La Princesse Pirate, Svetlana Mori

La Princesse Pirate

RÉSUMÉ

Il était une fois une petite fille qui rêvait de devenir pirate. Mais comme il s’agissait d’une princesse, ce n’était pas gagné d’avance! Par chance, elle pouvait compter sur son papa pour l’aider. La voilà partie à l’aventure! Mais ce qu’elle ne savait pas, c’est que ses ennuis ne faisaient que commencer…

  • Broché: 48 pages
  • Éditeur : lulu.com (26 août 2018)
  • Prix : 5.01€

AVIS

Aimant beaucoup le travail de Svetlana Mori, je n’ai pas hésité à accepter sa proposition de découvrir son tout premier livre jeunesse : La Princesse Pirate. Avec un tel titre et une aussi belle couverture, il aurait été d’ailleurs difficile d’apporter une réponse différente à cette adorable proposition.

Les histoires de pirates m’ont toujours plu même si depuis que je suis adulte, j’ai plutôt tendance à privilégier les BD sur ce thème. Mais ce qui est certain, c’est que l’univers de la piraterie est somme toute plutôt masculin. J’ai donc apprécié cette bouffée d’air frais apportée par Svetlana Mori qui nous offre un récit ne mettant pas en avant un pirate sanguinaire, mais une princesse !

Et pas n’importe quelle princesse : la seule de tous les livres que j’aie pu lire qui se rêve en femme pirate. Ce que ses parents ont d’abord pris pour la lubie d’une fillette de six ans se transformera en un plan de carrière dont elle ne déviera jamais, même en grandissant. C’est donc tout naturellement qu’âgée de ses seize ans, elle décide de se lancer dans le grand bain…

Mais la princesse va vite découvrir qu’on ne devient pas pirate par ce qu’on le décide, mais que c’est une position qu’il faut obtenir en travaillant dur et en faisant ses preuves. Ni une ni deux, forte de cette leçon de vie, ou plutôt de piraterie, elle se lancera à corps perdu pour atteindre ce statut de pirate tant désiré. Et pour ce faire, elle pourra compter sur ce qui fait son charme : de la détermination à toute épreuve, une volonté de fer, de la débrouillardise, une capacité innée à l’action et à la prise de décision, du courage (beaucoup de courage)… Non, à n’en pas douter, notre héroïne a dans son sang bien plus d’ADN de pirate que de jolie princesse qui passe sa vie à se prélasser.

Le récit est mené tambour battant et ne manque pas d’action, il devrait donc ravir les enfants d’autant que les phrases sont joliment structurées tout en étant simples d’accès.  Mais Svetlana nous offre un récit dont l’intérêt ne se résume pas à son rythme et au charme de son héroïne. Il se révèle bien plus riche que cela et, d’une certaine manière, assez novateur pour ce genre d’histoires/contes :

  • Le monde des pirates est abordé par le prisme d’une enfant/jeune femme indépendante et déterminée. Malgré les obstacles qui se présentent à elle, beaucoup liés à son statut de princesse, elle fera tout pour atteindre son rêve si peu conventionnel. C’est une jolie leçon de courage qui devrait plaire autant aux enfants qu’aux adultes.
  • Pour une fois, ce n’est pas une personne ayant un statut social peu enviable qui rêve de gloire et de richesse, mais une personne au statut fort enviable qui décide de faire un métier à la réputation sulfureuse.
  • Les parents ne se positionnent pas en empêcheurs de tourner en rond, mais soutiennent de manière inconditionnelle leur enfant alors même qu’ils n’approuvent pas son choix de vie. Ils laissent leur fille unique voler de ses propres ailes tout en restant là pour elle en cas de besoin… Un comportement bienveillant que l’on aimerait retrouver plus souvent.

Au-delà de ces aspects qui sont, pour moi, la vraie force de ce livre, vous retrouvez des éléments bien plus classiques, mais qui fonctionnent toujours très bien : de l’amitié et de l’amour. Je vous rassure, l’amour n’arrive pas dès les premières pages et il est simplement évoqué. Du coup, même une fille aussi peu romantique que moi, a trouvé cela mignon.

En résumé, La Princesse Pirate est une lecture jeunesse qui m’a enchantée par la fraîcheur qu’elle dégage. En mêlant les ingrédients classiques d’un récit de pirates et en apportant sa propre pierre à l’édifice, Svetlana Mori nous propose ici une histoire qui devrait enchanter petits et grands lecteurs ! Alors si vous aimez les récits de pirates et les héroïnes prêtent à se battre pour faire de leurs rêves une réalité, vous allez vous régaler.

Pour feuilleter ou acheter le livre, ça se passe sur Lulu ou sur Amazon.

 

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Sale matou prend un bain, Nick Bruel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matou est sale. Son pauvre maître va devoir le laver. C’est une catastrophe ! Car, c’est bien connu, les chats DÉTESTENT l’eau!

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges : dès 8 ans
  • Editeur : Bayard Jeunesse (13 février 2013)
  • Collection : J’aime lire

AVIS

La collection J’aime lire ne s’adresse pas vraiment aux adultes, mais je reste une grande enfant dans l’âme incapable de résister à un livre jeunesse avec un chat en couverture.

Ce petit ouvrage est un bonbon que les lecteurs de tout âge prendront plaisir à déguster ! Concentré de bonne humeur et d’humour, il aborde une problématique que les heureux propriétaires de chats auront un jour ou l’autre à affronter : le bain. Comme le rappelle le livre en nous détaillant les étapes d’une toilette de chat (la vraie, pas celle que nous pauvres humains avons copiée), un chat est un animal propre qui sait fort bien entretenir sa douce fourrure grâce à sa langue râpeuse.

Mais il existe parfois des situations dans lesquelles un minet devra passer par l’étape désagréable, autant pour lui que pour les humains de son entourage, du bain. Et là, pas de panique, Nick Bruel a pensé à vous. Avec des illustrations en noir et blanc simples, mais amusantes, à l’image du ton employé tout au long du récit, il vous donne plein d’astuces pour que ce bain se passe dans les meilleures conditions : accessoires à préparer, bons gestes, les différentes tactiques à tester…

Un mélange de conseils pertinents et de mélanges loufoques qui devraient tantôt vous amuser tantôt vous apprendre quelques informations sur le chat si vous n’êtes pas encore familier de ses particularités. Les adultes amateurs de chats ne devraient pas faire de grandes découvertes sur ce fabuleux animal, mais ils devraient ressortir de cette lecture, le sourire aux lèvres. Et ça, dans un quotidien parfois morose, ça n’a pas de prix !

Quant aux enfants, je ne doute pas qu’ils s’amusent beaucoup à suivre les péripéties de ce matou pas forcément d’accord pour prendre un bain. Ils apprécieront également les illustrations et les différents jeux sur la police d’écriture. Ce travail de mise en page rend, en outre, l’expérience de lecture accessible même pour les lecteurs débutants.

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En conclusion, Sale matou prend son bain est un ouvrage jeunesse qui devrait faire le bonheur des enfants et des adultes aimant les chats et/ou des lecteurs ayant envie de passer un petit moment de lecture drôle et léger.

Pour le feuilleter, c’est par ici. Pour l’acheter, il vous faudra vous tourner vers l’occasion ou une bibliothèque…

Challenge jeunesse / young adult #2019

Lors de l’édition précédente, je n’ai pas été très rigoureuse dans le partage de mes chroniques du Challenge jeunesse/YA sur le blog de Muti et ses livres. Je vais essayer cette fois d’être un peu plus régulière pour ne pas me laisser submerger.

Je me réinscris de nouveau dans la catégorie 2 : Badine avec les royaumes de l’enfance. Il s’agit ici de lire au moins 20 livres jeunesse/YA.

A noter que cette année, il existe une option BD/mangas, ce qui devrait ravir les amateurs d’ouvrages graphiques. J’ai, pour ma part, opté pour le niveau 1, lire 5 BD/mangas.

Si le challenge vous tente, les inscriptions se déroulent ici et sont possibles jusqu’à la fin de l’année. Quant au challenge, il se déroule du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2019.

Alors qui nous rejoint ?

Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l’épée, Angie Sage

Couverture Araminta Spookie, tome 2 : La Grotte de l'épée

Ayant beaucoup aimé le tome 1 des aventures d’Araminta Spookie, je n’ai pas hésité à me procurer le tome 2.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Tante Tabby a abandonné le projet de vendre la maison et la famille a accueilli les anciens acheteurs potentiels : Wanda et ses parents, un peu sorciers sur les bords. Tout ce petit monde vit maintenant en parfaite harmonie. Cerise sur le gâteau : la maison est hantée par deux fantômes enfin débusqués par Araminta. Justement, bientôt c’est l’anniversaire de l’un d’entre eux, Messire Horace, une armure qui va avoir 500 ans ! Araminta et Wanda ont beaucoup d’idées pour fêter cet événement très spécial. Mais c’est sans compter sur le caca de chauves-souris à livrer, une grotte à explorer et les humeurs de tante Tabby à gérer ! Araminta ne sait plus où donner de la tête !

  • Relié : 176 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 11 années
  • Éditeur : Nathan (3 avril 2008)
  • Prix : 9.90€

AVIS

Quel plaisir de retrouver Araminta, une petite fille à la personnalité marquante, dans une nouvelle aventure dans laquelle elle va, aux côtés de sa meilleure amie Wanda, faire face à une situation périlleuse. Mais avant d’en arriver là, remontons le temps…

Araminta vit avec son oncle, sa tante, sa meilleure amie et ses parents, Messire Horace, une armure, et son fidèle page, même dans la mort, Edmond. Or, Messire Horace se montre d’humeur maussade… Est-ce que c’est son anniversaire, l’armure allant bientôt fêter ses 500 ans, qui le met dans cet état ? Peu importe, car Araminta et Wanda semblent bien décidées à fêter dignement cet événement, on n’a pas tous les jours 500 ans ! Et pour ce faire, elles ont trouvé le cadeau idéal. Mais avant de mettre la main dessus, il leur faudra exécuter le plan élaboré par Araminta…

Et voici le début des ennuis et d’une épreuve qui ne manquera pas de soulever quelques vagues d’inquiétude chez les lecteurs. J’ai, pour ma part, eu très peur pour les deux jeunes filles même si vu la cible du livre, je me doutais bien que l’issue ne serait pas dramatique. Il n’empêche, la tension est bien présente et les descriptions assez vivantes et réalistes pour nous faire ressentir tout le danger de la situation. Les amies vont donc se faire une belle frayeur en voulant faire plaisir à Horace, mais elles vont également découvrir indirectement une information importante sur leur ami et sur Edmond.

Le jeune page qu’Araminta ne tient pas spécifiquement en grande estime se révélera ici plein de noblesse que ce soit dans l’aide qu’il apportera aux deux jeunes filles dans le présent ou en raison d’un pan de son passé que l’on découvre. Une révélation riche en émotions qui me donne très envie d’en apprendre un peu plus sur lui et sur Messire Horace. Peut-être dans les prochains tomes ?

Comme dans le premier tome, j’ai adoré l’humour présent du début à la fin de l’aventure même si cet épisode m’a semblé un peu plus sombre que le précédent. Araminta, quant à elle, se montre toujours aussi drôle, téméraire et plein de verve. J’ai, en revanche, un peu moins accroché à la meilleure amie qui est un peu trop peureuse et geignarde à mon goût. Mais le duo fonctionne bien et les échanges entre les deux amies font mouche à chaque fois.

Avec son format en relié et ses illustrations en noir et blanc, l’objet-livre est superbe et très agréable à prendre en main. Le coup de crayon du dessinateur se veut simple, mais il y a un vrai travail réalisé sur les expressions, ce qui nous permet de parfaitement ressentir les émotions des personnages. Ces illustrations, en plus de flatter l’œil, devraient également faciliter la lecture des plus jeunes, et leur permettre de se plonger avec délectation dans ce récit qui ne manque pas de tension et de rebondissements.

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En conclusion, ce deuxième tome m’a un peu moins séduite que le premier, car il se révèle peut-être un peu plus sombre, mais il conserve néanmoins ce qui fait le charme de la série : de l’humour à profusion, de l’action, du suspense, de chouettes illustrations, des personnages hauts en couleur… Petits ou grands lecteurs, n’hésitez pas à vous laisser tenter par cette série que l’on pourrait qualifier de familiale.

Pour en apprendre plus sur cette série, rendez-vous sur le site des éditions Nathan.

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Souvent, même les phénomènes les plus troublants ont une explication simple. Et ce truc est juste derrière chez moi ! »

Adam est un adolescent solitaire. Ses parents viennent d’acheter une maison isolée en pleine campagne et, malgré la sinistre brume hivernale, il prend plaisir à explorer, après les cours, ce paysage à l’abandon. Un soir, il aperçoit une lueur qui vacille au-dessus du sol, comme un spectre. Adam n’a jamais eu peur des fantômes, il veut comprendre ce qu’il a vu. Seulement, la  » réalité  » est parfois plus étrange qu’on ne le croit…

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (7 mai 2015)
  • Collection : LE RAT NOIR
  • Prix : 14€

AVIS

Le principal intérêt de ce roman réside, pour moi, dans la manière dont l’auteur a réussi, à travers l’histoire d’un adolescent solitaire, à ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur des questions comme la réalité, la construction de légendes, de croyances et de superstitions, le jeu dangereux des apparences… Benjamin Guérif s’amuse donc, avec un certain talent, à conduire les lecteurs sur de fausses pistes. À cet égard, la fin est déroutante, mais particulièrement bien construite. Elle conclut à merveille une histoire qui nous prouve que les apparences sont souvent trompeuses, et que la réalité peut être travestie par des informations parfois mal interprétées…

D’autres réflexions tout aussi intéressantes, mais peut-être destinées à des lecteurs plus âgés, sont proposées notamment à travers l’histoire de Mme Rikhlo, une trentenaire qui a décidé de vivre en autarcie, ou presque, dans la campagne dordonnaise. Ce personnage permet de remettre en question le mode de fonctionnement des grandes entreprises qui broient tout sur leur passage, à commencer par leurs salariés. Une critique de la gestion financière actuelle des entreprises que je partage entièrement et qui a renforcé mon affection pour cette femme mystérieuse.

Mme Riklho est d’ailleurs le seul personnage pour lequel j’ai ressenti des émotions, n’ayant pas réussi à entrer en connexion avec Adam, le héros de l’histoire. Le récit est narré de son point de vue, mais j’ai trouvé que l’auteur gardait une certaine distance avec son protagoniste, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. Une sorte de froideur que seules les digressions du jeune homme viennent rompre… C’est le seul point qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais cela m’est personnel, et peut-être que ce jeune homme saura vous toucher.

Ceci est d’autant plus probable qu’il possède de nombreuses qualités, il est courageux, intelligent, curieux, capable de prendre du recul, et il n’a pas peur de s’affirmer faisant fi du qu’en-dira-t-on.  Adam est donc un personnage qui ne manque pas d’atouts et que l’on prend plaisir à suivre dans sa quête pour découvrir la vérité quant à un phénomène étrange dont il a été témoin. En tant qu’adulte et/ou grosse lectrice, j’ai tout de suite compris la raison de ce mystérieux phénomène, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre Adam qui, au fil de ses rencontres, va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit.

L’enquête d’Adam est intéressante d’autant que le jeune homme la suit de manière plutôt méthodique, et qu’il fait montre d’un certain culot. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le jeu constant entre réalité et fantastique. Il ne se passe pas de choses extraordinaires, mais l’auteur ajoute quelques petites touches de fantastique qui font douter le lecteur. L’Antre du diable, ce lieu dans lequel personne n’ose s’aventurer, est-il vraiment maléfique ou son nom n’est justifié que par la superstition et les légendes ? Mme Riklho n’est-elle vraiment qu’une simple femme ou comme les habitants le pensent, possède-t-elle des pouvoirs ?  Tout autant de questions qui rendent la lecture prenante…

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée assez immersive, mais j’ai regretté un certain manque de chaleur dans le traitement du personnage. J’ai donc réussi sans peine à m’immerger dans le récit sans pour autant arriver à vraiment me sentir proche du protagoniste. La différence d’âge entre lui, adolescent, et moi, trentenaire, peut également expliquer ce manque d’identification. En revanche, je ne doute pas que les adolescents se sentent proches de ce jeune homme qui rencontre des problématiques qui leur parleront. .

En conclusion, Là où se cache le diable est un roman efficace qui vous mènera sur la piste d’un étrange phénomène. Les adolescents et les jeunes lecteurs devraient dévorer ce récit teinté de fantastique, et peut-être, se retrouver parfois dans le comportement d’Adam, un jeune homme curieux et intelligent qui refuse de renter dans le moule. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les réflexions soulevées par l’histoire notamment sur la notion de réalité et d’apparence. Une histoire courte qui devrait donc réunir les amateurs de mystère et d’enquêtes de tout âge.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Syros.

Bilan Challenge Une semaine à 1000 pages Chez Le Petit Pingouin Vert #10 : octobre 2018

Une Semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert

Pour rappel, Le Petit Pingouin Vert propose une fois par mois le challenge Une semaine à 1000 pages Chez le Pingouin Vert, le but étant évidemment de lire au moins 1000 pages sur une semaine donnée. Pour participer et échanger avec les autres membres, n’hésitez pas à rejoindre le groupe FB.


LUNDI

Désirant terminer la série, j’ai entamé le challenge avec le tome 4 d’Alisik, une série dans laquelle des fantômes plutôt attachants vivent dans un cimetière qui est menacé de destruction. Alisik, c’est aussi une histoire d’amour impossible entre une jeune fille décédée et un jeune garçon aveugle. Touchante et à l’ambiance graphique gothique, je ne peux que vous conseiller cette série dont le twist final, en plus de me plaire, a su me surprendre…

Couverture Alisik, tome 4 : La Mort

Puis, j’ai terminé la lecture du roman de Christelle Rousseau : Les chemins de la délivrance. Un roman qui aborde à travers une galerie de personnages variée la Seconde Guerre mondiale.

Couverture Les chemins de la délivrance

TOTAL : 341 pages

MARDI

J’ai lu trois extraits pour les présélections du Prix des auteurs inconnus, catégorie Young Adult.

Prix des Auteurs Inconnus logo

TOTAL : 30 pages

MERCREDI

Sous la ville rouge est un livre découvert par hasard à la bibliothèque. Devant lire un livre des éditions Gallimard pour un challenge, je l’ai emprunté alléchée par le résumé et la promesse d’une lecture assez rapide.

TOTAL : 124 pages

JEUDI

J’ai lu deux extraits pour les présélections du Prix des auteurs inconnus puis dans la soirée, j’ai dévoré une histoire jeunesse illustrée d’une grande douceur avant de lire les tomes 2 et 3 d’Aliénor Mandragore. Je suis toujours aussi fan de l’humour présent dans cette série et des personnages hauts en couleur.

Couverture Aliénor Mandragore, tome 2 : Trompe-la-mortCouverture Aliénor Mandragore, tome 3 : Les portes d'Avalon

TOTAL : 222 pages

VENDREDI/SAMEDI

TOTAL : 0 pages (pas très glorieux…)

DIMANCHE

J’allais passer ma soirée à faire du diamond painting quand mon regard s’est posé sur ce livre jeunesse qui traîne depuis un bon moment dans ma PAL. J’ai donc fini par passer ma soirée à ses côtés.

Couverture Là où se cache le diable

TOTAL : 148 pages

TOTAL : 865 pages lues dans le cadre du challenge

Je n’ai pas réussi à lire les 1000 pages du challenge, mais j’ai passé de très bons moments de lecture, ce qui reste le plus important.

Et  vous, avez-vous participé au challenge ?
Quel est votre bilan ?

 

 

Sous la ville rouge, René Frégni

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Charlie Hasard habite à Marseille. Ce solitaire ne connaît que deux passions : l’écriture et la boxe. Il a subi de nombreux échecs auprès des éditeurs, et trouve un exutoire dans les séances d’entraînement. Quand un de ses textes attire enfin l’attention d’un éditeur parisien, Charlie est persuadé que sa vie va enfin changer… C’est en réalité le début pour lui d’un effrayant engrenage.
L’histoire de cet écrivain cherchant ses mots à coups de pioche se déroule dans le cadre lumineux et violent de Marseille, que René Frégni décrit avec le lyrisme sensuel qui est sa marque. Sous la ville rouge : à la fois un thriller redoutablement efficace et une fable sur le désir d’écrire.

  • Broché: 128 pages
  • Editeur : Gallimard (19 avril 2013)
  • Collection : Blanche
  • Prix : 11,90€

AVIS

Le propos est poétique, l’écriture est puissante, mais pourtant, je vais avoir du mal à vous parler de ce livre. D’une part, il fait partie de ces romans trop courts pour prendre le risque d’en parler longtemps sans vous dévoiler l’information de trop. Et d’autre part, c’est le genre d’ouvrage qui résonnera différemment d’un lecteur à l’autre, question de sensibilité sans aucun doute.

Placé sur ma route par hasard, j’ai choisi de lire ce roman en raison de son résumé et de la promesse d’une lecture rapide. Un choix judicieux puisque la lecture fut fulgurante et quelque peu intense ! L’auteur narre en moins de cent trente pages, la vie d’un écrivain qui ne recevra ses lettres de noblesse que dans la déchéance.

La vie de Charlie, Marseillais de cœur et de vie, est rythmée par ses entraînements de boxe, sport qu’il pratique dans un club où il a ses habitudes, et ses moments bien à lui où il laisse la passion de l’écriture et des mots s’exprimer. Entre les deux, il y a quelques boulots alimentaires… Allant de désillusion en désillusion sur le milieu littéraire trusté par l’élite parisienne et le copinage de circonstance, il recevra pourtant un jour ce coup de fil tant attendu d’un éditeur parisien ! Ce coup de fil que chaque auteur ne peut s’empêcher d’espérer…

Mais coup, non par de poing, mais de théâtre : l’opportunité s’évapore devant l’opposition ferme et définitive d’un membre du comité de lecture de l’éditeur. Exaltation puis stupeur, désespoir, colère… Des sentiments forts et antagonistes qui transformeront le feu en glace. Consumé par la rancœur et la haine, l’homme perd ainsi pied et laisse cette violence qui sourdait en lui, comme un monstre tapi dans le recoin sombre d’une rue, exploser. Il faut dire que depuis qu’il a décidé de consacrer sa vie à l’écriture, Charlie a eu le temps d’accumuler les camouflets, les désillusions et cette absolue certitude que le monde de l’édition est scindé en deux. D’un côté, les opportunistes sans talent qui ont du succès grâce à leurs relations, et de l’autre, ceux qui, comme lui, écrivent avec leurs tripes, mais qui ne font pas partie de cette élite parisienne que les médias s’arrachent.

Dans un déchaînement de violence face à l’injustice de la situation, Charles va commettre l’irréparable. Commencera alors pour lui une lente descente aux enfers faite de sueur, de peur, de terreur, mais aussi d’introspection. Déambulant dans les rues de Marseille, cette ville de tous les extrêmes, il essaiera de noyer sa culpabilité dans la luxure, du moins, sur écran, et dans le réconfort de ces rues qu’il connaît si bien. L’homme repense aussi au passé, et à cette mère qui l’a tant aimé… Puis dans un ultime geste de délivrance et d’abandon, à moins que ce ne soit dans un dernier sursaut de vie, il réussit ce dont il ne pensait plus être capable. Mais n’est-ce pas trop tard ? Le rêve ne s’est-il pas déjà évaporé ne laissant sur son sillage qu’un homme nu face à la vie ?

Ce roman est déstabilisant, l’auteur mêlant avec talent brutalité, voire bestialité, et beauté/poésie. L’écriture est belle, poétique, fluide tout en dégageant ce qu’il faut de noirceur pour poser, page après page, les jalons d’un futur drame. On sent cette violence émanant de Charlie quitter la salle de boxe pour s’insérer dans sa vie, par tous les pores de cette peau dans laquelle notre homme ne semble pas forcément à l’aise. Le drame prend alors corps sous nos yeux tout en nous invitant à nous interroger sur ce désir d’écriture tellement intense qu’il pousse un homme à tout sacrifier…

En conclusion, d’une très belle plume teintée de vérité, de beauté et de violence, René Frégni nous propose ici le portrait d’un homme bercé par des rêves d’écriture qui viendront durement et brutalement se fracasser devant la réalité. Un roman court et intense qui revisite avec succès, bien que de manière succincte, le mythe de l’écrivain maudit, ou du moins, de l’écrivain abîmé par la vie et cette écriture dans laquelle il s’est plongé corps et âme au point de s’y noyer…

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Vous pouvez le feuilleter sur le site des éditions Gallimard.

 

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