Top Ten Tuesday #233 : vos 10 couples préférés dans les romans

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour le thème de la semaine, vos 10 couples préférés dans les romans, j’ai pioché principalement dans mes lectures d’urban fantasy et dans mes romances enemies to lovers préférées… Mais vous trouverez aussi un classique, de la fantasy et de l’historique.

  • Darcy et Elizabeth dans Orgueil et préjugés : c’est pour moi LE couple !
  • Ophélie et Thorn dans La Passe-Miroir : il m’aura fallu du temps pour apprécier les personnages en tant que couple mais je les trouve tous les deux très touchants.
  • Kate et Curran dans la série Kate Daniels.
  • Poppy et Hawke dans From Blood ans Ash.
  • Charlie et Blade dans Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! : probablement le couple le plus électrique !
  • Macon Saint et Delilah dans Dear Enemy : encore un couple qui se déteste avant de s’aimer.
  • Cath et Bones dans la série Chasseuse de la nuit : ce couple a longtemps été mon préféré en urban fantasy/bit-lit.
  • Bane et Dorian dans la série française Bane Seed.
  • Olive et Ethan dans L’anti-lune de miel.
  • Solange et Childéric dans Je n’aimerai plus.

vos 10 couples préférés dans les romans

Et vous, quels sont vos couples littéraires préférés ?

 

 

Sous le regard de Laria (tome 1), Chloé Garcia

Couverture Sous le regard de Laria

Le royaume de Linaria a toujours vécu en paix, sous la bienveillance de la déesse Laria. Le couronnement d’Ystar, fils du Tiane, représentant divin de la déesse, approche. Tous se préparent et entament le long chemin pour célébrer cet événement.
De son côté, sa sœur Via a d’autres soucis en tête. De terribles cauchemars l’assaillent et de puissants pouvoirs se développent en elle. Serait-elle une anomalie ? Ou pire, un monstre ?
À l’est, l’Elfe Lildrille, au sang maudit à la naissance, est interdit d’assister à la cérémonie. Il ne pourra passer du temps avec Via, qu’il aime secrètement. Alors qu’il fuit pour la rejoindre, une guerre familiale intestine fait échouer tous ses plans et le transforme en criminel.
Plus au sud, indisposée par une jambe cassée, la reine Cassiopée se terre dans son antre. Une terrible tragédie remet en cause son amour pour la déesse, alors qu’un attentat meurtrier avorte la cérémonie de couronnement.
La paix en Linaria survivra-t-elle ?

AVIS

Ayant beaucoup apprécié son recueil de nouvelles Un grain de magie, j’étais curieuse de retrouver la plume de Chloé Garcia, cette fois-ci dans un roman, Sous le regard de Laria. Ici, la plume de l’autrice se veut plus incisive et âpre à l’image du royaume de Linaria, qui traverse une période trouble au grand dam du Tiane, le représentant de la déesse Laria et la personne régnant sur les huit régences du royaume. Il semblerait que le futur couronnement d’Ystar, son fils, ne fasse pas l’unanimité, le jeune homme n’étant pas reconnu pour ses qualités de politicien, son intelligence ou son sens de la mesure. Quant au Tiane, il craint un fils dont les pouvoirs sont nombreux et puissants…

Au fil des pages, on réalise néanmoins que le couronnement d’Ystar n’est que l’élément qui permet de mettre en lumière des tensions sous-jacentes entre les différents peuples constituant le royaume. Officiellement, humains, Elfes, Grèdes, Nains… vivent tous en paix, unis par le même amour pour la déesse Laria. Officieusement, la situation est bien différente, les rivalités, le racisme, l’esprit belliqueux et/ou l’envie de pouvoir de certains venant fragiliser et menacer l’harmonie du royaume. Difficile dans ces conditions d’assurer la paix comme va le découvrir le Tiane, qui doit gérer les dissensions entre les régents, la remise en question de son pouvoir, des fanatiques, un attentat meurtrier et même un enlèvement….

Malgré ses responsabilités, le Tiane n’est pas au centre de ce roman polyphonique qui nous offre une galerie de personnages variés et absolument fascinants ! Je ne suis pas certaine d’avoir déjà suivi des personnages aussi ambivalents qui exercent une telle emprise sur les lecteurs. Entre révulsion, attraction, mépris, sympathie, empathie, incompréhension… nos émotions et notre cœur sont mis à rude épreuve. Les personnages pour lesquels on développe un certain attachement sont parfois capables de nous décevoir ou de commettre des choses contestables, alors que des personnages antipathiques de prime abord révèlent parfois une sensibilité à fleur de peau qui émeut plus qu’elle ne le devrait au regard de leurs actes. Bien que certains personnages soient du bon côté, du moins par rapport aux valeurs morales de notre société, impossible, dans ce roman, de définir une ligne nette et claire entre le bien et le mal, entre les méchants et les gentils. Une absence de manichéisme qui m’a beaucoup plu et parfois déstabilisée, dans le bon sens du terme.

Je me suis ainsi surprise à être fascinée et révulsée à la fois par une relation étrange et malsaine, empreinte d’amour, de haine, d’attraction et de répulsion. Une relation qui met à nu des personnes complexes : l’une en quête de pouvoir et de reconnaissance, quitte à y perdre toute chance d’être aimée pour ce qu’elle est ; l’autre en quête d’un amour total et symbiotique, quitte à se diluer dans une relation asymétrique et un jeu de domination, dont malgré toute sa puissance, elle ne pourra jamais sortir indemne…

Des liens beaucoup plus doux m’ont également plu, ceux entre la fille cadette du Tiane, Via, et sa suivante Nandra, qui joue tour à tour le rôle de garde du corps, de confidente, d’amie, voire de mère, la mère de Via ayant été assassinée en raison de sa supposée trahison. De par sa discrétion, son ouverture d’esprit, sa soif d’apprendre, son amour des livres, sa curiosité et sa gentillesse, Via est un personnage intéressant et touchant que l’on prend plaisir à suivre, d’autant qu’elle se démarque nettement de son frère, être arrogant par nature, et de sa sœur, une pimbêche superficielle. Mais j’avoue avoir développé un attachement particulier envers Nandra qui fera de son mieux pour prendre soin de sa protégée et l’aider à surmonter les cauchemars qui hantent ses nuits et l’épuisent. La suivante n’est pas parfaite et commettra des erreurs, certaines guidées par une foi aveugle et non dénuée de superstition, mais elle est sincère et agit toujours en son âme et conscience, ce qui est loin d’être le cas de tout le monde. 

En plus d’avoir su proposer et développer des personnages complexes et nuancés, l’autrice dote certains d’entre eux d’une aura de mystère que ce soit Via et ses étranges cauchemars dont on aimerait découvrir la provenance et la signification, un mage apparu presque comme par magie, un elf habité par des voix goguenardes dont l’influence n’est pas anodine, une reine manipulatrice à l’ambition bien affirmée, une reine morte dont on aimerait percer les secrets, une autre qui se réveille d’un coma prête à se lancer dans la bataille, du moins en coulisse… Ainsi, le mystère est bien présent tout comme l’influence des femmes qui semblent ici puissantes, que ce soit au niveau de la transmission ou de l’exercice du pouvoir. Mon seul regret serait que les reines de ce royaume semblent avoir toutes sacrifié, du moins en partie, leur vie de famille et leurs liens avec leurs enfants au profit de leurs responsabilités. Mais cela serait hypocrite de leur reprocher alors que cette défaillance parentale est largement admise quand il s’agit de dirigeants masculins. Quoi qu’il en soit, j’ai apprécié de trouver dans ce roman des figures de femmes fortes, intelligentes et déterminées, dotées d’un sens politique aiguisé.

Au-delà des personnages, le roman peut s’appuyer sur un univers riche, précis et complexe travaillé avec soin et méticulosité, ce qui facilite le sentiment d’immersion et le plaisir que l’on prend à s’approprier un environnement unique et fascinant, qui ne semble pas dénué d’aspérités. La découverte de l’univers passe aussi par celle d’un système de magie, peut-être un peu flou au début du roman, mais qui se dévoile progressivement à nous, dans ses bons comme ses mauvais côtés. Pour ma part, j’ai apprécié, entre autres, cette idée de flux magiques et de magie liée directement à la planète, poussant certains à rechercher un équilibre et une utilisation modérée et réfléchie de la magie. Une préoccupation qui ne sera pas sans rappeler le souci d’écologie de notre propre réalité. Le modèle magique développé par l’autrice se révèle également intéressant par la manière dont il reproduit les inégalités sociales de tout système humain et favorise les classes sociales les plus aisées. Ainsi, quand Nandra doit se cantonner aux sortilèges de base, Ystar a bien plus de liberté et de pouvoir. Pratique pour aider les plus puissants et les plus riches à garder la mainmise sur les moins nantis…

La dimension religieuse est également présente sans être écrasante, le royaume étant organisé selon la doctrine de la déesse Laria, supposée déesse de l’amour et de la paix. Néanmoins, entre les fanatiques et ceux se défiant de son culte, il semblerait que la déesse ait plus tendance à diviser qu’à unir. J’ai trouvé cette déesse, qui semble étrangement silencieuse en cette période troublée, bien ambigüe et pas forcément très en accord avec la vision de bienveillance qu’on lui associe… À moins qu’imposer sa propre vision du monde puisse être considéré comme bienveillant ! Dans tous les cas, cette figure religieuse soulève des questions intéressantes quant à la foi, ses dérives et ce que certain(e)s sont prêt(e)s à faire pour défendre leurs croyances.

En conclusion, entre un univers riche et varié que l’on prend plaisir à s’approprier, une situation politique désastreuse, des luttes entre des peuples supposés en paix, des complots, les manipulations des uns et les mensonges des autres, des personnages à la psychologie aussi tortueuse que finement travaillée, sans oublier un système de magie fascinant et hautement contrôlé, les lecteurs ne devraient pas voir le temps passer ni les pages défiler. Un roman à conseiller aux amateurs de fantasy ou aux personnes souhaitant s’initier au genre à travers une histoire riche et complexe, mais facile d’accès.

Je remercie Chloé Garcia de m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

 

Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr, Denis Labbé

Couverture Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr

Aux portes de Llyr, en paix depuis quatre siècles, une sombre menace gronde. Les forces de l’Autre Royaume s’amassent pour récupérer leurs territoires. Elles vont trouver sur leur route, Wolveric, un jeune soldat dont la mort ne veut pas. Flanqué d’un gigantesque Phooka qui l’a pris sous son aile, il deviendra l’instrument du destin.
Dans cette quête initiatique, il découvrira un monde d’une incroyable richesse, des êtres terrifiants chantés par les légendes et il se rendra compte que l’univers est bien plus complexe qu’il ne le pensait.

AVIS

Vous dire que je n’ai pas été d’emblée attirée par la couverture ne serait pas très crédible, mais c’est quand même bien le résumé qui m’a donné envie de me plonger dans ce roman de fantasy qui m’a permis de passer un bon et mouvementé moment de lecture.

Après une période de relative paix où les créatures de l’Autre Royaume se contentaient de hanter les légendes, contes et cauchemars, il semblerait qu’elles soient bien décidées à entrer en guerre contre l’Empire ! C’est dans ce contexte difficile qu’une mission de la plus haute importance pour l’avenir de l’Empire va être confiée à un duo inattendu : Wolveric, un jeune guerrier qui rêve de mourir, et le Tors, un Phooka qui a rejoint les rangs des humains. Si d’autres personnages vont intervenir durant cette aventure plutôt épique, j’avoue avoir été plus particulièrement intéressée par les péripéties traversées par ces deux personnages très différents l’un de l’autre, mais parfaitement complémentaires. Ils dégagent, en outre, chacun à leur manière, une certaine aura de mystère.

Wolveric parce qu’il est conscient de choses qu’un humain lambda ne remarquerait pas, et parce qu’il a noué bien malgré lui une relation particulière, entre défiance et respect, avec la Mort elle-même ! Une Mort personnifiée sous les traits d’un scribe, qui refuse d’accorder cette mort à laquelle le jeune guerrier aspire de toute son âme depuis la mort des siens. Mais rien d’étonnant à ce refus : plus on tourne les pages, plus on a le sentiment que ce jeune homme au destin contrarié possède quelque chose de spécial en lui, une différence qui semble attirer les problèmes et différentes créatures plus ou moins sympathiques. Quant à le Tors, il se plaît à entretenir un certain mystère sur sa personne et son passé, jusqu’à cacher son vrai nom. Au fil des péripéties et des révélations, les raisons d’un tel comportement quelque peu énigmatique se dévoilent heureusement à nous…

En plus du duo, j’ai beaucoup apprécié un Gobelin, un trublion qui apporte un peu de légèreté à une intrigue marquée par les attaques, les trahisons, les mensonges et les complots. Moi qui apprécie les complots, je me suis d’ailleurs régalée, rien n’étant ce qu’il paraît être dans ce roman où le danger se fait de plus en plus pesant et pernicieux, la politique se pare de ses plus noirs atouts, et la cupidité noircit les âmes. Ainsi, quand certains travaillent en secret pour accroître leurs richesses, quitte à trahir les leurs et à souscrire à de terribles alliances, un être malfaisant œuvre dans l’ombre pour asseoir son pouvoir et redessiner les frontières de l’Empire, mais également de l’Autre Royaume.

Les enjeux de ce premier tome se révèlent donc bien plus importants que ce que le début du roman laisse présager, un point qui rend d’ailleurs la lecture passionnante. Les scènes d’action, toujours savamment orchestrées sans jamais s’éterniser, insufflent également un certain dynamisme au récit. Et puis, même quand il n’y a pas d’action à proprement parler, les lecteurs, comme les personnages, n’ont d’autre choix que de rester sur le qui-vive afin d’anticiper la prochaine menace et sa nature. Si les dangers sont multiples et variés, l’auteur évite pourtant l’écueil du manichéisme.

Ainsi, contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, il ne s’agit pas ici des victimes contre les attaquants, de l’Empire contre l’Autre Royaume, mais d’humains et de Sidhes manipulés pour mener une guerre. Les « gentils » et les « méchants » appartiennent aussi bien à un camp qu’à un autre, d’autant que les frontières entre les deux sont bien plus perméables qu’il n’y paraît. Alors on ne s’étonnera pas de voir travailler main dans la main un humain avec un Phooka et un Gobelin, afin non pas de faire triompher un camp sur un autre, mais tenter d’éloigner une guerre dont les tenants et les aboutissants nous semblent bien opaques. Il faut dire que les trahisons sont légion et qu’un être particulièrement retors semble à lui tout seul représenter le plus grand des dangers. D’ailleurs, son ombre planera sur une bonne partie du roman, s’insinuant dans l’esprit de chaque lecteur.

Au-delà des multiples complots et mensonges qui brouillent les cartes et apportent une dynamique intéressante, le roman peut s’appuyer sur un bestiaire divers et varié. Nous rencontrons ainsi tout un tas de créatures, certaines effrayantes, d’autres accueillantes, voire adorables comme les Verdiers, des créatures volantes de petite taille. Pour ma part, j’ai apprécié que l’auteur nous transporte dans un Autre Royaume pluriel qui tranche avec l’image réduite que les habitants de l’Empire en ont. Un Autre Royaume qui réservera également quelques surprises à Wolveric qui en découvrira les différentes strates… Sans entrer dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte, celle de Songerêve m’a fascinée tout comme cette idée que des Sidhe puissent naître de songes !

En conclusion, d’une plume fluide et immersive, l’auteur nous immerge dans un univers au bord d’une guerre qui risque fort bien de redessiner les frontières entre l’Empire et l’Autre Royaume. Mais comme un jeune homme, qui se rêvait barde mais qui deviendra un féroce guerrier, le découvrira, la vraie guerre ne se joue pas forcément sur les champs de bataille… Entre une ombre menaçante et écrasante dont la présence se cache derrière bien des événements, une aura puissante de mystère, des mensonges, des trahisons, des complots, et une bonne dose de manipulation, Le dit de Wolveric nous offre une aventure de fantasy épique et rythmée qui poussera les héros et les lecteurs dans leurs retranchements !

Je remercie les éditions Rebelle de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles, B.B. Alston

 

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles - kit presse

Amari Peters sait trois choses :
1. Son frère Quinton a disparu.
2. Personne ne semble s’en inquiéter.
3. La disparition de Quinton est liée à son travail.

Quand elle trouve dans le placard de son frère une invitation à se rendre au mystérieux Bureau des affaires surnaturelles, Amari n’hésite pas. Et voilà qu’elle est reçue par un ascenseur parlant et rencontre une dragon-garou qui devine ses émotions !
Dans l’espoir de retrouver Quinton, Amari accepte de travailler pour le Bureau, dont la mission est de réguler le monde surnaturel. Elle fait alors une découverte qui va bouleverser sa vie. Son frère était un célèbre agent chargé de traquer les magiciens, considérés comme les ennemis du Bureau. Désormais, c’est à la jeune fille de prendre la relève.

Bayard Jeunesse (22 septembre 2021) – 15,90€ – 528 pages
Traduction : Sidonie Van Den Dries

AVIS

Amari et le Bureau des affaires surnaturelles est le genre de livre écrit pour les enfants qui plaira également aux adolescents et aux adultes, par son originalité, ses thématiques sous-jacentes, ses petits airs de Men in Black, et sa jeune héroïne courageuse. Une héroïne qui leur rappellera la personne qu’ils ont probablement rêvé d’incarner dans leurs rêves d’enfants les plus fous.

Car avec ce roman, l’auteur s’adresse directement à l’imagination des lecteurs de tout âge, leur offrant une magnifique aventure empreinte d’amitié et d’humour et emplie de créatures diverses et variées. Vous pensiez votre voisine inoffensive, si ce n’est sa tendance à mettre son nez dans vos affaires ? Grave erreur, mes amis, c’est probablement une horrible sorcière au nez crochu, à moins que ce ne soit une fourmi géante à taille humaine ? Ainsi, les apparences sont bien souvent trompeuses comme le découvrira Amari, une jeune fille de 12 ans qui va être propulsée, de manière fort surprenante, dans un monde dont elle n’avait pas conscience de l’existence…

Néanmoins, déterminée à intégrer le Bureau des affaires surnaturelles afin de retrouver son frère Quinton disparu depuis six mois dans le cadre de ses fonctions d’agent du Bureau, Amari ne se laisse pas déstabiliser par ce monde surnaturel qui se dévoile à elle, ni par toutes les révélations sur son frère, qui lui avait caché tout un pan de sa vie. L’adolescente, propulsée dans un monde étrange et excitant à la fois, devra également affronter sa propre nature : elle se croyait banale, elle se découvrira magicienne, ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa formation, les magiciens étant considérés comme de redoutables criminels à éliminer… Déjà victime de racisme et de harcèlement dans son école humaine, en raison de ses origines afro-américaines et de son milieu social, Amari est maintenant confrontée aux préjugés entourant les magiciens. Des préjugés qui rendent son intégration au sein du Bureau des affaires surnaturelles bien difficile, certains se faisant un plaisir de lui nuire, de se moquer d’elle, et de tenter de saboter ses efforts !

Elle pourra heureusement compter sur sa camarade de chambre Elsie, une dragonne-garou, avec laquelle elle nouera une sincère amitié, ainsi que sur Dylan, membre d’une célèbre famille et jumeau d’une véritable pimbêche ! Les trois se lanceront sur la piste de Quinton et de Maria, sœur de Dylan, mais surtout coéquipière de Quinton, les deux formant le très célèbre duo VanQuish. J’ai adoré suivre Amari dans son enquête d’autant que l’on sent à quel point retrouver son frère est important pour elle, les deux ayant toujours été très proches. Quelques révélations, dont l’une que je n’avais pas anticipée, devraient en outre vous surprendre, l’auteur jouant avec brio sur le jeu des apparences et des idées préconçues qui déforment le voile de la vérité…

Entre un puissant, énigmatique et dangereux ennemi, les faux-semblants, les mystères, les secrets, les préjugés et la méchanceté, sans oublier les dangers bien réels avec des attaques violentes de créatures cauchemardesques, les lecteurs et Amari n’ont pas le temps de s’ennuyer ! J’ai d’ailleurs apprécié que l’auteur ne ménage pas sa jeune héroïne, la mettant devant des situations difficiles et la poussant très régulièrement dans ses retranchements. Mais loin de se laisser décourager par les épreuves et cette haine qu’on lui témoigne, Amari nous prouve, page après page, son courage, son intelligence, sa débrouillardise, et son sens aigu de la famille, de l’amitié et de la justice. Elle fait également montre d’une certaine noblesse d’âme en ne cherchant pas à se venger des personnes qui la harcèlent quand ses pouvoirs, dont elle découvre progressivement l’étendue, le lui permettraient…. 

L’auteur a donc réalisé un très beau travail sur son héroïne qui se révèle forte, mais pas infaillible, qui derrière sa pugnacité, connaît parfois des périodes de doute, et qui affronte avec courage les préjugés tout en les surmontant grâce à sa bravoure et à ses actes. Une héroïne inspirante et attachante que l’on voit évoluer au fil de l’aventure et des dangers et qui gagne progressivement confiance en elle. Amari apprend également à se détacher de l’ombre d’un frère protecteur, mais parfois un peu étouffant par sa perfection, pour s’affirmer et prendre toute la mesure de son propre potentiel.

Les pages ont une légère tendance à se tourner toutes seules comme par magie, ce qui s’explique aussi bien par une intrigue menée tambour que par le style particulier de l’auteur. Ainsi, si certains éléments se révèlent assez classiques, B. B. Alston y ajoute sa touche personnelle, un mélange de fantaisie, de sensibilité, d’humour et de positivité, qui donne envie de se plonger corps et âme dans son imaginaire et son univers. Pour ma part, j’ai adoré m’approprier, aux côtés d’Amari, les codes de ce monde surnaturel caché au commun des mortels, arpenter le Bureau des affaires surnaturelles, en découvrir les différents départements, les spécialités de chacun, rencontrer différents personnages, certains franchement antipathiques, d’autres ouverts d’esprit, sympathiques et prêts à évoluer. En plus des humains, les différentes créatures qui peuplent le récit ne manquent pas non plus d’intérêt, même si ce sont les ascenseurs hauts en couleur que l’on rencontre au détour des pages qui ont eu ma préférence. Il faut dire qu’entre la reine des blagues et le roi des snobs pas si snob que cela, l’auteur a veillé à ce qu’on ne regarde plus jamais un ascenseur de la même façon ! 

En résumé, avec Amari et le Bureau des affaires surnaturelles, c’est tout un nouveau monde qui se dévoile à nous ! Un monde de dangers et de possibles, un monde unique, fascinant et merveilleux, laissant entrevoir de riches et mouvementées péripéties pour une jeune héroïne attachante et courageuse, qui offre un beau modèle de résilience aux personnes victimes de harcèlement, de préjugés et de racisme… Touchant, non dénué d’humour, rythmé, et empli de mystères et de créatures en tout genre, voici un roman qui ravira tous les lecteurs friands d’aventure et de surnaturel.


Je remercie Babelio et les éditions Bayard jeunesse pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis. Je remercie d’autant plus la maison d’édition qu’elle m’a fait la surprise d’un très sympathique kit presse comportant une bougie, un badge, un carnet et des lunettes 3D.

 

Le mois de l’imaginaire (octobre 2021) : mes envies de lecture…

Depuis 2017, la littérature de l’imaginaire est mise à l’honneur durant tout le mois d’octobre. Que ce soit en organisant des événements, en y assistant ou tout simplement en s’adonnant au plaisir de lire de la SFFF, tout le monde peut participer.

N’hésitez d’ailleurs pas à consulter le site, suivre la page FB de l’événement, le compte Twitter et/ou Instagram.

Voici un petit tour d’horizon des romans que j’aimerais lire durant ce mois d’octobre : j’ai essayé de varier les genres et les publics visés…

Et je triche un peu parce que je l’ai déjà commencé, mais je compte continuer mon livre audio, le deuxième tome de la série The bargainer de Laura Thalassa.

Couverture The Bargainer, book 2: A Strange Hymn

 

Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?
Participez-vous au mois de l’imaginaire ?

Les chroniques d’Azfaréo (tome 1), Shiki Chitose

Les chroniques d'Azfaréo, tome 1 par Shiki

La rumeur raconte que le royaume d’Azfaréo est protégé par le pouvoir du Dragon Bleu… Mais depuis quelques temps, il ne pleut plus sur les terres, et l’équilibre est menacé. Le pouvoir du dragon serait-il en train de s’affaiblir ? C’est dans ce contexte que Rukul, héritière d’une famille de prêtres, est envoyée pour servir la créature mythique. Cette dernière, en échec familial, trouvera-t-elle sa place auprès du dragon ? Et quels secrets royaux découvrira-t-elle ?

Akata (10 septembre 2020) – 182 pages – 6,99€
Traduction : Sahe Cibot

AVIS

Une jolie couverture avec un dragon bleu, il n’en fallait pas bien plus pour attirer mon attention sur un manga que j’ai trouvé fort sympathique.

Nous faisons la connaissance de Rukul, une jeune fille appartenant à une lignée de prêtres, envoyée à la cour servir le dragon bleu du royaume d’Azfaréo. Une tâche importante puisqu’il est dit que l’état de la créature influe directement sur la météo. Or le pays a désespérément besoin de pluie… Contre toute attente, alors que les autres jeunes filles se sont évanouies devant l’impressionnante créature, Rukul ne montre aucun signe de peur et semble bien déterminée à prendre soin de ce dragon au caractère difficile.

Gaffeuse, naïve, pas très sûre d’elle, mais téméraire, bienveillante, sincère, gentille et pleine de bonne volonté, Rukul se révèle aussi sympathique que touchante et émouvante. Elle n’a pas le talent de sa sœur que tout le monde encense, mais elle possède beaucoup de cœur et fait de son mieux pour s’occuper de Julius. Il est d’ailleurs amusant de voir un personnage aussi délicat physiquement se poser en farouche protecteur d’un dragon caractériel à la taille imposante. Pour ma part, j’ai adoré cette jeune fille d’une grande fraîcheur et ai apprécié la voir, au fil des pages, prendre de plus en plus confiance en elle, même si elle a toujours en elle ce petit complexe d’infériorité dû notamment à un père qui m’a paru assez dur et cassant.

Le duo formé par Rukul et Julius fonctionne à merveille, d’autant que contrairement aux apparences, ce dernier n’est peut-être pas aussi revêche que cela. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié tout l’enjeu autour de son identité, et sa manière de prétendre être agacé et malpoli quand il se révèle surtout pudique quant à ses sentiments. Je l’ai d’ailleurs trouvé assez mignon et plutôt protecteur, bien qu’il ne serait pas probablement ravi que je le mentionne. N’a-t-il pas une image de dragon à préserver après tout ? On découvre, en outre, chez ce dragon une réelle et surprenante volonté de protéger le peuple qui rend le personnage fort sympathique et plus profond qu’il n’y paraît.

Entre l’existence d’une malédiction et la différence de caractère et de nature entre nos deux protagonistes, il y a un côté La Belle et la Bête, syndrome de Stockholm en moins, qui m’a bien plu. À cela, on peut ajouter une dimension politique avec un complot qui apporte une petite tension dramatique intéressante. Le seul point qui m’a un peu moins convaincue est que tout semble arriver trop vite que ce soit au niveau politique ou de la relation entre les personnages, notre apprentie prêtresse faisant tomber rapidement certaines barrières. Cela n’est pas dérangeant en soi, mais ce bémol rend la lecture un peu superficielle pour des lecteurs ou souhaitant un réel travail sur l’univers et l’évolution des sentiments.

Bien qu’effleuré, l’univers semble néanmoins prometteur avec, entre autres, cette idée de lier dragon, météo et prospérité d’un royaume, sans oublier cette aura de secret et de mystère qui hante la cour. Des secrets que Rukul semble bien malgré elle destinée à percer, ce qui ne sera pas aux goûts de tous, mais qui aura au moins le mérite de faciliter sa complicité naissante avec Julius et de promettre quelques péripéties…

En résumé, j’ai passé un très bon et divertissant moment de lecture auprès de deux protagonistes attachants et mignons dont on prend plaisir à suivre la rencontre et l’évolution de la relation. Si vous avez envie d’un manga porté par de superbes illustrations, alliant finesse et expressivité, dans un univers de fantasy intéressant où il est question, entre autres, de dragon et de secret, cette série est faite pour vous. 


En fin de manga, est proposée une petite histoire complètement indépendante et qui, sans être transcendante, reprend un peu ce schéma d’un personnage bougon et d’un autre plus placide. Nous découvrons ainsi une adolescente de caractère, au physique juvénile, qui décide d’apprendre à nager et entraîne, bien malgré lui, un maître-nageur dans son aventure. Les deux se révèlent sympathiques et mignons, d’autant qu’au gré des leçons, ils vont se rapprocher et revoir les idées qu’ils s’étaient fait l’un sur l’autre. Mignonne, cette histoire vaut également pour le message positif qu’il apporte sur la force de la détermination et la capacité à surmonter ses peurs pour atteindre un objectif qui nous tient à cœur… 

Rocaille, Pauline Sidre #PLIB2021

Couverture Rocaille

Gésill est mort, et il le serait resté si les Funestrelles, des bandits de la pire espèce, ne l’avaient pas ramené à la vie pour l’inciter à reprendre le trône. En quête de son assassin et d’un sens à sa non-vie, il devra partir à la recherche du dernier représentant des Magistres, des êtres mythiques autrefois persécutés et exterminés par son aïeul. C’est le début d’un périple qui changera à jamais la Rocaille.

#ISBN9782490700035

AVIS

Rocaille était le roman des cinq sélectionnés du PLIB 2021 qui me tentait le moins malgré une très belle, quoique plutôt effrayante couverture. Si j’ai adoré les premières pages et la plume des plus évocatrices de l’autrice, j’ai fini par ressentir un certain ennui en cours de lecture. La faute principalement à un rythme inégal et à des personnages qui, à l’exception de l’un d’entre eux, m’ont semblé manquer de profondeur, voire parfois de cohérence. J’ai ainsi eu le sentiment de ne pas avoir les informations nécessaires pour m’attacher à eux et comprendre leurs réactions, ce qu’ils ressentent et traversent…

Cela ne m’a néanmoins pas dérangée pour Gésill, un roi ramené d’entre les morts pour reprendre son trône et trouver l’identité de son assassin. On ne peut, en effet, guère attendre d’un homme en décomposition, qui perd ses sens à mesure que l’on tourne les pages, et dont la mémoire est défaillante, d’être cohérent du début à la fin. Certaines de ses réactions sont plutôt déstabilisantes, mais elles ont le mérité de nous prouver que sous sa carcasse qui pue la mort, reste un brin d’humanité. Notre zombie ou mort-vivant, qui n’a plus besoin de dormir ni de se sustenter, reste d’ailleurs capable de ressentir cette violence des sentiments, qui conduit certaines personnes à avoir des réactions disproportionnées et irrationnelles. J’ai toutefois regretté qu’il reste assez en retrait de l’action. Car même s’il a des élans propres à un souverain, même déchu, il est bien souvent traité comme un pantin par les mercenaires qui l’ont ressuscité en échange d’une petite fortune et de la promesse de privilèges.

La plongée dans l’antre de ce repère de brigands et de mercenaires complètement dégénérés fut une expérience intéressante, bien que parfois éprouvante. Si on ne s’appesantit pas dessus, et que seul un personnage semble s’en émouvoir, et encore parce que ça contrarie ses histoires de cœur, attendez-vous d’ailleurs à de l’inceste et à une culture du viol conjugal banalisé. Parmi nos brigands, un homme se révèle néanmoins attachant, bien que son rôle reste minime : un être simple et un peu lent maltraité par les siens, mais doté d’une grande gentillesse et d’une touchante naïveté et spontanéité. Seule sa sœur, Iliane, veille sur lui et tente de le protéger, autant qu’il est possible de le faire dans un monde où la loi du plus fort domine.

Avec Iliane, l’autrice nous propose au départ un personnage fort, une sorte de criminelle badass avec du répondant, qui sait se faire respecter et qui n’hésite pas à sortir le couteau pour se faire comprendre. Malheureusement, au fil du roman, tout ce qui faisait le charme du personnage est abandonné au profit de ses sentiments pour l’un des personnages. Je n’ai pas compris cette évolution peu subtile, avec à la clé des passages qui m’ont fait lever les yeux au ciel, et des scènes décalées par rapport à l’intrigue et à sa dureté. Toutefois, Iliane, de par ce qu’elle vit au sein de son propre groupe, permet d’évoquer les relations toxiques et la difficulté pour les victimes de s’en sortir.

Le développement de la sœur et du frère du roi m’a également laissée sur ma faim, me donnant le sentiment que le roman aurait gagné à être étoffé pour laisser de la place à chacun. C’est assez frustrant de voir à quel point des personnages avec du potentiel sont laissés sur le côté, même si je comprends bien que l’autrice ait dû opérer des choix. Un personnage m’a heureusement semblé bien plus convaincant dans sa construction, son développement et sa complexité : Luèlde. Ce caméléon humain qui a eu autant de prénoms que de vies est supposé être le dernier magistre vivant, un sorcier aux pouvoirs immenses et particulièrement puissants. Des pouvoirs dont il ne connaît pas vraiment l’étendue, et qui ont été pour lui, jusqu’à présent, une source constante de rejet, de convoitise, de violence… Ainsi, on le déteste pour ce qu’il est, mais on l’exploite pour ce qu’il peut faire ! C’est toutefois grâce à sa nature si particulière, dont il doute constamment à la plus grande irritation des lecteurs, ou du moins de la mienne, qu’il croisera la route de notre roi.

Un roi en décomposition puant la charogne associé à un sorcier qui refuse de croire en ses capacités qu’il ne maitrise pas au demeurant, soutenus par une bande de criminels et de coupe-gorge en campagne pour le trône… Que peut-il bien arriver de fâcheux ? Pour le découvrir, il vous faudra lire ce roman, mais je peux néanmoins vous dire que vous pouvez vous attendre à des complots, du sang et à un voyage sur les traces des magistres décimés par un roi qui, en voulant nourrir son peuple, a fini par l’affamer. Pour ma part, j’ai apprécié de découvrir toute la mythologie autour des magistres, leur organisation, leurs pouvoirs, mais également leur terrible chute. Des découvertes qui ne seront pas sans conséquence sur Luèlde et son avenir, le jeune magistre ne pouvant ignorer l’horreur vécue par ses ancêtres ! La présence de fantômes, la manière dont on est parfois plongés dans les souvenirs de personnages décédés, et les voyages entre le monde des vivants et des morts apportent, en outre, un plus indéniable à l’intrigue, et offrent une sorte de parenthèse dans laquelle tout semble pouvoir vaciller…

Mais ce qui fait toute l’originalité et la force de ce roman est son univers stérile, soumis aux caprices d’un climat épouvantable et changeant, faisant porter sur la lignée des Rois verts, seule capable de faire pousser plantes, légumes et fruits, une lourde tâche : nourrir le peuple. Mais trois individus, deux maintenant que le roi Grésill a perdu son pouvoir de floraison, semblent bien insuffisants pour pallier une nature quasi inexistante… J’ai apprécié cette idée d’individus possédant, de par les exactions de leur illustre ancêtre, un lien aussi étroit avec la nature, même si j’aurais peut-être apprécié que ce côté soit un peu plus développé. À l’inverse, l‘autrice fait preuve d’une maîtrise absolue de l’atmosphère rude, aride et brutale de son roman, nous faisant ressentir jusque dans nos os les variations du climat, et ce sentiment de désolation omniprésent. Seul Luèlde arrivera à détecter le potentiel derrière la Rocaille et à se concentrer sur ce qu’il y a et pourrait y avoir, plutôt que sur ce qui fait cruellement défaut…

En conclusion, roman de fantasy à l’univers original et particulièrement soigné, Rocaille fut néanmoins pour moi une lecture en demi-teinte, bien que je lui reconnaisse des qualités indéniables. Ainsi, si les personnages m’ont semblé manquer de profondeur, à l’exception d’un mage dont on prend plaisir à découvrir les capacités, et que l’intrigue n’a pas su me captiver sur la longueur, je ne peux nier avoir été saisie par la plume de l’autrice. Une plume fluide, imagée et immersive qui vous plonge avec brutalité et sans concession au cœur d’une aventure mouvementée, dont il est bien difficile de deviner tous les tenants et aboutissants avant d’en avoir tourné la dernière page.

Je remercie les éditions Projets Sillex d’avoir mis l’ebook du roman à disposition des membres du jury.

 

Top Ten Tuesday #222 : les 10 livres avec lesquels je serais volontiers repartie lors de ma dernière visite en librairie

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


J’ai de nouveau dévié du thème officiel pour vous présenter les 10 livres avec lesquels je serais volontiers repartie lors de ma dernière visite en librairie. Il y a évidemment beaucoup d’autres livres qui ont attiré mon attention et allongé la taille de ma wish list, mais ces livres sont ceux qui, à l’instant T, m’ont le plus donné envie.

Top Ten Tuesday(4)

Et vous, certains de ces titres vous tentent-ils ?
En avez-vous déjà lu certains ?

 

La Ville sans Vent (tome 1), Eleonore Devillepoix #PLIB2021

Couverture La Ville sans Vent, tome 1

À dix-neuf ans, Lastyanax termine sa formation de mage et s’attend à devoir gravir un à un les échelons du pouvoir, quand le mystérieux meurtre de son mentor le propulse au plus haut niveau d’Hyperborée.
Son chemin, semé d’embûches politiques, va croiser celui d‘Arka, une jeune guerrière à peine arrivée en ville et dotée d’un certain talent pour se sortir de situations périlleuses. Ca tombe bien, elle a tendance à les déclencher…
Lui recherche l’assassin de son maître, elle le père qu’elle n’a jamais connu. Lui a un avenir. Elle un passé.
Pour déjouer les complots qui menacent la ville sans vent, ils vont devoir s’apprivoiser.

Hachette Romans (3 juin 2020) – 448 pages – Broché (18€) – Ebook (4,99€)
#ISBN9782017108443

AVIS

Je remercie Les Blablas de Tachan pour cette lecture commune et nos échanges autour d’un roman que nous avons toutes les deux apprécié. 

Une cité-État fascinante mais non dénuée de dangers… témoin de la naissance d’un duo inattendu ! 

En plus d’être absolument splendide, la couverture vous laisse déjà entrevoir l’architecture d’un univers foisonnant construit avec un soin du détail impressionnant. J’ai ainsi été subjuguée, si ce n’est émerveillée par l’imagination et la minutie de l’autrice qui nous plonge dans les rues et les décors si particuliers d’Hyperborée. Une cité-État construite à la verticale, chaque niveau témoignant du niveau de richesse de ses habitants. Si l’idée n’a rien d’original en soi, on ne peut que saluer la manière dont l’autrice se l’est appropriée et l’a développée pour nous en proposer quelque chose d’absolument fascinant et enchanteur.

Une fascination qui pousse les lecteurs à rêver de parcourir, à dos de tortue si possible, cette ville mais pas vraiment à y poser ses valises. Car si Hyperborée est indéniablement majestueuse, la ville est également le symbole d’une politique inégalitaire et profondément injuste : quand le premier niveau se débat dans la fange et est phagocyté par la pègre, le septième niveau, celui des mages, se caractérise par l’aisance et la complaisance devant l’insalubrité et la misère des moins lotis et nantis.

Une situation intolérable, bien que largement tolérée, mais qui pourrait évoluer suite à la nomination du jeune mage Lastyanax au poste de ministre du Nivellement, suite à la mort de son mentor qui occupait jusqu’alors ce poste. Néanmoins, les espoirs du jeune mage vont vite être revus à la baisse, son avis étant loin d’être entendu et écouté et ne suscitant guère l’enthousiasme de ses pairs. Mais c’est surtout une découverte surprenante qui va le déstabiliser et le pousser à mettre les pieds dans un engrenage qui risque fort bien de lui coûter plus que sa carrière. En effet, contrairement à ce qu’il pensait, son mentor n’est pas mort naturellement, mais a été assassiné. Il ne lui en faut pas plus pour se lancer dans une enquête afin de faire toute la lumière sur ce meurtre !

Les débuts des ennuis et de la preuve que son mentor n’était peut-être pas aussi insouciant et indolent qu’il le pensait. En parallèle, il doit assurer le tutorat de son apprentie, Arka, une jeune fille de treize ans dont l’orthographe tend quelque peu à le froisser, mais qui possède bien d’autres talents, du genre de ceux qui vous permettent de rester en vie ! Et quand on habite à Hyperborée, ce n’est clairement pas à négliger. Si j’ai été déçue, dans un premier temps, de la froideur avec laquelle Lastyanax considère son apprentie, je dois avouer que j’ai été convaincue de l’évolution de leur relation que l’autrice a su gérer d’une main de maître.

J’ai, en effet, adoré ce lien quasi fraternel, empreint de pudeur, de défiance et d’affection, qui se développe au fil des pages avec beaucoup de naturel et de réalisme. N’étant pas les personnes les plus expansives et sentimentales qui existent, les deux personnages prendront un certain temps à s’apprivoiser, mais ils finiront par se trouver plus de points communs qu’ils ne le pensaient, dont l’un que je n’avais pas anticipé… Voici donc une relation maître/apprentie qui ne manque pas de saveur et qui prouvera qu’associer un esprit vif et intelligent à la débrouillardise et à un bon instinct de survie, ce n’est jamais une mauvaise idée !

Une histoire complexe et immersive, plus sombre qu’il n’y paraît, qui suscite émotions et interrogations ! 

L’attention portée à l’univers est indéniable, et le rythme qui monte crescendo ne manquera pas de maintenir votre esprit éveillé et en ébullition. Il faut dire que l’intrigue est tout simplement foisonnante que ce soit au niveau des différents personnages que l’on rencontre, des péripéties, des scènes d’action, des secrets, des différents mystères qui apportent tension et suspense... Pour ma part, j’ai adoré les nombreuses questions qui me sont venues à l’esprit tout au long de ma lecture, notamment sur les capacités hors norme d’Arka, la personne qui semble veiller sur elle en secret et ses motivations, les jeux de pouvoir pour s’emparer d’Hyperborée (dirigée par un souverain obsédé par d’anciennes ennemies et pas vraiment conscient du véritable danger), l’identité du meurtrier du mentor de Lastyanax et celle du père d’Arka… Intuitivement, des connexions s’établissent, des hypothèses se dégagent, mais il reste tellement de zones d’ombre que l’on finit par se laisser porter par les événements, en espérant simplement que notre cœur et les personnages n’y laissent pas (trop) de plumes.

Car loin d’être une gentillette histoire, La ville sans Vent, c’est avant tout un roman dans lequel différents fils s’entremêlent pour tisser une toile complexe dont il est bien difficile d’appréhender tous les enjeux. Si vous aimez les histoires de famille compliquées, de complot, de politique, de campagne de haine pour détourner l’attention des habitants des vrais enjeux et ennemis, et vous perdre dans les faux-semblants et les secrets, vous allez adorer votre lecture. En ce qui me concerne, j’ai vécu à 100% chaque chapitre, chaque révélation, chaque doute, chaque blessure, l’autrice ayant un talent certain pour nous embarquer émotionnellement dans son récit.

Je me suis laissé parfois surprendre, j’ai souvent été bluffée par l’imaginaire de l’autrice, j’ai eu quelques bouffées d’angoisse devant des scènes où nos héros sont clairement en mauvaise position, j’ai été révoltée par certaines actions et complètement soufflée, même si dégoûtée serait plus juste, par le plan machiavélique d’un être qui se révèle fin stratège. Ses actions sont glauques à souhait, mais force est de reconnaître leur implacabilité et la manière dont elles permettent de se jouer du destin tout en se basant sur ce dernier. Il y a du génie, assurément. Dommage pour nos protagonistes qu’il soit utilisé contre eux !

Un duo parfaitement complémentaire, mais des personnages secondaires manquant de profondeur…

Mais rassurez-vous, Lastyanax et Arka ont de la ressource et nous prouveront leur complémentarité. J’ai fini par m’attacher au jeune mage qui se révèle plus nuancé qu’au premier abord, peut-être en raison du décalage entre son milieu d’origine très modeste, et celui bien plus huppé auquel il a accédé grâce à sa formation de mage et son poste de ministre. On sent qu’il veut bien faire, mais il emploie des moyens parfois contestables, et se laisse trop facilement détourner. Imparfait, mais intelligent, travailleur et doté d’une certaine fragilité, il a touché une corde sensible en moi.

Étrangement, alors que j’ai trouvé Arka très courageuse et ai adoré son impertinence et sa tendance à foncer tête baissée, je n’ai pas réussi à m’attacher à cette dernière, l’autrice ne partageant pas vraiment ses émotions. La jeune fille n’en demeure pas moins touchante dans la naïveté avec laquelle elle se lance à la recherche de son père, seul et unique vestige d’une famille idéalisée qui n’a jamais vraiment existé. Ce personnage est pour moi celui qui soulève le plus de questions que ce soit directement ou indirectement, et par conséquent, celui qui apporte le plus de tension, de mystère et de suspense à l’intrigue. On sent qu’il y tout un enjeu autour de sa personne, mais il faudra attendre la dernière partie du roman pour en saisir la teneur. Attendez-vous d’ailleurs à être surpris et à plus d’un titre ! L’autrice a frappé fort avec ce personnage qui va devoir affronter des vérités inattendues et plutôt perturbantes. Heureusement pour elle, elle a l’esprit combatif et peut compter sur ses nombreux talents.

Nous suivons plus particulièrement le mage et son apprentie forte tête et aimant à problèmes, mais le panel de personnages est assez varié. Toutefois, j’ai trouvé qu’on restait très en surface de la psychologie des personnages secondaires. Cela ne m’a pas dérangée outre mesure, l’univers étant d’une telle richesse et complexité qu’il contrebalance ce point, mais j’ai été frustrée par la manière dont est gâché le potentiel d’une mage, Pyrrha. Ce personnage permet à l’autrice d’aborder l’inégalité entre les sexes dans une cité où celles-ci sont cantonnées à un rôle traditionnel et subalterne. Mais là où Pyrrha aurait pu aider à faire avancer les choses, elle se contente d’être désagréable, geignarde, égoïste et versatile… Dommage donc que la cause féminine doucement ébauchée soit sacrifiée en cours d’intrigue sans que l’on ne sache vraiment pourquoi. On notera également des tentatives avortées et peu convaincantes de sentiments amoureux…

En résumé, ce premier tome déploie sous nos yeux un univers incroyable, complexe et d’une grande richesse, mis en valeur par la plume immersive, fluide et rythmée d’une autrice dont je salue l’imaginaire foisonnant. On prend ainsi un plaisir certain à découvrir, au fil des pages et des rebondissements, les dessous et les dangers pernicieux qui menacent une cité peut-être pas aussi bien protégée qu’elle ne le pensait. Entre mensonges d’État, faux-semblants, manipulation, magie, malédiction, secrets de famille, amitié et enquête, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Lire l’avis des Blablas de Tachan

Cycle du Kimet, tome 1 : L’Ordre du Faucon, Sébastien Morgan

Couverture Cycle du Kimet, tome 1 : L'Ordre du Faucon

Un récit « Dark Fantasy » dans une Egypte fantastique

Le royaume du Kimet sombre de plus en plus dans le chaos, alors que les Hyksos se sont unifiés et fondent sur la civilisation. Adorateurs d’un Dieu jaloux et cruel, ces nomades ne reculent devant rien pour supplanter la civilisation kimetienne.

A quelques heures de Thèbes, au cœur d’une oasis luxuriante, Yvannia, Grande Prêtresse de Bastet dirige la Maison des Plaisirs. Ce temple de la prostitution sacrée, accueille les nobles, hommes ou femmes, en quête de sensations fortes.

En y assurant la sécurité, Kynya, la mercenaire nubienne, avait décidé de terminer sa vie dans la luxure et l’intrigue. Pourtant le destin en décidera autrement et la belle au corps d’ébène sera obligée de reprendre sa lame pour affronter les horreurs vomies par le désert. Va-t-elle réussir à percer les mystères de l’Ordre du Faucon, cet ordre de mage dont l’ultime message pourrait décider du destin du royaume ?

AVIS

Je remercie Lire à la folie pour cette nouvelle lecture commune et nos multiples échanges autour des personnages et de l’histoire. Des échanges qui ont rendu cette lecture encore plus passionnante.

Quand l’auteur m’a proposé ce roman, j’ai un peu hésité parce que le résumé mentionne une Maison des Plaisirs et que je craignais que le roman flirte un peu trop avec l’érotisme à mon goût. Mais au fil de ma lecture, j’ai réalisé que mes craintes étaient infondées, car mis à part deux ou trois scènes, on est plus sur des allusions et des regards que des moments érotiques purs. L’auteur offre, en outre, une véritable exaltation des sens quand d’autres se contentent d’une litanie de vulgarités. Mais cela n’a rien d’étonnant, la Maison des Plaisirs n’étant pas un lieu de débauche, mais un temple dans lequel les prostituées sont des prêtresses respectées, écoutées et admirées, dont le rôle dépasse de loin le seul assouvissement du plaisir charnel. D’ailleurs, à l’heure où le royaume du Kimet est menacé par une horde de nomades, ce sont leurs talents de guérisseuses qui sont sollicités.

Il faut dire que l’auteur nous plonge en plein conflit entre deux forces, l’une vive, dangereuse et pernicieuse, et l’autre presque endormie par des années de prospérité. Alors que jusqu’à présent les Hyksos se contentaient d’exactions limitées, les voilà réunis sous la bannière d’un même chef, un chef bien décidé à imposer la foi d’un dieu unique cruel qui veut asservir et détruire la civilisation Kimet. Bien que cette idée d’un polythéisme menacé par l’arrivée d’une religion monothéiste soit classique, puisque de toute manière issue de notre propre histoire, j’ai apprécié la manière dont l’auteur l’amène, d’autant que l’influence de notre Dieu Scorpion est bien palpable. En tant que lecteur, on ressent donc pleinement cette menace de l’obscurantisme qui plane sur le royaume du Kimet, quand sa noblesse reste sourde à la réalité préférant profiter des plaisirs de la vie.

Mais d’autres personnes, comme Souti, n’ont guère ce luxe. Dernier survivant de l’Ordre des Faucons, un ordre religieux décimé par les nomades, il est choisi pour mener à bien une mission de la plus haute importance : remettre un petit cylindre à Pharaon. Il n’en connaît pas le contenu, mais il fera tout pour être à la hauteur de la foi qu’on a placée en lui et du sacrifice des siens pour sauver le royaume du Kimet. Bien que j’ai hâte d’en apprendre plus sur ce personnage, j’ai admiré sa foi, sa ténacité et son courage devant l’adversité et les épreuves.

En parallèle de Souti, nous suivons d’autres personnages tous plus ou moins liés par les fils du destin. Parmi ceux-ci, j’ai particulièrement apprécié Kynya, une ex-mercenaire nubienne assurant la sécurité de la Maison des plaisirs dirigée par Yvannia, Grande Prêtresse de Bastet. Mais les événements vont la contraindre à reprendre la lame, ce qui ne sera pas pour lui déplaire. Car si elle répugne dorénavant à semer la mort autour d’elle, elle nourrit, en revanche, une certaine ambition et espère bien, en assurant sa mission, placer ses premiers pions sur l’échiquier du pouvoir. Ce personnage présente l’avantage de prouver qu’on peut être une femme, être forte, être courageuse, tout en étant sympathique ET ambitieuse. Kynya brise donc tous les clichés autour des femmes ambitieuses bien souvent présentées sous un jour défavorable, si ce n’est comme de véritables garces. Et rien que pour ça, je dis un grand merci à l’auteur, d’autant qu’en plus d’être forte physiquement et psychiquement, elle est également dotée d’une bonne dose de lucidité sur les limites du royaume du Kimet. Après tout, aucun pays n’est parfait…

Si Kynya est très vite devenue mon personnage préféré, j’ai aussi apprécié la Grande Prêtresse, bien que j’aie le sentiment qu’il nous faudra attendre le deuxième tome pour que son rôle prenne de l’ampleur. En effet, le roman étant relativement court, l’auteur n’a pas pu forcément creuser chaque personnage, ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier leur variété, leurs forces et faiblesses, ainsi que leur construction. J’ai, en outre, été agréablement surprise par Pharaon qui s’est révélé plus profond que je ne le pensais. Loin du dirigeant faible et alangui par une vie de nanti que je pensais, on le découvre bien conscient des dangers à sa porte et de sa relative impuissance. Et je dis relative, car le souverain peut compter sur sa magie, mais aussi des soutiens qu’ils soient anciens ou nouveaux.

Tous les personnages ne sont néanmoins pas sympathiques ou des modèles de bravoure, l’un d’entre eux n’hésitant pas à trahir, trahir son peuple, trahir son père, trahir toute une civilisation. Alors qu’on aurait pu craindre le cliché du parfait méchant, celui du genre à agir sans même savoir pourquoi, notre homme sait pourquoi il agit. Pour l’avènement d’un jour nouveau où le Dieu qui l’a choisi et qu’il a choisi régnera sur le royaume du Kimet. Et ce jour-là, il est bien décidé à être à ses côtés et à s’imposer. Ce personnage, antipathique comme vous vous en doutez, m’a pourtant plu, car en plus d’être machiavélique, il m’a paru dépassé par les événements. On sent qu’il s’est lancé dans quelque chose dont il n’a pas mesuré toute l’étendue. Il y a même chez lui une certaine naïveté à croire qu’il peut jouer avec des forces surnaturelles sans finir par en payer les conséquences. D’ailleurs, est-ce lui qui joue avec des forces supérieures ou ce sont ces mêmes forces supérieures qui se jouent de lui ?

Pour le découvrir, il ne vous reste qu’à vous laisser tenter par ce premier tome qui pourra frustrer les amateurs de romans de fantasy classique, car s’il est passionnant et sans temps mort, on peut avoir le sentiment de ne pas entrer dans le fond des choses. Ainsi, j’aurais aimé en apprendre plus sur certains personnages ou sur tout ce qui touche à la magie. Mais cela ne nuit aucunement au plaisir que l’on prend à se plonger dans cet univers sombre dans lequel personne n’est à l’abri d’un véritable massacre. Attendez-vous d’ailleurs à quelques scènes dures où des membres sont tranchés et toute notion de pitié oubliée. Mais fidèle à lui-même, Sébastien Morgan ne tombe jamais dans le sensationnalisme ou le gore pour le gore, chaque scène d’action étant millimétrée et pensée pour s’insérer dans une trame d’ensemble, et nous démontrer avec force la bestialité d’ennemis bien décidés à écraser ceux qui se mettent sur leur chemin. Le roman se pare également d’une bonne dose de trahison, chaque peuple, même ouvert d’esprit, pouvant contenir des brebis galeuses prêtes à céder à l’appel d’idéaux bien moins nobles que ceux défendus par leur dirigeant.

En conclusion, L’Ordre du Faucon est un premier tome qui pose les bases d’un univers de fantasy sombre dans lequel une horde de nomades cruels et sanguinaires menace la pérennité du royaume du Kimet, en plus d’imposer par la force la foi en un Dieu unique et malveillant. Entre des personnages très différents, mais complémentaires, l’action omniprésente, les complots et les trahisons, vous devriez apprécier de vous laisser porter par l’imaginaire luxuriant d’un auteur qui allie avec talent concision, précision et sens de l’immersion !

Je vous invite à découvrir l’avis de Lire à la folie.