Abyss, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori d’avoir accepté de m’envoyer son roman, Abyss, via le site Simplement d’autant que j’ai eu le droit à une très chouette dédicace. Ce roman a la particularité d’avoir été écrit pendant un challenge d’écriture international qui fait souvent grand bruit sur Twitter, le NaNoWriMo.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Saiwhisper du blog Les pages qui tournent. J’ai pris grand plaisir à échanger avec elle sur cette belle lecture et espère renouveler l’expérience, peut-être, pourquoi pas, sur un autre texte de Svetlana Mori.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Lulu.com (22 décembre 2016)
  • Prix : 11,08€

AVIS

Avant de commencer, je tiens à dire que je trouve la couverture magnifique et que j’aime beaucoup les signes tribaux qui illustrent chaque partie et tête de chapitre. Je vous invite à consulter ma dernière participation au RDV livresque Premières Lignes pour plus de détails.

L’histoire et les personnages…

Seule femme et dorénavant médecin à bord d’un navire, Emily pleure toujours la mort accidentelle de son père quand sa vie va être de nouveau chamboulée par l’arrivée d’un prisonnier. Mais pas de n’importe quel prisonnier, d’un homme-poisson, une créature maritime crainte de tous en raison de sa légendaire cruauté et barbarie.

Chargée de soigner les plaies du monstre avant sa prochaine séance de torture, elle va néanmoins faire abstraction de sa peur et se laisser guider par ses sentiments. Cela la conduira à prendre une décision qui aura de lourdes conséquences non seulement pour sa vie, mais aussi pour celle des autres habitants du navire.

J’ai beaucoup aimé le fait que dès le début de l’histoire, on comprend que la situation est plus complexe qu’un simple schéma gentils/méchants. En effet, si les hommes-poisson sont effrayants, n’hésitant pas à massacrer les humains qui croisent leur route ou à enlever des enfants pour leurs besoins, les humains ne sont pas non plus tout blanc. Que ce soit à travers la séance de torture à l’encontre de leur captif ou les horreurs que les hommes ont perpétré par le passé, ils se montrent tout aussi barbares. Pas besoin d’avoir des attributs de poisson pour pouvoir être qualifié de monstre…

Difficile dans ces conditions de se positionner nettement pour un camp, chacun ayant des griefs légitimes pour détester l’autre. Cet aspect rend donc complètement plausible et compréhensible, bien que discutable, la décision d’Emily que je vous laisse, bien sûr, découvrir.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette femme qui sait voir au-delà des apparences et des préjugés n’hésitant pas à tout remettre en cause pour ce qu’elle estime juste. Pour une personne n’imaginant pas sa vie loin de l’eau, elle a étrangement les pieds sur terre ! J’ai également aimé son sens de la répartie et sa capacité à avancer dans la vie malgré les drames qui la ponctuent.

Quant à Syhl, le jeune homme-poisson, sa personnalité m’a un peu moins convaincue même si l’autrice a veillé à nous offrir un personnage nuancé, autant capable d’une violence implacable que d’altruisme. Je lui ai préféré sa sœur Velkis qui intervient en dernière partie et qui apporte une touche de folie, d’insouciance et de légèreté fort appréciable. Il n’a pas fallu d’ailleurs bien longtemps pour m’attacher à celle-ci.

De l’eau, des pirates, de l’action et du sang…

Quand j’ai lu le résumé du livre, j’ai su qu’il me fallait le lire. En effet, j’aime beaucoup les histoires de pirates.

Et de ce côté, je dois dire que l’autrice a répondu à mes attentes. J’ai beaucoup aimé m’imaginer la vie à bord du navire, les descriptions percutantes et l’utilisation d’un vocabulaire maritime précis nous permettant de nous immerger complètement dans l’ambiance. On a presque l’impression de voguer sur la mer à bord du Blue River pris dans les flots d’un élément naturel aussi beau qu’imprévisible.

Je vous rassure, même s’il y a des descriptions, le livre reste définitivement tourné vers l’action et ceci, dès les premières pages du roman. Il y a évidemment des phases moins rythmées que d’autres, mais aucun temps mort ou longueurs ne sont à déplorer. Svetlana Mori a incontestablement su exploiter chaque page, ne se perdant pas dans les détails. Ce point me semble particulièrement important si l’on rappelle que le livre fait moins de deux cents pages et que l’autrice n’est pas forcément coutumière de ce format assez court.

Si je n’aime pas trop quand le sang coule à flots, j’attends pourtant de l’hémoglobine quand il y a des pirates dans une histoire, les deux étant quelque peu indissociables dans mon esprit. Et Abyss, pour mon plus grand plaisir, n’échappe pas à la règle. L’autrice ne nous épargne pas des scènes quelque peu violentes nous les décrivant d’ailleurs de manière assez précise pour que le lecteur se les représente parfaitement. Et j’ai d’ailleurs adoré ce décalage entre le calme apparent des flots et la violence qui se déchaîne à bord du navire.

Quant aux pirates, ils sont tels que je les imagine et les veux : sans morale, sanguinaires ne faisant pas grand cas de la vie humaine, violents, pervers… Bref, antipathiques et horribles à souhait !

Une histoire d’amour qui ne m’a pas convaincue, mais qui sert l’histoire

Que vous l’ayez deviné ou non en lisant le résumé, Abyss, c’est également une histoire d’amour. C’est l’aspect que j’ai le moins apprécié, mais mon avis n’est pas très objectif n’étant pas fan du genre. Seuls quelques auteurs arrivent à me faire passer outre mon manque d’appétence pour ce genre.

Certaines scènes et dialogues, un peu trop naïfs pour moi, m’ont fait lever les yeux au ciel. Je pense notamment à un passage où Syhl demande, le plus sérieusement du monde, à sa toute nouvelle dulcinée de ne pas dépérir en son absence et de continuer à vivre. Même si la connexion entre ces deux nouveaux amoureux est forte, il manque quand même quelques péripéties avant de rendre ce genre de phrase crédible. Et encore, n’étant pas très fleur bleue, je crois que ce genre de déclaration aurait plutôt tendance à me faire rire qu’à m’émouvoir.

Je pense néanmoins que cette romance contient les éléments pour plaire à beaucoup d’amatrices et d’amateurs du genre : une histoire d’amour impossible avec des amoureux à la Roméo et Juliette séparés par la haine que se vouent leurs espèces respectives (les humains d’un côté et les hommes-poisson de l’autre), des dialogues qui peuvent plaire aux plus romantiques des lecteurs, une attirance quasi immédiate entre nos deux héros et une alchimie très forte…

Si cette histoire d’amour ne m’a pas convaincue notamment par sa trop grande rapidité qui s’explique par la taille du livre, force est de constater que Svetlana Mori a su la rendre indispensable à l’histoire. Loin de n’être là que pour ravir le cœur des amoureux de romance, elle est la pierre angulaire du livre qui va permettre un rapprochement entre deux ennemis. Alors la morale est un peu gentillette, mais elle est amenée avec assez de talent pour ne pas paraître trop naïve.

Une histoire qu’on a du mal à quitter…

Enfin, j’avoue avoir été quelque peu frustrée par la taille du livre. L’autrice nous propose une histoire avec tellement de potentiel qu’il est difficile de se contenter de si peu de pages. J’aurais tellement aimé en apprendre plus sur les hommes-poisson, leurs us et coutumes qui n’impliquent pas l’arrachage de cœur d’humain, leur vie dans leur cité aquatique…

J’aurais également souhaité apprendre à connaître plus longuement la famille royale dont les membres ne manquent pas de personnalité que ce soit le frère aîné qui, sous un air froid et dur, semble plutôt du genre tendre et juste, le père qui n’est pas le monstre cruel que l’on pourrait s’imaginer ou, à l’inverse, cette sœur aînée qui est loin de s’avouer attendrie par l’amour de son frère pour une humaine…

Tous ces éléments font que lorsque l’on tourne la dernière page, on est autant ravi de notre lecture que frustré de ne pas en avoir plus. Fort heureusement, l’autrice a entendu le désespoir de ses lecteurs et a, en prévision, un recueil construit autour de textes courts. Mais pour les détails, il vous faudra encore patienter, le projet étant toujours en cours de réflexion.

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Pour ma part, je lirai avec plaisir d’autres titres de Svetlana Mori dont les deux autres tomes de la trilogie dont Abyss est issu.

Vous pouvez acquérir Abyss sur, entre autres, Amazon et découvrir les autres livres de l’auteure sur son site Internet.

Je vous invite à consulter la chronique de Saiwhisper.

 

 

 

 

Shiro et les flammes d’arc-en-ciel, Abe Yukio

C’est avec un nouveau titre, Shiro et les flammes d’arc-en-ciel de Abe Yukio, que je poursuis ma découverte de la maison d’édition Nobi Nobi dont les titres me séduisent de plus en plus.

Je peux d’ores et déjà vous dire que je suis ravie d’être tombée sur ce titre lors d’une visite dans ma médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une légende raconte que tous les cent ans, la pleine lune descend sur la forêt de Miaô. A cette occasion, les villageois doivent l’accueillir avec des feux de joie multicolores, sinon la lune se retirera et la forêt sera plongée dans les ténèbres. Seul un chat peut aller chercher les flammes d’arc-en-ciel qui permettront d’allumer ces feux. Mais l’unique chat des environs est Shiro, considéré comme un étranger car il est né en bordure de la forêt. Pojo, l’Ancien du village, décide malgré tout de lui confier cette tâche. Shiro part donc en quête des flammes d’arc-en-ciel à bord de sa montgolfière, accompagné de son ami Carot le lapin câlin. Il ignore encore que ce voyage intrépide le mènera bien au-delà des limites de la forêt et de son propre courage…

  • Album: 45 pages
  • Tranche d’âges: 6 – 8 années
  • Editeur : Nobi Nobi ! (27 septembre 2011)
  • Prix : 15€

AVIS

Seul chat aux environs de la forêt de Miaô, Shiro se voit confier une mission de la plus haute importance pour les habitants : trouver les légendaires flammes d’arc-en-ciel afin de fêter l’arrivée de la lune. Durant son périple qu’il fera en partie accompagné de son ami, Carot le lapin câlin, il va rencontrer différentes créatures et affronter le danger.

Cette expérience le fera évoluer progressivement : de chaton paresseux, il passe à un félin prêt à prendre des risques pour sauver la forêt de l’obscurité éternelle. De la même manière, les habitants de la forêt qui, pour la plupart, se méfiaient de cet « étranger » finiront par l’acclamer lors de son retour. Ce sont deux évolutions que l’on prend plaisir à suivre et qui nous permettent de tourner la dernière page le sourire aux lèvres, avec un tonitruant « tout est bien qui finit bien » en tête.

J’ai adoré cet album, du protagoniste principal à l’histoire en passant par le sublime univers graphique imaginé par Yukio Abe. L’auteur nous offre un festival de couleurs chatoyantes et vivantes ! Le rendu est tellement magnifique, si ce n’est majestueux, que l’on peut passer des minutes sur une seule page, bercé par la douceur des illustrations. Au fil des pages, on finit d’ailleurs par avoir le sentiment de ne pas seulement lire un album, mais de  vivre un rêve éveillé.

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Le seul défaut de cet ouvrage est qu’il se lit trop vite, bien trop vite. Mais rien ne vous empêche de le lire et le relire vous délectant, à chaque instant, de la beauté de ses illustrations.

En d’autres mots, je conseille cet album à tout le monde, des plus petits aux plus grands. Il n’y a pas d’âge pour rêver…

 

Overlord 1 : Le Roi Mort-Vivant, Kugane Maruyama (illustrations de So-Bin)

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict pour la découverte d’Overlord Le Roi Mort-Vivant de Kugane Maruyama. Cet ouvrage contient les deux premiers tomes de la série.

Je remercie également les éditions Ofelbe pour le superbe poster accompagnant le livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » La vie est un jeu imprévisible  »
Momonga est prévenu… Notre seigneur maléfique va devoir faire attention à ne pas se laisser dépasser par cette réalité.

Nous sommes en l’an 2138. Yggdrasil, le célèbre MMORPG à succès est sur le point de fermer. Momonga, nécromancien mort vivant de niveau 100, chef de la puissante guilde
 » Ainz Ooal Gown « , attend seul l’arrêt du jeu. Cependant, l’heure de la fermeture passée, Momonga ne se déconnecte pas et les personnages non jouables se retrouvent dotés d’une conscience…
Prisonnier d’un monde inconnu, notre seigneur maléfique va partir à la recherche d’un nouveau but à son existence et prendre la décision de conquérir ce nouvel univers tout en y laissant son empreinte.

  • Broché: 514 pages
  • Editeur : Ofelbe (11 mai 2017)
  • Prix : 21,90€

AVIS

Un magnifique travail éditorial…

La couverture très soignée et détaillée, le dépliant en début et fin de livre et les illustrations en couleurs en début de chapitre témoignent du soin apporté à la confection de l’ouvrage. La beauté du livre ne peut d’ailleurs que vous donner envie de vous plonger dans l’histoire.

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J’ai en outre apprécié qu’en fin de livre soit proposé un récapitulatif en couleurs des principales caractéristiques des personnages principaux. Je m’y suis référé, notamment en début de lecture, afin de mieux appréhender le physique de chacun et ainsi me plonger plus facilement dans l’univers de l’auteur. Ces illustrations m’ont d’ailleurs permis de tomber sous le charme d’un personnage avant même d’avoir commencé le livre. Mais pour ma défense, vous arrivez à résister à un hamster tout mignon vous ?

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L’histoire et l’Overlord…

Momonga, maître de la guilde maléfique Ainz Ooal Gown, protectrice du Grand Tombeau de Nazarick, attend seul l’arrêt du célèbre MMORPG Yggdrasil. Cependant, les choses ne vont pas se passer comme prévu puisqu’il va être transporté, sous la forme de son avatar, dans un monde inconnu proche et en même temps éloigné de celui du jeu.

Dans le premier tome, Momonga découvre ce nouveau monde prenant le temps de comprendre les différences avec le jeu, l’étendue de ses pouvoirs, la liberté d’action des personnages non jouables qui semblent avoir pris vie, les compétences disponibles, les règles qui s’appliquent à sa nouvelle vie… Le second tome, plus rythmé, nous permet de suivre notre protagoniste dans ses premières quêtes et de découvrir, de plus près, ce monde devenu le sien.

Momonga est un personnage que j’ai trouvé, dès le départ, assez intrigant et paradoxal. Transporté dans un monde inconnu sous l’apparence de son avatar, un squelette, il est resté dès le début étrangement stoïque face à la situation, ne paniquant jamais à l’idée de ne plus retourner chez lui. Il est vrai que l’on comprend très vite les raisons de ce détachement : sa vraie vie se résumant à un travail peu épanouissant et un quotidien englué dans une déprimante routine, Momanga alias Satoru Suzuki n’a simplement aucune raison de vouloir rentrer chez lui. Cela est d’autant plus vrai que l’arrêt du jeu a signé la perte de ce qui était le plus important pour lui : son amitié avec les autres membres de la guilde, ceux-ci constituant plus ou moins sa seule famille.

Ce sens de l’amitié va l’aider à avancer dans ce nouveau monde, toutes ses actions étant destinées à faire connaître son nom et, par ce biais, peut-être, à retrouver d’autres membres de la guilde. Je trouve ce point plutôt intéressant, car si sa condition de Mort-Vivant commence à impacter sa personnalité, il n’en demeure pas moins très humain. Il conserve ainsi un besoin fort de retrouver ses amis (l’homme n’est-il pas un animal social ?) et des faiblesses assez humaines comme un manque de confiance en lui, de nombreux doutes et interrogations, une certaine maladresse dans les interactions sociales surtout avec les femmes….  Je ne l’ai pas trouvé attachant pour autant, mais j’ai apprécié qu’il ne soit pas seulement un puissant personnage voué à tout détruire sur son passage pour le plaisir de conquérir un nouveau monde.

Je dois néanmoins avouer avoir été perturbée par un point : sa propension à s’excuser tout le temps même auprès de ses serviteurs. Pour le chef d’une guilde maléfique, cela me semble somme toute étrange et peu crédible ! Une ou deux excuses auraient pu faire de Momanga un chef magnanime exigeant, mais sachant reconnaître ses erreurs alors que cette profusion  d’excuses le place plutôt dans une position de faiblesse. A plusieurs reprises, je me suis dit qu’à trop vouloir s’assurer de la fidélité de ses serviteurs en donnant une bonne opinion de lui-même, c’est d’une révolte qu’il allait hériter.

Un univers bien développé et accessible…

J’ai  beaucoup apprécié l’univers dans lequel l’auteur arrive parfaitement à nous immerger. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, aux côtés de Momonga, ce nouveau monde, les règles le régissant et les créatures plus ou moins hostiles qui le peuplent. Je dois d’ailleurs saluer le travail de l’auteur qui a su très justement doser les phases de description et les phases d’action. Les premières nous permettent aisément de nous imaginer avec précision les décors, les paysages et les personnages, quand les secondes tiennent en éveil les sens du lecteur. Le rythme intense de l’intrigue associé à des descriptions complètement immersives rendent donc la lecture de ce livre de plus de 500 pages très rapide.

Et j’avoue que j’en ai été rassurée. En effet, en sollicitant ce partenariat sur Livraddict, j’avais une crainte, celle de ne pas arriver à me plonger dans le livre par manque de connaissance des MMORPG et des codes de la high fantasy. J’ai donc été ravie de découvrir une histoire que l’auteur a veillé à rendre accessible à tous. Les novices en la matière ne seront pas débordés par une avalanche de termes incompréhensibles, l’auteur abordant les choses de manière progressive. Quant aux habitués des MMORPG, ils ne seront pas gênés par des explications lourdes et trop nombreuses.

Deux points qui m’interrogent… 

Il y a néanmoins un point qui m’a gênée, c’est le crêpage de chignon systématique entre deux personnages féminins pour s’attirer les faveurs de Momonga. Si on met de côté l’attirance physique pour un squelette qui me laisse sceptique, je trouve que cela donne une image de la femme servile et superficielle plutôt déplaisante. A part flatter l’égo des mâles peut-être prompts à se réjouir que des femmes se battent pour s’attirer les faveurs sexuelles d’un représentant de leur sexe, fusse-t-il un squelette, je n’en vois pas l’intérêt. D’ailleurs, les dialogues ponctuant les disputes entre les deux femmes sont d’un inintérêt assez désarmant.

J’ai également regretté le manque d’équilibre dans les scènes de combat. Les nombreux doutes de Momanga sur ses capacités à vaincre ses ennemis, dont il ne connaît pas avec certitude la puissance, sont parfaitement inutiles puisqu’il arrive à les vaincre d’une pichenette ou presque. C’est dommage que l’auteur n’ait pas prévu des adversaires un peu plus à sa taille même si je dois admettre que la bataille finale avait une certaine envergure.

Je suis cependant confiante sur la capacité de l’auteur à offrir, par la suite, des adversaires qui malmèneront Momanga ; une victoire trop facilement acquise n’ayant guère d’intérêt pour le lecteur.

En conclusion, si vous avez envie de vous immerger dans une aventure palpitante menée par un personnage à la personnalité intéressante, Overlord est un light novel qui devrait vous séduire. L’univers imaginé et décrit par l’auteur devrait plaire autant aux amateurs de jeux vidéo qu’aux lecteurs en quête d’une histoire accordant une large place à l’action. Quant au superbe travail éditorial, il vient parfaire une expérience de lecture déjà plaisante.

En ce qui me concerne, je lirai la suite des aventures avec plaisir en croisant les doigts pour que les éditions Ofelbe proposent un ouvrage à la hauteur de celui-ci.

 

Basil, détective privé

AVIS

Je ne sais pas si c’est à cause de ma lecture commune de Sherlock Holmes, mais je suis dans une période où j’ai envie de dévorer des histoires liées de près ou de loin au célèbre détective.  C’est donc avec un plaisir enfantin que je me suis plongée dans le roman Basil, détective privé. Si je me souviens d’avoir vu le dessin animé enfant, je n’ai pas en mémoire d’avoir déjà lu le roman du film avant ce jour. Maintenant que cette erreur est réparée, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce petit livre qui se lit très rapidement.

On y retrouve une super souris détective du nom de Basil qui n’a, à mon avis, rien à envier à notre Sherlock Holmes : même caractère, même sens de la déduction, même froideur analytique (du moins, au début), même absence de modestie… A noter également la présence d’un partenaire, le docteur Dawson, qui vous fera penser à notre cher Watson. En effet, ceux-ci partagent, en plus du même passé, de la même profession et d’un nom plutôt semblable, le même ébahissement béat devant les capacités de leur détective respectif. Toute ressemblance entre les deux duos n’est dont pas fortuite.

La seule différence avec l’œuvre originale, c’est que j’ai ressenti de la peine pour l’un des méchants, la chauve-souris Fidget qui fait son maximum pour plaire à son maître, le terrible Ratigan, sans grand succès. Dans sa manière d’être en admiration devant son maître, Fidget m’a donné parfois le sentiment d’être un peu le pendant maléfique de Dawson.

Je vous rassure, je n’ai néanmoins eu aucun mal à détester le grand méchant de l’histoire qui n’a pas hésité à kidnapper un inventeur puis sa fille pour assouvir son plan maléfique : remplacer la Reine par un automate et gouverner à sa place. Pas bête comme idée, vous me direz…

Enfin, le livre contient quelques illustrations en couleurs et en noir et blanc. Si vous me suivez régulièrement, vous devez comprendre que ce genre de petits détails me fait systématiquement craquer.

En conclusion, j’ai adoré cette histoire qui nous offre une enquête intéressante et divertissante qui devrait captiver enfants et parents. Quant aux amateurs de Sherlock Holmes, ils ne pourront qu’apprécier les  nombreuses allusions et clins d’œil à l’œuvre de Sir Arthur Conan Doyle.

Maintenant que je me suis délectée de ce roman, il me reste à redécouvrir la version animée de Disney en espérant l’apprécier autant que durant ma prime enfance. Je garde aussi un petit œil sur la sortie d’une intégrale en anglais des romans d’Eve Titus.

cof

Les sorcières de Kinvar, tome 1 : La sorcière aux poupées, Marie-Laure Junier

Je remercie Anyway Editions et Babelio pour m’avoir permis de découvrir Les sorcières de Kinvar de Marie-Laure Junier.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

A neuf ans, Emily croit encore fermement aux contes de fées et s’imagine souvent dans des rôles de princesse aux pouvoirs incroyables. Alors, quand la réalité rattrape la fiction et que la fillette s’avère capable de parler avec quatre poupées de bois aux caractères si différents, elle découvre un monde bien plus surprenant que celui dont elle rêvait. Mais si les héros existent, il en est de même pour son flot de mauvaises sorcières, vampires ou loup-garous en tout genre. Et en grandissant, l’adolescente ne tarde pas à s’apercevoir qu’ils ne lui veulent pas que du bien, particulièrement quand elle cherche à explorer son passé.

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Anyway (9 décembre 2016)
  • Prix : 12,90€

AVIS

L’histoire et le style de narration… 

J’ai tout de suite été plongée dans l’histoire d’autant que l’auteure, avant de nous raconter les aventures d’Emily, nous embarque dans un passé fort lointain où cohabitaient différentes espèces jusqu’à ce que l’Homme ne détruise ce bel équilibre. L’auteure fera, par la suite, référence au compte-goutte à cette mythologie, nous permettant petit à petit d’avoir un nouvel éclairage sur le monde actuel et de mieux comprendre les interactions entre les différentes espèces (sorcières, vampires, loups-garous…).

Nous faisons ensuite la connaissance d’Emily, une petite fille de 9 ans qui coule des jours heureux avec ses parents plutôt protecteurs. Lors d’une visite familiale dans un vide-grenier, elle découvre quatre marionnettes qu’elle entend parler et avec lesquelles elle peut converser ! On comprend alors très vite que cette fillette n’est pas aussi banale qu’elle n’y paraît. Malheureusement, un accident de la route entraînant la mort de ses parents, viendra bouleverser la vie de la fillette qui devra dorénavant vivre chez sa grand-mère maternelle. Celle-ci se montrera très froide, mais Emily pourra compter sur l’amitié de sa cousine, Charlotte et, bien évidemment, sur celle de ses quatre marionnettes.

Ces soutiens lui seront d’une grande aide, car en plus du choc d’avoir perdu ses parents, la jeune fille va découvrir un tout nouveau monde où la magie, la sorcellerie et toutes les créatures des contes deviennent réalité. Le lecteur, quant à lui, fera plus ample connaissance avec ce monde de sorcières grâce à Emily, mais également grâce aux informations dispensées au début de chaque chapitre. En effet, au lieu de nous assommer de connaissances indigestes, l’auteure nous dévoile les principes fondamentaux régissant la vie des sorcières au début de chaque chapitre.

La fan d’histoires de sorcellerie et de magie qui sommeille en moi a adoré cette manière de procéder qui m’a donné l’impression de lire un grimoire de sorcières. Ce choix narratif donne en outre un certain rythme au livre, car on en vient à se demander comment les informations sont liées à l’histoire d’Emily. Et, c’est d’ailleurs comme ça que j’en suis venue à lire le livre d’une traite.

Les personnages…

Même si je la pense moins diabolique qu’il n’y paraît, enfin je l’espère sinon cela rendrait le roman un peu trop caricatural à mon goût, j’ai trouvé la grand-mère simplement odieuse. Rejeter sa petite-fille ainsi parce qu’elle n’a pas la bonne couleur de cheveux ou d’yeux qui ferait d’elle une sorcière puissante m’a fait me dresser les cheveux sur la tête.

La tante n’est pas forcément bien mieux, mais elle est peu présente dans le roman et puis, avec un tel manque de caractère la faisant vivre continuellement dans l’ombre de sa famille, difficile d’en espérer beaucoup. Quant à Charlotte, on la sent sincèrement proche d’Emily qui est la seule à ne pas voir en elle juste une sorcière promise à un grand avenir. Je pense qu’elle sera plus présente dans la suite de l’histoire pour mon plus grand plaisir ; elle a le potentiel pour devenir un personnage complexe et puissant.

En ce qui concerne Emily, je l’ai simplement adorée ! Fillette puis adolescente gentille et courageuse, elle a du caractère ce qui lui permet de continuer à avancer dans la vie malgré la mort de ses parents et un environnement familial peu avenant. Plus dans l’action que les tergiversations, elle n’hésite pas à se lancer, avec l’aide de ses amies marionnettes et d’un mystérieux vampire, à l’aventure afin de découvrir qui sont les personnes qui menacent sa vie. Et vous verrez que le danger est proche, très proche…

On pourrait reprocher à Emily une certaine naïveté dans sa facilité d’accorder sa confiance à un personnage qu’elle ne connaît que très peu et par écran interposé, ou encore, une certaine intrépidité qui la fait se mettre dans des situations périlleuses. Mais au final, ça fait partie de son charme et contribue fortement à s’attacher à cette héroïne qui n’est pas parfaite, mais fait de son mieux en toutes circonstances.

J’ai également beaucoup aimé les quatre marionnettes qui ont chacune leur caractère, mais qui ont en commun de vouloir à tout prix protéger leur jeune amie. Elles n’hésiteront d’ailleurs jamais à mettre leur pouvoir à son service. Plus on apprend à les connaître, plus on s’attache à elles d’autant qu’elles ont, comme Emily, connu par le passé un événement dramatique. C’est peut-être une des raisons qui les poussent à protéger autant la jeune fille.

Le seul point qui m’a légèrement déçue…

La seule chose qui m’a un peu déçue dans le roman, c’est l’épilogue. J’avais en effet très vite anticipé le retournement de situation et aurais préféré me tromper. Mais, je pense qu’en tant que grosse lectrice, il devient de plus en plus difficile de me surprendre ce qui ne sera pas forcément le cas avec un lecteur plus jeune.

En conclusion, si vous avez envie de lire une histoire de sorcières portée par un personnage très attachant, Les sorcières de Kinvar est fait pour vous. La faculté de l’auteure à vous plonger d’emblée dans l’intrigue et à captiver votre attention du début à la fin en rend la lecture très aisée et rapide. J’ai, pour ma part, hâte d’en apprendre plus sur les pouvoirs de marionnettiste d’Emily et la manière dont elle va aborder sa nouvelle vie puisque la fin du livre promet moult changements.

J’ai maintenant hâte de lire le tome 2…

Le petit Chaperon-Loup, Audrey Calviac

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J’avais repéré Le petit Chaperon-Loup d‘Audrey Calviac grâce à sa sublime couverture réalisée par la sœur de l’auteure, Anaïs.

Je n’ai donc pas hésité à demander l’ebook en échange d’une chronique comme le proposait les Éditions Boz’Dodor sur leur page FB. Et puis, ayant plaisir à échanger sur FB avec l’autrice, je ne pouvais que me laisser tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Oubliez les nobles princes, les belles princesses et les dragons défaits. Les fins heureuses ne font pas forcément partie des pays des contes. Leurs habitants l’ont bien compris et rêvent à une vie paisible et ennuyeuse, ce que cherchent à fuir les petits humains. Cette nouvelle histoire ne se déroule pas chez le terrible patapaf, mais chez nous, au royaume des hommes. Une jeune fille du nom de Kahina s’y réfugie après s’être échappée des pays des contes. Elle va faire la connaissance d’Azad, un petit humain. Ils vont apprendre à se découvrir tout en dissimulant à l’autre leur plus terrible secret.

  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 32 pages
  • Editeur : Editions Boz’Dodor (18 septembre 2016)
  • Prix ebook : 1,49€

AVIS

Le monde des humains et celui des contes se côtoient sans jamais se rencontrer, du moins jusqu’à ce que Kahina, contrainte de fuir son foyer en raison de la vindicte populaire, quitte les pays des contes pour le royaume des humains. C’est de cette manière qu’elle rencontrera Azad, un jeune garçon qui acceptera de l’aider à se cacher dans la grange familiale.

Kahina et Azad sont très différents l’un de l’autre, mais ils ont en commun d’avoir un secret qu’ils gardent précieusement caché.  J’ai bien aimé la manière dont l’auteure a construit la relation entre les deux protagonistes principaux. Ils se sont tout de suite acceptés sans pour autant se dévoiler entièrement. Comme dans la vraie vie, ce sont les épreuves qu’ils traversent et la confiance qu’ils construisent qui vont les pousser à se dévoiler tels qu’ils sont… Ces deux jeunes protagonistes nous offrent ainsi une très belle leçon d’amitié.

Le petit Chaperon-Loup est une réécriture du célèbre conte Le Petit Chaperon Rouge, mais l’auteure s’est quand même bien éloignée de l’œuvre originale.  Cela devrait donc rassurer les lecteurs ayant peur de retrouver une histoire vue et revue. Vous devriez même être surpris de découvrir comment le loup a changé durablement la vie de notre jeune héroïne dans la version d’Audrey Calviac. Je me demande d’ailleurs quel tournant prendra l’auteure par la suite pour Kahina : celui de l’acceptation de sa différence ou la quête d’un retour à la normale. Mystère que j’ai hâte de découvrir  même si j’ai déjà ma petite préférence.

Point de conte sans morale ! L’autrice ne déroge donc pas à cette règle en nous offrant une morale mignonne à souhait que je vous laisse le plaisir de découvrir.

Mais au-delà de la morale de la fin, j’ai trouvé que l’histoire permettait aussi, à une époque où la différence continue à faire peur, de mener une vraie réflexion sur le sujet. Comment la différence physique d’une enfant peut-elle susciter autant de peur et de rejet de la part d’adultes ? Si on ôte la partie merveilleuse de l’histoire, il n’est pas certain que les réactions extrêmes soulevées par la différence soient si fantasques que cela…

Enfin, mon compagnon, d’origine arménienne, m’a fait remarquer que Azad est un  prénom arménien qui signifie « libre ». J’ai trouvé ce petit clin d’œil de l’auteure fort à propos pour un personnage qui, grâce à l’amitié, va gagner, d’une certaine manière, la liberté.

En conclusion, de la couverture à la plume de l’auteure en passant par la manière dont elle a su réinventer un des contes les plus connus au monde, j’ai été complètement séduite par cette réécriture du Petit Chaperon Rouge. Que vous ayez 9 ans ou 99 ans, je ne peux donc que vous recommander de vous laisser entraîner dans cette très belle histoire !

 

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L’été d’un chien, Cassandra Bouclé

J’ai découvert L’été d’un chien de Cassandra Bouclé sur le site SimPlement. Séduite par le résumé, j’ai contacté l’auteure qui a accepté de m’envoyer son livre en échange de mon avis. Je la remercie donc de sa confiance.

PRÉSENTATION

Filou, un berger allemand de deux ans, est abandonné au pied d’un arbre par ses maîtres.

Il reste ainsi durant plusieurs jours, en plein soleil, mourant de faim et de soif. Il finit par tenter de se libérer en rongeant sa laisse, alors qu’une femme le recueille et le dépose dans une fourrière, seul, triste, croyant toujours que ses maîtres vont venir le chercher. Filou attend longuement et sagement dans sa cellule. Il croisera quelques-uns de ses congénères qui ont subi le même sort, qui l’aideront à renaître et à retrouver la joie.

Une histoire magnifique dans laquelle Cassandra nous oblige à nous glisser dans la peau d’un animal de compagnie, bien déçu par l’attitude de certains humains. Après cette lecture, vous ne regarderez plus votre chien ou votre chat du même œil… Un texte très bien écrit et qui ravira les enfants, dès 9 ans.

  • Editeur : Bookless-editions (3 janvier 2016)
  • Prix ebook : 3,99€

AVIS

Une triste histoire d’abandon…

L’été, les vacances, le soleil… des événements joyeux que l’on attend tous plus ou moins avec impatience. Tous ? Pas vraiment ! Les personnes travaillant dans la protection animale tendent plutôt à redouter l’arrivée de cette saison qui marque tristement celle des abandons. Qui n’a pas en tête l’image cruelle, mais pourtant réaliste, d’un chien que l’on attache à un arbre loin de ses repères afin qu’il ne perturbe pas les sacro-saintes vacances de son ou de ses maîtres ?

C’est d’ailleurs avec cet acte barbare que commence l’histoire du pauvre Filou, berger allemand de deux ans attaché comme un vulgaire objet à un arbre. Découvert par une femme qui fera preuve d’humanité en lui donnant à boire et à manger, il sera néanmoins conduit dans un endroit peu plaisant pour un animal : la fourrière.

Filou quitte ainsi de la manière la plus brutale qu’il soit sa vie de famille pour découvrir un monde complètement différent, où les câlins, l’amour et le confort d’un foyer ne sont plus que de l’histoire ancienne. Heureusement, s’il a perdu confiance en l’espèce humaine, il trouvera du réconfort et de l’espoir au contact d’autres animaux de la fourrière. Ainsi, Alban, un vieux colley, abandonné à l’arrivée d’un bébé, lui apprendra le fonctionnement de la fourrière et Lou, un jeune chaton que Filou prendra sous son aile à la manière d’un grand frère, lui redonnera une certaine joie de vivre.

Si ces amitiés donnent le sourire aux lecteurs, elles ne permettent pas d’effacer la menace bien réelle qui plane sur tous les animaux de la fourrière qui ne trouvent pas d’adoptant : l’euthanasie. Un horrible mot dont Filou comprendra très vite la signification. A cette menace s’ajoute la présence d’un ennemi, un humain qui prend plaisir à faire souffrir les animaux sans autre raison que celle de faire mal.

Filou raconte son histoire et vous fait réfléchir à la cause animale…

L’histoire, racontée par Filou, est très touchante car l’on partage complètement avec lui son incompréhension face à son abandon. On comprend ses doutes, sa désaffection de l’espèce humaine qui l’a trahi, son incrédulité face aux préjugés et à la crainte qu’il suscite en raison de sa race, ses angoisses, ses espoirs et, dans un même temps, sa peur d’espérer… On n’a qu’une envie, celle de courir le serrer dans ses bras et de l’adopter séance tenante.

L’auteure arrive, à travers l’histoire de Filou, à décrire de manière poignante les conséquences des abandons sur des êtres vivants dotés d’émotions et de pensées même si, évidemment, elles ne sont pas aussi développées que dans le livre. Je suis personnellement déjà sensibilisée à la cause animale, mais je n’ai pu m’empêcher de me demander et si ? Et si les animaux étaient capables de penser bien au-delà de ce que la science estime ? Que penseraient-ils de nous, humains capables de les traiter avec aussi peu de considération. J’aime à croire que leurs pensées seraient proches de celles de Filou.

Si, dans la réalité, les animaux ne sont pas forcément capables d’avoir un raisonnement aussi poussé que le nôtre, ils ressentent néanmoins des émotions comme vous et moi. Et c’est en insistant sur ce point, à travers les pensées de Filou et les paroles de ses amis, que l’auteure arrive à mettre en exergue toute la cruauté qui se cache derrière un abandon….

De l’animal à l’objet ou de l’objet à l’animal..

Au-delà de l’abandon, j’ai apprécié que l’auteure évoque le statut des animaux qui, bien que reconnus comme des êtres dotés de sensibilité depuis peu, demeurent aux yeux de beaucoup, un objet comme un autre. N’oublions pas qu’il y a encore quelque temps, un chien ou un chat n’avaient pas plus de droit qu’une bibliothèque.

Alors comme lorsque l’on choisit son nouveau téléphone portable entre plusieurs modèles, on s’attarde sur des critères comme l’originalité ou la beauté d’un animal avant de l’adopter. A cet égard, je trouve le passage suivant criant de vérité :

« Inquiet, je me tournai vers Alban, lui demandant comment, je pourrais être adopté.
Il me répondit dans un ton neutre « qu’il fallait avoir quelque chose que les autres n’ont pas ».
Bref, il fallait se différencier des autres, être unique, comme avoir un air doux, ou être intelligent. Ou pire encore avoir un pelage au motif rare et peu répandu.
Ainsi, les critères pour survivre n’étaient pas d’être une créature vivante comme un chat ou chien. Ni être gentil, délicat ou fidèle. Non! Il fallait être un objet rare, comme on pouvait en trouver dans une brocante ».

De la tristesse à l’espoir…

Le portrait des humains que dépeint Filou suite à son abandon devient de plus en plus noir au fil des jours, mais une lumière finit par apparaître dans sa vie et celle de ses amis. Ainsi le jeune chien et ses compagnons d’infortune découvriront que certaines personnes savent faire preuve d’humanité en offrant à des animaux, que la vie n’a pas épargnés, ce qu’ils attendent le plus : une seconde chance et un foyer aimant. Je dois d’ailleurs avouer que j’ai trouvé particulièrement émouvante la fin de l’ouvrage et que je n’en aurais pas rêver de meilleure.

J’ai, pour ma part, l’espoir que ce livre, en sensibilisant les lecteurs notamment les enfants aux abandons, sauvera certains animaux de compagnie de cette triste et effroyable expérience. Et rien que pour cela, je n’ai qu’une chose à dire : bravo ! Bravo à l’auteure d’avoir pris sa plume pour raconter une histoire particulière et banale à la fois, celle que vivent tous ces animaux abandonnés à travers le monde. Ils ne peuvent peut-être pas partager leurs maux en mots, mais ils peuvent compter sur des auteurs comme Cassandra Bouclé pour les exprimer à leur place.

En résumé, L’été d’un chien est un livre plein de sensibilité que j’ai beaucoup apprécié et que j’aimerais voir distribuer aux personnes ayant en tête un projet d’adoption. A travers l’histoire émouvante d’un jeune chien, l’auteure arrive en effet à sensibiliser, de manière simple et divertissante, les lecteurs de tout âge à l’abandon. Conseillé aux enfants à partir de 9 ans, je recommande ce livre à tous ! Les enfants et les amoureux des animaux ne pourront qu’être touchés par l’histoire de Filou et de ses nouveaux amis. Quant aux autres, ils ne pourront que porter un regard nouveau sur ces êtres dotés d’émotions que sont les animaux.

Page FB de l’auteure – Acheter le livre