La Princesse Élodie De Zèbrazur et Augustin le chien qui faisait n’importe quoi… de Pierre Thiry

Quand Pierre Thiry m’a proposé de découvrir son nouveau livre, un conte jeunesse, je n’ai pas hésité une seule seconde ayant dévoré son recueil de sonnets. Je le remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION AUTEUR

Élodie de Zèbrazur est une princesse. Augustin est un chien. Élodie de Zèbrazur aime beaucoup Augustin. Mais Augustin fait vraiment n’importe quoi. Et lorsqu’on fait n’importe quoi, il arrive des tas d’ennuis. Que va-t-il se passer ? Tu le sauras peut-être en ouvrant ce livre. En écoutant la musique des phrases, en écoutant le bruit des vagues, en écoutant le bruit du vent et le chant des coquillages tu découvriras une infinité de choses merveilleuses et inattendues…

  • Nb de pages : 68
  • Editeur : Books on Demand
  • Prix : 8€
  • Illustrations : Samar & Hani KHZAM

AVIS

Je vous avouerai que je n’avais pas prévu de lire ce livre tout de suite ayant une petite pile de livres plus ou moins urgente à lire et à chroniquer. J’étais donc partie pour ne lire que quelques pages de manière à satisfaire ma curiosité, mais le charme de l’histoire opérant, j’ai lu l’ouvrage d’une traite.

Cela n’a rien d’étonnant si l’on considère qu’un peu à l’image d’un conteur d’antan, l’auteur sait happer l’attention des lecteurs dès les premières lignes. Nous découvrons ainsi la Princesse Élodie dont le nom à rallonge, De Zèbrazur, donne l’impression que nous sommes face à une personne importante. Puis, Augustin le chien entre en scène. Et là, le lecteur découvre qu’en effet, il fait vraiment n’importe quoi ! Mettre des miettes dans les robes de sa maîtresse, voler de la nourriture au boucher, prendre des livres dans des librairies (vous me direz, là, peut-on vraiment dire qu’il fait n’importe quoi ? Personnellement, je serais tentée de dire que c’est un chien dont tout lecteur rêve), aboyer sur tout ce qui bouge… Non, décidément, rien ne fait peur à ce toutou rigolo, mais plutôt agité.

Malgré toutes ses bêtises qui parfois l’agacent et la mettent en colère, la Princesse Élodie aime quand même beaucoup son fidèle compagnon d’autant qu’il lui arrive parfois d’être sage, principalement quand il dort d’ailleurs. Même son de cloche du côté de Mme Brichard, une femme qui peut être plus ou moins considérée comme l’intendante du château. Si Augustin aime mettre un joyeux bordel là où il passe, Mme Brichard, quant à elle, plébiscite l’ordre et la discipline, peut-être un peu trop… Mais malgré cela, elle ne peut s’empêcher de trouver le château vide sans ce sacré toutou. C’est qu’il est comme ça Augustin, aussi agaçant qu’attachant ! Enfin, agaçant pour Élodie et Mme Brichard, car je ne doute pas que les enfants, quant à eux, s’amuseront de ses petits tours, de son énergie et de son caractère facétieux. Et puis, peut-être qu’ils arriveront, dans une certaine mesure, à s’identifier à lui ? C’est quand même bien plus amusant de courir partout et faire tout ce que l’on veut comme Augustin que de passer son temps à ranger comme Mme Brichard.

Et nous touchons là d’ailleurs l’un des points forts de cette petite histoire qui, sous réserve de mignonnerie, montre à chacun que la vie est faite d’équilibre. Sans tomber dans les deux extrêmes, ranger tout tout le temps sans prendre le temps de vivre ou au contraire, passer son temps à s’amuser sans prendre le temps de se poser, il existe un juste milieu. La Princesse semble d’ailleurs symboliser ce juste milieu puisque prise entre ces deux personnages au comportement excessif, elle exprime son souhait de s’amuser tout en ne faisant pas n’importe quoi… contrairement à un certain toutou dont je ne citerai pas le nom.

Quant à la plume de l’auteur, elle se veut volontairement enfantine de manière à ce que l’histoire reste accessible aux enfants. Mais même en tant qu’adulte, cela ne dérange pas d’autant que cette simplicité dans la narration renforce le côté trublion d’Augustin. Quel que soit son âge, chaque lecteur sera donc ravi par cette histoire qui pourra se lire comme le récit rigolo des aventures d’un chien et d’une princesse ou comme un conte avec une morale. Tous les lecteurs partageront, en outre, le plaisir de découvrir les nombreuses illustrations qui parsèment le livre. Comme le style de l’auteur dans ce conte, elles dégagent un charme juvénile auquel il est bien difficile de rester insensible. Parfois en couleurs, mais le plus souvent réduites à leur simple crayonné, elles invitent à vous plonger dans l’histoire, à découvrir les bêtises d’Augustin et leurs conséquences, à voir Mme Brichard dans ses activités de nettoyage et de rangement, à suivre Élodie dans ses promenades, à partager ses moments de bonheur et de colère… En d’autres termes, les illustrations de Samar & Hani Khzam soutiennent à merveille le texte de Pierre Thiry qui lui-même renforce la force de ces dessins simples, mais efficaces.

En conclusion, Pierre Thiry est un auteur qui semble avoir plusieurs cordes à son arc. Il sait aussi bien nous émerveiller par sa poésie que nous enchanter grâce à son talent de conteur. L’auteur nous propose en effet un conte d’une grande douceur qui plaira autant aux enfants qu’à leurs parents. Les premiers seront séduits par une histoire toute mignonnette joliment mise en valeur par de nombreuses illustrations, et les seconds par le charme caractéristique des contes qui ont probablement bercé leur enfance. Une belle lecture familiale donc, à lire et à relire !

Site de l’auteurPage Facebook du livre

Et vous, envie de découvrir La princesse Élodie ?

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Une braise sous la cendre, Sabaa TAHIR

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J’ai lu Une braise sous la cendre en lecture commune avec Mydearema que je remercie pour les échanges enrichissants que nous avons partagés autour de ce superbe roman.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde où l’armée a pris le pouvoir, l’obscurantisme domine, mais deux adolescents vont s’unir pour tenter de renverser ceux qui ont imposé ce règne de la force.

« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. »

Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Pocket Jeunesse (15 octobre 2015)
  • Prix : 18.90€

AVIS

Ce roman me tente depuis un bon moment, mais il a suscité un tel enthousiasme sur la blogosphère que j’avais peur d’être déçue. Et sur ce point, je peux vous rassurer tout de suite : cette histoire a frôlé le coup de cœur.

Laia voit ses grands-parents se faire tuer et son frère embarquer par des Masks, ces hommes cruels au service de l’Empire. Un Empire qui peut se montrer implacable envers le peuple auquel appartient la jeune fille : les Érudits. Alors qu’elle arrive à prendre la fuite, elle se promet de libérer son frère. Pour ce faire, elle finit par rejoindre la Résistance, une organisation qui a pourtant trahi ses parents qui en étaient des leaders adulés et charismatiques. Et pour obtenir l’aide de l’organisation, elle n’a d’autre choix que d’espionner La Commandante qui dirige d’une main de fer Blackcliff, l’école formant les Masks, en devenant son esclave. Le début d’une vie où la violence physique et mentale devient la règle et l’amitié une bouée de sauvetage.

Gros point fort de ce roman, les personnages puisque l’auteure nous propose une galerie de protagonistes à la psychologie complexe et développée. Aucun personnage n’est totalement mauvais ou bon ! Même le psychopathe de service semble pouvoir, même si ce n’est que très rarement, ressentir des émotions. C’est juste qu’à la différence d’Elias, notre héros, cela ne l’empêche pas de dormir. Elias est un jeune homme que l’on suit avec une sorte de fascination, peut-être parce que c’est le personnage le plus torturé du roman. Capable d’une violence implacable inhérente à sa formation de Mask, il se rebelle pourtant contre l’ordre établi, contre cet Empire où règne la violence, le mal, les viols, la torture… Il fait ce qu’il a à faire, mais n’y trouve aucun plaisir contrairement à la plupart de ses camarades. Lui, ce qu’il désire ardemment, c’est la liberté de corps et d’esprit, c’est s’affranchir d’une vie qu’il n’a pas choisie et d’un destin dont il n’a aucune envie… Bien qu’il doute parfois, qu’il en vient à se détester pour des actes qu’il était plus ou moins condamné à perpétrer, il ne cessera jamais de se battre pour ce qu’il estime être juste. C’est d’autant plus admirable qu’arraché très jeune à sa famille d’adoption et haï par sa propre mère dont la méchanceté n’a d’égale que la cruauté, il aurait pu devenir une personne cruelle comme son grand rival, Marcus.

Elias déteste sa mère, sa vie et l’enseignement qu’il reçoit à Blackcliff, mais tout n’est pas noir puisqu’il peut compter sur sa meilleure amie Hélène avec laquelle il a une réelle et sincère complicité. Le lecteur découvre néanmoins très vite de profondes divergences entre ces deux amis puisque si Hélène n’est pas méchante de nature, elle croit, en revanche, en cet Empire auquel elle a juré fidélité. Dans ces conditions, on ne peut s’empêcher de se demander comment ces deux amis pourront continuer à se comprendre et à s’épauler ? Ceci est d’autant plus vrai que des sentiments dépassant la simple amitié vont commencer à émerger complexifiant encore plus la situation…

Et on touche du doigt le point qui m’a empêchée d’avoir un coup de cœur pour ce roman : l’émergence de sentiments amoureux d’autant que l’on sent même poindre un carré amoureux… L’auteure n’a fort heureusement pas centré son récit sur les peines de cœur de ses personnages, mais je n’ai pas vu l’intérêt d’exalter les sentiments d’Hélène qui était déjà tellement intéressante sans qu’il n’y ait besoin de l’engluer dans un amour que l’on devine impossible. Je nuancerai néanmoins quelque peu mes propos, car cela rend peut-être un peu plus humaine cette femme que la force de caractère et la fidélité à ses engagements rendent parfois un peu froide. Cette apparente froideur et cette manière qu’elle a de contenir ses émotions ne m’ont pas empêchée d’adorer ce personnage qui a tout de l’héroïne badasse. A force de sacrifices, elle a ainsi su trouver sa place dans un milieu dur dominé par la gent masculine qui apprendra, à ses dépens, qu’il ne vaut mieux pas la sous-estimer.

Quant à Laia, c’est certainement le personnage qui évolue le plus et qui m’a le plus impressionnée. Craintive voire plaintive et complètement perdue au début du récit, elle prend peu à peu confiance en elle et en ses capacités même si les doutes ne sont jamais très loin. Alors qu’elle avait tendance à subir plutôt qu’à agir, à obéir plutôt qu’à penser, elle finit par prendre des initiatives. Il faut dire qu’au fil des épreuves que sa nouvelle vie ne manquera pas de lui imposer, elle se rendra compte qu’elle devra avant tout compter sur elle-même pour sauver son frère et retrouver un semblant de vie. Elle aura fort heureusement des alliés dans sa quête de liberté, mais les trahisons étant monnaie courante dans ce monde de violence, à qui peut-elle vraiment accorder sa confiance ? Au chef de La Résistance qui lui a fait une promesse, au jeune membre de la Résistance qui ne laisse pas son cœur insensible, à Elias qui s’est montré généreux avec elle, mais qui fait partie du peuple ennemi au sien, aux autres esclaves de la Commandante… ? Alliés ou ennemis, difficile de savoir tellement l’auteure brouille les pistes autant pour la jeune fille que les lecteurs qui finissent par ne plus savoir à qui se fier.

En plus de la galerie de personnages que j’ai adorée, j’ai complètement été happée par cet univers sombre et violent dans lequel l’auteure nous immerge. Dès les premières pages, on ressent cette violence qui semble sommeiller en chacun des personnages, mais aussi dans les couloirs de l’école, dans la demeure de la Commandante, dans les rues… C’est un peu comme si nos héros avaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ce qui rend la lecture parfois étouffante, mais toujours terriblement prenante. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteure a choisi une narration alternée nous faisant suivre, tour à tour, les aventures de Laia et d’Elias. Une alternance qui apporte un dynamisme certain au récit et qui rend la lecture quelque peu addictive ! Ce procédé présente également l’avantage ou l’inconvénient, c’est selon votre degré de patience, de créer une certaine frustration notamment lorsque vous mourez d’envie de savoir ce qui va arriver à l’un des personnages et qu’il vous faut attendre encore un peu avant de le découvrir. Les pages défilent donc les unes après les autres et vous laissent avec cette impression de vide qui vous pousse à continuer votre lecture jusqu’à atteindre cette dernière page autant redoutée qu’attendue. Et la seule conclusion qui devrait s’imposer à vous est « je veux la suite », car l’auteure joue avec les nerfs de ses lecteurs jusqu’au bout ! Entre liberté et sacrifice, entre amitié et devoir, entre amour et haine, nos personnages vont devoir prendre des décisions qui changeront à jamais le cours de leur vie…

Enfin, même si le récit met surtout en avant la lutte pour le pouvoir et la survie, j’ai apprécié que l’auteure y intègre des créatures folkloriques tels que les Djinns, les Efrits, les Goules… Je n’ai, pour ma part, pas l’habitue de les croiser et j’espère que cet aspect fantastique de l’histoire sera, par la suite, encore plus fortement développé.

Ma conclusion sera brève : amateurs ou non de dystopies, ne passez pas devant ce roman qui vous entraînera dans un tourbillon de noirceur, de haine, de violence, de tension, de suspense, mais aussi d’espoir. Si on ajoute à cela de l’action, des créatures mythologiques que l’on a peu coutume de voir, des personnages à la psychologie développée et bien souvent complexe, de l’amitié et un soupçon d’amour, on obtient un livre aussi immersif qu’addictif.

Je vous invite à lire la chronique de Mydearema qui a également beaucoup apprécié ce roman.

Et vous, envie de lire un extrait ou de craquer pour Une braise sous la cendre ?

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Beyond all hopes, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori pour m’avoir permis de découvrir Beyond all hopes.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Voir ses idoles se produire dans sa ville, aussi paumée soit-elle? Possible lorsque, comme Cecilia, on est employée municipale, qu’on se trouve présente à LA bonne réunion, et qu’on a l’occasion de faire LA suggestion… La jeune fille n’y croyait pas une seconde, mais ne dit-on pas que la chance sourit aux audacieux? Enfin ça, c’était avant qu’elle se retrouve chargée d’empêcher que les DJs de ToxinZ ne traînent trop longtemps dehors après le show, conformément aux coutumes de la petite bourgade. La tâche l’enchante d’autant moins qu’elle-même a de sérieux doutes sur la nécessité d’une telle mesure… Une insouciance qui pourrait bien leur coûter cher ! Et comme si ça ne suffisait pas, Cecilia s’aperçoit qu’un des deux garçons est loin de la laisser indifférente… alors qu’elle le sait, il est vain pour une simple fan d’espérer quoi que ce soit!

  • Broché: 202 pages
  • Editeur : lulu.com (9 janvier 2018)
  • Prix : 11,55€

AVIS

Comme avec Abyss, l’auteure a porté un soin particulier à la mise en page de son livre :

L’ensemble est du plus bel effet et donne déjà envie de se plonger dans cette romance se déroulant dans un univers musical particulier : la musique hardstyle. Un genre que, je dois le reconnaître, je ne connaissais pas avant d’entreprendre la lecture de Beyond All Hopes. J’ai donc fortement apprécié que Svetlana Mori pense aux néophytes en la matière en incluant une playlist permettant de découvrir différents morceaux et artistes comme Sub Zero Project, Zatox, Gunz for Hire…

Je n’ai d’ailleurs pas hésité à écouter quelques titres avant de commencer ma lecture ce qui m’a permis de mieux comprendre la passion de Cecilia et de l’auteure pour ce style de musique qui me semble plutôt absent de la littérature. J’ai d’ailleurs aimé que sans se perdre dans des termes techniques ou une avalanche de détails qui n’intéresseraient que les musiciens, l’auteure nous donne l’impression que nous aussi nous vibrons au son de la musique. Je me suis ainsi imaginée assister à ces concerts à la mise en scène soignée que Cecilia apprécie tant. Vous aurez donc compris que j’ai été complètement saisie par l’ambiance musicale de ce roman, celle-ci en justifiant à elle seule la lecture.

Mais rassurez-vous, pas besoin d’aimer la musique pour apprécier cette histoire. En effet, même si elle est en toile de fond et est d’ailleurs l’élément qui a permis aux deux DJ de ToxinZ et à Cecilia de se rencontrer, Beyond all hopes est avant tout une romance. C’est un genre avec lequel je suis assez pénible, mais excepté un ou deux points qui m’ont peut-être un peu moins convaincue, j’ai été séduite par l’histoire d’amour entre Cecilia et un des deux DJ. La jeune femme a rencontré le duo lors d’un concert organisé, sur son impulsion, par son village. Unis par une même passion pour la musique, ces trois jeunes gens ont ainsi très vite sympathisé n’hésitant pas à faire une petite visite du village malgré le traditionnel couvre-feu imposé à tous. Une transgression qui, ils le découvriront très vite, ne restera pas sans conséquences et qui marquera la naissance de profonds sentiments amicaux et amoureux.

J’ai fortement apprécié que l’auteure ne tombe pas dans la mièvrerie avec des dialogues ou des déclarations d’amour me donnant l’impression d’assister à un Feux de l’amour version jeunes adultes. Au contraire, les dialogues permettent de comprendre l’attirance réciproque de Cecilia et de son DJ tout en restant dans la retenue. Les deux jeunes gens éprouvent, en effet, des difficultés à s’avouer directement leurs sentiments, chacun pour une raison qui lui est propre. Cecilia doute qu’une célébrité puisse s’intéresser à une fille banale comme elle sans oublier la difficulté qu’une relation à distance engendrerait. Et le DJ, quant à lui, craint que son secret ne pousse l’élue de son cœur à le rejeter. Et là, je dois féliciter l’auteure qui a su me surprendre en dévoilant les raisons conduisant le jeune homme à garder ses distances. Malgré les indices disséminés par-ci par-là, je n’avais rien vu venir. Au-delà de l’effet de surprise bienvenu, j’ai aimé que l’auteure aborde, même si c’est de manière sommaire, un sujet encore tabou d’autant qu’elle le fait de manière très naturelle. Aucun pathos, juste l’acceptation de l’autre dans son intégralité, sans réserve, un amour inconditionnel qui ne peut qu’émouvoir.

Si la romance m’a séduite, j’ai néanmoins regretté que l’auteure ne prenne pas plus le temps de développer les sentiments de Cecilia pour son DJ. Très grande amatrice de sa musique, j’ai plus eu l’impression d’un amour d’une fan pour un artiste qu’elle trouve physiquement à son goût que d’une femme pour un homme. D’ailleurs, je n’ai pas pu m’empêcher de me dire que si l’autre DJ lui avait plu physiquement, elle aurait très bien pu tomber amoureuse de lui… Je n’ai donc pas ressenti tout de suite celle alchimie qui aurait pu expliquer son coup de cœur pour l’homme derrière l’artiste. Mais le cœur ayant ses raisons que la raison ne connaît point, je lui laisserai le bénéfice du doute d’autant que ne croyant pas au coup de foudre, je ne suis pas forcément très objective sur ce point. Les grands romantiques dans l’âme croiront probablement plus facilement que moi que la jeune femme ait pu tomber amoureuse d’un certain DJ en 24h notamment si l’on rappelle que durant ce laps de temps, ils ont vécu des émotions fortes qui les ont rapprochés.

L’histoire d’amour est au centre de l’intrigue, mais les protagonistes ont également d’autres choses à gérer comme une passion dévorante pour la musique, une carrière ennuyeuse ou au contraire, exigeante et éreintante et des phénomènes paranormaux auxquels ils étaient loin d’être préparés. Et c’est là un autre point fort du roman : le surnaturel. Le résumé parle d’une romance avec une pointe de fantastique, mais je trouve que cette phrase minore la place du surnaturel dans le récit qui, pour mon plus grand plaisir, est bien présent. Et les amateurs du genre seront ravis de voir que l’auteure n’attend pas très longtemps avant de faire intervenir une présence qui fait quelque peu froid dans le dos. Pour ma part, j’ai adoré le mythe développé autour de cette dernière et ai presque regretté de ne pas en apprendre plus. J’adorerais un autre tome qui lui soit intégralement consacré, car je pense vraiment que Svetlana Mori a toute la matière nécessaire pour faire vibrer des lecteurs amateurs de surnaturel. Le surnaturel prend d’ailleurs une place importante dans la vie des trois personnages et finira même par mettre en danger les liens qui les unissent à moins qu’il ne les renforce ?

Parce que l’auteure a réussi à ancrer une histoire irréaliste dans la réalité, elle a veillé à introduire une chose qui est indispensable à l’épanouissement de chacun : l’amitié. Cette valeur est fortement présente dans le livre et offre de magnifiques moments de complicité et d’émotions. J’ai ainsi adoré la relation entre les deux jeunes musiciens qui, loin de leurs proches, ont besoin de pouvoir compter l’un sur l’autre afin de faire face à l’isolement et à la pression inhérents à leur succès. Ils ont, en effet, la chance de vivre de leur passion, mais cela ne se fait pas sans quelques sacrifices que l’amitié permet de rendre plus tolérables… Et puis, il y a l’amitié entre Cecilia et l’un des musiciens. Un coup de foudre amical auquel je n’ai pas eu de mal à croire, tellement les échanges entre les deux jeunes adultes semblent d’emblée naturels et aller de soi. Ce fut donc un véritable plaisir de suivre leurs conversations qu’elles soient dans la vie réelle ou par l’intermédiaire des réseaux sociaux, l’auteure faisant quelques clins d’œil à Twitter, réseau sur lequel elle est active. Je dois même confesser avoir eu un coup de cœur amical pour ce jeune homme dont j’ai adoré la personnalité pleine de gentillesse, de chaleur et de positivité. Si je n’ai jamais vraiment eu de book boyfriend, comprenez un personnage masculin de livre que je souhaiterais avoir comme petit ami, j’ai définitivement trouvé mon book friend !

Enfin, ce livre présente une originalité qui, pour ma part, a tout de suite titillé ma curiosité : la présence de dialogues en anglais. Avant que les amateurs et défenseurs de la langue française ne crient au scandale, je tiens à préciser que ce procédé n’est pas une lubie de l’auteure, mais qu’il s’insère parfaitement dans la narration. En effet, les deux musiciens étant étrangers, ils semblent naturels qu’ils s’expriment en anglais avec leur nouvelle amie. Des dialogues en français auraient laissé supposer que les deux parlent notre langue ce qui est objectivement moins probable… Et puis, le vocable utilisé étant très simple, le niveau d’anglais se révèle des plus accessibles d’autant que pris dans votre lecture, vous finirez par oublier que tout le livre n’est pas en français. Néanmoins, je conçois que la présence de l’anglais puisse gêner certains lecteurs.

En conclusion, le livre est assez court, mais cela n’empêche pas de complètement s’immerger dans cette histoire où se mêlent romance et amitié et où des choses naturelles comme l’amour côtoient des choses qui le sont beaucoup moins. Quant aux amateurs de musique hardstyle ou de musique en général, ils devraient être séduits par la large place qui lui est faite. Amitiés, amour, musique et mystères, voilà un cocktail efficace et savamment dosé pour vous faire passer un très agréable moment de lecture ! Je suis maintenant impatiente de découvrir les deux autres tomes, chacun étant consacré à un duo différent.

Svetlana Mori ✒

Site de l’auteureCompte Twitter

Et vous, envie de craquer pour Beyond all hopes ?

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The Tiniest Elf, Laurentiu M. Badea

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J’ai découvert cette nouvelle sur Amazon lors de mes recherches pour des lectures pour le Cold Winter Challenge. Par chance, sa couverture correspondait parfaitement au thème de janvier du Challenge Lire en thème : Lire un livre avec de la neige sur la couverture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Lilly sat with her eyes fixed on the window, watching snowflakes crowding on the alley in front of the house, and slowly, slowly everything was covered with a fluffy coat of snow. She thought about the letter that she wrote for Santa Claus, about the gifts he would place under the Christmas tree tonight. And then she realized she should ask Santa for something else. »

AVIS

Comme beaucoup d’enfants de son âge, Lilly a rédigé sa liste de Noël qu’elle a envoyée au Père Noël. Mais, l’impossibilité pour sa mère de passer cette fête avec elle et son père va la faire reconsidérer ses envies de cadeaux. Elle va donc s’empresser de rédiger une nouvelle lettre puis réfléchir à la manière de la donner au Père Noël avant qu’il ne soit trop tard.

Lilly est une enfant de cinq ans qui dès les premières pages se révèle attachante. Quand d’autres enfants espèrent recevoir de beaux cadeaux sous le sapin, elle souhaite simplement passer le repas de Noël avec ses deux parents. Un souhait que l’on ne peut que comprendre quand l’on sait que sa maman est souvent éloignée de la maison en raison de son travail. J’ai, pour ma part, croisé très fort les doigts pour que la fillette obtienne ce qu’elle désire même si j’avoue que vu le public visé par la nouvelle, je n’avais pas de doute quant au dénouement de l’histoire.

Cela ne m’a pas empêchée de suivre les péripéties de Lilly avec plaisir d’autant que, sans le vouloir, elle va entraîner un elfe dans son aventure. Le lecteur va donc avoir la chance de découvrir le récit du point de vue de Lilly et de celui d’un elfe excité à l’idée de participer, pour la première fois, à la tournée du Père Noël. Comme avec la fillette, l’attachement à ce jeune elfe plein de bonne volonté est immédiat. C’est, en outre, un réel plaisir de découvrir, par son intermédiaire, l’atelier du Père Noël et son effervescence…

Si l’histoire est mignonne à souhait, j’ai surtout apprécié la manière dont l’auteur nous plonge dans la magie de Noël. Il délaisse ainsi son côté mercantile pour s’attarder sur tout ce qui fait la beauté et le charme de cette fête : l’espoir, l’entraide, l’amour, la famille…

En résumé, que ce soit pour passer un joli moment parents/enfants ou réveiller votre âme d’enfant, je ne peux que vous conseiller cette nouvelle qui vous plongera dans l’ambiance de Noël et qui, comme une bonne tasse de chocolat chaud, vous réchauffera le cœur.

Et vous, envie d’acheter The Tiniest Elf ?

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L’auberge entre les mondes, Jean-Luc Marcastel

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J’ai tout de suite été attirée par la très jolie couverture de L’auberge entre les mondes publié par Flammarion jeunesse. Mais c’est le thème du Challenge mystère de janvier qui m’a poussée à sortir ce roman jeunesse de ma PAL.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Nathan est apprenti cuisinier dans une auberge réputée pour ses bonnes recettes. Avec son ami Félix, il sent très vite que cet endroit regorge de mystères. Les murs bougent ; des créatures inquiétantes semblent vivre tapies dans l’ombre ; et il y a cette force qu’il ressent au plus profond de lui… Alors que les mondes s’affrontent, Nathan est le seul à pouvoir réconcilier les hommes et apaiser les conflits.

  • Broché: 253 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Editeur : Flammarion jeunesse (6 mai 2017)
  • Prix : 12€
  • Autre format : ebook

AVIS

Nathan et son meilleur ami Félix se rendent pour un travail dans l’auberge auvergnate tenue par l’un des intervenants de leur école hôtelière à Toulouse. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que leur arrivée ne se sera pas vraiment de tout repos ni leur séjour d’ailleurs…

Après quelques pages où Nathan, mais pas vraiment le lecteur, doute de la nature magique des événements vécus en début de séjour, il finit par découvrir un univers dont il ne se serait jamais douter de l’existence. Peuplée de créatures étranges et franchement originales, l’auberge recèle, en effet, bien des secrets dont certains sont directement liés au passé de Nathan. Alors qu’il était venu parfaire ses connaissances du monde de l’hôtellerie, ce sont des connaissances et des compétences d’une tout autre nature qui vont s’ouvrir à lui.

J’ai beaucoup aimé l’univers développé par l’auteur et son idée d’un lieu neutre, l’auberge, où peuvent se rencontrer des peuples provenant de différents mondes. Il accorde ainsi une place particulière à la gastronomie qui, d’une certaine manière, permet de pacifier les relations parfois tendues entre deux mondes. Cette place de choix réservée à la nourriture devrait plaire à tous les gourmands qui découvriront d’ailleurs en fin d’ouvrage trois recettes des deux cuistots aux multiples tentacules qui sont derrière les fourneaux de l’auberge. Vous verrez qu’avec ces deux frères, les leçons de cuisine prennent une autre saveur !

Si j’ai aimé l’univers et la plume de l’auteur, c’est bien le sens de l’amitié si présent dans ce roman que j’ai préféré. La relation unissant Nathan et son meilleur ami Félix est en effet très belle. Orphelins et amis depuis leur tendre enfance, ils sont très proches et prêts à tout pour se protéger mutuellement. Les révélations faites en cours de roman sur Félix ne changent rien à cette très belle amitié alors qu’elles auraient pu en pervertir la nature. Un autre personnage prend une certaine place dans l’intrigue, Mademoiselle Fan, une jeune femme à l’apparence revêche qui semble pourtant cacher un bon cœur et quelques secrets. Je n’ai pas réussi à m’attacher à cette dernière même si j’ai apprécié de voir sa carapace se fendre au cours de l’aventure… Encore un peu distante, nul doute qu’elle devrait nouer des liens plus forts avec les deux jeunes hommes dans le deuxième tome que je lirai d’ailleurs avec plaisir.

Porté par une jolie plume aussi haletante qu’immersive, le livre se lit très vite d’autant que l’auteur ne perd pas de temps en détails inutiles. Il explique assez succinctement, mais clairement le rôle essentiel de l’auberge et de l’aubergiste pour maintenir la paix entre les multiples mondes qui coexistent. Il offre, en outre, à ses lecteurs de belles scènes où l’action se fait haletante et le danger omniprésent. Nathan et ses amis devront ainsi faire face des situations périlleuses que seuls leur complicité, leur courage et leur persévérance permettront de surmonter.

En conclusion, après une mise en bouche de quelques pages introduisant un certain mystère, l’auteur passe directement au plat principal avec des scènes où se mêlent suspense, magie et action avant de terminer par un dessert qui vous donnera envie de lire la suite des aventures de Nathan et Félix, deux jeunes hommes fort attachants. Une lecture rapide et rythmée qui plaira autant aux enfants qu’aux adultes, surtout à ceux qui aiment les histoires se déroulant dans un univers culinaire original.

Et vous, envie de feuilleter ou d’acheter L’auberge entre les mondes de Jean-Luc Marcastel ?

Winx Club (tome 1) : Les pouvoirs de Bloom

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Bloom a seize ans et mène une vie tranquille avec ses parents jusqu’au jour où elle porte secours à une jeune fille inconnue et ailée. Alors qu’elles luttent contre des créatures magiques, une force mystérieuse jaillit des mains de Bloom ! Bloom serait-elle une fée, comme sa nouvelle amie Stella ?

  • Poche: 96 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Hachette Roman (25 mai 2005)
  • Prix : 5€

AVIS

Découvert dans une boîte à livres grâce à un petit garçon qui m’en a conseillé la lecture, je me suis lancée dans ce premier tome avec curiosité. Je dois admettre que je ne connaissais rien de cette série qui, d’après différents messages reçus sur les réseaux sociaux, semble pourtant parler à pas mal d’entre vous.

Bloom est une jeune fille de 16 ans qui, comme les autres filles de son âge, aimerait que ses parents lui accordent un peu plus d’indépendance. Mais lorsque ces derniers lui offrent un vélo à la place du scooter tant désiré, on se rend compte que ce n’est pas forcément gagné…

Si Bloom ressemble aux autres adolescent(e)s en ce qui concerne son envie de gagner en autonomie, elle se différencie par son amour des fées. Une passion qui va lui permettre de réagir plutôt calmement lorsqu’elle croisera la route d’étranges créatures, d’un ogre et de Stella, une fée en bien mauvaise posture. N’écoutant que son courage, elle ne va d’ailleurs pas hésiter à lui venir en aide et découvrir, par la même occasion, qu’elle possède des pouvoirs. Eh, oui en plus d’aimer les fées, Bloom en est une !

Cette histoire destinée aux enfants de 8-10 ans se lit très vite et permet de passer un moment de lecture agréable et ceci même si, comme moi, vous êtes un adulte. Ne vous attendez pas à des personnages à la psychologie développée, mais plutôt à des personnages à la personnalité assez stéréotypée pour permettre aux enfants de facilement se positionner dans l’histoire. Ils pourront ainsi s’identifier à Bloom et à sa quête d’indépendance et reconnaître dans les parents de la jeune femme les leurs. Ces derniers sont, en effet, fidèles à ce que l’on peut attendre de parents à savoir des personnes aimantes et protectrices. Parmi les différents personnages, celui que j’ai préféré est Kiko, un petit lapin bleu que l’on a envie de serrer très fort dans ses bras que l’on soit enfant ou adulte. Peureux, mais courageux, il suivra la jeune fille dans ses aventures et fera de son mieux pour veiller sur sa famille d’humains pas toujours très réceptive à ses signaux d’alerte.

Enfant, cette histoire de fée m’aurait complètement conquise, car d’une part, j’adorais les histoires de magie, de fées et de sorcières et que, d’autre part, je rêvais d’avoir des pouvoirs magiques. J’aurais donc suivi les aventures de Bloom avec plaisir et assiduité. Ayant récupéré le tome 2 dans la boîte à livres, je le lirai sans aucun doute d’autant que j’aimerais découvrir comment Bloom va s’acclimater à sa nouvelle vie. En effet, elle a décidé, après avoir obtenu l’accord des ses parents, de se rendre dans le monde de sa nouvelle amie fée, Magix, en vue d’intégrer l’université d’Alféa et d’ainsi apprendre à utiliser ses nouveaux pouvoirs. Une nouvelle vie qui s’annonce riche en rencontres et en aventures !

A noter que l’éditeur a fait un vrai travail visuel pour plaire aux enfants que ce soit à travers la couverture colorée avec ses paillettes, les illustrations parsemées dans le livre ou encore la colorisation de certaines pages. Le plaisir des yeux passera, avec cette série, autant par la découverte de l’intrigue que la mise en page du livre. Un point qui me semble essentiel quand l’on s’adresse à un jeune public.

En bref, Les pouvoirs de Bloom est un premier tome qui nous permet de faire la connaissance d’une jeune fille attachante que les enfants prendront certainement plaisir à suivre dans sa nouvelle vie de fée. Destinée aux enfants, cette série pourrait plaire aux adultes qui ont gardé leur âme d’enfant à condition d’accepter de se lancer dans une histoire à la trame narrative simple.

Pour ceux qui seraient intéressés par le dessin animé, vous pouvez retrouver ce premier tome (premier épisode) sur la chaîne Youtube officielle Winx Club.

Envie d’acheter ou de lire un extrait des Pouvoirs de Bloom ?

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Premier contact : Turbo-City lives, épisode un, Sébastien Lecocq

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Je remercie l’auteur de m’avoir fait parvenir son roman via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Janvier 2092, une nouvelle nuit tombe sur Turbo-City alors qu’une bête assoiffée de sang sort de son sommeil centenaire.
La dernière héritière des Vickers, Niki, ne contrôle plus ses pouvoirs surnaturels et son androïde Blue va devoir l’aider à surmonter ses peurs si elle veut échapper à un sort funeste.
La voleuse Savannah Wilsey a choisi le plus mauvais endroit pour faire son dernier casse. Seule face à une horde de gangsters enragés et à un tueur implacable, sa survie ne tient plus qu’à un fil.
La destinée de tous est étrangement liée. Et pourtant, certains ne verront jamais l’aube percer sur ce monde violent et décadent !…

  • Broché: 112 pages
  • Editeur : Books on Demand (31 juillet 2017)
  • Prix : 6.99€
  • Autre format : ebook

AVIS

2092, bienvenue à Turbo-City, ville aux 40 millions d’habitants et, surtout, dernière ville à être restée habitable après l’apocalypse de 2048…

Je ne lis que peu de science-fiction, même si ces derniers temps j’ai lu plusieurs ouvrages de ce genre, et ne suis pas une grande adepte des univers post-apocalyptiques. J’ai néanmoins été attirée par la couverture de Chris Lawgan qui possède ce petit quelque chose qui vous invite à la lecture. Je vous encourage d’ailleurs à lire l’interview de l’illustrateur sur le site de l’auteur.

Malgré mon peu de connaissance des univers de science-fiction, je me suis d’emblée prise au jeu du récit proposé par Sébastien Lecocq. Il faut dire qu’il ne tergiverse pas des heures et nous fait entrer directement dans son univers qu’il a voulu assez détaillé pour que l’on puisse aisément se le représenter tout en restant assez concis pour que l’on n’ait pas le sentiment de se perdre dans un dédale de détails inutiles. Il en ressort une histoire qui se lit à vitesse grand V et dont on ne lève pas le nez avant d’en avoir lu la dernière ligne.

Afin de faciliter l’immersion des lecteurs dans cette ville qu’est Turbo-City, l’auteur n’hésite pas à s’appuyer sur les différentes illustrations intérieures de Sébastien Dardenne. Si elles ne sont pas forcément à mon goût, elles apportent cependant un vrai plus à la lecture notamment pour des personnes comme moi peu coutumières des univers de science-fiction. A titre d’exemple, le dessin d’un monstre qui sera responsable de la disparition violente et, disons-le clairement, plus que dégoûtante, de quelques voyous m’a vraiment aidée à me le représenter. De la même manière, j’ai apprécié que chaque numéro de chapitre ait droit à sa petite illustration.

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En plus de l’univers dont le côté futuriste m’a plu, d’ailleurs je ne serais pas contre l’idée de tester certains des gadgets bourrés de technologie présents dans le roman, j’ai aimé le rythme de l’histoire. C’est simple, les actions s’enchaînent à une telle vitesse que l’auteur ne laisse presque pas le temps aux lecteurs de reprendre leur souffle et encore moins de s’ennuyer. Les quelque 112 pages du roman se lisent donc d’une traite.

Ce rythme soutenu va mettre à rude épreuve Savannah Wilsey, voleuse professionnelle, qui a la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment… Prise en chasse par un gang dont les membres ne veulent pas la trouver pour boire le thé, elle montrera toute l’étendue de sa débrouillardise et de son courage. L’auteur nous offre en effet une protagoniste forte, comme je les aime, qui ne recule pas devant l’action même s’il est certain qu’elle aurait préféré commettre ses larcins en paix plutôt qu’être poursuivie par une bande de dégénérés, a fortiori quand elle n’est pas responsable de ce qu’on lui reproche. Durant sa fuite, elle va affronter différents dangers et faire la découverte d’un endroit étonnant qui donne quelque peu froid dans le dos. Je ne vous en dirai pas plus sinon que si vous aimez les mutants sanguinaires, vous serez servis. Que les âmes sensibles se rassurent, le côté horreur reste toutefois accessoire par rapport à l’intrigue principale et à cette impression de course permanente contre le danger.

Ce premier tome étant définitivement tourné vers l’action, la psychologie de Savannah n’est pas développée outre mesure, mais suivre ses aventures et sa lutte pour sa survie conduisent naturellement les lecteurs à s’attacher à elle, et à avoir envie de la retrouver dans un autre tome. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteur a su nous réserver un petit coup de théâtre en fin de roman en liant l’histoire de cette voleuse à celle d’une autre protagoniste que l’on découvre en tout début de livre, Niki. Cette jeune fille intelligente, qui possède un handicap physique, est secondée par un androïde du nom de Blue, androïde auquel je me suis bizarrement tout de suite attachée. Son côté autoritaire, voire cassant, ne m’a pas permis de trouver Niki sympathique ni même de m’attacher à cette dernière que l’on ne revoit de toute manière qu’en épilogue. Avant de lire celui-ci, je m’étais d’ailleurs demandé pourquoi l’auteur avait introduit ce personnage sans véritablement l’exploiter… Cet épilogue aura fort heureusement répondu à ma question tout en introduisant un suspense prompt à vous donner envie de lire la suite.

Enfin, ayant beaucoup apprécié ce roman, je lirai avec plaisir le tome 1 de la série principale dont il est dérivé, les Chroniques de Kyfballiennes. Si comme moi, vous ne l’avez pas encore découvert, ne vous inquiétez pas, cela ne gênera en rien votre lecture.

A noter que le seul point négatif est, en ce qui me concerne, la présence de quelques coquilles…

En conclusion, d’une plume fluide et rythmée, Sébastien Lecocq nous propose ici le premier tome d’une série très prometteuse. Portée par une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, Premier contact nous offre une immersion réussie dans une ville post-apocalyptique où la technologie et le danger règnent. Si vous aimez les récits menés tambour battant dans un environnement futuriste, ce roman est fait pour vous. Pour ma part, je lirai avec plaisir le tome 2 qui devrait paraître courant février 2018.

Envie d’acheter ce premier tome de Turbo-city  ? Rendez-vous sur le site de l’auteur (dédicace personnalisée possible) ou sur des sites comme Amazon