Demain, quand j’étais mort ! , Eddard Mingwe

Je n’aime pas les zombies, mais j’aime rire.  Alors quand j’ai découvert Demain, quand j’étais mort ! de Eddard Mingwe, j’ai su qu’il me fallait découvrir cet ouvrage. Et puis je dois avouer que la couverture m’a fait penser à iZombie, la seule série avec des zombies que j’apprécie.

Je remercie l’auteur de m’avoir fait confiance, malgré mon absence de culture zombiesque, en m’envoyant son livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Connecticut-Sur-Maine. Pandémick Rivers. Notre époque.
Alors que la tant attendue saison de la chasse aux touristes est enfin ouverte et que la traditionnelle fête de la tartine humaine bat son plein, une météorite s’écrase près d’un insolite village peuplé de fermiers consanguins et anthropophages, libérant de mystérieuses spores visqueuses et particulièrement voraces.
Après la contamination de la plus grosse unité locale de production et d’exportation de cuisses de grenouilles surgelées, d’étranges cas de mutation vont être simultanément répertoriés à différents endroits du globe.
Le chaos s’installe, la menace se répand.
Bientôt des événements aussi cocasses qu’atroces vont s’enchaîner et nous mener droit à l’apocalypse la plus horrible et stupide jamais imaginée…Au menu de cette zombédie tragique : une pandémie, des morts-vivants, des retraités fous furieux, quelques politiciens véreux, des recettes culinaires cannibales de fin du monde, et bien entendu, un soupçon de romantisme et de magnifiques histoires d’amour…

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 240 pages
  • Prix : 2,99€
  • Autre format : broché

AVIS

Du sang, des doigts coupés et des pieds bouffés !

L’histoire de départ semble déjà bien loufoque et préfigure d’ailleurs parfaitement le contenu du livre. On part ainsi d’un village paumé où vivent une bande de dégénérés idiots, consanguins, cannibales et zoophiles pour finir par l’apocalypse marquant l’avènement des zombies.

Entre temps, il se passe des choses plus absurdes les unes que les autres ! Heureusement pour nous, notre protagoniste est là pour nous raconter les principales étapes de la catastrophe la plus idiote de tous les temps. On ne peut pas dire qu’on s’attache à lui, mais on prend plaisir à rire à ses côtés même si finalement, il n’est pas autant présent que cela dans l’histoire. Ce point m’a un peu étonnée m’étant imaginée qu’il aurait un rôle plus important dans les événements.

Mais peu importe, car l’auteur tient toutes ses promesses en nous livrant une histoire gore à souhait et tellement déjantée qu’elle en devient délicieusement absurde. C’est dingue, c’est dégueulasse et parfois malsain, mais on en redemande ! Il faut dire que l’auteur a l’art et la manière de manier la plume pour accrocher le lecteur et lui vendre du sensationnel. On est dans la surenchère de sang, de macabre, d’horreur, de cynisme… mais que c’est bon.

J’ai aimé cet étalage de personnages aussi déviants que débiles, d’événements improbables, cette profusion d’hémoglobine, ces doigts coupés, ces jambes sectionnées, ces pieds bouffés, ces yeux arrachés, ces scènes horribles qui marquent l’imagination… Je peux vous dire que ce qu’Eddard Mingwe décrit vous vous l’imaginez parfaitement ce qui devrait ravir les amateurs d’histoires bien gore.

Ces derniers reconnaîtront certainement les multiples références et clins d’œil de l’auteur aux films d’horreur puisqu’il en reprend avec brio les grosses ficelles. En parcourant le livre, je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser aux nanars que ma mère adore et qui sont tellement ridicules qu’ils en deviennent bons à condition de les prendre au deuxième voire troisième degré.

Des zombies, mais pas que…

Demain, quand j’étais mort ! , ce n’est pas seulement une parodie d’histoire de zombies. C’est également une critique acerbe et très juste de notre société et de ses travers.

L’auteur parsème ainsi son texte de références à l’actualité ou à des phénomènes de société : consumérisme, redistribution inégale des richesses, scandales alimentaires faisant régulièrement la une de nos journaux, élevage intensif (les humains finissant par être victimes de leurs propres pratiques)…

Les hommes politiques ou autres figures publiques en prennent aussi pour leur grade. Et je dois dire que les chapitres qui leur sont consacrés ont été de loin mes préférés. J’ai vraiment trouvé que c’est là que le côté caustique de la plume d’Eddard Mingwé ressortait le mieux.

La caricature de Donald Trump est ainsi plutôt savoureuse : homme au physique ingrat complètement ridicule et imbu de sa personne, idiot qui prend ses électeurs pour des demeurés (vous me direz, la boucle est bouclée), libidineux et éjaculateur précoce… C’est évidemment très caricatural, mais vu le potentiel comique du modèle original, il aurait été dommage pour l’auteur de ne pas l’exploiter.

Mais je dois dire que c’est Pol Narev, victime innocente de l’imposteur Michel Polnareff, et son besoin désespéré de revivre sa gloire passée, et de connaître de nouveau la joie d’être adulé par ses fans, qui m’a le plus amusée. Vous n’écouterez d’ailleurs plus Goodbye Marylou (si l’idée inexplicable de le faire vous prenait) sans penser à la version très personnelle de Pol Narev.

J’ai, en outre, beaucoup aimé l’humour noir, voire très noir, et le cynisme dont l’auteur sait faire preuve. On ressent qu’il s’est fait plaisir en ne censurant aucun de ses délires ! Dans une société de plus en plus bien-pensante où, à vouloir préserver tout le monde de tout, on ne rit plus de rien, c’est rafraîchissant et divertissant.

Je garde ainsi en tête une scène mémorable se déroulant dans une maison de retraite et impliquant une mamie, Parkinson et des œufs. C’est cynique à souhait, mais c’est infiniment drôle. Et je suis quasi certaine que ma grand-mère, maintenant perdue dans les limbes d’Alzheimer, aurait également ri volontiers à ce trait d’esprit si elle avait toujours le sien.

Demain, quand j’étais mort ! , c’est pour quels vivants ? 

Alors, est-ce que ce livre plaira aux amateurs fous furieux de zombies ? Là, est la question !

Je pense que oui, à deux conditions. La première est qu’ils se mettent bien en tête, avant de se lancer dans le livre, que ce n’est en aucun cas une histoire classique de zombies même si le gore est bien au rendez-vous. La seconde est que lesdits amateurs de zombies aient un minimum d’humour. Si ces deux conditions sont réunies, je dis banco ou bingo, c’est au choix.

Si comme moi, à l’inverse, vous regardez avec scepticisme cet engouement pour les zombies, je vous conseille aussi de vous lancer sans attendre dans la lecture du livre. Je vous assure, ça fait vraiment plaisir de voir un auteur qui traite le sujet avec légèreté se moquant allègrement des codes du genre comme de ceux des nanars de tous bords en prenant le temps, au passage, de formuler une critique acerbe de notre société.

En d’autres termes, Eddard Mingwe réunit les amoureux de zombies et les gens normaux hermétiques au phénomène sous une même bannière, celle de l’humour et du rire. Alors moi je lui dis bravo et merci pour ce moment.

Site de l’auteurAmazon

 

Abyss, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori d’avoir accepté de m’envoyer son roman, Abyss, via le site Simplement d’autant que j’ai eu le droit à une très chouette dédicace. Ce roman a la particularité d’avoir été écrit pendant un challenge d’écriture international qui fait souvent grand bruit sur Twitter, le NaNoWriMo.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Saiwhisper du blog Les pages qui tournent. J’ai pris grand plaisir à échanger avec elle sur cette belle lecture et espère renouveler l’expérience, peut-être, pourquoi pas, sur un autre texte de Svetlana Mori.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Lulu.com (22 décembre 2016)
  • Prix : 11,08€

AVIS

Avant de commencer, je tiens à dire que je trouve la couverture magnifique et que j’aime beaucoup les signes tribaux qui illustrent chaque partie et tête de chapitre. Je vous invite à consulter ma dernière participation au RDV livresque Premières Lignes pour plus de détails.

L’histoire et les personnages…

Seule femme et dorénavant médecin à bord d’un navire, Emily pleure toujours la mort accidentelle de son père quand sa vie va être de nouveau chamboulée par l’arrivée d’un prisonnier. Mais pas de n’importe quel prisonnier, d’un homme-poisson, une créature maritime crainte de tous en raison de sa légendaire cruauté et barbarie.

Chargée de soigner les plaies du monstre avant sa prochaine séance de torture, elle va néanmoins faire abstraction de sa peur et se laisser guider par ses sentiments. Cela la conduira à prendre une décision qui aura de lourdes conséquences non seulement pour sa vie, mais aussi pour celle des autres habitants du navire.

J’ai beaucoup aimé le fait que dès le début de l’histoire, on comprend que la situation est plus complexe qu’un simple schéma gentils/méchants. En effet, si les hommes-poisson sont effrayants, n’hésitant pas à massacrer les humains qui croisent leur route ou à enlever des enfants pour leurs besoins, les humains ne sont pas non plus tout blanc. Que ce soit à travers la séance de torture à l’encontre de leur captif ou les horreurs que les hommes ont perpétré par le passé, ils se montrent tout aussi barbares. Pas besoin d’avoir des attributs de poisson pour pouvoir être qualifié de monstre…

Difficile dans ces conditions de se positionner nettement pour un camp, chacun ayant des griefs légitimes pour détester l’autre. Cet aspect rend donc complètement plausible et compréhensible, bien que discutable, la décision d’Emily que je vous laisse, bien sûr, découvrir.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette femme qui sait voir au-delà des apparences et des préjugés n’hésitant pas à tout remettre en cause pour ce qu’elle estime juste. Pour une personne n’imaginant pas sa vie loin de l’eau, elle a étrangement les pieds sur terre ! J’ai également aimé son sens de la répartie et sa capacité à avancer dans la vie malgré les drames qui la ponctuent.

Quant à Syhl, le jeune homme-poisson, sa personnalité m’a un peu moins convaincue même si l’autrice a veillé à nous offrir un personnage nuancé, autant capable d’une violence implacable que d’altruisme. Je lui ai préféré sa sœur Velkis qui intervient en dernière partie et qui apporte une touche de folie, d’insouciance et de légèreté fort appréciable. Il n’a pas fallu d’ailleurs bien longtemps pour m’attacher à celle-ci.

De l’eau, des pirates, de l’action et du sang…

Quand j’ai lu le résumé du livre, j’ai su qu’il me fallait le lire. En effet, j’aime beaucoup les histoires de pirates.

Et de ce côté, je dois dire que l’autrice a répondu à mes attentes. J’ai beaucoup aimé m’imaginer la vie à bord du navire, les descriptions percutantes et l’utilisation d’un vocabulaire maritime précis nous permettant de nous immerger complètement dans l’ambiance. On a presque l’impression de voguer sur la mer à bord du Blue River pris dans les flots d’un élément naturel aussi beau qu’imprévisible.

Je vous rassure, même s’il y a des descriptions, le livre reste définitivement tourné vers l’action et ceci, dès les premières pages du roman. Il y a évidemment des phases moins rythmées que d’autres, mais aucun temps mort ou longueurs ne sont à déplorer. Svetlana Mori a incontestablement su exploiter chaque page, ne se perdant pas dans les détails. Ce point me semble particulièrement important si l’on rappelle que le livre fait moins de deux cents pages et que l’autrice n’est pas forcément coutumière de ce format assez court.

Si je n’aime pas trop quand le sang coule à flots, j’attends pourtant de l’hémoglobine quand il y a des pirates dans une histoire, les deux étant quelque peu indissociables dans mon esprit. Et Abyss, pour mon plus grand plaisir, n’échappe pas à la règle. L’autrice ne nous épargne pas des scènes quelque peu violentes nous les décrivant d’ailleurs de manière assez précise pour que le lecteur se les représente parfaitement. Et j’ai d’ailleurs adoré ce décalage entre le calme apparent des flots et la violence qui se déchaîne à bord du navire.

Quant aux pirates, ils sont tels que je les imagine et les veux : sans morale, sanguinaires ne faisant pas grand cas de la vie humaine, violents, pervers… Bref, antipathiques et horribles à souhait !

Une histoire d’amour qui ne m’a pas convaincue, mais qui sert l’histoire

Que vous l’ayez deviné ou non en lisant le résumé, Abyss, c’est également une histoire d’amour. C’est l’aspect que j’ai le moins apprécié, mais mon avis n’est pas très objectif n’étant pas fan du genre. Seuls quelques auteurs arrivent à me faire passer outre mon manque d’appétence pour ce genre.

Certaines scènes et dialogues, un peu trop naïfs pour moi, m’ont fait lever les yeux au ciel. Je pense notamment à un passage où Syhl demande, le plus sérieusement du monde, à sa toute nouvelle dulcinée de ne pas dépérir en son absence et de continuer à vivre. Même si la connexion entre ces deux nouveaux amoureux est forte, il manque quand même quelques péripéties avant de rendre ce genre de phrase crédible. Et encore, n’étant pas très fleur bleue, je crois que ce genre de déclaration aurait plutôt tendance à me faire rire qu’à m’émouvoir.

Je pense néanmoins que cette romance contient les éléments pour plaire à beaucoup d’amatrices et d’amateurs du genre : une histoire d’amour impossible avec des amoureux à la Roméo et Juliette séparés par la haine que se vouent leurs espèces respectives (les humains d’un côté et les hommes-poisson de l’autre), des dialogues qui peuvent plaire aux plus romantiques des lecteurs, une attirance quasi immédiate entre nos deux héros et une alchimie très forte…

Si cette histoire d’amour ne m’a pas convaincue notamment par sa trop grande rapidité qui s’explique par la taille du livre, force est de constater que Svetlana Mori a su la rendre indispensable à l’histoire. Loin de n’être là que pour ravir le cœur des amoureux de romance, elle est la pierre angulaire du livre qui va permettre un rapprochement entre deux ennemis. Alors la morale est un peu gentillette, mais elle est amenée avec assez de talent pour ne pas paraître trop naïve.

Une histoire qu’on a du mal à quitter…

Enfin, j’avoue avoir été quelque peu frustrée par la taille du livre. L’autrice nous propose une histoire avec tellement de potentiel qu’il est difficile de se contenter de si peu de pages. J’aurais tellement aimé en apprendre plus sur les hommes-poisson, leurs us et coutumes qui n’impliquent pas l’arrachage de cœur d’humain, leur vie dans leur cité aquatique…

J’aurais également souhaité apprendre à connaître plus longuement la famille royale dont les membres ne manquent pas de personnalité que ce soit le frère aîné qui, sous un air froid et dur, semble plutôt du genre tendre et juste, le père qui n’est pas le monstre cruel que l’on pourrait s’imaginer ou, à l’inverse, cette sœur aînée qui est loin de s’avouer attendrie par l’amour de son frère pour une humaine…

Tous ces éléments font que lorsque l’on tourne la dernière page, on est autant ravi de notre lecture que frustré de ne pas en avoir plus. Fort heureusement, l’autrice a entendu le désespoir de ses lecteurs et a, en prévision, un recueil construit autour de textes courts. Mais pour les détails, il vous faudra encore patienter, le projet étant toujours en cours de réflexion.

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Pour ma part, je lirai avec plaisir d’autres titres de Svetlana Mori dont les deux autres tomes de la trilogie dont Abyss est issu.

Vous pouvez acquérir Abyss sur, entre autres, Amazon et découvrir les autres livres de l’auteure sur son site Internet.

Je vous invite à consulter la chronique de Saiwhisper.

 

 

 

 

Overlord 1 : Le Roi Mort-Vivant, Kugane Maruyama (illustrations de So-Bin)

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict pour la découverte d’Overlord Le Roi Mort-Vivant de Kugane Maruyama. Cet ouvrage contient les deux premiers tomes de la série.

Je remercie également les éditions Ofelbe pour le superbe poster accompagnant le livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » La vie est un jeu imprévisible  »
Momonga est prévenu… Notre seigneur maléfique va devoir faire attention à ne pas se laisser dépasser par cette réalité.

Nous sommes en l’an 2138. Yggdrasil, le célèbre MMORPG à succès est sur le point de fermer. Momonga, nécromancien mort vivant de niveau 100, chef de la puissante guilde
 » Ainz Ooal Gown « , attend seul l’arrêt du jeu. Cependant, l’heure de la fermeture passée, Momonga ne se déconnecte pas et les personnages non jouables se retrouvent dotés d’une conscience…
Prisonnier d’un monde inconnu, notre seigneur maléfique va partir à la recherche d’un nouveau but à son existence et prendre la décision de conquérir ce nouvel univers tout en y laissant son empreinte.

  • Broché: 514 pages
  • Editeur : Ofelbe (11 mai 2017)
  • Prix : 21,90€

AVIS

Un magnifique travail éditorial…

La couverture très soignée et détaillée, le dépliant en début et fin de livre et les illustrations en couleurs en début de chapitre témoignent du soin apporté à la confection de l’ouvrage. La beauté du livre ne peut d’ailleurs que vous donner envie de vous plonger dans l’histoire.

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J’ai en outre apprécié qu’en fin de livre soit proposé un récapitulatif en couleurs des principales caractéristiques des personnages principaux. Je m’y suis référé, notamment en début de lecture, afin de mieux appréhender le physique de chacun et ainsi me plonger plus facilement dans l’univers de l’auteur. Ces illustrations m’ont d’ailleurs permis de tomber sous le charme d’un personnage avant même d’avoir commencé le livre. Mais pour ma défense, vous arrivez à résister à un hamster tout mignon vous ?

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L’histoire et l’Overlord…

Momonga, maître de la guilde maléfique Ainz Ooal Gown, protectrice du Grand Tombeau de Nazarick, attend seul l’arrêt du célèbre MMORPG Yggdrasil. Cependant, les choses ne vont pas se passer comme prévu puisqu’il va être transporté, sous la forme de son avatar, dans un monde inconnu proche et en même temps éloigné de celui du jeu.

Dans le premier tome, Momonga découvre ce nouveau monde prenant le temps de comprendre les différences avec le jeu, l’étendue de ses pouvoirs, la liberté d’action des personnages non jouables qui semblent avoir pris vie, les compétences disponibles, les règles qui s’appliquent à sa nouvelle vie… Le second tome, plus rythmé, nous permet de suivre notre protagoniste dans ses premières quêtes et de découvrir, de plus près, ce monde devenu le sien.

Momonga est un personnage que j’ai trouvé, dès le départ, assez intrigant et paradoxal. Transporté dans un monde inconnu sous l’apparence de son avatar, un squelette, il est resté dès le début étrangement stoïque face à la situation, ne paniquant jamais à l’idée de ne plus retourner chez lui. Il est vrai que l’on comprend très vite les raisons de ce détachement : sa vraie vie se résumant à un travail peu épanouissant et un quotidien englué dans une déprimante routine, Momanga alias Satoru Suzuki n’a simplement aucune raison de vouloir rentrer chez lui. Cela est d’autant plus vrai que l’arrêt du jeu a signé la perte de ce qui était le plus important pour lui : son amitié avec les autres membres de la guilde, ceux-ci constituant plus ou moins sa seule famille.

Ce sens de l’amitié va l’aider à avancer dans ce nouveau monde, toutes ses actions étant destinées à faire connaître son nom et, par ce biais, peut-être, à retrouver d’autres membres de la guilde. Je trouve ce point plutôt intéressant, car si sa condition de Mort-Vivant commence à impacter sa personnalité, il n’en demeure pas moins très humain. Il conserve ainsi un besoin fort de retrouver ses amis (l’homme n’est-il pas un animal social ?) et des faiblesses assez humaines comme un manque de confiance en lui, de nombreux doutes et interrogations, une certaine maladresse dans les interactions sociales surtout avec les femmes….  Je ne l’ai pas trouvé attachant pour autant, mais j’ai apprécié qu’il ne soit pas seulement un puissant personnage voué à tout détruire sur son passage pour le plaisir de conquérir un nouveau monde.

Je dois néanmoins avouer avoir été perturbée par un point : sa propension à s’excuser tout le temps même auprès de ses serviteurs. Pour le chef d’une guilde maléfique, cela me semble somme toute étrange et peu crédible ! Une ou deux excuses auraient pu faire de Momanga un chef magnanime exigeant, mais sachant reconnaître ses erreurs alors que cette profusion  d’excuses le place plutôt dans une position de faiblesse. A plusieurs reprises, je me suis dit qu’à trop vouloir s’assurer de la fidélité de ses serviteurs en donnant une bonne opinion de lui-même, c’est d’une révolte qu’il allait hériter.

Un univers bien développé et accessible…

J’ai  beaucoup apprécié l’univers dans lequel l’auteur arrive parfaitement à nous immerger. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, aux côtés de Momonga, ce nouveau monde, les règles le régissant et les créatures plus ou moins hostiles qui le peuplent. Je dois d’ailleurs saluer le travail de l’auteur qui a su très justement doser les phases de description et les phases d’action. Les premières nous permettent aisément de nous imaginer avec précision les décors, les paysages et les personnages, quand les secondes tiennent en éveil les sens du lecteur. Le rythme intense de l’intrigue associé à des descriptions complètement immersives rendent donc la lecture de ce livre de plus de 500 pages très rapide.

Et j’avoue que j’en ai été rassurée. En effet, en sollicitant ce partenariat sur Livraddict, j’avais une crainte, celle de ne pas arriver à me plonger dans le livre par manque de connaissance des MMORPG et des codes de la high fantasy. J’ai donc été ravie de découvrir une histoire que l’auteur a veillé à rendre accessible à tous. Les novices en la matière ne seront pas débordés par une avalanche de termes incompréhensibles, l’auteur abordant les choses de manière progressive. Quant aux habitués des MMORPG, ils ne seront pas gênés par des explications lourdes et trop nombreuses.

Deux points qui m’interrogent… 

Il y a néanmoins un point qui m’a gênée, c’est le crêpage de chignon systématique entre deux personnages féminins pour s’attirer les faveurs de Momonga. Si on met de côté l’attirance physique pour un squelette qui me laisse sceptique, je trouve que cela donne une image de la femme servile et superficielle plutôt déplaisante. A part flatter l’égo des mâles peut-être prompts à se réjouir que des femmes se battent pour s’attirer les faveurs sexuelles d’un représentant de leur sexe, fusse-t-il un squelette, je n’en vois pas l’intérêt. D’ailleurs, les dialogues ponctuant les disputes entre les deux femmes sont d’un inintérêt assez désarmant.

J’ai également regretté le manque d’équilibre dans les scènes de combat. Les nombreux doutes de Momanga sur ses capacités à vaincre ses ennemis, dont il ne connaît pas avec certitude la puissance, sont parfaitement inutiles puisqu’il arrive à les vaincre d’une pichenette ou presque. C’est dommage que l’auteur n’ait pas prévu des adversaires un peu plus à sa taille même si je dois admettre que la bataille finale avait une certaine envergure.

Je suis cependant confiante sur la capacité de l’auteur à offrir, par la suite, des adversaires qui malmèneront Momanga ; une victoire trop facilement acquise n’ayant guère d’intérêt pour le lecteur.

En conclusion, si vous avez envie de vous immerger dans une aventure palpitante menée par un personnage à la personnalité intéressante, Overlord est un light novel qui devrait vous séduire. L’univers imaginé et décrit par l’auteur devrait plaire autant aux amateurs de jeux vidéo qu’aux lecteurs en quête d’une histoire accordant une large place à l’action. Quant au superbe travail éditorial, il vient parfaire une expérience de lecture déjà plaisante.

En ce qui me concerne, je lirai la suite des aventures avec plaisir en croisant les doigts pour que les éditions Ofelbe proposent un ouvrage à la hauteur de celui-ci.

 

L’expédition, Monica Kristensen

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Je remercie Lecteurs.com et Gaïa Éditions pour la découverte du roman de Monica Kristensen, L’expédition.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Archipel du Svalbard. Un appel au secours en provenance du 87e parallèle nord parvient à Knut Fjeld. Une expédition norvégienne est en difficulté, alors qu’elle cherche, sur les traces des grands explorateurs, à rejoindre le pôle Nord. Un projet mal ficelé, que les spécialistes critiquent pour l’itinéraire retenu, et pour le choix du mois de février, trop tôt en saison. Mais le challenge est là, précisément : réussir ce qui ne s’est jamais fait. Lorsque courage et ambition riment avec folie. L’expédition est partie, mal préparée, mal financée. Deux attelages, huit chiens et quatre hommes. Ce sont les chiens qui tombent en premier. Knut Fjeld, le flic norvégien du Svalbard, se rend sur place. En plein désert arctique, sur la banquise qui dérive. Bientôt prisonnier d’un huis clos sur glace, angoissant, et périlleux.

  • Broché: 272 pages
  • Editeur : GAIA (5 octobre 2016)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook

AVIS

Lorsque le policier Knut Fjeld s’envole pour porter secours à une expédition norvégienne désirant atteindre le Pôle Nord, il ne s’attendait certainement pas à un accueil aussi glacial. Et pour cause, bien qu’en détresse, les membres ne désirent pas retourner vers la civilisation, mais consentent, néanmoins, à laisser évacuer leur blessé, Sven qui est accessoirement leur musher. Il faut dire que les chiens de traîneaux étant quasiment tous morts dans d’étranges conditions, il ne leur est plus d’aucune utilité.

Le policier, dans un excès de conscience professionnelle ou d’optimisme, décide alors de rester sur place, sans se douter que cette décision le conduira à endurer des épreuves plus que difficiles dans un climat parfois tendu, très tendu. En effet, pièce rapportée, Knut n’est pas le bienvenu parmi cette équipe qui est très loin d’être aussi bien préparée que ce que ses instigateurs veulent faire croire au monde entier voire à eux-mêmes.  Petit à petit, le policier découvrira d’ailleurs l’étendue du manque de préparation, mais aussi les tensions sous-jacentes entre les différents membres.

Contrairement au policier qui vit l’histoire en huis clos, le lecteur a la chance de découvrir aussi bien les aventures de notre expédition, qui tente de survivre dans un environnement peu hospitalier, que Karine, l’épouse de Karsten, chef de l’expédition. A travers des flashbacks, on découvre ainsi la préparation de l’expédition avec tous les mensonges sur lesquels elle a été bâtie. Cela nous apporte un éclairage nouveau qui aurait été fort utile à notre policier pour comprendre les motifs ayant poussé chacun à tenter l’aventure, mais également saisir jusqu’où les membres sont prêts à aller pour atteindre leurs objectifs.

Quant aux personnages, dès le début, ils m’ont paru antipathiques notamment avec leur insouciance et leur entêtement qui les font passer pour des enfants capricieux n’ayant pas prise avec la réalité. J’avoue avoir très souvent admiré la patience du policier qui essaie de temporiser cette obsession du Pôle Nord que partagent, bien que pour des raisons très différentes, les participants de l’expédition. Je peux vous dire que je me suis à maintes reprises énervée derrière mon livre ayant envie de distribuer des baffes et pourtant, je suis d’un naturel plutôt calme. La seule personne, en dehors de Knut, qui m’a semblé un tant soit peu raisonnable est Karine, même si vous verrez que personne n’est tout blanc dans cette histoire…

Bien que l’auteure nous fasse voyager dans un environnement dominé par le vide et la glace, elle arrive à nous plonger dans une atmosphère étouffante où le sentiment de tension et d’urgence est permanent. On sent la catastrophe proche, mais on a du mal à la définir et la saisir complètement. Est-ce que le danger provient des conditions extrêmes dans lesquelles évoluent les explorateurs, de la présence d’un prédateur qui rôde laissant planer une aura de danger autour de la tente, des membres de l’exploration eux-mêmes ou bien, d’un mélange de tout ça ? Je laisserai le soin à chacun de se faire sa propre opinion, mais je peux vous dire que ces questionnements contribuent fortement à vous faire tourner les pages les unes à la suite des autres.

Le seul point qui pourrait en déranger certains, ce qui ne fut pas mon cas, complètement subjuguée par l’ambiance glacée de l’histoire, c’est la lente mise en place de l’intrigue qui est néanmoins nécessaire pour créer l’atmosphère angoissante et étouffante du livre. Nous sommes, en outre, dans un polar, il y a donc bien au moins un mort, mais l’enquête pour déterminer les causes de ce décès n’est pas menée tambour battant. Elle se fait naturellement au rythme de cette exploration…

En conclusion, si vous avez envie d’un roman qui vous fait voyager dans un environnement dépaysant et glacé où la nature a repris ses droits, L’expédition est fait pour vous. Dans une ambiance étouffante et angoissante, vous découvrirez jusqu’où  le mensonge, l’avidité et la cupidité peuvent mener…

 

Basil, détective privé

AVIS

Je ne sais pas si c’est à cause de ma lecture commune de Sherlock Holmes, mais je suis dans une période où j’ai envie de dévorer des histoires liées de près ou de loin au célèbre détective.  C’est donc avec un plaisir enfantin que je me suis plongée dans le roman Basil, détective privé. Si je me souviens d’avoir vu le dessin animé enfant, je n’ai pas en mémoire d’avoir déjà lu le roman du film avant ce jour. Maintenant que cette erreur est réparée, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce petit livre qui se lit très rapidement.

On y retrouve une super souris détective du nom de Basil qui n’a, à mon avis, rien à envier à notre Sherlock Holmes : même caractère, même sens de la déduction, même froideur analytique (du moins, au début), même absence de modestie… A noter également la présence d’un partenaire, le docteur Dawson, qui vous fera penser à notre cher Watson. En effet, ceux-ci partagent, en plus du même passé, de la même profession et d’un nom plutôt semblable, le même ébahissement béat devant les capacités de leur détective respectif. Toute ressemblance entre les deux duos n’est dont pas fortuite.

La seule différence avec l’œuvre originale, c’est que j’ai ressenti de la peine pour l’un des méchants, la chauve-souris Fidget qui fait son maximum pour plaire à son maître, le terrible Ratigan, sans grand succès. Dans sa manière d’être en admiration devant son maître, Fidget m’a donné parfois le sentiment d’être un peu le pendant maléfique de Dawson.

Je vous rassure, je n’ai néanmoins eu aucun mal à détester le grand méchant de l’histoire qui n’a pas hésité à kidnapper un inventeur puis sa fille pour assouvir son plan maléfique : remplacer la Reine par un automate et gouverner à sa place. Pas bête comme idée, vous me direz…

Enfin, le livre contient quelques illustrations en couleurs et en noir et blanc. Si vous me suivez régulièrement, vous devez comprendre que ce genre de petits détails me fait systématiquement craquer.

En conclusion, j’ai adoré cette histoire qui nous offre une enquête intéressante et divertissante qui devrait captiver enfants et parents. Quant aux amateurs de Sherlock Holmes, ils ne pourront qu’apprécier les  nombreuses allusions et clins d’œil à l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle.

Maintenant que je me suis délectée de ce roman, il me reste à redécouvrir la version animée de Disney en espérant l’apprécier autant que durant ma prime enfance. Je garde aussi un petit œil sur la sortie d’une intégrale en anglais des romans d’Eve Titus.

cof

Séduction Maudite, Stéphane Soutoul

Je remercie Stéphane Soutoul de m’avoir proposé de découvrir son roman et d’avoir invité sa maison d’édition, Pygmalion, à me l’envoyer. J’ai d’autant été plus touchée que c’est un auteur dont j’apprécie grandement le travail et la plume.

Je le remercie également pour sa dédicace, une petite attention à laquelle je suis toujours très sensible.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Journaliste audacieuse, Gabrielle Colleni ne vit que pour son métier. Jusqu’au jour où sa sœur trouve la mort dans d’étranges circonstances. Qui peut croire qu’il s’agit d’un accident ? Certainement pas celle que tous surnomment « la Fouineuse ».
Et son premier suspect n’est autre que le fiancé de sa cadette : Stanislas de Beaumiracle, riche, beau, célèbre… et malheureux en amour. Bel euphémisme puisque toutes les femmes de sa vie ont été victimes d’un sort funeste.  Si la police n’a jamais rien pu expliquer, la presse à scandales ne se lasse pas du « Séducteur maudit ».
Prête à tout pour découvrir la vérité, Gabrielle va devoir approcher Stanislas, mais aussi Mathis, l’énigmatique frère, tout en évitant les cadavres qui ont la fâcheuse manie de s’accumuler dans l’entourage des Beaumiracle…

  • Broché: 432 pages
  • Editeur : Pygmalion (26 avril 2017)
  • Prix : 19€

AVIS

L’histoire et les personnages…

Une malédiction entourerait Stanislas de Beaumiracle qui voit chacune de ses amantes périr dans des circonstances tragiques. La dernière en date, une musicienne émérite du nom de Laura, se serait ainsi suicidée… Peu convaincue par cette version officielle, Gabrielle, sa sœur journaliste de profession et fouineuse dans l’âme, est bien décidée à découvrir la vérité quitte, pour cela, à se jeter dans la gueule du loup en devenant l’assistante personnelle de Stanislas.

Cette histoire de malédiction est-elle, même en partie, vraie ou des motifs plus triviaux expliquent tous ces morts ? Voilà une question qui vous taraudera dès le début du roman d’autant que l’auteure s’amuse à semer le doute dans l’esprit du lecteur.

Comme Gabrielle, on en vient néanmoins très vite à douter que tous ces décès soient accidentels, la question étant de savoir qui ou quoi est responsable des tourments de cette famille déjà bien endeuillée. C’est donc avec plaisir que l’on suit notre courageuse, voire intrépide journaliste, dans son enquête en croisant les doigts pour que son nom ne vienne pas s’ajouter à la liste des décès… J’ai beaucoup apprécié la force de caractère, la curiosité et la pugnacité de cette journaliste qui ne recule pas devant le danger pour lever le voile sur la mort de sa sœur et sur cette histoire de séducteur maudit.

Logée au château de son patron dans le cadre de son travail, Gabrielle est amenée à côtoyer également son frère, Mathis, qui  aura d’ailleurs tendance, trop souvent à son goût, à être là où il ne faut pas entravant son enquête. Elle aura ainsi le loisir d’apprendre à mieux connaître ces deux frères qui sont un peu comme le feu et la glace, l’un séducteur invétéré au sourire enjôleur et l’autre, être de principe au visage inexpressif.

Si l’on connaît assez peu Stanislas, rien en lui ne prête à l’indulgence : conscient de son charme naturel, il n’hésite pas à en user et abuser pour multiplier les conquêtes féminines sans être réellement touché par les morts qui se multiplient autour de lui. A l’inverse, Mathis, sous une apparente froideur, prend la mesure de toute l’horreur de la situation et essaie, autant que faire se peut, de tempérer les excès de son frère. Au fil de l’histoire, on ne peut que se prendre d’affection pour cet homme au sens aigu de la famille et des responsabilités.

Malédiction et amour…

En parallèle de cette histoire de « malédiction », se cache une romance même si je vous rassure, elle n’est pas le sujet central du roman. Ce n’est pas un genre pour lequel j’ai une grande appétence, mais force est de constater que sous la plume de Stéphane Soutoul, il prend une tout autre dimension. Exit donc l’héroïne stéréotypée à la limite pimbêche et le grand prince charmant sur son cheval blanc !

J’ai apprécié que malgré son attirance pour Mathis, Gabrielle garde la tête assez froide pour ne pas l’exclure d’emblée de la liste des suspects. D’ailleurs, pour mon plus grand bonheur, ils ne se sautent pas dessus dès le début de l’histoire, gardant une certaine réserve ce qui correspond parfaitement à leur caractère respectif. Alors, bien sûr, comme souvent dans une romance, les personnages doutent et se posent des questions, mais à aucun moment, l’histoire ne tourne à la mièvrerie.

Cette attirance entre les deux personnages devrait ravir les amateurs de romance tout en complexifiant l’enquête de Gabie qui est tiraillée entre Mathis et le devoir de vérité qu’elle estime avoir envers sa sœur et les autres victimes.

Une fin qui ne m’a pas déroutée sans que cela ne me gêne…

Comme très souvent dans mes lectures, je n’ai pas été surprise par la révélation finale. Très tôt dans le roman, j’ai eu la certitude d’avoir élucidé une grande partie du mystère autour de ces suspicieux décès et ne m’étais pas trompée sur ce point. Je ne dis pas que l’auteur a manqué d’originalité, mais seulement que je dois avoir un esprit aussi tordu que le sien.

Je ne sais pas si, contrairement à moi, vous serez surpris par la fin, mais cela n’est pas le plus important. En effet, si la résolution de l’enquête autour des décès entourant les Beaumiracle est captivante, l’aura de mystère, de danger et de mort qui plane sur cette famille l’est tout autant si ce n’est plus. C’est cette impression qu’un ennemi invisible rôde dans la vaste demeure telle une ombre malfaisante qui vous fera tourner les pages avidement.

La plume de l’auteur…

J’avais adoré le style de l’auteur dans Le Mal en la Demeure et suis tout autant séduite par sa plume dans Séduction Maudite. Elle conserve cette élégance et cette finesse qui rendent plaisante la lecture de chaque ligne, même si ici, elle se veut résolument plus moderne.

L’auteur sait parfaitement suggérer une ambiance mystérieuse et angoissante sans devoir, pour cela, faire couler l’hémoglobine à flot. La tension est ainsi suggérée ce qui a bien plus d’impact sur le lecteur qu’une démonstration pure et dure de violence. De la même manière, les descriptions concises, mais percutantes, permettent de se représenter parfaitement les personnages, le château et le côté presque malsain de ses murs.

En conclusion, Stéphane Soutoul a réussi le pari de proposer une œuvre pouvant séduire aussi bien les amateurs de thrillers que ceux qui sont en quête d’une romance laissant une large place au mystère et au drame. La finesse de sa plume devrait, quant à elle, finir de convaincre les plus exigeants des lecteurs qui attendent d’un livre d’être transportés aussi bien par le fond que la forme.

En d’autres termes, si vous avez envie d’un roman avec des personnages forts, une histoire familiale intrigante et dramatique, de l’action, du mystère et de l’amour, Séduction Maudite est un livre que vous risquez fort bien de ne pas lire, mais de dévorer.

Si vous avez envie d’acheter et/ou découvrir gratuitement un extrait du roman, vous pouvez consulter le site Internet de la librairie Flammarion.

La Rumeur, Tome 1 : La Fuite, Solenne Hernandez

En lisant un tweet de Solenne Hernandez au sujet de son livre, La Rumeur, je me suis souvenue n’avoir pas encore publié ma chronique alors que je l’avais bien aimé.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La crise a sévi bien plus que de raison au fil des années, au point de rendre les cœurs aussi vides que les maisons. Mais un nouveau gouvernement s’est érigé en sauveur de l’humanité : le Secteur.
Alors que le monde semble courir à sa perte, le Secteur dit avoir trouvé une solution.
Mais à quel prix ?
Dans cette vie où plus rien ne compte, les rêves sont, dit-on, devenus inestimables.
Si rares, si précieux, que le Secteur a décidé de s’en emparer.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 229 pages
  • Editeur : Solenne Hernandez (31 août 2016)
  • Ebook : 1,49€
  • Autre format : Broché

AVIS

C’est en lisant la nouvelle de Solenne Hernandez, Je m’appelle Marion, dans le webzine l’Indé Panda (téléchargeable gratuitement), que j’ai eu envie de mieux découvrir l’autrice et donc, de lire le premier tome de la Rumeur.

Ce roman est très différent de la nouvelle, mais j’y ai retrouvé avec plaisir la plume de l’autrice qui, si elle est plaisante dès les premières pages, devient de plus en plus fluide au fil de l’intrigue.

Je suis entrée dès les premières pages dans l’histoire désirant ardemment en apprendre plus sur la Rumeur, sur le Secteur, son véritable objectif et les moyens qu’il est prêt à déployer pour l’atteindre. Nous en avons très vite un aperçu quand le village où vivent paisiblement plusieurs familles est attaqué. Heureusement, deux cousins très proches, Brewen et Oswald, arrivent à s’échapper et à rejoindre un ami de la famille dans un campement, où ils n’auront d’autre choix que de commencer une nouvelle vie et d’apprendre la survie.

Quand on a l’impression que rien ne pourrait être pire que la vie de ces deux cousins, l’autrice introduit de nouveaux personnages. Et là, on monte d’un cran dans l’horreur ! Mais je préfère ne pas vous en dire plus pour vous laisser le plaisir de la découverte. Ce qui est certain, c’est que l’écrivaine a su créer un univers assez sombre où se côtoient des moments d’angoisse et d’horreur avec des moments plus doux, où l’espoir est presque permis et l’amitié une réalité.

Au-delà de l’histoire captivante, le point fort de ce roman reste, pour moi, les personnages. C’est très rare, mais c’est simple, je les ai tous appréciés d’autant qu’ils m’ont paru très réalistes ! Ce ne sont pas des super-héros, mais des êtres  « normaux » qui auraient pu être vous ou moi. J’ai adoré découvrir leurs forces et faiblesses, leur combativité (aucun geignard parmi eux), leur envie de survivre, leur courage et surtout leur solidarité.  On voit des liens se former, des amitiés naître ou se renforcer… toutes ces interactions contribuant fortement à mon envie de faire défiler les pages les unes après les autres.

J’ai eu un attachement particulier pour les deux cousins que nous suivons depuis le début de l’aventure, mais j’ai vibré pour chacun des protagonistes, croisant les doigts pour que tous survivent. Et c’est très rare que je m’attache à tous les personnages surtout quand ils sont aussi nombreux que dans la Rumeur. C’est peut-être là mon seul regret, le fait que le nombre de protagonistes rend difficile une connaissance approfondie de chacun.

En résumé, j’ai complètement été séduite par la plume de l’auteure et son imagination débordante. La Rumeur fut ainsi une lecture très agréable que je conseille à toutes les personnes qui aiment les dystopies, les univers angoissants, les histoires de survie et les personnages attachants.

Je lirai avec plaisir le tome 2 et le tome 3. Et non, ce n’est pas qu’une rumeur, il y a bien deux autres tomes !