Se cacher pour l’hiver, Sarah St Vincent

Se cacher pour l'hiver par St Vincent

Il y a mille façons de disparaître au cœur de l’hiver, et le printemps toujours retrouve notre trace.

On a coutume de dire qu’il y a deux types d’histoires : celle où le héros part en voyage et celle où un étranger arrive en ville. Les derniers touristes se sont envolés depuis longtemps quand, ce jour de décembre 2007, « l’étranger » – Daniil – pousse la porte de l’auberge dans laquelle travaille Kathleen, au cœur du parc naturel. À son accent et son allure, il n’est à l’évidence pas d’ici, mais Kathleen, qui a choisi ce coin pour son silence, n’est pas du genre à jouer les indiscrètes. À seulement 27 ans, elle est veuve depuis quatre ans déjà, depuis l’accident de voiture qui a coûté la vie à son mari… « L’étranger » dit être un étudiant ouzbek – rien ne le prouve, par contre il semble évident qu’il a peur, qu’il fuit quelque chose, quelqu’un. Les jours passent, se ressemblent, peu à peu une amitié se noue. Plus Kahtleen apprend des secrets de Daniil (« J’ai trahi »), plus il lui devient impossible de continuer à ignorer les siens. Et, pendant ce temps, le danger se rapproche…

Delcourt Littérature (14 octobre 2020) – 347 pages – Broché (21,50€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Éric Moreau

AVIS

Dès les premières lignes, Se cacher pour l’hiver m’a frappée par la précision, la poésie et la justesse des mots que l’on sent choisis avec soin et dont l’on perçoit toute la puissance. Ainsi, bien que la plume de l’autrice soit d’une telle beauté que l’on tendrait à s’en abreuver au lieu de la savourer, il serait dommage de ne pas prendre le temps de se laisser imprégner de l’implicite, de ces informations et émotions qui, sans être tues, nous apparaissent presque cachées à l’image d’une héroïne tout en pudeur et en retenue.

Kathleen, dont la vie est rythmée par son travail et ses petits moments de vie qui font passer le temps, à défaut de véritablement l’occuper, voit son quotidien bouleversé par l’arrivée d’un étranger, un réfugié ouzbek. Il se prétend étudiant, mais des questions se posent sur les véritables raisons de sa venue au sein d’un parc naturel, certes splendide, mais désert en cette saison. De fil en aiguille, et de manière assez inattendue, Kathleen n’étant pas du genre à s’épancher, une amitié se noue entre elle et Daniil, cet étranger auréolé de mystère. À mesure que les jours passent, chacun se dévoile peu à peu et les drames du passé se dessinent lentement, laissant le temps aux personnages de trouver le courage de les énoncer, et aux lecteurs de les accepter.

Cette amitié, douce et mélancolique à l’image des personnages, poussera Kathleen à faire un véritable travail d’introspection sur son passé, et « l’événement », cet accident qui a meurtri son corps tout en délivrant son âme. Avec une maîtrise totale, l’autrice mêle présent et passé : présent dans lequel Kathleen semble stagner, sans vouloir se l’avouer, et un passé qui se révèle bien difficile à oublier. Il est ici question de résilience, de pardon et du deuil d’une relation idéalisée qui s’est fracassée contre la réalité, et qui est venue éteindre toute la vitalité d’une jeune femme en devenir jusqu’à la transformer en ombre. Avec une pudeur et une force qui réside autant dans le choix des mots que le cheminement de l’héroïne, on découvre différentes formes de violence et ses conséquences, mais aussi toutes ces petites lâchetés qui révoltent et qui blessent aussi durement que les coups. Lâcheté d’un représentant de la religion qui se cache derrière des écrits pour fermer à clé la porte d’une prison, et lâcheté de parents tellement engoncés dans leur petit confort qu’ils se révèlent bien incapables de faire autre chose que penser à eux-mêmes.

Comme si l’on ne souhaitait pas brusquer une femme que l’on sent bien plus fragile qu’elle ne veut bien l’admettre, on attend le souffle coupé qu’elle se dévoile à nous dans son entièreté et que toute la lumière se fasse sur son passé ainsi que sur celui de son nouvel ami. Sans réellement s’en apercevoir, on se retrouve ainsi petit à petit piégé au cœur du somptueux décor d’un parc régional que l’on rêve de parcourir autant pour l’évasion qu’il promet que les personnes qu’il abrite. Que ce soit Kathleen et sa gentillesse teintée de retenue, sa grand-mère et sa belle force de caractère, Daniil, sa pudeur et son esprit tourmenté, ou encore Martin et son altruisme sincère, les personnages nous attirent inexorablement à eux. Très différents les uns des autres, ils ont pourtant en commun un passé fait d’ombre qui les réunit autour de la même compréhension de la vie et de ses aspérités.

L’amitié entre Daniil et Kathleen permet à l’autrice d’aborder un panel de thèmes forts : la situation politique en Ouzbékistan, la violence physique et psychologique et les mécanismes emprisonnant les victimes bien plus solidement que la plus infranchissable des barrières, l’amitié, la résilience, le poids de la culpabilité, la rédemption, ces choix de vie qui finissent par nous écraser… Sans tomber dans la condamnation ou le jugement péremptoire, Sarah St Vincent nous montre à quel point la vie est complexe à l’image des êtres humains qui possèdent différentes facettes et qui peuvent, selon les circonstances, être capables du pire comme du meilleur. Peut-on vraiment arriver à détester sans réserve une personne qui a fait du mal à autrui et des choses impardonnables, mais qui nous a offert son amour, son amitié et/ou son affection ? Peut-on pardonner le passé d’un individu au regard de la personne qu’il est devenu ? Quelques questions, d’ordre éthique et moral, qui s’imposeront à vous, mais qui n’occulteront jamais la force d’une amitié inattendue qui donnera à une jeune femme l’impulsion d’être au lieu de rester enfermée dans ce qui a été…

Empreint de pudeur, de poésie et d’une douce mélancolie, voici un roman d’une grande force à l’image d’une femme sur le chemin de la guérison et de la renaissance. Entre amitié, secrets, rédemption, froid mordant de l’hiver et décor somptueux, Se cacher pour l’hiver confrontera les lecteurs à la complexité de l’être humain tout en les baignant dans un halo de lumière, leur rappelant que toute obscurité est destinée à être un jour percée.

Je remercie les éditions Delcourt Littérature et Léa pour cette lecture réalisée dans le cadre du Picabo River Book Club.

Désagréable attirance, Laura Scala

Désagréable Attirance: 1. La Famille Millicent par [Scala Laura]

Angèle de l’Esprit Saint n’a rien d’une dame. Elle n’en a pas les manières, elle ne souhaite pas se marier, ni côtoyer la noblesse dont elle fait partie, et sa réputation a été compromise. Aussi, lorsqu’elle reçoit la demande en mariage d’un Duc, qu’elle ne connaît ni d’Ève ni d’Adam, elle n’a aucune intention de se laisser faire. Elle le lui dit clairement, mais Oscar ne se laisse pas démonter. Ni par ça, ni par les tentatives d’assassinat contre sa futur femme. Car voyez-vous, les humains ne sont pas les seuls à roder sur Terre.

Auto-édition – 195 pages -Prime Reading – Ebook (2,99€)

AVIS

Ayant envie de lire des romances historiques en ce moment, j’ai emprunté cet ebook dont la couverture reprend certains codes du genre. En cours de lecture, il m’est toutefois apparu qu’on était bien plus dans un roman fantastique avec des secrets et des zones d’ombre que dans une romance pure. Cela ne m’a pas dérangée, mais je préfère le préciser pour que les lecteurs en quête d’une histoire centrée principalement sur les sentiments amoureux ne soient pas déçus.

Nous découvrons ainsi la très libre d’esprit Angèle de L’Esprit Saint en bien fâcheuse position. Attaquée sournoisement par des vampires, elle sera heureusement sauvée, elle et ses parents, par un loup-garou et ses amis ! De quoi faire perdre la raison à une fille de bonne famille, même si cette bonne famille n’est issue que de la petite noblesse. Mais loin d’être choquée par les événements, Angèle regrette juste de ne pas avoir eu à portée de main une arme pour se défendre ! Car loin d’être une dame du monde, c’est une jeune femme aguerrie et habituée aux attaques de vampires. Une histoire de sang parfumé et particulièrement alléchant, semblerait-il…

Mais cette attaque est finalement le cadet de ses soucis, le vrai problème étant le Duc Oscar de Millicent qu’elle n’a jamais rencontré et qui a eu l’outrecuidance de la demander en mariage ! Escortée jusqu’à son château par l’un de ses sauveurs, qui se révèle être le frère du Duc, Angèle est bien décidée à se débarrasser de cet encombrant fiancé. Mais arrivée sur place, elle va comprendre que les choses ne sont pas aussi simples, et que le Duc est peut-être le plus dangereux de ses ennemis. D’ailleurs, il émane de lui quelque chose de particulier, une différence sur laquelle elle a du mal à mettre le doigt et qui la rend mal à l’aise. Ne parlons pas non plus du passe-temps préféré de ce « gentleman »… Et puis, pourquoi diantre, cet homme fortuné et bien de sa personne, souhaiterait à tout prix l’épouser, elle qui lui est d’un rang inférieur et qui ne dispose pas d’une grande fortune ?

En plus de la question de ses motivations, l’autrice laisse planer un certain mystère sur la nature du Duc même s’il suffit d’avoir lu quelques romans de fantasy urbaine pour tout de suite la deviner. Cela semble tellement évident que l’ignorance d’Angèle et de Rodolphe, le frère du Duc, sur ce point m’a laissée quelque peu perplexe. Mais il faut bien avouer qu’en ce qui concerne Oscar, Rodolphe fait preuve d’un aveuglement à toute épreuve. J’ai néanmoins apprécié le jeu mis en place autour du Duc qui se veut tour à tour charmant, du moins avec les femmes qui ne s’opposent pas à lui, et dangereux. Un double visage qu’il va progressivement laisser tomber jusqu’à vraiment se dévoiler…

Rodolphe, en comparaison, nous apparaît bien plus gentil et serviable, peut-être un peu trop parfois… Il m’a ainsi semblé bien moins charismatique que son frère, ce qui ne m’a pas empêchée de l’apprécier d’autant qu’au fur et à mesure de l’histoire, il gagne en consistance ! Et puis, il y a quelque chose d’attendrissant et de touchant dans la manière dont il essaie de protéger Angèle des attaques de vampires et, dans une certaine mesure, de la goujaterie de son frère. J’ai d’ailleurs apprécié la relation qui se noue progressivement entre ce loup-garou et notre héroïne au fort caractère, qui nous réservera une petite surprise…

Loin d’être une potiche qui accepte son sort sans sourciller, Angèle est une jeune femme déterminée et pleine de répondant qui sait aussi bien manier le poignard que sa langue. Certaines de ses répliques m’ont ainsi beaucoup amusée et m’ont rendu le personnage tout de suite fort sympathique ! Une scène nous prouve également qu’elle n’a pas froid aux yeux… J’ai, en outre, trouvé intéressante sa relation avec ses parents qui, sans être parfaits, sont là pour elle. À cet égard, la mère m’a agréablement surprise parce que si elle aurait aimé que sa fille aime les belles toilettes, elle se révèle également fière de sa capacité à se défendre.

Et se défendre, c’est un peu le quotidien d’Angèle depuis son enfance, ce qui explique probablement l’esprit d’acier qu’elle s’est forgée et qui la rend si difficile à manipuler, chose que n’apprécie guère le Duc. Le combat qu’ils mènent l’un contre l’autre rythme le récit tout comme les découvertes que l’on fait progressivement, et qui nous apportent un certain éclairage sur le passé de chacun. À mesure que les zones d’ombre se lèvent, le roman gagne en intensité et finit par totalement nous happer d’autant que la plume de l’autrice se révèle aussi fluide qu’agréable.

Quant aux sentiments amoureux, ils sont bien présents, mais comme dit en début de chronique, ils ne sont pas, du moins pour moi, au cœur du récit. Cela ne nuit en rien au plaisir que l’on prend à les voir naître et se développer bien que les choses avancent peut-être un peu vite d’un coup. Mais cela correspond finalement à la personnalité des protagonistes, l’un réservé, respectueux et pourtant capable de passion, et l’autre qui, une fois une décision prise, fonce sans trop se poser de questions. En ce qui concerne les relations entre les personnages, l’autrice nous épargne, à mon grand soulagement, l’enquiquinant triangle amoureux et la guimauve… Elle m’a d’ailleurs surprise en partant dans une direction assez différente de celle que j’avais imaginée en lisant le résumé.

En conclusion, si le roman aurait pu être un peu plus développé sur certains points, il m’a permis de passer un moment de détente divertissant et sans prise de tête. J’ai ainsi apprécié cette plongée mouvementée dans la vie d’une héroïne bien décidée à se débarrasser d’un encombrant fiancé sur lequel plane une entêtante aura de mystère et de danger. Entre les manipulations, les menaces surnaturelles, les secrets de famille et les réparties cinglantes, vous ne devriez pas vous ennuyer !

Disponible gratuitement dans le cadre de l’offre Prime Reading d’Amazon.

Grisha, tome 3 : L’oiseau de feu, Leigh Bardugo

Grisha - L'Intégrale - Leigh Bardugo

L’intégrale. 1 livre, 3 romans.

Le royaume de Ravka est une terre maudite, divisée par le Shadow Fold, une épaisse nappe de ténèbres peuplée de monstres sanguinaires.

Jeune apprentie cartographe, Alina y est envoyée en mission avec son ami Mal pour accompagner de puissants magiciens, les Grisha. Alors qu’ils sont attaqués par d’horribles créatures, elle les repousse en émettant une déferlante de lumière.

Dès lors, son destin prend une autre tournure : Alina est l’Invocatrice de lumière, celle qui pourrait vaincre le Shadow Fold. Pour cela, elle doit rejoindre les Grishas et apprendre à maîtriser ce don qu’elle ignorait posséder.

Mais dans la capitale, les pièges sont nombreux…

France Loisirs – 1152 pages – Prix : 21,50€

AVIS

Chronique du tome 1 – Chronique du tome 2

J’ai eu la chance de recevoir la magnifique intégrale de Grisha dans une box de Noël, et je dois dire que je suis sous le charme de sa splendide couverture qui reprend avec beaucoup d’élégance trois éléments importants de la série… Ayant déjà lu les deux premiers tomes, je vous parlerai seulement aujourd’hui du troisième et dernier, L’oiseau de feu. Si vous n’avez pas encore commencé la série et que vous ne souhaitez pas découvrir certains éléments des tomes précédents, je vous recommanderai donc de ne pas poursuivre la lecture de cet article ou de passer directement à la conclusion…

En plus de remercier France Loisirs pour m’avoir fait parvenir ce sublime ouvrage, je les remercie de m’avoir poussée, plus de deux ans après la lecture des deux premiers tomes, à enfin lire la conclusion de cette série qui m’aura offert de très beaux et intenses moments de divertissement. Alors que j’avais oublié certains points et personnages, j’ai très vite eu l’impression de me retrouver en terrain connu, la plume de l’autrice possédant ce quelque chose de familier et de terriblement envoûtant… J’ai donc apprécié de retrouver Alina et ses alliés de toujours ou plus récents.

Affaiblie depuis son combat contre le Darkling qui ne s’est pas très bien terminé, la voilà sous la coupe d’un religieux bien décidé à exploiter son image de Sainte afin de rallier ses ouailles autour de lui et de ses croyances. Mais notre Invocatrice de lumière n’est pas la fille manipulable qu’il pense comme elle va lui démontrer. Il voulait la cloîtrer sous terre pour la « protéger », elle choisit la lumière ou, du moins, la surface qui ne demande qu’à être débarrassée de l’obscurité, du Shadow Fold et du Darkling. Un combat qu’Alina est, plus que jamais, prête à mener, et cela commence par mettre la main sur L’oiseau de feu…

Dans cette mission, elle sera entourée de plusieurs personnes, dont Mal, Zoya, David, Genya… À eux tous, ils forment un groupe disparate que l’on suit avec attention dans ses péripéties et ses (més)aventures. Entre la suspicion, la violence, le sang, l’angoisse et la mort, l’autrice ne ménage pas ses personnages et les pousse dans leurs retranchements ! Les épreuves qu’ils traverseront, en plus de souder les liens, nous permettront de découvrir les personnages taillés pour cette aventure à l’issue incertaine, et ceux dont l’âme était déjà trop abîmée pour espérer triompher. Et à ce niveau, je dois avouer avoir été agréablement surprise par Mal, un personnage qui m’avait pourtant horripilée dans les premiers tomes par son immaturité et sa jalousie déplacée.

Dans L’oiseau de feu, il se révèle bien plus mature, responsable et se décide enfin à se comporter comme l’ami dévoué qu’Alina était en droit d’attendre. Courageux, sans être inutilement téméraire, Mal fut pour moi la révélation de ce tome. L’autrice a effectué un magnifique travail sur ce personnage qu’elle a réussi, petit à petit, à modeler pour le rendre intéressant, complexe, et même inspirant. Une évolution menée d’une main de maître qui m’a autant surprise que conquise. Même sa relation avec Alina a réussi à me toucher quand elle m’a longtemps agacée. Les deux amis ne peuvent, en raison de leur différence de statut, laisser court à leurs sentiments, mais on ressent pleinement la force de leurs liens et de l’amour qu’ils se portent mutuellement…

C’est peut-être parce que l’évolution de Mal est remarquable que j’ai trouvé celle d’Alina un peu moins probante. Si j’aurais apprécié un peu plus de panache de sa part, la jeune femme n’en demeure pas moins éblouissante. Elle n’hésite pas à se lancer dans la mêlée et à donner le meilleur d’elle-même, quitte à consentir au plus grand des sacrifices. L’autrice a d’ailleurs réussi à me surprendre par une révélation que je n’avais pas du tout anticipée et qui prouve sa capacité à créer une œuvre dans laquelle rien n’est laissé au hasard ! Tout semble avoir été pensé en amont avec soin afin d’offrir aux lecteurs une expérience de lecture particulièrement marquante.

Au groupe principal, viendra se greffer un personnage que l’on a déjà rencontré et qui, de nouveau, m’a séduite. Je n’ai ainsi pas résisté à son exubérance qui apporte cette touche d’humour nécessaire pour alléger une histoire dans laquelle la mort et le danger sont omniprésents. Mais derrière son physique d’Apollon et son apparente insouciance, se cache un fin stratège à la personnalité bien plus complexe qu’il n’y paraît… Bien que trop peu présent à mon goût, il saura toutefois prouver son amitié et son utilisé à Alina, ce qu’il paiera assez cher. Mais rien d’étonnant si l’on considère l’univers ténébreux construit avec beaucoup d’intelligence par Leigh Bardugo.

Au-delà des héros et de leurs interactions, l’autrice a ainsi su développer un univers qui lui est propre et dans lequel on se plonge avec effroi et délectation. Un univers étroitement lié à l’ombre du Darkling, l’un des meilleurs antagonistes que j’ai eu le plaisir de croiser en littérature. Loin du méchant lourdaud et à l’esprit aussi détraqué que limité, cet homme est d’une complexité indéniable, parfois monstrueux, parfois d’une fragilité extrême qui pourrait presque nous attendrir. Son sentiment de solitude et son envie de trouver en Alina un alter ego le rendent terriblement humain, quand ses moyens pour atteindre ses objectifs nous révulsent… Cet être hors norme exerce sur nous une étrange fascination et un profond dégoût, deux sentiments contradictoires auxquels Alina n’est pas complètement étrangère. Après tout, de par son immense pouvoir, n’est-il pas la seule personne à pouvoir la comprendre ?

La connexion psychique entre les deux personnages est de nouveau très bien exploitée avec quelques scènes qui nous donnent l’impression qu’ils sont tous les deux plongés dans une bulle hors du temps… Le lien atypique entre Alina et le Darkling souligne également une dure réalité : si beaucoup sont mobilisés dans cette guerre contre l’obscurité, c’est bien la confrontation finale entre ces deux puissances qui façonnera le monde de demain. Reste à savoir si le futur sera fait d’ombre ou de lumière. Pour le découvrir, il vous faudra lire ce roman, mais je peux néanmoins vous dire que l’autrice nous offre une fin à la hauteur de l’histoire et des personnages. Seul l’épilogue m’a semblé dévier du ton de la série…

En ce qui concerne la plume de Leigh Bardugo, elle se révèle, comme toujours, entraînante, fluide et particulièrement imagée. L’immersion dans le roman est donc totale d’autant que l’intrigue ne souffre d’aucune longueur et qu’on a un parfait équilibre entre psychologie des personnages, actions et phases de tension.

En bref, L‘oiseau de feu conclut à merveille une série de fantasy à l’univers sombre et particulièrement soigné, qui nous plonge dans un âpre combat entre l’ombre et la lumière. Si le schéma est classique, l’autrice a su se l’approprier pour nous proposer une histoire rythmée, aux multiples révélations, dont le principal atout réside dans la psychologie fine de son antagoniste. Un antagoniste qui fera, bien malgré lui, naître une héroïne de légende qui n’aura pas d’autre choix que d’embrasser sa destinée. Épique, haletante et addictive voici une trilogie à ne pas manquer !

Vous pouvez retrouver l’intégrale de Grisha sur le site de France Loisirs.

 

Les couleurs du dragon, Virgine T

Les couleurs du dragon par [Virginie T]

Dakota Jones est un traqueur de démons.

Sous les ordres de son père froid et distant, elle combat le mal jour et nuit avec ses coéquipiers, qui sont également ses amis, grâce à son don hors du commun. Cependant, sa prochaine enquête va bouleverser son monde. Sa rencontre avec Eldrekki, un homme aussi beau que mystérieux, va modifier tant son passé que son avenir.

Dakota se savait différente, unique, elle va enfin découvrir pourquoi et les réponses pourraient bien ne pas lui plaire.

Évidence Éditions (4 septembre 2020)

AVIS

Capable de traquer les démons grâce à une vision particulière, Dakota Jones met son talent inhabituel au service de l’armée. Il faut dire que son père, à la tête de la base militaire où elle a passé toute sa vie, ne lui laisse guère le choix. Froid et calculateur, il est, en effet, peu intéressé par les aspirations professionnelles et/ou personnelles de sa fille unique qu’il tend à voir comme un outil de travail efficace plutôt que comme son enfant. Alors qu’un terrible meurtre est commis, Dakota se lance sur la piste du monstrueux tueur, probablement un démon, sans savoir que sa vie allait changer à jamais. Entre la découverte d’un secret remettant en cause tout son passé et la rencontre avec un mystérieux jeune homme qui l’hypnotise, Dakota aura plus que jamais besoin de sa détermination et de sa famille de cœur pour affronter la situation.

Étant assez difficile avec les romances paranormales, j’avais hésité à me lancer dans la lecture de cet ouvrage ayant eu peur de me retrouver face à une histoire bien plus basée sur le sexe que sur une réelle intrigue. Sur ce point, je peux d’ores et déjà vous rassurer. Il y a bien deux ou trois scènes de sexe, mais rien de vulgaire ni de détaillé. Un bon point, du moins, pour moi.

On regretta néanmoins une romance qui démarre sur des chapeaux de roue ne laissant pas aux lecteurs le temps de s’approprier les sentiments des personnages. Je me suis d’ailleurs demandé comment diantre, ils ont pu passer aussi vite de parfaits inconnus à compagnon et compagne. La magie de l’amour, peut-être… Mais comme je ne suis pas une romantique dans l’âme, j’aurais tendance à ne pas y croire et à être donc complètement passée à côté de cette romance éclair qui n’aura pas su me toucher ni faire battre mon cœur.

J’ai toutefois apprécié que l’autrice nous épargne les problèmes de consentement si courants dans les romances paranormales. Ici, aucun problème de ce genre ! Il faut dire que nous deux amoureux sont tous les deux plutôt inexpérimentés dans les choses de l’amour. Un schéma plutôt inhabituel qui ne m’a pas déplu même si j’ai trouvé Eldrekki très sûr de ses gestes pour quelqu’un qui n’a jamais eu aucun partenaire dans sa vie… Autre point intéressant, la désacralisation de la virginité et de la première fois, l’autrice nous prouvant que ce qui compte, c’est surtout la personne avec laquelle on se lance et un respect mutuel plutôt qu’un éventuel cadre idyllique destiné à nous donner l’impression d’être une princesse Disney.

Quant à l’intrigue en elle-même, elle ne manque pas d’attrait, mais j’ai eu le sentiment que tout son potentiel n’avait pas été exploité, probablement en raison de la taille du roman qui aurait gagné, selon moi, à être un peu plus imposant ! Les choses s’enchaînent donc très (trop) rapidement, ce qui m’a laissé un goût de trop peu au niveau de l’univers et qui ne m’a pas permis de développer un attachement profond pour les personnages. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de les apprécier et de prendre plaisir à en apprendre plus sur ces derniers et sur les liens forts unissant Dakota aux différents membres de son équipe.

La jeune femme ayant perdu sa mère à la naissance et son père brillant par son absence d’amour paternel, ses collègues sont devenus, au fil du temps, sa seule et véritable famille ! Ils se révèlent tous assez protecteurs avec elle, ce que j’ai trouvé mignon, mais parfois vraiment étouffant. Étant plutôt indépendante et n’étant pas du tout tactile, je ne pense pas que j’aurais pu supporter toutes leurs attentions et leurs nombreux câlins. Mais on perçoit que c’est exactement ce dont a besoin Dakota qui a été privée de la chaleur d’un foyer sa vie durant.

Les liens unissant Dakota à ses collègues sont donc très forts et lui permettent de supporter une vie conditionnée par les ordres d’un père/général parfaitement injuste et froid. Je dois dire que si j’ai adoré la figure paternelle du commandant dirigeant l’équipe de Dakota, j’ai détesté son père biologique qui n’en porte que le nom. Difficile, en effet, de considérer qu’un tel être puisse être qualifié de père. Il n’hésite pas à exploiter le talent inhabituel de Dakota pour traquer les démons sans se préoccuper de son sort ni de sa santé. Pire, il la maltraite psychologiquement lui faisant sans cesse comprendre à quel point elle est un poids pour lui…

De fil en aiguille, on en vient à découvrir toute la méchanceté et la perfidie de ce personnage que j’ai purement et simplement détesté ! Alors qu’il aurait pu tomber dans la caricature, certaines révélations nous permettent de mieux saisir les raisons qui l’on conduit à maudire sa propre fille sans jamais lui laisser une chance. Sans l’excuser, cela permet de lui donner un peu plus d’ampleur et de complexité.

Au-delà de la romance et de l’amitié, l’autrice nous offre quelques scènes d’action plutôt maîtrisées qui dynamisent le récit et apportent une aura de danger fort appréciable. J’aurais d’ailleurs adoré qu’elles soient un peu plus présentes, mais je peux comprendre le souhait de l’autrice de prendre le temps, dans ce premier tome, de nous présenter les personnages et de jouer sur les émotions d’une héroïne soumise à des épreuves aussi difficiles psychologiquement que physiquement… La fin laisse entrevoir une nette évolution/amélioration dans la vie de la jeune fille avec une nouvelle dynamique de groupe que je serais curieuse de découvrir.

Quant à l’écriture, elle s’est révélée percutante, rythmée et agréable. C’est d’ailleurs l’un des points forts de ce roman que j’ai lu d’une traite.

En résumé, bien écrit, dynamique et court,  Les couleurs du dragon permet de passer un moment d’évasion sans prise de tête et de faire la connaissance d’une héroïne dont la vie alterne entre brimades paternelles, réconfort amical, traque de démons et découverte de l’amour. Non dénué de tension et de révélations, le roman se lit rapidement, mais devrait peut-être manquer de convaincre les lecteurs aguerris en quête d’une romance paranormale à l’univers riche et développé. Pour ma part, je vous recommanderai donc ce roman si vous avez envie de vous initier à la romance fantastique ou de vous lancer dans un livre du genre très rapide à lire.

Je remercie Evidence Éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Throwback Thursday Livresque #179 : fantastique

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Avec ce thème, il y a l’embarras du choix entre les classiques du genre et les romans un peu plus confidentiels. Pour ma part, j’ai opté pour le tome un des Outrepasseurs de Cindy Van Wilder.

Couverture Les Outrepasseurs, tome 1 : Les héritiers

Londres, 2013. Peter, un adolescent sans histoire, échappe de justesse à un attentat. Il découvre que l’attaque le visait personnellement et qu’elle a été préméditée par de redoutables ennemis : les fés. Emmené à Lion House, la résidence d’un dénommé Noble, il fait connaissance avec les membres d’une société secrète qui lutte depuis huit siècles contre les fés : les Outrepasseurs. Ces derniers lui révèlent un héritage dont il ignore tout…

Lu en lecture commune avec Lire à la folie, j’ai beaucoup apprécié ce premier tome que ce soit pour l’histoire, le contexte médiéval ou les différentes thématiques, parfois difficiles, soulevées. Un roman qui m’avait également pas mal surprise, l’autrice offrant une nette et surprenante coupure dans sa narration. Une prise de risque qui ne conviendra pas à tous les lecteurs, mais que, pour ma part, j’avais trouvée intéressante et originale.

Pour en apprendre plus sur Les héritiers, je vous invite à découvrir ma chronique dont voici la conclusion :

Ce premier tome nous offre une immersion efficace et menée d’une main de maître dans le passé de personnes confrontées à des forces surnaturelles et implacables qui changeront leur vie, et celle de leurs descendants, à jamais. Je suis maintenant curieuse de découvrir comment ces Héritiers vont faire face à la situation et à cette malédiction qui pèse sur leurs épaules…

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Pièces détachées, Phoebe Morgan

Pièces détachées par [Phoebe Morgan, Daniele Momont]

Corinne, Londonienne de 34 ans, a déjà eu recours à trois FIV. Mais cette fois, elle en est sûre, c’est la bonne. Elle va tomber enceinte. Cette cheminée miniature en terre cuite, qu’elle découvre un matin sur le pas de sa porte, n’est-elle pas un signe du destin ?
Cette cheminée coiffait le toit de la maison de poupée que son père adoré – célèbre architecte décédé il y a bientôt un an – avait construite pour elle et sa sœur Ashley quand elles étaient enfants.
Bientôt, d’autres éléments de cette maison de poupée font leur apparition : une petite porte bleue sur le clavier de son ordinateur, un minuscule cheval à bascule sur son oreiller…
Corinne prend peur. Qui s’introduit chez elle ? Qui l’espionne ? La même personne qui passe des coups de téléphone anonymes à Ashley ? Y a-t-il encore quelqu’un en qui la jeune femme puisse avoir confiance

L’Archipel (18 juin 2020) -384 pages – Broché (21€) – Ebook (14,99€)
Traduction : Daniele Momont

AVIS

Encore très affectée par le décès de son père dont elle était très proche, Corinne doit également faire face à des difficultés pour devenir mère. Mais après une nouvelle FIV, elle en est persuadée, son plus grand rêve est sur le point de se réaliser. C’est donc avec le sourire et beaucoup de joie qu’elle accueille cette cheminée miniature trouvée sur le pas de sa porte et qui ressemble à celle de la maison de poupée de son enfance. Une maison fabriquée avec amour et un sens du détail impressionnant par son défunt père, un architecte de renom. L’enthousiasme des débuts devant ce signe du destin laisse toutefois place à l’angoisse quand la jeune femme commence à se sentir menacée par l’apparition soudaine et inexpliquée de nouvelles pièces de maison de poupée dans son appartement. 

Qui envoie ces pièces et pourquoi ? Appartiennent-elles vraiment à la maison de poupée d’enfance de Corinne et de sa sœur Ashley ou Corinne est-elle victime d’une imagination un peu trop riche ? Pourquoi sa mère fuit-elle les questions sur la maison de poupée et son époux décédé ? Et que cachent les absences et le comportement de plus en plus distant du mari d’Ashley ? Cela est-il lié aux appels anonymes et muets qu’Ashley reçoit et qui lui mettent les nerfs à vif ou cette dernière est également victime d’une personne aux intentions obscures ?

Quelques questions, parmi beaucoup d’autres, qui viendront hanter votre lecture en même temps que l’esprit de Corinne partagée entre l’envie de faire toute la lumière sur cette étrange et inquiétante histoire de pièces de maison de poupée et celle de devenir mère à tout prix.

Cette thématique de la maternité revêt d’ailleurs une certaine importance dans le roman que ce soit à travers le désir d’être mère et la difficulté de procréer ou la charge mentale écrasante qui repose sur les femmes. Ashley adore ses trois enfants, mais entre une adolescente qui semble en pleine crise, un bébé sujet aux terreurs nocturnes et un mari passant son temps à travailler, elle se sent dépassée par la situation. Sa seule bulle d’oxygène, un travail dans un café, seul endroit où elle n’est plus soumise aux impératifs domestiques…

J’ai apprécié ce parallèle entre les deux sœurs qui, d’une certaine manière, se coupent toutes les deux du monde : l’une en raison du désir viscéral d’être mère qui supplante tout et l’autre en raison d’une vie de famille dont le poids écrasant l’empêche de souffler. Elles pourront heureusement compter l’une sur l’autre, leur complicité ne faisant aucun doute. Mais cela sera-t-il suffisant devant l’aura de danger qui semble planer sur leur vie et qui, à mesure que l’on tourne les pages, nous prend à la gorge ? L’autrice a, en effet, un talent certain pour faire monter la tension crescendo et nous pousser à suspecter toutes les personnes qui gravitent autour des protagonistes.

Elle s’amuse également à jouer avec les nerfs de Corinne et d’Ashley qu’elle pousse dans leurs retranchements suscitant par là même une vive empathie de la part des lecteurs. Quand Ashley est pétrifiée à l’idée que son couple vole en éclats devant les sirènes de l’adultère, Corinne a, quant à elle, l’impression de devenir folle… Il faut dire que si son compagnon se montre d’un total soutien en ce qui concerne son désir d’enfant, partageant ses espoirs et ses peines, il se révèle bien plus sceptique en ce qui concerne son impression d’être épiée et menacée. Ce dernier m’a d’ailleurs passablement agacée par son refus obtus d’étudier avec impartialité les propos de sa compagne, considérant d’emblée que c’est son désir d’enfant et la mort de son père qui la poussent à voir des choses là où il n’y a que des hasards. Pour un journaliste, je ne l’ai pas trouvé très curieux… On ne pourra pas lui reprocher d’être victime de déformation professionnelle.

Ashley et Corinne adoraient leur père, mais pour Corinne, cela m’a semblé parfois être assez malsain, un peu comme si la jeune femme voyait en lui non pas seulement un père, mais une idole, un modèle de perfection. Il faut dire que l’homme semble avoir toujours veillé à briller et à être au centre de l’attention que ce soit dans sa vie personnelle et/ou professionnelle. Mais ce père adoré et adulé était-il vraiment aussi parfait que cela ? Une question que je laisserai volontairement en suspens… Ce qui est certain, en revanche, c’est qu’on perçoit parfaitement l’aura de toute-puissance de ce personnage qui continue à avoir une certaine emprise sur la vie de sa famille, un peu comme si son ombre n’était jamais loin.

En parallèle de la vie des deux sœurs, on découvre, grâce à des flash-back, l’enfance difficile d’un personnage mystère aux côtés d’une mère maltraitante psychologiquement qui ne lui a jamais apporté ni amour ni stabilité émotionnelle. Une enfance passée à épier, à jalouser et à inventer une autre vie, une vie bien plus heureuse. De fil en aiguille, on en vient à faire le lien avec le reste du roman et à entrevoir les conséquences funestes que l’obsession malsaine d’une mère aura sur la vie de sa fille, une fille autant victime que bourreau. À cet égard, la fin m’a donné quelques frissons, l’autrice lui insufflant une bonne dose d’horreur (mais pas de gore) qui ne devrait pas manquer de comprimer votre poitrine si, comme moi, vous êtes entrés en empathie avec les personnages.

Bien que la narration m’ait semblé parfois manquer de liant, j’ai passé un très bon moment avec ce thriller qui alterne les phases de doute et d’angoisse avec des moments plus chaleureux, ce qui le rend aussi réaliste qu’effroyable. On se plonge sans réserve dans la vie d’Ashley et de Corinne, deux sœurs qui n’auraient jamais imaginé devoir faire face à l’indicible… Sortiront-elles indemnes de cette épreuve ?  Il vous faudra vous plonger dans cette lecture pour le découvrir, mais ce qui est certain, c’est que les amateurs de suspense, de secrets de famille et de thrillers psychologiques prenant le temps de faire monter la tension devraient trouver ici leur bonheur !

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions de l’Archipel que je remercie pour ce partenariat.

Dynasties tome 2 : L’étincelle sous la glace, Ilona Andrews

Couverture Dynasties, tome 2 : L'étincelle sous la glace

Après une longue cavale, le tueur Jeff Caldwell a enfin été arrêté. Or les policiers l’interrogent en vain car l’une de ses victimes manque toujours à l’appel : Amy Madrid, une fillette de sept ans. Déterminée à lever le voile sur ce mystère, Nevada, détective professionnelle, décide de mener sa propre enquête. Car elle a le pouvoir de détecter les mensonges et d’obtenir la vérité, y compris quand on cherche à la lui cacher… Cependant, lorsqu’un client la sollicite, espérant lui confier une nouvelle mission, elle reconnaît qu’un peu d’aide serait bienvenue. Le puissant et séduisant Mad Rogan accepterait-il d’unir ses forces aux siennes ?

J’ai lu pour elle (25 octobre 2017) – 503 pages – 7,40€ (poche) – Ebook (5,99€)

AVIS

Ayant beaucoup apprécié Entre les flammes, le tome 1 de la série Dynasties, je me suis replongée avec plaisir dans cette suite qui m’a tout autant divertie. On retrouve Nevada qui accepte, cette fois-ci sans pression, une mission afin de trouver le ou les meurtriers de la femme de son nouveau client. Une enquête qui, en plus de la pousser dans ses retranchements, va mettre à jour un complot politique de grande envergure. Elle pourra heureusement encore compter sur le soutien de sa famille aussi atypique qu’attachante et sur le très charismatique et dangereux Mad Rogan.

Le duo d’auteurs nous propose ici un tome riche en action et en suspense qui ne devrait pas manquer de vous tenir en haleine et de susciter en vous quelques frayeurs. Les personnages ne sont pas épargnés et se retrouvent plus d’une fois au bord du précipice. Il leur faudra tout leur sang-froid et leurs talents conjugués pour garder la tête hors de l’eau et survivre aux multiples attaques qu’ils essuieront.

Si j’ai apprécié de découvrir toute la complexité de l’enquête ainsi que les différents types de magie entrant en action, j’ai également pris plaisir à suivre l’évolution de la relation entre Nevada et Rogan. Leurs différences de caractère et de valeurs vont être une source de malentendus et susciter entre eux certaines tensions, mais face aux événements extrêmes auxquels ils doivent faire face, ils seront plus ou moins obligés de faire des concessions…

Rogan nous apparaît, du moins en début d’intrigue, toujours aussi obtus, extrême et quelque peu autoritaire ! Des traits de caractère qui ne manqueront pas d’irriter, voire de révolter Nevada qui n’apprécie guère que son prétendant se mêle de ses affaires malgré ses demandes répétées de la laisser gérer la situation par elle-même. Forte et indépendante, elle tient à garder son autonomie et à prendre ses propres décisions quant à son avenir et sa famille…

Néanmoins, plus on avance dans l’histoire, plus on comprend les agissements de Rogan qui essaie de protéger l’illusion de normalité dans laquelle Nevada s’est enfermée et qui la rend vulnérable. En effet, malgré ses capacités impressionnantes, la jeune femme veut encore croire en la possibilité d’une vie normale quand tout autour d’elle lui prouve le contraire. Mais une découverte inattendue sur l’origine de ses dons va la conduire à reconsidérer sa position afin de protéger ce qui compte le plus pour elle, les siens ! 

Dans ce tome, la famille de Nevada est un peu moins présente, ce que j’ai regretté ayant adoré la grand-mère badass. Mais les valeurs familiales n’en demeurent pas moins importantes dans la vie de la jeune femme et lui permettront de garder son humanité malgré des événements difficiles qui auraient pu la faire sombrer. Depuis le premier tome, la jeune femme s’est endurcie, mais elle conserve donc un véritable respect pour la vie humaine, ce qui la poussera de nouveau à tenter de tempérer l’impétuosité de Rogan dont le monde est divisé entre alliés et ennemis. Une vision très manichéenne de la vie qui rend la communication parfois difficile, mais qui n’empêchera pas l’alchimie entre les deux personnages d’être toujours aussi palpable.

La romance n’est pas au cœur du récit, mais elle prend néanmoins une place importante dans ce tome, ce qui m’a plutôt plu appréciant la dynamique de ce duo haut en couleur aux côtés duquel il est bien difficile de s’ennuyer. On regrettera juste le temps perdu par Nevada qui essaie, durant une bonne partie de l’intrigue, de se convaincre de conserver ses distances avec Rogan alors qu’il nous apparaît clairement qu’il n’a pas tardé à conquérir son cœur. J’attends maintenant de voir comment leur relation va évoluer espérant retrouver les petites étincelles qui font tout le charme des échanges entre ces deux fortes têtes aussi passionnées, têtues et téméraires l’une que l’autre.

Action, rebondissements, suspense, révélations, famille, magie, complot politique et amour sont au programme de ce deuxième tome qui m’a offert un très bon et distrayant moment de lecture. Si vous avez envie d’un roman rythmé mettant en scène deux personnages complexes aussi différents que complémentaires, L’étincelle sous la glace devrait vous plaire.

Sang Rancune, Jordan Breton

Sang Rancune est un roman qui mêle dark fantasy et romance dans un monde où les monstres les plus ignobles ne sont peut-être pas les créatures mortelles qui rôdent dans les bois, arpentent les campagnes et se dissimulent à la faveur de la nuit.

Léna est la fille du seigneur le plus puissant de l’Empire, mais cela ne l’a pas mise à l’abri des pires horreurs. Ohën, lui, est né Fange, mais a réussi à inscrire son nom en lettres de sang à côté de ceux des assassins les plus célèbres du monde. Leurs univers sont opposés, mais que reste-t-il de leurs différences lorsque jugement, naissance et préjugés sont laissés de côté ?

Jordan Breton (28 janvier 2020) – 420 pages – Broché (15,90€) – Ebook (5,99€)

AVIS

Ohën, assassin dont la réputation n’est plus à faire, accepte avec son complice de longue date, Fëir, un juteux contrat, mais les choses ne se passent pas comme prévu. Alors qu’il devait kidnapper Léna après avoir exécuté son frère et son père, un puissant souverain, il finit par l’arracher aux griffes d’une impitoyable et très douée tueuse. Blessé, il s’enfuit avec la jeune femme en se gardant bien de lui avouer la véritable raison de sa présence providentielle dans sa chambre… Si Léna se doute rapidement que son sauveur n’est pas celui qu’il prétend être, elle consent néanmoins à le suivre d’autant que les créatures et autres truands à leurs trousses semblent représenter une menace bien plus importante.

Commence alors pour le duo un voyage des plus mouvementé. Entre les attaques de goules désireuses de faire payer à Ohën sa tromperie et celles de mercenaires très remontés contre notre assassin, Ohën et Léna ne sont pas au bout de leur peine ! Les amateurs d’action devraient être ravis, l’auteur nous offrant de très convaincantes et immersives scènes de combat où l’hémoglobine coule à flots, et les morts sont légion. J’ai apprécié le rythme effréné de cette histoire qui ne souffre d’aucun temps mort. Nos deux protagonistes mènent une lutte de chaque instant pour survivre dans cet univers violent où seuls l’argent et le pouvoir comptent. On ressent donc un certain sentiment d’urgence et de tension qui donne envie de tourner les pages, et de découvrir le destin de deux personnes que tout oppose, mais qui vont finir par se rapprocher.

Les débuts sont pourtant difficiles, chacun voyant l’autre sous le prisme de ses propres préjugés sans oublier certains comportements, de part et d’autre, qui agacent et frustrent. Ainsi, Ohën ne supporte pas le caractère de Léna qu’il voit comme une petite princesse pourrie gâtée quand cette dernière ne goûte guère son air goguenard et son humour grivois de fort mauvais aloi… J’ai adoré la manière dont Léna remet à sa place son prétendu sauveur lui assénant ses vérités que cela lui plaise ou non. L’auteur a réussi habilement à transformer des propos graveleux qui auraient eu de quoi irriter n’importe quelle femme, et n’importe qui avec un minimum d’empathie, en une manière de dénoncer très justement les violences physiques et verbales faites aux femmes, les dernières sous couvert « d’humour ». C’est tellement rare dans la fantasy que je tenais à le souligner !

Les joutes verbales entre les deux personnages ne manqueront pas de vous faire sourire d’autant que chacun dans leur style, il possède une langue bien pendue et acérée. Mais ce que j’ai préféré, c’est assister à l’évolution de leur relation que j’ai trouvée bien amenée et surtout très réaliste. Venant de deux milieux radicalement différents, Ohën et Léna auraient pu ne rien avoir en commun, mais la douleur, la rancune et la violence dépassent les simples clivages de classe. Ainsi, être bien née ne signifie pas être privilégiée et avoir une douce vie comme le passé de Léna, qui se dévoile progressivement à nous, l’en atteste. Quant à Ohën, à mesure que l’on découvre toutes les épreuves qu’il a traversées, on arrive à mieux comprendre le personnage qu’il est devenu et la carapace qu’il s’est construite. Tué ou être tué, un leitmotiv qui s’est très vite imposé à lui et à son ami d’enfance et qui a impacté profondément sa vision du monde et de la valeur d’une vie humaine.

Ohën est un personnage torturé et complexe qui cache en son sein une force obscure, puissante et mystérieuse qu’il lutte pour maîtriser même si cette dernière se révèle un atout précieux contre ses ennemis… Le jeune homme lutte également contre lui-même, déchiré entre ses réflexes hérités d’une vie à la dure où il a dû lutter pour simplement vivre, et sa conscience qui commence à s’éveiller. Il évolue en cours d’aventure et se montre de plus en plus humain, ce qui s’explique autant  par un événement traumatisant qui le pousse à revoir certains souvenirs sous un autre jour que la présence bénéfique de Léna dans sa vie. Bien que j’aie regretté une certaine passivité du personnage en début de roman, Léna n’en demeure pas moins une femme de caractère qui ne se laisse pas marcher sur les pieds. Elle affronte avec beaucoup de courage, et un certain stoïcisme, les épreuves qui se présentent à elle quand elle aurait pu baisser les bras à de nombreuses reprises.

En plus du duo, on découvre, à travers les souvenirs d’Ohën, son meilleur ami, Fëir. Difficile de ne pas développer un certain attachement pour cet homme qui nous est décrit comme réfléchi et motivé par l’envie d’une vie simple loin du sang et de la violence. La relation entre Ohën et Fëir dépasse largement le cadre de l’amitié. Ils ont traversé tellement d’épreuves ensemble et subi tellement d’affronts que plus que des amis, ils sont devenus des frères de sang ! Le sang est un élément omniprésent dans leur vie, les deux amis l’ayant beaucoup fait couler, d’abord par obligation, puis pour servir leurs propres intérêts et leur propre enrichissement. Une soif d’or, pas vraiment partagée par Feïr, que le duo va payer très lourdement…

Les romans de fantasy peuvent parfois se révéler fouillis et ardus à appréhender, mais ce n’est pas le cas ici. Alternant entre dialogues et plongées dans les pensées de ses protagonistes, l’auteur trouve le ton juste pour rendre son histoire très accessible et plutôt addictive. Un point qui rend ce roman parfait pour les personnes souhaitant découvrir la fantasy même si les amateurs du genre devraient également apprécier le voyage. Quant à la fin, je l’ai trouvée parfaite pour conclure une histoire d’amour, de sang et d’amitié.

En conclusion, grâce à deux protagonistes complémentaires et à la forte personnalité, une narration dynamique et entraînante, et une plume aussi fluide qu’immersive, l’auteur plonge ses lecteurs dans une histoire haletante où se mêlent habilement mensonges, secrets, action, trahison, sang, quête de sens, amitié et amour. Si vous avez envie d’un bon roman de dark fantasy très accessible et bien écrit, Sang rancune devrait vous plaire et vous faire vibrer au rythme des péripéties qui ne manqueront pas de s’enchaîner et de vous tenir en haleine.

Merci à l’auteur pour cette lecture.
Retrouvez le roman sur Amazon.

Le jardin secret de Marie, Coralie Raphael

LLe Jardin secret de Marie

Je remercie Coralie Raphael de m’avoir permis de découvrir son roman, Le jardin secret de Marie.

PRÉSENTATION AUTEUR

Fille unique, Marie vit seule dans un immense manoir avec sa gouvernante Kate, et son père, qui ne rentre que rarement. Un soir, alors qu’elle entend un bruit étrange dans sa chambre, la fillette découvre dans les couloirs du manoir un passage souterrain qui mène à un jardin secret.

Là, elle fait la rencontre de Sauge, une créature qui ne semble formée que d’une tête dans un bocal. D’abord effrayée, Marie se lie très vite d’amitié avec son nouveau compagnon. Sauge lui raconte une si belle histoire que la fillette sacrifie son sommeil pour se rendre chaque nuit dans le jardin, en cachette de sa gouvernante.

Mais Marie s’interroge : qui a créé ce fabuleux jardin ? qu’est-il arrivé au corps de Sauge ? Alors que son attachement pour lui grandit, la jeune fille découvre un coffre enterré dans le jardin qui va bousculer sa vie…

Librinova (3 juin 2019) – 263 pages – Broché (14,90€) – Ebook (1,99€)
Illustratrice : Metanyu

AVIS

J’ai eu un véritable coup de cœur pour la couverture que ce soit pour son atmosphère très manga, les personnages avec notamment une jeune fille qui n’est pas sans rappeler une célèbre héroïne de roman ou l’aura de mystère empreinte de douceur qu’elle dégage. Je ne peux que féliciter l’illustratrice, Metanyu, pour son excellent travail.

Quant à l’autrice, elle a également réussi à m’enchanter grâce à une plume poétique et fluide qui vous immerge en un instant dans l’histoire de Marie et de son jardin secret. Nous découvrons ainsi, en début de livre, une Marie âgée qui revient, accompagnée d’un adolescent qu’elle a sauvé de la misère, sur les lieux de son enfance. En visitant ce manoir délabré qu’elle avait quitté des décennies plus tôt sans jamais y revenir, les souvenirs remontent à la surface…

Aussi intenses que beaux et parfois un peu plus mélancoliques, ces souvenirs nous entraînent dans un monde merveilleux, celui d’une enfant qui, lors de ses douze ans, va faire une découverte fabuleuse. Une découverte qui va changer sa vie à jamais et qui va venir rompre cette insupportable solitude qui, jour après jour, la rongeait. Le manoir recèle en ses murs un secret : un jardin à la nature luxuriante qui abrite Sauge, une tête enfermée dans un bocal de verre !

Une fois le premier choc passé, personne ne s’attend à converser avec une tête sans corps, Marie sera vite conquise par cet être hors norme qui lui apporte un peu de chaleur dans un quotidien bien morose. Sauge est, en effet, un jeune homme sympathique, doux, curieux et d’une rafraîchissante naïveté. Enfermé dans ce jardin seul depuis la mort du grand-père de Marie, Georges, il voit l’arrivée de la jeune fille comme une bouffée d’air frais. Un sentiment partagé par Marie qui ne supporte plus de vivre en autarcie dans son manoir aux côtés de son austère gouvernante, Kate. Ce jardin va alors vite devenir pour la jeune fille, un espace de liberté hors du temps…

Jour après jour, des liens forts, qui ne pourront que vous toucher, vont se tisser entre Marie et Sauge qui savoureront chaque instant passé ensemble. Il faut dire qu’ils partagent quelques points communs comme une grande affection pour Georges même si les deux amis l’ont finalement assez peu connu, un sentiment de solitude mais aussi des questions sans réponse sur leur vie. Comment et depuis combien de temps Sauge a-t-il atterri dans ce bocal, et surtout qui est-il ?  Quant à Marie, pourquoi est-elle cloîtrée dans le manoir sans jamais pouvoir en sortir, qui était vraiment sa mère dont elle ne sait rien si ce n’est ce que Kate veut bien lui en dire, et pourquoi le manoir est-il si désespérément vide ?

Quelques questions, parmi beaucoup d’autres, qui tiennent les lecteurs en haleine d’autant que l’autrice a veillé à faire planer sur son histoire une aura de mystère qui nous pousse à nous questionner aussi bien sur les personnages que sur le jardin en lui-même. Qui a bien pu le créer et depuis combien de temps existe-t-il ? Le jardin, en offrant un sanctuaire protégé à Sauge et à sa nouvelle amie, devient un personnage à part entière. Un personnage énigmatique mais indispensable à l’épanouissement des autres protagonistes.

Et épanouissement, il y aura ! Sauge, au contact de Marie, reprend goût à la vie et devient de plus en plus « vivant » quand Marie s’affirme. Petit à petit, elle prend confiance en elle et ose enfin affronter certaines questions restées en suspens dans sa vie comme l’identité de cette mère dont elle ignore tout. Maria était-elle vraiment cette parfaite Lady dépeinte si souvent par Kate ? Et d’ailleurs pourquoi Kate est-elle aussi austère et obnubilée par l’idée de transformer Marie en une parfaite future maîtresse de maison élégante et raffinée ?

Au gré des pages, vous vous rendrez compte que les apparences sont parfois trompeuses et que derrière les meilleures intentions peuvent se cacher de grandes maladresses. Je n’en dirai pas plus si ce n’est que certains personnages m’ont touchée que ce soit par leurs intentions ou leur envie de rattraper, du mieux qu’ils le peuvent, les erreurs du passé… Seul le père de Marie a provoqué en moi des sentiments plus mitigés, sa manière de fuir sa douleur sans prendre en considération le bonheur de sa fille m’ayant quelque peu chagrinée. L’autrice a néanmoins très bien su exprimer la vulnérabilité de ce personnage et montrer que même les parents peuvent être faillibles…

Derrière une histoire assez douce et émouvante d’amitié qui se transforme en quelque chose de bien plus profond, l’autrice aborde également avec poésie et beaucoup de délicatesse des sujets plus sérieux comme la solitude, la rédemption et le sentiment de culpabilité, le deuil et  la difficulté de le surmonter, la nécessité de vaincre ses peurs pour avancer, les non-dits et leurs conséquences, la quête d’identité…

Si ces thématiques auraient pu alourdir l’ambiance du roman, il n’en est rien, le sentiment prédominant durant cette lecture demeurant l’émerveillement. L’émerveillement devant ce monde secret qui s’ouvre à nous et devant une jeune fille qui, progressivement, se réapproprie sa vie avant d’accomplir de grandes choses. La rencontre avec Sauge, c’est donc aussi celle de Marie avec son destin…

Quant à la fin, en plus d’apporter des réponses à la plupart de nos questions, je l’ai trouvée empreinte de poésie et de douceur à l’image du roman. Il s’en dégage ainsi beaucoup d’émotions et cette impression que les choses sont enfin à leur place…

En conclusion, Le jardin secret de Marie est une histoire douce, belle et poétique, parfois teintée de mélancolie, qui nous entraîne dans un monde fabuleux, celui d’un jardin secret grâce auquel une jeune fille va faire une rencontre merveilleuse qui changera à jamais sa vie. Entre amitié, amour sous toutes ses formes, mystère et découverte de soi, voici une lecture qui devrait vous émouvoir et vous faire passer un très beau moment de lecture.

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