Frères de sang, tome 1 : L’éveil, Delphine Maeder

Couverture Frères de sang, tome 1 : L'éveil

Après un accident qui l’a plongée dans le coma, Aurore est hantée par d’affreux cauchemars de jour comme de nuit. Suite à une séance d’hypnose régressive, elle découvre avec stupeur qu’elle serait la réincarnation de Lyse-Anne, jeune femme issue d’une famille de riches vignerons du Lavaux ayant vécu deux cents ans plus tôt. Au travers de ses séances d’hypnose, Aurore partage la vie de celle-ci avec passion, jusqu’au jour où tout bascule lors de la découverte macabre d’un corps exsangue, recouvert d’étranges morsures. Aurore décide alors d’étudier de près le passé de la jeune femme afin de trouver des réponses à ses questions. Parallèlement, elle se sent troublée par Alex, jeune homme mystérieux qui travaille à la bibliothèque où elle passe la plupart de ses soirées. Elle devra surmonter sa timidité maladive et sa maladresse pour pouvoir aborder ce garçon qui éveille sa curiosité…

AVIS

Écrire un avis négatif est souvent délicat, a fortiori quand on sollicite soi-même le roman sur Simplement. Néanmoins, il arrive qu’il y ait des rendez-vous manqués malgré des attentes élevées, et c’est exactement ce qui s’est passé ici. En lisant le résumé et en voyant les notes absolument phénoménales sur la plateforme, je partais confiante, voire franchement enthousiaste.

Mais au bout de trente pages, j’ai compris qu’entre ce roman et moi, ça allait être compliqué. D’ailleurs, s’il ne s’était pas agi d’un service de presse, je n’aurais pas été plus loin que ces quelques pages. On sent un réel et consciencieux effort de la part de l’autrice pour proposer un texte bien écrit, ce que j’ai fortement apprécié, les belles plumes me ravissant toujours. Toutefois, j’ai regretté quelques maladresses et un certain manque de spontanéité et de naturel, qui m’ont donné le sentiment que l’autrice cherchait à atteindre un style, qui n’est peut-être pas naturellement le sien. Cela m’a d’autant plus freinée dans ma lecture que le côté très adolescent, voire parfois naïf et enfantin de l’intrigue et des personnages, semble complètement en décalage avec sa plume. Une plume qui souffre, en outre, de quelques lourdeurs en raison d’une tendance à tomber dans la tautologie, et à expliciter des évidences que l’on déduit aisément du contexte.

Mais ce qui m’a vraiment gênée et agacée, en plus des personnages somme toute assez clichés et à la psychologie peu développée, c’est la surenchère dans le drame avec des événements qui en perdent alors toute crédibilité et profondeur. Il y a un passage où une psychiatre parle de soap pour évoquer la vie antérieure d’Aurore, le terme est fort à propos pour évoquer le roman qui m’a semblé tomber dans le soap adolescent : une pimbêche garce à souhait qui ne s’en cache pas mais dont le comportement échappe comme par magie à son promis, une héroïne qui pardonne en trois secondes chrono sa rivale/harceleuse quand celle-ci évoque ses états d’âme, un fiancé qui n’aime pas sa promise mais qui veut quand même tout sacrifier en l’épousant pour honorer les volontés d’un père décédé et maltraitant, tout en étant follement amoureux d’une fille qu’il n’avait pas revue depuis des lustres et avec laquelle il a échangé trois mots – une jeune fille d’ailleurs qui attise la convoitise de deux frères semant la zizanie malgré elle (et dont la relation ne sera pas sans rappeler celle entre deux frères dans une célèbre série), un être surnaturel perturbé par un phénomène féminin naturel donnant lieu à un sujet « tabou » entre lui et sa bien-aimée (ça m’a au moins fait rire)… 

Tout cela a créé pour moi un effet d’accumulation qui aurait pu être évité si les événements importants avaient été un minimum développés. Or on s’attarde sur des détails qui ne font pas avancer l’histoire, mais des choses importantes sont balayées en quelques lignes, nous donnant le sentiment de ne jamais entrer dans le cœur du récit. Et j’ai trouvé cela extrêmement frustrant car l’autrice avait de bonnes idées que j’aurais adoré voir développées. À commencer par l’idée de séances d’hypnose qui permettent à Aurore, jeune vendeuse ayant abandonné la fac de psychologie, de renouer avec une vie antérieure.

Une vie que l’on découvre au cours des séances et qui va progressivement avoir un réel impact sur sa vie actuelle. Car si Aurore sait bel et bien qu’elle n’est pas vraiment cette Lyse-Anne ayant vécu deux cents ans avant elle, il y a des choses qu’elle ne peut guère ignorer, et qui vont la conduire jusqu’aux portes d’un nouveau monde. Je n’en dirai pas beaucoup plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai apprécié la manière dont l’autrice s’est approprié un mythe bien connu, et sa vision de l’organisation de créatures surnaturelles que j’ai toujours plaisir à retrouver, notamment en littérature.

Je n’ai pas été convaincue un seul moment par la romance à travers les siècles qui nous est proposée ici, la trouvant niaise et clichée, mais j’ai apprécié que grâce à cette dernière, l’autrice aborde la question de la réincarnation et de l’identité. Ainsi même en accédant à ses souvenirs grâce à l’hypnose, et en partageant une partie de son âme avec cette dernière, Aurore n’est pas Lynne-Anne. Elle n’a pas eu les mêmes parents, n’a pas été élevée à la même époque, n’a pas vécu les mêmes joies et les mêmes peines… Mais malgré cela, on ne peut que s’interroger sur les liens entre les deux jeunes femmes. 

Il y a définitivement quelque chose de métaphysique dans cette question, d’autant que le passé semble vouloir se répéter. À cet égard, la fin ne manque pas d’intérêt puisque si certains pourront y voir du romantisme et la preuve que notre histoire d’amour maudite n’est pas prête de s’arrêter, pour ma part, cela m’a donné une autre vision de Tristan. Il semble reconnaître sans problème qu’Aurore n’est pas son amour perdu, mais ce qu’il dit à la fin tendrait à me prouver le contraire… Point que j’ai apprécié et qui prouve toute la complexité du principe de vie antérieure.

Au-delà de l’alternance entre les époques qui se révèle, pour moi, la force du roman, on appréciera la présence du surnaturel qui s’invite dans la vie d’Aurore, quelques mystères qui donnent envie d’aller plus loin (même quand la tentation d’arrêter la lecture est bien présente), des moments de tension qui laissent craindre le pire, et une très belle amitié entre notre héroïne et sa colocataire et confidente. Et vu tout ce qu’Aurore vit en peu de temps, et ce monde nouveau et empli de dangers qui s’ouvre à elle, cette amitié lui sera fort précieuse ! Bien qu’on tombe dans le cliché de la copine rigolote qui saute d’un homme à un autre comme si une journée de célibat était la plus grande des épreuves, j’ai largement préféré ce personnage secondaire. Sabrina m’a semblé bien moins molle que notre héroïne à la maturité toute relative, et pour laquelle je n’ai rien ressenti d’autre que de l’agacement devenu indifférence. Ceci explique peut-être que son sort n’a suscité en moi absolument aucune émotion ! Or difficile de s’intéresser à un roman quand le sort de ses personnages nous importe peu…

En conclusion, je pense que vous aurez compris que je n’ai pas réussi à accrocher à cette histoire qui évoque pourtant des sujets intéressants comme l’hypnose et les vies antérieures. Mais j’ai regretté un manque de maturité dans la construction des personnages, tous très stéréotypés, et dans le développement d’une intrigue qui n’arrive jamais vraiment à se départir des clichés. Dommage parce qu’il y avait de bonnes idées et qu’avec un travail pour les développer, et non juste les effleurer, le roman aurait pu être captivant. Il semble néanmoins avoir su trouver son public alors si vous êtes intrigués, n’hésitez pas à vous lancer dans cette romance maudite qui semble s’acharner à vouloir défier le temps et les circonstances. Pour ma part, l’aventure s’arrêtera là…

In My Mailbox #218 : nouveautés, mangas et beau livre

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


ROMANS

Ayant beaucoup apprécié The Poet X d’Elizabeth Acevedo, je n’ai pas hésité un instant quand Babelio m’a proposé de recevoir Sur le vif qui devrait sortir le 1er juillet.

Couverture de Frères de Sang, tome 1, L'Éveil par Delphine MaederCouverture Les Amants de Key WestCouverture Sur le vif

OUVRAGES GRAPHIQUES

Lizzy Bennet’s Diary était dans ma wish list depuis un moment. Je ne l’ai que feuilleté, mais si vous aimez Orgueil et préjugés, ce livre/album est fait pour vous : on y trouve des dessins, des notes de Lizzy, ses impressions sur un certain gentleman, des cases à ouvrir, des documents à déplier…

Couverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 4 : Pretty GuardianCouverture Snow White & Alice, tome 01Couverture Lizzy Bennet's Diary

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Chamane (tome 1) : Héritage, Rachel Dubois

Héritage: Chamanes T.1 par [Rachel Dubois]

Bienvenue dans la vie de Sandra Neve, une ado la plupart du temps effacée, un peu boulotte et boutonneuse. Elle aura bientôt seize ans, âge auquel elle sera une adulte selon les lois de son monde. Que les humains au milieu desquels elle se dissimule n’en n’aient aucune conscience lui importe peu car elle n’est pas plus humaine que boulotte et boutonneuse ! Sandra est une Chamane, un être magique et puissant.

En plus de manipuler certaines formes de magies ancestrales, elle partage son corps avec son Once dont elle peut prendre la forme à volonté. La jeune femme n’a plus que quatre mois à se terrer avant de pouvoir revendiquer sa terre comme sienne, mais quatre mois ça peut être très long, surtout lorsque trois Léopards adolescents, le Prince des Lions de Catalunya et un ennemi énigmatique prennent sa vie et sa Terre comme terrain de jeu.

Il ne fait pas bon d’être une mineure isolée dans le monde impitoyable des Chamanes. La jeune Panthère des neiges va devoir dire adieu à sa seule amie, la solitude, créer des liens et des alliances, découvrir l’amour, affronter des ennemis puissants et surtout survivre à son héritage ! Parfois les apparences sont trompeuses et les secrets de famille pesants…

Bienvenue dans la vie de Sandra Neve, une Chamane presque comme les autres humaines…

Auto édition (20 avril 2021) – 270 pages – Broché (15€) – Ebook (4,50€)

AVIS

J’avais déjà repéré ce roman, mais je reconnais que c’est sa nouvelle couverture, que je trouve sublime, qui m’a poussée à franchir le pas. Et si certains points m’ont parfois chagrinée, je reste globalement satisfaite de cette lecture plutôt immersive et prenante.

Mais il est vrai que j’aurais probablement accroché encore plus à l’histoire avec des personnages plus âgés ou, du moins, peut-être un peu plus matures et moins jaloux et possessifs. Mais le vrai point qui m’a gênée, parce qu’à mon sens facilement évitable, c’est la présence de répétitions qui au bout d’un moment deviennent pesantes. À intervalles (trop) réguliers, on entend donc Sandra se lamenter sur son imbécile et arrogant voisin, Greg, et ledit Greg sur cette insignifiante, moche et voisine pas du tout à son goût. Je comprends que, par ses répétitions, l’autrice insiste sur le rapprochement inattendu entre deux adolescents qui n’ont pourtant, à première vue, aucun atome crochu, mais j’aurais aimé un peu plus de subtilité. Si ces répétitions ont mis mes nerfs à rude épreuve, elles ont néanmoins le mérite de nous permettre de mieux comprendre Greg.

En plus de devoir vivre avec sa double nature d’humain/léopard acquise relativement récemment, et qu’il essaie encore de dompter, l’adolescent doit faire face à des sentiments et des émotions qu’il ne maîtrise pas et qu’il ne comprend absolument pas. Il n’aime pas Sandra, qui ne correspond pas à ses critères de la petite amie idéale, mais il ne peut s’empêcher de la regarder et de penser à elle. Et tout ça, à cause de son léopard complètement fasciné par la jeune fille au point d’obliger Greg à passer ses nuits sur le toit de celle-ci, afin d’être certain qu’elle soit en sécurité.

L’adolescent, pour ne pas entrer en conflit avec la part animale en lui joue le jeu, mais il en est profondément ennuyé ! À sa place, je l’aurais été pour moins que ça. Quelque peu antipathique au début de l’histoire, notamment en raison de son obsession de la beauté au détriment de la personnalité, Greg finit par évoluer et ouvrir les yeux sur ce que son léopard tente de lui faire voir depuis un certain temps. Cela n’ôte en rien la gravité du harcèlement qu’il a fait vivre deux années durant à Sandra, mais cela prouve que même les imbéciles peuvent changer.

Quant à Sandra, adolescente et chamane capable de se transformer en panthère, je n’ai pas développé d’attachement viscéral pour elle, l’autrice insistant plus sur sa personnalité de combattante que sur ses émotions. J’ai néanmoins été impressionnée par sa détermination, sa bravoure et la manière dont elle lutte vaillamment pour garder la maîtrise d’un territoire qui semble faire des envieux. Elle doit d’ailleurs travailler d’arrache-pied pour cacher le décès de sa grand-mère jusqu’à son seizième anniversaire où aura lieu sa Révélation, et donc son passage à l’âge adulte selon les lois de son monde. Or, si elle attend avec impatience cette majorité, c’est que c’est le seul moyen d’empêcher un adulte de s’emparer d’elle et de son territoire… Dans sa lutte pour son indépendance, elle pourra compter sur le soutien inattendu d’un nouveau venu, Fabio, le seul et unique héritier des Lions de Catalunya. Un soutien bienvenu, les attaques de créatures cauchemardesques se multipliant et laissant craindre à la jeune fille qu’une personne essaie de s’emparer de cette terre qui lui revient de droit.

J’ai apprécié la relation de confiance et la complicité qui s’installe progressivement entre les deux personnages. Ainsi, Sandra aide, sans même le réaliser, Fabio à retrouver ce sentiment de lien et d’appartenance que la mort de sa compagne lui a fait perdre. Quant à Fabio, il se révèle être une épaule stable et attentive sur laquelle s’appuyer et prouve à l’adolescente que les combats n’ont pas toujours à être menés en solitaire. Or pour une fille aussi seule que Sandra qui, depuis le décès de sa grand-mère, n’avait personne avec laquelle échanger sur les dangers de son monde, cela change tout !

À cet égard, ce premier tome nous offre une immersion intéressante dans un monde où le surnaturel s’invite. Sans entrer dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte, je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié d’en apprendre plus sur le passé de certains personnages, sur les liens parfois très surprenants qui les lient, sur la conception assez particulière de la filiation chez les chamanes, sur l’histoire ténébreuse et mouvementée de ces êtres fascinants capables de se métamorphoser, sur leurs pouvoirs mais surtout sur ceux de Sandra… Pour ma part, j’ai apprécié que par mesure de précaution et pour garder un avantage sur ses ennemis, Sandra ne fasse pas étalage de ses talents. Cela nous permet de les découvrir au fur et à mesure et de réaliser à quel point l’adolescente est puissante et dangereuse. Ainsi, sa magie, couplée à une force d’esprit phénoménale et des capacités de combattante prodigieuses, fait d’elle une arme létale dont ses ennemis devraient se méfier.

Au-delà de ce monde qui s’offre à nous, l’autrice nous réserve également quelques surprises, avec notamment des secrets de famille qui ne devraient pas manquer de vous surprendre, et vous pousser à reconsidérer toute l’histoire et la mythologie des chamanes sous un autre angle. Car si certains sont prêts à tout, même à la trahison pour gagner en pouvoir et en influence, d’autres sont également capables du plus dur et cruel des sacrifices pour la sécurité des leurs… J’ai ainsi été touchée par certaines révélations dont les conséquences sont bien concrètes pour Sandra, Greg, Fabio, mais aussi tous les personnages secondaires qui habitent ce tome et qui se révèlent attachants. Je pense plus particulièrement à la cousine de Sandra qui va évoluer auprès d’elle et réaliser, grâce à l’un des cousins de Greg, que si les hommes peuvent être exaspérants, certains peuvent également se révéler attirants… Entre Greg et Sandra, et Danaë et Luc, il y a un côté romance ennemies to lovers qui n’a pas été pour me déplaire !

En ce qui concerne la plume de l’autrice, je l’ai trouvée agréable. En alternant entre différents points de vue, tout en veillant à dynamiser la narration par de nombreux dialogues vivants et réalistes, Rachel Dubois rend son histoire facile et rapide à lire. À noter que si la première partie permet de s’approprier le monde de Sandra et d’apprendre à connaître les personnages, le rythme s’intensifie et la tension monte crescendo jusqu’à un final plutôt explosif et des événements qui m’ont (agréablement) surprise par leur dureté.

En conclusion, ce premier tome d’une série prometteuse nous permet de nous approprier un univers possédant une mythologie intéressante et de découvrir une galerie de personnages variés et complémentaires, dont une héroïne déterminée à protéger son héritage à ses risques et périls. Entre l’amour, l’amitié, l’action, les trahisons, les secrets de famille et les révélations, vous ne devriez pas vous ennuyer, a fortiori si vous aimez les histoires dans lesquelles la magie se mêle au monde réel… pour le meilleur et pour le pire.

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis ainsi que pour sa dédicace et le marque-page.

 

In My Mailbox #214 : de beaux livres, des gains concours…

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Je continue à compléter doucement ma collection des livres de Benjamin Lacombe même si j’ai fait une erreur en achetant le tome 2 de Charlock à la place du premier…

J’ai également reçu deux services presse et ai gagné deux concours ! J’avoue que j’ai été plus que ravie parce que jugeant la plupart des conditions de participation aux concours abusives, je participe relativement peu. Du coup, gagner deux concours dans la même semaine a été une super surprise et a illuminé une semaine bien pluvieuse !

Couverture Charlock, tome 2 : Le trafic de croquettesCouverture Bambi (Lacombe)Couverture Dent de dinosaure

Couverture Léa , mon étoile filante Couverture Célestopol 1922 Couverture Biotanistes

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Explorateurs des Galaxies – Tome 1 : Mission Ultra Secrète, Frédérick Maurès

Chaque soir, pendant les vacances d’été, Camille n’en croit pas ses oreilles : son grand-père Jean lui raconte les aventures extraordinaires qu’il a vécues dans sa jeunesse, alors qu’il était pilote junior au Centre des Opérations Ultra Secrètes (COUS).Bien avant la conquête de la Lune par les américains, une équipe d’astronautes français aguerris avait déjà mené de périlleuses missions d’explorations bien au-delà du système solaire, aux confins de l’univers.Mais un jour, plus tôt que prévu, un événement inattendu va entraîner le jeune homme et ses coéquipiers, Ricardo et Stanislas, ainsi que Maya, leur mascotte, dans des aventures spatiales inouïes, au cours desquelles ils vont découvrir des mondes inconnus, d’étranges planètes, des êtres bizarres et des phénomènes extraordinaires.Au péril de sa vie, Jean aura à cœur de mener à bien sa première mission ultra secrète.

Explorateurs des Galaxies – Mission Ultra Secrète » est le 1er tome d’une trilogie de science-fiction pour les jeunes lecteurs de 9 à 13 ans. Le récit trépidant, outre sa nature romanesque, aborde des thèmes universels tels que le sens de l’honneur, la solidarité ou l’abnégation.

Auto-édition ( (9 mars 2021)– 128 pages – Papier (9,90€) – Ebook (2,99€)

AVIS

Le résumé m’ayant intriguée, j’ai accepté avec plaisir la proposition de l’auteur de me plonger dans le premier tome de sa trilogie de science-fiction destinée aux lecteurs à partir de 9 ans. Et si tout est mis en place pour rendre la lecture accessible à ce jeune public, les adultes passeront également un très bon moment en compagnie de Jean, de son petit-fils de 10 ans, Camille, et de tous les protagonistes intervenant dans cette épopée de l’espace.

J’ai tout d’abord beaucoup apprécié l’idée de l’auteur de nous narrer son histoire par le biais d’un grand-père qui raconte ses exploits de jeunesse à son petit-fils. Ayant été très proche de mon grand-père, ces moments de partage, de connivence, de complicité et de confidence m’ont personnellement beaucoup touchée en plus de me passionner. J’aime à croire qu’il en a été de même pour Camille qui s’est révélé être un auditeur particulièrement curieux, attentif et impliqué, n’hésitant pas à interrompre son papi pour lui poser des questions et lui faire préciser certains points.

Il faut dire que ce que nous raconte Jean est particulièrement surprenant et incroyable, ce dernier ayant vécu des péripéties dignes des plus grands explorateurs… de l’espace ! Il a ainsi été impliqué dès son dixième anniversaire dans un secret jalousement gardé, un secret qui nous pousse à reconsidérer la conquête spatiale telle qu’elle est enseignée dans les livres d’histoire. Et si, ce n’était pas Neil Armstrong qui avait posé le premier pas sur la lune en 1969 ? Et si, la planète Mars n’était finalement pas si inaccessible à l’homme que cela, du moins autrement qu’à travers des sondes et des robots ?

Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié l’immersion au sein du Centre des Opérations Ultra Secrètes (COUS) et d’en appréhender les réussites, les missions et les technologies. Un centre auquel va être lié Jean par l’entremise de son père, un centre qui va changer sa vie à jamais, un centre qui va lui faire rencontrer différentes personnes, mais aussi des créatures plus ou moins sympathiques et accueillantes, mais surtout un centre qui va le conduire à vivre de dangereuses et incroyables aventures dans l’espace !

Voguant de planète en planète pour une mission de sauvetage, accompagné de Stan, Ricardo et de la très attachante chienne Maya, Jean va ainsi avoir l’occasion de prouver sa bravoure, son sens du sacrifice, son esprit de coopération et d’initiative ! Des qualités qui rendent le personnage très attachant, tout comme le fait de le découvrir à différentes étapes de sa vie : enfant, jeune adulte et grand-père !

Au-delà du personnage, je ne doute pas que les enfants et les adultes, amateurs d’astronomie ou non, prennent un immense plaisir à se laisser emporter par toutes ces aventures menées tambour battant, puisque nos personnages n’ont guère le temps de se reposer sur leurs lauriers. Après une première phase de découverte, le roman prend son envol et devient véritablement haletant. Il se passe, en effet, toujours quelque chose, et l’on ne peut s’empêcher de s’inquiéter pour les personnages, mais aussi d’être passionnés par leurs (més)aventures, desquelles ils sortent la tête haute, parfois le ventre en vrac, et l’esprit toujours aussi déterminé à réussir leur mission. Il faut dire que Jean a une motivation toute personnelle.

Ce premier tome, bien qu’abordant un épisode imaginaire de notre histoire, ne manquera pas de vous parler, puisqu’on y évoque très brièvement une pandémie et sa gestion catastrophique. Une gestion qui met en avant les conséquences néfastes d’un manque de solidarité et de concertation, poussant des individus à gérer localement un problème pourtant global. Les humains que nous sommes peuvent au moins se rassurer sur un point : même des nations extraterrestres peuvent se laisser prendre au piège du chacun pour soi.

Quant à la plume de l’auteur, elle est très agréable tout en demeurant accessible à un jeune lectorat, ce qui rend la lecture fort sympathique, et permet éventuellement de se lancer dans une lecture commune enfant/adulte. L’alternance de chapitres courts et dynamiques facilite, en outre, l’immersion dans le récit, comme le côté très vivant des récits de Jean. Au gré des pages, il se noue d’ailleurs une sorte de connivence entre ce grand-père, ancien explorateur de l’histoire et conteur émérite, et les lecteurs…

En conclusion, Mission Ultra Secrète est un roman qui devrait ravir les lecteurs, jeunes et moins jeunes, passionnés par l’espace et l’idée d’en explorer les secrets, mais aussi les lecteurs simplement en quête d’aventures rythmées qui les tiennent en haleine, et qui leur offrent des sensations fortes en même temps qu’une bonne dose d’action. Explorer la galaxie n’aura jamais semblé aussi accessible qu’avec Jean, un grand-père décidément très doué pour redonner vie au passé, et nous plonger avec force dans ses souvenirs. Et quels souvenirs !

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé son roman, que vous retrouverez sur Amazon, en échange de mon avis.

L’Ouros, tome 1 : Dernières escales, Ornella Salvador

Couverture L'Ouros, tome 1 : Dernières escales

Personne ne sait pourquoi le Melenian vogue seul, le long des côtes d’Assir et Ervas. Massacre ou sauvetage, une mission royale ne se dévoile pas, même au sein de l’équipage.
Jekka, recueillie et élevée à bord, est plongée comme tous dans l’ignorance. Elle sent pourtant que son destin est étroitement lié aux mystères du navire, et à sa soif de liberté s’ajoute le besoin de connaître la vérité.
Une vérité qui les mènera, elle et ceux qui suivent ses traces, au cœur de la guerre. Et peut-être un jour, là où l’inexplicable existe : au-delà même des frontières du monde.

Editions du Saule (16 novembre 2020) – 380 pages – 20,85€

AVIS

Je n’ai nullement le pied marin, mais les aventures maritimes me fascinent. Et de ce côté-là, je dois dire que l’autrice m’a enchantée. Sans nous bercer de détails inutiles et fastidieux, elle nous fait découvrir la vie à bord d’un navire, la promiscuité, les affinités plus ou moins forcées, les méfiances, les corvées, l’organisation au quotidien… Si c’est quelque chose qui, comme moi, vous plaît, alors vous allez adorer vous immerger dans la vie de Jekka, une orpheline de 20 ans qui a passé toute sa vie sur le Melenian, un navire auréolé de mystère. Quand certains pourraient se sentir reconnaissants envers le commandant de les avoir accueillis et traités comme leur propre enfant, Jekka ne voit pas les choses de cette manière.

La jeune fille rêve d’autre chose, de liberté, d’une vie dépourvue de tâches ingrates et répétitives, d’un endroit bien à elle sur la terre ferme. Des rêves qui se heurtent au refus du commandant de la laisser prendre son envol, ce dernier étant bien plus conscient qu’elle de la réalité : rien de bon ne l’attend sur le continent si ce n’est une place dans les bordels ! Mais Jekka, une forte tête, profite un jour d’une opportunité pour prendre le large. Un geste inconsidéré dont elle est loin d’avoir mesuré toute la portée… De mystère en révélation, sa vie va prendre une tournure sombre et dangereuse qui la conduira jusqu’aux portes de l’enfer, à moins que ce ne soit jusqu’à celles d’un autre monde.

Le roman contient une bonne dose de mystère, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Cela commence avec le Melenian, un navire royal dont très peu de personnes connaissent réellement la mission ! Grâce à un carnet découvert par hasard, Jekka en apprendra un peu plus sur les sorties en pleine nuit des militaires habitant le navire, mais ces quelques bribes d’informations susciteront bien plus d’interrogations qu’elles n’apporteront de réponses. J’ai adoré me creuser la tête aux côtés de Jekka pour en apprendre plus sur les secrets du navire, et, plus tard, sur d’étranges pierres noires au pouvoir d’attraction aussi étrange que fascinant… Outil de malheur ou symbole d’espoir et de changement, cela dépendra du camp auquel on appartient, mais ce qui est certain, c’est que ces pierres cristallisent les tensions entre le pouvoir royal et des fanatiques défendant un « grand rêve ».

Comme tous les fanatiques, ceux-ci font froid dans le dos par les moyens qu’ils utilisent pour atteindre leur fin, mais c’est finalement l’hypocrisie froide et le cynisme sans fin de leur dirigeant qui m’a soufflée. On est vraiment dans le schéma du gourou de secte qui défend une idéologie à laquelle il ne croit pas pour manipuler des gens afin de s’enrichir. Un être vil dont le projet insensé va pousser Jekka dans ses retranchements, et l’obliger à prendre une décision quant à son avenir. J’avoue avoir largement préféré la partie sur le navire, mais la vie sur la terre ferme sera l’occasion pour l’autrice de nous dévoiler toute la complexité de son intrigue. Que ce soit sur la terre ou en pleine mer, Jekka ne semble pas être destinée à une vie paisible…

Si je me suis passionnée pour la vie mouvementée de Jekka et le mystère entourant ses origines, sa personnalité m’a, en revanche, laissée plus mitigée. Blessante sans même s’en apercevoir, la jeune femme m’a ainsi parfois gênée par ses manières brutales, son manque d’empathie et de reconnaissance, et son absence flagrante de tact. Mais au fil du roman, on s’attache à son côté brut de décoffrage et l’on apprécie son courage ainsi que sa force de caractère. Elle ne recule ni devant les obstacles ni devant des révélations qui font pourtant vaciller son monde, autant au sens propre que figuré. Sans devenir une grande sensible, les épreuves traversées dans ce premier tome la rendront un peu plus consciente de son entourage, et du fait que ses actions ont des conséquences, parfois désastreuses, sur les autres.

Sa meilleure amie se montrera, quant à elle, bien plus sympathique et dévouée, consentant à un grand sacrifice pour épauler Jekka qui l’a pourtant abandonnée sans se retourner… Bien moins aventurière que Jekka, elle nous surprendra néanmoins par sa capacité à s’adapter à une vie pour laquelle elle n’était pas taillée et qu’elle n’a, surtout, jamais demandée. Un autre personnage, Norh, attire également l’attention d’autant que plane sur lui un certain mystère, à commencer par son surprenant enrôlement à bord du Melenian. Son rôle n’est pas développé outre mesure pour le moment, mais on perçoit en lui un certain potentiel et la capacité à tenir la dragée haute à Jekka, chose dont elle semble avoir fort besoin. Pour ma part, j’ai hâte d’en apprendre plus sur lui et espère le voir gagner en profondeur dans la suite de l’aventure.

Je n’évoquerai pas tous les personnages, mais je tenais à souligner le travail réalisé par l’autrice qui a trouvé un réel équilibre entre les personnalités de chacun. Jekka prend un peu plus de place que les autres, mais tout le monde a un rôle à jouer et compte bien le faire parce que dans cet univers, les compromis ne sont pas permis ! On appréciera également le fait que l’autrice ne tombe jamais dans le manichéisme, préférant opter pour des protagonistes complexes et nuancés, et donc très humains. J’ai d’ailleurs encore des doutes sur l’un des personnages, n’arrivant pas à déterminer si c’est un homme altruiste, mais maladroit, ou un fieffé menteur manipulateur…

Quant à la plume de l’autrice, elle a fonctionné à merveille sur moi. Des phrases imagées, parfois poétiques, mais qui coulent de source, un vocabulaire précis, une fluidité fort appréciable dans la narration… Le livre a été travaillé, et ça se sent ! Si on ajoute à cela, un enchevêtrement constant d’actions, de découvertes et de révélations, on obtient un roman qu’il est fort agréable de parcourir.

Le seul petit bémol que j’apporterai est que la couverture ne met nullement en valeur la qualité de cet ouvrage. Sa sobriété et le peu d’expressivité de l’image d’illustration n’auraient jamais attiré mon attention en librairie… C’est un détail, certes futile, mais qui peut vite faire la différence.

En conclusion, des personnages forts, mais jamais stéréotypés, de l’action, du suspense, du mystère… tout autant d’éléments qui viendront combler les lecteurs en quête d’une aventure, entre terre et mer, sur laquelle plane une terrible et fascinante aura de danger. À l’issue de ce premier tome, des questions restent en suspens, mais une certitude s’impose à nous, Jekka et ses alliés vont devoir trouver leur propre vérité et s’imposer dans un monde qui menace de vaciller. Mais finalement, cela importe-t-il vraiment ou le futur se trouve ailleurs ?

Je remercie les Éditions du Saule de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

In My Mailbox #187

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

Couverture Strawberry moon : La fille de la luneCouverture L'envers des contes (BD), tome 1 : Journal de la soeur pas si laide de Cendrillonhttps://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcQg-BNqrFpnAKEKVehSiVbObJOAI9dUYfuIEZgNABfcf9iRra0bXcHQw0bweA&usqp=CAc

Couverture L'inconnu de la forêtLa Guilde des aventuriers, tome 1 : La Guilde des Aventuriers par Loran ClarkCapitaine Static Tomes 1 À 3 de Bergeron Alain-M Format Album

Couverture de La petite danseuse au visage figé par Marielle Piccolo

EBOOK

Sacrificial Vote T01 par [Ryuya Kasai, Edogawa Edogawa]Infection T01 par [Toru Oikawa]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

 

 

Virtual Revolution 2046, Guy-Roger Duvert

La révolution a déjà eu lieu. Mais pas comme on l’attendait…

En 2046, les trois quarts de la population ont fui la réalité, passant leur temps connectés dans des mondes virtuels. Notre société n’est plus la même, désormais scindée entre trois catégories sociales : les Connectés, devenus de véritables junkies virtuels, les Vivants, qui refusent cette technologie, et enfin les Hybrides, partageant leur temps entre virtuel et réel.

À Neo Paris, Nash Trenton, un Hybride ancien flic et désormais barbouze privée, reçoit comme mission d’enquêter sur des phénomènes en apparence surnaturels se produisant en ligne. Se pourrait-il qu’un Dieu existe dans la matrice? À New-York, Genna, jeune surdouée rejetant avec force les attraits de la réalité virtuelle, travaille pour Interpol et se retrouve sur une affaire curieuse de meurtres tous perpétrés par des Connectés. Enfin, à Tokyo, Rei, jeune junkie virtuelle, vit dans un ghetto avec son amie. Les deux sont heureuses, passant leur temps en ligne, jusqu’au jour où des hommes en noir et augmentés cybernétiquement kidnappent son amie et tentent de l’éliminer, elle. Complètement inadaptée à la vie réelle, elle va néanmoins se lancer sur la piste de son amie.

Un Hybride, une Vivante et une Connectée. Trois destins liés dans une société corrompue qui a su répondre aux problèmes d’hier en en créant de nouveaux…

Auto-édition (9 août 2020) – 311 pages – Broché (19,99€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Je lis peu de science-fiction, mais c’est un genre que j’apprécie quand il est, comme ici, prétexte autant à divertir qu’à susciter de multiples questions d’ordre éthique et moral sur un sujet qui me fascine : les intelligences artificielles. L’auteur aborde également le thème de la réalité virtuelle et il le fait de manière convaincante !

En 2046, le monde a profondément changé : les trois-quarts de la population mondiale ont délaissé une réalité triste à souhait, a fortiori pour les moins fortunés, pour un monde de fantasmes que l’on peut plier à ses moindres désirs. La qualité de l’air dans la vraie vie est déplorable ? Peu importe, il vous suffit de vous connecter et de vous plonger dans un verse, un monde virtuel, pour prendre une bonne bouffée d’air frais. Votre physique vous déplaît fortement et vous vous rêvez en gros bras ? Pas de problème, il n’y a qu’à créer l’avatar qui correspond à vos désirs les plus profonds et vous plonger dans un verse où vous pourrez faire valoir la puissance de vos muscles à moins que vous ne préfériez jouer à l’étudiant, fêtard ou modèle, sur un campus américain. Les possibilités sont infinies…

Le rêve, non ? Peut-être, bien que l’on puisse se poser la question de la valeur d’une vie artificielle où derrière le bonheur ressenti à l’instant présent, il n’y a que du vide et l’impossibilité de se créer un futur qui ait réellement du sens. Une fuite, même virtuelle, n’en demeure pas moins une… Quel avenir à long terme pour une société où la plupart des gens sont reliés et dépendants d’une machine et des états qui acceptent de subvenir à leurs besoins les plus primaires sans pour autant leur garantir un minimum de droits ? Le plaisir immédiat et la possibilité de se vider l’esprit de tout tracas, valent-ils réellement la peine que l’on abdique sa liberté et que l’on renonce à améliorer le monde, le vrai, afin qu’il devienne enfin un endroit agréable qu’il n’est plus nécessaire de fuir dans des mondes artificiels ? Des questions, parmi tant d’autres, qui ne manqueront pas d’accompagner votre lecture…

Le nouvel ordre mondial, bien qu’éthiquement et idéologiquement contestable, semble fonctionner. Mais pour combien de temps ? Résistera-t-il aux nouvelles menaces qui planent sur la vie virtuelle et qui ne sont pas sans conséquence dans le monde réel ? Des Connectés se font tuer en ligne alors que cela devrait être impossible, des Connectés, sensés être dociles, se mettent à commettre des meurtres et d’autres se font kidnapper par les grandes entreprises dans l’indifférence générale, le statut de Connecté étant loin d’être respecté. C’est dans ce contexte difficile que nous faisons la connaissance de nos trois protagonistes : Nash, un ancien policier vivant à Paris qui, depuis le meurtre de sa campagne, s’est lancé dans une vendetta personnelle, Rei, une Connectée tokyoïte qui se voit contrainte de quitter le monde virtuel suite au kidnapping de sa petite amie, et Genna, une surdouée travaillant pour Interpol à New-York, plus douée pour la logique que les sentiments.

Ces trois personnages n’ont rien en commun, mais ils représentent à merveille les différents rapports à la réalité virtuelle qui se côtoient dans ce monde futuriste : Nash est un hybride ancré dans la réalité, mais qui n’hésite pas à se connecter pour accomplir ses missions, Rei ne considère sa vie que sous le prisme de son avatar, et Genna fait montre d’une réelle défiance envers un système dont elle sent intuitivement les dangers et les limites. En plus de leurs différences de caractère qui les rendent intéressants, l’auteur a veillé à faire évoluer ses personnages au gré de leurs péripéties et des rebondissements, ce qui ne les rend que plus humains et réalistes. Rien n’est fixé dans le marbre et petit à petit, des glissements s’opèrent dans la vie de chacun… Pour ma part, c’est peut-être l’évolution de Rei qui m’a le plus étonnée et marquée.

En début de roman, le fossé entre l’assurance de son moi virtuel et sa réelle personnalité, déconnectée des réalités du monde, nous semble vertigineux, voire infranchissable. Mais de fil en aiguille, la jeune fille, qui recherche avec la force du désespoir sa petite amie, s’endurcit ! Dans un monde où la vie des Connectés n’a aucune valeur, elle n’a pas d’autre choix que d’avancer et de prendre les armes. De junkie virtuelle, elle devient une jeune fille sûre d’elle, bien décidée à s’imposer quitte à rejoindre un Ordre dont elle n’approuve pas l’objectif final : la destruction des verses. Sa psychologie est, du moins pour moi, la plus intéressante et la plus fine. J’ai ainsi adoré suivre son évolution et la manière dont elle quitte le chemin balisé d’une vie virtuelle entièrement sous contrôle pour une existence empreinte de brutalité. Une nouvelle vie la faisant basculer vers un obscurantisme pernicieux et vengeur…

Question vengeance, Nash n’a rien à envier à notre adolescente, son existence étant dédiée à l’élimination des Nécromants, ces personnes qui tuent aléatoirement des joueurs pendant qu’ils sont en ligne et donc vulnérables. Cela était du moins vrai jusqu’à ce qu’il se rapproche d’une femme qui l’aidera à apaiser cette haine et cette rancœur qui le consument et le guident depuis le meurtre de sa femme. Mais n’oubliez pas que l’auteur n’est pas connu pour sa clémence envers ses personnages, et que le temps de la paix intérieure n’est peut-être pas encore venu pour notre mercenaire… Nash est un personnage assez complexe qui, derrière une certaine dureté de caractère, se révèle finalement assez humain. C’est peut-être la raison pour laquelle il ne porte aucune trace d’augmentation cybernétique, des améliorations qui lui auraient pourtant été fort utiles pour son travail.

Quant à Genna, notre enquêtrice pour Interpol, elle m’a fait penser, dans une certaine mesure, à un Sherlock Holmes au féminin. Consciente de sa précocité intellectuelle et ne maîtrisant pas les codes sociaux, elle peut sembler désagréable et imbue d’elle-même. Mais plus on apprend à la connaître, plus on comprend qu’elle n’est peut-être pas aussi misanthrope que cela, et que derrière un certain manque de tact, se cache une personne qui ne demande qu’à être acceptée par les autres. En plus d’une personnalité intéressante, j’ai apprécié la manière dont sa vision de la réalité virtuelle évolue pour devenir bien plus nuancée. De la même manière, il est indéniable que son enquête, et ses échanges avec ses partenaires, vont engendrer chez elle des changements notables qui la rendent bien plus humaine et presque attachante.

Au-delà des personnages et des nombreuses réflexions soulevées autour de la réalité virtuelle et des intelligences artificielles, l’intérêt de ce roman très visuel réside également dans tout l’univers mis en place par l’auteur. Des nouveaux rapports sociaux que l’on découvre au fil de notre lecture, aux décors urbains qui tranchent résolument avec les nôtres, en passant par l’organisation socio-économique d’un monde encadré par de grands groupes aux pouvoirs quasi illimités, tout est mis en place pour nous plonger avec réalisme dans un futur que l’on espère bien différent du nôtre. Il est ainsi fascinant, bien que parfois oppressant, de se balader dans un univers où la réalité virtuelle a impacté physiquement et durablement le monde réel. Les lecteurs devraient également apprécier d’explorer différents verses, chacun ayant ses propres codes graphiques et ses propres règles…

Quant à la plume de l’auteur, elle se révèle fidèle à elle-même : immersive, fluide et rythmée ! Si on ajoute à cela une alternance des points de vue apportant un dynamisme certain, on obtient un livre qui se lit rapidement, et dont on prend plaisir à tourner les pages d’autant que l’action est au rendez-vous avec, entre autres, des scènes de combat plutôt intenses. Les personnes appréciant les romans cyberpunk bourrés d’action devraient donc trouver ici leur bonheur avant, peut-être, d’avoir envie de visionner le film qui se déroule un an après la fin du livre. Pour les abonnés Prime Video, il est d’ailleurs disponible sur la plateforme.

En conclusion, dans un style très cinématographique propre aux romans de Guy-Roger Duvert, Virtual Revolution 2046 nous propose une réflexion pleine de pertinence sur les intelligences artificielles et sur la réalité virtuelle qui, sans garde-fou, finit par emprisonner au lieu d’offrir cet espace de liberté dont elle aurait pu être le symbole. Mais Virtual Revolution 2046, c’est également un roman aux multiples facettes nous plongeant dans la vie de personnages très différents qui vont être confrontés, chacun à leur manière, à des ennemis qu’ils soient intérieurs, virtuels ou qu’ils prennent la forme d’une organisation aux valeurs et méthodes extrêmes. Dans un monde où le virtuel a pris le pas sur le réel, y a-t-il encore quelque chose à sauver ? Une question à laquelle nos protagonistes nous apporteront peut-être une réponse dans la suite de leurs (més)aventures…

Je remercie Guy-Roger Duvert de m’avoir envoyé son roman, disponible sur Amazon, en échange de mon avis.

Interférences – Tome 1 : Cendres, Aurore Payelle

Interférence, Tome 1 : Cendres par Payelle

Depuis qu’il a attrapé sa main dans les rues de Genesis, Sora n’a plus d’autre choix que de fuir la ville qui l’a sauvée de l’épidémie de VH2. Après avoir passé les onze dernières années en quarantaine au pensionnat Nord, elle souhaitait seulement être une personne saine et sûre pour ses congénères se retrouve dans une situation désespérée. James, pourchassé par Spectators, l’entraîne avec lui dans sa course tandis que les balles pleuvent sur eux. Dans cette ville ultra surveillée et réglementée, mensonge, amour et technologie sont autant d’interférences dans sa nouvelle vie. Elle ne rêvait que de se faire une place parmi les siens, il vient lui ouvrir les yeux. Parviendront-ils à atteindre leur but commun, sous l’oeil de Spectators ?

Publishroom Factory (1 juillet 2020) – 456 pages – Broché (19,50€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Dans ce monde ravagé par un virus, les enfants sont placés en quarantaine dès leurs cinq ans et libérés à leur majorité après qu’on leur a implanté une puce destinée à détecter toute future contamination. L’implantation de cette puce est la dernière étape avant l’entrée dans une vie active entièrement déterminée par son quartier d’origine. Un déterminisme social contre lequel personne ne lutte puuisqu’il assure le bon fonctionnement de la ville de Genesis. Enfin, c’est ce que croyait Sora jusqu’à ce que sa rencontre fortuite avec James, un Extérieur, vienne faire voler en éclats sa vie et toutes ses certitudes. À ses côtés, la jeune fille va découvrir des vérités qu’elle ne peut désormais plus ignorer !

Et si, contrairement à ce qu’on lui a toujours dit, tout le monde ne portait pas de puce et que ce dispositif se révélait bien plus être un outil de répression et de contrôle que de prévention ? Une idée déstabilisante pour Sora qui a passé ses onze dernières années enfermée dans un pensionnat coupée d’un monde dont elle va, petit à petit, découvrir le vrai visage ! Alors que la jeune fille avait toute confiance dans les institutions et leur volonté de protéger la population d’un virus mortel, elle va réaliser que tout n’était que pur mensonge. Les sauveurs de l’humanité ne sont en fait que des monstres asservissant une partie de la population pour asseoir leur pouvoir et permettre aux plus nantis de continuer à profiter de leurs privilèges quand les plus pauvres, privés de liberté, sont condamnés à une vie de dur labeur.

Si ce modèle sociétal bâti sur les inégalités nous semble profondément injuste, il n’est néanmoins pas sans rappeler ce que nos sociétés dites modernes continuent, dans une certaine mesure, à perpétrer. Mais l’autrice pousse les choses encore plus loin en ajoutant, au décalage révoltant entre pauvres et riches, une dimension complotiste que j’ai beaucoup appréciée, et dont je vous laisserai le plaisir de découvrir toute l’ampleur. De la même manière, j’ai adoré suivre Sora dans sa nouvelle vie et son envie justifiée de faire bouger les choses et de révéler au monde la terrible vérité. Pour cela, elle n’aura pas d’autre choix que de s’engager auprès de James dans la résistance qui s’organise à l’extérieur des murs de Genesis. Au sein de cette organisation, elle apprendra à se dépasser physiquement et mentalement, se fera des amis, mais surtout, elle prendra goût à cette liberté qu’on lui a si longtemps refusée et qu’elle est dorénavant prête à défendre au prix de sa propre vie.

Car devenir résistant et entrer dans le groupe des capuches noires, c’est accepter d’affronter un ennemi puissant bien décidé à conserver son droit de vie et de mort sur les citoyens et à éliminer définitvement toute menace à son hégémonie. Avant d’être envoyée en mission et d’affronter le danger, Sora devra donc suivre un entraînement militaire auprès de ses nouveaux camarades, certains se montrant plus accueillants que d’autres. J’ai, pour ma part, adoré le personnage de Fred, un boute-en-train toujours de bonne humeur et très accueillant, dont l’homosexualité apporte un peu de diversité. Cette orientation sexuelle est perçue ici comme quelque chose de tout à fait normal et ne suscite ni remarque ni regard déplacé. Une chose qui semble aller de soi, mais qui est loin d’être garantie dans notre réalité… Fred, en plus d’apporter une certaine légèreté bienvenue, aidera également Sora à y voir plus clair dans sa relation avec James.

Pour les allergiques aux histoires d’amour, il est préférable de souligner qu’il y aura un rapprochement entre nos deux jeunes résistants. Pour ma part, j’ai trouvé le couple assez mignon même si James fait parfois preuve d’une jalousie qui m’a paru quelque peu enfantine. Mais rappelons que les personnages sont tout juste majeurs et qu’on ne peut attendre d’eux la maturité d’un adulte. Il se dégage ainsi une certaine maladresse, mais aussi beaucoup de tendresse, de cette relation naissante que l’on voit s’épanouir malgré le contexte difficile, à moins que ce ne soit grâce au contexte difficile. En effet, conscients des dangers auxquels ils vont devoir faire face, nos deux amoureux vivent leur début de manière bien plus intense qu’un couple lambda, ce qui les rend très touchants. Il y a aura bien sûr des quiproquos et des tensions, mais rien qui ne m’ait fait lever les yeux au ciel. J’ai, en outre, apprécié que malgré son inexpérience en matière d’homme, Sora ne soit pas présentée comme une jeune ingénue complètement effarouchée au moindre rapprochement. Elle est peut-être un peu moins à l’aise que James pour exprimer son désir, mais elle n’en demeure pas moins à l’écoute de son corps et de ses sentiments… Mais rassurez-vous, le roman reste assez chaste et peut être tout à fait lu par des adolescents.

Tout au long du roman, il y a un bon équilibre entre action, amitié et romance, ce qui rend la lecture aussi captivante qu’agréable. Je n’ai ainsi jamais eu l’impression de m’ennuyer, les passages doux et tendres alternant avec les découvertes, les sessions intenses d’entraînement, les missions d’exploration et d’infiltration sans oublier des moments empreints de solennité. On a ainsi parfois le sentiment d’être plongé dans un jeu vidéo ou dans un film d’autant que la plume d’Aurore Payelle se révèle plutôt immersive et m’a très agréablement surprise par sa finesse et sa fluidité. En d’autres termes, si vous avez envie d’une dystopie ryhtmée et immersive dans laquelle la romance est présente sans être pesante, Interférences devrait vous plaire. Le roman ne révolutionne certes pas le genre, mais il offre un moment de divertissement sous tension avec des personnages attachants que l’on espère retrouver sains et saufs dans la suite de la série, la fin nous laissant craindre le pire…

Merci à Aurore Payelle de m’avoir envoyé Interférences en échange de mon avis.

In My Mailbox #181

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

J’ai déniché quelques ouvrages forts sympathiques chez Noz dont un livre qui est dans ma wish list depuis des lustres et ai eu la chance de recevoir quelques services presse dont la suite de Sigurd que j’avais adoré.

Couverture Edgar et les 999 âmesMichel Strogoff (Mes grands classiques)Un bon petit diable (Mes grands classiques) par [Comtesse De Ségur,, Pauline Duhamel, Olivia Karam]

Couverture L'oeil était dans l'arbre… et regardait de drôles d'oiseauxCouverture Le royaume des brumesAmitié, tout ce qui nous lie par Faller

EBOOKS

ENNEMIS INTIMES: Chroniques de femmes sous emprise conjugale par [Pascale Costa]

Metamorphosis: La Bataille des Reines par [Saurel]Machinations (thriller): L'intégrale par [Florian Dennisson, Chambre Noire]MES YEUX POUR TON COEUR: - court roman plein d'émotion par [Alice Quinn]

DXD par [Andrea Pineda, Carlos Ramirez]Oleander: Memories Are Deleted in Space (English Edition) par [Ryan Armstrong]The Fire Drill (English Edition) par [Tess Shepherd]

The Legend of Sleepy Hollow (English Edition) par [Washington Irving, The griffin classics]Battle of the Hexes: A Standalone Halloween Cozy Mystery Novella (English Edition) par [Morgana Best]An Unconventional Holmes: Three Unnatural Cases (English Edition) par [Liese Sherwood-Fabre]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?