Le Siècle Phénix : L’Odyssée des Sœurs Fantômes, Thomas Henninot

Le Siècle Phénix, tome 1 : L'Odyssée des Soeurs Fantômes par Henninot

Je remercie Thomas Henninot de m’avoir permis de découvrir L’Odyssée des sœurs fantômes, premier tome de la trilogie Le Siècle Phénix.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

En 2172, l’humanité se relève péniblement des cendres de la Grande Terreur, une crise mondiale survenue plusieurs décennies auparavant. À l’origine de ce bouleversement planétaire, une terrible maladie apparue à la fin du siècle précédent, « la Faucheuse ». Ce virus a provoqué des centaines de millions de morts avant d’être endigué, créant ainsi les conditions d’un déséquilibre mondial. La Faucheuse continue ses ravages en France, malgré les efforts de la famille Dernot, qui a découvert le vaccin et bâti sa fortune grâce à son combat acharné contre le fléau.

Juliette Dernot, héritière de la multinationale familiale, est une jeune prodige, promise à un brillant avenir. Ambassadrice des campagnes de vaccinations et icône de la Fondation Asclépios, elle est épaulée par Jessica, sa meilleure amie, et par Alex, son compagnon.
Mais un terrible accident de train vient bouleverser le destin prometteur de ces trois jeunes. Très vite, la violente explosion à l’origine du déraillement prouve qu’il s’agit d’un attentat dont Juliette est la cible. Qui sont les responsables ? Parviendra-t-elle à leur échapper ?

Le capitaine Verrier est dépêché sur les lieux du sinistre. Après avoir recueilli le témoignage de Jessica, blessée lors de l’attaque, il sonne l’alarme et engage les recherches pour retrouver Juliette, qui est parvenue à s’enfuir avec Alex. La course contre la montre est engagée. L’esprit affûté de Juliette et la compétence du capitaine seront-ils des atouts suffisants pour défaire leur formidable ennemi ?

Entre thriller et science-fiction, découvrez un récit haletant !

  • Broché: 475 pages
  • Editeur : Librinova (6 décembre 2017)
  • Prix : 18.90€
  • Autre format : ebook (disponible Amazon Kindle)

AVIS

L’histoire…

C’est d’abord la couverture et tout le mystère qu’elle dégage qui ont attiré mon attention.  Une fois le livre terminé, je dois d’ailleurs dire que j’ai aimé la manière dont l’auteur a su mettre en avant la relation entre deux de ses protagonistes grâce au loup et à la jeune femme présents sur la couverture. Néanmoins, reprenant les codes traditionnels de la fantasy, cette dernière pourrait induire en erreur le lecteur puisque ici, point de fantasy, mais bien un thriller teinté de science-fiction.

Thomas Henninot prend le temps de poser les bases de son histoire qui se déroule en 2172 dans un monde post-apocalyptique marqué par l’épisode de la Grande Terreur. Résultant d’une maladie, La Faucheuse, qui a fait des millions de morts, cette crise mondiale a profondément changé le paysage politique et économique français. Nous nous retrouvons donc dans une France où l’État est contraint de s’appuyer sur des personnes peu recommandables dans certaines zones du territoire, et un pays où les forces de l’ordre ont développé une éthique à géométrie variable. Quant à la population, en plus de vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête, elle est soumise à des règles d’hygiène strictes…

N’ayant pas une grande appétence pour la science-fiction, j’ai apprécié que cet aspect ne soit pas au centre de l’intrigue même si j’aurais peut-être aimé que l’auteur partage avec nous une ou deux grosses avancées technologiques. Quoi qu’il en soit, les personnes qui n’aiment pas la science-fiction ou qui craignent de se perdre dans un jargon incompréhensible seront donc rassurées sur ce point. L’auteur a, en outre, veillé à rendre son  univers très accessible. Notons, en effet, un véritable effort pour ne pas assommer les lecteurs avec une avalanche de détails. C’est donc petit à petit que nous découvrons l’épisode de la Grande Terreur et comment il a profondément et durablement impacté l’humanité.

Un nombre important de personnages pour une narration dynamique…

Si le contexte dans lequel se déroule le roman est introduit progressivement, le nombre important de personnages pourra déstabiliser, du moins en début de lecture, certains lecteurs. J’ai, pour ma part, pris assez rapidement mes marques et ai apprécié de suivre alternativement chaque protagoniste d’autant qu’ils ont tous, à une exception près, une personnalité plutôt marquante. Cette multiplication des personnages apporte un dynamisme et un suspense certains au récit puisque l’on souhaite ardemment découvrir comment leurs routes vont finir par se croiser et s’entrecroiser…

Évidemment, comme dans la vraie vie, j’ai eu plus d’affinités avec certains personnages que d’autres à l’instar de Juliette, la jeune héritière de la multinationale à l’origine de la découverte et de la diffusion du vaccin contre La Faucheuse. Prise pour cible dans un attentat ferroviaire, elle arrivera à fuir ses bourreaux grâce à sa meilleure amie et fera alors preuve d’une force de caractère à toute épreuve pour survivre. Dans sa fuite, elle pourra compter sur l’aide de son compagnon américain, mais c’est bien sa débrouillardise, son courage et son intelligence qui feront toute la différence face à des ennemis déterminés et prêts à tout pour la capturer. Ce personnage m’a particulièrement marquée dans la mesure où il est rare de voir dans un roman une riche héritière qui ne soit pas superficielle et qui fait preuve d’un réel altruisme. On aurait pu s’attendre à une gamine capricieuse alors qu’on découvre une jeune femme engagée qui souhaite sincèrement aider les gens et participer au retour d’un pouvoir politique fort. Sa relation fusionnelle avec sa meilleure amie ou sœur de cœur, Jessica, contribue également à rendre le personnage sympathique. On ne peut qu’être touché par les liens forts unissant les deux jeunes femmes qui se montrent très protectrices l’une envers l’autre…

Les autres femmes du récit se révèlent tout aussi fortes et n’ont rien de donzelles qui attendent que le prince charmant vienne les sauver. Et autant vous le dire tout de suite, c’est pour moi LE gros point fort de ce roman, l’auteur ayant fait la part belle aux femmes qui ne se laissent pas conter fleurette. Mélissa, ancienne militaire, ne pourra qu’impressionner par ses prouesses notamment aux commandes d’un hélicoptère, quand La Louve suscitera autant la crainte que l’admiration. Mélissa est un personnage assez secondaire dans ce premier tome, mais un événement tragique laisse penser que son rôle devrait prendre plus de consistance dans la suite de la trilogie, ce que confirme d’ailleurs l’auteur. Quant à La Louve, elle donne un peu le sentiment d’être une cocotte-minute prête à exploser sous la pression. Instable émotionnellement et marquée par la mort récente de sa sœur qu’elle adorait, elle n’hésitera pas à faire preuve d’une extrême violence que ce soit pour se venger ou protéger la nouvelle amie qu’elle s’est faite durant son « odyssée ». La Louve est peut-être le personnage le plus complexe oscillant entre folie, violence et actes de bravoure. D’un abord difficile, on apprend petit à petit à la connaître et à comprendre son schéma de pensées assez différent d’un humain lambda. Alors même si elle peut se montrer extrêmement violente, on finit par s’attacher à cette femme dont la carapace finit par, petit à petit, se craqueler… Ce qui est certain, c’est qu’il vaut mieux être dans ses petits souliers que faire partie de ses ennemis à moins de ne pas particulièrement tenir à la vie.

Ma chronique étant déjà trop longue, je ne vais pas vous parler en détail de tous les autres personnages, mais juste vous dire que j’ai aimé que l’auteur suive le capitaine Verrier dans son enquête, destinée à retrouver Juliette, tout en prenant le soin de nous présenter sa fille, Sarah. On peut avoir tendance à oublier que derrière un uniforme ou une fonction il y a un être humain avec une famille, des amis… C’est donc intéressant de voir à quel point le travail de l’inspecteur a des conséquences directes sur la vie de ses proches à l’instar de Sarah qui vit mal le secret entourant la profession de son père ainsi que ses nombreuses absences. Celle-ci n’est pas au centre de l’intrigue, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier cette jeune femme curieuse et téméraire sans être casse-cou. Mais l’intérêt principal de sa présence dans l’histoire est, pour moi, d’humaniser un inspecteur qui ne se révèle pas forcément très attachant… Sarah contribuera également, même si c’est de manière indirecte et involontaire, à l’enquête.

Comme vous l’aurez certainement compris, j’ai apprécié les différents protagonistes du roman autant pour leur diversité que leur personnalité. C’est peut-être pour cette raison que j’ai été très touchée par le sort que l’auteur leur réserve puisqu’il n’hésite pas à les maltraiter physiquement et psychologiquement. Un événement dramatique m’a d’ailleurs particulièrement perturbée d’autant que je ne m’y attendais pas du tout. Alors je ne félicite pas l’auteur pour avoir fait souffrir mon pauvre cœur, mais je le remercie de m’avoir surprise à de multiples occasions.

Un thriller mené tambour battant et mis en valeur par une jolie plume…

Eh oui, rappelons que nous sommes ici dans un thriller avec la part de suspense, de rebondissements et de drames qui caractérisent le genre. Et à ce niveau, le lecteur est plutôt gâté ! L’auteur nous propose ainsi une histoire rythmée et riche en actions, surtout dans la dernière partie du roman. Le rythme va crescendo créant un certain sentiment d’anxiété devant la tournure presque chaotique que prennent les événements.  C’est donc avec soulagement que nous atteignons les dernières pages du livre qui nous laissent avec des sentiments contradictoires de tristesse et d’espoir, et avec différentes interrogations quant au devenir des personnages…

Enfin, je dois dire que j’ai été séduite par la plume de l’auteur qui fait preuve d’un talent certain dans la mise en scène de son histoire. Fluide et très imagé, ce récit de presque cinq cents pages se lit donc très rapidement d’autant que son rythme soutenu en rend la lecture assez prenante. Je regretterai néanmoins quelques maladresses dans la narration notamment dans les dialogues qui manquent, à mon sens, de naturel. Un problème que je rencontre dans de nombreux romans d’auteurs auto-édités français. On sent, en outre, une réelle volonté de bien faire et d’expliquer clairement les raisonnements des personnages. Cela donne malheureusement parfois des propos un peu redondants ou des phrases assez scolaires, un petit défaut qui ne pourra que se corriger avec le temps. Rappelons, en effet, que L’Odyssée des Sœurs Fantômes est le premier roman de Thomas Henninot qui me semble être un jeune auteur fort prometteur.

En conclusion, un monde bouleversé par une maladie n’a rien en soi d’original, mais le charme du roman opère quand même grâce à la manière dont l’auteur a su mélanger dystopie et thriller tout en nous proposant une galerie de personnages hauts en couleur et à la personnalité marquante. Alors si vous avez envie de découvrir un roman mélangeant allègrement plusieurs genres pour nous offrir une histoire unique et palpitante, L’Odyssée des Sœurs Fantômes devrait vous plaire. Pour ma part, j’attends la suite avec impatience d’autant que les différents personnages semblent tous à l’orée d’une nouvelle vie.

Page FB de l’auteur

Et vous, envie de craquer pour ce premier tome de la trilogie Le Siècle Phénix

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Esprits de Corps, tome 1 : Napoca, Tim Kesseler

 
Je remercie l’auteur de m’avoir permis de découvrir le tome 1 d‘Esprits de Corps : Napoca. Le résumé m’avait intriguée, mais j’avoue avoir d’abord été séduite par la couverture. Au fil de ma lecture, je me suis d’ailleurs aperçue que derrière une apparente simplicité, la couverture a été savamment agencée, chaque élément ayant un sens particulier que je vous laisserai évidemment découvrir par vous-mêmes.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Des intrigues diplomatiques, un univers victorien, une guerre qui couve aux frontières et un monde spectral comme clé de voûte de la civilisation.

La révolution industrielle vide les campagnes. Elle grossit Mydgar de ses foules de misérables. La plus grande ville du continent vit à l’heure de la machine à vapeur, des usines et des césures sociales, mais elle est aussi le siège du vénérable Congrès des Nations. Après des décennies de guerres sanglantes, le Congrès a fait renaître l’espoir, une nouvelle entité fédérale pour apaiser les fièvres nationalistes qui avaient causé tant de torts. Dans l’anonymat de la vie citadine, Mydgar réunit Will et Ruben qui fuient leurs destinées. Des salons feutrés du Congrès aux bas-fonds de la ville, ils sont ballottés dans les tourments d’une crise qui menace la fragile paix aux frontières. Mais, au-delà de cette menace bien réelle, la sphère spectrale est envahie par les moines noirs que seul l’Ordre des Séraphins sait contenir. Le sort du continent d’Ereba dépend de deux mondes.

  • Editeur : DEMDEL (2017)
  • Nombre de pages : 386
  • Prix : 19.90€

AVIS

Esprits de Corps est définitivement un roman que je classerais parmi les bonnes voire les très bonnes surprises. Je m’attendais à apprécier l’intrigue savamment imaginée par l’auteur, mais pas à frôler le coup de cœur comme ce fut le cas ici.

Le roman est d’ailleurs d’une telle richesse que j’ai peur que mon avis en devienne confus. En effet, comment décider de quels aspects d’abord vous parler ? : la mise en avant de l’Union Européenne à travers cette Fédération unissant dix-neuf nations dans une optique de paix durable, les réflexions sur l’industrialisation qui a bouleversé l’économie de ce monde imaginaire comme elle a bouleversé nos sociétés, les critiques à peine voilées sur le libéralisme et ses conséquences économiques pour les gens qui n’ont pas su tirer leur épingle du jeu, le questionnement de la foi et de ce qui différencie la superstition de la religion, l’émergence d’un modèle démocratique que l’on souhaiterait imposer aux autres nations en prenant quelques libertés quant à son application dans ses propres institutions, la bureaucratie et le travail des diplomates qui œuvrent autant en surface qu’en eaux plus troubles, les arcanes du pouvoir et des prises de décision, la lutte des classes… ? Tout autant de thèmes que je trouve passionnants d’autant que malgré leur côté assez sérieux, l’auteur a réussi à ne jamais être lourd ou moralisateur. Ces questions s’insèrent naturellement dans l’intrigue lui donnant ainsi un certain relief.

J’ai, en outre, apprécié que l’auteur utilise notre Histoire pour enrichir la sienne que ce soit de manière franche comme avec l’existence de la Fédération dont il est difficile de ne pas reconnaître le modèle européen ou de manière plus subtile, avec des allusions à des événements qui ont eu un impact concret et parfois dramatique pour notre monde. Je pense notamment à l’assassinat, dans le roman, d’un prince héritier qui n’est pas sans rappeler celui d’un certain archiduc en 1914 ou encore, la nécessité dans un traité de ne pas humilier les vaincus. Une idée qui aurait permis d’éviter ou, du moins, de modérer la montée en puissance du pire dictateur que notre histoire ait connu…

Tim Kesseler nous propose donc un monde imaginaire qui emprunte au nôtre, mais qui, je vous rassure, s’en différencie par bien des aspects. Nous sommes ici plongés dans une société en plein essor industriel et en pleine révolution technologique. D’ailleurs, si vous aimez les ambiances steampunk avec les traditionnelles machines à vapeur, le progrès scientifique, les zeppelins et autres aérostats… vous serez ravis. L’auteur fait également une incursion dans le fantastique pour mon plus grand plaisir. J’ai, en effet, adoré son idée de deux mondes qui se côtoient, le monde réel et le monde spectral que l’on effleure grâce à l’un des deux protagonistes, William de Wencel, un aristocrate sans fortune apprenti-diplomate. Grâce ou à cause de sa rencontre avec des moines séraphins, cet homme va découvrir un monde aussi attirant que dangereux, un monde fait d’ombres et d’âmes. Je ne vous en dirai pas plus vous laissant le plaisir de la découverte, mais je peux toutefois ajouter que j’ai adoré découvrir cet ordre religieux à vocation militaire qui présente la particularité d’être mixte. Plaçant les hommes et les femmes sur un pied d’égalité, il s’appuie donc autant sur des combattants que des combattantes. L’une d’entre elles sera d’ailleurs mise en avant même si finalement, elle garde encore une grande part de mystère. Les moines séraphins, en plus d’être passionnants, semblent nous réserver encore bien des surprises… J’espère, pour ma part, que William aura l’occasion dans le second tome de se rapprocher de ces moines qui ont détecté chez lui un grand potentiel.

Mon seul regret est que l’aspect fantastique ne soit pas aussi développé que je l’aurais souhaité. Mais cela n’est en rien un point négatif, juste la remarque d’une lectrice qui a été complètement happée par ce monde spectral et toutes les possibilités qu’il offre à ceux qui y ont accès. William n’hésitera d’ailleurs pas à voyager dans ce monde surnaturel pour accéder à des informations dont il avait été écarté dans le monde réel. Une initiative qui lui fera alors prendre conscience que le monde spectral est certes passionnant, mais aussi plein de dangers… Son incursion le confrontera également à un ennemi dont il n’aurait jamais soupçonné l’existence ni l’influence sur le devenir de la Fédération et de cette paix si ardemment défendue.

William est un personnage assez solitaire jusqu’à ce qu’il développe des liens d’amitié avec Ruben, un fugitif pétri de regrets et de culpabilité. Bien qu’appartenant à deux mondes socio-économiques antagonistes, ils sont unis par une chose qui est partagée par beaucoup d’êtres humains : les préjugés ! William, pur produit de l’aristocratie et des grands idéaux démocratiques, méprise les gens de basse extraction (je cite ses propos) comme Ruben. Quant à ce dernier, il honnit ces riches prétentieux qui bâtissent leur richesse sur la sueur des paysans et des travailleurs. Mais ces deux hommes, qui auraient pu symboliser la lutte des classes, vont voir leur chemin se croiser à plusieurs reprises, ce qui les conduira à s’accepter puis à s’apprécier. L’évolution progressive de leur relation est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman d’autant que l’auteur veille à ne pas transformer radicalement ses protagonistes. Comme dans la vraie vie, ils changent, mais difficile de se départir totalement de leur éducation et des idées qu’elle a profondément ancrées en chacun d’eux. Ne vous attendez donc pas à ce que William prône l’égalité des hommes ou que Ruben tienne en haute estime les industriels et riches propriétaires qui ont asservi les campagnes. Ces deux nouveaux amis sont donc tout en nuances, ce qui leur confère un certain réalisme et rend leurs interactions intéressantes.

Au-delà des personnages, j’ai été conquise par le rythme soutenu de l’intrigue qui passe, entre autres, par une narration alternée. Vous suivrez ainsi alternativement l’histoire de William et de Ruben jusqu’à ce que leurs vies ne soient liées. Une alternance qui crée parfois une certaine frustration, mais qui vous pousse également à tourner les pages les unes après les autres. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteur a plus d’un tour dans son sac pour capter votre attention et vous plonger dans son roman : tension, personnages hauts en couleur, suspense, faux-semblants… Difficile de deviner les intentions de chacun tellement les cartes semblent brouillées et les trahisons légion même parmi des gens censés être dans votre camp. William apprendra d’ailleurs à ses dépens que l’esprit de corps a ses limites… Comme lui, vous risquez donc vous aussi de vous laisser prendre au piège à de multiples occasions, les apparences étant bien souvent trompeuses. Je suis pourtant de nature méfiante, mais je me suis moi-même complètement laissée surprendre par le retournement de situation final. Une révélation qui relance l’intrigue avec panache et qui donne envie de se jeter sur le tome 2.

Je terminerai cette chronique en parlant de la plume de l’auteur. Rythmée, imagée et tout en finesse, elle contribue à rendre l’expérience de lecture agréable et immersive. Ceci est d’autant plus remarquable que le français n’est pas la langue maternelle de l’auteur. À noter également que Tim Kesseler maîtrise complètement l’art du dialogue, les échanges entre les personnages étant fluides ET naturels. Portant une attention particulière à ce point, je peux vous dire que c’est loin d’être le cas dans tous les romans…

En conclusion, Esprits de Corps est un roman à l’ambiance steampunk qui ravira tous les amateurs d’histoires complexes teintées de politique et de fantastique. Entre les nombreux coups bas et les trahisons, une paix fragile que le Congrès des Nations essaie à tout prix de maintenir, des menaces aussi réelles que fantastiques et des protagonistes avec leur part d’ombre, l’auteur vous offre un récit rythmé et plein de surprises. Cerise sur le gâteau, bien qu’ancrée dans le domaine de l’imaginaire, cette histoire ouvre la porte à de nombreuses réflexions d’ordre politique, économique, culturel, métaphysique…

Tim Kesseler

Page FB du livreBlog de l’auteur

Et vous, envie de craquer pour Esprits de Corps ? Retrouvez le roman sur le site de la maison d’édition DEMDEL ou sur Amazon.

Mémoires d’Hizaion (tome 1) : Les Sentinelles de l’Invisible, D. McNeele

Je remercie l’auteure de m’avoir permis de découvrir son roman.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

La prophétie du Destructeur s’est réalisée : Faraoh, un homme aussi brillant que mystérieux s’empare du pouvoir pour transformer les terres d’Hizaion grâce à la technologie.
Dans ce monde en guerre qui bascule dans la technologie et où la magie est interdite, la forêt d’Etheldrede devient le dernier sanctuaire, protégé par un sortilège. Une enfant y nait alors, et grandit, élevée par Cassandra magicienne et gardienne de la forêt. Développant des pouvoirs insoupçonnés et une personnalité affirmée, la jeune fille est appelée à un grand destin au sein de la Caste des prêtres.
Pourtant Cassandra et ses supérieurs s’interrogent sur cette enfant rebelle : Andraste, est-elle vraiment l’espoir de la magie ? Ou bien celle qui les détruira tous ? Faraoh était-il vraiment le Destructeur ?

  • Nb pages : 242
  • Éditeur : Lulu (10 novembre 2017)
  • Prix : 13 euros
  • Autre format : ebook (2.99€)

AVIS

Cette femme, tapie dans la pénombre, qui tient dans la main un collier a tout de suite attisé ma curiosité. Et le résumé a fini de me convaincre de me plonger dans la lecture de ce roman que j’ai beaucoup apprécié malgré un ou deux points qui m’ont peut-être un peu moins convaincue…

Commençons donc par ce qui pourra rebuter certains lecteurs : la difficulté, dans les premiers chapitres, à se repérer dans l’intrigue et à se souvenir des personnages. En  effet, l’auteure a pris le parti audacieux de vous plonger directement dans son aventure sans passer par la case introduction. Cela donne donc une histoire dans laquelle on a un peu de mal à se repérer au début, mais qui se révèle dès les premières pages très prenante. Il est, en effet, difficile de ne pas totalement être happé par les événements qui prennent vie sous nos yeux et de ne pas vouloir en apprendre plus sur chacun des personnages que l’on découvre. Qui sont exactement ces prêtres et que dit exactement cette prophétie qui semble les hanter ? Qui est Faraoh et pourquoi souhaite-t-il à ce point transformer les terres d’Hizaion ? Quel sera le vrai rôle d’Andraste, cette enfant dont on ignore tout, mais qui semble cristalliser tous les espoirs de sa protectrice ?…

De nombreuses questions dont, je vous rassure, vous obtiendrez les réponses au fur et à mesure de votre lecture même si l’auteure n’hésite pas à garder une certaine part de mystère. Elle possède, en outre, un vrai talent pour nous donner envie de poursuivre la découverte de son univers que ce soit grâce au suspense qu’elle distille tout au long du livre, les rebondissements ou la fin de ce premier tome qui laisse entrevoir un nouveau tournant dans la narration, et de nouvelles péripéties palpitantes. Quelque chose me dit, en effet, qu’Andraste, notre héroïne, n’est pas au bout de ses surprises et que son avenir est loin d’être tout tracé… Prophétie ou non, c’est bien de ses propres décisions que dépendra son avenir. Une prise de conscience que la jeune fille va finir par avoir et qui va la conduire sur une route qu’elle ne pensait pas vraiment emprunter.

Andraste, qui a seize ans lorsque nous la rencontrons, n’est pas un personnage auquel je me suis beaucoup attachée, car je l’ai parfois trouvée assez égoïste et peu reconnaissante envers Cassandra qui l’a éduquée et formée. Il est vrai que nous ne savons pas grand chose des seize premières années de la jeune fille, mais il n’empêche, elle montre plus de dévotion à une personne nouvellement rencontrée, bien qu’issue de son passé, qu’à son éducatrice. J’avoue que ce point m’a particulièrement gênée même si je pense qu’il ne gênera pas la plupart des autres lecteurs. Je tiens juste, de manière générale, en faible estime les gens qui ne savent pas être reconnaissants de ce que l’on a fait pour eux. Quoi qu’il en soit, la relation Cassandra / Andraste est assez spéciale et difficile à cerner ce qui m’a parfois un peu décontenancée…

Bien qu’Andraste porte un lourd fardeau sur ses épaules, elle n’en demeure pas moins une jeune fille de 16 ans comme les autres, ce qui se traduit ici par une petite crise d’adolescence. Elle se cherche, se pose beaucoup de questions sur son passé et son destin, se rebelle et s’oppose aux règles de cette Caste de prêtres aux codes rigides, cache des informations sensibles… Mais au-delà de ses quelques défauts qui la rendent d’ailleurs crédible, le lecteur ne peut qu’être impressionné par cette adolescente à la grande grande force de caractère. Son intelligence, sa vivacité d’esprit, sa curiosité et sa capacité à questionner l’ordre établi donnent de la consistance à cette jeune fille promise à de grandes choses à moins que ce ne soit à de terribles choses. L’auteure joue en effet d’ambivalence vis-à-vis de son héroïne qui semble osciller entre lumière et ombre. Elle désire sauver le monde, mais on sent comme une sorte de danger émaner d’elle. Une dualité qui prendra d’ailleurs une forme à laquelle je ne m’étais pas attendue, et qui rend Andraste particulièrement intéressante. J’ai hâte de voir comment l’auteure va la faire évoluer dans le deuxième tome…

En plus des personnages que j’ai, dans l’ensemble, appréciés même si j’aurais souhaité plus de détails sur le méchant de l’histoire Faraoh, (mais je pense que mon souhait sera réalisé dans le deuxième tome), le gros point fort de ce roman est l’univers très riche imaginé par l’auteure et toute la mythologie qu’elle a développée autour de ce dernier. Vous découvrirez ainsi une pléthore de créatures fantastiques dont des elfes, de la magie et des artefacts magiques (une fois le livre lu, vous comprendrez alors mieux la pertinence de l’objet tenu par Andraste sur la couverture), différents peuples aux intérêts divergents, une prophétie énigmatique sans oublier les règles de fonctionnement de la Caste des prêtres au sein de laquelle a été élevée Andraste… Tout est très bien pensé et rien ne semble être laissé au hasard.

De la même manière, si l’auteure ne fait pas de longues descriptions, je n’ai eu aucun mal à me représenter l’ambiance qui règne dans la forêt d’Etheldrede, un endroit coupé du monde et de l’emprise de Faraoh grâce à un bouclier magique. Bien qu’à l’abri des changements survenus sur les terres d’Hizaion, cette forêt comporte néanmoins quelques dangers. Andraste l’apprendra d’ailleurs à ses dépens et fera plusieurs fois de mauvaises rencontres même si l’une d’entre elles sera l’occasion de s’ouvrir à de nouveaux sentiments quand une autre lui permettra d’en apprendre un peu plus sur son passé…

Enfin, c’est très subjectif, mais j’ai totalement accroché à la plume de l’auteure qui est d’une grande fluidité, et si vous me lisez régulièrement, vous devez savoir à quel point c’est un détail qui compte pour moi. En passant régulièrement d’un personnage à un autre, l’auteure nous immerge complètement dans son roman au point d’ailleurs que je l’ai lu en une soirée. Cette alternance entre les personnages ajoute, en outre, un certain dynamisme et du suspense, deux éléments toujours les bienvenus pour rendre une lecture prenante.

Pour conclure, bien qu’il ne soit pas exempt de petits défauts, Les Sentinelles de l’Invisible est un bon premier tome qui donne envie de découvrir la suite des aventures d’Andraste. Rythmé et riche en créatures magiques en tout genre, ce roman devrait plaire aux amateurs de fantasy qui aiment les univers travaillés et les héroïnes au caractère bien trempé.

Diane McNeele

Photo Amazon

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Et vous, envie de découvrir ce premier tome de Mémoires d’Hizaion ?

 

Les cercles de l’éternité, Jean-Louis Ermine

Je remercie Jean-Louis Ermine de m’avoir permis de découvrir son roman, Les cercles de l’éternité.

QUATRIÈME DE COUVERTURE

Dans un monde en perdition, Laurie et Simon vont tout mettre en œuvre pour sauver l’humanité.

Dans un futur lointain, les hommes ont découvert le secret de l’éternité, mais cette invention a un prix. La personne qui choisit de suivre cette voie entre dans un processus inéluctable de dégénérescence, qui fait ressortir ses plus bas instincts. Le monde se divise alors, et se structure en « cercles », correspondant chacun à des stades de décadence plus ou moins avancés.
Face au déclin de l’humanité, le gouvernement cherche des solutions, et finit par retrouver la trace d’un mystérieux scientifique, dont les recherches sur l’immortalité auraient abouti. Laurie et Simon, deux marginaux que tout oppose, sont chargés de ramener le professeur et de redonner espoir aux habitants des cercles. Pour cela, ils devront s’aventurer au-delà des terres connues, là où la barbarie a tous les droits.
Une chasse impitoyable est lancée, et les entraînera dans une véritable traversée des enfers.
L’éternité leur réservera encore bien des secrets.

  • Éditeur : Publishroom (17 novembre 2017)
  • Nb pages : 167
  • Prix : 17 €
  • Autre format : ebook

AVIS

Lisant peu de livres de science-fiction, je dois admettre que c’est d’abord la couverture avec, entre autres, ce qui ressemble à une séquence d’ADN, qui a attiré mon attention. Elle a un côté énigmatique qui m’a donné envie de me plonger dans cette histoire où l’éternité devient une réalité.

Devenir éternel, n’est-ce pas un peu le rêve, conscient ou non, de chacun ou, du moins, de beaucoup d’entre nous ? Mais la vie et la mort étant intrinsèquement liées, quelles seraient les conséquences pour l’humanité de cette révolution quelque peu contre-nature ? Une question légitime que Jean-Louis Ermine exploite de manière prenante et particulièrement bien construite dans son roman.

L’auteur nous offre ici une vision assez pessimiste de l’éternité puisque les individus qui ont fait le choix de prendre des drogues d’éternité en paient le prix fort. Entrant dans un processus de dégénérescence, ils perdent, petit à petit, ce qui faisait d’eux des hommes et finissent par sombrer dans la violence. Le processus étant progressif, la société a donc fini par s’organiser en « cercles », chacun vivant dans le cercle correspondant à son état…

L’organisation sociétale créée et développée par l’auteur est, pour moi, l’un des points forts de ce roman. J’ai aimé cette idée d’une société divisée entre personnes refusant l’éternité et le lourd tribut à payer pour l’obtenir, et dégénérants qui ont sacrifié leur humanité au profit d’une longue vie. Je dis « longue vie », car difficile de parler d’éternité quand la brutalité peut vous rattraper à chaque instant et vous faire passer de vie à trépas… Les cercles, bien qu’ici il s’agisse d’une image, schématisent à merveille l’éloignement progressif des dégénérés avec le commun des mortels. C’est, en outre, assez intéressant de découvrir, même si ce n’est que très sommairement, les règles de fonctionnement et d’organisation inhérentes à chaque cercle d’autant que l’auteur se joue de ses personnages et des lecteurs. Vous découvrirez, en effet, que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière des personnes à l’apparence soignée peut se cacher une effroyable et impitoyable brutalité…

Le roman se révèle intéressant par sa portée quasi philosophique parfois teintée de spiritualité et les thèmes qu’il aborde : la vie, la mort, l’essence même de ce qui fait de nous des hommes, les sacrifices que nous sommes prêts à faire pour accéder à l’éternité avec comme question sous-jacente : la fin justifie-t-elle les moyens ? Accéder à l’éternité justifie-t-il qu’en cours de route, nous en perdions notre humanité ? Cela finit par nous conduire à nous demander si dans notre propre monde, l’homme découvrira un jour comment accéder à l’éternité et le cas échéant, s’il arrivera à gérer cette nouvelle connaissance sans sombrer dans le chaos le plus total. En effet, la vie peut-elle et doit-elle vraiment se départir de la mort ? Des questions qui restent sans véritable réponse, mais que l’auteur arrive à soulever grâce à son récit porté par deux personnages aux personnalités diamétralement opposées, mais que le destin va finir par rapprocher.

Le lecteur fait ainsi la rencontre de deux marginaux, Laurie qui exècre les déviants et leur violence tout en travaillant à satisfaire leurs bas instincts contre de l’argent, et Simon, un ex-déviant que l’éternité a rejeté. Tous deux sont envoyés en mission pour ramener le professeur Soler qui s’est enfui au-delà des cercles afin de protéger ses découvertes relatives à l’éternité et à ses désastreuses conséquences sur les hommes. Cette mission, aux allures de missions kamikaze, va rapprocher ces deux personnes que tout oppose, et les pousser à développer une certaine complicité, ou du moins, une certaine complémentarité. À mesure de leur road-trip à travers les cercles, ils rencontreront moult dangers ce qui les contraindra à travailler main dans la main. Cette entraide deviendra d’ailleurs vite une question non pas d’affinité, mais de survie.

La question de la survie est au cœur de ce roman puisque les déviants sont tombés dans une telle violence que chaque rencontre menace la vie de nos deux héros « malgré eux ». Alors que le sort de l’humanité repose sur leurs épaules, Laurie et Simon sont ainsi confrontés à la bestialité de l’homme dépourvu de morale : déviants qui sous une belle apparence sont de véritables monstres, volonté de tuer par plaisir, « vampires »… Je ne donnerai pas plus de détails sur les différentes rencontres du duo sous peine de vous gâcher une partie de l’intrigue, mais je peux vous dire que l’un des groupes rencontrés m’a juste donné envie de vomir. Il faut dire que Les cercles de l’éternité, c’est un roman à la portée philosophique, mais à la violence bien concrète. Dès le début de l’histoire, l’auteur ne nous épargne pas et nous plonge dans une ambiance angoissante où le règne de la violence dicte sa loi. Alors si vous n’aimez pas le sang, les meurtres…, il est peut-être préférable de passer votre chemin.

Simon est un personnage qui n’est pas lui-même dénué de violence au point que certaines de ses actions m’ont un peu laissé interdite. Horribles en soi, il les fait avec un tel naturel et sans que sa conscience n’en soit affectée que cela donne le sentiment que les drogues d’éternité et son passé de déviant ont laissé quelques séquelles… À moins que cela ne m’ait perturbée parce que même en trouvant certaines de ses actions immondes, j’ai fini par presque comprendre son comportement. Rappelons que nous sommes dans une histoire de survie et que la survie ne s’encombre pas forcément d’humanisme… Simon fait donc ce qu’il a à faire sans tergiverser à l’inverse de Laurie qui semble, par bien des aspects, plus « humaine ». Alors que Simon se montre vite obnubilé par le professeur et ses découvertes, Laurie prend une certaine distance avec cette mission et toute cette violence à laquelle elle n’était pas préparée. Sans être foncièrement attachante, elle attire donc un peu plus la sympathie que Simon même si celui-ci finit par subrepticement évoluer…

Le roman étant court, moins de deux cents pages, il se lit très vite d’autant que sans s’encombrer de longues descriptions, l’auteur vous plonge dès les premières pages dans son récit. Sa plume vive et rythmée ainsi que l’enchaînement rapide des événements vous garantissent, quant à eux, une lecture qui ne laisse aucune place à l’ennui. Tout s’enchaîne cependant peut-être un peu trop vite ce qui donne parfois le sentiment d’un manque de profondeur dans l’intrigue ou les relations entre nos deux protagonistes… Par ailleurs, la traversée entre les cercles est tellement rapide que finalement, ils semblent nous réserver encore bien des secrets. Mais cela semble plutôt logique puisque le but de la mission de notre duo est de retrouver le professeur, et non d’explorer les cercles… En apprendre plus sur ces derniers aurait peut-être satisfait la curiosité des lecteurs, mais aurait probablement cassé le rythme du récit. De la même manière, le côté très scénaristique du récit fait que le manque d’approfondissement de certains aspects ne m’a pas dérangée outre mesure. Je dirais même que cela crée une certaine connivence avec les protagonistes qui, pris dans le feu de l’action, n’ont pas vraiment le temps de tergiverser. En tant que lectrice, et c’est assez rare pour que je le signale, j’ai fini par faire comme eux en prenant les choses comme elle venait, ce qui ne m’a pas empêchée de m’interroger sur l’éternité et ses conséquences sur l’humanité.

L’éternité, bénédiction ou malédiction ? Pour en juger, il ne vous reste plus qu’à vous plonger dans ce roman de science-fiction accessible à tous, l’auteur n’usant pas d’un vocable réservé aux aficionados du genre. À travers des descriptions concises mais terriblement efficaces, l’auteur vous immerge dans un récit où l’action soutient la réflexion et la réflexion se nourrit de l’action. Alors si vous avez envie de vous divertir tout en réfléchissant, je ne peux que vous conseiller ce roman.

Portrait de Ermine jean-louis

Source : Site Simplement

Page FB consacrée au livre – Compte FB de l’auteur

Envie de craquer pour Les cercles de l’éternité ? Rdv sur Amazon ou Publishroom.

 

Challenge Semaine à lire #3 : Mars 2018

Semaine à lire 2018

Pour rappel, après le Week-end à 1000, Lili Bouquine organise la semaine à lire. L’objectif est de se fixer un nombre de pages à lire durant la semaine du challenge. Pour tous les détails, vous pouvez consulter la vidéo de Lili, mais également joindre le groupe FB Challenge littéraire : « Week-end à 1000 ».


La première session de 2018 du Challenge Semaine à lire commence ce vendredi 30 mars à 19h et se termine le vendredi 6 avril à 23h59.

Comme toujours, ce challenge est avant tout l’occasion de partager de bons moments avec d’autres lecteurs. J’espère donc bien avancer dans mes lectures, mais je ne me mets aucune pression…

Objectif : 1129 pages

PAL ROMANS/REPORTAGE

Couverture Urbanités coréennesCouverture Les cercles de l'éternité

Couverture Mémoires d'Hizaion, tome 1 : Les sentinelles de l'Invisible

PAL OUVRAGES GRAPHIQUES

Couverture Le petit Spirou, tome 01 : Dis bonjour à la dameCouverture SumatoCouverture Platinum end, tome 1Couverture Bohemian Galion, tome 1 : Coeur de Pirate

Couverture Mon chat est un hypocriteCouverture Les nouvelles aventures de Peter Pan, tome 1 : Le trésor de Jack Crochet

Couverture de Dessine-moi... Ton monde idéal par Victor de Coster

Et vous, participez-vous au challenge ?

 

FBI Animaux disparus : Le cheval de Noël, Gérard Lecas

J’ai purement et simplement oublié de publier ma chronique de F.B.I Animaux disparus : Le cheval de Noël (éditions Scrineo) lu dans le cadre du Cold Winter Challenge 2017. Voici donc mon erreur réparée même si le thème de ce petit roman jeunesse fort sympathique n’est plus forcément de saison.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est bientôt Noël ! Cette année, un Père Noël à cheval viendra apporter des cadeaux aux élèves de l’école Saint-Exupéry, durant une grande fête organisée par les professeurs et les parents d’élèves. Tout est prêt, mais dans la nuit, l’animal qu’on avait installé sous le préau de l’école disparaît avec ses deux grandes hottes pleines de cadeaux !

Et voilà que nos trois complices de “ FBI Animaux disparus ” sont accusés d’être les voleurs ! Il leur faudra déployer toute leur imagination et leur astuce pour se disculper et démêler les fils de cette enquête qui les emmènera dans le monde des chevaux, les plus beaux animaux du monde !

  • Broché: 144 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Scrineo (7 novembre 2013)
  • Prix : 7,90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Inès, Bruna et Félix forment un trio de choc dont la spécialité est de retrouver les animaux disparus de manière inexplicable. Et cela tombe bien puisqu’ils vont être confrontés à la disparition du Cheval de Noël, Apallache ! Ce beau pur-sang avait été généreusement prêté par le père d’un élève pour la fête de l’école durant laquelle un Père Noël à cheval devait apporter les cadeaux. Accusés à tort de la disparition de l’animal, nos trois amis qui ont lancé « FBI Animaux disparus » sont bien décidés à le retrouver et à sauver la fête de l’école.

C’est d’abord le titre de ce roman qui m’avait attirée aimant bien les animaux et l’idée d’une enquête menée par des enfants. Habituée aux aventures de Sherlock Holmes, je n’ai évidemment pas retrouvé le niveau d’analyse du célèbre détective, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier de suivre le cheminement de pensées des enfants et de les voir fomenter des plans en fonction de leurs découvertes. Et puis, vous verrez que leur jeunesse ne les empêche pas d’avoir de la suite dans les idées et de se révéler plein de ressources. Le livre possède, en outre, un certain suspense qui ne vous tiendra pas forcément en haleine, mais qui vous donnera envie, à votre tour, de trouver la personne responsable de la disparition du pauvre Apallache.

La frontière entre témérité et imprudence étant parfois assez fine, les trois jeunes gens déterminés à retrouver le cheval feront parfois des choses dangereuses comme prendre un bus sans leurs parents et en cachette ou mentir éhontément pour pouvoir monter sur un cheval sans aucune expérience… Ils enchaîneront d’ailleurs les mensonges que ce soit envers leurs parents ou d’autres adultes. Comme toutes ces actions sont pour la bonne cause, nous ne pouvons que nous montrer indulgents envers le trio et lui trouver d’ailleurs un certain courage. Et puis, les adultes devraient être séduits par la pugnacité de ces jeunes protagonistes et les enfants devraient, quant à eux, apprécier leur sens de l’amitié. N’oublions pas, en effet, à quel point cette valeur revêt une place primordiale durant l’enfance…

Durant leurs péripéties, Inès, Bruna et Félix feront la connaissance d’un jeune homme autiste, Aubin, qui possède un talent particulier, celui de vous indiquer le jour de votre naissance à partir de votre date de naissance. Ce personnage est mon coup de cœur du roman. Très attachant, j’ai adoré sa complicité avec les chevaux qui sont un peu le rayon de soleil de sa vie. J’ai, en outre, trouvé intéressant que l’auteur aborde succinctement et de manière très naturelle l’autisme, sensibilisant ainsi les jeunes lecteurs à cette particularité. Un travail de sensibilisation qui se retrouve également en fin d’ouvrage avec la présence de deux pages expliquant clairement ce qu’est l’autisme.

Est également abordé le thème des rumeurs et des erreurs de jugement qu’elles poussent les gens à commettre. Et à ce niveau, nos jeunes enquêteurs seront autant bourreaux que victimes. Mais je suis certaine qu’ils auront retenu la leçon et qu’ils ne se laisseront plus berner par des rumeurs lors de leurs prochaines enquêtes…

Cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations qui nous aident à nous immerger complètement dans la lecture. J’avoue d’ailleurs que celles-ci ne sont pas étrangères à mon achat puisque je ne résiste jamais très longtemps devant un livre jeunesse illustré.

Pour conclure, parfait pour se plonger dans les fêtes de Noël ou simplement découvrir une histoire mettant en scène des protagonistes aussi attachants que plein de ressources, Le Cheval de Noël devrait ravir petits et grands. Les amoureux des animaux devraient également passer un très bon moment de lecture auprès de notre trio qui aime à les défendre.

Pour ma part, c’est avec plaisir que je me plongerai dans les autres tomes de la série que je possède.

Et vous, envie de craquer pour ce tome de la série F.B.I Animaux disparus de Gérard Lecas ?

 

Aveugle, Maëlys Tremblay

Aveugle par [Tremblay, Maëlys]

Aveugle est un roman illustré que j’ai découvert sur le site de financement participatif Ulule. Attirée par la couverture, le résumé et le marque-page accompagnant l’ouvrage, j’ai décidé de participer à la campagne de financement.

RÉSUMÉ

Londres – XXIème siècle
Cecily Earl, jeune lycéenne, vit tranquillement avec son père depuis la mort de sa mère lorsqu’elle avait cinq ans.
Elle n’a jamais rien fait pour se faire remarquer, préférant sa calme solitude à la bruyante compagnie des filles prétentieuses de sa classe.
Elle pensait que tout continuerait ainsi, qu’elle se trouverait un copain, qu’elle se marierait, qu’elle aurait des enfants, bref qu’elle vivrait ce dont la plupart des filles rêvent. Mais tout bascule le jour où Cary, sa meilleure et seule véritable amie, se fait assassiner sous ses yeux. S’en suit pour Cecily une longue descente aux enfers qui lui fera vivre ce qu’elle craignait le plus.

AVIS

Depuis le décès de sa mère dans des circonstances tragiques, Cecily, adolescente assez solitaire, vit seule avec son père, le commissaire William Earl, dont elle est très proche. Sa vie prend une tournure dramatique quand elle voit sa meilleure amie se faire tuer sous ses yeux et qu’elle apprend la disparition mystérieuse de son père au cours d’une mission. Bien décidée à le retrouver malgré l’inertie de la police, elle se lancera à sa recherche avant d’être, à son tour, enlevée. Mais qui est ce mystérieux kidnappeur, surnommé Ash, à la douceur infinie et surtout, où est son père ? Est-il toujours en vie ?

Avant d’entrer dans les détails, j’avoue que mon avis est quelque peu mitigé. L’auteure a de bonnes idées, mais les quelques faiblesses voire incohérences de l’intrigue m’ont parfois gênée dans ma lecture. A titre d’exemple, le fait que Cecily découvre la réelle identité de Ash aussi tard dans le roman me semble assez probable. Certaines choses comme la manière dont le père de Cecily parle de sa fille m’ont paru, en outre, plutôt déplacées : le vocable utilisé tient plus du registre amoureux que paternel…

Autre point faible du roman surtout quand l’auteure le classe en thriller : le manque de développement de la psychologie des personnages. Excepté éventuellement le grand méchant qui est un complet psychopathe, la psyché des autres protagonistes n’est que survolée. Cela s’explique, en partie, par le faible nombre de pages par rapport au nombre d’intervenants. Il aurait ainsi peut-être été préférable qu’il y ait moins de personnages, mais que chacun soit mieux exploité… A cet égard, Cecily qui est censée être au cœur de l’intrigue demeure un quasi mystère pour le lecteur. En effet, une fois la dernière page du livre tournée, on se rend compte que finalement, on ne la connaît quasiment pas. D’ailleurs, je n’ai ressenti aucun attachement à cette jeune fille malgré son histoire familiale douloureuse. On compatit évidemment à sa situation, mais le roman ne permet pas d’établir cette connexion qui nous aurait fait craindre, tout au long de l’histoire, pour sa vie comme si Cecily était réelle.

Malgré ces différents points qui ne m’ont pas vraiment convaincue, j’ai quand même pris plaisir à découvrir ce livre d’autant que les quelques illustrations qui y sont distillées agrémentent de manière plaisante l’histoire. Celles-ci permettent également de mieux se représenter les personnages et donc de créer cette connexion que le texte n’a pas forcément facilitée. A noter également la présence en fin de roman d’une mini-bd, un apport visuel aussi plaisant qu’original.


Si j’ai regretté que la psychologie des personnages ne soit pas plus travaillée, j’ai apprécié que le roman nous offre une intrigue menée tambour battant. Il n’y a donc aucun temps mort ni longues descriptions ! Les événements s’enchaînent très vite ce qui permet aux lecteurs de se plonger complètement dans le récit sans jamais avoir envie de lever la tête du livre. Le suspense n’est pas forcément très haletant, mais il n’empêche que le lecteur ne peut s’empêcher de se demander, comme Cecily, les raisons de son kidnapping et de la disparition de son père. Une fois que l’on comprend le pourquoi du comment, on ne peut qu’être révolté par la situation et croiser très fort les doigts pour que le passé ne se reproduise pas.

J’avoue, en outre, avoir été complètement et agréablement surprise par la tournure des événements. En effet, les premiers chapitres m’ont laissée un peu craindre que le roman soit plus destiné aux adolescents qu’à un public plus adulte. Le récit se révèle heureusement de plus en plus sombre au fil des pages. L’auteure n’hésite pas à nous décrire des scènes de torture, et à nous faire entrer, même brièvement, dans la tête d’un psychopathe qui ne prend du plaisir que dans la souffrance qu’il occasionne à autrui. De la même manière, l’auteure joue avec nos nerfs jusqu’au bout, car vous verrez que la famille Earl ne semble simplement pas faite pour le bonheur. Je ne rentrerai pas dans les détails, mais l’épilogue m’a quand même laissé un goût bien amer… J’ai apprécié le choix de l’auteure de ne pas tomber dans la facilité en nous offrant une fin légère et gentillette. J’ai cependant regretté une fin qui m’a paru peut-être un peu « too much », l’auteure tendant à tomber dans la surenchère de drames, ce qui finalement rend les événements finaux peu crédibles…

J’ai, enfin, aimé que l’auteure prenne le temps de nous donner un aperçu de la vie des différents personnages quelques années après les malheurs qui ont frappé Cecily et son père. Même si je ne me suis pas beaucoup attachée à eux, j’ai été ravie de les imaginer dans leur vie d’adulte…

En conclusion, malgré quelques faiblesses dans l’intrigue, j’ai pris plaisir à lire Aveugle d’autant que la plume de Maëlys Tremblay est plutôt agréable. L’auteure semble jeune, mais je pense qu’elle a le potentiel pour nous offrir des histoires plus étoffées… Si vous avez envie d’un thriller dont le suspense n’est pas forcément très présent, mais qui met en avant des adolescents dans une histoire assez sombre, Aveugle devrait vous plaire.

Site de l’auteurePage FB

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