L’épouse et la veuve, Christian White

Couverture L'épouse et la veuve

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…

Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux .Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur. Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ? Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

France Loisirs – 304 pages – 16,50€

AVIS

Le résumé m’a tout de suite intriguée que ce soit pour le suspense mis en avant ou le lieu de l’action, une île au large de l’Australie, un peu de dépaysement étant, surtout à l’heure actuelle, toujours le bienvenu. Et je dois dire que si le début m’a semblé intéressant, mais peut-être un peu convenu, j’ai fini par sérieusement revoir mes premières impressions, l’auteur m’ayant surprise à deux reprises.

Cela commence par le choix original et audacieux du titre qui ne fait pas de mystère sur la mort de l’un des personnages. D’emblée, et contrairement à sa femme Kate qui garde espoir, on comprend que John n’est plus de ce monde. Si cela aurait pu nettement amoindrir l’intérêt des lecteurs quant à son sort et celui de sa veuve, il n’en est rien. Ici, le plus important semble bien plus de découvrir pourquoi et comment il est mort que sa mort en elle-même. Du moins, c’est ce que j’ai fini par ressentir. De manière assez déstabilisante et inattendue, je me suis, en outre, prise d’une certaine affection pour cet homme que l’on ne connaît pourtant qu’à travers les yeux de ses proches, et un passé qui se dévoile progressivement à nous. Ce sentiment s’explique peut-être par une certaine fragilité que l’on perçoit en lui et son statut de médecin au sein d’une structure de soins palliatifs…

D’ailleurs, si le sujet n’est pas évoqué outre mesure, l’auteur aborde la difficile question de la détresse émotionnelle, voire spirituelle, que ce métier peut engendrer, et de la nécessité pour certains praticiens de prendre du recul. Est-ce que la difficulté du métier peut expliquer la disparition de John et ses mensonges ou la situation est-elle bien plus complexe qu’elle n’y paraît ? Afin d’obtenir des réponses, Kate, accompagnée de son beau-père, se rend sur l’île de Belport où elle a de bonnes raisons d’espérer retrouver son mari disparu. Mais sur place, elle devra faire face à la terrible vérité… Si en début de roman, le beau-père m’a paru plutôt bourru et maladroit, j’ai fini par l’apprécier tout comme j’ai apprécié l’évolution de Kate, que la disparition de son mari va endurcir. De fil en aiguille, elle va briser cette image de femme lisse et presque transparente et s’affirmer…

En parallèle de Kate, dont la petite vie tranquille s’effondre plus vite qu’un château de cartes, on suit Abby qui vit sur l’île avec son mari et leurs deux enfants. Là où Kate est effacée, Abby fait montre d’une certaine autorité et, parfois, d’un esprit un peu cassant avec les siens. Sans être méchante, elle n’attire donc pas vraiment la sympathie même si son passe-temps préféré a, quant à lui, le mérite d’attirer l’attention. Avouez que des amatrices de taxidermie, ça ne court pas les rues ni les romans ! La famille ne croule pas sur l’or, mais plus que les problèmes d’argent, ce qui inquiète vraiment Abby, c’est le comportement de son mari, Ray. Ce dernier, en plus de s’être lancé dans un programme de remise en forme des plus draconiens, semble lui cacher des choses et lui mentir. Une situation délicate qu’elle essaie de mettre au clair… pour le meilleur et pour le pire.

Toutes les vérités, sont-elles bonnes à dire ? N’est-il pas préférable d’enterrer profondément et définitivement certains secrets ? Deux questions qui hanteront ce roman nous plongeant dans l’enfer des non-dits, des actions que l’on regrette, des secrets qu’il est difficile d’oublier, mais avec lesquels il est encore plus difficile de vivre. Et en suspens, reste, comme obsédante, cette terrible interrogation : jusqu’où peut-on aller pour protéger les gens que l’on aime ?

Des interrogations et des thématiques assez classiques pour un thriller, mais l’auteur leur fait atteindre un autre niveau, grâce à un retournement de situation extrêmement bien trouvé et amené. En cours de lecture, j’ai parfois eu le sentiment diffus que quelque chose n’allait pas, que je passais à côté d’un indice, d’une vérité cachée sous l’ombre des faux-semblants… Mais à aucun moment, je n’avais anticipé la nature de mes doutes ni leur origine. L’auteur a donc réussi, sur ce point, à me bluffer ! Je dis l’auteur, mais je devrais ajouter l’auteur et sa femme parce que si c’est bien le premier qui a œuvré pour nous berner et nous offrir un thriller haletant et très bien construit, c’est la seconde qui lui a offert l’idée donnant toute sa force et son originalité à son œuvre. Un joli travail d’équipe, en somme !

L’alternance des points de vue entre l’épouse et la veuve apporte beaucoup de dynamisme au récit, mais elle est surtout l’occasion de mettre en parallèle la vie de deux femmes très différentes l’une de l’autre, tout en nous poussant à nous interroger sur les liens pouvant les unir, elles ou leur mari. Pourquoi John est-il venu seul sur l’île de Belport qu’il détestait ? Connaissait-il Ray et le cas échéant, quels étaient leurs liens ? Ray est-il impliqué dans la mort de John ? L’a-t-il tué et si oui, pourquoi ce père de famille sans histoire aurait-il commis un meurtre ? Des questions, parmi beaucoup d’autres, qui donnent la furieuse envie aux lecteurs de faire toute la lumière sur une histoire qui semble bien plus complexe qu’il n’y paraît… Devant le suspense et la tension qui s’intensifient nettement dans le dernier tiers du roman, il devient impossible de s’arrêter avant que ne soit enfin dévoilée la vérité. J’ai peut-être regretté une fin un peu expéditive, tout en comprenant qu’il n’en fallait pas plus pour que les lecteurs saisissent tout le poids des drames et des sacrifices contenus dans un dernier geste désespéré pour taire ce qui ne peut plus l’être.

En conclusion, avec L’épouse et la veuve, Christian White signe un thriller étonnant qui, tout en reprenant des ficelles propres au genre, se démarque par un retournement de situation très bien pensé et amené avec une telle intelligence qu’il est difficile de ne pas se laisser duper. Entre suspense, mensonges, culpabilité et secrets, voici un roman que vous aurez bien du mal à lâcher et qui vous montrera que pour certains, la notion de sacrifice peut aller très loin. Et vous, jusqu’où seriez-vous prêts à aller pour protéger votre famille ?

Retrouvez le roman sur le site de France Loisirs.

Le linceul des âmes, Eva Marin

Le linceul des âmes

Suite à un choc émotionnel, l’existence d’Ely devenue Rosa après un changement d’identité nécessaire à sa survie, est soignée dans un couvent où elle s’accroche à un tissu très particulier.
Sa vie, qui ne tient qu’à un fil, bascule alors dans la folie d’une vengeance froide qui se déroulera entre Perpignan et Barcelone…

Évidence Éditions -338 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

De nouveau, c’est la couverture qui a attiré mon attention et si, en général, cela me réussit plutôt bien, avec ce roman, l’expérience est loin d’avoir été concluante. Dès le début, j’ai su que ça allait être compliqué pour moi de poursuivre ma lecture sans lever les yeux au ciel et sans m’énerver derrière l’écran de ma liseuse. D’ailleurs, si ce roman n’avait pas été un service de presse, je l’aurais abandonné très vite.

En plus de petites incohérences et de facilités scénaristiques, j’ai eu grand mal à supporter le côté caricatural de l’histoire et des personnages. C’est dommage parce qu’à la lecture des mots de l’autrice en début d’ouvrage, je m’étais vraiment attendue à une héroïne complexe et à la personnalité nuancée. Or, si elle est bien capable du meilleur comme du pire, on est toujours dans l’extrême, ce qui rend le personnage fort peu convaincant et réaliste.

Et malheureusement, je n’ai pas pu me raccrocher aux événements qui m’ont semblé, la plupart du temps, s’enchaîner de manière fort pratique pour Rosa. En cours de lecture, je me suis souvent fait une réflexion que ma grand-mère maternelle avait coutume de dire devant certains films : comme par hasard. Comme par hasard, notre héroïne tombe sur une gentille personne qui lui paie le train et lui donne de l’argent dès leur rencontre (chanceuse dans son malheur cette Rosa), comme par hasard, elle s’enfuit de la tanière du loup et tombe directement dans les bras d’un religieux prêt à lui faire de faux papiers…

En d’autres mots, soit l’héroïne subit les pires tourments de la part de sa famille et de la secte au sein de laquelle elle a été élevée ainsi que de ses alliés, soit elle tombe sur des gens qui l’aident spontanément et avec un altruisme admirable. Et quand elle n’est pas aidée directement, sa vengeance semble être bénie des dieux, vu la facilité avec laquelle elle tue et entre dans des lieux qui, selon toute vraisemblance, auraient dû être bien mieux gardés. De la même manière, je reste très surprise de voir les pratiques d’un autre temps qu’arrive à mettre en place un hôpital psychiatrique dans l’indifférence générale. On en vient à de demander ce que fait la police…

Ce sont quelques exemples, parmi d’autres, qui ne m’ont pas permis de m’intéresser à l’histoire et au sort d’une héroïne qui aurait dû pourtant m’émouvoir en raison des drames qui ont jalonné sa vie (viols, torture, internement forcé, tentatives de meurtre…). Elle n’est d’ailleurs pas la seule à avoir souffert puisque sur la route de la vengeance, elle trouvera d’autres âmes écorchées en même temps qu’un homme à aimer. Cela est assez surprenant quand on voit à quel point Rosa a subi la concupiscence des hommes depuis son plus jeune âge, mais à l’exception d’une scène qui m’a laissée perplexe, l’histoire d’amour entre elle et José s’impose à nous sans nous sembler étrange. On y voit une sorte de parenthèse heureuse dans une vie parsemée de malheurs et de drames.

L’autrice avait de bonnes idées comme nous plonger dans l’enfer d’une secte à travers, entre autres, les souvenirs de Rosa, mais la partie vengeance et thriller manque trop de nuance et de finesse pour que je me sente concernée et intéressée. Dommage parce que le sujet des sectes m’intéresse… L’autrice ayant mélangé fiction et réalité, je me suis néanmoins demandé ce qui appartenait à l’un ou l’autre parce que certaines dérives font froid dans le dos.

Si je n’ai pas réussi à entrer dans l’histoire, je reconnais toutefois que le rythme est assez soutenu puisqu’il se passe toujours quelque chose et que l’alternance passé/présent dynamise le récit. Quant à l’écriture d’Eva Marin, je l’ai trouvée simple, mais agréable. Il n’y a pas de grands effets de style, mais l’ensemble reste efficace malgré quelques dialogues qui m’ont semblé forcés. C’est donc pour moi, le fond qui a péché et non la forme. Toutefois, n’hésitez pas à lire d’autres avis que le mien pour savoir si vous avez envie ou non de tenter l’aventure…

Je remercie Évidence Éditions pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Le jeu, Jean-Christophe Chaumette

Le jeu

Ils ne s’étaient pas retrouvés depuis dix ans et le jeu allait les réunir une nouvelle fois. Ils avaient décidé de tout oublier, de se retirer hors du monde, hors du temps, pour une dernière partie. Ils pensaient éprouver plus de frissons, plus d’émotions et plus de plaisir qu’ils n’en avaient jamais connu. Mais ils n’avaient pas compris toutes les règles du jeu…

Évidence Éditions (16 octobre 2020) – 260 pages – Broché (16€) – Ebook (7,99€)

AVIS

La couverture a tout de suite attiré mon attention, mais c’est le titre, aussi court qu’énigmatique, qui m’a donné envie de me plonger dans ce roman que j’ai trouvé extrêmement bien construit et plutôt intelligent. D’une plume simple, mais efficace, l’auteur nous plonge dans les arcanes d’un jeu déroutant, car si les règles nous sont expliquées progressivement, on se rend compte, petit à petit, que plus qu’un jeu, il s’agit d’un piège.

Un piège dans lequel sont tombés plusieurs amis qui, dix ans après leur dernière rencontre, sont réunis pour une nouvelle partie étalée sur plusieurs semaines. On aurait pu s’attendre qu’après toutes ces années, les questions autour de la vie privée de chacun fusent, mais que nenni. Une fois les banalités d’usage débitées, la partie peut commencer. Et, quelle partie !

Les amateurs de jeu de rôle devraient apprécier de se plonger dans ce roman, mais, pour ma part, ce que j’ai adoré, c’est le suspense, le mystère et l’angoisse que l’auteur distille et insuffle à son récit. On sait très vite que quelque chose de grave et de dramatique est arrivé durant la partie. On connaît aussi rapidement l’identité du coupable, du moins du coupable désigné, mais restent en suspens la question de la nature du drame, puis plus tard, les raisons qui ont pu pousser quelqu’un, en apparence calme et sympathique, à de telles atrocités.

De quel mal a-t-il été frappé pour en arriver là ? Je resterai assez vague pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais j’ai apprécié le machiavélisme avec lequel l’auteur pousse ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à leur faire atteindre leur point de rupture. Se pose ainsi la délicate question de la responsabilité… Le Mal a-t-il toujours été là, tapi dans le noir sous des couches de civilité et de gentillesse, ou c’est le jeu, dans toute sa perversité qui l’a créé, à moins que la réponse soit encore bien plus terrifiante que cela…

Le jeu est un mot qui se part bien souvent d’innocence, mais il peut également révéler une réalité bien plus sombre et plonger certaines personnes dans les affres de la tourmente et de l’addiction. En effet, si les adultes qui nous sont présentés en début d’ouvrage nous semblent tous très différents les uns des autres, ils ont tous en commun d’être complètement obnubilés par le jeu. Dès leur arrivée chez l’un des participants, toutes leurs pensées et leurs actions sont tournées vers un seul et même objectif : le jeu.

Il faut dire que leur maître de donjon, extrêmement consciencieux et engagé dans son rôle, s’est assuré d’avoir l’entière et totale attention, si ce n’est dévotion, des participants… Des participants qui n’attirent guère la sympathie des lecteurs, mais qui n’en demeurent pas moins fascinants par leur propension à chercher dans le jeu un exutoire ou, pour certains, quelque chose de bien moins anodin. Mais à trop se perdre dans l’irréel et l’imaginaire, ne risque-t-on pas d’y perdre son âme ? Pour le savoir, il faudra vous plonger dans le roman, mais je peux néanmoins vous dire que la tournure que prennent les événements ne devrait pas manquer de vous captiver et de provoquer en vous un certain sentiment de danger.

En effet, l’auteur ne tombe pas dans le gore, mais il y a définitivement quelque chose qui prend à la gorge dans cette histoire où semble flotter l’ombre du Mal… L’angoisse monte crescendo et nous laisse dans l’expectative d’une fin que l’on pressent diabolique et qui s’est révélée à la hauteur de mes attentes.

Au-delà de l’ambiance qui plonge doucement vers l’horreur, le roman met également en avant le lien étroit entre chaque joueur et le personnage qu’il s’est construit dans le jeu, ce que j’ai trouvé très intéressant et assez révélateur sur la personnalité et les attentes de chacun. Des attentes qui diffèrent d’ailleurs fortement d’un joueur à l’autre puisque l’auteur nous offre une galerie variée de personnages entre un psychiatre plein de suffisance, une femme oisive et plutôt méchante, un homme toléré pour ses capacités hors du commun dans le jeu, mais méprisé par les autres dans la vraie vie, un hôte aimable à la réussite évidente, un maître de donjon assez énigmatique qui semble presque auréolé de toute-puissance… Des êtres et des parcours de vie assez différents qui s’effacent devant l’impératif du jeu… pour le meilleur et pour le pire. 

En conclusion, avec intelligence, et sans un certain sens de la mise en scène, l’auteur nous plonge dans les arcanes d’un jeu, peut-être moins innocent qu’il n’y paraît… Roman où l’ambiance s’épaissit à mesure que les pages défilent, Le jeu est surtout un récit dans lequel aucune place n’est laissée au hasard, car si la vie n’est qu’un jeu, celui-ci est particulièrement machiavélique et bien pensé ! Aucun moyen d’y échapper, mais rappelez-vous que ce n’est qu’un jeu…

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Box de Noël France Loisirs (2020)

Quand Aurélie, de chez France Loisirs, m’a proposé de m’envoyer une box de Noël, j’ai été ravie, appréciant toujours les surprises !

J’ai ainsi eu le plaisir de recevoir, dans une très belle boîte, une carte, un catalogue, un photophore en forme d’étoile et deux livres dont un qui était dans ma wish list, l’intégrale de Grisha. Je possède déjà les deux premiers tomes que j’ai d’ailleurs chroniqué sur le blog (Grisha, Le dragon de glace), mais je résiste rarement à une jolie couverture…

L’intégrale. 1 livre, 3 romans

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.
Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.
Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.
Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

PRIX : 21,50€

Quant à L’épouse et la veuve, le résumé et la couverture me tentent aussi beaucoup.

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…
Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux.
Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur.
Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ?
Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

PRIX : 16,50€

Pour retrouver ces livres et beaucoup d’autres, ça se passe sur le site de France Loisirs.

Des cadeaux pour toutes les envies !

Et vous, ces romans vous tentent-ils ?
Connaissez-vous le Grishaverse ?

L’Inconnu de la forêt, Harlan Coben

L'Inconnu de la forêt par Coben

Vous ne savez rien de lui, il est pourtant votre seul espoir.
Le maître incontesté du thriller vous emmène en balade sur le chemin d’une nouvelle insomnie… Prenez garde à ne pas vous perdre.

WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.

Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables.

Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Belfond (15 octobre 2020) – 432 pages – Broché (21,90€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Roxane Azimi

AVIS

Reçu dans le cadre d’une masse critique spéciale Babelio, ce roman devait être chroniqué sous forme d’une lettre adressée à la personne de notre choix…

Coucou Fab,

Confinement oblige, je ne vais pas pouvoir te parler dimanche chez papa du dernier Coben que j’ai lu. Et comme tu n’aimes pas trop les mails et que j’en ai marre du téléphone qui semble être devenu une extension de mon oreille ces derniers mois, je ressors ma plus belle plume (oui, je vends du rêve) et une feuille pour t’envoyer une petite lettre.

D’habitude, c’est plutôt avec papa que je parle livre, mais comme tu sembles avoir apprécié le roman de l’auteur que je t’ai offert à Noël, je me suis dit que celui-ci pourrait également te tenter. Je ne sais pas si tu te souviens, mais je t’avais expliqué que ce qui fait le charme d’Harlan Coben et qui rend ses romans si addictifs, c’est sa manière de proposer des intrigues percutantes qui se lisent vite et bien ! Et L’inconnu de la forêt ne déroge pas à la règle puisque j’ai profité d’un jour férié pour le lire d’une traite ou presque. Alors on ne retrouve pas forcément le suspense haletant qui fait également la marque de fabrique de l’auteur, mais cela n’ôte en rien le plaisir que l’on prend à se plonger dans son esprit parfois tortueux… Si le suspense n’est pas ce qui caractérise ce roman, la tension est, quant à elle, bien présente jusqu’à devenir presque étouffante dans la dernière ligne droite durant laquelle les événements s’enchaînent et les révélations pleuvent. Je me suis d’ailleurs laissée surprendre par le fin mot de cette histoire, plus complexe qui n’y paraît, qui mêle avec brio politique, dérives des médias et des réseaux sociaux, disparition et harcèlement scolaire.

D’ailleurs, tu te souviens d’Anthony et sa bande ? Eh bien, l’auteur nous en propose ici une version encore plus démoniaque. À côté de Cash et de ses potes, l’équipe de harceleurs de notre primaire et du collège fait bien pâle figure ! La victime de ces énergumènes aussi riches que décérébrés ? Une pauvre fille du nom de Naomi qui semble porter son statut de victime et de punching-ball sur sa figure et jusque dans le moindre de ses gestes. Mais le souffre-douleur disparaît une fois avant d’être retrouvé puis de disparaître à nouveau. Fugue, encore un jeu idiot d’une adolescente prête à tout pour être enfin acceptée par ses bourreaux ou le pire, cette fois, est-il à craindre ? Si les policiers ne semblent pas prendre l’affaire très au sérieux, la question de sa sécurité se pose quand un autre adolescent disparaît à son tour. Les deux affaires sont-elles liées ?

Si tu veux le savoir, il va te falloir lire le roman que je te prêterai volontiers une fois qu’on pourra se voir. Mais dans ma grande mansuétude, je vais quand même t’en dire un peu plus, notamment sur un personnage énigmatique comme on les aime, Wilde. Sa psychologie n’est pas développée outre mesure, mais je sais que cela ne te dérange pas et puis, vu son histoire personnelle, ça semble plutôt cohérent. En effet, Wilde est un enfant des bois, un enfant retrouvé dans la forêt sans que jamais personne n’ait jamais pu retrouver les siens ou retracer les premières années de sa vie. Privé de mémoire et de passé, Wilde s’est donc développé, une fois la civilisation retrouvée, comme il l’a pu. Une histoire particulière dont il garde des traces comme un cauchemar récurrent et l’impossibilité de nouer des liens sociaux avec autrui. Alors il a bien eu un meilleur ami, décédé depuis, et se sent proche du fils de ce dernier, pour lequel il joue le rôle de tonton, mais difficile pour lui de s’enfermer dans des relations conventionnelles… Un homme sans attache, mais attachant, que l’on prend plaisir à suivre et que l’on aimerait beaucoup retrouver dans d’autres aventures.

Et c’est cet homme énigmatique qui va mener l’enquête autour de la disparition de Naomi suite à la demande d’une avocate pénaliste et animatrice télé septuagénaire, elle-même sollicitée par Matthew, son petit-fils et filleul de Wilde. Hester m’a un peu fait penser à mamie, avant qu’une araignée lui grignote la mémoire, par son humour, sa pugnacité, son mordant et son sens de la répartie. Une mamie badass que tu devrais autant apprécier que moi, même si je pense que tu seras peut-être un peu moins sensible que je l’ai été à sa vie personnelle, entre l’envie d’être proche de son petit-fils et les papillons qui s’éveillent grâce à un certain chef de police… En revanche, je ne doute pas que tu sois touché par sa difficulté à faire le deuil d’un fils trop tôt décédé…

En plus de l’enquête pour retrouver les deux adolescents disparus, l’une paria et l’autre star du lycée, il y a un aspect plus politique dans ce roman, un point qui ne semble pas avoir convaincu tous les lecteurs bien que, pour ma part, je l’ai trouvé intéressant, surtout si l’on considère l’élection américaine qui vient de se terminer. On retrouve d’ailleurs ce côté opposition franche et farouche entre deux hommes politiques, l’un présenté comme le diable en personne, un anarchiste capable de mettre l’Amérique à genoux, et l’autre comme un fervent patriote, prêt à tout pour protéger son pays. Mais Rusty Eggers est-il aussi dangereux que Saul Strauss semble le penser ? Une bonne question avec, en sous-texte, une autre à laquelle Machiavel a déjà répondu, la fin justifie-t-elle les moyens ? Jusqu’où peut-on aller pour défendre ses idéaux et son pays ?

Cette dimension politique permet également à l’auteur de présenter les failles du système judiciaire américain qui nécessite parfois de bafouer les droits des uns, plus particulièrement s’ils ne sont ni blancs ni riches, pour garantir l’ordre et un pseudo-sens de la justice. Dans cette optique, même des victimes peuvent finir par choisir d’endosser le rôle de bourreau par confort personnel et volonté de préserver leur confort matériel et leurs acquis sociaux. Une nouvelle preuve que contrairement à une vision binaire et simpliste de la vie défendue par certains, la réalité est bien plus complexe et teintée de gris, chacun d’entre nous étant du capable du meilleur comme du pire… 

Je vais m’arrêter là parce qu’il y a des chances que pendant que tu lis cette lettre, Éva et Émeric aient déjà mis le salon sens dessus dessous et qu’une dizaine de mini-drames autour de doudous sournoisement subtilisés se soient déjà joués. Mais si les petits monstres te laissent un peu de temps, tu sais vers quel livre te tourner…

Je remercie Babelio et les éditions Belfond de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

L’ombre de l’assassin (Stillhouse Lake#2), Rachel Cain

L'ombre de l'assassin par Caine

Gwen était parvenue à sauver ses enfants des griffes de son ex- mari, le tueur en série Melvin Royal. Mais celui-ci vient de s’évader de prison. Et elle prend peur.
Alors que seule une poignée de personnes connaissent son nouveau numéro de portable, elle reçoit ce texto glaçant :  » Vous n’êtes plus en sécurité nulle part  » ! Fuir ou se terrer de nouveau ne servirait à rien. L’heure a sonné d’inverser les rôles…
De proie, Gwen veut devenir prédateur. Et, avec l’aide du frère de l’une des victimes de Melvin, éliminer ce dernier. Mais à mesure que leur traque avance, le doute envahit ceux qui croient en Gwen. Est-elle aussi étrangère aux crimes de son mari qu’elle le prétend ? Pour preuve cette photo compromettante qui circule sur les réseaux sociaux..

L’Archipel (15 octobre 2020) – 400 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Sebastian Danchin

AVIS

L’ombre de l’assassin est la suite de L’ombre de la menace.

Ayant adoré L’ombre de la menace, j’attendais avec impatience cette suite qui s’est révélée assez différente, mais tout aussi palpitante et prenante ! Melvin, évadé de prison, Gwen est de nouveau sur le qui-vive, allant d’hôtel en hôtel miteux pour protéger ses enfants, Lanny et Connor, de leur psychopathe et tueur en série de père. Mais un déclic s’est produit en elle : fini de jouer les proies, l’heure d’inverser les rôles a sonné. Et si, maintenant, c’était au tour de Melvin d’être traqué et acculé ?

Cette décision courageuse, mais pas sans risque, contraint Gwen à faire une chose qui lui brise le cœur, confier ses deux enfants au soin de deux personnes de confiance, capables de veiller sur eux et de faire face à toutes les situations. Gwen pourra également compter sur le soutien de Sam, le frère d’une victime de Melvin, bien décidé à régler son compte à ce tueur pervers, mais d’une intelligence rare. Mais notre duo est-il réellement conscient de ce qu’une telle traque implique et de toutes les forces en jeu ? Peu probable si l’on se fie à ce que l’on découvre au fil des pages. Car si Melvin est un homme extrêmement dangereux, il ne représente peut-être pas la pire des menaces…

Je préfère rester vague sur le fond du roman pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux toutefois vous dire que j’ai été complètement captivée par les événements qui rythment cette sorte de road trip visant à débusquer l’un des pires tueurs en série que j’aie pu rencontrer dans un roman. Melvin est un homme froid, pervers et d’une noirceur extrême, n’hésitant pas à manipuler même un enfant qui ne désirait que trouver ce qui lui a toujours manqué, une figure paternelle aimante et bienveillante. Plus on apprend à le connaître, plus on tremble donc à l’idée de toutes ces années qu’il a pu passer auprès d’une famille bien inconsciente de sa véritable nature.

Si les lecteurs ne doutent pas de la bonne foi de Gwen et de ses enfants quant aux abominations perpétrées par Melvin, une partie de l’opinion publique et de nombreux trolls sur le web continuent à accabler et à harceler Gwen, quand ce n’est pas une organisation aux contours bien plus flous qui la traque sans répit. Que cette situation m’a révoltée, cette femme ayant déjà bien assez souffert sans que des personnes viennent déverser toute leur haine ! Mais le pire, du moins pour moi, a été de voir que malgré tout ce qu’elle a fait pour les siens, il a suffi d’un élément pour que les doutes les assaillent… Si j’ai pu excuser Connor en raison de son âge et de son besoin de reconnaissance paternelle, j’ai eu bien plus de mal à comprendre les autres personnages. J’ai d’ailleurs ressenti un tel sentiment d’injustice et d’indignation devant certains comportements et certaines paroles que j’ai eu envie de jeter mon livre par la fenêtre. Preuve de l’attachement que j’ai développé pour Gwen…

Il faut dire qu’elle m’a profondément touchée, émue, bluffée et époustouflée ! Oubliez la femme effacée et soumise que Melvin a épousée. Accueillez plutôt la personne qu’elle est devenue : une femme courageuse bien décidée à se battre comme une lionne pour mettre définitivement hors circuit le prédateur qui menace sa vie, mais surtout, celle de ses deux enfants. L’autrice nous brosse ici le portrait d’une mère courage que l’on a qu’une envie : voir sortir vainqueur de son combat à mort avec un être abject qui prend plaisir à détruire et à massacrer des femmes, mais aussi sa propre « famille ». Je mets des guillemets, car avec un tel monstre, il est peu probable que ce mot ait une quelconque signification…

En plus de celui de Gwen, on suit également les points de vue de ses deux enfants et de Sam, ce qui apporte beaucoup de dynamisme au roman même si je dois avouer que ce sont les passages consacrés à Gwen qui m’ont le plus tenue en haleine. Pour autant, il reste intéressant de découvrir la perception des choses de chacun, et notamment de Connor qui semble assez renfermé sur lui-même, une faille que son père n’hésitera pas à exploiter de la plus abjecte des manières. Lanny, quant à elle, m’a parfois fait penser à Gwen dans sa manière de protéger Connor. Elle se montre parfois maladroite, mais difficile de ne pas ressentir les liens forts qui l’unissent à son frère. Si l’adolescente a vécu des choses inimaginables, elle est également confrontée à des problématiques bien plus communes comme l’amour. Il sera ainsi question d’homosexualité, un sujet traité ici avec beaucoup de simplicité et de naturel.

Le souvenir de Sam s’était un peu estompé depuis ma lecture du premier tome, mais j’ai apprécié de retrouver cet homme dont la vie a également été brisée par Melvin, l’assassin et le tortionnaire de sa sœur. Aussi déterminé que Gwen à lui régler son compte, il se révélera un précieux allié que ce soit grâce à ses différents talents ou son réseau. En plus de sa personnalité et de son envie manifeste de protéger Lanny et Connor, j’ai apprécié la relation assez complexe et ambivalente qu’il a développée et nouée avec Gwen. Une relation qui sera mise à mal par des événements qui semblent gagner en intensité et en noirceur à mesure que les pages défilent…

Comme dans L’ombre de la menace, l’autrice a ainsi réussi à créer un climat d’angoisse qui monte crescendo jusqu’au dénouement final tant attendu et redouté à la fois. Melvin, simple homme que l’on peut arrêter, ou figure démoniaque dont l’aura funeste planera toujours au-dessus des siens ? Une question qui nous pousse, comme les personnages, à être tout le temps sur nos gardes, comme si le serpent pouvait nous frapper à chaque instant. Au-delà de ce tueur en série effrayant et dénué de sentiments, nous découvrons également la perversion humaine sous sa forme la plus brute, celle qui exploite la violence et les vices les plus immondes des hommes pour se faire de l’argent. C’est peut-être d’ailleurs le plus effrayant dans cette histoire, parce que si les tueurs en série ne sont pas légion, le phénomène dénoncé par l’autrice semble bien plus conséquent et d’une telle horreur qu’on en vient à questionner le fondement de notre humanité…. Et si après tout, Melvin n’était pas le plus effrayant des monstres ?

En conclusion, machination, mensonges, révélations, tension qui monte crescendo jusqu’à vous enserrer le cœur, lutte à mort pour la survie, personnages à la psychologie parfaitement travaillée… Tout autant d’éléments qui rendent la lecture de L’ombre de l’assassin hypnotique et glaçante à la fois. Si vous avez envie d’un roman dans lequel un combat sans merci s’engage entre une mère courage et un monstre sans cœur, ce thriller psychologique addictif est fait pour vous. Mais prenez garde aux monstres tapis dans l’ombre… de l’assassin.

Découvrez un extrait de L’ombre de l’assassin sur le site des éditions de l’Archipel.

In My Mailbox #187

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

Couverture Strawberry moon : La fille de la luneCouverture L'envers des contes (BD), tome 1 : Journal de la soeur pas si laide de Cendrillonhttps://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcQg-BNqrFpnAKEKVehSiVbObJOAI9dUYfuIEZgNABfcf9iRra0bXcHQw0bweA&usqp=CAc

Couverture L'inconnu de la forêtLa Guilde des aventuriers, tome 1 : La Guilde des Aventuriers par Loran ClarkCapitaine Static Tomes 1 À 3 de Bergeron Alain-M Format Album

Couverture de La petite danseuse au visage figé par Marielle Piccolo

EBOOK

Sacrificial Vote T01 par [Ryuya Kasai, Edogawa Edogawa]Infection T01 par [Toru Oikawa]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

 

 

The Mystery of Alice, Lee Bacon

An enthralling and inventive thriller, only on Audible

Thirteen-year-old Emily Poe has been given the opportunity of a lifetime: A chance to attend the exclusive Audyn School in Manhattan. But to win the scholarship, she has to pass a test like nothing she’s ever experienced before: A nearly bare room, a set of strange clues, a locked door. And a mysterious organization – the Leopold Foundation – that’s watching her every move.

But the real test has just begun. Despite the strange circumstances – in a new house, at a new school – Emily instantly bonds with fellow scholarship winner Alice Wray.

And then Alice goes missing.

Chronicling every surprising twist and turn of her search through her own private video diary, Emily sets out to find the truth behind Alice’s disappearance. Soon she’s drawn deep into the inner circle of the Audyn School’s elite, the Nobility, who each have secrets of their own. As clues and lies mount, Emily must sort truth from fiction to solve the Mystery of Alice before it’s too late.

Audible Originals (2 mai 2019) – 6 heures et 24 minutes

AVIS

Écouté en anglais, j’ai beaucoup apprécié ce thriller young adult que je regrette de ne pas avoir écouté de manière plus rapprochée puisque j’ai laissé passer plusieurs semaines avant de le terminer, plus par manque de temps que d’envie.

Après une invitation inattendue de la part d’une fondation caritative dont elle n’avait jamais entendu parler et un test passé de justesse, Emily intègre une prestigieuse école et y retrouve Alice rencontrée lors de l’épreuve de sélection. Très vite, les liens entre les deux adolescentes se resserrent jusqu’à ce qu’Alice préfère passer son temps avec le groupe le plus huppé de l’école… Une énième histoire d’amitié entre adolescentes qui se termine avant d’avoir eu le temps de véritablement compter ?

On aurait pu le croire jusqu’à ce qu’Alice disparaisse mystérieusement ! Emily se lance alors dans une enquête pour retrouver son ancienne amie avant de réaliser qu’elle ne la connaissait peut-être pas aussi bien que cela. Dans sa délicate entreprise, elle pourra heureusement compter sur l’aide de Nathan, à moins que ce dernier n’ait joué un rôle dans la disparition d’Alice… Les soupçons sur ce petit génie de l’informatique se font, en effet, de plus en plus nombreux à mesure qu’Emily découvre son obsession pour l’adolescente disparue. Elle n’aura alors pas d’autre choix que de se tourner vers les nouveaux amis d’Alice qui semblent aussi s’inquiéter de sa disparition et qui sont prêts à l’aider à la retrouver.

Je dois dire que j’ai été particulièrement happée par la tension et l’aura de mystère que l’auteur arrive à insuffler à son récit. Plus les pages défilent, plus on a l’impression de nager dans le noir ! Le suspense monte crescendo jusqu’à ce qu’Emily finisse par enfin découvrir la vérité… Une vérité que je n’avais pas anticipée, et que j’ai trouvée glaçante et quelque peu machiavélique au regard de l’âge des protagonistes. La dernière partie du roman se pare ainsi d’une noirceur qui m’a surprise et qui apporte une tout autre dimension à ce roman qui m’a captivée du début à la fin.

En plus d’un suspense bien amené et surtout géré avec constance, j’ai apprécié Emily qui se révèle aussi intelligente que courageuse et tenace. Elle ne comprend pas ce qui se passe, mais fera de son mieux pour retrouver Alice alors même que cette dernière l’a délaissée sans culpabilité, préférant bénéficier de la popularité et de l’argent de ses nouveaux amis. Si je n’ai pas apprécié Alice outre mesure, certaines révélations la concernant permettent d’un peu mieux comprendre ses agissements… Quant à Nathan, c’est un personnage ambigu dont on appréciera la personnalité avenante et la générosité, mais dont on craindra le côté maniaque, le poussant à enfreindre la vie privée de ses amies.

Les protagonistes sont assez jeunes, mais pour ma part, je n’ai pas trouvé cela dérangeant. Si on occulte un petit tic de langage d’Emily qui la rend d’ailleurs très réaliste, et des personnages secondaires qui manquent peut-être de profondeur selon les critères d’un adulte, Lee Bacon a réussi à mettre en place un roman qui peut plaire à un large public. J’ai ainsi pris un plaisir certain à enchaîner les sessions d’écoute et à me laisser emporter par l’enquête d’Emily qui, de fil aiguille, va finir par se demander si Alice a vraiment envie d’être retrouvée… Emily va aussi devoir gérer ses nouvelles amitiés à mesure qu’une autre se détériore. Une situation qui ne devrait pas manquer de parler à la plupart des lecteurs.

Contrairement à d’habitude, je ne vais pas détailler les sujets évoqués sous peine de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur offre une petite critique bien sentie des nouvelles technologies et de leurs dérives, mais aussi des médias et du caractère malsain de certains mouvements populaires sur les réseaux sociaux. À cet égard, les réactions médiatiques m’ont choquée parce que plutôt réalistes…

Quant à la partie audio, je l’ai trouvé extrêmement vivante et dynamique, ce qui facilite grandement la compréhension et joue un rôle important dans l’envie de connaître le fin mot de l’histoire. J’ai également apprécié la manière dont Emily s’adresse directement à nous puisque l’histoire que l’on écoute est censée être la restitution de son journal intime entièrement filmé, la jeune fille ne lâchant jamais sa caméra. Un procédé original et diablement efficace pour créer une connivence entre nous et l’adolescente et nous donner le sentiment d’être au cœur de l’action !

En bref, voici un roman que je ne peux que conseiller aux jeunes adolescents en fonction de leur niveau d’anglais, aux personnes souhaitant se lancer dans un thriller sans craindre de tomber sur des scènes gores ou, tout simplement, aux adultes avides de découvrir une histoire pleine de tension et de suspense au sein d’une école où les amitiés ne sont pas ce qu’elles paraissent être.

Écoutez gratuitement le livre sur Audible stories

Héritages – Nina, Bénédicte Gourdon, Stéphanie Hans

Héritière d’un don surnaturel qui lui donne le pouvoir de guérison, Nina mène la vie normale d’une jeune femme moderne. Endeuillée par la disparition de son fiancé mort dans un accident, qu’elle n’est pas parvenu à sauver, elle hésite à accepter l’héritage de ce don magique. Jusqu’au jour où elle se découvre la proie d’un complot et réalise que l’accident dans lequel a péri son fiancé n’était pas le fruit du hasard. Elle comprend alors qu’elle a de puissants ennemis que son pouvoir semble particulièrement intéresser, et manifestement prêts à tout pour lui nuire. Ce thriller fantastique est le premier album du duo féminin Stéphanie Hans et Bénédicte Gourdon.

Dupuis (06 janvier 2011) – 56 pages – 14,50€

AVIS

La mention d’un don surnaturel, en plus d’une couverture intrigante, a suffi à me convaincre de me plonger dans cette BD que j’ai beaucoup appréciée.

L’entrée en matière est superbe avec une planche qui résume à elle seule la manière dont l’illustratrice réussit, page après page, à mettre en lumière les événements les plus importants, mais aussi tous ces petits détails qui nous font retenir notre souffle. Car suspense, tension et révélations ne manqueront pas de rythmer votre lecture !

En effet, si l’histoire aurait pu être un énième récit fantastique de sorcellerie, l’autrice nous propose un très efficace thriller fantastique qui nous plonge dans la vie de Nina, une femme qui possède, au bout des doigts, le pouvoir de guérir. Un pouvoir dont elle ne semble néanmoins pas mesurer toute l’étendue, mais aussi tout ce qu’il implique, jusqu’à ce qu’un événement dramatique la conduise sur les traces d’un passé trop longtemps ignoré.

J’ai adoré suivre Nina sur le chemin de la vérité, un chemin qui sera loin d’être un long fleuve tranquille puisqu’il sera parsemé d’embûches, de découvertes et d’une révélation fracassante ! À cet égard, j’ai été agréablement surprise de l’identité de la personne responsable des malheurs de Nina. J’ai craint, en début d’histoire, un antagoniste manichéen et stéréotypé agissant pour de vains motifs quand j’ai découvert un ennemi qui a bien su cacher son jeu et peaufiner des années durant son plan machiavélique. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que la quête de pouvoir est un aphrodisiaque très fort qui pousse à bien de terribles exactions…

Chose intéressante, le grand méchant de l’histoire, qu’on ne peut que condamner, dégage néanmoins une fragilité dans le regard que le talent de l’illustratrice restitue à merveille. Cela ne le rend pas attachant, mais lui apporte une certaine humanité qui, pour ma part, m’a étrangement touchée, un peu comme si à travers les illustrations, on pouvait s’approprier son débat intérieur entre raison et sentiments, entre velléité de perpétrer ses ambitions et culpabilité devant une trahison injustifiable et impardonnable !

Si j’ai trouvé le rythme de ce thriller haletant et la tension constante au point de me pousser à tourner les pages avec avidité, j’ai regretté que nous soit proposé un one-shot plutôt qu’une duologie. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment qu’il y aurait eu matière à approfondir la mythologie liée aux pouvoirs de Nina autour desquels flotte un certain flou. J’aurais également apprécié d’en apprendre plus sur une société secrète liée étroitement à la vie et au destin de Nina ainsi que sur un homme magnétique qui ne laissera pas la jeune femme indifférente.

Ce personnage introduit beaucoup de mystère, mais j’avoue avoir été quelque peu surprise et décontenancée par ce qui va se passer entre lui et Nina au regard du drame vécu par cette dernière… Mais je reconnais que c’est plus là un jugement de valeur de ma part qu’une quelconque critique sur le déroulé de l’histoire d’autant que chacun réagit à sa manière devant une épreuve.

J’ai, en revanche, apprécié le rôle de la meilleure amie dont le côté léger et libertin cache une femme de caractère et d’action bien décidée à aider Nina à se relever du drame qu’elle traverse. Ses interventions m’ont parfois semblé un peu brutales, moi qui suis plutôt une adepte de la douceur et de l’empathie, mais vu les circonstances, difficile de le lui reprocher. J’ai également trouvé Chloé d’une fidélité à toute épreuve surtout si l’on considère le manque de transparence de Nina qui, par crainte du rejet, ne s’est jamais confiée sur ses dons surnaturels…

Cette peur du rejet explique peut-être la raison pour laquelle Nina n’a pas essayé d’en apprendre plus sur ses pouvoirs, se contenant de les avoir en elle avant que les circonstances l’obligent à remonter les sources d’un don de guérison qui s’apparente parfois à une malédiction. Cette BD pose d’ailleurs, comme son titre le laisse supposer, une réflexion intéressante sur la notion d’héritage. Doit-on forcément accepter un destin imposé par sa filiation ou ne peut-on pas le reconnaître tout en décidant de choisir sa propre voie ? Chacun se fera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que Nina n’aura pas d’autre choix que de répondre à cette question en mesure de changer sa vie à jamais !

En conclusion, Héritages est un thriller fantastique particulièrement bien mené qui, en plus d’interroger la notion d’héritage, un fardeau autant qu’une force, nous plonge dans la vie d’une femme aux dons surnaturels qu’elle va devoir, plus que jamais, s’approprier afin de faire face à de terrifiantes révélations et d’être en pleine mesure de choisir son futur. Une enquête palpitante, entre ombre et lumière, sur les traces d’un héritage familial lourd de conséquences… Mon seul bémol est cette impression que si la fin conclut bien l’histoire, elle a, du moins pour moi, des allures de commencement même si je comprends que l’autrice ait préféré se concentrer sur le choix de Nina, et les circonstances l’ayant conduite à le prendre, que sur l’après.

Bilan Semaine à lire (21-28 août 2020)

Or, Coupe, Café, Panier, Livres, Livre

Pour rappel, après le Week-end à 1000, Lili Bouquine organise la semaine à lire. L’objectif est de se fixer un nombre de pages à lire durant la semaine du challenge. Pour tous les détails, vous pouvez consulter la vidéo de Lili, mais également joindre le groupe FB Challenge littéraire : « Week-end à 1000 »


Je vous propose un petit bilan de La semaine à lire qui s’est déroulée du vendredi 21 au vendredi 28 août. J’avais préparé une petite PAL pour le challenge, et pour une fois, je l’ai lue intégralement ! J’ai même réussi à caser en plus une BD et un tout petit livre jeunesse…

ROMANS

  • Du commerce de la souris : un petit livre jeunesse original découvert dans une boîte à livres. Amoureux des souris, cela devrait vous plaire surtout si vous êtes convaincus de leur intelligence !

Couverture Du commerce de la souris

La fromagerie tenue par Victor Lebrouteux depuis un-demi siècle compte désormais plus de souris que de clients. Qu’à cela ne tienne, son propriétaire changera de commerce. Il fera de la souris : en poil à gratter, en marque-page, en crème, en apéritif… M. Lebrouteux ne manque pas d’idées, mais les souris n’ont pas l’intention de se laisser faire !Une histoire loufoque et drôle qui prouve que savoir lire peut sauver la vie.

  • La belle-mère : les bons avis tombent et le mien est tout aussi enthousiaste !

Couverture La belle-mère

Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?

Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement…

  • Cœur de menhir – tome 3 : une suite plein d’action que j’ai beaucoup appréciée ! On en reparle en début de semaine prochaine sur le blog.

Cœur de menhir: 3 - Le chaos d'Askaod par [Adrien Hortemel]

Les nouveaux druides sont désormais investis d’une mission : reformer le cénacle des druides. Cependant, après avoir été dupé par les Broc’h, leur groupe est divisé et leurs quelques alliés sont défaits ou emprisonnés. Dans leur sillage, le sang a coulé, les pertes ont été importantes. Leurs détracteurs se sont emparés des faits et les utiliseront en leur faveur. Les espoirs reposeront sur Sigrid, si tant est qu’elle puisse agir. Mais le groupe survivra-t-il aux calomnies et aux révélations, alors que dans l’ombre, le Dalc’h continuera de rallier des nouvelles âmes ?

OUVRAGES GRAPHIQUES

  • Découverte par hasard dans les rayons de ma médiathèque, cette BD m’a tout de suite attirée. Ce fut une très bonne lecture même si j’aurais adoré qu’il y ait une suite, l’autrice ayant tous les éléments en main pour nous proposer une série de qualité.

Couverture Héritages

Héritière d’un don surnaturel qui lui donne le pouvoir de guérison, Nina mène la vie normale d’une jeune femme moderne. Endeuillée par la disparition de son fiancé mort dans un accident, qu’elle n’est pas parvenu à sauver, elle hésite à accepter l’héritage de ce don magique. Jusqu’au jour où elle se découvre la proie d’un complot et réalise que l’accident dans lequel a péri son fiancé n’était pas le fruit du hasard. Elle comprend alors qu’elle a de puissants ennemis que son pouvoir semble particulièrement intéresser, et manifestement prêts à tout pour lui nuire. Ce thriller fantastique est le premier album du duo féminin Stéphanie Hans et Bénédicte Gourdon.

  • Comme un million de papillons noirs et Le chemin de Jada : deux magnifiques et poétiques albums sur la tolérance et l’acceptation de soi.

Couverture Comme un million de papillons noirs

A cause des moqueries, Adé est une petite fille qui n’aime pas ses cheveux. Accompagnée par sa mère et ses tantes, elle va découvrir en douceur la beauté de ces papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

Couverture Le chemin de Jada

Jumelles, les héroïnes ont pourtant une couleur de peau différente. Lors d’une partie de cache-cache qui se prolonge jusqu’à la nuit tombée, l’une d’elle découvre que sa beauté est réelle même si elle n’est pas semblable à sa sœur. Un album sur la réconciliation, la sororité et l’acceptation de soi qui reprend les codes du conte africain.

Objectif de départ : 953 pages
Nombre de pages lues : 1065 pages

Et vous, avez-vous participé à cette semaine à lire ?
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