Flowers for Seri (tome 1), Tomu Ohmi

Couverture Flowers for Seri, tome 1

Yuzuki partage un curieux destin avec son amie Seri qui se voit embringuée dans un mariage arrangé avec le jeune homme. Cette dernière, croyant en l’amour, résiste face à l’enthousiasme général qui selon elle n’est qu’une question d’argent et de réputation. En effet, la famille de Seri est riche et a besoin d’un nom. Quant à la famille de Yuzuki, famille renommée japonaise, elle est plutôt sur la paille et aimerait bien profiter de la fortune de la fiancée ! Et pour couronner le tout, Yuzuki, qu’elle connaît depuis l’enfance, est un garçon boudeur, toujours de mauvaise humeur et particulièrement désagréable. Pourtant, alors qu’elle visite la magnifique maison de famille de son potentiel futur mari, elle entre en contact avec le seigneur Haruhisa, l’esprit d’un ancêtre du jeune homme qui lui révèle une terrible vérité : par une malédiction inconnue, tous les hommes de cette famille meurent jeunes et jusqu’ici, aucun n’a pu y échapper ! Les fantômes de Yuzuki vont alors commencer à hanter la pauvre Seri afin de l’inciter à se marier ! Mais la responsabilité de la jeune femme est encore plus grande qu’il n’y paraît, au-delà d’apporter la fortune ou la descendance, elle pourra peut-être lui sauver la vie…

Soleil (9 janvier 2013) – 192 pages

AVIS

Flowers for Seri, c’est l’histoire d’un mariage arrangé qui ressemble pas mal à ceux que l’on retrouve dans les romances historiques : un titre, ou du moins la réputation d’une grande lignée, contre la fortune. Pas très romantique, vous en conviendrez. D’ailleurs, Seri s’y refuse : elle se mariera par amour, et certainement pas avec Yuzuki, un ancien ami d’enfance qu’elle ne supporte pas. Hélas, pour elle, ses parents ainsi que ceux de son promis sont tellement enthousiastes à l’idée de cet accord qu’ils ne l’écoutent guère. Cela donne lieu à un certain comique de situation avec une Seri qui proteste dans l’indifférence générale.

Et si on en sourit aisément, c’est que contrairement à ce qui se jouait dans le passé, ici, on reste dans la légèreté. Les parents des deux protagonistes sont adorables et l’opposition franche et farouche de Seri semble assez rapidement s’affaiblir, à mesure qu’elle côtoie Yuzuki et qu’elle découvre le secret de sa famille : les hommes Furumidô sont poursuivis par une malédiction les conduisant à une mort prématurée.

Un secret dévoilé par le fantôme de l’un des ancêtres de Yuzuki qui s’est mis en tête de réunir les deux jeunes adultes et de protéger Seri au même titre que son promis. Et s’il ressent ce besoin de protection, c’est qu’il est certain que Seri détient en son sein le pouvoir de protéger Yuzuki d’un bien funeste destin ! J’ai apprécié ce fantôme adorable, bien qu’un peu trop présent pour la santé mentale de Seri qui ne goûte guère ses apparitions inopinées. Petit à petit, on assiste à l’évolution des sentiments de Seri qui passe du refus net et précis à l’agacement puis à des sentiments bien plus doux envers un Yuzuki qu’elle réapprend à connaître… Et plus elle passe de temps avec lui, plus elle réalise que sa présence semble bénéfique au jeune homme, lui permettant même de se sortir de situations délicates sans trop de séquelles.

En tant qu’adulte, j’ai regretté que les choses évoluent bien trop vite entre les protagonistes et que l’on fasse peser sur une jeune femme le poids du salut d’un homme. Le titre n’en demeure pas moins agréable et devrait plaire aux adolescentes et aux jeunes adultes, les deux protagonistes se révélant complémentaires et plutôt mignons ensemble. Derrière une relation chien/chat qui ne manque pas de charme, difficile de ne pas voir l’affection sincère que Yuzuki porte à son amie d’enfance. Si le Yuzuki actuel ne m’a pas plus touchée que cela, j’ai été très émue par le Yuzuki enfant que l’on découvre à travers quelques flashback. Un enfant conscient du poids de la malédiction de sa famille et abandonné par une amie qui lui avait pourtant promis de toujours le soutenir et le protéger…

On comprend aisément que Seri, alors encore très jeune, a eu tout simplement peur, mais l’on comprend également qu’elle désire maintenant rattraper son erreur passée. Après tout, ce n’est plus une enfant apeurée, mais une jeune femme avec du caractère et une belle force intérieure. Courageuse, gentille et forte, j’ai apprécié Seri et la manière dont elle essaie de faire face à ce mariage arrangé, à la malédiction et à ces fantômes qui s’invitent dans sa vie. Cela fait beaucoup pour une seule personne, mais elle affronte ce chaos avec beaucoup de témérité.

En ce qui concerne Yuzuki, il reste encore un peu difficile à cerner, ce qui s’explique par les barrières qu’il a érigées entre lui et les autres pour se protéger des abandons qu’il pense inévitables. Il n’en demeure pas moins très attaché à Seri, ce qui se traduit d’ailleurs par quelques élans de jalousie et de possessivité quand un autre homme ne semble pas indifférent à la jeune femme. Bien que la personnalité de Yuzuki mériterait encore quelques approfondissements, j’ai apprécié de le voir tiraillé entre son envie d’épouser Seri qu’il a toujours aimée et celle de ne pas la contraindre à ce mariage… Un dilemme moral qui prend une tout autre dimension quand le jeune homme en vient à considérer tous ces dangers qui font son quotidien et dont son corps porte les stigmates. Peut-il mettre la vie de Seri en danger pour protéger la sienne et offrir à ses parents cet héritier tant attendu ? Mais cette question qui le fait douter n’est-elle pas erronée ? La question, n’est-elle pas plutôt de savoir ce dont a envie Seri qui nous apparaît ici déterminée à faire entendre sa voix ?

Quant aux illustrations, j’ai apprécié leur rondeur, leur douceur et le jeu important sur les regards, tous très expressifs. J’ai néanmoins parfois été déstabilisée par un problème de proportion, surtout au niveau des bustes des personnages masculins, et la manière dont la mangaka joue sur le visage de l’héroïne. Si j’imagine que c’est dans un but artistique, ne lui représenter qu’un œil sur deux ou laisser un blanc à la place du nez et/ou des lèvres ne m’a pas paru particulièrement attrayant…

En conclusion, bien que l’autrice avance ses pions un peu trop rapidement pour l’adulte que je suis, j’ai trouvé ce premier tome divertissant et ai apprécié l’apport du surnaturel dans la relation tumultueuse entre deux jeunes adultes dont le destin semble étroitement lié… Quant à savoir si c’est pour le meilleur ou pour le pire, il faudra lire la suite. Dans tous les cas, je vous conseillerais ce titre si vous avez envie d’une romance laissant une belle place au surnaturel et à une malédiction qui fait peser une lourde menace sur toute une famille et deux jeunes adultes qui doivent faire face à leurs sentiments.

Livre lu dans le cadre du challenge Romantasy.

Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Challenge Romantasy : ma PAL prévisionnelle

Femme, Bateau, Ciel, Coucher De Soleil

Appréciant beaucoup les romans mélangeant romance et fantasy, je ne pouvais que participer à ce nouveau challenge créé par Nina Quill. Organisé autour de différentes catégories, il a commencé le 15 février et se terminera le 15 avril. À noter que Nina considère le mot fantasy au sens large et que vous pouvez donc inclure dans vos lectures des romans fantastiques, d’urban fantasy…

Pour tous les détails, n’hésitez pas à regarder la vidéo de Nina :

Voici pour chaque catégorie, le ou les livres que j’aimerais lire, en sachant qu’il est probable que je ne lise pas tout et/ou que je remplace certains titres par d’autres :

  • Ennemies to lovers

Couverture Le Royaume AssassinéCouverture Le Peuple de l’Air, tome 1 : Le Prince cruel

  • Vampires, Loups-garou, witch…

Couverture L'inconsoléCouverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

  • Carte au début

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamais

  • Graphique

J’ai déjà lu Fangs, mais il faut que je le relise pour le chroniquer, et ce challenge est l’occasion idéale de le faire.

Couverture FangsCouverture Twilight (manga), tome 1 : Fascination, partie 1Couverture Alice au royaume de coeur, tome 1

Couverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 1 : Pretty GuardianCouverture Angel Sanctuary, deluxe, tome 01Couverture Flowers for Seri, tome 1

  • Femme badass

Couverture Kate Daniels, tome 05 : Meurtre magique

  • Auteur.ice ou personnage racisé

Couverture Legendborn

  • LGBTQIA

Couverture These witches don't burn, book 1Couverture Les Chroniques de Ren, tome 1 : Prisonnier

  • Belle couverture

Couverture Les contes inachevés, tome 1 : La vilaine belle-soeur

  • VO Anglais ou traduit de l’anglais.

Couverture Blood and Ash, book 1: From Blood and Ash

  • Favoris d’un.e Booktubeur.euse.

Les célibataires de Bow Street : Les mariés du secret, Kate Bateman

Les mariés du secret

Pour échapper à un mariage forcé, Georgiana croyait avoir trouvé la parade idéale : épouser un condamné à mort déniché à la prison de Newgate. Sitôt mariée, sitôt veuve… Enfin, elle sera libre !
Quelle n’est pas sa stupeur quand, lors d’un bal, elle se retrouve nez à nez avec son mari !
Le soi-disant bagnard était en réalité un agent gouvernemental en mission secrète. Désormais, ils sont légalement unis. Or, le fringant Benedict déborde de charme et n’est pas du genre à se laisser ignorer…

J’ai lu pour elle (06/01/2021) – 320 pages – 7,80€ – Traduction : Élisabeth Luc

AVIS

Ces derniers mois, j’ai enchaîné les romances historiques, mais je dois dire que celle-ci se démarque. Si elle ne suit pas le schéma ennemies to lovers que j’affectionne tant, elle possède beaucoup d’autres atouts.

À commencer par une romance dénuée d’une once de toxicité, ce qui est rarissime ! Bien que Benedict soit fortement attiré par la très indépendante Georgiana, à aucun moment, il ne se comporte comme un conquérant sûr de son bon droit. Non, il lui fait comprendre qu’elle l’attire beaucoup et qu’il serait disposé à lui faire découvrir le monde de la volupté et des sens si tel était son désir. Il n’insiste pas, ne se montre pas possessif, n’essaie pas de diriger sa vie ou de l’empêcher de prendre des risques malgré sa peur qu’il lui arrive malheur, il exprime sa sincère admiration devant son indépendance, son intelligence et ses compétences dans différents domaines… En un mot comme en cent, il la respecte et la traite bien comme un individu à part entière, et non comme une frêle personne à protéger d’elle-même et des autres ! Et cela fait de Benedict l’un de mes protagonistes masculins préférés…

Quant à Georgiana, je l’ai tout simplement adorée ! À la tête de sa famille depuis le décès de son père dont elle était proche, elle gère d’une main de maître, et avec une rare intelligence, les affaires familiales qu’elle a su faire fructifier. Richissime et belle à souhait, elle a tout pour plaire, ce qui, hélas, lui attirera l’attention d’hommes, plus ou moins honnêtes, qui aimeraient bien mettre la main et sur la belle et sur sa fortune. Et parmi ces hommes, il y a son très insistant cousin qu’elle est bien décidée à tenir à distance, quitte à employer des moyens radicaux comme épouser un condamné à mort juste avant son exécution. C’est que question liberté, une veuve est bien mieux lotie qu’une belle héritière !

Malheureusement pour elle, ou pas, le condamné ne l’était pas vraiment, et ce n’est pas à un malfrat auquel elle s’est liée, mais à Benedict, un noble sans fortune, en mission pour une unité de police un peu spéciale. De fil en aiguille, les deux époux décident de collaborer : Benedict va faire semblant de la courtiser avant de l’épouser publiquement afin de prévenir tout scandale lié aux circonstances de leur précédent mariage. La jeune femme va, quant à elle, mettre ses relations et ses compétences dans le domaine maritime au service de Benedict afin de l’aider à résoudre son enquête et à déjouer un complot visant à libérer Napoléon ! Une tâche qu’elle est ravie d’accomplir, elle qui rêve tant d’aventure. Après cette mission et ce mariage public, la route des deux intrigants devrait se séparer, une réelle relation maritale entre les deux semblants exclue… Mais l’est-elle vraiment ?

Bien qu’on reste très éloigné d’une enquête digne d’un roman policier, j’ai beaucoup apprécié cette petite touche policière qui apporte un certain suspense et une tension intéressante, les deux époux/associés se retrouvant parfois dans des situations non dénuées de danger. Un danger qui va les rapprocher et qui va les pousser, chacun de leur côté, à réfléchir à leurs sentiments et à leur attirance mutuelle. Je n’ai eu, pour ma part, aucun mal à croire aux sentiments qui se développent entre eux, leur complicité teintée de désir s’imposant aux lecteurs dans toute sa force et sa beauté !

J’ai, en outre, adoré la manière dont l’autrice a su gérer leur attraction mutuelle. C’est fait avec élégance, douceur, bienveillance et sensibilité tout en étant assez passionné pour que l’on ressente l’intensité du désir qui crépite entre Benedict et Georgiana. Cette dernière, partagée entre raison et sentiments, va devoir apprendre à lâcher-prise quand Benedict va apprendre, à ses côtés, à oublier ce que la société attend d’un homme dans un mariage… Il y a d’ailleurs quelque chose, du moins pour l’époque, d’avant-gardiste dans leur couple, encore une chose à porter au crédit de l’autrice !

En ce qui concerne les personnages secondaires, j’aurais peut-être aimé qu’ils soient un peu plus développés, mais cela ne m’a pas empêchée d’être très amusée par la sœur de Georgiana et son prétendant, un poète au talent très subjectif. Un couple qui se révèle, à sa manière, plutôt attendrissant d’autant qu’il va devoir affronter les réticences d’une mère qui aurait aimé que sa cadette fasse un très beau mariage, sous-entendu un mariage avec quelqu’un de riche et de titré… Ce premier tome nous permet également de faire la connaissance des amis de Benedict qui seront probablement au centre des tomes suivants de la série. Je croise d’ailleurs les doigts pour apprécier leurs aventures parce qu’avec Benedict, l’autrice a mis la barre assez haut. Mais vu les atouts de ce premier tome, j’aurais tendance à lui faire totalement confiance…

En conclusion, sans être un coup de cœur, cette romance historique m’a enchantée, l’autrice nous offrant une relation amoureuse saine et pleine de tendresse entre deux personnes attachantes, dont le désir va croître dans la complicité, la compréhension, la bienveillance et l’aventure. Une belle romance que je recommanderais aux romantiques dans l’âme, mais aussi aux personnes ayant envie d’une histoire qui les tiendra autant en haleine par le dénouement amoureux qu’une enquête les conduisant dans les bas-fonds de Londres.

Le mois de la romance (février 2021) : ma PAL #MDLR2021

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

Alors que la romance a longtemps été la grande absente du blog, je m’y suis mise petit à petit, avant de franchement adhérer au genre. C’est donc avec plaisir que, pour la deuxième année consécutive, je participe au mois de la romance, un challenge littéraire mis en place par Ludo du blog et de la chaîne Youtube, Prends un livre et détends-toi.

Pour tous les détails, je vous invite à visionner sa vidéo :

Parmi les différents niveaux proposés, j’ai opté pour Passionnément consistant à lire 9 romans dont au moins 4 choisis en fonction des consignes ci-dessous :

Peut être une image de texte qui dit ’10 consignes: Du jaune s”r la couverture. Lire auto -édité(e) -Un tome de saga (pas le 1er) Le livre se passe en France. Une autrice coup de coeur de 2020. Un poche. Un ennemies to lovers. Avec des avocats (le métier, pas le fruits -LGBT BT. -Plus de 400 pages.’

Pour cette sélection, j’ai mis des romans 100% romance, mais également des livres de fantasy qui accordent une belle place à la romance…

Romans avec consignes

  • Du jaune sur la couverture : Qu’est-ce qu’elle a ma gueule ? 
  • Un ennemies to lovers : Dating you hating you.
  • Avec des avocats : Conflits, amour et préjudices.
  • Lire un auto-édité : Albertine.
  • Lire un poche : Adopted love.
  • Plus de 400 page : From blood and ash.
  • Un tome de saga : Blood and Honey.

Qu'est-ce qu'elle a ma gueule ? par FlynnDating you, hating you par LaurenCouverture Conflits, amour et préjudices

Couverture Albertine, tome 1 : Un coeur de pirateCouverture Adopted Love, illustré, tome 1Couverture Blood and Ash, book 1: From Blood and Ash

Couverture Serpent & Dove, book 2: Blood & Honey

Romans choisis librement 

Couverture Le Peuple de l’Air, tome 1 : Le Prince cruelCouverture Francesca Cahill, tome 1 : Un odieux chantage

Et vous, participez-vous au challenge ?
Avez-vous déjà lu certains de ces livres et/ou certains vous tentent-ils ?

 

Les Sœurs Charbrey, Tome 1 : Sans orgueil ni préjugé, Cassandra O’Donnell

Couverture Les soeurs Charbrey, tome 1 : Sans orgueil ni préjugé

Le mariage ? Morgana Charbrey ne veut pas en entendre parler ! Sa passion dévorante pour les sciences emplit suffisamment sa vie sans qu’elle ait besoin de s’encombrer d’un époux. Cette soif d’indépendance, elle la dissimule derrière une prétendue maladie qui la contraint à rester recluse chez elle, à l’abri des regards courroucés de la haute société. En accompagnant sa jeune sœur Rosalie faire ses débuts à Londres, Morgana était loin d’imaginer que sa beauté et son caractère emporté attireraient l’attention de l’insupportable et ô combien séduisant comte Greenwald…

J’ai lu (22 mars 2013) – 256 pages

AVIS

Ayant lu récemment le deuxième roman de la série, j’ai eu envie de relire le premier. Et si la lecture fut plaisante et divertissante, j’ai relevé deux ou trois scènes qui m’ont gênée, mais qui ne m’avaient pas sauté aux yeux lors de ma première lecture. Elles soulèvent la question du consentement dans la mesure où il semble nécessaire de rappeler qu’un non de la part d’une femme ne signifie rien d’autre que NON ! Cela ne sous-entend pas qu’elle attend d’un homme qu’il la cajole pour faire tomber ses barrières, qu’elles soient réelles ou n’existent que dans l’esprit d’un partenaire plus soucieux de son plaisir que du respect de sa partenaire.

Malgré ces quelques scènes, hélas très courantes dans les romances, j’ai apprécié la plume de l’autrice tout en légèreté et en piquant à l’image de son duo plein de mordant. Si le comte Greenwald, un chenapan qui n’a pas sa langue dans sa poche, ne manque pas de charme, c’est bien l’héroïne qui m’a donné envie de tourner les pages.

Comme dans beaucoup de romances historiques, la jeune femme possède un sens aigu de la répartie et une liberté d’esprit qu’elle n’a guère envie de sacrifier sur l’autel du mariage, une prison dont elle se passerait volontiers. Mais là où elle se distingue vraiment, c’est par son intelligence qui frise le génie. En plus de gérer d’une main de maître le domaine de son oncle, de faire de fructueux investissements et de veiller sur ses sœurs, elle se révèle être une brillante ingénieure et scientifique. Une femme accomplie qui ne pourra que vous impressionner par ses multiples talents, et sa volonté de les exercer en dépit de l’aura de scandale que ses activités pourraient amener sur sa famille si elles venaient à être découvertes.

Si Morgana ne souhaite pas se marier, elle désire laisser cette porte ouverte à ses sœurs, et notamment à Rosalie en âge de faire ses débuts dans le monde. Elle l’accompagne donc à Londres sans se douter un instant que ce n’est pas le cœur de sa sœur qui risque d’être ravi, mais bien le sien… Sa rencontre avec Greenwald nous permet d’emblée de comprendre que la relation entre les deux va faire des étincelles, le comte, homme de son temps, semblant avoir une vision des femmes bien différente de celle Morgana. Malgré les préjugés de cette dernière sur ce personnage aux multiples facettes, une certaine complicité va s’installer entre les deux, le comte n’étant peut-être pas cet être vil auquel elle s’était attendue.

Mais la jeune femme est-elle prête à céder au comte, qui ne cache pas son envie d’être à ses côtés, sous peine de renoncer à cette liberté tant appréciée ? Le roman étant relativement court, les choses entre les personnages avancent assez vite, ce qui ne m’a pas dérangée appréciant beaucoup leur complicité et leurs joutes verbales qui amusent autant les lecteurs que la noblesse londonienne. Mais si vous êtes en quête d’un roman développant le contexte historique et entrant en profondeur dans la psychologie des personnages, vous pourriez rester sur votre faim. Pour ma part, j’ai apprécié que l’autrice aille droit au but d’autant cela correspond parfaitement à la personnalité de Greenwald qui est un homme d’action bien plus que de raison.

La beauté de Morgana, mais surtout sa vivacité d’esprit, son humour et son extravagance le fascinent et le poussent inexorablement vers elle. Ce personnage, sans avoir été un coup de cœur, se révèle intéressant par son évolution et sa prise de conscience face à la personnalité complexe d’une femme qui l’a conquis au premier regard ou presque. Quant à Morgana, elle va s’ouvrir à la volupté aux côtés de cet attirant et agaçant comte. Mais elle va surtout réaliser que son cœur n’est peut-être pas aussi fermé qu’elle le pensait, et qu’il est parfois nécessaire de ne pas juger trop vite autrui sous peine de faire quelques erreurs d’interprétation.

Au-delà de la romance et de l’attraction presque animale entre nos deux fortes têtes, le roman accorde une belle place à la famille, Morgana étant très proche des siens. De l’oncle qui respecte la liberté d’esprit de sa nièce à la géniale tante fantasque et très ouverte d’esprit, en passant par les sœurs de Morgana sur lesquelles elle veille telle une maman poule, tous se révèlent attachants et nous donnent envie d’apprendre à les connaître. Chose en partie réalisée avec Rosalie dans le deuxième tome qui lui est consacré.

En conclusion, si vous avez envie d’une lecture légère mêlant personnages hauts en couleur, jeu de séduction, malentendus, humour et réparties qui fusent, vous devriez vous régaler avec cette romance historique pleine de piquant.

L’anti-lune de miel, Christina Lauren

Quand deux ennemis jurés partent en (faux) voyage de noces à Hawaï, tout peut arriver… même de trouver l’amour.

Olive Torres s’est habituée à être la jumelle malchanceuse : mésaventures inexplicables, licenciement récent.. elle semble comiquement poursuivie par la guigne. Sa sœur Ami, au contraire, incarne l’éternelle gagnante, au point même de parvenir à financer l’intégralité de son mariage en remportant des jeux concours. Malheureusement pour Olive, il y a pire que sa malchance chronique : elle se voit forcée de passer toutes les festivités de la noce en compagnie d’Ethan Thomas, le témoin du marié (et son ennemi juré)….

Olive se prépare à vivre un enfer, déterminée à faire bonne figure. Mais lorsque tous les invités sont victimes d’une intoxication alimentaire, la fête vire au cauchemar, et, seuls, Olive et Ethan s’en sortent indemnes. Soudain, une lune de miel tous frais payés se trouve à portée de main, et Olive préférerait mourir plutôt que de laisser Ethan profiter du paradis sans elle.

Convenant d’une trêve temporaire, ils s’envolent tous les deux pour Maui. Après tout, dix jours de bonheur valent bien la peine de jouer au couple de jeunes mariés amoureux, n’est ce pas ? Mais étrangement, faire semblant dérange de moins en moins Olive. En réalité,elle se sentirait presque assez… chanceuse, pour une fois !

Hugo Roman (11 juin 2020) – 356 pages – Broché (17€)
Traduction : Margaux Guyon

AVIS

Ayant entendu beaucoup de bien du duo Christina Lauren, j’ai eu envie de le découvrir à travers une romance ennemies to lovers, un schéma qui me plaît toujours beaucoup. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture qui m’a fait passer un très bon moment de divertissement et offert ce dépaysement que le contexte actuel rend bien difficile dans la vraie vie.

Quand sa jumelle porte la chance en étendard, Olive a la malchance en meilleure amie. Et même quand une opportunité inattendue s’offre à elle, il y a une contrepartie exaspérante : supporter, le temps d’une fausse lune de miel à Hawaï, son plus grand ennemi, le frère de l’homme que sa sœur vient d’épouser. Ethan n’est pas plus enchanté à l’idée de jouer l’époux de sa meilleure ennemie, mais il est hors de question pour lui de laisser passer cette chance d’évasion. Après tout, il a besoin de vacances, et ce serait stupide de ne pas profiter de ces vacances tous frais payés dans un endroit paradisiaque, alors que son frère et sa belle-sœur sont trop malades pour en profiter !

Mais sur place, les choses ne vont pas se passer comme prévu et les deux ennemis vont devoir pousser la farce du faux mariage bien plus loin qu’ils ne l’avaient prévu. Bien que les coïncidences soient un peu grosses pour être réalistes, je me suis régalée de voir les deux personnages s’enliser dans leurs mensonges d’autant que ceux-ci vont les contraindre à passer beaucoup de temps ensemble, et à multiplier les activités pour donner le change. Les deux personnages ayant la langue bien acérée, leurs échanges vont se révéler aussi amusants que musclés ! Si vous aimez les relations haine amour, vous allez adorer les voir se chamailler, se lancer des piques cinglantes, se provoquer, mais aussi les voir se rapprocher bien malgré eux.

L’attirance physique qui existe entre eux va électriser le roman et nous offrir une certaine tension sexuelle qui ne tombe jamais dans la vulgarité. D’ailleurs, si vous vous attendez à de nombreuses scènes sous la couette, vous risquez d’être déçus. Ici, on est vraiment dans cette idée de tension qui monte progressivement jusqu’à ce que nos deux fortes têtes ne puissent plus nier l’évidence. Les taquineries agressives du début finissent ainsi par laisser place à une certaine complicité et de tendres moments qui ne manqueront pas de faire battre les cœurs… La tension physique et mentale et le rapprochement progressif entre Olive et Ethan sont vraiment les points qui rendent cette lecture addictive, et qui poussent les lecteurs à tourner les pages avec une certaine frénésie. Difficile de penser que deux personnes avec une telle alchimie aient pu se détester ! 

Mais au gré des événements et des flash-back, on découvre la source de l’animosité qui a longtemps rythmé les échanges entre nos deux protagonistes. Et si la haine du départ n’était pas due à une différence de tempérament, mais à quelque chose de bien plus pernicieux qui est venu enrayer une relation qui aurait pu être tout autre ? Sans entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, les autrices abordent des questions intéressantes comme les malentendus, les préjugés, mais aussi les liens familiaux et la toxicité de certaines relations fraternelles. À cet égard, Ethan m’a parfois agacée par son profond aveuglement tout comme la jumelle d’Olive dont l’une des réactions m’a révoltée et indignée. J’ai néanmoins trouvé leurs comportements intéressants pour montrer qu’il n’y a pas que l’amour entre deux amants qui rend aveugle, et qu’il faut parfois du temps et un électrochoc pour ouvrir les yeux sur des personnes de son entourage…

Mais rassurez-vous, les autrices nous épargnent les grands drames, préférant nous offrir une romance drôle et piquante à souhait qui, en plus de faire sourire, ne devrait pas manquer de faire battre votre cœur à l’unisson de deux personnages qui vont inexorablement se rapprocher. Beaucoup d’humour, du soleil, des cocktails, de l’amour et des personnages attachants à la langue acérée… Un programme parfait pour les vacances et/ou un moment d’évasion et de divertissement sans prise de tête !

Je déteste tellement t’aimer ! Anna Premoli

Couverture Je déteste tellement t'aimer !

Depuis sept ans qu’ils sont dans la même banque, Jennifer et Ian se détestent. Jusqu’au jour où ils sont obligés de travailler ensemble sur un projet important. Ian est le célibataire le plus en vue de Londres et, alors qu’ils sont au restaurant en train de parler boulot, ils sont épinglés par un paparazzi et leur photo se retrouve dans les journaux. Jennifer est furieuse. Mais Ian constate que cette photo a découragé une horde d’insupportables prétendantes. Du coup, il propose un marché à sa collègue : il lui laisse carte blanche pour leur projet de travail si elle accepte de jouer le rôle de sa petite amie. Facile ? Le défi risque de se révéler nettement plus compliqué que prévu… Un roman plein d’humour Prix des libraires en Italie.

AVIS

Je déteste tellement t’aimer ! suit le seul schéma que j’apprécie vraiment dans les romances contemporaines, le schéma ennemis to lovers ou quand la haine se transforme en amour. Nous suivons ainsi deux collègues qui ne peuvent pas se supporter. Leur animosité est telle qu’après un très fâcheux accident, qui aurait pu coûter sa carrière à Jennifer, la hiérarchie a jugé préférable de ne plus les faire travailler ensemble.

Malheureusement, la trêve qui a duré plusieurs années est menacée : un client tient fortement à ce que son patrimoine soit géré par les deux ennemis. Si les salariés de la banque d’investissement dans laquelle ils travaillent sont ravis à l’idée du tumulte que cette collaboration forcée risque de créer, le supérieur de Jennifer et Ian est quelque peu inquiet. Il faut dire que dès la première séance de travail, le duo retrouve ses anciens réflexes et se lance dans une joute verbale cinglante.

Trop, c’est trop, il est décidé que Jennifer et Ian travailleront dorénavant à l’extérieur afin de ne pas déranger tout le bureau ! Il n’avait pas été prévu, en revanche, que des paparazzis les prennent en photo et les présentent comme un couple. Jennifer est furieuse d’être considérée comme l’une des conquêtes décérébrées de Ian, un futur comte très en vu. Mais ce dernier voit, dans ce quiproquo, le moyen de mettre momentanément à distance les hordes de femmes qui se jettent à ses pieds en raison de son statut. Contre toute attente, il convainc donc Jennifer de jouer le rôle de sa petite amie en échange de la promesse de la laisser mener leur projet commun comme elle le souhaite…

J’aurais peut-être aimé que le côté ennemi dure un peu plus longtemps, mais j’ai adoré suivre l’évolution de la relation entre ces deux personnages au fort caractère, dont les joutes verbales se révèlent des plus divertissantes. De fil en aiguille, les masques tombent et Jennifer découvre que Ian n’est pas forcément ce noble imbu de lui-même qui semble s’être donné comme mission de la contredire et de faire de sa vie un enfer. Elle lui découvre une profondeur et une douceur que ses apparitions dans la presse à scandale ne laissaient pas présager. Une attention médiatique dont Ian se serait d’ailleurs bien passé tout comme cette impression d’être plus un bon parti à conquérir qu’un homme à part entière…

Quant à Jennifer, elle nous apparaît comme une jeune femme intelligente, drôle et déterminée qui concilie comme elle le peut sa carrière et une famille anti-capitaliste qui voit d’un très mauvais œil que la petite dernière travaille pour un système qu’elle réprouve et qu’elle aimerait voir s’effondrer. Les personnages secondaires ne sont pas développés outre mesure, mais ils le sont assez pour que l’on comprenne leur rôle dans la haine que Jennifer voue à Ian. Car si l’homme l’exaspère, c’est aussi pour son statut de noble qui soulève en elle une furieuse envie de lutte des classes. La famille de Ian n’est pas non plus exempte de défauts, celle-ci faisant peser sur lui une certaine pression pour qu’il se marie avec une femme « digne » de son rang… Après tout, il ne faudrait pas détourner Ian de ses futurs devoirs de comte !

Bien qu’un peu caricaturale, la différence de milieu social se révèle intéressante puisqu’elle permet de se faire confronter deux systèmes de valeurs opposés, de nous offrir quelques moments loufoques, et de compliquer la relation entre nos deux protagonistes. Ces derniers arriveront-ils à surmonter leurs différences pour avancer main dans la main et transformer la haine en amour ? En se lançant dans cette romance, on connaît plus ou moins la réponse d’avance, mais ce que l’on ignore, en revanche, c’est la manière dont l’autrice va réussir à rapprocher deux êtres que tout oppose. Et c’est, évidemment, tout ce qui fait le sel de ce récit que je vous recommande les yeux fermés pour passer un moment de détente amusant, divertissant et sans prise de tête.

Le duo, très attachant, nous offre des moments parfois drôles, parfois bien plus tendres, voire attendrissants. Mais cela ne se fera pas sans heurt, Jennifer ayant beaucoup de mal à aller au-delà de ses préjugés et à accepter ses sentiments nouveaux pour sa Némésis. À cet égard, Ian semble bien plus serein. Il acceptera assez naturellement que sa haine se soit transformée en amour et fera de son mieux pour convaincre Jennifer de sauter avec lui dans l’inconnu, et ceci malgré leur passé difficile et leur famille respective…

Si j’ai adoré l’humour de Jennifer, sa confiance en elle en ce qui concerne sa vie professionnelle, mais sa relative couardise dans sa vie amoureuse, j’ai été complètement charmée par la personnalité de Ian. Un homme dont l’héritage familial se révèle bien difficile à porter, à moins qu’une enquiquinante, mais charmante collègue de travail finisse par lui apporter cette légèreté et cet amour qui lui faisaient tant défaut…

Entre l’humour omniprésent, les personnages secondaires qui possèdent bien souvent un petit grain d’excentricité savoureux, et un duo haut en couleur, cette romance offre un très amusant moment de divertissement sans prise de tête en même temps que des temps forts emplis de tendresse et d’émotion.

 

Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

TAG Noël arrive

Lune, Silhouette, Santa Claus, Rennes, Santa, Claus

C’est sur le blog Foxy and books que j’ai découvert le TAG Noël arrive. N’hésitez pas à lire ses réponses.

Avec un tel intitulé, je ne pouvais qu’avoir envie, à mon tour, d’y répondre d’autant que j’adore le titre des questions.

1 – Le Pôle-Express : tu peux partir, là maintenant tout de suite, où vas-tu pour Noël ?

Noël étant une fête familiale, la seule réponse qui me vient à l’esprit est là où se trouve ma famille. Et connaissant le goût du voyage de certains de mes proches, je dirai donc dans ma ville d’habitation parce que pour convaincre tout le monde de venir avec moi, cela risquerait de me prendre un certain temps.

2 – Le drôle de Noël de Scrooge : ta plus grosse déception livresque ?

Sans réfléchir, il s’agit d’Orgueil et préjugés : Lizzie et Darcy… Aujourd’hui comme hier ! qui a donné lieu à la chronique la plus négative du blog.

3 – Niko le petit renne : un livre que tu as lu rapidement ?

Les tribulations de Lady Eleanor Grant : un roman lu d’une traite en une soirée/nuit lors d’un challenge littéraire. Mais même sans ce défi littéraire, j’aurais bien été incapable de poser le roman avant d’en avoir lu la dernière ligne.

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reine

4 – Klaus : tu as tellement aimé un livre qu’il a réussi à te donner envie de lire tous les romans de l’auteur. Lequel ?

Je me dois de citer Orgueil et préjugés qui m’a donné envie de lire tous les romans de Jane Austen. Dans les auteurs contemporains, je pense à Je n’aimerai plus de Stéphane Soutoul. J’étais déjà fan de la plume de l’auteur, mais ce roman m’a convaincue qu’il me fallait lire tous ses livres.

Couverture Je n'aimerai plus

5 – Le Grinch : tu as le droit d’avoir une série de livres, laquelle choisirais-tu ?

J’aurais pu citer un certain sorcier à lunettes, mais je préfère mettre à l’honneur une autrice française qui prouve qu’en France, nous aussi nous avons des auteur(e)s capables d’enthousiasmer de nombreux lecteurs, jeunes et moins jeunes. J’avoue néanmoins ne pas encore avoir eu le courage de lire le dernier tome de La Passe-Miroir et de dire adieu aux personnages.

Couverture La Passe-miroir, tome 1 : Les fiancés de l'hiver

6 – Miracle sur la 34e rue : un livre que tu as réussi à finir par miracle ?

Si cela n’avait pas été un SP, je n’aurais jamais réussi à terminer Le linceul des âmes qui est l’une de mes plus grosses déceptions de l’année. Je considère donc que c’est un petit miracle que j’en sois venue à bout et assez rapidement.

Couverture Le linceul des âmes

Et vous, il vous tente ce TAG ?