La véritable histoire de Boucle d’Or et du chat Marcel, Benjamin Perrier

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Connaissez-vous vraiment l’histoire de Boucle d’Or ? Le chat Marcel, lui, peut tout raconter, il était là ! Et son histoire rétablit quelques vérités… notamment sur son action à lui, toujours ignorée !

Gautier Languereau (8 février 2017) – 3 ans et + – 32 pages – Album (10,50€)
Illustrations : Jules

AVIS

Découverte par hasard, cette chouette réécriture de conte, proposée par les éditions Gautier Languereau, a offert à la trentenaire que je suis un très joli retour en enfance.

Boucle d’Or fait partie de ces contes que je lisais toujours avec beaucoup de plaisir adorant cette petite fille qui ose entrer dans l’antre d’une famille d’ours. Et c’est avec tout autant de bonheur que j’ai découvert la version imaginée par Benjamin Perrier.

Avec l’auteur, cette histoire connue des petits et des grands prend une tout autre tournure et saveur grâce au chat Marcel, un personnage facétieux qui entre majestueusement en scène.

Un peu fainéant sur les bords, et gourmand comme il se doit, ce minet n’a qu’une idée : faire un festin aux frais de cette famille d’ours dont le petit-déjeuner le fait saliver d’avance. Profitant de leur habituelle balade et de l’arrivée fortuite de Boucle d’Or, il arrive enfin à atteindre son but quitte, au passage, à mettre dans une situation difficile une fillette qui ne demandait qu’à l’aider et à le câliner.

Mais rassurez-vous, tout est bien qui finit bien ! Et puis comment en vouloir à ce chat qui sait jouer des ronrons et des miaous pour faire fondre le cœur des lecteurs et de Boucle d’Or ? Impossible même si quand même, il est bien culotté notre poilu gourmand, un peu fainéant et quelque peu manipulateur. Mais attendez, n’est-ce pas exactement ce que l’on attend d’un chat ?

Cette réécriture de conte ne pourra que vous faire sourire, l’humour étant bien présent que ce soit grâce à l’habileté avec laquelle l’auteur se joue des stéréotypes autour des chats, un comique de répétition bien amené ou encore les illustrations de Jules qui viennent appuyer cette impression d’humour et de bonne humeur que l’on ressent tout au long de la lecture.

Le crayonné, simple et enfantin, facilitera, quant à lui, l’immersion des enfants dans l’histoire. Ceux-ci devraient être ainsi séduits par l’histoire non pas de Boucle d’Or, mais du chat Marcel qui lui vole sans vergogne la vedette ! L’arrivée des ours pourra peut-être inquiéter un peu les plus jeunes comme ce fut le cas avec ma nièce de trois ans, mais la douceur des dessins atténuera très vite la peur qu’ils pourraient ressentir. J’ai, en outre, apprécié l’utilisation d’une palette de couleurs restreinte qui permet de se concentrer sur l’histoire tout en offrant un cadre visuel assez plaisant pour capter l’attention des jeunes lecteurs.

En conclusion, le duo Benjamin Perrier et Jules nous offre ici une jolie réécriture d’un conte qui devrait rappeler de bons souvenirs aux adultes, et permettre aux enfants de passer un très joli moment de divertissement. L’humour est bien présent, les émotions au rendez-vous et le personnage haut en couleur du chat Marcel une raison suffisante pour se plonger dans cette jolie version de Boucle d’Or.

Retrouvez le livre sur le site Place des libraires

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Top Ten Tuesday #146 : 10 livres de ma PAL qui ont une couverture principalement verte

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je ne suis pas très fan du vert, mais j’ai quand même réussi à trouver 10 livres de ma PAL qui ont une couverture principalement verte.

Couverture L'île de PeterCouverture Le baron noir, intégrale : Volume 1864

Couverture Burton & Swinburne, tome 2 : L'étrange cas de l'homme mécaniqueCouverture La vie secrète des arbres

Couverture Frnck, tome 1 : Le début du commencementCouverture Les ailes d'émeraude, tome 1Couverture Le monde des sorciers de J.K. Rowling : La magie du cinéma, tome 2 : Créatures fascinantes

Couverture Le Magicien d'Oz

Retrouvez ma sélection de l’année dernière sur le même thème…

Un couple irréprochable, Alafair Burke

Je remercie Babelio et les éditions Presses de la cité pour m’avoir permis de découvrir Un couple irréprochable d’Alafair Burke.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Angela Powell est en apparence une femme comblée. Elle mène une vie confortable avec Jason, un brillant professeur d’économie devenu une personnalité médiatique, et leur fils de treize ans. Mais leur bonheur de façade se lézarde lorsque l’une des stagiaires de son mari dépose plainte contre lui pour comportement déplacé, puis qu’une de ses collaboratrices l’accuse de viol. De quoi donner à Angela l’impression qu’elle ne connaît peut-être pas si bien celui qui partage sa vie. Pourtant, face à l’obstination d’une enquêtrice coriace, elle choisit quand même de jouer son rôle d’épouse et de le défendre, envers et contre tout.
La disparition soudaine d’une des deux jeunes femmes donne cependant une autre dimension à l’affaire. Tandis que la presse se repaît du scandale, Angela est tiraillée entre la honte, le doute et le besoin de préserver un sombre secret…

Presses de la cité (19 septembre 2019) – 379 pages – Broché (21€) – Ebook (13,99€)
Traduction : Isabelle MAILLET

AVIS

L’histoire commence comme un conte de fées : un prince charmant, ou presque, tombe amoureux d’une jeune mère de famille célibataire et finit par l’épouser lui offrant ce dont elle rêvait le plus, l’occasion de quitter le trou à rat dans lequel elle est née.

Fin de l’histoire ? Pas vraiment, car plusieurs années plus tard, le conte de fées se transforme en mauvais rêve, si ce n’est en cauchemar. Le beau, doué et intelligent Jason tombe de son piédestal : une stagiaire l’accuse de comportements déplacés avant qu’une femme rencontrée dans le cadre de ses activités de consultant porte plainte pour viol ! Un coup dur pour Angela qui tient coûte que coûte à mener une vie discrète et routinière. Mais quoi qu’il en soit, elle en est certaine, son époux n’est pas le prédateur sexuel dénoncé par ces deux femmes. C’est un époux aimant et surtout un père attentionné pour leur fils de treize ans.

Un couple irréprochable est un thriller qui bénéficie d’une narration alternée efficace nous faisant naviguer entre passé et présent tout en nous permettant de suivre plusieurs personnages, et plus particulièrement Angela, la femme de Jason. Angela est une femme dont, au fil des pages, on perçoit toute la complexité. Mais rien d’étonnant quand l’on considère son passé que l’autrice prend le temps de divulguer au compte-gouttes. Je ne vous en dirai pas plus si ce n’est que cette trentenaire ne pourra que vous émouvoir d’autant que sa traumatisante expérience n’est pas sans rappeler certains faits divers…

Je ressors donc de ma lecture admirative de l’intelligence avec laquelle Alafair Burke a su construire son héroïne, une femme tout en complexité et en contradictions qui a su tour à tour m’émouvoir, m’agacer avant de franchement m’impressionner même si j’avais deviné certains aspects de sa personnalité et de sa vie d’avant. J’ai ainsi admiré sa capacité de résilience et sa dévotion envers sa famille et son fils, un adolescent très mature pour son âge et d’une grande perspicacité, tout en m’agaçant devant certaines réactions face à son mari…

Alors qu’il nous apparaît d’abord comme l’époux idéal, riche, beau, intelligent et compréhensif face au traumatisme de sa femme, l’image de Jason va progressivement se déliter jusqu’à former un portrait bien moins flatteur. Cela n’empêchera toutefois pas Angela de lui trouver des excuses, voire de s’autoflageller pour certaines de ses actions. Une situation qui a eu tendance à m’agacer même si à la lumière du passé de cette épouse modèle, on arrive à comprendre qu’en le protégeant, c’est également son secret et son fils qu’elle met à l’abri d’une éventuelle hystérie médiatique.

Jason est donc un personnage que je n’ai pas apprécié en raison de la désinvolture avec laquelle il vit, du moins dans un premier temps, les événements et le mal qu’il a pu faire aux siens. Pour autant, ses erreurs font-elles de lui un monstre qui mérite de finir derrière les barreaux ? Qui croire, cet homme à la brillante carrière qui se bat pour une économie plus éthique ou ces deux femmes qui mettent en doute son intégrité ? À mesure que l’on progresse dans l’intrigue, l’autrice sème le doute dans l’esprit des lecteurs d’autant qu’elle complexifie son intrigue la dotant presque d’une dimension économique, politique et morale. Le roman m’a d’ailleurs un peu fait penser à l’affaire DSK que ce soit avec la médiatisation des accusations d’un homme public, le soutien total et officiel de l’épouse ou la manière dont on essaie de décrédibiliser les victimes…

Peu de temps après le retentissant #MeToo, l’autrice pose ainsi, même si ce n’est pas le centre du roman, la question des victimes d’agression sexuelle et le traitement qui leur est fait à partir du moment où elles osent parler. Entre les policiers qui interprètent en défaveur les dépositions des plaignantes, le peu d’entrain de la justice à instruire les dossiers ou encore cette tendance à chercher dans la vie des victimes des preuves qu’elles l’ont bien cherché, difficile de faire entendre sa vérité quand on est une femme ! À cela s’ajoute la tendance des victimes elles-mêmes, pour se protéger et/ou parce qu’elles ont intériorisé des schémas de pensées les rendant automatiquement coupables, à ne pas reconnaître un viol quand il en est pourtant question…

À cet égard, j’ai apprécié le rôle de l’inspectrice en charge de l’enquête qui, à aucun moment, ne porte de jugement sur la personne accusant Jason de viol. Elle essaie de démêler le vrai du faux non pas en jugeant d’une jupe trop courte ou d’une photo sur Facebook, mais en analysant les données sans a priori, chacun des protagonistes, accusé ou plaignante ne semblant pas jouer franc-jeu avec elle. Son professionnalisme, sa bienveillance, son flair et sa ténacité ne pourront donc que forcer votre admiration. 

Grâce à une plume agréable, fluide et à un suspense qui s’intensifie à mesure que l’on apprend à connaître les personnages et leurs zones d’ombre, l’autrice nous tient en haleine et nous pousse à tourner les pages pour enfin connaître la vérité sur Jason, mais aussi sur Angela. Cette femme contient une part de mystère que l’on a très envie de mettre à jour notamment quand l’on découvre à quel point elle tient à rester dans l’ombre. Elle est ainsi bien plus perturbée par l’éventuelle attention des médias sur sa personne et son passé que par les révélations sur son mari. Son passé doit rester enterré et Angela est prête à tout pour s’en assurer, mais pourquoi un tel acharnement ? Une question qui devrait vous tenir en haleine, et vous réserver quelques surprises, la réalité étant bien souvent plus complexe qu’il n’y paraît ! 

En conclusion, Un couple irréprochable est un thriller prenant qui vous entraîne avec efficacité dans les méandres d’un couple dont le bonheur conjugal supposé se heurte de plein fouet à la réalité. Un château de cartes qui s’écroule inexorablement à mesure que les protagonistes se dévoilent… Entre mensonges, lutte acharnée pour la survie, arrangement avec la morale, faux-semblants et secret jalousement gardé, vous n’aurez pas le temps de vous ennuyer !

In My Mailbox #134

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Lire ou Mourir. »


Ayant apprécie le premier tome, j’ai été ravie de découvrir Dans le miroir de Valeria dans ma boîte aux lettres. J’ai hâte de découvrir ce que l’autrice réserve à son héroïne et à ses amies…

My Mummy does weird things / Maman fait des choses bizarres: Bilingual children's picture book French-English - Livre illustré pour enfants, bilingue Français-Anglais (British English)

Ayant un rendez-vous près de Noz, j’ai fini par y faire un tour, et comme bien souvent, j’y ai trouvé des petits ouvrages fort sympathiques.

À vous de jouer 2: Les terres maudites par [Bilodeau, Stéphane, Huraux, Rémy]

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

Bilan Défi PKJ – septembre 2019

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Tous les mois, les éditions PKJ vous proposent de relever son défi qui consiste en une trentaine de consignes de lecture. Voici mon bilan pour le défi de septembre.

1) Lire le matin : je lis presque tous les matins au minimum pendant un quart d’heure.

2) Lire un roman dont l’intrigue se déroule avant 1950
3) Lire un PKJ

4) Il y a une belle histoire d’amitié dans votre livre : un jeune garçon accepte son amie à moitié loup sans aucune réserve ni préjugé. Voilà un bel exemple d’amitié !

5) Parler du #défiPKJ sur les réseaux sociaux
6) Voir une adaptation de livre en film ou série ou pièce de théâtre

7) L’intrigue se passe au lycée

Couverture Nanami, tome 1 : Le théâtre du vent

8) Il y a une trahison : Macbeth and the creature from hell. 

Macbeth and the Creature from Hell - Livre + mp3

9) Partager son avis sur un PKJ avec PKJ

10) Lire un roman qui fait moins de 250 pages : comme toujours avec Amélie Nothomb, son dernier roman remplit aisément ce critère…

Couverture Soif

11) Le nom de famille de l’auteur commence par un « B » : Caliéor de Julie Broly.

Caliéor (Le Labo) par [Broly, Julie]

12) Retrouver une saga aimée : Black Butler étant mon manga préféré, c’est avec un plaisir certain que j’ai dévoré le dernier tome paru en France.

Black Butler, tome 27

13) Votre lecture aborde des thématiques environnementales : Outsphere.

Outsphere

14) Le titre est écrit en jaune sur la couverture

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15) L’intrigue se déroule dans plusieurs pays

16) Il y a des jumeaux ou des jumelles dans l’histoire

17) Lire un roman de fantasy

18) Les chapitres ne sont pas numérotés

19) On connait la date précise à laquelle se déroule l’histoire

Couverture Le compte à rebours, tome 1 : A la poursuite du passé

20) La couverture vous plaît beaucoup

Black Butler, tome 27

21) Il y a un épilogue : Caliéor.

Caliéor (Le Labo) par [Broly, Julie]

22) Au moins un des chapitres fait moins de 2 pages

Macbeth and the Creature from Hell - Livre + mp3

23) Le prénom d’un personnage commence par un « Z »

24) Lire un roman épistolaire

25) Trouver dans son livre le mot « rentrée »

26) Lire une histoire de seconde chance

27) Il y a un prince dans l’histoire : Esclave, guerrière, reine.

Esclave, Guerrière, Reine ('De Couronnes et de Gloire', Tome 1)

28) Lire un livre qu’on vous a recommandé

Mini-Loup à l'école

29) Le nom du héros/de l’héroïne ne figure pas sur la dernière page de l’histoire

30) La fin du livre vous surprend

TOTAL : 18/30

Et vous, quel est votre BILAN ?

L’idiot du village, Patrick Rambaud

L'idiot du village (Littérature Française) par [Rambaud, Patrick]

Découvert par hasard, L’idiot du village de Patrick Rambaud, aux éditions Grasset, m’a offert un bon moment de lecture..

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Vous n’aimez pas votre époque ? Ce n’est pas une raison pour glorifier le passé. Imaginez que vous vous retrouviez soudain transporté au début de ces années cinquante dont vous pensiez avoir la nostalgie : vous seriez plus désorienté que sur la planète Mars. Voilà ce qui arrive au héros de notre histoire. Un jour, en parcourant le quotidien qu’il vient d’acheter, il tombe avec surprise sur des informations de 1953. Il croit à une plaisanterie ou à un numéro spécial, mais non, car d’autres hallucinations vont le plonger en 1953, à Paris, dans ce quartier des Halles qu’il habitait à la fin du XXème siècle. De plus en plus précises, de plus en plus longues, ces hallucinations finissent par le jeter dans son propre passé, qu’il reconnaît mal : il avait sept ans en 1953. Ainsi largué dans le Paris de son enfance, il se sent étranger. D’abord incrédule, il se résout à accepter ce sort improbable. Comme à l’époque on trouvait du travail, il devient plongeur dans un restaurant de la rue Montorgueil, puis garçon de salle, et il s’aperçoit vite de sa supériorité : il connaît par avance les événements… Au début, il en joue avec un habitué du restaurant, journaliste en vogue, très intéressé par ses prédictions, mais il va se rendre compte que son savoir ne lui sert à rien. Il se prend pour l’idiot du village, cet oracle un peu foutraque qu’on consulte mais dont on se moque, même s’il a raison. Jusqu’au jour où, dans la rue, il se croise lui-même lorsqu’il a sept ans. A partir de là, tout va basculer.

Grasset & Fasquelle (12 janvier 2005) – 160 pages – Broché (16,30€) – Ebook (5,49€)

AVIS

Le thème du voyage dans le temps est toujours risqué, mais l’auteur s’en sort ici très bien en se concentrant sur l’aventure humaine plutôt que sur les explications quant à ce prodige. Nous découvrons ainsi notre protagoniste qui, sans trop savoir comment, navigue entre le présent et le passé, entre 1995 et 1953. Une situation à laquelle il s’adapte plus ou moins jusqu’à ce que l’impensable se produise : le voilà coincé en 1953, dans le Paris de son enfance, sans aucun moyen de retourner dans le présent auprès de sa chère femme, Marianne.

Sur un malentendu et grâce à une rencontre, il trouve heureusement un travail dans un restaurant où il sera repéré par un journaliste du Figaro, non pas pour ses talents de serveur, mais pour sa faculté à prédire les événements futurs. Content d’avoir trouvé une personne capable de le faire briller et de le propulser vers des sommets, ce journaliste n’hésitera pas à user et abuser des talents de notre narrateur qui, d’une certaine manière, se complaît dans le rôle ingrat du conseiller personnel et secret. Il faut dire que lui-même aimerait utiliser ses connaissances quant à l’avenir, notamment pour changer quelques événements passés…

Mais après l’exaltation de la connaissance vient la désillusion de l’impuissance, car si dans son esprit tout est simple, dans la réalité, il n’a que de prise sur les événements. Il n’est, en effet, pas si facile de changer le passé, mais est-ce de toute manière souhaitable ? Une question à laquelle il pense vaguement, mais qu’il met très vite de côté jusqu’à une rencontre, une rencontre avec lui-même qui donne un autre tournant à l’histoire. On ressent alors une impression de nostalgie, avec cette question du temps qui passe, de ce que l’on sait, de ce que l’on regrette et de ce que l’on changerait…

Ce retour dans le passé, en plus d’offrir une trame narrative prenante, est un bon moyen pour l’auteur de nous plonger dans ce Paris des années 1950, au charme certain, avec ces métiers dorénavant disparus et une population vivant de manière plus simple sans l’omniprésence de cette télévision qui remplace les conversations. Nous redécouvrons également le contexte national et international mouvementé de cette époque qui, après les traumatismes de la Seconde Guerre mondiale, mène ses propres combats : guerre d’Indochine, grogne sociale avec des grèves de grande ampleur, guerre froide…Tout autant de sujets qui devraient rappeler des souvenirs aux lecteurs qu’ils soient férus d’histoire ou non. Les nombreux clins d’œil à la littérature m’ont également plu, mais il faut dire qu’avec un protagoniste vivant le nez dans les livres depuis ses sept ans, cela n’a rien d’étonnant.

Assez court, le roman se lit d’une traite d’autant que l’écriture est fluide, les réflexions de l’auteur sur les évolutions sociétales, humaines et urbaines intéressantes, les dialogues entre les personnages réalistes et dynamiques, le jeu entre présent et passé bien amené… La fin, si elle m’a d’abord semblé un peu abrupte dans la mesure où j’aurais apprécié quelques chapitres de plus, a fini par totalement me convaincre. On évite les atermoiements, les longueurs, les digressions pour se concentrer sur notre héros et un avenir que j’ai envie de croire plein de promesses.

En conclusion, L’idiot du village, titre que vous comprendrez en cours de lecture, est une fable teintée de fantastique qui, à travers un protagoniste ordinaire aux prises avec un phénomène extraordinaire, pose un certain nombre de réflexions notamment sur les évolutions de la société et le temps qui passe. La connaissance, arme ou fardeau ? Une question que l’on ne peut que se poser en fin de lecture bien que la fin laisse entrevoir une réponse peut-être un peu plus nuancée, celle du renouveau.

 

Throwback Thursday Livresque #138 : Animaux

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Adorant les animaux, j’ai eu quelques difficultés à sélectionner un seul titre parmi tous ceux dont j’aurais aimé vous parler, mais mon choix s’est porté sur la série de BD : Enola et les animaux extraordinaires.

Pourquoi ce choix ?

Accompagnée de son fidèle chat, Maneki, Enola est une vétérinaire spécialisée dans les soins des animaux extraordinaires. De tome en tome, on la suit donc dans ses aventures et ses tentatives pour comprendre le problème des créatures qu’elle doit soigner et trouver le moyen de le résoudre. Pas facile de soigner une licorne, un yéti ou gérer un loup garou !

Heureusement, comme tout bon vétérinaire, Enola est une passionnée qui a de la ressource. Avec patience et bienveillance, elle va au-delà des apparences pour comprendre ces animaux extraordinaires et leur offrir apaisement et guérison.

Cerise sur le gâteau, les illustrations sont superbes !

Et vous, connaissez-vous cette série ?
Vous tente-t-elle ?