Mini-chroniques en pagaille #41 : challenge coréen, sorcière, chat et douceur !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici un nouvel article mini-chroniques en pagaille centré sur la jeunesse, ayant lu pas mal d’album et de BD jeunesse ces derniers jours. Je crois que j’avais besoin de lecteurs douces et mignonnes… Cet article me permet également d’ajouter une entrée au Challenge coréen !

  • L’île de Grand-Père de Joung-Mi Yoon (Les éditions de L’Élan vert)

Couverture L'île de grand-père

Incapable de résister à une si belle couverture, je n’ai pas hésité à emprunter ce magnifique album jeunesse qui nous offre une jolie histoire pleine de douceur et de poésie. Contrairement à ses parents qui l’ont envoyé là-bas, Joon-so n’est guère enthousiaste à l’idée de passer ses deux mois de vacances à la mer chez son grand-père. Il faut dire que l’île est bien trop paisible à son goût ! Une quiétude et un silence que l’on perçoit d’ailleurs à travers les illustrations de l’autrice…

Un jour son grand-père lui propose une balade en bateau, une idée qui ne plaît guère à Joon-so qui n’aime pas le bateau et préfère jouer à son jeu vidéo. Mais son grand-père a du flair en évoquant une grotte marine… Cette sortie en mer, loin d’être banale, marquera pour Joon-so le début d’une fantastique aventure où la frontière entre les rêves et la réalité s’estompe au profit de belles rencontres et de somptueux paysages. Qui a dit qu’on s’ennuyait sur l’île de son grand-père ?

Beau, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album jeunesse à ne pas manquer pour vivre un rêve éveillé et assister à la naissance d’une belle complicité intergénérationnelle.

Album lu dans le cadre du Challenge Coréen de Depuis le cadre de ma fenêtre

Challenge coréen logo 2021-2022



  • Tout seul ? de Rosemary Shojaie (Didier jeunesse)

Tout seul ? par Shojaie

Voici un petit album qui m’a d’abord séduite par sa couverture et ses magnifiques illustrations d’une tendre et douce poésie. J’ai tourné les pages des étoiles plein les yeux et me suis surprise à m’attarder sur chaque détail, à me laisser imprégner par les différentes atmosphères que l’on croise au fil de l’histoire. Printemps, été, automne… à chaque saison, Nico, un joli renard roux, et ses amis trouvent quelque chose à faire ensemble, tous ensemble.

Puis vient l’hiver ! Mais au lieu de profiter des frimas de la saison, Ava la loutre, Olive le raton laveur et Linus le blaireau dorment d’un lourd et profond sommeil. Déçu de ne pas avoir ses amis à ses côtés, Nico part dans la forêt afin de trouver un nouveau compagnon de jeu. 

Malheureusement, la forêt semble bien vide… Mais Nico en est-il bien certain, n’y a-t-il vraiment personne d’autre prêt à jouer avec lui ?  Pour le savoir, ne reste plus qu’à vous plonger dans cette magnifique et poétique histoire dont les illustrations ne devraient pas manquer de subjuguer grands et petits lecteurs, tout en leur offrant un final tendre à souhait !



  • Le costume secret d’Halloween de Karina Dupuis (illustrations) et Sophie Vaillancourt :

Appréciant beaucoup la ligne éditoriale des éditions CrackBoom, je ne pouvais qu’avoir envie de lire ce très joli album de saison !

La petite Charlotte adore le mois d’octobre, car c’est le mois où l’on fête Halloween, une fête durant laquelle il est de coutume, surtout quand on est une sorcière comme elle, de porter un déguisement qui fait peur. Mais Charlotte en assez de cette tradition, elle aimerait porter le déguisement de son choix !  Elle ne sait pas encore lequel, mais elle est certaine d’une chose : elle ne veut pas d’un déguisement qui fasse peur.

Si sa mère n’accueille pas d’un très bon œil l’envie de sa fille, la tradition étant la tradition, Charlotte pourra heureusement compter sur le soutien de ses deux amies, Amalia et Coraline, et de sa grand-mère. Une sorcière qui n’hésite pas à affirmer ses goûts quitte à être considérée comme bizarre et à être regardée d’un œil étrange par les membres de sa communauté… Un joli modèle pour Charlotte qui trouvera le courage de s’émanciper d’une tradition qui ne lui convient guère pour affirmer ses propres goûts ! Car finalement, l’important n’est-il pas d’être soi et d’écouter la voix de son cœur que ce soit à Halloween ou le reste de l’année ?

Porté par de jolies illustrations tout en rondeur et aux couleurs éclatantes, ce petit album offre un très joli message quant au droit pour les enfants de faire leurs propres choix et d’affirmer leurs envies et leurs goûts, tradition ou pas. On appréciera également la jolie complicité et la tendresse unissant une petite-fille et sa grand-mère, deux sorcières qui n’hésitent pas à revendiquer leurs préférences…

Merci aux éditions CrackBoom! et à Netgalley pour cette lecture.



  • Pauvre Petit Chat de Michel Van Zeveren (l’école des loisirs)

J’ai tout de suite fondu devant la couverture avec ce chaton blanc, petite boule de poils esseulée dans la nuit étoilée. Et je dois dire que mon cœur s’est fendu devant ce chat perdu mais qui trouvera dans la lune, une inattendue et discrète alliée.

Nous suivons l’avancée du chaton sur le trottoir où il croisera un sac poubelle, un lampadaire, une porte qui violemment se ferme…Tout autant de rencontres qu’il percevra comme des dangers, notre chat étant seul et apeuré. Mais il n’est pas vraiment seul, la lune gardant l’oeil sur lui et compatissant à ses malheurs jusqu’à ce que…. Je n’en dirai pas plus, mais le final est beau et tendre et offre une conclusion qui réchauffera le cœur des lecteurs, tout en ne manquant pas de faire naître un beau sourire sur le visage des enfants.

J’ai également apprécié le travail sur la composition des illustrations avec des doubles pages construites sur le même modèle, offrant un cadre restreint et balisé qui permettra aux enfants de rapidement s’approprier l’histoire. Le fait que la progression suive à chaque fois un schéma similaire avec un texte qui se répète et s’agrandit apporte, en outre, une certaine dimension dramatique dans la mesure où l’on attend avec inquiétude, mais aussi beaucoup d’espoir le dénouement… Il y a donc beaucoup d’émotions entre ces pages à l’ambiance minimaliste mais aux dessins très expressifs. 

En bref, voici un album touchant et adorable qui plaira aux amoureux des chats de tous âges.

Et vous, l’un de ces albums vous tente-t-il ?
Lisez-vous des albums jeunesse ?

Extraordinaires enfants de l’écume des vents, Karin Serres et Katy Sannier (illustrations)

Couverture Extraordinaires enfants de l'écume des vents

Ranimer une légende du fond des âges ? Facile : à la pointe du Raz, là où la terre finit dans l’océan, là où les vents sucrés et salés soufflent sur la lande, c’est le rôle des enfants et des poissons volants !

Locus Solus (18 juin 2021) – 48 pages – 14€

AVIS

Avec cet album relié aussi doux au toucher que beau à regarder, j’ai fait un voyage extraordinaire aux côtés de personnages qui ne le sont pas moins…

En des temps reculés, à moins qu’ils ne soient immémoriaux, existait une cérémonie étrange et belle à la fois, une cérémonie où les bruits multiples du vent entraient en harmonie avec les sons et les rires des enfants. Mais parce que le monde est protéiforme et la nature généreuse, les enfants n’avaient pas forcément deux jambes, deux bras et une tête, ils étaient de différentes espèces et de formes variées. Les enfants humains côtoyaient ainsi, durant la célèbre cérémonie de L’écume des vents, des enfants animaux, qu’ils soient poissons, oiseaux ou autres, des enfants végétaux…

Légendaire et féérique, L’écume des vents rythmait la vie des enfants, depuis son annonce aux différentes étapes avant son avènement, appelé le Grand Jour Dit. Si vous vous plongez dans ce petit ovni littéraire poétique mélangeant onirisme, légende, douceur, collages pleins de fantaisie et ambiance colorée, vous aurez d’ailleurs la chance d’assister à une cérémonie de L’écume des vents, et ressentir la joie de tous ces enfants qui l’ont attendue et préparée dans la joie, le bonheur et la bonne humeur.

Extraordinaires enfants de l’Écume des vents

Ode poétique et subtile à la nature et aux éléments, au partage et au vivre-ensemble, cet album transporte les lecteurs de tous les âges dans un conte fabuleux où les rêves sont à portée de main, de nageoire ou de nuage, où des sardines peuvent devenir poissonnes volantes, où les membres d’une forêt d’enfants peuvent s’enraciner et se déraciner au gré de leurs envies, où l’on rencontre des korrifées joyeuses et conductrices de bus, et même une créature géante qui vit dans une grotte remplie de livres et qui se nourrit exclusivement de desserts, de miel et de fruits. Laissez-moi vous dire que le vent m’aurait vite portée vers une telle créature !

La dimension onirique est d’une telle importance qu’en parcourant les pages colorées de ce bel album, votre esprit ne pourra que se laisser porter vers ce monde de légende et de fantaisie. Un monde magique, protecteur et lumineux que l’on parcourt les yeux et le cœur grands ouverts, prêts à faire bon accueil à des enfants-jardiniers, des enfants-musiciens, des loups magiques, et même à un scaphandrier fantôme qui pourrait vous surprendre si vous osez l’approcher. Les plus téméraires pourront même partir à la rencontre d’un requin à trois têtes, prêt à vous aider à surmonter vos cauchemars.

Et toujours, en trame de fond, cette fête et cérémonie de L’écume des vents, source de tous les rêves et des plus belles réalités. Doux, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album, aux accents très marins, à offrir à des enfants pour leur transmettre l’art du rêve, leur montrer la force de l’imagination et le pouvoir de l’évasion. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les thématiques sous-jacentes abordées avec autant de subtilité que de délicatesse et cette impression de vivre un rêve éveillé où tout peut arriver.

Je remercie Babelio et les éditions Locus Solus pour m’avoir envoyé ce bel ouvrage en échange de mon avis.

Lalie – Le monde caché de Naturia (tome 1) , Myriam Lorenz

Couverture Lalie, tome 1 : Le monde caché de Naturia

Suite à un accident, Lalie, douze ans, perd connaissance et se retrouve dans une forêt qui ne ressemble en rien à celle de sa région.

Comment a-t-elle atterri là ? Comment repartir ? Pourquoi ne croise-t-elle aucun animal ? Aucun cri d’oiseau ou d’écureuil, pas même un petit insecte ou une araignée à l’horizon !

Heureusement que Lucas est là pour lui expliquer le fonctionnement de ce monde merveilleux, mais aussi très dangereux, qu’est celui de Naturia.

Vous êtes prêts à suivre les aventures de Lalie avec ce premier tome ? C’est parti !

Books on demand (21 avril 2021) – 172 pages – Papier (9,99€) – Ebook (2,99€)
Couverture : Élodie Perez

AVIS

Voici un roman jeunesse que j’ai lu d’une traite, ayant apprécié l’imagination et la plume immersive de l’autrice, qui raviront aussi bien les enfants à partir de 9/10 ans que les lecteurs plus âgés. Les premiers pourront d’ailleurs aisément s’identifier à une jeune héroïne attachante et non dénuée de caractère, qui va vivre une aventure merveilleuse et dangereuse à la fois !

Lalie, une adolescente de douze ans comme les autres, du moins en apparence, ne supporte pas sa belle-mère, une horrible sorcière ! Et ce n’est pas une expression : l’adolescente en est persuadée, Ophélia est une véritable sorcière qui a envoûté son père. Mais Lalie a d’autres priorités que démasquer sa marâtre quand, suite à un accident de voiture, elle découvre un autre monde !

Un monde différent du nôtre où même en pleine forêt, on ne croise aucun animal et où aucun bruit ne vient rompre le silence. Heureusement pour elle, Lucas, qui semble avoir son âge, la découvre et la prend sous son aile, lui dévoilant un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé croiser ailleurs que dans ses rêves. Un lieu féérique et dangereux où il n’est pas conseillé de sortir la nuit, mais où on trouve des youpamis, une créature entre le porc-épic et le caméléon, et même des dragons, du moins le fils d’une dragonne. La mythologie autour des dragons m’a particulièrement intéressée, notamment avec cette idée de sacrifice maternel qui, avec les dragons, prend une tout autre dimension.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, les déambulations dans un monde magique y compris, Lalie finit par se réveiller dans une chambre d’hôpital… Aurait-elle rêvé ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question, puisque j’ai pris plaisir à découvrir la manière dont l’autrice joue sur le doute de l’héroïne, avant de nous dévoiler, sans trop nous faire attendre, la réponse. Pour ma part, j’ai adoré suivre Lalie qui se montre attachante, courageuse, mais également mature, déterminée et réfléchie.

Si elle est décontenancée par tout ce qui lui arrive, sa curiosité prend vite le pas sur ses doutes ou la menace d’une belle-mère manipulatrice, pour laquelle elle n’éprouve que méfiance. La jeune fille se fait-elle des idées sur Ophélia qu’elle soupçonne de cacher sa véritable nature ? Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié le mystère entourant cette belle-mère, digne d’un bon conte. La propre mère de l’adolescente semble également cacher des choses et devient étrangement nerveuse dès que Lalie évoque la magie ou le surnaturel…

Bien que leur présence ne soit pas centrale, les adultes ne sont donc pas absents de ce roman, ce que j’ai apprécié. Quant aux amis de Lalie, ils se révèlent tous les deux sympathiques, mais très différents l’un de l’autre. En plus d’être adorable, prévenant et bienveillant, Lucas m’a touchée en raison de son histoire familiale, une histoire qui ne semble néanmoins pas l’affecter outre mesure. Il faut dire qu’il n’a pas forcément les mêmes critères de bonheur qu’un humain lambda. Quant à Éléonore, la meilleure amie de Lalie dans notre monde, elle se révèle plutôt sympathique. En amie fidèle, elle est prête à épauler Lalie dans ses recherches, malgré l’incongruité de la situation.

L’amitié tient une place importante dans ce roman, ce qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Mais l’autrice évoque également, sans lourdeur et avec une intelligence certaine, une problématique à laquelle beaucoup d’enfants et adolescents ont été ou seront un jour confrontés : le harcèlement scolaire, et plus particulièrement, le cyberharcèlement et ses conséquences. Plus que la thématique en elle-même, c’est la manière dont l’autrice l’aborde qui m’a convaincue et le message qu’elle fait passer quant au caractère néfaste de la vengeance. À cet égard, Éléonore fait preuve d’une maturité qui semble faire défaut à bien des adultes, refusant de répondre à la méchanceté par la méchanceté. J’ai, en outre, été impressionnée par la faculté de l’autrice à nous faire ressentir de la compassion pour un adolescent passé de bourreau à victime en un instant…

Les chapitres se déroulant dans notre monde ne manquent pas d’attrait, l’autrice les nimbant d’une bonne aura de mystère, mais c’est le monde caché de Naturia qui a exercé sur moi la plus forte attraction, au point de ne pas vouloir le quitter. J’ai ainsi pris plaisir à découvrir et à évoluer dans cet univers magique où l’émerveillement n’est jamais loin, malgré les dangers !

En conclusion, enfants, adolescents et adultes devraient apprécier de se laisser prendre par la main par une jeune héroïne courageuse, mais pas intrépide, qui, sans le vouloir, vient peut-être de réveiller des secrets bien enfouis… pour le meilleur et pour le pire. Rythmé, auréolé de mystère, non dénué de suspense, et abordant sous couvert de fiction des thématiques importantes, ce premier tome nous offre une aventure palpitante, entre magie, émerveillement et dangers. Vivement la suite !

Je remercie Myriam Lorenz de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles, B.B. Alston

 

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles - kit presse

Amari Peters sait trois choses :
1. Son frère Quinton a disparu.
2. Personne ne semble s’en inquiéter.
3. La disparition de Quinton est liée à son travail.

Quand elle trouve dans le placard de son frère une invitation à se rendre au mystérieux Bureau des affaires surnaturelles, Amari n’hésite pas. Et voilà qu’elle est reçue par un ascenseur parlant et rencontre une dragon-garou qui devine ses émotions !
Dans l’espoir de retrouver Quinton, Amari accepte de travailler pour le Bureau, dont la mission est de réguler le monde surnaturel. Elle fait alors une découverte qui va bouleverser sa vie. Son frère était un célèbre agent chargé de traquer les magiciens, considérés comme les ennemis du Bureau. Désormais, c’est à la jeune fille de prendre la relève.

Bayard Jeunesse (22 septembre 2021) – 15,90€ – 528 pages
Traduction : Sidonie Van Den Dries

AVIS

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles est le genre de livre écrit pour les enfants qui plaira également aux adolescents et aux adultes, par son originalité, ses thématiques sous-jacentes, ses petits airs de Men in Black, et sa jeune héroïne courageuse. Une héroïne qui leur rappellera la personne qu’ils ont probablement rêvé d’incarner dans leurs rêves d’enfants les plus fous.

Car avec ce roman, l’auteur s’adresse directement à l’imagination des lecteurs de tout âge, leur offrant une magnifique aventure empreinte d’amitié et d’humour et emplie de créatures diverses et variées. Vous pensiez votre voisine inoffensive, si ce n’est sa tendance à mettre son nez dans vos affaires ? Grave erreur, mes amis, c’est probablement une horrible sorcière au nez crochu, à moins que ce ne soit une fourmi géante à taille humaine ? Ainsi, les apparences sont bien souvent trompeuses comme le découvrira Amari, une jeune fille de 12 ans qui va être propulsée, de manière fort surprenante, dans un monde dont elle n’avait pas conscience de l’existence…

Néanmoins, déterminée à intégrer le Bureau des affaires surnaturelles afin de retrouver son frère Quinton disparu depuis six mois dans le cadre de ses fonctions d’agent du Bureau, Amari ne se laisse pas déstabiliser par ce monde surnaturel qui se dévoile à elle, ni par toutes les révélations sur son frère, qui lui avait caché tout un pan de sa vie. L’adolescente, propulsée dans un monde étrange et excitant à la fois, devra également affronter sa propre nature : elle se croyait banale, elle se découvrira magicienne, ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa formation, les magiciens étant considérés comme de redoutables criminels à éliminer… Déjà victime de racisme et de harcèlement dans son école humaine, en raison de ses origines afro-américaines et de son milieu social, Amari est maintenant confrontée aux préjugés entourant les magiciens. Des préjugés qui rendent son intégration au sein du Bureau des affaires surnaturelles bien difficile, certains se faisant un plaisir de lui nuire, de se moquer d’elle, et de tenter de saboter ses efforts !

Elle pourra heureusement compter sur sa camarade de chambre Elsie, une dragonne-garou, avec laquelle elle nouera une sincère amitié, ainsi que sur Dylan, membre d’une célèbre famille et jumeau d’une véritable pimbêche ! Les trois se lanceront sur la piste de Quinton et de Maria, sœur de Dylan, mais surtout coéquipière de Quinton, les deux formant le très célèbre duo VanQuish. J’ai adoré suivre Amari dans son enquête d’autant que l’on sent à quel point retrouver son frère est important pour elle, les deux ayant toujours été très proches. Quelques révélations, dont l’une que je n’avais pas anticipée, devraient en outre vous surprendre, l’auteur jouant avec brio sur le jeu des apparences et des idées préconçues qui déforment le voile de la vérité…

Entre un puissant, énigmatique et dangereux ennemi, les faux-semblants, les mystères, les secrets, les préjugés et la méchanceté, sans oublier les dangers bien réels avec des attaques violentes de créatures cauchemardesques, les lecteurs et Amari n’ont pas le temps de s’ennuyer ! J’ai d’ailleurs apprécié que l’auteur ne ménage pas sa jeune héroïne, la mettant devant des situations difficiles et la poussant très régulièrement dans ses retranchements. Mais loin de se laisser décourager par les épreuves et cette haine qu’on lui témoigne, Amari nous prouve, page après page, son courage, son intelligence, sa débrouillardise, et son sens aigu de la famille, de l’amitié et de la justice. Elle fait également montre d’une certaine noblesse d’âme en ne cherchant pas à se venger des personnes qui la harcèlent quand ses pouvoirs, dont elle découvre progressivement l’étendue, le lui permettraient…. 

L’auteur a donc réalisé un très beau travail sur son héroïne qui se révèle forte, mais pas infaillible, qui derrière sa pugnacité, connaît parfois des périodes de doute, et qui affronte avec courage les préjugés tout en les surmontant grâce à sa bravoure et à ses actes. Une héroïne inspirante et attachante que l’on voit évoluer au fil de l’aventure et des dangers et qui gagne progressivement confiance en elle. Amari apprend également à se détacher de l’ombre d’un frère protecteur, mais parfois un peu étouffant par sa perfection, pour s’affirmer et prendre toute la mesure de son propre potentiel.

Les pages ont une légère tendance à se tourner toutes seules comme par magie, ce qui s’explique aussi bien par une intrigue menée tambour que par le style particulier de l’auteur. Ainsi, si certains éléments se révèlent assez classiques, B. B. Alston y ajoute sa touche personnelle, un mélange de fantaisie, de sensibilité, d’humour et de positivité, qui donne envie de se plonger corps et âme dans son imaginaire et son univers. Pour ma part, j’ai adoré m’approprier, aux côtés d’Amari, les codes de ce monde surnaturel caché au commun des mortels, arpenter le Bureau des affaires surnaturelles, en découvrir les différents départements, les spécialités de chacun, rencontrer différents personnages, certains franchement antipathiques, d’autres ouverts d’esprit, sympathiques et prêts à évoluer. En plus des humains, les différentes créatures qui peuplent le récit ne manquent pas non plus d’intérêt, même si ce sont les ascenseurs hauts en couleur que l’on rencontre au détour des pages qui ont eu ma préférence. Il faut dire qu’entre la reine des blagues et le roi des snobs pas si snob que cela, l’auteur a veillé à ce qu’on ne regarde plus jamais un ascenseur de la même façon ! 

En résumé, avec Amari et le Bureau des affaires surnaturelles, c’est tout un nouveau monde qui se dévoile à nous ! Un monde de dangers et de possibles, un monde unique, fascinant et merveilleux, laissant entrevoir de riches et mouvementées péripéties pour une jeune héroïne attachante et courageuse, qui offre un beau modèle de résilience aux personnes victimes de harcèlement, de préjugés et de racisme… Touchant, non dénué d’humour, rythmé, et empli de mystères et de créatures en tout genre, voici un roman qui ravira tous les lecteurs friands d’aventure et de surnaturel.


Je remercie Babelio et les éditions Bayard jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis. Je remercie d’autant plus la maison d’édition qu’elle m’a fait la surprise d’un très sympathique kit presse comportant une bougie, un badge, un carnet et des lunettes 3D.

 

Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, Lylian et Audrey Molinatti (illustrations)

Couverture Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets

Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle. Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes !
Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs. Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment.

Dargaud (20 août 2021) – 49 pages – Papier (9,99€) – Ebook (6,99€)

AVIS

Le destin tient parfois a peu de chose. Ici, en l’occurrence, à des cheveux violets qui pousseront un homme a abandonné son bébé au plus grand désespoir de sa femme…

Si le début peut paraître un peu sombre, bien que l’ambiance graphique sublime avec ses tons chaleureux tende à réchauffer l’atmosphère, l’humour est bien au rendez-vous. Car le bébé des débuts est devenu une enfant de sept ans plutôt turbulente. Et ce ne sont pas les nonnes qui l’ont recueillie et élevée qui vous diront le contraire ! Rebelle et quelque peu impertinente, Evelÿne n’est clairement pas la petite fille la plus facile à éduquer, d’autant qu’en plus de ses dons magiques, des événements surnaturels se multiplient autour d’elle. Son caractère plein de fougue ferait presque regretter à Bénédict, son chat un peu spécial, de lui avoir appris quelques tours de magie, et de l’avoir éveillée au monde de la sorcellerie… Il faut dire qu’Evelÿne ne fait pas montre de la plus grande des discrétions quant à ses pouvoirs et n’hésite pas à les utiliser pour des choses aussi futiles qu’éviter un bain.

Magic - couvent

Bien que parfois un peu agaçante par sa propension à n’en faire qu’à sa tête, Evelÿne se révèle très touchante et semble finalement bien plus attachée à ses protectrices qu’elle ne le montre. Néanmoins, dépassées par la situation, les nonnes décident de la confier aux bons soins d’un maître artisan chapelier, Neil Farfadet. Avec un tel nom, on ne peut que se poser des questions sur sa réelle identité, d’autant que le personnage dégage une certaine aura de mystère… Son comportement éveille, en outre, la suspicion de Bénédict et la nôtre, à défaut de celle d’Evelÿne.

Magic - Farfadet

Nous sommes ici dans un tome introductif qui nous laisse encore dans le flou quant au devenir de notre jeune sorcière auprès de son nouveau mentor et, de manière plus générale, quant à son destin que l’on pressent hors du commun. Quelle est vraiment l’étendue des pouvoirs et des capacités dEvelÿne ? Pour ma part, j’ai hâte de le découvrir bien que l’on devine que la fillette n’est qu’au début d’un long parcours…

J’ai apprécié la relation maître/apprentie naissante, mais c’est celle entre notre jeune sorcière et Bénédict qui m’a fait fondre et attendrie. La fillette et ce chat qui parle forment un duo aussi adorable que complémentaire, dont j’ai adoré suivre les échanges non dénués d’humour et de mordant, les deux ayant la langue bien pendue ! Notre minet va faire de son mieux pour veiller sur une Evelÿne inconsciente des dangers guettant les personnes ayant les cheveux violets. Dans ce monde comme dans le nôtre, la différence fait peur, ce que notre fillette va découvrir dans les rues de Londres ! Une ville dont la splendeur l’éblouira, avant de lui révéler une facette bien plus sombre. Il faut dire que sa vie auprès des nonnes ne l’avait pas vraiment préparée à affronter la malveillance et la haine.

Ainsi, derrière la magie, l’humour, les secrets, une certaine tendresse unissant un chat et une petite fille dont la fougue promet moult péripéties, il est également ici question d’intolérance et de la peur de la différence, poussant des individus à haïr ceux qui ne leur ressemblent pas. Un aspect traité tout en subtilité rendant le message pertinent sans être écrasant, l’auteur n’oubliant pas avant tout de nous offrir une sympathique aventure qui devrait plaire aux enfants. Ceux-ci n’auront d’ailleurs aucun mal à s’identifier à une jeune héroïne prompte aux bêtises, mais sympathique, amusante et pleine d’enthousiasme.

Quant aux sublimes illustrations tout en rondeur, vibrantes de vie, de couleurs et de bonne humeur, elles contribuent indéniablement au plaisir que l’on prend à se plonger au cœur des péripéties, à parcourir les différents lieux, avant de mieux s’arrêter sur les détails et les traits des visages particulièrement expressifs.

En conclusion, avec cette BD jeunesse de toute beauté, l’auteur nous offre une sympathique aventure qui n’en est qu’à ses débuts, mais dont on ne peut qu’attendre la suite avec impatience. En alliant esthétique, mystère, magie, aventure, personnages attachants et humour, La fillette aux cheveux violets devrait ravir les enfants, mais aussi tous les adultes ouverts à la littérature jeunesse, ou qui aimeraient partager une divertissante lecture avec les plus jeunes. Et puis, argument suprême, il y a un chat trop mignon qui parle !

Je remercie les éditions Dargaud et Netgalley de m’avoir permis de lire cette BD en échange de mon avis.

 

Mini-chroniques en pagaille #40 : première fournée pour le #PumkinAutumnChallenge et Le mois de la BD

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici trois lectures réalisées dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (Un petit besoin urgent, Crictor et Black Butler) et du challenge Le mois de la BD (Black Butler)

  • Un petit besoin urgent, Quentin Gréban (Mijade)

J’avais eu l’occasion de voir passer cet album jeunesse sur Instagram, alors quand je l’ai croisé à la bibliothèque, je n’ai pas hésité à l’emprunter. Comment, en effet, résister à cette belle couverture et à ce regard espiègle ?

La petite Éva, son petit frère encore bébé et leur maman sont de sortie, mais à peine arrivés au marché, catastrophe, Eva a une petite envie ! Sa maman lui avait pourtant bien demandé si elle était allée aux toilettes avant de partir, mais cette précaution n’a, apparemment, pas été suffisante. Branle-bas de combat, il n’y a pas à tergiverser : il faut retourner à la maison ! Et devant l’urgence de la situation, la sympathique famille va recevoir de l’aide de nombreux autres animaux, donnant lieu à des scènes qui ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Qui a dit qu’un voyage en tram était de tout repos ?

Cette aide providentielle sera-t-elle suffisante ? Pour le savoir, foncez lire ce sympathique album qui vous réservera une chute de taille, et qui ne devrait pas manquer de parler à de nombreux parents et adultes ayant eu la chance de garder des bambins. Et puis, il serait dommage de passer à côté de ces belles et grandes illustrations pleines de charme, mettant en scène des animaux adorables dont la personnification est aussi amusante que savoureuse.


  • Crictor de Tomi Ungerer (L’école des loisirs)

Il y a des gens qui reçoivent des fleurs ou du chocolat pour leur anniversaire, mais pas Madame Bodot. Car si son fils, qui étudie les reptiles en Afrique, a bien pensé à elle en cette occasion spéciale, il a opté pour l’originalité : lui envoyer, dans un joli paquet formant un rond, un boa constrictor !

Un cadeau empoisonné, quoique pas vraiment Crictor n’étant pas venimeux, qui va étrangement illuminer la vie de Madame Bonot. Ainsi, quand certains baladent leur caniche, elle, c’est son serpent qu’elle emmène partout devant les yeux ébahis des passants, et ceux médusés des lecteurs. La tendresse de Madame Bodot pour son serpent transparaît dans chaque scène et leur complicité fait chaud au cœur, surtout si, comme moi, vous êtres très sensibles aux relations êtres humains/animaux…

J’ai souri devant des scènes de vie classiques et banales mais qui, sous la houlette de Tomi Ungerer, prennent une tout autre saveur. Il faut dire qu’en plus d’être des plus dociles, Crictor étonne par ses multiples talents qu’il exercera pour le plus grand plaisir de son adoptante et des enfants. Et puis, certains petits voyous vont apprendre qu’il faut se méfier du serpent qui dort ! Même du serpent qui dort dans un lit douillet parfaitement adapté à sa taille…

Quant aux illustrations, elles dégagent beaucoup de charme, avec un côté suranné qui renforce cette impression d’être dans un cocon de douceur. La présence récurrente du vert offre une sorte d’hommage bien mérité à un protagoniste qui ne parle pas, mais qui possède une présence certaine. J’ai, en outre, adoré la manière dont l’auteur joue sur le physique de Crictor, agençant ses illustrations à partir de celui-ci.

Loufoque, mignon et diablement amusant, voici un petit album au charmé suranné qui devrait ravir les enfants et les adultes par la dose de bonne humeur et de fantaisie qu’il insuffle à chaque page. On y découvre un quotidien devenu cocasse grâce à un protagoniste inattendu et un auteur de talent qui réussit à faire classique et original à la fois. À lire, relire et partager !


  • Black Butler, tome 30 de Yana Toboso (Kana)

Black Butler, tome 30 par Toboso

J’ai, comme d’habitude, lu d’une traite ce tome non dénué de sang et de violence, mais peut-être un peu moins sombre et complexe que d’habitude. Nous suivons un personnage qui voit très mal de près, mais qui a une vision parfaite de loin. Une particularité qu’il va mettre, avec ses comparses, au service d’une cause, pas vraiment noble mais très rémunératrice, le vol de bijoux.

Notre voleur des rues s’en prend malheureusement à la mauvaise personne et n’a plus qu’une solution pour éviter la mort : travailler pour quelqu’un d’encore moins recommandable et de plutôt violent. Notre personnage était coutumier du vol, il va devoir ajouter le meurtre à ses compétences, jusqu’à que sa dernière mission ne se passe vraiment comme prévue… Fin de partie ou nouveau départ ?

Tous les indices étaient là, et pourtant, je me suis laissée berner par la révélation sur ce personnage qui n’est peut-être pas celui qui paraît être. Je vais rester vague, mais j’ai aimé ce tome pour le saut dans le passé qu’il offre et la manière dont il nous permet de mieux appréhender certaines choses et relations entre nos personnages. Les enjeux ne sont pas aussi élevés que dans d’autres tomes, mais on passe assurément un excellent moment auprès de Sebastian, Ciel et les autres, et l’on se dit que décidément, cette série a encore de belles choses à nous offrir !


Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

Mes 5 chansons Disney préférées ou ces 5 classiques dont je ne me lasse pas

L'Architecture, Château

Il ne se passe pas une journée sans que j’écoute de la musique, ne serait-ce qu’en marchant. Et si comme avec la lecture, j’ai des goûts très éclectiques et aime faire des découvertes diverses et variées, il y a néanmoins des chansons que j’aime écouter de temps en temps depuis que je suis enfant/ado.

Et parmi celles-ci, les chansons Disney sont en bonne position. Ce sont souvent des musiques « doudou » pour moi, qui me permettent de renouer avec certaines émotions, de revivre certains souvenirs, ou tout simplement de me donner le moral.

Comme beaucoup d’adultes, je continue à regarder des Disney avec plaisir, mais je ne retrouve pas dans les nouveaux films, ces chansons pleines d’émotions avec des paroles qui entrent dans votre tête pour ne plus jamais en sortir, même plus de 20 ans après. Il y a bien sûr quelques exceptions, et puis l’âge peut également jouer sur cette impression.

Mais trêve de bavardage, voici mes 5 chansons Disney préférées, celles que je peux écouter sans jamais me lasser et que je chante terriblement faux, mais toujours avec plaisir. En ce qui concerne le Roi Lion, je n’en ai cité que deux, mais toutes les chansons de ce film pourraient faire partir de ce top, ce Disney étant un petit chef d’oeuvre à tous les niveaux. C’est d’ailleurs mon Disney préféré, suivi d’Aladdin.

Et vous, quelles sont vos chansons Disney préférées ?
En avons-nous en commun ?

 

 

Le Cinérêve – Le mystère Hortensia, Anne Didier, Catherine Duval et Roland Garrigue (illustrations)

Couverture Le Cinérêve, tome 1 : Le Mystère Hortensia

En espionnant son étrange voisine Melle Hortensia, Augustin Poussin, 9 ans, découvre l’existence d’un lieu intriguant : « Le Cinérêve » … Là sont proposés des rêves à vivre comme on choisit une séance de film au cinéma. Chaque séance est personnalisable et Augustin opte pour un rêve de chevalerie. Transporté au Moyen Age dans la peau d’un chevalier, il doit sauver le château d’un terrible brigand… qui se révèle être son instituteur qui ne cesse de le harceler, M. Poincaré ! Le rêve s’achève sur sa victoire et le lendemain, son maître le laisse tranquille pour la première fois… Coïncidence ? Augustin se languit de retourner au Cinérêve. Sauf que celui-ci est réservé aux « enchanteurs » , des humains dotés de mystérieux pouvoirs…

Casterman (21 octobre 2020) – 64 pages -11,95€
Couleurs : Anne-Sophie Dumeige

AVIS

Lors d’une de ses séances d’espionnage, pourtant interdites par sa mère, Augustin, 9 ans, surprend une conversation téléphonique de sa voisine qui ne manquera pas d’éveiller son intérêt. N’a-t-elle pas parlé de magie et de Cinérêve ? Il ne lui en faut pas plus pour décider de suivre cette fleuriste dont les plantes se révèlent aussi surprenantes que déroutantes. Et ce n’est pas M. Le Maire, première victime de ces plantes incontrôlables qui vous dira le contraire !

Sa filature va conduire notre jeune héros, accompagné de sa fidèle chienne, Croquette, dans un endroit magique où les rêves deviennent réalité, à moins qu’ils ne se transforment en cauchemar pour les petits curieux ! Si comme moi, vous fondez devant les duos êtres humains/animaux, vous devriez apprécier de suivre celui-ci dans son aventure, d’autant que Croquette devrait vous surprendre.

Bien que je ne sois pas le public ciblé et que j’aurais adoré un ouvrage un peu plus long, j’ai beaucoup aimé cette BD et ce principe de Cinérêve qui permet d’entrer de plain-pied dans des rêves, mais pas dans tous les rêves. Chaque rêve est accessible selon certains critères plus ou moins farfelus et spécifiques. Même les chiens ont des rêves qui leur sont réservés ! Malheureusement pour Croquette, celui sélectionné par Augustin est plus en rapport avec la chevalerie que les saucisses qui lui faisaient d’avance se pourlécher les babines… Et comme les rêves sont personnalisables, Augustin va pouvoir se confronter aux personnes qui, dans la vraie vie, le tourmentent à l’instar d’un certain professeur ou d’un autre élève de sa classe, bien plus harceleur qu’ami.

Cela m’a un peu fait penser à ces casques de réalité virtuelle utilisés pour lutter contre certaines phobies comme la peur des avions ou des araignées. Mais si ici; on aborde avec intelligence le thème du harcèlement scolaire et la nécessité d’affronter ses peurs, Le Cinérêve, c’est avant tout une aventure fort sympathique qui mêle réalité et rêve, à travers une invention génialissime. Mais une invention qui peut se révéler dangereuse comme va très vite l’apprendre Augustin dont la curiosité et l’imprudence ne vont pas être sans conséquence…

À cet égard, la fin donne très envie de se précipiter sur la suite et de découvrir ce qui va se passer pour un personnage en mauvaise position, mais aussi d’en apprendre plus sur une nouvelle élève qui semble en savoir bien plus qu’elle ne veut bien le dire. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler ses mises en garde qu’Augustin aurait peut-être bien fait d’écouter. Mais que voulez-vous, difficile de résister à l’attrait de ces rêves offerts sur un plateau…

Quant aux illustrations, douces et colorées, je les ai trouvées fort sympathiques et parfaites pour plonger les lecteurs dans une ambiance enfantine et joyeuse, mais non dénuée de dangers.

En résumé, voici une BD divertissante et rythmée qui plonge les lecteurs dans le monde des rêves, un monde peut-être pas aussi paisible qu’on pourrait le penser, a fortiori quand un petit curieux vient mettre son nez dans une invention pour laquelle il n’était pas préparé !

Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure (tome 5), Goulesque et Widenlocher

 

Couverture Les nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure , tome 5

Plongez au cœur de l’Apeupréhistoire !
Pas tout à fait dinosaure ni vraiment homme, Nabuchodinosaure, Nab pour les intimes, est doué de parole, d’un solide sens de l’humour et, du moins en est-il persuadé, d’une intelligence exceptionnelle qui lui permet de supporter les désagréments de son époque située un peu avant ou un peu après J.?C. (on ne sait pas trop). Et des désagréments, il y en a dans l’Apeupréhistoire : dinosaures stupides, volcans terrifiants, plantes carnivores et autres catastrophes à poil et à plume.

Bamboo éditions – 48 pages – 10,95€
Couleurs : Anne Franjou-Gille

AVIS

Avant que la maison d’édition ne me propose de découvrir le tome 5 des Nouvelles aventures apeupréhistoriques de Nabuchodinosaure, je ne connaissais pas la série ni même celle l’ayant précédée, Nabuchodinosaure. Mais cela ne gêne en rien la lecture de cette BD qui alterne, page après page, gags, humour, couleurs et bonne humeur !

Si je préfère, en général, les BD avec une intrigue par tome, ce format présentant un gag sur une ou deux planches maximum ne manque pas d’attrait pour une pause détente rapide et sans prise de tête ou pour lire quelques pages par-ci par-là. Ce format présente également l’avantage de pouvoir plaire aux enfants à condition de ne pas lire la BD d’une traite. 

J’ai ainsi lu en plusieurs séances une partie de la BD à ma nièce de 5 ans, Éva. Mon neveu de 3 ans, Émeric, n’a pas manqué, quant à lui, de venir écouter quelques planches que je lisais à sa sœur, avant de repartir vaquer à ses occupations. Il a particulièrement apprécié deux gags, ou du moins les illustrations de ceux-ci : le premier dans lequel il a pu s’identifier à l’un des personnages qui détruit sa maison en voulant l’améliorer, mon neveu ayant un petit côté bulldozer. J’ai d’ailleurs eu droit à un très lucide, « je casse tout moi ». Et le second lié à une plante carnivore végane pas si végane que cela. S’il n’a pas vraiment compris la chute (pas facile d’expliquer la notion de plante carnivore végane à un enfant de trois ans…), il a d’emblée saisi que sur un dessin, la plante semble gentille, et sur l’autre méchante. Un changement qui l’a beaucoup intéressé et interrogé, et qui s’est conclu de sa part, après explication sur la notion de duperie, par un « méchant toi » lancé à la plante d’un doigt accusateur.

Quant à ma nièce habituée aux BD du type Mickey, ma belle-sœur étant une grande passionnée du genre, elle a été sensible aux quelques gags, notamment ceux à l’humour simple et enfantin, et surtout aux couleurs vives. Moi-même, j’ai apprécié les illustrations très expressives et tout en rondeur de Widenlocher, et le travail de colorisation d’Anne Franjou-Gille apportant beaucoup de charme à l’histoire. Alors si Éva est clairement encore trop jeune pour saisir toutes les allusions et les chutes qui concluent chaque planche, cela ne l’a pas empêchée de me demander dès son réveil d’en poursuivre la lecture, et de prouver non sans fierté qu’elle savait, contrairement à nos personnages, distinguer un dromadaire d’un chameau.

Pour ma part, j’ai été ravie de me plonger dans une période indéterminée de l’histoire, dans laquelle on retrouve des décors et animaux de la préhistoire, mais aussi des objets qui nous apparaissent bien plus modernes. Ce décalage et les nombreux anachronismes rendent d’ailleurs la BD particulièrement savoureuse et amusante. Je n’ai jamais éclaté de rire, mais j’ai très régulièrement souri devant les (més)aventures de nos drôles de personnages, la version « préhistorisée » de certains objets, et des idées pas si bêtes que cela, mais qui en absence de réelles connaissances scientifiques, ne donnent jamais vraiment les résultats escomptés. Et ce n’est pas le pauvre Nab qui vous dira le contraire !

N’ayant lu qu’une BD le mettant en scène lui et ses acolytes, je ne me suis pas encore attachée au personnage, mais j’ai apprécié sa naïveté, son esprit d’initiative, et ses déboires qu’ils soient technologiques ou amoureux. Car le pauvre, si ses inventions tendent à se retourner contre lui, il ne semble pas non plus très doué pour faire la cour à l’élue de son cœur, Manon. Une femme, ou plutôt un dinosaure au féminin, au tempérament de feu ! Il faut dire qu’entre son fils et ses maladresses, il y a du travail…

Au-delà de l’humour bien présent, alliant humour léger et références religieuses, architecturales, sociétales ou encore technologiques, j’ai pris plaisir à découvrir des personnages à l’allure d’animaux, mais aux comportements et à la personnalité très humains. Un anthropomorphisme à une aire apeupréhistorique qui fait merveille et ajoute beaucoup de sel à une BD qui n’en manque déjà pas ! Alors si vous avez envie d’une petite pause détente sans prise de tête et diablement amusante, plongez-vous sans attendre dans cette série où vous découvrirez des animaux apeupréhistoriques et bien trop humains pour leur propre bien.

Je remercie Bamboo éditions de m’avoir envoyé cette BD en échange de mon avis.