Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Mini-chroniques en pagaille #14

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Le voleur de souhaits de Loïc Clément et Bertrand Gatignol, Delcourt éditions :

Couverture Le voleur de souhaits« Chaque éternuement d’autrui est pour Félix une occasion de prouver son originalité. Alors que toute personne bien élevée est censée accompagner l’éternuement de quelqu’un d’un « à vos souhaits » bien à propos, Félix, lui, modifie la formule à son profit par un subtil « à MES souhaits ». Et pour peu qu’il en soit remercié, il s’approprie le souhait en le capturant dans un de ses innombrables bocaux. »

Voici une très jolie histoire qui nous lance sur les pas d’un garçon ayant une capacité assez spéciale et qui fait quelque peu rêver : il peut, sous certaines conditions, capturer les souhaits des gens qui éternuent devant lui ! Quand certains garnissent leur bibliothèque de livres, il préfère donc garnir ses étagères de tous ces souhaits capturés et mis précautionneusement en bocaux.

Mais est-ce que son immense collection lui apporte vraiment le bonheur ? À trop se focaliser sur les souhaits des autres, sait-il vraiment quels sont les siens ? Des questions qui sont abordées ici avec beaucoup de poésie, de douceur, de tendresse et de sensibilité. Grâce à une rencontre et à un voyage autant physique qu’intérieur, notre jeune homme va évoluer jusqu’à découvrir sa vérité…. Je n’en dirai pas plus sur le récit que je vous invite plutôt à découvrir par vous-mêmes, mais ce qui est certain, c’est qu’il devrait vous mettre des étoiles plein les yeux et vous pousser à réfléchir à votre propre notion du bonheur.

Quant à la forme, je n’ai pas été séduite outre mesure. Si j’ai apprécié la rondeur des traits et l’expressivité des regards, il m’a néanmoins manqué un peu de finesse… La mise en couleur est également assez terne ce qui crée un décalage déstabilisant avec la narration qui, à l’inverse, se veut puissante. J’ai toutefois trouvé que cette colorisation sans extravagance facilitait pleinement l’immersion dans la vie de ce jeune homme qui vit, durant une partie du récit, à travers les souhaits des autres.

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  • La confrérie des Lions Blancs tome 1 et 2 de Natsuko Takahashi, Komikku éditions :

Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 1Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 2

« Il ne peut y avoir qu’un seul chevalier blanc…
Un dyptique au tracé impeccable dans un univers original, fantasy et contemporain, d’une école de chevaliers.
Quatre jeunes adolescents avec une personnalité bien différente se rencontrent dans une école de chevaliers. Fun, aventures, rêves, accomplissements et échecs régissent leur vie. »

L’auteur nous plonge d’emblée dans une école de chevaliers avec son lot d’entraînements, de duels, de joutes, mais aussi de rivalités et d’amitié. Parmi tous les élèves, nous en suivons plus particulièrement certains dont Thomas Abel, un jeune homme qui force le respect par sa pugnacité et son envie de devenir un grand chevalier. Plutôt faible par rapport à ses camarades à son arrivée à l’école, il ne va jamais renoncer à son rêve et se démener pour l’atteindre. Quand ses amis se reposent et chahutent, il s’entraîne encore et encore quitte à susciter les moqueries…

Les personnages sont intéressants et diversifiés : aux côtés de Thomas et de son sérieux à toute épreuve, il y a l’élève brillant mais nonchalant, celui qui est également très doué, mais qui cache un secret, l’ami pas vraiment fait pour la chevalerie, mais qui apporte son charme au récit… J’ai juste un peu regretté que tous ces protagonistes ne soient pas exploités outre mesure, leur intérêt résidant avant tout dans leurs interactions avec Thomas.

Si le premier tome introduit les personnages et l’école au sein de laquelle ils évoluent, le second tome se veut un peu plus dur, les choses sérieuses commençant pour les personnages. Thomas va devoir faire ses preuves et, fidèle à lui-même, y mettra de tout son cœur malgré certains événements qui ne manqueront pas de le perturber… Les lecteurs devraient apprécier de voir l’évolution spectaculaire, mais réaliste, de ce jeune homme qui offre une jolie leçon sur l’espoir, la force des rêves et la nécessité de se donner les moyens de les atteindre.

Quant à l’univers, il se limite en grande partie à l’école, mais on ne ressent aucun ennui, l’immersion étant efficace et les entraînements/duels passionnants à découvrir. Si vous aimez les histoires de chevalerie, vous apprécierez probablement de découvrir « ses coulisses » et comment les heureux élus ont dû batailler contre leurs camarades, mais avant tout contre eux-mêmes, avant de devenir des chevaliers émérites !

  • Elma, une vie d’ours – tome 1 : Léa Mazé et Ingrid Chabbert, Dargaud :

Couverture Elma : Une vie d'ours, tome 1 : Le Grand Voyage

« Elma est une gamine joyeuse et insouciante élevée par un ours qu’elle considère comme son papa. Mais l’ours cache un secret : Elma est en fait la fille de Frigga, la mage du royaume. La légende raconte que seule la fille de Frigga pourra sauver le monde des eaux. Pour cela, sa mère doit la confier à la forêt et l’enfant devra y survivre 7 années. Si elle y parvient, leur monde sera sauvé et Elma pourra rejoindre sa mère et les siens de l’autre côté de la montagne… Comment l’annoncer à Elma qui aura bientôt 7 ans ? Comment se résigner à quitter cette gamine espiègle que l’ours considère comme sa fille ? »

 

C’est la couverture toute douce qui m’a donné envie de lire ce très bel ouvrage empli de poésie et de sensibilité. Nous faisons la connaissance d’un ours et d’Elma, une fillette qu’il a élevée comme si c’était la sienne. Se dégage dès les premières pages une très grande douceur, l’amour entre ces deux êtres étant flagrant ! Mais très vite, l’autrice introduit un certain suspense : Papa Ours décide de se lancer dans un voyage sans en dévoiler la raison à sa fille adoptive. Un secret qui attise bien évidemment la curiosité de la fillette tout comme celle du lecteur ! Durant le voyage, notre petite famille va rencontrer des obstacles qui n’ont rien de fortuit, et qui vont les mettre dans des situations périlleuses.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dont je lirai la suite avec plaisir. En plus du suspense et de la tension qui tiennent le lecteur en haleine, difficile de rester insensible face à la relation entre Elma et son Papa Ours. Malgré la différence d’espèce qui ici disparaît naturellement, on a vraiment l’impression d’être face à un papa poule et sa fille... Tous les deux se révèlent très attachants, l’ours dans sa volonté de protéger son enfant, et Elma dans sa personnalité tout en exubérance et bonne humeur.

À lire si vous aimez les jolies histoires et les récits d’aventures non dénués d’une certaine poésie.

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
En avez-vous lu certains ?

 

Reine d’Égypte, Chie Inudoh

J’ai lu ce manga dans le cadre du Challenge Lire en thème dont le thème du mois d’octobre est de lire un livre dont la couverture comporte un visage en gros plan.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hatchepsout, ou le combat d’une reine au temps des Pharaons !

C’est le début d’une nouvelle ère dans l’Égypte des Pharaons : le mariage de la jeune Hatchepsout et de son demi-frère Séthi fait de ce dernier l’héritier légitime du trône, sous le nom de Thoutmôsis II. Représentants des dieux sur terre, ils resplendissent sous leurs parures, et forment à première vue un couple parfait. Mais sous ses airs d’épouse idéale, Hatchepsout cache une colère profonde… Elle ne veut pas être simple reine, mais plutôt devenir pharaon elle-même, comme son guerrier de père ! Enfant, elle n’a cessé d’humilier Séthi au combat à l’épée, et elle est imbattable au tir à l’arc. Pourquoi ne serait-elle pas digne d’accéder au rang suprême, juste parce qu’elle est née femme ?
Pour Hatchepsout, c’est le début d’un combat pour s’affranchir des conventions ancestrales d’une des plus grandes civilisations du monde !

L’Égypte ancienne revisitée, à travers les yeux d’Hatchepsout, la première grande reine de l’histoire de l’humanité ! Reine d’Égypte n’est pas seulement un régal pour les yeux, c’est aussi une fresque historique minutieusement documentée sur le combat d’une femme trop libre pour son époque. Son charisme, son intelligence et sa volonté sans faille sont ses meilleurs atouts, mais suffiront-ils à provoquer une révolution au pays des dieux.

  • Broché: 190 pages
  • Editeur : Ki-oon (9 mars 2017)
  • Traduction : Fedoua Lamodiere
  • Prix : 7.90€

TRAILER

 

AVIS

Sur le papier, ce manga avait tout pour me plaire : une héroïne forte qui lutte pour se faire sa place dans l’Égypte ancienne. Et dans les faits, le plaisir pris à découvrir cette histoire fut total !

Le gros point fort de ce manga est Hatchepsout, jeune femme destinée à devenir reine d’Égypte quand elle aurait souhaité être pharaon. Cette héroïne porte à bout de bras l’intrigue tellement l’autrice a travaillé et façonné son personnage pour le rendre fascinant, pétillant, attachant et émouvant.

Hatchepsout n’a qu’un objectif dans la vie : s’affranchir des conventions et devenir pharaon afin de faire honneur à ce titre que son sexe ne lui permet hélas pas de revendiquer. Pour cela, elle n’hésitera pas à rompre avec l’image féminine que sa famille souhaiterait qu’elle donne, se comportant, selon le dire de ses servantes et de son demi-frère, en garçonne. Mais peu importe pour la future reine qui mise plutôt sur sa force que sur sa beauté. Et c’est ce qui fait son charme ! Que c’est plaisant de voir une jeune femme qui tente d’imposer sa propre personnalité à un entourage qui attend d’elle un total dévouement à son futur époux, son demi-frère Séthi.

Au fil du temps, on la voit néanmoins se conformer à l’image que l’on attend d’une future reine. Sous ses sourires, se dessine alors ce voile de tristesse qui viendra ternir et assombrir son regard. Mais Hatchepsout n’a pas renoncé à sa liberté !  Une fois devenue reine, elle continuera son combat pour lutter contre l’ordre social et les conventions d’autant que son demi-frère, devenu pharaon grâce à elle, ne semble aucunement mériter ce titre. Une injustice qui renforce l’envie de la reine de prendre la place de son demi-frère/mari.

Dès ma rencontre avec cette héroïne, j’ai admiré son audace et sa force de caractère qui m’ont émue et inspirée. La personnalité hors norme de cette femme qui lutte contre la société et ses préjugés m’a donné envie de me jeter sur la suite de la série. J’espère sincèrement que l’auteure continuera dans sa lignée en nous proposant des intrigues et des épreuves à la hauteur d’une grande reine qui mérite bien plus que ce titre.

Quant à Séthi, qui deviendra l’héritier légitime du trône sous le nom de Thoutmôsis II, il semble bien pâle au regard de la personnalité pleine d’exubérance de son épouse. Les illustrations le présentent d’ailleurs sous un jour peu flatteur : avec un regard niais à la limite du bovin, il n’inspire pas vraiment le respect. Facile donc de comprendre que Hatchepsout n’a pas envie de laisser son royaume aux mains d’un être manquant tellement de grandeur et d’une vision éclairée pour assurer la souveraineté de l’Égypte…

J’ai quelque peu regretté que Thoutmôsis n’ait pas plus de consistance dans ce tome puisqu’il ne m’a pas paru être un antagoniste à la hauteur de Hatchepsout . La jeune femme semble donc plus en prise contre ses doutes et les conventions sociales que contre son frère qui lui laisse une relative autonomie. Mais je ne doute pas que les rapports entre les deux personnages se complexifient par la suite…

J’ai décidé de centrer ma chronique sur son héroïne, car pour moi, c’est elle qui porte le manga et c’est la raison principale qui va me pousser à dévorer tous les tomes. Mais le manga ne manque pas d’autres atouts : le lieu de l’action avec cette Égypte qui fascine, des informations historiques qui sont distillées avec parcimonie et subtilité, de somptueux décors et bijoux/vêtements, des dessins d’une grande précision et de toute beauté, un récit rythmé, l’introduction d’un personnage assez mystérieux mais qui semble aussi avoir son caractère… Tous ces éléments contribuent à rendre ce manga immersif et envoûtant.

En résumé, Reine d’Égypte est un manga que je conseillerais à tout le monde tellement le travail réalisé par l’autrice sur son héroïne est remarquable. Si vous aimez les personnages forts avec leurs moments de doute, mais surtout une volonté de fer, vous allez adorer vous plonger dans cette aventure. Et puis, sans être une spécialiste de l’époque, l’autrice semble avoir fait un réel travail de recherche retranscrivant à merveille l’ambiance si particulière de l’Égypte ancienne. Un sens du réalisme qui donne une autre dimension à cette série !

Et vous, le manga vous intéresse ?
Retrouvez-le chez votre libraire ou sur Chapitre.com.

 

Re : Load – Tome 1, Takumaru SASAKI

MANGA RE:LOAD

Je remercie Lecteurs.com et les éditions Bamboo, à travers leur collection Doki Doki, pour m’avoir permis de découvrir le premier tome de la trilogie Re : Load de Takumaru Sasaki dans le cadre de l’opération Explorateur du polar.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un polar sans concession.

Ancien flic à la dérive, Shôkichi Inui a coupé les ponts avec l’humanité et perdu tout appétit de vivre. Une nuit, des coups de feu déchirent le silence de la nuit et réveillent ses vieux instincts… Sa rencontre avec Makoto donne un nouveau sens à sa vie : menacée par la pègre, cette petite fille a hérité des lourds secrets de son beau-père véreux. Personne n’échappe à son destin sanglant, surtout pas Inui, alias “ le chien enragé ”. Parviendra-t-il à se canaliser pour protéger cette fille, seule lueur d’espoir dans son monde violent et corrompu ?

  • Tankobon broché: 200 pages
  • Editeur : Bamboo (7 février 2018)
  • Collection : DOKI-DOKI

AVIS

Quand je pense thriller, je pense roman, mais avec ce premier tome, Takumaru Sasaki m’a prouvé que le genre pouvait être dignement représenté par un manga.

Nous découvrons ici un ancien inspecteur de police, Shôkichi Inui, qui vit en retrait de la société et une jeune fille, Makoto, qui s’est vue confier par son beau-père des clés USB avant qu’il l’enjoigne à fuir au plus vite l’appartement familial. Les clés contenant d’importantes informations pour le clan Gomon, sa vie se trouve alors menacée. Et ce n’est que grâce à l’intervention d’Inui que la jeune fille est encore en vie. Mais la question qui s’impose très vite est : pour combien de temps ?

Une course contre la mort s’engage alors entre l’ancien policier/Makoto et les membres du clan bien décidés à les éliminer tous les deux. La traque de nos deux personnages apporte une certaine tension à l’histoire puisqu’on a la sensation que quoi qu’ils fassent, le pouvoir des yakuzas est tel que l’issue ne peut être que fatale. Ceci est d’autant plus vrai que l’on découvre avec effarement que la pègre a corrompu des membres de la police…

En parallèle à cette tension qui nous tient en haleine, l’auteur a veillé à introduire un certain suspense notamment à travers le passé d’Inui que l’on découvre grâce à quelques flash-back. Un procédé efficace pour dévoiler au compte-gouttes des informations sur cet homme qui semble cacher de profondes meurtrissures. À cela s’ajoute une révélation sur Makoto qui ne peut que nous pousser à vouloir en apprendre plus sur la jeune fille que l’on connaît finalement assez peu…

Si j’ai aimé suivre ce duo atypique, je dois avouer avoir également beaucoup apprécié de découvrir un personnage introduit au cours de l’intrigue. Électron libre du clan missionné pour traquer et tuer les deux fuyards, il a tout du bon gros psychopathe sanguinaire et dérangé. D’ailleurs, il ne parle pas de personnes à abattre, mais de jouets… Cela en dit long sur le personnage qui devrait vous faire froid dans le dos ! Pour ma part, il m’a autant intriguée que mis mal à l’aise.

On se rend également compte que ce tueur, qui apporte du piment à un récit déjà bien haletant, n’est pas un inconnu pour l’ancien inspecteur. C’est même une ombre de son passé qui a changé dramatiquement le cours de sa vie. Une révélation sur la relation qui unit ces deux protagonistes, aussi violents l’un que l’autre, va nous permettre de mieux comprendre le comportement de l’inspecteur, et sa volonté de vivre en retrait de tout. Difficile d’ailleurs de ne pas compatir devant l’horreur qu’il a vécue et de ne pas comprendre son désir de vengeance.

Mais la vengeance pouvant conduire n’importe quel homme à se transformer lui-même en bête, Inui va pouvoir compter sur la dévotion de Makoto. Au péril de sa vie, elle est prête à tout pour qu’il ne sombre pas dans une folie meurtrière. Et l’on touche ici le gros point fort de ce livre, du moins pour moi, la relation forte et très belle qui se noue rapidement entre cet homme détruit par la vie, et cette jeune fille qui, malgré le drame qui a frappé les siens, reste souriante et adorable. On peut dire sans se tromper que ces deux-là se sont bien trouvés et qu’ils se sont sauvés mutuellement ! J’ai adoré voir comment Inui se montre d’abord réticent à aider Makoto, puis à quelle vitesse, il finit par tout faire pour la protéger quitte à en mourir. Il est vrai qu’au-delà de la protection de la jeune fille, il a un autre motif pour agir de la sorte, mais nul doute que derrière une prétendue froideur et une tendance à la violence, il demeure un homme bon et juste.

Malheureusement pour lui, le sort semble s’acharner et le passé se répéter ! Ne reste qu’à espérer que sa détermination et sa faculté à éliminer les ennemis sur sa route lui permettront de sauver cette fillette qui lui a apporté un peu de lumière dans une vie baignée de noirceur… D’ailleurs, à travers les graphismes, on se rend compte que Makoto est la seule source de lumière et de chaleur dans ce manga où la violence et le sang règnent en maître. Malgré l’épée de Damoclès au-dessus de sa tête, il se dégage de la jeune fille une certaine chaleur qui fait grand bien à notre héros/antihéros. On a même droit à une scène assez amusante et touchante où elle essaie de lui apprendre à manger correctement avec des baguettes. Bien qu’il se montre réticent à l’idée, on ne peut que lire sur son visage un changement dans ses émotions, un peu comme si aux côtés de la Makoto, il retrouvait un peu de son humanité.

Cette scène coupe de manière agréable une histoire où la violence prédomine, les yakuzas n’étant pas réputés pour leur grand cœur surtout quand toute leur organisation est menacée. Ce manga est donc à réserver aux lecteurs qui ne sont pas gênés par le sang, les meurtres de sang-froid, la violence froide et implacable. Pour ma part, cela ne m’a pas gênée, mais j’ai quelque peu regretté la représentation physique trop caricaturale des membres du clan. Ils ont la gueule de l’emploi certes, mais c’est un peu trop à mon goût. LE méchant du manga est heureusement plus nuancé autant dans son physique que dans sa psychologie qui frise le cas psychiatrique d’ailleurs.

Photo du site Doki Doki

En ce qui concerne le final, il a ce qui faut de violence, de tension, de sang et de suspense pour donner envie de se jeter immédiatement sur la suite, ce que je ferai sans hésiter d’autant que cette série ne comporte que trois tomes.

En conclusion, Re : Load est un thriller haletant et riche en actions, en violence, en suspense, en tension. Son rythme effréné qui devrait ravir les amateurs de fictions menées tambour battant ne doit pas cacher son autre point fort, la psychologie des personnages et la relation unissant les deux protagonistes. Takumaru Sasaki nous propose donc ici un thriller psychologique sombre et efficace !

Et vous, envie de découvrir le tome de cette trilogie ? Retrouvez-le sur différents sites comme Amazon.

Thermae Romae tome 1, Mari Yamazaki

J’ai découvert par hasard ce manga à la bibliothèque et l’ai emprunté sans vraiment essayer d’en apprendre plus sur l’histoire. J’ai bien fait puisque j’ai apprécié ce premier tome au point d’acquérir la collection complète. A noter que cette chronique a été rédigée il y a plusieurs mois et qu’elle dormait sagement dans mes brouillons.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lucius Modestus, un architecte romain de l’Antiquité boudé par la profession décide d’aller se détendre aux thermes. Alors qu’il s’immerge dans l’eau, il se retrouve aussitôt transporté dans le temps et l’espace, atterrissant dans un bain public du Japon contemporain. Ces étranges voyages lui permettent de s’inspirer des inventions japonaises et des techniques modernes pour briller à Rome et s’attirer les faveurs de l’empereur Hadrien.

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Casterman (10 mars 2012)
  • Prix : 8,45€

AVIS

A travers ce premier tome, on sent que l’auteure s’est fait vraiment plaisir en abordant les thèmes de Rome et des bains, ses deux amours. D’ailleurs, vous retrouverez après chaque chapitre, quelques informations toujours intéressantes à lire. On découvre également, tout au long du manga, certaines traditions romaines et japonaises concernant le bain.

Des illustrations entre la BD et le manga…

Les dessins sont assez différents de ceux que l’on peut côtoyer dans les mangas japonais plus traditionnels. Cela peut s’expliquer par le parcours de l’auteure qui, bien que Japonaise, a effectué ses études en Italie. A l’exception des Japonais, aux traits plutôt grossiers, les Romains et les décors sont réalisés avec un important sens du détail. J’ai même parfois eu le sentiment qu’il y en avait un peu trop rendant l’ensemble quelque peu brouillon.

Adieux les expressions exagérées des personnages ou les nombreuses onomatopées que l’on retrouve dans les mangas japonais. Ici, les Romains sont représentés à l’occidental avec des expressions que l’on pourrait retrouver dans une BD européenne. Remarquons également que ce manga est exempt du côté un peu fou fou que l’on retrouve dans beaucoup de mangas.

Une trame claire…

Le manga est composé de cinq chapitres qui sont structurés de la même manière : un problème se pose à Lucius, il se transpose dans le Japon moderne, il découvre des inventions et des traditions qui pourront l’aider, il rentre à Rome, il applique ses découvertes pour résoudre son problème et il gagne en popularité. Ses escapades réussissent tellement à sa vie professionnelle qu’il en vient même à être remarqué par un illustre personnage, l’Empereur Hadrien lui-même !

J’ai bien aimé cette trame qui permet de savoir dans quelle direction va l’auteure tout en suscitant l’intérêt : à chaque nouveau chapitre, on se demande ce qui va encore être demandé à notre personnage et quelle découverte va lui permettre de briller de mille feux, une fois de retour chez lui.

De la grande de Rome à la grandeur du Japon…

Avec le personnage de Lucius Modestus, dont le nom est plus qu’ironique, Mari Yamazaki arrive autant à encenser Rome qu’à critiquer la culture occidentale et sa supposée supériorité, tout en mettant en avant la culture japonaise. Lucius représente ainsi le savoir-faire de Rome notamment au niveau architectural, mais également l’arrogance. Il ne cesse de se lamenter sur les inventions japonaises qui dépassent celles de sa grande Rome ; chose inconcevable qu’il vit comme un déshonneur. Et pourtant, avec ses idées passées de mode, Lucius ne doit sa popularité renouvelée que grâce à ses voyages dans le Japon moderne où toute l’inventivité de ce peuple de « face écrasée » lui apparaît.

« Face écrasée » est le terme qu’utilise Lucius pour désigner les Japonais. Assez choquant, ce terme s’explique par le fait qu’il ne connaît pas ce peuple qu’il pense composé d’esclaves. Pour ma part, j’y vois une manière pour l’auteure de dénoncer la vison que les occidentaux ont pu avoir, par le passé, des Japonais.

Pour conclure, l’idée de mettre en parallèle la pratique des bains dans la Rome Antique et celle du Japon ne manque pas d’originalité. Je savais que les bains étaient importants pour ces deux civilisations, mais je n’avais pas mesuré à quel point. Le style atypique de l’auteure mêlant influences japonaises et européennes ajoute un intérêt supplémentaire à ce manga que je ne peux que vous conseiller.

 

Chi, une vie de chat de Konami Kanata

Chi, une vie de chat

La série Chi, une vie de chat de Konami Kanata, édité chez Glénat, me tentait beaucoup. C’est donc avec grand plaisir que j’ai accueilli le premier tome offert par une amie à Noël, il y a de cela trois ou quatre ans.

J’ai lu ce livre dans le cadre du Challenge Lire en thème dont le thème de janvier est : Les livres de Noël.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

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    • Poche: 168 pages
    • Editeur : Glénat (17 novembre 2010)
    • Prix : 10,75€

AVIS

Ce premier tome nous permet de faire la connaissance de Chi, un chaton tout mignon, qui se révèle tout de suite très attachant. On apprend ainsi les circonstances de son arrivée dans sa nouvelle famille, un couple avec un enfant.

La présence d’un chat étant interdit dans leur immeuble, les parents avaient au départ décidé de recueillir ce chaton esseulé afin de lui trouver une famille. Comme l’on sent doute très vite, la solution provisoire se transforme en solution permanente puisque Chi devient finalement le nouveau compagnon de la famille. C’est sans surprise, mais l’amoureuse des chats en moi a trouvé ce dénouement attendrissant d’autant que les chatons vivant dans la rue ne connaissent pas tous cette fin heureuse.

Tout dans ce manga est « kawaii », de l’histoire, aux personnages en passant par les illustrations et leur colorisation. C’est simple, on lit les chapitres les uns après les autres avec un sourire aux lèvres ! J’ai adoré suivre le parallèle entre l’enfant du couple et Chi dans des situations de la vie courante. On les voit apprendre côte à côte et évoluer ensemble. Quant aux heureux possesseurs de chats, je suis certaine qu’ils reconnaîtront quelques points communs entre leurs compagnons et notre adorable Chi dont l’origine du prénom prête à sourire.

Deux choses m’ont toutefois étonnée quand j’ai commencé ce manga. La première est le sens de lecture qui ne suit pas le sens traditionnel de lecture des mangas asiatiques. La seconde chose est le fait que le manga soit en couleurs ce que j’ai vraiment apprécié. Avouons que c’est tout de même bien plus agréable de suivre une histoire en couleurs qu’en noir et blanc ! Cette colorisation du manga le rend sûrement plus accessible à des personnes qui sont plutôt habitués aux BD et/ou aux comics et pour lesquelles, le noir et blanc pourrait être rédhibitoire.

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Petit bonus, un marque-page est proposé sur le rabat de la couverture. Pour ma part, je n’ai pas l’intention de le couper, j’aurais bien trop l’impression d’abîmer le livre, mais l’idée est fort sympathique.

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En conclusion, Chi, une vie de chat est un manga que j’ai adoré autant au niveau du fond que de la forme. L’histoire de ce chat est simplement adorable et c’est, avec un plaisir certain, que je lirai les autres tomes de la série, que ce soit sous cette version ou sous sa version en grand format. Même si les illustrations se révèlent enfantines, je ne peux que conseiller cette série à tous, des plus petits aux plus grands. Difficile de résister au charme de ce chaton ! Quant aux amoureux des chats, Chi, une vie de chat est un indispensable à posséder dans sa bibliothèque.

MA NOTE : 4,5/5

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Encore un grand merci à Aline pour ce cadeau de Noël qui a déjà été lu deux fois et qui, je n’en doute pas, bénéficiera de nombreuses relectures.

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Ki et Hi, tome 1 : Deux frères, Kévin Tran et Fanny Antigny

Ki & Hi

J’avais repéré Ki & Hi lors d’une visite à la Fnac, la couverture ne passant pas inaperçue. J’ai donc tenté ma chance quand j’ai vu que le livre était proposé en partenariat sur Livraddict.

Je remercie le site de m’avoir sélectionnée et Michel Lafon de m’avoir fait parvenir ce livre.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ki et Hi sont deux frères complètement barrés qui font les quatre cents coups dans le plus petit village d’un royaume en forme de panda.

Le premier est grand, gros et adore martyriser le second, petit, maigrichon, mais prêt à tout pour se venger de la manière la plus sournoise possible ! Qu’il s’agisse de dévaliser un restaurant de sushis à volonté, de s’affronter lors d’un intense match de basket ou au contraire de s’allier pour protéger le village, ce manga retrace, au travers de multiples histoires courtes, toutes les nuances qui existent dans une relation entre frères.

Premier manga scénarisé par Kevin Tran Le Rire Jaune.

AVIS

Avant de découvrir ce livre, je ne connaissais pas son auteur ni même sa chaîne Youtube. J’ai préféré attendre de terminer le livre avant d’aller jeter un œil sur ses vidéos de manière à ne pas être influencée que ce soit positivement ou négativement. Cela signifie que je n’ai peut-être pas saisi les références aux vidéos de l’auteur si le manga en contient.

J’ai par contre, à la fin de ma lecture, visionné la vidéo de présentation du manga par son auteur. Si comme moi, vous ne connaissiez pas Le Rire Jaune avant d’avoir le livre entre les mains, vous pouvez visionner sa vidéo sans crainte d’être spoilé.

Le ou plutôt les histoires…

Les premières pages du manga, en couleurs, permettent de bien appréhender la géographie du Royaume des couleurs et la spécificité de chacun des quatre villages. L’idée est originale et laisse entrevoir des possibilités de développement pour de prochains tomes, le succès du manga semblant être au rendez-vous.

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On se laisse embarquer très facilement dans les aventures de Ki&Hi que ce soit dans une compétition de Taekwondo qui part dans tous les sens, dans un match de basket-ball (chapitre tout en couleurs) ou encore dans la Maison du Sushi qui se rappellera d’ailleurs longtemps du passage des deux frères.

Les histoires ne sont pas passionnantes en soi, mais les différents gags et l’humour qui les ponctuent permettent aux lecteurs de passer un moment de lecture agréable. Je pense néanmoins que le style d’humour présent dans le manga s’adresse plutôt à des jeunes, à des adolescents voire à de jeunes adultes qui l’apprécieront peut-être un peu plus.

Je ne dis pas que je n’ai pas souri à quelques reprises notamment à la référence aux Tortues Ninja, mais jeune lectrice, j’aurais certainement été plus sensible aux gags et à l’humour un peu enfantins du manga. J’ai, en outre, au début été un peu gênée par une certaine familiarité dans les propos des personnages. A petite dose, cela ne pose pas de problème, mais quand cela est fait de manière répétée, ça devient un peu lourd. Heureusement, au fil de l’histoire, cette familiarité plutôt normale dans la bouche de jeunes protagonistes est utilisée à meilleur escient et surtout, avec plus de parcimonie.

Une certaine volonté d’originalité…

J’ai trouvé que Kévin Tran, en gardant certains codes des mangas traditionnels, avait vraiment essayé d’apporter une touche personnelle à son livre. Cela se traduit, entre autres, par un chapitre Silencio où l’action se passe de texte, mais également par un chapitre où il ne vous propose rien d’autre que d’en être le héros.

Ainsi, dans la peau de Ki, vous devez l’aider à entamer son régime en répondant à différentes questions, le but étant d’obtenir un score de 100 points avant de pouvoir poursuivre votre lecture. Déjà, laissez-moi vous dire que ce n’est pas aussi simple que ça en a l’air et que j’ai dû m’y prendre à plusieurs reprises avant d’obtenir mes 100 points. Mais j’avoue que ce chapitre décalé est divertissant et que j’ai joué le jeu avec plaisir.

Au-delà de son côté loufoque, ce chapitre permet à l’auteur de faire comprendre pédagogiquement, la nécessité d’une alimentation équilibrée et d’une pratique sportive. Alors comme ça, cela peut sembler évident voire niais, mais je pense que ce qui est évident pour des adultes, ne l’est pas forcément pour des plus jeunes…

Il est tout à fait possible que Kévin Tran n’ait écrit ce chapitre que pour son côté humoristique parodiant les campagnes de pub du Ministère chargé de la Santé, mais peu importe,  j’aime à croire qu’il y a quand même un message derrière.

Les illustrations et le format…

Les illustrations sont en noir et blanc, comme dans un manga classique, mais quelques pages sont colorisées :

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J’ai apprécié cette oasis de couleurs qui demeure, somme toute, plutôt rare dans les mangas. L’ensemble donne le sentiment d’un ouvrage à la conception soignée d’autant que le papier est de qualité, comprenez un papier plutôt épais par rapport à d’autres mangas que j’ai dans ma bibliothèque.

A noter que si le manga a été illustré par Fanny Antigny, un chapitre bonus a été illustré par Kévin Tran :

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Quant au format du livre, j’avoue qu’il m’a au départ un peu surprise, mais j’ai complètement adhéré. D’une part, il met nettement en valeur le livre sur les étagères et d’autre part, il permet un confort de lecture non négligeable puisque sa prise en main en est facilitée et les illustrations ont la place nécessaire pour « s’exprimer ». C’est peut-être un détail pour vous, mais pour une grande myope comme moi, ça compte beaucoup… Pour les collectionneurs aguerris de mangas, en revanche, ce format peut peut-être se révéler un peu gênant.

En conclusion, j’ai pris plaisir à découvrir et suivre les aventures loufoques de Ki&Hi, deux frères aussi différents qu’inséparables. Les différents gags et l’humour présents dans le livre, bien que plutôt simples, se révèlent efficaces. Ils devraient séduire les plus jeunes et ceux qui ont gardé leur âme d’enfant. Après tout, n’a-t-on pas coutume de dire que l’âge c’est dans la tête ! Même si ce n’est pas forcément une série dont j’attends la suite avec impatience, j’en poursuivrai certainement la lecture en espérant que l’auteur conserve cette fraîcheur et originalité qui font le charme du scénario.

NOTE : 3,75/5

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