À ma vie, À ta mort, Sandra Triname

Je remercie les Éditions Plume Blanche de m’avoir fait parvenir, sous format numérique, le roman A ma vie, A ta mort de Sandra Triname. J’ai reçu ce service presse dans le cadre de l’Opération Spéciale Summer Time.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Recouvert de symboles grecs faisant référence à Hadès, un corps mutilé et désormais inidentifiable, est retrouvé dans une cave à New York. Jeune flic fraichement sorti de l’école de police, Mike Sullivan se retrouve chargé de cette affaire qui le mènera jusqu’au pied du World Trade Center, ce terrible jour du 11 septembre 2001. Une fois son bras vengeur lancé et bien que la faucheuse soit belle à couper le souffle, rien ne peut la stopper. Instrument du Destin ou de la Mort elle-même, il devra résoudre cette affaire en empruntant des sentiers dont personne ne revient jamais.

  • Broché: 371 pages
  • Editeur : Editions Plume Blanche; Édition : 1 (7 mars 2017)
  • Prix : 21,90€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Je vais commencer par le seul défaut de cet ouvrage à savoir les quelques coquilles présentes, conséquence d’un problème rencontré lors de la phase de correction… J’ajouterai, avant d’entrer dans le vif du sujet, que je suis particulièrement fan de la couverture qui m’a tout de suite donné envie de découvrir le roman. Il en va de même pour le titre qui contient cette part de mystère et d’horreur prompte à susciter l’imagination.

Imaginez-vous mener votre vie comme des milliards d’autres personnes quand soudain, le destin semble vous prendre pour cible et vous plonge, sans aucun avertissement, dans un monde d’horreur et de douleurs. Sans savoir pourquoi ni comment vous avez pu vous retrouver dans une telle situation, vous vivez alors de longues et abominables séances de torture jusqu’à ce qu’il ne reste de votre corps qu’un amas ensanglanté de tissus. Injuste, révoltant, cruel ? C’est exactement ce qu’a ressenti Ambre dont la vie a été soudainement fauchée par un monstre de la pire espèce. Difficile alors de ne pas comprendre sa colère et son désir aveugle de vengeance ; sentiments qui la conduiront à signer un pacte : en échange de la promesse de s’occuper elle-même de son bourreau le moment venu, elle accepte de devenir une Faucheuse. Mais si, finalement, ce pacte n’était que la partie émergée d’un complot qui dépasse largement tout ce qu’Ambre aurait pu imaginer ? Les voies des dieux sont impénétrables…

Dès le début de l’histoire, l’autrice nous plonge dans l’horreur avec une scène de torture particulièrement écœurante dont elle n’épargne aucun détail. Celle-ci nous donne paradoxalement envie d’en apprendre plus sur la victime, son passé, les circonstances qui l’ont amenée à vivre un tel calvaire, mais également les raisons qui peuvent pousser un autre humain à infliger de tels sévices à une autre personne. De prime abord, on serait tenté de penser que le tortionnaire n’est qu’un malade mental, mais la maîtrise dont il fait preuve tout comme la froideur avec laquelle il s’attelle à la tâche nous détrompe très vite sur ce point. Plus qu’un malade, nous sommes bien face à un monstre que rien ne pourrait détourner de son « art ».

Cet « artiste » macabre va nous donner des sueurs froides tout au long du livre d’autant que l’autrice joue avec les nerfs de ses lecteurs faisant durer le suspense et le mystère autour de celui-ci. En absence de réponses à nos interrogations, nous nous retrouvons donc dans la même situation d’incrédulité et d’écœurement que les deux policiers en charge de l’enquête, Harvey et Sullivan. J’ai d’ailleurs apprécié de suivre de très près leur avancement, leur raisonnement, leurs questionnements, leurs doutes, leur frustration… Le lecteur a le sentiment de faire partie intégrante de l’équipe au point de presque s’imaginer partager un verre avec Harvey pour décharger la tension accumulée durant la journée ou vomir son repas avec Sullivan lors des excursions à la morgue.

Cette capacité à immerger le lecteur dans l’histoire n’est pas le seul atout du roman, le duo Harvey/Sullivan participant également au plaisir de la lecture. En effet, ces deux policiers, bien que très différents autant en termes d’âge que de personnalité, sont totalement complémentaires. C’est donc un véritable plaisir de voir leur relation évoluer au fil de l’intrigue et des coups durs, car l’autrice n’est pas du genre maman poule avec ses personnages ; l’un d’entre eux va en faire cruellement les frais. Heureusement, il pourra compter sur les liens profonds et indéfectibles qui l’unissent à son camarade. Je dis camarade, mais vous découvrirez que la relation entre les deux policiers va bien au-delà de la simple camaraderie ou même de l’amitié… D’aucuns reprocheront peut-être à l’autrice d’avoir utilisé le schéma classique du vieux flic bourru au gros cœur et du jeune bleu plein d’enthousiasme et d’idéaux, mais pour ma part, cela ne m’a pas dérangée. L’émotion que l’on ressent à les voir évoluer côte à côte dans les coups durs comme dans les moments plus heureux balayant toute réserve que l’on pourrait ressentir vis-à-vis d’eux. J’ai d’ailleurs tellement apprécié les deux personnages que je serais ravie de les retrouver dans une nouvelle enquête.

Quant à Ambre, j’ai un peu regretté de n’apprendre à la connaître que relativement tard dans le livre. Si l’enquête tourne bien autour de son meurtre, l’autrice prend le temps, avant de s’attarder sur la jeune femme, de mettre en place les différentes pièces du puzzle et de développer la psyché de ses autres personnages. Si je comprends aisément le procédé qui se révèle très efficace pour vous faire garder le nez sur votre livre, il m’a parfois frustrée. Les détours que prend l’autrice pourront d’ailleurs créer un sentiment de longueur chez les personnes amatrices d’histoires menées tambour battant. En d’autres mots, nous sommes clairement ici plus dans une course de fond que dans un sprint.

Mais comme « tout vient à point à qui sait attendre », nous finissons néanmoins par découvrir Ambre, son passé, sa colère, sa haine autant de son bourreau que de sa nouvelle profession, sa nouvelle vie de Faucheuse, ses amis, son désir de vengeance, sa pugnacité, son courage, son sens de la répartie et son humour... Il m’a fallu un peu de temps pour m’attacher à elle, les épreuves qu’elle a endurées l’ayant rendue peu chaleureuse. A mesure que l’on découvre son histoire et la manière dont elle a été éhontément trompée que ce soit sur terre ou dans l’Entre-deux, on ne peut cependant que finir par la soutenir de manière inconditionnelle.

Le lecteur n’est pas le seul à éprouver le besoin de l’aider. Elle sera ainsi secondée par deux alliés afin de faire la lumière sur la nature du complot dont elle est victime. Elle se découvrira également un allié des plus inattendus en la personne d’Hadès qui n’apprécie guère qu’un fou, de surcroît humain, se fasse passer pour lui. Et puis, avouons que l’intelligence et la personnalité plutôt vive de notre jeune faucheuse ne pourront qu’attiser sa curiosité et éveiller son intérêt. Je ne vous en dirai pas plus sur ce point, mais j’ai regretté que l’autrice tombe dans une certaine facilité quant à l’évolution de la relation entre Ambre et Hadès… Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier grandement de retrouver ce fascinant personnage de la mythologie grecque que l’autrice a su parfaitement s’approprier. J’ai aimé le voir tirer les ficelles dans l’ombre avant de le voir se dévoiler aux yeux de ses alliés. Cela crée un petit effet dramatique qui sied à merveille à la personnalité hors norme du personnage…

De la même manière, ce fut un plaisir de découvrir les différentes allusions à la mythologie grecque et à ses différentes figures emblématiques. L’histoire fait d’ailleurs, dans une certaine mesure, écho aux mythes grecs avec son lot de trahisons, de complots, de rebondissements… On retrouve également cette vision de dieux tout-puissants qui n’ont que peu de considération pour les êtres humains. Dans cette histoire, le libre arbitre n’existe donc pas pour le plus grand malheur des hommes dont les divinités n’hésitent pas à jouer avec la vie comme des marionnettistes tireraient les ficelles de leurs pantins. Une prise de conscience douloureuse qui sera un motif supplémentaire de révolte de la part d’Ambre.

En conclusion, l’autrice prend le temps de poser les bases afin de nous offrir une intrigue complexe dont la lecture se révèle aussi angoissante que prenante. Amateurs d’enquêtes policières, de sensations fortes ou tout simplement d’histoires où se mêlent émotions, suspense et personnages à la psychologie développée, vous devriez être conquis par A ma vie A ta mort. Les références à la mythologie grecque devraient, quant à elles, ravir les personnes intéressées par ce domaine.

Pour acheter le livre, vous pouvez vous rendre sur le site des Éditons Plume Blanche.

Codex Memoriae 2 : Le sacrifice des âmes du Purgatoire, Christophe Michaud

Je remercie Christophe Michaud de m’avoir fait parvenir son roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire via le site Simplement et d’avoir pris le temps de me le dédicacer. Je le répète souvent, mais c’est toujours le genre de petite attention qui me fait plaisir.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un vagabond amnésique est conduit au sanitarium local spécialisé dans les troubles post-traumatiques de la Première Guerre mondiale. Il n’a aucune mémoire, ni présente ni passée.

Pour ne pas sombrer, il essaye de se raccrocher comme il peut à tout ce qui l’entoure dans l’espoir de se construire une identité, mais c’est sans compter sur la rivalité de deux médecins qui se cristallise à son sujet.

Il poursuit ainsi son cheminement mental dans une errance onirique teintée de mythologie grecque avant de se trouver confrontée à une réalité brutale qui prend corps au travers de l’étrange docteur Bonne.

 

  • Poche: 288 pages
  • Editeur : Christophe Michaud (17 novembre 2015)
  • Prix : 10,17€
  • Autre format : Ebook

AVIS

Tout d’abord, je tiens à dire que je trouve le livre très réussi autant au niveau de la couverture que des illustrations intérieures qui nous permettent de nous plonger de manière réaliste dans l’histoire. Cet apport visuel est un atout indéniable pour l’histoire et devrait ravir les amateurs de livres illustrés. L’auteur a même poussé le sens du détail jusqu’à insérer des bonus comme des rapports journaliers concernant le patient amnésique ou encore un rapport confidentiel. La police d’écriture qui donne l’impression que le livre a été tapé à la machine vient, quant à elle, parfaire une expérience de lecture déjà agréable.

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Je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai adoré ce livre et que je le considère comme l’un des meilleurs que j’ai pu lire ces derniers mois. C’est simple, tous les ingrédients sont mis en place pour que vous ouvriez la première page avec la ferme intention de ne pas décoller de votre canapé/lit/siège avant d’avoir lu le dernier mot de l’auteur.

L’histoire…

Le docteur Olivier Quine, psychiatre de profession, a assouvi son rêve, celui de créer un endroit où les patients atteints de troubles psychiatriques seraient accueillis et traités de manière humaniste. Un projet avant-gardiste pour une époque où les « malades mentaux » étaient loin d’être traités avec humanité. De ce rêve devenu réalité, va naître la rencontre puis une association avec le docteur Bonne, médecin militaire qui a exercé durant La Première Guerre mondiale. Mais cette alliance qui, sur le papier, semblait prometteuse est-elle finalement une réelle aubaine pour le docteur Quine ? L’arrivée d’un patient amnésique qui va intéresser de près nos deux associés va pousser le psychiatre à se poser sérieusement la question.

Le livre pourrait se scinder en deux parties. Dans la première partie, nous découvrons le docteur Quine et ses séances de thérapie avec le patient amnésique. Sous hypnose, celui-ci va raconter différentes histoires inspirées de la mythologie grecque comme si elles étaient siennes. Ces incursions dans le monde de la mythologie, à travers différentes figures emblématiques et mythes comme celui de Perséphone, est pour moi le gros point fort de ce roman. J’ai adoré la manière dont l’auteur a su se les approprier et les exploiter nous donnant autant envie de connaître la suite des événements que de réviser nos connaissances en matière de mythologie.

Dans la deuxième partie, on conserve cette part de voyage entre réalité et rêve, mais l’histoire prend une tournure plus angoissante voire étouffante. Au fil de l’intrigue, on en vient à se poser des questions sur le docteur Bonne et à se demander si le psychiatre, par ambition professionnelle, n’a pas plus ou moins passé un pacte avec le diable. Déjà mystérieux, le médecin devient ainsi de plus en plus inquiétant et nous pousse à nous interroger, avec angoisse, sur la nature de ses activités qu’il veille à tenir secrètes. Quine finit bien par ouvrir les yeux sur ce collaborateur gênant, mais il est trop tard, le médecin ayant déjà tissé sa toile tout autour de lui. L’étau se resserre alors inexorablement autour du psychiatre dont le lecteur ressent parfaitement l’effroi à cette prise de conscience : le Mal est en la demeure.

Au-delà de l’intrigue principale, l’auteur évoque également différents points comme la dichotomie entre la médecine du corps et celle de l’esprit parfaitement symbolisée par l’antagonisme entre Quine et Bonne. Nous retrouvons également une critique de la médecine psychiatrique de l’époque dont heureusement les méthodes ont depuis fortement évolué. Des questions presque métaphysiques sont également soulevées… Au cours de l’histoire, on ne peut d’ailleurs qu’en venir à s’interroger sur la nature humaine et sur ce qui distingue l’homme du monstre.

Des personnages complexes…

Bonne peut être vu comme l’un des méchants de l’histoire, mais il n’en reste pas moins assez complexe. Si ses méthodes sont radicales, comme vous le découvrirez, son objectif final renvoie néanmoins à la fameuse question : la fin justifie-t-elle les moyens ? Pour sauver l’humanité, quels sacrifices jugeons-nous acceptables ? L’auteur utilise, en outre, ce personnage aussi fascinant que repoussant, pour évoquer les traumatismes engendrés par La Première Guerre mondiale. Ce point m’a particulièrement semblé intéressant puisque pour des soldats, une guerre, quelle qu’elle soit, ne prend pas forcément fin une fois la paix signée. Il en va de même pour les personnes comme ce médecin qui ont dû faire face quotidiennement aux conséquences de la barbarie humaine. Pour sauver des vies, a-t-il fini par y laisser son âme ? Je vous laisserai le soin d’en juger par vous-mêmes.

« Science sans conscience n’est que ruine de l’âme » (Rabelais)

Quine, bien que mû par un objectif louable, n’est pas non plus exempt de défauts. L’auteur ne nous offre par sur un plateau une blanche colombe, mais un personnage avec ses zones de lumière et d’ombre. Ainsi, je l’ai parfois trouvé très limite dans sa manière de traiter son entourage et notamment son assistante ainsi que son patient qu’il considère plus comme un sujet d’étude que comme un être humain. Il n’hésitera d’ailleurs pas à le livrer aux mains de Bonne en vue d’une future publication. Son ambition professionnelle et son égo viennent donc se heurter à ses idéaux ce qui ne le rend finalement que plus humain. Les zones d’ombre du personnage ne m’ont pas permis de compatir pleinement à la situation dans laquelle il finit par se trouver. N’étant pas un monstre, j’ai bien sûr trouvé son sort horrible, mais n’ai pu m’empêcher de penser qu’à trop jouer avec le feu, on finit toujours par se brûler. Il s’est fait le propre artisan de son malheur et aurait pu limiter l’emprise que le docteur Bonne finira par exercer sur lui et sa clinique s’il avait été au bout de ses idéaux, et avait traité avec respect toutes les personnes de son entourage.

Quant au patient amnésique, il évolue au fil de l’intrigue passant de « légume » incapable de mémoriser des informations et d’agir de sa propre volonté à une personne capable de prendre des décisions et de se souvenir d’événements récents. Il m’a fait de la peine notamment quand sa conscience s’est éveillée lors de séances de travail plutôt douloureuses. Mais j’avoue ne pas avoir réussi à m’attacher à cet individu sans passé ni identité... Il faut dire que si en deuxième partie de livre son existence ne s’efface plus au profit de ses errances oniriques, il n’en demeure pas moins très énigmatique. Cela m’a d’ailleurs beaucoup frustrée ; j’aurais aimé en apprendre plus sur celui-ci, sur son passé et la raison pour laquelle il a perdu la mémoire. Est-ce la manière que son psychisme a trouvée pour faire face à des événements difficiles à supporter, est-ce le résultat d’un accident ou celui d’une punition divine ? L’incertitude autour du personnage ne m’a néanmoins pas empêchée d’admirer son courage et sa ténacité devant l’adversité.

Une plume envoûtante et des allers-retours entre rêve et réalité captivants, mais qui ne plairont pas à tous…

Grâce à une plume fluide et efficace, pas de digressions ou de temps morts ici, l’auteur a cette capacité de vous immerger totalement dans son monde ou, plutôt, ses mondes. Alors que l’on évoque quand même des personnages issus de la mythologie grecque, le récit finit par sembler naturel voire plausible. Au début, comme Quine, on peut être tenté d’analyser les rêves du patient sous le prisme du symbolisme et de diverses interprétations psychiatriques, mais la véracité des rêves s’impose presque d’elle-même. Et ça n’en rend le suspense que plus intense et le patient que plus mystérieux.

Complètement séduite par ce livre, j’aurais envie de le mettre entre les mains de tous les lecteurs croisant mon chemin, mais je pense que les allers-retours entre la réalité et le rêve pourront déstabiliser certaines personnes. En effet, il faut parfois quelques secondes de lecture avant de saisir de qui nous sommes en train de découvrir l’histoire. Mais cette alternance entre réalité et rêve apporte un dynamisme certain au récit et rend la lecture prenante au point qu’il vous sera difficile de la poser. Et puis, le lecteur, pris entre ces deux mondes, se retrouve presque subjugué et n’a qu’une hâte : connaître la suite des événements tout en se demandant comment l’auteur va réussir à lier réalité terrestre et errances oniriques.

Un récit qui se lit tout seul, mais dont la richesse nécessite une lecture attentive…

Portée par les talents de narrateur de l’auteur, l’histoire est très facile à suivre, mais sa richesse nécessite néanmoins un minimum d’implication de la part du lecteur et, j’aurais envie d’ajouter, une certaine continuité dans la lecture pour en savourer les tenants et aboutissants. D’ailleurs, malgré une lecture attentive, j’ai parfois eu l’impression de ne pas avoir saisi toute la subtilité de l’histoire ou d’être passée à côté de certains enjeux. Réalité ou fausse impression, peu importe puisque j’ai dévoré le livre et n’ai qu’une hâte, le faire découvrir à mon entourage.

En effet, j’ai frôlé le coup de cœur ! La seule raison pour laquelle je n’ai pas mis 20/20, c’est la fin qui m’a un peu déconcertée et laissée, sans mauvais jeu de mots, sur ma faim. Mais je dois reconnaître qu’elle est complètement cohérente avec cette aura de mystère qui plane sur notre amnésique. Un happy end avec toutes les réponses à nos questions aurait quelque peu dénaturé l’essence même du roman. Et puis, la fin demeure assez ouverte pour nous laisser l’espoir de retrouver notre personnage dans un futur que je n’espère pas trop éloigné.

En conclusion, Le sacrifice des âmes du Purgatoire est un livre que je conseillerais à toutes les personnes en quête d’une histoire addictive bien écrite où se côtoient mystère, personnages complexes et parfois inquiétants, références à la mythologie grecque et ambiance angoissante. Si vous acceptez de ne pas avoir toutes les réponses à vos questions et aimez vous questionner sur la nature humaine, vous devriez passer un très bon moment de lecture.

Lien d’achat du roman Le sacrifice des âmes du Purgatoire

 

 

Mini-chroniques en pagaille #8

Je n’ai pas publié d’article « Mini-chroniques en pagaille » depuis longtemps alors que plusieurs brouillons n’attendent qu’à sortir de mes tiroirs. Voici donc l’un d’entre eux :

  • Astrid Bromure : Comment dézinguer la Petite Souris de Fabrice Parme

astridbromurePetite Souris – Surprise – Humour

J’avais lu le tome 2 de la série avant le tome 1 par inadvertance… Astrid Bromure se révèle plutôt impertinente dans ce premier tome où elle trompe son ennui en enquiquinant les domestiques de la maison. Heureusement, ou pas d’ailleurs, elle va se trouver une nouvelle mission : prouver à tous que le mythe de la Petite Souris n’est que pure invention. Mais les choses ne vont pas se passer comme prévu ; notre jeune héroïne n’est pas au bout de ses surprises !

Le sens de la répartie de la jeune fille, ses idées farfelues, les différents gags et surprises ainsi que les jolies illustrations m’ont fait passer un agréable moment de lecture.

BD jeunesse, Astrid Bromure se lit très rapidement, n’hésitez pas à lui donner sa chance quand vous avez envie d’une lecture légère.

  • Enola et les animaux extraordinaires, tome 2 : La licorne qui dépassait les bornes ; Joris Chamblin et Lucile Thibaudier

elonaetlesanimauxextraordinairesForêt – Licorne – Émerveillement

Enola est une vétérinaire qui a la particularité de soigner les animaux des contes et légendes. Dans ce deuxième tome, elle vole à la rescousse d’une licorne accusée d’avoir attaqué, sans raison, deux enfants d’un village. Mais les apparences sont trompeuses comme le prouvera Enola aux villageois, prompts à condamner les licornes.

L’histoire de cette BD jeunesse est adorable surtout quand on a une tendresse particulière pour ce mythique animal. Je ne doute pas de son succès auprès des plus jeunes, mais également auprès des plus âgés. Il faut dire qu’en plus de l’intrigue simple mais touchante, les dessins de Lucile Thibaudier sont de toute beauté.

En résumé, si vous avez envie d’un moment d’émerveillement, ce tome 2 d’Enola est fait pour vous.

  • Numéro 11, Jonathan Coe

Critiques – Contes – Rêve/cauchemar

Dans ce livre, l’auteur nous narre l’histoire de différents personnages avec comme toile de fond cette présence mystérieuse voire quasi mystique du numéro 11. Je vous laisse découvrir le roman, mais je peux d’ores et déjà vous dire que je ne l’ai pas  lâché, enchaînant les chapitres avidement. Il faut dire que j’ai été happée par le talent de narration de Jonathan Coe.

En plus d’un style d’une grande fluidité, il a cette capacité à mêler réalité et fantasme, à vous faire miroiter du fantastique quand il n’y a que la plus primaire des réalités, avant de faire volte-face et vous transporter aux confins de votre imagination.

J’ai en outre été séduite par les différentes critiques de notre société qui nous mettent implacablement face à nos actions les plus stupides : omniprésence des réseaux sociaux entraînant des malentendus d’une monstrueuse idiotie, l’envers de la télé-réalité et cette quête désespérée de la célébrité, la prompt aptitude des partis politiques à stigmatiser certaines personnes… Le livre se déroule à Londres, mais vous pouvez le transporter dans le monde occidental sans craindre de dépareiller.

En résumé, si vous avez envie d’un conte des temps modernes cyniques mais d’une criante vérité, Numéro 11 devrait vous plaire.

Et vous, ces ouvrages vous tentent ?

Re : Zero – Re : vivre dans un autre monde à partir de zéro, Tappei Nagatsuki

Je remercie les éditions Ofelbe et Livraddict de m’avoir fait parvenir ce premier tome du light novel Re : Zero de Tappei Nagatsuki.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Endurer les douleurs engendrées par la mort pour affronter les difficultés de la vie…
Une réalité sans fin…

Subaru Natsuki fait la connaissance d’Émilia, une jeune fille aux longs cheveux d’argent qui l’entraîne dans une dimension peuplée de monstres et d’ennemis en tous genres particulièrement hostiles. Le jeune homme a juré de la protéger, mais il ne résiste pas longtemps dans ce monde violent où il est tué rapidement.

Pourtant, il revient d’entre les morts à l’aide d’un pouvoir qui le ramènera toujours à son point de départ. Subaru entame alors un combat perpétuel dans lequel il essaie, peu à peu, de changer le futur, où chaque fois les souvenirs sont à reconstruire…

  • Broché: 280 pages
  • Editeur : Ofelbe (15 juin 2017)
  • Prix : 13,99€

AVIS

Comme avec Overlord, j’ai été séduite par le travail d’édition réalisé par les éditions Ofelbe. La couverture est juste magnifique tout comme les dessins qui illustrent l’ouvrage même si je les aurais souhaité plus nombreux. Les personnages nous sont présentés en couleurs en début d’ouvrage ce qui est fort appréciable quand vous découvrez  pour la première fois l’univers de Re : Zero.

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L’histoire…

Invoqué dans un monde fantasy d’allure médiévale sans savoir pourquoi ni par qui, Subaru Natsuki n’est pas paniqué outre mesure. Bercé par les jeux vidéo et les animés, il essaie juste de comprendre son nouvel environnement en s’aidant des codes qu’il connaît et d’agir en fonction de ces derniers. L’idée est plutôt sensée, mais ne fera pas vraiment ses preuves lorsqu’il rencontrera ses premiers ennuis desquels une mystérieuse et très belle jeune fille viendra le sauver. Pour la remercier, il va l’aider à retrouver la voleuse qui lui a dérobé l’insigne auquel la demoiselle semble tenir. Un choix plus lourd de conséquences qu’il n’y paraît…

Des débuts difficiles…

J’ai commencé ma lecture avec enthousiasme, mais celui-ci s’est érodé au bout de quelques pages. Qu’il m’a été difficile d’entrer dans l’histoire alors que le résumé me plaisait beaucoup ! Cela s’explique, en partie, par la manière de s’exprimer assez particulière de Subaru et sa manie très dérangeante de se parler à lui-même. Ceci est d’autant plus perturbant que ses paroles m’ont paru, très souvent, manquer de naturel voire être simplement dénuées de sens.

D’ailleurs, je me demande si ce ressenti ne vient pas de la traduction, certaines phrases ou expressions m’ayant laissée dubitative. Par exemple : « C’est que je suis un enfant nerveux de l’époque moderne ». Même en m’aidant du contexte, j’ai quelques difficultés à comprendre le sens de ces quelques mots…

J’ai en outre regretté, dans la première partie de l’ouvrage, la vacuité des échanges entre nos deux protagonistes. Entre Subaru qui s’extasie devant la beauté de la jeune fille et celle-ci qui s’acharne à vouloir prouver que ses actions ne sont pas réalisées par simple altruisme, mais seulement par intérêt, je me suis ennuyée. Je dois néanmoins nuancer mes propos, car au fur et à mesure de l’aventure, j’ai fini par trouver que leurs taquineries les rendaient plutôt touchants et laissaient espérer une certaine complicité voire amitié future.

Mais une histoire qui finit par prendre son envol… 

Malgré des débuts difficiles, j’ai persisté puisqu’il n’est point dans mon habitude d’abandonner un livre… Et puis, la présence de Pack, un chat qui m’a fait fondre dès son apparition m’a fortement motivée à poursuivre l’aventure. Qui résisterait à un chat, au pelage soyeux, qui parle ? Certainement pas moi !

J’ai plutôt bien fait de poursuivre ma lecture puisqu’à partir de la 85ème page (oui, c’est précis), les choses commencent à devenir intéressantes et à s’intensifier autant en termes de suspense que d’actions. Il ne m’en a pas fallu plus pour me laisser emporter par l’histoire, désireuse de savoir comment notre « héros malgré lui » allait aborder la répétition de ses dernières heures d’existence et leur tragique issue.

Et je ne peux qu’avouer avoir été très agréablement surprise par la manière dont l’auteur a su nous faire revivre les événements sans jamais tomber dans la répétition. Cela est dû en grande partie à la faculté de notre héros d’apprendre de ses erreurs et de mettre à profit les informations glanées au cours de ces quelques heures intenses et stressantes qu’il revit inlassablement.

Malgré ses bizarreries, j’ai d’ailleurs trouvé le personnage courageux. En dépit de son manque de force et d’absence de super pouvoirs, il ne baisse jamais les bras. Il va de l’avant, grandit et, petit à petit, s’affirme. Même s’il continue régulièrement à se déconsidérer par des expressions comme « éternel fauché », le lecteur est témoin de son évolution et de sa volonté d’assurer le bien-être de toutes les personnes auxquelles il s’est attaché dans ce nouveau monde. Alors parfois il plie mais tel le roseau, il ne rompt jamais. Et quand l’on rappelle que c’est un personnage qui a connu plusieurs fois une mort douloureuse, on ne peut que louer cette force de caractère et cette obstination.

Quant aux autres personnages, j’ai regretté la faible présence de la mystérieuse jeune fille aux longs cheveux d’argent. Le résumé m’avait laissé espérer un plus grand rôle de sa part dans l’intrigue. Même constat pour l’adorable esprit prenant la forme d’un chat qui l’accompagne. A l’inverse, j’ai apprécié d’apprendre à connaître un personnage que je ne pensais pas apprécier et dont j’ai hâte de suivre la destinée, quelle qu’elle puisse être.

Suspense et mystère au rendez-vous ! 

Enfin, la part de mystère et de suspense que l’auteur a su distiller tout au long de son récit en rend la lecture assez addictive. Ainsi, si on découvre assez vite les informations principales sur Subaru, on ne peut s’empêcher de se demander pourquoi et par qui il a été invoqué dans ce monde dont on ne connaît finalement pas grand chose. De la même manière, la jeune fille aux cheveux d’argent qui refuse de donner, pendant la majorité du livre, son vrai nom au héros demeure terriblement mystérieuse. Qui est-elle et pourquoi veut-elle tellement retrouver l’insigne qu’on lui a dérobé ?

Autre mystère qui m’a tenue en haleine, l’identité de la méchante de l’histoire. Aussi belle que froide, cette femme m’a intriguée dès son apparition. J’ai aimé sa cruauté implacable contrastant avec son enveloppe charnelle plutôt sensuelle. En d’autres mots, si vous êtes du genre curieux, le livre devrait générer en vous de nombreux questionnements. Attendez-vous néanmoins aussi à quelques frustrations puisque ce premier tome et son épilogue suscitent bien plus de questions qu’ils n’apportent de réponses…

En conclusion, malgré un démarrage difficile et un personnage dont l’habitude de se parler à haute voix m’a horripilée, ce tome 1 du light novel Re : Zero m’a plu. La découverte de ce monde de fantasy énigmatique, l’action, la magie, des personnages parfois agaçants, mais finalement attachants, les nombreuses questions que l’on se pose et le suspense qui plane tout au long de cette histoire sont autant d’éléments qui m’ont permis de passer un agréable moment de lecture.

Je lirai donc avec plaisir le tome 2 qui devrait sortir en septembre. En attendant, je vais poursuivre ma découverte des éditions Ofelbe avec les premiers tomes de deux light novels que j’ai récemment achetés : Spice & Wolf et DanMachi.

 

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11 serpents, Philippe Saimbert

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Je remercie Philippe Saimbert de m’avoir envoyé 11 serpents via le site Simplement.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

La terrible cousine Abeline, aussi riche qu’originale, convie amis et famille dans son domaine pour leur faire une étrange proposition. Elle leur propose un jeu où les participants devront se montrer drôles et machiavéliques.
Elle cédera la moitié de sa fortune à celui ou celle qui remportera le défi.
11 invités. 11 serpents. Le gagnant sera celui qui mordra le plus fort.
Coups de théâtres, scènes cocasses et parfois cruelles vont s’enchaîner jusqu’à l’incon­tour­nable twist final.

AVIS

L’histoire et les personnages…

Les réunions familiales peuvent parfois être un calvaire, mais quand vous avez la famille de Philippe, on peut carrément parler d’enfer. Quoiqu’un petit tour au purgatoire serait une sinécure à côté…

Il faut dire que notre protagoniste est gâté avec, entre autres, une cousine complètement exubérante, Abeline, qui a fait fortune dans l’industrie de la tourte. Sa dernière excentricité ? Léguer une partie de son immense fortune au gagnant d’un jeu cruel et pervers où tous les coups sont permis. Seule interdiction pour que le « jeu » ne tourne pas au pugilat : la violence. J’aurais envie d’ajouter la violence physique, car la violence psychologique est, quant à elle, bien de la partie.

C’est simple, on dirait que la méchanceté est enracinée profondément dans la famille de Philippe qui semble être le seul à ne pas avoir hérité de cette tare familiale. L’outsider, un trader qui est le stéréotype même du golden boy aux dents longues, n’est pas en reste non plus. Sa devise pouvant se résumer à « Money, what else ?! », il n’est pas vraiment étonnant qu’il se montre prêt à tout pour relever le défi.

Avec de tels personnages, le jeu ne pouvait donc que satisfaire l’appétit de la cousine pour le divertissement extrême et de mauvais goût. Ainsi, les phrases qui blessent, les mesquineries et les coups bas pleuvent, chacun abattant ses cartes et dévoilant, petit à petit, toute l’étendue de sa perfidie. On finit même par se demander jusqu’où des esprits aussi dérangés sont prêts à aller par appât du gain voire pour le simple plaisir malsain d’écraser les autres. Bref, il ne fait définitivement pas bon faire partie de cette famille.

Si les plans de certains participants donnent des résultats qui ne pourront que faire rire les lecteurs et leur faire reconnaître une certaine ingéniosité, d’autres ne pourront que les laisser sans voix par leur cruauté. Les lecteurs sont donc pris dans un ascenseur émotionnel entre amusement et écœurement.

Je dois dire que je n’ai pas su déterminer ce qui a éveillé en moi le plus de dégoût : les participants ou la cousine qui s’amuse comme une folle faisant fi des dégâts provoqués dans la vie de chacun. J’avoue que cette mamie possède quelques traits de caractère amusants, mais sa tendance à rire aux dépens des autres ne m’a pas permis d’éprouver une once de sympathie pour elle. J’ai d’ailleurs trouvé Philippe, notre narrateur, bien indulgent avec cette dernière.

Mais cela n’est pas si étonnant au regard de ce protagoniste qui serait plus fadasse que badass. C’est un peu le portrait type du raté dont la vie n’a été qu’une succession de désillusions. Écrivain en recherche de lecteurs et d’argent pour maintenir le niveau de vie de sa charmante ex-femme et de ses dévoués rejetons, il aurait plus que besoin d’empocher le pactole. Malheureusement pour lui, il semble assez mal placé dans la course étant plus prompt à encaisser les coups et les moqueries qu’à fomenter les plus vils complots.

Si au début, il me faisait beaucoup de peine, il a fini par quelque peu m’agacer à se laisser marcher sur les pieds sans réagir. J’avais vraiment envie de le secouer en lui disant « Non, mais réagis ! Arrête de te faire marcher sur les pieds ! Et surtout arrête de faire tout ce qu’on te dit sans broncher ! ». Oui, beaucoup de points d’exclamation, mais ça vous montre à quel point ce personnage m’a fait réagir derrière mon écran. Et ça, c’est un excellent point. J’adore m’enthousiasmer pour un personnage, m’énerver contre lui ou le prendre en pitié… En d’autres mots, j’aime ressentir des émotions comme si j’avais non pas un héros d’une fiction quelconque devant les yeux, mais un être de chair et d’os comme ce fut le cas ici.

Malgré son apparente mollesse, Philippe n’en demeure pas moins le plus raisonnable de cette maison de fous et se révèle, par son auto-dérision et son humour, certainement le plus attachant de toute l’histoire. Et puis, vous verrez qu’il a finalement de la ressource notre perdant assumé. D’ailleurs, sa manière de raconter ses échecs et ses faiblesses de caractère est tellement amusante que nous ne pouvons que rire non pas de lui, mais avec lui. Et puis, méfiez-vous de l’eau qui dort, les plus machiavéliques n’étant pas forcément ceux qui aboient le plus fort.

Quant aux autres personnages, d’aucuns pourraient leur reprocher un côté très stéréotypé, mais j’avoue que ce point ne m’a pas dérangée puisqu’il contribue de manière assez naturelle au côté somme toute assez burlesque de l’histoire. Tout est exagéré et grandiloquent ce qui ne fait que rendre le comique de situation encore plus probant.

Un roman théâtral qui abord différents thèmes…

Le roman a un côté très théâtral que ce soit à travers ses personnages, les situations, la mise en scène ou la révélation finale que l’on peut même qualifier de coup de théâtre ! J’ai été ainsi complètement bluffée par la fin ce qui est plutôt rare. Tout au long du roman, j’avais formulé plusieurs hypothèses quant au twist final mentionné dans la quatrième de couverture, mais je peux vous dire que j’étais très loin d’avoir trouvé le fin mot de l’histoire. Une fois la dernière page tournée, on a envie de relire le roman avec, cette fois, toutes les cartes en main de manière à détecter différents indices qui auraient pu nous mettre sur la piste.

Au-delà de l’histoire et de cette course à l’héritage, j’ai aimé les différents points soulevés par l’auteur avec humour : les difficultés des écrivains et le monde de l’édition, la spéculation à outrance et ses conséquences pour les petits poissons, l’intégrisme religieux, la télé-réalité avec ses émissions de télé-crochet, la puissance du marketing…

J’ai également beaucoup ri du gagatisme de Zoé et de son amie devant leurs chats. Faisant partie d’une association œuvrant pour la protection des chats errants, je n’ai pu m’empêcher de reconnaître certains comportements des bénévoles. On va dire que lorsque l’on commence à aimer et s’occuper de ces boules de poils ronronnantes, il devient difficile de ne pas leur être taillable et corvéable à merci. En parlant de chat, je tiens à dire officiellement à l’auteur qu’il m’a complètement et durablement traumatisée. Je n’en dis pas plus, vous découvrirez de quoi je parle en lisant le roman.

Quelques points qui ne m’ont pas convaincue…

La perfection n’étant pas de ce monde, et encore moins dans celui de Philippe (le narrateur, pas l’auteur), le roman n’est pas exempt de deux ou trois petits défauts, à commencer par quelques longueurs et digressions (oui, c’est un peu l’hôpital qui se moque de la charité). Les digressions ne me gênent pas en général d’autant qu’ici, elles créent une certaine connivence entre le lecteur et l’auteur. Cependant, je leur ai trouvé un côté trop factuel comme si l’on se retrouvait devant un manuel scolaire.

J’ai aussi regretté un certain déséquilibre entre la première partie du livre où l’auteur pose le décor et nous présente les personnages, et le reste du roman. Les cinquante premières pages m’ont semblé ainsi beaucoup plus drôles et rythmées même si cela reste évidemment fort subjectif.

Mais le point qui m’a véritablement gênée, ce sont les répétitions destinées à nous faire comprendre que nous allions être estomaqués par la cousine, les différents candidats et leurs coups bas. Cela fait, il est vrai, terriblement monter la pression, mais cela en devient surtout très lourd. Insister autant sur ce point m’a donné l’impression que l’auteur n’était pas certain d’avoir réussi à faire passer son message.  Et puis, en induisant chez le lecteur des attentes aussi fortes, il prend le risque de créer une certaine déception comme ce fut le cas pour moi. J’avais fini par m’attendre à du grandiose et ai donc été déçue de n’en trouver que lors de la révélation finale.

J’aimerais néanmoins terminer ma chronique sur le gros point fort de ce livre : la plume de l’auteur. Elle est fluide et plaisante à lire, mais c’est surtout le sens de la formule de Philippe Saimbert qui fait mouche ! On ressent parfaitement le plaisir qu’il prend à manier les mots et à jouer avec ceux-ci. Et, en tant que lectrice, c’est un point auquel je ne peux qu’être sensible.

Pour conclure, 11 serpents remplit à merveille l’ambition de son auteur, vous offrir un agréable moment de lecture durant lequel vous oublierez vos petits et grands soucis pour vous concentrer sur ceux de ce pauvre Philippe. Le côté burlesque de ce huis clos devrait combler les personnes en quête d’un ouvrage facile à lire qui mêle humour, jeux de mots et sens de l’à-propos, personnages hauts en couleur, stratégie et révélation finale bluffante.

Enfin, si vous avez envie de rire, aux côtés d’Abeline, de la méchanceté humaine et de ce que l’homme est prêt à faire au nom de l’argent, ce roman devrait vous plaire. Si au contraire, vous êtes plutôt un humaniste convaincu, je ne suis pas certaine que l’humour « méchant » et diabolique du livre ne vous convienne.

« On peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui »

Site de l’auteurPour acheter le livre

Un autre avis sur le roman avant de vous laisser tenter ? Filez lire celui de Saiwhisper.

La Femme-Dragon, Méla Nie

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J’ai découvert, par hasard, La Femme-Dragon de Méla Nie sur Amazon. Le livre a été publié via Bookelis dans le cadre du prix Fantasy des BookTubers.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

« La Femme-Dragon naîtra sous forme de dragonneau avant de redevenir un bébé humain. Elle grandira dans l’ignorance de sa destinée. Chacun sentira lorsqu’il faudra lui révéler son destin.
A l’heure où les ténèbres projetteront leur ombre sur tout le pays, la Femme-Dragon devra choisir entre le bien et le mal, entre la souffrance et la facilité. Seules ses actions influenceront la vie ou la mort. Tout le monde comptera sur ses pouvoirs, n’ayant d’autre choix que de lui remettre sa vie.
La Femme-Dragon ne sortira pas indemne de cette épreuve. Lorsque tout sera terminé, elle devra partir car rien ne sera plus pareil, elle s’éloignera de ceux qu’elle aime, à jamais. »

La prophétie se réalisera-t-elle ? Louise aura-t-elle la force de combattre le Sorcier Obscur et de faire face à son destin ?

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 38 pages
  • Editeur : Méla Nie (23 février 2016)

AVIS

Une prophétie fait de Louise la Femme-Dragon, dont le destin est de sauver son peuple de la tyrannie d’un sorcier Obscur. Mais pour cela, il faudrait déjà que la principale intéressée croie en sa destinée et en elle-même ce qui est loin d’être le cas. Heureusement, elle pourra compter sur Marie, sa meilleure amie, pour l’encourager et lui faire prendre conscience de ses capacités.

L’histoire est sympathique et se lit très rapidement d’autant qu’il n’y a aucun temps mort. On a un schéma classique avec un groupe de gentils qui soutiennent leur championne (malgré elle) et un gros méchant prêt à assouvir le peuple pour arriver à ses fins. Ce n’est pas original, mais ça permet de cerner rapidement l’histoire ce qui semble important pour un texte d’une quarantaine de pages.

L’idée de la prophétie est en outre intéressante puisque Louise est supposée finir par se transformer en un animal légendaire que j’aime beaucoup : un dragon. Cette métamorphose en laquelle la jeune fille a beaucoup de mal à croire est également source de peur puisqu’elle suppose la fin d’une vie que Louise a toujours connue. On peut donc comprendre qu’elle ne soit pas très emballée à l’idée de se transformer… et qu’elle n’y mette pas vraiment du sien.

J’avoue que ce point m’a agacée, car sans sa meilleure amie, l’héroïne aurait certainement passé son temps à se morfondre sur son sort. Vous aurez compris que je ne l’ai pas particulièrement appréciée et lui ai nettement préféré Marie et les deux dragons qui les accompagnent.

L’auteure a, dans l’ensemble, de bonnes idées, mais j’ai regretté un certain nombre de maladresses et une écriture que j’aurais envie de qualifier de naïve. Tout arrive trop vite et trop soudainement. Cela n’aurait pas été dérangeant si les événements avaient été amenés de manière plus naturelle alors que là, on a parfois l’impression qu’ils arrivent comme un cheveu sur la soupe…

En conclusion, La Femme-Dragon est une petite histoire rapide à lire et sympathique à suivre si vous aimez les dragons et les prophéties. Le texte étant assez court et l’écriture manquant peut-être d’une certaine subtilité, je ne recommanderais néanmoins pas l’ouvrage aux lecteurs les plus exigeants.

Vous pouvez vous procurer gratuitement le livre sur Amazon.

Demain, quand j’étais mort ! , Eddard Mingwe

Je n’aime pas les zombies, mais j’aime rire.  Alors quand j’ai découvert Demain, quand j’étais mort ! de Eddard Mingwe, j’ai su qu’il me fallait découvrir cet ouvrage. Et puis je dois avouer que la couverture m’a fait penser à iZombie, la seule série avec des zombies que j’apprécie.

Je remercie l’auteur de m’avoir fait confiance, malgré mon absence de culture zombiesque, en m’envoyant son livre.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Connecticut-Sur-Maine. Pandémick Rivers. Notre époque.
Alors que la tant attendue saison de la chasse aux touristes est enfin ouverte et que la traditionnelle fête de la tartine humaine bat son plein, une météorite s’écrase près d’un insolite village peuplé de fermiers consanguins et anthropophages, libérant de mystérieuses spores visqueuses et particulièrement voraces.
Après la contamination de la plus grosse unité locale de production et d’exportation de cuisses de grenouilles surgelées, d’étranges cas de mutation vont être simultanément répertoriés à différents endroits du globe.
Le chaos s’installe, la menace se répand.
Bientôt des événements aussi cocasses qu’atroces vont s’enchaîner et nous mener droit à l’apocalypse la plus horrible et stupide jamais imaginée…Au menu de cette zombédie tragique : une pandémie, des morts-vivants, des retraités fous furieux, quelques politiciens véreux, des recettes culinaires cannibales de fin du monde, et bien entendu, un soupçon de romantisme et de magnifiques histoires d’amour…

  • Format : Format Kindle
  • Nombre de pages de l’édition imprimée : 240 pages
  • Prix : 2,99€
  • Autre format : broché

AVIS

Du sang, des doigts coupés et des pieds bouffés !

L’histoire de départ semble déjà bien loufoque et préfigure d’ailleurs parfaitement le contenu du livre. On part ainsi d’un village paumé où vivent une bande de dégénérés idiots, consanguins, cannibales et zoophiles pour finir par l’apocalypse marquant l’avènement des zombies.

Entre temps, il se passe des choses plus absurdes les unes que les autres ! Heureusement pour nous, notre protagoniste est là pour nous raconter les principales étapes de la catastrophe la plus idiote de tous les temps. On ne peut pas dire qu’on s’attache à lui, mais on prend plaisir à rire à ses côtés même si finalement, il n’est pas autant présent que cela dans l’histoire. Ce point m’a un peu étonnée m’étant imaginée qu’il aurait un rôle plus important dans les événements.

Mais peu importe, car l’auteur tient toutes ses promesses en nous livrant une histoire gore à souhait et tellement déjantée qu’elle en devient délicieusement absurde. C’est dingue, c’est dégueulasse et parfois malsain, mais on en redemande ! Il faut dire que l’auteur a l’art et la manière de manier la plume pour accrocher le lecteur et lui vendre du sensationnel. On est dans la surenchère de sang, de macabre, d’horreur, de cynisme… mais que c’est bon.

J’ai aimé cet étalage de personnages aussi déviants que débiles, d’événements improbables, cette profusion d’hémoglobine, ces doigts coupés, ces jambes sectionnées, ces pieds bouffés, ces yeux arrachés, ces scènes horribles qui marquent l’imagination… Je peux vous dire que ce qu’Eddard Mingwe décrit vous vous l’imaginez parfaitement ce qui devrait ravir les amateurs d’histoires bien gore.

Ces derniers reconnaîtront certainement les multiples références et clins d’œil de l’auteur aux films d’horreur puisqu’il en reprend avec brio les grosses ficelles. En parcourant le livre, je n’ai d’ailleurs pas pu m’empêcher de penser aux nanars que ma mère adore et qui sont tellement ridicules qu’ils en deviennent bons à condition de les prendre au deuxième voire troisième degré.

Des zombies, mais pas que…

Demain, quand j’étais mort ! , ce n’est pas seulement une parodie d’histoire de zombies. C’est également une critique acerbe et très juste de notre société et de ses travers.

L’auteur parsème ainsi son texte de références à l’actualité ou à des phénomènes de société : consumérisme, redistribution inégale des richesses, scandales alimentaires faisant régulièrement la une de nos journaux, élevage intensif (les humains finissant par être victimes de leurs propres pratiques)…

Les hommes politiques ou autres figures publiques en prennent aussi pour leur grade. Et je dois dire que les chapitres qui leur sont consacrés ont été de loin mes préférés. J’ai vraiment trouvé que c’est là que le côté caustique de la plume d’Eddard Mingwé ressortait le mieux.

La caricature de Donald Trump est ainsi plutôt savoureuse : homme au physique ingrat complètement ridicule et imbu de sa personne, idiot qui prend ses électeurs pour des demeurés (vous me direz, la boucle est bouclée), libidineux et éjaculateur précoce… C’est évidemment très caricatural, mais vu le potentiel comique du modèle original, il aurait été dommage pour l’auteur de ne pas l’exploiter.

Mais je dois dire que c’est Pol Narev, victime innocente de l’imposteur Michel Polnareff, et son besoin désespéré de revivre sa gloire passée, et de connaître de nouveau la joie d’être adulé par ses fans, qui m’a le plus amusée. Vous n’écouterez d’ailleurs plus Goodbye Marylou (si l’idée inexplicable de le faire vous prenait) sans penser à la version très personnelle de Pol Narev.

J’ai, en outre, beaucoup aimé l’humour noir, voire très noir, et le cynisme dont l’auteur sait faire preuve. On ressent qu’il s’est fait plaisir en ne censurant aucun de ses délires ! Dans une société de plus en plus bien-pensante où, à vouloir préserver tout le monde de tout, on ne rit plus de rien, c’est rafraîchissant et divertissant.

Je garde ainsi en tête une scène mémorable se déroulant dans une maison de retraite et impliquant une mamie, Parkinson et des œufs. C’est cynique à souhait, mais c’est infiniment drôle. Et je suis quasi certaine que ma grand-mère, maintenant perdue dans les limbes d’Alzheimer, aurait également ri volontiers à ce trait d’esprit si elle avait toujours le sien.

Demain, quand j’étais mort ! , c’est pour quels vivants ? 

Alors, est-ce que ce livre plaira aux amateurs fous furieux de zombies ? Là, est la question !

Je pense que oui, à deux conditions. La première est qu’ils se mettent bien en tête, avant de se lancer dans le livre, que ce n’est en aucun cas une histoire classique de zombies même si le gore est bien au rendez-vous. La seconde est que lesdits amateurs de zombies aient un minimum d’humour. Si ces deux conditions sont réunies, je dis banco ou bingo, c’est au choix.

Si comme moi, à l’inverse, vous regardez avec scepticisme cet engouement pour les zombies, je vous conseille aussi de vous lancer sans attendre dans la lecture du livre. Je vous assure, ça fait vraiment plaisir de voir un auteur qui traite le sujet avec légèreté se moquant allègrement des codes du genre comme de ceux des nanars de tous bords en prenant le temps, au passage, de formuler une critique acerbe de notre société.

En d’autres termes, Eddard Mingwe réunit les amoureux de zombies et les gens normaux hermétiques au phénomène sous une même bannière, celle de l’humour et du rire. Alors moi je lui dis bravo et merci pour ce moment.

Site de l’auteurAmazon