Top Ten Tuesday #233 : vos 10 couples préférés dans les romans

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour le thème de la semaine, vos 10 couples préférés dans les romans, j’ai pioché principalement dans mes lectures d’urban fantasy et dans mes romances enemies to lovers préférées… Mais vous trouverez aussi un classique, de la fantasy et de l’historique.

  • Darcy et Elizabeth dans Orgueil et préjugés : c’est pour moi LE couple !
  • Ophélie et Thorn dans La Passe-Miroir : il m’aura fallu du temps pour apprécier les personnages en tant que couple mais je les trouve tous les deux très touchants.
  • Kate et Curran dans la série Kate Daniels.
  • Poppy et Hawke dans From Blood ans Ash.
  • Charlie et Blade dans Tu fais quoi pour Noël ? Je t’évite ! : probablement le couple le plus électrique !
  • Macon Saint et Delilah dans Dear Enemy : encore un couple qui se déteste avant de s’aimer.
  • Cath et Bones dans la série Chasseuse de la nuit : ce couple a longtemps été mon préféré en urban fantasy/bit-lit.
  • Bane et Dorian dans la série française Bane Seed.
  • Olive et Ethan dans L’anti-lune de miel.
  • Solange et Childéric dans Je n’aimerai plus.

vos 10 couples préférés dans les romans

Et vous, quels sont vos couples littéraires préférés ?

 

 

La baronne des glaces, tome 1 : La fin d’un monde, Nicole Vosseler

Couverture La baronne des glaces, tome 1 : La fin d'un monde

Russie, 1822. Katy et Gricha rêvent de parcourir le monde et de faire fortune. Avec l’aide de Thilo et Christian, ils ont une géniale idée : exporter la glace du Nord jusque dans les Tropiques. Mais leur entreprise sera semée d’embûches. Et quand l’amour s’en mêle…

De glace et de feu

Russie, 1822. Élevés dans la misère, Katya et son frère Gricha, orphelins de mère, rêvent tous deux d’une vie meilleure. A16 ans, Gricha rêve de faire fortune et de voit le monde. Il s’enfuit à Saint-Pétersbourg avec sa petite sœur âgée de 9 ans.
Pendant un voyage sur la mer Baltique jusqu’à Hambourg, ils font la connaissance de Thilo et Christian. Ensemble, ils décident de monter une société marchande, avec une idée aussi surprenante qu’audacieuse : exporter la glace du Nord vers les Tropiques.
Mais la voie du succès est semée de difficultés et d’incertitude… et les sentiments qui lient Katya à Christian, pourtant marié, menacent de précipiter la chute de ces jeunes  » barons des glaces « …

AVIS

Ayant adoré Le ciel de Darjeeling de Nicole Vosseler, j’étais impatiente de découvrir son nouveau roman à la couverture très hivernale. Il faut dire que les deux protagonistes, un frère et une sœur, ont longtemps côtoyé le froid, d’abord la Russie puis la Norvège, avant de se rendre dans des contrées un peu moins glaciales…

Gricha, treize ans, décide de prendre son destin en main et de quitter son village de Russie où il ne pouvait espérer qu’une dure vie de labeur au service d’un autre. Un destin qui ne convenait guère à un jeune adolescent que l’on sent déjà épris d’aventure et de liberté… Très attaché à sa petite sœur, Katya, il se promet de revenir la chercher, elle qui passe son temps à travailler très dur pour la maisonnée sans une once de reconnaissance paternelle ou de chaleur humaine…

Mais si Gricha est déterminé, sa sœur l’est tout autant et s’impose à lui, venant chambouler tous ses plans de fuite. Deux âmes en quête d’une nouvelle vie que le destin va porter vers différents vents, et qui vont être confrontées, au fil des années qui passent sans se ressembler, à un certain nombre de défis personnels, professionnels et sentimentaux. Les débuts seront difficiles, mais le frère et la sœur vont trouver refuge en Norvège, chez une veuve qui, petit à petit, va développer une certaine complicité avec Katya, alors que Gricha va et vient au gré de ses engagements sur une baleinière. Ambitieux, intelligents et débrouillards, le frère et la sœur développeront néanmoins d’autres ambitions. Des rêves d’ailleurs et d’accomplissement qui les porteront jusqu’à Hambourg, où ils s’associeront avec deux frères pour se lancer dans un commerce un peu fou : celui de la vente de glace !

Dès le début, j’ai été touchée par ce frère et cette sœur, seuls contre tous, contre une famille maltraitante, contre des conditions sociales qui les enferment plus sûrement que n’importe quelle porte de prison. À cela s’ajoute, pour Katya, sa condition de femme qui autorise n’importe quel homme à la commander, à la dénigrer ou à se considérer supérieur à elle… Katya n’est toutefois pas femme à se laisser maltraiter et elle nous prouvera à maintes reprises sa bravoure, son sens de l’initiative et son intelligence. C’est d’ailleurs elle qui, forte de sa relation particulière avec la glace, aura l’idée de se lancer dans son commerce.

J’ai trouvé toute la partie commerciale passionnante, Katya, Gricha, Thilo et Christian travaillant d’arrache-pied pour financer leur projet ambitieux et un peu fou, trouver un bateau, des débouchés commerciaux, tout en devant faire face à leurs sentiments parfois confus. Ce sera d’ailleurs mon seul bémol, cette sorte d’imbroglio amoureux qui m’a laissée sceptique, car soumis à des revirements tellement soudains et répétitifs qu’ils en paraissent quelque peu irréalistes. Il aurait fallu, du moins pour moi, soit ôter certaines interactions amoureuses soit, a minima, les développer pour en comprendre l’essence. À l’inverse, j’ai apprécié que l’autrice nous propose une certaine diversité dans l’orientation sexuelle de ses personnages, que ce soit avec Gricha qui aime les hommes et les femmes, sans que cela ne suscite de problème ou de jugement, ou avec un personnage qui apprend à accepter son attirance pour le même sexe…

Ce roman nous offre une grosse bouffée d’évasion, la dimension aventure étant très présente, mais il nous permet également de découvrir des personnages qui luttent avec acharnement pour se sortir de leurs conditions sociales. Car si Gricha et Katya ont fuit la pauvreté de leur Russie natale, Thilo et Christian tentent de faire fleurir le commerce familial dans une ville qui tente de se relever de l’occupation des Français, et des règles strictes imposées par Napoléon. Le contexte géographique, qui évolue au fil des péripéties, et historique se révèle donc passionnant, d’autant que le roman semble tiré d’une histoire vraie, celle d’une famille de commerçants.

Je serais ravie d’en apprendre plus sur cette famille, en attendant, ce roman m’a permis de voyager, de faire des virées en mer et, chose étonnante, d’en apprendre beaucoup sur la glace, élément dont la richesse m’a frappée. À travers son héroïne et des petits encarts en début de chaque partie, l’autrice nous offre une sorte d’ode à la glace, à sa richesse, à sa diversité, à son chant, et à tout ce qu’elle peut apporter à celui ou à celle qui, comme Katya, sait l’écouter et la lire. Une capacité qui rend encore plus spéciale une héroïne qui, de par sa force de caractère et sa pugnacité, suscite déjà toute l’admiration des lecteurs. La capacité de son frère à prédire le temps se révèlera également utile, a fortiori quand vous naviguez en mer et développez vos compétences et connaissances maritimes.

Au-delà du côté aventure et de cette relation commerciale qui va unir deux familles, la dimension humaine, familiale, amicale et amoureuse rend la lecture aussi passionnante qu’addictive. On suit avec tendresse, parfois agacement, les liens se resserrer, se distendre ou trouver d’autres formes au gré des événements, des erreurs des uns, des attentes trompées des autres… Alors si certains comportements m’ont parfois laissée dubitative, j’ai aimé cette liberté d’esprit et de sentiments qui apporte beaucoup d’humanité à des personnages imparfaits, mais qui ne cessent d’évoluer et d’apprendre aux côtés des uns des autres.

La route jusqu’au succès est longue et parsemée d’embûches, mais nos protagonistes semblent lancés pour vivre encore de belles, éprouvantes et riches aventures, embellies par le sens de l’amitié, de la famille et des sentiments parfois bien difficiles à comprendre et à dompter, mais dont la force permet à chacun d’avancer…

Je remercie les éditions de l’Archipel de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Week-end à 1000 (24 au 26 sept 2021) : mes prévisions de lecture

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Pour cette nouvelle session qui commence aujourd’hui à 19h pour se terminer dimanche à 23h59, je vais tenter d’avancer dans les deux challenges auxquels je participe actuellement : le Pumpkin Autumn Challenge et le Challenge Harry Potter. Au programme : un roman jeunesse très prometteur, un recueil de nouvelles, un manga et une bande dessinée.

Couverture Amari et le Bureau des affaires surnaturelles

Amari Peters sait trois choses :
1. Son frère Quinton a disparu.
2. Personne ne semble s’en inquiéter.
3. La disparition de Quinton est liée à son travail.

Quand elle trouve dans le placard de son frère une invitation à se rendre au mystérieux Bureau des affaires surnaturelles, Amari n’hésite pas. Et voilà qu’elle est reçue par un ascenseur parlant et rencontre une dragon-garou qui devine ses émotions !
Dans l’espoir de retrouver Quinton, Amari accepte de travailler pour le Bureau, dont la mission est de réguler le monde surnaturel. Elle fait alors une découverte qui va bouleverser sa vie. Son frère était un célèbre agent chargé de traquer les magiciens, considérés comme les ennemis du Bureau. Désormais, c’est à la jeune fille de prendre la relève.


Couverture Un grain de magie

Dans ce recueil, la magie prend toutes les formes et toutes les couleurs. Vaisseaux conscients, êtres nocturnes étranges, créatures légendaires, mondes imaginaires extravagants, artefacts redoutables ou encore musique céleste, tout y passe ! Un grain de magie invite à rêver et à accompagner des personnages attachants, dont les aventures uniques font ressentir allégresse, tristesse, espoir ou quiétude.

Histoires de familles, quêtes insolites, complots politiques, tranches de vie étonnantes ou enquêtes policières, chaque nouvelle se veut l’écho de ce que nous traversons, aussi bien dans notre quotidien que dans nos questionnements intérieurs.

La magie vit en toutes choses et ne demande qu’à s’exprimer.


Couverture Alter Ego

Quand sa meilleure amie Elena lui annonce qu’elle a maintenant un petit copain, la jeune Noel a déjà beaucoup de mal à l’accepter. Alors quand June, une autre amie très proche d’Elena arrive dans l’équation, c’est la goutte d’eau qui fait déborder le vase ! Mais au fur et à mesure que Noel et June apprennent à se connaître, leur rivalité se mue petit à petit en un sentiment tout nouveau…

Ce joli one-shot romantique vous est proposé par une autrice européenne, qui a su créer des héroïnes aux sensibilités proches de nos lectrices. Cette histoire d’amour entre deux étudiantes à la fac, racontée avec justesse et naturel, plaira indubitablement à tous les cœurs sensibles.


Couverture Les cousines vampires

Vampire, vous avez dit vampire?

À l’invitation de sa cousine Frédérique, Camille retourne dans le vieux manoir où elle a passé le plus bel été de son enfance. Mais plus rien, dans le sinistre paysage qu’elle découvre, ne correspond aux tendres souvenirs qu’elle chérissait… et les gens méfiants qu’elle rencontre à la taverne du village semblent craindre ce lieu qu’ils nomment « la maison du diable ». Quant à la mystérieuse Frédérique, elle n’aime décidément ni le potage à l’ail, ni la quiche à l’ail, ni la salade de gousses d’ail.

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

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Les chroniques d’Azfaréo (tome 1), Shiki Chitose

Les chroniques d'Azfaréo, tome 1 par Shiki

La rumeur raconte que le royaume d’Azfaréo est protégé par le pouvoir du Dragon Bleu… Mais depuis quelques temps, il ne pleut plus sur les terres, et l’équilibre est menacé. Le pouvoir du dragon serait-il en train de s’affaiblir ? C’est dans ce contexte que Rukul, héritière d’une famille de prêtres, est envoyée pour servir la créature mythique. Cette dernière, en échec familial, trouvera-t-elle sa place auprès du dragon ? Et quels secrets royaux découvrira-t-elle ?

Akata (10 septembre 2020) – 182 pages – 6,99€
Traduction : Sahe Cibot

AVIS

Une jolie couverture avec un dragon bleu, il n’en fallait pas bien plus pour attirer mon attention sur un manga que j’ai trouvé fort sympathique.

Nous faisons la connaissance de Rukul, une jeune fille appartenant à une lignée de prêtres, envoyée à la cour servir le dragon bleu du royaume d’Azfaréo. Une tâche importante puisqu’il est dit que l’état de la créature influe directement sur la météo. Or le pays a désespérément besoin de pluie… Contre toute attente, alors que les autres jeunes filles se sont évanouies devant l’impressionnante créature, Rukul ne montre aucun signe de peur et semble bien déterminée à prendre soin de ce dragon au caractère difficile.

Gaffeuse, naïve, pas très sûre d’elle, mais téméraire, bienveillante, sincère, gentille et pleine de bonne volonté, Rukul se révèle aussi sympathique que touchante et émouvante. Elle n’a pas le talent de sa sœur que tout le monde encense, mais elle possède beaucoup de cœur et fait de son mieux pour s’occuper de Julius. Il est d’ailleurs amusant de voir un personnage aussi délicat physiquement se poser en farouche protecteur d’un dragon caractériel à la taille imposante. Pour ma part, j’ai adoré cette jeune fille d’une grande fraîcheur et ai apprécié la voir, au fil des pages, prendre de plus en plus confiance en elle, même si elle a toujours en elle ce petit complexe d’infériorité dû notamment à un père qui m’a paru assez dur et cassant.

Le duo formé par Rukul et Julius fonctionne à merveille, d’autant que contrairement aux apparences, ce dernier n’est peut-être pas aussi revêche que cela. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que j’ai apprécié tout l’enjeu autour de son identité, et sa manière de prétendre être agacé et malpoli quand il se révèle surtout pudique quant à ses sentiments. Je l’ai d’ailleurs trouvé assez mignon et plutôt protecteur, bien qu’il ne serait pas probablement ravi que je le mentionne. N’a-t-il pas une image de dragon à préserver après tout ? On découvre, en outre, chez ce dragon une réelle et surprenante volonté de protéger le peuple qui rend le personnage fort sympathique et plus profond qu’il n’y paraît.

Entre l’existence d’une malédiction et la différence de caractère et de nature entre nos deux protagonistes, il y a un côté La Belle et la Bête, syndrome de Stockholm en moins, qui m’a bien plu. À cela, on peut ajouter une dimension politique avec un complot qui apporte une petite tension dramatique intéressante. Le seul point qui m’a un peu moins convaincue est que tout semble arriver trop vite que ce soit au niveau politique ou de la relation entre les personnages, notre apprentie prêtresse faisant tomber rapidement certaines barrières. Cela n’est pas dérangeant en soi, mais ce bémol rend la lecture un peu superficielle pour des lecteurs ou souhaitant un réel travail sur l’univers et l’évolution des sentiments.

Bien qu’effleuré, l’univers semble néanmoins prometteur avec, entre autres, cette idée de lier dragon, météo et prospérité d’un royaume, sans oublier cette aura de secret et de mystère qui hante la cour. Des secrets que Rukul semble bien malgré elle destinée à percer, ce qui ne sera pas aux goûts de tous, mais qui aura au moins le mérite de faciliter sa complicité naissante avec Julius et de promettre quelques péripéties…

En résumé, j’ai passé un très bon et divertissant moment de lecture auprès de deux protagonistes attachants et mignons dont on prend plaisir à suivre la rencontre et l’évolution de la relation. Si vous avez envie d’un manga porté par de superbes illustrations, alliant finesse et expressivité, dans un univers de fantasy intéressant où il est question, entre autres, de dragon et de secret, cette série est faite pour vous. 


En fin de manga, est proposée une petite histoire complètement indépendante et qui, sans être transcendante, reprend un peu ce schéma d’un personnage bougon et d’un autre plus placide. Nous découvrons ainsi une adolescente de caractère, au physique juvénile, qui décide d’apprendre à nager et entraîne, bien malgré lui, un maître-nageur dans son aventure. Les deux se révèlent sympathiques et mignons, d’autant qu’au gré des leçons, ils vont se rapprocher et revoir les idées qu’ils s’étaient fait l’un sur l’autre. Mignonne, cette histoire vaut également pour le message positif qu’il apporte sur la force de la détermination et la capacité à surmonter ses peurs pour atteindre un objectif qui nous tient à cœur… 

Panique chez les Montgomery (Les rebelles d’Oxford), Evie Dunmore

1879. Brillante mais sans le sou, Annabelle a été admise à l’université d’Oxford grâce à une bourse offerte par une ligue de suffragettes. En contrepartie, elle doit rallier à leur cause le duc de Montgomery. Une véritable gageure. Soutien des conservateurs, Sebastian a une vision archaïque de la gent féminine. Pour autant, Annabelle ne s’attendait pas qu’il lui demande d’être sa maîtresse. Elle s’en étouffe d’indignation.Comment ose-t-il ? Femme libre et indépendante, elle ne risque pas d’accepter pareille proposition ! Mais c’est oublier un peu vite que ce redoutable séducteur possède un charme irrésistible…

J’ai lu (5 mai 2021) – 416 pages – Poche (7,90€) – Ebook (5,99€)
Traduction : Cécile Desthuilliers

AVIS

Après l’excellent Les caprices de Lady Violet, j’étais impatiente de découvrir un autre roman de la nouvelle collection des éditions J’ai lu, Regency. Et c’est sur Panique chez les Montgomery que j’ai jeté mon dévolu, un roman lu en compagnie des Blablas de Tachan que je remercie pour nos échanges et m’avoir incitée à ne pas le laisser dormir dans ma PAL. Cela aurait été, en effet, fort dommage vu le très bon moment de détente passé en compagnie d’Annabelle et du duc de Montgomery.

Deux fortes têtes qui n’auraient jamais dû se rencontrer mais à l’alchimie indéniable…

L’une pauvre étudiante à Oxford, indépendante et rebelle, l’autre titré, riche et conservateur, ils n’auraient jamais dû se rencontrer. Et pourtant, l’engagement de la jeune femme auprès du sulfureux mouvement des suffragettes, du moins pour l’époque, va en décider autrement. La rencontre est électrique, l’attirance physique fulgurante et les yeux de la jeune femme un piège duquel le duc, mais il ne le sait pas encore, va avoir bien du mal à s’extirper. La scène de la rencontre comporte un peu tous les clichés du genre, et d’ailleurs sur certains points l’histoire en elle-même a des petits airs de convenu, mais fort heureusement, elle ne préfigure en rien de la qualité de cette romance que j’ai trouvée mignonne et plutôt convaincante.

Je n’ai pas forcément eu des papillons dans le ventre tout au long de ma lecture, mais j’ai guetté avec impatience les interactions entre ces deux personnages à la personnalité diamétralement opposée. Malgré leurs différences de statut et de milieu social, l’alchimie est indéniable et la connivence s’établit avec un naturel désarmant. Car les deux vont enfin trouver en l’autre ce qu’ils attendaient du sexe opposé. Annabelle est galvanisée par cet homme qui ne considère pas sa culture classique, philosophique et littéraire comme une tare, et qui semble même apprécier sa liberté de penser, ses raisonnements, sa capacité à argumenter et à remettre à leur place, d’une réponse polie mais pas policée, les hommes trop sûrs d’eux-mêmes et de leur supériorité sur les femmes.

Sebastian, quant à lui, trouve en cette jeune femme cultivée et audacieuse ce qu’il n’a jamais trouvé ailleurs : une personne considérant l’homme derrière le duc. En effet, il a l’habitude que tout le monde évite son regard et plie l’échine devant lui, mais Annabelle n’hésite pas à le regarder droit dans les yeux, le contredire, le provoquer, remettre en question ses croyances, refuser de lui obéir… En d’autres termes, elle ne joue pas et se montre sous son vrai jour, même si celui-ci ne sied guère à une femme dans une société traditionnelle et paternaliste qui ne reconnaît pas aux femmes le droit de rester propriétaires de leurs biens après leur mariage, et donc de voter.

Un contexte politique intéressant au service d’une très sympathique romance…

Cette injustice est d’ailleurs en trame de fond dans cette romance qui utilise, du moins en deuxième partie, le contexte politique de l’époque pour susciter une réflexion intéressante sur le droit des femmes et leur soumission à l’autorité masculine. Attendez-vous d’ailleurs à lire d’innommables fadaises de la part de certains personnages, heureusement remis à leur place par nos héros. J’ai néanmoins trouvé que le mouvement des suffragettes n’était peut-être pas exploité autant qu’il l’aurait pu. Cela s’explique par le fait que l’engagement politique d’Annabelle n’est que de circonstances : c’était la condition sine qua non pour qu’elle obtienne une bourse lui permettant d’étudier à Oxford.

Ce n’est pas dérangeant en soi, d’autant que si Annabelle ne fait pas preuve de la même dévotion que Lady Lucie envers les suffragettes, elle se bat âprement pour son indépendance et sa propre liberté. Pourquoi devrait-elle obéir à un cousin idiot et incapable de s’occuper de son propre foyer, quand elle est curieuse, débrouillarde et intelligente ? Pourquoi devrait-elle plier l’échine devant des mâles arrogants, dont le seul fait d’armes est d’être bien nés, alors qu’elle travaille dur et possède cette force de caractère qui leur fait défaut ? Pourquoi devrait-elle prétendre être gênée quand ce sont les hommes en face d’elle qui énoncent des choses aussi stupides qu’illogiques ? 

Des questions légitimes qui trouveront un écho inattendu auprès d’un duc peut-être bien plus ouvert d’esprit que son rôle de fin stratège, de figure politique des conservateurs et de conseiller auprès de la reine ne le laisse penser. J’avoue avoir été complètement séduite et surprise par ce personnage qui ne correspond en rien à l’image que je m’en étais fait. Derrière sa froideur et son visage de façade, se cache un homme au tempérament de feu qui lutte pour ne pas s’embraser pour une jeune femme qu’il n’aurait jamais dû désirer, ou alors discrètement, et sans ajouter au désir des sentiments bien plus profonds.

L’autrice insistant beaucoup sur l’attirance physique entre ces deux personnages au physique avenant, j’ai craint un manque de profondeur quant à leur relation. Mais j’ai trouvé la manière dont est gérée leur relation et son évolution intéressante, avec des échanges directs et parfois piquants, des promenades, des regards appuyés, des allusions littéraires (dont un événement qui ne sera pas sans rappeler Orgueil et préjugés), et une entente de fond, qui se passe de forme, assez surprenante. 

Une romance qui défie les conventions tout en abordant des thématiques intéressantes…

J’aurais apprécié que certains points et passages soient plus développés, afin que l’on saisisse pleinement la force de leur attirance physique et intellectuelle, mais force est de constater que je me suis sentie bien auprès de ces deux personnages et de leur romance à contre-courant. Car dans cette bonne société anglaise du XIX e siècle, il est inconcevable qu’une femme sans fortune, cultivée de surcroît, puisse s’attitrer les faveurs d’un homme de pouvoir tel qu’un duc. Cette différence de statut engendrera d’ailleurs des difficultés dans le couple, des incompréhensions et des décisions parfois contestables, tout en offrant un espace de réflexion intéressant sur la méritocratie, le statut des femmes, la noblesse, mais aussi le poids de l’héritage familial et du passé...

À cet égard, le frère de Sebastien se démarque de la ligne de conduite de son aîné et nous prouve que tout le monde n’est pas prêt à porter le poids des traditions et des responsabilités associées à un titre de noblesse et à une prestigieuse lignée. J’aurais adoré en apprendre plus sur ce jeune homme avenant et plutôt sympathique, mais le contraste saisissant avec le duc rend leur relation aussi intéressante que tumultueuse. Il faudra ainsi un certain temps avant que Sebastien ouvre les yeux sur une réalité qu’il a trop longtemps ignorée, conduisant son cadet à prendre des mesures plutôt radicales.

Un protagoniste masculin à l’évolution probante mais des personnages secondaires un peu faibles…

Si l’évolution du duc m’a semblé un peu précipitée sur la fin, elle m’a donné entière satisfaction, d’autant qu’elle est l’occasion de scènes tendres et romantiques, certes un peu clichées, mais terriblement touchantes et mignonnes. Et puis, elle est à l’image de notre duc : radicale et éclatante ! Vous verrez qu’il ne fait rien à moitié et qu’il se lance en amour comme en politique, avec la force du vainqueur et l’esprit du conquérant. Un conquérant qui va devoir s’adapter à une jeune femme rebelle, intelligente, cultivée et amoureuse de mythologie, sublime, et bien trop surprenante et tentante.

Le travail sur la construction des deux protagoniste est indéniable, celui sur les personnages secondaires perfectible. Ce sera là mon seul petit reproche : des personnages secondaires trop superficiels au point que je n’ai guère retenu grand-chose des amies d’Annabelle, si ce n’est le côté doux, rêveur et artistique de Hattie, et la force de caractère de la très engagée Lady Lucie. Une femme dont on devine aisément l’homme qui fera chavirer son cœur dans le roman qui lui est consacré. En ce qui concerne l’autre amie de Lucie, rien ne m’a marquée parce qu’elle fait vraiment de la figuration…

Quant à l’écriture de l’autrice, je l’ai trouvée fluide, dynamique et agréable, au point de lire la romance sur une journée/soirée. Je n’ai pas ressenti le côté addictif de certaines histoires d’amour, mais c’est avec beaucoup de plaisir que j’ai enchaîné les pages et sans jamais ressentir le moindre ennui.

En bref, voici une romance faisant entrer en collision un homme engoncé dans ses principes moraux et sa droiture, et une femme rebelle et libre d’esprit, mais terrifiée à l’idée de retomber dans le piège de l’amour. Deux personnages qui n’ont en apparence rien en commun, mais qui vont se découvrir une affinité, une complicité et une attirance qui transcendent le statut social, les conventions, la société, la politique… Entre les références et les petits clins d’œil littéraires et mythologiques, des échanges percutants, des moments électriques et sensuels, des regards qui ne trompent pas, et des tensions liées autant au contexte politique de l’époque qu’aux frictions entre deux fortes têtes, vous ne devriez pas voir le temps passer. Un roman agréable et facile à lire parfait pour les amateurs de romances historiques liant avec subtilité, et sans lourdeur, contexte politique et sentiments amoureux.

Retrouvez l’avis des Blablas de Tachan

 

Week-end à 1000 (27 au 29 août 2021) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Je n’ai pas brillé durant le week-end à 1000 de la semaine dernière, puisque je n’ai quasiment rien lu, mais j’espère faire mieux pour cette nouvelle session qui commencera ce vendredi 27 août à 19h pour se terminer le dimanche 29 août à 23h59.

  • Romans : je compte lire Rocaille, mon avant-dernier livre pour le PLIB 2021, mais le roman que j’ai vraiment hâte de découvrir est Panique chez les Montgomery prévu en lecture commune avec Les Blablas de Tachan.

Couverture RocailleCouverture Les rebelles d'Oxford, tome 1 : Panique chez les Montgomery

  • Ouvrages graphiques : ça va devenir une habitude de voir ces BD dans mes PAL du we à 1000, mais comme je dois les rendre dans quelques jours, cette fois, j’ai bon espoir de les lire ! Souhaitez-mois bonne chance, ça ne peut pas faire de mal.

Couverture Le Livre des merveilles

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

 

Week-end à 1000 (20 au 22 août 2021) : ma PAL prévisionnelle

https://lightandsmell.files.wordpress.com/2016/11/we-acc80-1000.png?w=552&h=552

Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Premier week-end à 1000 d’août auquel je peux participer. Samedi, je ne devrais pas avoir le temps de lire, mais je compte bien multiplier les lectures vendredi soir/nuit et dans la journée de dimanche, d’autant que la météo devrait être maussade.

  • Romans : j’espère lire ces deux romances, l’une contemporaine et l’autre historique.

The Layover: the perfect laugh-out-loud romcom to escape with this summer (English Edition) par [Lacie Waldon]Couverture Le diable s'habille en tartan

  • Ouvrages graphiques :

Couverture Julian au mariageCouverture Un petit besoin urgent !

Couverture Lightfall, tome 1 : La dernière flamme Couverture Magic, tome 1 : La fillette aux cheveux violets

Et vous, participez-vous à cette nouvelle session du week-end à 1000 ?
Que comptez-vous lire ?

 

L’épouse du guerrier, Jenni Fletcher

Couverture L'épouse du guerrier

À la disparition de ses parents Constance n’a eu d’autres choix que de devenir l’épouse du glacial Matthew Wintour. Un inconnu qui l’a abandonné pour guerroyer, sans même lui accorder un baiser d’adieux. Encore moins une nuit de noces. Cinq ans plus tard, Matthew – devenu un colosse armé–, est de retour et entend partager sa couche. Mais Constance elle aussi a changé et compte bien affirmer son caractère coûte que coûte…

AVIS

Après un mariage éclair, le mari de Constance s’en est allé, probablement guerroyer, sans se retourner ni même chercher à échanger quelques phrases avec cette épouse qu’il ne connaît pas. Une situation qui convenait parfaitement à la jeune femme même si elle aurait préféré qu’il lui demande son avis avant de l’envoyer dans sa famille, la coupant ainsi du lieu où elle a passé son enfance. Un lieu chargé d’émotions et de souvenirs liés à ses parents décédés d’une fièvre.

Bien qu’en colère de n’avoir pu rester chez elle, Constance a été baignée d’amour et a passé de belles années auprès de son oncle, de sa tante et de ses deux cousines dont elle est très proche. Elle n’accueille donc pas vraiment de gaieté de cœur l’annonce du retour de Matthew qui a, apparemment, décidé de venir la chercher. Mais que peut-elle bien partager avec cet homme qu’elle n’a pas vu depuis 5 ans et dont elle ne connaît absolument rien ?

Si la romance a peut-être manqué de mordant, elle n’en demeure pas moins agréable, l’autrice prenant le temps de faire émerger les sentiments des personnages, malgré une attirance physique qui apparaît assez rapidement. Contrairement à d’autres romans du genre, les scènes de sexe ne sont pas omniprésentes et ne sont jamais détaillées dans leurs moindres détails, ce qui m’a parfaitement convenu. À noter également, et je tiens à le souligner, qu’il n’y a aucun problème de consentement entre ces pages. Matthew apprécie l’apparence de sa femme et lui dit parce qu’elle complexe à ce sujet, mais il ne se montre pas malaisant, pas lourd et attend qu’elle fasse le premier pas.

Alternant entre incompréhensions, doutes, rapprochements aussi bien physiques qu’émotionnels et espoirs, la relation entre Constance et Matthew est donc saine et touchante. On prend un certain plaisir à voir Constance prendre confiance en elle, et Matthew à ouvrir son cœur. Quelque chose de difficile pour cet homme élevé dans la cruauté d’un père obsédé par ses terres et l’argent. Ce père méchant et maltraitant fait froid dans le dos, notamment dans sa manière de traiter ses épouses qui finissent toutes par mourir, et ses fils qu’il s’acharne à rabaisser encore et encore… Heureusement que Matthew et Allan, son jeune demi-frère, ont pu compter l’un sur l’autre durant leurs jeunes années bien qu’actuellement, la situation entre les deux soit quelque peu tendue.

Au-delà des relations et des interactions entre les personnages qui sont plutôt bien pensées et développées, l’autrice introduit une dimension politique qui ne manque pas d’intérêt, mais que j’aurais adoré voir encore plus présente. Ainsi, Matthew est engagé dans un complot politique afin de brimer l’autorité d’un roi profondément injuste, lâche et dangereux pour la souveraineté de l’Angleterre. Mais un tel engagement n’est pas sans danger pour lui, mais aussi pour Constance dont la vie est maintenant étroitement liée à la sienne…

En bref, L’épouse du guerrier est une romance historique sympathique mêlant avec habilité secrets, complot politique et relations entre deux époux qui, après cinq ans de séparation, doivent apprendre à se connaître, avant peut-être de s’aimer.

 

Frères de sang, tome 1 : L’éveil, Delphine Maeder

Couverture Frères de sang, tome 1 : L'éveil

Après un accident qui l’a plongée dans le coma, Aurore est hantée par d’affreux cauchemars de jour comme de nuit. Suite à une séance d’hypnose régressive, elle découvre avec stupeur qu’elle serait la réincarnation de Lyse-Anne, jeune femme issue d’une famille de riches vignerons du Lavaux ayant vécu deux cents ans plus tôt. Au travers de ses séances d’hypnose, Aurore partage la vie de celle-ci avec passion, jusqu’au jour où tout bascule lors de la découverte macabre d’un corps exsangue, recouvert d’étranges morsures. Aurore décide alors d’étudier de près le passé de la jeune femme afin de trouver des réponses à ses questions. Parallèlement, elle se sent troublée par Alex, jeune homme mystérieux qui travaille à la bibliothèque où elle passe la plupart de ses soirées. Elle devra surmonter sa timidité maladive et sa maladresse pour pouvoir aborder ce garçon qui éveille sa curiosité…

AVIS

Écrire un avis négatif est souvent délicat, a fortiori quand on sollicite soi-même le roman sur Simplement. Néanmoins, il arrive qu’il y ait des rendez-vous manqués malgré des attentes élevées, et c’est exactement ce qui s’est passé ici. En lisant le résumé et en voyant les notes absolument phénoménales sur la plateforme, je partais confiante, voire franchement enthousiaste.

Mais au bout de trente pages, j’ai compris qu’entre ce roman et moi, ça allait être compliqué. D’ailleurs, s’il ne s’était pas agi d’un service de presse, je n’aurais pas été plus loin que ces quelques pages. On sent un réel et consciencieux effort de la part de l’autrice pour proposer un texte bien écrit, ce que j’ai fortement apprécié, les belles plumes me ravissant toujours. Toutefois, j’ai regretté quelques maladresses et un certain manque de spontanéité et de naturel, qui m’ont donné le sentiment que l’autrice cherchait à atteindre un style, qui n’est peut-être pas naturellement le sien. Cela m’a d’autant plus freinée dans ma lecture que le côté très adolescent, voire parfois naïf et enfantin de l’intrigue et des personnages, semble complètement en décalage avec sa plume. Une plume qui souffre, en outre, de quelques lourdeurs en raison d’une tendance à tomber dans la tautologie, et à expliciter des évidences que l’on déduit aisément du contexte.

Mais ce qui m’a vraiment gênée et agacée, en plus des personnages somme toute assez clichés et à la psychologie peu développée, c’est la surenchère dans le drame avec des événements qui en perdent alors toute crédibilité et profondeur. Il y a un passage où une psychiatre parle de soap pour évoquer la vie antérieure d’Aurore, le terme est fort à propos pour évoquer le roman qui m’a semblé tomber dans le soap adolescent : une pimbêche garce à souhait qui ne s’en cache pas mais dont le comportement échappe comme par magie à son promis, une héroïne qui pardonne en trois secondes chrono sa rivale/harceleuse quand celle-ci évoque ses états d’âme, un fiancé qui n’aime pas sa promise mais qui veut quand même tout sacrifier en l’épousant pour honorer les volontés d’un père décédé et maltraitant, tout en étant follement amoureux d’une fille qu’il n’avait pas revue depuis des lustres et avec laquelle il a échangé trois mots – une jeune fille d’ailleurs qui attise la convoitise de deux frères semant la zizanie malgré elle (et dont la relation ne sera pas sans rappeler celle entre deux frères dans une célèbre série), un être surnaturel perturbé par un phénomène féminin naturel donnant lieu à un sujet « tabou » entre lui et sa bien-aimée (ça m’a au moins fait rire)… 

Tout cela a créé pour moi un effet d’accumulation qui aurait pu être évité si les événements importants avaient été un minimum développés. Or on s’attarde sur des détails qui ne font pas avancer l’histoire, mais des choses importantes sont balayées en quelques lignes, nous donnant le sentiment de ne jamais entrer dans le cœur du récit. Et j’ai trouvé cela extrêmement frustrant car l’autrice avait de bonnes idées que j’aurais adoré voir développées. À commencer par l’idée de séances d’hypnose qui permettent à Aurore, jeune vendeuse ayant abandonné la fac de psychologie, de renouer avec une vie antérieure.

Une vie que l’on découvre au cours des séances et qui va progressivement avoir un réel impact sur sa vie actuelle. Car si Aurore sait bel et bien qu’elle n’est pas vraiment cette Lyse-Anne ayant vécu deux cents ans avant elle, il y a des choses qu’elle ne peut guère ignorer, et qui vont la conduire jusqu’aux portes d’un nouveau monde. Je n’en dirai pas beaucoup plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai apprécié la manière dont l’autrice s’est approprié un mythe bien connu, et sa vision de l’organisation de créatures surnaturelles que j’ai toujours plaisir à retrouver, notamment en littérature.

Je n’ai pas été convaincue un seul moment par la romance à travers les siècles qui nous est proposée ici, la trouvant niaise et clichée, mais j’ai apprécié que grâce à cette dernière, l’autrice aborde la question de la réincarnation et de l’identité. Ainsi même en accédant à ses souvenirs grâce à l’hypnose, et en partageant une partie de son âme avec cette dernière, Aurore n’est pas Lynne-Anne. Elle n’a pas eu les mêmes parents, n’a pas été élevée à la même époque, n’a pas vécu les mêmes joies et les mêmes peines… Mais malgré cela, on ne peut que s’interroger sur les liens entre les deux jeunes femmes. 

Il y a définitivement quelque chose de métaphysique dans cette question, d’autant que le passé semble vouloir se répéter. À cet égard, la fin ne manque pas d’intérêt puisque si certains pourront y voir du romantisme et la preuve que notre histoire d’amour maudite n’est pas prête de s’arrêter, pour ma part, cela m’a donné une autre vision de Tristan. Il semble reconnaître sans problème qu’Aurore n’est pas son amour perdu, mais ce qu’il dit à la fin tendrait à me prouver le contraire… Point que j’ai apprécié et qui prouve toute la complexité du principe de vie antérieure.

Au-delà de l’alternance entre les époques qui se révèle, pour moi, la force du roman, on appréciera la présence du surnaturel qui s’invite dans la vie d’Aurore, quelques mystères qui donnent envie d’aller plus loin (même quand la tentation d’arrêter la lecture est bien présente), des moments de tension qui laissent craindre le pire, et une très belle amitié entre notre héroïne et sa colocataire et confidente. Et vu tout ce qu’Aurore vit en peu de temps, et ce monde nouveau et empli de dangers qui s’ouvre à elle, cette amitié lui sera fort précieuse ! Bien qu’on tombe dans le cliché de la copine rigolote qui saute d’un homme à un autre comme si une journée de célibat était la plus grande des épreuves, j’ai largement préféré ce personnage secondaire. Sabrina m’a semblé bien moins molle que notre héroïne à la maturité toute relative, et pour laquelle je n’ai rien ressenti d’autre que de l’agacement devenu indifférence. Ceci explique peut-être que son sort n’a suscité en moi absolument aucune émotion ! Or difficile de s’intéresser à un roman quand le sort de ses personnages nous importe peu…

En conclusion, je pense que vous aurez compris que je n’ai pas réussi à accrocher à cette histoire qui évoque pourtant des sujets intéressants comme l’hypnose et les vies antérieures. Mais j’ai regretté un manque de maturité dans la construction des personnages, tous très stéréotypés, et dans le développement d’une intrigue qui n’arrive jamais vraiment à se départir des clichés. Dommage parce qu’il y avait de bonnes idées et qu’avec un travail pour les développer, et non juste les effleurer, le roman aurait pu être captivant. Il semble néanmoins avoir su trouver son public alors si vous êtes intrigués, n’hésitez pas à vous lancer dans cette romance maudite qui semble s’acharner à vouloir défier le temps et les circonstances. Pour ma part, l’aventure s’arrêtera là…

PAL des vacances (8 au 15 août)

Livres, Lecture, Plage, De Vacances

À l’heure où cet article sera publié, je serai en vacances dans le sud en famille depuis dimanche après-midi, en croisant les doigts pour que le temps nous permette de profiter de la piste cyclable à proximité de notre lieu de villégiature.

En plus du vélo et espérons-le de quelques séances de barbotage, j’espère également avoir le temps de me plonger dans ma liseuse. Et parmi les romans qui me tentent le plus pour ces vacances, il y a de la romance, de la romance et de la romance. Vous noterez mon effort de diversification…

J’ai découvert The Layover sur une chaîne booktube américaine et La sirène des mers du Sud sur le blog By KimySmile. Pour les abonnés Amazon Prime, il est disponible gratuitement dans le cadre du Prime Reading.

Couverture La sirène des mers du sudThe Layover (English Edition) par [Lacie Waldon]Couverture Les rebelles d'Oxford, tome 1 : Panique chez les Montgomery

À tout hasard, j’ai aussi téléchargé dans ma liseuse quelques mangas…

Avez-vous déjà lu certains de ces romans ou certains vous tentent-ils ?
Que comptez-vous lire durant vos vacances ?