Salomé et les femmes de parole, Nathalie Charles

Couverture Salomé et les femmes de parole

Je remercie NetGalley et les éditions Rageot pour m’avoir permis de découvrir Salomé et les femmes de parole de Nathalie Charles.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Salomé entre en 6e, dans un tout nouveau collège. Rêveuse, amoureuse des mots grâce à sa mère traductrice, inventrice d’interviews imaginaires, elle est qualifiée d’« intello » par certains. Timide, elle sait réagir face à l’injustice. Sa grande rivale en classe est Capucine, déléguée et initiatrice de rumeurs. Bientôt, Salomé relève un défi : proposer un nom pour le collège. À cette fin, elle doit être parrainée par un professeur et faire un exposé devant ses pairs pour les convaincre de voter en sa faveur. Capucine se lance aussi dans ce défi. Quel personne célèbre va choisir Salomé ? Dans ce collège, parmi tous ses camarades, saura-t-elle trouver sa place ?

Rageot Éditeur (9 mai 2019) – 9/12 ans – Broché (12,90€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Faire son entrée au collège, c’est toujours une grande étape dans la vie d’un enfant… Mais Salomé peut heureusement compter sur le soutien de sa meilleure amie, Emma, qu’elle aura d’ailleurs la chance de retrouver dans sa classe. Malgré cette bonne surprise, tout n’est pas rose au collège ! Entre les moqueries des autres élèves de sa classe, les rivalités et les injustices, Salomé aura de quoi occuper ses journées.

N’oublions pas non plus ce projet qui mobilisera une bonne partie des collégiens : la délicate tâche de trouver un nom à ce collège fraîchement sorti de terre. Alors que les esprits s’échauffent et que la compétition fait rage, Salomé est bien décidée à proposer le nom d’une personnalité qui a marqué les esprits, mais qu’on ne retrouve pas à chaque coin de rue… Et parce qu’une conversation avec sa cousine lui a permis d’ouvrir les yeux sur certaines inégalités, la collégienne désire honorer la mémoire d’une femme. Reste à choisir l’heureuse élue…

Il y a donc une touche de féminisme bienvenue dans cet ouvrage qui montre à quel point toutes ces femmes célèbres, qui ont pourtant contribué à façonner le monde d’aujourd’hui, sont peu représentées dans l’espace public. C’est donc avec plaisir que l’on suit Salomé dans sa recherche du nom idéal, celui d’une femme ordinaire qui a fait quelque chose d’extraordinaire. Je ne vous gâcherai pas la surprise, mais je dois dire que je trouve le choix de Salomé très bien trouvé, le combat de cette femme héroïque étant hélas toujours d’actualité…

Si cette question du futur nom de l’établissement scolaire et les tensions qu’elle fait émerger forment le fil conducteur du roman, Nathalie Charles évoque également d’autres thèmes qui ne manqueront pas de parler aux enfants : les peurs liées à un nouvel environnement et à de nouvelles habitudes, les moqueries des autres quand on a le malheur de ne pas entrer dans la norme, les complexes, les professeurs qui ne semblent pas toujours très justes, le manque de confiance en soi, mais aussi l’amitié, l’entraide, la nécessité de croire en ses rêves et d’affronter ses peurs, la famille…

Bien que mes années collège soient dorénavant loin derrière moi, les aventures de Salomé et de ses amis ont néanmoins fait remonter quelques souvenirs à la surface comme cette étiquette d’intello qu’on a tôt fait de vous coller à la peau… Mais contrairement à la collégienne timide que j’étais, Salomé a assez de caractère pour se défendre, et prouver à la peste de sa classe, la stupidité de ces étiquettes distribuées à l’emporte-pièce. Salomé m’a ainsi épatée par son intelligence, sa capacité d’adaptation et la force de ses convictions. Elle ne tombe jamais dans la provocation, mais va jusqu’au bout de ses idées, ce qui la rend aussi attachante qu’intéressante.

Cette force de caractère est encouragée par le cadre familial stable dans lequel évolue la jeune fille. Si je regrette parfois l’éviction des parents dans les livres jeunesse, l’autrice a brossé ici le portrait d’une famille unie et soudée avec une mère interprète occupée mais toujours à l’écoute, un père stressé mais impliqué dans l’éducation de ses enfants, un grand frère peu intéressé par l’effort intellectuel, et une grand-mère très jeune d’esprit aussi douée pour faire de bons petits gâteaux que donner de bons conseils… Un portrait familial touchant et réaliste qui nous donne l’impression d’entrer de plain-pied dans la vie de cette charmante famille qu’on a d’ailleurs bien du mal à quitter. 

En conclusion, d’une plume simple mais très agréable, Nathalie Charles nous immerge dans la vie d’une jeune fille à laquelle il est bien difficile de ne pas s’attacher, et ceci quel que soit l’âge du lecteur. Entre l’entrée dans cette année de 6ème tellement redoutée, l’amitié, les rivalités, et une mission à laquelle elle se donne complètement, Salomé va vivre des moments forts qui la feront grandir, et lui prouveront l’importance de se battre pour ses valeurs… Voici une collégienne pleine de courage qui ne devrait pas manquer d’inspirer les enfants et leur donner envie de découvrir la suite de ses aventures.

Découvrez un extrait du roman sur le site des éditions Rageot.

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In My Mailbox

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


ACHATS PAPIER

Couverture Dessinons une histoire : Petits exercices pour stimuler sa créativitéCouverture La balade de Yaya, intégrale, tome 1

EBOOKS

  • J’ai complètement craqué pour la couverture et le résumé. Si le livre me plaît, je le rachèterai en version papier :

Il en faut peu pour philosopher par [Giraud, Caroline]

« Pourquoi les animaux de la jungle ont-ils aussi peur que Mowgli devienne « un homme » ? Simba aurait-il pu rester éternellement auprès de Timon et Pumbaa plutôt que de reconquérir son royaume ? Pourquoi les fourmis de 1001 pattes ne résistent-elles pas aux sauterelles ? Pourquoi Aladdin a-t-il finalement libéré le Génie de la lampe ? Quelles sont les conséquences du sortilège énoncé par Maléfique ? Pourquoi les serviteurs de la Bête ont-ils été punis et transformés en objets ?
D’une écriture fluide et accessible, Caroline Giraud nous fait retrouver les dessins-animés de notre enfance, pour nous initier avec simplicité aux grands problèmes de la philosophie classique. »

  • Quand Sélène Derose m’a parlé de son livre, j’ai eu envie de lui donner sa chance. Si le résumé vous tente, n’hésitez pas, il est au prix très accessible de 0,99€.

Alter Ego: Au-delà des apparences (Tome 1) par [Derose, Sélène]

« Niya, jeune femme sérieuse et réservée, a une idée précise de son plan de vie. Tandis qu’un nouveau pan de celle-ci commence, tout bascule. Survient cette voiture qu’elle n’a pas vue arriver, cette rencontre inattendue, cette voix mystérieuse, ce secret inavouable. Une péripétie en amenant une autre, tout se bouscule au point de remettre en question ses plus profondes certitudes. Mais en ressortira-t-elle indemne ? »

SERVICES PRESSE

  • #MeFoot de Lucie Brasseur, Éditions du Rêve : je remercie l’autrice de m’avoir invitée à découvrir son nouveau livre car si le foot m’indiffère, j’apprécie que pour une fois, le foot féminin soit mis à l’honneur et qu’on aborde la question des inégalités dans le sport.

« #MeFoot, c’est l’extraordinaire road trip dans lequel Lucie Brasseur (romancière) et l’iconique Marinette Pichon (1ère footballeuse française professionnelle) se lancent à la veille de la 1ère Coupe du Monde de Foot Féminin. Écrit à la première personne du pluriel, comme un roman d’aventure, on rit, on pleure, on tremble, on s’émeut à la lecture de ces pages. 6 pays, 30 personnalités incontournables, un livre et un documentaire qui en finissent avec les clichés. »

  • Cape May de Chip Cheek, éditions Stock :

Couverture Cape May

« Septembre 1957.
Henry et Effie passent leur lune de miel à Cape May, dans le New Jersey. Hors saison, la petite station balnéaire n’offre guère de distractions – si ce n’est la découverte du plaisir –, et le jeune couple ne tarde pas à s’ennuyer. Leur rencontre avec un groupe de New-Yorkais riches et délurés va leur ouvrir les portes d’un monde insoupçonné. Cape May devient alors leur terrain de jeu : ils s’invitent dans des maisons vides, font de la voile, se saoulent au gin et marchent nus sous les étoiles… jusqu’à cette nuit où tout bascule. ».

  • La Nostalgie du sang de Darion Correnti, (ENC Albin Michel) :

La Nostalgie du sang (A.M.THRIL.POLAR) par [Sfez, Samuel, Correnti, Dario]

« Une série de crimes sauvages bouleverse Bottanuco, une petite ville du nord de l’Italie. Des cadavres de femmes mutilées, des signes de cannibalisme, des aiguilles disposées comme dans un rituel magique… Alors que la police se perd en fausses pistes et que l’insaisissable meurtrier continue de frapper, deux journalistes s’emparent de l’affaire : Marco Besana, un grand reporter menacé de retraite anticipée, et Ilaria Piatti, une stagiaire méprisée de la rédaction mais incroyablement douée pour traquer les coupables.
C’est Ilaria qui réalise qu’il pourrait s’agir d’un imitateur de Vincenzo Verzeni, le tout premier tueur en série italien de la fin du XIXe siècle. Mais qu’est-ce qui peut bien relier les victimes à ce tueur mort il y a plus d’un siècle ?
Best-seller en Italie, cette enquête à couper le souffle est portée par un duo de journalistes sensationnel et déjà légendaire. »

  • Ebooks téléchargés dans le cadre du Challenge NetGalley : Double 6 est déjà lu et chroniqué…

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

C’est le 1er, je balance tout ! Mai 2019

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez lu le mois dernier

Encore de très bonnes lectures en ce mois de mai avec juste un flop et une lecture très moyenne. Un bilan positif donc !

  • Top 3 : Chambre 128 est un roman épistolaire que j’ai beaucoup aimé autant pour cette quête autour d’un manuscrit que les rencontres qu’elle suscite. L’arrache-mots est une délicieuse lecture jeunesse nous offrant une sympathique romance dans un univers où la magie des mots opère sur le cœur des lecteurs. Dans un registre bien différent, De bonnes raisons de mourir est un thriller glaçant au cœur de l’Ukraine, un pays dans ma tourmente en proie aux fantômes du passé.

Couverture Chambre 128Couverture L'Arrache-motsCouverture De bonnes raisons de mourir

  • Flop : je n’ai pas accroché à cette BD même si j’ai apprécié les illustrations. Mais je pense que je ne suis tout simplement pas le public visé…

Couverture Pleine lune, tome 1 : Je ne veux pas te faire de mal

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • À l’occasion d’un Throwback Thursday Livresque, j’ai découvert la chronique des Blablas de Tachan sur Ayako, une série qui a l’air passionnante bien que les sujets abordés ne soient pas des plus simples…

  • Karine du blog Les chroniques de Koryfée qui nous parle du roman d’Eric Geneter, Un bonheur sans pitié. Un roman qui évoque la violence conjugale et la manipulation au sein du couple… Des sujets qui me semblent importants de traiter en littérature.

  • Pause Earj Grey nous invite à lire Le dernier chant d’Oprhée qui revisite avec une certaine poésie le célèbre mythe…

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3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Fréquence médiévale aborde la question animale durant le Moyen Âge et notamment la présence des animaux dans la vie de tous les jours et leur statut à une époque où l’on pouvait attenter un procès à un animal…

« Les animaux au Moyen âge font partie de la vie de tous les jours. Présents dans les légendes (comme le montre celle du cheval Bayard), au village, lors des grandes transhumances, mais aussi en ville, ils sont proches des humains, bien plus qu’aujourd’hui. Mais quelles étaient les relations entre les animaux et les humains à l’époque féodale ? »

Ce podcast concis mais passionnant m’a notamment fait penser au roman Le procès du cochon dont je vous avais parlé sur le blog.

  • J’ai découvert sur le blog Les miscellanées d’Usva, Les littérassociations,  un rendez-vous que j’aime beaucoup et qui permet de faire de belles découvertes, et peut-être, de s’engager au plus près de chez soi.

« Chaque mois, découvrez de nouvelles associations près de chez vous ! Les associations sont l’un des rouages de la promotion de la culture et je suis heureuse de pouvoir les mettre en avant. « 

  • Les livres de Rose associe art et littérature à travers sa série d’articles Art et livre dont je vous invite à lire l’article de présentation

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4) PAL prévisionnelle de juin

  • Romans que je suis certaine de lire :

Couverture Il n'est jamais trop tardCouverture Pierre-de-vieCouverture La princesse fantôme

Couverture de Le Trésor de Sunthy par Arnaud FriedmannCouverture de Les morts ne pleurent pas: L’assassin aux perles par Eve Ruby LennCouverture Lys Striker, tome 1 : Piégée par le passé

  • Livres jeunesse dans lesquels je pense piocher :

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L'Enfant silence

Rozen Maiden T01 (Rozen Maiden Saison 1) par [Peach-Pit]

  • Livres audio : deux livres courts qui ont l’air plutôt intenses…

Et vous, que retenez-vous de ce mois de mai ?
Une lecture en particulier, un événement, un article de blog ?

Save our souls – Tome 1 : Sans attache, Elle Guyon

J’ai lu Save our souls : Sans attache d’Elle Guyon dans le cadre du Prix des auteurs inconnus, le roman concourant dans la catégorie Young Adult.

PRÉSENTATION

Sous une écharpe élimée et un blouson trop grand pour lui, Aldric s’obstine à cacher aux autres lycéens sa vie de marginal. Mais une succession de mauvais choix le précipite vers une issue fatale. Loin d’en avoir conscience, il agresse même la seule personne capable de modifier son avenir, la jeune Riane. Épaulée par son gardien, un immortel, celle-ci tente le tout pour le tout pour défier le destin et lui sauver la vie, car c’est la survie de sa propre âme qui est en jeu… Mais comment mener sa mission à bien quand celui que vous devez protéger se rebelle et quand votre allié vous cache des informations capitales ? Et si ce qui s’est passé il y a près de trois cents ans était la clé de la réussite ?

Auto-édition (1 décembre 2017) – 222 pages – Ebook (2,99€) – Broché (13€)

AVIS

En voyant la couverture et le titre, j’ai eu un peu peur de tomber sur l’une de ces romances malsaines à la vogue auxquelles j’ai beaucoup de mal à adhérer. Mais que nenni ! Il est bien ici question de sauver un jeune homme perdu, mais l’autrice nous épargne les clichés et les bons sentiments.

Riane désire ardemment sauver la vie d’Aldric, mais pas par bonté d’âme ou un amour inconditionnel pour un individu qu’elle vient de rencontrer. Non, Aldric est sa mission et sauver sa vie, c’est le seul moyen de sauver sa propre âme. La mission se révélera néanmoins assez périlleuse, le jeune homme étant un aimant à ennuis. Il faut dire que contraint de vivre dans rue, il est loin d’avoir la vie d’un lycéen lambda. Quand ses petits camarades peuvent se permettre une certaine futilité, Aldric doit lui s’assurer de trouver de quoi manger tout en veillant à ne pas se faire voler ses maigres possessions.

On ne tombe néanmoins jamais dans le pathos ce qui tient en partie au sale caractère de ce lycéen qui a érigé, autant par honte que nécessité, des barrières tout autour de lui. Si ces dernières suffisent à tenir éloigner ses anciens amis de sa vie de marginal, elles cèderont petit à petit face à la pugnacité de Riane qui est bien décidée à remplir sa mission. Elle n’a de toute manière pas le choix, aucune seconde chance ne lui sera accordée…

Dès le début du roman, l’autrice insuffle un certain mystère à son récit ne distillant qu’au compte-gouttes les informations sur Riane et sur les autres personnages gravitant autour d’elle à l’instar de son gardien, Gebrail, et du meilleur ami de ce dernier, Jeremy. Nous apprenons d’ailleurs à mieux connaître ces deux hommes, et plus particulièrement Jeremy, à travers des flashback qui nous transportent au XVIIIe siècle. S’il faut un peu de temps pour comprendre l’intérêt de ces retours dans le passé, on se rendra compte qu’ils nous permettent de mieux appréhender la situation présente et le comportement des deux gardiens. Deux hommes qui, bien que meilleurs amis, ont des personnalités diamétralement opposées, l’un étant plutôt du genre taciturne, et l’autre bien plus avenant et souriant. Mais malgré leurs différences, ils partagent tous les deux des blessures profondes, les années ne les ayant pas épargnés…

C’est peut-être parce que je suis adulte, mais j’ai été bien plus touchée par l’histoire de ces gardiens charismatiques sur lesquels plane une aura de mystère que par l’histoire entre Riane et Aldric. Celle-ci n’en demeure pas moins intéressante, la rencontre entre les deux lycéens ainsi que leurs échanges ne manquant pas de piquant. Méfiant, Aldric aura ainsi du mal à faire une place dans sa vie à cette fille qui fait montre à son égard d’une curiosité et d’une attention dont il n’a plus vraiment l’habitude. Quant à Riane, elle se méfie de ce jeune homme dont elle a vu les facettes les moins reluisantes. Au gré des épreuves et des coups durs, ils finiront néanmoins par nouer une certaine complicité. 

J’ai, pour ma part, apprécié que l’autrice prenne le temps de faire évoluer la relation entre les deux personnages. Riane perd ainsi peu à peu ses a priori sur « sa mission » qui devient bien plus que cela. Une situation qui ne plaira d’ailleurs guère à son gardien qui aimerait qu’elle veille sur Aldric avec un professionnalisme dénué de sentiments. Quant à Aldric, malgré ses réticences de départ et sa propension à se replier sur lui-même, il finit par considérer d’un autre œil cette enquiquinante camarade de classe qui apporte un peu de cette lumière et de cet espoir qui avaient déserté sa vie. Mais rien n’est simple, et la dure réalité va les rattraper…

Le roman étant relativement court, Elle Guyon ne s’embarrasse pas de détails et de descriptions superflus ce qui ne m’a pas empêchée d’être complètement embarquée dans son univers, et d’apprécier l’aura de mystère qu’elle fait planer sur son récit. Pas de place à l’ennui d’autant que les nombreux dialogues, la tension et l’alternance passé/présent apportent un certain dynamisme à ce roman dont on tourne les pages avec plaisir.

Au-delà de l’action et des personnages, j’ai également été séduite par la très jolie plume de l’autrice qui arrive à retranscrire avec force et authenticité les émotions des personnages. Ils nous touchent, nous agacent, nous font craindre le pire… mais ne nous laissent jamais indifférents. Ma seule petite frustration provient des seconds rôles qui n’ont pas encore dévoilé tout leur potentiel dans ce premier tome. Mais je croise les doigts pour que la suite des aventures nous permette de mieux les appréhender et de saisir leur rôle dans cette histoire dont on sent le soin porté aux détails.

En conclusion, ce premier tome d’une trilogie dont je lirai la suite avec plaisir a su me séduire autant pour la qualité de la plume de l’autrice que l’intrigue qui, bien qu’elle mériterait peut-être d’être un peu plus étoffée, n’est pas dénuée de charme. Si vous avez envie d’une histoire prenante et empreinte d’un certain mystère, ce roman fantastique alternant entre passé et présent devrait vous plaire.

Elle Guyon

Source : Amazon

Site de l’autricePage FB de l’autrice
Feuilletez/achetez le roman sur Amazon

Throwback Thursday Livresque #126 : famille

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Le thème de la semaine, famille, m’a tout de suite fait pensé à Une mère d’Alejandro Palomas que je vous conseille si vous avez envie de rencontrer une famille atypique et attachante.

Mais vous en ayant déjà parlé, j’ai opté pour un roman qui m’a laissé une bien moins bonne impression : Le secret du mari de Liane Moriarty.

Couverture Le Secret du mari

« Jamais Cecilia n’aurait dû lire cette lettre trouvée par hasard dans le grenier. Sur l’enveloppe jaunie, quelques mots de la main de son mari : « À n’ouvrir qu’après ma mort ». La curiosité est trop forte, elle l’ouvre et le temps s’arrête… John-Paul y confesse une faute terrible dont la révélation pourrait détruire non seulement leur famille mais la vie de quelques autres. À la fois folle de colère et dévastée par ce qu’elle vient d’apprendre, Cecilia ne sait que faire : si elle se tait, la vérité va la ronger, si elle parle, ceux qu’elle aime souffriront. »

Pourquoi ce choix ?

Je ne sais pas si c’est parce que j’en avais entendu de bons avis, mais j’ai été assez déçue par ce roman dont j’ai regretté les nombreuses longueurs. Néanmoins, la notion de famille y est très présente avec cette question sous-jacente des sacrifices que l’on est prêt à faire pour la protéger ? Jusqu’où peut-on aller au nom des siens ?

Une question à laquelle va devoir faire face Cecilia qui n’aurait jamais pensé qu’une simple petite lettre puisse faire voler en éclats sa vie si parfaite. Que faire quand votre moitié vous a caché un secret qui remet en question tout ce que vous pensiez savoir d’elle ? Se taire et vivre avec le poids du mensonge ou parler et détruire l’équilibre familial ?

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Qu’en avez-vous pensé ?

Double 6, Emmanuel Trédez

Je remercie NetGalley et les éditions Didier jeunesse pour cette lecture.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Hadrien est porté disparu. On le soupçonne d’avoir fugué. Deux policiers font irruption dans sa classe et mènent une série d’interrogatoires auprès des collégiens.
Car Hadrien est un véritable mystère. Personne ne connaît le secret de ce garçon aux multiples facettes… Tantôt effacé, tantôt bagarreur, excellent élève le lundi et mauvais le mardi, il semble avoir réussi à se mettre tout le monde à dos. Sa petite amie elle-même ne comprend rien à ce garçon qui lui envoyait des poèmes avant de la repousser brutalement… Est-il vraiment celui qu’il prétend être ? Sa disparition pourrait bien bouleverser toutes les certitudes de ses proches ! Fugue, enquête, double jeu…

Didier Jeunesse (9 mai 2019) – 9/12 ans – 160 pages – Broché (12€) – Ebook (9,99€)

AVIS

Double 6, double je… Un adolescent, deux personnalités !

Quand deux agents de police accompagnés de la grand-mère d’Hadrien débarquent dans la classe du collégien, ses camarades apprennent sa disparition. Fugue ou événement plus grave ?

Il faut faire vite afin de retrouver le jeune homme, sain et sauf de préférence. Les policiers entreprennent donc une série d’interrogatoires et recueillent les confidences des élèves les plus susceptibles de leur donner des informations sur le disparu : son meilleur ami, un camarade de foot, sa petite amie, et même son « ennemi » avec lequel il a eu récemment maille à partir.

De ces interrogatoires menés avec beaucoup de délicatesse, se dresse le portrait d’un adolescent énigmatique et tout en contradictions. Charmeur un jour, distant le lendemain, très doux tout en étant capable d’une grande violence, plein d’assurance quand il s’agit de faire rire ses camarades, mais victime d’une attendrissante timidité lors de ses interventions en classe… Difficile de savoir que penser de cet adolescent, sorte de version collégienne de Dr. Jekyll and Mr. Hyde.

Ce double jeu pimente la lecture puisque l’on ne peut s’empêcher de former un certain nombre d’hypothèses pouvant expliquer une telle inconstance et un comportement aussi déroutant. Un suspense renforcé par les interrogatoires qui nous donnent l’impression d’assister à une vraie enquête policière. Puis la vérité se lève sur Hadrien, un adolescent aux multiples facettes qui se dévoile à nous dans toute sa sensibilité.

Et de la sensibilité, il y en a dans ce joli roman qui est pour l’auteur l’occasion d’aborder différents sujets comme la famille, le deuil et la manière dont chacun y fait face, les premiers sentiments amoureux et cette question obsédante du premier baiser qui a hanté et hantera encore de nombreuses personnes, la confiance en soi, la pression parentale qui place la réussite scolaire au centre de tout quitte à faire peser un poids bien trop lourd sur les épaules d’adolescents en construction, les mensonges et leurs conséquences…

Des sujets qui parleront aux jeunes lecteurs qui, je n’en doute pas, arriveront sans peine à s’immerger pleinement dans le récit et à s’identifier aux différents personnages et aux problématiques qu’ils rencontrent. Pour ma part, même en tant qu’adulte, j’ai pris plaisir à suivre le mystère qui entoure Hadrien d’autant que la plume de l’auteur m’a séduite. Simple afin de rester accessible au public visé, les 9/12 ans, elle n’en demeure pas moins agréable et rythmée.

Cerise sur le gâteau, le roman est entrecoupé d’haïkus, ces poèmes japonais à la structure si reconnaissable qui, derrière leur brièveté, cachent une grande intensité. Poète dans l’âme, Hadrien se révélera plutôt doué dans ce domaine, un talent dont il fera profiter sa bien-aimée. Ce trait de sa personnalité ne pourra que séduire les amoureux des mots, ses compositions ne manquant ni de justesse ni d’humour.

En conclusion, grâce à un personnage intrigant à la personnalité complexe, l’auteur plonge ses lecteurs, petits et grands, dans une histoire prenante qui alterne habilement entre mystère et réflexions pertinentes autour de l’adolescence…

Lire un extrait du roman sur le site des Éditions Didier Jeunesse.

Top Ten Tuesday #130 : 10 livres lus qui ont une couverture principalement grise

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je ne pensais pas trouver autant de livres avec une couverture principalement grise, mais grâce à Livraddict, je n’ai pas eu beaucoup de mal à faire une sélection de 10 livres lus et, pour la plupart, appréciés.

Couverture Mes sincères condoléances, tome 1Couverture Le singe de Hartlepool

Couverture Black magick, tome 2 : Passé RecomposéCouverture Sorcières, tome 1 : Bianca

Couverture Neige / Neige.Couverture Vingt-quatre heures de la vie d'une femme

Couverture Sky Doll, tome 4 : SudraCouverture L'échange

Couverture Le fini des mersCouverture Suite française : Tempête en juin

Parmi ces 10 titres, je vous recommande fortement Le singe de Hartlepool qui avait été un coup de cœur et dont voici la conclusion de ma chronique :

Le singe de Hartlepool est une lecture que j’ai adorée et que je qualifierais même de coup de cœur. En plus d’être un excellent divertissement, cet album est également un moyen de réfléchir à des sujets universaux comme le racisme, le rejet de la différence… Enfin, le duo Lupano/Moreau fonctionne très bien et est, en ce qui me concerne, l’une des raisons de la réussite de cette histoire.

Et vous, certains de ces livres vous tentent-ils ?