Poussière fantôme, Emmanuel Chastellière

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une histoire de fantôme rocambolesque… à Montréal !

Être guide touristique spécialisé dans les mystères du Montréal hanté n’est pas facile tous les jours, malgré les pourboires et les touristes à berner. Mais ça l’est encore moins quand on peut réellement converser avec les fantômes, trop contents de trouver quelqu’un à qui parler !
Depuis qu’Archibald a fait la rencontre d’Elizabeth McKenzie, jeune scientifique décédée dans des circonstances étranges en 1917, sa vie a basculé. Déterminé à aider Elizabeth à lever le voile sur sa mort, Archie va devoir compter sur des amis parfois surprenants et apprendre à percer les secrets de la poussière fantôme, alors que les revenants, goules et autres spectres de la ville se montrent de plus en plus menaçants…
Et tout ça si possible sans trop se fatiguer

 

Scrineo (26 avril 2018) – 336 pages – Broché (14,90€) – Ebook (7,99€)
Illustration : Xavier Collette

AVIS

Difficile de ne pas craquer devant une telle couverture et un tel titre ! C’est donc sans vraiment prêter attention au résumé que j’ai décidé de m’embarquer dans cette lecture. Un voyage qui fut riche en péripéties et en présences fantasmagoriques. Il faut dire qu’avec un protagoniste voyant les fantômes, cela n’a rien de très étonnant.

Profitant de son don, Archibald s’est associé avec son meilleur ami, Isidore, libraire spécialisé dans l’occulte, pour proposer des visitées guidées d’un genre nouveau… À ses côtés, ce ne sont pas les musées que les touristes découvrent, mais plutôt le Montréal de l’ombre, des fantômes et des histoires à vous faire dresser les cheveux sur la tête. Un métier dans lequel Archibald excelle d’autant qu’il peut compter depuis peu sur l’aide du fantôme d’Elizabeth, une jeune scientifique décédée cent ans plus tôt.

C’est d’ailleurs avec cette dernière que l’auteur commence son livre. Nous découvrons ainsi la tragique histoire de cette femme qui s’est lancée dans des recherches scientifiques qui auraient pu, en cas de succès, changer la face du monde. Une réussite effleurée de près avant qu’un terrible accident ne vienne mettre fin aux ambitions de la jeune prodige, à sa vie et à celle de son amant.

Cent ans plus tard, Elizabeth, qui n’a rien perdu de son caractère, doit faire face à un autre problème qui prendra une tournure que ni elle ni Archibald n’auraient pu imaginer. Ils pourront heureusement compter sur le soutien de différentes personnes plus ou moins liées au monde de l’étrange. C’est donc dans une aventure auréolée de mystère, empreinte de mythologie et emplie de dangers que l’auteur nous plonge sans nous laisser le temps de reprendre notre souffle. Dans un rythme effréné,  les scènes d’action et les événements s’enchaînent apportant leur lot de questionnements et de révélations…

Au fur et à mesure de l’intrigue, les liens entre les personnages se précisent et les relations sont mises à mal… J’aurais apprécié que l’auteur développe un peu plus cet aspect du livre puisque finalement, on reste à la surface des choses. À titre d’exemple, la relation entre notre héros et son meilleur ami m’a laissée assez dubitative. Leurs interactions, basées sur les silences et les secrets, manquent cruellement de chaleur, un peu comme si nous étions face à de vagues connaissances et non à des personnes censées être proches... Archibald m’a en outre agacée par la manière dont il jette l’opprobre sur son ami qui lui avait caché tout un pan de son existence quand lui-même n’a pas été un exemple de transparence et d’honnêteté. Un peu de mauvaise foi notre Archibald…

J’ai, en revanche, apprécié l’amitié entre le jeune homme et sa colocataire qui va se révéler être un précieux atout pour la petite bande que ce soit en raison de son caractère bien trempé ou de ses dons. De la même manière, j’ai particulièrement été touchée par le duo formé par Archibald et Elizabeth. Complices, les deux amis essaient de s’épauler du mieux qu’ils le peuvent. Archibald n’est pas parfait et a tendance à opter pour la fuite face aux problèmes, mais pour son amie, il se lance dans une aventure périlleuse sans trop sourciller… Quant à la scientifique, elle m’a beaucoup émue. Bien que désemparée face à la situation et au mal qu’elle cause indirectement autour d’elle, elle fera de son mieux pour affronter les épreuves qu’elles soient d’ordre magique, amical ou sentimental… 

La psychologie des personnages n’est pas développée outre mesure, mais l’auteur a veillé à apporter pas mal de tension et de suspense à son récit : que s’est-il passé exactement il y a cent ans ? L’amant perdu l’est-il vraiment à tout jamais et surtout est-il celui qu’il prétend être ? Pourquoi et par qui Elizabeth est-elle poursuivie ? Qui est ce Grand Œil ? Pourquoi les fantômes semblent prendre vie dans le monde réel avec des intentions plus ou moins sympathiques ? Quelle est l’étendue des capacités d’Archibald ? Un exemple des nombreuses questions qui viendront vous titiller durant votre lecture et vous donner envie de connaître le fin mot de l’histoire d’autant que la plume fluide et immersive de l’auteur plonge directement les lecteurs au cœur de l’aventure…

Petit détail qui contribue au sentiment d’immersion et au charme du roman, la découverte de quelques expressions québécoises des plus savoureuses.... Mais rassurez-vous, elles sont utilisées avec parcimonie et l’on devine bien souvent, grâce au contexte, leur sens.

En conclusion,  amitiés, amour, actions, fantômes, magie, complot et mythologie sont au cœur de cette aventure rythmée, pleine de mystère et d’actions qui devrait ravir les amateurs de surnaturel et d’histoires de fantômes palpitantes, mais pas vraiment effrayantes.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site des éditions Scrineo.

Les outrepasseurs – Tome 1 : Les héritiers, Cindy Van wilder

J’ai lu ce premier tome des Outrepasseurs, qui dormait dans ma PAL depuis des lustres, en lecture commune avec Lire à la folie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Gulf stream éditeur (6 février 2014) – 352 pages – Broché (18€) – Ebook (11,99€)

AVIS

Pas très doué sur un terrain de football, Peter, adolescent lambda, connaît pourtant une progression fulgurante qui impressionne même son entraîneur. Surprenant ! Mais ce n’est rien par rapport à la révélation brutale qu’il va devoir affronter suite à une attaque durant laquelle, sans l’aide de sa mère, il aurait probablement perdu la vie. Le début d’une nouvelle vie qui va le conduire chez un personnage aussi inquiétant qu’énigmatique, Noble. L’heure est venue de faire face à un passé et à un destin hors du commun ! Mais Peter est-il prêt à entendre la vérité et à découvrir ces secrets que sa mère lui a jusqu’à présent cachés ?

Après deux premiers chapitres haletants et emplis de mystère, l’autrice opère une nette coupure dans la narration. On quitte ainsi Peter pour se retrouver dans le passé à une époque que j’aime beaucoup, le Moyen Âge. J’aurais peut-être apprécié que cette alternance des époques soit amenée de manière un peu moins brutale et déstabilisante. On comprend néanmoins rapidement que ces flash-back ne sont pas le fruit du hasard, mais qu’ils apportent un éclairage sur la situation inattendue et périlleuse dans laquelle se retrouve, bien malgré lui, Peter ainsi que d’autres adolescents aussi déboussolés que lui. Ce premier tome se concentre donc bien plus sur le passé que sur le présent, un point qu’il vaut mieux prendre en considération avant de se lancer dans la lecture sous peine de ressentir une certaine frustration.

Sous couvert de fiction, l’autrice soulève des thèmes variés et intéressants : le fanatisme religieux et l’hypocrisie régnant chez certains ecclésiastiques plus intéressés par leur confort de vie que le bien de leurs ouailles, la solidarité, les superstitions qui poussent à commettre des horreurs qui ne sont pas sans rappeler la chasse aux sorcières, ce que l’on est prêt à faire et à sacrifier pour obtenir ce que l’on estime juste, des dilemmes moraux comme l’épineuse question du sacrifice individuel au profit de la collectivité, le fait que tout n’est jamais tout blanc ni tout noir…

À cet égard, si l’on comprend la légitimité du combat des Outrepasseurs contre les fés qui sont loin d’être des enfants de chœur, on ne peut que rejeter la personne chapeautant cette organisation secrète. Loin d’être un parangon de vertu, Noble n’hésite ainsi pas à réduire en esclavage ses ennemis et à entraver le libre arbitre d’adolescents encore sous le choc des révélations concernant leurs ancêtres et la malédiction dont ils subissent de plein fouet les conséquences… Peter ne sera d’ailleurs pas dupe et fera de son mieux pour lutter contre cet assujettissement qu’on lui impose et ces choix qui ne sont guère les siens !

Les différentes thématiques soulevées tout au long du récit m’ont surprise par leur dureté, l’autrice n’hésitant pas à jouer sur la frontière entre le bien et le mal, la mort et les décès violents. Un point qui m’a plu et qui m’a tenue en haleine puisque page après page, je n’avais qu’une envie, découvrir le sort réservé à ces personnages du passé. D’ailleurs, si je ne me suis point attachée à eux, je n’ai pu que compatir devant les épreuves traversées et les tourments endurés.

Il y a pourtant un protagoniste qui a su me toucher, le prêtre. Mû par une véritable foi et une volonté d’aider les autres, on le voit, petit à petit, se perdre en chemin et commettre des actes contraires à ses valeurs et à son éthique bien qu’il finisse par retrouver la voix de la raison. Il se sait dépasser par la situation, ne peut espérer de soutien de l’église et finit par être rejeté par les personnes qu’il tente de protéger, mais il fera de son mieux avec le peu de moyens dont il dispose pour sauver ceux qui peuvent encore l’être… Imparfait d’humanité, voici un personnage qui m’a brisé le cœur d’autant que l’autrice ne l’épargne pas.

J’ai également apprécié un personnage qui prendra probablement de l’importance par la suite et dont je vous laisserai le plaisir de la découverte. Je dirai simplement qu’il fait une entrée fracassante dans la vie de Peter qui va devoir apprendre à coexister avec cet être que l’on pressent malin, peut-être parfois fourbe, mais également débrouillard, perspicace et plutôt haut en couleur… À l’inverse, j’ai été révulsée d’horreur par un antagoniste du passé, le Chasseur. Froid, calculateur, pervers et manipulateur, il ne recule devant rien pour acculer ses proies et les faire siennes au grand dam de sa dernière victime et de son entourage. Je dis d’ailleurs chapeau à l’auteure pour la construction d’un personnage à l’esprit aussi détraqué qui apporte une vraie touche d’angoisse et d’horreur au récit !

Si j’ai été surprise de constater la place prise par le passé dans l’intrigue, ce qui confère d’ailleurs à ce premier tome des allures de grosse introduction, je reconnais avoir tout de suite adhéré au style et à la plume de Cindy Van Wilder. Pas de fioriture, mais un bel équilibre entre actions, descriptions et dialogues rendant la lecture aussi plaisante que fluide ! Quant aux allusions à des histoires et légendes comme Le Joueur de flûte de Hamelin ou le fameux et fabuleux Roman de Renart, elles renforcent cette impression d’être projeté en pleine période médiévale.

En résumé, ce premier tome nous offre une immersion efficace et menée d’une main de maître dans le passé de personnes confrontées à des forces surnaturelles et implacables qui changeront leur vie et celle de leurs descendants à jamais. Je suis maintenant curieuse de découvrir comment ces Héritiers vont faire face à la situation et à cette malédiction qui pèse sur leurs épaules…

N’hésitez pas à découvrir l’avis de Lire à la folie.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Gulf Stream.

Connexions secrètes, Lucas Courage

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo de m’avoir permis de découvrir Connexions secrètes de Lucas Courage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Je m’appelle Lucas Courage. Je n’ai pas choisi ce nom ni d’avoir un pouvoir extraordinaire, mais secret. Je n’ai pas choisi d’avoir un père espion, ni d’être recruté avec lui par le président de la République pour démanteler un réseau de terroristes. Je n’ai pas choisi non plus l’aventure, les poursuites, les énigmes… Partir au Shahistan, être pris en otage, assister à des assassinats… ! Je n’ai pas choisi de vivre, comme dirait Manon – Ah Manon… -, dans ce monde de dingues !

Scrineo (3 octobre 2019) – 288 pages – Broché (12,90€)

AVIS

Quelle aventure ! Ce pauvre Lucas Courage en aura bien besoin de courage justement pour affronter tout ce qui lui tombe sur le coin du museau. Et dire qu’en bon adolescent, il n’aspirait qu’à avoir la paix et à lézarder. Comment ça, je caricature ? Bon, peut-être un peu, mais Lucas est plus un adepte du repos et de la manette que de la course et de l’action. Mais que faire quand c’est le président en personne qui compte sur vous et votre père pour sauver la France d’une dangereuse organisation bien décidée à la mettre à genoux ?

On retrousse ses manches, on sort son plus beau sourire et on s’active quitte à dangereusement quitter sa routine. Et du danger, il va y en avoir, Lucas et son père n’étant pas au bout de leurs surprises ! C’est que les adorateurs de la déesse Melkiar ont de la ressource et ne reculeront devant rien pour paralyser l’Hexagone en hackant ses institutions et ses grandes entreprises. Imaginez-vous une France sans Internet, sans services d’urgence, sans moyens de communication, les pigeons voyageurs ayant pris leur retraite depuis bien longtemps… Impensable et pourtant, c’est bien ce qu’il risque d’arriver si les Courage, père et fils, ne s’allient pas pour régler le problème.

Jean, le père, ancien agent secret, reprend vite ses anciens réflexes d’espion aguerri et entraîne son fils dans une mission rocambolesque et riche en action. Un enlèvement, des meurtres, des menaces, un complot, des traîtres à la nation… Il n’y a pas à dire, la vie des Courage, c’est encore mieux qu’un James Bond ! Si Lucas traîne la patte au début, il finit par se prendre au jeu et met avec enthousiasme son talent unique, la capacité de se connecter aux objets électroniques, au service de la patrie même si cela parfois lui en coûte.

Cette mission secrète tend, en effet, à s’interposer entre lui et Manon, une camarade de classe dont il est amoureux. Mais comment se rapprocher d’elle quand chaque moment passé à ses côtés tourne à la catastrophe et le fait passer pour un fou ? Difficile la vie d’ado, mais alors celle d’ado apprenti espion, n’en parlons pas ! Les jeunes lecteurs devraient s’amuser de le voir enchaîner les galères avec sa peut-être future dulcinée d’autant que cette dernière sera, avec sa mère, embarquée dans l’aventure sans vraiment le demander. Et si Lucas aborde les dangers avec une certaine décontraction, qu’elle soit de façade ou non, la jeune fille prend la chose avec beaucoup moins de légèreté.

Manon, bien qu’un peu geignarde, mais ça peut se comprendre vu les circonstances, semble le personnage le plus réaliste du livre. Contrairement aux autres, tous ces événements dignes d’un grand film d’action à l’américaine l’atteignent comme ils le feraient avec n’importe qui dans la vraie vie. À l’inverse, sa mère est plutôt enthousiaste à l’idée de suivre les Courage dans leur aventure. Il faut dire que journaliste, elle flaire là un bon scoop qu’elle ne peut décemment pas laisser passer… On suit donc la fine équipe dans ses péripéties qui ne manquent pas de mordant ! 

Naviguant entre des considérations de son âge et celles dignes d’un haut dignitaire, Lucas s’emmêle parfois les pinceaux, mais il finit par faire face à la situation avec un certain aplomb et beaucoup de courage, sans mauvais jeu de mots. Il réalise également que ce papa espion qu’il idéalise depuis qu’il est enfant et dont il est si proche n’est pas parfait et possède ses propres faiblesses. J’ai, pour ma part, trouvé leur relation père/fils très touchante et plutôt atypique en littérature jeunesse, genre dans lequel les parents sont bien souvent absents et/ou défaillants.

Ici, le père n’est pas parfait, mais il a su nouer une réelle complicité avec son fils malgré les quelques tensions que la situation exceptionnelle dans laquelle ils sont projetés ne manquera pas de soulever. Alternant entre envie de protection et fierté paternelle de voir Lucas grandir et prendre en main les rênes de sa vie, Jean nous apparaît aussi fort que vulnérable, un mélange le rendant diablement attachant !

J’ai également beaucoup apprécié l’humour de l’auteur, pardon de Lucas Courage, qui en plus de nous offrir des situations plus cocasses les unes que les autres, n’hésite pas à partager avec ses lecteurs quelques phrases bien senties comme savent si bien en faire les adolescents. Les références à l’actualité, plus ou moins récente, ne manquent pas non plus de piquant. Vous ne regarderez ainsi plus les trottinettes électriques qui envahissent nos trottoirs de la même manière et vous ne devriez pas manquer de sourire devant l’allusion de l’escapade en scooter d’un ancien président…

Est-ce que le scénario est plausible ? Pas le moins du monde, enfin j’espère parce que sinon, c’est qu’il y a vraiment eu un problème à la DGSE, mais que c’est drôle et divertissant. J’ai eu l’impression de me trouver devant l’un de ces films que j’adorais plus jeune dans lesquels les enfants bottaient les fesses aux méchants. Une sorte de Maman, j’ai raté l’avion adolescent dans lequel ce n’est plus un enfant contre les adultes, mais un père et son fils adolescent travaillant main dans la main pour sauver la France. Bien que l’histoire soit très différente, le résultat est le même, le plaisir d’avoir passé un super moment de détente et d’avoir vécu une aventure trépidante auprès de personnages attachants et hauts en couleur !

En conclusion, Connexions secrètes est un roman bourré d’humour qui vous entraînera dans la vie d’un adolescent devenu, bien malgré lui, un atout indéniable dans la lutte secrète de la France contre une redoutable et mystérieuse organisation. Famille, aventure, enquête, action, cybercriminalité et trahison seront au programme de ce divertissement familial qui devrait vous assurer un bon et amusant moment de lecture. Et parce qu’on n’a jamais assez de Courage, j’espère que Lucas nous reviendra un jour dans de nouvelles aventures !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Scrineo.

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Croquettes & cie, Marie Colot – Florence Weiser

Appréciant la plume de Marie Colot découverte dans Je ne sais pas et Deux secondes en moins, je n’ai pas hésité à emprunter Croquettes et Cie dont le résumé me faisait très envie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand Savanna arrive à l’école toute triste parce que son chien, Bestiole, est gravement malade, Mademoiselle Coline a une nouvelle fois une idée farfelue. L’institutrice propose d’installer le panier de Bestiole au pied du tableau noir et de lui offrir une convalescence digne de ce nom…

Alice (14 septembre 2017) – 9/12 années – 80 pages – Broché (11,50€)

AVIS

Savanna est triste. Et pour cause, son adorable teckel est malade, très malade au point de devoir envisager d’abréger sa vie pour lui éviter de souffrir. Mais avant le rendez-vous tant redouté chez le vétérinaire, son amoureux Elvis, ses petits camarades et leur super institutrice, Mademoiselle Coline, vont faire de leur mieux pour offrir à Bestiole les plus beaux derniers jours qu’un compagnon à quatre pattes puisse espérer.

Avec la complicité de l’enseignante, les enfants vont ainsi veiller sur lui : un joli panier au pied du tableau noir dans lequel se reposer, des séances de jeu en prenant garde de ne pas trop le fatiguer, d’autres animaux de compagnie avec lesquels jouer, des tonnes et des tonnes de câlins, de caresses, de bisous et d’attention… En d’autres termes, le bonheur !

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Ayant dû il y a quelques mois accepter de me séparer de mon fidèle Gribouille atteint également d’une tumeur, j’ai ressenti énormément d’émotions à la lecture de cette histoire. J’ai bien sûr partagé la tristesse de Savanna à l’idée de se séparer de ce compagnon qui lui a tant apporté, mais j’ai également été transportée par tout cet amour, cette joie, cette tendresse, ces beaux instants de jeu et de vie…

Les enfants n’oublient pas que Bestiole ne sera bientôt plus avec eux, mais ils choisissent de se concentrer sur le beau et le positif plutôt que sur la douleur. Cet élan de solidarité et d’amour rend la lecture très émouvante d’autant que l’autrice ne tombe jamais dans le pathos ! Il faut dire qu’elle a su insuffler une bonne dose d’humour à son récit. Cela passe autant par la maîtresse bienveillante aux expressions hilarantes et aux méthodes éducatives qui feraient rêver n’importe quel enfant que la spontanéité et la fraîcheur des échanges entre les enfants…

Du choix des couleurs à la rondeur des traits, Florence Weiser, à travers ses illustrations tout en douceur, souligne et renforce la tendresse et la sensibilité qui se dégagent de l’histoire. À cet égard, j’ai adoré une illustration en pleine page de Bestiole dont on perçoit toute la sérénité et le bien-être… Une image qui représente finalement à merveille l’essence de ce drôle et touchant roman.

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Voici donc un ouvrage jeunesse que je recommande à toutes les personnes qui ont eu la chance de côtoyer un animal et la peine de devoir lui dire au revoir. Quant aux enfants, ils pourront juste voir dans ce récit une très belle histoire d’amitié ou ils pourront y puiser la force de surmonter leur chagrin, car si Marie Colot aborde le thème difficile du deuil animal, elle le fait avec humour, justesse et sensibilité.

La véritable histoire de Boucle d’Or et du chat Marcel, Benjamin Perrier

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Connaissez-vous vraiment l’histoire de Boucle d’Or ? Le chat Marcel, lui, peut tout raconter, il était là ! Et son histoire rétablit quelques vérités… notamment sur son action à lui, toujours ignorée !

Gautier Languereau (8 février 2017) – 3 ans et + – 32 pages – Album (10,50€)
Illustrations : Jules

AVIS

Découverte par hasard, cette chouette réécriture de conte, proposée par les éditions Gautier Languereau, a offert à la trentenaire que je suis un très joli retour en enfance.

Boucle d’Or fait partie de ces contes que je lisais toujours avec beaucoup de plaisir adorant cette petite fille qui ose entrer dans l’antre d’une famille d’ours. Et c’est avec tout autant de bonheur que j’ai découvert la version imaginée par Benjamin Perrier.

Avec l’auteur, cette histoire connue des petits et des grands prend une tout autre tournure et saveur grâce au chat Marcel, un personnage facétieux qui entre majestueusement en scène.

Un peu fainéant sur les bords, et gourmand comme il se doit, ce minet n’a qu’une idée : faire un festin aux frais de cette famille d’ours dont le petit-déjeuner le fait saliver d’avance. Profitant de leur habituelle balade et de l’arrivée fortuite de Boucle d’Or, il arrive enfin à atteindre son but quitte, au passage, à mettre dans une situation difficile une fillette qui ne demandait qu’à l’aider et à le câliner.

Mais rassurez-vous, tout est bien qui finit bien ! Et puis comment en vouloir à ce chat qui sait jouer des ronrons et des miaous pour faire fondre le cœur des lecteurs et de Boucle d’Or ? Impossible même si quand même, il est bien culotté notre poilu gourmand, un peu fainéant et quelque peu manipulateur. Mais attendez, n’est-ce pas exactement ce que l’on attend d’un chat ?

Cette réécriture de conte ne pourra que vous faire sourire, l’humour étant bien présent que ce soit grâce à l’habileté avec laquelle l’auteur se joue des stéréotypes autour des chats, un comique de répétition bien amené ou encore les illustrations de Jules qui viennent appuyer cette impression d’humour et de bonne humeur que l’on ressent tout au long de la lecture.

Le crayonné, simple et enfantin, facilitera, quant à lui, l’immersion des enfants dans l’histoire. Ceux-ci devraient être ainsi séduits par l’histoire non pas de Boucle d’Or, mais du chat Marcel qui lui vole sans vergogne la vedette ! L’arrivée des ours pourra peut-être inquiéter un peu les plus jeunes comme ce fut le cas avec ma nièce de trois ans, mais la douceur des dessins atténuera très vite la peur qu’ils pourraient ressentir. J’ai, en outre, apprécié l’utilisation d’une palette de couleurs restreinte qui permet de se concentrer sur l’histoire tout en offrant un cadre visuel assez plaisant pour capter l’attention des jeunes lecteurs.

En conclusion, le duo Benjamin Perrier et Jules nous offre ici une jolie réécriture d’un conte qui devrait rappeler de bons souvenirs aux adultes, et permettre aux enfants de passer un très joli moment de divertissement. L’humour est bien présent, les émotions au rendez-vous et le personnage haut en couleur du chat Marcel une raison suffisante pour se plonger dans cette jolie version de Boucle d’Or.

Retrouvez le livre sur le site Place des libraires

Aurore, Jérémie Kisling

Je remercie Babelio et les éditions Slalom pour m’avoir permis de découvrir Aurore de Jérémie Kisling.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans cet ouvrage singulier, entre fable, roman et journal intime, Jérémie Kisling nous fait entendre la voix d’Aurore, une adolescente sur le fil, pleine de contradictions, entre rires et déceptions. Elle partage avec le lecteur ses émotions, ses peurs, ses joies aussi… et la découverte qui va bouleverser sa vie.

Slalom (29 août 2019) – 160 pages – Broché (10,90€) – Ebook (7,99€)
Couverture : Zep

AVIS

Aurore surprend une conversation entre ses parents qui va faire voler en éclats son monde et ses certitudes sur son identité !

L’auteur aborde ici, à travers un personnage atypique et plein de verve, un sujet délicat et complexe que chaque personne concernée vivra différemment en fonction de son vécu, de sa personnalité, de son entourage… Mais ce qui est certain, c’est que ce sujet mérite une réelle conversation a fortiori quand, comme Aurore, on est encore une adolescente en pleine construction. Il est alors aisé pour le lecteur de comprendre le choc, voire le sentiment de trahison, ressenti par Aurore qui aurait mérité d’apprendre la vérité d’une autre manière.

Cette découverte, difficile à accepter et à digérer, la poussera à se réfugier chez une amie chinoise nostalgique de son pays et de sa vie d’avant puis chez son grand-père. Un papy sympathique chez lequel elle fera, de manière plutôt incongrue d’ailleurs, une rencontre, celle de Sliman, un réfugié orphelin. Encouragée par son aïeul, elle va alors, à ses côtés, déambuler dans les rues de la ville avec un objectif en tête…

En tant qu’adulte, on ne peut s’empêcher de penser que sa démarche semble naïve et dangereuse, mais peu importe puisque l’auteur ne nous propose pas un roman miroir de la réalité, mais plutôt une fable pleine de poésie dans laquelle les personnages évoluent et se (re)trouvent. Ses pérégrinations urbaines seront ainsi l’occasion, pour Aurore, de se libérer d’un poids, et de se rapprocher de Sliman qui se révèle d’une jovialité contagieuse.

À son contact, l’adolescente va prendre du recul sur ses malheurs et ses peines se rendant compte que cette révélation qui l’a tant chagrinée ne peut effacer tous les beaux moments de vie, de complicité et de tendresse partagés avec ses parents et sa petite sœur. Une prise de conscience la poussant à vouloir retrouver les siens qui attendent probablement son retour avec angoisse et impatience, une chance que son nouvel ami n’a pas…

Orphelin, Sliman n’a plus personne à retrouver, mais malgré les épreuves qu’il a traversées et qui ne seront ici qu’effleurées, il garde toujours le sourire aux lèvres. C’est incontestablement l’atout bonne humeur du roman, et la personne qu’il fallait pour permettre à Aurore d’ouvrir les yeux sur le trésor qu’elle possède, une famille aimante et soudée. J’aurais aimé en apprendre plus sur cet adolescent qui conserve une belle part de mystère, mais j’ai été très touchée par son histoire, sa pudeur quant à ses sentiments, sa simplicité, sa gentillesse et le naturel avec lequel il entre dans la vie d’Aurore. Sans jamais la juger, lui qui a connu des épreuves que l’on devine difficiles, il la soutient et, d’une certaine manière, veille sur elle. Après tout, la rue, c’est son monde, pas celui de l’adolescente… L’auteur nous propose donc une jolie amitié pleine de douceur et de rires.

Les thèmes abordés sont intéressants, pertinents par rapport au public visé par l’ouvrage et apportent une certaine profondeur au récit : la famille, la construction de son identité, l’amitié, le déracinement, cette notion de l’étranger et de l’Autre… Mais je dois avouer que c’est bien la personnalité haute en couleur d’Aurore qui m’a réellement séduite. Cette adolescente est plutôt du genre attachante ! Intelligente, pleine d’humour et doté d’un esprit affûté, elle aime jouer avec les mots qu’elle manie avec une facilité déconcertante. Les adolescents, mais aussi les adultes, devraient être séduits par ce truculent personnage qui n’a pas sa langue dans sa poche.

Il faut dire qu’amusante, elle possède également une certaine capacité de recul sur ses semblables et les adultes, et une tendance à la dérision et à l’auto-dérision. J’ai d’ailleurs souvent souri face à ses réparties que d’aucuns pourraient qualifier d’impertinentes quand j’aurais tendance à les trouver rafraîchissantes. Vous aurez donc compris que j’ai été particulièrement sensible à l’humour de l’auteur et de son personnage !

Cerise sur le gâteau, l’auteur, également compositeur/chanteur, a créé une chanson pour accompagner le roman. Une chanson que vous retrouverez ici ou en scannant le QR code en fin d’ouvrage.

En conclusion, porté par deux personnages aussi amusants qu’attachants, Aurore est un joli roman jeunesse plein de poésie et d’humour qui aborde en douceur et avec philosophie des thèmes comme la famille, l’amitié, le déracinement… Tour à tour drôle et touchante, voici une charmante histoire à déguster que l’on soit adolescent ou adulte, mais en gardant en tête que plus qu’un récit qui collerait à la réalité, l’auteur nous propose avant tout une fable entre rires et chagrin qui ne manquera pas de vous toucher.

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