Ghost City, Michel Honaker

J’ai lu Ghost City de Michel Honaker, publié chez les Éditions Rageot, dans le cadre du challenge Mystère .

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Farley Scott, jeune cow-boy, fuit à bord d’une diligence remplie d’or avec ses deux compagnons. Ils ont aux trousses des « régulateurs ». Quand une tempête de sable les stoppe en plein désert, Farley se réfugie dans une ville qui semble surgie du néant. Là, Miranda le recueille et tente de le défendre. Mais son père, le juge Prospéro, le condamne à rester dans cette ville fantôme d’où il lui est impossible de s’enfuir sous peine de déclencher une nouvelle tempête.

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (17 juin 2015)
  • Prix : 10,50€

AVIS

J’ai découvert Michel Honaker avec une réécriture de conte, Carabosse, et c’est avec une réécriture d’une pièce de théâtre, La tempête de William Shakespeare, que je poursuis ma découverte de l’auteur. Je dois avouer n’avoir jamais lu l’œuvre originale et ne pourrai donc pas parler de la fidélité de cette réécriture.

Ghost City est une ville fantôme perdue dans le désert qui n’apparaît aux yeux de certaines personnes que lorsque Prospéro, juge auto-proclamé de la ville, ne le décide. Et laissez-moi vous dire que vous n’avez pas forcément envie de découvrir la ville qui s’apparente à une prison à ciel ouvert où sont reclus criminels, filles de joie et autres personnes peu recommandables.

Si la ville n’a pas besoin d’enfermer ses habitants, c’est que des forces surnaturelles sont en jeu, des forces contrôlées par notre juge qui veille à faire respecter la justice, du moins sa vision de la justice, parmi des personnes qui n’en ont jamais fait grand cas par le passé.

Le roman est assez court ce qui n’a pas permis à l’auteur de se lancer dans de longues descriptions. Mais, fort heureusement, cela ne l’a pas empêché de fixer rapidement le décor permettant aux lecteurs de se forger une image précise de la ville, de son atmosphère étouffante et de l’aura de mystère qui l’entoure.

On ressent en outre parfaitement le sentiment d’isolement et d’enfermement des habitants et même de Miranda dont le seul crime est d’être la fille du juge. Celle-ci va d’ailleurs prendre conscience, grâce au jeune Cow Boy Farley, des limites d’une vie sans liberté.

Ghost City est également une histoire d’amour entre deux personnes à la personnalité et au parcours diamétralement opposés. Miranda a ainsi vécu toute sa vie à l’écart du monde protégée par son père alors que Farley est un bourlingueur féru de liberté. Cette opposition des caractères se révèle intéressante puisqu’elle permet aux deux personnages d’évoluer au contact l’un de l’autre. On reste cependant dans un schéma classique d’amour au premier regard avec une relation assez chaste, fidèle aux histoires d’antan.

Heureusement, la romance n’est ici pas développée sur des pages et des pages. L’auteur vous épargne également les atermoiements d’une belle et jeune enamourée effacée et indécise. Miranda est certes une belle femme, mais elle a aussi un sacré caractère et n’hésite pas à se confronter à Farley, mais également à son père. Il n’est donc pas ici question d’une jeune demoiselle en détresse à sauver.

J’ai deviné assez rapidement certains éléments concernant la personnalité du juge et son passé puisque l’auteur distille quelques indices et que la trame narrative demeure assez classique. Cela ne m’a néanmoins pas dérangée outre mesure puisque le point fort de ce roman n’est pas le suspense, mais la réflexion qu’il permet d’opérer sur des thèmes comme la justice et sa mince frontière avec la vengeance, la rédemption, la liberté, l’avidité, la morale…

Enfin, j’ai été de nouveau charmée par la finesse et la beauté de la plume de Michel Honaker que je mets donc officiellement dans ma liste des auteurs à la belle plume aux côtés, entre autres, d’Amélie Nothomb et de Stéphane Soutoul.

En conclusion, j’aurais apprécié que l’auteur étoffe un peu plus son roman, mais force est de constater qu’il arrive en peu de pages à vous plonger totalement dans son récit. Cette histoire de ville fantôme érigée sur le principe de justice et de pénitence pour ceux qui ont fauté devrait plaire à toux ceux qui aiment les romans mêlant mystère, surnaturel, romance et qui aiment réfléchir à des notions universelles comme la justice.

Les Royaumes de feu, tome 1 : La Prophétie, Tui T. Sutherland

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C’est par hasard que j’ai découvert Les Royaumes de feu de Tui T. Sutherland, série publiée par Gallimard jeunesse. Cette histoire de dragons et de prophétie m’a tout de suite intriguée. C’est donc avec plaisir que je me suis lancée dans la lecture du premier tome, La Prophétie.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une terrible guerre divise les royaumes du monde de Pyrrhia. Selon une mystérieuse prophétie, seuls cinq jeunes dragons nés lors de la Nuit-la-plus-Claire pourront mettre fin aux combats et apporter la paix. Mais les élus, Argil, Tsunami, Gloria, Comète et Sunny, rêvent de voler de leurs propres ailes plutôt que d’accomplir leur destin…

  • Broché: 400 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 14 années
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (8 janvier 2015)
  • Prix : 16€

AVIS

L’objet livre

Tout d’abord, je trouve l’objet-livre magnifique, la couverture donnant envie de se plonger directement dans le récit. J’ai en outre apprécié la carte en début de livre ainsi que le petit Guide des dragons de Pyrrhia qui répertorie les différents types de dragons avec leurs caractéristiques. Vous verrez que c’est utile, surtout en début de lecture, afin de visualiser correctement les dragonnets que nous suivons et comprendre les enjeux de la guerre qui frappe Pyrrhia.

Cependant, oui je suis râleuse, j’aurais préféré pour des raisons de praticité que ce récapitulatif soit placé dans un petit carnet, dans l’idéal en couleurs, que l’on aurait pu consulter facilement et à loisir pendant la lecture du roman…

L’histoire…

Dans le roman, nous faisons la connaissance de cinq dragonnets de différents types (Ailes de sable, Ailes de boue…) qui ont été élevés secrètement et totalement coupés du monde dans le but d’accomplir une certaine prophétie. Las de cette vie et prêts à tout pour protéger l’une des leurs, ils décident de s’enfuir. Ils découvriront néanmoins, à leurs dépens, que la vie à l’extérieur n’est finalement pas synonyme de liberté, mais plutôt de dangers…

Le livre est destiné à la jeunesse, mais cela ne veut pas dire qu’il est plat et tout gentillet. Aux côtés de l’amitié, du courage et de l’espoir, vous trouverez également beaucoup d’actions, de la jalousie, de la violence, des combats parfois impressionnants, de la cruauté physique et morale, la mort, la trahison… Cela rend l’histoire intéressante et permet de passer un très bon moment de lecture que l’on soit enfant ou adulte.

Les personnages…

Les personnages principaux sont tous des dragons, mais on oublie très vite leur nature et on finit par avoir l’impression de suivre les aventures d’êtres humains. Il faut dire que leurs comportements, leurs peurs, leurs espoirs et leurs valeurs les rendent très humains.

J’ai adoré découvrir ces cinq dragonnets qui sont aussi différents physiquement que psychologiquement même si je me suis surtout attachée à Argil. C’est assez normal puisque chaque tome de la série met en avant un des dragons et que dans La Prophétie, nous suivons surtout Argil.

Ce jeune Ailes de boue n’est pas le plus courageux de la bande, loin de là, mais il est généreux, profondément gentil, altruiste et ferait tout pour protéger ses amis. C’est typiquement le genre de « héros malgré lui » auquel il est facile de s’attacher et peut-être même de s’identifier surtout quand on est un enfant. Je l’ai tellement apprécié que j’ai été un peu déçue de savoir que je ne le retrouverai pas en tant que personnage principal dans les autres tomes. Mais je suis certaine que je m’attacherai aux autres dragonnets de la même manière ou, du moins, je l’espère.

Plusieurs scènes de ce tome m’ont marquée que ce soit par leur intensité, les valeurs véhiculées ou l’attitude des dragonnets qui se révèlent toujours prompts à s’aider les uns les autres. A cet égard, je ne citerai qu’une scène que j’ai trouvée particulièrement mignonne et triste à la fois : celle où Argil, Ailes de Boue, se retrouve pour la première fois en contact avec des éléments inhérents à sa nature : la terre et l’eau. J’ai trouvé adorable de le voir se délecter de la boue qui lui a tant manqué durant sa captivité. Mais au-delà de cela, on se rend compte à quel point être coupés du monde et de leurs racines a dû être difficile pour les dragonnets

A noter que tous les adultes, ou presque, du livre sont absents, cruels ou décevants alors que les dragonnets sont, à l’inverse, gentils et solidaires. Dans un livre pour adule, ce manichéisme aurait eu tendance à me faire lever les yeux au ciel, mais pour un livre jeunesse, je ne l’ai pas trouvé dérangeant. Et puis, j’imagine que cela rend la lecture plus facile pour les enfants et leur permet, dans une certaine mesure, de mieux s’identifier aux gentils.

En résumé, La Prophétie est un livre jeunesse, mais si vous êtes un adulte et que vous aimez l’action, le suspense, les retournements de situation, les dragons, l’amitié avec un grand A… vous serez certainement plus que séduits par l’histoire. Les Royaumes de feu font ainsi partie de ces séries qui devraient enchanter toute la famille, des enfants ( à partir de neuf ans selon Gallimard) aux adultes.

 

A question of magic, E.D Baker

J’ai découvert A question of magic de E.D Baker par hasard lors de mes pérégrinations livresques sur Momox. Attirée par la couverture et le résumé, je n’ai pu que me laisser tenter.

Lu en anglais, je n’ai pas l’impression que ce roman jeunesse ait déjà été traduit. Néanmoins, le niveau d’anglais reste très accessible.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Serafina was living the normal life of a village girl, when she gets a mysterious letter–her first letter ever, in fact–from a great aunt she’s never heard of in another village. Little does ‘Fina know, her great aunt is actually a Baba Yaga, a magical witch who lives in an even more magical cottage.

Summoned to the cottage, Serafina’s life takes an amazing turn as she finds herself becoming the new Baba Yaga. But leaving behind home and the boy she loves isn’t easy, and as Serafina grows into her new and magical role answering the first question any stranger might ask her with the truth, she also learns about the person she’s meant to be, and that telling the future doesn’t always mean knowing the right answers.

AVIS

Un bel objet

Je trouve le livre très réussi visuellement de la couverture aux petits détails insérés en début de chapitre et dont vous comprendrez le sens une fois l’histoire dévorée :

Une réecriture de conte…

L’auteure nous propose une réécriture de conte qui met en scène une figure traditionnelle des contes russes et plus généralement slaves, Baba Yaga. Je connaissais vaguement ce personnage pour l’avoir découvert enfant, mais je n’en gardais pas un grand souvenir.

J’ai donc effectué quelques petites recherches sur cette sorcière ce qui m’a permis de constater que si l’auteure nous offre sa propre version du conte, elle en a toutefois conservé quelques éléments.

Si vous désirez en apprendre plus sur cette sorcière, cet article du Courrier de Russie pourrait vous intéresser.

L’histoire…

Seraphina est une jeune villageoise qui vit entourée de sa famille et de son ami d’enfance, presque fiancé. Jeune fille curieuse et instruite, l’une des rares à avoir appris à lire et à écrire, elle voit sa vie chamboulée par l’arrivée d’une lettre provenant d’une mystérieuse grande-tante dont personne n’a le souvenir. Elle est ainsi invitée à venir récupérer son « héritage » sans que ne lui en soit dévoilée la nature.

Et le cadeau se révèlera plutôt fardeau puisque Serafina va devenir la nouvelle Baba Yaga et devoir apprendre, par elle-même, l’étendue de ses capacités et de ses obligations. Maintenant liée à un cottage qui se déplace sur des pattes de poulet, elle va voguer de lieu en lieu pour répondre aux questions des personnes la sollicitant ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa propre santé….

Les personnages…

Livrée à elle-même, Seraphina pourra heureusement compter sur l’aide de personnages les plus attachants les uns que les autres à l’instar de ces crânes qui parlent et qui vont devenir ses amis. Elle prendra bien soin de les polir et eux de la soutenir, une jolie coopération en somme. Elle partagera également sa vie avec un chat qui parle, même s’il se révèle plutôt bougon et que ses paroles sont souvent plus sibyllines que limpides. Mais cela fait partie de son charme…

Durant son apprentissage du rôle de Baba Yaga, Seraphina rencontrera, bien sûr, des personnes malintentionnées, souhaitant tirer profit de ses capacités. Mais elle fera surtout la connaissance de personnes qui lui apporteront, directement ou indirectement, leur soutien.

Quant à Seraphina, difficile de ne pas s’attacher à cette jeune héroïne d’une grande gentillesse et pleine de bonne volonté. Malgré son envie de retrouver sa vie d’avant et son fiancé, elle fait de son mieux pour assurer son nouveau rôle et ceci sans se lamenter sur son sort.

Deux petits points…

J’ai beaucoup aimé cette histoire mêlant magie, amitié, découverte de soi, amour (mais de manière très légère)… Enfant, je pense que ce roman aurait été un coup de cœur ! Cependant, deux points pourraient gêner certains lecteurs même si cela n’a pas été le cas pour moi.

D’abord, il y a une certaine redondance de l’action puisque la nouvelle vie de Seraphina est assez répétitive : elle va dans un lieu grâce à son cottage magique, répond aux questions de personnes et change de lieu… Heureusement, des péripéties et surtout la quête de l’héroïne pour retrouver sa vie d’avant viennent se greffer rendant l’intrigue intéressante et pleine de rebondissements.

Ensuite, des thèmes comme la mort, la guerre mais également la question de savoir si toutes les vérités sont bonnes à entendre sont abordés. Mais nous restons dans un roman jeunesse avec une histoire toute gentillette. De la même manière, la fin est assez convenue, mais elle correspond à tout point à ce que l’on peut attendre de ce genre de livre.

En résumé, si vous avez envie de découvrir une jolie réécriture de conte traitant du personnage de Baba Yaga, A question of magic devrait vous plaire. L’histoire est mignonne à souhait et tout le monde se révèle attachant, ou presque, de l’héroïne aux personnages secondaires. Une très jolie découverte qui devrait vous offrir un joli moment de magie… un peu comme un Disney version papier.

Carabosse, La légende des cinq Royaumes : Michel Honaker

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J’ai découvert Carabosse de Michel Honaker, publié chez Flammarion, grâce à une vidéo de la chaîne Bazar de la littérature. J’ai donc sauté sur le roman quand je l’ai trouvé à la médiathèque.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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En un instant l’ombre éclipse le soleil, au milieu des branches tortueuses aux feuilles grasses et triangulaires, émerge une jeune fille à la chevelure brune et au regard ténébreux. Le poison de l’amour déçu lui dévore l’âme. De sa soeur Léonore, qui lui a ravi son aimé, Carabosse jure de se venger : le fruit de leur amour mourra, le jour de ses dix-huit ans. Alors son sombre pouvoir jettera sur le Royaume terreur et désolation. Les liens du sang tissent des haines plus féroces que toutes les autres… Carabosse, la fée maléfique nous plonge dans les profondeurs du Conte de La belle au Bois-Dormant.

  • Broché: 386 pages
  • Editeur : Flammarion (2 avril 2014)
  • Prix : 14€

AVIS

Un livre soigné…

J’ai emprunté le livre, mais j’ai tellement été séduite par le travail d’édition de Flammarion que je pense l’acheter. La couverture, en plus de flatter l’œil, possède une texture particulière proche de celle d’une tapisserie.

En outre, une carte permettant de se représenter les Cinq Royaumes est présente en début d’ouvrage ce qui est toujours plaisant pour mieux situer l’univers d’un livre.

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Dernier petit détail sympathique, les débuts de chapitres sont joliment décorés :

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Des personnages intéressants…

Je ne connais de La belle au bois-dormant que la version de Disney, mais je dois avouer que ce conte n’a jamais été l’un de mes préférés. Il faut dire que de devoir attendre le baiser d’un prince charmant pour être réveillée, niveau passivité difficile de faire mieux ou pire, question de point de vue…

Du coup, j’ai été très agréablement surprise par les protagonistes féminines du livre qui ont toutes du caractère. Bon, j’ai dit du caractère pas bon caractère car Cara a plutôt mauvais caractère comme vous le découvrirez très vite dans le livre.

Belle, la jeune femme possède néanmoins un attribut physique qui la rebute : une disgracieuse bosse. Au fil du temps, cette « difformité » obsède Cara qui est prête à tout pour la faire disparaître d’autant qu’elle est source de moqueries et d’ostracisme.

Cette histoire de bosse aurait pu susciter de la pitié de la part des lecteurs, mais pour ma part ce ne fut pas le cas. J’ai trouvé l’importance que Cara lui accordait à la limite de l’obsession au point que cela en devient pénible… D’ailleurs, artisane de son propre malheur, c’est Cara qui finit par se personnifier elle-même en Carabosse, mêlant ainsi étroitement cet attribut « difforme » à sa personne.

De la même manière, j’ai eu beaucoup de mal à comprendre ses actes odieux afin de punir le prince charmant qui a préféré épouser sa jeune soeur, Léonore. Alors on est dans un conte, on comprend le concept d’amour fou au premier regard… Cependant, j’ai quand même eu le sentiment que plus que d’amour, il s’agissait ici de la goutte d’eau qui fait déborder le vase ; le prince semblant représenter cette énième chose qui échappe à Cara. C’est ça où je ne suis pas romantique et suis hermétique à la notion de coup de foudre, c’est possible aussi.

Bref, Carabosse est une méchante dont on saisit la détresse et la profonde solitude, mais pour laquelle, je n’ai pas réussi à développer d’empathie.

Je pourrais vous parler de chacun des personnages, mais afin de ne pas rendre ma chronique trop longue et indigeste, j’aimerais me focaliser sur mon personnage préféré : Trublion, ancien saltimbanque devenu ami du couple royal. J’ai admiré sa sagesse, sa loyauté amicale et amoureuse, sa gentillesse, sa dévotion… J’aimerais beaucoup lire une aventure basé sur ce héros, petit par la taille, mais grand par l’âme. Vous noterez que je vous ai épargné le « petit, mais costaud » qui s’appliquerait pourtant bien au personnage.

Mon seul regret…

Tous les personnages m’ont plu excepté Clèves, le fils de Carabosse, qui a manqué pour moi de profondeur comme si l’auteur nous en offrait seulement une ébauche. Dommage, de par sa naissance (vous comprendrez en lisant le livre), le jeune homme aurait pu se révéler très intéressant et tout en nuances, faisant un peu le pont entre les gentils et les méchants.

Ici, ce ne fut pas le cas ; si Carabosse montrait quelques faiblesses, Clèves est un pur méchant sans nuances donc sans grand intérêt, du moins pour moi.

Un style littéraire très agréable…

Enfin, si j’ai autant apprécié ma lecture c’est également grâce à la superbe plume de l’auteur. J’ai été ravie de lire un écrivain qui ose adopter le style littéraire des contes d’antan. Les passages descriptifs sont savamment entrecoupés avec des moments plus intenses rendant presque impérieux le besoin de tourner les pages.

Pour conclure, si vous aimez les réécritures de contes, les personnages forts et l’action, Carabosse est un roman qui devrait vous plaire d’autant qu’il est porté par le style fluide, envoûtant et bien construit de son auteur.

NOTE : 4,25/5

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Je ne sais pas, Marie Colot

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Je remercie Alice Éditions et Chagaz’… et vous pour m’avoir permis de découvrir Je ne sais pas de Marie Colot.

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Il y a du sang trois étages plus bas. Il paraît que c’est de ma faute. Enfin, en partie. »
Un fait divers horrible vient d’avoir lieu. Il est minuit trente-deux et l’agent de police essaie désespérément de faire parler Clara. « Je ne sais pas ». Quatre mots tout simples qu’elle voudrait prononcer. Mais, même ça, elle n’y arrive pas.

  • Broché: 70 pages
  • Editeur : Alice (3 octobre 2016)
  • Collection : Le chapelier fou
  • Prix : 10€

AVIS

A la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire policière alors que l’agression d’une prostituée est avant tout un moyen pour l’auteure de laisser s’exprimer Clara même si ce n’est que dans sa tête. Ce point ne m’a pas du tout dérangée d’autant que Clara s’est révélée être une adolescente torturée, mais également intéressante.

L’auteure alterne les chapitres entre l’instant présent où Clara est interrogée inlassablement par sa mère et un policier avec d’autres périodes de son passé. L’alternance entre présent et passé est très bien amenée et pousse les lecteurs à essayer de comprendre, ou du moins entrevoir, comment la jeune fille est devenue ce qu’elle est aujourd’hui.

Clara semble d’ailleurs avoir elle-même beaucoup réfléchi à la question comme ses pensées le laissent deviner. Elle arrive à analyser, presque froidement parfois avec cynisme, sa personnalité, ce qu’elle considère comme ses faiblesses, les différents événements marquants de sa vie… Il se dégage de la jeune fille une impression de maturité, mais aussi un sentiment de grande solitude et une profonde tristesse. Personne n’est aussi dure avec Clara que Clara !

Alors évidemment, l’adolescence est une période parfois difficile, mais on comprend très vite que le mal-être de Clara dépasse un cadre normal et qu’elle a besoin d’aide. Enfin, le lecteur et même une prostituée, qui ne connaît de la jeune fille qu’un visage, le perçoivent rapidement. La situation ne semble pas aussi limpide pour la mère de l’adolescente qui est elle-même déjà bien trop engluée dans le chagrin pour voir celui de sa fille…

Je dois avouer que la mère de Clara m’a fortement agacée, même si en fin d’ouvrage on comprend qu’elle fait simplement ce qu’elle peut. Alors que sa fille s’enferme dans un profond mutisme, elle n’essaie pas de l’aider et de l’apaiser. A l’inverse, elle se lance dans une véritable inquisition comme si le silence de son enfant était un reproche sourd qu’elle lui adressait. Heureusement, un élan de lucidité, ou du cœur, finit par lui faire faire un premier pas vers sa fille… le premier pas libérateur pour la jeune fille.

Je vais m’arrêter là pour ne pas trop vous en dévoiler d’autant que le livre est assez court et se lit rapidement. C’est une lecture intense et particulière dans le sens où on entre vraiment dans la tête du personnage principal et que son introspection peut parfois nous mettre mal à l’aise ou nous faire réagir. L’histoire, dans une certaine mesure, pourra également faire écho aux adolescents qui se sentent mal dans leur peau.

En conclusion, Je ne sais pas est un livre qui ne vous laissera pas indifférent et ne pourra que susciter en vous différentes émotions. Destiné d’abord aux adolescents, je conseille sans hésiter ce roman aux adultes qui aiment les personnages un peu torturés et dont la psychologie est au centre de l’intrigue.

NOTE : 4/5

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Photo de l’éditeur

Site WEB de l’auteure – Page Facebook

The Ice Dragon, George R. R. Martin

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Je connais George R.R. Martin de nom comme beaucoup d’entre vous, mais je n’avais jamais rien lu de l’auteur. C’est donc assez curieuse que je me suis plongée dans la lecture de The Ice Dragon.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

The ice dragon was a creature of legend and fear, for no man had ever tamed one. When it flew overhead, it left in its wake desolate cold and frozen land. But Adara was not afraid. For Adara was a winter child, born during the worst freeze that anyone, even the Old Ones, could remember.

  • Relié: 128 pages
  • Editeur : Tor Teen (21 octobre 2014)
  • Langue : Anglais

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AVIS

L’histoire…

Adara est une enfant de l’hiver qui ne semble vivre que pour la survenue, chaque année, de cette saison. Elle l’attend avec impatience d’autant qu’elle est synonyme du retour du dragon de glace, une créature de légende craint par tous, avec laquelle la jeune fille possède une connexion particulière.

Aussi froide que l’hiver, il est difficile au départ de s’attacher à Adara qui semble dépourvue d’émotions pour sa famille puisque son amour et son attachement ne sont réservés qu’au dragon de glace. Sans trop dévoiler l’intrigue, je dois néanmoins dire que j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur fait évoluer notre jeune héroïne qui finit par se « réchauffer ».

Si nous sommes face à un livre jeunesse, l’histoire n’est pas particulièrement douce et quelques scènes de combats entre dragons sont, par exemple, à prévoir. Rien de bien traumatisant, je vous rassure, mais c’est peut-être à prendre en compte avant de mettre le livre entre les mains des plus jeunes. Pour ma part, je ne suis pas férue de ce genre de scènes, mais j’ai tout de même apprécier ces passages très bien décrits par l’auteur.

Quant à la conclusion du livre, je l’ai trouvée parfaite avec ce petit côté poétique voire enchanteur qui sied à merveille aux contes pour enfants.

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Le livre est juste magnifique ! De la sublime couverture au toucher soyeux en passant par les illustrations, tout est mis en œuvre pour enchanter les pupilles des lecteurs.

Les nombreuses illustrations nous immergent complètement dans l’histoire et nous permettent presque de ressentir la glace et le froid si présents dans le livre.

En conclusion, que l’on soit fan ou non de George R.R. Martin, The Ice Dragon est un roman que je ne peux que vous conseiller. Vous serez enchantés autant par l’histoire que par les magnifiques illustrations de Luis Royo.

Si vous en avez la possibilité, n’hésitez pas à lire la version originale qui reste très accessible, mais si certains mots de vocabulaire ne sont pas usuels.

NOTE : 4,5/5

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La forêt des cœurs glacés, Anne Ursu

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J’avais découvert La forêt des cœurs glacés d’Anne Ursu sur la blogosphère et l’avait noté pour une prochaine lecture d’hiver. Cette lecture m’a permis de terminer, en avance, mon challenge Cold Winter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hazel et Jack aiment rêver et passent leur temps à réinventer le monde. Quand la réalité les ennuie ou leur paraît trop rude, ils se réfugient dans les jeux et les histoires qu’ils inventent, bien plus belles et amusantes que le monde des adultes qu’ils trouvent si triste ! Mais un jour, Jack disparaît, sans explication. Pour le retrouver et sauver leur amitié, Hazel entreprend un long et périlleux voyage. La voici seule dans une étrange forêt peuplée de créatures fantastiques, à la recherche du palais de glace de la reine des neiges qui a enlevé Jack…

  • Broché: 296 pages
  • Editeur : Seuil (20 septembre 2012)

AVIS

En plus d’une situation familiale délicate, Hazel et Jack, deux très grands amis, ont en commun une grande imagination qu’ils mettent à profit pour vivre de belles et épiques aventures auxquelles restent désespérément hermétiques les adultes. Or, un jour, par un malheureux concours de circonstances, Jack change au point de rejeter son amie d’enfance avant de disparaître! Désirant sauvé son ami et leur amitié, Hazel part alors à l’aventure.

J’ai trouvé la première partie du roman qui décrit les situations familiales respectives des deux enfants ainsi que les liens profonds les unissant très intéressante. J’ai été touchée par les situations difficiles que chacun d’entre eux vit, Jack avec sa mère devenue l’ombre d’elle-même et Hazel avec le départ de son père. Difficile également de rester insensible devant la quête d’identité de notre jeune héroïne. J’ai en outre adoré la manière dont Anne Ursu a su décrire la très belle et touchante amitié unissant nos deux héros. Certaines situations m’ont même rappelé des souvenirs d’enfance, époque à laquelle les amitiés revêtent un caractère spécial presque vital.

J’ai également beaucoup aimé assister, dans la deuxième partie, au périple d’Hazel pour retrouver et sauver Jack. Au cours du chemin, notre héroïne affrontera courageusement différents dangers, rencontrera des personnes qui ne sont pas forcément ce qu’elles semblent être, en apprendra plus sur elle-même, réfléchira à la notion d’amitié et aux liens familiaux… J’ai lu cette deuxième partie d’une traite désirant savoir le sort réservé à Jack et la manière dont Hazel arriverait à le sauver.

Au l’issue de cette aventure, j’ai eu le sentiment que les deux enfants ont grandi et compris que si l’imagination est importante, elle n’est pas forcément la solution dans laquelle s’enfermer en cas de difficulté dans la vie.

Enfin, si La forêt des cœurs glacés évoque bien l’univers des contes et de la magie, je n’ai pas trouvé que c’était vraiment une réécriture de la Reine des Neiges, personnage bien loin d’être au centre de l’intrigue. J’ai d’ailleurs regretté son rôle peu important dans le roman et j’aurais adoré qu’elle soit mieux exploitée.

En conclusion, j’ai beaucoup apprécié cette histoire d’amitié hors du commun entre Hazel et Jack ainsi que la place donnée à l’imagination, à la magie, aux contes… C’est un livre jeunesse qui devrait plaire aux jeunes, mais également aux adultes qui pourront, durant quelques heures de lecture, renouer avec leur imagination et leur âme d’enfant.

MA NOTE : 4/5

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