs besoins, les humains ne sont pas non plus tout blanc. Que ce soit à travers la séance de torture à l’encontre de leur captif ou les horreurs que les hommes ont perpétré par le passé, ils se montrent tout aussi barbares. Pas besoin d’avoir des attributs de poisson pour pouvoir être qualifié de monstre…

Difficile dans ces conditions de se positionner nettement pour un camp, chacun ayant des griefs légitimes pour détester l’autre. Cet aspect rend donc complètement plausible et compréhensible, bien que discutable, la décision d’Emily que je vous laisse, bien sûr, découvrir.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette femme qui sait voir au-delà des apparences et des préjugés n’hésitant pas à tout remettre en cause pour ce qu’elle estime juste. Pour une personne n’imaginant pas sa vie loin de l’eau, elle a étrangement les pieds sur terre ! J’ai également aimé son sens de la répartie et sa capacité à avancer dans la vie malgré les drames qui la ponctuent.

Quant à Syhl, le jeune homme-poisson, sa personnalité m’a un peu moins convaincue même si l’autrice a veillé à nous offrir un personnage nuancé, autant capable d’une violence implacable que d’altruisme. Je lui ai préféré sa sœur Velkis qui intervient en dernière partie et qui apporte une touche de folie, d’insouciance et de légèreté fort appréciable. Il n’a pas fallu d’ailleurs bien longtemps pour m’attacher à celle-ci.

De l’eau, des pirates, de l’action et du sang…

Quand j’ai lu le résumé du livre, j’ai su qu’il me fallait le lire. En effet, j’aime beaucoup les histoires de pirates.

Et de ce côté, je dois dire que l’autrice a répondu à mes attentes. J’ai beaucoup aimé m’imaginer la vie à bord du navire, les descriptions percutantes et l’utilisation d’un vocabulaire maritime précis nous permettant de nous immerger complètement dans l’ambiance. On a presque l’impression de voguer sur la mer à bord du Blue River pris dans les flots d’un élément naturel aussi beau qu’imprévisible.

Je vous rassure, même s’il y a des descriptions, le livre reste définitivement tourné vers l’action et ceci, dès les premières pages du roman. Il y a évidemment des phases moins rythmées que d’autres, mais aucun temps mort ou longueurs ne sont à déplorer. Svetlana Mori a incontestablement su exploiter chaque page, ne se perdant pas dans les détails. Ce point me semble particulièrement important si l’on rappelle que le livre fait moins de deux cents pages et que l’autrice n’est pas forcément coutumière de ce format assez court.

Si je n’aime pas trop quand le sang coule à flots, j’attends pourtant de l’hémoglobine quand il y a des pirates dans une histoire, les deux étant quelque peu indissociables dans mon esprit. Et Abyss, pour mon plus grand plaisir, n’échappe pas à la règle. L’autrice ne nous épargne pas des scènes quelque peu violentes nous les décrivant d’ailleurs de manière assez précise pour que le lecteur se les représente parfaitement. Et j’ai d’ailleurs adoré ce décalage entre le calme apparent des flots et la violence qui se déchaîne à bord du navire.

Quant aux pirates, ils sont tels que je les imagine et les veux : sans morale, sanguinaires ne faisant pas grand cas de la vie humaine, violents, pervers… Bref, antipathiques et horribles à souhait !

Une histoire d’amour qui ne m’a pas convaincue, mais qui sert l’histoire

Que vous l’ayez deviné ou non en lisant le résumé, Abyss, c’est également une histoire d’amour. C’est l’aspect que j’ai le moins apprécié, mais mon avis n’est pas très objectif n’étant pas fan du genre. Seuls quelques auteurs arrivent à me faire passer outre mon manque d’appétence pour ce genre.

Certaines scènes et dialogues, un peu trop naïfs pour moi, m’ont fait lever les yeux au ciel. Je pense notamment à un passage où Syhl demande, le plus sérieusement du monde, à sa toute nouvelle dulcinée de ne pas dépérir en son absence et de continuer à vivre. Même si la connexion entre ces deux nouveaux amoureux est forte, il manque quand même quelques péripéties avant de rendre ce genre de phrase crédible. Et encore, n’étant pas très fleur bleue, je crois que ce genre de déclaration aurait plutôt tendance à me faire rire qu’à m’émouvoir.

Je pense néanmoins que cette romance contient les éléments pour plaire à beaucoup d’amatrices et d’amateurs du genre : une histoire d’amour impossible avec des amoureux à la Roméo et Juliette séparés par la haine que se vouent leurs espèces respectives (les humains d’un côté et les hommes-poisson de l’autre), des dialogues qui peuvent plaire aux plus romantiques des lecteurs, une attirance quasi immédiate entre nos deux héros et une alchimie très forte…

Si cette histoire d’amour ne m’a pas convaincue notamment par sa trop grande rapidité qui s’explique par la taille du livre, force est de constater que Svetlana Mori a su la rendre indispensable à l’histoire. Loin de n’être là que pour ravir le cœur des amoureux de romance, elle est la pierre angulaire du livre qui va permettre un rapprochement entre deux ennemis. Alors la morale est un peu gentillette, mais elle est amenée avec assez de talent pour ne pas paraître trop naïve.

Une histoire qu’on a du mal à quitter…

Enfin, j’avoue avoir été quelque peu frustrée par la taille du livre. L’autrice nous propose une histoire avec tellement de potentiel qu’il est difficile de se contenter de si peu de pages. J’aurais tellement aimé en apprendre plus sur les hommes-poisson, leurs us et coutumes qui n’impliquent pas l’arrachage de cœur d’humain, leur vie dans leur cité aquatique…

J’aurais également souhaité apprendre à connaître plus longuement la famille royale dont les membres ne manquent pas de personnalité que ce soit le frère aîné qui, sous un air froid et dur, semble plutôt du genre tendre et juste, le père qui n’est pas le monstre cruel que l’on pourrait s’imaginer ou, à l’inverse, cette sœur aînée qui est loin de s’avouer attendrie par l’amour de son frère pour une humaine…

Tous ces éléments font que lorsque l’on tourne la dernière page, on est autant ravi de notre lecture que frustré de ne pas en avoir plus. Fort heureusement, l’autrice a entendu le désespoir de ses lecteurs et a, en prévision, un recueil construit autour de textes courts. Mais pour les détails, il vous faudra encore patienter, le projet étant toujours en cours de réflexion.

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Pour ma part, je lirai avec plaisir d’autres titres de Svetlana Mori dont les deux autres tomes de la trilogie dont Abyss est issu.

Vous pouvez acquérir Abyss sur, entre autres, Amazon et découvrir les autres livres de l’auteure sur son site Internet.

Je vous invite à consulter la chronique de Saiwhisper.

 

 

 

 

Overlord 1 : Le Roi Mort-Vivant, Kugane Maruyama (illustrations de So-Bin)

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict pour la découverte d’Overlord Le Roi Mort-Vivant de Kugane Maruyama. Cet ouvrage contient les deux premiers tomes de la série.

Je remercie également les éditions Ofelbe pour le superbe poster accompagnant le livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » La vie est un jeu imprévisible  »
Momonga est prévenu… Notre seigneur maléfique va devoir faire attention à ne pas se laisser dépasser par cette réalité.

Nous sommes en l’an 2138. Yggdrasil, le célèbre MMORPG à succès est sur le point de fermer. Momonga, nécromancien mort vivant de niveau 100, chef de la puissante guilde
 » Ainz Ooal Gown « , attend seul l’arrêt du jeu. Cependant, l’heure de la fermeture passée, Momonga ne se déconnecte pas et les personnages non jouables se retrouvent dotés d’une conscience…
Prisonnier d’un monde inconnu, notre seigneur maléfique va partir à la recherche d’un nouveau but à son existence et prendre la décision de conquérir ce nouvel univers tout en y laissant son empreinte.

  • Broché: 514 pages
  • Editeur : Ofelbe (11 mai 2017)
  • Prix : 21,90€

AVIS

Un magnifique travail éditorial…

La couverture très soignée et détaillée, le dépliant en début et fin de livre et les illustrations en couleurs en début de chapitre témoignent du soin apporté à la confection de l’ouvrage. La beauté du livre ne peut d’ailleurs que vous donner envie de vous plonger dans l’histoire.

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J’ai en outre apprécié qu’en fin de livre soit proposé un récapitulatif en couleurs des principales caractéristiques des personnages principaux. Je m’y suis référé, notamment en début de lecture, afin de mieux appréhender le physique de chacun et ainsi me plonger plus facilement dans l’univers de l’auteur. Ces illustrations m’ont d’ailleurs permis de tomber sous le charme d’un personnage avant même d’avoir commencé le livre. Mais pour ma défense, vous arrivez à résister à un hamster tout mignon vous ?

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L’histoire et l’Overlord…

Momonga, maître de la guilde maléfique Ainz Ooal Gown, protectrice du Grand Tombeau de Nazarick, attend seul l’arrêt du célèbre MMORPG Yggdrasil. Cependant, les choses ne vont pas se passer comme prévu puisqu’il va être transporté, sous la forme de son avatar, dans un monde inconnu proche et en même temps éloigné de celui du jeu.

Dans le premier tome, Momonga découvre ce nouveau monde prenant le temps de comprendre les différences avec le jeu, l’étendue de ses pouvoirs, la liberté d’action des personnages non jouables qui semblent avoir pris vie, les compétences disponibles, les règles qui s’appliquent à sa nouvelle vie… Le second tome, plus rythmé, nous permet de suivre notre protagoniste dans ses premières quêtes et de découvrir, de plus près, ce monde devenu le sien.

Momonga est un personnage que j’ai trouvé, dès le départ, assez intrigant et paradoxal. Transporté dans un monde inconnu sous l’apparence de son avatar, un squelette, il est resté dès le début étrangement stoïque face à la situation, ne paniquant jamais à l’idée de ne plus retourner chez lui. Il est vrai que l’on comprend très vite les raisons de ce détachement : sa vraie vie se résumant à un travail peu épanouissant et un quotidien englué dans une déprimante routine, Momanga alias Satoru Suzuki n’a simplement aucune raison de vouloir rentrer chez lui. Cela est d’autant plus vrai que l’arrêt du jeu a signé la perte de ce qui était le plus important pour lui : son amitié avec les autres membres de la guilde, ceux-ci constituant plus ou moins sa seule famille.

Ce sens de l’amitié va l’aider à avancer dans ce nouveau monde, toutes ses actions étant destinées à faire connaître son nom et, par ce biais, peut-être, à retrouver d’autres membres de la guilde. Je trouve ce point plutôt intéressant, car si sa condition de Mort-Vivant commence à impacter sa personnalité, il n’en demeure pas moins très humain. Il conserve ainsi un besoin fort de retrouver ses amis (l’homme n’est-il pas un animal social ?) et des faiblesses assez humaines comme un manque de confiance en lui, de nombreux doutes et interrogations, une certaine maladresse dans les interactions sociales surtout avec les femmes….  Je ne l’ai pas trouvé attachant pour autant, mais j’ai apprécié qu’il ne soit pas seulement un puissant personnage voué à tout détruire sur son passage pour le plaisir de conquérir un nouveau monde.

Je dois néanmoins avouer avoir été perturbée par un point : sa propension à s’excuser tout le temps même auprès de ses serviteurs. Pour le chef d’une guilde maléfique, cela me semble somme toute étrange et peu crédible ! Une ou deux excuses auraient pu faire de Momanga un chef magnanime exigeant, mais sachant reconnaître ses erreurs alors que cette profusion  d’excuses le place plutôt dans une position de faiblesse. A plusieurs reprises, je me suis dit qu’à trop vouloir s’assurer de la fidélité de ses serviteurs en donnant une bonne opinion de lui-même, c’est d’une révolte qu’il allait hériter.

Un univers bien développé et accessible…

J’ai  beaucoup apprécié l’univers dans lequel l’auteur arrive parfaitement à nous immerger. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, aux côtés de Momonga, ce nouveau monde, les règles le régissant et les créatures plus ou moins hostiles qui le peuplent. Je dois d’ailleurs saluer le travail de l’auteur qui a su très justement doser les phases de description et les phases d’action. Les premières nous permettent aisément de nous imaginer avec précision les décors, les paysages et les personnages, quand les secondes tiennent en éveil les sens du lecteur. Le rythme intense de l’intrigue associé à des descriptions complètement immersives rendent donc la lecture de ce livre de plus de 500 pages très rapide.

Et j’avoue que j’en ai été rassurée. En effet, en sollicitant ce partenariat sur Livraddict, j’avais une crainte, celle de ne pas arriver à me plonger dans le livre par manque de connaissance des MMORPG et des codes de la high fantasy. J’ai donc été ravie de découvrir une histoire que l’auteur a veillé à rendre accessible à tous. Les novices en la matière ne seront pas débordés par une avalanche de termes incompréhensibles, l’auteur abordant les choses de manière progressive. Quant aux habitués des MMORPG, ils ne seront pas gênés par des explications lourdes et trop nombreuses.

Deux points qui m’interrogent… 

Il y a néanmoins un point qui m’a gênée, c’est le crêpage de chignon systématique entre deux personnages féminins pour s’attirer les faveurs de Momonga. Si on met de côté l’attirance physique pour un squelette qui me laisse sceptique, je trouve que cela donne une image de la femme servile et superficielle plutôt déplaisante. A part flatter l’égo des mâles peut-être prompts à se réjouir que des femmes se battent pour s’attirer les faveurs sexuelles d’un représentant de leur sexe, fusse-t-il un squelette, je n’en vois pas l’intérêt. D’ailleurs, les dialogues ponctuant les disputes entre les deux femmes sont d’un inintérêt assez désarmant.

J’ai également regretté le manque d’équilibre dans les scènes de combat. Les nombreux doutes de Momanga sur ses capacités à vaincre ses ennemis, dont il ne connaît pas avec certitude la puissance, sont parfaitement inutiles puisqu’il arrive à les vaincre d’une pichenette ou presque. C’est dommage que l’auteur n’ait pas prévu des adversaires un peu plus à sa taille même si je dois admettre que la bataille finale avait une certaine envergure.

Je suis cependant confiante sur la capacité de l’auteur à offrir, par la suite, des adversaires qui malmèneront Momanga ; une victoire trop facilement acquise n’ayant guère d’intérêt pour le lecteur.

En conclusion, si vous avez envie de vous immerger dans une aventure palpitante menée par un personnage à la personnalité intéressante, Overlord est un light novel qui devrait vous séduire. L’univers imaginé et décrit par l’auteur devrait plaire autant aux amateurs de jeux vidéo qu’aux lecteurs en quête d’une histoire accordant une large place à l’action. Quant au superbe travail éditorial, il vient parfaire une expérience de lecture déjà plaisante.

En ce qui me concerne, je lirai la suite des aventures avec plaisir en croisant les doigts pour que les éditions Ofelbe proposent un ouvrage à la hauteur de celui-ci.

 

L’expédition, Monica Kristensen

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Je remercie Lecteurs.com et Gaïa Éditions pour la découverte du roman de Monica Kristensen, L’expédition.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Archipel du Svalbard. Un appel au secours en provenance du 87e parallèle nord parvient à Knut Fjeld. Une expédition norvégienne est en difficulté, alors qu’elle cherche, sur les traces des grands explorateurs, à rejoindre le pôle Nord. Un projet mal ficelé, que les spécialistes critiquent pour l’itinéraire retenu, et pour le choix du mois de février, trop tôt en saison. Mais le challenge est là, précisément : réussir ce qui ne s’est jamais fait. Lorsque courage et ambition riment avec folie. L’expédition est partie, mal préparée, mal financée. Deux attelages, huit chiens et quatre hommes. Ce sont les chiens qui tombent en premier. Knut Fjeld, le flic norvégien du Svalbard, se rend sur place. En plein désert arctique, sur la banquise qui dérive. Bientôt prisonnier d’un huis clos sur glace, angoissant, et périlleux.

  • Broché: 272 pages
  • Editeur : GAIA (5 octobre 2016)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook

AVIS

Lorsque le policier Knut Fjeld s’envole pour porter secours à une expédition norvégienne désirant atteindre le Pôle Nord, il ne s’attendait certainement pas à un accueil aussi glacial. Et pour cause, bien qu’en détresse, les membres ne désirent pas retourner vers la civilisation, mais consentent, néanmoins, à laisser évacuer leur blessé, Sven qui est accessoirement leur musher. Il faut dire que les chiens de traîneaux étant quasiment tous morts dans d’étranges conditions, il ne leur est plus d’aucune utilité.

Le policier, dans un excès de conscience professionnelle ou d’optimisme, décide alors de rester sur place, sans se douter que cette décision le conduira à endurer des épreuves plus que difficiles dans un climat parfois tendu, très tendu. En effet, pièce rapportée, Knut n’est pas le bienvenu parmi cette équipe qui est très loin d’être aussi bien préparée que ce que ses instigateurs veulent faire croire au monde entier voire à eux-mêmes.  Petit à petit, le policier découvrira d’ailleurs l’étendue du manque de préparation, mais aussi les tensions sous-jacentes entre les différents membres.

Contrairement au policier qui vit l’histoire en huis clos, le lecteur a la chance de découvrir aussi bien les aventures de notre expédition, qui tente de survivre dans un environnement peu hospitalier, que Karine, l’épouse de Karsten, chef de l’expédition. A travers des flashbacks, on découvre ainsi la préparation de l’expédition avec tous les mensonges sur lesquels elle a été bâtie. Cela nous apporte un éclairage nouveau qui aurait été fort utile à notre policier pour comprendre les motifs ayant poussé chacun à tenter l’aventure, mais également saisir jusqu’où les membres sont prêts à aller pour atteindre leurs objectifs.

Quant aux personnages, dès le début, ils m’ont paru antipathiques notamment avec leur insouciance et leur entêtement qui les font passer pour des enfants capricieux n’ayant pas prise avec la réalité. J’avoue avoir très souvent admiré la patience du policier qui essaie de temporiser cette obsession du Pôle Nord que partagent, bien que pour des raisons très différentes, les participants de l’expédition. Je peux vous dire que je me suis à maintes reprises énervée derrière mon livre ayant envie de distribuer des baffes et pourtant, je suis d’un naturel plutôt calme. La seule personne, en dehors de Knut, qui m’a semblé un tant soit peu raisonnable est Karine, même si vous verrez que personne n’est tout blanc dans cette histoire…

Bien que l’auteure nous fasse voyager dans un environnement dominé par le vide et la glace, elle arrive à nous plonger dans une atmosphère étouffante où le sentiment de tension et d’urgence est permanent. On sent la catastrophe proche, mais on a du mal à la définir et la saisir complètement. Est-ce que le danger provient des conditions extrêmes dans lesquelles évoluent les explorateurs, de la présence d’un prédateur qui rôde laissant planer une aura de danger autour de la tente, des membres de l’exploration eux-mêmes ou bien, d’un mélange de tout ça ? Je laisserai le soin à chacun de se faire sa propre opinion, mais je peux vous dire que ces questionnements contribuent fortement à vous faire tourner les pages les unes à la suite des autres.

Le seul point qui pourrait en déranger certains, ce qui ne fut pas mon cas, complètement subjuguée par l’ambiance glacée de l’histoire, c’est la lente mise en place de l’intrigue qui est néanmoins nécessaire pour créer l’atmosphère angoissante et étouffante du livre. Nous sommes, en outre, dans un polar, il y a donc bien au moins un mort, mais l’enquête pour déterminer les causes de ce décès n’est pas menée tambour battant. Elle se fait naturellement au rythme de cette exploration…

En conclusion, si vous avez envie d’un roman qui vous fait voyager dans un environnement dépaysant et glacé où la nature a repris ses droits, L’expédition est fait pour vous. Dans une ambiance étouffante et angoissante, vous découvrirez jusqu’où  le mensonge, l’avidité et la cupidité peuvent mener…