Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Une braise sous la cendre, Sabaa TAHIR

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J’ai lu Une braise sous la cendre en lecture commune avec Mydearema que je remercie pour les échanges enrichissants que nous avons partagés autour de ce superbe roman.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde où l’armée a pris le pouvoir, l’obscurantisme domine, mais deux adolescents vont s’unir pour tenter de renverser ceux qui ont imposé ce règne de la force.

« Je vais te dire ce que je dis à chaque esclave qui arrive à Blackcliff : la Résistance a tenté de pénétrer dans l’école un nombre incalculable de fois. Si tu travailles pour elle, si tu contactes ses membres, et même si tu y songes, je le saurai et je t’écraserai. »

Autrefois l’Empire était partagé entre les Érudits, cultivés, gardiens du savoir, et les Martiaux, armée redoutable, brutale, dévouée à l’empereur. Mais les soldats ont pris le dessus, et désormais quiconque est surpris en train de lire ou d’écrire s’expose aux pires châtiments. Dans ce monde sans merci, Laia, une esclave, et Elias, un soldat d’élite, vont tout tenter pour retrouver la liberté… et sauver ceux qu’ils aiment.

  • Broché: 528 pages
  • Editeur : Pocket Jeunesse (15 octobre 2015)
  • Prix : 18.90€

AVIS

Ce roman me tente depuis un bon moment, mais il a suscité un tel enthousiasme sur la blogosphère que j’avais peur d’être déçue. Et sur ce point, je peux vous rassurer tout de suite : cette histoire a frôlé le coup de cœur.

Laia voit ses grands-parents se faire tuer et son frère embarquer par des Masks, ces hommes cruels au service de l’Empire. Un Empire qui peut se montrer implacable envers le peuple auquel appartient la jeune fille : les Érudits. Alors qu’elle arrive à prendre la fuite, elle se promet de libérer son frère. Pour ce faire, elle finit par rejoindre la Résistance, une organisation qui a pourtant trahi ses parents qui en étaient des leaders adulés et charismatiques. Et pour obtenir l’aide de l’organisation, elle n’a d’autre choix que d’espionner La Commandante qui dirige d’une main de fer Blackcliff, l’école formant les Masks, en devenant son esclave. Le début d’une vie où la violence physique et mentale devient la règle et l’amitié une bouée de sauvetage.

Gros point fort de ce roman, les personnages puisque l’auteure nous propose une galerie de protagonistes à la psychologie complexe et développée. Aucun personnage n’est totalement mauvais ou bon ! Même le psychopathe de service semble pouvoir, même si ce n’est que très rarement, ressentir des émotions. C’est juste qu’à la différence d’Elias, notre héros, cela ne l’empêche pas de dormir. Elias est un jeune homme que l’on suit avec une sorte de fascination, peut-être parce que c’est le personnage le plus torturé du roman. Capable d’une violence implacable inhérente à sa formation de Mask, il se rebelle pourtant contre l’ordre établi, contre cet Empire où règne la violence, le mal, les viols, la torture… Il fait ce qu’il a à faire, mais n’y trouve aucun plaisir contrairement à la plupart de ses camarades. Lui, ce qu’il désire ardemment, c’est la liberté de corps et d’esprit, c’est s’affranchir d’une vie qu’il n’a pas choisie et d’un destin dont il n’a aucune envie… Bien qu’il doute parfois, qu’il en vient à se détester pour des actes qu’il était plus ou moins condamné à perpétrer, il ne cessera jamais de se battre pour ce qu’il estime être juste. C’est d’autant plus admirable qu’arraché très jeune à sa famille d’adoption et haï par sa propre mère dont la méchanceté n’a d’égale que la cruauté, il aurait pu devenir une personne cruelle comme son grand rival, Marcus.

Elias déteste sa mère, sa vie et l’enseignement qu’il reçoit à Blackcliff, mais tout n’est pas noir puisqu’il peut compter sur sa meilleure amie Hélène avec laquelle il a une réelle et sincère complicité. Le lecteur découvre néanmoins très vite de profondes divergences entre ces deux amis puisque si Hélène n’est pas méchante de nature, elle croit, en revanche, en cet Empire auquel elle a juré fidélité. Dans ces conditions, on ne peut s’empêcher de se demander comment ces deux amis pourront continuer à se comprendre et à s’épauler ? Ceci est d’autant plus vrai que des sentiments dépassant la simple amitié vont commencer à émerger complexifiant encore plus la situation…

Et on touche du doigt le point qui m’a empêchée d’avoir un coup de cœur pour ce roman : l’émergence de sentiments amoureux d’autant que l’on sent même poindre un carré amoureux… L’auteure n’a fort heureusement pas centré son récit sur les peines de cœur de ses personnages, mais je n’ai pas vu l’intérêt d’exalter les sentiments d’Hélène qui était déjà tellement intéressante sans qu’il n’y ait besoin de l’engluer dans un amour que l’on devine impossible. Je nuancerai néanmoins quelque peu mes propos, car cela rend peut-être un peu plus humaine cette femme que la force de caractère et la fidélité à ses engagements rendent parfois un peu froide. Cette apparente froideur et cette manière qu’elle a de contenir ses émotions ne m’ont pas empêchée d’adorer ce personnage qui a tout de l’héroïne badasse. A force de sacrifices, elle a ainsi su trouver sa place dans un milieu dur dominé par la gent masculine qui apprendra, à ses dépens, qu’il ne vaut mieux pas la sous-estimer.

Quant à Laia, c’est certainement le personnage qui évolue le plus et qui m’a le plus impressionnée. Craintive voire plaintive et complètement perdue au début du récit, elle prend peu à peu confiance en elle et en ses capacités même si les doutes ne sont jamais très loin. Alors qu’elle avait tendance à subir plutôt qu’à agir, à obéir plutôt qu’à penser, elle finit par prendre des initiatives. Il faut dire qu’au fil des épreuves que sa nouvelle vie ne manquera pas de lui imposer, elle se rendra compte qu’elle devra avant tout compter sur elle-même pour sauver son frère et retrouver un semblant de vie. Elle aura fort heureusement des alliés dans sa quête de liberté, mais les trahisons étant monnaie courante dans ce monde de violence, à qui peut-elle vraiment accorder sa confiance ? Au chef de La Résistance qui lui a fait une promesse, au jeune membre de la Résistance qui ne laisse pas son cœur insensible, à Elias qui s’est montré généreux avec elle, mais qui fait partie du peuple ennemi au sien, aux autres esclaves de la Commandante… ? Alliés ou ennemis, difficile de savoir tellement l’auteure brouille les pistes autant pour la jeune fille que les lecteurs qui finissent par ne plus savoir à qui se fier.

En plus de la galerie de personnages que j’ai adorée, j’ai complètement été happée par cet univers sombre et violent dans lequel l’auteure nous immerge. Dès les premières pages, on ressent cette violence qui semble sommeiller en chacun des personnages, mais aussi dans les couloirs de l’école, dans la demeure de la Commandante, dans les rues… C’est un peu comme si nos héros avaient une épée de Damoclès au-dessus de leur tête, ce qui rend la lecture parfois étouffante, mais toujours terriblement prenante. Ceci est d’autant plus vrai que l’auteure a choisi une narration alternée nous faisant suivre, tour à tour, les aventures de Laia et d’Elias. Une alternance qui apporte un dynamisme certain au récit et qui rend la lecture quelque peu addictive ! Ce procédé présente également l’avantage ou l’inconvénient, c’est selon votre degré de patience, de créer une certaine frustration notamment lorsque vous mourez d’envie de savoir ce qui va arriver à l’un des personnages et qu’il vous faut attendre encore un peu avant de le découvrir. Les pages défilent donc les unes après les autres et vous laissent avec cette impression de vide qui vous pousse à continuer votre lecture jusqu’à atteindre cette dernière page autant redoutée qu’attendue. Et la seule conclusion qui devrait s’imposer à vous est « je veux la suite », car l’auteure joue avec les nerfs de ses lecteurs jusqu’au bout ! Entre liberté et sacrifice, entre amitié et devoir, entre amour et haine, nos personnages vont devoir prendre des décisions qui changeront à jamais le cours de leur vie…

Enfin, même si le récit met surtout en avant la lutte pour le pouvoir et la survie, j’ai apprécié que l’auteure y intègre des créatures folkloriques tels que les Djinns, les Efrits, les Goules… Je n’ai, pour ma part, pas l’habitue de les croiser et j’espère que cet aspect fantastique de l’histoire sera, par la suite, encore plus fortement développé.

Ma conclusion sera brève : amateurs ou non de dystopies, ne passez pas devant ce roman qui vous entraînera dans un tourbillon de noirceur, de haine, de violence, de tension, de suspense, mais aussi d’espoir. Si on ajoute à cela de l’action, des créatures mythologiques que l’on a peu coutume de voir, des personnages à la psychologie développée et bien souvent complexe, de l’amitié et un soupçon d’amour, on obtient un livre aussi immersif qu’addictif.

Je vous invite à lire la chronique de Mydearema qui a également beaucoup apprécié ce roman.

Et vous, envie de lire un extrait ou de craquer pour Une braise sous la cendre ?

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L’homme à la lèvre tordue, Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).


C’est aujourd’hui de la nouvelle L’homme à la lèvre tordue que je souhaiterais vous parler. Étant quelque peu en retard dans mes lectures, j’ai lu la nouvelle en français, mais la relirai ce week-end en anglais afin d’être au plus près du texte de l’auteur.

Et comme d’habitude, vous pouvez télécharger gratuitement la nouvelle sur Internet (Amazon, Ebooks libres et gratuits…).

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Sherlock Holmes enquête sur la disparition de M. Saint Clair, un honorable employé de la City, dont les vêtements ont été retrouvés dans la Tamise. Or sa femme l’a entrevu, criant à la fenêtre d’un hôtel dans un quartier populaire de la ville. Quel est donc le mystère de cette disparition ?

AVIS

Si vous êtes un amateur d’enquêtes policières, vous connaissez le fameux adage « pas de cadavre, pas de meurtre ». Un problème auquel doit faire face Sherlock Holmes qui s’est lancé dans une affaire dont la simplicité n’a d’égale que la complexité. En effet, il a été mandaté par Madame Saint-Clair pour retrouver son mari qui a disparu, dans d’étranges circonstances, sous ses yeux effarés. Si on a bien retrouvé les vêtements de cet homme respectable, il n’en est pas de même pour son corps, ce qui laisse sa femme dans l’expectative de son retour et Sherlock Holmes dans le doute quant au dénouement de son enquête. Son instinct le poussera néanmoins à soupçonner un hideux mendiant, une piste que, vous le découvrirez, se révélera paradoxalement aussi juste qu’erronée.

Je ne m’attarderai pas trop sur cette nouvelle sous peine de vous en gâcher complètement la lecture. Je peux cependant vous dire que l’enquête ne m’a pas particulièrement enthousiasmée. Il se peut que l’absence de cadavre et donc de vrai crime m’ait manqué… Je n’ai pas non plus vraiment ressenti de mystère au sujet de cette intrigue qui, à l’époque de sa parution, était probablement plus surprenante qu’à l’heure actuelle. Elle a au moins le mérite de montrer que les apparences sont trompeuses et que l’appât du gain peut parfois pousser des gens supposément respectables à des comportements peu avouables et peu acceptables.

Le dénouement de l’enquête m’a un peu gênée, car j’ai eu l’impression qu’il reposait sur des préjugés envers une partie de la population peu aisée. Une sorte de stigmatisation peu agréable d’autant qu’elle tend à perdurer. Mais c’est peut-être là un moyen pour l’auteur de justement dénoncer certaines croyances à moins que, comme souvent, je ne me pose bien trop de questions. J’ai, en outre, trouvé le comportement d’un des personnages particulièrement odieux. J’ai donc été déçue qu’il s’en sorte si bien d’autant que c’est en grande partie grâce à Sherlock. Je me réconforterai en me disant que la disgrâce a au moins été épargnée à des personnes innocentes…

L’histoire, si elle ne m’a pas tenue en haleine, n’en demeure pas moins intéressante dans la mesure où elle permet aux lecteurs de se faire une image différente de Watson et de Sherlock. Le docteur nous apparaît, en effet, beaucoup plus proactif et téméraire que dans les autres nouvelles. En quête d’aventure et d’action, il n’hésitera d’ailleurs pas à se rendre dans un endroit malfamé pour ramener un homme chez lui afin de rassurer sa femme morte d’inquiétude. De la même manière, il sautera sur l’occasion offerte par Sherlock pour participer à son enquête après s’être débarrassé prestement de sa mission initiale. J’avouerai avoir particulièrement apprécié cette nouvelle version de Watson qui, pour une fois, est mis sur le devant de la scène pendant quelques pages.

Quant à Sherlock, il semble bien moins sûr de lui que d’habitude. C’est d’ailleurs étrange de ne pas le voir fanfaronner et se moquer de l’incapacité de Watson à comprendre les tenants et aboutissants de l’enquête. Au contraire, il n’hésitera pas à confesser être dans le brouillard et à requérir l’aide de son ami pour y voir plus clair. Pour la première fois depuis que je lis les aventures de Sherlock, j’ai eu l’impression de voir quelqu’un qui accepte ses limites et qui les reconnaît malgré le déplaisir que cela lui procure. Une autre image du célèbre détective que j’ai eu plaisir à découvrir, car cela le rend plus humain et plus proche de nous. Je confesserai néanmoins préférer le Sherlock tout-puissant que l’on connaît. L’honneur est heureusement sauf puisqu’il finira bien par dénouer le fil de cette étrange affaire.

En conclusion, cette nouvelle nous conduira sur les traces d’un homme qui, derrière son vernis de respectabilité, a quelques secrets à cacher. Mais cette histoire a surtout le mérite de nous offrir une autre image du détective et du docteur et, le temps d’une aventure, d’atténuer la distance intellectuelle et les différences de tempérament qui peuvent exister entre nos deux compères. Bien que différentes des autres, L’homme à la lèvre tordue est donc une enquête qui ne manque pas de charme.

Découvrez les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

The Language of Thorns : Midnight Tales and Dangerous Magic, Leigh Bardugo

Je remercie Le tanuki pour cette lecture commune et pour sa patience puisque j’ai mis bien plus de temps que prévu pour lire The Language of Thorns, un magnifique livre écrit par Leigh Bardugo. L’édition que je vous présente est une édition exclusive reçue dans une Fairyloot (box littéraire anglaise).

AVIS

Tout d’abord, je tiens à m’extasier sur la beauté de l’ouvrage qui, en plus d’avoir une superbe couverture avec des parties en relief, est illustré avec des petits ornements et des dessins en grand format. La couleur du texte varie également d’un récit à un autre ce qui est du plus bel effet. Je préfère néanmoins vous prévenir de ne pas feuilleter l’ouvrage avant de le lire. Les illustrations en grand format ont en effet une légère tendance à dévoiler la fin des histoires ce qui est gênant quand l’on sait que l’auteur nous a gâtés avec de très bons retournements de situation.

 

Ce magnifique hardback contient six nouvelles. Bien que chacune d’entre elles soit indépendante, elles partagent toutes un point commun, celui d’être ancrées dans l’univers des contes et du folklore notamment slave. L’auteure s’inspire ainsi ouvertement de différentes histoires que l’on connaît tous plus ou moins : La petite sirène, les contes des Mille et Une Nuits, Hansel et Gretel…

Je vous rassure, l’auteure ne nous propose pas de pâles copies, mais bien des histoires uniques qui n’ont rien à envier aux contes d’antan. On y retrouve cette ambiance si particulière, ce mélange de magie et de sorcellerie, cette aura de découverte et de mystère mais aussi de danger et de mort, ces denses forêts aux sombres secrets, ces créatures hideuses qui côtoient de frêles jeunes filles, ces princes beaux mais pas forcément preux, ces parents plus obsédés par la gloire et la fortune que le bonheur de leur progéniture, des trahisons, de l’amour sous différentes formes, des désirs de revanche… Et puis, qui dit conte dit morale et Leigh Bardugo ne déroge pas à la règle en nous offrant des morales toujours pleines de sagesse et comme souvent dans les contes, intemporelles.

A travers ces six histoires, l’auteure nous invite à aller au-delà des apparences, à voir la beauté dans la laideur et la laideur derrière les apparats, elle nous montre que les apparences sont bien souvent trompeuses et que derrière des personnages banals ou même beaux, peut se cacher la pire des cruauté quand sous la cruauté apparente peut se cacher la plus grande des bontés. Pour ce faire, elle nous pousse dans nos retranchements, utilise contre nous nos jugements parfois trop hâtifs, nous mène sur des fausses pistes… avant de mieux nous éblouir par des révélations fracassantes qui, pour certaines, vous laisseront interdits. Ne vous attendez donc pas à des histoires où tout finit bien, mais plutôt à des histoires sombres dont les retournements de situation vous laisseront indéniablement une forte impression.

Je n’ai pas lu d’autres livres de Leigh Bardugo, mais je dois dire que dans le registre des contes, sa plume fait des étincelles. Le niveau d’anglais m’a parfois ralentie dans ma lecture, mais j’ai été happée par sa manière de construire ses histoires, et de déployer, tout autour des lecteurs, un filet dont il est bien difficile de s’échapper. Vous commencez ainsi les premières lignes du livre en vous demandant vers quels horizons l’auteure va vous emporter, puis très vite, vous vous laissez simplement porter par sa plume envoûtante.

J’ai donc passé un excellent moment avec ces six nouvelles même si je confesse une nette préférence pour les trois premières histoires dont l’atmosphère possède définitivement un charme particulier mêlant lumière et ombre, terreur et espoir. Je vous propose donc de m’attarder plus particulièrement sur celles-ci en espérant vous donner envie de les dévorer.

Ayama and the Thorn Wood

Ayama, jeune femme peu gracile, vit dans l’ombre de sa sœur dont la grande beauté fait la fierté de ses parents. A l’image de Cendrillon, elle est alors traitée en domestique et est cantonnée aux basses besognes. Ses parents vont même jusqu’à la cacher au reste du monde. Le deuxième fils du roi, à l’apparence quelque peu animalière, est condamné, quant à lui, à vivre dans un labyrinthe. Il arrivera heureusement à s’échapper et à trouver refuge dans une forêt. Par un concours de circonstances, la route de ces deux laissés-pour-compte va se croiser.

J’ai été dégoûtée si ce n’est courroucée par le comportement de la famille des deux protagonistes. Le roi, malgré ses moyens financiers, n’a jamais tenté d’élever son fils faisant fi de son apparence. Quant à la reine, elle ne semble pas s’être opposée à sa décision d’envoyer son fils dans un labyrinthe. Un bel exemple d’amour parental en somme ! Même son de cloche du côté de la famille d’Ayama.  Sa sœur n’est pas méchante et semble d’ailleurs apprécier sa cadette, mais j’ai trouvé qu’elle ne l’aidait pas vraiment à sortir de sa place de domestique. Alors elle aime sa sœur, mais bon, c’est pratique d’avoir quelqu’un qui fait toutes les corvées pour que vous puissiez vous faire belle en vue d’attirer un prétendant, fortuné si possible. De manière encore plus frappante, les parents d’Ayama se montrent ignobles en condamnant leur deuxième fille sur le seul critère du physique. Quant à la grand-mère, elle n’apparaît pas bien plus sympathique à moins, évidemment, qu’elle ne cache bien son jeu… Mais pour le savoir, il vous faudra lire le livre.

J’ai quelque peu regretté la passivité d’Amaya qui se laisse traiter comme une esclave sans se rebeller. Je l’ai néanmoins trouvée très courageuse puisqu’elle finit par accepter une épreuve, potentiellement mortelle, afin de gagner un peu de liberté. J’ai également adoré sa manière de se sortir de toutes les difficultés qui se dressent devant elle montrant ainsi toute l’étendue de son intelligence et de sa débrouillardise. Elle se révèle en outre émouvante durant les scènes où elle trouve enfin une oreille attentive alors qu’elle était jusqu’alors condamnée au silence.  A la manière des contes des Mille et Une Nuits, elle saura d’ailleurs utiliser sa voix comme une arme ou plutôt comme un moyen de gagner la paix et de se réapproprier sa vie. Un joli pied de nez à sa famille ! Il est juste dommage que la fin soit un peu trop lisse à mon goût…

The too-clever fox

Koja, renard de son état, n’est pas beau, mais il a pour lui sa grande intelligence et sa ruse, deux atouts qui vont lui permettre de se sortir de situations dangereuses. Un jour, sa route va croiser celle d’un chasseur et de sa très jolie sœur…

Adorant les récits où la parole est donnée aux animaux, j’ai dévoré cette histoire d’autant que l’auteure a su exploiter l’image classique que l’on peut avoir du renard dans la littérature, à savoir un animal rusé ayant du bagout. Si vous n’en avez pas cette image, filez alors vite lire le Roman de Renart ou la célèbre fable de La fontaine, Le corbeau et le renard. Koja joue de son intelligence pour se sortir de situations tendues ou transformer un prédateur en ami. Au fil des pages, on s’attache donc à ce renard qui a l’art et la manière de survivre malgré les obstacles qu’il rencontre. On le voit toutefois, petit à petit, prendre un peu trop confiance en lui au point de se transformer en fanfaron. Son excès de confiance lui sera malheureusement préjudiciable quand il rencontrera un ennemi dont la fourberie dépassera de loin son intelligence. Le lecteur sent poindre le danger, l’ambiance se faisant de plus en plus pesante. Il ne peut donc que ressentir une certaine angoisse devant un Koja presque hypnotisé par sa nouvelle et charmante amie alors qu’une menace se profile. On tremble pour lui et on croise très fort les doigts pour que sa célèbre intelligence lui permette une nouvelle fois de survivre. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que j’ai adoré le retournement de situation même si je l’avais deviné ayant vu l’illustration finale du conte qui l’explicite clairement.

The witch of Duva

Nadya vit avec son père qui finira par prendre une deuxième femme, Karina, après la mort de sa femme. La jeune fille en est certaine, Karina, loin d’être une femme aimante, est une sorcière qui a envoûté son père et qui est prête à tout pour se débarrasser d’elle. Sinon, comment expliquer son comportement odieux envers elle et la manière dont elle met sa vie en danger en lui demandant d’aller dans la forêt alors que ne cessent de disparaître des filles du village ? C’est décidé, Nadya doit faire quelque chose pour sauver son père de ce monstre et retrouver sa vie d’avant !

L’auteure revisite de manière originale le conte d’Hansel et Gretel en lui insufflant quelques notes du mythe de Baba Yaga.  Page après page, elle s’évertue à créer une ambiance angoissante avec cette impression de danger qui rôde et qui peut frapper à tout instant, que ce soit dans la forêt ou dans le propre foyer de l’héroïne. Comme elle, on en vient à être en permanence sur le qui-vive guettant les actions de Karina afin d’y déceler des signes de sorcellerie ou des preuves qui la lieraient d’une manière ou d’une autre à toutes les disparitions. Et ce n’est pas le départ de Nadya et son séjour chez une sorcière qui vont faire cesser notre angoisse. Méchante sorcière qui aide la jeune fille avant de la dévorer ou gentille sorcière qui veut simplement l’aider ? Une question qui ne pourra que vous tarauder.

En plus d’une ambiance angoissante, voire étouffante, ce qui fait la richesse de cette histoire est sa fin qui m’a laissée complètement pantoise. C’est le genre de final, digne d’un bon scénario de film d’horreur, dont on se souvient longtemps. Il y a un côté gore et tellement dérangeant, car très imagé, que j’ai relu deux fois les dernières pages pour être certaine d’avoir tout compris. Et pas de doute, l’esprit de Leigh Bardugo est tortueux !

En conclusion, l’auteure nous offre six histoires envoûtantes qui sentent bon les contes d’antan et qui vous feront passer de délicieux moments de frissons et d’angoisse. Si vous aimez les Frères Grimm et tous ces autres conteurs qui ont donné leur lettre de noblesse à ce genre, The Language of Thorns est un livre qui devrait vous ravir.

Découvrez l’avis du Tanuki.

The Five Orange Pips, Sir Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc retrouver, chaque mois, nos avis respectifs sur un roman ou une nouvelle de l’auteur.


C’est à la nouvelle The Five Orange Pips (Les cinq pépins d’orange) que Florence, June et moi nous attaquons ce mois-ci. Comme à chaque fois, vous pouvez la télécharger gratuitement sur le net.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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John Openshaw visits Baker Street to consult Sherlock Holmes as to the mysterious deaths of both his uncle and father upon the arrival of letters containing five dried orange pips and bearing the mark ‘K.K.K.’. The young gentleman further relates that he too has received a similar envelope with instructions to surrender some papers. Holmes quickly deduces that his client faces imminent danger from a secret society in America.

AVIS

Un soir de tempête, John Openshaw, un jeune homme plutôt bien apprêté, vient s’entretenir avec Sherlock Holmes d’un problème qui le ronge. C’est ainsi que Watson, profitant du voyage de sa femme pour passer quelques jours chez son ami, et Sherlock découvrent l’étrange « malédiction » qui semble peser sur la famille Openshaw. Malédiction plutôt sérieuse puisqu’elle a déjà entraîné la mort de l’oncle et du père du jeune homme. Mais le point qui interpelle Sherlock est que, peu de temps avant de passer l’arme à gauche, les deux hommes ont reçu une enveloppe contenant cinq pépins d’orange, une phrase sibylline et le sigle K.K.K… Et malheureusement pour lui, John a reçu le même genre d’enveloppe/avertissement.

Cette nouvelle fait une trentaine de pages ce qui ne nous laisse pas vraiment le temps de nous attacher au jeune homme. Et, pourtant, au fur et à mesure de son récit, je n’ai pas pu empêcher une boule d’angoisse se former au creux de mon estomac. Connaître le danger encouru par John m’a vraiment angoissée un peu comme si le personnage était réel et faisait partie de mes connaissances. Cette angoisse a été renforcée par le fait qu’Arthur Conan Doyle a particulièrement soigné l’atmosphère de sa nouvelle. La tempête extérieure semble ainsi faire écho à celle vécue par le jeune homme voire, plus tard dans le récit, à la tempête intérieure de Sherlock face au décès de son client. Car oui, comme l’avait craint Sherlock prévenu trop tard de ce mystérieux cas, John Openshaw va périr malgré sa tentative de le sauver. Situation que le célèbre détective va avoir du mal à vivre.

L’histoire de l’enveloppe et de son étrange contenu est intéressante et assez mystérieuse, mais l’enquête est finalement très vite bouclée et ne permet pas à Sherlock de briller ni de montrer l’étendue de son talent. Son intérêt réside ailleurs ! En effet ce qui est vraiment captivant dans cette nouvelle, c’est de voir se fendre le masque d’impassibilité de Sherlock. Même s’il prétexte une blessure d’orgueil, la mort de John alors que ce dernier était venu lui demander son aide va vraiment l’affecter au point de le pousser à vouloir obtenir vengeance. Et cette envie de se venger le rend très très humain… Je crois que cette nouvelle est d’ailleurs celle où je me suis sentie le plus proche du détective. J’ai complètement compris sa colère face à la mort de son client, son sentiment d’échec et son envie de punir les coupables.

Quant à la fin, j’avouerai qu’elle m’a laissé un goût assez amer avec un sentiment désobligeant d’inachevé. En effet, Sir Arthur Conan Doyle joue avec les nerfs de ses lecteurs en proposant une fin qui laisse planer le doute. Pour ma part, j’ai préféré considérer que les meurtriers ont été, d’une certaine manière, punis pour leurs crimes. J’aurais préféré qu’ils soient jugés en bonne et due forme, mais je me contenterai d’une punition à l’aura presque divine.  Enfin, si je comprends que le Klu Klux Klan, organisation regroupant des personnes à l’intellect plutôt limité prônant la « suprématie de la race blanche », ne soit pas le vrai enjeu de cette nouvelle, j’aurais néanmoins aimé qu’elle soit un peu plus exploitée… J’ai, en revanche, apprécié la ferme condamnation de cette organisation par l’auteur.

En conclusion, désacralisé dans une enquête où il n’a pas eu vraiment besoin de mettre en œuvre sa capacité d’analyse, et rendu humain par les émotions qu’il exprime, Sherlock se révèle ici assez proche du commun des mortels. Une nouvelle vision du célèbre détective qui a rendu, pour ma part, la lecture de cette nouvelle passionnante et passionnée.

DÉCOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

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A case of identity, Arthur Conan Doyle

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Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).


 

RÉSUMÉ

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The story revolves around the case of Miss Mary Sutherland, a woman with a substantial income from the interest on a fund set up for her. She is engaged to a quiet Londoner who has recently disappeared. Sherlock Holmes’s detective powers are barely challenged as this turns out to be quite an elementary case for him, much as it puzzles Watson.

The fiancé, Mr. Hosmer Angel, is a peculiar character, rather quiet, and rather secretive about his life. Miss Sutherland only knows that he works in an office in Leadenhall Street, but nothing more specific than that. All his letters to her are typewritten, even the signature, and he insists that she write back to him through the local Post Office. The climax of the sad liaison comes when Mr. Angel abandons Miss Sutherland at the altar on their wedding day

 

AVIS

Dans cette petite nouvelle, nous retrouvons avec plaisir Sherlock Holmes et Watson qui vont faire face au cas de Mary Sutherland. Cette femme est venue consulter le célèbre détective pour une affaire de cœur dont l’issue étrange l’a laissée dans un profond désarroi. En effet, son fiancé, un homme de nature très discrète si ce n’est secrète, a disparu le jour de son mariage ! Contre l’avis de sa famille, elle est donc bien décidée à faire la lumière sur cette histoire et à retrouver son bien-aimé.

Sherlock Holmes va résoudre le mystère autour de cette histoire sans quitter son domicile. Le témoignage de sa cliente et quelques lettres, dont une qu’il va obtenir à l’aide d’un petit stratagème, vont en effet lui suffire pour dénouer le fil d’une histoire qui, même pour le lecteur, n’est pas d’un abord très complexe.

Seul Watson, fidèle à lui-même, ne semble pas capable de saisir les tenants et aboutissants du cas par lui-même. Mais tant mieux puisque cela offre l’opportunité à Sherlock Holmes de détailler son raisonnement et de nous impressionner par son sens de l’observation et de la déduction toujours aussi affûté. Si j’ai assez vite saisi une bonne partie de l’intrigue, j’ai été de nouveau bluffée par la multitude de détails observés par Sherlock. Pressée de connaître le dénouement et de confirmer ou infirmer mon hypothèse, je suis passée à côté de certains détails qui donnent pourtant tout le piquant à l’histoire.

Quant à Mary, on pourrait s’étonner de sa naïveté voire s’en agacer un peu, mais ne dit-on pas que l’amour rend aveugle ? Et puis, au fil de la conversation, on sent parfaitement son besoin de s’échapper d’un cocon familial plus qu’étouffant et de se créer ses propres relations. On ne peut qu’espérer que la prochaine fois, elle s’y prendra un peu mieux en n’accordant pas sa confiance et son amour à un individu rencontré deux fois et dont elle n’ignore presque tout…

Malgré cette naïveté amoureuse qui m’a quand même parfois agacée, je l’ai trouvée très touchante. J’ai, en outre, apprécié sa volonté d’indépendance qui passe notamment par son travail et une tentative de défier l’autorité de ses « parents » ; tentative qui sera utilisée de manière complètement abjecte contre elle. Son aveuglement face à la disparition de son fiancé m’a donc fait de la peine.

D’ailleurs, même Sherlock, qui n’est pourtant pas le plus sensible des hommes, semble réticent à la mettre devant la cruelle vérité. J’avoue que sur ce point, je suis assez mitigée, je comprends l’idée de « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire », mais j’ai la désagréable impression que l’idée dans cette nouvelle serait plutôt « toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire aux femmes qui ne sont pas capables d’y faire face ». J’avoue néanmoins que la personnalité de Mary et son aveuglement face à la situation peuvent expliquer le choix de Sherlock. Mais quoiqu’il en soit, il ne semble pas y avoir de happy end possible pour Mary. Mise au courant de la vérité, le sentiment de trahison risque d’être très dur à encaisser et laissée dans le mensonge, sa vie amoureuse s’en verra bouleversée pendant de très longues années.

Ceci ajouté au fait que le justice ne soit pas rendue m’ont quelque peu frustrée en me laissant un goût d’inachevé. C’est peut-être mon côté idéaliste qui parle.

En conclusion, en nous plongeant dans un huis clos assez intimiste, Arthur Conan Doyle nous offre une histoire agréable à lire bien que les fils de son intrigue soit assez faciles à dénouer. Nous prenons de nouveau plaisir à nous émerveiller devant les talents d’observation et de déduction de Sherlock Holmes. Et nous le découvrons, pour la première fois, dans une situation où il est prêt à ne pas donner satisfaction à sa cliente afin de la préserver. Que l’on soit d’accord ou non avec ce choix, c’est une facette du personnage que l’on ne connaissait pas.

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

Abyss, Svetlana Mori

Je remercie Svetlana Mori d’avoir accepté de m’envoyer son roman, Abyss, via le site Simplement d’autant que j’ai eu le droit à une très chouette dédicace. Ce roman a la particularité d’avoir été écrit pendant un challenge d’écriture international qui fait souvent grand bruit sur Twitter, le NaNoWriMo.

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Saiwhisper du blog Les pages qui tournent. J’ai pris grand plaisir à échanger avec elle sur cette belle lecture et espère renouveler l’expérience, peut-être, pourquoi pas, sur un autre texte de Svetlana Mori.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un choix peut être lourd de conséquences…

Depuis des siècles, les marins vivent dans la crainte des hommes-poisson, monstres cruels dévorant le cœur fraîchement arraché de ceux dont le navire n’a pas été assez rapide pour leur échapper.
Emily Rauesen pensait que tout ceci n’était que superstition, du moins jusqu’à ce que l’un d’entre eux soit capturé sur le Blue River et qu’elle se retrouve à devoir panser ses blessures pour qu’il puisse survivre à son interrogatoire !

La créature semble très différente de la bête sanguinaire qu’on lui a décrit… mais si les apparences étaient trompeuses ?

  • Broché: 188 pages
  • Editeur : Lulu.com (22 décembre 2016)
  • Prix : 11,08€

AVIS

Avant de commencer, je tiens à dire que je trouve la couverture magnifique et que j’aime beaucoup les signes tribaux qui illustrent chaque partie et tête de chapitre. Je vous invite à consulter ma dernière participation au RDV livresque Premières Lignes pour plus de détails.

L’histoire et les personnages…

Seule femme et dorénavant médecin à bord d’un navire, Emily pleure toujours la mort accidentelle de son père quand sa vie va être de nouveau chamboulée par l’arrivée d’un prisonnier. Mais pas de n’importe quel prisonnier, d’un homme-poisson, une créature maritime crainte de tous en raison de sa légendaire cruauté et barbarie.

Chargée de soigner les plaies du monstre avant sa prochaine séance de torture, elle va néanmoins faire abstraction de sa peur et se laisser guider par ses sentiments. Cela la conduira à prendre une décision qui aura de lourdes conséquences non seulement pour sa vie, mais aussi pour celle des autres habitants du navire.

J’ai beaucoup aimé le fait que dès le début de l’histoire, on comprend que la situation est plus complexe qu’un simple schéma gentils/méchants. En effet, si les hommes-poisson sont effrayants, n’hésitant pas à massacrer les humains qui croisent leur route ou à enlever des enfants pour leurs besoins, les humains ne sont pas non plus tout blanc. Que ce soit à travers la séance de torture à l’encontre de leur captif ou les horreurs que les hommes ont perpétré par le passé, ils se montrent tout aussi barbares. Pas besoin d’avoir des attributs de poisson pour pouvoir être qualifié de monstre…

Difficile dans ces conditions de se positionner nettement pour un camp, chacun ayant des griefs légitimes pour détester l’autre. Cet aspect rend donc complètement plausible et compréhensible, bien que discutable, la décision d’Emily que je vous laisse, bien sûr, découvrir.

J’ai d’ailleurs beaucoup apprécié cette femme qui sait voir au-delà des apparences et des préjugés n’hésitant pas à tout remettre en cause pour ce qu’elle estime juste. Pour une personne n’imaginant pas sa vie loin de l’eau, elle a étrangement les pieds sur terre ! J’ai également aimé son sens de la répartie et sa capacité à avancer dans la vie malgré les drames qui la ponctuent.

Quant à Syhl, le jeune homme-poisson, sa personnalité m’a un peu moins convaincue même si l’autrice a veillé à nous offrir un personnage nuancé, autant capable d’une violence implacable que d’altruisme. Je lui ai préféré sa sœur Velkis qui intervient en dernière partie et qui apporte une touche de folie, d’insouciance et de légèreté fort appréciable. Il n’a pas fallu d’ailleurs bien longtemps pour m’attacher à celle-ci.

De l’eau, des pirates, de l’action et du sang…

Quand j’ai lu le résumé du livre, j’ai su qu’il me fallait le lire. En effet, j’aime beaucoup les histoires de pirates.

Et de ce côté, je dois dire que l’autrice a répondu à mes attentes. J’ai beaucoup aimé m’imaginer la vie à bord du navire, les descriptions percutantes et l’utilisation d’un vocabulaire maritime précis nous permettant de nous immerger complètement dans l’ambiance. On a presque l’impression de voguer sur la mer à bord du Blue River pris dans les flots d’un élément naturel aussi beau qu’imprévisible.

Je vous rassure, même s’il y a des descriptions, le livre reste définitivement tourné vers l’action et ceci, dès les premières pages du roman. Il y a évidemment des phases moins rythmées que d’autres, mais aucun temps mort ou longueurs ne sont à déplorer. Svetlana Mori a incontestablement su exploiter chaque page, ne se perdant pas dans les détails. Ce point me semble particulièrement important si l’on rappelle que le livre fait moins de deux cents pages et que l’autrice n’est pas forcément coutumière de ce format assez court.

Si je n’aime pas trop quand le sang coule à flots, j’attends pourtant de l’hémoglobine quand il y a des pirates dans une histoire, les deux étant quelque peu indissociables dans mon esprit. Et Abyss, pour mon plus grand plaisir, n’échappe pas à la règle. L’autrice ne nous épargne pas des scènes quelque peu violentes nous les décrivant d’ailleurs de manière assez précise pour que le lecteur se les représente parfaitement. Et j’ai d’ailleurs adoré ce décalage entre le calme apparent des flots et la violence qui se déchaîne à bord du navire.

Quant aux pirates, ils sont tels que je les imagine et les veux : sans morale, sanguinaires ne faisant pas grand cas de la vie humaine, violents, pervers… Bref, antipathiques et horribles à souhait !

Une histoire d’amour qui ne m’a pas convaincue, mais qui sert l’histoire

Que vous l’ayez deviné ou non en lisant le résumé, Abyss, c’est également une histoire d’amour. C’est l’aspect que j’ai le moins apprécié, mais mon avis n’est pas très objectif n’étant pas fan du genre. Seuls quelques auteurs arrivent à me faire passer outre mon manque d’appétence pour ce genre.

Certaines scènes et dialogues, un peu trop naïfs pour moi, m’ont fait lever les yeux au ciel. Je pense notamment à un passage où Syhl demande, le plus sérieusement du monde, à sa toute nouvelle dulcinée de ne pas dépérir en son absence et de continuer à vivre. Même si la connexion entre ces deux nouveaux amoureux est forte, il manque quand même quelques péripéties avant de rendre ce genre de phrase crédible. Et encore, n’étant pas très fleur bleue, je crois que ce genre de déclaration aurait plutôt tendance à me faire rire qu’à m’émouvoir.

Je pense néanmoins que cette romance contient les éléments pour plaire à beaucoup d’amatrices et d’amateurs du genre : une histoire d’amour impossible avec des amoureux à la Roméo et Juliette séparés par la haine que se vouent leurs espèces respectives (les humains d’un côté et les hommes-poisson de l’autre), des dialogues qui peuvent plaire aux plus romantiques des lecteurs, une attirance quasi immédiate entre nos deux héros et une alchimie très forte…

Si cette histoire d’amour ne m’a pas convaincue notamment par sa trop grande rapidité qui s’explique par la taille du livre, force est de constater que Svetlana Mori a su la rendre indispensable à l’histoire. Loin de n’être là que pour ravir le cœur des amoureux de romance, elle est la pierre angulaire du livre qui va permettre un rapprochement entre deux ennemis. Alors la morale est un peu gentillette, mais elle est amenée avec assez de talent pour ne pas paraître trop naïve.

Une histoire qu’on a du mal à quitter…

Enfin, j’avoue avoir été quelque peu frustrée par la taille du livre. L’autrice nous propose une histoire avec tellement de potentiel qu’il est difficile de se contenter de si peu de pages. J’aurais tellement aimé en apprendre plus sur les hommes-poisson, leurs us et coutumes qui n’impliquent pas l’arrachage de cœur d’humain, leur vie dans leur cité aquatique…

J’aurais également souhaité apprendre à connaître plus longuement la famille royale dont les membres ne manquent pas de personnalité que ce soit le frère aîné qui, sous un air froid et dur, semble plutôt du genre tendre et juste, le père qui n’est pas le monstre cruel que l’on pourrait s’imaginer ou, à l’inverse, cette sœur aînée qui est loin de s’avouer attendrie par l’amour de son frère pour une humaine…

Tous ces éléments font que lorsque l’on tourne la dernière page, on est autant ravi de notre lecture que frustré de ne pas en avoir plus. Fort heureusement, l’autrice a entendu le désespoir de ses lecteurs et a, en prévision, un recueil construit autour de textes courts. Mais pour les détails, il vous faudra encore patienter, le projet étant toujours en cours de réflexion.

Pour conclure, si vous êtes en quête d’une histoire de sirène à la Disney, il est préférable de vous tourner vers un autre titre. Si, en revanche, vous avez envie d’une histoire au rythme soutenu où se mêlent l’amour de la mer, l’action, le sang, une héroïne forte, de la haine et de l’amour avec un grand A, Abyss devrait vous offrir de très beaux instants de lecture.

Pour ma part, je lirai avec plaisir d’autres titres de Svetlana Mori dont les deux autres tomes de la trilogie dont Abyss est issu.

Vous pouvez acquérir Abyss sur, entre autres, Amazon et découvrir les autres livres de l’auteure sur son site Internet.

Je vous invite à consulter la chronique de Saiwhisper

The Sign of Four, Sir Arthur Conan Doyle

Pour rappel, avec Florence du blog Satoru Kudo et June du blog June&Cie, nous avons décidé de réaliser une lecture commune de l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes. Vous pourrez donc suivre l’avis, chaque mois, des membres de notre Dream Team (en toute modestie, bien sûr).

The Sign of Four est le deuxième roman lu dans le cadre de cette lecture commune.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

As a dense yellow fog swirls through the streets of London, a deep melancholy has descended on Sherlock Holmes, who sits in a cocaine-induced haze at 221B Baker Street. His mood is only lifted by a visit from a beautiful but distressed young woman – Mary Morstan, whose father vanished ten years before. Four years later she began to receive an exquisite gift every year: a large, lustrous pearl. Now she has had an intriguing invitation to meet her unknown benefactor and urges Holmes and Watson to accompany her. And in the ensuing investigation – which involves a wronged woman, a stolen hoard of Indian treasure, a wooden-legged ruffian, a helpful dog and a love affair – even the jaded Holmes is moved to exclaim, ‘Isn’t it gorgeous!

AVIS

Alors que j’avais beaucoup aimé A Study In Scarlet, j’ai beaucoup moins accroché à The Sign of Four. L’histoire est loin de m’avoir tenue en haleine, avouons même qu’elle m’a plutôt laissée de marbre voire carrément ennuyée à certains moments. Je n’y ai pas retrouvé le suspense du premier roman ni cette touche d’humour qui rend la lecture très légère.

J’ai en outre trouvé, pour mon plus grand regret, Sherlock Holmes presque en retrait. Le célèbre détective se montre plutôt avare en démonstration de ses talents et de ses formidables déductions. Je vous rassure, vous le retrouvez bien dans le roman, mais il m’a moins impressionnée que dans sa précédente aventure.

Quant à Watson, comme dans la première aventure, son rôle dans l’enquête est quasiment inexistant, mais il perd nettement sa position de faire-valoir, peut-être parce qu’il arrête de s’extasier à chaque page, ou presque, des prouesses de son comparse. Il continue donc à exprimer son admiration, mais de manière plus posée ce que j’ai vraiment apprécié.

Si au niveau policier, Watson ne sert pas à grand chose, il apporte une touche d’humanité puisqu’il ne faut pas espérer de sentiments et d’émotions de la part de Sherlock Holmes. Et vous verrez que niveau sentiment, ce deuxième roman va particulièrement bien soigner notre chez Docteur qui va tomber amoureux…. Je vous rassure, cette histoire d’amour naissante demeure accessoire par rapport au fil de l’intrigue, mais marque quand même l’arrivée d’un personnage féminin d’une certaine importance dans la vie du duo.

Enfin, je vais nuancer un peu mes propos en rappelant que j’ai lu le livre en anglais et que je suis peut-être passée à côté de certaines choses…

En conclusion, cette histoire de signe des quatre et de trésor sous fond de disparition ne m’a pas convaincue. Je n’y ai pas retrouvé le panache du premier roman ni la personnalité hors norme de Sherlock Holmes. Je lirai néanmoins la suite avec plaisir puisque toutes les aventures du détective ne peuvent pas forcément me passionner. Et puis, je suis impatiente de découvrir comment l’arrivée de Mary va faire évoluer ou non les relations entre nos deux protagonistes.

Découvrez les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie

Lecture commune #1 : Sherlock Holmes (l’intégrale)

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Après discussion sur son blog de nos intégrales respectives de Sherlock Holmes, Florence de Satoru Kudo m’a proposé une lecture commune de l’ensemble des aventures du célèbre détective. Ravie de cette proposition qui va me permettre d’enfin me lancer dans la lecture d’une intégrale qui aurait pu dormir un beau moment dans ma bibliothèque, je n’ai pu qu’accepter. June&Cie qui a acquis la même intégrale Barnes & Noble que la mienne a accepté de se joindre à nous dans cette belle aventure livresque.

Je ne résiste d’ailleurs pas à l’envie de vous montrer quelques photos de ce bel ouvrage en VO  :

Pour la lecture commune nous avons décidé de prendre notre temps en lisant chaque mois une aventure de Sherlock Holmes. Je vous présenterai donc dans cet article le suivi de la lecture commune :

ANNÉE 2018

  • Janvier 2018 : L’homme à la lèvre tordue