Mini-chroniques en pagaille #40 : première fournée pour le #PumkinAutumnChallenge et Le mois de la BD

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Voici trois lectures réalisées dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge (Un petit besoin urgent, Crictor et Black Butler) et du challenge Le mois de la BD (Black Butler)

  • Un petit besoin urgent, Quentin Gréban (Mijade)

J’avais eu l’occasion de voir passer cet album jeunesse sur Instagram, alors quand je l’ai croisé à la bibliothèque, je n’ai pas hésité à l’emprunter. Comment, en effet, résister à cette belle couverture et à ce regard espiègle ?

La petite Éva, son petit frère encore bébé et leur maman sont de sortie, mais à peine arrivés au marché, catastrophe, Eva a une petite envie ! Sa maman lui avait pourtant bien demandé si elle était allée aux toilettes avant de partir, mais cette précaution n’a, apparemment, pas été suffisante. Branle-bas de combat, il n’y a pas à tergiverser : il faut retourner à la maison ! Et devant l’urgence de la situation, la sympathique famille va recevoir de l’aide de nombreux autres animaux, donnant lieu à des scènes qui ne devraient pas manquer de vous faire sourire. Qui a dit qu’un voyage en tram était de tout repos ?

Cette aide providentielle sera-t-elle suffisante ? Pour le savoir, foncez lire ce sympathique album qui vous réservera une chute de taille, et qui ne devrait pas manquer de parler à de nombreux parents et adultes ayant eu la chance de garder des bambins. Et puis, il serait dommage de passer à côté de ces belles et grandes illustrations pleines de charme, mettant en scène des animaux adorables dont la personnification est aussi amusante que savoureuse.


  • Crictor de Tomi Ungerer (L’école des loisirs)

Il y a des gens qui reçoivent des fleurs ou du chocolat pour leur anniversaire, mais pas Madame Bodot. Car si son fils, qui étudie les reptiles en Afrique, a bien pensé à elle en cette occasion spéciale, il a opté pour l’originalité : lui envoyer, dans un joli paquet formant un rond, un boa constrictor !

Un cadeau empoisonné, quoique pas vraiment Crictor n’étant pas venimeux, qui va étrangement illuminer la vie de Madame Bonot. Ainsi, quand certains baladent leur caniche, elle, c’est son serpent qu’elle emmène partout devant les yeux ébahis des passants, et ceux médusés des lecteurs. La tendresse de Madame Bodot pour son serpent transparaît dans chaque scène et leur complicité fait chaud au cœur, surtout si, comme moi, vous êtres très sensibles aux relations êtres humains/animaux…

J’ai souri devant des scènes de vie classiques et banales mais qui, sous la houlette de Tomi Ungerer, prennent une tout autre saveur. Il faut dire qu’en plus d’être des plus dociles, Crictor étonne par ses multiples talents qu’il exercera pour le plus grand plaisir de son adoptante et des enfants. Et puis, certains petits voyous vont apprendre qu’il faut se méfier du serpent qui dort ! Même du serpent qui dort dans un lit douillet parfaitement adapté à sa taille…

Quant aux illustrations, elles dégagent beaucoup de charme, avec un côté suranné qui renforce cette impression d’être dans un cocon de douceur. La présence récurrente du vert offre une sorte d’hommage bien mérité à un protagoniste qui ne parle pas, mais qui possède une présence certaine. J’ai, en outre, adoré la manière dont l’auteur joue sur le physique de Crictor, agençant ses illustrations à partir de celui-ci.

Loufoque, mignon et diablement amusant, voici un petit album au charmé suranné qui devrait ravir les enfants et les adultes par la dose de bonne humeur et de fantaisie qu’il insuffle à chaque page. On y découvre un quotidien devenu cocasse grâce à un protagoniste inattendu et un auteur de talent qui réussit à faire classique et original à la fois. À lire, relire et partager !


  • Black Butler, tome 30 de Yana Toboso (Kana)

Black Butler, tome 30 par Toboso

J’ai, comme d’habitude, lu d’une traite ce tome non dénué de sang et de violence, mais peut-être un peu moins sombre et complexe que d’habitude. Nous suivons un personnage qui voit très mal de près, mais qui a une vision parfaite de loin. Une particularité qu’il va mettre, avec ses comparses, au service d’une cause, pas vraiment noble mais très rémunératrice, le vol de bijoux.

Notre voleur des rues s’en prend malheureusement à la mauvaise personne et n’a plus qu’une solution pour éviter la mort : travailler pour quelqu’un d’encore moins recommandable et de plutôt violent. Notre personnage était coutumier du vol, il va devoir ajouter le meurtre à ses compétences, jusqu’à que sa dernière mission ne se passe vraiment comme prévue… Fin de partie ou nouveau départ ?

Tous les indices étaient là, et pourtant, je me suis laissée berner par la révélation sur ce personnage qui n’est peut-être pas celui qui paraît être. Je vais rester vague, mais j’ai aimé ce tome pour le saut dans le passé qu’il offre et la manière dont il nous permet de mieux appréhender certaines choses et relations entre nos personnages. Les enjeux ne sont pas aussi élevés que dans d’autres tomes, mais on passe assurément un excellent moment auprès de Sebastian, Ciel et les autres, et l’on se dit que décidément, cette série a encore de belles choses à nous offrir !


Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

Mini-chroniques en pagaille #39 : du beau, du tendre, du drôle et des toutous !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Vol à Venise, Géraldine Elschner et Anja Klauss (L’Élan vert)

J’ai craqué devant la couverture et les illustrations d’intérieur. Belles, festives et colorées, elles nous offrent un festival de couleurs à la hauteur de l’une des fêtes et coutumes les plus connues au monde : le carnaval de Venise. Un événement auquel je n’ai jamais eu la chance de participer, contrairement à trois corbeaux qui profitent de l’occasion pour se déguiser et se mêler à la foule. Après tout, corbeau ou homme, qui peut faire la différence dans cet amas de couleurs, de tissus et de déguisements ?

Si la fête bat son plein, elle est interrompue par un vol : le « prince de Venise » s’est fait dérober sa couronne qu’il avait pris le soin de faire sertir de diamants et de pierres précieuses à l’occasion du carnaval. Rien n’est trop beau pour être le roi de la fête et certainement pas des dépenses superflues qui viennent appauvrir encore plus la population.

Devant l’agitation qui s’empare de la foule, nos invités d’un genre un peu spécial décident d’intervenir. Un voleur déguisé en corbeau qui doit faire face à trois corbeaux déguisés en humains, en voilà une rencontre inattendue et pleine de piquant, d’autant que ceux-ci ne semblent guère pressés de rendre son bien au prince. 

Alors si le lecteur s’amuse de la situation, le prince de Venise ne la goûte guère, parce que se faire voler sa couronne, c’est déjà désagréable, mais par deux fois, ça devient franchement vexant et frustrant ! Je n’en dirai pas plus pour vous laisser le plaisir de la découverte, mais sachez seulement que nos corbeaux ont une très bonne raison d’agir de cette manière. On appréciera d’ailleurs la morale et la fin, toutes deux dignes d’une bonne fable…


  • La cabane de Nils, Robbe De Vos et Charlotte Severeyns (versant sud) :

La cabane de Nils par De Vos

Nils, comme tous les enfants de son âge, a de l’imagination et aime inventer des navires qu’il peuple de pirates. Mais Nils ressent également le silence, le silence de la forêt comme symbole du poids de l’absence… Heureusement, le jeune garçon a son endroit secret rien qu’à lui, une cabane dans laquelle l’attend le souvenir de ce grand-père qu’il aimait et aime tant.

Avec beaucoup de tendresse et de douceur, autant au niveau du fond que de la forme, cet album jeunesse évoque la question du deuil et offre aux enfants un joli message quant à la force des souvenirs qui, s’ils ne viennent pas combler l’absence, nous rappellent qu’en chacun de nous vivent les personnes disparues.

Si comme moi, les belles relations familiales vous touchent, vous devriez être émus devant la force des liens unissant cet enfant à son grand-père disparu, et la manière dont Nils va passer du silence au sourire, grâce à son imagination, ses souvenirs et le réconfort apporté par la nature. Une nature omniprésente et particulièrement mise en valeur par les illustrations grand format qui nous donnent un certain sentiment de quiétude.

Un album à conseiller à tous, et notamment aux adultes souhaitant aborder avec douceur et délicatesse la question du deuil avec des enfants, et la beauté des relations grands-parents/enfants.


  • Des enquêtes au poil : panique dans le nid (Castor romans)

Des enquêtes au poil : Panique dans le nid par Lambert

Voici un livre jeunesse non dénué d’humour qui devrait ravir les jeunes lecteurs à la recherche d’une petite enquête à mener auprès d’un duo complice, complémentaire et plutôt attachant : l’inspecteur Oslo et son assistante de choc, Miss Kiss. Preuve qu’un chat et un chien peuvent travailler patte dans la patte sans s’aboyer et se miauler dessus à tout va.

Il faudra d’ailleurs bien le talent conjugué de ces deux fins limiers, (Miss Kiss, pardonnez-moi l’emploi de ce terme) pour découvrir l’identité du malotru qui a osé s’attaquer à l’arbre de Mme Tourterelle, mettant ainsi éhontément en danger ses enfants.

Une enquête qui sera, pour Oslo, l’occasion idéale de faire un pied de nez à son très exaspérant collègue, un berger allemand du nom de Rex, avec lequel il est en compétition…

L’enquête, rondement menée, mais pas forcément par celui que l’on pense, ne manquera pas de faire sourire les enfants, leur apprendre quelques informations instructives sur le monde animal, et leur faire travailler leur sens de la déduction. Et pour ceux qui se lanceraient dans la lecture ou qui seraient moins à l’aise avec l’exercice, les autrices ont eu la bonne intelligence d’insérer un petit résumé en chaque début de chapitre…

Les jeunes et moins jeunes lecteurs seront, en outre, séduits par les jolies illustrations ainsi que la rondeur très cartoonesque des visages. On a d’ailleurs un peu l’impression d’être plongé dans un sympathique, bien que très court dessin-animé.

En bref, amusant et coloré, voici un petit livre parfait pour un moment de divertissement léger et plein de charme.


  • Le meilleur resto du monde de Dorothée de Monfreid (École des loisirs)  :

Une couverture bleue avec deux chiens attablés comme des humains, il ne m’en a pas fallu bien plus pour me donner envie de lire cet adorable album jeunesse. Que se passe-t-il quand des toutous fins gourmets décident spontanément en une belle journée, probablement d’automne, d’ouvrir un restaurant dans la forêt ? Vous donnez votre langue au chat ? Pas prudent devant notre assemblée de canidés, mais passons…

Il se passe une jolie aventure dans laquelle nos amis à quatre pattes vont se répartir les rôles pour ouvrir ce restaurant en plein air dont ils rêvent. Mais, n’ont-ils pas oublié un petit détail ? Pas de panique, fin gourmet ne signifie pas hôte difficile, et une solution va être trouvée pour que définitivement, Le resto Zaza soit le meilleur resto du monde !

Au fil des plages, les enfants apprécieront de voir les chiens travailler patte dans la patte pour faire de leur rêve un peu fou, une réalité. En plus de cette jolie histoire qui ne manque ni de mordant ni d’originalité, l’auteure plonge les jeunes lecteurs dans une ambiance colorée et douce qui s’assombrit à mesure que les heures passent, exactement comme dans la réalité. À la fin de la journée, un joli bleu nuit nous plonge au cœur de la nuit, un peu comme s’il invitait les enfants à gagner le confort de leur lit…

En bref, voici un tendre et amusant album jeunesse laissant une belle place à la nature et à l’amitié.


Et vous, aimez-vous les histoires avec des animaux ?
L’un de ces albums vous tente-t-il ?

Mini-chroniques en pagaille #38 : de l’émotion, des sensations fortes et un peu de bilinguisme !

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Raison et mariage de Laura Lee Guhrke

Raison et mariage par Guhrke

Ayant apprécié le tome précédent, j’avais certaines attentes mais j’avoue avoir été quelque peu déçue, n’ayant pas ressenti le même côté addictif avec cette romance qui tarde franchement à démarrer. Je n’ai pas non plus eu beaucoup d’affinités avec une héroïne que j’ai trouvée entêtée, bien que j’aie compris son envie de garder le contrôler sur sa vie et sa dot ! Quant au héros, il se révèle plutôt attachant et son passé assez marquant pour nous pousser à ressentir une certaine empathie pour sa personne.

Quelques bons passages et une écriture toujours aussi efficace m’ont permis néanmoins de terminer ma lecture sur une note positive, d’autant que j’ai apprécié que l’on ait une certaine continuité avec le premier tome puisque l’on suit de l’intérieur l’affaire sordide évoquée précédemment. Et si l’on connaissait déjà la fin, assister à la chute d’un infâme personnage n’a pas été désagréable, bien que l’issue soit quelque peu dramatique…

À noter que pour une fois, la mère de l’héroïne fait montre d’une certaine lucidité quant à sa condition de femme et tentera d’offrir, bien que maladroitement, d’autres perspectives à sa fille. Une fille plus faite pour diriger que se laisser manœuvrer, quoi que son père puisse en penser !

  • Moriarty tome 10 de Ryôsuke Takeuchi et Hikaru Miyoshi (dessin)

Couverture Moriarty, tome 10

Moriarty est une série que j’affectionne, mais dont je regrette la très grande inégalité entre les tomes. Mais ce tome 10 ne m’a pas déçue un instant, j’y ai retrouvé le charme des débuts et cette noirceur qui caractérise une intrigue poussant les lecteurs à considérer leur propre notion du bien et du mal, et dans quelle mesure ils sont prêts à franchir une frontière parfois bien mince.

Plutôt justicier répondant à l’appel de la loi ou plutôt justicier impitoyable qui n’hésite pas à utiliser les méthodes des criminels pour construire une société plus égalitaire et juste ? Le prince du crime et ses acolytes ont depuis un moment fait leur choix, un choix qui s’impose parfois à d’autres à cause ou malgré leurs idéaux nobles.

Ici, on suivra ainsi un idéaliste face à un choix éthique et moral qui va le conduire à entrer dans une partie d’échecs avec un fin stratège qui œuvre dans l’ombre et contre lequel, il nous semble bien démuni. Dès le début, j’ai tremblé pour ce personnage qui m’a semblé agneau dans un monde de loups !

Tension, corruption, trahison, sang et vengeance… encore un tome intense ! On regrettera peut-être une fin qui n’apporte pas grand-chose, mais qui permet à l’auteur d’introduire une petite dose de Sherlock Holmes, une chose à laquelle il semble tenir. Quant à l’esthétique globale du manga, elle est, comme d’habitude, irréprochable.

  • My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres d’Amélie Julien et Gustyawan (illustrations) 

Avant d’aller plus loin, je présente mes excuses à l’autrice pour cette chronique très en retard, puisque je dois avouer avec honte avoir oublié l’album dans l’une de mes bibliothèques.

Comme le titre le laisse supposer, My Mummy does weird things/ Maman fait des choses bizarres est un album jeunesse bilingue anglais-français parfait pour initier, dès leur plus jeune âge, les enfants à une langue étrangère et/ou leur proposer une lecture en duo quand ils sont en âge de lire.

À chaque page, nous découvrons une ou deux phrases en anglais tout de suite traduites en français, avec une traduction qui évite l’écueil du mot à mot. J’ai apprécié de parcourir ces quelques planches pleines d’humour qui m’ont fait sourire. À travers les différentes situations décrites avec une naïveté tout enfantine, on ressent pleinement l’affection de deux enfants pour leur mère, même quand celle-ci fait des choses étranges comme s’étirer les bras et les jambes devant la télé, ou cacher des choses dans des endroits inattendus… Non, mais quelle idée de mettre les bonbons en hauteur dans un placard ou de cacher des légumes dans les pâtes.

Malgré ses petites excentricités, les deux frères l’aiment leur maman qui est là pour eux et qui sait toujours comment leur apporter joie et bonheur. Un vrai arc-en-ciel leur maman, le sourire et les bisous en plus ! Quant aux illustrations, leur rondeur, leur côté très coloré et leur simplicité devraient permettre aux enfants de se plonger aisément dans ces quelques pages, avant de réfléchir à toutes ces choses bizarres que font leur maman.

En bref, voici un album illustré plein d’humour prouvant la force des liens mère/fils tout en offrant une belle initiation au bilinguisme.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

Côme et le Fantôme, Véronique Cauchy et Camouche (illustrations)

Côme et le fantôme - Lecture BD jeunesse humour fantastique - Dès 7 ans par [Véronique CAUCHY, Camouche]

Une amitié improbable entre un petit garçon malicieux et un fantôme loufoque !

À 8 ans, Côme doit gérer un déménagement précipité, une nouvelle école en cours d’année, une petite sœur envahissante, des parents farfelus et… un majordome vieux de 180 ans ! Farragut hante le manoir de La Châtaigneraie depuis un peu plus d’un siècle et c’est bien la première fois qu’il rencontre quelqu’un capable de le voir et de lui parler. Le choc est aussi grand pour lui que pour Côme, qui finit par se lier d’amitié avec cet étrange fantôme, fan d’histoires d’horreur et de ménage !

Slalom (15 avril 2021) – 97 pages – Ebook (6,99€) – Papier (9,90€)

AVIS

Adorant les histoires de fantômes, j’ai tout de suite été tentée par Côme et le Fantôme, une lecture que j’ai beaucoup appréciée mais dont la forme m’a un peu surprise. Je m’attendais à une BD jeunesse classique quand on est plus sur des scènes, parfois très courtes, retraçant l’installation d’une famille dans sa nouvelle demeure ainsi que sa vie sur place.

Une famille qui a été choisie pour veiller sur l’une des maisons du grand et du beau Ernest Presse-Citron, un acteur connu, reconnu et adulé par de nombreux fans, au nombre desquels le père de famille et une étrange et mystérieuse voisine. Si l’emménagement dans un nouvel endroit est déjà une petite aventure en soi, cela prend une tout autre dimension quand il s’accompagne de la rencontre avec le fantôme de la demeure, le très anglais et distingué, pardon pour le pléonasme, Farragut. Mais le jeune Côme, 8 ans, va très vite réaliser qu’il est le seul à pouvoir voir ce majordome âgé de 180 ans !

De fil en aiguille, une chouette amitié va se créer entre cet enfant très ancré dans son temps et un fantôme bien ancré dans le sien, ce qui donne des échanges aussi piquants que drôles. D’ailleurs, l’humour est le point fort de cette BD qui ne devrait pas manquer de faire sourire petits et grands lecteurs. Pour ma part, j’ai beaucoup ri du décalage entre la manière de s’exprimer de ces deux nouveaux amis aux antipodes l’un de l’autre. L’obsession du ménage de Farragut, qui passe par un dégommage du moindre grain de poussière réel ou imaginaire, se révèle également très amusante. Enfin, amusante pour les lecteurs, beaucoup moins pour les nouveaux habitants du manoir de La Châtaigneraie qui, à l’exception de Côme, ne comprennent pas d’où proviennent ces étranges bruits nocturnes qui troublent leur sommeil ! Mais que voulez-vous, il n’y pas d’heure pour dépoussiérer, du moins quand vous avez l’éternité devant vous et pas besoin de dormir.

Avec bonne humeur et facétie, l’autrice se joue des codes des histoires de fantômes et du stéréotype du majordome anglais pour amuser les lecteurs, et ça fonctionne. On sourit beaucoup et on développe un certain attachement pour un duo atypique qui s’entend à merveille. Le jeune Côme, à l’imagination débordante, ne manque pas d’humour et de panache, et devrait d’ailleurs séduire les enfants. En ce qui me concerne, c’est pour la figure du vieux fantôme adepte du zéro poussière que j’ai eu un petit coup de cœur. Il est adorable dans sa joie d’avoir enfin trouvé, après de longues années de solitude, un ami avec lequel s’amuser. Car si Farragut peut se montrer guindé et à cheval sur certaines règles, il se révèle également taquin et joueur à ses heures.

En plus d’une histoire pleine de peps qui donne le sourire, cette BD peut s’appuyer sur une ambiance graphique pleine de charme qui allie douceur, rondeur et couleurs vives. Un trio gagnant pour plonger les lecteurs dans une atmosphère chaleureuse et enfantine. Le style de Camouche m’a donc séduite de la première à la dernière page, tout comme les traits des personnages qui les rendent d’emblée sympathiques et très humains.

Côme et le Fantôme illustration

En conclusion, si vous avez envie d’une chouette et amusante histoire dans laquelle une inattendue et amusante amitié entre un enfant et un fantôme de presque deux cents ans se noue, cette BD jeunesse est faite pour vous. Au programme, de la bonne humeur, des sourires, des échanges pleins d’humour et des situations qui ne manquent pas de mordant. Et cerise sur le gâteau, un découpage dynamique qui permettra aux enfants de suivre facilement et sans lassitude les aventures d’un duo facétieux et terriblement attachant.

Je remercie les éditions Slalom et NetGalley pour m’avoir permis de découvrir cette BD en échange de mon avis.

 

Charlie et la légende du roi Arthur, Mayghan Dolmy

Charlie est une petite fille métisse d’origine franco-anglaise. Grâce à sa couronne magique, elle part à la rencontre du jeune Arthur afin de l’aider à devenir le futur Roi de Bretagne. Une aventure culturelle et bilingue pour apprendre en s’amusant !

Charlie is a Franco-British, multi-ethnic little girl. Thanks to her magical crown, she’s off to meet young Arthur and help him become king of Britain! A cultural and bilingual adventure to learn the fun way!

Publishroom Factory (14 avril 2021) – 15€ – Album souple

AVIS

La promesse d’un ouvrage bilingue français-anglais et d’une histoire évoquant la légende arthurienne ont suffi à attirer mon attention, d’autant que la couverture est superbe et met en avant une petite fille métisse à une époque où la littérature jeunesse manque cruellement de diversité.

Après que son papa lui a raconté une histoire évoquant le légendaire Arthur, Charlie, une petite fille d’origine franco-anglaise, rêve de le rencontrer ! Et cela tombe bien puisqu’elle possède une couronne magique lui permettant de faire de son rêve une réalité. Mais ce n’est pas Arthur que Charlie rencontre en premier, c’est le grand et illustre Merlin qui lui confie une mission de la plus haute importance : aider Arthur à devenir roi de Bretagne.

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Alors qu’une mission de cette ampleur aurait eu de quoi effrayer plus d’un héros, la jeune Charlie n’hésite pas un instant et se lance à l’aventure, munie d’une pierre magique rouge qui, elle le découvrira plus tard, se révélera des plus utiles, de sa détermination et de son courage. Des qualités qui lui permettront de faire face au mensonge d’un garçon qui se rêvait chevalier quand il se montre bien vil, et l’aideront à pousser un enfant assez timide à se révéler et à prendre la place qui lui revient de droit. 

Je n’en dirai pas plus sur l’histoire, si ce n’est que j’ai adoré les références à la légende arthurienne, l’atmosphère qui se dégage des pages, le ton joyeux et enjoué, et parfois non dénué d’humour du récit, la dynamique qui s’instaure entre Charlie et Arthur… Tout autant d’éléments qui plairont autant aux enfants, qu’aux parents ou à tout autre adulte ayant gardé son âme d’enfant. Mais ce qui, pour moi, fait la force de cet album, c’est le fait que ce ne soit pas un garçon qui est présenté comme un héros, mais une fille.

Parce que clairement, en comparaison d’Arthur, quelque peu timoré et empoté, Charlie brille par sa curiosité intellectuelle, son goût pour l’aventure, son sens de la justice et sa grande force de caractère. Ainsi, malgré son jeune âge et la situation inattendue qu’elle doit affronter, elle ne se laisse pas faire et accomplit avec bravoure sa difficile mission. En moins de 30 pages, l’autrice a donc réussi à créer une jeune héroïne attachante et inspirante, un modèle pour des enfants plus habitués à des contes et autres légendes où les filles sont sauvées par les princes, qu’à des histoires où les filles aident les garçons à devenir princes.

Bien que je ne sois pas concernée par le sujet, il me semble également important de proposer de telles histoires mettant en scène un enfant non-blanc, puisqu’il y a un réel manque de représentativité, et encore plus de représentativité positive en littérature. Le fait que Charlie soit franco-anglaise apporte également une dimension multiculturelle intéressante au récit, qui joue sur les deux langues en proposant l’histoire en français sur les pages de gauche, et en anglais sur les pages de droite. À une époque où la maîtrise de plusieurs langues devient un enjeu éducatif de plus en plus important, voici un album qui a, plus que jamais, sa place dans une bibliothèque familiale et/ou scolaire. Afin de faciliter la compréhension et favoriser l’enrichissement du vocabulaire, certains mots sont, en outre, bleutés et traduits en fin d’album dans un tableau. Un moyen ludique, pratique et efficace d’apprendre en s’amusant !

Le côté ludique est également renforcé par un jeu de « cherche et trouve », qui a depuis longtemps fait ses preuves chez les enfants. Ainsi, page après page, ceux-ci devraient prendre plaisir à chercher Soso la girafe, la meilleure amie de Charlie. Pour ma part, et bien que j’aie passé l’âge, je ne peux nier m’être prise au jeu, et avoir apprécié de chercher cette girafe qui semble avoir, comme Charlie, pris goût à l’aventure.

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Quant aux illustrations, elles m’ont complètement charmée. J’ai apprécié leur douceur, leur expressivité, leur dynamisme ainsi que l’attention apportée à la lumière et au mouvement. À l’image de Charlie, les dessins se révèlent donc vivants, avec un côté doux très enfantin, et un jeu sur les visages qui m’a, dans une certaine mesure, parfois fait penser aux illustrations de mangas.

En conclusion, Mayghan Dolmy nous propose ici un album bilingue, français-anglais, plein de charme, revisitant la légende arthurienne à travers une jeune héroïne métisse courageuse et attachante, qui n’a rien à envier aux héros et princes de légende. Joliment illustré, dynamique, non dénué d’humour, et laissant une belle place à la diversité, Charlie et la légende du roi Arthur est un album jeunesse que je ne peux que vous recommander, et qui devrait enchanter les enfants tout en leur permettant de travailler leur anglais/français en s’amusant. Que ce soit dans une bibliothèque familiale et/ou scolaire, voici un album à posséder, à (re)lire et à partager tout autour de soi.

Je remercie Mayghan Dolmy de m’avoir envoyé, en échange de mon avis, Charlie et la légende du roi Arthur que vous pourrez retrouver sur Amazon.

Mini-chroniques en pagaille #36

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, je vais vous présenter trois ouvrages graphiques lus dans le cadre du challenge Mai en BD : un album jeunesse qui ravira les fans de chat, un album jeunesse offrant une véritable ode à l’imagination, et un manga s’emparant d’un personnage historique auréolé de tout un folklore plutôt sanglant.

  • Mon amie Momo de Misun Hwang (Picquier éditions)

Attendrie par cette petite fille qui serre fort contre elle un chat qui semble faire la tête, je n’ai pu que me laisser tenter par Mon amie Momo. Un joli album jeunesse qui, en peu de mots, mais avec beaucoup d’éloquence et de justesse, dépeint la belle et tendre amitié entre une fillette et une chatte appelée Momo, soit poils en coréen. Pour la majorité des heureux propriétaires de chats, ce prénom original prend tout son sens, parce que des poils, vous en aurez un peu partout chez vous avec un chat.

Nos deux amies passent de très bons moments ensemble entre séances de câlins, jeux, ronronnements… De beaux instants qui ne pourront qu’émouvoir les lecteurs et a fortiori les amoureux de chats. Mais, il arrive à Momo de sortir les griffes, ce qui peine notre fillette qui se demande alors si son amie l’aime vraiment !

Une question à laquelle elle aura heureusement une belle et démonstrative réponse, car malgré les quelques incidents qui peuvent subvenir, Momo se révèle une joyeuse, tendre et affectueuse amie. Quant aux illustrations, elles sont indéniablement le grand atout de cet album. Elles se révèlent d’une telle expressivité qu’elles pourraient se passer de texte, les lecteurs ressentant sans peine les liens forts qui unissent notre fillette et sa gentille, mais parfois caractérielle amie à poils.

Pour ma part, j’ai été séduite par ces illustrations en grand format, leur douceur rehaussée par des teintes profondes, et par le véritable travail visuel fait sur les émotions. L’autrice se montre économe en mots et effets de style, mais elle arrive néanmoins à restituer tous les sentiments des deux héroïnes et leur joie de partager de beaux moments.

En bref, Mon amie Momo est un très bel album jeunesse qui devrait toucher et ravir les amoureux des chats de tout âge. Beau, tendre et poétique, un ouvrage à lire et à relire !

  • Adélidélo ne s’ennuie jamais ! (tome 2) de Marie-Agnès Gaudrat, illustrée par Frédéric Benaglia (min BD kids) :

Couverture de « Adélidélo ne s’ennuie jamais ! »Je ne connaissais pas cette série pleine d’humour et de peps mettant en scène une toute jeune héroïne, Adélidélo, qui déborde de bonne humeur et d’imagination.

Du découpage d’un pauvre livre qui n’avait rien demandé à l’invention de mots rigolos qui amusent son père, en passant par une théorie originale qui vous poussera à ne plus jamais regarder votre frigo de la même manière, Adélidélo ne s’ennuie jamais et trouve toujours un moyen de s’amuser. Un moyen plus ou moins sage et farfelu, mais un moyen quand même de transformer les situations du quotidien en une aventure qui amusera les enfants et les adultes ayant conservé leur âme d’enfant.

Les enfants devraient, en outre, apprécier que l’on s’adresse parfois directement à eux, un procédé qui a le mérite de favoriser leur implication dans la lecture. Quant à la mise en page simple et aérée et les illustrations colorées et vives, elles apportent un côté doux et enfantin qui sied à merveille à ces petites tranches de vie pleines d’humour et de punch.

En bref, tendre et amusant, voici un album jeunesse pour petits et grands lecteurs en quête d’une jeune héroïne haute en couleur et à l’imagination débordante !

  • Vlad Draculea (tome1) dAkiyo Ohkubo (Soleil Manga)

Couverture Vlad Draculea, tome 1

Intriguée par sa couverture et son titre, j’ai décidé de lire ce manga sans trop savoir à quoi m’attendre. Et je dois dire que j’ai été surprise par cette histoire qui nous offre une plongée mouvementée et fascinante dans les arcanes du pouvoir, et de ses jeux d’influence. Le jeune Vlad III est le prince de Valachie, mais dans les faits sa sphère d’influence est très réduite puisque ce sont les boyards qui prennent toutes les décisions, du moins celles qui comptent. Sans oublier que de par son positionnement stratégique et géographique, son royaume est pris entre deux grandes puissances, le royaume de Hongrie et l’Empire Ottoman… Cela ne lui laisse guère de marge de manœuvre.

C’est d’ailleurs une menace à peine voilée du Sultan qui va révéler aux lecteurs la position délicate dans laquelle se trouve le prince, qui doit faire bonne figure devant des ennemis extérieurs, mais aussi intérieurs. Mais loin d’être le pion que l’on attend de lui et qu’il semble, dans un premier temps, être, Vlad va nous prouver que son calme cache un sens de la stratégie politique impressionnant !

De fil en aiguille, il va déployer sa toile autour de personnes qui se pensaient au-dessus de tout, de la morale, du peuple, des marchands et lui-même. Grave erreur parce que loin d’être une faiblesse, sa tempérance n’était qu’un moyen pour entreprendre en sous-main une révolution qui menace bien de tout faire vaciller, et de redistribuer les cartes du pouvoir en Valachie, mais aussi dans la région entière.

Il y a peu d’action à proprement parler dans ce premier tome puisqu’on est plus sur le terrain de l’échiquier politique, mais la fin nous laisse entrevoir un tome 2 un peu plus mouvementé à ce niveau, voire carrément sanglant. En effet, il semblerait que Vlad commence à laisser tomber son image de prince soumis et plus ou moins conciliant pour, peut-être, se rapprocher un peu plus de cette version de lui-même, que l’on connaît sous le nom de Vlad l’Empaleur.

Du cadre historique, à l’intrigue politique, aux jeux de dupe et de faux-semblants entre les personnages, en passant par les illustrations qui accordent une large place aux expressions des visages, tout m’a plu dans ce premier tome que je vous recommande chaudement pour une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir et de la vie d’une figure historique à la réputation sanguinaire.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

 

Dans les bois, Emily Carroll

 

Une cabane perdue dans la neige et des jeunes filles qui disparaissent tour à tour la nuit venue. Une écolière qui joue les apprentis spirites et qu’un esprit malin finit par posséder. Des monstres parasites cachés au fond des bois et qui attendent la proie idéale pour faire… leur nid. Emily Caroll nous livre avec Dans les bois, un sortilège de contes horrifiques à l’atmosphère prégnante, à l’ambiguïté grinçante, et nous rappelle cette délicieuse sensation d’avoir peur, confortablement installé sous les couvertures, en toute sécurité. A moins que…

Casterman (6 janvier 2016) -208 pages – Relié (22€)
Traduction : Basile Béguerie

AVIS

À travers ce sublime ouvrage illustré, Emily Carroll nous propose des histoires dont l’horreur ne manquera pas, si ce n’est de vous effrayer, de vous marquer et de vous pousser, durant quelque temps, à vous tenir éloignés des bois. Cet endroit bien souvent effrayant et non dénué d’une certaine aura de mystère et de danger que l’autrice met ici brillamment en scène. Au fil des pages, vous rencontrerez des personnages différents, bien souvent féminins, et systématiquement englués dans des situations difficiles dont il semble bien impossible de s’échapper…

Parfois ambiguës, systématiquement expressives, ces histoires vous plongeront dans l’horreur, l’autrice jouant habilement avec les peurs ancestrales, celles tapies en chacun de nous, tout en nous faisant miroiter une ambiance de conte à l’ancienne. Parce que le loup n’est pas la seule menace dans les bois, vous apprendrez que la peur peut prendre bien des formes et qu’elle est parfaitement justifiée face à des monstres souvent insaisissables. Des monstres qui vous parasiteront sans même que vous ne vous en rendiez compte. D’ailleurs, de parasites, il en est beaucoup question dans ce recueil, ce qui m’a semblé assez original et qui pourrait presque servir d’allégorie à tous ces parasites, réels ou imaginaires, qui nous plombent l’esprit. Néanmoins, et ce sera le seul petit défaut de ce livre, il m’a manqué un peu plus de diversité, non pas dans les situations, mais dans la forme des menaces qui pèsent sur les personnages.

Quant à l’ambiance graphique, elle participe intégralement à ce sentiment d’angoisse qui monte à mesure que l’on tourne les pages et que l’on s’approche de figures cauchemardesques qui menacent de nous engloutir.  Il y a d’ailleurs un véritable focus fait sur des détails comme la bouche et les dents, accentuant notre sentiment de malaise et de danger. La palette de couleurs est plutôt restreinte, mais l’autrice utile avec maestria chaque couleur, avec un jeu particulier sur le rouge qui vient souligner les moments d’horreur et les événements tragiques. On notera également une totale liberté dans les cases, une liberté ordonnée dans le chaos qui apporte beaucoup de vivacité et de réalisme aux illustrations.

En conclusion, Dans les bois devrait ravir les amateurs de textes à l’ambiance horrifique qui jouent sur des peurs ancestrales, en les ancrant dans des situations angoissantes dans lesquelles les personnages se trouvent inexorablement piégés. Des émotions variées ne devraient pas manquer de vous accompagner durant la lecture de ces textes qui semblent parfois réticents à livrer tous leurs secrets, mais que vous prendrez tout de même plaisir à dévorer !


Je vous propose maintenant de parler brièvement de chaque histoire.

  • L’hôte

Nous suivons Bell, jeune fille solitaire et taciturne que son frère vient chercher à son pensionnat pour qu’elle passe les vacances avec lui et sa fiancée, Rebecca. Arrivée sur place, la jeune fille n’aspire qu’à lire en toute tranquillité quand son frère et sa fiancée ne peuvent s’empêcher de la solliciter. Mais ce désagrément n’est finalement rien par rapport à l’atmosphère étrange qui règne dans la maison et dans les bois à proximité, un endroit que Bell devrait éviter comme le lui a suggéré la cuisinière. En effet, Rebecca, quand elle y était plus jeune, y a vécu un événement fort désobligeant qui aurait pu lui coûter la vie.

De fil en aiguille, la curiosité et la peur s’insinuent dans le cœur et l’esprit de Bell et des lecteurs jusqu’à ce que la vérité se fasse sur la vraie nature de l’horreur. Une horreur qui peut prendre des formes inattendues et faire son nid aussi sournoisement que le plus affreux des parasites. Mais après tout, parasite ou non, que ne ferait-on pas pour protéger ses enfants ? Peut-être d’ailleurs que Bell aurait bien fait d’écouter les histoires de sa maman…

  • Son visage ensanglanté

Un homme regarde son frère rire et amuser la galerie, mais alors qu’il devrait ressentir, comme les autres villageois, un certain soulagement à le voir bien vivant, le malaise s’empare de lui. Il faut dire qu’il en est certain, il s’agit d’un imposteur, car si cet homme a le visage de son frère et porte les habits de son frère, il n’est pas on frère. Et pour cause…

J’ai apprécié la manière dont l’autrice fait planer le mystère et cette ambiance de traque d’une bête monstrueuse que deux frères tentent d’éliminer, mais j’ai eu l’impression de ne pas avoir tout compris. J’ai donc apprécié l’histoire, mais je reste réservée quant à la clarté avec laquelle elle a été présentée. Peut-être trop subtile et ambigüe pour moi !

  • Mon amie Janna

Dans cette histoire, il est question de spiritisme et de deux amies qui, sans malice mais avec une certaine légèreté, se font complices d’une mascarade. Si Yvonne ne croit pas aux fantômes et n’en a jamais vu, cela ne signifie pas qu’elle est aveugle face à l’aura qui entoure son amie Janna. Par peur de la brusquer ou de lui donner l’impression de vouloir lui voler la vedette, elle préfère néanmoins se taire.

Une décision que l’on peut comprendre, mais qui ne sera pas sans conséquence… Et si Janna se laissait submerger par cette tempête intérieure qui l’isole, et dont on ne connaît que trop tard la véritable nature ? À trop vouloir jouer avec le feu, ne risque-t-on pas de se brûler ? À moins que ce ne soit de nouveau les bois qui placent sur le chemin de deux jeunes filles un danger inattendu, source d’une catastrophe inévitable.

  • La maison voisine

Trois sœurs attendent le retour de leur père parti depuis sept jours à la chasse. Mais contrairement à ses instructions, l’aînée, qui à la charge de ses cadettes, a refusé de quitter la maison pour aller frapper à la porte de la maison voisine…  Néanmoins, petit à petit, le foyer se vide jusqu’à ce que la maison voisine s’impose comme seul et dernier refuge.

J’ai apprécié l’ambiance pesante de ce huis clos dans lequel sont piégées des sœurs qui vont devoir faire face à une menace d’autant plus insidieuse qu’elle semble endormir les consciences, du moins certaines consciences. Avec des rappels subtils, mais bien présents, l’autrice nous offre une histoire qui ne sera pas sans rappeler celle du Petit Chaperon Rouge. Un conte toujours efficace, a fortiori quand il est auréolé comme ici d’une pointe de mystère et de la certitude que quelque chose de terriblement dangereux vient frapper chaque nuit à la porte d’une cabane isolée…

  • La dame aux mains froides

Il était une jeune fille qui, comme tant d’autres, dût épouser un mari choisi par son père. Si la situation est déjà fort désobligeante en soi, elle devient franchement inquiétante, quand la nuit tombée, une étrange et funeste mélodie réveille la jeune mariée. Une mélopée entêtante qui la conduira dans une macabre chasse aux membres. Et si finalement, certains secrets méritaient de rester enterrés ou, plutôt, emmurés ?

On reconnaît volontiers le trait de l’autrice, mais celle-ci introduit dans cette histoire aux allures de conte, une nouvelle palette de couleurs avec un joli bleu et un jaune profond, qui finissent néanmoins par être souillés, la vie de princesse ne mettant pas à l’abri d’une bien difficile destinée.

Recueil lu dans le cadre du Challenge Mai en BD.

 

 

Le jardinier de la nuit, Eric Fan et Terry Fan

De gigantesques sculptures envahissent la ville, changeant le paysage et le quotidien de ses habitants à tout jamais.

Little Urban (12 octobre 2018) – 40 pages – 15€

AVIS

Voici un album dont la couverture pleine de mystère a tout de suite éveillé ma curiosité. Une couverture à la hauteur d’une histoire qui m’a émerveillée et enchantée. J’ai ainsi été saisie par la beauté et la poésie de cet album qui, page après page, instille bonheur et espoir dans le cœur de ses lecteurs, des habitants de la ville, et d’un enfant habitant dans un orphelinat rue des Chagrins.

Dans cette magnifique histoire mêlant art et nature, nous découvrons un jardinier d’un genre très spécial, un jardinier qui œuvre dans les secrets de la nuit afin d’offrir aux gens une étincelle de beauté et de joie dans leur vie. Et pour ce faire, il leur fait le plus beau des cadeaux : de magnifiques sculptures végétales prenant la forme de différents animaux. Si les habitants sont heureux d’admirer ces magnifiques créations, le petit William semble, quant à lui, les attendre avec impatience et un plaisir touchant de simplicité. Il faut dire que le garçon y découvre les secrets de son âme, ou du moins, une vocation qui lui assurera que plus jamais le chagrin n’assombrira les recoins de son cœur.

Comment ne pas être ému et profondément touché par cette histoire criante d’humanité, de poésie, de douceur et de beauté ? Des qualificatifs qui conviennent aussi bien au fond qu’à la forme, les illustrations possédant ce charme suranné alliant douceur de l’enfance, mélancolie poétique et beauté classique. Des illustrations grand format, à défaut de pouvoir être grandeur nature, qui émerveillent, et qui soulignent à merveille l’arrivée de la couleur et de la vie dans une rue que l’on aurait pu craindre destinée au désespoir et à l’ennui.

Avec subtilité, élégance et tendresse, les auteurs nous montrent ici toute la force et la magie de l’art, une force vive qui touche et éveille, mais ils nous montrent également qu’il suffit parfois d’un peu de magie du cœur, et d’une âme bienveillante et altruiste, pour apporter une étincelle de vie ! Parce que tant que les hommes seront prêts à s’émerveiller, l’espoir sera toujours là, tapi même dans la plus sombre des rues. Et quand la nature reprendra ses droits, aucun paysage de désolation, juste le bonheur en trame de fond, comme la réminiscence de la promesse de jours meilleurs et en couleurs…

En bref, voici un album plein de douceur et de poésie que je ne peux que conseiller aux personnes appréciant les belles histoires, de celles qui réconfortent, qui donnent espoir en la beauté de la vie, et qui prouvent qu’il suffit parfois d’une seule personne pour faire oublier la monotonie de la grisaille et apporter de la couleur dans les cœurs.

Mini-chroniques en pagaille #35

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Blue au pays des songes (tome 1) : La forêt envahissante de Davide Tosello ( Vents d’Ouest) :

Blue au pays des songes - Tome 01Si j’ai adoré l’ambiance onirique instaurée par l’auteur, j’avoue avoir été assez déstabilisée par l’histoire qui a un petit côté absurde à la Alice au pays des merveilles. Je ne suis d’ailleurs pas certaine que sans le résumé qui est, pour le coup, très clair, j’aurais totalement su appréhender le contenu de cette magnifique BD. Cela ne m’a pas empêchée de me laisser bercer par l’imaginaire de l’auteur, et d’être enchantée par les somptueuses illustrations, dont j’ai adoré les couleurs et les contours.

Nous suivons ici Blue, une jeune fille qui fuit une forêt sombre qui grandit et grignote tout ce qui se trouve sur son chemin, humains et maison y compris. Dans sa fuite, Blue sera accompagnée d’une baleine miniature enfermée dans un bocal, puis par un jeune garçon avec lequel elle désire se rendre à la cité de la tristesse, un endroit où il est possible d’échanger des larmes contre un vœu. Mais la route ne sera pas dénuée de dangers et de rencontres allant de surprenantes à fortement désobligeantes.

En plus d’être sublime et très rythmée, cette BD offre un très beau travail sur les songes, les cauchemars et n’est pas dénuée de messages importants, notamment sur la force de la magie, l’importance de croire en soi et la nécessité de connaître son passé pour construire son futur. Le passé de Blue nous apparaît d’ailleurs par petites touches à mesure qu’elle progresse dans son aventure…

En bref, La forêt envahissante nous offre un énigmatique, étrange et mystérieux voyage au pays des rêves, ou plutôt des cauchemars, en même temps qu’une aventure rythmée qui enchantera les yeux des lecteurs. Belle et intrigante, voici une BD que je ne peux que vous conseiller.


Les trois titres suivants sont proposés en accès libre sur NetGalley. Je remercie d’ailleurs le site et les maisons d’édition pour ces lectures.

  • La musique d’Édouard de Monika Filipina (Editions Crackboom !) 

Couverture La musique d’Edouard

J’ai tout de suite craqué devant la couverture que ce soit pour ses couleurs pleines de pétillants, l’illustration de couverture adorable, ou tous les animaux qui y sont représentés. Et je dois dire que j’ai été enchantée par cette belle histoire qui nous plonge en pleine jungle. On y découvre tout un panel d’animaux divers et variés qui partagent une passion commune : la musique. Mélomanes dans l’âme, ces animaux jouent donc chacun d’un instrument. Tous sauf le pauvre Édouard, un éléphant qui a tout essayé, mais qui s’est fait une raison : aucun instrument ne lui sied ou ne résiste à sa force.

Loin de se laisser abattre, il s’est donc transformé en soutien et fan inconditionnel de ses amis dont il écoute avec un plaisir non dissimulé les concerts en pleine jungle. Mais un jour, un petit contretemps va lui permettre de faire une surprenante et très belle découverte !

J’ai adoré cette histoire d’animaux mélomanes et j’ai été touchée par ce petit éléphant dont l’amour de la musique ne peut pas s’exprimer comme il le souhaiterait. Mais ce qui fait la beauté de cet album est la manière dont l’autrice permet aux enfants de comprendre qu’il faut toujours garder espoir et que chacun d’entre nous possède ses propres talents et dons. Une belle leçon d’espoir et de confiance en soi qui plaira autant aux enfants qu’aux parents et adultes.

À noter également, un petit récapitulatif des différents instruments joués par les animaux de l’album, un beau moyen de montrer leur variété aux enfants et de leur apprendre à bien les reconnaître/nommer. Quant aux illustrations, elles sont à la hauteur de l’illustration de couverture : mignonnes à souhait, douces et colorées.

En bref, voici un très bel album jeunesse qui plaira aux amoureux des animaux et de la musique, et qui à travers un jeune éléphant montre que chacun d’entre nous possède un talent qui lui est propre et qui ne demande qu’à s’exprimer.


  • Les filles modèles – tome 1 : Guerre froide de Potvin, Morival et Bussi (Kennes éditions) :

Les filles modèles, BD tome 1 : Guerre froide (BD) par Potvin

Il s’agit ici de l’adaptation en BD du roman Les filles modèles que je n’ai personnellement pas lu.

Marie-Douce porte bien son nom. Gentille et adorable, elle réserve un très bon accueil à Laura, sa nouvelle demi-sœur avec qui elle va devoir partager sa chambre. Il faut dire qu’en fille aimante, elle est prête à tout pour que son père soit heureux avec la mère de Laura, sa nouvelle compagne. Malheureusement pour elle, Laura n’est pas dans les mêmes dispositions et ne possède pas un caractère aussi conciliant. Franchement odieuse, elle fera tout pour se montrer désagréable dans l’espoir de pouvoir déménager, et de se tenir éloignée de mademoiselle Barbie et de son agaçant et trop parfait père.

Si j’ai trouvé Laura franchement agaçante, elle évoluera en cours d’aventure et apprendra à mettre sa colère de côté pour se rendre compte que Marie-Douce n’est peut-être pas la fille naïve et insipide qu’elle pensait. Une jolie manière pour l’autrice de montrer qu’il faut se méfier des apparences et qu’il est toujours dangereux de cataloguer des individus du seul fait de ses aprioris.

Quant à Marie-Douce, elle se révèle d’emblée attachante et touchante, notamment dans son envie de bien faire et d’assurer une certaine harmonie au sein de sa famille recomposée. J’ai également apprécié que l’on nous montre que l’on peut être très gentille, aimer le rose et la danse, mais aussi avoir une certaine force de caractère et être douée dans les sports de combat. Une image qui sort clairement des stéréotypes que l’on a coutume de voir.

Le début de la BD m’a bien plu, avec notamment cette confrontation entre deux jeunes filles à la personnalité diamétralement opposée, mais unies par le même amour pour leur animal de compagnie, un chien pour l’une, et un chat pour l’autre. Néanmoins, si j’ai apprécié que l’un des personnages offre une leçon de vie à Laura, qui en avait clairement besoin, j’ai trouvé le moyen de le faire assez mesquin, voire humiliant. Pas certaine que dénoncer un comportement problématique au moyen d’un comportement qu’il l’est tout autant soit très pertinent… 

Mais c’est peut-être toute l’intrigue amoureuse qui se dessine qui m’a le moins intéressée, étant probablement trop âgée maintenant pour ce genre de schéma et de retournement de situation. Je reconnais toutefois que ce point et la manière dont il est amené devraient séduire les jeunes lectrices. Et je dis lectrices parce que la BD est somme toute connotée très girly, que ce soit au niveau des personnages, de leurs sujets de conversation ou des tons pastels des illustrations. Des illustrations dont j’ai d’ailleurs apprécié les couleurs et la douceur.

En bref, Les filles modèles est une BD qui plaira aux adolescentes en quête d’une histoire mêlant rivalités entre deux jeunes filles devant apprendre à vivre ensemble, amitiés et prémisses d’une histoire d’amour qui s’avère compliquée ou, du moins, délicate.


  • Mé en vré il fo mangé koi ? de Cédric Yout (Publishroom Factory)

Couverture Mé en vré il fo mangé koi ?

Contrairement aux ouvrages précédents, la couverture ne m’a pas inspirée plus que cela et j’avoue que le titre en langage SMS aurait eu plutôt tendance à me faire fuir. À l’inverse, le résumé a attiré toute mon attention, la question de l’alimentation m’intéressant.

Avant d’aller plus loin, je préfère préciser que l’ouvrage n’est pas un album, mais plutôt un mini guide très accessible qui aborde succinctement différents points liés à l’alimentation : les bénéfices apportés par une bonne alimentation, les différents « personnages » de l’alimentation (lipide, glucides, vitamines)… et leurs effets positifs ou négatifs sur le corps ainsi que les aliments où on peut les trouver… On évoque aussi le sport, l’importance de ne pas se jeter sur les plats préparés, l’application Yuka, quelques exemples de petits-déjeuners (avec la tendance française à trop insister sur les glucides, le combo pain/miel ou confiture étant quelque peu déconseillé…) et l’auteur propose même une petite visite des rayons des supermarchés avec quelques recommandations de fréquence de consommation.

En bref, si le fond est intéressant, il m’a semblé qu’il faudrait peut-être revoir quelques passages et faire un bref rappel sur le fait que l’alimentation est l’un des facteurs qui joue sur le poids et qu’à ce titre, il est important d’être bien renseigné sur le sujet, mais qu’il y a d’autres variables à considérer. Mis à part ce bémol, ce guide se révèle très accessible et offre un premier pas intéressant pour sensibiliser les adultes et surtout les enfants au thème de l’alimentation et de l’importance de l’équilibre alimentaire.

Et vous, certains de ces titres vous tentent-ils ?
Les avez-vous déjà lus ?

Mini-chroniques en pagaille #34

 

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


  • Nous sommes tous des féministes de Chimamanda Ngozi Adichie, illustré par Leire Salaberria (Gallimard Jeunesse)

Couverture Nous sommes tous des féministes, illustré

N’ayant pas encore pris le temps de lire le livre original, j’ai sauté sur cette adaptation graphique destinée à la jeunesse. En s’appuyant, entre autres, sur sa propre expérience, l’autrice revient sur toutes ces situations durant lesquelles elle a été traitée différemment, mise de côté ou ignorée en raison de son genre. Une injustice que l’on ressent pleinement à travers ses mots, a fortiori si l’on est une femme. Car si la situation au Niger n’est pas celle de tous les pays, il y a néanmoins certaines choses auxquelles presque toutes les femmes sont soumises à travers le monde, comme cette injonction au paraître, à la « féminité », à la douceur, à la soumission et à la discrétion. En fonction des cultures, cette injonction est plus ou moins forte, mais elle existe bien.

En plus d’être très accessible, que ce soit grâce à un texte aéré et concis ou à de douces et jolies illustrations, l’intérêt de cet album réside également dans l’accent mis sur l’éducation. L’autrice fait le constat des différences de traitement entre les hommes et les femmes, mais elle n’en demeure pas moins positive quant à la possibilité de faire évoluer les choses. Et cela commence par arrêter de traiter différemment les enfants en fonction de leur sexe, et leur laisser l’occasion de s’exprimer et de faire ce qu’ils souhaitent vraiment, plutôt que de les brimer en fonction de normes culturelles et sociétales profondément injustes. Ceci est d’autant plus important que ces stéréotypes liés au genre nuisent aux femmes, mais également aux hommes, enfermés dans la cage de la « virilité »…

Si la thématique est primordiale et sérieuse, le ton de l’ouvrage n’est pas dénué d’humour, l’autrice n’hésitant pas à s’amuser de tous ces préjugés entourant le mot et le concept de féministe, avant de mieux les déconstruire et d’en montrer l’absurdité. Une féministe peut prôner l’égalité des sexes, mais aimer porter des robes et se maquiller pour se faire plaisir et non faire plaisir…

En bref, voici un livre intéressant et accessible parfait pour entamer un dialogue avec les enfants sur l’égalité des sexes, les stéréotypes et la manière de faire évoluer les choses, parce que Nous sommes tous des féministes !


  • L’Atelier Détectives, tome 1 : Les Mystères de la nuit de Béka et Goalec (Bamboo Édition)

Couverture L'Atelier Détectives, tome 1 : Les Mystères de la nuit

Aimant beaucoup les ouvrages de la maison d’édition, les livres jeunesse et les enquêtes, j’ai tout de suite été intriguée par cette BD. Et je dois dire que je n’ai pas été déçue de ma lecture, bien au contraire.

Jules, Isidore et Lola sont trois amis liés par le même amour des enquêtes, ce qui explique d’ailleurs leur inscription et leur participation à l’Atelier Détectives de leur école. Toujours à la recherche de mystères à résoudre et de pistes à explorer, ils vont se lancer successivement dans trois enquêtes différentes, la première impliquant potentiellement un zombie, la deuxième un dinosaure et la dernière une sorcière !

Courageux et non dénués d’un certain sens de l’observation, nos jeunes héros ne vont pas hésiter à se confronter au danger, bien qu’ils aient une légère tendance à envoyer d’abord Jules au front, à imaginer des hypothèses et à tenter de faire toute la lumière sur les mystères et autres phénomènes surnaturels dont ils ont des échos. Néanmoins, au fil des pages, on se rend compte que les apparences sont bien souvent trompeuses et que nos enquêteurs ont une légère tendance à se laisser déborder par leur imagination !

En plus d’être rythmée et colorée, cette BD ne manquera pas de faire sourire les jeunes et moins jeunes lecteurs, notamment en raison des retournements de situation bien trouvés et diablement amusants. Je ne doute pas que les enfants se régalent des aventures des protagonistes et qu’ils apprécient de mener les enquêtes à leurs côtés. Pour ma part, j’ai adoré me laisser emporter par l’imagination contagieuse et débordante d’Isidore, de Jules et de Lola, trois jeunes enquêteurs pleins d’enthousiasme et liés par une belle amitié. Peut-être que nous avons là de futurs Sherlock Holmes ! Après tout, ils ont déjà le goût du mystère et la loupe…


  • Le mystère de Pouleville d‘Albert Arrayas (Éditions Crackboom !) : je remercie la maison d’édition et NetGalley pour cette lecture.

Couverture Le mystère de Pouleville

Je suis complètement fan de la couverture et du titre qui ne manquent pas d’humour ! Des poules qui vivent comme des coqs en pâte, vous y croyez vous ? Pourtant, c’est bien ce qui se passe à Pouleville, un village où les poules sont mieux traitées que le plus choyé des animaux de compagnie. Pour preuve, elles ont droit à leur propre peignoir quand elles sortent de leur bain. Si ce n’est pas poulettement sympa ça. Mais Pouleville est surtout connu pour son célèbre concours de la Plume d’Or qui récompense chaque année la meilleure poule de l’année. Un sacre très important dans la vie d’une poule.

Malheureusement, l’excitation du concours est quelque peu gâchée quand quelques jours avant qu’il ne démarre, des poules commencent à disparaître de leur chambre en pleine nuit. Et ni les indices relevés ni la surveillance des villageois ne permettent de mettre la main sur le ou la coupable. Il n’en faudra pas plus pour que la sorcière du village décide de mettre au point un plan pour faire toute la lumière sur cette histoire, et permettre à chaque poule de retrouver une certaine tranquillité d’esprit….

Mais cela sera-t-il suffisant pour résoudre le mystère de Pouleville ? Pour le savoir, il vous faudra dévorer cet album jeunesse plein d’humour sans oublier, au passage, de mener votre propre enquête et d’élaborer vos propres hypothèses en vous appuyant sur les indices laissés par le ou la coupable. Mais prenez garde, les apparences sont parfois trompeuses ! Pour ma part, je reconnais m’être laissée complètement surprendre par la fin que j’ai trouvée des plus savoureuses.

Dans tous les cas, j’ai adoré le ton de l’ouvrage, le focus sur un animal que j’aime beaucoup et une enquête pleine de charme qui rappelle que tout ce qui brille n’est pas d’or, et que certains sont prêts à beaucoup pour atteindre leur objectif. Les illustrations colorées et pleines de douceur contribuent également au plaisir que l’on prend à s’immerger à Pouleville.

En bref, si vous aimez les poules, les enquêtes et être surpris, Le mystère de Pouleville est fait pour vous.

Et vous, connaissez-vous ces livres ?
Vous tentent-ils ?