Mini-chroniques en pagaille #41 : challenge coréen, sorcière, chat et douceur !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici un nouvel article mini-chroniques en pagaille centré sur la jeunesse, ayant lu pas mal d’album et de BD jeunesse ces derniers jours. Je crois que j’avais besoin de lecteurs douces et mignonnes… Cet article me permet également d’ajouter une entrée au Challenge coréen !

  • L’île de Grand-Père de Joung-Mi Yoon (Les éditions de L’Élan vert)

Couverture L'île de grand-père

Incapable de résister à une si belle couverture, je n’ai pas hésité à emprunter ce magnifique album jeunesse qui nous offre une jolie histoire pleine de douceur et de poésie. Contrairement à ses parents qui l’ont envoyé là-bas, Joon-so n’est guère enthousiaste à l’idée de passer ses deux mois de vacances à la mer chez son grand-père. Il faut dire que l’île est bien trop paisible à son goût ! Une quiétude et un silence que l’on perçoit d’ailleurs à travers les illustrations de l’autrice…

Un jour son grand-père lui propose une balade en bateau, une idée qui ne plaît guère à Joon-so qui n’aime pas le bateau et préfère jouer à son jeu vidéo. Mais son grand-père a du flair en évoquant une grotte marine… Cette sortie en mer, loin d’être banale, marquera pour Joon-so le début d’une fantastique aventure où la frontière entre les rêves et la réalité s’estompe au profit de belles rencontres et de somptueux paysages. Qui a dit qu’on s’ennuyait sur l’île de son grand-père ?

Beau, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album jeunesse à ne pas manquer pour vivre un rêve éveillé et assister à la naissance d’une belle complicité intergénérationnelle.

Album lu dans le cadre du Challenge Coréen de Depuis le cadre de ma fenêtre

Challenge coréen logo 2021-2022



  • Tout seul ? de Rosemary Shojaie (Didier jeunesse)

Tout seul ? par Shojaie

Voici un petit album qui m’a d’abord séduite par sa couverture et ses magnifiques illustrations d’une tendre et douce poésie. J’ai tourné les pages des étoiles plein les yeux et me suis surprise à m’attarder sur chaque détail, à me laisser imprégner par les différentes atmosphères que l’on croise au fil de l’histoire. Printemps, été, automne… à chaque saison, Nico, un joli renard roux, et ses amis trouvent quelque chose à faire ensemble, tous ensemble.

Puis vient l’hiver ! Mais au lieu de profiter des frimas de la saison, Ava la loutre, Olive le raton laveur et Linus le blaireau dorment d’un lourd et profond sommeil. Déçu de ne pas avoir ses amis à ses côtés, Nico part dans la forêt afin de trouver un nouveau compagnon de jeu. 

Malheureusement, la forêt semble bien vide… Mais Nico en est-il bien certain, n’y a-t-il vraiment personne d’autre prêt à jouer avec lui ?  Pour le savoir, ne reste plus qu’à vous plonger dans cette magnifique et poétique histoire dont les illustrations ne devraient pas manquer de subjuguer grands et petits lecteurs, tout en leur offrant un final tendre à souhait !



  • Le costume secret d’Halloween de Karina Dupuis (illustrations) et Sophie Vaillancourt :

Appréciant beaucoup la ligne éditoriale des éditions CrackBoom, je ne pouvais qu’avoir envie de lire ce très joli album de saison !

La petite Charlotte adore le mois d’octobre, car c’est le mois où l’on fête Halloween, une fête durant laquelle il est de coutume, surtout quand on est une sorcière comme elle, de porter un déguisement qui fait peur. Mais Charlotte en assez de cette tradition, elle aimerait porter le déguisement de son choix !  Elle ne sait pas encore lequel, mais elle est certaine d’une chose : elle ne veut pas d’un déguisement qui fasse peur.

Si sa mère n’accueille pas d’un très bon œil l’envie de sa fille, la tradition étant la tradition, Charlotte pourra heureusement compter sur le soutien de ses deux amies, Amalia et Coraline, et de sa grand-mère. Une sorcière qui n’hésite pas à affirmer ses goûts quitte à être considérée comme bizarre et à être regardée d’un œil étrange par les membres de sa communauté… Un joli modèle pour Charlotte qui trouvera le courage de s’émanciper d’une tradition qui ne lui convient guère pour affirmer ses propres goûts ! Car finalement, l’important n’est-il pas d’être soi et d’écouter la voix de son cœur que ce soit à Halloween ou le reste de l’année ?

Porté par de jolies illustrations tout en rondeur et aux couleurs éclatantes, ce petit album offre un très joli message quant au droit pour les enfants de faire leurs propres choix et d’affirmer leurs envies et leurs goûts, tradition ou pas. On appréciera également la jolie complicité et la tendresse unissant une petite-fille et sa grand-mère, deux sorcières qui n’hésitent pas à revendiquer leurs préférences…

Merci aux éditions CrackBoom! et à Netgalley pour cette lecture.



  • Pauvre Petit Chat de Michel Van Zeveren (l’école des loisirs)

J’ai tout de suite fondu devant la couverture avec ce chaton blanc, petite boule de poils esseulée dans la nuit étoilée. Et je dois dire que mon cœur s’est fendu devant ce chat perdu mais qui trouvera dans la lune, une inattendue et discrète alliée.

Nous suivons l’avancée du chaton sur le trottoir où il croisera un sac poubelle, un lampadaire, une porte qui violemment se ferme…Tout autant de rencontres qu’il percevra comme des dangers, notre chat étant seul et apeuré. Mais il n’est pas vraiment seul, la lune gardant l’oeil sur lui et compatissant à ses malheurs jusqu’à ce que…. Je n’en dirai pas plus, mais le final est beau et tendre et offre une conclusion qui réchauffera le cœur des lecteurs, tout en ne manquant pas de faire naître un beau sourire sur le visage des enfants.

J’ai également apprécié le travail sur la composition des illustrations avec des doubles pages construites sur le même modèle, offrant un cadre restreint et balisé qui permettra aux enfants de rapidement s’approprier l’histoire. Le fait que la progression suive à chaque fois un schéma similaire avec un texte qui se répète et s’agrandit apporte, en outre, une certaine dimension dramatique dans la mesure où l’on attend avec inquiétude, mais aussi beaucoup d’espoir le dénouement… Il y a donc beaucoup d’émotions entre ces pages à l’ambiance minimaliste mais aux dessins très expressifs. 

En bref, voici un album touchant et adorable qui plaira aux amoureux des chats de tous âges.

Et vous, l’un de ces albums vous tente-t-il ?
Lisez-vous des albums jeunesse ?

Extraordinaires enfants de l’écume des vents, Karin Serres et Katy Sannier (illustrations)

Couverture Extraordinaires enfants de l'écume des vents

Ranimer une légende du fond des âges ? Facile : à la pointe du Raz, là où la terre finit dans l’océan, là où les vents sucrés et salés soufflent sur la lande, c’est le rôle des enfants et des poissons volants !

Locus Solus (18 juin 2021) – 48 pages – 14€

AVIS

Avec cet album relié aussi doux au toucher que beau à regarder, j’ai fait un voyage extraordinaire aux côtés de personnages qui ne le sont pas moins…

En des temps reculés, à moins qu’ils ne soient immémoriaux, existait une cérémonie étrange et belle à la fois, une cérémonie où les bruits multiples du vent entraient en harmonie avec les sons et les rires des enfants. Mais parce que le monde est protéiforme et la nature généreuse, les enfants n’avaient pas forcément deux jambes, deux bras et une tête, ils étaient de différentes espèces et de formes variées. Les enfants humains côtoyaient ainsi, durant la célèbre cérémonie de L’écume des vents, des enfants animaux, qu’ils soient poissons, oiseaux ou autres, des enfants végétaux…

Légendaire et féérique, L’écume des vents rythmait la vie des enfants, depuis son annonce aux différentes étapes avant son avènement, appelé le Grand Jour Dit. Si vous vous plongez dans ce petit ovni littéraire poétique mélangeant onirisme, légende, douceur, collages pleins de fantaisie et ambiance colorée, vous aurez d’ailleurs la chance d’assister à une cérémonie de L’écume des vents, et ressentir la joie de tous ces enfants qui l’ont attendue et préparée dans la joie, le bonheur et la bonne humeur.

Extraordinaires enfants de l’Écume des vents

Ode poétique et subtile à la nature et aux éléments, au partage et au vivre-ensemble, cet album transporte les lecteurs de tous les âges dans un conte fabuleux où les rêves sont à portée de main, de nageoire ou de nuage, où des sardines peuvent devenir poissonnes volantes, où les membres d’une forêt d’enfants peuvent s’enraciner et se déraciner au gré de leurs envies, où l’on rencontre des korrifées joyeuses et conductrices de bus, et même une créature géante qui vit dans une grotte remplie de livres et qui se nourrit exclusivement de desserts, de miel et de fruits. Laissez-moi vous dire que le vent m’aurait vite portée vers une telle créature !

La dimension onirique est d’une telle importance qu’en parcourant les pages colorées de ce bel album, votre esprit ne pourra que se laisser porter vers ce monde de légende et de fantaisie. Un monde magique, protecteur et lumineux que l’on parcourt les yeux et le cœur grands ouverts, prêts à faire bon accueil à des enfants-jardiniers, des enfants-musiciens, des loups magiques, et même à un scaphandrier fantôme qui pourrait vous surprendre si vous osez l’approcher. Les plus téméraires pourront même partir à la rencontre d’un requin à trois têtes, prêt à vous aider à surmonter vos cauchemars.

Et toujours, en trame de fond, cette fête et cérémonie de L’écume des vents, source de tous les rêves et des plus belles réalités. Doux, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album, aux accents très marins, à offrir à des enfants pour leur transmettre l’art du rêve, leur montrer la force de l’imagination et le pouvoir de l’évasion. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les thématiques sous-jacentes abordées avec autant de subtilité que de délicatesse et cette impression de vivre un rêve éveillé où tout peut arriver.

Je remercie Babelio et les éditions Locus Solus pour m’avoir envoyé ce bel ouvrage en échange de mon avis.

Les chroniques d’Azfaréo (tome 1), Shiki Chitose

Les chroniques d'Azfaréo, tome 1 par Shiki

La rumeur raconte que le royaume d’Azfaréo est protégé par le pouvoir du Dragon Bleu… Mais depuis quelques temps, il ne pleut plus sur les terres, et l’équilibre est menacé. Le pouvoir du dragon serait-il en train de s’affaiblir ? C’est dans ce contexte que Rukul, héritière d’une famille de prêtres, est envoyée pour servir la créature mythique. Cette dernière, en échec familial, trouvera-t-elle sa place auprès du dragon ? Et quels secrets royaux découvrira-t-elle ?

Akata (10 septembre 2020) – 182 pages – 6,99€
Traduction : Sahe Cibot

AVIS

Une jolie couverture avec un dragon bleu, il n’en fallait pas bien plus pour attirer mon attention sur un manga que j’ai trouvé fort sympathique.

Nous faisons la connaissance de Rukul, une jeune fille appartenant à une lignée de prêtres, envoyée à la cour servir le dragon bleu du royaume d’Azfaréo. Une tâche importante puisqu’il est dit que l’état de la créature influe directement sur la météo. Or le pays a désespérément besoin de pluie… Contre toute attente, alors que les autres jeunes filles se sont évanouies devant l’impressionnante créature, Rukul ne montre aucun signe de peur et semble bien déterminée à prendre soin de ce dragon au caractère difficile.

Gaffeuse, naïve, pas très sûre d’elle, mais téméraire, bienveillante, sincère, gentille et pleine de bonne volonté, Rukul se révèle aussi sympathique que touchante et émouvante. Elle n’a pas le talent de sa sœur que tout le monde encense, mais elle possède beaucoup de cœur et fait de son mieux pour s’occuper de Julius. Il est d’ailleurs amusant de voir un personnage aussi délicat physiquement se poser en farouche protecteur d’un dragon caractériel à la taille imposante. Pour ma part, j’ai adoré cette jeune fille d’une grande fraîcheur et ai apprécié la voir, au fil des pages, prendre de plus en plus confiance en elle, même si elle a toujours en elle ce petit complexe d’infériorité dû notamment à un père qui m’a paru assez dur et cassant.

Le duo formé par Rukul et Julius fonctionne à merveille, d’autant que contrairement aux apparences, ce dernier n’est peut-être pas aussi revêche que cela. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié tout l’enjeu autour de son identité, et sa manière de prétendre être agacé et malpoli quand il se révèle surtout pudique quant à ses sentiments. Je l’ai d’ailleurs trouvé assez mignon et plutôt protecteur, bien qu’il ne serait pas probablement ravi que je le mentionne. N’a-t-il pas une image de dragon à préserver après tout ? On découvre, en outre, chez ce dragon une réelle et surprenante volonté de protéger le peuple qui rend le personnage fort sympathique et plus profond qu’il n’y paraît.

Entre l’existence d’une malédiction et la différence de caractère et de nature entre nos deux protagonistes, il y a un côté La Belle et la Bête, syndrome de Stockholm en moins, qui m’a bien plu. À cela, on peut ajouter une dimension politique avec un complot qui apporte une petite tension dramatique intéressante. Le seul point qui m’a un peu moins convaincue est que tout semble arriver trop vite que ce soit au niveau politique ou de la relation entre les personnages, notre apprentie prêtresse faisant tomber rapidement certaines barrières. Cela n’est pas dérangeant en soi, mais ce bémol rend la lecture un peu superficielle pour des lecteurs ou souhaitant un réel travail sur l’univers et l’évolution des sentiments.

Bien qu’effleuré, l’univers semble néanmoins prometteur avec, entre autres, cette idée de lier dragon, météo et prospérité d’un royaume, sans oublier cette aura de secret et de mystère qui hante la cour. Des secrets que Rukul semble bien malgré elle destinée à percer, ce qui ne sera pas aux goûts de tous, mais qui aura au moins le mérite de faciliter sa complicité naissante avec Julius et de promettre quelques péripéties…

En résumé, j’ai passé un très bon et divertissant moment de lecture auprès de deux protagonistes attachants et mignons dont on prend plaisir à suivre la rencontre et l’évolution de la relation. Si vous avez envie d’un manga porté par de superbes illustrations, alliant finesse et expressivité, dans un univers de fantasy intéressant où il est question, entre autres, de dragon et de secret, cette série est faite pour vous. 


En fin de manga, est proposée une petite histoire complètement indépendante et qui, sans être transcendante, reprend un peu ce schéma d’un personnage bougon et d’un autre plus placide. Nous découvrons ainsi une adolescente de caractère, au physique juvénile, qui décide d’apprendre à nager et entraîne, bien malgré lui, un maître-nageur dans son aventure. Les deux se révèlent sympathiques et mignons, d’autant qu’au gré des leçons, ils vont se rapprocher et revoir les idées qu’ils s’étaient fait l’un sur l’autre. Mignonne, cette histoire vaut également pour le message positif qu’il apporte sur la force de la détermination et la capacité à surmonter ses peurs pour atteindre un objectif qui nous tient à cœur… 

Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets, Lylian et Audrey Molinatti (illustrations)

Couverture Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets

Evelÿne est une fillette turbulente aux cheveux violets. Abandonnée à la naissance, elle a été élevée par des sœurs dans un couvent. Et du haut de ses 7 ans, on peut dire qu’elle leur mène la vie dure ! Chaque jour, elle fait les quatre cent coups aux côtés de Benedict, le chat adopté en même temps qu’elle. Finalement, rien de vraiment anormal pour une enfant. À un détail près : elle fait également parler les statues et voit des fantômes !
Cette particularité rend son éducation plus compliquée, d’autant qu’Evelÿne ne maitrise pas encore ses pouvoirs. Les sœurs décident alors de la confier, ainsi que Benedict, au mystérieux Neil Farfadet, un chapelier londonien qui aidera la fillette à découvrir qui elle est vraiment.

Dargaud (20 août 2021) – 49 pages – Papier (9,99€) – Ebook (6,99€)

AVIS

Le destin tient parfois a peu de chose. Ici, en l’occurrence, à des cheveux violets qui pousseront un homme a abandonné son bébé au plus grand désespoir de sa femme…

Si le début peut paraître un peu sombre, bien que l’ambiance graphique sublime avec ses tons chaleureux tende à réchauffer l’atmosphère, l’humour est bien au rendez-vous. Car le bébé des débuts est devenu une enfant de sept ans plutôt turbulente. Et ce ne sont pas les nonnes qui l’ont recueillie et élevée qui vous diront le contraire ! Rebelle et quelque peu impertinente, Evelÿne n’est clairement pas la petite fille la plus facile à éduquer, d’autant qu’en plus de ses dons magiques, des événements surnaturels se multiplient autour d’elle. Son caractère plein de fougue ferait presque regretter à Bénédict, son chat un peu spécial, de lui avoir appris quelques tours de magie, et de l’avoir éveillée au monde de la sorcellerie… Il faut dire qu’Evelÿne ne fait pas montre de la plus grande des discrétions quant à ses pouvoirs et n’hésite pas à les utiliser pour des choses aussi futiles qu’éviter un bain.

Magic - couvent

Bien que parfois un peu agaçante par sa propension à n’en faire qu’à sa tête, Evelÿne se révèle très touchante et semble finalement bien plus attachée à ses protectrices qu’elle ne le montre. Néanmoins, dépassées par la situation, les nonnes décident de la confier aux bons soins d’un maître artisan chapelier, Neil Farfadet. Avec un tel nom, on ne peut que se poser des questions sur sa réelle identité, d’autant que le personnage dégage une certaine aura de mystère… Son comportement éveille, en outre, la suspicion de Bénédict et la nôtre, à défaut de celle d’Evelÿne.

Magic - Farfadet

Nous sommes ici dans un tome introductif qui nous laisse encore dans le flou quant au devenir de notre jeune sorcière auprès de son nouveau mentor et, de manière plus générale, quant à son destin que l’on pressent hors du commun. Quelle est vraiment l’étendue des pouvoirs et des capacités dEvelÿne ? Pour ma part, j’ai hâte de le découvrir bien que l’on devine que la fillette n’est qu’au début d’un long parcours…

J’ai apprécié la relation maître/apprentie naissante, mais c’est celle entre notre jeune sorcière et Bénédict qui m’a fait fondre et attendrie. La fillette et ce chat qui parle forment un duo aussi adorable que complémentaire, dont j’ai adoré suivre les échanges non dénués d’humour et de mordant, les deux ayant la langue bien pendue ! Notre minet va faire de son mieux pour veiller sur une Evelÿne inconsciente des dangers guettant les personnes ayant les cheveux violets. Dans ce monde comme dans le nôtre, la différence fait peur, ce que notre fillette va découvrir dans les rues de Londres ! Une ville dont la splendeur l’éblouira, avant de lui révéler une facette bien plus sombre. Il faut dire que sa vie auprès des nonnes ne l’avait pas vraiment préparée à affronter la malveillance et la haine.

Ainsi, derrière la magie, l’humour, les secrets, une certaine tendresse unissant un chat et une petite fille dont la fougue promet moult péripéties, il est également ici question d’intolérance et de la peur de la différence, poussant des individus à haïr ceux qui ne leur ressemblent pas. Un aspect traité tout en subtilité rendant le message pertinent sans être écrasant, l’auteur n’oubliant pas avant tout de nous offrir une sympathique aventure qui devrait plaire aux enfants. Ceux-ci n’auront d’ailleurs aucun mal à s’identifier à une jeune héroïne prompte aux bêtises, mais sympathique, amusante et pleine d’enthousiasme.

Quant aux sublimes illustrations tout en rondeur, vibrantes de vie, de couleurs et de bonne humeur, elles contribuent indéniablement au plaisir que l’on prend à se plonger au cœur des péripéties, à parcourir les différents lieux, avant de mieux s’arrêter sur les détails et les traits des visages particulièrement expressifs.

En conclusion, avec cette BD jeunesse de toute beauté, l’auteur nous offre une sympathique aventure qui n’en est qu’à ses débuts, mais dont on ne peut qu’attendre la suite avec impatience. En alliant esthétique, mystère, magie, aventure, personnages attachants et humour, La fillette aux cheveux violets devrait ravir les enfants, mais aussi tous les adultes ouverts à la littérature jeunesse, ou qui aimeraient partager une divertissante lecture avec les plus jeunes. Et puis, argument suprême, il y a un chat trop mignon qui parle !

Je remercie les éditions Dargaud et Netgalley de m’avoir permis de lire cette BD en échange de mon avis.

 

Steam Sailors, tome 1 : L’Héliotrope, E.S. Green #PLIB2021

Couverture Steam Sailors, tome 1 : L'Héliotrope

Il fut un temps où les Alchimistes nourrissaient le Haut et Bas-Monde de leurs inventions merveilleuses, produits de magie et de science. Un temps de machines extraordinaires, de prodiges électriques et d’individus aux pouvoirs fantastiques. Une époque révolue depuis que les Industriels ont éradiqué les Alchimistes et leur formidable savoir. Pourtant, on raconte qu’à l’aube de leur disparition, ils auraient caché leur fabuleux trésor dans une cité secrète…

Quatre siècles après la Grande-Fracture, les habitants du Bas-Monde traversent une ère obscure et rétrograde, tandis que le Haut-Monde, figé depuis l’extinction des Alchimistes, demeure inaccessible et fait l’objet de tous les fantasmes. Originaire du Bas-Monde, Prudence vit en paria car elle voit l’avenir en rêves. Une nuit, son village est attaqué par des pirates du ciel. Enlevée et enrôlée de force à bord de l’Héliotrope, un navire volant à la sinistre réputation, la jeune orpheline découvre un nouvel univers, celui du ciel et des pirates. Prudence fait la connaissance des membres de l’équipage, qui ne tardent pas à lui révéler leur secret : ils détiennent un indice, menant à une série de « clefs » disséminées dans le monde, qui permettait de retrouver la cité des Alchimistes…

Gulf stream éditeur (11 juin 2020) – 384 pages – Papier (17€) – Ebook (10,99€)
#ISBN9782354887759

 

AVIS

Steam Sailors était le roman des 5 finalistes du PLIB 2021 qui me tentait le plus, et sans grande surprise, je l’ai adoré, de la première à la dernière ligne. Quel plaisir de vivre cette aventure trépidante aux côtés d’une bande de pirates et de leur jeune captive qui se révèlera pleine de ressources !

Prudence, 15 ans, n’a pas une vie facile dans le Bas-Monde qui, depuis la Grande-Fracture ayant conduit à la disparition des Alchimistes, vit sous le joug de l’obscurantisme, tout en rêvant en secret à ce Haut-Monde inaccessible et fantasmé. Alors, si elle ne goûte guère d’être enlevée par des pirates du ciel, elle réalisera très vite que ce malencontreux évènement n’est peut-être pas aussi dramatique que cela. Certes, ses nouveaux compagnons n’auraient pas hésité à la jeter par-dessus bord si elle ne s’était pas montrée utile, mais ils ne la méprisent pas et ne craignent pas sa différence… Or, pour cette jeune fille, possédante des dons surnaturels, cela signifie beaucoup.

J’ai adoré suivre l’évolution de la relation entre Prudence et les pirates, bien loin de la relation captive/geôliers que l’on aurait pu attendre. Nos pirates sont bruyants, coupent des gorges sans sourciller, pillent avec entrain, arrosent leurs soirées de rhum, ont un langage fleuri, mais loin d’être des brutes assoiffées de sang et d’or, ils se révèlent prévenants à leur manière, savants, amusants, fidèles, respectueux de leur code d’honneur, taquins… Je me suis donc beaucoup attachée à cette bande de joyeux drilles : au capitaine plutôt mystérieux, implacable, mais courtois, à Petrus et son côté secret, bougon et la manière dont il sort souvent de ses gonds pour exprimer une inquiétude qu’il se refuse à nommer, à Ezekiel et son exubérance teintée d’espièglerie, à Gareth et sa gentillesse, à Sergeï et sa bonhomie… Chaque pirate possède sa propre personnalité, permettant aux lecteurs de très vite les différencier les uns des autres, et de se sentir bien parmi eux, malgré leur vie emplie de dangers et de pillages.

D’ailleurs, Prudence elle-même prendra ses habitudes et trouvera sa place à bord de l’Héliotrope, personnage à part entière du roman. J’ai adoré me promener à ses côtés dans les couloirs du navire, en parcourir les coins et recoins, tomber sur des trappes et des passages secrets, découvrir les instruments et différentes machines… Le roman se pare ainsi de sympathiques et convaincantes touches de steampunk, qui se retrouveront même dans des endroits inattendus ! En plus de ce navire qui a la particularité d’évoluer dans les airs, j’ai apprécié d’assister à l’évolution et à l’émancipation de Prudence qui trouvera auprès des pirates quelque chose qu’elle n’avait jusqu’alors fait qu’effleurer…

Loin d’être une petite chose frêle et fragile, malgré son apparence physique, Prudence surprend par sa force de caractère, sa tendance à foncer dans la mêlée pour soigner ses camarades, sa détermination et son courage à toute épreuve, dignes des plus grands pirates. Pas étonnant donc qu’elle se forge avec naturel et simplicité une place dans le cœur des pirates, qui lui témoigneront leur confiance et, peut-être encore plus important, leur respect. Au gré des péripéties, la jeune fille prendra de plus en plus confiance en elle et en ses dons surnaturels que je vous laisserai le plaisir de découvrir. L’autrice fait, en outre, planer une certaine aura de mystère sur ce personnage dont on ne connaît pas encore toute l’étendue des pouvoirs, mais qui semble promis à un grand destin.

Qui dit pirates, dit chasse au trésor et à ce niveau, les lecteurs sont particulièrement gâtés ! Je vous laisserai le plaisir de la découverte, mais il est question ici d’un peuple disparu, d’une citée cachée, d’un trésor oublié, d’une langue qui n’est plus parlée, d’indices à trouver et à décrypter… Le tout dans un univers original que l’on découvre avec plaisir au fil des escales sur différentes îles suspendues. Pour ma part, j’ai été captivée par l’univers développé par l’autrice, par cette dichotomie entre terre et ciel, par les multiples dangers qui attendront les membres de l’équipage dont fait maintenant partie notre héroïne, et par ce sens de l’amitié et de l’honneur si présent à bord du navire.

Quant à la plume de l’autrice, fluide, immersive et rythmée, elle sied à merveille à cette aventure menée tambour battant et non dénuée de mystère ! L’action est également bien présente avec des scènes de bataille réalistes, des opérations d’infiltration, des abordages, des parties endiablées d’un jeu que je n’aimerais personnellement pas tester, tenant à mes membres et à mon nez… Des scènes plus douces permettent néanmoins de souffler un peu et de vivre de beaux instants de complicité et de franche camaraderie, tout en nous offrant des informations utiles pour mieux comprendre les personnages, leur passé et les liens les unissant. En plus d’offrir une dynamique intéressante, cette alternance entre action et scènes plus calmes, mais jamais ennuyeuses, présente également l’avantage de nous rappeler la complexité de nos pirates du ciel, capables de massacrer des gens, mais aussi d’offrir à une jeune orpheline la chance d’être enfin elle-même.

En conclusion, roman d’aventure et de piraterie, avec des touches parfaitement maîtrisées de steampunk, Steam Sailors se révèle particulièrement percutant, divertissant et immersif. En plus d’un univers fascinant, qui se dévoile à nous progressivement, l’autrice nous propose une passionnante quête de trésor, empreinte d’une belle aura de légende et de magie, qui liera étroitement une jeune fille rejetée par tout le monde à une bande de pirates recherchés par beaucoup. Des pirates hauts en couleur auxquels on s’attache et dont on partage avec un plaisir non dissimulé la vie trépidante à bord de Héliotrope, personnage à part entière dont l’essence imprègne indéniablement les pages du roman. Membres de la flotte royale, tremblez, quant aux autres, sautez à bord de ce navire de légende pour suivre au plus près les dangereuses et périlleuses aventures d’une bande de pirates, qui a fait du ciel son élément, et de leur nouvelle recrue aux dons surnaturels.

Black Blade, tome 1 : Froid brûlant, Jennifer Estep

Couverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

« Visitez Cloudburst Falls, la ville la plus magique d’Amérique ! »

Cloudburst Falls est le seul endroit au monde où les magicks – des gens dotés de pouvoirs –, et les êtres surnaturels peuvent vivre au grand jour. Des Familles rivales, véritables mafias aux facultés redoutables, dirigent la cité, assurant la protection des quartiers qu’ils se sont octroyés.

Et moi dans tout ça ? J’essaie d’éviter les ennuis. Après tout, squatter le sous-sol de la bibliothèque municipale et ne jamais sortir sans l’épée en sang-fer qui a appartenu à ma mère sont des risques suffisants. Mon CV parle pour moi : voleuse hors pair, rien ne me résiste. Pas le choix, je dois me faire discrète. Et s’il n’y avait que ça… J’ai un autre don, très convoité, qui pourrait me mettre en danger.

Un jour, j’assiste à un règlement de comptes. Le sexy Devon de la Famille Sinclair est sur le point de se faire tuer, et je n’ai que deux options : rester dans l’ombre et le laisser mourir, ou m’exposer pour lui sauver la vie. Bon, ben, j’ai dû me planter. Les Familles ont assassiné ma mère, et on dirait bien que je vais finir comme elle…

Éditions Alter Real (3 septembre 2021) – Ebook (5,99€) – Papier (19,90€)
Traduction : Annabelle Blangier

AVIS

J’ai lu le premier tome de la série Black Blade dans le cadre d’un blog tour organisé par Between dreams and reality en partenariat avec les éditions Alter Real qui, par son intermédiaire, m’ont permis de lire la version numérique du roman. Je les en remercie même si, contrairement aux autres participantes, je n’ai guère été enthousiasmée par ma lecture, malgré quelques bonnes idées… 


Attirée par la couverture et le résumé, j’ai eu envie de découvrir Black Blade avant de très vite déchanter. Le roman n’est pas mauvais en soi, mais je me suis ennuyée presque durant toute ma lecture, et ça, c’est rédhibitoire. Parce qu’ouvrir sa liseuse en soupirant d’avance n’est jamais très agréable, la lecture fut laborieuse et source d’une certaine exaspération devant une intrigue pleine de potentiel, mais qui manque de caractère en raison de personnages caricaturaux, et un certain manque de profondeur. J’ai ainsi eu l’impression de toujours rester à la surface des choses... Il est possible que mon ressenti provienne en partie de l’âge des personnages, mais appréciant beaucoup la littérature YA, cette explication ne me convainc guère, d’autant que même la mère de la Famille, pourtant plus âgée, ne brille pas par sa complexité ni, en dernière partie de roman, par sa cohérence.

Dommage parce que l’héroïne avait du potentiel. Encore affectée par le meurtre de sa mère, elle vit une vie assez isolée entre ses vols, que nous appellerons sobrement missions pour Mo, et le lycée qu’il l’oblige à fréquenter. Une vie routinière, mais dangereuse, qui va prendre un tout autre tournant quand Lila va intervenir dans une tentative d’assassinat, sauvant le fils de la dirigeante de l’une des deux Familles qui contrôlent la ville. Le début des ennuis parce que s’il y a une chose que toute personne sensée sait, c’est qu’il vaut mieux rester éloigné des conflits entre les Familles sous peine d’y laisser sa peau. Et Lila le sait mieux que personne…

Contrainte de servir de garde du corps à Devon, Lila va découvrir que sa vie de voleuse de choc était finalement bien plus sûre que celle de protectrice d’un jeune homme qui, en plus de la tenter terriblement, semble avoir une cible sur le dos. La relation entre les deux personnages ne m’a pas intéressée le moins du monde, mais je reconnais avoir apprécié la manière dont Lila va découvrir la vie au sein d’un manoir quand elle s’était habituée à la solitude. Si la plupart des personnages m’ont laissée de marbre, même cette héroïne qui possède pourtant un bagage émotionnel intéressant, je me suis beaucoup attachée à un pixel. Oscar se montre d’emblée très agressif et irascible avec Lila, mais il va progressivement abaisser ses barrières pour nous dévoiler ses blessures et les raisons de son comportement. Il a su toucher une corde sensible en moi qui m’a poussée à guetter ses trop rares apparitions.

L’intrigue ne m’a pas convaincue, les personnages mériteraient, du moins pour moi, d’être retravaillés, et le côté Roméo et Juliette d’une histoire liant deux personnages secondaires est tellement peu exploité qu’il m’a juste fait lever les yeux au ciel, mais le roman n’est pas dénué de certains atouts. À commencer par un univers divisé entre mortels, au doux surnom de péquenauds, monstres et magicks, à savoir des personnes avec des pouvoirs magiques. J’ai apprécié de découvrir la mythologie liée à cet univers et les formes de pouvoir qui existent. Lila possède ainsi deux pouvoirs, l’un de vision et l’autre de transfert, une capacité rare et donc à cacher aux yeux des autres. Mais ce n’est pas la seule à posséder un pouvoir unique qu’il est préférable de ne pas ébruiter sous peine de faire l’objet de bien dérangeantes attentions…

En plus de la magie, j’ai aimé tout le folklore lié aux monstres et aux droits de passage, une tradition que Lila veille à respecter scrupuleusement, ce qui n’est pas le cas de tous. L’ambiance presque mafieuse avec deux Familles qui règnent et s’affrontent sans relâche pour le pouvoir, l’argent et la magie ajoute, en outre, une dimension dramatique intéressante. Ainsi, si les Sinclair font de leur mieux pour contrer la tyrannie des Draconi, ceux-ci semblent néanmoins avoir une petite longueur d’avance, d’autant qu’ils sont prêts à tout pour s’imposer, et que leur dirigeant est un homme impitoyable et vicieux à l’extrême.

À cet égard, on peut dire que les capacités de Lila, sa force et son intelligence seront un atout indispensable pour le salut des Sinclair, une Famille dans laquelle elle est entrée à son corps défendant, mais qui pourrait lui offrir quelque chose qu’elle n’osait pas vraiment espérer. Et puis, au fil des péripéties, Lila va découvrir qu’elle ressemble peut-être bien plus à sa mère qu’elle ne le pensait. Une mère dont elle n’a pas encore fait le deuil, mais qui lui a appris tout ce qu’elle sait, et qui lui a transmis une certaine force de caractère. Car si Lila est une voleuse émérite, elle est également une combattante de talent ! 

Quant à la plume de l’autrice, elle est fluide et plutôt agréable. Ce qui ne m’a pas convaincue, c’est une certaine tendance à la superficialité et aux facilités, et un manque de subtilité dans la manière de donner les informations sur l’univers et l’héroïne, comme si l’autrice avait eu du mal à les rattacher naturellement à l’intrigue principale. Ce sentiment s’estompe néanmoins à mesure que défilent les pages.

En conclusion, Black Blade ne m’a pas apporté ce que je recherchais en raison d’une certaine superficialité dans le traitement des personnages, des facilités, des longueurs et des clichés rendant l’histoire peu concluante, du moins pour moi. Néanmoins, force est de reconnaître que l’univers est intéressant avec une cohabitation entre humains, monstres et magicks, et une guerre impitoyable entre deux grandes Familles, Une guerre dans laquelle va être plongée bien malgré elle notre héroïne et qui va la contraindre à sortir de sa solitude et d’une certaine manière, l’aider à se révéler à elle-même. Pour ma part, je ne poursuivrai pas la série, mais n’hésitez pas à vous faire votre propre opinion, d’autant que malgré quelques maladresses dans la narration, la plume de l’autrice n’en demeure pas moins assez fluide, et que le roman semble bien noté sur Livraddict.

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

Mes 5 chansons Disney préférées ou ces 5 classiques dont je ne me lasse pas

L'Architecture, Château

Il ne se passe pas une journée sans que j’écoute de la musique, ne serait-ce qu’en marchant. Et si comme avec la lecture, j’ai des goûts très éclectiques et aime faire des découvertes diverses et variées, il y a néanmoins des chansons que j’aime écouter de temps en temps depuis que je suis enfant/ado.

Et parmi celles-ci, les chansons Disney sont en bonne position. Ce sont souvent des musiques « doudou » pour moi, qui me permettent de renouer avec certaines émotions, de revivre certains souvenirs, ou tout simplement de me donner le moral.

Comme beaucoup d’adultes, je continue à regarder des Disney avec plaisir, mais je ne retrouve pas dans les nouveaux films, ces chansons pleines d’émotions avec des paroles qui entrent dans votre tête pour ne plus jamais en sortir, même plus de 20 ans après. Il y a bien sûr quelques exceptions, et puis l’âge peut également jouer sur cette impression.

Mais trêve de bavardage, voici mes 5 chansons Disney préférées, celles que je peux écouter sans jamais me lasser et que je chante terriblement faux, mais toujours avec plaisir. En ce qui concerne le Roi Lion, je n’en ai cité que deux, mais toutes les chansons de ce film pourraient faire partir de ce top, ce Disney étant un petit chef d’oeuvre à tous les niveaux. C’est d’ailleurs mon Disney préféré, suivi d’Aladdin.

Et vous, quelles sont vos chansons Disney préférées ?
En avons-nous en commun ?

 

 

Spirite (tome1) : Tunguska, Mara

La chasse aux fantômes est un sport dangereux, surtout quand on ne sait pas qui est le chasseur et qui est le chassé.

Dans le New York des années 1930, Ian Davenport, timide jeune chercheur en spiritologie qui traque mais surtout étudie les fantômes, voit son mentor et ami Boris Voynich se faire assassiner sous ses yeux dans des circonstances étranges. Il se retrouve alors propulsé dans une sombre histoire de meurtres inexpliqués qui semblent ne cibler que ses confrères spiritologues. Seul, désespéré, rejeté par la police qui ne le prend pas au sérieux de par son métier peu crédible, il décide de chercher de l’aide auprès des journalistes d’une rubrique paranormal d’un grand journal New York. Là, il y rencontre Nell Lovelace, une jeune femme sceptique au caractère bien trempé, qui accepte à contrecœur de l’aider. Ensemble, ils vont tenter de percer le secret de cette affaire de meurtres, qui semble liée à la terrible explosion d’origine mystérieuse de Tunguska en 1908, contrée perdue de la Sibérie profonde.

Drakoo – 30 septembre 2020) – 64 pages – 15,90€

AVIS

 
 
Page 7 Spirite tome 1
 
J’ai apprécié le duo formé par Ian et Nell, une femme de caractère qui aimerait faire ses preuves et se montrer à la hauteur de sa célèbre mère, quand Ian préfèrerait faire oublier la mauvaise réputation de ses parents, celle-ci entachant sérieusement son nom et sa crédibilité. Les deux personnages pourront compter sur la présence et le soutien logistique d’une personne d’un certain âge plutôt espiègle, toujours prête à motiver les troupes et à donner de bons conseils.
 
Bien qu’on soit dans un premier tome et que l’auteure prenne le temps de nous donner les informations sur le monde des fantômes, l’action est bien au rendez-vous. Les personnages vont ainsi devoir affronter des situations périlleuses et faire preuve d’un certain courage devant un ennemi qui allie détermination humaine et capacités surnaturelles.
 
Quant à connaître ses motivations, il nous faudra attendre la suite de la série, mais on comprend déjà qu’il s’agit ici de trahison et de vengeance. Pour ma part, je suis très curieuse de savoir ce qui s’est vraiment passé à Tunguska et quel enchevêtrement d’actions explique que plus de vingt ans après, les personnes liées à l’incident sont méthodiquement éliminées.

 

Ian et ses alliées vont-ils réussi à se dépêtrer d’une situation complexe, ou leur faudra-t-il l’aide d’une personne dont le potentiel semble sur le point d’éclater ? Dans tous les cas, je lirai avec plaisir la suite de cette série dont l’intérêt réside aussi bien dans le fond que la forme, les illustrations et leur colorisation ne manquant ni de charme ni d’attrait. Alors si vous aimez les histoires de fantômes et les ouvrages alliant action, enquête, et mystère, ce titre devrait vous plaire

 

Le Cinérêve – Le mystère Hortensia, Anne Didier, Catherine Duval et Roland Garrigue (illustrations)

Couverture Le Cinérêve, tome 1 : Le Mystère Hortensia

En espionnant son étrange voisine Melle Hortensia, Augustin Poussin, 9 ans, découvre l’existence d’un lieu intriguant : « Le Cinérêve » … Là sont proposés des rêves à vivre comme on choisit une séance de film au cinéma. Chaque séance est personnalisable et Augustin opte pour un rêve de chevalerie. Transporté au Moyen Age dans la peau d’un chevalier, il doit sauver le château d’un terrible brigand… qui se révèle être son instituteur qui ne cesse de le harceler, M. Poincaré ! Le rêve s’achève sur sa victoire et le lendemain, son maître le laisse tranquille pour la première fois… Coïncidence ? Augustin se languit de retourner au Cinérêve. Sauf que celui-ci est réservé aux « enchanteurs » , des humains dotés de mystérieux pouvoirs…

Casterman (21 octobre 2020) – 64 pages -11,95€
Couleurs : Anne-Sophie Dumeige

AVIS

Lors d’une de ses séances d’espionnage, pourtant interdites par sa mère, Augustin, 9 ans, surprend une conversation téléphonique de sa voisine qui ne manquera pas d’éveiller son intérêt. N’a-t-elle pas parlé de magie et de Cinérêve ? Il ne lui en faut pas plus pour décider de suivre cette fleuriste dont les plantes se révèlent aussi surprenantes que déroutantes. Et ce n’est pas M. Le Maire, première victime de ces plantes incontrôlables qui vous dira le contraire !

Sa filature va conduire notre jeune héros, accompagné de sa fidèle chienne, Croquette, dans un endroit magique où les rêves deviennent réalité, à moins qu’ils ne se transforment en cauchemar pour les petits curieux ! Si comme moi, vous fondez devant les duos êtres humains/animaux, vous devriez apprécier de suivre celui-ci dans son aventure, d’autant que Croquette devrait vous surprendre.

Bien que je ne sois pas le public ciblé et que j’aurais adoré un ouvrage un peu plus long, j’ai beaucoup aimé cette BD et ce principe de Cinérêve qui permet d’entrer de plain-pied dans des rêves, mais pas dans tous les rêves. Chaque rêve est accessible selon certains critères plus ou moins farfelus et spécifiques. Même les chiens ont des rêves qui leur sont réservés ! Malheureusement pour Croquette, celui sélectionné par Augustin est plus en rapport avec la chevalerie que les saucisses qui lui faisaient d’avance se pourlécher les babines… Et comme les rêves sont personnalisables, Augustin va pouvoir se confronter aux personnes qui, dans la vraie vie, le tourmentent à l’instar d’un certain professeur ou d’un autre élève de sa classe, bien plus harceleur qu’ami.

Cela m’a un peu fait penser à ces casques de réalité virtuelle utilisés pour lutter contre certaines phobies comme la peur des avions ou des araignées. Mais si ici; on aborde avec intelligence le thème du harcèlement scolaire et la nécessité d’affronter ses peurs, Le Cinérêve, c’est avant tout une aventure fort sympathique qui mêle réalité et rêve, à travers une invention génialissime. Mais une invention qui peut se révéler dangereuse comme va très vite l’apprendre Augustin dont la curiosité et l’imprudence ne vont pas être sans conséquence…

À cet égard, la fin donne très envie de se précipiter sur la suite et de découvrir ce qui va se passer pour un personnage en mauvaise position, mais aussi d’en apprendre plus sur une nouvelle élève qui semble en savoir bien plus qu’elle ne veut bien le dire. Pour s’en convaincre, il suffit de se rappeler ses mises en garde qu’Augustin aurait peut-être bien fait d’écouter. Mais que voulez-vous, difficile de résister à l’attrait de ces rêves offerts sur un plateau…

Quant aux illustrations, douces et colorées, je les ai trouvées fort sympathiques et parfaites pour plonger les lecteurs dans une ambiance enfantine et joyeuse, mais non dénuée de dangers.

En résumé, voici une BD divertissante et rythmée qui plonge les lecteurs dans le monde des rêves, un monde peut-être pas aussi paisible qu’on pourrait le penser, a fortiori quand un petit curieux vient mettre son nez dans une invention pour laquelle il n’était pas préparé !