Challenge Albums 2019

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Je lis beaucoup de romans jeunesse mais finalement peu d’albums jeunesse. J’ai donc décidé d’y remédier en m’inscrivant au Challenge Albums 2019 qui a commencé le 1er mai 2019 et qui se terminera le 1er mai 2020. .

Parmi les 6 proposées, je me suis inscrite à la catégorie « bleu » qui consiste à lire et partager son avis sur 10 albums. À noter que chaque mois, est également proposé un thème de lecture.

Pour vous inscrire, je vous invite à vous rendre sur le blog Délivrer des livres. Vous pouvez également, si vous avez Facebook, adhérer au groupe qui est consacré à ce challenge.

Voici quelques ouvrages de ma PAL qui conviendraient pour le challenge :

Couverture Gus, petit oiseau, grand voyage : Le petit albumCouverture OneuliCouverture Le renard et l'étoile

Couverture Généalogie d'une SorcièreGrosse colère

Si vous avez des conseils de lecture pour ce challenge, n’hésitez pas à les indiquer en commentaire ou à me les envoyer par mail.

Et vous, participez-vous à ce challenge ?

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La fille aux cheveux roses, Amélie B.

Couverture La fille aux cheveux roses

J’ai lu La fille aux cheveux roses d’Amélie B. dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie young adult.

RÉSUMÉ

Après deux années de prépa, Adèle, élève sérieuse et réservée, quitte le cocon familial pour intégrer une école supérieure en province. La cohabitation avec les autres étudiants n’est pas toujours facile et l’ambiance festive qui règne sur le campus perturbe ses habitudes. Une personne intrigue immédiatement la jeune Parisienne : Chloé. Son style décalé et son caractère bien trempé soulèvent quelques interrogations. En voulant percer les mystères qui entourent cette fille aux cheveux roses, Adèle s’apprête à vivre l’année la plus marquante de son existence.

Auto-édition – 259 pages – Ebook (2,99€) – Broché (13,99€)

AVIS

Malgré ses très bons avis sur la blogosphère, je suis complètement passée à côté de ce roman et de cette histoire d’amitié entre deux étudiantes que tout oppose. Adèle est une fille modèle couvée par sa mère et obsédée par la réussite scolaire. Rien d’étonnant donc à ce qu’elle ait besoin d’un certain temps d’adaptation pour s’approprier sa nouvelle vie d’étudiante… À l’inverse, Chloé, avec sa mèche rose et sa personnalité haute en couleur, est plutôt du genre rebelle… Bien qu’elles proviennent de deux mondes très différents, les deux jeunes femmes arriveront-elles à dépasser leurs différences pour devenir amies ?

Cette amitié n’a suscité chez moi ni intérêt ni enthousiasme parce que je n’ai pas cru un seul instant à la relation unissant Adèle à Chloé, la première déclarant pour la seconde une fascination qui vire à l’obsession. On a bien des tentatives d’explication sur le pourquoi du comment, mais cela ne m’a guère convaincue… Transposé dans la vraie vie, le comportement d’Adèle m’a également semblé dérangeant et malsain. S’intéresser à une personne, fort bien, mais s’immiscer dans sa vie sans aucune gêne, et partir à la recherche d’informations personnelles quand l’autre personne ne désire pas les partager, me paraît quelque peu déplacé. Si on ajoute à cela les questions incessantes d’Adèle…

Ce détachement vis-à-vis du thème principal du roman ne m’a pas permis de m’impliquer dans cette lecture qui m’a, et j’en suis désolée, clairement ennuyée. Il y a bien quelques tentatives pour susciter l’intérêt du lecteur, mais elles n’ont pas fonctionné sur moi : il y a ce groupe d’amis qui se formera autour d’Adèle et qui apportera sa propre dynamique à l’histoire, la tentative d’instaurer un peu de mystère autour de Chloé, l’émergence de sentiments amoureux, les péripéties inhérentes à la vie d’étudiant…

Quelques points ne sont néanmoins pas dénués d’intérêt comme cet événement brutal qui va marquer un tournant décisif dans la vie d’Adèle. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié le mystère et le suspense qu’il suscite… Le voyage à l’étranger d’Adèle apporte également un peu de dynamisme au récit même s’il m’a fallu me faire violence pour ne pas lever les yeux au ciel quant aux raisons qui l’ont poussée à l’entreprendre. Ce voyage va lui permettre de grandir, et de commencer à couper un peu le cordon avec ses parents. Forte de son expérience dans un pays dont la culture et les conditions de vie sont très éloignées de celles de la France, la jeune fille va réaliser que la voie toute tracée qu’elle s’imaginait suivre ne lui convient peut-être plus vraiment… 

Malgré cette évolution que j’ai appréciée, je n’ai ressenti aucun attachement à Adèle qui m’a plutôt agacée par sa manière plus qu’intrusive d’entrer dans la vie de Chloé, et ses changements d’avis incessants vis-à-vis de ses sentiments pour deux autres personnages… J’ai, en revanche, bien plus accroché à Chloé qui, derrière ses grands airs de fille forte qui se moque de tout et de tout le monde, cache une certaine vulnérabilité. Le personnage est certes un poil caricatural, mais il n’en demeure pas moins attachant et somme toute, bien plus intéressant que celui d’Adèle. J’ai d’ailleurs préféré les quelques passages narrés du point de vue de Chloé. Néanmoins, je ne me suis pas sentie concernée par l’aura de mystère que l’autrice a tentée d’instaurer autour de ce personnage ayant anticipé assez rapidement son secret, du moins, en partie. Mais il est de plus en plus rare qu’une fin me surprenne, et je ne doute pas que beaucoup de lecteurs seront bouleversés par la révélation finale.

Si le fond ne m’a pas convaincue, la forme, en revanche, m’a plu. Le style d’Améie B. est fluide et agréable à lire tout en restant très accessible. La présence de nombreux dialogues devrait, quant à elle, séduire les lecteurs n’aimant pas trop les récits descriptifs.

Pour conclure, malgré la plume agréable de l’autrice, La fille aux cheveux roses n’a pas su me convaincre ni éveiller en moi un réel intérêt en raison d’une amitié qui m’a paru aussi invraisemblable que dérangeante. Chaque avis étant bien sûr différent, je vous invite toutefois à vous laisser tenter par ce roman si vous êtes curieux de découvrir comment deux jeunes femmes que tout oppose vont se rapprocher, et si vous êtes en quête d’un récit qui parle également d’amour, de vie étudiante, et de ce chemin parfois difficile vers la vie d’adulte.

Feuilletez/achetez le roman sur Amazon

Challenge NetGalley 2019

Je suis inscrite sur NetGalley même si j’utilise plus le site pour augmenter de manière déraisonnable ma wish list que solliciter des SP.

Toutefois, malgré une PAL qui déborde et enthousiaste à l’idée de me lancer dans un défi collectif, j’ai décidé de m’inscrire au Challenge NetGalley qui se déroule du 9 mai au 6 juin 2019.

Le principe : chroniquer le plus de livres possible parmi une liste prédéfinie de romans dans laquelle vous pouvez piocher. Pour pimenter le challenge, des défis et des conseils seront également au programme…

Parmi les 20 titres proposés, beaucoup me tentent, mais j’ai préféré rester raisonnable en ne téléchargeant que les deux romans que j’avais de toute manière prévu d’acheter, et que je suis certaine de lire :

L'arrache-mots (Hors-séries) par [Bouilloc, Judith]

J’espère avoir le temps de lire également un ou deux romans de cette liste :

Double 6Les DIY de Maélie

Les fleurs sauvagesL'âme du violonLa librairie des rêves suspendus

Pour se joindre à l’aventure, ça se passe sur cette page !

Et vous, pensez-vous participer ?
Avez-vous repéré des titres qui vous tentent ?

Miss Samouraï et le Ninja Bleu, Arnaud Alméras

Je n’avais jamais entendu parler de ce petit livre jeunesse, mais le titre et la superbe couverture m’ont fait craquer.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

En pleine lecture d’un nouveau manga, Sidonie et Arthur sont transportés dans leur livre… Ils atterrissent dans la chaumière d’une terrible sorcière. Ils ne pourront revenir dans notre monde que s’ils lui rapportent son amulette magique. Pour les aider à affronter les démons qui ne manqueront pas de se dresser en travers de leur chemin, la sorcière dote les deux enfants d’armes magiques. Sidonie devient Miss Samouraï et Arthur le Ninja Bleu. L’aventure ne fait que commencer.

Rageot Éditeur (17 octobre 2018) – 6/9 ans – Poche (7,10€)

AVIS

Sidonie et Arthur sont transportés dans un manga fraîchement emprunté : Le Cristal de Sorcellerie ! Le titre a son importance puisque les deux amis vont justement devoir retrouver ce cristal volé à la sorcière Uma-Yaba par un homme-crapaud devenu le Maître des Démons grâce au  pouvoir de cet artefact. La mission est dangereuse, mais ils n’ont pas le choix s’ils veulent rentrer chez eux, la sorcière n’acceptant de les aider qu’en échange de son précieux cristal. Uma-Yaba va alors doter chacun d’entre eux d’un équipement : ce sera une armure de samouraï et un sabre pour Sidonie, et un costume de ninja et les armes qui lui sont associés pour Arthur.

Nous suivons donc nos jeunes protagonistes dans leur aventure qui sera ponctuée de rencontres plus ou moins sympathiques. Nous sommes dans un livre jeunesse, les méchants sont donc assez caricaturaux, mais cela n’est pas gênant d’autant que j’ai adoré le personnage de la sorcière, un peu plus nuancé, qui n’est pas sans rappeler le mythe russe de la Baba-Yaga que j’aime beaucoup.

Sidonie et Arthur, au cours de leurs péripéties, se feront un allié inattendu et quelque peu mystérieux. Ont-ils d’ailleurs eu raison de lui faire confiance ? Ce sera à vous de le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que ce personnage apporte un peu de mystère à l’intrigue.

Le livre est très rythmé et les événements s’enchaînent les uns après les autres sans aucun temps mort. Ce point devrait permettre de conserver l’attention des jeunes lecteurs durant toute la lecture d’autant que les illustrations en grand format facilitent vraiment l’immersion dans le récit. Elles possèdent, en outre, un côté manga qui apporte du crédit à l’idée que nos deux protagonistes ont été transportés dans l’un de ces ouvrages. Quant aux style tout doux et tout en rondeur de l’illustratrice, Myrtille Tournefeuille, il dégage beaucoup de charme.

Miss Samouraï et le Ninja Bleu fait partie de la collection Flash Fiction des éditions Rageot destinée à susciter chez les enfants récalcitrants à la lecture, ou peu habitués à pratiquer ce loisir, l’envie de lire. Tout est donc mis en place pour rendre l’ouvrage plaisant à  lire : texte aéré, livre rythmé, présentation en début d’ouvrage des principaux personnages et de leurs caractéristiques, quelques illustrations, un vocable simple, des phrases courtes, et un peu d’humour. Un cocktail qui devrait plaire aux jeunes lecteurs, mais aussi à certains adultes qui aiment à retomber en enfance !

Pour conclure, Miss Samouraï et le Ninja Bleu est un roman plein de peps porté par deux personnages attachants qui forment un beau duo. Rempli d’action, de magie et agrémenté de belles illustrations, il devrait séduire les jeunes lecteurs aimant l’aventure.

Retrouver ce livre chez votre libraire ou en ligne.

Bilan Challenge Le temps d’un très long week-end (avril 2019)

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Cela fait des lustres que je n’avais pas participé à ce challenge, mais l’article de Saiwhisper m’avait bien donné envie de retenter l’expérience. Je vous propose donc un petit bilan de cette session qui s’est tenue du jeudi 25 avril 20h30 au lundi 29 avril 23h59.

Pour participer, il fallait choisir l’un des niveaux de lecture proposés, puis valider au moins deux consignes et deux actions.

Pour ma part, j’ai opté pour le niveau de lecteur divin suprême qui consistait à lire plus de 801 pages.

Durant le challenge, j’ai lu :

Couverture Un métro pour SamarraCouverture Promise, tome 1Couverture Les souris du Louvre, tome 1 : Milo et le monde cachéCouverture Wonderland, tome 1

TOTAL : 954 pages

Ce qui m’a permis de valider deux consignes :

  • Lire un livre dont la couverture contient du vert ou du jaune
  • Lire un livre qui contient entre 350 et 500 pages

Parmi les actions suggérées, j’ai validé :

  • Aller à la chasse aux Pokémon : depuis qu’une amie m’a convertie, j’essaie au moins de tourner un pokéstop et d’attraper un pokémon par jour. J’ai donc joué au moins 5 chaque jour du challenge.
  • Aller au cinéma ou regarder une série télé : j’ai vu Endgame au cinéma, un film que j’ai apprécié même si je ne partage pas la passion que semble susciter ce film sur les réseaux… Seul petit bémol, deux petits malins dans la file d’attente qui se sont amusés à spoiler la fin.
  • Faire du sport : essayant de faire une séance de vélo elliptique tous les deux ou trois jours, j’ai pu valider cette action vendredi et dimanche.
  • Faire 10 000 pas en une journée : action validée jeudi, samedi et lundi.

Et vous, avez-vous participé à ce challenge ?
Quel est votre bilan ?

Promise, Ally Condie

Couverture Promise, tome 1

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cassia, 17 ans, vit dans une Société prétendument idéale qui dicte tout : les distractions, le travail, le lieu d’habitation, la nourriture, les vêtements, même la mort est programmée. Mais surtout, les Officiels organisent les mariages selon des critères de compatibilité idéale. Aussi, quand Cassia apprend qu’elle est promise à Xander, son meilleur ami depuis l’enfance, tout semble parfait ! Étrangement, c’est le visage d’un certain Ky qui apparaît sur le fichier numérique consacré à son Promis, avant que l’écran ne s’obscurcisse…
Une erreur, lui dit-on ? Car Ky est issu d’une classe inférieure et n’a pas le droit de se marier. Intriguée, Cassia cherche à mieux connaître ce garçon au passé mystérieux. Ky est un garçon sensible qui lui fait découvrir l’écriture, la création poétique…

Gallimard Jeunesse (7 avril 2011) – 432 pages – Broché (19,50€) –
Autres format : poche/ebook –
Traduction : Vanessa Rubio-Barreau

AVIS

Ally Condie nous embarque dès les premières pages dans un monde qui sous des apparences de perfection fait très vite froid dans le dos. Les Officiels, qui régentent la vie de la population, ont établi un système totalitaire dans lequel l’esprit d’initiative est proscrit et les libertés individuelles quasiment inexistantes. En contrepartie, chaque individu bénéficie d’une longue espérance de vie, d’un métier à la hauteur de ses compétences, de la certitude d’une vie familiale épanouie et d’une descendance « optimale »… Mais peut-on vraiment être heureux quand tout est décidé à notre place, du choix du concubin à la nourriture ingérée ?

Une question à laquelle Cassia n’aurait jamais pensé devoir répondre. Ravie d’assister à son banquet de Couplage durant lequel lui est dévoilé son Promis, cet être fait pour elle, elle était loin de se douter qu’une autre voie s’offrirait à elle... Et si à la place de battre pour son Promis, son meilleur ami Xander, son cœur battait pour quelqu’un d’autre ? Est-ce imaginable dans une société qui ne tolère aucun dérapage et aucune remise en question des décisions officielles ?

Tout autant de questions qui donnent une autre dimension à la romance qui progressivement se construit sous nos yeux. Je n’aime pas, en général, le schéma classique du triangle amoureux, mais je l’ai trouvé ici naturel, voire indispensable, pour comprendre les tiraillements auxquels est confrontée Cassia. Partagée entre son éducation qui la pousse naturellement à suivre ce qu’on lui demande, sa volonté de protéger les siens en ne faisant pas de vagues, et ses propres élans du cœur qui la poussent inexorablement vers Ky, la jeune femme va évoluer, grandir et apprendre, parfois douloureusement, à faire ses propres choix.

Mais plus que la romance qui ne m’a pas touchée outre mesure, c’est la société rigide dépeinte par l’autrice qui a su me séduire ainsi que toutes les réflexions, notamment sur la liberté, qu’elle soulève. Peut-on accepter de sacrifier sa liberté et son libre arbitre en échange d’un certain confort de vie ? Une question qui semble aller de soi, mais que peu de personnes se posent dans ce monde qui a réussi, grâce un profond travail d’endoctrinement et de propagande, à rendre les gens apathiques devant la suppression de leurs libertés. Heureusement, certains individus comme le grand-père de Cassia ne sont pas aveugles face aux égarements du pouvoir et essaient à leur niveau de résister afin de conserver un minimum de contrôle sur leur existence.

J’ai été touchée par la relation unissant la jeune femme à son grand-père dont on sent la grande influence dans sa vie, mais également dans celle des autres membres de sa famille. De manière générale, j’ai d’ailleurs beaucoup aimé les liens unissant Cassia à son petit frère et à ses parents qui, et c’est assez rare pour être souligné, se comportent en adultes responsables et bienveillants. Ils n’auront pas réponse à tout et se montreront parfois démunis, mais ils feront de leur mieux pour protéger leurs enfants quitte à prendre des décisions difficiles…

Ce premier tome m’a fait passer un bon moment de lecture, mais il n’est pas exempt de petits défauts comme quelques longueurs et une certaine superficialité dans le traitement des personnages dont le potentiel n’est pas toujours exploité. Toutefois, la fin laisse espérer une évolution à ce niveau, les choses se mettant en place et la dynamique de rébellion semblant amorcée ! Quant à l’écriture de l’autrice, j’ai été agréablement surprise la trouvant à la fois travaillée et très accessible. La présence de nombreux dialogues fluidifie également la lecture qui, sans être addictive, se révèle plutôt facile et rapide.

En conclusion, Promise est le premier tome d’une trilogie qui, à travers des personnages attachants dont la vie va prendre une tournure inattendue, aborde avec efficacité des thèmes importants comme la liberté et les sacrifices que l’on est prêt à faire pour l’obtenir. Si vous aimez les dystopies et les lectures mêlant action, réflexion et écriture immersive, ce roman devrait vous plaire. Cerise sur le gâteau, c’est également une jolie ode aux pouvoirs libérateurs de la créativité et de la poésie.

Feuilletez le roman sur le site des éditions Gallimard

L’enfaon, Éric Simard

Couverture L'enfaon

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il y a un nouveau dans la classe de Leila. Mais l’enfaon n’est pas un élève comme les autres, il vient du CHGM, le Centre des Humains Génétiquement Modifiés. Si l’enfaon est très fort à la course et en poésie, il n’écoute pas toujours ce que dit la maîtresse, et son regard se perd sans cesse de l’autre côté de la vitre, vers la forêt…

Syros Jeunesse (28 janvier 2010) – 42 pages – Mini Syros – Broché (3€)
NB : une nouvelle édition est disponible

AVIS

J’ai lu ce livre sans trop savoir à quoi m’attendre et j’y ai découvert un récit plein de poésie qui m’a beaucoup touchée. Éric Simard, à travers l’histoire d’un enfant mi-homme mi-faon, aborde avec sensibilité et justesse les thèmes de la différence, du rejet et de l’acceptation de soi.

L’enfaon est différent certes, mais c’est avant tout un être avec sa propre sensibilité qui a, comme tout le monde, besoin d’être aimé et accepté. Il sera moqué, mais il pourra heureusement compter sur le soutien de Leila, une enfant très touchante dont on devine sans peine la grande gentillesse et l’ouverture d’esprit. Quand certains élèves considéreront la différence de L’enfaon comme un sujet de moquerie, celle-ci n’y verra que beauté !

L’enfaon, de par sa nature hybride, a des difficultés scolaires, mais cela ne l’empêchera pas de développer sa propre forme d’intelligence et de grandes qualités. Il n’est ainsi peut-être pas très bon en mathématiques, la logique froide et implacable de la matière ne lui convenant guère, mais il excelle en poésie et en sport… Grâce à ce personnage atypique et émouvant, j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait subtilement l’importance de laisser aux enfants la possibilité d’être eux-mêmes, et de leur donner leur chance même quand ils ne rentrent pas dans les standards de l’enseignement classique. C’est en tout cas le message que je retire de l’histoire et qui me semble important pour les enfants qui ne se sentent pas forcément à leur place à l’école.

Dans ce roman, il est également question d’amour, d’amitié et de maladie… Bien que ce dernier thème ne soit qu’effleuré et toujours avec une certaine retenue, c’est fait avec tellement de douceur qu’il ne pourra que vous émouvoir et vous toucher. L’auteur insuffle également à son histoire quelques pistes de réflexion sur les avancées médicales et technologiques ainsi que leurs limites éthiques et morales.

En conclusion, bien que le roman se déroule dans un univers de science-fiction avec la présence d’Humains Génétiquement Modifiés, Éric Simard évoque des sujets universels qui ont touché, touchent ou toucheront tous les lecteurs ! Destiné aux enfants, le livre est court, mais il contient tous les ingrédients pour susciter moult émotions chez ses lecteurs, petits et grands.

Site de l’auteur
Feuilletez/retrouvez le livre sur le site des éditions Syros