Un crocodile ? Quel crocodile ? de Beatriz Osés

Couverture Un crocodile ? Quel crocodile ?

À la mort de sa mère, Laura est obligée de quitter sa maison pour habiter chez sa tante. Lors d’une promenade, elle découvre, caché dans un étang, un crocodile étrange qu’elle seule semble capable de voir. L’animal la suit partout et prend sa défense en toutes circonstances. Il mord les mollets de la tante Daniela, mange le parapluie d’une voisine acariâtre…
Mais les choses se compliquent lorsque le crocodile invisible dévore le directeur de la nouvelle école de Laura.
Car si personne ne comprend ce qui s’est passé, tout le monde a bien vu le directeur disparaître devant Laura. Comment va-t-elle pouvoir s’expliquer?

Bayard Jeunesse (16 janvier 2019) – 208 pages – 9/12 ans
Papier (9,90€) – Ebook (6,99€) – Traduction : Karine Suhard-Guié

AVIS

Dans cette histoire complètement loufoque, l’autrice nous plonge dans la vie de Laura. La jeune fille n’a pas le temps de faire le deuil de sa mère qu’elle doit quitter le village de son enfance en Toscane pour aller vivre chez sa citadine de tante Daniela. Femme très occupée qui, de surcroît, n’avait jamais ressenti l’envie d’avoir un enfant, Daniela va faire de son mieux pour aider sa nièce, mais la communication est parfois un peu difficile…

La vie de Laura va néanmoins prendre un tournant inattendu quand elle va découvrir, lors d’une promenade dans un parc, un crocodile ! Mais attention, pas n’importe quel crocodile, un crocodile facétieux qu’elle est la seule et unique à voir. S’imposant comme son protecteur, l’animal va l’accompagner partout et veiller sur elle avec beaucoup d’attention et de soin.

Avoir un crocodile comme fidèle animal de compagnie, ça, c’est original ! Mais pas forcément discret quand celui-ci a tendance à avaler les personnes qui contrarient la jeune fille. Et ce n’est pas le directeur de sa nouvelle école qui vous dira le contraire… Une enquête sur cette étrange disparition, qui sera accompagnée d’autres cas, va être alors lancée. Le pauvre inspecteur en charge de l’enquête n’y comprend rien : pas d’indice à se mettre sous les dents, une histoire abracadabrantesque de crocodile invisible, des disparitions soudaines et inexplicables… Le lecteur, s’il s’amuse de la situation, éprouve néanmoins un peu de peine pour cet adulte plongé dans un monde de perplexité.

À mesure que Laura s’attache à son crocodile, elle reprend un certain goût à la vie d’autant que, dans le même temps, elle se lie d’amitié avec un garçon japonais de son âge victime de harcèlement scolaire en raison de sa nationalité. Mais pas d’inquiétude, notre crocodile a bon cœur et n’a pas besoin de savoir parler pour expliquer sa manière de penser aux petits caïds qui se moquent du nouvel ami de Laura. De fil en aiguille, les deux ou plutôt les trois nouveaux amis en viennent à prendre une décision un peu folle : retourner dans la maison familiale de Laura. Commence alors pour eux un voyage mouvementé dans un train dont les membres d’équipage ne ressortiront pas indemnes.

L’histoire, non dénuée d’un certain humour, nous entraîne dans une course folle et décalée à l’aventure, entre rencontre avec un personnage atypique, confrontation avec la bêtise humaine qui n’attend pas les années, voyage mouvementé durant lequel vaillance et débrouillardise seront nécessaires… Il se passe donc toujours quelque chose dans ce petit livre rythmé qui devrait plaire aux jeunes lecteurs et aux adultes appréciant de se perdre dans le joli imaginaire de l’autrice. L’écriture, quant à elle, se révèle simple, percutante et dynamique.

En conclusion, Un Crocodile ? Quel crocodile ? offre une réflexion subtile et bien amenée sur le deuil, la difficulté d’accepter une perte et les différents stades par lesquels on passe face à une tragédie. De la colère à l’acceptation, les sentiments de Laura vont évoluer au gré de l’aventure jusqu’à ce qu’elle accepte de laisser partir son nouvel ami qui, d’une certaine manière, veillera toujours sur elle… Une jolie histoire qui, derrière un enchevêtrement d’actions irréalistes et plutôt amusantes, se révèle bien plus profonde qu’il n’y paraît.

Maudit cupidon, Lauren Palphreyman

À 17 ans, Lila découvre que les cupidons, loin d’être un mythe, sont bien réels. Qu’ils constituent une agence d’entremetteurs œuvrant dans le plus parfait des secrets. Et qu’elle, petite mortelle ordinaire, a été matchée au dieu de l’amour originel : Cupidon lui-même. Une vaste plaisanterie ? Non, une malédiction !
D’abord, elle n’a rien demandé. Ensuite, Cupidon est si ingérable qu’il a été banni de la Terre il y a des décennies. Enfin, tous deux encourent la peine capitale s’ils tombent amoureux, les relations entre humains et cupidons étant proscrites. Or sa prétendue âme sœur est de retour, décidée à braver l’interdit et les flèches d’une mystérieuse armée jetée à ses trousses… Lila n’a plus le choix. Aidée de Cal, le jeune frère de Cupidon, elle doit fuir et, par tous les moyens, tenter d’inverser le cours de leur destin.

Hachette Romans (6 février 2019) – 414 pages – Broché (18€) – Ebook (6,99€)
Traduction : Axelle Demoulin Nicolas Ancion

Je me suis laissé tenter par ce roman ayant été intriguée par l’idée de découvrir une histoire reprenant le mythe de Cupidon très peu présent en littérature adolescente. Une curiosité plutôt récompensée parce que si le roman ne me restera probablement pas très longtemps en tête, il m’a toutefois offert un moment de lecture agréable, et surtout, sans prise de tête.

Si on occulte l’ébauche d’un triangle amoureux dont je me serais volontiers passée, j’ai trouvé une certaine fraîcheur et originalité à ce récit qui nous plonge sans préambule dans la vie de Lila, une adolescente qui découvre que Cupidon existe et qu’en plus, il est son âme sœur. Petit problème, cette chère légende de l’amour avec un grand A et du coup de foudre qui foudroie n’a pas le droit d’avoir d’âme sœur. À vrai dire, aucun des cupidons de l’agence qui les régit n’a le droit d’en avoir une, politique de la maison oblige. La sanction si Lila et Cupidon tombaient dans les bras l’un de l’autre ? Le retour de la Présidente ! Or, personne ne semble vouloir qu’une telle chose se produise. Et pour empêcher son retour, les Flèches, un groupe de cupidons fanatiques, sont prêts à tout quitte à employer des moyens radicaux et définitifs…

Face au danger, Lila pourra heureusement compter sur sa meilleure amie Charlie, Cal bien décidé à l’empêcher de tomber dans les bras de son frère Cupidon, Crystal, une femme cupidon pas très chaleureuse au premier abord, et Cupidon en personne.  Je ne me suis attachée à aucun personnage en particulier parce que l’histoire va assez vite, ce qui ne permet pas d’approfondir la personnalité de chacun, mais aucun ne m’a déplu. Tous ont ainsi un petit quelque chose qui donne envie d’apprendre à mieux les connaître : Cal et son côté sérieux qui le rend parfois grincheux mais également attachant, Crystal qui n’est peut-être pas si hautaine que cela et dont on a envie de fouiller dans le passé que l’on devine riche, Charlie qui fait face vaillamment à la situation alors que cela l’impacte directement, Lila qui garde la tête sur les épaules malgré son attraction pour Cupidon et ce dernier qui, derrière une certaine nonchalance, semble finalement moins sûr de lui qu’il n’y paraît…

À mesure que ses sentiments grandissement pour Lila, Cupidon réalise que son obstination à vouloir la rencontrer et à interférer avec sa vie n’était peut-être pas une très bonne idée et qu’en faisant fi des avertissements de Cal, il a mis la jeune fille dans une situation dangereuse.  Je m’attendais à être agacée par Cupidon et son arrogance, mais cela ne fut pas le cas parce qu’on comprend vite que c’est une façade et qu’il est aussi perdu que Lila avec cette histoire d’âme sœur dont il a une vision assez particulière et en décalage avec sa nature profonde. J’ai d’ailleurs apprécié les réflexions soulevées par l’autrice sur cette notion d’âme sœur qui, quand on prend le temps d’y réfléchir, est aussi poétique que triste. N’est-il pas, en effet, assez démoralisant de penser qu’il n’existe qu’une seule chance d’être heureux ? Cette idée d’âme sœur et de ses limites est donc assez bien traitée dans ce roman. Je retiens notamment une très belle scène vers la fin du roman qui apporte une conclusion aussi émouvante que pleine de pertinente…

Puisqu’on parle du mythe de Cupidon, il y a bien sûr une romance, mais je l’ai trouvée assez légère pour ne pas prendre le pas sur l’action même si les réflexions de Lila sur le corps de sa supposée âme sœur m’ont parfois fait lever les yeux au ciel. Cupidon et Lila se tournent autour, mais il y a cette barrière à ne pas franchir qui maintient entre eux une  certaine distance… Ne vous attendez donc pas à ce qu’ils se sautent dessus dès les premiers chapitres, ce qui, je dois en convenir, m’a plutôt plu. Toutefois, je reconnais ne rien avoir ressenti devant ce couple interdit. Il n’y a pas assez de tension et d’interactions entre les deux personnages pour que leurs sentiments et leur attraction paraissent réels. Mais je pense que leur histoire pourra plaire à des lecteurs plus jeunes ou un peu moins exigeants de ce côté-là.

J’ai, à l’inverse, complètement été convaincue par la bonne dose d’action présente tout au long du livre. Si la psychologie des personnages manque de développement, l’action, quant à elle, est donc bien au rendez-vous. L’histoire est menée tambour battant et l’on n’a pas le temps de s’ennuyer, le groupe formé autour de Lila devant faire face à un certain nombre d’attaques plus ou moins organisées. Et quand ils ne sont pas attaqués, les personnages sont occupés à fuir leurs sentiments et les Flèches ainsi que les autres cupidons, tous bien décidés à éviter le retour de la Présidente.

L’autrice tente de rendre l’identité de cette fameuse Présidente mystérieuse, mais il suffit de quelques connaissances en mythologie grecque et romaine pour tout de suite comprendre son identité. Un mystère qui n’a donc pas pris de mon côté, mais qui ne nuit en rien à l’intrigue. J’ai, dans tous les cas, apprécié l’incursion de la mythologie dans ce roman puisque les cupidons ne seront pas les seules créatures mythologiques à faire leur apparition. Attendez-vous, par exemple, à retrouver le Minotaure que l’autrice a eu l’idée originale et plutôt convaincante de lier à un célèbre tueur en série dont on n’a jamais vraiment su avec précision l’identité. Sa relation étrange avec Crystal suscite également quelques interrogations… Autre originalité, avoir mélangé mythologie et monde virtuel ! Cela marche vraiment très bien même si c’est un point assez anecdotique par rapport à l’histoire.

Quant à la plume de l’autrice, elle m’a agréablement surprise. Le style est certes simple, mais efficace, agréable et dynamique, ce qui rend la lecture plutôt addictive et plaisante. J’ai d’ailleurs lu le roman en deux ou trois soirées sans jamais trouver le temps long. La seule chose qui m’a un peu frustrée est la rapidité avec laquelle Lila est plongée dans l’univers des cupidons. Cela évite les longueurs, mais j’aurais peut-être apprécié de la voir batailler un peu plus avec l’idée d’être mêlée, bien malgré elle, à cet univers surnaturel dans lequel les créatures mythologiques existent vraiment. On regrettera également une fin un peu trop précipitée qui donne le sentiment que l’autrice a survendu le danger entourant une potentielle romance entre Lila et Cupidon…

En conclusion, Maudit cupidon fut une bonne surprise. La psychologie des personnages aurait probablement mérité d’être un peu plus fouillée pour rendre leurs émotions et ressentis plus palpables, mais l’autrice a su compenser ce point par une bonne dose d’originalité et une fraîcheur inattendue qui ont rendu la lecture aussi agréable que prenante. Si vous souhaitez (re)découvrir le mythe des cupidons, ce roman young adult rythmé et bien mené pourrait vous plaire.

 

Le Magicien d’Os, Eric Sanvoisin

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Le jour qui aurait dû être celui du grand bonheur, fut celui de l’immense désespoir. Lors du mariage de la princesse Rune et du prince Lunn, une balle venue d’on ne sait où, frappe le prince en plein cœur. Sur les conseils d’un astrologue la princesse, folle de douleur, part demander de l’aide au magicien d’Os, un être à la mauvaise réputation. Celui-ci accepte de ressusciter Lunn seulement si elle accepte de rester avec lui pour toujours. Rune se retrouve ainsi prisonnière du magicien et de son étrange manoir recelant bien des secrets.
Lunn, malheureux et désespéré, décide d’aller à la recherche de sa bien-aimée. Mais il rencontre le magicien d’abord

Balivernes (28 mai 2019) – 128 pages – 15€

Découvert par hasard dans les rayons de ma médiathèque, Le Magicien d’OS fut pour moi un coup de cœur que j’aurais envie de recommander encore et encore !

Avec ce livre, dont le titre est à lui seul un argument pour craquer, les éditions Balivernes m’ont permis de renouer avec cette ambiance si particulière des contes. Pas ceux emplis de paillettes et de licornes, mais ceux plus classiques avec leur part d’ombre, de mystère et dans lesquels amour et mort sont inextricablement liés.

Beau, sombre et cruel à la fois, le récit de la princesse Rune et du prince Lunn m’a transportée et fait vivre mille émotions. D’abord de la tristesse face au prince qui s’effondre d’une balle en plein cœur le jour de son mariage et devant la princesse qui dépérit de chagrin en raison du décès de son bien-aimé qui lui a été ravi d’une bien atroce manière. Puis de la crainte et de la curiosité devant un mystérieux et malfaisant magicien qui accepte de ressusciter Lunn en arrachant à Rune la promesse d’une vie passée à ses côtés…

Ce conte délicieusement traditionnel, avec un petit côté La Belle et la Bête en bien plus sombre, n’en demeure pas moins d’une surprenante et agréable modernité. Cela commence par cette princesse qui prend son destin en main et refuse de se morfondre sans rien faire devant le sort de son prince. Elle est consumée par la douleur et ne rêve que d’une vie aux côtés de Lunn, mais elle fait également preuve d’un certain courage et d’une volonté de fer osant tenir tête à ce Magicien d’Os qui l’emplit pourtant de crainte… Si son époux va essayer de la sauver des griffes de son geôlier faisant lui-même preuve de témérité et d’une totale abnégation, c’est bien Rune qui saura trouver les clefs de sa liberté.

Le magicien apprendra, quant à lui, qu’une prison dorée reste une prison et que l’amour ne s’achète pas ni ne se vole. Une dure leçon de vie qui nous ferait presque prendre en pitié un être malfaisant, mais dont les fêlures et le besoin désespéré d’être aimé suscitent une certaine empathie… Méchant donc, mais avec cette légère pointe d’humanité qui distingue les méchants bien construits des caricatures et autres personnages stéréotypés.

Un bon conte est un conte intemporel qui fera frémir et divertira des générations parfois très éloignées. J’ai le sentiment que Le Magicien d’Os fait partie des élus, peut-être parce que sans temporalité précise, il pourra naviguer avec facilité dans les couloirs du temps à moins que ce ne soit les sujets abordés (le véritable amour, la mort, la vie…) qui le rendent si précieux et universel. Quant aux références littéraires, notamment à une célèbre et tragique histoire d’amour, elles renforcent avec brio ce sentiment de beau et de dramatique qui nous prend au cœur et au corps durant notre lecture.

Le Magicien d’Os est un superbe conte porté par la très jolie plume d’Eric Sanvoisin qui s’est évertué à retranscrire l’atmosphère si particulière des contes d’antan. Mais c’est également un très bel ouvrage magnifié par les illustrations de Gilles Francescano. D’un réalisme époustouflant venant aussi bien des nuances de gris alternant entre ombre et lumière que des nombreux détails, celles-ci participent au sentiment d’immersion que vous ne manquerez pas de ressentir en parcourant le livre.

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Quant à l’objet-livre en lui-même, il est tout simplement sublime : format cartonné, couverture en trompe-l’œil, hauts de page joliment ornés, tranche noire qui se marie à merveille avec les illustrations et l’atmosphère de l’histoire… Tout autant d’éléments qui viennent parfaire l’expérience de lecture et lui apporter une tout autre dimension.

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En bref, Le Magicien d’Os est un magnifique conte, entre tradition et modernité, que je conseille les yeux fermés aux amateurs du genre et/ou aux personnes souhaitant découvrir une superbe et tragique histoire d’amour dans laquelle il est est question de vie, de mort, mais aussi d’espoir, d’ombre et de lumière.

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Retrouvez/feuilletez le livre sur le site de Balivernes éditions.

Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige, Catherine Girard-Audet

Couverture L'envers des contes de fées, tome 3 : Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige / Journal intime de la belle-mère (pas si) cruelle de Blanche-Neige

La dernière fois que vous avez entendu parler de moi, j’essayais d’empoisonner ma belle-fille avec une pomme. Mon plan a échoué et j’ai tout perdu. J’ai dû faire une cure de gentillesse dans un centre de méditation où je ne pouvais porter ni maquillage ni belles robes et où je n’ai pas pu apporter mon miroir ! Cela m’a transformée. Je suis prête à réintégrer mon village pour prouver à Blanche-Neige et à tous les autres habitants de Livresdecontes que je suis une nouvelle femme. Lisez-vite mon journal !

Kennes (17 juin 2015) – 124 pages – 6/9 ans – Broché (9,95€) – Ebook (6,99€)

AVIS

J’aime beaucoup la collection L’envers des contes de fées qui nous permet de voir les méchants des contes autrement… Journal de la belle-mère pas si cruelle de Blanche-Neige est le troisième roman de la série, mais chaque tome peut se lire indépendamment des autres.

Comme toujours avec les livres de cette série, le travail éditorial est soigné avec de multiples petites illustrations qui viennent égayer le texte et lui apporter une bonne dose de peps bien que le récit n’en manque déjà pas. La construction du livre autour d’entrées de journal intime est également très agréable et facilite grandement la lecture des jeunes lecteurs tout comme l’humour omniprésent qui ne manquera pas de faire également sourire les adultes.

Dans ce tome, l’autrice s’amuse gentiment de l’engouement pour le développement personnel en envoyant la méchante belle-mère de Blanche-Neige en cure dans un centre de méditation. On la retrouve donc quelques semaines après son arrivée et l’on découvre son programme : thérapie individuelle et thérapie de groupe, yoga, méditation, graines de lin et choux de Bruxelles, beaucoup de choux de Bruxelles… Mais loin de la rendre chèvre, cette ambiance zen fera beaucoup de bien à la méchante belle-mère qui a appris progressivement à se délester de ses possessions matérielles, et notamment de son fameux miroir, pour se recentrer autour de son moi intérieur. Cela n’est pas toujours aisé, surtout quand il est question de boutons sur le visage, mais elle essaie maintenant de faire passer l’être avant le paraître. Son évolution est d’ailleurs probante et stupéfiante.

Il faut dire que Reine a bien compris que le début de tous ses ennuis a pris racine dans son obsession de la beauté qui l’a inéluctablement conduite sur le chemin de la jalousie. Adieu donc le maquillage et les belles robes qui pourraient entretenir, du moins tant qu’elle n’est pas complètement guérie, sa vanité et bienvenue à une Reine dépourvue d’artifices, mais non dénuée d’une belle aura et d’une jolie personnalité. Mais si les autres membres du centre ont pu assister à sa métamorphose, reste à convaincre les habitants de Livresdecontes que le changement est réel et durable !

Le temps de quitter le centre de méditation étant venu, Reine déménage dans une cabane au fond des bois, loin de la tentation, afin de se réadapter à la vie en société et faire amende honorable de ses péchés. Elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de sa psychologue qui va venir lui tenir compagnie dans cette cabane rustique que n’apprécie pas particulièrement Reine qui aurait aimé un peu plus de confort et un environnement plus urbain. Et si cette nouvelle vie n’était déjà pas un défi en soi, notre ancienne méchante est persuadée d’être la proie d’un monstre marin… Réalité ou fantasme ? Je vous laisserai le plaisir de le découvrir.

L’autrice a un vrai talent pour rendre les méchants des contes terriblement humains et attachants. J’ai ainsi adoré Reine qui reconnaît ses errances passées et qui fait de son mieux pour offrir au monde une nouvelle et meilleure version d’elle-même. Loin d’être la marâtre sans cœur que l’on connaît tous, elle nous apparaît ici sympathique et même touchante, notamment avec sa meilleure amie qui ne lui a jamais tourné le dos, et un certain bûcheron qui ne semble pas la laisser indifférente ! Sa relation avec Henri est d’ailleurs toute mignonne et pleine de jolis sentiments au point de me donner le sourire aux lèvres, et pourtant, je ne suis pas du style fleur bleue.

Avec facétie et humour, l’autrice s’amuse également à ternir l’image des princesses de contes, et ça fonctionne à merveille. Oubliez donc la Blanche-Neige serviable et altruiste, et faites place à une nunuche (ça, ça ne change pas trop de la version Disney) obsédée par les apparats, le beau, le luxe, et surtout, par son physique et sa beauté au point de vouloir écraser les « concurrentes ». Cela ne vous rappelle-t-il pas quelqu’un ou, plutôt, l’ancienne version d’une certaine personne ?

En plus d’une histoire fort sympathique et emplie d’humour, on appréciera le savant mélange entre l’ambiance si particulière des contes et notre réalité : ici, on parle autant de miroir magique que de test ADN ou de Gossip Girl. Un mélange truculent à l’instar de ce roman que je ne peux que vous recommander pour un joli et divertissant moment de lecture qui réunira, enfants et adultes, autour de l’amour des contes, un genre revisité et dépoussiéré avec brio par Catherine Girard-Audet.

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Caribou baby, Meg Rosoff

Caribou Baby (Grand Format Ados) par [Meg Rosoff]

Jess a 17 ans et elle vient d’avoir un bébé. Bon… pas n’importe quel bébé : un bébé caribou. Personne ne sait comment c’est arrivé. On n’avait rien détecté. Avec Nick, son copain bien humain, Jess apprend à accepter l’absurdité de la vie, à devenir mère, à comprendre que son enfant est un individu, parfois encombrant, mais un individu à part entière. Un être qu’il faut choyer… et savoir laisser vivre et libérer le moment venu.

Rageot Editeur (12 septembre 2018) – 11,90€ – Epub (9,49€) – Broché (11,90€)

AVIS

À travers ce court, mais truculent roman, Meg Rosoff aborde avec justesse et de manière parfois métaphorique des thématiques sociétales fortes : la grossesse adolescente, la contraception, le fossé culturel entre deux milieux sociaux différents, mais surtout la famille, la parentalité quand on n’est pas encore soi-même un adulte, les enfants « différents », le regard de la société sur ceux qui n’entrent pas dans les normes, la bienveillance…

Et pour ce faire, elle passe par une histoire en apparence complètement abracadabrantesque offrant plusieurs niveaux de lecture. Les enfants pourront ainsi prendre plaisir à suivre la chouette aventure d’un jeune caribou, les adolescents pourront éventuellement voir dans ce titre une sensibilisation à la contraception et à la parentalité à un âge où on n’est pas forcément armé pour s’y frotter ou ils pourront y voir, comme les adultes, une forte allégorie du droit à la différence, de la difficulté pour des parents de faire face à un enfant qui n’est pas forcément celui qu’ils attendaient, et de l’amour parental nonobstant le regard de la société…

Sans fausse pudeur, l’autrice nous plonge ainsi dans la vie de deux adolescents qui découvrent avec stupeur que le bébé tout rose et joufflu qu’ils espéraient se trouve être un mignon, mais fort poilu caribou ! Une fois le choc passé, vient le temps de l’acceptation, puis celui de l’adaptation. Jess et Nick se révèlent d’ailleurs plutôt responsables se faisant avec beaucoup de rapidité à la situation…

Mais de fil en aiguille, on réalise que si Jess est assez réaliste sur ce qu’élever un caribou implique, Nick l’est beaucoup moins. Il a ainsi plus de mal à renoncer au futur qu’il imaginait pour son fils continuant à placer en lui des espoirs vains et injustes. Un caribou ne sera jamais un poète, il n’enchantera pas les oreilles de son père de douces mélodies et il ne sera pas capable de suivre une scolarité normale…

Nick et Jess vont donc devoir apprendre à composer avec la nature profonde de leur enfant et trouver pour lui des solutions afin qu’il s’épanouisse en fonction de ses propres besoins et non de ceux des autres enfants. L’équité se révèle, en effet, parfois bien plus juste et pertinente qu’une recherche vaine d’égalité qui ferait fi des capacités de départ de chacun. Nous avons ici une jolie leçon de vie et d’amour qui nous prouve que souhaiter le meilleur pour quelqu’un, c’est aussi accepter ses différences sans tenter de le faire entrer dans des cases ou des pseudos-normes.

Bien que le roman soit très court, j’avoue m’être complètement prise d’affection pour cette famille atypique, et surtout pour Jess qui fait montre d’une capacité de recul et d’un humour à toute épreuve. La jeune femme est décontenancée par la situation, mais elle prend sa vie à bras-le-corps et tente d’être la meilleure mère possible pour son petit caribou sans pour autant nier les difficultés qu’elle rencontre. Elle est heureusement épaulée par sa mère qui, malgré les appréhensions des débuts, finit par aimer ce petit-fils qui n’est peut-être pas comme tous les autres, mais qui n’en demeure pas moins attachant et digne d’être aimé pour ce qu’il est, et non pour ce qu’elle aurait aimé qu’il soit.

Quant à la fin, si elle m’a légèrement décontenancée m’attendant à ce que l’autrice aille dans une autre direction, elle a le mérite de l’originalité et n’est pas dénuée d’un certain humour, à l’image de ce roman truculent que j’ai lu d’une traite. Il faut dire qu’en plus d’être court, son organisation sous forme de dialogues au ton enlevé le rend plutôt rapide à lire tout comme la plume caustique, fluide et rythmée de l’autrice.

On appréciera également l’illustration au début de chaque chapitre qui apporte une certaine douceur à la lecture et facilitera, peut-être, l’attachement des jeunes lecteurs à notre mignon petit caribou dont on suit la croissance en accéléré.

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Poétique, original, et empli d’humour et d’amour, Caribou baby est un magnifique et touchant roman jeunesse qui, sous couvert d’une histoire complètement loufoque, délivre un très joli message de tolérance et de bienveillance. À lire et à relire, seul ou en famille !

Je remercie NetGalley et les éditions Rageot pour cette lecture.

 

(Haute) couture Devenir styliste à 13 ans ! Écrivore

Prénom : Zoé. Âge : 13 ans. Sa passion ? La couture. Son souhait ? Devenir styliste. Mais ses parents sont contre cette idée. Pour leur prouver que ce rêve peut devenir réalité, la jeune fille décide de participer en cachette à un concours organisé par son grand couturier préféré : Chanelciaga. Elle devra confectionner une robe de soirée pour remporter un stage chez ce styliste de renom. Mais la réalisation du projet va être semée d’obstacles, entre prof de couture excentrique, parents démissionnaires et harcèlement au collège ( Zoé est « rousse de chez rousse »). Sans parler des difficultés techniques pour créer la robe !
Zoé va devoir développer sa combativité et composer avec les uns et les autres pour parvenir à ses fins. Une belle aventure qui, à l’orée de l’adolescence, la fera grandir.

Preskadult – (22 novembre 2019) – 112 pages – 8/12 ans
Ebook (0,99€) – Broché (4,99€)

AVIS

Je n’ai jamais été attirée par la mode, mais la couverture et le résumé m’ont intriguée et le roman étant très court, j’ai fini par me laisser tenter. Une bonne chose puisque j’ai passé un très bon moment avec ce livre plein de beaux sentiments et de belles valeurs.

Zoé, 13 ans, a une passion dans la vie : la couture. Elle décide donc de s’inscrire, en cachette de ses parents et sans tenir compte de l’âge minimum pour participer, à un concours organisé par son créateur favori, le grand Chanelciaga. Par un heureux concours de circonstances, elle va obtenir de l’aide de la dernière personne sur laquelle elle aurait pensé pouvoir compter et d’une couturière confirmée et passionnée. Commence alors pour l’adolescente une aventure dans laquelle elle va devoir faire preuve d’imagination et de pugnacité afin de faire face aux épreuves qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Sous couvert d’une histoire toute mignonne, l’autrice aborde une multitude de thèmes importants et intéressants : le harcèlement scolaire, le respect de la différence, l’acceptation de soi, les préjugés, le racisme, la force des rêves, la nécessité de ne pas baisser les bras devant les difficultés… Le roman étant très court, ces thèmes ne sont que survolés, mais cela est fait de telle manière que les lecteurs de tout âge ne peuvent que se sentir concernés et touchés.

J’ai, en outre, particulièrement apprécié la personnalité de Zoé qui, malgré les moqueries de ses camarades et leur harcèlement, continue à s’adonner à sa passion. Encore jeune, elle a parfois des moments de découragement, mais elle finit toujours pas retomber sur ses pattes et aller de l’avant. Autre point qui m’a plu, la réelle évolution de ses parents qui comprennent qu’aimer et accompagner son enfant, ce n’est pas lui imposer des choix d’études puis de carrière, peut-être prestigieux, mais qui ne lui conviennent pas. Après l’avoir freinée dans sa passion de la couture, ils vont donc soutenir leur fille unique tout en reconsidérant leur manque d’implication dans sa vie de tous les jours en raison de leur vie professionnelle bien remplie…

Un autre personnage, que je vous laisserai le soin de découvrir, tire son épingle du jeu et nous montre à quel point les préjugés peuvent blesser certaines personnes et les contraindre à cacher leurs propres origines… Son comportement des débuts, s’il n’est pas excusable, prend donc une tout autre dimension quand on en comprend les raisons. La psychologie de chacun n’est pas développée outre mesure et peut parfois sembler un peu caricaturale, mais je n’ai pas trouvé cela gênant. Car finalement, ce qui fait la force de ce sympathique ouvrage, ce sont les messages positifs que véhicule l’autrice avec douceur et justesse : entraide, tolérance, confiance en soi, pouvoir des rêves…

En bref, (Haute) couture est un joli roman qui, à travers le rêve d’une adolescente passionnée, pétillante et attachante, aborde de manière légère, mais pertinente, des thématiques importantes allant du harcèlement scolaire au racisme en passant par l’importance de croire en soi et en ses rêves. Fluide, rapide à lire, empli de jolis messages et non dénué d’un certain humour, voici un roman qui devrait plaire aux jeunes lectrices et lecteurs.

Je remercie NetGalley et l’auteure pour cette lecture.

Le dernier conte, Pascale Leconte

Couverture Le dernier conte

Alors qu’elle vient d’échapper à une tentative d’assassinat, la princesse Bianca doit fuir les gardes de l’Afag et sa marâtre. Lors de ce voyage initiatique, Bianca retrouvera les différentes héroïnes de nos contes d’enfant.
Que sont donc devenues Cendrillon, Belle, Aurore ou Peau d’Âne après leur mariage avec le prince charmant ?
Sous l’apparence d’un conte de fées, ce récit relate le passage entre un monde ancien, où l’humain vit en harmonie avec la nature, les forces invisibles qui l’habitent, et le début d’une nouvelle ère centrée sur l’homme matérialiste et égocentrique.
Une histoire qui rompt avec le schéma habituel en donnant la part belle aux héroïnes féministes, actives et maîtresses de leur propre destin.
Dans cet univers enchanteur, le lecteur pourra en apprendre davantage sur la méditation, les élémentaux ou autres esprits de la nature.

Couverture : Maud Chalmel – Illustrations : Agnès Fouquarf

AVIS

Une jeune princesse qui, à la mort de son père, doit s’enfuir de son propre royaume sous peine d’y trouver la mort, une marâtre qui dispose d’un miroir magique et qui est bien décidée à se débarrasser d’une encombrante belle-fille… Les débuts devraient immanquablement vous rappeler Blanche-Neige ce qui n’est guère étonnant, l’autrice nous proposant ici une histoire inspirée des contes d’antan. Nous y retrouverons d’ailleurs certaines princesses et autres héroïnes de contes qui ne semblent pas vivre le happy end tant mérité… Mais loin de se cantonner au charme suranné des récits de notre enfance, l’autrice va ici beaucoup plus loin nous invitant à réfléchir, à travers l’histoire de Bianca, à de multiples sujets.

Bénéficiant d’un double niveau de lecture, ce roman se pare donc de multiples facettes : aventure trépidante conduisant une jeune princesse sur le chemin de sa destinée, conte au charme féerique, mais aussi roman engagé et éclairé. Sont ainsi abordés des thèmes comme la monétarisation de l’économie et l’essor d’un libéralisme sauvage avec ses corollaires : la pauvreté et l’agrandissement du fossé entre les très riches et les très pauvres, l’uniformisation de la pensée, l’asservissement des masses au seul profit de quelques élus, ici représentés par une mystérieuse et puissante organisation, l’Afag. Le dernier conte relate donc un changement sociétal, politique et économique profond qui s’accompagne d’un patriarcat révoltant dans lequel les hommes sont tout-puissants, et les femmes reléguées et cantonnées au rôle de mère incapables d’agir sur leur destinée. Les menstruations deviennent taboues, les guérisseuses d’abominables sorcières à éliminer quand la médecine des hommes devient la référence et la seule solution à tous les problèmes…

Difficile de ne pas voir dans ce conte quelques échos de notre passé même si ici, ce ne sont pas les religions monothéistes qui ont mis à  mal les anciennes solidarités et croyances, mais l’économie de marché, l’individualisme et le scientisme, une science érigée en dogme si ce n’est en religion. Ce roman nous laisse d’ailleurs entrevoir le danger que toute doctrine imposée et extrême peut engendrer. Non à une science dépourvue de libre arbitre et dénuée d’âme humaine dans laquelle la femme serait érigée en ennemie ou tout simplement infantilisée.

En parallèle d’un univers menacé par des dangers plus ou moins pernicieux, l’autrice nous baigne dans une atmosphère enchanteresse et onirique organisée autour d’une nature consciente et foisonnante. Ce roman est d’ailleurs une ode à la nature et au besoin urgent des êtres humains de s’y reconnecter et de s’ouvrir à toutes les merveilles qu’elle offre à ceux qui savent prendre soin d’elle et la respecter. Des merveilles que Taïmoon, apprenti jardinier, permet à notre princesse d’appréhender. Ce garçon touchant l’accompagne et la soutient dans ses aventures, mais c’est surtout la personne qui lui permet de s’ouvrir à un monde invisible et peuplé de créatures dont elle n’avait jusque-là pas conscience : elfes, nymphes, sirènes, sylphes, lutins… Tous ces êtres ne se révèlent pas sympathiques ou bienveillants, mais cela n’a rien d’étonnant si l’on considère que leur existence reflète l’état du monde et des pensées parfois néfastes des individus.

Si les très nombreuses réflexions soulevées par l’autrice ne manquent pas d’intérêt ni de pertinence, voire parfois d’originalité pour un conte (je pense notamment à la question du végétarisme brièvement évoquée), on appréciera la manière dont elle réussit rapidement à nous immerger dans une aventure épique et mouvementée au cours de laquelle une jeune princesse va faire de multiples rencontres et affronter de nombreux dangers. Elle pourra heureusement compter sur l’aide d’un jeune jardinier qui se révèle très vite attachant et attendrissant. Le duo est adorable et l’on prend grand plaisir à le voir évoluer et affronter chaque situation avec beaucoup d’aplomb et de courage. Complémentaires, les deux personnages vont évoluer aux côtés l’un de l’autre : la princesse va gagner en maturité et apprendre à voir au-delà des apparences et de la beauté quand son nouvel ami va prendre confiance en lui et réaliser que la richesse ou le statut d’un homme ne font pas sa valeur.

Pascale Leconte s’approprie parfaitement l’univers des contes en lui offrant une belle cure de jeunesse avec des messages forts et une princesse bien différente de celles que l’on rencontre dans les contes traditionnels. Bianca ne reste pas endormie en attendant le baiser du prince charmant, elle ne se terre pas dans une chaumière, elle ne se sacrifie pas pour sauver sa famille en restant prisonnière d’une bête… Non, elle prend le carnet et la plume magique offerts par sa marraine et, sous couvert de collecter des informations sur l’Afag, écrit le propre livre de sa vie et se forge sa propre destinée ! Un joli exemple pour les jeunes lecteurs qui verront en elle un modèle de courage et de bravoure, et espérons-le, une preuve que ni le déterminisme social ni les conventions ne doivent venir leur dicter leur chemin de vie.

Quant à la plume de l’autrice, fluide, rythmée, immersive, délicieusement imagée et poétique, elle m’a enchantée et participe grandement au plaisir que j’ai pris à dévorer ce roman bien plus profond que sa belle couverture ne le laisse présager. En plus d’être agréable à l’œil, cette couverture a également le mérite de mettre en avant une belle diversité dans le monde des fées, ce que je n’ai, pour ma part, encore jamais rencontré dans un roman. Et parce que l’autrice semble avoir à cœur d’immerger complètement ses lecteurs dans son univers enchanteur, quelques douces et jolies illustrations viennent illuminer et embellir l’ouvrage.

On notera également quelques sympathiques et amusants clins d’œil de l’autrice à son propre rôle dans l’histoire et à ses précédents ouvrages. Une petite facétie qui m’a bien amusée et convaincue de mon envie de poursuivre mon expérience de lectrice auprès d’une autrice qui offre, entre autres, une littérature jeunesse pleine d’intelligence, d’originalité et de fantaisie.

En conclusion, Le dernier conte m’a très agréablement surprise et ceci à plus d’un titre. Loin de n’être qu’une belle histoire auréolée de merveilleux, Pascale Leconte nous propose des réflexions pertinentes sur une ribambelle de sujets allant du pouvoir de la nature et du monde invisible au sacré féminin en passant par l’importance de l’instant présent. Mélange de conte, de poésie et d’aventure, voici un ouvrage à lire et à relire et à partager en famille : les plus jeunes y verront un joli moment de divertissement quand les lecteurs plus âgés se régaleront de l’imaginaire engagé de l’autrice. Pour moi, voici son roman le plus abouti, ou du moins, celui que je conseillerais à toutes les personnes qui souhaitent se lancer dans son univers et qui ont à cœur de s’émerveiller, maintenant et à jamais.

Retrouvez le roman sur le site internet de l’autrice que je remercie pour sa confiance.

Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais, Ariel Holzl

Couverture Fingus Malister, tome 1 : Feux follets, mandragore et cadavre frais

« Préparez une soupe de mandragore avec 120 g de sève de mandragore et 80 g d’or des fous. Mélangez les ingrédients dans un bocal à élixir et faites mijoter une journée à feu follet. Une fois la soupe terminée, il suffit de la répandre sur tout cadavre frais pour qu’il revienne à la vie en quelques minutes. Et le rituel de zombification est accompli ! »
Apprenti seigneur maléfique, Fingus Malister sait comment il va éblouir les jurés de sa future académie de magie. Mais il a besoin de l’aide d’une sorcière plus têtue que lui…

Rageot ( 02/10/2019) – 10/12 ans – Ebook (9,99€) – Broché (12,50€)

AVIS

Fingus Malister rêve d’entrer à l’académie de magie, mais avant de faire de son rêve une réalité, il va devoir éblouir le jury lors de l’Audition. Pour y arriver, il a déjà sa petite idée : réaliser le rituel de zombification repéré dans un manuel de nécromancie dont le piteux état n’a pas l’air de le rebuter. Reste à trouver les ingrédients de la recette qui, hélas pour lui, ne s’achètent pas dans la première épicerie venue. Et c’est comme ça qu’il part à l’aventure ou à la catastrophe (avec Fingus, c’est souvent la même chose), et qu’il entraine avec lui sa seule et meilleure amie, une jeune sorcière du nom de Poppy.

Descendant d’une lignée de sorciers maléfiques, Fingus n’est pas vraiment apprécié des villageois, et c’est un euphémisme. Seul survivant de sa famille décimée par un incendie, il ne semble pourtant pas être particulièrement affecté par la situation. Il faut dire qu’il est plus préoccupé par l’idée de faire honneur à son héritage familial en devenant un puissant nécromancien que par sa cote de popularité. Imbu de lui-même, de mauvaise foi et souvent désobligeant avec sa meilleure amie, Fingus est pourtant un personnage que je n’ai pas réussi à détester. D’abord, parce que c’est une telle catastrophe ambulante qu’il en devient comique malgré lui et puis parce que vu son passé et le manque de figures bienveillantes dans sa vie, difficile de lui en vouloir de ne pas être un parangon de vertu… J’ai, en outre, apprécié le décalage entre le monde qu’il s’est forgé et la réalité sans oublier son côté complètement décalé. Vous en connaissez beaucoup vous des enfants qui se trimballent avec le crâne de leur ancêtre ?

Malgré un caractère peu avenant, Fingus peut compter sur l’amitié de Poppy qui le soutient dans ses péripéties tout en tentant, souvent sans grand succès, de le ramener à la raison quand ses idées farfelues le conduisent dans des situations quelque peu périlleuses... Poppy est une jeune fille sérieuse, débrouillarde, douée et intelligente qui n’a absolument rien en commun avec Fingus. En plus d’avoir une influence bénéfique sur ce dernier, la jeune sorcière est aussi son garde-fou. Sans elle, pas certain que notre apprenti nécromancien aille bien loin. Une réalité qu’il n’est pas prêt à admettre, mauvaise foi de sorcier maléfique oblige !

Poppy aurait pu être fade, surtout face à un personnage aussi atypique et haut en couleur que Fingus, mais l’auteur l’a rendue intrigante et surprenante, notamment si l’on considère son refus de lancer des sorts. Elle préfère ainsi suivre un enseignement plus traditionnel de la sorcellerie, ce qui est tout à son honneur même si cela ne plaît pas forcément à son meilleur ami. Si j’ai parfois regretté que la jeune fille se laisse un peu trop marcher sur les pieds, Fingus ayant une légère tendance à se comporter comme un tyran, on finit par se rendre compte qu’elle ne manque pas de caractère et qu’il y a une explication logique à son comportement… Le duo fonctionne donc très bien, sa complémentarité ne faisant aucun doute et sa dynamique originale. 

J’ai également apprécié que le roman évoque le thème de la grossophobie à travers Fingus qui n’hésite pas à se moquer de la silhouette de son amie. Je trouve intéressant d’introduire ce genre de remarques méchantes et déplacées (tellement courantes dans une cour d’école, mais pas que…) dans la bouche d’un personnage à la base peu sympathique. Cela permet aux enfants d’associer les moqueries sur le poids d’une personne à la méchanceté tout en offrant, aux adultes, une éventuelle base pour lancer une discussion à cœur ouvert sur le sujet. Mais je vous rassure, Fingus ne passe pas non plus son temps à se moquer de Poppy, c’est juste que ce thème est tellement rare en littérature jeunesse qu’il me semblait important de le mentionner.

Notre tandem de choc va être mis à rude épreuve, sa quête d’ingrédients pour le rituel de zombification ne se révélant pas de tout repos ! Entre des fantômes vindicatifs, la traversée d’un bois abritant des bestioles fort peu ragoûtantes et la confrontation avec leurs camarades pas très amicaux, nos deux amis vont devoir faire preuve de débrouillardise et d’imagination pour faire face aux multiples dangers qui se dresseront sur leur chemin ! Un autre danger bien plus pernicieux guette également notre jeune sorcier…

Quant à la plume de l’auteur, fluide, immersive et agréable, elle fait des merveilles sur les jeunes lecteurs, mais aussi sur des lecteurs plus âgés qui devraient se laisser séduire par l’imagination fertile de l’auteur et son humour noir et décalé. Rythmé et auréolé d’une délicieuse atmosphère mêlant mystère et doux frissons, ce roman se dévore donc très vite.

En conclusion, ayant adoré le premier tome des Sœurs Carmines, j’étais curieuse de découvrir l’auteur dans un registre plus jeunesse. Et je dois bien avouer que l’effet Ariel Holzl a de nouveau bien fonctionné sur moi ! Bien que l’humour soit un peu moins grinçant que dans sa précédente série, on reconnaît sa manière bien à lui de jouer sur les mots, de créer des personnages en théorie détestables, mais auxquels on s’attache, et d’introduire une ambiance particulière mélange d’humour noir, de morbide et d’extravagance. Voici donc un premier tome introductif, mais non dénué d’originalité, de mordant et de charme !

Merci aux éditions Rageot et à NetGalley pour cette lecture.

 

Interview with the robot, Lee Bacon

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Fugitive. Criminal. Robot.

A sci-fi adventure for young listeners, Interview with the Robot introduces a unique heroine who seeks the truth about herself.
Eve looks like an ordinary 12-year-old girl, but there’s nothing ordinary about her. She has no last name. No parents or guardian. She’s on the run from a dangerous and secretive organization that will stop at nothing to track her down.
And most astonishing of all: she’s a robot, a product of Eden Laboratories. When Eve discovers the truth, she realizes everything she thought she knew about herself is a lie. Eve manages to escape, fleeing the lab, the only home she’s ever known.
After being arrested for shoplifting, Eve is interviewed by Petra Amis from Child Welfare Services. Her incredible story unfolds during the interrogation, with flashbacks to her life inside Eden Laboratories, which has a dark secret. Listeners follow Eve from her first moment of consciousness to her evolution as a nearly-human companion to Emory, the son of the founder of Eden Laboratories.
Exploring a range of topics that drive our society and our lives—topics such as artificial intelligence and human nature – Interview with the Robot is a story told by a startlingly original protagonist, a story that explores the vast potential of technology and the deep complexities of humanity.

À partir de 10 ans – 3hrs 42mins

AVIS

J’ai profité du fait qu’Audible propose des livres audio à écouter gratuitement durant le confinement pour me lancer dans Interview with the robot de Lee Bacon. Si la science-fiction n’est pas mon genre de prédilection, les intelligences artificielles et la robotique m’intéressent beaucoup, ce qui explique peut-être le plaisir pris à découvrir ce roman jeunesse qui soulève des  questions intéressantes sur ces sujets notamment d’un point de vue éthique et moral.

Qu’est-ce qui différencie l’homme de la machine ? Une machine faite de métal, de circuits imprimés et ayant la conscience d’exister ne peut-elle pas être considérée comme une entité vivante ? Les émotions sont-elles l’apanage des hommes et des animaux ? Tout autant de questions que l’histoire d’Eve, robot ayant l’apparence d’une enfant de douze ans, ne manquera pas de susciter en vous. Une histoire qu’elle raconte à un membre des services sociaux, Petra Amis, après avoir réussi à s’échapper de l’organisation qui l’a conçue. À mesure que l’on découvre tout ce qu’elle a traversé et qu’on apprend à la connaître, on en vient à s’interroger sur sa véritable nature…

En plus de la conscience d’être, elle semble éprouver des sentiments, notamment envers le fils de son créateur qui est devenu, au fil du temps, son meilleur ami. À travers des flash-backs, on découvre d’ailleurs leur réelle et belle complicité et la manière dont, aux côtés d’Emory, Eve a gagné en humanité, apprenant, par exemple, à faire des plaisanteries ou à détecter les nuances parfois subtiles dans les échanges entre humains. Elle n’a pas de sang ou d’organes humains et se recharge comme un téléphone portable, mais la réduire au statut de simple machine au service de l’humanité semble donc terriblement injuste…

J’ai adoré découvrir le récit de cette héroïne atypique et hors du commun à laquelle je me suis beaucoup attachée à l’instar de Petra qui va traiter Eve comme n’importe quel autre enfant : avec empathie, patience et gentillesse. Les interactions et les dialogues entre les deux personnages sont truculents et m’ont fait régulièrement sourire, car si Eve semble humaine par bien des aspects, elle n’a pas encore toutes les clefs en main pour comprendre les comportements parfois irrationnels des humains… L’entretien entre Petra et Eve permet également de réaliser le fossé entre ce que son créateur veut d’elle et ce qu’Eve désire vraiment. Elle a, en effet, appris à exprimer ses propres envies et est capable de prendre des initiatives qui n’entrent pas forcément dans le cadre de ses prérogatives.

Au-delà de la question des intelligences artificielles et des réflexions sur la nature humaine, le roman aborde également des thèmes comme la famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Cela se réduit-il vraiment aux liens du sang ? Une interrogation soulevée tout au long du roman qui trouve son apogée dans une révélation qui m’a complètement prise de court. Je ne l’avais pas du tout anticipée, ce qui m’a donné envie d’écouter le roman depuis le début afin de voir si l’auteur avait laissé quelques indices. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai apprécié la manière dont ce retournement de situation parfaitement orchestré bouleverse l’ordre des choses et donne une certaine profondeur au roman. Il soulève, en outre, certaines questions, notamment sur le bien et le mal, et ce que l’on est en droit de faire au nom de ses idéaux et/ou de sa famille.

Destiné aux enfants à partir de 10 ans, le roman, bien qu’en anglais, se révèle tout à fait accessible. Le vocabulaire et les constructions grammaticales sont simples, et les nombreux flash-back, accompagnés d’une petite transition sonore, aident à s’immerger complètement dans l’intrigue. N’hésitez donc pas à vous lancer si vous avez envie de tester ou de vous remettre à la lecture de livres audio en anglais d’autant qu’en plus d’être rapide (moins de quatre heures), l’écoute se révèle rythmée, prenante et plutôt addictive.

En conclusion, à travers l’histoire mouvementée et surprenante d’une héroïne atypique et attachante, l’auteur soulève d’intéressantes et pertinentes réflexions sur la notion d’humanité, la technologie, mais également sur la famille, ce qui fait son socle et comment l’amour des siens peut pousser une personne à commettre l’indicible… Captivant, intelligent, teinté d’humour et empli de mystère, voici un roman jeunesse fort sympathique que je ne peux que vous conseiller pour une plongée fascinante dans le monde de la robotique.

Pour écouter gratuitement le roman durant le confinement, rendez-vous sur le site d’Audible Stories.

La singulière aventure de Pénélope Vermillon, Valija Zinck

La singulière aventure de Pénélope Vermillon par [Valija Zinck]

Pénélope a les cheveux gris et une odeur de feu. Cela a beau être étrange, la petite fille ne s’en est jamais vraiment souciée. La seule chose qui attise un peu sa curiosité, c’est que chaque été, le jour de son anniversaire, il pleut et que, ce jour-là, la pluie ne mouille pas. Cependant, quand Pénélope découvre par hasard qu’elle a en fait les cheveux roux et des pouvoirs un peu bizarres, tous les petits mystères de sa vie se transforment en un océan d’énigmes. Ces pouvoirs sont-ils hérités de son père, comme le lui révèle finalement sa mère ? Pourquoi cette dernière lui a-t-elle fait croire qu’il était mort alors qu’il les a tout simplement abandonnées ? Tandis que la magie croit en Pénélope, s’épanouit aussi la colère et l’envie de partir à la recherche de ce père absent…

Rageot (11 avril 2018) – 304 pages – Broché (13,90€) – Ebook (10,99 €) – 10/12 ans

AVIS

Rarement un titre aura aussi bien été choisi puisque c’est bien dans une singulière aventure que l’autrice transporte ses jeunes et moins jeunes lecteurs. Nous faisons ainsi la connaissance d’une héroïne qui se révèle aussi originale que haute en couleur. Du haut de ses dix ans, Pénélope a les cheveux gris, une odeur de feu et possède l’étrange don d’Entendre-Avant. Avouons que question originalité, elle se pose en modèle ! Mais si sa vie est déjà émaillée d’un petit grain de folie, elle va prendre une tournure encore plus inattendue et extravagante quand la jeune fille fera de surprenantes découvertes sur ses cheveux, ses facultés, et sa famille. Des découvertes qui mettront en perspective toute sa vie et qui lui donneront l’élan nécessaire pour enfin être elle-même.

Débrouillarde, courageuse, intelligente et pugnace, Pénélope est une jeune fille attachante que l’on suit avec beaucoup de plaisir dans ses péripéties. On la voit ainsi faire de son mieux pour s’approprier tout un pan de sa vie qui lui était jusqu’à maintenant inconnu, ce qui ne la rend que plus touchante. Elle affrontera également sans sourciller les dangers que son désir de renouer avec une personne de son passé mettra sur sa route… Entre l’étude d’un précieux livre de magie, ses séances pour, entre autres, apprendre à voler, ses sorties entre amis et son enquête sur ses origines, elle n’aura donc pas le temps de s’ennuyer.

Pour l’épauler dans ses aventures, Pénélope pourra heureusement compter sur le soutien de son chat, un sympathique félin auquel je me suis tout de suite attachée. Elle obtiendra également l’aide d’autres personnages dont l’un qui fut pour moi un véritable coup de cœur, peut-être parce que comme notre jeune héroïne, il n’a pas la langue dans sa poche. J’ai rarement vu un auteur donner vie à un protagoniste de cette nature, et c’est fort dommage parce que cela apporte une jolie touche d’extravagance et d’humour. D’ailleurs, l’humour ne manque pas dans ce roman, ce qui tient en grande partie à l’esprit vif, fantasque et parfois un peu culotté de Pénélope qui possède une bonne dose d’imagination et de détermination. 

Au-delà de la galerie de personnages variée et originale, j’ai apprécié le mystère qui plane tout au long de l’aventure, notamment sur le père de Pénélope et les pouvoirs magiques que la jeune fille semble avoir hérités de ce dernier. Si j’ai regretté que le côté magie ne soit pas un peu plus exploité, j’ai néanmoins apprécié la manière dont l’autrice a creusé les relations familiales, que ce soit dans l’absence ou la présence… La mère de Pénélope n’apparaît pas énormément dans l’intrigue, mais on sent toute la complicité qui l’unit à sa fille et sa détermination à lui offrir une certaine normalité malgré les circonstances. Mais la normalité n’est pas vraiment compatible avec l’esprit Vermillon, ce qu’elle finira bien par accepter… On notera aussi le charme qui se dégage de la maison « dragon » habitée par trois générations de femmes et un chat, il ne faut jamais oublier le chat, surtout quand ce dernier détient un petit secret.

Quant à la plume de l’auteure, travaillée tout en demeurant accessible, elle véhicule de jolies valeurs et est empreinte de cet humour qui rallie les lecteurs de tout âge. Ce roman jeunesse devrait donc ravir les enfants qui pourront s’identifier à l’esprit d’aventure de Pénélope, et plaire aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant et leur capacité à s’émerveiller devant l’histoire d’une fillette pas comme les autres.

En conclusion, La singulière aventure de Pénélope Vermillon séduira les lecteurs par sa touche de fantastique, son héroïne haute en couleur, ses personnages secondaires inattendus et attachants, sa bonne dose de mystère et d’action, mais surtout son atmosphère pétillante empreinte de magie, d’extravagance et d’originalité. Quant à l’humour subtilement distillé par-ci, par-là, c’est un peu la cerise sur le gâteau ou le dernier ingrédient d’une potion qui fera des étincelles et vous offrira un joli moment de divertissement

Je remercie les éditions Rageot et NetGalleypour cette lecture.