Le jardinier de la nuit, Eric Fan et Terry Fan

De gigantesques sculptures envahissent la ville, changeant le paysage et le quotidien de ses habitants à tout jamais.

Little Urban (12 octobre 2018) – 40 pages – 15€

AVIS

Voici un album dont la couverture pleine de mystère a tout de suite éveillé ma curiosité. Une couverture à la hauteur d’une histoire qui m’a émerveillée et enchantée. J’ai ainsi été saisie par la beauté et la poésie de cet album qui, page après page, instille bonheur et espoir dans le cœur de ses lecteurs, des habitants de la ville, et d’un enfant habitant dans un orphelinat rue des Chagrins.

Dans cette magnifique histoire mêlant art et nature, nous découvrons un jardinier d’un genre très spécial, un jardinier qui œuvre dans les secrets de la nuit afin d’offrir aux gens une étincelle de beauté et de joie dans leur vie. Et pour ce faire, il leur fait le plus beau des cadeaux : de magnifiques sculptures végétales prenant la forme de différents animaux. Si les habitants sont heureux d’admirer ces magnifiques créations, le petit William semble, quant à lui, les attendre avec impatience et un plaisir touchant de simplicité. Il faut dire que le garçon y découvre les secrets de son âme, ou du moins, une vocation qui lui assurera que plus jamais le chagrin n’assombrira les recoins de son cœur.

Comment ne pas être ému et profondément touché par cette histoire criante d’humanité, de poésie, de douceur et de beauté ? Des qualificatifs qui conviennent aussi bien au fond qu’à la forme, les illustrations possédant ce charme suranné alliant douceur de l’enfance, mélancolie poétique et beauté classique. Des illustrations grand format, à défaut de pouvoir être grandeur nature, qui émerveillent, et qui soulignent à merveille l’arrivée de la couleur et de la vie dans une rue que l’on aurait pu craindre destinée au désespoir et à l’ennui.

Avec subtilité, élégance et tendresse, les auteurs nous montrent ici toute la force et la magie de l’art, une force vive qui touche et éveille, mais ils nous montrent également qu’il suffit parfois d’un peu de magie du cœur, et d’une âme bienveillante et altruiste, pour apporter une étincelle de vie ! Parce que tant que les hommes seront prêts à s’émerveiller, l’espoir sera toujours là, tapi même dans la plus sombre des rues. Et quand la nature reprendra ses droits, aucun paysage de désolation, juste le bonheur en trame de fond, comme la réminiscence de la promesse de jours meilleurs et en couleurs…

En bref, voici un album plein de douceur et de poésie que je ne peux que conseiller aux personnes appréciant les belles histoires, de celles qui réconfortent, qui donnent espoir en la beauté de la vie, et qui prouvent qu’il suffit parfois d’une seule personne pour faire oublier la monotonie de la grisaille et apporter de la couleur dans les cœurs.

Le dernier des loups, Sébastien Perez et Justine Brax (illustrations)

Le Dernier des loups par Perez

Milo est un jeune garçon courageux. La Grande Guerre des hommes contre les loups n’a pas laissé de survivant dans son village. Archer aguerri, il décide de partir affronter le Dernier des Loups. Sa longue traque le mènera hors des sentiers battus et le combat qu’il livrera ne sera pas celui qu’il avait imaginé… l’obligeant à regarder, à admettre et à respecter la vie sauvage.

À partir de 6 ans – Albin Michel (2 septembre 2020) – 19€

AVIS

Comment ne pas être subjugué par la magnifique couverture de cet album jeunesse grand format ? Un format qui représente à merveille l’ampleur de la tâche de Milo, le meilleur des apprentis archers : tuer le dernier des loups. Tuer l’unique survivant de la Grande Guerre ayant opposé humains et loups, Homme et Bête…

Afin de protéger sa mère et son village, il se lance donc courageusement sur les traces de ce loup qui menace les siens avec la ferme intention de faire couler le sang une toute dernière fois. Mais est-ce réellement là la seule solution à apporter ou ce périple n’est-il pas seulement guidé par la peur ? Et si la quête de Milo n’était pas celle qu’il croyait et qu’au bout du chemin, une autre voie s’ouvrait à lui ?

J’ai été très touchée par le message de l’auteur qu’il amène avec grâce, poésie et délicatesse que ce soit à travers le voyage de Milo, le texte ou les illustrations. À cet égard, l’une d’entre elles m’a frappée par sa justesse et la manière dont elle met en parallèle les hommes et les loups.

Cet album, bien qu’à destination des enfants, saura toucher tous les lecteurs, a fortiori ceux sensibles à la cause animale parce que si nous sommes ici dans une œuvre de fiction, la méfiance des hommes envers les loups reste, quant à elle, bien réelle. Il suffit de voir les préjugés encore tenaces envers cet animal et la volonté non cachée de certains de les exterminer à la moindre occasion. C’est peut-être d’ailleurs cette réalité qui donne une telle force à cette histoire et lui confère une certaine universalité, cette peur des loups et le cycle de la haine qu’elle engendre, pouvant se transporter à bien d’autres choses…

Quant aux illustrations, elles sont de toute splendeur et émerveilleront, sans aucun doute, petits et grands lecteurs. L’illustratrice oscille entre les tons bleus et froids de l’hiver avec des teintes plus agressives de rouge qui, tour à tour, représentent l’envie de sang, mais aussi le renouveau et l’espoir de jours plus chaleureux.

Le dernier des loups.

Ce que Sébastien Perez suggère à l’aide d’une plume poétique et immersive, Justine Brax le met en forme par un jeu sur les volumes et une certaine profondeur, qui donne le sentiment aux lecteurs d’être plongés au cœur de la nature et de la forêt. Mais ce qui frappe avant tout dans ce sublime ouvrage, c’est l’utilisation discrète et harmonieuse de l’argent et son éclat pour guider la lecture. Ainsi, cette couleur sert de fil conducteur à une intrigue qui nous pousse progressivement à abandonner l’envie de sang au profit d’une compréhension mutuelle, voire d’un sentiment bien plus beau et profond…

Un beau message d’espoir et de paix qui, je l’espère, saura conquérir les jeunes et moins jeunes lecteurs, Le dernier des loups faisant partie de ces livres que l’on peut lire et relire à tous les âges. Pour ma part, je ne peux que vous conseiller de vous laisser bercer par l’imaginaire de l’auteur et la beauté avec laquelle l’illustratrice le retranscrit.

Le coffre enchanté de Jean-François Chabas et David Sala

Couverture Le Coffre Enchanté

Remonté par un pêcheur des profondeurs de la mer, un gros coffre en métal luisant suscite l’avidité de l’Empereur cupide, toujours en quête d’un trésor supplémentaire. Seulement voila : rien ni personne ne parvient à l’ouvrir…

Casterman (05/10/2011) – 15,90€ – 24 pages

AVIS

J’ai tout de suite été attirée par ce très bel objet-livre avec son beau de travail de découpe et sa couverture enchanteresse…

Un jour, un pêcheur remonta un coffre de métal dans ses filets. Bien que cela ne se mange pas, il ne fut pas mécontent de sa découverte à un petit détail près : impossible de l’ouvrir ! Un problème dont il fut fort vite débarrassé quand le capitaine de la garde de l’Empereur décida que ce coffre constituerait un parfait présent pour l’Empereur….

Malheureusement pour lui, il ne réussit pas non plus à ouvrir cet énigmatique coffre, ce qui ne fut guère au goût de l’Empereur qui, après l’avoir châtié de dix coups de fouet, fit diligenter différentes personnes pour résoudre le problème. Mais ni le savoir-faire d’un serrurier, ni la magie et encore moins la force brute n’arrivèrent à venir à bout de la serrure récalcitrante. Et si la ruse était encore la meilleure manière de satisfaire un Empereur, aussi radin que peu commode, qui savoure bien plus l’idée de posséder un nouveau trésor que d’avoir entre les mains ledit trésor ?

Comme dans toutes les fables, il y a une morale, notamment sur le fait que croire posséder un objet est parfois aussi important que de réellement le posséder, et qu’il y a une certaine excitation à ne pas encore s’être approprié une chose qui nous est destinée. Mais pour ma part, j’aime à y voir d’autres messages forts et non dénués de pertinence. Les enfants apprennent ainsi que le vol n’apporte que des ennuis : si le capitaine de la garde ne s’était pas octroyé une chose qui ne lui appartenait pas, l’Empereur n’aurait pas eu à traverser toutes ces péripéties.

D’une certaine manière, on peut également considérer que cette fable met en garde contre l’amour excessif de l’or et l’envie maladive d’accumuler les richesses qui finissent par vous plonger dans des abîmes de solitude. Car, si le roi semble obsédé par cette idée d’ouvrir le coffre et d’en découvrir toutes les richesses, je ne peux m’empêcher d’y voir un moyen détourné de combler matériellement une vie vide de tout affect et de relations humaines enrichissantes.

Cette illustration avec l’Empereur tenant le coffre et le cajolant comme il le ferait avec un enfant me conforte dans cette impression. Il y a un tel décalage entre le visage serein, heureux et apaisé du personnage, et la réalité de la situation, que je n’ai pu m’empêcher de ressentir une certaine tristesse pour cet être pourtant méprisable…

Le Coffre Enchanté Illustration

J’ai, en outre, beaucoup apprécié l’intervention d’un animal qui illustre à merveille une expression. Il nous prouve également qu’il faut parfois faire montre de malice et d’une certaine intelligence des situations pour venir à bout des esprits les plus retors et se sortir de situations délicates. La force brute est rarement une solution… À cet égard, notre personnage m’a un peu fait penser au renard et à sa célèbre ruse.

Quant aux illustrations, elles possèdent incontestablement une identité propre qui donne corps et vie au récit. La manière dont l’illustrateur se joue des formes géométriques et de leur répétition dans les décors et les vêtements apporte un aspect très graphique à l’ensemble qui n’est pas sans rappeler le travail de Gustav Klimt.

En bref, voici une fable très graphique que je conseillerais aussi bien aux enfants qu’aux parents pour un moment de lecture coloré et non dénué d’intelligence.

Le Magicien d’Os, Eric Sanvoisin

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Le jour qui aurait dû être celui du grand bonheur, fut celui de l’immense désespoir. Lors du mariage de la princesse Rune et du prince Lunn, une balle venue d’on ne sait où, frappe le prince en plein cœur. Sur les conseils d’un astrologue la princesse, folle de douleur, part demander de l’aide au magicien d’Os, un être à la mauvaise réputation. Celui-ci accepte de ressusciter Lunn seulement si elle accepte de rester avec lui pour toujours. Rune se retrouve ainsi prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets.
Lunn, malheureux et désespéré, décide d’aller à la recherche de sa bien-aimée. Mais il rencontre le magicien d’abord

Balivernes (28 mai 2019) – 128 pages – 15€

Découvert par hasard dans les rayons de ma médiathèque, Le Magicien d’OS fut pour moi un coup de cœur que j’aurais envie de recommander encore et encore !

Avec ce livre, dont le titre est à lui seul un argument pour craquer, les éditions Balivernes m’ont permis de renouer avec cette ambiance si particulière des contes. Pas ceux emplis de paillettes et de licornes, mais ceux plus classiques avec leur part d’ombre, de mystère et dans lesquels amour et mort sont inextricablement liés.

Beau, sombre et cruel à la fois, le récit de la princesse Rune et du prince Lunn m’a transportée et fait vivre mille émotions. D’abord de la tristesse face au prince qui s’effondre d’une balle en plein cœur le jour de son mariage et devant la princesse qui dépérit de chagrin en raison du décès de son bien-aimé qui lui a été ravi d’une bien atroce manière. Puis de la crainte et de la curiosité devant un mystérieux et malfaisant magicien qui accepte de ressusciter Lunn en arrachant à Rune la promesse d’une vie passée à ses côtés…

Ce conte délicieusement traditionnel, avec un petit côté La Belle et la Bête en bien plus sombre, n’en demeure pas moins d’une surprenante et agréable modernité. Cela commence par cette princesse qui prend son destin en main et refuse de se morfondre sans rien faire devant le sort de son prince. Elle est consumée par la douleur et ne rêve que d’une vie aux côtés de Lunn, mais elle fait également preuve d’un certain courage et d’une volonté de fer osant tenir tête à ce Magicien d’Os qui l’emplit pourtant de crainte… Si son époux va essayer de la sauver des griffes de son geôlier faisant lui-même preuve de témérité et d’une totale abnégation, c’est bien Rune qui saura trouver les clefs de sa liberté.

Le magicien apprendra, quant à lui, qu’une prison dorée reste une prison et que l’amour ne s’achète pas ni ne se vole. Une dure leçon de vie qui nous ferait presque prendre en pitié un être malfaisant, mais dont les fêlures et le besoin désespéré d’être aimé suscitent une certaine empathie… Méchant donc, mais avec cette légère pointe d’humanité qui distingue les méchants bien construits des caricatures et autres personnages stéréotypés.

Un bon conte est un conte intemporel qui fera frémir et divertira des générations parfois très éloignées. J’ai le sentiment que Le Magicien d’Os fait partie des élus, peut-être parce que sans temporalité précise, il pourra naviguer avec facilité dans les couloirs du temps à moins que ce ne soit les sujets abordés (le véritable amour, la mort, la vie…) qui le rendent si précieux et universel. Quant aux références littéraires, notamment à une célèbre et tragique histoire d’amour, elles renforcent avec brio ce sentiment de beau et de dramatique qui nous prend au cœur et au corps durant notre lecture.

Le Magicien d’Os est un superbe conte porté par la très jolie plume d’Eric Sanvoisin qui s’est évertué à retranscrire l’atmosphère si particulière des contes d’antan. Mais c’est également un très bel ouvrage magnifié par les illustrations de Gilles Francescano. D’un réalisme époustouflant venant aussi bien des nuances de gris alternant entre ombre et lumière que des nombreux détails, celles-ci participent au sentiment d’immersion que vous ne manquerez pas de ressentir en parcourant le livre.

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Quant à l’objet-livre en lui-même, il est tout simplement sublime : format cartonné, couverture en trompe-l’œil, hauts de page joliment ornés, tranche noire qui se marie à merveille avec les illustrations et l’atmosphère de l’histoire… Tout autant d’éléments qui viennent parfaire l’expérience de lecture et lui apporter une tout autre dimension.

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En bref, Le Magicien d’Os est un magnifique conte, entre tradition et modernité, que je conseille les yeux fermés aux amateurs du genre et/ou aux personnes souhaitant découvrir une superbe et tragique histoire d’amour dans laquelle il est est question de vie, de mort, mais aussi d’espoir, d’ombre et de lumière.

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Retrouvez/feuilletez le livre sur le site de Balivernes éditions.

Top Ten Tuesday #105 : 10 éditions collector et/ou illustrées qui font rêver

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


J’ai décidé de vous parler de ces éditions collectors et/ou illustrées qui ne peuvent que faire rêver les amoureux des beaux livres…

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Et vous, lequel de ces livres préférez-vous ?

Couleurs chimères, Philippe Devos

Je remercie Philippe Devos de m’avoir proposé de découvrir son très beau livre de poèmes illustré par la talentueuse Laura Hedon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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AVIS

Je ne note plus les livres que je chronique sur mon blog, car le côté scolaire me gêne un peu. Mais je continue à le faire sur les réseaux littéraires comme Livraddict et c’est un 20/20 que je donne à cet ouvrage ! Une note que je n’attribue que très rarement, mais qui s’impose ici d’elle-même. Je tends à être pointilleuse pouvant relever d’infimes détails qui me perturbent quand beaucoup d’autres lecteurs n’en ont que cure. Alors quand je découvre un livre qui fait un sans-faute, je me dois de le signaler…

Contrairement à un roman, il n’y a ici point d’histoires à décortiquer ou de personnages à analyser, mais seulement le lecteur face à des mots et à des tableaux qui ne pourront que susciter en lui diverses émotions. La poésie étant un art littéraire à part qui met l’individu face à lui-même, chaque lecteur vivra la lecture de ce très beau recueil différemment. Mais ce qui est certain, c’est que tous devraient prendre plaisir à se laisser porter par cette magie des mots et des couleurs qui prend vie sous leurs yeux.

Philippe Devos partage ainsi avec nous des rimes et des vers sur des sujets variés, parfois empreints d’onirisme, parfois plus durs : le travail et l’aliénation par le travail, le monde marin avec ses légendes, la mythologie, la folie, la peine, la mélancolie, l’amour, la mort… Et puis, il y a les signes du zodiaque, ces signes que chacun connaît et auxquels on attribue une importance plus ou moins grande en fonction de ses propres croyances. À ma grande surprise, j’ai été touchée par les poèmes relatifs à ces signes alors que dans la vie courante, c’est un sujet qui ne m’intéresse pas. Il faut dire que l’interprétation pleine de sensibilité qu’en fait l’auteur ne peut que m’interpeller…

La variété des thèmes abordés permettra à chaque lecteur de trouver plusieurs poèmes qui le touchent plus particulièrement. À travers une plume parfois enjouée et optimiste, parfois plus triste et dure, l’auteur saura éveiller en chacun d’entre nous des émotions et des sensations intenses. Et à cet égard, les illustrations de Laura Hedon montrent toute leur importance. Parfaitement en harmonie avec les poèmes de Philippe Devos, elles contribuent à nous immerger dans ses écrits qu’elle rend presque palpables. On a ainsi la sensation, devant chaque tableau, de voir les scènes représentées prendre vie sous nos yeux…

En mêlant poèmes et dessins, l’auteur a veillé à rendre son recueil accessible à tous. Que l’on soit un amateur de poésie ou un néophyte en la matière, on ne se sent pas écrasé par le poids des mots ou la peur de ne pas en saisir l’essence. C’est donc sans appréhension qu’on se lance dans la lecture de ces poèmes, une première fois puis une seconde fois… Je ne suis pas friande de relecture, mais la beauté des textes et des illustrations ne peut que donner envie de se plonger encore et encore dans l’ouvrage. Une relecture qui nous permet d’admirer plus en détail l’onirisme qui se dégage de la plume de l’auteur et des tableaux de Laura Hedon qui retranscrivent à merveille la pensée de ce dernier. Admirez, par exemple, cette chevelure, prolongement naturel et délicat de la terre…

« Sur une terre en friche
Ma chevelure s’est prise »

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Soleil et nuit, amour et mort, joie et peine, espoir et désillusion…  Poèmes et illustrations alternent entre ténèbres et lumière, à l’image de cette vie humaine rythmée par l’amour et la mort. Deux concepts qui vibrent parfois à l’unisson comme dans Croque, un poème aussi beau que triste. Je ne suis pas une grande romantique dans l’âme, mais je trouve qu’il se dégage de ce texte et du tableau, une grande sensibilité et cette impression d’union dans la mort. Ces deux amoureux dans les bras l’un de l’autre alors que planent au-dessus d’eux la mort et sa faux m’ont touchée. Ils possèdent ce quelque chose de beau et de dramatique qui n’est pas sans rappeler Roméo et Juliette.

Aucun texte alternatif disponible.

L’ouvrage contenant plus de 60 poèmes, je ne pourrai pas vous présenter chacun d’entre eux, mais ce qui est certain, c’est que tous, à leur manière, ont provoqué quelque chose en moi : tendresse, émerveillement, questionnement, dégoût, peur… J’ai adoré parcourir d’abord avec avidité puis avec plus d’attention ces poèmes, l’agencement des mots, leur sonorité, la précision du vocable utilisé…La plume  de l’auteur se veut belle et recherchée sans pour autant être pédante. On sent l’amour de la langue et le plaisir pris à faire vivre des mots qui finissent par prendre leur envol et toucher le cœur des lecteurs.

À travers des dessins parfois très doux, parfois très sombres, des jeux de lumière et de contraste, et de magnifiques dégradés de couleurs, Laura Hedon a su, quant à elle, nous transmettre toute l’intensité et la profondeur des écrits de Philippe Devos. Tout en laissant une large place à l’imagination des lecteurs, elle nous propose, en outre, des tableaux riches en détail, ce qui permettra à chacun de donner corps aux poèmes sans pour autant s’enfermer dans une stricte interprétation.

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En conclusion, je serai brève en vous invitant seulement à vous laisser bercer par la magnifique plume aux multiples facettes de Philippe Devos. Amoureux ou non de poésie, beaucoup de lecteurs devraient parcourir les yeux remplis de magie ce recueil de poèmes illustré d’une main de maître par Laura Hedon. Car ici, plus que de jolis textes, c’est un ensemble harmonieux de mots et d’images que le couple auteur/illustrateur met à votre portée. Il serait dommage de passer à côté des émotions que cette lecture devrait vous procurer.

Retrouvez Couleurs Chimères sur le site des éditions Stellamaris.

Uderzo L’intégrale 1953-1955, Philippe Cauvin et Alain Duchêne

Je suis toujours excitée quand je reçois un mail me confirmant ma sélection à une opération Masse critique de Babelio, mais je dois dire que mon excitation s’est muée en émerveillement quand j’ai découvert le titre de l’ouvrage que j’allais recevoir. Je tiens donc à remercier chaleureusement Babelio et Hors Collection de m’avoir offert l’occasion de découvrir ce superbe livre de collection.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le tome 3 de l’Intégrale Uderzo consacré aux années clés 1953 à 1955 : le tandem Goscinny-Uderzo est lancé ! Premières planches jamais vues de séries peu connues du grand public, épisodes complets, nombreux dessins inédits.

En 1953, pour le tout jeune couple que forment Albert et Ada Uderzo, c’est le temps des vaches maigres… mais heureuses ! Albert travaille de cinq heures du matin à minuit : la passion dévorante pour le dessin l’habite depuis toujours. Entre 1953 et 1955, avec, entre autres, Jean-Michel Charlier et René Goscinny, Uderzo produit des planches humoristiques (ou non) par dizaines, et des illustrations époustouflantes de réalisme par centaines.

Au fil de ces 424 pages fabuleuses de planches soigneusement restaurées, de dessins inédits, de documents d’archives, de commentaires du maître, le talent d’Uderzo explose, le trait s’affirme et s’affine, les blagues fusent. Bien plus qu’une compilation de séries BD présentées ici dans leur intégralité, cette intégrale est une merveilleuse malle aux trésors à ouvrir d’urgence !

Ce très bel ouvrage, relié, dos toilé, est le troisième volume d’une série comportant deux autres volumes : L’Intégrale Uderzo 1941-1951 et L’Intégrale Uderzo 1951-1953.

  AVIS

Cette intégrale Uderzo est la troisième d’une série qui comprend deux autres volumes, le premier consacré aux travaux de l’illustrateur durant la période 1941-1951 et le deuxième, durant la période 1951-1953. Quant à ce troisième tome, il se consacre à la période 1953-1955.
Deux ans dans la vie d’un illustrateur, ça semble finalement peu, mais c’est beaucoup quand on parle d’un illustrateur comme Uderzo à la capacité de travail époustouflante. Par nécessité souvent, mais aussi, j’aime à croire, par passion, il n’hésitait pas à se consacrer corps et âme à son travail avec, fort heureusement, la présence bienveillante de sa femme, Ada, dont on sent, à travers ce livre, le profond attachement. C’est d’ailleurs l’un des points que j’ai le plus aimé dans cette intégrale. Sans nous donner en long et en large les détails de sa vie privée, on y découvre quelques informations, grâce notamment à des photos personnelles ou à des interventions d’Uderzo, qui nous permettent de voir l’homme derrière l’illustrateur.

 

 

 

L’intérêt, pour le lecteur, est de se sentir plus proche de lui et de son travail et de prêter, peut-être, plus attention à des détails sur lesquels il ne se serait pas spécifiquement attardé. Uderzo aime les voitures et les chevaux ? Ne reste plus qu’au fil des planches qui se dévoilent à nous de chercher cette appétence pour cet objet et cet animal dont le point commun est d’offrir vitesse et liberté. Est-ce deux valeurs appréciées par l’illustrateur ? Peu importe puisque ce qui compte ici est le plaisir qu’on prend à scruter plus attentivement, par exemple, les dessins des chevaux que vous ne manquerez pas de croiser tout au long de votre lecture.

Je dois avouer que pour moi, Uderzo, c’est Astérix et Obélix et éventuellement, Oumpah-Pah. Et à la lecture de cette intégrale, j’ai quelque peu honte d’avoir réduit et cantonné l’illustrateur à ces deux BD, certes de qualité, mais qui ne représentent qu’une très infime part de son impressionnante production. Rappelons-nous que nous parlons ici d’un bourreau de travail qui pouvait travailler de 5h du matin à minuit pour assurer ses nombreuses commandes. Alors, je suis reconnaissante aux auteurs de cet ouvrage d’avoir pris le temps de collecter les différents travaux du dessinateur durant cette période 1953-1955. Il aurait été, en effet, difficile et fastidieux pour un lecteur lambda d’effectuer ce travail de longue haleine d’autant que loin de nous proposer seulement la reproduction de documents déjà publiés, nous avons ici droit à des documents d’archives, des dessins inédits, des planches originales, des croquis, des tapuscrits…

Au-delà du panel de documents dont la richesse et la diversité devraient conquérir chaque lecteur, cette intégrale contient les illustrations d’Uderzo publiées quotidiennement dans La Libre Belgique, celles réalisées pour des scenarii de Goscinny (Jehan Pistolet, Luc Junior et Bill Blanchart) et de Jean-Michel Charlier (Belloy, Valérie André et Le fils du tonnelier, une histoire de l’Oncle Paul). Si le duo Goscinny-Uderzo m’est évidemment familier, j’ai aimé la synergie dégagée par celui formé par Jean-Michel Charlier et Uderzo, un duo qui fonctionne, à l’instar du premier, à merveille.

A noter que chacune des histoires bénéficie de quelques pages d’explications afin de permettre, entre autres, aux lecteurs d’en connaître le contexte de publication et les techniques artistiques utilisées par Uderzo qui lui sont d’ailleurs parfois imposées…

Cette démarche apporte une réelle valeur ajoutée aux planches que l’on prend ensuite plaisir à découvrir, à ausculter sous toutes les coutures afin de s’imprégner des illustrations qui subliment, à chaque fois, le scénario qu’elles servent. Puis, vient le temps de la dégustation pendant lequel on se laisse simplement emporter par les dessins qui nous conduisent aussi bien sur les traces de l’Histoire, que sur celles d’un jeune reporter affublé d’un chien fougueux et d’un collègue qui n’aspire qu’à la tranquillité ou même sur celles d’un chasseur de fauves…

Si certaines histoires m’ont plus intéressée que d’autres, en raison notamment de leur scénario, elles permettent toutes de s’apercevoir qu’Uderzo est un artiste aux multiples facettes, capable aussi bien de souligner l’absurdité d’une situation en quelques coups de crayon que de suggérer les émotions d’une scène par un trait saisissant de réalisme. Et je dois d’ailleurs faire mon second mea-culpa de cette chronique. Jusqu’à présent, j’avais tendance à associer Uderzo à Asterix avec ses personnages typés et aux traits quelque peu caricaturaux. Cela n’a d’ailleurs rien d’étonnant si l’on considère que l’auteur avoue, à plusieurs reprises, son goût pour le dessin humoristique où il s’illustre avec brio. Néanmoins, grâce à Jean-Michel Charlier et à son histoire mettant en scène la vie de cette femme d’exception qu’est Valérie André, j’ai découvert que le talent de dessinateur d’Uderzo dépassait de loin ce que j’imaginais. Ses dessins sont d’un tel réalisme que l’on s’approche presque plus de la photo que de l’illustration. On s’attend ainsi à voir Valérie André sortir du livre pour se lancer dans une nouvelle aventure. Des dessins d’exception pour une femme d’exception en somme ! A noter qu’Uderzo avait reçu comme consigne de faire des dessins au lavis afin d’avoir un rendu proche du roman-photo. Et je pense que l’on peut dire qu’il a relevé le défi haut la main au point que je regrette qu’il n’ait pas plus souvent utilisé cette technique qui lui réussit plutôt bien.


L’artiste a également participé pour La Libre Belgique à une série qui, de nouveau, prouvera sa capacité à faire des dessins réalistes même si ce n’est pas un genre qu’il affectionne beaucoup. J’ai trouvé cette idée de développer un sujet, sur plusieurs semaines, à travers quatre vignettes fort intéressante d’autant que les thèmes abordés sont nombreux : la prise de la Bastille, l’Indochine, les faits marquants de l’année 1953, la guerre des Boers…

Les illustrations sont assez réalistes pour que, plusieurs années après leur publication, on les comprenne aisément et qu’on en ressente toujours l’importance. Certaines illustrations sont également agrandies permettant aux lecteurs d’en analyser un peu plus les détails.

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Toujours avec cette idée de réalisme, bien qu’ici ce soit plus subtil, j’ai été subjuguée par l’attention portée aux faciès des personnages. Une mimique, un sourire en coin, un regard… Il n’en faut pas beaucoup plus pour que le lecteur perçoive les émotions des personnages mises à nu par les dessins : couardise, bravoure, férocité, méchanceté, peur, détermination… J’ai également été saisie par la capacité d’Uderzo à suggérer le mouvement : multiplication des points de vue, découpage de l’action, fluidité dans les coups de crayon.. Ce sens du mouvement explique, entre autres, la complémentarité entre l’illustrateur et les deux scénaristes dont les histoires pleines d’action avaient définitivement besoin de dessins dynamiques tels que les siens.

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Et puis, il y a ce sens du détail qui fait qu’en regardant de plus près certains dessins, vous verrez que rien n’y est laissé au hasard comme avec ce bol qui semble épouser la forme du crâne ajoutant un comique de situation auquel il est bien difficile de ne pas succomber. Ceci est d’autant plus remarquable que l’artiste, pris par une cadence de production intensive, n’avait pas forcément le temps et la possibilité de fignoler les détails…

Enfin, je ne peux pas terminer cet article sans souligner le magnifique travail éditorial dont les quelques photos ci-dessus vous donnent un petit aperçu. Si le livre est beau visuellement, on ne peut qu’en outre apprécier son large format qui offre un vrai confort de lecture.


D’aucuns pourraient reprocher un ouvrage peut-être un peu lourd, mais son poids ne gêne en rien la lecture puisque je l’ai moi-même dévoré en position semi-allongée avec un chat allongé sur mes genoux. Et puis, nous sommes ici face à un article de collection dont le poids est à la hauteur de la qualité ! Quant au papier, j’ai aimé son aspect glacé, mais je sais que certains amateurs de BD sont attachés au papier traditionnel. Pour ma part, je n’ai pas cet attachement appréciant fortement que le papier glisse entre mes mains lorsque je tourne les pages.

BD format classique – L’intégrale – BD grand format

En conclusion, offrant une petite incursion dans la vie de l’homme derrière l’illustrateur, cette intégrale est un petit bijou que tout amateur d’Uderzo se doit de posséder dans sa bibliothèque. Cet article de collection devrait vous convaincre, une fois de plus, du talent de ce dessinateur qui manie aussi bien le dessin humoristique avec ces gros nez qu’il aime tant que le dessin réaliste avec des faciès au réalisme remarquable. Un artiste aux multiples talents et à la productivité hors norme qui a marqué toute une génération et qui, nul doute, en marquera encore bien d’autres. Uderzo ou le nom d’un artiste que l’on peut définitivement qualifier d’intemporel.

Je terminerai cette chronique par une photo de l’illustrateur qui représente à merveille ce que vous ressentirez une fois la dernière page du livre tournée.

Et vous, envie de craquer pour cette sublime intégrale ou d’en feuilleter quelques pages ?

Shiro et les flammes d’arc-en-ciel, Abe Yukio

C’est avec un nouveau titre, Shiro et les flammes d’arc-en-ciel de Abe Yukio, que je poursuis ma découverte de la maison d’édition Nobi Nobi dont les titres me séduisent de plus en plus.

Je peux d’ores et déjà vous dire que je suis ravie d’être tombée sur ce titre lors d’une visite dans ma médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une légende raconte que tous les cent ans, la pleine lune descend sur la forêt de Miaô. A cette occasion, les villageois doivent l’accueillir avec des feux de joie multicolores, sinon la lune se retirera et la forêt sera plongée dans les ténèbres. Seul un chat peut aller chercher les flammes d’arc-en-ciel qui permettront d’allumer ces feux. Mais l’unique chat des environs est Shiro, considéré comme un étranger car il est né en bordure de la forêt. Pojo, l’Ancien du village, décide malgré tout de lui confier cette tâche. Shiro part donc en quête des flammes d’arc-en-ciel à bord de sa montgolfière, accompagné de son ami Carot le lapin câlin. Il ignore encore que ce voyage intrépide le mènera bien au-delà des limites de la forêt et de son propre courage…

  • Album: 45 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Nobi Nobi ! (27 septembre 2011)
  • Prix : 15€

AVIS

Seul chat aux environs de la forêt de Miaô, Shiro se voit confier une mission de la plus haute importance pour les habitants : trouver les légendaires flammes d’arc-en-ciel afin de fêter l’arrivée de la lune. Durant son périple qu’il fera en partie accompagné de son ami, Carot le lapin câlin, il va rencontrer différentes créatures et affronter le danger.

Cette expérience le fera évoluer progressivement : de chaton paresseux, il passe à un félin prêt à prendre des risques pour sauver la forêt de l’obscurité éternelle. De la même manière, les habitants de la forêt qui, pour la plupart, se méfiaient de cet « étranger » finiront par l’acclamer lors de son retour. Ce sont deux évolutions que l’on prend plaisir à suivre et qui nous permettent de tourner la dernière page le sourire aux lèvres, avec un tonitruant « tout est bien qui finit bien » en tête.

J’ai adoré cet album, du protagoniste principal à l’histoire en passant par le sublime univers graphique imaginé par Yukio Abe. L’auteur nous offre un festival de couleurs chatoyantes et vivantes ! Le rendu est tellement magnifique, si ce n’est majestueux, que l’on peut passer des minutes sur une seule page, bercé par la douceur des illustrations. Au fil des pages, on finit d’ailleurs par avoir le sentiment de ne pas seulement lire un album, mais de  vivre un rêve éveillé.

 

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Le seul défaut de cet ouvrage est qu’il se lit trop vite, bien trop vite. Mais rien ne vous empêche de le lire et le relire vous délectant, à chaque instant, de la beauté de ses illustrations.

En d’autres mots, je conseille cet album à tout le monde, des plus petits aux plus grands. Il n’y a pas d’âge pour rêver…

 

Haïkus et notes de voyage, Bashô

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Je remercie Synchronique Éditions de m’avoir permis de découvrir Haïkus et notes de voyage de Bashô, via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Bashô (1644-1694), moine errant, poète parmi les plus célèbres du Japon, est considéré comme le père du Haïku et l´un de ses plus grands maîtres.

Imprégné de sa pratique méditative zen, il lui donne sa structure et surtout son esprit : un tercet très court qui saisit l´essence de l´instant présent.

Ce carnet de voyage, qui associe prose allusive et haïkus d´une saisissante vitalité, marque un tournant dans la vie et l´œuvre du poète. Suite au décès de sa mère, quittant sa vie sédentaire de Maître de poésie reconnu, il se lance dans une quête d´absolu, de total dépouillement, pour revenir à la pureté de l´expérience immédiate.

Les superbes haïga de Manda nous accompagnent dans ce voyage au cœur du Japon éternel et de l´intime aventure humaine.

  • Broché: 184 pages
  • Editeur : Éditions Synchronique
  • Prix : 12,90€

AVIS

En parcourant ce petit ouvrage, on ne peut qu’être marqué par le soin apporté au travail éditorial : texte bilingue français/japonais avec, il me semble, une romanisation des écrits, mise en page soignée et artistique, couverture cartonnée, élastique pour fermer le livre, papier glacé, jolies illustrations… Tout est mis en œuvre pour que l’expérience de lecture soit agréable et pour que chaque lecteur puisse s’imprégner des émotions et images que nous transmet Bashô à travers ses haïkus.

J’ai en outre été ravie de la manière dont la maison d’édition a su accompagner le lecteur dans sa découverte du livre en proposant une introduction nous permettant d’en apprendre plus sur Bashô, une préface nous présentant l’illustratrice et l’art des haïga, et des notes régulières afin de mieux saisir les textes et leur contexte.

Pour ma part, j’ai lu tous ces éléments avant de m’attaquer à l’œuvre du poète et je ne le regrette pas, car cette démarche en a facilité sa compréhension. Si comme moi, vous êtes peu familiers des haïkus/haïga et complètement ignorants de la vie du poète, je ne peux que vous conseiller de faire la même chose.

Cela ne m’a, néanmoins, pas empêchée d’être intimidée par le recueil, ne me sentant pas capable d’analyser de manière approfondie les textes ou les images. Mais au fil de ma lecture, je me suis simplement laissée porter par mes émotions savourant le voyage proposé par le poète et l’illustratrice.

Je suis d’ailleurs tombée immédiatement sous le charme des illustrations que ce soit celles en filigrane accompagnant la prose ou celles illustrant les haïkus.

Certaines se révèlent très représentatives du texte qu’elles accompagnent quand d’autres m’ont semblé plus sibyllines, nous invitant presque à la rêverie. Ne pas avoir compris les allusions derrière chaque image ne m’a pas gênée puisqu’à défaut d’en avoir toujours saisi la démarche intellectuelle, j’en ai ressenti la charge émotionnelle.

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Manda a ainsi réalisé un superbe travail ! Chacune de ses illustrations, en nous offrant une approche visuelle du travail de Bashô, vient parfaire l’expérience sensorielle que le lecteur vit tout au long de sa lecture. Les mots du poète mis ainsi en images n’en deviennent que plus forts et s’ancrent plus profondément en nous.

Mais même sans ces haïga, les haïkus sont porteurs d’images et d’émotions. Le poète réussit, en peu de mots, à nous faire voyager à ses côtés et à nous ouvrir, ne serait-ce qu’un peu, les portes de son esprit, si ce n’est de son cœur.

Nous accompagnons donc avec plaisir cet homme qui, à 40 ans, décide de tout quitter pour un long voyage à pied destiné à recueillir les cendres de sa mère dont, par manque de moyens, il n’ a pas pu assister à l’enterrement. Durant les quelques 1592 kilomètres parcourus en 9 mois, le poète a pris des notes figeant par écrit et de manière poétique son expérience de voyageur et de marcheur.

Le lecteur découvre donc avec ravissement, par le truchement de ses haïkus et de ses textes en prose, l’état d’esprit du poète, sa nostalgie et sa solitude, les lieux visités, les paysages traversés et admirés tel ce mont Fuji que l’on devine aisément impérieux, les amis et personnes rencontrés, les instants forts comme les retrouvailles avec son frère après le décès de leur mère…

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Enfin, petit détail pratique, le format du livre est parfait pour le transporter partout que ce soit dans son sac à main pour se détendre avec un haïku lors d’un déplacement ou en voyage pour ajouter à l’évasion physique, celle de la pensée. C’est un point qui revêt toute son importance quand on rappelle que ce livre retranscrit des notes de voyages… Et puis, vous verrez, vous serez tellement happés par ce livre que vous n’aurez plus envie de vous en séparer.

En résumé, Haïkus et notes de voyage est un petit bijou que je conseille à toutes les personnes qui ont envie de voyager, qui aiment les haïkus, la poésie, les jolies illustrations, le Japon ou qui sont simplement curieuses de découvrir une autre culture à travers un livre mêlant habilement art littéraire et art pictural.

Un joli cadeau à faire ou à se faire !

Vous pouvez acheter Haïkus et notes de voyage sur le site de Synchronique Éditions.

Blanche-Neige, album illustré par Benjamin Lacombe

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J’adore le travail de Benjamin Lacombe et j’essaie, petit à petit, d’acquérir ses différentes œuvres.

Il m’arrive également d’emprunter certains de ses livres à la bibliothèque comme ici avec Blanche-Neige  publié par les Editions Milan.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Miroir, miroir joli, qui est la plus belle dans tout le pays ? Ô ma reine, vous êtes très belle mais Blanche Neige est mille fois plus belle que vous.»À ces mots, la reine devint verte de jalousie. Désormais elle avait des haut-le-coeur dès qu’elle apercevait Blanche-Neige, tant elle la haïssait. Et l’envie et l’orgueil se développaient si fort dans son coeur qu’elle ne trouvait plus le repos, ni le jour ni la nuit. Elle devait trouver un moyen de la faire disparaître…

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Éditions Milan (28 octobre 2010)
  • Prix : 16,90 €

AVIS

Cette chronique n’est pas destinée à vous parler du conte de Blanche-Neige. Je suis certaine que tout le monde ou presque connaît la version écrite des frères Grimm et/ou l’adaptation plus édulcorée de Walt Disney. C’est plutôt le formidable travail d’illustration de Benjamin Lacombe que j’aimerais vous présenter !

J’avais un peu peur que le livre ne contienne que quelques illustrations par-ci par-là.  Heureusement, ce ne fut pas le cas puisque Benjamin Lacombe n’a pas été avare en illustrations. En plus d’êtres nombreuses, elles sont également en grand format pour notre plus grand bonheur.

Cerise sur le gâteau, au gré de votre lecture, vous tomberez même parfois sur des double-pages sublimement illustrées.

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Sans surprise, j’ai adoré l’interprétation graphique du conte par l’illustrateur ; on y reconnaît d’ailleurs parfaitement son style. Les magnifiques dessins et leur parfaite colorisation permettent de se plonger complètement dans le conte de Blanche-Neige.

En résumé, si vous aimez le travail de Benjamin Lacombe, je vous conseille les yeux fermés de vous jeter sur cet ouvrage. Vous ne pourrez tourner la dernière page du livre que des papillons plein les yeux.

NOTE : 5/5