Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Molly Alone et la méchante belle-mère, Anne Vidal

Molly Alone et la belle-mère (Farfadet) par [Vidal, Anne]

Je remercie les éditions Évidence pour m’avoir permis de découvrir cette jolie histoire jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Molly est une fillette pleine d’imagination. Sa seule compagnie est celle de son oreillard.
Quand ses parents divorcent elle raconte son histoire, mais en la peuplant d’un dragon, d’une sorcière, d’une princesse..

Évidence Éditions – 26 mai 2018 -64 pages – Ebook (2,99€) – Papier (8€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est une vérité presqu’incontesbable que la belle-mère d’une petite fille est toujours une odieuse marâtre. C’est, du moins, ce dont est persuadée Molly, une enfant à l’imagination débordante, qui va nous conter ses (mé)saventures en les teintant de fantastique… Affectée par le divorce de ses parents et le départ de la maison du dragon (pardon, de sa mère), elle vit plutôt mal l’état d’euphorie dans lequel baigne son père depuis l’arrivée d’une nouvelle femme dans sa vie. Une femme odieuse qui, il ne peut en être autrement, l’a ensorcelé ! Sinon comment expliquer qu’il soit amoureux ?

Mais Molly n’est pas dupe des tentatives d’apaisement de la méchante sorcière qui ose même lui offrir des bonbons ! Des bonbons ? Mais quelle horrible bonne femme ! De mauvaise foi notre Molly ? C’est en tout cas ce que semble lui souffler à l’oreille, voire lui asséner avec conviction, son compagnon à quatre pattes transformé en étrange créature dans le conte de Molly. J’ai d’ailleurs eu un coup de cœur pour ce chat-oreillard qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à jouer l’avocat du diable au grand désarroi de la jeune fille. Cette dernière n’apprécie guère qu’il lui montre que dans son histoire, la sorcière n’est pas vraiment la belle-mère…

Grâce à son imagination, ses talents de conteuse, sa faculté à manier les rimes, son humour, et son côté gentille petite peste, Molly nous amuse et nous ensorcelle. Les enfants devraient ainsi tomber sous le charme de cette fillette à laquelle ils pourront facilement s’identifier… Les enfants qui vivent la même situation qu’elle pourront également, à ses côtés, réaliser que l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie de leurs parents n’est pas toujours une mauvaise chose. La belle-mère (mais cela est également valable pour le beau-père) est-elle vraiment méchante ou c’est l’image que l’enfant s’en fait qui la rend ainsi ? Une question subtilement amenée et intelligemment illustrée…

En plus de nous offrir un récit divertissant mis en valeur par des illustrations pimpantes et d’une attrayante modernité, l’autrice aborde donc avec tact et humour le divorce et la difficulté pour un enfant de se projeter dans une nouvelle cellule familiale sur laquelle il n’a aucun contrôle. En dédramatisant la situation grâce à une héroïne à l’imagination fertile, le message passe avec douceur, et laisse la place à un éventuel dialogue…

Pleine d’humour, de joutes verbales entre une jeune fille haute en couleur et un animal qui l’est tout autant, cette histoire jeunesse offre un amusant moment de divertissement tout en abordant un thème sensible, le divorce et la difficulté pour un enfant d’accepter les nouvelles relations amoureuses de ses parents parfois perçues comme menaçantes. Mais si finalement, toutes les belles-mères n’étaient pas méchantes ?

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

Yumi, Véronique Charrière

Yumi

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Yumi, jeune japonaise de quatorze ans, vient passer dix jours chez son correspondant écossais, Alistair. Passionnée par l’histoire de cette partie de l’Europe, elle veut profiter de son séjour au maximum…

Évidence Éditions (16 décembre 2017) – 64 pages – Ebook (3,99€) – Poche (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est sa couverture avec sa connotation livre d’horreur qui m’a donné envie de découvrir Yumi de Véronique Charrière, une envie satisfaite grâce à Évidence Éditions qui m’en a fait parvenir un exemplaire numérique dans le cadre de notre partenariat.

J’ai passé un très bon moment aux côtés de personnages plutôt attachants. Nous faisons ainsi la connaissance de Yumi, une jeune Japonaise venue passer une dizaine de jours dans la famille de son correspondant écossais, Alistair. Très bien accueillie par les parents de ce dernier ainsi que par sa petite sœur, Maura, la jeune fille profite de ce séjour en Europe pour faire le plein de beaux souvenirs. Au programme, des visites de châteaux, un peu d’histoire écossaise et des sensations fortes !

C’est que le problème qui occupait son esprit au Japon semble l’avoir suivie en Écosse pour son plus grand désarroi. Mais elle va heureusement pouvoir compter sur l’aide de ses nouveaux amis pour faire face à la situation…

Le roman est court et m’a donc, en tant qu’adulte, un peu frustrée, mais j’ai adoré faire un peu de tourisme dans un pays que j’aimerais beaucoup visiter notamment pour ses châteaux et ses légendes. Des légendes qui ne sont pas sans rappeler, dans une certaine mesure, un mythe japonais que je connaissais déjà, mais que j’ai pris plaisir à retrouver ici. La manière dont l’autrice arrive, par le biais du surnaturel, à faire le lien entre Écosse et Japon se révèle fort intéressante et originale.

J’ai, en outre, apprécié l’amitié et la complicité entre les trois jeunes personnages qui vont travailler main dans la main pour affronter les dangers sans jamais hésiter à prendre des risques pour s’entraider. Le genre de belle amitié interculturelle qui devrait plaire à tous les lecteurs tout comme la jolie relation fraternelle entre Alistair et Maura qui ont également la chance d’avoir des parents attentifs et aimants.

L’ouvrage étant court, les événements s’enchaînent rapidement, ce qui ne permet pas à l’autrice de nous offrir de longues phases de description, mais cela ne nuit en rien à l’immersion dans cette Écosse du surnaturel qui, pour ma part, me fascine. Cette histoire devrait d’ailleurs procurer de légers frissons aux lecteurs les plus jeunes et/ou les plus impressionnables, et offrir un beau moment d’évasion aux autres…

À noter qu’en plus du côté fantastique, l’autrice fait une brève, mais intéressante incursion, du côté d’un autre genre que je vous laisserai bien sûr le plaisir de découvrir. Cela apporte un certain charme à l’intrigue et intensifie sans aucun doute le sentiment de danger et d’urgence que l’on peut ressentir durant la lecture.

Entre tourisme, amitié et phénomènes surnaturels, Yumi est une lecture divertissante que je ne peux que vous conseiller si vous aimez l’Écosse, les histoires de fantômes et les belles rencontres.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Lily 2.0 – Tome 2. Solstice d’été, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir proposé de découvrir le tome 2 de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline. N’hésitez pas à lire ma chronique du tome 1 : Lily 2.0 : équinoxe de printemps.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Au cours d’un voyage scolaire à Florence, entre la contemplation des chefs-d œuvre de la Renaissance et les délires propres à une bande d’ados en vacances, affleurent chez Lily de nouvelles capacités extrasensorielles : distinction des auras, perception auditive et visuelle de fantôme, clairsensibilité… S’agit-il du syndrome de Stendhal qui provoque souvent troubles et hallucinations chez les touristes exposés à tant de beauté ou de l’éclosion soudaine de facultés de clairvoyance et de médiumnité ? Tout en se familiarisant, le jour, avec la pensée humaniste, l’alchimie et l’hermétisme, Lily replonge, la nuit, dans l’univers fascinant des énergies subtiles.

Caouanne (21 novembre 2019) – 232 pages – Ebook (4,88€) – Broché (16€)
À partir de 12 ans

AVIS

Florence ! Voilà une destination de rêve pour conclure une année scolaire. C’est donc en compagnie de quelques-uns de ses professeurs et de 15 autres collégiens de 4ème que Lily visite la ville.

Florence nous apparaît ici comme une ville riche d’un passé faste et mouvementé, mais la ville semble surtout être une ode à la culture que ce soit à travers ses monuments, ses mécènes historiques à l’instar des fameux Médicis, sa gastronomie, ou ses courants artistiques et ses artistes emblématiques qui ont su vivre à travers le temps dans la mémoire collective…. Les amateurs de la Renaissance, d’art et d’histoire devraient donc être enchantés par cette immersion totale et somptueuse dans une ville qui semble rayonner !

Cerise sur le gâteau, en plus de vous promener dans ses rues et visiter ses monuments, vous devriez découvrir certains faits surprenants sur cette cité qui regorge de mystères et de légendes. J’ai, par exemple, appris que Florence serait le berceau des glaces et des sorbets, une information toujours intéressante pour une gourmande… Et si je connaissais le syndrome de Paris, j’ai découvert avec étonnement le syndrome de Stendhal appelé également syndrome de Florence

Vous aurez donc compris que ce second tome laisse une large place à la culture et à l’histoire de l’art, une démarche pédagogique qui devrait plaire aux adultes, mais aussi aux lecteurs plus jeunes, l’autrice rendant les informations présentées tout au long du roman passionnantes et très accessibles. Un excellent moyen de se cultiver tout en se divertissant !

Nous restons néanmoins dans une fiction et à cet égard, nous retrouvons ce qui fait le charme de la série : une incursion dans le monde de l’invisible, de l’ésotérisme, des sciences parallèles et de ces capacités extrasensorielles sur lesquelles chacun se fera sa propre opinion, l’autrice ne tombant jamais dans le prosélytisme. C’est donc avec mon esprit résolument cartésien, mais avec une certaine ouverture d’esprit, que je me suis laissée entraîner dans le monde des auras, des énergies, de la philosophie hindouiste, de l’alchimie, science dont je ne pensais pas le symbolisme aussi présent dans nos vies…

J’ai tendance à ne croire que ce qui a été démontré scientifiquement, mais je reconnais que l’autrice rend toutes ces notions et disciplines fascinantes d’autant qu’elle n’hésite pas à inclure des illustrations pour étayer ses propos. J’ai, en outre, adoré suivre Lily dans l’exploration de ses capacités hors du commun, notamment celles la conduisant à dépasser ses craintes (légitimes) afin d’aller à la rencontre d’un personnage qui m’a touchée. Ce dernier offre également une petite incursion dans un tragique épisode de l’histoire mondiale, côté italien, ce qui est plutôt rare dans la littérature française.

La version numérique est de qualité, mais j’aurais néanmoins tendance à vous conseiller de vous diriger vers la version papier afin de profiter pleinement de l’agréable mise en page de ce roman puisque de nouveau, il bénéficie de jolies illustrations dont une splendide carte de Florence en couleurs. Sont également présents des petits plus qui rendent la lecture très attractive quel que soit l’âge des lecteurs : des recettes accessibles (glace à la vanille, biscuits du Piémont…), des suggestions de morceaux de musique distillées par-ci par-là, des exercices pour développer certaines facultés, un tuto de coiffure et même une recette de dentifrice maison… Une manière subtile et efficace de donner l’impression de lire le journal intime de notre héroïne et donc de faciliter le processus d’identification des préadolescent(e)s et des adolescent(e)s.

Grâce à ce voyage scolaire mené tambour battant, le personnel éducatif ayant veillé à planifier avec minutie l’emploi du temps de leurs élèves, les adultes devraient, quant à eux, s’attendrir devant la personnalité haute en couleur de Lily, et retrouver certaines sensations, voire revivre certains souvenirs comme les petites chamailleries et mauvais tours entre filles et garçons… Je vous rassure, tout reste bon enfant puisqu’il se dégage de cet ouvrage beaucoup de positivité ! Un point qui rend la lecture particulièrement agréable et enrichissante.

Comme dans tout groupe, il y a des amitiés et des inimitiés qui se créent, mais l’autrice veille à mettre en avant une forme de bienveillance. Ainsi, Lily ne juge pas, elle reconnaît juste que sa conception de la vie diffère de celle de certaines de ses camarades et que leur appétence pour le superficiel ne lui sied guère. Je ne suis pas certaine qu’à son âge, j’aurais eu cette force d’esprit ayant toujours eu un peu de mal avec les personnes centrées sur le paraître. Je devrais peut-être partir quelques jours en vacances avec notre jeune héroïne ! Et puis qui dit voyage, dit proximité et rencontres, notamment amoureuses… 

En conclusion, immersif et intéressant, ce deuxième tome nous offre un savant mélange entre culture, art, tourisme, et monde extrasensoriel, le tout mis en valeur par une plume fluide et agréable, et une mise en page chaleureuse et attractive ! Un livre aussi plaisant sur le fond que la forme qui plaira à un large public, préadolescents, adolescents et adultes compris.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Caouanne.

Imelda et le roi des gobelins, Briony May Smith

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Je remercie Babelio et les éditions du Lumignon pour m’avoir permis de découvrir Imalda et le roi des gobelins de Briony May Smith.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Loin derrière les collines, à l’orée de la forêt des fées, vit Imelda. Chaque jour, elle vit mille aventures avec ses amis les fées. Jusqu’à ce qu’une grande et méchante brute arrive : le roi des gobelins ! Quand il enlève la reine des fées, tout le monde se tourne vers Imelda : pourra-t-elle aider les fées à retrouver leur reine ? L’amitié et la ruse ne seront pas de trop pour déjouer les plans de l’horrible roi des gobelins !

Éditions du Lumignon (15 octobre 2019) – 32 pages – 10,90€ – À partir de 5 ans

AVIS

Imelda, fillette pleine de peps et de gaieté, voit la tranquillité de ses amies les fées perturbée par l’arrivée du colérique, grognon, détestable et égoïste roi des gobelins bien incapable de partager quoi que ce soit. Mais la fillette est bien décidée à aider ses amies quand ces dernières feront face à un terrible danger…

Avec son grand format rendant la prise en main très facile et sa couverture à rabats aux multiples couleurs et personnages, Imelda et le roi des gobelins attire d’emblée le regard des plus jeunes.

Imelda et le roi des gobelins - rabats Briony May Smith

Une attention qui sera maintenue grâce à de très belles illustrations en grand format et à un texte réduit à son strict nécessaire et mis en valeur par une gestion intelligente de la police d’écriture. J’ai, en outre, apprécié que l’autrice s’amuse avec son texte l’incluant aussi bien sous les dessins comme dans un album que dans des bulles à la manière d’une BD. Un procédé qui apporte beaucoup de dynamisme à la narration.

Illustration Imelda et leroi des gobelins

Quant aux illustrations en elles-mêmes, elles s’accordent à merveille avec l’atmosphère de la forêt que ce soit à travers le choix des couleurs ou les jeux d’ombre et de lumière. On appréciera également la diversité des personnages que l’autrice a pris le soin d’illustrer simplement avec des caractéristiques reconnaissables par les jeunes lecteurs : des fées souriantes et vêtues d’habits colorés, un roi des gobelins possédant de grandes jambes et de longues dents, des petits gobelins verts de peau… Une façon subtile de guider la lecture des enfants et de souligner le rôle de chacun, avec les gentilles fées d’un côté, et le méchant et odieux gobelin de l’autre.

Gobelin, Imelda et le roi des gobelins

En plus d’une histoire qui ne manquera pas de plaire aux enfants et à leurs parents qui devraient y retrouver le charme des contes de leur enfance, l’autrice aborde des sujets importants à une période où l’on construit sa personnalité et acquiert un certain nombre de valeurs. Il est ainsi question d’amitié, de partage, d’entraide, mais également de tyrannie, de colère et d’égoïsme. L’autrice souligne également la bonté à travers cette reine des fées qui cherche l’apaisement face à un être bien sourd à son appel à la paix et à une cohabitation sereine.

Mais quand une main tendue ne suffit pas à régler les conflits, reste la ruse ! Et ce n’est pas l’impétueuse, courageuse et débrouillarde Imelda qui vous dira le contraire… Les enfants devraient facilement s’identifier à cette fillette qui a de la ressource et ne manque ni de courage ni de détermination !

En conclusion, Imelda et le roi des gobelins nous offre une belle incursion dans la forêt et auprès de fées en prise avec un détestable et monstrueux gobelin. Elles seront heureusement aidées par une petite fille pleine de ruse qui, grâce à un ingénieux stratagème, permettra à la gentillesse et à la solidarité de triompher de la méchanceté et de l’égoïsme. Une jolie histoire possédant le charme des contes de notre enfance, de superbes illustrations en grand format, des valeurs fortes, une morale facile à appréhender, une fin amusante… voici un bel album que les enfants devraient prendre grand plaisir à lire et à relire.

Retrouvez le livre sur le site des éditions du Lumignon.

Mamie Bonbon, Florent Lucéa

Avis Mamie Bonbon Florent Lucéa, Ex Aequo éditions

Je remercie les éditions Ex Aequo de m’avoir permis de découvrir Mamie Bonbon de Florent Lucéa.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Mamie Bonbon est une grand-mère fragile en apparence qui mène une vie paisible dans son petit village. Pourtant elle possède un don inestimable qui va l’entraîner dans un monde fantastique et la confronter à des ennemis extrêmement dangereux.
Heureusement elle pourra compter sur des amis formidables aux multiples facettes pour l’aider dans cette aventure. Le courage n’a pas d’âge, l’amour est le plus précieux des cadeaux et le plus tendre des surnoms peut se révéler être votre plus grande force.

Ex Aequo (26 octobre 2019) – Broché (10€) – Ebook (2,99€)

AVIS

Je tenais à souligner le très beau travail d’édition avec une superbe couverture dont le ton bleuté, avec ses jolis dégradés, donne irrémédiablement envie de découvrir cette Mamie Bonbon dont on ne fait que percevoir la silhouette. S’agit-il d’une manière de souligner le danger qui la guette ?

Pour le savoir, je me suis empressée de me plonger dans la lecture de cet ouvrage qui m’a enchantée dès les premières pages. Je tends à regretter une simplification à outrance des textes pour enfants, un écueil dans lequel l’auteur n’est point tombé. Le roman destiné aux 9/12 ans se révèle très accessible, les phrases demeurant relativement courtes, mais l’on sent le soin avec lequel l’auteur a choisi ses mots.  Il se dégage ainsi beaucoup de charme et d’élégance de sa plume très visuelle et non dénuée de poésie, ce qui devrait permettre de réunir petits et grands lecteurs autour d’une histoire mettant en scène une mamie haute en couleur.

Mamie Bonbon, c’est une mamie extraordinaire, mais c’est, paradoxalement, une mamie comme les autres. Une mamie comme les autres dans la mesure où l’abandon affectif dans lequel elle se trouve fait écho à ce que vivent des millions de personnes âgées à travers le monde. À cet égard, sans être moralisateur, l’auteur pointe les défaillances de nos sociétés qui, lancées dans la course à l’argent et aux plaisirs, en oublient bien souvent les plus âgés. Ainsi notre Mamie Bonbon, après avoir vécu des moments heureux auprès de son défunt mari et de sa descendance, est laissée seule dans son petit village sans aucune visite malgré ses tentatives de rapprochement. Entre les cours, les amis, les amours, le travail, les vacances, les loisirs, les voyages, il y a toujours une bonne raison de ne pas passer un petit appel, rendre une visite même éclair, envoyer une carte postale ou une lettre…

Si Mamie Bonbon, Georgette de son prénom, ne peut compter sur ses enfants et ses petits-enfants, elle trouve du réconfort dans sa relation aux animaux que ce soit avec sa minette, Princesse, ou tous les animaux du voisinage. C’est que voyez-vous, notre mamie a un petit secret et un magnifique don que, pour ma part, je rêverais de posséder. Malheureusement, quand ce don commence à s’ébruiter, les choses s’enveniment et son propre village se retourne contre elle ! La différence fait peur et peut pousser à toutes les extrémités… Mais les réactions disproportionnées ne cachent-elles pas autre chose ?

Je vous laisserai bien sûr le soin de le découvrir par vous-mêmes, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur nous plonge dans une histoire riche en actions et en magie. La magie du cœur, bien sûr, Mamie Bonbon et ses amis à deux et à quatre pattes faisant preuve d’un louable altruisme, mais aussi la véritable magie, des forces occultes entrant en jeu. Notre mamie va devoir donc faire appel à tout son courage et à son don pour, aux côtés de sa famille de cœur, sauver sa famille de sang ainsi que faire toute la lumière sur d’étranges et inquiétantes disparitions d’enfants !

J’ai eu un coup de cœur pour Mamie Bonbon qui, malgré l’absence des siens, fait preuve de beaucoup de compréhension et d’abnégation. Aucune trace d’aigreur chez cette femme qui m’a touchée et émue. J’ai également pris beaucoup de plaisir à la voir collaborer avec des animaux atypiques, comme un cafard ou une souris, d’autant que l’auteur, à travers ces animaux qui possèdent tous un prénom amusant, ajoute une pointe d’humour qui devrait plaire aux enfants. Au cours de son aventure, notre mamie va également se lier d’amitié avec des personnes de son âge qui possèdent toutes un don unique et spécial, ce qui se révélera fort utile pour la mission de sauvetage dans lequel ce club de super-héros du troisième âge s’est lancé. La force surnaturelle et malfaisante qui sévit va ainsi découvrir, à ses dépens, que nos mamies et papis ont de la ressource !

En plus d’offrir un moment de lecture fort divertissant, l’auteur amène subtilement et avec délicatesse les enfants, voire leurs parents, à (re)considérer leurs liens avec leurs aïeux. La vie actuelle est trépidante, mais n’y a-t-il pas un peu de place pour les plus âgés, un petit geste pouvant changer bien des choses dans la vie de personnes qui ploient sous le poids de la solitude ? Bien sûr, chaque situation est différente et tout le monde n’a pas eu la chance d’avoir une Mamie Bonbon dans sa vie,  mais le roman a le mérite de nous faire penser notre relation aux nôtres et aux anciens. Il est également ici question de seconde chance, et de rédemption puisqu’il n’est jamais trop tard pour rattraper ses erreurs ou, du moins, pour essayer de corriger le mal volontaire ou non que l’on a pu faire par le passé….

En conclusion, l’auteur bouscule ici les codes des romans jeunesse en nous prouvant qu’une mamie peut faire une super-héroïne qui fera fondre le cœur de ses jeunes lecteurs en même temps qu’elle affrontera avec courage les dangers qui se dressent devant elle. Empli d’actions, de magie et d’amitiés, Mamie Bonbon est un très bon roman jeunesse qui offre un joli moment de divertissement familial et une réflexion subtile sur les liens intergénérationnels. À lire, à relire et à partager tout autour de soi !

Retrouvez le roman sur le site des éditions Ex Aequo.

Editions-exaequo.com

Il pleut des en fait, des du coup et des voilà, Susie Morgenstern

Couverture Il pleut des EN FAIT, des DU COUP et des VOILA

PRÉSENTATION ÉDITEUR

S’il y a bien une chose que Célia déteste autant que les parapluies, ce sont les tics de langage de sa prof de français. Avec Martin, la jeune fille se met en tête de développer une machine qui supprime tous ces « en fait », ces « du coup », ces « voilà » qui polluent son quotidien. Son idée ? Une boîte à bruitage un peu améliorée… Pas sûr que ça fasse rire tout le monde, mais Célia en est certaine, son invention révolutionnera les discussions !

Rageot Editeur (10 avril 2019) – 160 pages – 10/12 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Vous ayant déjà parlé de tous les avantages de la collection Flash fiction pour les jeunes lecteurs ou ceux qui lisent peu, je ne reviendrai pas dessus préférant me concentrer sur l’intrigue proposée dans ce court roman qui ne manque pas de panache et d’humour !

Célia, jeune inventrice ayant connu son petit succès avec le chapluie, un immense bonnet permettant de se balader sous la pluie les mains libres, est en quête d’une nouvelle invention. Coup de chance, quoi que cela dépendra des points de vue, sa nouvelle professeure de français, Mademoiselle Laurent, va lui donner une idée : inventer un dispositif traquant et corrigeant ces vilains tics de langage qui finissent par rendre fou ! Pour ce faire, elle pourra compter sur le soutien de son petit ami.

J’ai adoré l’idée de Célia, personne n’étant à l’abri d’un tic de langage conscient ou non. Un tel dispositif m’aurait d’ailleurs rendu grand service pendant mes études. Si je n’ai pas connu, comme nos deux jeunes héros, une « Madame En Fait », j’ai côtoyé un « Monsieur Au jour d’aujourd’hui ». Ce barbarisme, certainement le pire de la langue française, a sérieusement mis ma patience à rude épreuve…

J’ai donc compris sans peine la volonté de Célia de tester rapidement une version sommaire, et peut-être un peu vulgaire, de son correctic sur son enseignante. Une initiative qui sera fort mal accueillie ! Il faut dire qu’entendre des rots et des pets pendant que l’on donne ses cours, ce n’est pas forcément des plus agréables surtout quand l’on ne connaît pas les raisons d’une telle grossièreté. Mais Célia ne se laissera pas abattre par ce premier échec et saura solliciter les bonnes personnes pour l’aider à mener à bien son projet.

On suit donc avec intérêt l’adolescente dans ses recherches tout en admirant sa pugnacité et sa débrouillardise. Imaginative et intelligente, elle apprend de ses erreurs et se donne les moyens pour atteindre ses objectifs ! Un joli message sur la force des rêves et la nécessité de ne pas baisser les bras devant les problèmes est ainsi subtilement adressé aux jeunes lecteurs qui ne pourront qu’être inspirés par Célia et son petit ami. Ils devraient être également touchés par la romance toute mignonne entre les deux adolescents. Complémentaires, amusants, inventifs et drôles, les deux amoureux possèdent de sacrés atouts pour plaire à un large public…

En conclusion, Il pleut des en fait et des du coup et des voilà est un livre jeunesse plein de peps et d’humour qui devrait offrir un très bon moment de divertissement aux jeunes lecteurs, mais aussi à tous ceux qui ont déjà eu affaire à d’exaspérants tics de langage…

Autres titres de la collection : Les fantômes du manoirMiss Samouraï et le Ninja Bleu