La petite danseuse au visage figé, Marielle Piccolo

La petite danseuse au visage figé par Piccolo

Hina, la petite danseuse de bois, est libérée de sa boite à musique par la souris du Lac. Liée à une malédiction, elle ne pourra pas rester dans un même lieu plus de trois jours. Accompagnée de ses deux ballerines transformées en chats, elle rencontrera un peintre qui voit tout en noir, une vendeuse de robes de poupées dévorée par l’avidité, et un toiletteur pour chats ayant peur des chats.

Auto-édition (4 août 2020) – 47 pages – 6,50€
Illustrations : Channy Da Pich

AVIS

Attirée par le résumé et la sublime couverture, je n’ai pas résisté bien longtemps au plaisir de me plonger dans ce conte enchanteur et plein de poésie que je prendrai plaisir à lire et relire.

L’autrice nous offre ici, en effet, une bien belle histoire, celle d’une danseuse de bois qui, enfermée dans sa boîte à musique, danse pour le plaisir de ceux qui en remontent la clé. Mais un jour, la gracieuse danseuse émet le souhait d’être libérée de sa cage dorée et d’avoir enfin la possibilité de jouir de sa liberté pour danser, non pas pour les autres, mais pour elle-même.

Comme par magie, n’oublions pas que nous sommes dans un conte, une bonne fée (ou plutôt une souris enchantée) lui apparaît et lui offre cette liberté tant désirée. Mais parce que la magie a toujours une contrepartie, Hina s’engage à ne jamais rester plus de trois jours au même endroit. Après tout, une danseuse ne se doit-elle pas de briller par ses mouvements ? Loin de s’offusquer de cette condition, Hina saute à pieds joints, et avec délice, dans cette nouvelle vie qui s’offre à elle.

Face à ce grand et inattendu bouleversement, elle pourra heureusement compter sur deux chats hauts en couleur, qui ne sont jamais d’accord entre eux, mais qui nous régalent de leur bonne humeur ! J’ai adoré l’idée de l’autrice de transformer les chaussures de l’héroïne en ces deux chats amusants, irrésistibles et attachants… Une idée délicieuse qu’elle saura parfaitement exploiter tout au long de cette aventure qui ne manque ni de charme ni d’émotion.

Page après page, Hina va rencontrer différents personnages, chacun d’entre eux lui permettant de découvrir une facette peu reluisante des humains : la noirceur et la mélancolie qui empêchent de voir la vie en couleurs, l’avidité qui rend la vie bien triste et morne, la peur qui enferme plus que n’importe quelle cage de fer… Et puis, bien plus positif, la danseuse découvre l’amour, noble sentiment qui fait battre le cœur, même des êtres de bois qui, en théorie, n’en ont pas.

Par ses talents de danseuse et sa vision pure du monde, dépourvue de peur et de préjugé, Hina aidera les personnes rencontrées à comprendre l’absurdité et/ou la vacuité de leurs comportements, à voir la beauté derrière les choses simples, à dépasser leurs pensées limitantes et à trouver en elles-mêmes la force d’être heureuses. Une aide précieuse et désintéressée qui poussera les nouveaux amis de la danseuse à lui proposer leur aide…

Mais de quoi peut bien avoir besoin une danseuse de bois, devenue vivante grâce à la magie d’une souris ? Laissons planer le mystère autour de cette question, mais si vous avez l’habitude des contes de fées, vous aurez probablement deviné. Pour ma part, j’ai adoré ce conte classique dans son déroulé, mais original par les thématiques abordées et les personnages secondaires qui ne manqueront pas de vous marquer. Suivre cette petite danseuse de bois qui, au gré des rencontres, évolue et découvre la vie hors de sa boîte à musique, a quelque chose de particulièrement émouvant et touchant.

En plus d’une écriture accessible, mais pleine de poésie, qui ravira les amateurs de plumes douces et imagées, l’ouvrage bénéficie de quelques illustrations, dont le charme réside dans leur simplicité et leur côté enfantin. Nul doute que les enfants apprécieront ces repères visuels pour se guider dans leur lecture qu’elle soit en parfaite autonomie ou non, le conte pouvant aussi bien se lire seul qu’en famille.

Parce qu’un conte sans morale n’en serait pas vraiment un, l’autrice nous offre, à travers son histoire pleine de poésie, de magie et de douceur, de jolis messages et une conclusion qui ravira autant les enfants que leurs parents. Après tout, n’avons-nous pas tous besoin de tendresse et de beaux sentiments ?

Je remercie l’autrice de m’avoir envoyé ce livre (disponible sur Amazon) en échange de mon avis.

Mini-chroniques en pagaille #27

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Holly Ann, tome 1 : la chèvre sans cornes (éditions Casterman ), Kid Toussaint et Servain (chronique oubliée dans mes brouillons depuis un bon moment)

Couverture Holly Ann, tome 1 : La chèvre sans cornes

Je n’ai pas accroché outre mesure aux illustrations, mais j’ai apprécié la subtilité des détails qui permettent à l’auteur de suggérer efficacement certains éléments de l’enquête. Les suggestions étaient d’ailleurs peut-être trop flagrantes, car j’ai deviné assez rapidement deux éléments importants, ce qui ne m’a pas permis d’être surprise du dénouement de l’histoire. J’ai, en outre, un peu regretté qu’une petite présentation de Holly Ann ne soit pas proposée, notamment sur son rôle exact au sein de la ville. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée d’apprécier ses qualités d’enquêtrice et d’avoir hâte d’en apprendre plus sur ce personnage qui semble posséder un talent peu commun.

Malgré quelques petits défauts, j’ai parcouru avec plaisir cette BD appréciant d’être immergée dans l’ambiance si spéciale de la Nouvelle-Orléans avec son architecture reconnaissable, sa spécificité géographique, ses rites vaudou, son brassage ethnique, mais aussi, la méfiance vis-à-vis des croyances populaires, le racisme ambiant, la différence de traitement entre les noirs et les blancs… Quant à l’enquête, sans être d’un suspense haletant, elle reste intéressante et permet de voir à l’œuvre le sens de la déduction et les talents d’enquêtrice d’Holly Ann.

  • Un, deux, trois, sorcière ! un livre à compter de Magdalena, illustré par Gwen Kéraval (Flammarion jeunesse, Père Castor)

Un, deux, trois, sorcière!

En grande fan de sorcière, j’ai tout de suite été attirée par cet album jeunesse dont la couverture ne manque pas d’humour. Un humour que l’on découvre tout au long des pages où l’on suit une sorcière qui, en raison du vent qui se déchaîne, perd ses habits et ses accessoires. Adieu chapeau et balai !

L’intérêt de cet album, en plus de faire rire et sourire les lecteurs, est d’apprendre aux enfants à compter jusqu’à dix de manière simple et amusante. Pour ce faire, l’autrice joue sur les répétitions avec un début de phrase qui revient à chaque page et qui permet d’introduire les chiffres les uns après les autres. Humour et répétition, deux outils pédagogiques dont il n’est nul besoin de prouver l’efficacité.

On appréciera également la manière dont les enfants sont sollicités directement en fin d’ouvrage tout comme la chute, autant au sens propre que figuré, qui ne manquera pas de faire son petit effet. Quant aux illustrations pleines de peps, elles font incontestablement partie du charme de ce livre que les enfants devraient prendre plaisir à lire et à relire. Apprendre à compter n’aura jamais été aussi amusant ! 

  • Le mangeur d’écorce, Matth Flagg (Mots & Légendes),

Le Mangeur d’écorce par [Matth Flagg]

À la recherche d’une lecture rapide à lire entre deux romans, j’ai jeté mon dévolu sur cette nouvelle qui m’aura permis d’inaugurer ma Kindle achetée pour lire les trop nombreux livres qui m’attendent sur le cloud d’Amazon. Si j’ai beaucoup apprécié l’ambiance parfaite pour Halloween et la plume de l’auteur aussi fluide qu’immersive, la fin m’a paru quelque peu abrupte. Mais ce sera là mon seul bémol, cette nouvelle m’ayant fait passer un moment de lecture délicieusement frissonnant.

J’ai ainsi pris plaisir à parcourir, aux côtés de Damien, les couloirs de cette maison abandonnée dans laquelle il se réveille après avoir été poursuivi par des élèves de CM2. Abri momentané et bienvenu ou piège qui risque de se refermer inexorablement autour d’un enfant dont le seul tort est d’avoir été traqué par des brutes épaisses ? Très vite, la réponse s’impose à nous. Après tout, peut-on espérer le salut d’une bâtisse dont les propriétaires ont été retrouvés morts, plusieurs années auparavant ?

S’armant de tout son courage et de sa lucidité, qui menace de vaciller à mesure que gagne l’obscurité, Damien va devoir avancer quitte à faire des rencontres plus ou moins sympathiques… L’auteur réussit à faire monter la tension crescendo avec, notamment, un personnage qui se révélera aussi menaçant qu’effrayant ! J’ai ainsi presque eu l’impression d’être moi-même poursuivie par une ombre prise de folie meurtrière. Glaçant !

Je m’arrêterai là, l’histoire étant très courte, mais si le noir ne vous fait pas peur, que les vieilles bâtisses abandonnées mystérieuses vous attirent et que vous appréciez les ambiances délicieusement frissonnantes, cette nouvelle devrait vous plaire.

Téléchargez gratuitement Le mangeur d’écorce sur Amazon.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Les avez-vous lus ou vous tentent-ils ?

Amitié, tout ce qui nous lie, Heike Faller et Valerio Vidali

Amitié, tout ce qui nous lie par Faller

Ce livre est dédié à toutes les amitiés : les éphémères, celles qui durent toute une vie, celles qui sont devenues des histoires d’amour et celles que nous n’avons pas osé sauver.

Sous-Sol (1 octobre 2020) – 180 pages – Relié (19,90€)

AVIS

Quand Babelio m’a proposé de recevoir Amitié, tout ce qui nous lie, je n’ai pas hésité une minute, attirée par la perspective de découvrir un ouvrage graphique abordant un sujet ô combien important, l’amitié. N’oublions pas, pour reprendre Aristote, que l’homme est un animal social.

Que l’on approuve ou non la pensée de ce grand philosophe, je pense que ce livre pourra plaire à un large public, l’amitié revêtant une place plus ou moins importante dans la vie de chacun. Or ce que nous propose ici Heike Faller, ce n’est ni plus ni moins qu’une magnifique ode à l’amitié, celle d’une vie, celle de quelques instants, celle qui naît d’un centre d’intérêt commun, de circonstances particulières ou du plus parfait des hasards, celle qui perdure malgré la distance et les années, celle qui se délite sans que l’on ne sache vraiment pourquoi, celle qui nous échappe avant de revenir s’imposer dans notre vie comme une évidence ou à l’inverse, celle que l’on n’avait pas vu venir et qui prend le temps d’éclore, celle qui devient histoire d’amour…

Au gré des pages, le lecteur ne pourra que retrouver certaines scènes faisant écho à son propre passé et à ses propres expériences : les discussions jusqu’au bout de la nuit et les secrets murmurés dans le silence de l’obscurité, les jeux plus ou moins sages, les bons moments et les bonbons partagés (importants, les bonbons, mais ça marche aussi avec le chocolat), les voyages, les éclats de rire parfois gênants pour les autres, mais tellement vivifiants pour les amis qui les partagent, la jalousie, l’oreille attentive et le soutien indéfectible malgré les divergences d’opinions et les petits défauts qui font de l’autre ce qu’il est, un véritable ami !

Évidemment, toutes les pages n’ont pas résonné en moi avec la même force, mais toutes m’ont touchée, voire parfois émue, grâce aux souvenirs qu’elles ont fait remonter à la surface. Une raison suffisante, s’il en fallait une, pour se laisser tenter et submerger par ce très bel ouvrage qui bénéficie d’un travail éditorial de qualité : format carré et relié facile à prendre en main, couverture soft touch très agréable qui rappelle la douceur des moments partagés entre ami(e)s dont l’illustration de couverture est, pour moi, un joli exemple, mise en page intéressante et agréable avec des double-pages entièrement illustrées et rehaussées d’un texte toujours économe en mots, mais pas en beauté, en poésie et en émotions…

Il se dégage ainsi beaucoup de lumière et de douceur de cet album illustré par Valerio Vidali qui a pris le parti de nous offrir des illustrations colorées que l’on pourrait qualifier de naïves et épurées. Un style, dont je ne suis en général pas la plus grande amatrice, mais qui se marie ici à merveille avec le texte et qui lui donne encore plus de force. Ce que suggère avec subtilité et concision Heike Faller, l’illustrateur lui donne vie et nous en fait ressentir toute la puissance. On appréciera également, en fin d’ouvrage, les quelques pages expliquant la genèse de l’album.

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En conclusion, de par l’universalité du thème abordé et de la douceur avec laquelle cela est fait, Amitié, tout ce qui nous lie est un très bel ouvrage à mettre entre toutes les mains afin de redécouvrir une vérité que le rythme effréné de la vie actuelle aurait vite fait de nous faire oublier : l’importance de l’amitié. Beau, tendre, poétique, doux et chaleureux, un album à lire et à relire seul ou entre ami(e)s…

Je remercie les Éditions du sous-sol et Babelio pour m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

Sally Jones, La grande aventure de Jakob Wegelius

Sally Jones n’est pas une gorille comme les autres. Dans son destin, tout est singulier. Une aventure aux mille péripéties, de l’Afrique à l’Asie, en passant par New York, Istanbul et Bornéo.

Éditions Thierry Magnier (5 octobre 2016) – 112 pages – 15,50€
Traduction Marianne Ségol-Samoy – Agneta Segol

AVIS

Contrairement à ce que j’ai cru durant ma lecture et lors de la rédaction de mon avis, il ne s’agit pas ici de l’adaptation graphique du roman Sally Jones, mais de sa préquelle illustrée. Bien que je n’aie pas lu le roman, cela ne m’a pas empêchée d’être captivée par l’histoire de cette femelle gorille qui va avoir une existence mouvementée, passant d’un pays à l’autre et de propriétaire peu scrupuleux en propriétaire peu scrupuleux. Une vie qui ne manquera pas de révolter toutes les personnes ayant un minimum d’empathie pour les animaux parce que la pauvre Sally va être plus traitée comme un objet que comme un être doté d’une sensibilité propre…

Si les coups qu’elle reçoit m’ont révoltée, c’est peut-être le comportement de l’une de ses « adoptantes » (le terme bourreau conviendrait mieux) qui m’a le plus choquée. Cette dernière, une femme en apparence des plus respectables, va câliner Sally lui faisant croire en son réel intérêt avant de mieux l’exploiter et la transformer en voleuse de bijoux et d’argent. Une carrière dans laquelle Sally va briller avant que la justice ne la rattrape… Alors que son adoptante va prendre la poudre d’escampette devant le retournement de situation, Sally, quant à elle, va se morfondre s’inquiétant pour son « amie ». C’est à se demander parmi ces deux personnages qui est vraiment l’animal…

D’ailleurs, l’autrice prend le parti original de traiter Sally non pas comme un animal avec une conscience de soi limitée, mais comme un être hybride capable d’appendre à lire ou même à conduire ! Un peu surprise au départ, l’idée m’a semblé pleine de justesse et de pertinence pour susciter de l’empathie même chez ceux qui ont tendance à ne pas voir la sensibilité derrière les yeux d’un animal. Et puis cela apporte une part de romanesque à laquelle les jeunes lecteurs ne devraient pas être insensibles.

Si Sally va connaître des situations extrêmement angoissantes et d’une totale injustice, elle pourra heureusement compter sur des souvenirs plus heureux que ce soit dans le réconfort trouvé auprès d’un orang-outang ou l’étrange et solide amitié nouée avec Koskela, un chef mécanicien rencontré dans un bateau. À cet égard, j’ai adoré leur relation qui m’a beaucoup touchée et émue… Sally et Koskela vont se sauver mutuellement, Sally trouvant en cet homme une personne de confiance avec laquelle couler des jours heureux et notre chef mécanicien, une famille lui permettant de combler sa solitude. Il y a une scène que je vous laisserai découvrir, mais qui m’a semblé d’une très grande justesse et beauté parce que dans la vraie vie, tout le monde n’a pas cette même présence d’esprit. Certains sont ainsi prêts à se débarrasser de leur compagnon à la moindre occasion malgré les liens noués…

Quant aux illustrations, elles s’accordent à merveille avec le ton de l’histoire et facilitent grandement l’immersion dans le récit. L’auteur/illustrateur réussit à restituer à merveille les caractéristiques principales des personnages et leurs émotions. Les rustres portent ainsi leur méchanceté sur leur visage et dans leur manière de se tenir bien souvent conquérante et sans bienveillance, quand l’on perçoit avec une grande acuité la gentillesse de Sally, son abattement quand tous semblent l’abandonner, sa colère, ses moments de bonheur… Le visage de Koskela est plus neutre dans ses expressions, mais nous découvrons la bonté de cet homme dans ses actes, ce qui est tout aussi bien puisque les grands discours ne font pas toujours les grandes personnes. Une leçon que Sally apprendra de sa vie en captivité et qu’elle retiendra dans sa vie en liberté auprès d’un humain qui lui prouvera que tous les hommes ne sont pas dénués d’humanité.

En conclusion, Sally Jones est une magnifique et poignante aventure pleine de rebondissements, d’injustice, mais aussi parsemée de beaux moments de complicité et d’amitié. Une histoire émouvante qui comblera les amoureux des animaux et tous ceux désirant découvrir le destin hors norme d’une femelle gorille courageuse et bien plus humaine que beaucoup d’êtres humains.

Où est le dragon ?, Leo Timmers

Au beau milieu de la nuit, trois chevaliers prennent en chasse un dragon. Ils repèrent bien vite le dangereux monstre.
Mais dans le noir, il faut se méfier des apparences…

Cambourakis (4 mars 2020) – 32 pages -14€ À partir de 3 ans
Traduction : Laurent Bayer

AVIS

Où est le dragon ? This is the question ! Et une question de la plus haute importance, voyez-vous, parce que si on ne retrouve pas le dragon aperçu par le roi, ce dernier n’osera pas aller au lit ! Mais pas de panique, un dragon, ça doit bien se voir même dans le noir, non ?

C’est, du moins, ce qu’espéraient les trois chevaliers lancés à sa poursuite avant de finir par déchanter. Malgré tout ce qu’ils connaissent des caractéristiques physiques d’un dragon, à chaque fois qu’ils pensent l’avoir identifié, ils se retrouvent nez à nez avec tout, sauf un dragon ! Saperlipopette, c’est que la chasse au dragon, ça n’est pas facile et pas très rigolo !

Enfin si, c’est amusant à rire à pleines dents pour les enfants qui devraient être séduits par les (més)aventures de trois chevaliers qui font faire une importante découverte : les apparences sont bien souvent trompeuses. Mais après une telle leçon de vie, ne serait-il pas enfin temps d’aller au lit ?

On saluera le piquant avec lequel l’auteur casse les codes des histoires de chevalerie. Il se moque ainsi gentiment de ces trois chevaliers, peut-être preux, mais pas très dégourdis, et pousse les enfants à ressentir une certaine empathie pour un dragon qui, ma foi, n’a pas l’air bien méchant. Après tout, quel est son crime à part d’avoir été aperçu par le roi ?

En plus d’une histoire amusante non dénuée de mystère, j’ai apprécié les rimes simples, mais efficaces, qui apportent une dose supplémentaire de charme à l’album. La forme ne manque pas non plus d’atouts : un format agréable à prendre en main, de jolies illustrations, des traits ronds et simples très expressifs…

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Mais ce que j’ai probablement préféré, c’est la manière dont sont alternativement plongés les chevaliers dans l’ombre et la lumière avec, comme fil conducteur, une bougie qui éclaire et qui fait toute la lumière sur la vérité. Une vérité bien souvent éloignée de celle imaginée par les enfants dont l’imagination est ici stimulée avec originalité et mordant.

Où est le dragon ?, Leo Timmers illustrations

Plein d’humour et de charme, cet album jeunesse est une merveille de poésie et de beauté que je conseillerais à tous les petits et grands enfants. Pour ma part, nul doute que je le relirai avec grand plaisir.

Thomas et la jupe, Francesco Pittau

Thomas se sent parfois seul, il n’a pas beaucoup d’amis. Mais il parle aux animaux et il aime les belles choses. C’est pour ça qu’il aime porter un chapeau avec une plume pour saluer la chatte et ses chatons et qu’il aime porter une jolie jupe grise pour faire des tourbillons. Les autres se moquent. Sauf Sophie, qui lui fait oublier ses peines et l’aide à réaliser que la différence est une force.

 Éditions École des loisirs – (4 septembre 2019) – 40 pages – 10€

AVIS

Voici un petit album jeunesse lu rapidement lors d’un passage à la médiathèque. J’ai tout de suite été attirée par sa jolie couverture et ses douces illustrations au ton joliment enfantin. On découvre ici le petit Thomas, un enfant assez solitaire, moqué par ses petits camarades du fait de son « excentricité » ou, plutôt, de sa différence.

Thomas n’aime pas le foot parce que non, tous les petits garçons ne vouent pas une passion sans borne à ce sport ! Mais Thomas aime les belles choses : les chapeaux parce que ça peut être rigolo et drôlement pratique un chapeau, mais il aime aussi porter une jupe. Et ça, il n’y a pas à dire, ça ne passe pas du tout auprès des autres enfants qui se moquent de lui, le rabrouent et lui jettent des pommes !

Si la vie d’adulte peut être parfois difficile, celle d’un enfant peut se révéler bien cruelle, le harcèlement commençant très jeune d’autant qu’il n’y a pas encore tous les filtres sociaux et les barrières que l’on acquiert au fil du temps… Et puis dès le plus jeune âge, les stéréotypes, notamment sur les genres, sont déjà bien ancrés, poussant des enfants à ostraciser ceux et celles qui oseraient ne pas s’y plier.

J’ai ainsi ressenti beaucoup de peine pour Thomas dont le sentiment d’isolement et la tristesse m’ont rappelé de désagréables souvenirs d’enfance. Néanmoins, Thomas va réussir à trouver des sources de réconfort : auprès d’une chatte, bien qu’elle soit occupée avec ses chatons, d’une araignée qui suscite le même sentiment de rejet chez les autres ou, encore, d’une adorable fillette. Sophie l’accueillera ainsi avec respect, gentillesse et bienveillance dans toute sa différence.

En plus d’une jolie histoire qui vous fera passer par différentes émotions et soulignera la naissance d’une belle amitié, cet album me semble être un bon moyen pour engager une conversation avec des enfants, notamment sur les stéréotypes liés au genre, et les notions de tolérance et de respect de la différence. Un garçon peut aimer les jolies choses, les jupes et les chapeaux sans que cela ne donne le droit à autrui de se moquer de lui. Chacun est différent et de cette différence naît la richesse…

Je vois également dans ce livre un bel outil pour inciter des enfants à se confier sur leurs propres expériences et les éventuelles difficultés rencontrées. Pour ma part, enfant, je pense que ce genre d’histoire m’aurait permis plus facilement de verbaliser mon mal-être et ces moqueries sur mon poids poussant à m’isoler…

En conclusion, Thomas et la jupe est un bel album jeunesse qui permet d’aborder, en subtilité et avec douceur, les dangers des stéréotypes liés au genre, mais aussi l’importance de la tolérance et du respect de la différence. Un beau message essentiel, surtout à un âge où l’on se construit, qu’il semble nécessaire de diffuser encore et encore.

Églantine sèche, Viviane

Églantine sèche

Églantine cherche désespérément un sujet pour sa rédaction. Réussira-t-elle à écrire le texte qui sera publié dans la gazette de l’école ?
L’histoire d’Églantine vous permettra d’aborder deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie.

Adapté aux lecteurs dyslexiques
Évidence Éditions (20 février 2019) – 48 pages – 7/10 ans
Papier (8€) – Ebook (2,99€) – Illustrations : Béka Line

AVIS

Passant toujours un très bon moment avec les livres de la collection Farfadet d’Évidence Éditions, je n’ai pas hésité très longtemps avant d’accepter de recevoir Églantine sèche, un titre qui a bien plus d’importance que ce que l’on pourrait penser.

En effet, à travers une histoire qui ne manque pas d’inventivité et de charme, l’autrice dispense une agréable et subtile leçon sur deux notions lexicales : l’homophonie et la polysémie. J’avoue que je ne me souvenais guère de la notion de polysémie, mais cela n’a pas d’importance puisque l’on prend un plaisir fou à suivre Églantine dans sa recherche d’un sujet pour la rédaction libre qu’elle doit rendre. Et l’enjeu est de taille : une publication dans la gazette de l’école pour les meilleures copies !

Si j’adorais l’exercice de la rédaction, la mention d’un thème libre aurait suscité en moi les plus vives angoisses. J’ai donc aisément ressenti, malgré la différence d’âge, le désespoir de la jeune fille qui ne sait pas vers quel sujet se tourner. Ah, cette fameuse angoisse de la page blanche qui devrait parler à beaucoup, et à tous les écrivains aguerris ou en herbe…

Mais si finalement, il suffisait à Églantine de puiser son inspiration dans son quotidien et ses péripéties ? Entre une mère qui ne sait pas dire non à une conversation avec une voisine envahissante, deux adorables oiseaux à chouchouter, un frère taquin qui essaie de lui remonter le moral ou, encore, un père et ses ennuis mécaniques, les occasions de trouver un sujet ne devrait pas manquer.

De fil en aiguille, on réalise ainsi, en même temps que la jeune fille, qu’il y a un mot qui est de toutes les conversations sans qu’on ne lui prête vraiment attention. Du moins jusqu’à ce que l’inspiration soit au rendez-vous… J’ai adoré la fin et, surtout, la manière dont l’autrice joue avec son imagination pour illustrer, avec un certain humour et beaucoup de naturel, des concepts courants, mais auxquels on ne prête guère attention.

Nous avons dans cette histoire un mot presque tout-terrain qui donne envie de puiser dans notre propre vocabulaire pour, à notre tour, réaliser le même genre d’exercice de style que l’autrice. C’est d’ailleurs, pour moi, un autre des atouts de ce livre, inspirer les enfants, voire leurs parents, pour qu’ils s’adonnent à l’amour des mots et du langage et qu’ils en saisissent toute sa richesse.

Si le fond et la démarche de Viviane m’ont complètement conquise, je l’ai été tout autant par les merveilleuses, douces et chaleureuses illustrations de Béka Line. Il se dégage de son style une rondeur et une douceur qui m’a parfois fait penser à l’univers Disney bien que l’illustratrice sache également nous régaler d’illustrations un peu plus réalistes.

Le duo Viviane/ Béka Line nous offre donc une très jolie collaboration, l’humour et l’intelligence des mots de la première étant parfaitement mis en valeur par l’imaginaire coloré, doux et expressif de la seconde. Le texte et les dessins se révèlent donc parfaitement complémentaires et nous permettent de ressentir à merveille les émotions des personnages et d’Églantine, de son stress à son exaltation !

En conclusion, en plus d’être divertissant, plein d’humour et non dénué d’une certaine intelligence, Églantine sèche bénéficie d’un très bel univers graphique qui devrait faciliter l’immersion des enfants dans cette aventure à laquelle ils participeront probablement avec plaisir, heureux de suivre une jeune héroïne qui leur ressemble.

Adapté aux lecteurs dyslexiques

Je remercie Évidence éditions de m’avoir envoyé ce roman en échange de mon avis.

Pourquoi les filles ont mal au ventre ? Lucile de Pesloüan, Geneviève Darling (illustratrice)

Pourquoi les filles ont mal au ventre ? est un manifeste féministe qui dénonce les malaises que ressentent les femmes, de l’enfance à l’âge adulte, dans une société qui ne les ménage pas. Lucile de Pesloüan a écrit ce texte sous forme de fanzine en 2014. Plusieurs centaines d’exemplaires vendus plus tard, l’ouvrage est édité en livre illustré avec un texte enrichi, appuyé par des illustrations réalistes et percutantes de Geneviève Darling. Pourquoi les filles ont mal au ventre ? invite les adolescents à se questionner sur les situations de sexisme que les filles vivent au quotidien. Le livre sensibilise aux inégalités que subissent les femmes dans le monde, ici ou ailleurs avec des illustrations sans tabou, qui racontent une réalité complexe et hétérogène

Isatis Canada (5 septembre 2017) – 16 € – Illustrations : Geneviève Darling

AVIS

Je tiens à remercier Le petit rat de bibliothèque grâce à qui j’ai découvert cet ouvrage que j’ai dévoré et beaucoup apprécié.

L’autrice dénonce tout ce qui fait que, de par le monde, les femmes se sentent oppressées et sur le fil du rasoir, en plus d’être constamment sujettes à des injustices : violences physiques et morales (viols, excision, mariages forcés..), harcèlement de rue, pression sociétale sur le corps de chaque femme dès son plus jeune âge, obligation de correspondre à ce que les hommes attendent d’une femme, sexisme constant et ordinaire, différence de salaire, charge mentale, dangers d’être une femme bisexuelle, trans, queer, racisée…

Évidemment en fonction de votre vécu et de vos conditions de vie, certaines planches vous parleront plus que d’autres, mais toutes ne devraient pas manquer de vous toucher (a fortiori si vous êtes une femme), de vous heurter, de vous révolter et de vous faire réaliser à quel point la société doit changer pour que chaque femme puisse enfin se sentir en sécurité et ne plus devoir se plier à la volonté des hommes.

Informatif et simple d’accès, Pourquoi les filles ont mal au ventre ? est le genre d’ouvrages que chaque homme devrait lire parce que si certains ne se préoccupent pas et ne se préoccuperont jamais de la condition des femmes, d’autres, plus ouverts à la question, pourraient faire des découvertes et remettre en question certains comportements et croyances tout en réalisant les difficultés d’être une femme à l’heure actuelle. 

L’album, en plus d’être vif et percutant, réussit à dénoncer sans invectiver, un petit exploit en soi dont j’aurais bien été incapable devant toutes les injustices mises en images. Pour ce faire, l’autrice se contente d’établir des faits, ce qui permet d’ouvrir le dialogue, mais qui ne permet pas d’approfondir les choses. Un point qui m’a un peu frustrée bien que je comprenne qu’ici l’idée est bien plus de susciter une prise de conscience collective et d’ouvrir la réflexion que de se lancer dans une étude sociologique autour des femmes et des violences dont elles sont victimes.

Quant aux illustrations, elles frappent par leur réalisme et toutes les émotions qu’elles véhiculent. J’ai apprécié une certaine sobriété, la seule excentricité étant le ton violet des dessins qui happe l’attention des lecteurs tout en leur laissant deviner la violence des différentes situations vécues par les femmes.

En fin d’ouvrage, un encart signale que ce livre, écrit et illustré par des femmes blanches, ne saurait représenter les expériences vécues par toutes les femmes, ce que j’ai trouvé important, la condition des femmes appartenant à une minorité étant encore plus difficile. Je retiendrai également l’appel à la solidarité féminine qui me semble être une condition sine qua non pour que la société évolue dans le bon sens…

En conclusion, Pourquoi les filles ont mal au ventre ? est un manifeste féministe accessible et remarquable qui pointe avec beaucoup d’acuité ce que signifie être une femme dans le monde actuel entre sexisme, oppressions et violences. Percutant, il offre également une bonne entrée en matière pour instaurer un changement et susciter un dialogue hommes/femmes permettant, espérons-le, de faire changer les choses…

Écoutez un extrait de l’ouvrage lu par l’autrice

 

Abracadabri, abracalphabet ! Laura Joansen

Abracadabri, abracalphabet ! La formule magique des lettres et des mots (Les Aventuriers des mots t. 1) par [Laura Joansen]

Alex est curieux et pose plein de questions, sur tout, tout le temps. Papa, lui, est bavard. Il aime titiller cette curiosité et cet empressement d’apprendre propres à l’enfance. Dans cette première aventure, Alex a besoin d’en savoir plus sur les signes qu’il voit sur les pages des livres. Alors, après avoir prononcé une formule magique, ils découvrent ensemble une fête qui bat son plein : des arlequins, des acrobates, des funambules pirouettent sous une pluie de confettis. C’est dans ce décor imaginaire que Papa initie Alex aux lettres et mots et éveille sa conscience phonologique.

Books on Demand – (26 septembre 2019) – 28 pages – 7,5€ – 4 ans et +

AVIS

Cet album fait partie de la collection d’albums illustrés les Aventuriers des mots qui propose une initiation ludique à la grammaire française, une initiative que je trouve très intéressante et que j’aurais probablement adorée quand j’étais enfant.

J’ai donc accepté avec plaisir de découvrir cet album ayant une nièce de quatre ans avec laquelle je compte bien le lire avant de le donner à mon frère qui s’occupe, en général, de la traditionnelle lecture du soir. J’étais également curieuse de découvrir comment l’autrice allait arriver à rendre la grammaire ludique. Parce que je ne sais pas pour vous, mais ludique, ce n’est pas le premier mot auquel j’associerais cette discipline dont je ne garde pas particulièrement un bon souvenir…

Et je dois dire qu’il m’a suffi de lire la première page pour être sous le charme de cet album jeunesse qui est un très bel outil permettant aux enfants de faire une jolie incursion dans le monde des lettres, des mots, des sons et de l’alphabet. Pour ce faire, l’autrice a eu la très bonne idée de mettre en scène un papa et son enfant, un duo attendrissant que l’on suit avec grand plaisir et une certaine tendresse.

Alex est un enfant curieux qui se pose des questions sur la manière dont s’y prend son papa pour faire parler les lettres. Il n’en fallait pas plus à ce dernier pour l’entraîner dans une jolie aventure dans laquelle le père et le fils croiseront des danseuses, chacune représentant, grâce à ses élégants mouvements, une lettre.

Abracadabri, abracalphabet ! Laura Joansen illustration

J’ai adoré cette idée de personnifier différentes lettres de cette manière ne doutant pas que l’impact soit très fort dans l’imaginaire des jeunes lecteurs et que le travail de mémorisation en soit grandement facilité ! Les jeux sur les sons et leurs répétitions se révèlent également intéressants et ludiques.

L’album est joliment illustré avec des dessins d’une grande douceur et des couleurs chaleureuses qui incitent à l’évasion et à une douce rêverie. Il faut dire que le voyage sur le chemin des mots et de la lecture est un long processus qui mérite qu’on y mette les formes pour le rendre agréable.

Abracadabri, abracalphabet ! Laura Joansen.jpg

À cet égard, si je n’ai pas d’enfant et aucune connaissance en matière de pédagogie, j’ai trouvé qu’il se dégageait beaucoup de bienveillance et de partage à travers les pages. Le papa d’Alex se révèle doux et plein d’imagination, ce qui me semble deux caractéristiques favorables pour inciter les échanges et encourager un enfant à s’approprier les connaissances qu’on met à sa portée. Loin d’être passif, le jeune lecteur devient alors acteur à part entière du récit et s’identifie donc aisément à Alex avant de partager sa grande soif d’apprendre et sa volonté de partir à la conquête de ce vaste monde qui s’offre à lui. 

L’album est accessible aux enfants à partir de 4 ans, mais l’autrice ne se limite pas à un vocabulaire basique qui en aurait quelque peu limité la portée. Elle s’amuse avec les mots et n’hésite pas à en faire découvrir de nouveaux aux jeunes lecteurs tout en veillant à mettre leur définition en notes de bas de page. Une attention que les adultes lisant le texte devraient apprécier puisqu’il s’avère parfois difficile d’expliquer simplement des mots que l’on connaît pourtant. La richesse du vocabulaire permet, en outre, de proposer la lecture de cet album à des enfants de différents âges.

En conclusion, empli de douceur et de bienveillance, cet album est un très bon moyen pour encourager les enfants à se lancer dans la plus belle aventure qui puisse exister, celle des mots, des sons et de la lecture. Beau et intelligent, voici un ouvrage à lire, à relire et à partager pour que le monde infini des mots s’ouvre à chaque enfant.

Je remercie Laura Joansen de m’avoir envoyé ce livre en échange de mon avis.

 

Comment Akouba inventa l’écriture, Jean-Philippe Arrou-Vignod et Tali Ebrard

Il était une fois un pays lointain où les enfants oubliaient la nuit tout ce qu’ils apprenaient le jour à l’école. Comment faire pour se souvenir des leçons du maître? Akouba le malin trouvera-t-il une solution ?

Gallimard Jeunesse (23 mai 2019) – 36 pages – 13,50€ – 4 ans et +

AVIS

Drôle de malédiction dans ce village reculé : chaque nuit, les élèves oublient ce qu’ils ont appris durant le jour ! Impossible dans ces conditions de progresser, voire, par exemple, d’apprendre une simple addition.

Une source d’inquiétude pour le maître vieillissant qui aimerait, avant de s’éteindre, transmettre tout ce savoir que son père lui a transmis.  Une transmission orale ancestrale qui a son charme, mais qui risque à terme de menacer la culture et toutes les connaissances du village.

Heureusement, un enfant, Akouba, se démarque de ses camarades par son intelligence et sa volonté de grandir et d’apprendre. Avec pugnacité et débrouillardise, il tentera alors par tous les moyens de remédier à la situation sans jamais baisser les bras devant les échecs dont il saura d’ailleurs tirer parti.

Plein d’intelligence et de bienveillance, ce conte sur la force de la volonté et la transmission du savoir nous plonge avec délice dans un village où la connaissance trouvera un moyen d’être enfin mis à la portée de tous… Une jolie manière de montrer l’importance de l’écriture et de la lecture, mais aussi celle de se donner les moyens de faire de ses rêves une réalité. Car sans la détermination d’Akouba, qui ne peut que susciter l’admiration des lecteurs et de ses petits camarades, rien n’aurait pu arriver.

Cette jolie histoire, qui joue sur les mots et les répétitions créant humour et immersion, est mise en valeur par de grandes illustrations aussi belles que lumineuses.

Capture d’écran (87)
En bref, voici une très jolie histoire sur l’importance de l’écriture qui devrait plaire aux petits et aux grands lecteurs en quête d’un ouvrage richement illustré et non dénué d’une certaine sagesse et beauté.

Feuilletez le livre sur le site des éditions Gallimard.