Madame Pamplemousse and Her Incredible Edibles, Rupert Kingfisher

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Madame Pamplemousse is the story of Madeleine, forced to work in her unpleasant uncle’s horrible restaurant, The Squealing Pig. By chance she comes across the most marvellous shop, run by Madame Pamplemousse, which is quiet, discreet, yet full of delicious and otherworldly ‘edibles’ – Pterodactyl Bacon, Scorpion Tails in Smoked Garlic Oil, and Great Squid Tentacle in Jasmine-Scented Jelly. A quiet comradeship develops between Madeleine, Madame Pamplemousse, and Madame’s cat, Camembert. And together they create some wonderful culinary magic. Exquisite, beautifully formed prose that has echoes of Angela Carter belies a narrative that is full of pace. A wonderful fairy tale that will appeal to both adults and children.

Bloomsbury Publishing (1 septembre 2008) – Relié – 144 pages – 8,47€

RÉSUMÉ EN FRANÇAIS

Tous les étés, la pauvre Madeleine doit travailler au Cochon Hurleur, l’immonde restaurant de son détestable oncle, Monsieur Lard. Elle s’y ennuie d’autant plus qu’il la laisse seulement faire la plonge, alors qu’elle est pourtant une excellente cuisinière. Mais un jour, elle découvre par hasard le plus merveilleux des magasins : l’épicerie de Madame Pamplemousse, un lieu magique où s’amoncèlent des mets extraordinaires venus d’un autre monde, comme le salami de Minotaure ou le bacon de ptérodactyle. Lorsque Monsieur Lard repère la boutique à son tour, il oblige Madeleine à espionner Madame Pamplemousse pour lui voler ses secrets et faire du Cochon Hurleur le restaurant le plus prisé de Paris. Mais l’amitié qui naît entre Madeleine, Madame Pamplemousse et son drôle de chat Camembert, pourrait bien contrecarrer ses projets…

AVIS

Chaque été, Madeleine est condamnée à travailler dans le restaurant de son oncle. L’expérience aurait pu être agréable pour cette jeune fille qui aime cuisiner, mais c’était sans compter sur la personnalité peu avenante de son oncle. Méchant, dénué de scrupules, obsédé par l’argent et la gloire, difficile d’apprécier cet être antipathique qui, de surcroît, manque cruellement d’élégance et de finesse, ce qui se retrouve d’ailleurs dans sa cuisine.

L’été s’annonçait donc laborieux jusqu’à ce que Madeleine découvre par hasard une boutique très spéciale où l’on peut trouver des mets incroyables comme de la langue de Tyrannosaurus Rex ou du salami de Minotaure ! Avec Madame Pamplemousse, gérante de la boutique, nos escargots et cuisses de grenouilles si décriés à l’étranger passeraient presque pour de banales préparations.

En plus de vendre des mets incroyables, cette femme dégage une aura de mystère particulièrement intrigante qui donne tout de suite envie aux lecteurs d’en apprendre plus sur cette dernière. Est-ce une sorcière ? D’où proviennent tous ces ingrédients extraordinaires que personne d’autre ne sait où trouver ? Pourquoi les plats de Madame Pamplemousse provoquent-ils des réactions aussi extrêmes chez les gens qui les goûtent ? Tout autant de questions qui vous pousseront à tourner les pages les unes après les autres.

Le compagnon de cette femme, un chat un peu bagarreur du nom de Camembert, attire également l’attention. C’est qu’il n’est pas banal de voir un chat cuisiner ! Pas très commode en apparence, on se rend compte, au fil des pages, que ce n’est pas un mauvais matou. Œil en moins ou pas, il sait parfaitement voir à travers les gens… Le duo se révèle donc aussi original que plein de mystère.

Quant à Madeleine, délaissée par ses parents et condamnée à travailler pour un être infâme qui l’exploite tout en l’empêchant d’exercer ses talents de cuisinière par jalousie, on ne peut que se prendre d’affection pour elle. Elle saura, heureusement, trouver des appuis que ce soit au sein de l’horrible restaurant de son oncle ou dans la boutique de Madame Pamplemousse dans laquelle elle finira par travailler.  C’est donc un vrai plaisir de suivre cette fillette courageuse dans ses péripéties et de la voir, petit à petit, prendre confiance en elle et en ses talents culinaires.

Nous sommes dans un roman jeunesse et cela se ressent au niveau de la personnalité des personnages qui n’est pas développée outre mesure. On reste également dans un schéma très manichéen avec un horrible méchant d’un côté, et une jeune fille brimée, mais pleine de talent de l’autre. Mais personnellement, prise dans l’atmosphère de ce Paris alternatif et séduite par la plume non dénuée d’humour de l’auteur, cela ne m’a pas du tout dérangée. Je pense d’ailleurs que cette absence de détails superflus sera un atout pour les lecteurs les plus jeunes qui se laisseront plus volontiers prendre par le côté enchanteur du livre. Et puis même si le roman est court, il n’est pas creux et possède une très jolie morale que je vous laisserai bien sûr découvrir par vous-mêmes.

J’ai lu le roman en anglais, le niveau de langue étant très accessible, et en tant que francophone, j’ai juste adoré les noms français des personnages qui, en plus d’être ancrés dans l’univers de la cuisine, ne peuvent que prêter à sourire. Le méchant oncle qui se comporte comme un « porc » tient un restaurant du nom de Squealing Pig et s’appelle Monsieur Lard, le critique gastronomique cassant se nomme Monsieur Langoustine, le chat avec du caractère s’appelle Camembert… Il est juste dommage pour les anglophones que les noms n’aient pas été traduits en bas de page, car ils apportent vraiment un côté humoristique à l’intrigue.

Dernier atout de ce roman jeunesse plein de charme, les très nombreuses illustrations de Sue Hellard qui rendent la lecture encore plus immersive et qui viennent appuyer avec naturel et efficacité le texte.

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En conclusion, ce premier tome de la série Madame Pamplemousse est un très bon tome introductif qui nous permet d’entrer facilement et rapidement dans l’univers mis en place par l’auteur. Ce roman, dans lequel la gastronomie tient une place importante, saura plaire aux petits et aux grands gourmands aimant les lectures simples, mais non dénuées de saveur.

NB : Le roman a été traduit en français. Il existe même une version reliée et en couleurs aux éditions Albin Michel. Si je l’avais croisée avant de craquer pour la version anglaise, je l’aurais prise sans hésiter. Elle a l’air sublime !

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More than magic, Kathryn Lasky

More Than Magic par [Lasky, Kathryn]
PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ryder Holmsby is the same age as Rory, the popular TV cartoon character her animator parents created. Ryder and Rory are alike—bold and brave! But Ryder is a bit lonely: Mom passed away a couple of years ago, and Dad is dating a woman with snooty teenage daughters. Ryder doesn’t fit in with them at all.

And then: Shazam! Rory jumps out of the TV into Ryder’s bedroom to tell her that the TV studio behind her parents’ show is trying to turn Rory into a dopey princess—no more adventures. She needs Ryder’s help! The two girls team up with a crew of animated and real-life friends to save the day in both worlds.

AVIS

Ryder vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Si celle-ci lui manque, la jeune fille vit néanmoins une vie heureuse grâce à sa relation très privilégiée avec son père et sa grand-mère. Elle trouve également un certain réconfort, à la disparition prématurée de sa mère, à travers une série télé créée par cette dernière et mettant en scène Rory. La mère de Ryder a voulu faire de Rory une fillette forte qui, grâce à son esprit et à sa bravoure, vient à bout de tous les dangers et de tous les méchants.

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à ce qu’une nouvelle femme et ses trois filles fassent une apparition dans la vie du père de Ryder. Cette potentielle marâtre va jouer de son influence pour transformer la courageuse Rory en une énième princesse potache attendant son prince charmant ! Ryder, avertie de la situation, fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Rory de cette abominable transformation qui dénaturerait tout le travail de sa mère. Pour ce faire, elle pourra compter sur la magie, élément qui entre inopinément dans sa vie. La magie va lui permettre de rencontrer Rory et de voyager du monde réel au monde virtuel. Travaillant main dans la main, les deux jeunes filles vont alors tout faire pour que le personnage imaginé par leur mère reste fidèle à lui-même.

Malgré une certaine lenteur dans le rythme qui m’a parfois fait un peu décrocher, j’ai apprécié cette histoire qui s’apparente sans peine à un conte avec de la magie et des sorcières, des gentils, une quête, une morale... L’originalité provient du fait que ce conte se déroule dans le monde réel ET virtuel. Le mélange de la magie et de l’informatique, qui pourrait presque s’apparenter à une autre sorte de magie, est efficace et rend l’histoire intéressante. On a très vite envie de découvrir les aventures de Ryder et de son avatar et de les suivre d’un monde à l’autre. Mon seul petit regret à ce niveau est le manque de développement du monde virtuel. L’auteure arrive à nous plonger dans celui-ci sans problème, mais j’aurais quand même souhaité un peu plus de détails. Néanmoins, ce roman étant destiné à la jeunesse, je comprends qu’elle n’ait pas voulu décourager les enfants par une avalanche de descriptions…

Le père de Ryder m’a régulièrement agacée par son apathie devant les initiatives de sa nouvelle petite amie. Mais au fil du roman, on se rend compte qu’il est tout simplement encore sous le choc de la mort de sa femme et qu’il est presque soulagé qu’une nouvelle personne prenne sa vie en main. Dans cette histoire, ce sont donc définitivement les femmes les plus fortes : Ryder va de l’avant et fait tout pour sauver le travail de sa mère, Rory est bien décidée à se battre pour rester une héroïne forte et la grand-mère de Ryder va soutenir sa petite fille dans tout ce qu’elle entreprend. Très proche de ma grand-mère maternelle, j’ai d’ailleurs adoré la relation entre Ryder et sa grand-mère. Leur complicité, en plus d’être touchante, les a sans aucun doute aidées dans leur travail de deuil. C’est peut-être ce genre de soutien qui a manqué au père de Ryder pour reprendre le contrôle de sa vie…

J’ai aimé voyager du monde réel au monde virtuel, voir des amitiés se forger et des complots être déjoués. Mais derrière cette aventure fantastique, More than magic aborde des thèmes universels comme la famille, l’amitié, l’acceptation de soi, le fait de grandir, la possibilité pour une jeune fille d’être sa propre héroïne et de suivre ses rêves indépendamment de ceux imposés par la société… Sans jamais tomber dans le larmoyant, le roman parle également de la difficile question du deuil. On comprend ainsi parfaitement ce que ressent Rory, son père et sa grand-mère face à la disparition prématurée de cette femme qui a tant compté et qui compte toujours autant pour eux…

Enfin, cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations, petit bonus que j’apprécie toujours notamment dans les livres jeunesse.

En conclusion, de la magie, une sorcière avec un lézard et une potentielle belle-mère qui pourrait s’apparenter à une sorcière, deux héroïnes fortes, de l’action, un air de conte… Voilà tout autant d’ingrédients qui offrent un joli instant de lecture.

The Language of Thorns : Midnight Tales and Dangerous Magic, Leigh Bardugo

Je remercie Le tanuki pour cette lecture commune et pour sa patience puisque j’ai mis bien plus de temps que prévu pour lire The Language of Thorns, un magnifique livre écrit par Leigh Bardugo. L’édition que je vous présente est une édition exclusive reçue dans une Fairyloot (box littéraire anglaise).

AVIS

Tout d’abord, je tiens à m’extasier sur la beauté de l’ouvrage qui, en plus d’avoir une superbe couverture avec des parties en relief, est illustré avec des petits ornements et des dessins en grand format. La couleur du texte varie également d’un récit à un autre ce qui est du plus bel effet. Je préfère néanmoins vous prévenir de ne pas feuilleter l’ouvrage avant de le lire. Les illustrations en grand format ont en effet une légère tendance à dévoiler la fin des histoires ce qui est gênant quand l’on sait que l’auteur nous a gâtés avec de très bons retournements de situation.

 

Ce magnifique hardback contient six nouvelles. Bien que chacune d’entre elles soit indépendante, elles partagent toutes un point commun, celui d’être ancrées dans l’univers des contes et du folklore notamment slave. L’auteure s’inspire ainsi ouvertement de différentes histoires que l’on connaît tous plus ou moins : La petite sirène, les contes des Mille et Une Nuits, Hansel et Gretel…

Je vous rassure, l’auteure ne nous propose pas de pâles copies, mais bien des histoires uniques qui n’ont rien à envier aux contes d’antan. On y retrouve cette ambiance si particulière, ce mélange de magie et de sorcellerie, cette aura de découverte et de mystère mais aussi de danger et de mort, ces denses forêts aux sombres secrets, ces créatures hideuses qui côtoient de frêles jeunes filles, ces princes beaux mais pas forcément preux, ces parents plus obsédés par la gloire et la fortune que le bonheur de leur progéniture, des trahisons, de l’amour sous différentes formes, des désirs de revanche… Et puis, qui dit conte dit morale et Leigh Bardugo ne déroge pas à la règle en nous offrant des morales toujours pleines de sagesse et comme souvent dans les contes, intemporelles.

A travers ces six histoires, l’auteure nous invite à aller au-delà des apparences, à voir la beauté dans la laideur et la laideur derrière les apparats, elle nous montre que les apparences sont bien souvent trompeuses et que derrière des personnages banals ou même beaux, peut se cacher la pire des cruauté quand sous la cruauté apparente peut se cacher la plus grande des bontés. Pour ce faire, elle nous pousse dans nos retranchements, utilise contre nous nos jugements parfois trop hâtifs, nous mène sur des fausses pistes… avant de mieux nous éblouir par des révélations fracassantes qui, pour certaines, vous laisseront interdits. Ne vous attendez donc pas à des histoires où tout finit bien, mais plutôt à des histoires sombres dont les retournements de situation vous laisseront indéniablement une forte impression.

Je n’ai pas lu d’autres livres de Leigh Bardugo, mais je dois dire que dans le registre des contes, sa plume fait des étincelles. Le niveau d’anglais m’a parfois ralentie dans ma lecture, mais j’ai été happée par sa manière de construire ses histoires, et de déployer, tout autour des lecteurs, un filet dont il est bien difficile de s’échapper. Vous commencez ainsi les premières lignes du livre en vous demandant vers quels horizons l’auteure va vous emporter, puis très vite, vous vous laissez simplement porter par sa plume envoûtante.

J’ai donc passé un excellent moment avec ces six nouvelles même si je confesse une nette préférence pour les trois premières histoires dont l’atmosphère possède définitivement un charme particulier mêlant lumière et ombre, terreur et espoir. Je vous propose donc de m’attarder plus particulièrement sur celles-ci en espérant vous donner envie de les dévorer.

Ayama and the Thorn Wood

Ayama, jeune femme peu gracile, vit dans l’ombre de sa sœur dont la grande beauté fait la fierté de ses parents. A l’image de Cendrillon, elle est alors traitée en domestique et est cantonnée aux basses besognes. Ses parents vont même jusqu’à la cacher au reste du monde. Le deuxième fils du roi, à l’apparence quelque peu animalière, est condamné, quant à lui, à vivre dans un labyrinthe. Il arrivera heureusement à s’échapper et à trouver refuge dans une forêt. Par un concours de circonstances, la route de ces deux laissés-pour-compte va se croiser.

J’ai été dégoûtée si ce n’est courroucée par le comportement de la famille des deux protagonistes. Le roi, malgré ses moyens financiers, n’a jamais tenté d’élever son fils faisant fi de son apparence. Quant à la reine, elle ne semble pas s’être opposée à sa décision d’envoyer son fils dans un labyrinthe. Un bel exemple d’amour parental en somme ! Même son de cloche du côté de la famille d’Ayama.  Sa sœur n’est pas méchante et semble d’ailleurs apprécier sa cadette, mais j’ai trouvé qu’elle ne l’aidait pas vraiment à sortir de sa place de domestique. Alors elle aime sa sœur, mais bon, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui fait toutes les corvées pour que vous puissiez vous faire belle en vue d’attirer un prétendant, fortuné si possible. De manière encore plus frappante, les parents d’Ayama se montrent ignobles en condamnant leur deuxième fille sur le seul critère du physique. Quant à la grand-mère, elle n’apparaît pas bien plus sympathique à moins, évidemment, qu’elle ne cache bien son jeu… Mais pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

J’ai quelque peu regretté la passivité d’Amaya qui se laisse traiter comme une esclave sans se rebeller. Je l’ai néanmoins trouvée très courageuse puisqu’elle finit par accepter une épreuve, potentiellement mortelle, afin de gagner un peu de liberté. J’ai également adoré sa manière de se sortir de toutes les difficultés qui se dressent devant elle montrant ainsi toute l’étendue de son intelligence et de sa débrouillardise. Elle se révèle en outre émouvante durant les scènes où elle trouve enfin une oreille attentive alors qu’elle était jusqu’alors condamnée au silence.  A la manière des contes des Mille et Une Nuits, elle saura d’ailleurs utiliser sa voix comme une arme ou plutôt comme un moyen de gagner la paix et de se réapproprier sa vie. Un joli pied de nez à sa famille ! Il est juste dommage que la fin soit un peu trop lisse à mon goût…

The too-clever fox

Koja, renard de son état, n’est pas beau, mais il a pour lui sa grande intelligence et sa ruse, deux atouts qui vont lui permettre de se sortir de situations dangereuses. Un jour, sa route va croiser celle d’un chasseur et de sa très jolie sœur…

Adorant les récits où la parole est donnée aux animaux, j’ai dévoré cette histoire d’autant que l’auteure a su exploiter l’image classique que l’on peut avoir du renard dans la littérature, à savoir un animal rusé ayant du bagout. Si vous n’en avez pas cette image, filez alors vite lire le Roman de Renart ou la célèbre fable de La fontaine, Le corbeau et le renard. Koja joue de son intelligence pour se sortir de situations tendues ou transformer un prédateur en ami. Au fil des pages, on s’attache donc à ce renard qui a l’art et la manière de survivre malgré les obstacles qu’il rencontre. On le voit toutefois, petit à petit, prendre un peu trop confiance en lui au point de se transformer en fanfaron. Son excès de confiance lui sera malheureusement préjudiciable quand il rencontrera un ennemi dont la fourberie dépassera de loin son intelligence. Le lecteur sent poindre le danger, l’ambiance se faisant de plus en plus pesante. Il ne peut donc que ressentir une certaine angoisse devant un Koja presque hypnotisé par sa nouvelle et charmante amie alors qu’une menace se profile. On tremble pour lui et on croise très fort les doigts pour que sa célèbre intelligence lui permette une nouvelle fois de survivre. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré le retournement de situation même si je l’avais deviné ayant vu l’illustration finale du conte qui l’explicite clairement.

The witch of Duva

Nadya vit avec son père qui finira par prendre une deuxième femme, Karina, après la mort de sa femme. La jeune fille en est certaine, Karina, loin d’être une femme aimante, est une sorcière qui a envoûté son père et qui est prête à tout pour se débarrasser d’elle. Sinon, comment expliquer son comportement odieux envers elle et la manière dont elle met sa vie en danger en lui demandant d’aller dans la forêt alors que ne cessent de disparaître des filles du village ? C’est décidé, Nadya doit faire quelque chose pour sauver son père de ce monstre et retrouver sa vie d’avant !

L’auteure revisite de manière originale le conte d’Hansel et Gretel en lui insufflant quelques notes du mythe de Baba Yaga.  Page après page, elle s’évertue à créer une ambiance angoissante avec cette impression de danger qui rôde et qui peut frapper à tout instant, que ce soit dans la forêt ou dans le propre foyer de l’héroïne. Comme elle, on en vient à être en permanence sur le qui-vive guettant les actions de Karina afin d’y déceler des signes de sorcellerie ou des preuves qui la lieraient d’une manière ou d’une autre à toutes les disparitions. Et ce n’est pas le départ de Nadya et son séjour chez une sorcière qui vont faire cesser notre angoisse. Méchante sorcière qui aide la jeune fille avant de la dévorer ou gentille sorcière qui veut simplement l’aider ? Une question qui ne pourra que vous tarauder.

En plus d’une ambiance angoissante, voire étouffante, ce qui fait la richesse de cette histoire est sa fin qui m’a laissée complètement pantoise. C’est le genre de final, digne d’un bon scénario de film d’horreur, dont on se souvient longtemps. Il y a un côté gore et tellement dérangeant, car très imagé, que j’ai relu deux fois les dernières pages pour être certaine d’avoir tout compris. Et pas de doute, l’esprit de Leigh Bardugo est tortueux !

En conclusion, l’auteure nous offre six histoires envoûtantes qui sentent bon les contes d’antan et qui vous feront passer de délicieux moments de frissons et d’angoisse. Si vous aimez les Frères Grimm et tous ces autres conteurs qui ont donné leur lettre de noblesse à ce genre, The Language of Thorns est un livre qui devrait vous ravir.

Découvrez l’avis du Tanuki.

The Five Orange Pips, Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc retrouver, chaque mois, nos avis respectifs sur un roman ou une nouvelle de l’auteur.


C’est à la nouvelle The Five Orange Pips (Les cinq pépins d’orange) que Florence, June et moi nous attaquons ce mois-ci. Comme à chaque fois, vous pouvez la télécharger gratuitement sur le net.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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John Openshaw visits Baker Street to consult Sherlock Holmes as to the mysterious deaths of both his uncle and father upon the arrival of letters containing five dried orange pips and bearing the mark ‘K.K.K.’. The young gentleman further relates that he too has received a similar envelope with instructions to surrender some papers. Holmes quickly deduces that his client faces imminent danger from a secret society in America.

AVIS

Un soir de tempête, John Openshaw, un jeune homme plutôt bien apprêté, vient s’entretenir avec Sherlock Holmes d’un problème qui le ronge. C’est ainsi que Watson, profitant du voyage de sa femme pour passer quelques jours chez son ami, et Sherlock découvrent l’étrange « malédiction » qui semble peser sur la famille Openshaw. Malédiction plutôt sérieuse puisqu’elle a déjà entraîné la mort de l’oncle et du père du jeune homme. Mais le point qui interpelle Sherlock est que, peu de temps avant de passer l’arme à gauche, les deux hommes ont reçu une enveloppe contenant cinq pépins d’orange, une phrase sibylline et le sigle K.K.K… Et malheureusement pour lui, John a reçu le même genre d’enveloppe/avertissement.

Cette nouvelle fait une trentaine de pages ce qui ne nous laisse pas vraiment le temps de nous attacher au jeune homme. Et, pourtant, au fur et à mesure de son récit, je n’ai pas pu empêcher une boule d’angoisse se former au creux de mon estomac. Connaître le danger encouru par John m’a vraiment angoissée un peu comme si le personnage était réel et faisait partie de mes connaissances. Cette angoisse a été renforcée par le fait qu’Arthur Conan Doyle a particulièrement soigné l’atmosphère de sa nouvelle. La tempête extérieure semble ainsi faire écho à celle vécue par le jeune homme voire, plus tard dans le récit, à la tempête intérieure de Sherlock face au décès de son client. Car oui, comme l’avait craint Sherlock prévenu trop tard de ce mystérieux cas, John Openshaw va périr malgré sa tentative de le sauver. Situation que le célèbre détective va avoir du mal à vivre.

L’histoire de l’enveloppe et de son étrange contenu est intéressante et assez mystérieuse, mais l’enquête est finalement très vite bouclée et ne permet pas à Sherlock de briller ni de montrer l’étendue de son talent. Son intérêt réside ailleurs ! En effet ce qui est vraiment captivant dans cette nouvelle, c’est de voir se fendre le masque d’impassibilité de Sherlock. Même s’il prétexte une blessure d’orgueil, la mort de John alors que ce dernier était venu lui demander son aide va vraiment l’affecter au point de le pousser à vouloir obtenir vengeance. Et cette envie de se venger le rend très très humain… Je crois que cette nouvelle est d’ailleurs celle où je me suis sentie le plus proche du détective. J’ai complètement compris sa colère face à la mort de son client, son sentiment d’échec et son envie de punir les coupables.

Quant à la fin, j’avouerai qu’elle m’a laissé un goût assez amer avec un sentiment désobligeant d’inachevé. En effet, Sir Arthur Conan Doyle joue avec les nerfs de ses lecteurs en proposant une fin qui laisse planer le doute. Pour ma part, j’ai préféré considérer que les meurtriers ont été, d’une certaine manière, punis pour leurs crimes. J’aurais préféré qu’ils soient jugés en bonne et due forme, mais je me contenterai d’une punition à l’aura presque divine.  Enfin, si je comprends que le Klu Klux Klan, organisation regroupant des personnes à l’intellect plutôt limité prônant la « suprématie de la race blanche », ne soit pas le vrai enjeu de cette nouvelle, j’aurais néanmoins aimé qu’elle soit un peu plus exploitée… J’ai, en revanche, apprécié la ferme condamnation de cette organisation par l’auteur.

En conclusion, désacralisé dans une enquête où il n’a pas eu vraiment besoin de mettre en œuvre sa capacité d’analyse, et rendu humain par les émotions qu’il exprime, Sherlock se révèle ici assez proche du commun des mortels. Une nouvelle vision du célèbre détective qui a rendu, pour ma part, la lecture de cette nouvelle passionnante et passionnée.

DÉCOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

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A case of identity, Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).


 

RÉSUMÉ

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The story revolves around the case of Miss Mary Sutherland, a woman with a substantial income from the interest on a fund set up for her. She is engaged to a quiet Londoner who has recently disappeared. Sherlock Holmes’s detective powers are barely challenged as this turns out to be quite an elementary case for him, much as it puzzles Watson.

The fiancé, Mr. Hosmer Angel, is a peculiar character, rather quiet, and rather secretive about his life. Miss Sutherland only knows that he works in an office in Leadenhall Street, but nothing more specific than that. All his letters to her are typewritten, even the signature, and he insists that she write back to him through the local Post Office. The climax of the sad liaison comes when Mr. Angel abandons Miss Sutherland at the altar on their wedding day

 

AVIS

Dans cette petite nouvelle, nous retrouvons avec plaisir Sherlock Holmes et Watson qui vont faire face au cas de Mary Sutherland. Cette femme est venue consulter le célèbre détective pour une affaire de cœur dont l’issue étrange l’a laissée dans un profond désarroi. En effet, son fiancé, un homme de nature très discrète si ce n’est secrète, a disparu le jour de son mariage ! Contre l’avis de sa famille, elle est donc bien décidée à faire la lumière sur cette histoire et à retrouver son bien-aimé.

Sherlock Holmes va résoudre le mystère autour de cette histoire sans quitter son domicile. Le témoignage de sa cliente et quelques lettres, dont une qu’il va obtenir à l’aide d’un petit stratagème, vont en effet lui suffire pour dénouer le fil d’une histoire qui, même pour le lecteur, n’est pas d’un abord très complexe.

Seul Watson, fidèle à lui-même, ne semble pas capable de saisir les tenants et aboutissants du cas par lui-même. Mais tant mieux puisque cela offre l’opportunité à Sherlock Holmes de détailler son raisonnement et de nous impressionner par son sens de l’observation et de la déduction toujours aussi affûté. Si j’ai assez vite saisi une bonne partie de l’intrigue, j’ai été de nouveau bluffée par la multitude de détails observés par Sherlock. Pressée de connaître le dénouement et de confirmer ou infirmer mon hypothèse, je suis passée à côté de certains détails qui donnent pourtant tout le piquant à l’histoire.

Quant à Mary, on pourrait s’étonner de sa naïveté voire s’en agacer un peu, mais ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ? Et puis, au fil de la conversation, on sent parfaitement son besoin de s’échapper d’un cocon familial plus qu’étouffant et de se créer ses propres relations. On ne peut qu’espérer que la prochaine fois, elle s’y prendra un peu mieux en n’accordant pas sa confiance et son amour à un individu rencontré deux fois et dont elle n’ignore presque tout…

Malgré cette naïveté amoureuse qui m’a quand même parfois agacée, je l’ai trouvée très touchante. J’ai, en outre, apprécié sa volonté d’indépendance qui passe notamment par son travail et une tentative de défier l’autorité de ses « parents » ; tentative qui sera utilisée de manière complètement abjecte contre elle. Son aveuglement face à la disparition de son fiancé m’a donc fait de la peine.

D’ailleurs, même Sherlock, qui n’est pourtant pas le plus sensible des hommes, semble réticent à la mettre devant la cruelle vérité. J’avoue que sur ce point, je suis assez mitigée, je comprends l’idée de « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire », mais j’ai la désagréable impression que l’idée dans cette nouvelle serait plutôt « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire aux femmes qui ne sont pas capables d’y faire face ». J’avoue néanmoins que la personnalité de Mary et son aveuglement face à la situation peuvent expliquer le choix de Sherlock. Mais quoiqu’il en soit, il ne semble pas y avoir de happy end possible pour Mary. Mise au courant de la vérité, le sentiment de trahison risque d’être très dur à encaisser et laissée dans le mensonge, sa vie amoureuse s’en verra bouleversée pendant de très longues années.

Ceci ajouté au fait que le justice ne soit pas rendue m’ont quelque peu frustrée en me laissant un goût d’inachevé. C’est peut-être mon côté idéaliste qui parle.

En conclusion, en nous plongeant dans un huis clos assez intimiste, Arthur Conan Doyle nous offre une histoire agréable à lire bien que les fils de son intrigue soit assez faciles à dénouer. Nous prenons de nouveau plaisir à nous émerveiller devant les talents d’observation et de déduction de Sherlock Holmes. Et nous le découvrons, pour la première fois, dans une situation où il est prêt à ne pas donner satisfaction à sa cliente afin de la préserver. Que l’on soit d’accord ou non avec ce choix, c’est une facette du personnage que l’on ne connaissait pas.

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

The Red-Headed League (La Ligue des rouquins), Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).

The Red-Headed League est la deuxième nouvelle du recueil des aventures de SHerlock Holmes

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Jabez Wilson, a London pawnbroker, consults with Sherlock Holmes. While studying his client, both Holmes and Watson notice his red hair. Wilson tells them an intriguing but odd story – just what Holmes had been looking for! All the client seems to be concerned with is his loss of £4 a week; but Holmes sees an intriguing diversion for himself! Holmes enlists the services of his companion Dr. Watson, when things look like they might get dangerous, as Holmes finds himself on the trail of one of the most insidious criminals in all of London!

AVIS

Il semblerait que notre chez Watson ait le chic pour tomber au bon moment puisque, de nouveau, il rend visite à Sherlock Holmes alors que ce dernier reçoit un client, Jabez Wilson. D’apparence banale, ce prêteur sur gages se distingue néanmoins par sa crinière de feu qui, en plus d’attirer le regard, l’a conduit à vivre une bien étrange expérience.

En effet, encouragé par son assistant Vincent Spaulding, M. Wilson a postulé et obtenu un poste en or au sein de la très mystérieuse Ligue des rouquins. Payé grassement, son seul travail était de recopier, pendant quatre heures par jour et sans jamais quitter son poste, l’Encyclopaedia Britannica. Très satisfait de la situation, notre client se retrouva donc fort dépourvu quand la fin brutale et inexpliquée de cette expérience fut venue.

Malgré le sérieux du client qui est désemparé face à la perte de ce gagne-pain providentiel, il est difficile de ne pas hurler de rire, à l’instar du duo, devant le burlesque de la situation d’autant qu’Arthur Conan Doyle ne ménage pas les effets comiques. Je me suis ainsi beaucoup amusée durant ma lecture.

Mais on comprend très vite qu’au-delà l’aspect désopilant du cas, il y a anguille sous roche : une ligue au nom des plus étranges, un travail trop beau pour être vrai, un assistant trop parfait dont le seul défaut est une passion illimitée pour la photo…  Ce sont tout autant d’éléments qui ne peuvent que mettre en éveil les sens du célèbre détective.

Néanmoins, je n’ai pas partagé l’avis de Sherlock sur le côté extraordinairement bizarre de cette affaire. Elle est certes très intrigante, mais les ficelles sont assez grosses pour qu’une partie soit rapidement compréhensible par le commun des lecteurs. Il se peut néanmoins que pour l’époque, l’histoire sorte réellement des sentiers battus.

Cela ne m’a pas empêchée de passer un excellent moment. J‘ai ainsi adoré voir l’enthousiasme très enfantin de Sherlock pour ce cas qui ne ressemble à aucune des affaires qu’il a traitées ou étudiées. Et, j’ai pris plaisir à suivre les pensées de Watson, ses questions légitimes et ses doutes.

Comme à l’accoutumée, notre docteur est en effet à la traîne n’ayant pas réussi à démêler les fils de l’intrigue. Il faudra donc attendre que Sherlock lui en explique les tenants et aboutissants pour qu’il saisisse l’ingéniosité du plan sans oublier, évidemment, d’en profiter pour s’extasier sur les capacités de déduction de son ami.

Je dois avouer que j’ai également bénéficié des lumières de Sherlock n’ayant pas non plus réussi à faire toute la lumière sur l’affaire. Et c’est frustrant, car une fois expliqué, tout semble si simple. Mais n’est pas Sherlock qui veut !

Enfin, j’ai beaucoup aimé  la complicité grandissante entre Sherlock et Watson. Sherlock semble quelque peu s’humaniser aux côtés de son ami ce qui le rend de plus en plus attachant.

En conclusion, The Red-Headed League offre un moment de divertissement agréable faisant passer les lecteurs du rire au questionnement. Sans être originale pour notre époque, cette nouvelle comprend néanmoins quelques zones d’ombre qui rendront la lecture, si ce n’est palpitante, divertissante.

Découvrez les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie

A Scandal in Bohemia : The adventures of Sherlock Holmes

Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).

Après A study in scarlet et The sign of four, c’est à la première nouvelle du recueil des aventures de Sherlock Holmes que nous nous attaquons : A Scandal in Bohemia.

PRÉSENTATION

To Sherlock Holmes she is always the woman. I have seldom heard him mention her under any other name. In his eyes she eclipses and predominates the whole of her sex.

In Sherlock Holmes’ first short story, he must face his most wily adversary yet—Irene Adler, “The Woman”.  Contracted by a Bohemian king to retrieve a series of compromising photographs ahead of the royal wedding, Holmes is caught up in disguises, bluffs, marriages, double bluffs, smoke alarms and heartbreak.  To this supposedly heartless detective, Irene Adler is in many ways the first and only love of Holmes’ we see in the whole canon, and for this reason the story is unmissable.

AVIS

Dans cette nouvelle, on retrouve le Docteur Watson qui, après son mariage avec Mary, semble s’être éloigné de notre célèbre détective. Heureusement, Sherlock va profiter d’une visite improvisée de celui-ci pour l’impliquer dans sa nouvelle enquête.

Un personnage important de la noblesse européenne est ainsi venu requérir l’aide du détective afin de récupérer une série de photos compromettantes qu’une certaine Irène Adler a en sa possession et menace de divulguer.

Mon intérêt a tout de suite été éveillé à l’évocation d’Irène Adler, un personnage plutôt marquant que j’ai découvert dans la série télé. Sa personnalité hors norme et son intelligence ne laissent pas de marbre Sherlock Holmes qui finira d’ailleurs par la surnommer La femme. Le fait que ce soit l’une des rares personnes à être capable de rivaliser avec ce dernier ne doit pas être étranger à l’intérêt qu’il lui porte et au pouvoir d’attraction qu’elle semble exercer sur lui.

J’ai admiré la capacité de cette femme à toujours avoir une longueur d’avance sur tout le monde, y compris Sherlock, et à se sortir des situations les plus inextricables. C’est assurément l’un des personnages les plus complexes et intrigants qu’il m’ait été donné de rencontrer. J’aimerais la voir apparaître régulièrement, sa présence étant synonyme de retournements de situation palpitants et surprenants.

Avec cette nouvelle, j’ai retrouvé l’humour qui m’avait manqué dans The Sign of Four. Plusieurs semaines après ma lecture, je me souviens d’ailleurs d’une scène mémorable où notre génie de la déduction s’est transformé en génie du déguisement. J’ai adoré l’aspect comique de la situation tout comme la détermination de Sherlock qui ne recule devant rien, même pas le ridicule, pour résoudre une affaire.

La seule chose qui m’a un peu agacée, c’est une remarque que j’ai trouvée des plus sexistes puisque notre détective estime que seule une femme se ruerait vers ce qu’elle a de plus précieux en cas d’incendie. Du coup, je me demande ce que ferait un homme dans la même situation, il sauverait ses bières ? Le contexte de l’époque explique ce genre de propos, mais cela ne m’empêche pas de bondir. Après tout, je ne suis qu’une femme…

En conclusion, j’ai apprécié cette première nouvelle qui permet aux lecteurs de faire connaissance avec une femme des plus intéressantes, Irène Adler. Si elle fait perdre la tête aux hommes par sa beauté, c’est grâce à son intelligence qu’elle semble atteindre Sherlock Holmes. C’est une adversaire qui semble tailler pour notre détective, mais pouvait-on en attendre moins de la part de La femme ?

« To Sherlock Holmes she is always the woman »

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A Study in Scarlet, Sir Arthur Conan Doyle

Avec Florence du blog Satoru Kudo, nous avions décidé de lire, en lecture commune, l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes en commençant par A Study in Scarlet ou Une étude en rouge dans sa version française. Une troisième lectrice, grande admiratrice du célèbre détective, s’est jointe à nous : la célèbre June du blog June & Cie.

June et moi avons lu le livre en anglais et Florence en français. Le niveau de langue m’a semblé accessible même si un dictionnaire s’est révélé utile notamment dans la deuxième partie. Si vous en avez la possibilité, je ne peux que vous conseiller fortement de faire l’effort de lire dans la langue de Shakespeare.

NB : vous pouvez télécharger gratuitement et légalement A Study in Scarlet ou les aventures complètes de Sherlock Holmes sur Internet. Je l’ai personnellement fait, mon intégrale de Sherlock Holmes étant bien trop lourde et précieuse à mes yeux pour la trimballer de partout.

RÉSUMÉ

When Dr John Watson takes rooms in Baker Street with amateur detective Sherlock Holmes, he has no idea that he is about to enter a shadowy world of criminality and violence.

Accompanying Holmes to an ill-omened house in south London, Watson is startled to find a dead man whose face is contorted in a rictus of horror. There is no mark of violence on the body yet a single word is written on the wall in blood. Dr Watson is as baffled as the police, but Holmes’s brilliant analytical skills soon uncover a trail of murder, revenge and lost love . . .

AVIS

Le livre est divisé en deux parties. La première nous permet de faire connaissance de Sherlock Holmes et du docteur Watson qui vont avoir l’occasion de travailler sur la résolution d’un meurtre. La deuxième partie nous offre une plongée dans une toute autre histoire, enfin en apparence. Vous découvrirez par vous-même et, je l’espère, avec plaisir comment ces deux intrigues sont bel et bien connectées.

La deuxième partie m’a quelque peu surprise puisqu’il n’y est quasiment pas question du célèbre détective et de son acolyte. Le style de narration qui tranche avec celui de la première partie ainsi que les changements de lieu et de temps m’ont même, pendant quelques instants, donné l’impression d’avoir affaire à une tout autre histoire ou d’avoir raté un point important de l’intrigue. Il m’a fallu voir le nom de la victime pour être rassurée…

J’ai mis un peu de temps à entrer dans la deuxième partie qui se révèle d’ailleurs, du point de vue de l’anglais, un petit peu plus difficile à comprendre, des passages descriptifs étant présents. Cependant, une fois que je me suis plongée dans l’histoire, je n’ai pas décollé les yeux du livre impatiente de découvrir comment l’auteur allait réussir à faire le lien entre les deux intrigues. J’ai ainsi adoré sa manière de dérouler le fil de l’histoire et de ménager un certain suspense. Il est vrai que l’on comprend, avant la fin, les tenants et aboutissants du meurtre, mais cela ne nuit en rien au plaisir que l’on ressent à « écouter » Sherlock Holmes expliquer le raisonnement lui ayant permis de résoudre son enquête.

J’avais lu un manga dans lequel était narrée la rencontre entre Sherlock Holmes et le Docteur Watson, mais j’ai néanmoins apprécié de redécouvrir la rencontre entre les deux membres de ce duo, à première vue, plutôt atypique. Nous découvrons l’histoire du point de vue du Docteur Watson qui ici, il faut bien l’avouer, sert plus ou moins de faire-valoir. Je n’ai pas trouvé qu’il était indispensable en dehors de son rôle de narrateur, mais j’ai aimé m’extasier avec lui des prouesses de son nouvel ami et colocataire. Il faut dire que les méthodes de travail de Sherlock Holmes sont, pour l’époque, des plus innovantes et que la personnalité du personnage ainsi que son extraordinaire sens de l’observation et de l’analyse contribuent à le rendre fascinant.

Alors que dans la vraie vie, l’auto-suffisance du célèbre Sherlock Holmes aurait eu tendance à m’agacer, je dois dire qu’ici, cela ne me gêne pas et que ce trait de caractère le rend même presque attachant. J’ai ainsi pris plaisir à le voir exulter de ses découvertes et de sa « victoire » contre les deux autres célèbres détectives chargés officiellement de l’enquête. La compétition entre ces personnages a un côté tellement enfantin qu’elle en devient amusante ou suscite, du moins, une certaine indulgence de la part du lecteur.

Enfin, j’ai retrouvé dans ce roman certaines similitudes avec Le mystère de la chambre de jaune de Gaston Leroux ce qui n’est pas étonnant si l’on rappelle que l’auteur s’était inspiré d’Arthur Conan Doyle qui lui-même s’était inspiré du chevalier Auguste Dupin, personnage d’Edgar Allan Poe. J’ai donc parfois eu le sentiment d’être en terrain connu notamment au niveau du style de narration et de la personnalité de Sherlock Holmes qui présente quelques points communs avec celle de Rouletabille (même confiance en soi, sens aigu de l’observation et d’analyse, esprit de compétition…). Heureusement, les différences entre les deux détectives et les deux histoires demeurent assez nombreuses pour que cela ne soit pas gênant.

En conclusion, si vous aimez les intrigues policières et souhaitez découvrir ou redécouvrir le célèbre duo Sherlock Holmes/ Watson, je ne peux que vous recommander de vous plonger rapidement dans A Study in Scarlet. Le suspense n’est pas intenable, mais les méthodes de travail de Sherlock Holmes, sa personnalité et la relation entre les deux protagonistes rendent la lecture prenante. Ce premier roman introductif m’a plus que jamais donné envie de lire la suite des aventures du plus célèbre détective de la planète.

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

The Exsanguinist, R.N. Morris (Paper Planes), lecture VO

index

Je vous avais déjà parlé de mon inscription au challenge des langues avec  une forte envie de reprendre la lecture en anglais et en italien. Après une première lecture en italien, je me suis attelée à l’anglais.

Malgré une PAL dans la langue de Shakespeare qui contient quelques titres, je suis allée fouiner en bibliothèque avant de tomber sur un livre de la Collection Paper Planes des Éditons Didier.

J’avais découvert cette collection sur le net et appréciant son concept, je m’étais promis de tester l’un des titres. C’est maintenant fait avec The Exsanguinist de R.N. Morris.

Vous pouvez feuilleter le livre gratuitement sur le site de Paper Places, l’acheter ou encore télécharger gratuitement la version audio si vous possédez le format papier.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » London, 1914. A killer is at liberty in the dark alleys of the city. The cadavers of his victims all have one thing in common : there is no blood in their bodies. As the Exsanguinist’s reign of terror continues, Detective Silas Quinn finds his suspicions focussing on the members of an exclusive gentleman’s club… »

  • Poche: 96 pages
  • Editeur : Didier (23 juin 2010)
  • Collection : Paper Planes
  • Prix : 8€

AVIS

Le niveau d’anglais…

La pari de Paper Planes de rendre accessible la littérature anglaise contemporaine aux lectures francophones me semble plutôt réussi. J’ai bien sûr été confrontée à des mots que je ne connaissais pas mais il n’est pas du tout nécessaire d’interrompre sa lecture pour en trouver la signification. Le contexte étant clair, le nombre de personnages et les lieux de l’action limités, tout se devine aisément.

Maintenant que j’ai terminé ma lecture, je vais procéder à un « survolage » du texte pour noter les mots que je ne connais pas de manière à enrichir mon vocabulaire. Mais c’est une étape qui est tout à fait accessoire.

L’histoire…

The Exsanguinist est une enquête policière mettant en scène le détective Silas Quinn. Celui-ci tente de débusquer la personne, ou plutôt le monstre, qui se cache derrière le meurtrier qui sévit à Londres en cette année 1914. Cela n’est pas sans rappeler un certain Jacques l’éventreur sauf qu’ici notre serial-killer a la particularité de vider ses victimes de leur sang… Vous verrez que la raison de cette abomination est somme toute surprenante.

A noter que la dernière partie tend à me faire déconseiller ce livre aux âmes trop sensibles. Souffrant d’hématophobie (peur irrationnelle du sang), j’ai fini par faire un malaise vagal preuve que les quelques scènes un peu crues sont plutôt bien décrites.

Les fan d’Oscar Wilde seront sûrement ravis de découvrir les quelques citations de l’écrivain qui jalonnent le livre mais également les références à ce dernier. Pour les autres, ce sera un moyen de faire sa connaissance, même si ce n’est que brièvement, et d’améliorer sa culture littéraire.

« From what I understand, Oscar Wilde hoped to turn his life into a work of art. It appears that the Exsanguinist hopes to do the same with death. »

LA MAISON D’ÉDITION PAPER PLANES : la littérature anglaise contemporaine à la portée de tous

 » Paper Planes s’adresse à tous ceux qui prennent plaisir à lire une bonne histoire. Nous vous proposons un concept inédit : une littérature anglaise contemporaine accessible à des lecteurs francophones. Quand vous lisez ces romans en anglais, nul besoin de comprendre chaque mot. Détendez-vous, poursuivez votre lecture, et laissez les auteurs vous emmener en voyage… »

Parmi la collection, vous trouvez des thrillers, des fictions historiques, des livres d’humour et du fantastique. J’ai commencé avec un thriller mais je n’hésiterai pas à tester les autres genres.

MA NOTE : 3,5/5

En résumé, The Exsanguinist est une enquête policière qui se lit rapidement. Je ne lui ai pas trouvé un suspens haletant sûrement en raison de son nombre limité de pages. Néanmoins, j’ai beaucoup apprécié ma lecture car facile à parcourir tout en étant intéressante, elle s’est révélée un moyen très agréable de travailler mon anglais.

En quelques mots, si vous aimez les thrillers et que vous voulez joindre l’utile à l’agréable, The Exsanguinist est fait pour vous.

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Leggere come i sogni (Zouck), Pierre Bottero (Lecture VO)

PB

Leggere come i sogni de Pierre Bottero est la version traduite en italien de son livre Zouck. J’avais décidé de lire cet ouvrage dans le cadre du Big challenge Livraddict.

Ayant perdu l’édition française que je possédais, j’ai préféré me tourner vers l’édition italienne de manière à avancer dans mon challenge des langues.

AVIS

Commençons par le niveau d’italien…

Pendant ma scolarité, j’avais un assez bon niveau d’italien mais le manque de pratique de la langue a occasionné quelques dégâts… Heureusement, Leggere come i sogni est un roman jeunesse qui s’avère plutôt accessible. Je n’ai pas forcément compris chaque mot mais le contexte aidant, j’ai pu suivre sans problème le fil de l’histoire.

A titre indicatif, je l’ai lu en deux fois en un peu plus de deux heures. Si l’on désire renouer avec l’italien, cet ouvrage me semble donc être un bon début. Je prévois une relecture avec cette fois-ci un dictionnaire et un petit carnet pour enrichir mon vocabulaire et revoir mes conjugaisons. En effet, même si c’est un roman jeunesse, l’auteur ne se cantonne pas au présent et au passé composé.

L’histoire…

Je me suis assez vite attachée à Zouck que l’on apprend à découvrir tout au long du roman. Menant une vie équilibrée, son existence tournait autour de trois choses : une vie de famille banale avec des parents soudés, une petite sœur horripilante, des dîners familiaux autour des sempiternelles questions sur le déroulement de la journée à l’école…, sa meilleure amie et la danse. Une vie ordinaire de lycéenne en somme !

Puis, des éléments perturbateurs vont progressivement venir bousculer l’ordre établi. Il y a d’abord la nouvelle relation amoureuse de sa meilleure amie avec un quadragénaire rencontré sur Internet. J’ai trouvé que cette relation aurait d’ailleurs mérité d’être un peu plus développée. Abordée superficiellement, elle donne presque l’impression qu’une relation amoureuse entre une lycéenne et un homme de 40 ans est une chose normale. Au-delà de son aspect dérangeant, cette relation va progressivement éloigner Maiwenn et Zouck l’une de l’autre à un moment de leur vie où leur amitié leur est plus que jamais indispensable…

Le deuxième élément à noter survient quand Zouck entend une conversation entre sa prof de danse et une sommité en la matière sur son poids trop important pour lui permettre d’espérer rentrer un jour à l’Opéra. On comprend immédiatement les dégâts que cette conversation va engendrer sur notre héroïne notamment si l’on se rappelle que maigrir faisait déjà partie des choses qu’elle souhaitait réaliser.

A travers ce livre, Pierre Bottero a su monter qu’une parole presque anodine peut avoir de lourdes conséquences sur des personnes, pas encore adultes mais plus enfants, qui sont en pleine phase de construction. L’anorexie est abordée assez superficiellement (pas de scènes choc, de détails superflus…) ce qui peut s’expliquer par le fait que nous sommes face à un livre jeunesse. Malgré cela, on suit parfaitement l’enchaînement qui va conduire Zouck à se priver de nourriture, les dangers de  ce comportement sur sa santé, l’impuissance de son entourage, la souffrance qui se cache derrière l’anorexie…

Les lecteurs, témoin de la maladie de Zouck, ne peuvent être que touchés par sa fragilité mais également par son envie de s’en sortir. Les pages défilent rapidement car on a envie de savoir ce qui va arriver à Zouck, on se surprend à craindre le pire et à espérer le meilleur : son entière guérison. Sans pathos excessif, l’auteur a ainsi su me toucher autant par la personnalité de son personnage principal que par sa plume.

MA NOTE : 4/5

En résumé, je craignais de ne pas accrocher à l’histoire, la danse ne m’intéressant pas outre mesure. Heureusement, même si cette activité est la passion de Zouck, le roman ne lui ai pas consacré. Il parle plutôt de l’engrenage qui va conduire une jeune fille des plus ordinaires vers la spirale des troubles alimentaires et plus particulièrement, de l’anorexie.

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