Les yeux d’Astrid, Jean-Marie Kassab

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J’ai été sélectionnée pour recevoir Les yeux d’Astrid de Jean-Marie Kassab dans le cadre d’une opération spéciale Masse critique. Je remercie donc les Éditions Persée et Babelio pour cette réception.

La maison d’édition vous propose de lire un extrait gratuit d’une quinzaine de pages.


PRÉSENTATION ÉDITEUR

Victime d’un père autoritaire, Francis, travailleur acharné devenu millionnaire fait récemment faillite. En instance de divorce de surcroît, le cumul des problèmes le mène au désespoir. Envisageant pour un moment le suicide, il se retrouve au hasard des routes face à face sur une plage déserte avec une inconnue prénommée Astrid.

À travers quelques questions judicieuses, Astrid ouvre les yeux de Francis, l’aide à identifier ses problèmes réels et à poursuivre sa quête du bonheur pour retrouver la joie de vivre qui était en fait à portée de main. Leur débat prend la forme d’une vraie leçon de vie.

Les dernières pages du récit réservent au lecteur des développements inattendus.

  • Broché: 156 pages
  • Editeur : Persée (23 novembre 2015)
  • Prix : 13,20€
  • Autre format : ebook

AVIS

La découverte de Francis…

Le livre est scindé en plusieurs petits chapitres ce que je trouve plutôt pratique pour ce genre d’ouvrage qui peut nous amener à nous poser des questions. Cela m’a permis de ne pas enchaîner les chapitres comme avec une histoire classique. J’ai ainsi pris le temps, que ce soit quelques secondes ou quelques minutes, de réfléchir et de revenir sur les pages lues.

A travers les premiers chapitres, on découvre Francis et toute sa souffrance, celle d’un père, celle d’un mari qui a laissé le diktat de l’argent prendre toute la place dans sa vie au détriment de sa famille. L’auteur a su, sans long discours, partager les regrets de Francis avec le lecteur. On ressent parfaitement sa peine. A cet égard, j’ai trouvé assez dur le chapitre intitulé « Photos » où notre personnage constate, à travers la consultation des albums photos, son absence dans la vie de ses proches.

Francis est sans complaisance vis-à-vis de ses manquements ce que j’ai apprécié. J’aurais été assez agacée par quelqu’un, à la manière d’un Jean-Jacques Rousseau, qui aurait passé son temps à se justifier et à se trouver des excuses.

Au fil des pages, l’ombre du père du personnage commence à planer et l’on devine son rôle dans la vie de Francis. Sans être un bourreau, on comprend qu’il lui a offert la sécurité matérielle à défaut d’une sécurité émotionnelle et affective ou du moins, c’est ainsi que le perçoit Francis. On se rendra néanmoins compte au cours de la lecture que les apparences sont parfois trompeuses et que les non-dits peuvent être lourds de conséquence…

« Cet homme m’avait gravé comme un sculpteur taille dans la pierre suivant l’image qu’il se faisait de lui-même, mais omit au dernier instant d’y souffler une âme. Oubli ou préméditation, je ne le saurai jamais. »

L’arrivée d’Astrid…

J’ai été surprise de ne voir arriver Astrid qu’à la moitié de l’ouvrage. Le quatrième de couverture m’avait plutôt donné l’impression qu’elle serait partie prenante du livre dès les premières pages… Ce n’est au final pas un problème, puisque nous avons pris le temps de connaître Francis, mais cela n’en demeure pas moins une source d’étonnement.

J’avoue avoir eu du mal à apprécier les premiers propos échangés entre notre protagoniste et la nouvelle venue. Ces échanges m’ont semblé peu naturels voire surjoués surtout en comparaison des premiers chapitres marquant, en quelque sorte, une période d’introspection pour Francis.

J’ai toutefois réussi à passer outre cet inconvénient pour apprécier la conversation qui s’est nouée spontanément entre les deux protagonistes. Le fait que notre personnage s’épanche aussi facilement et rapidement auprès d’une inconnue ne m’a pas paru incongru surtout dans le contexte du livre.

« Conscient de mon incapacité à soulager cet être poignardé dans son cœur, mes seules interventions se résumaient à un tapotement amical sur l’épaule ou bien à lui offrir une boîte de mouchoirs  pour sécher ses larmes. Il ne voulait pas plus.  Je ne pouvais lui offrir mieux. « 

Un texte qui permet de se poser des questions

Les yeux d’Astrid peut sembler, de prime abord, très simple voire trop simpliste. Ce serait cependant négliger le fait que derrière l’histoire de Francis, l’auteur soulève différentes questions qui ne peuvent qu’inciter le lecteur à prendre le temps de réfléchir, chose parfois difficile dans une vie au rythme effréné.

A travers le livre se pose notamment la question du bonheur. Jean-Marie Kassab ne vous en donne pas une définition clef en main qui, de toute manière, serait dépourvue de sens tant cette notion est propre à chacun. Il a préféré vous amener, petit à petit et en délicatesse, à vous interroger sur votre propre conception du bonheur grâce à l’histoire de Francis et de sa rencontre avec Astrid. Cette dernière va lui faire entrevoir (et à la fin de votre lecture vous apercevrez tout le paradoxe de la situation), des vérités face auxquelles il est resté bien trop longtemps aveugle.

NOTE : 4/5

AUTEUR (informations du site de l’éditeur)

Jean-Marie Kassab est né en 1960 au Liban. Diplômé en sciences de l’Université Américaine de Beyrouth, et après une longue carrière dans différents domaines, il décide de se consacrer à son premier amour, la littérature, sous ses diverses formes. Ses écrits allient à l’unisson science et philosophie, politique et histoire. Curieux de tout, son expérience de vie donne à ses récits de la profondeur, du recul et beaucoup de chaleur.

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En résumé, Les yeux d’Astrid est un livre rapide à lire que je vous conseille autant pour le fond que la forme. Vous pouvez simplement vous laisser bercer par l’histoire de Francis et apprécier le style de l’auteur aussi élégant qu’agréable à lire. Ou vous pouvez profiter de votre lecture pour réfléchir aux questions, notamment sur le bonheur, que la vie de Francis et sa rencontre avec Astrid soulèvent.

Pas tout à fait un roman, pas tout à fait un livre de développement personnel ou un « feel good book », Les yeux d’Astrid est le genre de livre que l’on peut relire à différents moments de sa vie afin d’y trouver, si ce n’est des réponses, des pistes de réflexion, des éléments nouveaux ou tout simplement, un peu de réconfort.

 

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On est foutu, on pense trop! Dr Serge Marquis

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On est foutu, on pense trop! est un ouvrage du Docteur québecois Serge Marquis dont voici les informations trouvées sur le site des Éditions de la Martinière :

« consultant dans le domaine de la santé mentale au travail, le Dr Serge Marquis, auteur à succès québécois, donne plus de 150 conférences par an. En 1995, il a mis sur pied sa propre entreprise de consultation, T.O.R.T.U.E (Organisation pour Réduire les Tensions et l’Usure dans les Entreprises). »

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Découvert sur un groupe de lecture et séduite par la métaphore de Pensouillard le hamster, j’ai réservé ce livre à la bibliothèque (pour les Stéphanois, vous pouvez le réserver ou vérifier sa disponibilité ici).

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Derrière le tapage incessant de Pensouillard le hamster (héros de ce livre) se cache notre EGO. Face aux petits bobos et aux gros tracas de la vie, cet « agité du bocal » nous fait souffrir, nous leurre, nous empêche d’être libres. Comment le remettre à sa place ? Dans un style vivant et plein d’esprit, le Dr Serge Marquis nous invite à observer les mouvements de notre ego. A nous amuser de ses pitreries. Puis, à ralentir pour trouver la paix. Etape par étape, l’auteur nous guide dans une aventure inattendue, celle de la… décroissance personnelle pour ne plus subir la dictature de l’ego. Une démarche à contre-courant, à la fois divertissante et libératrice. Car un petit pas de moins pour Pensouillard, c’est un grand pas de plus pour vous.

  • Broché: 158 pages
  • Editeur : Editions de la Martinière (2 avril 2015)
  • Prix : 13,90€

AVIS

La méthode du praticien est destinée à « apprivoiser et calmer son mental« . Oui, rien que ça!

Un livre simple : bon ou mauvais point?

Le livre est court et se lit vraiment très facilement. Le vocable employé n’est pas abscons et à la portée de tous, des habitués des livres de développement personnel aux néophytes. J’ai apprécié ce point, le Docteur Marquis n’essayant pas d’en mettre plein la vue à ses lecteurs par ses connaissances médicales mais bien de les interpeller, de les impliquer dans la lecture et dans l’idéal, dans l’application de sa méthode.

Je dis méthode car c’est le terme employé sur le quatrième de couverture mais peut-on vraiment parler de méthode? J’en doute fortement, « la méthode » consistant principalement en l’apprentissage de la respiration. Je ne nie aucunement les bienfaits de maîtriser sa respiration comme j’ai pu l’apprendre au théâtre dès  l’école primaire, au Pilates, en sophrologie… Bref, rien de bien nouveau ici.

La simplicité des propos du Docteur Marquis tombe malheureusement dans l’écueil de la simplification à outrance. Je conviens aisément que ce livre n’a pas vocation à faire comprendre les arcanes du cerveau mais les exemples sont amplifiés à l’extrême avec comme résultante une tendance aux stéréotypes.

En lisant certains passages, j’ai vraiment essayé de me rappeler que le côté extrême des exemples donnés était sûrement voulu afin de schématiser les pensées. J’ai quand même eu du mal à les accepter, peut-être parce que même énervée, les pensées que nous lecteurs sommes supposés avoir ne me traversent jamais l’esprit. J’ai l’impression que pour l’auteur nous sommes tous des Calimero en puissance…

Exemple : au supermarché, à la suite d’une série de déconvenues, vous devez attendre à la caisse. « Pensouillard décoche ses phrases fétiches : Pourquoi est-ce toujours à moi que ces choses arrivent? Hein? POURQUOI MOI? On dirait que la vie m’en veut! Caissière, tu parles d’une vie, toi! Faut dire qu’avec le QI qu’elle a… »

Le Docteur Marquis m’expliquerait sûrement que mon avis est le fruit de mon facétieux hamster qui tend à me pousser à m’identifier à la caissière de l’exemple précité. Moi, j’y vois plutôt le fruit de mon éducation qui fait qu’associer un faible QI à un métier, quel qu’il soit tend à me révolter. J’ai, en outre, un hamster très turbulent mais heureusement, pas aussi plaintif.

J’ai également trouvé que certains propos du livre manquaient cruellement de tact voire étaient à la limite de la condescendance ou du mépris ce qui, pour un professionnel de santé visant à aider son prochain, me semble plutôt malvenu. Je ne pas nier être de manière générale plutôt sensible mais je pense sincèrement que certains des propos tenus ne pourraient qu’accentuer le mal-être d’une personne déjà en détresse. J’imagine que c’est souvent de l’humour mais n’oublions pas qu’à l’écrit les émotions ne sont pas transmises aussi fidèlement qu’à l’oral…

  • « Votre chère petite cervelle, qui se croit tellement brillante, peut-elle comprendre ça?
  • « Si vous répondez oui, ne serait-ce qu’une fois, vous avez un besoin urgent car vous êtes très malade.
  • « Si vous êtes sain d’esprit… »

Quelques points intéressants à retenir…

Pour autant, ai-je détesté le livre? Et bien, figurez-vous que non! Si je passe le problème de la simplification, la simplicité de l’écriture m’a plu. Dès le premier chapitre, je me suis interrogée sur mes propres réactions.Je ne me suis pas forcément reconnue dans les propos du Pensouillard tels qu’ils sont rapportés par le Docteur Marquis et que je trouve plutôt agressifs envers les Autres. Mais je ne peux nier  l’existence d’un « hamster » qui ne me lâche jamais, qui parle en permanence avec une tendance à l’auto-critique et donc au final, une agressivité tournée vers le Moi.

Il y a un point que j’ai apprécié dans cet ouvrage : la notion d’activité mentale-égo et d’activité mentale-conscience. La première évolue dans les critiques négatives, les plaintes et l’autre, dans l’objectivité et la recherche de solutions. C’est la notion clé de ce livre que je retiendrai et que j’ai essayé d’appliquer au quotidien dès la lecture du livre. Cela n’a rien d’innovant mais la manière dont le Docteur Marquis l’a abordée m’a parlé. Il invite le lecteur à savoir faire preuve  » d’intelligence ». Ici, cela signifie savoir prendre le recul nécessaire pour repérer le moment où notre hamster plein de pensouilles entre en scène et décider, sans jugement, qu’on ne le laissera pas nous embarquer dans son manège.

Enfin, si certains passages ont fait bondir mon hamster à la la tendance très empathique, je ne peux que reconnaître que j’en ai apprécié d’autres, pas forcément originaux, mais porteurs de sens.

NOTE : 3/5

AUTEUR

Pour une présentation de l’ouvrage par son auteur, je vous invite à visionner la vidéo ci-dessous :

 

En résumé , ce n’est pas un livre miracle et la promesse d’apprivoiser et calmer son mental  me semble présomptueuse. Néanmoins, l’approche originale de l’auteur à travers l’allégorie de Pensouillard le hamster permet de marquer les esprits et d’offrir une certaine légèreté à cet ouvrage. Je ne vous conseillerai pas forcément de l’acheter mais si vous avez l’occasion de l’emprunter, n’hésitez pas à le lire.