Double 6, Emmanuel Trédez

Je remercie NetGalley et les éditions Didier jeunesse pour cette lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hadrien est porté disparu. On le soupçonne d’avoir fugué. Deux policiers font irruption dans sa classe et mènent une série d’interrogatoires auprès des collégiens.
Car Hadrien est un véritable mystère. Personne ne connaît le secret de ce garçon aux multiples facettes… Tantôt effacé, tantôt bagarreur, excellent élève le lundi et mauvais le mardi, il semble avoir réussi à se mettre tout le monde à dos. Sa petite amie elle-même ne comprend rien à ce garçon qui lui envoyait des poèmes avant de la repousser brutalement… Est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Sa disparition pourrait bien bouleverser toutes les certitudes de ses proches ! Fugue, enquête, double jeu…

Didier Jeunesse (9 mai 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Double 6, double je… Un adolescent, deux personnalités !

Quand deux agents de police accompagnés de la grand-mère d’Hadrien débarquent dans la classe du collégien, ses camarades apprennent sa disparition. Fugue ou événement plus grave ?

Il faut faire vite afin de retrouver le jeune homme, sain et sauf de préférence. Les policiers entreprennent donc une série d’interrogatoires et recueillent les confidences des élèves les plus susceptibles de leur donner des informations sur le disparu : son meilleur ami, un camarade de foot, sa petite amie, et même son « ennemi » avec lequel il a eu récemment maille à partir.

De ces interrogatoires menés avec beaucoup de délicatesse, se dresse le portrait d’un adolescent énigmatique et tout en contradictions. Charmeur un jour, distant le lendemain, très doux tout en étant capable d’une grande violence, plein d’assurance quand il s’agit de faire rire ses camarades, mais victime d’une attendrissante timidité lors de ses interventions en classe… Difficile de savoir que penser de cet adolescent, sorte de version collégienne de Dr. Jekyll and Mr. Hyde.

Ce double jeu pimente la lecture puisque l’on ne peut s’empêcher de former un certain nombre d’hypothèses pouvant expliquer une telle inconstance et un comportement aussi déroutant. Un suspense renforcé par les interrogatoires qui nous donnent l’impression d’assister à une vraie enquête policière. Puis la vérité se lève sur Hadrien, un adolescent aux multiples facettes qui se dévoile à nous dans toute sa sensibilité.

Et de la sensibilité, il y en a dans ce joli roman qui est pour l’auteur l’occasion d’aborder différents sujets comme la famille, le deuil et la manière dont chacun y fait face, les premiers sentiments amoureux et cette question obsédante du premier baiser qui a hanté et hantera encore de nombreuses personnes, la confiance en soi, la pression parentale qui place la réussite scolaire au centre de tout quitte à faire peser un poids bien trop lourd sur les épaules d’adolescents en construction, les mensonges et leurs conséquences…

Des sujets qui parleront aux jeunes lecteurs qui, je n’en doute pas, arriveront sans peine à s’immerger pleinement dans le récit et à s’identifier aux différents personnages et aux problématiques qu’ils rencontrent. Pour ma part, même en tant qu’adulte, j’ai pris plaisir à suivre le mystère qui entoure Hadrien d’autant que la plume de l’auteur m’a séduite. Simple afin de rester accessible au public visé, les 9/12 ans, elle n’en demeure pas moins agréable et rythmée.

Cerise sur le gâteau, le roman est entrecoupé d’haïkus, ces poèmes japonais à la structure si reconnaissable qui, derrière leur brièveté, cachent une grande intensité. Poète dans l’âme, Hadrien se révélera plutôt doué dans ce domaine, un talent dont il fera profiter sa bien-aimée. Ce trait de sa personnalité ne pourra que séduire les amoureux des mots, ses compositions ne manquant ni de justesse ni d’humour.

En conclusion, grâce à un personnage intrigant à la personnalité complexe, l’auteur plonge ses lecteurs, petits et grands, dans une histoire prenante qui alterne habilement entre mystère et réflexions pertinentes autour de l’adolescence…

Lire un extrait du roman sur le site des Éditions Didier Jeunesse.

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Grand’Tante Tigre, Blanche Chiu

J’ai lu cet album dans le cadre du Challenge Albums 2019 dont le thème de mai est Chine.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Alors que leur maman s’est absentée, A-King et A-Yu sont restées seules à la maison. Soudain, on cogne à la porte ! Maman a dit de n’ouvrir à personne, et pourtant…

Qui est vraiment cette Grand’tante venue veiller sur les deux enfants ? En tout cas, la petite A-Yu pense qu’elle a de bien curieuses pattes tigrées !

Hongfei (17 octobre 2013) – 36 pages – dès 6 ans – 15,20€
Illustrations : Minji LEE-DIEBOLD

AVIS

Dans la lignée des contes de notre enfance tels que Le Petit Chaperon rouge ou Le Loup et les sept chevreaux, Grand’Tante Tigre est un conte chinois populaire qui fait frémir tout en offrant un sympathique divertissement.

Une veuve appelée à l’aide par une parente doit se résoudre à laisser chez elle ses deux fillettes âgées respectivement de dix et sept ans. Avant de partir, elle leur rappelle bien sûr la règle élémentaire à ne jamais transgresser en absence d’un adulte responsable : ne laisser entrer personne. Mais que faire quand c’est une supposée parente perdue de vue qui frappe à la porte ?

Un dilemme pour ces deux petites filles qui malgré leur prudence vont finir par laisser entrer le loup dans la bergerie ou plutôt ici, le tigre dans la maisonnée. Je vous laisse imaginer ce qui va arriver, le félin n’ayant pas les douces intentions que son déguisement pourrait laisser supposer. D’ailleurs, les vêtements pleins de couleurs de ce prédateur déguisé en vieille dame apportent un certain comique à un conte qui joue plutôt sur la peur.

C’est que l’histoire se rapproche plus des versions non édulcorées des contes d’antan que de celles de Disney ! Il y a d’ailleurs une scène qui, même en tant qu’adulte, m’a quelque peu surprise, voire dégoûtée. Mais celle-ci ne fera peut-être pas réagir des lecteurs plus jeunes, moins conscients de ce que cela implique…

À travers ce petit récit coloré et plein de vivacité, les enfants devraient comprendre l’importance de respecter les consignes de leurs parents, mais ils devraient également apprécier la jolie leçon de courage et de débrouillardise donnée par la cadette de la famille. Bien que dans une situation délicate, cette dernière ne baissera jamais les bras et nous prouvera que l’intelligence et la ruse peuvent venir à bout même des adversaires bien plus forts et grands que soi.

Une jolie morale pour un conte que l’on se racontera volontiers au coin du feu pour se faire frémir et se moquer de ce tigre dont les oripeaux n’auront pas su tromper une fillette aussi courageuse que rusée.

Grand’Tante Tigre est donc un album que je vous recommande si vous avez envie d’un conte chinois qui vous offrira un voyage dépaysant à travers des illustrations très colorées, des vêtements traditionnels que l’on prend plaisir à admirer et un grand méchant original et plutôt effrayant.

Découvrez le livre sur le site des Éditions HongFei Cultures.

logoalbums2019

Miss Samouraï et le Ninja Bleu, Arnaud Alméras

Je n’avais jamais entendu parler de ce petit livre jeunesse, mais le titre et la superbe couverture m’ont fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En pleine lecture d’un nouveau manga, Sidonie et Arthur sont transportés dans leur livre… Ils atterrissent dans la chaumière d’une terrible sorcière. Ils ne pourront revenir dans notre monde que s’ils lui rapportent son amulette magique. Pour les aider à affronter les démons qui ne manqueront pas de se dresser en travers de leur chemin, la sorcière dote les deux enfants d’armes magiques. Sidonie devient Miss Samouraï et Arthur le Ninja Bleu. L’aventure ne fait que commencer.

Rageot Éditeur (17 octobre 2018) – 6/9 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Sidonie et Arthur sont transportés dans un manga fraîchement emprunté : Le Cristal de Sorcellerie ! Le titre a son importance puisque les deux amis vont justement devoir retrouver ce cristal volé à la sorcière Uma-Yaba par un homme-crapaud devenu le Maître des Démons grâce au  pouvoir de cet artefact. La mission est dangereuse, mais ils n’ont pas le choix s’ils veulent rentrer chez eux, la sorcière n’acceptant de les aider qu’en échange de son précieux cristal. Uma-Yaba va alors doter chacun d’entre eux d’un équipement : ce sera une armure de samouraï et un sabre pour Sidonie, et un costume de ninja et les armes qui lui sont associés pour Arthur.

Nous suivons donc nos jeunes protagonistes dans leur aventure qui sera ponctuée de rencontres plus ou moins sympathiques. Nous sommes dans un livre jeunesse, les méchants sont donc assez caricaturaux, mais cela n’est pas gênant d’autant que j’ai adoré le personnage de la sorcière, un peu plus nuancé, qui n’est pas sans rappeler le mythe russe de la Baba-Yaga que j’aime beaucoup.

Sidonie et Arthur, au cours de leurs péripéties, se feront un allié inattendu et quelque peu mystérieux. Ont-ils d’ailleurs eu raison de lui faire confiance ? Ce sera à vous de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que ce personnage apporte un peu de mystère à l’intrigue.

Le livre est très rythmé et les événements s’enchaînent les uns après les autres sans aucun temps mort. Ce point devrait permettre de conserver l’attention des jeunes lecteurs durant toute la lecture d’autant que les illustrations en grand format facilitent vraiment l’immersion dans le récit. Elles possèdent, en outre, un côté manga qui apporte du crédit à l’idée que nos deux protagonistes ont été transportés dans l’un de ces ouvrages. Quant aux style tout doux et tout en rondeur de l’illustratrice, Myrtille Tournefeuille, il dégage beaucoup de charme.

Miss Samouraï et le Ninja Bleu fait partie de la collection Flash Fiction des éditions Rageot destinée à susciter chez les enfants récalcitrants à la lecture, ou peu habitués à pratiquer ce loisir, l’envie de lire. Tout est donc mis en place pour rendre l’ouvrage plaisant à  lire : texte aéré, livre rythmé, présentation en début d’ouvrage des principaux personnages et de leurs caractéristiques, quelques illustrations, un vocable simple, des phrases courtes, et un peu d’humour. Un cocktail qui devrait plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi à certains adultes qui aiment à retomber en enfance !

Pour conclure, Miss Samouraï et le Ninja Bleu est un roman plein de peps porté par deux personnages attachants qui forment un beau duo. Rempli d’action, de magie et agrémenté de belles illustrations, il devrait séduire les jeunes lecteurs aimant l’aventure.

Retrouver ce livre chez votre libraire ou en ligne.

L’enfaon, Éric Simard

Couverture L'enfaon

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il y a un nouveau dans la classe de Leila. Mais l’enfaon n’est pas un élève comme les autres, il vient du CHGM, le Centre des Humains Génétiquement Modifiés. Si l’enfaon est très fort à la course et en poésie, il n’écoute pas toujours ce que dit la maîtresse, et son regard se perd sans cesse de l’autre côté de la vitre, vers la forêt…

Syros Jeunesse (28 janvier 2010) – 42 pages – Mini Syros – Broché (3€)
NB : une nouvelle édition est disponible

AVIS

J’ai lu ce livre sans trop savoir à quoi m’attendre et j’y ai découvert un récit plein de poésie qui m’a beaucoup touchée. Éric Simard, à travers l’histoire d’un enfant mi-homme mi-faon, aborde avec sensibilité et justesse les thèmes de la différence, du rejet et de l’acceptation de soi.

L’enfaon est différent certes, mais c’est avant tout un être avec sa propre sensibilité qui a, comme tout le monde, besoin d’être aimé et accepté. Il sera moqué, mais il pourra heureusement compter sur le soutien de Leila, une enfant très touchante dont on devine sans peine la grande gentillesse et l’ouverture d’esprit. Quand certains élèves considéreront la différence de L’enfaon comme un sujet de moquerie, celle-ci n’y verra que beauté !

L’enfaon, de par sa nature hybride, a des difficultés scolaires, mais cela ne l’empêchera pas de développer sa propre forme d’intelligence et de grandes qualités. Il n’est ainsi peut-être pas très bon en mathématiques, la logique froide et implacable de la matière ne lui convenant guère, mais il excelle en poésie et en sport… Grâce à ce personnage atypique et émouvant, j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait subtilement l’importance de laisser aux enfants la possibilité d’être eux-mêmes, et de leur donner leur chance même quand ils ne rentrent pas dans les standards de l’enseignement classique. C’est en tout cas le message que je retire de l’histoire et qui me semble important pour les enfants qui ne se sentent pas forcément à leur place à l’école.

Dans ce roman, il est également question d’amour, d’amitié et de maladie… Bien que ce dernier thème ne soit qu’effleuré et toujours avec une certaine retenue, c’est fait avec tellement de douceur qu’il ne pourra que vous émouvoir et vous toucher. L’auteur insuffle également à son histoire quelques pistes de réflexion sur les avancées médicales et technologiques ainsi que leurs limites éthiques et morales.

En conclusion, bien que le roman se déroule dans un univers de science-fiction avec la présence d’Humains Génétiquement Modifiés, Éric Simard évoque des sujets universels qui ont touché, touchent ou toucheront tous les lecteurs ! Destiné aux enfants, le livre est court, mais il contient tous les ingrédients pour susciter moult émotions chez ses lecteurs, petits et grands.

Site de l’auteur
Feuilletez/retrouvez le livre sur le site des éditions Syros

Mini-chroniques en pagaille #14

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Le voleur de souhaits de Loïc Clément et Bertrand Gatignol, Delcourt éditions :

Couverture Le voleur de souhaits« Chaque éternuement d’autrui est pour Félix une occasion de prouver son originalité. Alors que toute personne bien élevée est censée accompagner l’éternuement de quelqu’un d’un « à vos souhaits » bien à propos, Félix, lui, modifie la formule à son profit par un subtil « à MES souhaits ». Et pour peu qu’il en soit remercié, il s’approprie le souhait en le capturant dans un de ses innombrables bocaux. »

Voici une très jolie histoire qui nous lance sur les pas d’un garçon ayant une capacité assez spéciale et qui fait quelque peu rêver : il peut, sous certaines conditions, capturer les souhaits des gens qui éternuent devant lui ! Quand certains garnissent leur bibliothèque de livres, il préfère donc garnir ses étagères de tous ces souhaits capturés et mis précautionneusement en bocaux.

Mais est-ce que son immense collection lui apporte vraiment le bonheur ? À trop se focaliser sur les souhaits des autres, sait-il vraiment quels sont les siens ? Des questions qui sont abordées ici avec beaucoup de poésie, de douceur, de tendresse et de sensibilité. Grâce à une rencontre et à un voyage autant physique qu’intérieur, notre jeune homme va évoluer jusqu’à découvrir sa vérité…. Je n’en dirai pas plus sur le récit que je vous invite plutôt à découvrir par vous-mêmes, mais ce qui est certain, c’est qu’il devrait vous mettre des étoiles plein les yeux et vous pousser à réfléchir à votre propre notion du bonheur.

Quant à la forme, je n’ai pas été séduite outre mesure. Si j’ai apprécié la rondeur des traits et l’expressivité des regards, il m’a néanmoins manqué un peu de finesse… La mise en couleur est également assez terne ce qui crée un décalage déstabilisant avec la narration qui, à l’inverse, se veut puissante. J’ai toutefois trouvé que cette colorisation sans extravagance facilitait pleinement l’immersion dans la vie de ce jeune homme qui vit, durant une partie du récit, à travers les souhaits des autres.

Image associée

  • La confrérie des Lions Blancs tome 1 et 2 de Natsuko Takahashi, Komikku éditions :

Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 1Couverture La Confrérie des lions blancs, tome 2

« Il ne peut y avoir qu’un seul chevalier blanc…
Un dyptique au tracé impeccable dans un univers original, fantasy et contemporain, d’une école de chevaliers.
Quatre jeunes adolescents avec une personnalité bien différente se rencontrent dans une école de chevaliers. Fun, aventures, rêves, accomplissements et échecs régissent leur vie. »

L’auteur nous plonge d’emblée dans une école de chevaliers avec son lot d’entraînements, de duels, de joutes, mais aussi de rivalités et d’amitié. Parmi tous les élèves, nous en suivons plus particulièrement certains dont Thomas Abel, un jeune homme qui force le respect par sa pugnacité et son envie de devenir un grand chevalier. Plutôt faible par rapport à ses camarades à son arrivée à l’école, il ne va jamais renoncer à son rêve et se démener pour l’atteindre. Quand ses amis se reposent et chahutent, il s’entraîne encore et encore quitte à susciter les moqueries…

Les personnages sont intéressants et diversifiés : aux côtés de Thomas et de son sérieux à toute épreuve, il y a l’élève brillant mais nonchalant, celui qui est également très doué, mais qui cache un secret, l’ami pas vraiment fait pour la chevalerie, mais qui apporte son charme au récit… J’ai juste un peu regretté que tous ces protagonistes ne soient pas exploités outre mesure, leur intérêt résidant avant tout dans leurs interactions avec Thomas.

Si le premier tome introduit les personnages et l’école au sein de laquelle ils évoluent, le second tome se veut un peu plus dur, les choses sérieuses commençant pour les personnages. Thomas va devoir faire ses preuves et, fidèle à lui-même, y mettra de tout son cœur malgré certains événements qui ne manqueront pas de le perturber… Les lecteurs devraient apprécier de voir l’évolution spectaculaire, mais réaliste, de ce jeune homme qui offre une jolie leçon sur l’espoir, la force des rêves et la nécessité de se donner les moyens de les atteindre.

Quant à l’univers, il se limite en grande partie à l’école, mais on ne ressent aucun ennui, l’immersion étant efficace et les entraînements/duels passionnants à découvrir. Si vous aimez les histoires de chevalerie, vous apprécierez probablement de découvrir « ses coulisses » et comment les heureux élus ont dû batailler contre leurs camarades, mais avant tout contre eux-mêmes, avant de devenir des chevaliers émérites !

  • Elma, une vie d’ours – tome 1 : Léa Mazé et Ingrid Chabbert, Dargaud :

Couverture Elma : Une vie d'ours, tome 1 : Le Grand Voyage

« Elma est une gamine joyeuse et insouciante élevée par un ours qu’elle considère comme son papa. Mais l’ours cache un secret : Elma est en fait la fille de Frigga, la mage du royaume. La légende raconte que seule la fille de Frigga pourra sauver le monde des eaux. Pour cela, sa mère doit la confier à la forêt et l’enfant devra y survivre 7 années. Si elle y parvient, leur monde sera sauvé et Elma pourra rejoindre sa mère et les siens de l’autre côté de la montagne… Comment l’annoncer à Elma qui aura bientôt 7 ans ? Comment se résigner à quitter cette gamine espiègle que l’ours considère comme sa fille ? »

 

C’est la couverture toute douce qui m’a donné envie de lire ce très bel ouvrage empli de poésie et de sensibilité. Nous faisons la connaissance d’un ours et d’Elma, une fillette qu’il a élevée comme si c’était la sienne. Se dégage dès les premières pages une très grande douceur, l’amour entre ces deux êtres étant flagrant ! Mais très vite, l’autrice introduit un certain suspense : Papa Ours décide de se lancer dans un voyage sans en dévoiler la raison à sa fille adoptive. Un secret qui attise bien évidemment la curiosité de la fillette tout comme celle du lecteur ! Durant le voyage, notre petite famille va rencontrer des obstacles qui n’ont rien de fortuit, et qui vont les mettre dans des situations périlleuses.

J’ai beaucoup aimé cette histoire dont je lirai la suite avec plaisir. En plus du suspense et de la tension qui tiennent le lecteur en haleine, difficile de rester insensible face à la relation entre Elma et son Papa Ours. Malgré la différence d’espèce qui ici disparaît naturellement, on a vraiment l’impression d’être face à un papa poule et sa fille... Tous les deux se révèlent très attachants, l’ours dans sa volonté de protéger son enfant, et Elma dans sa personnalité tout en exubérance et bonne humeur.

À lire si vous aimez les jolies histoires et les récits d’aventures non dénués d’une certaine poésie.

Et vous, certains de ces titres vous tentent ?
En avez-vous lu certains ?

 

Lily 2.0 Tome I : Équinoxe de Printemps, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, le premier tome de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LA SÉRIE

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Valentine Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Clairvoyance, clairaudience, psychométrie, médiumnité…, autant d’expériences aussi inattendues que déconcertantes qui vont bousculer son quotidien et la pousser à reconsidérer sa conception jusqu’alors très rationnelle de l’univers.

LE TOME 1

Que faire quand on est soudainement confrontée à des rêves qui se suivent, des visions spontanées et de surprenantes concordances des songes avec la réalité ?
Primo : garder son calme et ne pas paniquer.
Deusio : mettre le tout par écrit afin de ne rien oublier et pouvoir analyser sereinement la situation.
Tertio : ouvrir son esprit et aligner ses énergies pour essayer de canaliser l’étourdissant éveil de ses capacités extrasensorielles.
Dans ce premier tome, Lily découvre son potentiel énergétique, les notions de chakras et de koshas et s’essaie à la méditation, aux rêves guidés et aux voyages astraux. Elle expérimente également certains aspects de la clairvoyance, de la psychométrie et de la protection psychique.

Caouanne (9 novembre 2018) – 188 pages – Broché (16€) –
Tome 1 d’une série de 4 tomes

AVIS

Lily est une collégienne de treize ans et demi ordinaire qui mène une vie des plus classiques. C’était, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce que, pour son plus grand étonnement, un nouveau monde s’ouvre à elle. Lily se découvre ainsi des capacités extrasensorielles et notamment celle de faire des rêves qui concordent étrangement avec la réalité… Elle sera fort heureusement soutenue dans la découverte de ce nouveau chemin de vie par sa mère, une acupunctrice adepte de yoga et très ouverte au monde de la spiritualité.

Comme le papa de Lily, un restaurateur d’œuvres d’art, je suis de nature très terre à terre,  et ne tends à croire que ce que la science a prouvé ou, du moins, ce qui me semble rationnel. Cela ne m’a pas empêchée de savourer ce roman qui offre une plongée captivante et immersive dans un monde qui m’est inconnu, celui de la parapsychologie, de la spiritualité, des rêves guidés et lucides (peut-être l’élément qui m’a le plus intriguée), de la psychométrie, de la sagesse indienne, de la lithothérapie, de la médiumnité, et de toutes ces capacités extrasensorielles qui ont ce quelque chose de fascinant…

Alors que je ne suis pas forcément le public cible, j’ai adoré la manière dont l’autrice évoque ces sujets. C’est fait avec enthousiasme, simplicité et sans aucun prosélytisme. Chaque lecteur est laissé libre d’interpréter l’histoire comme il le souhaite et d’en retirer les enseignements qu’il estime importants. Une manière de procéder qui m’a conquise d’autant que grâce aux explications claires, mais détaillées et précises, de la maman de Lily, j’ai appris plein de choses. Certaines m’ont paru un peu trop ésotériques pour moi, quand d’autres m’ont poussée à me poser des questions et/ou donné envie d’approfondir le sujet. Il se dégage également de ce roman, un petit côté développement personnel qui n’est pas pour me déplaire. Je vous rassure, rien de dogmatique, juste l’histoire d’une jeune fille qui, avec l’aide de sa mère, apprend à mieux se connaître, à développer et s’approprier ses propres capacités et dons.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’une des pierres angulaires de ce roman. On ressent à la perfection la complicité qui unit Lily à ses parents, et plus particulièrement à sa mère, une femme très ouverte d’esprit et très calée sur la spiritualité et le potentiel psychique des individus. Sa mère sera un véritable guide pour Lily la rassurant et l’invitant avec tact et douceur à explorer ses propres capacités et à accueillir sans crainte, mais avec une certaine précaution, ses rêves qui semblent faire écho à des événements et à des personnes qui ont réellement existé.

Soutenue par sa mère, Lily va donc faire ses premiers pas dans ce monde qui lui était inconnu et dont elle partage les découvertes dans un carnet. Et c’est là le gros point fort du livre, son format atypique oscillant entre roman, journal intime et bullet journal. Loin d’être linéaire, le livre est ainsi agrémenté de dessins, de suggestions de musiques à écouter, d’indications sur l’humeur du jour, d’une recette de cookies, d’un DIY, d’un plan en couleurs du quartier de Lily, de bonus tels que les expressions favorites de la mère de Lily…

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Cette mise en page ludique et pleine de peps rend la lecture agréable et facilite l’immersion dans la vie de Lily. Comme dans un journal intime, la jeune fille se confie à nous, partage ses découvertes, ses doutes notamment sur la nature de ses rêves, ses craintes, sa passion pour la nourriture, mais aussi tous les petits moments qui font le quotidien d’une adolescente : les cours et les devoirs, les copines, les relations garçons-filles, les sorties entre amis, les disputes et les réconciliations… Les jeunes lecteurs devraient donc facilement s’identifier à Lily, et suivre avec intérêt, si ce n’est avec passion, son incursion dans le monde spirituel et parapsychologique.

Lily est une jeune fille attachante qui, en plus de conquérir le cœur des plus jeunes, devrait ravir celui des adultes. Émilie Colline a, en effet, réussi le parfait équilibre entre une héroïne réaliste, Lily restant une adolescente comme les autres, et une héroïne assez mature pour plaire à un lectorat plus âgé. De la même manière, j’ai apprécié la plume dynamique de l’autrice qui, tout en restant simple et accessible, se révèle riche et variée. On sent un véritable travail de recherche pour offrir précision et justesse quant au vocable employé.

Au-delà des différents thèmes abordés, qui sont plutôt originaux pour un roman jeunesse, l’autrice nous offre également une fabuleuse et captivante histoire dans l’histoire. Nous partons ainsi, grâce aux rêves de Lily, dans le passé, sur les traces de pirates ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré cet aspect du roman qui n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain suspense… C’est que comme Lily et sa mère, vous serez pressés de connaître le fin mot de cette aventure des mers !

En conclusion, Émilie Colline nous offre ici un roman jeunesse atypique autant au niveau du fond que de la forme. D’une plume vive et dynamique, elle met à la portée des lecteurs, jeunes et moins jeunes, un monde riche empli de spiritualité, de capacités extrasensorielles et de toutes ces possibilités que l’être humain n’a pas encore fini d’explorer. En choisissant de narrer les aventures de Lily, une adolescente ordinaire aux capacités extraordinaires, sous forme de carnet/journal intime, l’autrice établit une véritable complicité entre son héroïne et les lecteurs qui n’ont alors plus qu’une envie, connaître la suite !

Découvrez le roman sur le site des éditions Caouanne.

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Le voyage d’un chat écrit par Christophe Bladé et illustré par JustineF.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Motus, un jeune chat né dans une vieille remise, quitte son abri tranquille et son ami le chêne pour vivre son rêve : voyager jusqu’à la lune pour en rapporter un peu de sa lumière!
Motus découvrira le courage au fil d’une aventure semée de risques et d’embûches.
Le voyage initiatique d’un chat… Celui de chaque enfant qui grandit… Un voyage au cœur d’une Nature avec ses beautés et ses dangers qui invite les enfants à suivre ce petit personnage qui leur ressemble un peu.
Les belles illustrations de JustineF répondent au texte de Christophe Bladé, et contribuent à créer l’ambiance poétique du livre.

Éditions Ex Æquo (23 janvier 2019) – Collection Saute-mouton
64 pages – Poche (8€) – Ebook disponible

AVIS

Je ressors de cette lecture des étoiles plein les yeux, émue autant par le fond que la forme ! Enchanteresse et délicate, la plume de Christophe Bladé vous transporte dans un magnifique univers empreint de tendresse et de poésie, chaque mot semblant avoir été choisi avec soin. Le vocable se pare ainsi de ses plus beaux atours, un peu comme si l’auteur s’évertuait à prendre chaque lecteur par la main pour lui faire vivre un très beau voyage dont il ne pourra que sortir attendri et émerveillé.

Et de voyage, il en sera question ici puisque l’on suit un petit chat dans une jolie aventure. Motus, nommé ainsi par son ami le Chêne, rêve de liberté, de voyage et de lune. Bien décidé à atteindre cet astre et à capturer un peu de sa lumière pour illuminer le regard d’une petite fille, il part courageusement en vadrouille. Mais il va très vite se rendre compte qu’en dehors de sa maison et de son arbre-refuge, le monde n’est pas si sûr que cela et que le danger peut s’abattre sur lui aux moments les plus inattendus. Il pourra heureusement compter sur de nouvelles amitiés pour l’aider à affronter les difficiles épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Gentil, rêveur et téméraire, Motus est un chat pour lequel on se prend d’affection dès les premières pages surtout quand, comme moi, vous adorez ces petites boules de poils. On le suit donc avec plaisir dans ses péripéties, mais également avec un petit pincement au cœur de peur que quelque chose de grave lui arrive. Il faut dire que bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’auteur ne tombe pas dans la niaiserie et offre à ses jeunes lecteurs, comme aux plus âgés, des aventures palpitantes qui devraient leur faire vivre quelques petites frayeurs. On s’émerveille donc, mais on frémit également devant les difficultés plus ou moins importantes que Motus va devoir affronter. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que c’est très émouvant de voir cette petite boule de poils faire face avec courage aux situations qu’elle traverse. Rien ne saurait lui faire renoncer à son très joli rêve ! Motus offre un joli message d’espoir à toutes les personnes qui elles aussi rêvent d’accomplir l’impossible…

J’ai beaucoup aimé la plume poétique de l’auteur tout comme sa manière de s’amuser avec la langue française. Les chats deviennent ainsi des « Poileux », les canards des « Plumeux », les hommes et leurs fusils des « Remuants » qui ont des « Bâtons-de-feu »… Un vocabulaire teinté d’humour et assez imagé pour être compris de tous,  ce qui ne manquera pas de faire sourire, de marquer les esprits et de créer une certaine connivence entre les lecteurs et l’auteur/Motus.

Christophe Bladé nous offre ici une histoire menée tambour battant qui, en plus de divertir les lecteurs de 7 à 99 ans, les fera voyager et vivre mille émotions. À travers les péripéties captivantes de Motus, il évoque aussi des sujets importants et universels comme l’amitié, l’entraide et la nature. Au fil des pages, on découvre ainsi des animaux qui sauront faire preuve d’une humanité qui fait défaut à certains hommes, et on parcourt un écosystème qui devrait ravir les enfants et, avec un peu de chance, devrait les inciter à explorer leur propre petit coin de nature. Mais au-delà de ces aspects, Le voyage d’un chat, c’est avant tout une ode à l’espoir et aux rêves, aux rêves un peu fous qui poussent à se dépasser et qui font grandir… Car derrière le voyage de Motus, il y a aussi la quête d’un jeune héros qui, de péripétie en péripétie, grandit, évolue et trouve enfin le vrai sens du bonheur.

La beauté de cette quête de soi et de cette recherche de bonheur est soulignée par les illustrations en grand format de JustineF. La rondeur des traits et le côté enfantin des dessins collent à merveille au récit et permettent de s’y plonger totalement. Une immersion qui, sans aucun doute, facilitera la lecture des plus jeunes. Quant à la dernière page, elle se teinte de couleurs comme si l’illustratrice soulignait que rêve atteint ou non, le plus important c’est qu’à l’issue de son aventure, Motus ait découvert sa propre lumière.

Le voyage d'un chat, Christophe Bladé et JustineF

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

En conclusion, Le voyage d’un chat a été un coup de cœur ! Touché par l’histoire de ce petit chat qui rêve de décrocher la lune ou, du moins, d’en capturer un peu de lumière, mon cœur s’est mis au diapason du sien. Entre sourires, petites frayeurs et émotions, Christophe Bladé a su me faire vivre pleinement le voyage/rêve de Motus et me transporter dans son univers poétique sublimé par les illustrations de JustineF.

Feuilletez/découvrez le roman sur le site des Éditions Ex Æquo.