Top Ten Tuesday #131 : 10 livres hors roman que j’aimerais lire

566856438

« Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et est repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine. »


Je lis principalement des romans et des ouvrages graphiques mais j’aime parfois me tourner vers d’autres genres comme les documentaires, les livres « pratique »…

Je vous propose donc une liste de 10 livres de ma PAL qui ne sont pas des romans et que j’aimerais découvrir :

Couverture Le zapping de la culture généraleCouverture Agatha Christie de A à Z

Couverture Dictionnaire amoureux de Tintin

Il en faut peu pour philosopher par [Giraud, Caroline]

Saint-Etienne à travers la carte postale ancienne

Et vous, aimez-vous alterner la lecture de romans avec d’autres genres (documentaires, livres pratique…) ?

Publicités

Premières lignes #76 : Poldark 1, Les falaises de Cornouailles – Winston Graham

Premi!èr-1

Le principe de ce rendez-vous initié par Ma lecturothèque est de citer, chaque semaine, les premières lignes d’un livre.


Pour cette édition, j’ai eu envie de vous parler d’un roman remporté lors d’un concours : Poldark tome 1 : Les falaises de Cornouailles. Je connais la série télé de nom, mais je ne l’ai jamais regardée, ce qui ne m’empêche pas d’être très tentée par ce roman.

« 1783. Après avoir mené une vie aventureuse en Amérique, le jeune et fougueux Ross Poldark revient en Angleterre. Mais c’est un homme meurtri qui retrouve ses falaises de Cornouailles.
Son père vient de décéder et le domaine familial est en déshérence. Surtout, Ross apprend qu’Elizabeth, sa fiancée, a rompu sa promesse pour en épouser un autre : Francis, son propre cousin…
Ross n’a d’autre choix que de s’inventer une nouvelle vie. Plutôt que de se laisser abattre, il décide de relancer l’activité minière, qui fit autrefois la fortune des siens.
Un jour, sur un marché, il prend la défense de Demelza, une fille sans instruction qu’il engage comme domestique. Une décision qui va changer sa vie… »

TRAILER SAISON 1

PREMIÈRES LIGNES

J’ai sauté volontairement le prologue préférant vous mettre les premières lignes du premier chapitre dont j’apprécie le style.

Le vent soufflait. Le ciel pâle de l’après-midi était par-semé de nuages, la route poussiéreuse était jonchée de feuilles. Cinq personnes occupaient le coche. Un homme mince, style employé de bureau, au visage maigre et au costume lustré, était assis près d’une femme replète qui serrait contre elle un paquet de lainages rose et blanc d’où surgissaient les traits boudeurs et fripés d’un bébé. Les autres voyageurs étaient un ecclésiastique d’un certain âge et un autre homme plus jeune.
Le pasteur était un petit homme sec, sévère dans son costume de clergyman de belle qualité. Son visage allongé, dénué d’humour, aux lèvres minces, était couronné de cheveux tirés en arrière qui bouclaient derrière les oreilles.
À un quart d’heure de Truro, les chevaux ralentirent pour monter au pas la pente raide de la colline, le jeune homme leva le nez de son livre et croisa le regard du pasteur.
— Excusez-moi, monsieur, dit le clergyman d’une voix coupante, votre visage m’est familier, mais je ne parviens pas à me rappeler où nous nous sommes rencontrés. Oxford, peut-être ?

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Appréciez-vous la série ?

Découvrez les premières lignes des autres participants :

La Chambre rose et noire
Au baz’art des mots
Chronicroqueuse de livres
Les livres de Rose
Lady Butterfly & Co
Le monde enchanté de mes lectures
Cœur d’encre
Les tribulations de Coco
La Voleuse de Marque-pages
Vie quotidienne de Flaure
Ladiescolocblog
Selene raconte
Pousse de gingko
La Pomme qui rougit
Chat’Pitre
La Booktillaise
The Cup of Books
Prête-moi ta plume
Le Parfum des Mots
Les lectures d’Emy
Songes d’une Walkyrie
Shury lecture
Aliehobbies
Entre deux lignes
Rattus Bibliotecus
Figures de style
Ma petite médiathèque

Un métro pour Samarra, Isabelle de Lassence

Je remercie Babelio et les éditions Marabout, collection La belle étoile, pour m’avoir permis de découvrir Un métro pour Samarra d’Isabelle de Lassence.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Swann Delva étudie la philosophie à la Sorbonne. Le jeune homme s’imagine devenir un penseur en vogue, mais d’ici là, il gagne sa vie en travaillant dans le métro. Par hasard, il découvre les stations désaffectées du réseau parisien, et se prend de passion pour ces lieux hors du temps. Un jour d’exploration de la station-fantôme Haxo, dans le XIXe arrondissement, il se retrouve transporté à Samarra, une ville d’Irak, au Moyen Âge. C’est là qu’un calife des Mille et Une Nuits lui pose la plus importante question qui soit : peut-on espérer une vie après la mort ? Alors que le sommeil le ramène à Paris, Swann ne rêve que de retrouver les splendeurs de Samarra. Mais pour conserver ses privilèges auprès du calife, déjouer les complots qui le visent et obtenir les faveurs d’une belle astrologue, il doit apporter une réponse aux angoisses du souverain. Trente-cinq jours de voyages entre Paris et Samarra vont transformer la vie de Swann, à jamais…

Marabout (10 avril 2019) – 336 pages – Broché (19,90€) – Ebook (14,99€)

AVIS

Isabelle de Lassence signe ici un premier roman envoûtant et au charme certain qui nous plonge en alternance dans un Paris contemporain et une ville irakienne du Moyen Âge, Samarra. Cette ville, dont le nom signifie « celui qui l’aperçoit est heureux« , enchante et émerveille par cette ambiance des Mille et Une Nuits qu’elle dégage avec ses richesses, son architecture, son calife, ses dorures, ses splendeurs. Des splendeurs aux formes diverses et variées qui ne laisseront pas insensible Swann…

Étudiant en philosophie à la Sorbonne, rien ne lui plaît plus que se perdre dans des considérations et des réflexions intellectuelles qu’il émaille du discours de tous ces grands penseurs qui ont marqué le monde et sa vie. Malheureusement, avant de devenir le grand intellectuel en vogue qu’il espère être un jour, il lui faudra revenir à des considérations plus terre à terre. Que ce soit triste ou non, la pensée pure et les exercices de rhétorique nourrissent rarement, du moins à notre époque, son homme.

Swann ne fera pas ses premiers pas dans les entrailles d’un géant du fast-food américain, mais dans ceux du métro parisien. Un travail pas forcément plus épanouissant intellectuellement pour notre étudiant philosophe, mais qui aura le mérite de lui ouvrir la porte d’un monde dont il ne soupçonnait pas l’existence… Un monde entre rêve et réalité qui donnera un tout autre sens à sa vie et qui le conduira à vivre des expériences intenses ! Adieu grisaille et béton parisien, bienvenue Samarra et la vie de pacha !

Alors que Swann a un besoin compulsif, si ce n’est maladif, de contrôler chaque instant de sa vie, il va finalement se laisser rapidement, et sans réserve, transporter dans le temps et dans l’espace. Il faut dire qu’en plus de la richesse et de la beauté que dégage cette ville irakienne du Moyen Âge, le jeune homme y gagnera, du moins dans un premier temps, cette reconnaissance qui lui fait tant défaut dans sa vie parisienne. Mais la gloire a un prix, et sa place auprès du calife conditionnée à sa faculté à répondre à cette question qui hante l’humanité : existe-t-il une vie après la mort ? Une question complexe dont on ne peut hélas trouver la réponse dans les livres ou la pensée des Anciens, ce qu’apprendra à ses dépens notre philosophe. Commencera alors pour lui une quête de vérité et de sens qui le poussera dans ses retranchements pour le meilleur et pour le pire… 

L’écriture est fluide, poétique, élégante, et de cette finesse qui allie la complexité de la pensée à la beauté de la réflexion. Alors que l’on aurait pu craindre une certaine pédanterie dans la narration, elle se révèle tout en délicatesse invitant à l’évasion et au dépaysement. Teintée de réflexions philosophiques toujours accessibles et auréolée d’un certain humanisme, cette histoire fait réfléchir, mais invite surtout au voyage sans a priori ni attentes particulières.

On se laisse immerger par les images, les sensations et l’aventure extraordinaire d’un étudiant qui, au fil des pages, quitte sa carapace d’intellectuel déconnecté du monde et des gens pour celle d’être humain en prise avec ses émotions et la vie. Une évolution réaliste et progressive qui rend Swann moins agaçant dans sa façon de se sentir supérieur à tout le monde ou presque. Si j’ai eu du mal en début de roman avec ce personnage, appréciant peu que la réflexion serve l’ego plus que l’épanouissement personnel et intellectuel, j’ai fini par être touchée par ses failles et la manière dont, au gré des épreuves qu’il traverse, il s’élève non plus seulement par la pensée, mais aussi par le cœur.

J’ai également beaucoup apprécié sa mère, Christiane, qui est un peu le négatif de son fils : ouverte d’esprit, plus portée sur l’ésotérique que la rhétorique, pleine de gentillesse, très sociable… On la suit avec plaisir en espérant voir un peu plus de Christiane en Swann. Même si je suis loin de partager l’enthousiasme de cette mère aimante pour la voyance et autres pratiques du genre, je l’ai trouvée adorable dans sa volonté d’aider son fils. Elle l’idéalise bien sûr, mais elle n’est pas non plus aveugle face à ses faiblesses que ce soit ses obsessions et autres « rituels » ou sa difficulté à se connecter à l’Autre. Voici dans tous les cas un personnage qui apporte beaucoup de douceur et de dynamisme au récit.

L’alternance des époques et des lieux insuffle également un certain rythme à l’histoire d’autant que les transitions entre les époques sont toujours amenées avec subtilité et efficacité. On ne se sent jamais perdu bien que peut-être un peu frustré de ne pas avoir plus de Samarra à se mettre sous la dent. Cela ne m’a pas empêchée de savourer avec plaisir les incursions dans le Palais, un endroit synonyme de luxe, bien sûr, mais aussi de dangers… Swann y trouvera ainsi honneur et richesses, voire bien plus, mais il y découvrira également la jalousie, la compétition, la trahison, les doutes… Tout autant d’épreuves qui le feront perdre en certitudes, mais gagner en humanité !

En conclusion, d’une plume éclatante de saveur et de délicatesse, Isabelle de Lassence nous propose ici une aventure enchanteresse et pleine de poésie qui ne pourra que vous faire voyager, vous émerveiller et vous pousser à vous interroger sur des notions universelles comme le sens de la vie et de la mort. Aux confins du temps, de l’espace, du rêve et de la réalité, ne ratez pas le train pour Samarra !

Retrouvez/feuilletez le roman sur Amazon.

 

Le ciel de Darjeeling, Nicole Vosseler

Je remercie les éditions l’Archipel pour m’avoir permis de découvrir Le ciel de Darjeeling de Nicole Vosseler.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cornouailles, 1876. Après la mort de son père, Helena, 16 ans, se retrouve dans la misère. Un jour, un inconnu lui fait une offre. Aussi riche que séduisant, Ian Neville lui propose de l’épouser et d’assurer l’éducation de son jeune frère. Mais il y met une condition : qu’elle accepte de le suivre en Inde, où il gère une vaste plantation de thé au pied de l’Himalaya.
En se donnant à son mystérieux bienfaiteur, la jeune femme a conscience de faire un saut dans l’inconnu. Mais l’espoir de ne manquer de rien, le cadre de vie somptueux de Darjeeling et le charme de son époux ont raison de ses réticences.
Jusqu’au jour où, Ian étant en voyage, Helena reçoit la visite d’un homme qu’elle avait rencontré lors d’un bal en Angleterre. Leurs retrouvailles éveillent en elle des questions sur le passé de Ian, dont celui-ci n’a jamais rien voulu lui dire. Pourquoi ignore-t-elle tout de son ascendance ? Cessera-t-il un jour d’être un étranger à ses yeux ?
Un voyage initiatique et sensuel aux confins de l’Inde millénaire.

l’Archipel (6 février 2019) – 440 pages – Broché (23€) – Ebook (15.99€)

AVIS

La présence du mot Darjeeling dans le titre a suffi pour me donner envie de lire ce roman, on est tea-addict ou on ne l’est pas ! Mais avant de nous transporter dans la plantation de thé de Ian, l’autrice nous fait d’abord voyager : Grèce, Cornouailles et enfin, Inde. L’Inde, un pays qui stimule l’imaginaire, mais que pour ma part je ne connaissais que très peu. J’ai donc été enchantée de découvrir, aux côtés de Helena, ce pays, ses paysages, ses traditions ancestrales, son histoire, du moins, une partie de son histoire, ses cultes, son cosmopolitisme, ses couleurs chatoyantes…

Le plaisir a été décuplé par la très belle plume de l’autrice qui, dès les premières lignes, a su me charmer. Élégante et d’une grande finesse, elle fait des merveilles pour retranscrire les décors, les paysages, le temps qui passe, mais aussi les émotions des personnages, leurs états d’âme, leurs joies et leurs tourments. C’est d’ailleurs l’une des forces de ce roman, ses personnages complexes que l’on a envie parfois de prendre par la main et d’autres fois, de secouer…

Les protagonistes ne sont pas nombreux, ce qui permet de se concentrer sur leur histoire bien que pendant une bonne partie du roman, nous suivons Helena, une jeune femme qui, sans héritage à la mort de son père, se retrouve acculée. En charge de son frère, elle est contrainte d’accepter une proposition qui ne lui plaît guère : épouser Ian, un homme fortuné rencontré fortuitement. En échange, il lui promet une vie à l’abri du besoin pour elle et son frère à condition qu’elle accepte de le suivre dans sa plantation de thé en Inde. Pourquoi ce bon parti désire-t-il l’épouser, elle qui n’a rien à offrir, ni statut, ni argent ? 

Ian est un homme secret qui souffle de manière fort agaçante le chaud et  le froid. Tantôt enjôleur avec des sourires à faire fondre les cœurs, tantôt froid et calculateur, difficile de comprendre ses pensées et les raisons qui le poussent régulièrement à prendre ses distances. La seule chose qui est certaine, c’est qu’il cache une part d’ombre et un secret qui le hante ! Un secret que Helena aimerait percer afin de se rapprocher de cet époux qui la tient à distance suscitant chez elle attirance et répulsion, deux sentiments contradictoires qui l’épuisent et la tourmentent. Mais tous les secrets sont-ils bons à dire ?

Pour ma part, je n’ai pas succombé au personnage de Ian, n’étant pas particulièrement adepte des personnes qui attendent de leur partenaire le salut. Je n’ai, en outre, pas apprécié certains de ses agissements, et notamment un geste impulsif intolérable bien que malheureusement, courant au 19e siècle. Toutefois, en découvrant le passé de ce personnage torturé et énigmatique, on comprend certaines de ses réactions et la manière dont il en est venu à se forger cette image d’homme affable, mais dangereux autant craint que respecté. Insaisissable et changeant comme le caméléon, son surnom, l’homme intrigue…

Si la relation entre Ian et Helena est intéressante dans la manière dont elle évolue, les deux personnages apprenant peu à peu à s’apprivoiser, le tour de force de l’autrice est d’avoir su imbriquer une histoire dans l’histoire en déroulant sous les yeux des lecteurs captivés, le passé de Ian et de ses parents. Je ne développerai pas beaucoup cet aspect du roman qu’il est préférable de découvrir par soi-même, mais je peux néanmoins vous dire que j’ai trouvé l’histoire d’amour entre ses parents très touchante. Elle comporte cette part de beauté et de cruauté qui forge dans le marbre les sentiments les plus profonds. Attendez-vous donc à être émus et remués par ce couple que la vie ne va pas épargner.

Cette histoire d’amour avec un grand A est également l’occasion, pour l’autrice, d’aborder des sujets forts et parfois difficiles comme les couples mixtes dans une Inde colonisée où les sentiments entre colonisateur et colonisés sont ambivalents et complexes, la question des différences culturelles, ethniques et religieuses, source parfois de haine et de méfiance,  la place des croyances, traditions et mythes dans cette Inde du 19e siècle… Ce sont tout autant d’aspects de ce pays que j’ai apprécié de découvrir d’autant que le sens du détail de l’autrice permet totalement de s’immerger dans cette culture si différente de la nôtre.

On comprend alors sans peine l’attachement viscéral que Ian ressent pour ce pays qui l’a vu grandir… Un attachement qui gagnera, petit à petit, Helena qui, contre toute attente, finira par s’adapter à sa nouvelle vie apprenant même à parler l’hindoustani. Il faut dire qu’en plus des somptueux paysages, de cette liberté dont elle était dépourvue en Angleterre, et de l’amitié de Mohan, fidèle ami et bien plus encore de Ian, elle sera également conquise par la plantation de thé de son mari qui produit le meilleur thé du monde. Si vous aimez le thé, vous devriez, comme moi, être ravis de la manière dont l’autrice évoque l’histoire du thé, les différents grades, sa cueillette… C’est fait avec une telle passion et justesse que vous n’aurez qu’une envie, vous préparer une bonne tasse de thé !

En conclusion, d’une plume fluide et élégante, Nicole Vosseler vous propose ici un très beau voyage qui vous conduira dans cette fascinante Inde du 19e siècle dont elle sait retranscrire toute la splendeur. À travers deux personnages que tout semble opposer, mais qui sont bien plus proches qu’ils ne le pensent, elle tisse progressivement le fil d’une relation mouvementée et intense qui ne devrait laisser aucun lecteur indifférent. Histoire d’amour, d’amitié et de haine à la fois, Le ciel de Darjeeling est un ouvrage entraînant et immersif qui saura offrir de multiples émotions aux lecteurs qui prendront le temps, comme avec un bon thé, de le déguster.

Retrouvez le roman chez votre libraire ou, entre autres, sur  Chapitre.com

L’Ours et le Rossignol, Katherine Arden

Je remercie les éditions Denoël de m’avoir permis de découvrir L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden, une lecture qui m’a enchantée de la première à la dernière page. Et cela ne gâche rien, la couverture est superbe !

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Au plus froid de l’hiver, Vassia adore par-dessus tout écouter, avec ses frères et sa sœur, les contes de Dounia, la vieille servante. Et plus particulièrement celui de Gel, ou Morozko, le démon aux yeux bleus, le roi de l’hiver. Mais, pour Vassia, ces histoires sont bien plus que cela. En effet, elle est la seule de la fratrie à voir les esprits protecteurs de la maison, à entendre l’appel insistant des sombres forces nichées au plus profond de la forêt. Ce qui n’est pas du goût de la nouvelle femme de son père, dévote acharnée, bien décidée à éradiquer de son foyer les superstitions ancestrales.

Inspiré de contes russes, L’Ours et le Rossignol a su en garder toute la poésie et la sombre cruauté. C’est le premier roman de Katherine Arden.

Denoël (17 janvier 2019) – 368 pages – 21,90€ (broché) – 15,99€ (ebook)
Traduction : Jacques Collin

AVIS

Ce roman nous plonge, dès les premières pages, dans la Russie, celle des contes qui vit au rythme de ses mythes, de ses légendes et de son folklore. Il en résulte un dépaysement total et glacial qui, un peu à l’image de Morozko le Roi de l’Hiver, se veut, tour à tour, cajoleur et menaçant. Katherine Arden nous invite donc à découvrir tout un folklore passionnant peuplé de créatures magiques qui peuvent se montrer aussi bienveillantes que sournoises et dangereuses. La plupart d’entre elles m’étant inconnues, j’ai pris un immense plaisir à les découvrir. Certaines, à l’instar de la Roussalka, une créature des eaux, m’ont d’ailleurs fascinée quand d’autres comme le Domovoï, protecteur des foyers, m’ont attendrie un peu comme a su le faire Dobby dans Harry Potter.

Mais ce que j’ai certainement le plus apprécié, c’est la relation particulière que noue Vassia, notre jeune héroïne, avec ces êtres de contes et de légendes qu’elle est capable de voir. Consciente de leur importance pour la sûreté de son village, elle veillera ainsi à entretenir de bonnes relations avec ceux-ci, malgré une belle-mère austère et dure qui ne tolère pas vraiment cette incursion dans le fantastique. Il faut dire que capable également de voir au-delà du visible, cette femme considère plus cette capacité comme l’expression du diable que comme une bénédiction.

L’Ours et le Rossignol nous offre un très bel univers magique qui derrière sa beauté n’en cache pas moins danger, peur et envie. Et des dangers, Vassia va devoir en affronter qu’ils soient d’ordre naturel ou surnaturel. Il y a d’abord le problème de cet asservissement qui la guette comme il guette chaque femme : dans cette Russie moyenâgeuse, les devoirs des femmes sont nombreux, les libertés quasi absentes. Il est ainsi demandé à Vassia, une fois en âge de se marier et de procréer, de choisir entre prendre époux ou entrer dans les ordres quand bien même elle aspirerait à tout autre chose. Un sort révoltant qu’elle refusera coûte que coûte, la jeune femme étant, dès ses premières années, éprise de liberté.

À travers cette héroïne aussi fougueuse que les chevaux qu’elle aime tant, difficile de ne pas voir une ode à la liberté et à l’émancipation des femmes. Contre l’avis de son père, contre l’influence grandissante d’un prêtre et de la foi chrétienne, contre les conventions et contre toutes ces personnes qui veulent décider pour elle de sa vie, Vassia va s’élever et se donner les moyens de faire entendre sa voix. Vous aurez donc compris que j’ai adoré cette enfant que l’on voit grandir et prendre en main son destin malgré les obstacles qui ne manqueront pas de se dresser sur son chemin.

Ce refus constant et inflexible de se plier aux normes est courageux si l’on considère cette société patriarcale qui transforme une femme indépendante en sorcière. Mais il force carrément le respect quand l’on sait à quels dangers surnaturels s’expose Vassia pour protéger les siens et son village des démons et d’une force obscure qui se rapproche et gagne en force. Je n’en dirai pas plus sur ce point si ce n’est que le principal antagonisme du récit est aussi insaisissable que glaçant. La jeune femme affrontera moult épreuves avec toujours beaucoup de courage et, reconnaissons-le, parfois une certaine impétuosité qui frôle l’inconscience ! L’autrice a donc su créer un personnage entier qui se fond parfaitement dans ce récit baigné d’ombres et de mystères. À contexte exceptionnel, femme exceptionnelle !

Vassia est un personnage qui fascine et qui attire par sa force de caractère, et qui touche par son côté profondément humain. Elle est forte et intrépide, mais elle a également besoin du soutien et de l’amour de ses proches. J’ai ainsi beaucoup aimé sa relation complexe avec son père. Juste, mais dur, autant avec ses enfants que les membres de son village, celui-ci va tout faire pour protéger sa fille allant jusqu’à essayer de l’enfermer dans une prison, dorée certes, mais une prison quand même. Ce qui est intéressant avec ce personnage, c’est que l’on constate que s’il tend comme les autres à vouloir enfermer sa fille dans un rôle qui ne lui convient pas, il le fait plus par volonté d’assurer sa sécurité que par conviction sur sa supposée infériorité. Il oscille donc entre fierté devant ce que Vassia sait faire, et volonté de la remettre sur « le droit chemin ». Bien sûr, certains de ses propos sexistes ( il reste un homme formaté par son contexte culturel et historique) et sa manière de ne pas voir à quel point sa nouvelle femme déteste sa fille m’ont hérissé le poil, mais c’est un personnage tout en nuances qui évite le cliché du père abusif. Quant à Aliocha, un des frères de Vassia, j’ai adoré le soutien inconditionnel qu’il lui porte. Sans la juger, mais toujours en l’épaulant de son mieux, ce sera un véritable allié pour cette dernière. La complicité frère/sœur m’a donc beaucoup touchée et apporte une certaine douceur à un récit qui, sans baigner dans le sang, comporte néanmoins sa part de noirceur.

Dans ce roman, il est question de quête de soi et d’identité, de famille, de mythes et légendes, mais aussi de religion, et de la manière dont la progression d’une religion monothéiste comme le christianisme a pu modifier profondément la société. Le village de Vassia vivait fastueusement et joyeusement en mêlant croyances chrétiennes et rites anciens sans que cela ne pose le moindre problème. La croyance relativement récente en un dieu unique n’empêchait donc pas, par exemple, de laisser des offrandes aux esprits de la maison pour s’assurer de leur bienveillance et de leur protection. Mais la situation va progressivement changer à l’arrivée d’un prêtre animé par une soif de pouvoir immense et une foi tournant à l’extrémisme. Persuadé de devoir sauver ses ouailles de la perdition, et plus particulièrement Vassia pour laquelle il développera une relation de haine/attirance, il finira par instaurer le règne de la peur, de la colère, de la suspicion et de la violence. Grâce à ce personnage complexe qui semble bien souvent en proie à ses propres démons et à cette fierté qui obscurcit son jugement, l’autrice nous offre non pas une critique de la religion en tant que telle, mais une dénonciation subtile et éclairée de cette foi extrême qui divise et terrifie au lieu d’apaiser et réunir…

Le livre se lit très facilement, la plume de l’autrice naviguant entre rudesse de l’hiver, beauté du froid et lyrisme d’un poème. Le style est donc très agréable à lire tout en demeurant très accessible. Je pense néanmoins que les lecteurs en recherche d’une histoire menée tambour battant avec des batailles épiques pourraient être déçus. Nous sommes clairement plus ici dans un conte dont le charme réside autant dans les différents événements que dans le plaisir pris à se plonger corps et âme dans cet univers de glace et de mystère dont la beauté n’a d’égale que sa dangerosité.

En conclusion, L’Ours et le Rossignol est un magnifique conte teinté de magie qui nous plonge avec délectation dans le folklore russe et ses démons plus ou moins sympathiques. Sous fond de magie, de quête de soi et de liberté, Katherine Arden nous propose une jolie épopée, celle d’une enfant exceptionnelle qui grandit et évolue, se bat pour les siens et ses idéaux, mais aussi pour ce qu’on a toujours refusé aux femmes, la liberté et le droit de choisir sa vie !

Retrouvez le roman chez votre libraire ou en ligne.

 

Vice-Vers’Âmes, Muriel Rawolle

Vice-Vers'Âmes par [Rawolle, Muriel]

Je remercie Muriel Rawolle de m’avoir permis de découvrir Vice-Vers’Âmes. 

QUATRIÈME DE COUVERTURE

À la suite d’une expérience de mort imminente, Samuel, jeune étudiant du XXIe siècle, se retrouve propulsé dans le corps de l’une de ses vies antérieures, Clémence une jeune bourgeoise de 1851, et inversement. Si de son côté, Samuel est d’abord persuadé d’être victime d’effets hallucinogènes, il doit s’adapter tant à la physiologie féminine et à la soumission qu’elle implique qu’à l’absence de technologie du XIXe, ou à ses coutumes matrimoniales. Tandis qu’au XXIe siècle, n’osant confier son désarroi au corps médical de l’hôpital où elle se réveille, Clémence, persuadée d’être amnésique et de se souvenir d’une vie antérieure, tente de s’approprier une enveloppe charnelle, une existence et une époque qu’elle croit siennes jusqu’au jour où le doute n’est plus possible. Car au XIXe, Samuel avec son tempérament et sa personnalité un brin narcissique, transforme la jeune bourgeoise qu’il incarne en une débutante que les salons et quelques grands noms de l’Histoire s’arrachent. Cette course éperdue n’a qu’un but : dans ce siècle où l’ésotérisme se développe, trouver le médium qui lui permettra de revenir à son époque.

Auto-édition – 2018 – 349 pages – Broché (19€) – Ebook disponible

TRAILER

AVIS

Vice-Vers’Âmes est un roman que j’ai dévoré prise par cette histoire un peu folle d’échange de corps et de voyage dans le temps. On est néanmoins à des années-lumière d’un roman de science-fiction tarabiscoté. Ici, Muriel Rawolle nous invite plutôt à une aventure fantastique, prenant parfois des allures de roman de mœurs, ancrée dans l’histoire.

Suite à un petit dérapage lors d’une soirée, Samuel, jeune étudiant, sexiste, arrogant, dragueur et égocentrique, est propulsé au XIXe siècle dans le corps de Clémence, jeune bourgeoise parisienne peu sûre d’elle et atteinte d’un syndrome qui l’a éloignée des siens et de la bonne société… Bien que tout les oppose, sexe, caractère, milieu social, époque, ces deux âmes en peine se retrouveront donc inextricablement liées. Cette situation incongrue ne sera pas vécue de la même manière par les deux personnages, l’un cherchant à réintégrer son corps alors que l’autre essaiera de se convaincre qu’il a simplement perdu la mémoire et qu’il revit une vie antérieure. Deux approches différentes qui se répercuteront sur la manière d’envisager la suite des événements…

Si j’ai un peu regretté la facilité avec laquelle nos protagonistes s’adaptent à la situation, j’ai, en revanche, adoré les voir, chacun à leur tour, prendre possession de la vie de l’autre. Au cours de leurs (més)aventures, ils feront des rencontres, en apprendront plus sur eux-mêmes et feront des découvertes plus ou moins déconcertantes. Samuel aura ainsi, entre autres, le privilège de découvrir la notion très particulière de la propreté au XIXe siècle quand Clémence sera déstabilisée par la manière assez « cavalière » dont les êtres du XXIe siècle s’expriment et se comportent. Ce décalage entre les personnages et l’époque à laquelle ils sont propulsés rend certaines scènes très drôles et pleines de mordant d’autant que l’autrice n’hésite pas à instaurer, par-ci par-là, quelques touches d’humour.

L’alternance des points de vue entre les deux personnages est parfaitement maîtrisée, insufflant un réel dynamisme à la narration sans toutefois créer un sentiment de frustration : à aucun moment, je n’ai pesté de devoir quitter un personnage pour en retrouver un autre. Néanmoins, contre toute attente, je confesserai avoir préféré suivre Samuel dans ses aventures. Je l’ai, bien sûr, pris en grippe dès les premières pages, mais j’ai aimé la manière dont il réussit à tirer parti de la situation sans se lamenter ni chercher à fuir devant les épreuves qu’il rencontre. Et puis son évolution est intéressante, car réelle et positive, tout en restant limitée et réaliste. Du jour au lendemain, il ne se transforme pas en bon samaritain, mais il comprend ses failles, se rend compte de ses mauvais côtés et ouvre les yeux sur des sujets dont il n’avait cure jusqu’à ce qu’il y soit confronté. Le personnage est cohérent jusque dans son langage même si ce point m’a fait me rendre compte à quel point j’étais déconnectée des mots en vogue parmi les « jeunes ». Mais rassurez-vous, si vous aussi vous vous sentez dépassés, des notes de bas de page viendront éclairer votre lanterne.

Samuel agace, impressionne, amuse, mais il ne laisse jamais indifférent. Quant à Clémence, bien qu’elle se révèle touchante notamment dans sa découverte de l’amitié, cette denrée précieuse qui lui a été si longtemps refusée en raison de sa maladie, elle marque moins les esprits. Cela ne m’a pas empêchée de l’apprécier, et de louer sa capacité d’adaptation et sa volonté farouche de s’approprier sa nouvelle vie qu’elle considère comme une seconde chance. C’est donc avec plaisir qu’on la voit, au fil des pages, sortir de sa coquille, s’affirmer et s’ouvrir aux autres.

Bien qu’ils vivent des choses très différentes, il y aura néanmoins un sujet qui sera source d’étonnement pour nos deux personnages : la condition féminine. Samuel, macho invétéré qui a de la gent féminine une vision purement utilitariste, va, petit à petit, évoluer et se rendre compte de la goujaterie avec laquelle il s’est jusqu’à maintenant comporté. Il faut dire qu’en ce XIXe siècle, il aura le loisir de découvrir les limites et les injustices qui ont été imposées aux femmes par le passé : pas de liberté en dehors de l’autorité paternelle, maritale ou de l’église, l’impossibilité d’exprimer son intelligence pour ne pas faire d’ombre à son époux, les humiliations, voire les agressions, impunies, le poids écrasant des normes d’être et de paraître à respecter notamment dans les milieux bourgeois… À l’inverse, Clémence sera ravie de constater les droits acquis par les femmes à notre époque, celles-ci pouvant vivre la vie qu’elles choisissent sans se référer à une autorité masculine. Pour autant, l’autrice n’oublie pas d’inclure quelques remarques machistes d’un personnage prouvant que si les progrès sont réels, il reste de la route à faire avant d’obtenir une réelle parité.

Quant à la plume de l’autrice, fluide et non dénuée d’humour, elle rend la lecture prenante d’autant que Muriel Rawolle a la capacité, à travers quelques détails historiques distillés avec subtilité et parcimonie, de rendre son histoire aussi réaliste qu’immersive. J’ai ainsi adoré rencontrer d’illustres personnages, et (re)découvrir certains détails et anecdotes de notre histoire. J’ai également pris plaisir à en apprendre plus sur des sujets comme le spiritisme et l’ésotérisme qui, de prime abord, ne sont pourtant pas des sujets qui me passionnent. Il faut dire que les quelques scènes dans lesquelles ces sciences parallèles ou occultes interviennent sont dépeintes avec beaucoup d’intensité et de mystère.

En conclusion, Vice-Vers’Âmes est une divertissante histoire fantastique qui vous fera voyager entre deux époques et deux mondes différents, celui d’un étudiant imbu de lui-même, et d’une jeune bourgeoise solitaire rejetée de tous ou presque. Deux personnes, liées par les caprices du destin, qui vont vivre une aventure hors du commun qui les changera à jamais. Au-delà du côté romanesque, l’autrice émet également une critique juste et subtile des mœurs d’une autre époque et d’une classe sociale adepte du paraître sans oublier de dépeindre, au passage, les tares de notre société actuelle qui semble avoir oublié que le progrès ne passe pas que par la technologie.

Pour découvrir le roman, ça se passe sur le site de l’autrice qui vous offre, pour l’achat de son roman, votre thème numérologique…

https://lightandsmell.files.wordpress.com/2018/12/bff13-Je2Bvide2Bma2Bbibliotheque.jpg?w=773&h=147

Rencontre avec Vercingétorix, Julien Moca (auteur), Julien Bringer-Deik (illustrateur)

Rencontre avec Vercingétorix, De Borée

Je remercie les éditions De borée pour m’avoir permis de découvrir Rencontre avec Vercingétorix.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cerise et Robin, au fil de leurs aventures, découvrent l’histoire de Vercingétorix, grand chef de guerre gaulois qui affronta Jules César et ses puissantes armées.

  • Album: 30 pages
  • Tranche d’âges: 6 années et plus
  • Éditeur : De Borée jeunesse (31 mai 2018)
  • Collection : Les petits détectives de l’histoire
  • Prix : 12.90 €

AVIS

Quand j’ai vu Rencontre avec Vercingétorix sur le catalogue des éditions De Borée, j’ai tout de suite eu envie de lire le livre adorant les ouvrages qui affichent, comme ici, l’objectif ambitieux de mettre l’Histoire à la portée des enfants. Et c’est exactement ce qu’offre ici ce magnifique album qui prouve qu’on peut raconter le passé en le rendant accessible, intéressant et attrayant.

Cerise et Robin découvrent avec enthousiasme la vie de Vercingétorix d’abord grâce à leur père puis par l’intermédiaire d’un rêve intense qui les conduira vingt-deux siècles en arrière. Sur place, ils feront la rencontre de Diatorix, le neveu de Vercingétorix. Le jeune garçon, en fervent supporter de son oncle, sera alors ravi de leur conter l’histoire de ce grand guerrier et fin stratège…

L’histoire est intéressante, Vercingétorix étant un personnage fascinant, mais ce qui fait la force de cet album, c’est la manière très ludique et attrayante avec laquelle l’Histoire est mise à la portée des enfants. Quand on ouvre l’album, on ne peut qu’être frappé par la place donnée à l’aspect visuel avec de grandes illustrations qui attirent tout de suite le regard.

wp-image-524485631

On découvre donc d’abord ces magnifiques images qui enchanteront petits et grands, puis on lit avec avidité le texte. Cette importance de l’image me semble primordiale dans un album destiné à des enfants même si en tant qu’adulte, je suis loin d’être insensible à la démarche. Julien Bringer-Deik est un habitué des albums jeunesse et ça se sent dans sa volonté d’offrir des dessins aux couleurs vives et éclatantes, des traits doux et expressifs permettant de saisir les émotions des personnages en un regard, une gestuelle précise qui guide la lecture…

DSC_0603

Ces illustrations facilitent grandement l’immersion dans le récit de Julien Moca qui, par sa manière de conter l’histoire de Vercingétorix à travers un vocable simple, mais précis, la rend accessible à tous les lecteurs. Les informations données sont, en outre, claires tout en restant très synthétiques, ce qui facile la compréhension des plus jeunes et permet de garder leur attention. Je suis admirative du travail de l’auteur qui a su en peu de pages et peu de lignes restituer les grandes étapes de la vie d’un personnage historique complexe. En tant qu’adulte, vous ne devriez pas faire de grandes découvertes, bien que le rappel de certains faits est toujours appréciable, mais vous ne devriez pas non plus vous ennuyer. À noter également que l’auteur a eu la très bonne idée d’aborder l’histoire à travers trois enfants, Cerise, Robin et Diatorix, ce qui permettra aux jeunes lecteurs de s’identifier et donc de se projeter plus facilement dans le récit. 

Les nouvelles connaissances se fixant bien plus facilement si l’on fait participer l’apprenant, l’album contient un quizz. Les enfants pourront donc se tester d’autant que l’aspect ludique des questions devrait les séduire. Quant aux adultes, c’est un moyen ludique de vérifier que l’histoire a bien été comprise par les enfants ou s’il est nécessaire de reprendre certains passage. À la suite de ce premier quizz, sont proposés un point sur Les batailles de Gergovie et d’Alésia, la capture de Vercingétorix par les Romains ainsi qu’une carte pour s’aider à se repérer dans l’espace et le temps. De nouvelles connaissances qui donneront lieu à un second petit quizz. En d’autres mots, les enfants pourront découvrir l’histoire de Vercingétorix en s’amusant et en participant activement.

DSC_0604

En conclusion, parler aux enfants d’un personnage aussi emblématique que Vercingétorix par le biais d’un album jeunesse me semble être un choix des plus judicieux. À travers un texte accessible, de jeunes personnages auxquels les enfants pourront s’identifier sans peine et des illustrations colorées et tout en rondeur, le duo auteur/illustrateur devrait séduire les jeunes lecteurs tout comme les adultes d’ailleurs. Un joli album donc à lire seul ou en famille pour concilier plaisir de lire et plaisir d’apprendre.

Si vous avez envie de découvrir d’autres illustrations de Julien Bringer-Deik, n’hésitez pas à consulter son site Internet, cet illustrateur ayant déjà quelques ouvrages à son actif.

Et vous, envie de découvrir Rencontre avec Vercingétorix ?