De bonnes raisons de mourir, Morgan Audic

Je remercie les éditions Albin Michel et Babelio pour m’avoir permis de découvrir les épreuves non-corrigées de De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée. Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques.

Albin Michel (2 mai 2019) – 496 pages – Broché (21,90€) – Ebook (14,99€)

TRAILER

 

AVIS

De bonnes raisons de mourir est un roman captivant et prenant, non pas par son originalité, l’auteur reprenant les grands ressorts d’un bon thriller, mais par le lieu de l’action, l’Ukraine, et plus particulièrement, la ville fantôme de Pripiat vidée de ses habitants à la suite de l’incident nucléaire de Tchernobyl.

La date du 26 avril 1986 est profondément ancrée dans la mémoire collective, mais les personnes non directement impactées ont depuis repris le cours de leur vie sans autre désagrément qu’une éventuelle crainte relayée dans un coin de leur cerveau. La situation est bien différente pour toutes ces personnes qui vivent, elles, avec le fantôme de Tchernobyl qui hante leur histoire familiale, mais aussi leur vie actuelle. Entre les enfants nés avec des infirmités, les cancers qui continuent à se déclarer plus de trente ans après le drame et ces radiations qui font partie de la vie des individus condamnés à vivre près d’un monstre toujours aussi menaçant, la page Tchernobyl n’est définitivement pas tournée pour tout le monde…

Et ce n’est pas l’inspecteur Melnyk et sa jeune collègue, Galina Novak, fraîchement sortie de l’académie de police, qui diront le contraire, tous les deux ne rêvant que d’une chose : s’éloigner de Pripiat et de toutes ces radiations dont il est bien difficile de véritablement se prémunir. Mais pour cela, ils vont devoir retrouver un terrifiant meurtrier qui n’a pas hésité à mutiler et exposer sa victime, un citoyen russe du nom de Léonid Sokolov, sur la façade d’un immeuble. L’enquête, déjà intrigante, va prendre de l’ampleur quand on établira un lien avec le meurtre de la mère de Léonid assassinée en même temps que sa voisine, trente ans plus tôt, lors de la terrible nuit où la centrale a explosé. Difficile alors de ne pas être pétri de curiosité quant à l’identité de ce tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle !

Léonid Sokolov s’est-il brûlé les ailes en s’approchant trop près de l’identité du tueur de sa mère ? Son père, Vektor Sokolov, un homme puissant et fortuné, en est convaincu, et est bien décidé à arrêter une bonne fois pour toutes cet assassin qui s’acharne sur sa famille. Déplorant l’inefficacité des autorités locales, il engage alors un policier russe, Alexandre Rybalko né à Pripiat, pour mener à bien sa vendetta. Le policier s’était promis de ne jamais retourner dans la ville de son enfance, mais ses jours étant comptés, il finit par accepter la proposition afin de pouvoir offrir, grâce à la promesse d’une énorme somme d’argent une fois sa mission accomplie, une vie meilleure à sa fille. Un dernier cadeau d’un père négligent qui n’a pas toujours fait les meilleurs choix dans sa vie…

Nous suivons donc alternativement le policier ukrainien aidé de sa collègue, et le policier russe qui agit à titre personnel et, bien souvent, en dehors des clous. Les deux enquêteurs se rapprochent, d’abord séparément puis en collaborant, de ce tueur répugnant qui se plaît à mettre en scène ses méfaits de manière particulièrement macabre. Prend-il un malin plaisir à mutiler les corps de ses victimes ou ses actes suivent-ils des motivations plus profondes ? Une question, parmi d’autres, qui vous tiendra en haleine et qui vous fera tourner avec avidité ces presque cinq cents pages que je n’ai, pour ma part, pas vu défiler. Il faut dire que l’action est au rendez-vous, les révélations fracassantes et bouleversantes, et les péripéties s’enchaînent sans vous laisser le temps de reprendre votre souffle !

En plus du rythme, j’ai beaucoup aimé la manière dont l’auteur a su construire des personnages complexes dont on découvre, petit à petit, les faiblesses, les qualités, les attentes, les espoirs… Bien qu’imparfaits, les deux policiers se révèlent donc profondément humains et touchants. Melnyk essaie de composer avec cette Ukraine dans la tourmente et en proie à la corruption, la misère, la violence, la guerre... Honnête dans une société malade qui fait de cette qualité une excentricité, il reste droit quoi que cela puisse lui en coûter que ce soit dans sa vie professionnelle ou familiale. C’est ainsi qu’en travaillant dans des zones à risque, il devient paria auprès de sa propre femme, et qu’en refusant de participer aux magouilles, petites ou grandes, il ne peut apporter à son fils l’aide matérielle dont il aurait tellement besoin…

Ce policier m’a beaucoup touchée, mais c’est bien Rybalko qui apporte la plus grande densité dramatique à l’histoire. En choisissant quelqu’un qui n’a rien à perdre, Vektor Sokolov s’est assuré le support d’une machine de guerre qui nous apparaît pourtant vulnérable. Devant le peu de temps qu’il lui reste à vivre, Rybalko en vient à faire le point sur son passé, le traumatisme de Tchernobyl, son engagement en Tchétchénie qui l’a profondément marqué, et ses nombreux manquements en tant que père et mari. Une introspection tardive sans complaisance qui, en plus d’être touchante, ajoute au sentiment d’urgence que l’on ressent tout au long de la lecture, un peu comme si un compte à rebours était enclenché et qu’on en percevait le tic-tac ininterrompu. Rybalko permet également à l’auteur d’évoquer le racisme en Ukraine et auprès de certains groupes d’individus qui ne voient pas d’un bon œil qu’un métis ose s’immiscer dans leurs affaires…

Grâce à un style entraînant, vif et immersif, Morgan Audic arrive, en outre, à retranscrire à la perfection l’ambiance sordide et mortifère de Tchernobyl et de ses environs. Au passage, attestant d’un travail de recherche pointilleux, il en profite pour donner des informations qui sont tellement surréalistes qu’on en vient à espérer qu’elles ne soient que le fruit de son imagination : des visites guidées des environs de la centrale d’une indécence folle, des zones protégées qui sont des paniers percés, des objets contaminés qui font le tour du globe…

En conclusion, De bonnes raisons de mourir est un thriller captivant et intelligemment construit qui nous immerge dans une Ukraine en proie à la tourmente et sur laquelle plane le fantôme de Tchernobyl qui se révèle peut-être finalement le plus terrible meurtrier de ce récit. Entre corruption et violence, Morgan Audic nous offre une enquête palpitante portée par deux enquêteurs complexes et complémentaires dont on suit chaque mouvement avec intérêt et appréhension. Voici donc un thriller à l’ambiance aussi sombre et glauque qu’immersive que je vous conseille si vous avez envie d’une histoire rythmée mêlant habilement fiction et réalité.

 

Publicités

Premières lignes #77 : De bonnes raisons de mourir, Morgan Audic

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman que j’ai dévoré et dont je vous reparle bientôt : De bonnes raisons de mourir de Morgan Audic.

De bonnes raisons de mourir

« Un cadavre atrocement mutilé suspendu à la façade d’un bâtiment. Une ancienne ville soviétique envoûtante et terrifiante. Deux enquêteurs, aux motivations divergentes, face à un tueur fou qui signe ses crimes d’une hirondelle empaillée. Et l’ombre d’un double meurtre perpétré en 1986, la nuit où la centrale de Tchernobyl a explosé…Morgan Audic signe un thriller époustouflant dans une Ukraine disloquée où se mêlent conflits armés, effondrement économique et revendications écologiques. »

PREMIÈRES LIGNES

_ C’est vraiment le pire endroit où mourir, déclara l’officier Galina Novak.
Au nord, vers la frontière biélorusse, des nuages noirs gonflaient à l’horizon, déversant des averses froides sur les forêts de Polésie. Novak sortit un paquet de cigarettes de sa poche et la tapota nerveusement sur un genou.
_ Vous pensez que c’est un meurtre ?
Surpris par la question, le capitaine Joseph Melnyk décrocha un instant son regard de la route et le tourna vers sa passagère. Cheveux blonds soigneusement domestiqués en une queue de cheval stricte, visage juvénile, uniforme flambant neuf au look vaguement américain… une fois de plus, il songea que la jeune femme, tout juste sortie de l’académie de police, ne semblait pas à sa place dans l’habitacle miteux de sa vieille Lada de service.
_ Vous pensez que quelqu’un a tué ce type ? insista-t-elle.
Melnyk haussa les épaules.
_ Inutile de s’en faire toute une histoire. Je te parie qu’il s’agit d’un touriste qui a fait une crise cardiaque, ou d’un vieil ivrogne qui est tombé d’un balcon. Ça sera réglé en moins de deux heures. Pas la peine d’imaginer le pire.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Découvrez les premières lignes des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Selene raconte
Pousse de gingko
La Pomme qui rougit
Chat’Pitre
La Booktillaise
The Cup of Books
Prête-moi ta plume
Le Parfum des Mots
Les lectures d’Emy
Songes d’une Walkyrie
Shury lecture
Aliehobbies
Entre deux lignes
Rattus Bibliotecus
Figures de style
Ma petite médiathèque

Premières lignes #74 : Le colis, Sebastien Fitzek

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette session, je voulais vous présenter les premières lignes d’un roman qui me tente énormément depuis sa sortie et pour lequel j’ai fini par craquer : Le colis de Sebastien Fitzek.

« Psychiatre, Emma Stein a été victime d’une agression nocturne dont elle s’est miraculeusement sortie. Depuis, elle vit recluse dans sa maison, de peur de croiser à nouveau la route de ce psychopathe que la presse a surnommé le Coiffeur.

Un jour, son facteur lui demande d’accepter un colis pour l’un de ses voisins. Emma connaît tous ceux qui habitent dans sa rue.
Or, jamais elle n’a entendu parler de cet homme… »

PREMIÈRES LIGNES

Lorsque Emma ouvrit la porte de la chambre de ses parents, elle ignorait qu’elle le faisait pour la dernière fois. Plus jamais elle ne viendrait à minuit et demi se blottir contre sa mère, son éléphant en peluche à la main, s’efforçant de ne pas réveiller son père. En plein rêve, il donnait des coups de pied dans le vide, marmonnait des paroles sans queue ni tête ou grinçait des dents.
Aujourd’hui, il ne gigotait pas, ne grommelait pas et ne grinçait pas. Aujourd’hui, il ne faisait que gémir.
— Papa ?
Sur la pointe des pieds, Emma quitta le couloir obscur pour entrer dans la chambre. La lumière de la pleine lune, qui en ces nuits de printemps trônait au-dessus de Berlin comme un soleil de minuit, tombait à travers les stores baissés en un scintillement argenté. À travers ses paupières plissées sur lesquelles sa frange tombait en un rideau châtain, elle scruta les alentours : le coffre en rotin au pied du large lit, les tables de chevet en verre dont il était flanqué, l’armoire aux portes coulissantes où il lui arrivait de se cacher, avant.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain

Je remercie Babelio et Fleuve éditions pour m’avoir permis de découvrir Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain.

À noter que Tu tairas tous les secrets est le cinquième tome de la saga 36, quai des Orfèvres, mais il peut se lire indépendamment des autres.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris.
Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au sil
ence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

Fleuve éditions (11 octobre 2018) – 416 pages – 19,90€ (broché) – ebook diponible

AVIS

Hervé Jourdain nous offre non pas une, mais deux enquêtes, l’une qui se déroule à Paris, l’autre dans un parc naturel des Ardennes. Si la première se révèle intéressante dans la mesure où elle nous conduit dans le monde de l’édition et ses dessous, pas forcément très glorieux, c’est bien la seconde qui a éveillé tout mon intérêt.

L’auteur déroule sous les yeux des lecteurs une affaire assez sombre et complexe dans laquelle le présent vient titiller le passé. Et qui dit passé, dit secret qu’il vaut parfois mieux taire ou ignorer. C’est, dans tous les cas, l’opinion de Guillaume Desgranges qui ne veut pas découvrir comment l’ADN de sa femme disparue depuis une dizaine d’années s’est retrouvé sur le corps de la victime des Ardennes. S’il a beaucoup souffert de sa disparition, il a depuis tourné la page et ne souhaite pas entendre parler de cette étrange histoire. Mais c’était sans compter sur le brigadier Zoé Dechaume et le lieutenant Lola Rivière bien déterminés à lever le voile sur la disparition de la femme de leur chef de groupe, que celui-ci le veuille ou non. Et pour cela, il leur faudra enquêter sur le meurtre des Ardennes quitte à prendre quelques libertés avec la justice française et belge…

À mesure que les deux coéquipières progressent dans leur enquête et que l’auteur abat ses cartes, la tension monte, la situation s’opacifie et les questions se multiplient… On se rend alors compte que l’enquête est bien plus complexe qu’il n’y paraît et que les deux femmes se sont lancées dans une entreprise dont elles n’avaient nullement soupçonné la dangerosité et les multiples ramifications.

Comme les deux femmes, on se pose pas mal de questions sur les liens qui peuvent exister entre les différentes révélations faites au fil des pages. Il se dégage ainsi du récit un certain suspense d’autant que le roman n’est pas exempt de personnages ambivalents qui semblent cacher quelques secrets. Certains comportements laissent donc une drôle de sensation… À cet égard, mes soupçons sur l’un des personnages se sont révélés fondés même si je n’avais pas pris la mesure de toute l’horreur de ses agissements !

L’auteur, à travers son récit, aborde différents sujets comme la question des réfugiés même si c’est de manière assez succincte. Mais il est avant tout question ici de manipulation, de celle qui déconstruit et détruit des vies et dont on ne ressort presque jamais indemne. Je ne pourrai pas vous détailler cet aspect sans vous gâcher une bonne partie de l’intrigue, mais je peux néanmoins vous dire qu’il n’est pas nécessaire de tuer directement pour se comporter comme un monstre… Là où certains auteurs nous glacent le sang avec des détails sordides, Hervé Jourdain préfère, quant à lui, jouer sur la noirceur de l’âme humaine et cette faculté qu’ont certaines personnes à exploiter les failles des autres pour en tirer profit. C’est révoltant, mais tristement réaliste ! Mais plus déstabilisant encore, l’auteur nous prouve à quel point l’humain est complexe et que la frontière entre victime et bourreau est ténue, voire perméable…

Au-delà de l’aspect enquête, ce qui fait la richesse de ce roman, c’est la galerie de personnages complexes et hauts en couleur qui nous est proposée. Par leur manière d’interagir et de se comporter, les personnages sonnent « vrais ». Un point intéressant si l’on considère, comme l’actualité le montre, qu’on aurait tendance à oublier que derrière les forces de l’ordre se cachent des êtres de chair et de sang avec leurs forces, leurs faiblesses et leur propre personnalité que les procédures et la paperasse ont tendance à asphyxier, mais aucunement effacer… Alors comme dans la vraie vie, certaines attitudes plaisent, d’autres agacent, mais elles n’en demeurent pas moins toujours très humaines.

J’ai, pour ma part, eu un peu de mal au début du roman avec Zoé et Lola qui, sous couvert d’aider leur ami, font montre d’une certaine indélicatesse, mais ce sont paradoxalement les deux personnages qui m’ont le plus intéressée. Loin de jouer les faire-valoir de leurs homologues masculins, elles tiennent ici le haut de l’affiche ! Très différentes l’une de l’autre, elles ont pourtant en commun de savoir s’affranchir de leur hiérarchie et des règles quand cela s’avère nécessaire. L’auteur nous offre donc un duo de choc qui plonge la tête la première dans l’action, parfois avec une certaine témérité qui frise l’imprudence, mais toujours avec panache. Cela leur attirera bien sûr des ennuis, mais leur détermination à toute épreuve les mènera sur les chemins tortueux de la vérité… De fortes têtes que j’aurai plaisir à suivre dans d’autres aventures d’autant que la fin laisse envisager un changement de cap pour notre équipe d’enquêteurs qui devrait ressortir plus soudée que jamais de cette histoire.

En conclusion, avec Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain a su construire un récit prenant et immersif dans lequel des éléments apparemment disparates finissent par s’emboîter pour dévoiler une réalité que personne n’aurait pu soupçonner… Toute vérité est-elle bonne à dire ? À vous de vous faire votre propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que toute vérité se mérite, une découverte qui se fera dans la douleur pour nos protagonistes. Bien écrit, sombre, mais avec quelques notes d’espoir, complexe et pourtant prenant, voici un roman aux multiples facettes qui saura plaire aux lecteurs recherchant une enquête exigeante et sans concession !

Et vous, envie de découvrir Tu tairas tous les secrets ?

Premières lignes #60 : Tu tairas tous les secrets, Hervé Jourdain

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, je vais vous présenter les premières lignes de ma lecture en cours, Tu tairas tous les secrets d’Hervé Jourdain.

Une femme est retrouvée morte dans le parc naturel des Ardennes.
À plusieurs kilomètres de là, le corps d’une autre est repêché dans la Seine.
Sur le pull que portait la première victime, l’ADN de l’épouse d’un chef de brigade de la PJ de Paris.
Au cou de la seconde, un curieux médaillon en forme de chouette.
Le commandant Guillaume Desgranges est chargé de l’enquête parisienne. Et ce qui se passe dans les Ardennes, il refuse d’en entendre parler : il a élevé seul son fils et remué ciel et terre pour retrouver celle qu’il aimait. Le temps a passé. Son évaporation ne regarde qu’elle, à présent, où qu’elle soit.
Le brigadier Zoé Dechaume ne l’entend pas de cette façon et n’a qu’une idée en tête : remonter la piste ardennaise. Alors, en toute clandestinité, et en duo avec sa coéquipière Lola Rivière, elle va se lancer sur les traces d’une femme qu’elle ne connaît pas, mais dont elle a toutes les raisons de penser qu’elle vit encore.
Mettant en péril leurs carrières et bien plus encore, les deux jeunes femmes vont se heurter aux secrets qui contraignent au silence, écorchent, et finissent par tuer ceux qui les portent.

PREMIÈRES LIGNES

Les cigales avaient cessé de chanter, le vent avait fui vers d’autres contrées. Ne lui restait que le silence du crépuscule pour compagnon. Et sa respiration, lourde, chaude comme un jour de canicule, haletante après des heures de marche, des kilomètres de fuite au travers d’une forêt dense, cahoteuse, couverte de ronces et d’épines qui avaient fini de lui cisailler les jambes. Elle n’osait bouger la tête, guettait tout bruit impromptu, frissonnait au moindre courant d’air. Elle essuya sueur et poussière accumulées sur son front à l’aide de la frange de sa robe fleurie, rare bout de tissu encore immaculé.

Adossée à un arbre, elle s’était affaissée sous le poids de la fatigue et de son ventre. Son visage fixa un soleil rougeoyant qui se mirait sur la surface du fleuve. Au-delà, elle distingua la silhouette d’un village percé d’un clocher d’ardoises et d’un moulin sans ailes.

Ses sandales n’avaient pas résisté. La lanière de cuir de l’une d’elles s’était brisée au détour d’un sentier abrupt. Elle s’était résolue à jeter la seconde, à force de claudiquer. Malgré ses pieds douloureux et ensanglantés, elle lui avait échappé. Combien de semaines, combien de jours pourrait-elle encore tenir ? La maladie avait eu raison d’elle. La naïveté, aussi. Elle n’espérait plus qu’une chose : donner la vie avant que la mort ne s’empare d’elle.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

 

Premières lignes #59 : Innocent, Harlan Coben

Premi!èr-1

J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai choisi de vous parler d’Innocent, un roman d’un auteur que j’aime beaucoup surtout quand je cherche un thriller efficace, Harlan Coben.

Ces téléphones portables avec fonctions photo et vidéo, Matt n’en voulait pas. Mais l’enthousiasme d’Olivia a emporté ses dernières réticences. Pour filmer le bébé qui va bientôt arriver, a-t-elle dit.
Trois jours plus tard, un message de son épouse, en voyage d’affaires à Boston. Sur l’écran, un film de 15 secondes. La vue volée d’une chambre d’hôtel. Un inconnu allongé sur un lit en galante compagnie. Un coup de poing dans l’estomac. Cette femme, c’est Olivia.

PREMIÈRES LIGNES

VOUS N’AVEZ JAMAIS EU L’INTENTION DE LE TUER.

Votre nom est Matt Hunter. Vous avez vingt ans. Vous avez grandi dans une banlieue résidentielle du New Jersey, non loin de Manhattan. Votre quartier ne paie pas de mine, mais la ville elle-même est relativement riche. Vos parents travaillent dur et vous aiment inconditionnellement. Vous êtes leur deuxième enfant. Vous avez un grand frère que vous idolâtrez et une petite sœur que vous supportez.

Comme tous les gosses du voisinage, vous vous faites du souci pour votre avenir et vous interrogez sur l’université qui va vous accepter. Vous vous appliquez, et vos notes sont bonnes, mais pas extraordinaires. Vous avez une moyenne de A-. Vous n’êtes pas dans les dix premiers, mais de peu. Vous avez d’honnêtes activités parascolaires ; entre autres, vous exercez la fonction de trésorier du lycée. Vous faites partie à la fois de l’équipe de foot et de celle de basket – vous êtes assez fort pour jouer en troisième division, mais pas suffisamment pour décrocher une bourse. Vous avez légèrement tendance à la ramener et vous ne manquez pas de charme. En termes de popularité, vous vous classez tout juste après le peloton de tête. Quand vous vous présentez aux tests de sélection qui vont décider de votre cursus universitaire, votre conseiller d’orientation est surpris par vos bons résultats.

Et vous, envie de découvrir ce roman ? Aimez-vous l’auteur ? 

Les liens des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Light & Smell
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
La couleur des mots
Au détour d’un livre
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Le Monde de Callistta
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Hubris Libris
Selene raconte
Les lectures d’Angélique
Pousse de gingko
Rattus Bibliotecus
La Pomme qui rougit
Ma Petite médiathèque
• Saveur littéraire
Prête-moi ta plume
Chat’Pitre
Envie de lire
La Booktillaise
Lectoplum
Encore un livre
Le monde de Gulia
Alohomora

Top Ten Tuesday #108 : 10 thrillers que je vous conseille

566856438

« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Thème de la semaine : 10 thrillers que je vous conseille

Ces deux thrillers m’ayant aidée à sortir d’une très longue panne de lecture, je vous les recommande les yeux fermés ! Avant d’aller dormir a été adapté au cinéma et j’espère qu’un jour Crains le pire ait la chance de suivre le même chemin…

Couverture Avant d'aller dormir

Autre thriller que j’ai dévoré et qui m’a fait passer un très bon moment de lecture : La fille du train. Je n’ai, par contre, pas été convaincue par l’adaptation cinématographique…

Couverture La Fille du train

Au-delà de ces trois thrillers qui sont, pour le moment, mes préférés, ceux-ci m’ont également beaucoup plu et ont été chroniqués sur le blog :

Couverture L'accusé du Ross-ShireCouverture L'Assassin de ma soeur

Couverture L'échangeCouverture Au coeur de la folie

Couverture Piège conjugalCouverture Toutes blessent la dernière tue

Et je mets Séduction maudite à part car le roman se distingue des autres de la liste : l’écriture est, comme d’habitude avec Stéphane Soutoul, superbe et l’histoire est bercée par une aura quasi fantastique. Il y a également une histoire d’amour qui m’a conquise…

Couverture Séduction maudite

Et vous, si vous ne deviez en choisir qu’un, quel thriller me conseilleriez-vous ?