Ghost City, Michel Honaker

J’ai lu Ghost City de Michel Honaker, publié chez les Éditions Rageot, dans le cadre du challenge Mystère .

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Farley Scott, jeune cow-boy, fuit à bord d’une diligence remplie d’or avec ses deux compagnons. Ils ont aux trousses des « régulateurs ». Quand une tempête de sable les stoppe en plein désert, Farley se réfugie dans une ville qui semble surgie du néant. Là, Miranda le recueille et tente de le défendre. Mais son père, le juge Prospéro, le condamne à rester dans cette ville fantôme d’où il lui est impossible de s’enfuir sous peine de déclencher une nouvelle tempête.

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (17 juin 2015)
  • Prix : 10,50€

AVIS

J’ai découvert Michel Honaker avec une réécriture de conte, Carabosse, et c’est avec une réécriture d’une pièce de théâtre, La tempête de William Shakespeare, que je poursuis ma découverte de l’auteur. Je dois avouer n’avoir jamais lu l’œuvre originale et ne pourrai donc pas parler de la fidélité de cette réécriture.

Ghost City est une ville fantôme perdue dans le désert qui n’apparaît aux yeux de certaines personnes que lorsque Prospéro, juge auto-proclamé de la ville, ne le décide. Et laissez-moi vous dire que vous n’avez pas forcément envie de découvrir la ville qui s’apparente à une prison à ciel ouvert où sont reclus criminels, filles de joie et autres personnes peu recommandables.

Si la ville n’a pas besoin d’enfermer ses habitants, c’est que des forces surnaturelles sont en jeu, des forces contrôlées par notre juge qui veille à faire respecter la justice, du moins sa vision de la justice, parmi des personnes qui n’en ont jamais fait grand cas par le passé.

Le roman est assez court ce qui n’a pas permis à l’auteur de se lancer dans de longues descriptions. Mais, fort heureusement, cela ne l’a pas empêché de fixer rapidement le décor permettant aux lecteurs de se forger une image précise de la ville, de son atmosphère étouffante et de l’aura de mystère qui l’entoure.

On ressent en outre parfaitement le sentiment d’isolement et d’enfermement des habitants et même de Miranda dont le seul crime est d’être la fille du juge. Celle-ci va d’ailleurs prendre conscience, grâce au jeune Cow Boy Farley, des limites d’une vie sans liberté.

Ghost City est également une histoire d’amour entre deux personnes à la personnalité et au parcours diamétralement opposés. Miranda a ainsi vécu toute sa vie à l’écart du monde protégée par son père alors que Farley est un bourlingueur féru de liberté. Cette opposition des caractères se révèle intéressante puisqu’elle permet aux deux personnages d’évoluer au contact l’un de l’autre. On reste cependant dans un schéma classique d’amour au premier regard avec une relation assez chaste, fidèle aux histoires d’antan.

Heureusement, la romance n’est ici pas développée sur des pages et des pages. L’auteur vous épargne également les atermoiements d’une belle et jeune enamourée effacée et indécise. Miranda est certes une belle femme, mais elle a aussi un sacré caractère et n’hésite pas à se confronter à Farley, mais également à son père. Il n’est donc pas ici question d’une jeune demoiselle en détresse à sauver.

J’ai deviné assez rapidement certains éléments concernant la personnalité du juge et son passé puisque l’auteur distille quelques indices et que la trame narrative demeure assez classique. Cela ne m’a néanmoins pas dérangée outre mesure puisque le point fort de ce roman n’est pas le suspense, mais la réflexion qu’il permet d’opérer sur des thèmes comme la justice et sa mince frontière avec la vengeance, la rédemption, la liberté, l’avidité, la morale…

Enfin, j’ai été de nouveau charmée par la finesse et la beauté de la plume de Michel Honaker que je mets donc officiellement dans ma liste des auteurs à la belle plume aux côtés, entre autres, d’Amélie Nothomb et de Stéphane Soutoul.

En conclusion, j’aurais apprécié que l’auteur étoffe un peu plus son roman, mais force est de constater qu’il arrive en peu de pages à vous plonger totalement dans son récit. Cette histoire de ville fantôme érigée sur le principe de justice et de pénitence pour ceux qui ont fauté devrait plaire à toux ceux qui aiment les romans mêlant mystère, surnaturel, romance et qui aiment réfléchir à des notions universelles comme la justice.

Dans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss

Je remercie Lecteurs.com et Gallimard de m’avoir permis de découvrir, dans le cadre des explorateurs de la BD, Dans la forêt sombre et mystérieuse de Winshluss

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui ! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait…

Sa rencontre avec de fascinantes créatures – de la luciole obèse à l’ogre terrifiant – vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

  • Album: 160 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (20 octobre 2016)
  • Prix : 18€

AVIS

J’avais repéré cet ouvrage à la FNAC notamment attirée par sa luxuriante couverture et la beauté du livre-objet, mais je n’avais pas craqué en raison des illustrations qui ne correspondent pas forcément à ce que j’attends quand j’achète un album. Je recherche en général les beaux coups de crayons et les dessins soignés. Avec Dans la forêt sombre et mystérieuse, ce n’est pas ce genre d’illustrations que vous retrouverez, mais plutôt des dessins simples qui vont à l’essentiel et qui sont mis en valeur par un très beau travail de colorisation.

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A noter également que l’album est coupé en plusieurs parties et que chacune d’entre elles est annoncée par une illustration.

Si les dessins ne m’ont pas éblouie, je me suis néanmoins plongée dans l’histoire dès les premières pages de l’album. J’ai ainsi fait, avec plaisir et curiosité, la connaissance d’Angelo et de sa famille composée de ses parents, d’un frère « idiot » et d’une petite sœur coincée dans sa condition de bébé. Toute cette famille des plus banales est en route pour rendre visite à la grand-mère gravement malade quand un oubli sur une aire d’autoroute va contraindre Angelo à partir à l’aventure.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Angelo va être gâté de ce côté-là ! Il va en effet enchaîner les situations périlleuses et les rencontres improbables, certaines amicales comme Fabien un « oiseau » particulier et d’autres parfois franchement désagréables comme un ogre décidé à ne pas laisser filer son repas. Heureusement, le jeune garçon saura se montrer débrouillard surmontant les unes après les autres les situations pleines de danger qui se présentent à lui d’autant qu’il pourra compter sur sa chance et ses amis de fortune.

Ces différentes péripéties fantastiques font incontestablement penser aux contes de notre enfance d’autant que l’auteur glisse, dans son album, quelques franches allusions que je vous laisserai le plaisir de découvrir. Néanmoins, à la différence des contes que nous connaissons tous plus ou moins, Dans la forêt sombre et mystérieuse possède une grosse touche humoristique qui rend la lecture très plaisante et très rapide. Vous vous surprendrez donc à sourire à de multiples reprises devant cette histoire presque effrayante, souvent amusante.

Quant à Angelo, c’est un jeune héros plutôt attachant qui porte bien son nom puisqu’il ne va pas hésiter à porter secours aux personnes ayant besoin de son aide tout en gardant à l’esprit son objectif final : se rendre au chevet de sa grand-mère qu’il semble adorer. Il faut dire que cette dernière a l’air franchement sympa et « cool ». Proche de ma grand-mère, j’ai, pour ma part, beaucoup aimé cette relation grand-mère/petit-fils même si elle n’est pas au centre de l’histoire, mais plutôt en filigrane. Seul petit défaut de notre mini héros, sa légère tendance à geindre dans les situations critiques, mais pour un enfant qui se retrouve seul perdu dans une forêt mystérieuse face à des créatures franchement bizarres voire inquiétantes, il s’en sort quand même très bien. Et puis, ses pleurs et ses craintes ne le rendent que plus crédible.

Si j’ai beaucoup apprécié Angelo, je dois reconnaître que mon coup de cœur va à un personnage secondaire que j’ai trouvé adorable autant dans l’apparence que dans la personnalité. Il s’agit de l’inimitable Fabien que j’aimerais beaucoup voir prendre son envol dans sa propre aventure.

En conclusion, si vous aimez les histoires avec du rythme, de l’humour et des rebondissements, Dans la forêt sombre et mystérieuse devrait vous plaire. Vous ne verrez pas les 160 pages défiler, pris dans le tournant des aventures d’Angelo menées tambour battant. Je vous invite donc à vous laisser tenter par cet univers particulier dans lequel l’auteur arrive à nous plonger rapidement et totalement grâce à un magnifique travail sur les couleurs et à la « simplicité » de son coup de crayon. Je mets des guillemets car je ne doute pas que sous cette apparente simplicité se cache beaucoup de travail.

Les Chevaliers de la Chouette, Ben Fiquet

Chouette

J’ai découvert Les Chevaliers de la Chouette de Ben Fiquet à la médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans le royaume de Dampierre, Manille est un petit garçon qui rêve de devenir chevalier. Mais ce n est pas donné à tout le monde d entrer dans l une des prestigieuses confréries auxquelles appartiennent ces guerriers de légende. Un jour au château, il rencontre Valence, un drôle de personnage avec une tête d oiseau, membre d une étrange confrérie que l on prétend maudite : les Chevaliers de la Chouette. Une aubaine pour Manille qui va tout faire pour les rejoindre et déjouer les complots de l infâme baron de Dampierre !

  • Album: 88 pages
  • Editeur : GLENAT (9 avril 2014)
  • Prix : 14,95€

 

AVIS

Manille, jeune orphelin élevé dans un couvent, a un souhait : devenir chevalier notamment pour protéger les Soeurs qui l’ont recueilli et élevé. Par un concours de circonstances, il va rencontrer un chevalier de la Chouette puis, finir par faire partie de cette confrérie après avoir déjoué, aux côtés des chevaliers, un complot de l’infâme Baron de Dampierre.

Manille n’est pas forcément tombé sur la meilleure confrérie pour réaliser son rêve puisque l’heure de gloire des Chevaliers de la Chouette semble bel et bien appartenir au passé. Néanmoins, ses membres, dans l’ensemble, sont plutôt sympathiques et les deux personnages féminins offrent même aux lecteurs des échanges mère/fille amusants.

J’ai trouvé Manille très attachant dans son désir farouche d’être chevalier et sa propension à défendre la veuve et l’orphelin malgré son âge qui ne lui permet pas vraiment d’impressionner ses adversaires. Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il n’a pas froid aux yeux ce qui peut le conduire à se mettre dans des situations quelque peu dangereuses… pour lui et les autres.

Valence, un chevalier avec une tête d’oiseau, se montre également touchant. Un peu rustre aux premiers abords, il va refuser de prendre sous son aile, sans mauvais jeu de mots, le jeune garçon avant de capituler. Il faut dire que Manille a de la suite dans les idées ! Valence est le personnage qui m’a le plus intriguée. J’ai hâte d’en apprendre plus sur les raisons de son apparence physique qu’il désespère d’abandonner au profit de sa forme humaine.

Si la BD nous immerge dans un monde de chevaliers avec ses classiques châteaux, une place est accordée à la technologie à travers la présence de robots. Manille est d’ailleurs très attaché à Tilt, un robot qu’il a trouvé et réparé.  J’ai adoré cette association entre technologie et chevalerie.

Enfin, l’aspect cartoon des illustrations m’a beaucoup plu et correspond très bien à cet univers chevaleresque teinté d’humour et de fantasy.

Pour conclure, si vous avez envie d’une lecture avec des chevaliers, des personnages attachants, de l’humour et de la magie, Les chevaliers de la Chouette est une BD qui devrait vous plaire.

Les Royaumes de feu, tome 1 : La Prophétie, Tui T. Sutherland

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C’est par hasard que j’ai découvert Les Royaumes de feu de Tui T. Sutherland, série publiée par Gallimard jeunesse. Cette histoire de dragons et de prophétie m’a tout de suite intriguée. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture du premier tome, La Prophétie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une terrible guerre divise les royaumes du monde de Pyrrhia. Selon une mystérieuse prophétie, seuls cinq jeunes dragons nés lors de la Nuit-la-plus-Claire pourront mettre fin aux combats et apporter la paix. Mais les élus, Argil, Tsunami, Gloria, Comète et Sunny, rêvent de voler de leurs propres ailes plutôt que d’accomplir leur destin…

  • Broché: 400 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 14 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (8 janvier 2015)
  • Prix : 16€

AVIS

L’objet livre

Tout d’abord, je trouve l’objet-livre magnifique, la couverture donnant envie de se plonger directement dans le récit. J’ai en outre apprécié la carte en début de livre ainsi que le petit Guide des dragons de Pyrrhia qui répertorie les différents types de dragons avec leurs caractéristiques. Vous verrez que c’est utile, surtout en début de lecture, afin de visualiser correctement les dragonnets que nous suivons et comprendre les enjeux de la guerre qui frappe Pyrrhia.

Cependant, oui je suis râleuse, j’aurais préféré pour des raisons de praticité que ce récapitulatif soit placé dans un petit carnet, dans l’idéal en couleurs, que l’on aurait pu consulter facilement et à loisir pendant la lecture du roman…

L’histoire…

Dans le roman, nous faisons la connaissance de cinq dragonnets de différents types (Ailes de sable, Ailes de boue…) qui ont été élevés secrètement et totalement coupés du monde dans le but d’accomplir une certaine prophétie. Las de cette vie et prêts à tout pour protéger l’une des leurs, ils décident de s’enfuir. Ils découvriront néanmoins, à leurs dépens, que la vie à l’extérieur n’est finalement pas synonyme de liberté, mais plutôt de dangers…

Le livre est destiné à la jeunesse, mais cela ne veut pas dire qu’il est plat et tout gentillet. Aux côtés de l’amitié, du courage et de l’espoir, vous trouverez également beaucoup d’actions, de la jalousie, de la violence, des combats parfois impressionnants, de la cruauté physique et morale, la mort, la trahison… Cela rend l’histoire intéressante et permet de passer un très bon moment de lecture que l’on soit enfant ou adulte.

Les personnages…

Les personnages principaux sont tous des dragons, mais on oublie très vite leur nature et on finit par avoir l’impression de suivre les aventures d’êtres humains. Il faut dire que leurs comportements, leurs peurs, leurs espoirs et leurs valeurs les rendent très humains.

J’ai adoré découvrir ces cinq dragonnets qui sont aussi différents physiquement que psychologiquement même si je me suis surtout attachée à Argil. C’est assez normal puisque chaque tome de la série met en avant un des dragons et que dans La Prophétie, nous suivons surtout Argil.

Ce jeune Ailes de boue n’est pas le plus courageux de la bande, loin de là, mais il est généreux, profondément gentil, altruiste et ferait tout pour protéger ses amis. C’est typiquement le genre de « héros malgré lui » auquel il est facile de s’attacher et peut-être même de s’identifier surtout quand on est un enfant. Je l’ai tellement apprécié que j’ai été un peu déçue de savoir que je ne le retrouverai pas en tant que personnage principal dans les autres tomes. Mais je suis certaine que je m’attacherai aux autres dragonnets de la même manière ou, du moins, je l’espère.

Plusieurs scènes de ce tome m’ont marquée que ce soit par leur intensité, les valeurs véhiculées ou l’attitude des dragonnets qui se révèlent toujours prompts à s’aider les uns les autres. A cet égard, je ne citerai qu’une scène que j’ai trouvée particulièrement mignonne et triste à la fois : celle où Argil, Ailes de Boue, se retrouve pour la première fois en contact avec des éléments inhérents à sa nature : la terre et l’eau. J’ai trouvé adorable de le voir se délecter de la boue qui lui a tant manqué durant sa captivité. Mais au-delà de cela, on se rend compte à quel point être coupés du monde et de leurs racines a dû être difficile pour les dragonnets

A noter que tous les adultes, ou presque, du livre sont absents, cruels ou décevants alors que les dragonnets sont, à l’inverse, gentils et solidaires. Dans un livre pour adule, ce manichéisme aurait eu tendance à me faire lever les yeux au ciel, mais pour un livre jeunesse, je ne l’ai pas trouvé dérangeant. Et puis, j’imagine que cela rend la lecture plus facile pour les enfants et leur permet, dans une certaine mesure, de mieux s’identifier aux gentils.

En résumé, La Prophétie est un livre jeunesse, mais si vous êtes un adulte et que vous aimez l’action, le suspense, les retournements de situation, les dragons, l’amitié avec un grand A… vous serez certainement plus que séduits par l’histoire. Les Royaumes de feu font ainsi partie de ces séries qui devraient enchanter toute la famille, des enfants ( à partir de neuf ans selon Gallimard) aux adultes.

 

Le Magicien d’Oz en BD (tome 1 à 3), D. Chauvel et E. Fernandez.

Avec la diffusion de la série américaine The Emerald City, j’ai eu très envie de me replonger dans le roman de L. Franck Baum, Le Magicien d’Oz. Une relecture du roman est d’ailleurs prévue, mais en attendant, j’ai décidé de lire l’adaptation en BD de D. Chauvel et E. Fernandez.

J’ai eu la chance de trouver les trois tomes de la série à la médiathèque, mais Delcourt Jeunesse vous en propose également une version intégrale que je n’hésiterai pas à  me procurer.

Les illustrations…

Avant de vous parler plus précisément de chacun des tomes, je voulais souligner la beauté des illustrations de E. Fernandez qui vous plongent directement dans l’histoire. Elles pourraient presque se passer de texte. La seule chose qui m’a un peu perturbée est la représentation de Dorothée qui tranche vivement avec l’image que je peux en avoir. Je lui trouve même un air de singe…

Images du site des Éditions Delcourt

Lu enfant, je dois admettre ne pas me souvenir d’autre chose que des grandes lignes du roman. Je ne pourrai donc pas me prononcer sur la fidélité de cette adaptation graphique même si de prime abord, elle correspond plutôt bien à mes souvenirs.

Tome 1

Dorothée a été emportée par une tornade au pays d’Oz où elle fera la rencontre de différents personnages qui deviendront ses compagnons de route. Ils partagent tous, mais pour des raisons différentes, le même objectif : trouver le fameux Magicien d’Oz.

Difficile en quelques planches de s’attacher à des personnages et pourtant, je les ai tous trouvés touchants. J’ai adoré leur volonté de venir à bout de leurs « problèmes » même si on comprend très vite, qu’ils font mauvaise route et qu’ils ont déjà, en leur for intérieur, la solution.

On est dans une BD et a fortiori jeunesse, on ne peut donc pas s’attendre au niveau de détails d’un roman, mais il n’empêche que l’histoire est intéressante et laisse entrevoir de jolies péripéties.

Tome 2

Après une petite mésaventure, Dorothée et ses compagnons atteignent enfin la Cité d’Émeraude où ils rencontrent, chacun à leur tour, le fameux et grand Magicien d’Oz. Ce dernier accepte d’accéder à leurs souhaits à une et seule condition : qu’ils tuent la méchante sorcière de l’Ouest.

La BD n’est pas exempte de situations cossasses comme la crainte inspirée par le lion qui terrorise, malgré lui, les personnes qui l’aperçoivent. Pour comprendre le comique de situation, rappelons que notre lion est un lion poltron… Dans ce second volume, on retrouve de nouveau la solidarité et l’amitié qui m’ont tellement charmée dans le premier tome. Les liens entre Dorothée et ses amis sont de plus en plus forts à tel point qu’on en vient presque à être triste à l’idée de leur future séparation.

Côté illustration, l’arrivée de nos aventuriers dans la cité d’Émeraude montre que cette adaptation graphique est un parfait complément au roman. En effet, l’illustrateur a su parfaitement retransmettre l’ambiance de la Cité d’Émeraude grâce à son travail de colorisation. Ce que M.Baum suggère dans son livre, M. Fernandez nous l’offre en images.

Tome 3

Ayant accompli leur mission, Dorothée et ses compagnons ont bien l’intention de demander leurs récompenses au Magicien d’Oz avant de découvrir que celui-ci n’est pas ce qu’il prétend être. Si les choses s’arrangent néanmoins assez rapidement pour le lion, l’épouvantail et le bûcheron, il n’en est pas de même pour Dorothée qui va devoir partir, une dernière fois, à l’aventure. Elle pourra fort heureusement compter sur ses amis.

J’ai un peu moins apprécié ce dernier tome, peut-être parce que la fin m’a semblé un peu abrupte. C’est un avis quelque peu injuste de ma part dans la mesure où nous sommes face à une BD jeunesse limitée en termes de pages et qu’il s’avèrerait difficile de donner plus de détails. Néanmoins, j’ai de nouveau passé un agréable moment en compagnie de nos aventuriers. Et puis, j’ai apprécié le fait que chacun obtienne ce qu’il désire et trouve sa place.

On pourrait être tenté, en tant qu’adulte, de penser qu’il aurait suffi aux personnages d’apprendre à mieux se connaître pour régler dès le départ leurs problèmes, mais je préfère garder ma vision d’enfant qui avait adoré suivre toutes ces péripéties qui ont permis aux personnages de grandir et de se trouver. A cet égard, cette BD et par extension le roman permettent de se poser des questions notamment sur la propension de chacun à désirer des choses qu’il possède déjà. Le fameux « Connais-toi toi-même  » prend ici tout son sens.

Maintenant que j’ai terminé cette adaptation en BD, je suis également très tentée par la version manga :

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En conclusion, si vous avez envie de découvrir ou redécouvrir Le magicien d’Oz, je ne peux que vous conseiller cette adaptation graphique de D. Chauvel et E. Fernandez.

Challenge Le printemps de l’Imaginaire francophone

Dans

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Je me suis inscrite au challenge Le printemps de l’Imaginaire francophone dont le but est de lire, du 1er mars au 1er juin, des livres (romans, BD, mangas…) fantastiques, de science-fiction et de fantasy d’auteurs francophones.

Parmi ceux proposés, j’ai opté pour le palier 3 avec 6 ouvrages à lire. J’ai également pris l’option « lire au moins un ouvrage d’une moyenne ou petite maison d’édition ou d’un auteur auto-édité ».

Les inscriptions pour ce challenge sont ouvertes jusqu’au 31 mars. Pour plus d’informations, vous pouvez consulter le site Monde Fantasy et vous inscrire au groupe facebook Le Printemps de l’Imaginaire Francophone.

Je n’ai pas préparé de PAL spécifique pour l’occasion, mais je ne doute pas de trouver mon bonheur dans ma bibliothèque.

Le suivi du challenge sera effectué sur cet article :

Et vous, le challenge vous tente ?

La Flèche du Scythe, Sébastien Morgan

Je remercie Sébastien Morgan pour m’avoir proposé son roman, La Flèche du Scythe.

AUTEUR

Sébastien Morgan vit en Belgique où il travaille comme enseignant et journaliste. Passionné depuis toujours par la fantasy et la mythologie, il a fait des études universitaires en Histoire de l’Art et Archéologie, ce qui lui a permis d’étudier l’imaginaire des peuples et leur histoire. Lauréat de plusieurs concours de nouvelles et auteur d’essais sur la spiritualité chevaleresque, Sébastien Morgan a décidé de passer à la vitesse supérieure en se lançant dans la rédaction d’une épopée. La « Flèche du Scythe » est le premier roman d’une série traversant l’Histoire.

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PRÉSENTATION

IIe siècle après JC, l’Empire Romain est assiégé de toute part. Chaque jour, les peuples barbares resserrent un peu plus leur étau. Des rumeurs font état d’une alliance possible entre les peuples goths autour du descendant d’Arminius, célèbre vainqueur des légions lors de la bataille de Teutobourg. Yares, un auxiliaire scythe est envoyé pour trouver et assassiner ce nouveau roi barbare. L’éclaireur pénètre dans la grande forêt alors que des forces surnaturelles s’éveillent… Fortement enraciné dans l’Histoire et les mentalités de l’époque, la Flèche du Scythe est un roman d’aventure plein de fantastique et de sorcellerie. Il plaira tant aux amateurs de l’Empire Romain qu’aux inconditionnels des sagas fantasy.

  • Broché: 262 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
  • Prix : 13,45€
  • Autre format : ebook

 

AVIS

Il y a parfois des romans qui vous font peur, que ce soit en raison du nombre de pages, du ou des thèmes abordés, de l’auteur… La Flèche du Scythe fut l’un d’entre eux pour moi. J’ai tout de suite été attirée par le résumé, mais j’avoue qu’à l’évocation des Goths et autres éléments historiques, j’ai eu un peu peur que mes faibles souvenirs en la matière ne me permettent pas de comprendre parfaitement les enjeux du livre.

Heureusement, cela n’a pas été le cas car si le roman est ancré dans le contexte historique de l’Empire romain du IIIème siècle après J-C, ce n’est pas un livre d’histoire. Les personnes aimant la fantasy et les livres d’action, mais craignant les romans historiques peuvent donc se lancer dans la lecture du roman les yeux fermés.

Un récit dynamique où l’action est prépondérante… 

Si je devais décrire le livre en un mot ce serait incontestablement « action ». C’est simple, dès les premières pages, l’auteur entre dans le vif du sujet et vous plonge dans l’action ! Il n’y a aucun temps mort ce qui rend la lecture du livre très fluide et surtout, complètement addictive. Je peux vous dire que vous n’avez pas le temps de vous ennuyer d’autant que le roman contient de nombreux dialogues qui apportent un certain dynamisme au livre et ancrent l’histoire dans le réel.

Je ne suis pas très amatrice de scènes de bataille, mais j’ai apprécié la manière dont elles sont amenées et décrites par l’écrivain. C’est le genre de passages que je pourrais aisément lire en diagonale, mais ici, je m’en suis abstenue. Mieux que cela, j’ai lu ces scènes avec plaisir d’autant que si elles sont réalistes, elles ne sont pas inutilement gore et restent assez courtes.

Les personnages…

Dans le livre, nous suivons différents personnages ce qui permet d’éviter toute monotonie, ceux-ci étant très différents les uns des autres. Cela apporte également un certain dynamisme et un certain suspense puisqu’on en vient à essayer de comprendre comment l’auteur va arriver à articuler les différentes histoires pour donner corps à son récit.

Néanmoins, cette alternance pourrait se révéler déstabilisante pour certains puisqu’il faut souvent quelques secondes pour comprendre de quel personnage l’auteur est en train de parler. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée d’autant qu’un petit signe visuel prenant la forme d’une astérisque permet de saisir le changement de point de vue.

J’ai beaucoup aimé le protagoniste principal, Yares, un auxiliaire Scythe qui se révèle, tout au long du roman, d’un grand courage, d’une grande droiture et d’une fidélité à toute épreuve envers L’Empire romain malgré le racisme et le mépris dont il est victime. En effet, ses actes de bravoure et sa vie passée à défendre l’Empire ne suffisent pas à l’élite romaine pour le considérer comme l’un des leurs. D’origine Scythe, il reste à leurs yeux un barbare avant tout…

Alara, une sorcière bien décidée à faire payer la mort de son fils à notre auxiliaire, m’a tout de suite intriguée ayant toujours bien aimé ce type de personnage. C’est donc avec plaisir que j’ai suivi le jeu du chat et de la souris initié entre elle et Yares, attendant avec impatience d’en connaître l’issue. J’aurais cependant aimé que la menace représentée par la sorcière soit plus directe. Elle est réelle et en trame de fond tout au long du récit, mais au final, les occasions de confrontation entre les deux ennemis de longue date ne sont pas aussi nombreuses que cela.

D’autres personnages comme le fils de Yares ou celui d’un puissant marchand de Rome sont évoqués sans pour autant que leur histoire ne soit au centre de l’intrigue. On devine néanmoins qu’ils vont jouer un rôle important dans la suite de la série.

Enfin, j’ai retrouvé avec grand plaisir des figures emblématiques et fascinantes de la mythologie que sont les centaures et les griffons. Les passages où ceux-ci sont évoqués ont été mes préférés. J’espère qu’une plus large place à cet aspect mythologique sera donnée lors des prochains tomes.

La fin… plus que surprenante

Il y a ensuite un point que j’ai adoré dans le livre : la fin ! Je dois dire que l’auteur m’a complètement prise de court avec cette fin à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je m’attendais bien à des événements dramatiques en raison d’une association récente et temporaire entre deux personnages qui n’auraient pas dû se rencontrer et encore moins s’aider. Mais je ne pensais pas que cela interviendrait juste en fin de roman et de manière aussi brutale. C’est à la limite cruel de laisser les lecteurs sur ces dernières lignes. En tout cas, je peux vous dire qu’une fois la dernière page tournée, j’avais une furieuse envie de lire la suite des Chroniques Merveilleuses.

Le seul petit point qui m’a un peu gênée :

J’ai pu noter la présence de fautes d’orthographe ce qui ne me permet pas de faire de ce roman un coup de cœur d’autant que la qualité de la plume de l’auteur fait espérer un sans-faute ou un quasi-sans-faute dans ce domaine.

 

En conclusion, si vous avez envie d’un récit ancré dans l’histoire romaine mêlant action, des personnages forts, des créatures mythologiques, de la magie… La Flèche du Scythe devrait vous plaire. Amateur ou non de fantasy, je vous invite à vous laisser emporter par la plume de l’auteur afin de vivre intensément cette histoire captivante et complètement addictive.

A NOTER : Sébastien Morgan s’est attaqué à la suite de ce premier tome très prometteur et espère la terminer d’ici la fin de l’année. Pour ma part, je serai sans aucun doute au rendez-vous pour la lire. Chose qui me semble plutôt rare pour un auteur auto-édité, il est également en train de faire traduire son roman en anglais par un traducteur littéraire professionnel. Je lui souhaite un très bon accueil par les lecteurs qui lisent dans la langue de Shakespeare.

MA NOTE : 4,5/5