Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

Le chameau de la bibliothèque, Karine Guiton

Couverture Le Chameau de la bibliothèque

Monsieur Mache n’est pas un chameau comme les autres. Grand amateur de littérature, il passe son temps à emprunter des livres à la bibliothèque.
Oui, mais voilà, il ne rend jamais les ouvrages empruntés !

Le chameau est-il seulement tête ou l’air, ou cache-t-il un véritable secret ?

Didier Jeunesse (7 juillet 2021) – 96 pages – Papier (7,90€)
Illustrations : Laure Du Faÿ

AVIS

Adorant les livres, les bibliothèques et les animaux, le titre et la couverture ont tout de suite attiré mon attention.

Ce roman semble, d’une certaine manière et non sans facétie, interroger le rapport que l’on peut avoir aux livres. Êtes-vous plutôt du genre à les sacraliser et à regarder d’un très mauvais œil les personnes qui leur portent atteinte comme Floris la bibliothécaire, ou êtes-vous plutôt un Monsieur Mache en puissance qui adore lire, mais qui ne s’attache pas outre mesure à l’objet-livre, préférant se focaliser sur le contenu et toutes ces expériences et émotions que les livres offrent aux lecteurs ?

Deux visions des livres opposées qui finissent par s’affronter quand Floris, excédée par les nombreux livres que Monsieur Mache n’a pas rendus sous des prétextes tous plus farfelus les uns que les autres, finit par lui reprendre sa carte de lecteur. Un geste évidemment justifié, le comportement de Monsieur Mache méritant sanction, mais qui ne sera pas sans conséquence, que ce soit pour ce grand lecteur avide de se nourrir l’esprit, ou le club de lecture dont il fait partie, et qui a besoin de son talent d’orateur pour un concours…

Si je me sens une certaine affinité avec notre bibliothécaire girafe qui a du mal à se séparer de livres, j’ai apprécié que l’autrice rappelle que parfois, un tri s’avère indispensable, permettant ainsi de donner sa chance à d’autres ouvrages. Mais on verra qu’ici, le désherbage prend une tout autre dimension. Car en plus de faire du vide, il permettra à deux individus de satisfaire leur amour commun des livres, et de s’assurer qu’ils finissent comme ils ont « vécu » : entre les mains (mais pas que) d’un bibliovore qui en gardera et en portera le souvenir à tout jamais, et ceci grâce à une méthode quelque peu inattendue.

Plein d’humour, ce roman est porté par une galerie de personnages variés, hauts en couleur, et dont les échanges mouvementés ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Si comme moi, vous aimez les romans où les personnages sont des animaux aux caractéristiques propres, mais également très humaines, vous passerez un très bon moment de lecture. Pour ma part, j’ai apprécié les trois protagonistes principaux : notre bibliothécaire stricte et grande protectrice des livres, sa fille Kika pleine d’entrain, et le fameux Monsieur Mache qui a tendance à « oublier » de rendre certains livres…

Il faut dire qu’il a une manière très très originale d’assouvir son appétit littéraire ! Je n’en dirai pas plus puisque découvrir son petit secret fait partie intégrante de l’expérience de lecture, mais la raison de ses petits oublis m’a beaucoup amusée. Elle devrait également bien fonctionner auprès des enfants, tout en croisant les doigts pour qu’il ne leur vienne pas l’idée saugrenue d’imiter un Monsieur Mache qui porte à merveille son nom. La jeune Kika leur offrira, en outre, un personnage auquel s’identifier, sa curiosité, sa gentillesse et sa petite tendance à enfreindre le sacro-saint règlement de sa maman, ainsi que certaines règles, la rendant fort sympathique. Ce personnage permet également aux enfants de comprendre la différence entre les règles qu’il convient de respecter pour le confort des usagers, et celles qu’il est strictement interdit d’outrepasser, sous peine d’être sanctionné.

Quand on aime les livres, il est quasiment impossible de ne pas succomber à cette charmante et quelque peu loufoque histoire qui bénéficie de sympathiques illustrations en couleurs rendant les personnages encore plus dynamiques, réels, vivants et attachants.

En conclusion, ode aux livres et aux lecteurs, ce roman jeunesse amusant et savoureux à souhait offre un très bon moment de divertissement qui enchantera les enfants, et tous les amoureux des livres prêts à faire des rencontres surprenantes, dont l’une qui ne manque ni de mordant ni de panache !

Je remercie Didier jeunesse et Netgalley pour m’avoir permis de lire ce livre en échange de mon avis

HORROR GAMES – ATTENTION, COLLÈGE ZOMBIE ! de N. M. Zimmermann

 

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Salutation à toi, aventurier !
Bienvenue dans Mythomonsters.

Fais bien attention : tu ne commences pas ici un jeu ordinaire. Dans ce monde virtuel se cache toutes sortes de pièges terrifiants et de créatures effroyables prêtes à attaquer les joueurs imprudents…

Quelle rentrée bizarre pour Zoé et Sébastien ! Tous les élèves de leur nouveau collège jouent à Mythomonsters… sur ordre de leurs professeurs. De vrais zombies ! Alors, quand son frère jumeau se retrouve lui aussi hypnotisé par son écran, Zoé panique…

Play Bac (2 juin 2021) – 120 pages – Papier (8,90€)
Illustrations : Anne Rouvin – À partir de 9 ans

AVIS

Si comme moi, les zombies ne sont pas des créatures auxquelles vous aimez vous frotter, rassurez-vous, ici, le terme zombie est plutôt à prendre au sens figuré. En effet, en intégrant son nouveau collège, Zoé va très vite réaliser que ses nouveaux camarades et ses professeurs se comportent bien plus comme des robots ou des zombies que des êtres vivants friands d’interaction. La faute à un jeu vidéo qui semble tout simplement les obséder, au point que les élèves ne se parlent pas, ne chahutent pas et ne lèvent plus les yeux de leur téléphone ou de leur écran d’ordinateur. Quant aux professeurs, ils ont tout simplement abandonné les cours au profit de films qui leur laissent le temps de jouer. Comme ça, pas de jaloux !

Une situation désagréable pour Zoé qui est déstabilisée par ce collège très bizarre où l’amour de la technologie est poussé à un tel extrême qu’il a dépouillé l’établissement de toute âme humaine. Pire, son propre frère jumeau Sébastien, duquel elle est très proche, semble être déjà tombé sous le charme et l’influence de Mythomonsters, un jeu vidéo intégrant différentes mythologies. Mais cette obsession soudaine et largement partagée pour ce jeu, qui semble hypnotiser ses joueurs, ne cache-t-elle pas quelque chose ?

Cette question se transforme en certitude pour Zoé qui, avec l’aide de la seule autre personne du collège ayant gardé sa lucidité, va tenter d’élucider le mystère autour de Mythomonsters, et de sauver son frère et ses camarades d’un danger dont ils n’ont guère conscience. Un danger à la forme particulière faisant de ses victimes les acteurs de leur propre déchéance !

Sans temps mort et suivant un rythme effréné alternant entre interrogations, dangers et découvertes, ce roman entraîne les lecteurs dans une aventure où le danger des écrans et des jeux vidéo, devenant outils de contrôle, est plus palpable que jamais. Mais je vous rassure, l’autrice ne se lance pas dans un pamphlet sur le sujet mais bien dans un livre de pur divertissement qui permettra à une jeune fille très sérieuse, manquant néanmoins de confiance en elle, de réaliser qu’elle possède toute la force nécessaire, le courage et la pugnacité pour se dresser sur le chemin d’un danger dont elle découvre peu à peu les contours…

À mesure que les pages se tournent, la tension monte crescendo, rendant la lecture particulièrement addictive, d’autant que le style percutant, clair et très fluide de l’autrice incite les lecteurs, jeunes et moins jeunes, à se laisser bercer par son imaginaire. Un imaginaire qui nous conduira jusqu’aux portes de l’enfer ou du moins jusqu’à celles d’un portail qu’on préférerait garder fermé. Je n’en dirai pas plus sur l’intrigue si ce n’est qu’elle m’a rappelé les livres Chair de poule que je dévorais enfant et qui possèdent un charme auquel je suis restée, adulte, très sensible.

Conseillé à partir de 9 ans, ce roman a de très beaux atouts pour convaincre les enfants qui pourront retrouver des problématiques qui leur parlent et facilement s’identifier à Zoé. Une amoureuse de mangas un peu réservée, mais une héroïne qui se découvre face au danger et qui ne baissera jamais les bras, même au plus fort de l’action. Et puis, c’est sympa de voir une collégienne partir à la rescousse non seulement de ses camarades mais aussi d’adultes, tout en découvrant, au passage, la force de l’amitié. Parce qu’il n’y a pas à dire, lutter pour sa survie, ça crée de sacrés liens ! 

Pour ma part, en plus de la courageuse et touchante Zoé, j’ai beaucoup aimé son père, un geek blagueur qui aurait probablement adoré redevenir collégien afin de s’inscrire aux différents cours proposés par le collège : codage, retouche photo, création de vidéos… Le collège Alan-Turing porte particulièrement bien son nom ! Malgré ses dangers, je serais, en outre, curieuse de lancer une petite partie de Mythomonsters, d’autant que si on s’en fie à ce que Zoé découvre en cours d’aventure, je devrais être, comme elle, immunisée…

En conclusion, dans la lignée des Chair de poule que je dévorais enfant, Attention, Collège Zombie ! offre une belle porte d’entrée aux enfants qui aimeraient s’initier doucement à l’horreur, ou une lecture divertissante aux lecteurs qui aiment les histoires dans lesquelles se mêlent héroïnes plus courageuses qu’elles ne le pensent, amitié, tension, mystère, jeux vidéo et ambiance doucement horrifique.

Je remercie les éditions playBac et Babelio de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse, Helen Harper

Couverture Ivy Wilde, tome 3 : S.O.S. fantômes en détresse

Si quelqu’un peut comprendre ce que reposer en paix veut dire, c’est bien Ivy. Enfin, « se » reposer en paix, en tout cas.

Tout juste remise sur pied après son affrontement macabre avec un nécromancien, Ivy est de nouveau plongée dans un monde de mystère, d’aventure, et de désastre imminent. C’est pas de sa faute : apparemment, elle est désormais la seule personne au monde à pouvoir communiquer avec les morts. Et malheureusement pour elle, ils ont la langue bien pendue et une grosse liste de réclamations.

Quand, en échange de son aide, les fantômes lui apprennent qu’un tueur en série assassine discrètement des sorcières, Ivy ne peut pas rester sans rien faire. Elle risque cependant de s’attirer plus d’ennuis qu’elle ne l’imagine… et c’est sans parler du dîner en costard prévu chez les parents de Winter…

AVIS

Avis Tome 1 : Quand fainéantise rythme avec magie – Avis tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

Je râle souvent contre les séries de bit-lit et d’urban fantasy à rallonge, mais je n’aurais pas été contre quelques tomes supplémentaires, adorant Ivy Wilde et sa fausse fainéantise. Mais puisque toutes les bonnes choses ont une fin, je me suis plongée avec plaisir dans cet ultime tome, en me faisant la promesse de ne pas attendre trop longtemps pour lire la nouvelle bonus.

Si j’ai apprécié ce tome, j’ai peut-être été un peu déçue de son côté très classique et presque trop sage par rapport à un deuxième tome, dont la tension montait crescendo jusqu’à se faire suffocante. Ici, alors que l’autrice évoque un tueur en série de sorcières particulièrement calculateur et sans cœur, je n’ai jamais ressenti d’angoisse particulière ni cette peur viscérale qu’il arrive quelque malheurs aux personnages. J’ai néanmoins suivi avec intérêt l’enquête d’Ivy et de Raphaël sur les traces de ce meurtrier qui voue une haine féroce aux sorcières, des êtres qu’il accuse de tous les maux et qu’il traque méthodiquement et avec un certain machiavélisme, voire professionnalisme. Vous verrez, en effet, qu’il a pensé à tout et qu’il ne laisse aucune place au hasard !

Bien que l’enquête reste très classique dans son fond, elle a au moins le mérite de permettre à Ivy d’exploiter son nouveau talent : la communication avec les morts ! Un petit effet secondaire de sa rencontre avec un jeune nécromancien dans le tome précédent. Des fantômes, en veux-tu en voilà pourrait être le nouveau crédo de la pauvre Ivy qui doit entendre sans relâcher leurs jérémiades et se faire houspiller de manière plus ou moins véhémente. Mais vous connaissez Ivy maintenant, une fois le choc passé face à ses nouvelles capacités, elle reprend du poil de la bête et fait ce qu’elle sait faire de mieux, remettre à leur place les impudents. Cela ne l’empêchera pas de les aider quand elle le peut, notre sorcière ayant un bon cœur. Pour ma part, j’ai beaucoup apprécié le fantôme d’une jeune fille qui a vu son cercle de sorciers décimé et celui de l’Ipsimus qui a permis à l’Ordre d’être l’organisation que nous connaissons. Autoritaire, méprisant et colérique, au fil des pages, on finit néanmoins par s’attacher à cette figure de l’Ordre que j’aurais adorée voir un peu plus…

Ce tome, mené tambour battant, ne manque pas d’action, mais il permet également de constater l’évolution de la relation entre Raphaël et Ivy qui sont plus proches, complices et complémentaires que jamais. Si l’efficacité du duo sur le plan professionnel ne fait aucun doute, on apprécie également de voir à quel point, ils forment un beau couple au quotidien. On s’amusera, en outre, de l’influence qu’ils ont l’un sur l’autre : grâce à Ivy, notre sorcier a appris la flexibilité, la diplomatie et la nécessité de savoir parfois transgresser les règles, et grâce à Raphaël, Ivy a gagné un certain sens des responsabilités et une relative tempérance. Mais ce qui fait le charme de nos amoureux, c’est aussi la manière dont ils continuent à se taquiner et à se moquer gentiment des défauts de l’autre qu’ils acceptent sans réserve. Helen Harper nous brosse donc le portrait d’un couple amoureux ayant su développer une relation touchante et saine, ce qui n’est pas si courant…

Bien que la série soit terminée, j’ai le sentiment qu’il y a encore matière à faire vivre d’autres (més)aventures à Ivy, d’autant qu’un grand changement s’annonce autour d’elle. Alors si je n’ai pas vu de communication autour d’une reprise de la série, j’en serais ravie même si je ne suis pas certaine que Brutus, notre félin au vocabulaire peu châtié, soit d’accord pour qu’on vienne de nouveau interrompre ces sacro-saintes siestes ! Après tout, s’il a choisi d’être le familier d’Ivy, c’est bien pour une raison : sa supposée fainéantise…

En conclusion, bien que cette conclusion manque peut-être un peu de flamboyance, elle n’en demeure pas moins fidèle à ce qui fait le charme de la série : de l’humour, des personnages attachants, de l’amour, beaucoup d’action, de la magie et des tas d’ennuis ! Si vous en quête d’un roman qui vous fera sourire et passer quelques heures de divertissement sans prise de tête, Ivy Wilde devrait vous plaire.

Challenges littéraires auxquels je compte participer en 2021 #2

Lecture, Jeune Fille, Loisirs, Femme

Je vous avez déjà parlé des challenges auxquels je compte participer en 2021, mais puisque d’autres se sont invités au programme, j’ai décidé de faire un deuxième article sur le sujet. Au programme, le challenge coréen, le challenge objectif du mois, le bingo de l’amour et le challenge #PayeTonSlip.


CHALLENGE CORÉEN

Challenge coréen logo 2021-2022

Pour la deuxième année, je me suis inscrite au Challenge coréen organisé par Depuis le cadre de ma fenêtre qui a eu la gentillesse de comptabiliser ma première lecture alors que je ne m’étais pas officiellement inscrite : Mon amie Momo.

Si vous aussi vous avez envie de découvrir ou de partager votre passion de la culture coréenne sous toutes ses formes (cinéma, gastronomie, littérature…), n’hésitez pas à vous inscrire à ce challenge qui a commencé le 21 avril 2021 et qui se terminera le 21 avril 2022.

Pour ma part, je n’ai pas fait de PAL précise, mais il y a quelques titres que je suis certaine de lire et de chroniquer pour le challenge :

Couverture Qu'est-ce qui cloche avec la secrétaire Kim ?, tome 1Couverture Akiko la rêveuseHistoires de Kisaeng, Tome 1 : La Barque du destinCouverture Oneuli

Je pense aussi regarder des dramas et films coréens…


OBJECTIF DU MOIS 

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Ce challenge présente l’avantage d’être facile à suivre puisqu’il suffit de lire chaque mois au moins un livre (roman, nouvelle, manga, BD…) répondant à la consigne en cours, certaines étant plus faciles que d’autres. Mais c’est aussi ça le plaisir de participer à des challenges littéraires.

  • juin : un des plus petits nombres de pages de la PAL
  • juillet : abordé pendant la session précédente
  • août :  jolie couverture
  • septembre : auteur né à partir de 1960
  • octobre :  ne fait pas partie d’une série
  • novembre : titre et nom de l’auteur écrits de façon différente sur la couverture
  • décembre : auteur jamais lu, ou pas dans ce genre de livre
  • janvier : objectif, bonne résolution
  • février : chiffre, ponctuation, caractère spécial sur la couverture
  • mars : livre que l’on conseillerait ou mettrait à disposition
  • avril : série
  • mai : livre dont on n’est pas le (premier) propriétaire.

Pour les détails et/ou les inscriptions, ça se passe sur le forum Livraddict consacré au challenge. Et n’hésitez pas non plus à lire l’article de Du côté de chez Cyan qui vous présente sa PAL pour le challenge.


BINGO DE L’AMOUR

Fleur bleue dans l’âme, Grâce du blog Les notes de Grâce M. nous a préparé un bingo de l’amour qui se déroulera du 20 juin au 20 décembre 2021. Pour tous les détails, notamment sur les consignes et les modalités de participation, je vous invite à lire son article très complet et détaillé.

Si vous souhaitez participer, ne tardez pas trop, les inscriptions se terminent le 1er juillet sur Livraddict.

Voici quelques exemples de livres que j’aimerais lire dans le cadre du challenge :

Couverture Aristote et Dante découvrent les secrets de l'universCouverture Cemetery Boys Couverture En attendant Bojangles (BD)Couverture Trilogie de l'amour, tome 1 : Amour sur une colline dénudée


LE CHALLENGE DE L’ÉTÉ – #PayeTonSlip

Organisé par Séverine de la chaîne youtube IlEstBienCeLivre, le challenge #PayeTonSlip est simplissime puisqu’il suffit de choisir sa taille de slip soit son objectif de lecture pour juillet et août :

  • taille S : lire au moins 5 livres
  • taille M : lire au moins 10 livres
  • taille L : lire au moins 20 livres
  • taille XL : lire 30 livres et +

Le challenge étant centré sur les romans, je vise la taille L soit lire au moins 20 livres. Un objectif qui me semble stimulant et atteignable, du moins selon mes habitudes de lecture, et qui me redonnera peut-être un petit coup de fouet puisque depuis début mai, mon rythme de lecture s’est bien amoindri.

Et vous, à quel(s) challenge(s) comptez-vous participer ?
L’un d’entre eux vous tentent-ils ?

Chamane (tome 1) : Héritage, Rachel Dubois

Héritage: Chamanes T.1 par [Rachel Dubois]

Bienvenue dans la vie de Sandra Neve, une ado la plupart du temps effacée, un peu boulotte et boutonneuse. Elle aura bientôt seize ans, âge auquel elle sera une adulte selon les lois de son monde. Que les humains au milieu desquels elle se dissimule n’en n’aient aucune conscience lui importe peu car elle n’est pas plus humaine que boulotte et boutonneuse ! Sandra est une Chamane, un être magique et puissant.

En plus de manipuler certaines formes de magies ancestrales, elle partage son corps avec son Once dont elle peut prendre la forme à volonté. La jeune femme n’a plus que quatre mois à se terrer avant de pouvoir revendiquer sa terre comme sienne, mais quatre mois ça peut être très long, surtout lorsque trois Léopards adolescents, le Prince des Lions de Catalunya et un ennemi énigmatique prennent sa vie et sa Terre comme terrain de jeu.

Il ne fait pas bon d’être une mineure isolée dans le monde impitoyable des Chamanes. La jeune Panthère des neiges va devoir dire adieu à sa seule amie, la solitude, créer des liens et des alliances, découvrir l’amour, affronter des ennemis puissants et surtout survivre à son héritage ! Parfois les apparences sont trompeuses et les secrets de famille pesants…

Bienvenue dans la vie de Sandra Neve, une Chamane presque comme les autres humaines…

Auto édition (20 avril 2021) – 270 pages – Broché (15€) – Ebook (4,50€)

AVIS

J’avais déjà repéré ce roman, mais je reconnais que c’est sa nouvelle couverture, que je trouve sublime, qui m’a poussée à franchir le pas. Et si certains points m’ont parfois chagrinée, je reste globalement satisfaite de cette lecture plutôt immersive et prenante.

Mais il est vrai que j’aurais probablement accroché encore plus à l’histoire avec des personnages plus âgés ou, du moins, peut-être un peu plus matures et moins jaloux et possessifs. Mais le vrai point qui m’a gênée, parce qu’à mon sens facilement évitable, c’est la présence de répétitions qui au bout d’un moment deviennent pesantes. À intervalles (trop) réguliers, on entend donc Sandra se lamenter sur son imbécile et arrogant voisin, Greg, et ledit Greg sur cette insignifiante, moche et voisine pas du tout à son goût. Je comprends que, par ses répétitions, l’autrice insiste sur le rapprochement inattendu entre deux adolescents qui n’ont pourtant, à première vue, aucun atome crochu, mais j’aurais aimé un peu plus de subtilité. Si ces répétitions ont mis mes nerfs à rude épreuve, elles ont néanmoins le mérite de nous permettre de mieux comprendre Greg.

En plus de devoir vivre avec sa double nature d’humain/léopard acquise relativement récemment, et qu’il essaie encore de dompter, l’adolescent doit faire face à des sentiments et des émotions qu’il ne maîtrise pas et qu’il ne comprend absolument pas. Il n’aime pas Sandra, qui ne correspond pas à ses critères de la petite amie idéale, mais il ne peut s’empêcher de la regarder et de penser à elle. Et tout ça, à cause de son léopard complètement fasciné par la jeune fille au point d’obliger Greg à passer ses nuits sur le toit de celle-ci, afin d’être certain qu’elle soit en sécurité.

L’adolescent, pour ne pas entrer en conflit avec la part animale en lui joue le jeu, mais il en est profondément ennuyé ! À sa place, je l’aurais été pour moins que ça. Quelque peu antipathique au début de l’histoire, notamment en raison de son obsession de la beauté au détriment de la personnalité, Greg finit par évoluer et ouvrir les yeux sur ce que son léopard tente de lui faire voir depuis un certain temps. Cela n’ôte en rien la gravité du harcèlement qu’il a fait vivre deux années durant à Sandra, mais cela prouve que même les imbéciles peuvent changer.

Quant à Sandra, adolescente et chamane capable de se transformer en panthère, je n’ai pas développé d’attachement viscéral pour elle, l’autrice insistant plus sur sa personnalité de combattante que sur ses émotions. J’ai néanmoins été impressionnée par sa détermination, sa bravoure et la manière dont elle lutte vaillamment pour garder la maîtrise d’un territoire qui semble faire des envieux. Elle doit d’ailleurs travailler d’arrache-pied pour cacher le décès de sa grand-mère jusqu’à son seizième anniversaire où aura lieu sa Révélation, et donc son passage à l’âge adulte selon les lois de son monde. Or, si elle attend avec impatience cette majorité, c’est que c’est le seul moyen d’empêcher un adulte de s’emparer d’elle et de son territoire… Dans sa lutte pour son indépendance, elle pourra compter sur le soutien inattendu d’un nouveau venu, Fabio, le seul et unique héritier des Lions de Catalunya. Un soutien bienvenu, les attaques de créatures cauchemardesques se multipliant et laissant craindre à la jeune fille qu’une personne essaie de s’emparer de cette terre qui lui revient de droit.

J’ai apprécié la relation de confiance et la complicité qui s’installe progressivement entre les deux personnages. Ainsi, Sandra aide, sans même le réaliser, Fabio à retrouver ce sentiment de lien et d’appartenance que la mort de sa compagne lui a fait perdre. Quant à Fabio, il se révèle être une épaule stable et attentive sur laquelle s’appuyer et prouve à l’adolescente que les combats n’ont pas toujours à être menés en solitaire. Or pour une fille aussi seule que Sandra qui, depuis le décès de sa grand-mère, n’avait personne avec laquelle échanger sur les dangers de son monde, cela change tout !

À cet égard, ce premier tome nous offre une immersion intéressante dans un monde où le surnaturel s’invite. Sans entrer dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte, je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié d’en apprendre plus sur le passé de certains personnages, sur les liens parfois très surprenants qui les lient, sur la conception assez particulière de la filiation chez les chamanes, sur l’histoire ténébreuse et mouvementée de ces êtres fascinants capables de se métamorphoser, sur leurs pouvoirs mais surtout sur ceux de Sandra… Pour ma part, j’ai apprécié que par mesure de précaution et pour garder un avantage sur ses ennemis, Sandra ne fasse pas étalage de ses talents. Cela nous permet de les découvrir au fur et à mesure et de réaliser à quel point l’adolescente est puissante et dangereuse. Ainsi, sa magie, couplée à une force d’esprit phénoménale et des capacités de combattante prodigieuses, fait d’elle une arme létale dont ses ennemis devraient se méfier.

Au-delà de ce monde qui s’offre à nous, l’autrice nous réserve également quelques surprises, avec notamment des secrets de famille qui ne devraient pas manquer de vous surprendre, et vous pousser à reconsidérer toute l’histoire et la mythologie des chamanes sous un autre angle. Car si certains sont prêts à tout, même à la trahison pour gagner en pouvoir et en influence, d’autres sont également capables du plus dur et cruel des sacrifices pour la sécurité des leurs… J’ai ainsi été touchée par certaines révélations dont les conséquences sont bien concrètes pour Sandra, Greg, Fabio, mais aussi tous les personnages secondaires qui habitent ce tome et qui se révèlent attachants. Je pense plus particulièrement à la cousine de Sandra qui va évoluer auprès d’elle et réaliser, grâce à l’un des cousins de Greg, que si les hommes peuvent être exaspérants, certains peuvent également se révéler attirants… Entre Greg et Sandra, et Danaë et Luc, il y a un côté romance ennemies to lovers qui n’a pas été pour me déplaire !

En ce qui concerne la plume de l’autrice, je l’ai trouvée agréable. En alternant entre différents points de vue, tout en veillant à dynamiser la narration par de nombreux dialogues vivants et réalistes, Rachel Dubois rend son histoire facile et rapide à lire. À noter que si la première partie permet de s’approprier le monde de Sandra et d’apprendre à connaître les personnages, le rythme s’intensifie et la tension monte crescendo jusqu’à un final plutôt explosif et des événements qui m’ont (agréablement) surprise par leur dureté.

En conclusion, ce premier tome d’une série prometteuse nous permet de nous approprier un univers possédant une mythologie intéressante et de découvrir une galerie de personnages variés et complémentaires, dont une héroïne déterminée à protéger son héritage à ses risques et périls. Entre l’amour, l’amitié, l’action, les trahisons, les secrets de famille et les révélations, vous ne devriez pas vous ennuyer, a fortiori si vous aimez les histoires dans lesquelles la magie se mêle au monde réel… pour le meilleur et pour le pire.

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis ainsi que pour sa dédicace et le marque-page.

 

Mort et déterré – tome 1 : un cadavre en cavale de Jocelyn Boisvert et Pascal Colpron (illustrations)

Yan Faucher, 13 ans, est un ado comme un autre. À la veille de la rentrée des classes, il se sent très bien dans sa peau : il va avoir une petite sœur d’un jour à l’autre et, avec son pote Nico, il est prêt à lancer son grand projet : commencer le tournage de son film de zombis ! Mais alors qu’il se rend à la maternité pour rejoindre toute sa famille et fêter l’heureux événement, il tombe sur une discussion animée entre un dealer et son jeune client. Essayant d’intervenir, il se fait accidentellement poignarder. Il meurt sur le coup. Toute sa famille est anéantie. Mais visiblement, son âme a décidé de ne pas le lâcher. Il se rend alors compte que non seulement il continue à penser, mais il arrive également à bouger. Grâce au clairon que son petit frère a glissé dans son cercueil, il arrive à attirer l’attention de son copain Nico qui décide de l’exhumer. Arrêté par la police, Nico n’a pas le temps de libérer son ami, mais Yan parvient à sortir de son tombeau. Avec l’aide de Nico et Alice, il va mener une double quête : retrouver son assassin et reconstruire sa famille en pleine décomposition depuis son décès.

DUPUIS (15 août 2019) – 48 pages – 10,95€

AVIS

Je ne suis pas une grande adepte des histoires de zombies, mas le titre non dénué d’humour m’a donné envie de laisser sa chance à cette BD que j’ai trouvée divertissante. Dernier jour d’école avant les grandes vacances, mais dernier jour tout court pour Yan dont la vie va s’arrêter brutalement. Mauvais endroit au mauvais moment…

Mais contre toute attente, si sa vie d’humain lambda a bien pris fin, c’est, un an après sa mort, une vie de zombie qui commence pour lui ! Néanmoins, une fois la joie d’être sorti de son cercueil passée, Yan va découvrir qu’être un zombie, ce n’est pas de tout repos. Entre les multiples dangers et la nécessité de passer inaperçu, ce qui est, vu son apparence et son odeur, une mission quasi impossible, il ne risque pas de s’ennuyer. Il va heureusement découvrir que s’il ne peut pas réintégrer sa vie d’avant, il pourra toutefois compter sur le soutien d’une ancienne camarade et de son meilleur ami.

Ce tome introductif nous permet de faire connaissance des personnages principaux et d’assister à la transformation physique d’un adolescent, en même temps qu’à l’éclatement de sa famille qui n’a pas résisté à sa mort. Yan découvre ainsi des parents anéantis et dépassés par leur douleur, une aînée en colère, et un petit frère calfeutré dans le silence. La naissance de sa petite sœur le jour de sa propre mort ne semble pas avoir suffi à aider les siens à aller de l’avant et ses parents à surmonter ce qu’aucun parent ne devrait avoir à faire, la mort d’un enfant.

J’ai été touchée par cette famille en plein deuil et peut-être plus particulièrement par l’aînée en pleine révolte, qui exprime plutôt radicalement son mal-être, sa colère et sa douleur. Mais pour un zombie, qui dit mort et déterré, dit également vivant et prêt à intervenir en cas de besoin, ce qui ne sera d’ailleurs pas sans conséquence pour un Yan peut-être bien vivant, mais surtout bien mort aux yeux de la société. 

Bien que la thématique de la mort soit difficile en soi, le ton de la BD n’en demeure pas moins assez léger, que ce soit grâce aux couleurs, à quelques touches d’humour ou à l’amitié bien présente. À cet égard, je suis curieuse de découvrir comment le trio qui s’est créé autour de Yan va progresser dans la suite de l’aventure, et quelles sont les nouvelles péripéties que notre zombie va devoir affronter. De la même manière, je suis impatiente de découvrir la direction que va prendre la BD : Yan va-t-il continuer à se cacher à la face du monde ? Va-t-il révéler sa renaissance à ses parents ?…

Je continuerai donc avec plaisir la lecture de cette série qui ne manque ni d’originalité ni de charme, et que je conseillerais à tous les lecteurs en quête d’une BD mêlant avec brio horreur, humour et thématiques importantes, comme l’amitié, la famille, le deuil et la difficulté d’y faire face. Je pense également lire à l’occasion le roman ayant donné lieu à cette adaptation graphique.

Mini-chroniques en pagaille #37 : piraterie, fée et kidnapping !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Les aventures de Papagayo de Marie-Raymond Farré (Folio)

Couverture Les aventures de Papagayo

Découvert par hasard, ce roman jeunesse a tout de suite attiré mon attention, aimant beaucoup les récits de pirates ! Et je dois dire ne pas avoir été déçue par cette histoire d’amitié trahie, d’île mystérieuse, de carte à dénicher, de trésors fabuleux, de rhum qui coule à flots ou presque… Le tout amené à travers un personnage particulier, le perroquet du célèbre Tom Timothy, la terreur des sept mers.

Un perroquet qui va faire une entrée fracassante dans la taverne de deux jeunes sœurs, Madeleine, et Cathie Mini qui, du haut de ses dix ans, a déjà un caractère bien trempé ! Plus calme, sa sœur aînée possède néanmoins une poigne de fer, ce qui lui sera plus qu’utile pour gérer une taverne accueillant des pirates et autres brigands des mers. Des personnes de mauvaise réputation que Madeleine, en raison de sa grande myopie, prend pour des marins un peu bourrus… En tant que grande myope, j’avoue que la situation m’a amusée, parce que clairement, sans mes lunettes, mon appréhension du monde diffère quelque peu de celle des personnes ayant la chance d’avoir une bonne vue.

L’histoire contée par Papagayo, un perroquet qui, disons-le pudiquement, a de la personnalité, devrait ravir les enfants, mais aussi les adultes appréciant les histoires de pirates et de quêtes au trésor qui ne se terminent pas très bien pour les principaux belligérants. Pour ma part, j’ai apprécié le parallèle amusant entre le jeu de rôle qui conclut les journées éreintantes des deux sœurs, et l’histoire de Tom Timothy et de son meilleur ami. Si la conclusion est, dans les deux cas, la même, les conséquences sont bien différentes, car hélas, l’appât du gain peut venir à bout des plus belles amitiés … même de pirates !

Amusant, rythmé et illustré de manière très expressive et colorée, voici un petit livre jeunesse parfait pour se familiariser avec le monde de la piraterie; ou pour simplement se laisser bercer par les histoires du grand et truculent Papagayo. Un conteur à plumes et à bec haut en couleur !


  • Le gnome qui voulut être fée d’Audrey Alwett (ActuSF) :

Le gnome qui voulut être fée par [Audrey Alwett]

À la recherche d’une nouvelle à lire, j’ai jeté mon dévolu sur Le gnome qui voulut être fée qui se déroule dans l’univers de Poisons de Kartharz que je n’ai pas encore lu.

Sous fond de racisme primaire et de quête d’identité, l’autrice nous dépeint, d’une plume acérée et délicieusement caustique, la rencontre inattendue et plutôt (dés)agréable entre un gnome et une fée. Alors qu’une âme sensée et sensible se serait confondue en remerciements devant un gnome qui a fait fi de la haine ancestrale et viscérale des siens pour lui sauver la vie, notre fée se contente d’empêcher ses amis d’infliger à son sauveur une grosse correction. Après tout, comme un être aussi répugnant a-t-il osé la toucher, elle une fée ?

Notre ingrate est d’autant plus affligée qu’être touchée par le gnome ne lui a finalement peut-être pas tant déplu que cela, et que les autres fées ne peuvent s’empêcher de se gausser de sa mésaventure. Pire, le fils de la reine semble prendre ses distances avec elle, enfin, les prendre encore plus qu’auparavant. Quant à notre gnome, cette expérience n’a fait que renforcer le sentiment de décalage qu’il ressent envers les siens, celui-ci ne se sentant pas à sa place parmi des rustres qui le rejettent, et ont fait de lui, au fil des ans, leur souffre-douleur attitré.

Cette rencontre entre deux « ennemis naturels », est-elle le fruit du hasard et le début d’une nouvelle vie pour nos deux protagonistes, ou faut-il parfois se méfier des conséquences des bonnes actions que l’on peut faire sous le coup de l’émotion ? Parce que si le bien peut se trouver même dans le plus laid des êtres, la vilenie et la cruauté, quant à elles, peuvent très bien se cacher dans le beau et le délicat. Je n’en dirai pas plus, si ce n’est que j’ai apprécié la chute et son ton qui n’est pas sans rappeler celui des contes d’antan.

Caustique, cruelle et non dénuée d’intelligence, voici une nouvelle que je ne peux que vous conseiller et qui devrait vous donner envie de vous plonger dans les autres écrits de l’autrice.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.


  • Le kidnapping de Stephen King de Romy Love :

Le Kidnapping de Stephen King par [Romy Love]

Si la couverture ne me plaît pas outre mesure, le titre de cette nouvelle a tout de suite éveillé ma curiosité. Et je dois dire que je ne regrette pas de m’être laissé tenter, l’histoire s’étant révélée truculente à souhait, voire délicieusement décalée.

Que fait un libraire au chômage, à cause du grand méchant internet, qui apprend que l’un des auteurs les plus vendus au monde prend sa retraite ? Vous séchez ? C’est pourtant simple, il s’envole pour les États-Unis et, avec l’aide de son beau-frère, il kidnappe ledit auteur ! C’est sa faute aussi au King des best-sellers, quelle idée de lâcher une bombe comme ça. Heureusement que Blaise n’est pas là, parce que je sens qu’il se serait fait une joie de détourner ma dernière phrase. Malgré son humour au ras des pâquerettes, on apprécie vite la vision très simple et légère de la vie de cet adulte piégé dans un esprit d’enfant.

Quant à notre libraire reconverti en kidnappeur, il va découvrir qu’il y a bien pire que kidnapper un auteur pour l’obliger à écrire un roman… Dans cette nouvelle, l’auteur ne se prend pas au sérieux, et vu le contexte actuel, ça fait un bien fou. Alors, l’humour ne vole pas haut, mais il a bien fonctionné sur moi. On s’amuse sans honte du pétrin dans lequel Romain s’est mis, chose d’autant plus aisée que ce dernier ne manque pas d’un certain esprit d’auto-dérision.

Au-delà de l’humour omniprésent et du côté complètement décalé de l’histoire, j’ai apprécié les multiples références que ce soit aux romans de Stephen King, à une série télé que je n’ai personnellement pas vue, ou à un célèbre conte détourné ici avec brio.

En bref, merci à l’auteur pour cette petite pause pleine d’humour qui m’a permis de me déconnecter du quotidien et qui ne devrait pas manquer de faire sourire les amoureux de Stephen King.

Nouvelle lue dans la cadre du Projet Ombre et disponible gratuitement sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

Le Dragon qui rêvait de crépuscule, Akira Himekawa

Couverture Le dragon qui rêvait de crépuscule, tome 1

Hirasawa Kiya est un jeune garçon possédant la faculté de se transformer en un être mi-homme mi-dragon, faculté transmise par un sang venu du fond des âges. Un jour, il est attaqué dans sa propre maison par « Illumine », un groupe de mercenaires spécialisés dans les assassinats. Là, il reçoit l’ordre de faire équipe avec T.J, le tueur professionnel à la jambe artificielle ?

Éditions Clair de Lune (2014) – 192 pages – Traduction : Cyril Coppini

AVIS

Je n’avais jamais entendu parler de cette série en deux tomes, mais intriguée par le titre ne manquant pas de poésie, j’ai décidé de me lancer et je dois dire que l’expérience de lecture fut très agréable. On suit Kiya, un Archétype, arraché à sa famille d’adoption par une organisation secrète et mystérieuse, Ilumine. Celle-ci traque et extermine les digabeast, des bêtes maudites qui se repaissent de chair humaine. Et pour l’aider dans cette difficile et dangereuse tâche, elle compte bien sur la nature hybride de Kiya, qui est mi-homme mi-dragon…

Mais avant de l’envoyer en mission, l’organisation décide de le former, ce qui ne ravit guère la personne désignée pour cette formation accélérée. En effet, TJ, plutôt du genre taciturne, n’a pas la moindre envie de se coltiner un jeune hybride, même unique en son genre, et encore moins d’avoir un nouveau partenaire… Il faut dire que sa dernière mission, en plus de lui avoir fait perdre une jambe, l’a meurtri d’une manière très personnelle.

Au gré des pages, on assiste donc à la formation de Kiya par un TJ dur et implacable, qui n’hésite pas à le provoquer et à le titiller afin de l’endurcir et de faire ressortir son côté bestial. Chose difficile, Kiya n’aimant pas se battre ni faire du mal à autrui. Il y a ainsi une vraie dichotomie entre sa nature d’Archétype, sa personnalité et ce que l’on attend de lui… J’ai été très touchée par cet ado arraché à tout ce qu’il connaissait pour être plongé dans une guerre entre le bien et le mal, dont le commun des mortels n’a même pas conscience. Si le combat est nécessaire, a fortiori quand on découvre la violence et l’horreur dont sont capables les digabeast, on pourra s’interroger sur les méthodes quelque peu brutales des supposés gentils, qui n’ont pas hésité à priver un adolescent des siens et de ses repères.

Mais finalement, entre l’homme que Kiya considérait comme son père et le chef d’Illumine, il n’est pas certain qu’il y ait beaucoup de différences, les deux le considérant comme une chose à moduler en fonction de leurs besoins. À cet égard, j’ai été parfois déroutée par la naïveté et la docilité de Kiya, qui fait preuve d’une grande tolérance envers ceux qui l’utilisent sans vergogne… Heureusement, il a pu compter sur la tendresse de sa « sœur » Koyomi et plus tard sur TJ, car si ce dernier se montre très dur, on sent que sous des couches de froideur, se cache un homme qui peut se révéler bon et juste. Il faut juste espérer que la personnalité attachante de Kiya finisse par faire fondre la glace qui a enserré le cœur d’un homme focalisé sur sa mission, peut-être pour oublier tout ce que celle-ci lui a déjà fait perdre.

En plus du duo, on découvre sommairement quelques personnages secondaires qui forment une sorte de famille au sein d’Illumine. C’est quelque chose à laquelle Kiya se montre très sensible, ce qui n’est pas surprenant, car s’il y a une chose qui transparaît à travers ce premier tome, c’est son besoin viscéral d’appartenir à un ensemble. Contrairement à TJ, Kiya a besoin de contacts avec autrui et de se sentir intégré à une famille. Cela le rend terriblement humain, attachant et touchant, mais c’est aussi sa plus grande faiblesse dans un univers où la règle d’or est de tuer ou d’être tué. N’oublions pas que les digabeast ne font pas dans la dentelle et encore moins dans la sensiblerie. On comprend donc sans peine les raisons pour lesquelles TJ se montre implacable ; c’est tout simplement une question de survie pour lui et son binôme imposé sur lequel il doit veiller… qu’il le veuille ou non.

Kiya est, pour moi, le gros atout de ce premier tome, sa dualité apportant beaucoup de charme à l’histoire, mais j’ai également apprécié de me plonger dans une organisation dont on apprend petit à petit les objectifs, et les méthodes de travail. L’auteur restant néanmoins encore à la surface des choses, j’espère en apprendre plus dans la suite à ce niveau, tout en croisant les doigts pour que notre jeune mi-dragon mi-homme s’acclimate à une nouvelle vie qui s’annonce dangereuse !

Quant aux illustrations, à part quelques scènes de combat qui m’ont parfois paru confuses, elles m’ont beaucoup plu. J’ai été sensible à la fluidité du trait, au travail effectué sur les visages, et de manière générale, à l’attention portée sur Kiya que ce soit au niveau de sa silhouette humaine, de son apparence de dragon ou de la transition entre les deux états. Une transition que notre adolescent va devoir apprendre à maîtriser pour qu’elle devienne un atout au combat plutôt qu’une tare. 

En conclusion, avec Le Dragon qui rêvait de crépuscule, attendez-vous à être projetés, en compagnie d’un adolescent hybride aussi touchant que surprenant, au sein d’une organisation qui œuvre en secret pour protéger l’humanité de terribles créatures. Entre l’apprentissage d’une nouvelle vie, le besoin de nouer avec une part de lui-même qu’il a encore trop tendance à faire taire, de nouvelles amitiés et les combats, Kiya n’aura ni le temps de s’ennuyer ni celui de s’appesantir sur sa famille à laquelle on l’a arraché brutalement ! Empreint d’une certaine mélancolie, mais aussi d’espoir, voici un premier tome rondement mené qui donne envie de poursuivre l’aventure.

Manga lu dans le cadre du Challenge Mai en BD

L’Empire d’écume, tome 1 : La Fille aux éclats d’os, Andrea Stewart

Couverture L'Empire d'écume, tome 1 : La Fille aux éclats d'os

Dans un empire contrôlé par la magie d’os, Lin, la fille de l’empereur, va devoir lutter pour réclamer son droit au trône.
Sur toutes les îles de l’Empire, on prélève sur chaque enfant un éclat d’os derrière l’oreille, lors d’un rituel trop souvent mortel. Depuis son palais, l’empereur utilise ces précieux fragments pour créer et contrôler de redoutables chimères animales, les concepts, qui font régner la loi. Mais son autorité vacille et partout la révolte gronde.
Sa fille, Lin, a été privée de ses souvenirs par une étrange maladie et passe ses journées dans l’immense palais plein de portes closes et de noirs secrets. Pour regagner l’estime de son père, elle décide de se lancer dans le périlleux apprentissage de la magie d’os.
Une magie qui a un prix… Alors que la révolution vient frapper aux portes du palais, Lin devra décider jusqu’où elle peut aller pour reconquérir son héritage… et sauver son peuple.

AVIS

Je remercie Les Blablas de Tachan pour cette lecture commune que nous avons dévorée.

Il faut dire dire que nous avons toutes les deux apprécié cette histoire offrant un univers riche et complet, une galerie de personnages variés, une entêtante aura de mystère et des révélations savamment orchestrées. J’ai ainsi adoré me plonger la tête la première dans la vie de personnages pour lesquels on développe plus ou moins d’attachement et d’affection en fonction de ses propres affinités. Pour ma part, je n’ai pas été convaincue par un duo d’amantes qui permet de montrer à quel point des différences de milieu socioculturel, d’opinions et de statut peuvent séparer les individus, mais dont le traitement final m’a semblé bâclé. À l’inverse, j’ai été séduite par deux personnages à la psychologie finement travaillée : Lin, l’héritière de l’empereur, et Jovis, un contrebandier.

Les deux ont des vies très différentes, mais les deux ont en commun d’être en quête de quelque chose : Lin de son passé, la jeune femme ayant oublié une bonne partie de sa vie ; Jovis de sa femme étrangement disparue. J’ai été très touchée par la quête de souvenirs de Lin qui fait de son mieux pour se rappeler son passé et ainsi satisfaire un père exigeant, secret et manipulateur, qui manie le bâton et la carotte comme personne. Courageuse et déterminée, la jeune fille évolue au fil de ses découvertes jusqu’à commencer à s’émanciper d’un père qui n’en porte que le nom, celui-ci ne semblant éprouver pour elle qu’une attention sous condition. Bien qu’au début un peu froide, parce que dénuée de passé, Lin possède en elle ce petit quelque chose qui donne envie de la voir réussir dans sa quête de vérité, d’autant que petit à petit, elle réalise que le règne de son père est celui de l’injustice et de l’horreur. Chose qu’elle est bien déterminée à changer et pour cela, une seule solution : prendre le trône de force. Mais avant, elle va devoir apprendre à maîtriser cette magie d’os dont l’empereur ne semble pas pressé de révéler les secrets. Après tout, si le savoir est une arme, il est bien décidé à la garder pour lui !

L’empereur est probablement le personnage qui possède la plus grande aura de mystère dans ce roman ; il fait tout en secret et suivant un schéma que lui seul semble connaître. Méfiant et, disons-le clairement tordu, il n’hésite pas à manipuler Lin et son fils adoptif pour faire naître en eux une rivalité haineuse et ainsi pousser Lin dans ses retranchements. Une situation déjà inacceptable en soi, mais dont on saisit toute l’horreur à mesure que l’on progresse dans l’intrigue, et que les rouages d’un plan malsain se mettent en place. Attendez-vous à des révélations choquantes et la preuve irréfutable que certains sont prêts à tout, même au pire, pour atteindre leur objectif !

Jovis est le deuxième personnage qui m’a le plus intéressée, ayant été émue par les sentiments profonds qui le poussent à retrouver une femme depuis trop longtemps disparue. Si sa carrière de contrebandier l’a plus ou moins contraint à une vie dangereuse et solitaire, il va finir par se lier d’amitié avec une créature dont il est bien difficile d’identifier la nature. Cela fait d’ailleurs partie du charme de Mephi qui va prendre de plus en plus de place dans la vie de Jovis, au point de lui devenir indispensable. Les deux vont nouer une tendre et belle complicité parfois mise en danger par les événements et des rencontres désagréables, mais solidifiée par la certitude absolue qu’ils peuvent compter l’un sur l’autre. En plus d’être diablement attachant, Mephi va également nous prouver que son rôle ne se limite pas à celui de l’ami qui vient rompre une pesante solitude. Je n’en dirai pas plus pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, mais ce qui est certain, c’est que la rencontre entre Jovis et Mephi va bouleverser leur vie à jamais, et permettre à Jovis de quitter son statut de loup solitaire pour celui de protecteur…

Un rôle qui semble plus qu’indispensable dans ce monde soumis à la dureté d’un empereur qui, sous couvert de protéger la population du possible réveil d’anciens dieux, les soumet et leur impose une vie placée sous le signe de la peur et de la mort. Ainsi, chaque individu se voit prélever lors de ses 8 ans un éclat d’os derrière l’oreille. Ceux qui ont la chance de survivre à cette opération doivent ensuite vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, car à tout moment, cette partie d’eux-mêmes, qui leur a été arrachée, peut servir à alimenter un concept. Une idée qui aurait pu avoir son charme si elle ne signifiait pas perdre son essence et sa vie au profit d’une créature créée par l’empereur…

Cette idée de concept soulève un certain nombre de questions d’ordre éthique et moral. Mais j’avoue avoir été fascinée, bien qu’horrifiée, par le processus de création que l’on découvre en grande partie grâce à Lin, et à ses recherches qui l’amèneront à faire de surprenantes découvertes. Certains concepts sont soumis à des ordres simples et limités, mais d’autres, comme les hauts concepts de l’empereur, nous offrent un bon aperçu de la puissance de la magie d’os ! Ces hauts concepts, capables d’autonomie et de développer leurs propres programmes et compétences, brouillent clairement la frontière entre créatures et créateur. Les concepts ne sont ainsi pas forcément des entités sans âme, ce que nous apprendrons de manière plutôt surprenante.

Le roman possède un certain nombre d’atouts : une galerie de personnages variés et facilement identifiables, un système de magie fascinant et révoltant à la fois, une aura de secret et de mystère qui titille grandement la curiosité des lecteurs, et les pousse à formuler mille et une hypothèses, une révolution en marche avec ce que cela implique de complots et de trahisons… Mais le roman peut également s’appuyer sur une narration alternée efficace et mise en valeur par une plume aussi fluide qu’agréable. Sans se perdre dans des détails inutiles, l’autrice réussit à proposer une œuvre immersive dans laquelle on se plonge tête baissée, et dont on prend un plaisir immense à découvrir les tenants et aboutissants. Que ce soit au sein d’un palais aux multiples portes closes, en mer, sur une île mystérieuse auréolée de secrets, dans l’antre de révolutionnaires prêts à renverser le système, mais pas tous très clairs quant à leur objectif final… on ne s’ennuie jamais ! Cela explique probablement que les chapitres s’enchaînent à vitesse grand V et que l’on arrive bien trop tôt à la dernière ligne.

D’ailleurs, si je suis impatiente d’avoir la suite entre les mains, j’ai apprécié que l’autrice termine ce premier tome en nous donnant la sensation d’avoir tourné une page, et d’être prêts à en commencer une autre. Il reste de nombreuses questions en suspens, que ce soit sur le potentiel retour de dieux endormis, le destin des personnages, ou la manière dont leur existence risque à un moment ou à un autre de se télescoper, mais on ne termine pas le roman frustré. On regrettera seulement une dernière partie de roman quelque peu précipitée, les révélations et les événements s’enchaînant à une vitesse folle sans être vraiment développés. Ainsi, si j’ai apprécié la manière dont la tension monte crescendo jusqu’à atteindre une intensité à couper le souffle, j’aurais préféré que certaines choses soient un peu plus approfondies, et que l’autrice prenne le temps de finaliser une bataille épique entre deux êtres dont l’existence est étroitement liée, mais pas pour les raisons que l’on pense…

En conclusion, L’Empire d’écume est un très bon roman de fantasy qui déploie sous l’oeil attentif et curieux des lecteurs un univers riche, complet et implacable dans lequel on s’immerge avec fascination, et dont on appréhende progressivement les contours, les dangers et les secrets. Rythmé, passionnant et non dénué de surprises, voici un roman que je ne peux que vous conseiller si vous avez envie de découvrir une magie puissante et délétère, et de vous plonger dans une aventure qui vous donnera l’impression d’être un pion entre les mains d’un empereur manipulateur, et d’une autrice à l’imagination vive et acérée. Entre manipulation, trahisons, révolution, fausses vérités et surprenantes révélations, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Découvrez l’avis des Blablas de Tachan