La captive de Dunkelstadt, Magali Lefebvre

La captive de Dunkelstadt par Lefebvre

Émile Dupontel compte terminer son tour de l’Europe en beauté avant de devenir notaire, comme on l’attend de lui. Friand de frissons comme de bonnes histoires, il jette son dévolu sur le château de Dunkelstadt, dont l’architecture, digne d’un conte de fée macabre, a enfanté moult superstitions.
Dans ces terres reculées, Émile était préparé à tout, sauf à tomber sous le charme de la belle Katarina, beauté sibylline, recluse entre les murs d’un édifice qui a tant à conter.
Secrets chuchotés et échos sinistres ont beau hanter les couloirs, Émile est déterminé à faire la lumière sur le mystère de Dunkelstadt, quitte à s’y égarer lui-même… et à perdre Katarina.

NOIR ABSINTHE (4 septembre 2020) – Ebook (4,99€) – Papier (12€)

AVIS

Quand les éditions Noir d’Absinthe m’ont proposé de chroniquer différents titres, dont La captive de Dunkelstadt, j’ai accepté avec plaisir étant curieuse de découvrir la plume de Magali Lefebvre que je suis sur son blog. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue de l’expérience, sa plume m’ayant enchantée, voire émerveillée. C’est d’ailleurs, du moins pour moi, le gros atout de ce roman qui est écrit avec finesse, élégance et une très grande poésie. Le vocabulaire est choisi avec soin, les descriptions d’une beauté à vous couper le souffle et l’attention apportée aux détails prompte à stimuler l’imagination et les sens même du plus terre à terre des lecteurs.

Loin de se contenter de nous narrer une histoire au ton très gothique, l’autrice s’évertue à déployer tout autour de nous un univers feutré dans lequel le danger est souligné et sublimé par les éléments de la nature. Le bruissement du vent, la pluie, les éclairs, le noir soudain qui s’abat sur le héros telle une chape de plomb… Tout prend une tournure inquiétante et mystérieuse à l’image du château de Dunkelstadt qui surplombe une ville qui ne demanderait rien de plus que d’en oublier jusqu’à l’existence. L’endroit n’est-il pas, après tout, réputé hanté ?

Sans comparer le grand classique qu’est Dracula à ce roman, j’en ai pourtant éprouvé le même plaisir à me laisser prendre par les tourments d’un protagoniste, dont la nature simple va être confrontée à des forces surnaturelles et malveillantes. Émile, dont le tour d’Europe touche à sa fin, pose ses bagages à Dunkelstadt, attiré par son emblématique et original château. Mais alors qu’il ne s’agissait pour lui que d’une étape avant la vie active, sa rencontre avec les deux habitantes du château, dont la charmante Katarina, va faire voler en éclats tous ses projets. Katarina, cette jeune fille envoûtante, mais soumise aux caprices d’une mère autoritaire qui semble lui imposer une liste d’interdits tous plus aberrants les uns que les autres... Des interdits auxquels Émilie doit, pour certains, également se plier.

Désireux, dans un premier temps, de ne pas courroucer la mère de sa dulcinée, Émile les accepte, mais il finit par tout remettre en question sans vraiment réaliser les conséquences de ses actes et de ses velléités de rébellion. À tenter le diable, le jeune homme ne risque-t-il pas d’en déchaîner toute la fureur ? Une interrogation qui nous apparaît légitime à mesure que la vie au sein du château se dévoile à nous, et que l’on se remémore toutes ces questions qui tiennent notre curiosité en éveil : pourquoi les villageois semblent-ils aussi terrifiés par le château et ses habitantes ? Qu’est-ce qui rôde la nuit dans les jardins de la bâtisse ? Pourquoi la belle Katarina, éprise de liberté, se voit-elle condamnée à une vie de captivité ? Quelle est l’identité de ce spectre qui hante les murs du château ?

Tout autant de questions qui nous poussent à tourner les pages avec avidité et l’espoir de percer tous les secrets d’un château dont l’originalité de l’architecture ne doit pas faire oublier son imposante et menaçante présence. Une réalité qui va s’imposer à Émile qui n’aura de cesse de se battre pour délivrer sa promise de ce mal insidieux qui exsude de chaque pièce et mur du château. Si je n’ai pas trouvé le roman effrayant à proprement parler, force est de constater qu’il arrive néanmoins à créer un climat d’angoisse qui vous pousse à regarder tout autour de vous et à considérer votre environnement sous un jour nouveau. Il faut dire que dans le château de Dunkelstadt, les apparences sont bien souvent trompeuses et les êtres les plus dangereux ne sont pas forcément ceux que l’on pense…

Dans ce roman, il est question de vice, de mal, de malédiction, de faux-semblants, d’amour maternel imparfait, mais bien réel, d’amour contrarié, de superstition aux terribles conséquences… Je ne développerai pas ces thématiques outre mesure parce que ce serait vous gâcher une bonne partie du plaisir que l’on prend à déambuler dans les couloirs d’un château maudit et à s’en approprier l’histoire. Mais je peux toutefois vous dire que j’ai apprécié la construction du roman qui permet aux lecteurs de ressentir pleinement les émotions de ses personnages, et plus particulièrement d’Émile. Ce jeune homme, au destin tout tracé, va se révéler à lui-même grâce à ses sentiments pour une jeune femme qui, derrière son apparente soumission, cache un esprit vif et fougueux. On s’attache à ce couple qui se construit d’abord sur des demi-vérités, mais qui finit par s’imposer à nous dans toute son entièreté et son intégrité.

En conclusion, les amateurs de belles plumes devraient apprécier cette histoire dont l’intérêt réside autant dans l’intrigue que dans l’ambiance gothique et l’atmosphère. Une atmosphère qui se veut de plus en plus angoissante à mesure que l’on pénètre les sombres secrets d’un château, dont il aurait peut-être été plus prudent de garder les portes fermées… Mais que vaut la prudence devant l’amour de deux jeunes personnes prêtes à défier de puissantes forces surnaturelles et malveillantes afin de pouvoir vivre leur amour en toute liberté ?

Je remercie les éditions Noir d’Absinthe pour ce roman reçu en en échange de mon avis.

Throwback Thursday Livresque #191 : un personnage d’une gentillesse à toute épreuve

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour le thème de la semaine, un personnage d’une gentillesse à toute épreuve, j’ai tout de suite pensé à Akira du manga Jardin Secret que j’ai beaucoup aimé autant pour son ambiance que ses personnages.

Couverture Jardin Secret, tome 1

Aussi douée à l’école qu’en sport, belle et posée, Ran est surnommée « la fine fleur du lycée » par les garçons, qui préfèrent se tenir à une distance raisonnable d’elle. Mais Akira, un garçon de sa classe et fils de fleuriste, est différent des autres. Il est le seul à la traiter normalement et à rire avec elle.

Je triche un peu parce que j’ai lu ce manga très récemment, mais je n’ai pas résisté au plaisir de vous parler d’Akira, un jeune homme solaire, gentil, bienveillant et passionné par les fleurs. Alors que les garçons de son lycée la fuient, trop intimidés par son aura de fille parfaite, Ran sera touchée par les mots d’Akira, le seul qui ose lui parler. De fil en aiguille, se nouera entre les deux adolescents une douce et belle amitié, emplie de pudeur et d’une certaine poésie.

Doux, tendre et mignon, Jardin Secret est un manga doudou que je ne peux que vous conseiller. Pour en apprendre plus, n’hésitez pas à découvrir mon avis.

Et vous, connaissez-vous ce manga ? Vous tente-t-il ou l’avez-vous lu ?
Quel livre auriez-vous proposé ?

Interférences – Tome 1 : Cendres, Aurore Payelle

Interférence, Tome 1 : Cendres par Payelle

Depuis qu’il a attrapé sa main dans les rues de Genesis, Sora n’a plus d’autre choix que de fuir la ville qui l’a sauvée de l’épidémie de VH2. Après avoir passé les onze dernières années en quarantaine au pensionnat Nord, elle souhaitait seulement être une personne saine et sûre pour ses congénères se retrouve dans une situation désespérée. James, pourchassé par Spectators, l’entraîne avec lui dans sa course tandis que les balles pleuvent sur eux. Dans cette ville ultra surveillée et réglementée, mensonge, amour et technologie sont autant d’interférences dans sa nouvelle vie. Elle ne rêvait que de se faire une place parmi les siens, il vient lui ouvrir les yeux. Parviendront-ils à atteindre leur but commun, sous l’oeil de Spectators ?

Publishroom Factory (1 juillet 2020) – 456 pages – Broché (19,50€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Dans ce monde ravagé par un virus, les enfants sont placés en quarantaine dès leurs cinq ans et libérés à leur majorité après qu’on leur a implanté une puce destinée à détecter toute future contamination. L’implantation de cette puce est la dernière étape avant l’entrée dans une vie active entièrement déterminée par son quartier d’origine. Un déterminisme social contre lequel personne ne lutte puuisqu’il assure le bon fonctionnement de la ville de Genesis. Enfin, c’est ce que croyait Sora jusqu’à ce que sa rencontre fortuite avec James, un Extérieur, vienne faire voler en éclats sa vie et toutes ses certitudes. À ses côtés, la jeune fille va découvrir des vérités qu’elle ne peut désormais plus ignorer !

Et si, contrairement à ce qu’on lui a toujours dit, tout le monde ne portait pas de puce et que ce dispositif se révélait bien plus être un outil de répression et de contrôle que de prévention ? Une idée déstabilisante pour Sora qui a passé ses onze dernières années enfermée dans un pensionnat coupée d’un monde dont elle va, petit à petit, découvrir le vrai visage ! Alors que la jeune fille avait toute confiance dans les institutions et leur volonté de protéger la population d’un virus mortel, elle va réaliser que tout n’était que pur mensonge. Les sauveurs de l’humanité ne sont en fait que des monstres asservissant une partie de la population pour asseoir leur pouvoir et permettre aux plus nantis de continuer à profiter de leurs privilèges quand les plus pauvres, privés de liberté, sont condamnés à une vie de dur labeur.

Si ce modèle sociétal bâti sur les inégalités nous semble profondément injuste, il n’est néanmoins pas sans rappeler ce que nos sociétés dites modernes continuent, dans une certaine mesure, à perpétrer. Mais l’autrice pousse les choses encore plus loin en ajoutant, au décalage révoltant entre pauvres et riches, une dimension complotiste que j’ai beaucoup appréciée, et dont je vous laisserai le plaisir de découvrir toute l’ampleur. De la même manière, j’ai adoré suivre Sora dans sa nouvelle vie et son envie justifiée de faire bouger les choses et de révéler au monde la terrible vérité. Pour cela, elle n’aura pas d’autre choix que de s’engager auprès de James dans la résistance qui s’organise à l’extérieur des murs de Genesis. Au sein de cette organisation, elle apprendra à se dépasser physiquement et mentalement, se fera des amis, mais surtout, elle prendra goût à cette liberté qu’on lui a si longtemps refusée et qu’elle est dorénavant prête à défendre au prix de sa propre vie.

Car devenir résistant et entrer dans le groupe des capuches noires, c’est accepter d’affronter un ennemi puissant bien décidé à conserver son droit de vie et de mort sur les citoyens et à éliminer définitvement toute menace à son hégémonie. Avant d’être envoyée en mission et d’affronter le danger, Sora devra donc suivre un entraînement militaire auprès de ses nouveaux camarades, certains se montrant plus accueillants que d’autres. J’ai, pour ma part, adoré le personnage de Fred, un boute-en-train toujours de bonne humeur et très accueillant, dont l’homosexualité apporte un peu de diversité. Cette orientation sexuelle est perçue ici comme quelque chose de tout à fait normal et ne suscite ni remarque ni regard déplacé. Une chose qui semble aller de soi, mais qui est loin d’être garantie dans notre réalité… Fred, en plus d’apporter une certaine légèreté bienvenue, aidera également Sora à y voir plus clair dans sa relation avec James.

Pour les allergiques aux histoires d’amour, il est préférable de souligner qu’il y aura un rapprochement entre nos deux jeunes résistants. Pour ma part, j’ai trouvé le couple assez mignon même si James fait parfois preuve d’une jalousie qui m’a paru quelque peu enfantine. Mais rappelons que les personnages sont tout juste majeurs et qu’on ne peut attendre d’eux la maturité d’un adulte. Il se dégage ainsi une certaine maladresse, mais aussi beaucoup de tendresse, de cette relation naissante que l’on voit s’épanouir malgré le contexte difficile, à moins que ce ne soit grâce au contexte difficile. En effet, conscients des dangers auxquels ils vont devoir faire face, nos deux amoureux vivent leur début de manière bien plus intense qu’un couple lambda, ce qui les rend très touchants. Il y a aura bien sûr des quiproquos et des tensions, mais rien qui ne m’ait fait lever les yeux au ciel. J’ai, en outre, apprécié que malgré son inexpérience en matière d’homme, Sora ne soit pas présentée comme une jeune ingénue complètement effarouchée au moindre rapprochement. Elle est peut-être un peu moins à l’aise que James pour exprimer son désir, mais elle n’en demeure pas moins à l’écoute de son corps et de ses sentiments… Mais rassurez-vous, le roman reste assez chaste et peut être tout à fait lu par des adolescents.

Tout au long du roman, il y a un bon équilibre entre action, amitié et romance, ce qui rend la lecture aussi captivante qu’agréable. Je n’ai ainsi jamais eu l’impression de m’ennuyer, les passages doux et tendres alternant avec les découvertes, les sessions intenses d’entraînement, les missions d’exploration et d’infiltration sans oublier des moments empreints de solennité. On a ainsi parfois le sentiment d’être plongé dans un jeu vidéo ou dans un film d’autant que la plume d’Aurore Payelle se révèle plutôt immersive et m’a très agréablement surprise par sa finesse et sa fluidité. En d’autres termes, si vous avez envie d’une dystopie ryhtmée et immersive dans laquelle la romance est présente sans être pesante, Interférences devrait vous plaire. Le roman ne révolutionne certes pas le genre, mais il offre un moment de divertissement sous tension avec des personnages attachants que l’on espère retrouver sains et saufs dans la suite de la série, la fin nous laissant craindre le pire…

Merci à Aurore Payelle de m’avoir envoyé Interférences en échange de mon avis.

Shirayuki aux cheveux rouges, Sorata Akiduki

Couverture Shirayuki aux cheveux rouges, tome 01

Pour Shirayuki, la vie n’est pas toujours rose, elle serait plutôt rouge pomme. Cette jeune apprentie pharmacienne, originaire du pays de Tanbarun, a l’art d’attirer les regards. En effet, elle est née avec une chevelure rouge ! Pour éviter un mariage avec le prince de son pays, elle a fui dans la forêt du pays voisin où elle y rencontre Zen et ses amis : Kiki et Mitsuhide, les gardes du corps de Zen. Celui-ci se trouve être, en fait, le second prince du royaume de Clariness. Avec ses amis, Shirayuki va essayer de devenir la pharmacienne royale en passant un concours afin de pouvoir être auprès de Zen sans lui attirer les ennuis dû à son statut de roturière. Cependant, cette rencontre n’est pas du goût de tout le monde et certains d’entre eux pensent même à la kidnapper afin d’en faire cadeau aux puissants.

AVIS

Je connaissais l’animé, mais si j’avais trouvé ça sympathique, je n’avais pas accroché outre mesure. Pas que l’adaptation soit mauvaise, mais j’ai tendance, depuis quelques années, à m’ennuyer très vite devant un écran. Fort heureusement, je n’ai ressenti aucune lassitude avec ce premier tome que j’ai dévoré avec grand appétit et un plaisir certain.

Shirayuki possède une particularité physique qui suscite envie et convoitise : une belle crinière rouge qui, malheureusement pour elle, va attirer l’attention du prince de son royaume bien décidé à faire d’elle sa concubine. Avec le prince Raji, apparemment, les apparences et la joie de mettre la main sur quelque chose ou quelqu’un de rare comptent plus que les sentiments… Mais c’était sans compter sur la personnalité de battante de Shirayuki qui préfère fuir plutôt qu’être liée à ce goujat au sang royal ! Une fuite qui va la faire tomber dans les filets d’un autre prince, celui du royaume voisin… Leur rencontre sera d’ailleurs plutôt fracassante et non dénuée d’originalité.

Mais contrairement à Raji, Zen est quelqu’un de profondément humain qui, derrière une apparente frivolité, possède un certain sens des responsabilités et une bonne âme. Je ne me souvenais pas à quel point ce personnage se révèle tendre et attachant, un joli mélange de naïveté, de franchise, de soif de liberté et de volonté de bien faire. En d’autres mots, je suis tombée sous le charme de ce prince respectueux qui va se prendre d’affection pour Shirayuki sans jamais tenter de s’imposer à elle ou de l’obliger à faire quoi que ce soit.  Et ça, c’est plutôt novateur pour un shojo, a fortiori, un shojo datant de quelques années.

C’est peut-être la raison pour laquelle notre héroïne va s’attacher assez vite au prince, au point de vouloir tenter le concours pour devenir pharmacienne à la cour et ainsi ne plus avoir à dépendre de lui pour entrer au château. Il faut dire que sa venue et ses entrevues avec le prince ne plaisent pas à tous, certains craignant d’avoir à faire à une énième intrigante. Mais les lecteurs, témoins de la candeur de la jeune femme, savent très bien qu’il n’en est rien et qu’ils ont devant eux une jeune femme courageuse, gentille, volontaire et intelligente, dont le seul tort est d’attirer l’attention de tous à cause de ses cheveux flamboyants. Ceux-ci se révèlent donc être un lourd fardeau dans un monde où les hommes n’hésitent pas à menacer une femme juste pour le plaisir de s’approprier sa chevelure et se gorger de leur rareté…

Mais Shirayuki ne se limite pas à ses cheveux, elle possède également une bonne connaissance des herbes et des plantes médicinales, ce qui lui sera fort utile autant pour aider Zen que se sortir de situations difficiles. Car telle une héroïne de conte, elle va devoir affronter différentes épreuves qui testeront sa bravoure et son courage. Elle pourra, évidemment, compter sur le soutien de son bon prince, toujours prompt à veiller sur elle tout en respectant les limites qu’elle lui impose. En effet, n’oublions pas que Shirayuki est une jeune femme indépendante qui sait ce qu’elle veut et qui est bien décidée à l’obtenir par elle-même. J’ai adoré la personnalité de battante de notre héroïne ainsi que la douce ambiance de conte distillée tout au long de ce manga. Un manga qui devrait enchanter les amateurs de romances/amitiés amoureuses toutes douces qui prennent le temps d’éclore puisqu’à part quelques discrets rapprochements, à la fin de ce premier tome, Zen et  Shirayuki en sont toujours au stade de la tendre amitié.

Au-delà de ce duo terriblement mignon et attachant qui m’a fait fondre, j’ai apprécié les personnages secondaires, et notamment les deux gardes du corps et amis accompagnant et veillant sur Zen : Kiki et Mitsuhide. Une mission de protection difficile à mener si l’on considère que notre prince aime prendre la poudre d’escampette afin d’être au plus près de ce qui se passe au sein de son pays. Un point tout à son honneur et qui tranche avec le comportement du prince Raji qui préfère courir les filles que prendre la température de son royaume. Toutefois, les escapades et les velléités de liberté de Zen, en plus de compliquer sérieusement la vie de ses deux gardes du corps et meilleurs amis, ne semblent pas ravir tout le monde…

L’autrice laisse planer une aura de mystère autour de ce premier tome avec, entre autres, certains personnages qu’on a encore du mal à classer du côté des alliés ou des ennemis. Des doutes qui donnent très envie de lire la suite tout comme l’incertitude qui plane sur la vie de Shirayuki : qui l’a piégée elle et le prince dans la serre ? Arrivera-t-elle à trouver sa place au sein du château ? Quelles épreuves va-t-elle encore devoir affronter ?…

Charmée par ce premier tome, je lirai donc la suite avec plaisir impatiente de retrouver Shirayuki et Zen et, avec un peu de chance, en apprendre plus sur Kiki et Mitsuhide, dont les personnalités restent, pour le moment, juste ébauchées. Mais cela ne nous empêche pas de voir leur attachement au prince auquel ils semblent vouer une sincère amitié et pour lequel ils sont prêts à prendre tous les risques. La dynamique entre les trois personnages se révèle donc intéressante en plus d’apporter une agréable touche d’humour. Je retrouverai également avec plaisir l’univers graphique de ce manga, dont j’ai apprécié la rondeur des traits, l’expressivité des personnages, la beauté des décors ainsi que la fluidité des scènes d’action et la manière dont le mouvement est parfaitement capturé.

You slay me, tome 1 de Katie MacAlister

You Slay Me ("Aisling Grey, Guardian, Novel" Book 1) (English Edition) par [Katie Macalister]

Aisling Grey is a courier enjoying a free, work-related trip to Paris when she learns she’s a Guardian. That’s a keeper of the Gates of Hell, for those who don’t know. She finds this out from Drake Vireo, who’s scrumptiously sexy-at least in his human form. Now Drake has stolen the package Aisling was sent to deliver, and she must track him down, get the package, and try to resist the passion boiling inside her.

AVIS

C’est sur le blog Between dreams and reality que j’ai découvert cette série qui, malgré une couverture kitsch à souhait, m’a fait passer un bon moment de lecture auprès d’une héroïne américaine qui n’a pas, mais alors pas de chance du tout. Alors qu’Aisling est en mission à Paris pour son oncle, elle découvre que la personne à laquelle elle devait délivrer un précieux objet a été assassinée et que, comble de la malchance, le charmant homme rencontré sur la scène du crime, en plus d’être un potentiel meurtrier, le lui a volé. Enfer et damnation, tonton ne va pas être content et la police parisienne risque de fort mal interpréter sa présence sur la scène du crime…

Aisling est le genre d’héroïne qui ressemble à madame Tout-le-Monde à ceci près que c’est un puits à ennui, les meurtres ayant une légère tendance à se multiplier autour d’elle ! Sa mission à Paris va également la plonger dans un monde surnaturel dont elle ne veut pas entendre parler. Mais les événements vont la rattraper en même temps que le très sexy Drake, un homme pouvant se transformer en dragon, avec lequel elle va se retrouver bien plus liée qu’elle n’accepte de l’admettre. La relation entre les deux personnages est plutôt amusante et devrait ravir les amoureux de romances paranormales, le duo se révélant plutôt piquant ! Je suis d’ailleurs très curieuse de découvrir comment la relation entre les deux personnages va évoluer dans le deuxième tome puisqu’ils ne semblent pas vraiment partager la même vision d’un potentiel futur à deux. Bien que parfois un peu possessif, j’ai apprécié Drake et la manière dont l’autrice joue sur l’une des caractéristiques des dragons, l’amour de l’or et des trésors quels qu’ils soient. Une chose qui va quelque peu compliquer la vie d’Aisling et qui risque fort de la compliquer dans le futur.

Au-delà de la relation entre notre héroïne et son dragon et du côté enquête plutôt bien amené, ce sont les personnages secondaires qui rendent cette série tellement amusante et attachante. Aisling va ainsi être épaulée par un chauffeur de taxi haut en couleur, Rene. En plus de la transporter dans les rues de Paris et de l’aider à échapper à ses poursuivants, il va lui apprendre quelques phrases de français qui, à défaut d’avoir un véritable sens, ne manqueront pas de vous arracher un sourire. Il existe un certain mystère autour de ce personnage ! D’ailleurs, sa manière d’être toujours là au bon moment et de ne pas prendre la poudre d’escampette devant certains événements d’origine surnaturelle me pousse à m’interroger sur sa véritable nature…. J’espère qu’on en apprendra plus dans la suite de la série, mais pour le moment, j’aime beaucoup cette figure du chauffeur de taxi non dénué d’humour, de gouaille et de courage.

Aisling pourra également compter sur sa nouvelle amie française et un démon assez particulier revêtant l’apparence d’un chien hilarant qui n’a pas la langue dans sa poche. J’ai eu un coup de cœur pour ce démon qui m’a beaucoup amusée et que j’adorerais adopter bien qu’il puisse parfois se montrer râleur et imprévisible…. Quand notre héroïne a décidé d’invoquer un démon, ce n’est probablement pas cette figure canine qu’elle attendait, mais cela lui apprendra une leçon importante : ne pas jouer avec la magie quand on n’est pas certain d’en maîtriser les règles. Côté magie, j’ai d’ailleurs hâte d’en apprendre plus sur le rôle dans le monde surnaturel qu’elle est censée jouer et sur la manière dont elle va arriver à accepter ou non son engagement avec un certain dragon sexy. Parce que si Aisling semble vouloir prendre ses distances, quelque chose me dit que Drake ne l’entend pas de cette oreille…

En conclusion, You Slay me est le premier tome d’une série fort sympathique qui, au-delà d’une enquête pleine de rebondissements dans le monde de l’occulte parisien, nous permet de découvrir une palette de personnages particulièrement hauts en couleur et attachants. Rythmé, non dénué de suspense, plein d’humour et auréolé d’une tension amoureuse plutôt savoureuse entre deux personnages que tout oppose, voici un roman à lire pour un moment de détente sans prise de tête.

 

Les couleurs du dragon, Virgine T

Les couleurs du dragon par [Virginie T]

Dakota Jones est un traqueur de démons.

Sous les ordres de son père froid et distant, elle combat le mal jour et nuit avec ses coéquipiers, qui sont également ses amis, grâce à son don hors du commun. Cependant, sa prochaine enquête va bouleverser son monde. Sa rencontre avec Eldrekki, un homme aussi beau que mystérieux, va modifier tant son passé que son avenir.

Dakota se savait différente, unique, elle va enfin découvrir pourquoi et les réponses pourraient bien ne pas lui plaire.

Évidence Éditions (4 septembre 2020)

AVIS

Capable de traquer les démons grâce à une vision particulière, Dakota Jones met son talent inhabituel au service de l’armée. Il faut dire que son père, à la tête de la base militaire où elle a passé toute sa vie, ne lui laisse guère le choix. Froid et calculateur, il est, en effet, peu intéressé par les aspirations professionnelles et/ou personnelles de sa fille unique qu’il tend à voir comme un outil de travail efficace plutôt que comme son enfant. Alors qu’un terrible meurtre est commis, Dakota se lance sur la piste du monstrueux tueur, probablement un démon, sans savoir que sa vie allait changer à jamais. Entre la découverte d’un secret remettant en cause tout son passé et la rencontre avec un mystérieux jeune homme qui l’hypnotise, Dakota aura plus que jamais besoin de sa détermination et de sa famille de cœur pour affronter la situation.

Étant assez difficile avec les romances paranormales, j’avais hésité à me lancer dans la lecture de cet ouvrage ayant eu peur de me retrouver face à une histoire bien plus basée sur le sexe que sur une réelle intrigue. Sur ce point, je peux d’ores et déjà vous rassurer. Il y a bien deux ou trois scènes de sexe, mais rien de vulgaire ni de détaillé. Un bon point, du moins, pour moi.

On regretta néanmoins une romance qui démarre sur des chapeaux de roue ne laissant pas aux lecteurs le temps de s’approprier les sentiments des personnages. Je me suis d’ailleurs demandé comment diantre, ils ont pu passer aussi vite de parfaits inconnus à compagnon et compagne. La magie de l’amour, peut-être… Mais comme je ne suis pas une romantique dans l’âme, j’aurais tendance à ne pas y croire et à être donc complètement passée à côté de cette romance éclair qui n’aura pas su me toucher ni faire battre mon cœur.

J’ai toutefois apprécié que l’autrice nous épargne les problèmes de consentement si courants dans les romances paranormales. Ici, aucun problème de ce genre ! Il faut dire que nous deux amoureux sont tous les deux plutôt inexpérimentés dans les choses de l’amour. Un schéma plutôt inhabituel qui ne m’a pas déplu même si j’ai trouvé Eldrekki très sûr de ses gestes pour quelqu’un qui n’a jamais eu aucun partenaire dans sa vie… Autre point intéressant, la désacralisation de la virginité et de la première fois, l’autrice nous prouvant que ce qui compte, c’est surtout la personne avec laquelle on se lance et un respect mutuel plutôt qu’un éventuel cadre idyllique destiné à nous donner l’impression d’être une princesse Disney.

Quant à l’intrigue en elle-même, elle ne manque pas d’attrait, mais j’ai eu le sentiment que tout son potentiel n’avait pas été exploité, probablement en raison de la taille du roman qui aurait gagné, selon moi, à être un peu plus imposant ! Les choses s’enchaînent donc très (trop) rapidement, ce qui m’a laissé un goût de trop peu au niveau de l’univers et qui ne m’a pas permis de développer un attachement profond pour les personnages. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de les apprécier et de prendre plaisir à en apprendre plus sur ces derniers et sur les liens forts unissant Dakota aux différents membres de son équipe.

La jeune femme ayant perdu sa mère à la naissance et son père brillant par son absence d’amour paternel, ses collègues sont devenus, au fil du temps, sa seule et véritable famille ! Ils se révèlent tous assez protecteurs avec elle, ce que j’ai trouvé mignon, mais parfois vraiment étouffant. Étant plutôt indépendante et n’étant pas du tout tactile, je ne pense pas que j’aurais pu supporter toutes leurs attentions et leurs nombreux câlins. Mais on perçoit que c’est exactement ce dont a besoin Dakota qui a été privée de la chaleur d’un foyer sa vie durant.

Les liens unissant Dakota à ses collègues sont donc très forts et lui permettent de supporter une vie conditionnée par les ordres d’un père/général parfaitement injuste et froid. Je dois dire que si j’ai adoré la figure paternelle du commandant dirigeant l’équipe de Dakota, j’ai détesté son père biologique qui n’en porte que le nom. Difficile, en effet, de considérer qu’un tel être puisse être qualifié de père. Il n’hésite pas à exploiter le talent inhabituel de Dakota pour traquer les démons sans se préoccuper de son sort ni de sa santé. Pire, il la maltraite psychologiquement lui faisant sans cesse comprendre à quel point elle est un poids pour lui…

De fil en aiguille, on en vient à découvrir toute la méchanceté et la perfidie de ce personnage que j’ai purement et simplement détesté ! Alors qu’il aurait pu tomber dans la caricature, certaines révélations nous permettent de mieux saisir les raisons qui l’on conduit à maudire sa propre fille sans jamais lui laisser une chance. Sans l’excuser, cela permet de lui donner un peu plus d’ampleur et de complexité.

Au-delà de la romance et de l’amitié, l’autrice nous offre quelques scènes d’action plutôt maîtrisées qui dynamisent le récit et apportent une aura de danger fort appréciable. J’aurais d’ailleurs adoré qu’elles soient un peu plus présentes, mais je peux comprendre le souhait de l’autrice de prendre le temps, dans ce premier tome, de nous présenter les personnages et de jouer sur les émotions d’une héroïne soumise à des épreuves aussi difficiles psychologiquement que physiquement… La fin laisse entrevoir une nette évolution/amélioration dans la vie de la jeune fille avec une nouvelle dynamique de groupe que je serais curieuse de découvrir.

Quant à l’écriture, elle s’est révélée percutante, rythmée et agréable. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman que j’ai lu d’une traite.

En résumé, bien écrit, dynamique et court,  Les couleurs du dragon permet de passer un moment d’évasion sans prise de tête et de faire la connaissance d’une héroïne dont la vie alterne entre brimades paternelles, réconfort amical, traque de démons et découverte de l’amour. Non dénué de tension et de révélations, le roman se lit rapidement, mais devrait peut-être manquer de convaincre les lecteurs aguerris en quête d’une romance paranormale à l’univers riche et développé. Pour ma part, je vous recommanderai donc ce roman si vous avez envie de vous initier à la romance fantastique ou de vous lancer dans un livre du genre très rapide à lire.

Je remercie Evidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Ronde et sexy 1 : Love seduction, Jenna Ric’S

Love séduction: Ronde et sexy, T1 par [Jenna Ric'S]

Pour Jordanna, le quotidien se cantonne à ceux qu’elle aime : ses meilleures amies, Laura et Manuela, son boulot, ses plans cul et surtout, à gérer sa vie comme elle l’entend avec son lot de complications.
Mais ça, c’était avant son arrivée à lui. C’était avant qu’il ne lui fasse découvrir la vie et l’amour sous de nouvelles facettes, c’était avant qu’il ne se faufile dans son cœur…

Évidence Éditions (2 juillet 2020) – 382 pages – Broché (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Si je lis de plus en plus de romance, je me contente, en général, de piocher dans les romances historiques et les romances fantastiques, je suis donc sortie de mes habitudes de lecture avec Love seduction.

Ce qui m’a attirée, en plus d’une couverture toute pimpante, ce sont les mentions Body Positiv et Ronde et sexy qui ne sont pas courantes !  Et pour cause, les romances actuelles mettent souvent en avant le même genre d’héroïne : une beauté qui s’ignore et qui répond à tous les standards de la beauté en vigueur, la minceur étant bien sûr comprise dans le package.

Ici, Jenna Ric’s prend le parti inverse en mettant en scène une jeune femme ronde entourée de ses deux meilleures amies également rondes ! C’est presque triste à dire, mais ça, c’est assez novateur, du moins dans le paysage éditorial français même si j’ai l’impression que les choses commencent à bouger un peu de ce côté-là. L’autrice casse également tous les codes et les préjugés des grossophobes en proposant une héroïne très dynamique et bien dans sa peau qui sait mettre en valeur ses formes. Il faut dire que styliste, c’est un peu son fonds de commerce ! D’ailleurs, bien que la mode soit un sujet qui me soit toujours passé au-dessus de la tête, j’ai apprécié la passion avec laquelle Jordanna l’évoque. On sent que pour elle, c’est une vraie vocation et qu’elle aime à la folie ce qu’elle fait. Et moi, personnellement, les gens passionnés m’inspirent et me fascinent toujours…

Nous sommes donc loin du cliché de la « grosse fainéante qui s’habille comme un sac à patates et qui ne pense qu’à manger » qu’on vous renvoie à la figure quand vous avez des formes. Et rien que pour avoir réussi à casser les clichés, je dis bravo à l’autrice. Plus jeune, ce genre de livre m’aurait probablement évité de passer des heures à choisir des vêtements pour cacher ce « fessier qu’on ne saurait voir » et qui semblait indisposer les gens si j’en crois les nombreuses remarques déplacées et méchantes essuyées. Ici, Jordanna n’a pas ce problème : elle assume parfaitement son corps et prend plaisir à mettre en valeur ses formes pour assouvir sa sexualité décomplexée et mouvementée. Souffrant d’hypersexualité, elle a, en effet, des besoins en matière de sexe assez importants…

J’ai apprécié de voir une femme ronde qui a une vie sexuelle épanouie et qui ne reste pas toute seule dans un coin avec son pot de glace comme certains semblent aimer à le croire. Elle plaît, elle le sait et n’hésite pas à en jouer pour séduire ses conquêtes d’un soir qui ne s’en plaignent pas, bien au contraire. Néanmoins, s’il est intéressant d’évoquer une maladie peu connue, l’hypersexualité, je me suis posé la question de sa place dans ce roman. Pourquoi ne pas s’être contentée d’une héroïne voluptueuse qui a une vie sexuelle riche et épanouie ? Était-il vraiment nécessaire d’inclure ce point qui fait perdre une certaine force au message original, celui qu’une personne avec des formes peut aimer faire l’amour et prendre plaisir à explorer sa sexualité sans qu’il y ait une maladie sous-jacente lui faisant perdre ses inhibitions ? Il s’agit ici d’une réflexion purement personnelle…

En plus de cette hypersexualité, Jordanna est victime de douleurs chroniques importantes et d’autres pathologies qui rendent parfois ses jours et ses nuits insupportables. J’ai, de nouveau, trouvé intéressant que l’autrice évoque certaines maladies encore peu connues du grand public alors qu’elles occasionnent une vraie souffrance mentale et physique… Notre héroïne pourra heureusement compter sur le soutien indéfectible de ses deux meilleures amies, ou plutôt de ses deux sœurs de cœur, puis plus tard, sur celui de son nouveau voisin, Damien, qui ne tardera pas à devenir bien plus que cela.

J’ai adoré la relation unissant Jordanna à Laura et Manuela. Elles sont toutes les trois très différentes, mais elles sont unies comme les doigts de la main et veillent les unes sur les autres sans jamais faillir. Manuela et Laura n’hésitent pas à sortir les griffes et les crocs pour protéger Jordanna ! Et ce n’est pas le pauvre Damien qui vous dira le contraire. Il devra ainsi montrer patte blanche et faire ses preuves avant que les deux femmes lui accordent leur confiance et le laissent entrer dans la vie et le cœur de leur meilleure amie.

Mais finalement, la barrière la plus difficile à franchir, n’est-elle pas celle mise en place par Jordanna elle-même ? Ayant souffert par le passé, notamment avec un ex-petit ami s’étant comporté comme un véritable goujat devant ses problèmes de santé, la jeune femme refuse de céder aux sirènes de l’amour, préférant rester sur une relation purement charnelle avec Damien. Une position difficile à accepter pour cet homme complètement fou des courbes et de la personnalité de Jordanna. Il faut dire que notre héroïne sait se montrer attachiante : fidèle en amitié, enjouée, passionnée et combative, elle peut se révéler caractérielle et partir dans des emportements, notamment quand ses douleurs atteignent leur paroxysme. Chose qu’on pourra difficilement lui reprocher.

Mais Damien n’a pas dit son dernier mot ! Bien décidé à conquérir autant son cœur que son corps, il fera tout pour prouver à Jordanna sa sincérité quant à ses sentiments et la rassurer : tous les hommes ne sont pas des lâches et malgré les difficultés, certains sont prêts à tout pour l’élu(e) de leur cœur. C’est assez rare pour être signalé, mais j’ai apprécié que le personnage n’échappe pas au cliché du bel homme musclé auquel aucune femme ne résiste. Je trouve ce point intéressant dans la mesure où il prouve que oui, des femmes avec des formes peuvent attirer des partenaires répondant aux critères de beauté en vogue... En matière d’amour, point de norme, mais une alchimie de corps et d’esprit qui semble ici avoir parfaitement opéré entre les deux amants.

Bien qu’il soit un peu trop possessif à mon goût, Damien sait se montrer prévenant et charmant, mais également déterminé puisqu’il essaiera de se rapprocher de Jordanna, jouant selon les règles de la jeune femme tout en tentant d’imposer les siennes. Une espèce de partie d’échecs s’installe donc entre nos deux protagonistes, l’un prêt à tout pour conquérir la personne de ses rêves, et l’autre développant mille et un stratagèmes pour échapper aux élans de son cœur.

Qui va remporter la bataille ? Pour le savoir, il vous faudra bien sûr lire le roman, mais ce qui est certain, c’est que le combat sera plutôt mouvementé et quelque peu épicé. C’est d’ailleurs un point qui m’a étonnée. À la vue de la couverture et à la lecture du résumé, je m’étais attendue à une romance toute mignonne et toute douce, ce qui est loin d’être le cas. Il y a bien des passages tout mignons, bien qu’un peu trop guimauves pour moi, mais la romance est principalement basée sur le sexe avec un vocabulaire cru à base de chatte et de queue.

J’avoue une certaine déception de ce côté-là puisque c’est aux antipodes de ce que j’aime dans une romance. Je préfère quand les personnages se tournent autour et prennent le temps de se connaître, d’éventuelles scènes de sexe venant concrétiser leur relation. Ici, c’est plutôt l’inverse : c’est grâce à des parties de sexe endiablé que les liens amoureux entre les deux personnages vont véritablement se construire. Un schéma qui ne me convient guère, mais qui correspond parfaitement à la personnalité de Jordanna, prise entre son hypersexualité et son refus obtus de vivre une nouvelle histoire d’amour par peur d’être de nouveau blessée. On comprend alors que c’est en s’invitant régulièrement dans son lit et en gagnant peu à peu sa confiance que Damien peut espérer faire voler en éclats les barrières de la jeune femme.

Ce roman est donc à réserver à un public averti qui n’est pas rebuté par l’omniprésence du sexe et d’un vocabulaire qui ne fait pas dans la dentelle. Si je ne suis clairement pas le public visé, force est de constater que j’ai quand même lu rapidement le roman, curieuse de découvrir le dénouement de l’histoire et le devenir des personnages auxquels je me suis progressivement attachée. Les pages s’enchaînent donc rapidement d’autant que l’alternance des points de vue entre les deux amants apporte beaucoup de dynamisme et de rythme au récit. Autre point qui rend la lecture rapide et fluide : l’absence de drames inutiles. Il y a bien sûr des problèmes afin d’offrir quelques rebondissements scénaristiques à se mettre sous la dent, mais l’autrice ne prolonge pas inutilement les malentendus et quiproquos, ce dont je la remercie grandement…

De la même manière, on appréciera la subtilité avec laquelle elle amorce le nouveau duo qui sera, je l’espère, mis à l’honneur dans la suite de la série. On sent la dynamique entre les personnages très différente de celle entre Jordanna et Damien, mais mon petit doigt me dit qu’elle devrait être tout aussi caliente !  Je tenais également à souligner un point qui me semble primordial dans une histoire où le sexe est omniprésent : la prévention. Avec naturel et sans lourdeur, l’autrice rappelle ainsi, à travers ses protagonistes, la nécessité de se protéger lors de rapports sexuels avec des partenaires occasionnels, mais également celle de prendre toutes les précautions avant de décider de se passer de protection.

Il y a toutefois un point qui m’a interpellée, notamment en considération de la démarche body positive de l’autrice et de la maison d’édition : la stigmatisation des « bouffeuses de pommes », c’est-à-dire des femmes minces surveillant leur poids. Cela n’est pas récurrent, mais Jordanna utilise cette expression à deux ou trois reprises. Je tenais donc à revenir sur ce point parce que je pense qu’il pourra heurter certaines lectrices. Je l’ai d’ailleurs été. Ces propos déplacés reflètent toutefois une triste réalité : la manière dont la société met en compétition les femmes vis-à-vis de leur corps, les poussant, malgré elles, à avoir des préjugés sur celles qui sont plus grosses ou bien plus minces qu’elles. Une autre version du « mieux faut faire envie que pitié » que je n’ai jamais supporté et qui montre que mince ou avec des formes, une femme n’aura jamais de toute manière le bon corps. J’aurais toutefois apprécié que l’autrice prenne le temps de faire prendre conscience à Jordanna de la méchanceté de ses propos.

En conclusion, Love seduction ne m’a pas apporté cette romance toute douce et mignonne que j’attendais, l’autrice ayant opté pour une romance érotique qui devrait plaire aux amatrices et aux amateurs de scènes épicées et plutôt torrides entre deux personnages qui prennent un plaisir certain à découvrir et satisfaire le corps de l’autre.  Je retiendrai néanmoins de ce roman la volonté de mettre en avant une héroïne ronde, indépendante et au tempérament de feu, qui assume parfaitement ses formes et sa sexualité. Alors si vous aussi vous en avez assez de retrouver toujours le même genre d’héroïne dans les romances, Love seduction devrait vous apporter cette diversité de corps qui fait encore cruellement défaut à l’heure actuelle ! Quant au format semi-poche très agréable à prendre en main, il devrait finir de vous convaincre de vous poser sur votre transat, votre canapé ou votre lit afin de découvrir l’histoire de Jordanna et de son nouveau voisin terriblement sexy….

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Melena Sanders, tome 2 : Trompée par les ténèbres, Susan Illene

Couverture Melena Sanders, tome 2 : Trompée par les ténèbres

Melena Sanders s’est débrouillée pour éviter tout ce qui avait trait au paranormal pendant la grande majorité de sa vie, mais après s’être rendue à Fairbanks, en Alaska, pour sauver sa meilleure amie des mains d’êtres surnaturels, elle n’a plus été autorisée à repartir. Tout du moins, jusqu’à ce que son ennemi juré vienne récolter une faveur qu’elle lui devait. Lucas a beau être en partie ange, en ce qui la concerne, il est entièrement maléfique.

Lui rembourser sa dette lui permet, certes, de quitter la ville pendant un moment, mais sa nouvelle destination s’avère tout sauf agréable. Mel doit aider le nephilim à s’occuper d’une recrudescence de possessions démoniaques en plein Juneau. Bien que rien de ce genre ne soit arrivé depuis des milliers d’années, Lucas est certain que les rares capacités de Melena sont la clé du problème.

La violence dans la capitale ne faisant que s’accroître, notre sensible va devoir trouver une solution pour mettre rapidement un terme aux conflits avant qu’ils ne se propagent dans d’autres villes. Cependant, travailler si près de Lucas va changer la dynamique de leur relation pernicieuse, ce qui, finalement, l’inquiète plus que les démons. Elle n’aurait jamais cru que sa captivité à Fairbanks lui manquerait.

Collection Infinity –   – 408 pages – 20€

AVIS

Ayant beaucoup apprécié le premier tome, Hantée par les ténèbres, j’ai enchaîné avec celui-ci pleine d’enthousiasme, mais malheureusement, ma lecture fut assez mitigée.

J’ai regretté que l’autrice tombe dans tous les écueils qu’elle avait évités précédemment : une certaine vulgarité qui ne sert absolument à rien, des scènes de sexe qui tombent comme un cheveu sur la soupe même s’il n’y en a pas non plus à toutes les pages, une héroïne devenue inconstante et incohérente, passant de « je déteste Lucas mais il est trop sexy « à « je me sens liée à lui, mais c’est un connard, pas moyen que je retourne à ses côtés » avant de changer d’avis dès qu’il pointe le bout de son minois.

Bref, voir l’autrice faire passer son intrigue au second plan pour se concentrer sur une histoire d’amour tellement peu réaliste qu’elle n’a suscité chez moi aucune émotion m’a quelque peu frustrée. J’ai eu vraiment beaucoup de mal à supporter le fait que Melena change d’avis toutes les minutes quant à ses sentiments pour Lucas. Un comportement frôlant le ridicule et le pathétique à des années-lumières de son côté badass.

Autre point problématique, la personnalité de Lucas qui devient bien trop possessif et dominateur à mon goût. Il suffit d’un rapprochement avec Melena pour que M. ne supporte pas que quelqu’un s’approche de la jeune femme que ce soit un autre homme ou sa meilleure amie… J’imagine que le côté protecteur du nephilim pourra plaire à certaines lectrices et certains lecteurs, mais il est bien trop prononcé pour être mignon. Là, il est juste malsain.

J’ai, en outre, été horrifiée par une scène dans laquelle une amie de Melena lui explique sérieusement que maintenant qu’elle a accepté un certain rapprochement avec Lucas, elle n’a pas d’autre choix que de s’offrir à lui sous peine de faire preuve de cruauté. Alors non. Une femme n’est JAMAIS obligée de coucher avec un homme. Aucune exception !

J’avoue ne pas avoir compris le changement radical opéré entre le premier et le deuxième tome. Ici, j’ai eu l’impression que l’autrice sacrifiait l’âme de sa série pour rentrer dans le moule de ce qui se fait dans les romances paranormales. Ce qui est fort dommage d’autant qu’elle n’a pas vraiment utilisé les meilleures ficelles du genre…

Malgré ces gros bémols qui m’ont vraiment frustrée, j’ai néanmoins apprécié certaines choses comme d’en apprendre plus sur Melena, sa magie, sa condition de sensible et son histoire familiale plutôt difficile. Je vous laisserai le plaisir de la découverte, mais la jeune femme n’est pas au bout de ses surprises, et va devoir faire face à une révélation plutôt choquante sur son passé… L’héroïne m’a souvent agacée par son inconstance vis-à-vis de Lucas, mais force est de constater qu’elle conserve néanmoins sa témérité et ne recule jamais devant le danger.

On creuse également un peu le passé de Lucas bien que ce personnage conserve encore beaucoup de mystère puisqu’il ne semble pas particulièrement apprécier de se dévoiler. Il faudra donc compter sur un membre de son entourage proche, Micah, pour grappiller quelques informations à son sujet. Micah n’est pas un personnage dont la psychologie est développée outre mesure, mais j’ai néanmoins apprécié ses tentatives, plus ou moins heureuses, de concilier les besoins de réponse de Melena et le côté secret de Lucas.

Si les deux tiers du roman m’ont semblé tourner en rond puisqu’ils sont, entièrement ou presque, consacrés aux émois amoureux de Melena, l’action prend véritablement son envol dans le dernier tiers. Il y a alors pas mal d’action, de sang et de larmes. Je dois d’ailleurs dire qu’ayant la phobie des veines et des coupures à l’arme blanche, certaines scènes ont été difficilement supportables pour moi, la magie de Melena impliquant parfois qu’elle se coupe et utilise son propre sang… Attendez-vous donc à voir des têtes tomber et du sang versé !

L’autrice ne nous épargne pas non plus certains détails assez gores, ce qui assombrit l’histoire et lui apporte enfin cette aura de danger promise… En effet, en début de roman, l’autrice happe notre attention avec une histoire de possessions démoniaques et d’attaques sanglantes sur des membres de la communauté surnaturelle. Mais on comprend assez vite que c’était juste un moyen détourné pour rapprocher Melena et Lucas en les obligeant à cohabiter et à collaborer… J’ai donc apprécié que les possessions démoniaques reviennent sur le devant de la scène même si cela aurait mérité d’être un peu plus approfondi. On ne peut s’empêcher de se demander ce que cette activité démoniaque cache et quel est le dessein de la ou les personnes derrière celle-ci. Des questions dont les réponses ne risquent pas de plaire à Melena ni à ses alliés qui, plus que jamais, vont avoir besoin de toutes les forces disponibles pour affronter le danger.

Quant à la fin, elle ne devrait pas manquer de vous marquer et de vous donner envie de lire la suite, l’autrice laissant les personnages dans une situation compliquée... Peut-être que Melena aurait mieux fait d’écouter Lucas quand ce dernier lui a demandé de rester en sécurité, le désir légitime de la jeune femme de ne pas être écartée de la bataille ayant eu des conséquences qu’elle n’aurait pu imaginer. Mais d’un autre côté, la situation n’aurait-elle pas été différente si Lucas avait fait montre d’un peu plus de transparence ? Une question à laquelle il est bien difficile de répondre, mais qui en appelle une bien plus importante : comment régler le problème ?

En conclusion, ce deuxième tome a peiné à me convaincre, l’autrice ayant quelque peu sacrifié l’âme de sa série au profit d’une romance paranormale peu crédible, agaçante et peu émouvante. Toutefois, la manière dont elle a su renverser le ton de l’histoire dans le dernier tiers du roman m’a permis de terminer ma lecture sur une note positive. L’intrigue prend ainsi le pas sur la romance pour offrir un final sombre et haletant qui donne irrémédiablement envie de lire la suite et de découvrir comment Melena et Lucas vont arriver à surmonter une épreuve qui s’annonce difficile.

 

 

 

Les tribulations de Lady Eleanor Grant : La première reine, J. James

Les Tribulations de Lady Eleanor Grant, Tome 1: La Première Reine par [J. James, Lowenael]

1910

Après des années d’un mariage désastreux, Lady Eleanor Grant est enfin libre de mener sa vie comme elle l’entend. Grande amatrice d’égyptologie, elle décide de se rendre dans ce pays qu’elle a si souvent fantasmé, l’Egypte. Là-bas, elle va faire la connaissance de Karl Schaffenberg, un éminent professeur allemand. A eux deux, ils décryptent de vieux parchemins, trouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre, qui leur révèlent une fantastique découverte : une nouvelle reine égyptienne, Nitetis, inconnue jusqu’alors, vient complètement bouleverser l’ordre dynastique. Lors de cette enquête, Eleanor est amenée à recroiser la route du brillant gallois, Warren Crowley.

Intrigué, ce dernier se laisse entraîner par cette étrange aventure, et se révèle être un précieux allié, pour suivre les traces de cette reine oubliée. Mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette Nitetis ? Qu’a-t-elle donc fait pour subir la Damnatio Memoriae ? Parfois, certains secrets bien gardés devraient le rester

Auto-édition – 400 pages – Broché (20€) – Ebook (3,99€)
15 illustrations réalisées par Lowenael

AVIS

J. James m’a complètement charmée grâce à un imaginaire riche et une magnifique plume aussi fluide qu’immersive. Les mots sont couchés avec élégance sur le papier, les phases narratives alternent avec des dialogues vifs et percutants, les descriptions précises et imagées vous font voyager, vous donnent l’impression de fouler le sable du désert et de visiter l’Égypte, un pays à l’aura mystérieuse et à l’histoire fascinante. Lire ce roman, c’est une expérience à part entière, c’est se plonger dans une aventure trépidante auprès de personnages attachants et tellement vivants !

En plus d’être très réalistes, les protagonistes, et plus particulièrement Eleanor dont la psychologie a été remarquablement travaillée, prennent corps et vie sous nos yeux de manière éclatante. Durant ma lecture, la frontière entre fiction et réalité s’est régulièrement estompée me donnant le sentiment de vivre moi-même les aventures d’Eleanor ou, du moins, de suivre de près les tribulations d’une amie ou d’une femme ayant réellement existé. La capacité de l’autrice à nous immerger dans son histoire sans réserve et l’attachement quasi immédiat qu’elle nous fait éprouver pour Eleanor apportent une dimension forte et enivrante au récit que j’ai lu d’une traite, ne faisant que quelques pauses pour reposer mes yeux. Ce sera d’ailleurs là le seul défaut du roman, une police d’écriture un peu trop petite pour la myope que je suis.

Eleanor n’est pas invulnérable, mais elle n’en demeure pas moins une femme haute en couleur, courageuse, pugnace et intelligente qu’il est impossible de ne pas admirer et d’ériger en modèle. Issue d’un milieu aisé, cela ne l’empêchera pas de vivre le drame d’un mariage forcé, son père l’ayant vendue (appelons un chat un chat) pour éponger ses dettes auprès d’un homme violent qui, des années durant, lui fera vivre un véritable enfer. Résistant à la violence morale et psychologique de son époux, elle pourra heureusement prendre sa revanche des années plus tard. Libérée du joug de son bourreau, la jeune femme sera enfin libre de voyager en Égypte afin de s’adonner à sa passion de l’archéologie et de l’Égypte ancienne. Un voyage qui ne se fera pas sans un pincement au cœur à l’idée de quitter un homme d’affaires séducteur, et accessoirement amant passionné d’une nuit, Warren Crowley.

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Le début du roman m’a donné le sentiment de lire une très bonne romance historique, mais à partir du moment où Eleanor part pour l’Égypte, l’histoire prend un tout autre tournant. La jeune femme devra faire face au mépris et au paternalisme des archéologues sur place souvent moins compétents qu’elle, mais très fiers de leur chromosome Y. Elle fera néanmoins la connaissance du professeur allemand Karl Schaffenberg, bien plus intelligent que ses confrères, avec lequel elle travaillera afin de décrypter des papyrus codés retrouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre.

Après un travail acharné, Eleanor fera alors une découverte surprenante et d’une valeur inestimable : l’existence d’une reine égyptienne, Nitetis, qui a purement et simplement été effacée de l’Histoire ! Devant l’importance de la découverte qui remet en cause l’ordre dynastique des pharaons, nos deux compères et complices partent à la recherche de son tombeau. Mais avant, ils vont devoir convaincre le propriétaire des terres où il est potentiellement situé de les autoriser à lancer des fouilles archéologiques. Et voilà comment la route d’Eleanor va de nouveau croiser celle du très attirant, mais agaçant, Warren Crowley.

J’ai adoré suivre les trois personnages dans cette aventure, le trio fonctionnant à merveille et se révélant très complémentaire. Le professeur m’a touchée par son optimisme contagieux, son enthousiasme presque enfantin, sa gentillesse, sa bienveillance, son ouverture d’esprit en ce début de XXᵉ siècle où les femmes sont encore infantilisées, et sa sincère amitié pour Eleanor avec laquelle il a noué une réelle complicité.

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Crowley est, quant à lui, l’image du bad boy, version chic et glamour : charmant, beau parleur, sans attache ni envie d’en nouer, aimant les plaisirs de la chair, riche et doué pour les affaires, alternant entre la goujaterie la plus infâme et la prévenance la plus totale… Si l’image est un peu stéréotypée, l’autrice a su insuffler au personnage un supplément d’âme et de mystère qui le rend très attirant au plus grand désespoir d’Eleanor qui aimerait garder ses distances avec ce dernier afin de préserver son cœur. En plus de la touche de charme et de romance qu’il apporte à l’intrigue, Crowley saura aussi se montrer fort utile durant l’expédition et les fouilles qui se révéleront bien plus dangereuses que prévu.

Entre les dangers inhérents à tout voyage et à des fouilles archéologiques, un ennemi mystérieux bien décidé à arrêter Eleanor, des rêves étranges qui épuisent et déstabilisent la jeune femme, et des pièges retors inventés par un Grand Prêtre bien décidé à ce que l’existence de son ancienne reine ne soit jamais dévoilée, nos amis n’auront pas le temps de s’ennuyer. Ils devront ainsi affronter des situations inattendues qui mettront leurs nerfs à rude épreuve et pourraient faire vaciller toutes leurs certitudes…

La partie consacrée à l’exploration du tombeau m’a fascinée, l’autrice ayant particulièrement soigné ce passage que j’ai trouvé plus que réaliste. On a l’impression d’être devant un épisode d’Indiana Jones, avec cette part de mystère et d’action qui rend l’expérience aussi angoissante que palpitante ! Attendez-vous donc à trembler et à être tenus en éveil par une rencontre inattendue, dangereuse, mais également très émouvante…

Bien que peu présent dans le récit, ou du moins pas assez à mon goût, le très flegmatique majordome d’Eleanor, Bridges, m’a fait forte impression. Présence rassurante et fidèle, cet homme se révélera plein de ressources, en plus d’être d’une totale dévotion envers sa lady. L’autrice laisse encore planer beaucoup de mystère autour de ce dernier et de son passé que l’on sent mouvementé… J’ai donc hâte d’en apprendre plus dans la suite de la série, La première reine étant le premier tome d’une série de quatre tomes, chacun organisé autour d’une aventure indépendante.

En plus d’une plume fluide, élégante et très immersive et de personnages auxquels on s’attache irrémédiablement, j’ai apprécié les thématiques soulevées tout au long du récit : les mariages forcés et la misogynie en ce début de XXᵉ siècle, la difficulté pour une femme de se faire entendre dans un milieu de l’archéologie dominé par les hommes, le révoltant paternalisme des Occidentaux qui n’hésitent pas à piller le patrimoine d’autres pays, la difficulté de concilier l’envie de mettre à jour le passé d’un pays et sa souveraineté, la méfiance que les femmes de caractère et de pouvoir ont toujours eu tendance à susciter…

À cet égard, on ne pourra qu’être ému par le destin tragique de Nitetis et révolté par la trahison abjecte de son Grand Prêtre aveuglé par ses nombreux a priori, notamment sur les femmes. L’histoire de cette reine oubliée, que l’on découvre au compte-gouttes, s’est révélée passionnante et émouvante. J’aurais d’ailleurs adoré en apprendre bien plus sur ce personnage qui a tout sacrifié pour son pays sans n’avoir jamais rien obtenu en retour si ce n’est méfiance et oubli… Elle aura au moins connu, durant sa courte existence, l’affection sincère de son père, mais aussi l’amour d’un homme qui a su voir en elle la femme qu’elle était.

L’objet livre mérite également toute notre attention : de la superbe couverture avec des reliefs en passant par la quinzaine d’illustrations de Lowenael agrémentant le récit, ce roman est un enchantement des yeux. Petit détail qui fait toute la différence : le livre dispose de grandes marges, ce qui permet de le lire sans craindre d’en casser le dos.

En conclusion, si vous aimez les aventures avec un grand A et êtes fascinés par l’aura de mystère entourant l’Égypte, son histoire et ses trésors, ce premier tome d’une série riche en promesses devrait vous plaire. D’une plume fluide, élégante et immersive, J. James captive ses lecteurs pour les plonger dans un récit palpitant porté par un trio complémentaire dont les interactions sonnent aussi vraies que justes. Émotions, mystère, action, dépaysement et révélations attendent les lecteurs qui oseront se lancer dans cette aventure mélangeant avec brio bribes du passé, amitié et amour, le tout auréolé d’une pointe de fantastique.

Les tribulations de Lady Eleanor ou quand la passion et la détermination d’une lady rencontrent l’érudition d’un professeur et l’espièglerie d’un séducteur…

Retrouvez le roman sur le site de l’autrice que je remercie pour ce partenariat.

Week-end à 1000 (26-28 juin 2020) : ma PAL prévisionnelle

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Pour rappel, le WE à 1000 est un challenge organisé par Lili du blog Lili Bouquine. L’objectif est de lire 1000 pages durant une période déterminée. N’hésitez pas à vous inscrire au groupe FB pour partager votre avancée et échanger avec les autres participants.


Un nouveau week-end à 1000 commence ce vendredi 26 juin à 19h et se terminera le dimanche 28 juin à 23h59. Je vous présente donc ma PAL prévisionnelle que, pour une fois, je vais essayer de respecter.

Couverture La chronique des anciens, tome 1 : Le baiser du dragon

Mi-humaine, mi-dragonne, Pia Giovanni a été choisie pour une mission ultra dangereuse : dérober un élément du trésor de Dragos Cuelebre, le dragon le plus redoutable au monde. Simple pion dans la guerre qui oppose le roi Faë à Dragos, Pia va bientôt subir la colère de la ténébreuse créature…

  • La première reine de J. James (400 pages) : SP dont je dois rendre la chronique au maximum pour le 1er juillet, ce sera ma lecture prioritaire et celle qui me tente le plus.

Couverture Les tribulations de Lady Eleanor Grant, tome 1 : La première reine

1910
Après des années d’un mariage désastreux, Lady Eleanor Grant est enfin libre de mener sa vie comme elle l’entend. Grande amatrice d’égyptologie, elle décide de se rendre dans ce pays qu’elle a si souvent fantasmé, l’Egypte. Là-bas, elle va faire la connaissance de Karl Schaffenberg, un éminent professeur allemand. A eux deux, ils décryptent de vieux parchemins, trouvés dans la tombe d’un Grand Prêtre, qui leur révèlent une fantastique découverte : une nouvelle reine égyptienne, Nitetis, inconnue jusqu’alors, vient complètement bouleverser l’ordre dynastique. Lors de cette enquête, Eleanor est amenée à recroiser la route du brillant gallois, Warren Crowley.
Intrigué, ce dernier se laisse entraîner par cette étrange aventure, et se révèle être un précieux allié, pour suivre les traces de cette reine oubliée. Mais pourquoi n’a-t-on jamais entendu parler de cette Nitetis ? Qu’a-t-elle donc fait pour subir la Damnatio Memoriae ? Parfois, certains secrets bien gardés devraient le rester.

  • L’enfant et le maudit, tome 7 (174 pages) : voici l’une de mes séries préférées. J’ai hâte de me plonger dans ce septième tome que j’attendais avec impatience.

Couverture L'Enfant et le Maudit, tome 7

Les soldats en quête de salut sont toujours sur les traces des deux fugitifs.
L’un d’entre eux révèle au professeur un pan de son passé, à l’époque où il était encore humain, ce qui le saisit d’angoisse. C’est alors que le danger se rapproche encore davantage de Sheeva…  Où qu’ils aillent, ils ne pourront décidément pas trouver le repos.
Ils sont aussi différents que le jour et la nuit… Et malgré tout ce qui les sépare, malgré les ténèbres qui les entourent, ils vont écrire petit à petit une fable tous les deux…

  • La petite sirène de Michiyo Hayano et Shinobu Uemura (40 pages)

Couverture La Petite Sirène

TOTAL : 1021 pages

Et vous, participez-vous à ce week-end à 1000 ?
Prévoyez-vous une PAL ou préférez-vous choisir vos lectures au fur et à mesure ?