Lily 2.0 Tome I : Équinoxe de Printemps, Émilie Colline

Je remercie les éditions Caouanne de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, le premier tome de la série Lily 2.0 d’Émilie Colline.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

LA SÉRIE

La saga Lily 2.0 « OPEN YOUR MIND » relate, en quatre tomes, les aventures de Lily Valentine Tournelle, une adolescente apparemment sans histoires, qui découvre, au fil d’une année marquée par les solstices et les équinoxes, l’incroyable potentiel psychique des êtres humains.

Clairvoyance, clairaudience, psychométrie, médiumnité…, autant d’expériences aussi inattendues que déconcertantes qui vont bousculer son quotidien et la pousser à reconsidérer sa conception jusqu’alors très rationnelle de l’univers.

LE TOME 1

Que faire quand on est soudainement confrontée à des rêves qui se suivent, des visions spontanées et de surprenantes concordances des songes avec la réalité ?
Primo : garder son calme et ne pas paniquer.
Deusio : mettre le tout par écrit afin de ne rien oublier et pouvoir analyser sereinement la situation.
Tertio : ouvrir son esprit et aligner ses énergies pour essayer de canaliser l’étourdissant éveil de ses capacités extrasensorielles.
Dans ce premier tome, Lily découvre son potentiel énergétique, les notions de chakras et de koshas et s’essaie à la méditation, aux rêves guidés et aux voyages astraux. Elle expérimente également certains aspects de la clairvoyance, de la psychométrie et de la protection psychique.

Caouanne (9 novembre 2018) – 188 pages – Broché (16€) –
Tome 1 d’une série de 4 tomes

AVIS

Lily est une collégienne de treize ans et demi ordinaire qui mène une vie des plus classiques. C’était, du moins, ce qu’elle pensait jusqu’à ce que, pour son plus grand étonnement, un nouveau monde s’ouvre à elle. Lily se découvre ainsi des capacités extrasensorielles et notamment celle de faire des rêves qui concordent étrangement avec la réalité… Elle sera fort heureusement soutenue dans la découverte de ce nouveau chemin de vie par sa mère, une acupunctrice adepte de yoga et très ouverte au monde de la spiritualité.

Comme le papa de Lily, un restaurateur d’œuvres d’art, je suis de nature très terre à terre,  et ne tends à croire que ce que la science a prouvé ou, du moins, ce qui me semble rationnel. Cela ne m’a pas empêchée de savourer ce roman qui offre une plongée captivante et immersive dans un monde qui m’est inconnu, celui de la parapsychologie, de la spiritualité, des rêves guidés et lucides (peut-être l’élément qui m’a le plus intriguée), de la psychométrie, de la sagesse indienne, de la lithothérapie, de la médiumnité, et de toutes ces capacités extrasensorielles qui ont ce quelque chose de fascinant…

Alors que je ne suis pas forcément le public cible, j’ai adoré la manière dont l’autrice évoque ces sujets. C’est fait avec enthousiasme, simplicité et sans aucun prosélytisme. Chaque lecteur est laissé libre d’interpréter l’histoire comme il le souhaite et d’en retirer les enseignements qu’il estime importants. Une manière de procéder qui m’a conquise d’autant que grâce aux explications claires, mais détaillées et précises, de la maman de Lily, j’ai appris plein de choses. Certaines m’ont paru un peu trop ésotériques pour moi, quand d’autres m’ont poussée à me poser des questions et/ou donné envie d’approfondir le sujet. Il se dégage également de ce roman, un petit côté développement personnel qui n’est pas pour me déplaire. Je vous rassure, rien de dogmatique, juste l’histoire d’une jeune fille qui, avec l’aide de sa mère, apprend à mieux se connaître, à développer et s’approprier ses propres capacités et dons.

La relation mère-fille est d’ailleurs l’une des pierres angulaires de ce roman. On ressent à la perfection la complicité qui unit Lily à ses parents, et plus particulièrement à sa mère, une femme très ouverte d’esprit et très calée sur la spiritualité et le potentiel psychique des individus. Sa mère sera un véritable guide pour Lily la rassurant et l’invitant avec tact et douceur à explorer ses propres capacités et à accueillir sans crainte, mais avec une certaine précaution, ses rêves qui semblent faire écho à des événements et à des personnes qui ont réellement existé.

Soutenue par sa mère, Lily va donc faire ses premiers pas dans ce monde qui lui était inconnu et dont elle partage les découvertes dans un carnet. Et c’est là le gros point fort du livre, son format atypique oscillant entre roman, journal intime et bullet journal. Loin d’être linéaire, le livre est ainsi agrémenté de dessins, de suggestions de musiques à écouter, d’indications sur l’humeur du jour, d’une recette de cookies, d’un DIY, d’un plan en couleurs du quartier de Lily, de bonus tels que les expressions favorites de la mère de Lily…

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Cette mise en page ludique et pleine de peps rend la lecture agréable et facilite l’immersion dans la vie de Lily. Comme dans un journal intime, la jeune fille se confie à nous, partage ses découvertes, ses doutes notamment sur la nature de ses rêves, ses craintes, sa passion pour la nourriture, mais aussi tous les petits moments qui font le quotidien d’une adolescente : les cours et les devoirs, les copines, les relations garçons-filles, les sorties entre amis, les disputes et les réconciliations… Les jeunes lecteurs devraient donc facilement s’identifier à Lily, et suivre avec intérêt, si ce n’est avec passion, son incursion dans le monde spirituel et parapsychologique.

Lily est une jeune fille attachante qui, en plus de conquérir le cœur des plus jeunes, devrait ravir celui des adultes. Émilie Colline a, en effet, réussi le parfait équilibre entre une héroïne réaliste, Lily restant une adolescente comme les autres, et une héroïne assez mature pour plaire à un lectorat plus âgé. De la même manière, j’ai apprécié la plume dynamique de l’autrice qui, tout en restant simple et accessible, se révèle riche et variée. On sent un véritable travail de recherche pour offrir précision et justesse quant au vocable employé.

Au-delà des différents thèmes abordés, qui sont plutôt originaux pour un roman jeunesse, l’autrice nous offre également une fabuleuse et captivante histoire dans l’histoire. Nous partons ainsi, grâce aux rêves de Lily, dans le passé, sur les traces de pirates ! Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré cet aspect du roman qui n’est d’ailleurs pas dénué d’un certain suspense… C’est que comme Lily et sa mère, vous serez pressés de connaître le fin mot de cette aventure des mers !

En conclusion, Émilie Colline nous offre ici un roman jeunesse atypique autant au niveau du fond que de la forme. D’une plume vive et dynamique, elle met à la portée des lecteurs, jeunes et moins jeunes, un monde riche empli de spiritualité, de capacités extrasensorielles et de toutes ces possibilités que l’être humain n’a pas encore fini d’explorer. En choisissant de narrer les aventures de Lily, une adolescente ordinaire aux capacités extraordinaires, sous forme de carnet/journal intime, l’autrice établit une véritable complicité entre son héroïne et les lecteurs qui n’ont alors plus qu’une envie, connaître la suite !

Découvrez le roman sur le site des éditions Caouanne.

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Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

Je remercie les éditions Ex Æquo pour m’avoir permis de découvrir Le voyage d’un chat écrit par Christophe Bladé et illustré par JustineF.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Motus, un jeune chat né dans une vieille remise, quitte son abri tranquille et son ami le chêne pour vivre son rêve : voyager jusqu’à la lune pour en rapporter un peu de sa lumière!
Motus découvrira le courage au fil d’une aventure semée de risques et d’embûches.
Le voyage initiatique d’un chat… Celui de chaque enfant qui grandit… Un voyage au cœur d’une Nature avec ses beautés et ses dangers qui invite les enfants à suivre ce petit personnage qui leur ressemble un peu.
Les belles illustrations de JustineF répondent au texte de Christophe Bladé, et contribuent à créer l’ambiance poétique du livre.

Éditions Ex Æquo (23 janvier 2019) – Collection Saute-mouton
64 pages – Poche (8€) – Ebook disponible

AVIS

Je ressors de cette lecture des étoiles plein les yeux, émue autant par le fond que la forme ! Enchanteresse et délicate, la plume de Christophe Bladé vous transporte dans un magnifique univers empreint de tendresse et de poésie, chaque mot semblant avoir été choisi avec soin. Le vocable se pare ainsi de ses plus beaux atours, un peu comme si l’auteur s’évertuait à prendre chaque lecteur par la main pour lui faire vivre un très beau voyage dont il ne pourra que sortir attendri et émerveillé.

Et de voyage, il en sera question ici puisque l’on suit un petit chat dans une jolie aventure. Motus, nommé ainsi par son ami le Chêne, rêve de liberté, de voyage et de lune. Bien décidé à atteindre cet astre et à capturer un peu de sa lumière pour illuminer le regard d’une petite fille, il part courageusement en vadrouille. Mais il va très vite se rendre compte qu’en dehors de sa maison et de son arbre-refuge, le monde n’est pas si sûr que cela et que le danger peut s’abattre sur lui aux moments les plus inattendus. Il pourra heureusement compter sur de nouvelles amitiés pour l’aider à affronter les difficiles épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Gentil, rêveur et téméraire, Motus est un chat pour lequel on se prend d’affection dès les premières pages surtout quand, comme moi, vous adorez ces petites boules de poils. On le suit donc avec plaisir dans ses péripéties, mais également avec un petit pincement au cœur de peur que quelque chose de grave lui arrive. Il faut dire que bien que nous soyons dans un livre jeunesse, l’auteur ne tombe pas dans la niaiserie et offre à ses jeunes lecteurs, comme aux plus âgés, des aventures palpitantes qui devraient leur faire vivre quelques petites frayeurs. On s’émerveille donc, mais on frémit également devant les difficultés plus ou moins importantes que Motus va devoir affronter. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que c’est très émouvant de voir cette petite boule de poils faire face avec courage aux situations qu’elle traverse. Rien ne saurait lui faire renoncer à son très joli rêve ! Motus offre un joli message d’espoir à toutes les personnes qui elles aussi rêvent d’accomplir l’impossible…

J’ai beaucoup aimé la plume poétique de l’auteur tout comme sa manière de s’amuser avec la langue française. Les chats deviennent ainsi des « Poileux », les canards des « Plumeux », les hommes et leurs fusils des « Remuants » qui ont des « Bâtons-de-feu »… Un vocabulaire teinté d’humour et assez imagé pour être compris de tous,  ce qui ne manquera pas de faire sourire, de marquer les esprits et de créer une certaine connivence entre les lecteurs et l’auteur/Motus.

Christophe Bladé nous offre ici une histoire menée tambour battant qui, en plus de divertir les lecteurs de 7 à 99 ans, les fera voyager et vivre mille émotions. À travers les péripéties captivantes de Motus, il évoque aussi des sujets importants et universels comme l’amitié, l’entraide et la nature. Au fil des pages, on découvre ainsi des animaux qui sauront faire preuve d’une humanité qui fait défaut à certains hommes, et on parcourt un écosystème qui devrait ravir les enfants et, avec un peu de chance, devrait les inciter à explorer leur propre petit coin de nature. Mais au-delà de ces aspects, Le voyage d’un chat, c’est avant tout une ode à l’espoir et aux rêves, aux rêves un peu fous qui poussent à se dépasser et qui font grandir… Car derrière le voyage de Motus, il y a aussi la quête d’un jeune héros qui, de péripétie en péripétie, grandit, évolue et trouve enfin le vrai sens du bonheur.

La beauté de cette quête de soi et de cette recherche de bonheur est soulignée par les illustrations en grand format de JustineF. La rondeur des traits et le côté enfantin des dessins collent à merveille au récit et permettent de s’y plonger totalement. Une immersion qui, sans aucun doute, facilitera la lecture des plus jeunes. Quant à la dernière page, elle se teinte de couleurs comme si l’illustratrice soulignait que rêve atteint ou non, le plus important c’est qu’à l’issue de son aventure, Motus ait découvert sa propre lumière.

Le voyage d'un chat, Christophe Bladé et JustineF

Le voyage d’un chat, Christophe Bladé et JustineF

En conclusion, Le voyage d’un chat a été un coup de cœur ! Touché par l’histoire de ce petit chat qui rêve de décrocher la lune ou, du moins, d’en capturer un peu de lumière, mon cœur s’est mis au diapason du sien. Entre sourires, petites frayeurs et émotions, Christophe Bladé a su me faire vivre pleinement le voyage/rêve de Motus et me transporter dans son univers poétique sublimé par les illustrations de JustineF.

Feuilletez/découvrez le roman sur le site des Éditions Ex Æquo.

Proxima du Centaure, Claire Castillon

Couverture Proxima du centaure

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Je l’appelle Apothéose parce qu’il n’y a aucun prénom logique à lui mettre sur le visage. Je la klaxonnerai avec ma tête jusqu’à ce qu’elle se retourne. Un jour, elle me dira son vrai prénom, à l’oreille, elle le prononcera avec le souffle. Son souffle réveillerait un mort. En attendant, de là où je me trouve, je kiffe à fond dès que je pense à elle. »

Tous les matins, Wilco regarde Apothéose passer sous sa fenêtre. Jusqu’à ce qu’un jour, il se penche tellement qu’il tombe.

Éditions Flammarion (7 février 2018) – 223 pages – Broché (13€) – Ebook (9.99€)

AVIS

Attirée par sa couverture, j’ai eu envie de découvrir Proxima du centaure dont le résumé reste finalement assez évasif. C’est donc sans trop savoir à quoi m’attendre que je me suis plongée dans cette histoire qui m’a autant émue et touchée que déstabilisée, le récit étant, somme toute, plutôt atypique.

Nous faisons la connaissance de Wilco, un adolescent qui a une passion dans la vie, Apothéose, une jeune fille qu’il a nommée ainsi et qu’il aime beaucoup suivre du regard quand elle passe sous la fenêtre de sa chambre. Et puis un jour, c’est le drame, le jeune homme tombe des cinq étages qui le séparent du sol. La chute est rapide, brutale et irrémédiable.

Les lecteurs passent ainsi sans transition, ou presque, de sa chambre d’adolescent à sa chambre d’hôpital où les jours, les semaines puis les mois s’écouleront. Wilco est heureusement entouré de sa famille, à commencer par ses deux parents dont il prend, petit à petit, la mesure des liens profonds qui les unissent. Il y a aussi sa sœur Andréa qui a fait vœu de chasteté jusqu’au retour de son petit frère dans l’appartement familial. Seul le meilleur ami du jeune homme brille par son absence, mais ce n’est pas grave, il a une mission à remplir : amener à son chevet Apothéose, l’amour de sa vie.

Alors que le sujet est grave, l’autrice nous offre une très belle histoire emplie d’amour qu’il soit familial ou amical. On ne peut ainsi qu’être touché par cette famille qui essaie d’avancer et qui croit jusqu’au bout au rétablissement de Wilco. Les parents paraîtront parfois à côté de la plaque minimisant l’état de santé de leur fils ou se concentrant sur des détails sans importance, mais on comprend très vite que c’est simplement le moyen pour eux de continuer à avancer sans s’effondrer…

Dans ce huis clos qui se déroule dans une chambre d’hôpital, le lecteur assiste au déroulement de l’hospitalisation de Wilco qui ne peut plus parler ni bouger, mais qui est conscient de ce qu’il se passe autour de lui. Son corps en miettes ne l’empêche donc pas d’avoir l’esprit alerte et affûté. Le jeune homme ne manque également pas d’humour, ce qui lui permet de prendre un certain recul sur son accident et sa vie.

Cette prise de distance dans la narration m’a toutefois empêchée de m’attacher tout de suite à lui, mais au fil du récit et des souvenirs que Wilco partage avec nous, j’ai fini par le voir comme un ami ou un lointain cousin. On finit donc par avoir de la tendresse pour cet adolescent à l’humour parfois cocasse, et on ne peut s’empêcher de rêver à ses côtés. Il faut dire que si son corps est cassé en mille morceaux et immobile dans une chambre d’hôpital, son esprit, quant à lui, vagabonde librement hors des murs de sa chambre. Entre rêves, fantasmes et réalité, l’adolescent nous plonge ainsi sans retenue dans son esprit, un esprit de battant et de rêveur qui lui permet de faire face à la situation avec un certain aplomb !

J’ai tout de suite été séduite par la plume très originale de l’autrice, mais je pense qu’elle ne plaira pas tout le monde. Simple, mais parfois semblant appartenir à un autre monde, elle correspond assez bien à Wilco, un garçon cloué dans son lit d’hôpital, mais dont l’esprit s’évade à la moindre occasion. Vous pourrez donc avoir cette impression d’une plume concrète, ancrée dans le présent,  qui s’envole parfois vers d’autres horizons. Cela peut paraître déstabilisant, mais une fois la surprise passée, j’ai apprécié le style à la fois froid et poétique de Claire Castillon.

En conclusion, pas de pathos, mais de l’émotion, voilà ce que nous offre l’autrice avec Proxima du Centaure. L’histoire aurait pu être triste, elle se révèle belle, parfois absurde, parfois difficile, mais jamais larmoyante. À travers l’histoire d’un jeune homme dont la vie va prendre une tournure inattendue, l’autrice aborde des thèmes comme l’amitié, les premiers émois amoureux, la famille, la séparation, la culpabilité, et l’amour inconditionnel qui permet à une famille d’être unie même dans la douleur…

Retrouvez Proxima du Centaure chez votre libraire ou en ligne ?

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Mini-chroniques en pagaille #13

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Ayati :  La légende des cinq pétales de Fabien Fernandez et Sandra Violeau :

Couverture Ayati, tome 1 : La légende des cinq pétales, tome 1

« Dans une Inde ancienne et fantastique, Ayati une adolescente de 14 ans ayant perdu ses parents très jeune vit une enfance difficile. Élevée par son oncle et sa tante, elle subit les corvées familiales, son rêve le plus cher est de s’extirper de cette vie qui ne la rend pas heureuse…
Un jour alors qu’Ayati est partie chercher de l’eau pour le foyer familial, elle découvre sur le chemin du retour son village assaillit par des pirates, la doyenne sur le point de se faire tuer. Ayati tente de la défendre, coûte que coûte, se manifeste alors un don inné qui lui permettra de sauver la vieille femme… »

Je dois confesser une petite déception au niveau de cette BD que j’attendais de découvrir avec impatience. L’ambiance graphique est somptueuse avec des décors qui vous font voyager depuis votre canapé, chaise ou lit. Les couleurs sont profondes et lumineuses et vous immergent complètement dans cette atmosphère mêlant imaginaire, rêve et magie.

Malheureusement, si la forme est impeccable et justifie à elle seule la lecture de cette BD, il n’en va pas de même pour le scénario qui peine à convaincre et à offrir une aventure prenante et étoffée. Alors que l’on aurait pu être séduit par l’idée d’une jeune fille exploitée par sa famille qui finit par découvrir, lors d’un malheureux événement, qu’elle possède des pouvoirs, on se sent désœuvré face à un récit mené sans grande conviction et avec bien trop de précipitation.

Tout se déroule trop vite, ce qui donne presque le sentiment que l’histoire a été bâclée ou, du moins, qu’elle ne bénéficie pas du développement qu’elle aurait mérité… Le lecteur n’a pas le temps de se poser de questions sur les pouvoirs de l’héroïne, leurs origines ou leur étendue. De la même manière, devant l’enchaînement ininterrompu des événements, il semble bien difficile de s’inquiéter pour elle et de s’intéresser aux épreuves qu’elle ne manquera pas d’affronter.

Autre point problématique, bien que ce soit personnel, je n’ai pas accroché à la personnalité d’Ayati, qui en absence de développement, ressemble plus à une adolescente rétive qu’à une combattante mue par de nobles desseins. Ses réparties m’ont parfois fait lever les yeux au ciel par leur puérilité et ne m’ont donc pas particulièrement inspiré de sympathie… À 14 ans, j’estime qu’on a assez de maturité pour ne pas se comporter comme une enfant surtout quand les enjeux sont importants et des vies en danger. Point positif, le compagnon plutôt original qui viendra aider notre héroïne dans son aventure et qui m’a complètement fait craquer.

Ayati est donc une superbe BD qui vous époustouflera par les illustrations et l’ambiance qu’a su insuffler la dessinatrice au récit, mais qui est desservie par une scénario semblant dépourvu d’âme et de consistance…. Dommage, tous les ingrédients étaient réunis pour nous offrir un très beau divertissement. Je lirai quand même la suite par curiosité, mais je me tournerai probablement vers un emprunt plutôt qu’un achat.

Comme toujours, je vous invite à vous forger votre propre opinion puisque cet ouvrage saura peut-être vous séduire.

  • Les enfants du Bayou d‘Isabelle Bottier et Eva Roussel :

Couverture Les enfants du Bayou, tome 1 : Le rougarou

« Après avoir perdu leur maison dans un ouragan, Joshua et son fils Blaise commencent une nouvelle vie dans le bayou. Une aubaine pour leur petite voisine, Liloye, ravie à l’idée de faire de nouveaux amis. Alors que Joshua et Blaise s’habituent tant bien que mal à la drôle de vie du bayou, une étrange créature rôde la nuit. Un loup-garou ? Non, un « rougarou » ! Liloye leur révèle qu’il s’agit de Jimmy, un garçon enfuit de chez lui et qui a fini par devenir un vrai sauvage. Touchés par son histoire, Blaise et Liloye vont tout faire pour ramener Jimmy parmi les siens. »

Cela fait un petit moment que je voulais lire cette BD trouvée lors d’une petite visite en bibliothèque. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que j’ai eu le nez creux en l’empruntant puisque cette BD a été un coup de cœur ! Je l’ai d’ailleurs relue deux fois d’affilée, ce qui ne m’arrive quasiment jamais. Dans ce récit qui se déroule dans la fascinante Louisiane, on découvre un père et son fils nouvellement installés suite à la destruction de leur maison par un ouragan. Très vite, ils feront connaissance d’une dynamique petite fille, Liloye, et de son adoptante.

Liloye est un petit bout de femme plein d’entrain et à l’humour déjà bien affirmé. Elle apporte de la légèreté dans ce récit qui aborde des thèmes comme la reconstruction et  la quête de soi, les nouveaux départs, l’espoir… Des sujets qui sont ici traités avec humour, tendresse et poésie. Tous les personnages sont, en outre, attachants et vous feront vivre de multiples émotions.

En d’autres termes, cette BD, c’est un petit concentré de douceur autant au niveau du fond que de la forme, les illustrations et leurs chaudes couleurs vous enveloppant dans un cocon réconfortant. Ancrée dans une atmosphère empreinte de magie, d’humour, d’amitié et de solidarité, Les enfants du Bayou saura séduire toute la famille !

  • Ananke de Noirgaley et Edwin Madrid :


 » Je ne vais quand même pas chercher cette petite toute la journée ! Voilà où ça mène de se laisser embobiner par une gamine !  »  » On m’avait bien dit de ne pas suivre les inconnus ! Je dois être tombée sur une vieille sorcière !  »

Découvert complètement par hasard, c’est la couverture qui m’a poussée à emprunter cet album mettant en scène une très belle amitié entre une vieille femme et une jeune fille. Celles-ci très différentes autant en termes d’âge que de personnalité ont pourtant un point commun : la solitude. La première connaît la solitude en raison de son âge et de l’isolement qui lui est bien souvent associé, quand l’autre se retrouve bien seule en raison d’une situation familiale complexe…

Deux personnes désœuvrées qui ne se connaissaient pas, mais que le destin va faire se rencontrer de manière plutôt incongrue d’ailleurs. La vieille dame et la jeune fille vont ainsi vivre ensemble une aventure extraordinaire qui n’est pas sans rappeler un peu le côté absurde d’Alice au pays des merveilles. Dans cette étrange contrée à la frontière du rêve et du cauchemar dans laquelle elles seront transportées à leur corps défendant, elles apprendront à se faire confiance, et petit à petit, à laisser fendre leur carapace. Cette expédition sera donc l’occasion pour chacune d’entre elles de trouver enfin une personne avec laquelle partager ses peines, mais elle sera également l’occasion d’une certaine introspection sur leur vie et leur avenir…

Bien que l’intrigue soit trop courte à mon goût, l’ouvrage bénéficie de tous les ingrédients pour offrir un moment de lecture aussi beau qu’intense : une ambiance onirique, de l’évasion, de l’action, du mystère, des réflexions sur des sujets sérieux et universels, de l’émotion, des personnages attachants, et le point qui m’a le plus émue, une très belle amitié intergénérationnelle. Quant aux illustrations, elles reflètent à merveille l’ambiance presque fantasmagorique qui ressort du récit.

Voici donc un ouvrage que je vous recommande les yeux fermés si vous aimez les amitiés fortes qui sortent des sentiers battus, et les ouvrages offrant un joli message d’espoir.

Et vous, connaissez-vous ces BD ?
Avez-vous envie de les lire ?

L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même, Élise Fontenaille

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il était une fois un chat extraordinaire, et ce chat, c’est moi !Je vivais à Mossoul chez ma maîtresse, Samarkand, et je ronronnais à longueur de journée : le chat le plus heureux du monde ! Mais un jour, les hommes en noir ont envahi la ville. Nous nous sommes enfuis, nous avons traversé des frontières et moi, pour la première fois, j’ai vu la neige et la mer. Oui mais voilà : je me suis perdu ! Et bien croyez-moi ou pas : c’est très loin tout au nord que j’ai retrouvé ma famille. De l’Irak à la Norvège, ça en fait un bout de chemin, mais c’est ce qui s’est vraiment passé ! Et moi je suis toujours le chat le plus heureux du monde !

Gallimard jeunesse (4 octobre 2018) – à partir de 6 ans – 28 pages – 13€
Illustratrice : Sandrine Thommen

AVIS

Attirée par le titre et la couverture, j’ai tout de suite eu envie de découvrir L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même. Et je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai eu un coup de cœur pour cet album jeunesse qui aborde le sujet des migrants, un sujet qui est hélas toujours d’actualité. 

Le jeune public auquel est destiné cet ouvrage explique le parti pris de l’auteure de parler de ce sujet difficile et complexe de manière simple, accessible et assez « légère ». Cela est rendu possible par la narration effectuée par un chat auquel on s’attache immédiatement. Il faut dire qu’il n’est pas dénué d’humour et qu’il se révèle terriblement touchant par l’amour qu’il porte à sa maîtresse et à ses quatre filles. Celles-ci, obligées de fuir en raison de l’arrivée de Daech à Mossoul, vont entreprendre un périple afin de gagner l’Europe.

Sans entrer dans les détails, l’auteure nous fait ressentir la tristesse de ces femmes devant tout quitter, patrie, amis, famille et biens, pour fuir la barbarie et l’oppression. Elles auront néanmoins la chance de ne pas rencontrer trop d’obstacles sur leur route et de pouvoir arriver en sécurité en Europe, et plus particulièrement en Norvège, pays où elles pourront reconstruire une vie joyeuse et sereine.

Le texte est poignant alors même qu’il n’y a aucun pathos. Toutes les émotions sont suggérées que ce soit par le texte tout en subtilité ou les illustrations dont les couleurs reflètent les joies et les tourments des personnages. Les dessins se veulent joyeux et colorés à l’évocation de la vie à Mossoul avant l’arrivée des fanatiques, un peu plus sombres et mouvementés pour suggérer les peurs et les dangers comme cette traversée en bateau à laquelle beaucoup ne survivent pas…

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Alors que le récit, tiré d’une histoire vraie, évoque un sujet triste et grave, il en ressort beaucoup d’optimisme, de joie et d’amour ! Amour d’abord de cette mère envers ses filles pour lesquelles elle abandonne sa vie d’antan sans se retourner, mais aussi amour entre un chat et ses « humains ». Séparé des siens lors de la fuite pour l’Europe, notre matou va vivre une aventure hors du commun…

De Mossoul à la Norvège, le périple sera long et semé de rencontres, mais il sera surtout la preuve que rien ne peut venir à bout de l’amour infaillible et total d’un chat pour ses adoptants. Si vous appréciez les chats, vous ne pourrez qu’être ému par ce matou aimant, drôle et adorable qui saura d’ailleurs séduire les personnes qui croiseront sa route.

Quant à la fin, en plus d’être émouvante et de m’avoir donné quelques frissons, je l’ai trouvée pleine de beauté, de tendresse et de sagesse. L’auteure nous offre ainsi une jolie réflexion sur la notion de bonheur, et nous prouve qu’avec un peu d’humanité, on peut offrir à des personnes qui ont tout perdu une nouvelle chance de reconstruire leur vie.

En conclusion, L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-même est un magnifique album jeunesse abordant de manière légère, drôle et touchante le sujet difficile des migrants. L’écriture tout en finesse et empreinte d’amour et d’optimisme rend la lecture riche en émotions. À mettre en toutes les mains !

Feuilletez l’ouvrage sur le site des éditions Gallimard
Retrouvez le livre chez votre libraire ou en ligne

10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse, Laurence Colin

Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir 10 bonnes raisons d’aimer la maîtresse de Laurence Colin.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Même si elle fait des efforts pour le cacher, la maîtresse n’est pas celle qu’on croit. Et c’est bien pour ça qu’on l’aime tant !

Évidence éditions (5/12/201/) -56 pages – Broché (8€) – ebook (3.99€)

AVIS

En recherche d’un livre pour le thème de janvier du Challenge Lire en thème (lire un livre avec un chiffre ou un nombre dans le titre), j’ai jeté mon dévolu sur ce petit album dont le titre et le résumé me plaisaient bien.

Un bon choix puisque j’ai passé un joli moment de lecture auprès de ces jeunes élèves qui, il n’y a pas à en douter, ont l’imagination fertile ! À partir de différentes situations, ils imaginent des raisons expliquant le comportement de leur maîtresse, une maîtresse qu’ils aiment beaucoup d’ailleurs. C’est toujours très amusant, voire cocasse, et parfois non dénué d’une certaine logique. Ainsi, si la maîtresse lit des histoires, c’est parce que, comme ses élèves, elle n’aime pas beaucoup travailler, et si elle fait semblant de ne pas entendre la cloche, c’est pour une raison quelque peu inattendue….

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La présentation de l’ouvrage, un dessin d’un côté et quelques lignes de texte de l’autre, le rend très accessible aux jeunes lecteurs qui devraient, en outre, facilement s’identifier aux différents élèves que l’on rencontre au fil des pages. Une petite lecture immersive qui me semble donc parfaite pour les enfants découvrant la lecture même si, bien sûr, la présence d’un adulte pour partager ces petits moments de rire est toujours un gros plus.

Le livre est à destination des enfants à partir de 6 ans, mais cela ne m’a pas empêchée d’en apprécier la lecture. Il faut dire qu’à l’instar de ces ouvrages reprenant les « bons mots » des enfants, cet album apporte un peu de cette fantaisie enfantine qui égaie le quotidien. Quant aux maîtresses et aux maîtres, je ne doute pas qu’ils soient conquis par cet album imaginé par Laurence Colin, maîtresse de profession.

Pour ma part, j’ai été attendrie par ces enfants qui, en plus de nous faire sourire par leurs explications amusantes sur le comportement de leur maîtresse, sont d’une telle tendresse envers cette dernière qu’ils en deviennent touchants. J’espère d’ailleurs que les personnes travaillant avec des enfants ont ou auront la chance d’en rencontrer d’aussi adorables.

J’ai également été séduite par les illustrations lumineuses et tout en rondeurs qui représentent à merveille l’univers de l’enfance. Elles collent donc parfaitement à l’ambiance qui se dégage du livre et contribuent fortement au plaisir que l’on prend à faire défiler ses pages.

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En conclusion, 10 raisons d’aimer la maîtresse est un mignon petit album plein de douceur, de tendresse et d’humour. Riche en dessins, cette lecture familiale devrait séduire petits et grands lecteurs.

Envie de découvrir l’album ? Rendez-vous sur le site de la maison d’édition.

Les improbables, Carrie Firestone

Les improbables par Firestone

Je remercie Babelio et les éditions Fleurus pour m’avoir permis de découvrir Les improbables de Carrie Firestone.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est l’été. Sadie s’apprête à passer des vacances ennuyeuses. Elle restera avec ses parents et travaillera au marché. Ses amies lui manqueront.
Mais les choses ne vont pas se dérouler ainsi : un jour, une voiture déboule à toute vitesse et un homme complètement soûl en sort pour faire ses courses. Sadie découvre un bébé sur la banquette arrière. Lorsque l’homme revient de ses courses, elle décide de l’empêcher coûte que coûte de repartir et de sauver ce bébé. Elle finit à l’hôpital. Son exploit fait le tour de la ville. Lors d’une soirée pour recevoir le prix du jeune héros de la ville, elle rencontre quatre autres jeunes tous impliqués dans différentes actions humanitaires. Ils décident de consacrer leur été à lutter contre le harcèlement sur les réseaux sociaux. À la fin de l’été, ce groupe d’« Unlikelies » a réussi à se faire connaître comme groupe actif dans la lutte contre les injustices, le harcèlement, et Sadie démarre son année de lycée avec de nouveaux amis.

FLEURUS (14 septembre 2018) – 428 pages – 16,90€ (broché) – Ebook disponible

AVIS

Les improbables, c’est le genre de lecture qui vous donne le peps pour la journée, le sourire aux lèvres et l’envie d’aider votre prochain à l’instar de ces cinq adolescents qui vont se rencontrer lors d’un repas destiné à récompenser leur bravoure et leur engagement pour la société. Ce repas, qui n’aurait pu être qu’un banal événement, va être le point de départ d’une très belle amitié !

L’autrice nous offre ici une galerie de personnages variée autant en termes de personnalité que d’origine ethnique ou socioculturelle. Une mixité sociale qui rend l’histoire prenante et qui explique, en partie, l’alchimie qui s’opère entre les protagonistes. Chacun se démarque de l’autre et apporte quelque chose au groupe même si certains protagonistes prennent, de par leur personnalité et les problématiques qu’ils rencontrent, un peu plus de place que les autres.

Si nos cinq héros sont bien présents tout au long du récit, l’histoire se concentre néanmoins autour de Sadie, une fille aussi gentille qu’altruiste à laquelle il est difficile de ne pas s’attacher. On comprend donc aisément que M. Upton, un homme âgé et malade, n’hésite pas à lui confier une mission qui lui tient particulièrement à cœur : réparer les errances de son « lézard » de père, un être abject ayant construit sa fortune sur le malheur et l’exploitation d’autrui. Pour ce faire, il confiera à la jeune fille une valise au contenu, de prime abord, bien énigmatique… Sadie, en plus de cette délicate mission, doit également faire face aux séquelles physiques, et surtout mentales, de l’agression dont elle a été victime quand elle a voulu sauver la vie d’un bébé.

Elle pourra heureusement compter sur le soutien de ses nouveaux amis qu’elle apprendra, petit à petit, à mieux connaître. Il y a donc Alice, une passionnée de chiens, qu’elle avait déjà eu le loisir de côtoyer durant son enfance, Val, amoureuse d’un goujat, Jean, un artiste qui a vécu des choses éprouvantes qu’il extériorise grâce à son art, et Gordie, un garçon avec lequel Sadie va au lycée et dont elle s’était amourachée plus jeune. Loin de passer l’été à rêvasser, ces cinq amis vont essayer de satisfaire le dernier souhait de M. Upton, et entreprendre de lutter contre le harcèlement scolaire et les trolls qui pullulent sur internet. C’est ainsi que naissent Les improbables, sorte de justiciers anonymes qui apportent un peu de bonté parmi un océan de méchanceté.

Le harcèlement scolaire est un sujet de plus en plus évoqué dans la littérature ce que, en tant qu’ancienne harcelée, je trouve salutaire. Mais ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que l’autrice le fait avec intelligence. Au lieu de développer de grands principes, jolis sur le papier, mais difficilement applicables en réalité, elle ouvre une nouvelle voie. Elle montre à chacun, enfant comme adulte, que lutter contre ce fléau peut se faire par petites touches, que chaque bonne action, aussi simple soit-elle, peut faire boule de neige et contribuer à faire changer les choses. Dit comme ça, l’idée peut sembler simpliste, voire utopiste, mais Sadie et ses amis nous prouvent que ce n’est pas le cas. Que la méchanceté existe, mais que rien ne nous oblige à faire partie des haineux et autres trolls. Que la bonté ne se mesure pas en termes de valeurs monétaires, mais de ces petits actes qui offrent un peu de lumière à ceux qui sont dans le noir.

Les Improbables, c’est donc une belle histoire d’amitié, de celle qui fait grandir et permet d’en apprendre plus sur soi-même. Bien qu’elle ne soit pas au centre de l’intrigue, c’est aussi une histoire d’amour qui a su me faire sourire et m’attendrir alors que je ne suis pas une très grande amatrice du genre. J’ai apprécié que les personnages prennent leur temps pour s’avouer leurs sentiments même s’il ne faut pas très longtemps aux lecteurs pour deviner qu’il y a de l’amour dans l’air…

Mais au-delà de l’amour et de l’amitié omniprésente, le roman aborde des thèmes difficiles comme le harcèlement qu’il soit scolaire ou sur Internet, le handicap, les relations toxiques, la difficulté de trouver sa voie, les traumatismes, l’addiction notamment à la drogue… Le volet drogue prend d’ailleurs une certaine importance dans l’histoire, ce qui n’est pas forcément mis en avant dans le résumé. Je n’en dirai pas trop sur ce point, mais comme avec le harcèlement, Carrie Firestone nous offre un traitement pertinent du sujet. Sans tomber dans la moralisation à outrance, elle permet aux lecteurs de se rendre compte des conséquences néfastes de cette addiction sur la vie d’une personne, mais aussi sur son entourage. La seule chose qui m’a un peu dérangée, mais qui, d’une certaine manière, me semble réaliste dans certaines familles, c’est le déni des parents. Un déni qui contraint une jeune fille à prendre des responsabilités bien trop lourdes pour son âge…

L’autrice, tout en nous offrant un roman résolument optimiste, ne tombe donc pas dans la niaiserie. Malgré toute leur bonne volonté, Les improbables ne pourront rien faire contre l’égoïsme et la cupidité de certains individus. Ils ne pourront pas non plus sauver, contre leur volonté, les personnes qui refusent de l’être, mais peu importe, car ils ont réussi à lancer une dynamique d’entraide et de bienveillance qui porte, petit à petit, ses fruits…

Quant à la plume de l’autrice, elle est efficace !  Pas de fioritures, ni d’effets de manche qui auraient, de toute manière, alourdi le récit. On est dans du pragmatique avec des phrases relativement courtes, mais travaillées, de nombreux dialogues, des réparties percutantes… Un style accessible qui devrait plaire aux adolescents et aux adultes aimant les textes qui se lisent facilement. Petit détail qui devrait également séduire les jeunes lecteurs, la transcription de certains des SMS de la petite bande qui aime beaucoup ce mode de communication.

En conclusion, l’autrice, d’une plume simple mais entraînante, nous parle d’amitié, d’amour, mais aussi de harcèlement, de drogue et de méchanceté. Malgré des problématiques parfois difficiles, il ressort de ce roman une telle positivité que j’aurais envie de le qualifier de feel-good. À la fin de votre lecture, vous devriez avoir le sourire aux lèvres et l’envie, comme Les improbables, de faire le bien autour de vous. Cela tombe bien puisque Carrie Firestone nous prouve que cela est à la portée de chacun d’entre nous.

Alors qui a envie de rejoindre Les improbables ?

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