Blues pour Irontown, John Varley

Je remercie les éditions Denoël de m’avoir fait parvenir Blues pour Irontown de John Varley.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d’être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu’on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu’il adore. Lorsqu’une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l’aider à retrouver celui qui l’a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n’a réellement envie d’aller de son plein gré : à Irontown…

Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l’auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.

Denoël (14 février 2019) – Collection Lunes d’encre – 272 pages – Broché (21,90€)
Ebook (15,99€) – Traducteur : Patrick Marcel –  Extrait en ligne

AVIS

Bienvenue chez Sherlock & Bach – Enquêtes privées discrètes, Sherlock étant un chien cybernétiquement augmenté, et Bach, un détective autoproclamé du nom de Christopher. Suite à la visite d’une cliente mystérieuse à laquelle on a, à son insu, inoculé une lèpre incurable, nos deux héros vont se lancer dans une enquête qui les conduira dans un endroit dont Chris garde de très très mauvais souvenirs : Irontown. Repère de tous les laissés-pour-compte, criminels, marginaux et autres joyeux lurons de la société, c’est le genre de lieu que l’on fuit comme la peste !

Le roman m’a surprise dans la mesure où je m’attendais à une enquête linéaire alors que l’auteur joue habilement entre l’enquête dans le présent et le passé de Chris. Cette incursion dans le passé de notre détective permet, en plus de découvrir ses blessures, de comprendre ce qui est arrivé durant la Grande Panne, un événement traumatisant qui pose un certain nombre de questions sur, entre autres, les dangers des intelligences artificielles et la dépendance de l’homme vis-à-vis de ces dernières… L’enquête en elle-même ne souffre d’aucun temps mort, l’auteur ne se perdant pas en palabres ni détours inutiles. Il vous réserve même un petit twist que je n’avais pas anticiper et qui permet de voir toute l’histoire sous un jour nouveau. On peut dire que John Varley a le sens du détail et de la mise en scène, et qu’il ne laisse rien au hasard, chaque élément finissant par s’emboîter et former un tableau d’ensemble inattendu.

Je ne suis pas une grande lectrice de science-fiction ayant toujours peur d’être submergée par une masse complexe d’informations. J’ai donc apprécié que l’auteur mette en place un univers simple et abordable par tous. Il prend le temps, petit à petit, de détailler les spécificités de Luna colonisée il y a longtemps après l’invasion de la Terre par des extraterrestres sans jamais se perdre dans de longues explications. Toutes les informations qu’il donne servent l’intrigue et permettent de mieux appréhender les tenants et aboutissants d’une enquête plus complexe qu’au premier abord. Il en résulte une immersion facile et totale dans ce monde où la technologie et les progrès scientifiques tiennent une place centrale. Envie de changer de sexe ou de vous inoculer une maladie soignable pour être à la mode ? Il suffit de demander et d’en avoir les moyens.

En plus d’un univers accessible même aux personnes ne lisant jamais de science-fiction, l’auteur met en place une narration alternée efficace et originale entre Chris et son chien-associé Sherlock dont on suit les pensées grâce à une traductrice. Celle-ci s’adresse d’ailleurs parfois directement aux lecteurs pour leur expliquer les difficultés de traduire certains concepts canins. Il faut dire que la fascination de Sherlock pour les odeurs ne lui facilite pas la tâche… L’auteur exploite à merveille cette double narration n’hésitant pas à changer son style en fonction du protagoniste au cœur de l’action. Alors que Chris s’exprime de manière posée, les phrases de Sherlock sont bien plus courtes et, surtout, plus « fleuries ». Je n’aime, en général, pas trop la vulgarité dans les romans, mais celle dont fait parfois preuve Sherlock ne m’a pas gênée puisqu’elle est cohérente avec son statut de chien.

Je dois d’ailleurs dire que si j’ai apprécié l’histoire, c’est avant tout l’utilisation d’un chien en tant que protagoniste qui a su me séduire ! Loin de ne faire que de la figuration, Sherlock tient un rôle de premier ordre dans le récit d’autant que cybernétiquement augmenté, il fait preuve d’une grande intelligence et de capacités qui dépassent de beaucoup celles d’un chien lambda. Conscient de son intelligence, Sherlock ne connaît pas le mot modestie et a tendance à considérer les deux pattes comme de gros benêts, mais il n’en demeure pas moins attachant et très drôle à condition d’adhérer à son humour. J’ai adoré suivre l’enquête à travers ses yeux ou plutôt grâce à son odorat puisque chien oblige, Sherlock saura utiliser brillamment son flair pour seconder Chris voire le sortir de situations délicates…

Face à un associé aussi particulier et haut en couleur, Chris m’a paru peut-être un peu fade. Même sa mère, une éleveuse de dinosaures volants, qui apparaît pourtant peu dans le roman m’a semblé plus remarquable… Bien que notre détective donne parfois un peu le sentiment de vivre dans sa propre bulle fortement inspirée des années 1930, il prend heureusement de l’épaisseur à mesure que son enquête progresse et que l’on découvre tout un pan de son passé. Un passé dont il n’a pas encore pansé toutes les blessures, mais vu les épreuves qu’il a endurées, difficile de le blâmer… Pas forte tête ni grosse gueule, l’intérêt de ce personnage réside, du moins pour moi, dans la dimension profondément humaine qu’il apporte au récit et dans la relation qu’il a su tisser avec Sherlock. Les amoureux des animaux ne devraient ainsi pas rester de marbre devant les liens forts qui unissent nos deux acolytes et la sincère affection qu’ils se portent. Vous verrez d’ailleurs que l’amour de Sherlock pour Chris qu’il place au centre de son monde est sans limite…

En conclusion, Blues pour Irontown nous offre une enquête prenante et plus complexe qu’au premier abord dans un univers de science-fiction accessible et immersif. En alternant les points de vue et en modulant avec succès sa plume en fonction de ses protagonistes, l’auteur met en scène un duo touchant qui devrait marquer les esprits des lecteurs. Si vous aimez les enquêtes teintées d’un humour qui a du chien ou les chiens qui ont de l’humour, vous devriez passer un bon moment de lecture.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou en ligne

 

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Throwback Thursday Livresque #114 : les couleurs – rose, violet

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Organisé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine.


Cycle : les couleurs

  • Semaine 5 : noir, blanc, gris
  • Semaine 6 : jaune, orange, rouge
  • Semaine 7 : rose, violet
  • Semaine 8 : vert, marron, ocre
  • Semaine 9 : bleu

Pour ce thème, j’ai hésité entre plusieurs titres avant d’opter pour un ouvrage que j’ai très peu vu circuler sur la toile : Séoul, visages d’une ville.

dsc_06181Séoul, visages d’une ville est un essai issu du documentaire de Gina Kim Faces of Seoul
(2009, en anglais et coréen).
Le dispositif en est simple en apparence : la réalisatrice coréenne revient régulièrement à Séoul, qu’elle a quitté, pour voir sa famille, et à chaque retour, elle tourne des vidéos de ses promenades et rencontres, comme on tiendrait un journal intime. De cette masse d’images anodines et accidentelles, elle tire un montage vidéo sur lequel elle tisse un commentaire inspiré sur la ville.
Son enquête dans cette ville à la fois familière et étrangère aboutit ainsi à une méditation sur le statut de la représentation et de l’art, le souvenir, l’identité, le rapport au père. Elle y découvre qu’un film d’art et d’essai, comme une ville, une photo et toutes les formes de représentations qui ont un support physique, relient la présence du présent avec le fantasme du passé, la réalité et le désir, nous et les autres. Car les villes, comme les films et les photos, nous articulent à ce qui n’est pas nous, nous complètent et nous font nous rencontrer dans nos solitudes…

Pourquoi ce choix ?

D’abord pour la couverture très très rose ! Puis parce que je lis très peu d’essais et que je désirais donc mettre celui-ci en avant d’autant qu’il parle d’un pays que j’aimerais beaucoup visiter, la Corée du Sud, et plus particulièrement d’une ville qui me fascine, Séoul. Nous suivons ainsi la narratrice qui déambule dans la ville de son enfance et qui nous fait part de ses différentes pensées et réflexions…

En plus d’être original sur le fond, cet ouvrage l’est également dans sa forme : il s’agit de la retranscription d’un essai vidéo. Cela se traduit notamment par une très belle mise en page enrichie de différentes photos et de flash codes.

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Pour en apprendre plus sur Séoul, visages d’une ville, je vous invite à lire ma chronique dont voici la conclusion :

Séoul, visages d’une ville est un essai qui plaira à toutes les personnes curieuses de découvrir les différentes facettes de Séoul, vue par Gina Kim, dans le temps ou l’espace. Il permet une incursion intéressante et vivante dans l’esprit d’une femme qui, sans se perdre dans un passé révolu, prend le temps d’observer, de confronter la Séoul de ses souvenirs avec celle du présent et d’en tirer des réflexions parfois teintées de philosophie, mais toujours très personnelles.

Et vous, ce livre vous tente-t-il ?
Quel ouvrage auriez-vous choisi ?

Miss Annie, Flore Balthazar – Frank Le Gall

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Curieuse et malicieuse, Miss Annie est prête à braver tous les interdits pour découvrir le vaste monde autour de la maison familiale. Elle nous raconte son quotidien de chat, en brocardant avec tendresse les travers de ses humains de maîtres.

Franck Le Gall et Flore Balthazar livrent là un album plein de fraîcheur et de drôlerie, nourrie à n’en pas douter d’une solide observation du chat de la maison !

Dupuis (18 juin 2010) – 80 pages – Album cartonné – 14,50€

AVIS

Un chat sur la couverture, il n’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet album d’autant qu’il convenait parfaitement au thème de février du Challenge Lire en thème : lire un livre avec un prénom dans le titre.

Découpé en six parties, cet album nous permet de faire la connaissance d’une chatonne de presque cinq mois, Miss Annie. Voir la vie de sa famille humaine à travers ses yeux est un pur régal, notre minette ayant une manière bien à elle d’interpréter les actions des deux pattes de son foyer.  Avec elle, par exemple, le métier d’écrivain perd quelque peu de son glamour…

Comme vous l’aurez compris, le livre est bourré d’humour et m’a souvent fait sourire. Il faut dire que Miss Annie, en plus d’être impertinente, n’est pas économe en bêtises. Quel plaisir de la voir partir en chasse de ce terrible ennemi qui trône dans un vase, préparer la séance de tricot de sa maîtresse en déroulant sa bobine de laine ou encore, favoriser l’inspiration de son maître en redécorant son bureau… Petite par la taille, Miss Annie, ne l’est pas par sa « présence » ! Si vous avez la chance et le bonheur d’avoir un chat, je suis certaine que certaines de ces facéties devraient vous rappeler quelques souvenirs que je n’aurai peut-être pas l’audace de qualifier de bons. Même ma fana attitude envers les poilus a ses limites.

Cet emploi du temps chargé n’empêche pas notre chipie de se lier d’amitié avec une souris à laquelle elle donne même un nom ! Une amitié étrange au regard de la relation de proie/ chasseur entre ces deux espèces, mais que voulez-vous, Miss Annie n’est pas comme les autres… Pour ma part, j’ai trouvé très attachante cette petite souris qui rêve de trouver l’âme sœur et de construire sa propre famille. Venant de l’extérieur et connaissant tous ses dangers, elle se révèle également une amie attentionnée puisqu’elle fait tout son possible pour dissuader son amie féline de sortir. Mais Miss Annie rêve de liberté et d’aventures et les mises en garde de son amie ne suffiront pas à la faire renoncer à son envie de mettre le museau dehors. Il en faut bien plus pour l’effrayer !

Elle sera heureusement prise en affection par Zénon, un vieux matou, et Mademoiselle Rostropovna, une chatte au port princier, qui lui apprendront, à son corps défendant, les règles de la rue. Commencera alors pour Miss Annie une nouvelle vie faite de doux moments de repos à la maison et d’aventures périlleuses à l’extérieur. De sorties nocturnes sur les toits en balades dans un jardin peu avenant en passant par la rencontre avec une bande de matous hostiles, Miss Annie profitera avec enthousiasme de sa liberté.

Ces sorties lui apporteront beaucoup de plaisir, notre minette adorant se dégourdir les pattes, découvrir ce monde du dehors qui regorge de nouveautés, et partager des moments avec ses deux amis. Mais Miss Annie sera aussi confrontée à la réalité de la rue : les dangereuses voitures, bien que Zénon rappelle que ces engins ne sont dangereux que lorsqu’ils abritent un humain derrière le volant, les chiens et leurs maîtres qui n’aiment pas forcément les chats, les bagarres de territoire parfois sanglantes… L’auteur n’épargne donc pas notre minette qui devra faire face à un drame, mais qui le surmontera avec tout l’aplomb dont savent faire preuve les chats.

Au-delà de l’amitié, il est aussi question d’amour dans ce livre, notre belle minette ne laissant pas les matous du quartier indifférents. Mais rassurez-vous, ces maîtres veilleront à ce qu’elle soit stérilisée, ce qui ne l’empêchera pas de trouver un matou avec lequel partager ses balades. Ayant fait partie d’une association venant en aide aux chats des rues, j’ai été particulièrement sensible à ce point, la stérilisation étant un enjeu majeur dans la protection animale.

Quant aux graphismes, j’aurais peut-être apprécié un peu plus de rondeur, mais ils n’en demeurent pas moins plaisants à découvrir d’autant qu’ils collent parfaitement à l’intrigue. J’ai également apprécié la sobriété de la palette de couleurs et le travail effectué sur le mouvement qui renforce le sentiment de suivre Miss Annie dans ses pérégrinations.

En conclusion, amitié, aventures, humour, action, rien ne manque à cet album que je conseille à tous les amoureux des chats. Ce fut un véritable plaisir de suivre Miss Annie dans sa tumultueuse et mouvementée vie au cours de laquelle elle vivra de belles et périlleuses aventures et rencontrera des personnages plus ou moins sympathiques.

Retrouvez l’album chez votre libraire ou en ligne

 

 

Top Ten Tuesday #121 : 10 livres reçus en cadeaux

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Voici 10 livres reçus en cadeaux, certains étant des surprises de mes copinautes (merci Satoru, June et Karine), et d’autres des cadeaux de mes proches.

Couverture Black Butler : Artworks, tome 1

Couverture Harry Potter : Un monde de magieCouverture L'Art de Harry Potter

Couverture Philocomix

Couverture Les furiesCouverture Un certain M. Piekielny

Et vous, est-ce qu’on vous offre souvent des livres ou votre entourage n’ose pas ?

Premières lignes #70 : Blues pour Irontown, John Varley

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J’ai décidé de participer au rendez-vous Premières lignes, initié par Ma lecturothèque, dont le principe est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai chois de vous présenter les premières lignes de ma dernière lecture : Blues pour Irontown de John Varley. Ce roman me sort clairement de ma zone de confort, mais j’ai été intriguée par son résumé et la mention d’un chien de nom de Sherlock !

Christopher Bach était policier lors de la Grande Panne, ce jour où le Calculateur central, qui contrôle tous les systèmes de survie sur Luna, a connu une défaillance fatale. La vie de Chris a alors irrémédiablement basculé, et il essaie désormais d’être détective privé. Assisté de son chien cybernétiquement augmenté, Sherlock, il tente de résoudre les quelques missions qu’on lui confie en imitant les héros durs à cuire qui peuplent les livres et films noirs qu’il adore. Lorsqu’une femme entre dans son bureau et prétend avoir été infectée volontairement par une lèpre incurable, Chris est tout disposé à l’aider à retrouver celui qui l’a contaminée. Mais il va vite déchanter en comprenant que son enquête doit le mener là où personne n’a réellement envie d’aller de son plein gré : à Irontown…

Blues pour Irontown est un mélange détonant de roman noir et de science-fiction. Situé dans le même univers que les précédents ouvrages de l’auteur, notamment Gens de la Lune et Le Système Valentine, parus chez Denoël, il marque le retour, tant attendu, de John Varley à son meilleur.

PREMIÈRES LIGNES

La frangine entra dans mon bureau comme une brise chaude exhalée par le Pacifique. En d’autres circonstances, je l’aurais invitée à danser le jitterbug toute la nuit sur la jetée de Santa Monica, au swing de la clarinette d’Artie Shaw et des Gramercy Five.
Mais une paralèpre, ça gâche.
Elle était habillée à la mode rétro-Noir. Son visage se limitait à une forme vague derrière une épaisse voilette accrochée à un chapeau chargé de ce qui ressemblait bien à un paon. Pas seulement les plumes : le paon au complet. Son corsage portait des fronces à la gorge et sa veste était suffisamment rembourrée aux épaules pour qu’on puisse y poser deux verres de martini. Ses escarpins, aux talons carrés de dix centimètres, étaient ouverts au bout et découvraient deux ongles vernis de carmin. J’étais tout disposé à parier que ses bas arboraient une couture à l’arrière.
Non que je sois le mieux placé pour me ficher d’elle. Elle pouvait très bien s’être habillée ainsi pour s’assortir au décor. Mon bureau lui-même aurait pu avoir été transporté en totalité d’une autre époque par une machine à voyager dans le temps.

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?

 

 

In My Mailbox #106

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


ACHATS D’OCCASION

  • Le Baron Noir d’Olivier Gechter :

Paris, 1864, la France domine l’Europe, le progrès semble sans limites. Portés par la puissance de la vapeur, la capitale et le pays tout entier se sont développés. Dans cette France dirigée par le président Bonaparte, Antoine Lefort est un jeune magnat influent de l’industrie florissante. Il est aussi le mystérieux Baron noir, justicier et protecteur de la nation. Dans la nuit rôde un héros en armure… Accompagné du dévoué Albert, de son ami ingénieur Clément Ader et de l’inventeur fou Louis-Guillaume Perreaux, Antoine Lefort devra déjouer les nombreuses machinations qui se trament dans l’ombre s’il veut empêcher la destruction de son pays et de tout ce en quoi il croit. Anarchistes, maître-espion et tueuse féline au fouet d’acier, tous oeuvrent à l’anéantissement du héros en armure. Un héros steampunk explosif ! Le Baron noir est à la croisée des genres, entre récit d’espionnage et de super-héros dans une France uchronique et steampunk. Ajoutez-y une pincée de politique, un morceau d’explosif et un zeste de séduction dans une intrigue diablement efficace, et vous obtiendrez un délicieux moment de lecture plein d’aventures et de rebondissements !

  • Le dernier Hiver de Samwise Didier :

Un roman fantasy épique et richement illustré sur l’univers de World of Warcraft !

Dès la mort de Sprign, déesse et créatrice des Pandarens et des autres créatures de Mistgard, l’île est attaquée par des géants de feu et de glace sans pitié venus d’autres contrées. Les 8 clans doivent unir leurs forces pour défendre leur territoire. Menés par les aînés des Pandarens, les clans doivent se diriger vers Aesirmyr Peaks pour une dernière confrontation. Alors que l’hiver envahit Mistgard, les Pandarens vont devoir dépasser leurs préjugés pour espérer voir Lord Wintyr et le Roi Sumyr rejoindre la bataille.

  • Father Christmas and me de Matt Haig :

LET THE BATTLE FOR CHRISTMAS BEGIN

It isn’t always easy, growing up as a human in Elfhelm, even if your adoptive parents are the newly married Father Christmas and Mary Christmas.

For one thing, Elf School can be annoying when you have to sing Christmas songs everyday – even in July – and when you fail all your toy-making tests. Also it can get very, very cold.

But when the jealous Easter Bunny and his rabbit army launch an attack to stop Christmas, it’s up to Amelia, her new family and the elves to keep Christmas alive. Before it’s too late . . .

EBOOKS

Le Dernier Descendant: Tome I par [Jones, Amelia]Les aventures de la fée Paillette par [Ka, Lara Lee Lou]

Embers (Wings of War Book 1) (English Edition) par [Hopkins, Karen Ann]Le royaume de la forêt: T1 - Le dieu pervers par [Sauw, Erika]

SERVICE PRESSE

Merci aux éditions De Borée pour cette très jolie encyclopédie jeunesse.

Quelle est la différence entre un paresseux et un koala ? A quoi ressemblent les cousins de nos chiens et de nos chats ? Quels sont les groupes de mammifères les plus importants ? Grâce à ce livre, tu connaîtras les réponses à ces questions et à de nombreuses autres sur le thème de la faune et de la biologie. Tu trouveras des informations passionnantes sur le monde animal : viens découvrir quels sont les habitats des singes ou comment la taupe creuse ses galeries. Observe le squelette et l’anatomie d’une girafe et plonge dans l’univers sous-marin des baleines, des phoques et des dauphins. Des textes bien documentés et plus de 200 images te montreront les espèces de mammifères les plus importantes.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL  ?

La Geste des Braves: La Guerre des Rois, Fox Miliveles

Je remercie Fox Miliveles de m’avoir fait parvenir, en service presse, son roman La Geste des Braves : La Guerre des Rois.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Après cinq ans de famine, de malheur et de guerre, le royaume d’Enselant est plongé dans le chaos. À bout de forces, son peuple se raccroche à une ancienne prophétie qui annonce la chute du roi Sicard et le retour à la lumière. Bientôt vont s’affronter les armées du souverain et celles d’un jeune chevalier qui a pris la tête de la révolte. Brave et fier, il incarne un espoir de renouveau, dont la force emporte comme une vague l’ancienne dynastie.
Mais tout juste arrivé au pouvoir, le jeune Lodève comprend que la partie n’est pas encore jouée, car à chaque nouveau pas sa couronne vacille, tandis que les envieux décomptent les jours jusqu’à sa chute. Les cinq braves qui l’entourent sauront-il l’aider à défendre son règne et à imposer sa lignée ?
Plongez dans l’ombre du pouvoir et découvrez le grand dessein qui bouleversera à jamais l’histoire des Cinq Royaumes.

Bookelis (29 juin 2018) – 286 pages – Broché (11,90€)

AVIS

Avant de commencer, je tiens à souligner la beauté de cette couverture signée Tiphs qui est encore plus belle en réalité que sur la photo ! J’ai aussi beaucoup apprécié le format du roman qui rend la prise en main du roman très agréable et confortable.

Le résumé du livre proposé par l’autrice est très fidèle à l’histoire, mais allez savoir pourquoi, j’avais imaginé un tout autre récit… Or la dernière phrase, « plongez dans l’ombre du pouvoir », est très juste, Fox Miliveles nous narrant l’arrivée au pouvoir, et surtout sa lutte pour le conserver, du jeune Lodève. Si je ne suis en général pas une grande fan des romans abordant ce thème, je n’ai ici pas vu défiler les pages. Il faut dire que l’autrice arrive à captiver son lectorat dès les premières pages avec un passage très visuel.

Le reste du roman est beaucoup plus calme au niveau de l’action pure, mais ne tombe jamais pour autant dans le rasoir, bien au contraire. Les enjeux se déplacent juste du terrain à la cour où une bataille politique âpre et pleine de tensions s’engage. Tout juste couronné, Lodève se rend très vite compte qu’il ne pourra pas se reposer sur ses lauriers pour conserver son trône et instaurer sa propre dynastie, des dissensions et autres menaces ne cessant d’émerger, et de menacer le nouvel ordre établi.

Dans son accession au pouvoir et dans sa nouvelle vie de souverain, Lodève est entouré de différents personnages, mais très vite, deux d’entre eux se distinguent vraiment pour des raisons bien différentes. Cela ne signifie pas que les autres ne servent à rien, mais plutôt que l’autrice les utilise pour insuffler une dynamique de groupe qui apporte un certain crédit et réalisme à son récit. Le fait de resserrer l’intrigue sur une poignée de personnages présente, en outre, un avantage non négligeable, faciliter la lecture. Il est ainsi aisé de se rappeler le rôle des personnages principaux et leurs traits de personnalité.

À cet égard, j’ai apprécié de découvrir des personnages souvent nuancés et plutôt complémentaires. Il y a ainsi les alliés de circonstance qui ne semblent pas toujours si amicaux que cela, un roi pris dans les arcanes du pouvoir et qui en vient à prendre des décisions d’une terrifiante froideur sans pour autant être un monstre, une reine qui ne se contente pas de jouer la potiche tout en reconnaissant les limites de son pouvoir et influence, l’ami-conseiller qui n’est pas aveugle face aux égarements de son souverain… Le roman étant relativement court, la personnalité de chacun n’est pas développée outre mesure, mais suffisamment pour poser chaque personnage sur le jeu de l’échiquier politique.

Au-delà d’un personnage dont j’ai adoré l’intelligence, la sagesse et la modération, c’est le traitement des personnages féminins qui a surtout éveillé mon intérêt. Il se dégage de cet ouvrage un certain féminisme, l’autrice ayant su réserver une place de choix à certaines femmes tout en le faisant de manière très réaliste. La reine Astia n’est pas dépeinte en super-héroïne, mais comme une femme intelligente qui ne se cantonne pas au rôle symbolique que sa lignée lui octroie. Bien au contraire, elle va essayer de s’impliquer dans les affaires du pays, et ne pas hésiter à changer de stratégie en comprenant que son influence ne se joue pas forcément sur le devant de la scène. J’ai adoré l’humanisme de cette femme et sa manière de se projeter avec intelligence dans le futur pour aider ses enfants à l’affronter. Je ne sais pas si ses rêves d’égalité deviendront un jour réalité au royaume d’Enselant, mais si tel est le cas, elle aura indubitablement participé à cette évolution sociétale. Un autre protagoniste féminin tire son épingle du jeu et a été un quasi-coup de cœur pour moi, mais difficile d’en parler sans vous gâcher le plaisir de la découverte… 

Le roman, en plus d’être très prenant, sonne également très vrai : ancré dans un univers imaginaire, il est tellement réaliste que le livre aurait pu, du moins pour ce premier tome, narrer les aventures d’un réel souverain et de sa lutte pour maintenir son pouvoir et son royaume à flot. On retrouve donc des thèmes ayant marqué notre propre histoire : la condition de la femme dans la noblesse et les mariages organisés, la quête d’une descendance royale, les jeux d’alliances, la guerre et le difficile maintien de la paix, la superstition et la religion… Le fait de nous dépeindre un univers imaginaire fortement inspiré de notre histoire facilite l’immersion dans le récit, et permet à l’auteure de faire l’impasse sur une avalanche de détails superflus. Elle a donc réussi à développer une histoire immersive sans pour autant la complexifier par de longues descriptions. Ce point devrait plaire aux lecteurs aimant les récits allant droit à l’essentiel.

Le livre est mené tambour battant, chaque événement ou plutôt, chaque intrigue de cour, chaque problème, chaque question quant au devenir du royaume, s’enchaînant les uns après les autres. Ne vous attendez donc pas à des batailles épiques à chaque page ou à des aventures trépidantes, mais plutôt à découvrir les coulisses de la vie de château d’un roi luttant pour conserver le trône, de sa famille, et de ses proches… Cela aurait pu être ennuyeux ou difficile à suivre, mais grâce à la plume percutante de l’autrice, la lecture est d’une grande fluidité. Avec un vocable précis et recherché, mais jamais pédant, une plume tout en finesse, des descriptions réalistes, mais concises, et de nombreux dialogues, elle vous plonge sans réserve dans son univers médiéval traditionnel sur lequel se lève un vent de renouveau… 

Petit bonus, une carte en fin d’ouvrage !

En conclusion, Fox Miliveles vous propose ici un roman entraînant qui vous plonge dans un univers médiéval très réaliste. Aux côtés des traditionnelles scènes de combat qui sont ici parfaitement orchestrées et maîtrisées, l’autrice vous offre également une plongée palpitante et sous tension dans les arcanes du pouvoir. Entre luttes sur le terrain et luttes dans les coulisses, laissez-vous séduire par cette épopée marquant l’avènement d’une nouvelle dynastie à moins que ce ne soit celle de sa chute…

Découvrez le roman sur Bookelis ou commandez-le chez votre libraire.

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