Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Le chat bonheur, Qu Lan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Echigoya, jeune héritier, dilapide les biens familiaux au jeu. Lorsqu’il se retrouve dans la misère, il demande à son chat adoré de le tirer d’affaire. Ce dernier lui rapporte alors une pièce d’or… Mais Echigoya continue de gaspiller sans se rendre compte que ses actions pourraient avoir des conséquences funestes…

PERE CASTOR (22 août 2018) – 32 pages – 5.25€

AVIS

Adorant les chats et le Japon me fascinant, cet album jeunesse ne pouvait que me plaire, il fut d’ailleurs un coup de cœur !

Dès les premières pages, les lecteurs sont éblouis par les illustrations qui dégagent autant de douceur que d’intensité. Les sublimes graphismes, tout en délicatesse, nous plongent avec délectation dans ce Japon féodal au charme certain. Les décors et les costumes traditionnels sont, quant à eux, criants de réalisme, mais ce sont bien les expressions des visages qui donnent toute la force à cette histoire émouvante et d’une terrible beauté.

ChatBonheur

Nous découvrons ainsi le jeune héritier d’une noble famille qui délaisse l’entreprise familiale au profit d’une vie d’oisiveté et de son addiction aux jeux d’argent. Convaincu de la véracité d’une légende racontant comment une grue remercia son maître de ses soins en lui apportant prospérité, il dilapide la fortune de ses aïeux sans vergogne. Après tout, en s’occupant si bien de son fidèle chat, Tama, ne s’était-il pas assuré un avenir radieux ?

D’ailleurs, comme par miracle, Tama rapporte une pièce d’or à son maître puis une autre… Malheureusement, le jeune homme, trop nonchalant pour être responsable, profite de cette providentielle source d’argent pour faire ce qu’il fait le mieux au plus grand désespoir de la seule gouvernante de la famille qui lui est restée fidèle. Mais à trop tirer sur la poule aux œufs d’or, ne risque-t-on pas de la tuer ?

Si le maître, bien que pas vraiment méchant, n’attire pas la sympathie, son adorable chat, quant à lui, émeut par sa totale dévotion à un humain qui ne mérite pas tout son amour. Tama dont la douceur transparaît autant dans ses actes que dans sa physionomie est prêt à tous les sacrifices pour le bien de son maître, et même au sacrifice ultime. Que cet amour inconditionnel d’un chat pour son humain m’a transportée et émue au point, je le confesse, de m’avoir fait verser quelques larmes…

La morale de l’histoire, bien que difficile, n’en demeure pas moins belle avec ce maître qui se rendra compte trop tard que tout à un prix, mais qui saura tirer une leçon de ses erreurs. Finalement, il avait raison, en s’occupant bien de son chat, celui-ci lui aura apporté la fortune même si elle n’a pas pris la forme qu’il espérait.

En conclusion, Le chat bonheur est un sublime conte qui, en plus de nous offrir une cruelle mais belle morale, nous éblouit par ses illustrations et cet amour inconditionnel d’un chat pour son maître, un homme imparfait qui aura néanmoins su conquérir le cœur de son compagnon à quatre pattes.

Feuilletez l’album sur le site des éditions Flammarion Jeunesse.

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures. 


Pour cette édition, je vais vous parler de deux albums publiés par Évidence éditions que je remercie pour leur confiance. Afin de rendre la lecture accessible au plus grand nombre, ces ouvrages sont adaptés aux lecteurs dyslexiques.

Tous les deux conseillés à partir de 4 ans, ces albums bénéficient de grandes illustrations sur lesquelles les enfants pourront s’appuyer pour s’approprier et s’immerger complètement dans les récits. Quant aux adultes, ils devraient prendre plaisir à se laisser porter par ces deux histoires et à les narrer aux plus petits.

Le petit cadre
Si vous aimez les jolis contes de Noël, Le petit cadre devrait vous plaire.

Ani et Karine, deux sœurs très complices, vivent avec leurs parents dans une maison au bord d’une forêt. Malgré le manque de moyens, la famille n’étant pas fortunée, les deux fillettes ont néanmoins le bonheur de découvrir chaque matin, dans leur calendrier de l’avent, des friandises réalisées par leur maman. Et parce que Noël n’est pas vraiment Noël sans un sapin, leur papa, bûcheron de profession, n’a pas oublié d’abattre un sapin afin que ses filles puissent l’orner de belles décorations…

L’autrice a su parfaitement retranscrire cette ambiance si caractéristique de la période de Noël avec les traditionnelles décorations que l’on place avec soin, l’excitation grandissante à l’approche du grand jour, la neige (pour les plus chanceux) sans oublier les cadeaux. Les deux sœurs y ont d’ailleurs pensé en fabriquant pour leurs parents un cadre traditionnel en bois joliment décoré. Un cadeau fait avec les mains et le cœur qui ne pourra que toucher ses destinataires, mais aussi les lecteurs…

Mais n’oublions pas que Noël, c’est aussi une période magique où tout peut arriver ! C’est ainsi qu’un mystérieux personnage va entrer dans la vie des fillettes et leur faire un cadeau inestimable… Si j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur ce personnage que j’ai trouvé fort mignon au demeurant, j’ai finalement apprécié cette aura magique et mystérieuse qui le caractérise. Pas besoin de savoir d’où elle vient pour que la magie opère…

Le petit cadre

Illustrations : Rémi Griselain

En  bref, voici un adorable petit album qui, à travers une histoire simple et mignonne à souhait, nous plonge à merveille dans l’ambiance et la magie de Noël tout en nous rappelant les belles valeurs d’amour et de partage que cette fête véhicule.

À noter qu’un petit jeu bonus est proposé en fin d’ouvrage !

Collection Farfadet – 64 pages – Broché (13€) – Ebook (0,99€)

  • Théo L’Esquimau de Van Ly :
    Je dois avouer que le titre de cet album m’a tout de suite donné le sourire aux lèvres, une bonne humeur qui s’est accentuée au fil des pages appréciant l’humour distillé tout au long de l’album. Il faut dire que voir de la nourriture s’animer, cela n’est pas courant !


    Théo l’esquimau s’est perdu, mais il pourra compter sur la solidarité des autres aliments du frigo
    , d’Agathe la tomate en passant par Ombre le concombre, pour le conduire dans le Pays du grand froid où l’attendent ses parents. Avec l’autrice, l’idée de chaîne alimentaire prend une tout autre dimension !

    Les enfants devraient être sensibles à cette entraide spontanée qui se créer entre les personnages et souhaiter très fort que Théo retrouve les siens. Quant aux couleurs vives et pleines de peps des illustrations, elles devraient attirer leur regard et rendre à leurs yeux cette histoire aussi agréable qu’attractive.

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Illustrations : Maïka

Derrière ce récit complètement loufoque, l’autrice, à l’imagination débordante, apprend également aux enfants à reconnaître de manière amusante différents aliments et leur place dans le frigo. Une connaissance fort appréciable qui aurait permis à Théo de ne pas se trouver dans un endroit non adapté à ses besoins en matière de conservation…

En bref, voici un album original et instructif qui devrait plaire aussi bien aux enfants qu’à leurs parents que ce soit pour le récit ou les jolies valeurs de solidarité et d’amitié mises en avant.

Collection Farfadet – 40 pages – Broché (12€), Ebook (2,99€)

Top Ten Tuesday #138 : Les 10 plus beaux albums et romans jeunesse que j’ai lus

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Lisant beaucoup de littérature jeunesse, il m’a été difficile de ne choisir que 10 livres parmi la ribambelle de belles découvertes que j’ai pu faire… Mais voici 10 albums/romans jeunesse que j’ai trouvés très beaux que ce soit au niveau du fond, de la forme voire des deux.

Pour ce TOP, j’ai décidé de ne pas citer les classiques de la littérature jeunesse qui ont bercé mon enfance (Charlie et la chocolaterie, Le fantôme de Canterville, Le magicien d’Oz…) préférant me focaliser sur des livres moins connus…

ALBUMS JEUNESSE

Coup de cœur, L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul est un album que je vous recommande chaudement. L’autrice aborde avec sensibilité, à travers les yeux d’un chat, la question des réfugiés. Le chat bonheur, dont la chronique dort dans mes brouillons depuis des mois, est un très beau conte sur la force de l’amour porté par un chat à son maître, un humain qui n’en comprendra toute la beauté et la puissance que trop tard…

Couverture L'extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-mêmeCouverture Le chat bonheur

Méphisto est un très bel album dont vous trouverez une très bonne chronique sur le blog Les pages qui tournent. Envie d’une belle amitié interespèces ?  Vite, cachez-vous ! devrait vous plaire.

Couverture MéphistoCouverture Vite, cachez-vous !

Je ne pouvais pas faire ce top sans évoquer Benjamin Lacombe. Avec cette illustrateur, vous pouvez piocher dans ses ouvrages les yeux fermés. J’avais, par exemple, beaucoup aimé Ondine ou Blanche Neige et ses sublimes illustrations.

ROMANS JEUNESSE

Le Trésor de Sunthy est un joli roman jeunesse sur la quête d’identité et la recherche de racines. Avec La Princesse Pirate, vous partirez à la rencontre d’une jeune fille qui rêve de faire un métier plutôt original… Gros point fort du livre, la relation de confiance et de respect entre une enfant et ses parents, ce qui est assez rare en littérature jeunesse.

Couverture Le Trésor de SunthyCouverture La Princesse Pirate

Contrairement à ce que laisse supposer la couverture, Le Baron Miaou est bien un roman et un roman prenant qui renferme des personnages hauts en couleur ! D’une mauvaise fois à toute épreuve, Poséidon le Terrible est un personnage que j’ai pris grand plaisir à découvrir.

Couverture Le Baron MiaouCouverture Poséidon le Terrible

42 jours aborde avec intelligence une période sombre de notre histoire… Bien écrit et bénéficiant de quelques illustrations, ce roman jeunesse devrait plaire à un large public.

Couverture 42 jours

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Laquelle de vos lectures jeunesse me conseilleriez-vous en particulier ?

 

Mini-chroniques en pagaille #15

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique. 


  • Les enfants loups tome 2 : Ame et Yuki de Yoshiyuki Sadamoto et Yû et Mamoru Hosoda (éditions Kazé)

Couverture Les enfants loups : Ame & Yuki, tome 2

On retrouve Hana et ses enfants, Ame et Yuki, dans leur maison de campagne où ils vont très vite bénéficier d’une inattendue et très touchante attention de la part d’un homme bourru, mais qui a un cœur d’or, et de tout le voisinage. Un élan de solidarité d’autant plus précieux que Hana aura besoin d’un petit temps d’adaptation et d’apprentissage pour arriver à tirer profit des fruits de la terre.

La vie s’organise donc petit à petit laissant à chacun la possibilité d’évoluer et de découvrir de nouvelles choses. Yuki exprime ainsi la farouche volonté d’aller à l’école en promettant de faire attention, sa condition de louve ne devant pas s’ébruiter. Mais est-ce vraiment facile de cacher sa nature profonde et de s’approprier des codes sociaux qui ne sont pas les siens ? Une question à laquelle Yuki va devoir faire face et trouver ses propres réponses…

Ame, avec peut-être un brin de nostalgie pour cette vie de loup dont son père n’a pas eu le temps de lui expliquer toutes les règles, avance à son rythme et semble beaucoup intérioriser ses sentiments. Il faut dire qu’il est bien moins exubérant et loquace que sa sœur… Mais une rencontre pourrait changer la donne.

Hana, quant à elle, se révèle fidèle à elle-même, une femme douce, courageuse et souriante qui aime profondément ses enfants et est prête à tout pour eux. Elle fait donc de son mieux pour leur apporter ce bonheur que la mort de son mari a quelque peu entaché.

Comme le premier tome, cette suite est un concentré de douceur, de poésie, de beauté et de sensibilité. Les personnages sont adorables et terriblement attachants. On suit donc avec beaucoup de plaisir et d’émotions leur vie et leurs péripéties dans ce monde imaginaire qui, comme le monde réel, fait planer une menace sur ceux qui sont différents… Le scénario offre d’intenses émotions tout comme les superbes illustrations qui alternent entre rondeur et douceur. C’est beau et émouvant à l’image de cette petite famille pour laquelle on ne peut que souhaiter un happy end.

  • Tue-moi plutôt sous un cerisier dHina Sakurada (éditions Akata) :

Couverture Tue-moi plutôt sous un cerisier

Une belle couverture, un résumé intrigant et un titre aussi poétique qu’énigmatique, ce one-shot avait tout pour me plaire. Mais je suis malheureusement sortie de ma lecture frustrée.

L’idée de départ était très bonne : une jeune fille reçoit de la part de sa meilleure amie un étrange message : Fuis ! Le lendemain, au lycée, elle apprend horrifiée son suicide et son tweet qui l’accuse de harcèlement. Un harcèlement dont elle est elle-même par la suite victime… Dans ces conditions, comment ne pas prendre la main tendue par le petit ami de la défunte ?

L’auteure avait en main tous les ingrédients d’un bon thriller angoissant et plein de tension, dommage qu’elle ait opté pour un scénario au pas de course qui vient tout gâcher. L’histoire se déroule bien trop vite pour qu’on développe un réel intérêt pour les tenants et aboutissants d’un suicide qui révèle pourtant cette part d’ombre chez des adolescents prêts à tout, même au pire, pour satisfaire leur passion amoureuse.

Le côté one-shot qui m’avait pourtant attirée vers ce titre est finalement son plus gros défaut. Il aurait ainsi bien fallu deux ou trois tomes de plus pour véritablement développer la psyché des protagonistes et rendre leurs aspirations et motivations crédibles… Quant aux illustrations, notamment au niveau des faciès, elles manquent peut-être de finesse, mais semblent plutôt cohérentes avec le fond : passables mais sans grand attrait.

En bref, voici un manga que je ne vous recommanderai pas forcément à moins d’être prêt à effleurer une histoire avec du potentiel qui reste hélas bien trop en surface pour présenter un véritable intérêt. On retiendra quand même une ambiance parfois malsaine qui pourrait plaire à certains lecteurs bien qu’elle aurait mérité d’être plus appuyée…

  • Moi, Albert détestateur de livres d’Ingrid Chabbert et Guridi (Frimousse éditions) :

Avec son titre tapageur, son grand format et ses pages épaisses, Moi, Albert détestateur de livres attire immédiatement le regard que ce soit celui des enfants ou des adultes. Albert a un problème dans la vie : il est entouré de livraddict.  De véritables mordus qui lisent partout et tout le temps ! Un véritable enfer pour lui qui a une sainte horreur des livres…D’ailleurs, chaque livre qu’on lui offre finit invariablement dans la cabane du jardin. Bien fait pour eux, ils n’avaient pas qu’à le narguer, lui qui préfère largement jouer aux jeux vidéos et regarder la télévision.

Je ne doute pas que ce portrait parle à certains lecteurs… Un peu caricatural certes, mais n’oublions pas que nous sommes dans un album jeunesse et qu’il est nécessaire d’avoir des archétypes forts pour faciliter le processus d’identification des jeunes lecteurs. Et puis tout n’est pas perdu pour Albert qui va faire une étrange rencontre qui pourrait bien le pousser à rejoindre les rangs de sa famille grande lectrice. De détestateur à dévoreur de livres, il n’y a finalement qu’un pas !

Grâce à une mise en page épurée mais ludique qui compte autant que la narration, ce petit album empli d’humour devrait séduire les enfants, et peut-être les pousser à suivre l’exemple d’Albert et à donner sa chance à un livre. Un petit pas vers une potentielle future passion ou du moins, une leçon subtilement amenée : ne pas dire qu’on n’aime pas avant d’avoir essayé.

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Agréable, accessible, et porté par un personnage grognon mais amusant, voici un petit album à ne pas pas manquer.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Certains vous tentent-ils ?

Grand’Tante Tigre, Blanche Chiu

J’ai lu cet album dans le cadre du Challenge Albums 2019 dont le thème de mai est Chine.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Alors que leur maman s’est absentée, A-King et A-Yu sont restées seules à la maison. Soudain, on cogne à la porte ! Maman a dit de n’ouvrir à personne, et pourtant…

Qui est vraiment cette Grand’tante venue veiller sur les deux enfants ? En tout cas, la petite A-Yu pense qu’elle a de bien curieuses pattes tigrées !

Hongfei (17 octobre 2013) – 36 pages – dès 6 ans – 15,20€
Illustrations : Minji LEE-DIEBOLD

AVIS

Dans la lignée des contes de notre enfance tels que Le Petit Chaperon rouge ou Le Loup et les sept chevreaux, Grand’Tante Tigre est un conte chinois populaire qui fait frémir tout en offrant un sympathique divertissement.

Une veuve appelée à l’aide par une parente doit se résoudre à laisser chez elle ses deux fillettes âgées respectivement de dix et sept ans. Avant de partir, elle leur rappelle bien sûr la règle élémentaire à ne jamais transgresser en absence d’un adulte responsable : ne laisser entrer personne. Mais que faire quand c’est une supposée parente perdue de vue qui frappe à la porte ?

Un dilemme pour ces deux petites filles qui malgré leur prudence vont finir par laisser entrer le loup dans la bergerie ou plutôt ici, le tigre dans la maisonnée. Je vous laisse imaginer ce qui va arriver, le félin n’ayant pas les douces intentions que son déguisement pourrait laisser supposer. D’ailleurs, les vêtements pleins de couleurs de ce prédateur déguisé en vieille dame apportent un certain comique à un conte qui joue plutôt sur la peur.

C’est que l’histoire se rapproche plus des versions non édulcorées des contes d’antan que de celles de Disney ! Il y a d’ailleurs une scène qui, même en tant qu’adulte, m’a quelque peu surprise, voire dégoûtée. Mais celle-ci ne fera peut-être pas réagir des lecteurs plus jeunes, moins conscients de ce que cela implique…

À travers ce petit récit coloré et plein de vivacité, les enfants devraient comprendre l’importance de respecter les consignes de leurs parents, mais ils devraient également apprécier la jolie leçon de courage et de débrouillardise donnée par la cadette de la famille. Bien que dans une situation délicate, cette dernière ne baissera jamais les bras et nous prouvera que l’intelligence et la ruse peuvent venir à bout même des adversaires bien plus forts et grands que soi.

Une jolie morale pour un conte que l’on se racontera volontiers au coin du feu pour se faire frémir et se moquer de ce tigre dont les oripeaux n’auront pas su tromper une fillette aussi courageuse que rusée.

Grand’Tante Tigre est donc un album que je vous recommande si vous avez envie d’un conte chinois qui vous offrira un voyage dépaysant à travers des illustrations très colorées, des vêtements traditionnels que l’on prend plaisir à admirer et un grand méchant original et plutôt effrayant.

Découvrez le livre sur le site des Éditions HongFei Cultures.

logoalbums2019

Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

AVIS

Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne