Spirou et Fantasio : Le triomphe de Zorglub ; Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentenac

Spirou et Fantasio : Le triomphe de Zorglub ; Olivier Bocquet, Brice Cossu et Alexis Sentenac

Je remercie Lecteurs.com et les éditions Dupuis pour m’avoir permis de découvrir cette BD dans le cadre de l’opération Les Explorateurs de la BD.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cool ! les aventures de Spirou et Fantasio vont être adaptées au cinéma ! Impatient de devenir une vedette du grand écran, Fantasio postule pour son propre rôle… et se fait recaler (« trop vieux pour le rôle ») ! Très vexé, il déprime. Spirou, pour lui remonter le moral, lui propose de se faire engager comme journaliste sur le tournage. Sur le plateau, Spirou est un peu surpris par l’acteur qui joue son rôle (« un type lisse et sans aucune personnalité ») alors que le comédien est son sosie parfait. Quant à Seccotine, elle est offusquée par le scénario quand elle découvre que l’actrice qui joue son rôle doit multiplier les scènes déshabillées totalement dispensables. Bref, les trois héros vont suivre le tournage en Afrique et en France en essayant de limiter les dégâts provoqués par un réalisateur dans un état second et un producteur qui est la copie conforme de Zoglub !

  • Album: 60 pages
  • Editeur : Dupuis (26 janvier 2018)
  • Prix : 12€

AVIS

Cette BD n’est pas l’adaptation à proprement parler du film Les aventures de Spirou et Fantasio sorti au cinéma en février 2018, mais elle en est néanmoins librement inspirée. N’ayant pas encore vu le film, je ne pourrai pas vous en dire plus sur le degré d’inspiration même si j’espère le voir bientôt, cette BD ayant plus qu’attisé ma curiosité…

Comme la plupart d’entre vous, je connais Spirou et Fantasio, mais je dois reconnaître que mis à part la lecture de quelques albums dans ma prime jeunesse, je connais finalement assez peu la BD. Je préfère le souligner, car je pense qu’un amateur de la série n’aura pas forcément le même avis que le mien ni les mêmes attentes… C’est donc sans a priori que je me suis plongée dans cette histoire loufoque et, somme toute, des plus originales.

J’ai adoré l’idée de donner vie à des personnages fictifs puisqu’ici, Fantasio et Spirou sont bien réels et sont confrontés à une situation inédite : le tournage d’un film mettant en scène leurs aventures. Cela aurait pu être plutôt sympathique, voire flatteur, pour les deux amis si la tentative de Fantasio de jouer son propre rôle n’avait pas été soldée par un cuisant et humiliant échec. Il a, en effet, été considéré trop vieux, trop gros et trop mauvais acteur par la directrice de casting. Les effets du temps n’épargnent personne que l’on soit un grand aventurier/journaliste ou non… Et l’humiliation ne s’arrête pas là : Fantasio et Spirou finissent par découvrir que le scénario ne les présente pas vraiment sous leur meilleur jour. Mais rien de vraiment étonnant si l’on considère que le producteur/acteur ressemble comme deux gouttes d’eau à un certain personnage que notre duo connaît trop bien à son goût : Zorglub. Trop, c’est trop, Spirou et Fantasio sont bien décidés à laver leur honneur, à rétablir la vérité et à faire sortir de sa tanière ce producteur trop louche pour être honnête !

Il me semble préférable d’avoir lu quelques aventures de Spirou et Fantasio pour mieux savourer les différentes références à cette série, notamment au niveau des personnages, qui sont parsemées dans l’album. Néanmoins, même les néophytes pourront se laisser entraîner dans cette aventure abracadabrantesque menée à une cadence folle. Les personnages et les lecteurs n’ont ainsi pas le temps de s’ennuyer entre la découverte des dessous de la réalisation d’un film, un voyage dans le désert, des retournements de situation, des scènes d’action qui déménagent, des gags à gogo, une actrice qui, aidée de Seccotine, se rebelle contre le sexisme dont elle est victime et qui réduit son rôle à celui d’un faire-valoir sexuel (toute ressemblance avec le « vrai » cinéma n’est pas fortuite…), des jeux de mots qui font mouche, des petites piques envers notre duo qui se fait malmener et dont l’ego est mis à rude épreuve…

On sent que le scénariste, Olivier Bocquet, s’est fait plaisir, et qu’il a eu à cœur de nous proposer une histoire qui se démarque des aventures plus classiques de Spirou et Fantasio, tout en ayant veillé à garder le charme de leur relation même si celle-ci est gentiment moquée. Le résultat est d’autant plus savoureux qu’on retrouve le côté déjanté et un peu foufou du script dans les dessins de Brice Cossu et d’Alexis Sentenac. Les expressions des visages, bien souvent exagérées, soulignent à merveille le caractère incongru, si ce n’est absurde, des situations dans lesquelles se retrouvent nos deux amis. Il y a même un petit côté manga dans les traits des dessinateurs au point qu’avec sa gigantesque crinière jaune flamboyante nouvellement acquise, et qui aurait pu être une aubaine pour un chauve précoce si elle ne poussait pas comme une herbe folle, Fantasio aurait toute sa place dans un épisode de Dragon Ball Z… Je soulignerai également l’excellent travail fait sur Fantasio qui, pour moi, est le personnage dont la personnalité a été la mieux mise en images par les dessinateurs. Quant au travail de colorisation de Johann Corgié, je l’ai trouvé parfait pour s’immerger facilement dans l’intrigue d’autant que les couleurs sont un parfait équilibre entre réalisme et exubérance, cette dernière étant criante quand le coloriste s’évertue à retranscrire, en couleurs, les émotions des personnages.

La seule chose qui m’a un peu perturbée dans cet album est le décalage physique entre Fantasio et Spirou. Si le premier a vraiment été marqué par le temps entre rides, calvitie importante et bidon bien rebondi qui donne l’impression que Fantasio a passé son temps libre à s’enfiler tous les litres de bières qui ont croisé son chemin, le second, quant à lui, conserve un aspect juvénile qui peut laisser faire croire que le temps n’a pas eu de prise sur lui. Cela m’a déstabilisée même si je reconnais que le scénariste a su utiliser ce décalage à bon escient puisque cela donne lieu à des quiproquos assez amusants.

En conclusion, empreint d’humour et d’action, Le triomphe de Zorglub est un album qui vous plongera dans une aventure loufoque menée tambour battant. Entre références aux albums « classiques » et version revue et corrigée du célèbre duo, le scénariste propose une histoire qui devrait plaire aux amateurs de Spirou et Fantasio à condition qu’ils gardent en tête le caractère unique et quelque peu déjanté de cet album.

Et vous, envie de découvrir Le triomphe de Zorglub ?

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Bilan Challenge WE à 1000 : mai 2018

WE à 1000.png

Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge trimestriel organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée.


Le Week-end à 1000 venant de s’achever, je vous en propose un petit bilan…

Pour l’occasion, je n’avais pas prévu de PAL préférant choisir mes lectures au gré de mes humeurs. J’ai néanmoins commencé par Parles-tu chocolat ? dont il me restait une centaine de pages à lire.

Couverture Parles-tu chocolat ?

Puis, j’ai lu un petit roman jeunesse illustré tout mignon dont vous retrouverez bientôt la chronique sur le blog.

Couverture Araminta Spookie, tome 1 : Ma maison hantée

TOTAL VENDREDI SOIR : 264 pages

SAMEDI

J’ai lu deux ouvrages graphiques : un manga et une adaptation de Puzzle de Franck Thilliez. Deux belles découvertes même si les illustrations de Puzzle ne m’ont pas vraiment emballée.

Couverture Re:Load, tome 1Couverture Puzzle (BD)

TOTAL : 427 pages

DIMANCHE

J’ai lu dans la matinée L’Envoûtante, un roman qui m’a finalement assez déstabilisée, puis j’ai commencé en fin d’après-midi Piège conjugal.

Couverture L'EnvôutanteCouverture Piège conjugal

TOTAL : 338 pages

TOTAL : 1029 pages lues dans le cadre du challenge

Et vous, certains de ces livres vous tentent ? Et si vous avez participé au challenge, quel est votre bilan ?

Bilan Challenge Une semaine à 1000 pages Chez Le Petit Pingouin Vert #5 : Mai 2018

Une Semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert

Pour rappel, Le Petit Pingouin Vert propose une fois par mois le challenge Une semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert, le but étant évidemment de lire au moins 1000 pages sur une semaine donnée. Pour participer et échanger avec les autres membres, n’hésitez pas à rejoindre le groupe FB.


Pour cette semaine de challenge, je m’étais constituée une PAL variée avec des BD et des romans :

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En suis-je venue à bout ? C’est ce que je vous propose de découvrir à travers ce petit bilan.

LUNDI

J’ai commencé le challenge par la bêta-lecture de l’épisode 12 de la série Lazare Donatien dont vous trouverez le premier épisode en téléchargement gratuit sur Amazon (32 pages). J’ai ensuite attaqué B.O.A de Magali Laurent, un roman avec un univers assez sombre, mais plutôt prenant.

Une loterie inhumaine. Six immortels à gagner. Dans un monde post-apocalyptique, l’humanité a été réduite à quelques milliers d’individus. Les humains sains sont réduits à l’état de bétail-ouvrier dans des camps de travail ou à celui de citoyen de seconde zone vivant dans la misère à Liberté, une terre promise aujourd’hui totalement dénaturée, dirigée par les B.O.A*. Dans ce monde, quand les citoyens achètent des billets pour la loterie annuelle, ce n’est pas pour gagner de l’argent. Les BOA espèrent remporter des Sacs à sang. Des esclaves. Des êtres humains auxquels ils pourront s’abreuver pour subsister. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais, cette année, la loterie est différente : six adolescents sont en jeu, rendus immortels par un processus révolutionnaire. Destinés à offrir leur sang à leurs futurs propriétaires, ils sont condamnés à souffrir éternellement, car même la mort ne pourra les délivrer. S’ils résistent, ils seront transformés en créatures terrifiantes. En Charognards. Des bêtes voraces. S’ils obéissent, ils seront perdus pour toujours. *B.O.A : nommés ainsi en référence aux groupes sanguins, ces êtres, qui n’ont plus qu’une infime part d’humanité, doivent s’abreuver de sang humain pour survivre.

TOTAL : 234 pages

MARDI

J’ai terminé ma lecture de B.O.A que je me suis empressée de chroniquer ayant adoré cette histoire mettant en scène un monde post-apocalyptique où sévissent des vampires d’un genre nouveau. J’ai ensuite commencé Une ombre au tableau de Myriam Chirousse.

Couverture Une ombre au tableau

Une obscurité nacrée baignait le parc, lui conférant un aspect inquiétant et mystérieux, plus authentique aussi, comme si la nuit avait le pouvoir de révéler le vrai visage des choses. La pelouse avait le bleu foncé des mers australes et tout le reste était noir, les grands pins, les bosquets, les haies. Noir aussi le prunier en fleurs du printemps, dont tous les fruits avaient été mangés par les oiseaux et les vers. Seule la margelle de la piscine traçait dans l’ombre un ovale lactescent, au milieu duquel l’eau étalait son vif-argent. »
La Côte d’Azur. Ses villas de luxe et ses piscines.
Quand Greg Delgado, employé de banque, visite la maison de ses rêves, il décide de ne pas dire à sa femme, Mélissa, qu’un enfant s’est noyé dans la piscine. Le couple emménage. Mélissa est-elle dupe ? N’a-t-elle pas aussi certaines choses à cacher ?
Dans la chaleur caniculaire, chacun cherche son intérêt et son plaisir…

TOTAL : 329 pages

MERCREDI

J’ai terminé Une ombre au tableau que j’ai trouvé d’une grande poésie. J’ai ensuite lu un album jeunesse, non prévu dans ma PAL, qui m’a rappelé de jolis souvenirs d’enfance avant de commencer Entre Troll et Ogre.

Les Aristochats - Disney

Et j’ai passé ma soirée à avoir en tête une certaine chanson…

TOTAL : 251 pages

JEUDI

Je n’ai pas eu le temps de lire ayant passé une bonne partie de la journée en famille, mais j’ai chroniqué Une ombre au tableau.

VENDREDI

J’ai terminé Entre Troll et Ogre dont vous retrouverez ultérieurement ma chronique sur le site eMaginarock.

Couverture Entre troll et ogre

Arsouille est un vieux troll désabusé et perclus d’arthrite. Plus grand-chose ne l’inquiète, à part bien sûr les ogres, la guerre et son petit-fils qui doit entrer au collège…
Mais un soir, Arsouille reçoit une lettre pleine de regrets de son jumeau qu’il n’a pas vu depuis cinquante ans. La surprise est totale : son frère est un ogre et les ogres n’écrivent pas aux trolls. D’ailleurs, les ogres ne font pas dans le sentiment, pas même avant de vous arracher la tête. Alors qui a écrit cette lettre ? Arsouille qui ne sait pas déchiffrer une carte va devoir se rendre sur le front pour le découvrir…
Une enquête à mi-chemin entre la fantasy et le post-apocalyptique. Avec Entre troll et ogre, Marie-Catherine Daniel signe un roman puissant qui interroge la notion d’humanité.

TOTAL : 316 pages

SAMEDI

J’ai dévoré un roman d’Amélie Nothomb trouvé dans une boîte à livres : Les Combustibles. Puis, j’ai enchaîné avec deux BD.

Aucun texte alternatif disponible.

Couverture du livre « Les aventures de Spirou et Fantasio ; le triomphe de Zorglub » de Olivier Bocquet et Brice Cossu et Alexis Sentenac aux éditions DupuisCouverture Ira Dei, tome 1 : L'or des caïds

TOTAL : 202 pages

DIMANCHE

J’ai commencé Parles-tu chocolat ?, un roman plein de sensibilité et d’humour. J’ai dû interrompre ma lecture pour rédiger une chronique et préparer quelques articles pour la semaine sinon j’aurais lu cette petite pépite d’une traite.

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TOTAL : 217 pages

TOTAL : 1549 pages lues dans le cadre du challenge

BILAN

Je suis ravie de cette semaine à 1000 pages qui m’a permis de faire diminuer ma PAL, de traiter quelques services presse et de passer de très beaux moment de lecture puisque TOUS ces livres m’ont plu. A noter que j’ai bien lu tous les livres de la PAL constituée pour le challenge et que j’en ai même ajouté deux ! C’est assez rare pour que j’en sois plutôt contente. Les jours fériés et l’absence de M. pour la semaine ont quand même bien contribué au résultat, mais j’espère rester sur cette lancée et continuer à faire descendre ma PAL…

Et vous, avez-vous participé à cette semaine à 1000 pages ? Quel en est votre bilan ?

Fabuleux nectar, Vincent Portugal

J’ai découvert ce roman dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie imaginaire.

Prix des auteurs o

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Du haut de sa tour du Palais Suspendu, Misha étudie ses grimoires et réchauffe ses alambics. L’alchimiste du roi est un créateur talentueux. Il invente des sortilèges et murmure des poèmes pour transformer la magie en outils insolites.
Son quotidien est bouleversé par la capture de trois rebelles des îles Liberté qui luttent pour leur indépendance. Pourquoi la princesse Séléna s’est-elle livrée à ses ennemis ? L’alchimiste soupçonne la prisonnière de profiter de sa captivité pour leur tendre un piège.
La belle étrangère prétend que son navire contient des trésors dignes des légendes, l’héritage d’un antique peuple des mers. Ses ruses et ses manigances se teintent de mystère, de magie, et d’une alchimie fabuleuse qui pourrait changer le destin du royaume.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Vincent Portugal;
  • Prix : 2.99€ (compatible abonnement Kindle Amazon)
  • Autre format : broché (9.90€)

AVIS

Si vous me lisez régulièrement, vous devez vous douter que mon intérêt pour ce livre a été éveillé dès la découverte de sa couverture que je trouve plutôt attractive. En plus du côté esthétique, j’ai été intriguée par la présence de sirènes, une créature que j’affectionne beaucoup bien qu’elle soit finalement assez peu représentée dans la littérature…

Dans ce roman, les sirènes sont présentes en filigrane puisque leur mythe est mis en avant par la princesse Séléna des îles Liberté qui, avec deux autres compagnons, a été capturée par le roi Alexander. Cette princesse, à la forte personnalité, s’est donnée comme mission de gagner l’indépendance de ses chères îles que le roi asphyxie par la levée d’impôts injustes et de plus en plus importants. Et pour ce faire, quoi de mieux que de lui faire miroiter l’existence de multiples richesses héritées d’antiques descendants ayant quitté la terre ferme pour les profondeurs de l’océan ? En offrant à ce roi la promesse d’un partage de ces trésors et des revenus des îles Liberté, la princesse espère ainsi faire cesser une guerre coûteuse en vies pour les siens et en argent pour le roi. Un accord qui devrait se révéler gagnant-gagnant pour chacun à moins que la princesse et ses acolytes ne gardent encore quelques secrets comme la provenance de ce mystérieux nectar qui affole les sens du roi et l’imagination de la cour…

Ce roman m’a assez surprise, dans le bon sens du terme, dans la mesure où je n’avais pas anticipé la tournure prise par l’histoire. Je m’attendais à un récit empreint de magie, j’ai trouvé un récit empreint de magie, de poésie, mais surtout de politique, de manigances en tout genre et de faux-semblants. Alors je vous rassure, l’auteur ne nous présente pas un débat politique rébarbatif, mais plutôt une histoire où les enjeux politiques et économiques sont au cœur de tout. Ils se révèlent d’ailleurs, bien que pour des raisons différentes, d’une importance capitale pour Séléna et son peuple, et pour le roi et l’affirmation de son autorité.

Au milieu de tout ça, nous avons l’alchimiste du roi, Misha, qui est accompagné d’un Djinn que j’ai beaucoup apprécié. Jouant un peu le rôle de Jiminy Cricket pour l’alchimiste, le Djinn tentera de le guider et de le soutenir sans se départir d’un certain humour qui rend le personnage plutôt attachant. Les échanges entre l’humain et son compagnon surnaturel sont donc plaisants à suivre bien que j’aurais adoré que le Djinn soit encore plus présent… Quoi qu’il en soit, le Djinn sait faire preuve de dérision tout en sachant également soutenir inconditionnellement son ami même dans les situations qui, à première vue, semblent mal engagées…

Et de ce soutien, Misha en aura fort besoin puisque bien qu’intelligent et très doué quand il est question de magie, il semble dépassé quand il s’agit de politique… Il sera néanmoins le premier et le seul à douter de l’existence des sirènes tellement vantée par Séléna. Et il sera encore le seul à deviner que la princesse est bien plus dangereuse que ce qu’elle aimerait faire croire… Troublé par l’influence grandissante de la captive sur son roi, il lui sera toutefois difficile de faire entendre sa voix face à un souverain bourru et assez impulsif d’autant que le caractère un peu mou de Misha ne l’aide pas vraiment à s’imposer. C’est un petit génie de la magie, mais c’est aussi une personne timorée qui, face à ses privilèges nouvellement acquis, n’est pas prompte à défendre ses opinions pacifiques. Contre la guerre et le détournement de ses inventions pour exterminer le peuple des îles Libertés, il préféra donc fermer les yeux plutôt que de monter au créneau et refuser de continuer à servir le roi.

Je dois avouer que ce personnage m’a parfois un peu agacée ne supportant pas les gens qui ont des prétendus idéaux, mais qui les bafouent allègrement dès que leur petit confort entre en jeu. Et c’est exactement ce que fait Misha jusqu’à sa rencontre avec la princesse et son garde du corps. Il va très vite être confronté au mépris de ces deux individus pour un homme qui a mis son savoir magique au service de la destruction plutôt que de l’amélioration des conditions de vie des citoyens. Heureusement, petit à petit, Misha va évoluer et s’interroger sur ses actions jusqu’à avoir une certaine prise de conscience qui ne lui permet plus de se dédouaner de sa part de responsabilité dans le massacre d’innocents…

J’ai donc apprécié que l’auteur fasse évoluer progressivement son protagoniste comme j’ai aimé qu’il mette sur sa route, une femme forte et auréolée d’un certain mystère. Farouche, intelligente tout en étant prête à des actes de bravoure frôlant la folie pour protéger les siens, envoûtante, habile conteuse et négociatrice, les deux allant souvent de pair, Séléna est définitivement une femme qui possède un charisme fou. On l’imagine sans peine galvaniser les foules ! D’ailleurs, le roi lui-même semble ensorcelé par cette beauté… Découvrir cette femme fut un réel plaisir même si j’aurais aimé en apprendre plus sur cette princesse déterminée à sauver son peuple. Mais ça, c’est la faute de l’auteur qui a su donner vie à un personnage tellement intéressant que l’on aurait envie de lire des pages et des pages sur ses aventures et ses pensées. J’ai ainsi adoré m’interroger sur ses motivations, essayer de deviner ses intentions, tenter de cerner le vrai du faux de ses récits fabuleux sur les sirènes… En d’autres mots, comme le roi, je me suis laissée envoûter par cette femme qui a tout pour devenir une souveraine respectée et redoutable. Il vaut mieux donc l’avoir de son côté, ce que va découvrir de manière assez brutale notre alchimiste.

Au-delà des personnages, l’univers imaginé par l’auteur est un pur délice à découvrir d’autant que d’une plume élégante et poétique, il nous immerge dans son récit où la magie et la poésie sont intrinsèquement liées. Dans ce roman, il ne vous faudra pas, en effet, savoir manier la baguette pour lancer des sortilèges. Il vous faudra plutôt apprendre à manier avec délicatesse les mots et les rimes. Et attention aux plus distraits des alchimistes, la poésie pouvant se révéler mortelle quand elle n’est pas déclamée de manière rigoureuse et réfléchie. Lier magie et poésie est certainement l’idée qui m’a le plus séduite dans cette histoire puisque j’ai eu le sentiment que l’auteur soulignait, par ce biais, le côté presque enchanteur de la poésie. J’ai, dans tous les cas, fortement apprécié la place donnée à la poésie, un art que notre alchimiste maîtrise à merveille. J’aurais d’ailleurs adoré trouver, en fin d’ouvrage, certains de ses poèmes-sortilèges. Si vous êtes dans mon cas, vous apprécierez néanmoins la présence de poèmes, extraits de traités d’alchimie, en début de chapitre… Un petit plus qui contribue au charme qui se dégage de cet univers aussi dangereux que poétique :

« Des arômes boisés, souvenirs d’une épave,
Caressent le palais dont je me sais l’esclave.
Chêne, pin, acajou ? Qu’importe la résine !
Les trésors se goûtent ; la route se devine. »

« Pilleurs d’épaves »
L’Alchimie du Goût – Poèmes gustatifs et applications, Vol. I

En conclusion, en nous offrant une plongée dans un univers imaginaire teinté de poésie et de magie, l’auteur arrive à concilier les amateurs d’histoires fantastiques et les amateurs de jolis textes. Quant aux lecteurs avides de rencontrer des personnages qui leur réservent quelques surprises, Fabuleux nectar devrait les séduire.

A noter une interview de l’auteur sur le site du Prix des auteurs inconnus, une manière intéressante d’en apprendre plus sur l’auteur et son univers. Découvrez également, sur le site, les chroniques des autres membres du jury

Photo de la page FB de l’auteur

Site de l’auteurPage FB de l’auteur

Et vous, envie de feuilleter ou de craquer pour Fabuleux Nectar ?

 

 

B.O.A tome 1 : Loterie Funeste, Magali Laurent

Aucun texte alternatif disponible.

Je remercie les Éditions de Mortagne et Babelio pour m’avoir permis de découvrir B.O.A : funeste loterie de Magali Laurent.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une loterie inhumaine. Six immortels à gagner. Dans un monde post-apocalyptique, l’humanité a été réduite à quelques milliers d’individus. Les humains sains sont réduits à l’état de bétail-ouvrier dans des camps de travail ou à celui de citoyen de seconde zone vivant dans la misère à Liberté, une terre promise aujourd’hui totalement dénaturée, dirigée par les B.O.A*. Dans ce monde, quand les citoyens achètent des billets pour la loterie annuelle, ce n’est pas pour gagner de l’argent. Les BOA espèrent remporter des Sacs à sang. Des esclaves. Des êtres humains auxquels ils pourront s’abreuver pour subsister. Jusqu’à ce que mort s’ensuive. Mais, cette année, la loterie est différente : six adolescents sont en jeu, rendus immortels par un processus révolutionnaire. Destinés à offrir leur sang à leurs futurs propriétaires, ils sont condamnés à souffrir éternellement, car même la mort ne pourra les délivrer. S’ils résistent, ils seront transformés en créatures terrifiantes. En Charognards. Des bêtes voraces. S’ils obéissent, ils seront perdus pour toujours. *B.O.A : nommés ainsi en référence aux groupes sanguins, ces êtres, qui n’ont plus qu’une infime part d’humanité, doivent s’abreuver de sang humain pour survivre.

  • Broché: 460 pages
  • Editeur : Mortagne (11 avril 2018)
  • Prix : 15€
  • Autre format : ebook

AVIS

Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois dire que je suis complètement sous le charme de la couverture qui a d’ailleurs contribué à mon envie de lire B.O.A, un roman qui se déroule dans un monde post-apocalyptique au sein duquel l’espèce humaine a été, en grande partie, décimée par un virus. Virulent, celui-ci transformait les personnes infectées en des Charognards, des bêtes animées d’une soif insatiable de sang ayant perdu leur humanité. Les plus riches ont cependant pu se procurer le premier antidote mis sur le marché, un antidote qui les condamnera à devenir eux-mêmes des buveurs de sang. Nommées BOA, ces personnes ont gardé leur âme humaine, mais comme des vampires, ont besoin de sang pour survivre. Et ce sang, ils vont le trouver chez les humains sains puisqu’une partie de la population a bénéficié d’un second vaccin…

Après quelques périodes de trouble, les BOA et les humains sains, qui ont fini par se regrouper, ont trouvé un compromis afin de créer un semblant de paix sociale. Mais cet équilibre, qu’on pourrait presque qualifier de la terreur, ne se fera pas sans quelques sacrifices : des êtres humains sains sont ainsi enfermés dans des Celliers, dès leur plus jeune âge, afin de fournir les BOA en sang. Nommés Sacs à sang comme certains nommeraient « sac à puces » un corniaud trouvé sur le bord de la route, ces êtres sont voués à une vie d’esclave rythmée par le travail, le sport et les « dons » du sang. En plus de leurs conditions de vie matérielles très difficiles, tout est fait pour qu’aucune relation entre les Sacs à sang ne se développe les enfermant ainsi dans une profonde solitude…

Oxana et son frère jumeau Alexandre, qui vivent tous les deux dans un Cellier, échappent quelque peu à cette solitude grâce à la très grande complicité qui les unit. La jeune femme est le premier personnage que l’on découvre ce qui peut expliquer que c’est celui que j’ai préféré suivre dans le roman d’autant que j’ai adoré sa personnalité. Courageuse voire parfois un peu trop impulsive pour sa propre sécurité, elle ne se laisse pas détruire par la vie qu’on lui impose dans le Cellier. Malgré les moments de doute et de découragement, elle va de l’avant et garde cet esprit de combativité que j’apprécie tellement. Et puis, j’ai adoré la manière dont son frère et elle se protègent mutuellement même si j’ai parfois été un peu gênée par leur grande proximité physique. J’imagine que les conditions dans lesquelles ils ont grandi expliquent cette relation quelque peu ambigüe qui pousse d’ailleurs Alexandre à se montrer jaloux d’un BOA, Kael, faisant partie de la résistance.

Kael est un personnage intéressant dans la mesure où il se rebelle contre l’ordre établi et refuse purement et simplement de réduire des êtres humains à l’état de Sacs à sang ! Cela m’a rassurée de voir que tout le monde dans cette société n’est pas indifférent au sort réservé à ces êtres humains condamnés à n’être que le garde-manger des BOA. J’ai donc compris sans peine l’envie de Kael de remédier à cette ignominie en rendant leur liberté à toutes ces personnes sacrifiées au nom de l’intérêt commun. Alors qu’on ne le voit pas beaucoup dans ce premier tome, Kael est pourtant un personnage qui m’a extrêmement touchée d’autant qu’on apprend, petit à petit, à découvrir son sens du sacrifice et de l’honneur… J’ai ainsi eu beaucoup de peine pour lui que ce soit en raison de sa relation avec son père ou son impossibilité de révéler un pan entier de sa vie à son plus jeune frère qu’il aime et protège du mieux qu’il peut de la violence de leur père.

Magali Laurent exploite donc parfaitement le thème de la famille à travers des liens fraternels forts, des relations parents/enfants dysfonctionnelles voire franchement cruelles, mais elle n’en oublie pas pour autant de donner une large place à l’amitié. En effet, si le début du roman se concentre sur Oxana et son frère, l’auteure introduit en cours de route d’autres personnages qui seront réunis par les plans machiavéliques de M. Wolfe. Propriétaire des Celliers et de la société à l’origine d’une loterie destinée à gagner des Sacs à sang, cet homme est la quintessence de ce qu’il peut y avoir de pire chez une personne : calculateur, obsédé par l’appât du gain, dénué d’empathie et de morale, violent, manipulateur, méchant voire franchement dérangé notamment dans sa volonté de créer sa propre version de La Belle et la Bête (le happy end en moins)… J’aime les méchants bien cruels et sadiques et de ce côté, je peux dire que l’autrice a répondu à mes attentes pour le plus grand malheur de ses personnages d’ailleurs. Notre tordu de service, alias le psychopathe que personne n’a envie de croiser, a ainsi prévu pour fêter les vingt-cinq ans de sa loterie d’offrir, par lots de deux, six individus rendus immortels par un nouveau procédé révolutionnaire.

Un sort révoltant et peu enviable qui aura au moins l’avantage de permettre à Oxana et à Alexandre de rencontrer Kim, Sam, Cléo et Denys. Tous les six vont apprendre à se connaître et à se faire confiance malgré leurs différences. Une réelle solidarité va donc se former au sein du groupe même si, comme dans la vraie vie, certaines affinités vont plus se développer que d’autres. Dans tous les cas, j’ai pris plaisir à suivre les interactions entre les différents protagonistes qui finissent par devenir amis. Une petite révolution pour ces jeunes gens qui, à part Oxana et Alexandre, n’ont eu que la solitude comme compagnon… Mon seul regret concerne Kim et Sam qui m’ont parfois donné l’impression de faire de la figuration. Je croise donc les doigts pour que l’auteure leur offre un peu plus de visibilité dans le second tome.

A l’inverse, Cléo est un personnage que l’auteure met en avant ce qui peut s’expliquer par le fait que sa vie a été très différente de celles de ses nouveaux amis. En effet, bien qu’ayant vécu toute son enfance et son adolescence enfermée dans un appartement, elle a été relativement choyée. Élevée pour servir avec excellence son futur propriétaire BOA sans jamais penser par elle-même, rien ne l’avait préparée à affronter la vie à l’extérieur qui se révèle bien différente de l’image d’Épinal qu’on lui avait fait miroiter. Alors que l’on aurait pu craindre une jeune pimbêche capricieuse, on découvre une personne déboussolée qui doit remettre en question tout ce en quoi elle croyait. Son univers s’effondre, mais elle ne se lamente jamais et ne se transforme pas soudainement en Cruella d’enfer, ce qui la rend très attachante. Derrière une apparente perfection, Cléo se révèle pétrie de doutes et de fêlures ! Mais je vous rassure, l’auteure ne tombe pas dans le cliché de la petite fille riche car, déboussolée ou non, Cléo fait face avec détermination aux épreuves que sa nouvelle vie met devant elle…

Comme souvent dans les romans destinés à un public relativement jeune, il y a de la romance ce qui, en général, a le don de m’agacer. Mais fort heureusement, l’auteure a réussi à rendre cet aspect crédible et surtout intéressant. J’ai donc aimé voir Cléo affronter des sentiments qui lui étaient jusqu’à maintenant complètement étrangers… Cela apporte une certaine crédibilité à cette jeune femme qui se pensait froide, calculatrice et dénuée d’émotions. Cela va nous permettre également de nous attacher à un autre protagoniste qui, aux côtés de Cléo, va progressivement apprendre à accepter sa propre vulnérabilité. J’ai, néanmoins, été plus sceptique face à l’attraction bien trop rapide entre deux autres protagonistes. Ce sera d’ailleurs là, pour moi, le seul vrai point négatif du roman.

Enfin, si j’ai autant insisté sur les personnages et leurs interactions, c’est que ce sont, pour moi, les deux grands points forts de ce roman. C’est parce qu’on s’attache aux personnages qu’on a tellement envie de découvrir ce qui va leur arriver. Et cet attachement passe, en partie, par la narration alternée parfaitement maîtrisée par l’auteure ainsi que par la présence de nombreux dialogues. Ceux-ci, en plus d’apporter du dynamisme à l’histoire, nous donne presque l’impression de participer aux conversations entre les personnages. A cela s’ajoute une plume fluide qui, sans fioritures ou longues descriptions, plonge directement le lecteur au cœur de ce récit mené tambour battant !  Tenu en haleine dès le début de l’histoire, le lecteur s’attache tellement aux personnages, qu’il en vient à ne plus vouloir les quitter et à souffrir à leurs côtés quand ils découvrent à quel point leur existence n’est qu’un tissu de mensonges, et que leur bourreau est prêt à tout pour les soumettre. En ce qui concerne la fin, elle ne peut que vous donner envie de vous jeter sur le tome deux avec un sentiment mêlé d’excitation à l’idée de retrouver nos six amis et de crainte quant au devenir de chacun…

En conclusion, sans être une grande amatrice de dystopies, j’ai été complètement séduite par l’univers presque visqueux imaginé par l’auteure. Elle a su nous offrir une histoire revisitant de manière originale le mythe des vampires ce qui devrait ravir les lecteurs appréciant ces créatures assoiffées de sang. Mais ce qui fait la force de ce roman, c’est la galerie de personnages hauts en couleur que l’on apprend à connaître et dont on ne peut que partager la colère et le sentiment d’injustice. Alors si vous avez envie d’une lecture rythmée et addictive qui vous fera passer par mille émotions, Loterie funeste devrait vous offrir de belles heures de lecture ! Pour ma part, je suis impatiente de lire le tome 2 dont vous découvrirez un extrait en fin d’ouvrage…

B.O.A. 02 : Couples maudits par [Magali Laurent]

Site de l’auteurePage FB de l’auteure

Et vous, envie de craquer pour ce roman ? Vous pouvez le commander dans votre librairie préférée ou sur des sites comme Amazon

 

 

A cheval tome 1 : Hip Hippique, Hourra ! , L. Dufreney et Miss Prickly

J’avais déjà croisé la série A cheval en librairie et chez France Loisirs, mais c’est l’opération 48h BD qui m’a donné envie d’acheter et de me plonger dans ce premier tome.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

C’est la rentrée au club ! Les jeunes cavaliers font connaissance avec Bijou le poney grincheux, Cookie le gourmand, Kamboui le crado, Xanax le trouillard ou encore Flash, le pur-sang électrique à la technique de saut d’obstacles très particulière ! Une joyeuse bande de chevaux et poneys hauts en couleur qui, entre deux cours d’équitation, blaguent, observent et mènent la vie dure aux cavaliers !

  • Album: 48 pages
  • Editeur : Delcourt (2 septembre 2015)
  • Prix (hors 48h BD) : 10,95€

AVIS

J’aime les animaux, mais j’avouerai ne jamais avoir été particulièrement passionnée par les chevaux ce qui ne m’a pas empêchée d’avoir adoré cette BD dans laquelle l’humour est omniprésent. Cela commence d’ailleurs avec le titre Hip Hippique, Hourra ! qui ne peut que prêter à sourire. Et ce n’est qu’un début puisque les lecteurs vont avoir la chance de découvrir une galerie de chevaux et de poneys hauts en couleur et surtout très drôles. Chacun d’entre eux a sa propre personnalité ce qui permettra aux lecteurs de vite se repérer parmi tous ces protagonistes d’autant que la maison d’édition a pensé à tout en insérant, en début d’ouvrage, une petite galerie des personnages…

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On a ainsi le peureux, le sportif, le gourmand, celui qui aime se rouler dans la boue, l’hyperactif, la grande timide, l’Américain qui a gardé son accent et son envie de parquer le bétail comme le découvriront, à leurs dépens, les enfants…

J’ai préféré certains personnages à d’autres, mais il n’y en a aucun qui ne m’a pas fait sourire voire franchement rire. Il faut dire que l’auteur, en donnant des traits de personnalité humains à des chevaux et des poneys, rend les différentes scènes constituant l’ouvrage très amusantes. Les rôles étant inversés, ce ne sont pas les deux pattes qui commentent la vie au centre d’équestre, mais bien les quatre pattes. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que nos équidés ne manquent pas de mordant et d’humour ! Certaines scènes, comme l’arrivée des nouveaux membres humains du centre d’équestre, donnent d’ailleurs lieu à des commentaires plutôt amusants, voire cocasses, de leur part. Mais nos facétieux chevaux et poneys ne font pas qu’observer puisqu’ils n’hésitent pas à mener par le bout du nez ces petits humains qui veulent s’initier à l’équitation… Ceux-ci vont donc vite découvrir qu’apprendre à monter à cheval requiert de la patience et de la persévérance.

Si cela m’a un peu étonnée au début de la lecture, j’ai apprécié que le scénariste ne nous propose pas une histoire à proprement parler, mais une suite de scènes, certaines étant plus ou moins liées. La lecture n’en est que plus fluide et rythmée, ce qui devrait d’ailleurs permettre aux jeunes lecteurs de s’immerger assez facilement dans la BD. Quant aux illustrations, j’ai aimé leur aspect un peu cartoon qui donne l’impression d’être devant un dessin-animé. Les expressions des personnages volontairement exagérées soulignent et renforcent ainsi parfaitement le travail comique effectué par le scénariste. J’aimerais également souligner l’excellent travail de colorisation de Magali Paillat qui, à travers l’utilisation de couleurs vives mais réalistes, contribue fortement à rendre cette lecture immersive et agréable.

A noter en fin d’ouvrage une petite planche explicative qui, je dois bien le reconnaître, m’a été fort utile pour en apprendre un peu plus sur l’anatomie des chevaux et des poneys.

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Pour conclure, si vous aimez rire et les animaux, je ne peux que vous conseiller de vous laisser tenter par ce premier tome d’une série que je suivrai avec plaisir. Avec des personnages qui ne manquent pas de répartie et d’humour, et des illustrations aussi douces que colorées, le trio scénariste/illustratrice/coloriste vous propose une histoire que l’on peut déguster à tout âge et sans modération.

Et vous envie d’acheter ou de feuilleter ce premier tome de A cheval ?

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Vite, Cachez-vous, Frank et Devin ASCH

Couverture Vite, cachez-vous !

En grande amoureuse des chats, je ne pouvais que craquer pour cet album jeunesse d’autant que « Vite, cachez-vous ! » est la phrase que ma nièce de deux ans nous dit quand elle veut qu’on joue avec elle à cache-cache. J’espère d’ailleurs lui faire découvrir cette jolie histoire quand elle sera un peu plus grande.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Éléonore Merlot, jeune et charmante chatte, abrite sous son toit une famille de souris avec laquelle elle entretient d’excellentes relations.
Mais cette amitié, contraire à la loi féline, éveille les soupçons d’une vieille voisine.
La police vient enquêter au domicile de Mme Merlot et ne tarde pas à relever certains indices trahissant la présence de ses pensionnaires.
Heureusement, Éléonore a l’esprit vif et beaucoup d’aplomb et ne manque ni de sang-froid, ni de repartie !

  • Album: 30 pages
  • Tranche d’âges: 3 – 5 années
  • Editeur : Albin Michel (29 août 2007)
  • Prix : 14€

AVIS

Les chats, ennemis naturels des souris ? C’est une question que l’on pourrait légitimement se poser après avoir lu ce joli récit dans lequel Mme Merlot, une chatte bibliothécaire (deux mots que l’on ne pensait pas possible d’accoler) adore ces petits rongeurs au point d’en héberger chez elle. Elle cohabite ainsi avec une grande famille de souris qui, en échange du gîte et du couvert, n’hésitent pas à participer aux tâches ménagères.

Cette joyeuse cohabitation doit néanmoins faire face aux suspicions des voisins qui, en bons chats, ne tolèrent pas que l’une des leurs fricotent avec la nourriture. Cela n’aurait pas été un problème en soi si un charmant voisin n’avait pas alerté la Sûreté Féline pour que Mme Merlot soit punie de son crime contre-nature. Une dénonciation abjecte qui ferait hérisser les poils de n’importe quel chat !

Fort heureusement, grâce à son sens de la répartie et ses talents d’improvisation, Mme Merlot va faire face avec aplomb au duo de policiers venus fouiller son appartement. Un duo composé d’un chat-inspecteur plutôt agressif prenant l’apparence d’un chat gris souris et d’un brigadier roux, beaucoup plus sympathique. Le premier va prendre un malin plaisir à fouiner de partout étant certain de la culpabilité de notre chatte, quand le second semble somme toute beaucoup plus naïf et conciliant. Les auteurs nous proposent donc un schéma classique, celui du méchant et du gentil flic sauf qu’à la place des êtres humains, nous avons ici des félins.

Et c’est d’ailleurs tout le charme de cet album qui remplace les hommes par des chats et des souris. Une personnification de ces animaux qui passe autant par l’enquête que les relations entre les protagonistes, les vêtements, les décors… Je retiendrai d’ailleurs une scène assez amusante dans laquelle Mme Merlot prend le thé avec sa voisine. Tous les détails sont là pour vous donner l’impression d’assister à un tea-time aristocratique. Je vous laisse le plaisir d’admirer la scène et notamment la manière dont Mme Merlot tient sa tasse. Difficile de ne pas sourire devant cette parodie ou imitation d’une scène que l’on aurait pu trouver dans un livre de Jane Austen.

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A travers cette jolie histoire destinée à la jeunesse, les auteurs n’hésitent pas à dénoncer certains travers humains : la jalousie, la délation, la méchanceté, le rejet de la différence… Mais se cache également derrière ce récit d’une minette qui défie les conventions sociales, un très joli message d’espoir, d’amitié et de tolérance. Faites de petites attentions et d’un respect mutuel, les relations entre Mme Merlot et ses protégés sont un vrai régal à découvrir. Quand la première fait les courses pour nourrir tout ce beau monde et tricote même des habits, les seconds font tout pour lui rendre la vie agréable… Des petits instants de bonheur qui feront fondre le cœur même des plus endurcis des lecteurs. A cet égard, je vous mets une illustration que je trouve magnifique dans sa composition et les différentes émotions qu’elle véhicule.

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Quant aux illustrations, j’ai été séduite par les couleurs, les costumes, les mimiques des personnages, l’effort particulier apporté aux décors qui sont extrêmement bien détaillés… J’ai également beaucoup aimé le fait que tout dans cet album, autant au niveau du fond que de la forme, donne l’impression de ne pas avoir affaire à de simples chats, mais à des chats extrêmement évolués. Ils ressemblent d’ailleurs comme deux gouttes d’eau à des humains que ce soit dans leurs bons ou leurs mauvais côtés.

Enfin, je dois admettre que le duo d’enquêteurs m’a fait sourire puisque j’ai moi-même un duo de chenapans gris et roux. Mais mes chats sont quand même beaucoup plus faciles à vivre, quoique j’avoue que le faciès de l’inspecteur quand il est agacé est assez fidèle à la tête de Gribouille quand on ose le déranger.

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Pour conclure, cet album jeunesse devrait ravir tous les amoureux des animaux et des chats en particulier. Les plus jeunes pourront savourer cette jolie histoire d’amitié inter-espèce, quand les adultes pourront avoir une lecture un peu plus symbolique de l’intrigue. Un album jeunesse que je conseillerai donc à toutes les personnes qui veulent avoir dans leur bibliothèque un livre à lire et à relire. Et puis, cerise sur le gâteau, vous pourrez vous lancer avec les plus jeunes dans des parties endiablées de « où sont les souris » ?

Et vous, envie de craquer pour Vite, Cachez-vous ! ?