C’est le 1er, je balance tout ! mars 2021

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

Le mois s’est terminé sur quelques petits incidents dont l’endommagement de notre voiture lors d’une visite à Noz (pour le coup, on repassera pour les économies). Heureusement pas de blessé et la preuve qu’il y a encore des gens honnêtes parce que si le couple n’était pas venu nous faire appeler à l’accueil pour nous expliquer avoir malencontreusement embouti le côté droit de notre voiture lors d’une marche arrière, on n’aurait eu aucun moyen de connaître les responsables… En ces temps où le covid fait ressortir le pire chez beaucoup, j’ai apprécie la démarche, d’autant que le mari et la femme étaient fort sympathiques, et peut-être encore plus gênés que nous par l’incident…

Comme prévu, j’ai moins lu que le mois précédent, mais je n’ai pas eu de gros flop, ce qui es toujours appréciable.

Mousson froide par SylvainMac sur un toit brûlant par Metz

Eschaton par DuvertLes chroniques de la cité, tome 2 : Exil par GuyotCouverture Nos premières élections en classe

  • BD/Mangas : malgré quelques lectures en demi-teinte (Drifting Dragons, Bestioles, les deux tomes de Mini cats), j’ai fait de belles découvertes comme Prunelle, Artemis Fowl et Le Cinérêve, voire d’excellentes découvertes : Bouche d’Ombre, Robilar, Mercy, Mon cauchemar et moi… Et j’ai profité de ce mois pour continuer des séries : Ekho, Moriarty, Zombillénium et L’Enfant et le Maudit (l’un de mes mangas préférés). Certaines chroniques sont en attente de correction…

Couverture Bouche d'ombre, tome 1 : Lou 1985Couverture Robilar ou le Maistre chat, tome 1 : Maou !!Couverture Mercy (BD), tome 1 : La dame, le gel et le diableCouverture Mon cauchemar et moi

  • Livre audio : il m’a fallu trois mois pour le terminer, mais je suis enfin venue à bout de From Blood and Ash qui, après un début un peu long à mettre en place, m’a emportée ! Pour ceux qui participent au challenge Romantasy, le livre s’y prête très bien.

From blood and ash par Armentrout

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Mana traverse les pages vous parle d’un livre audio que j’avais adoré : The Mystwick School of Musicraft. Si vous aimez la littérature jeunesse, la magie et la musique, ce roman est fait pour vous !

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  • Sur Pages Unbond Reviews, j’ai découvert un article écrit en 2016, qui m’a donné très envie de lire un classique dont je n’avais jamais entendu parler : Le Roman de Silence d’Heldris de Cornuäll). En avance sur son temps, si l’on se réfère aux insanités que l’on peut encore lire, ce roman français de littérature médiévale évoque la question du genre, du sexe et de l’indentité. L’article est en anglais, mais avec google vous devriez pouvoir le traduire sans problème.

Silence: A Thirteenth-Century French Romance

  • Je ne résiste pas au plaisir de vous partager l’article des Blablas de Tachan sur un manga, Paradise Kiss, que j’avais apprécié sans plus, mais dont elle parle si bien que je pense clairement ne pas avoir su saisir, à l’époque, toutes les qualités.

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  • PatiVore vous parle avec enthousiasme de l’Anniversaire de Nikolaï Pavlov, une nouvelle qui pourrait tenter notamment les participants au Projet Ombre.

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Sur le compte Instagram de missafro_lectrice, découvrez l’interview de la cofondatrice de la maison d’édition Beth Story qui met en lumière des héros afrodescendants dans ses parutions.
  • Sur The Notebook 14, vous découvrirez un nouveau concept d’article sympathique qui oppose des séries ayant des points communs. Pour cette première édition, vous retrouverez des grandes séries comme Percy Jackson/ Harry Potter, La Passe-Miroir/Lady Helen

4) PAL d’avril

Je n’ai pas encore réfléchi à mes lectures pour le Hanami Book Challenge, mais elles viendront s’ajouter à cette liste :

  • Romans :

Couverture La loutre et le PrinceAquaal, tome 1 : Le secret de l'île originelle par Genêt

  • BD/Mangas : 

  • Livre audio :

Couverture de Rhapsodic

Et vous, que retenez-vous de votre mois de mars ?
Un livre, une série et/ou un film en particulier ?

C’est le 1er, je balance tout ! février 2021

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C’est le 1er, je balance tout est un nouveau RDV livresque mensuel créé par Allez vous faire lire. Son objectif est de « remettre au centre de sa pratique de la blogosphère la notion de partage qui unit la toile ». Pour ce faire, il vous suffit de partager des informations en fonction de 4 catégories. Depuis quelques mois, les partages se font sur Charmant Petit Monstre.


1) Le Top & Flop de ce que vous avez vu/lu le mois dernier

Le mois de février a principalement été consacré à la romance comme vous avez pu le voir dans mon bilan du challenge Le mois de la romance.

  • J’ai néanmoins fait trois belles découvertes dans d’autres genres : Au pays des Eucalyptus (un beau voyage en Australie), En arden (un roman plein d’intelligence et de sensibilité) et Astre-en-Terre (un roman de fantasy très rythmé).

Couverture Au pays des eucalyptus Couverture En arden Couverture Astre-en-Terre

  • Grâce aux rayons bien achalandés de ma médiathèque, j’ai également eu l’occasion de lire quelques ouvrages graphiques dont Ceux qui restent qui m’a énormément touchée. La chronique est dans mes brouillons et ne devrait plus tarder…Il faudrait d’ailleurs un jour que je vous parle de ma tendance à la procrastination quand il s’agit de corriger mes brouillons.

Bilan BD/Mangas février 2021

  • J’ai continué ma découverte des classiques grâce aux livres audio proposés gratuitement et légalement sur le net : deuxième expérience de lecture avec Gaston Leroux et j’en viens à me dire que si j’apprécie les idées de l’auteur, il y a quelque chose dans leur application qui ne me permet pas de totalement d’accrocher son travail. Le Fauteuil hanté fut donc une lecture moyenne : pas désagréable, notamment grâce aux pointes d’humour, mais pas non plus enthousiasmante. Après avoir voulu me confronter au texte fondateur du courant gothique en littérature (Le Château d’Otrante) j’ai décidé de lire l’un des socles du courant romantique : Les Souffrances du jeune Werther.

Le Fauteuil hanté par LerouxCouverture Les souffrances du jeune Werther

2) Chroniques d’ailleurs lues le mois dernier

  • Je vous recommande très chaudement la chronique de Peau d’Homme de La Bibliothèque d’Aelinel : un très beau travail d’analyse à la hauteur d’un ouvrage d’une rare intelligence !
  • Si ce n’est pas encore fait, L’Apprenti Otaku devrait vous donner envie de vous jeter sur la superbe réédition de Sailor Moon tout en vous permettant de faire le point sur la genèse d’un manga/animé culte.

Peau d'Homme par HubertCouverture Sailor Moon : Eternal Edition, tome 1 : Pretty Guardian

3) Liens adorés hors chronique littéraire

  • Nisa Lectures, en sa qualité de lectrice ayant une certaine expérience des comités de lecture, donne aux auteurs quelques conseils pour répondre à un appel à textes de nouvelles. Bien que je ne sois pas concernée directement par le sujet, j’ai trouvé son article intéressant, et probablement instructif pour les auteur(e)s qui aimeraient sauter le pas.
  • Si comme moi, le Moyen Âge fait partie de vos périodes historiques préférées, le site Actuel Moyen Âge devrait vous plaire. Je n’en ai pas encore fait le tour, mais j’apprécie de lire de temps en temps un ou deux articles.
  • Info trouvée par hasard sur Twitter et que j’ai trouvée amusante : Barilla a créé des playlists sur Spotify en fonction de la durée de cuisson des pâtes. Ingénieux !

4) PAL de mars

Je compte piocher dans ma PAL pour le Printemps de l’Imaginaire Francophone, mais aussi dans mes SP et mes emprunts :

  • Romans et essai :

Mac sur un toit brûlant par MetzLe cadeau par FitzekNos premières élections en classe par ColotUne histoire de genres par Lexie

  • Ouvrages graphiques :

Robilar ou le maistre chat, tome 1 : Miaou ! par ChauvelArtemis Fowl - La bande dessinée par ColferCouverture Mercy (BD), tome 1 : La dame, le gel et le diable

Et vous, que retenez-vous de votre mois de février ?
Un livre, une série et/ou un film en particulier ?

Serpent & Dove, Shelby Mahurin

Serpent & Dove par Mahurin

Bound as one to love, honor, or burn.

Two years ago, Louise le Blanc fled her coven and took shelter in the city of Cesarine, forsaking all magic and living off whatever she could steal. There, witches like Lou are hunted. They are feared. And they are burned.

Sworn to the Church as a Chasseur, Reid Diggory has lived his life by one principle: thou shalt not suffer a witch to live. His path was never meant to cross with Lou’s, but a wicked stunt forces them into an impossible union—holy matrimony.

The war between witches and Church is an ancient one, and Lou’s most dangerous enemies bring a fate worse than fire. Unable to ignore her growing feelings, yet powerless to change what she is, a choice must be made.

And love makes fools of us all.

  HarperAudio (03/09/2019) – 14 h et 13 min –
Lu par Holter Graham et Saskia Maarleveld

AVIS

Serpent & Dove m’a redonné goût aux livres audio que j’avais quelque peu délaissés depuis le deuxième confinement. Or, à partir du moment où je l’ai commencé, j’ai cherché tous les prétextes pour en continuer l’écoute, complètement happée par l’histoire de Louise le Blanc alias Lou. Cette sorcière a fui son couvent et sa mère pour échapper à un sort peu enviable. Depuis, les larcins en tout genre lui permettent de vivre une vie, peut-être dangereuse, mais aussi pleine d’aventures. Éprise de liberté, Lou doit concilier sa soif de vivre, son exubérance et son besoin vital de rester cachée aux yeux des siens… Pour ce faire, elle pourra heureusement compter sur l’amitié indéfectible de Coco, une sorcière faisant appel à la magie de sang.

L’amitié entre les deux femmes est touchante en plus d’être indispensable à la survie de Lou, Coco étant la seule personne en laquelle elle peut avoir confiance. Si j’ai adoré Lou, sa débrouillardise, son impertinence, son côté obtus, mais juste, j’ai aussi beaucoup aimé sa meilleure amie qui se montre d’une fidélité à toute épreuve et qui n’est pas non plus dénuée de ressources. À elles deux, elles forment un duo qui se complète à la perfection et auquel on s’attache très vite !

Malheureusement pour Lou, un fâcheux concours de circonstances va venir bouleverser sa vie et la contraindre à épouser son ennemi naturel, un chasseur de sorcières ! On pourrait s’attendre à d’emblée détester Reid qui pense sincèrement qu’exterminer des femmes en raison de leur nature est son devoir, mais les choses nous apparaissent très vite plus complexes. Loin de n’être qu’un fanatique obnubilé par d’obscures volontés divines, c’est un homme bon, juste et d’honneur qui est prêt à se sacrifier pour sauver la population des exactions commises par les sorcières. Élevé dans la haine de ces dernières, et on pourrait ajouter dans la méfiance des femmes, il a une vision très manichéenne de la vie : le bien contre le mal, les humains contre les sorcières…

Une vision confortée par l’homme de foi qui l’a recueilli et transformé en parfait soldat, mais aussi par les sorcières elles-mêmes, certaines n’hésitant pas à tuer et à jeter des sorts aux conséquences aussi funestes qu’effrayantes. Dans ce monde, personne n’est donc ni tout blanc ni tout noir ! Une réalité dont a bien conscience Lou qui, si elle a fait des choses dont elle n’est pas fière pour survivre, n’en demeure pas moins une bonne sorcière qui ne demande qu’à vivre sa vie sans drame ni sang. Prise au piège dans la tour des chasseurs qu’elle n’a pas le droit de quitter, et forcée à cohabiter avec son mari dans une minuscule chambre, arrivera-t-elle à garder sa nature secrète ?

Sous couvert de fiction, l’autrice aborde différentes thématiques qui m’ont semblé intéressantes : l’obscurantisme religieux, le sort des femmes qui sont soit démons soit soumises, les préjugés, le cycle perpétuel de la haine, les liens familiaux, le rôle de l’éducation dans la formation des esprits, l’amitié, la capacité de certains à se battre pour leurs idéaux et à s’adapter à un monde en mouvement… Mais il est également question d’amour et de la manière dont deux personnes que tout oppose vont progressivement se rapprocher et évoluer au contact l’une de l’autre. J’ai ainsi adoré suivre l’évolution de la relation entre Lou et Reid qui s’avère plutôt tumultueuse, mais aussi emplie de moments qui ont fait battre mon cœur. Les deux personnages ayant des personnalités diamétralement opposées, leurs échanges ne manquent ni de saveur ni de piquant d’autant que Lou adore provoquer et titiller son très prude et austère mari.

Mais bien décidé à respecter son serment d’être toujours aux côtés de cette femme que le destin lui a imposée, Reid va faire de son mieux pour la comprendre et la protéger même s’il se montrera parfois maladroit et possessif. Si ses préjugés m’ont parfois agacée, il m’a bien souvent attendrie et touchée par toutes ses petites attentions qui prouvent son envie de se rapprocher de Lou. Une envie motivée, dans un premier temps, par son sens du devoir et de l’honneur, puis par des sentiments bien plus forts qu’il va devoir apprendre à apprivoiser… Quant à Lou, habituée à se méfier de tous et à se débrouiller par elle-même, elle ne pourra qu’être touchée par la manière dont Reid tente de la protéger. De fil en aiguille, elle commence à voir en lui l’homme derrière le chasseur, ce que personne n’a jamais fait avant elle !

Des mains qui s’effleurent, des gestes inconscients et instinctifs de tendresse, des sourires, des regards qui s’éternisent plus que de raison, une conscience aigüe de la présence de l’autre… La relation d’abord pleine de défiance entre nos deux héros va évoluer en quelque chose de bien plus doux, mais rien ne saurait être simple entre une sorcière et un chasseur. Lou peut-elle réellement aimer son mari et espérer le faire changer tout, en parallèle, faire face à une menace, peut-être encore bien plus terrible que le potentiel courroux d’un mari dupé ? À mesure que le passé de Lou menace de la rattraper, le rythme du roman s’intensifie et gagne nettement en noirceur ! En plus de l’action et de la tension qui nous tiennent en haleine, l’autrice nous réserve également quelques surprises, dont une révélation que je n’avais pas anticipée, mais qui permet de mieux comprendre le comportement de l’un des personnages.

L’univers sans être d’une complexité folle est assez riche et immersif pour permettre aux lecteurs de s’y plonger et d’en deviner la dureté. J’ai, en outre, apprécié de découvrir comment la magie de Coco et celle de Lou fonctionnaient même si j’aurais adoré que cet aspect du roman soit plus développé. Quant à la plume de l’autrice, je l’ai trouvée très fluide et immersive. Il se dégage quelque chose dans l’écriture qui nous permet dès les premières lignes de nous raccrocher aux personnages et d’entrer en empathie avec eux et les épreuves qu’ils traversent. Ceci explique d’ailleurs grandement le côté addictif du roman que je prendrais grand plaisir à relire dans sa version papier, en croisant les doigts pour qu’un éditeur français le rende accessible aux lecteurs francophones.

En ce qui concerne la partie audio, elle m’a complètement convaincue, les deux personnes interprétant Lou et Reid s’étant complètement approprié leur rôle ! En les écoutant, je n’ai eu aucun mal à me représenter les personnages, leurs sentiments et à visualiser les différentes scènes ou encore lieux d’action. Cerise sur le gâteau, plusieurs mots et expressions en français sont glissés dans le roman, et si la prononciation est parfois approximative, le charme opère.

En conclusion, Serpent & Dove m’a captivée du début à la fin que ce soit en raison de l’univers sombre et captivant, de l’antagonisme entre les sorcières et les chasseurs qui viendra compliquer une histoire d’amour naissante ou du travail réalisé sur la construction des personnages principaux et secondaires qui se révèlent, pour la plupart, attachants. Entre magie, secret, amitié, haine et amour, voici un roman de fantasy rythmé et immersif que vous aurez bien du mal à lâcher !

In My Mailbox #184

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« In My Mailbox a été mis en place par Kristi du blog The Story Siren et inspiré par Alea du blog Pop Culture Junkie. C’est un moyen de partager les livres reçus chaque semaine dans notre boîte aux lettres ainsi que les livres achetés ou empruntés à la bibliothèque. Les liens pour les participants francophones sont regroupés sur Accrocdeslivres. »


PAPIER

Cela fait un moment que je voulais craquer pour Histoires de fantômes du Japon et Horrifikland qui avait été un coup de cœur.

Couverture Histoires de fantômes du JaponCouverture Horrifikland : Une terrifiante aventure de Mickey Mouse

J’ai également eu la chance de recevoir, de la part des éditions de l’Archipel, la suite d’un thriller de Rachel Caine que j’avais adoré et que je vous conseille, L’ombre de la menace.

Couverture Long way downLa solitude d'une goutte de pluie par Jean-FabienL'ombre de l'assassin par Caine

En plus de ces nouveautés déjà, pour la plupart, sublimes, j’ai eu l’agréable surprise de trouver dans ma boîte aux lettres une participation Ulule que j’attendais avec impatience. L’autrice a fait un travail sublime et les goodies sont magnifiques. Bref, je suis émerveillée ! Pour plus de photos, vous pouvez consulter mon post Instagram.

EBOOK

AUDIO

Pour les abonnés Prime, en ce moment, Amazon propose deux livres audio gratuits pour tenter l’expérience. Si ce format vous intrigue, c’est le parfait moment pour se lancer…

Le premier tome ayant été une très bonne surprise et le niveau d’anglais s’étant révélé plutôt accessible, j’ai téléchargé la suite, Vow of thieves de Mary E.Pearson.

Et vous, quelles sont les nouveautés de votre PAL ?

The Mystery of Alice, Lee Bacon

An enthralling and inventive thriller, only on Audible

Thirteen-year-old Emily Poe has been given the opportunity of a lifetime: A chance to attend the exclusive Audyn School in Manhattan. But to win the scholarship, she has to pass a test like nothing she’s ever experienced before: A nearly bare room, a set of strange clues, a locked door. And a mysterious organization – the Leopold Foundation – that’s watching her every move.

But the real test has just begun. Despite the strange circumstances – in a new house, at a new school – Emily instantly bonds with fellow scholarship winner Alice Wray.

And then Alice goes missing.

Chronicling every surprising twist and turn of her search through her own private video diary, Emily sets out to find the truth behind Alice’s disappearance. Soon she’s drawn deep into the inner circle of the Audyn School’s elite, the Nobility, who each have secrets of their own. As clues and lies mount, Emily must sort truth from fiction to solve the Mystery of Alice before it’s too late.

Audible Originals (2 mai 2019) – 6 heures et 24 minutes

AVIS

Écouté en anglais, j’ai beaucoup apprécié ce thriller young adult que je regrette de ne pas avoir écouté de manière plus rapprochée puisque j’ai laissé passer plusieurs semaines avant de le terminer, plus par manque de temps que d’envie.

Après une invitation inattendue de la part d’une fondation caritative dont elle n’avait jamais entendu parler et un test passé de justesse, Emily intègre une prestigieuse école et y retrouve Alice rencontrée lors de l’épreuve de sélection. Très vite, les liens entre les deux adolescentes se resserrent jusqu’à ce qu’Alice préfère passer son temps avec le groupe le plus huppé de l’école… Une énième histoire d’amitié entre adolescentes qui se termine avant d’avoir eu le temps de véritablement compter ?

On aurait pu le croire jusqu’à ce qu’Alice disparaisse mystérieusement ! Emily se lance alors dans une enquête pour retrouver son ancienne amie avant de réaliser qu’elle ne la connaissait peut-être pas aussi bien que cela. Dans sa délicate entreprise, elle pourra heureusement compter sur l’aide de Nathan, à moins que ce dernier n’ait joué un rôle dans la disparition d’Alice… Les soupçons sur ce petit génie de l’informatique se font, en effet, de plus en plus nombreux à mesure qu’Emily découvre son obsession pour l’adolescente disparue. Elle n’aura alors pas d’autre choix que de se tourner vers les nouveaux amis d’Alice qui semblent aussi s’inquiéter de sa disparition et qui sont prêts à l’aider à la retrouver.

Je dois dire que j’ai été particulièrement happée par la tension et l’aura de mystère que l’auteur arrive à insuffler à son récit. Plus les pages défilent, plus on a l’impression de nager dans le noir ! Le suspense monte crescendo jusqu’à ce qu’Emily finisse par enfin découvrir la vérité… Une vérité que je n’avais pas anticipée, et que j’ai trouvée glaçante et quelque peu machiavélique au regard de l’âge des protagonistes. La dernière partie du roman se pare ainsi d’une noirceur qui m’a surprise et qui apporte une tout autre dimension à ce roman qui m’a captivée du début à la fin.

En plus d’un suspense bien amené et surtout géré avec constance, j’ai apprécié Emily qui se révèle aussi intelligente que courageuse et tenace. Elle ne comprend pas ce qui se passe, mais fera de son mieux pour retrouver Alice alors même que cette dernière l’a délaissée sans culpabilité, préférant bénéficier de la popularité et de l’argent de ses nouveaux amis. Si je n’ai pas apprécié Alice outre mesure, certaines révélations la concernant permettent d’un peu mieux comprendre ses agissements… Quant à Nathan, c’est un personnage ambigu dont on appréciera la personnalité avenante et la générosité, mais dont on craindra le côté maniaque, le poussant à enfreindre la vie privée de ses amies.

Les protagonistes sont assez jeunes, mais pour ma part, je n’ai pas trouvé cela dérangeant. Si on occulte un petit tic de langage d’Emily qui la rend d’ailleurs très réaliste, et des personnages secondaires qui manquent peut-être de profondeur selon les critères d’un adulte, Lee Bacon a réussi à mettre en place un roman qui peut plaire à un large public. J’ai ainsi pris un plaisir certain à enchaîner les sessions d’écoute et à me laisser emporter par l’enquête d’Emily qui, de fil aiguille, va finir par se demander si Alice a vraiment envie d’être retrouvée… Emily va aussi devoir gérer ses nouvelles amitiés à mesure qu’une autre se détériore. Une situation qui ne devrait pas manquer de parler à la plupart des lecteurs.

Contrairement à d’habitude, je ne vais pas détailler les sujets évoqués sous peine de vous spoiler, mais je peux néanmoins vous dire que l’auteur offre une petite critique bien sentie des nouvelles technologies et de leurs dérives, mais aussi des médias et du caractère malsain de certains mouvements populaires sur les réseaux sociaux. À cet égard, les réactions médiatiques m’ont choquée parce que plutôt réalistes…

Quant à la partie audio, je l’ai trouvé extrêmement vivante et dynamique, ce qui facilite grandement la compréhension et joue un rôle important dans l’envie de connaître le fin mot de l’histoire. J’ai également apprécié la manière dont Emily s’adresse directement à nous puisque l’histoire que l’on écoute est censée être la restitution de son journal intime entièrement filmé, la jeune fille ne lâchant jamais sa caméra. Un procédé original et diablement efficace pour créer une connivence entre nous et l’adolescente et nous donner le sentiment d’être au cœur de l’action !

En bref, voici un roman que je ne peux que conseiller aux jeunes adolescents en fonction de leur niveau d’anglais, aux personnes souhaitant se lancer dans un thriller sans craindre de tomber sur des scènes gores ou, tout simplement, aux adultes avides de découvrir une histoire pleine de tension et de suspense au sein d’une école où les amitiés ne sont pas ce qu’elles paraissent être.

Écoutez gratuitement le livre sur Audible stories

Je te vois, Clare Mackintosh

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le jour où Zoe Walker découvre son portrait dans les petites annonces d’un journal londonien, elle décide de mener sa propre enquête. L’image floue n’est accompagnée d’aucune explication, juste d’une adresse internet et d’un numéro de téléphone. Pour les proches de Zoe, c’est la photo d’une femme qui lui ressemble vaguement, rien de plus. Mais le lendemain et le surlendemain, d’autres visages féminins figurent dans l’encart publicitaire.

S’agit-il d’une erreur ? D’une coïncidence ? Ou quelqu’un surveille-t-il leurs moindres faits et gestes ?

Audiolib (14 mars 2018) – 12 heures et 2 minutes – Autres formats : broché, poche, ebook

AVIS

L’autrice prend le temps de poser son intrigue nous permettant ainsi de faire connaissance avec les personnages et d’entrer dans leur intimité. Nous découvrons ainsi Zoe Walker, une femme lambda, employée de bureau et mère de deux enfants, dont la vie va être bouleversée par une découverte étrange : sa photo a été publiée, sans son consentement, dans les pages d’un journal londonien. Va découler de cette découverte une période de doute puis d’angoisse à mesure que cette femme avance dans l’enquête qu’elle mène pour découvrir le fin mot de l’histoire. Loin de n’être qu’une banale usurpation d’identité, elle va, en effet, découvrir que se cache quelque chose de bien plus terrible derrière ce vol de photo. Elle pourra heureusement compter, dans une certaine mesure, sur le soutien de la police et plus particulièrement, d’une jeune policière qui porte crédit à sa mésaventure. L’alternance des points de vue entre ces deux femmes est complétée par l’intervention plus sporadique du mystérieux personnage responsable de toute cette mystérieuse et dérangeante histoire d’annonce.

Alors que l’on aurait pu craindre quelques longueurs destinées à nous faire entrer de plain-pied dans la vie des personnages, l’autrice a su donner la juste dose d’informations : assez pour développer une certaine empathie, mais pas trop pour ne pas finir par crouler sous l’ennui. Il en ressort un rythme de lecture rapide d’autant que le suspense va crescendo et se révèle très bien dosé. Petit à petit, l’angoisse de Zoe s’intensifie et devient contagieuse au point d’avoir, comme celle-ci, parfois l’impression que quelqu’un nous observe.

L’autrice n’hésite pas non plus à jouer avec nos nerfs et ceux de son héroïne en nous mettant sur de fausses pistes. On finit donc par suspecter tout le monde ou presque. Dans cette histoire, le bénéfice du doute n’est pas vraiment permis d’autant que Zoe est plutôt du genre à se forger une opinion sur les gens dès le premier regard. Un trait de caractère qui m’a parfois incommodée, mais qui d’une part, rend le personnage assez humain, et d’autre part, n’est pas une mauvaise chose quand des inconnus vous traquent.

Au-delà de Zoe et des personnages gravitant autour de cette dernière, Kate, en charge de son affaire, se révèle également intéressante. On apprend à découvrir ses propres blessures et on loue son entêtement à faire de l’enquête concernant Zoe une priorité. Par l’intermédiaire de cette jeune femme têtue, mais pas entêtée, l’autrice évoque un sujet difficile, le viol, et la manière dont chacun réagit face à cette atrocité. Si j’ai compris l’incompréhension de Zoe face à la réaction d’une victime proche d’elle, j’ai apprécié que l’autrice pointe l’importance de laisser à chaque victime la possibilité de faire face à la situation comme elle le peut et/ou le souhaite sans jamais porter de jugement.

En plus de nous plonger dans une enquête angoissante, ce roman soulève des questions intéressantes et pertinentes autour des nouvelles technologies et de la place qu’elles prennent dans nos vies. D’ailleurs, à l’issue de ma lecture, je suis plus que contente de n’avoir jamais été fan du concept de partager des photos de moi à qui mieux mieux sur FB et autres réseaux sociaux. Clare Macintosh nous montre, en effet, que cette source de données personnelles n’est pas forcément toujours utilisée à bon escient… Usurpation d’identité et autres dérives pouvant sans crier gare vous tomber dessus !

Mais l’autrice aborde également avec un talent certain un autre sujet d’actualité et sur lequel, nous avons au niveau individuel, bien peu de pouvoir : l’omniprésence des caméras dans nos vies qui vont jusqu’à s’immiscer dans la sphère professionnelle. Il est vrai que l’Angleterre est connue pour avoir un système de vidéosurveillance très développée, mais la France n’échappe pas à l’engouement pour ce moyen de surveiller la population. Je ne nie pas l’utilité d’un tel système, mais je me pose depuis un certain temps des questions sur ses dérives et cette impression de ne plus pouvoir faire un pas dans la rue sans être filmée… Or ici, nous sommes clairement confrontés à ce que la vidéosurveillance peut donner quand elle est détournée et utilisée, dirons-nous, à des fins beaucoup moins nobles que la protection des citoyens….

C’est peut-être ce qui rend cette histoire aussi glaçante, le fait que bien qu’elle soit pure fiction, elle n’en demeure pas moins réaliste et, je n’en doute pas, réalisable ! Quant au côté glaçant, vous le retrouvez avec la fin qui ne devrait pas vous laisser indifférents. J’avais anticipé l’un des retournements de situation, mais je n’avais pas vu venir la révélation finale. Cette fin risque de me rester un bon moment en mémoire tellement elle m’a choquée et saisie d’effroi. Machiavélique, révoltante, effroyable… il n’y a pas à dire, c’est du grand art !

Je ne suis pas toujours convaincue par les voix des narrateurs et narratrices dans les livres audio, mais j’ai trouvé celle de Marcha van Boven parfaite et en totale adéquation avec le ton du roman. Alternant entre intonations sûres et fragilité dans la voix, la narratrice s’est complètement approprié le personnage de Zoe. En l’humanisant, elle a largement contribué à l’empathie que l’on ressent pour cette femme menacée par une force mystérieuse et anonyme. Autre point non négligeable, la narratrice a su transmettre toute la tension et l’angoisse qui se dégagent du récit. Cette expérience auditive a donc été très satisfaisante en ce qui me concerne.

En conclusion, à travers une enquête dont on colle petit à petit les morceaux comme on essaierait de reconstituer les pièces d’un puzzle, l’autrice nous plonge dans une intrigue angoissante dont l’issue machiavélique devrait vous laisser sans voix. Avec Je te vois attendez-vous donc à une histoire intense qui, en plus de vous faire passer par de multiples moments de doute, devrait également vous pousser à réfléchir sur ces nouvelles technologies qui ont envahi nos vies… pour le meilleur et pour le pire.

 

All eyes on us, Kit Frick

All Eyes on Us

Pretty Little Liars meets People like Us in this taut, tense thriller about two teens who find their lives intertwined when an anonymous texter threatens to spill their secrets and uproot their lives.

PRIVATE NUMBER: Wouldn’t you look better without a cheater on your arm?

AMANDA: Who is this?

The daughter of small-town social climbers, Amanda Kelly is deeply invested in her boyfriend, real estate heir Carter Shaw. He’s kind, ambitious, the town golden boy – but he’s far from perfect. Because behind Amanda’s back, Carter is also dating Rosalie.

PRIVATE NUMBER: I’m watching you, sweetheart.

ROSALIE: Who IS this?

Rosalie Bell is fighting to remain true to herself and her girlfriend – while concealing her identity from her Christian fundamentalist parents. After years spent in and out of conversion « therapy », her own safety is her top priority. But maintaining a fake straight relationship is killing her from the inside.

When an anonymous texter ropes Amanda and Rosalie into a bid to take Carter down, the girls become collateral damage – and unlikely allies in a fight to unmask their stalker before Private uproots their lives.

PRIVATE NUMBER: You shouldn’t have ignored me. Now look what you made me do..

Blackstone Audio, Inc. – 04 juin 2019 – 10h26 minutes

AVIS

C’est en parcourant le catalogue Audible Stories que je suis tombée sur ce thriller young adult dont le résumé m’a tout de suite intriguée.

Et je dois dire que j’ai trouvé la lecture aussi entraînante que révoltante ! L’autrice, à travers cette histoire aborde, entre autres, le thème de l’homophobie et comment celle-ci peut contraindre une jeune fille à devoir mentir à sa famille afin de ne pas être rejetée. Rosalie aime les filles. Dans un monde idéal, cela n’aurait aucune importance, mais dans le monde de l’adolescente, cela change tout et fait de sa vie un véritable enfer.

Les parents de la jeune fille, membre d’une communauté chrétienne fondamentaliste, l’ont élevée dans l’idée qu’une jeune fille bien n’a pas le droit d’éprouver de l’amour pour une autre fille. Jamais. Obsédés par cette idée, ils n’ont ainsi pas hésité à inscrire Rosalie de force à une thérapie de conversion quand l’adolescente leur a avoué son homosexualité. Un comportement indigne de parents aimant et d’une violence psychologique indescriptible pour Rosalie. L’autrice n’entre pas dans les détails, mais l’on sent que cette expérience a profondément marqué l’adolescente qui, pour ne pas revivre cet enfer, préfère leur cacher sa relation avec sa petite amie, Paulina, en simulant une histoire d’amour avec le beau et riche Carter.

Comment ne pas être révolté devant des parents qui traitent leur fille comme une malade qui aurait besoin d’être guérie d’un mal insidieux la détournant du droit chemin et de la parole de Dieu ? Alors que des parents sont censés aimer leurs enfants inconditionnellement, ceux-ci n’aiment leur fille que sous condition d’hétérosexualité ! Rosalie pourrait partir, les parents de sa petite amie étant prêts à l’accueillir, mais ce n’est pas facile pour une adolescente de devoir rompre avec les siens, même intolérants, et surtout, d’abandonner sa petite soeur dont elle est très proche… Car elle ne se fait pas d’illusions, si elle vit son homosexualité au grand jour, ses parents l’enverront de nouveau en thérapie de conversion et la rayeront de leur vie si elle arrive à s’échapper de leur emprise. Pire, ils l’empêcheront de voir sa soeur…

Carter, cet héritier d’un empire de l’immobilier plutôt sympathique, représente alors un bon moyen pour Rosalie de pouvoir continuer à voir Paulina tout en faisant croire à ses parents qu’elle est « guérie ». Mais, le beau et riche Carter a déjà une petite amie, Amanda, qui est bien décidée à passer le reste de sa vie avec ce dernier quitte à fermer les yeux sur ses incartades. Après tout, Rosalie n’est pas la première et ne sera pas la dernière fille avec laquelle son petit ami passera quelques bons moments. La situation aurait donc pu rester ainsi si une personne ne s’amusait pas à menacer de dévoiler les petits secrets des deux adolescentes… 

De fil en aiguille, on en vient à se poser des questions sur la réelle motivation de ce harceleur fort peu courageux qui se cache derrière l’anonymat, et dont les menaces par sms se font de plus en plus pesantes. Devant l’ampleur de la situation, les deux adolescentes finissent par travailler main dans la main afin de l’identifier et de le faire tomber. En effet, si Rosalie ne peut pas le laisser dévoiler sa relation avec Paulina à ses parents sous peine de retourner en thérapie de conversion à laquelle elle ne résistera pas psychologiquement, Amanda, quant à elle, ne peut pas le laisser s’immiscer dans son couple.

Ses parents ne sont plus aussi fortunés que par le passé et de sa future union avec Carter dépend leur situation financière. J’ai été bien plus touchée par la vie de Rosalie, mais force est de constater qu’Amanda n’a pas non plus une existence des plus joyeuses. Derrière son apparente superficialité, son physique de rêve et sa popularité, elle subit une certaine pression familiale, notamment de la part de sa mère bien décidée à profiter des atouts physiques de sa fille pour garder son ancien train de vie et asseoir son statut social. Amanda m’a parfois agacée par son obsession pour Carter, mais on comprend que c’est plus celle de sa mère que la sienne…. Heureusement, au gré des épreuves et des coups durs, elle dévoile une vulnérabilité qui la rend attachante. Elle évolue, s’affirme et commence à entrevoir que sa vie n’est pas irrémédiablement liée à son goujat de petit ami et qu’elle n’a pas à porter l’avenir de ses parents sur ses épaules…

J’ai également apprécié l’évolution de la relation entre Amanda et Rosalie. Elles ne deviennent pas les meilleures amies au monde, mais elles développent une forme de respect et d’amitié. Il faut dire qu’elles devront apprendre à compter l’une sur l’autre, la traque du harceleur anonyme se révélant bien plus ardue et périlleuse que prévu d’autant qu’elles ne peuvent pas vraiment s’appuyer sur leurs parents… Comme souvent dans les thrillers young adult, j’ai rapidement deviné l’identité du coupable, mais je n’avais pas anticipé ses motivations. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que certains sont prêts à tout, même au pire, pour se libérer d’une cage qu’ils ont pourtant forgée eux-mêmes.

Tout au long du récit, l’autrice joue avec nos nerfs, nous met sur de fausses pistes, nous pousse à douter et fait monter la tension crescendo. Cela rend la lecture assez addictive tout comme le travail réalisé sur la psychologie des deux héroïnes qui est, pour moi, le point fort de ce roman. L’enquête est intéressante, mais elle permet surtout de mettre en lumière des thématiques fortes : l’affirmation de soi, l’extrémisme religieux, l’homophobie, le poids des injonctions familiales et sociétales, les parents défaillants, l’alcoolisme, l’amour, l’amitié…

Si les parents des deux adolescentes sont défaillants, il existe néanmoins quelques adultes responsables et plus ouverts même si leur rôle reste assez minime dans l’intrigue. On appréciera également la manière dont l’autrice souligne avec subtilité l’importance de se faire aider quand on appartient à la communauté LGBT+ et que l’on se sent menacé. J’ai également trouvé très touchante et inspirante Rosalie qui va réussir à se libérer de ses parents grâce, entre autres, à son courage, sa force de caractère et l’aide d’une association et de certaines personnes. Un joli message d’espoir qui, je l’espère, apportera un peu de réconfort aux personnes victimes d’homophobie.

Dans ce roman, il est question de fanatisme religieux, mais l’autrice montre également qu’il est possible de concilier foi et homosexualité comme l’ont très bien compris les parents de Paulina qui ont soutenu leur fille dès l’annonce de son homosexualité. De la même manière, si Rosalie rejette une foi qui la contraindrait à renier ce qu’elle est et ses sentiments, elle développe sa propre relation à Dieu, une relation empreinte d’amour et de tolérance. Je ne suis pas croyante, mais si je l’étais, c’est le genre de foi vers laquelle je me tournerais.

Quant à la partie audio, je l’ai trouvée plutôt convaincante : les narratrices trouvent le ton juste pour nous faire ressentir toutes les émotions de Rosalie et d’Amanda, mais également la pression quotidienne qu’elles subissent, chacune pour des raisons bien différentes. Le niveau d’anglais m’a, en outre, semblé plutôt abordable, le vocabulaire demeurant relativement simple et ancré dans le quotidien.

En bref, sous couvert d’une enquête pleine de tension et auréolée d’un certain mystère et suspense, l’autrice aborde ici des thèmes importants comme l’homophobie et la difficulté pour des jeunes filles de se libérer de leurs chaînes afin de se construire un avenir à l’image de leurs rêves et non des attentes de leurs parents et de leurs communautés. Haletant, révoltant et émouvant à la fois, All eyes on us est un roman avec un beau message de tolérance qui ouvre également une réflexion pleine de justesse sur la nécessité de laisser chacun vivre sa sexualité et choisir la vie qui lui convient sans préjugé ni a priori.

Ecouter All eyes on us gratuitement sur Audible Stories (le roman existe également en version papier).

 

 

Throwback Thursday Livresque #171 : maman

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai eu envie de vous parler d’un roman qui m’avait beaucoup touchée : La chambre des merveilles de Julien Sandrel.

Couverture La chambre des merveilles

Louis a 12 ans. Ce matin, alors qu’il veut confier à sa mère, Thelma, qu’il est amoureux pour la première fois, il voit bien qu’elle pense à autre chose, à son travail sûrement. Alors il part, fâché et déçu, avec son skate, et traverse la rue à fond. Un camion le percute de plein fouet. Le pronostic est sombre. Dans quatre semaines, s’il n’y a pas d’amélioration, il faudra débrancher le respirateur de Louis.

En rentrant de l’hôpital, désespérée, Thelma trouve un carnet sous le matelas de son fils. À l’intérieur, il a dressé la liste de toutes ses « merveilles », c’est-à-dire les expériences qu’il aimerait vivre au cours de sa vie. Thelma prend une décision : page après page, ces merveilles, elle va les accomplir à sa place. Si Louis entend ses aventures, il verra combien la vie est belle. Peut-être que ça l’aidera à revenir. Et si dans quatre semaines Louis doit mourir, à travers elle il aura vécu la vie dont il rêvait.

Mais il n’est pas si facile de vivre les rêves d’un ado, quand on a presque quarante ans…

Ce roman, c’est l’histoire d’une mère qui, son fils dans le coma, va faire le pari fou de réaliser les rêves de ce dernier qu’elle découvre dans un carnet des merveilles… De fil en aiguille, ces différentes expériences, si éloignées de sa vie actuelle et de sa cohorte d’obligations en tout genre, vont la rapprocher de son fils et de la mère qu’elle aurait aimé être avant que le drame ne survienne.

Alors qu’il aurait pu être triste, ce roman est empli d’amour, d’émotion, d’espoir, de poésie et de merveilleux… Un beau et intense moment de lecture, si ce n’est de vie !

Pour en apprendre, je vous invite à découvrir ma chronique dont voici la conclusion :

Porteur d’un joli message d’espoir, La chambre des merveilles est un roman empli d’amour et de tendresse qui vous fera vivre d’intenses émotions. Entre rires et larmes, ne passez pas à côté de ce joli titre aux allures de feel good qui vous donnera irrémédiablement envie de croquer la vie à pleines dents, et de profiter au maximum de vos proches. Après tout, si la vie est incertaine, le bonheur est, quant à lui, à portée de main !

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
L’avez-vous lu ? Qu’en avez-vous pensé ?

Clair obscur, Lily Haime

« Il a le regard vairon, des yeux qui m’ont poursuivi pendant des années. Si je l’aime… » Gwenn a deux rêves, la danse et Sevan. Après avoir réussi ses auditions à la célèbre Julliard School, il prend sa voiture malgré les conseils de son meilleur ami et roule jusqu’à chez Sevan. Gwenn a l’arrogance de ses dix-sept ans, la prétention des sentiments. Sevan a vingt-quatre ans ; militaire de carrière, il est sur le point de quitter Portland pour se marier. Gwenn repart en cachant ses larmes, démarre trop vite, prend la fuite en faisant déraper les roues de sa Jeep. Une seconde d’inattention et un chauffard ivre… Un arbre au bas d’une pente… Sept ans plus tard, Gwenn est un jeune homme qui n’a plus rien à voir avec l’adolescent qu’il a été, ce rêveur aux grandes ambitions. Professeur de danse, propriétaire d’un bar en chantier, fils, frère, ami et tonton, il a appris à composer avec une vie différente de celle qu’il pensait mener. Si ses espoirs ont foutu le camp, s’il reste cabossé et rafistolé, il ne cache pas ses cicatrices. Quand Sevan revient à Portland, Gwenn a appris à le haïr pour ne plus l’aimer. « Une seconde chance, un souffle sur ses lèvres, une main au creux de son dos. Des riens qui changent tout… »

Hardigan – 31 mars 2017 – 9 heures et 13 minutes – 14,99€

J’ai reçu ce roman en format numérique et en version audio durant le confinement. Après quelques hésitations, j’ai privilégié le livre audio, ce que je ne regrette pas puisque je pense que je n’aurais pas terminé ma lecture si je n’avais pas pu faire une autre activité en même temps. Je n’ai, en effet, pas été particulièrement emballée par cette histoire.

Je reconnais néanmoins que ce roman devrait ravir les amateurs de romance. Lily Haime a mis en place tous les ingrédients pour les enchanter et leur faire passer un très beau moment de lecture, à commencer par des protagonistes à la personnalité diamétralement opposée, mais qui semblent inéluctablement attirés l’un par l’autre. Mais si Gwenn a accepté son attirance pour le meilleur ami de son grand frère dès son adolescence, le second, plus âgé, a préféré fuir en s’engageant dans un mariage sans amour avec une femme. Une décision lourde de conséquences pour les deux hommes qui, chacun de leur côté, vont faire face à des situations difficiles qui ne pourront que les marquer durablement.

Mais sept ans plus tard, la vie leur offre une nouvelle chance. Sauront-ils la saisir et laisser les griefs du passé pour aller de l’avant ? Gwenn, toujours très en colère, aura des difficultés à accepter le retour de Sevan dans sa vie d’autant que malgré tous ses efforts, il n’arrive pas à détester ce premier amour qui fait toujours battre son cœur. J’ai trouvé ce personnage intéressant dans la mesure où malgré ce qu’il a vécu et ses rêves de danseur professionnel brisés, il demeure positif, du moins en ce qui concerne sa vie professionnelle. Alors qu’il aurait pu devenir aigri, il prend sa carrière de professeur de danse très à cœur faisant de son mieux pour aider ses élèves à se dépasser. Il possède néanmoins une bonne dose de colère en lui, ce qui le rend parfois assez agressif et m’a donné le sentiment de ne plus suivre un adulte, mais un adolescent capricieux et égocentrique dépassé par ses émotions.

Quant à Sevan, bien plus taiseux, il m’a souvent agacée par sa manière de vouloir être avec Gwenn sans dire les choses clairement. Mais au fur et à mesure que l’on avance dans l’histoire, on comprend que ce dernier a également ses propres blessures et qu’il a besoin de temps pour accepter des événements qu’il repasse en boucle dans ses cauchemars. Je n’en dirai pas plus, mais j’ai apprécié que l’autrice évoque un sujet difficile sans pathos et avec une certaine sensibilité.

Les deux hommes se révèlent donc intéressants et leurs interactions plutôt mouvementées, peut-être un peu trop d’ailleurs puisqu’ils passent leur temps à se crier dessus ! C’est le gros problème du format audio, entendre des gens hurler à tout bout de champ ayant fini par légèrement me lasser, voire franchement m’indisposer. J’estime que deux adultes peuvent arriver à communiquer sans lever le ton à la moindre contrariété ou au premier désaccord.

Il y a heureusement de beaux moments de complicité, de tendresse, des déclarations émouvantes (bien que parfois un peu trop guimauves pour moi), et d’abandon charnel. Les deux hommes s’imposent vite aux lecteurs comme un tandem qui ne peut que finir ensemble, l’alchimie entre ces deux fortes têtes ne faisant aucun doute. Cela ne m’a néanmoins pas empêchée de souhaiter découvrir comment Gwenn et Sevan allaient arriver à affronter les obstacles qui se dressent ou qu’ils dressent eux-mêmes sur leur route.

En parallèle de ce couple tumultueux, on appréciera le travail effectué sur le cercle amical et familial de Gwenn. Sa famille et ses amis sont ainsi très présents dans sa vie, parfois un peu trop à son goût, l’homme étouffant sous les attentions de son père et de son frère. Il faut dire qu’ils ont failli le perdre et qu’ils ont du mal à tirer un trait sur ce tragique épisode… J’ai adoré la relation entre Gwenn et sa famille dont il est très proche. Son frère est parfois maladroit, mais on sent à quel point il aime son petit frère et qu’il ferait tout pour le protéger quitte à se montrer un peu trop intrusif. Quant à son père, c’est le genre de figure paternelle que l’on aimerait voir plus souvent dans la littérature et la vraie vie…

L’écriture de l’autrice est immersive, simple et dynamique, mais difficile d’en parler plus, le format audio me poussant en général à me concentrer sur le fond plutôt que la forme. À noter que Sevan, d’origine arménienne, parle parfois en arménien, ce qui apporte une certaine authenticité et beaucoup de charme au récit. Je regrette néanmoins qu’aucune traduction ne soit proposée même si je comprends que dans la version audio, les traductions auraient pu casser le rythme. Mais peut-être qu’un fichier texte aurait pu être proposé. Cette absence de traduction m’a un peu frustrée même si mon compagnon, d’origine arménienne, m’a traduit quelques mots. Mais je vous rassure, les mots en arménien ne nuisent nullement à la compréhension du récit puisqu’ils restent anecdotiques et qu’on peut parfois en deviner le sens en s’aidant du contexte.

En conclusion, Clair Obscur est une bonne romance pour ceux qui cherchent une histoire dans laquelle sont mis à nu les sentiments de deux hommes qui, au-delà de leurs différences, semblent faits l’un pour l’autre. Mais entre un passé que chacun va devoir surmonter et des blessures que seuls le temps et l’amour peuvent panser, ils vont devoir apprendre à s’apprivoiser avant de mieux s’aimer et se construire un avenir à la hauteur de leur amour et de leur relation passionnée. Il est juste dommage que les nombreuses disputes entre les deux personnages ont fini par me lasser et me faire perdre mon intérêt pour leur histoire. Je retiendrai toutefois les différents sujets évoqués durant le roman : la famille, les amis, la passion, la résilience, le suicide, la tolérance, l’acceptation de soi et de sa sexualité, les préjugés…

Top Ten Tuesday #175 : les 10 derniers thrillers lus et/ou écoutés

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« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français sur le blog Frogzine. »


Ces dernières semaines, notamment durant le confinement, j’ai enchaîné les thrillers que ce soit en version papier ou audio. Je vous propose donc la liste des dix derniers thrillers lus et/ou écoutés. Tous ont été de belles découvertes et m’ont offert d’intenses et angoissantes heures de lecture !

  • Les thrillers chroniqués :
    • Une héroïne aveugle, un fétichiste qui fait froid dans le dos et qui nage en eaux troubles, une enquête rythmée… Le fétichiste est un thriller assez original à la tension parfaitement maîtrisée.
    • Avec Les cicatrices, on fait un saut dans la noirceur, le triturage de méninges et des scènes parfois très dures. Un thriller psychologique où la violence côtoie la démence !
    • Quant à Thin air, on change de ton avec un thriller qui se déroule sur Mars… Le mélange SF et thriller a bien fonctionné sur moi même si j’ai parfois regretté certaines longueurs. Vous pouvez retrouver ma chronique sur le site eMaginarock.

Couverture Le fétichiste Couverture Les CicatricesCouverture Thin Air

  • Ceux que j’ai dévorés sans laisser de trace : 

Couverture La veuveCouverture Am stram gram... / Am stram gramCouverture Promenez-vous dans les bois... pendant que vous êtes encore en vie

Couverture Tension extrêmeCouverture Dernière escaleCouverture Le pacte interdit

Couverture Ames soeurs

Et vous, appréciez-vous les thrillers ?
Quel est le dernier livre du genre que vous avez lu ?