Throwback Thursday Livresque #102 : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au delà, anges et créatures…

Print

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.


Thème de la semaine : Fantasy, fantastique, magie, SF, irréel, incroyable, miracle, au delà, anges et créatures…

Aimant beaucoup la littérature de l’imaginaire, la difficulté n’a pas été de vous présenter un livre, mais de n’en sélectionner qu’un. J’ai tout de suite pensé à La Passe-Miroir de Christelle Dabos dont j’attends avec impatience la parution du dernier tome, mais ayant déjà joué cette carte, j’ai opté pour un roman que j’ai également beaucoup aimé : Le passageur : Le coq et l’enfant d’Andoryss. 

Couverture Le passageur, tome 1 : Le coq et l'enfant

Matéo n’aurait jamais dû hériter du don de sa mère.
Il n’aurait jamais dû entendre les pleurs des fantômes.
Désormais, il n’a d’autre choix qu’accepter son héritage… ou sombrer dans la folie !
C’est au temps de la Commune, au milieu des horreurs de la semaine sanglante, qu’il débute son apprentissage…
Matéo Soler sait que les fantômes existent. Il le sait parce que sa mère en a aidé des dizaines à trouver le repos, jusqu’à ce qu’elle-même meure, des années auparavant. Ce que le jeune garçon ne pouvait pas deviner, par contre, c’est qu’il hériterait de son pouvoir. Devenu Passageur à son tour, le voilà contraint de lutter contre un trushal odji, une âme affamée. Pour s’en libérer, Matéo n’a d’autre choix que de rejoindre l’âme dans son époque d’origine afin d’y apaiser sa mort. Mais alors qu’il est propulsé au temps de la Commune et au milieu des horreurs de la semaine sanglante, il comprend que sa tâche ne sera pas si facile…

Pourquoi ce choix ?

L’ayant noté 18/20 sur Livraddict, ce roman m’a indéniablement plu et fait passer un très bon moment de lecture. Il faut dire qu’Andoryss a su capter mon attention dès les premières pages à travers une écriture fluide et immersive, et un personnage pour lequel on se prend vite d’affection.

Le Passageur fait partie de ces séries que je vous recommande si vous aimez les histoires fantastiques, teintées d’horreur (mais rien de bien méchant), qui vous font voyager entre présent et passé, entre fantastique et réalité historique.  L’autrice nous transporte, en effet, au temps de la Commune, une période sanglante de notre histoire qui me semble peu abordée en littérature. Cerise sur le gâteau, le travail éditorial des éditions Lynks est, comme à chaque fois, sublime : effet gaufré, dorure, mise en page aérée…

J’attends donc avec impatience la sortie du deuxième tome sur lequel l’autrice est en train de travailler. En attendant, si vous souhaitez en apprendre un peu plus sur ce premier tome, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Ayant craqué sur la couverture et le résumé, j’avais de grandes attentes pour ce roman et je dois dire qu’elles ont été plus que comblées. En nous proposant un personnage attachant autour duquel plane une aura de danger et en veillant à nous offrir un récit mené tambour battant, l’auteure captive le lecteur dès les premières pages. Si on ajoute à cela un style d’une grande finesse et une capacité à construire une histoire riche et complexe dont les fils se dévoilent progressivement sous nos yeux, on obtient un roman captivant dont il est bien difficile de se détacher.

 

Et vous, le roman vous tente-t-il ?

Publicités

Premières lignes #48 : Le sang des quatre, Christopher Golden et Tim Lebbon

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai décidé de vous parler du dernier roman de fantasy que j’ai lu : Le Sang des Quatre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le vaste royaume de Quandis, tout le monde est esclave. Certains sont esclaves des dieux ; d’autres, des hommes.

Protégée par les divinités, vivant dans le luxe et le confort, la famille royale s’acquitte de ses devoirs sans états d’âme. Cependant, tous n’apprécient pas les contraintes de leur fonction. Jeune femme à l’ambition dévorante, la princesse Phela refuse de laisser une poignée d’obstacles – parmi lesquels sa mère, la reine et son frère, l’héritier du trône – lui interdire l’accès à la gloire et au pouvoir dont elle rêve de s’emparer.
Tout au bas de l’échelle, à l’opposé de la famille royale, se trouvent les Baju. Pauvres et opprimés, les membres de cette caste misérable n’ont que deux manières d’échapper à la servitude : la prêtrise… ou la mort.
La magie ayant été bannie de Quandis, l’élite et les Baju coexistent dans une atmosphère de paix relative depuis des siècles. Or, poussée par sa soif de pouvoir, la princesse Phela s’apprête à déclencher une série d’événements aux conséquences irréversibles…

PREMIÈRES LIGNES

Dans l’obscurité, Phela entendit un rire, un soupir, puis un râle passionné. Les ténèbres semblèrent prendre vie, chargées de promesses.

Certes, Phela était désormais une princesse soumise au joug de la tradition et non plus une fillette. Elle avait pourtant conservé un goût pour l’amusement et les jeux que n’aurait laissé soupçonner son âge. Certains de ces jeux étaient pratiqués sur toute l’île du royaume de Quandis. Les parents les transmettaient à leurs enfants, et leurs règles évoluaient à chaque génération. À la fois rites de passage et outils d’apprentissage, ils permettaient d’initier les plus jeunes à la complexité des interactions sociales et à l’art du conflit.

Mais la jeune Phela avait aussi élaboré ses propres jeux, dont les règles variaient avec le temps, et qui ne cessaient d’acquérir de nouveaux objectifs, de nouveaux usages. Leurs finalités, toutefois, demeuraient similaires : ils servaient toujours à manipuler une situation, à s’emparer du pouvoir des mots, ou à plier la volonté d’autrui à celle de Phela. Elle transgressait souvent les règles, mais en tant que princesse, elle n’était que rarement sommée de s’expliquer.

Rare en fantasy, les auteurs nous proposent ici un one-shot qui, malgré quelques facilités scénaristiques, n’a rien à envier à des séries plus longues…

Et vous, connaissez-vous ce roman ?

Que pensez-vous de ces premières lignes ? 

Witchcraft, Raphaël Payet

Witchcraft, Raphaël Payet

Je remercie les éditions Bergame de m’avoir permis de découvrir Witchcraft de Raphaël Payet.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La prophétie autrefois annoncée par les sorciers est en marche. Elle est dorénavant synonyme d’espoir pour des hommes implorant un meilleur avenir pour leur descendance dans ce royaume prohibant la magie et devenu chaotique.

Longtemps tenue en captivité par les Rages Noirs, Tasha Lunar, l’une des dernières sorcières, se retrouve dans l’obligation de fuir afin de survivre. Espérant retrouver son ancienne vie, elle se met à la recherche de son père, et, dans sa quête, sera aidée par Vaco Tomas, un vagabond solitaire au passé trouble.

Beaucoup d’épreuves les attendent, testant leur courage et leur caractère… La prophétie des sorciers est en marche, portée par la dernière des sorcières.

  • Broché: 116 pages
  • Editeur : Bergame (6 juin 2018)
  • Prix : 12,80€

AVIS

Je dois avouer que c’est d’abord la couverture qui a attiré mon attention puisqu’en plus de la trouver attractive, je l’ai trouvée plutôt intrigante. Et puis adorant les sorcières, un roman qui s’intitule Witchcraft ne pouvait que me tenter. Malheureusement, mon avis sera mitigé ayant eu le sentiment d’être restée sur ma faim. L’auteur nous propose ici une très bonne ébauche de roman, mais pas, à mon sens, une intrigue assez poussée et développée pour offrir aux lecteurs, une expérience de lecture entièrement satisfaisante.

Tasha, une sorcière, et Vaco, un vagabond plutôt torturé, se rencontrent par hasard, l’homme aidant la jeune fille, plus ou moins malgré lui, à se sortir d’une situation tendue. Ils finissent donc pas voyager ensemble, Tasha une sorcière étant à la recherche de son père, et Vaco poursuivant un objectif mystérieux que l’on découvre tardivement. Mais comme vous pouvez vous en douter, leur voyage ne sera pas de tout repos, la sorcière étant recherchée, et Vaco semblant cacher un bien sombre passé…

Le roman est court, bien trop court pour laisser le temps à l’auteur de poser son décor, de nous présenter ses personnages et d’affiner leur psychologie. C’est ainsi qu’on se retrouve avec deux protagonistes aux réactions peu naturelles et aux changements d’attitudes tellement rapides et soudain qu’ils en perdent beaucoup en crédibilité. Par exemple, après seulement quelques brefs échanges, Tasha estime pouvoir faire confiance à Vaco dont pourtant elle ne sait rien, l’homme étant d’un naturel plutôt taciturne. Pour une sorcière traquée et sur ses gardes, cela me semble quand même précipité… De la même manière, chacun d’entre eux alterne entre haine et amour tellement rapidement qu’il est bien difficile de comprendre et de ressentir leurs émotions.

Je regrette donc que l’auteur n’ait pas pris le temps de faire évoluer posément ses personnages et donc de rendre leurs interactions plausibles. A cela s’ajoute une intrigue principale qui m’a semblé survolée au point que la prophétie énoncée dans le résumé de l’ouvrage ne prend finalement que peu de place. L’économie de détails ne permet donc pas aux lecteurs de réellement saisir et comprendre tous les tenants et aboutissants du récit. J’ai néanmoins apprécié le retournement de situation de la fin qui m’a prise de court même s’il est bien trop soudain pour être crédible.

Malgré ces points qui, pour moi, mériteraient d’être retravaillés, je reconnais certaines qualités à ce roman comme la plume de l’auteur. En dépit de quelques maladresses par-ci par-là, elle témoigne d’une réelle volonté d’offrir un texte fluide et donc agréable à parcourir. C’est d’ailleurs pour moi le point fort de ce livre puisque même quand les réactions des personnages m’ont agacée par leur invraisemblance, mon intérêt pour le livre n’a pas décru. Il faut dire que l’auteur a su tirer avantage du fait que son roman soit assez court pour offrir aux lecteurs un récit qui ne souffre d’aucun temps mort. Les choses vont vite, l’action est omniprésente et les scènes de combat parfaitement immersives. Je ne suis pas une grande amatrice de bagarres, mais force est de constater que le vocable imagé et précis rend les scènes d’action prenantes.

J’ai également apprécié de découvrir les capacités de Vaco, ancien membre des forces spéciales, mais j’ai surtout pris plaisir à découvrir les pouvoirs de sorcière de Tasha. Être capable d’invoquer un tigre de feu a de quoi faire rêver plus d’un lecteur ! Cet aspect du livre est d’autant plus intéressant que cette jeune sorcière n’a pas encore pris la mesure de toutes ses capacités qui se dévoileront face aux nombreux dangers que ne manquera pas de rencontrer notre duo. J’aurais juste adoré que cet aspect du livre soit un peu plus poussé puisque c’est celui qui m’intéressait le plus. Cela ne m’a pas empêchée, comme Vaco, d’être fascinée par le potentiel de Tasha qu’il vaut mieux avoir comme amie que comme ennemie a fortiori quand l’on découvre, la force de la magie qui coule dans son sang…

En conclusion, si je reconnais de bonnes idées, un rythme soutenu, des scènes d’action imagées et immersives, j’ai regretté une intrigue survolée et une psychologie des personnages trop peu développée pour être crédible… Un bilan mitigé donc pour ce petit roman qui aurait gagné à être un peu plus étoffé afin de rendre les personnages plus consistants et l’univers plus riche. C’est dommage, car derrière les quelques défauts mentionnés, on devine un vrai potentiel, l’auteur ayant la plume et l’imagination nécessaires pour faire de son roman, une histoire palpitante mêlant magie, quête d’identité, trahisons et action. Néanmoins, si vous aimez les belles plumes et les récits courts et menés tambour battant, Witchcraft pourrait vous plaire.

Et vous, envie de découvrir le roman ?

Grisha, Tome 2 : Le dragon de glace, Leigh Bardugo

Je remercie les éditions Milan et Babelio pour le tome 2 de la série Grisha de Leigh Bardugo.

SPOILER ALERT TOME 1

Si vous n’avez pas lu le tome précédent, je vous conseille de lire la chronique plus tard, car elle dévoile une information capitale que vous prendrez certainement plus de plaisir à découvrir par vous-même lors de la lecture du tome 1.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » Je suis l’Invocatrice de lumière. Et je suis votre dernière chance.  »

DÉVOTION. REMORDS. MARTYR.

Un pays déchiré par la guerre civile.
Une jeune femme idolâtrée, rongée par ses propres pouvoirs.
Un corsaire flamboyant et mystérieux.
Un soldat renégat, en proie aux doutes.
Une menace grandissante. Un danger imminent.

RÉSISTANCE. POUVOIR. SACRIFICE.

Pour s’opposer au Darkling, Alina devra explorer ses propres ténèbres. Au risque d’y perdre sa lumière.

  • Broché: 448 pages
  • Éditeur : Éditions Milan (20 juin 2018)
  • Prix : 16.90€

AVIS

Après la fin du premier tome, j’avais hâte de découvrir ce que Leigh Bardugo réservait à ses personnages qu’elle a une très légère tendance à malmener. Et sans surprise, la suite de cette intrigue continue dans la même lignée : de l’action, des révélations, des tensions, des intrigues politiques, des mensonges, un univers fascinant et toujours aussi dangereux, l’émergence d’un nouveau danger que l’on voit se profiler sans vraiment en prendre toute la mesure…

Néanmoins, par rapport au premier tome, j’ai trouvé que l’autrice prenait un peu plus le temps de poser le décor s’attardant pas mal sur la psychologie des personnages et la manière dont Alina et Mal doivent s’adapter à leur nouvelle situation. Une large importance est également accordée à la stratégie militaire, un domaine qui ne me fascine pas, mais que l’autrice a su rendre intéressant notamment par toutes les tensions que la recherche de la meilleure manière de vaincre le Darkling semble cristalliser.

Il m’a donc fallu un peu plus de temps pour m’immerger dans le récit, ce qui ne m’a pas empêchée d’apprécier le début du roman qui a un aspect « histoire de pirates » fort sympathique. Mais ce passage va surtout permettre à l’autrice d’introduire un nouveau personnage, plutôt haut en couleur ! Extrêmement rusé, capable de séduire à peu près tout le monde et bien décidé à faire de son objectif une réalité, cet homme a une présence certaine. J’espère le retrouver dans la suite des aventures d’Alina, car j’ai beaucoup apprécié sa personnalité pleine d’exubérance qui cache une détermination à toute épreuve.

Ce deuxième tome marque donc l’arrivée de nouveaux personnages, certains prenant plus d’importance que d’autres. Un frère et une sœur m’ont particulièrement plu, leur courage et leur dévotion à Alina, et l’espoir qu’elle représente, forçant le respect. En plus de ce sang frais qui donne une nouvelle impulsion à l’intrigue, l’autrice n’a pas oublié de mettre sur le devant de la scène des personnages du premier tome. À cet égard, je salue la manière originale et bien flippante dont elle a décidé de faire intervenir le Darkling. Malgré la distance et malgré les événements, il se tient dans le sillage d’Alina, que ce soit grâce au doute qu’il a instillé en elle ou à des moyens peu conventionnels. Alors même qu’il n’apparaît quasiment pas, on sent sa présence vaporeuse et menaçante durant tout le roman !

Le Darkling est dérangeant, car il est effrayant, mais il est également dérangeant, car même si ces plans meurtriers font frémir, il fait preuve d’une certaine rationalité. Sa soif de pouvoir ne peut occulter le fait que ses arguments en faveur d’une paix obtenue par la force sont rationnels. Sa manière de vouloir faire cesser la guerre est donc abjecte et d’une froideur extrême, mais basée sur une argumentation logique. D’ailleurs, dans une certaine mesure, je n’ai pu m’empêcher de penser que l’histoire mondiale n’est pas dépourvue de décisions inhumaines prises pour retrouver une stabilité mondiale…

Néanmoins, impossible de ne pas le condamner d’autant que derrière son objectif officiel de paix à tout prix, il y a toujours cette quête de pouvoir, cette soif « de plus », de toujours plus. Une chose qu’Alina commence petit à petit à expérimenter. Oubliez la jeune naïve des débuts, l’Invocatrice de lumière devient plus sombre, et plus déterminée que jamais à ne plus se laisser traquer sans réagir. Elle s’affirme, ne recule plus devant les démonstrations de force, et semble imposer progressivement son leadership, quitte à flirter dangereusement avec la morale. D’ailleurs, dans sa quête pour renverser le Darkling en acquérant de plus en plus de pouvoir, ne risque-t-elle pas, à son tour, d’y perdre son âme ?

Une question qui ne peut que tarauder le lecteur en même temps que Mal qui a de plus en plus de difficultés à reconnaître l’Alina de son enfance. Sur ce point, je m’avouerais mitigée. Je n’ai pu que partager les craintes de Mal tout en regrettant que derrière une peur plutôt justifiée, se cache un comportement parfois mesquin, mais surtout empreint de jalousie, jalousie envers l’importance que prend Alina et jalousie envers les hommes qui pourraient s’intéresser à elle. Le jeune homme manque de confiance en lui et en Alina, ce qui rend ses réactions excessives et parfois, injustes. Du coup, comme dans le premier tome, la relation entre les deux meilleurs amis/amants a eu une légère tendance à m’agacer ayant l’impression d’être devant deux enfants incapables de communiquer. Ceci s’est révélé frustrant et assez surréaliste, car vu la situation, je ne suis pas certaine que les querelles amoureuses aient vraiment leur place dans le récit…

Toutefois, on sent que les tensions entre Alina et Mal ne sont pas là pour faire joli et que cela a et aura un impact sur la suite de l’aventure. Il faut dire que comme dans le premier tome, Leigh Bardugo ne laisse aucune place à l’improvisation, chaque pièce de l’échiquier se met en place, progressivement, pernicieusement et efficacement ! Au fur et à mesure que l’intrigue avance, le rythme s’accélère, les tensions s’accroissent, l’action s’emballe et le lecteur est pris dans une spirale infernale dont il est bien difficile de dire qui sortira gagnant. Mais gardez bien en tête que l’autrice n’hésite pas à affaiblir ses personnages et à les pousser dans leurs retranchements afin de tirer le meilleur comme le pire d’eux. Et c’est ce qui rend ses personnages si réalistes et si attachants ou, au contraire, si effrayants. Derrière chacun d’entre eux, on y reconnaît des forces et des faiblesses bien humaines…

En conclusion, d’abord déstabilisée par l’importance donnée à la psychologie des personnages, je me suis de nouveau laissée embarquer avec délectation par la plume de l’autrice qui s’est révélée tout aussi entraînante que dans le premier tome. Entre la découverte des talents de stratège militaire d’Alina et de son nouvel allié, la recherche pour chacun de son rôle à jouer face à la guerre contre le Darkling, et cette tension qui ne fait que s’accroître au fil des pages, l’autrice signe de nouveau une histoire palpitante. Oscillant entre réflexion et exaltation, entre danger et espoir, ce deuxième tome laisse entrevoir de nouvelles péripéties que j’ai hâte de découvrir.

Et vous, envie de découvrir ce roman ?

Commandez-le chez votre libraire ou retrouvez-le sur des sites comme Amazon.

Grisha (tome 1), Leigh Bardugo

Couverture de « Grisha »

Je remercie les éditions Milan et Babelio pour le tome 1 de la série Grisha de Leigh Bardugo.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

OMBRE. GUERRE. CHAOS.
Un royaume envahi par les ténèbres.
Une élite magique qui se bat sans relâche contre ce mal.
Des citoyens envoyés en pâture aux créatures qui peuplent le Shadow Fold.
Parmi eux : Alina Starkov.
ESPOIR. DESTINÉE. RENOUVEAU.
L’avenir de tous repose sur les épaules d’une orpheline qui ignore tout de son pouvoir.
L’Invocatrice de lumière.

  • Broché: 350 pages
  • Éditeur : Éditions Milan (11 octobre 2017)
  • Prix : 15.90€

AVIS

Quand j’ai reçu un mail m’indiquant que j’allais recevoir les tomes 1 et 2 de Grisha, j’ai sauté de joie, cette série me tentant depuis un long moment autant pour l’histoire que le magnifique travail d’édition effectué par les éditions Milan : sublime couverture, dorures, carte en début d’ouvrage, prise en main agréable de l’ouvrage… La maison d’édition s’est ainsi assurée de vous donner envie de vous jeter sur cette petite merveille.

On peut, en effet, qualifier de petite merveille ce roman qui, dès les premières pages, vous dévoile un univers aussi sombre que passionnant, un univers façonné par Leigh Bardugo pour tenir en haleine ses lecteurs. C’est simple, de l’ambiance, au système politique en passant par les personnages, tout dans cette histoire m’a donné envie de tourner les pages les unes après les autres ! Malgré les nombreuses informations à assimiler, vous ne verrez donc pas le temps passer, les différents rouages de l’intrigue s’enchaînant naturellement…

On découvre d’ailleurs très tôt un élément essentiel et intrigant de l’histoire, un personnage à part entière qui n’a pourtant pas d’enveloppe charnelle : le Shadow Fold. Abritant de dangereuses créatures, dont on apprendra par la suite la terrifiante origine, ce brouillard maléfique est bien souvent synonyme de mort pour les individus qui tentent de le traverser. Peu de survivants donc, mais beaucoup de morts sans que personne ne puisse y faire grand-chose. Personne ? C’est ce que l’on croyait jusqu’à ce qu’un miracle se produise ! Et ce miracle prend l’apparence d’Alina, une orpheline devenue cartographe, et bien plus. Alors qu’elle se croyait quelconque, elle va se découvrir une grande destinée, une destinée qui va lui faire croiser la route d’un autre personnage hors du commun, le ténébreux et mystérieux Darkling. Cet homme influent aux grands pouvoirs va voir en la jeune fille l’avènement d’une nouvelle ère et accessoirement, la fin d’une guerre qui n’a que trop duré. Alina n’aura donc pas d’autre choix que de le suivre au Little Palace pour apprendre à maîtriser son don et devenir L’Invocatrice de lumière sur laquelle tout le monde fonde de grands espoirs.

Une pression importante pour une jeune fille qui découvre brutalement qu’elle n’est pas aussi banale qu’elle le pensait. Il lui faudra donc un peu de temps pour accepter qu’elle possède bel et bien le potentiel de changer, aux côtés du Darkling, la face du monde. Mais avant cela, elle devra apprendre à utiliser son don que ce soit à travers les livres ou des entraînements physiques plutôt intensifs. Testée, provoquée, soumise aux jugements, poussée dans ses retranchements, la jeune fille va, petit à petit, prendre de l’assurance et de la consistance. Elle doute toujours, mais on sent qu’elle essaie de s’ajuster à sa nouvelle vie et que surtout, ses capacités commencent à se dévoiler même si la route sera longue avant qu’elles ne soient à leur apogée.

Si la vie d’Alina au Little Palace lui offre le confort dont elle a toujours manqué et ce sentiment d’appartenance qui lui a toujours fait défaut, elle n’en est pas pour autant complètement heureuse. Il y a d’abord le Darkling qui est peu présent pour elle bien que leurs rares entretiens ne laissent pas le cœur de la jeune fille indemne. Tantôt cajoleur, tantôt froid et distant, difficile de véritablement le cerner même si au cours de l’aventure, les choses deviendront plus claires. Alina ne sait donc pas vraiment sur quel pied danser avec ce puissant sorcier qui semble cacher quelques secrets. Il y a ensuite la vie à la Cour : faite de ragots, de médisance et de rivalité, Alina a du mal à trouver sa place même si elle pourra heureusement compter sur la bonne humeur et l’amitié de Genya pour évoluer dans ce panier de crabes. Mais ce qui manque le plus à la vie de la jeune fille, c’est son meilleur ami Mal dont elle a été séparée à la découverte de son pouvoir.

Mal et Alina sont inséparables depuis qu’ils sont enfants, une amitié que j’ai appréciée surtout dans un univers aussi froid et dur que celui du Grisha. J‘ai toutefois regretté que l’autrice tombe dans un cliché très courant en fantasy : l’amie amoureuse de son meilleur ami qui, lui, se plaît à papillonner, mais qui découvre ses sentiments quand un autre mâle entre en jeu. Je n’aime pas ce schéma qui, en plus, est souvent accompagné de l’idée que c’est normal pour un homme se sauter sur tout ce qui bouge, ou presque, quand une fille vraiment amoureuse doit se préserver pour l’élu de son cœur…

Je n’ai donc pas été transportée par cet aspect qui, fort heureusement, n’est pas au centre de l’intrigue. Je dois toutefois reconnaître que l’autrice utilise et exploite de manière intelligente les liens forts qui unissent Mal et Alina. Des liens qui vont être mis à rude épreuve devant les dangers que ces deux personnages vont devoir affronter… Car en plus du Shadow Fold tant redouté, se tapit dans l’ombre un danger bien plus grand que ni Alina ni les autres Grishas n’avaient vu s’élever. Je n’ai moi-même pas vu venir le retournement de situation savamment orchestré par l’autrice ! Les cartes sont ainsi redistribuées en cours de route pour mon plus grand plaisir, adorant que les auteurs prennent des risques et partent dans des directions inattendues.

Leigh Bardugo, en plus de nous offrir des personnages très différents les uns des autres et parfois difficiles à cerner, nous propose un univers riche, complexe et très immersif. Ce fut donc un véritable plaisir de découvrir le concept de Grisha, les différents ordres, les compétences de chacun et la mythologie autour du Shadow Fold ainsi que les enjeux qu’il représente. Les intrigues politiques sont également passionnantes, car l’autrice a trouvé un juste équilibre entre jeu de pouvoirs et d’influence et tension et mystère. Ainsi, rien ne semble gravé dans le marbre dans ce système politique où le roi ne brille pas par ses compétences et où le faste de la Cour tente en vain de cacher l’ambiance poisseuse qui y règne… Un terrain parfait pour l’émergence d’une force supérieure et destructrice à moins qu’Alina ne choisisse de s’y opposer en embrassant enfin ce qu’elle est vraiment, la puissante Invocatrice de lumière !

Enfin, j’ai aimé que pour ce premier tome, l’autrice ne tombe pas dans l’écueil de la lenteur en plombant sa narration par une avalanche de détails redondants. Non, bien au contraire, elle entre directement dans le vif du sujet tout en prenant le soin de distiller, au fur et à mesure, toutes les informations nécessaires pour appréhender l’univers complexe de son roman. Un procédé redoutable et efficace pour ne pas avoir l’impression d’être écrasé sous le poids des informations. On se plonge alors avec délectation dans cette histoire qui se distingue autant par le fond que la forme, la plume de l’autrice m’ayant complètement conquise. D’abord plaisante, son écriture s’enrichit au cours de l’aventure jusqu’à devenir envoûtante et surtout, complètement immersive et addictive. Une fois plongé dans le récit, bien difficile de le quitter tellement la magie des mots opère !

En conclusion, aux côtés d’Alina, de Mal et d’autres personnages, tous pas forcément très bienveillants, vous passerez un moment de lecture exaltant marqué par de l’action, des complots et rivalités, de l’amitié, de l’amour, des trahisons, de la tension et du danger. En moins de temps qu’il ne faudrait au Darkling pour vous réduire au silence, Leigh Bardugo vous entraîne dans un univers passionnant et dangereux où la magie côtoie les ténèbres. La plume de l’autrice, qui alterne entre poésie et rudesse, colle parfaitement à l’atmosphère ténébreuse de ce roman, ajoutant à ce sentiment d’immersion présent dès les premières pages. Entre faux-semblants et dangers masqués, ce premier tome ne vous laissera donc pas le temps de souffler et ne pourra que vous donner envie de vous jeter sur la suite.

Et vous, envie de découvrir ce premier tome de Grisha ?

Commandez le roman chez votre libraire ou retrouvez-le sur des sites comme Amazon.

Les Chroniques des Fleurs d’Opale, Tome 1 : La Candeur de la Rose, partie 1, Ielenna

RÉSUMÉ

Si seulement j’avais su combien ma vie allait basculer.
Comment l’enfer m’aurait enchaînée.

Si seulement j’avais pu entrevoir les rouages du destin.
Les rencontres comme les pièges, les obstacles comme les révélations.

Si j’avais su mieux distinguer bontés et malveillances.
Amours, amitiés ou loyautés.

Cette histoire serait tout autre. Mon histoire.
Preuve que même les Dieux ne peuvent tout savoir.

Rare rescapée du massacre de son village natal, Diphtil, une jeune fille du peuple de l’Air, est sauvée en territoire ennemi grâce au symbole étrange qu’elle porte sur le front. Elle serait la cinquième fille de la Déesse Aveugle. Séquestrée dans un monastère et manipulée par le prêtre Sarïn qui compte la livrer au roi une fois ses pouvoirs éveillés, elle est libérée par son frère, Naid, qui la persuade de partir avec lui.
Sauf que les terres de l’Edenor sont semées de dangers et que la cruauté de certaines personnes, hantées par la haine et la guerre, s’opposent à la candeur de Diphtil, avide de découvrir ce monde dont elle a si peu joui.
Mais avant tout, elle veut échapper à son destin. Est-ce possible, lorsque l’on est vouée à devenir une Déesse ?

  • Auto-édition
  • Prix ebook : 5.99€
  • Autre format : broché

AVIS

J’avais repéré ce roman sur Ulule et avais hésité à participer à son financement. Après la lecture de ce premier tome, je suis plus que ravie de m’en être abstenue. Je ne vais pas tourner autour du pot, que cette lecture fut laborieuse et frustrante, et c’est dommage, car il y avait du potentiel ! Maintes fois, j’ai été tentée d’éteindre ma liseuse et d’abandonner ma lecture. Ce n’est que l’engagement de lire tous les titres de la présélection faite en qualité de membre du jury qui m’a permis de tenir.

Je vais commencer par le gros problème de ce roman pour moi : le style d’écriture. Si vous me suivez régulièrement, vous savez probablement que les belles plumes, les longues phrases et l’occurrence de mots peu usités me ravissent. Mais malheureusement, la juxtaposition de mots rares et l’utilisation de nombreuses métaphores ne m’ont pas convaincue ici, car l’ensemble manque cruellement de fluidité et de spontanéité. Et je ne parle pas des mots parfois employés à mauvais escient… L’auteure a, en outre, voulu faire parler son héroïne comme une érudite, mais on tombe dans l’excès avec cette impression que tout est exagéré et surjoué, ce qui rend l’histoire pesante et, pour ma part, peu agréable à lire. C’est dommage, car on peut proposer aux lecteurs un style étudié et riche tout en veillant à rendre les propos fluides et plaisants…

J’aime les belles plumes, mais j’aime surtout les auteurs qui se montrent naturels dans leurs écrits et qui ne semblent pas chercher à coller à des schémas ou à un style de littérature…. Or ici, je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir le sentiment de lire un exercice de style qui s’étend sur des centaines de pages. La lourdeur des phrases, en plus de plomber la narration, se fait ressentir jusque dans les dialogues qui en deviennent irritants, l’héroïne se prenant pour une dramaturge. Je sais que la jeune fille a été élevée dans un monastère, mais elle a quand même vécu onze ans dans sa famille et puis, le moine qui s’est occupé d’elle et qui est vraisemblablement encore plus érudit qu’elle ne parle pas comme elle le fait. En bref, rien n’explique pour moi la manière de parler de Diphtil si ce n’est éventuellement une manière de souligner sa suffisance et son plaisir à s’écouter…

Malgré ces points qui m’ont donné du fil à retordre, je dois dire que j’ai commencé à accrocher à l’intrigue dans les 150 dernières pages où j’ai eu le sentiment que la narration et les dialogues gagnaient en spontanéité et en fluidité. L’autrice a ainsi réussi à éveiller mon intérêt grâce à des rebondissements et à une certaine tension. Cela n’a pas rattrapé les débuts laborieux, mais ça m’a quand même permis de finir l’histoire sur une note bien moins négative. Je dois même avouer que l’auteure a su très agréablement me surprendre lors des derniers chapitres notamment avec un événement traumatisant vécu par l’un des personnages et auquel je ne m’attendais pas. J’avais bien senti poindre le danger, mais je n’aurais jamais pensé que l’autrice oserait s’aventurer aussi loin dans l’horreur.

Même chose pour un départ inattendu que j’espère non-définitif… Oui, car si j’ai levé les yeux au ciel une bonne partie de ma lecture, j’ai fini par m’attacher à certains personnages, ou du moins, à leur souhaiter un minimum de bonheur. La fin, à cet égard, pose un certain nombre de questions qui ont attisé ma curiosité. Je ne pense pas lire la suite, sauf si quelqu’un m’assure que le style d’écriture a gagné en fluidité, mais si vous avez cédé aux sirènes de la deuxième partie de ce premier tome, je serais curieuse d’en connaître les grandes lignes (enfin, en message privé histoire de ne pas spoiler les autres lecteurs).

Au-delà de la dernière partie où réside, pour moi, le principal intérêt de cette lecture, j’ai également beaucoup apprécié la mythologie mise en place par l’autrice avec, entre autres, une prophétie qui changera pour le meilleur, et surtout pour le pire, le destin de notre héroïne. J’ai aimé découvrir les différents dieux, mais c’est surtout le formidable bestiaire qu’elle nous propose qui a su me conquérir. Moi qui adore les créatures en tout genre, j’ai été plus que comblée et j’aurais adoré que le roman soit parsemé de quelques illustrations afin de les mettre en valeur. Quoi qu’il en soit, on sent que l’univers est riche et très bien pensé et qu’aucun détail n’est laissé de côté. D’ailleurs, je ne doute pas du travail de fourmi réalisé par l’autrice pour rendre le tout cohérent et immersif.

Il y a aussi quelques moments de vie et de convivialité, des conversations entre amis ou entre amoureux qui ont apporté cette spontanéité qui a tant fait défaut à la narration et à certains dialogues. À travers les échanges, parfois amicaux parfois plus frontaux, on apprend à mieux connaître les personnages, leurs forces et leurs faiblesses. Si l’héroïne m’a agacée une grande partie du roman, j’ai beaucoup apprécié Yasalyn au point de regretter que le livre ne lui soit pas consacré. Ce personnage n’est pas exempt de défauts (une personnalité peu crédible au regard de son âge, une coquille qui se brise dès les premiers émois amoureux…), mais il présente cette complexité prompte à stimuler l’imagination et l’intérêt des lecteurs. Dès le début, cette jeune femme dégage une aura de danger et de mystère qui la rend intéressante surtout si on la compare à l’exaspérante et naïve Diphtil. Ses dialogues intérieurs empreints d’une grande violence, son refus de s’attacher, son insolence cachant une certaine fragilité, sont tout autant d’éléments qui donnent envie de briser sa carapace pour découvrir ses plus sombres secrets. Et puis, avec deux révélations la concernant dont l’une se révèle particulièrement fracassante, on peut dire que l’auteure a su soigner son personnage ! Je ne peux pas en dire plus, mais la situation finale dans laquelle elle se trouve m’a semblé cruelle et tellement injuste…

Amateurs de romance, vous allez être ravis puisque les relations amoureuses sont une part importante du livre. Si c’est quelque chose qui, en général, m’exaspère, ici cela ne m’a pas gênée. Il faut dire que le style de narration m’avait tellement agacée et blasée que même des licornes dansant un moonwalk ne m’auraient pas dérangée outre mesure. Et puis, je vais même avouer avoir trouvé l’une des deux romances particulièrement touchante. Les deux amoureux ont vécu des choses difficiles, et c’est, d’une certaine manière, dans les bras l’un de l’autre qu’ils vont apprendre à accepter leurs émotions et leurs failles. En nous évitant des passages un peu trop fleur bleue, j’ai trouvé que l’autrice nous offrait une romance un peu plus mature que ce qu’on peut trouver dans certains livres. Je reconnais néanmoins que l’autre couple du livre est d’une mièvrerie sans nom.

À noter que sont proposés deux bonus en fin d’ouvrage : une scène du livre vue du point de vue d’un autre personnage et une histoire assez émouvante que je vous laisserai le plaisir de découvrir.

En conclusion, ce premier tome, malgré une sublime couverture et de bonnes idées, n’est pas un roman qui a su me convaincre. La faute à un style d’écriture qui, par l’abus de figures stylistiques et d’un vocabulaire parfois pompeux sans raison, rend la lecture quelque peu laborieuse. Si, pour vous, la fluidité de la plume est un critère primordial dans le choix d’une lecture, je pense que vous pouvez passer votre chemin… Par contre, si vous êtes en quête d’une histoire à l’univers extrêmement riche et détaillé, je vous invite à vous laisser tenter. Mais avant, je vous conseillerais peut-être de feuilleter un extrait du roman… N’hésitez pas non plus à aller lire d’autres avis que le mien, car vous rencontrerez sur le net de nombreuses personnes ayant apprécié la plume de l’autrice. N’oublions pas que comme tout avis, le mien est subjectif et que ce n’est pas parce que ce livre m’a déplu qu’il ne vous fera pas vivre mille émotions.

Pour plus d’avis, n’hésitez pas à lire les avis des autres chroniqueurs du prix…

 

Le Porteur de Mort, Tome 1 : L’Apprenti, Angel Arekin

LPDM

J’ai lu Le Porteur de Mort d’Angel Arekin dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Imaginaire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

À 17 ans, Seïs Amorgen est nommé pour intégrer la plus grande confrérie du royaume d’Asclépion.
S’il accepte, il deviendra l’un des guerriers les plus éminents de la monarchie.
S’il refuse, il restera le gamin frivole et arrogant qui fraye avec les bandits de sa ville natale.
Alors que l’ombre du Renégat s’étend sur sa terre d’origine,
Seïs va devoir prendre la décision qui bouleversera sa vie et, bientôt, il devra faire face à ses propres démons.

  • Nb de pages : 432
  • Prix : 7.99€
  • Autre format : broché

AVIS

Le Porteur de Mort fut une bonne découverte même si je regrette deux éléments qui ne m’ont pas permis d’avoir un coup de cœur.

Premier tome d’une saga devant en comporter six, l’autrice a pris le temps de poser le décor de son histoire et de présenter les protagonistes. Cela se ressent puisque je ne vous cacherai pas que j’ai trouvé les cent premières pages un peu longues, et à mon sens, trop redondantes. Il ne se passe pas grand-chose ! On a juste ce sentiment d’être pris dans une sorte de boucle temporelle nous démontrant par A+B que Seïs Amorgen est un petit impertinent qui passe son temps à magouiller et à coucher avec toutes les prostituées de sa ville… Ce point est important pour comprendre, par la suite, l’évolution du personnage, mais insister autant n’apporte rien en soi. Autre chose qui m’a posé problème : le stéréotype du type qui noie ses problèmes de cœur et de confiance en lui dans l’alcool et les femmes de petite vertu. Est-ce que tous les auteurs de fantasy pensent vraiment que les hommes doivent se réfugier dans le sexe et la boisson pour se changer les idées ?

Malgré ces deux points qui m’ont fait ruminer au début de ma lecture, je me suis laissé emporter par la plume d’Angel Arekin qui est, pour moi, le gros point fort de ce roman. L’autrice arrive à séduire, à travers un style fluide, imagé et poétique, les amateurs de belles plumes tout en comblant les lecteurs qui aiment les univers dans lesquels il est aisé de s’immerger. On se laisse donc porter par les mots tout en s’imprégnant, petit à petit, de l’atmosphère qui se dégage de l’histoire. L’alternance des points de vue, entre Seïs et sa cousine, Naïs, facilite d’ailleurs grandement l’immersion dans le récit puisqu’en suivant la vie de ces deux personnes très différentes, on arrive à entrevoir la complexité de l’intrigue. Je dis entrevoir, car on est dans un premier tome assez introductif, et l’on perçoit assez bien que l’auteure ne fait qu’effleurer tout le potentiel de son histoire. Une sensation que la fin de ce premier tome confirme…

Le récit n’est donc pas mené tambour battant, mais j’ai apprécié de découvrir la vie de Naïs, auprès de son oncle, de sa tante et de ses cousins, et celle de Seïs qui suit son apprentissage au sein de la plus grande confrérie du royaume d’Asclépion. L’autrice n’épargne pas ces deux personnages qui vont chacun évoluer même si à ce niveau, l’évolution de Seïs est bien plus frappante. Très impertinent, porté sur le sexe et la boisson et plutôt égoïste de nature, il ne va pas changer du jour au lendemain, mais progressivement grâce à ses entraînements, une amitié avec un autre apprenti et à l’influence de son maître d’apprentissage. Afin de devenir un Tenshi, un statut envié de beaucoup, il va devoir apprendre à faire face à ses faiblesses, à ses douleurs et espérer ainsi transformer tout ce mal-être en quelque chose de plus positif, quelque chose qu’il pourra éventuellement mettre au service de la communauté et du roi.

Si j’ai aimé suivre les entraînements de Seïs, bien que ce point ne soit pas assez développé à mon goût, j’ai surtout adoré découvrir progressivement les pouvoirs des Tenshis. Ceux-ci sont assez impressionnants ! Maîtrisant aussi bien leur corps que leur esprit, les Tenshis ont accédé à un statut particulier qui leur confère un pouvoir immense, mais aussi de très grandes et lourdes responsabilités. Une réalité qui va frapper de plein fouet Seïs qui va alors devoir prendre une décision importante pour sa vie et celle des siens…

Quant à Naïs, les parties qui lui sont consacrées permettent principalement aux lecteurs de voir que la jeune femme commence à s’émanciper, mais elles sont surtout l’occasion de suivre la vie de la famille Amorgen après le départ de Seïs. Je me suis beaucoup attachée à cette famille dont les membres sont tous très différents, mais ont en commun un fort caractère. Seul l’aîné de la famille se montre quelque peu antipathique même s’il apparaît évident que derrière son caractère peu avenant se cache l’envie de protéger sa famille. La vie de Seïs va donc radicalement changer, mais celle de ses parents, de ses frères et de sa cousine également, l’autrice nous réservant quelques révélations et événements qui ne devraient pas vous laisser de marbre.

Enfin, il se dégage du récit un certain mystère notamment avec la présence de quelques pages en noir dans lesquelles s’exprime un mystérieux narrateur. De la même manière, la tension, quasi absente en début de livre, commence petit à petit à émerger et à s’intensifier à mesure que l’on approche de la fin de ce premier tome. On se rend alors compte, en même temps que Seïs, que le danger est là, bien présent, bien palpable ! Une découverte qui laisse présager un deuxième tome riche en action.

En conclusion, le principal intérêt de ce premier tome est de poser le décor, de nous présenter les protagonistes et de nous laisser entrevoir le pouvoir de nuisance d’un méchant qui va certainement rendre la suite de l’aventure plus palpitante. Alors malgré un aspect un peu trop introductif, je ne peux que vous conseiller de donner sa chance à ce premier tome qui semble poser les jalons d’une série riche en action, en révélations et en émotions.

Si le roman vous tente, n’hésitez pas à lire les chroniques des autres membres du jury sur le site du Prix des Auteurs Inconnus.

Et vous, envie de lire Le porteur de mort ? Retrouvez le roman sur le site des Éditions Plume Blanche.

Prix des auteurs o