Backup, Guy-Roger Duvert

Couverture Backup

Dans un futur plus ou moins proche, l’immortalité est devenue un service, un monopole détenu par la multinationale Backup. Les clients procèdent régulièrement à des sauvegardes de leur psyché – souvenirs, personnalité, tout ce qui les définit en tant qu’individu. Le jour où ils meurent, leur sauvegarde la plus récente est téléchargée dans l’un de leurs clones, prêt à être activé. L’immortalité à la portée de tous. Du moins des plus nantis.

Aiden Romes est un flic. Honnête, droit dans ses bottes, psychorigide, même, diraient certains de ses collègues moins regardants avec la loi. Il est bon dans ce qu’il fait, mais un tel métier effrait de plus en plus sa compagne, enceinte de plusieurs mois et terrifiée à l’idée de perdre son époux. La situation change cependant le jour où il contribue à sauver la fille du dirigeant de la firme Backup, qui le remercie en lui offrant un abonnement gratuit aux services de la compagnie. Il va rejoindre la caste fermée des immortels, et pourra enfin continuer le job qu’il aime sans que sa compagne n’ait plus à en souffrir. Il s’installe dans le siège de connexion, ferme les yeux…… et les rouvre quelques secondes après dans un lieu qu’il ne connait pas. Mais surtout dans un corps qui n’est pas le sien! C’est pour lui le début d’une descente aux enfers, où il devra voir jusqu’où il sera prêt à violer ses propres principes et ainsi se salir les mains afin de protéger les siens et déjouer un complot de portée mondiale. La technologie Backup constitue-t-elle l’accès à l’immortalité pour l’être humain, ou bien la perte de son identité?

(17 mai 2020) – 313 pages – Broché (19,99€) – Ebook (4,99€)

À noter que j’ai reçu l’ancienne couverture que j’aime bien, mais la nouvelle est également sympathique et très représentative de l’atmosphère qui se dégage du roman.

AVIS

Appréciant la plume de l’auteur, je n’ai pas hésité très longtemps quand il m’a proposé de découvrir un autre de ses romans, Backup. Un roman que, sans surprise, j’ai de nouveau dévoré. On y retrouve ce qui caractérise le style de Guy-Roger Duvert : une plume immersive et dynamique, un imaginaire riche, mais accessible, un mélange parfaitement dosé de noirceur et de lumière et, surtout, une manière bien à lui de mélanger action et réflexion.

Bien que l’histoire soit très différente de celle de sa série Outsphere, j’ai, de nouveau, été conquise par les différentes réflexions d’ordre éthique et moral que l’auteur arrive à soulever tout au long de ce thriller d’action que j’ai lu d’une traite ou presque. Il faut dire qu’on n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer, la mise en place de l’univers et des personnages étant rapide et l’action ne se faisant pas attendre. On se retrouve ainsi plongés dans un monde futuriste où la technologie est bien plus avancée que la nôtre, mais dans lequel les inégalités semblent s’être creusées : quand les riches s’approprient les ressources sans vergogne du haut de leurs tours, les pauvres sont relégués dans des bas-fonds…

Une situation finalement pas si différente de celle que nous connaissons à la seule nuance qu’en plus d’avoir accès à ce qui se fait de mieux, les plus fortunés peuvent également devenir immortels. Et ce miracle est possible grâce à l’entreprise Backup qui propose, moyennant finance, de copier votre mémoire et de la transférer dans un clone créé à partir de vos cellules. Une possibilité qui a de quoi faire rêver cette humanité qui est depuis bien longtemps en quête d’immortalité.

Mais une fois le côté grisant de cette technologie passé, se pose toute une série de questions : est-ce vraiment juste que l’immortalité soit conditionnée au compte en banque d’une personne ? Au regard de leur capacité de destruction, est-il souhaitable que les êtres humains acquièrent l’immortalité ? Ne doit-on pas craindre des dérives d’un tel système, notamment de la part des personnes qui le maîtrisent et qui peuvent en dévoyer le but affiché ? Car si le créateur de Backup semble sincère dans ses intentions, qu’en est-il de ses directeurs qui ne partagent pas vraiment sa vision humaniste du droit à l’immortalité…

Des questions, parmi beaucoup d’autres, qui viendront se heurter violemment à une autre interrogation sur la notion d’individualité et d’identité. Je préfère vous laisser le plaisir de la découverte, mais j’ai adoré l’intelligence et la perspicacité avec lesquelles l’auteur amène le sujet. Pour ma part, je me suis posé un certain nombre de questions quasi philosophiques sans arriver vraiment à trouver de réponses satisfaisantes. Une situation assez déstabilisante, mais qui laisse entrevoir toute la complexité de la notion d’identité humaine, mais aussi de la place des souvenirs et des expériences dans la construction de sa personnalité. À cet égard, j’ai trouvé la fin cohérente et intelligente, mais n’ai pas pu m’empêcher de ressentir une certaine tristesse…

En plus de proposer une histoire pleine d’intelligence, l’auteur a veillé à offrir à ses lecteurs une intrigue bourrée d’action, ce dont se serait volontiers passé Aiden Romes. Ce policier intègre va se retrouver, bien malgré lui, dans une situation difficile à gérer, mais surtout, à appréhender dans son ensemble. Ce qui s’annonçait comme un cadeau inespéré, la possibilité d’accéder à l’immortalité gratuitement suite à service rendu, va ainsi se transformer en un véritable cauchemar qui va mettre ses nerfs à rude épreuve et faire vaciller tous ses repères ! Comment réagir quand vous vous réveillez dans le corps d’un autre sans comprendre ce qui se passe et sans pouvoir compter sur toutes les personnes qui constituaient le socle de votre vie et de votre bonheur ? Comment faire face aux révélations qui se succèdent et vous plongent dans un monde proche du vôtre sans en avoir la saveur ?

Pour le découvrir, il vous faudra lire le roman, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur ne ménage pas son protagoniste qu’il pousse dans ses retranchements et conduit dans des situations extrêmes qui ne devraient pas manquer de susciter en vous quelques sueurs froides. Il faudra donc à Aiden tout son courage, son expertise, son abnégation, sa volonté et sa détermination pour garder la tête hors de l’eau et faire le point sur une situation dont il semble bien difficile de cerner tous les tenants et aboutissants.

J’ai apprécié de voir le personnage s’engager dans une course contre la montre et une lutte acharnée pour la survie, mais j’ai également trouvé intéressante la manière dont il se débat avec sa propre conscience. Petit à petit, il comprend qu’il s’avère parfois bien difficile de respecter ses idéaux quand les personnes qui comptent le plus pour vous sont en danger… Mais jusqu’où peut-on aller pour protéger les siens ? Une question à laquelle il va devoir répondre, sa femme et sa fille se retrouvant, malgré ses efforts, au milieu d’un complot mettant en jeu le destin de l’humanité et son indépendance…

D’abord intransigeant quant à ses valeurs et sa morale, Aiden va donc apprendre à faire des compromis et prendre des décisions difficiles. Le personnage évolue, s’endurcit et se complexifie tout en gardant une étincelle d’humanité qui le rend attachant et qui nous permet de ressentir une certaine empathie pour tout ce qu’il traverse. Assez isolé, il pourra heureusement compter sur l’appui d’une alliée inattendue, une intelligence artificielle plus que performante, dont la toute-puissance ne manquera pas de l’inquiéter. Il faut dire qu’à mesure qu’il coopère avec cette dernière, il ne pourra que mesurer l’étendue de ses capacités et son esprit d’initiative dont il est bien difficile de cerner les limites.

Cette entité immatérielle constitue-t-elle vraiment une autre menace à gérer à plus ou moins long terme ou, au contraire, une lueur d’espoir ? Une intelligence artificielle n’est-elle finalement pas le moyen de préserver une humanité prompte à s’autodétruire que ce soit par appât du gain ou du pouvoir ? Chacun se forgera sa propre opinion, mais tout le monde devrait reconnaître l’efficacité du duo homme/intelligence artificielle dans ce thriller futuriste au rythme effréné qui soulève d’intéressantes réflexions sur, entre autres, les notions d’humanité et d’identité. Immersif, haletant et non dénué d’une certaine intelligence, voici un roman qui devrait vous offrir un divertissement à la hauteur d’un bon film, l’auteur possédant une plume très visuelle et cinématographique !

Autres titres de l’auteur déjà chroniqués sur le blog : Outsphere tome 1, Outsphere tome 2

Je remercie Guy-Roger Duvert pour m’avoir envoyé son roman en échange de mon avis.

 

Throwback Thursday Livresque #173 : un genre que vous lisez peu

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Si je lis à peu près de tout, il y a un genre qui est encore peu représenté dans mes lectures : la science-fiction. Ce n’est pas que je ne l’aime pas, mais il ne m’attire pas outre mesure bien souvent en raison de la peur de tomber sur un univers trop complexe avec un vocabulaire spécifique assez nébuleux..

Toutefois, il m’est arrivé, en la matière, de faire d’excellentes et inattendues découvertes comme Skyward de Brandon Sanderson dont j’avais adoré le livre audio anglais. La narration est excellente, les relations entre les personnages bien travaillées (et chouette, pas de romance), le suspense et le mystère au rendez-vous, l’univers accessible tout en regorgant de possibilités et l’histoire palpitante ! Mention spéciale à un personnage secondaire que j’ai adoré, un vaisseau très particulier auquel je me suis terriblement attachée.

Skyward (English Edition) par [Brandon Sanderson]

Spensa’s world has been under attack for hundreds of years. An alien race called the Krell leads onslaught after onslaught from the sky in a never-ending campaign to destroy humankind. Humanity’s only defense is to take to their ships and fight the enemy in the skies. Pilots have become the heroes of what’s left of the human race.

Spensa has always dreamed of being one of them; of soaring above Earth and proving her bravery. But her fate is intertwined with her father’s – a pilot who was killed years ago when he abruptly deserted his team, placing Spensa’s chances of attending flight school somewhere between slim and none.

No one will let Spensa forget what her father did, but she is still determined to fly. And the Krell just made that a possibility. They’ve doubled their fleet, making Spensa’s world twice as dangerous . . . but their desperation to survive might just take her skyward . . .

Je pense d’ailleurs lire la suite qui s’annonce tout aussi prometteuse.

Starsight (Skyward Book 2) (English Edition) par [Brandon Sanderson]

Et vous, ce roman vous tente-t-il ?
Quel genre lisez-vous le moins ?

Diesel – Allumage, Tyson Hesse

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Le voyage de Diandra Diesel pour récupérer le vaisseau de son père ! Lorsqu’une armée longtemps oubliée surgit des nuages, Diandra « Dee » Diesel prend une décision irréfléchie qui va changer son destin pour toujours. Avec son robot cassé et une mystérieuse machine volante pour seule aide, Dee va faire un voyage qui la mènera de l’obscurité des terres abandonnées situées sous les nuages à la lumière éblouissante de la capitale de son monde. Son plus grand défi sera de s’affranchir de son héritage familial afin de choisir seule sa propre destinée. Tyson Hesse nous livre une histoire, visuellement exceptionnelle, sur l’importance de la famille, des responsabilités et sur l’héroïsme, dans un monde aussi nouveau que gigantesque !

Editions Kinaye (18 janvier 2019) – 208 pages – Album (15,50€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Il se dégage pas mal de mystère de cette aventure dans laquelle nous faisons la connaissance d’une jeune fille haute en couleur, Diesel alias Dee pour les intimes. Cette dernière présente la particularité d’être aussi touchante qu’exaspérante ! Encore très jeune dans sa tête, elle se comporte comme une adolescente incapable d’être en prise avec la réalité et de faire face aux conséquences de ses actes. Si ce trait de personnalité tend à m’exaspérer, ici, il passe très bien parce qu’on se rend très vite compte que derrière cette insouciance, se cache une jeune femme blessée qui n’attend qu’une chose, trouver sa place.

Et puis, témoin, il y a 7 ans, d’une terrible scène dans laquelle elle voit son père adoptif disparaître, on peut comprendre qu’elle se réfugie quelque peu dans ses fantaisies à la place d’affronter la réalité. Mais un événement tragique va venir bouleverser son monde et la pousser dans ses retranchements. Face aux dangers et aux rencontres qu’elle fera en cours d’aventure, certaines plus agréables que d’autres, elle va évoluer et gagner en consistance. Sans devenir du jour au lendemain parfaite, Diesel finira par comprendre que grandir et trouver sa place, c’est aussi prendre des décisions et gagner en maturité. Je vous rassure, elle ne perd pas cette petite étincelle de folie et de bonne humeur qui fait son charme, mais dans l’adversité, elle va enfin se révéler !

Cette histoire menée tambour battant m’a séduite par cet enchevêtrement constant et maîtrisé d’actions qui vous tient en haleine et vous fait tourner les pages avec avidité d’autant que le récit n’est pas dénué de suspense. En cours d’aventure, Diesel va ainsi faire une surprenante découverte qui remet en question son monde, fait vaciller ses certitudes et la pousse dans une quête de vérité dont on attend, tout autant qu’elle, le dénouement. Pas mal de questions donc dans ce premier tome avec un personnage dont je ne vous dévoilerai pas l’identité, mais qui apporte une certaine profondeur et complexité à l’intrigue.

Si le comportement de ce dernier a de quoi dérouter, voire dégoûter, on se doute bien grâce, entre autres, à des flash-back que les choses ne sont pas si simples que cela et que ses intentions sont plus complexes qu’il n’y paraît. De la même manière, ces hommes-oiseaux menaçants, qui ont déjà détruit la vie de Diesel par deux fois, se révèlent finalement assez nuancés. Leurs actes sont certes odieux, mais ce qui les a poussés à les commettre l’est tout autant. Comme dans toute guerre, car il s’agit bien d’une guerre, personne n’est tout blanc…

Diesel est un personnage qui ne peut laisser indifférent, mais la galerie de personnages secondaires est aussi intéressante, et donne lieu à des échanges parfois assez drôles, notre héroïne n’ayant pas que des fans… L’humour est d’ailleurs très présent dans cet album, ce qui permet d’alléger l’impact de certaines révélations fracassantes tout en offrant de beaux instants de rire. À cet égard, j’ai beaucoup apprécié les interactions mouvementées entre Diesel et la commandante du vaisseau dont notre héroïne aurait dû hériter. L’insouciance de Diesel tranche avec la rigueur et le sens des responsabilités de cette femme, mais leur relation pourrait évoluer, Diesel lui prouvant qu’elle aussi peut se montrer à la hauteur quand la situation l’impose.

Page 0 Diesel tome 1

Mais, comme souvent, mon coup de cœur va à un personnage secondaire et atypique : le robot que Diesel a reçu en cadeau durant son enfance et qui a longtemps été son seul ami. Il existe donc une parfaite compréhension entre eux, du moins, dans la tête de la jeune fille qui semble surtout lui attribuer les pensées qui l’arrangent ou qu’elle déduit du contexte. La présence de ce robot aux côtés de la jeune fille est touchante au point de me pousser à le considérer non pas comme une machine, mais comme un être à part entière dont les capacités exceptionnelles devraient vous enthousiasmer. Un joli duo donc !

Cette histoire, en plus de nous offrir un très bon moment de divertissement, aborde différents sujets : la famille et les liens parfois complexes unissant ses membres, la guerre et ses désastreuses conséquences, l’amitié, le sens des responsabilités, la quête de soi et de sa place au sein de la société et des siens, l’héroïsme qui ne se décrète pas mais qui s’impose presque à soi… Une multitude de thèmes intéressants qui viennent enrichir la lecture.

Au-delà du suspense qui rend l’histoire assez addictive et des personnages hauts en couleur, l’ouvrage bénéficie de superbes et dynamiques illustrations fourmillant de détails. Plus sobres que dans Space battle Lunchtime par exemple, elles possèdent néanmoins un certain cachet et participent grandement au plaisir que l’on prend à découvrir ce premier tome. J’ai également apprécié la manière dont les phases d’action se détachent clairement des phases plus narratives. Les illustrations sont alors, dans ces moments-là, plus lumineuses et intenses, ce qui permet à l’auteur de se passer de texte ou de le réduire à son plus strict minimum.

En conclusion, avec Diesel, on retrouve la touche Kinaye, c’est-à-dire des ouvrages pleins de peps, d’humour, d’action et de personnages attachants. Le cocktail parfait pour offrir un moment de lecture divertissant et totalement immersif !

Interview with the robot, Lee Bacon

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Fugitive. Criminal. Robot.

A sci-fi adventure for young listeners, Interview with the Robot introduces a unique heroine who seeks the truth about herself.
Eve looks like an ordinary 12-year-old girl, but there’s nothing ordinary about her. She has no last name. No parents or guardian. She’s on the run from a dangerous and secretive organization that will stop at nothing to track her down.
And most astonishing of all: she’s a robot, a product of Eden Laboratories. When Eve discovers the truth, she realizes everything she thought she knew about herself is a lie. Eve manages to escape, fleeing the lab, the only home she’s ever known.
After being arrested for shoplifting, Eve is interviewed by Petra Amis from Child Welfare Services. Her incredible story unfolds during the interrogation, with flashbacks to her life inside Eden Laboratories, which has a dark secret. Listeners follow Eve from her first moment of consciousness to her evolution as a nearly-human companion to Emory, the son of the founder of Eden Laboratories.
Exploring a range of topics that drive our society and our lives—topics such as artificial intelligence and human nature – Interview with the Robot is a story told by a startlingly original protagonist, a story that explores the vast potential of technology and the deep complexities of humanity.

À partir de 10 ans – 3hrs 42mins

AVIS

J’ai profité du fait qu’Audible propose des livres audio à écouter gratuitement durant le confinement pour me lancer dans Interview with the robot de Lee Bacon. Si la science-fiction n’est pas mon genre de prédilection, les intelligences artificielles et la robotique m’intéressent beaucoup, ce qui explique peut-être le plaisir pris à découvrir ce roman jeunesse qui soulève des  questions intéressantes sur ces sujets notamment d’un point de vue éthique et moral.

Qu’est-ce qui différencie l’homme de la machine ? Une machine faite de métal, de circuits imprimés et ayant la conscience d’exister ne peut-elle pas être considérée comme une entité vivante ? Les émotions sont-elles l’apanage des hommes et des animaux ? Tout autant de questions que l’histoire d’Eve, robot ayant l’apparence d’une enfant de douze ans, ne manquera pas de susciter en vous. Une histoire qu’elle raconte à un membre des services sociaux, Petra Amis, après avoir réussi à s’échapper de l’organisation qui l’a conçue. À mesure que l’on découvre tout ce qu’elle a traversé et qu’on apprend à la connaître, on en vient à s’interroger sur sa véritable nature…

En plus de la conscience d’être, elle semble éprouver des sentiments, notamment envers le fils de son créateur qui est devenu, au fil du temps, son meilleur ami. À travers des flash-backs, on découvre d’ailleurs leur réelle et belle complicité et la manière dont, aux côtés d’Emory, Eve a gagné en humanité, apprenant, par exemple, à faire des plaisanteries ou à détecter les nuances parfois subtiles dans les échanges entre humains. Elle n’a pas de sang ou d’organes humains et se recharge comme un téléphone portable, mais la réduire au statut de simple machine au service de l’humanité semble donc terriblement injuste…

J’ai adoré découvrir le récit de cette héroïne atypique et hors du commun à laquelle je me suis beaucoup attachée à l’instar de Petra qui va traiter Eve comme n’importe quel autre enfant : avec empathie, patience et gentillesse. Les interactions et les dialogues entre les deux personnages sont truculents et m’ont fait régulièrement sourire, car si Eve semble humaine par bien des aspects, elle n’a pas encore toutes les clefs en main pour comprendre les comportements parfois irrationnels des humains… L’entretien entre Petra et Eve permet également de réaliser le fossé entre ce que son créateur veut d’elle et ce qu’Eve désire vraiment. Elle a, en effet, appris à exprimer ses propres envies et est capable de prendre des initiatives qui n’entrent pas forcément dans le cadre de ses prérogatives.

Au-delà de la question des intelligences artificielles et des réflexions sur la nature humaine, le roman aborde également des thèmes comme la famille. Qu’est-ce qu’une famille ? Cela se réduit-il vraiment aux liens du sang ? Une interrogation soulevée tout au long du roman qui trouve son apogée dans une révélation qui m’a complètement prise de court. Je ne l’avais pas du tout anticipée, ce qui m’a donné envie d’écouter le roman depuis le début afin de voir si l’auteur avait laissé quelques indices. Je ne l’ai pas fait, mais j’ai apprécié la manière dont ce retournement de situation parfaitement orchestré bouleverse l’ordre des choses et donne une certaine profondeur au roman. Il soulève, en outre, certaines questions, notamment sur le bien et le mal, et ce que l’on est en droit de faire au nom de ses idéaux et/ou de sa famille.

Destiné aux enfants à partir de 10 ans, le roman, bien qu’en anglais, se révèle tout à fait accessible. Le vocabulaire et les constructions grammaticales sont simples, et les nombreux flash-back, accompagnés d’une petite transition sonore, aident à s’immerger complètement dans l’intrigue. N’hésitez donc pas à vous lancer si vous avez envie de tester ou de vous remettre à la lecture de livres audio en anglais d’autant qu’en plus d’être rapide (moins de quatre heures), l’écoute se révèle rythmée, prenante et plutôt addictive.

En conclusion, à travers l’histoire mouvementée et surprenante d’une héroïne atypique et attachante, l’auteur soulève d’intéressantes et pertinentes réflexions sur la notion d’humanité, la technologie, mais également sur la famille, ce qui fait son socle et comment l’amour des siens peut pousser une personne à commettre l’indicible… Captivant, intelligent, teinté d’humour et empli de mystère, voici un roman jeunesse fort sympathique que je ne peux que vous conseiller pour une plongée fascinante dans le monde de la robotique.

Pour écouter gratuitement le roman durant le confinement, rendez-vous sur le site d’Audible Stories.

Throwback Thursday Livresque #163 : un livre que vous regrettez d’avoir acheté

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


À la lecture du thème, je voulais vous parler d’un livre que je n’ai pas aimé, mais ayant dans mes brouillons un Top Ten Tuesday avec mes 10 plus grosses déceptions livresques, j’ai préféré opter pour un livre que je regrette d’avoir acheté non pas parce que je ne l’ai pas aimé, mais parce que je manque de courage pour le lire : Dominium Mundi de François Baranger.

Couverture Dominium Mundi, tome 1

2202. Né des cendres d’une conflagration planétaire, l’Empire Chrétien Moderne règne sur une Terre ravagée et irradiée. Urbain IX, pape tout puissant, contraint les populations à vivre selon un mode de vie médiéval, restaurant ainsi le Dominium Mundi. Sous son impulsion, un vaisseau colonisateur est envoyé vers Alpha du Centaure, dans l’espoir d’y trouver de nouveaux territoires pour l’humanité. Lorsque les passagers abordent une planète et son peuple, les Atamides, le choc est grand. Mais ce n’est rien en comparaison d’une découverte encore plus bouleversante : le véritable tombeau du Christ ! Guidés par leur foi inébranlable, les missionnaires tentent de s’en emparer, en vain. Les indigènes les massacrent. Sur Terre, la nouvelle se répand comme une traînée de poudre. Deux ans plus tard Urbain IX achève d’armer un gigantesque vaisseau, le St-Michel, capable d’abriter un million d’hommes. Pour Tancrède de Tarente, le Méta-guerrier héros des champs de bataille, et Albéric Villejust, le génie de l’Infocosme enrôlé de force, débutera une Croisade sanglante vers une nouvelle Jérusalem… Les événements feront-ils bégayer l’Histoire ?

La couverture et le résumé m’avaient fortement intriguée, notamment la mention d’un mode de vie médiéval, mais les 700 pages du roman ont fini par quelque peu me décourager d’autant que la SF est un genre que je ne lis qu’avec parcimonie… Ce livre risque donc de dormir dans ma PAL encore quelques années.

Si vous l’avez lu, n’hésitez pas à me dire ce que vous en avez pensé ou à me laisser le lien de votre chronique en commentaire.

Et vous, quel livre auriez-vous choisi ?

Challenge Le Printemps de l’Imaginaire Francophone 2020

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C’est avec plaisir que je retrouve Le Printemps de l’Imaginaire Francophone qui se tiendra du 1er mars au 1er juin 2020.

Ces trois mois seront l’occasion de mettre à l’honneur les livres de SFFF (Science-Fiction, Fantasy, Fantastique) d’auteurs francophones. Pour valider le challenge, il vous suffit de lire un seul ouvrage de SFFF francophone et de partager votre avis.

Pour ceux qui aimeraient aller plus loin, plusieurs paliers sont proposés.  Pour ma part, j’ai choisi le plus élevé, Bibliothécaire céleste, qui consiste à lire 15 livres (romans, nouvelles, BD, livres audio..). Un objectif ambitieux, mais réalisable, si l’on considère que ma PAL regorge d’auteurs de SFFF francophones.

Pour corser le challenge, il est possible de participer à des défis, mais ce n’est pas obligatoire. Un livre peut remplir une ou plusieurs consignes… Voici une petite idée des livres de ma PAL vers lesquels je pense m’orienter même si je ne compte pas tout lire et qu’il y a de fortes chances pour que je finisse par dévier de ces prévisions de lecture.

  • Lire un-e auteur/-trice européen-ne francophone qui n’est pas français-e

Couverture L'Immortelle, tome 1 : la clef de cuivre

  • Lire un-e auteur/-trice candien-ne francophone

Couverture Le Royaume de Lénacie, tome 1 : Les Épreuves d'AlekCouverture Blanche Neige

  • Lire un livre en rapport avec le printemps ou qui vous fait penser au printemps (par un titre qui rappelle le vent ou la nature ; l’histoire qui se passe au printemps ; la couverture avec de la nature ou des fleurs…)

Couverture L'Imparfé, tome 1 : Le Royaume qui perdait ses couleursCouverture Les mémoires d'un elfe

  • Lire un livre d’au moins 500 pages

Couverture Chroniques des Cinq Trônes, tome 1 : Moitiés d'âme

  • Lire une nouvelle ou un recueil de nouvelles

Couverture Vampire malgré luiCouverture Notre-Dame-aux-EcaillesCouverture Serpentine

  • Lire un livre autoédité

Couverture Projet Espoir, tome 1 : TouchéeCouverture L'or et le fer, tome 1 : Pas de trois

  • Lire un livre d’une petite maison d’édition

Couverture Outre-Temps, tome 1Couverture Aiden Jones, tome 1 : La Marque

  • Lire un récit avec un personnage principal féminin

Couverture AmazonesCouverture Les Aventures Occultes de Lady Bradsley

  • Lire un livre écrit par une autrice

Les Chroniques de la Cité: Exil par [Guyot, Magali]Couverture Monstr'Hotel, tome 1 : Les chasseurs de trésorCouverture Semblables, tome 1

  • Continuer/Terminer une série

Couverture Le Cycle des âmes déchues, tome 3 : Coeur de TénèbresCouverture Bane Seed, tome 4 : Mort sur la landeCouverture L'agence Pendergast, tome 2 : Le monstre des égouts

  • Lire une relique de votre PAL

Couverture Le ballet des âmesCouverture Les Tangences divinesCouverture Pegasus, tome 1 : Les terres oubliées

  • Lire un livre d‘un auteur ou d’une autrice que vous avez découvert-e au cours du challenge de cette année ou des années précédentes (Dans les PAL ou les suggestions des autres participant-e-s, par exemple) : j’ai découvert ce livre sur le blog Histoires de Clarisse

  • Se faire choisir un livre dans sa PAL au hasard ou par une autre personne : j’ai pioché dans la liste des livres sélectionnés par Lully dans le cadre de l’épreuve des alliés du PLIB.

Couverture Un jour une étoileCouverture Miss Pook, tome 1 : Miss Pook et les enfants de la luneCouverture KerebanCouverture La pelote d'épingles

Couverture MemoryCouverture L'écrivain abominableCouverture La stratégie des as

  • Lire un livre qui parle d’une créature légendaire (griffon, sirène, dragon, kelpie, basilic, dullahan…)

Couverture Seirens, tome 1 : Rivage

  • Lire un livre en rapport avec le folklore celte/breton/gaulois (par exemple : réécriture de la matière de Bretagne ou des contes et légendes de nos contrées ; des récits qui parlent de fées, de druides, de dieux et déesses celtes…) :

Couverture La magie d'Avalon, tome 1 : Morgane

Pour tous les détails, je vous invite à lire l’article dAline Wheeler. N’hésitez pas non plus à rejoindre le groupe FB si vous avez envie d’échanger de manière conviviale autour de vos lectures.

Et vous, comptez-vous vous participer ?
Pour rappel, il suffit de lire un livre pour valider le challenge…

 

Les machines fantômes, Olivier Paquet

Je remercie Lecteurs.com et les éditions L’Atalante pour m’avoir permis de découvrir Les machines fantômes d’Olivier Paquet dans le cadre des Explorateurs de l’imaginaire.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Dans un monde où la société est devenue artificielle, les intelligences artificielles pourraient-elles faire société ?

Quatre personnages – un trader, une chanteuse pop, un ancien tireur d’élite, une joueuse de jeu vidéo multijoueurs : chacun croit jouer pleinement sa carte sur l’échiquier de la société sans percevoir qu’il est piégé dans des fictions confortables dont il n’est pas le seul acteur.
Plus un. Hans / Joachim dont ils croisent tous la route. Ce mystérieux jeune homme, tantôt séduisant, tantôt menaçant, est décidé à confier le destin de nos sociétés à des machines. Ce qui va contraindre nos personnages à coopérer, à se rencontrer pour empêcher l’irréversible.
Et des IA…

Surveillance globale et respect de la vie privée sont au cœur de ce roman qui se joue aussi de nous, car l’auteur est lui-même illusionniste hors pair.

L’ Atalante Éditions (22 août 2019) – 464 pages – Broché (23,90€) – Ebook (9,99€)
Couverture : Aurélien Police

AVIS

Dès le début de ma lecture, j’ai été agréablement surprise par le style d’Olivier Paquet très accessible et loin de l’image que je peux me faire des livres de science-fiction. Il faut dire qu’ici l’univers, bien que futuriste, est très proche du nôtre, les technologies présentes étant des améliorations de l’existant plutôt que des innovations de rupture. Facile donc pour les lecteurs de s’approprier cette France dans laquelle les intelligences artificielles (IA) ont toute leur place et semblent autant vecteur de progrès que de menace, a fortiori quand un homme est déterminé à bouleverser l’équilibre établi entre monde réel et monde virtuel.

Y arrivera-t-il ? Pour le savoir, il vous faudra lire le roman, mais je peux néanmoins vous assurer que l’auteur a réussi à construire une histoire pleine de tension et de suspense dans laquelle un homme, un peu fou à moins qu’il ne soit visionnaire, désirant laisser le sort de l’humanité au bon vouloir de machines sans corps, va se heurter à des personnes bien décidées à contrecarrer ses projets. Grâce à une narration alternée plutôt bien amenée, nous découvrons ainsi progressivement les acteurs de ce techno-thriller mené tambour battant. Mais la véritable force de l’auteur est d’avoir réussi à faire d’individus très différents, et plutôt solitaires, une équipe unie autour d’un ennemi commun.

Adrien, trader chez Optired qui carbure à l’adrénaline, a une botte secrète, une application qui lui permet de contacter des IA. Il s’est ainsi allié à une petite armée qu’il mobilise en fonction de ses besoins. Homme prudent, il va néanmoins commettre une erreur en se confiant à la mauvaise personne, et découvrir que même les meilleurs conteurs d’histoires comme lui ne sont pas à l’abri des fictions des autres !

La route d’Adrien croisera celle de Stella McCall alias Aurore, une chanteuse au succès mondial en perte de vitesse, qu’il va, avec ses alliés invisibles, épauler dans sa bataille contre un homme bien décidé à utiliser son image d’icône pour créer le futur dont il rêve. Un homme qui fera également une entrée fracassante dans la vie de Kader, un ancien membre des forces spéciales qui prend soin, dans le civil, d’un grand-père fort peu reconnaissant… On comprend alors que l’ancien militaire rêve de retrouver sa place au sein de l’armée et sur le terrain, là où sa couleur de peau et ses origines n’ont que peu d’importance. Quant à Lou, ingénieure dans la vraie vie et gameuse de haut vol durant son temps libre, elle se révèle trop intelligente pour son propre bien et a le malheur d’attirer l’attention sur elle. C’est que ses coups d’éclat qui enchantent sa ligue ne sont pas le fruit du hasard, mais le résultat de sa petite incursion du côté des serveurs de Runecraft…

La guerre des nerfs entre notre antagoniste et les autres personnages prend une dimension d’autant plus intéressante qu’elle se répercute dans le monde virtuel. Les IA s’organisent par elles-mêmes, se divisent, adoptent la position de telle ou telle partie et mettent tout en œuvre pour protéger leur poulain. Le rapport de force et de pouvoir entre humains et IA semble ici sur le fil du rasoir, et l’on sent que dans un futur, plus ou moins proche, il suffirait d’une étincelle pour qu’il s’inverse. L’auteur laisse ainsi entrevoir la possibilité/le risque d’un monde où les IA ne seraient plus au service des hommes, mais deviendraient des entités toutes-puissantes qui les contrôleraient. En témoignent d’ailleurs, ces quelques chapitres dans lesquels des IA simulent, modélisent et pondèrent afin de créer leurs propres fictions.

Toutefois, si la menace virtuelle est réelle, c’est bien notre antagoniste qui en est le fer de lance si ce n’est l’investigateur. Intelligent avec toujours un coup d’avance, déterminé, extrêmement bien entraîné, il dégage une noirceur et une complexité qui ne pourront que tenir en haleine les lecteurs impatients de découvrir jusqu’où ses nombreuses manigances vont le mener. Manipulations et jeux de pouvoir sont donc au rendez-vous, le jeune homme ne laissant rien au hasard… Mais quand l’on voit les maux de cette société futuriste si proche de la nôtre, on ne peut que se demander si son projet est si absurde que cela : perte de sens, racisme, intolérance poussant des parents à renier leur propre enfant, méfiance mutuelle, terrorisme, économie libérale et destructrice, abrutissement des masses… Les IA, sans corps ni âme, guidées non pas par l’appât du gain, mais par l’optimisation de la société, feraient-elles vraiment pire que les hommes ?

Chacun se fera sa propre opinion, mais ce qui est certain, c’est que l’auteur a réussi à rendre un personnage détestable plus complexe qu’il n’y paraît, notamment en nous faisant découvrir son éducation dans la dernière partie du roman. Sans excuser son comportement ni ses agissements, cela nous permet de mieux comprendre comment il en est venu à perdre foi en l’être humain et en l’humanité…

En conclusion, grâce à une narration alternée plutôt bien amenée, l’auteur nous propose un roman immersif et palpitant mettant en parallèle une humanité déshumanisée et une vie virtuelle en pleine restructuration. Cette question de la relation entre les hommes et les IA, entre coopération et affrontement, rend la lecture particulièrement intéressante d’autant que l’auteur a veillé à proposer une histoire riche et complexe, mais très simple d’accès. Voici donc un roman futuriste, mais réaliste, intelligent et riche en actions que je ne peux que vous conseiller !

Retrouvez le roman chez votre libraire ou sur le site Place des libraires.

 

Throwback Thursday Livresque #144 : révolte

J’ai décidé de participer à un nouveau rendez-vous autour du livre : le Throwback Thursday Livresque. Imaginé par Bettie Rose Books, le principe est de partager chaque semaine sa lecture autour d’un thème mensuel qui sera décliné chaque semaine. Depuis peu, les liens de participation sont à déposer sur My-books.


Pour ce thème, j’ai hésité entre plusieurs dystopies comme Lebenstunnel dans lesquelles il est bien souvent question de révolte et de rébellion avant d’opter pour un roman de science-fiction  que j’avais adoré : Skyward de Brandon Sanderson.

Couverture Skyward

« Spensa’s world has been under attack for decades. Now pilots are the heroes of what’s left of the human race, and becoming one has always been Spensa’s dream. Since she was a little girl, she has imagined soaring skyward and proving her bravery. But her fate is intertwined with her father’s–a pilot himself who was killed years ago when he abruptly deserted his team, leaving Spensa’s chances of attending flight school at slim to none. No one will let Spensa forget what her father did, yet fate works in mysterious ways. Flight school might be a long shot, but she is determined to fly. And an accidental discovery in a long-forgotten cavern might just provide her with a way to claim the stars. »

Pourquoi ce choix ?

J’ai découvert ce roman complètement par hasard lors de la recherche d’un livre audio en anglais pour accompagner mes sorties à l’extérieur. Et je dois dire que j’ai été très vite happée par le récit de Spensa, une jeune fille en révolte contre les autorités et toutes ces personnes qui accusent son père, un ancien pilote de haut niveau maintenant décédé, de trahison.

Bien décidée à ne pas se laisser enfermer dans le rôle de la « fille du traître » qui lui colle pourtant à la peau, elle va tout faire pour réaliser son rêve, devenir à son tour un pilote émérite et, au passage, prouver à tout le monde que son père était un héros ! La tâche ne sera pas aisée vu l’hostilité qu’on lui réserve, mais la jeune fille va faire preuve d’une force de caractère monumentale… Elle sait ce qu’elle veut et est prête à tous les sacrifices pour y arriver.

Néanmoins, la vérité a un prix et en cherchant des réponses, ce sont aussi des questions et des doutes qu’elle va rencontrer. Elle pourra heureusement compter sur ses camarades et un vaisseau aussi amusant qu’attachant. C’est d’ailleurs mon personnage coup de cœur !

Voici un roman sur lequel je ne peux que vous conseiller en espérant qu’une version française soit à l’ordre du jour pour les personnes qui ne lisent pas en anglais.

Et vous, connaissez-vous ce roman ?
Vous tente-t-il ?

Outsphere, Guy-Roger Duvert

Je remercie Guy-Roger Duvert pour m’avoir permis de découvrir son roman, Outsphere. Un premier tome riche en péripéties !

PRÉSENTATION AUTEUR

Après avoir quitté une Terre mourante du fait des erreurs de nos sociétés, l’Arche, premier vaisseau à coloniser une exoplanète, arrive au bout d’un long voyage de 80 ans. Les colons sortent de leurs caissons cryogéniques et découvrent ce qui doit devenir un nouveau commencement pour l’humanité. Une nouvelle planète, un monde principalement végétal baptisé Eden. Les surprises se cumulent vite : la surface abrite une espèce primitive mais intelligente, des ruines prouvent l’existence de civilisations passées avancées, le système climatique obéit à des règles très particulières. Mais malgré tout cela, la colonisation commence de manière somme toute très classique, avec les traditionnelles oppositions entre militaires, scientifiques, civils.

Mais tout change avec l’arrivée d’un nouveau joueur : un second vaisseau spatial arrive, quelques mois seulement après l’Arche. A son bord, des Terriens partis 60 ans plus tard, bénéficiant d’une technologie plus avancée, et eux même fortement modifiés génétiquement. Capables de se synchroniser et de communiquer télépathiquement entre eux, ils sont devenus une espèce fondamentalement collectiviste, que tout oppose aux traditionnels Terriens individualistes de l’Arche. Les deux peuples essaient dans un premier temps de cohabiter et d’apprendre les uns des autres, mais les obstacles rencontrés, le passé de la planète qui s’avère beaucoup plus riche et mystérieux que prévu, vont rapidement augmenter les tensions. Eden représente-t-il un nouvel espoir, ou au contraire la fin d’une civilisation? « Outsphere » est une saga de science-fiction, qui tout en développant un univers particulièrement fouillé, s’amuse à explorer des questions philosophiques liées d’un côté au transhumanisme, de l’autre aux oppositions entre pensées collectivistes et individualistes.

Auto-édité (2 mai 2019) – 312 pages – Broché (19,99€) – Ebook (4,99€)

AVIS

Dès les premières pages, j’ai été séduite par la jolie plume de l’auteur d’autant que l’univers qu’il déploie sous nos yeux se révèle des plus immersifs.

Nous voilà donc transportés à bord de l’Arche, un vaisseau envoyé depuis la terre, il y a maintenant 80 ans, afin de coloniser une exoplanète, Eden. Loin de satisfaire une quelconque envie de conquête spatiale, ce vaisseau représente le dernier espoir des êtres humains menacés d’extinction par les guerres, les problèmes économiques, sociétaux et environnementaux… Après être sortis de leur caisson cryogénique, les colons travaillent donc à la construction d’une nouvelle société, ce qui ne se fera pas sans heurt, des tensions entre militaires et civils ne manquant pas de semer le trouble au sein de la colonie.

Les colons se divisent donc très vite, certains préférant s’installer sur la nouvelle planète en-dehors des infrastructures mises en place par l’armée afin de gagner en liberté. Une décision plutôt hasardeuse si l’on considère les habitants originels de la planète qui ne semblent pas des plus accueillants, la faune et la flore locales dangereuses, et les éventuels dangers environnementaux et bactériologiques qu’il reste à appréhender… La liberté a un prix comme le découvriront nos exilés.

Et comme si ces tensions internes ne suffisaient pas, l’armée doit également gérer l’arrivée inattendue d’autres colons Terriens, les Atlantes, ayant été génétiquement modifiés et bénéficiant d’avancées technologiques bien plus importantes. En plus de leurs capacités extrasensorielles et d’une plastique parfaite, ces nouveaux arrivants se distinguent des « Anciens » par une conception très particulière de la vie en société, l’individu s’effaçant entièrement au profit de la collectivité. Ils n’ont d’ailleurs pas de nom, seulement des matricules…

J’ai été complètement happée par le côté roman d’aventure puisque qui dit colonisation dit exploration, et à ce niveau, l’auteur nous a gâtés. On suit ainsi avec beaucoup de plaisir, et avec une pointe d’appréhension, les sorties sur Eden des scientifiques et des militaires qui font de leur mieux pour explorer et s’approprier ce nouvel environnement. Plein de promesses, celui-ci se révélera également plein de dangers à l’instar de ces charmantes bestioles qui semblent développer un certain intérêt pour nos colons. Les Edeniens apportent également une tension certaine au récit, leur agressivité à l’égard des Terriens compliquant nettement leur installation. D’apparence assez primitive, cette espèce pourrait réserver quelques surprises et se montrer bien plus dangereuse que prévu.

À moins que la véritable menace ne provienne de ces autres espèces, maintenant disparues, ayant précédé les colons ou des tensions sous-jacentes entre les Anciens et les Atlantes. En effet, certains colons ne voient pas d’un très bon œil ces humains modifiés et interchangeables si différents d’eux qui s’expriment d’une seule voix. Il faut dire que si l’idée d’une société pacifiée dans laquelle chaque décision serait le résultat d’un consensus n’est pas dénuée d’intérêt, on se rend très vite compte des dangers de cette pensée unique qui déshumanise les individus et annihile tout ce qui fait la complexité de l’âme humaine.

L’auteur aborde donc avec une certaine subtilité cette dichotomie entre une société humaine traditionnelle et individualiste, et une société collectiviste et uniformisée. La première peut être minée par les conflits, mais est riche de sa diversité quand la seconde assure la paix, mais est vide de toute émotion. Mais n’existe-t-il pas une autre voie, une voie intermédiaire qui permettrait de trouver un équilibre entre ces deux visions en apparence inconciliables ?

Quant aux personnages, on notera une réelle diversité ethnique, culturelle, sociale et comportementale, ce qui rend leurs échanges intéressants et parfois mouvementés. Certains protagonistes m’ont plus touchée que d’autres, mais grâce à l’alternance de points de vue, je me suis sentie concernée par le sort de chacun. J’ai, en outre, apprécié leur construction et la manière dont l’auteur les fait évoluer au gré des épreuves qu’ils ne manqueront pas d’affronter, la colonisation d’Eden n’étant pas vraiment une sinécure…

À cet égard, j’ai plus particulièrement apprécié le colonel Bowman qui va faire montre d’une grande capacité de résilience, et apprendre à faire des choix difficiles qui vont à l’encontre de ses envies et de ses sentiments. Et les choix cornéliens, c’est un peu la spécialité de son supérieur pour lequel je n’ai pas ressenti une grande empathie, mais dont je reconnais la difficulté de la tâche : assurer la survie du plus grand nombre envers et contre tous, le tous englobant aussi bien les colons eux-mêmes que les Atlantes et les autochtones !

En conclusion, en nous immergeant avec force et réalisme dans la colonisation d’une planète avec sa cohorte de dangers, Outsphere nous offre une plongée fascinante et mouvementée dans une lutte sans merci pour la survie. Sous couvert d’une aventure menée tambour battant et riche en péripéties, l’auteur soulève également des questions à la portée philosophique qui interrogent aussi bien la construction de nos sociétés autour de valeurs fortes que des notions telles que le rejet de la différence et la peur de l’autre, la sécurité et le degré de liberté que l’on est prêt à lui sacrifier…

Entre Lost et Les 100, voici un premier tome que je vous recommande pour une lecture palpitante et sous tension !

« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l’une ni l’autre, et finit par perdre les deux. » Benjamin Franklin

Lire un extrait/découvrez le roman sur Amazon.

Les Rats de Hamelin, Jean-Christophe Chaumette

Je remercie Évidence éditions de m’avoir permis de découvrir Les Rats de Hamelin de Jean-Christophe Chaumette dans le cadre du Crazy Books Day.

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Chargé de fournir aux États-Unis une arme révolutionnaire, John Dougherty se heurte à deux difficultés majeures : Eli Weisman, le seul scientifique capable de doter des robots de combat d’un cerveau efficace, est un pacifiste cocaïnomane réticent à aider les militaires ; et Paul Teofinua, favori des élections présidentielles à venir, rêve de désarmement mondial.
Tandis que Dougherty et Weisman, tous deux convaincus d’œuvrer pour le bien commun, s’opposent sans relâche, Paul Teofinua se rapproche de la victoire finale.
Mais la menace qui plane réellement sur l’humanité n’est ni celle imaginée par John Dougherty le nationaliste ni celle redoutée par Eli Weisman l’antimilitariste. Personne n’est capable de la prévoir.

Évidence éditions – 456 pages – Broché (19,99€) – Ebook (7,99€)

AVIS

Aimant beaucoup la légende du joueur de flûte de Hamelin, le titre du roman m’a tout de suite donné envie de découvrir l’histoire proposée par un auteur que je ne connaissais que de nom, Jean-Christophe Chaumette. S’il m’a fallu la fin du roman pour vraiment comprendre le choix du titre, je le trouve très pertinent.

Cette histoire, je l’ai dévorée très vite happée par l’écriture de l’auteur qui est un parfait équilibre entre fluidité, précision et immersion. On sent une parfaite maîtrise de la langue et une volonté de coller au plus près de l’intrigue, des personnages et de leur vie mouvementée. Car je peux vous dire qu’avec Les Rats de Hamelin, vous ne risquez pas de vous ennuyer, l’auteur réservant à ses personnages moult péripéties et aventures, plus ou moins agréables, mais toujours imprévisibles.

Très rythmé, les actions s’enchaînant rapidement, ce roman nous plonge dans la vie de personnages très différents autant en termes d’idéaux que de personnalité. Quand John Dougherty est prêt à tout pour s’assurer de la suprématie des États-Unis sur le reste du monde, Eli Weisman est, quant à lui, un scientifique pacifique et passablement accro à la drogue, le seul moyen qu’il a trouvé pour faire taire ce terrible cauchemar qui hante ses nuits depuis son enfance. Victime d’un abject chantage, Eli est néanmoins contraint de collaborer avec Dougherty afin de mettre son extrême intelligence au service de l’armée américaine.

L’enjeu est de taille : révolutionner l’art de la guerre en s’appuyant sur la robotique pour maximiser les pertes chez l’ennemi tout en limitant les morts du côté américain. Si l’idée d’une armée de robots a d’abord laissé sceptique Forrester, le gradé s’est vite rangé du côté du progrès… Même s’il semble moins dangereux et extrême que Dougherty, Forrester reste profondément attaché à son pays quitte à prendre quelques largesses avec la morale pour le protéger des dangers, quelle qu’en soit leur nature.

Et les menaces ne manquent pas entre les pays hostiles aux Etats-Unis et cette menace intérieure, repérée avant tout le monde par Dougherty, qui se fait de plus en plus pesante. Elle prend la forme d’un candidat à la présidence qui semble, comme par miracle, conquérir le cœur des Américains et même de ceux qui devraient le haïr : les industriels de l’armement. Paul Teofinua a, en effet, basé son programme sur le désarmement nucléaire, un objectif qui ne rencontre pas la levée de boucliers à laquelle on aurait pu s’attendre. Quel est donc le secret de cet homme qui arrive à faire accepter l’inacceptable à la plus grande nation du monde et à ses industriels ?

Prophète des temps modernes qui œuvre pour le bien de l’humanité ou dangereux personnage qui menace la grandeur des États-Unis en l’affaiblissant comme le pense Dougherty ? Et derrière cet écran de respectabilité que rien ne semble pouvoir entacher malgré une vie privée passée au crible, Paul Teofinua est-il vraiment l’homme qu’il prétend être ? Non, si l’on se fie à sa fille aînée qui ne reconnaît plus son propre père depuis sa rencontre avec un docteur et ses méthodes de guérison alternatives qui ont conduit un père de famille mourant à se transformer en un combattant acharné pour la paix…

L’auteur a réussi à faire de Paul Teofinua un personnage fascinant car très difficile à appréhender. Il intervient très peu dans le roman, mais il l’imprègne de son aura et laisse son ombre planer, une ombre qui se veut tout à tour synonyme d’espoir et de danger. Le mystère et le suspense autour de cet homme sont probablement ce qui m’a le plus tenue en haleine et fait tourner les pages avec cette envie irrépressible de faire tomber le masque, si masque il y a… On ne peut donc s’empêcher de formuler différentes hypothèses pour expliquer le comportement de cet idéaliste et son envie de dénucléarisation qui remet totalement en cause l’équilibre du monde. Quel est son véritable objectif, la paix ou quelque chose que personne n’aurait pu anticiper ni même imaginer ?

Une question qui nous obnubile jusqu’à la fin et quelle fin ! Après le premier choc et un « mais c’est quoi ce délire ?  » qui ne manquera pas de vous traverser l’esprit, on ne peut que se dire que l’auteur a su nous balader de la première à la dernière ligne. À la manière d’un prestidigitateur, il a veillé à détourner notre attention pour mieux nous éblouir par une fin totalement inattendue et choc ! Il m’a fallu quelque temps pour la digérer et j’ai été aidée en cela par un des meilleurs épilogues que j’ai pu lire. Avec subtilité et à travers la voix de l’un de ses personnages, l’auteur arrive à nous faire comprendre son cheminement de pensée et à induire une réflexion sur le nucléaire, l’état du monde, la nature humaine et sa propension à la destruction. Je n’en dirai pas plus sous peine de gâcher la puissance de la fin et du message, mais je peux néanmoins vous dire qu’avec une telle conclusion, je ne suis pas prête d’oublier cette histoire.

Au-delà de la fin, le roman ne manque pas d’atouts : des citations de chansons qui rythment le récit et participent à l’ambiance, une plongée dans les arcanes des services secrets et de ces organisations travaillant dans l’ombre pour le bien d’un pays, la présence de la technologie et la révolution que celle-ci engendre dans les guerres et les questions éthiques que cela soulève, une petite immersion dans la culture polynésienne, une critique sous-jacente de l’hégémonie américaine et des comportements parfois plus que discutables de cette puissance… Des points qui apportent une richesse indéniable à l’intrigue.

À cela s’ajoute l’alternance de points de vue bien maîtrisée qui nous fait entrer de plain-pied dans la vie des personnages principaux, mais aussi secondaires, Eli ayant la chance d’être soutenu par des amis qui, chacun à leur manière, l’aideront à faire face à une situation qui va vite le dépasser. Il faut dire que l’auteur a su insuffler à son récit cette ambiance complotiste qui pousse certains personnages dans leurs retranchements. Dans cette histoire pleine de rebondissements où les rôles s’inversent vite, difficile en effet d’anticiper les événements ce qu’apprendront à leurs dépens certains protagonistes… À cet égard, j’ai été plus qu’horrifiée par un homme, qui n’en porte que le nom, dont les pensées et les exactions font froid dans le dos d’autant qu’elles sont basées sur une idéologie qui a fait beaucoup de victimes et qui continue à gangréner les esprits.

En conclusion, à la croisée du thriller, du roman d’action et de science-fiction, Les Rats de Hamelin est un roman très cinématographique qui vous offrira un bon divertissement empli de suspense, d’action et de rebondissements. En plus d’une intrigue immersive qui vous tiendra en haleine, les événements s’accélérant à mesure que l’on approche du dénouement, le roman pose les bases d’une réflexion pleine de justesse sur l’homme et sa capacité de destruction…

Retrouvez le roman sur le site d’Évidence éditions.