Daughter of the Pirate King, Tricia Levenseller

Couverture Daughter of the Pirate King, book 1

There will be plenty of time for me to beat him soundly once I’ve gotten what I came for.

Sent on a mission to retrieve an ancient hidden map—the key to a legendary treasure trove—seventeen-year-old pirate captain Alosa deliberately allows herself to be captured by her enemies, giving her the perfect opportunity to search their ship.

More than a match for the ruthless pirate crew, Alosa has only one thing standing between her and the map: her captor, the unexpectedly clever and unfairly attractive first mate, Riden. But not to worry, for Alosa has a few tricks up her sleeve, and no lone pirate can stop the Daughter of the Pirate King. 

AVIS

Il me suffit de voir le mot pirate dans un titre pour me tenter et si en plus, on parle de femme pirate… Alosa est la fille du roi des pirates, un homme impitoyable qui contrôle les mers et plus ou moins les terres… Ce dictateur en puissance semble pourtant avoir la plus totale dévotion de la part de sa fille qu’il a chargée d’une mission : mettre la main sur une carte afin de se rapprocher d’un trésor très convoité. Et pour ce faire, Alosa a dû consentir à faire semblant de se laisser capturer et emprisonner par l’un des nombreux ennemis de son père, sa mainmise sur le monde des pirates ne faisant pas l’unanimité. Et c’est un euphémisme !

Alosa m’a paru au début un peu trop sûre d’elle, voire quelque peu fanfaronne, mais au fil des pages, ce trait de caractère s’amenuise fortement. Une évolution qui m’a permis d’apprécier cette jeune fille de 17 ans, qui ne vit que pour obtenir l’approbation dun père pourtant peu aimant et, surtout, maltraitant. Ainsi, de fil en aiguille, on découvre la cruauté de cet homme qui ne semble voir en sa fille qu’une arme destinée à servir ses rêves de grandeur et ses intérêts. Une réalité qu’Alosa se refuse obstinément à voir, ce que l’on peut comprendre, son père étant sa seule et unique famille. Mais loin d’être une frêle chose aux mains d’un tyran, c’est une jeune fille forte, obstinée et déterminée, qui a su se faire une place dans le monde des pirates, au point d’avoir déjà un bateau et un équipage presque entièrement féminin sous ses ordres.

Ses aptitudes de combattante ajoutées à sa force de caractère lui jouent parfois des mauvais tours, mais c’est aussi ce qui lui permet de ne pas flancher dans sa mission. Parce que se retrouver aux mains de l’ennemi, cela demande quand même une bonne dose de confiance en soi ! Mais ce que n’avait pas prévu Alosa, c’est de devoir affronter un jeune pirate qui ne joue pas selon les mêmes règles du jeu que les autres. Contrairement à elle, Riden ne tire aucune satisfaction de son statut de pirate, et l’on devine que si ce n’était pas pour soutenir son frère devenu le capitaine du bateau, il aurait préféré suivre un autre chemin…

La relation entre Riden et son frère est intéressante, les deux étant très proches malgré leurs différences de caractère, mais c’est la relation entre Riden et Alosa qui fera sourire et frémir d’impatience les lecteurs. Alosa lui mène la vie dure n’hésitant pas à se rebeller et à le titiller à la moindre occasion, voire à se comporter comme une véritable chipie. Mais très vite, on sent une certaine alchimie entre ces deux jeunes pirates qui ont déjà vécu beaucoup de choses difficiles, notamment de la part de leur père respectif. J’ai adoré les voir se chamailler et se rapprocher, d’autant qu’Alosa va faire de son mieux pour lutter contre son attirance naissante. La fille du roi des pirates n’a pas de temps à perdre avec une amourette, une mission l’attend !

Et mieux vaut pour elle la réussir, parce que son père n’apprécie guère d’être déçu, et encore moins par elle. Alosa m’a paru parfois un peu naïve dans l’exécution de sa mission. Par exemple, jamais elle ne se demande comment elle arrive à sortir de sa prison la nuit et à fouiller un bateau plein de pirates sans être surprise… Mais j’ai apprécié de la voir se triturer les méninges pour tenter de trouver cette satanée carte, quitte à devoir utiliser des capacités qu’elle redoute. Car loin de n’être qu’une simple fille de pirate, Alosa porte en elle une dualité que l’autrice commence véritablement à exploiter dans la dernière partie du roman. Je n’en dirai pas plus, mais c’est un aspect que j’ai adoré et qui, je l’espère, sera encore plus présent dans le deuxième et dernier tome !

Le niveau d’anglais étant plutôt accessible, j’ai lu le roman rapidement, emportée par le jeu du chat et de la souris entre Alosa et Riden, mais surtout par ce monde de la piraterie que j’affectionne tant. On reste dans un livre young adult avec un univers qui aurait mérité d’être enrichi, mais si vous aimez les intrigues avec plein de pirates, qui se déroulent en grande partie sur un bateau avec son lot de promiscuité, ce roman devrait vous plaire. J’ai, en outre, aimé qu’Alosa ne soit pas une femme cruelle et insensible, mais qu’elle n’hésite pas à faire couler le sang et à trancher des gorges quand elle le juge nécessaire, ou quand la situation l’impose. Cela me semble important de ne pas édulcorer la réalité derrière le mot pirate…

J’aurais néanmoins apprécié que Riden soit un peu plus charismatique, puisqu’il m’a paru parfois timoré sans ses réactions. Mais cela ne l’en rend que plus attendrissant et nous montre à quel point, il n’a pas sa place sur un bateau pirate. Quant à son frère qu’il aime tant et fait de son mieux pour protéger, il m’a paru exécrable, mais on sent en lui un certain potentiel. Espérons d’ailleurs que dans le tome suivant, l’autrice donne un peu plus de place et de relief aux personnages secondaires, qui, ici, manquent peut-être un peu de consistance, tout en étant assez remarquables pour susciter des émotions et réactions chez les lecteurs.

En conclusion, Daughter of the Pirate King fut une très agréable et distrayante lecture, mêlant habilement romance entre deux personnages qui aiment à se chamailler et monde de la piraterie avec son lot de sang, de manipulations et de trahisons. Alors si vous avez envie de voguer en mer depuis le confort de votre canapé, et de suivre une princesse pirate de caractère dans ses (més)aventures, ce roman devrait vous plaire !

Challenge Romantasy 2021 : l’heure du bilan !

Femme, Bateau, Ciel, Coucher De Soleil

Pour rappel, du 15 février au 15 avril, j’ai participé à la première édition du Challenge Romantasy, un challenge mélangeant romance et fantasy créé par booktubeuse Nina Quill.


Si j’ai parfois un peu dévié de ma PAL de départ, j’ai néanmoins réussi à remplir les 10 catégories du challenge. Et je dois dire que mon bilan est globalement des plus satisfaisants, n’ayant eu qu’une grosse déception : Captive. Une réécriture des contes des Milles et une Nuits dont j’attendais beaucoup, mais qui n’a pas su me convaincre.

À l’inverse, j’ai adoré relire Sans âme dont j’apprécie toujours autant l’humour, j’ai pris plaisir à lire le tome 2 d’Ivy Wilde, une sorcière rigolote et haute en couleur et à découvrir des livres qui me tentaient énormément comme Le Royaume Assassiné, Psi-Changeling et un roman dont j’aime beaucoup la couverture, Astre-en-Terre.

Sans être désagréables, trois livres ne me laisseront pas un souvenir impérissable : Léa Bacal dont j’ai d’ailleurs tout oublié ou presque, Flowers for Seri que j’aurais probablement adoré ado et Crimson Spell. En ce qui concerne ce manga, j’ai aimé l’histoire et les illustrations, mais j’ai été gênée par le fait que la relation entre les héros soit basée sur des viols répétés et banalisés… Sans cette relation problématique, le manga aurait rejoint mes bonnes lectures.

En conclusion, j’ai été ravie de participer à cette première édition du Challenge Romantasy et croise les doigts pour que d’autres éditions suivent, parce que je me suis rendu compte que le mélange romance et fantasy marche vraiment bien avec moi.

Et vous, avez-vous participez ?
Quel est votre bilan ?
Quelle a été votre plus belle découverte durant le challenge ?

Oraisons, Samantha Bailly

En Hélderion, la mort peut rapporter beaucoup… surtout à la famille Manérian, qui procède aux oraisons, les rites funéraires du royaume. Mais la réalité de la mort les frappe de plein fouet lorsqu’on retrouve le corps de leur plus jeune fille dans une ruelle sordide.
Tout désigne les clans, ces dangereux rebelles qui s’opposent à Hélderion. Aileen, prête à tout pour venger sa cadette, se lance dans une enquête qui la mettra à rude épreuve.
Noony, leur soeur aînée, se retrouve quant à elle aux premières loges de l’entrée en guerre de son pays contre le continent voisin. Mais elle est bien décidée à s’opposer à ce conflit qui pourrait tourner en véritable massacre.
Prises dans des intrigues dont les enjeux les dépassent, les deux sœurs devront affronter le système qui les a forgées.

AVIS

Je remercie Les Blablas de Tachan pour la lecture commune de cette intégrale regroupant les deux tomes du diptyque Oraisons de Samantha Bailly. Si l’ouvrage n’est pas exempt de petits défauts, je l’ai trouvé globalement immersif, rythmé et bien écrit.

J’ai d’ailleurs tout de suite été happée par le style de l’autrice qui se révèle vif et rythmé à l’image d’une intrigue menée tambour battant. D’un chapitre à l’autre, il se passe toujours quelque chose qui vous donne envie de tourner les pages et de suivre les différents personnages, notamment deux sœurs séparées par la vie, mais unies par le destin, dans leur quête qu’elle soit d’identité, de vérité, de justice ou de liberté. Dans cet univers sombre et mystérieux à la fois, les secrets, les complots, les mensonges et les faux-semblants sont érigés en art de vivre. C’est simple, on a l’impression que rien n’est ce qu’il paraît et que beaucoup cachent des choses plus ou moins avouables, plus ou moins ignobles et plus ou moins cruelles. Même les héros doivent parfois consentir à mentir, à dissimuler et à trahir pour rétablir un certain équilibre et une justice longtemps dénigrée si ce n’est bafouée.

Pour ma part, j’ai adoré cette aura de mystère et de mensonge qui imprègne le roman et qui entoure une religion, l’Astracisme. À travers cette religion qui ne souffre ni le doute ni la contestation, et encore moins les autres cultes, l’autrice condamne les extrémismes sans pour autant faire l’amalgame entre croyants et fanatiques. J’ai pris plaisir à découvrir, au fil des pages et des interludes reprenant certains extraits de documents divers et variés, la mythologie autour de ce culte. À cet égard, l’oraison, cérémonie mêlant hommage classique au défunt à un acte quasi mystique, du moins en apparence, m’a beaucoup intéressée. Lors de cette cérémonie, les oraisonniers et oraisonnières s’assurent que l’âme du défunt rejoigne son astre d’attribution afin de commencer une nouvelle vie. Mais au gré des découvertes, on comprend que la situation n’est pas ce qu’elle semble être, et que derrière le cérémonial religieux, se cache une vérité bien plus sombre et mercantile. Une réalité qui ne manque pas d’un certain cynisme et qui prouve que le malheur des uns peut faire le bonheur des autres et ceci de bien des façons.

Je n’en dirai pas plus si ce n’est que l’autrice a effectué un travail remarquable autour de ce culte, de son haut représentant et de toutes les dérives qu’une foi aveugle peut entraîner. Au-delà de l’extrémisme religieux bien présent, mais jamais pesant, le roman peut s’appuyer sur un univers particulièrement riche et complexe que l’on sent pensé dans les moindres détails. Alors si en début de roman, on peut avoir le sentiment d’une avalanche de détails et d’informations à retenir, tout s’imbrique rapidement pour former une trame narrative captivante qui tient en haleine les lecteurs, et qui leur donne envie de suivre les protagonistes dans leurs nombreuses et parfois dramatiques péripéties.

Pour ma part, il m’a fallu un peu de temps avant de m’attacher aux personnages, et notamment à Noony qui, par rapport à sa petite sœur Aileen, m’a semblé manquer de profondeur, même si l’autrice étoffe un peu son rôle dans le deuxième tome. J’ai néanmoins compati à son sort, cette oraisonnière voyant sa vie voler en éclats à l’aune de certaines révélations et de décisions motivées par son sens de la justice. Comment trouver sa place quand tout ce en quoi vous avez toujours cru n’était que mensonges et complots ? De fil en aiguille, la jeune femme va troquer son habit d’oraisonnière soumise et malléable contre celui d’une femme déterminée à œuvrer pour le bien et le salut d’un peuple injustement condamné.

Ce basculement entre une foi aveugle et intolérante et des convictions justes et humaines m’a plu, d’autant qu’il se fait en compagnie d’un duo uni et atypique dont je vous laisserai le plaisir de découvrir la force et la nature des liens. Noony et Alexian vont mettre un peu de temps à s’apprivoiser, la jeune femme étant lasse des secrets de son compagnon de voyage, qui lui regrette une alliée un peu trop naïve, mais ils vont finir par nouer une forme de compréhension, d’amitié et de complicité, avant de développer des sentiments plus tendres…

L’aura d’amour dramatique et impossible entourant les deux personnages, résultat de la cruauté du père de la jeune fille, se révèle intéressante, mais l’autrice a fini par me lasser en insistant bien trop sur ce point à mon goût, ajoutant des redondances et des drames amoureux bien inutiles. Cela est d’autant plus dommage qu’à l’inverse, elle laisse des événements et des relations s’étioler sans être vraiment exploités, et des personnages secondaires de côté quand l’on sentait chez eux un véritable potentiel. J’ai ainsi eu le sentiment d’histoires avortées et/ou sans réelle conclusion, ce qui s’est révélé extrêmement frustrant. Néanmoins, certains personnages secondaires comme Laï-Mune, une femme badass à la forte personnalité, sortent du lot et arrivent à se démarquer assez pour frapper le cœur des lecteurs. J’ai adoré son caractère, son histoire personnelle et sa relation avec sa moitié et Némésis, une relation à la vie à la mort, aussi glaçante que dramatique.

Mais c’est peut-être Aileen qui m’a le plus touchée dans cette aventure. D’abord un peu creux, son rôle s’épaissit et s’étoffe au fil des pages, l’autrice faisant traverser la jeune femme par des épreuves difficiles et ignobles : trahison de la pire espère, morts de ceux qu’elles aiment, violence, sang, déchirures physiques et mentales… Mais loin de la détruire, ces épreuves ont fait d’elle une personne différente, une personne forte et déterminée à faire ce qu’elle doit pour défendre ses idéaux et, d’une certaine manière, rendre un dernier hommage aux morts qu’elle pleure et porte encore au fond de son cœur. Je n’ai pas forcément compris et approuvé tous les choix scénaristiques de l’autrice, dont un événement qui, en plus d’être un stéréotype bien trop présent en fantasy à mon goût, n’apporte pas grand-chose à l’intrigue, mais j’ai apprécié la manière dont elle a géré l’évolution de son héroïne.

De la même manière, la fin, mêlant changement, réalisme et pragmatisme me semble aussi pertinente que bien amenée. Car si la vérité est importante et primordiale et que les injustices doivent être réparées, un gouvernant ne peut pas tout bouleverser sans prendre en considération les réactions violentes que cela peut entraîner. Révolutionner oui, mettre à feu et un sang un pays, non…. Du moins, pas quand l’objectif final est la paix, le respect et la tolérance entre les peuples.

En conclusion, avec Oraisons, Samantha Bailly a créé avec minutie et un sens du détail incroyable un univers riche, complet, sombre et violent où tout n’est que trahisons, complots, mensonges et faux-semblants. Entre quêtes de justice, de liberté et de vérité, les personnages vont être poussés dans leurs retranchements, devoir faire des sacrifices, prendre des décisions parfois difficiles et jouer avec la frontière entre le bien et le mal… Très accessible, immersif, riche en actions et en péripéties, voici un roman de fantasy à conseiller à ceux qui aimeraient se lancer dans le genre et/ou qui souhaiteraient découvrir une histoire rythmée, captivante et auréolée d’une bonne dose de mystères et de secrets.

Découvrez l’avis des Blablas de Tachan.

 

Owlcrate (mars 2021) : Of witches and wonder #unboxing

March 2021 'OF WITCHES AND WONDER' Box

Pour rappel, la Owcrate est une box littéraire américaine spécialisée dans la littérature young adult.


Parce que j’ai la mémoire très capricieuse, j’ai encore oublié d’annuler mon abonnement à la Owlcrate et me suis donc retrouvée avec la box de mars sur un thème qui, heureusement, me plaît assez : Of witches and wonder.

La box contenait :

  • un parfum sous forme de roll-on
  • un pin’s
  • un carnet à spirale avec une magnifique couverture
  • un repose-sachet
  • un mug : si je ne suis fan de la couleur, j’aime beaucoup son design et le fait qu’il soit accompagné d’un couvercle pour pouvoir le transporter facilement.
  • un étui à marque-pages : j’avoue avoir bien souri devant l’imagination des équipes marketing, parce que leur étui à marque-pages est tout bonnement un joli, mais classique étui à lunettes.
  • un marque-page avec différentes consignes de lecture à remplir pour arriver à former le mot Owlcrate. J’aime beaucoup l’idée de ce challenge littéraire !
  • une belle carte avec le contenu de la box et un livret
  • le roman du mois : Sweet & Bitter Magic, sa couverture me plaît pas mal et le résumé m’a l’air prometteur. À noter qu’il s’agit d’une version spéciale signée.

RÉSUMÉ DU ROMAN

In this charming debut fantasy perfect for fans of Sorcery of Thorns and Girls of Paper and Fire, a witch cursed to never love meets a girl hiding her own dangerous magic, and the two strike a dangerous bargain to save their queendom.

Tamsin is the most powerful witch of her generation. But after committing the worst magical sin, she’s exiled by the ruling Coven and cursed with the inability to love. The only way she can get those feelings back—even for just a little while—is to steal love from others.

Wren is a source—a rare kind of person who is made of magic, despite being unable to use it herself. Sources are required to train with the Coven as soon as they discover their abilities, but Wren—the only caretaker to her ailing father—has spent her life hiding her secret.

When a magical plague ravages the queendom, Wren’s father falls victim. To save him, Wren proposes a bargain: if Tamsin will help her catch the dark witch responsible for creating the plague, then Wren will give Tamsin her love for her father.

Of course, love bargains are a tricky thing, and these two have a long, perilous journey ahead of them—that is, if they don’t kill each other first..

Et vous, que pensez-vous du contenu de cette box ?
Le roman vous tente-t-il ?

Le sang du dragon (Chroniques Merveilleuses t. 3), Sébastien Morgan

Le Sang du Dragon: par Morgan

Les Daces, soutenus par Sekhnat, l’un des Anciens Dragons, avancent inexorablement au cœur d’un Empire romain plus faible que jamais. Mercurius et ses compagnons devront à nouveau faire preuve de force et de bravoure afin d’encourager une contre-attaque impériale qui n’est pas gagnée d’avance. Pendant ce temps, Lailoken découvre ses origines et apprend les mystérieux enjeux d’une guerre éternelle.

Auto-édition (27 août 2020) 185 pages – papier (12,65€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Comme pour le précédent tome, c’est en lecture commune avec Lire à la folie que j’ai parcouru Le sang du dragon, troisième tome de la série Chroniques merveilleuses. Avant d’aller plus loin, et même si la chronique ne contient pas de spoiler, n’hésitez pas à attendre d’avoir lu La flèche du Scythe et Gryphus Imperatorius.

Ayant lu le deuxième tome il y a plus d’un an et demi, j’avais quelques craintes quant à ma capacité à me plonger entièrement dans cette suite, mais fort heureusement, les choses se sont rapidement remises en place dans mon esprit. J’ai ainsi retrouvé les personnages avec plaisir, même ceux qui ne sont pas forcément des plus sympathiques comme les Tarquini. Il y a des corps de métier qui inscrivent fièrement « de père en fils » sur leur devanture, quand les Tarquini n’ont pas besoin de signe aussi ostentatoire. Car eux, ce n’est pas un savoir-faire précis qui coule dans leurs gênes, mais un talent inné pour la manipulation, la méchanceté et le dédain pour autrui. Alors si on ne peut s’empêcher de les détester et de les maudire sur des générations, on est quand même content de les revoir, et de chercher à plonger dans les secrets les plus noirs de leur âme…

Mais dans ce tome, les machinations et autres pêchés des Tarquini ne forment pas le socle de l’intrigue, ni le danger le plus pernicieux, bien au contraire. L’auteur nous plonge au cœur de l’Empire romain qui doit faire face à son plus gros défi : maintenir sa domination sans se perdre en route. Et la chose n’est pas aisée, quand les notables et l’Empereur lui-même préfèrent se vautrer dans les jeux et les loisirs plutôt que s’assurer de la gloire de Rome ! Mais certains sont prêts à tout pour que l’Empire conserve son aura de puissance dans une guerre qui dépasse l’entendement et les frontières du terrestre. En effet, Rome est aux prises autant avec elle-même, la menace de la guerre civile n’étant jamais loin, que ses ennemis qu’ils soient simples mortels ou bien plus que cela…

La grande force de cette série est la manière dont l’auteur s’appuie sur certains faits et personnages historiques pour introduire une belle part de créatures fantastiques, de mythes et de légendes, donnant un tour étrangement réaliste à un roman baigné de fantastique. Sous sa plume, on en viendrait volontiers à croire qu’Alexandre le Grand doit sa gloire aussi bien à son esprit de conquête qu’au sang particulier qui coule dans ses veines. J’ai ainsi adoré voir l’auteur laisser sa trace dans l’Histoire et jouer avec les mythes entourant la fondation de la grande Rome, une réinterprétation de la légende qui ne sera pas sans conséquence sur l’opposition entre deux forces puissantes et destructrices.

Dans ce roman, on a ainsi le sentiment que si la guerre est bien terrestre, l’humanité n’est finalement que le dommage collatéral d’une guerre qui la dépasse, mais qui se joue pourtant en son nom. Il est d’ailleurs ici question de liberté et de libre arbitre, ces deux concepts que l’Empire romain ne semble pas porter en grande estime. À cet égard, si j’ai eu envie de voir triompher Rome en raison de mon attachement à Mercurius qui en porte l’étendard, cette volonté n’a pu que s’amenuiser au regard de la volonté impérialiste d’un Empire qui n’hésite pas à tout détruire sur son passage. Finalement, les Daces sont-ils vraiment les méchants et Sekhnat, une force surnaturelle à éliminer, ou les choses sont bien plus complexes que cela ? Au fil de la lecture, il nous apparaît évident qu’il n’y a pas vraiment de grand méchant ni de grand gentil… Et c’est ce qui rend l’histoire aussi palpitante et réaliste !

D’ailleurs, le roman se lit extrêmement vite, que ce soit grâce à l’action omniprésente, les enjeux militaires, la plume fluide et immersive de l’auteur, ou une narration alternée qui nous permet de saisir au mieux les différentes perspectives et les desseins de chacun. Naviguer entre les différents personnages apporte beaucoup de rythme au roman et nous pousse à nous plonger en son cœur sans jamais sans détourner ni reprendre son souffle. On veut en savoir plus, toujours plus… J’ai néanmoins parfois eu le sentiment de survoler le chaos sans jamais avoir la chance d’en comprendre et démonter les rouages. J’aurais ainsi peut-être apprécié de suivre moins de personnages, mais de le faire de manière plus approfondie.

Cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre chacun d’entre eux, et même à ressentir une certaine fascination pour un personnage dont on apprend à découvrir, à travers un prologue marquant et différents flash back, l’histoire personnelle et familiale. Une de ces histoires qui vous marquent au fer blanc, à condition de pouvoir vous en souvenir, car Lailoken, un mage-guerrier, a une légère tendance à perdre quelque peu la mémoire à chaque fois qu’il trépasse. Heureusement pour lui, il finira par avoir accès à différentes bribes de ses nombreux passés… Cela, sera-t-il suffisant pour affronter un avenir qui s’annonce mouvementé ? Je préfère ne pas en dire plus sur ce personnage sous peine de briser l’aura de mystère qui l’entoure, mais j’ai vraiment apprécié la manière dont l’auteur l’a pensé !

En conclusion, avec Le sang du dragon, l’auteur propose une suite à la hauteur des tomes précédents ! Entre le rythme soutenu, l’art romain de la guerre en action, les forces en opposition qui font monter les enjeux, et des personnages divers et variés que l’on apprend pour certains à aimer, et pour d’autres à haïr sans retenue, difficile de s’ennuyer. Les pages défilent les unes après les autres dans un flot de doutes et de sang, soulevant en nous une profonde envie de découvrir jusqu’où l’imagination de l’auteur va nous conduire… Une lecture durant laquelle on reste toujours sur le qui-vive et dont on attend le dénouement final avec impatience !

N’hésitez pas à lire l’avis de Lire à la folie que je remercie pour cette sympathique lecture commune !

Découvrez le roman de l’auteur sur Amazon.

Le mois de la romance (février 2021) : l’heure du bilan #MDLR2021

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

Durant le mois de février, j’ai lu principalement de la romance afin de marquer ma participation au challenge Le mois de la romance de Ludovic de la chaîne booktube et du blog Prends un livre et détends-toi.

J’avais prévu de lire 9 romans, j’en ai lu 19. Je ne m’attendais pas à un tel bilan, mais le genre se prête très bien au binge reading. J’ai d’ailleurs pris l’habitude de lire les romances historiques d’une traite, notamment le week-end.

Globalement, j’ai fait de bonnes lectures, voire de très bonnes lectures. Et si j’ai également eu quelques lectures assez moyennes durant lesquelles je me suis parfois ennuyée, il n’y a aucun véritable flop à déplorer !

Toutefois, lire autant de livres d’un même genre a fini par me lasser et j’ai décidé de mettre au moins les romances historiques en pause pendant quelques semaines…

Plusieurs chroniques sont attentes de publication (The Ex Talk, Le Royaume Assassiné, Ivy Wilde...), mais je vous ai déjà parlé de Psi-Changeling qui m’avait agréablement surprise, de La Belle et le Highlander, des Hommes virils lisent de la romance, d’Entre les bras d’un rival et de Seigneur et époux.

Et vous, certains de ces livres vous tentent-ils ?
Avez-vous participé à ce challenge ? Quel est votre bilan ?

Les aventures d’Alduin et Léna – tome 1 : Les guerriers de glace, d’après le roman d’Estelle Faye

Résultat de recherche d'images pour "Les aventures d’Alduin et Léna, tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye bd"

Dans le village de Rosheim, Alduin et Léna sont devenus les meilleurs amis du monde alors que tout les sépare : Alduin est le fils du chef ; Léna est la fille de la guérisseuse.

Lors d’une promenade en forêt, ils découvrent que les Guerriers de Glace, ces êtres cruels qui vivent au-delà des montagnes, revienntn au village pour enlever une jeune fille. Un soir Alduin apprend que les villageois sont prêts à sacrifier son amie pour épargne leurs filles !
Léna décide alors de s’enfuir.

Jungle (9 juillet 2020) – 48 pages – 11,95€

AVIS

Cette BD est l’adaptation graphique d’un roman d’Estelle Faye que je n’ai pas encore lu, mais que je le lirai avec plaisir, ayant beaucoup apprécié cette belle aventure menée tambour battant.

Tous les 8/10 ans, le village de Rosheim doit livrer une jeune femme aux terribles Guerriers de Glace. Une situation cruelle et inacceptable contre laquelle les villageois se sont par le passé révoltés. Mais en absence de leur héros disparu, ils décident cette fois de céder en leur livrant Léna, la fille de la guérisseuse. Après tout, n’est-elle pas plus ou moins une sorcière et puis, sans frère, père ou fiancé pour la protéger, n’est-elle pas la victime toute désignée ?

J’ai été horrifiée et révoltée par la lâcheté des hommes du village. Si je peux aisément comprendre qu’aucun ne souhaite sacrifier sa propre fille, il est beaucoup moins pardonnable de voir la rapidité avec laquelle ils désignent une victime et les critères sur lesquels ils se basent pour le faire…

Heureusement, quand Alduin découvre par hasard le sort terrifiant et révoltant que l’on réserve à sa meilleure amie, il décide de fuir à ses côtés. Commence alors pour les deux amis une aventure périlleuse durant laquelle ils feront la connaissance d’un homme balafré et plutôt mystérieux. Peuvent-ils lui faire confiance ou doivent-ils se méfier de la diligence avec laquelle il s’est spontanément proposé de les aider ? Et si leur bienfaiteur n’était pas un total inconnu ? Une question qui m’a taraudée pendant une bonne partie de la BD, l’autrice semant le doute dans l’esprit d’Alduin et des lecteurs !

Alors que je m’attendais à une histoire assez classique, l’autrice a réussi à agréablement me surprendre par une révélation audacieuse qui donne une tout autre saveur à ce récit… Je préfère rester vague pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux vous dire que je n’avais rien vu venir. Et cela ne m’arrive pas si souvent, et encore moins dans un roman ou une BD jeunesse.

Au-delà de la fin très finement amenée, j’ai adoré les liens unissant nos deux jeunes héros courageux, complices, complémentaires et solidaires. On sent qu’ils sont prêts à tout pour veiller l’un sur l’autre, ce qui les rend extrêmement attachants et attendrissants. L’autrice nous propose donc une belle et tendre amitié dans laquelle les jeunes lecteurs pourront aisément se projeter.

Nathaniel Legendre a réussi à condenser et retranscrire de manière dynamique, immersive et prenante un roman faisant 120 pages. Mais ce qui fait également le charme et la force de cette adaptation, ce sont les magnifiques illustrations d’Elisa Pocetta et d’Antonio Baldari. J’ai été éblouie par leur beauté, la délicatesse des traits des visages et leur expressivité. Les regards et mimiques restitués avec force permettent ainsi de ressentir avec acuité chacune des émotions des personnages, d’autant que les occasions de s’arrêter sur les visages sont nombreuses. Je tenais également à souligner l’excellent et lumineux travail de colorisation de Simona Fabrizio qui fait passer les illustrations de magnifiques à somptueuses !

Illustration Les aventures d’Alduin et Léna - tome 1 : Les guerriers de glace, d'après le roman d'Estelle Feye

En bref, j’ai tout adoré dans cette BD qui a frôlé le coup de cœur : les magnifiques illustrations lumineuses tout en rondeur et à l’expressivité certaine, les couleurs somptueuses qui donnent un air féerique à l’histoire, le duo adorable et attachant, les doutes quant à l’homme qui va aider nos héros, la fin que je n’avais absolument pas anticipée. C’est indéniablement une très belle aventure qui divertira et enchantera petits et grands lecteurs !

Livre lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres.

Challenge Romantasy : ma PAL prévisionnelle

Femme, Bateau, Ciel, Coucher De Soleil

Appréciant beaucoup les romans mélangeant romance et fantasy, je ne pouvais que participer à ce nouveau challenge créé par Nina Quill. Organisé autour de différentes catégories, il a commencé le 15 février et se terminera le 15 avril. À noter que Nina considère le mot fantasy au sens large et que vous pouvez donc inclure dans vos lectures des romans fantastiques, d’urban fantasy…

Pour tous les détails, n’hésitez pas à regarder la vidéo de Nina :

Voici pour chaque catégorie, le ou les livres que j’aimerais lire, en sachant qu’il est probable que je ne lise pas tout et/ou que je remplace certains titres par d’autres :

  • Ennemies to lovers

Couverture Le Royaume AssassinéCouverture Le Peuple de l’Air, tome 1 : Le Prince cruel

  • Vampires, Loups-garou, witch…

Couverture L'inconsoléCouverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

  • Carte au début

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamais

  • Graphique

J’ai déjà lu Fangs, mais il faut que je le relise pour le chroniquer, et ce challenge est l’occasion idéale de le faire.

Couverture FangsCouverture Twilight (manga), tome 1 : Fascination, partie 1Couverture Alice au royaume de coeur, tome 1

Couverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 1 : Pretty GuardianCouverture Angel Sanctuary, deluxe, tome 01Couverture Flowers for Seri, tome 1

  • Femme badass

Couverture Kate Daniels, tome 05 : Meurtre magique

  • Auteur.ice ou personnage racisé

Couverture Legendborn

  • LGBTQIA

Couverture These witches don't burn, book 1Couverture Les Chroniques de Ren, tome 1 : Prisonnier

  • Belle couverture

Couverture Les contes inachevés, tome 1 : La vilaine belle-soeur

  • VO Anglais ou traduit de l’anglais.

Couverture Blood and Ash, book 1: From Blood and Ash

  • Favoris d’un.e Booktubeur.euse.

Top Ten Tuesday #203 : 10 auteur(e)s découvert(e)s en 2020

566856438

« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Voici 10 auteurs et autrices découverts en 2020 et dont les livres m’ont marquée et/ou particulièrement plu :

Les plumes drôles et légères :

Couverture Tu fais quoi pour Noël ? Je t'évite !Couverture Ivy Wilde, tome 1 : Quand fainéantise rime avec magieCouverture Je déteste tellement t'aimer !

Les plumes immersives en fantasy 

  • Shelby Mahurin et son excellent Serpent & Dove, Jeanne Bocquenet-Carle avec son roman choral Mille Lions et Federico Saggio avec une série de dark fantasy qui monte en puissance, Sigurd.

Couverture Serpent & Dove, book 1Couverture Mille lionsCouverture Sigurd, tome 1

Les plumes puissantes :

Couverture Vol au-dessus d'un nid de coucouCouverture Se cacher pour l'hiverCouverture Préférer l’hiver

Une plume qui dès son premier roman s’impose dans le paysage français du thriller 

Couverture L’art du meurtre

Et vous, quels sont les auteurs découverts en 2020 qui vous ont particulièrement marqués ?
En avons-nous en commun ?

L’Ouros, tome 1 : Dernières escales, Ornella Salvador

Couverture L'Ouros, tome 1 : Dernières escales

Personne ne sait pourquoi le Melenian vogue seul, le long des côtes d’Assir et Ervas. Massacre ou sauvetage, une mission royale ne se dévoile pas, même au sein de l’équipage.
Jekka, recueillie et élevée à bord, est plongée comme tous dans l’ignorance. Elle sent pourtant que son destin est étroitement lié aux mystères du navire, et à sa soif de liberté s’ajoute le besoin de connaître la vérité.
Une vérité qui les mènera, elle et ceux qui suivent ses traces, au cœur de la guerre. Et peut-être un jour, là où l’inexplicable existe : au-delà même des frontières du monde.

Editions du Saule (16 novembre 2020) – 380 pages – 20,85€

AVIS

Je n’ai nullement le pied marin, mais les aventures maritimes me fascinent. Et de ce côté-là, je dois dire que l’autrice m’a enchantée. Sans nous bercer de détails inutiles et fastidieux, elle nous fait découvrir la vie à bord d’un navire, la promiscuité, les affinités plus ou moins forcées, les méfiances, les corvées, l’organisation au quotidien… Si c’est quelque chose qui, comme moi, vous plaît, alors vous allez adorer vous immerger dans la vie de Jekka, une orpheline de 20 ans qui a passé toute sa vie sur le Melenian, un navire auréolé de mystère. Quand certains pourraient se sentir reconnaissants envers le commandant de les avoir accueillis et traités comme leur propre enfant, Jekka ne voit pas les choses de cette manière.

La jeune fille rêve d’autre chose, de liberté, d’une vie dépourvue de tâches ingrates et répétitives, d’un endroit bien à elle sur la terre ferme. Des rêves qui se heurtent au refus du commandant de la laisser prendre son envol, ce dernier étant bien plus conscient qu’elle de la réalité : rien de bon ne l’attend sur le continent si ce n’est une place dans les bordels ! Mais Jekka, une forte tête, profite un jour d’une opportunité pour prendre le large. Un geste inconsidéré dont elle est loin d’avoir mesuré toute la portée… De mystère en révélation, sa vie va prendre une tournure sombre et dangereuse qui la conduira jusqu’aux portes de l’enfer, à moins que ce ne soit jusqu’à celles d’un autre monde.

Le roman contient une bonne dose de mystère, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Cela commence avec le Melenian, un navire royal dont très peu de personnes connaissent réellement la mission ! Grâce à un carnet découvert par hasard, Jekka en apprendra un peu plus sur les sorties en pleine nuit des militaires habitant le navire, mais ces quelques bribes d’informations susciteront bien plus d’interrogations qu’elles n’apporteront de réponses. J’ai adoré me creuser la tête aux côtés de Jekka pour en apprendre plus sur les secrets du navire, et, plus tard, sur d’étranges pierres noires au pouvoir d’attraction aussi étrange que fascinant… Outil de malheur ou symbole d’espoir et de changement, cela dépendra du camp auquel on appartient, mais ce qui est certain, c’est que ces pierres cristallisent les tensions entre le pouvoir royal et des fanatiques défendant un « grand rêve ».

Comme tous les fanatiques, ceux-ci font froid dans le dos par les moyens qu’ils utilisent pour atteindre leur fin, mais c’est finalement l’hypocrisie froide et le cynisme sans fin de leur dirigeant qui m’a soufflée. On est vraiment dans le schéma du gourou de secte qui défend une idéologie à laquelle il ne croit pas pour manipuler des gens afin de s’enrichir. Un être vil dont le projet insensé va pousser Jekka dans ses retranchements, et l’obliger à prendre une décision quant à son avenir. J’avoue avoir largement préféré la partie sur le navire, mais la vie sur la terre ferme sera l’occasion pour l’autrice de nous dévoiler toute la complexité de son intrigue. Que ce soit sur la terre ou en pleine mer, Jekka ne semble pas être destinée à une vie paisible…

Si je me suis passionnée pour la vie mouvementée de Jekka et le mystère entourant ses origines, sa personnalité m’a, en revanche, laissée plus mitigée. Blessante sans même s’en apercevoir, la jeune femme m’a ainsi parfois gênée par ses manières brutales, son manque d’empathie et de reconnaissance, et son absence flagrante de tact. Mais au fil du roman, on s’attache à son côté brut de décoffrage et l’on apprécie son courage ainsi que sa force de caractère. Elle ne recule ni devant les obstacles ni devant des révélations qui font pourtant vaciller son monde, autant au sens propre que figuré. Sans devenir une grande sensible, les épreuves traversées dans ce premier tome la rendront un peu plus consciente de son entourage, et du fait que ses actions ont des conséquences, parfois désastreuses, sur les autres.

Sa meilleure amie se montrera, quant à elle, bien plus sympathique et dévouée, consentant à un grand sacrifice pour épauler Jekka qui l’a pourtant abandonnée sans se retourner… Bien moins aventurière que Jekka, elle nous surprendra néanmoins par sa capacité à s’adapter à une vie pour laquelle elle n’était pas taillée et qu’elle n’a, surtout, jamais demandée. Un autre personnage, Norh, attire également l’attention d’autant que plane sur lui un certain mystère, à commencer par son surprenant enrôlement à bord du Melenian. Son rôle n’est pas développé outre mesure pour le moment, mais on perçoit en lui un certain potentiel et la capacité à tenir la dragée haute à Jekka, chose dont elle semble avoir fort besoin. Pour ma part, j’ai hâte d’en apprendre plus sur lui et espère le voir gagner en profondeur dans la suite de l’aventure.

Je n’évoquerai pas tous les personnages, mais je tenais à souligner le travail réalisé par l’autrice qui a trouvé un réel équilibre entre les personnalités de chacun. Jekka prend un peu plus de place que les autres, mais tout le monde a un rôle à jouer et compte bien le faire parce que dans cet univers, les compromis ne sont pas permis ! On appréciera également le fait que l’autrice ne tombe jamais dans le manichéisme, préférant opter pour des protagonistes complexes et nuancés, et donc très humains. J’ai d’ailleurs encore des doutes sur l’un des personnages, n’arrivant pas à déterminer si c’est un homme altruiste, mais maladroit, ou un fieffé menteur manipulateur…

Quant à la plume de l’autrice, elle a fonctionné à merveille sur moi. Des phrases imagées, parfois poétiques, mais qui coulent de source, un vocabulaire précis, une fluidité fort appréciable dans la narration… Le livre a été travaillé, et ça se sent ! Si on ajoute à cela, un enchevêtrement constant d’actions, de découvertes et de révélations, on obtient un roman qu’il est fort agréable de parcourir.

Le seul petit bémol que j’apporterai est que la couverture ne met nullement en valeur la qualité de cet ouvrage. Sa sobriété et le peu d’expressivité de l’image d’illustration n’auraient jamais attiré mon attention en librairie… C’est un détail, certes futile, mais qui peut vite faire la différence.

En conclusion, des personnages forts, mais jamais stéréotypés, de l’action, du suspense, du mystère… tout autant d’éléments qui viendront combler les lecteurs en quête d’une aventure, entre terre et mer, sur laquelle plane une terrible et fascinante aura de danger. À l’issue de ce premier tome, des questions restent en suspens, mais une certitude s’impose à nous, Jekka et ses alliés vont devoir trouver leur propre vérité et s’imposer dans un monde qui menace de vaciller. Mais finalement, cela importe-t-il vraiment ou le futur se trouve ailleurs ?

Je remercie les Éditions du Saule de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.