Ghost City, Michel Honaker

J’ai lu Ghost City de Michel Honaker, publié chez les Éditions Rageot, dans le cadre du challenge Mystère .

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Farley Scott, jeune cow-boy, fuit à bord d’une diligence remplie d’or avec ses deux compagnons. Ils ont aux trousses des « régulateurs ». Quand une tempête de sable les stoppe en plein désert, Farley se réfugie dans une ville qui semble surgie du néant. Là, Miranda le recueille et tente de le défendre. Mais son père, le juge Prospéro, le condamne à rester dans cette ville fantôme d’où il lui est impossible de s’enfuir sous peine de déclencher une nouvelle tempête.

  • Broché: 176 pages
  • Editeur : Rageot Editeur (17 juin 2015)
  • Prix : 10,50€

AVIS

J’ai découvert Michel Honaker avec une réécriture de conte, Carabosse, et c’est avec une réécriture d’une pièce de théâtre, La tempête de William Shakespeare, que je poursuis ma découverte de l’auteur. Je dois avouer n’avoir jamais lu l’œuvre originale et ne pourrai donc pas parler de la fidélité de cette réécriture.

Ghost City est une ville fantôme perdue dans le désert qui n’apparaît aux yeux de certaines personnes que lorsque Prospéro, juge auto-proclamé de la ville, ne le décide. Et laissez-moi vous dire que vous n’avez pas forcément envie de découvrir la ville qui s’apparente à une prison à ciel ouvert où sont reclus criminels, filles de joie et autres personnes peu recommandables.

Si la ville n’a pas besoin d’enfermer ses habitants, c’est que des forces surnaturelles sont en jeu, des forces contrôlées par notre juge qui veille à faire respecter la justice, du moins sa vision de la justice, parmi des personnes qui n’en ont jamais fait grand cas par le passé.

Le roman est assez court ce qui n’a pas permis à l’auteur de se lancer dans de longues descriptions. Mais, fort heureusement, cela ne l’a pas empêché de fixer rapidement le décor permettant aux lecteurs de se forger une image précise de la ville, de son atmosphère étouffante et de l’aura de mystère qui l’entoure.

On ressent en outre parfaitement le sentiment d’isolement et d’enfermement des habitants et même de Miranda dont le seul crime est d’être la fille du juge. Celle-ci va d’ailleurs prendre conscience, grâce au jeune Cow Boy Farley, des limites d’une vie sans liberté.

Ghost City est également une histoire d’amour entre deux personnes à la personnalité et au parcours diamétralement opposés. Miranda a ainsi vécu toute sa vie à l’écart du monde protégée par son père alors que Farley est un bourlingueur féru de liberté. Cette opposition des caractères se révèle intéressante puisqu’elle permet aux deux personnages d’évoluer au contact l’un de l’autre. On reste cependant dans un schéma classique d’amour au premier regard avec une relation assez chaste, fidèle aux histoires d’antan.

Heureusement, la romance n’est ici pas développée sur des pages et des pages. L’auteur vous épargne également les atermoiements d’une belle et jeune enamourée effacée et indécise. Miranda est certes une belle femme, mais elle a aussi un sacré caractère et n’hésite pas à se confronter à Farley, mais également à son père. Il n’est donc pas ici question d’une jeune demoiselle en détresse à sauver.

J’ai deviné assez rapidement certains éléments concernant la personnalité du juge et son passé puisque l’auteur distille quelques indices et que la trame narrative demeure assez classique. Cela ne m’a néanmoins pas dérangée outre mesure puisque le point fort de ce roman n’est pas le suspense, mais la réflexion qu’il permet d’opérer sur des thèmes comme la justice et sa mince frontière avec la vengeance, la rédemption, la liberté, l’avidité, la morale…

Enfin, j’ai été de nouveau charmée par la finesse et la beauté de la plume de Michel Honaker que je mets donc officiellement dans ma liste des auteurs à la belle plume aux côtés, entre autres, d’Amélie Nothomb et de Stéphane Soutoul.

En conclusion, j’aurais apprécié que l’auteur étoffe un peu plus son roman, mais force est de constater qu’il arrive en peu de pages à vous plonger totalement dans son récit. Cette histoire de ville fantôme érigée sur le principe de justice et de pénitence pour ceux qui ont fauté devrait plaire à toux ceux qui aiment les romans mêlant mystère, surnaturel, romance et qui aiment réfléchir à des notions universelles comme la justice.

In My Mailbox #16

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In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir.  »

CADEAUX KARINE

Karine du blog Complètement Kakou ! a eu l’extrême gentillesse de me faire parvenir un colis livresque sur le thèmes des chats connaissant ma passion pour cet animal. Ce geste m’a beaucoup touchée car les livres appartenaient à un proche cher à son cœur… Je ne peux que la remercier de nouveau, elle et son grand cœur.

ACHAT PAPIER

Alors, on est complètement dans un achat 100% couverture. Je ne sais pas trop de quoi parle le livre même si j’ai le souvenir de l’avoir vu dans quelques vidéos de Booktubeuses.

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EBOOKS

GAIN CONCOURS

J’ai eu la chance de gagner cette adaptation en manga de Jane Eyre. Encore un gros merci à Amélia du blog Les Histoires d’Amélia et la Culture Geek.

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Et vous, des nouveautés dans votre PAL ?

Premières lignes #2 : Blanche Neige illustré par Benjamin Lacombe

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.

Pour cette deuxième participation, j’aurais pu rebaptiser le rendez-vous Premières lignes et Première image puisque j’ai choisi de vous parler du conte Blanche Neige illustré par mon illustrateur préféré : Benjamin Lacombe. Pour accompagner le texte, j’ai ainsi ajouté l’illustration correspondante.

PREMIÈRES LIGNES

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PREMIÈRE IMAGE

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J’avais emprunté l’album à la bibliothèque avant de finir par craquer et d’acheter mon propre exemplaire que j’ai reçu dans la semaine. Si vous avez envie d’un avis détaillé ou d’admirer d’autres photos, vous pouvez consulter ma chronique de Blanche Neige.

Et vous, cette version du célèbre conte vous tente ?

 

 

Throwback Thursday Livresque #24 : Noir et sans espoir ou Lumière et plein d’espoir

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J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème qu’elle aura au préalable défini.

Thème de la semaine : Noir et sans espoir ou Lumière et plein d’espoir

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Pour ce thème, j’avais envie de vous parler d’Une mère d’Alejandro Palomas, mais vous ayant déjà présenté le roman dans un article Premières lignes et publiant ma chronique demain, je ne voulais pas risquer l’effet overdose. Pour le côté noir et sans espoir, il y a bien la BD Jolies ténèbres, mais j’ai déjà joué cette carte…

J’ai donc décidé de vous parler d’un livre qui n’est pas considéré comme un « feel-good », mais qui m’a pourtant procuré les mêmes sensations : Le discours d’un roi.

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« Ce scénario retrace l’histoire authentique du roi d’Angleterre George VI (1895-1952) atteint d’un lourd bégaiement.
C’est l’improbable et émouvante amitié qui va se nouer entre un souverain britannique devant vaincre son handicap et l’orthophoniste australien qui va le soigner.
Une brillante fresque historique où défilent des personnages illustres, interprétés par de merveilleux acteurs. »

Pourquoi ce choix ?

Je triche un peu dans le sens où plus que le roman qui n’est en réalité qu’un scénario, c’est le film que je vous enjoins à découvrir si ce n’est pas déjà fait. Vous y trouverez du courage, de l’espoir, de l’amour sous différentes formes (marital, amical, de sa nation..), de l’humanité. En d’autres termes, vous y trouverez de la lumière.

Le scénario est sympathique, mais il n’a pas la force du film car il lui manque le jeu parfait des acteurs, la symbiose qu’ils ont réussi à atteindre et toute l’émotion qu’ils transmettent aux spectateurs. Le film est juste beau et touchant quand le scénario n’est qu’intéressant…

Enfin, si vous regardez le film (très bonne décision), je vous invite vraiment à le faire en version originale.

Et vous, vous avez vu le film et/ou lu le script? Qu’en avez-vous pensé ? Quelle version avez-vous préférée ?

Dans la forêt sombre et mystérieuse, Winshluss

Je remercie Lecteurs.com et Gallimard de m’avoir permis de découvrir, dans le cadre des explorateurs de la BD, Dans la forêt sombre et mystérieuse de Winshluss

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Angelo, jeune apprenti aventurier féru de zoologie, prend la route en famille pour rendre visite à sa mémé géniale qui est très malade. Mais sur l’aire d’autoroute où ils s’arrêtent, ses parents l’oublient et repartent sans lui ! Terrorisé, Angelo décide de couper à travers la forêt, où il se perd tout à fait…

Sa rencontre avec de fascinantes créatures – de la luciole obèse à l’ogre terrifiant – vont faire de son singulier périple une aventure fantastique.

  • Album: 160 pages
  • Editeur : Gallimard Jeunesse (20 octobre 2016)
  • Prix : 18€

AVIS

J’avais repéré cet ouvrage à la FNAC notamment attirée par sa luxuriante couverture et la beauté du livre-objet, mais je n’avais pas craqué en raison des illustrations qui ne correspondent pas forcément à ce que j’attends quand j’achète un album. Je recherche en général les beaux coups de crayons et les dessins soignés. Avec Dans la forêt sombre et mystérieuse, ce n’est pas ce genre d’illustrations que vous retrouverez, mais plutôt des dessins simples qui vont à l’essentiel et qui sont mis en valeur par un très beau travail de colorisation.

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A noter également que l’album est coupé en plusieurs parties et que chacune d’entre elles est annoncée par une illustration.

Si les dessins ne m’ont pas éblouie, je me suis néanmoins plongée dans l’histoire dès les premières pages de l’album. J’ai ainsi fait, avec plaisir et curiosité, la connaissance d’Angelo et de sa famille composée de ses parents, d’un frère « idiot » et d’une petite sœur coincée dans sa condition de bébé. Toute cette famille des plus banales est en route pour rendre visite à la grand-mère gravement malade quand un oubli sur une aire d’autoroute va contraindre Angelo à partir à l’aventure.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’Angelo va être gâté de ce côté-là ! Il va en effet enchaîner les situations périlleuses et les rencontres improbables, certaines amicales comme Fabien un « oiseau » particulier et d’autres parfois franchement désagréables comme un ogre décidé à ne pas laisser filer son repas. Heureusement, le jeune garçon saura se montrer débrouillard surmontant les unes après les autres les situations pleines de danger qui se présentent à lui d’autant qu’il pourra compter sur sa chance et ses amis de fortune.

Ces différentes péripéties fantastiques font incontestablement penser aux contes de notre enfance d’autant que l’auteur glisse, dans son album, quelques franches allusions que je vous laisserai le plaisir de découvrir. Néanmoins, à la différence des contes que nous connaissons tous plus ou moins, Dans la forêt sombre et mystérieuse possède une grosse touche humoristique qui rend la lecture très plaisante et très rapide. Vous vous surprendrez donc à sourire à de multiples reprises devant cette histoire presque effrayante, souvent amusante.

Quant à Angelo, c’est un jeune héros plutôt attachant qui porte bien son nom puisqu’il ne va pas hésiter à porter secours aux personnes ayant besoin de son aide tout en gardant à l’esprit son objectif final : se rendre au chevet de sa grand-mère qu’il semble adorer. Il faut dire que cette dernière a l’air franchement sympa et « cool ». Proche de ma grand-mère, j’ai, pour ma part, beaucoup aimé cette relation grand-mère/petit-fils même si elle n’est pas au centre de l’histoire, mais plutôt en filigrane. Seul petit défaut de notre mini héros, sa légère tendance à geindre dans les situations critiques, mais pour un enfant qui se retrouve seul perdu dans une forêt mystérieuse face à des créatures franchement bizarres voire inquiétantes, il s’en sort quand même très bien. Et puis, ses pleurs et ses craintes ne le rendent que plus crédible.

Si j’ai beaucoup apprécié Angelo, je dois reconnaître que mon coup de cœur va à un personnage secondaire que j’ai trouvé adorable autant dans l’apparence que dans la personnalité. Il s’agit de l’inimitable Fabien que j’aimerais beaucoup voir prendre son envol dans sa propre aventure.

En conclusion, si vous aimez les histoires avec du rythme, de l’humour et des rebondissements, Dans la forêt sombre et mystérieuse devrait vous plaire. Vous ne verrez pas les 160 pages défiler, pris dans le tournant des aventures d’Angelo menées tambour battant. Je vous invite donc à vous laisser tenter par cet univers particulier dans lequel l’auteur arrive à nous plonger rapidement et totalement grâce à un magnifique travail sur les couleurs et à la « simplicité » de son coup de crayon. Je mets des guillemets car je ne doute pas que sous cette apparente simplicité se cache beaucoup de travail.

Top Ten Tuesday #: 10 noms de personnages féminins que vous avez trouvés originaux

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »

Thème de la semaine : 10 noms de personnages féminins que vous avez trouvés originaux

Voici ma sélection de prénoms féminins originaux :

  • Amalia, Une mère de Alejandro Palomas : le prénom est peut-être courant en Espagne, mais pour ma part, je l’ai découvert dans ce roman.
  • Serafina, A Question of magic de E.D Baker
  • Belle, La Belle et la Bête de Mme Leprince de Beaumont
  • Hermione, Harry Potter de J.K. Rowling
  • Alara, La Flèche du Scythe de Sébastien Morgan
  • Fourmille de la série Ekhö
  • Rylin, Inaccessibles de Katharine McGee
  • Natty, Natty de Éric Corbeyran et Melvil
  • Hazel, La forêt des cœurs glacés de Anne Ursu
  • Enola, Enola et les animaux extraordinaires de Joris Chamblain et Lucile Thibaudier

Parmi tous ces prénoms, j’ai un petit faible pour Enola que je trouve plutôt joli.

Et vous, lequel préférez-vous ?

Premières lignes #1 : Une mère, Alejandro Palomas

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« J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre. « 

Pour ce premier rendez-vous, j’ai choisi Une mère d’Alejandro Palomas :

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Barcelone, 31 décembre. Amalia et son fils Fernando s’affairent en attendant leurs invités. En ce dîner de la Saint-Sylvestre, Amalia, 65 ans, va enfin réunir ceux qu’elle aime. Ses deux filles, Silvia et Emma ; Olga, la compagne d’Emma, et l’oncle Eduardo, tous seront là cette année. Un septième couvert est dressé, celui des absents.

Chacun semble arriver avec beaucoup à dire, ou, au contraire, tout à cacher. Parviendront-ils à passer un dîner sans remous ?

  • Broché: 320 pages
  • Éditeur : Le Cherche Midi (16 mars 2017)

PREMIÈRES LIGNES

Maman avait dit qu’elle s’occuperait des fleurs, mais avec toute cette agitation, elle a oublié de passer chez le fleuriste cet après-midi, donc il n’y en aura pas. Maintenant, elle compte des grains de raisin à côté de moi. Elle les détache précautionneusement de leur grappe, avec en fond sonore la radio qui braille triplement dans le petit appartement : dans le transistor posé près de l’évier, dans celui qu’elle a laissé allumé  dans sa chambre et enfin celui de la salle de bains qu’elle n’éteint que très rarement. Nous sommes assis à la table du séjour, elle est occupée à compter son raisin et moi à plier les serviettes en papier rouges à motifs de Noël, tandis que dans le four le velouté refroidit en même temps qu’une viande, censée être de la dinde, à l’apparence indéfinie.

POURQUOI CE CHOIX

J’ai choisi ce livre car c’est celui que je viens de terminer et que je l’ai tellement aimé que j’aimerais le faire découvrir à tout le monde. Sous fond de repas de famille, Alejandro Palomas nous offre une magnifique histoire pleine d’émotions dont le seul défaut est de se lire bien trop vite.

Livre de ma bibliothèque, date de lecture : avril 2017

Et vous, vous connaissez ce livre ? Il vous tente ?

Chronique à paraître…