Winx Club (tome 1) : Les pouvoirs de Bloom

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Bloom a seize ans et mène une vie tranquille avec ses parents jusqu’au jour où elle porte secours à une jeune fille inconnue et ailée. Alors qu’elles luttent contre des créatures magiques, une force mystérieuse jaillit des mains de Bloom ! Bloom serait-elle une fée, comme sa nouvelle amie Stella ?

  • Poche: 96 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Hachette Roman (25 mai 2005)
  • Prix : 5€

AVIS

Découvert dans une boîte à livres grâce à un petit garçon qui m’en a conseillé la lecture, je me suis lancée dans ce premier tome avec curiosité. Je dois admettre que je ne connaissais rien de cette série qui, d’après différents messages reçus sur les réseaux sociaux, semble pourtant parler à pas mal d’entre vous.

Bloom est une jeune fille de 16 ans qui, comme les autres filles de son âge, aimerait que ses parents lui accordent un peu plus d’indépendance. Mais lorsque ces derniers lui offrent un vélo à la place du scooter tant désiré, on se rend compte que ce n’est pas forcément gagné…

Si Bloom ressemble aux autres adolescent(e)s en ce qui concerne son envie de gagner en autonomie, elle se différencie par son amour des fées. Une passion qui va lui permettre de réagir plutôt calmement lorsqu’elle croisera la route d’étranges créatures, d’un ogre et de Stella, une fée en bien mauvaise posture. N’écoutant que son courage, elle ne va d’ailleurs pas hésiter à lui venir en aide et découvrir, par la même occasion, qu’elle possède des pouvoirs. Eh, oui en plus d’aimer les fées, Bloom en est une !

Cette histoire destinée aux enfants de 8-10 ans se lit très vite et permet de passer un moment de lecture agréable et ceci même si, comme moi, vous êtes un adulte. Ne vous attendez pas à des personnages à la psychologie développée, mais plutôt à des personnages à la personnalité assez stéréotypée pour permettre aux enfants de facilement se positionner dans l’histoire. Ils pourront ainsi s’identifier à Bloom et à sa quête d’indépendance et reconnaître dans les parents de la jeune femme les leurs. Ces derniers sont, en effet, fidèles à ce que l’on peut attendre de parents à savoir des personnes aimantes et protectrices. Parmi les différents personnages, celui que j’ai préféré est Kiko, un petit lapin bleu que l’on a envie de serrer très fort dans ses bras que l’on soit enfant ou adulte. Peureux, mais courageux, il suivra la jeune fille dans ses aventures et fera de son mieux pour veiller sur sa famille d’humains pas toujours très réceptive à ses signaux d’alerte.

Enfant, cette histoire de fée m’aurait complètement conquise, car d’une part, j’adorais les histoires de magie, de fées et de sorcières et que, d’autre part, je rêvais d’avoir des pouvoirs magiques. J’aurais donc suivi les aventures de Bloom avec plaisir et assiduité. Ayant récupéré le tome 2 dans la boîte à livres, je le lirai sans aucun doute d’autant que j’aimerais découvrir comment Bloom va s’acclimater à sa nouvelle vie. En effet, elle a décidé, après avoir obtenu l’accord des ses parents, de se rendre dans le monde de sa nouvelle amie fée, Magix, en vue d’intégrer l’université d’Alféa et d’ainsi apprendre à utiliser ses nouveaux pouvoirs. Une nouvelle vie qui s’annonce riche en rencontres et en aventures !

A noter que l’éditeur a fait un vrai travail visuel pour plaire aux enfants que ce soit à travers la couverture colorée avec ses paillettes, les illustrations parsemées dans le livre ou encore la colorisation de certaines pages. Le plaisir des yeux passera, avec cette série, autant par la découverte de l’intrigue que la mise en page du livre. Un point qui me semble essentiel quand l’on s’adresse à un jeune public.

En bref, Les pouvoirs de Bloom est un premier tome qui nous permet de faire la connaissance d’une jeune fille attachante que les enfants prendront certainement plaisir à suivre dans sa nouvelle vie de fée. Destinée aux enfants, cette série pourrait plaire aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant à condition d’accepter de se lancer dans une histoire à la trame narrative simple.

Pour ceux qui seraient intéressés par le dessin animé, vous pouvez retrouver ce premier tome (premier épisode) sur la chaîne Youtube officielle Winx Club.

Envie d’acheter ou de lire un extrait des Pouvoirs de Bloom ?

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Lola & Ulysse, Julien Leclercq (auteur) et Pauline Amélie Pops (illustratrice)

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J’avais découvert la maison d’édition Yakabooks sur Facebook et avais été d’emblée intriguée par la volonté de ses deux créateurs de mettre la culture à la portée de tous en proposant des ouvrages au prix unique de deux euros. Je n’ai donc pas hésité à solliciter un titre quand j’ai vu que la maison d’édition en proposait plusieurs sur Simplement. Tous me tentaient, mais j’ai fini par porter mon choix sur Lola & Ulysse aimant les histoires d’amitié entre des êtres humains et des animaux.

Je remercie donc Yakabooks et Simplement pour m’avoir permis de découvrir ce joli ouvrage.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Lola est bien seule depuis que ses deux meilleures amies ne lui adressent plus la parole. Pourtant, elle aimerait leur parler de ce grand cheval noir qu’elle croise sur le chemin pour aller à l’école et qui l’effraie. Lola s’applique à l’éviter quand, un soir, elle ne perçoit plus aucune trace de l’animal…

AVIS

Lola est une petite fille comme les autres qui aime ses parents dont elle est proche et ses deux meilleures amies. Son petit monde s’effondre néanmoins quand elle perd l’amitié de ses deux meilleures amies. Isolée, à qui peut-elle dorénavant confier la peur qu’Ulysse, le grand cheval noir de ses nouveaux voisins, lui inspire ? Mais un événement va lui faire reconsidérer les choses… Et si, finalement, Ulysse devenait son ami ?

Destiné aux enfants, je trouve le format de cet album parfait pour leur garantir une prise en main agréable. Mais plus que le format, ce sont sans aucun doute les nombreuses illustrations qui le composent qui les raviront. Douces et lumineuses à certains moments, elles se dévoilent plus sombres, sans jamais être effrayantes, quand le danger se fait présent. En jouant avec les textures, les détails des personnages (grossiers pour les malfaiteurs, plus travaillés pour Lola et Ulysse) et les couleurs, Pauline Amélie Pops arrive ainsi à plonger complètement les lecteurs, petits et grands, dans le joli récit de Julien Leclercq. Un duo dont la complémentarité texte/image contribue fortement à la beauté du livre !

A travers ses dessins, on ne peut que percevoir la force du texte et ressentir toutes ces émotions qui assaillent Lola : la peine d’être rejetée par ses meilleures amies (une situation que chacun d’entre nous a probablement connue au moins une fois), la peur devant des hommes effrayants et menaçants, mais aussi cet élan de courage qui la pousse à protéger un être qui pourtant l’effraie, la joie d’avoir un nouvel ami et d’avoir retrouvé ses amies… Et cerise sur le gâteau, l’illustratrice ne néglige pas les expressions d’Ulysse dont on devine également parfaitement les émotions allant de la curiosité à la colère devant le mal que l’on essaie de faire à Lola en passant par le bonheur d’avoir noué des liens d’amitié avec la fillette.

Appartenant à la collection 4-7 ans, je ne doute pas que ce livre saura séduire autant les enfants que les parents qui y verront certainement, au-delà d’une jolie histoire, des notions telles que l’amitié autant entre humains qu’entre un animal et un individu, l’isolement et ses conséquences, la peur et la nécessité de la dépasser, le courage… J’aime également à croire, même si j’extrapole peut-être, que l’auteur aborde, de manière détournée, la souffrance animale. Alors ici, les méchants ne viennent pas faire souffrir Ulysse par sadisme, mais par appât du gain. Une sorte de maltraitance qui fait légion dans notre société…

Ces différents thèmes pourront évidemment être plus ou moins appréhendés en autonomie, en fonction de l’âge du lecteur, mais rien n’empêche les adultes d’accompagner les enfants dans la compréhension de ceux-ci... Et de discuter de certains passages peut-être plus intenses en émotions que d’autres comme celui durant lequel Lola brave le danger pour sauver un être qui pourtant l’effrayait. Un déclic qui va lui permettre de transformer une émotion négative, la peur, en quelque de chose de beaucoup positif, l’amitié.

Enfin, j’ai beaucoup aimé la fin de l’histoire qui offre une conclusion pleine de douceur et non dénuée de beauté.

En conclusion, à travers une jolie histoire centrée autour d’une petite fille à laquelle beaucoup d’enfants pourront s’identifier (la peur du cheval pouvant s’extrapoler à d’autres peurs), Julien Leclercq aborde différents thèmes qui assureront de beaux moments de partage entre les enfants et leurs parents. Les illustrations, quant à elles, contribuent fortement au charme de cette histoire que je conseille à toutes les personnes, ayant des enfants ou non, qui aiment les animaux.

Envie de découvrir Lola et son nouvel ami ? Rendez-vous sur le site de Yakabooks .

More than magic, Kathryn Lasky


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ryder Holmsby is the same age as Rory, the popular TV cartoon character her animator parents created. Ryder and Rory are alike—bold and brave! But Ryder is a bit lonely: Mom passed away a couple of years ago, and Dad is dating a woman with snooty teenage daughters. Ryder doesn’t fit in with them at all.

And then: Shazam! Rory jumps out of the TV into Ryder’s bedroom to tell her that the TV studio behind her parents’ show is trying to turn Rory into a dopey princess—no more adventures. She needs Ryder’s help! The two girls team up with a crew of animated and real-life friends to save the day in both worlds.

AVIS

Ryder vit seule avec son père depuis la mort de sa mère. Si celle-ci lui manque, la jeune fille vit néanmoins une vie heureuse grâce à sa relation très privilégiée avec son père et sa grand-mère. Elle trouve également un certain réconfort, à la disparition prématurée de sa mère, à travers une série télé créée par cette dernière et mettant en scène Rory. La mère de Ryder a voulu faire de Rory une fillette forte qui, grâce à son esprit et à sa bravoure, vient à bout de tous les dangers et de tous les méchants.

Tout allait donc pour le mieux jusqu’à ce qu’une nouvelle femme et ses trois filles fassent une apparition dans la vie du père de Ryder. Cette potentielle marâtre va jouer de son influence pour transformer la courageuse Rory en une énième princesse potache attendant son prince charmant ! Ryder, avertie de la situation, fera tout ce qui est en son pouvoir pour sauver Rory de cette abominable transformation qui dénaturerait tout le travail de sa mère. Pour ce faire, elle pourra compter sur la magie, élément qui entre inopinément dans sa vie. La magie va lui permettre de rencontrer Rory et de voyager du monde réel au monde virtuel. Travaillant main dans la main, les deux jeunes filles vont alors tout faire pour que le personnage imaginé par leur mère reste fidèle à lui-même.

Malgré une certaine lenteur dans le rythme qui m’a parfois fait un peu décrocher, j’ai apprécié cette histoire qui s’apparente sans peine à un conte avec de la magie et des sorcières, des gentils, une quête, une morale... L’originalité provient du fait que ce conte se déroule dans le monde réel ET virtuel. Le mélange de la magie et de l’informatique, qui pourrait presque s’apparenter à une autre sorte de magie, est efficace et rend l’histoire intéressante. On a très vite envie de découvrir les aventures de Ryder et de son avatar et de les suivre d’un monde à l’autre. Mon seul petit regret à ce niveau est le manque de développement du monde virtuel. L’auteure arrive à nous plonger dans celui-ci sans problème, mais j’aurais quand même souhaité un peu plus de détails. Néanmoins, ce roman étant destiné à la jeunesse, je comprends qu’elle n’ait pas voulu décourager les enfants par une avalanche de descriptions…

Le père de Ryder m’a régulièrement agacée par son apathie devant les initiatives de sa nouvelle petite amie. Mais au fil du roman, on se rend compte qu’il est tout simplement encore sous le choc de la mort de sa femme et qu’il est presque soulagé qu’une nouvelle personne prenne sa vie en main. Dans cette histoire, ce sont donc définitivement les femmes les plus fortes : Ryder va de l’avant et fait tout pour sauver le travail de sa mère, Rory est bien décidée à se battre pour rester une héroïne forte et la grand-mère de Ryder va soutenir sa petite fille dans tout ce qu’elle entreprend. Très proche de ma grand-mère maternelle, j’ai d’ailleurs adoré la relation entre Ryder et sa grand-mère. Leur complicité, en plus d’être touchante, les a sans aucun doute aidées dans leur travail de deuil. C’est peut-être ce genre de soutien qui a manqué au père de Ryder pour reprendre le contrôle de sa vie…

J’ai aimé voyager du monde réel au monde virtuel, voir des amitiés se forger et des complots être déjoués. Mais derrière cette aventure fantastique, More than magic aborde des thèmes universels comme la famille, l’amitié, l’acceptation de soi, le fait de grandir, la possibilité pour une jeune fille d’être sa propre héroïne et de suivre ses rêves indépendamment de ceux imposés par la société… Sans jamais tomber dans le larmoyant, le roman parle également de la difficile question du deuil. On comprend ainsi parfaitement ce que ressent Rory, son père et sa grand-mère face à la disparition prématurée de cette femme qui a tant compté et qui compte toujours autant pour eux…

Enfin, cerise sur le gâteau, le livre contient quelques illustrations, petit bonus que j’apprécie toujours notamment dans les livres jeunesse.

En conclusion, de la magie, une sorcière avec un lézard et une potentielle belle-mère qui pourrait s’apparenter à une sorcière, deux héroïnes fortes, de l’action, un air de conte… Voilà tout autant d’ingrédients qui offrent un joli instant de lecture.

The Language of Thorns : Midnight Tales and Dangerous Magic, Leigh Bardugo

Je remercie Le tanuki pour cette lecture commune et pour sa patience puisque j’ai mis bien plus de temps que prévu pour lire The Language of Thorns, un magnifique livre écrit par Leigh Bardugo. L’édition que je vous présente est une édition exclusive reçue dans une Fairyloot (box littéraire anglaise).

AVIS

Tout d’abord, je tiens à m’extasier sur la beauté de l’ouvrage qui, en plus d’avoir une superbe couverture avec des parties en relief, est illustré avec des petits ornements et des dessins en grand format. La couleur du texte varie également d’un récit à un autre ce qui est du plus bel effet. Je préfère néanmoins vous prévenir de ne pas feuilleter l’ouvrage avant de le lire. Les illustrations en grand format ont en effet une légère tendance à dévoiler la fin des histoires ce qui est gênant quand l’on sait que l’auteur nous a gâtés avec de très bons retournements de situation.

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Ce magnifique hardback contient six nouvelles. Bien que chacune d’entre elles soit indépendante, elles partagent toutes un point commun, celui d’être ancrées dans l’univers des contes et du folklore notamment slave. L’auteure s’inspire ainsi ouvertement de différentes histoires que l’on connaît tous plus ou moins : La petite sirène, les contes des Mille et Une Nuits, Hansel et Gretel…

Je vous rassure, l’auteure ne nous propose pas de pâles copies, mais bien des histoires uniques qui n’ont rien à envier aux contes d’antan. On y retrouve cette ambiance si particulière, ce mélange de magie et de sorcellerie, cette aura de découverte et de mystère mais aussi de danger et de mort, ces denses forêts aux sombres secrets, ces créatures hideuses qui côtoient de frêles jeunes filles, ces princes beaux mais pas forcément preux, ces parents plus obsédés par la gloire et la fortune que le bonheur de leur progéniture, des trahisons, de l’amour sous différentes formes, des désirs de revanche… Et puis, qui dit conte dit morale et Leigh Bardugo ne déroge pas à la règle en nous offrant des morales toujours pleines de sagesse et comme souvent dans les contes, intemporelles.

A travers ces six histoires, l’auteure nous invite à aller au-delà des apparences, à voir la beauté dans la laideur et la laideur derrière les apparats, elle nous montre que les apparences sont bien souvent trompeuses et que derrière des personnages banals ou même beaux, peut se cacher la pire des cruauté quand sous la cruauté apparente peut se cacher la plus grande des bontés. Pour ce faire, elle nous pousse dans nos retranchements, utilise contre nous nos jugements parfois trop hâtifs, nous mène sur des fausses pistes… avant de mieux nous éblouir par des révélations fracassantes qui, pour certaines, vous laisseront interdits. Ne vous attendez donc pas à des histoires où tout finit bien, mais plutôt à des histoires sombres dont les retournements de situation vous laisseront indéniablement une forte impression.

Je n’ai pas lu d’autres livres de Leigh Bardugo, mais je dois dire que dans le registre des contes, sa plume fait des étincelles. Le niveau d’anglais m’a parfois ralentie dans ma lecture, mais j’ai été happée par sa manière de construire ses histoires, et de déployer, tout autour des lecteurs, un filet dont il est bien difficile de s’échapper. Vous commencez ainsi les premières lignes du livre en vous demandant vers quels horizons l’auteure va vous emporter, puis très vite, vous vous laissez simplement porter par sa plume envoûtante.

J’ai donc passé un excellent moment avec ces six nouvelles même si je confesse une nette préférence pour les trois premières histoires dont l’atmosphère possède définitivement un charme particulier mêlant lumière et ombre, terreur et espoir. Je vous propose donc de m’attarder plus particulièrement sur celles-ci en espérant vous donner envie de les dévorer.

Ayama and the Thorn Wood

Ayama, jeune femme peu gracile, vit dans l’ombre de sa sœur dont la grande beauté fait la fierté de ses parents. A l’image de Cendrillon, elle est alors traitée en domestique et est cantonnée aux basses besognes. Ses parents vont même jusqu’à la cacher au reste du monde. Le deuxième fils du roi, à l’apparence quelque peu animalière, est condamné, quant à lui, à vivre dans un labyrinthe. Il arrivera heureusement à s’échapper et à trouver refuge dans une forêt. Par un concours de circonstances, la route de ces deux laissés-pour-compte va se croiser.

J’ai été dégoûtée si ce n’est courroucée par le comportement de la famille des deux protagonistes. Le roi, malgré ses moyens financiers, n’a jamais tenté d’élever son fils faisant fi de son apparence. Quant à la reine, elle ne semble pas s’être opposée à sa décision d’envoyer son fils dans un labyrinthe. Un bel exemple d’amour parental en somme ! Même son de cloche du côté de la famille d’Ayama.  Sa sœur n’est pas méchante et semble d’ailleurs apprécier sa cadette, mais j’ai trouvé qu’elle ne l’aidait pas vraiment à sortir de sa place de domestique. Alors elle aime sa sœur, mais bon, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui fait toutes les corvées pour que vous puissiez vous faire belle en vue d’attirer un prétendant, fortuné si possible. De manière encore plus frappante, les parents d’Ayama se montrent ignobles en condamnant leur deuxième fille sur le seul critère du physique. Quant à la grand-mère, elle n’apparaît pas bien plus sympathique à moins, évidemment, qu’elle ne cache bien son jeu… Mais pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

J’ai quelque peu regretté la passivité d’Amaya qui se laisse traiter comme une esclave sans se rebeller. Je l’ai néanmoins trouvée très courageuse puisqu’elle finit par accepter une épreuve, potentiellement mortelle, afin de gagner un peu de liberté. J’ai également adoré sa manière de se sortir de toutes les difficultés qui se dressent devant elle montrant ainsi toute l’étendue de son intelligence et de sa débrouillardise. Elle se révèle en outre émouvante durant les scènes où elle trouve enfin une oreille attentive alors qu’elle était jusqu’alors condamnée au silence.  A la manière des contes des Mille et Une Nuits, elle saura d’ailleurs utiliser sa voix comme une arme ou plutôt comme un moyen de gagner la paix et de se réapproprier sa vie. Un joli pied de nez à sa famille ! Il est juste dommage que la fin soit un peu trop lisse à mon goût…

The too-clever fox

Koja, renard de son état, n’est pas beau, mais il a pour lui sa grande intelligence et sa ruse, deux atouts qui vont lui permettre de se sortir de situations dangereuses. Un jour, sa route va croiser celle d’un chasseur et de sa très jolie sœur…

Adorant les récits où la parole est donnée aux animaux, j’ai dévoré cette histoire d’autant que l’auteure a su exploiter l’image classique que l’on peut avoir du renard dans la littérature, à savoir un animal rusé ayant du bagout. Si vous n’en avez pas cette image, filez alors vite lire le Roman de Renart ou la célèbre fable de La fontaine, Le corbeau et le renard. Koja joue de son intelligence pour se sortir de situations tendues ou transformer un prédateur en ami. Au fil des pages, on s’attache donc à ce renard qui a l’art et la manière de survivre malgré les obstacles qu’il rencontre. On le voit toutefois, petit à petit, prendre un peu trop confiance en lui au point de se transformer en fanfaron. Son excès de confiance lui sera malheureusement préjudiciable quand il rencontrera un ennemi dont la fourberie dépassera de loin son intelligence. Le lecteur sent poindre le danger, l’ambiance se faisant de plus en plus pesante. Il ne peut donc que ressentir une certaine angoisse devant un Koja presque hypnotisé par sa nouvelle et charmante amie alors qu’une menace se profile. On tremble pour lui et on croise très fort les doigts pour que sa célèbre intelligence lui permette une nouvelle fois de survivre. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré le retournement de situation même si je l’avais deviné ayant vu l’illustration finale du conte qui l’explicite clairement.

The witch of Duva

Nadya vit avec son père qui finira par prendre une deuxième femme, Karina, après la mort de sa femme. La jeune fille en est certaine, Karina, loin d’être une femme aimante, est une sorcière qui a envoûté son père et qui est prête à tout pour se débarrasser d’elle. Sinon, comment expliquer son comportement odieux envers elle et la manière dont elle met sa vie en danger en lui demandant d’aller dans la forêt alors que ne cessent de disparaître des filles du village ? C’est décidé, Nadya doit faire quelque chose pour sauver son père de ce monstre et retrouver sa vie d’avant !

L’auteure revisite de manière originale le conte d’Hansel et Gretel en lui insufflant quelques notes du mythe de Baba Yaga.  Page après page, elle s’évertue à créer une ambiance angoissante avec cette impression de danger qui rôde et qui peut frapper à tout instant, que ce soit dans la forêt ou dans le propre foyer de l’héroïne. Comme elle, on en vient à être en permanence sur le qui-vive guettant les actions de Karina afin d’y déceler des signes de sorcellerie ou des preuves qui la lieraient d’une manière ou d’une autre à toutes les disparitions. Et ce n’est pas le départ de Nadya et son séjour chez une sorcière qui vont faire cesser notre angoisse. Méchante sorcière qui aide la jeune fille avant de la dévorer ou gentille sorcière qui veut simplement l’aider ? Une question qui ne pourra que vous tarauder.

En plus d’une ambiance angoissante, voire étouffante, ce qui fait la richesse de cette histoire est sa fin qui m’a laissée complètement pantoise. C’est le genre de final, digne d’un bon scénario de film d’horreur, dont on se souvient longtemps. Il y a un côté gore et tellement dérangeant, car très imagé, que j’ai relu deux fois les dernières pages pour être certaine d’avoir tout compris. Et pas de doute, l’esprit de Leigh Bardugo est tortueux !

En conclusion, l’auteure nous offre six histoires envoûtantes qui sentent bon les contes d’antan et qui vous feront passer de délicieux moments de frissons et d’angoisse. Si vous aimez les Frères Grimm et tous ces autres conteurs qui ont donné leur lettre de noblesse à ce genre, The Language of Thorns est un livre qui devrait vous ravir. J’espère maintenant qu’une maison d’édition décidera de nous en offrir une version française et qu’avec un peu de chance, elle conservera le format hardback qui sied à merveille à ce genre de recueil.

Découvrez l’avis du Tanuki.

 

42 jours, Silène Edgar

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Je remercie Livraddict et les Éditions Castlemore pour m’avoir permis de découvrir 42 jours de Silène Edgar. J’ai reçu l’édition adaptée aux lecteurs dyslexiques. Ce n’est pas mon cas, mais je trouve très bien qu’une maison d’édition décide d’adapter ses romans afin de les rendre accessibles aux personnes souffrant de dyslexie. Une démarche qui, je l’espère, sera suivie par beaucoup.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sacha, douze ans, et Jacob, son petit frère, sont à la fois surpris et très contents de partir en vacances avant la fin de l’année scolaire. D’autant qu’ils auront la chance de séjourner dans la pension de leur oncle Jean, un manoir breton au bord de la mer ! Une fois sur place, ce n’est pas tout à fait la colonie de vacances qu’ils s’imaginaient – les pensionnaires sont de drôles d’adultes qui se prennent pour Victor Hugo, Louis XIV, Néfertiti… –, mais les garçons ne s’y ennuient pas une minute avec les jumeaux Éléanore et Léandre. Sans compter que le manoir abonde en secrets sur lesquels enquêter : qui fait ces bruits étranges dans le grenier ? Que sont ces loups qui rôdent dans les parages ?…

  • Parution : 18/10/2017
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Prix : 15,90€

AVIS

L’histoire et les personnages…

Un départ avant le début des vacances d’été dans le manoir breton au bord de mer où travaille oncle Jean ? Quand leurs parents leur annoncent cette nouvelle inattendue, Sasha, 12 ans, ne peut s’empêcher de trouver cela suspicieux quand, au contraire, son petite frère Jacob se montre ravi. Une fois arrivés au manoir, les deux jeunes garçons vont faire la connaissance du couple d’intendants, de leurs deux enfants et des pensionnaires du manoir que d’aucuns pourraient qualifier de gentils fous. Entre les tâches quotidiennes, les jeux et les bons repas, Sasha et son frère ne voient pas le temps passer d’autant que les différents mystères que semble receler ce manoir éveillent l’instinct d’enquêteur de Sasha et stimule son imagination déjà bien fertile…

Durant toute l’histoire, nous suivons plus particulièrement Sasha, son petit frère étant présent, mais plus dans le rôle classique du petit frère qui suit son aîné comme son ombre. J’ai d’ailleurs beaucoup aimé la complicité entre ces deux frères et la manière dont Sasha essaie au mieux de s’occuper de son cadet. Une grande responsabilité pour un enfant de 12 ans d’autant que lui et son frère n’ont jamais été séparés aussi longtemps de leurs parents. Même s’ils se sentent bien au sein de ce manoir, se sont fait des amis et apprécient de manger de bons petits plats, l’absence de leurs parents leur pèse, ce qui entraîne quelques crises de larmes.

Et puis Sasha, du haut de ses 12 ans, sent bien qu’on lui cache des choses ce qui n’est pas fait pour le rassurer. Pourquoi ses parents n’ont pas attendu le début des vacances ? Où travaillent-ils vraiment ? Quand les reverront-ils ? Toutes ces questions et ce sentiment d’être mis de côté le pousseront, tout au long du roman, à ne pas toujours respecter les demandes des adultes avec des conséquences plus ou moins importantes pour lui, sa famille et ses amis. On comprend parfois sa curiosité quand on frissonne d’autres fois anticipant les risques qu’il fait prendre à tous. Sasha se révèle cependant attachant malgré ses bêtises, car l’auteure a su le rendre très réaliste. Durant ces 42 jours, il évolue, il grandit, il apprend à s’adapter à un nouvel environnement, à de nouveaux amis, mais surtout à une nouvelle vie. Alors s’il fait preuve de maturité et d’un certain sens des responsabilités, il n’en demeure pas moins ce garçon de 12 ans qui n’est pas parfait et qui a encore besoin de ses parents malgré ses velléités d’autonomie bien naturelles à son âge. Un personnage réaliste auquel, je n’en doute pas, les jeunes lecteurs pourront s’identifier et comprendre.

wp-image-1555672617En plus de Sasha et de Jacob, Silène Edgar nous offre une galerie de personnages très attachants et, pour certains, très très originaux. Vous ferez ainsi la connaissance d’adultes qui se prennent pour quelqu’un ou quelque chose d’autre. Dites ainsi bonjour à Néfertiti, Louis XIV, Victor Hugo, Napoléon Ier et Napoléon Ier, Shere Khan et Earl Grey, une personne se prenant pour une théière. L’idée de l’auteure, en plus d’être complètement loufoque et d’apporter un peu de légèreté, permet aux lecteurs de se remémorer de grandes figures historiques. Cerise sur le gâteau, leurs portraits sont disséminés dans le livre.

J’ai pris un plaisir fou à découvrir chacun d’entre eux avec une petite préférence pour Victor Hugo qui m’a bien amusée notamment quand il avoue ne pas comprendre totalement « ses propres écrits ». Je confesserai néanmoins une certaine frustration. A part Louis XIV qui joue les trouble-fêtes, les autres personnages ne sont pas assez présents à mon goût. J’adorerais que l’auteure nous propose par la suite un autre roman basé sur la vie de ces fantasques personnages et sur les circonstances qui les ont poussés à s’engager dans un jeu de rôle permanent. Étaient-ils déjà « fous » ou est-ce la folie humaine qui les a rendus ainsi ? Et si finalement, Sasha et Jacob découvraient que les fous ne sont pas forcément ceux que l’on croit…

Une histoire qui en cache une autre et qui se fait poser de nombreuses questions…

Le lecteur est laissé, comme Sasha, dans l’ignorance quant aux raisons du brusque départ de Paris ou sur les mystères du manoir comme ces bruits qui proviennent du grenier. Du moins, les jeunes lecteurs, car les lecteurs plus âgés liront assez rapidement entre les lignes pour entrevoir les raisons qui ont poussé un couple à faire partir leurs enfants de Paris, sans eux, pour un manoir en Bretagne. L’étrange comportement de Jean qui se montre parfois distant ou encore la présence mystérieuse d’un individu au grenier seront d’autres indices qui devraient rapidement vous faire comprendre le contexte de l’histoire. Je n’en dirai pas plus pour ne pas prendre le risque de vous spoiler. Je me contenterai de louer la capacité de l’auteure à aborder une période sombre de notre histoire et donc des thèmes durs, voire très durs, avec délicatesse les rendant ainsi accessibles à de jeunes lecteurs. J’ai trouvé, par exemple, l’utilisation d’un grand méchant des contes comme métaphore pour désigner un méchant bien plus réel juste parfaite.

Ce roman est destiné à la jeunesse, mais je pense qu’il pourra plaire à tous d’autant qu’il suscite même chez les adultes de nombreuses questions : est-ce que préserver des enfants des atrocités qui se déroulent à leur porte est vraiment les protéger ou, au contraire, les mettre en danger ? Auriez-vous été capables de vous rebeller contre des règles injustes et inhumaines malgré la peur ? Pourquoi certaines personnes qui sont supposées être vos semblables se transforment en monstres ? Pourquoi la différence fait-elle autant peur ? …  Des questions qui, pour certaines d’entre elles, demeurent hélas d’actualité.

Une histoire qui offre un voyage riche en émotions…

42 jours est un roman que j’ai beaucoup aimé autant pour les personnages que l’histoire mais ce que j’ai préféré, c’est le voyage émotionnel qu’il m’a fait traverser. J’ai été intriguée, j’ai souri, j’ai eu peur, j’ai été émue, j’ai été révoltée, j’ai frissonné devant certains événements, j’ai eu envie de crier à l’injustice, j’ai eu envie de gronder un certain garçon, j’ai eu quelques bouffées de violence envers des figures d’autorité… Je lis pour plusieurs raisons, l’une d’entre elles étant cette envie de ressentir différentes émotions. Et à cet égard, je peux dire que j’ai été comblée. Je n’ai pas aimé toutes les émotions traversées, mais j’ai apprécié que l’auteure arrive à les susciter avec une telle facilité. Il faut dire qu’elle propose ici une histoire d’une grande sensibilité qui ne tombe jamais dans la sensiblerie.

A noter la présence de notes de bas de page et de quelques dates en fin d’ouvrage qui faciliteront la lecture des plus jeunes et rafraîchiront la mémoire des lecteurs plus âgés.

Pour conclure, Silène Edgar, à travers une plume simple, fluide et agréable, raconte une histoire dans l’Histoire. Un procédé qu’elle manie d’une main de maître et qui rend la lecture de son roman aussi passionnante qu’addictive. Si vous avez envie de découvrir des personnages attachants et originaux, des moments de joie et des moments plus durs, 42 jours est fait pour vous. Sans jamais tomber dans le pathos, l’auteure aborde des thèmes durs mais de manière assez imagée et sensible pour les rendre accessibles aux jeunes lecteurs. A lire et à relire pour que le passé ne se reproduise jamais.

Envie d’acheter 42 jours de Silène Edgar ?

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Nutsi veut attraper la lune, Emma Paidge

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J’ai découvert Nutsi veut attraper la lune grâce à son auteure Emma Paidge qui m’avait avertie, par mail, d’une opération promotionnelle offrant la gratuité du format numérique. Je l’ai donc téléchargé trouvant le résumé et l’image de couverture des plus sympathiques.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nutsi a un terrible secret.
Il demande à son amie Lili de lui venir en aide.

Retrouvez nos deux petits écureuils dans une jolie aventure et faites connaissance avec le rigolo doudou Noisette

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages
  • Pour les 3-6 ans

AVIS

Nutsi est un petit écureuil qui a un secret : il a peur du noir. Fort heureusement, il a trouvé une solution à son épineux problème : décrocher la lune pour la mettre dans sa chambre ! Il pourra compter sur l’aide de son amie Lili pour mener à bien son ambitieux projet.

L’idée, à défaut d’être très réaliste, est mignonne à souhait et symbolise à merveille la naïveté enfantine dans tout ce qu’elle a de plus attendrissante. Alors que les parents seront attendris, il y a fort à parier que les plus petits seront quant à eux séduits par la solution du jeune écureuil au problème qui perturbe ses nuits. Ils pourront également se retrouver dans l’amitié entre Nusti et Lili à un moment de la vie où l’amitié revêt une importance majeure.

Cette petite histoire offrira un joli moment de lecture autant aux enfants qu’à leurs parents. Elle présente également l’avantage d’évoquer une peur que beaucoup d’enfants, voire certains adultes, connaissent à un moment ou à un autre de leur développement. Suivre l’aventure de ce petit écureuil leur permettra peut-être de relativiser leur peur et pourra les aider, dans une certaine mesure, à l’affronter.

Comme vous vous en doutez certainement, décrocher la lune ne va pas être si facile que cela. Nutsi sera donc ravi de recevoir l’aide de sa grand-mère. Si je doute de la pertinence de la solution trouvée par celle-ci dans la vie réelle (sauf à vouloir mettre le feu à la chambre), elle a toute sa place dans cette histoire où la douceur est omniprésente. Une bougie se révèle, en effet plus, chaleureuse qu’une solution plus moderne comme une veilleuse électrique… Pour ma part, ayant toujours été très proche de ma grand-mère, j‘ai aimé que l’auteure fasse intervenir l’aïeule de Nutsi dans son aventure.

Enfin, je suis d’emblée tombée sous le charme des illustrations de l’auteure qui dégagent beaucoup de douceur et de chaleur. Les deux écureuils sont d’ailleurs adorables au point de m’avoir donné envie de les serrer dans les bras comme je le ferais avec des peluches.

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J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette petite histoire, mais je ne peux que vous conseiller de craquer pour la version papier à côté ou à la place de la version numérique. Pouvoir feuilleter régulièrement les belles images de ce petit ouvrage procurera probablement plus de plaisir à votre enfant que consulter l’écran d’une tablette ou d’un téléphone. Ceci est d’autant plus vrai que je ne doute pas que Nutsi veut décrocher la lune fasse partie de ces histoires que les enfants auront envie de lire et de relire.

En résumé, si vous cherchez une histoire toute mignonne à partager avec votre enfant notamment au moment du coucher, Nusti veut décrocher la lune devrait vous séduire. En plus de passer un joli moment de divertissement, je ne doute pas que les enfants pourront s’identifier à ce petit écureuil, et essayer, comme lui, d’affronter leur éventuelle peur du noir.

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Et vous, envie de craquer pour Nutsi veut décrocher la lune ?

Edgar & Ellen : Pauvres bêtes !, Charles Ogden

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C’est d’un petit roman jeunesse fort sympathique dont j’aimerais vous parler aujourd’hui : Edgar & Ellen : Pauvres Bêtes ! de Charles Odgen, aux éditions Pocket Jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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  • Broché: 138 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 ans
  • Édition : Pocket Jeunesse (25 janvier 2007)

AVIS

Croisé dans les rayons d’un magasin Gibert, j’ai tout de suite craqué pour la couverture de ce livre et son ambiance qui n’est pas sans rappeler la Famille Addams. Cerise sur le gâteau, le roman est en relié et contient quelques chouettes illustrations dont la noirceur symbolise parfaitement celle de la vie de nos deux jeunes protagonistes. Parce que je suis sympa et que je sais que certain(e)s d’entre vous sont friand(e)s de photos (non, Saiwhisper, je ne pense pas du tout à toi), en voici quelques-unes :

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Dans ce premier tome, nous découvrons les jumeaux Edgar et Ellen, cette dernière étant l’aînée même si née seulement quelques minutes avant son frère. C’est peut-être un détail pour vous, mais pour elle, ça veut dire beaucoup… Ces enfants, que n’envierait aucun parent, à moins de s’appeler Morticia et Gomez on s’entend, sont plutôt du style à aimer fomenter des mauvais coups biens mauvais et à ériger l’art de la bagarre en sport de haut niveau. Il faut d’ailleurs leur reconnaître une certaine originalité voire un certain talent pour avoir des idées complètement tordues destinées à enlaidir leurs journées et à tromper leur ennui.

Difficile face à ces deux petits monstres, plus habitués à porter un pyjama de bagnard qu’une tenue Disney, de condamner leurs parents qui ont préféré prendre la poudre d’escampette ou, officiellement, partir en vacances à durée indéterminée. Privés de leurs parents, Ellen et Edgar vont alors devoir se débrouiller comme ils le peuvent pour récolter de l’argent et ainsi avoir les fonds nécessaires pour gâcher la journée de chacun.

C’est dans ce contexte, et après avoir visionné une vidéo, que leur est venue une brillante idée : kidnapper les animaux de compagnie des habitants de leur charmante petite ville, et les transformer en animaux exotiques avant de les vendre à des prix exorbitants. Vous la voyez venir l’idée foireuse à des kilomètres à la ronde ? Moi oui, vous aussi, mais eux, pas vraiment… Certains du machiavélisme de leur plan, ils seront quelque peu surpris quand rien ne se passera comme prévu. Eh oui, croyez-le ou non, personne n’est prêt à mettre le prix pour les créatures très particulières et surtout très laides dont les jumeaux veulent faire commerce…

Vous aurez compris que l’histoire est complètement farfelue et qu’il est difficile de ne pas sourire devant les bêtises de ces deux garnements à l’imagination débordante. En tant qu’adulte, on comprend très vite les limites de leur plan, mais les enfants devraient, quant à eux, surtout savourer leurs péripéties.

Si les jumeaux sont plus que turbulents et plutôt malfaisants, ils n’en demeurent pas moins étrangement attachants. On en viendrait presque à leur souhaiter bonne chance dans leur tentative saugrenue de gagner de l’argent pour pouvoir enquiquiner tout le monde. Et puis, j’avoue avoir craqué devant leur esprit des plus poétiques comme l’en atteste l’une de leurs créations :

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Pour les parents qui auraient peur de donner un mauvais exemple à leurs enfants, je vous rassure, l’auteur a veillé à donner une petite leçon aux jumeaux et une morale à son histoire. Je dis une morale, mais je pourrais plutôt dire deux morales : l’une étant que, suivant le précepte de « tel est pris qui croyait prendre », les mauvaises actions finissent toujours par être découvertes et sanctionnées, et l’autre, que l’on a souvent sous les yeux ce que l’on cherche.

Mention spéciale à l’animal de compagnie des enfants complètement bizarre (peut-être pas autant que La chose de la Famille Addams ceci dit) qui devrait vous réserver une surprise. Pour ma part, c’est le genre de personnage étrange auquel je m’attache quasiment d’emblée et tant pis, s’il ressemble plus à une serpillière qu’à un animal prêt à vous faire des papouilles.

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En conclusion, j’ai beaucoup aimé découvrir Edgar & Ellen, deux jumeaux diaboliques dont on suit les péripéties le sourire aux lèvres. Facile à lire et parfait pour un moment de détente sans prise de tête, ce roman devrait plaire autant aux enfants qu’à leurs parents. Pour ma part, c’est avec un plaisir certain que je lirai les autres tomes de la série.

Et ça, c’est cadeau :