Romanov, Nadine Brandes

Romanov-Nadine-Brandes

Romanov de Nadine Brandes

My name is Anastasia. The history books say I died. They don’t know the half of it.

Anastasia “Nastya” Romanov was given a single mission: to smuggle an ancient spell into her suitcase on her way to exile in Siberia. It might be her family’s only salvation. But the leader of the Bolshevik army is after them, and he’s hunted Romanov before.

Nastya’s only chances of saving herself and her family are either to release the spell and deal with the consequences, or to enlist help from Zash, the handsome soldier who doesn’t act like the average Bolshevik. Nastya has only dabbled in magic, but it doesn’t frighten her half as much as her growing attraction to Zash. She likes him. She thinks he might even like her.

That is, until she’s on one side of a firing squad . . . and he’s on the other.

Thomas Nelson (7 mai 2019) – 352 pages

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Le Requiem du Roi des Roses (tome 1), Aya Kanno

Le Requiem du Roi des roses, tome  1 par Kanno

La réinterprétation du Richard III de Shakespeare par Aya Kanno, l’auteur d’ Otomen !

Dès sa naissance, Richard, héritier de la prestigieuse famille d’York, est un enfant maudit. Né hermaphrodite, il est rejeté et haï par une mère qui considère sa venue au monde comme une
punition du ciel. Seule lueur d’espoir dans cette enfance tourmentée, la présence d’un père qui lui voue un amour inconditionnel.
Mais la vie du jeune Richard bascule quand son père s’engage dans un conflit avec les Lancaster pour faire valoir son droit au trône. De cette guerre des Deux-Roses va émerger un monstre politique, un tyran sanguinaire qui marquera de son empreinte l’histoire de l’Angleterre…
York et Lancaster : deux familles, une haine ancestrale et un seul destin possible pour l’Angleterre déchirée !
Après le succès d’Otomen, Aya Kanno signe son grand retour en France avec Le Requiem du Roi des roses, une réinterprétation brillante de la pièce de Shakespeare, Richard III !

Ki-oon (26 mars 2015) – 170 pages – Traduction : Jean-benoit Silvestre

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Ludwig et Beethoven, Mikael Ross

Ludwig et Beethoven par Ross

Petit-fils et fils de musicien, mais un père alcoolique et endetté qui veut surtout tirer profit de ses talents. Une mère aimante qui meurt quand il a dix-sept ans. Un talent brut extraordinaire mais une prime éducation musicale lacunaire. Compositeur révolutionnaire atteint de surdité précoce… Tout, chez Ludwig van Beethoven, relève d’une extrême dualité, d’un destin au mieux compliqué, au pire contrarié.
Mikael Ross raconte cette jeunesse d’un génie avec une énergie folle et une vraie virtuosité.

DARGAUD (23 avril 2021) – 196 pages – Papier (19,99€)

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Mini-chroniques en pagaille #36

Mini-chroniques en pagaille

Plus détaillées qu’un simple commentaire, mais moins développées qu’une chronique, les mini-chroniques me permettent de partager succinctement mon avis sur certaines de mes lectures que je n’ai pas eu le temps ou l’envie de chroniquer de manière plus classique.


Pour cet article mini-chroniques en pagaille, je vais vous présenter trois ouvrages graphiques lus dans le cadre du challenge Mai en BD : un album jeunesse qui ravira les fans de chat, un album jeunesse offrant une véritable ode à l’imagination, et un manga s’emparant d’un personnage historique auréolé de tout un folklore plutôt sanglant.

  • Mon amie Momo de Misun Hwang (Picquier éditions)

Attendrie par cette petite fille qui serre fort contre elle un chat qui semble faire la tête, je n’ai pu que me laisser tenter par Mon amie Momo. Un joli album jeunesse qui, en peu de mots, mais avec beaucoup d’éloquence et de justesse, dépeint la belle et tendre amitié entre une fillette et une chatte appelée Momo, soit poils en coréen. Pour la majorité des heureux propriétaires de chats, ce prénom original prend tout son sens, parce que des poils, vous en aurez un peu partout chez vous avec un chat.

Nos deux amies passent de très bons moments ensemble entre séances de câlins, jeux, ronronnements… De beaux instants qui ne pourront qu’émouvoir les lecteurs et a fortiori les amoureux de chats. Mais, il arrive à Momo de sortir les griffes, ce qui peine notre fillette qui se demande alors si son amie l’aime vraiment !

Une question à laquelle elle aura heureusement une belle et démonstrative réponse, car malgré les quelques incidents qui peuvent subvenir, Momo se révèle une joyeuse, tendre et affectueuse amie. Quant aux illustrations, elles sont indéniablement le grand atout de cet album. Elles se révèlent d’une telle expressivité qu’elles pourraient se passer de texte, les lecteurs ressentant sans peine les liens forts qui unissent notre fillette et sa gentille, mais parfois caractérielle amie à poils.

Pour ma part, j’ai été séduite par ces illustrations en grand format, leur douceur rehaussée par des teintes profondes, et par le véritable travail visuel fait sur les émotions. L’autrice se montre économe en mots et effets de style, mais elle arrive néanmoins à restituer tous les sentiments des deux héroïnes et leur joie de partager de beaux moments.

En bref, Mon amie Momo est un très bel album jeunesse qui devrait toucher et ravir les amoureux des chats de tout âge. Beau, tendre et poétique, un ouvrage à lire et à relire !

  • Adélidélo ne s’ennuie jamais ! (tome 2) de Marie-Agnès Gaudrat, illustrée par Frédéric Benaglia (min BD kids) :

Couverture de « Adélidélo ne s’ennuie jamais ! »Je ne connaissais pas cette série pleine d’humour et de peps mettant en scène une toute jeune héroïne, Adélidélo, qui déborde de bonne humeur et d’imagination.

Du découpage d’un pauvre livre qui n’avait rien demandé à l’invention de mots rigolos qui amusent son père, en passant par une théorie originale qui vous poussera à ne plus jamais regarder votre frigo de la même manière, Adélidélo ne s’ennuie jamais et trouve toujours un moyen de s’amuser. Un moyen plus ou moins sage et farfelu, mais un moyen quand même de transformer les situations du quotidien en une aventure qui amusera les enfants et les adultes ayant conservé leur âme d’enfant.

Les enfants devraient, en outre, apprécier que l’on s’adresse parfois directement à eux, un procédé qui a le mérite de favoriser leur implication dans la lecture. Quant à la mise en page simple et aérée et les illustrations colorées et vives, elles apportent un côté doux et enfantin qui sied à merveille à ces petites tranches de vie pleines d’humour et de punch.

En bref, tendre et amusant, voici un album jeunesse pour petits et grands lecteurs en quête d’une jeune héroïne haute en couleur et à l’imagination débordante !

  • Vlad Draculea (tome1) dAkiyo Ohkubo (Soleil Manga)

Couverture Vlad Draculea, tome 1

Intriguée par sa couverture et son titre, j’ai décidé de lire ce manga sans trop savoir à quoi m’attendre. Et je dois dire que j’ai été surprise par cette histoire qui nous offre une plongée mouvementée et fascinante dans les arcanes du pouvoir, et de ses jeux d’influence. Le jeune Vlad III est le prince de Valachie, mais dans les faits sa sphère d’influence est très réduite puisque ce sont les boyards qui prennent toutes les décisions, du moins celles qui comptent. Sans oublier que de par son positionnement stratégique et géographique, son royaume est pris entre deux grandes puissances, le royaume de Hongrie et l’Empire Ottoman… Cela ne lui laisse guère de marge de manœuvre.

C’est d’ailleurs une menace à peine voilée du Sultan qui va révéler aux lecteurs la position délicate dans laquelle se trouve le prince, qui doit faire bonne figure devant des ennemis extérieurs, mais aussi intérieurs. Mais loin d’être le pion que l’on attend de lui et qu’il semble, dans un premier temps, être, Vlad va nous prouver que son calme cache un sens de la stratégie politique impressionnant !

De fil en aiguille, il va déployer sa toile autour de personnes qui se pensaient au-dessus de tout, de la morale, du peuple, des marchands et lui-même. Grave erreur parce que loin d’être une faiblesse, sa tempérance n’était qu’un moyen pour entreprendre en sous-main une révolution qui menace bien de tout faire vaciller, et de redistribuer les cartes du pouvoir en Valachie, mais aussi dans la région entière.

Il y a peu d’action à proprement parler dans ce premier tome puisqu’on est plus sur le terrain de l’échiquier politique, mais la fin nous laisse entrevoir un tome 2 un peu plus mouvementé à ce niveau, voire carrément sanglant. En effet, il semblerait que Vlad commence à laisser tomber son image de prince soumis et plus ou moins conciliant pour, peut-être, se rapprocher un peu plus de cette version de lui-même, que l’on connaît sous le nom de Vlad l’Empaleur.

Du cadre historique, à l’intrigue politique, aux jeux de dupe et de faux-semblants entre les personnages, en passant par les illustrations qui accordent une large place aux expressions des visages, tout m’a plu dans ce premier tome que je vous recommande chaudement pour une plongée fascinante dans les arcanes du pouvoir et de la vie d’une figure historique à la réputation sanguinaire.

Et vous, connaissez-vous ces titres ?
L’un d’entre eux vous tente-t-il ?

 

 

Vikings de Vincent Carpentier, illustré par Jeff Pourquié

Vikings !

Ils viennent de Scandinavie sur leurs navires à tête de dragon. Durant plus de cent ans, de la fin du VIIIe au début du Xe siècle, les Vikings déferlent sur le nord de l’Europe. Ils remontent les fleuves et mettent villes et campagnes à feu et à sang. Au-delà de ces expéditions conquérantes, ce livre révèle de multiples aspects d’une culture plus raffinée qu’on ne le pense.

Coédition Actes Sud Junior (31 août 2016) – 76 pages – 14,90€
À partir de
9 ans

AVIS

Les Vikings ont le vent en poupe, mais que connaît-on vraiment de ce peuple, dont la légende mêle autant réalité qu’imaginaire et préjugés colportés, entre autres, par les œuvres qu’elles soient littéraires ou cinématographiques ?

Pour en apprendre plus et aller au-delà des idées préconçues, je ne peux que vous inviter à découvrir Vikings, un documentaire jeunesse que j’ai dévoré. J’ai apprécié son accessibilité et la pédagogie avec laquelle l’auteur, archéologue de profession, survole la civilisation viking, abordant aussi bien les aspects géopolitiques que culturels, mythologiques, historiques, religieux ou militaires.

Vikings Acte Sud Junior

On y découvre également les grandes conquêtes vikings, ces deniers ayant été de redoutables conquérants, explorateurs, commerçants et pillards. Ils auront d’ailleurs laissé des traces dans les pays pillés et/ou avec lesquels ils auront noué des relations de négoce. À cet égard, saviez-vous que le mot crique était issu du mot kriki ou encore que le terme vague provenait du mot vagr ?

Destiné aux enfants à partir de 9 ans, ce documentaire a tout pour leur plaire : un effort de vulgarisation certain avec des entrées courtes et simples, chacune illustrée par une image en grand format, un texte aéré et concis, des thématiques variées permettant à chacun de sélectionner les informations qu’il désire lire, un format très agréable à prendre en main…

Vikings, documentaire

Tout est ainsi mis en place pour rendre la lecture attractive, plaisante et pédagogique. Et cet effort de présentation ne fonctionne pas que sur les enfants ! Pour ma part, complètement happée par ma lecture, j’ai lu le documentaire d’une traite, et en ai profité pour noter quelques points que j’aimerais approfondir.

En bref, ce documentaire synthétique et agréablement présenté me semble être une excellente porte d’entrée pour partir à la rencontre des Vikings et ceci quel que soit son âge !

La vallée des Carnutes, Jean-Pierre Deséchalliers

La vallée des Carnutes: Roman historique par [Jean-Pierre Deséchalliers]

Une bête sauvage effraie les paysans tandis des armées comme Donotalos n’en avait jamais vues se rassemblent et marchent sur son pays…

La vie est douce en pays carnute en cette fin du second siècle avant notre ère, au centre de ce qui deviendra un jour la Gaule, le commerce des céréales y enrichit désormais plus que les batailles et les butins. Cette quiétude est brutalement troublée par une série de morts aux circonstances effrayantes. Quel animal est sorti des enfers, et pourquoi ? Le druide Andanatos, autorité judiciaire incontestée, va devoir comprendre et dénouer l’écheveau, tandis que les menaces s’accumulent de toute part sur la Celtique. À l’est, les hordes cimbres et teutonnes s’apprêtent à déferler sur les riches campagnes celtes, tandis qu’au nord, des tribus belges ont retrouvé le chemin des pillages. Le jeune seigneur Donotalos, missionné par les druides, voit dans tous ces évènements l’occasion de sortir de cette paix qui l’ennuie et d’être digne de sa glorieuse lignée. Il y trouvera plus encore.

Ce roman historique nous plonge dans le tourbillon de l’histoire des Carnutes. Laissez-vous emporter par les rebondissements des guerres, les aventures, les mystères et les légendes celtiques

Auto-édition (1 septembre 2019) – 348 pages – Broché (18€) – Ebook (3,99€)

AVIS

Je lis peu de romans historiques, mais quand je vois à quel point j’ai apprécié Je suis fille de rage et ce livre, je me dis qu’il me faudrait y remédier. Dans un style peut-être moins entraînant que celui de Jean-Laurent Del Soccoro, mais tout aussi agréable, Jean-Pierre Deséchalliers nous plonge en plein pays carnute à la fin du second siècle avant notre ère. Connaissant très peu cette période, ce fut un voyage historique aussi passionnant que dépaysant. Quel plaisir, en effet, de faire la connaissance de différents peuples, alliés ou ennemis, et de personnages dont les noms sonnent résolument très gaulois, ce qui donne un petit air Astérix au roman qui m’a bien plu. On y retrouve d’ailleurs quelques éléments qui font le charme de la BD : des druides, des banquets festifs, des bardes (qui chantent juste eux), le plaisir de guerroyer, des sangliers… Mais là où la BD joue sur l’humour, l’auteur joue sur l’action, la peur bien réelle de l’invasion, le réalisme historique et une ambiance celtique teintée de sagesse druidique.

À travers le personnage du druide Andanatos, on se rend ainsi compte de l’importance de cette figure dans la vie publique, familiale et politique. Sage dont la parole est respectée et attendue, il écoute avec attention les conflits, tente de les résoudre de manière juste et équitable sans oublier de répondre avec diligence à toutes les sollicitations qu’on peut lui adresser. J’ai beaucoup apprécié ce personnage plein d’altruisme, de bienveillance et au sens de la justice aigu qui, en plus de sa belle âme, peut compter sur le soutien discret, mais efficace, de sa femme. Loin d’être cantonnée aux tâches domestiques, cette dernière est une composante essentielle dans les succès du druide grâce, entre autres, au relai d’informations inestimable qu’elle constitue pour Andanatos bien conscient de sa chance de l’avoir à ses côtés. Quand lui fait parler les astres, elle fait parler les cœurs et délie les langues. Ce n’est pas la seule femme de caractère dans ce roman, un point qui m’a beaucoup plu puisqu’on y voit des hommes forts et courageux, mais aussi des femmes qui savent tirer leur épingle du jeu et faire vivre leur maisonnée malgré un statut parfois difficile.

J’ai adoré me plonger dans cette société bien plus pacifiée que l’on pourrait le croire, découvrir ses us et coutumes, mais aussi la place donnée à l’art de la guerre, les faits d’armes d’un homme déterminant son rang social et le respect qui lui est dû. Cela fait d’ailleurs peser une certaine pression sur les épaules des descendants des grands guerriers à l’instar du jeune seigneur Donotalos que l’on suit régulièrement durant le roman. Issu de deux grandes lignées, il semble fort pressé de prouver sa valeur sur les champs de bataille comme l’a fait son père avant lui. Un souhait qui sera peut-être plus vite exaucé que prévu, la menace d’une invasion massive, avec sa cohorte de pillages et de destructions, étant bien réelle. Les Carnutes, arriveront-ils à mettre de côté leurs différends pour faire face à la menace et organiser une défense efficace ? Pour le savoir, il vous faudra bien sûr lire le roman, mais je peux d’ores et déjà vous dire que l’auteur arrive à créer un certain climat d’angoisse et d’attente autour de cette délicate question. Il nous offre également d’épiques et sanglantes scènes de combat qui devraient vous prouver la bravoure d’hommes prêts à se sacrifier pour défendre les leurs et leurs terres.

Au-delà de la tension relative à la menace de plus en plus importante d’une invasion de grande ampleur, le roman possède une certaine aura de magie avec des attaques mystérieuses de paysans dont personne n’arrive à véritablement expliquer l’origine ni la nature. Le responsable est-il, comme certains aiment à le penser, un énorme sanglier ou l’explication est-elle plus spirituelle, voire magique ? Je préfère rester vague, mais l’auteur nous propose une réponse non dénuée d’intelligence et de sagesse. Et puis, ces attaques mystérieuses m’ont un peu rappelé la légende de la Bête du Gévaudan, ce qui n’a pas été pour me déplaire. Mais ce que j’ai préféré et qui a vraiment happé mon attention, c’est l’espèce de mini-enquête policière menée par notre druide pour expliquer la mort de deux personnages forts peu sympathiques… Une entreprise plus difficile qu’il n’y paraît, les deux hommes ne manquant pas d’ennemis, et qui aura le mérite de faire remonter certaines choses du passé.

Autre atout non négligeable de ce roman : la plume de l’auteur, fluide et vraiment très immersive. Jean-Pierre Deséchalliers, à travers des descriptions concises, mais précises, arrive à nous donner l’impression de troquer notre modernité pour une période bien plus ancienne où les rapports sociaux sont nombreux, hiérarchisés et étroitement liés à la filiation. Pour ma part, le côté historique bien présent m’a séduite parce que l’auteur ne se contente pas de nous raconter l’Histoire ; il nous raconte une histoire prenant différentes facettes et mettant en lumière une palette variée de personnages. Pour les lecteurs inquiets de se confronter à de nombreux protagonistes, l’auteur a pensé à inclure un glossaire en début d’ouvrage, une attention que je trouve louable même si on s’en détache rapidement pour se laisser simplement bercer par la plume de l’auteur et les combats d’hommes et de femmes que l’on apprend à connaître et à plus ou moins apprécier.

Si certains personnages se révèlent antipathiques et méprisables, la plupart se montrent loyaux, attachants et/ou charismatiques. Je pense notamment au druide, mon personnage préféré, et à sa femme, à un jeune homme qui saura forcer le destin pour construire un avenir à la hauteur de la femme qu’il convoite, à la mère du seigneur Donotalos ainsi qu’à son fidèle écuyer, à un barde qui se veut le garant d’une certaine tradition orale et de la transmission des légendes celtes, et à une intrigante joueuse de cithare. Cette musicienne de talent et cavalière émérite saura ensorceler, de sa douce voix et de sa flamboyante personnalité, Donotalos qui se révèle être, lui-même, un homme aussi bon guerrier que seigneur juste et apprécié. Bien que cela soit très léger, il flotte donc un petit air d’amour sur ce roman venant ainsi contrebalancer avec subtilité la violence de certains combats et la noirceur de certaines âmes un peu trop tentées par l’argent et le prestige…

En résumé, La vallée Des Carnutes est un roman passionnant qui se déroule dans un contexte historique que l’on ne rencontre guère en littérature, mais dont l’auteur a su exploiter toute la puissance et l’aura de mystère et de légende qui l’entoure. Immersive, rythmée, non dénuée de suspense et centrée autour d’enjeux militaires, sociétaux et humains, voici une lecture agréable qui plaira autant aux amateurs de romans historiques qu’aux lecteurs d’épopées humaines et guerrières.

Je remercie l’auteur de m’avoir envoyé, via Simplement pro, son roman en échange de mon avis.

Les hommes de nuit 1 : La rose, Marie L’Or Viollet

Les hommes de nuit 1 - La rose

1700 : Marie est une belle jeune femme, élevée par son père veuf. Il est libraire et a tout appris à sa fille. Mais ils doivent quitter l’Angleterre pour honorer un étrange contrat. Son père s’est engagé auprès d’un personnage singulier venu d’un autre continent pour restaurer sa bibliothèque. Après une longue et éprouvante traversée, elle va rencontrer Nicolas…

Évidence Éditions (17 juillet 2020) – 336 pages – Papier (17€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Appréciant les romances historiques, la couverture et la mention de l’année 1700 dans le résumé m’ont donné envie de découvrir ce roman qui fut malheureusement une lecture en demi-teinte…

SI j’ai apprécié une certaine originalité dans le récit, il y a quelques points qui m’ont chagrinée comme le mélange des genres hasardeux et parfois maladroit qui m’a donné l’impression que l’autrice n’avait pas réussi à choisir entre romance historique et roman de bit-lit dont elle reprend certains clichés. On oscille donc entre passé simple et vocabulaire vulgaire, ce qui donne un résultat plutôt saugrenu. Il m’a ainsi été difficile de rester stoïque devant des phrases du style « Il fallait qu’il baisât…« . Je peux me tromper, mais il me semble peu probable qu’en 1700, le verbe baiser ait déjà ce sens. Je ne dis pas qu’on ne peut pas mélanger les genres, mais pour moi, il y a un travail d’harmonisation à faire sur ce texte pour que le tout possède une certaine cohérence.

J’ai également regretté que le contexte historique ne soit pas mieux exploité puisque concrètement, à part les robes, la réception des mondains (et encore…) et la naïveté de Marie sur les choses de l’amour, cette histoire aurait aussi bien pu se passer en 1700 qu’en 1900 ou à notre époque. Je pense que cela provient principalement du fait que les personnages évoluent en vase clos et qu’on n’a donc pas particulièrement l’occasion d’évoquer le contexte historique de l’époque. De la même manière, j’ai eu l’impression que le bébé recueilli par Marie en début de roman n’a eu qu’un seul rôle, être une source de quiproquo avec Nicolas. Le reste du temps, il fait surtout de la figuration. Une petite facilité scénaristique qui m’a quelque peu frustrée tout comme la romance éclair puisqu’il ne faudra pas bien longtemps pour que Nicolas soit obsédé par Marie et que Marie tombe sous son charme.

Et le terme obsédé n’est pas utilisé au hasard, notre héros ayant bien du mal à se contrôler en la présence de la jeune ingénue qu’il désire tant faire « sienne ». Possessif et brutal dans ses réactions, Nicolas n’est pas un personnage que j’ai apprécié outre mesure d’autant que malgré sa nature de vampire lui ayant permis de voir passer les siècles, il se comporte bien souvent comme un adolescent en pleine crise. C’est d’ailleurs le roi du claquage de porte ! Si cela n’excuse en rien son comportement qui m’a donné bien souvent envie de le punir en le privant de dessert (donc de Marie), on peut toutefois comprendre qu’il soit chamboulé par ces nouveaux sentiments qui s’offrent à lui, lui qui n’a jamais rien ressenti pour une femme si ce n’est de la tendresse pour Lucie, la seule autre femme vampire. Il va donc devoir apprendre à se maîtriser tout en essayant de comprendre les raisons de la tempête intérieure à laquelle il doit faire face.

Quant à Marie, elle se révèle gentille et assez courageuse, mais elle m’a parfois exaspérée par sa naïveté. Certes, elle a toujours vécu en autarcie avec son père partageant son temps entre la lecture et son travail à la librairie familiale, mais l’autrice pousse quand même l’image de jeune femme naïve à son paroxysme… Heureusement, Marie n’est pas qu’une jeune ingénue, c’est également une femme passionnée par les livres. C’est d’ailleurs là la raison de sa présence dans la demeure de Nicolas où elle s’occupe, à la place de son père décédé, de classer les livres et de restaurer ceux qui en ont besoin. J’ai beaucoup aimé découvrir la manière dont Marie restaure les livres, mais c’est surtout la passion avec laquelle elle le fait et en parle qui m’a le plus séduite. Dans ces moments-là, on ressent pleinement la femme passionnante et passionnée qu’elle peut être. Un caractère flamboyant qu’elle ne réserve pas qu’aux livres puisque Nicolas sera loin de la laisser insensible malgré ses emportements qui l’exaspèrent…

La romance ne m’a pas convaincue parce que principalement basée sur une attraction physique quasi animale, mais je pense qu’elle pourra plaire aux lecteurs qui n’ont pas besoin que les personnages apprennent à se connaître avant de tomber amoureux. Pour ma part, la manière dont Nicolas répète toutes les deux lignes « mon ange » m’a donné des envies de meurtre et les questionnements incessants de Marie sur les sentiments de Nicolas à son égard m’ont fatiguée, mais j’ai, en revanche, apprécié tous les à-côtés qui ont rendu le livre rapide et facile à lire. Le style de l’autrice, malgré le problème énoncé en début de chronique, reste agréable et plutôt fluide. Il n’y a pas de longueurs inutiles même si on pourrait noter une certaine redondance dans le déroulement des faits, la relation entre nos amoureux alternant entre moments câlins/érotiques, malentendus et claquages de porte.

En plus du rythme et de la relation unique et touchante entre Nicolas et deux loups qui ne manquera pas de ravir les amoureux des animaux, ce qui fait la force de ce roman est l’aura de mystère dont l’autrice a su l’entourer. On pourrait croire que tout a été dit et fait sur le mythe du vampire, mais l’autrice réussit à apporter, et c’est le cas de le dire, du sang frais ! Il existe ainsi un certain flou autour du premier vampire, Luc, créé par Dame Nature qui est d’ailleurs ici personnifiée par une vraie femme, une idée qui m’a bien plu. Mais le vrai mystère concerne sa femme Lucie qui est la seule et unique femme vampire existante sur Terre et ceci depuis la nuit des temps. Les vampires ont bien essayé de transformer d’autres femmes pour se trouver des compagnes, mais chaque tentative s’est soldée par un retentissant échec, Luc n’arrivant pas à se souvenir du processus exact pour accomplir ce petit miracle. Cela explique la raison pour laquelle Lucie est unique et importante, mais aussi pourquoi Nicolas est terrifié à l’idée de ne jamais trouver la solution pour transformer Marie au risque de la perdre dans un futur plus ou moins proche. Certains événements lui feront d’ailleurs prendre pleinement conscience de la fragilité de son âme sœur…

Trouvera-t-il le moyen de donner au monde une seconde femme de nuit ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais j’ai apprécié la touche de tension que cette question soulève tout comme j’ai adoré le couple Luc et Lucie qui se révèle assez touchant. On sent à quel point le mari et la femme s’aiment et seraient prêts à tout l’un pour l’autre. Attendez-vous également à une petite révélation de leur côté même si je l’avais assez vite anticipée… Au-delà de ce couple attendrissant, on découvre d’autres hommes de nuit, dont l’un qui semble également rattrapé par le virus de l’amour. Ce sera d’ailleurs le protagoniste que l’on suivra dans le deuxième tome. Si je préfère, en général, suivre les mêmes personnages d’un tome à l’autre, je reconnais que l’autrice a réussi à attiser ma curiosité et à me donner envie de découvrir cette nouvelle histoire d’amour qui s’annonce plutôt mouvementée…

En conclusion, on pourra regretter quelques maladresses dans la narration qui donnent l’impression que l’autrice n’a pas réussi à choisir quelle tonalité donner à son roman, mais ce premier tome de la série Les hommes de nuit reste une lecture fluide et agréable qui plaira probablement aux lecteurs appréciant les personnages tourmentés par leurs sentiments, les grandes et belles bibliothèques dans lesquelles on rêverait de se perdre et les romances vampiriques auréolées d’un certain mystère.

Je remercie Évidence Éditions de m’avoir envoyé la version numérique de ce roman en échange de mon avis.

 

Je suis fille de rage, Jean-Laurent Del Socorro #PLIB2020

1861 : la guerre de Sécession commence. À la Maison Blanche, un huis clos oppose Abraham Lincoln à la Mort elle-même. Le président doit mettre un terme au conflit au plus vite, mais aussi à l’esclavage, car la Faucheuse tient le compte de chaque mort qui tombe. Militaires, affranchis, forceurs de blocus, politiciens, comédiens, poètes… Traversez cette épopée pour la liberté aux côtés de ceux qui la vivent, comme autant de portraits de cette Amérique déchirée par la guerre civile.

ACTU SF (11 octobre 2019) – Version collector (23,90€) – Ebook (9,99€)
#ISBN9782366294774

AVIS

Je suis fille de rage me faisait un peu peur pour son côté historique fort prononcé, mais c’était mal connaître Jean-Laurent Del Soccoro qui, d’une plume alerte et vive, réussit pendant plus de 500 pages à nous plonger corps et âme dans une guerre qui s’est pourtant déroulée sur un autre continent et à une autre époque que la nôtre, la guerre de Sécession. Une guerre que je ne connaissais qu’à travers la littérature grâce à des ouvrages comme Autant en emporte le vent auquel l’auteur fait un petit clin d’œil savoureux et plein d’impertinence. Je n’ai jamais eu de fascination particulière pour les États-Unis ni pour les scènes de bataille, mais je dois avouer que je n’ai pas réussi à lâcher ce roman ayant été complètement subjuguée par les enjeux de cette guerre et le destin d’hommes et de femmes, militaires de carrière ou non, embarqués dans un conflit qui va s’enliser puisque la guerre rapide espérée par Lincoln n’aura pas lieu.

Il est d’ailleurs étonnant de voir que malgré une armée bien moins équipée et importante, le Sud résiste et remporte certaines victoires éclatantes sur un adversaire qui avait pourtant le pouvoir de l’écraser. Il faut dire que des deux côtés, une certaine confusion règne que ce soit en raison de dilemmes moraux, certains étant partagés entre famille et patrie, ou de la jeunesse et de l’inexpérience de soldats qui entrent en guerre sans réellement en saisir les réalités, du moins, jusqu’à ce que la mort les fauche. Car la guerre de Sécession, en plus d’avoir été un conflit fratricide, a été un conflit particulièrement sanglant et meurtrier ! Une réalité dont l’auteur nous fait prendre conscience grâce, entre autres, à un personnage inattendu, la Mort en personne, qui s’évertue à marquer symboliquement à la craie chaque personne tuée durant la guerre.

Ce procédé frappe l’esprit des lecteurs en même temps que celui de Lincoln que la Mort semble torturer de sa simple présence puisque face à elle, il n’a pas vraiment d’autre choix que d’affronter les conséquences dramatiques de chacune de ses actions et de réfléchir aux raisons profondes qui l’ont conduit à se lancer dans une guerre civile traumatisante. Les entretiens entre Lincoln et la Mort apportent une pointe de fantastique appréciable, mais nous permettent surtout de voir Lincoln sous un autre jour : pas comme un grand homme se battant pour ses idéaux, mais comme un être humain avec ses propres doutes et un objectif qu’il a encore bien du mal à définir lui-même. Obtus, parfois plus proche du tyran muselant les opposants et la presse que du libérateur, il lui faudra un certain temps avant de comprendre que la demi-mesure quant à l’abolition de l’esclavage ne peut exister !

Si j’ai apprécié le portrait de Lincoln tout en nuances, j’ai également beaucoup aimé suivre la palette variée de personnages proposée par l’auteur qui, contrairement à ce que l’on aurait pu craindre en raison du contexte militaire, veille à assurer une certaine parité. On découvre donc des figures historiques et des êtres de fiction, des militaires gradés ou non, confiants ou pétris de doutes, une jeune Sudiste qui quitte sa famille pour s’engager dans l’armée du Nord autant pour s’opposer à son père que pour lutter afin que plus jamais des hommes, des femmes et des enfants n’aient à porter de chaînes, une esclave affranchie qui va découvrir que liberté ne rime pas avec égalité même chez les Nordistes, une ancienne esclave qui se bat en première ligne pour les siens, un Sudiste fortuné et convaincu de son bon droit de posséder d’autres personnes en raison de leur couleur de peau… Tous les personnages ne revêtent pas la même importance et certains sont attachants quand d’autres se révèlent révoltants, mais à la fin du roman, on a le sentiment de les avoir vraiment connus même si ce n’est qu’un peu et durant une période particulière.

À travers ces nombreux personnages et leurs ressentis, l’auteur donne donc un visage à la guerre. Les soldats et leurs supérieurs ne sont plus des anonymes qui se battent sur un champ de bataille ou donnent des ordres, mais ce sont des hommes et des femmes avec un nom, une famille, un passé, des peurs, des espoirs et des conflits intérieurs. Cela explique probablement la rapidité avec laquelle on se surprend à tourner les pages d’autant que la narration se révèle étonnamment fluide. Je lis peu de romans historiques trouvant que ceux-ci tendent parfois à se révéler fastidieux à décrypter, mais ici, je n’ai pas du tout eu cette sensation, bien au contraire. Il faut dire qu’en plus de proposer un roman choral qui engage indéniablement l’attention et le cœur des lecteurs, l’auteur veille à offrir des chapitres courts qui apportent rythme et dynamisme au récit.

Mais le plus grand atout du roman, du moins pour moi, est la manière dont l’auteur mêle faits historiques romancés et documents historiques traduits par ses soins. Certains esprits chagrins pourraient s’offusquer de la démarche, mais pour ma part, je l’ai trouvée brillante ! Plus qu’avoir traduit des documents, le tour de force de l’auteur est d’avoir su les choisir avec soin afin qu’ils se fondent complètement dans le récit à moins que ce ne soit le récit qui se fonde dans l’Histoire. J’imagine à quel point le travail de recherche, de sélection et de traduction a dû être fastidieux pour qu’on en arrive à un résultat aussi naturel et probant. Sans les repères visuels guidant notre lecture, il m’aurait ainsi bien été difficile de tracer la frontière entre réalité et fiction…

Ce roman m’a donc séduite autant sur le fond que la forme et m’a permis de découvrir les dessous militaires et stratégiques d’une guerre dont j’avais une connaissance bien sommaire et dont on devine qu’elle a, dans une certaine mesure, figé les différences idéologiques entre le Nord et le Sud des États-Unis. Que ce soit grâce à ses talents de narrateur qui lui permettent de nous faire vivre avec beaucoup de réalisme les différentes scènes de bataille ou sa faculté à partager avec nous le destin d’hommes et de femmes qui se livrent à une guerre fratricide, j’ai été absorbée dans ma lecture de la première à la dernière page. Un petit exploit qui me pousse à conseiller ce roman aux amateurs de livres historiques, mais aussi à tous les lecteurs qui désirent en apprendre plus sur la guerre de Sécession auprès d’un auteur qui sait indéniablement rendre vivant le passé. Roman historique teinté de fantastique, Je suis fille de rage ne devrait pas manquer de vous marquer et de vous pousser à vous interroger sur la notion de liberté qui, comme l’actualité tend à la démontrer notamment outre-Atlantique, ne signifie pas forcément égalité…