Je suis super Nino ! d’Andrew Katz et Tony Luzano

Un beau matin, Nino trouve un masque qui lui donne de formidables pouvoirs. Il a très hâte de se lancer dans l’action ! Mais personne ne le laisse mettre en pratique toutes les super idées qu’il a en tête. À la place, tout le monde lui dit des choses comme range ta vaisselle. Habille-toi. Fais ATTENTION.

Est-ce que Nino aura enfin la chance de montrer à quel point il peut être super ?

20 mai 2020 – 32 pages – Relié (9,90€)

AVIS

Jaguar, le chat de Nino, a trouvé un masque qui, à première vue, n’a rien d’exceptionnel. Mais une fois enfilé, ce masque va se révéler quelque peu spécial. En le portant, Nino se découvre ainsi de super pouvoirs qu’il est bien décidé à explorer par lui-même et, surtout, à utiliser de tout son soûl. Mais pas super facile d’être un super-héros quand vos parents ne vous laissent pas mettre en place toutes vos super idées !

Cela n’empêchera néanmoins pas le jeune garçon de partir à l’aventure, de faire des rencontres et de nouvelles expériences. D’une course contre une fusée jusqu’à la planète Mars au sauvetage de Jaguar, capturé par un terrible monstre, rien n’arrête Nino qui se révèle courageux et plutôt imaginatif.

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Si le récit est rythmé, le gros point fort de cet ouvrage, ce sont ses superbes illustrations en grand format qui prennent le pas sur le texte, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de s’immerger complètement dans l’aventure et de se l’approprier. Quant aux couleurs pleines de peps, elles ne manqueront pas de participer au plaisir que l’on prend à parcourir cet album.

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Les enfants devraient, en outre, être sensibles au message subtilement diffusé à travers cette histoire : la nécessité d’accepter certaines règles et de faire attention à ce que l’on fait pour ne pas que ses propres envies et capacités ne viennent provoquer du désagrément à autrui.

Amusant, coloré et plein de dynamisme, cet album jeunesse devrait ravir les enfants qui vont vivre, aux côtés d’un jeune personnage volontaire et attachant, de très originales aventures tout en apprenant, avec pédagogie et humour, une importante leçon.

Je remercie NetGalley et les Éditions Chouette pour cette lecture.

Ocean City, tome 1 : Chaque seconde compte, R. T. Acron

Hachette Romans (5 février 2020) – 320 pages – Broché (16,90€) – Ebook (11,99€)
Traduction : Véronique Minder

AVIS

Nous voici transportés dans une ville futuriste, Ocean City, mégalopole flottante qui dérive sur les mers et les océans, une manière ingénieuse de faire face à la montée des eaux qui a rendu la vie sur les continents très difficile. Cette ville présente une autre particularité : un système économique basé entièrement sur le temps ! Plus d’argent liquide ou virtuel, mais du temps que l’on obtient en travaillant et que l’on échange contre des biens et des services. Un système qui n’a rien d’anodin puisque le temps est devenu tellement précieux qu’il est dorénavant très mal vu et très difficile de le perdre en loisirs et autres distractions futiles, ou du moins, non productives.

Malgré une injonction permanente à l’efficience et l’efficacité, trois adolescents ont néanmoins trouvé le moyen de se distraire, notamment en bidouillant quelques anciennes consoles et surtout, en développant le transpondeur. Cet appareil miracle permet de pirater la Banque centrale et de voler du temps, mais en l’utilisant, Crockie va mettre les pieds dans un engrenage infernal et entraîner Henk et Jackson dans sa chute… Les forces de l’ordre, une branche des services secrets et une autorité importante de la ville vont ainsi traquer l’adolescent avant de s’attaquer à ses deux meilleurs amis.

Crockie, que l’on apprend principalement à connaître à travers les souvenirs et les pensées de Jackson, s’impose très vite à nous comme un électron libre, brillant et haut en couleur, mais peu en phase avec une cité où seuls le temps et le respect des règles comptent et sont valorisés… J’ai eu, en revanche, beaucoup de mal avec le personnage de Henk qui se montre antipathique, égoïste, froid et manipulateur. Je n’ai d’ailleurs pas compris comment il pouvait être ami avec les deux autres lycéens. Quant à Jackson, courageux, intelligent et gentil, il se révèle attachant que ce soit en raison de sa personnalité ou de la manière dont il veille sur sa petite sœur à la veille d’une cérémonie très importante qui la met dans tous ses états.

Dépassé par les événements, Jackson va devoir pourtant puiser au fond de lui-même pour trouver le moyen d’affronter les menaces et les dangers qui se dressent devant lui et qui prennent des formes diverses et variées. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que les auteurs ne ménagent pas notre héros ni ses amis qu’ils mettent dans des situations très difficiles, parfois dignes d’un James Bond version adolescente : complot, espionnage, action, technologie, retournements de situation, trahison, suspense, mystère… Rien ne manque  !

J’ai donc lu le roman rapidement tenue en haleine par cette aura de mystère et de danger qui plane sur le récit et la ville, Ocean City cachant de bien sombres secrets sur lesquels certains veillent jalousement. Cette impression de mystère est accentuée par l’intervention d’un personnage énigmatique qui semble bénéficier d’un certain pouvoir. Reste à découvrir ses véritables desseins et son rôle au sein d’événements qui s’accélèrent jusqu’à prendre une tournure quelque peu inattendue. À cet égard, la fin devrait vous donner envie de vous jeter sur la suite dont on a un bref aperçu dans ce premier tome.

Au-delà des personnages et de l’action omniprésente, j’ai apprécié la critique sociétale sous-jacente à travers une ville qui prône le travail et le dépassement de soi pour grimper l’échelle sociale alors que la réalité est tout autre, Ocean City se révélant aussi inégalitaire que notre société. Les auteurs évoquent également l’environnement, la notion de liberté, de résistance civile et du sens de la vie. Une vie passée à travailler sans jamais pouvoir être libre, se divertir et s’évader du quotidien, est-elle vraiment une vie qui vaut la peine d’être vécue ? Une question qui nous permet de comprendre aisément la décision de certains habitants de lutter contre cette valeur temps devenue oppressante, contrôlante et liberticide. Mais cette lutte contre le temps et pour la liberté a un prix…

En conclusion, Ocean City est un roman jeunesse haletant et prenant qui nous transporte dans une ville futuriste et avant-gardiste dans laquelle le temps, à la fois monnaie et outil de contrôle, revêt une importance inédite et capitale. Décidés à leur manière de détourner le système, des adolescents, un peu trop ingénieux pour leur bien, vont apprendre à leurs dépens qu’on ne joue pas avec le temps en toute impunité ! Empli de tension, de mystère et d’action, voici un roman que je vous conseille si vous aimez les histoires dans lesquelles les apparences sont trompeuses et les révélations nombreuses.

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Le château du temps perdu, Paul Bruard

Couverture Le château du temps perdu

Maxime, Lucien et toute leur bande de bons copains du CM2 ne se doutaient pas que leur voyage de fin d’année allait les entraîner dans de fantastiques aventures.
Un château médiéval, une chasse au trésor, jusque-là rien de plus banal ! Mais lorsque leur curiosité les conduit dans une autre dimension pour y faire la connaissance de deux enfants du treizième siècle, tout bascule.
Trouveront-ils le moyen de délivrer le château et ses habitants d’une malédiction qui les poursuit depuis neuf siècles ?

Ex Aequo éditions (7 février 2020) – 9/12 ans – 116 pages –
Papier (11€)- Ebook (3,99€)

AVIS

De la superbe couverture au résumé, tout me tentait dans ce roman jeunesse que j’ai lu d’une traite et qui m’a offert ce moment d’évasion et de distraction dont j’avais tant besoin. Maxime, Lucien et leurs amis de CM2 sont excités à l’idée de leur dernier voyage scolaire avant l’entrée en sixième, une étape tellement importante dans la vie d’un écolier. Au programme, la visite d’un château médiéval avec, en prime, une chasse au trésor ! Mais une surprise de taille va attendre les six amis : la rencontre avec deux enfants du treizième siècle qui vont leur demander de les aider à lever une terrible malédiction…

Le début d’une aventure menée tambour battant durant laquelle nos protagonistes vont devoir faire preuve de débrouillardise, d’intelligence, de réflexion, mais surtout de bravoure, les dangers étant nombreux et les défis de taille. Fort heureusement, notre groupe pourra compter sur les différentes personnalités qui le composent. Il y a ainsi le passionné d’histoire, l’amateur de gastronomie capable de détendre l’atmosphère avec son humour à toute épreuve, la très cartésienne, les aventuriers… Les enfants devraient vite s’attacher aux personnages et se retrouver, ainsi que certains de leurs camarades, dans ce sympathique et éclectique groupe. Et chose assez rare pour être noté, l’auteur a veillé à inclure des filles et des garçons dans son aventure.

Enfant, j’aurais adoré ce roman qui nous plonge avec réalisme dans un château médiéval dont on découvre, même si ce n’est que succinctement, la manière dont la vie y était organisée. Le mélange Histoire/fantastique fonctionne ici à merveille et apporte beaucoup de charme à ce roman dont on tourne les pages avec plaisir, curieux de découvrir comment les six amis vont faire face à un enchantement que personne n’a réussi, malgré les années, à lever. Je n’en dirai pas plus sur le sujet si ce n’est qu’ils ont de la ressource et que, malgré les moments de doute, les difficultés et les dangers, rien n’arrivera à ébranler la confiance qu’ils se portent mutuellement.

J’ai, en outre, fortement apprécié la relation entre les personnages, une relation faite de respect et de tolérance, les défauts des uns n’étant jamais méchamment moqués par les autres. À une époque où le harcèlement scolaire est plus que jamais d’actualité, ce genre de relations positives ne peut qu’être salué. Même la « rapporteuse » de service, qui va mettre en danger notre groupe, va réaliser que dénoncer à tour de bras ses camarades n’est peut-être pas la meilleure manière de se comporter. Une prise de conscience réaliste et très bien amenée tout comme l’est cette histoire de malédiction qui devrait attiser votre curiosité et satisfaire les amateurs de chasses au trésor, d’énigmes et de passages secrets !

Quant à la plume de l’auteur, elle m’a complètement charmée, Paul Bruard ayant trouvé un juste équilibre entre beauté du texte, accessibilité, réalisme et fluidité. En plus de descriptions courtes et percutantes, l’auteur veille à introduire, avec parcimonie et en toute intelligence, un peu de vocable moyenâgeux qu’il prend le temps d’expliquer en notes de bas de page. Cela facilite grandement l’immersion dans le récit et nous donne l’impression d’avoir fait, aux côtés de nos jeunes héros, un voyage dans le temps.

En conclusion, présent et passé se mêlent pour nous faire vivre une aventure fantastique dans laquelle des élèves de CM2 vont devoir, plus que jamais, compter sur leur amitié pour faire face à une succession de péripéties empreintes de danger et de mystère. Aventure, chasse au trésor, amitié, action et passages secrets vous attendent dans ce roman qui devrait ravir le cœur des enfants et leur prouver que l’Histoire, c’est loin d’être barbant !

Merci aux éditions Ex Æquo pour cette lecture.

Alya et les trois chats, Amina Hachimi Alaoui

Maryam et Sami ont trois chats : Pacha le chat angora noir – fier comme un pacha vraiment ! —, Minouche le tigré gris trouvé dans la rue et Amir le siamois déluré. Mais voilà qu’un jour le ventre de Maryam se met à grossir, et quelque chose commence à remuer dedans. Maryam disparaît quelques jours et revient avec quelque chose qui hurle et demande beaucoup d’attention. Nos trois minous sont bien désemparés.

32 pages – 3 ans et plus – Illustrations : Maya Fidawi

AVIS

Une couverture avec des chats, il ne m’en fallait pas plus pour avoir envie de découvrir cet album jeunesse qui m’a complètement charmée. L’autrice, à travers trois adorables chats, aborde avec douceur et délicatesse un sujet qui parlera à de nombreuses personnes : l’arrivée d’un nouvel enfant dans une famille. Un événement heureux qui peut néanmoins perturber l’équilibre d’un foyer et susciter un certain sentiment de jalousie parmi les éventuels frères et sœurs.

Ce ne sont pas Pacha, Minouche et Amir qui vous diront le contraire ! Ces trois minets, très différents les uns des autres autant physiquement qu’au niveau de leur personnalité, coulaient des jours heureux auprès de Maryam et de son mari, entre câlins, jeux endiablés et siestes. Il y avait bien ce ventre qui grandissait et qui les intriguait, mais ils n’auraient jamais imaginé ce qui allait en sortir. Les voilà dorénavant contraints de partager leur douce Maryam avec un petit être qui, comble de malchance, fait des bruits de souris, et monopolise l’attention de leur humaine adorée.

Mais heureusement, la jeune femme a un grand cœur et la place suffisante pour y accueillir tout le monde, bébé et chats compris ! En plus du joli message qui permet de rassurer les enfants quant au fait que l’arrivée d’un bébé ne change en rien l’amour que leur portent leurs parents, j’ai apprécié que la jeune mère ne sacrifie pas ses chats au nom de sa nouvelle maternité. Un phénomène qui arrive hélas fréquemment, parfois encouragé par le corps médical…

Quant aux belles illustrations pleines de couleurs et de douceur de Maya Fidawi, elles devraient, en plus d’illuminer le récit et lui apporter beaucoup de chaleur, capter le regard des jeunes lecteurs. J’ai, pour ma part, plus particulièrement apprécié les gros plans sur les chats dont on perçoit l’espièglerie, la curiosité et, surtout, l’amour pour leur « maman » humaine. Appréciable également, le dépaysement offert par les illustrations que ce soit en raison de leurs couleurs chaudes ou des détails aux notes orientales de certaines planches.

Alya et les trois chats

Lumineux et attendrissant, en plus d’être pédagogique, voici un ouvrage à lire et à relire aux enfants dont la famille va s’agrandir. Porté par un trio de chats attendrissants, Alya et les trois chats devrait également ravir les amoureux de cet animal dont, vous l’aurez compris, je fais partie.

Merci à NetGalley et aux éditions Chouette pour cette lecture.

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Prenez un chaudron, mettez-y trois bulles de savon, un soupçon de chlore, une plume de corbeau, un morceau d’étoffe et deux lucioles scintillantes, remuez le tout avec passion, vous obtiendrez ce recueil de nouvelles fantasques et gourmandes.

« Prix de la Nouvelle » reçu au Salon du Livre Gourmand de Périgueux en 2006.

Stellamaris (25 septembre 2015) – Broché (15€)
Illustrations : Martin Trystram

AVIS

Je sais que vous êtes nombreux à ne pas apprécier le format nouvelle, mais j’ai bon espoir qu’avec un recueil de cet acabit, votre opinion évolue quelque peu à ce sujet. C’est simple, il s’agit ici de l’un des meilleurs recueils de nouvelles que j’aie pu lire. Plein de fantaisie, de gourmandise, de douceur et de tendresse, ce recueil se savoure le sourire aux lèvres avec cette impression d’être complètement immergé dans une lecture évasion. Vous savez, du genre de celle qui vous enferme dans une bulle protectrice et chaleureuse dans laquelle vous vous oubliez avec volupté.

J’ai donc dévoré ce livre découvrant avec plaisir chacune des nouvelles qui, bien que très différentes les unes des autres, ont en commun de célébrer l’amour, la gourmandise et la passion sous toutes ses formes. En plus de récits mignons à souhait, qui ont fait fondre mon cœur, j’ai adoré retrouver la plume poétique et élégante de Pascale Leconte. Une plume joliment mise au service de personnages hauts en couleur et attachants et d’un univers gourmand et fantasque, auréolé d’une douce et joyeuse exubérance. Ce fut, en outre, une agréable surprise de retrouver des personnages découverts dans le roman Narcisse versus Lollaloca. Mais je vous rassure, pas besoin de l’avoir lu pour savourer ce pétillant recueil.

Qui dit nouvelle, dit chute, et à ce niveau, vous serez gâtés, l’autrice s’étant évertuée à terminer ses histoires de manière à vous émerveiller, à vous surprendre et à vous donner le sentiment que l’amour est définitivement une bien belle chose à partager et à ressentir. Cerise sur le gâteau, quelques illustrations sont disséminées par-ci, par-là. Un bonus fort appréciable qui ajoute beaucoup de cachet et de charme à ce recueil qui en est déjà bien pourvu.

Framboise et volupté, Pascale Leconte

Pétillant, fantaisiste, délicat et non dénué d’humour, voici un recueil que je vous invite à lire et à relire. Gourmandise et bonne humeur garanties !

Pour plus de détails, voici mes impressions succinctes pour chacune des nouvelles du recueil. 

  • Framboise et volupté : digne d’un véritable conte de fées, Pascale Leconte nous propose ici une très jolie histoire qui aurait pu s’intituler « le pouvoir créateur de l’amour ». Vladimir Sauvage travaille dans une boulangerie où il vend, jour après jour, pâtisseries et autres gourmandises. Un métier qui ne le passionne guère, mais qui lui offre le plus beau des cadeaux : la possibilité de voir, chaque semaine, une jolie cliente aux cheveux roses. Timide au possible, mais bien décidé à déclarer sa flamme à cette femme qui hante ses pensées, le voilà lancé dans l’expérience de la gourmandise et de la créativité !

Cupcake Bac, Gâteaux, Plat, Gâteau

Je n’en dirai pas beaucoup plus, mais j’ai été touchée par la sensibilité et la générosité de ce personnage et ai apprécié la manière dont ses sentiments vont le pousser à se dépasser et à trouver sa voie. Quant à la chute, elle ne devrait pas manquer de vous faire sourire, et de vous attendrir. Entre amour, secret et gourmandise, voici un joli moment sucré à déguster et, si possible, à partager.

  • Twïnna Azur : Twïnna Azur est une personne fantasque qui aime le changement et qui n’hésite pas à faire preuve d’originalité, notamment dans son style vestimentaire et/ou capillaire. Cela la rend intrigante et attachante, mais son apparence est tellement changeante que les gens ont parfois bien du mal à la reconnaître ! Un problème qui n’empêchera néanmoins pas un mystérieux homme de tomber sous son charme et de lui déclarer sa flamme par missive. Dans ses poétiques et anonymes courriers , le jeune homme la convie à des rendez-vous sans jamais, hélas, les honorer…

Vieilles Lettres, Courrier

Qui est-il et pourquoi ne suit-il pas les élans de son cœur en rencontrant l’élue de son âme ? Une question qui vous poussera à tourner les pages avec entrain même si l’on devine rapidement les tenants et les aboutissants d’une histoire qui ne manquera pas d’éveiller en vous de jolies émotions et, peut-être, de provoquer quelques doux papillons. Mignonne à souhait, cette nouvelle m’a fait fondre alors que je suis loin d’être une grande romantique dans l’âme.

    • Luciole et Blandine : Luciole et Blandine, en plus de se ressembler comme deux gouttes d’eau, ont les mêmes avis et partagent le même projet professionnel : ouvrir un magasin de friandises. Mais contre toute attente, des divergences naissent entre les jumelles qui choisissent alors de se lancer chacune de leur côté dans l’aventure de l’entreprenariat. Le succès est heureusement au rendez-vous pour les deux sœurs qui vont rapidement tomber sous le charme d’un galant client qui côtoie les deux boutiques. Mais laquelle des deux jumelles intéresse vraiment cet homme, son comportement nous laissant perplexes ? Difficile de le deviner à moins qu’il ne se moque en toute impunité des belles demoiselles. Mystère et boule de gomme !Boutique, Bonbons, Friandises
      L’autrice a su me surprendre avec une chute que je n’avais pas vue venir, mais qui m’a bien fait sourire et que j’ai trouvée à la hauteur de deux jeunes femmes pétillantes et de caractère.
  • Le pouvoir de la lune noire : Moon Pervenche est la reine des potions supposées magiques, mais que la magie intervienne ou non dans ses préparations, ce qui est certain, c’est que la réputation de la jeune femme n’est plus à faire. Accompagnée de son fidèle corbeau, elle reçoit donc avec plaisir ses différents clients, certains ayant des demandes plus ou moins surprenantes et légitimes. Il existe néanmoins une requête que Moon refuse avec véhémence, éthique de « sorcière » oblige, l’élaboration de philtres d’amour. Il y a des choses avec lesquelles on ne plaisante pas ! Et si un événement venait remettre en question cette sage politique ?

 

Purple, Magie, Potion, À Base De Plantes
J’ai très vite deviné le retournement de situation final, mais j’ai adoré suivre cette jeune femme en proie à des émotions qui ne l’avaient, jusqu’à présent, jamais traversée. Elle apprendra ainsi qu’il ne faut jamais juger autrui trop durement puisque face à nos propres élans du coeur, la sagesse s’offre parfois des vacances forcées… Quant à son compagnon à plumes et à bec, son petit caractère ne devrait pas vous laisser indifférent. Mélange de sorcellerie et de pommes sucrées, encore une belle nouvelle à croquer !

  • Enquête en maillot de bain : l’inspecteur Valgatt est envoyé dans une station thermale, le Paradis Bleu, afin de mener une enquête sur la disparition d’Eléa Novak. Malgré ses cheveux bleus qui la rendent facilement repérable, la jeune femme semble s’être tout simplement volatilisée ! Bien décidé à la retrouver, notre policier va alors avoir besoin de tout son savoir-faire et de toute sa patience pour faire parler des suspects forts peu sympathiques et pas vraiment très coopératifs. Et si toutes les personnes interrogées lui cachaient quelque chose ?

Femme, Maillot De Bain, Piscine, Détente
Plus que l’enquête en elle-même, ce qui fait le charme de ce récit, c’est la chute ainsi que l’ambiance particulière de cette station thermale d’un genre nouveau qui propose des installations et des services plutôt originaux ! J’irais bien y faire un petit tour. Quelqu’un se dévoue pour m’accompagner ? Mais je vous préviens, je décline toute responsabilité en cas de disparition inopinée…

Je remercie Pascale Leconte pour cette sympathique lecture.

 

Les mondes inversés, Anne Plichota et Cendrine Wolf

Voilà cinq ans que le père d’Homer Pym a disparu, en plein tournage d’un film sur les voyages mythiques d’Ulysse. Même la police a renoncé à le chercher. Le jour de ses douze ans, Homer reçoit en cadeau Bibi Two, une gerbille très spéciale qui le conduit dans un monde parallèle, peuplé d’êtres extraordinaires. Le garçon découvre alors l’impensable : son père est prisonnier du film qu’il a créé ! Homer et ses meilleurs amis, Lylou et Sacha, vont devoir faire preuve de ruse et de courage pour libérer M. Pym. D’autant qu’il n’est pas le seul à être bloqué dans le mauvais monde… Amitié, dangers, suspense, phénomènes étranges… L’aventure n’a pas fini de surprendre Homer et sa bande !

Une première édition de ce livre est parue sous le titre Homer Pym – Le garçon du film.

AVIS

C’est d’abord la sublime couverture qui m’a donné envie de découvrir ce roman jeunesse dont le résumé ne manque pas de piquant. Homer Pym, douze ans, est un garçon comme les autres qui aime passer du temps avec ses deux meilleurs amis : Lylou et Sacha. Un trio composé de trois personnalités très différentes, mais parfaitement complémentaires.

Si Homer peut compter sur le soutien de ses amis et de sa tante Ninon dont il est très proche, sa vie est quelque peu assombrie par le détachement de sa mère qui n’a plus jamais été la même depuis la disparition inexpliquée de son mari quelques années plus tôt. Adieu la maman aimante et attentionnée, place à un spectre de chair qui semble presque indifférent à la vie de son fils unique. Mais les choses vont prendre un tournant inattendu quand Homer fera une découverte renversante sur son père : ce dernier ne s’est pas enfui comme certaines mauvaises langues aiment à le penser, mais victime de sa propre créativité, il est prisonnier du film qu’il était en train de tourner ! Fort de cette révélation, Homer est bien décidé à libérer son père et à réunir sa famille.

J’ai déjà mentionné les amis du jeune garçon, mais je n’ai pas encore évoqué mon personnage coup de cœur : Bibi Two, une gerbille qui parle. Et comme l’univers créé par les deux autrices est une ode à l’imagination, elle ne se contente pas de parler, elle s’exprime en vers. Mais quelle est attachante cette gerbille qui, en plus d’avoir l’âme d’une poétesse et d’une philosophe, n’est pas dénuée d’humour ! Alors que je ne fais pas partie du public visé par ce roman, je me suis surprise à rire plusieurs fois et à m’amuser comme une petite folle devant cette histoire quelque peu loufoque dans laquelle l’amitié tient une place importante.

Les deux autrices ont ainsi développé à merveille les liens amicaux entre les personnages en n’hésitant pas, au passage et de manière plutôt subtile, à évoquer des sujets importants : la nécessité de prendre en considération les différentes formes d’intelligence qui peuvent exister, le déterminisme social, les stéréotypes, les injustices qui condamnent certains individus sur le seul fait de leur naissance, les cellules familiales défaillantes….

Mais je vous rassure, nous sommes bien avant tout dans un roman d’aventures, nos jeunes héros étant entraînés dans des péripéties qui mettront leurs nerfs à rude épreuve. Débrouillards, soudés, intelligents et audacieux, ils émerveilleront les lecteurs par leur capacité à aller de l’avant même si quelques moments de doute ne manqueront pas de les submerger. Au fil des épreuves, nos protagonistes feront des découvertes, parfois surprenantes, et seront amenés à côtoyer un personnage dont la vie est inextricablement liée à celle d’Homer et de sa famille. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que ce personnage m’a amusée, notamment par sa manière de tout prendre au pied de la lettre. Amusant sans le vouloir, il m’a également beaucoup touchée et émue puisque comme le père d’Homer, il se retrouve dans une situation très difficile…

En plus d’une galerie de personnages attachante, d’une aventure palpitante qui vous réservera des sueurs froides et d’une écriture à deux mains dynamique et agréable, le roman bénéficie d’un atout de charme : de nombreux clins d’œil et de multiples références à la mythologie grecque que je vous laisserai le plaisir de découvrir par vous-mêmes, mais que pour ma part, j’ai adorés. Ma seule petite déception provient de ce monde parallèle qui n’est pas vraiment exploité, toute l’aventure, ou presque, se déroulant dans notre réalité. Mais peut-être que le tome suivant m’apportera le dépaysement tant désiré…

En conclusion, les lecteurs appréciant les clins d’œil à la mythologie grecque et/ou les belles histoires d’amitié et d’entraide seront ravis de se plonger dans cette aventure menée tambour battant, et de suivre les péripéties de personnages hauts en couleur auxquels on ne peut que s’attacher. Avec Les mondes inversés, vous n’êtes pas au bout de vos surprises ! Alors prêts à vous plonger dans l’aventure ?

Merci à NetGalley et à Hachette roman pour cette lecture.

 

 

Le libraire de Cologne, Catherine Ganz-Muller

Cologne, Allemagne. 1934.
Poussé à l’exil par les lois anti-juives, le libraire Alexander Mendel est obligé de s’exiler en France avec sa famille. Il confie sa Librairie à son jeune employé, Hans Schreiber.
Par fidélité à son mentor et par haine du régime nazi, Hans décide de se battre, malgré les menaces et les bombes, pour que la Librairie continue à vivre dans cette période tragique.

Le combat d’un libraire, héros ultime d’un pays où règnent la haine et la terreur, qui tente de faire triompher les livres… et la liberté.

Scrineo (20 février 2020) – 288 pages – Broché (16,90€) – Ebook (9,99€)
À partir de 14 ans – Illustration : Myrtille Vardelle

AVIS

Fin d’année 1933, Cologne. Lors du repas de la Saint-Sylvestre, les membres d’une famille se posent la question de s’exiler ou de rester dans cette Allemagne qui semble de plus en plus prompte à stigmatiser les Juifs et à les priver de leurs droits. Il se dégage beaucoup de sobriété, mais aussi tellement d’émotions de ce repas de famille qui devient un peu le symbole de la fin d’une période heureuse… En fonction de sa situation et de ses espoirs, chaque membre de la famille prend sa décision. À la lumière de ce que nous, lecteurs du 21e siècle, savons, certains choix laissent craindre le pire même si nous espérons que tout le monde trouve un moyen de survivre dans cette Europe sur le chemin de la terreur et du chaos.

Alexander Mendel, libraire passionné, quant à lui, fait le choix difficile de s’exiler en France avec sa femme et sa fille. Il laisse alors sa librairie aux mains d’un jeune homme de confiance, Hans, qu’il a pris très jeune sous son aile en veillant à alimenter son amour des livres. En digne successeur, Hans va faire de son mieux pour maintenir à flots la librairie alors qu’au fil des ans, les menaces se font de plus en plus lourdes : provocations, pression, représailles contre ce commerce d’origine juive dans un pays en proie à la haine d’une partie de sa propre population, censures des autorités qui jugent les ouvrages présentables et ceux à détruire, clients qui se raréfient, puis avec la guerre, les bombes, le feu…

Et pourtant, malgré les périodes de doute, les disparitions et les épreuves, Hans ne baissera jamais les bras ! Touchant, courageux et d’une force de caractère à toute épreuve, cet homme ne pourra qu’inspirer les lecteurs, et les émouvoir par sa volonté de lutter contre le nazisme et l’obscurantisme, non pas par les armes, mais par l’amour des livres qu’il propage avec beaucoup d’abnégation. À cet égard, Hans, peut être vu comme un héros dans sa définition la plus noble, celle d’un homme qui, avec ses propres moyens et toute son humanité, s’oppose et se dresse contre la haine, la violence et toutes ces idées nauséeuses et nauséabondes qui lui font avoir honte de son pays.

Que ce soit à travers ce personnage ou d’autres que l’on découvre au fur et à mesure de l’intrigue, j’ai apprécié la manière dont l’autrice souligne un point qui a souvent été occulté au lendemain de la guerre : tous les Allemands n’étaient pas des nazis et ne partageaient pas les idées du Führer. Malgré l’endoctrinement omniprésent, ce dont on a un rapide aperçu, et la peur, certains Allemands vont ainsi continué à fréquenter, même sporadiquement, la librairie et tenté, à leur manière, de soutenir Hans dans sa tâche périlleuse de la préserver.

En plus de l’histoire du libraire de Cologne et de la librairie, inspirée de faits réels, ce roman offre un rapide rappel des principales étapes de la Seconde Guerre mondiale, de la montée en puissance du nazisme quelques années précédant le conflit à la fin de cette guerre innommable. Ces rappels historiques sont, en plus d’être faits avec intelligence, toujours brefs, l’autrice se focalisant avant tout sur les livres et l’aspect humain du roman. Mais je pense que ce point pourra être particulièrement intéressant pour les collégiens et ceux étudiant cette période difficile de l’histoire. Le livre me semble d’ailleurs avoir toute sa place au sein des CDI et des programmes scolaires…

J’ai maintes fois été révoltée devant les injustices qui frappent des personnes ostracisées du simple fait de leurs origines ou de leurs différences, choquée devant la perfidie et la méchanceté de certains, mais également émue par la dévotion de Hans envers l’héritage de son mentor, et galvanisée par les actions de personnes prêtes à risquer leur vie pour ne pas laisser la haine de l’Autre l’emporter sur leurs idéaux et leur soif de liberté et de justice sociale… Cette lecture, bien que relativement courte, fut donc riche en émotions et en frissons d’autant que la plume fluide et évocatrice de l’autrice restitue à merveille l’humanité de Hans et des personnes qui l’épauleront pour faire de sa librairie, l’un des derniers bastions d’espoir et de lumière dans une ville et un pays alimentés par la haine.

En conclusion, Le Libraire de Cologne est un très beau et touchant roman qui nous montre la puissance des convictions et la manière dont un homme ordinaire, poussé par ses idéaux et son amour de la littérature, a réussi à apporter un peu de lumière dans l’obscurité. Sombre, mais également empli d’humanité (une arme efficace contre la barbarie), ce livre devrait réunir adolescents et adultes autour d’une période sombre de notre histoire que l’on redécouvre à travers le destin d’un homme qui a transformé son amour des livres en un combat pour la liberté.

Je remercie Babelio et les éditions Scrineo pour cette lecture.