Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

L’épouse et la veuve, Christian White

Couverture L'épouse et la veuve

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…

Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux .Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur. Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ? Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

France Loisirs – 304 pages – 16,50€

AVIS

Le résumé m’a tout de suite intriguée que ce soit pour le suspense mis en avant ou le lieu de l’action, une île au large de l’Australie, un peu de dépaysement étant, surtout à l’heure actuelle, toujours le bienvenu. Et je dois dire que si le début m’a semblé intéressant, mais peut-être un peu convenu, j’ai fini par sérieusement revoir mes premières impressions, l’auteur m’ayant surprise à deux reprises.

Cela commence par le choix original et audacieux du titre qui ne fait pas de mystère sur la mort de l’un des personnages. D’emblée, et contrairement à sa femme Kate qui garde espoir, on comprend que John n’est plus de ce monde. Si cela aurait pu nettement amoindrir l’intérêt des lecteurs quant à son sort et celui de sa veuve, il n’en est rien. Ici, le plus important semble bien plus de découvrir pourquoi et comment il est mort que sa mort en elle-même. Du moins, c’est ce que j’ai fini par ressentir. De manière assez déstabilisante et inattendue, je me suis, en outre, prise d’une certaine affection pour cet homme que l’on ne connaît pourtant qu’à travers les yeux de ses proches, et un passé qui se dévoile progressivement à nous. Ce sentiment s’explique peut-être par une certaine fragilité que l’on perçoit en lui et son statut de médecin au sein d’une structure de soins palliatifs…

D’ailleurs, si le sujet n’est pas évoqué outre mesure, l’auteur aborde la difficile question de la détresse émotionnelle, voire spirituelle, que ce métier peut engendrer, et de la nécessité pour certains praticiens de prendre du recul. Est-ce que la difficulté du métier peut expliquer la disparition de John et ses mensonges ou la situation est-elle bien plus complexe qu’elle n’y paraît ? Afin d’obtenir des réponses, Kate, accompagnée de son beau-père, se rend sur l’île de Belport où elle a de bonnes raisons d’espérer retrouver son mari disparu. Mais sur place, elle devra faire face à la terrible vérité… Si en début de roman, le beau-père m’a paru plutôt bourru et maladroit, j’ai fini par l’apprécier tout comme j’ai apprécié l’évolution de Kate, que la disparition de son mari va endurcir. De fil en aiguille, elle va briser cette image de femme lisse et presque transparente et s’affirmer…

En parallèle de Kate, dont la petite vie tranquille s’effondre plus vite qu’un château de cartes, on suit Abby qui vit sur l’île avec son mari et leurs deux enfants. Là où Kate est effacée, Abby fait montre d’une certaine autorité et, parfois, d’un esprit un peu cassant avec les siens. Sans être méchante, elle n’attire donc pas vraiment la sympathie même si son passe-temps préféré a, quant à lui, le mérite d’attirer l’attention. Avouez que des amatrices de taxidermie, ça ne court pas les rues ni les romans ! La famille ne croule pas sur l’or, mais plus que les problèmes d’argent, ce qui inquiète vraiment Abby, c’est le comportement de son mari, Ray. Ce dernier, en plus de s’être lancé dans un programme de remise en forme des plus draconiens, semble lui cacher des choses et lui mentir. Une situation délicate qu’elle essaie de mettre au clair… pour le meilleur et pour le pire.

Toutes les vérités, sont-elles bonnes à dire ? N’est-il pas préférable d’enterrer profondément et définitivement certains secrets ? Deux questions qui hanteront ce roman nous plongeant dans l’enfer des non-dits, des actions que l’on regrette, des secrets qu’il est difficile d’oublier, mais avec lesquels il est encore plus difficile de vivre. Et en suspens, reste, comme obsédante, cette terrible interrogation : jusqu’où peut-on aller pour protéger les gens que l’on aime ?

Des interrogations et des thématiques assez classiques pour un thriller, mais l’auteur leur fait atteindre un autre niveau, grâce à un retournement de situation extrêmement bien trouvé et amené. En cours de lecture, j’ai parfois eu le sentiment diffus que quelque chose n’allait pas, que je passais à côté d’un indice, d’une vérité cachée sous l’ombre des faux-semblants… Mais à aucun moment, je n’avais anticipé la nature de mes doutes ni leur origine. L’auteur a donc réussi, sur ce point, à me bluffer ! Je dis l’auteur, mais je devrais ajouter l’auteur et sa femme parce que si c’est bien le premier qui a œuvré pour nous berner et nous offrir un thriller haletant et très bien construit, c’est la seconde qui lui a offert l’idée donnant toute sa force et son originalité à son œuvre. Un joli travail d’équipe, en somme !

L’alternance des points de vue entre l’épouse et la veuve apporte beaucoup de dynamisme au récit, mais elle est surtout l’occasion de mettre en parallèle la vie de deux femmes très différentes l’une de l’autre, tout en nous poussant à nous interroger sur les liens pouvant les unir, elles ou leur mari. Pourquoi John est-il venu seul sur l’île de Belport qu’il détestait ? Connaissait-il Ray et le cas échéant, quels étaient leurs liens ? Ray est-il impliqué dans la mort de John ? L’a-t-il tué et si oui, pourquoi ce père de famille sans histoire aurait-il commis un meurtre ? Des questions, parmi beaucoup d’autres, qui donnent la furieuse envie aux lecteurs de faire toute la lumière sur une histoire qui semble bien plus complexe qu’il n’y paraît… Devant le suspense et la tension qui s’intensifient nettement dans le dernier tiers du roman, il devient impossible de s’arrêter avant que ne soit enfin dévoilée la vérité. J’ai peut-être regretté une fin un peu expéditive, tout en comprenant qu’il n’en fallait pas plus pour que les lecteurs saisissent tout le poids des drames et des sacrifices contenus dans un dernier geste désespéré pour taire ce qui ne peut plus l’être.

En conclusion, avec L’épouse et la veuve, Christian White signe un thriller étonnant qui, tout en reprenant des ficelles propres au genre, se démarque par un retournement de situation très bien pensé et amené avec une telle intelligence qu’il est difficile de ne pas se laisser duper. Entre suspense, mensonges, culpabilité et secrets, voici un roman que vous aurez bien du mal à lâcher et qui vous montrera que pour certains, la notion de sacrifice peut aller très loin. Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour protéger votre famille ?

Retrouvez le roman sur le site de France Loisirs.

Désagréable attirance, Laura Scala

Désagréable Attirance: 1. La Famille Millicent par [Scala Laura]

Angèle de l’Esprit Saint n’a rien d’une dame. Elle n’en a pas les manières, elle ne souhaite pas se marier, ni côtoyer la noblesse dont elle fait partie, et sa réputation a été compromise. Aussi, lorsqu’elle reçoit la demande en mariage d’un Duc, qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, elle n’a aucune intention de se laisser faire. Elle le lui dit clairement, mais Oscar ne se laisse pas démonter. Ni par ça, ni par les tentatives d’assassinat contre sa futur femme. Car voyez-vous, les humains ne sont pas les seuls à roder sur Terre.

Auto-édition – 195 pages -Prime Reading – Ebook (2,99€)

AVIS

Ayant envie de lire des romances historiques en ce moment, j’ai emprunté cet ebook dont la couverture reprend certains codes du genre. En cours de lecture, il m’est toutefois apparu qu’on était bien plus dans un roman fantastique avec des secrets et des zones d’ombre que dans une romance pure. Cela ne m’a pas dérangée, mais je préfère le préciser pour que les lecteurs en quête d’une histoire centrée principalement sur les sentiments amoureux ne soient pas déçus.

Nous découvrons ainsi la très libre d’esprit Angèle de L’Esprit Saint en bien fâcheuse position. Attaquée sournoisement par des vampires, elle sera heureusement sauvée, elle et ses parents, par un loup-garou et ses amis ! De quoi faire perdre la raison à une fille de bonne famille, même si cette bonne famille n’est issue que de la petite noblesse. Mais loin d’être choquée par les événements, Angèle regrette juste de ne pas avoir eu à portée de main une arme pour se défendre ! Car loin d’être une dame du monde, c’est une jeune femme aguerrie et habituée aux attaques de vampires. Une histoire de sang parfumé et particulièrement alléchant, semblerait-il…

Mais cette attaque est finalement le cadet de ses soucis, le vrai problème étant le Duc Oscar de Millicent qu’elle n’a jamais rencontré et qui a eu l’outrecuidance de la demander en mariage ! Escortée jusqu’à son château par l’un de ses sauveurs, qui se révèle être le frère du Duc, Angèle est bien décidée à se débarrasser de cet encombrant fiancé. Mais arrivée sur place, elle va comprendre que les choses ne sont pas aussi simples, et que le Duc est peut-être le plus dangereux de ses ennemis. D’ailleurs, il émane de lui quelque chose de particulier, une différence sur laquelle elle a du mal à mettre le doigt et qui la rend mal à l’aise. Ne parlons pas non plus du passe-temps préféré de ce « gentleman »… Et puis, pourquoi diantre, cet homme fortuné et bien de sa personne, souhaiterait à tout prix l’épouser, elle qui lui est d’un rang inférieur et qui ne dispose pas d’une grande fortune ?

En plus de la question de ses motivations, l’autrice laisse planer un certain mystère sur la nature du Duc même s’il suffit d’avoir lu quelques romans de fantasy urbaine pour tout de suite la deviner. Cela semble tellement évident que l’ignorance d’Angèle et de Rodolphe, le frère du Duc, sur ce point m’a laissée quelque peu perplexe. Mais il faut bien avouer qu’en ce qui concerne Oscar, Rodolphe fait preuve d’un aveuglement à toute épreuve. J’ai néanmoins apprécié le jeu mis en place autour du Duc qui se veut tour à tour charmant, du moins avec les femmes qui ne s’opposent pas à lui, et dangereux. Un double visage qu’il va progressivement laisser tomber jusqu’à vraiment se dévoiler…

Rodolphe, en comparaison, nous apparaît bien plus gentil et serviable, peut-être un peu trop parfois… Il m’a ainsi semblé bien moins charismatique que son frère, ce qui ne m’a pas empêchée de l’apprécier d’autant qu’au fur et à mesure de l’histoire, il gagne en consistance ! Et puis, il y a quelque chose d’attendrissant et de touchant dans la manière dont il essaie de protéger Angèle des attaques de vampires et, dans une certaine mesure, de la goujaterie de son frère. J’ai d’ailleurs apprécié la relation qui se noue progressivement entre ce loup-garou et notre héroïne au fort caractère, qui nous réservera une petite surprise…

Loin d’être une potiche qui accepte son sort sans sourciller, Angèle est une jeune femme déterminée et pleine de répondant qui sait aussi bien manier le poignard que sa langue. Certaines de ses répliques m’ont ainsi beaucoup amusée et m’ont rendu le personnage tout de suite fort sympathique ! Une scène nous prouve également qu’elle n’a pas froid aux yeux… J’ai, en outre, trouvé intéressante sa relation avec ses parents qui, sans être parfaits, sont là pour elle. À cet égard, la mère m’a agréablement surprise parce que si elle aurait aimé que sa fille aime les belles toilettes, elle se révèle également fière de sa capacité à se défendre.

Et se défendre, c’est un peu le quotidien d’Angèle depuis son enfance, ce qui explique probablement l’esprit d’acier qu’elle s’est forgée et qui la rend si difficile à manipuler, chose que n’apprécie guère le Duc. Le combat qu’ils mènent l’un contre l’autre rythme le récit tout comme les découvertes que l’on fait progressivement, et qui nous apportent un certain éclairage sur le passé de chacun. À mesure que les zones d’ombre se lèvent, le roman gagne en intensité et finit par totalement nous happer d’autant que la plume de l’autrice se révèle aussi fluide qu’agréable.

Quant aux sentiments amoureux, ils sont bien présents, mais comme dit en début de chronique, ils ne sont pas, du moins pour moi, au cœur du récit. Cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à les voir naître et se développer bien que les choses avancent peut-être un peu vite d’un coup. Mais cela correspond finalement à la personnalité des protagonistes, l’un réservé, respectueux et pourtant capable de passion, et l’autre qui, une fois une décision prise, fonce sans trop se poser de questions. En ce qui concerne les relations entre les personnages, l’autrice nous épargne, à mon grand soulagement, l’enquiquinant triangle amoureux et la guimauve… Elle m’a d’ailleurs surprise en partant dans une direction assez différente de celle que j’avais imaginée en lisant le résumé.

En conclusion, si le roman aurait pu être un peu plus développé sur certains points, il m’a permis de passer un moment de détente divertissant et sans prise de tête. J’ai ainsi apprécié cette plongée mouvementée dans la vie d’une héroïne bien décidée à se débarrasser d’un encombrant fiancé sur lequel plane une entêtante aura de mystère et de danger. Entre les manipulations, les menaces surnaturelles, les secrets de famille et les réparties cinglantes, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Disponible gratuitement dans le cadre de l’offre Prime Reading d’Amazon.

Chats contre voleurs, Russell Ayto

Chats contre voleurs

Trois voleurs lorgnent sur une maison vide qu’ils imaginent remplie de trésors… Ils se glissent à l’intérieur à la recherche du butin, mais sans savoir qu’ils sont surveillés en cachette par deux matous bien plus futés qu’eux. Les deux chats-espions contre-attaquent en dispersant des pièges dans chaque pièce : patte à ressorts, lanceur de bac à litière, trappes ou carton anti-évasion : ils ont tout prévu ! Tout pour protéger le plus précieux trésor que renferme cette grande maison… Leur réserve de boîte à sardines !

Gautier Languereau (26 février 2020) – 40 pages – 14,95€

AVIS

Les chats, une obsession ? Peut-être, mais vu toutes les belles découvertes livresques qu’elle me permet de réaliser, je ne vais guère m’en plaindre !

Chats contre voleurs fut ainsi une excellente et désopilante lecture, cet album étant un petit concentré d’humour et de drôlerie. Enfin pour les lecteurs, pas pour les trois voleurs qui en voulant dépouiller une grande maison de ses biens les plus précieux, se retrouvent face à bien plus forts qu’eux : deux chats.

Mais attention, pas des chats de salon dociles et doux, mais des chats malins et facétieux bien décidés à recevoir comme il se doit les trois malfrats. Et je peux vous dire que l’accueil est grandiose et d’une ingéniosité sans nom. Rien ne pouvait préparer les trois voleurs, dignes des frères Dalton, aux pièges qui les attendent. Qui a dit qu’une litière ne pouvait avoir qu’une utilité ? Pas nos deux chats, assurément.

En quelques pages, l’auteur a réussi à me faire rire et à me donner l’impression d’être dans une histoire à la Maman, j’ai raté l’avion. Et le fait que les gags et pièges soient cette fois issus de l’imagination de deux chats et non d’un enfant rend le tout encore plus drôle et savoureux. L’humour passe également par la mise en forme dynamique et pleine de peps qui donne l’impression de vivre l’aventure de l’intérieur ou d’assister à une bonne séance de cinéma. La mise en page met également en valeur les différentes actions des voleurs et des chats, nous offrant ainsi une rencontre au sommet à ne manquer sous aucun prétexte !

En bref, voici un album parfait pour une lecture familiale drôle et divertissante qui devrait plaire aussi bien aux amateurs de chats qu’aux lecteurs appréciant les histoires dans lesquelles les méchants reçoivent une inattendue et amusante correction. Tel est pris qui croyait prendre… en voilà une expression qui résume à merveille cet album que, vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement.

Cold Winter Challenge 2020 : ma PAL #palducwc

L’annonce de la nouvelle session du Cold Winter Challenge, qui se tiendra du 1/12/2020 au 28/02/2021, m’a emplie de joie. Et cette année, il faut remercier L’Enluminée pour le travail accompli, Margaud lui ayant passé le flambeau.

Au programme, le plaisir de lire, le partage, de beaux moments d’évasion, du rêve… Bref, tout ce dont vous avez envie et que vous aurez la chance de vivre à travers vos lectures et les échanges avec les autres participants. Pour tous les détails, je vous invite à regarder la vidéo de présentation de L’Enluminée.

Parmi les différentes options proposées, j’ai choisi Challenge Mordue de l’hiver consistant à lire au moins un livre dans toutes les sous-catégories de chaque menu.

Place maintenant à ma PAL, en rappelant que, comme toujours, mes lectures sont susceptibles de s’éloigner de mes prévisions de lecture…

MAGIE DE NOËL

  • Under the mistletoe : romance de Noël ou feel good qui se passe durant les fêtes de fin d’année. Je ne suis pas très romance de Noël, mais je pense lire un livre dont j’ai entendu énormément de bien et qui semble très drôle.

  • Raclette : famille, amis, secret.

Couverture OrdoCouverture La pension Moreau, tome 2 : La peur au ventre

  • Danse de la fée Dragée : rêve, univers onirique, fantasy, fantastique.

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamaisCouverture Le Royaume AssassinéCouverture Le grand voyage de RameauCouverture Clochette au pays des merveilles

HIVER MYSTÉRIEUX

  • Yule : mythologie, légendes, divinités.

Couverture Rulantica, tome 1 : L'île secrèteCouverture Déesses de légendeCouverture Le bestiaire de l'Olympe

  • Reine des neiges : femme de pouvoir, féminisme, sorcière.

Couverture Ma vie de monstre9791090627079

  • New year, new me : métamorphose, transformation, évolution.

Couverture RéflexionCouverture Peau d'Homme

MARCHER ENSEMBLE DANS LA NEIGE

  • Rennes du Père Noël : animaux, nature, écologie. Je ne suis pas très nature writing alors je me suis plutôt focalisée sur ce que j’adore, les animaux !

Couverture Les lapins de la couronne d'Angleterre, tome 1 : Le complotCouverture La cordonnerie des ours polaires

  • Aurore Boréale : aventure, périple, voyage.

Couverture Coeur de loupCouverture L'enfant et l'Oiseau blanc

  • Carol of the bell : roman choral, plusieurs points de vue… 

Couverture Amelia

HIVER OBSCURE

  • Fantômes des Noël passés : fantômes, revenants, voyage temporel

Couverture Histoires de fantômes du JaponL'effroyable Encyclopédie Des Revenants de pierre dubois Format Beau livre Couverture La machine à explorer le temps

  • Frissonner sous un plaid : horreur, épouvante, thriller, suspense.

Couverture Même pas mortsCouverture DuckensteinCouverture Sacrificial vote, tome 1

  • Nuit du solstice : lire un livre de moins de 300 pages.

Couverture Pauvre âme en perditionCouverture Le Patron est une copine

AU CHAUD DEVANT LA CHEMINÉE (MENU BONUS)

  • Grands enfants : livre jeunesse.

Histoire de Dickens illustré - LuxeCouverture Le chat qui ne voulait pas fêter NoëlCouverture J'ai tué le père noël

  • Vitrine de Noël : lecture graphique/avec des illustrations sur le thème de Noël ou de l’hiver.

How Winston Delivered ChristmasCouverture Le Noël de Mickey et Minnie

  • Chocolat chaud : livre qui apporte du bien-être. Lisant peu de feel good même si c’est un genre que j’apprécie, j’ai opté pour des lectures qui me font, en général, du bien : des livres tout mimi avec, en vedette, des animaux…

Couverture Jasmine, l'apprentie vétérinaire, tome 3 : Un chaton nommé MinuitCouverture Hôtel Heartwood, tome 2 : Un hiver si doux

Et vous, participez-vous au challenge ?
Certains de ces livres vous tentent-ils ?

Cold Winter Challenge 2019 : mes envies de lecture

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Il est là, il est arrivé, voici le retour du Cold Winter Challenge, mon challenge littéraire préféré ! Pour rappel, l’objectif est de lire du 1er décembre 2019 au 31 janvier 2020 des livres en fonction de différents menus.

Durant le challenge, vous pouvez également tenter de réaliser l’une ou plusieurs de ces bonnes résolutions :

L’image contient peut-être : texte

Pour tous les détails, je vous invite à visionner la vidéo de Margaud Liseuse. N’hésitez pas non plus à vous inscrire au groupe FB pour partager vos lectures avec les autres participants et découvrir de nouvelles envies livresques.

L’un des plaisirs du challenge est de constituer sa PAL, réfléchir aux livres qu’on aimerait y inclure tout en sachant pertinemment qu’il y a toutes les chances qu’on dévie très vite de nos prévisions de lecture.Je n’ai pas encore en ma possession certains titres, mais ils ne devraient pas tarder à arriver dans ma boîte aux lettres. Voici donc la PAL dans laquelle je compte piocher durant le challenge.

  • La magie de Noël (Noël, Nouvel an, avent) :

couv43075784Mon recueil d'histoires de Noël

Couverture Minuit ! : 12 histoires d'amour à Noël

  • Flocons magiques (contes, réécritures de contes, fantastique, fantasy, légendes)

Résultat de recherche d'images pour "Peau de Mille Bêtes"La Passe-miroir Livre 4 – La Tempête des échos

  • Marcher dans la neige (littérature de voyage, grands espaces, nature…) :

  • Stalactites ensanglantées (polar, thriller, policier, roman à énigmes) :

couv5683155Couverture Les Aventures Occultes de Lady BradsleyCouverture Jack l'éventreur n'est pas un homme

Batman - White knightCouverture Le corbeau d'Oxford

Et vous, participez-vous à ce challenge ?
Avez-vous fait une PAL pour l’occasion ?

 

Cold Winter Challenge 2018-2019

it-is-time

Le Cold Winter Challenge est mon défi littéraire préféré, il m’aide à me plonger doucement dans l’ambiance des fêtes de fin d’année. C’est donc toujours avec plaisir que j’y participe et que je retourne mes bibliothèques dans tous les sens pour choisir mes lectures en fonction des différents menus.

Cette année, Margaud, qui gère le challenge, a ajouté des points bonus :

Pour tous les détails, je vous invite à visionner sa vidéo ou à consulter son blog. N’hésitez pas non plus à vous inscrire au groupe FB pour partager vos lectures avec les autres participants et vous donner, peut-être, de nouvelles envies livresques.

Voici ma PAL pour les deux mois du challenge qui se tient du 1er décembre 2018 au 31 janvier 2019. Je ne pense pas arriver à lire toute cette sélection, mais j’aime avoir du choix…

  • La magie de Noël (Noël, Nouvel an, avent) :

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Couverture Un garçon nommé NoëlMon recueil d'histoires de Noël

  • Flocons magiques (contes, réécritures de contes, fantastique, fantasy, légendes) :

Couverture La soupe aux cailloux du père noëlSortilèges et botanique / Sophie Dieuaide, Marie-Pierre Oddoux | Dieuaide, Sophie (1962-....)

Le roi de l'hiver / scénario, dessins et couleurs, Mikaël | Mikaël (1974?-....)Dragon / scénario, dessin & couleurs : Valp | Valp (1979-....)

La citadelle de glace / Roland Fuentès | Fuentès, Roland (1971-....)Sale temps pour les Pattes noires ! / Claudine Aubrun | Aubrun, Claudine (1956-....)

Couverture PentacleCouverture Lys Striker, tome 1 : Piégée par le passé

Toujours affamé / scénario, Cazenove | Cazenove, Christophe (1969-....)Perséphone / Loïc Locatelli-Kournwsky | Locatelli Kournwsky, Loïc (1987-....)

Dédale. 2 / Takamichi | Takamichi

Robêêrt : mêêmoires / Jean-Luc Fromental | Fromental, Jean-Luc (1950-....)

Couverture Lula et les Monstres

  • Marcher dans la neige (littérature de voyage, grands espaces, nature…) : je ne suis pas certaine que ce livre entre vraiment dans cette catégorie, mais l’important étant de s’amuser, j’ai considéré que c’était le cas.

Couverture Un bain de nature

  • Stalactites ensanglantées (polar, thriller, policier, roman à énigmes) : 

couv5683155À même la peau par Gardner

Le mystère du grand hôtel / Martin Widmark | Widmark, Martin

Et vous, participez-vous à ce challenge ? Quel est le menu qui vous attire le plus ?

 

Bilan Cold Winter Challenge 2017

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Le mois de janvier a tiré sa révérence marquant ainsi officiellement la fin du Cold Winter Challenge, je vous donc propose un petit bilan de ces deux mois de lectures hivernales.

Ma PAL pour ce challenge était volontairement conséquente puisque j’aime avoir le choix. Sans surprise, je n’ai donc pas tout lu, mais j’ai néanmoins pris beaucoup de plaisir à découvrir des livres qui, pour la plupart, m’ont plongée dans l’ambiance de Noël. Cependant, à partir de janvier, mon enthousiasme pour le challenge s’est estompé, car je l’associe vraiment aux fêtes de fin d’année. Je pense donc l’année prochaine n’y participer qu’au mois de décembre.

 

TOTAL : 11 livres

Et vous, avez-vous participé au challenge ? Quel(s) livres retiendrez-vous ?

 

 

Premier contact : Turbo-City lives, épisode un, Sébastien Lecocq

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Je remercie l’auteur de m’avoir fait parvenir son roman via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Janvier 2092, une nouvelle nuit tombe sur Turbo-City alors qu’une bête assoiffée de sang sort de son sommeil centenaire.
La dernière héritière des Vickers, Niki, ne contrôle plus ses pouvoirs surnaturels et son androïde Blue va devoir l’aider à surmonter ses peurs si elle veut échapper à un sort funeste.
La voleuse Savannah Wilsey a choisi le plus mauvais endroit pour faire son dernier casse. Seule face à une horde de gangsters enragés et à un tueur implacable, sa survie ne tient plus qu’à un fil.
La destinée de tous est étrangement liée. Et pourtant, certains ne verront jamais l’aube percer sur ce monde violent et décadent !…

  • Broché: 112 pages
  • Editeur : Books on Demand (31 juillet 2017)
  • Prix : 6.99€
  • Autre format : ebook

AVIS

2092, bienvenue à Turbo-City, ville aux 40 millions d’habitants et, surtout, dernière ville à être restée habitable après l’apocalypse de 2048…

Je ne lis que peu de science-fiction, même si ces derniers temps j’ai lu plusieurs ouvrages de ce genre, et ne suis pas une grande adepte des univers post-apocalyptiques. J’ai néanmoins été attirée par la couverture de Chris Lawgan qui possède ce petit quelque chose qui vous invite à la lecture. Je vous encourage d’ailleurs à lire l’interview de l’illustrateur sur le site de l’auteur.

Malgré mon peu de connaissance des univers de science-fiction, je me suis d’emblée prise au jeu du récit proposé par Sébastien Lecocq. Il faut dire qu’il ne tergiverse pas des heures et nous fait entrer directement dans son univers qu’il a voulu assez détaillé pour que l’on puisse aisément se le représenter tout en restant assez concis pour que l’on n’ait pas le sentiment de se perdre dans un dédale de détails inutiles. Il en ressort une histoire qui se lit à vitesse grand V et dont on ne lève pas le nez avant d’en avoir lu la dernière ligne.

Afin de faciliter l’immersion des lecteurs dans cette ville qu’est Turbo-City, l’auteur n’hésite pas à s’appuyer sur les différentes illustrations intérieures de Sébastien Dardenne. Si elles ne sont pas forcément à mon goût, elles apportent cependant un vrai plus à la lecture notamment pour des personnes comme moi peu coutumières des univers de science-fiction. A titre d’exemple, le dessin d’un monstre qui sera responsable de la disparition violente et, disons-le clairement, plus que dégoûtante, de quelques voyous m’a vraiment aidée à me le représenter. De la même manière, j’ai apprécié que chaque numéro de chapitre ait droit à sa petite illustration.

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En plus de l’univers dont le côté futuriste m’a plu, d’ailleurs je ne serais pas contre l’idée de tester certains des gadgets bourrés de technologie présents dans le roman, j’ai aimé le rythme de l’histoire. C’est simple, les actions s’enchaînent à une telle vitesse que l’auteur ne laisse presque pas le temps aux lecteurs de reprendre leur souffle et encore moins de s’ennuyer. Les quelque 112 pages du roman se lisent donc d’une traite.

Ce rythme soutenu va mettre à rude épreuve Savannah Wilsey, voleuse professionnelle, qui a la malchance de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment… Prise en chasse par un gang dont les membres ne veulent pas la trouver pour boire le thé, elle montrera toute l’étendue de sa débrouillardise et de son courage. L’auteur nous offre en effet une protagoniste forte, comme je les aime, qui ne recule pas devant l’action même s’il est certain qu’elle aurait préféré commettre ses larcins en paix plutôt qu’être poursuivie par une bande de dégénérés, a fortiori quand elle n’est pas responsable de ce qu’on lui reproche. Durant sa fuite, elle va affronter différents dangers et faire la découverte d’un endroit étonnant qui donne quelque peu froid dans le dos. Je ne vous en dirai pas plus sinon que si vous aimez les mutants sanguinaires, vous serez servis. Que les âmes sensibles se rassurent, le côté horreur reste toutefois accessoire par rapport à l’intrigue principale et à cette impression de course permanente contre le danger.

Ce premier tome étant définitivement tourné vers l’action, la psychologie de Savannah n’est pas développée outre mesure, mais suivre ses aventures et sa lutte pour sa survie conduisent naturellement les lecteurs à s’attacher à elle, et à avoir envie de la retrouver dans un autre tome. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteur a su nous réserver un petit coup de théâtre en fin de roman en liant l’histoire de cette voleuse à celle d’une autre protagoniste que l’on découvre en tout début de livre, Niki. Cette jeune fille intelligente, qui possède un handicap physique, est secondée par un androïde du nom de Blue, androïde auquel je me suis bizarrement tout de suite attachée. Son côté autoritaire, voire cassant, ne m’a pas permis de trouver Niki sympathique ni même de m’attacher à cette dernière que l’on ne revoit de toute manière qu’en épilogue. Avant de lire celui-ci, je m’étais d’ailleurs demandé pourquoi l’auteur avait introduit ce personnage sans véritablement l’exploiter… Cet épilogue aura fort heureusement répondu à ma question tout en introduisant un suspense prompt à vous donner envie de lire la suite.

Enfin, ayant beaucoup apprécié ce roman, je lirai avec plaisir le tome 1 de la série principale dont il est dérivé, les Chroniques de Kyfballiennes. Si comme moi, vous ne l’avez pas encore découvert, ne vous inquiétez pas, cela ne gênera en rien votre lecture.

A noter que le seul point négatif est, en ce qui me concerne, la présence de quelques coquilles…

En conclusion, d’une plume fluide et rythmée, Sébastien Lecocq nous propose ici le premier tome d’une série très prometteuse. Portée par une héroïne qui n’a pas froid aux yeux, Premier contact nous offre une immersion réussie dans une ville post-apocalyptique où la technologie et le danger règnent. Si vous aimez les récits menés tambour battant dans un environnement futuriste, ce roman est fait pour vous. Pour ma part, je lirai avec plaisir le tome 2 qui devrait paraître courant février 2018.

Envie d’acheter ce premier tome de Turbo-city  ? Rendez-vous sur le site de l’auteur (dédicace personnalisée possible) ou sur des sites comme Amazon

 

 

The Language of Thorns : Midnight Tales and Dangerous Magic, Leigh Bardugo

Je remercie Le tanuki pour cette lecture commune et pour sa patience puisque j’ai mis bien plus de temps que prévu pour lire The Language of Thorns, un magnifique livre écrit par Leigh Bardugo. L’édition que je vous présente est une édition exclusive reçue dans une Fairyloot (box littéraire anglaise).

AVIS

Tout d’abord, je tiens à m’extasier sur la beauté de l’ouvrage qui, en plus d’avoir une superbe couverture avec des parties en relief, est illustré avec des petits ornements et des dessins en grand format. La couleur du texte varie également d’un récit à un autre ce qui est du plus bel effet. Je préfère néanmoins vous prévenir de ne pas feuilleter l’ouvrage avant de le lire. Les illustrations en grand format ont en effet une légère tendance à dévoiler la fin des histoires ce qui est gênant quand l’on sait que l’auteur nous a gâtés avec de très bons retournements de situation.

 

Ce magnifique hardback contient six nouvelles. Bien que chacune d’entre elles soit indépendante, elles partagent toutes un point commun, celui d’être ancrées dans l’univers des contes et du folklore notamment slave. L’auteure s’inspire ainsi ouvertement de différentes histoires que l’on connaît tous plus ou moins : La petite sirène, les contes des Mille et Une Nuits, Hansel et Gretel…

Je vous rassure, l’auteure ne nous propose pas de pâles copies, mais bien des histoires uniques qui n’ont rien à envier aux contes d’antan. On y retrouve cette ambiance si particulière, ce mélange de magie et de sorcellerie, cette aura de découverte et de mystère mais aussi de danger et de mort, ces denses forêts aux sombres secrets, ces créatures hideuses qui côtoient de frêles jeunes filles, ces princes beaux mais pas forcément preux, ces parents plus obsédés par la gloire et la fortune que le bonheur de leur progéniture, des trahisons, de l’amour sous différentes formes, des désirs de revanche… Et puis, qui dit conte dit morale et Leigh Bardugo ne déroge pas à la règle en nous offrant des morales toujours pleines de sagesse et comme souvent dans les contes, intemporelles.

A travers ces six histoires, l’auteure nous invite à aller au-delà des apparences, à voir la beauté dans la laideur et la laideur derrière les apparats, elle nous montre que les apparences sont bien souvent trompeuses et que derrière des personnages banals ou même beaux, peut se cacher la pire des cruauté quand sous la cruauté apparente peut se cacher la plus grande des bontés. Pour ce faire, elle nous pousse dans nos retranchements, utilise contre nous nos jugements parfois trop hâtifs, nous mène sur des fausses pistes… avant de mieux nous éblouir par des révélations fracassantes qui, pour certaines, vous laisseront interdits. Ne vous attendez donc pas à des histoires où tout finit bien, mais plutôt à des histoires sombres dont les retournements de situation vous laisseront indéniablement une forte impression.

Je n’ai pas lu d’autres livres de Leigh Bardugo, mais je dois dire que dans le registre des contes, sa plume fait des étincelles. Le niveau d’anglais m’a parfois ralentie dans ma lecture, mais j’ai été happée par sa manière de construire ses histoires, et de déployer, tout autour des lecteurs, un filet dont il est bien difficile de s’échapper. Vous commencez ainsi les premières lignes du livre en vous demandant vers quels horizons l’auteure va vous emporter, puis très vite, vous vous laissez simplement porter par sa plume envoûtante.

J’ai donc passé un excellent moment avec ces six nouvelles même si je confesse une nette préférence pour les trois premières histoires dont l’atmosphère possède définitivement un charme particulier mêlant lumière et ombre, terreur et espoir. Je vous propose donc de m’attarder plus particulièrement sur celles-ci en espérant vous donner envie de les dévorer.

Ayama and the Thorn Wood

Ayama, jeune femme peu gracile, vit dans l’ombre de sa sœur dont la grande beauté fait la fierté de ses parents. A l’image de Cendrillon, elle est alors traitée en domestique et est cantonnée aux basses besognes. Ses parents vont même jusqu’à la cacher au reste du monde. Le deuxième fils du roi, à l’apparence quelque peu animalière, est condamné, quant à lui, à vivre dans un labyrinthe. Il arrivera heureusement à s’échapper et à trouver refuge dans une forêt. Par un concours de circonstances, la route de ces deux laissés-pour-compte va se croiser.

J’ai été dégoûtée si ce n’est courroucée par le comportement de la famille des deux protagonistes. Le roi, malgré ses moyens financiers, n’a jamais tenté d’élever son fils faisant fi de son apparence. Quant à la reine, elle ne semble pas s’être opposée à sa décision d’envoyer son fils dans un labyrinthe. Un bel exemple d’amour parental en somme ! Même son de cloche du côté de la famille d’Ayama.  Sa sœur n’est pas méchante et semble d’ailleurs apprécier sa cadette, mais j’ai trouvé qu’elle ne l’aidait pas vraiment à sortir de sa place de domestique. Alors elle aime sa sœur, mais bon, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui fait toutes les corvées pour que vous puissiez vous faire belle en vue d’attirer un prétendant, fortuné si possible. De manière encore plus frappante, les parents d’Ayama se montrent ignobles en condamnant leur deuxième fille sur le seul critère du physique. Quant à la grand-mère, elle n’apparaît pas bien plus sympathique à moins, évidemment, qu’elle ne cache bien son jeu… Mais pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

J’ai quelque peu regretté la passivité d’Amaya qui se laisse traiter comme une esclave sans se rebeller. Je l’ai néanmoins trouvée très courageuse puisqu’elle finit par accepter une épreuve, potentiellement mortelle, afin de gagner un peu de liberté. J’ai également adoré sa manière de se sortir de toutes les difficultés qui se dressent devant elle montrant ainsi toute l’étendue de son intelligence et de sa débrouillardise. Elle se révèle en outre émouvante durant les scènes où elle trouve enfin une oreille attentive alors qu’elle était jusqu’alors condamnée au silence.  A la manière des contes des Mille et Une Nuits, elle saura d’ailleurs utiliser sa voix comme une arme ou plutôt comme un moyen de gagner la paix et de se réapproprier sa vie. Un joli pied de nez à sa famille ! Il est juste dommage que la fin soit un peu trop lisse à mon goût…

The too-clever fox

Koja, renard de son état, n’est pas beau, mais il a pour lui sa grande intelligence et sa ruse, deux atouts qui vont lui permettre de se sortir de situations dangereuses. Un jour, sa route va croiser celle d’un chasseur et de sa très jolie sœur…

Adorant les récits où la parole est donnée aux animaux, j’ai dévoré cette histoire d’autant que l’auteure a su exploiter l’image classique que l’on peut avoir du renard dans la littérature, à savoir un animal rusé ayant du bagout. Si vous n’en avez pas cette image, filez alors vite lire le Roman de Renart ou la célèbre fable de La fontaine, Le corbeau et le renard. Koja joue de son intelligence pour se sortir de situations tendues ou transformer un prédateur en ami. Au fil des pages, on s’attache donc à ce renard qui a l’art et la manière de survivre malgré les obstacles qu’il rencontre. On le voit toutefois, petit à petit, prendre un peu trop confiance en lui au point de se transformer en fanfaron. Son excès de confiance lui sera malheureusement préjudiciable quand il rencontrera un ennemi dont la fourberie dépassera de loin son intelligence. Le lecteur sent poindre le danger, l’ambiance se faisant de plus en plus pesante. Il ne peut donc que ressentir une certaine angoisse devant un Koja presque hypnotisé par sa nouvelle et charmante amie alors qu’une menace se profile. On tremble pour lui et on croise très fort les doigts pour que sa célèbre intelligence lui permette une nouvelle fois de survivre. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré le retournement de situation même si je l’avais deviné ayant vu l’illustration finale du conte qui l’explicite clairement.

The witch of Duva

Nadya vit avec son père qui finira par prendre une deuxième femme, Karina, après la mort de sa femme. La jeune fille en est certaine, Karina, loin d’être une femme aimante, est une sorcière qui a envoûté son père et qui est prête à tout pour se débarrasser d’elle. Sinon, comment expliquer son comportement odieux envers elle et la manière dont elle met sa vie en danger en lui demandant d’aller dans la forêt alors que ne cessent de disparaître des filles du village ? C’est décidé, Nadya doit faire quelque chose pour sauver son père de ce monstre et retrouver sa vie d’avant !

L’auteure revisite de manière originale le conte d’Hansel et Gretel en lui insufflant quelques notes du mythe de Baba Yaga.  Page après page, elle s’évertue à créer une ambiance angoissante avec cette impression de danger qui rôde et qui peut frapper à tout instant, que ce soit dans la forêt ou dans le propre foyer de l’héroïne. Comme elle, on en vient à être en permanence sur le qui-vive guettant les actions de Karina afin d’y déceler des signes de sorcellerie ou des preuves qui la lieraient d’une manière ou d’une autre à toutes les disparitions. Et ce n’est pas le départ de Nadya et son séjour chez une sorcière qui vont faire cesser notre angoisse. Méchante sorcière qui aide la jeune fille avant de la dévorer ou gentille sorcière qui veut simplement l’aider ? Une question qui ne pourra que vous tarauder.

En plus d’une ambiance angoissante, voire étouffante, ce qui fait la richesse de cette histoire est sa fin qui m’a laissée complètement pantoise. C’est le genre de final, digne d’un bon scénario de film d’horreur, dont on se souvient longtemps. Il y a un côté gore et tellement dérangeant, car très imagé, que j’ai relu deux fois les dernières pages pour être certaine d’avoir tout compris. Et pas de doute, l’esprit de Leigh Bardugo est tortueux !

En conclusion, l’auteure nous offre six histoires envoûtantes qui sentent bon les contes d’antan et qui vous feront passer de délicieux moments de frissons et d’angoisse. Si vous aimez les Frères Grimm et tous ces autres conteurs qui ont donné leur lettre de noblesse à ce genre, The Language of Thorns est un livre qui devrait vous ravir.

Découvrez l’avis du Tanuki.