Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

Lucien et les mystérieux phénomènes : L’Empreinte de H. Price, Delphine Le Lay et Alexis Horellou (illustrations)

Lucien et les mystérieux phénomènes - Tome 1 - L’Empreinte de H. Price

En croyant chasser les fantômes, c’est une nouvelle vision de la vie que va découvrir Lucien ! Lucien et sa petite sœur Violette s’installent avec leurs parents dans un village breton pour mener une vie plus simple, loin de la ville et au contact de la nature. Passionné par les histoires de fantômes du célèbre chercheur Harry Price, Lucien n’hésite pas à relever le défi quand les enfants du coin l’invitent à pénétrer dans un manoir hanté ; son propriétaire se serait fait enterrer debout face à la mer. Après une grosse frayeur, Lucien se rend compte que le fantôme est en fait bien vivant ! Un secret qui lui permettra de découvrir la vie cachée que mène le vieil Honoré, en totale autonomie et en harmonie avec la nature. Mais les secrets finissent toujours par être découverts… La confrontation d’Honoré avec les villageois sera lourde de conséquences. Lucien constatera toutefois que les fantômes ne sont pas une légende et ça, c’est un secret qu’il fera en sorte de préserver.

CASTERMAN (3 avril 2019) – 96 pages – 16€

La couverture, avec cet enfant portant un attirail de chasseur de fantômes, m’a tout de suite intriguée. Et je dois dire que l’histoire, qui m’a beaucoup plu, a pris une tournure quelque peu inattendue. D’ailleurs, je préfère vous prévenir tout de suite, si c’est une histoire de fantômes que vous cherchez, vous risquez d’être quelque peu déçus, le fantastique n’étant présent que par petites touches…

L’autrice nous propose ici un récit plein d’émotions et d’intelligence qui aborde des thèmes divers et variés : le harcèlement scolaire ou du moins, le mal-être infantile qui entraîne des comportements problématiques, le chômage pouvant fragiliser une famille, la difficulté de s’intégrer, notamment pour deux enfants qui arrivent dans une école où tout le monde se connaît… À cet égard, la réaction du directeur face à un accident m’a semblé complètement à côté de la plaque. Non, ce n’est pas au petit nouveau de faire des efforts pour ne pas se faire embêter. Si ce passage m’a quelque peu agacée, c’est qu’il traduit une réalité qui porte vraiment préjudice aux victimes de violence scolaire et qui conforte les brutes dans leur bon droit.

Ceci mis à part, les différentes thématiques devraient parler à la plupart des enfants, mais le grand intérêt de ce récit réside dans la réflexion écologique qu’il soulève par l’intermédiaire d’un homme d’un certain âge à la vie peu conventionnelle. En effet, ce dernier a choisi de vivre caché, en totale autosuffisance, afin de pouvoir vivre sa vie selon ses convictions, et sans devoir subir la méfiance ou le jugement d’autrui. Et pour ce faire, il a trouvé un moyen plutôt radical…

Mais si son plan a fonctionné de très nombreuses années, il ne résistera pas à l’arrivée du jeune Lucien et de sa famille, installée récemment dans le village. Attiré par l’histoire de fantôme entourant la maison d’Honoré, Lucien va ainsi se rendre chez lui et découvrir que s’il y a bien quelqu’un qui hante les murs, ce n’est pas une forme évanescente, mais bien un être de chair et de sang. De fil en aiguille, une belle connivence va s’établir entre les deux, Honoré étant finalement ravi d’avoir un peu de gaieté et d’animation dans sa vie… Une connivence qui va très vite englober la petite sœur de Lucien, Violette, qui va se révéler très intéressée par tout ce savoir qu’Honoré ne demande qu’à dispenser.

À travers cette BD, on réalise que si c’est important de vivre selon ses convictions, il est également stimulant de pouvoir les partager avec d’autres personnes, et de conserver des liens sociaux. Une jolie leçon qu’Honoré va apprendre au contact de ces deux enfants qui vont faire une entrée tonitruante dans sa vie, le coupant de sa solitude, peut-être choisie, mais quand même pesante. J’ai été très touchée par ce vieil homme aux convictions fortes, qui voue un véritable respect à la nature dont il est capable de saisir toute la richesse, complexité et beauté. J’ai également apprécié cette transmission du savoir intergénérationnelle mise subtilement en avant dans cette belle BD.

En outre, fabriquant déjà pas mal de produits moi-même, notamment d’hygiène, et rêvant de posséder un espace vert pour pouvoir y faire pousser des fruits et des légumes, j’ai été sensible à la démarche d’autosuffisance d’Honoré, même si j’avoue que, contrairement à lui, il y a certains produits sur lesquels j’aurais des difficultés à faire l’impasse.

Quant aux illustrations, elles m’ont charmée que ce soit par leur douceur, l’atmosphère presque intimiste qu’elles instaurent grâce à leurs teintes alternant entre l’orange et le vert, ou la manière dont elles transmettent toutes les émotions des personnages. J’ai également adoré les cadrages sur les bâtiments et les éléments de la nature, un peu moins sur les visages, dont les traits m’ont paru parfois un peu grossiers.

En bref, voici une BD qui, par ses problématiques, devrait autant plaire aux enfants qu’aux parents et susciter de beaux échanges intergénérationnels, notamment sur le thème important de l’écologie. Petit bonus, des pages en fin d’ouvrage avec « quelques idées créatives pour s’amuser et se passer d’acheter ».

Le chameau de la bibliothèque, Karine Guiton

Couverture Le Chameau de la bibliothèque

Monsieur Mache n’est pas un chameau comme les autres. Grand amateur de littérature, il passe son temps à emprunter des livres à la bibliothèque.
Oui, mais voilà, il ne rend jamais les ouvrages empruntés !

Le chameau est-il seulement tête ou l’air, ou cache-t-il un véritable secret ?

Didier Jeunesse (7 juillet 2021) – 96 pages – Papier (7,90€)
Illustrations : Laure Du Faÿ

AVIS

Adorant les livres, les bibliothèques et les animaux, le titre et la couverture ont tout de suite attiré mon attention.

Ce roman semble, d’une certaine manière et non sans facétie, interroger le rapport que l’on peut avoir aux livres. Êtes-vous plutôt du genre à les sacraliser et à regarder d’un très mauvais œil les personnes qui leur portent atteinte comme Floris la bibliothécaire, ou êtes-vous plutôt un Monsieur Mache en puissance qui adore lire, mais qui ne s’attache pas outre mesure à l’objet-livre, préférant se focaliser sur le contenu et toutes ces expériences et émotions que les livres offrent aux lecteurs ?

Deux visions des livres opposées qui finissent par s’affronter quand Floris, excédée par les nombreux livres que Monsieur Mache n’a pas rendus sous des prétextes tous plus farfelus les uns que les autres, finit par lui reprendre sa carte de lecteur. Un geste évidemment justifié, le comportement de Monsieur Mache méritant sanction, mais qui ne sera pas sans conséquence, que ce soit pour ce grand lecteur avide de se nourrir l’esprit, ou le club de lecture dont il fait partie, et qui a besoin de son talent d’orateur pour un concours…

Si je me sens une certaine affinité avec notre bibliothécaire girafe qui a du mal à se séparer de livres, j’ai apprécié que l’autrice rappelle que parfois, un tri s’avère indispensable, permettant ainsi de donner sa chance à d’autres ouvrages. Mais on verra qu’ici, le désherbage prend une tout autre dimension. Car en plus de faire du vide, il permettra à deux individus de satisfaire leur amour commun des livres, et de s’assurer qu’ils finissent comme ils ont « vécu » : entre les mains (mais pas que) d’un bibliovore qui en gardera et en portera le souvenir à tout jamais, et ceci grâce à une méthode quelque peu inattendue.

Plein d’humour, ce roman est porté par une galerie de personnages variés, hauts en couleur, et dont les échanges mouvementés ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Si comme moi, vous aimez les romans où les personnages sont des animaux aux caractéristiques propres, mais également très humaines, vous passerez un très bon moment de lecture. Pour ma part, j’ai apprécié les trois protagonistes principaux : notre bibliothécaire stricte et grande protectrice des livres, sa fille Kika pleine d’entrain, et le fameux Monsieur Mache qui a tendance à « oublier » de rendre certains livres…

Il faut dire qu’il a une manière très très originale d’assouvir son appétit littéraire ! Je n’en dirai pas plus puisque découvrir son petit secret fait partie intégrante de l’expérience de lecture, mais la raison de ses petits oublis m’a beaucoup amusée. Elle devrait également bien fonctionner auprès des enfants, tout en croisant les doigts pour qu’il ne leur vienne pas l’idée saugrenue d’imiter un Monsieur Mache qui porte à merveille son nom. La jeune Kika leur offrira, en outre, un personnage auquel s’identifier, sa curiosité, sa gentillesse et sa petite tendance à enfreindre le sacro-saint règlement de sa maman, ainsi que certaines règles, la rendant fort sympathique. Ce personnage permet également aux enfants de comprendre la différence entre les règles qu’il convient de respecter pour le confort des usagers, et celles qu’il est strictement interdit d’outrepasser, sous peine d’être sanctionné.

Quand on aime les livres, il est quasiment impossible de ne pas succomber à cette charmante et quelque peu loufoque histoire qui bénéficie de sympathiques illustrations en couleurs rendant les personnages encore plus dynamiques, réels, vivants et attachants.

En conclusion, ode aux livres et aux lecteurs, ce roman jeunesse amusant et savoureux à souhait offre un très bon moment de divertissement qui enchantera les enfants, et tous les amoureux des livres prêts à faire des rencontres surprenantes, dont l’une qui ne manque ni de mordant ni de panache !

Je remercie Didier jeunesse et Netgalley pour m’avoir permis de lire ce livre en échange de mon avis

Diana princesse des Amazones, Dean Hale, Shannon Hale et Victoria Ying (illustrations)

Couverture Diana princesse des Amazones

À onze ans, Diana mène une vie paisible sur l’île de Themyscira où elle est née, aux côtés d’une mère aimante, la reine Hippolyte, et de ses nombreuses « tantes ».
Mais la petite fille est enfant unique dans ce paradis isolé, au cœur de l’océan, et la solitude commence à lui peser. Pour tromper le temps, la jeune Diana décide alors de suivre l’exemple de sa mère – sans trop y croire – qui la façonna dans la glaise, et de se modeler une amie avec qui elle pourrait vivre et partager les aventures les plus folles. Elle n’aurait jamais imaginé que son rêve puisse devenir réalité.

URBAN COMICS (10 juillet 2020) – 136 pages – 10€

AVIS

Attirée par la couverture et intriguée par l’idée de me plonger dans l’enfance de Diana, la future Wonder Woman, j’ai lu avec curiosité ce comics dont j’ai adoré l’ambiance graphique. Le titre étant destiné à un lectorat assez jeune, Victoria Ying a fait un remarquable travail pour leur en rendre la lecture agréable, douce, attirante, claire et dynamique. La rondeur des traits très enfantine est rehaussée par un travail de colorisation chatoyant et parfaitement maîtrisé, qui donne très envie de tourner les pages que l’on soit enfant ou adulte.

Mais rassurez-vous, si la forme est convaincante, le fond n’est pas en reste, de nombreux thèmes étant abordés : la délicate transition entre deux périodes de la vie quand on est encore trop jeune pour faire certaines choses, et trop âgé pour d’autres, la difficulté de trouver sa place parmi des parents parfois accaparés par des « problèmes d’adulte », l’amitié et les amitiés dysfonctionnelles qui font ressortir le pire chez quelqu’un, la communication, le sens des responsabilités qui implique parfois certains sacrifices, mais qui permet également de se sentir reconnu et en phase avec les autres…

Tous ces thèmes sont abordés à travers Diana, seule enfant élevée sur l’île de Themyscira dont on découvre les décors au fil des pages. Si elle peut profiter d’un cadre idyllique et de la protection de toutes les Amazones, elle ne peut s’empêcher de s’ennuyer. D’une part, elle se sent négligée par sa mère, la reine Hippolyte qui, de par sa fonction, a de lourdes responsabilités et pas beaucoup de temps à lui consacrer. D’autre part, elle a beau aimer ses « tantes », n’avoir personne de son âge avec qui s’amuser et faire des choses un peu fofolles, mais sans conséquence, se révèle pesant. Mais parce que Diana n’est pas du genre à se laisser abattre, elle trouve une solution : façonner une amie à partir de la glaise.

Source : https://www.bedetheque.com/

Contre toute attente, née donc Mona, une amie avec laquelle Diana peut enfin s’amuser, faire les quatre cents coups et jouer des petits tours aux Amazones. La sensation pesante de solitude de Diana laisse alors place à l’exaltation, mais aussi à un certain sentiment d’injustice, les Amazones semblant ne pas la comprendre ni lui prêter attention. Un sentiment d’injustice, devenant envie de révolte, qui sera fortement encouragé par Mona... De fil en aiguille, on ne peut s’empêcher de s’interroger sur le comportement de cette amie dont les conseils ne nous semblent pas vraiment des plus judicieux et bienveillants.

La relation entre Diana et Mona m’a un peu rappelé celle entre Anya et Emily dans La vie hantée d’Anya, parce que si c’est toujours agréable d’avoir une amie, il faut parfois faire attention à ce que cette amitié ne finisse pas par vous engloutir et vous pousser à devenir une personne que vous n’aimeriez pas être…

Au-delà de cette amitié particulière née de la glaise et du sentiment de solitude de Diana, les lecteurs pourront compter sur des scènes de jeu, les deux fillettes ayant pas mal d’imagination, mais aussi sur des moments d’action, des créatures fort peu sympathiques faisant leur apparition. J’aurais peut-être aimé que les combats durent un peu plus longtemps, mais j’en ai apprécié l’esthétique, et la manière dont ils pousseront Diana à s’émanciper d’une influence néfaste, à prendre confiance en elle et à faire montre de courage.

Je dois, en outre, avouer que si j’avais anticipé une potentielle révélation, je n’en avais pas deviné la teneur. La surprise fut donc bienvenue et appréciée, d’autant qu’elle permet de repenser le récit sous une autre perspective… Il y a également dans ce comics tout un enjeu autour de la relation parent/enfant, et plus particulièrement, mère/fille que j’ai trouvé touchant et qui pourra certainement parler aux enfants, voire aux adolescents. À cet égard, la fin, courte mais percutante, m’a beaucoup touchée, peut-être parce qu’elle rappelle une vérité, mais avec bienveillance et sans jugement de valeur.

En conclusion, Diana Princesse des amazones fut une agréable lecture que ce soit grâce aux magnifiques illustrations de Victoria Ying à la douceur et à la rondeur fort agréables, au cadre idyllique de l’île de Themyscira où vivent les Amazones ou l’histoire de la jeune Diana, future Wonder Woman, en quête d’amitié, de reconnaissance et d’une complicité fille/mère mise à mal par les lourdes responsabilités qui incombent à une reine. Touchant, rythmé et joliment illustré, voici un comics jeunesse que je ne peux que vous recommander.

 

HORROR GAMES – ATTENTION, COLLÈGE ZOMBIE ! de N. M. Zimmermann

 

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Salutation à toi, aventurier !
Bienvenue dans Mythomonsters.

Fais bien attention : tu ne commences pas ici un jeu ordinaire. Dans ce monde virtuel se cache toutes sortes de pièges terrifiants et de créatures effroyables prêtes à attaquer les joueurs imprudents…

Quelle rentrée bizarre pour Zoé et Sébastien ! Tous les élèves de leur nouveau collège jouent à Mythomonsters… sur ordre de leurs professeurs. De vrais zombies ! Alors, quand son frère jumeau se retrouve lui aussi hypnotisé par son écran, Zoé panique…

Play Bac (2 juin 2021) – 120 pages – Papier (8,90€)
Illustrations : Anne Rouvin – À partir de 9 ans

AVIS

Si comme moi, les zombies ne sont pas des créatures auxquelles vous aimez vous frotter, rassurez-vous, ici, le terme zombie est plutôt à prendre au sens figuré. En effet, en intégrant son nouveau collège, Zoé va très vite réaliser que ses nouveaux camarades et ses professeurs se comportent bien plus comme des robots ou des zombies que des êtres vivants friands d’interaction. La faute à un jeu vidéo qui semble tout simplement les obséder, au point que les élèves ne se parlent pas, ne chahutent pas et ne lèvent plus les yeux de leur téléphone ou de leur écran d’ordinateur. Quant aux professeurs, ils ont tout simplement abandonné les cours au profit de films qui leur laissent le temps de jouer. Comme ça, pas de jaloux !

Une situation désagréable pour Zoé qui est déstabilisée par ce collège très bizarre où l’amour de la technologie est poussé à un tel extrême qu’il a dépouillé l’établissement de toute âme humaine. Pire, son propre frère jumeau Sébastien, duquel elle est très proche, semble être déjà tombé sous le charme et l’influence de Mythomonsters, un jeu vidéo intégrant différentes mythologies. Mais cette obsession soudaine et largement partagée pour ce jeu, qui semble hypnotiser ses joueurs, ne cache-t-elle pas quelque chose ?

Cette question se transforme en certitude pour Zoé qui, avec l’aide de la seule autre personne du collège ayant gardé sa lucidité, va tenter d’élucider le mystère autour de Mythomonsters, et de sauver son frère et ses camarades d’un danger dont ils n’ont guère conscience. Un danger à la forme particulière faisant de ses victimes les acteurs de leur propre déchéance !

Sans temps mort et suivant un rythme effréné alternant entre interrogations, dangers et découvertes, ce roman entraîne les lecteurs dans une aventure où le danger des écrans et des jeux vidéo, devenant outils de contrôle, est plus palpable que jamais. Mais je vous rassure, l’autrice ne se lance pas dans un pamphlet sur le sujet mais bien dans un livre de pur divertissement qui permettra à une jeune fille très sérieuse, manquant néanmoins de confiance en elle, de réaliser qu’elle possède toute la force nécessaire, le courage et la pugnacité pour se dresser sur le chemin d’un danger dont elle découvre peu à peu les contours…

À mesure que les pages se tournent, la tension monte crescendo, rendant la lecture particulièrement addictive, d’autant que le style percutant, clair et très fluide de l’autrice incite les lecteurs, jeunes et moins jeunes, à se laisser bercer par son imaginaire. Un imaginaire qui nous conduira jusqu’aux portes de l’enfer ou du moins jusqu’à celles d’un portail qu’on préférerait garder fermé. Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue si ce n’est qu’elle m’a rappelé les livres Chair de poule que je dévorais enfant et qui possèdent un charme auquel je suis restée, adulte, très sensible.

Conseillé à partir de 9 ans, ce roman a de très beaux atouts pour convaincre les enfants qui pourront retrouver des problématiques qui leur parlent et facilement s’identifier à Zoé. Une amoureuse de mangas un peu réservée, mais une héroïne qui se découvre face au danger et qui ne baissera jamais les bras, même au plus fort de l’action. Et puis, c’est sympa de voir une collégienne partir à la rescousse non seulement de ses camarades mais aussi d’adultes, tout en découvrant, au passage, la force de l’amitié. Parce qu’il n’y a pas à dire, lutter pour sa survie, ça crée de sacrés liens ! 

Pour ma part, en plus de la courageuse et touchante Zoé, j’ai beaucoup aimé son père, un geek blagueur qui aurait probablement adoré redevenir collégien afin de s’inscrire aux différents cours proposés par le collège : codage, retouche photo, création de vidéos… Le collège Alan-Turing porte particulièrement bien son nom ! Malgré ses dangers, je serais, en outre, curieuse de lancer une petite partie de Mythomonsters, d’autant que si on s’en fie à ce que Zoé découvre en cours d’aventure, je devrais être, comme elle, immunisée…

En conclusion, dans la lignée des Chair de poule que je dévorais enfant, Attention, Collège Zombie ! offre une belle porte d’entrée aux enfants qui aimeraient s’initier doucement à l’horreur, ou une lecture divertissante aux lecteurs qui aiment les histoires dans lesquelles se mêlent héroïnes plus courageuses qu’elles ne le pensent, amitié, tension, mystère, jeux vidéo et ambiance doucement horrifique.

Je remercie les éditions playBac et Babelio de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Les voyages de Lotta : Les renards de feu, Marie Zimmer et Ofride (illustrations)

Le voyage fabuleux de deux sœurs dans les légendes nordiques !

Depuis la mort de sa femme Esther, Olaf, éleveur de rennes en Laponie, vit seul avec ses deux filles de quinze ans, Lotta et Solveig. Bien que jumelles, elles sont pourtant très différentes. Solveig est d’allure très fragile, mutique, enfermée dans son monde et ne communique quasiment pas avec son entourage. Lotta parle pour deux. Dynamique et déterminée, elle est très attachée à sa sœur et la protège contre les éventuels dangers extérieurs.

Lotta veut devenir chamane. Mais une longue et difficile formation attend l’adolescente qui devra affronter plusieurs dangers. Lotta n’espère qu’une chose : entrer en relation avec les esprits et retrouver celui perdu de Solveig. Arrivera-t-elle à mener à bien sa formation ? Et pourra-t-elle ramener facilement l’esprit perdu de sa sœur ?

Jungle édition (22 octobre 2020) – 41 pages – Papier (11,95€)

AVIS

Dans cette BD, nous suivons Lotta, une jeune fille qui aimerait devenir chamane ou noaidekalcko dans la culture samie, quand son père la rêve en éleveuse de rennes. Mais Lotta n’est pas prête à renoncer à son rêve ni à son souhait de retrouver « l’esprit de sa sœur », même si pour cela elle doit défier l’autorité paternelle. Elle profite ainsi des absences de son père pour rendre visite au chamane du village et poursuivre sa formation à ses côtés. Déterminée, courageuse et d’une grande gentillesse avec sa sœur dont elle est très proche, Lotta se révèle également impulsive, obtuse et se laisse encore bien souvent déborder par ses émotions.

Des traits de caractère qui vont rendre son voyage initiatique auprès des esprits des plus mouvementés. Car avant d’obtenir leur aide et de pouvoir s’élever, Lotta va devoir apprendre à gérer ses émotions, ouvrir son cœur et comprendre celui des autres. Une tâche ardue, a fortiori quand un garçon, pas très bon perdant, semble déterminé à l’agacer et que son père semble sourd à son choix de vie. Si Lotta m’a parfois un peu agacée par son incapacité, du moins au début, à se remettre en question, ce qui vu son jeune âge reste compréhensible, je l’ai trouvée également très touchante. Sa force de caractère, conjuguée à sa gentillesse envers sa sœur Solveig, ne peut que susciter admiration et empathie.

Quant à Solveig, c’est une jeune fille souriante, conciliante et profondément gentille qui s’exprime à travers ses magnifiques et très expressifs dessins. Tout dans ses gestes et ses sourires respire la bienveillance et l’envie de soutenir et rendre heureuse sa sœur. Il plane un certain mystère autour de Solveig, notamment sur le fait qu’elle ne parle plus… Mais plus que le mystère qui la rend intrigante, c’est bien l’attachement qui prédomine envers cette jeune fille que j’aurais adoré apprendre à mieux connaître, puisque l’autrice se concentre principalement sur son impétueuse sœur.

On suit ainsi l’aînée dans ses voyages spirituels et son initiation chamanique, dont la progression s’inscrit sur son premier tambour. Ne connaissant rien à la culture samie, j’ai apprécié d’en apprendre plus sur celle-ci et de côtoyer, aux côtés de notre héroïne, le monde des esprits. Un monde avec ses propres règles qu’il convient de respecter sous peine d’être violemment éjecté… Et ce n’est pas Lotta qui vous dira le contraire, la fillette n’étant qu’au début d’un voyage dont chaque étape la rapproche de son objectif.

En plus de l’histoire, l’ambiance graphique m’a subjuguée. J’ai ainsi d’emblée été charmée par la beauté et la luminosité des illustrations qui nous permettent de nous immerger complètement dans les beaux paysages de Norvège, et plus particulièrement du plateau du Finnmark. D’une page à l’autre, on alterne entre les couleurs froides caractéristiques d’un paysage glacé et des teintes parfois plus chaudes et enveloppantes, symbolisant parfaitement la chaleur d’un foyer.

Car ne vous y trompez pas, malgré la tension entre Lotta et son père au sujet de son avenir, cette BD dessine de très beaux liens familiaux, des liens d’abord entre deux sœurs soudées comme les doigts de la main. Puis des liens entre un père et ses deux filles sur lesquelles il veille comme il le peut. On appréciera d’ailleurs que loin du père autoritaire que l’on s’imagine, il soit capable d’évoluer et de réaliser que le plus important reste le bonheur de ses filles, qu’il s’éloigne ou non de son propre mode de vie.

Source : http://www.editions-jungle.com

En bref, alternant entre rêve et réalité, cette BD se pare d’une belle touche de poésie et d’une belle part d’onirisme qui passe autant par les illustrations, que le travail de colorisation, ou les voyages de Lotta dans le monde des esprits. Somptueusement illustré et riche en émotions, voici un ouvrage qui fera rêver petits et grands lecteurs, tout en leur permettant de suivre le destin de deux sœurs liées par une belle et tendre complicité, de celle qui va au-delà des silences pour se concentrer sur la force des émotions et des sentiments. 

Ranee Tara Sonia Chantal Anna, Mitali Perkins

Ranee, Tara, Sonia, Chantal, Anna par Perkins

Des années 1960 aux années 2000, cinq femmes cherchent leur propre voie, entre leur culture indienne et le rêve américain auquel elles aspirent.

Ranee migre avec sa famille du Bengale à New York pour une vie meilleure.
Tara, sa première fille, est admirée par tous, mais se sent obligée de jouer un rôle pour continuer à être aimée.
Sonia, sa cadette, rebelle et engagée, provoque un véritable séisme au sein de la famille lorsqu’elle tombe amoureuse.
Chantal, la fille de Sonia, talentueuse danseuse et athlète, est prise dans une lutte entre ses deux grands-mères et ses origines.
Anna, enfin, reproche à sa mère, Tara, de l’avoir forcée à quitter l’Inde pour les États-Unis et doit trouver sa place à New York.

Le fragile équilibre que les femmes de la famille Das peinent à trouver est chaque jour menacé par des blessures qui mettront des générations à cicatriser…

Bayard Jeunesse (2 juin 2021) – 352 pages – Papier (14,90€) – Ebook (9,99€)
Traduction : Pascale Houssin Jusforgues – 14 ans et +

AVIS

Des années 70 aux années 2000, une fresque familiale sur trois générations…

Appréciant beaucoup les fresques familiales et les relations intergénérationnelles, j’ai tout de suite été tentée par cette lecture qui nous plonge dans la vie mouvementée de la famille Das. Une famille qui a quitté le Bengale avant de poser ses valises au Ghana, en Angleterre, puis aux États-Unis. Ne connaissant pas la culture bengalie, j’ai apprécié d’en avoir, tout au long du roman, un petit aperçu que ce soit à travers la musique, les habits, les coutumes, les traditions familiales…

L’autrice a opté pour une narration alternée efficace et un découpage en trois parties, nous permettant de suivre les membres de la famille Das des années 70 aux années 2000. Dans ce roman choral campé par des femmes hautes en couleur, les hommes ne sont pas vraiment présents, bien qu’on ait la chance de faire brièvement la connaissance du père de Tara et de Sonia que j’ai tout simplement adoré. Gentil et aimant, il fait figure de père idéal même si son envie d’offrir le meilleur à ses filles ne lui permet pas de passer autant de temps qu’il le voudrait à leurs côtés.

Suivre trois générations, c’est l’assurance de découvrir une histoire familiale forte dans laquelle se mêlent incompréhensions, déceptions, mais aussi tendresse, complicité, pardon, et amour, beaucoup d’amour. C’est d’ailleurs quelque chose que j’ai beaucoup apprécié, car malgré les épreuves de la vie et les périodes de tempête, nul ne peut douter des liens unissant les femmes de la famille Das. On prend donc plaisir à sentir la complicité qui unit Tara et Sonia, deux sœurs qui vont devoir s’adapter à cette nouvelle vie aux États-Unis où leurs parents ont décidé de s’installer. Un pays accueillant mais qui n’est pas exempt de préjugés quant à leurs origines, des origines sur lesquelles on semble régulièrement les interroger.

De l’actrice à l’engagée, deux sœurs très différentes, mais très complices…

Habituées à voyager et à aller à la rencontre de différentes cultures, les deux adolescentes vont très vite s’intégrer, Sonia n’ayant besoin que de son carnet et d’un stylo pour se sentir chez elle, et Tara en faisant comme à son habitude : en s’appropriant un rôle qui n’est pas le sien. La télévision américaine lui sera d’une grande aide dans cette entreprise, ainsi que le talent de couturière de sa mère qui veille à ce que ses filles soient toujours à la pointe de la mode locale. Si j’ai trouvé Tara sympathique et attachante, j’ai eu un peu de mal à comprendre son besoin de porter un masque en permanence ou presque. Peut-être un moyen pour elle de se protéger et de ne pas montrer sa vulnérabilité, ou tout simplement l’expression de son goût pour la comédie et le théâtre. Un art dans lequel elle excelle !

Ouverte d’esprit, tolérante, amoureuse des livres en général, d’Orgueil et préjugés en particulier, prônant l’égalité entre les sexes, Sonia m’a d’emblée conquise. Cette forte tête, aux convictions politiques et féministes déjà bien affirmées, entrera souvent en conflit avec sa mère, au grand dam de Tara qui fera régulièrement office de médiatrice. Il faut dire que si Ranee est prête à faire certaines concessions pour l’intégration et la réussite de ses filles, elle se révèle pétrie de préjugés raciaux, au point de blâmer sa propre fille pour sa peau qu’elle juge trop foncée. Elle reste, en outre, attachée à des valeurs traditionnelles, notamment sur la place et le rôle de la femme au sein d’un couple. Des valeurs que sa cadette rejette en bloc.

Une mère courageuse, parfois difficile, mais une grand-mère touchante qui évolue pour le bonheur des siens…

Ranee est ravie que son mari ait écouté son envie d’immigrer aux États-Unis, mais elle ne verra pas d’un bon œil que ses filles vivent dans un quartier où les Afro-Américains sont majoritaires. Alors quand Sonia se met à fréquenter un homme noir avant de s’engager à ses côtés, la réaction ne se fait pas attendre… Ranee, personnage servant de fil conducteur au roman, offre, pour moi, l’évolution la plus intéressante et la mieux amenée. Durant une partie non négligeable du roman, je l’ai trouvée difficile, autoritaire, intransigeante, injuste, intolérante, obtuse… Mais de fil en aiguille, elle nous dévoile d’autres facettes d’elle-même : celle d’une femme parfois maladroite, mais qui a toujours tout fait pour assurer le bonheur et la réussite de ses filles, celle d’une femme courageuse qui a affronté une véritable tempête sans jamais sourciller, celle d’une femme capable d’évoluer et de laisser de côté ses préjugés et ses biais raciaux pour accueillir à bras ouverts la mixité et la diversité dans sa vie et au sein de sa famille.

Mère exigeante, on la découvre grand-mère, peut-être un peu mêle-tout et parfois maladroite, mais surtout grand-mère aimante et touchante. J’ai adoré la relation qu’elle a réussi à nouer avec ses deux petites-filles, des relations bien plus apaisées que celles qu’elle a pu avoir avec Sonia par le passé. Ranee m’a également touchée par sa quête d’identité qui survient après un drame qui a marqué dans sa chair les États-Unis, et qui ne sera pas sans conséquence pour certains immigrés devenus boucs émissaires. Elle va tâtonner, passer d’un extrême à l’autre, avant de se créer une vie qui lui convient et dans laquelle elle peut s’épanouir en trouvant un équilibre entre sa culture bengalie, les valeurs de son pays d’adoption et ses propres convictions. Des convictions forgées au gré des épreuves de la vie, de ses erreurs et de différentes rencontres.

La troisième génération : entre défiance et intégration, deux cousines aux antipodes l’une de l’autre 

Quant à Chantal, la fille de Sonia, et Anna, la fille de Tara, elles m’ont moins marquée que leur mère respective ou leur grand-mère Ranee. Les deux cousines offrent néanmoins un contraste intéressant : si la première est née et a été élevée aux États-Unis comme une Américaine, la seconde a été élevée en Inde. Anna se refuse d’ailleurs à renier sa patrie, dont elle apprécie la richesse linguistique, culturelle, et religieuse, au profit des États-Unis. Un pays dans lequel on l’a obligée à venir étudier, sans lui demander son avis, alors qu’elle ne s’y sent pas vraiment à sa place. Le fait que sa grand-mère ne cesse de la comparer à la parfaite, athlétique, intelligente, sportive et très américaine Chantal ne l’aide pas vraiment à accueillir ce déménagement aux États-Unis avec plaisir.

Contrairement à Chantal qui m’a semblé un peu terne, bien que j’aie apprécié la manière dont elle rappelle à ses deux grands-mères qu’elle est noire et bengalie, Anna frappe par sa présence. J’ai aimé sa manière de revendiquer le droit d’être elle-même et de demander à ce que l’on respecte sa culture et ses croyances. La « révolution des vestiaires », qu’elle mène avec intelligence, prouve d’ailleurs son aplomb et sa force de caractère, deux qualités qui la rapprochent de sa tante Sonia. D’abord sur la réserve face à cette cousine qui lui fait de l’ombre, Anna finira par nouer une certaine complicité avec Chantal, d’autant que si elles sont très différentes, elles sont toutes les deux très attachées à Ranee. Une grand-mère qui va parfois les inquiéter, mais qui sera toujours là pour elles.

Des thématiques passionnantes et variées traitées avec justesse, mais un roman qui aurait mérité d’être étoffé…

En plus de nous offrir une belle fresque familiale à travers le temps et de nous dépeindre le portrait de femmes fortes et attachantes, ce roman offre également une réflexion intéressante autour de thèmes variés : le racisme, l’identité, les racines, l’immigration, l’intégration, la famille, le deuil, la religion, les couples mixtes, la difficulté de trouver un équilibre entre la culture de son pays d’origine et celle de son pays d’adoption, le sentiment d’appartenance à un pays qui peut revêtir différentes formes, chacune tout autant valide l’une que l’autre…

Destiné aux adolescents, ce roman se lit tout seul, les phrases sont simples et fluides, le découpage des chapitres dynamique, le style de l’autrice très accessible, l’alternance des points de vue efficace pour happer et maintenir l’attention des lecteurs… Néanmoins, si j’ai passé un très bon moment aux côtés des femmes Das, le roman m’a paru trop ambitieux par rapport à sa longueur. En choisissant d’évoquer cinq femmes, l’autrice ne se laisse pas l’opportunité de développer de manière équilibrée chacune d’entre elles. La dernière partie consacrée à Anna et Chantal m’a ainsi semblé terne par rapport aux deux premières parties. J’ai, en outre, été surprise de voir à quel point Tara est occultée dans la dernière partie, d’autant que je m’interroge encore sur sa décision soudaine de déraciner sa fille sans même rester à ses côtés. Ranee, Sonia et Chantal s’occupent bien d’Anna lors de son arrivée aux États-Unis, mais cela ne vaut quand même pas le soutien de ses propres parents !

Les ellipses temporelles créent également un certain sentiment de frustration même si elles ont le mérite de nous permettre de nous focaliser sur l’essentiel et d’éviter de nous perdre dans les détails. Le roman convaincra probablement le public visé, mais laissera peut-être un peu sur la faim un lectorat plus âgé. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée outre mesure puisque j’ai ressenti assez d’émotions dans ma lecture pour avoir envie de tourner les pages les unes après les autres. La seule chose qui m’a vraiment gênée, voire franchement dépitée, est l’avant-dernière page : alors que le mariage forcé est plutôt dénoncé, notamment à travers Sonia, une phrase nous en donne une vision bien douce et idéalisée. C’est un détail, certes, mais un détail qui m’a quand même bien fait râler.

En conclusion, Mitali Perkins nous offre une fresque familiale et humaine qui, en plus de nous permettre de découvrir trois générations de femmes unies malgré leurs différences et des périodes de tension, évoque des thématiques importantes : la famille, le deuil, le racisme, les différences culturelles, les couples mixtes, la difficulté de s’intégrer dans un nouveau pays sans renier et/ou oublier ses propres racines, et celle de naviguer entre plusieurs cultures pour se forger sa propre identité… Un roman choral facile et rapide à lire porté par des femmes de caractère dont l’histoire se révèle tour à tour fascinante, émouvante, inspirante, mais surtout emplie d’une belle et touchante humanité !

Je remercie les éditions Bayard et Babelio de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.
Téléchargez un extrait sur le site des éditions Bayard.

 

Léa, mon étoile filante, Bertrand Gimonet et Korrig’Anne (illustrations)

Léa, mon étoile filante: Roman jeunesse par [Bertrand Gimonet, Korrig'Anne,]

Ce matin, les parents de Théo rentrent à la maison sans Léa, sa sœur. Théo remarque qu’ils pleurent.
« Où est Léa ? Pourquoi pleures-tu ? ».
« Elle est partie vers les étoiles ».
« Partie vers les étoiles ? Ça veut dire quoi ? Elle revient quand ? ».

Une histoire pleine d’émotions où nous allons voir vivre ces « paranges » à travers le regard du grand frère, Théo. Comment va-t-il réagir face à la perte de sa sœur ? La vie reprendra-t-elle ses droits ? Le bonheur est-il encore possible ?

Publishroom Factory (1 avril 2021) – Papier (12,90€) – Ebook (4,99€)
À partir de 6/8 ans

AVIS

Ce livre jeunesse illustré aborde une thématique délicate, la mort inattendue du nourrisson. Si l’auteur ne cache en rien les émotions de parents face à la douleur de la perte d’une partie d’eux-mêmes, il a fait le choix intéressant d’aborder la question à travers les yeux d’un enfant. Celui du petit Théo qui du haut de ses 7 ans, bientôt 8, découvre brutalement que la mort peut s’inviter chez lui et dans sa vie.

Comment lui faire comprendre, mais sans le brusquer, qu’il ne pourra plus voir et jouer avec sa petite sœur Léa ? Comment lui expliquer clairement, mais avec délicatesse, le concept de mort ? Tout ceci, sans soi-même se laisser submerger par la détresse, l’incompréhension et la douleur ?

À travers un texte empreint de beaucoup de délicatesse et de sensibilité, l’auteur nous fait entrer dans la vie d’une famille frappée par le deuil, une famille qui va devoir apprendre à exister sans la présence de la petite Léa, partie rejoindre les étoiles trop tôt. Il y a bien sûr de la tristesse dans cette histoire, la perte d’un nourrisson étant un drame dont il est bien difficile de se relever, mais l’auteur arrive à distiller, page après page, de l’espoir et à auréoler son récit de lumière. Il se concentre ainsi sur l’après, sur la guérison, sur la nécessité de continuer à vivre sans pour autant oublier, et l’importance de soutenir Théo. Le petit garçon a, en effet, plus besoin que jamais de ses parents pour faire face à la disparition de sa sœur et toutes les angoisses que cette tragédie provoque en lui.

Devant sa peur de mourir et de voir disparaître ceux qu’il aime, ses parents sauront l’écouter et trouver les mots justes pour le rassurer, mais aussi pour lui expliquer que si sa sœur a rejoint les étoiles, elle sera toujours dans son cœur et celui de chacun des membres de la famille. À cet égard, j’ai adoré l’idée symbolique des parents d’acheter avec Théo un arbre et de le planter en hommage à Léa. Un arbre souvenir, un arbre mémoire qui va permettre à Théo de se recueillir, de rester en contact avec sa sœur et, d’une certaine manière, de continuer à grandir à ses côtés.

Malgré la mort qui s’invite brutalement dans la vie d’une famille, il y a donc beaucoup de vie dans ce livre jeunesse qui adopte un ton volontairement bienveillant, doux et délicat. Un ton qui devrait permettre aux enfants concernés par le sujet de se sentir en confiance, et peut-être d’avoir envie d’extérioriser et de partager leurs émotions, leurs peurs et leurs interrogations avec leurs parents ou d’autres adultes, à l’instar du petit Théo. Ce livre pourrait également aider des parents à instaurer un dialogue avec leur ou leurs enfants sur la perte d’un membre de la fratrie, voire peut-être les aider eux-mêmes à poser des mots sur leurs maux et leur douleur.

Devant une thématique aussi difficile que la mort d’un nourrisson, on aurait pu s’attendre à une ambiance graphique austère, alors que Korrig’Anne a opté pour des traits ronds très enfantins et des illustrations douces, lumineuses et colorées, comme une ode à cette vie qui doit reprendre. En plus de faciliter l’immersion des enfants dans leur lecture et de leur permettre de s’identifier plus facilement au petit Théo, ces illustrations brillent par les émotions qu’elles retranscrivent et qu’elles transmettent. Chagrin, tristesse, mais aussi joie, espoir et amour se peignent sur des visages qui s’ouvrent et reprennent vie à mesure que le temps passe, et que la douleur laisse place à un travail de reconstruction et de mémoire. 

À noter qu’en fin d’ouvrage, l’auteur fait un bref point sur ce qu’est la mort inattendue du nourrisson et rappelle quelques règles de sécurité lors du couchage. Bien que n’ayant pas d’enfant, j’ai trouvé la démarche intéressante et somme toute instructive.

En conclusion, évoquer la mort n’est jamais aisé en soi, mais cela devient encore plus difficile quand elle touche un nourrisson. Dans ce livre d’une surprenante délicatesse et d’une bienveillance réconfortante, Bertrand Gimonet, lui-même touché par la perte d’un enfant, offre néanmoins un récit touchant où derrière la perte et la douleur sont évoqués la résilience, l’espoir et la vie. Émouvant de par sa thématique, Léa, mon étoile filante se révèle indispensable par le point de vue adopté, celui d’un petit garçon/un frère qui, avec courage et le soutien de ses parents, va apprendre à vivre sans sa sœur, tout en réalisant que même si elle n’est plus à ses côtés, elle restera dans son cœur pour toujours et à jamais ! Touchant et émouvant, voici un livre qui permettra peut-être à des familles endeuillées de trouver un écho à leur propre histoire et une lueur d’espoir dans l’obscurité.

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé Léa, mon étoile filante, en échange de mon avis.
Site de l’auteur

Mort et déterré – tome 1 : un cadavre en cavale de Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron (illustrations)

Yan Faucher, 13 ans, est un ado comme un autre. À la veille de la rentrée des classes, il se sent très bien dans sa peau : il va avoir une petite sœur d’un jour à l’autre et, avec son pote Nico, il est prêt à lancer son grand projet : commencer le tournage de son film de zombis ! Mais alors qu’il se rend à la maternité pour rejoindre toute sa famille et fêter l’heureux événement, il tombe sur une discussion animée entre un dealer et son jeune client. Essayant d’intervenir, il se fait accidentellement poignarder. Il meurt sur le coup. Toute sa famille est anéantie. Mais visiblement, son âme a décidé de ne pas le lâcher. Il se rend alors compte que non seulement il continue à penser, mais il arrive également à bouger. Grâce au clairon que son petit frère a glissé dans son cercueil, il arrive à attirer l’attention de son copain Nico qui décide de l’exhumer. Arrêté par la police, Nico n’a pas le temps de libérer son ami, mais Yan parvient à sortir de son tombeau. Avec l’aide de Nico et Alice, il va mener une double quête : retrouver son assassin et reconstruire sa famille en pleine décomposition depuis son décès.

DUPUIS (15 août 2019) – 48 pages – 10,95€

AVIS

Je ne suis pas une grande adepte des histoires de zombies, mas le titre non dénué d’humour m’a donné envie de laisser sa chance à cette BD que j’ai trouvée divertissante. Dernier jour d’école avant les grandes vacances, mais dernier jour tout court pour Yan dont la vie va s’arrêter brutalement. Mauvais endroit au mauvais moment…

Mais contre toute attente, si sa vie d’humain lambda a bien pris fin, c’est, un an après sa mort, une vie de zombie qui commence pour lui ! Néanmoins, une fois la joie d’être sorti de son cercueil passée, Yan va découvrir qu’être un zombie, ce n’est pas de tout repos. Entre les multiples dangers et la nécessité de passer inaperçu, ce qui est, vu son apparence et son odeur, une mission quasi impossible, il ne risque pas de s’ennuyer. Il va heureusement découvrir que s’il ne peut pas réintégrer sa vie d’avant, il pourra toutefois compter sur le soutien d’une ancienne camarade et de son meilleur ami.

Ce tome introductif nous permet de faire connaissance des personnages principaux et d’assister à la transformation physique d’un adolescent, en même temps qu’à l’éclatement de sa famille qui n’a pas résisté à sa mort. Yan découvre ainsi des parents anéantis et dépassés par leur douleur, une aînée en colère, et un petit frère calfeutré dans le silence. La naissance de sa petite sœur le jour de sa propre mort ne semble pas avoir suffi à aider les siens à aller de l’avant et ses parents à surmonter ce qu’aucun parent ne devrait avoir à faire, la mort d’un enfant.

J’ai été touchée par cette famille en plein deuil et peut-être plus particulièrement par l’aînée en pleine révolte, qui exprime plutôt radicalement son mal-être, sa colère et sa douleur. Mais pour un zombie, qui dit mort et déterré, dit également vivant et prêt à intervenir en cas de besoin, ce qui ne sera d’ailleurs pas sans conséquence pour un Yan peut-être bien vivant, mais surtout bien mort aux yeux de la société. 

Bien que la thématique de la mort soit difficile en soi, le ton de la BD n’en demeure pas moins assez léger, que ce soit grâce aux couleurs, à quelques touches d’humour ou à l’amitié bien présente. À cet égard, je suis curieuse de découvrir comment le trio qui s’est créé autour de Yan va progresser dans la suite de l’aventure, et quelles sont les nouvelles péripéties que notre zombie va devoir affronter. De la même manière, je suis impatiente de découvrir la direction que va prendre la BD : Yan va-t-il continuer à se cacher à la face du monde ? Va-t-il révéler sa renaissance à ses parents ?…

Je continuerai donc avec plaisir la lecture de cette série qui ne manque ni d’originalité ni de charme, et que je conseillerais à tous les lecteurs en quête d’une BD mêlant avec brio horreur, humour et thématiques importantes, comme l’amitié, la famille, le deuil et la difficulté d’y faire face. Je pense également lire à l’occasion le roman ayant donné lieu à cette adaptation graphique.

Mini-chroniques en pagaille #37 : piraterie, fée et kidnapping !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les aventures de Papagayo de Marie-Raymond Farré (Folio)

Couverture Les aventures de Papagayo

Découvert par hasard, ce roman jeunesse a tout de suite attiré mon attention, aimant beaucoup les récits de pirates ! Et je dois dire ne pas avoir été déçue par cette histoire d’amitié trahie, d’île mystérieuse, de carte à dénicher, de trésors fabuleux, de rhum qui coule à flots ou presque… Le tout amené à travers un personnage particulier, le perroquet du célèbre Tom Timothy, la terreur des sept mers.

Un perroquet qui va faire une entrée fracassante dans la taverne de deux jeunes sœurs, Madeleine, et Cathie Mini qui, du haut de ses dix ans, a déjà un caractère bien trempé ! Plus calme, sa sœur aînée possède néanmoins une poigne de fer, ce qui lui sera plus qu’utile pour gérer une taverne accueillant des pirates et autres brigands des mers. Des personnes de mauvaise réputation que Madeleine, en raison de sa grande myopie, prend pour des marins un peu bourrus… En tant que grande myope, j’avoue que la situation m’a amusée, parce que clairement, sans mes lunettes, mon appréhension du monde diffère quelque peu de celle des personnes ayant la chance d’avoir une bonne vue.

L’histoire contée par Papagayo, un perroquet qui, disons-le pudiquement, a de la personnalité, devrait ravir les enfants, mais aussi les adultes appréciant les histoires de pirates et de quêtes au trésor qui ne se terminent pas très bien pour les principaux belligérants. Pour ma part, j’ai apprécié le parallèle amusant entre le jeu de rôle qui conclut les journées éreintantes des deux sœurs, et l’histoire de Tom Timothy et de son meilleur ami. Si la conclusion est, dans les deux cas, la même, les conséquences sont bien différentes, car hélas, l’appât du gain peut venir à bout des plus belles amitiés … même de pirates !

Amusant, rythmé et illustré de manière très expressive et colorée, voici un petit livre jeunesse parfait pour se familiariser avec le monde de la piraterie; ou pour simplement se laisser bercer par les histoires du grand et truculent Papagayo. Un conteur à plumes et à bec haut en couleur !


  • Le gnome qui voulut être fée d’Audrey Alwett (ActuSF) :

Le gnome qui voulut être fée par [Audrey Alwett]

À la recherche d’une nouvelle à lire, j’ai jeté mon dévolu sur Le gnome qui voulut être fée qui se déroule dans l’univers de Poisons de Kartharz que je n’ai pas encore lu.

Sous fond de racisme primaire et de quête d’identité, l’autrice nous dépeint, d’une plume acérée et délicieusement caustique, la rencontre inattendue et plutôt (dés)agréable entre un gnome et une fée. Alors qu’une âme sensée et sensible se serait confondue en remerciements devant un gnome qui a fait fi de la haine ancestrale et viscérale des siens pour lui sauver la vie, notre fée se contente d’empêcher ses amis d’infliger à son sauveur une grosse correction. Après tout, comme un être aussi répugnant a-t-il osé la toucher, elle une fée ?

Notre ingrate est d’autant plus affligée qu’être touchée par le gnome ne lui a finalement peut-être pas tant déplu que cela, et que les autres fées ne peuvent s’empêcher de se gausser de sa mésaventure. Pire, le fils de la reine semble prendre ses distances avec elle, enfin, les prendre encore plus qu’auparavant. Quant à notre gnome, cette expérience n’a fait que renforcer le sentiment de décalage qu’il ressent envers les siens, celui-ci ne se sentant pas à sa place parmi des rustres qui le rejettent, et ont fait de lui, au fil des ans, leur souffre-douleur attitré.

Cette rencontre entre deux « ennemis naturels », est-elle le fruit du hasard et le début d’une nouvelle vie pour nos deux protagonistes, ou faut-il parfois se méfier des conséquences des bonnes actions que l’on peut faire sous le coup de l’émotion ? Parce que si le bien peut se trouver même dans le plus laid des êtres, la vilenie et la cruauté, quant à elles, peuvent très bien se cacher dans le beau et le délicat. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que j’ai apprécié la chute et son ton qui n’est pas sans rappeler celui des contes d’antan.

Caustique, cruelle et non dénuée d’intelligence, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous donner envie de vous plonger dans les autres écrits de l’autrice.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.


  • Le kidnapping de Stephen King de Romy Love :

Le Kidnapping de Stephen King par [Romy Love]

Si la couverture ne me plaît pas outre mesure, le titre de cette nouvelle a tout de suite éveillé ma curiosité. Et je dois dire que je ne regrette pas de m’être laissé tenter, l’histoire s’étant révélée truculente à souhait, voire délicieusement décalée.

Que fait un libraire au chômage, à cause du grand méchant internet, qui apprend que l’un des auteurs les plus vendus au monde prend sa retraite ? Vous séchez ? C’est pourtant simple, il s’envole pour les États-Unis et, avec l’aide de son beau-frère, il kidnappe ledit auteur ! C’est sa faute aussi au King des best-sellers, quelle idée de lâcher une bombe comme ça. Heureusement que Blaise n’est pas là, parce que je sens qu’il se serait fait une joie de détourner ma dernière phrase. Malgré son humour au ras des pâquerettes, on apprécie vite la vision très simple et légère de la vie de cet adulte piégé dans un esprit d’enfant.

Quant à notre libraire reconverti en kidnappeur, il va découvrir qu’il y a bien pire que kidnapper un auteur pour l’obliger à écrire un roman… Dans cette nouvelle, l’auteur ne se prend pas au sérieux, et vu le contexte actuel, ça fait un bien fou. Alors, l’humour ne vole pas haut, mais il a bien fonctionné sur moi. On s’amuse sans honte du pétrin dans lequel Romain s’est mis, chose d’autant plus aisée que ce dernier ne manque pas d’un certain esprit d’auto-dérision.

Au-delà de l’humour omniprésent et du côté complètement décalé de l’histoire, j’ai apprécié les multiples références que ce soit aux romans de Stephen King, à une série télé que je n’ai personnellement pas vue, ou à un célèbre conte détourné ici avec brio.

En bref, merci à l’auteur pour cette petite pause pleine d’humour qui m’a permis de me déconnecter du quotidien et qui ne devrait pas manquer de faire sourire les amoureux de Stephen King.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?