Sale matou prend un bain, Nick Bruel

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Matou est sale. Son pauvre maître va devoir le laver. C’est une catastrophe ! Car, c’est bien connu, les chats DÉTESTENT l’eau!

  • Poche: 128 pages
  • Tranche d’âges : dès 8 ans
  • Editeur : Bayard Jeunesse (13 février 2013)
  • Collection : J’aime lire

AVIS

La collection J’aime lire ne s’adresse pas vraiment aux adultes, mais je reste une grande enfant dans l’âme incapable de résister à un livre jeunesse avec un chat en couverture.

Ce petit ouvrage est un bonbon que les lecteurs de tout âge prendront plaisir à déguster ! Concentré de bonne humeur et d’humour, il aborde une problématique que les heureux propriétaires de chats auront un jour ou l’autre à affronter : le bain. Comme le rappelle le livre en nous détaillant les étapes d’une toilette de chat (la vraie, pas celle que nous pauvres humains avons copiée), un chat est un animal propre qui sait fort bien entretenir sa douce fourrure grâce à sa langue râpeuse.

Mais il existe parfois des situations dans lesquelles un minet devra passer par l’étape désagréable, autant pour lui que pour les humains de son entourage, du bain. Et là, pas de panique, Nick Bruel a pensé à vous. Avec des illustrations en noir et blanc simples, mais amusantes, à l’image du ton employé tout au long du récit, il vous donne plein d’astuces pour que ce bain se passe dans les meilleures conditions : accessoires à préparer, bons gestes, les différentes tactiques à tester…

Un mélange de conseils pertinents et de mélanges loufoques qui devraient tantôt vous amuser tantôt vous apprendre quelques informations sur le chat si vous n’êtes pas encore familier de ses particularités. Les adultes amateurs de chats ne devraient pas faire de grandes découvertes sur ce fabuleux animal, mais ils devraient ressortir de cette lecture, le sourire aux lèvres. Et ça, dans un quotidien parfois morose, ça n’a pas de prix !

Quant aux enfants, je ne doute pas qu’ils s’amusent beaucoup à suivre les péripéties de ce matou pas forcément d’accord pour prendre un bain. Ils apprécieront également les illustrations et les différents jeux sur la police d’écriture. Ce travail de mise en page rend, en outre, l’expérience de lecture accessible même pour les lecteurs débutants.

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En conclusion, Sale matou prend son bain est un ouvrage jeunesse qui devrait faire le bonheur des enfants et des adultes aimant les chats et/ou des lecteurs ayant envie de passer un petit moment de lecture drôle et léger.

Pour le feuilleter, c’est par ici. Pour l’acheter, il vous faudra vous tourner vers l’occasion ou une bibliothèque…

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Challenge jeunesse / young adult #2019

Lors de l’édition précédente, je n’ai pas été très rigoureuse dans le partage de mes chroniques du Challenge jeunesse/YA sur le blog de Muti et ses livres. Je vais essayer cette fois d’être un peu plus régulière pour ne pas me laisser submerger.

Je me réinscris de nouveau dans la catégorie 2 : Badine avec les royaumes de l’enfance. Il s’agit ici de lire au moins 20 livres jeunesse/YA.

A noter que cette année, il existe une option BD/mangas, ce qui devrait ravir les amateurs d’ouvrages graphiques. J’ai, pour ma part, opté pour le niveau 1, lire 5 BD/mangas.

Si le challenge vous tente, les inscriptions se déroulent ici et sont possibles jusqu’à la fin de l’année. Quant au challenge, il se déroule du 1er octobre 2018 au 30 septembre 2019.

Alors qui nous rejoint ?

Là où se cache le diable, Benjamin Guérif

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« Souvent, même les phénomènes les plus troublants ont une explication simple. Et ce truc est juste derrière chez moi ! »

Adam est un adolescent solitaire. Ses parents viennent d’acheter une maison isolée en pleine campagne et, malgré la sinistre brume hivernale, il prend plaisir à explorer, après les cours, ce paysage à l’abandon. Un soir, il aperçoit une lueur qui vacille au-dessus du sol, comme un spectre. Adam n’a jamais eu peur des fantômes, il veut comprendre ce qu’il a vu. Seulement, la  » réalité  » est parfois plus étrange qu’on ne le croit…

  • Broché: 160 pages
  • Editeur : Syros Jeunesse (7 mai 2015)
  • Collection : LE RAT NOIR
  • Prix : 14€

AVIS

Le principal intérêt de ce roman réside, pour moi, dans la manière dont l’auteur a réussi, à travers l’histoire d’un adolescent solitaire, à ouvrir de nombreuses pistes de réflexion sur des questions comme la réalité, la construction de légendes, de croyances et de superstitions, le jeu dangereux des apparences… Benjamin Guérif s’amuse donc, avec un certain talent, à conduire les lecteurs sur de fausses pistes. À cet égard, la fin est déroutante, mais particulièrement bien construite. Elle conclut à merveille une histoire qui nous prouve que les apparences sont souvent trompeuses, et que la réalité peut être travestie par des informations parfois mal interprétées…

D’autres réflexions tout aussi intéressantes, mais peut-être destinées à des lecteurs plus âgés, sont proposées notamment à travers l’histoire de Mme Rikhlo, une trentenaire qui a décidé de vivre en autarcie, ou presque, dans la campagne dordonnaise. Ce personnage permet de remettre en question le mode de fonctionnement des grandes entreprises qui broient tout sur leur passage, à commencer par leurs salariés. Une critique de la gestion financière actuelle des entreprises que je partage entièrement et qui a renforcé mon affection pour cette femme mystérieuse.

Mme Riklho est d’ailleurs le seul personnage pour lequel j’ai ressenti des émotions, n’ayant pas réussi à entrer en connexion avec Adam, le héros de l’histoire. Le récit est narré de son point de vue, mais j’ai trouvé que l’auteur gardait une certaine distance avec son protagoniste, ce qui m’a quelque peu déstabilisée. Une sorte de froideur que seules les digressions du jeune homme viennent rompre… C’est le seul point qui ne m’a pas vraiment convaincue, mais cela m’est personnel, et peut-être que ce jeune homme saura vous toucher.

Ceci est d’autant plus probable qu’il possède de nombreuses qualités, il est courageux, intelligent, curieux, capable de prendre du recul, et il n’a pas peur de s’affirmer faisant fi du qu’en-dira-t-on.  Adam est donc un personnage qui ne manque pas d’atouts et que l’on prend plaisir à suivre dans sa quête pour découvrir la vérité quant à un phénomène étrange dont il a été témoin. En tant qu’adulte et/ou grosse lectrice, j’ai tout de suite compris la raison de ce mystérieux phénomène, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à suivre Adam qui, au fil de ses rencontres, va se rendre compte que la vérité n’est pas toujours celle que l’on croit.

L’enquête d’Adam est intéressante d’autant que le jeune homme la suit de manière plutôt méthodique, et qu’il fait montre d’un certain culot. Mais ce que j’ai le plus apprécié, c’est le jeu constant entre réalité et fantastique. Il ne se passe pas de choses extraordinaires, mais l’auteur ajoute quelques petites touches de fantastique qui font douter le lecteur. L’Antre du diable, ce lieu dans lequel personne n’ose s’aventurer, est-il vraiment maléfique ou son nom n’est justifié que par la superstition et les légendes ? Mme Riklho n’est-elle vraiment qu’une simple femme ou comme les habitants le pensent, possède-t-elle des pouvoirs ?  Tout autant de questions qui rendent la lecture prenante…

Quant à la plume de l’auteur, je l’ai trouvée assez immersive, mais j’ai regretté un certain manque de chaleur dans le traitement du personnage. J’ai donc réussi sans peine à m’immerger dans le récit sans pour autant arriver à vraiment me sentir proche du protagoniste. La différence d’âge entre lui, adolescent, et moi, trentenaire, peut également expliquer ce manque d’identification. En revanche, je ne doute pas que les adolescents se sentent proches de ce jeune homme qui rencontre des problématiques qui leur parleront. .

En conclusion, Là où se cache le diable est un roman efficace qui vous mènera sur la piste d’un étrange phénomène. Les adolescents et les jeunes lecteurs devraient dévorer ce récit teinté de fantastique, et peut-être, se retrouver parfois dans le comportement d’Adam, un jeune homme curieux et intelligent qui refuse de renter dans le moule. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les réflexions soulevées par l’histoire notamment sur la notion de réalité et d’apparence. Une histoire courte qui devrait donc réunir les amateurs de mystère et d’enquêtes de tout âge.

Et vous, envie de découvrir le roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Syros.

Gazoline et Grenadine, Jean-Loup Craipeau

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Je remercie les éditions Yakabooks pour m’avoir permis de découvrir Gazoline et Grenadine de Jean-Loup Craipeau. Pour rappel, Yakabooks, c’est cette maison d’édition qui, dans l’optique de mettre la lecture et la culture à la portée de tous, propose des livres au prix unique de 2€.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Limaunade et ses parents viennent d’emménager impasse du Rat-Sec avec pour voisines les sœurs Gazoline et Grenadine, deux sorcières vraiment pas ordinaires. À cheval sur l’aspirâleur, la version moderne du balai de sorcière, elles tenteront ensemble de déjouer les plans du promoteur Le Luisant, bien décidé à raser leurs maisons. Parviendront -elles à sauver leur quartier des bulldozers ?

AVIS

Quand j’ai vu cette couverture avec ces deux mamies/sorcières autour d’un étrange aspirateur, je n’ai eu qu’une envie, découvrir leur histoire. Une envie qui a été plus que comblée par ce petit livre jeunesse qui m’a amusée du début à la fin. C’est simple, Gazoline et Genadine, c’est un concentré de bonne humeur, de sourires et de rires !

À la lecture du résumé, on pense se lancer dans une banale histoire pour les enfants quand on découvre un contenu qui devrait enchanter n’importe quel lecteur aimant jouer avec la langue française, l’auteur nous offrant ici moult calembours, jeux de mots rigolos et efficaces, prénoms hilarants, métaphores et comparaisons très drôles et complètement déjantées, dialogues décapants… On a même droit à une version très personnelle de célèbres comptines :

Une fourmi rouge
Qui bondit d’une courge,
Je la monte sur essieux,
Je lui regonfle ses pneus,
Ces vieux pneus me disent :
Râpe-nous la caisse,
Graisse-nous les fesses,
Ça fera deux vieux chaudrons
Tout ronds !

 

L’auteur s’en est donné à cœur joie et ça fonctionne à merveille. J’ai eu le sourire aux lèvres durant toute ma lecture tellement Jean-Loup Craipeau a su m’amuser et me divertir au-delà de mes espérances. L’humour est donc bien au rendez-vous, et si c’est pour moi la pièce maîtresse de ce roman, cela ne signifie pas que l’auteur a pour autant négligé son intrigue qui s’est révélée des plus intéressantes.

Nous faisons ainsi la connaissance d’une jeune fille du nom de Limaunade qui découvre son nouveau quartier, ses parents venant d’acheter pour une bouchée de pain une maison à deux vieilles dames, Gazoline et Grenadine, qui sont accessoirement ses nouvelles voisines. Mais elle va vite découvrir que sa nouvelle habitation ainsi que celle de ses voisines sont menacées par le promoteur Le Luisant, bien décidé à les raser. Voici le point de départ d’une histoire complètement loufoque dans laquelle Limaunade va s’associer aux deux mamies sorcières pour faire déguerpir le plus loin possible ce prometteur sans cœur.

Riche en action, le récit est mené tambour battant : les jeux de mots et les péripéties s’enchaînant rapidement au point de vous faire oublier le temps qui passe et les pages qui défilent. Fluide, amusante et plutôt imagée, la plume de l’auteur est accessible aux jeunes lecteurs tout en restant très agréable à découvrir pour les lecteurs plus âgés. Enfants et parents/adultes devraient donc passer un bon moment de lecture auprès de personnages hauts en couleur et aussi loufoques que leur prénom. Si j’ai apprécié tous les personnages, même le méchant qui joue à la perfection sa partition, je dois confesser une petite préférence pour Limaunade et Grenadine. Mais que voulez-vous, quand une limonade avec un « au » et sans bulle rencontre une grenadine sans colorant, cela ne peut que faire des étincelles.

Et puis force est de constater que l’auteur met bien en avant ce duo qui se révèle aussi complémentaire que déjanté, drôle et intrépide. En alliant la fougue d’une jeune fille un peu casse-cou à celle d’une sorcière mamie qui l’est tout autant, l’auteur nous offre sur un plateau un mélange étonnant et détonnant, presque autant que le décollage de l’aspirâleur, autre star de ce roman. Version moderne et bien plus amusante du balai des sorcières d’antan, ce moyen de locomotion offrira quelques moments de frayeur à notre duo. Mais chut, pour en savoir plus, il vous faudra vous plonger dans ce petit livre et découvrir cette amitié hors norme entre une fillette et deux mamies pas comme les autres.

Cerise sur le gâteau, des illustrations viennent donner encore plus de mordant à l’histoire. Signées Pierre Fouillet, elles contribuent au plaisir que vous prendrez à parcourir ce petit livre. Elles seront également un atout pour faciliter la lecture de l’ouvrage par les plus jeunes lecteurs, l’alliance images/mots formant un duo dont l’efficacité n’est plus à prouver.

À noter également que le roman, déjà publié dans les années 90, a subi une petite cure de jeunesse avec notamment des références aux nouvelles technologies. J’apprécie cette idée de faire évoluer une histoire afin de la dépoussiérer et de la rendre peut-être plus plaisante pour les jeunes lecteurs, mais j’aurais aimé que soit également proposée la première version. Pour ma part, une histoire de sorcière est intemporelle et n’a pas forcément besoin d’être mise au goût du jour pour me plaire. Mais c’est bien sûr là une question de goût, et puis je suis adulte et n’ai donc pas la même grille de lecture qu’un enfant qui sera probablement ravi de retrouver dans le roman des choses qu’il connaît.

En conclusion, derrière une histoire de sorcière qui devrait séduire les enfants, les adultes découvriront avec étonnement et, je n’en doute pas, enchantement, un délicieux récit dans lequel l’auteur se plaît à jouer avec la langue française, et avec talent, je vous prie. À lire et à relire à tout âge, chacun pouvant y trouver son bonheur !

Et vous envie de découvrir ce roman ?
Retrouvez-le sur le site des éditions Yakabooks au prix tout doux de 2€.

Poséidon le terrible, Martine Laffon

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Sur une île déserte, un vieillard raconte l’histoire du dieu Poséidon, roi des mers et des océans. De sa rivalité avec Athéna à ses terribles vengeances envers les humains qui l’ont trahi. Poséidon est le dieu protecteur des navigateurs, mais il peut aussi être redoutable… Voici son histoire…

  • Poche: 130 pages
  • Éditeur : Flammarion jeunesse (8 mars 2017)
  • Prix : 5,90

AVIS

Appréciant la mythologie grecque et la littérature jeunesse, je ne pouvais qu’être intéressée par Poséidon le terrible d’autant que la couverture est tout simplement sublime. Le fait que le livre possède également un jeu de cartes à détacher ne pouvait que finir de me convaincre de craquer pour cette petite lecture jeunesse que j’ai juste adorée.

L’autrice nous propose de nous joindre aux marins venus écouter Noétios raconter sa rencontre avec le grand Poséidon. Ainsi, chaque soir pendant sept jours, le conteur nous narre ses aventures et ses péripéties aux côtés de cet impétueux dieu bien décidé à faire entendre SA vérité. Poséidon n’est, en effet, pas content, mais alors pas content du tout, de ce qu’il entend…

Il a donc décidé de donner sa propre version des faits à Noétios qui est chargé de la propager parmi les autres humains. Et le pauvre conteur n’a pas d’autre choix que de suivre le dieu là où il le désire. C’est ainsi qu’il sera transporté dans différents endroits où il rencontrera des « méchants » de la mythologie grecque comme le Minotaure. Il sera également le confident privilégié du géant des mers, celui-ci lui confiant sa rancune envers son frère, Zeus, qui s’est montré injuste envers lui. On découvrira aussi la haine de Poséidon envers Athéna qui lui a mené la vie dure par le passé. L’animosité entre les deux divinités est d’ailleurs plus que palpable ! C’est simple, ils se détestent au point que Poséidon perd la raison quand il s’agit d’Athéna et tend à se comporter comme un enfant, au grand dam de sa femme.

S’il y a bien une chose que j’ai adorée dans ce livre, c’est le personnage de Poséidon qu’à ma grande honte, je ne connais finalement pas très bien. Il nous est décrit ici comme un dieu puissant, lunatique et parfois, voire souvent, de mauvaise foi, notamment quand il parle de ses monstrueux enfants qu’il a quelque peu tendance à angéliser. Il se montre très humain dans sa jalousie, son désir de rétablir la vérité et de réparer les injustices dont il estime avoir été victime. C’est également un personnage qui m’a bien souvent fait sourire grâce, entre autres, à un certain sens de la démesure et du dramatique.

S’il ne vient pas ce navigateur de malheur, je les embroche tous avec mon trident, tous les marins de tous les océans. Oui, embrochés comme un banc de harengs !

De la même manière, et même si on les voit peu, j’ai adoré sa femme et son fils avec lesquels il a une vie de famille plutôt mouvementée. Sa femme se montre rusée et souvent narquoise quand son fils se comporte en ado rebelle blasé par les lubies de son père. Les échanges entre les trois personnages ne devraient pas manquer de vous amuser et de vous rappeler ceux qu’une famille lambda pourrait avoir, la dimension mythologique en plus.

Rien à faire, grogne Poséidon, voilà un son de trompe auquel je ne m’habituerai jamais et dire que c’est moi qui lui ai donné ce coquillage ! Il faut vraiment que les Néréides, les sœurs de ma belle Amphitrite, lui apprennent à en jouer avant que j’aie les oreilles cassées.

Livre jeunesse qui n’a pas à vocation à raconter la mythologie grecque en long et en large, il reste assez simple et donc accessible aux enfants d’autant que son découpage en chapitres courts le rend facile à lire. Il leur faudra néanmoins peut-être un peu de temps pour assimiler les nombreux noms des divinités et créatures qui entrent en scène dans le roman. J’avoue d’ailleurs que certains m’étaient peu familiers. Quant aux adultes, ils devraient être séduits par le ton humoristique de l’autrice qui contribue fortement au charme de l’ouvrage. Sa plume enjouée et alerte rend la lecture très plaisante et complètement addictive. Et puis quel plaisir de retrouver des personnages de légende sous un autre jour !

J’ai, enfin, beaucoup aimé la manière dont l’autrice a su utiliser le personnage de Noétios pour capter son auditoire. Habile conteur, il sait ménager ses effets pour créer de la tension et susciter de la curiosité et de l’impatience autant chez les marins qui viennent l’écouter chaque soir que chez les lecteurs qui ont envie d’en apprendre plus, toujours plus. Maître du suspense, il aime aussi beaucoup jouer entre imaginaire et réalité laissant ses spectateurs dans le doute : invente-t-il toutes ces belles histoires ou est-il bien l’élu de Poséidon ? Peu importe finalement puisque les marins prennent plaisir à l’écouter et finissent par reprendre la mer la tête pleine d’histoires épiques qu’avec un peu de chance, ils raconteront à leur tour. La légende de Poséidon n’est pas prête de s’arrêter…

En résumé, Poséidon le terrible est un livre jeunesse qui m’a complètement séduite et que je recommande aux enfants désirant lire un livre abordant la mythologie sous un jour enjoué et accessible. Au gré des histoires de Noétios, les petits et grands lecteurs devraient se surprendre à sourire, à frémir et à attendre avec impatience chaque aventure vécue par notre habile conteur ! Quasi-coup de cœur, ce roman m’a bien donné envie de découvrir les autres titres de la collection…

Achille l'invincibleOrphée l'ensorceleurHéraclès le valeureux

Et vous, envie de découvrir Poséidon le terrible ?

 

Justices (tome1) : Les deux ligues, Renaud De Vriendt

 

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Camille, un jeune garçon de onze ans dont les parents ont mystérieusement disparu, a été recueilli par ‘Justice Pour Tous’, une ligue de super-héros. Malheureusement pour lui, ces derniers n’ont de super que le nom et leurs étranges pouvoirs vont s’avérer particulièrement inadaptés à l’aventure qui les attend. En effet, quand le fantasque ‘M le Mystère’, après avoir kidnappé plusieurs citoyens de Nova City, invitera tous les supers de la ville à venir récupérer les malheureux au sein même de son repaire, Camille n’écoutera que son courage et se jettera dans la gueule du loup. Mais très vite, il comprendra que ses nouveaux amis ne pèsent pas bien lourd face aux super-héros de ‘Justice d’Elite’, une ligue rivale. Le temps presse pour le jeune héros, d’autant plus que de terribles révélations l’attendent dans l’antre de ‘M le Mystère’.

  • Broché: 129 pages
  • Tranche d’âges: 9 – 12 années
  • Éditeur : Kennes Editions (10 février 2016)
  • Prix : 9.95€

AVIS

Les disparitions à Nova city se multiplient. Officiellement, une épidémie de grippe en serait l’origine, officieusement d’après Camille, ce serait là l’œuvre d’un super-vilain. Une théorie que personne ne croyait jusqu’à ce que M le Mystère, un super-vilain, ne revendique son rôle dans ces disparitions. N’écoutant alors que leur courage, Camille, un garçon il tient à le préciser, et son nouvel ami Maximilien, se lancent sur les traces de ce malotru.

Durant leur aventure, ils feront la rencontre d’un ours en peluche pour lequel j’ai eu un gros coup de cœur. J’ai ainsi adoré ce personnage qui possède une spécificité que je vous laisserai le soin de découvrir. Celui-ci m’a, en outre, rappelé une poupée d’un célèbre film d’horreur en beaucoup plus mignon, je vous rassure.

Les deux jeunes garçons croiseront la route de sbires prêts à tout pour les empêcher de libérer les personnes kidnappées ainsi qu’une équipe de super-héros fort peu sympathiques et plutôt égocentriques. Ces super-héros, ou plutôt super-zéro, semblent plus obnubilés par les caméras que le désir de sauver la veuve et l’orphelin, au grand dam de Camille d’ailleurs.

Ce dernier pourra, fort heureusement, compter sur l’aide de Justice Pour Tous, une équipe de super-héros avec laquelle il vit. Alors même si cette ligue n’est pas conventionnelle et que ses membres ne maîtrisent pas vraiment leurs pouvoirs, le jeune garçon et le lecteur sont ravis et touchés de voir qu’ils n’hésiteront pas à prendre tous les risques pour le soutenir dans sa mission… Une mission au cours de laquelle seront faites deux grosses révélations que, je dois bien avouer, je n’avais pas anticipées ! L’auteur a donc réussi à me surprendre par un gros coup de théâtre qui m’a poussée à reconsidérer l’intrigue sous une autre perspective…

En plus des personnages attachants, j’ai beaucoup aimé le rythme de cette histoire qui défile sous nos yeux sans temps mort, ce qui devrait faciliter l’immersion des lecteurs, petits ou grands. Les petites pointes d’humour distillées par-ci par-là ont également contribué au plaisir que j’ai pris à suivre les péripéties d’un enfant normal qui, avec l’aide de ses amis un peu bras cassés, se comporte en véritable héros. C’est donc une jolie leçon de courage et d’amitié que Camille nous offre ici.

Cerise sur le gâteau, vous retrouverez quelques illustrations rendant cette aventure encore plus visuelle et immersive. À noter que cette série existe en version BD.

En bref, Justices est un petit roman jeunesse fort sympathique qui devrait plaire aux enfants et aux lecteurs aimant les super-héros et les super-vilains. Grâce à un rythme effréné, des personnages attachants, et des rebondissements au sens propre comme au sens figuré, vous devriez passer un bon moment de lecture. Pour ma part, je lirai la suite de cette série avec plaisir.

Les filles de l’Olympe, tome 1 : Les larmes de cristal, Elena Kedros

J’ai découvert la série des Filles de l’Olympe d’Elena Kedros publié chez PKJ par hasard, et aimant bien la mythologie et les romans jeunesse, je me suis laissée tenter.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La jolie Lucy, la farouche Liz et l’excentrique Kim entrent en seconde au lycée de Rainbow Hill. Ces trois adolescentes si différentes n’ont qu’une chose en commun : leur date de naissance. Et, pourtant, elles provoquent sur leur passage des phénomènes bien étranges. Leurs destins semblent inextricablement liés à ceux des déesses Athéna, Artémis et Aphrodite. Les voici appelées à se battre pour sauver le monde dans lequel elles ont toujours vécu, et celui d’où elles viennent : l’Olympe.

  • Poche: 238 pages
  • Édition : Pocket Jeunesse (3 juin 2010)

AVIS

Nous sommes dans un roman jeunesse alors, n’espérez pas une exploitation approfondie et documentée des grandes figures de la mythologie grecque… Mais cela n’empêche pas l’auteure d’avoir su proposer une histoire intéressante dans laquelle trois adolescentes vont apprendre que loin d’être de simples mortelles, elles sont étroitement liées à Aphrodite, Artémis et Athéna.

Nous faisons donc la connaissance de Liz, Lucy et Kim, trois jeunes filles très différentes les unes des autres, mais finalement assez complémentaires. Si Lucy et Kim se sont très vite bien entendues, il aura fallu leur apprendre à mieux découvrir Liz avant de l’apprécier. Il faut dire qu’assez farouche, cette dernière amatrice d’escrime, sport dans lequel elle excelle malgré sa difficulté à gérer sa force, n’est pas d’un abord facile… Un trait de caractère que la pétillante Lucy aura un peu de mal à accepter au début de leur rencontre. Mais gentille malgré une tendance à vivre ses émotions à 100%, Lucy comprendra vite que derrière sa carapace, Liz cache également un bon fond. Quant à Kim, un peu l’intellectuel du groupe d’amies, elle sert de tampon. Sa faculté à prendre du recul lui permet de désamorcer les conflits qui peuvent survenir entre ses deux amies.

Si l’histoire d’amitié est sympathique à suivre notamment pour les enfants, les adultes pouvant la trouver un peu enfantine, ce qui fait le charme de ce livre, c’est son incursion dans le domaine du surnaturel avec, notamment : la découverte des pouvoirs des trois lycéennes, d’étranges larmes, un énigmatique garçon qui « apparaît » quand on s’y attend le moins, les quelques scènes où Arès fait son apparition (trop peu nombreuses à mon goût d’ailleurs), l’arrivée d’une méchante qui a la capacité de lancer des boules de feu… Après tout ça, on peut comprendre que Lucy a beaucoup de mal à accepter de quitter sa vie de lycéenne lambda pour une vie bien plus dangereuse. Malheureusement pour elle, Kim et Liz sont, quant à elle, bien décidées à ne pas ignorer tous ces étranges événements.

Ce premier tome est un tome introductif qui ne manque pas d’action et de révélations, mais j’aurais peut-être aimé que l’Olympe soit plus au cœur de l’aventure. Mais si je me fie à la fin de cette première aventure, je ne doute pas que ce  soit le cas dans la suite de la série. Et puis l’auteure a veillé à laisser quelques questions en suspens afin d’attiser la curiosité des lecteurs et de s’assurer de leur fidélité. Alors en tant qu’adulte, j’ai vite deviné là où elle voulait en venir notamment en ce qui concerne Liz et sa relation avec une personne de son passé, mais cela ne nuit en rien à l’intrigue qui reste plutôt prenante. J’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur l’ancienne vie des déesses et la manière dont les trois lycéennes vont apprendre à gérer leurs pouvoirs et les dangers qui ne manqueront pas de survenir dans leur vie.

J’espère toutefois que Lucy prendra un peu plus d’envergure dans les autres tomes, car sa tendance à se lamenter et à faire la politique de l’autruche la rend parfois quelque peu agaçante. Même chose pour ses réactions excessives même s’il est vrai que ces dernières sont cohérentes avec sa nature profonde… Malgré ses défauts, je vous rassure, la jeune fille reste attachante, mais un peu moins au cœur de l’action que ses amies. Espérons que son rôle s’étoffe par la suite.

Enfin, j’ai bien accroché à la plume de l’autrice. Son style reste simple et accessible tout en étant un minimum travaillé. Le livre devrait donc être lu avec plaisir autant par des enfants que des lecteurs plus âgés.

En conclusion, Elena Kedros nous propose ici une histoire prenante qui mêle monde moderne et mythologie. Nul doute que les enfants et jeunes adolescents devraient apprécier les personnages auxquels certains pourront peut-être s’identifier tout en se laissant emporter par un premier tome plutôt riche en action. Je conseillerais également ce livre aux adultes amateurs de romans jeunesse, ce roman possédant tous les atouts pour leur faire passer un bon moment de lecture.

Et vous, envie de découvrir Les filles de l’Olympe