Extraordinaires enfants de l’écume des vents, Karin Serres et Katy Sannier (illustrations)

Couverture Extraordinaires enfants de l'écume des vents

Ranimer une légende du fond des âges ? Facile : à la pointe du Raz, là où la terre finit dans l’océan, là où les vents sucrés et salés soufflent sur la lande, c’est le rôle des enfants et des poissons volants !

Locus Solus (18 juin 2021) – 48 pages – 14€

AVIS

Avec cet album relié aussi doux au toucher que beau à regarder, j’ai fait un voyage extraordinaire aux côtés de personnages qui ne le sont pas moins…

En des temps reculés, à moins qu’ils ne soient immémoriaux, existait une cérémonie étrange et belle à la fois, une cérémonie où les bruits multiples du vent entraient en harmonie avec les sons et les rires des enfants. Mais parce que le monde est protéiforme et la nature généreuse, les enfants n’avaient pas forcément deux jambes, deux bras et une tête, ils étaient de différentes espèces et de formes variées. Les enfants humains côtoyaient ainsi, durant la célèbre cérémonie de L’écume des vents, des enfants animaux, qu’ils soient poissons, oiseaux ou autres, des enfants végétaux…

Légendaire et féérique, L’écume des vents rythmait la vie des enfants, depuis son annonce aux différentes étapes avant son avènement, appelé le Grand Jour Dit. Si vous vous plongez dans ce petit ovni littéraire poétique mélangeant onirisme, légende, douceur, collages pleins de fantaisie et ambiance colorée, vous aurez d’ailleurs la chance d’assister à une cérémonie de L’écume des vents, et ressentir la joie de tous ces enfants qui l’ont attendue et préparée dans la joie, le bonheur et la bonne humeur.

Extraordinaires enfants de l’Écume des vents

Ode poétique et subtile à la nature et aux éléments, au partage et au vivre-ensemble, cet album transporte les lecteurs de tous les âges dans un conte fabuleux où les rêves sont à portée de main, de nageoire ou de nuage, où des sardines peuvent devenir poissonnes volantes, où les membres d’une forêt d’enfants peuvent s’enraciner et se déraciner au gré de leurs envies, où l’on rencontre des korrifées joyeuses et conductrices de bus, et même une créature géante qui vit dans une grotte remplie de livres et qui se nourrit exclusivement de desserts, de miel et de fruits. Laissez-moi vous dire que le vent m’aurait vite portée vers une telle créature !

La dimension onirique est d’une telle importance qu’en parcourant les pages colorées de ce bel album, votre esprit ne pourra que se laisser porter vers ce monde de légende et de fantaisie. Un monde magique, protecteur et lumineux que l’on parcourt les yeux et le cœur grands ouverts, prêts à faire bon accueil à des enfants-jardiniers, des enfants-musiciens, des loups magiques, et même à un scaphandrier fantôme qui pourrait vous surprendre si vous osez l’approcher. Les plus téméraires pourront même partir à la rencontre d’un requin à trois têtes, prêt à vous aider à surmonter vos cauchemars.

Et toujours, en trame de fond, cette fête et cérémonie de L’écume des vents, source de tous les rêves et des plus belles réalités. Doux, tendre, poétique et onirique, voici un magnifique album, aux accents très marins, à offrir à des enfants pour leur transmettre l’art du rêve, leur montrer la force de l’imagination et le pouvoir de l’évasion. Quant aux adultes, ils devraient apprécier les thématiques sous-jacentes abordées avec autant de subtilité que de délicatesse et cette impression de vivre un rêve éveillé où tout peut arriver.

Je remercie Babelio et les éditions Locus Solus pour m’avoir envoyé ce bel ouvrage en échange de mon avis.

La mémoire envolée, Dorothée Piatek et Marie Desbons

Couverture La mémoire envolée

Aujourd’hui, dans la vie de Mamie, les mots se promènent à l’envers, à l’endroit, ils n’en font qu’à leur tête. … Je me souviens pour elle…

Bilboquet édition (25 février 2009) – 38 pages

AVIS

Plus j’en lis, plus je suis persuadée que les albums jeunesse regorgent de pépites qui permettent d’aborder des thématiques difficiles avec douceur, bienveillance, poésie et tendresse. La mémoire envolée se classe indéniablement parmi cette catégorie !

Alors que les mots semblent jouer à saute-mouton dans l’esprit de sa grand-mère, faire de grands écarts, se placer là où ils ne devraient pas être et se vider de leur sens, une petite fille observe avec tendresse sa grand-mère, la cajole et lui dit de belles et réconfortantes paroles, tout en se souvenant avec une nostalgie dénuée de tristesse, tous ces moments de complicité passés ensemble. Les mercredis à jouer à la marchande, les dimanches consacrés à visiter des personnes âgées…

À voir défiler le flot des souvenirs de cette petite fille, on réalise les tendres sentiments qui l’unissaient et l’unissent toujours à une mamie qui semblait joyeuse, gentille, généreuse, pleine d’imagination et d’énergie, avant qu’une méchante maladie ne vienne lui grignoter l’esprit. Alors quoi de plus naturel pour cette petite-fille que de prendre soin, à son tour, de sa mamie adorée qui, plus que jamais, a besoin de sa présence rassurante et réconfortante. Finalement, peu importe que les conversations n’aient plus ni queue ni tête ou qu’elles se tarissent en raison de la fatigue, l’important étant la force du lien qu’une petite-fille s’évertue à maintenir avec sa grand-mère.

Si parler d’Alzheimer n’est jamais aisé en soi, j’ai été touchée par la sensibilité et la poésie avec lesquelles l’autrice et l’illustratrice le font. Cela passe, entre autres, par des illustrations d’une grande douceur flirtant avec l’onirisme, afin de représenter la manière décalée dont les idées peuvent s’agencer dans la tête d’une personne ayant Alzheimer, et des scènes tendres et touchantes à la fois. En tant qu’adulte, la maladie de ma grand-mère, dont j’ai toujours été très proche, a été l’une des plus dures épreuves que j’aie dû affronter, parce qu’il est difficile de lâcher-prise et d’accepter que la personne que vous aimez ne sera plus jamais la même. Que ses souvenirs s’emmêlent, se cognent et se désordonnent, avant de petit à petit, vous effacer ou du moins de vous éloigner très loin dans les limbes de sa mémoire et de vous fondre dans le souvenir d’autres personnes.

Alors si je ne suis pas le public premier visé par cet album, je dois avouer qu’il m’a fait du bien et m’a beaucoup touchée et émue, d’autant que j’ai pu vraiment m’identifier à la narratrice. C’est assez difficile à expliquer mais en tournant la dernière page, j’ai eu le sentiment d’un poids qui s’envolait… J’ai également trouvé la conclusion très belle avec cette idée que si la personne que vous aimez ne peut plus se souvenir, vous pouvez vous faire le gardien ou la gardienne de sa mémoire.

En bref, voici un album tendre, touchant et poétique qui aborde avec beaucoup de sensibilité, et non sans une jolie touche d’humour, le thème délicat de la maladie d’Alzheimer. Que ce soit pour un enfant afin de l’aider à appréhender le changement de comportement d’un proche touché par cette maladie, ou pour un adulte qui a besoin d’une histoire réconfortante lui permettant de se souvenir du plus important, cet album est à lire et à relire. Pour ma part, j’ai été étonnée du réconfort qu’en peu de pages, il a su m’apporter.

Album lu dans le cadre du Challenge Un mot, des titres des Lectures d’Azilis.

Plibémon : le challenge du #PLIB2022 ouvert à tous !

image du challenge Plibémon

Si vous êtes juré(e) du PLIB, vous avez déjà pu constater l’imagination sans limite et l’humour des organisatrices, vous ne serez donc pas étonné du jeu qu’elles ont lancé : le Plibémon !

Le but de ce jeu est de collectionner des cartes représentant des personnages de livres de SFFF. Vous recevrez une carte, distribuée aléatoirement, à chaque fois que vous aurez lu 5 romans de SFFF de plus de 200 pages. Il sera également possible, pour les plus passionnés, d’échanger des cartes, de les vendre, de les acheter… chaque carte n’étant disponible qu’en 5 exemplaires.

Tous les deux ou trois mois, seront également proposés des challenges bonus en équipe. Il n’y a aucune obligation de s’inscrire dans l’une des équipes, mais je me suis d’ores et déjà inscrite dans l’équipe 1. Voici les dates de ces challenges bonus :

  • 25 octobre 2021 – 7 novembre 2021
  • 1 janvier 2022 – 31 janvier 2022
  • 1 avril 2022 – 30 avril 2022
  • 15 juin 2022 – 30 juin 2022
  • 1 août 2022 – 15 août 2022

Le jeu est ouvert à tous, même aux personnes ne participant pas au PLIB, et il est possible de s’inscrire toute l’année. Pour découvrir le règlement du jeu et vous inscrire, je vous invite à vous rendre sur la page du PLIB consacré au Plibémon.

Peu de temps après vous être inscrit(e), vous recevrez votre première carte. Pour ma part, j’ai souri en découvrant la mienne, le hasard faisant bien les choses, car si vous me suivez régulièrement, vous connaissez mon affection pour les chats… Et puis, je garde un très bon souvenir d’À la croisée des mondes.

Carte Plibémon

Je ferai de temps en temps des bilans des cartes acquises…

Et vous, comptez-vous participez à ce challenge bon enfant et sans pression qui permet de vider sa PAL, de faire des découvertes, et d’avancer dans ses lectures pour le PLIB 2022 ?

Lalie – Le monde caché de Naturia (tome 1) , Myriam Lorenz

Couverture Lalie, tome 1 : Le monde caché de Naturia

Suite à un accident, Lalie, douze ans, perd connaissance et se retrouve dans une forêt qui ne ressemble en rien à celle de sa région.

Comment a-t-elle atterri là ? Comment repartir ? Pourquoi ne croise-t-elle aucun animal ? Aucun cri d’oiseau ou d’écureuil, pas même un petit insecte ou une araignée à l’horizon !

Heureusement que Lucas est là pour lui expliquer le fonctionnement de ce monde merveilleux, mais aussi très dangereux, qu’est celui de Naturia.

Vous êtes prêts à suivre les aventures de Lalie avec ce premier tome ? C’est parti !

Books on demand (21 avril 2021) – 172 pages – Papier (9,99€) – Ebook (2,99€)
Couverture : Élodie Perez

AVIS

Voici un roman jeunesse que j’ai lu d’une traite, ayant apprécié l’imagination et la plume immersive de l’autrice, qui raviront aussi bien les enfants à partir de 9/10 ans que les lecteurs plus âgés. Les premiers pourront d’ailleurs aisément s’identifier à une jeune héroïne attachante et non dénuée de caractère, qui va vivre une aventure merveilleuse et dangereuse à la fois !

Lalie, une adolescente de douze ans comme les autres, du moins en apparence, ne supporte pas sa belle-mère, une horrible sorcière ! Et ce n’est pas une expression : l’adolescente en est persuadée, Ophélia est une véritable sorcière qui a envoûté son père. Mais Lalie a d’autres priorités que démasquer sa marâtre quand, suite à un accident de voiture, elle découvre un autre monde !

Un monde différent du nôtre où même en pleine forêt, on ne croise aucun animal et où aucun bruit ne vient rompre le silence. Heureusement pour elle, Lucas, qui semble avoir son âge, la découvre et la prend sous son aile, lui dévoilant un monde qu’elle n’aurait jamais imaginé croiser ailleurs que dans ses rêves. Un lieu féérique et dangereux où il n’est pas conseillé de sortir la nuit, mais où on trouve des youpamis, une créature entre le porc-épic et le caméléon, et même des dragons, du moins le fils d’une dragonne. La mythologie autour des dragons m’a particulièrement intéressée, notamment avec cette idée de sacrifice maternel qui, avec les dragons, prend une tout autre dimension.

Toutes les bonnes choses ayant une fin, les déambulations dans un monde magique y compris, Lalie finit par se réveiller dans une chambre d’hôpital… Aurait-elle rêvé ? Je ne répondrai évidemment pas à cette question, puisque j’ai pris plaisir à découvrir la manière dont l’autrice joue sur le doute de l’héroïne, avant de nous dévoiler, sans trop nous faire attendre, la réponse. Pour ma part, j’ai adoré suivre Lalie qui se montre attachante, courageuse, mais également mature, déterminée et réfléchie.

Si elle est décontenancée par tout ce qui lui arrive, sa curiosité prend vite le pas sur ses doutes ou la menace d’une belle-mère manipulatrice, pour laquelle elle n’éprouve que méfiance. La jeune fille se fait-elle des idées sur Ophélia qu’elle soupçonne de cacher sa véritable nature ? Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai apprécié le mystère entourant cette belle-mère, digne d’un bon conte. La propre mère de l’adolescente semble également cacher des choses et devient étrangement nerveuse dès que Lalie évoque la magie ou le surnaturel…

Bien que leur présence ne soit pas centrale, les adultes ne sont donc pas absents de ce roman, ce que j’ai apprécié. Quant aux amis de Lalie, ils se révèlent tous les deux sympathiques, mais très différents l’un de l’autre. En plus d’être adorable, prévenant et bienveillant, Lucas m’a touchée en raison de son histoire familiale, une histoire qui ne semble néanmoins pas l’affecter outre mesure. Il faut dire qu’il n’a pas forcément les mêmes critères de bonheur qu’un humain lambda. Quant à Éléonore, la meilleure amie de Lalie dans notre monde, elle se révèle plutôt sympathique. En amie fidèle, elle est prête à épauler Lalie dans ses recherches, malgré l’incongruité de la situation.

L’amitié tient une place importante dans ce roman, ce qui devrait plaire aux jeunes lecteurs. Mais l’autrice évoque également, sans lourdeur et avec une intelligence certaine, une problématique à laquelle beaucoup d’enfants et adolescents ont été ou seront un jour confrontés : le harcèlement scolaire, et plus particulièrement, le cyberharcèlement et ses conséquences. Plus que la thématique en elle-même, c’est la manière dont l’autrice l’aborde qui m’a convaincue et le message qu’elle fait passer quant au caractère néfaste de la vengeance. À cet égard, Éléonore fait preuve d’une maturité qui semble faire défaut à bien des adultes, refusant de répondre à la méchanceté par la méchanceté. J’ai, en outre, été impressionnée par la faculté de l’autrice à nous faire ressentir de la compassion pour un adolescent passé de bourreau à victime en un instant…

Les chapitres se déroulant dans notre monde ne manquent pas d’attrait, l’autrice les nimbant d’une bonne aura de mystère, mais c’est le monde caché de Naturia qui a exercé sur moi la plus forte attraction, au point de ne pas vouloir le quitter. J’ai ainsi pris plaisir à découvrir et à évoluer dans cet univers magique où l’émerveillement n’est jamais loin, malgré les dangers !

En conclusion, enfants, adolescents et adultes devraient apprécier de se laisser prendre par la main par une jeune héroïne courageuse, mais pas intrépide, qui, sans le vouloir, vient peut-être de réveiller des secrets bien enfouis… pour le meilleur et pour le pire. Rythmé, auréolé de mystère, non dénué de suspense, et abordant sous couvert de fiction des thématiques importantes, ce premier tome nous offre une aventure palpitante, entre magie, émerveillement et dangers. Vivement la suite !

Je remercie Myriam Lorenz de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

 

Top Ten Tuesday #232 : 10 romans (du même genre littéraire) que vous recommanderiez (YA, NA, contemporain, fantastique, Thriller, etc…)

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« Le Top Ten Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Pour ce thème, 10 romans du même genre que vous recommanderiez, j’ai choisi de vous présenter 10 thrillers que j’ai particulièrement aimés.

Dans cette liste, vous trouverez des thrillers fantastiques ou flirtant avec le fantastique (La maison des oubliés, Séduction maudite, La princesse au visage de nuit), des thrillers psychologiques (L’ombre de la menace, Avant d’aller dormir, Mon amie Adèle, La fille du train, La belle-mère), et d’autres plutôt violents (Le sang des Belasko, Les cicatrices).

10 thrillers que j'ai particulièrement aimés

Au passage, je discerne la palme du meilleur de retournement de situation à Mon amie Adèle qui a été adapté en mini-série.

Et vous, certains de ces thrillers vous tentent-ils ?
Quel est votre thriller préféré ?

 

Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr, Denis Labbé

Couverture Le dit de Wolveric, tome 1 : Les portes de Llyr

Aux portes de Llyr, en paix depuis quatre siècles, une sombre menace gronde. Les forces de l’Autre Royaume s’amassent pour récupérer leurs territoires. Elles vont trouver sur leur route, Wolveric, un jeune soldat dont la mort ne veut pas. Flanqué d’un gigantesque Phooka qui l’a pris sous son aile, il deviendra l’instrument du destin.
Dans cette quête initiatique, il découvrira un monde d’une incroyable richesse, des êtres terrifiants chantés par les légendes et il se rendra compte que l’univers est bien plus complexe qu’il ne le pensait.

AVIS

Vous dire que je n’ai pas été d’emblée attirée par la couverture ne serait pas très crédible, mais c’est quand même bien le résumé qui m’a donné envie de me plonger dans ce roman de fantasy qui m’a permis de passer un bon et mouvementé moment de lecture.

Après une période de relative paix où les créatures de l’Autre Royaume se contentaient de hanter les légendes, contes et cauchemars, il semblerait qu’elles soient bien décidées à entrer en guerre contre l’Empire ! C’est dans ce contexte difficile qu’une mission de la plus haute importance pour l’avenir de l’Empire va être confiée à un duo inattendu : Wolveric, un jeune guerrier qui rêve de mourir, et le Tors, un Phooka qui a rejoint les rangs des humains. Si d’autres personnages vont intervenir durant cette aventure plutôt épique, j’avoue avoir été plus particulièrement intéressée par les péripéties traversées par ces deux personnages très différents l’un de l’autre, mais parfaitement complémentaires. Ils dégagent, en outre, chacun à leur manière, une certaine aura de mystère.

Wolveric parce qu’il est conscient de choses qu’un humain lambda ne remarquerait pas, et parce qu’il a noué bien malgré lui une relation particulière, entre défiance et respect, avec la Mort elle-même ! Une Mort personnifiée sous les traits d’un scribe, qui refuse d’accorder cette mort à laquelle le jeune guerrier aspire de toute son âme depuis la mort des siens. Mais rien d’étonnant à ce refus : plus on tourne les pages, plus on a le sentiment que ce jeune homme au destin contrarié possède quelque chose de spécial en lui, une différence qui semble attirer les problèmes et différentes créatures plus ou moins sympathiques. Quant à le Tors, il se plaît à entretenir un certain mystère sur sa personne et son passé, jusqu’à cacher son vrai nom. Au fil des péripéties et des révélations, les raisons d’un tel comportement quelque peu énigmatique se dévoilent heureusement à nous…

En plus du duo, j’ai beaucoup apprécié un Gobelin, un trublion qui apporte un peu de légèreté à une intrigue marquée par les attaques, les trahisons, les mensonges et les complots. Moi qui apprécie les complots, je me suis d’ailleurs régalée, rien n’étant ce qu’il paraît être dans ce roman où le danger se fait de plus en plus pesant et pernicieux, la politique se pare de ses plus noirs atouts, et la cupidité noircit les âmes. Ainsi, quand certains travaillent en secret pour accroître leurs richesses, quitte à trahir les leurs et à souscrire à de terribles alliances, un être malfaisant œuvre dans l’ombre pour asseoir son pouvoir et redessiner les frontières de l’Empire, mais également de l’Autre Royaume.

Les enjeux de ce premier tome se révèlent donc bien plus importants que ce que le début du roman laisse présager, un point qui rend d’ailleurs la lecture passionnante. Les scènes d’action, toujours savamment orchestrées sans jamais s’éterniser, insufflent également un certain dynamisme au récit. Et puis, même quand il n’y a pas d’action à proprement parler, les lecteurs, comme les personnages, n’ont d’autre choix que de rester sur le qui-vive afin d’anticiper la prochaine menace et sa nature. Si les dangers sont multiples et variés, l’auteur évite pourtant l’écueil du manichéisme.

Ainsi, contrairement à ce qu’on serait tenté de penser, il ne s’agit pas ici des victimes contre les attaquants, de l’Empire contre l’Autre Royaume, mais d’humains et de Sidhes manipulés pour mener une guerre. Les « gentils » et les « méchants » appartiennent aussi bien à un camp qu’à un autre, d’autant que les frontières entre les deux sont bien plus perméables qu’il n’y paraît. Alors on ne s’étonnera pas de voir travailler main dans la main un humain avec un Phooka et un Gobelin, afin non pas de faire triompher un camp sur un autre, mais tenter d’éloigner une guerre dont les tenants et les aboutissants nous semblent bien opaques. Il faut dire que les trahisons sont légion et qu’un être particulièrement retors semble à lui tout seul représenter le plus grand des dangers. D’ailleurs, son ombre planera sur une bonne partie du roman, s’insinuant dans l’esprit de chaque lecteur.

Au-delà des multiples complots et mensonges qui brouillent les cartes et apportent une dynamique intéressante, le roman peut s’appuyer sur un bestiaire divers et varié. Nous rencontrons ainsi tout un tas de créatures, certaines effrayantes, d’autres accueillantes, voire adorables comme les Verdiers, des créatures volantes de petite taille. Pour ma part, j’ai apprécié que l’auteur nous transporte dans un Autre Royaume pluriel qui tranche avec l’image réduite que les habitants de l’Empire en ont. Un Autre Royaume qui réservera également quelques surprises à Wolveric qui en découvrira les différentes strates… Sans entrer dans les détails pour vous laisser le plaisir de la découverte, celle de Songerêve m’a fascinée tout comme cette idée que des Sidhe puissent naître de songes !

En conclusion, d’une plume fluide et immersive, l’auteur nous immerge dans un univers au bord d’une guerre qui risque fort bien de redessiner les frontières entre l’Empire et l’Autre Royaume. Mais comme un jeune homme, qui se rêvait barde mais qui deviendra un féroce guerrier, le découvrira, la vraie guerre ne se joue pas forcément sur les champs de bataille… Entre une ombre menaçante et écrasante dont la présence se cache derrière bien des événements, une aura puissante de mystère, des mensonges, des trahisons, des complots, et une bonne dose de manipulation, Le dit de Wolveric nous offre une aventure de fantasy épique et rythmée qui poussera les héros et les lecteurs dans leurs retranchements !

Je remercie les éditions Rebelle de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

In My Mailbox #232 : hardback, BD, webtoon et Oscar Wilde…

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


  • Romans : vu les avis, je ne voulais pas craquer sur Les saisons de la tempête, mais quand je suis tombé par hasard sur une édition hardback quasiment introuvable à un prix acceptable, j’ai craqué. Mystic Land est un achat 100% motivé par la couverture même si le résumé me tente aussi beaucoup…

Couverture MysticlandCouverture Les Saisons de la tempête, tome 1

  • BD : j’ai longtemps hésité à prendre Bâtard, mais ma médiathèque tardant à l’acquérir et ma curiosité étant de plus en plus forte, j’ai sauté le pas.

Couverture Bâtard, tome 1Ceux du Chambon : 1939-1944 par Matz

  • Beau livre : un livre dont je n’avais jamais entendu parler, mais dont le grand format m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Étant loin d’être une spécialiste d’Oscar Wilde, j’espère apprendre des choses. 

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?
Certains de ces titres vous tentent-ils ?

Invisible, Tom Percival

Couverture Invisible

Quand un jour l’argent vient à manquer pour payer les factures et le loyer, Isabelle et sa famille doivent déménager à l’autre bout de la ville.
Isabelle commence à se sentir… invisible.
Et elle s’aperçoit que dans la rue, elle n’est pas seule à se sentir invisible.
Elle décide alors de se rendre utile et d’aider les autres invisibles autour d’elle. Petit à petit, les choses changent… Une histoire émouvante, qui rappelle que riche ou pauvre, tout le monde a sa place dans le monde.

KIMANE (4 février 2021) – 32 pages – 13,50€

AVIS

J’ai eu un coup de cœur pour ce magnifique album, autant sur le fond que la forme, qui évoque la pauvreté, et plus particulièrement la pauvreté infantile, et la manière dont la société tant à invisibiliser un certain nombre de personnes, qu’elles soient pauvres, isolées, réfugiées…

Des thématiques rarement évoquées dans la littérature jeunesse et encore moins avec une telle justesse, l’auteur ayant lui-même connu la pauvreté durant son enfance. Si certains passages sont teintés de gris et auréolés de tristesse, l’histoire se révèle également belle et poétique, la force de la solidarité apportant une magnifique bouffée d’espoir et de réconfort. L’ambiance graphique, quant à elle, évolue au gré de l’histoire, oscillant entre des teintes glaciales et froides, et des couleurs plus enveloppantes à mesure que la couleur et la chaleur humaine réapparaissent dans la vie d’Isabelle.

J’ai été saisie par la manière délicate avec laquelle l’auteur nous montre qu’à force de n’être vu de personne, on devient invisible. Une métaphore qui révèle toute sa puissance à travers l’histoire touchante d’Isabelle. Cette fillette, qui a dû quitter sa maison et ses souvenirs pour un quartier froid et sombre où personne ne la remarque, devient littéralement invisible ! Du moins, jusqu’à ce qu’elle décide d’aider les autres personnes dans son cas, car les invisibles sont nombreux, il suffit de ralentir le pas et lever les yeux pour les voir et leur donner cette place à laquelle ils ont droit…

J’ai eu le cœur brisé en voyant Isabelle ne pas avoir accès à des choses qui, pour beaucoup, semblent anodines comme aller au cinéma. Mais j’ai aussi été touchée par sa personnalité, le fait qu’elle se concentre sur ce qu’elle a, et la manière dont elle va spontanément décider d’aider autrui quand elle-même ne possède rien, si ce n’est sa gentillesse. Cette petite fille nous donne une jolie leçon d’humanisme et d’humanité et nous prouve que les petites actions peuvent changer le monde…

Beau et poignant, Invisible est un album à partager pour évoquer le thème de la précarité, de la pauvreté infantile, de la force de la solidarité, et redonner une place à tous ces invisibles, oubliés et ignorés de la société, chacun ayant sa place et un rôle à jouer.

 

Wolf girl (tome 1), Leia Stone

Couverture Wolf Girl, tome 1

Quand mes parents ont été bannis de Wolf City avant ma naissance, j’ai pensé qu’il n’y avait aucune chance que je revive un jour dans une meute. Menottée, avec ma magie de métamorphe contenu, on m’a forcée à intégrer une école avec des sorcières et des vampires afin d’empêcher ma vraie nature de sortir.
Puis je l’ai rencontré. Sawyer Hudson.
Le fils de l’Alpha visitait le Delphi College et m’a repérée. Il m’a jeté un coup d’œil, et une heure plus tard, j’étais retirée de l’école, emmenée à Wolf City, laissant derrière moi mes parents et tout ce que je connaissais.
Cette année Sawyer, le futur alpha, sélectionne sa compagne, et chaque femme âgée de 18 à 22 ans doit être présente. Me voilà maintenant à l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, en plein milieu d’un Bachelor pour loups-garous !
Et juste au moment où je pensais maîtriser les choses, Sawyer libère mes menottes et ma magie et voit ce que je suis vraiment.
Le problème, c’est que je ne sais pas en quelle créature je me transforme. Mais ce n’est pas un loup-garou ordinaire, c’est sûr.

Hachette Lab (15 septembre 2021) – 7,99€

AVIS

Bien que classique dans le fond, Wolf girl réussit à introduire une certaine originalité par la nature particulière de l’héroïne que je n’avais encore jamais croisée. Je vous laisserai évidemment le plaisir de la découverte, mais l’idée de l’autrice m’a plu, d’autant qu’elle permet d’aborder, sous couvert de fiction, un sujet difficile. Demi est ainsi marquée profondément dans sa chair, mais pas seulement, par un événement traumatisant. Seule fille-loup de sa fac, elle doit également faire face au harcèlement de ses camarades, alors que des bracelets magiques l’empêchent de riposter sous peine de ressentir de terribles souffrances.

Si Demi est la seule représentante de son espèce à la fac, c’est que les autres loups-garous vivent à Wolf City, une ville de laquelle ses parents ont été bannis avant sa naissance. La jeune femme ne connaît pas la raison de ce bannissement, mais elle en subit tous les jours les conséquences. Ceci explique qu’elle n’hésite pas à quitter sa ville et sa fac pour rejoindre l’Université des sciences lycanthropiques de Sterling Hill, quand une opportunité se présente à elle. Séparée de ses parents et de sa meilleure amie, l’étudiante va devoir s’adapter à sa nouvelle vie, en comprendre les codes, tout en participant à un Bachelor pour loups-garous. Une compétition organisée pour permettre à Sawyer, la personne grâce à laquelle elle a pu quitter sa fac, de choisir sa future épouse, condition sine qua non pour qu’il puisse devenir le nouvel alpha. 

J’ai eu peur de tomber dans un roman ressemblant à La Sélection de Kiera Cass, mais le côté Bachelor n’est finalement qu’un prétexte pour permettre à Sawyer de briser l’exil de Demi qui, comme on s’en doute, ne le laisse pas indifférent. N’aimant pas le principe d’un homme qui met en concurrence des femmes avant d’en choisir une, j’ai apprécié que Demi partage mon indignation. Et puis, fort heureusement, Sawyer n’est pas non plus fan du concept : il participe parce qu’il y est obligé, mais on ne doute guère de quel côté son cœur balance. Pour ma part, j’ai regretté une attraction trop rapide entre les personnages, car cela ôte tout suspense quant à l’évolution de leurs sentiments. L’autrice joue néanmoins très bien la carte des sentiments avec des réparties et des déclarations qui devraient ravir le cœur des personnes qui, contrairement à moi, n’ont pas besoin de voir une relation se construire pour y croire. 

La romance est un peu trop consensuelle et rapide pour m’avoir conquise, mais j’ai apprécié tout le mystère autour de l’exil des parents de Demi, et celui entourant la nature particulière de la jeune femme. Une nature qu’elle va devoir apprendre à apprivoiser et à mieux connaître pour son propre bien. Se pose également la question des raisons de l’obsession des vampires pour la jeune femme, des dents longues qui n’hésitent pas à attaquer des loups-garous pourtant capables de se défendre ! Mais ce ne seront pas les seuls dangers que Demi, le garçon de ses rêves et ses amis devront affronter, l’autrice nous réservant des ennemis plutôt retors. À cet égard, la mythologie autour de ces derniers m’a fortement intéressée, d’autant qu’on réalise que la situation n’est pas aussi simple qu’il n’y paraît…

Les scènes d’action sont parfaitement maîtrisées avec une fluidité dans les descriptions qui apporte un réalisme et un dynamisme certain ! Les sentiments de Demi sont également bien développés bien que l’on reste sur une narration rythmée, fluide mais manquant de caractère, et, peut-être, de maturité. Mais j’imagine que cela s’explique, en partie, par le public visé. Néanmoins, l’aura de mystère bien présente compense ce point d’autant que contrairement à ce que je craignais, Sawyer évite le cliché du bad boy. Et là, je dis un grand merci à l’autrice n’en pouvant plus de ces protagonistes masculins magnifiques, ténébreux mais toxiques.

Protecteur, mais prévenant et respectueux, Sawyer m’a agréablement surprise et quelque peu peinée par sa position de futur alpha qui l’oblige à participer à cette mascarade de sélection. Mais il n’a pas le choix pour une raison que l’on découvre en cours de lecture et qui apporte une dynamique intéressante à sa relation avec Demi. Quant à cette dernière, elle a su me toucher par son courage, sa résilience, et la manière dont elle tente de comprendre sa nature profonde et de faire face à un monde qui n’est pas le sien. J’ai également beaucoup apprécié la cousine de Sawyer avec laquelle Demi s’est liée d’amitié. Rigolote et bienveillante, tout en étant capable d’être incisive, Sage est une petite bouffée d’oxygène à elle toute seule ! Je regrette juste que l’autrice ait choisi de conclure son premier tome sur un événement qui relance certes l’intrigue, mais qui m’a semblé un peu trop dramatique, que ce soit dans son exécution ou les réactions qu’il suscite chez un personnage.

En conclusion, Wolf City est un roman YA qui se révèle assez classique dans son déroulé, mais original quant à la nature de son héroïne et le secret entourant un protagoniste masculin qui s’éloigne du cliché éculé du bad boy ! Loin du harem que j’avais redouté, on découvre ici une romance entre deux êtres inexorablement attirés l’un par l’autre, des êtres qui vont devoir faire face à des dangers de différentes natures et des ennemis, entre vampires et espèces hybrides… Rythmé et auréolé d’une bonne dose de mystère, Wolf City devrait plaira aux amateurs de romances paranormales ou à ceux souhaitant s’initier au genre à travers un roman rapide et facile à lire, qui nous laisse entrevoir une suite dans laquelle les cartes sont redistribuées !

Je remercie NetGalley et les éditions Hachette pour cette lecture.

Tag haut en couleur

Couleur, Fumée, Arc-En-Ciel, Conception

Après l’avoir vu passer sur, entre autres, le compte instagram Lectures Vesperales, j’ai eu envie de répondre à ce sympathique TAG qui met, comme le TAG Arc-en-ciel livresque, les couleurs à l’honneur…

  • Noir, tristesse : un livre qui m’a fait pleurer

Les Indécis n’est pas triste en soi, mais étant plutôt émotive et sensible, il y a deux passages qui m’ont particulièrement touchée et fait ressentir un trop-plein d’émotions qui s’est transformé en larmes…

  • Violet, crainte : un livre dans lequel j’ai eu peur de me plonger

J’ai eu peur de me lancer dans Apprendre à se noyer pour deux raisons : la crainte de ne pas saisir une éventuelle portée philosophique et cette thématique de la mort qui me mine toujours le moral. Heureusement, plus que philosophique, la portée est métaphorique et très accessible, et la thématique de la mort abordée de manière à nous toucher, sans nous accabler…

Couverture Apprendre à se noyer

  • Bleu, peur : un livre qui m’a foutu la frousse

Si j’ai passé mon enfance/adolescence devant les films d’horreur, il y a une chose qui m’a toujours fait peur et continue à me faire peur : les fantômes. Je n’y crois pas, mais à chaque fois, les scènes avec des apparitions ou celles jouant sur leur éventualité me donnent des frissons. La dernière lecture du style qui me vient en tête est La maison des oubliés de Peter James. Le roman n’est pas original, mais il est diablement efficace !

Couverture La maison des oubliés

  • Vert, dégoût : un livre que tout le monde aime, mais pas moi

Je pense à Black Blade lu dans le cadre d’un blog tour. Tout le monde semble l’avoir adoré, quand j’ai dû prendre sur moi pour le terminer.

Couverture Black Blade, tome 1 :  Froid brûlant

  • Jaune, impatience : un livre que j’ai hâte de lire

J’ai très hâte de lire Lore Olympus, ayant abandonné le webtoon en cours de route afin de pouvoir le lire sur papier. Le livre est d’ailleurs déjà précommandé et devrait arriver début novembre.

  • Orange, rêveur : un livre qui m’a fait voyager

Avec La baronne des glaces, j’ai eu la chance de voyager dans plusieurs pays et de voguer en mer…

Couverture La baronne des glaces, tome 1 : La fin d'un monde

  • Blanc, lunatique : un livre que j’ai mis longtemps à lire

Cette consigne me semble pouvoir s’interpréter de deux manières….

  • Longtemps dans le sens « longtemps à sortir de ma PAL » : et là, j’ai envie de dire à peu près tous les livres de ma bibliothèque, mais je vais citer Oraisons dont l’achat datait de mon inscription à France Loisirs…

  • Longtemps dans le sens de la durée : à de rares exceptions, les livres que je mets longtemps à lire sont les livres audio. Il m’a ainsi fallu plusieurs mois pour écouter en entier From Blood and Ash. Un roman que je ne peux que conseiller aux amateurs de romantasy…

Et vous, avez-vous lu et aimé certains de ces romans ?
Avez-vous à votre tour envie de répondre à ce TAG ?