Mini-chroniques en pagaille #20

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Je remercie Évidence éditions pour m’avoir permis de découvrir Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière et Le lapin de Lucas de Gaïa.

  • Le petit ange de la nuit de Véronique Charrière :

Le petit ange de la nuit (Farfadet) par [Charrière, Véronique]

Pour ses douze ans, Liselle reçoit en cadeau de sa mère un journal intime. Elle va lui confier son plus grand secret. Tout commence dans la forêt magique de Brocéliande en Bretagne. Elle y rencontre un drôle de docteur. À partir de cet instant, des choses étranges vont se produire. Qui est donc cet homme ? Que lui veut-il ? Mais, désormais, la petite fille ne sera plus seule. Abbie va devenir une meilleure amie très spéciale

18 avril 2018 – 56 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Le livre étant assez court, ma chronique le sera également de manière à ne pas vous gâcher le plaisir de découvrir cette petite histoire immersive et rythmée. Après avoir nommé le journal intime reçu pour ses douze ans, Liselle entreprend, jour après jour, d’y narrer l’étrange et magique expérience qui lui est arrivée lorsqu’elle avait neuf ans…

Lors d’une balade avec sa mamie dans la forêt de Brocéliande, elle va tomber (et le verbe n’est pas choisi au hasard) sur un étrange homme que le destin va de nouveau mettre sur sa route. C’est que sans le vouloir, la fillette a fait ses premiers pas dans le monde de la magie, de la sorcellerie et des légendes. Une expérience incroyable mais aussi assez dangereuse puisque Liselle va se retrouver au milieu d’une bataille dont on découvre progressivement les belligérants.

Si vous pensiez que les loups-garous avaient l’apanage de la pleine lune, vous risquez d’être surpris, l’autrice introduisant un élément que j’ai trouvé plutôt original et que j’ai apprécié d’explorer même si c’est de manière assez légère. Dans tous les cas, je me suis facilement imaginée à la place de Liselle et je dois avouer que je ne suis pas certaine que j’aurais accepté la situation aussi sereinement !

En plus du côté magie et légende avec cette forêt de Brocéliande qui ne peut que stimuler l’imaginaire et offrir un décor idéal pour notre histoire, j’ai apprécié la complicité entre la fillette et sa grand-mère. Le petit rappel historique sur ce que des femmes accusées injustement de sorcellerie ont, par le passé, subi et les réelles raisons de cette violence se révèle également intéressant…

En conclusion, bien que je n’appartienne pas au public visé par ce livre, j’ai pris beaucoup de plaisir à suivre une petite fille qui n’a pas froid aux yeux, et qui fera d’une expérience incroyable, bien qu’un peu dangereuse, un moyen de venir en aide à autrui. Plein de charme, voici un roman parfait pour les jeunes lecteurs appréciant le mystère, la magie, les fées et les sorcières. Je serais, pour ma part, ravie de retrouver Liselle dans de nouvelles aventures…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.

  • Le lapin de Lucas de Gaïa :

Le lapin de Lucas (Farfadet) par [Gaïa, David, Rafaël]

Lucas veut adopter un animal, mais maman est un peu réticente car elle sait qu’il va falloir s’en occuper et prendre soin de lui. Alors, quand mamie décide d’offrir un lapereau à Lucas pour son anniversaire, maman n’est pas très contente. Au début, tout se passe bien entre Pilou et le garçonnet, mais lorsque Lucas se fait un nouvel ami dans son immeuble, le petit lapin ne le voit pas d’un très bon œil.

13 juin 2018 – 88 pages – Ebook (2,99€) – Papier (10€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

Avant de vous parler de mon avis sur ce mignon petit livre, j’aimerais juste souligner le fait que l’idée d’un projet d’adoption qui se concrétise à un moment symbolique pour une famille ou l’un de ses membres me semble peut-être plus opportune que cette idée d’animal-cadeau qui me dérange et qui finit bien trop souvent par un abandon…

C’est d’ailleurs la raison pour laquelle le comportement de la mamie qui offre un lapin en guise de cadeau d’anniversaire à son petit-fils sans, au préalable, avoir obtenu l’accord de la maman m’a quelque peu hérissé le poil. Dans cette histoire, ça se finit bien ; dans la vraie vie, le lapin aurait eu toutes les chances d’être abandonné, et pas forcément dans un refuge. Passons aussi sur la remise en cause de l’autorité parentale…

Malgré ce point de départ qui m’a chagrinée, j’ai été complètement séduite par cette histoire qui se lit à deux voix, une page en gros caractères étant destinée à être lue par l’enfant et la suivante par un adulte. Lucas, six ans, s’ennuie et rêve d’avoir un compagnon. Un chien, un chat, un perroquet, un serpent… peu importe ! Mais sa maman lui explique avec douceur, mais fermeté, les raisons pour lesquelles elle ne peut pas satisfaire son envie.

J’ai, pour ma part, apprécié cette maman qui a la tête sur les épaules et qui a à cœur de ne pas faire le malheur d’un animal. Néanmoins, la grand-mère de Lucas cède et lui offre un lapereau pour son anniversaire. Une mauvaise surprise pour la maman qui n’a pas vraiment d’autre choix que d’accepter l’arrivée de Pilou dans sa vie et celle de son fils.

Si les premières semaines se passent bien, Lucas étant ravi de jouer avec son nouveau meilleur ami pour la vie, les choses se gâtent par la suite. Le petit garçon retrouve le chemin de l’école, se fait un copain avec lequel il préfère jouer sans oublier cette nouvelle console qui lui tend les bras. Délaissé, Pilou, quant à lui, commet quelques bêtises sanctionnées assez brutalement par Lucas qui semble ne pas être conscient du mal qu’il fait à son compagnon. La complicité et la tendresse entre Pilou et Lucas sont mises à mal jusqu’à ce que le lapin profite d’une opportunité pour vivre autre chose…

L’excitation et le plaisir de la liberté laissent vite place à la peur, la faim, le manque. Notre petit lapin dont on suit les pensées va ainsi faire face à des dangers auxquels sa vie bien au chaud chez Lucas ne l’avait pas préparé. Malheureux et apeuré, il pourra heureusement compter sur des rencontres de fortune et un nouvel ami tout aussi attendrissant que lui. Quant à Lucas, conscient d’avoir mal agi, il n’a plus qu’un espoir, retrouver son cher Pilou !

Sensible au sujet, j’ai été touchée par la manière intelligente et douce à la fois avec laquelle l’autrice aborde la question de l’adoption d’un animal et des responsabilités qui en découlent. À travers l’exemple réaliste d’un petit garçon, elle permet ainsi aux enfants de réaliser qu’avoir un animal est une source de joie, mais aussi de contraintes, un animal nécessitant des soins, de l’attention et du temps. Ce n’est pas un vulgaire jouet que l’on peut ranger négligemment dans un coin de sa chambre en espérant qu’il attende qu’on ait de nouveau envie de s’occuper de lui… Une vérité qui s’imposera avec force à Lucas dont j’ai apprécié l’évolution et la prise de conscience. 

Ne connaissant pas vraiment les lapins, j’ai, en outre, trouvé intéressant d’en apprendre un peu plus sur leur manière de communiquer. En plus d’être intelligent et pédagogique, ce livre nous offre aussi de beaux moments d’amitié interespèce et une fin pleine d’émotions et de tendresse qui m’a beaucoup touchée.

Quant aux jolies illustrations pleines de douceur disséminées par-ci, par-là, elles plairont aux jeunes lecteurs d’autant qu’elles faciliteront leur immersion dans le récit, stimuleront leur empathie pour Pilou et encourageront le processus d’identification avec Lucas…

Capture d’écran (45)

En conclusion, voici un ouvrage à conserver dans sa bibliothèque notamment quand une petite voix pleine d’espoir viendra vous demander un chien ou un chat pour Noël ou son anniversaire… Après lecture de cette histoire, les enfants devraient réaliser qu’un projet d’adoption est une très belle chose, mais à condition d’être prêts à s’investir, un animal dépendant entièrement de l’amour et des soins de son adoptant.

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence éditions.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Chroniques d’un Shinigami ordinaire, tome 1 : Le Kitsune, Rohan Lockhart, #PLIB2020

Couverture Chroniques d'un shinigami ordinaire, tome 1 : Le Kitsune

« Il existe un monde caché aux yeux de tous. »
Kaoru vit un quotidien des plus rangé. Entre sa dernière année de Lycée, son amitié fusionnelle avec Shiro et ses petits problèmes de sommeil, tout se passe pour le mieux. Et ce Tanuki devant les grilles du lycée ? Une simple hallucination. Rien qui ne pourrait bouleverser sa petite vie tranquille. Enfin, ça, c’était avant que sa route ne croise celle d’un énigmatique étranger en kimono. Alors quand ce dernier lui annonce qu’il est un Shinigami, sa vie bascule. Un Dieu de la mort. Rien que ça. À partir de maintenant, son quotidien sera rythmé par sa formation de futur Shinigami. Yokai, monstre à chasser, mystère à élucider… Rien ne sera plus jamais pareil. Plongé dans un monde qu’il n’aurait pas soupçonné, et épaulé par son meilleur ami et son nouveau mentor, Kaoru se surprend à découvrir un nouvel univers, empli de magie et de beauté. Suivez les aventures (pas si) catastrophiques de Kaoru, apprenti Shinigami, et de ses premiers pas dans le monde surprenant des Yokais.

Mxm Bookmark (12 août 2019) – Broché (20€) – Ebook (2,99€)
# 978-2375748428

AVIS

J’avais repéré ce roman en raison de son titre et de sa superbe couverture avec ses splendides couleurs et son côté japonisant qui me plaît beaucoup. J’ai donc été plus que ravie quand les éditions Mxm Bookmark ont offert l’epub du livre aux jurés du PLIB 2020.

Je ne lis quasiment jamais de romance et je ne pense pas avoir déjà lu une seule romance M/M. Je suis donc sortie de ma zone de confort avec ce roman, la romance, ou du moins, le questionnement amoureux prenant une place importante dans le récit. Nous suivons ainsi un lycéen qui en pince pour son meilleur ami sans avoir jamais osé se confesser. S’il n’a heureusement pas honte de son orientation sexuelle, il craint néanmoins le regard d’autrui, la société japonaise n’étant pas forcément la plus ouverte vis-à-vis de l’homosexualité. Mais surtout, il craint, en se confessant, de briser son amitié et les liens profonds qu’il a su construire avec Shiro durant ces trois dernières années.

Le lecteur assiste donc aux doutes de Kaoru qui oscille entre envie d’avouer ses sentiments et peur du rejet d’autant qu’il n’est pas certain que son meilleur ami partage son intérêt pour les hommes… J’ai trouvé la relation entre ces deux personnages plutôt mignonne et touchante. Bien que très différents, Kaoru et Shiro sont très proches et se soutiennent dans les bons comme dans les mauvais moments. Un point important si l’on considère que Kaoru va devoir affronter une situation personnelle délicate et difficile qui le confrontera à la maladie et à la peur de perdre un être cher.

En parallèle, le jeune homme doit aussi faire face à une révélation inattendue qui va le conduire dans un monde de mythes et de légendes non dénué de dangers ! Affublé d’un précepteur destiné à l’aider à devenir un bon Shinigami, un protecteur chassant des Yokais, Kaoru ne se révèle pas particulièrement bon élève. Il faut dire qu’entre Mikio qui se montre de prime abord désagréable et l’impression d’être dépossédé de sa vie et de son avenir, il n’y met pas vraiment du sien…

Si Mikio nous apparaît antipathique en début de livre, il s’adoucit au fil de l’intrigue et nous laisse entrevoir un homme également frustré de s’être vu imposer une fonction dont il se serait bien passé. De fil en aiguille, sa relation avec Kaoru s’améliore donc jusqu’à se transformer en quelque chose de plus doux et chaleureux… La présence du triangle amoureux que l’on devine rapidement ne m’a pas vraiment enthousiasmée ne supportant pas ce schéma, mais au fur et à mesure de la lecture, il s’impose à nous et nous apparaît inéluctable. Que l’on ait une préférence pour l’un ou l’autre des tandems, je dois également reconnaître que l’auteur a réussi à rendre tous ses personnages attachants et surtout indispensables au bon équilibre de son intrigue !

Au-delà de l’aspect romantique, le roman est empreint de folklore japonais, ce que j’ai, pour ma part, adoré. Entre les visites de temples, l’apprentissage de Kaoru, les formules et les rituels à maîtriser, la mythologie autour des Shinigamis, des Yokai et de tout ce monde de l’ombre qui s’impose à Kaoru, l’immersion est totale et enivrante ! Ma seule frustration vient de quelques longueurs qui m’ont parfois donné envie de sauter des passages, mais surtout de la faible présence du kitsune dont Kaoru doit se faire un allié. Les quelques passages qui lui sont consacrés ont néanmoins suffi à me le rendre attachant et à me donner envie d’en apprendre plus sur cet esprit dans la suite de la série.

À noter que pour ceux et celles qui, comme moi, ne sont pas fans des scènes de sexe à outrance, il y a quelques passages explicites, mais ils ne sont ni longs ni vulgaires. Kaoru étant amoureux, il apparaît d’ailleurs normal qu’il ressente un certain désir pour Shiro et qu’il lui arrive de fantasmer sur ce dernier… J’ai, en outre, apprécié le jeu de l’auteur sur les rêves et les désirs qui apporte un côté presque poétique aux pensées sensuelles de notre lycéen.

En conclusion, d’une plume fluide et efficace, l’auteur nous propose une romance M/M plutôt touchante et bien construite entre deux meilleurs amis qui semblent avoir du mal à s’avouer leurs sentiments. Mais la force de cette histoire d’amitié/d’amour est de se situer dans un Japon mêlant modernité et tradition avec ses mythes et ses légendes qui vont s’imposer de force dans la vie d’un lycéen bien plus spécial qu’il n’y paraît. Folklore, amitié, amour, magie et découverte de soi sont au rendez-vous de ce roman qui devrait ravir les amateurs de romances touchantes et ancrées dans un univers fantastique passionnant.

Retrouvez le roman sur le site des éditions Mxm Bookmark.

NB : l’auteur m’a gentiment signalé sur Twitter que ce que j’ai pris pour un triangle amoureux était en fait du polyamour. Je le remercie de ne pas m’avoir tenu rigueur de mon erreur… Cette expérience m’a prouvé à quel point nos schémas de pensée influent sur notre lecture. Le polyamour étant un sujet que je ne connais guère, j’avoue ne pas y avoir pensé un seul instant alors qu’avec du recul, les indices étaient là ! Me voilà rassurée de ne pas avoir à suivre un énième triangle amoureux et curieuse de voir où l’auteur va nous emmener parce que là, j’entre en terre inconnue…

Les nouvelles aventures de Carnacki, Frédéric Livyns

Les nouvelles aventures de Carnacki par [Livyns, Frédéric]

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir permis de découvrir Les nouvelles aventures de Carnacki de Frédéric Livyns.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Carnacki, le légendaire détective du surnaturel créé par William Hope Hodgson revient dans de nouvelles aventures.
À travers les six épisodes de cette première saison, vous vous mesurerez, avec lui, à de démoniaques entités qui vous feront passer des nuits blanches.
Repris par l’auteur belge Frédéric Livyns, lauréat à trois reprises du Prix Masterton, ce Sherlock Holmes du surnaturel vous emmènera aux portes de la peur ; à vous de décider si vous souhaitez les franchir ou non.

22 novembre 2019 – Ebook (7,99€) – Broché (14,99€)

AVIS

Dès les premières lignes, j’ai été séduite par la plume de l’auteur qui dégage un charme suranné avec cette impression de faire un plongeon dans le passé, ce qui n’est guère étonnant si l’on considère que Frédéric Livyns a choisi de redonner vie à un personnage créé au début du XXe siècle par William Hope Hodgson. Je ne connais pas la version originale, mais je peux vous dire que j’ai été plus que séduite par la manière dont Frédéric Livyns s’est approprié ce détective de l’étrange qui n’hésite pas à se confronter à des forces qui le dépassent.

Si vous connaissez mon appétence pour les enquêtes à la Sherlock Holmes et le fantastique, vous ne serez pas étonnés qu’un livre regroupant ces deux genres m’ait fait passer un très bon moment de lecture empli de frissons. Il faut dire que les fantômes et autres créatures de cauchemar que l’on rencontre au détour des pages ne peuvent laisser de marbre. À travers six nouvelles à l’ambiance particulièrement soignée, l’auteur nous entraîne ainsi dans le monde de l’occulte, de l’étrange, du surnaturel, du frisson, des secrets, de la vengeance, de la monstruosité qu’elle soit surnaturelle ou tristement humaine… 

Et pour ce faire, il suit toujours le même schéma : Carnacki convie son groupe d’amis à venir l’écouter narrer ses aventures. Un procédé plutôt astucieux qui nous donne l’impression de faire partie des quelques privilégiés qui ont l’honneur de ces instants intimes et feutrés durant lesquels l’incroyable prend vie. Cela nous procure également la satisfaction de nous sentir directement concernés lorsque détective s’adresse à ses amis…

Carnacki nous apparaît comme un personnage téméraire, mais réfléchi, qui prend un véritable plaisir à exercer son savoir-faire des plus particulier ! Sans se révéler très attachant, c’est un homme dont on ne peut qu’admirer la force de caractère et la pugnacité. En plus d’avoir un véritable talent pour faire face avec aplomb à des situations effrayantes pour le commun des mortels, Carnacki possède un certain sens de la déduction et une bonne capacité à percer les secrets de l’âme humaine. Des traits de caractère qui lui seront fort utiles dans ses investigations…

Je regrette seulement les allusions, trop nombreuses à mon goût, aux précédentes enquêtes du détective. Je n’ai pas eu le sentiment que cela présentait un réel intérêt pour la compréhension du recueil même si ces allusions permettent de sentir tout le poids de l’expérience du détective, et de créer une certaine connivence entre ce dernier et ses amis/les lecteurs.

En conclusion, si vous appréciez les plumes au charme suranné, les enquêtes et le surnaturel, ce recueil devrait vous plaire. À travers six nouvelles entraînantes, l’auteur vous offre la dose parfaite de frissons pour un délicieux moment de lecture où l’angoisse se dispute à la curiosité d’explorer le monde de l’occulte aux côtés d’un personnage qui n’a pas froid aux yeux.


Si vous souhaitez en apprendre plus sur les différentes nouvelles, je vous en donne brièvement mon avis ci-dessous.

Encre, Red, Éclaboussures, Résumé

  • Chambre rouge : quand l’un de ses amis fait appel à lui, Carnacki sait tout de suite que la situation est grave. Tom, endeuillé par le suicide de sa femme, n’est pas du genre à crier au loup sans raison. Il lui aura d’ailleurs fallu attendre que deux personnes se tuent dans sa propre maison, transformée en maison d’hôte, avant de tirer la sonnette d’alarme ! Heureusement que le flair de Carnacki va lui permettre de percer le mystère de ces suicides et de faire le lien entre ces drames et le drame personnel vécu par Tom.

Quand la douleur, la mort, le deuil et une entité malfaisante à vous faire dresser les cheveux sur la tête se mêlent, cela donne une histoire pleine de sang, de tension et de frissons ! L’auteur a su, en une trentaine de pages, créer une atmosphère angoissante qui rendra chaque petit bruit qui vous entoure suspect. Cette nouvelle m’a fait forte impression peut-être parce que l’horreur de celle-ci passe autant par les événements obscurs de la Chambre rouge que les faits qui en sont à l’origine…

Armoire, De Stockage, Meubles, Intérieur

  • Le placard qui chuchote : c’est un Carnacki fatigué par sa dernière affaire que ses amis découvrent… Appelé à l’aide par le fils d’un homme récemment décédé, il a vécu une situation difficile autant physiquement qu’émotionnellement. Si les monstres revêtent parfois le voile de la mort, d’autres sont, quant à eux, bien humains. Une vérité qui frappera le détective et les lecteurs de plein fouet !

Je ne développerai pas outre mesure mon avis sur cette nouvelle sous peine de vous gâcher la lecture, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur aborde des thèmes forts tout en arrivant à instaurer une ambiance gothique avec une demeure ancienne dont la partie délabrée ne sera pas sans rappeler la nature de certaines personnes qui n’ont d’humaines que le nom. Apparence, secret, vengeance et famille au cœur d’un récit glaçant !

Ancre, Chaîne, Nautiques, Océan, Mer

  • Ce qui murmure : instant nostalgie avec un Carnacki qui se remémore et raconte l’une de ses premières interventions… Alors que le monde de l’occulte venait de s’ouvrir à lui, il accepte d’aider un de ses anciens amis dans une situation délicate, ses nuits étant hantées de manière assez surprenante. Mais de fil en aiguille, nous comprenons que les choses sont bien plus complexes  qu’au premier abord et qu’il existe une zone d’ombre autour de cette histoire. Mais comment régler le problème quand votre ami vous ment par omission ? Une question qui taraudera Carnacki loin, à l’époque, de posséder tout le savoir et le savoir-faire qui font aujourd’hui sa force.

J’ai trouvé cette nouvelle différente des précédentes, pas dans le style ni le frisson que l’on ressent à l’évocation d’une entité qui réclame le prix du sang, mais plutôt dans l’identité de la vraie victime, la fin réservant un retournement de situation qui pose la question de la justice et de la vengeance. Il est intéressant de voir que Carnacki ne semble pas avoir fait un trait sur ce souvenir que l’on sent encore empli d’émotions ! C’est d’ailleurs la première fois que l’on perçoit réellement l’humanité du personnage avec ses moments de doute et ses regrets. J’aurais néanmoins apprécié qu’il condamne plus fermement un acte qui ne pourra que vous révolter surtout quand l’on considère les chiffres actuels…

Union, Alliance, Mariés

  • L’écho de son ombre : c’est, cette fois, auprès d’un père et de ses deux filles que le détective intervient. Une entité vient, nuit après nuit, hanter le repos de la maisonnée au point de faire fuir tous les domestiques ! Le père est éreinté et apeuré à  l’éventualité que ses filles soient blessées… Malheureusement, une fois n’est pas coutume, la victime ne se montre pas totalement honnête avec le détective sur l’entité qui a pris possession de sa demeure. Il faudra alors à Carnacki toute sa patience et son sens de la déduction pour faire la lumière sur le problème et trouver une solution à une situation qui n’a que trop duré.

De nouveau, l’intérêt de la nouvelle repose sur l’ambiance instaurée par l’auteur, une ambiance mêlant surnaturel, amour tourmenté, injustice et vengeance. Si je n’ai pas trouvé le récit fondamentalement original par rapport aux précédents, j’en ai, en revanche, apprécié la fin émouvante et la morale sans oublier la satisfaction de voir que rien n’est jamais perdu, et que des personnes dans l’erreur peuvent finir par trouver le chemin de la rédemption…

Halloween, Horreur, Gruselhaus

  • La plaintivel’auteur signe ici une nouvelle diablement effrayante reprenant avec efficacité ce qui fait le succès du genre : spiritualisme, fantômes, maison hantée…  Dès les départ, l’ambiance se veut angoissante avec cette maison dont chaque mur semble nous crier de fuir. Même le très courageux Carnacki sent que quelque chose ne va pas et que la prudence lui recommanderait de prendre ses clics et ses malles et de partir sans se retourner. Mais le détective ne peut décemment pas abandonner à son sort le maçon qui l’a appelé pour purifier cette maison que, sur demande de son riche employeur, il doit retaper. Prenant son courage à deux mains et en affichant une confiance de façade, Carnacki entreprend alors de cerner le problème et de sonder cette demeure de malheur dont l’aura funeste le prend à la gorge…

Pour la première fois, on tremble vraiment pour Carnacki qui va être confronté à des forces d’une puissance incroyable qui semblent bien décidées à ne pas le laisser franchir le seuil de la porte vivant. Quant à la fin, elle m’a rappelé certains films, mais elle n’en demeure pas moins terriblement efficace pour vous faire dresser les cheveux sur la tête. Vous avez ici ma nouvelle préférée du recueil et celle qui m’a le plus angoissée !

Portes, Choix, Choisir, Décision

  • L’envers : pas de vacances pour les braves ! Alors que Carnacki profitait d’une accalmie dans son activité pour prendre quelques jours de vacances, le voilà de nouveau en prise avec des forces occultes. Question de karma peut-être… En passant la nuit dans son hôtel, il ne s’attendait certainement pas à être réveillé par des bruits et des coups étranges ! Libre de ses mouvements, le détective aurait pu prendre la poudre d’escampette, mais après une conversation avec un bavard du coin, il décide de retourner à son hôtel afin de se confronter à ces forces occultes qui ont eu l’audace de perturber un repos bien mérité.

L’auteur ménage ses effets en introduisant un mystère bienvenu autour des tragédies qui ont frappé l’établissement. On suit donc avec plaisir le détective dans son enquête puis dans ses préparatifs pour sauver les gérants d’une situation dont ils ont bien du mal à se dépêtrer. Sa volonté de les aider est d’autant plus généreuse que leur accueil fut loin d’être chaleureux, mais vu la terreur dans laquelle ils vivent depuis plusieurs années, on leur pardonnera aisément. Voici encore une enquête rondement menée par un personnage débrouillard qui, même dépourvu de tout son matériel, réussit à s’imposer comme la référence en matière de lutte contre les forces du mal !

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.

 

Les nouvelles aventures de Sabrina : l’heure des sorcières, Sarah Rees Brennan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ce prequel exclusif révèle une facette de Sabrina que vous n’avez pas découverte dans la nouvelle série NETFLIX. Quelle décision prendra Sabrina… et fera-t-elle le bon choix ?
L’été précédant son seizième anniversaire, Sabrina Spellman sait que sa vie est sur le point de basculer. Elle a toujours étudié la magie avec ses tantes, Hilda et Zelda, mais en parallèle, elle vit aussi une vie banale  : lycéenne à Baxter High, elle passe son temps avec ses meilleures amies Susie et Roz ou au cinéma avec Harvey Kinkle.
Désormais, ses jours dans le monde normal sont comptés.
Quitter Roz, Susie et Harvey se révèle plus difficile que Sabrina ne le pensait, d’autant plus qu’elle n’est pas sûre des sentiments d’Harvey à son égard. Son cousin Ambrose lui suggère de jeter un sort à son petit ami pour découvrir ce qu’il ressent vraiment, mais un esprit des bois interfère, et le sort se retourne contre elle.
Sabrina a toujours été attirée par ses pouvoirs de sorcière, mais pour la première fois, elle se demande s’ils lui font emprunter le mauvais chemin. Renoncera-t-elle au chemin de la lumière  ? Choisira-t-elle le chemin des ténèbres  ?

Hachette Romans (10 juillet 2019) – 270 pages – Broché (14,90€) – Ebook (4,99€)
Traduction : Charlotte Faraday

AVIS

Grande fan de la série originale, je me suis jetée sur le reboot proposé par Netflix que j’ai apprécié notamment pour son côté assez sombre. Un aspect que l’on retrouve dans ce prequel puisque loin du caractère un peu nunuche de la série de la fin des années 90, on parle ici de Seigneur Obscur, d’allégeance au diable, de meurtres en famille pour se passer les nerfs, de magie noire, de démons… C’est donc dans un environnement particulier que Sabrina, jeune sorcière allant sur ses seize ans, évolue…

Orpheline, elle a été élevée par ses tantes Helda et Zelda, l’une figure maternelle par excellence, l’autre figure satanique par vocation. Dans la maisonnée des Spellman vit également Ambrose, le cousin assigné à résidence suite à un crime commis il y a de nombreuses années. Une famille peu banale qui suscite de la méfiance à Greendale, ce qui n’a pas empêché Sabrina de se lier d’amitié, dès son enfance, avec Rozie, Susie et Harvey. Si j’ai toujours trouvé Harvey fade, Sabrina l’a, quant à elle, tout de suite profondément aimé. Un amour réciproque, le cœur du jeune homme n’ayant jamais battu que pour elle !

Néanmoins, la jeune sorcière doute. Est-ce que ce garçon auquel elle voue une tendre passion l’aime vraiment ? Sorcière, adolescence, doutes, cousin facétieux… Vous sentez venir la catastrophe ? Sur les conseils plus ou moins avisés de son cousin, Sabrina lance un sort à Harvey pour s’assurer de ses sentiments à son égard. Peut-être pas la meilleure idée… Sabrina va ainsi devoir affronter certaines questions notamment sur son futur tout en faisant face aux conséquences de ses actes inconsidérés. 

J’ai adoré la présence d’une créature de la mythologie slave que l’on a peu l’occasion de voir dans la littérature fantastique alors qu’elle se révèle effrayante à souhait. De la même manière, j’ai apprécié que l’on creuse plus profondément les doutes de Sabrina quant à sa vie future. En embrassant sa vie de sorcière, ne risque-t-elle pas de se couper de son ancienne vie d’humaine, de ses amies et de son petit ami qu’elle aime tant ? Une situation intolérable pour la jeune fille qui n’aspire qu’à mener de front sa vie d’humaine et de sorcière, et ainsi trouver un équilibre entre normalité et sorcellerie/diablerie.

La relation Harvey/Sabrina ne m’a pas particulièrement touchée, mais elle ancre la jeune sorcière dans la réalité en lui donnant un côté « adolescente comme les autres » avec ses propres peines de cœur. Cette histoire d’amour contrariée possède également un petit aspect Roméo et Juliette qui pourra plaire à certaines personnes… En plus de la relation entre ces deux personnages, l’autrice met à nu les liens profonds unissant Sabrina, Harvey et leurs amies d’enfance ainsi que les grandes caractéristiques de chacun bien que l’on reste en surface des choses en ce qui concerne Rozie et Susie. L’amitié est donc une valeur prépondérante dans ce prequel tout comme les liens familiaux.

J’ai ainsi adoré explorer la relation entre Ambrose et Sabrina qui s’adorent, mais qui vont être confrontés à des non-dits et autres malentendus. Complices, ils sauront vous émouvoir par les liens forts qu’ils ont développés au fil des années passées à s’entraider, à se chamailler et à comploter. Deux personnages très différents, mais aussi intéressants l’un que l’autre : Sabrina est déterminée, courageuse, optimiste et attachante quand Ambrose possède un charisme presque animal et une aura de mystère et de danger qui le rendent intrigant.

J’ai passé un bon moment de divertissement avec ce tome qui aurait toutefois gagné à être mis en valeur par une écriture un peu plus élégante bien que je reconnaisse que le style de l’autrice colle parfaitement à l’ambiance de la série. Je n’ai d’ailleurs eu aucun mal à visualiser les personnages, les décors et les enjeux de l’intrigue. La seule chose qui a légèrement terni ma lecture est le fait d’avoir déjà vu la série et donc de m’être sentie détachée vis-à-vis de certaines déclarations sachant pertinemment comment les choses allaient évoluer.

En résumé, rapide à lire grâce à une narration alternée apportant beaucoup de dynamisme, ce roman est un excellent moyen de retrouver l’ambiance de la série Netflix et de prolonger le plaisir de suivre Sabrina et ses amis dans un univers sombre où sorciers et humains ne sont pas destinés à vivre ensemble. Cela peut-être également une manière rapide de se lancer dans les nouvelles aventures de Sabrina, une jeune sorcière plutôt douée pour se mettre dans des situations infernales. Les amateurs d’histoires de sorcières, d’amitiés et de famille devraient apprécier ce roman rythmé qui leur ouvre la porte d’un monde plein de dangers et de forces obscures !

 

 

Week-end à 1000 (janvier 2020) : ma PAL prévisionnelle

WE à 1000.png

Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge trimestriel organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


L’heure du premier week-end à 1000 de l’année a déjà sonné ! Il se tiendra du vendredi 24 janvier 19h au dimanche 26 janvier 23h59. C’est donc avec plaisir que je me suis attelée à la préparation de ma PAL, probablement le moment que je préfère..

ROMAN

Sabrina Spellman vient de prendre la décision la plus difficile de sa vie : elle laisse derrière elle ses amis de Baxter High. L’heure est venue d’emprunter le chemin de la nuit et de trouver sa place parmi les sorcières et sorciers de l’Académie des Arts Invisibles. Sabrina a toujours aimé l’école, mais cette fois, c’est un tout nouveau monde qui s’ouvre à elle. Ses pouvoirs ne cessent de croître, mais ils pourraient lui coûter cher.
Sabrina ne doit pas oublier les conséquences de sa nouvelle allégeance sur ses amis… et sur elle-même. Sabrina doit également faire face à ses nouveaux camarades de classe. Prudence, Dorcas et Agatha sont plus ou moins ses amies, mais Sabrina peut-elle leur faire confiance ? Et qu’en est-il de Nick Scratch ? Il est plus charmant que jamais, mais ses sentiments pour elle perdureront-ils ?

OUVRAGES GRAPHIQUES

Je dois récupérer mes réservations à la bibliothèque dont les tomes 5 et 6 d’une série que j’adore : L’enfant et le maudit.

TOTAL : 1084 pages

Ayant un anniversaire prévu ce week-end, je ne suis pas certaine d’atteindre mon objectif, mais l’important reste de participer et de prendre plaisir à faire de belles lectures.

Et vous, participez-vous à ce premier week-end à 1000 de l’année ?

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Les Explorateurs, Alan Spade

Les Explorateurs (nouvelle) par [Spade, Alan]

Pour ma deuxième participation au Challenge The Maki Project, j’ai choisi une nouvelle qui me sort complètement de mes habitudes de lecture : Les Explorateurs d‘Alan Spade.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Deux officiers de la Compagnie d’Exploration Interstellaire aux personnalités divergentes, envoyés sur une planète inexplorée, vont vivre une série d’expériences paranormales au cours desquelles leurs capacités d’adaptabilité et leur esprit d’équipe vont être mis à rude épreuve.

Les Explorateurs est l’une des huit nouvelles du recueil de science-fiction (space opera) Les Explorateurs, d’Alan Spade, parue en 2009 aux Éditions Lokomodo.

AVIS

J’ai été très agréablement surprise par cette nouvelle qui, dès les premières pages, m’a conquise. D’une plume fluide et immersive, l’auteur arrive, en une trentaine de pages, à construire un récit prenant et empli de tension.

Une tension qui passe autant par la relation entre les deux protagonistes que les différentes péripéties qu’ils vont traverser. Covain Chase et Kara Elison n’auraient pu être plus différents : le premier est sûr de lui, vantard et sexiste,  quand la seconde est intelligente, réfléchie et mature. C’est d’ailleurs cette opposition de caractère qui leur a valu de devoir collaborer sur une mission. Leurs supérieurs estiment, en effet, qu’il est préférable de faire travailler ensemble deux personnes qui ne s’apprécieront jamais et ne seront donc pas tentées de compromettre le succès d’une mission en sauvant l’autre en cas de gros problème. Les adeptes de l’entraide et de l’esprit d’équipe n’ont qu’à se faire une raison, business is business !

Après quelques échanges tendus dans leur vaisseau et un atterrissage mouvementé, Covain et Kara explorent la planète X-0968 afin de confirmer ou d’infirmer la présence de trinocium, un minerai prisé. Une mission en apparence anodine qui se révèlera bien plus difficile que prévu ! Les nerfs mis à vif, nos deux explorateurs vont ainsi faire face à une série d’épreuves devant laquelle ils réagiront très différemment. La force brute et l’impulsivité contre la réflexion et l’intelligence des situations !  Ces épreuves nous permettront donc de découvrir les forces et faiblesses de chacun ainsi que quelques bribes de leur passé…

En plus des tensions entre les personnages qui apportent pas mal de piment au récit, j’ai apprécié cette plongée sur une planète mystérieuse qui recèle bien des surprises et des questions. Qui est derrière cette série de tests qui nous donne l’impression d’assister à une émission de télé-réalité version survie dans l’espace ? Qu’attend-on réellement de notre duo pas vraiment complémentaire ? Comment vont s’en sortir nos explorateurs et surtout s’en sortiront-ils vivants ? Tout autant d’interrogations qui facilitent l’empathie avec les personnages et nous donnent envie de tourner les pages afin de découvrir le fin mot de cette étrange aventure.

De la même manière, si j’aurais souhaité en apprendre plus sur les différentes espèces rencontrées tout au long du récit, force est de constater que l’auteur stimule avec aisance notre imagination grâce à une galerie d’êtres aux formes et aux capacités diverses et variées.  Quant à la chute, je l’ai trouvée plutôt savoureuse et inattendue. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que je serais ravie de lire une nouvelle, voire un roman, sur l’après….

En conclusion, entre illusions et faux-semblants, l’auteur nous offre une nouvelle emplie de tension qui repose autant sur des protagonistes que tout oppose que sur un suspense savamment distillé qui saura tenir en haleine les lecteurs !

Vous pouvez télécharger gratuitement la nouvelle sur Kobo ou sur Amazon.

Molly Alone et la méchante belle-mère, Anne Vidal

Molly Alone et la belle-mère (Farfadet) par [Vidal, Anne]

Je remercie les éditions Évidence pour m’avoir permis de découvrir cette jolie histoire jeunesse.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Molly est une fillette pleine d’imagination. Sa seule compagnie est celle de son oreillard.
Quand ses parents divorcent elle raconte son histoire, mais en la peuplant d’un dragon, d’une sorcière, d’une princesse..

Évidence Éditions – 26 mai 2018 -64 pages – Ebook (2,99€) – Papier (8€)
Adapté aux lecteurs dyslexiques

AVIS

C’est une vérité presqu’incontesbable que la belle-mère d’une petite fille est toujours une odieuse marâtre. C’est, du moins, ce dont est persuadée Molly, une enfant à l’imagination débordante, qui va nous conter ses (mé)saventures en les teintant de fantastique… Affectée par le divorce de ses parents et le départ de la maison du dragon (pardon, de sa mère), elle vit plutôt mal l’état d’euphorie dans lequel baigne son père depuis l’arrivée d’une nouvelle femme dans sa vie. Une femme odieuse qui, il ne peut en être autrement, l’a ensorcelé ! Sinon comment expliquer qu’il soit amoureux ?

Mais Molly n’est pas dupe des tentatives d’apaisement de la méchante sorcière qui ose même lui offrir des bonbons ! Des bonbons ? Mais quelle horrible bonne femme ! De mauvaise foi notre Molly ? C’est en tout cas ce que semble lui souffler à l’oreille, voire lui asséner avec conviction, son compagnon à quatre pattes transformé en étrange créature dans le conte de Molly. J’ai d’ailleurs eu un coup de cœur pour ce chat-oreillard qui n’a pas sa langue dans sa poche et qui n’hésite pas à jouer l’avocat du diable au grand désarroi de la jeune fille. Cette dernière n’apprécie guère qu’il lui montre que dans son histoire, la sorcière n’est pas vraiment la belle-mère…

Grâce à son imagination, ses talents de conteuse, sa faculté à manier les rimes, son humour, et son côté gentille petite peste, Molly nous amuse et nous ensorcelle. Les enfants devraient ainsi tomber sous le charme de cette fillette à laquelle ils pourront facilement s’identifier… Les enfants qui vivent la même situation qu’elle pourront également, à ses côtés, réaliser que l’arrivée d’une nouvelle personne dans la vie de leurs parents n’est pas toujours une mauvaise chose. La belle-mère (mais cela est également valable pour le beau-père) est-elle vraiment méchante ou c’est l’image que l’enfant s’en fait qui la rend ainsi ? Une question subtilement amenée et intelligemment illustrée…

En plus de nous offrir un récit divertissant mis en valeur par des illustrations pimpantes et d’une attrayante modernité, l’autrice aborde donc avec tact et humour le divorce et la difficulté pour un enfant de se projeter dans une nouvelle cellule familiale sur laquelle il n’a aucun contrôle. En dédramatisant la situation grâce à une héroïne à l’imagination fertile, le message passe avec douceur, et laisse la place à un éventuel dialogue…

Pleine d’humour, de joutes verbales entre une jeune fille haute en couleur et un animal qui l’est tout autant, cette histoire jeunesse offre un amusant moment de divertissement tout en abordant un thème sensible, le divorce et la difficulté pour un enfant d’accepter les nouvelles relations amoureuses de ses parents parfois perçues comme menaçantes. Mais si finalement, toutes les belles-mères n’étaient pas méchantes ?

Retrouvez le livre sur le site d’Évidence Éditions.