Diesel – Allumage, Tyson Hesse

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le voyage de Diandra Diesel pour récupérer le vaisseau de son père ! Lorsqu’une armée longtemps oubliée surgit des nuages, Diandra « Dee » Diesel prend une décision irréfléchie qui va changer son destin pour toujours. Avec son robot cassé et une mystérieuse machine volante pour seule aide, Dee va faire un voyage qui la mènera de l’obscurité des terres abandonnées situées sous les nuages à la lumière éblouissante de la capitale de son monde. Son plus grand défi sera de s’affranchir de son héritage familial afin de choisir seule sa propre destinée. Tyson Hesse nous livre une histoire, visuellement exceptionnelle, sur l’importance de la famille, des responsabilités et sur l’héroïsme, dans un monde aussi nouveau que gigantesque !

Editions Kinaye (18 janvier 2019) – 208 pages – Album (15,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Il se dégage pas mal de mystère de cette aventure dans laquelle nous faisons la connaissance d’une jeune fille haute en couleur, Diesel alias Dee pour les intimes. Cette dernière présente la particularité d’être aussi touchante qu’exaspérante ! Encore très jeune dans sa tête, elle se comporte comme une adolescente incapable d’être en prise avec la réalité et de faire face aux conséquences de ses actes. Si ce trait de personnalité tend à m’exaspérer, ici, il passe très bien parce qu’on se rend très vite compte que derrière cette insouciance, se cache une jeune femme blessée qui n’attend qu’une chose, trouver sa place.

Et puis, témoin, il y a 7 ans, d’une terrible scène dans laquelle elle voit son père adoptif disparaître, on peut comprendre qu’elle se réfugie quelque peu dans ses fantaisies à la place d’affronter la réalité. Mais un événement tragique va venir bouleverser son monde et la pousser dans ses retranchements. Face aux dangers et aux rencontres qu’elle fera en cours d’aventure, certaines plus agréables que d’autres, elle va évoluer et gagner en consistance. Sans devenir du jour au lendemain parfaite, Diesel finira par comprendre que grandir et trouver sa place, c’est aussi prendre des décisions et gagner en maturité. Je vous rassure, elle ne perd pas cette petite étincelle de folie et de bonne humeur qui fait son charme, mais dans l’adversité, elle va enfin se révéler !

Cette histoire menée tambour battant m’a séduite par cet enchevêtrement constant et maîtrisé d’actions qui vous tient en haleine et vous fait tourner les pages avec avidité d’autant que le récit n’est pas dénué de suspense. En cours d’aventure, Diesel va ainsi faire une surprenante découverte qui remet en question son monde, fait vaciller ses certitudes et la pousse dans une quête de vérité dont on attend, tout autant qu’elle, le dénouement. Pas mal de questions donc dans ce premier tome avec un personnage dont je ne vous dévoilerai pas l’identité, mais qui apporte une certaine profondeur et complexité à l’intrigue.

Si le comportement de ce dernier a de quoi dérouter, voire dégoûter, on se doute bien grâce, entre autres, à des flash-back que les choses ne sont pas si simples que cela et que ses intentions sont plus complexes qu’il n’y paraît. De la même manière, ces hommes-oiseaux menaçants, qui ont déjà détruit la vie de Diesel par deux fois, se révèlent finalement assez nuancés. Leurs actes sont certes odieux, mais ce qui les a poussés à les commettre l’est tout autant. Comme dans toute guerre, car il s’agit bien d’une guerre, personne n’est tout blanc…

Diesel est un personnage qui ne peut laisser indifférent, mais la galerie de personnages secondaires est aussi intéressante, et donne lieu à des échanges parfois assez drôles, notre héroïne n’ayant pas que des fans… L’humour est d’ailleurs très présent dans cet album, ce qui permet d’alléger l’impact de certaines révélations fracassantes tout en offrant de beaux instants de rire. À cet égard, j’ai beaucoup apprécié les interactions mouvementées entre Diesel et la commandante du vaisseau dont notre héroïne aurait dû hériter. L’insouciance de Diesel tranche avec la rigueur et le sens des responsabilités de cette femme, mais leur relation pourrait évoluer, Diesel lui prouvant qu’elle aussi peut se montrer à la hauteur quand la situation l’impose.

Page 0 Diesel tome 1

Mais, comme souvent, mon coup de cœur va à un personnage secondaire et atypique : le robot que Diesel a reçu en cadeau durant son enfance et qui a longtemps été son seul ami. Il existe donc une parfaite compréhension entre eux, du moins, dans la tête de la jeune fille qui semble surtout lui attribuer les pensées qui l’arrangent ou qu’elle déduit du contexte. La présence de ce robot aux côtés de la jeune fille est touchante au point de me pousser à le considérer non pas comme une machine, mais comme un être à part entière dont les capacités exceptionnelles devraient vous enthousiasmer. Un joli duo donc !

Cette histoire, en plus de nous offrir un très bon moment de divertissement, aborde différents sujets : la famille et les liens parfois complexes unissant ses membres, la guerre et ses désastreuses conséquences, l’amitié, le sens des responsabilités, la quête de soi et de sa place au sein de la société et des siens, l’héroïsme qui ne se décrète pas mais qui s’impose presque à soi… Une multitude de thèmes intéressants qui viennent enrichir la lecture.

Au-delà du suspense qui rend l’histoire assez addictive et des personnages hauts en couleur, l’ouvrage bénéficie de superbes et dynamiques illustrations fourmillant de détails. Plus sobres que dans Space battle Lunchtime par exemple, elles possèdent néanmoins un certain cachet et participent grandement au plaisir que l’on prend à découvrir ce premier tome. J’ai également apprécié la manière dont les phases d’action se détachent clairement des phases plus narratives. Les illustrations sont alors, dans ces moments-là, plus lumineuses et intenses, ce qui permet à l’auteur de se passer de texte ou de le réduire à son plus strict minimum.

En conclusion, avec Diesel, on retrouve la touche Kinaye, c’est-à-dire des ouvrages pleins de peps, d’humour, d’action et de personnages attachants. Le cocktail parfait pour offrir un moment de lecture divertissant et totalement immersif !

Throwback Thursday Livresque #152 : Virage à 180° (Un personnage qui évolue ou change radicalement)

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un album jeunesse coup de cœur : Le chat bonheur de Qu Lan.

Couverture Le chat bonheur

« Au Japon, une légende raconte que pour remercier son maître attentif et aimant, une grue lui apporta un trésor venant de la montagne des dieux.

Persuadé de la véracité de cette légende, Echigoya vivait de manière insouciante, gaspillant la fortune familiale et prenant grand soin de son chat, Tama. Aussi ne s’inquiéta-t-il pas le jour où il se retrouva sans le sou. Pour le bonheur de son maître, Tama était prêt à tout…

Comment un chat dévoué sauva son maître de l’oisiveté en sacrifiant sa propre vie… »

POURQUOI CE CHOIX ?

Les personnages qui évoluent en cours d’aventure ne manquent pas… Mais si l’évolution d’Echigoya dans Le chat bonheur est réelle et intéressante, c’est l’être qui en est responsable qui se révèle touchant.

Alors que son maître est un joueur invétéré égoïste et d’une désespérante oisiveté, son chat lui voue un amour inconditionnel et fait preuve à son égard d’une totale dévotion. Il n’hésitera d’ailleurs pas à lui offrir son dernier souffle de vie. Un geste d’amour pur qui poussera enfin Echigoya à se rendre compte que la richesse ne se mesure pas au nombre de pièces…

Pour plus de détails, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Le chat bonheur est un sublime conte qui, en plus de nous offrir une cruelle mais belle morale, nous éblouit par ses illustrations et cet amour inconditionnel d’un chat pour son maître, un homme imparfait qui aura néanmoins su conquérir le cœur de son compagnon à quatre pattes.

Et vous, cet album vous tente-t-il ?
Qu’auriez-vous proposé ?

 

Imelda et le roi des gobelins, Briony May Smith

Couverture Imelda et le roi des gobelins

Je remercie Babelio et les éditions du Lumignon pour m’avoir permis de découvrir Imalda et le roi des gobelins de Briony May Smith.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Loin derrière les collines, à l’orée de la forêt des fées, vit Imelda. Chaque jour, elle vit mille aventures avec ses amis les fées. Jusqu’à ce qu’une grande et méchante brute arrive : le roi des gobelins ! Quand il enlève la reine des fées, tout le monde se tourne vers Imelda : pourra-t-elle aider les fées à retrouver leur reine ? L’amitié et la ruse ne seront pas de trop pour déjouer les plans de l’horrible roi des gobelins !

Éditions du Lumignon (15 octobre 2019) – 32 pages – 10,90€ – À partir de 5 ans

AVIS

Imelda, fillette pleine de peps et de gaieté, voit la tranquillité de ses amies les fées perturbée par l’arrivée du colérique, grognon, détestable et égoïste roi des gobelins bien incapable de partager quoi que ce soit. Mais la fillette est bien décidée à aider ses amies quand ces dernières feront face à un terrible danger…

Avec son grand format rendant la prise en main très facile et sa couverture à rabats aux multiples couleurs et personnages, Imelda et le roi des gobelins attire d’emblée le regard des plus jeunes.

Imelda et le roi des gobelins - rabats Briony May Smith

Une attention qui sera maintenue grâce à de très belles illustrations en grand format et à un texte réduit à son strict nécessaire et mis en valeur par une gestion intelligente de la police d’écriture. J’ai, en outre, apprécié que l’autrice s’amuse avec son texte l’incluant aussi bien sous les dessins comme dans un album que dans des bulles à la manière d’une BD. Un procédé qui apporte beaucoup de dynamisme à la narration.

Illustration Imelda et leroi des gobelins

Quant aux illustrations en elles-mêmes, elles s’accordent à merveille avec l’atmosphère de la forêt que ce soit à travers le choix des couleurs ou les jeux d’ombre et de lumière. On appréciera également la diversité des personnages que l’autrice a pris le soin d’illustrer simplement avec des caractéristiques reconnaissables par les jeunes lecteurs : des fées souriantes et vêtues d’habits colorés, un roi des gobelins possédant de grandes jambes et de longues dents, des petits gobelins verts de peau… Une façon subtile de guider la lecture des enfants et de souligner le rôle de chacun, avec les gentilles fées d’un côté, et le méchant et odieux gobelin de l’autre.

Gobelin, Imelda et le roi des gobelins

En plus d’une histoire qui ne manquera pas de plaire aux enfants et à leurs parents qui devraient y retrouver le charme des contes de leur enfance, l’autrice aborde des sujets importants à une période où l’on construit sa personnalité et acquiert un certain nombre de valeurs. Il est ainsi question d’amitié, de partage, d’entraide, mais également de tyrannie, de colère et d’égoïsme. L’autrice souligne également la bonté à travers cette reine des fées qui cherche l’apaisement face à un être bien sourd à son appel à la paix et à une cohabitation sereine.

Mais quand une main tendue ne suffit pas à régler les conflits, reste la ruse ! Et ce n’est pas l’impétueuse, courageuse et débrouillarde Imelda qui vous dira le contraire… Les enfants devraient facilement s’identifier à cette fillette qui a de la ressource et ne manque ni de courage ni de détermination !

En conclusion, Imelda et le roi des gobelins nous offre une belle incursion dans la forêt et auprès de fées en prise avec un détestable et monstrueux gobelin. Elles seront heureusement aidées par une petite fille pleine de ruse qui, grâce à un ingénieux stratagème, permettra à la gentillesse et à la solidarité de triompher de la méchanceté et de l’égoïsme. Une jolie histoire possédant le charme des contes de notre enfance, de superbes illustrations en grand format, des valeurs fortes, une morale facile à appréhender, une fin amusante… voici un bel album que les enfants devraient prendre grand plaisir à lire et à relire.

Retrouvez le livre sur le site des éditions du Lumignon.

Mini-chroniques en pagaille #19

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Chat Gris d’Alexandre Saltiel ( Mouck) :

Depuis la disparition prématurée de Gribouille, j’évite les photos de chats gris, mais mue par la curiosité et l’envie de découvrir ce qui se cache derrière cette jolie couverture, je n’ai pas résisté au plaisir de découvrir ce petit album.

Nous faisons la connaissance d’un chat qui mène sa petite vie de chat entre rencontres avec une souris qui n’a pas très envie de jouer avec lui, la vilaine, et avec un gros chien qui lui aimerait beaucoup jouer avec lui, ce dont n’a pas très envie notre petit minet. Différence de gabarit probablement !

Mignonne à souhait, cette histoire très rapide à lire devrait vous faire passer un très joli moment de lecture en solo ou en famille puisqu’il est bien difficile de résister au charme des illustrations et de ce chat plein de vie. Cerise sur le gâteau, grâce à un jeu de couleurs parfaitement maîtrisé, l’auteur vous réserve une très sympathique chute qui ne manquera pas de vous faire sourire.

Un joli album pour les petits, à partir de 3 ans, et pour tous les amoureux des chats !

 

  • La Craie des Étoiles de Raphaël Drommelschlager (Bamboo éditions ) :

La craie des étoiles par [Raphaël Drommelschlager]

En vacances pour l’été chez son arrière-grand-mère, Max fait une découverte qui va changer sa vie ! Grâce à une craie spéciale et une montre à gousset ayant appartenu à l’un de ses ancêtres, Théophile Loiseau, le voilà transporté dans différents pays, de la Chine au Canada en passant par l’Inde. Tout autant de destinations qui, en plus de se révéler diablement fascinantes, lui permettront de faire de belles rencontres qu’elles soient humaines ou animales.

En effet, en plus de faire la connaissance de sympathiques personnes prêtes à l’aider, Max va se lier d’amitié avec des animaux sauvages comme le Tigre de Mandchourie ou l’ours polaire. Tous les animaux ne seront pas aussi sympathiques que ces derniers, mais peu importe, Max ayant le courage et l’aplomb nécessaires pour affronter les situations, plus ou moins périlleuses, qui se présentent à lui.

La Craie des Étoiles nous offre une jolie histoire d’aventure, de voyage et de dépaysement, mais c’est également un outil pédagogique intelligent qui sensibilise les enfants aux menaces que les hommes font peser sur les animaux et l’importance de préserver chaque espèce. Au gré de ses voyages, Max découvre ainsi les spécificités de chaque animal rencontré allant de ses caractéristiques physiques à son mode de vie. Des informations intéressantes qui, présentées de manière ludique et colorée, rendent la lecture prenante et très enrichissante.

Cerise sur le gâteau, un cahier pédagogique est inclus en fin d’ouvrage afin de parler plus en profondeur de certaines espèces et évoquer les différents rôles d’un zoo… En bref, voici une BD intelligente qui, à travers l’aventure extraordinaire d’un petit garçon ordinaire, informe et sensibilise les lecteurs de tout âge sur les animaux sauvages peuplant notre planète et l’importance/l’urgence de les préserver.

  • Avant de partir de Mi-Jin Jung et Ja-Seong Gu (Sarbacane) :

L’absence de résumé et le sentiment de calme et de sérénité qui se dégage de cette couverture m’ont tout de suite attirée.

L’ouvrage est divisé en deux parties. Dans la première, nous faisons la connaissance d’un homme relativement jeune qui pourrait presque servir de psychanalyste pour animaux même si l’on découvrira plus tard que son rôle est tout autre…

Devant lui défilent ainsi un chat, un chien, un hamster et un oiseau qui lui font part de leurs doléances vis-à-vis de leurs maîtres. L’un survolté rêve de se venger, l’autre de trois délicieux repas par jour quand le hamster n’aspire qu’au noir et à la solitude, et l’oiseau à ce qu’on ne lui demande plus de chanter alors qu’il n’aime pas ça. Difficile la vie d’animaux avec ces êtres humains pas toujours très perspicaces en ce qui concerne les besoins de leurs compagnons ! Puis en filigrane, est question d’un grand voyage auquel il convient de se préparer…

Dans la seconde partie, changement de couleurs et de ton, on suit notre joyeuse bande accompagnée du jeune homme dans leur périple. Mais avant le grand départ, une lettre sera envoyée à chacun des propriétaires. On alterne alors entre le voyage en lui-même et quelques scènes dans lesquelles interviennent ces humains privés de leurs compagnons…

Bien que le titre laisse entrevoir le sujet principal du livre, je dois avouer ne pas l’avoir tout de suite cerné préférant me laisser transporter par la douceur des illustrations, et le côté quelque peu loufoque de ces animaux un poil râleurs. Mais quand le message de l’auteur s’est précisé, mon amusement du départ s’est mué en tristesse devant la dureté du sujet évoqué. Un sentiment qui a très vite laissé sa place à l’émerveillement et à l’émotion, l’auteur insufflant humour, vie, poésie et tendresse à son récit.

Des scènes de jeux entre les animaux, des échanges amusants, de très beaux graphismes et un magnifique message d’espoir en fin de livre apportent, quant à eux, une certaine légèreté à une histoire empreinte de douceur et d’amour. Un coup de cœur !

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Vous tentent-ils ?

Le chat bonheur, Qu Lan

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Echigoya, jeune héritier, dilapide les biens familiaux au jeu. Lorsqu’il se retrouve dans la misère, il demande à son chat adoré de le tirer d’affaire. Ce dernier lui rapporte alors une pièce d’or… Mais Echigoya continue de gaspiller sans se rendre compte que ses actions pourraient avoir des conséquences funestes…

PERE CASTOR (22 août 2018) – 32 pages – 5.25€

AVIS

Adorant les chats et le Japon me fascinant, cet album jeunesse ne pouvait que me plaire, il fut d’ailleurs un coup de cœur !

Dès les premières pages, les lecteurs sont éblouis par les illustrations qui dégagent autant de douceur que d’intensité. Les sublimes graphismes, tout en délicatesse, nous plongent avec délectation dans ce Japon féodal au charme certain. Les décors et les costumes traditionnels sont, quant à eux, criants de réalisme, mais ce sont bien les expressions des visages qui donnent toute la force à cette histoire émouvante et d’une terrible beauté.

ChatBonheur

Nous découvrons ainsi le jeune héritier d’une noble famille qui délaisse l’entreprise familiale au profit d’une vie d’oisiveté et de son addiction aux jeux d’argent. Convaincu de la véracité d’une légende racontant comment une grue remercia son maître de ses soins en lui apportant prospérité, il dilapide la fortune de ses aïeux sans vergogne. Après tout, en s’occupant si bien de son fidèle chat, Tama, ne s’était-il pas assuré un avenir radieux ?

D’ailleurs, comme par miracle, Tama rapporte une pièce d’or à son maître puis une autre… Malheureusement, le jeune homme, trop nonchalant pour être responsable, profite de cette providentielle source d’argent pour faire ce qu’il fait le mieux au plus grand désespoir de la seule gouvernante de la famille qui lui est restée fidèle. Mais à trop tirer sur la poule aux œufs d’or, ne risque-t-on pas de la tuer ?

Si le maître, bien que pas vraiment méchant, n’attire pas la sympathie, son adorable chat, quant à lui, émeut par sa totale dévotion à un humain qui ne mérite pas tout son amour. Tama dont la douceur transparaît autant dans ses actes que dans sa physionomie est prêt à tous les sacrifices pour le bien de son maître, et même au sacrifice ultime. Que cet amour inconditionnel d’un chat pour son humain m’a transportée et émue au point, je le confesse, de m’avoir fait verser quelques larmes…

La morale de l’histoire, bien que difficile, n’en demeure pas moins belle avec ce maître qui se rendra compte trop tard que tout à un prix, mais qui saura tirer une leçon de ses erreurs. Finalement, il avait raison, en s’occupant bien de son chat, celui-ci lui aura apporté la fortune même si elle n’a pas pris la forme qu’il espérait.

En conclusion, Le chat bonheur est un sublime conte qui, en plus de nous offrir une cruelle mais belle morale, nous éblouit par ses illustrations et cet amour inconditionnel d’un chat pour son maître, un homme imparfait qui aura néanmoins su conquérir le cœur de son compagnon à quatre pattes.

Feuilletez l’album sur le site des éditions Flammarion Jeunesse.

Mini-chroniques en pagaille #16

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures. 


Pour cette édition, je vais vous parler de deux albums publiés par Évidence éditions que je remercie pour leur confiance. Afin de rendre la lecture accessible au plus grand nombre, ces ouvrages sont adaptés aux lecteurs dyslexiques.

Tous les deux conseillés à partir de 4 ans, ces albums bénéficient de grandes illustrations sur lesquelles les enfants pourront s’appuyer pour s’approprier et s’immerger complètement dans les récits. Quant aux adultes, ils devraient prendre plaisir à se laisser porter par ces deux histoires et à les narrer aux plus petits.

Le petit cadre
Si vous aimez les jolis contes de Noël, Le petit cadre devrait vous plaire.

Ani et Karine, deux sœurs très complices, vivent avec leurs parents dans une maison au bord d’une forêt. Malgré le manque de moyens, la famille n’étant pas fortunée, les deux fillettes ont néanmoins le bonheur de découvrir chaque matin, dans leur calendrier de l’avent, des friandises réalisées par leur maman. Et parce que Noël n’est pas vraiment Noël sans un sapin, leur papa, bûcheron de profession, n’a pas oublié d’abattre un sapin afin que ses filles puissent l’orner de belles décorations…

L’autrice a su parfaitement retranscrire cette ambiance si caractéristique de la période de Noël avec les traditionnelles décorations que l’on place avec soin, l’excitation grandissante à l’approche du grand jour, la neige (pour les plus chanceux) sans oublier les cadeaux. Les deux sœurs y ont d’ailleurs pensé en fabriquant pour leurs parents un cadre traditionnel en bois joliment décoré. Un cadeau fait avec les mains et le cœur qui ne pourra que toucher ses destinataires, mais aussi les lecteurs…

Mais n’oublions pas que Noël, c’est aussi une période magique où tout peut arriver ! C’est ainsi qu’un mystérieux personnage va entrer dans la vie des fillettes et leur faire un cadeau inestimable… Si j’aurais aimé en apprendre un peu plus sur ce personnage que j’ai trouvé fort mignon au demeurant, j’ai finalement apprécié cette aura magique et mystérieuse qui le caractérise. Pas besoin de savoir d’où elle vient pour que la magie opère…

Le petit cadre

Illustrations : Rémi Griselain

En  bref, voici un adorable petit album qui, à travers une histoire simple et mignonne à souhait, nous plonge à merveille dans l’ambiance et la magie de Noël tout en nous rappelant les belles valeurs d’amour et de partage que cette fête véhicule.

À noter qu’un petit jeu bonus est proposé en fin d’ouvrage !

Collection Farfadet – 64 pages – Broché (13€) – Ebook (0,99€)

  • Théo L’Esquimau de Van Ly :
    Je dois avouer que le titre de cet album m’a tout de suite donné le sourire aux lèvres, une bonne humeur qui s’est accentuée au fil des pages appréciant l’humour distillé tout au long de l’album. Il faut dire que voir de la nourriture s’animer, cela n’est pas courant !


    Théo l’esquimau s’est perdu, mais il pourra compter sur la solidarité des autres aliments du frigo
    , d’Agathe la tomate en passant par Ombre le concombre, pour le conduire dans le Pays du grand froid où l’attendent ses parents. Avec l’autrice, l’idée de chaîne alimentaire prend une tout autre dimension !

    Les enfants devraient être sensibles à cette entraide spontanée qui se créer entre les personnages et souhaiter très fort que Théo retrouve les siens. Quant aux couleurs vives et pleines de peps des illustrations, elles devraient attirer leur regard et rendre à leurs yeux cette histoire aussi agréable qu’attractive.

Capture d’écran (67)

Illustrations : Maïka

Derrière ce récit complètement loufoque, l’autrice, à l’imagination débordante, apprend également aux enfants à reconnaître de manière amusante différents aliments et leur place dans le frigo. Une connaissance fort appréciable qui aurait permis à Théo de ne pas se trouver dans un endroit non adapté à ses besoins en matière de conservation…

En bref, voici un album original et instructif qui devrait plaire aussi bien aux enfants qu’à leurs parents que ce soit pour le récit ou les jolies valeurs de solidarité et d’amitié mises en avant.

Collection Farfadet – 40 pages – Broché (12€), Ebook (2,99€)

Top Ten Tuesday #138 : Les 10 plus beaux albums et romans jeunesse que j’ai lus

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Lisant beaucoup de littérature jeunesse, il m’a été difficile de ne choisir que 10 livres parmi la ribambelle de belles découvertes que j’ai pu faire… Mais voici 10 albums/romans jeunesse que j’ai trouvés très beaux que ce soit au niveau du fond, de la forme voire des deux.

Pour ce TOP, j’ai décidé de ne pas citer les classiques de la littérature jeunesse qui ont bercé mon enfance (Charlie et la chocolaterie, Le fantôme de Canterville, Le magicien d’Oz…) préférant me focaliser sur des livres moins connus…

ALBUMS JEUNESSE

Coup de cœur, L’extraordinaire voyage du chat de Mossoul est un album que je vous recommande chaudement. L’autrice aborde avec sensibilité, à travers les yeux d’un chat, la question des réfugiés. Le chat bonheur, dont la chronique dort dans mes brouillons depuis des mois, est un très beau conte sur la force de l’amour porté par un chat à son maître, un humain qui n’en comprendra toute la beauté et la puissance que trop tard…

Couverture L'extraordinaire voyage du chat de Mossoul raconté par lui-mêmeCouverture Le chat bonheur

Méphisto est un très bel album dont vous trouverez une très bonne chronique sur le blog Les pages qui tournent. Envie d’une belle amitié interespèces ?  Vite, cachez-vous ! devrait vous plaire.

Couverture MéphistoCouverture Vite, cachez-vous !

Je ne pouvais pas faire ce top sans évoquer Benjamin Lacombe. Avec cette illustrateur, vous pouvez piocher dans ses ouvrages les yeux fermés. J’avais, par exemple, beaucoup aimé Ondine ou Blanche Neige et ses sublimes illustrations.

ROMANS JEUNESSE

Le Trésor de Sunthy est un joli roman jeunesse sur la quête d’identité et la recherche de racines. Avec La Princesse Pirate, vous partirez à la rencontre d’une jeune fille qui rêve de faire un métier plutôt original… Gros point fort du livre, la relation de confiance et de respect entre une enfant et ses parents, ce qui est assez rare en littérature jeunesse.

Couverture Le Trésor de SunthyCouverture La Princesse Pirate

Contrairement à ce que laisse supposer la couverture, Le Baron Miaou est bien un roman et un roman prenant qui renferme des personnages hauts en couleur ! D’une mauvaise fois à toute épreuve, Poséidon le Terrible est un personnage que j’ai pris grand plaisir à découvrir.

Couverture Le Baron MiaouCouverture Poséidon le Terrible

42 jours aborde avec intelligence une période sombre de notre histoire… Bien écrit et bénéficiant de quelques illustrations, ce roman jeunesse devrait plaire à un large public.

Couverture 42 jours

Et vous, avez-vous lu certains de ces livres ?
Laquelle de vos lectures jeunesse me conseilleriez-vous en particulier ?