PAL du mois #12 : janvier 2022

PAL DU MOIS

Le mois de décembre touchant à sa fin, il est temps de vous présenter ma pile à lire de janvier. Comme toujours, elle n’est pas gravée dans le marbre et est fortement susceptible d’évoluer au gré de mes réceptions et de mes découvertes livresques, voire de vos avis. Lire la suite

Week-end à 1000 (10 au 12 décembre) : mes idées de lecture

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants. Lire la suite

PAL du mois #11 : décembre 2021

PAL DU MOIS

En début de chaque mois, j’établis une liste d’ouvrages que j’aimerais lire : dans le cadre de challenges littéraires et/ou de lectures communes, reçus en SP, pour diminuer ma PAL, suite à des découvertes en bibliothèque ou sur des blogs… Cette PAL me sert donc de guide de lecture sans pour autant être figée dans le marbre.
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Cold Winter Challenge 2021 : ma PAL #palducwc

Peut être une image de texte qui dit ’Cold Winter Challenge 2021 Du ler Décembre au 28 Février @enluminee Pour valider le challenge: Challenge <une vie de lutin> Lire une sous-catégorie dans un menu au choix Challenge «Flocon de neige» Lire 2 sous-catégories dans 2 menus au choix Challenge «Mordu.e de l'hiver» Lire toutes les sous-catégories des 4 menus (ou des 5 menus si vous ajoutez le menu bonus) #coldwinterchallenge #palducwc #cwc’

Il est là, il est arrivé, voici le retour du Cold Winter Challenge, mon challenge littéraire préféré ! Pour rappel, l’objectif est de lire du 1er décembre 2021 au 28 février 2022 des livres en fonction de différents menus et, surtout, de se faire plaisir. Lire la suite

Top Ten Tuesday #237 : les 10 romans que j’aimerais lire d’ici la fin d’année

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »
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Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

L’épouse et la veuve, Christian White

Couverture L'épouse et la veuve

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…

Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux .Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur. Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ? Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

France Loisirs – 304 pages – 16,50€

AVIS

Le résumé m’a tout de suite intriguée que ce soit pour le suspense mis en avant ou le lieu de l’action, une île au large de l’Australie, un peu de dépaysement étant, surtout à l’heure actuelle, toujours le bienvenu. Et je dois dire que si le début m’a semblé intéressant, mais peut-être un peu convenu, j’ai fini par sérieusement revoir mes premières impressions, l’auteur m’ayant surprise à deux reprises.

Cela commence par le choix original et audacieux du titre qui ne fait pas de mystère sur la mort de l’un des personnages. D’emblée, et contrairement à sa femme Kate qui garde espoir, on comprend que John n’est plus de ce monde. Si cela aurait pu nettement amoindrir l’intérêt des lecteurs quant à son sort et celui de sa veuve, il n’en est rien. Ici, le plus important semble bien plus de découvrir pourquoi et comment il est mort que sa mort en elle-même. Du moins, c’est ce que j’ai fini par ressentir. De manière assez déstabilisante et inattendue, je me suis, en outre, prise d’une certaine affection pour cet homme que l’on ne connaît pourtant qu’à travers les yeux de ses proches, et un passé qui se dévoile progressivement à nous. Ce sentiment s’explique peut-être par une certaine fragilité que l’on perçoit en lui et son statut de médecin au sein d’une structure de soins palliatifs…

D’ailleurs, si le sujet n’est pas évoqué outre mesure, l’auteur aborde la difficile question de la détresse émotionnelle, voire spirituelle, que ce métier peut engendrer, et de la nécessité pour certains praticiens de prendre du recul. Est-ce que la difficulté du métier peut expliquer la disparition de John et ses mensonges ou la situation est-elle bien plus complexe qu’elle n’y paraît ? Afin d’obtenir des réponses, Kate, accompagnée de son beau-père, se rend sur l’île de Belport où elle a de bonnes raisons d’espérer retrouver son mari disparu. Mais sur place, elle devra faire face à la terrible vérité… Si en début de roman, le beau-père m’a paru plutôt bourru et maladroit, j’ai fini par l’apprécier tout comme j’ai apprécié l’évolution de Kate, que la disparition de son mari va endurcir. De fil en aiguille, elle va briser cette image de femme lisse et presque transparente et s’affirmer…

En parallèle de Kate, dont la petite vie tranquille s’effondre plus vite qu’un château de cartes, on suit Abby qui vit sur l’île avec son mari et leurs deux enfants. Là où Kate est effacée, Abby fait montre d’une certaine autorité et, parfois, d’un esprit un peu cassant avec les siens. Sans être méchante, elle n’attire donc pas vraiment la sympathie même si son passe-temps préféré a, quant à lui, le mérite d’attirer l’attention. Avouez que des amatrices de taxidermie, ça ne court pas les rues ni les romans ! La famille ne croule pas sur l’or, mais plus que les problèmes d’argent, ce qui inquiète vraiment Abby, c’est le comportement de son mari, Ray. Ce dernier, en plus de s’être lancé dans un programme de remise en forme des plus draconiens, semble lui cacher des choses et lui mentir. Une situation délicate qu’elle essaie de mettre au clair… pour le meilleur et pour le pire.

Toutes les vérités, sont-elles bonnes à dire ? N’est-il pas préférable d’enterrer profondément et définitivement certains secrets ? Deux questions qui hanteront ce roman nous plongeant dans l’enfer des non-dits, des actions que l’on regrette, des secrets qu’il est difficile d’oublier, mais avec lesquels il est encore plus difficile de vivre. Et en suspens, reste, comme obsédante, cette terrible interrogation : jusqu’où peut-on aller pour protéger les gens que l’on aime ?

Des interrogations et des thématiques assez classiques pour un thriller, mais l’auteur leur fait atteindre un autre niveau, grâce à un retournement de situation extrêmement bien trouvé et amené. En cours de lecture, j’ai parfois eu le sentiment diffus que quelque chose n’allait pas, que je passais à côté d’un indice, d’une vérité cachée sous l’ombre des faux-semblants… Mais à aucun moment, je n’avais anticipé la nature de mes doutes ni leur origine. L’auteur a donc réussi, sur ce point, à me bluffer ! Je dis l’auteur, mais je devrais ajouter l’auteur et sa femme parce que si c’est bien le premier qui a œuvré pour nous berner et nous offrir un thriller haletant et très bien construit, c’est la seconde qui lui a offert l’idée donnant toute sa force et son originalité à son œuvre. Un joli travail d’équipe, en somme !

L’alternance des points de vue entre l’épouse et la veuve apporte beaucoup de dynamisme au récit, mais elle est surtout l’occasion de mettre en parallèle la vie de deux femmes très différentes l’une de l’autre, tout en nous poussant à nous interroger sur les liens pouvant les unir, elles ou leur mari. Pourquoi John est-il venu seul sur l’île de Belport qu’il détestait ? Connaissait-il Ray et le cas échéant, quels étaient leurs liens ? Ray est-il impliqué dans la mort de John ? L’a-t-il tué et si oui, pourquoi ce père de famille sans histoire aurait-il commis un meurtre ? Des questions, parmi beaucoup d’autres, qui donnent la furieuse envie aux lecteurs de faire toute la lumière sur une histoire qui semble bien plus complexe qu’il n’y paraît… Devant le suspense et la tension qui s’intensifient nettement dans le dernier tiers du roman, il devient impossible de s’arrêter avant que ne soit enfin dévoilée la vérité. J’ai peut-être regretté une fin un peu expéditive, tout en comprenant qu’il n’en fallait pas plus pour que les lecteurs saisissent tout le poids des drames et des sacrifices contenus dans un dernier geste désespéré pour taire ce qui ne peut plus l’être.

En conclusion, avec L’épouse et la veuve, Christian White signe un thriller étonnant qui, tout en reprenant des ficelles propres au genre, se démarque par un retournement de situation très bien pensé et amené avec une telle intelligence qu’il est difficile de ne pas se laisser duper. Entre suspense, mensonges, culpabilité et secrets, voici un roman que vous aurez bien du mal à lâcher et qui vous montrera que pour certains, la notion de sacrifice peut aller très loin. Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour protéger votre famille ?

Retrouvez le roman sur le site de France Loisirs.

Désagréable attirance, Laura Scala

Désagréable Attirance: 1. La Famille Millicent par [Scala Laura]

Angèle de l’Esprit Saint n’a rien d’une dame. Elle n’en a pas les manières, elle ne souhaite pas se marier, ni côtoyer la noblesse dont elle fait partie, et sa réputation a été compromise. Aussi, lorsqu’elle reçoit la demande en mariage d’un Duc, qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, elle n’a aucune intention de se laisser faire. Elle le lui dit clairement, mais Oscar ne se laisse pas démonter. Ni par ça, ni par les tentatives d’assassinat contre sa futur femme. Car voyez-vous, les humains ne sont pas les seuls à roder sur Terre.

Auto-édition – 195 pages -Prime Reading – Ebook (2,99€)

AVIS

Ayant envie de lire des romances historiques en ce moment, j’ai emprunté cet ebook dont la couverture reprend certains codes du genre. En cours de lecture, il m’est toutefois apparu qu’on était bien plus dans un roman fantastique avec des secrets et des zones d’ombre que dans une romance pure. Cela ne m’a pas dérangée, mais je préfère le préciser pour que les lecteurs en quête d’une histoire centrée principalement sur les sentiments amoureux ne soient pas déçus.

Nous découvrons ainsi la très libre d’esprit Angèle de L’Esprit Saint en bien fâcheuse position. Attaquée sournoisement par des vampires, elle sera heureusement sauvée, elle et ses parents, par un loup-garou et ses amis ! De quoi faire perdre la raison à une fille de bonne famille, même si cette bonne famille n’est issue que de la petite noblesse. Mais loin d’être choquée par les événements, Angèle regrette juste de ne pas avoir eu à portée de main une arme pour se défendre ! Car loin d’être une dame du monde, c’est une jeune femme aguerrie et habituée aux attaques de vampires. Une histoire de sang parfumé et particulièrement alléchant, semblerait-il…

Mais cette attaque est finalement le cadet de ses soucis, le vrai problème étant le Duc Oscar de Millicent qu’elle n’a jamais rencontré et qui a eu l’outrecuidance de la demander en mariage ! Escortée jusqu’à son château par l’un de ses sauveurs, qui se révèle être le frère du Duc, Angèle est bien décidée à se débarrasser de cet encombrant fiancé. Mais arrivée sur place, elle va comprendre que les choses ne sont pas aussi simples, et que le Duc est peut-être le plus dangereux de ses ennemis. D’ailleurs, il émane de lui quelque chose de particulier, une différence sur laquelle elle a du mal à mettre le doigt et qui la rend mal à l’aise. Ne parlons pas non plus du passe-temps préféré de ce « gentleman »… Et puis, pourquoi diantre, cet homme fortuné et bien de sa personne, souhaiterait à tout prix l’épouser, elle qui lui est d’un rang inférieur et qui ne dispose pas d’une grande fortune ?

En plus de la question de ses motivations, l’autrice laisse planer un certain mystère sur la nature du Duc même s’il suffit d’avoir lu quelques romans de fantasy urbaine pour tout de suite la deviner. Cela semble tellement évident que l’ignorance d’Angèle et de Rodolphe, le frère du Duc, sur ce point m’a laissée quelque peu perplexe. Mais il faut bien avouer qu’en ce qui concerne Oscar, Rodolphe fait preuve d’un aveuglement à toute épreuve. J’ai néanmoins apprécié le jeu mis en place autour du Duc qui se veut tour à tour charmant, du moins avec les femmes qui ne s’opposent pas à lui, et dangereux. Un double visage qu’il va progressivement laisser tomber jusqu’à vraiment se dévoiler…

Rodolphe, en comparaison, nous apparaît bien plus gentil et serviable, peut-être un peu trop parfois… Il m’a ainsi semblé bien moins charismatique que son frère, ce qui ne m’a pas empêchée de l’apprécier d’autant qu’au fur et à mesure de l’histoire, il gagne en consistance ! Et puis, il y a quelque chose d’attendrissant et de touchant dans la manière dont il essaie de protéger Angèle des attaques de vampires et, dans une certaine mesure, de la goujaterie de son frère. J’ai d’ailleurs apprécié la relation qui se noue progressivement entre ce loup-garou et notre héroïne au fort caractère, qui nous réservera une petite surprise…

Loin d’être une potiche qui accepte son sort sans sourciller, Angèle est une jeune femme déterminée et pleine de répondant qui sait aussi bien manier le poignard que sa langue. Certaines de ses répliques m’ont ainsi beaucoup amusée et m’ont rendu le personnage tout de suite fort sympathique ! Une scène nous prouve également qu’elle n’a pas froid aux yeux… J’ai, en outre, trouvé intéressante sa relation avec ses parents qui, sans être parfaits, sont là pour elle. À cet égard, la mère m’a agréablement surprise parce que si elle aurait aimé que sa fille aime les belles toilettes, elle se révèle également fière de sa capacité à se défendre.

Et se défendre, c’est un peu le quotidien d’Angèle depuis son enfance, ce qui explique probablement l’esprit d’acier qu’elle s’est forgée et qui la rend si difficile à manipuler, chose que n’apprécie guère le Duc. Le combat qu’ils mènent l’un contre l’autre rythme le récit tout comme les découvertes que l’on fait progressivement, et qui nous apportent un certain éclairage sur le passé de chacun. À mesure que les zones d’ombre se lèvent, le roman gagne en intensité et finit par totalement nous happer d’autant que la plume de l’autrice se révèle aussi fluide qu’agréable.

Quant aux sentiments amoureux, ils sont bien présents, mais comme dit en début de chronique, ils ne sont pas, du moins pour moi, au cœur du récit. Cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à les voir naître et se développer bien que les choses avancent peut-être un peu vite d’un coup. Mais cela correspond finalement à la personnalité des protagonistes, l’un réservé, respectueux et pourtant capable de passion, et l’autre qui, une fois une décision prise, fonce sans trop se poser de questions. En ce qui concerne les relations entre les personnages, l’autrice nous épargne, à mon grand soulagement, l’enquiquinant triangle amoureux et la guimauve… Elle m’a d’ailleurs surprise en partant dans une direction assez différente de celle que j’avais imaginée en lisant le résumé.

En conclusion, si le roman aurait pu être un peu plus développé sur certains points, il m’a permis de passer un moment de détente divertissant et sans prise de tête. J’ai ainsi apprécié cette plongée mouvementée dans la vie d’une héroïne bien décidée à se débarrasser d’un encombrant fiancé sur lequel plane une entêtante aura de mystère et de danger. Entre les manipulations, les menaces surnaturelles, les secrets de famille et les réparties cinglantes, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Disponible gratuitement dans le cadre de l’offre Prime Reading d’Amazon.

Chats contre voleurs, Russell Ayto

Chats contre voleurs

Trois voleurs lorgnent sur une maison vide qu’ils imaginent remplie de trésors… Ils se glissent à l’intérieur à la recherche du butin, mais sans savoir qu’ils sont surveillés en cachette par deux matous bien plus futés qu’eux. Les deux chats-espions contre-attaquent en dispersant des pièges dans chaque pièce : patte à ressorts, lanceur de bac à litière, trappes ou carton anti-évasion : ils ont tout prévu ! Tout pour protéger le plus précieux trésor que renferme cette grande maison… Leur réserve de boîte à sardines !

Gautier Languereau (26 février 2020) – 40 pages – 14,95€

AVIS

Les chats, une obsession ? Peut-être, mais vu toutes les belles découvertes livresques qu’elle me permet de réaliser, je ne vais guère m’en plaindre !

Chats contre voleurs fut ainsi une excellente et désopilante lecture, cet album étant un petit concentré d’humour et de drôlerie. Enfin pour les lecteurs, pas pour les trois voleurs qui en voulant dépouiller une grande maison de ses biens les plus précieux, se retrouvent face à bien plus forts qu’eux : deux chats.

Mais attention, pas des chats de salon dociles et doux, mais des chats malins et facétieux bien décidés à recevoir comme il se doit les trois malfrats. Et je peux vous dire que l’accueil est grandiose et d’une ingéniosité sans nom. Rien ne pouvait préparer les trois voleurs, dignes des frères Dalton, aux pièges qui les attendent. Qui a dit qu’une litière ne pouvait avoir qu’une utilité ? Pas nos deux chats, assurément.

En quelques pages, l’auteur a réussi à me faire rire et à me donner l’impression d’être dans une histoire à la Maman, j’ai raté l’avion. Et le fait que les gags et pièges soient cette fois issus de l’imagination de deux chats et non d’un enfant rend le tout encore plus drôle et savoureux. L’humour passe également par la mise en forme dynamique et pleine de peps qui donne l’impression de vivre l’aventure de l’intérieur ou d’assister à une bonne séance de cinéma. La mise en page met également en valeur les différentes actions des voleurs et des chats, nous offrant ainsi une rencontre au sommet à ne manquer sous aucun prétexte !

En bref, voici un album parfait pour une lecture familiale drôle et divertissante qui devrait plaire aussi bien aux amateurs de chats qu’aux lecteurs appréciant les histoires dans lesquelles les méchants reçoivent une inattendue et amusante correction. Tel est pris qui croyait prendre… en voilà une expression qui résume à merveille cet album que, vous l’aurez compris, je vous recommande chaudement.