Je te hais… passionnément, Sara Wolf

Je te hais... passionnément - tome 01

La lecture de Je n’aimerai plus de Stéphane Soutoul m’a donné envie de lire une autre romance, un genre que je ne lis pourtant que très peu. Je me suis donc plongée dans Je te hais…. passionnément, un livre dont j’ai lu de bons avis.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

RÈGLE NUMÉRO 1 :
Ne jamais parler d’amour
RÈGLE NUMÉRO 2 :
Ne jamais penser à l’amour
RÈGLE NUMÉRO 3 :
Éviter tout sentiment
Isis Blake, 17 ans, a un objectif : ne JAMAIS retomber amoureuse. Alors qu’elle tente de s’intégrer dans son nouveau lycée, elle tient à ce que personne n’apprenne qu’avant elle était obèse… et qu’elle avait un coeur. Mais, au lieu de se faire discrète, Isis colle son poing dans la figure de Jack Hunter, celui qu’on surnomme « le Prince de Glace ». Dès lors les couloirs du lycée deviennent un champ de bataille. Leur guerre sera sans merci…
  • Broché: 352 pages
  • Editeur : Pocket Jeunesse (18 mai 2017)
  • Prix : 16.90€
  • Autre format : ebook
AVIS

Je vous présenterai exceptionnellement mon avis comme je présente mes bêta-lectures, à savoir sous forme de points. Si cette forme vous plaît, je renouvèlerai probablement l’expérience.

POINTS QUE J’AI AIMES

  • Pas de niaiserie et de scènes gnangnans : ne comptez pas sur les belles déclarations d’amour typiques des romances ou des comédies romantiques. En ce qui me concerne, c’est un très bon point ne supportant pas ce genre de passages où le héros se lance dans des déclarations dégoulinantes de guimauve sous une pluie battante ou sous le regard d’un public béat. Ce n’est pas, mais alors pas du tout le style d’Isis ou de Jack, ce qui ne les rend que plus sympathiques.
  • Une héroïne atypique pleine d’humour : Isis est certainement le gros point fort de ce roman. Franchement originale et pleine d’un humour assez particulier, elle apporte un vent de fraîcheur dans la vie de Jack et des lecteurs. Elle a également un sens aigu de l’amitié qui la rend attachante bien que parfois assez naïve à ce niveau. Sa psychologie est en outre intéressante : elle semble être pétrie de certitudes et emplie d’une belle confiance en elle alors que dans la réalité, elle est « cassée » de l’intérieur. On a alors qu’une envie, c’est de la soutenir en lui disant que tout va s’arranger pour elle et qu’elle n’est pas obligée de se définir par rapport à son passé. Un passé qui explique d’ailleurs assez bien le comportement d’Isis envers Jack…
  • Un schéma classique de relation haine/amour qui fonctionne ici très bien : blessés tous les deux par la vie, Isis et Jack ont développé le même esprit combattif qui va les conduire, dans un premier temps, à s’affronter et à fomenter les plus vils complots l’un contre l’autre. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’ils vont loin dans leurs coups bas n’hésitant pas à attaquer là où ça fait mal. Mais la frontière entre haine et amour étant parfois très mince, cette antipathie réciproque va, petit à petit, se transformer en quelque chose d’autre… L’auteure a donc repris le bon vieux schéma de deux personnes qui se détestent et qui finissent par se découvrir, s’apprivoiser et s’éprendre l’une de l’autre. Même si cela n’a rien d’original, c’est amené de manière assez réaliste pour que l’on suive avec plaisir les échanges entre les deux protagonistes ainsi que l’évolution progressive de leurs sentiments. On s’amuse, on s’agace, on s’attendrit, on s’offusque, on espère… En d’autres termes, on vit leur histoire à leurs côtés.
  • Des personnages secondaires intéressants avec un petit coup de cœur pour la mère de Jack que l’on voit très peu, mais qui m’a tout de suite plu.
  • Un premier tome rythmé : bien que faisant partie d’une trilogie, ce premier tome est loin d’être introductif. Nous faisons bien sûr la connaissance des personnages, mais l’auteure entre rapidement dans le vif du sujet et le feu de l’action. Sans être un page-turner, du moins pour moi, ce roman se lit donc très rapidement d’autant que le style de l’auteure plutôt incisif vous immerge très rapidement dans le récit. Quant aux nombreux dialogues, ils insufflent un dynamisme certain au récit. En bref, pris dans les joutes verbales de nos deux héros et assistant médusés à leurs coups bas, vous ne verrez pas les pages défiler sous vos yeux.
  • La fin surprenante qui devrait susciter l’envie de lire la suite chez pas mal de lecteurs.

POINTS QUI M’ONT MOINS CONVAINCUE

  • Une héroïne attach(i)ante : si Isis est attachante et drôle, elle se montre parfois assez pénible et capricieuse. Obsédée par son passé, elle ne peut s’empêcher de se comporter à de multiples reprises comme une enfant à laquelle on aurait pris son jouet, en l’occurrence, Jack. En conséquence, même si le jeune homme n’est pas un saint, j’en suis parfois venue à le plaindre alors que j’aurais préféré soutenir la jeune fille.
  • Le travail de Jack en dehors des cours : je ne peux pas trop en dire sur le sujet si ce n’est que je ne supporte plus la banalisation de ce genre de métier dans les romans. Non, ce n’est pas banal du tout et non, ce n’est pas normal ! C’est d’une grande violence psychologique et parfois, physique.
  • Le triangle amoureux : tout au long du livre est évoquée une personne qui a une place importante dans la vie de Jack, celui-ci se sentant responsable d’elle. Ce personnage et toute son histoire ne m’ont pas du tout convaincue et je dirais même que tout cela m’a semblé poussif et tiré par les cheveux. La dimension dramatique n’a donc pas marché sur moi et a même eu tendance à m’agacer.
  • Une écriture fluide, mais pas transcendante : le livre se lit très bien, mais il est vrai que je préfère quand même les plumes plus travaillées. Je pense néanmoins que la relative familiarité présente dans le roman ne devrait pas gêner la plupart des lecteurs. Par contre, si vous recherchez un style à la Jane Austen, passez votre tour.
  • La fin qui relance l’histoire, mais qui me paraît manquer de crédibilité : elle m’a d’ailleurs fortement rappelé ces dramas qu’une amie coréenne affectionnait beaucoup. Le final n’a donc pas suffi à me donner envie de me précipiter sur le tome 2 même si je le lirai à l’occasion.

En bref, si cette romance n’est pas exempte de défauts, je l’ai pourtant lue rapidement appréciant que l’auteure ne tombe pas dans la niaiserie. Je conseillerais donc ce roman à tous ceux en quête d’une histoire d’amour mettant en scène une héroïne atypique et pleine de verve et d’humour.

Et vous, envie de craquer pour Je te hais… passionnément ou d’en feuilleter un extrait ? 

 

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Je n’aimerai plus, Stéphane Soutoul

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Je remercie Stéphane Soutoul de m’avoir proposé de découvrir son roman Je n’aimerai plus alors même que la romance n’est pas un genre très présent sur le blog. J’étais d’autant plus ravie de sa proposition que chaque roman de l’auteur m’a offert de très beaux instants de lecture. C’est donc sans crainte et avec enthousiasme que je me suis lancée dans la lecture de ce livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Inconsolable, Solange trouve refuge dans la solitude depuis le décès de son premier amour. Le marquis de Rousserolle souhaite malgré tout que sa fille épouse un aristocrate digne de son rang. Dans l’attente de fiançailles auxquelles elle refuse de se soumettre, Solange est placée sous la protection de Childéric de Frazignac. Dès le premier regard, la jeune femme perçoit le bretteur taciturne comme une atteinte à sa liberté. La guerre ne tarde pourtant pas à s’embraser aux frontières du royaume. Pris dans la tourmente des évènements, Solange et Childéric apprennent à cohabiter, à découvrir leurs blessures mutuelles, leurs espoirs… Se pourrait-il qu’un cœur en deuil finisse par s’éprendre d’une âme torturée, envers et contre tout ?

  • Illustration : Karen M.
  • A partir de 16 ans
  • Parution : 9 octobre 2017
  • 404 pages
  • Prix : 19.90
  • Autre format disponible : ebook

AVIS

L’histoire…

Solange, jeune aristocrate de 19 ans, se voit attribuer par son père un Vertueux, un homme qui maîtrise un des quatre éléments et qui met son épée et sa vie au service d’une jeune femme de la haute société jusqu’à ce qu’elle se marie. Or, éprise de liberté et peu encline à se plier aux impératifs de la bienséance, Solange refuse d’être suivie par le Vertueux qui lui est assigné, Childéric de Frazignac. Ce refus entêté est également motivé par une raison bien plus personnelle et douloureuse, la perte brutale de son premier Vertueux, Théodore, qui était aussi son ami et amour de jeunesse. Depuis sa disparition, Solange n’aspire qu’à une solitude que sa famille ne semble pas prête à lui accorder.

Quand la haine devient amour… 

De prime abord, Solange n’est pas un personnage auquel il est aisé de s’attacher. Bien que l’on comprenne et que l’on approuve son refus d’être sous la surveillance d’un Vertueux, il est fort difficile de justifier son comportement. Elle donne ainsi parfois l’impression d’être un oiseau pris en cage qui donne des coups de bec à ceux qui s’approcheraient de trop près de sa prison dorée alors qu’ils n’y sont pas invités. Et malheureusement pour lui, Childéric est, de par sa position, obligé de forcer les portes de la cage le condamnant de facto à devenir l’ennemi de la jeune fille. Elle va alors se montrer particulièrement odieuse et mettre tout en œuvre pour se débarrasser de lui allant jusqu’à fomenter, avec l’aide de sa sœur, un complot. Mais c’est certainement à travers ses piques quotidiennes et son mépris affiché que transparaît toute sa haine envers cet homme qui vient perturber sa solitude et son deuil.

A l’inverse de la terrible image que renvoie Solange dès le début de l’histoire, on ne peut s’empêcher de prendre en pitié Childéric qui ne fait que son métier et qui fait montre d’un certain professionnalisme malgré son acariâtre de maîtresse. Heureusement, on découvre très vite qu’il est loin d’être démuni face à cette dernière. En effet, d’un calme olympien devant la méchanceté injustifiée de Solange, il se révèle néanmoins taquin n’hésitant pas à se moquer subtilement de ses caprices que ce soit par quelques mots bien placés, son départ nonchalant lorsqu’elle se comporte comme une enfant capricieuse ou un art du silence bien maîtrisé. Et puis, derrière son stoïcisme et son côté taciturne, les lecteurs découvrent au fil de l’intrigue un être qui lui aussi a été blessé par la vie et qui a connu son lot de blessures autant physiques que mentales, mais qui, contrairement à Solange, ne fait pas payer aux autres ses malheurs.

Bien que d’abord conflictuelle, la relation entre Solange et le chevalier évolue progressivement pour se transformer en quelque chose que les deux personnages ont bien du mal à nommer. De la tendresse, de l’amitié, de l’amour ? Le lecteur assiste ainsi à la naissance des sentiments amoureux qui progressivement rapprochent ces deux personnes qui, bien que très différentes l’une de l’autre, sont unies par leur amour des livres, une force de caractère indéniable voire une certaine opiniâtreté et des valeurs fortes comme le sens de la justice, la loyauté, l’amour des leurs…

J’ai apprécié que l’auteur ne nous propose pas une énième romance basée sur un coup de foudre avec les traditionnels papillons qui virevoltent. Bien au contraire, il nous offre ici une romance réaliste qui se développe au gré des échanges entre les personnages, ceux-ci apprenant à se connaître, à découvrir leurs failles mutuelles, même celles dissimulées à leurs proches, avant de finir par naturellement s’apprivoiser. Cette évolution des sentiments se dévoile même dans le vocable utilisé par l’auteur. Au fur et à mesure que l’on avance dans l’intrigue, il se fait ainsi de plus en plus possessif et sensuel. Là, où au début du roman, nous avions droit à des descriptions presque factuelles, elles deviennent par la suite plus intimes, chacun des deux protagonistes s’autorisant à s’attarder sur les atouts physiques de l’autre. Cette subtilité dans la narration concourt indéniablement à la beauté de cette romance dont on ne peut qu’espérer une issue heureuse.

Au-delà de la très belle romance, l’auteur a su aborder de manière particulièrement délicate la question du deuil, un sujet qui me met en général mal à l’aise. A travers son histoire et les paroles souvent pleines de compréhension et de douceur du chevalier, il a su trouver les mots pour faire comprendre la nécessité d’aller de l’avant malgré la douleur de la perte d’un être cher.

Du droit d’être libre… 

Si Solange agace par sa méchanceté déplacée envers Childéric, elle suscite l’admiration par son refus des règles d’une société patriarcale condamnant les femmes aristocrates à être toute leur vie sous le joug d’un homme. Et de ce côté, elle se heurte à un mur en la personne de son père, le marquis de Rousserolle qui, pensant œuvrer pour le bonheur de sa fille, semble obnubilé par le respect de la bienséance faisant fi de son besoin de liberté.

Le marquis adore ses filles, mais j’avoue que je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir envie de le secouer afin qu’il se rende compte que le bonheur de sa fille ne passe pas par un schéma préétabli. Qu’il l’empêche de s’enfermer dans sa solitude est une bonne chose, mais qu’il la force à être sous la surveillance d’un homme et qu’il n’écoute pas son désir de ne pas se marier m’a quelque peu agacée. J’ai eu l’impression d’entendre un disque rayé : « Oui, ma fille tu auras un Vertueux que tu le veuilles ou non, oui ma fille tu vas te marier et tant pis, si tu as d’autres envies ». Je comprends qu’il est difficile pour une personne de changer toute seule des règles sociétales profondément ancrées, mais ce qui m’a dérangée, c’est qu’il n’essaie même pas. Il reste vraiment certain que le bonheur de son enfant est lié à un homme et ça, je ne peux l’accepter d’autant que cet aveuglement va mettre Solange et Childéric dans une situation fort délicate. Ils devront ainsi faire face à un homme de la pire espèce dont la richesse et le statut n’ont pas pu compenser ce qui lui fait tant défaut, à savoir la noblesse de cœur et la bonté d’âme. Ce personnage qui symbolise tout ce qu’il y a de plus laid dans l’humanité (la jalousie, l’appât du gain, l’hypocrisie, la manipulation, la trahison…) aura au moins le mérite de permettre à Solange de faire le point sur ses sentiments et de prouver qu’elle sait faire preuve de courage quand une personne qu’elle aime est en danger.

Des relations familiales parfaitement explorées et exploitées…

Je me suis montrée intransigeante avec le marquis n’aimant pas spécifiquement qu’une personne décide pour une autre ce qui est bien pour elle, mais j’ai néanmoins été touchée par l’amour qu’il porte à ses deux filles et à sa défunte femme. D’ailleurs, les relations familiales et les liens forts qui unissent parfois les membres d’une famille sont très bien exploités par l’auteur que ce soit à travers la relation entre le marquis et ses filles, entre Solange et sa sœur Aurore ou encore, entre Childéric et sa sœur Élina.

Respirant la joie de vivre et l’exubérance, Aurore se révèle bien différente de son aînée ce qui ne l’empêchera pas de l’aimer profondément. Seule personne connaissant la vraie nature de la relation entre Solange et Théodore, elle fera tout son possible pour aider sa sœur à réapprendre à vivre au lieu de simplement survivre. Mais c’est la relation entre le chevalier et sa sœur que j’ai trouvé la plus attendrissante d’autant qu’elle permet de voir ce personnage, à l’allure parfois austère, sous un jour nouveau. Avec sa sœur, il semble être une tout autre personne comme si cette dernière révélait le meilleur de lui-même. D’ailleurs, ce changement ne passera pas inaperçu auprès de Solange…

Très malade, Élina n’en cache pas moins une joie de vivre qui la rend lumineuse. Je suis d’ailleurs certaine qu’elle s’entendrait à merveille avec Aurore. Découvrir leurs débuts dans la haute société pourrait être très intéressant, mais loin de moi l’idée de suggérer, peut-être pas très subtilement, à l’auteur de se pencher sur un nouveau roman basé sur ces deux personnages… La relation entre Childéric et sa sœur m’a fait penser à celle entre Mr Darcy et Georgina dans Orgueil et préjugés. On y retrouve la même tendresse, la même envie d’un frère de protéger sa sœur comme un père le ferait et la même complicité. En plus de cette entente, il existe une réelle complémentarité entre le frère et la sœur avec d’un coté, un Childéric d’une grande force physique, mais d’un tempérament chagrin et solitaire et de l’autre, une Élina à la santé fragile, mais d’une gaieté naturelle propice à apporter joie et bonne humeur autour d’elle. A eux deux, ils offrent le portrait d’une famille, peut-être réduite et au passé douloureux, mais aux liens solides.

Un roman porté par une très belle plume…

Le livre fait plus de 400 pages, mais comme toujours avec Stéphane Soutoul, les pages défilent les unes après les autres sans que vous ne vous en rendiez compte. Il faut dire que sa plume, en plus d’être d’une élégance et d’une finesse promptes à satisfaire les amoureux des mots et des belles phrases, est définitivement immersive et addictive. Il lui suffit de quelques mots pour attirer votre attention et de quelques pages pour complètement vous immerger dans son monde et vous donner l’impression que les personnages qui prennent vie et évoluent sous vos yeux sont réels. En d’autres termes, avec Je n’aimerai plus et de manière générale avec Stéphane Soutoul, immersion et addiction garanties !

A noter que la seule chose qui aurait pu me frustrer est que le côté fantastique du roman ne soit pas plus développé. Mais cela ne m’a pas dérangée, car ici ce qui compte, c’est bien plus les relations entre les personnages et leur évolution que l’utilisation de la magie. Et puis, cela semble cohérent avec la personnalité de Childéric qui, suite à un événement dramatique de son passé, préfère ne pas se servir de ses pouvoirs.

Pour conclure, je pourrais poursuivre ma chronique, le roman possédant encore tellement de qualités ou d’éléments dont j’aimerais vous parler… Je finirai donc simplement mon article par vous dire de vous lancer dans la lecture de ce roman. Que vous soyez un amateur de belles romances ou non, il devrait vous séduire, car au-delà du sentiment amoureux que l’auteur a su si subtilement et délicatement retranscrire, il aborde l’amour sous toutes ses formes, l’amour amical, l’amour familial, l’amour qui vous donne des ailes, mais aussi celui qui vous noie dans un abîme de désespoir. De cette lecture, vous en retiendrez également un très beau message d’espoir sur la capacité de chacun à avancer dans la vie malgré l’adversité. Du très beau Stéphane Soutoul, sans aucun doute !

Blog de l’auteurCompte Twitter

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More than magic, Kathryn Lasky

More Than Magic par [Lasky, Kathryn]
PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ryder Holmsby is the same age as Rory, the popular TV cartoon character her animator parents created. Ryder and Rory are alike—bold and brave! But Ryder is a bit lonely: Mom passed away a couple of years ago, and Dad is dating a woman with snooty teenage daughters. Ryder doesn’t fit in with them at all.

And then: Shazam! Rory jumps out of the TV into Ryder’s bedroom to tell her that the TV studio behind her parents’ show is trying to turn Rory into a dopey princess—no more adventures. She needs Ryder’s help! The two girls team up with a crew of animated and real-life friends to save the day in both worlds.

AVIS

Ryder vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Si celle-ci lui manque, la jeune fille vit néanmoins une vie heureuse grâce à sa relation très privilégiée avec son père et sa grand-mère. Elle trouve également un certain réconfort, à la disparition prématurée de sa mère, à travers une série télé créée par cette dernière et mettant en scène Rory. La mère de Ryder a voulu faire de Rory une fillette forte qui, grâce à son esprit et à sa bravoure, vient à bout de tous les dangers et de tous les méchants.

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à ce qu’une nouvelle femme et ses trois filles fassent une apparition dans la vie du père de Ryder. Cette potentielle marâtre va jouer de son influence pour transformer la courageuse Rory en une énième princesse potache attendant son prince charmant ! Ryder, avertie de la situation, fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Rory de cette abominable transformation qui dénaturerait tout le travail de sa mère. Pour ce faire, elle pourra compter sur la magie, élément qui entre inopinément dans sa vie. La magie va lui permettre de rencontrer Rory et de voyager du monde réel au monde virtuel. Travaillant main dans la main, les deux jeunes filles vont alors tout faire pour que le personnage imaginé par leur mère reste fidèle à lui-même.

Malgré une certaine lenteur dans le rythme qui m’a parfois fait un peu décrocher, j’ai apprécié cette histoire qui s’apparente sans peine à un conte avec de la magie et des sorcières, des gentils, une quête, une morale... L’originalité provient du fait que ce conte se déroule dans le monde réel ET virtuel. Le mélange de la magie et de l’informatique, qui pourrait presque s’apparenter à une autre sorte de magie, est efficace et rend l’histoire intéressante. On a très vite envie de découvrir les aventures de Ryder et de son avatar et de les suivre d’un monde à l’autre. Mon seul petit regret à ce niveau est le manque de développement du monde virtuel. L’auteure arrive à nous plonger dans celui-ci sans problème, mais j’aurais quand même souhaité un peu plus de détails. Néanmoins, ce roman étant destiné à la jeunesse, je comprends qu’elle n’ait pas voulu décourager les enfants par une avalanche de descriptions…

Le père de Ryder m’a régulièrement agacée par son apathie devant les initiatives de sa nouvelle petite amie. Mais au fil du roman, on se rend compte qu’il est tout simplement encore sous le choc de la mort de sa femme et qu’il est presque soulagé qu’une nouvelle personne prenne sa vie en main. Dans cette histoire, ce sont donc définitivement les femmes les plus fortes : Ryder va de l’avant et fait tout pour sauver le travail de sa mère, Rory est bien décidée à se battre pour rester une héroïne forte et la grand-mère de Ryder va soutenir sa petite fille dans tout ce qu’elle entreprend. Très proche de ma grand-mère maternelle, j’ai d’ailleurs adoré la relation entre Ryder et sa grand-mère. Leur complicité, en plus d’être touchante, les a sans aucun doute aidées dans leur travail de deuil. C’est peut-être ce genre de soutien qui a manqué au père de Ryder pour reprendre le contrôle de sa vie…

J’ai aimé voyager du monde réel au monde virtuel, voir des amitiés se forger et des complots être déjoués. Mais derrière cette aventure fantastique, More than magic aborde des thèmes universels comme la famille, l’amitié, l’acceptation de soi, le fait de grandir, la possibilité pour une jeune fille d’être sa propre héroïne et de suivre ses rêves indépendamment de ceux imposés par la société… Sans jamais tomber dans le larmoyant, le roman parle également de la difficile question du deuil. On comprend ainsi parfaitement ce que ressent Rory, son père et sa grand-mère face à la disparition prématurée de cette femme qui a tant compté et qui compte toujours autant pour eux…

Enfin, cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations, petit bonus que j’apprécie toujours notamment dans les livres jeunesse.

En conclusion, de la magie, une sorcière avec un lézard et une potentielle belle-mère qui pourrait s’apparenter à une sorcière, deux héroïnes fortes, de l’action, un air de conte… Voilà tout autant d’ingrédients qui offrent un joli instant de lecture.

42 jours, Silène Edgar

Je remercie Livraddict et les Éditions Castlemore pour m’avoir permis de découvrir 42 jours de Silène Edgar. J’ai reçu l’édition adaptée aux lecteurs dyslexiques. Ce n’est pas mon cas, mais je trouve très bien qu’une maison d’édition décide d’adapter ses romans afin de les rendre accessibles aux personnes souffrant de dyslexie. Une démarche qui, je l’espère, sera suivie par beaucoup.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…

  • Parution : 18/10/2017
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Prix : 15,90€

AVIS

L’histoire et les personnages…

Un départ avant le début des vacances d’été dans le manoir breton au bord de mer où travaille oncle Jean ? Quand leurs parents leur annoncent cette nouvelle inattendue, Sasha, 12 ans, ne peut s’empêcher de trouver cela suspicieux quand, au contraire, son petite frère Jacob se montre ravi. Une fois arrivés au manoir, les deux jeunes garçons vont faire la connaissance du couple d’intendants, de leurs deux enfants et des pensionnaires du manoir que d’aucuns pourraient qualifier de gentils fous. Entre les tâches quotidiennes, les jeux et les bons repas, Sasha et son frère ne voient pas le temps passer d’autant que les différents mystères que semble receler ce manoir éveillent l’instinct d’enquêteur de Sasha et stimule son imagination déjà bien fertile…

Durant toute l’histoire, nous suivons plus particulièrement Sasha, son petit frère étant présent, mais plus dans le rôle classique du petit frère qui suit son aîné comme son ombre. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la complicité entre ces deux frères et la manière dont Sasha essaie au mieux de s’occuper de son cadet. Une grande responsabilité pour un enfant de 12 ans d’autant que lui et son frère n’ont jamais été séparés aussi longtemps de leurs parents. Même s’ils se sentent bien au sein de ce manoir, se sont fait des amis et apprécient de manger de bons petits plats, l’absence de leurs parents leur pèse, ce qui entraîne quelques crises de larmes.

Et puis Sasha, du haut de ses 12 ans, sent bien qu’on lui cache des choses ce qui n’est pas fait pour le rassurer. Pourquoi ses parents n’ont pas attendu le début des vacances ? Où travaillent-ils vraiment ? Quand les reverront-ils ? Toutes ces questions et ce sentiment d’être mis de côté le pousseront, tout au long du roman, à ne pas toujours respecter les demandes des adultes avec des conséquences plus ou moins importantes pour lui, sa famille et ses amis. On comprend parfois sa curiosité quand on frissonne d’autres fois anticipant les risques qu’il fait prendre à tous. Sasha se révèle cependant attachant malgré ses bêtises, car l’auteure a su le rendre très réaliste. Durant ces 42 jours, il évolue, il grandit, il apprend à s’adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux amis, mais surtout à une nouvelle vie. Alors s’il fait preuve de maturité et d’un certain sens des responsabilités, il n’en demeure pas moins ce garçon de 12 ans qui n’est pas parfait et qui a encore besoin de ses parents malgré ses velléités d’autonomie bien naturelles à son âge. Un personnage réaliste auquel, je n’en doute pas, les jeunes lecteurs pourront s’identifier et comprendre.

En plus de Sasha et de Jacob, Silène Edgar nous offre une galerie de personnages très attachants et, pour certains, très très originaux. Vous ferez ainsi la connaissance d’adultes qui se prennent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. Dites ainsi bonjour à Néfertiti, Louis XIV, Victor Hugo, Napoléon Ier et Napoléon Ier, Shere Khan et Earl Grey, une personne se prenant pour une théière. L’idée de l’auteure, en plus d’être complètement loufoque et d’apporter un peu de légèreté, permet aux lecteurs de se remémorer de grandes figures historiques. Cerise sur le gâteau, leurs portraits sont disséminés dans le livre.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir chacun d’entre eux avec une petite préférence pour Victor Hugo qui m’a bien amusée notamment quand il avoue ne pas comprendre totalement « ses propres écrits ». Je confesserai néanmoins une certaine frustration. A part Louis XIV qui joue les trouble-fêtes, les autres personnages ne sont pas assez présents à mon goût. J’adorerais que l’auteure nous propose par la suite un autre roman basé sur la vie de ces fantasques personnages et sur les circonstances qui les ont poussés à s’engager dans un jeu de rôle permanent. Étaient-ils déjà « fous » ou est-ce la folie humaine qui les a rendus ainsi ? Et si finalement, Sasha et Jacob découvraient que les fous ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Une histoire qui en cache une autre et qui se fait poser de nombreuses questions…

Le lecteur est laissé, comme Sasha, dans l’ignorance quant aux raisons du brusque départ de Paris ou sur les mystères du manoir comme ces bruits qui proviennent du grenier. Du moins, les jeunes lecteurs, car les lecteurs plus âgés liront assez rapidement entre les lignes pour entrevoir les raisons qui ont poussé un couple à faire partir leurs enfants de Paris, sans eux, pour un manoir en Bretagne. L’étrange comportement de Jean qui se montre parfois distant ou encore la présence mystérieuse d’un individu au grenier seront d’autres indices qui devraient rapidement vous faire comprendre le contexte de l’histoire. Je n’en dirai pas plus pour ne pas prendre le risque de vous spoiler. Je me contenterai de louer la capacité de l’auteure à aborder une période sombre de notre histoire et donc des thèmes durs, voire très durs, avec délicatesse les rendant ainsi accessibles à de jeunes lecteurs. J’ai trouvé, par exemple, l’utilisation d’un grand méchant des contes comme métaphore pour désigner un méchant bien plus réel juste parfaite.

Ce roman est destiné à la jeunesse, mais je pense qu’il pourra plaire à tous d’autant qu’il suscite même chez les adultes de nombreuses questions : est-ce que préserver des enfants des atrocités qui se déroulent à leur porte est vraiment les protéger ou, au contraire, les mettre en danger ? Auriez-vous été capables de vous rebeller contre des règles injustes et inhumaines malgré la peur ? Pourquoi certaines personnes qui sont supposées être vos semblables se transforment en monstres ? Pourquoi la différence fait-elle autant peur ? …  Des questions qui, pour certaines d’entre elles, demeurent hélas d’actualité.

Une histoire qui offre un voyage riche en émotions…

42 jours est un roman que j’ai beaucoup aimé autant pour les personnages que l’histoire mais ce que j’ai préféré, c’est le voyage émotionnel qu’il m’a fait traverser. J’ai été intriguée, j’ai souri, j’ai eu peur, j’ai été émue, j’ai été révoltée, j’ai frissonné devant certains événements, j’ai eu envie de crier à l’injustice, j’ai eu envie de gronder un certain garçon, j’ai eu quelques bouffées de violence envers des figures d’autorité… Je lis pour plusieurs raisons, l’une d’entre elles étant cette envie de ressentir différentes émotions. Et à cet égard, je peux dire que j’ai été comblée. Je n’ai pas aimé toutes les émotions traversées, mais j’ai apprécié que l’auteure arrive à les susciter avec une telle facilité. Il faut dire qu’elle propose ici une histoire d’une grande sensibilité qui ne tombe jamais dans la sensiblerie.

A noter la présence de notes de bas de page et de quelques dates en fin d’ouvrage qui faciliteront la lecture des plus jeunes et rafraîchiront la mémoire des lecteurs plus âgés.

Pour conclure, Silène Edgar, à travers une plume simple, fluide et agréable, raconte une histoire dans l’Histoire. Un procédé qu’elle manie d’une main de maître et qui rend la lecture de son roman aussi passionnante qu’addictive. Si vous avez envie de découvrir des personnages attachants et originaux, des moments de joie et des moments plus durs, 42 jours est fait pour vous. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteure aborde des thèmes durs mais de manière assez imagée et sensible pour les rendre accessibles aux jeunes lecteurs. A lire et à relire pour que le passé ne se reproduise jamais.

Envie d’acheter 42 jours de Silène Edgar ?

C’est le premier, je balance tout ! novembre 2017

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile « . Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez lu le mois-dernier

En novembre, j’ai fait de très belles lectures. Voici mon top 3 :

Pas de vrai FLOP à déplorer, mais une lecture pendant laquelle je me suis quand même bien ennuyée :

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2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

J’ai encore lu de belles chroniques dont  :

  • Celle de L’ourse bibliophile : Lettre à celle qui lit mes romances érotiques, et qui devrait arrêter tout de suite. Je ne connaissais pas du tout ce livre, mais j’ai maintenant très envie de le lire.

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  • Celle de La tête en clair : Voyage d’une Parisienne à Lhassa. Si vous avez envie de découvrir une femme forte et le Tibet, ce livre semble fait pour vous. Ce n’est pas le genre d’ouvrage que je lis d’habitude, mais difficile de ne pas avoir envie de le découvrir après une telle chronique.

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  • Celle de Féé moi lire : The mists of Avalon . J’ai lu cette série il y a quelques années (en français par contre) et j’en garde un très très bon souvenir. Cette chronique m’a plus que donné envie de me replonger dans l’univers de Marion Zimmer Bradley.

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3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • On reste dans le domaine littéraire avec l’article des Sortilèges des mots qui nous présente une maison d’édition qui a placé la littérature coréenne au centre de ses publications. Aimant beaucoup la littérature asiatique, je dois dire que cet article présenté sous forme d’interview m’a beaucoup intéressée. Le catalogue de la maison d’édition Decrescenzo a d’ailleurs de quoi faire rêver les amateurs d’auteurs asiatiques.

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  • Animal Crossing est un jeu auquel j’ai pas mal joué avant de délaisser ma 3DS au profit de mes livres. Mais Lady Butterfly a quelque peu éveillé ma curiosité avec son article parlant de la possibilité de jouer au jeu sur son téléphone.

 

  • Nous avons une télé, mais elle n’est absolument jamais allumée sauf quand nous souhaitons jouer à la Xbox. Avec M. nous préférons visionner des vidéos sur Youtube notamment celles qui nous permettent d’apprendre des choses de manière ludique. Et la chaîne de Poisson Fécond entre définitivement dans cette catégorie. Je sais que la chaîne est déjà connue, mais ne sait-on jamais, certains d’entre vous pourraient, comme nous jusqu’à récemment, n’en n’avoir jamais entendu parler. Je ne résiste pas à la tentation de vous mettre en lien une vidéo sur les chats.

4) Ce que j’ai fait de mieux le mois dernier

Deedr a lancé un conte participatif : chaque participant ajoute, à tour de rôle, une à plusieurs phrases pour former un texte certainement drôle et improbable. Je suis tombée immédiatement sous le charme de cette idée loufoque et conviviale.

J’ai hésité à m’inscrire ayant peur de ne rien trouver à écrire ou que ce soit peu intéressant. Puis finalement, je suis partie du principe que dans ce genre d’initiative complètement déjantée, l’important est de participer et de s’amuser.

Je suis maintenant impatiente de découvrir le chef d’œuvre final 🙂 En attendant, je vous invite à lire le résultat de la même initiative lancée l’année dernière pour Halloween : La sombre vengeance de Jean-Claude Eurydice . C’est assez savoureux !

Et vous, certains de ces liens vous intéressent ? Qu’avez-vous envie de partager de votre mois de novembre ?

Cœur de menhir, Adrien Hortemel

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Je remercie Adrien Hortemel pour m’avoir fait parvenir Cœur de menhir via le site Simplement. Je le remercie également pour sa dédicace ainsi que le marque-pages.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une paix fragile règne entre les différents peuples de la forêt de Déremkas. Les habitants sont menacés par une prophétie oubliée qui annonce le retour des ténèbres. Parmi eux, Dairen, un jeune homme ordinaire, va se retrouver au milieu d’une lutte de pouvoir. Les rencontres seront nombreuses, mais ces personnes vont-elles l’aider à se frayer un chemin dans un monde cruel où les légendes sont devenues réalité ?

  • Éditeur : Donjon Editions
  • Prix : 20€

AVIS

J’ai découvert ce roman sur Simplement et j’avoue avoir été d’emblée séduite par la couverture, la présence d’illustrations et, évidemment le résumé. Ce roman m’intriguait d’autant plus que j’avais passé mes dernières vacances en Bretagne et ainsi eu l’occasion de visiter Carnac et son impressionnant alignement de menhirs. Je me suis donc lancée avec enthousiasme dans ma lecture, un entrain qui a été hélas légèrement freiné par quelques points qui m’ont gênée.

Un style qui ne m’a pas particulièrement convaincue…

Et je vais là entrer directement dans le vif du sujet en avouant que si j’ai apprécié l’action et l’intrigue, je n’ai pas vraiment accroché à la plume de l’auteur même si j’ai noté une certaine évolution au fil du récit. Je venais de terminer un autre livre de fantasy dont le style d’écriture poétique et, disons-le très travaillé, m’avait juste enchantée. J’ai eu donc un peu de mal à passer sans transition à ce roman dont le style d’écriture est beaucoup plus terre à terre voire parfois maladroit. A cela s’ajoute mon peu d’appétence pour les phrases courtes juxtaposées sans aucun mot de liaison comme semble les affectionner l’auteur. Des phrases courtes auraient pu apporter du dynamisme au récit et retranscrire la nervosité des personnages, mais leur trop grande occurrence tend à plutôt hacher la lecture et à lui donner un air presque enfantin. Ce point m’est néanmoins très personnel et il se peut tout à fait que cela ne vous dérange pas. De la même manière, si je loue la volonté de l’auteur de vouloir nous offrir un vocabulaire riche et varié, j’ai regretté une certaine maladresse, certains mots étant utilisés de manière incongrue. La présence de coquilles a, quant à elle, fini de perturber ma lecture même si je vous rassure, il n’y a pas non plus une faute à chaque ligne.

Mais une histoire intéressante riche en actions…

A ce stade, vous allez peut-être penser que j’ai détesté ma lecture, ce qui serait une supposition des plus erronées. En effet, malgré ces différents éléments, j’ai dévoré le roman, l’auteur ayant su très rapidement capter mon attention pour ne jamais la laisser s’échapper. Il faut dire qu’il commence fort avec une scène très cinématographique au sujet d’une prophétie oubliée. Puis, nous faisons la connaissance du protagoniste du roman, Dairen, un jeune homme habitant dans l’arbre cité de Kêrstrud. J’ai adoré l’idée d’un village médiéval installé dans un arbre et évoluant suivant une organisation très bien pensée. Chaque habitant joue ainsi un rôle précis pour servir la communauté : les fondateurs, indispensables pour les constructions et les réparations, côtoient les moissonneurs dédiés aux cultures et à l’élevage de bétail ou encore les éducateurs ou les guérisseurs. Tout ce beau monde est quant à lui chapeauté par un conseil.

Une société idéale ? En théorie du moins, car dans les faits, elle est gangrénée par des luttes de pouvoir entraînant mensonges et complots, et par une culture conduisant les habitants à dénigrer les « étrangers ». D’ailleurs, Dairen, qui a le malheur de ne pas être né dans le village, se trouve mis à l’écart des autres en raison de ses origines. Le rejet est d’autant plus fort qu’assez timide et réservé, le jeune homme éprouve des difficultés à nouer des liens avec les autres habitants du village de son âge ou non. Même si nous sommes dans une histoire imaginaire, j’ai apprécié que l’auteur aborde de manière simple, mais efficace, des thèmes toujours d’actualité : le racisme et le rejet de la différence…

L’auteur prend le soin de nous expliquer en détail la vie dans l’arbre cité, ce qui est intéressant, mais pas forcément très palpitant. Il faudra attendre un événement dramatique impliquant Dairen et Raudan, la personne en charge de le former dans son poste au sein de la garde, pour que l’action prenne son envol. Condamnés à fuir le village afin de sauver leur vie, ils seront rejoints dans leur fuite par Alyssa et Tosla, un prétendant de la jeune femme. Et à partir de là, le lecteur est entraîné dans un récit palpitant où les actions s’enchaînent les unes après les autres donnant le sentiment d’être pris au cœur d’une tempête.

L’enchaînement rapide des événements ne permet pas vraiment à l’auteur de les développer en profondeur, certaines scènes méritant d’être plus développées. Cela ne m’a pourtant pas dérangée, car j’ai aimé le parti pris de l’auteur de faire prévaloir l’action sur une avalanche de détails. Il donne assez d’informations pour que l’on saisisse les différentes intrigues et que l’on se figure l’univers dans lequel il nous plonge, et c’est là l’essentiel. On est donc facilement et complètement plongé dans le feu de l’action prêt à découvrir toutes les mésaventures que l’auteur réserve à ses personnages. Et le moins que l’on puisse dire c’est qu’il ne leur laisse aucun répit, ceux-ci étant soumis autant à la haine humaine qu’à la haine surnaturelle. À cet égard, j’ai adoré la multitude de créatures, la plupart du temps peu sympathiques, que l’auteur met sur leur route : morts-vivants, loup terrifiant et acharné dont la détermination forcerait presque le respect, loup-garou, lézard géant, Kobolds… Rien n’est épargné aux personnages qui verront le sang couler à flot durant leur périple. J’ai d’ailleurs adoré les scènes de bataille qui sont parfaitement maîtrisées par l’auteur. Elles sont certes rapides, ce qui me convient tout à fait, mais assez détaillées, percutantes et sanglantes pour vous donner le sentiment d’être sur place. Elles apportent également du dynamisme à un récit qui était déjà rythmé que ce soit grâce à tous les événements qui s’enchaînent ou la présence importante de dialogues.

En amitié et en découverte de soi… 

Toutes les épreuves traversées par les personnages auront au moins le mérite de les rapprocher et d’offrir ainsi à Dairen ce dont il a toujours été privé : des amis. La vie du jeune homme étant loin d’être un long fleuve tranquille, il se pourrait bien que ses nouvelles amitiés ne soient pas que source de bonheur, l’honnêteté et la transparence ne semblant pas de mise au sein du groupe. Je ne vous en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est de vous préparer à quelques surprises. Cette aventure aura également un impact positif sur Dairen : il s’ouvre ainsi progressivement aux autres, fait parfois entendre sa voix alors qu’il est d’un abord plutôt réservé, exprime ses émotions, prend des initiatives… Bref, il grandit !

En parallèle, nous suivons la découverte de ses pouvoirs qu’il a encore bien du mal à maîtriser et qui semblent le terrifier, à juste titre il faut bien le reconnaître. J’espère que dans le deuxième tome, il fera quelques progrès en la matière, car j’aurais adoré qu’il en ait une utilisation plus intensive. Je vous rassure, il nous fera parfois la démonstration hasardeuse de ses talents, mais c’est un aspect finalement encore assez peu exploité. Quoi qu’il en soit, j’ai fortement apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son héros et de manière très réaliste ne le transformant pas en boute-en-train ou en magicien aguerri du jour au lendemain.

Un texte valorisé par de belles illustrations…

Enfin, soulignons l’excellent travail d’illustration de Christophe le Galliot dont le coup de crayon assuré rend l’expérience de lecture encore plus immersive. En effet ses illustrations, en plus d’être très belles, nous permettent de nous plonger totalement dans le récit et de nous figurer les personnages et des créatures qui ne sont pas forcément connues de tous. Le duo auteur/illustrateur fonctionne donc à merveille.

En conclusion, malgré un style d’écriture auquel je ne suis pas particulièrement sensible et la présence de coquilles, Cœur de menhir contient un certain nombre d’éléments qui en rendent la lecture rapide et captivante : de nombreuses péripéties, un rythme soutenu, des créatures fantastiques, du danger, de la magie, de l’amitié, des trahisons, des complots et autres joyeusetés. Très accessible, ce roman de fantasy me semble d’ailleurs une bonne clef d’entrée dans un genre dont la profusion de détails et de personnages peut effrayer. Je le conseillerais donc aux personnes qui sont en quête d’un roman mené tambour battant dans un univers imaginaire bretonnisant très riche.

Envie de commander Cœur de menhir ?

 

Abysses : La voix d’Alyha, Rachel Dubois

PRÉSENTATION ÉDITEUR

US Nautile 4 au large des côtes de la Nouvelle-Zélande, il est huit heures et des poussières, heure locale. Notre monde vient de basculer et nous n’avons encore aucune idée de l’étendue des conséquences de cette fabuleuse découverte.
Homo Sapiens n’est pas la seule forme de vie intelligente de l’univers… pas même de sa planète ! Les trois corps étendus sur mes tables d’autopsie l’attestent : Primatus Aquatis existe.
Les sirènes sont réelles et elles n’ont rien à voir avec l’image que notre folklore a gardé d’elles. Alyha, leur dirigeante vient de lancer son ultimatum à l’humanité. Nous avons vingt-quatre heures pour délibérer et moi Jean-Baptiste Martin biologiste à la tête du projet gouvernemental Primatus Aquatis, je trépigne. Le travail de toute ma vie porte enfin ses fruits… mais à quel prix ? Ça, nous avons vingt-quatre heures pour le découvrir !

AVIS

Si vous pensez sirènes, vous imaginez probablement des femmes au buste dénudé dont le bas du corps se termine par une queue de poisson. C’est, pour ma part, l’image que je me faisais de cette créature mythique avant de découvrir Abysses. Il faut dire que Rachel Dubois dépoussière totalement l’image des sirènes de nos contes d’enfant pour nous en offrir une version bien plus moderne. Et c’est une démarche audacieuse que j’ai adorée.

Ici, les sirènes n’ont point de queue, mais des jambes avec des pieds palmés, et sont surtout bien plus intelligentes que les êtres humains, ce qui se traduit par des progrès technologiques que ces derniers sont loin d’avoir égalés. Leur avancement technologique est tel qu’il leur permet, entre autres, de se régénérer, de communiquer par télépathie et de contrôler les appareils technologiques des humains en cas de besoin. C’est d’ailleurs par ce biais que Alyha, à la tête des sirènes, va révéler l’existence de son peuple aux humains avant de les enjoindre à restituer le corps de son père et de deux autres sirènes qu’ils ont assassinés. Pour ce faire, elle leur laisse 24 heures, avant d’enclencher une guerre qui signifiera probablement la fin de l’espèce humaine.

Alyha est un personnage auquel je me suis tout de suite attachée notamment en raison de sa complexité. Tout en nuances, elle est tiraillée entre son rôle de Sage qui doit préserver coûte que coûte son peuple, et son attraction pour les humains dont elle envie la capacité de ressentir et d’embrasser pleinement leurs émotions. En effet, les sirènes ont mis de côté leur cœur au profit de leur intellect et de leur implacable raison. Avoir des émotions est donc quelque chose de totalement impossible, en théorie… En pratique, Alyha n’est pas comme les autres, elle ne peut s’empêcher de ressentir des choses triviales et intolérables, du moins pour les siens, comme la frustration, la peine, la joie ou encore la jalousie.

Ce personnage fait donc un peu le point de jonction entre deux peuples au mode de vie si différent, ce qui le rend particulièrement intéressant. J’ai aimé suivre ses états d’âme, ses doutes, son envie de bien faire et de sauvegarder les humains malgré tous leurs défauts, ses tentatives pour se fondre dans le moule, du moins en apparence, ses doutes notamment sur sa capacité à succéder à son père… C’est définitivement le personnage que j’ai pris le plus de plaisir à suivre durant ma lecture.

J’ai, en revanche, eu plus de mal à m’attacher à l’autre personnage principal, Jean-Baptiste. Ce biologiste est à la tête d’une équipe de brillants scientifiques qui écument les océans à bord d’un sous-marin militaire afin de trouver une preuve de l’existence des sirènes. Ce protagoniste n’est pas méchant, mais je n’ai pas réussi à l’apprécier ni à m’intéresser à sa vie ou à ses pensées. Cela pourrait s’expliquer par son manque de modestie et un côté un peu trop égocentrique pour moi. J’ai ainsi regretté que ses pensées soient majoritairement centrées sur sa petite personne, sur les dix ans de sa vie passés à courir après une espèce qui finalement se dévoile de son propre chef… Mais j’ai surtout été très agacée par son obsession pour sa jeune et belle assistante. Alors qu’elle est l’un des plus brillants cerveaux au monde, Jean-Baptiste passe son temps à se « gifler mentalement » (sic) pour ne pas succomber à ses atouts et ceci en pleine crise mondiale de laquelle l’humanité risque de ne jamais se relever… Bref, en plus d’être sexiste et parfois paternaliste, notre supposé génie est surtout souvent à côté de la plaque.

J’ai d’ailleurs trouvé qu’il ne servait pas à grand chose dans l’intrigue même si j’ai compris son importance dans la narration puisque l’auteure a choisi d’alterner, à chaque chapitre, le point de vue de Jean-Baptiste et d’Alyha. J’ai apprécié cette initiative qui permet de suivre l’action des deux côtés, et de mettre ainsi en parallèle les enjeux et les craintes des deux peuples. On se rend alors vite compte que les méchants de l’histoire ne sont pas forcément ceux que l’on croit. En effet, les sirènes, du moins la majorité, n’aspirent pas à la guerre, mais juste à vivre librement sans devoir se cacher dans les profondeurs de l’océan. Elles désirent également protéger l’océan et, plus généralement, l’écosystème de ces Hommes qui, chaque jour, le dégradent sans vergogne.

Et nous touchons là le point fort de ce roman ! Rachel Dubois nous offre une belle critique de la société qui fait passer son plaisir avant le bien-être animal, et qui pollue l’environnement en faisant fi des conséquences. Elle évoque ainsi le sort des animaux détenus, pour le seul plaisir des hommes, dans des parcs aquatiques comme Marineland. Je ne serai pas objective sur ce point étant complètement contre la détention de ces pauvres dauphins, orques ou autres animaux… Si comme moi, c’est un sujet qui vous révolte, ce roman ne pourra que vous plaire. Je pense d’ailleurs que c’est la première fois que je lis un roman où l’imaginaire est utilisé aussi adroitement pour défendre de manière simple, mais frappante, le sort des animaux marins. Pour les personnes qui ne sont pas forcément sensibilisées au sujet, je vous rassure, l’auteure aborde le sujet sans lourdeur ni jugement expéditif. Elle vous invite seulement à une réflexion sur le sujet, ce qui, vous l’aurez compris, m’a plus que séduite.

Le livre se lit très facilement et rapidement grâce à la plume de l’auteure qui se révèle aussi efficace que prenante. Je n’ai pas ressenti un suspense haletant qui m’aurait tenue en haleine toute la nuit, mais j’ai eu néanmoins envie de tourner les pages les unes après les autres. Un coup de théâtre en milieu de livre a en outre accéléré ma lecture ! Je me suis d’ailleurs sentie un peu bête de ne pas l’avoir vu venir. Cela prouve que l’auteure a su ménager son effet en détournant l’attention des lecteurs sur d’autres points.

Je dois également ajouter que le roman m’a, d’une certaine manière, déroutée. En effet, malgré l’ultimatum qui se traduit dans le livre par un décompte à chaque début de chapitre (h-24, h-23…), le lecteur ne ressent pas vraiment cet état d’urgence. Cela s’explique, en partie, par le fait que nous voyageons dans les méandres de la pensée dAlyha qui, fidèle à son peuple, conserve un esprit rationnel et analytique. Elle soupèse chacune de ses décisions sans jamais se précipiter malgré les émotions qui la frappent parfois de plein fouet. Cette sorte de calme intérieur finit par se transmettre au lecteur à tel point que la peur qui s’insinue dans l’équipe de Jean-Baptiste à l’approche de l’échéance n’arrive pas vraiment à nous atteindre.

En conclusion, Abysses est un roman qui plaira à toutes les personnes désireuses de lire une histoire revisitant de manière originale et audacieuse le mythe des sirènes. L’auteure, en utilisant une narration à deux voix, offre aux lecteurs une plongée dans deux mondes que tout oppose, mais qui d’une manière ou d’une autre, sont plus ou moins condamnés à cohabiter. Mais ce qui fait la force de ce roman est d’arriver à vous faire passer un moment de lecture agréable et divertissant tout en vous invitant à réfléchir à des sujets importants comme le sort réservé aux animaux et à notre planète.

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