Chouquette, Emilie Frèche

Chouquette, Emilie Frèche

Je remercie Lecteurs.com ainsi que Babel pour l’envoi de Chouqette d’Emilie Frèche.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quelle femme de soixante ans, aujourd’hui, peut sans grimacer s’entendre appeler « mamie » ? Pas Chouquette, qui a réglé le problème en recyclant le surnom de ses tendres années, au grand dam de sa fille Adèle, laquelle rêve pour son petit Lucas d’une vraie grand-mère. N’empêche, vraie ou fausse, c’est bien Chouquette qui doit jouer les baby-sitters de luxe auprès de son petit-fils, renvoyé de sa colo pour cause de varicelle, pendant qu’Adèle est partie sauver le monde au fin fond de l’Afrique. Et c’est bien Chouquette qui va se retrouver en tête à tête forcé avec Lucas… et la réalité. Trois jours de la vie d’une sexagénaire en perte de repères, pour tirer le portrait au vitriol d’une femme qui se noie, d’une époque qui boit la tasse et d’une génération qui tente coûte que coûte de garder les yeux grands fermés. Où la satire sociale, légère, féroce et réjouissante vire progressivement à quelque chose de bien plus intime.

  • Poche: 144 pages
  • Editeur : Actes Sud (14 juin 2017)
  • Collection : Babel
  • Prix : 6.80€

AVIS

Chouquette, c’est Catherine et Catherine, c’est cette femme très riche, mais tellement pauvre. La soixantaine passée, sa vie se résume à attendre désespérément de l’amour de la part d’un mari volage dont elle n’accepte pas le départ. Alors, elle s’enferme dans ses illusions ! Dans le monde de Chouquette, son Jean-Pierre continue à l’aimer et son absence ne s’explique que par la masse de travail qu’il accumule. Elle ne supporte donc rien qui pourrait entraver sa « relation » avec un mari fantôme, à commencer par un statut peu sexy de grand-mère. D’ailleurs, ce n’est pas une grand-mère, c’est Chouquette ! Que sa fille ou son petit-fils aient besoin d’elle n’y change rien, ce qui compte c’est Jean-Pierre…

Je dois avouer avoir été assez surprise par le contenu du roman. A la lecture du résumé, je m’étais attendue à une histoire plus sarcastique et plus drôle. Or à part quelques passages qui prêtent à sourire, la tristesse est omniprésente dans la vie de Chouquette. Que cette femme m’a fait de la peine à attendre désespérément de l’attention d’un mari qui l’ignore et qui l’a cocufiée des années durant ! Elle a en effet tout simplement mis sa vie et sa famille en attente pour une chimère…  Je ne suis pas psychiatre ou psychologue, mais son obsession pour Jean-Pierre a ce quelque chose de pathologique et de pathétique qui ne m’a pas permis d’en rire. Certains pourront peut-être se jouer de ses illusions dont personne n’est dupe, mais je n’ai pas pu.

De la même manière, j’ai eu du mal à compatir avec la fille de Catherine qui regrette l’égoïsme de sa mère quand elle-même, n’essaie à aucun moment de la comprendre ou du moins, de compatir, et surtout de lui tendre la main. Là où Adèle ne voit que pur égoïsme, je lis un profond désespoir et un besoin désespéré d’amour et de contacts.

Il est vrai que même Chouquette ne semble pas saisir ses vrais besoins puisqu’elle met son bonheur entre les mains de son mari qui n’en a que faire. Heureusement, au fil du récit et de ses interactions avec Diane, ancienne maîtresse de son mari qu’elle a invitée à Saint-Tropez, et de son petit-fils, elle va progressivement évoluer. Cela ne se fera pas consciemment, mais petit à petit, elle va réaliser qu’il y a des choses en dehors de Jean-Pierre comme sa fille et son petit-fils, ce petit bonhomme de cinq ans qu’elle connaît si peu.

J’ai beaucoup aimé le fait que Catherine ne fonde pas immédiatement au contact de son petit-fils se transformant en mamie gâteau adepte du tricot. L’auteure ne nous offre pas un feel-good, mais bien l’histoire d’une femme qui s’est perdue au cours de sa vie et qui, à plus de soixante ans, entrevoit enfin un moyen de reprendre les rênes de sa vie. La scène de fin est, à cet égard, d’une grande sensibilité. Sans tomber dans le pathos ou la surenchère de sentiments, je l’ai trouvée belle et synonyme d’espoir.

Il y a néanmoins deux choses qui m’ont un peu chagrinée dans le roman. La première est une scène qui m’a quelque peu mise mal à l’aise d’autant qu’elle n’apportait rien au récit. Je n’ai rien contre la nudité, mais je ne suis pas certaine que celle d’une femme d’âge mûr, en pleine épilation intégrale devant un garçon de cinq ans, soit très saine… La seconde chose que j’ai regrettée est que l’auteure est peut-être restée trop en surface. Il y aurait eu tellement de choses à exploiter comme le passé et la jeunesse de Chouquette qu’on entrevoit sommairement à la fin du livre et qui apporte un regard nouveau sur cette femme, la relation mère/fille, les relations intergénérationnelles…

En conclusion, Chouquette met en scène cette mamie malgré elle et son obsession pour un mari qui ne l’aime pas et qui ne la respecte pas. Au gré du récit, le lecteur va assister à ses vains espoirs, mais surtout à son désespoir. Sans être particulièrement joyeux, ce roman offre toutefois une réflexion sur la famille et sur ce qui compte dans la vie. Et comme le découvre Chouquette, il n’est jamais trop tard pour être heureux !

POUR ALLER PLUS LOIN

Si l’histoire vous intéresse, n’hésitez pas à aller voir du côté de l’adaptation cinématographique dont est tirée la couverture du roman.

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La bibliothèque : Grandir, Pauline Deysson

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Si ma mémoire ne me fait pas défaut, j’ai d’abord découvert ce roman sur Livraddict, mais c’est grâce au site Simplement que l’auteure me l’a très gentiment envoyé. Je la remercie ainsi que pour le marque-pages et la dédicace.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Imaginez un monde où ni la pauvreté, ni la guerre, ni les livres n’existeraient plus. Le technomonde.
Imaginez un lieu hors du temps, qui abriterait tous les rêves de l’humanité. La Bibliothèque.
Imaginez que ces deux univers se rencontrent.

À 10 ans, Émilie est choisie pour devenir la nouvelle Bibliothécaire.
Elle a le pouvoir d’entrer dans les rêves, et de les vivre comme s’ils étaient réels.
Son premier livre la conduira sur une voie semée d’embûches, de magie et de doutes.
L’accompagnerez-vous ?

Mêlant conte philosophique, aventure et magie, La Bibliothèque doit comporter cinq tomes. Grandir est le premier ; les autres seront Vivre, Aimer, Mourir et Rêver.

  • Broché: 502 pages
  • Editeur : Pauline Becker (28 août 2016)
  • Prix : 15€
  • Autre format : ebook

AVIS

Vous avez faim ? Voici un plat pour vous sustenter ! Vous avez froid ? Voici de quoi vous réchauffer le corps à défaut du cœur ! Vous vous ennuyez ? Jouez à ce super jeu vidéo sélectionné pour vous par votre Revery, une machine qui sera votre meilleur ami répondant voire anticipant chacun de vos besoins. Alors n’est-ce pas magnifique de vivre dans une société où la moindre de vos envies est satisfaite immédiatement grâce à la technologie ? Bienvenue dans le technomonde !

Émilie, fillette de dix ans, se pose beaucoup de questions et sent, en son for intérieur, qu’il existe une autre voie que celle qu’on lui montre. A l’issue d’un test qu’elle réussit, elle refusera néanmoins de prendre son Revery supposé lui apporter le bonheur, sans s’imaginer une seule seconde les conséquences sur sa vie. Sa tentative pour sortir des sentiers battus ne passera en effet pas inaperçue dans une société ultra-formatée où toute différence doit être annihilée. Elle sera heureusement sauvée d’un funeste destin en étant transportée dans un lieu hors du temps, La Bibliothèque. En son sein, plus de technologie, mais des livres qui sont ici tout autant de rêves qui s’offrent aux âmes. La Bibliothécaire veille sur ces livres, guide les âmes vers les ouvrages dont elles ont besoin et crée de nouvelles histoires. Émilie, quant à elle, devient son apprentie et apprend, petit à petit, les secrets de l’écriture et des rêves avant de se plonger dans son premier livre

Commencera alors pour cette jeune fille une aventure faite de découvertes, parfois belles, parfois horrifiantes, de peine, de pleurs, mais aussi d’amitié et d’espoir. Mais n’est-ce pas ce que devrait être toute vie ?

Alors que j’ai d’emblée trouvé le style de l’auteure très travaillé et prompt à satisfaire mon admiration pour les belles plumes, j’ai eu du mal à m’immerger dans le récit. Il m’a fallu attendre la formation de bibliothécaire d’Émilie et son apprentissage de la lecture pour vraiment m’intéresser au roman. J’ai, en outre, adoré la voir découvrir l’histoire d’Icare et Dédale, deux personnages qui devraient parler à pas mal de lecteurs, et celle du Voleur de cœurs et sa quête du rêve universel. Mais c’est vraiment quand notre héroïne se lance dans la lecture de son premier livre que mon attention a complètement été happée, et que je n’ai plus levé la tête de mon livre.

C’est d’ailleurs assez étrange, alors que le lecteur sait très bien qu’Émilie ne vit pas vraiment l’aventure que l’on suit, mais la lit ou la rêve, on ne peut pas s’empêcher, comme elle, de se prendre au jeu. Très vite, la barrière du livre/du songe s’efface pour nous faire vivre l’aventure d’Émilie et de ses amis comme si elle était nôtre. Il faut dire que l’auteure ne vous laisse pas le choix en vous donnant tellement de détails et d’images qui prennent vie devant vos yeux, que de lecteur, vous en devenez presque acteur. Et de l’action, il y en a que ce soit dans le technomonde où les Clandestins qu’a rejoint Émilie se battent pour la liberté ou dans des endroits habités par des créatures surnaturelles comme des sirènes, des elfes, des mages, des fées…

Je ne m’attendais pas forcément à rencontrer autant de créatures magiques et je dois dire que c’est un point que j’ai particulièrement apprécié. J’ai aimé découvrir l’environnement de ces créatures fascinantes qui aideront, chacune à leur manière, nos héros dans leur combat. Je dois toutefois avouer une nette préférence pour le monde des sirènes qui est particulièrement immersif. D’apparence plus froides que d’autres créatures rencontrées dans la suite de l’aventure, certaines sirènes n’en demeurent pas moins attachantes. A cet égard, alors que je n’ai pas l’âme d’une romantique, je n’ai pu m’empêcher d’être touchée par l’histoire de Mélisande que, bien sûr, je ne vous dévoilerai pas. Je me contenterai de vous dire qu’Émilie ne s’est pas non plus montrée insensible à celle-ci.

Émilie est d’ailleurs une fillette assez intrigante. Bien qu’elle ait été élevée dans les mêmes conditions que les autres enfants, elle se pose beaucoup de questions, et a cette force de caractère qui la pousse à ne pas se laisser écraser par les principes et les règles qu’on lui a dictés toute sa vie.  Elle se montre également sensible tout en étant assez rationnelle pour avancer malgré les difficultés qu’elle rencontrera sur sa route pour la liberté. Et les difficultés seront nombreuses : trahison, peur, morts de personnes auxquelles elle tenait, doutes… Elle fait face à toutes les situations avec un tel aplomb voire un certain leadership que j’ai parfois eu le sentiment d’un décalage entre ses actions et son âge. Mais l’environnement dans lequel elle a grandi et les épreuves qu’elle traverse peuvent expliquer cette maturité que l’on associerait volontiers à un personnage plus âgé. Quoi qu’il en soit, difficile de ne pas s’attacher à cette fillette qui fait montre d’un courage à toute épreuve.

Quant aux autres personnages, sans les détailler un par un, je les ai trouvés très réalistes avec cette part d’ombre et de lumière qui caractérise l’être humain. Certains m’ont plus touchée que d’autres, mais comme pour Émilie, j’ai croisé les doigts pour qu’ils aient tous une fin heureuse. En parlant de personnages nuancés, Taméo, la personne à la tête des Clandestins en est un parfait exemple. Il se bat pour que chacun puisse retrouver les rênes de sa vie et vivre comme il le souhaite, en toute liberté, ce qui est fort louable. Néanmoins, obnubilé par son objectif, il en est devenu tellement froid qu’on peut se demander parfois s’il n’est pas plus proche des personnes qu’il combat qu’il ne le pense. C’est ainsi qu’il est prêt à sacrifier les personnes qui le soutiennent pour le bien du « groupe » sans se poser de questions. Soyons clairs, dans une guerre, car ici nous sommes bien dans une guerre pour la liberté, les pertes humaines sont une réalité. Mais la froideur avec laquelle il les considère laisse songeur. De la même manière, il est prêt à laisser mourir des enfants car ils sont trop longs à former et reviennent trop cher… A la question, la fin justifie-t-elle les moyens, sa réponse ne fait donc pas de doute. La liberté a un prix que Taméo est prêt à payer !

Comme vous l’avez certainement deviné, ce roman est riche, très riche ! L’imagination de l’auteure est foisonnante et entraîne le lecteur dans une multitude d’aventures, mais également de réflexions parfois philosophiques. C’est d’ailleurs là, à mon sens, toute l’originalité et la puissance de ce roman : arriver à nous divertir à travers l’histoire d’Émilie et de ce technomonde tout en nous invitant à penser et à réfléchir à notre propre monde. Le technomonde et ses excès ont de quoi faire peur, mais ce qui se révèle peut-être encore plus perturbant, c’est que nous ne pouvons que faire des parallèles avec notre propre réalité : abrutissement des masses puisqu’un peuple qui ne pense plus est un peuple qui se laisse contrôler, course effrénée à la satisfaction de besoins vides de sens qui n’apportent pas le bonheur escompté et qui nous poussent à toujours vouloir plus, monde de plus en plus connecté n’empêchant pas la solitude derrière son écran, perte de sens dans une société valorisant l’image et le bien-être de surface à défaut de l’être, grignotage des libertés individuelles pour assurer la sécurité des individus… Nous n’en sommes heureusement pas encore venus à éliminer toute liberté et toute tristesse pour assurer un bonheur de façade. L’auteur soulève également la place de la technologie qui gère la vie des habitants du technomonde au point de les rendre dépendants et de les isoler les uns des autres. Difficile de ne pas penser à tous ces appareils et évolutions technologiques qui ont intégré notre quotidien et sans lesquels nous ne nous imaginerions plus vivre. Le roman aborde beaucoup d’autres points que je vous laisserai le plaisir de découvrir.

En conclusion, avec La bibliothèque vous découvrirez un monde où la technologie règne en maître et dans lequel, l’initiative humaine est supplantée par celle de machines. Mais vous découvrirez aussi le pouvoir des livres, des rêves et de l’envie de liberté qui poussent une fillette de dix ans à lutter contre le système et l’ordre établi. En vous plongeant dans cette lecture, vous entamerez un double voyage, le premier vous fera vivre une aventure épique soumettant votre cœur à différentes émotions, quand le second vous conduira à réfléchir à des notions fondamentales comme le bonheur, la liberté, le sens de la vie… Qu’un seul niveau de lecture ou les deux vous intéressent, je ne peux que vous conseiller de vous plonger dans ce livre, au côté d’Émilie. Comme elle, vous en sortirez peut-être grandis, et certainement, comme moi, ravis.

Je suis maintenant impatiente de découvrir le second livre que notre héroïne ouvrira dans le deuxième tome de la saga qui devrait en comporter cinq.

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Kafka : L’éveil (tome 1), Xavier Amet

Kafka, L'éveil ; Xavier Amet

Je remercie Xavier Amet et Livraddict pour l’envoi de Kafka. Je remercie également l’auteur pour sa dédicace particulièrement soignée et les deux petits bonus.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« J’étais la tache de vin sur une belle nappe blanche pour mes parents, une erreur de la nature pour mes proches et un fou violent pour les gens évoluant dans ma vie. »

Ouais ! Si je devais retenir une chose de ce qui m’a motivé à foutre le camp de chez mes parents et de cette école de commerce de merde, c’est bien ça ! Car au final ça résume bien le fait que je ne trouvais pas ma place dans ce monde, que ce dernier semblait tout faire pour me rejeter alors… J’allais me démerder par moi-même, devenir privé à mon compte (au black bien sûr) en plus de continuer à participer à des combats illégaux. Une façon d’externaliser cette soif de violence que je ne savais expliquer.

Bien que j’eusse pris cette décision pour trouver ma place ici-bas, savoir qui j’étais, ce que j’étais, jamais je n’aurais imaginé que mon grand saut m’amène là où je suis à présent…

    • Broché: 488 pages
    • Editeur : E.X.A Concept; Édition : Janvier 2017 (4 novembre 2016)
    • Prix : 22€
    • Illustrateur : Jean-Mathias Xavier

AVIS

L’histoire, entre monde terrestre et monde surnaturel

Le récit démarre sur un prologue plutôt dur et sombre qui n’est pas sans rappeler certains épisodes de notre histoire. Dans tous les cas, l’auteur arrive d’emblée à capter l’attention des lecteurs qui découvrent par la suite Kafka, un jeune homme dans sa vingtaine.

Mouton noir de sa famille, ce dernier est plus dans l’action que dans la philosophie bien que ses réflexions sur l’état du monde actuel soient loin d’être dénuées d’intérêt. Ne reculant jamais devant une bonne baston, il aime à jouer des poings dans la vie et lors de combats illégaux où il excelle. En dehors de cette activité lucrative peu légale, mais qui lui offre l’occasion de se défouler, il exerce le métier de détective privé pour le compte de personnes désirant prouver l’infidélité de leur conjoint. Sa vie va cependant prendre un nouveau tournant lorsqu’un cadavre jeté d’un toit lui tombe presque dessus. Stimulé par l’envie d’action, il va se lancer sur la piste du meurtrier avant de découvrir que rien en ce bas monde n’est le fruit du hasard. Et si finalement, derrière ce meurtre se cachaient des forces et des enjeux qui le dépassent, mais qui, paradoxalement, vont l’aider à se trouver lui-même?

Même si Kafka est loin d’avoir les capacités d’analyse et de déduction de mon détective privé préféré, Sherlock Holmes, j’ai néanmoins pris plaisir à suivre son enquête concernant le meurtre d’une victime dont il arrivera, pour son plus grand malheur, à découvrir l’identité. Mais c’est bien l’enquête sur les traces de son passé qui se révèlera la plus haletante d’autant qu’elle lui permet de mettre les pieds dans un monde dont il ignorait jusque là l’existence…

Il faudra attendre un certain nombre de pages avant que l’auteur quitte le monde très terre à terre de Kafka pour introduire du surnaturel. Il le fait d’abord par petites touches avant de plonger complètement le lecteur dans un monde secret où des créatures dangereuses et ignobles mettent tout en œuvre pour assouvir le dessein qu’elles réservent aux humains. Ce procédé introduit un certain suspense vous poussant à lire les chapitres les uns après les autres. Les différentes révélations qui se succèdent vous donnent ainsi envie d’en apprendre plus sur ces créatures, mais aussi sur ce qui les lie à Kafka. Pourquoi s’intéressent-elles autant à lui ?

En ce qui concerne les créatures du livre, l’auteur joue la carte de l’originalité. Tout le monde connaît, à des degrés divers, les créatures de la nuit que sont les vampires. Mais personne, à part les chanceux lecteurs de ce roman, ne connaît les vampires version Xavier Amet. Autant vous le dire tout de suite, l’auteur dépoussière le mythe du vampire balayant d’un revers de main tout, ou presque, ce que nous savons d’eux. Il est vrai que plusieurs auteurs se sont amusés à proposer leur propre version du mythe, mais celle de l’auteur est certainement la plus originale que j’aie lue. J’ai adoré son explication concernant leur apparition tout comme leur objectif final. L’auteur évoque également un autre mythe, bien moins connu en France, celui des Bersekers, des guerriers légendaires. Je connais peu cette légende et ai donc apprécié de mieux l’appréhender à travers Kafka et son héritage.

Les personnages…

Sans que cela soit préjudiciable à l’intrigue, j’ai eu du mal à trouver des atomes crochus avec notre héros malgré lui. J’ai apprécié sa volonté de ne pas se fondre dans le moule et le modèle de réussite sociale imposé par ses parents, et plus généralement, la société.  Je n’ai, en outre, pu qu’approuver certaines de ses idées ou de ses réflexions sur notre monde, mais le côté « je suis en révolte contre tout et contre tout le monde alors je tape pour me défouler » m’a vite fatiguée. Fort heureusement, nous découvrons, au fil de l’intrigue, les raisons de la colère perpétuelle qui habite le jeune homme et face à laquelle ses parents ont, par le passé, fini par baisser les bras.

Mais ce qui a vraiment rendu difficile pour moi d’apprécier notre héros, c’est le peu de considération qu’il semble avoir pour les femmes puisque ces dernières semblent se résumer à une fonction, celle d’assouvir ses besoins primaires. C’est ainsi que pour chaque personnage féminin, on a droit à une petite description de son anatomie et des réactions que sa vue suscite sur celle du jeune homme… C’est autant désagréable en tant que femme que réducteur pour la gent masculine dont le cerveau semble alors s’être délogé de leur boîte crânienne pour atterrir dans leur slip. L’auteur a certainement forci le trait pour les besoins de son histoire, mais ça m’a quand même bien agacée.  Je me suis toutefois demandée,  en fin de roman, si un événement dans le passé de Kafka l’ayant coupé de sa nature profonde ne peut pas, en partie, expliquer ce manque d’émotions que ce soit envers ses parents ou ses conquêtes féminines. La scène finale semblerait corroborer cette hypothèse et donc rendre le personnage, du moins pour moi, moins tête à claques. Ou alors c’est juste un gros con ! A vous de voir si, comme lui, vous voulez voir le verre à moitié vide ou, comme Raven, à moitié plein.

Raven est une femme qui va intervenir relativement tard dans le roman et qui va apporter un certain nombre de réponses à Kafka. C’est aussi grâce à elle qu’il va fouiller dans son passé et se décider à confronter ses parents pour en apprendre plus sur les secrets de sa jeunesse. Si le jeune homme fantasme évidemment sur ses formes, Raven sera la seule femme du roman avec laquelle il va développer des liens ne se réduisant pas à une simple attraction physique. Il faut dire que sa force de caractère et son implacable détermination font d’elle une personne qu’il apparaît difficile de négliger. Bien qu’elle se révèle beaucoup plus humaine que Kafka dans ses rapports à autrui, on ne peut pas non plus dire qu’elle brille par son empathie. Son histoire personnelle riche et intense la rend néanmoins très intéressante et puis, comme Kafka, derrière sa carapace, elle n’en demeure néanmoins pas dénuée de sentiments, notamment envers les deux personnes de son équipe qu’elle considère un peu comme sa famille. D’ailleurs, je dois dire que le pré-adolescent et le vieil homme qui la secondent sont les deux personnages que j’ai préférés. Ils demeurent assez secondaires, mais je ne doute pas qu’ils prennent une place plus importante dans la suite de l’histoire.

Je vous ai dressé un portrait peu reluisant de nos personnages, mais pour autant, les ai-je détestés ? La réponse est non, car malgré leurs défauts, chacun a un petit quelque chose qui permet de ne pas avoir envie de se joindre au méchant de l’histoire pour les tuer. Pour Kafka, ce sont indéniablement sa capacité d’auto-dérision et son humour dont il ne se départit quasiment jamais. J’ai ainsi adoré sa manière de faire référence à la culture populaire, à des films, à des séries ou à des choses du quotidien pour les tourner en dérision ou les commenter de manière sarcastique. Cela, en plus d’amuser le lecteur, crée une certaine connivence qui fait que comme à un gamin perturbateur, mais attachant, on lui pardonne ses excès et ses frasques. Ceci est d’autant plus vrai que l’on sent que, derrière sa carapace de gros dur, se cache pendant une bonne partie du roman cet enfant qui, à défaut de trouver sa place parmi les siens et la société, se sent exister à travers les combats et la violence.

La plume de l’auteur au service d’une histoire rythmée 

Lorsque j’ai vu ce roman proposé en partenariat sur Livraddict, j’avoue avoir bien réfléchi avant de postuler, le résumé me laissant craindre un récit un peu trop vulgaire. Or, si vous me suivez régulièrement, vous devez connaître mon appétence pour les auteurs à la plume raffinée… Je ne regrette néanmoins pas d’être sortie de mes habitudes de lecture dans la mesure où l’utilisation de la grossièreté est maîtrisée et plutôt cohérente avec la personnalité du protagoniste, celui-ci n’ayant en effet pas vraiment l’habitude de faire dans la dentelle que ce soit verbalement ou physiquement… Je mentirais en disant avoir pris plaisir en lisant ses multiples jurons, mais ils s’insèrent naturellement dans le récit. Et puis, je vous rassure, vous n’avez pas non plus une insulte à chaque ligne.

La plume de l’auteur est efficace comme sait l’être « le héros malgré lui » qu’elle met en scène. Il n’y a donc pas de longues descriptions, mais tout de même assez de détails pour rendre l’histoire crédible, et permettre à chacun de se plonger dans les rues de Paris, et dans le feu de l’action. De ce côté-là, si vous aimez les histoires avec un rythme endiablé, vous serez comblés et aurez certainement le sentiment de lire un film d’action, les événements s’enchaînant assez vite. Les seules digressions que s’autorise l’auteur lui permettent d’apporter un regard critique sur le monde actuel et d’aborder des thèmes comme le harcèlement de rue, la surconsommation, le paraître en société, la politique… Mais ces passages restent assez courts et apportent une profondeur au roman intéressante. Le rythme soutenu du récit et la plume très accessible de l’auteur rendent donc le livre très facile et rapide à lire. Et puis, chose appréciable pour les taupes de mon genre, la police d’écriture est assez grosse pour ne pas avoir à forcer sa vue et accessoirement, faire défiler les pages rapidement.

Un livre interactif et immersif

A noter que le roman, en plus d’avoir une couverture plutôt attrayante, a un petit côté interactif avec la présence de QR Codes que vous pourrez lire après avoir téléchargé une application. Si les bonus que l’on débloque au gré de la lecture ne sont pas indispensables à l’histoire, cela reste une démarche fort sympathique d’autant qu’elle ajoute au côté immersif du récit.

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Si le résumé et/ou ma chronique vous donnent envie d’en apprendre plus sur le roman, je vous invite à visionner cette bande-annonce particulièrement bien réalisée ou à fureter sur le site de l’auteur lui-même plutôt agréable à parcourir.

En conclusion, ce premier tome nous permet de découvrir un héros qui tranche avec l’image traditionnelle et qui, selon votre degré de tolérance face au « je m’en foutisme » de celui-ci, vous sera plus ou moins agréable. Brut de décoffrage, on se prend néanmoins à suivre ses aventures avec frénésie désirant, presque autant que lui, découvrir les mystères de son passé et de son héritage. En nous baladant entre monde réel et imaginaire d’une main de maître, Xavier Amet signe ici un roman qui tient son lecteur en haleine. La mythologie originale qu’il a créée autour des vampires, l’utilisation du mythe des Bersekers encore peu courante en littérature française, et les différentes révélations qui se succèdent dans le roman ne sont pas étrangères à ce phénomène. Je lirai donc avec plaisir la suite des aventures de Kafka qui, si l’on considère la fin spectaculaire soulignée par l’illustration de Jean-Mathias Xavier, sera certainement explosive.

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Site de l’auteur Page FB

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L’empire des Chimères, Philippe Aurèle Leroux

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Je remercie Philippe Aurèle Leroux de sa confiance et de son adorable dédicace. Je remercie également le site Simplement pour la découverte de L’empire des Chimères.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le culte de Mithra se propage dans les légions romaines des Alpes. Le vétéran Decimus Valerius n’a d’autre choix que de s’y initier et d’en apprendre les mystères pour devenir, un jour, centurion.
La nuit, Briana, fille cadette du proconsul de Rhétie, observe d’étranges étoiles qui filent vers le Mons Caeli. A force de ténacité et de persuasion, elle parvient à obtenir l’autorisation de s’y rendre sous l’escorte de Decimus. Les ordres donnés à ce dernier sont clairs : la jeune femme ne doit jamais atteindre son objectif.
Gurnt est rejeté par les jeunes guerriers de son village qui n’acceptent pas son étrange apparence féline. Il lutte contre une violence sourde qui lui ronge le cœur, fait bouillir son sang, enchaîne son âme et obscurcit son avenir…
Alors que le Mons Caeli paraît être le point d’orgue de toutes les ambitions et de tous les secrets, se pourrait-il qu’il en soit aussi l’origine ?

  • Le roman du lauréat du Prix Mille Saisons 2016
  • Editeur : Editions Le Grimoire (2 mai 2017)
  • Prix : 21€

AVIS

Je tiens tout d’abord à vous parler de l’excellent travail d’édition. En plus d’une magnifique couverture et d’une quatrième de couverture particulièrement soignée, vous ne pourrez qu’admirer les illustrations disséminées dans le livre ainsi que les différents ornements. L’objet-livre, très beau, met indubitablement en valeur la passionnante histoire tout droit sortie de l’imagination débordante de Philippe Aurèle Leroux.

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Trois personnages très différents, mais une destinée étroitement liée ! L’auteur vous invite à rencontrer différents personnages tout en mettant en lumière trois d’entre eux qui, bien que pour des motifs très différents, vont se battre contre un ennemi commun. Vous apprendrez donc à les connaître séparément avant de voir comment leur histoire est étroitement liée, souvent pour le pire, quelquefois pour le meilleur. En effet, le récit peut parfois offrir des scènes crues, l’auteur ne nous épargnant aucun détail en ce qui concerne la violence autant psychologique que physique que pourront affronter nos protagonistes. C’est un point qui m’a un peu surprise m’attendant, peut-être, à une histoire un peu plus douce. Mais ayant lu pas mal de romans jeunesse ces derniers mois, j’ai apprécié de me plonger dans un livre plus « adulte » avec ses trahisons, ses morts, ses batailles sanglantes, ses combats, sa cruauté bestiale…

J’ai également aimé que l’auteur nous offre des personnages différents et surtout nuancés. Chacun d’entre eux contient une part d’ombre et de lumière même si, de ce côté-là, Briana, fille cadette d’un personnage important, me semble un peu plus lisse. Heureusement, la jeune fille issue d’un milieu protégé va évoluer et prendre de la consistance au cours de l’aventure, et des multiples drames et dangers qu’elle rencontrera. Je lui ai cependant nettement préféré les deux autres protagonistes, un jeune homme-fauve du nom de Gurnt, et un vétéran du nom de Decimus Valerius. Le premier va d’abord se battre contre sa condition qu’il considère contre-nature avant de finir par embrasser sa nature profonde. Sa bestialité, qu’il s’évertuera à essayer de contrôler tout au long du livre, se révèlera un atout indéniable pour terrasser les ennemis qui se dresseront devant lui et ses compagnons de voyage. Je ne sais pas trop comment l’expliquer, mais malgré son apparence, j’ai trouvé que finalement Gurnt était le plus humain de tous comme si c’était là un moyen pour lui de se faire pardonner d’être hors-norme. Quant à Decimus, c’est indéniablement le « héros », vous comprendrez les guillemets après lecture du livre, qui est le plus complexe et qui, à mon sens, évolue le plus. Très très ambitieux, il m’a semblé dès le début plutôt antipathique sans être pourtant franchement mauvais. Or, au cours du récit, il révèle une dualité particulièrement dangereuse et inquiétante le faisant osciller entre bien et mal, stratégie et folie… Je vous laisse le soin de découvrir quelle est la partie de lui qui finira par dominer tout en vous avertissant que ce personnage a plus d’un tour dans son sac, et qu’il pourrait vous réserver quelques surprises.

A la lecture du résumé, je m’attendais à être séduite par le récit, mais l’auteur est allé au-delà de mes attentes avec ce roman qui n’est pas un livre d’histoire, mais qui est fortement ancré dans l’histoire. Je ne suis pas du tout une connaisseuse émérite de Rome sous le règne de Commode, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le travail de recherche de l’auteur. On sent en effet un réel souci du détail ! Cela contribue fortement à plonger les lecteurs dans l’ambiance du roman et à les immerger dans une période de l’histoire si prompte à susciter l’imagination et l’émerveillement. Le lexique, plutôt fourni, présent en fin d’ouvrage, quant à lui, permet à chacun de s’approprier, sans devoir quitter sa lecture, un vocable particulier. J’ai toutefois regretté l’absence de signe distinctif invitant le lecteur à rechercher la définition des mots présents dans le lexique.

J’ai aimé l’histoire, j’ai aimé le rythme soutenu, les personnages tout en nuances, les trahisons, mais ce que j’ai préféré, c’est le retournement de situation qui s’opère dans la dernière partie de l’ouvrage. Je suis d’ailleurs presque restée interdite devant la révélation finale qui apporte un tout nouvel éclairage à l’histoire. Ma seule frustration est de ne pas vraiment pouvoir vous en dire plus sans prendre le risque de vous spoiler ce qui serait plus que dommage. Je peux quand même vous dire que l’auteur nous offre vraisemblablement un roman de fantasy ancré dans l’histoire, mais pas que. Il fait une incursion dans un autre genre dont je suis d’habitude peu friande, et qu’en toute honnêteté, je ne connais quasiment pas. Je suis donc heureuse que le résumé ne laisse en rien présager ce mélange des genres, car mes a priori m’auraient certainement poussée à ne pas lire un roman que j’ai pourtant adoré. Et puis, la finesse avec laquelle l’auteur nous présente les évènements conduit le lecteur à ne pas chercher à classifier le roman, mais seulement à le vivre.

Et je peux vous dire que pour le vivre, je l’ai vécu ce livre que je n’ai pas lu, mais dévoré en deux soirées. Et encore, c’est seulement parce que j’avais peur que la fatigue ne me permette pas d’apprécier le livre à sa juste valeur que je ne l’ai pas lu d’une traite. Rien d’étonnant à cette boulimie livresque si l’on considère le rythme endiablé qui prend vie sous la plume de l’auteur. Les évènements s’enchaînent sans nous laisser le temps de souffler, le suspense nous tient en haleine, et les interactions entre les personnages vous poussent à tourner encore et encore les pages. Les seuls temps morts que l’on trouve sont peut-être en début d’ouvrage quand on fait la connaissance de Briana. Sa position de privilégiée dans la société ne lui offre, en effet, pas l’occasion d’avoir une vie palpitante… Enfin, jusqu’à ce que sa curiosité intellectuelle ne la conduise à vivre une aventure dont elle n’aurait jamais pu imaginer les conséquences funestes sur sa vie, et celle des êtres qui lui sont chers.

Le livre se lit donc facilement et rapidement malgré une quatrième de couverture qui, si elle résume à merveille le roman, peut laisser craindre un récit plutôt touffu requérant une concentration de tous les instants. Mais que nenni ! Comme je vous le disais, le récit est détaillé avec des termes précis, mais la plume tout en légèreté de l’auteur rend la lecture du roman très fluide et prenante. Je ne vous dis pas que vous pouvez lire le roman en dilettante, mais que plongés dans le feu de l’action, vous ne vous rendrez même pas compte que l’histoire n’est pas contemporaine. Cela s’explique par la capacité de l’auteur à nous raconter une histoire, se passant dans un passé fort lointain, de manière très moderne. Sa plume affûtée virevolte ainsi entre passé et modernité s’affranchissant des barrières temporelles. Frileux de l’histoire avec un grand H, soyez donc rassurés, le livre est autant fait pour vous que pour les passionnés du passé. Unis par l’amour des grandes aventures, vous devriez vous laisser emporter par une histoire où la noirceur des uns affronte la lumière des autres.

En conclusion, L’empire des Chimères est un roman que j’ai adoré autant pour l’intrigue trépidante, et le contexte historique dans laquelle elle se situe que les personnages ou encore la plume immersive de l’auteur que j’aurais envie de qualifier d’intemporelle. Se plonger dans cette lecture, c’est également la garantie de se laisser surprendre par l’imagination fertile de Philippe Aurèle Leroux qui vous réserve, entre autres, trahisons et grand retournement de situation. En d’autres mots, si vous avez envie d’évasion, d’une plongée dans l’histoire et de frissons, ce livre est fait pour vous.

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Le Royaume de Messidor (tome 1) : Derrière le livre, Eunice D.M

Je remercie Eunice D.M. et les éditions Rebelle qui m’ont fait parvenir Le Royaume de Messidor via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un voyage en Écosse qui tourne au cauchemar. Un étrange livre. Un majestueux aigle noir. Et deux adolescents à la vie tout à fait normale. D’un côté, Thomas qui vit en France et, de l’autre, Anaël qui réside au royaume de Messidor. Leur rencontre était improbable, mais le destin en a décidé autrement !

  • Broché: 236 pages
  • Éditeur : Rebelle
  • Prix : 15€

AVIS

J’aime beaucoup la couverture de Karen M. ainsi que les quelques illustrations de Loïc Pain qui sont présentes dans le roman. Je ne savais pas qu’il y en aurait, mais cette bonne surprise fut un peu la cerise sur le gâteau d’une lecture déjà fort agréable.

L’histoire et les personnages…

En effet, malgré quelques petits points qui m’ont un peu moins convaincue, j’ai passé un excellent moment de lecture auprès de protagonistes attachants et, pour certains, originaux. Nous découvrons ainsi Thomas, un adolescent français élevé par sa mère adoptive, en plein départ pour l’Écosse afin de passer ses vacances de Pâques chez un oncle dont il n’avait jusqu’alors jamais entendu parler. Le vol en avion ne se passera néanmoins pas comme prévu puisqu’il s’écrasera avant que le jeune homme ne soit téléporté dans un autre monde, où un étrange personnage lui demandera son aide pour guider et soutenir un jeune homme du nom d’Anaël. Ce sera le début d’une aventure où se mêleront amitié, action et créatures fantastiques.

J’ai d’emblée été surprise par la direction prise par l’auteure concernant Thomas. Celui-ci apparaîtra dans ce nouveau monde sous une forme plutôt originale. J’ai beaucoup aimé cet élément de surprise même si finalement, ça contraint notre héros à souvent survoler l’action plutôt qu’à la vivre à 100%. Il faut dire qu’il se montre d’abord un peu réticent à l’idée de se retrouver mêlé à une quête dont il ne connaît ni les tenants ni les aboutissants d’autant que la personne sur laquelle il est censé veiller n’est pas d’un abord très facile. Mais il fera quand même de son mieux pour l’aider, n’hésitant pas à se jeter dans le feu de l’action quand cela s’avèrera nécessaire. Il deviendra également une sorte de guide pour Anaël ce qui peut sembler assez paradoxal si l’on considère que les deux jeunes hommes ont le même âge… Mais c’est peut-être ce point commun qui va permettre à Thomas de briser progressivement la carapace d’Anaël.

Cet adolescent, destiné à une carrière de forgeron qu’il refuse rêvant plutôt de chevalerie, est plutôt solitaire, bougon et peu amical. Il faudra donc beaucoup de patience et de taquineries pour que Thomas arrive à créer des liens avec celui-ci. Leur amitié et leur complicité se développent néanmoins au gré des rencontres plus ou moins sympathiques et des péripéties souvent dangereuses. Si je n’ai pas eu d’affinités avec Anaël au début de l’histoire étant dérangée par son côté bourru assez étrange pour un garçon de son âge, j’ai finalement appris à l’apprécier et à constater avec satisfaction l’évolution progressive et réaliste de son caractère. Il n’arrête pas ses bouderies du jour au lendemain, mais il se reprend plus rapidement grâce à Thomas qui joue, comme il le dit lui-même, un peu le rôle d’objecteur de conscience. L’amitié entre les deux adolescents sera également bénéfique à Thomas qui, au fil des échanges avec son ami et des aventures, gagne en maturité. Cela le poussera même à s’interroger sur son propre comportement dans le passé.

En plus de Thomas, Anaël va rencontrer d’autres personnes comme une jeune fille, Shania, qui ne le laissera pas indifférent. Peu coutumier de l’autre sexe, il se montrera d’ailleurs assez attendrissant dans sa manière de l’aborder. Quant à cette jeune fille, le moins que l’on puisse dire c’est qu‘elle n’a pas froid aux yeux et semble déterminée à prendre son indépendance face à un beau-père dangereux. Son histoire familiale possède une part de mystère que l’auteure a effleurée, mais dont on sent tout le potentiel narratif. J’espère d’ailleurs en apprendre plus sur la jeune fille dans les tomes suivants. J’ai, dans tous les cas, aimé découvrir une héroïne forte qui n’accepte pas docilement son destin et apprend à se battre pour mener la vie qu’elle souhaite. J’aurais toutefois préféré qu’elle ait un plus grand rôle dans les scènes de combat…

D’autres personnages suivront les amis dans leurs aventures, et notamment un elfe sans lequel les jeunes gens auraient eu du mal à mener leur quête. Mais ce sont deux personnages secondaires qui ont eu ma préférence : un lutin farceur qui s’est pris d’amour pour Shania et d’inimité pour son « concurrent » Anaël, et une épée magique qui a de la répartie. Oui, je me prends très régulièrement d’affection pour des objets animés, et cette épée n’a pas échappé à la règle. Mais je vous rassure, elle ne fait pas que parler et montrera tout son savoir-faire guerrier le moment venu. Un allié de choix et de choc, je peux vous l’assurer !

Une plume agréable qui vous plonge avec délectation dans l’ambiance du livre

Au-delà des protagonistes j’ai beaucoup aimé l’ambiance du roman et toutes les créatures qui peuplent l’histoire, certaines connues et d’autres, beaucoup moins. Autre point positif, du moins pour moi, c’est cette impression de retrouver quelques éléments d’une série que j’adorais : La Caverne de la Rose d’or. Sont ainsi au rendez-vous la magie, des créatures variées, des objets magiques, des animaux qui parlent, des combats, une quête et bien sûr, l’héroïne qui se déguise en garçon et sait se battre à l’épée… Je vous rassure, le livre n’est pas une adaptation de la série que l’auteure n’a d’ailleurs jamais vue.

Autres points forts du livre, les différents mystères entourant les personnages et le rythme soutenu du roman qui rendent sa lecture prenante et palpitante. L’attention des lecteurs, jeunes et moins jeunes, est ainsi captée de la première à la dernière ligne. Il faut dire que tout s’enchaîne assez rapidement ce qui vous conduit à lire le roman d’une traite ou presque. L’auteure veille également à ménager des moments plus calmes entre deux scènes d’action permettant ainsi aux lecteurs de souffler un peu, et aux personnages de partager des moments de convivialité et de consolider leur récente amitié. A noter également la présence de notes de bas de page pour expliquer succinctement des termes peu usités ou décrire des créatures que l’on ne connaît pas forcément. Cela permet de ne pas interrompre sa lecture à la vue d’un mot inconnu ce qui est fort appréciable.

Quant à la plume d’Eunice D.M., je l’ai trouvée assez travaillée pour satisfaire mon amour des belles phrases et des belles tournures tout en étant assez simple pour rester accessible à de jeunes lecteurs. En plus d’être fluide, elle est en outre assez immersive pour nous permettre de nous représenter parfaitement les différentes scènes du roman, et notamment les batailles qui prennent presque vie devant nos yeux.

Enfin, si j’ai beaucoup aimé l’histoire, ce n’est pas un coup de cœur, car j’ai parfois regretté des développements trop simples caractéristiques des romans jeunesse, des petites incohérences ou encore des propos qui m’ont parfois semblé manquer de naturel. Mais ce sont là des broutilles par rapport au plaisir que j’ai pris à parcourir ce premier tome du Royaume de Messidor qui nous laisse avec pas mal de questions. Thomas, ses amis et ennemis sont encore loin de nous avoir livré tous leurs secrets !

Pour conclure, Le Royaume de Messidor devrait plaire à tous les lecteurs, petits ou grands, qui ont envie de découvrir une histoire faisant la part belle à l’amitié et à l’aventure. Mais Le Royaume de Messidor c’est aussi de belles batailles, des créatures peu amicales, un complot, de la magie, du mystère… Alors qui est prêt à rejoindre Thomas et Anaël dans une aventure qui ne laisse pas de place à l’ennui ?

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Annabelle, chronique d’une non-morte, Isabelle Haury

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PRÉSENTATION

Je m’appelle Annabelle et j’ai vu mon dernier coucher de soleil en 1813. En plus de perdre tous ceux que j’aimais, j’ai perdu mon humanité. L’immortalité, voilà ce que j’ai trouvé ! Alléchante pour certains, elle cache en réalité un univers dont je n’avais même pas soupçonné l’existence. Soif de sang, secrets et ténèbres, voilà l’existence d’une non-morte.

  • Broché: 267 pages
  • Editeur : Isabelle Haury (31 juillet 2014)
  • Autre format : ebook

AVIS

J’ai décidé de lire ce roman dont je n’avais jamais entendu parler attirée par sa couverture plutôt mystérieuse et sombre. Et puis, j’avais en tête de valider le challenge mystère du mois de septembre sur le thème Zombies et Vampires.

Malheureusement, mon choix ne s’est pas révélé très pertinent puisque cette lecture ne m’a pas convaincue. Rassurez-vous, je n’ai pas détesté le roman, mais j’ai trouvé qu’il manquait de saveur et de mordant. L’histoire n’est pas mauvaise, mais il lui a manqué ce petit quelque chose qui donne envie de tourner les pages et de poursuivre sa lecture.

Le lecteur découvre ainsi Annabelle qui, après la perte accidentelle de sa petite sœur qu’elle aimait beaucoup, va être transformée en une créature de la nuit. Ignorant tout de ce monde, elle va devoir apprendre les règles de sa nouvelle condition. Elle pourra heureusement compter sur le soutien de son créateur qui deviendra, au fil du livre, bien plus que cela. Et du soutien, elle en aura besoin pour s’adapter à un monde où les vampires sont loin d’être unifiés et où il faudra compter sur des sorcières revanchardes.

Si je n’ai pas été emballée par ma lecture, j’ai toutefois apprécié que l’auteure ne tombe pas dans les clichés en nous servant une bleuette à la Twilight. Elle nous épargne ainsi les épanchements amoureux de son héroïne qui, et c’est plaisant à voir, ne va pas tomber éperdument amoureuse de son créateur ou plus prosaïquement, de son assassin. Oui, Annabelle n’a jamais demandé à devoir s’abreuver de sang pour survivre même si finalement, elle ne le prend pas si mal que ça. Il lui faut bien un petit temps d’adaptation pour quitter définitivement son ancien moi et son père qui la pense morte, mais elle se fait assez vite une raison. J’ai également apprécié de voir évoluer la relation entre notre protagoniste et son créateur qui deviennent de plus en plus proches et développent une vraie complicité.

Quant aux autres personnages du roman, aucun n’est attachant, mais ils permettent à l’auteure d’exploiter les thèmes du secret et de la trahison. Vous verrez d’ailleurs que les apparences sont trompeuses et que certains, prêts à aller très très loin pour assouvir leur revanche, cachent bien leur jeu. A cet égard, la fin est particulièrement réussie et plutôt spectaculaire. Il faut dire que quand les belligérants d’une bataille, dont Annabelle n’avait pas su saisir les enjeux et les contours, abattent leurs cartes, ça donne un final sanglant…

Le roman contient donc un certain nombre d’éléments que j’ai appréciés, mais j’ai eu le sentiment qu’il était bien trop court pour que l’autrice arrive à réellement nous plonger dans son histoire. C’est un peu comme si elle voulait nous dire trop de choses en peu de temps et de pages. Mais ce qui m’a vraiment dérangée, c’est de n’avoir rien ressenti pendant une bonne partie du roman : pas d’agacement, ni envie ni répugnance à continuer ma lecture, pas d’attachement aux personnages, pas d’immersion dans le récit, pas de peur, pas de joie… Le grand néant émotionnel ! Et ça, je crois que c’est la première fois que ça m’arrive. Je vais être dure, mais il y a une telle distance entre l’auteure et son récit que lire une notice Ikea m’aurait probablement procuré les mêmes émotions. Et encore, j’aurais au moins été certaine de m’énerver. C’est d’autant plus agaçant que l’autrice avait vraiment de bonnes idées…

Je dois néanmoins reconnaître que sa plume est fluide et que les événements s’enchaînent et s’imbriquent parfaitement. A défaut de se passionner, on ne s’ennuie donc pas.

En conclusion, Annabelle Chronique d’une non-morte contient un certain nombre d’éléments qui pourront plaire : histoire rythmée, présence de créatures sanguinaires et de sorcières, amitié, amour, haine, histoire de famille, trahison, sang, secret… La narration assez impersonnelle ne m’a cependant pas permis de me plonger dans l’histoire ni d’en apprécier l’intrigue. Mais si le résumé vous tente, je ne peux que vous inviter à vous forger votre propre opinion.

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Des aventures hors du commun, Yannick Giammona

Des aventures hors du commun, Yannick Giammona

Je remercie Yannick Giammona pour m’avoir envoyé Des aventures hors du commun via le site simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Zoé a huit ans. Elle possède un don. Elle doit apprendre à le gérer. Surtout quand les milliers de voix qu’elle entend se mélangent dans sa tête. Heureusement, Tom va l’aider à enfermer toutes ces voix et à vivre avec ce don.
Diana et Jonathan sont étudiants à Paris. Ils vivent ensemble en appartement. Ils vont apprendre, à leurs dépens, que le miroir qui est dans leur chambre est un objet maléfique…
Pierre est instituteur en Normandie. Sans le savoir, il a des voisines étranges. En effet, sa curiosité va le mener à voir ses deux vieilles dames faire des allées et venues incessantes entre leur cave et leur voiture. Et la curiosité est un bien vilain défaut !
Retrouvez à travers trois nouvelles des aventures hors du commun, où rien ne présage à l’avance ce qu’il va arriver à des personnages qui sont au départ des plus ordinaires.

  • Broché: 182 pages
  • Prix : 7.90€
  • Autre format : ebook

AVIS

Tout d’abord, je suis complètement fan de la couverture réalisée par Virginie Wernert. En plus d’être superbe, elle dégage une aura de mystère et d’angoisse qui donne envie de se plonger très vite dans la lecture de l’ouvrage.

Des aventures hors du commun est un petit recueil de trois nouvelles qui se lit très rapidement. Bien qu’abordant des thèmes très différents, elles mettent toutes les trois en scène des personnages d’apparence banale qui vont néanmoins vivre des situations qui sont loin de l’être. Avant d’entrer dans le vif du sujet, je dois dire que j’ai apprécié l’ordre dans lequel l’auteur a choisi de nous présenter ses histoires puisqu’il permet une progression dans l’angoisse et l’horreur. On part ainsi d’une histoire teintée de fantastique pour conclure en beauté par un récit glaçant.

A noter que le texte contient quelques coquilles et n’est pas justifié ce que je trouve assez perturbant. Cependant, l’auteur conscient de ces problèmes devrait les corriger dans la prochaine édition.

LE DON

Zoé est une petite fille de 8 ans qui possède un don : celui de lire dans les pensées. Déstabilisée puis affaiblie par toutes ces voix qu’elle entend, elle va devoir apprendre à maîtriser son pouvoir pour vivre normalement. Elle pourra heureusement compter sur le soutien sans faille de ses parents, d’un sympathique docteur et d’un énigmatique personnage, Tom.

Je dois avouer avoir un avis plutôt mitigé sur cette nouvelle en raison notamment du choix de l’auteur de nous narrer son récit à travers les mots de Zoé. De prime abord, l’idée m’a tout de suite emballée puisqu’elle annonçait la perspective d’entrer dans la psyché de cette enfant et donc de comprendre son ressenti et ses émotions. A cet égard, le contrat est parfaitement rempli : on sent à merveille l’ambiguïté que Zoé ressent face à son pouvoir tout comme l’angoisse qui finit par prendre le pas quand elle réalise que la situation lui échappe. Je me suis donc sentie assez proche de cette enfant et ai partagé, avec ses parents, l’inquiétude quant aux répercussions de son don sur sa santé mentale et psychique. L’auteur a, en outre, rendu l’enfant très crédible dans ses réactions. Bien que plutôt gentille, Zoé ne résiste pas en effet à la tentation d’utiliser son don pour briller en classe ou pour battre sa meilleure amie à une partie de cartes. Tous ces points rendent la jeune fille aussi crédible qu’attachante d’autant qu’elle fait face avec un certain courage et une certaine maturité aux problèmes engendrés par toutes ces voix qui s’immiscent dans son esprit.

Si la jeune protagoniste m’a plu, ses propos m’ont en revanche régulièrement dérangée. J’ai eu le sentiment que l’auteur oscillait entre l’envie de nous narrer son histoire du point de vue d’une enfant et celui d’un adulte. Le mélange des deux donne un résultat assez étrange qui m’a quelque peu mise mal à l’aise et a perturbé ma lecture. De la même manière, les dialogues m’ont semblé parfois souffrir d’un manque de naturel ce qui m’a empêchée de me projeter entièrement dans le récit.

Malgré ces deux points qui mériteraient, à mon sens, d’être retravaillés, l’idée de base de l’auteur est intéressante. Lire dans les pensées des gens est en effet un fantasme qui a probablement effleuré l’esprit de beaucoup d’entre nous, mais combien ont pris le temps de s’imaginer les difficultés engendrées par une telle capacité ? J’ai par conséquent aimé le fait que l’auteur nous montre, à travers les yeux enfantins et parfois naïfs d’une enfant, que la frontière entre don et fardeau est parfois très mince. J’ai également pris plaisir à suivre la quête de Zoé pour apprendre à maîtriser ses pouvoirs, celle-ci alternant entre espoir, crainte et soulagement.

DE L’AUTRE CÔTÉ DU MIROIR

Diana, étudiante en couple avec Pierre à Paris, aime à se regarder chaque jour dans le miroir qui trône dans sa chambre. Narcissisme ou simple coquetterie, cette habitude va être bouleversée quand notre étudiante fera une étrange découverte concernant cet objet.

Le titre de cette nouvelle ne pouvait que m’intriguer puisqu’il m’a bien sûr fait penser à Alice au pays des merveilles. J’attendais donc avec impatience de découvrir le récit imaginé par Yannick Giammona ! Mais de nouveau, je dois confesser un avis en demi-teinte en raison principalement du style de l’auteur. J’ai ainsi regretté des phrases trop courtes qui, si elles apportent un certain dynamisme mettant en valeur l’action qui se déroule sous nos yeux, tendent malheureusement à hacher le récit et à rendre sa lecture peu fluide.

J’ai en outre trouvé que l’auteur donnait bien trop de détails sur des choses secondaires alors qu’il m’aurait semblé plus pertinent et intéressant de s’attarder sur l’atmosphère du récit et notamment sur le monde qui se cache derrière ce miroir. Or, malheureusement, il se contente de l’évoquer sans l’approfondir ce qui a suscité chez moi une certaine frustration d’autant qu’il a eu le très bon goût de faire intervenir une créature que j’adore. Le format nouvelle peut expliquer ce manque d’approfondissement, mais je pense sincèrement qu’en éliminant une partie des informations factuelles et banales qui n’apportent rien à l’intrigue, l’auteur a toutes les cartes en main pour nous narrer une histoire aussi angoissante que passionnante.

Je n’ai certes pas été convaincue par la forme, mais cela ne m’a pas empêchée d’apprécier le fond et plus particulièrement, l’utilisation du miroir et l’angoisse qu’il suscite chez Diana, le mélange de la technologie et du fantastique, l’apparition d’une créature mythologique fascinante et dangereuse, la montée de l’angoisse à mesure que l’on avance dans l’histoire… L’auteur arrive également à créer un certain suspense autour de ce miroir et à surprendre le lecteur par le basculement du récit dans l’horreur. Je ne m’attendais pas à la tournure que finissent par prendre les événements ce qui est, pour ma part, un point très positif.

LES VOISINES

Pierre, instituteur en Normandie, est quelque peu intrigué par ses deux voisines qui font de multiples allers-retours entre leur maison et leur voiture afin d’y déposer des paquets aux étranges contours. Sa curiosité grandissant, il finit par mener sa propre enquête mettant ainsi le pied dans un engrenage dont il n’aurait pu imaginer les conséquences.

Cette nouvelle est, sans aucun doute, celle qui m’a le plus fait frissonner. On quitte clairement le fantastique pour entrer tout droit dans l’horrifique. D’ailleurs, je préfère vous prévenir que si comme moi, vous êtes plutôt sensibles aux scènes d’horreur, vous risquez de passer un moment difficile. Je vous rassure, j’ai survécu et cela devrait être la même chose pour vous…

Au-delà du côté « en direct de votre film d’horreur préféré », j’ai apprécié le personnage de Pierre qui, en plus d’être un très grand curieux, est avec sa femme un grand amateur de livres. Étant également de nature curieuse, j’ai également plutôt bien compris l’intérêt que le manège de ses deux voisines éveille en lui. Par contre, je pense que j’aurais été un peu moins prompte que lui à élaborer des hypothèses aussi radicales sur leur comportement. De surcroît, je n’aurais pas agi de manière aussi intrépide que notre protagoniste et ne me serais donc probablement pas retrouvé dans une situation aussi dramatique que la sienne. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point préférant vous laisser le soin de découvrir jusqu’où la curiosité peut vous mener. Avec cette nouvelle, l’expression « la curiosité est un vilain défaut » prend une tout autre dimension... Il faut dire que l’auteur a gâté les amateurs de films et d’histoires d’horreur avec deux voisines qui ne peuvent que faire frémir d’angoisse et donner des sueurs froides aux plus sensibles d’entre nous. A l’issue de ce livre, vous risquez de ne plus regarder vos voisins de la même manière !

De nouveau, si j’ai apprécié le fond, la forme ne m’a néanmoins pas convaincue. J’ai, par exemple, regretté la manière de Pierre d’insister sur le fait que le lecteur va découvrir une histoire horrible, saugrenue. Cette insistance, en plus de devenir lourde, donne le sentiment que l’auteur a besoin d’appuyer son récit pour que le lecteur comprenne la direction qu’il souhaite lui donner…

En conclusion, Des aventures hors du commun est un petit recueil de nouvelles qui met à l’honneur le fantastique et l’horreur. Les lecteurs qui aiment les frissons et les histoires angoissantes devraient donc prendre plaisir à les découvrir. Pour ma part, si j’ai apprécié les idées de l’auteur et les chemins que son imagination lui a fait prendre, je n’ai cependant pas totalement accroché à sa plume. Mais cela demeurant assez subjectif, je ne peux que vous inviter à vous faire votre propre opinion sur le sujet.

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