Une mère, Alejandro Palomas

Je remercie Babelio et les Éditions du Cherche Midi pour m’avoir permis de découvrir Une mère d’Alejandro Palomas.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le roman qui a enflammé l’Espagne.

Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?
Entre excitation, tendresse et frictions, rien ne se passera comme prévu.

Alejandro Palomas brosse avec humour le portrait d’une famille dont les travers font inévitablement écho à nos propres expériences, et celui d’une mère loufoque, optimiste, et infiniment attachante. Une mère profondément humaine, à qui il reste encore quelques leçons à transmettre à ses grands enfants : au cours de cette longue nuit, secrets, mensonges, non-dits et autres révélations familiales vont éclater.

Prenez place à table. Vous allez être servi !

  • Broché: 320 pages
  • Editeur : Le Cherche Midi (16 mars 2017)
  • Prix : 21€
  • Autre format : ebook
  • Traduction : Vanessa Capieu

AVIS

Quand j’ai postulé à la masse critique spéciale de Babelio pour recevoir ce roman, c’était avant tout pour la couverture et le résumé qui m’avaient intriguée. Et puis, je ne pouvais pas résister au plaisir de découvrir le roman d’un auteur provenant d’un pays dont je ne connais que trop peu la littérature : l’Espagne. Cependant, je craignais une histoire de règlement de compte familial sous fond de repas de fête. Les assiettes qui volent et tutti quanti, très peu pour moi !

J’ai donc été ravie et très agréablement surprise de découvrir, dès le début de ma lecture, qu’Une mère, ce n’est pas des assiettes qui volent, mais c’est au contraire, beaucoup d’amour parfois exprimé maladroitement, de tendresse, de soutien, de secrets et de fardeaux à porter, d’humour… En d’autres mots, en lisant ce roman, c’est un imbroglio d’émotions qui s’offrira à vous, vous faisant passer du rire aux larmes au questionnement en un instant.

Il vous sera difficile, si ce n’est impossible, de ne pas vous attacher à cette famille et à ses membres qui partagent beaucoup d’amour les uns pour les autres tout en ayant une certaine retenue dans le partage de leurs émotions et de leurs secrets. Heureusement, leur proximité leur permet de s’épauler et de panser leurs blessures même dans le silence des non-dits.

On vit l’histoire du point de vue de Fer qui est un peu le confident de sa mère et de ses sœurs. Ce statut privilégié du narrateur permet aux lecteurs de découvrir, petit à petit, les peines qui ont jalonné la vie des femmes de sa vie. Je vous rassure, on en apprend également sur ce trentenaire au cœur brisé même si j’avoue qu’il ma fallu un peu de temps pour m’attacher à lui tout comme à ses sœurs ou à l’oncle Eduardo.

Pour ma défense, Amalia, la mère, tire la couverture pendant une bonne partie du roman de par sa fraîcheur, son grain de folie, sa naïveté et ses réparties très souvent hilarantes. Elle fait partie de ces personnes lumineuses qui apportent du rire et de la légèreté là où il y a de la tristesse et de la lourdeur. Je l’ai tout simplement adorée et j’ai beaucoup ri de ses plans douteux et de ses monologues à la logique plus que décousue.

Elle m’a néanmoins parfois agacée dans sa manière de fuir les conflits et/ou de ne pas assurer son rôle de mère puisqu’elle se comporte bien plus souvent en enfant qu’en adulte. Cependant, vous verrez que malgré son apparente insouciance, Amalia est un roc sur lequel ses enfants peuvent compter dans les moments les plus critiques.

Dans ce livre, l’amour familial est omniprésent et peut offrir une vraie bouffée d’oxygène aux personnes qui ont parfois l’impression d’avoir une famille à part voire carrément dysfonctionnelle. Ce livre est en effet la preuve qu’une famille n’a pas besoin d’être parfaite, d’ailleurs la famille parfaite n’est-elle pas une vue de l’esprit, pour être soudée et être un lieu de refuge quand ses membres ont besoin de réconfort.

J’ai en outre beaucoup aimé la manière dont Alejandro Palomas aborde certains thèmes comme l’homosexualité ou encore le deuil, que ce soit d’une personne ou d’une relation qui n’a jamais vraiment commencé. L’homosexualité ne nous est ainsi pas présentée à travers des personnages caricaturaux, mais comme une chose naturelle qui fait simplement partie de la vie. Tellement vrai, mais tellement important à rappeler… Quant au deuil, il le traite avec délicatesse nous montrant que malgré le mal qu’une absence peut faire, l’important est de continuer à avancer tout en laissant une place aux absents.

Enfin, je ne connaissais pas l’auteur, mais j’aurai plaisir à suivre son travail ayant été séduite par sa plume que j’aurais envie de qualifier de « vivante ». Alors que le sujet de la famille n’est pas l’un de mes préférés, j’ai dévoré chacun des mots de l’auteur qui semblaient presque prendre vie devant mes yeux. J’imagine d’ailleurs très bien le roman adapté au cinéma ou à la télé. Il faut dire que grâce à la plume d’Alejandro Palomas, on ne lit pas Une mère, on le vit.

En résumé, j’ai adoré ce roman qui s’est révélé drôle, touchant et infiniment émouvant.  Si vous aimez les histoires avec des personnages touchants qui vous font ressentir des émotions allant du rire aux larmes, le livre est fait pour vous. Alors qu’attendez-vous pour rencontrer Amalia et sa famille ?

Albédo, Sébastien Fritsch

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Je remercie Sébastien Fritsch de m’avoir confié Albédo et d’avoir su si bien m’en parler. Il est vrai que spontanément, je ne me serais pas tournée vers cet ouvrage et me serais alors privée d’une très belle découverte. Je le remercie également pour sa dédicace, c’est une attention qui me fait toujours très plaisir.

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AUTEUR

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Né en région parisienne en 1969, Sébastien Fritsch s’est installé à Lyon au début des années 2000. Albédo est son sixième roman.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

L’amitié est ce qui reste quand on a tout perdu. Alors Nil n’hésite pas : dès que Mock le contacte, il accepte de le suivre. Même s’ils ne se sont pas dit un mot depuis quinze ans. Même si c’est pour convoyer une urne funéraire. Et même si la destination n’est autre que Ti-Gwern, cette grande maison où, quelque vingt ans plus tôt, ils étaient une poignée à partager leur jeunesse. Nil sait pourtant qu’on n’efface pas le temps en remontant une vieille route : les rires et la musique, les vins parfumés, les regards, les désirs qui animaient tous leurs séjours dans ce lieu hors du monde, sont désormais bien loin sans même parler de Maud. Alors, est-ce l’amitié ou la nostalgie qui le motive à faire le voyage ? Ou devinerait-il, sans vraiment se l’avouer, que rien n’est vraiment fini tant qu’on ne s’y résigne pas ?

  • Broché 340 pages
  • Editeur : Editions Fin mars début avril (11 juin 2016)
  • Prix : 18€
  • Autre format : ebook

AVIS

L’appel d’un vieil ami perdu de vue, une urne funéraire, un voyage à destination d’une maison bien connue autrefois, puis la disparition inexpliquée de Mock… Mais pourquoi a-t-il disparu aussi vite qu’il est réapparu dans la vie d’Emmanuel ? Cette question, de laquelle en découlera beaucoup d’autres, est le point de départ d’une enquête qui conduira Emmanuel sur les traces d’un passé qui n’est pas aussi révolu qu’il n’y paraît.

L’auteur alterne entre présent autour de la recherche de Mock et passé, à travers le flot de souvenirs de Nil, surnom d’Emmanuel, ce qui donne du rythme, un tempo à l’histoire. Malgré un côté introspectif, l’histoire ne se révèle d’ailleurs jamais ennuyante, mais suscite au contraire, sans relâche, l’attention et l’intérêt des lecteurs.

Cette alternance présent/passé apporte également un certain suspense puisque l’on en vient à se demander ce qui a pu se produire il y a presque vingt ans pour conduire à la situation actuelle. L’auteur joue avec notre imagination nous donnant au compte-gouttes des informations sur cette bande d’amis qui s’est perdue de vue, le jour où la plupart des membres ont été éjectés de la maison sans ménagement par le propriétaire des lieux.

Nous ne sommes clairement pas dans un thriller qui vous tiendrait en haleine par un suspense haletant, mais dans une histoire où les nombreuses questions non résolues apportent un certain mystère qui vous donne envie d’en apprendre plus sur Emmanuel, Maud et leurs anciens amis.

J’ai beaucoup aimé ce livre ; j’aurais donc spontanément tendance à le conseiller à tous. Néanmoins, après réflexion, je pense que cet ouvrage ne plaira pas à tout le monde, ce n’est pas un livre passe-partout ni un roman bourré d’actions et de rebondissements abracadabrantesques.

Ce livre plaira avant tout aux personnes qui aiment les histoires d’amitié comme certains aiment les histoires de famille, les deux ayant en commun de contenir leur lot de secrets, de non-dits, d’espoirs déçus, de mystère, mais également leur lot d’éclats de rire, de complicité et de moments heureux.

Le roman séduira de la même manière les lecteurs qui aiment les histoires mettant en scène un personnage non pas parfait, mais parfaitement attachant à la psychologie développée.

Ainsi, en suivant Nil dans son enquête pour comprendre le mystère entourant la disparition de Mock, on apprend à le connaître, lui et ses qualités mais aussi ses failles. On sent l’agacement poindre le bout de son nez quand il découvre que Mock l’a laissé seul dans la maison, on comprend sa déception, ses regrets, sa douleur face à un amour de jeunesse jamais partagé, on perçoit son inquiétude, sa colère face à un ami intime qui semble tellement insaisissable…

On s’agace aussi parfois de son comportement, de son extrême gentillesse qui le rend quelquefois « mou » ou détaché de sa propre personne, renvoyant de lui l’image de néant que Mock lui attribuait. En d’autres mots, on s’attache à Nil, un personnage profondément humain qui évolue tout au long du roman prenant un peu plus d’assurance même si, comme vous le découvrirez, il lui reste du chemin à parcourir avant d’arriver à complètement s’affirmer sans ressentir le besoin de fuir ni de tout accepter.

C’est ainsi que plusieurs jours après avoir tourné la dernière page du roman, il m’arrive d’avoir une pensée pour lui comme s’il était difficile de dire définitivement adieu à un ami. Il faut dire que la finesse avec laquelle l’auteur nous fait entrer dans la vie de ce personnage donne presque l’impression aux lecteurs de le connaître réellement.

En plus de la qualité de la plume de l’auteur, j’ai adoré les dialogues. Je déplore régulièrement un manque cruel de fluidité et de naturel dans ce domaine. J’ai donc été enchantée de découvrir des dialogues réalistes qui auraient pu être échangés dans la vraie vie.

La seule chose qui m’a moins convaincue dans le roman est la raison qui a poussé Mock à disparaître. Je ne peux pas détailler les raisons de mon scepticisme sans vous spoiler, mais ça m’a somme toute semblé être tiré par les cheveux. Cependant, je dois reconnaître que ça ressemble bien à cet homme qui nous apparaît, à travers les yeux de Maud et Emmanuel, aussi brillant que torturé.

Enfin, et c’est bien sûr une opinion toute personnelle, j’aurais adoré voir Ti-Gwen en couverture, cette maison d’apparence abandonnée et délabrée étant un peu à l’image de l’amitié unissant Emmanuel et ses amis, partie en déliquescence faute d’entretien…

En conclusion, Albédo est un roman plein de sensibilité où la psychologie des personnages et en particulier celle de Nil est mise en valeur par la finesse de la plume de l’auteur. Dès les premières lignes, les lecteurs sont embarqués dans cette histoire de disparition qui, en plus d’être mystérieuse et porteuse de nombreuses questions, est aussi l’occasion de nous offrir un voyage dans une histoire d’amitié conjuguée au passé et au présent.

Vous pouvez acheter ou lire les premiers chapitres du roman sur le site des Éditions Fin mars début avril.

A Study in Scarlet, Sir Arthur Conan Doyle

Avec Florence du blog Satoru Kudo, nous avions décidé de lire, en lecture commune, l’intégrale des aventures de Sherlock Holmes en commençant par A Study in Scarlet ou Une étude en rouge dans sa version française. Une troisième lectrice, grande admiratrice du célèbre détective, s’est jointe à nous : la célèbre June du blog June & Cie.

June et moi avons lu le livre en anglais et Florence en français. Le niveau de langue m’a semblé accessible même si un dictionnaire s’est révélé utile notamment dans la deuxième partie. Si vous en avez la possibilité, je ne peux que vous conseiller fortement de faire l’effort de lire dans la langue de Shakespeare.

NB : vous pouvez télécharger gratuitement et légalement A Study in Scarlet ou les aventures complètes de Sherlock Holmes sur Internet. Je l’ai personnellement fait, mon intégrale de Sherlock Holmes étant bien trop lourde et précieuse à mes yeux pour la trimballer de partout.

RÉSUMÉ

When Dr John Watson takes rooms in Baker Street with amateur detective Sherlock Holmes, he has no idea that he is about to enter a shadowy world of criminality and violence.

Accompanying Holmes to an ill-omened house in south London, Watson is startled to find a dead man whose face is contorted in a rictus of horror. There is no mark of violence on the body yet a single word is written on the wall in blood. Dr Watson is as baffled as the police, but Holmes’s brilliant analytical skills soon uncover a trail of murder, revenge and lost love . . .

AVIS

Le livre est divisé en deux parties. La première nous permet de faire connaissance de Sherlock Holmes et du docteur Watson qui vont avoir l’occasion de travailler sur la résolution d’un meurtre. La deuxième partie nous offre une plongée dans une toute autre histoire, enfin en apparence. Vous découvrirez par vous-même et, je l’espère, avec plaisir comment ces deux intrigues sont bel et bien connectées.

La deuxième partie m’a quelque peu surprise puisqu’il n’y est quasiment pas question du célèbre détective et de son acolyte. Le style de narration qui tranche avec celui de la première partie ainsi que les changements de lieu et de temps m’ont même, pendant quelques instants, donné l’impression d’avoir affaire à une tout autre histoire ou d’avoir raté un point important de l’intrigue. Il m’a fallu voir le nom de la victime pour être rassurée…

J’ai mis un peu de temps à entrer dans la deuxième partie qui se révèle d’ailleurs, du point de vue de l’anglais, un petit peu plus difficile à comprendre, des passages descriptifs étant présents. Cependant, une fois que je me suis plongée dans l’histoire, je n’ai pas décollé les yeux du livre impatiente de découvrir comment l’auteur allait réussir à faire le lien entre les deux intrigues. J’ai ainsi adoré sa manière de dérouler le fil de l’histoire et de ménager un certain suspense. Il est vrai que l’on comprend, avant la fin, les tenants et aboutissants du meurtre, mais cela ne nuit en rien au plaisir que l’on ressent à « écouter » Sherlock Holmes expliquer le raisonnement lui ayant permis de résoudre son enquête.

J’avais lu un manga dans lequel était narrée la rencontre entre Sherlock Holmes et le Docteur Watson, mais j’ai néanmoins apprécié de redécouvrir la rencontre entre les deux membres de ce duo, à première vue, plutôt atypique. Nous découvrons l’histoire du point de vue du Docteur Watson qui ici, il faut bien l’avouer, sert plus ou moins de faire-valoir. Je n’ai pas trouvé qu’il était indispensable en dehors de son rôle de narrateur, mais j’ai aimé m’extasier avec lui des prouesses de son nouvel ami et colocataire. Il faut dire que les méthodes de travail de Sherlock Holmes sont, pour l’époque, des plus innovantes et que la personnalité du personnage ainsi que son extraordinaire sens de l’observation et de l’analyse contribuent à le rendre fascinant.

Alors que dans la vraie vie, l’auto-suffisance du célèbre Sherlock Holmes aurait eu tendance à m’agacer, je dois dire qu’ici, cela ne me gêne pas et que ce trait de caractère le rend même presque attachant. J’ai ainsi pris plaisir à le voir exulter de ses découvertes et de sa « victoire » contre les deux autres célèbres détectives chargés officiellement de l’enquête. La compétition entre ces personnages a un côté tellement enfantin qu’elle en devient amusante ou suscite, du moins, une certaine indulgence de la part du lecteur.

Enfin, j’ai retrouvé dans ce roman certaines similitudes avec Le mystère de la chambre de jaune de Gaston Leroux ce qui n’est pas étonnant si l’on rappelle que l’auteur s’était inspiré d’Arthur Conan Doyle qui lui-même s’était inspiré du chevalier Auguste Dupin, personnage d’Edgar Allan Poe. J’ai donc parfois eu le sentiment d’être en terrain connu notamment au niveau du style de narration et de la personnalité de Sherlock Holmes qui présente quelques points communs avec celle de Rouletabille (même confiance en soi, sens aigu de l’observation et d’analyse, esprit de compétition…). Heureusement, les différences entre les deux détectives et les deux histoires demeurent assez nombreuses pour que cela ne soit pas gênant.

En conclusion, si vous aimez les intrigues policières et souhaitez découvrir ou redécouvrir le célèbre duo Sherlock Holmes/ Watson, je ne peux que vous recommander de vous plonger rapidement dans A Study in Scarlet. Le suspense n’est pas intenable, mais les méthodes de travail de Sherlock Holmes, sa personnalité et la relation entre les deux protagonistes rendent la lecture prenante. Ce premier roman introductif m’a plus que jamais donné envie de lire la suite des aventures du plus célèbre détective de la planète.

DECOUVREZ les avis de Florence du blog Satoru Kudo et de June du blog June & Cie.

La Flèche du Scythe, Sébastien Morgan

Je remercie Sébastien Morgan pour m’avoir proposé son roman, La Flèche du Scythe.

AUTEUR

Sébastien Morgan vit en Belgique où il travaille comme enseignant et journaliste. Passionné depuis toujours par la fantasy et la mythologie, il a fait des études universitaires en Histoire de l’Art et Archéologie, ce qui lui a permis d’étudier l’imaginaire des peuples et leur histoire. Lauréat de plusieurs concours de nouvelles et auteur d’essais sur la spiritualité chevaleresque, Sébastien Morgan a décidé de passer à la vitesse supérieure en se lançant dans la rédaction d’une épopée. La « Flèche du Scythe » est le premier roman d’une série traversant l’Histoire.

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PRÉSENTATION

IIe siècle après JC, l’Empire Romain est assiégé de toute part. Chaque jour, les peuples barbares resserrent un peu plus leur étau. Des rumeurs font état d’une alliance possible entre les peuples goths autour du descendant d’Arminius, célèbre vainqueur des légions lors de la bataille de Teutobourg. Yares, un auxiliaire scythe est envoyé pour trouver et assassiner ce nouveau roi barbare. L’éclaireur pénètre dans la grande forêt alors que des forces surnaturelles s’éveillent… Fortement enraciné dans l’Histoire et les mentalités de l’époque, la Flèche du Scythe est un roman d’aventure plein de fantastique et de sorcellerie. Il plaira tant aux amateurs de l’Empire Romain qu’aux inconditionnels des sagas fantasy.

  • Broché: 262 pages
  • Editeur : CreateSpace Independent Publishing Platform
  • Prix : 13,45€
  • Autre format : ebook

 

AVIS

Il y a parfois des romans qui vous font peur, que ce soit en raison du nombre de pages, du ou des thèmes abordés, de l’auteur… La Flèche du Scythe fut l’un d’entre eux pour moi. J’ai tout de suite été attirée par le résumé, mais j’avoue qu’à l’évocation des Goths et autres éléments historiques, j’ai eu un peu peur que mes faibles souvenirs en la matière ne me permettent pas de comprendre parfaitement les enjeux du livre.

Heureusement, cela n’a pas été le cas car si le roman est ancré dans le contexte historique de l’Empire romain du IIIème siècle après J-C, ce n’est pas un livre d’histoire. Les personnes aimant la fantasy et les livres d’action, mais craignant les romans historiques peuvent donc se lancer dans la lecture du roman les yeux fermés.

Un récit dynamique où l’action est prépondérante… 

Si je devais décrire le livre en un mot ce serait incontestablement « action ». C’est simple, dès les premières pages, l’auteur entre dans le vif du sujet et vous plonge dans l’action ! Il n’y a aucun temps mort ce qui rend la lecture du livre très fluide et surtout, complètement addictive. Je peux vous dire que vous n’avez pas le temps de vous ennuyer d’autant que le roman contient de nombreux dialogues qui apportent un certain dynamisme au livre et ancrent l’histoire dans le réel.

Je ne suis pas très amatrice de scènes de bataille, mais j’ai apprécié la manière dont elles sont amenées et décrites par l’écrivain. C’est le genre de passages que je pourrais aisément lire en diagonale, mais ici, je m’en suis abstenue. Mieux que cela, j’ai lu ces scènes avec plaisir d’autant que si elles sont réalistes, elles ne sont pas inutilement gore et restent assez courtes.

Les personnages…

Dans le livre, nous suivons différents personnages ce qui permet d’éviter toute monotonie, ceux-ci étant très différents les uns des autres. Cela apporte également un certain dynamisme et un certain suspense puisqu’on en vient à essayer de comprendre comment l’auteur va arriver à articuler les différentes histoires pour donner corps à son récit.

Néanmoins, cette alternance pourrait se révéler déstabilisante pour certains puisqu’il faut souvent quelques secondes pour comprendre de quel personnage l’auteur est en train de parler. Pour ma part, cela ne m’a pas dérangée d’autant qu’un petit signe visuel prenant la forme d’une astérisque permet de saisir le changement de point de vue.

J’ai beaucoup aimé le protagoniste principal, Yares, un auxiliaire Scythe qui se révèle, tout au long du roman, d’un grand courage, d’une grande droiture et d’une fidélité à toute épreuve envers L’Empire romain malgré le racisme et le mépris dont il est victime. En effet, ses actes de bravoure et sa vie passée à défendre l’Empire ne suffisent pas à l’élite romaine pour le considérer comme l’un des leurs. D’origine Scythe, il reste à leurs yeux un barbare avant tout…

Alara, une sorcière bien décidée à faire payer la mort de son fils à notre auxiliaire, m’a tout de suite intriguée ayant toujours bien aimé ce type de personnage. C’est donc avec plaisir que j’ai suivi le jeu du chat et de la souris initié entre elle et Yares, attendant avec impatience d’en connaître l’issue. J’aurais cependant aimé que la menace représentée par la sorcière soit plus directe. Elle est réelle et en trame de fond tout au long du récit, mais au final, les occasions de confrontation entre les deux ennemis de longue date ne sont pas aussi nombreuses que cela.

D’autres personnages comme le fils de Yares ou celui d’un puissant marchand de Rome sont évoqués sans pour autant que leur histoire ne soit au centre de l’intrigue. On devine néanmoins qu’ils vont jouer un rôle important dans la suite de la série.

Enfin, j’ai retrouvé avec grand plaisir des figures emblématiques et fascinantes de la mythologie que sont les centaures et les griffons. Les passages où ceux-ci sont évoqués ont été mes préférés. J’espère qu’une plus large place à cet aspect mythologique sera donnée lors des prochains tomes.

La fin… plus que surprenante

Il y a ensuite un point que j’ai adoré dans le livre : la fin ! Je dois dire que l’auteur m’a complètement prise de court avec cette fin à laquelle je ne m’attendais pas du tout. Je m’attendais bien à des événements dramatiques en raison d’une association récente et temporaire entre deux personnages qui n’auraient pas dû se rencontrer et encore moins s’aider. Mais je ne pensais pas que cela interviendrait juste en fin de roman et de manière aussi brutale. C’est à la limite cruel de laisser les lecteurs sur ces dernières lignes. En tout cas, je peux vous dire qu’une fois la dernière page tournée, j’avais une furieuse envie de lire la suite des Chroniques Merveilleuses.

Le seul petit point qui m’a un peu gênée :

J’ai pu noter la présence de fautes d’orthographe ce qui ne me permet pas de faire de ce roman un coup de cœur d’autant que la qualité de la plume de l’auteur fait espérer un sans-faute ou un quasi-sans-faute dans ce domaine.

 

En conclusion, si vous avez envie d’un récit ancré dans l’histoire romaine mêlant action, des personnages forts, des créatures mythologiques, de la magie… La Flèche du Scythe devrait vous plaire. Amateur ou non de fantasy, je vous invite à vous laisser emporter par la plume de l’auteur afin de vivre intensément cette histoire captivante et complètement addictive.

A NOTER : Sébastien Morgan s’est attaqué à la suite de ce premier tome très prometteur et espère la terminer d’ici la fin de l’année. Pour ma part, je serai sans aucun doute au rendez-vous pour la lire. Chose qui me semble plutôt rare pour un auteur auto-édité, il est également en train de faire traduire son roman en anglais par un traducteur littéraire professionnel. Je lui souhaite un très bon accueil par les lecteurs qui lisent dans la langue de Shakespeare.

MA NOTE : 4,5/5

Mini-chroniques en pagaille #6

Mini-chroniques en pagaille

Voici l’heure des mini-chroniques en pagaille :

  • Chanson douce, Leïla Slimani

Drame – Incompréhension – Critique

J’ai décidé de ne pas chroniquer le livre dans le cadre d’un article classique car j’ai déjà lu beaucoup d’avis à son sujet et j’aurais un peu eu l’impression d’être redondante.

J’ai apprécié le roman puisque je l’ai lu d’une traite lors d’une nuit d’insomnie. On ne voit tout simplement pas les pages défiler. C’est que l’auteure a su créer une ambiance qui devient de plus en plus angoissante à mesure que l’étau se resserre autour de cette nounou en apparence si parfaite.

Comme le lecteur connaît le drame qu’il s’est produit, il est difficile de ne pas réagir devant la passivité des parents qui, pour préserver leur quotidien et un équilibre familial providentiellement atteint, sont prêts à fermer les yeux sur des comportements inadaptés et intrusifs de Louise.

La plume de Leïla Slimani, en plus d’être d’une grande fluidité, est tout en subtilité ; beaucoup de choses sont ainsi suggérées, implicites. N’espérez pas comprendre totalement Louise, elle-même ne semblant d’ailleurs pas pouvoir expliquer son effroyable geste. Cela peut se révéler frustrant, mais assez réaliste, toutes les atrocités humaines n’étant pas explicables.

Si j’ai beaucoup apprécié Chanson douce, il m’a manqué un petit quelque chose pour en faire un coup de cœur. En effet, j’ai quand même trouvé que le roman souffrait de quelques incohérences peut-être dues à son peu de pages. Par exemple, il m’a paru peu vraisemblable qu’une mère totalement dévouée à ses enfants passe à l’autre extrême dès qu’elle retrouve un travail et n’hésite pas à en donner l’entière responsabilité à sa nounou même en vacances à l’étranger ! De la même manière, beaucoup de choses sont implicites dans ce roman ce que je conçois et ce qui contribue d’ailleurs à donner cette atmosphère si pesante. Néanmoins, cela m’a parfois donné le sentiment que l’auteure se reposait trop sur l’interprétation des lecteurs pour combler un certain manque de détails.

En bref, j’ai beaucoup aimé Chanson douce malgré quelques faiblesses.

  • Le plus beau métier du monde, Jeanne Sélène

Amour – Mort – Surprise

Le plus beau métier du monde est la seconde nouvelle de Jeanne Sélène que j’ai le plaisir de découvrir et de nouveau, le charme a totalement opéré. Il faut dire que l’autrice possède cette capacité de vous happer dès les premières lignes de son récit.

Aidée par un style des plus agréables, elle joue avec votre imagination lui faisant miroiter des choses afin de mieux arriver à vous surprendre.

En résumé, laissez-vous tenter par cette nouvelle qui se lit rapidement et avec plaisir. La seule chose que vous risquez, c’est une belle découverte.

La nouvelle est téléchargeable gratuitement sur AMAZON.

  • Coeur de pierre, Gauthier et Almanza

Amour – Déterminisme – Solitude

J’ai tout d’abord été attirée par la magnifique couverture qui est d’ailleurs à l’image des illustrations de cet album toutes les plus splendides les unes que les autres.

J’ai aimé cette histoire d’amour tuée dans l’œuf en raison des préjugés et d’un certain déterminisme qui vous pousse à devenir ce que les autres pensent de vous… L’histoire de ce garçon né sans cœur et de cette petite fille née avec un cœur d’artichaut est belle et cruelle à la fois. Elle ne devrait pas vous laisser indifférente surtout qu’elle est sublimée par un magnifique univers graphique.

Ce n’est pas un coup de cœur, mais Coeur de Pierre reste une très très belle découverte  que je vous conseille.

Vous connaissez déjà ces livres ? Vous en avez lu un ou plusieurs ? Qu’en avez-vous pensé ?

Inaccessibles tome 1 : La Tour aux mille étages, Katharine McGee

J’ai reçu Inaccessibles, La Tour aux mille étages de Katharine McGee dans le cadre d’un partenariat Livraddict. Je remercie donc le site ainsi que les éditions Michel Lafon pour leur confiance.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

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Bienvenue à Manhattan, en 2118

New York est à la pointe de l’innovation et du rêve. La ville est désormais une tour de mille étages où les plus aisés vivent à son sommet. Tout semble parfait, lisse et idéal.

Jusqu’au jour où une jeune femme tombe du millième étage…

Meurtre ou accident ? Les suspects sont nombreux. La belle et riche Eris, qui découvre un secret familial terrible ? Rylin, qui travaille pour un garçon des étages supérieurs ? Watt, qui espionne tout le monde grâce à une IA qu’il a créée ? Leda, qui cache une addiction ? Ou Avery, la plus parfaite de toutes, qui habite le penthouse du millième étage ? Entre soirées débridées, glamour et petits secrets entre amis, la Tour aux mille étages va révéler ses mystères.

Plus dure sera la chute

  • Broché: 413 pages
  • Editeur : Michel Lafon (9 février 2017)
  • Prix : 17,95€

AVIS

Visuellement, je trouve l’ouvrage très réussi de la couverture à la tranche et puis, le toucher soyeux de la couverture est des plus agréables :

Inaccessibles

L’idée de contenir la ville de New-York et ses habitants dans une tour de mille étages, avec au sommet les plus riches et en bas, les plus pauvres m’a tout de suite intriguée. Le concept a l’air complètement fou, mais l’auteure le rend très vite plausible au point qu’on passe vite à autre chose : la vie mouvementée de quelques-uns de ses habitants.

La plupart des personnages proviennent des étages supérieurs voire du dernier étage, en ce qui concerne Avery, la fille idéale dont la richesse n’a d’égal que la beauté. Si le stéréotype de la fille parfaite mais avec un fond de pimbêche nous a été épargné, j’ai néanmoins trouvé cette héroïne fade, engluée et obsédée par une histoire d’amour impossible et taboue.

Leda, meilleure amie d’Avery, partage un point commun avec son amie : une passion sans borne pour un garçon. D’un caractère plus noir, la jeune fille en vient même à sombrer dans l’alcool et la drogue pour ce jeune homme qui ne semble pas partager ses sentiments. Le personnage a quelque chose d’intéressant dans sa noirceur, mais je n’ai pu que la trouver antipathique et capricieuse. Tout est exagéré avec cette jeune fille ce qui la rend très peu crédible et ne permet, à aucun moment, de compatir avec celle-ci.

Au début du livre, seul Rylin, qui provient des étages inférieurs, m’a semblé sympathique notamment dans sa volonté de préserver un certain équilibre familial avec sa sœur depuis le décès prématuré de leur mère. Néanmoins, au fil de l’intrigue, elle a fini par m’exaspérer me donnant l’impression de presque systématiquement opter pour les mauvaises décisions.

La seule bonne surprise a été Eris qui, en raison d’un secret familial, voit sa vie bouleversée et prend, petit à petit, la mesure de l’opulence dans laquelle elle a jusqu’alors vécu. Sa rencontre avec un personnage habitant dans le bas de la tour va lui permettre d’évoluer progressivement et de devenir un peu plus humaine et un peu moins obsédée par les apparences. Cette évolution aurait pu être assez stéréotypée, mais j’ai trouvé que l’auteure l’avait amenée en douceur la rendant réaliste. Eris ne va pas se montrer parfaite du jour au lendemain abandonnant d’un coup son goût inné pour le luxe et la luxure, mais il est indéniable qu’elle grandit et prend de l’épaisseur.

Dans le résumé, est fait mention de la chute d’une jeune femme du haut de la tour… Malheureusement, cet aspect qui est mis en avant et qui introduit un suspense indéniable n’est que très peu abordé dans le livre ce que j’ai regretté. Il n’y a que vers la fin du livre qu’on a enfin un retour de cette histoire de chute et que la curiosité du lecteur est suscitée. Bref, pour ceux qui seraient attirés par l’aspect enquête et meurtre du roman, un bon vieux Sherlock Holmes devrait mieux vous satisfaire.

Je n’ai pas adoré le roman ni détesté, je l’ai lu sans plaisir ni déplaisir. Il n’était donc pas mauvais, mais simplement pas pour moi. Je n’ai pas réussi à être intéressée par la vie des personnages et par leurs différentes histoires. Je suis cependant contente d’avoir lu le livre car les avis de blogueuses américaines à son sujet avaient vraiment titillé ma curiosité. C’est donc sans regrets et avec la curiosité assouvie que j’ai tourné la dernière page de ce premier roman. Et c’est assez paradoxalement que je vais vous avouer avoir envie de lire la suite.

En effet, durant ma lecture, je me suis dit à plusieurs reprises que je ne lirai pas le tome 2 n’ayant pas forcément envie d’en apprendre plus sur ces personnages que, pour la plupart, je n’ai pas appréciés voire, pour certains, que j’ai détestés. Puis, est arrivé le dernier chapitre qui a fait voler en éclats cette résolution ! Je dois dire que je ne m’attendais pas à ce que l’auteure arrive à captiver complètement mon attention en à peine quelques pages. La tournure que prennent les événements laisse ainsi entrevoir un second tome plus sombre où la vengeance tiendra sûrement une place importante… Pour le savoir, je lirai donc certainement la suite.

En conclusion, j’attendais beaucoup de ce roman, sûrement beaucoup trop car si j’ai aimé certains aspects comme l’idée d’une tour en tant que lieu d’habitation et représentation symbolique des inégalités sociales, je suis passée à côté de l’histoire. La vie  de ces personnages, en majorité issus de la haute société, ne m’a pas passionnée, mais plus jeune, j’aurais probablement accroché. Je conseillerais donc Inaccessibles aux personnes attirées par des séries comme Beverly Hills 90210 (pour les trentenaires) ou Gossip Girls puisque vous y retrouverez l’aspect bling-bling et des situations amoureuses assez tordues.

A question of magic, E.D Baker

J’ai découvert A question of magic de E.D Baker par hasard lors de mes pérégrinations livresques sur Momox. Attirée par la couverture et le résumé, je n’ai pu que me laisser tenter.

Lu en anglais, je n’ai pas l’impression que ce roman jeunesse ait déjà été traduit. Néanmoins, le niveau d’anglais reste très accessible.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Serafina was living the normal life of a village girl, when she gets a mysterious letter–her first letter ever, in fact–from a great aunt she’s never heard of in another village. Little does ‘Fina know, her great aunt is actually a Baba Yaga, a magical witch who lives in an even more magical cottage.

Summoned to the cottage, Serafina’s life takes an amazing turn as she finds herself becoming the new Baba Yaga. But leaving behind home and the boy she loves isn’t easy, and as Serafina grows into her new and magical role answering the first question any stranger might ask her with the truth, she also learns about the person she’s meant to be, and that telling the future doesn’t always mean knowing the right answers.

AVIS

Un bel objet

Je trouve le livre très réussi visuellement de la couverture aux petits détails insérés en début de chapitre et dont vous comprendrez le sens une fois l’histoire dévorée :

Une réecriture de conte…

L’auteure nous propose une réécriture de conte qui met en scène une figure traditionnelle des contes russes et plus généralement slaves, Baba Yaga. Je connaissais vaguement ce personnage pour l’avoir découvert enfant, mais je n’en gardais pas un grand souvenir.

J’ai donc effectué quelques petites recherches sur cette sorcière ce qui m’a permis de constater que si l’auteure nous offre sa propre version du conte, elle en a toutefois conservé quelques éléments.

Si vous désirez en apprendre plus sur cette sorcière, cet article du Courrier de Russie pourrait vous intéresser.

L’histoire…

Seraphina est une jeune villageoise qui vit entourée de sa famille et de son ami d’enfance, presque fiancé. Jeune fille curieuse et instruite, l’une des rares à avoir appris à lire et à écrire, elle voit sa vie chamboulée par l’arrivée d’une lettre provenant d’une mystérieuse grande-tante dont personne n’a le souvenir. Elle est ainsi invitée à venir récupérer son « héritage » sans que ne lui en soit dévoilée la nature.

Et le cadeau se révèlera plutôt fardeau puisque Serafina va devenir la nouvelle Baba Yaga et devoir apprendre, par elle-même, l’étendue de ses capacités et de ses obligations. Maintenant liée à un cottage qui se déplace sur des pattes de poulet, elle va voguer de lieu en lieu pour répondre aux questions des personnes la sollicitant ce qui ne sera pas sans conséquence sur sa propre santé….

Les personnages…

Livrée à elle-même, Seraphina pourra heureusement compter sur l’aide de personnages les plus attachants les uns que les autres à l’instar de ces crânes qui parlent et qui vont devenir ses amis. Elle prendra bien soin de les polir et eux de la soutenir, une jolie coopération en somme. Elle partagera également sa vie avec un chat qui parle, même s’il se révèle plutôt bougon et que ses paroles sont souvent plus sibyllines que limpides. Mais cela fait partie de son charme…

Durant son apprentissage du rôle de Baba Yaga, Seraphina rencontrera, bien sûr, des personnes malintentionnées, souhaitant tirer profit de ses capacités. Mais elle fera surtout la connaissance de personnes qui lui apporteront, directement ou indirectement, leur soutien.

Quant à Seraphina, difficile de ne pas s’attacher à cette jeune héroïne d’une grande gentillesse et pleine de bonne volonté. Malgré son envie de retrouver sa vie d’avant et son fiancé, elle fait de son mieux pour assurer son nouveau rôle et ceci sans se lamenter sur son sort.

Deux petits points…

J’ai beaucoup aimé cette histoire mêlant magie, amitié, découverte de soi, amour (mais de manière très légère)… Enfant, je pense que ce roman aurait été un coup de cœur ! Cependant, deux points pourraient gêner certains lecteurs même si cela n’a pas été le cas pour moi.

D’abord, il y a une certaine redondance de l’action puisque la nouvelle vie de Seraphina est assez répétitive : elle va dans un lieu grâce à son cottage magique, répond aux questions de personnes et change de lieu… Heureusement, des péripéties et surtout la quête de l’héroïne pour retrouver sa vie d’avant viennent se greffer rendant l’intrigue intéressante et pleine de rebondissements.

Ensuite, des thèmes comme la mort, la guerre mais également la question de savoir si toutes les vérités sont bonnes à entendre sont abordés. Mais nous restons dans un roman jeunesse avec une histoire toute gentillette. De la même manière, la fin est assez convenue, mais elle correspond à tout point à ce que l’on peut attendre de ce genre de livre.

En résumé, si vous avez envie de découvrir une jolie réécriture de conte traitant du personnage de Baba Yaga, A question of magic devrait vous plaire. L’histoire est mignonne à souhait et tout le monde se révèle attachant, ou presque, de l’héroïne aux personnages secondaires. Une très jolie découverte qui devrait vous offrir un joli moment de magie… un peu comme un Disney version papier.