Le jeu, Jean-Christophe Chaumette

Le jeu

Ils ne s’étaient pas retrouvés depuis dix ans et le jeu allait les réunir une nouvelle fois. Ils avaient décidé de tout oublier, de se retirer hors du monde, hors du temps, pour une dernière partie. Ils pensaient éprouver plus de frissons, plus d’émotions et plus de plaisir qu’ils n’en avaient jamais connu. Mais ils n’avaient pas compris toutes les règles du jeu…

Évidence Éditions (16 octobre 2020) – 260 pages – Broché (16€) – Ebook (7,99€)

AVIS

La couverture a tout de suite attiré mon attention, mais c’est le titre, aussi court qu’énigmatique, qui m’a donné envie de me plonger dans ce roman que j’ai trouvé extrêmement bien construit et plutôt intelligent. D’une plume simple, mais efficace, l’auteur nous plonge dans les arcanes d’un jeu déroutant, car si les règles nous sont expliquées progressivement, on se rend compte, petit à petit, que plus qu’un jeu, il s’agit d’un piège.

Un piège dans lequel sont tombés plusieurs amis qui, dix ans après leur dernière rencontre, sont réunis pour une nouvelle partie étalée sur plusieurs semaines. On aurait pu s’attendre qu’après toutes ces années, les questions autour de la vie privée de chacun fusent, mais que nenni. Une fois les banalités d’usage débitées, la partie peut commencer. Et, quelle partie !

Les amateurs de jeu de rôle devraient apprécier de se plonger dans ce roman, mais, pour ma part, ce que j’ai adoré, c’est le suspense, le mystère et l’angoisse que l’auteur distille et insuffle à son récit. On sait très vite que quelque chose de grave et de dramatique est arrivé durant la partie. On connaît aussi rapidement l’identité du coupable, du moins du coupable désigné, mais restent en suspens la question de la nature du drame, puis plus tard, les raisons qui ont pu pousser quelqu’un, en apparence calme et sympathique, à de telles atrocités.

De quel mal a-t-il été frappé pour en arriver là ? Je resterai assez vague pour ne pas vous gâcher le plaisir de la lecture, mais j’ai apprécié le machiavélisme avec lequel l’auteur pousse ses personnages dans leurs retranchements, jusqu’à leur faire atteindre leur point de rupture. Se pose ainsi la délicate question de la responsabilité… Le Mal a-t-il toujours été là, tapi dans le noir sous des couches de civilité et de gentillesse, ou c’est le jeu, dans toute sa perversité qui l’a créé, à moins que la réponse soit encore bien plus terrifiante que cela…

Le jeu est un mot qui se part bien souvent d’innocence, mais il peut également révéler une réalité bien plus sombre et plonger certaines personnes dans les affres de la tourmente et de l’addiction. En effet, si les adultes qui nous sont présentés en début d’ouvrage nous semblent tous très différents les uns des autres, ils ont tous en commun d’être complètement obnubilés par le jeu. Dès leur arrivée chez l’un des participants, toutes leurs pensées et leurs actions sont tournées vers un seul et même objectif : le jeu.

Il faut dire que leur maître de donjon, extrêmement consciencieux et engagé dans son rôle, s’est assuré d’avoir l’entière et totale attention, si ce n’est dévotion, des participants… Des participants qui n’attirent guère la sympathie des lecteurs, mais qui n’en demeurent pas moins fascinants par leur propension à chercher dans le jeu un exutoire ou, pour certains, quelque chose de bien moins anodin. Mais à trop se perdre dans l’irréel et l’imaginaire, ne risque-t-on pas d’y perdre son âme ? Pour le savoir, il faudra vous plonger dans le roman, mais je peux néanmoins vous dire que la tournure que prennent les événements ne devrait pas manquer de vous captiver et de provoquer en vous un certain sentiment de danger.

En effet, l’auteur ne tombe pas dans le gore, mais il y a définitivement quelque chose qui prend à la gorge dans cette histoire où semble flotter l’ombre du Mal… L’angoisse monte crescendo et nous laisse dans l’expectative d’une fin que l’on pressent diabolique et qui s’est révélée à la hauteur de mes attentes.

Au-delà de l’ambiance qui plonge doucement vers l’horreur, le roman met également en avant le lien étroit entre chaque joueur et le personnage qu’il s’est construit dans le jeu, ce que j’ai trouvé très intéressant et assez révélateur sur la personnalité et les attentes de chacun. Des attentes qui diffèrent d’ailleurs fortement d’un joueur à l’autre puisque l’auteur nous offre une galerie variée de personnages entre un psychiatre plein de suffisance, une femme oisive et plutôt méchante, un homme toléré pour ses capacités hors du commun dans le jeu, mais méprisé par les autres dans la vraie vie, un hôte aimable à la réussite évidente, un maître de donjon assez énigmatique qui semble presque auréolé de toute-puissance… Des êtres et des parcours de vie assez différents qui s’effacent devant l’impératif du jeu… pour le meilleur et pour le pire. 

En conclusion, avec intelligence, et sans un certain sens de la mise en scène, l’auteur nous plonge dans les arcanes d’un jeu, peut-être moins innocent qu’il n’y paraît… Roman où l’ambiance s’épaissit à mesure que les pages défilent, Le jeu est surtout un récit dans lequel aucune place n’est laissée au hasard, car si la vie n’est qu’un jeu, celui-ci est particulièrement machiavélique et bien pensé ! Aucun moyen d’y échapper, mais rappelez-vous que ce n’est qu’un jeu…

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Box de Noël France Loisirs (2020)

Quand Aurélie, de chez France Loisirs, m’a proposé de m’envoyer une box de Noël, j’ai été ravie, appréciant toujours les surprises !

J’ai ainsi eu le plaisir de recevoir, dans une très belle boîte, une carte, un catalogue, un photophore en forme d’étoile et deux livres dont un qui était dans ma wish list, l’intégrale de Grisha. Je possède déjà les deux premiers tomes que j’ai d’ailleurs chroniqué sur le blog (Grisha, Le dragon de glace), mais je résiste rarement à une jolie couverture…

L’intégrale. 1 livre, 3 romans

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.
Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.
Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.
Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

PRIX : 21,50€

Quant à L’épouse et la veuve, le résumé et la couverture me tentent aussi beaucoup.

Un secret mortel
Une île sauvage
Déjà la tempête s’annonce…
Sur une île sauvage au large de l’Australie, deux femmes confrontées aux secrets de leurs époux.
Le mari de Kate a disparu, laissant derrière lui de troublants mensonges, tandis qu’Abby doit soudain faire face à un homme distant et dissimulateur.
Bientôt un cadavre est découvert et les deux femmes sont amenées à se rencontrer. Et si cette histoire était plus compliquée qu’il n’y paraît ?
Préparez-vous à être surpris avec ce captivant suspense à l’atmosphère envoûtante.

PRIX : 16,50€

Pour retrouver ces livres et beaucoup d’autres, ça se passe sur le site de France Loisirs.

Des cadeaux pour toutes les envies !

Et vous, ces romans vous tentent-ils ?
Connaissez-vous le Grishaverse ?

L’Inconnu de la forêt, Harlan Coben

L'Inconnu de la forêt par Coben

Vous ne savez rien de lui, il est pourtant votre seul espoir.
Le maître incontesté du thriller vous emmène en balade sur le chemin d’une nouvelle insomnie… Prenez garde à ne pas vous perdre.

WILDE.
SON NOM EST UNE ÉNIGME, TOUT COMME SON PASSÉ.

Il a grandi dans les bois. Seul.
Aujourd’hui, c’est un enquêteur aux méthodes très spéciales.

VOUS IGNOREZ TOUT DE LUI.

Il est pourtant le seul à pouvoir retrouver votre fille et cet autre lycéen disparu.
Le seul à pouvoir les délivrer d’un chantage cruel. D’un piège aux ramifications inimaginables.

Mais ne le perdez pas de vue.

CAR, DANS LA FORÊT, NOMBREUX SONT LES DANGERS ET RARES SONT LES CHEMINS QUI RAMÈNENT À LA MAISON.

Belfond (15 octobre 2020) – 432 pages – Broché (21,90€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Roxane Azimi

AVIS

Reçu dans le cadre d’une masse critique spéciale Babelio, ce roman devait être chroniqué sous forme d’une lettre adressée à la personne de notre choix…

Coucou Fab,

Confinement oblige, je ne vais pas pouvoir te parler dimanche chez papa du dernier Coben que j’ai lu. Et comme tu n’aimes pas trop les mails et que j’en ai marre du téléphone qui semble être devenu une extension de mon oreille ces derniers mois, je ressors ma plus belle plume (oui, je vends du rêve) et une feuille pour t’envoyer une petite lettre.

D’habitude, c’est plutôt avec papa que je parle livre, mais comme tu sembles avoir apprécié le roman de l’auteur que je t’ai offert à Noël, je me suis dit que celui-ci pourrait également te tenter. Je ne sais pas si tu te souviens, mais je t’avais expliqué que ce qui fait le charme d’Harlan Coben et qui rend ses romans si addictifs, c’est sa manière de proposer des intrigues percutantes qui se lisent vite et bien ! Et L’inconnu de la forêt ne déroge pas à la règle puisque j’ai profité d’un jour férié pour le lire d’une traite ou presque. Alors on ne retrouve pas forcément le suspense haletant qui fait également la marque de fabrique de l’auteur, mais cela n’ôte en rien le plaisir que l’on prend à se plonger dans son esprit parfois tortueux… Si le suspense n’est pas ce qui caractérise ce roman, la tension est, quant à elle, bien présente jusqu’à devenir presque étouffante dans la dernière ligne droite durant laquelle les événements s’enchaînent et les révélations pleuvent. Je me suis d’ailleurs laissée surprendre par le fin mot de cette histoire, plus complexe qui n’y paraît, qui mêle avec brio politique, dérives des médias et des réseaux sociaux, disparition et harcèlement scolaire.

D’ailleurs, tu te souviens d’Anthony et sa bande ? Eh bien, l’auteur nous en propose ici une version encore plus démoniaque. À côté de Cash et de ses potes, l’équipe de harceleurs de notre primaire et du collège fait bien pâle figure ! La victime de ces énergumènes aussi riches que décérébrés ? Une pauvre fille du nom de Naomi qui semble porter son statut de victime et de punching-ball sur sa figure et jusque dans le moindre de ses gestes. Mais le souffre-douleur disparaît une fois avant d’être retrouvé puis de disparaître à nouveau. Fugue, encore un jeu idiot d’une adolescente prête à tout pour être enfin acceptée par ses bourreaux ou le pire, cette fois, est-il à craindre ? Si les policiers ne semblent pas prendre l’affaire très au sérieux, la question de sa sécurité se pose quand un autre adolescent disparaît à son tour. Les deux affaires sont-elles liées ?

Si tu veux le savoir, il va te falloir lire le roman que je te prêterai volontiers une fois qu’on pourra se voir. Mais dans ma grande mansuétude, je vais quand même t’en dire un peu plus, notamment sur un personnage énigmatique comme on les aime, Wilde. Sa psychologie n’est pas développée outre mesure, mais je sais que cela ne te dérange pas et puis, vu son histoire personnelle, ça semble plutôt cohérent. En effet, Wilde est un enfant des bois, un enfant retrouvé dans la forêt sans que jamais personne n’ait jamais pu retrouver les siens ou retracer les premières années de sa vie. Privé de mémoire et de passé, Wilde s’est donc développé, une fois la civilisation retrouvée, comme il l’a pu. Une histoire particulière dont il garde des traces comme un cauchemar récurrent et l’impossibilité de nouer des liens sociaux avec autrui. Alors il a bien eu un meilleur ami, décédé depuis, et se sent proche du fils de ce dernier, pour lequel il joue le rôle de tonton, mais difficile pour lui de s’enfermer dans des relations conventionnelles… Un homme sans attache, mais attachant, que l’on prend plaisir à suivre et que l’on aimerait beaucoup retrouver dans d’autres aventures.

Et c’est cet homme énigmatique qui va mener l’enquête autour de la disparition de Naomi suite à la demande d’une avocate pénaliste et animatrice télé septuagénaire, elle-même sollicitée par Matthew, son petit-fils et filleul de Wilde. Hester m’a un peu fait penser à mamie, avant qu’une araignée lui grignote la mémoire, par son humour, sa pugnacité, son mordant et son sens de la répartie. Une mamie badass que tu devrais autant apprécier que moi, même si je pense que tu seras peut-être un peu moins sensible que je l’ai été à sa vie personnelle, entre l’envie d’être proche de son petit-fils et les papillons qui s’éveillent grâce à un certain chef de police… En revanche, je ne doute pas que tu sois touché par sa difficulté à faire le deuil d’un fils trop tôt décédé…

En plus de l’enquête pour retrouver les deux adolescents disparus, l’une paria et l’autre star du lycée, il y a un aspect plus politique dans ce roman, un point qui ne semble pas avoir convaincu tous les lecteurs bien que, pour ma part, je l’ai trouvé intéressant, surtout si l’on considère l’élection américaine qui vient de se terminer. On retrouve d’ailleurs ce côté opposition franche et farouche entre deux hommes politiques, l’un présenté comme le diable en personne, un anarchiste capable de mettre l’Amérique à genoux, et l’autre comme un fervent patriote, prêt à tout pour protéger son pays. Mais Rusty Eggers est-il aussi dangereux que Saul Strauss semble le penser ? Une bonne question avec, en sous-texte, une autre à laquelle Machiavel a déjà répondu, la fin justifie-t-elle les moyens ? Jusqu’où peut-on aller pour défendre ses idéaux et son pays ?

Cette dimension politique permet également à l’auteur de présenter les failles du système judiciaire américain qui nécessite parfois de bafouer les droits des uns, plus particulièrement s’ils ne sont ni blancs ni riches, pour garantir l’ordre et un pseudo-sens de la justice. Dans cette optique, même des victimes peuvent finir par choisir d’endosser le rôle de bourreau par confort personnel et volonté de préserver leur confort matériel et leurs acquis sociaux. Une nouvelle preuve que contrairement à une vision binaire et simpliste de la vie défendue par certains, la réalité est bien plus complexe et teintée de gris, chacun d’entre nous étant du capable du meilleur comme du pire… 

Je vais m’arrêter là parce qu’il y a des chances que pendant que tu lis cette lettre, Éva et Émeric aient déjà mis le salon sens dessus dessous et qu’une dizaine de mini-drames autour de doudous sournoisement subtilisés se soient déjà joués. Mais si les petits monstres te laissent un peu de temps, tu sais vers quel livre te tourner…

Je remercie Babelio et les éditions Belfond de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

L’ombre de l’assassin (Stillhouse Lake#2), Rachel Cain

L'ombre de l'assassin par Caine

Gwen était parvenue à sauver ses enfants des griffes de son ex- mari, le tueur en série Melvin Royal. Mais celui-ci vient de s’évader de prison. Et elle prend peur.
Alors que seule une poignée de personnes connaissent son nouveau numéro de portable, elle reçoit ce texto glaçant :  » Vous n’êtes plus en sécurité nulle part  » ! Fuir ou se terrer de nouveau ne servirait à rien. L’heure a sonné d’inverser les rôles…
De proie, Gwen veut devenir prédateur. Et, avec l’aide du frère de l’une des victimes de Melvin, éliminer ce dernier. Mais à mesure que leur traque avance, le doute envahit ceux qui croient en Gwen. Est-elle aussi étrangère aux crimes de son mari qu’elle le prétend ? Pour preuve cette photo compromettante qui circule sur les réseaux sociaux..

L’Archipel (15 octobre 2020) – 400 pages – Broché (22€) – Ebook (15,99€)
Traduction : Sebastian Danchin

AVIS

L’ombre de l’assassin est la suite de L’ombre de la menace.

Ayant adoré L’ombre de la menace, j’attendais avec impatience cette suite qui s’est révélée assez différente, mais tout aussi palpitante et prenante ! Melvin, évadé de prison, Gwen est de nouveau sur le qui-vive, allant d’hôtel en hôtel miteux pour protéger ses enfants, Lanny et Connor, de leur psychopathe et tueur en série de père. Mais un déclic s’est produit en elle : fini de jouer les proies, l’heure d’inverser les rôles a sonné. Et si, maintenant, c’était au tour de Melvin d’être traqué et acculé ?

Cette décision courageuse, mais pas sans risque, contraint Gwen à faire une chose qui lui brise le cœur, confier ses deux enfants au soin de deux personnes de confiance, capables de veiller sur eux et de faire face à toutes les situations. Gwen pourra également compter sur le soutien de Sam, le frère d’une victime de Melvin, bien décidé à régler son compte à ce tueur pervers, mais d’une intelligence rare. Mais notre duo est-il réellement conscient de ce qu’une telle traque implique et de toutes les forces en jeu ? Peu probable si l’on se fie à ce que l’on découvre au fil des pages. Car si Melvin est un homme extrêmement dangereux, il ne représente peut-être pas la pire des menaces…

Je préfère rester vague sur le fond du roman pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais je peux toutefois vous dire que j’ai été complètement captivée par les événements qui rythment cette sorte de road trip visant à débusquer l’un des pires tueurs en série que j’aie pu rencontrer dans un roman. Melvin est un homme froid, pervers et d’une noirceur extrême, n’hésitant pas à manipuler même un enfant qui ne désirait que trouver ce qui lui a toujours manqué, une figure paternelle aimante et bienveillante. Plus on apprend à le connaître, plus on tremble donc à l’idée de toutes ces années qu’il a pu passer auprès d’une famille bien inconsciente de sa véritable nature.

Si les lecteurs ne doutent pas de la bonne foi de Gwen et de ses enfants quant aux abominations perpétrées par Melvin, une partie de l’opinion publique et de nombreux trolls sur le web continuent à accabler et à harceler Gwen, quand ce n’est pas une organisation aux contours bien plus flous qui la traque sans répit. Que cette situation m’a révoltée, cette femme ayant déjà bien assez souffert sans que des personnes viennent déverser toute leur haine ! Mais le pire, du moins pour moi, a été de voir que malgré tout ce qu’elle a fait pour les siens, il a suffi d’un élément pour que les doutes les assaillent… Si j’ai pu excuser Connor en raison de son âge et de son besoin de reconnaissance paternelle, j’ai eu bien plus de mal à comprendre les autres personnages. J’ai d’ailleurs ressenti un tel sentiment d’injustice et d’indignation devant certains comportements et certaines paroles que j’ai eu envie de jeter mon livre par la fenêtre. Preuve de l’attachement que j’ai développé pour Gwen…

Il faut dire qu’elle m’a profondément touchée, émue, bluffée et époustouflée ! Oubliez la femme effacée et soumise que Melvin a épousée. Accueillez plutôt la personne qu’elle est devenue : une femme courageuse bien décidée à se battre comme une lionne pour mettre définitivement hors circuit le prédateur qui menace sa vie, mais surtout, celle de ses deux enfants. L’autrice nous brosse ici le portrait d’une mère courage que l’on a qu’une envie : voir sortir vainqueur de son combat à mort avec un être abject qui prend plaisir à détruire et à massacrer des femmes, mais aussi sa propre « famille ». Je mets des guillemets, car avec un tel monstre, il est peu probable que ce mot ait une quelconque signification…

En plus de celui de Gwen, on suit également les points de vue de ses deux enfants et de Sam, ce qui apporte beaucoup de dynamisme au roman même si je dois avouer que ce sont les passages consacrés à Gwen qui m’ont le plus tenue en haleine. Pour autant, il reste intéressant de découvrir la perception des choses de chacun, et notamment de Connor qui semble assez renfermé sur lui-même, une faille que son père n’hésitera pas à exploiter de la plus abjecte des manières. Lanny, quant à elle, m’a parfois fait penser à Gwen dans sa manière de protéger Connor. Elle se montre parfois maladroite, mais difficile de ne pas ressentir les liens forts qui l’unissent à son frère. Si l’adolescente a vécu des choses inimaginables, elle est également confrontée à des problématiques bien plus communes comme l’amour. Il sera ainsi question d’homosexualité, un sujet traité ici avec beaucoup de simplicité et de naturel.

Le souvenir de Sam s’était un peu estompé depuis ma lecture du premier tome, mais j’ai apprécié de retrouver cet homme dont la vie a également été brisée par Melvin, l’assassin et le tortionnaire de sa sœur. Aussi déterminé que Gwen à lui régler son compte, il se révélera un précieux allié que ce soit grâce à ses différents talents ou son réseau. En plus de sa personnalité et de son envie manifeste de protéger Lanny et Connor, j’ai apprécié la relation assez complexe et ambivalente qu’il a développée et nouée avec Gwen. Une relation qui sera mise à mal par des événements qui semblent gagner en intensité et en noirceur à mesure que les pages défilent…

Comme dans L’ombre de la menace, l’autrice a ainsi réussi à créer un climat d’angoisse qui monte crescendo jusqu’au dénouement final tant attendu et redouté à la fois. Melvin, simple homme que l’on peut arrêter, ou figure démoniaque dont l’aura funeste planera toujours au-dessus des siens ? Une question qui nous pousse, comme les personnages, à être tout le temps sur nos gardes, comme si le serpent pouvait nous frapper à chaque instant. Au-delà de ce tueur en série effrayant et dénué de sentiments, nous découvrons également la perversion humaine sous sa forme la plus brute, celle qui exploite la violence et les vices les plus immondes des hommes pour se faire de l’argent. C’est peut-être d’ailleurs le plus effrayant dans cette histoire, parce que si les tueurs en série ne sont pas légion, le phénomène dénoncé par l’autrice semble bien plus conséquent et d’une telle horreur qu’on en vient à questionner le fondement de notre humanité…. Et si après tout, Melvin n’était pas le plus effrayant des monstres ?

En conclusion, machination, mensonges, révélations, tension qui monte crescendo jusqu’à vous enserrer le cœur, lutte à mort pour la survie, personnages à la psychologie parfaitement travaillée… Tout autant d’éléments qui rendent la lecture de L’ombre de l’assassin hypnotique et glaçante à la fois. Si vous avez envie d’un roman dans lequel un combat sans merci s’engage entre une mère courage et un monstre sans cœur, ce thriller psychologique addictif est fait pour vous. Mais prenez garde aux monstres tapis dans l’ombre… de l’assassin.

Découvrez un extrait de L’ombre de l’assassin sur le site des éditions de l’Archipel.

In My Mailbox #187

in-my-mailbox1

« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

Couverture Strawberry moon : La fille de la luneCouverture L'envers des contes (BD), tome 1 : Journal de la soeur pas si laide de Cendrillonhttps://encrypted-tbn0.gstatic.com/images?q=tbn%3AANd9GcQg-BNqrFpnAKEKVehSiVbObJOAI9dUYfuIEZgNABfcf9iRra0bXcHQw0bweA&usqp=CAc

Couverture L'inconnu de la forêtLa Guilde des aventuriers, tome 1 : La Guilde des Aventuriers par Loran ClarkCapitaine Static Tomes 1 À 3 de Bergeron Alain-M Format Album

Couverture de La petite danseuse au visage figé par Marielle Piccolo

EBOOK

Sacrificial Vote T01 par [Ryuya Kasai, Edogawa Edogawa]Infection T01 par [Toru Oikawa]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

 

 

 

The Mystery of Alice, Lee Bacon

An enthralling and inventive thriller, only on Audible

Thirteen-year-old Emily Poe has been given the opportunity of a lifetime: A chance to attend the exclusive Audyn School in Manhattan. But to win the scholarship, she has to pass a test like nothing she’s ever experienced before: A nearly bare room, a set of strange clues, a locked door. And a mysterious organization – the Leopold Foundation – that’s watching her every move.

But the real test has just begun. Despite the strange circumstances – in a new house, at a new school – Emily instantly bonds with fellow scholarship winner Alice Wray.

And then Alice goes missing.

Chronicling every surprising twist and turn of her search through her own private video diary, Emily sets out to find the truth behind Alice’s disappearance. Soon she’s drawn deep into the inner circle of the Audyn School’s elite, the Nobility, who each have secrets of their own. As clues and lies mount, Emily must sort truth from fiction to solve the Mystery of Alice before it’s too late.

Audible Originals (2 mai 2019) – 6 heures et 24 minutes

AVIS

Écouté en anglais, j’ai beaucoup apprécié ce thriller young adult que je regrette de ne pas avoir écouté de manière plus rapprochée puisque j’ai laissé passer plusieurs semaines avant de le terminer, plus par manque de temps que d’envie.

Après une invitation inattendue de la part d’une fondation caritative dont elle n’avait jamais entendu parler et un test passé de justesse, Emily intègre une prestigieuse école et y retrouve Alice rencontrée lors de l’épreuve de sélection. Très vite, les liens entre les deux adolescentes se resserrent jusqu’à ce qu’Alice préfère passer son temps avec le groupe le plus huppé de l’école… Une énième histoire d’amitié entre adolescentes qui se termine avant d’avoir eu le temps de véritablement compter ?

On aurait pu le croire jusqu’à ce qu’Alice disparaisse mystérieusement ! Emily se lance alors dans une enquête pour retrouver son ancienne amie avant de réaliser qu’elle ne la connaissait peut-être pas aussi bien que cela. Dans sa délicate entreprise, elle pourra heureusement compter sur l’aide de Nathan, à moins que ce dernier n’ait joué un rôle dans la disparition d’Alice… Les soupçons sur ce petit génie de l’informatique se font, en effet, de plus en plus nombreux à mesure qu’Emily découvre son obsession pour l’adolescente disparue. Elle n’aura alors pas d’autre choix que de se tourner vers les nouveaux amis d’Alice qui semblent aussi s’inquiéter de sa disparition et qui sont prêts à l’aider à la retrouver.

Je dois dire que j’ai été particulièrement happée par la tension et l’aura de mystère que l’auteur arrive à insuffler à son récit. Plus les pages défilent, plus on a l’impression de nager dans le noir ! Le suspense monte crescendo jusqu’à ce qu’Emily finisse par enfin découvrir la vérité… Une vérité que je n’avais pas anticipée, et que j’ai trouvée glaçante et quelque peu machiavélique au regard de l’âge des protagonistes. La dernière partie du roman se pare ainsi d’une noirceur qui m’a surprise et qui apporte une tout autre dimension à ce roman qui m’a captivée du début à la fin.

En plus d’un suspense bien amené et surtout géré avec constance, j’ai apprécié Emily qui se révèle aussi intelligente que courageuse et tenace. Elle ne comprend pas ce qui se passe, mais fera de son mieux pour retrouver Alice alors même que cette dernière l’a délaissée sans culpabilité, préférant bénéficier de la popularité et de l’argent de ses nouveaux amis. Si je n’ai pas apprécié Alice outre mesure, certaines révélations la concernant permettent d’un peu mieux comprendre ses agissements… Quant à Nathan, c’est un personnage ambigu dont on appréciera la personnalité avenante et la générosité, mais dont on craindra le côté maniaque, le poussant à enfreindre la vie privée de ses amies.

Les protagonistes sont assez jeunes, mais pour ma part, je n’ai pas trouvé cela dérangeant. Si on occulte un petit tic de langage d’Emily qui la rend d’ailleurs très réaliste, et des personnages secondaires qui manquent peut-être de profondeur selon les critères d’un adulte, Lee Bacon a réussi à mettre en place un roman qui peut plaire à un large public. J’ai ainsi pris un plaisir certain à enchaîner les sessions d’écoute et à me laisser emporter par l’enquête d’Emily qui, de fil aiguille, va finir par se demander si Alice a vraiment envie d’être retrouvée… Emily va aussi devoir gérer ses nouvelles amitiés à mesure qu’une autre se détériore. Une situation qui ne devrait pas manquer de parler à la plupart des lecteurs.

Contrairement à d’habitude, je ne vais pas détailler les sujets évoqués sous peine de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur offre une petite critique bien sentie des nouvelles technologies et de leurs dérives, mais aussi des médias et du caractère malsain de certains mouvements populaires sur les réseaux sociaux. À cet égard, les réactions médiatiques m’ont choquée parce que plutôt réalistes…

Quant à la partie audio, je l’ai trouvé extrêmement vivante et dynamique, ce qui facilite grandement la compréhension et joue un rôle important dans l’envie de connaître le fin mot de l’histoire. J’ai également apprécié la manière dont Emily s’adresse directement à nous puisque l’histoire que l’on écoute est censée être la restitution de son journal intime entièrement filmé, la jeune fille ne lâchant jamais sa caméra. Un procédé original et diablement efficace pour créer une connivence entre nous et l’adolescente et nous donner le sentiment d’être au cœur de l’action !

En bref, voici un roman que je ne peux que conseiller aux jeunes adolescents en fonction de leur niveau d’anglais, aux personnes souhaitant se lancer dans un thriller sans craindre de tomber sur des scènes gores ou, tout simplement, aux adultes avides de découvrir une histoire pleine de tension et de suspense au sein d’une école où les amitiés ne sont pas ce qu’elles paraissent être.

Écoutez gratuitement le livre sur Audible stories

Héritages – Nina, Bénédicte Gourdon, Stéphanie Hans

Héritière d’un don surnaturel qui lui donne le pouvoir de guérison, Nina mène la vie normale d’une jeune femme moderne. Endeuillée par la disparition de son fiancé mort dans un accident, qu’elle n’est pas parvenu à sauver, elle hésite à accepter l’héritage de ce don magique. Jusqu’au jour où elle se découvre la proie d’un complot et réalise que l’accident dans lequel a péri son fiancé n’était pas le fruit du hasard. Elle comprend alors qu’elle a de puissants ennemis que son pouvoir semble particulièrement intéresser, et manifestement prêts à tout pour lui nuire. Ce thriller fantastique est le premier album du duo féminin Stéphanie Hans et Bénédicte Gourdon.

Dupuis (06 janvier 2011) – 56 pages – 14,50€

AVIS

La mention d’un don surnaturel, en plus d’une couverture intrigante, a suffi à me convaincre de me plonger dans cette BD que j’ai beaucoup appréciée.

L’entrée en matière est superbe avec une planche qui résume à elle seule la manière dont l’illustratrice réussit, page après page, à mettre en lumière les événements les plus importants, mais aussi tous ces petits détails qui nous font retenir notre souffle. Car suspense, tension et révélations ne manqueront pas de rythmer votre lecture !

En effet, si l’histoire aurait pu être un énième récit fantastique de sorcellerie, l’autrice nous propose un très efficace thriller fantastique qui nous plonge dans la vie de Nina, une femme qui possède, au bout des doigts, le pouvoir de guérir. Un pouvoir dont elle ne semble néanmoins pas mesurer toute l’étendue, mais aussi tout ce qu’il implique, jusqu’à ce qu’un événement dramatique la conduise sur les traces d’un passé trop longtemps ignoré.

J’ai adoré suivre Nina sur le chemin de la vérité, un chemin qui sera loin d’être un long fleuve tranquille puisqu’il sera parsemé d’embûches, de découvertes et d’une révélation fracassante ! À cet égard, j’ai été agréablement surprise de l’identité de la personne responsable des malheurs de Nina. J’ai craint, en début d’histoire, un antagoniste manichéen et stéréotypé agissant pour de vains motifs quand j’ai découvert un ennemi qui a bien su cacher son jeu et peaufiner des années durant son plan machiavélique. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que la quête de pouvoir est un aphrodisiaque très fort qui pousse à bien de terribles exactions…

Chose intéressante, le grand méchant de l’histoire, qu’on ne peut que condamner, dégage néanmoins une fragilité dans le regard que le talent de l’illustratrice restitue à merveille. Cela ne le rend pas attachant, mais lui apporte une certaine humanité qui, pour ma part, m’a étrangement touchée, un peu comme si à travers les illustrations, on pouvait s’approprier son débat intérieur entre raison et sentiments, entre velléité de perpétrer ses ambitions et culpabilité devant une trahison injustifiable et impardonnable !

Si j’ai trouvé le rythme de ce thriller haletant et la tension constante au point de me pousser à tourner les pages avec avidité, j’ai regretté que nous soit proposé un one-shot plutôt qu’une duologie. À la fin de ma lecture, j’ai ainsi eu le sentiment qu’il y aurait eu matière à approfondir la mythologie liée aux pouvoirs de Nina autour desquels flotte un certain flou. J’aurais également apprécié d’en apprendre plus sur une société secrète liée étroitement à la vie et au destin de Nina ainsi que sur un homme magnétique qui ne laissera pas la jeune femme indifférente.

Ce personnage introduit beaucoup de mystère, mais j’avoue avoir été quelque peu surprise et décontenancée par ce qui va se passer entre lui et Nina au regard du drame vécu par cette dernière… Mais je reconnais que c’est plus là un jugement de valeur de ma part qu’une quelconque critique sur le déroulé de l’histoire d’autant que chacun réagit à sa manière devant une épreuve.

J’ai, en revanche, apprécié le rôle de la meilleure amie dont le côté léger et libertin cache une femme de caractère et d’action bien décidée à aider Nina à se relever du drame qu’elle traverse. Ses interventions m’ont parfois semblé un peu brutales, moi qui suis plutôt une adepte de la douceur et de l’empathie, mais vu les circonstances, difficile de le lui reprocher. J’ai également trouvé Chloé d’une fidélité à toute épreuve surtout si l’on considère le manque de transparence de Nina qui, par crainte du rejet, ne s’est jamais confiée sur ses dons surnaturels…

Cette peur du rejet explique peut-être la raison pour laquelle Nina n’a pas essayé d’en apprendre plus sur ses pouvoirs, se contenant de les avoir en elle avant que les circonstances l’obligent à remonter les sources d’un don de guérison qui s’apparente parfois à une malédiction. Cette BD pose d’ailleurs, comme son titre le laisse supposer, une réflexion intéressante sur la notion d’héritage. Doit-on forcément accepter un destin imposé par sa filiation ou ne peut-on pas le reconnaître tout en décidant de choisir sa propre voie ? Chacun se fera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que Nina n’aura pas d’autre choix que de répondre à cette question en mesure de changer sa vie à jamais !

En conclusion, Héritages est un thriller fantastique particulièrement bien mené qui, en plus d’interroger la notion d’héritage, un fardeau autant qu’une force, nous plonge dans la vie d’une femme aux dons surnaturels qu’elle va devoir, plus que jamais, s’approprier afin de faire face à de terrifiantes révélations et d’être en pleine mesure de choisir son futur. Une enquête palpitante, entre ombre et lumière, sur les traces d’un héritage familial lourd de conséquences… Mon seul bémol est cette impression que si la fin conclut bien l’histoire, elle a, du moins pour moi, des allures de commencement même si je comprends que l’autrice ait préféré se concentrer sur le choix de Nina, et les circonstances l’ayant conduite à le prendre, que sur l’après.

Bilan Semaine à lire (21-28 août 2020)

Or, Coupe, Café, Panier, Livres, Livre

Pour rappel, après le Week-end à 1000, Lili Bouquine organise la semaine à lire. L’objectif est de se fixer un nombre de pages à lire durant la semaine du challenge. Pour tous les détails, vous pouvez consulter la vidéo de Lili, mais également joindre le groupe FB Challenge littéraire : « Week-end à 1000 »


Je vous propose un petit bilan de La semaine à lire qui s’est déroulée du vendredi 21 au vendredi 28 août. J’avais préparé une petite PAL pour le challenge, et pour une fois, je l’ai lue intégralement ! J’ai même réussi à caser en plus une BD et un tout petit livre jeunesse…

ROMANS

  • Du commerce de la souris : un petit livre jeunesse original découvert dans une boîte à livres. Amoureux des souris, cela devrait vous plaire surtout si vous êtes convaincus de leur intelligence !

Couverture Du commerce de la souris

La fromagerie tenue par Victor Lebrouteux depuis un-demi siècle compte désormais plus de souris que de clients. Qu’à cela ne tienne, son propriétaire changera de commerce. Il fera de la souris : en poil à gratter, en marque-page, en crème, en apéritif… M. Lebrouteux ne manque pas d’idées, mais les souris n’ont pas l’intention de se laisser faire !Une histoire loufoque et drôle qui prouve que savoir lire peut sauver la vie.

  • La belle-mère : les bons avis tombent et le mien est tout aussi enthousiaste !

Couverture La belle-mère

Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?

Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement…

  • Cœur de menhir – tome 3 : une suite plein d’action que j’ai beaucoup appréciée ! On en reparle en début de semaine prochaine sur le blog.

Cœur de menhir: 3 - Le chaos d'Askaod par [Adrien Hortemel]

Les nouveaux druides sont désormais investis d’une mission : reformer le cénacle des druides. Cependant, après avoir été dupé par les Broc’h, leur groupe est divisé et leurs quelques alliés sont défaits ou emprisonnés. Dans leur sillage, le sang a coulé, les pertes ont été importantes. Leurs détracteurs se sont emparés des faits et les utiliseront en leur faveur. Les espoirs reposeront sur Sigrid, si tant est qu’elle puisse agir. Mais le groupe survivra-t-il aux calomnies et aux révélations, alors que dans l’ombre, le Dalc’h continuera de rallier des nouvelles âmes ?

OUVRAGES GRAPHIQUES

  • Découverte par hasard dans les rayons de ma médiathèque, cette BD m’a tout de suite attirée. Ce fut une très bonne lecture même si j’aurais adoré qu’il y ait une suite, l’autrice ayant tous les éléments en main pour nous proposer une série de qualité.

Couverture Héritages

Héritière d’un don surnaturel qui lui donne le pouvoir de guérison, Nina mène la vie normale d’une jeune femme moderne. Endeuillée par la disparition de son fiancé mort dans un accident, qu’elle n’est pas parvenu à sauver, elle hésite à accepter l’héritage de ce don magique. Jusqu’au jour où elle se découvre la proie d’un complot et réalise que l’accident dans lequel a péri son fiancé n’était pas le fruit du hasard. Elle comprend alors qu’elle a de puissants ennemis que son pouvoir semble particulièrement intéresser, et manifestement prêts à tout pour lui nuire. Ce thriller fantastique est le premier album du duo féminin Stéphanie Hans et Bénédicte Gourdon.

  • Comme un million de papillons noirs et Le chemin de Jada : deux magnifiques et poétiques albums sur la tolérance et l’acceptation de soi.

Couverture Comme un million de papillons noirs

A cause des moqueries, Adé est une petite fille qui n’aime pas ses cheveux. Accompagnée par sa mère et ses tantes, elle va découvrir en douceur la beauté de ces papillons endormis sur sa tête, jusqu’à leur envol final.

Couverture Le chemin de Jada

Jumelles, les héroïnes ont pourtant une couleur de peau différente. Lors d’une partie de cache-cache qui se prolonge jusqu’à la nuit tombée, l’une d’elle découvre que sa beauté est réelle même si elle n’est pas semblable à sa sœur. Un album sur la réconciliation, la sororité et l’acceptation de soi qui reprend les codes du conte africain.

Objectif de départ : 953 pages
Nombre de pages lues : 1065 pages

Et vous, avez-vous participé à cette semaine à lire ?
Quel est votre bilan ?

 

 

La belle-mère, Sally Hepworth

La belle-mère par [Sally Hepworth, Maryline Beury]

Avocate appréciée pour son dévouement, Diana se bat pour améliorer le sort des réfugiés, mais elle se montre froide et distante, sinon blessante, envers les siens. Ce dont souffre Lucy, sa belle-fille, qui rêvait de trouver en elle une mère de substitution.

Dix années ont passé, et Diana vient de mourir. Elle se serait suicidée. Mais, à l’autopsie, nulle trace d’un cancer… Qu’est-il donc arrivé à Diana, dont le testament a été modifié peu de temps avant sa mort ?

Avec ce suspense psychologique, dans la lignée des succès de Liane Moriarty, Phoebe Morgan ou B.A. Paris, Sally Hepworth livre le portrait glaçant d’une famille en apparence harmonieuse. En apparence seulement

l’Archipel – 360 pages – Broché (21€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Maryline Beury

AVIS

Je commence toujours les thrillers des éditions de l’Archipel les yeux fermés, certaine de passer un bon moment de lecture. Et La belle-mère n’a pas échappé à la règle, bien au contraire ! Cette histoire m’a bluffée par sa justesse et son intelligence, l’autrice ayant su dépeindre à la perfection les méandres de l’âme humaine et ces différences de caractère qui finissent par engendrer d’interminables et inextricables problèmes de communication.

Si la mort de Diana soulève des questions, notamment quand la première thèse du suicide est écartée par la police, c’est, pour ma part, toute la partie psychologique qui m’a passionnée et donné envie de tourner les pages les unes après les autres. Car tout le génie de l’autrice réside dans sa capacité à partir du décès suspect de cette matriarche d’une famille fortunée pour délier les fils de tensions et de problèmes familiaux résidant, pour beaucoup, dans son intransigeance. En voulant le meilleur pour ses enfants, Diana a ainsi fini par instaurer, entre elle et eux, une infranchissable et délétère barrière…

Grâce à une narration alternée redoutable d’efficacité, jouant entre les époques et les personnages, l’autrice nous permet de mieux appréhender la vie de Diana jusqu’à son décès, mais aussi celle de sa belle-fille dont le présent se retrouve quelque peu bouleversé par la mort de cette belle-mère qu’elle a longtemps rêvée en mère de substitution. C’est d’ailleurs peut-être le point de départ des problèmes relationnels entre les deux femmes : Diana avait des qualités, mais l’instinct maternel et la chaleur humaine n’en ont jamais fait partie quand c’est tout ce qu’attendait d’elle Lucy… Mais peut-on vraiment reprocher à une personne de ne pas répondre à l’image fantasmée que l’on avait d’elle ?

Avec un titre comme La belle-mère, je m’étais attendue à découvrir une horrible marâtre bien décidée à punir la femme qui avait osé lui voler son fils. Mais c’était bien mal connaître l’autrice que de penser qu’elle tomberait dans un schéma aussi éculé ! Diana était tout sauf une femme méchante et possessive. C’était une femme altruiste et droite dans ses bottes avec une véritable éthique de vie dont certains devraient s’inspirer. Elle a toujours tout fait pour que ses deux enfants ne soient pas des « gosses de riches » qui se la coulent douce en comptant sur la fortune familiale, mais des adultes responsables et généreux capables de jouer un rôle positif dans la société comme elle le faisait elle-même avec son association venant en aide aux réfugiés.

Si l’intention était louable, l’intransigeance de Diana vis-à-vis de ses principes n’était pas forcément quelque chose de facile à vivre pour les siens d’autant que sa réserve naturelle pouvait aisément passer pour de la froideur… Je me suis prise d’affection presque immédiatement pour cette femme, peut-être parce que j’ai compris sa pudeur, sa manière de penser et ses difficultés à exprimer ses émotions. Et mon attachement n’a cessé de croître à mesure que l’on découvre ses blessures, les épreuves traversées, son engagement humanitaire et son amour sincère pour son mari, Tom. Un personnage jovial qui m’a parfois agacée par sa propension à laisser sa femme endosser le mauvais rôle… Mais cela a au moins permis à l’autrice de pointer les inégalités encore bien perceptibles entre ce que l’on attend d’une femme et d’un homme ou d’une grand-mère et d’un grand-père.

Malgré mon affection profonde pour Diana, j’ai parfois été décontenancée, voire choquée, par certaines de ses maladresses, mais surtout par son refus obtus de prêter de l’argent à ses enfants quand ces derniers en avaient vraiment besoin. Il y a une grande différence entre éduquer ses enfants pour qu’ils deviennent des adultes responsables et les laisser s’engluer dans leurs problèmes, a fortiori quand on passe son temps à s’occuper de parfaits inconnus… C’est le problème avec les positions extrêmes, elles finissent par nous couper des autres et faire plus de mal que de bien ! Un point soulevé ici avec force, vigueur et beaucoup de justesse.

Profondément humaniste, mais parfois inhumaine avec les siens, Diana est donc un personnage complexe dont j’ai adoré découvrir la psychologie, le travail de l’autrice étant d’une finesse remarquable et d’une profondeur rarement rencontrée dans un thriller. D’ailleurs, à la fin de ma lecture, j’ai vraiment eu l’impression d’avoir connu Diana et d’avoir, comme sa famille, dû faire mon deuil. Je crois que c’est la première fois que ça m’arrive et c’est assez déstabilisant, surtout au regard de la révélation finale qui m’a donné le sentiment d’un immense gâchis qui aurait pu être évité si seulement…

La démarche de l’autrice de mettre en parallèle la vie de Diana et celle de sa belle-fille m’a surprise au début, mais je l’ai trouvée intéressante, notamment pour lever le voile sur la mince frontière qui existe entre haine et amour, entre défiance et compréhension… Je reconnais toutefois que face à Diana, Lucy m’a semblé faire un peu pâle figure d’autant que je n’ai pas pu m’empêcher de la trouver assez injuste avec sa belle-mère. Beaucoup de ses griefs relèvent, pour moi, plus de ses propres attentes et projections que du comportement de Diana, certes un peu froide et intransigeante, mais pas cette horrible mégère dépeinte par Lucy.

Toutefois, au fil de l’intrigue, j’ai appris à apprécier Lucy que ce soit en raison de sa dévotion envers sa famille, ses émotions à fleur de peau ou de la manière dont elle a su faire le premier pas malgré ses blessures et ses espérances déchues… On sent à quel point, il était important pour elle d’entretenir des liens forts avec sa belle-mère de manière à combler l’absence pesante de sa propre mère. Cette belle-fille, qui aurait tant aimé redevenir simplement une fille, a donc su me toucher et me donner envie d’en apprendre plus sur elle, son passé et sa personnalité.

La relation passionnante entre Lucy et Diana, faite de déceptions et de malentendus, mais aussi de petits moments de compréhension mutuelle, rythme ce roman qui soulève également des thématiques fortes : la difficulté de s’intégrer dans un nouveau pays, la famille, les principes qui enferment au lieu de guider, l’argent et la manière dont il peut fausser les rapports humains, la maladie, le suicide, la maternité et le désir de maternité non assouvi qui peut finir par vous couper de tout et même de vous-même… Tout autant de thématiques importantes qui s’imbriquent naturellement à l’histoire venant renforcer l’effet hypnotique qu’elle peut avoir sur les lecteurs.

En effet, une fois les premières pages dévorées, il s’avère bien difficile de relâcher le roman d’autant que reste, en suspens, le mystère autour de la mort de Diana. Pourquoi a-t-elle menti sur son cancer du sein ? Si elle ne s’est pas suicidée, qui aurait pu vouloir la tuer ? Et pourquoi ? Il suffit de plonger dans la vie de sa famille pour se rendre compte que les potentiels coupables et les motifs ne manquent pas… Le suspense est donc là, diffus, mais bien présent…jusqu’à ce que l’horrible vérité finisse par éclater. L’enquête autour du décès de Diana n’est pas digne d’une grande série policière, mais sert plutôt à découvrir la vie de deux femmes très différentes, mais peut-être pas aussi incompatibles qu’il n’y paraît. Pour ma part, j’ai apprécié le cheminement de la pensée de l’autrice qui nous pousse à revoir nos relations avec autrui et à tenter de faire abstraction de nos projections pour se concentrer sur l’essentiel.

En conclusion, si vous êtes en quête d’un thriller glauque avec des meurtres à vous glacer le sang, ce roman risque de ne pas satisfaire vos appétits. Mais si vous avez envie de vous lancer dans une lecture subtile qui, sous couvert d’un décès suspect, vous plonge dans les arcanes de la pensée humaine et au cœur d’une famille complexe, La belle-mère devrait vous plaire. Entre suspense, malentendus, rancune, secrets de famille et thématiques fortes, attendez-vous à rester suspendus à ce roman jusqu’à la dernière ligne. Un thriller à la psychologie fine à lire de toute urgence !

Merci aux éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé La belle-mère en échange de mon avis.

Je te vois, Clare Mackintosh

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le jour où Zoe Walker découvre son portrait dans les petites annonces d’un journal londonien, elle décide de mener sa propre enquête. L’image floue n’est accompagnée d’aucune explication, juste d’une adresse internet et d’un numéro de téléphone. Pour les proches de Zoe, c’est la photo d’une femme qui lui ressemble vaguement, rien de plus. Mais le lendemain et le surlendemain, d’autres visages féminins figurent dans l’encart publicitaire.

S’agit-il d’une erreur ? D’une coïncidence ? Ou quelqu’un surveille-t-il leurs moindres faits et gestes ?

Audiolib (14 mars 2018) – 12 heures et 2 minutes – Autres formats : broché, poche, ebook

AVIS

L’autrice prend le temps de poser son intrigue nous permettant ainsi de faire connaissance avec les personnages et d’entrer dans leur intimité. Nous découvrons ainsi Zoe Walker, une femme lambda, employée de bureau et mère de deux enfants, dont la vie va être bouleversée par une découverte étrange : sa photo a été publiée, sans son consentement, dans les pages d’un journal londonien. Va découler de cette découverte une période de doute puis d’angoisse à mesure que cette femme avance dans l’enquête qu’elle mène pour découvrir le fin mot de l’histoire. Loin de n’être qu’une banale usurpation d’identité, elle va, en effet, découvrir que se cache quelque chose de bien plus terrible derrière ce vol de photo. Elle pourra heureusement compter, dans une certaine mesure, sur le soutien de la police et plus particulièrement, d’une jeune policière qui porte crédit à sa mésaventure. L’alternance des points de vue entre ces deux femmes est complétée par l’intervention plus sporadique du mystérieux personnage responsable de toute cette mystérieuse et dérangeante histoire d’annonce.

Alors que l’on aurait pu craindre quelques longueurs destinées à nous faire entrer de plain-pied dans la vie des personnages, l’autrice a su donner la juste dose d’informations : assez pour développer une certaine empathie, mais pas trop pour ne pas finir par crouler sous l’ennui. Il en ressort un rythme de lecture rapide d’autant que le suspense va crescendo et se révèle très bien dosé. Petit à petit, l’angoisse de Zoe s’intensifie et devient contagieuse au point d’avoir, comme celle-ci, parfois l’impression que quelqu’un nous observe.

L’autrice n’hésite pas non plus à jouer avec nos nerfs et ceux de son héroïne en nous mettant sur de fausses pistes. On finit donc par suspecter tout le monde ou presque. Dans cette histoire, le bénéfice du doute n’est pas vraiment permis d’autant que Zoe est plutôt du genre à se forger une opinion sur les gens dès le premier regard. Un trait de caractère qui m’a parfois incommodée, mais qui d’une part, rend le personnage assez humain, et d’autre part, n’est pas une mauvaise chose quand des inconnus vous traquent.

Au-delà de Zoe et des personnages gravitant autour de cette dernière, Kate, en charge de son affaire, se révèle également intéressante. On apprend à découvrir ses propres blessures et on loue son entêtement à faire de l’enquête concernant Zoe une priorité. Par l’intermédiaire de cette jeune femme têtue, mais pas entêtée, l’autrice évoque un sujet difficile, le viol, et la manière dont chacun réagit face à cette atrocité. Si j’ai compris l’incompréhension de Zoe face à la réaction d’une victime proche d’elle, j’ai apprécié que l’autrice pointe l’importance de laisser à chaque victime la possibilité de faire face à la situation comme elle le peut et/ou le souhaite sans jamais porter de jugement.

En plus de nous plonger dans une enquête angoissante, ce roman soulève des questions intéressantes et pertinentes autour des nouvelles technologies et de la place qu’elles prennent dans nos vies. D’ailleurs, à l’issue de ma lecture, je suis plus que contente de n’avoir jamais été fan du concept de partager des photos de moi à qui mieux mieux sur FB et autres réseaux sociaux. Clare Macintosh nous montre, en effet, que cette source de données personnelles n’est pas forcément toujours utilisée à bon escient… Usurpation d’identité et autres dérives pouvant sans crier gare vous tomber dessus !

Mais l’autrice aborde également avec un talent certain un autre sujet d’actualité et sur lequel, nous avons au niveau individuel, bien peu de pouvoir : l’omniprésence des caméras dans nos vies qui vont jusqu’à s’immiscer dans la sphère professionnelle. Il est vrai que l’Angleterre est connue pour avoir un système de vidéosurveillance très développée, mais la France n’échappe pas à l’engouement pour ce moyen de surveiller la population. Je ne nie pas l’utilité d’un tel système, mais je me pose depuis un certain temps des questions sur ses dérives et cette impression de ne plus pouvoir faire un pas dans la rue sans être filmée… Or ici, nous sommes clairement confrontés à ce que la vidéosurveillance peut donner quand elle est détournée et utilisée, dirons-nous, à des fins beaucoup moins nobles que la protection des citoyens….

C’est peut-être ce qui rend cette histoire aussi glaçante, le fait que bien qu’elle soit pure fiction, elle n’en demeure pas moins réaliste et, je n’en doute pas, réalisable ! Quant au côté glaçant, vous le retrouvez avec la fin qui ne devrait pas vous laisser indifférents. J’avais anticipé l’un des retournements de situation, mais je n’avais pas vu venir la révélation finale. Cette fin risque de me rester un bon moment en mémoire tellement elle m’a choquée et saisie d’effroi. Machiavélique, révoltante, effroyable… il n’y a pas à dire, c’est du grand art !

Je ne suis pas toujours convaincue par les voix des narrateurs et narratrices dans les livres audio, mais j’ai trouvé celle de Marcha van Boven parfaite et en totale adéquation avec le ton du roman. Alternant entre intonations sûres et fragilité dans la voix, la narratrice s’est complètement approprié le personnage de Zoe. En l’humanisant, elle a largement contribué à l’empathie que l’on ressent pour cette femme menacée par une force mystérieuse et anonyme. Autre point non négligeable, la narratrice a su transmettre toute la tension et l’angoisse qui se dégagent du récit. Cette expérience auditive a donc été très satisfaisante en ce qui me concerne.

En conclusion, à travers une enquête dont on colle petit à petit les morceaux comme on essaierait de reconstituer les pièces d’un puzzle, l’autrice nous plonge dans une intrigue angoissante dont l’issue machiavélique devrait vous laisser sans voix. Avec Je te vois attendez-vous donc à une histoire intense qui, en plus de vous faire passer par de multiples moments de doute, devrait également vous pousser à réfléchir sur ces nouvelles technologies qui ont envahi nos vies… pour le meilleur et pour le pire.