Les sorcières de Kinvar, tome 1 : La sorcière aux poupées, Marie-Laure Junier

Je remercie Anyway Editions et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les sorcières de Kinvar de Marie-Laure Junier.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

A neuf ans, Emily croit encore fermement aux contes de fées et s’imagine souvent dans des rôles de princesse aux pouvoirs incroyables. Alors, quand la réalité rattrape la fiction et que la fillette s’avère capable de parler avec quatre poupées de bois aux caractères si différents, elle découvre un monde bien plus surprenant que celui dont elle rêvait. Mais si les héros existent, il en est de même pour son flot de mauvaises sorcières, vampires ou loup-garous en tout genre. Et en grandissant, l’adolescente ne tarde pas à s’apercevoir qu’ils ne lui veulent pas que du bien, particulièrement quand elle cherche à explorer son passé.

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Anyway (9 décembre 2016)
  • Prix : 12,90€

AVIS

L’histoire et le style de narration… 

J’ai tout de suite été plongée dans l’histoire d’autant que l’auteure, avant de nous raconter les aventures d’Emily, nous embarque dans un passé fort lointain où cohabitaient différentes espèces jusqu’à ce que l’Homme ne détruise ce bel équilibre. L’auteure fera, par la suite, référence au compte-goutte à cette mythologie, nous permettant petit à petit d’avoir un nouvel éclairage sur le monde actuel et de mieux comprendre les interactions entre les différentes espèces (sorcières, vampires, loups-garous…).

Nous faisons ensuite la connaissance d’Emily, une petite fille de 9 ans qui coule des jours heureux avec ses parents plutôt protecteurs. Lors d’une visite familiale dans un vide-grenier, elle découvre quatre marionnettes qu’elle entend parler et avec lesquelles elle peut converser ! On comprend alors très vite que cette fillette n’est pas aussi banale qu’elle n’y paraît. Malheureusement, un accident de la route entraînant la mort de ses parents, viendra bouleverser la vie de la fillette qui devra dorénavant vivre chez sa grand-mère maternelle. Celle-ci se montrera très froide, mais Emily pourra compter sur l’amitié de sa cousine, Charlotte et, bien évidemment, sur celle de ses quatre marionnettes.

Ces soutiens lui seront d’une grande aide, car en plus du choc d’avoir perdu ses parents, la jeune fille va découvrir un tout nouveau monde où la magie, la sorcellerie et toutes les créatures des contes deviennent réalité. Le lecteur, quant à lui, fera plus ample connaissance avec ce monde de sorcières grâce à Emily, mais également grâce aux informations dispensées au début de chaque chapitre. En effet, au lieu de nous assommer de connaissances indigestes, l’auteure nous dévoile les principes fondamentaux régissant la vie des sorcières au début de chaque chapitre.

La fan d’histoires de sorcellerie et de magie qui sommeille en moi a adoré cette manière de procéder qui m’a donné l’impression de lire un grimoire de sorcières. Ce choix narratif donne en outre un certain rythme au livre, car on en vient à se demander comment les informations sont liées à l’histoire d’Emily. Et, c’est d’ailleurs comme ça que j’en suis venue à lire le livre d’une traite.

Les personnages…

Même si je la pense moins diabolique qu’il n’y paraît, enfin je l’espère sinon cela rendrait le roman un peu trop caricatural à mon goût, j’ai trouvé la grand-mère simplement odieuse. Rejeter sa petite-fille ainsi parce qu’elle n’a pas la bonne couleur de cheveux ou d’yeux qui ferait d’elle une sorcière puissante m’a fait me dresser les cheveux sur la tête.

La tante n’est pas forcément bien mieux, mais elle est peu présente dans le roman et puis, avec un tel manque de caractère la faisant vivre continuellement dans l’ombre de sa famille, difficile d’en espérer beaucoup. Quant à Charlotte, on la sent sincèrement proche d’Emily qui est la seule à ne pas voir en elle juste une sorcière promise à un grand avenir. Je pense qu’elle sera plus présente dans la suite de l’histoire pour mon plus grand plaisir ; elle a le potentiel pour devenir un personnage complexe et puissant.

En ce qui concerne Emily, je l’ai simplement adorée ! Fillette puis adolescente gentille et courageuse, elle a du caractère ce qui lui permet de continuer à avancer dans la vie malgré la mort de ses parents et un environnement familial peu avenant. Plus dans l’action que les tergiversations, elle n’hésite pas à se lancer, avec l’aide de ses amies marionnettes et d’un mystérieux vampire, à l’aventure afin de découvrir qui sont les personnes qui menacent sa vie. Et vous verrez que le danger est proche, très proche…

On pourrait reprocher à Emily une certaine naïveté dans sa facilité d’accorder sa confiance à un personnage qu’elle ne connaît que très peu et par écran interposé, ou encore, une certaine intrépidité qui la fait se mettre dans des situations périlleuses. Mais au final, ça fait partie de son charme et contribue fortement à s’attacher à cette héroïne qui n’est pas parfaite, mais fait de son mieux en toutes circonstances.

J’ai également beaucoup aimé les quatre marionnettes qui ont chacune leur caractère, mais qui ont en commun de vouloir à tout prix protéger leur jeune amie. Elles n’hésiteront d’ailleurs jamais à mettre leur pouvoir à son service. Plus on apprend à les connaître, plus on s’attache à elles d’autant qu’elles ont, comme Emily, connu par le passé un événement dramatique. C’est peut-être une des raisons qui les poussent à protéger autant la jeune fille.

Le seul point qui m’a légèrement déçue…

La seule chose qui m’a un peu déçue dans le roman, c’est l’épilogue. J’avais en effet très vite anticipé le retournement de situation et aurais préféré me tromper. Mais, je pense qu’en tant que grosse lectrice, il devient de plus en plus difficile de me surprendre ce qui ne sera pas forcément le cas avec un lecteur plus jeune.

En conclusion, si vous avez envie de lire une histoire de sorcières portée par un personnage très attachant, Les sorcières de Kinvar est fait pour vous. La faculté de l’auteure à vous plonger d’emblée dans l’intrigue et à captiver votre attention du début à la fin en rend la lecture très aisée et rapide. J’ai, pour ma part, hâte d’en apprendre plus sur les pouvoirs de marionnettiste d’Emily et la manière dont elle va aborder sa nouvelle vie puisque la fin du livre promet moult changements.

J’ai maintenant hâte de lire le tome 2…

Le petit Chaperon-Loup, Audrey Calviac

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J’avais repéré Le petit Chaperon-Loup d‘Audrey Calviac grâce à sa sublime couverture réalisée par la sœur de l’auteure, Anaïs.

Je n’ai donc pas hésité à demander l’ebook en échange d’une chronique comme le proposait les Éditions Boz’Dodor sur leur page FB. Et puis, ayant plaisir à échanger sur FB avec l’autrice, je ne pouvais que me laisser tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Oubliez les nobles princes, les belles princesses et les dragons défaits. Les fins heureuses ne font pas forcément partie des pays des contes. Leurs habitants l’ont bien compris et rêvent à une vie paisible et ennuyeuse, ce que cherchent à fuir les petits humains. Cette nouvelle histoire ne se déroule pas chez le terrible patapaf, mais chez nous, au royaume des hommes. Une jeune fille du nom de Kahina s’y réfugie après s’être échappée des pays des contes. Elle va faire la connaissance d’Azad, un petit humain. Ils vont apprendre à se découvrir tout en dissimulant à l’autre leur plus terrible secret.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages
  • Editeur : Editions Boz’Dodor (18 septembre 2016)
  • Prix ebook : 1,49€

AVIS

Le monde des humains et celui des contes se côtoient sans jamais se rencontrer, du moins jusqu’à ce que Kahina, contrainte de fuir son foyer en raison de la vindicte populaire, quitte les pays des contes pour le royaume des humains. C’est de cette manière qu’elle rencontrera Azad, un jeune garçon qui acceptera de l’aider à se cacher dans la grange familiale.

Kahina et Azad sont très différents l’un de l’autre, mais ils ont en commun d’avoir un secret qu’ils gardent précieusement caché.  J’ai bien aimé la manière dont l’auteure a construit la relation entre les deux protagonistes principaux. Ils se sont tout de suite acceptés sans pour autant se dévoiler entièrement. Comme dans la vraie vie, ce sont les épreuves qu’ils traversent et la confiance qu’ils construisent qui vont les pousser à se dévoiler tels qu’ils sont… Ces deux jeunes protagonistes nous offrent ainsi une très belle leçon d’amitié.

Le petit Chaperon-Loup est une réécriture du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge, mais l’auteure s’est quand même bien éloignée de l’œuvre originale.  Cela devrait donc rassurer les lecteurs ayant peur de retrouver une histoire vue et revue. Vous devriez même être surpris de découvrir comment le loup a changé durablement la vie de notre jeune héroïne dans la version d’Audrey Calviac. Je me demande d’ailleurs quel tournant prendra l’auteure par la suite pour Kahina : celui de l’acceptation de sa différence ou la quête d’un retour à la normale. Mystère que j’ai hâte de découvrir  même si j’ai déjà ma petite préférence.

Point de conte sans morale ! L’autrice ne déroge donc pas à cette règle en nous offrant une morale mignonne à souhait que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Mais au-delà de la morale de la fin, j’ai trouvé que l’histoire permettait aussi, à une époque où la différence continue à faire peur, de mener une vraie réflexion sur le sujet. Comment la différence physique d’une enfant peut-elle susciter autant de peur et de rejet de la part d’adultes ? Si on ôte la partie merveilleuse de l’histoire, il n’est pas certain que les réactions extrêmes soulevées par la différence soient si fantasques que cela…

Enfin, mon compagnon, d’origine arménienne, m’a fait remarquer que Azad est un  prénom arménien qui signifie « libre ». J’ai trouvé ce petit clin d’œil de l’auteure fort à propos pour un personnage qui, grâce à l’amitié, va gagner, d’une certaine manière, la liberté.

En conclusion, de la couverture à la plume de l’auteure en passant par la manière dont elle a su réinventer un des contes les plus connus au monde, j’ai été complètement séduite par cette réécriture du Petit Chaperon Rouge. Que vous ayez 9 ans ou 99 ans, je ne peux donc que vous recommander de vous laisser entraîner dans cette très belle histoire !

 

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A question of magic, E.D Baker

J’ai découvert A question of magic de E.D Baker par hasard lors de mes pérégrinations livresques sur Momox. Attirée par la couverture et le résumé, je n’ai pu que me laisser tenter.

Lu en anglais, je n’ai pas l’impression que ce roman jeunesse ait déjà été traduit. Néanmoins, le niveau d’anglais reste très accessible.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Serafina was living the normal life of a village girl, when she gets a mysterious letter–her first letter ever, in fact–from a great aunt she’s never heard of in another village. Little does ‘Fina know, her great aunt is actually a Baba Yaga, a magical witch who lives in an even more magical cottage.

Summoned to the cottage, Serafina’s life takes an amazing turn as she finds herself becoming the new Baba Yaga. But leaving behind home and the boy she loves isn’t easy, and as Serafina grows into her new and magical role answering the first question any stranger might ask her with the truth, she also learns about the person she’s meant to be, and that telling the future doesn’t always mean knowing the right answers.

AVIS

Un bel objet

Je trouve le livre très réussi visuellement de la couverture aux petits détails insérés en début de chapitre et dont vous comprendrez le sens une fois l’histoire dévorée :

Une réecriture de conte…

L’auteure nous propose une réécriture de conte qui met en scène une figure traditionnelle des contes russes et plus généralement slaves, Baba Yaga. Je connaissais vaguement ce personnage pour l’avoir découvert enfant, mais je n’en gardais pas un grand souvenir.

J’ai donc effectué quelques petites recherches sur cette sorcière ce qui m’a permis de constater que si l’auteure nous offre sa propre version du conte, elle en a toutefois conservé quelques éléments.

Si vous désirez en apprendre plus sur cette sorcière, cet article du Courrier de Russie pourrait vous intéresser.

L’histoire…

Seraphina est une jeune villageoise qui vit entourée de sa famille et de son ami d’enfance, presque fiancé. Jeune fille curieuse et instruite, l’une des rares à avoir appris à lire et à écrire, elle voit sa vie chamboulée par l’arrivée d’une lettre provenant d’une mystérieuse grande-tante dont personne n’a le souvenir. Elle est ainsi invitée à venir récupérer son « héritage » sans que ne lui en soit dévoilée la nature.

Et le cadeau se révèlera plutôt fardeau puisque Serafina va devenir la nouvelle Baba Yaga et devoir apprendre, par elle-même, l’étendue de ses capacités et de ses obligations. Maintenant liée à un cottage qui se déplace sur des pattes de poulet, elle va voguer de lieu en lieu pour répondre aux questions des personnes la sollicitant ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa propre santé….

Les personnages…

Livrée à elle-même, Seraphina pourra heureusement compter sur l’aide de personnages les plus attachants les uns que les autres à l’instar de ces crânes qui parlent et qui vont devenir ses amis. Elle prendra bien soin de les polir et eux de la soutenir, une jolie coopération en somme. Elle partagera également sa vie avec un chat qui parle, même s’il se révèle plutôt bougon et que ses paroles sont souvent plus sibyllines que limpides. Mais cela fait partie de son charme…

Durant son apprentissage du rôle de Baba Yaga, Seraphina rencontrera, bien sûr, des personnes malintentionnées, souhaitant tirer profit de ses capacités. Mais elle fera surtout la connaissance de personnes qui lui apporteront, directement ou indirectement, leur soutien.

Quant à Seraphina, difficile de ne pas s’attacher à cette jeune héroïne d’une grande gentillesse et pleine de bonne volonté. Malgré son envie de retrouver sa vie d’avant et son fiancé, elle fait de son mieux pour assurer son nouveau rôle et ceci sans se lamenter sur son sort.

Deux petits points…

J’ai beaucoup aimé cette histoire mêlant magie, amitié, découverte de soi, amour (mais de manière très légère)… Enfant, je pense que ce roman aurait été un coup de cœur ! Cependant, deux points pourraient gêner certains lecteurs même si cela n’a pas été le cas pour moi.

D’abord, il y a une certaine redondance de l’action puisque la nouvelle vie de Seraphina est assez répétitive : elle va dans un lieu grâce à son cottage magique, répond aux questions de personnes et change de lieu… Heureusement, des péripéties et surtout la quête de l’héroïne pour retrouver sa vie d’avant viennent se greffer rendant l’intrigue intéressante et pleine de rebondissements.

Ensuite, des thèmes comme la mort, la guerre mais également la question de savoir si toutes les vérités sont bonnes à entendre sont abordés. Mais nous restons dans un roman jeunesse avec une histoire toute gentillette. De la même manière, la fin est assez convenue, mais elle correspond à tout point à ce que l’on peut attendre de ce genre de livre.

En résumé, si vous avez envie de découvrir une jolie réécriture de conte traitant du personnage de Baba Yaga, A question of magic devrait vous plaire. L’histoire est mignonne à souhait et tout le monde se révèle attachant, ou presque, de l’héroïne aux personnages secondaires. Une très jolie découverte qui devrait vous offrir un joli moment de magie… un peu comme un Disney version papier.

Carabosse, La légende des cinq Royaumes : Michel Honaker

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J’ai découvert Carabosse de Michel Honaker, publié chez Flammarion, grâce à une vidéo de la chaîne Bazar de la littérature. J’ai donc sauté sur le roman quand je l’ai trouvé à la médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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En un instant l’ombre éclipse le soleil, au milieu des branches tortueuses aux feuilles grasses et triangulaires, émerge une jeune fille à la chevelure brune et au regard ténébreux. Le poison de l’amour déçu lui dévore l’âme. De sa soeur Léonore, qui lui a ravi son aimé, Carabosse jure de se venger : le fruit de leur amour mourra, le jour de ses dix-huit ans. Alors son sombre pouvoir jettera sur le Royaume terreur et désolation. Les liens du sang tissent des haines plus féroces que toutes les autres… Carabosse, la fée maléfique nous plonge dans les profondeurs du Conte de La belle au Bois-Dormant.

  • Broché: 386 pages
  • Editeur : Flammarion (2 avril 2014)
  • Prix : 14€

AVIS

Un livre soigné…

J’ai emprunté le livre, mais j’ai tellement été séduite par le travail d’édition de Flammarion que je pense l’acheter. La couverture, en plus de flatter l’œil, possède une texture particulière proche de celle d’une tapisserie.

En outre, une carte permettant de se représenter les Cinq Royaumes est présente en début d’ouvrage ce qui est toujours plaisant pour mieux situer l’univers d’un livre.

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Dernier petit détail sympathique, les débuts de chapitres sont joliment décorés :

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Des personnages intéressants…

Je ne connais de La belle au bois-dormant que la version de Disney, mais je dois avouer que ce conte n’a jamais été l’un de mes préférés. Il faut dire que de devoir attendre le baiser d’un prince charmant pour être réveillée, niveau passivité difficile de faire mieux ou pire, question de point de vue…

Du coup, j’ai été très agréablement surprise par les protagonistes féminines du livre qui ont toutes du caractère. Bon, j’ai dit du caractère pas bon caractère car Cara a plutôt mauvais caractère comme vous le découvrirez très vite dans le livre.

Belle, la jeune femme possède néanmoins un attribut physique qui la rebute : une disgracieuse bosse. Au fil du temps, cette « difformité » obsède Cara qui est prête à tout pour la faire disparaître d’autant qu’elle est source de moqueries et d’ostracisme.

Cette histoire de bosse aurait pu susciter de la pitié de la part des lecteurs, mais pour ma part ce ne fut pas le cas. J’ai trouvé l’importance que Cara lui accordait à la limite de l’obsession au point que cela en devient pénible… D’ailleurs, artisane de son propre malheur, c’est Cara qui finit par se personnifier elle-même en Carabosse, mêlant ainsi étroitement cet attribut « difforme » à sa personne.

De la même manière, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ses actes odieux afin de punir le prince charmant qui a préféré épouser sa jeune soeur, Léonore. Alors on est dans un conte, on comprend le concept d’amour fou au premier regard… Cependant, j’ai quand même eu le sentiment que plus que d’amour, il s’agissait ici de la goutte d’eau qui fait déborder le vase ; le prince semblant représenter cette énième chose qui échappe à Cara. C’est ça où je ne suis pas romantique et suis hermétique à la notion de coup de foudre, c’est possible aussi.

Bref, Carabosse est une méchante dont on saisit la détresse et la profonde solitude, mais pour laquelle, je n’ai pas réussi à développer d’empathie.

Je pourrais vous parler de chacun des personnages, mais afin de ne pas rendre ma chronique trop longue et indigeste, j’aimerais me focaliser sur mon personnage préféré : Trublion, ancien saltimbanque devenu ami du couple royal. J’ai admiré sa sagesse, sa loyauté amicale et amoureuse, sa gentillesse, sa dévotion… J’aimerais beaucoup lire une aventure basé sur ce héros, petit par la taille, mais grand par l’âme. Vous noterez que je vous ai épargné le « petit, mais costaud » qui s’appliquerait pourtant bien au personnage.

Mon seul regret…

Tous les personnages m’ont plu excepté Clèves, le fils de Carabosse, qui a manqué pour moi de profondeur comme si l’auteur nous en offrait seulement une ébauche. Dommage, de par sa naissance (vous comprendrez en lisant le livre), le jeune homme aurait pu se révéler très intéressant et tout en nuances, faisant un peu le pont entre les gentils et les méchants.

Ici, ce ne fut pas le cas ; si Carabosse montrait quelques faiblesses, Clèves est un pur méchant sans nuances donc sans grand intérêt, du moins pour moi.

Un style littéraire très agréable…

Enfin, si j’ai autant apprécié ma lecture c’est également grâce à la superbe plume de l’auteur. J’ai été ravie de lire un écrivain qui ose adopter le style littéraire des contes d’antan. Les passages descriptifs sont savamment entrecoupés avec des moments plus intenses rendant presque impérieux le besoin de tourner les pages.

Pour conclure, si vous aimez les réécritures de contes, les personnages forts et l’action, Carabosse est un roman qui devrait vous plaire d’autant qu’il est porté par le style fluide, envoûtant et bien construit de son auteur.

NOTE : 4,25/5

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Blanche-Neige, album illustré par Benjamin Lacombe

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J’adore le travail de Benjamin Lacombe et j’essaie, petit à petit, d’acquérir ses différentes œuvres.

Il m’arrive également d’emprunter certains de ses livres à la bibliothèque comme ici avec Blanche-Neige  publié par les Editions Milan.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Miroir, miroir joli, qui est la plus belle dans tout le pays ? Ô ma reine, vous êtes très belle mais Blanche Neige est mille fois plus belle que vous.»À ces mots, la reine devint verte de jalousie. Désormais elle avait des haut-le-coeur dès qu’elle apercevait Blanche-Neige, tant elle la haïssait. Et l’envie et l’orgueil se développaient si fort dans son coeur qu’elle ne trouvait plus le repos, ni le jour ni la nuit. Elle devait trouver un moyen de la faire disparaître…

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Éditions Milan (28 octobre 2010)
  • Prix : 16,90 €

AVIS

Cette chronique n’est pas destinée à vous parler du conte de Blanche-Neige. Je suis certaine que tout le monde ou presque connaît la version écrite des frères Grimm et/ou l’adaptation plus édulcorée de Walt Disney. C’est plutôt le formidable travail d’illustration de Benjamin Lacombe que j’aimerais vous présenter !

J’avais un peu peur que le livre ne contienne que quelques illustrations par-ci par-là.  Heureusement, ce ne fut pas le cas puisque Benjamin Lacombe n’a pas été avare en illustrations. En plus d’êtres nombreuses, elles sont également en grand format pour notre plus grand bonheur.

Cerise sur le gâteau, au gré de votre lecture, vous tomberez même parfois sur des double-pages sublimement illustrées.

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Sans surprise, j’ai adoré l’interprétation graphique du conte par l’illustrateur ; on y reconnaît d’ailleurs parfaitement son style. Les magnifiques dessins et leur parfaite colorisation permettent de se plonger complètement dans le conte de Blanche-Neige.

En résumé, si vous aimez le travail de Benjamin Lacombe, je vous conseille les yeux fermés de vous jeter sur cet ouvrage. Vous ne pourrez tourner la dernière page du livre que des papillons plein les yeux.

NOTE : 5/5

 

 

The Ice Dragon, George R. R. Martin

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Je connais George R.R. Martin de nom comme beaucoup d’entre vous, mais je n’avais jamais rien lu de l’auteur. C’est donc assez curieuse que je me suis plongée dans la lecture de The Ice Dragon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

The ice dragon was a creature of legend and fear, for no man had ever tamed one. When it flew overhead, it left in its wake desolate cold and frozen land. But Adara was not afraid. For Adara was a winter child, born during the worst freeze that anyone, even the Old Ones, could remember.

  • Relié: 128 pages
  • Editeur : Tor Teen (21 octobre 2014)
  • Langue : Anglais

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AVIS

L’histoire…

Adara est une enfant de l’hiver qui ne semble vivre que pour la survenue, chaque année, de cette saison. Elle l’attend avec impatience d’autant qu’elle est synonyme du retour du dragon de glace, une créature de légende craint par tous, avec laquelle la jeune fille possède une connexion particulière.

Aussi froide que l’hiver, il est difficile au départ de s’attacher à Adara qui semble dépourvue d’émotions pour sa famille puisque son amour et son attachement ne sont réservés qu’au dragon de glace. Sans trop dévoiler l’intrigue, je dois néanmoins dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait évoluer notre jeune héroïne qui finit par se « réchauffer ».

Si nous sommes face à un livre jeunesse, l’histoire n’est pas particulièrement douce et quelques scènes de combats entre dragons sont, par exemple, à prévoir. Rien de bien traumatisant, je vous rassure, mais c’est peut-être à prendre en compte avant de mettre le livre entre les mains des plus jeunes. Pour ma part, je ne suis pas férue de ce genre de scènes, mais j’ai tout de même apprécier ces passages très bien décrits par l’auteur.

Quant à la conclusion du livre, je l’ai trouvée parfaite avec ce petit côté poétique voire enchanteur qui sied à merveille aux contes pour enfants.

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Le livre est juste magnifique ! De la sublime couverture au toucher soyeux en passant par les illustrations, tout est mis en œuvre pour enchanter les pupilles des lecteurs.

Les nombreuses illustrations nous immergent complètement dans l’histoire et nous permettent presque de ressentir la glace et le froid si présents dans le livre.

En conclusion, que l’on soit fan ou non de George R.R. Martin, The Ice Dragon est un roman que je ne peux que vous conseiller. Vous serez enchantés autant par l’histoire que par les magnifiques illustrations de Luis Royo.

Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à lire la version originale qui reste très accessible, mais si certains mots de vocabulaire ne sont pas usuels.

NOTE : 4,5/5

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Ottoline and the Yellow Cat, Chris Riddell

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Appréciant beaucoup le travail de Chris Riddell, je n’ai pu que craquer pour sa série Ottoline, prénom qui a été traduit en France par Apolline.

Comme cette série est orientée jeunesse, j’ai préféré l’acheter en version originale, en anglais. Cela m’a en outre permis d’ajouter une lecture au Challenge des langues auquel je participe.

J’ai également lu ce livre dans le cadre du Challenge de Noël.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Meet Ottoline Brown and her best friend, Mr. Munroe. No puzzle is ever too tricky for the two of them to solve.

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Macmillan Children’s Books (26 février 2015)
  • Prix : 12,26 €

L’histoire…

Ottoline vit dans un bel appartement avec une créature difficilement identifiable qui répond au doux nom de M. Munroe. Celui-ci, en plus d’être son meilleur ami, lui sert presque de baby-sitter ou du moins de protecteur, les parents de la fillette étant souvent en voyage.

La jeune fille a déjà un caractère bien affirmé : elle gère d’une main de fer les nombreux prestataires de service qui effectuent les tâches domestiques que ses parents n’ont pas la possibilité de réaliser. Mais elle n’en demeure pas moins attachante notamment dans ses interactions avec son meilleur ami. Leur manière de se brosser mutuellement les cheveux est adorable.

D’une grande intelligence et d’une certaine vivacité d’esprit, la fillette ne se sépare jamais de son carnet où elle note d’importantes choses et élabore de savants plans. C’est ainsi qu’avec l’aide de M. Munroe, elle va se lancer dans une enquête afin d’élucider le mystère entourant la disparition de chiens de races. Et vous verrez que le duo est plutôt plein de ressources !

L’histoire, mignonne à souhait, devrait plaire aux plus jeunes. Pour ma part, je l’ai lue avec plaisir mais j’ai surtout apprécié les très nombreux dessins de Chris Riddell.

 

Petite touche d’originalité, une fresque de cartes postales est insérée en fin de livre :

L’anglais…

Le livre est vraiment très simple à comprendre d’autant que les nombreux dessins de l’auteur permettent de suivre facilement l’intrigue. Enfant, adulte débutant ou personne n’ayant pas fait d’anglais depuis longtemps, n’hésitez pas à vous lancer ; le livre devrait être à votre portée.

En résumé, je conseille Ottoline and the Yellow Cat à tout ceux qui souhaitent découvrir un livre dont les illustrations font partie intégrante de l’histoire. La série devrait séduire les enfants mais également leurs parents.

NOTE : 4/5

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