Daughter of the Pirate King, Tricia Levenseller

Couverture Daughter of the Pirate King, book 1

There will be plenty of time for me to beat him soundly once I’ve gotten what I came for.

Sent on a mission to retrieve an ancient hidden map—the key to a legendary treasure trove—seventeen-year-old pirate captain Alosa deliberately allows herself to be captured by her enemies, giving her the perfect opportunity to search their ship.

More than a match for the ruthless pirate crew, Alosa has only one thing standing between her and the map: her captor, the unexpectedly clever and unfairly attractive first mate, Riden. But not to worry, for Alosa has a few tricks up her sleeve, and no lone pirate can stop the Daughter of the Pirate King. 

AVIS

Il me suffit de voir le mot pirate dans un titre pour me tenter et si en plus, on parle de femme pirate… Alosa est la fille du roi des pirates, un homme impitoyable qui contrôle les mers et plus ou moins les terres… Ce dictateur en puissance semble pourtant avoir la plus totale dévotion de la part de sa fille qu’il a chargée d’une mission : mettre la main sur une carte afin de se rapprocher d’un trésor très convoité. Et pour ce faire, Alosa a dû consentir à faire semblant de se laisser capturer et emprisonner par l’un des nombreux ennemis de son père, sa mainmise sur le monde des pirates ne faisant pas l’unanimité. Et c’est un euphémisme !

Alosa m’a paru au début un peu trop sûre d’elle, voire quelque peu fanfaronne, mais au fil des pages, ce trait de caractère s’amenuise fortement. Une évolution qui m’a permis d’apprécier cette jeune fille de 17 ans, qui ne vit que pour obtenir l’approbation dun père pourtant peu aimant et, surtout, maltraitant. Ainsi, de fil en aiguille, on découvre la cruauté de cet homme qui ne semble voir en sa fille qu’une arme destinée à servir ses rêves de grandeur et ses intérêts. Une réalité qu’Alosa se refuse obstinément à voir, ce que l’on peut comprendre, son père étant sa seule et unique famille. Mais loin d’être une frêle chose aux mains d’un tyran, c’est une jeune fille forte, obstinée et déterminée, qui a su se faire une place dans le monde des pirates, au point d’avoir déjà un bateau et un équipage presque entièrement féminin sous ses ordres.

Ses aptitudes de combattante ajoutées à sa force de caractère lui jouent parfois des mauvais tours, mais c’est aussi ce qui lui permet de ne pas flancher dans sa mission. Parce que se retrouver aux mains de l’ennemi, cela demande quand même une bonne dose de confiance en soi ! Mais ce que n’avait pas prévu Alosa, c’est de devoir affronter un jeune pirate qui ne joue pas selon les mêmes règles du jeu que les autres. Contrairement à elle, Riden ne tire aucune satisfaction de son statut de pirate, et l’on devine que si ce n’était pas pour soutenir son frère devenu le capitaine du bateau, il aurait préféré suivre un autre chemin…

La relation entre Riden et son frère est intéressante, les deux étant très proches malgré leurs différences de caractère, mais c’est la relation entre Riden et Alosa qui fera sourire et frémir d’impatience les lecteurs. Alosa lui mène la vie dure n’hésitant pas à se rebeller et à le titiller à la moindre occasion, voire à se comporter comme une véritable chipie. Mais très vite, on sent une certaine alchimie entre ces deux jeunes pirates qui ont déjà vécu beaucoup de choses difficiles, notamment de la part de leur père respectif. J’ai adoré les voir se chamailler et se rapprocher, d’autant qu’Alosa va faire de son mieux pour lutter contre son attirance naissante. La fille du roi des pirates n’a pas de temps à perdre avec une amourette, une mission l’attend !

Et mieux vaut pour elle la réussir, parce que son père n’apprécie guère d’être déçu, et encore moins par elle. Alosa m’a paru parfois un peu naïve dans l’exécution de sa mission. Par exemple, jamais elle ne se demande comment elle arrive à sortir de sa prison la nuit et à fouiller un bateau plein de pirates sans être surprise… Mais j’ai apprécié de la voir se triturer les méninges pour tenter de trouver cette satanée carte, quitte à devoir utiliser des capacités qu’elle redoute. Car loin de n’être qu’une simple fille de pirate, Alosa porte en elle une dualité que l’autrice commence véritablement à exploiter dans la dernière partie du roman. Je n’en dirai pas plus, mais c’est un aspect que j’ai adoré et qui, je l’espère, sera encore plus présent dans le deuxième et dernier tome !

Le niveau d’anglais étant plutôt accessible, j’ai lu le roman rapidement, emportée par le jeu du chat et de la souris entre Alosa et Riden, mais surtout par ce monde de la piraterie que j’affectionne tant. On reste dans un livre young adult avec un univers qui aurait mérité d’être enrichi, mais si vous aimez les intrigues avec plein de pirates, qui se déroulent en grande partie sur un bateau avec son lot de promiscuité, ce roman devrait vous plaire. J’ai, en outre, aimé qu’Alosa ne soit pas une femme cruelle et insensible, mais qu’elle n’hésite pas à faire couler le sang et à trancher des gorges quand elle le juge nécessaire, ou quand la situation l’impose. Cela me semble important de ne pas édulcorer la réalité derrière le mot pirate…

J’aurais néanmoins apprécié que Riden soit un peu plus charismatique, puisqu’il m’a paru parfois timoré sans ses réactions. Mais cela ne l’en rend que plus attendrissant et nous montre à quel point, il n’a pas sa place sur un bateau pirate. Quant à son frère qu’il aime tant et fait de son mieux pour protéger, il m’a paru exécrable, mais on sent en lui un certain potentiel. Espérons d’ailleurs que dans le tome suivant, l’autrice donne un peu plus de place et de relief aux personnages secondaires, qui, ici, manquent peut-être un peu de consistance, tout en étant assez remarquables pour susciter des émotions et réactions chez les lecteurs.

En conclusion, Daughter of the Pirate King fut une très agréable et distrayante lecture, mêlant habilement romance entre deux personnages qui aiment à se chamailler et monde de la piraterie avec son lot de sang, de manipulations et de trahisons. Alors si vous avez envie de voguer en mer depuis le confort de votre canapé, et de suivre une princesse pirate de caractère dans ses (més)aventures, ce roman devrait vous plaire !

Challenge Romantasy 2021 : l’heure du bilan !

Femme, Bateau, Ciel, Coucher De Soleil

Pour rappel, du 15 février au 15 avril, j’ai participé à la première édition du Challenge Romantasy, un challenge mélangeant romance et fantasy créé par booktubeuse Nina Quill.


Si j’ai parfois un peu dévié de ma PAL de départ, j’ai néanmoins réussi à remplir les 10 catégories du challenge. Et je dois dire que mon bilan est globalement des plus satisfaisants, n’ayant eu qu’une grosse déception : Captive. Une réécriture des contes des Milles et une Nuits dont j’attendais beaucoup, mais qui n’a pas su me convaincre.

À l’inverse, j’ai adoré relire Sans âme dont j’apprécie toujours autant l’humour, j’ai pris plaisir à lire le tome 2 d’Ivy Wilde, une sorcière rigolote et haute en couleur et à découvrir des livres qui me tentaient énormément comme Le Royaume Assassiné, Psi-Changeling et un roman dont j’aime beaucoup la couverture, Astre-en-Terre.

Sans être désagréables, trois livres ne me laisseront pas un souvenir impérissable : Léa Bacal dont j’ai d’ailleurs tout oublié ou presque, Flowers for Seri que j’aurais probablement adoré ado et Crimson Spell. En ce qui concerne ce manga, j’ai aimé l’histoire et les illustrations, mais j’ai été gênée par le fait que la relation entre les héros soit basée sur des viols répétés et banalisés… Sans cette relation problématique, le manga aurait rejoint mes bonnes lectures.

En conclusion, j’ai été ravie de participer à cette première édition du Challenge Romantasy et croise les doigts pour que d’autres éditions suivent, parce que je me suis rendu compte que le mélange romance et fantasy marche vraiment bien avec moi.

Et vous, avez-vous participez ?
Quel est votre bilan ?
Quelle a été votre plus belle découverte durant le challenge ?

Captive, tome 1 : Les nuits de Shéhérazade, Renée Ahdieh

Couverture Captive, tome 1 : Les nuits de Shéhérazade

Même consciente du terrible sort qui l’attend, Shéhérazade se porte volontaire pour épouser le jeune calife Khalid Ibn al-Rashid. Même si elle sait qu’elle est promise à la mort au lendemain de ses noces, elle est prête à tout pour venger son amie Shiva, l’une de ses récentes épousées. Pour cela, elle doit d’abord gagner du temps, en narrant des contes à rallonge au calife. Chaque jour est une menace de mort et la jeune fille échappe plusieurs fois à l’exécution. À l’extérieur, les proches de Shéhérazade préparent le sauvetage de la jeune fille. Shéhérazade n’oublie pas qu’elle doit mettre au point une stratégie pour tuer celui qui est désormais son époux. Mais c’est sans compter l’amour qu’elle se met peu à peu à éprouver pour Khalid…

Hachette Romans (30 septembre 2015) – 448 pages

AVIS

Captive fait partie de ces romans que j’aurais adoré aimer, mais qui ne m’ont hélas pas convaincue malgré quelques atouts et bonnes idées. Entre l’ennui, les facilités, le manque de développement des personnages, des comportements invraisemblables et incohérents, un manque de profondeur… j’ai eu beaucoup de mal à prendre plaisir à ma lecture. Je dois d’ailleurs avouer que si je n’avais pas entrepris de lire ce roman dans le cadre de différents challenges littéraires, je l’aurais abandonné sans aucun regret.

Il faut dire qu’une scène au début du roman m’a d’emblée braquée et très fortement agacée. Shéhérazade, pour se venger du meurtre de sa meilleure amie, se porte volontaire pour épouser son assassin, le calife Khalid. Un calife qui a tendance à tuer chacune de ses nouvelles épouses le lendemain du mariage sans que personne, ou presque, ne sache pourquoi. Alors qu’elle le déteste, qu’elle en aime déjà un autre, qu’elle est vierge, et que le calife lui explique bien qu’il ne s’attend pas à ce qu’elle lui donne son corps en plus de sa vie, Shéhérazade s’offre à lui ! Cet acte est un exemple parmi tant d’autres de comportements complètement incohérents, soit par essence soit par manque d’explications et de développement comme si l’autrice n’allait jamais vraiment au bout de ses idées.

Tout va trop vite et semble suivre une logique inaccessible aux lecteurs, ce qui se traduit notamment par une romance éclair et donc peu réaliste. Shéhérazade déteste Khalid qu’elle considère comme un monstre sans cœur mais ses réserves s’envolent fort vite, ce qui fait que ses tergiversations quant à ses sentiments me sont complètement passées au-dessus de la tête. Je n’ai pas cru un seul instant en ses doutes ni à son dilemme moral quant à savoir si elle était en droit d’aimer un assassin implacable, a fortiori l’assassin de sa meilleure amie. On est loin de la profondeur de la relation entre Céphise et l’Ombre dans les Brumes de Cendrelune, alors qu’on suit plus ou moins le même schéma. Peut-être que certaines personnes ne seront pas dérangées par ce manque de profondeur, mais j’avoue que pour moi, c’est rédhibitoire.

Ceci est d’autant plus vrai que le manque de profondeur se retrouve également dans la personnalité du calife tout juste ébauchée, bien qu’au fil de la lecture, on en apprend un peu plus sur son passé et son histoire familiale difficile. Mais ce qui m’a le plus gênée, c’est le fait qu’il renonce à tuer Shéhérazade en un claquement de doigts alors qu’il a tué des dizaines de femmes avant elle sans jamais fléchir. Il suffisait donc qu’une femme le fascine par son port de tête altier, sa haine et sa capacité à raconter une histoire prenante pour être épargnée, malgré les conséquences tragiques d’une telle décision ? Ce revirement soudain m’a semblé très mal amené et des plus invraisemblables. Au lieu de rendre le personnage presque attendrissant, il l’a rendu, du moins à mes yeux, monstrueux, parce que cela veut dire qu’il aurait pu agir bien avant sa rencontre avec Shéhérazade… Il n’était juste pas assez motivé pour briser ses chaînes et par-là même, sauver la vie de toutes ses futures victimes. Mais les plus romantiques y verront peut-être là le pouvoir de l’amour.

Si les moments entre les deux jeunes époux sont ceux qui m’ont le moins ennuyée, ils n’ont pas vraiment réussi à me transporter ni à insuffler en moi la moindre émotion, du moins, pas avant les derniers chapitres. À la limite, j’ai plus été touchée par le père de la jeune femme que l’on voit peu, mais qui, de son côté, tente de faire ce qu’il peut pour l’arracher aux griffes d’un homme qu’il pense être son bourreau. Pour ce faire, il va prendre des décisions plutôt radicales et jouer avec des forces surnaturelles qui vont le dépasser. J’aurais d’ailleurs adoré que le surnaturel soit bien plus présent, l’autrice ne l’évoquant que par petites touches… En plus de Shérazade et de son père, on suit également l’amour d’enfance de la jeune femme qui, lui aussi, semble bien décidé à la sauver et à passer sa vie à ses côtés. Mais les choses ne vont pas forcément se passer comme il l’aurait souhaité et certaines vérités vont être difficiles à accepter.

Je ne me suis attachée à aucun personnage parce que leur psychologie n’est pas assez poussée à mon goût, mais j’ai quand même trouvé Shéhérazade courageuse, bien que parfois agaçante. À l’inverse, j’ai adoré sa suivante qui, comme sa maîtresse, a un sacré tempérament ! Les interactions entre les deux jeunes femmes m’ont beaucoup amusée, chacune d’entre elles n’hésitant pas à dire ce qu’elle a sur le cœur, et a titillé l’autre pour lui faire admettre des choses qu’elle préfère se cacher. Plus qu’en l’histoire d’amour entre Shérazade et le calife, c’est donc en la naissance de cette amitié improbable entre deux jeunes femmes pleines de fougue et de répartie que j’ai cru.

Comme vous l’aurez compris, l’autrice n’a pas su me convaincre avec ses personnages qui auraient mérité d’être bien plus travaillés. J’ai, en revanche, adoré l’ambiance orientale qu’elle a su insuffler à son histoire que ce soit à travers  les paysages, le palais, les habits, les armes, les références aux contes des Milles et Une Nuits avec cette idée d’histoire pour survivre et d’histoire dans l’histoire… À cet égard, je retiendrai plus particulièrement le conte d’un voleur sans moral qui, au gré de ses péripéties et d’une rencontre, va connaître une belle et très touchante évolution. C’est ce genre d’émotions que j’aurais aimé ressentir avec l’histoire de Shérarazade et de son époux maudit.

Quant à la malédiction entourant le calife, si elle introduit une dimension dramatique intéressante, j’avoue que les explications de l’autrice quant à ses origines m’ont laissée sceptique, car bien trop théâtrales à mon goût. Je comprends les désidérata de vengeance, mais faut-il encore qu’elles soient orientées vers la bonne personne, parce que si bien sûr, la malédiction affecte le calife, c’est quand même loin d’en être la première victime. 

La lecture a été laborieuse, mais je reconnais que le rythme s’intensifie et prend véritablement son envol dans les cinquante dernières pages. Entre un complot politique, le déchaînement de la magie et des forces de la nature, des cartes redistribuées, de nouvelles épreuves qui se profilent… mon intérêt s’est enfin éveillé ! Pas assez pour que je poursuive l’aventure, mais assez pour me donner envie de lire des avis spoilant sur la suite, d’autant que contre toute attente, j’ai fini par développer un semblant d’attachement à un couple irréaliste, mais que j’aimerais néanmoins voir triompher de l’adversité.

En conclusion, j’attendais beaucoup de ce roman, au point de l’avoir acheté en français puis dans une superbe édition en anglais, mais je dois hélas reconnaître être ressortie de ma lecture déçue. Le livre n’est pas mauvais en soi, mais manque cruellement d’approfondissement et, en ce qui concerne la romance, de réalisme. Néanmoins, si vous avez envie d’une romance maudite, d’une histoire dépaysante qui s’inspire des contes des Milles et Une Nuits et de vous plonger dans une ambiance orientale et non dénuée de sensualité, je vous invite à lui donner sa chance. Mais si vous recherchez quelque chose de plus, avec une intrigue poussée dans laquelle la psychologie des personnages est bien développée, je ne suis pas certaine que vous trouverez ici votre bonheur. Pour ma part, il m’a vraiment manqué un point d’ancrage et une certaine maturité dans le déroulement global de l’histoire pour me donner envie de poursuivre l’aventure.

 

Aes Sidhe – tome 1 : la meute maudite, Alfreda Enwy

Aes Sidhe, tome 1 : La meute maudite par Enwy

 

Après le succès de sa saga Infinite Love, Alfreda Enwy revient à ses premières amours avec Aes Sidhe, une série d’urban-fantasy qui mêle loups, légendes, romance et dangers.

Niamh n’est pas une vétérinaire comme les autres. Fille de l’alpha de la meute la plus respectée de la région, sa beauté n’a d’égal que son tempérament de feu. Lorsque sa meute se retrouve en proie à une épidémie meurtrière, Niamh semble être la seule épargnée. Prête à tout pour les siens, la jeune femme se lance dans une quête aussi dangereuse que désespérée. Mais elle ne sera pas seule. Khael, puissant changeforme au charme redoutable, est bien décidé à accompagner la belle louve, qu’elle le veuille ou non.

Si ce premier tome n’est pas exempt de petits défauts, j’ai quand même passé un moment de lecture sympathique auprès d’une héroïne que j’ai adorée, notamment pour ses capacités magiques lui permettant de guérir les animaux. Très pratique pour une vétérinaire, même si la jeune femme fait attention à ce que son talent ne s’ébruite pas. D’ailleurs, à part sa meilleure amie, personne n’est au courant autour d’elle, même pas son ancien amant et meilleur ami Andrew ni son père dont elle est pourtant proche…

L’autrice prend le temps de nous familiariser avec son héroïne et ses proches, ce qui fait que si on ne s’ennuie pas, le premier quart du roman ne se révèle pas non plus palpitant. Heureusement, l’action finit par démarrer et Niamh se retrouve dans une situation qui la terrifie : à part les humains et les enfants, tous les membres de sa meute semblent frappés par une mystérieuse et inexplicable épidémie. Tous sauf elle ! Devant l’urgence de la situation, elle se lance tête baissée sur la seule piste qu’elle possède, quitte à devoir s’allier avec Khael, le plus puissant et redoutable des changeformes.

Un changeforme dont la plastique et la forte personnalité ne la laissent pas indifférente. Elle alterne donc entre l’envie de l’étriper et de le remettre à sa place, et celle de se rapprocher de lui. Les amateurs de romance devraient apprécier le jeu qui s’instaure entre les deux personnages, leur attirance l’un pour l’autre et leur complémentarité étant indéniables. Mais si j’ai aimé suivre la progression de leur relation et la manière dont ils vont devoir apprendre à travailler ensemble et à se faire confiance pour le bien de la meute, j’ai surtout apprécié de voir à quel point Khael va œuvrer pour aider Niamh à prendre confiance en elle et en ses capacités.

Alors que la jeune femme tente de cacher son talent unique afin de rentrer dans le rang, le changeforme va l’aider à s’accepter et à chérir sa différence. En outre, contrairement à Andrew et sa tendance à vouloir l’enfermer dans un cocon, il va la soutenir dans les moments difficiles, tout en la laissant mener ses propres combats. En d’autres termes, il va la considérer comme une égale et non comme une frêle jeune femme à protéger des dangers.

J’ai été touchée par Niamh, sa force de caractère, son courage et son côté très humain qui la pousse à mettre tout en œuvre pour aider les siens, parfois au mépris de sa propre vie. Son enquête pour remonter jusqu’aux origines de l’épidémie va, en effet, la conduire sur un chemin dangereux, mais elle va aussi la confronter à sa propre nature et une histoire maternelle auréolée d’un certain mystère ! J’espère que cet aspect sera approfondi dans le second tome puisqu’ici, on ne fait que l’ébaucher.

À l’inverse, j’ai regretté qu’on s’appesantisse un peu trop sur sa relation avec son ex compagnon Andrew, nous laissant craindre un potentiel triangle amoureux, alors que ce n’est pas le cas. Je comprends que l’autrice ait voulu, par ce biais, nous montrer la différence de comportement entre Andrew et Khael, mais j’aurais préféré qu’à la place, elle nous parle un peu plus des légendes et croyances amérindiennes de la meute. Il aurait également été intéressant d’apporter plus d’informations sur cet univers où se mêlent vampires, lycanthropes, créatures maritimes fort peu sympathiques et autres espèces magiques.

Malgré ces deux petits bémols, je me suis complètement laissée happer par ma lecture, d’autant qu’au fil des pages, le rythme s’intensifie jusqu’à nous conduire à une terrible révélation que je n’avais, pour ma part, pas du tout anticipée. La découverte m’a agréablement surprise, mais j’ai trouvé que les explications manquaient quelque peu de subtilité et avaient un côté un peu trop théâtral, qui nuisait clairement à la charge dramatique et émotionnelle de la scène. Là, on tombe sur quelque chose de caricatural alors que les raisons du malheur ayant frappé la meute étaient finalement très humaines…

Mais cela ne m’a pas empêchée de prendre beaucoup de plaisir à suivre Niamh dans son enquête sur un mal pernicieux, dont la source ne devrait pas manquer de la surprendre, et dont les conséquences funestes vont la contraindre à faire un lourd et douloureux sacrifice. Sans tomber dans le pathos, l’autrice nous offre d’intenses et purs moments d’émotions où les sentiments de la jeune femme s’imposent à nous dans toute leur force : impuissance, tristesse, sentiment de trahison, incompréhension…. Fort heureusement, Niamh est une battante et si les épreuves traversées l’ont durement affectée, elles ne l’ont pas détruite !

Quant au style d’écriture, je l’ai trouvé agréable et assez fluide. L’autrice alterne avec efficacité entre découverte de l’univers et de la vie de son héroïne, mystère, phases d’action et de séduction, et moments intenses emplis de dangers et d’émotions. Un équilibre qui rend la lecture de ce premier tome agréable et qui donne envie de découvrir la suite des aventures d’une héroïne attachante à la forte personnalité et au don unique !

The Ex Talk, Rachel Lynn Solomon

The Ex Talk

Public radio co-hosts navigate mixed signals in Rachel Lynn Solomon’s sparkling romantic comedy debut.

Shay Goldstein has been a producer at her Seattle public radio station for nearly a decade, and she can’t imagine working anywhere else. But lately it’s been a constant clash between her and her newest colleague, Dominic Yun, who’s fresh off a journalism master’s program and convinced he knows everything about public radio.

When the struggling station needs a new concept, Shay proposes a show that her boss green-lights with excitement. On The Ex Talk, two exes will deliver relationship advice live, on air. Their boss decides Shay and Dominic are the perfect co-hosts, given how much they already despise each other. Neither loves the idea of lying to listeners, but it’s this or unemployment. Their audience gets invested fast, and it’s not long before The Ex Talk becomes a must-listen in Seattle and climbs podcast charts.

As the show gets bigger, so does their deception, especially when Shay and Dominic start to fall for each other. In an industry that values truth, getting caught could mean the end of more than just their careers.

AVIS

Je n’attendais pas grand-chose de ce roman, alors quelle surprise de constater à quel point j’ai eu du mal à le lâcher et à dire au revoir à un couple que j’ai trouvé adorable, complémentaire et attachant. Et pourtant, cela commençait mal pour Shay Goldstein et Dominic Yun, l’une très humaine, l’autre bien plus factuel. L’une attachée viscéralement à la radio publique et à l’idée d’offrir aux auditeurs des moments forts, qu’ils soient drôles, divertissants ou émouvants. L’autre attaché au journalisme d’investigation et à sa carrière qu’il souhaite à la hauteur de ses grandes ambitions et de son diplôme qu’il aime mettre en avant…

Alors qu’ils ont tendance à se regarder en chien de faïence, un projet un peu fou basé sur une idée de Shay les réunit : une émission de radio entre deux ex qui évoquent leur rencontre, les raisons de l’échec de leur relation, le tout accompagné d’intervention d’experts et, bien sûr, de la participation des auditeurs. Bien que Shay et Dominic n’aient jamais entretenu le moindre lien affectif, ce sont bien eux qui sont choisis pour animer le show, ce qui ne sera pas pour plaire à Dominic, tenu par une certaine éthique de travail. Quant à Shay, si mentir aux auditeurs ne l’enchante guère, elle voit là l’occasion de réaliser son rêve : animer une émission ! Et pour cette productrice qui œuvre dans l’ombre depuis dix ans, et qui a un petit complexe quant à sa voix, c’est un sacré pas en avant. C’est également une belle manière de rendre hommage à son père duquel elle était très proche. Décédé depuis de longues années, il était comme sa fille un amoureux éclairé de la radio publique…

L’autrice met en scène deux protagonistes adorables qui flirtent, badinent et se taquinent sous les yeux enamourés des lecteurs et l’oreille attentive des auditeurs. Ces derniers tombent d’ailleurs sous le charme de ces ex qu’ils aimeraient bien voir renouer… J’ai adoré suivre l’évolution de leur relation, la manière dont Shay réalise que Dominic ne la laisse pas indifférente, et la manière dont Dominic tombe le masque pour se révéler bien plus tendre et humain que son air pincé le laisse présager. Et puis, comment résister à ces petits compliments qu’il laisse échapper et qui le rende tellement attendrissant ? 

Si j’ai aimé les incertitudes et failles de Shay, sa personnalité et sa gentillesse, j’ai adoré Dominic qui rompt clairement avec les stéréotypes que l’on peut trouver dans les romances. Un peu plus jeune que notre héroïne, il semble très sûr de lui en matière professionnelle, un peu moins en ce qui concerne les histoires de cœur. Ainsi, pour une fois, on ne nous présente pas un play-boy, mais un jeune homme pour qui les affaires de cœur sont importantes et ne se limitent pas à des coups d’un soir… On notera également son respect total de la notion de consentement, et ça fait du bien !

Amusant, tendre et taquin, le couple m’a donné des papillons dans le ventre, d’autant que l’autrice prend vraiment le temps de laisser monter la tension, et de faire ressentir aux lecteurs la puissance du lien qui unit ces deux personnes qui ne se ressemblent guère, mais qui s’assemblent pourtant très bien. Mais Dominic et Shay arriveront-ils à dépasser leurs différences pour être véritablement ensemble ? Et, surtout, n’est-il pas dangereux d’entreprendre un tel rapprochement quand tout leur succès professionnel est basé sur un mensonge ?

Je m’attendais à ce que la tension autour de leur mensonge soit un peu plus présente, mais j’ai apprécié la manière dont elle est gérée en dernière partie de roman. Cela tend à nous prouver que le public peut se révéler fort versatile et que le monde de la radio n’est pas un monde de Bisounours… À cet égard, j’ai été révoltée par le paternalisme et sexisme d’un personnage qui n’hésite pas à privilégier Dominic en raison de son sexe. Pour lui, les femmes sont douées pour les détails et font de parfaites productrices, mais pour le travail d’investigation, rien ne vaut un bon mâle. Mais comme souvent avec ce genre de personnages, tout est implicite et jamais directement dit, ce qui ne nous empêche pas de ressentir pleinement l’injustice de la situation. Et de faire de l’indignation de Shay, la nôtre !

Au-delà du couple principal et de cette plongée immersive dans les coulisses du monde de la radio, on appréciera l’effort de diversité : des couples interculturels, des couples LGBT, des personnages de différentes origines… J’aurais néanmoins apprécié que les personnages secondaires soient un peu plus présents, d’autant que j’ai eu un coup de cœur pour la mère de Shay et son compagnon, Phil. Un couple judéo-nigérien juste adorable qui permet d’aborder avec beaucoup de douceur et d’espoir le thème du deuil et des secondes chances. Et j’ai adoré ce qu’apporte la famille soudée et présente de Phil dans la vie bien solitaire de Shay.

En conclusion, The Ex Talk est une romance adorable entre deux personnalités qui ont une vision très différente de ce que fait une bonne émission de radio, mais qui vont réaliser, petit à petit, que c’est peut-être dans leurs différences et propension naturelle à se taquiner que se trouve leur plus grande force. Mignonne, amusante et non dénuée de quelques moments de sensualité retranscrits sans vulgarité, voici une très sympathique romance que je vous conseillerais pour un doux et tendre moment de lecture.

Owlcrate (mars 2021) : Of witches and wonder #unboxing

March 2021 'OF WITCHES AND WONDER' Box

Pour rappel, la Owcrate est une box littéraire américaine spécialisée dans la littérature young adult.


Parce que j’ai la mémoire très capricieuse, j’ai encore oublié d’annuler mon abonnement à la Owlcrate et me suis donc retrouvée avec la box de mars sur un thème qui, heureusement, me plaît assez : Of witches and wonder.

La box contenait :

  • un parfum sous forme de roll-on
  • un pin’s
  • un carnet à spirale avec une magnifique couverture
  • un repose-sachet
  • un mug : si je ne suis fan de la couleur, j’aime beaucoup son design et le fait qu’il soit accompagné d’un couvercle pour pouvoir le transporter facilement.
  • un étui à marque-pages : j’avoue avoir bien souri devant l’imagination des équipes marketing, parce que leur étui à marque-pages est tout bonnement un joli, mais classique étui à lunettes.
  • un marque-page avec différentes consignes de lecture à remplir pour arriver à former le mot Owlcrate. J’aime beaucoup l’idée de ce challenge littéraire !
  • une belle carte avec le contenu de la box et un livret
  • le roman du mois : Sweet & Bitter Magic, sa couverture me plaît pas mal et le résumé m’a l’air prometteur. À noter qu’il s’agit d’une version spéciale signée.

RÉSUMÉ DU ROMAN

In this charming debut fantasy perfect for fans of Sorcery of Thorns and Girls of Paper and Fire, a witch cursed to never love meets a girl hiding her own dangerous magic, and the two strike a dangerous bargain to save their queendom.

Tamsin is the most powerful witch of her generation. But after committing the worst magical sin, she’s exiled by the ruling Coven and cursed with the inability to love. The only way she can get those feelings back—even for just a little while—is to steal love from others.

Wren is a source—a rare kind of person who is made of magic, despite being unable to use it herself. Sources are required to train with the Coven as soon as they discover their abilities, but Wren—the only caretaker to her ailing father—has spent her life hiding her secret.

When a magical plague ravages the queendom, Wren’s father falls victim. To save him, Wren proposes a bargain: if Tamsin will help her catch the dark witch responsible for creating the plague, then Wren will give Tamsin her love for her father.

Of course, love bargains are a tricky thing, and these two have a long, perilous journey ahead of them—that is, if they don’t kill each other first..

Et vous, que pensez-vous du contenu de cette box ?
Le roman vous tente-t-il ?

Le mois de la romance (février 2021) : l’heure du bilan #MDLR2021

Papier, Romance, Symbole, Saint Valentin

Durant le mois de février, j’ai lu principalement de la romance afin de marquer ma participation au challenge Le mois de la romance de Ludovic de la chaîne booktube et du blog Prends un livre et détends-toi.

J’avais prévu de lire 9 romans, j’en ai lu 19. Je ne m’attendais pas à un tel bilan, mais le genre se prête très bien au binge reading. J’ai d’ailleurs pris l’habitude de lire les romances historiques d’une traite, notamment le week-end.

Globalement, j’ai fait de bonnes lectures, voire de très bonnes lectures. Et si j’ai également eu quelques lectures assez moyennes durant lesquelles je me suis parfois ennuyée, il n’y a aucun véritable flop à déplorer !

Toutefois, lire autant de livres d’un même genre a fini par me lasser et j’ai décidé de mettre au moins les romances historiques en pause pendant quelques semaines…

Plusieurs chroniques sont attentes de publication (The Ex Talk, Le Royaume Assassiné, Ivy Wilde...), mais je vous ai déjà parlé de Psi-Changeling qui m’avait agréablement surprise, de La Belle et le Highlander, des Hommes virils lisent de la romance, d’Entre les bras d’un rival et de Seigneur et époux.

Et vous, certains de ces livres vous tentent-ils ?
Avez-vous participé à ce challenge ? Quel est votre bilan ?

Flowers for Seri (tome 1), Tomu Ohmi

Couverture Flowers for Seri, tome 1

Yuzuki partage un curieux destin avec son amie Seri qui se voit embringuée dans un mariage arrangé avec le jeune homme. Cette dernière, croyant en l’amour, résiste face à l’enthousiasme général qui selon elle n’est qu’une question d’argent et de réputation. En effet, la famille de Seri est riche et a besoin d’un nom. Quant à la famille de Yuzuki, famille renommée japonaise, elle est plutôt sur la paille et aimerait bien profiter de la fortune de la fiancée ! Et pour couronner le tout, Yuzuki, qu’elle connaît depuis l’enfance, est un garçon boudeur, toujours de mauvaise humeur et particulièrement désagréable. Pourtant, alors qu’elle visite la magnifique maison de famille de son potentiel futur mari, elle entre en contact avec le seigneur Haruhisa, l’esprit d’un ancêtre du jeune homme qui lui révèle une terrible vérité : par une malédiction inconnue, tous les hommes de cette famille meurent jeunes et jusqu’ici, aucun n’a pu y échapper ! Les fantômes de Yuzuki vont alors commencer à hanter la pauvre Seri afin de l’inciter à se marier ! Mais la responsabilité de la jeune femme est encore plus grande qu’il n’y paraît, au-delà d’apporter la fortune ou la descendance, elle pourra peut-être lui sauver la vie…

Soleil (9 janvier 2013) – 192 pages

AVIS

Flowers for Seri, c’est l’histoire d’un mariage arrangé qui ressemble pas mal à ceux que l’on retrouve dans les romances historiques : un titre, ou du moins la réputation d’une grande lignée, contre la fortune. Pas très romantique, vous en conviendrez. D’ailleurs, Seri s’y refuse : elle se mariera par amour, et certainement pas avec Yuzuki, un ancien ami d’enfance qu’elle ne supporte pas. Hélas, pour elle, ses parents ainsi que ceux de son promis sont tellement enthousiastes à l’idée de cet accord qu’ils ne l’écoutent guère. Cela donne lieu à un certain comique de situation avec une Seri qui proteste dans l’indifférence générale.

Et si on en sourit aisément, c’est que contrairement à ce qui se jouait dans le passé, ici, on reste dans la légèreté. Les parents des deux protagonistes sont adorables et l’opposition franche et farouche de Seri semble assez rapidement s’affaiblir, à mesure qu’elle côtoie Yuzuki et qu’elle découvre le secret de sa famille : les hommes Furumidô sont poursuivis par une malédiction les conduisant à une mort prématurée.

Un secret dévoilé par le fantôme de l’un des ancêtres de Yuzuki qui s’est mis en tête de réunir les deux jeunes adultes et de protéger Seri au même titre que son promis. Et s’il ressent ce besoin de protection, c’est qu’il est certain que Seri détient en son sein le pouvoir de protéger Yuzuki d’un bien funeste destin ! J’ai apprécié ce fantôme adorable, bien qu’un peu trop présent pour la santé mentale de Seri qui ne goûte guère ses apparitions inopinées. Petit à petit, on assiste à l’évolution des sentiments de Seri qui passe du refus net et précis à l’agacement puis à des sentiments bien plus doux envers un Yuzuki qu’elle réapprend à connaître… Et plus elle passe de temps avec lui, plus elle réalise que sa présence semble bénéfique au jeune homme, lui permettant même de se sortir de situations délicates sans trop de séquelles.

En tant qu’adulte, j’ai regretté que les choses évoluent bien trop vite entre les protagonistes et que l’on fasse peser sur une jeune femme le poids du salut d’un homme. Le titre n’en demeure pas moins agréable et devrait plaire aux adolescentes et aux jeunes adultes, les deux protagonistes se révélant complémentaires et plutôt mignons ensemble. Derrière une relation chien/chat qui ne manque pas de charme, difficile de ne pas voir l’affection sincère que Yuzuki porte à son amie d’enfance. Si le Yuzuki actuel ne m’a pas plus touchée que cela, j’ai été très émue par le Yuzuki enfant que l’on découvre à travers quelques flashback. Un enfant conscient du poids de la malédiction de sa famille et abandonné par une amie qui lui avait pourtant promis de toujours le soutenir et le protéger…

On comprend aisément que Seri, alors encore très jeune, a eu tout simplement peur, mais l’on comprend également qu’elle désire maintenant rattraper son erreur passée. Après tout, ce n’est plus une enfant apeurée, mais une jeune femme avec du caractère et une belle force intérieure. Courageuse, gentille et forte, j’ai apprécié Seri et la manière dont elle essaie de faire face à ce mariage arrangé, à la malédiction et à ces fantômes qui s’invitent dans sa vie. Cela fait beaucoup pour une seule personne, mais elle affronte ce chaos avec beaucoup de témérité.

En ce qui concerne Yuzuki, il reste encore un peu difficile à cerner, ce qui s’explique par les barrières qu’il a érigées entre lui et les autres pour se protéger des abandons qu’il pense inévitables. Il n’en demeure pas moins très attaché à Seri, ce qui se traduit d’ailleurs par quelques élans de jalousie et de possessivité quand un autre homme ne semble pas indifférent à la jeune femme. Bien que la personnalité de Yuzuki mériterait encore quelques approfondissements, j’ai apprécié de le voir tiraillé entre son envie d’épouser Seri qu’il a toujours aimée et celle de ne pas la contraindre à ce mariage… Un dilemme moral qui prend une tout autre dimension quand le jeune homme en vient à considérer tous ces dangers qui font son quotidien et dont son corps porte les stigmates. Peut-il mettre la vie de Seri en danger pour protéger la sienne et offrir à ses parents cet héritier tant attendu ? Mais cette question qui le fait douter n’est-elle pas erronée ? La question, n’est-elle pas plutôt de savoir ce dont a envie Seri qui nous apparaît ici déterminée à faire entendre sa voix ?

Quant aux illustrations, j’ai apprécié leur rondeur, leur douceur et le jeu important sur les regards, tous très expressifs. J’ai néanmoins parfois été déstabilisée par un problème de proportion, surtout au niveau des bustes des personnages masculins, et la manière dont la mangaka joue sur le visage de l’héroïne. Si j’imagine que c’est dans un but artistique, ne lui représenter qu’un œil sur deux ou laisser un blanc à la place du nez et/ou des lèvres ne m’a pas paru particulièrement attrayant…

En conclusion, bien que l’autrice avance ses pions un peu trop rapidement pour l’adulte que je suis, j’ai trouvé ce premier tome divertissant et ai apprécié l’apport du surnaturel dans la relation tumultueuse entre deux jeunes adultes dont le destin semble étroitement lié… Quant à savoir si c’est pour le meilleur ou pour le pire, il faudra lire la suite. Dans tous les cas, je vous conseillerais ce titre si vous avez envie d’une romance laissant une belle place au surnaturel et à une malédiction qui fait peser une lourde menace sur toute une famille et deux jeunes adultes qui doivent faire face à leurs sentiments.

Livre lu dans le cadre du challenge Romantasy.

Les hommes virils lisent de la romance, Lyssa Kay Adams

Couverture Les hommes virils lisent de la romance

La première règle du club de lecture :
On ne parle pas de club de lecture.

Le mariage de Gavin Scott est un problème. La star du baseball des Nashville Legends a récemment découvert un secret humiliant : sa femme Thea a toujours fait semblant d’être le Big O. Sa réaction à cette révélation est la goutte d’eau qui fait déborder le vase dans leur relation déjà tendue. Thea demande le divorce, et Gavin se rend compte qu’il a laissé sa fierté et sa peur prendre le dessus.

Bienvenue au Club de lecture Bromance.

Désemparé et désespéré, Gavin trouve de l’aide auprès d’une source improbable : un club de lecture romantique secret composé des meilleurs hommes alpha de Nashville. Avec l’aide de leur lecture actuelle, une régence torride appelée Courting the Countess, les gars entraînent Gavin à sauver son mariage. Mais il faudra bien plus que des mots fleuris et des gestes grandioses pour que ce malheureux Roméo retrouve son héros intérieur et regagne la confiance de sa femme bien-aimée.

Editions Harlequin (3 mars 2021) – 416 pages
Papier (16,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Si l’expérience globale de lecture fut agréable, j’ai regretté que l’autrice, en voulant dénoncer certains problèmes du patriarcat, tombe parfois dans le piège des stéréotypes. Pour ma part, je ne pense pas que toutes les femmes lisent de la romance et non, je ne trouve rien de très sexy à un clin d’œil. Au mieux, j’aurais tendance à penser que l’homme devant moi veut se débarrasser maladroitement d’une poussière dans l’oeil ; au  pire, que c’est une tentative de séduction soit maladroite, soit condescendante, voire les deux. Je forcis le trait, mais vous m’aurez compris : toutes les femmes sont différentes, et vouloir prétendre le contraire, c’est tout sauf un message féministe…

Ce point mis de côté, j’ai adoré l’idée de départ de l’autrice : aider un homme à sauver son mariage grâce à un club de lecture d’un genre très spécial. Un club de lecture secret qui réunit des hommes divers et variés qui ont compris que les romances, et notamment les romances historiques, ne sont pas des histoires à l’eau de rose sans intérêt. Elles représentent un excellent moyen pour des hommes de saisir toutes ces atteintes à leur liberté dont les femmes ont été victimes par le passé, et de réfléchir à leur condition actuelle. D’ailleurs, les membres du club n’hésitent pas à utiliser les romances historiques comme un vrai guide pour comprendre les femmes de leur vie.

Bien entendu, cette démarche a ses limites, mais elle dénote une réelle volonté de bien faire et d’améliorer les choses. Exactement ce qu’essaie désespérément de faire Gavin, joueur de baseball professionnel, qui veut sauver son mariage et reconquérir le cœur de sa femme, Thea. Pour cela, il est prêt à tout, même à suivre l’exemple de Lord Benedict, héros de la romance historique que ses amis du club de lecture l’ont enjoint à lire, et dont on a des extraits tout au long du roman. Les débuts sont un peu difficiles pour notre joueur qui découvre un tout monde avec ses propres codes…

Gentil, doux, volontaire, sensible, et très amoureux de sa femme, j’ai trouvé Gavin aussi attendrissant qu’émouvant. À la place de Thea, je n’aurais pas pu lui résister bien longtemps, d’autant que son physique semble des plus attrayants. Durant son entreprise de séduction, Gavin commencera à mettre le doigt sur les failles de son couple, des failles qu’il a préféré ne pas voir. Une prise de conscience qui renforcera son envie de faire table rase du passé et de repartir de zéro avec Thea, une femme qu’il n’a jamais vraiment appris à connaître. Il faut dire que leur relation a démarré comme un feu d’artifice : coup de foudre, mariage et grossesse. Trois étapes qui n’auront duré que quelques mois et qui n’auront pas préparé Thea à la difficulté d’être la conjointe d’un sportif de haut niveau (pression médiatique, engagements caritatifs, relations parfois difficiles avec les autres femmes de joueurs, absences répétées…).

Néanmoins, pour sauver un mariage, il faut être deux, et Thea ne semble pas décidée à redonner une chance à son couple. Ses griefs sont trop nombreux et sa peine trop profonde. Je dois vous avouer que Thea m’a exaspérée pendant une bonne partie du roman : je l’ai trouvée geignarde au possible, égocentrique au point de ne pas voir le mal qu’elle fait à ses propres filles, obtuse, de mauvaise foi, et surtout, très injuste. Bien sûr que son mari n’est pas parfait et qu’il a commis des erreurs en négligeant sa vie de famille, et en considérant comme acquis les sacrifices professionnels et personnels de sa femme, mais finalement, ce n’est pas ce que lui reproche Thea. Tout au long du roman, elle lui reproche de ne pas avoir compris et remarqué son désarroi et tout ce qui n’allait pas dans sa vie à elle.

Et là, je dis non. Gavin aurait dû être attentif, mais il ne pouvait guère deviner les pensées, les sentiments et les insécurités de sa femme, cette dernière ayant préféré se taire durant leurs trois ans de mariage, simuler systématiquement sa satisfaction au lit, et refuser d’évoquer ce passé qui l’a si durement marquée. Dans ce contexte, il me semble quelque peu injuste de reprocher à Gavin de ne pas avoir su à quel point elle allait mal, d’autant qu’elle-même ne l’avait pas vraiment réalisé. Si Thea m’a agacée, je l’ai trouvée néanmoins très réaliste ! Elle m’a rappelé bon nombre d’amies qui se plaignent de leur mari sans jamais ne rien leur dire directement, un peu comme si la société avait formaté les femmes à contenir leurs griefs dans leur tête et à assumer leur statut de femme, d’épouse et/ou de mère, le sourire aux lèvres, en toutes circonstances.

En ce sens, je trouve le roman libérateur et révélateur : une femme a le droit de ne pas être satisfaite de sa vie de couple et/ou de famille, et elle a le droit de l’exprimer. Je ne dis pas que l’autre en face sera à l’écoute, mais si on se contente du statu quo et de ruminer dans sa tête, difficile de faire évoluer les choses… Je comprends néanmoins la difficulté de faire face à ses propres émotions et à les exprimer devant autrui, notamment quand le passé vient s’en mêler et vous emmêler. De fil en aiguille, on réalise, en effet, que le comportement de Thea trouve sa source dans son passé et son enfance auprès d’un père absent, et d’une mère démissionnaire et peu intéressée par ses deux filles… Un passé qu’elle a tellement peur de reproduire qu’elle en vient à prendre des décisions qui ne pourront que blesser tout le monde, ses deux adorables jumelles y compris.

Heureusement, Gavin n’est pas prêt à laisser sa famille voler en éclats. Et si ses tentatives de rapprochement et de séduction sont parfois maladroites, elles finiront par atteindre le cœur de Thea et la pousser, petit à petit, à affronter son passé, avant, peut-être, de pouvoir s’en libérer. Quant à Gavin, la menace du divorce va lui permettre de réaliser ce qui compte vraiment pour lui. Et puis, il doit lui-même affronter des blessures anciennes liées à son bégaiement, des blessures qui ont atteint sa confiance en lui. Si ce n’est pas une excuse, cela explique sa réaction puérile et extrême quand il a réalisé que sa femme ne connaissait pas d’orgasme entre ses bras. La société a, en effet, une légèrement tendance à faire peser sur les hommes un certain culte de la performance au lit, liant exploits sexuels et valeur d’un homme.

À travers l’exemple de ce couple, l’autrice nous prouve avec justesse l’importance de la communication et du travail que nécessite une relation, un coup de foudre ne suffisant pas pour établir des fondations solides. Mais elle nous montre également la nécessité de ne pas vivre dans le passé et de projeter ses peurs sur l’autre. À cet égard, la sœur de Thea en est un parfait exemple. Liv adore sa grande sœur et ses nièces, et fait tout pour les soutenir, mais son comportement nous semble néanmoins assez vite toxique. Pas par méchanceté, mais plus par besoin de se rassurer quant à sa place dans la vie de Thea, comme si elle était en compétition avec Gavin…

Intitulée The bromance book club, cette série porte bien son nom, parce qu’au-delà du couple Thea/Gavin, elle accorde une belle place à l’amitié masculine. Mais pas à cette amitié malsaine emplie de testostérones souvent érigée en modèle, mais à une franche amitié faite de bienveillance, d’humour, de taquineries et d’une réelle volonté d’aider l’autre. Et ça, j’avoue que ça m’a fait complètement fondre et craquer. J’ai adoré la relation entre Gavin et son meilleur ami, mais aussi celle entre Gavin et Mack, qui aime à le provoquer. Une relation chien/chat qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Quant à la plume de l’autrice, elle est calibrée pour vous donner envie de lire d’une traite le roman, ce que j’ai d’ailleurs fait. Le style est simple, mais efficace, alternant entre quelques éléments du passé, extraits d’une romance historique fictive, et dialogues fluides et réalistes.

En conclusion, j’ai adoré cette idée de club de lecture secret et entièrement masculin qui utilise les romances historiques pour mieux comprendre les femmes et sauver des couples. Les hommes virils lisent de la romance frappe donc par son originalité, et la manière dont l’amitié entre hommes est positivement mise en avant. Malgré des personnages féminins agaçants, j’ai vibré au gré des échanges entre un homme et une femme qui ont besoin d’apprendre à communiquer, avant de savourer pleinement le bonheur du quotidien et d’une vie de famille bien remplie. Cela ne se fera pas sans heurt, mais Gavin pourra compter sur l’aide de ses amis et d’un certain Lord pour reprendre sa place auprès de sa femme et de ses filles !

N’hésitez pas à lire l’avis des Blablas de Tachan que je remercie pour cette lecture commune.

Je remercie Babelio et les éditions HaperCollins pour m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Challenge Romantasy : ma PAL prévisionnelle

Femme, Bateau, Ciel, Coucher De Soleil

Appréciant beaucoup les romans mélangeant romance et fantasy, je ne pouvais que participer à ce nouveau challenge créé par Nina Quill. Organisé autour de différentes catégories, il a commencé le 15 février et se terminera le 15 avril. À noter que Nina considère le mot fantasy au sens large et que vous pouvez donc inclure dans vos lectures des romans fantastiques, d’urban fantasy…

Pour tous les détails, n’hésitez pas à regarder la vidéo de Nina :

Voici pour chaque catégorie, le ou les livres que j’aimerais lire, en sachant qu’il est probable que je ne lise pas tout et/ou que je remplace certains titres par d’autres :

  • Ennemies to lovers

Couverture Le Royaume AssassinéCouverture Le Peuple de l’Air, tome 1 : Le Prince cruel

  • Vampires, Loups-garou, witch…

Couverture L'inconsoléCouverture Ivy Wilde, tome 2 : Meurtre, magie et télé-réalité

  • Carte au début

Couverture Nevernight, tome 1 : N'oublie jamais

  • Graphique

J’ai déjà lu Fangs, mais il faut que je le relise pour le chroniquer, et ce challenge est l’occasion idéale de le faire.

Couverture FangsCouverture Twilight (manga), tome 1 : Fascination, partie 1Couverture Alice au royaume de coeur, tome 1

Couverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 1 : Pretty GuardianCouverture Angel Sanctuary, deluxe, tome 01Couverture Flowers for Seri, tome 1

  • Femme badass

Couverture Kate Daniels, tome 05 : Meurtre magique

  • Auteur.ice ou personnage racisé

Couverture Legendborn

  • LGBTQIA

Couverture These witches don't burn, book 1Couverture Les Chroniques de Ren, tome 1 : Prisonnier

  • Belle couverture

Couverture Les contes inachevés, tome 1 : La vilaine belle-soeur

  • VO Anglais ou traduit de l’anglais.

Couverture Blood and Ash, book 1: From Blood and Ash

  • Favoris d’un.e Booktubeur.euse.