Owlcrate (décembre 2020) : Love is a battlefield

OwlCrate December 2020 'LOVE IS A BATTLEFIELD' Box

J’avais décidé d’arrêter de commander des box littéraires anglo-saxonnes parce que d’une part, les goodies tendent à être redondants (ne désirant pas ouvrir un tripot, je n’ai pas besoin de 10 jeux de carte aussi beaux soient-ils), et que les livres dorment dans ma PAL (bon, soyons honnêtes, cela ne m’empêche pas d’acheter à tire-larigot des livres en français qui s’entassent et penchent plus que la tour de Pise).

Puis, j’ai vu le message d’Owlcrate annonçant le réassort de la box de décembre, j’ai découvert le thème du mois (si vous n’êtes pas au courant, j’ai développé une obsession étrange pour les romances ennemies-to-lovers) et j’ai lu le mot puzzle, ma dernière lubie en date. Bref, j’ai craqué !

Et je dois dire que je ne le regrette pas, les goodies étant plutôt sympathiques : une crème pour les mains, un puzzle, un mini-rouleau à pâtisserie pour faire de jolis motifs, une décoration de Noël, un pins, des jambières (et accessoirement, un petit voyage dans les années 90). Seul petit bémol, en faisant le puzzle, je me suis rendu compte qu’il manquait une pièce.

Puzzle Owlcret December

Goodies Owlcrate december 2020

Quant au roman, il est magnifique !

These Violent Delights Owlcrate December

The year is 1926, and Shanghai hums to the tune of debauchery.

A blood feud between two gangs runs the streets red, leaving the city helpless in the grip of chaos. At the heart of it all is eighteen-year-old Juliette Cai, a former flapper who has returned to assume her role as the proud heir of the Scarlet Gang—a network of criminals far above the law. Their only rivals in power are the White Flowers, who have fought the Scarlets for generations. And behind every move is their heir, Roma Montagov, Juliette’s first love…and first betrayal.

But when gangsters on both sides show signs of instability culminating in clawing their own throats out, the people start to whisper. Of a contagion, a madness. Of a monster in the shadows. As the deaths stack up, Juliette and Roma must set their guns—and grudges—aside and work together, for if they can’t stop this mayhem, then there will be no city left for either to rule.

These Violent Delights Owlcrate DecemberThese Violent Delights Owlcrate December

Et vous, aimez-vous les box littéraires ?
Que pensez-vous du contenu de cette édition ?

Le dernier des loups, Sébastien Perez et Justine Brax (illustrations)

Le Dernier des loups par Perez

Milo est un jeune garçon courageux. La Grande Guerre des hommes contre les loups n’a pas laissé de survivant dans son village. Archer aguerri, il décide de partir affronter le Dernier des Loups. Sa longue traque le mènera hors des sentiers battus et le combat qu’il livrera ne sera pas celui qu’il avait imaginé… l’obligeant à regarder, à admettre et à respecter la vie sauvage.

À partir de 6 ans – Albin Michel (2 septembre 2020) – 19€

AVIS

Comment ne pas être subjugué par la magnifique couverture de cet album jeunesse grand format ? Un format qui représente à merveille l’ampleur de la tâche de Milo, le meilleur des apprentis archers : tuer le dernier des loups. Tuer l’unique survivant de la Grande Guerre ayant opposé humains et loups, Homme et Bête…

Afin de protéger sa mère et son village, il se lance donc courageusement sur les traces de ce loup qui menace les siens avec la ferme intention de faire couler le sang une toute dernière fois. Mais est-ce réellement là la seule solution à apporter ou ce périple n’est-il pas seulement guidé par la peur ? Et si la quête de Milo n’était pas celle qu’il croyait et qu’au bout du chemin, une autre voie s’ouvrait à lui ?

J’ai été très touchée par le message de l’auteur qu’il amène avec grâce, poésie et délicatesse que ce soit à travers le voyage de Milo, le texte ou les illustrations. À cet égard, l’une d’entre elles m’a frappée par sa justesse et la manière dont elle met en parallèle les hommes et les loups.

Cet album, bien qu’à destination des enfants, saura toucher tous les lecteurs, a fortiori ceux sensibles à la cause animale parce que si nous sommes ici dans une œuvre de fiction, la méfiance des hommes envers les loups reste, quant à elle, bien réelle. Il suffit de voir les préjugés encore tenaces envers cet animal et la volonté non cachée de certains de les exterminer à la moindre occasion. C’est peut-être d’ailleurs cette réalité qui donne une telle force à cette histoire et lui confère une certaine universalité, cette peur des loups et le cycle de la haine qu’elle engendre, pouvant se transporter à bien d’autres choses…

Quant aux illustrations, elles sont de toute splendeur et émerveilleront, sans aucun doute, petits et grands lecteurs. L’illustratrice oscille entre les tons bleus et froids de l’hiver avec des teintes plus agressives de rouge qui, tour à tour, représentent l’envie de sang, mais aussi le renouveau et l’espoir de jours plus chaleureux.

Le dernier des loups.

Ce que Sébastien Perez suggère à l’aide d’une plume poétique et immersive, Justine Brax le met en forme par un jeu sur les volumes et une certaine profondeur, qui donne le sentiment aux lecteurs d’être plongés au cœur de la nature et de la forêt. Mais ce qui frappe avant tout dans ce sublime ouvrage, c’est l’utilisation discrète et harmonieuse de l’argent et son éclat pour guider la lecture. Ainsi, cette couleur sert de fil conducteur à une intrigue qui nous pousse progressivement à abandonner l’envie de sang au profit d’une compréhension mutuelle, voire d’un sentiment bien plus beau et profond…

Un beau message d’espoir et de paix qui, je l’espère, saura conquérir les jeunes et moins jeunes lecteurs, Le dernier des loups faisant partie de ces livres que l’on peut lire et relire à tous les âges. Pour ma part, je ne peux que vous conseiller de vous laisser bercer par l’imaginaire de l’auteur et la beauté avec laquelle l’illustratrice le retranscrit.

Throwback Thursday Livresque : coup de cœur de 2020

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Mes coups de cœur sont extrêmement rares et se comptent bien souvent, d’une année à l’autre, sur les doigts de la main. Fort heureusement, cela ne m’empêche pas de faire de très bonnes lectures…

Parmi mes quelques coups de cœur de l’année dernière, il y en a un auquel je continue à penser régulièrement : Préférer l’hiver d’Aurélie Jeannin.

Couverture Préférer l’hiver

À distance du monde, une fille et sa mère, recluses dans une cabane en forêt, tentent de se relever des drames qui les ont frappées. Aux yeux de ceux qui peuplent la ville voisine, elles sont les perdues du coin. Pourtant, ces deux silencieuses se tiennent debout, explorent leur douleur et luttent, au coeur d’une Nature à la fois nourricière et cruelle et d’un hiver qui est bien plus qu’une
saison : un écrin rugueux où vivre reste, au mépris du superflu, la seule chose qui compte.
Dans un rythme tendu et une langue concise et précise qui rend grâce à la Nature jusqu’à son extrémité la plus sauvage, Aurélie Jeannin, dont c’est le premier roman, signe un texte comme une mélancolie blanche, aussi puissant qu’envoûtant.

Ce roman ne plaira pas à tous, mais pour ma part, je me suis laissée transporter par sa force, sa beauté brute, la magnifique plume de l’autrice et cette ambiance si particulière qu’elle a su insuffler à son récit. Beau, poignant et magistral, Préférer l’hiver est un roman qui marque !

Pour en apprendre plus, je vous invite à lire mon avis dont voici la conclusion :

Aurélie Jeannin nous propose un magnifique texte aussi fort et fascinant que la nature qui entoure deux femmes blessées, mais non brisées, dont on suit la vie avec une respectueuse attention. Un rythme calme et intense à la fois pour un huis clos mère/fille, une réflexion sur la nature, le temps qui passe, la solitude, la famille, le deuil, la résilience et la nécessité de vivre l’instant présent sans pour autant se couper de son passé, aussi difficile soit-il. N’est-ce d’ailleurs pas la condition sine qua non pour choisir, en pleine conscience, de préférer l’hiver sans se perdre dans ses frimas ?

Magnifique dans sa singularité, voici un premier roman foudroyant et d’une poésie à la portée quasi philosophique !


Dans un registre très différent et beaucoup plus léger, je vous propose également de vous laisser séduire par La petite bûche, un album jeunesse truculent ! D’un côté, on a un ours apprenti écrivain qui essaie comme il le peut de taper à la machine avec ses grosses pattes, et de l’autre, un écureuil qui tente de corriger les erreurs de son ami, d’un ton parfois assez professoral. C’est drôle, tendre et loufoque. Bref, c’est à lire !

Couverture de La petite bûche

Illustration La petite bûche

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?

L’anti-lune de miel, Christina Lauren

Quand deux ennemis jurés partent en (faux) voyage de noces à Hawaï, tout peut arriver… même de trouver l’amour.

Olive Torres s’est habituée à être la jumelle malchanceuse : mésaventures inexplicables, licenciement récent.. elle semble comiquement poursuivie par la guigne. Sa sœur Ami, au contraire, incarne l’éternelle gagnante, au point même de parvenir à financer l’intégralité de son mariage en remportant des jeux concours. Malheureusement pour Olive, il y a pire que sa malchance chronique : elle se voit forcée de passer toutes les festivités de la noce en compagnie d’Ethan Thomas, le témoin du marié (et son ennemi juré)….

Olive se prépare à vivre un enfer, déterminée à faire bonne figure. Mais lorsque tous les invités sont victimes d’une intoxication alimentaire, la fête vire au cauchemar, et, seuls, Olive et Ethan s’en sortent indemnes. Soudain, une lune de miel tous frais payés se trouve à portée de main, et Olive préférerait mourir plutôt que de laisser Ethan profiter du paradis sans elle.

Convenant d’une trêve temporaire, ils s’envolent tous les deux pour Maui. Après tout, dix jours de bonheur valent bien la peine de jouer au couple de jeunes mariés amoureux, n’est ce pas ? Mais étrangement, faire semblant dérange de moins en moins Olive. En réalité,elle se sentirait presque assez… chanceuse, pour une fois !

Hugo Roman (11 juin 2020) – 356 pages – Broché (17€)
Traduction : Margaux Guyon

AVIS

Ayant entendu beaucoup de bien du duo Christina Lauren, j’ai eu envie de le découvrir à travers une romance ennemies to lovers, un schéma qui me plaît toujours beaucoup. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue par cette lecture qui m’a fait passer un très bon moment de divertissement et offert ce dépaysement que le contexte actuel rend bien difficile dans la vraie vie.

Quand sa jumelle porte la chance en étendard, Olive a la malchance en meilleure amie. Et même quand une opportunité inattendue s’offre à elle, il y a une contrepartie exaspérante : supporter, le temps d’une fausse lune de miel à Hawaï, son plus grand ennemi, le frère de l’homme que sa sœur vient d’épouser. Ethan n’est pas plus enchanté à l’idée de jouer l’époux de sa meilleure ennemie, mais il est hors de question pour lui de laisser passer cette chance d’évasion. Après tout, il a besoin de vacances, et ce serait stupide de ne pas profiter de ces vacances tous frais payés dans un endroit paradisiaque, alors que son frère et sa belle-sœur sont trop malades pour en profiter !

Mais sur place, les choses ne vont pas se passer comme prévu et les deux ennemis vont devoir pousser la farce du faux mariage bien plus loin qu’ils ne l’avaient prévu. Bien que les coïncidences soient un peu grosses pour être réalistes, je me suis régalée de voir les deux personnages s’enliser dans leurs mensonges d’autant que ceux-ci vont les contraindre à passer beaucoup de temps ensemble, et à multiplier les activités pour donner le change. Les deux personnages ayant la langue bien acérée, leurs échanges vont se révéler aussi amusants que musclés ! Si vous aimez les relations haine amour, vous allez adorer les voir se chamailler, se lancer des piques cinglantes, se provoquer, mais aussi les voir se rapprocher bien malgré eux.

L’attirance physique qui existe entre eux va électriser le roman et nous offrir une certaine tension sexuelle qui ne tombe jamais dans la vulgarité. D’ailleurs, si vous vous attendez à de nombreuses scènes sous la couette, vous risquez d’être déçus. Ici, on est vraiment dans cette idée de tension qui monte progressivement jusqu’à ce que nos deux fortes têtes ne puissent plus nier l’évidence. Les taquineries agressives du début finissent ainsi par laisser place à une certaine complicité et de tendres moments qui ne manqueront pas de faire battre les cœurs… La tension physique et mentale et le rapprochement progressif entre Olive et Ethan sont vraiment les points qui rendent cette lecture addictive, et qui poussent les lecteurs à tourner les pages avec une certaine frénésie. Difficile de penser que deux personnes avec une telle alchimie aient pu se détester ! 

Mais au gré des événements et des flash-back, on découvre la source de l’animosité qui a longtemps rythmé les échanges entre nos deux protagonistes. Et si la haine du départ n’était pas due à une différence de tempérament, mais à quelque chose de bien plus pernicieux qui est venu enrayer une relation qui aurait pu être tout autre ? Sans entrer dans les détails pour ne pas vous gâcher le plaisir de la découverte, les autrices abordent des questions intéressantes comme les malentendus, les préjugés, mais aussi les liens familiaux et la toxicité de certaines relations fraternelles. À cet égard, Ethan m’a parfois agacée par son profond aveuglement tout comme la jumelle d’Olive dont l’une des réactions m’a révoltée et indignée. J’ai néanmoins trouvé leurs comportements intéressants pour montrer qu’il n’y a pas que l’amour entre deux amants qui rend aveugle, et qu’il faut parfois du temps et un électrochoc pour ouvrir les yeux sur des personnes de son entourage…

Mais rassurez-vous, les autrices nous épargnent les grands drames, préférant nous offrir une romance drôle et piquante à souhait qui, en plus de faire sourire, ne devrait pas manquer de faire battre votre cœur à l’unisson de deux personnages qui vont inexorablement se rapprocher. Beaucoup d’humour, du soleil, des cocktails, de l’amour et des personnages attachants à la langue acérée… Un programme parfait pour les vacances et/ou un moment d’évasion et de divertissement sans prise de tête !

Top Ten Tuesday : 10 romans dont vous avez vu l’adaptation cinématographique ou télévisuelle (que vous ayez lus ou non le roman)

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour le thème de la semaine, 10 romans dont vous avez vu l’adaptation, je me suis surtout centrée sur les classiques puisque de manière générale, ce sont les romans dont j’apprécie le plus de voir l’adaptation même si certaines sont plus convaincantes que d’autres…

Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l'Ecole des Sorciers par RowlingDivergente, tome 1 par RothHunger Games, tome 1 par Collins

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Couverture Orgueil et Préjugés et Zombies / Orgueil & Préjugés & ZombiesOrgueil & préjugés - édition collectorEmma (édition collector)

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Et vous, quelles sont les adaptations que vous avez vues et/ou préférées ?

Nico Bravo et le chien d’Hadès (tome 1), Mike Cavallaro

Nico Bravo, Tome 1 : Et le chien d'Hadès par Cavallaro

Un problème ? A la boutique céleste de Vulcain, vous pourrez trouver toutes sortes de produits magiques pour redresser la situation. Le personnel expérimenté ― un enfant qui s’appelle Nico, Lula le sphinx et Buck la licorne ― met tout en oeuvre pour offrir « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux ». Mais le monde de Nico va être complètement chamboulé par l’arrivée d’une nouvelle cliente : Eowulf, la descendante haute comme trois pommes de Beowulf, le chasseur de monstres. Déterminée à reprendre l’entreprise familiale, cette aspirante guerrière a l’intention de tuer Cerbère, l’effroyable chien à trois têtes d’Hadès. Mais il y a juste un petit problème : seul Cerbère peut retenir les hordes de l’Enfer d’envahir le monde des vivants. Nico pourra-t-il empêcher Eowulf de déclencher une apocalypse zombie?

Editions Kinaye (15 mai 2020) – 192 pages – Broché (17,50)
Traduction : Romain Galand

AVIS

Appréciant beaucoup le mythe d’Hadès et de Perséphone, j’ai tout de suite été attirée par le titre de cette BD publiée par les éditions Kinaye qui ne m’ont encore jamais déçue. Mais il n’est pas question ici du dieu des Enfers, plutôt d’un héros en devenir qui va tout faire pour protéger Cerbère, le chien à trois têtes d’Hadès qui garde la porte des Enfers, et empêche les morts d’envahir le monde des vivants. Or, ce rôle primordial dans l’équilibre du monde est sérieusement menacé par l’arrivée d’Eowulf, la descendante du très célèbre chasseur de monstres, Beowulf.

Eowulf est une jeune fille obsédée par une idée fixe : massacrer des démons, en commençant par Cerbère, afin de prouver sa valeur à sa célèbre et héroïque famille ! Pour ce faire, elle est prête à toutes les extrémités, quitte à franchir la frontière entre le bien et le mal. Mais conscient du danger qu’elle représente pour le monde, Nico va faire de son mieux pour lui faire entendre raison et lui faire comprendre que tous les démons ne sont pas mauvais. Une leçon que notre tête de mule ne semble pas prête à entendre au plus grand désespoir de notre employé de magasin qui va devoir, sans mauvais jeu de mots, sortir de sa réserve. Le duo entre ces deux êtres à la personnalité diamétralement opposée se révèle assez amusant, Eowulf étant du genre fonceuse et bourrine quand Nico se montre bien plus raisonnable et sensée.

D’ailleurs, les personnages sont le point fort de cette BD, l’auteur nous en proposant une galerie, certes restreinte, mais complètement loufoque et haute en couleur. J’ai été touchée par Eowulf, sa pugnacité, sa quête identitaire, son besoin obsessionnel de se complaire à la tradition familiale, et la manière dont elle va réaliser qu’il est parfois nécessaire de suivre sa propre voie. Les réparties de son épée au sang chaud, et au nom quelque peu surprenant m’ont, en outre, beaucoup amusée d’autant qu’elles correspondent assez bien à l’état d’esprit de notre guerrière. On peut dire qu’Eowulf a trouvé épée à son fourreau.

Nico se révèle peut-être un peu moins flamboyant, mais on sent chez lui une certaine sensibilité et capacité à prendre du recul sans oublier un courage indéniable. Un certain mystère plane également sur les origines de cet orphelin trouvé par le très sibyllin dieu Vulcain devant la porte de sa célèbre boutique, qui offre « un service légendaire et ses compétences dans tous les domaines du mystérieux« . J’ai hâte d’en apprendre plus les origines de ce personnage et ses réelles capacités, mais hélas pour Nico, je ne semble pas être la seule…  La fin, qui nous réserve un coup de théâtre que je n’avais pas anticipé, nous laisse supposer que notre héros n’est pas au bout de ses peines.

C’est cependant pour un personnage secondaire que j’ai eu un gros coup de cœur : Buck. Licorne à la corne tordue, Buck m’a beaucoup amusée par son côté râleur et décalé, et sa manière de voir des choses là où il n’y en a pas ou, plus justement, de nous rappeler que ce n’est pas parce que nous ne les voyons pas qu’elles n’existent pas. Une nuance de taille, la suite de l’aventure nous prouvant que toutes ses hallucinations et étranges obsessions ne sont pas forcément des fadaises. Voici un personnage que j’ai pris plaisir à suivre et à voir mener ses propres combats, au sens propre comme figuré.

Au-delà des personnages, j’ai adoré les multiples références à la pop culture amenées avec beaucoup d’humour et de dérision, mais aussi la belle incursion de l’auteur dans le monde de la mythologie qu’elle soit gréco-romaine, égyptienne, nordique, mésopotamienne, hittite… Une belle diversité de mythes et de légendes rarement observée ! Et pour ceux peu à l’aise avec ce domaine, aucune crainte, les allusions sont légères et un petit lexique est proposé en fin d’ouvrage.

Quant à l’histoire en elle-même, elle se veut résolument entraînante, rythmée et parfois complètement dingue. L’auteur, avec un art de la mise en scène indéniable, mélange les genres et nous offre des rebondissements à la pelle, des péripéties endiablées, des réparties qui font mouche et amusent, des situations burlesques… Je me suis ainsi délectée des presque deux cents pages de cette BD que je n’ai pas vu défiler, complètement happée par le tourbillon des événements qui s’enchaînent sans jamais se ressembler. Car loin de n’être qu’une histoire d’aventure classique, on est ici dans une épopée épique, humaine, amicale et familiale, la notion de famille au sens large n’étant jamais très loin. On notera également une incursion dans le monde de la science-fiction qui s’intègre parfaitement à l’intrigue, et la fait basculer vers une autre dimension…

Colorées et pleines de peps, les illustrations correspondent parfaitement à la ligne éditoriale de la maison d’édition et sont, à elles seules, un motif de bonne humeur. Pour ma part, j’ai apprécié les mimiques marquées des personnages, l’esprit très cartoonesque qui se dégage de l’ensemble, et la très dynamique gestion des vignettes qui fait partie intégrante de l’expérience de lecture. L’auteur alterne entre les illustrations pleine page, les pages sans texte, mais avec un gros plan sur l’action et/ou les visages qui permet de se passer de mots, des pages plus denses sans jamais être linaires ni surchargées… Aucune monotonie donc à craindre que ce soit au niveau de l’histoire ou des dessins !

En conclusion, avec Nico Bravo et le chien d’Hadès, attendez-vous à une lecture divertissante, colorée et pleine de peps qui vous fera passer du quotidien d’une boutique de légende et de son personnel atypique et haut en couleur au monde des enfers. Un petit tour de force que l’on doit à une descendante d’un célèbre tueur de monstres qui, en voulant se montrer héroïque à sa très sanguinaire manière, se révélera probablement être le plus grand danger que le monde ait connu ! Rythmée, amusante et parfois franchement décalée, voici une aventure que vous n’êtes pas prêts d’oublier et dont vous allez vous délecter !

Je remercie Babelio et les éditions Kinaye pour m’avoir envoyé Nico Bravo en échange de mon avis.

In My Mailbox #196

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


Couverture Le Fromage qui tueCouverture Voleur ou détective ?images-na.ssl-images-amazon.com/images/I/81Hzcx...

Couverture Le Chevalier d'Harmental, illustréCouverture Le Capitaine Pamphile - Contes pour les PetitsCouverture Le livre d'école des Apprenties Sorcières

ma,ga

En plus de mes achats, j’ai eu la chance de recevoir un gain concours de la part de Lire à la folie qui a eu la très grande gentillesse de me faire un deuxième envoi après la « perte » du premier par La Poste. Pour des photos de cette version collector, vous pouvez consulter mon post Instagram.

Couverture Six of Crows, tome 2 : La cité corrompue

Livre audio :

Blood & Honey: Serpent & Dove, Book 2

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Les Éveilleurs de mots, Pascal Bruckner et Bruno Liance (illustrateur)

Les éveilleurs de mots par Bruckner

Nous utilisons dans la vie courante à peine 100 ou 200 mots pour nous débrouiller. Or, la langue française en contient plusieurs dizaines de milliers. Qu’arriverait-il si nous décidions soudain de ressusciter les milliers de mots rares ou disparus ? C’est ce que les deux jumeaux Joseph et Sonia décident de faire en cachette un beau soir, en pénétrant dans une salle secrète de la grande bibliothèque municipale. Interdite d’accès, cette pièce renferme les trésors de la langue française : les mots en voie d’extinction ou bien carrément éteints. Oui mais voilà, gare à celui qui réveille les mots disparus !… Car une fois libérés, ils n’ont aucune intention de disparaître ou de vivre cachés !

Glénat Jeunesse (23 octobre 2019) – 48 pages – 18,90€
Lecteur : Pierre Arditi

AVIS

Dans cet ouvrage, il est question de mots, de mots oubliés, de mots anciens, de mots à l’étrange ou amusante consonance, de mots qui veulent s’échapper et revenir dans ce monde qui les a enfermés à double tour dans le Cimetière des mots... Il est question de toutes ces expressions tombées en désuétude, mais au charme suranné pour ceux qui aiment à voyager dans le temps et à faire renaître le passé de ses cendres.

J’ai adoré la manière dont l’auteur donne vie et corps aux mots les personnifiant comme on le ferait avec des héros plus classiques. Sous sa plume, les mots s’envolent et s’enroulent autour de nous telle une spirale sans fin de découverte et de soif d’apprendre. Une soif dont sont indéniablement pourvus un frère et sa sœur qui vont entrer dans un lieu interdit, avant de découvrir un monde inconnu qu’ils ne sont pas prêts d’oublier… Car une fois que l’on a goûté au charme et au pouvoir des mots, difficile de s’en passer !

Cet album, qui a frôlé le coup de cœur, devrait trouver sa place dans les bibliothèques familiales, mais aussi dans les salles de classe afin d’ouvrir les enfants à l’amour de la langue et leur donner envie d’accroître leur vocabulaire en (re)découvrant des mots et expressions peu usités. Avec un peu de chance, comme dans l’histoire, cette soif nouvelle de mots aura un effet boule de neige et fera de nombreux émules dans l’entourage des enfants. Et imaginez leur joie à l’idée de connaître et de partager autour d’eux des mots que certains adultes ont oubliés ou n’ont jamais appris.

Si j’ai apprécié le trait de l’illustrateur que j’ai trouvé très expressif, j’ai surtout été sensible au ton bleuté de l’ensemble qui créé une sorte d’espace intime, feutré et mystérieux dans lequel on a envie de se plonger des heures durant. On a parfois le sentiment de partager avec nos deux protagonistes un délicieux secret, de ceux qui font grandir et nous font vivre de merveilleuses aventures.

Bonus fort appréciable, un CD reprenant l’histoire est proposé en début de livre. Cela permet aux enfants qui ne savent pas lire d’apprécier également l’histoire et à ceux qui commencent seulement l’aventure fascinante des mots, de pouvoir s’appuyer sur un outil pédagogique efficace. Ma nièce de 5 ans adore les livres accompagnés d’un CD, cela lui donne cette impression d’autonomie qu’elle semble déjà plébisciter.

En bref, voici un ouvrage qui devrait ravir tous les amateurs des mots, des mots les plus inattendus à ceux dont la sonorité offre à elle seule d’étranges et amusantes perspectives de voyage. Quant aux enfants, nul doute qu’ils prendront plaisir à se laisser immerger dans cette aventure pleine de péripéties et de surprises, et à jouer avec des mots qui leur ouvrent les portes d’un merveilleux monde…

La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir, Alee Toad

Couverture La coiffeuse enchantée, tome 1 : Derrière le miroir

Violette vit seule avec son frère Luke. Pour ses vingt-deux ans, il lui offre le cadeaux qu’elle attendait depuis longtemps : une coiffeuse ancienne. Depuis, ses nuits sont très difficiles, du bruit se fait entendre dans le miroir sans qu’elle ne comprenne ce que c’est. Prenant son courage à deux mains, elle va chercher à comprendre se qui se passe.

Est-ce que derrière le miroir se cacherait un monde inconnu ?

AVIS

Le résumé et le titre m’ont tout de suite intriguée, mais malheureusement, ils ne furent pas à la hauteur de mes attentes. S’il y avait quelques idées intéressantes, l’histoire reste bien trop superficielle à mon goût, et les sentiments des protagonistes bien trop survolés pour provoquer en moi une quelconque émotion.

Nous découvrons ainsi une jeune femme qui vit avec son frère Luke. Encore affectée par la mort de leur père, il y a moins d’un an, Violette peut néanmoins compter sur le soutien de son grand frère dont elle est très proche. Pour son vingt-deuxième anniversaire, ce dernier lui offre cette coiffeuse ancienne qui la faisait rêver et pour laquelle elle économisait. Une magnifique attention qui saura la toucher, mais qui lui ouvrira également la porte d’un monde inattendu, et lui permettra de faire la plus étrange des rencontres…

Au début du roman, il se dégage un mystère et un suspense que j’ai adorés. Quelle est la nature de ces coups que Violette entend à heure fixe durant la nuit ? Fruit de son imagination ou réalité difficile à appréhender ? Une fois la réponse apportée, on attend avec impatience de voir vers quels horizons l’autrice va nous emmener. Toutefois, l’intérêt vis-à-vis de ce monde inconnu qui s’offre à nous retombe assez vite puisqu’il n’est pas vraiment exploité. Alors qu’il y aurait eu matière à nous émerveiller et à nous faire découvrir un monde différent avec ses propres codes et règles, l’autrice se cantonne à nous en proposer quelques facettes, toutes liées à l’amour et à la notion d’âme sœur.

Nous sommes dans une romance paranormale, alors il semble normal que l’aspect amour soit développé, mais cela n’empêche pas de proposer derrière un univers qui se tient et qui a un minimum de consistance. Ce manque de développement de l’univers m’a frustrée d’autant que je n’ai même pas pu me raccrocher à la romance puisqu’elle ne m’a ni convaincue ni touchée. J’ai compris le souhait de l’autrice de nous montrer comment une jeune femme qui ne croit pas en l’amour va revoir sa position, mais j’aurais apprécié que cela soit fait avec plus de subtilité et de vraisemblance. Pour moi, il n’y a pas assez d’interactions et de moments de complicité pour expliquer l’émergence d’un quelconque sentiment amoureux entre deux personnages qui se connaissent finalement très peu.

Cela est d’autant plus dommage qu’en faisant l’impasse sur des détails inutiles et répétitifs, l’autrice aurait probablement pu approfondir des points présentant un réel intérêt pour la romance et l’intrigue. Le fait de ne pas avoir cru un seul instant en la force des sentiments des deux protagonistes nuit quelque peu à la fin qui, du coup, semble tomber à plat alors qu’avec une romance convaincante, j’aurais pu y voir le symbole d’un amour qui transcende les frontières et qui vaut tous les sacrifices. Toutefois, et même si ça n’a duré que le temps de quelques pages, je reconnais avoir été touchée par le choix cornélien qui se présente à notre héroïne.

Une héroïne qui m’a paru quelque peu égoïste et immature du haut de ses vingt-deux ans, et dont la relation avec son frère m’a laissée quelque peu dubitative, et c’est un euphémisme. Très proche de mon frère, les belles relations fraternelles me touchent toujours beaucoup, mais ici, j’ai eu le sentiment qu’en voulant nous prouver que Luke et Violette sont unis comme les doigts de la main, l’autrice tombe dans une surenchère malsaine. Les marques d’affection entre frère et sœur ne me gênent pas, mais là, on va un peu loin à mon goût d’autant que le caractère surprotecteur de Luke se rapproche bien plus de celui d’un petit ami, de surcroît jaloux et possessif, que de celui d’un frère. On comprend que l’abandon de leur mère dès leur plus jeune âge, et la mort récente de leur père les aient rapprochés, mais cela ne justifie pas une relation aussi étouffante. Heureusement, au fil du roman, l’autrice opère une nette évolution de ce côté qui fera du bien autant à Luke qu’à Violette qui retrouveront une relation plus saine.

En conclusion, par son manque de profondeur autant au niveau de l’univers et de l’intrigue que des sentiments, Derrière le miroir n’a pas su me convaincre ni même éveiller mon intérêt. Je pense néanmoins que le livre pourra plaire à certain(e)s adolescent(e)s et jeunes adultes à l’âme romantique qui n’ont pas forcément besoin d’une relation réaliste et approfondie pour succomber au plaisir d’une histoire d’amour entre deux personnes qui n’auraient jamais dû se rencontrer, et qui vont devoir apprendre à composer avec leurs différences. Pour ma part, je ne lirai pas la suite ayant besoin d’un peu plus de maturité dans l’écriture, mais si le résumé vous intrigue, n’hésitez pas à vous forger votre propre opinion.

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence Éditions.

Projet Ombre 2021 : vive les formats courts ! #challengelittéraire

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Cette année, c’est OmbreBones qui reprend The Maki Project, un challenge littéraire mettant à l’honneur les formats courts. Le challenge, devenu le Projet Ombre 2021, connaît quelques changements comme l’ajout de missions mensuelles afin de pimenter l’expérience de lecture et stimuler les participants. Un ajout que, pour ma part, je trouve fort sympathique d’autant qu’à l’issue du challenge, quelques livres seront à gagner.

Parmi les différents niveaux proposés, je me suis inscrite au doublé de l’ombre qui consiste à lire au moins deux nouvelles par mois. Un défi qui me semble accessible et pas trop contraignant… À noter également que cette année, vous n’êtes pas obligés de rester cantonnés au domaine de l’imaginaire puisque tous les genres sont acceptés. Une liberté de choix que j’apprécie et qui ouvre le challenge à de nouveaux lecteurs.

Pour toutes les modalités de participation et les inscriptions, je vous invite à découvrir l’article d’OmbreBones qui, je l’espère, vous donnera envie de découvrir un format qui me semble encore peu plébiscité en France même si les choses commencent à évoluer !

Je n’ai pas fait de PAL précise, mais ayant, ces dernières années, accumulé les nouvelles individuelles et les anthologies, je ne devrais pas avoir du mal à trouver de quoi alimenter mes chroniques.

Anthologies nouvelles - Projet Ombre 2021

Pour ceux qui lisent en numérique et qui souhaiteraient participer, mais qui restent frileux à l’idée d’investir dans des formats courts, je vous invite à vous tourner, dans un premier temps, vers les offres gratuites. Par exemple, le webzine l’Indé Panda vous propose régulièrement une sélection de nouvelles dans des genres variés (science-fiction, contemporain, fantasy…). Les textes sont de qualité et m’ont déjà réservé de très bonnes surprises !

Et vous, pensez-vous participer à ce challenge ?