42 jours, Silène Edgar

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Je remercie Livraddict et les Éditions Castlemore pour m’avoir permis de découvrir 42 jours de Silène Edgar. J’ai reçu l’édition adaptée aux lecteurs dyslexiques. Ce n’est pas mon cas, mais je trouve très bien qu’une maison d’édition décide d’adapter ses romans afin de les rendre accessibles aux personnes souffrant de dyslexie. Une démarche qui, je l’espère, sera suivie par beaucoup.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…

  • Parution : 18/10/2017
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Prix : 15,90€

AVIS

L’histoire et les personnages…

Un départ avant le début des vacances d’été dans le manoir breton au bord de mer où travaille oncle Jean ? Quand leurs parents leur annoncent cette nouvelle inattendue, Sasha, 12 ans, ne peut s’empêcher de trouver cela suspicieux quand, au contraire, son petite frère Jacob se montre ravi. Une fois arrivés au manoir, les deux jeunes garçons vont faire la connaissance du couple d’intendants, de leurs deux enfants et des pensionnaires du manoir que d’aucuns pourraient qualifier de gentils fous. Entre les tâches quotidiennes, les jeux et les bons repas, Sasha et son frère ne voient pas le temps passer d’autant que les différents mystères que semble receler ce manoir éveillent l’instinct d’enquêteur de Sasha et stimule son imagination déjà bien fertile…

Durant toute l’histoire, nous suivons plus particulièrement Sasha, son petit frère étant présent, mais plus dans le rôle classique du petit frère qui suit son aîné comme son ombre. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la complicité entre ces deux frères et la manière dont Sasha essaie au mieux de s’occuper de son cadet. Une grande responsabilité pour un enfant de 12 ans d’autant que lui et son frère n’ont jamais été séparés aussi longtemps de leurs parents. Même s’ils se sentent bien au sein de ce manoir, se sont fait des amis et apprécient de manger de bons petits plats, l’absence de leurs parents leur pèse, ce qui entraîne quelques crises de larmes.

Et puis Sasha, du haut de ses 12 ans, sent bien qu’on lui cache des choses ce qui n’est pas fait pour le rassurer. Pourquoi ses parents n’ont pas attendu le début des vacances ? Où travaillent-ils vraiment ? Quand les reverront-ils ? Toutes ces questions et ce sentiment d’être mis de côté le pousseront, tout au long du roman, à ne pas toujours respecter les demandes des adultes avec des conséquences plus ou moins importantes pour lui, sa famille et ses amis. On comprend parfois sa curiosité quand on frissonne d’autres fois anticipant les risques qu’il fait prendre à tous. Sasha se révèle cependant attachant malgré ses bêtises, car l’auteure a su le rendre très réaliste. Durant ces 42 jours, il évolue, il grandit, il apprend à s’adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux amis, mais surtout à une nouvelle vie. Alors s’il fait preuve de maturité et d’un certain sens des responsabilités, il n’en demeure pas moins ce garçon de 12 ans qui n’est pas parfait et qui a encore besoin de ses parents malgré ses velléités d’autonomie bien naturelles à son âge. Un personnage réaliste auquel, je n’en doute pas, les jeunes lecteurs pourront s’identifier et comprendre.

wp-image-1555672617En plus de Sasha et de Jacob, Silène Edgar nous offre une galerie de personnages très attachants et, pour certains, très très originaux. Vous ferez ainsi la connaissance d’adultes qui se prennent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. Dites ainsi bonjour à Néfertiti, Louis XIV, Victor Hugo, Napoléon Ier et Napoléon Ier, Shere Khan et Earl Grey, une personne se prenant pour une théière. L’idée de l’auteure, en plus d’être complètement loufoque et d’apporter un peu de légèreté, permet aux lecteurs de se remémorer de grandes figures historiques. Cerise sur le gâteau, leurs portraits sont disséminés dans le livre.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir chacun d’entre eux avec une petite préférence pour Victor Hugo qui m’a bien amusée notamment quand il avoue ne pas comprendre totalement « ses propres écrits ». Je confesserai néanmoins une certaine frustration. A part Louis XIV qui joue les trouble-fêtes, les autres personnages ne sont pas assez présents à mon goût. J’adorerais que l’auteure nous propose par la suite un autre roman basé sur la vie de ces fantasques personnages et sur les circonstances qui les ont poussés à s’engager dans un jeu de rôle permanent. Étaient-ils déjà « fous » ou est-ce la folie humaine qui les a rendus ainsi ? Et si finalement, Sasha et Jacob découvraient que les fous ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Une histoire qui en cache une autre et qui se fait poser de nombreuses questions…

Le lecteur est laissé, comme Sasha, dans l’ignorance quant aux raisons du brusque départ de Paris ou sur les mystères du manoir comme ces bruits qui proviennent du grenier. Du moins, les jeunes lecteurs, car les lecteurs plus âgés liront assez rapidement entre les lignes pour entrevoir les raisons qui ont poussé un couple à faire partir leurs enfants de Paris, sans eux, pour un manoir en Bretagne. L’étrange comportement de Jean qui se montre parfois distant ou encore la présence mystérieuse d’un individu au grenier seront d’autres indices qui devraient rapidement vous faire comprendre le contexte de l’histoire. Je n’en dirai pas plus pour ne pas prendre le risque de vous spoiler. Je me contenterai de louer la capacité de l’auteure à aborder une période sombre de notre histoire et donc des thèmes durs, voire très durs, avec délicatesse les rendant ainsi accessibles à de jeunes lecteurs. J’ai trouvé, par exemple, l’utilisation d’un grand méchant des contes comme métaphore pour désigner un méchant bien plus réel juste parfaite.

Ce roman est destiné à la jeunesse, mais je pense qu’il pourra plaire à tous d’autant qu’il suscite même chez les adultes de nombreuses questions : est-ce que préserver des enfants des atrocités qui se déroulent à leur porte est vraiment les protéger ou, au contraire, les mettre en danger ? Auriez-vous été capables de vous rebeller contre des règles injustes et inhumaines malgré la peur ? Pourquoi certaines personnes qui sont supposées être vos semblables se transforment en monstres ? Pourquoi la différence fait-elle autant peur ? …  Des questions qui, pour certaines d’entre elles, demeurent hélas d’actualité.

Une histoire qui offre un voyage riche en émotions…

42 jours est un roman que j’ai beaucoup aimé autant pour les personnages que l’histoire mais ce que j’ai préféré, c’est le voyage émotionnel qu’il m’a fait traverser. J’ai été intriguée, j’ai souri, j’ai eu peur, j’ai été émue, j’ai été révoltée, j’ai frissonné devant certains événements, j’ai eu envie de crier à l’injustice, j’ai eu envie de gronder un certain garçon, j’ai eu quelques bouffées de violence envers des figures d’autorité… Je lis pour plusieurs raisons, l’une d’entre elles étant cette envie de ressentir différentes émotions. Et à cet égard, je peux dire que j’ai été comblée. Je n’ai pas aimé toutes les émotions traversées, mais j’ai apprécié que l’auteure arrive à les susciter avec une telle facilité. Il faut dire qu’elle propose ici une histoire d’une grande sensibilité qui ne tombe jamais dans la sensiblerie.

A noter la présence de notes de bas de page et de quelques dates en fin d’ouvrage qui faciliteront la lecture des plus jeunes et rafraîchiront la mémoire des lecteurs plus âgés.

Pour conclure, Silène Edgar, à travers une plume simple, fluide et agréable, raconte une histoire dans l’Histoire. Un procédé qu’elle manie d’une main de maître et qui rend la lecture de son roman aussi passionnante qu’addictive. Si vous avez envie de découvrir des personnages attachants et originaux, des moments de joie et des moments plus durs, 42 jours est fait pour vous. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteure aborde des thèmes durs mais de manière assez imagée et sensible pour les rendre accessibles aux jeunes lecteurs. A lire et à relire pour que le passé ne se reproduise jamais.

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C’est le premier, je balance tout ! novembre 2017

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile « . Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez lu le mois-dernier

En novembre, j’ai fait de très belles lectures. Voici mon top 3 :

Pas de vrai FLOP à déplorer, mais une lecture pendant laquelle je me suis quand même bien ennuyée :

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2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

J’ai encore lu de belles chroniques dont  :

  • Celle de L’ourse bibliophile : Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite. Je ne connaissais pas du tout ce livre, mais j’ai maintenant très envie de le lire.

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  • Celle de La tête en clair : Voyage d’une Parisienne à Lhassa. Si vous avez envie de découvrir une femme forte et le Tibet, ce livre semble fait pour vous. Ce n’est pas le genre d’ouvrage que je lis d’habitude, mais difficile de ne pas avoir envie de le découvrir après une telle chronique.

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  • Celle de Féé moi lire : The mists of Avalon . J’ai lu cette série il y a quelques années (en français par contre) et j’en garde un très très bon souvenir. Cette chronique m’a plus que donné envie de me replonger dans l’univers de Marion Zimmer Bradley.

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3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • On reste dans le domaine littéraire avec l’article des Sortilèges des mots qui nous présente une maison d’édition qui a placé la littérature coréenne au centre de ses publications. Aimant beaucoup la littérature asiatique, je dois dire que cet article présenté sous forme d’interview m’a beaucoup intéressée. Le catalogue de la maison d’édition Decrescenzo a d’ailleurs de quoi faire rêver les amateurs d’auteurs asiatiques.

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  • Animal Crossing est un jeu auquel j’ai pas mal joué avant de délaisser ma 3DS au profit de mes livres. Mais Lady Butterfly a quelque peu éveillé ma curiosité avec son article parlant de la possibilité de jouer au jeu sur son téléphone.

 

  • Nous avons une télé, mais elle n’est absolument jamais allumée sauf quand nous souhaitons jouer à la Xbox. Avec M. nous préférons visionner des vidéos sur Youtube notamment celles qui nous permettent d’apprendre des choses de manière ludique. Et la chaîne de Poisson Fécond entre définitivement dans cette catégorie. Je sais que la chaîne est déjà connue, mais ne sait-on jamais, certains d’entre vous pourraient, comme nous jusqu’à récemment, n’en n’avoir jamais entendu parler. Je ne résiste pas à la tentation de vous mettre en lien une vidéo sur les chats.

4) Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier

Deedr a lancé un conte participatif : chaque participant ajoute, à tour de rôle, une à plusieurs phrases pour former un texte certainement drôle et improbable. Je suis tombée immédiatement sous le charme de cette idée loufoque et conviviale.

J’ai hésité à m’inscrire ayant peur de ne rien trouver à écrire ou que ce soit peu intéressant. Puis finalement, je suis partie du principe que dans ce genre d’initiative complètement déjantée, l’important est de participer et de s’amuser.

Je suis maintenant impatiente de découvrir le chef d’œuvre final 🙂 En attendant, je vous invite à lire le résultat de la même initiative lancée l’année dernière pour Halloween : La sombre vengeance de Jean-Claude Eurydice . C’est assez savoureux !

Et vous, certains de ces liens vous intéressent ? Qu’avez-vous envie de partager de votre mois de novembre ?

Cœur de menhir, Adrien Hortemel

Je remercie Adrien Hortemel pour m’avoir fait parvenir Cœur de menhir via le site Simplement. Je le remercie également pour sa dédicace ainsi que le marque-pages.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une paix fragile règne entre les différents peuples de la forêt de Déremkas. Les habitants sont menacés par une prophétie oubliée qui annonce le retour des ténèbres. Parmi eux, Dairen, un jeune homme ordinaire, va se retrouver au milieu d’une lutte de pouvoir. Les rencontres seront nombreuses, mais ces personnes vont-elles l’aider à se frayer un chemin dans un monde cruel où les légendes sont devenues réalité ?

  • Éditeur : Donjon Editions
  • Prix : 20€

AVIS

J’ai découvert ce roman sur Simplement et j’avoue avoir été d’emblée séduite par la couverture, la présence d’illustrations et, évidemment le résumé. Ce roman m’intriguait d’autant plus que j’avais passé mes dernières vacances en Bretagne et ainsi eu l’occasion de visiter Carnac et son impressionnant alignement de menhirs. Je me suis donc lancée avec enthousiasme dans ma lecture, un entrain qui a été hélas légèrement freiné par quelques points qui m’ont gênée.

Un style qui ne m’a pas particulièrement convaincue…

Et je vais là entrer directement dans le vif du sujet en avouant que si j’ai apprécié l’action et l’intrigue, je n’ai pas vraiment accroché à la plume de l’auteur même si j’ai noté une certaine évolution au fil du récit. Je venais de terminer un autre livre de fantasy dont le style d’écriture poétique et, disons-le très travaillé, m’avait juste enchantée. J’ai eu donc un peu de mal à passer sans transition à ce roman dont le style d’écriture est beaucoup plus terre à terre voire parfois maladroit. A cela s’ajoute mon peu d’appétence pour les phrases courtes juxtaposées sans aucun mot de liaison comme semble les affectionner l’auteur. Des phrases courtes auraient pu apporter du dynamisme au récit et retranscrire la nervosité des personnages, mais leur trop grande occurrence tend à plutôt hacher la lecture et à lui donner un air presque enfantin. Ce point m’est néanmoins très personnel et il se peut tout à fait que cela ne vous dérange pas. De la même manière, si je loue la volonté de l’auteur de vouloir nous offrir un vocabulaire riche et varié, j’ai regretté une certaine maladresse, certains mots étant utilisés de manière incongrue. La présence de coquilles a, quant à elle, fini de perturber ma lecture même si je vous rassure, il n’y a pas non plus une faute à chaque ligne.

Mais une histoire intéressante riche en actions…

A ce stade, vous allez peut-être penser que j’ai détesté ma lecture, ce qui serait une supposition des plus erronées. En effet, malgré ces différents éléments, j’ai dévoré le roman, l’auteur ayant su très rapidement capter mon attention pour ne jamais la laisser s’échapper. Il faut dire qu’il commence fort avec une scène très cinématographique au sujet d’une prophétie oubliée. Puis, nous faisons la connaissance du protagoniste du roman, Dairen, un jeune homme habitant dans l’arbre cité de Kêrstrud. J’ai adoré l’idée d’un village médiéval installé dans un arbre et évoluant suivant une organisation très bien pensée. Chaque habitant joue ainsi un rôle précis pour servir la communauté : les fondateurs, indispensables pour les constructions et les réparations, côtoient les moissonneurs dédiés aux cultures et à l’élevage de bétail ou encore les éducateurs ou les guérisseurs. Tout ce beau monde est quant à lui chapeauté par un conseil.

Une société idéale ? En théorie du moins, car dans les faits, elle est gangrénée par des luttes de pouvoir entraînant mensonges et complots, et par une culture conduisant les habitants à dénigrer les « étrangers ». D’ailleurs, Dairen, qui a le malheur de ne pas être né dans le village, se trouve mis à l’écart des autres en raison de ses origines. Le rejet est d’autant plus fort qu’assez timide et réservé, le jeune homme éprouve des difficultés à nouer des liens avec les autres habitants du village de son âge ou non. Même si nous sommes dans une histoire imaginaire, j’ai apprécié que l’auteur aborde de manière simple, mais efficace, des thèmes toujours d’actualité : le racisme et le rejet de la différence…

L’auteur prend le soin de nous expliquer en détail la vie dans l’arbre cité, ce qui est intéressant, mais pas forcément très palpitant. Il faudra attendre un événement dramatique impliquant Dairen et Raudan, la personne en charge de le former dans son poste au sein de la garde, pour que l’action prenne son envol. Condamnés à fuir le village afin de sauver leur vie, ils seront rejoints dans leur fuite par Alyssa et Tosla, un prétendant de la jeune femme. Et à partir de là, le lecteur est entraîné dans un récit palpitant où les actions s’enchaînent les unes après les autres donnant le sentiment d’être pris au cœur d’une tempête.

L’enchaînement rapide des événements ne permet pas vraiment à l’auteur de les développer en profondeur, certaines scènes méritant d’être plus développées. Cela ne m’a pourtant pas dérangée, car j’ai aimé le parti pris de l’auteur de faire prévaloir l’action sur une avalanche de détails. Il donne assez d’informations pour que l’on saisisse les différentes intrigues et que l’on se figure l’univers dans lequel il nous plonge, et c’est là l’essentiel. On est donc facilement et complètement plongé dans le feu de l’action prêt à découvrir toutes les mésaventures que l’auteur réserve à ses personnages. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne leur laisse aucun répit, ceux-ci étant soumis autant à la haine humaine qu’à la haine surnaturelle. À cet égard, j’ai adoré la multitude de créatures, la plupart du temps peu sympathiques, que l’auteur met sur leur route : morts-vivants, loup terrifiant et acharné dont la détermination forcerait presque le respect, loup-garou, lézard géant, Kobolds… Rien n’est épargné aux personnages qui verront le sang couler à flot durant leur périple. J’ai d’ailleurs adoré les scènes de bataille qui sont parfaitement maîtrisées par l’auteur. Elles sont certes rapides, ce qui me convient tout à fait, mais assez détaillées, percutantes et sanglantes pour vous donner le sentiment d’être sur place. Elles apportent également du dynamisme à un récit qui était déjà rythmé que ce soit grâce à tous les événements qui s’enchaînent ou la présence importante de dialogues.

En amitié et en découverte de soi… 

Toutes les épreuves traversées par les personnages auront au moins le mérite de les rapprocher et d’offrir ainsi à Dairen ce dont il a toujours été privé : des amis. La vie du jeune homme étant loin d’être un long fleuve tranquille, il se pourrait bien que ses nouvelles amitiés ne soient pas que source de bonheur, l’honnêteté et la transparence ne semblant pas de mise au sein du groupe. Je ne vous en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est de vous préparer à quelques surprises. Cette aventure aura également un impact positif sur Dairen : il s’ouvre ainsi progressivement aux autres, fait parfois entendre sa voix alors qu’il est d’un abord plutôt réservé, exprime ses émotions, prend des initiatives… Bref, il grandit !

En parallèle, nous suivons la découverte de ses pouvoirs qu’il a encore bien du mal à maîtriser et qui semblent le terrifier, à juste titre il faut bien le reconnaître. J’espère que dans le deuxième tome, il fera quelques progrès en la matière, car j’aurais adoré qu’il en ait une utilisation plus intensive. Je vous rassure, il nous fera parfois la démonstration hasardeuse de ses talents, mais c’est un aspect finalement encore assez peu exploité. Quoi qu’il en soit, j’ai fortement apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son héros et de manière très réaliste ne le transformant pas en boute-en-train ou en magicien aguerri du jour au lendemain.

Un texte valorisé par de belles illustrations…

Enfin, soulignons l’excellent travail d’illustration de Christophe le Galliot dont le coup de crayon assuré rend l’expérience de lecture encore plus immersive. En effet ses illustrations, en plus d’être très belles, nous permettent de nous plonger totalement dans le récit et de nous figurer les personnages et des créatures qui ne sont pas forcément connues de tous. Le duo auteur/illustrateur fonctionne donc à merveille.

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En conclusion, malgré un style d’écriture auquel je ne suis pas particulièrement sensible et la présence de coquilles, Cœur de menhir contient un certain nombre d’éléments qui en rendent la lecture rapide et captivante : de nombreuses péripéties, un rythme soutenu, des créatures fantastiques, du danger, de la magie, de l’amitié, des trahisons, des complots et autres joyeusetés. Très accessible, ce roman de fantasy me semble d’ailleurs une bonne clef d’entrée dans un genre dont la profusion de détails et de personnages peut effrayer. Je le conseillerais donc aux personnes qui sont en quête d’un roman mené tambour battant dans un univers imaginaire bretonnisant très riche.

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Abysses : La voix d’Alyha, Rachel Dubois

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

US Nautile 4 au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, il est huit heures et des poussières, heure locale. Notre monde vient de basculer et nous n’avons encore aucune idée de l’étendue des conséquences de cette fabuleuse découverte.
Homo Sapiens n’est pas la seule forme de vie intelligente de l’univers… pas même de sa planète ! Les trois corps étendus sur mes tables d’autopsie l’attestent : Primatus Aquatis existe.
Les sirènes sont réelles et elles n’ont rien à voir avec l’image que notre folklore a gardé d’elles. Alyha, leur dirigeante vient de lancer son ultimatum à l’humanité. Nous avons vingt-quatre heures pour délibérer et moi Jean-Baptiste Martin biologiste à la tête du projet gouvernemental Primatus Aquatis, je trépigne. Le travail de toute ma vie porte enfin ses fruits… mais à quel prix ? Ça, nous avons vingt-quatre heures pour le découvrir !

AVIS

Si vous pensez sirènes, vous imaginez probablement des femmes au buste dénudé dont le bas du corps se termine par une queue de poisson. C’est, pour ma part, l’image que je me faisais de cette créature mythique avant de découvrir Abysses. Il faut dire que Rachel Dubois dépoussière totalement l’image des sirènes de nos contes d’enfant pour nous en offrir une version bien plus moderne. Et c’est une démarche audacieuse que j’ai adorée.

Ici, les sirènes n’ont point de queue, mais des jambes avec des pieds palmés, et sont surtout bien plus intelligentes que les êtres humains, ce qui se traduit par des progrès technologiques que ces derniers sont loin d’avoir égalés. Leur avancement technologique est tel qu’il leur permet, entre autres, de se régénérer, de communiquer par télépathie et de contrôler les appareils technologiques des humains en cas de besoin. C’est d’ailleurs par ce biais que Alyha, à la tête des sirènes, va révéler l’existence de son peuple aux humains avant de les enjoindre à restituer le corps de son père et de deux autres sirènes qu’ils ont assassinés. Pour ce faire, elle leur laisse 24 heures, avant d’enclencher une guerre qui signifiera probablement la fin de l’espèce humaine.

Alyha est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée notamment en raison de sa complexité. Tout en nuances, elle est tiraillée entre son rôle de Sage qui doit préserver coûte que coûte son peuple, et son attraction pour les humains dont elle envie la capacité de ressentir et d’embrasser pleinement leurs émotions. En effet, les sirènes ont mis de côté leur cœur au profit de leur intellect et de leur implacable raison. Avoir des émotions est donc quelque chose de totalement impossible, en théorie… En pratique, Alyha n’est pas comme les autres, elle ne peut s’empêcher de ressentir des choses triviales et intolérables, du moins pour les siens, comme la frustration, la peine, la joie ou encore la jalousie.

Ce personnage fait donc un peu le point de jonction entre deux peuples au mode de vie si différent, ce qui le rend particulièrement intéressant. J’ai aimé suivre ses états d’âme, ses doutes, son envie de bien faire et de sauvegarder les humains malgré tous leurs défauts, ses tentatives pour se fondre dans le moule, du moins en apparence, ses doutes notamment sur sa capacité à succéder à son père… C’est définitivement le personnage que j’ai pris le plus de plaisir à suivre durant ma lecture.

J’ai, en revanche, eu plus de mal à m’attacher à l’autre personnage principal, Jean-Baptiste. Ce biologiste est à la tête d’une équipe de brillants scientifiques qui écument les océans à bord d’un sous-marin militaire afin de trouver une preuve de l’existence des sirènes. Ce protagoniste n’est pas méchant, mais je n’ai pas réussi à l’apprécier ni à m’intéresser à sa vie ou à ses pensées. Cela pourrait s’expliquer par son manque de modestie et un côté un peu trop égocentrique pour moi. J’ai ainsi regretté que ses pensées soient majoritairement centrées sur sa petite personne, sur les dix ans de sa vie passés à courir après une espèce qui finalement se dévoile de son propre chef… Mais j’ai surtout été très agacée par son obsession pour sa jeune et belle assistante. Alors qu’elle est l’un des plus brillants cerveaux au monde, Jean-Baptiste passe son temps à se « gifler mentalement » (sic) pour ne pas succomber à ses atouts et ceci en pleine crise mondiale de laquelle l’humanité risque de ne jamais se relever… Bref, en plus d’être sexiste et parfois paternaliste, notre supposé génie est surtout souvent à côté de la plaque.

J’ai d’ailleurs trouvé qu’il ne servait pas à grand chose dans l’intrigue même si j’ai compris son importance dans la narration puisque l’auteure a choisi d’alterner, à chaque chapitre, le point de vue de Jean-Baptiste et d’Alyha. J’ai apprécié cette initiative qui permet de suivre l’action des deux côtés, et de mettre ainsi en parallèle les enjeux et les craintes des deux peuples. On se rend alors vite compte que les méchants de l’histoire ne sont pas forcément ceux que l’on croit. En effet, les sirènes, du moins la majorité, n’aspirent pas à la guerre, mais juste à vivre librement sans devoir se cacher dans les profondeurs de l’océan. Elles désirent également protéger l’océan et, plus généralement, l’écosystème de ces Hommes qui, chaque jour, le dégradent sans vergogne.

Et nous touchons là le point fort de ce roman ! Rachel Dubois nous offre une belle critique de la société qui fait passer son plaisir avant le bien-être animal, et qui pollue l’environnement en faisant fi des conséquences. Elle évoque ainsi le sort des animaux détenus, pour le seul plaisir des hommes, dans des parcs aquatiques comme Marineland. Je ne serai pas objective sur ce point étant complètement contre la détention de ces pauvres dauphins, orques ou autres animaux… Si comme moi, c’est un sujet qui vous révolte, ce roman ne pourra que vous plaire. Je pense d’ailleurs que c’est la première fois que je lis un roman où l’imaginaire est utilisé aussi adroitement pour défendre de manière simple, mais frappante, le sort des animaux marins. Pour les personnes qui ne sont pas forcément sensibilisées au sujet, je vous rassure, l’auteure aborde le sujet sans lourdeur ni jugement expéditif. Elle vous invite seulement à une réflexion sur le sujet, ce qui, vous l’aurez compris, m’a plus que séduite.

Le livre se lit très facilement et rapidement grâce à la plume de l’auteure qui se révèle aussi efficace que prenante. Je n’ai pas ressenti un suspense haletant qui m’aurait tenue en haleine toute la nuit, mais j’ai eu néanmoins envie de tourner les pages les unes après les autres. Un coup de théâtre en milieu de livre a en outre accéléré ma lecture ! Je me suis d’ailleurs sentie un peu bête de ne pas l’avoir vu venir. Cela prouve que l’auteure a su ménager son effet en détournant l’attention des lecteurs sur d’autres points.

Je dois également ajouter que le roman m’a, d’une certaine manière, déroutée. En effet, malgré l’ultimatum qui se traduit dans le livre par un décompte à chaque début de chapitre (h-24, h-23…), le lecteur ne ressent pas vraiment cet état d’urgence. Cela s’explique, en partie, par le fait que nous voyageons dans les méandres de la pensée dAlyha qui, fidèle à son peuple, conserve un esprit rationnel et analytique. Elle soupèse chacune de ses décisions sans jamais se précipiter malgré les émotions qui la frappent parfois de plein fouet. Cette sorte de calme intérieur finit par se transmettre au lecteur à tel point que la peur qui s’insinue dans l’équipe de Jean-Baptiste à l’approche de l’échéance n’arrive pas vraiment à nous atteindre.

En conclusion, Abysses est un roman qui plaira à toutes les personnes désireuses de lire une histoire revisitant de manière originale et audacieuse le mythe des sirènes. L’auteure, en utilisant une narration à deux voix, offre aux lecteurs une plongée dans deux mondes que tout oppose, mais qui d’une manière ou d’une autre, sont plus ou moins condamnés à cohabiter. Mais ce qui fait la force de ce roman est d’arriver à vous faire passer un moment de lecture agréable et divertissant tout en vous invitant à réfléchir à des sujets importants comme le sort réservé aux animaux et à notre planète.

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Site de l’auteurePage FB de l’auteure

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Edgar & Ellen : Pauvres bêtes !, Charles Ogden

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C’est d’un petit roman jeunesse fort sympathique dont j’aimerais vous parler aujourd’hui : Edgar & Ellen : Pauvres Bêtes ! de Charles Odgen, aux éditions Pocket Jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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  • Broché: 138 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 ans
  • Édition : Pocket Jeunesse (25 janvier 2007)

AVIS

Croisé dans les rayons d’un magasin Gibert, j’ai tout de suite craqué pour la couverture de ce livre et son ambiance qui n’est pas sans rappeler la Famille Addams. Cerise sur le gâteau, le roman est en relié et contient quelques chouettes illustrations dont la noirceur symbolise parfaitement celle de la vie de nos deux jeunes protagonistes. Parce que je suis sympa et que je sais que certain(e)s d’entre vous sont friand(e)s de photos (non, Saiwhisper, je ne pense pas du tout à toi), en voici quelques-unes :

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Dans ce premier tome, nous découvrons les jumeaux Edgar et Ellen, cette dernière étant l’aînée même si née seulement quelques minutes avant son frère. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour elle, ça veut dire beaucoup… Ces enfants, que n’envierait aucun parent, à moins de s’appeler Morticia et Gomez on s’entend, sont plutôt du style à aimer fomenter des mauvais coups biens mauvais et à ériger l’art de la bagarre en sport de haut niveau. Il faut d’ailleurs leur reconnaître une certaine originalité voire un certain talent pour avoir des idées complètement tordues destinées à enlaidir leurs journées et à tromper leur ennui.

Difficile face à ces deux petits monstres, plus habitués à porter un pyjama de bagnard qu’une tenue Disney, de condamner leurs parents qui ont préféré prendre la poudre d’escampette ou, officiellement, partir en vacances à durée indéterminée. Privés de leurs parents, Ellen et Edgar vont alors devoir se débrouiller comme ils le peuvent pour récolter de l’argent et ainsi avoir les fonds nécessaires pour gâcher la journée de chacun.

C’est dans ce contexte, et après avoir visionné une vidéo, que leur est venue une brillante idée : kidnapper les animaux de compagnie des habitants de leur charmante petite ville, et les transformer en animaux exotiques avant de les vendre à des prix exorbitants. Vous la voyez venir l’idée foireuse à des kilomètres à la ronde ? Moi oui, vous aussi, mais eux, pas vraiment… Certains du machiavélisme de leur plan, ils seront quelque peu surpris quand rien ne se passera comme prévu. Eh oui, croyez-le ou non, personne n’est prêt à mettre le prix pour les créatures très particulières et surtout très laides dont les jumeaux veulent faire commerce…

Vous aurez compris que l’histoire est complètement farfelue et qu’il est difficile de ne pas sourire devant les bêtises de ces deux garnements à l’imagination débordante. En tant qu’adulte, on comprend très vite les limites de leur plan, mais les enfants devraient, quant à eux, surtout savourer leurs péripéties.

Si les jumeaux sont plus que turbulents et plutôt malfaisants, ils n’en demeurent pas moins étrangement attachants. On en viendrait presque à leur souhaiter bonne chance dans leur tentative saugrenue de gagner de l’argent pour pouvoir enquiquiner tout le monde. Et puis, j’avoue avoir craqué devant leur esprit des plus poétiques comme l’en atteste l’une de leurs créations :

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Pour les parents qui auraient peur de donner un mauvais exemple à leurs enfants, je vous rassure, l’auteur a veillé à donner une petite leçon aux jumeaux et une morale à son histoire. Je dis une morale, mais je pourrais plutôt dire deux morales : l’une étant que, suivant le précepte de « tel est pris qui croyait prendre », les mauvaises actions finissent toujours par être découvertes et sanctionnées, et l’autre, que l’on a souvent sous les yeux ce que l’on cherche.

Mention spéciale à l’animal de compagnie des enfants complètement bizarre (peut-être pas autant que La chose de la Famille Addams ceci dit) qui devrait vous réserver une surprise. Pour ma part, c’est le genre de personnage étrange auquel je m’attache quasiment d’emblée et tant pis, s’il ressemble plus à une serpillière qu’à un animal prêt à vous faire des papouilles.

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En conclusion, j’ai beaucoup aimé découvrir Edgar & Ellen, deux jumeaux diaboliques dont on suit les péripéties le sourire aux lèvres. Facile à lire et parfait pour un moment de détente sans prise de tête, ce roman devrait plaire autant aux enfants qu’à leurs parents. Pour ma part, c’est avec un plaisir certain que je lirai les autres tomes de la série.

Et ça, c’est cadeau :

Madisonville 2 : Marie, Nicolas Combe

Madisonville 2

Je remercie Nicolas Combe de m’avoir fait parvenir Madisonville 2 : Marie. S’agissant d’un tome 2, je vous invite éventuellement à lire ma chronique du tome 1 avant de poursuivre la lecture de cet article…

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’année suit son cours et notre groupe d’amis poursuit les joies de la scolarité, tous sauf Barbara qui prend à cœur, peut-être trop, sa nouvelle occupation. C’est alors qu’Élise a la merveilleuse idée de venir en aide à sa nouvelle amie.
On ne sait jamais ce que peut réserver un lieu encore inexploré, et encore moins jusqu’où peut aller une découverte et les conséquences qui en découlent.
Que se passe-t-il quand une ruche s’attaque aux vies d’adolescents normaux?
Venez à Madisonville le découvrir.

  • Pages : 128
  • Prix : 8.50€
  • Autre format : ebook

AVIS

C’est avec un plaisir non dissimulé que je me suis plongée dans le tome 2 de la série Madisonville.

Dès les premières pages, l’auteur a réussi à me surprendre : là où je m’attendais à retrouver Barbara à la tête d’une nouvelle aventure empreinte de surnaturel, nous suivons Elise, Joy et son petit ami Jeffrey, ainsi que Jack. J’avoue avoir eu une pointe de déception à l’idée de ne pas suivre les aventures de Barbara, déception qui s’est vite envolée à l’idée de retrouver Élise, un personnage que j’avais beaucoup apprécié dans le premier tome.

D’ailleurs, dans cette aventure, elle reste fidèle à elle-même, à savoir pleine d’entrain, d’énergie et d’optimisme… Un optimisme qui s’envolera quelque peu quand la jeune fille sera confrontée aux conséquences de son impulsivité et de sa trop bonne volonté à aider Barbara. Fatiguée, celle-ci acceptera en effet qu’Élise aille à sa place au Manoir, sans se douter une seule seconde des ennuis dans lesquels va se plonger son amie un peu fofolle. Mais suivant l’adage « plus on est de fous, plus on rit », Élise va réussir à impliquer ses amis dans une aventure à vous faire dresser les cheveux sur la tête, surtout si vous êtes du genre à redouter les créatures effrayantes et en décomposition.

J’ai été complètement surprise par le parti pris de l’auteur de mettre un peu de côté les entités fantomatiques du premier tome pour se concentrer sur des êtres surnaturels d’une nature complètement différente. Je ne vous en dirai pas plus, mais j’ai apprécié cette démarche d’autant que Marie, à la tête du groupe de créatures, se révèle très très intrigante. J’ai vraiment hâte d’en apprendre plus sur elle, sur son obsession pour un certain personnage aux dents longues et sur ses véritables objectifs. Marie est donc le genre de personnage qui introduit une certaine tension et du suspense. A cet égard, j’ai adoré la fin qui laisse plus de questions qu’elle n’apporte de réponses. Cela crée de la frustration certes, mais ça donne aussi terriblement envie de lire la suite de la série.

Nous restons dans un livre jeunesse, cela reste donc soft dans l’horreur, même s’il y a une montée en puissance à ce niveau par rapport au premier tome. A côté des créatures rencontrées dans ce tome, le Baron et sa femme, un couple de fantômes, font d’ailleurs office d’enfants de chœur ! J’aurais adoré qu’ils soient plus présents dans l’intrigue, mais il est vrai que le Baron n’a pas eu besoin d’apparaître très longtemps pour faire forte impression aux lecteurs. Fantôme ou pas, quand le Baron monte à l’assaut, ça valse dans tous les sens. On sent que ce personnage n’a pas encore délivré tous ses secrets, et qu’il est peut-être bien plus puissant qu’il n’y paraît. L’auteur a su complètement éveiller ma curiosité sur ce fantôme dont j’aimerais beaucoup découvrir de manière plus détaillée le passé et l’étendue de ses capacités.

Quant aux autres personnages, Joy continue de jouer la râleuse de service qui aime taper sur les nerfs de chacun, à commencer par son petit ami dont on hésite à dire s’il est brave de la supporter ou juste stupide de s’infliger un tel calvaire. J’avoue exagérer peut-être un peu dans la mesure où derrière toutes ses bravades et provocations, Joy fait preuve d’une bravoure et d’un attachement à Jeffrey dont on ne se serait pas forcément douté. Alors sans aller jusqu’à l’apprécier, je dirais que derrière une personnalité des plus exaspérantes, se cache peut-être une jeune fille avec un cœur. Jeffrey, quant à lui, s’est montré aussi courageux que stupide dans sa manière d’affronter le danger. De là à dire qu’avec Joy, ils forment finalement un beau couple, il n’y a qu’un pas que je vous laisse le soin de franchir ou non. Si Élise est la fofolle et « gentille fille » du groupe, Jack est un peu son pendant masculin du moins dans le côté simplet sous-entendu par les termes « gentille fille ». Pas vraiment intelligent ni désagréable comme Joy peut l’être, il ne marque tout simplement pas vraiment les esprits.

Comme pour le premier tome, la plume de Nicolas Combe est accessible ce qui rend la lecture du livre très rapide d’autant que sa mise en page est plutôt aérée. Malheureusement, on y retrouve de nouveau un certain nombre de coquilles qui ne pourront que gêner les lecteurs attentifs à l’orthographe. Une certaine « vulgarité » est aussi à noter, mais pour ma part, elle ne me choque pas d’autant qu’elle me semble assez représentative du vocabulaire de certains adolescents. Certains mots peu élégants sont peut-être en trop, mais il me suffit de prendre les transports en commun pour entendre bien pire…

En conclusion, avec Marie, Nicolas Combe surprend le lecteur en se focalisant non pas sur Barbara, mais sur les autres membres de son groupe d’amis. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il a su leur réserver une aventure à la hauteur de la précédente ! De l’action à gogo, la découverte de créatures cauchemardesques, du suspense, de la tension… Voilà quelques-uns des ingrédients de cette aventure haute en couleur, et au rythme endiablé. Je terminerai cette chronique par un « vivement la suite ! ».

Page FB de l’auteurSite de l’auteur

Vous pouvez acheter ou feuilleter quelques pages de Madisonville sur Bookelis

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Premières lignes #25 :

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour ce vingt-cinquième rendez-vous, je vais vous parler du dernier roman jeunesse que j’ai lu : le tome 1 de la série Edgar & Ellen. J’ai adoré ce roman jeunesse qui contient quelques illustrations en noir et blanc. La chronique attend sagement dans mes brouillons et devrait être bientôt publiée. Mais en attendant, je vous offre les premières lignes et la première illustration.

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PREMIÈRES LIGNES

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PREMIÈRE IMAGE (hors illustration de début de chapitre)

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Et vous, il vous tente ce petit roman ?